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I need to know ◘ Feat. Ezechiel

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De la main de Elijiah H. Jazeem signé le Mar 11 Juil - 13:01

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« Some say the world will end in fire, some say in ice... »



Savoir. Oui, je voulais savoir. Plus que tout autre chose au monde. Juste savoir. Parce-que j'en avais besoin. Vraiment besoin. Du coup, j'avais simplement décidé de revenir tenter ma chance. Ici. Dans cette même banque alimentaire où je t'avais déjà aperçu. Avec lui. L'autre soir, il y a de cela quelques nuits à peine. En ayant la quasi certitude de t'y retrouver. À moins qu'il ne se soit s'agit de plusieurs semaines en fait. Je me demande maintenant. Surtout qu'en y repensant, je ne suis plus trop sûr de rien. De rien du tout. Sauf de ce que je ressens pour toi. Aussi insignifiant que ça puisse te paraître, mais bon. Après, et à ma décharge, je crois qu'à force de vivre seul, limite reclus, il n'y a rien d'anormal à ce que la notion du temps finisse par complètement m'échapper. Malgré moi. Jusqu'à me faire perdre mes repères. Bref. Ça n'a plus aucune espèce d'importance. On se moque pas mal de connaître le comment du pourquoi au bout du compte. Tu ne crois pas ? Puisque ce choix là, c'est le mien. Il n'y a pas à en discuter. C'est comme ça et pas autrement, point. Et jamais encore, je n'ai eu à le regretter. Sans toi, loin de nous, bien à l'abri, j'avais enfin réussi à atteindre la paix. La paix de l'âme et de l'esprit.

Une paix presque parfaite. Sans toi Ezechiel. J'insiste. Loin de nous, à des années lumières de notre amour. Un amour qui nous pourrissait de l'intérieur. Aussi destructeur, qu'irrationnel. Je t'aime. Autant que tu le saches. Je t'aime toujours. Sinon, je serais ailleurs. Tu t'en doutes. Ailleurs, plutôt que dans cette file d'attente interminable à perdre mon temps en faisant la queue. Tout ça dans l'espoir de te revoir. Depuis des heures, planté dans la nuit. Au bout de ma vie. Mes jambes ne me portant plus qu'à cause de la volonté qui m'animait. Une volonté qui jamais n'avait faibli. Soumis et docile. Prêt à essuyer tes tempêtes, si tranquille. En totale harmonie avec cet homme nouveau que j'étais devenu. Hors de ta portée. Nouveau, ou peut-être beaucoup plus ancien qu'il n'y paraissait au premier abord. Charpentier. Croyant et pénitent. Menant une existence des plus austères, pauvre. Quoique. Pauvre, mais heureux. Comme un homme réconcilié avec son passé, apaisé.

Un passé qu'on avait en commun. Évidemment, je ne parlais pas de Noora ni même de Djibril. Ce que j'avais vécu, jamais il ne me serait permis de l'oublier. Par contre, j'apprenais enfin à vivre avec. Sans plus avoir envie de hurler à la mort. C'était déjà un beau progrès. Sûrement un petit pas pour toi, mais un pas de géant pour moi.

Aussi, le moment venait de faire mon mea-culpa. En te présentant mes excuses pour commencer. Avec toute la sincérité dont j'étais capable, sans rien attendre en retour. Tu vivais. Tu aimais. Tu t'épanouissais, exactement comme Amarok m'avait permis de m'épanouir. Je l'acceptais. Même si ça me blessait, et que de cette blessure c'est de la jalousie qui en suintait. Pour être honnête à l'extrême, je l'enviais ce garçon. Plus que de raison, au vu de l'enfer que je t'avais fait endurer. Ce que j'avais brisé, lui l'avait réparé. La lutte était inégale. J'en avais conscience. Donc. Je te disais que j'avais décidé de revenir tenter ma chance dans cette même banque alimentaire que celle où je vous avais aperçu. Toi et ce garçon, tu sais bien. Celui qui te dévorait des yeux et que tu regardais avec tendresse. Bien sûr que tu sais. Tu y étais et lui,  je l'avais vu replacer une mèche de tes cheveux derrière ton oreille. Normalement, j'aurais dû me réjouir pour toi. J'aurais dû. En théorie, parce-qu'en pratique, ce n'est pas aussi simple quoi. Ce que je ressens, je le maîtrise mal. Alors mes émotions parlent à ma place. Tu risques de trouver ça assez étrange. Tant j'étais renfermé et pudique autrefois. Tout sera différent désormais, ça au moins je peux te le promettre sans avoir peur de te mentir. Que ce soit en mieux ou en pire. Je ne me voile plus la face. Il se peut très bien que tout ce que je suis à présent te déplaise profondément. Trop sensible. Trop fragile. Le sang trop chaud et trop humain. En tout cas, c'est l'image que me renvoie le miroir lorsque j'y observe mon reflet. Et ça me plaît.

Tu vois. Tout ce que tu as toujours voulu est enfin devenu réalité. Je m'assume tel que je suis. J'ai renoncé à porter le masque du mec intouchable, que rien n'atteint jamais. Je reconnais même avoir besoin de quelqu'un à mes côtés, quelqu'un comme toi. Le seul qui pourra m'aider à avancer, et à terminer mon travail de reconstruction. Il est loin le connard égocentrique. OK. Mon tour arrive. J'espère qu'il restera des poches de sang cette fois-ci. Le truc, c'est que j'ai arrêté de compter toutes les fois où j'ai attendu pour rien, et toutes celles où on m'a dit : “Désolé, on est en rupture de stock. Essayez de revenir demain.” Et le lendemain, il y avait autant de monde. Autant de vampires affamés. Autant de chances de repartir bredouille et de continuer à crever la dalle. Autant de déception et d'incompréhension au bout de la file.

- Salut…

C'est à peu près la seule chose sensée que j'ai trouvé à te dire en me retrouvant à ta hauteur. “Salut”. Le visage à moitié dissimulé sous une capuche. Ne laissant entrevoir que mes yeux. Des yeux aux paupières gonfles et rouges. Les mains enfoncées dans les poches de mon jogging. Habillé de noir, d'un noir me faisant presque disparaître dans l'obscurité. Quelques boucles retombant sur mes joues. Et toujours ce marteau piqueur dans la tête, creusant sans cesse plus en profondeur. Limite à m'en fracasser le crâne contre un mur tellement ça pouvait vite devenir insupportable. Un sac à dos sur les épaules.

Et toi ? Est-ce que tu vas bien...est-ce que...tu me reconnaîtras ? Loin des yeux, loin du cœur il paraît. En ce qui me concerne, je n'ai jamais pu t'oublier. Sans doute que tu m'en veux, ce serait normal. Je suis parti. Je t'ai abandonné, pour disparaître. Mais je crois vraiment qu'on avait besoin de ce break. Pour grandir et évoluer.

Alors s'il te plaît, ne crie pas. Ne me frappe pas. Ne me déteste pas d'avoir voulu nous sauver. Tout ce que je veux savoir, c'est si tu penses qu'il te serait possible de me refaire une petite place dans ta nouvelle vie...
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Some say the world will end in fire, some say in ice. From what I’ve tasted of desire I hold with those who favor fire. But if it had to perish twice, I think I know enough of hate to say that for destruction ice is also great and would suffice ▬ Robert Frost
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De la main de Ezechiel Albeirteich signé le Mer 12 Juil - 15:49
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- Ezechiel Albeirteich & Elijiah H Jazeem -




Vendredi. C’était un vendredi le jour où j’ai aperçu ta silhouette. Réalisant que tu n’étais pas mort, comprenant que tu m’avais simplement oublié, que tu étais… Parti. Plus là. Alors même si tu étais encore de ce monde, pour moi, tu l’étais, mort. A jamais. Et rien ne pourrais me faire changer d’avis. Vendredi. Oui, vendredi, c’est le jour où je suis de corvée à la banque de sang. Pourquoi le vendredi ? Parce que le vendredi, c’est aussi le jour où Murphy rentre des raids et que je veux être là pour l’accueillir. Je veux être là, pour lui, pour lui dire bonjour, bienvenue à la maison. Tel le parfait mec, je veux qu’il rentre, et qu’il ne soit pas seul. Tout simplement. Alors je l’attends, là, à la banque de sang, parce que c’est la case numéro un en rentrant, parce qu’il faut placer le sang au frigo, parce qu’il faut renflouer les stocks. Bref, le vendredi, en général, c’est une bonne nuit, c’est l’instant agréable de la semaine. Mais cette fois ? Cette fois-là, c’est comme un coup de massue que j’ai pris en plein sur le crâne. La semaine d’après ? Je n’y suis pas aller. J’ai préféré rester au château, caché dans ma forteresse pour ne pas avoir à te revoir. J’ai dû expliquer à Nick pourquoi. Pourquoi je faisais la gueule, pourquoi j’étais triste, pourquoi j’avais mal. Pourquoi, j’étais en rogne. La colère, tu sais, celle qui ne me quittait pas avant ton départ, je l’avais dissimulé sous un tas de gravats. Mais là, là elle était revenue. Alors j’ai dû me calmer. J’ai dû changer, tout simplement, me disant que finalement ça allait passer. Passer comme ce jour où j’ai brulé mon passé. Tu étais mort espèce d’enfoiré ! Pourquoi tu ne l’es pas resté ? Mort ? Tu peux me le dire ?

Vendredi… Vendredi c’est maintenant le jour où j’appréhende. J’assume mes responsabilités. Alors je viens ici faire mon travail. Mais maintenant ? Maintenant je regarde partout, ne pouvant m’empêcher de craindre de te revoir. Et si tu réapparaissais ? Comment je réagirais ? J’avais refait ma vie, enfin. J’étais passé à autre chose. Alors pourquoi ? Pourquoi tu viendrais tout gâcher ? Tu étais mort hein. Hein, dis-moi que tu étais mort et que tu ne reviendrais jamais. J’avais besoin de le savoir, j’avais besoin de m’en convaincre. Ce n’était pas compliqué bordel. Si ? Non. C’était simple. Vendredi. Vendredi c’est le jour où je ne quitte pas mon téléphone des yeux, attendant que Murphy m’appelle. Attendant qu’il me dise quand il rentre. Portant son collier autour de mon cou, je joue nerveusement avec, assis sur une table, balançant mes pieds dans le vide, fumant une clope de ma main libre. Je regarde le défilé, celui des vampires affamés qui n’ont pas la chance d’être comme nous. Logé, bien nourris. Nous. Ceux qu’ils pensent tous êtres des sauveurs pour ce que l’on fait. Une élite qui est la nôtre. Je regarde la porte d’entrée, en espérant le voir déboulé, lui et son sourire. Lui et cette façon de me rendre si bien. Murphy… Tu me manque quand t’es pas là. Je m’inquiète tellement quand tu pars. Mais mon téléphone vibre dans ma poche, et je décroche. Il aura du retard. Ca me gonfle. J’avais prévu de passé ma soirée, ma nuit entière en sa compagnie. J’en avais besoin. Contrarié j’ai simplement replacé mon téléphone dans ma poche avant de descendre de mon perchoir, retombant sur mes pieds pour prendre ma place.

Vendredi… Le jour où tu viens tout gâcher. Le vendredi c’était mon jour, notre jour, mais maintenant ? Maintenant il sera synonyme de mauvais souvenirs. Maintenant je vais le craindre ce putain de jour. Essayant de sourire je distribue des poches de sang, rayant les noms sur la liste. Rayant les vampires qui ont eu leur dose quand mon regard s’arrête sur le tien. Elijiah H Jazeem. Pourquoi t’es sur ma liste putain ? Machinalement, nerveusement, je raye ton nom, fortement, trop fortement, en déchirant la feuille. Fait chier. Je me suis rallumer une clope pour la peine, je voudrais quitter mon poste, mais la vampire en face de moi me regarde étrangement. Nerveusement même. Faire semblant, faire croire que tout va bien. Les rassurer. C’est ça mon job. Alors je viens coincer ma clope entre les lèvres en lui tendant son dû, lui demandant son nom pour le rayer. Faisant abstraction de cette tâche que je viens de causer sur ma feuille. Mon collègue me lance un regard en coin, me demande si tout va bien. Oui, ça va. Ca va toujours. Ca va aller, et ça ira toujours. Il le faut. Je n’ai pas le choix. Je dois me contrôler, me calmer, mettre en pratique les conseils de Nicky. Tout va bien se passer. Je viens fixer l’horloge au-dessus de la porte d’entrée. 23h30. Il ne rentre pas avant 2h. Ca va être long, trop long. J’ai besoin d’une pause, d’entendre sa voie. J’ai besoin… De lui que je l’aime. Mais pourtant je ne le ferais pas. Non. Je ne le ferais pas quand c’est ta voix que j’ai entendue. Relevant les yeux vers ton visage. Le temps… Le temps vient de s’arrêter. Soudainement. Fermant les yeux comme pour te voir disparaitre. Tu es mort… Tu étais mort… Tu aurais dû le rester putain !

