The Island of the damned est un forum post Apocalyptique rassemblant un grand nombre de créatures surnaturelles.
 

« The dead do not hurt you; only the living do. » | Ft. Stacey McGrath

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Aller à la page : 1, 2  Suivant
avatar
♠ Vampire ♠ Administrateur
♠ Vampire ♠ Administrateur
Voir le profil de l'utilisateur

Messages : 198
Points RP : 515
Date d'inscription : 28/06/2017

De la main de Balian De Lusignan signé le Mar 4 Juil - 23:44


The dead do not hurt you; only the living do.


Balian sentit son coeur plonger droit dans sa poitrine, un sentiment si violent, si humain qu'il eut l'impression d'avoir le souffle coupé, lui qui ne respirait pas. Il se redressa avec souplesse, balayant la pièce du regard. Quelques rais lumineux passaient encore légèrement à travers les épais rideaux qui couvraient la fenêtre. Il faisait toujours jour. Balian venait de se réveiller de son sommeil de plomb, cet état de veille, comme on aurait pu l'appeler, alors qu'il plongeait dans un repos sans rêve le temps de quelques heures. Stacey n'était pas là. Il le savait déjà, il ne le sentait pas, pourtant il se dépêcha d'aller rejoindre la salle de bain pour vérifier. Stacey n'était pas là. De mauvais souvenirs remontèrent brusquement et Balian alla s'assoir sur le bord du lit, confus. Il détestait ça. Ce sentiment d'impuissance et de confusion, cette réalité brutale, comme une claque dans la figure, qui lui disait qu'il ne pouvait rien faire. Sa prison était de briques, elle s'arrêtait aux limites de ce bâtiment, là où l'ombre régnait encore pendant qu'à l'extérieur, les rayons du soleil effectuaient leur dernière révérence avant la nuit. Le temps lui paraissait toutefois trop long, avant qu'il ne puisse s'aventurer dehors sans risquer d'être brûlé. Et avant que les ténèbres ne prennent possession des terres et que la nuit ne s'installe sur le pays, il était impuissant. Stacey était dehors, il le devinait, mais il ne pouvait rien faire. Ni le rejoindre, ni même le sauver, s'il était en danger. Balian serra les poings et de rage et d'inquiétude mêlées, il frappa la table de nuit qui se brisa sous sa force vampirique. Balian l'avait déjà dit à l'humain : ne pas sortir sans le prévenir. Éviter le jour. Il n'avait pas réussi à lui faire craindre les rayons du soleil, probablement parce que les humains avaient ce besoin presque vital de sentir la lumière sur eux, là où les vampires la fuyaient comme la peste. Il détestait ça. Stacey ferait les frais de son courroux dès qu'il reviendrait. S'il revenait... Cette pensée le rendit d'autant plus nerveux.

Avant les bombardements, pendant qu'il vivait tranquillement au manoir, il n'était pas comme ça. Toujours à craindre pour son esclave, à se torturer l'esprit en son absence. Il le laissait gambader tranquillement dans le manoir, certain que personne ne le toucherait. Il portait sa trace, tout le monde savait qu'il lui appartenait. Ce temps était révolu. Si Stacey lui appartenait toujours, plus personne ne le savait. Et puis, même si c'était le cas, Balian De Lusignan n'était rien de plus qu'un anonyme. Son nom seul ne suffirait pas à protéger Stacey, le vampire n'avait plus la moindre réputation dans ce nouveau monde. C'était malheureux. C'était misérable. Et ça le rendait dingue. Se savoir fou d'inquiétude le faisait sortir de ses gonds. Balian n'aimait pas perdre le contrôle. Il détestait ça. Et en cet instant, il ne contrôlait plus rien du tout. Pas la course du soleil ni la sortie impromptue de son ex-esclave. Fallait-il qu'il lui brise les jambes pour le retenir près de lui ? Il en serait bien capable. Balian était capable de choses effrayantes sous le prétexte facile de l'amour. Stacey avait dû s'en rendre compte, depuis le temps. Il y avait même pris goût, Balian le savait. Il y avait des regards qui ne trompaient pas. Il songea un instant que Stacey voulait titiller sa colère. Qu'il le provoquait par envie d'être puni. Qu'il jouait avec le feu dans l'attente d'une réaction. Ah, il serait servi... En attendant, Balian allait et venait dans la chambre comme un lion en cage, maudissant l'astre solaire en serrant le poing jusqu'à en faire craquer ses phalanges. L'humain avait intérêt à lui servir de bonnes, très bonnes excuses. Perdu dans ses pensées tourbillonnantes, il ne sentit pas tout de suite l'odeur de sang.

Quand le parfum métallique de l'hémoglobine lui chatouilla les narines, Balian se figea. Cette odeur, il la connaissait par coeur. C'était le sang de Stacey. Il se précipita à la porte qu'il ouvrit juste avant le jeune homme qui se trouvait jute derrière, rivant son regard sombre sur le mortel sans lui révéler la moindre expression. En un instant, il l'examina, ses yeux le balayant de haut en bas. Il était là, de retour. Blessé. Vivant. Un âpre mélange de colère, de joie et d'inquiétude naquit au fond de sa gorge et Balian pinça doucement les lèvres. Stacey était parti, en plein jour, s'était mis en danger et revenait blessé. Figé devant la porte, le vampire n'avait pas encore prononcé le moindre mot. Quelques longues secondes s'écoulèrent avant qu'il ne daigne s'écarter de quelques pas pour le laisser entrer sans le quitter du regard. Ses prunelles brunes s'accrochèrent à la blessure sanglante qu'il arborait sur son épaule. Il s'en échappait une douce chaleur au parfum enivrant, comme un fumet qui appelait ses crocs. Quand l'humain pénétra la pièce, Balian claqua si violemment la porte derrière lui que les murs en tremblèrent. Sa main resta figée quelques secondes sur le panneau de bois, légèrement crispée. Intérieurement, il s'obligea au calme, tentant de chasser les pensées tumultueuses qui s'entrechoquaient sans fin dans son esprit. Elles ne faisaient que nourrir sa colère grondante qui doucement s'accumulait, gonflait, bouillonnait et menacer d'exploser d'une seconde à l'autre. Il était furieux. Furieusement inquiet.

« Stacey. » Il prenait enfin la parole. Balian se retourna pour lui faire face. « Déshabille-toi. Je vais regarder ta blessure. »

Il y avait quelque chose dans sa voix qui ne s'accordait pas avec la douceur de ses paroles, comme la tendre menace d'un courroux qui s'abattrait bientôt. Stacey le connaissait probablement bien assez pour se douter que Balian passait rarement l'éponge sans un mot, sans une punition ou sans un juste retour de bâton. Ça viendrait. Plus tard. Bien assez vite. Peut-être même trop tôt. Balian contenait tant bien que mal sa colère, on pouvait la sentir très légèrement, sifflante, sourde, dans le velours mielleux de sa voix grave.

« Où étais-tu ? » Le questionna-t-il ensuite tandis qu'il se rapprochait d'un pas félin, son expression ne trahissant ni rage ni angoisse. Pourtant, au fond de lui, c'était tout un ouragan d'émotion. Stacey le faisait fulminer autant qu'il le tracassait. « Il faisait jour. » Comprendra qui pourra, mais dans le langage de Balian, ça signifiait 'tu n'aurais pas dû sortir'. « Et tu reviens sans la moindre proie. Blessé. »




Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
♦ Humain ♦
Fantôme de Tullamore
♦ Humain ♦  Fantôme de Tullamore
Voir le profil de l'utilisateur

Messages : 31
Points RP : 54
Date d'inscription : 28/06/2017

De la main de Stacey McGrath signé le Ven 7 Juil - 10:09
The Dead do not hurt you
- Stacey McGrathe & Balian de Lusignan -
«We will fight, or we will fall... »




« Fait chier ! »

Je regarde fixement la lame de mon couteau que je viens de chauffer à rouge dans un feu de fortune. Le sang gicle de mon épaule, ça fait un mal de chien. Je viens de m’enfoncer le doigt dans la blessure en croquant dans un bâton pour me retirer la balle. Comment j’en suis arrivé là ? C’est très simple. Balian a grogné toute la journée dans son sommeil, il avait faim. Basta. Alors je n’ai pas réfléchi, je suis sorti pour aller lui trouver à bouffer. Et c’est là que j’suis tombé sur eux. Ces enfoirés de Tullamore. Ils étaient trois, ça semblait simple. Bien trop simple. Mais j’ai pas réfléchis et j’ai attaqué, tombant dans une embuscade. J’savais qu’on m’recherchait mais alors à ce point-là ? Non, j’m’attendais pas à ça sérieux. J’m’attendais à j’sais pas, qu’on respecte au moins mon droit d’vivre sur cette putain de planète mais à l’évidence même ça on me le reproche. Une chance pour moi que c’connard ne savait pas tirer et m’a visé l’épaule gauche et non le cœur. Balian aurait pété les plombs si j’étais mort, c’est certain. Une chance qu’il savait pas tirer… J’préfère me dire ça plutôt que d’penser que ces bâtards ont un cœur et ont simplement voulu m’foutre en garde contre j’sais pas trop quelle connerie. Enfin quoi qu’il en soit voilà comment j’me suis retrouvé ici, agenouillé dans une prairie, en train de faire un feu minable, faisant chauffer mon couteau dans les flammes pour cautériser la plaie. J’ai pas envie de chopper une infection sérieux. A cet endroit se serait la mort assurée et ça craint à max. Je regarde la lame. Je grimace. Aller vieux un peu de courage. Tu peux le faire.

Je peux… J’ai crié je crois. En tout cas j’ai gémis de douleur c’est certain. J’crois que si j’avais fait ce genre de truc y’a encore deux ans en arrière j’serais clair tombé dans les pommes. Mais là ça va. Mais putain, ça pique. J’suis resté là un instant, le temps d’reprendre mes esprits, j’sais pas, j’pense même avoir fermé les yeux. Juste cinq minutes. Rien de plus. Ca c’est ce que je croyais quand j’ai ouvert les yeux pour voir le soleil décliner. Et merde. Balian va m’tuer. J’ai sursauté avant de gémir, encore. Putain, ça fait mal bordel ! J’sais pas comment j’ai fait pour me relever, trainant mes grolles jusqu’à Belfast, retrouvant notre chez nous. J’avoue que sur le moment j’ai appréhendais. Complétement. Il va péter une colère noire j’en suis sûre. J’le connais. Il va flipper, ça va le gonfler, et il va gueuler. Et puis ça va encore s’terminer dans des excuses, et j’sais pas quoi. J’aime pas lui faire peur comme ça, j’aime pas quand il s’inquiète. Y’a des jours j’aimerais qu’il me fasse un peu plus confiance. J’suis sans doute un des mecs les plus débrouillards de cette ville a l’extérieurs des hommes qui restent planqués dans les limbes. J’vis ici, à Belfast, au beau milieu des vampires, et franchement, y’a que là que j’me sens en sécurité. J’sais qu’mon frangin est quelque part ailleurs lui, mais est-ce qu’il s’inquiète encore pour moi ? Sérieux j’sais pas. J’crois qu’il me hait depuis que j’me suis tiré. Ca m’fait chier, mais c’est pour son bien qu’j’ai fait ça. Oui, s’pour toi mon frère.

J’soupire un coup comme pour me donner du courage. J’ai a peine posé la main sur la poignée que je peux déjà sentir ta présence, là, juste derrière cette putain de porte. Si tu respirais encore j’pense qu’on aurait presque pu te comparer à un taureau tant j’pouvais sentir ta rage de là où j’étais. Mais j’ai fini par rentrer. Croisant ton regard. J’voulais pas que tu t’inquiète j’allais bien. J’allais pas crever. T’as calqué la porte derrière moi et j’crois avoir sursauté. J’aime pas quand t’es comme ça Balian. J’aime pas quand tu m’fais pas confiance. J’peux sentir au son de ta voix que t’as encore flippé et j’me sens soudainement ridicule. J’aurais dû laisser un mot, un truc, mais t’étais mal et j’ai pensé a rien d’autre que de t’aider. C’était la vérité, c’est ça le pire, mais j’sais que tu t’en foutrais sans doute. J’ai simplement fermé ma gueule en baissant les yeux. Grimaçant en retirant mon T-shirt complétement déchiré. J’en avais retiré un bout pour stopper l’hémorragie. La plaie elle était clairement moche. Franchement, la cautérisation à l’ancienne ça craint et j’suis plus convaincue de son efficacité. L’épaule était presque violette, burlée à vif et j’avais mal. J’avais beau essayer de le cacher, j’crois pas que tu me croirais si j’te disais que j’allais bien. Mais j’allais pas crever. Faut être débile pour crever d’une balle dans l’épaule. Ou alors très faible, et faible, c’était pas mon cas. Tu l’sais ça en plus. Mais j’ai arrêté d’essayer de te raisonner quand t’étais comme ça. Ca servait à rien, j’allais prendre pour mon grade, mais j’m’en foutais. J’allais encaisser, comme toujours. Non pas que j’aimais ça, mais je t’aimais toi, et si ça te soulageait alors soit, fait toi plaisir.

« T’as grogné toute la journée Balian, t’avais faim. J’me suis dit que j’allais te ramener le p’tit dej. J’ai voulu jouer et j’ai perdu, mais ça va j’t’assure. Hey, j’suis là r’garde. C’est rien. »

C’est rien. Oui c’était rien. Vraiment. C’est ce que je pensais, c’est ce que je me disais. Peut-être que demain j’penserais pas la même chose de tout ça mais j’voulais pas en rajouter une couche. Alors j’me suis approché d’toi, posant mes mains sur tes joues. J’allais bien Balian, c’était qu’une égratignure. Un peu moche j’te l’accorde, mais ça finirait bien par passer crois-moi. J’voulais tellement pas qu’tu t’inquiètes pour si peu. Oui il faisait jour, et j’sais que t’aime pas quand j’sors comme ça, mais faut bien, j’ai b’soin d’soleil moi, j’ai b’soin de ça et ça tu l’sais aussi bien que moi. J’peux pas vivre que la nuit, j’suis pas conditionner comme toi, j’peux pas rester cloitrer toute la journée. J’en deviendrais cinglé. Pourtant ta dernière phrase m’a fait baisser les yeux. Voilà que j’culpabilisais maintenant. J’étais sorti, je t’avais fait peur, et en plus j’rentrais sans rien. J’avoue, mon expédition avait foirée pour une fois, c’était les risques du métier comme on dit. Et j’aurais pu tomber sur bien pire que des gugus de Tullamore, mais c’était pas l’cas. Seulement t’es pas l’seul a t’inquiéter pour l’autre Balian, et quand t’es comme t’as été toute la journée, tu crois quoi ? Que j’vais rester là à attendre sagement que l’temps passe ? Non, j’veux qu’une chose. Te soulager et t’apporter d’l’aide. Tu vas pas m’le reprocher quand même si ? Y’a vraiment des jours où j’me dit que tu m’considère encore comme ton esclave et non pas comme… Comme quoi ? J’suis quoi moi pour toi là où t’es simplement tout pour moi ? J’souffre si tu souffres. J’crève si tu crève. Vas falloir t’y faire Balian, et crois-moi, va falloir m’attacher si tu veux que j’reste docile. Parce qu’on n’est plus à River Crow là…

« Désolé d’rentrer les mains vides. Mais j’pouvais pas t’regarder et rien faire. Tu crois que t’es l’seul a t’inquiéter pour l’autre ?! Putain… »

J’ai relâché ton visage, j’aimais pas quand on se dispute, non, j’aimais pas ça, et j’voulais pas ça non plus. Mais j’en n’avais marre des fois que tu me traite comme si j’étais fait en porcelaine, en sucre ou en verre. J’vais pas mourir merde ! J’en n’avais pas l’intention ! Fatigué j’me suis laissé tomber sur une chaise, attrapant la bouteille de whisky qui se trouvait là pour m’en servir un verre que j’bois cul sec. En fait tu veux savoir l’plus triste là-dedans mon Amour ? J’en n’avais rien à foutre d’la blessure. C’qui f’sait l’plus mal là-dedans c’est d’savoir que j’pouvais t’décevoir. Ca j’supportais pas. Tout comme j’supportais pas d’te savoir mal. Va falloir t’y faire Balian. Je t’aime putain. Et t’pourras plus changé ça maintenant.

© Fiche codée par Aindreas An'Sionnach


I SEE THAT LANTERN TRIMMED LOW BURNING IN OUR HOME AND THOUGH I FEEL LIKE CRYING, I SWEAR TONIGHT, I'LL CRY NO MORE. DREAM WITH THE FEATHERS OF ANGELS STUFFED BENEATH YOUR HEAD. THE REGULATOR'S SWINGING PENDULUM. COME WITH ME AND WALK THE LONGEST MILE.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
♠ Vampire ♠ Administrateur
♠ Vampire ♠ Administrateur
Voir le profil de l'utilisateur

Messages : 198
Points RP : 515
Date d'inscription : 28/06/2017

De la main de Balian De Lusignan signé le Ven 7 Juil - 12:41


The dead do not hurt you; only the living do.


Quand les mains se Stacey se posèrent contre ses joues, Balian se tendit. L’humain pouvait probablement le sentir sous la pulpe de ses doigts chauds. La mâchoire du vampire se crispa violemment tandis qu’il rassemblait tous les efforts du monde pour ne pas le frapper. Il avait envie de le gifler. De lui asséner une droite. De le plaquer contre le mur, de poser ses mains sur sa gorge et de serrer fort, très fort. Et en même temps, il en était incapable. Stacey lui donnait des envies de meurtre, parfois. Souvent. Il n’y pouvait rien, il s’inquiétait, il s’agaçait, et quand il s’agaçait, ses instincts bestiaux refaisaient surface. Balian lutta, serrant les dents tandis qu’il se penchait pour déposer doucement son front contre celui de Stacey. Oui. Il était là. Il était là et il avait envie de le mettre en pièces pour mieux le posséder, de lui briser les jambes pour l’obliger à rester à ses côtés. Il aimait ça, le savoir fort et avide de tuer, et en même temps, il détestait le voir prendre des initiatives pareilles. S’il le perdait, il ne s’en remettrait pas. Il ignorait totalement ce qui se passerait si ça devait arriver, mais ce ne serait probablement pas joli à voir. Balian pinça les lèvres en poussant un grondement sourd. Il s’était trop attaché. Ca le rendait faible. Stacey le rendait fou. Combien de temps tiendrait-il encore, si l’humain s’amusait sans cesse à s’échapper pour revenir grimaçant, blessé, écorché ? La patience de Balian s’amenuisait doucement. Stacey n’avait pas idée des efforts qu’il fournissait pour étouffer sa rage sourde et bouillonnante qui voulait prendre le contrôle de son corps. Telle une statue, pourtant, il restait immobile. De glace. A contenir ce tonnerre de colère tonitruant qui hurlait dans sa poitrine.

