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« You save yourself or you remain unsaved » Feat Elijiah

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De la main de Nick Murphy signé le Ven 4 Aoû - 14:39

You save yourself or you remain unsaved

Murphy & Elijiah


Vendredi. Son jour favori. Le jour des embrassades, de la bière fraîche affalé sur le canapé, de l'étreinte passionnée et de la douche brûlante. Le vendredi, Nick était toujours un peu ailleurs. L'impatience, la fébrilité avaient tendance à le distraire un peu. Ses camarades devaient généralement le rappeler à l'ordre pour qu'il se reprenne, il ne fallait pas se relâcher avant d'être arrivé en un seul morceau à Belfast. Avec peine, alors, Nick chassait Ezechiel de ses pensées pour se concentrer sur la route. Pas évident, toutefois, d'oublier le visage de son amant qui, il le savait, l'attendait fidèlement. Nick était parti avec la boule au ventre, avec la peur de vivre la même chose que la semaine précédente, l'angoisse sourde et violente qu'il avait ressentie quand Zick avait joué les abonnés absents à l'autre bout du fil. Mais non. Cette fois, ce n'était pas la même chose, Zick avait promis et Zick tenait sa promesse. Ils avaient rapidement échangé quelques messages avant que Nick ne prenne le volant. A tout à l'heure mon amour, avait-il osé lui envoyer, souriant de sa propre tendresse, le cœur léger et débordant d'affection. Décidément, le vendredi était son jour préféré. Il n'aurait su expliquer avec des mots la joie intense et le soulagement profond de se savoir attendu. Il n'y avait pas de meilleur sentiment que celui de compter pour quelqu'un. Nick était fier, heureux, reconnaissant. Il avait passé tellement de temps seul, avant ça. Zick l'avait sauvé de cette solitude profonde qui aurait fini par le rendre fou, à ce rythme. Sa dette envers lui était éternelle.

« Murphy. »

Il vit une main entrer dans son champ de vision, entre le volant et le pare-brise et il pivota le visage vers son interlocuteur en arquant un sourcil. S'était-il une nouvelle fois perdu dans ses pensées ? Non. Ce n'était pas ça. Il le voyait à son visage tendu et aussi fermé qu'une porte de prison. Bellamy avait ce don, cette capacité de sentir le danger alors même qu'il arrivait de loin. Des sens hyper-développés qui faisaient passer les vampires ordinaires pour de simples humains, à côté. Si Bellamy n'était pas le plus dégourdi ni le plus entraîné d'entre eux, il était celui qui savait leur dire s'il fallait se préparer au danger. Spider-sens, s'amusait à commenter Guillaume, faisant référence à un vieux comic né dans les années soixante et qui avait vécu de longues décennies jusque tard dans les années 2000. Bellamy ne comprenait pas cette référence, il était plus jeune qu'eux et quand il avait eu l'âge de lire, la popularité de cette bande dessinée avait assez décrue pour être quasiment oubliée. Nick écrasa doucement la pédale de frein et son corps se tendit, comme à l'affût, prêt à agir. La tension se fit soudainement écrasante dans l'habitacle de la voiture et plus personne n'osa dire un mot. Le silence était tel que le ronronnement du moteur semblait être aussi bruyant que le réacteur d'un avion. Nick garda un oeil sur la route tout en surveillant Bellamy qui tendait l'oreille.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu entends quelque chose ? S'enquit Nick en fronçant doucement les sourcils.
- Oui. A quelques kilomètres à peine. Quelqu'un se fait attaquer. »

Nick ne se ferait jamais à ce talent étrange, décidément. Parfois même, il se demandait si Bellamy n'inventait pas les choses, mais jamais il ne leur avait menti en leur indiquant un danger. Sur la banquette arrière, Guillaume se tendit et attrapa son arme. A côté de lui, Eliot fit la même chose en remplissant son chargeur. Vampire ou non, ça pouvait toujours servir, et il fallait bien être à égalité contre leurs adversaires, qui eux, avaient tout un arsenal pour faire face aux sangsues. Sans même avoir à échanger des paroles, tous savaient quoi faire : agir. Nick refusait catégoriquement de laisser un des siens périr sous le joug de l'organisation. Humain, il avait été impuissant face à l'extermination des juifs. Aujourd'hui, il s'était promis d'agir pour défendre ses congénères. Il éteignit les phares et appuya sur la pédale d'accélérateur, suivant les instructions de Bellamy. La route était humide, la pluie s'était abattue en trombes quelques instants seulement auparavant. Nick ne craignait pas l'accident, pourtant, il avait confiance en ses talents de conduite, il avait su les développer au fil de leurs raids. Ils ne mirent de toute façon que peu de temps avant d'arriver sur les lieux. Une minute à peine après avoir mis les gaz, ils aperçurent déjà au loin des silhouettes qui se découpaient discrètement dans la pénombre ambiante. Deux hommes debout, un à terre. Pas compliqué de deviner ce qu'il se passait là. Rouler feux éteints leur permit de ne pas se faire repérer de trop loin, mais le vrombissement de la voiture les trahit bien assez tôt. Les pneus crissèrent quand Nick freina brusquement, Guillaume sautant hors de l'habitacle pour braquer son arme sur les ennemis. Les agents de Tullamore les imitèrent aussitôt en pointant en même temps les faisceaux de leurs lampes torches sur eux.

Nick et ses compagnons avaient l'avantage du nombre. Deux humains - Nick plissa le regard et n'en vit ni n'en sentit aucun autre - contre quatre vampires - Guillaume, Bellamy, Eliot et lui.  L'adrénaline dévala dans ses veines quand le premier coup de feu fut tiré. Guillaume en toucha un à la jambe pendant que Nick fut frôlé de justesse par une balle qui siffla près de son oreille. Les deux membres de l'organisation devaient le comprendre, tout comme les vampires l'avaient déjà compris; les jeux étaient faits. Même si l'un d'eux toucha Eliot à l'épaule, ce fut une ouverture pour Bellamy qui se jeta sur lui alors que Nick et Guillaume fondaient déjà sur le second homme. Rapide. Efficace. Impitoyable. Nick ne marquait pas la moindre hésitation dans ces moment-là. Il n'était jamais violent gratuitement mais ne faisait preuve d'aucune pitié envers Tullamore. Plus jamais d'oppression. Il se l'était promis. Le sang coula, la lutte fut courte, et les deux humains poussèrent leur dernier soupir tandis que Nick se précipitait vers l'autre homme à terre. Un vampire, comme eux - la cible habituelle de l'organisation. Il posa une main à la fois ferme et douce sur son épaule. Il semblait mal en point, abîmé par l'assaut subi, et affaibli, probablement par la pénurie de sang qui touchait tout le monde ici.

