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How to properly do some shopping today in Ireland | Murphy & Killian

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De la main de Killian K. McGrath signé le Dim 30 Juil - 20:36

shopping in Ireland

Une putain de grippe. C’est comme ça que ma journée a commencé. Scott vient me voir, me disant qu’une habitante couve une maladie depuis quelques jours et qu’il nous manque une liste interminable de médicaments dans les stocks de Riverdall. Je suis alors descendu dans la cave de ma petite grange, de ma cabane comme j’aime l’appeler, pour vérifier mes stocks personnels, mais il est vrai que je manquais des molécules pour traiter les maladies les plus basiques. Personne n’est à l’abri de tomber malade, même à Riverdall. Une simple grippe… Ce serait quand même bête de mourir à cause d’une maladie aussi simple et connue, n’est-ce pas ? Il faut absolument que j’aille remplir nos réserves de médicaments. Nous manquons de beaucoup de molécules. On verra bien ce que je vais trouver en dehors de Riverdall. J’en profiterai pour récupérer aussi quelques doses d’insuline pour les deux diabétiques et de remplir également ma réserve personnelle pour mon laboratoire.

C’est la première fois que Scott m’autorise à voyager seul. Il me balance les clés d’une camionnette pour le voyage et pour pouvoir entreposer les biens que je vais prendre. Ça fait longtemps qu’il me donne régulièrement des entraînements physique, d’une part pour que je puisse me défendre là-dehors, derrière les murs de Riverdall, et d’une autre parce qu’il pense que ça pourrait jouer un grand rôle pour me sortir des ténèbres qui encombrent mon esprit. Et il a sans doute raison. L’air frais, le fait de me défouler, ça me fait un bien fou.

Avant que je n’entre dans la camionnette, il m’apostrophe et me tend un papier, qu’il a déplié. C’est une espèce de plan qu’il a dessiné. Il me montre avec son crayon où je dois me rendre, une des pharmacies les plus proches, en territoire vampire. La destination est entourée en rouge. J’en ai pour à peine une heure de route.

« Tu veux que je te rapporte du Viagra, Scotty ? »
« Je t’emmerde, McGrath. Toi par contre, tu devrais prendre des somnifères, t’as vu ta gueule ? Allez, dépêche-toi, la nuit va bientôt tomber, les vampires vont se réveiller. T’as pris ton flingue ? »

Je sors mon flingue de ma ceinture, et je le secoue en l’air pour lui prouver qu’il ne me quitte jamais. Mon flingue anti-vampires, dernière génération. Même la fondation n’a jamais connu une telle merveille, vu qu’elle a été dissoute après les bombardements. Et de toute manière, Wellan est à Belfast, non ?  J’espère que Tullamore ne lui a rien fait… Vu ce qu’ils ont fait à son frère, j’ai peur de revoir le Chef souffrir… ou changé.

« Fais gaffe à toi, le Killer, OK ? »

Je lui tends mon pouce et fait ronronner le moteur de la camionnette. Il m’ouvre la grande porte de Riverdall et de ce pas, j’accélère hors de ce village dans la direction de ma mission. J’espère que Scott ne se fera pas trop de souci pour moi. Je sais qu’il fait beaucoup d’effort pour que j’aille mieux. Ce type, je l’adore, vraiment, il est probablement la personne la plus précieuse dans mon entourage. J’ai vraiment envie de lui prouver qu’il peut compter sur moi pour ce genre de mission, même si j’ai tendance à avoir une relation avec les médicaments et la chimie plutôt… destructrice. Il peut compter sur moi. J’ai fait des progrès. Même s’il a très probablement remarqué mes pupilles complètement dilatées. Je vais m’en sortir. Je l’ai toujours fait. C’est juste une passade, je vais le lui prouver… À Stacey aussi… Je vais me reprendre, je vais me reprendre… Et ça commence aujourd’hui.

J’arrive à destination. Je vais garer la camionnette à l’abri des regards, juste derrière la pharmacie, vers la porte arrière. Je me glisse hors du véhicule et rejoint l’avant du magasin qui montre une croix verte éteinte. Je jette un coup d’œil derrière la vitrine. Toutes les lumières sont éteintes, et je ne vois personne. La boutique est sûrement à l’abandon. Tant mieux. Évidemment, quand j’essaie d’ouvrir la porte, celle-ci est close. Je pourrais simplement casser la vitre et entrer, mais je préfère ne prendre aucun risque et jouer la carte de la discrétion, étant donné que la nuit commence à tomber et que je me trouve sur le territoire des vampires. Alors je crochète la porte, aussi simplement que cela. Les portes et moi, on n’a plus vraiment de secret. J’ouvre la porte, et je sursaute au moment où j’entends une putain de sonnette retentir hors d’un haut-parleur accroché au plafond. Ce n’est rien, Killian, ce n’est rien… T’as juste été bête l’espace de quelques secondes… Ça arrive à tout le monde, non ?

Je me dirige aussitôt vers l’arrière du magasin, me faufilant entre les rayons de produits de beautés, d’esthétique, et toutes ces merdes, pour rejoindre le stock de médicaments, et la porte arrière de la boutique. Je la déverrouille, jette un coup d’œil en dehors pour vérifier que la camionnette soit bien là, ce qui est bien le cas. Alors je m’en retourne dans la galerie interminable de tiroirs contenant les médicaments, classés par ordre alphabétique. Je pose mon sac à dos par terre, ouvert, et je cours chercher d’abord de quoi soigner cette putain de grippe. Paracétamol, ibuprofène, acide acétylsalicylique… Je me dirige ensuite vers les antibiotiques… J’en ai besoin pour mes recherches sur les bactéries des vampires… et peut-être pour soigner certains habitants à Riverdall. Après cela, mon sac et déjà plein, alors je fais un aller-retour jusqu’à la camionnette, dans le coffre de laquelle je jette toutes les boîtes que j’ai déjà prises.

La nuit est tombée. Il faut que je me dépêche. Je me précipite vers les injections d’insuline et d’autres médicaments et substances qui pourraient être utiles à notre communauté, anesthésiants, opiacés, contraceptifs, antipyrétiques, antimycosiques, antihistaminique, anxiolytiques, antiviraux, et toutes sortes d’autres petites pilules magiques aux noms imprononçables, que j’emporte directement dans la camionnette. Maintenant, il faudrait que je trouve du matériel médical… De quoi soigner les blessures, faire des sutures… j’ai besoin de matériel stérile, car l’hygiène s’est beaucoup restreinte depuis les bombardements de River Crow… Et une mauvaise hygiène ne se marie jamais très bien avec une blessure ouverte… Le matériel stérile, ça se trouve en partie dans l’avant du magasin. Pressé, je me précipite au rayon des pansements en tout genre, des compresses, etc. mais j’ai l’impression de voir quelque chose bouger derrière la vitrine, et la porte s’ouvre. Je plonge alors à terre pour me cacher.

Qui es-tu ? J’arrête de respirer pour éviter de faire le moindre bruit, mais si tu es un vampire, tu percevras assurément mon cœur marteler dans ma poitrine, en ralentissant. Je sors mon flingue de ma ceinture, et j’essaie de voir entre les rayons où tu te déplaces, pour ramper stratégiquement dans la direction de mon sac et me faire la malle. Mais ce n’est pas gagné. Vous êtes peut-être plusieurs… Suis-je dans la merde ? Peut-être bien. Je n’aime pas trop côtoyer des vampires que je ne connais pas. Si vraiment tu es un vampire… Je ne vois rien, je ne te vois pas, j’ai éteint ma lampe-torche et la nuit s’est immiscée partout… J’écoute tes pas, et je sens bien que tu te rapproches de moi, alors je me faufile entre d’autres rayons, le plus discrètement possible. Scott m’a dit que je n’étais pas forcément très doué au combat, mais que je pouvais utiliser ma souplesse et mon habileté à mon avantage… J’espère vraiment pouvoir t’échapper… À moins que tu ne soies une bonne personne ? Je préfère tout de même ne pas prendre le risque de te confronter, j’ai vraiment l’espoir de rentrer chez les miens intact, et prouver que je peux mener une mission à bien. Mais au bout de quelques secondes, je vois bien que la confrontation est inévitable, et que tu es probablement sur tes gardes également. Alors j’évalue ta position dans ma tête grâce au peu de bruits que j’entends, et quand je pense t’avoir trouvé, je me redresse vivement, pointant mon arme anti-vampire dans ta direction et allumant ma lampe torche en plein sur ton visage.