Quand Stacey s’écarta pour se servir un verre, Balian s’autorisa à faire quelques pas. Dans un réflexe trop humain, il expira longuement un soupir lourd et grave. Stacey aurait sa peau avant Tullamore, à ce rythme. Il riva son regard sombre sur la bouteille de whisky et s’empêcha de l’encastrer dans le crâne de son compagnon. Il fallait qu’il se calme, qu’il pense à autre chose, mais il était tout bonnement incapable de réprimer cette angoisse inexorable et virulente qui s’emparait de lui chaque fois qu’il envisageait la mort de Stacey. Dire que Balian De Lusignan se targuait de n’avoir peur de rien. C’était faux. Ses plus grandes craintes concernaient les gens qu’il aimait –  Balian De Lusignan avait donc un cœur. Stacey. Hamid. Léandre. Et tellement d’autres. Balian pouvait défendre sa vie, mais pour celle des autres, c’était bien moins certain. Il n’avait pas le contrôle qu’il aurait aimé avoir. Alors quand Stacey sortait sans l’informer, en plein jour, forcément, ça le rendait furieux. Des amis, des proches, Balian en avait vu mourir mais Stacey était bien plus que ça. Sa disparition lui laisserait une cicatrice permanente, une blessure éternelle. Il ne voulait pas de ça. Le bourreau se rapprocha du mortel et se glissa dans son dos. Ses doigts froids se posèrent à la base de sa nuque et descendirent doucement sur l’épaule brûlante de l’humain. Il pouvait sentir le parfum de chair brûlée mêlé aux effluves métalliques du sang. Les veines battaient sous cette plaie grossièrement cautérisée. Elles pulsaient en rythme tandis qu’il effleurait les contours de la blessure, silencieux, inquisiteur. La douleur de Stacey, il pouvait la sentir, la deviner, même si après neuf cents longues années de vie et d’immortalité, ce genre de souffrance se changeait en concept abstrait. Balian pouvait avoir mal, bien entendu, il pouvait souffrir, mais il savait que c’était bien différent des sensations humaines. La douleur prenait une autre dimension quand elle ne tuait pas.

« Omri. »

Son autre main glissa sur la gorge de Stacey et il l’obligea à pencher la tête en arrière pour déposer ses lèvres contre sa jugulaire. Des surnoms affectueux, il en donnait peu, pour ne pas dire jamais, mais il savait de toute façon que son humain ne comprenait pas assez l’arabe pour en saisir le sens. L’époque, de toute façon, n’était pas très encline à l’apprentissage. Malgré la signature de la coalition et la nouvelle organisation du pays, ils restaient en quelque sorte des survivants en guerre contre Tullamore. Ils avaient mieux à faire que des cours de langue. Balian s’en accommodait, parce qu’il était persuadé qu’un jour ou l’autre, tout s’arrêterait, et à cet instant, il trouvait le temps d’enseigner tout ce qu’il fallait à son disciple. Pour le moment, mieux valait lui enseigner la survie et le meurtre. Malgré ses talents indéniables, Stacey avait encore quelques progrès à faire.

« N'moute alik. » Souffla-t-il contre sa peau avant de se redresser. « Je n’ai pas besoin qu’on s‘inquiète pour moi. Je ne mourrai pas d’une infection suite à une vilaine blessure. »

Il y avait de quoi soigner correctement Stacey, heureusement. De l’eau claire et des bandages propres. Cela n’empêchait pourtant pas Balian de se faire du souci. Les humains étaient si fragiles, il en avait vu mourir pour moins que ça. Les plaies étaient une porte ouverte aux bactéries qui se dispersaient alors dans le sang. La maladie frappait, foudroyante et affaiblis, les mortels les plus fragiles ne résistaient pas bien longtemps. Balian avait conscience que Stacey n’était pas de ceux-là, il avait survécu avec lui depuis les bombardements, mais il n’y avait rien à faire, tant que le cœur de son mortel adoré battrait, alors il pouvait potentiellement s’arrêter, et cela, le vampire ne cesserait jamais de le redouter. Sa main pressa plus fortement l’épaule blessée de Stacey. Il savait qu’il lui faisait mal. C’était bien pour cette raison qu’il le faisait. Lui, il aurait bien plus mal que ça s’il venait à se retrouver seul. Stacey devait comprendre qu’il ne pouvait pas en faire qu’à sa tête. Balian n’était pas prêt à lui accorder sa confiance totale et aveugle, pour le moment. Il faudrait probablement encore quelques années pour que Stacey fasse ses preuves. Une éternité, aux yeux d’un humain. Un battement de cils du point de vue d’un vampire. Le jeune homme était un nourrisson. Un nourrisson de vingt ans. Il ne pouvait en être autrement, quand Balian avait plus de quarante fois son âge.

« Tu aurais dû passer à la banque au lieu de jouer les chasseurs, espèce d’incapable. »

Son ton était cinglant, injustement méchant. Cela ne reflétait en réalité que son inquiétude profonde. La banque de sang, Balian n’y passait jamais. Il y envoyait parfois Stacey. Le moins possible. Se voir réduit à consommer du sang en poche l’horripilait. De temps en temps, il préférait s’affamer plutôt que de se nourrir de ce liquide froid qui devenait si insipide, hors de son corps d’origine. Il se retrouvait alors à grogner dans son sommeil, hanté par la soif, et ça ne faisait que faire prendre des décisions stupides au petit Stacey. Balian étouffa un juron. Il l’aimait autant qu’il le détestait, en cet instant. Il s’en voulut un peu d’avoir négligé sa propre faim, elle était à la source de cette catastrophe qui aurait pu être évitée, si le mortel avait daigné ne pas s’inquiéter pour un rien.

« Et ne me dis surtout pas que ça va. » Il lui saisit le coude pour l’obliger à lever le bras.  « Ou bien aie l’air plus convaincant. » Asséna-t-il ensuite en scrutant son visage. « Qu’est-ce que je vais manger, maintenant, Stacey ? Tu peux me le dire ? »

Il le relâcha brusquement en s’éloignant vers la salle de bain pour aller se saisir de la trousse de secours. Passer de bourreau du manoir à infirmier personnel, c’était une promotion dont il se serait bien passé. Il jeta la trousse de secours sur la table. Qu’est-ce qu’il avait envie de prendre cette bouteille de whisky et de la verser sur cette plaie suintante. Qu’est-ce qu’il avait envie de le faire hurler de douleur pour le convaincre de faire attention à lui. Stacey devait se soucier de lui avant de se soucier de Balian. Il était simplement trop têtu pour le comprendre malgré les sermons occasionnels du vampire. Le palestinien s’alluma une cigarette, ultime recours pour étouffer l’agacement latent qui le faisait presque suffoquer. Il souffla nerveusement quelques volutes de fumée en s’appuyant contre la table pour faire face à Stacey.

« Nettoie ta plaie, c’est dégueulasse. Et dis-moi où sont les types qui t’ont fait ça. »



Omri : Ma vie
N'moute alik : Je meurs d'amour pour toi / Je t'aime à en mourir = déclaration d'amour ultime ♥♥♥ /pan



Revenir en haut Aller en bas
avatar
♦ Humain ♦
Fantôme de Tullamore
♦ Humain ♦  Fantôme de Tullamore
Voir le profil de l'utilisateur

Messages : 31
Points RP : 54
Date d'inscription : 28/06/2017

De la main de Stacey McGrath signé le Ven 7 Juil - 17:26
The Dead do not hurt you
- Stacey McGrathe & Balian de Lusignan -
«We will fight, or we will fall... »




Je t’avais mis en colère, je pouvais tellement le sentir. C’était un sentiment qui venait me heurter en pleine gueule. J’avais horreur de ça. De te mettre en rogne, tout comme j’avais horreur de te décevoir. Là, j’avais tout simplement fait d’une pierre de coup. Machinalement je me suis envoyé une seconde rasade. C’que j’pouvais être con parfois, mais Balian, toi aussi ! T’avais beau dire j’suis pas certain que tu tiendrais longtemps dans ce monde sans moi. C’était sans doute égocentrique de ma part de penser ça, mais j’sais pas. T’étais mon pilier tout comme j’étais le tien. Mais t’avais trop honte de l’avouer. Je t’en veux pas, mais tu caches tellement mal ton jeu. Tellement. Parce que si t’en avais rien à foutre de moi, tu m’aurais arraché la gorge depuis longtemps. Mais tu m’aimais sans doute autant que moi je t’aimais. Et ça me suffisait. J’ai furtivement fermé les yeux en sentant tes doigts venir enrober mon cou, caressant les contours de ma blessure. J’ai furtivement grimacé. J’voulais pas que tu touches, ça faisait mal, mais j’voulais pas te le montrer. T’as murmuré un truc en Arabe, j’ai rien compris, mais sans doute que tu m’disais combien j’étais stupide, que tu m’insultais, ou j’en sais rien. Quoi qu’il en soit si tu parlais dans ta langue c’est que t’avais pas envie que je comprennes. Alors j’ai rien dit. Tout simplement. J’avais l’habitude de tes mystères et puis, franchement, j’avais pas b’soin de tout savoir surtout, encore moins quand tu devais m’insulter. Alors que t’as murmuré ces mots, c’est un troisième verre que j’ai vidé, j’avais besoin d’alcool non pas pour oublier, mais pour faire passer la douleur. Oui, je souffrais le martyr, mais j’voulais pas, j’refusais que tu le vois. T’allais encore péter ton câble.

T’allais… J’en sais rien. J’ai furtivement fermé les yeux en sentant tes lèvres contre ma joue, j’adorais quand tu faisais ce genre de chose, ça avait le don de me mettre en émois. J’avoue que j’avais envie que tu continues malgré la situation. J’aurais préféré, mais non, t’as encore parlé et tu t’es redressé, me sermonnant. J’ai eu envie de t’en foutre une face a ta remarque, pire, de rire jaune, et crois-moi j’en n’étais pas loin. T’étais pas invisible Balian ! Encore moins maintenant. Tullamore avait trouvé le truc pour vous rendre malade alors si ! Ne te déplaise, tu pouvais mourir d’une infection. Et crois-moi que si ça devait arriver je crois que je ne m’en relèverais pas. J’aurais pu te répondre, mais j’ai pris parti de fermer ma gueule, t’étais assez en rogne comme ça, ça ne servait à rien d’envenimer les choses, tu finirais par m’encastrer dans quelque chose sinon. Mais ce que je pouvais avoir horreur quand tu prétendais être sans faille. T’étais immortel, plus solide que moi, c’est un fait, mais toi aussi tu pouvais y passer, et ça serait pas du luxe que tu ne l’oublies pas. J’ferais quoi moi sans toi ? J’serais quoi hein ? Plus rien. Boudeur je n’ai pas insister, vidant encore un autre verre. A ce rythme-là j’allais finir saoul rapidement. Je n’avais pas mangé depuis les dernières 24h, mon ventre était vide, et j’suis pas convaincu que le whisky arrive à combler la faim. Parce que moi aussi j’avais faim. Mais au lieu d’aller chasser le sanglier c’est pour TOI que j’suis sorti MERDE ! J’ai eu envie de crier d’un coup, j’sais pas pourquoi, mais j’te haïssais d’être aussi égoïste.

J’ai poussé un gémissement de douleur. Me crispant soudainement quand tu as resserré l’étreinte sur mon épaule blessée. Tu m’faisais payer. Quoi ? J’en sais rien. Mais à l’évidence t’avais un message à m’faire passer. J’me suis mordu la lèvre comme un cinglé pour ne pas hurler. J’ai serré les poings. T’avais gagné, comme toujours. Et quand t’as encore parlé j’ai senti les larmes monter. Incapable… J’faisais d’mon mieux putain, mais à l’évidence ça ne te suffisait pas. A l’évidence ça n’allait toujours pas. Tu détestais ça les banques de sang, alors pourquoi tu m’dit ça ? J’voulais t’faire plaisir moi, pas partir faire tes courses. Mais j’ai fini par couiner. Lâchant une sorte de « aïheu » quand tu m’as relevé le coude. Etre convainquant, j’avais mal mais ça ne voulait pas dire que j’allais pas bien. J’étais pas au bord de la mort non plus, arrête d’extrapoler. Mais le pire, j’crois pas que c’était ce que tu me disais, ou ce que tu me faisais. Non, le pire et le plus dégueulasse dans tout ça c’est que tu me faisais culpabiliser. Je t’ai regardé, les yeux remplis de larmes. Ca faisait deux ans putain que je n’avais pas pleurer, mais là, là t’allais trop loin. Alors quand t’es parti chercher la trousse de secoure, j’ai enfouis ma tête dans mes mains, essuyant mes yeux avant que ça ne coule, attrapant la bouteille pour l’entamer à même le goulot. Moi non plus je n’avais pas manger Balian, moi aussi j’avais faim. Mais je ne t’en rendais pas responsable ! Encore moins quand t’allais me chercher de quoi grailler ! T’étais injuste Balian, tellement injuste pour le coup. J’ai reniflé un coup, furtivement, quand t’es revenu, balourdant la trousse sur la table. J’me suis pas fait prier quand tu m’as ordonné de nettoyer la plaie. Attrapant des gaz et de l’alcool pour désinfecter la blessure.

« J’sais pas où ils sont. Ils étaient vers la clairière à l’Est de la ville quand ils m’ont eu. Trois types. Un black, un grand gugus d’au moins 2m et un autre plus petit et gras. J’ai pas eu l’temps de voir grand-chose t’sais. »

Ma voix était faible. Je te répondais, tout simplement, mais tes paroles précédentes n’arrêtaient pas de tourner en boucle dans ma tête. J’ai grimacé en laissant couler l’alcool sur ma plaie, mais rien d’grave. Ca piquait c’est tout. Ca finirait bien par passer, ce n’était qu’une question de temps. Puis je sais pas ce qui m’a pris, j’en sais rien, j’me suis relevé, énervé, agacé. J’n’étais pas un incapable, je n’étais pas un bon à rien. J’avais envie de te le prouver. Balourdant la chaise un peu plus loin. Impulsif je l’étais depuis quelques temps, je ne savais pas pourquoi. La peur, la situation dans laquelle on vivait, que sais-je encore ? Un peu des deux sans doute. J’suis venu me frotter le visage nerveusement. J’en avais rien à foutre de cette putain de blessure, c’était que dalle. Que dalle à côté de ce que je pourrais ressentir si j’en venais à te perdre, que dalle, si tu disparaissais du jour au lendemain. Agacé je me suis approché de toi, levant la main pour venir te gifler. C’était nerveux. Et j’crois que la les émotions étaient trop forte, les larmes se sont misent à couler, toutes seules, sans que je ne puisse les contenir. J’avais peur. Peur pour toi, peur qu’ils te prennent, peur que tu partes. J’en n’avais rien à foutre de moi parce que tout ce qui comptait c’était toi et toi seul. En quelle langue je devais te le dire pour que tu puisses le comprendre et l’imprégner ? En Anglais ? en Arabe ? En Français ?

« Et toi arrête de me dire que t’es invincible Balian ! Même Léandre est en train de crever ! J’ferais quoi moi sans toi ? J’ferais quoi hein, s’ils te prennent et t’enferme dans cette putain de prison ? Tu peux m’le dire ?! J’suis rien moi sans toi ! Que dalle ! Nada ! Quand est-ce que tu vas comprendre que c’est rien ça merde ! Rien face à ce que je pourrais ressentir si tu venais à disparaitre ! CA ME TUERAIT T’ENTENDS ! »

Ca me tuerais. Et sans doute dans une agonie que personne ne pourrait imaginer. Ca serait pire, pire que tout, pire que tout le reste. Alors dis-moi encore de faire attention à mon cul mais fais attention au tien !

« Non ça va parce que je t’aime putain… T’as pas l’droit d’me laisser tout seul. T’as pas l’droit te disparaitre j’te l’interdit. Et t’as pas l’droit de me dire de ne pas m’inquiéter pour toi, j’y arriverais pas bordel… Je t’aime trop pour n’pas l’faire. »

Non, t’avais pas l’droit. Sanglotant j’suis simplement venu me blottir contre toi, j’avais besoin de te sentir contre moi, besoin de te serrer dans mes bras, besoin de toi. Tout simplement…


© Fiche codée par Aindreas An'Sionnach


I SEE THAT LANTERN TRIMMED LOW BURNING IN OUR HOME AND THOUGH I FEEL LIKE CRYING, I SWEAR TONIGHT, I'LL CRY NO MORE. DREAM WITH THE FEATHERS OF ANGELS STUFFED BENEATH YOUR HEAD. THE REGULATOR'S SWINGING PENDULUM. COME WITH ME AND WALK THE LONGEST MILE.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
♠ Vampire ♠ Administrateur
♠ Vampire ♠ Administrateur
Voir le profil de l'utilisateur

Messages : 198
Points RP : 515
Date d'inscription : 28/06/2017

De la main de Balian De Lusignan signé le Dim 9 Juil - 1:14


The dead do not hurt you; only the living do.