« Hey. » Fit Nick en le secouant tout doucement. « Ça va ? Tu peux te relever ? »

Il glissa un bras sous ses aisselles pour l'aider à se redresser. Sans pouvoir s'en empêcher, Nick se mit à sourire. Ce type était peut-être salement blessé, mais au moins, il était en vie. Avec un peu de sang et de repos, il en était certain, il se remettrait vite sur pieds. Il aimait ça. Se sentir utile. Ça n'avait rien à voir avec le fait de se sentir comme un héros ou quoi que ce soit du genre... Il était juste heureux d'avoir pu, rien qu'un peu, contribuer à cette petite différence. Sans eux, ce vampire ne s'en serait probablement pas sorti. Nick lui tapota amicalement et prudemment le dos. Il avait une sale tête qui témoignait du mauvais quart d'heure qu'il avait dû passer en compagnie des membres de l'organisation. Nick était à la fois désolé pour lui mais soulagé d'être arrivé à temps. Au moins, c'était terminé. Maintenant, il fallait lever le camp avant que de potentiels renforts n'arrivent. Le ville n'était plus très loin.

« Tout va bien. On te ramène en sécurité, reste conscient et essaye de marcher avec moi jusqu'à la voiture, okay ? » De sa main libre, il lui attrapa le menton pour lui faire pivoter le visage vers lui. « Garde les yeux ouverts. On va te soigner. » Lui promit-il avant d'adresser un signe du menton à Guillaume pour que ce dernier vienne l'aider à transporter le blessé jusqu'au véhicule.

Nick réalisa au même instant que son vendredi avec Zick allait être remis en question, avec cet imprévu. Ça l'embêtait, mais bon, il se doutait qu'Ezechiel ne lui reprocherait pas d'avoir voulu sauver un des leurs en chemin. Et en parlant de sauver, vu l'état du blessé, la présence de l'infirmier en chef allait probablement être indispensable. Nick poussa un soupir silencieux  Voir son programme "câlins et embrassades" se changer en "sauvetage et guérison" était loin d'être aussi sexy et excitant que ce qu'il avait espéré. Sa bonté héroïque le perdrait. Il espérait que Zick ne lui en veuille pas trop quand il le préviendrait.


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De la main de Elijiah H. Jazeem signé le Sam 5 Aoû - 17:51

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Eli, faut que tu viennes me chercher. Magne-toi. S'il te plaît...ça urge là. Je t'expliquerais plus tard, viens vite. Je t'attends. Au nord de la ville…#Shannon.

________________


C'est comme ça que tout avait commencé. Par un texto de Shannon. Un simple message, banal. De visu. Ou au premier abord en tout cas. Mais pourtant, un message des plus alarmants si tant est que l'on prenne la peine d'y regarder d'un peu plus près. Ce que j'avais fait. Parce-que pour le coup, mon instinct me hurlait que quelque chose clochait. Je le sentais. Sans pour autant parvenir à mettre le doigt dessus, à côté de mes pompes. D'accord. C'est vrai. Je la savais parfois imprudente, telle une femme libre et indépendante. De son temps. Trop séduisante, mais si jeune. Encore vulnérable. Ce qui expliquait facilement que mon sang n'ait fait qu'un tour en l'imaginant aux prises avec le danger. Quelque part. Toute seule et effrayée. Alors dans le doute, j'avais foncé tête première. Par peur de la perdre. Peur pour elle, pour nous, mais peur pour moi aussi. Très égoïstement. Pas sûr de m'en relever s'il lui arrivait quoi que ce soit. Songeant à Rose et Elyas, au sacrifice de leurs vies pour sauver la mienne. Que Dieu me pardonne de ne pas avoir su les protéger, qu'Il me donne Son absolution. Bref. Je divaguais. Pour ne pas changer. Le visage baignant dans une flaque d'eau. Le corps douloureux, des sillons de sang creusant le bitume. Peu importe. J'étais perdu. Et puis de toute façon, l'époque des questionnements était révolue depuis bien longtemps, il était déjà trop tard.

C'est comme ça en fait que sans y réfléchir ne serait-ce qu'une seconde, je m'étais retrouvé à des kilomètres de chez moi. Sans protection. Un mort en sursis déchirant les ténèbres d'une nuit pluvieuse. À découvert. Loin des faubourgs. Inquiet. Pas bien du tout à l'idée qu'on puisse lui faire du mal et de ne pas être là. Avec elle. Voilà pourquoi j'avais pris mon flingue, un neuf millimètre, le dernier vestige de mon passé d'opposant. De ce trop lourd passé que je cherchais par tous les moyens à oublier. Ne voulant pas renouer avec tout ça, avec eux. Tous ces gens qui n'avaient jamais été mes amis. Au mieux, juste une famille de substitution, qui à force de jugements, avait finir par me faire fuir.

C'est comme ça, qu'à leurs yeux, Elijiah Jazeem avait rejoint la liste des portés disparus. Un nom parmi tant d'autres. Tombé sous le feu des bombes, héroïquement. Un cadavre de plus jonchant le champ de bataille. Est-ce qu'ils savaient maintenant ? Est-ce que tu leur avais parlé de notre rencontre Ezechiel ? Le château… je ne pouvais pas mettre les pieds au château. Pas de mon plein gré. Pas délibérément, honteux. Repentant et en quête de pardon. Préférant me punir, plutôt que de recommencer à vivre. Persuadé de ne pas le mériter. Comme ça que je m'étais bêtement précipité dans leur piège. Celui que son frère et des membres de l'organisation m'avaient tendu. Naïf. Comme pouvait l'être un homme de paix, n'ayant plus l'habitude de combattre. Ayant déposé les armes. Un homme voyant en chacun le bien, en laissant le mal de côté. Un homme de foi. Un fidèle, croyant aux vertus de la rédemption. Pour ne pas dire comme un con surtout, un pauvre imbécile un peu trop confiant en la nature humaine. En dépit de ce qu'on nous faisait endurer, passant par-dessus. Sauf que le retour à la réalité venait d'être particulièrement violent. Brutal. Inacceptable et incompréhensible. En sachant que je vivais sans chercher d'ennuis à personne. En retrait. Exilé. Ne m'en veux pas s'il te plaît. Ne me reproche pas de ne pas avoir pu tenir ma promesse, celle qui te jurait de faire tout mon possible pour rester en vie. Afin que tu n'aies pas à m'enterrer, ni à creuser ma tombe. Je t'aime. Juste, souviens-toi de ça. Non. Tous les enfants de ce monde, tels que nous définissait Amarok, n'étaient pas dotés de bonnes intentions. Amarok… tu le préviendrais ? Si je ne m'en sortais pas…

C'est bien comme ça que tout avait commencé, par un texto. Comme ça que la cruauté en personne était revenue frapper à ma porte. Me laissant sur le carreau. Alors que tout ce à quoi j'aspirais, se résumait à te voir. À te parler. Puisque tu m'y avais invité. Me prenant dans tes bras, me serrant contre toi, m'abandonnant à mes déceptions et mes regrets. Avec ton bonheur, ou autant de poignards venus s'enfoncer dans mon cœur.