« Bouge plus… », je siffle entre mes lèvres serrées.

Un drôle de jeu de regard s’échange entre nous… Je sais que je ne suis pas chez moi, mais j’ai vraiment besoin de ces médicaments… Vraiment. Alors je repartirai avec. Même si je ne sais plus quoi te dire ni quoi faire face à toi… J’ai jamais vraiment été un homme de terrain… je suis plus doué derrière des éprouvettes ou un ordinateur qu’à risquer ma vie en côtoyant des morts-vivants… Alors, euh… s’il te plaît, sois gentil, tu veux bien ?


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De la main de Nick Murphy signé le Lun 31 Juil - 22:01

How to properly do some shopping today in Ireland

Murphy & Killian

Remplir les banques alimentaires de poches de sang, trouver des médicaments divers et variés pour les malades ainsi que pour les recherches. Les tâches de Nick étaient simples mais essentielles et le vampire s’y consacrait avec une grande assiduité, ne manquant jamais le moindre raid pour partir trouver de quoi renflouer les stocks. Zick était toujours ravi quand Nick lui rapportait des réserves pour la pharmacie du château. Ce dernier devait l’avouer, il se sentait toujours un peu fier quand il arrivait avec un  sac rempli de médicaments. S’il pouvait aider de cette façon… Il le faisait. Ce n’était pas grand-chose, c’était à la portée de tout le monde, pas comme le travail de Zick qui consistait à soigner les malades, à trouver un remède à ce terrible virus. Nick n’aimait pas se sentir aussi impuissant. Combien de pharmacies devrait-il dévaliser pour avoir l’impression d’être enfin utile ? Il avait perdu le compte. Malheureusement, il ne pouvait pas faire grand-chose de plus. Il n’était pas médecin ni scientifique, il était juste… Juste un anonyme, un vampire ordinaire parmi tous, mais il avait le courage, la volonté et la férocité qui suffisaient à faire de lui un bon meneur de raid. Il s’était habitué à prendre les initiatives, à diriger les expéditions et prendre le contrôle des opérations. A force, Nick s’était improvisé leader de ces dangereuses excursions, risquant régulièrement sa vie pour le bien de ses congénères. Il ne s’en allait jamais seul. Tout du moins, généralement. Car ce soir-là, c’était bel et bien en solitaire qu’il avait pris la décision d’aller voir dans les alentours et les villes les plus proches les pharmacies et hôpitaux en ruines qui pourraient lui fournir de quoi remplir les étagères de Zick.

Des médicaments, il n’y en avait jamais assez. Il fallait bien soulager la douleur des malades et leur donner de quoi contenir au mieux l’infection. Alors plutôt que de risquer la pénurie, mieux valait trouver régulièrement du stock. Nick avait cette furieuse envie d’aider, et au volant de sa voiture, il songea qu’en restant dans un périmètre peu étendu autour de la ville, il pouvait se permettre d’être seul. Il avait improvisé cette expédition au dernier moment, parce qu’aujourd’hui n’était pas un jour de raid et qu’il détestait se tourner les pouces. Rester à ne rien faire, ce n’était pas bon pour lui, ça le faisait trop réfléchir. Zick était occupé avec ses patients et il ne voulait pas l’embêter, quant à la banque de sang, elle avait bien assez de volontaires aujourd’hui pour distribuer les poches. Nick avait alors sauté dans sa voiture pour un tour rapide et une exploration approfondie des pharmacies qu’il trouverait – s’il en trouvait. Il s’arrêta bien plus tôt qu’il ne l’aurait cru, quand il aperçut au loin une lumière vaciller dans un bâtiment surmonté d’une croix verte. Il écrasa le frein pour ne pas trop se rapprocher et quitta l’habitacle de sa voiture pour froncer doucement les sourcils. Ce n’était probablement pas un collègue. Un autre vampire ? Curieux mais prudent, Nick se rapprocha mais il se tendit quand il comprit que la personne à l’intérieur n’était pas un de siens. Un humain. Il sentait le vague parfum de son sang, percevait très légèrement le son de sa respiration. Un membre de Tullamore ? Non, impossible. A l’entendre, il était seul. Et que ferait-il dans une pharmacie ? Nick entra. Il venait de trouver sa destination et de tomber sur son premier obstacle.

L’humain avait dû l’entendre, puisque sa lampe torche s’était éteinte. Nick tendit l’oreille, à l’affût. Il pouvait facilement déduire la raison de sa présence ici et cela ne lui plaisait guère… Inconsciemment, il huma l’air et se rendit compte que l’humain tentait de se cacher. Il ne faisait pas le moindre bruit, mais cela ne suffisait pas pour le dissimuler. Les sens du vampire étaient assez développés pour percevoir les battements affolés de son cœur et la nervosité certaine qui s’emparait de lui. Nick lui-même ignorait ses propres intentions. Lui faire peur, le chasser ? Se battre ? Le laisser filer ? Il ne savait même pas sur qui il tomberait, et alors qu’il se disait qu’il improviserait, brusquement, l’humain se montra enfin, l’éblouissant un instant avec le faisceau de sa lampe torche. Nick se tendit aussitôt et en voyant l’arme pointée sur lui, il eut le réflexe de lever les mains en l’air. C’était un homme, barbu, la trentaine, peut-être. Pas vraiment la carrure d’un combattant, mais il ne fallait pas se laisser berner par les apparences. Sa voix ne trembla pas quand il demanda à Nick de ne pas bouger, pourtant le vampire pouvait deviner sa peur.

« Je suis désolé. » Etrangement, ce furent les premiers mots qui lui vinrent à la bouche, ce qui rendit ses paroles suivantes d’autant plus perturbantes. « Je déteste devoir faire ça, mais si tu m’y forces, je devrais te tuer. »

Ce n'était pas une menace. Juste les faits. Ce n'était ni de l'orgueil, ni de la vanité, ni même de la provocation. Nick était parfaitement sérieux. S'il se refusait à sous-estimer les humains – les agents de Tullamore ne lui avaient que trop bien prouvé à quel point ils pouvaient être dangereux – il savait que les vampires partaient malgré tout avec une longueur d'avance. Des réflexes acérés, une capacité de guérison bien supérieure et même incomparable à celle des humains. Alors il comptait bien se servir de ces avantages pour ne pas se laisser tuer. Tullamore ou non. Car il voyait bien que l'individu devant lui n'avait rien de ces vermines contre lesquelles les vampires luttaient sans cesse. Nick avait eu l'occasion d'en croiser, des ennemis, lors de ses nombreux raids. Ils se promenaient rarement seuls et jamais l'un d'entre eux n'avait eu cette dégaine de vieux fou. Le vampire resta parfaitement immobile, comme le type le lui avait demandé, préférant pour le moment ne pas jouer avec sa chance et examiner toutes les issues qui s'offraient à lui. Il plissa doucement le regard en le dévisageant de la tête aux pieds. Un sac rempli de médicaments. Le corps tendu et nerveux. Probablement pas un habitué du terrain, ce qui arrangeait plutôt Nick qui garda les deux mains bien en évidence, surveillant attentivement les doigts crispés sur la gâchette de l'arme pointée sur lui. On n'était jamais trop méfiant. Nick jouait pour le moment la carte de la sécurité.