Combien de fois Balian était-il devenu fou de rage en voyant la déception de son Sire ? Trop souvent. Il se souvenait de ces regards qui lui transperçaient le coeur de part en part. Il n'y avait pas de mots pour décrire ce sentiment terrible, celui qui le faisait se sentir comme un moins-que-rien aux yeux de An-Nasir. Qu'il eût été insignifiant aux yeux du monde, à cette époque, il s'en fichait. Mais aux yeux de son père vampirique... Non. Ça le tuait. Son approbation était son oxygène. Sa fierté, sa raison de vivre. Son amour, sa raison d'être. C'était un temps lointain, celui où il ne vivait que pour son Sire, où son existence toute entière ne prenait un sens qu'à ses côtés. C'était un temps révolu. Et les yeux humides de Stacey le ramenaient brutalement à cette époque, avec la violence sourde et cinglante d'un uppercut en plein dans l'estomac. Il ne laissa rien paraître, cependant, tandis qu'il surveillait furtivement le visage de son humain, se refusant à émettre le moindre regret dans ses paroles. Il avait parlé. Sèchement et méchamment. Et honnêtement, il ne s'était pas attendu à cette réaction qui le surprit plus qu'il ne voulait se l'avouer. Cela faisait bien longtemps que Stacey n'était plus aussi facilement secoué par quelques petits mots brutaux. Balian en était à la fois agréablement étonné et agacé, d'une part parce que son mortel s'endurcissait et devenait plus fort, d'autre part parce qu'il perdait ce plaisir malsain de lui faire mal rien qu'avec quelques viles paroles bien placées. En deux ans de vie commune, il avait pu constater à quel point l'humain avait changé à ce niveau. Il eut l'impression, l'espace d'une seconde, de revenir quelques mois en arrière et il plissa doucement le regard en espérant que Stacey ne se mettrait pas à fondre en larmes.

Il espérait trop. Une chaise qui vole. Une claque qui résonne. Les vannes qui lâchent. La tête de Balian ne bougea pas d'un millimètre quand la main de Stacey s'abattit sur sa joue. Il était... Choqué. Hébété. Pour ne pas dire totalement sur le cul. La surprise le priva de ses réflexes. En temps normal peut-être aurait-il répliqué par une droite, tenté d'éviter la claque en la voyant venir... Mais il resta stoïque, le regard fixé sur le visage du mortel, à se demander s'il n'avait pas rêvé ce picotement dans le bas de son visage. Stacey l'avait giflé. Il dut se le dire dans sa tête pour réaliser. Stacey l'avait giflé, et maintenant, il éclatait en sanglots en lui déblatérant ses lamentations que Balian connaissait déjà par coeur en fouillant régulièrement dans ses pensées. Stacey ne devait pas avoir de secrets pour lui, il ne lui laisserait pas l'occasion d'avoir sa vie privée - sa vie lui appartenait. Le corps du vampire se tendit quand Stacey se blottit contre lui. Il devait l'avouer, il aimait ça. Ces moments de faiblesse. Ces instants de tendresse. Quand le mortel lui appartenait alors complètement, totalement, corps et âme, à s'en reposer contre lui avec tant de désespoir. Il aimait son odeur, il aurait pu la décrire en quelques mots; douce, rassurante, passionnelle. Il aimait la chaleur qui pulsait doucement dans ses veines, dans ses muscles, qui s'étendait sur sa peau quand il se collait à lui. Le vampire posa une main ferme contre les reins de Stacey pour mieux le presser contre son corps. Cela aurait pu ressembler à une dispute de couple, un déchirement passionnel suivi d'une tendresse toute aussi intense. Mais Balian était Balian. Et Balian aimait avec plus de passion que n'importe qui d'autre et avait sa façon toute particulière de le montrer. Alors quand il glissa ses doigts le long de la nuque du mortel, ce ne fut que pour attraper brutalement sa chevelure.

Il s'en saisit avec violence pour venir le plaquer ventre contre la table, lui cognant le front contre la surface plane. La bouteille d'alcool se renversa et se brisa au sol mais Balian n'en avait cure. Il planta ses crocs dans la gorge offerte de l'humain, sans boire ni se nourrir, simplement pour le geste qui à ses yeux, représentait mieux que tout l'appartenance totale, la soumission indéniable à sa morsure. Il gronda sourdement, tirant la chevelure de Stacey pour le forcer à se cambrer, son autre main venant souligner la courbure de son dos. Ses canines quittèrent sa chair et il lécha délicatement les gouttes de sang qui perlèrent sur la plaie toute fraîche.

« Plus jamais ça, Stacey. Porte encore la main sur moi et tu le regretteras. », Lâcha-t-il dans un souffle en pressant ses lèvres contre son oreille. « Je ne laisserai pas, jamais. Tu m'appartiens. Tu entends ? Tu. Es. A. Moi. »

Il scanda ses mots entre ses dents, mâchoire tendue. Il ne comptait pas disparaître, se laisser enfermer ou attraper. Il ne tiendrait pas sans Stacey. Mais il voulait que Stacey s'occupe mieux de sa propre personne avant de se soucier de lui. Balian n'était pas expert, pour prendre soin des humains et son mortel le rendait fou. Il l'aurait tué pour ne pas voir un autre le tuer avant lui. Stacey ne mourrait que d'une seule façon : de ses mains. Il n'y en aurait pas d'autres. Pas sous les balles de Tullamore, pas sous la faim, pas sous les infections. Sous ses mains seulement, ses crocs, peut-être. Rien d'autre. Balian relâcha sa prise sur la chevelure de Stacey et le retourna pour caresser son visage, avec une douceur telle que sa violence de l'instant précédent aurait pu n'avoir été qu'une illusion. Son pouce dessina délicatement le contour de sa mâchoire tandis que son autre main s'invita insidieusement sur son flanc, parcourant souplement les reliefs de ses côtes saillantes tout en évaluant silencieusement la corpulence du mortel. Il avait maigri. Balian n'appréciait pas. Autant pour sa santé que pour son physique. Cela ne l'empêcha cependant pas de se pencher pour lui voler implacablement un baiser, pressant sa bouche conquérante contre les lèvres de Stacey, grognant sa frustration, sa colère et son désir. Il l'aimait tellement. Pourquoi fallait-il qu'il soit comme ça, si aventureux et effronté ? Son envie de bien faire le désarmait autant qu'elle l'agaçait. Balian était touché et il détestait ce sentiment. Il se sentait plus faible que tout quand il se rendait compte du pouvoir que Stacey exerçait sur lui. C'était véritablement effrayant.

« Arrête de pleurer. » Grogna-t-il. « Ou je vais te donner une bonne raison de te lamenter. »

Du bout de la langue, il recueillit les larmes salées et du bout des lèvres, embrassa le chemin humide qu'elles avaient laissé sur ses joues. Balian ne savait plus quoi faire. L'écorcher ou le câliner ? Pourquoi pas les deux ? Il oscillait sans même vraiment s'en rendre compte entre la violence brutale et la tendresse bienveillante. Ses mains enfermèrent fermement le visage de Stacey, le coinçant entre ses deux paumes.

« Stacey. » Il sembla hésiter un moment à continuer, mais se refusa à lui offrir quelques paroles affectueuses. « Ils ne me prendront pas. Ils ne t'auront pas. Tant qu'on est ensemble... Alors ne t'éloigne plus de moi. »




Revenir en haut Aller en bas
avatar
♦ Humain ♦
Fantôme de Tullamore
♦ Humain ♦  Fantôme de Tullamore
Voir le profil de l'utilisateur

Messages : 31
Points RP : 54
Date d'inscription : 28/06/2017

De la main de Stacey McGrath signé le Mar 11 Juil - 16:26
The Dead do not hurt you
- Stacey McGrathe & Balian de Lusignan -
«We will fight, or we will fall... »




Je t’avais frappé. Le coup était parti tout seul et naïvement j’étais venu me blottir contre toi en pensant que les représailles seraient plus soft. Plus soft, oui c’est ce que j’me suis dit. Parce que mon geste j’savais que j’allais le regretter. Le regretter ou l’payer cher ? Les deux sans doute. Mais j’en pouvais plus t’vois. On n’était plus à river Crow, je n’étais plus ton esclave, j’étais libre de mes mouvements, libre d’aller où je voulais quand j’voulais, mais toi, toi tu me traitais trop souvent comme si j’portais encore mes chaines. Comme si je n’étais rien d’autre qu’une poche de sang ambulante, un sac à foutre. Pourquoi Balian ? Tu m’aimais, oui tu m’aimais, je le savais, alors pourquoi t’étais comme ça ? Pourquoi tu n’pouvais pas j’sais pas moi, être un peu moins toi et lâcher un peu la bride ? C’est ce que je pensais, c’est ce que je me disais. J’étais parfois fatigué de tes sautes d’humeurs mais j’encaissais. Pour toi j’encaissais tout. Mais arrivera un jour ou j’encaisserais plus. Ou j’pourrais plus, et c’jour là Balian, j’partirais, sans doute pour de bon. Alors arrête. Je t’en prie, arrête. J’voulais pas t’laisser, j’voulais pas t’perdre, mais vivre comme ça c’était plus possible. Non. Plus possible du tout. J’avais tout quitté pour toi. J’avais tout perdu. Mon frère, mes potes, t’étais tout ce qui m’restait alors pourquoi tout gâcher pour ces instincts primitifs qui sont les tiens ? La jalousie, la possession. En vérité, j’crois que peu importe ce que je peux faire, ça ne sera jamais assez pour toi. Jamais. Alors oui, j’suis venu te prendre dans mes bras, espérant naïvement que tu ne riposterais pas. Que pour une fois tu réfléchirais avant d’agir. Mais parce que tu es toi… C’était con d’avoir pensé ça.

J’ai senti ta main remonter le long de mon dos, et la poigne dans mes cheveux. J’ai poussé un gémissement de douleur, encore plus quand ma tête à heurter la table. Ca m’a complétement sonné. J’ai dû murmurer un « arrête tu m’fais mal ». Mais j’en suis pas sûre. J’ai eu l’temps de ne rien voir venir. J’ai pas compris tout de suite à ce qui m’arrivait. Non, j’ai pas compris tout de suite à ce qui se passait. J’ai simplement senti le choc, et ensuite ? Ensuite j’ai poussé un cri de souffrance quand j’ai senti tes crocs dans ma gorge. Tu me marquais, encore, comme tu savais si bien le faire. Et tu sais ce qui faisait le plus mal ? C’était de réaliser que tu me traitais encore comme un chien alors que je t’avais tout donné. Je t’ai tout donné Balian ! Et toi ? Toi en retour tu continues de m’traiter comme si je n’étais rien d’autre qu’un putain d’esclave que tu réprimanderais pour une connerie qu’il avait fait. Ca faisait mal Balian. Ca faisait mal de comprendre que je t’aimais alors qu’en réalité, toi, tu m’traitais comme une merde. Les larmes, elles ne se sont pas arrêtées, pas tout de suite. La peur, la souffrance, un peu de tout je crois. La déception aussi. J’avais mal, mal de te voir réagir comme ça. Tu ne comprenais rien Balian, et tu ne comprendrais jamais rien. Et comme si ça ne suffisait pas tu le précisais. Tu m’as relâché, t’as parlé. J’étais à toi. Rien qu’à toi. Ta manière de le dire, t’as façon de prononcer ces mots. Non, j’étais privé de tout mon libre arbitre, et en fait, mes chaines, je les avais encore j’me trompe ? Deux ans, ça fait deux ans que j’vis avec toi, et là, maintenant, aujourd’hui, tu continues et me prouve que non, je ne serais jamais rien de plus que cet esclave pathétique que t’as croisé au détour d’un couloir !

J’avais mal, oui, mal de cette situation. T’as fini par me retourner, venant me caresser le visage, une de mes hanches, remontant jusqu’à mes côtes. T’évaluais quoi ? Les dégâts du temps ? Le fait que je crevais la dalle autant que toi ? Putain pourquoi je t’aime autant ? Ca fait mal Balian. Mal de t’aimais, si seulement tu pouvais le comprendre. Pourtant t’es venu me prendre un baisé, enrobant mes lèvres des tiennes. Je n’ai pas bronché, je t’ai rendu le baisé avec énormément d’amour. Mais j’pouvais sentir mon cœur battre la chamade dans ma poitrine. J’avais eu peur, j’avais eu mal. Et maintenant ? Fallait que ça se calme. J’étais en colère, j’étais en rogne. J’avais envie de poser mes deux mains sur ton torse pour te repousser comme jamais je n’avais pu le faire. Mais je n’ai pas osé. Non, je n’ai pas osé. A la place je suis resté là, figé, ne sachant quoi faire de mes mains. Ne sachant où les mettre. Tu m’avais blessé, et j’voulais que tu le sache. C’était à mon tour de t’faire culpabiliser. Des fois, inverser les rôles, voilà ce que j’aimerais faire. T’faire comprendre ce que je peux ressentir quand t’es comme ça. Mon cœur ne se calmait pas, il battait, fortement, trop fortement, et ma respiration était saccadée. Mais tu ne semblais pas réagir. Non. Tu ne semblais pas te souciais de savoir ce que j’avais en tête et sur le cœur. Tu m’as menacé. Encore. Avant d’encercler mon visage entre tes mains. Brutalement. Comme toujours, comme souvent. Je me demandais si tu savais ce que c’était que d’être délicat. Je ne souriais pas. Non. Je n’en n’avais pas envie. Les larmes ne s’arrêtaient pas de couler, même après que tu sois venu les recueillir. J’avais eu peur. J’avais eu mal. Alors laisse-moi. Laisse-moi l’temps d’me calmer. J’suis humain tu t’souviens ?

Ils ne t’auront pas ? Ca c’est ce que tu penses. Ca c’est ce que tu te dis. Sans doute pour te donner l’impression d’y croire. Ils ont bien eu Léandre et Wellan alors pourquoi pas toi Balian ? Tu peux me le dire ? Mais je n’ai pas rétorqué. Ne plus m’éloigner de toi ? Alors c’est ça ? tu veux me garder sagement à tes côtés, me priver du peu de liberté qu’il me reste ? Mais vas-y connard achète moi une cage pendant que t’y es ! J’étais en train de te fusiller du regard sans même m’en rendre compte. La situation devenant de plus en plus aberrante. J’avais risqué ma putain de vie pour toi ! POUR TOI ! Et toi tout ce que t’y trouverais à redire c’était de m’engueuler comme une merde ? Tu ne pouvais pas dire merci comme tout le monde c’était trop te demander ? Et merde. La rage était telle que je n’avais pas remarqué que tu avais rouvert la plaie grâce à ta délicatesse. Le sang se remettant à couler en abondance le long de mon épaule. Alors j’ai arrêté de te regarder, ramassant une compresse qui était tombée sur le sol pour la poser sur la blessure, compressant pour arrêter l’hémorragie comme je pouvais. Il me fallait du fil et une aiguille. J’avais besoin d’points. C’était tout ce qu’il me fallait. Restant silencieux j’ai commencé à chercher ce qu’il me fallait dans un tiroir. Tu voulais de la soumission ? J’allais t’en donner moi de la soumission. Je te disais que je t’aimais, que j’étais dingue de toi, que je crèverais si tu venais à disparaitre et c’était vrai ! Oui c’était vrai. Et toi tu venais me démonter la tête pour unique réponse. J’en avais marre Balian. C’était pas saint. Rien de notre relation n’était saine. Killian avait raison. C’était irrationnel. Il avait raison. Des fois, c’est ce que je me dis, et je le penserais presque.

J’ai fini par trouver ce que je cherchais, allumant la gazinière pour cramer l’aiguille histoire de la stériliser un maximum. J’voulais pas de ton aide, j’voulais pas que tu me soigne. Si ! Aime moi Balian, aime-moi normalement et je me sentirais mieux, c’est ce que je pensais. Me laissant retomber sur la chaise, j’ai regardé l’aiguille, soupirant un coup avant de la balancer dans un coin. Fait chier merde ! Tu faisais chier Balian. Sincèrement, tu faisais chier. J’ai simplement pris ma tête dans mes mains, essuyant ces larmes qui avaient séchées. Attrapant le paquet de clope pour m’en craquer une. Fallait que j’me calme. Oui, fallait que j’me calme avant d’faire une grosse connerie. Alors je t’ai regardé droit dans les yeux, machinalement. Te posant une seule question. Une seule, simple, à laquelle j’espérais te voir y répondre sincèrement.

« Est-ce que tu m’aimes Balian ? Non parce que là j’ai l’impression que j’suis toujours ce pauvre petit esclave à tes yeux. J’ai tout plaqué pour toi Balian. Tout ! Alors tu ne penses pas que j’ai moi aussi droit à un peu de respect de ta part ? Dis-moi que tu m’aime. Dis-le-moi. J’ai besoin de t’entendre me le dire… J’ai besoin de savoir… »

J’me suis relevé, venant à ta hauteur, le sang continuant de couler de mon épaule mais je m’en foutais. Je suis venu coller mon bassin contre le tien, plongeant mes yeux là, dans la profondeur de ton regard de braise, posant mes mains sur tes hanches, jusqu’au niveau de ta ceinture. Caressant le bas de ton vendre du bout de mes doigts, respirant plus calmement.

« Est-ce que tu m’aime mon amour ? »

Est-ce que tu m’aime… J’ai l’droit de t’entendre me le dire. Moi aussi, j’veux que tu m’appartiennes… Entièrement. Tu es à moi… Je suis à toi… C’est comme ça que ça marche. Toi et moi… Et rien d’autre…


© Fiche codée par Aindreas An'Sionnach


I SEE THAT LANTERN TRIMMED LOW BURNING IN OUR HOME AND THOUGH I FEEL LIKE CRYING, I SWEAR TONIGHT, I'LL CRY NO MORE. DREAM WITH THE FEATHERS OF ANGELS STUFFED BENEATH YOUR HEAD. THE REGULATOR'S SWINGING PENDULUM. COME WITH ME AND WALK THE LONGEST MILE.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
♠ Vampire ♠ Administrateur
♠ Vampire ♠ Administrateur
Voir le profil de l'utilisateur

Messages : 198
Points RP : 515
Date d'inscription : 28/06/2017

De la main de Balian De Lusignan signé le Mar 11 Juil - 21:11


The dead do not hurt you; only the living do.