C'est comme ça, que tout est parti en vrille. Que mes plafonds de verre m'ont explosé à la gueule. Vendredi. Si je ne me trompais pas, on était vendredi. LE vendredi. Votre jour à tous les deux, ton mec et toi. Ce garçon qui m'avait remplacé, ce gamin qui posait sur la photo que tu m'avais montré. Ce vendredi où j'espérais tellement pouvoir passer un moment avec toi. Alors que rien ne t'obligeais à me refaire une petite place dans ton existence. Merci. Pour tout, merci. Doucement, je cédais. M'enfonçant dans les limbes de l'inconscience. Tutoyant le néant. Frigorifié, les bras croisés sous mon torse. Ployant sous mon propre poids. Face contre terre, mes boucles distendues tombant sur mes épaules. Gorgées de flotte et collant à mon visage. À moitié mort, ne réagissant même plus sous les coups qu'on continuaient à me donner. Étranger à tout ce qui se passait. Me repassant en boucle le début de la soirée. Quand mon téléphone avait bipé et que j'avais coincé mon neuf millimètre dans la ceinture de mon jean. Au niveau de la taille. Une arme n'ayant plus servi depuis deux ans au bas mot et que je gardais planqué sous ma table de chevet. Retrouvant brièvement de vieux réflexes. Puis qu'ensuite, j'avais enfilé mon sweat à capuche. Celui que je portais en quasi permanence, le seul que je possédais. Usé à force de lavage. Embarquant mon sac à dos au passage, pour enfin ficher le camp. Affaibli à l'extrême, mais pas moins résistant à l'effort. Entraîné à parcourir de longues distances à pieds. Même si en règle générale, j'évitais. Sauf obligation. Sauf quand il s'agissait de Shannon ou d'Amarok.
________________


C'est comme ça que… stop. Ça suffisait. Et dans un ultime gémissement, je serrais les poings. Le corps tendu. Tournant la tête en entendant le bruit d'un moteur. Une voiture approchait. Vite. Trop vite pour passer là par hasard. Des pneus qui crissent. Je me souvenais. Je me rappelais qu'à peine sorti des faubourgs, les deux hommes qui m'attendaient, m'avaient pris à parti. Quitte à m'entraîner de force. Parce-que je leur avais résisté, avec la rage du désespoir. Furieux et en colère. Me détestant d'être devenu une proie aussi facile. Une victime. Reproduisant un schéma que je m'efforçais de gommer depuis quatre siècles. Après ? Après, je crois qu'ils m'avaient balancé dans le coffre de leur caisse. Pour rouler. Rouler…

Au final, ça me revenait. Tout. Je n'avais pas eu besoin de marcher. Pour ce que ça m'avançait en fin de compte. La tête au bord de l'implosion, j'essayais alors de rassembler mes esprits. Tous phares éteints, une voiture à donc surgit de l'obscurité ambiante. Ciel couvert, nuageux. Mes vêtements mouillés adhérant à mes courbes comme une seconde peau. Me mettant au supplice. Le reste, je n'en suis plus certain. Tout autour de moi se troublait. Le moindre son venait se répercuter puissance dix mille dans mes oreilles. Des frissons remontant et descendant de long de mon échine. Des frissons ou des spasmes, partant de la base de ma nuque jusqu'à la naissance de mes reins. Nerveux. Angoissé. Ne comprenant pas forcément les enjeux qui se disputaient. Battant des cils, yeux écarquillés. Guettant les moindres faits et gestes des types qui venaient de débarquer. Tes amis. Au nombre de quatre. Ouvrant le feu sur mes assaillants, pendant que j'appuyais mon front contre le sol. Les pointes de mes cheveux flottant à la surface de cette foutue flaque. À attendre que les balles arrêtent de fuser. Me mordant la lèvre, tant la douleur diffuse traversant mes membres virait au cauchemar. Me ramenant à de vilaines choses. N'assistant pas visuellement au reste de la scène. Luttant pour ne pas sombrer. Pour ne pas capituler.

J'avais promis. Et dans un sursaut, il me semblait avoir senti une main se poser sur mon épaule. Une main amicale. Un sursaut trahissant mon état de fébrilité. Limite si je ne me débattais pas. Limite. De sorte que hochant simplement la tête, je lui ai fait signe que oui. À l'homme qui me demandait si je pouvais me relever. Oui. J'allais y arriver. Il le fallait. Si bien qu'au pris d'un effort surhumain je reprenais appui sur mes mains. Les bras complètement endoloris d'avoir été bloqués et croisés sous mon torse. Histoire de d'abord me remettre à quatre pattes, puis debout. En totale perdition. Avec l'aide de ce type. Qui pour m'aider à me redresser avait jugé utile de glisser un bras sous le mien. Heureuse entreprise, vu que je tenais à peine sur mes jambes. N'osant même pas toucher mes côtes pour vérifier l'état de mes os. Paupières closes, fendues. Lèvres entrouvertes. Cherchant un air qui ne viendrait plus gonfler mes poumons d'oxygène. Mal en point. La voix de ce garçon revenant me réveiller, m'extirper de ma torpeur : “Tout va bien. On te ramène en sécurité, reste conscient et essaye de marcher avec moi jusqu'à la voiture, okay ?” Pour peu, j'avais bien failli lui répondre une nouvelle fois oui. Sans plus de cérémonie. Docile.

Surtout groggy. Sauf que… lui. Murphy. Le Murphy de la photo… qui m'obligeait à relever la tête pour le regarder. Murphy… et sans ne plus rien contrôler du tout, je le repoussais. Chassant sa main de mon menton assez sèchement. Mais sans agressivité. Le dévisageant comme si je venais de voir un fantôme. Le tout en reculant, pour venir me heurter à son pote.