« Tu es seul. » Il n'en avait pas senti d'autre. A un contre un, il avait toujours une chance de victoire. Il en était persuadé. « On n'est pas obligés d'en arriver là. »

Il était sincère. Vraiment. Tuer n'était jamais un plaisir, il le faisait par nécessité, quand la situation l'y obligeait. Il se faisait peur, parfois, quand il ressentait cette satisfaction coupable en éliminant des membres de l'organisation. Dans ces moments-là, son humanité lui échappait et il craignait de devenir comme ceux qu'il avait abhorré toute sa vie. Nick n'était pas un monstre, il ne le serait jamais. Il s'appliquait donc à ce que chaque mort soit utile, nécessaire, qu'elle serve la communauté. Il tuait pour protéger les siens. Pour se protéger. Jamais par provocation ni par envie. Il tuait parce qu'il le fallait. Pas parce qu'il le voulait. Et en ce moment-même, il sentait que la situation n'était pas désespérée, qu'il pouvait potentiellement la débloquer sans avoir à se salir les mains. L'humain était seul, venu ici pour se procurer quelques médicaments, visiblement. C'était là son seul problème : ils convoitaient les mêmes biens. L'homme s'était servi avant lui, mais pour le coup, Nick n'avait pas très envie de laisser les règles de politesse déterminer qui d'eux deux ramènerait ces précieuses denrées avec lui. C'était la jungle, ici. La loi du plus fort régnait sur cette prison à ciel ouvert. Alors parfois, jouer des poings était nécessaire pour survivre, pour prendre ce que l'on désirait, ce que l'on convoitait. Pour le bien des siens, pour les recherches de Zick, pour soigner les vampires. Il n'était pas très fier d'en arriver là, mais que pouvait-il faire d'autre ? Laisser un humain piller ce dont ils avaient besoin sans rien dire ni rien faire ? Nick s'était justement promis de ne plus jamais faire ça. De ne plus jamais se laisser faire. Qui que ce soit en face de lui, il ne cèderait pas, il ne cèderait plus. Sans vouloir donner l'impression d'avoir des mauvaises intentions, il esquissa un mince sourire crispé, réflexe incontrôlable et peut-être malvenu.

« Écoute, je te propose un truc. Laisse-moi ces médicaments et je te laisse partir. Je sais que tu en as besoin, mais moi aussi. J'aimerais ne pas en venir aux derniers recours, je suppose que toi non plus. »

D'un oeil attentif, il considéra l'arme que l'humain tenait en se demandant s'il serait assez rapide pour bondir sur lui avant que l'autre ne s'en serve. Était-il prêt à prendre ce risque ? Pour une poignée de médicaments ? Décidément, les temps étaient de plus en plus durs pour qu'il en vienne à ces extrêmes... Mais la misère, la faim, la soif, les maladies, Nick avait connu tout cela dans sa vie. Il savait à quel point le désespoir pouvait influencer le cœur des hommes. Lui-même avait fait des choses terribles pour sauver sa peau. Aujourd'hui, ces choses terribles, il les faisait pour les autres, se refusant à admettre que l'humain avait ses raisons, pour commettre ce larcin. Peut-être une famille, des amis malades ? Non. Nick ne devait surtout pas se laisser attendrir. Il avait un objectif. Une mission. Une utilité. L'époque n'était plus à l'entente cordiale ni aux politesses attentives. Aujourd'hui, c'était la guerre. Plus ou moins. Il fallait faire des choix, et Nick avait fait le sien, celui de lutter pour la survie des siens, quitte peut-être à ce que d'autres en périssent. Ce n'était pas de gaieté de cœur, pourtant.

« Me tuer ne t'offrira qu'un court répit. Tu n'es pas sur ton territoire, ici. Si ce n'est pas moi, un autre t'arrêtera. Évitons-nous des morts inutiles. » Argua Nick sans toujours faire le moindre geste. Il espérait ne pas brusquer l'humain de cette manière. « Les antalgiques, les anxiolytiques, les sédatifs, la morphine, les anti-coagulants. Je n'ai besoin que de ça. Tu peux garder le reste. Tu en dis quoi ? »

Il tentait le marchandage. N'importe quoi, n'importe quelle solution était à tenter avant l'affrontement. L'humain n'avait pas l'air d'un mauvais bougre, bien qu'il lui trouvât l'air un peu fatigué et ailleurs. Nick sentait bien son angoisse, il était sur des terres qui n'étaient pas les siennes, s'exposant à de potentiels adversaires qui ne lui voulaient pas tous du bien. Nick était le mieux placé pour savoir ce qu'il ressentait. Plus que son instinct, c'était un don qu'il avait su développer. Une empathie aiguisée qui parfois s'avérait bien utile, et d'autres fois, s'avérait être une tare. Lire dans le cœur des gens n'était pas toujours un plaisir. Mais si ça pouvait lui permettre de savoir s’il devait craindre une balle dans la tête, alors il le ferait.





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De la main de Killian K. McGrath signé le Dim 6 Aoû - 0:06

shopping in Ireland

J’essaie de ne pas trembler. Je ne peux probablement pas cacher ma peur, mon cœur tape contre mes côtes et je serre fort le manche de mon arme pour ne pas trembler et manquer ma cible si vraiment je devais tirer. Si j’ai peur de toi ? Oui, très certainement. Et j’ai surtout peur de ne pas accomplir ma mission jusqu’au bout et de décevoir non seulement Scott, mais aussi tout Riverdall qui compte sur moi pour ramener ces médicaments. Des malades, j’en croise tous les jours au village, et j’ai envie que chacun des habitants puisse profiter d’un traitement décent et d’une prise en charge la plus confortable possible. Je n’aime pas voir les gens souffrir… Je te dévisage, essayant de sonder l’espace d’instant ta personnalité, pour savoir si tu représentes une réelle menace ou non. Je pourrais simplement tirer sur la gâchette et te détruire en une fraction de seconde, et regarder ta chair se consumer sous les rayons ultraviolets des cartouches et leur dose interne de Napalm. Les flammes n’ont jamais été les meilleures amies des vampires, je me trompe ? Mais cette lueur dans ton regard et ta voix sincère me prouve que tu es quelqu’un de plutôt mûr et de calme. Bizarrement, cela m’insuffle un semblant de détente, mais je ne baisse pas pour autant ma garde. D’abord, tu t’excuses, comme si tu étais conscient que ta présence me dérangeait, alors qu’en réalité, c’est moi l’élément perturbateur qui s’est indignement incrusté dans ton territoire. Non, je n’ai pas de quoi être fier, mais maintenant que nous sommes tous les deux là, autant trouver un compromis, non ? Je t’écoute, jusqu’au bout. Tes paroles me surprennent. Tu ne sembles pas être là pour chercher le conflit, tu essaies de me faire raisonner – ce qui est normal vu que c’est moi qui tient l’arme – et après quelques paroles, tu me proposes un compromis. Tu marchandes. Et ton offre, je ne l’aime pas tellement. Les médicaments qui tu veux que je te laisse, j’en ai également terriblement besoin. Tu n’as pas l’air d’être une mauvaise personne. Au fond, tu es peut-être comme moi, tu cherches peut-être juste à venir en aide à ton peuple, même si moi, mes intentions ne sont pas forcément toutes roses… Bref.