Stacey était en colère. C'était compréhensible, même si ça échappait à Balian. Balian ne comprenait que la violence et la passion. La douceur, parfois, rarement. Mais bien souvent, elle s'effaçait au profit de la brutalité. Il ne savait pas se contrôler. Il n'avait jamais vraiment su. Il s'écarta doucement en soutenant le regard noir de son humain. Il pouvait sentir sa fureur, elle émanait par tous les pores de sa peau. Balian fronça doucement les sourcils en voyant sa plaie suinter de sang. Il avait beau dire, beau agir comme le dernier des salauds, beau se montrer violent, il n'aimait pas le voir souffrir. Le corps humain avait ses limites. Il voulait le transformer, le préserver de la mort, mais il savait que Stacey n'était pas prêt, et au fond, lui non plus. Balian avait peur, il était effrayé, chaque jour, chaque heure, de le voir disparaître. Il était complètement tétanisé à l'idée de le voir mourir. Et ça lui faisait complètement perdre le contrôle. Oui, il voulait garder un oeil sur lui, être présent en cas de danger, être là pour le protéger et paradoxalement, il s'autorisait ces accès de violence spontanés, le faisant crier de douleur. Balian était toutes ces contradictions. Pourtant, c'était la vérité, il aimait Stacey, bien plus que lui-même ne le soupçonnait. Cet amour le rendait dingue, lui qui, avec plusieurs siècles au compteur, avait déjà pourtant bien expérimenté la folie. Stacey le rendait faible. Stacey le rendait furieux. Et heureux, et triste, et effrayé. Stacey avait un pouvoir indescriptible sur lui. Ce n'était pourtant qu'un simple humain. Que se serait-il passé, s'il était mort, lors des bombardements ? Ou s'il ne l'avait jamais trouvé, au manoir ? Il l'ignorait. Il était tellement soulagé de l'avoir là, en face de lui. Tellement heureux que Stacey l'ait choisi. Parce que Stacey l'avait choisi ! Il ne l'avait pas forcé à le suivre. Il ne l'avait pas contraint à rester à ses côtés. Stacey avait choisi lui-même de rester et les deux dernières années avaient beau avoir été pénibles à vivre, Balian avait été le plus heureux du monde auprès de son mortel.

Il n'osa pas le toucher en sentant sa fureur. Pas par peur de son courroux, plutôt par crainte de voir voler en miettes ce qu'ils avaient construit. Est-ce qu'un jour arriverait où Stacey s'en irait, incapable de supporter plus longtemps ce traitement ? Non, jamais de la vie. Balian voulait le forcer à rester mais dans un sens, ça n'aurait plus d'intérêt s'il l'obligeait. L'humain ne lui appartiendrait vraiment que s'il le voulait bien. C'était comme ça qu'il le posséderait totalement. Le vampire suivit attentivement ses gestes, le regardant chauffer l'aiguille à blanc. Si Stacey avait été un vampire, il n'aurait pas eu besoin de ça. De temps en temps, Balian avait ce genre de réflexion. Il comptait faire de lui son infant, c'était certain. Un jour. Pas maintenant. Bientôt, peut-être. Il ignorait quand. Mais un jour. Il l'avait choisi. Aucun autre humain ne l'avait obsédé comme ça. Ce n'était pas un caprice, ni même un amusement. Balian, dès le début, était tombé sous le charme. Pourquoi aurait-il passé deux ans avec lui à survivre, sinon ? Pourquoi l'aurait-il gardé en vie ? Pourquoi n'aurait-il jamais porté la main sur lui, lui qui si facilement se laissait emporter ? Il l'aimait. Tout simplement. Il l'aimait. Il ne savait pas le montrer. Il pensait naïvement que Stacey le savait, ou bien le devinait, et alors, jamais Balian ne s'était fendu d'un mot d'amour, ou seulement à quelques rares occasion, dans une langue que lui seul pouvait comprendre. Par pudeur. Par embarras. Exprimer son amour, c'était exprimer sa faiblesse et Balian s'en sentait difficilement capable, il était très fier. Pourtant, Stacey en avait besoin, il le savait. Il saturait, il voulait des preuves. Quand il se rapprocha et effleura son ventre, Balian retint un souffle qu'il ne possédait pas, lui qui n'avait pas besoin de respirer pour vivre. Il se tendit doucement, échauffé par le contact, et surtout, rassuré de voir l'humain revenir vers lui. Il espérait que Stacey revienne toujours. Qu'il ne s'en lasse jamais.

Il fut un peu plus gêné par sa demande; Stacey réclamait des paroles qu'il n'arrivait jamais à dire en face. Hamid, lui, n'avait pas besoin de ça pour savoir que Balian l'aimait, et Balian réalisa que Stacey n'était pas Hamid. Qu'il ne lui ressemblait pas du tout et que, justement, c'était ce qu'il aimait chez lui. Hamid n'était pas Stacey, Stacey n'était pas Hamid, mais ça ne l'empêchait pas de les aimer tous les deux profondément. L'un et l'autre. Balian effleura doucement sa joue du bout des doigts. L'odeur de son sang l'enveloppait et il jeta un discret coup d'oeil à son épaule. Pourquoi diable Stacey ne prenait-il jamais soin de lui ?! A se négliger ainsi, il finirait par en mourir. D'autant plus avec Balian qui ne l'aidait pas vraiment, en rouvrant ses plaies. Il regretta son geste, mais il était déjà trop tard. Peut-être, alors, en guise d'excuses, pouvait-il accéder à cette demande ? S'il ne le faisait pas, Stacey lui échapperait, il le savait... C'était le moment de lui montrer qu'il n'était plus son esclave depuis bien longtemps, même si Balian rêvait de le posséder totalement. C'était le moment d'exprimer tout haut ce qu'il pensait tout bas.

« Je tuerais pour toi, je mourrais pour toi. Sans toi, ma vie n'a aucun sens. Tu as raison, j'ai besoin de toi. Peut-être plus que toi tu n'as besoin de moi. Stacey. » Souffla-t-il doucement.

Cette pensée l'agaçait. Il avait l'habitude qu'on ait plus besoin de lui que le contraire. Mais enfin, il avouait. Il avouait combien il était faible face à Stacey. L'humain avait le pouvoir sur lui. Oui, le grand et fier Balian avouait ses faiblesses. C'était à ce point, qu'il l'aimait. Au point de se montrer vulnérable, lui qui se refusait toujours à montrer la moindre faille. Au point de lui avouer qu'il n'avait pas l'ascendant sur cette relation, que Stacey pouvait le contrôler s'il lui en prenait l'envie. Si jamais Stacey s'en allait, il ne s'en remettrait pas. Il le tuerait, de rage et de chagrin. Et peut-être se tuerait-il ensuite. L'idée lui était insupportable. Ces deux dernières années, oui, il s'y était attaché plus que de raison. Stacey était la moitié qui le complétait. Son pilier. Son point de repère. Malgré le trouble qui s'emparait de lui, sa voix était calme et posée, douce, grave. Il ne quitta pas le mortel du regard, glissant un bras autour de lui pour l'empêcher de reculer. De fuir.

« Je veux passer l'éternité avec toi. »

Il ne voulait même pas savoir à quoi ressemblerait la vie sans lui. Il avait besoin de lui, comme Stacey avait besoin de manger, boire et respirer pour vivre. C'était vital. Viscéral. Il ne le montrait jamais, mais c'était bel et bien le cas. Il ne laisserait pas la vieillesse emporter le mortel. Il ne laisserait pas les maladies, les blessures ou la mort l'emmener loin de lui. Stacey ne pouvait pas quitter ce monde et le laisser seul. Maintenant qu'il avait goûté à la vie aux côtés de son mortel, le quotidien lui paraîtrait bien morne et triste, sans lui. Balian était devenu dépendant. Et grand dieu, il savait pertinemment à quel point cela lui porterait préjudice. Il était plus faible que tout.

« Tu me rends fou quand tu pars sans me le dire. Quand il fait jour dehors et que je n'ai pas moyen de savoir où tu es, comment tu vas. Quand le soleil brille et que je ne pourrais pas sortir, si tu étais en danger. Est-ce que tu as idée dans quel foutu état tu me mets, Stacey ? » Lâcha Balian d'un ton abrupt. Il poussa un soupir et reprit d'une voix plus douce : « Si tu meurs, je meurs avec toi. »

Étrangement, ça lui faisait du bien de lâcher ça à voix haute. De vider son sac et laisser parler son cœur. Ça ne lui ressemblait pas, pas du tout... Mais il craignait bien trop de voir Stacey s'en aller s'il s'entêtait dans son mutisme et continuait de taire ses sentiments. Balian avait parfois dit des mots d'amour à son infant, mais en plusieurs siècles, on pouvait les compter sur les doigts des deux mains. Le vampire était franc, direct et rentre-dedans, mais très secret quand il s'agissait d'accepter un peu ses faiblesses. L'amour le tuerait. Depuis An-Nasir, il s'était refusé à trop se confier dans ce domaine-là. Pourtant, quand son Sire était encore de ce monde, il ne s'était jamais privé de lui faire savoir combien il l'aimait. Balian se saisit délicatement du menton de Stacey pour planter son regard dans le sien. Quitte à être honnête, autant ne pas faire les choses à moitié. Pas de pirouette ni de regard fuyant. Stacey voulait savoir s'il l'aimait ? Et bien il le saurait. Et il pourrait même lire la vérité au fond de ses yeux sombres.

« Je t'aime, Stacey. A en mourir. N'en doute jamais, parce que si ce n'était pas le cas, je ne serais pas là. Tu ne serais pas là. Je t'aime plus que tout. »



Revenir en haut Aller en bas
avatar
♦ Humain ♦
Fantôme de Tullamore
♦ Humain ♦  Fantôme de Tullamore
Voir le profil de l'utilisateur

Messages : 31
Points RP : 54
Date d'inscription : 28/06/2017

De la main de Stacey McGrath signé le Sam 15 Juil - 16:15
The Dead do not hurt you
- Stacey McGrathe & Balian de Lusignan -
«We will fight, or we will fall... »




J’sais pas pourquoi j’avais réagis comme ça. J’sais pas ce qui m’a pris, pourquoi j’avais soudainement besoin de savoir, besoin de t’entendre me dire tout un tas de trucs. C’était pas des mots d’amour dans l’vent que j’voulais. J’voulais juste que tu m’dise que tu m’aime. Point. Que tu t’ouvres enfin à moi. Après deux ans, j’avais encore du mal à comprendre comment tu f’sait pour rester aussi discret. Alors que moi, moi j’me privais plus pour t’dire ce que j’avais sur le cœur. Quand j’étais heureux tu l’savais, quand j’avais mes coups de moins bien tu l’savais aussi. Tu savais quand je t’aimais, et quand j’étais en colère contre toi. Tu savais quand j’avais envie d’être dans tes bras, et quand au contraire, j’avais b’soin d’être seul parce que tu m’agaçais pour une quelconque raison. En fait. On était un vrai p’tit couple et c’était bizarre. Mais oui, c’est ce qu’on était. Comme ces gens qui parlent avenir, qui s’aime à s’en déchirer les tripes, mais qui pourtant parfois se haïssent tant qu’ils s’agacent. C’est ce qu’on était, et je jouais l’jeu à fond, là où toi, toi… Tu étais simplement toi. Egoïste, froid, mystérieux, mais pourtant si présent. Parfois de trop même. Et aujourd’hui j’avais juste envie d’passer un cap. De te voir te dévoiler plutôt que de rester là, enfermé dans ton mutisme à te dire simplement que j’savais toutes ces choses. Oui j’le savais Balian. J’le savais parce que je voyais bien que tu ne te comportais pas avec moi comme avec les autres. Mais j’étais moi, et parfois, parfois j’avais b’soin que tu me parle, que tu me place sur ce même piédestal et que t’arrête de m’crier dessus. J’aimais pas quand tu criais Balian. Non. J’aimais tellement pas ça. Alors oui, dis-moi ce que je veux entendre. Et après ? Après on continueras d’avancer. C’est ce qu’on fait à chaque fois. Tourner la page et avancer.

J’étais là devant toi, mes mains posées sur tes hanches quand t’as ouvert la bouche. Ca t’effrayais, j’pouvais l’sentir, mais pourtant, j’insistais. Tu pourrais m’le faire payer après, tant que tu me parle. S’il te plait. J’avais tellement besoin d’ça. De savoir que j’avais pas fait d’erreur en laissant tomber mon frère, en quittant tout ce que j’avais pour toi. Et enfin, enfin tu avouais. Tu avais besoin de moi, sans doute plus que moi je n’avais besoin de toi. Si tu savais combien tu pouvais t’tromper sur la question. Ca m’a fait sourire, et j’ai simplement fait non d’la tête. Non. Parce que j’avais besoin de toi moi aussi. J’étais rien sans toi Balian. Que dalle. Alors je t’interdisais d’en douter. C’était faux, complétement faux. Je pensais que tu t’arrêterais là, mais non. Tu as continué. Me disant que tu voulais passer l’éternité avec moi. Ta façon de me dire qu’un jour je deviendrais tien. Qu’un jour mon cœur arrêterait de battre pour que je puisse te rejoindre dans ton monde. Ce jour, si tu savais combien j’pouvais en rêver. Mais j’étais pas prêt encore. Et tu l’savais. J’aimais trop la vie, sentir l’soleil sur ma peau, le vent d’un bon matin d’été. J’aimais respirer, j’aimais toutes ces petites choses qui me rendaient si vivant. Et ça, ça aussi tu l’avais accepté. Tu attendais. Pour moi. Ou bien, parce que t’aimais aussi ma chaleur. Ca je le savais. J’me suis mordu la lèvre inférieure alors que tu continuais. J’ai pu lire toute la sincérité dans ton regard, et combien tu t’faisais du souci pour moi. C’était pas du soucis, c’était une véritable peur. La peur d’me voir mourir, disparaitre. J’ai senti mon cœur se serrait dans ma poitrine. Les papillons dans mon ventre. Tu m’aimais. Que oui, tu m’aimais, autant que moi je t’aimais. Si tu savais combien ça me soulageait de t’entendre me dire toutes ces choses.

Tu as furtivement haussé le ton, et comme pour te rassurer j’ai posé une main contre ta joue alors que tu venais prendre mon menton. Plongeant ton regard encore plus profondément dans le tien. Toi aussi si tu meurs je meurs. Si seulement tu savais. Et tu as mis un point d’honneur sur tes dernières paroles. Une larme est venu rouler sur ma joue. De la joie, du remord, de la culpabilité. Je m’en voulais de te rendre aussi cinglé. Je m’en voulais, de te faire du mal sans m’en rendre compte. Je m’en voulais d’être simplement ce que je suis. Ce jeune homme fougueux qui ne pense qu’à sortir en pleine journée pour te ramener à manger. Qui ne pense qu’à se carapater dans l’espoir de ressentir un brin de liberté. Tu m’aimais. A en mourir. Plus que tout autre chose. Sans doute peut-être même plus que ta propre vie. J’avais honte. Honte de t’avoir poussé à me faire de telle révélations parce que je savais que si tu me le disais c’est que tu le pensais. Je savais, que tu ne disais jamais rien si ça n’avait pas le moindre sens pour toi. Alors je m’en voulais. De tout ça. Mes lèvres se sont misent à trembler, j’avais simplement envie d’aller me cacher dans un trou, je n’assumais plus rien. Je n’assumais pas le fait qu’à cause de moi, tu sois comme ça. Mais pourtant, je ne suis pas parti. Bien au contraire. J’ai glissé un bras autour de ton épaule, venant me rapprocher d’avantage, venant t’enlacer en oubliant cette douleur qui me brulait dans l’épaule. Je m’en foutais, c’était physique. J’avais juste besoin de te prendre dans mes bras. Tout simplement. Et te faire comprendre que non, je n’irais jamais nulle part sans toi. Que je ne disparaitrais pas. C’était hors de question. Tu étais tellement tout pour moi Balian. Tout ce que j’avais. Mon oxygène, ma raison de vivre, mon équilibre. Sans toi, je perdrais pied c’est certain. Et jamais rien n’y personne n’arrivera à m’arracher à toi. Jamais. Je ne te laisserais jamais tomber Balian. Jamais. Sois en sûre. Ma vie était tienne. Mon corps. Mon âme. Tout de moi t’appartenais…

« Je suis tellement désolé… »

Désolé, je l’étais tellement. Si tu savais à quel point. Désolé de tout ce que j’avais pu faire depuis qu’on se connaissais. Ma fuite pour rejoindre Killian, mes sorties en pleine journée. Toutes ces choses qui au final t’avais fait souffrir sans doute bien plus que de raison. La tête enfouis dans ton cou, je me suis mis à sangloter. J’avais tellement peur de te perdre, tellement peur de te voir me foutre dehors à cause de mes conneries. Je culpabilisais, tout simplement. Et quand j’ai relevé la tête c’est pour venir t’embrasser. Posant mes lèvres contre les tiennes, redescendant mon bras valide pour venir poser ma main sur ta hanche, puis dans la chute de tes reins. Je t’ai embrassé, avec amour, avec passion, avec tout ce que je pouvais. Je t’interdisais de penser que tu n’étais rien alors que tu étais tout. Je ferais des efforts je te le promets. J’ferais mon possible pour ne jamais recommencer, pour rester prêt de toi, pour ne plus prendre de risque. J’prendrais soin d’moi. Enfin, j’essayerais. Je t’en fais la promesse. Je détestais tellement quand on s’engueulait. Tellement quand je pouvais voir de la déception dans ton regard. Tu ne serais plus jamais déçue de me part crois-moi. Je n’irais plus jamais nulle part. Silencieusement, je tentais de m’en convaincre. Comme je pouvais. Mais te voir souffrir c’était tellement pire que tout. Je suis resté là, contre toi, ma main passant sous ton haut pour venir caresser ta peau froide dans la chute de tes reins, poussant un mince soupire de plaisir alors que ma langue venait chercher la tienne. Je pouvais sentir mon corps s’enflammer, s’électriser. La situation était tellement peu banale. Mais t’avais tout éveiller en moi. Simplement grâce à des mots.