Non, non, non ! Certainement pas. Qu'ils me laissent crever sur place, parce-que moi, je ne les suivrais pas. Mais sans que je ne puisse rien y faire, les mains du dénommé Guillaume… comme le frère de Shannon, m'agrippaient les bras. Mon dos contre son torse, le strict nécessaire pour que je percute. Je n'avais plus mon sac, mais mon arme elle était toujours là. Mon arme… au mieux, ils penseraient que je n'avais pas eu le temps de m'en servir. Au pire, que je ne m'étais pas défendu et tu n'aimerais pas apprendre ça…

- Non… ça va aller. J'ai pas besoin qu'on me soigne… vraiment. Mais merci…

Allez, lâchez-moi les gars. Déconnez-pas. Je pouvais pas vous suivre, je ne pouvais décemment pas le suivre lui. L'infirmerie, le château, Ezechiel. C'était trop pour moi. Beaucoup trop. Aussi gravement qu'on ait pu me démolir, aussi douloureusement que mon corps puisse me faire souffrir, aussi cruelle que soit la réalité. Puisqu'on savait tous ici n'est-ce pas, qu'un crève la dalle ne pourrait jamais guérir tout seul de ses blessures. Puis mes yeux, mes yeux gonflés, boursouflés par les coups, qui n'arrivaient pas à se détourner de son visage. C'était pas possible. Pas possible que plié en deux, je me mette à cracher du sang...

©️ Lyr


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Some say the world will end in fire, some say in ice. From what I’ve tasted of desire I hold with those who favor fire. But if it had to perish twice, I think I know enough of hate to say that for destruction ice is also great and would suffice ▬ Robert Frost
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De la main de Nick Murphy signé le Lun 7 Aoû - 20:50

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Murphy & Elijiah


« Hey, doucement, du calme. » Murphy leva doucement les mains en guise d'apaisement. « On est de ton côté. »

La panique du vampire ne lui sembla pas anormale, sur le coup. Après tout, il venait de vivre un certain traumatisme, il était blessé, confus, alors un brin d'angoisse était loin d'être inquiétant. Nick se demanda s'il avait été trop brusque, trop pressant. Il étira un mince sourire pour le rassurer, décidant de ne pas tenter le diable en gardant une certaine distance pour ne pas le brusquer. Le blessé avait beau dire, il avait besoin de soins. Il faisait peine à voir, franchement. Nick avait le coeur pincé chaque fois qu'il croisait des vampires affamés. Il était plein de compassion pour eux, mais malheureusement, la compassion seule ne suffisait pas à les nourrir. Le mieux qu'il pût faire, c'était aider à remplir les banques qui rationnaient les poches de sang pour distribuer au moins le strict minimum. Nick se consolait en songeant que c'était mieux que rien. Les habitudes avaient la vie dure, cependant. Tous les vampires ne se faisaient pas à ce système de distribution et Nick savait pertinemment que certains ne venaient pas ou peu dans les banques alimentaires. Par gêne, par peur, par faiblesse, pour des raisons diverses et variées que Nick ne se serait pas permis de juger. Et l'homme qu'il avait en face de lui faisait probablement partie de ces gens-là. Ses blessures ne semblaient pas guérir d'un pouce, là où la plaie par balle d'Eliot se refermait déjà. Il n'y avait que le sang pour expliquer ça. Son collègue n'en manquait pas, le brun à la peau cuivrée semblait affamé. Un vampire affaibli devenait presque aussi vulnérable qu'un humain, s'il ne se nourrissait pas. Guillaume le retint par l'épaule quand il le vit se pencher pour cracher du sang et il échangea un regard entendu avec Nick.

« Tu as besoin de soins. » Lui confia Nick en posant prudemment une main sur le dos de l'inconnu. « Je te jure que tu ne risques rien, avec nous. On t'emmène en lieu sûr, on ne peut pas rester ici. »

Il ne pouvait pas le laisser là, blessé, affaibli et seul. Il allait mourir à coup sûr, si des agents lui tombaient à nouveau dessus, il n'était pas en mesure de se défendre. Nick était incapable d'abandonner un homme dans cet état. S'il fallait qu'il l'emmène par la force, il le ferait. De toute façon, le blessé allait difficilement pouvoir lutter, dans sa condition physique actuelle. Même mentalement, il ne semblait pas dans son état normal. Le choc, peut-être ? L'épuisement, la douleur... Il n'avait pas l'air en possession de tous ses moyens, il l'observait comme s'il avait vu un fantôme. Nick se redressa pour se retourner vers Bellamy et Eliot, qui, après avoir récupéré les armes des membres de l'organisation, revenaient déjà vers eux. Il leva le nez au ciel; l'air était encore humide de la pluie et le mauvais temps les menaçait toujours. D'un geste du menton, Nick indiqua silencieusement à Guillaume de guider le vampire vers la voiture, quitte à se montrer ferme. Il espérait qu'il n'y ait pas de lutte, cela ne ferait qu'empirer la situation. Et puis, ce serait ridicule de se battre avec un blessé pour le soigner. A en juger par son état, c'était un vampire isolé, ou alors peu entouré. Il n'avait probablement pas l'habitude d'être aussi encerclé... Cela pouvait expliquer ses réactions, sa méfiance et sa réticence à l'idée de les suivre. Mais que craignait-il, hormis des soins, des examens médicaux et un repas pour le sustenter ? Il n'y avait que du positif, qui l'attendait. Une guérison certaine et de l'attention. Un peu de sympathie dans ce monde cruel. Nick avait l'impression de lui rendre service, de l'aider. Il allait sans dire que cet homme avait besoin qu'on l'aide. Guillaume le poussa sur la banquette arrière avec le plus de soin possible, essayant de le rassurer par quelques paroles pleines de bonnes intentions.

Eliot s'assit à la droite du blessé en refermant la portière et Nick s'installa derrière le volant. Il prit quelques secondes pour observer l'inconnu à travers le rétroviseur intérieur, puis il fit tourner la clé avant de démarrer le moteur. Mieux valait ne pas trop s'attarder. Ils étaient attendus, sans compter qu'ils n'étaient pas certains que d'autres membres de l'organisation ne soient pas présents dans les alentours. Bellamy, cependant, leur indiqua que la voie était libre et Nick remit les voiles en direction de Belfast. Guillaume, lui, restait prudent, surveillant avec attention le vampire qu'ils venaient de sauver, scrutant ses réactions. Mieux valait directement faire un crochet par l'hôpital, les autres apporteraient les vivres à la banque alimentaire juste après. Pas que l'état du blessé les inquiètent à ce point - après tout, c'était un vampire, il ne risquait pas l'arrêt cardiaque - mais Nick craignait que l'homme ne réagisse trop violemment, de se savoir embarqué alors même qu'il avait protesté. Il n'allait pas lui laisser le temps de filer, même s'il se doutait qu'il irait difficilement très loin dans son état. Quelques instants plus tard, alors, après avoir roulé à bonne vitesse, Nick s'arrêta devant le château avant de se tourner vers ses collègues.