Je t’ai regardé. Sans rien dire. Sans sourire. Stoïque. De marbre. N’essayant même pas de me cacher derrière mes cheveux que j’avais attaché en un vulgaire chignon. N’essayant même pas de fuir. Tu étais là. Oui. Mais tu étais mort pour moi. Salut. C’est tout ce que tu trouvais à me dire après tout ce temps ? Un simple salut ? Rien de plus ? Rien de moins ? Pas de « je suis désolé ? » pas de regrets ? Juste… Salut ? Tu faisais très fort Elijiah. Tu faisais trop fort même. T’avais une salle gueule, tu faisais peur à voir. Je pouvais lire sur ton visage combien tu crevais la dalle. Alors j’ai dissimuler une seconde poche sous la première. Pourquoi ? J’en savais rien. Mais je te les ai tendus, sans piper, gardant ce silence, te fixant, froidement, inexpressif presque. Qu’est-ce que tu voulais que je te dise ? Qu’est-ce que tu voulais que je fasse ? Pourtant j’en sais rien, je suis resté planté là. J’avais besoin de prendre l’air. J’avais besoin de sortir. Alors j’ai relâché les poches de sang. Elles sont tombées, par terre, quand j’ai tourné les talons, prenant la fuite. Littéralement. Claquant la porte de derrière. Inspirant nerveusement. Ca ne servait à rien, je ne respirais plus depuis longtemps. Mais c’était instinctif. Complétement. Mon cœur semblait exploser dans ma poitrine, mes mains tremblaient. J’avais ce sentiment de suffoquer. Comme quand j’étais rongé par ce cancer qui aurait dû me tuer. Tu étais là, et tout ce que tu trouvais à me dire, c’était… Salut. Salut… Je me suis tiré une clope. Nerveusement, quand j’ai entendu la porte s’ouvrir. Je n’osais pas me retourner, je savais que c’était toi. Te parler ? Pour te dire quoi ? Je n’avais rien à te dire. Tu m’avais abandonné. Abandonné depuis longtemps. Tu étais mort… mort… Reste-le je t’en prie !

« Qu’est-ce que tu veux Elijiah ? »


Qu’est-ce que tu veux ? Qu’est-ce que tu me veux ? Qu’est-ce que tu cherches ? Trop de questions dans ma tête pour trop de réponses. Mon portable vibre dans ma poche. Nicky. Je sais que c’est lui, mais je ne réponds pas. Non. Je n’en n’ai pas la force. Te tournant le dos je n’osais te regarder. Deux ans sans toi. Deux ans de liberté total. Deux ans pour apprendre à revivre, pour trente secondes pour tout détruire. Quel gâchis. T’avais pas changé Elijiah, t’étais toujours aussi doué pour briser tout ce que tu touchais. Fermant furtivement les yeux je me suis enfin tourné vers toi, t’affrontant, te toisant. L’air de rien te voir faisait mal. Te savoir encore de ce monde et comprendre que t’avais juste fui durant tout ce temps. L’incompréhension, la haine, la rage, la colère, trop de sentiment d’un coup. Trop de truc en même temps. Je ne savais même pas si j’avais envie de t’étriper ou te cracher à la gueule. Alors je suis resté là. Te la reposant cette question. Sans doute en criant un peu trop fort. Mais comprends-moi aussi. Comprends ce que je pouvais ressentir. T’avais disparu, et là… Là tu revenais. Pourquoi ?

« Qu’est-ce que tu m’veux putain ? T’en n’a pas assez fait ?! »


Non, t’en as pas assez fait ? J’ai pas assez souffert ? Ca ne te suffis pas ? Fallait que tu reviennes et tout gâcher comme toujours ? Dis-moi, réponds ! Reste pas là à me regarder avec tes yeux de cocker. T’es là… dis-moi pourquoi putain !



© Fiche codée par Aindreas An'Sionnach


I'LL SING IT ONE LAST TIME FOR YOU. THEN WE REALLY HAVE TO GO. YOU'VE BEEN THE ONLY THING THAT'S RIGHT IN ALL I'VE DONE. AND I CAN BARELY LOOK AT YOU. BUT EVERY SINGLE TIME I DO I KNOW WE'LL MAKE IT ANYWHERE. AWAY FROM HERE. LIGHT UP AS IF YOU HAVE A CHOISE. EVEN IF YOU CANNOT HEAR MY VOICE I'LL BE RIGHT BESIDE YOU DEAR
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De la main de Elijiah H. Jazeem signé le Jeu 13 Juil - 15:32

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Ma réponse, je crois que je venais de l'avoir. Assez indirectement d'ailleurs. Rapide, et surtout sans appel possible : “Qu'est-ce que tu veux Elijiah ?” Rien. Non rien. Si ce n'était renouer. Revenir à nos meilleurs jours, rien de plus que ça. Je te le jure. Non. Vraiment rien de plus que ça. Et que tu me crois ou pas, te faire du mal était bien la dernière chose que je souhaitais. Alors ne m'en veux pas. Ni pour ce que j'avais pu faire, ni même pour tout ce que je n'avais pas fait. Juste, ne recommence pas. S'il te plaît. Pas déjà. Sans même me laisser le bénéfice du doute. Je t'en prie. Tous mes torts, je les connais. Je les reconnais et j'en porte l'entière responsabilité. Mais ça ne te suffira pas, je sais. Ce serait trop facile sinon. Bien sûr qu'il t'en faudra plus. Voir beaucoup plus. Alors encore une fois, pardonne-moi. Essaye au moins. Essaye un peu plus fort. D'un autre côté, il n'y a aucune raison pour que tu me simplifies la tâche. Que tu me mâches le travail. Tu ne me devais rien. Aussi, j'aimais mieux garder mes jolies phrases pour moi. Ces phrases que tu détestais. Du genre toutes faites et plus idiotes les unes que les autres. Par contre, je ne te cachais pas que ça me paniquait. Les mots me manquaient. À l'écrit comme à l'oral, du pareil au même. Muet, je me contentais donc de tendre les mains lorsque te me donnais les poches de sang. Reconnaissant. Merci, merci pour l'attention. Les temps étaient durs pour nous tous, tous ceux qui ne sauvaient pas le monde. Désolé. Merci de m'en avoir donné deux, le reste vous regarde. Toi, et tes potes. Mais au moment où mes doigts allaient frôler les tiens pour les attraper, tu les lâchais. Les laissant tomber au sol avant de te sauver. Et affamé, je me précipitais dessus. M'affalant par terre.

Je crois qu'à ce moment là, la meilleure chose à faire aurait sûrement été de te suivre. De te rattraper. De me jeter à tes pieds, en te suppliant d'oublier le passé et de me reprendre. Sauf que je n'en faisais rien. Pitoyable. Au bout du rouleau. Agenouillé et serrant entre mes doigts les poches. Les phalanges blanches. Mal en point. Les yeux remplis de larmes. Ça venait de me faire un tel choc à moi aussi, un choc violent. Pourquoi tout avec toi ne devait toujours être que déception ? C'était injuste. Le pire, c'est quand ta collègue s'est approchée de moi et que relevant la tête, j'ai croisé son regard inquiet. Avec l'air  embarrassé et se demandant quoi faire. Du coup, j'ai relâché les poches. Ne voulant pas voler les autres, mais elle m'a simplement dit de les garder puisque tu me les avais offertes. Puis elle a pointé le doigt en direction de la porte par laquelle tu étais passé, m'aidant à retirer mon sac à dos pour les mettre dedans et à me relever. Ce après quoi, je t'ai rejoins. Les bras croisés, le sac bloqué contre mon torse. Indécis. Regrettant presque d'être venu te trouver.

C'est là que tu m'as demandé : “Qu'est-ce que tu veux Elijiah ?” Sans te retourner. Dos à la porte, la nuque dégagée. C'était très étrange ça aussi. De découvrir ton visage autrement, sans plus te voir te cacher derrière tes cheveux. Des cheveux que tu avais attachés en chignon. Ça t'allait bien. Doucement, j'ai avancé. Un pas après l'autre. Le tout dans un équilibre précaire. Pas sûr de moi. Ne sachant pas quoi te répondre. Si ce n'était rien. Non, je ne te voulais rien du tout. Je n'attendais rien de ta part. Mis-à-part peut-être que tu me laisses l'occasion de m'expliquer. De me justifier. Ou ne serait-ce que de te parler, pour te dire des choses futiles, banales. Tu sais que je n'avais jamais été un grand bavard. Je préférais que tu lises mon journal. Quitte à ce que tu me détestes pour le restant de tes jours, ou que tu parviennes enfin à me comprendre. En fait, si. Je veux quelque chose. Je veux que tu saches qui je suis, et d'où je viens. Tout n'est pas de ma faute Ezechiel. Sur ce, je me suis arrêté à ta hauteur. Le son de ta voix ne m'inspirant rien qui vaille. Limite sur mes gardes. Méfiant. De toute évidence, tu n'avais pas envie de me voir. Ça t'emmerdait que je sois là, vivant et debout. Amarok lui s'était réjouit. Amarok...et forcément, tu as levé le ton. Tandis que tu te retournais pour me faire face. Ajoutant : “Qu’est-ce que tu m’veux putain ? T’en n’a pas assez fait ?!” Assez fait...depuis deux ans que je vivais enfermé dans ma solitude. Tu étais dur. Par habitude, j'ai alors reculé. Je n'étais pas là pour chercher la merde. De fait, j'allais me poser dans un coin. M'asseyant par terre, dos contre un mur. Déposant mon sac entre mes jambes et retirant ma capuche. Regarde-moi. Quel danger est-ce que je pouvais encore représenter pour toi ? Sois sérieux.

- Je veux rien…

Rien d'insurmontable pour toi en tout cas. Sans compter que je ne sais même pas si tu m'as entendu tellement j'ai parlé bas. Dans un souffle, sans articuler. Ce après quoi, j'ai ouvert la fermeture éclaire de mon sac pour en sortir une poche. Mieux vaut du sang froid que rien du tout, tu seras sans doute d'accord avec moi. Donc, j'ai bu. Mes crocs transperçant le plastique. Dans une attitude prostré, à la façon d'un junky en manque. Redoutant de tout gerber tant j'avais pris l'habitude d'être à jeun. Je sais. Un vampire ne vomit pas. Mais laisse-moi te dire que ça fait un drôle d'effet de se retrouver à quatre pattes en essayant de régurgiter tout ce que tu n'as pas dans l'estomac. C'est mécanique. Comme le fait de chercher à respirer.

- Enfin, si...je me suis dit que...peut-être…

Tout seul, j'allais pas y arriver. J'aurais plus vite fait de me lever et de me tirer. De fuir. C'était une mauvaise idée. J'étais flippé complet. Et au-delà de ça, j'avais bien compris. Tout de suite. Rien qu'au son de ta voix. J'ai su que j'avais définitivement raté le coche et qu'entre-nous, c'était mort. Aussi mort que je pouvais l'être à tes yeux. Tes yeux mauvais que je suis revenu accrocher, en me disant que maintenant au moins, je savais. Que j'étais fixé. Et c'est dépité, que j'ai voulu conclure.

- J'avais envie de te voir, de te parler. Alors je suis venu. Je suis désolé, je me rends compte à quel point c'était stupide. T'as qu'à faire comme si tu ne m'avais pas vu. Je regrette.

Je regrettais tout. Du début à la fin. Puis ça m'angoissait l'idée que ton nouveau mec puisse débarquer, je ne voulais pas vous voir ensemble. Parce-que ce qu'on ne voyait pas n'existait pas. Et que concrètement, je me sentais diminué et inférieur à lui. Lui qui te faisait du bien, quand le simple fait de te retrouver face à moi te démolissait...
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De la main de Ezechiel Albeirteich signé le Sam 15 Juil - 17:49
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Vendredi. Vendredi c’était censé être un jour magnifique. Ce jour, ce soir, où je retrouve ma moitié, cet homme qui me fait du bien. Cet homme qui m’a tout simplement remis sur les rails et qui m’a évité de commettre l’irréparable en me faisant sauter la cervelle. Mais aujourd’hui. Non. Ce vendredi, je ne l’aime pas. Parce que tu es là. Parce que tu as osé revenir après tous tes mensonges. Parce que tu as le culot de venir m’arracher à tout ce qu’ai reconstruit après tes tromperies. Après ton départ. Ton abandon. Et putain, qu’est-ce que ça fait mal. J’ai envie de me jeter sur toi, de t’exploser la gueule, de t’écraser la tronche contre le bitume, de te faire ravaler tes dents. J’ai envie oui, mais pourtant, j’suis incapable de bouger. Incapable de faire le moindre geste. Me contentant de te regarder, toi, mon sire, t’assoir là contre ce mur. T’as l’air tellement faible, tellement démoralisé. J’en aurais presque pitié de toi si j’avais encore une once de sentiment pour toi. A l’exception de ce dégout qui vient de naitre en moi. Du dégout ? Ou est-ce de la haine ? De la colère ? J’en sais rien. Choqué de t’avoir à quelque pas de moi. C’est tout mon monde qui vient s’effondrer. C’est tout ce petit coin de paradis que j’ai eu du mal à bâtir qui vient de se casser la gueule. Comme un château de carte. Des mois, des années pour recoller les morceaux brisés de mon âme, et trente seconde pour tout brisé. D’un coup. Comme ça. Un souffle. Plus rien. Simplement les souvenirs, et cette douleur qui renait dans le creux de mon estomac. Ce manque. Ce vide. Cette peine qui vient t’arracher les entrailles et qui te rabaisse plus bas que terre. Tu la connais toi ? Non j’crois pas. Parce que si tu la connaissais, tu m’aurais jamais fait ce que tu m’as fait. T’étais une belle ordure mais pas à ce point Elijiah. Non… Pas à ce point.