« Aide-moi à arrêter l’hémorragie et après on feras tout ce que tu voudras. J’partirais plus j’te l’promets. Je t’aime tellement putain. Tellement… »

Plus que tout. Plus que tout le reste. Venant mordillé ta lèvre inférieur je t’ai enfin relâché, le corps tout en émois. J’avais envie de toi. J’avais envie que tu m’prenne là, a même la table. Qu’on se réconcilie et qu’on passe la journée enfermé ici, chez nous. J’voulais t’montrer combien toi aussi tu pouvais compter. Combien toi aussi, tu étais simplement tout ce que j’avais… Je t’aime Balian. Que oui je t’aime. A en perdre complétement la raison…



© Fiche codée par Aindreas An'Sionnach


I SEE THAT LANTERN TRIMMED LOW BURNING IN OUR HOME AND THOUGH I FEEL LIKE CRYING, I SWEAR TONIGHT, I'LL CRY NO MORE. DREAM WITH THE FEATHERS OF ANGELS STUFFED BENEATH YOUR HEAD. THE REGULATOR'S SWINGING PENDULUM. COME WITH ME AND WALK THE LONGEST MILE.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
♠ Vampire ♠ Administrateur
♠ Vampire ♠ Administrateur
Voir le profil de l'utilisateur

Messages : 198
Points RP : 515
Date d'inscription : 28/06/2017

De la main de Balian De Lusignan signé le Dim 16 Juil - 18:43


The dead do not hurt you; only the living do.


Balian se sentit embarrassé de voir que Stacey semblait gêné par ses aveux. Il y avait mis tout son cœur, la moindre des choses était au moins d’accueillir ces mots comme il les avait réclamés, non ? Avec aplomb et courage. Ah. Décidément, Balian adorait ça. Cette flamme d’insolence qui brûlait en Stacey. Cette façon qu’il avait de se rebeller et de se soumettre. Il l’aimait vraiment. Sincèrement. De tout son cœur, de toute son âme – si tant est qu’il avait une âme, lui, le bourreau impitoyable. Avec Stacey, tout devenait intense. Ses émois, ses colères… Et même son trouble, alors que le mortel sanglotait contre sa gorge. Il ne comprenait plus rien à ce qui lui arrivait, en sa présence. Il perdait ses moyens, perdait le contrôle et il en perdait même la tête. C’était ce genre d’amour. Inexplicable et intense, incommensurable, presque monstrueux et totalement destructeur. Il l’aimait à en avoir mal. Il n’aurait jamais cru cela possible, n’aurait jamais pensé pouvoir vivre cela à nouveau. Et pourtant si. Stacey en avait été capable. Capable de séduire Balian de Lusignan, capable de l’ensorceler. Balian savait qu’il n’aurait pas pu s’agir de quelqu’un d’autre. N’importe quel autre humain serait mort, à l’heure qu’il est, tué par ses crocs, par ses mains. Mais Stacey était différent. Balian l’avait choisi. Instinctivement. Le vampire répondit avec intensité à son baiser, poussant un grondement sourd contre sa bouche. Sous les doigts brûlant de l’humain, sa peau se réchauffait et de longs frissons secouaient son corps en descendant vers son entrejambe. Il se pressa un peu plus contre lui, grognant de désir et de plaisir mêlés, le contact de la peau de Stacey contre la sienne réveillant ses plus bas instincts. Balian avait toujours été un démon de la chair, se satisfaisant à étreindre de nombreux hommes pour le simple plaisir du corps. Toutefois, depuis deux ans, il n’avait jamais étreint que Stacey, et il se surprenait même à apprécier cette exclusivité.

« Ce que je veux… C’est toi. »

Balian le poussa doucement vers la table pour l’inviter à s’assoir dessus. Ses lèvres effleurèrent la gorge du mortel, déposèrent un chemin de baiser le long de sa clavicule avant de s’arrêter sur la plaie qu’il se mit à lécher. Cela pouvait paraître étrange, peut-être même ridicule voire invraisemblable, mais Balian n’aimait pas le voir souffrir. Ou, tout du moins, pas comme ça. Il voulait contrôler la douleur, l’infliger selon son bon plaisir pour qu’elle en devienne agréable. Il avait été brusque, parfois, souvent, avec Stacey. Mais il ne l’avait pas frappé, ne lui avait brisé aucun os. Cette souffrance qu’il avait pu lui infliger n’avait souvent été que temporaire, comme une morsure, mais jamais aussi grave, comme le trou de cette balle grossièrement cautérisé au point de se rouvrir sous sa violence. Contrairement à ce que l’on pouvait croire, Balian tentait se contrôler, avec Stacey, et pourtant, il n’était pas habitué à prendre soin des mortels de la sorte. Cela expliquait que de temps à autre il puisse oublier que la faim, chez les humains, était différente, qu’ils maigrissaient plus rapidement et s’affaiblissaient tout aussi vite. Il faisait pourtant de son mieux pour que Stacey mange à sa faim, et de la même façon que Stacey lui ramenait des proies pendant la journée, il tentait de lui dégoter des vivres pendant la nuit. Un échange étrange, tout aussi étrange que leur couple bancal mais pourtant si sincère. Balian se fichait bien des regards que l’on portait sur eux, il s’était simplement arrangé pour qu’aucun vampire ne daigne importuner Stacey, rare mortel à vivre impunément sur le territoire des sangsues. Il aimait le voir porter son collier. Son premier cadeau. Sa façon de dire qu’il était à lui. Sans compter qu’il s’agissait aussi d’un avertissement pour les autres vampires.

« Tu ne veux pas boire de mon sang, cette nuit ? »

Il lança cette proposition en remontant ses lèvres le long de son épaule, ses mains effleurant délicatement ses flancs. En tant que vampire, Balian ne prenait pas un plaisir particulier à offrir son sang, mais s’il s’agissait de Stacey, les choses étaient différentes. Il en ressentait même une certaine volupté. A défaut d’un repas, le mortel pourrait se contenter de quelques gorgées de sang. Un équivalent moindre, certes, mais Balian se plaisait à prendre soin du lien qui les reliait. En plus de les lier, son sang avait, il le savait, quelques vertus bénéfiques pour les humains, si l’on oubliait son côté addictif si l’on en abusait. Le vampire se redressa doucement en se léchant les lèvres. Il frôla du bout des doigts la plaie qu’il avait un peu nettoyée, examinant l’étendue des dégâts. Cela devrait piquer quelques jours… Ou en tout cas, il le supposait. Il guérissait différemment et souffrait tout aussi différemment. On ne pouvait pas demander à Balian de faire preuve de la même empathie que les humains quand il était incapable de comprendre ces sensations. Neuf cent ans, ça faisait trop longtemps pour que l’humain qu’il avait été puisse se souvenir de ça. Il faisait des efforts, pourtant, et c’est avec une douceur inhabituelle qu’il désinfecta la plaie de Stacey. Lui qui était habitué à torturer et écorcher avait un peu de mal à mesurer sa force alors qu’il pressait un coton imbibé d’alcool contre la plaie de Stacey. Il se guida en scrutant les expressions de son visage, même s’il savait que le mortel tentait de dissimuler au mieux sa douleur. Entêté, comme toujours. Une vraie âme de rebelle. Balian se priva bien de lui rappeler qu’il avait l’épaule trouée, Stacey devait bien le sentir. Il lui demanda plutôt de rester tranquille alors qu’il ramassait les éclats de verre de la bouteille de whisky brisée avant de chercher l’aiguille que Stacey avait lancée plus loin dans son éclat de colère.

« Un de ces jours, Stacey… » Commença Balian en ramassant l’aiguille pour retourner la stériliser. « Tu devras te soucier de ton estomac plutôt que du mien. Un humain ne peut pas survivre en se contentant d’alcool. » Continua le vampire en enfilant un fil dans le chas de l’aiguille. « Tu as maigri. Encore un peu depuis quelques semaines. »

Peut-être que Stacey ne pouvait pas le voir, mais le regard acéré de Balian repérait tout. Il le dévisagea de la tête aux pieds en se promettant de lui trouver quelque chose à se mettre sous la dent d’ici peu de temps. En attendant, le plus important était de le soigner. Il faudrait aussi trouver plus de matériel médical, des bandages, des médicaments. Surtout si Stacey en faisait une habitude, de revenir blessé. Balian aurait l’esprit plus tranquille avec assez de réserves sous la main pour le soigner. Il se mit à recoudre la plaie, quelques points soignés, très certainement peu conventionnels, il n’était pas médecin, mais au moins, assez solides pour que la plaie ne se rouvre plus. Balian coupa le fil et conclut son soin par un baiser sur la blessure. Un geste innocent, presque naïf, qui pourtant appelait à plus puisqu’il l’accompagna par des caresses le long du ventre nu de Stacey.


Revenir en haut Aller en bas
avatar
♦ Humain ♦
Fantôme de Tullamore
♦ Humain ♦  Fantôme de Tullamore
Voir le profil de l'utilisateur

Messages : 31
Points RP : 54
Date d'inscription : 28/06/2017

De la main de Stacey McGrath signé le Lun 24 Juil - 9:45
The Dead do not hurt you
- Stacey McGrathe & Balian de Lusignan -
«We will fight, or we will fall... »




J’ai ri naïvement quand tu m’as repoussé sur la table. Tu me voulais, et je te voulais aussi. Un petit rire enfantin, remplis de complicité comme nous seuls en avons le secret. On pouvait bien nous trouver étrange, quelle importance ça faisait de toute manière ? Nous on se comprenais et on n’avait besoin de personne. Alors les avis des autres, je m’en foutais tellement. J’ai enroulé tes hanches de mes jambes pour te garder prêt de moi, t’emprisonnant, là, alors que tu venais embrasser ma blessure, me caressant l’échine dans le même geste. Je te laissais simplement faire, fermant les yeux alors que ma main valide venait se poser dans ta nuque. Soupirant discrètement de plaisir. Mon corps tout entier s’embrasait, je pouvais le sentir, j’aimais tellement quand t’étais comme ça. Quand tu prenais soin de moi, quand tu me prouvais que tu m’aimais et que ma santé t’importait plus que la tienne. C’était égoïste sans doute, mais tu étais à moi. Je pense que je tuerais même si tu venais à regarder un autre homme. J’en deviendrais cinglé peut-être bien. Je ne le supporterais tellement pas si tu venais un jour à te lasser de moi, à n’plus me regarder pour au final m’laisser tomber. Tu étais à moi, j’étais à toi, c’était tout c’qui comptait aujourd’hui. Tellement. Boire de ton sang. Je savais que ça me soignerait, ou tout du moins, que ça m’aiderait. Mais je n’aimais pas quand t’avais la main mise sur moi. Non, je n’aimais pas boire ton sang. Ca me donnait l’impression de ne plus avoir de vie privée bien que je n’avais rien à te cacher. Ca m’rappelait trop cette condition d’esclave qui n’était plus la mienne. Je t’ai simplement regardé, plongeant mes yeux dans les tiens. J’voulais guérir par moi-même. C’était ma façon d’me sentir encore vivant. V’nant te caresser les cheveux.

« D’accord pour ce soir. Mais juste un peu ok ? »

Juste un peu, quelques gouttes. Je te devais bien ça après t’avoir autant inquiété. Oui, je te devais bien ça. Juste ce qu’il faut pour aider la plaie à se refermer sans s’infecter. Accélérant la cicatrisation sans pour autant que la plaie disparaisse. Ca sera long, douloureux, je le savais. On ne s’remets pas d’une balle en un claquement de doigts. C’était pas possible, tout simplement. Mais j’acceptais, oui, j’acceptais de boire un peu de ton sang. Je t’ai simplement souri, alors que tu désinfectais la blessure. Délicatement. Ca faisait un mal de chien, mais je faisais de mon mieux pour ne pas grimacer, pour ne pas te montrer que j’avais vraiment mal. J’voulais rester fort, faisant style de rien pour que tu penses que ce n’était pas si grave que ça. Une blessure par balle, c’est jamais anodin, mais si tu commençais à voir les choses comme ça je savais que tu m’attacherais ici le temps d’une convalescence qui durerait un sacré bout de temps. Alors j’serais les dents tu vois, te dévorant des yeux alors que tu déposais et retirais le coton sur la blessure. Enlevant la crasse, la nettoyant comme tu pouvais. C’était vraiment moche, mais ça finirait par aller mieux. J’pense juste que j’avais dû aggraver le truc en cautérisant la plaie moi-même, mais qu’est-ce que je pouvais faire d’autre pour stopper l’hémorragie ? Je n’avais pas eu l’choix. T’aurais tellement pu me sermonner mais tu ne l’as pas fait. Non. A la place je t’ai libéré de mon étreinte alors que tu ramassais les éclats de verre. Ma dernière bouteille. J’ai soupiré. J’avoue que j’picolais beaucoup trop depuis quelques temps, mais ça m’aidait à tenir. Chacun ses vis comme on dit. Moi ? C’était l’alcool. Ca m’aidait à surmonter toutes ces horreurs tu vois. Même si j’savais que t’aimais pas me savoir ivre.

Non, t’aimais pas ça, mais que veux-tu, moi aussi j’avais souvent besoin d’un remontant. Je me suis passé une main dans les cheveux, restant assis sur la table, sans bougé, fixant le paquet de clope qui se trouvait un peu plus loin. J’avais besoin de m’en craquer une, mais pourtant, j’suis resté là. J’pouvais bien attendre cinq minutes. T’as fini par retrouver l’aiguille, commençant à me sermonner alors que tu la stérilisais une seconde fois. J’avais maigris ? Seul toi t’en rendais compte alors. J’avais dû perdre quoi ? Cinq kilo tout au plus. Rien de bien grave. Mais je n’avais pas envie de te contrarier. Ou alors, si, j’avais peut-être vraiment perdu du poids, sans doute de trop, mais j’sais pas je m’en rendais tellement pas compte. J’mangeais si j’avais faim. Sinon ? J’avoue, j’oubliais souvent. Un repas par jour, deux quand j’y pensais. Mais t’avais raison. J’picolais plus que tout l’reste. J’me suis mordillé la lèvre inférieure. J’avais envie de te dire que toi, tu t’en faisais vraiment trop. Mais j’pouvais pas te le reprocher. Après t’avoir demandé de m’ouvrir ton cœur ça aurait été osé. Je dois bien l’avouer. J’ai simplement posé une main contre ta joue quand t’es revenu vers moi après avoir enfilé le fil dans l’aiguille. Ca allait piquer ça aussi. Fait chier. Mais j’étais obligé d’en passer par là j’avais pas trop l’choix de toute manière. Fallait bien refermer cette salope de blessure. C’que je pouvais tous les maudire ces bâtards de merde. Tous des hypocrites. Ils nous enfermaient, nous traitaient comme de la merde, et si on tentait de se défendre ou de riposter on nous flinguait. C’était un peu trop facile comme raisonnement, mais c’était comme ça. Ca aussi, c’était pas nouveau. On n’avais pas l’choix que de vivre avec, c’était triste, mais c’était comme ça. Le genre humain pouvait tellement être… paradoxale quand il s’agissait de survie.

« Au moins je n’aurais pas à me soucier d’mon cholestérol. »

De l’humour. Ouai, des fois je tentais encore d’en faire même si c’était pas évident ici. J’savais pas si tu le prendrais bien ou pas, mais j’essayais encore de te rassurer, comme j’pouvais. J’avais qu’ça à faire de toute manière. Faire en sorte d’apaiser les tensions, t’calmer un peu, t’apaiser, te calmer. J’ai grimacé quand t’as enfoncé l’aiguille dans la chair. Là j’avoue, ça faisait mal, et j’arrivais pas à le cacher. Retenant un sursaut, serrant les dents comme j’pouvais. J’voulais que t’arrête tant ça m’défonçait, mais fallait bien m’soigner. J’crois que j’aurais presque pu tourner de l’œil, j’aurais voulu que ce soit le cas, mais non. Je m’étais trop endurcie pour ça et quand on voit que j’avais à peine crier en m’prenant cette balle, fallait pas s’étonner du reste. Je t’ai laissé faire, tout simplement, espérant simplement que tu ferais vite. Que tout se termine enfin. T’as fini par déposer un baisé, concluant enfin la séance de rafistolage du Stacey. Enfin, j’espérais juste que tout reste comme ça maintenant. J’avais b’soin d’un pansement mais on verra ça plus tard. J’ai frissonné quand tu m’as caressé le ventre. J’savais ce que tu voulais, ce dont tu avais envie tout de suite maintenant, et moi, ça m’excitais encore plus j’dois bien avouer. Le corps en sueurs à cause de la douleur. Mais je m’en foutais. J’ai simplement senti mon corps s’embraser encore, venant t’attraper par le T-shirt de ma main opérationnelle pour t’attirer encore plus contre moi, revenant t’emprisonner de mes jambes pour te garder proche de moi. Je suis venu t’embrasser, avec cette passion qui nous était propre. Commençant à m’attaquer à la ceinture de ton pantalon d’une seule main. Tu me voulais, c’est ce que tu avais dit. Alors prends-moi. J’en crever tellement d’envie. Culpabilisant encore de cette dispute que l’on venait d’avoir.

« Si tu m’veux prends-moi. J’suis tout à toi Balian. Entièrement. »

Entièrement à toi. Prends-moi là, ici, à même cette table, je m’en fous, ou alors porte moi jusqu’au lit pour plus de confort. Tout ce que tu voudras. Les réconciliations sur l’oreiller, on était tellement doué pour ça. Et au final c’était la meilleure partie de nos disputes. Le corps en feu, bouillonnant d’envie, et sans doute aussi chaud à cause de la douleur, j’ai fait sauter le bouton de ton pantalon, passant une main entre le tissus et ton corps pour venir te caresser. En deux ans, j’en avais pris de l’assurance, et je n’avais plus peur quand tu m’touchais. Non au contraire. J’aimais tellement ça maintenant. J’avais beau m’dire que j’étais libre, que j’appartenais à personne, j’me mentais tellement. Oui, j’me mentais. Parce que je t’appartenais Balian. Tu étais l’unique de ma vie. Mon Alter Ego, ma moitié, mon double, mon équilibre, mon oxygène. J’avais eu du mal à l’avouer. Mais tu étais mien et j’étais tien. A jamais…


© Fiche codée par Aindreas An'Sionnach


I SEE THAT LANTERN TRIMMED LOW BURNING IN OUR HOME AND THOUGH I FEEL LIKE CRYING, I SWEAR TONIGHT, I'LL CRY NO MORE. DREAM WITH THE FEATHERS OF ANGELS STUFFED BENEATH YOUR HEAD. THE REGULATOR'S SWINGING PENDULUM. COME WITH ME AND WALK THE LONGEST MILE.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
♠ Vampire ♠ Administrateur
♠ Vampire ♠ Administrateur
Voir le profil de l'utilisateur

Messages : 198
Points RP : 515
Date d'inscription : 28/06/2017

De la main de Balian De Lusignan signé le Lun 31 Juil - 22:11


The dead do not hurt you; only the living do.