« Je vais me charger de lui, vous apportez le sang à la banque. Si vous voyez Zick, prévenez-le. Je vais lui envoyer un message, de toute façon. »

Les vampires hochèrent la tête tandis que Guillaume ouvrait la portière pour faire sortir le blessé. Nick fit le tour de la voiture et le rejoignit rapidement pour glisser un bras autour de ses épaules. Il échangea quelques mots avec ses congénères puis Bellamy prit le volant et la voiture s'éloigna, le laissant seul en compagnie de l'inconnu. Nick ne se sentait pas menacé en présence de cet homme, même s'il avait appris à se méfier de la plupart des gens en évoluant dans ce monde en ruines. Les ennemis de ses ennemis étaient ses amis, après tout. Alors, par définition, ce pauvre vampire bien mal en point était son ami. Il pivota le visage vers lui en tentant de scruter ses émotions, espérant que le court voyage en voiture lui avait permis de se calmer. D'un geste de sa main libre, il lui désigna le bâtiment en face d'eux.

« L'infirmerie est à l'intérieur. Il y aura de quoi te soigner. » Crut-il bon de lui indiquer pour le convaincre de se montrer raisonnable. « Au fait, moi c'est Murphy. » Ajouta-t-il en réalisant qu'il ne s'était toujours pas présenté.

Comme il n'était pas certain que l'autre soit en état de répondre, il préféra lui épargner la question. Il se présentera en temps et en heure, sûrement lorsqu'il ne risquera plus de cracher du sang comme il venait de le faire quelques instants à peine auparavant. Pour le moment, Nick préférait l'amener sur un lit afin d'examiner ses blessures et le remettre sur pieds. Il avait l'air de tenir avec difficulté sur ses propres jambes.


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De la main de Elijiah H. Jazeem signé le Dim 13 Aoû - 13:28

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Ça m'angoissait. Non. En fait, ça m'angoissait comme jamais rien ne m'avait angoissé. Peu importait les paroles réconfortantes de ton nouvel amant. L'idée même de me retrouver face à toi Ezechiel me tétanisait. Face à toi et surtout pris entre vous deux. Je me foutais d'être en sécurité. Il pouvait bien parler, il ne resterait pas très longtemps encore de mon côté. Et toi, j'imaginais d'ici ta réaction. À m'accuser de l'avoir fait exprès. Peut-être même à penser que je cherchais juste à attirer ton attention, à m'immiscer par tous les moyens dans ta vie. Dans ton couple. Sauf que je ne vous demandais rien. Rien du tout.

Et plié en deux, je sentais de nouveau sa main revenir se caler sur l'arrondi de mon dos. Maudite compassion. Encore. Limite si ça n'en devenait pas blessant à force. À force de bons sentiments. M'écœurant. Autant que le dépôt de sang rougissant mes lèvres, obligé de coopérer. Pas en mesure de le repousser. De lui dire de me foutre la paix, uniquement par crainte de te voir venir me le reprocher après. Sauf que lui, il ne savait pas. Il ne se doutait pas de ce qui nous attendait s'il me ramenait avec vous au château. Alors quoi, est-ce qu'il n'allait vraiment pas faire le rapprochement entre nous ? Ou ne serait-ce qu'entre moi et l'homme qui t'avait brisé le cœur. Il ne devait somme toute pas y avoir foule d'irakiens installés dans le coin. Reste à savoir si tu lui avais seulement parlé de ton sire. Un sire soi-disant mort. Ce sire t'ayant abandonné, lâche et égoïste qui avait fait de ta vie un enfer. Mais au moins, en enfer le feu qui nous unissait autrefois continuait de brûler. Avec rage et passion. En gros, qu'on ne me tienne pas pour responsable de ce fiasco. Mes épaules n'étaient plus assez larges pour le supporter. Même si au fond, on ne changeait pas. On ne grandissait pas. On croyait juste faire des choix et désormais, voilà que les miens ne m'autorisaient plus à à jouer les terreurs nocturnes. Si tant est que j'en ai eu les moyens. Pauvre loque décharnée.

Ensuite, tout s'était enchaîné. Vite. Trop vite. Bien trop vite à mon goût. Parce-que dans l'absolu, si moi je ne risquais rien il en allait tout autrement pour lui. Il avait tout à perdre. Raisonnement absurde. Pourtant, mon amertume était réelle. Le fait de savoir qu'il avait ton amour et moi, même pas l'espoir de te reconquérir ne me donnait pas envie de le côtoyer. Ni de loin ni de près. D'où mon refus de te suivre le premier soir. Le soir de nos retrouvailles. Si on peut appeler les choses comme ça. Tu ne réalisais pas la menace qu'il représentait à mes yeux. Il était le jour, moi la nuit. Mon parfait contraire. L'illusion qui venait tromper toutes mes erreurs. Les tromper, pour mieux les réparer. Mais juste comme mes jambes me lâchaient et que je m'accroupissais en prenant appui sur le sol pour ne pas basculer, l'autre type me relevait. Devenant mon seul soutien, alors que je me débattais. Un soutien de bien courte durée. Je n'en revenais pas. Je n'en reviens toujours pas d'ailleurs. Pour la seconde fois de la soirée et se moquant pas mal que je me retrouve en panique totale, on m'obligeait à monter dans une voiture. Est-ce que c'était ça votre conception de l'entraide...

- 'Ahmaq alfuqara'. Kunt la taerif ma tafealunah ... sanundum kl dhlk!

Ça tu vois, c'est ce que je lui avais hurlé, avant de me retrouvé assis dans leur voiture. Sous ses ordres à lui. Furieux et humilié. Certes, ils venaient tous de me sauver la vie, seulement ça ne leur donnait pas tous les droits. Non, ça ne leur donnait pas tous les droits. Vous aviez des responsabilités que je sache, et pas le privilège de disposer des gens comme il vous plaisait. À quoi est-ce que ça rimait.. à quoi… aussi, j'avais pincé les lèvres en me triturant les doigts. Le fusillant lui du regard. Prenant sur moi pour ne pas dégainer mon arme et lui braquer son canon sur le crâne. Dieu sait combien j'avais été tenté de renouer avec mes vieux travers. Violent. Dominant. Ancien second de la Fondation, détestant qu'on me traite de la sorte.

Fermant les yeux, j'avais donc pris une profonde inspiration. Essayant de me remémorer l'histoire qu'Amarok m'avait raconté pour me détendre. Celle des deux loups. Celle que les anciens de son peuple racontaient aux enfants pour leur apprendre à prendre les bonnes décisions. À faire la différence entre le bien et le mal. Le revoyant lui, allongé sur moi. Son corps chaud recouvrant le mien. Mes doigts se glissant dans ses cheveux longs.