Tu ne me veux rien. C’est ce que tu dis. Mais pourtant tu es là. Il n’y a pas qu’une seule banque du sang ici à Belfast. Non. Mais c’est dans la mienne que tu viens. Etrangement ? Arrête de me mentir Elijiah. Recommence pas j’te jure, c’est pas le bon moment. J’me suis passé une main dans les cheveux, me les détachant au passage alors que j’pouvais sentir les larmes me piquer les yeux. Mon téléphone à vibrer dans ma poche. Encore. Et encore, j’ai refusé l’appelle. Nick allait s’inquiéter, mais je ne voulais pas lui faire subir ça. Non. Je savais que ça le foutrait en rogne de me savoir mal. Que ça allait l’inquiéter et qu’il roulerait donc trop vite pour rentrer plus vite. Quitte à se foutre la gueule en l’air. Alors non, je ne répondais pas. Tu as ouvert ton sac, machinalement. Buvant cette poche que je t’avais donné. Pourquoi ? J’aurais dû te laisser crever. J’aurais dû ne rien te donner. Jamais tu ne souffrirais autant que j’avais pu moi souffrir parce que tu trouverais toujours le parfait petit pigeons pour te remettre sur les rails. Je trouvais ça tellement dégueulasse. Tellement injuste. Ca me foutais les boules si tu savais. Tu t’en sortais toujours Jazeem. Pourquoi ? Puis tu as continué de parler. Tu t’es dit que quoi ? Qu’on irait s’boire un café comme à la belle époque ? Que j’allais t’accueillir les bras grands ouverts et qu’on repartirait à zéro ? Mais tu crois quoi Elijiah ! T’as pas l’impression de m’en demander beaucoup ? C’est qui hein qui a souffert de cette relation ? Qui bordel ! C’est toi qui es parti ! C’est toi qui t’es tiré ! C’est toi qui m’a abandonné ! Alors non, va m’falloir bien plus que des points de suspension pour me calmer tu peux me croire. T’étais pas convaincant. Non. Tellement pas si tu savais. J’avais juste envie de me tirer. Que oui, c’est peut-être ce que j’aurais dû faire en fin de compte.

T’avais envie de me voir ? Après deux ans d’absence ? Comme ça. Tu t’es dit « tiens si j’allais lui faire une petite visite de courtoisie d’puis le temps ? » Mais pour qui tu te prend merde ? Pour quoi ? Ou plutôt pourquoi maintenant ? Je t’ai dévisagé, avec colère, me rallumant une clope pour me calmer. Complétement démuni et désorienté face à toi. Je te regardais, et c’est tout ce passé que j’avais brulé qui me revient en pleine gueule. Toutes ces souffrances, cette agonie, ce soir aussi, où si Killian ne m’avait pas trouvé je serais sans doute parti en cendre tant j’étais pas en état de me relever, de bouger, de faire quoi que ce soit en fait. Je te détestais tellement pour ça Elijiah. Tellement. Si tu savais. Tu m’as transformé contre mon grès, tu t’es emparé de ma vie et après quoi ? Tu t’es simplement barré parce que ça devenait trop compliqué pour toi, trop ingérable. Et dire que j’avais culpabilisé, que je m’étais senti coupable de cette situation. Ce que je pouvais être con putain. Que oui j’avais été stupide de penser que tout ça c’était entièrement et uniquement de ma faute. Mais comme toujours, tu te dégonflais, tu n’assumais rien du tout. Je me suis mis à rire jaune, un rire remplis de sarcasme et surtout de mépris. Oui, je te méprisais, j’en étais arrivé à ce stade tu vois. J’avais fait mon deuil de toi, ca avait été long et douloureux. Et maintenant que tu te pointais je devais tout oublier ? Mais tu crois que c’était si simple toi ? Ce n’est pas parce que tu m’avais évincé en si peu de temps que moi je pouvais faire la même ! Je n’étais pas toi bordel ! Non, je n’étais pas toi, et jamais je ne serais comme toi. Jamais ne te ressemblerais sur ce point-là. Je me suis passé une main dans les cheveux, les repoussant en arrière, essayant de garder mon calme. Essayant de rester poli, et crois-moi ce que ça pouvait être dure en sachant que c’était à toi que je m’adressais. Toi, qui avait tout brisé en moi. Jusqu’à cette innocence qui faisait de moi ce que j’étais. T’étais destructeur Elijiah. Quand est-ce que tu le comprendrais ?

« Alors toi tu ne changeras jamais hein. Tu débarque de nulle part, me balançant un simple « salut » et après tu penses que j’vais oublier tout ça comme ça ? En claquant des doigts ? Je te savais franchement à la masse Elijiah mais alors à ce point-là. »

J’étais dure avec toi, je ne voulais pas te faire de cadeau. Je te parlais, sèchement. J’avais pris une voix grave en prononçant le « salut » comme pour t’imiter. Mais en vrai, j’étais surtout sur la défensive. J’étais paniqué, terrorisé à la simple idée de ce qui allait maintenant se passer. Parce que tu étais revenu tout aller changer et je le savais. C’était tellement évident. Plus rien ne serait comme avant à ça me faisait flipper putain. Je suis pourtant venu m’assoir en face de toi, en tailleur, à même le sol, fumant nerveusement ma clope. Tu étais là, c’était trop tard pour les remords, trop tard pour reculer. Tu étais venu, alors pour la première fois de ta putain de vie t’allais prendre tes responsabilité mon tendre Sire. T’allais me regarder bien en face, là, dans la profondeur de mes yeux et t’allais lire la souffrance que tu avais tatouée sur mon être. Tatouée oui. Parce que même si je revivais, tout était si fragile. Tout était si mince. Si faible. Mes sautes d’humeur, Murphy en faisait tellement les frais des fois. Mais il faisait avec. Ne le prenant jamais mal. Parce que Murphy savait ce que ça faisait de souffrir. Parce qu’il me comprenait comme jamais tu n’avais su le faire. Elle était là, la différence entre lui et toi Elijiah. Tu pouvais le jalouser autant que tu le voulais. Tu ne lui arriveras jamais à la cheville dans ce domaine tu peux me croire.

« C’était stupide oui de te pointer après deux ans. C’est toi qui t’es barré Elijiah. C’est toi qui m’a laissé tomber. Alors pourquoi revenir ? Lui, c’est Nick Murphy. Mon mec. L’homme avec qui j’ai refait ma vie. L’homme qui m’a ramassé à la truelle et qui s’est amusé à recoller les morceaux à la glue avec toute la patience du monde. Alors donnes-moi une seule putain de bonne raison de t’écouter en sachant que tu viens d’anéantir des mois de reconstruction psychologique. Maintenant que je vis ma vie à fond pourquoi revenir tout gâcher Elijiah ? Et sois franc pour une fois. Ca changeras. »

En parlant j’avais sorti mon téléphone, te montrant la photo sur l’écran d’accueil. Un selfie de lui et moi. Un selfie sur lequel tu ne pouvais lire que du bonheur dans mon regard. Je ne te mentirais pas Elijiah. Non, moi je serais franc avec toi. Quitte à te voir te décomposer. Quitte à te voir souffrir. Souffrir. Oui. Crois-moi, c’est peut-être tout ce que tu mérites après ce que tu as osé me faire. Mais parce que je t’aimais. Parce que peut-être que je t’aimais encore, j’sais même pas si j’avais envie de te faire du mal. Mais j’pouvais pas me montrer chaleureux. Non, j’pouvais pas. C’était trop tôt. C’était… Trop me demander. Tout simplement…





© Fiche codée par Aindreas An'Sionnach


I'LL SING IT ONE LAST TIME FOR YOU. THEN WE REALLY HAVE TO GO. YOU'VE BEEN THE ONLY THING THAT'S RIGHT IN ALL I'VE DONE. AND I CAN BARELY LOOK AT YOU. BUT EVERY SINGLE TIME I DO I KNOW WE'LL MAKE IT ANYWHERE. AWAY FROM HERE. LIGHT UP AS IF YOU HAVE A CHOISE. EVEN IF YOU CANNOT HEAR MY VOICE I'LL BE RIGHT BESIDE YOU DEAR
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De la main de Elijiah H. Jazeem signé le Lun 17 Juil - 13:47

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Stop. Ça suffit. Arrête ça. Tout de suite. Pas que j'ai la prétention de vouloir te donner des ordres ou que je cherche à t'imposer une quelconque domination. C'est pas ça. Non. Mais regarde, on venait à peine de se retrouver. Depuis quoi ? Allez. Tout juste une poignée de minutes peut-être. En gros. Et déjà, tu m'obligeais à me justifier. C'était pas humain. Admets-le. Reconnais que ça ne rimait à rien. Parce-que pour le coup, tu m'angoissais là. Limite si ça n'en devenait pas maladif. Voir phobique. À croire que tu ne te rendais pas bien compte toi. Vraiment pas. L'air de rien, sous mes allures calmes et amorphes, je balisais méchamment. Sauf que tu t'en moquais. Tu ignorais bien combien je pouvais me sentir brimé, à cause de ce complexe de castration que toi, le soi-disant plus fragile de nous deux, tu m'inspirais. Tu avais changé. Pour mon plus grand malheur. Qu'est-ce que je fichais ici … laisse tomber va. Tout ce que je te demandais là, c'était de ne pas retourner la situation à ton avantage. Si tant est que ce soit encore possible. Comme si j'y croyais. Il n'y avait qu'à te voir passer une main dans tes cheveux. Avec tout ce mépris peint sur la figure. Va savoir pourquoi j'avais un aussi mauvais pressentiment.

Va savoir. Alors arrête, je ne te demandais pas la lune. Juste d'arrêter de penser à ma place. De te faire des films. Tu voulais me diaboliser ? Je comprenais. Mais arrête. Arrête, arrête, arrête. J'avais tellement mal à la tête. À trop rester assis par terre comme ça, tout mon corps se ramollissait. Je ne savais pas comment j'allais pouvoir me relever. Les muscles endoloris. Limite dans le coaltar. L'envie de dormir me reprenant et les paupières plus lourdes que des blocs de pierres. Tu vois. Tu pouvais les garder pour quelqu'un d'autre tes suspicions. En espérant que tu sois rassuré maintenant. Ce n'est pas pour le plaisir de détruire ta vie que je me traînais parfois jusqu'à cette banque alimentaire en particulier. La vérité, c'est qu'elle se trouvait tout près de chez moi. À quelque encablures de rues à peine. Et que comme beaucoup d'autres, les forces me manquaient pour prétendre marcher sur des kilomètres. Désolé. Moi aussi j'étais amer je crois. Je n'espérais pas que tu me sautes au cou, mais j'avoue que j'avais au moins espoir que tu me recevrais un peu mieux. C'était naïf. En attendant, on était là tous les deux. Et pour ne pas changer, tu te faisais un devoir de parler à ma place. Foutue manie. Ça allait finir par me rendre cinglé en plein. Je n'avais pas besoin d'un ventriloque tu sais. J'étais encore capable de m'exprimer seul, sans toi. Ou pas. Un peu refroidit, je poussais sur mes mains pour me redresser. Tout avachi que j'étais. Recalant correctement mon dos contre le mur, baissant les yeux. Mal à l'aise de t'entendre rire. Et si… si tu lisais carrément dans mon esprit. Autant en profiter, puisque je t'y invitais. Pour la première fois, la toute première fois d'une longue liste d'autres premières fois. Ce sera plus simple à mon avis. Plus facile de t'ouvrir mon subconscient, exactement comme je m'ouvrais à toi. Entièrement. Après, libre à toi d'en faire ce que tu voulais. De fouiller dedans. Puis pourquoi pas d'y faire un brin de ménage si nécessaire. Histoire de remettre de l'ordre dans nos idées. Ou alors, de tout bêtement continuer à camper sur tes positions.

L'un dans l'autre, ça te regardait. N'attends plus que je t'oblige à quoi que ce soit. Dis-toi bien que ça n'arriverait plus jamais. Au risque de me répéter, de l'eau avait coulé sous mes ponts. Pour emporter l'homme que tu connaissais. L'amant que tu avais côtoyé. Et ta liberté en échange de la mienne, je n'en voulais pas. Alors certes, j'avais prémédité de réapparaître dans ta vie un de ces quatre. Quand je jugerais le moment opportun. Sauf que là, ton mec m'avait forcé la main. Son existence précipitait tout. J'avais tellement peur de t'avoir définitivement perdu. Tellement.

- Je te demande pas d'oublier...je te demande rien du tout. Je te l'ai déjà dit. Je suis là parce-que...j'avais envie de te voir et aussi parce-que j'ai quelque chose à te donner. Après, tu décideras.