Sa peau était moite, humide de sueur. L'air avait le parfum piquant de sa transpiration et de son sang. Les narines de Balian frémirent et ses pupilles se dilatèrent doucement quand les doigts de Stacey s'aventurèrent le long de son ventre pour aller crocheter sa ceinture. Aussitôt, son bas-ventre s'enflamma de désir et il réprima un grondement sourd. Stacey avait tellement changé. Il se souvenait parfaitement de ses sanglotements misérables quand il l'enlaçait au manoir, de sa résistance quand son désir et le sien ne convergeaient pas vers le même point. Balian, à l'époque, n'en avait rien à faire. Il était un conquérant, il prenait de force ce qu'il désirait quand il le désirait. Annexant son corps, le réclamant, le déclarant sien sans se soucier ni de son avis, ni de sa douleur. Le palestinien n'accordait d'importance qu'à son propre plaisir. Tout du moins, du temps de River Crow, c'était le cas. Aujourd'hui, il n'en était plus certain. Il aimait les initiatives de Stacey et il appréciait de sentir sa peau frissonner et ses gémissements résonner lorsqu'il décidait de le posséder. Partager cette même volupté lui procurait une satisfaction sans nom. Il avait l'impression, dans ces instants-là, que Stacey lui appartenait totalement. Corps et âme. Quand ils ne faisaient qu'un, que Stacey s'accrochait à lui, qu'il ne sentait plus rien d'autre que le désir sourd et violent du vampire. Stacey avait changé, oui, tout comme Balian. L'humain sombrant dans la concupiscence, acceptant de succomber aux affres de la chair, le vampire concédant à penser moins à lui et plus à l'autre. Depuis les bombardements, il n'avait étreint personne d'autre. Une première dans la vie de Balian, qui avait fait des plaisirs de la chair un art de vivre, vivant sans complexe ses désirs, assumant totalement son appétit insatiable. Cette avidité l'avait toujours caractérisé, lui, le monstre d'instincts, réclamant toujours sa dose de sang, de plaisir et de violence. La fidélité, jusqu'ici, ne lui avait pourtant pas posé de problème, tant que Stacey savait combler les désirs de Balian.

« Stacey... » Grogna le vampire d'une voix rauque en frémissant violemment sous les doigts brûlants de son amant.

Il peinait, parfois, souvent, à contenir son impatience et son avidité. Stacey était un humain, il n'avait pas la même résistance, pas la même endurance, pas la même force. Certaines fois, Balian l'oubliait presque, juste quelques secondes, jusqu'à ce qu'il entende les battements de son coeur résonner puissamment dans sa poitrine pour lui rappeler que son partenaire était bel et bien vivant. Il se forçait alors à contenir son enthousiasme et sa brusquerie. C'était parfois frustrant, Balian ne pouvait défouler sa sauvagerie ni dans la chasse, ni dans la chair, et il en restait sur sa faim, forcé d'apprendre à se contenter d'une vie sans violence, tout du moins, quand il n'allait pas la satisfaire en cassant du Tullamore. Stacey n'en avait probablement pas idée. Des efforts que Balian fournissait pour ne pas le casser, de toute cette brusquerie qu'il réprimait, qui ressortait parfois brusquement, comme quelques instants auparavant, en le mordant avec férocité. Avec Hamid, il n'avait pas à se poser la question. Entre vampires, tout était différent. Mais Hamid n'était pas là, et pour le moment, Stacey resterait humain. Il prenait donc son mal en patience et s'enseignait alors lui-même l'art et la manière de dompter le monstre qu'il était. Pas facile de dire adieu aux bonnes vieilles habitudes, pourtant... Mais il aimait assez Stacey pour le préserver, comme un trésor fragile à protéger - de Tullamore, des autres vampires et même de lui-même. Stacey avait de la chance, beaucoup de chance. Et il était aimé, très aimé. Balian le poussa doucement pour l'allonger sur la table, soulevant son bassin pour lui arracher son pantalon, son corps réclamant le sien avec une telle impatience qu'il ne souhaitait pas perdre plus de temps.

Ses lèvres retrouvèrent le chemin de sa peau, goûtant sa gorge. Balian tenta de se souvenir que Stacey avait l'épaule trouée par une balle et que par conséquent, il allait devoir faire attention à la manière de l'étreindre. Ça tombait mal. Son agacement attisait son désir. Stacey l'avait provoqué en revenant blessé, en partant en pleine journée. Il n'avait pas franchement la tête à le câliner gentiment, il avait besoin de passion, de bestialité, d'émotions fortes pour décompresser. Un jour, l'humain le paierait cher, il le savait. La patience de Balian avait des limites, même avec Stacey. Ses doigts glissèrent le long de ses cuisses avant de lui écarter fermement les jambes pour venir se saisir de l'objet de ses désirs. Il le caressa fiévreusement pour s'assurer de sa réceptivité, poussant ensuite un grognement rauque d'empressement et de désir mêlés. Une fois son appétit titillé, Balian n'avait plus qu'une envie : le satisfaire. Après la blessure de son mortel, le vampire aurait été prêt à quelques concessions, à lui laisser un peu de répit, au moins le temps que la douleur se calme un peu, mais Stacey l'avait lancé le premier sur ce terrain glissant en lui promettant ce qu'il voulait. Et ce que Balian voulait se résumait bien souvent à deux choses : du sexe ou du sang. D'ailleurs, dès qu'il aurait eu l'un des deux avec Stacey, il se dépêcherait d'aller retrouver celui qui avait osé le blesser pour satisfaire son second désir. Personne ne blessait son humain, encore moins un autre mortel et surtout pas un chien de Tullamore. Toucher son amant revenait à le toucher indirectement, Balian prenait comme un affront le moindre mal qu'on pouvait lui faire, même si sans sa couronne et sans son royaume, Balian n'était rien de plus qu'un vampire anonyme. Un affront au roi de Moïsmasem ? Cela ne voulait plus rien dire, surtout pas aux yeux de l'organisation.

Ses mains remontèrent le long de ses flancs et ses bras s'enroulèrent autour de sa taille. Il se redressa alors et le souleva pour l'emporter vers le lit, l'allongeant sur le matelas. Leur confort était spartiate, dans cette petite maison. Balian s'en fichait. Les besoins qu'il comblait avec Stacey suffisaient à son bonheur, il n'avait pas besoin de l'opulence pour se satisfaire. Cela pouvait sembler étrange, il avait vécu des années dans un certain luxe, s'était épanoui dans une richesse indéniable, mais pourtant, Balian se souciait bien peu de ce qu'il possédait. Du moment qu'il possédait Stacey... La véritable richesse était bien là. Dans ce corps brûlant dont le sang battait dans les veines qui tapissaient ses muscles. Dans ces regards fiévreux dont il ne se lassait jamais. Dans cet amour si puissant qu'il savait transcender la différence entre les races. S'installant entre ses jambes, Balian prit la peine de faire attention à son épaule et revint prendre possession de ses lèvres, pressant impétueusement son membre tendu contre son bassin, venant s'y frotter avec impatience en grognant contre sa bouche. Avide de Stacey, il ne pouvait plus attendre de se sentir en lui, accro à la chaleur de son corps, une chose que seul un humain était capable de lui offrir. Il souleva doucement son bassin, habile, prompt, désireux, frémissant d'anticipation, avant d'arquer un sourcil quand il lui sembla sentir son mortel s'affaisser doucement. Un coup d'oeil à son visage le fit comprendre aussitôt que Stacey venait de s'évanouir. Deux sentiments s'emparèrent de lui. L'inquiétude, tout d'abord, et la fureur ensuite, car l'évanouissement de l'humain n'avait pas calmé la tension brûlante dans l'entrejambe de Balian. Il lui tapota la joue d'une main fébrile qui aurait bien voulu le secouer sans ménagement, mais que Balian parvint à calmer.

« Stacey... » Haleta-t-il sous le désir sourd qui enserrait sa poitrine. « Stacey. » Répéta-t-il d'une voix plus forte et plus agacée.

Il grogna son nom une, deux, trois fois, avant de le contempler bêtement, le bas-ventre désagréablement tendu. Décidément, ce que les humains étaient fragiles. La douleur et la fièvre, mêlées peut-être à un peu d'épuisement, avaient eu raison de Stacey. Son souffle lourd mais régulier rassura cependant Balian qui comprit que son corps avait simplement déclaré forfait. Il le secoua légèrement, espérant le ranimer, avant de finalement abandonner. Quoi qu'il en soit, une sensation ne l'abandonnait pas : c'était ce tiraillement brûlant dans le bas de son ventre, ce désir profond que Stacey avait allumé avant de s'évanouir lâchement. Balian grogna, vexé, furieux et frustré, mais ses doigts ne quittèrent pas pour autant le corps du mortel. Avait-il vraiment besoin que Stacey soit conscient pour satisfaire cet appétit ? Il n'en était pas si certain...


Revenir en haut Aller en bas
avatar
♦ Humain ♦
Fantôme de Tullamore
♦ Humain ♦  Fantôme de Tullamore
Voir le profil de l'utilisateur

Messages : 31
Points RP : 54
Date d'inscription : 28/06/2017

De la main de Stacey McGrath signé le Lun 21 Aoû - 0:12
The Dead do not hurt you
- Stacey McGrathe & Balian de Lusignan -
«We will fight, or we will fall... »




Si tu me voulais prends moi. C’est c’que je venais de te dire. Mais j’sais pas. J’étais sans doute trop optimiste quant à ma capacité de te satisfaire, là, maintenant, alors que mon corps tout entier brûlait de cette souffrance qui me prenait dans l’épaule. J’avais mal. C’était certain. J’voulais peut-être oublier, et occuper mon esprit à autre chose ? Mais j’en sais rien. J’me sentais faible. Je t’ai laissé faire, venir m’embrasser, me toucher, me retirer mon pantalon. Mon corps répondant à ton contacte. j’avais envie de toi. Mais mes soupires n’étaient pas autant importants qu’en temps normal. En temps normal, oui, j’aurais presque honte de faire trop de bruit. Là c’était plus timide, plus calme, plus las, plus fatigué. J’sentais mon corps s’endolorir, s’affaiblir de secondes en secondes. Pourtant, quand tu as passé ta main entre mes cuisses, venant me caresser, c’est un long frisson de plaisir qui m’a traversé l’échine. Poussant un râle qui en disant long sur ce que je voulais, passant mon bras valide autour de ton épaule pour te garder là, prêt de moi. Poussant le vis en enroulant mes jambes autour de ta taille. Sans doute bien plus pour m’empêcher de sombrer que par autre chose, mais bon. Je sentais mon énergie me quitter, j’aurais dû te demander d’arrêter, te dire que ça n’allait pas, mais tu l’aurais mal pris je le sais. Et je sais aussi que même si je t’avais implorer d’arrêter tu ne l’aurais pas fait. Ca t’aurais mis en colère, et ça aurait été pire.

Alors j’ai pris sur moi, te laissant faire, te laissant prendre ce que je t’avais promis. La tête me tournait, c’était pas normal, et je pense que j’ai failli sombrer à plus d’une reprise. Je clignais des yeux, tentant de rester là, connecté, focalisé sur toutes ces sensations que tu me procurais. Tu m’as porté, m’entraînant sur le lit, m’y allongeant, aussi délicatement que tu étais capable de le faire. Je t’ai fixé droit dans les yeux, essayant de te sourire furtivement alors que je passais une main dans tes cheveux. Tu es venu me reprendre mes lèvres, répondant à ton baisé avec envie alors que je sentais ton bassin se frotter contre le mien. Les battements de mon cœur se sont anormalement accélérés, mais là encore, j’ai préféré ne pas y faire allusion, venant écarter les cuisses alors que je sentais ton impatience. Si j’en avais envie ? J’avais de gros doute. Tout ce que je voulais c’était dormir, reprendre des forces, oublier que j’avais mal, oublier cette souffrance abominable dans mon épaule. J’en avais la gerbe je crois. Je me sentais fiévreux, pas bien du tout. J’ai papillonné des yeux. Putain, non, fallait pas que je sombre. J’préfèrais pas savoir ce que tu serais capable de me faire si je perdais connaissance. Tu serais furieux, c’était évident, et quand t’es furieux, t’as beau m’aimer, comme tu me l’as dit, t’agis mal. Et c’est dans ces moments là que tu me fais peur. C’est dans ces moments là, que j’oublie pourquoi moi aussi je t’aime…

Moi aussi je… C’était trop tard. La faiblesse, la fatigue, mon corps n’en pouvait plus. Et il a fini par lâcher. Black out. Trou noir complet. Ayant atteint son cotât de sensations fortes pour la journée, je pense qu’il a préféré se mettre en pause. Pourquoi ? Combien de temps ? J’en sais rien. C’était difficile de le deviner. Combien de temps ? Tu es resté en moi, alors que je n’étais plus là ? J’ignore si ce qui était le plus douloureux était tes coups de reins ou la réalisation que t’étais vraiment en train de me violer alors que j’étais… J’en sais rien. Mourant ? Ne comprenant pas ce qui m’arrivais j’ai papillonné des yeux. Essayant de revenir à moi. Voyant en premier lieu ta silhouette, bouger, là, au dessus de moi. Sur le moment je n’ai pas compris. Sur le moment, non, je n’ai pas compris ce qui se passait. Je ne te sentais pas. Je ne sentais plus rien. Et puis, j’ai réalisé que j’avais chaud. J’ai réalisé… Que j’avais mal. Un véritable coup d’électrochoc. Comme quand on sort d’un cauchemar. Comme… Quand on revient à sois alors que l’on s’imagine en train de tomber d’une falaise dans ses rêves. C’est brutal, violent. Tu étais là, en moi, alors que mon corps était… Ailleurs. Comment t’as pu m’faire ça ? Comment t’as pu être aussi con Balian ? Complètement affaiblis, j’ai essayé, vraiment, j’ai essayé. Mon corps s’est contracté de lui même et je suis venu poser mes mains sur tes épaules pour tenter de te repousser. Mais non. Je n’avais plus assez de force, rien n’y faisais. Tu faisais ton affaires alors que j’allais clairement pas bien, c’était dégueulasse merde !

Comment tu pouvais être si égoïste ? Si froid ? Si cruel ? J’ai senti mon corps entier hurler à l’agonie. Tes coups de reins venant se faire ressentir jusque dans le bas de mon ventre. Instinctivement, j’ai poussé un gémissement, ce genre de gémissement non pas de plaisir, mais bien tout le contraire. Un gémissement qui aurait dû te faire comprendre que ça n’allait pas, que j’avais mal. Que je voulais que tu arrêtes. Alors je l’ai fait. Oui, j’ai finir par le faire. Trouvant la force de je ne sais où, l’adrénaline sans doute. Cet instinct de survie. Posant mes mains sur tes épaules, je t’ai repoussé. Plus fort. Avec toute la volonté du monde alors que je te sentais te vider en moi. Dans mon regard, ce n’était plus de l’amour, pas non plus de la haine ou du dégoût, mais de la peur. Comment tu pouvais Balian ? Me dire que tu m’aimais et me faire ça après ? Pour qui tu te prenais ?! Je n’étais plus ta chose, je n’étais plus ton esclave, j’étais ton égale merde ! T’as fini ton affaire, alors que c’est mon poing qui est venu brutalement se fracasser contre ta tempe. Retrouvant l’intégralité de mes esprits. Je t’ai cogné. Non pas giflé, cogné. Comme il se doit. Me redressant, attrapant la couverture pour m’enrouler dedans comme pour me cacher, avec pudeur. Les larmes se sont misent à couler sur mon visage. Non pas de la tristesse, plus… J’en sais rien. De l’incompréhension. Je suis venu me caler là, contre le mur, loin de toi, j’voulais pas qu’tu me touche, j’voulais pas que tu m’approche. Non vraiment Balian, y’avait des jours, je me demandais pourquoi je t’aimais. Pourquoi… J’avais ses sentiments bizarres pour toi, c’était pas humain… C’était pas normal ! Comme cette relation ! Merde ! C’était pas NORMAL !

« Comment t’as pu ? T’es ignoble Balian ! T’avais pas l’droit ! »

Attrapant la lampe de chevet je te l’ai envoyé en pleine gueule. Sans doute plus choqué qu’autre chose. Je t’avais tout donné et toi… toi tu faisais ton truc sans même te demander si c’était éthique ou pas ? Mais ça l’était pas Balian ! Et que tu le veuilles ou non j’étais encore humain moi. J’avais encore une conscience malgré tout ! Putain, j’avais mal, la douleur me reprenait, et complètement naze je me suis laissé tomber glisser contre le mur, j’avais besoin de m’asseoir. J’avais… Soif. Besoin d’eau. Depuis quand j’avais pas bu d’eau ? Je me déshydratais je pense. J’avais la gorge sèche, la bouche pâteuse, comme si j’avais pris une cuite. Une cuite ? Sans doute que j’en avais pris une petite avec tout les whisky que j’ai siphonné. Une chance que tu ai fini par péter la bouteille. Casser tout ce que tu touche. Tu connais hein Balian ?  Je n’osais même plus te regarder. J’étais là, enroulé dans ma couverture, fixant je ne sais quoi. Ma tête pesait au moins le triple de mon poids, c’était atroce. Elle recommençait à me tourner. J’avais qu’une envie, aller m’allonger sur le lit, mais tu y étais encore, et franchement, si j’avais envie de t’approcher après ce que tu m’avais fait ? J’en sais rien. J’avais juste besoin d’avaler la pilule. Je n’étais pas surpris, je crois que c’était ça le pire. Mais me dire que tu m’aime et ensuite me faire… Ca. C’était… Pas normal merde. Alors je suis resté là, contre ce mur, déglutissant nerveusement. J’avais besoin d’eau. Mais je n’avais pas la force de me lever. J’ai fixé la bouteille en plastique qui se trouvait à côté de toi, sur la table, celle que je gardais tout le temps pour la siphonner en pleine nuit quand j’avais la pâteuse du mec bourré.