De mémoire et si je me laissais porter pas le son de sa voix, cette histoire ressemblait à quelque chose dans ce style là il me semble. De sorte que pour moi-même, je la récitais dans un chuchotement à peine audible.

- Un vieil homme Cherokee apprend la vie à son petit-fils : « Un combat a lieu à l'intérieur de moi, dit-il au garçon. Un combat terrible entre deux loups. L'un est mauvais. Il est colère, envie, chagrin, regret, avidité, arrogance, apitoiement sur soi-même, culpabilité, ressentiment, infériorité, mensonges, vanité, supériorité et ego. L'autre est bon. Il est joie, paix, amour, espoir, sérénité, humilité, bonté, bienveillance, empathie, générosité, vérité, compassion et foi. Le même combat a lieu en toi-même et à l'intérieur de tout le monde.» Le petit-fils réfléchit pendant une minute puis demanda à son grand-père : « Quel sera le loup qui vaincra ? » Le vieux Cherokee répondit simplement : « Celui que tu nourris.»

Oui, c'est ça. Exactement ça. Et moi, j'avais passé ces deux dernières années à nourrir le loup qui était bon. Celui qui se voulait protecteur. Celui qui veillait sur les siens. Mille fois j'avais douté. Mille fois j'avais cru vaincre le mal. Mille fois. Me raccrochant à ce môme devenu un homme. Un homme fier et courageux. Ses parents devaient être fiers, je priais pour eux.

Ainsi, Amarok aurait trouvé les mots. À ne pas en douter.  Comme à son habitude, il aurait su me convaincre de les suivre. Avec patience et douceur. Sans avoir besoin de me prendre en traître sous prétexte de ne pas me laisser crever sur le bitume. Ce au lieu de quoi, je me retrouvais pris en sandwich entre deux mecs que je voyais pour la première fois. Paupières closes. Tête basse, secoué par les irrégularités de la route. N'écoutant plus rien. Me coupant de tout. Ignorant purement et simplement leur baratin. J'avais pratiqué avant eux. Indisposé par le regard insistant de celui qui s'appelait Guillaume. Guillaume... comme je le maudissais ce prénom. Le tout en arrêtant de me triturer les doigts pour fermer les poings, les mains tremblantes et les jointures blanches. La pression montant d'un cran et me laissant  d'autant plus impuissant. Comme pour me donner une leçon d'humilité. Pour sûr, ils pouvaient tous te remercier Ezechiel. Puisqu'en d'autres circonstances, je ne crois pas que je me serais aussi bien tenu. Ce vieux Cherokee, celui de l'histoire, je l'admirais tellement. Tous les siècles du monde ne sauraient m'insuffler une telle sagesse. Je n'étais pas de ces hommes là. Trop impulsif. N'obéissant qu'à mes émotions et n'ayant déjà pris que trop de recul. M'en demander plus n'apporterait que des problèmes inutiles. Puis on finissait par arriver. Stoïque, impassible, ne rouvrant les yeux qu'en entendant ton diminutif. Zick. J'étais désolé. Je pouvais pas. Je ne voulais pas. Ne m'en veux pas. Me placer sous la protection de ton amant relevait du non-sens. Ce qui fait que j'attendais qu'on me fasse sortir de la voiture et que les autres s'en aillent. Qu'ils me lâchent la grappe pour dire les choses vulgairement. Surtout lui, avec son bras autour de mes épaules. J'avais vraiment l'air d'une pauvre petite chose sans défense ? Du haut de mes quatre cent ans de survie. Quatre siècles à me battre, à me sortir des pires situations, à rester vivant. Tu vois Ezechiel. Quelque part, je restais le même. Quoique peut-être et je dis bien peut-être, que  tous ces changements, tous ceux qui s'étaient opérés en moi durant notre séparation venaient s'inscrire dans une certaine forme de continuité. Tels des clairs-obscurs se mélangeant à l'infini.

Oh là, c'est dans ma tête que tout s'embrouillait je crois. Et pas pour le meilleur. Je recommençais à trop penser, à tourner les choses dans tous les sens. Jusqu'à ne plus rien y comprendre. Aveuglé par les points lumineux qui dansaient devant mes yeux. Adieu mes clairs-obscurs, perdus dans de la poussière de lune. Est-ce que tu te rappelais ? Plus rien ne tournait rond. J'avais beau cligner des paupières et battre des cils, rien n'y changeait. Le choc. Les coups. Le manque de sang. En plus du stress, le stress que ton mec venait de générer. Ton mec qui reportait son attention sur moi une fois vos amis partis, puis qui me montrait un bâtiment avant de se présenter. Ce à quoi je répondais la moitié d'un mensonge.

- Hassan... je m'appelle Hassan…

La moitié d'un mensonge me permettant de gagner encore un peu de temps. Tandis que je dégageais mes épaules de son bras pour m'éloigner. Esquissant quelques pas en arrière au risque de me casser la gueule. Plus instable sur mes jambes qu'un fétu de paille. Mais déterminé à ne pas le suivre. S'il y tenait, il faudrait d'abord me tuer. Me tuer... à ce moment précis, je regrettais presque que ces types tout à l'heure ne m'aient pas fracassé le crâne. Je ne sentais plus rien. Plus rien d'autres que des piques de douleur de plus en plus incisifs. Comme si un marteau piqueur me labourait la tête. D'accord, j'aurais dû mieux le supporter. En sachant que je souffrais de migraines au quotidien, pour ne pas dire en non-stop. Mais là, ça n'allait pas. Il y avait quelque chose de pas normal. Alors, déphasé, je me suis résolu à dégainer mon arme. Le braquant lui, sans détour.

- Ramène-moi aux Faubourgs...maintenant !

En vérité, je devais lui faire pitié. Il n'y avait tellement rien de menaçant dans mes attitudes. J'étais juste désemparé. Il devait me laisser partir. Du coup, je retirais le cran de sûreté. Prêt à tirer...

Prêt à tirer…

Malgré les tremblements qui me secouaient. Malgré l'appréhension qu'il riposte. Qu'est-ce que j'attendais ? Tu ne comprendrais pas. Tu me maudirais encore plus si je faisais ça. Tirer... bang bang bang. Les yeux à demi fermés. Toujours avec des étoiles me bouchant la vue. Prêt à tomber. Aux abois. Le destin se foutait de notre gueule et la vie ne serait jamais rien d'autre qu'une chienne. C'est sûrement pour ça que je renonçais. Balançant mon neuf millimètre par terre en levant les mains. Je me rendais. Mon corps se rendait. Parce-que subitement, sans prévenir, je m'effondrais. Ma tête heurtant violemment le sol quand je tombais. Les bras écartés, les paumes des mains tournées vers le ciel, la silhouette de Murphy devenant de plus en plus lointaine. Vaporeuse. Jusqu'à ce qu'un linceul noir vienne me recouvrir et que je mette à convulser…

À convulser... et le dos cambré, je gémissais. Incapable de me maîtriser. Apeuré et en même temps, absent. Comme si j'avais quitté mon corps et que je flottais. Les pupilles révulsées. Recrachant du sang. Les jambes pliées, alors que je me sentais plus raide qu'un macchabée. Glacé. Frigorifié. Shannon allait s'inquiéter si elle ne me voyait pas rentrer...