C'est ça. Il n'appartenait qu'à toi de décider pour nous. De juger et de savoir si tu voulais nous offrir une vraie seconde chance ou pas. Encore une fois, je ne te forcerais pas la main. Pour rien au monde. Tu décidais, j'obtempérais. Bien sûr, je savais que je ne t'avais pas habitué à ce genre de chose. En tout cas, ça ne dépendait plus que de toi. Puisque désormais, il n'y avait plus aucune part de moi à laquelle tu n'aies pas eu accès. Transparent. Voilà ce que j'étais. Transparent et prêt à répondre de tous les crimes dont tu voudrais m'affubler. M'accuser. Aussi bien par représailles, que par pure vengeance, ou simplement pour te soulager. Vas-y. Lâche-tout, décharge-toi de tout ce qui te pesait. Au risque de m'écraser sous la poids de la culpabilité. Je ne pouvais plus faire autrement que d'assumer. Malgré tes moqueries. Je n'avais pas cette voix grave que tu prenais, je ne l'avais pas. Sache juste que tes peines, tes douleurs et toute l'amertume qui transpirait par tous les pores de ta peau, je les ressentais à présent. Puissance dix mille. Plus empathique que jamais, dans une démarche d'apaisement. Je les prenais. Tant pis pour le mal qui en découlerait, qu'importe que ça puisse me contrarier. Me blesser. Me piquer à vif.

Sur ce, à toi de te confronter à cette nouvelle réalité ou de rester bloqué dans le passé. Moi, j'avais grandi. Mûri. Je ne sais pas quelle réaction tu cherchais à provoquer là, mais tu n'obtiendrais pas satisfaction. Je ne viendrais pas te conforter dans l'image du connard égoïste et égocentrique que tu gardais de moi. Je regrette.

Pinçant les lèvres, je relevais alors les yeux. Esquissant un sourire piteux en te voyant t'asseoir face à moi pour me montrer une photo de vous. De lui et de toi. Même là, je ne te reconnaissais pas. Tu respirais le bonheur et bizarrement, j'en étais heureux. Pourtant, des larmes revenaient me brûler les yeux. Comme pour mieux se suspendre à mes cils, les perlant. Je t'aime. Mais d'un autre côté, en venant, je n'avais absolument pas projeté de te reconquérir. Des larmes en suspension qui n'attendait qu'un battement de cils pour dégringoler. J'étais tellement fatigué. Las. Prisonnier d'un cocon de solitude, tranquille. Enveloppé d'un voile de douceur, de sorte que je ne me battrais pas pour toi si c'était pour te mutiler. Mais, est-ce que lui aussi tu l'appelais “mon ange” ? Et du bout des doigts, je venais frôler l'écran. Toute cette lumière t'allait si bien. Ne change rien. Reste avec lui. Je ne serais pas un obstacle à votre amour. Comprends que je ne voulais plus avoir le rôle du monstre caché sous ton lit. Celui qui attendait la tombée de la nuit pour revenir te persécuter, et alimenter tes terreurs nocturnes.

- Moi aussi j'ai une question. Juste une question...pourquoi tu m'as sauvé il y a deux ans ? Pourquoi… si me croire mort t'a permis de retrouver le goût de vivre… on est quel jour ?

Tu allais encore hurler. Me crier que j'étais à côté de la plaque. Mais qu'est-ce que tu voulais que je te dise ? Par contre, sans trop savoir ce que toi tu avais en tête, j'avais au moins une conviction. La plus solide de toutes. Ne m'en veux pas. Mais si ça devait recommencer comme avant, repartir de plus belle entre-nous, alors mieux valait couper court. C'est vrai. On avait pas besoin de ça.  Les malentendus, les déchirements et les disputes à n'en plus finir, j'avais déjà donné. Dieu m'en soit témoin. Ce serait insupportable et surtout, très destructeur. Contente toi de me dire quel jour on était. Pour que j'évite de revenir ce jour là dans les semaines à venir. Je ne l'avais pas fait exprès. J'étais venu au hasard, en espérant que tu serais là. Tout comme la première fois où je vous avais vu de loin, tandis que j'attendais mon tour dans la file.

- Tiens...

Après m'être essuyé les yeux du revers de ma manche, je m'étais remis à fouiller dans mon sac. Pour en sortir une espèce de livre à la reliure en cuir. Mon journal. Celui que j'avais écrit pour toi. Parce-que durant ces deux dernières années, pas une seconde ne s'était écoulée sans que je ne pense à toi. Hésitant, j'en tordais la couverture. Puis je le faisais glisser au sol, de toi à moi. Lis-le, ou brûle-le. À toi de voir. Mais si tu devais m'accorder une dernière chance, je pensais que c'était préférable que tu le fasses en toute connaissance de cause. Fini les mauvaises surprises pour toi. Tout était là.

Maintenant, réponds-moi. Et ensuite, je resterais encore un petit moment là avant de partir si tu voulais bien. Le temps que le sang agisse sur mon organisme. Là, je planais. Ne te répondant qu'à moitié tant tu étais dans le faux. Alors, quel jour on est ? A moins que tu veuilles me laisser comme ça, à te dévisager.

Toi et ton joli visage. Tirant sur ta cigarette. Cheveux défaits. Sans masque. Sans maquillage. Naturel. Plus rayonnant que le soleil lui-même. S'il n'y avait pas eu ce gouffre de désespoir venant assombrir tes yeux...
© Lyr


Fire & ice
Some say the world will end in fire, some say in ice. From what I’ve tasted of desire I hold with those who favor fire. But if it had to perish twice, I think I know enough of hate to say that for destruction ice is also great and would suffice ▬ Robert Frost
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De la main de Ezechiel Albeirteich signé le Mar 25 Juil - 17:05
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- Ezechiel Albeirteich & Elijiah H Jazeem -




La question, elle était simple. Sans piège. Je voulais juste savoir, comprendre. Mais tu n’y réponds pas. Tu esquive, tu détourne la chose pour que ce soit dirigé vers toi. Toi. Tout tournait autour de toi. Comme toujours. Tu revenais après deux ans d’absence, après tout un tas de truc en fait. Mais pourtant non. Même pas que tu me demandais comment j’allais. Même pas que tu te souciais de ce que je te disais. Je te parlais de souffrance, de reconstruction psychologique, t’envoyant des messages subliminaux que même pas tu relevais. Toi. Encore et toujours toi. Tu aimais tellement ça avoue, quand tu savais que les regards étaient tous tourné en ta direction. Elijiah Jazeem. Le tombeur de la fondation, l’homme à femme, l’homme qui se pavanait tel un coq, qui ne supportais pas de savoir qu’il pouvait faire des erreurs. C’est comme ça que tu étais parti. C’est avec cette vision de toi que tu m’avais abandonné. Alors, comment je peux penser autre chose de toi ? Je te parlais de Murphy sans trop savoir ce que j’attendais en retour. Quelle réaction j’avais espéré. Franchement ? J’en sais trop rien. La colère ? La surprise ? Ou alors l’inverse, te voir sourire de mon bonheur. Te voir content de me savoir simplement bien et heureux. Non. Ca n’avait pas la moindre importance pour toi ? De savoir que j’avais avancé ? Que je n’étais plus en train de pleurer ? Tu sais, au château, là où j’habite, on est connu pour organiser des soirées avec Murphy. On est connu parce qu’au milieu de ce calvaire on organise des petits trucs qui rendent un peu de vie dans ce monde de brut. Moi. Moi je souris. Moi je ris maintenant. Ca ne te fait rien de savoir ça ? tu t’en fiche ? C’est pas tout ce qui t’importe de me savoir bien ?

Non. Non, je ne vais pas crier. Non, je ne vais pas m’emporter. Pourquoi faire ? Tu es parti. Y’a deux ans de ça en arrière, tu te souviens ? C’était un mardi. Un mardi soir, il faisait doux. Ce soir, où tu m’avais lâché ta caisse comme cadeau de consolation en te retournant pour aller le rejoindre. Ta caisse. Tu sais que je l’ai encore ? Elle ne marche plus. Non. Un soir trop bourré je l’ai encastré dans un pilonne. Murphy m’avait proposé de m’aider à la réparer mais franchement ? Je lui ai répondu que non. Que cette bagnole je m’en foutais. Alors pourquoi je la garde ? J’en sais rien. Peut-être bien parce que c’est tout ce qui me reste de toi. De nous. Oui, un petit peu de nous. Avant que ça parte en couille on passait beaucoup de temps dedans. Quand tu me ramenais chez moi, quand tu venais me chercher aussi. Quand j’étais encore malade, innocent, aveugle et le corps mourant. A cette époque, tout semblait si parfait. Je t’aimais, je t’avais promis de t’appartenir, je t’avais promis de ne jamais mourir. Je pensais que toi et moi on serait… Indestructible. Indélébile. C’était tellement naïf de ma part. Mais c’est peut-être pour ces raisons que je l’ai gardé. Là, protégée par une bâche dans le garage du château. Entre ma bécane et la voiture de Murphy. Tu vois, j’ai pas tout brûlé. Non, j’ai pas brulé ce qui me rappelait certains bons souvenirs. Mais qu’importe, ça n’a plus d’importance. Parce que j’en sais rien, mais te voyant là, devant moi, je ne sais plus quoi penser. Tu ne sembles pas te réjouir de mon bonheur. Tu sembles même… Tout l’inverse. Egoïste réaction… Mais je ne dis rien.

Non. A quoi ça servirait ? Je t’ai posé une question, elle était simple pourtant. Pourquoi t’es revenu ? Juste parce que t’avais envie de me voir ? Me donner quelque chose ? Quoi ? J’en sais rien. Je ne suis même pas certain d’avoir envie de recevoir quelque chose de toi. Sincèrement. Je suis là, fumant ma clope, jouant nerveusement avec un fil qui dépasse de ma chaussure, fixant le sol quand tu me pose toi aussi une question. Pourquoi je t’ai sauvé ? Je ne voulais pas te sauver. Enfin j’en sais rien. Si je savais moi-même ce que j’avais eu en tête ce jour-là. Il me restait tellement peu de temps à vivre. Je le sentais. Je souffrais, plus que d’habitude. J’avais les poumons en feu, ma respiration était tellement… saccadées. Je me sentais mourir. Et maintenant que tu me demande, je crois que je n’aurais pas passé la nuit. Je pense que j’étais vraiment en train de mourir. Alors pourquoi ? J’en sais rien. Sans doute pour différente raison. Te laisser penser que tu avais ma mort sur la conscience. Ou alors, pour que tu vives en continuant de laisser ma trace dans ce monde. Que t’aille voir les montagnes pour moi, que tu fasses toutes ces choses que j’aurais voulu faire. J’étais mourant Elijiah. Alors la lucidité, elle n’était pas trop là. Crois-moi. Je t’en n’ai jamais parlé. Mais j’étais clairement en fin de vie depuis quelques jours. Shooté à la morphine pour ne plus avoir mal. J’étais simplement ailleurs. J’allais mourir dans les heures à venir. Je voulais simplement… Je sais pas. Choisir ma mort ? Ou peut-être qu’au fond j’avais espoir que tu me garde ? J’en sais rien Elijiah. T’es pas lucide quand t’es mourant a seulement 25 ans. Non, t’es pas lucide. Tellement pas.