« Tu m’passe la bouteille j’ai soif. »

Lance la moi, mais t’approches pas. C’était le message que je voulais te faire passer. N’osant même plus te regarder. Putain, Killian avait sans doute raison. Je devais être complètement barge pour t’aimer. Complètement…



© Fiche codée par Aindreas An'Sionnach


I SEE THAT LANTERN TRIMMED LOW BURNING IN OUR HOME AND THOUGH I FEEL LIKE CRYING, I SWEAR TONIGHT, I'LL CRY NO MORE. DREAM WITH THE FEATHERS OF ANGELS STUFFED BENEATH YOUR HEAD. THE REGULATOR'S SWINGING PENDULUM. COME WITH ME AND WALK THE LONGEST MILE.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
♠ Vampire ♠ Administrateur
♠ Vampire ♠ Administrateur
Voir le profil de l'utilisateur

Messages : 198
Points RP : 515
Date d'inscription : 28/06/2017

De la main de Balian De Lusignan signé le Jeu 21 Sep - 0:18


The dead do not hurt you; only the living do.


Il ne bougeait pas. L'ondulation insidieuse de ses reins ne semblait pas l'éveiller. Balian était comme fasciné par cette immobilité paisible, couplée à une fièvre brûlante. Son corps était chaud. Ardent. Et surtout, inerte. Stacey était complètement inconscient. Il entendait pourtant le son de sa respiration sifflante, les plaintes silencieuses de sa carcasse évanouie qui protestait sous les gestes brusques de son bourreau. Balian était un conquérant. Pendant neuf cent longues années de vie, il n'avait appris ni la patience, ni la compassion, et sans se soucier plus longtemps de l'état de son amant, il avait pris possession de son corps. 'Consentement' n'avait jamais vraiment fait partie de son vocabulaire. Balian ne demandait pas, il réclamait, prenait, s'emparait, de force s'il le fallait. Humain ou non. Amant ou non. Qu'il s'agisse de Stacey ne changeait pas la moindre chose; il ne s'émouvait pas de ses sentiments, pas alors que le désir sourd qui grondait au creux de son ventre ne demandait qu'à être assouvi. L'humain n'avait pas protesté - qu'il ne fût pas en état de le faire ne sembla pas lui avoir traversé l'esprit, et Balian avait interprété cette absence de réponse comme une autorisation de se laisser aller à ses instincts bestiaux. Sous ses doigts glacés, la peau de Stacey se consumait, humide de sueur et de fièvre, brûlante au niveau de sa plaie maladroitement recousue. L'éclat carmin de cette blessure le rendait fou. Dans la pièce aux murs décrépis se répandait le parfum salé et métallique de son sang qui se mêlait à l'odeur moite de sa sueur. Balian se pencha sur sa gorge pour le mordre un court instant, s'enivrant des réactions inconscientes et instinctives du mortel dont les muscles se crispèrent aussitôt. Il feula sous la délicieuse étroitesse, cet étau de chair enserrant son membre tendu. Il s'en amusa même, ravi de constater que même évanoui, Stacey savait lui donner le plaisir qu'il désirait. Entourant son visage de ses larges mains, Balian sourit en le contemplant, son pouce effleurant la courbe de sa joue. Il avait l'impression qu'il pouvait le briser en un instant.

Qui l'empêcherait de resserrer ses mains autour de sa gorge et bloquer le flux d'oxygène jusqu'à ses poumons ? Personne. Il aurait pu tout faire, en cet instant. Enfoncer ses crocs dans sa chair et déchirer sa gorge, laisser le sang gicler de son artère, le saisir par les cheveux et démolir son crâne contre la table de nuit, lui briser tous les os du corps. Il n'en fit rien, pourtant, frémissant de ce pouvoir qu'il avait sur lui, grisé par la vulnérabilité de son amant. Il ne cherchait pour le moment qu'à assouvir un seul plaisir : le sien. L'inconscience profonde de l'humain ne le frustrait plus tant que ça. Il trouvait son plaisir dans ce corps offert, livré aux désirs du vampire, comme un sacrifice à l'appétit cruel de Balian. Cette satisfaction malsaine trouvait sa source dans les recoins sombres de son esprit, entrait en résonance avec son amour indéniable d'infliger de la douleur. Balian gronda. Il avait l'impression de sentir son propre coeur battre violemment d'excitation, comme des ondes qui partaient de sa poitrine pour grandir et s'étendre jusqu'au bout de ses membres, causant des frissons qui secouaient sa peau froide. Il se sentait en position de force. Il était en position de force. Comment en aurait-il pu être autrement, alors que les paupières de Stacey restaient résolument closes et son corps, sourd aux coups de rein brutaux de Balian ? Le monde disparaissait. Ne restaient que lui et Stacey au milieu de nulle part, et ce cognement dans sa poitrine, si fort et si brutal qu'il eût crut un instant que sa cage thoracique cèderait pour laisser s'échapper l'organe. Ses oreilles bourdonnaient, s'affolaient sous l'afflux d'adrénaline qui dévalait dans ses veines, cette excitation de prédateur presque millénaire contre laquelle il ne pouvait lutter. Il en oubliait son nom, suivant aveuglément les instructions que lui donnait son corps, écoutant religieusement son instinct lui dicter ses actes. Juste sentir la chair ferme et chaude sous ses mains crispées qui telle des serres s'agrippaient pour mieux le posséder. Juste se délecter du plaisir qui l'éclaboussait par vagues. Juste ça. Plus rien d'autre, personne d'autre. Rien que cet instant.

Il ne se rendit pas tout de suite compte que Stacey se réveillait. Il lui fallut quelques secondes pour prendre conscience des mains posées sur ses épaules et quelques instants supplémentaires pour comprendre que le mortel le repoussait. Le geste, plus que de le refroidir, fit brusquement écho au sadisme latent du vampire qui inconsciemment étira un rictus carnassier. La faiblesse évidente de Stacey lui donna quelques frissons. Son regard perçant s'accrocha à l'expression de son visage qu'il prit la peine de détailler avec attention, et là, dans sa poitrine, cognait encore et toujours le plaisir sombre et malsain de simplement dominer celui qu'il aimait pourtant plus que de raison. Balian était ce non-sens. Cet homme capable de violer impunément tout en affirmant aimer. Il n'y avait pourtant dans ses mots pas le moindre mensonge. Balian était sincèrement et indubitablement amoureux, tout en étant sincèrement et indubitablement fou. On ne vivait pas plusieurs centenaires sans s'écarter un peu du chemin de la lucidité. Et puis, Balian n'avait jamais connu que ça. La violence, le sang, le sexe, la brutalité, la bestialité, la douleur, l'égoïsme. Pourtant, il aimait Stacey. Tout en se laissant submerger par l'intensité sourde de ses instincts sombres. Tout en se laissant dépasser par la violence inouïe de ses désirs. Et l'once de raison en lui ne semblait pas hurler assez fort pour chasser tout cela. Balian ne se sentait pas victime, pourtant. Il ne se sentait pas non plus bourreau. Il agissait juste sans penser, sans réfléchir, sans imaginer la possibilité que Stacey puisse le fuir. Puisqu'ils s'aimaient, pourquoi penser ?

Et puis, feulant sourdement son plaisir, se délectant des protestations de l'humain, Balian se fit surprendre par son brusque accès de violence. Le poing de Stacey fit vibrer sa tempe. Le vampire cligna des yeux, confus, revenant brutalement à une réalité de laquelle il s'était complètement éloigné pendant de longs instants. D'un coup, la chaleur de l'humain le quitta, aussi vivement que son plaisir s'était éteint. Stacey s'échappait. Encore abruti par la satisfaction abyssale de son monstre intérieur, il n'eut pas la présence d'esprit d'éviter la lampe de chevet que le mortel lui jetait dessus. L'objet s'encastra dans son arcade sourcilière et lui entailla la chair. La surprise le rendit muet et la douleur, vive et acérée comme une violente piqûre, le fit battre des cils. Quelques gouttes de sang glissèrent le long de sa joue pour venir mourir dans les draps, tâches écarlates s'étendant lentement en suivant le maillage serré du tissu. Balian fronça doucement les sourcils alors que déjà, le sang coagulait au niveau de sa plaie. confus. Confus était le mot, il ne comprenait pas ce qui se passait. Ce qu'il s'était passé. Comme si la douleur de Stacey lui semblait être un concept abstrait, presque impossible à oser imaginer. Comme si sa colère et sa peur n'avaient pas lieu d'être, là où Balian avait pourtant osé arracher dignité et consentement pour conquérir sans plus de cérémonie son corps inconscient. Parce qu'il ne l'avait pas fait dans l'optique de faire souffrir ou d'humilier, il avait considéré naïvement être dans son droit. Stacey le lui avait dit, non ? "Prends-moi". Il avait expressément évoqué son accord, n'est-ce pas ? Le vampire l'avait compris de cette manière, en tout cas. La réaction brutale de Stacey le laissa pantois et un brin irrité, car s'il pouvait tolérer la colère du mortel, il n'appréciait pas cette lueur d'effroi au fond de son regard. D'un revers de main, Balian essuya le chemin de sang sur sa joue tout en gardant ses yeux clairs sur la silhouette frémissante et recroquevillé de son mortel.

« Tu fais des histoires pour un rien. Si tu ne voulais pas le faire, il fallait me le dire dès le départ au lieu de t'évanouir en plein milieu. » Se défendit-il avec indifférence.

Considérant son inconscience comme un accord tacite, Balian ne s'envisageait pas fautif. Pourtant, indéniablement, il sentit un drôle de sentiment s'emparer du creux de son ventre, comme un inconfort indescriptible et inhabituel attisé par le regard humide de Stacey. Des remords ? Il l'ignorait. Il était incapable de dire à quoi ce sentiment ressemblait. Pinçant les lèvres, Balian se rhabilla brièvement en soupirant. Quoi qu'on en dise, il n'aimait pas se disputer avec Stacey, même si ça arrivait régulièrement. Il n'aimait pas non plus qu'on lui tienne tête, mais l'humain était probablement la seule personne au monde pour laquelle il était capable de faire des concessions. Il se saisit doucement de la bouteille, et bien que devinant l'interdiction non formulée de Stacey de l'approcher, avec audace et un brin d'entêtement, Balian fit quelques pas vers lui. Prudemment, d'abord, mesurant ses réactions, puis avec plus d'assurance, pour ne pas lui laisser le temps de répliquer. Il s'accroupit juste devant lui et lui tendit la bouteille, rivant son regard acéré sur son visage de bête effarouchée. Bon prince, le vampire lui laissa le temps de s'abreuver avant de glisser sa main sur sa joue, l'obligeant à redresser le menton vers lui. Pas de brutalité. Il avait su calmer les instincts de sauvagerie en lui en assouvissant ses désirs charnels. Il était prompt, à présent, à un peu de douceur. Lentement, alors, son pouce descendit le long de sa joue pour venir ensuite effleurer la pulpe de ses lèvres.

« Tu n'as pas peur de moi, quand même ? » Malgré le calme de sa voix, l'inquiétude était sincère. « Regarde-moi, Stacey. »

Sa seconde main se posa sur l'autre joue de l'humain pour flatter tendrement sa peau. Il entama un mouvement vers lui, un désir soudain de l'embrasser, avant de marquer une hésitation et de se stopper. Non. Stacey n'avait pas l'air d'humeur. En cet instant, Balian était capable de le comprendre. Capable même de comprendre que ses propres désirs n'étaient pas les seuls qui comptaient. Que les désirs de Stacey aussi avaient de l'importance. C'était le principe d'un couple. Pas un couple comme Balian le connaissait, mais comme la plupart des gens le définissaient. Pour le palestinien, cet effort n'était pas des moindres. En deux ans de concubinage - si l'on pouvait définir cela comme tel - il avait cependant compris que ces efforts étaient nécessaires. Laisser Stacey sortir quand il faisait jour. Le laisser se promener hors de sa vue. Accepter qu'il ait son libre arbitre. Tolérer ses coups de colère. Ménager sa condition d'humain. C'était tous ces efforts et bien plus. Malgré les mois et les semaines, Balian avait toujours du mal à s'y faire. Mais pour Stacey, il acceptait de changer. Évidemment, il y avait encore du progrès à faire, mais il nota dans un coin de son esprit que l'humain n'appréciait pas d'être l'objet de ses désirs sexuels pendant qu'il était inconscient.

« Je ne le referai plus. » Lui promit-il pour le consoler.

Et encore une fois, il était sincère. Il avait envie de le prendre dans ses bras, de le serrer fort contre lui, d'embrasser chaque parcelle de sa peau, de le toucher, de le sentir. Lui montrer qu'il l'aimait. Mais il n'aimait pas ça, quand Stacey le repoussait, et il n'aimait plus ça, le forcer. Il avait trop pris goût au consentement de l'humain. C'était tellement meilleur quand leurs désirs convergeaient. Tant bien que mal, il se retenait de le toucher plus que ça.

« Bois mon sang. Tu iras mieux. Tu as dit que tu le boirais, ce soir... » Ajouta-t-il en remarquant bien qu'il semblait souffrir.

Il caressa gentiment ses cheveux, espérant apaiser la colère de son mortel. S'il avait su que Stacey en ferait toute une histoire... Ou peut-être s'en était-il douté et s'en fichait-il, à cet instant ? Il ne savait pas. Il ne savait plus. Il était toujours confus, avec Stacey. Il avait l'impression, parfois, de ne jamais savoir comment agir avec lui. L'amour était compliqué. Il n'avait pas le souvenir que les sentiments étaient si complexes.

« J'irai te chercher à manger, après. »

Revenir en haut Aller en bas
avatar
♦ Humain ♦
Fantôme de Tullamore
♦ Humain ♦  Fantôme de Tullamore
Voir le profil de l'utilisateur

Messages : 31
Points RP : 54
Date d'inscription : 28/06/2017

De la main de Stacey McGrath signé le Mer 27 Sep - 10:50
The Dead do not hurt you
- Stacey McGrathe & Balian de Lusignan -
«We will fight, or we will fall... »




Ce que tu venais de faire, ça s’appelait un viol. Et même pas que ça semblait te choquer. C’était ça le plus surprenant. Le plus terrifiant en réalité. Et ta façon de te défendre. Fallait pas que je m’évanouisse ? Je t’ai fusillé du regard. Littéralement. Tu te rends même pas compte de ce que tu dis. Tu ne te rends pas compte de l’abomination de tes paroles. C’était ça le pire. Restant là je n’ai pas répondu. Non, valait mieux pas tu peux me croire. Désolé d’être mortel. Désolé d’être « faible » et d’être surtout très blessé. Je n’avais pas demandé à m’évanouir. Non. Je n’avais pas demandé. Oui j’avais eu envie de toi. jusqu’à ce que mon corps me rappelle à l’ordre. C’était ça être vivant Balian. Mais vu ton âge c’était un concept qui t’était devenu bien plus qu’abstrait. Tu avais oublié tout ce que cela voulait dire. Tu avais oublié tout ce que ça pouvait impliqué aussi. Franchement y’avait des jours où je ne te comprenais vraiment pas. Y’avait des jours où je me demandais bien ce que je pouvais te trouver. Ca me dégouttais en fait. C’était ça le pire. Après tout ce que je pouvais faire pour toi. Il était peut-être temps que tu réagisses tu ne crois pas ? Peut-être temps que tu comprenne les choses ? Je n’étais plus ton esclave. Je n’étais plus ta chose. On était plus que ça Balian ! On était… J’en sais rien moi. Un couple ? C’est comme ça qu’on nous jugeait non ? C’est comme ça dont on parlait de nous. Stacey l’humain en couple avec Balian l’ancien tortionnaire. C’était plus que bizarre sérieux mais pourtant c’était bien ce qu’on était. Alors respectes moi merde ! Ce que je pouvais te détester quand t’étais comme ça. Ce que tu pouvais être con parfois. Et encore. Con. Le mot était bien faible. J’en avais tellement des choses à te dire mais au final je suis resté là sans rien dire. Les genoux repliés sur ma poitrine, attendant que tu réagisse, que tu me la lance cette bouteille d’eau.

Mais comme toujours, tu te foutais royalement de ce que je pouvais dire, penser, ou bien vouloir. Je t’ai regardé, te rhabiller, attrapant la bouteille, t’approcher malgré le fait que franchement, je n’avais pas envie que tu me touche. A t’écoutais c’était moi le responsable. C’était abusé merde. Y’avait vraiment des jours où je me disais que tu te foutais littéralement de ma gueule. Franchement ? Comment je pouvais penser autrement ? Tu peux me le dire toi ? Pourtant je n’ai pas eu le temps de répliquer. Comme toujours, tu n’en faisais qu’à ta tête et te voilà déjà devant moi, accroupis, là, en face de moi. Avec colère j’ai attrapé la bouteille, en vidant presque la moitié tant j’étais littéralement desséché. Depuis quand je n’avais pas goutté à cette or bleue ? Je me le demande. Des jours peut-être. Privilégiant l’absorption de bière ou de whisky bien plus qu’autre chose ces derniers temps. J’aurais voulu trouvé la force de me relever, de te rembarrer, de te dire d’aller te faire foutre. Mais non. Je n’ai rien fait. Tu ne m’en n’a pas donné la possibilité de toute manière. Ta main vient effleurer ma joue, mes lèvres. Et ta voix. Si j’avais peur de toi ? Bien sûre que oui Balian je pouvais avoir peur de toi. Comment ça pouvait te surprendre après tout ce que tu venais de faire ? C’était humain comme réaction tu ne crois pas ? C’était normal. Complètement réaliste. Pourtant tu me demandais ça d’une voix toute calme, toute douce. Comment ça pouvait te surprendre sérieux ? Tu venais de me violer ! J’ai préféré ne pas répondre, baissant les yeux pour ne pas devoir affronter les tiens. C’était trop compliqué dans ces moments là. Parce que tu sais c’est quoi le pire ? C’est que tu savais parfaitement me calmer. J’avais envie de te frapper, de t’étrangler, de te cracher à la gueule. Mais non. Je n’ai rien fait comme toujours.