« Je suis tout à fait d’accord avec toi, évitons des morts inutiles… Mais ce que tu ne sembles pas comprendre, c’est que tu n’es pas vraiment en position de pouvoir t’essayer au marchandage. Tu vois ce flingue ? » Je secoue mon arme sans relâcher pour autant ma garde. « Une seule balle te ferait littéralement partir en fumée… »

C’est vrai. Tu es un vampire, je le vois bien à ton teint pâle et à tes canines trop longues et pointues pour être humaines, et à cette façon que tu as de prendre une inspiration seulement avant de parler… J’ai juste à presser la détente, et à me faire la malle, lâchement, et tous ces médicaments sont à moi ainsi qu’à mon peuple. Mais ignorant pourquoi, je sais que je ne vais pas appuyer sur la gâchette. Non, non, je n’ai pas envie de tuer quelqu’un aujourd’hui… Je n’ai encore tué personne durant ma vie, ni humain ni vampire ni quoi que ce soit, et tu me sembles bien trop sincère et honnête pour souiller mon âme à jamais, là, aujourd’hui. Je te dévisage, tiraillé entre la volonté d’être un homme victorieux ou un homme honorable… Dans ma tête, je repasse tous les médicaments que j’ai déjà emportés dans la camionnette, et j’essaie de les compter et d’estimer le temps qu’ils nous laisseraient avant de devoir piller une nouvelle pharmacie ou un nouvel hôpital.

« Te tuer me donnerait au moins le temps de rentrer chez les miens avec mon butin… », je fais, penchant la tête sur le coté, pénétrant ton regard comme si vraiment j’étais sur le point de te descendre. « Mais on n’a pas le temps pour des conflits entre humains et vampires, n’est-ce pas ? »

L’ombre d’un sourire naît sur mes lèvres, et je te fais signe avec mon flingue de me suivre. Je crois que c’est la meilleure chose à faire, non ? Les larbins de Tullamore sèment déjà le chaos absolument partout en Irlande, alors je n’ai pas particulièrement envie de créer de nouveaux conflits qui mettraient Riverdall en danger. La situation est déjà bien assez compliquée ainsi. Je me demande ce que Wellan aurait fait à ma place. Est-ce qu’il aurait laissé tous les médicaments au vampire ? Non, probablement pas. Il est certes très gentil, mais il sait tout de même rester affirmé sans devenir agressif. C’est exactement ce que je dois faire. Wellan est un véritable exemple à suivre. Après tout, c’est lui qui m’a sauvé, et c’est lui qui m’a appris énormément. Je ne dois pas me laisser marcher dessus, mais je ne dois pas écraser le vampire en face de moi non plus…

« T’as un sac ? », je lui lance en avançant vers l’arrière du magasin, gardant mes distances, toujours à l’affut du moindre geste du vampire. Je passe dans l’arrière boutique pour rejoindre la camionnette. « J’ai pas envie qu’il y ait des conflits entre nos races. Après tout, avec la Coalition, on est obligé de s’entraider, non ? »

Je hausse les épaules, à moitié persuadé de ce que je suis en train de te raconter. Arrivé devant le coffre de la camionnette, je pointe à nouveau mon flingue sur toi, pour te dissuader de faire une connerie. J’ai vraiment l’impression que tu es quelqu’un de réglo, mais je ne souhaite vraiment pas me laisser avoir à cause d’un manque de méfiance. J’ouvre le coffre en gardant un œil sur toi, révélant le tas de ces petites boîtes en cartons qui contiennent ce qu’on est tous les deux venu chercher. Vois le bordel, il y en a tellement…

« Je propose qu’on se les partage également. Les antalgiques, je ne peux pas tous te les laisser… Les miens en ont besoin en ce moment même. Pareil pour le reste. Tu prends une moitié de tout, je prends l’autre. »

Je m’assieds sur le rebord du coffre, posant mon pied sur l’un de mes genoux. Avec mon flingue, je vise ta tête. J’essaie de rester impassible, mais même si mes craintes se sont bien estompées à ton égard, je reste méfiant et peu tranquille face à toi. J’aimerais pouvoir te faire confiance, après ce que j’ai cru entrevoir dans ton regard, et être assuré de tes bonnes intentions… Mais, comment le pourrais-je ? J’ai fait un pas vers toi, te montrant une partie de mon humanité… À toi d’en faire un vers moi, non ? Je pense que tout ce que je viens de te dire ne serait pas sorti de ma bouche si je pensais que tu étais en mesure de me refaire le faciès d’un seul coup de poing. C’est pour ça que je restais sur une garde inébranlable.

« Ça te va ? »

Non que je te laisse réellement le choix… Soit tu acceptes mon offre qui, je le pense, est la plus correcte qui soit au vu de ce que je sais de chacune de nos situations… Soit tu te casses d’ici les mains vides, soit tu finis en tas de cendres…

« C’est un bon deal, non ? »

Je penche la tête, hausse les épaules, et esquisse un léger sourire sur mes lèvres. Mes yeux électriques dévoilent presque une lueur de malice et d’espièglerie. Aller, la sangsue, prouve-moi ta probité, ton bon sens et ton honnêteté. Montre-moi que tu es l’homme bon que j’ai cru voir derrière la civilité et l’humanité de ton regard…

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Hypocritical, egotistical, I don't wanna be the parenthetical, hypothetical, working onto something that I'm proud of, out of the box, an epoxy to the world and the vision we've lost. I'm an apostrophe, I'm just a symbol to remind you that there's more to see, I'm just a product of the system, a catastrophe, and yet a masterpiece, and yet I'm half-diseased, and when I am deceased, at least I go down to the grave and die happily, leave the body of my soul to be a part of me. I do what it takes…
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De la main de Nick Murphy signé le Lun 7 Aoû - 21:03

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Murphy & Killian

« Voilà qui serait fort fâcheux. », Se contenta de commenter Nick sans quitter du regard l'arme que l'humain agitait tout en le menaçant.

Il le croyait, lorsqu'il lui disait que ce pistolet pouvait le tuer d'une seule balle. Il le croyait, ou plutôt, il savait qu'il ne mentait pas. Il pouvait le sentir, mesurer sa sincérité, il n'y avait pas la moindre trace de mensonge dans ses mots. Soit l'humain était complètement fou et persuadé de ses propos, soit il disait la vérité. Nick opta pour la seconde option. Se préparer au pire, ne jamais sous-estimer son adversaire... Tout cela lui avait sauvé la mise bien des fois, depuis qu'il avait atterri entre les murs de l'île. Un excès de confiance pouvait facilement jouer des mauvais tours. Nick était plus terre-à-terre et réaliste, il se refusait à se croire tout en haut de la chaîne alimentaire. Les humains étaient dangereux. Qu'ils soient mortels ne changeait rien. Même les plus inoffensifs pouvaient parfois se montrer redoutables. Alors même si l'homme en face de lui ne lui semblait pas être l'adversaire le plus effroyable, Nick restait sur ses gardes tout en le toisant avec calme et attention. Sans cette arme, les rôles auraient été redistribués. Mais si une seule balle suffisait à sa fin, Nick préférait ne pas jouer les héros. Mourir pour quelques boîtes de médicaments ne servirait en rien la communauté. Il comptait sur la bonté de son interlocuteur, il le sentait déjà hésiter et fut convaincu qu'il arriverait à ses fins. Après tout, si l'humain avait vraiment voulu le tuer, il aurait déjà tiré. Nick en était à présent certain, tant qu'il ne représenterait pas une menace, l'homme ne tirerait pas. Sans toutefois se relâcher complètement, il se détendit un peu.