« Officieusement je voulais que tu vives en aillant ma mort sur la conscience. Je… Je voulais que tu souffres. Que tu connaisses cette souffrance que tu m’avais infligé. Je… Je voulais te faire payer. Officiellement ? J’en sais rien Elijiah. Je m’étais convaincu de ça mais… J’étais pas un salaud. Non… Je… ‘Fin. Tu sais comment j’étais. Toujours en train de me sacrifier pour les autres. »

Toujours en train de me sacrifier… Pour toi. Continuant de jouer avec ce fil, je t’ai simplement répondu, sans te regarder. Ca faisait trop mal de lever les yeux et de te voir. Trop mal, de t’affronter. Je n’en dirais pas plus. A quoi ça servirait si ce n’est à rien ? Pourquoi revenir en arrière ? Pourquoi revivre dans le passé ? Pourquoi se refaire du mal ? Tout ce qu’on faisait là, radoter, se souvenir, ça ne servait à rien. Tellement à rien. On avait eu le temps pour les questions, mais les réponses ne sont jamais tombées, et maintenant ? Maintenant c’était trop tard. Quel jour on est ? Vendredi. Vendredi, c’est le meilleur jour de la semaine en temps normal. Le meilleur moment. Quel jour on est ? Ta question me fait revenir à la réalité, au moment présent. Sentant mon téléphone vibrer dans ma poche. Nicky… Ca fait quatre fois qu’il vibre. Quatre fois que je fais style de ne rien sentir. Il doit s’inquiéter, mais je n’ose pas répondre. Non. Je n’ose pas. Par respect pour toi, mais par respect pour lui aussi. Alors j’écrase ma clope sur le bitume, en rallumant une dans la seconde, te tendant le paquet. Machinalement. Expirant la fumée en regardant vers le ciel, me passant une main dans les cheveux pour les repousser en arrière. J’étais calme. Posé. Tellement plus… Serein qu’à une certaine époque. J’avais appris à me contrôler, appris à vivre avec mes émotions et à ne plus laisser cette colère prendre le dessus. Des fois ça revenait. Oui. Des fois. Mais ça allait mieux. J’avais tellement changé si tu savais. Je t’en voulais encore. Je n’avais plus aucune confiance en toi, pas après ces mensonges, pas après ce que tu m’avais fait. Pas après… Maintenant. Deux ans à vivre en te pensant mort. Un an à te pleurer. Et au final pourquoi ? Tu étais là quelque part, mais non. Tu me laissais croire que t’étais simplement…

Mort. Comment je devrais réagir tu crois ? Mets-toi à ma place et demande-toi comment tu réagirais à ma place. Sans doute pas bien Elijiah. Je te connais trop bien pour le savoir. Et puis tu as fini par me tendre un truc. Un carnet. M’obligeant à relever les yeux vers toi. Qu’est-ce que c’était, une confession ? J’en veux pas. J’veux pas savoir. Je suis resté là, un instant, hésitant. Mais coinçant ma clope entre mes lèvres je l’ai attrapé, le gardant fermé, fixant la couverture. Non. Si tu avais ce truc dans ton sac, c’est que c’était moi que tu cherchais ce soir. Tu voulais me voir. C’est ce que tu as dit. Oui, c’est ce que tu as dit… Mais j’peux pas… C’est trop tard pour les remords, c’est trop tard pour les explications. Trop tard pour revenir. Et espérer… C’est… Je voulais que tu t’en aille, que tu rentres chez toi, que tu ne reviennes jamais vers moi. Non. Je ne voulais plus te voir. Ca faisait trop mal putain. Trop mal. Ne me demande pas de te pardonner je t’en prie. Ne me demande pas de revenir. T’as pas le droit de me faire ça, pas après ce que tu as fait, pas après tout ce que tu m’as fait subir. T’as été un monstre avec moi Elijiah. Un lâche, égoïste, qui ne pensait qu’à lui et qui fuyait devant l’adversité. Tout ce passé, toutes ces choses, comment je pourrais oublier ? Comment je pourrais les effacer ? C’était trop me demander. Sincèrement. Alors j’ai recraché ma fumée en retirant la clope de mes lèvres, recommençant à tirer sur ce fil, recommençant à me cacher devant ces cheveux devenu trop court. Recommençant, comme avant, à me cacher. Tu m’avais détruit, anéantis, brisé en mille morceaux. Pourquoi je pardonnerais ? Pourquoi ? Pardonner et oublier… C’était trop me demander…

« J’ai voulu mourir ce soir-là. Tu sais… Quand… Quand t’es parti le rejoindre. J’suis resté là, assis devant ta bagnole. Le soleil était en train de se lever. Killian est arrivé à ce moment et… C’est lui qui m’a porté jusqu’à l’appart’. J’suis resté j’sais pas moi… Des nuits entières enfermé dans ma piaule. J’peux pas j’suis désolé. »

Je peux pas non. Pardonner et oublier. Pas comme ça, pas maintenant. Tirant encore sur ma clope j’ai tout de même sortie un vieux bout de papier de ma poche et le stylo que j’avais gardé dans la poche arrière de mon jean. Griffonnant le numéro de Wellan. Ce numéro que je connaissais par cœur. Moi je pouvais pas t’aider. J’étais pas prêt pour ça. Mais lui… Lui le ferait. Oui. Il le ferait. Je l’ai plié en deux avant de te le tendre, relevant les yeux pour les plonger dans les tiens.

« Appelles Wellan. Il te trouvera une chambre, un travail. Tu seras mieux nourri, tu ne manqueras de rien au château. Mais va falloir passer par la case infirmerie. Je… » Hésitant j’ai repris le bout de papier, griffonnant mon propre numéro. « Appelles-moi quand tu l’auras vu. Je suis l’infirmier en chef de l’hôpital, c’est… C’est par moi que doivent passer tous les nouveaux arrivants du château. Vérifier qu’ils ne sont pas… contaminés. C’est la procédure. »

La procédure. Je ne te pardonnais pas, mais j’avais conscience que tu souffrais. Que t’étais mal. Physiquement, psychologiquement aussi sans doute. Je n’étais pas un salaud. Non. Je n’étais pas un salaud. Je n’étais pas toi Elijiah. Laisser tomber les gens que j’aimais je ne sais pas faire. Et toi… Toi, peu importe ce que tu restes à mes yeux, je sais que ce lien qui nous unis est là, enfouis, quelque part. Il sera sans doute long à être déterré. J’avais besoin de temps. Mais j’avais le devoir de t’aider tout comme j’aider tous les autres. C’est tout ce que je pouvais t’offrir pour le moment… Crois-moi… J’étais désolé…




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De la main de Elijiah H. Jazeem signé le Mer 26 Juil - 14:44

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Des frissons. Voilà que maintenant, je sentais des frissons remonter le long de mon échine pour venir s'éteindre à la base de ma nuque. Super. Il ne manquait plus que ça. Alors machinalement, je rabattais de nouveau la capuche de mon sweat sur ma tête. Ne sachant pas trop si je pouvais réellement avoir froid, ou si ce que j'entendais me glaçait simplement le sang. Toi aussi crois-moi sur parole, j'aurais donné le peu que je possédais pour changer le passé. Pour tout recommencer. Autrement. Juste très différemment. Mais rien ne saurait changé ce qui avait été fait. Et j'en étais désolé.

Désolé d'apprendre ça. D'apprendre que cette nuit là, tu avais voulu mourir. Par ma faute, encore. Regarde. Je porte malheur Ezechiel. J'étais bien pire que n'importe quel cancer. Rien ne changerait jamais, et ça me rendait malade. Du coup, j'avouais. Je reconnaissais que c'était une erreur de venir te trouver. Une de plus. L'une de celles qui comptaient plus que toutes les autres réunies. Parce-qu'elle rouvrait de vieilles plaies. Des plaies que je pensais cicatrisées, des plaies que je croyais avoir pansées, des plaies qui face à toi recommençaient à me faire souffrir le martyr. Sois réaliste. On était bon qu'à ça. À se faire du mal. Mutuellement. Toi, en affichant ton bonheur. Et moi, en continuant à espérer quelque chose qui ne se produirait sans doute jamais. Aussi, comprends que je ne voulais plus soigner le mal par le mal. Adieu mon amour. Je tirais une croix sur nous. Devant toi, sous tes yeux. Quitte  à souffrir mille tourments. Mais là, l'issue me paraissait inévitable. J'avais envie de renouer. De me souvenir de la chaleur de tes bras, et de raviver tes sentiments pour moi. Sauf que ça n'arriverait pas. Tout ce que je te demande là, c'est de lire le carnet que je t'ai donné. Lis-le. Pour comprendre. Comprendre que je n'avais pas voulu ça. Tu sais, j'étais perdu. Je ne savais plus à quoi me raccrocher. Ma vie, nos deux vies, je n'y attachais pas vraiment d'importance à ce moment là.

Suicidaire, je crois que malgré moi, je cherchais à t'entraîner dans ma chute pour ne plus être seul. Pardon. Pardon pour tout. Pardon. C'était cruel et inutile. En sachant qu'il m'aurait suffit de te parler. Je m'en voulais tellement. Seulement, je n'y pouvais plus rien. Que dalle. Tu étais source de destruction mon amour. Comme Noora. Peut-être que l'heure venait de faire le deuil de notre histoire et de mon mariage par la même occasion. Pas bien, je refermais donc mes bras sur mon sac à dos. Le serrant presque frénétiquement contre mon torse. Pliant mes jambes pour me recroqueviller. Un peu choqué en fait. Choqué par tes aveux. Si je m'attendais à ça te ta part. Moi qui t'avais toujours imaginé innocent et sans la moindre once de méchanceté. Je tombais de haut. C'était...j'en sais rien. Des morts, j'en avais déjà plus que de raison sur la conscience.

- Je sais…

Je savais que tu n'étais pas un salaud, mais juste un homme blessé. Un homme amoureux auquel on avait broyé le cœur. Mais je te jure. Je te jure que des morts, j'en avais déjà beaucoup trop sur la conscience. Des morts qui chaque nuit se remettaient à marcher dans mes cauchemars. Hurlant, me demandant pitié, me suppliant de les épargner. Au point que l'odeur de la peur me dégoûtait. Donc, ne te fais pas d'illusion sur le sort qui m'était réservé. Chaque nuit, je revoyais le petit corps de ma fille sans vie. Étendu à côté de celui de sa mère. Ma chère Noora qui n'en finissait plus de mourir sous mes baisers. Puis...Elyas. Rose. Djibril. Pour l'avoir côtoyé, cette souffrance là, je la connaissais. Comme personne. Aussi, te tuer. Prendre ta vie pour sauver la mienne. Ça en serait revenu à me condamner. Puisque je ne t'aurais pas survécu. Alors j'ai choisi. Choisi de te mordre, pour en arriver là. Ici et maintenant. À te voir tordre ce fil dans tous les sens, les yeux baissés. Fragile et mal à l'aise, avec l'impression d'enfin te reconnaître. Toi et tes cheveux trop courts. Affronte-moi Ezechiel. Désormais, il n'y avait plus de Sire ni d'Infant. Il ne restait plus que nous. Toi, protégeant le monde. Fidèle à toi-même. Toi et ce sens du sacrifice qui me dépassait encore aujourd'hui. Mais que j'admirais. Tu étais devenu quelqu'un de bien. Quelqu'un de bon. Quelqu'un qui pouvait être fier de lui. Finalement, j'aurais au moins réussi ça. Réussi à t'offrir une seconde chance de vivre et de tout recommencer. Tu sais quoi ? Si ce garçon sur la photo représentait ton avenir, je m'effacerais. Je te le devais. Après, il ne faudrait pas compter sur moi pour venir vous tenir la chandelle. Ma chandelle à moi, je l'avais déjà brûlée par les deux bouts depuis longtemps. Laisse-moi le temps. Le temps de me réjouir pour toi. Le temps d'apprendre à renoncer à mes espoirs de pouvoir à nouveau t'aimer. Laisse-moi à mon tour me sacrifier. Même si je devais vivre dans la tristesse et les regrets.

Allez. Lève les yeux. Laisse ce fil tranquille, il ne t'avait rien fait. Retire-le. Arrache-le de ta chaussure. Crève l'abcès. Et enfin, la délivrance est venue. Tu avais bougé. Sortant de ta torpeur. Toujours sans me regarder, mais en me tendant ton paquet de clopes. Paquet que j'ai doucement repoussé. Je ne fumais plus. Je ne buvais plus. Je ne baisais plus. En même temps, tu devais bien te douter que j'avais d'autres priorités. Du genre me nourrir et trouver du sang. Le reste, c'était secondaire. Aléatoire. En tout cas, toi, tu fumais toujours autant. Et tu avais gardé ces mêmes tics avec tes cheveux. Bizarrement, ça avait quelque chose de rassurant. De familier. Ce qui avait eu le mérite de me soutirer un vrai sourire ce coup-ci. Soulagé aussi de te voir prendre mon carnet. Ayant craint pendant un instant que tu refuses, au vu de ton hésitation. Un sourire avorté. Disparaissant sitôt que tes yeux quittaient le ciel pour revenir se poser sur moi. Tu es si…

Tu vois bien que je ne te mentais pas. Si j'étais ici ce soir, c'était pour te voir. Pour te parler. Pour te donner ce carnet qui finirait de nous séparer ou qui nous aiderait à nous retrouver. Je ne mentais plus. La vérité valait mieux que n'importe lequel de mes mensonges. Même si elle était dure à admettre. Même si elle pouvait te paraître froide et plutôt crue. Aussi, je te répondais le plus honnêtement du monde. Tu avais voulu mourir, moi aussi...

- J'aurais voulu mourir avec toi, en me sachant aimé...je suis désolé. Je te demande pardon pour tout...je regrette.

Je regrettais. Les larmes dévalant sur mes joues te le prouvaient au-delà de mes mots. Mais il était trop tard. Trop tard pour les remords. Trop tard pour nous. Et plaquant brutalement les paumes de mes mains sur mes yeux, tout mon corps se tendait. Je ne voulais pas que tu assistes à ça. Je n'avais jamais voulu que tu me vois dans ces états là. Pourtant…

Pourtant, l'abandon avait été la clef de la paix dans laquelle je survivais. Plus d'ego démesuré. Plus de fierté mal placée. Mes émotions, je les subissais. Les prenant comme elles venaient. Un homme aussi avait le droit de pleurer. Il n'y avait pas de honte à ça n'est-ce pas ? Bien. On allait en terminer. Il le fallait. Tu n'avais aucune envie de rester avec moi, ma présence était un véritable calvaire pour toi. Tu m'aurais préféré mort et enterré. Ne dis pas le contraire. Et ça me démolissait, bien fait pour ma gueule. Pas vrai ? De sorte que prenant sur moi comme je pouvais, je séchais  mes yeux. Dommage qu'on ne puisse pas boire le sang de nos propres larmes, tu ne trouves pas ? Moi aussi j'étais désolé de t'imposer ça. Puis, j'ai pris le morceau de papier que tu me tendais. Le morceau de papier sur lequel tu avais écrit ton numéro et celui de Wellan. Indécis.