©️ Lyr


Fire & ice
Some say the world will end in fire, some say in ice. From what I’ve tasted of desire I hold with those who favor fire. But if it had to perish twice, I think I know enough of hate to say that for destruction ice is also great and would suffice ▬ Robert Frost
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De la main de Nick Murphy signé le Jeu 21 Sep - 0:21

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Murphy & Elijiah


« Enchanté, Ha… »

Il s’interrompit quand il vit l’arme se braquer sur lui, plus par étonnement que par crainte. Il fallait dire que l’homme manquait de crédibilité, avec ses jambes tremblantes et sa face de mort-vivant. Nick n’était même pas certain qu’il soit en état de tirer. Aucune inquiétude ne s’empara de lui. Juste un peu de compassion pour ce vampire un peu perdu et désorienté. Un peu de pitié pour ce pauvre type blessé et visiblement un peu dérangé. Sacré monde, pensa Nick, un peu peiné de constater dans quel état pouvait plonger la misère. Lui, il avait échappé à ça. A la folie. Son mental d’acier lui avait permis de ne pas se perdre, de rester droit, sain, fort, de ne pas devenir comme cet homme qu’il avait sous les yeux. Il en serait mort avant. Nick s’était promis de ne plus jamais faire la croix sur sa dignité, lui qu’on avait humilié et déshumanisé jusqu’à presque le convaincre qu’il n’était plus rien. Non. Pas de ça. Il leva doucement la main en guise d’apaisement, alors que l’autre balbutiait un ordre qui sonnait comme une menace. Nick ne se laissa pourtant pas intimider, gardant son regard émeraude sur la silhouette tremblotante du pauvre bougre. Imperturbable, prudent. Sur ses gardes, se méfiant malgré tout d’un coup de feu qui pourrait survenir. Oh, il n’en mourrait probablement pas, mais s’il pouvait éviter de se faire trouer, il aimerait tout autant s’épargner cette douleur.

« Calme-toi. », Lui intima-t-il, d’une voix aussi douce que ferme.

Il lui parlait comme on parlerait à un enfant. Avec ce savant mélange de calme et de sévérité. Nick se demandait bien ce qui pouvait le mettre dans cet état, estimant qu’il avait eu tout le temps de s’apaiser dans la voiture, de calmer sa panique, de se remettre de ses émotions après ce passage à tabac qu’il avait subi. Mais non, visiblement l’autre vampire était toujours aussi agité, jusqu’à menacer d’une arme l’un de ses sauveurs. L’un des siens. Quel monde, décidément. Sur quelle pente avait-il pu glisser pour en arriver là ? La gueule cassée, les vêtements pleins de boue, dénutri et cerné, à menacer l’un des rares types qui lui tendait la main dans une époque où le chacun pour soi devenait presque la norme. Si ce n’était pas malheureux. Plissant doucement le regard, Nick repéra les ouvertures que lui offrait Hassan – et elles étaient nombreuses. Soit ce type n’était pas un combattant, soit son état le rendait complètement vulnérable. La deuxième option, certainement. Hassan le lui confirma en jetant son arme avant de s’étaler au sol, assommé par la faiblesse, la fatigue, ses blessures. Nick l’observa convulser quelques secondes sans vraiment s’en inquiéter. Il n’avait encore jamais vu un vampire succomber d’un arrêt cardiaque et Hassan serait probablement sur pied avec un peu de soins et de sang. Si ç’avait été un humain à sa place, la scène aurait certainement été plus impressionnante. Nick se contenta de ramasser le neuf millimètres pour l’accrocher à sa ceinture avant de se rapprocher de Hassan en soupirant. Pour s’évanouir comme ça, il devait être un sacré mauvais état – ou bien était-il un superbe comédien ? L’américain glissa un bras sous ses aisselles pour le redresser avec douceur.

« T’en fais, des histoires, hein, mon gars… », Ricana-t-il pour lui-même.

Il le hissa sur son épaule avant de se relever. C’est qu’il pesait son poids, l’animal. Heureusement que Nick était solide. Il prit la direction de l’infirmerie dans un silence religieux, soulagé malgré tout de ne plus avoir droit aux protestations paniquées de la victime. Il ne voulait que le sauver. Ses intentions étaient tout sauf malsaines. Quand on connaissait le personnage, on le savait. Nick était du genre à aider les autres avant de penser à lui. Même si ça voulait dire aider un parfait inconnu hostile et agressif. Il le posa sur un lit avant de l’observer avec curiosité. A en juger par son apparence, cet homme ne vivait pas dans l’opulence – quoique, à cette époque et dans ce pays en ruines, qui donc vivait dans l’opulence ? Il lui retira son haut pour vérifier s’il pouvait constater des blessures importantes. Ah, Zick allait être heureux, de voir son programme habituel du vendredi soir être bousculé par le sauvetage d’un clochard un peu désaxé. Nick pinça les lèvres, un peu coupable, mais rien que le fait de sauver un de ses semblables suffisait à le combler. L’organisation ne les aura pas. Il se battrait contre Tullamore encore et encore. La moindre vie comptait. Examinant les traits de Hassan, Nick tâta ses muscles à la recherche d’une fracture. Il avait assez vu son amant faire pour comprendre comment faire un examen de base, même s’il préférait laisser les experts faire. Nick était un homme d’action, pas un infirmier. Et en parlant d’infirmier, Hassan en aurait bien besoin d’un. Nick sortit son portable pour composer rapidement un message.

« Zick, mon amour. Les autres t’ont peut-être prévenu mais un sauvetage impromptu a bousculé le planning. Je suis à l’infirmerie du château avec le blessé, il est dans un sale état, on a besoin de toi ici. », Envoya-t-il avant de se laisser tomber sur une chaise dans un long soupir.