« Ne sois pas si sûr de toi, les miens sont pleins de ressources et ton territoire est encore loin. » Nick esquissa un rictus amusé. « Mais cela dit, je n'aurais pas mieux dit. Le temps manque. »

Il arqua un sourcil quand l'humain lui fit signe de le suivre et baissa enfin les mains. Il lui sembla avoir passé une étape importante, avec ce geste. Visiblement, le marchandage n'était pas exclu. A croire que tout espoir n'était pas perdu. Nick marqua une brève hésitation avant de le suivre, s'assurant de rester à une certaine distance pour ne pas sembler menaçant. Il le savait, le mortel était toujours armé. Un brin de panique et tout basculerait. Il s'efforça donc de conserver son calme et ses distances, hochant la tête quand l'homme lui parla de s'entraider. Dans un monde idéal, oui, Nick aurait bien voulu de ça. Une paix entre les peuples, un pays basé sur la solidarité, l'entraide et le partage. La réalité, toutefois, était toute autre. La loi de la jungle s'était imposée comme la plus importante des lois sur l'île et seule la coalition maintenait en place cette fragile trêve entre les races. L'heure n'était pas toujours à l'entraide, malheureusement. Nick avait eu la chance de tomber sur un type honnête et droit, qui avait visiblement gardé quelques principes là où un autre aurait simplement tiré pour s'échapper avec son larcin. L'homme avait beau pointer encore et toujours son arme sur lui, il n'avait pas encore pressé la gâchette, preuve de sa sincérité. Nick lui en était silencieusement reconnaissant. Dans sa vie, on lui avait souvent donné plus de raisons de perdre foi en humanité plutôt que le contraire, surtout en temps de crise. Il reprenait espoir avec ce genre de rencontres. Prudemment, il retira son sac à dos pour le montrer au mortel, s'assurant d'une certaine lenteur dans ses gestes pour éviter de le brusquer. Il avait l'impression d'être à côté d'une bombe à retardement, ou plutôt, d'un bâton de dynamite. Le geste de trop et ça exploserait. Nick ne comptait pas mourir ce soir alors il faisait de son mieux pour l'éviter.

Il hocha la tête quand l'humain lui fit part de sa proposition : la moitié des médicaments. Nick l'observa avec surprise. C'était bien plus qu'il ne l'espérait, étant donné l'inégalité de leur confrontation. Une balle et l'humain partait les poches pleines. Une balle et il gardait ces précieuses denrées pour lui et son peuple. Une balle et ce marché partait en fumée. Il n'avait aucun intérêt à lui offrir tant, si ce n'est aider un homme qu'il ne connaissait ni d'Eve, ni d'Adam. Nick se sentit coupable quand il songea que dans la situation inverse, il n'aurait probablement pas fait preuve d'autant de bonté. Il avait décidément encore beaucoup à apprendre malgré une centaine d'années de vie au compteur. Sans le savoir, cet humain venait de lui apprendre une leçon. Nick en resta muet quelques instants avant d'esquisser un nouveau sourire radieux. Décidément, la chance était de son côté, ce soir. Il était tombé sur un bien étrange phénomène. L'altruisme et la gentillesse devenaient des qualités de plus en plus rares, sur cette île. Ce que l'on voyait plus souvent, c'était la loi du plus fort, c'était le chacun pour soi, c'était l'égoïsme. Cela faisait plaisir de constater que toute bienveillance n'avait pas totalement disparue et Nick se promit de faire preuve d'autant de magnanimité, la prochaine fois. Leur ennemi était commun, après tout, non ? Le règne de Tullamore faisait du mal aux vampires autant qu'aux humains. Ils avaient tout intérêt à se serrer les coudes.

« C'est un bon deal. Merci de ta générosité. » Il n'était pas le moins du monde sarcastique, il le pensait réellement. « Maintenant je vais m'approcher... Pour trier les médicaments. »

Il préférait le prévenir plutôt que de le prendre par surprise. Une réaction violente était si vite arrivée et le canon de l'arme était toujours pointé sur son crâne. Si ça pouvait rassurer l'humain, alors Nick le laissait faire. Il fit un premier pas vers lui, mesurant prudemment sa réaction, avant de se rapprocher tout doucement, comme s'il marchait sur des œufs  Il garda les mains bien en évidence, posant son sac par terre devant le coffre sans quitter le mortel des yeux. Nick soutint son regard perçant, comme s'il sondait dans son esprit. Enfin, pour être exact, il sondait son esprit. Il se permit, l'espace de quelques secondes, cet acte indiscret et inquisiteur, par curiosité et par sécurité. Plus il en savait sur son adversaire, mieux il s'en sortirait. Il baissa pourtant bien vite le regard sur les boîtes de médicaments, comme s'il craignait que l'humain ne devine qu'il lisait ses pensées, et se mit rapidement à trier les boîtes. Mieux valait vite en finir, non ? Et s'il aidait, chacun pourrait rentrer chez lui le plus tôt possible. Oubliant un peu de cultiver cette lenteur apaisante pour endormir la vigilance du mortel, c'est avec une vélocité certaine et une habileté tout à fait vampirique que Nick se mit à classer les boîtes. Il n'avait aucun mal à distinguer les noms des produits qu'il rangea soigneusement en colonnes, du mieux qu'il put dans le désordre abondant de ce coffre. Du coin de l'oeil, pourtant, il surveillait toujours l'humain, scrutant ses réactions, à l'affût du moindre coup de feu, même si une balle tirée marquerait probablement sa fin avant qu'il ne puisse réagir.

« Même si ça paraît dur à croire, tu peux baisser ton arme, tu sais. Je ne te ferai rien. » Se doutant que des mots pareils pouvaient difficilement paraître sincères, Nick enchaîna sur un début de conversation. Ça pourrait peut-être le détendre un peu. « Tu sembles bien connaître les vampires. Tu dois être au courant de l'existence du virus. Peut-être que tu en connais personnellement ? Des vampires, je veux dire. »

Il redressa le visage et planta son regard azuré dans celui du mortel. Wellan. Il avait perçu ce nom dans ses pensées. Nick ne le connaissait pas personnellement, mais il savait tout à fait qui était Wellan. Le frère de l'ancien roi des vampires, un des représentants de leur race. Un homme important et connu. On l'avait un peu briefé sur l'histoire du pays, sur River Crow et sur la fondation, alors Nick savait plus ou moins le rôle qu'avait joué cet homme ces dernières années. Tout cela appartenait au passé, les vampires étaient tous dans le même camp, à présent. Le camp des résistants. Le camp de ceux qui luttaient pour la survie, qui se battaient contre un virus mortel. Quoi qu'il en soit, Nick fut plutôt étonné de surprendre ce nom dans l'esprit de l'humain. En tentant de se donner l'air de rien, il essaya de fouiller encore pour voir s'il percevait d'autres noms. Si l'humain connaissait les vampires, ça expliquait peut-être son attitude. Il était plus ouvert au dialogue que les mortels qui avaient tout récemment découvert leur existence. On craignait toujours ce qu'on ne connaissait pas, après tout. C'était une attitude naturelle mais bien souvent trop cruelle.

« Ces médicaments, c'est pour les infectés que j'en ai besoin. Certains d'entre nous planchent sur un remède. Et toi ? Les tiens aussi, sont malades ? »

Nick avait cette capacité naturelle des vampires de lire dans les esprits, mais il n'était pas non plus devin. Même si la lecture était plus facile chez les humains, il ne pouvait pas fouiner à sa guise dans la tête des gens. Toutefois, il pouvait diriger ses questions et voir ce qui remontait dans les pensées du concerné. Il tentait donc sa chance sur le ton léger et tranquille de la conversation tout en terminant de trier les médicaments. Cet homme l'intriguait. Un mortel isolé en territoire vampire avec une arme capable de tuer un immortel rien qu'avec une seule balle, il fallait dire que ce n'était pas courant. Il avait piqué la curiosité de Nick. Au risque de froisser ou irriter son interlocuteur, il ne put s'empêcher de le questionner, abusant un peu de la situation en présumant que l'homme ne tirerait pas tant que la situation resterait aussi paisible. Il poussait donc le vice jusqu'à converser un peu avec son adversaire, même si l'un dans l'autre, ils étaient d'abord alliés dans une prison à ciel ouvert plutôt qu'ennemis naturels.