- J'ai déjà un travail tu sais...et puis, je ferais quoi au château avec vous ? Mais merci…

J'avais conscience de ne pas beaucoup te parler. De ne presque rien dire en vérité. Limite de refuser la main secourable que tu me tendais. Mais c'était pas ça. Juste que je n'avais pas envie de me retrouver seul. Sans personne à qui parler. Comme avant. Avant tout ça. Avant les bombes. Avant que j'imagine Djibril en train de me sauver. Avant qu'Elyas et Rose se sacrifient pour me sauver. Avant. Quand je m'enfonçais dans ma dépression. Ce qui ne m'a pas empêché de glisser le papier dans la poche intérieure de mon sac. Va savoir. Peut-être que je t'appellerais. Toi. Pour prendre de tes nouvelles. Quand à Wellan, non. Après deux ans de silence, je me voyais mal aller lui demander de l'aide. On était des milliers à crever de faim. Des milliers à jouer les morts en sursis. Je m'en accommodais. Plus ou moins bien. Comme tu pouvais le constater par toi-même.

Sur ce, je me suis traîné jusqu'à toi. Jusqu'à me retrouver agenouillé devant toi. Jusqu'à me pencher et à venir poser mes lèvres sur ta joue. Juste à la commissure de tes lèvres. Refermant les yeux. Respirant ton odeur. Me rappelant de la douceur de ta peau. De toute la violence de tes mots d'amour. Murmurant à ton oreille : « Prends soin de toi...ahbik...»

Je t'aime...c'est ce que je venais de te murmurer. Pour mieux reculer et me relever. Remettant mon sac à dos sur mes épaules. Pas vaillant, pas vraiment en équilibre sur mes pieds, les traits déformés et défaits. Puis ne m'en veux pas de ne pas te poser les questions habituelles. Tu sais. Comment tu vas ? Qu'est-ce que tu deviens ? Tu étais heureux. Je le voyais. Heureux avant que je vienne te pourrir ta soirée. Quel jour on est ? Tu n'as pas répondu. Tant pis. Je ne viendrais plus du tout. Au pire, Shannon pourrait bien me ramener une poche lorsqu'elle y penserait. Et il y avait toujours Amarok. Bon...voilà.

- Si jamais...quand tu auras lu...peut-être que...juste pour que tu le saches, j'habite à quelques mètres à peine. Dans le faubourg. Ma maison...elle a une porte en bois et des volets toujours fermés. Je ferme jamais à clef...enfin...c'est pas une obligation. Oublie ça…

Oublie ça.  S'il te plaît. Si c'était encore trop tôt pour toi, ça l'était aussi pour moi. Là tout de suite, je n'avais aucune envie de te voir avec lui. Et encore moins de devoir vous croiser tous les jours. Ceci étant dit, rassure-toi. Je n'étais pas malade, juste à bout de forces et au bord de l'épuisement. Je crois. Il n'y avait rien de grave. J'espère. Mais sache que je ne fuyais pas, que je ne t'abandonnais pas, que…que rien du tout. Dis-moi...

...est-ce que tu connaissais ce morceau ? Celui qui disait “ Ma mer verte ne se changera plus jamais en un bleu plus foncé. Je ne pouvais pas prévoir cette chose qui t'arrive. Si je scrute assez fort le soleil couchant, mon amour rira avec moi avant que le jour ne se lève.” Moi je n'avais rien prévu, encore moins que tu tomberais amoureux d'un autre...
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Some say the world will end in fire, some say in ice. From what I’ve tasted of desire I hold with those who favor fire. But if it had to perish twice, I think I know enough of hate to say that for destruction ice is also great and would suffice ▬ Robert Frost
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De la main de Ezechiel Albeirteich signé le Sam 29 Juil - 17:52
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Je te proposais mon aide, mais tu le refusais. Tu n’en voulais pas. Clairement. Malgré tes larmes, malgré tes remords, tu ne voulais pas de cette main que je te tendais malgré tout. Ce n’était pas de la pitié, ce n’était pas de la compassion, c’était juste… Une aide parce que tu en avais besoin. Mais soit. Si tu penses t’en sortir tout seul tant mieux, cela dit, ne te mens pas. Vu ton état je doute que tu t’en sorte si bien que ça. Tu n’as pas l’air malade. Non. Je les reconnais au premier regard les contaminés. Tu as juste l’air… fatigué, démuni, désorienté aussi. A quoi tu joues ? Qu’est-ce que tu cherches ? La rédemption par la famine et la pauvreté ? Reviens sur terre Elijiah. T’es pas dans un remake de la bible, ni du coran. La rédemption, qu’est-ce qu’on en a à foutre par les temps qui court ? On survit, et pour survivre, faut savoir parfois se montrer égoïste. Je t’ai observé, essuyant tes larmes. Des larmes que je n’avais jamais vues. Non. Je n’ai pas souvenir de t’avoir déjà vu pleurer. De nous deux c’était moi qui craquais à chaque fois. Mais là, j’en sais rien. Tu avais changé. Je ne dirais ni en bien, ni en mal. Mais au moins, au moins tu admettais que t’avais merdé. Que t’avais fait le mauvais choix. Et peut-être bien qu’au final c’était moi que tu choisissais. C’était trop tard. Oui, trop tard. Je ne pouvais pas quitter Nicky. Pas comme ça, pas maintenant. Je l’aimais tu sais. Comme un dingue. Mais ne vas pas croire que je te ferme toutes les portes. Tu as fait le premier pas. Maintenant, à moi de faire le reste. Je me trompe ? J’en sais rien. Je ne pense pas. Prendre cette main que tu me tends, ou faire comme toi, la refuser. J’en sais rien Elijiah. Sincèrement, j’en sais rien.

Tu ferais quoi au château ? Ce que nous faisons tous. Aider les autres, servir ton peuple, combattre la maladie, ces enfoirés qui nous pourrissent la vie. On est tous soudé là-bas. Les clans n’existent plus. Il n’y a plus de mauvais ou de bons côtés. On est tous égo. Même Léandre refuse que l’on continue à le traiter comme un Roi. Certes, ça reste le cas, malgré lui. Il a les plus beaux appartements du château et sa chambre personnelle. Mais tu sais, il donne ses doses de sang aux plus faibles. Il se sacrifie pour son peuple. Léandre est méconnaissable. Si tu savais, même toi tu pourrais l’apprécier. Pourquoi je pense à ça ? J’en sais rien, mais j’imagine que si tu venais un jour à venir tu devras le voir, Léandre, lui parler. Et voir combien les choses ont évoluées. Et changer. Tu serais bien surpris. Mais peu importe. De toute évidence, tu ne veux pas de mon aide. Tu veux faire les choses à ta façon. C’est ton droit, et je respecte. Ne prenant pas mal que tu refuses ma proposition. Peut-être que l’idée de me croiser avec Nicky te ralentis aussi. Mais tu sais, le château, il est grand. Et on ne croise pas toujours les mêmes gens. Sauf si on est voisins de paliers. Ce qui ne sera pas notre cas. Je dors proche de la chambre de Léandre, dans l’ail qui lui est réservée. Seul une minorité de personne y ont droit. Moi pour le soigner, Nicky parce qu’on vit ensemble. Wellan. Il y a aussi la chambre de Callan et de Graydon, Léandre espère les revoir un jour. Il espère qu’ils vont bien. Ca le tue de ne pas savoir où sont passé ses infants. Il parle souvent d’eux. Donc non, ne t’en fais pas, tu ne risques rien de ce côté. Tu ne…

Je t’ai regardé, t’approcher, sans ne rien dire. Venant déposer un mince baisé à la commissure de mes lèvres. Pourquoi tu faisais ça ? Qu’est-ce que tu cherchais ? Furtivement j’ai fermé les yeux, n’osant bouger, n’osant réagir. Mon passé me revenant tout simplement en pleine gueule. Ahbik, un des rares mots que je connaissais en Arabe. Tu me le disais tout le temps. J’ai eu l’impression de recevoir un coup de poignard en pleine poitrine, le choc d’entendre à nouveau ce mot de ta part. Je t’ai simplement regardé te relever. Restant figé, là, sans ne plus bouger. La cigarette qui se consumait toute seule entre mes doigts venant me ramener à la réalité quand arrivé à son terme j’ai pu sentir sa brulure contre ma chair. Comment tu pouvais oser me dire ça ? Faire ça ? Réapparaitre au bout de deux ans, et te permettre de me tenir ce genre de discours, comme ça, sans réfléchir aux conséquences ? Parce que des conséquences, il y en aurait. Que oui, il y en aurait tellement. Tu as parlé, mais je ne te regardais pas. N’osant plus relever la tête quand une larme est venue rouler sur ma joue. Restant là, assis sur le bitume. Le son de ta voix tournant en boucle dans ma tête. Bien plus que les paroles que tu prononçais à voix haute. J’aurais voulu m’enfuir, disparaitre, oublier cette soirée. Oublier que je t’avais vu, oublié que tu m’avais dit ces mots. Ta maison. Non Elijiah, n’en rajoute pas je t’en prie. Ne m’invite pas à venir. Je n’en n’avais pas envie. Discrètement je suis venu essuyer cette larme qui coulait, ou alors, c’était peut-être une autre j’en sais rien. Mon passé, toute cette histoire qui revient. Tu étais revenu vers moi. Tu avais fait une erreur. Qui n’en fait pas ? J’en ai fait tellement moi aussi. Mais soudainement je me rends compte. C’était lui l’erreur. C’était lui ta faute. Et ce soir… C’est moi que tu choisissais… Moi… Que tu voulais. Pourquoi maintenant ? J’en savais rien. Mais c’était moi…

« Attends s’il te plait… »

Attends, ne pars pas, ne me tourne pas le dos, pas comme ça. Pas maintenant. On n’en n’a pas terminé. Alors attends, s’il te plait, attends. J’ai fini par me relever, sans trop savoir pourquoi, sans trop me poser de questions. Revenant à ta hauteur, venant te prendre dans mes bras. Naturellement. Je ne sais pas pourquoi je faisais ça, mais j’en avais envie. Envie ou besoin ? Je ne me posais plus la question. Je faisais c’est tout. C’était toi qui avait lancé les hostilités, pas moi. Toi qui était revenu. Mais pourtant, pourtant je ne te repoussais pas plus que ça. Je n’y mettais aucune volonté. T’invitant d’abord à venir nous rejoindre au château, et là, maintenant, en t’offrant cette étreinte. A quoi je jouais ? Qu’est-ce que je cherchais ? Si seulement je le savais moi-même. Si seulement j’avais les réponses à mes propres questions. Passant mes bras par-dessus tes épaules, plongeant ma tête dans ton cou, je t’enlaçais. Naturellement. Ca faisait mal. Mal de te savoir là. Mal de sentir mon téléphone vibrer dans ma poche mais de l’ignorer parce que tu étais là. Mal… De réaliser que plus rien ne serait jamais comme avant. Une étreinte pour mieux te laisser partir, pour enfin avoir la chance de te dire au revoir. Ou bien tout l’inverse. Une étreinte pour te dire bonjour, pour te faire comprendre que je te pardonnerais bien un jour ou l’autre. Que je ne t’en voulais déjà plus. Enfin, si, mais que peut-être ça ne durerais pas. Libre à toi de te faire ta propre interprétation. Libre à toi d’y voir ce que tu veux, parce que moi-même, je n’en savais rien. Tout simplement. Finissant au final par te relâcher. Reculant, attrapant tes doigts pour les caresser. Venant me mordiller la lèvre inférieure avant de relâcher ta main.

« Toi prends soin de toi d’accord ? C’est vendredi. Ce soir. On est… vendredi. C’est le jour où je suis là en général. Sauf urgence à l’hôpital. Tu… Tu reviendras me voir ? »

Vendredi. C’était censé être mon jour avec lui. Ma nuit. Notre nuit, notre moment à nous. Mais pourtant j’en sais rien, je te demandais simplement si tu repasserai. Peut-être que tu voulais savoir pour ça. Pour savoir quand je serais là. Ou pas. J’en sais rien. Non. Toi oublies ça. J’ai simplement ramassé ton carnet que j’avais laissé par terre, l’enserrant contre ma poitrine. Je le lierais. Peut-être, si le cœur m’en dit. Ca semblait te tenir à cœur. Pourquoi ? J’étais curieux de savoir ce qu’il y avait dedans. Mais en même temps, ça me laissait dubitatif.