Te regarder ? Comment je pourrais sérieux ? Pourtant, tu as posé ta seconde main sur ma joue, m’obligeant à relever les yeux vers toi. Merde. Tu semblais sincère. C’était ça le pire. Sincère, inquiet, un mélange des deux. Ce que tu pouvais me faire chier sérieux. J’ai plongé mes yeux dans les tiens, des yeux remplis de larmes, remplis de fatigue, remplis de souffrance, de tout un tas de trucs bizarre. J’avais mal. A cause de la blessure. A cause de ce que tu venais de me faire. C’était un mixte de tout un tas de choses. Tu semblais presque triste d’un coup. Comme si tu regrettais. Toi ? Avoir des regrets ? Se serait bien une première. J’étais amer. Je le savais. Mais je savais tout aussi bien que quand tu te montrais comme ça je pouvais te donner le bon dieu sans concession. C’était ça le pire. C’était ça le plus malsain. Tu avais beau merder, je te pardonnais toujours. Parce que je te connaissais. Parce que je savais que oui, tu faisais des efforts pour me comprendre. Pour t’occuper de moi. Pour m’aimer comme le commun des mortels pouvait aimer sa moitié. C’était différent avec toi. Ce que je pouvais te détester pour ça. Arrête avec ça. J’allais finir par culpabiliser de ma réaction. Jouant nerveusement avec ma bouteille, je ne t’ai pas quitté des yeux. Tu ne le referas plus ? Tu parle. Ca allait durer combien de temps tes bonnes intentions ? Deux jours ? Une semaine ? Un mois ? J’en savais rien. Sincèrement. Mais ce que je savais aussi c’était que non. Je ne pourrais pas t’en vouloir éternellement. Ne te lâchant pas du regard j’ai simplement haussé les épaules. Je voulais te répondre, j’en avais envie, mais non. Je ne savais pas quoi te dire. Le mal était fait, c’était encore trop frais, j’avais, j’en sais rien, besoin de temps pour avaler la pilule. Sans doute. Certainement. Ca prendrait le temps que ça prendrait. Sans doute pas si longtemps que ça d’ailleurs. On verra bien. De toute manière c’était comme si tu avais déjà gagné la partie. Comme toujours. C’était fatiguant ça aussi. Agaçant. Perturbant. Tu gagnais et gagnerais toujours Balian…

Comme avec cette histoire de boire ton sang. Soupirant furtivement je ne t’ai pas lâché du regard. Tu savais que ça me soulagerait, c’était ça le pire. Mais moi, j’avais peur. Peur que tu puisses en jouer comme à l’époque. Peur que tu violes plus que mon corps. Mon intimité, mes pensées, absolument tout. Mais j’avais promis. Et tu savais que je tenais toujours mes promesses. C’était sans doute ça qui était pire que tout. Tu avais beau merder, tu avais beau dépasser les bornes, jamais je ne t’en tenais rigueur. Je te pardonnais toujours. Parce que je t’aimais. Je t’aimais comme un dingue. J’étais incapable de l’expliquer, incapable de comprendre pourquoi. Mais je savais que sans toi je serais sans doute perdu. Sans toi, je ne serais rien. Je savais l’avenir qui m’attendais, je savais qu’au fond, jamais tu ne me laisserais partir. Ni vieillir. Qu’un jour je serais comme toi. Qu’un jour, quand je serais prêt, tu me tuerais pour me garder éternellement près de toi. Et tu vois, même si j’adorais ma condition d’être vivant. Même si j’adorais sentir le soleil sur ma peau, respirer, vivre, même ça, je te l’accorderais. Parce que je savais aussi que si tu me perdais t’en crèverais. C’était présomptueux, mais j’en étais convaincu. C’était peut-être pour ça aussi je te pardonnais absolument tout. Toujours. Constamment, sans prendre la peine de me poser les bonnes questions. C’était pour ça que j’avais abandonné Killy. Que j’étais parti, sans me retourner. Te choisissant toi plus que lui. Mon frère me manquait, si tu savais. Mais il n’accepterait jamais notre relation, alors rien que pour ça, je me sacrifiais pour toi. Tu vois, il n’y avait pas que toi qui faisait des concession Balian. C’était ça la notion de couple. C’était ça être… Ensemble. Faire des sacrifices pour l’autre. On finirait par devenir presque normaux à force. Presque, dans la mesure du possible.

« Je te déteste. »

Des mots, qui sonnaient bien plus comme un « je suis fous de toi ça me rends barge. » Je t’ai répondu, simplement, d’une voix faible. Finissant par lâcher cette bouteille pour venir me réfugier dans tes bras. Pour ça oui, je te détestais. Pour cette addiction malsaine que tu me faisais ressentir. J’avais besoin de toi, j’avais besoin de me sentir là, contre toi. Tu savais me rassurer et malgré toutes ces horreurs je me sentais en sécurité qu’avec toi. Aujourd’hui je prenais conscience de combien je pouvais être vulnérable. Mortel. Et combien ma vie ne tenait qu’à un fil. Alors je me suis blotti là, au creux de tes bras, prenant place sur tes genoux après avoir attrapé un couteau qui traînait par terre. Ne me demande pas ce que ça foutait là, j’en savais rien. On trouvait des tas de trucs bizarres ici. Venant entailler ton poignet sans te demander la permission pour en faire échapper ton sang. Sans hésité, j’ai conduit ton poignet à mes lèvres, venant m’abreuver avec envie. Je savais ce que ça provoquerait. Je savais ce que ça me ferait. Fermant les yeux, je pouvais sentir mes sens se décupler. Mes envies, mes sentiments, tout un tas de trucs. J’avais dit quelques gouttes, pas plus, mes l’extase s’est fait ressentir presque immédiatement, et tel un affamé j’ai bu, sans me priver, dévorant ton poignet comme s’il s’agissait d’une véritable gourmandise. La douleur s’apaisant presque dans l’instant alors que mes sens me dictaient de te donner ce que je t’avais promis quelques temps auparavant, avant de m’évanouir, avant de… Te décevoir ? Alors te relâchant, je me suis retourné, te faisant face pour m’installer à califourchon sur toi, venant m’emparer de tes lèvres avec une envie certaine. Et cette fois, c’était moi qui était remplis de remords. Le remords de m’être évanouis avant de te combler.

Ne contrôlant plus mes pulsions, je t’ai poussé de façon à ce que tu t’allonges à même le sol. Prenant le dessus, sur tout un tas de truc. Tu étais un vieux vampire. Un vieux vampire avec un sang aux vertus parfois extraordinaires, on ne pouvait dire le contraire. Le draps que j’avais mis autour de moi pour me protéger à fini par tomber, me retrouvant parfaitement nu devant toi, ne pouvant cacher cette envie que j’avais. Une envie de toi. Une envie, soudainement presque bestial. Jamais ne n’avais été comme ça. Jamais ton sang ne m’avais procuré autant d’effet. Peut être que c’était dû à je ne sais pas. Le fait que je n’en n’avais pas bu depuis longtemps. Ou alors, peut-être est-ce que c’était dû à la colère ? Plongeant ma tête dans ton cou je suis venu te mordre avec toute la force du monde. Te procurant une vulgaire plaie, revenant m’abreuver, encore, alors que j’ai fait tomber le peu de vêtement que t’avais enfilé pour te revêtir. Je te maudissais. Encore. Attrapant ton sexe entre mes mains pour le malaxer, j’avais envie de sentir l’effet que je te faisais. J’avais envie de voir, de constater, que oui, toi aussi tu m’aimais. Que toi aussi, tu n’étais rien sans moi. J’avais envie que tu me fasse jouir, tout comme toi tu avais jouis en moi quelques instants plus tôt. J’avais envie de tout ça… Sans douceur. Sans délicatesse. Sans ménagement. Ton sang coulant en moi me donnant sans doute un brin de ta personnalité. J’avais simplement envie de te donner ce que dont tu avais besoin. Du sang, du sexe, de la violence… Putain de vitae… Voilà pourquoi je ne voulais jamais en boire… J’en devenais… Complètement barge et méconnaissable…

« J’ai envie de toi… Mords moi… Prends-moi… Fais-moi tien je t’en prie... »

Comme possédé, dans mon regard plus aucune humanité. Plus aucune frayeur. Plus aucune peur. J’étais complètement stone… Complètement déconnecté. A tel point point que dans mes yeux rayonnait presque une lueur malsaine. Tel un psychopathe. Tel un sociopathe. Je t’ai souris avant de rire, les lèvres rougis par ton sang, le liquide carmin coulant encore sur mon menton. Possédé… C’était sans doute le mot juste… Complètement drogué… Plus aptes à me contrôler. Complètement… Méconnaissable… Voilà ce que tu faisais de moi Balian. Est-ce que tu aimais ça ? Sincèrement ? Je l’ignorais. Mais moi, je savais que si je me voyais comme ça, je me ferais peur… Complètement. Littéralement.



©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach


I SEE THAT LANTERN TRIMMED LOW BURNING IN OUR HOME AND THOUGH I FEEL LIKE CRYING, I SWEAR TONIGHT, I'LL CRY NO MORE. DREAM WITH THE FEATHERS OF ANGELS STUFFED BENEATH YOUR HEAD. THE REGULATOR'S SWINGING PENDULUM. COME WITH ME AND WALK THE LONGEST MILE.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
♠ Vampire ♠ Administrateur
♠ Vampire ♠ Administrateur
Voir le profil de l'utilisateur

Messages : 198
Points RP : 515
Date d'inscription : 28/06/2017

De la main de Balian De Lusignan signé le Lun 9 Oct - 1:28


The dead do not hurt you; only the living do.


Il semblait avoir réussi à apaiser un peu la colère de son humain. Balian sourit, le cœur débordant d'affection pour ce mortel. Il se sentait mieux quand Stacey ne lui faisait pas la tête. Les lèvres toujours arquées en un doux rictus attendri, il se laissa faire quand le jeune homme entailla son poignet pour boire son sang. Quelques gorgées. Balian savait pertinemment qu'il ne voulait en boire que quelques gorgées. Souvent – trop souvent – Stacey refusait ses offrandes, préférant s'affamer plutôt que de se repaître de son sang. La raison, Balian la connaissait. L'humain voulait s'appartenir totalement. Il refusait de lui ouvrir la porte sur ses pensées, sur sa psyché, s'imaginant peut-être revenir au temps de River Crow lorsque Balian pouvait lire en lui comme un livre ouvert. Ce serait mentir que de le nier, Balian aimait ça. Pouvoir entendre ses pensées, se glisser dans sa tête, le sentir sans même le voir. Une sorte de contrôle, oui. Même s'il ne le considérait plus comme son esclave, les habitudes avaient la vie dure. Cependant, il ne le forçait jamais, même s'il lui arrivait d'insister. Son regard posé sur l'humain, Balian le contemplait avec affection. C'était une sensation étrange que celle de se faire voler son sang, pourtant, venant de Stacey, c'était loin d'être désagréable. Il ne faisait plus qu'un avec lui. Il pouvait sentir graduellement le lien de sang se former entre eux et il laissa échapper un mince soupir. Son sourire s'accentua quand les doigts de Stacey se resserrèrent sur son poignet pour boire avec plus d'impatience. Il jouait les indifférents, mais finalement, il ne pouvait résister à l'appel du sang. Balian se nourrissait assez pour se permettre de lui offrir de généreuses gorgées. Il le laissa donc boire. L'arrêter était bien la dernière de ses envies, il aimait trop être lié à son humain. Stacey le regrettait. Peut-être. Sûrement. Mais pas maintenant. Plutôt quand les effets se dissiperont, quand il reprendra conscience de ses gestes. Quand il sera trop tard.

Il fut ravi de le voir changer d’attitude, surveillant chacun de ses gestes tandis que l’humain s’installait sur lui. Le baiser avait le goût de son propre sang. Balian gronda en laissant riper ses canines contre la langue de Stacey. Ce dernier soufflait dangereusement sur les braises d’un désir encore brûlant que le vampire avait tenté d’étouffer. Il ne semblait pas s’en soucier. Balian plongea son regard dans le sien et se laissa surprendre quand le mortel le poussa fermement pour l’allonger. Avec un brin de curiosité et d’excitation mêlées, le vampire ne le quitta pas du regard, se mordillant doucement la lèvre. Il le vit revenir sur lui, se pencher sur sa gorge… Balian poussa un grondement sourd quand Stacey le mordit, crispant ses doigts sur sa taille nue, ses ongles ripant sur sa peau claire. Lâchant un juron, il daigna pourtant se laisser faire. Stacey était peut-être bien la seule personne au monde autorisée à le mordre ainsi. Le voir perdre le contrôle, lui qui d'ordinaire boudait la moindre goutte de sang, avait quelque chose de plutôt rafraîchissant et excitant. Le vampire avait bien conscience que l'humain n'était plus vraiment lui-même. Il connaissait assez Stacey pour savoir quand il était dans son état normal et quand il ne l'était pas. Il ne fit pourtant rien pour le ramener à la raison. Il voulait profiter un peu de cet instant, une occasion qui, il le savait, ne se représenterait probablement pas. Et puis, même si Stacey avait depuis longtemps abandonné sa pudeur et sa timidité d'autrefois, le voir si dévergondé et sauvage changeait des habitudes. Balian ne le quittait pas du regard, fasciné, conquis, oubliant rapidement sa culpabilité pour retrouver son appétit bestial. Il ne résistait pas si le mortel se montrait si entreprenant. Les doigts chauds qui glissèrent sur son corps froid eurent tôt fait de réveiller son excitation. Un grognement impatient fit vibrer sa poitrine et avec hâte, il posa ses mains sur la peau de Stacey pour le caresser fiévreusement. Il savait qu'enfin ils étaient en phase. Enfin leurs désirs convergeaient vers le même point. Décidément, le lien du sang était puissant. Il n'avait suffi que de quelques gorgées pour qu'ils entrent en résonance.

Balian ne prit pas la peine d'atteindre le lit, cette fois. Son désir était un bidon de kérosène et Stacey était l'allumette. En un rien de temps, il avait rallumé l'appétit du vampire dont la raison flanchait dangereusement sous l'impatience qui lui brûlait la poitrine. La blessure du mortel n'était plus à l'ordre du jour, pour lui. De toute façon, avec le sang qu'il venait d'avaler, elle devrait mieux guérir, non ? Il y penserait plus tard, sûrement, lorsque tout comme Stacey, il aurait repris contact avec la réalité. Car pour le moment, la réalité était loin de lui, le mortel l'emportait avec lui dans un gouffre de concupiscence et de luxure. Balian se redressa pour déposer un chapelet de baiser le long de sa gorge, frémissant d'excitation en sentant les veines battre sous la peau. Son bras se resserra sur la taille de Stacey pour mieux le serrer contre lui tandis que sa main libre descendait déjà le long de son ventre pour le gratifier des caresses indécentes qu'il semblait réclamer. Les doigts enroulés autour de son membre, il revint lui réclamer un baiser, s'enivrant de sa brusquerie et de sa fébrilité. Un Stacey comme ça, il en voudrait tous les jours, même s'il était dingue de lui au naturel, bien évidemment. Il se reconnaissait en tout cas dans son empressement et son désir puissant. Il pouvait l'entendre clairement dans sa tête et il adorait cette sensation. Cette impression de ne faire qu'un avec lui. Cette seule sensation était déjà presque aussi grisante que le sexe. Stacey était superbe. Un beau prince de la luxure au regard inquisiteur et assuré. Balian aurait voulu garder une image de cet instant pour la lui montrer quand il reviendrait à la raison. Du bout de la langue, il nettoya son menton tout en soulevant les hanches de l’humain. L’heure n’était plus à la douceur et puisque Stacey semblait d’humeur, Balian souhaitait en profiter. Ses mains fermement posées sur la taille de son mortel, il le fit s’empaler sur son membre en poussant un râle sourd, guidant ses mouvements en pianotant sur le bas de ses reins.

« Vas-y, Stacey… Montre-moi comme tu bouges… Tu veux me satisfaire, non ? »

Il se mordit la langue jusqu’au sang et tira sur la chevelure de Stacey pour plaquer sa bouche contre la sienne. L’hémoglobine se mêla au baiser langoureux qu’il lui donna tandis qu’il effleura sa taille du bout des doigts.

« Chevauche-moi, omri… » Ronronna le vieux vampire que la libido exaltée rendait bien affectueux. « Fais-moi voir comme tu me désires. »

Il l’encouragea par quelques caresses sur son entrejambe, taquinant sa gorge du bout des crocs. Si Stacey était drogué au point de se dévergonder comme jamais, il serait idiot de ne pas tenter ce genre d’expériences. D’ordinaire, Balian était toujours du genre à prendre les choses en main et dominer la situation, mais le regard lubrique de ce Stacey lascif lui plaisait énormément.


Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé


De la main de Contenu sponsorisé signé le
Revenir en haut Aller en bas

« The dead do not hurt you; only the living do. » | Ft. Stacey McGrath

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

Sujets similaires

-
» Road accident leaves at least 32 dead in Haiti. ANMWE!!!!!!!!!!
» Version N°15 : Bang bang you're dead !
» Red Dead Redemption
» Segment Triple H , Undertaker , Dead Game !
» [UPTOBOX] Dead or Alive [DVDRiP]

The Island Of the Damned ::  :: Belfast-