« Ton arme. Ce n'est pas un flingue ordinaire, n'est-ce pas ? D'où ça sort ? »

Il n'avait jamais vu un truc pareil, jusqu'ici. Tullamore avait une sacrée artillerie, mais les balles étaient ordinaires. Un vampire pouvait se faire tirer dessus sans en mourir sur le champ. Nick songea que décidément, il était chanceux que cet homme ne soit pas un membre de l'organisation.




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De la main de Killian K. McGrath signé le Sam 19 Aoû - 12:26

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Tu m’as l’air bienveillant. Certes un peu arrogant, mais bienveillant. Dans une telle situation, moi aussi, je puise dans le peu d’arrogance qui m’habite pour tenter de déstabiliser l’ennemi, mais ce n’est en vérité qu’un masque factice, car je me retiens avec peine de ne pas trembler de peur sous le poids de ton regard et celui de mon arme. La présomption des vampires, je la connais un peu, et je sais pertinemment que l’avantage de la situation est mien. Mais je ne suis personne pour causer préjudice à qui que ce soit, malgré la folie obsidionale qui s’empare doucement et sournoisement de la nouvelle population d’Irlande. Si j’ôtais la vie d’une personne, ou d’une créature, son souvenir me hanterait probablement durant le restant de mes jours. Je préfère répandre le bien autour de moi et inspirer les gens à suivre mon exemple, comme le ferait Wellan, plutôt que de me laisser lâchement guider par des vices primitifs dont bon nombre de « prisonniers » font aujourd’hui preuve, uniquement par envie de facilité.

Après t’avoir fait part de ma proposition, tu me remercies, et mes yeux essaient de sonder ta sincérité au plus profond de toi. Je me sens convaincu de ton honnêteté, je sais que tu n’es pas un être fallacieux comme d’autres auraient pu l’être avec moi, l’intrus en terre étrangère. Ma méfiance s’évanouit lentement, mais l’idée que tu profites d’un moment d’inattention pour me porter un coup bas ne quitte pas mon esprit frileux. D’ailleurs, lorsque tu m’avertis que tu es sur le point de t’avancer dans ma direction pour trier les boîtes de médicaments, je redresse, alerte, mon arme en plein sur ton front lisse, et, promptement, je me glisse en arrière pour m’éloigner de toi. Je ressens un soulagement déconcertant au moment où je vois que tu n’exécutes aucun mouvement menaçant. Tu n’as fait qu’un pas, j’ai réagi de manière exagérée, n’est-ce pas ? Mes yeux bleu électrique t’autorisent à continuer ton avancée jusqu’à l’entrée du coffre de la camionnette. Tu te mets à ériger des colonnes avec les boîtes des médicaments semblables et je n’arrive pas à taire ma vigilance probablement démesurée. Je guète la moindre lueur cauteleuse dans ton regard, et même si j’ai remarqué que tu surveilles également mes réactions, je ne vois rien de malsain dans ta façon d’agir. Es-tu sincère ou sournois ? Comment puis-je le savoir, après les quelques minutes à peine auxquelles remonte notre rencontre ?

Tu prononces ce que je redoute le plus de faire en ce moment même. Baisser mon arme. Est-ce réellement difficile à croire ? Je n’en sais trop rien. Tu me parais parler avec sincérité et transparence… Mais puis-je seulement te faire confiance ? Quelqu’un avec les intentions opposées n’aurait-il pas prononcé des mots identiques ? L’espace d’une fraction de seconde, je fais défiler dans mes pensées les images des derniers instants, cherchant cet indice qui pourrait me prouver ta probité. Je pense avoir une assez bonne mémoire, et je me souviens de ton premier geste en découvrant que je pointais une arme contre toi, tout à l’heure. Tu as immédiatement, comme d’instinct, lever les mains en l’air. Une personne mal intentionnée, un prédateur qui voudrait me saigner, n’aurait jamais eu un tel réflexe… Il lui aurait au moins fallu une seconde entière pour prendre conscience de la situation… Or, toi, tu n’as pas cherché à développer une ruse au premier regard… J’en déduis donc que tu es un homme honnête. Maintenant, j’espère simplement ne pas commettre une erreur absurde.

Je baisse mon arme, avant que tu n’engages à nouveau la discussion. Je fais mine de déporter mon attention entière sur les boîtes de médicaments que je me mets à trier soigneusement d’une main tandis que je tiens mon pistolet de l’autre. En réalité, ma vigilance et la majeure partie de ma concentration ne sont dirigées que sur toi, et je me tiens prêt à appuyer sur la gâchette si par malheur tu faisais un geste déplacé. Je fais deux piles égales par médicament, et je te regarde avec les yeux bien ouverts, sagaces, et j’écoute tes paroles comme si elles pouvaient me donner l’ultime indice qui mettrait fin à ma méfiance à ton égard… Je pince les lèvres, concentré aussi bien sur tes manières que sur mes colonnes de médocs. En vérité, je redoute ce que tu serais capable de m’affliger si je m’étais trompé à ton propos et si d’aventure je baissais un peu trop ma garde. Mais mes craintes ne m’empêchent pas de sourire, pour la bonne raison que lorsque tu engages la conversation, j’ai l’impression de percevoir une once d’inconfort rubescent sur ton teint cadavérique et hâve. Serait-ce possible que tu te ressentes un certain malaise lorsque tu vois mon arme pointer entre tes deux yeux ? Un rictus amusé étire mes lèvres.

« Je côtoie des vampires depuis presque vingt ans, maintenant… Enfin, ça doit te sembler peu, vingt années, non ? T’as quel âge ? Pour moi c’est plus de la moitié de ma vie… » Je souris… Bizarrement, le fait de vieillir me rassure et me propage une sensation de chaleur dans mon cœur. Je suis humain, et par là même, j’ai l’impression de pouvoir garder l’espoir de m’échapper de tout ce chaos… « Je connais Wellan, c’est grâce à lui si j’ai survécu à River Crow… Tu dois savoir qui il est… Ce type est une légende… Tu l’as déjà vu ? Sinon, il y a aussi mon ancien coloc’, à River Crow aussi, qui s’est fait transformer pour mettre fin à son cancer. Il y avait plein de vampires, à la Fondation… maintenant, c’est différent… »

J’ignore la raison exacte pour laquelle je te dévoile ces bribes de ma vie, mais je me dis que plus je parle de manière honnête, plus tu t’ouvriras toi également, et plus j’en apprendrai sur toi. De plus, nous sommes encore loin d’avoir trié tous les médicaments et tout le matériel de la pharmacie, autant se divertir pour que le temps passe plus vite, n’est-ce pas ? Tu mentionnes le virus, et mes oreilles se dressent, mon regard s’illumine et mon regard s’affine. Comme nous nous retrouvons, lui et moi… Tu m’informes que si tu es là, ce soir, c’est pour soigner les vampires qui ont été contaminés par le virus. C’est, entre autres, également la raison qui m’a mené jusqu’ici. Mes lèvres esquissent un sourire à nouveau amusé.