« Appelle Wellan s’il te plait. Tu vas pas bien ça se voit. Ne va pas jouer les héros inutilement ta place n’est pas avec eux. Elle est là-bas. Fais pas le con Elijiah. C’est dangereux dehors. Y’a trop d’morts… Beaucoup trop… M’oblige pas a enterrer ton cadavre. »

Non, ne vas pas mourir. Pas maintenant que je sais que tu es toujours des nôtre… Ce serait la chose la plus dégueulasse que tu pourrais me faire crois-moi. Revenir… Et disparaitre à nouveau… T’avais pas le droit Jazeem. Non. T’avais pas le droit…




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De la main de Elijiah H. Jazeem signé le Dim 30 Juil - 16:49

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Non. Là-dessus, aucun doute à avoir. Je n'étais pas un héro. En tout cas, pas le genre de héro que tu devais avoir pour habitude de côtoyer au château. Le château…

En vérité, l'idée de devoir y mettre les pieds me stressait au plus haut point. Qu'est-ce qu'ils diraient ? Les autres. Qu'est-ce qu'ils penseraient de mon retour ? Tu sais bien pourtant que du temps de la fondation j'étais du genre infecte avec eux. Voir méprisant. Et pour ça aussi je m'en voulais. Alors bon. Non quoi, je ne cherchais vraiment pas à jouer les héros. Que Dieu m'en préserve. J'étais juste flippé. Puis aussi rongé par la culpabilité. En fait, j'étais tout le contraire de ce héro que tu devais sans doute t'attendre à retrouver. Tu sais. Si, tu le sais. Un pseudo héro sans peur et sans reproche. Prétentieux. Se vantant d'aider les autres, égocentrique. Rien de très reluisant. Je l'admettais. Tous ça pour me donner une importance que je n'avais pas. Pas avide de pouvoir, mais en recherche de reconnaissance. Pour combler ce manque de confiance en moi qui me faisait me sentir si indigne de toi. Tu méritais mieux. Tu avais trouvé beaucoup mieux. Un homme qui te respectait et te comprenait. Pardonne-moi. De t'avoir laissé, quitté et de refaire surface sans crier gare. De revenir en demande d'affection qui plus est…

Mais le sujet n'était pas là, il n'y serait plus jamais. Laisse-moi m'en persuader. Ça faisait trop mal de te savoir avec un autre. Et maintenant, je la ressentais cette douleur que tu avais voulu m'infliger deux ans auparavant. Ezechiel…de quoi est-ce que je te parlais déjà ? Ça m'échappait. Comme si je flottais, tellement mes idées s'embrouillaient. Attends. Ça va me revenir. Attends encore un peu. C'est tellement difficile pour moi de rester concentrer plus de cinq minutes sur un truc en particulier. Quand on voit le temps qu'il m'a fallu pour arriver à t'écrire mes mémoires. D'accord. Une minute. Je crois que j'étais en train de te dire de ne pas t'inquiéter. Que je ne cherchais pas à jouer les héros. Après, c'est vrai que j'aidais les autres. En y mettant tout mon cœur et mes tripes. Avec abnégation. De manière totalement désintéressée, altruiste. Aussi surréaliste que ça puisse te paraître. Fuyant les remerciements et toute forme de reconnaissance. Une ombre parmi les ombres. Un crève la dalle comme un autre. Sans identité. Un simple exilé. Doué de ses mains, un artisan de talent. C'est pour ça qu'ici, dans ce coin des faubourgs, on m'appelle “le charpentier”. Tout court.  Tout court, c'est ça. C'est ça...il y a quelques jours, j'ai même donné mes draps et ma couette. À de nouveaux arrivants. Shannon va être furieuse quand elle l'apprendra, j'en suis certain. Puis on ne va pas revenir sur le fait que j'ai peur. Peur de me retrouver seul. Je l'ai dit, et redit. Ça m'angoisse. Là, il y a Shannon et parfois, Amarok. Là, il y a tous ces gens qui viennent frapper à ma porte. Une fois, j'ai même suivi une sorcière jusqu'à Cork pour lui réparer son chauffe-eau. Je voudrais pouvoir te raconter tout ça. Te montrer que je ne suis plus ce sale type que tu as connu. Sauf que je n'en ferais rien. Toi, tu étais infirmier en chef. Toi, tu sauvais des vies.

Du coup, pourquoi est-ce que tu irais t'encombrer d'un mec trop fragile, inutile, même pas foutu d'assumer son rôle de Sire ? Là, je n'avais pas à vous regarder. Pas à vous croiser. Pas à vous sourire et à m'effacer. Même si dans le fond, je crevais d'envie de te suivre. D'attendre la fin de ton service et de venir avec toi. Mais je ne pouvais pas. Je ne pouvais pas tout quitter comme ça. Ma vie était ici. Une vie de misère certes, faite de famine et de pauvreté. Mais une vie que j'avais choisi de mener. Alors peut-être bien que tu voyais juste, pour ne pas changer. À croire que tu me connaissais mieux que je ne me connaissais moi-même. Et peut-être bien que tu venais d'appuyer là où ça faisait mal. Peut-être…

Peut-être que je n'allais pas bien. Peut-être que je cherchais la rédemption au travers de la prière et d'un dénuement complet. Peut-être que je me faisais du mal pour rien. Peut-être...

Puis subitement, le temps s'est figé. Tout s'est arrêté. Juste comme je te tournais le dos pour m'en aller, pour rentrer chez moi. Une bulle de douceur venant m'envelopper tout entier. Pourquoi...pourquoi tu faisais ça...à quoi bon me retenir en me lançant un  : “Attends s'il te plaît…” Que j'attende quoi ? Moi qui m'attendait à tout sauf à ce que tu me prennes dans tes bras.

Tes bras dans lesquels je me suis effondré, en bout de course. Te serrant contre moi. Une main dans ton dos, l'autre glissant dans tes cheveux. Les paupières fendues. Retenant les sanglots qui me nouaient la gorge. Maudissant cette épée de Damoclès suspendue au-dessus de nos têtes et qui menaçait à tout instant de tout briser. J'avais la trouille que tu recommences à me détester une fois que tu aurais lu mon carnet. Peur de te perdre. Je t'aime. Je t'aime tellement. Tellement plus que je ne l'avais aimé elle. Ne me lâche pas. Ne t'éloigne plus de moi.  Ma déclaration d'amour était peut-être silencieuse, mais réelle. Dis-moi que tu le sentais. Dis-le moi. J'étais bien contre toi. Prisonnier de ton étreinte, ma joue se pressant contre ta tête. Tremblant. Abandonné. Tout à toi, me plaçant à ta portée. Ouvert et réceptif. Un peu trop d'ailleurs. Mon jeu, je ne te le cachais plus. Je n'avais plus aucune raison de ne pas simplement te montrer ce que j'éprouvais. Puisque ce n'était qu'une suite logique. Le plus dur était fait. J'avais reconnu combien j'avais pu être en dessous de tout. Minable. En dessous de nous. Lâche. Et aujourd'hui encore, en fuite. Te réclamant ta protection. Une protection que tu m'offrais dans un sens.

Toutefois, ça s'arrêtait là. Ne va pas croire que je voulais t'apitoyer. Ta douceur me perturbait. Je ne savais plus où j'en étais. Tu n'avais pas crié, tu ne m'avais pas frappé ou jeté dehors. Et ça me touchait. Profondément. J'aurais aimé être aussi résilient que toi. Mais chaque chose en son temps. Déjà, la colère avait disparu de mon existence. Il fallait un début à tout n'est-ce pas ? Oh non...non pas si vite. Reste encore un peu...pourquoi fallait-il que tes bras quittent mes épaules. Pourquoi devais-tu garder mes doigts entre tes mains...tu ne voulais pas remettre ça...moi j'étais prêt. Prêt pour toi, pour tout te donner. Tout ce que j'étais. Seulement, tu n'étais pas libre. Pas disponible. Et je ne voulais plus avoir le mauvais rôle.

- Je reviendrais…

Et maintenant ? On faisait quoi. Regardant nos mains, je crois que j'attendais justement que tu me le dises et de nouveau, tu me prenais au dépourvu en m'invitant à revenir te voir. De sorte que je hochais la tête. Toujours aussi peu loquace. Mais oui. Je reviendrais. Vendredi prochain alors...Puis promis, je prendrais soin de moi. Autant que possible. Tant que tu me jurais de ne plus jamais pleurer pour moi. Je n'étais plus aveugle, j'avais recouvré la vue et j'avais vu. Vu cette larme s'échapper de tes yeux. Vu ta cigarette se consumer sans que tu ne réagisses avant de t'y brûler. Ne te tournant le dos qu'ensuite, pas loin du black out...

On faisait quoi maintenant que tu avais arrêté de caresser mes doigts ? Pour ramasser mon carnet. L'objet de la réconciliation ou de la discorde. On ne s'était jamais compris. Alors si tu prenais tout de travers…

- Écoute, je sais pas. Ça fait deux ans que j'ai plus vu Wellan, alors l'appeler...j'en sais rien. Je veux pas te mentir. Puis c'est qui eux ? Les vampires comme moi...ceux qui crèvent de faim et qui dépérissent un peu plus chaque jour ? Qu'est-ce qui te fait dire que ma place n'est pas avec eux, mais là-bas, au château. avec vous ? On est à sa place là où on se sent bien, non...

Autrefois, j'aurais posé ma main sur ta joue. J'aurais pris mon air le plus rassurant et je t'aurais persuadé de me faire confiance. À présent, je te faisais partager mes doutes et mes questions. Rien d'héroïque. Puis je ne pouvais pas non plus t'assurer que rien ne m'arriverait. Je luttais pour ma survie. Je prenais toutes les précautions possibles et imaginables. Après, on n'était pas non plus à l'abri d'un accident. Ne crois pas que j'ignore ce qui se passe dans nos rues. Je le sais très bien. Mais c'est le destin. On ne peut rien y faire. Dieu veille sur moi, et ce Murphy veille sur toi.

Ainsi soit-il...

- Ezechiel, est-ce que...tu veux faire quelques pas avec moi ?

Je ne savais même pas pourquoi je te proposais ça. Tu m'affirmais que c'était dangereux dehors, que tu ne voulais pas enterrer mon cadavre, alors peut-être que...tu pourrais me raccompagner jusqu'à ma porte...
© Lyr


Fire & ice
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De la main de Ezechiel Albeirteich signé le Mar 15 Aoû - 9:46
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- Ezechiel Albeirteich & Elijiah H Jazeem -




Ce que je ressentais ? J’en sais tellement rien. Sans doute de la compassion, peut-être un peu de pitié aussi à te voir dans cet état là. Je ne comprenais pas comment tu avais pu finir comme ça. Reclus, exclus de la société, toi qui étais si encré dans la fondation. Comment tu as pu, pendant deux ans, rester loin de nous, loin de tout. La guerre, tu ne semblais pas avoir envie d’en prendre parti, mais on était en plein dedans, et un jour, oui, un jour, il te faudras faire un choix. Choisir ton camp, comme à River Crow. Comme quand t’as pris le parti de suivre Wellan en t’infiltrant au manoir. On avait tous merdé mais la vérité était que maintenant, il nous fallait tout reconstruire et tout recommencer. Certains pensent que ça ne durera pas, cette situation. Mais si tu veux mon avis, on est là, et pour très longtemps. Alors il nous faudra vivre avec. Et il nous faut rebondir. C’est comme ça que l’on avancera. C’est comme ça que les choses finiront par changer. Après libre à toi de le comprendre, ou pas. Libre à toi de changer d’avis, d’appeler Wellan, et de nous rejoindre. Et puis, je suis persuadé que Murphy te laisserait une chance. C’est un altruiste tu sais. Un homme avec un cœur gros comme ça. Ca le rendrait presque un petit peu naïf, rien que d’y penser ça me fait sourire, mais je suis persuadé, que dans une situation différente, tu aurais beaucoup aimé cet homme. Mais je te connais. Et je sais que l’idée de savoir qu’il est avec moi te feras le maudire et le détester sans apprendre à le connaître. Comment te blâmer pour ça ? Non. Je ne blâme plus personne si tu savais. Je suis serin, plus calme. Plus réfléchis. Et pour preuve. Je te propose même de repasser. Qui l’eut cru ? Il y a deux ans je t’aurais sans doute encastré dans un mur en te hurlant des abominations. Mais le temps change, et les gens aussi. On vit avec c’est tout.

Vivre dans le passé ? Pourquoi faire ? Ca ne sert à rien. Il faut apprendre à avancer dans la vie si on veut s’en sortir. Tu vois, ça, c’est lui qui me l’a apprit. Il est jeune. Plus jeune que toi. Mais lui aussi il en a bavé. Il a connu un enfer que nous ne pouvons comprendre. Il en tremble encore parfois. Mais peu importe. Ce n’est pas la question. Non. Ce n’est pas le soucis. Le soucis n’est pas Nicky. Le soucis c’est nous. C’est cette histoire. C’est cette soirée où je suis resté là, assis sur le sol, contre ta bagnole, essayant de réaliser que tu étais en train de m’abandonner pour un autre alors que tu m’avais juré ne pouvoir vivre sans moi. Finalement… Ca n’a pas duré. C’était même bien court. Toutes ces belles paroles. Le problèmes c’est notre histoire. C’est ce qui nous a conduit à nous haïr. A nous détester, à nous déchirer. Tu avais toujours été a l’écoute de mes besoins, quand j’étais encore humain, malade, faible, aveugle. Et puis… Quand je suis devenu cet autre homme… tu as fini par détester tout ce que tu voyais. Et au final, regarde où ça nous a conduit. A la destruction. A tout un tas de truc en fait. Je me suis plongé dans les livres que m’a donné Killian, me trouvant un but. Me trouvant une fin. La sortie de ce trou dans lequel je suis resté immergé durant des mois. J’ai touché à l’héroïne, durant un temps. J’étais… Au fond du gouffre. Méconnaissable. Et au final. Lentement, avec soin, on a recollé les morceaux. Un travail d’archéologue presque. Ce fut long, pénible, minutieux. Mais regarde le résultat. Regarde où j’en suis ? Je sauve des vies. Je sauve des gens. Je prends soin des miens, et j’adore ça. Tu vois, j’ai réussis a devenir quelqu’un. Est-ce que ça te rend fier Elijiah ?