« J’ai rencontré Jayden, l’homme – le vampire, plutôt – qui dirige les recherches contre le virus, chez vous, à Belfast. Je travaille avec lui pour chercher un remède… C’est aussi pour ça que je suis ici, j’ai besoin de certaines substances pour mes recherches… Et, en effet, les miens sont malades, mais pas à cause du même virus… On est juste à court de plusieurs sortes de médicaments, au point où même une grippe pourrait nous être fatale… »

Je pince les lèvres et t’adresse de gros yeux exagérément facétieux comme si je venais de te raconter une énorme plaisanterie. Il est vrai, je ne peux tout bonnement pas concevoir que des habitants de Riverdall puissent mourir à cause d’une grippe tout en étant sous ma surveillance. Alors je me fais l’illusion que cette pensée est tout à fait absurde, or vu l’état dans lequel je déambule constamment dans notre village, je suis loin d’être un citoyen modèle, et si certains des miens venaient à mourir à cause de moi – ce qui est probable vu notre situation –, je crois ne pas pouvoir le supporter.

Je t’observe regarder mon arme, comme si tu sentais les composants spéciaux des mes munitions. Je la tiens toujours fermement dans ma main, posée sur mon genou, mais je ne te vise plus. Peut-être perçois-tu, avec ton odorat de prédateur, sa drôle d’odeur ? Celle du Napalm ? Celle de ta potentielle mort ? Mon sourire s’élargit lorsque tu me poses la question.

« Au contraire, c’est un flingue tout à fait ordinaire… », je te lance, sans mentir, guettant la moindre de tes réaction, alors qu’un sourire vaporeux et malicieux déforme le coin de mes lèvres. « À quelques détails près. Ce qu’il a de spécial, c’est surtout ses munitions. T’as peut-être entendu parler des armes de la Fondation ? Les balles à UV, les fusils à Napalm, et toutes ces merveilles… »

J’ai l’intime conviction que ces armes ont dû faire parler les vampires lors des conflits à River Crow… Les humains, ces petites créatures toutes frêles et toutes faibles, ripostaient pour la première fois avec du matériel capable d’insuffler un certain sentiment de crainte aux immortels… McGuinness a dû l’avoir en travers de la gorge lorsqu’il a découvert ce dont la Fondation était capable, lorsque les humains se sont montrés capables de répliquer à leurs dons naturels et avantageux. L’artillerie de la Fondation, c’est la petite fierté de ma vie, c’est mon tremplin, c’est mon succès, c’est la preuve que j’ai pu être utile dans ce monde irréfléchi et imprévisible.

« Cette arme-ci, c’est le dernier prototype que j’ai mis au point… J’ai combiné technologie et chimie pour accélérer le processus de décomposition des cellules des vampires quand elles sont exposées aux rayons UV, et vu que ce sont des balles à fragmentation, elles ont une moindre portée mais un plus grand champ d’action. Je ne sais pas trop comment t’expliquer ça simplement, mais en gros, si tu te fais toucher, en tant que vampire, tes tissus vont immédiatement se décomposer, et vu que j’ai rajouté un peu de Napalm, tu risques également de prendre feu sans pouvoir stopper la combustion… »

Je grimace, car je viens d’imaginer le spectacle qui s’offrirait à moi si je choisissais de te tirer dessus. L’odeur serait tout simplement ignoble. Les cellules en décomposition relâchent une odeur très repoussante, ainsi que les tissus organiques brûlés également… Et le Napalm que j’ai synthétisé n’améliorerait en rien les effluves que le corps rongé par les flammes et les furocoumarines dégageraient. Imagine le mélange de tout cela, ce doit être absolument infect. Malgré tout, mes munitions sont efficaces. C’est tout ce qui importe, n’est-ce pas ? Ma grimace reste collée sur mon visage pendant quelque secondes, le nez plissés, presque risible, avant que je ne me rende compte qu’il n’existe pour l’instant aucune circonstance pour qu’une telle situation se produise. Je me reprends, et tente de chasser ces images de ma tête en me faisant une réflexion :

« Mais t’as rien à craindre… Du moment que tu n’fais rien de stupide ni de suspect, il va rien t’arriver si ce n’est de repartir avec la moitié de tous ces médocs. » Mon regard nivéen te sonde, te prouvant que je suis entièrement sérieux et que je tends à être bienveillant envers toi et munificent plutôt que simplement généreux. « Après tout, les humains qui cohabitent avec vous auront tout autant besoin de ces pilules que nous. »

Je n’ai pas envie que Stacey crève parce que les vampires auraient été trop négligents et auraient oublié de ramener des médicaments basiques pour les humains… Et Stacey ne doit pas être le seul humain à avoir décidé de se sédentariser à Belfast, parmi les sangsues. Si seulement tout cela s’était passé différemment…

« T’as connu River Crow, toi ? »

Je n’ai jamais eu le plaisir de croiser ton minois rempli d’espièglerie par le passé, et cela est probablement normal quand on sait que je ne sortais pas beaucoup de mon bureau à la Fondation, où je me cloîtrais constamment derrière un ordinateur ou sous les décombres de mon laboratoire. J’en viens presque à regretter cette époque, où, grâce à la Fondation, je ressentais un semblant de sécurité, que nous avons tout fait pour réinstaurer à Riverdall avec Scott et Amarok… Je finis de trier ma partie des médicaments dans le coffre de la camionnette, et je prends une pile égale de chaque médicament et je les fais glisser dans ta direction. Je te lance un regard mêlé de regrets et d’espoirs.

« Il y a assez de chaos en Irlande pour créer de nouveaux conflits, non ? »

Je sors du coffre et me redresse. Nous avons encore de la marchandise à trier dans la boutique, non ?

© Lyr



Hypocritical, egotistical, I don't wanna be the parenthetical, hypothetical, working onto something that I'm proud of, out of the box, an epoxy to the world and the vision we've lost. I'm an apostrophe, I'm just a symbol to remind you that there's more to see, I'm just a product of the system, a catastrophe, and yet a masterpiece, and yet I'm half-diseased, and when I am deceased, at least I go down to the grave and die happily, leave the body of my soul to be a part of me. I do what it takes…
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De la main de Nick Murphy signé le Jeu 21 Sep - 0:30

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Murphy & Killian

« Vingt ans ? C'est exactement mon âge. » Répondit Nick avant de relever son regard vers lui dans un mince sourire presque taquin. « Depuis quelques années maintenant. »

Les années, il ne les comptait pas vraiment. Elles s'écoulaient, c'était tout, plus ou moins vite. Depuis quelques temps, c'était plutôt lent. Enfermé sur une île, menacé par un virus mortel, il fallait dire que les choses étaient différentes. Quoique, le temps, parfois, s'écoulait à une vitesse folle. En présence de Zick, par exemple. Les heures semblaient des secondes et déjà, il devait le laisser partir à l'infirmerie du château s'occuper des malades ou bien s'en aller lui-même en raid à la recherche de vivres. Ces instants avec lui étaient toujours trop courts, il avait bien peur de ne pas avoir assez d'une vie pour s'en lasser. Quoi qu'il en soit, le temps ne se vivait pas de la même façon lorsque l'on avait l'éternité devant soi. Là où vingt ans représentaient plus de la moitié d'une vie pour l'humain, ce n'en était qu'un cinquième pour Nick. Cependant, il trouva tout de même que vingt ans à côtoyer des vampires était une durée considérable, quand on savait combien les vampires pouvaient parfois être imprévisibles. Il avait l'air de les connaître, ce mortel, pourtant. Cela expliquait qu'il ait pu les côtoyer si longtemps et en survivre. Curieux d'en savoir plus, Nick l'écouta attentivement, arquant doucement un sourcil quand il évoqua un colocataire dont l'histoire lui rappelait étrangement celle d'Ezechiel. Ça ne pouvait pas être un hasard. Le nombre de cancéreux vampirisés à River Crow ne devait pas être si important, et les coïncidences étaient trop nombreuses pour qu'il s'agisse de quelqu'un d'autre. Il resta pourtant silencieux, bien que les paroles qui suivirent lui passèrent un peu au-dessus de la tête. Il essayait en même temps de se souvenir de ce que Zick avait pu lui raconter sur son passé, tentant de retrouver les noms qu'il avait rangés dans un coin de sa tête. Quand il vit le mortel oser un ton presque plaisantin en évoquant la maladie, Nick y resta imperméable, plus parce qu'il était concentré sur ses pensées que parce qu'il était offensé qu'on puisse en rire.

« Ce serait fâcheux. », Commenta-t-il calmement. « Après tout, nous avons besoin de vous pour survivre, au fond. Nos frigos se videront rapidement si vous succombez tous à la grippe. »

Il était parfaitement sérieux. C'étaient les humains qui leur fournissaient les poches de sang qui leur servaient à se nourrir. Des rations contrôlées, des petites doses, mais suffisantes pour endiguer la faim des vampires et ne pas risquer de mettre à mal la coalition. Maintenant qu'il y pensait, ils avaient tout intérêt à collaborer. L'ennemi était commun, malgré leurs différences. Et visiblement, certains n'avaient pas attendu pour joindre leurs forces. Si Jayden était allé chercher ce type pour faire progresser la recherche, alors il n'avait probablement pas n'importe qui sous les yeux. Un médecin ? Un scientifique ? Il avait l'air de savoir de quoi il parlait. Cette assurance à peine dissimulée avait presque des accents prétentieux, d'autant plus quand il le vit parler de son arme avec fierté. Nick avait eu raison de se méfier. L'arme n'était pas factice et encore plus dangereuse qu'il ne l'aurait cru. L'évocation du feu le fit frémir et il imagina des corps en flammes se tordre et hurler de douleur... Il secoua subrepticement la tête pour chasser ces images avant de poser de nouveau son regard sur l'humain. Il préféra ne rien répondre et se contenter de hocher la tête à sa menace. Il n'était pas assez idiot pour le provoquer et risquer sa vie, surtout avec la proposition généreuse qu'il aurait été stupide de refuser.

« Tu en connais ? Des humains qui vivent ici. » Demanda-t-il avec curiosité.

Il profitait du fait que l'humain devenait étonnamment bavard pour l'interroger encore. Pas que cela lui déplaise, au contraire. Plus il en savait sur son interlocuteur et plus il se sentirait en confiance. L'homme ne semblait pas être un mauvais bougre. Il avait l'air redoutablement intelligent et surtout, très au fait de la situation. S'en faire un allié lui semblait être bien plus malin que de s'en faire un ennemi. Aussi, quand on le questionna en retour, il ne rechigna pas à répondre. L'autre avait été honnête et n'avait pas cherché à esquiver les questions, il pouvait en faire autant. Nick secoua alors la tête en signe de négation.

« Non, je... » Il s'interrompit une courte seconde en réalisant qu'il n'avait pas servi ce mensonge depuis un moment. En fait, il n'avait pas eu ce genre de conversation depuis trop longtemps. « Je suis américain. J'ai vécu à New York presque toute ma vie. L'organisation m'est tombé dessus il y a quelques années avant de m'offrir un aller direct pour l'Irlande, alors... Me voilà. »

Il haussa les épaules avec nonchalance. Oui. La situation était aussi simple que ça. Il avait vécu tranquillement de l'autre côté de l'océan avant d'être violemment arraché à son quotidien pour être enfermé dans cette prison à ciel ouvert. Il n'y avait pas grand-chose d'autre à dire. Ou plutôt, il n'avait pas envie d'en dire plus. Préciser qu'il était naturalisé, évoquer sa vie de mortel, raconter ses déboire amoureux ? Très peu pour lui. Longtemps, il avait regretté les grattes ciels de New York, sa vie paisible, avant de se rendre compte que tout cela ne serait plus jamais pareil, maintenant que les humains connaissaient leur existence. Il se consolait en songeant que sans cela, il n'aurait jamais connu Ezechiel. L'homme de sa vie, comme il aimait le penser sans jamais oser l'avouer, un peu embarrassé par l'intensité de ses émotions, et surtout effrayé par l'idée que l'évoquer puisse tout gâcher, car la vie semblait aimer lui arracher ceux qu'il chérissait. Nick rangea dans son sac la part de médicaments qui lui revenait avant de hocher la tête dans un sourire compatissant et sincère aux mots de l'humain. Sur ce point-là, il était complètement d'accord et cette phrase acheva de lui donner totalement confiance en cet homme qu'il suivit dans la pharmacie. Avec nonchalance, il fouilla les rayons en s'assurant pourtant de rester toujours à vue, histoire que son collègue d'un soir n'ait pas la soudaine envie de tester son arme sur lui.

« Au fait, je m'appelle Murphy. »

C'était stupide de se présenter ? Peut-être. Ils n'étaient pas là pour copiner, après tout. Pourtant, il avait envie de lui dire son nom. Comme ça, par sympathie. Par envie, tout simplement. Peut-être pour ne pas être 'un vampire' mais 'Murphy le vampire' ? Mais aussi et surtout pour enchaîner sur des mots qui depuis quelques minutes lui brûlaient les lèvres.

« Et toi... Killian ? Killian McGrath ? »

Il aurait l'air con s'il se trompait, mais il était sûr de lui. Le colocataire de Zick du temps de River Crow. Celui qui l'avait sauvé alors que Zick était sur le point de rencontrer le soleil et de se faire calciner par ses rayons fatals. Murphy le savait, son amant lui avait tout dit. Il lui avait tout raconté de sa vie, ceux qui lui avaient fait du mal, ceux qui l'avaient aidé. Et Murphy n'avait rien oublié. Scrutant le visage de Killian, il continua :

« Je suis le nouveau colocataire de Zick. Enfin... Ezechiel Albeirteich. Celui pour qui je ramène ces médicaments aujourd'hui. »

Lorsqu'il parlait de Zick, il était incapable de lutter contre le sourire qui arquait doucement ses lèvres vers le haut. Il tentait pourtant de se donner l'air indifférent, on lui avait répété à plusieurs reprises qu'il avait trop l'air d'un amoureux transi, et il ne voulait surtout pas se décrédibiliser devant Killian. Car il était sûr et certain, à présent, de parler à la bonne personne. Il s'agissait bel et bien de l'homme qui avait sauvé Zick. Qui lui avait permis, indirectement, de rencontrer un type merveilleux qui avait su redonner un sens à sa vie. Nick se sentit soudainement nourrir une affection sincère et naïve pour cet humain qu'il venait pourtant de rencontrer, et de qui il se sentait cependant proche, comme un vieil ami. Soucieux des autres et même des vampires, à la recherche d'un remède pour un virus qui ne le concernait même pas... Il n'y avait pas à se poser de questions, Killian était un homme bien. Nick lui adressa un sourire radieux.

« J'ai raison, pas vrai ? Mince alors, le monde est petit ! » Enfin, plus que le monde, il s'agissait de l'Irlande... Alors vu d'un autre angle, la rencontre était moins improbable. « Tu devrais venir au château avec moi. Zick sera ravi de te voir, c'est lui qui m'a parlé de toi. Tu sais qu'il a été nommé infirmier en chef ? »

Son ton avait considérablement changé, passant de la méfiance mesurée à l'enthousiasme amical. Les amis de ses amis étaient ses amis, après tout. Même en temps de crise, même avec une autre race. Il s'imaginait déjà le sourire de Zick qui reverrait son ancien colocataire, il était certain que ça lui ferait plaisir de le revoir. Et rien ne lui faisait plus plaisir que de faire plaisir à son amant.




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How to properly do some shopping today in Ireland | Murphy & Killian

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