Je ne sais pas. J’espère. C’est qui eux ? Je te parles de tout ça Elijiah. Je ne rabaisse personne. Mais tous les anciens de la fondation sont là bas. Au château. Ils aident. Les anciens du château ou bien les anciens de River Crow ? Je ne sais pas. Mais on essaye de se bouger. De faire avancer les choses. C’est comme ça. On a des privilèges mais on prend des risques aussi. Moi en allant tous les jours voir les contaminés. Peut-être qu’un jour, je porterais des gants troués, peut-être qu’un jour, ça sera moi sur ce lit. Mais quel importance ? Je les soulage. Je risque ma vie pour ça. Alors tu crois vraiment que j’ai envie de recommencer à me prendre la tête ? J’ai croisé les bras sur ma poitrine, te regardant. Je t’ai fait une proposition, libre à toi de la saisir, ou pas. C’est toi qui vois. C’est plus a moi de t’implorer. C’est à toi de prendre la bonne décision ou pas. Quitte a t’oublier et prendre un risque pour justement, te racheter une ancienne conduite que tu n’assume a l’évidence pas. Alors oui on est à sa place là où on se sent bien, mais ne vas pas me dire que c’est ton cas. Tu semble tellement fatigué, tellement faible. Depuis quand tu n’as pas mangé convenablement ? Est-ce que tu vis dans le confort au moins ? Balian et Stacey vivent dans une maison comme la tienne, mais ça leur arrive de venir chercher un peu de confort au château. Il n’y a pas de honte a avouer que l’on a besoin d’aide Elijiah. Si le grand Balian l’a accepté. Crois-moi, tout le monde peut le faire. Il suffit d’ouvrir les yeux et de prendre cette main que l’on te tend. C’est aussi simple que ça. Ce n’est en rien compliqué. Faire quelques pas avec toi ? Furtivement je regarde derrière moi, sortant le téléphone de ma poches pour regarder l’heure, blêmissant devant le nombre d’appel en absence de Murphy. Je me rallume une clope. Pour m’occuper les mains plus que par envie.

« Je… Je suis en service je… »

Je quoi ? Je ne peux pas quitter mon poste comme ça ? C’est déjà fait de toute manière. Et je crois que je n’assumerais pas assez pour revenir ce soir. Je crois pas que je suis en état. Tu sais. Cette boule dans le ventre, elle est déjà là. Celle d’avoir l’impression de merder et de devoir assumer un truc que je n’assume à l’évidence pas. Qu’est-ce que je vais raconter a Murphy ce soir ? Comment je vais justifier mon manque de réponse ? Je n’en sais rien, mais je sais déjà comment va se terminer cette soirée. Les regrets, la tristesse. La souffrance. Cette sensation de le trahir aussi sans doute. Je n’aime pas ça. Non, je n’aime pas ça du tout. J’ai tiré sur ma clope. Nerveusement. Tu m’avais dit habiter pas loin. Mais si je te suis, tu vas me proposer de rentrer. Et je vais accepter. Et après ? Après je ne pourrais plus revenir en arrière. Je vais dire ou faire des trucs que je vais regretter. J’étais en service. J’ai quitté mon poste. Rien que ça, ça ne me ressemblait pas. Rien que ça, ça faisait déjà beaucoup. J’ai tiré sur ma clope, me passant une main dans les cheveux. C’était dangereux dehors. C’était certain. En tant normal, j’en aurais appelé Nicky, savoir s’il allait bien. Et si… S’il ne s’inquiétait pas? S’il m’annonçait qu’il venait de se faire contaminer ? Si j’étais clairement en train de passer à côté d’un truc. Alors j’ai sorti mon téléphone. Lisant un de ses textos, devant toi. Juste pour rassurer moi avant de le replonger dans ma poche. Quelques pas ? Tu habitais là, de l’autre côté de la rue. A quoi ? Cinq minutes de marche à peine. Et si je te suivais. On ferait quoi ? On se quitterait bons amis et tchao bon soir ? C’était trop tôt Elijiah. Trop tôt pour moi.

« J’peux pas quitter mon poste comme ça tu sais. Je suis désolé. Mais… Tu sais où me trouver maintenant. »

Oui tu savais où me trouver. Et quand. Lançant mon mégot un peu plus loin j’ai commencé à te tourner le dos, voulant retourner à mes occupations. Mais je me suis arrêté, te regardant droits dans les yeux. Restant vraiment calme, impassible. Tout ce qu’il y avait de plus naturel.

« Tu… tu peux pas revenir comme ça après deux ans et me demander de tout oublier en un claquement de doigt tu sais. J’ai refais ma vie Elijiah. Tout comme tu avais recommencé à faire la tienne avec Amarok. La seule différence et que moi j’étais encore là, là où toi… Je te croyais mort pare qu’incapable de disparaître comme ça. J’ai besoin de temps pour encaisser d’accord ? »

Besoin de temps pour avaler la pilule. Je ne te repoussais pas, je ne te disais pas adieux, mais j’avais juste besoin d’encaisser. Tout simplement.


© Fiche codée par Aindreas An'Sionnach


I'LL SING IT ONE LAST TIME FOR YOU. THEN WE REALLY HAVE TO GO. YOU'VE BEEN THE ONLY THING THAT'S RIGHT IN ALL I'VE DONE. AND I CAN BARELY LOOK AT YOU. BUT EVERY SINGLE TIME I DO I KNOW WE'LL MAKE IT ANYWHERE. AWAY FROM HERE. LIGHT UP AS IF YOU HAVE A CHOISE. EVEN IF YOU CANNOT HEAR MY VOICE I'LL BE RIGHT BESIDE YOU DEAR
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De la main de Elijiah H. Jazeem signé le Jeu 17 Aoû - 10:24

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D'avance. Entre-nous, tout avait toujours était perdu d'avance. Depuis le départ. Bien sûr, on avait voulu y croire. C'est normal. Alors on s'était accroché l'un à l'autre, au risque de se faire du mal. Et c'est ce qui était arrivé. Tu sais Ezechiel, Shannon me répétait souvent que l'amour ce n'était pas ça. Que ce n'était pas fait pour ça. Que toi et moi, ça lui semblait “trop”. Trop fort. Trop puissant. Trop violent. Trop plein de choses comme elle disait, avec son petit air sérieux. Au même titre qu'Amarok, elle me comprenait. La voilà la vérité. Elle disait aussi que j'avais besoin de quelqu'un en paix. Qui me calme, et m'apaise. Sans que ça ne vienne me ficher un coup au moral à chaque regard. En fait, elle avait simplement saisi l'essentiel. Là où toi, tu ne voyais qu'un pauvre type, elle me voyait tel que j'étais. Peut-être qu'au fond, je courais après une illusion.

Deep into the darkness
We all got lost
Caught out in the rainstorm
Bullets falling fast...

Peut-être bien. Je ne te plaisais plus vraiment n'est-ce pas ? Tu avais trouvé mieux ailleurs. Donc, pourquoi t'encombrer d'un vieux vampire dont tu avais déjà fait le tour des milliers de fois. C'était blessant. Mais je l'acceptais. Ce n'est pas comme si tu me laissais le choix. D'ailleurs, ta réponse à ma question ne me surprenait pas. Je me doutais que tu refuserais de me ramener à la maison. Me raccompagner. Rentrer. Ce que je ne t'aurais pas permis.

Trop honteux de te faire découvrir mon univers. Parce-qu'on ne vivait plus dans le même monde et qu'on n'avait plus les mêmes attentes ni les mêmes espérances. Il n'y avait qu'à te voir sourire quand tu pensais à lui. Tandis que mes lèvres à moi se tordaient dans un rictus nerveux. Au point que je regrettais presque d'avoir refait surface. Pourtant, je repasserais. Sûrement vendredi prochain. Rien que pour te voir, pour te parler. Quitte à recommencer à me démolir et à me perdre dans une étreinte volée. Le tout avec la peur nouvelle de passer à côté de quelque chose de plus beau. De plus grand. Quelque chose qui pourrait la sortir elle de sa misère. Cette femme qui ne m'avait pas quitté une seconde. Cette femme qui avait racheté les erreurs de toutes les autres. Shannon méritait mieux qu'un imbécile. Mieux qu'un Sire passif, indolent, se laissant mourir à petit feu pour expier ses fautes. Quand à ton pardon, je l'avais attendu. Au-delà de toute raison. Cette seconde chance que j'avais cru possible encore plus. Mais maintenant, maintenant tout me paraissait compromis. Tu ne changerais pas de vie pour moi, et je n'étais pas certain de changer la mienne pour venir renforcer vos rangs. De feu et de glace. On se consumait. Regarde nous. Regarde toi avec tes bras croisés, sûr de toi. De tes choix. Sauf que tes choix n'étaient pas forcément ceux des autres. Excuse-moi. Je tenais à peine debout là, je n'étais plus en état de quoi que ce soit. On reprendrait cette conversation la semaine prochaine je crois. Il te fallait du temps, et il ne fallait surtout pas que je reparte en vrille. Tout n'était qu'un équilibre fragile chez moi. Comme un échafaudage aux allures solides, mais pouvant s'effondrer à la moindre secousse.

Puis tu as fini par sortir ton téléphone de ta poche, m'expliquant que tu étais de service. Trompant ton malaise en te rallumant une cigarette. Moi aussi je te connaissais. Après tout, je t'avais redonné vie. Ce qui à la sortie ne me donnait pas meilleure conscience. Me culpabilisant pour des erreurs commises il y a deux ans. On en sortirait pas de toutes ces histoires.

- T'en fais pas, je retrouverais mon chemin tout seul.

Là-dessus, je te souriais. D'un sourire forcé. Te voyant devenir de plus en plus nerveux, jusqu'à reprendre ton téléphone. Tu avais des priorités. Et Il était ta seule priorité. Bon. L'avantage avec un mort, c'est que ça ne faisait pas de bruit. Pas de commentaires. Pas de remarques désobligeantes. Le vice poussé à son paroxysme lorsque je détournais les yeux. Amarok aussi m'envoyait des textos. Ça me manquait. Il me manquait. Je ne recevais ses visites que trop rarement.

Calling to the afterlife
Can you hear us when we cry
Call out to the afterlife
Can you show us how to fly

It's all gone wrong
Heaven hold us
We've lost the sun
Heaven told us
The world was strong
Heaven hold us
Where do we go when it's all over...


Ensuite, tu estimais nécessaire de te justifier. Me sortant des arguments on ne peut plus valables. Tu ne pouvais pas quitter ton poste comme ça. Tu étais désolé. Rien que de plus classique. Il n'y avait pas de soucis. Je savais où te trouver, quoique. Jamais là où je t'attendais. Jamais. OK. Le moment tant redouté que tu me tournes le dos pour repartir était venu. Alors que je restais planté là. La tête basse. Ne te voyant pas effectuer un dernier volte-face. Surpris et cloué au pilori. Je serais toujours coupable à tes yeux. Mes regrets, mes larmes, toute la meilleure volonté au monde ne parviendrait pas à te faire oublier. Ou si ce n'est oublier, à faire abstraction du mauvais. Il y avait prescription. Même moi, je me sentais prêt à pardonner Djibril. Et crois-moi, tu n'avais pas le plus dégueulasse des sires. Pas parfait non. Mais aucun homme ne pouvait se vanter de l'être. Bref. J'allais me rentrer. Et hochant la tête, je n'essayais pas de te contredire ou de te contrarier.

- D'accord.

D'accord. Oui. Je te souhaitais d'être heureux. Avec mon cœur, mes tripes et tout ce qu'il me restait d'amour pour toi. Juste, sois honnête. Ne me laisse pas continuer à t'attendre inutilement. Mets les choses au clair. Lis mon journal. Réfléchis. Puis reviens me dire ce qu'il en est. Ne laisse pas pourrir la situation. Si tu avais réellement refais ta vie, j'estimais avoir le droit de refaire la mienne. Ainsi, je me rapprochais de toi une toute dernière fois, prenant ta main entre les miennes pour y déposer un baiser. Conscient de ne pas avoir été bavard. Mais la paix justifiait ma sobriété. Au revoir. Sur quoi, je repartais d'où je venais, sans me retourner.

Come back from the future
For we didn't fall
Can the broken sky unleash...
© Lyr


Sujet terminé


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