Nick était comme ça. Incapable de fermer les yeux devant la violence ou l’injustice. Cela faisait toujours écho à un passé qu’il s’appliquait pourtant à taire. Il ne supportait pas de voir ça, et encore moins de rester les bras croisés. Quitte à décevoir son amant. Il observa distraitement la photo de son fond d’écran ; le visage souriant de Zick. C’est nian-nian, disait Guillaume chaque fois qu’il pouvait surprendre Nick en train de contempler béatement l’écran de son téléphone. Et il avait probablement raison. Cela dit, la seule personne avec lui en ce moment était dans un état de profonde inconscience, alors il profita de quelques secondes pour adorer silencieusement les pixels de l’appareil qu’il rangea finalement dans sa poche. Zick le rejoindrait sûrement dans peu de temps. Peut-être même qu’il ne lui reprocherait même pas d’avoir complètement changé le planning de la soirée. Il était trop gentil pour ça. Décidément, Nick ne méritait pas un homme pareil. Il passa brièvement la main dans ses cheveux en soufflant, tentant de chasser ces pensées qui lui serraient le cœur, et il décida de nettoyer brièvement le torse et le visage du blessé avec un linge humide pour s’occuper l’esprit.

« T’es un chanceux, mon gars. Je connais quelqu’un qui va bien s’occuper de toi. » Soupira Nick, songeant qu’il aurait bien aimé être le malade pendant que Ezechiel jouerait l’infirmier.



Spoiler:
 
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De la main de Ezechiel Albeirteich signé le Lun 25 Sep - 9:52
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- Ezechiel Albeirteich & Nick Murphy & Elijiah Jazeem -




Vendredi, c’est souvent le jour que j’attends le plus de la semaine. Ce jour où je peux enfin retrouver cet homme qui m’avait complètement retourné l’esprit. Murphy. Sans lui, encore aujourd’hui, je me demande ce que je serais devenu. Peut être que je serais encore tout de noir vêtu, ressassent mon passé morbide et complètement destructeur. Mais il m’a trouvé, il m’a sauvé. Et depuis ? Depuis je ne sais pas, je n’imagine plus rien sans lui. Allongé dans notre lit je le cherche à tâtons, mais il n’est pas là. Gonflant les joue comme si je cherchais à soupiré de désespoir j’ai attrapé le téléphone, papillonnant des yeux quand je l’ai allumé, la lumière de l’écran venant me brûler la rétine. « Le lit est glacial sans toi. J’ai hâte de te retrouver tout à l’heure. Tu me manque. Je t’aime Tit Coeur. » Un texto, simple, efficace, quelque chose qui lui ferait comprendre que je pense à lui. Je suis resté là, allongé deux minutes, émergent gentiment avant de me motiver à bouger. Je devais faire ma ronde à l’hôpital avant de rejoindre la banque de sang. Je n’ai pas pris la peine de m’habiller, direction de la salle de bain, prenant une douche rapide avant d’enfiler un jean, un T-shirt et ma paire de converse avant de m’enquiller une poche de sang à vitesse grand V pour prendre des forces. Attrapant ma carte d’accès, j’ai simplement repris mon train train quotidien. Ici c’était les mêmes gestes, tous les jours, ou presque. Faisant glisser la carte dans le boîtier gris pour ouvrir la porte de l’hôpital je suis d’abord passé en zone de décontamination, puis j’ai enfilé une blouse blanche, des gants en latex, et me voilà en train de faire ma ronde. Rendant visite à mes patients, donnant des directives sur les soins à leur administrer, checkant la liste des morts dans la journée. Parce que oui, ici, des morts, il y en avait tout les jours. Tout ça en surveillant l’heure. Cette heure qui me rapprochait de plus en plus de son retour.

Vendredi. C’était notre journée, mais aussi ce jour où tu étais revenu. Toi. Mon Sire. Toi, qui m’avait brisé en mille morceaux et qui style de rien avait refait une apparition dans ma vie. Comme ça, après deux ans d’absence. Deux ans de silence. Un retour qui au final m’avait atteint bien plus que je ne le prétendais. Je t’avais invité à repasser, et au final, c’était avec appréhension que j’ai pris le chemin de la banque de sang. Enfourchant ma bécane. J’ignorais si tu viendrais ou pas, mais ça me faisait me poser mille et une question. Rangeant dans un premier lieu les médicaments dans la pharmacie dont j’étais l’un des rares à posséder les clés, j’ai pris mon poste, sans vraiment être dedans. Distribuant des poches, rayant les noms pour ne pas servir deux fois la même personne. Prenant des pauses clopes bien plus souvent que d’habitude. Surveillant l’heure, encore et encore et encore. Fixant la porte d’entrée dès qu’elle s’ouvrait pour voir si ce n’était pas toi qui la passais. J’ignore si j’avais envie que tu viennes ou pas. J’ignore si j’avais vraiment envie de t’affronter, encore une fois. J’avais lu ton carnet tu sais. Et sincèrement, je ne comprends pas pourquoi tu voulais que je le fasse. Ramassis de conneries, excuses inutiles, mélange d’excuses qui n’en sont pas et de pseudo remord. Tu as fait des erreurs. Elle est là la vérité. Tu y dit ouvertement ce que tu as vécu avec Amarok. Toi tu étais heureux, comblé de bonheur alors que moi je dépérissais. Alors dis moi pourquoi je devrais tout chambouler alors que là, maintenant, c’est moi qui suis heureux ? Pour te dire la vérité j’avais lu tes lignes, bouteille de whisky en main alors que Nicky était en Raid. Seul. Affrontant cette histoire qui avait été un jour la nôtre. Tu ne m’as jamais compris Elijiah. Jamais. Là où moi j’essayais au moins, toi tu as baissé les bras sans creuser.

Pourquoi ça changerait ? Tu penses sincèrement que ton Dieu te sauveras ? Je n’y crois pas une seconde, pas un seul instant. Si tant est qu’il existe, pourquoi est-ce qu’il absoudra un pécheurs de ses pêchers. Pécheur qui plus est démoniaque ? Si nous descendons vraiment de Caïn, tu crois vraiment que Dieu nous a créé pour une bonne cause ? Arrête d’être naïf et ouvre les yeux. Nous sommes le mal incarné. On se nourrit de sang humain, on tue, on vit la nuit, on est le mal. Alors arrête d’espérer de te racheter une bonne conduite. Nous sommes tous damnés de toute manière. Elle est là la réalité des choses. Fatigué, je me suis assis sur une table, battant les pieds dans le vide, fumant une clope alors que Zoé reprenait ma place. Tu te souviens de Zoé ? Zoé Voltaire, la secrétaire de la fondation. Elle aussi tu te l’étais tapé. Elle va bien si tu veux tout savoir. Toujours perché sur ses hauts talons, toujours maquillé à la perfection, un vrai petit rayon de soleil dans ce monde de brut. Elle continue de faire le bien. Tu vois, il y a des choses qui changent, d’autres pas. Elle voit que je vais mal, elle voit que je réfléchis trop. Alors dans sa bontés d’âme habituelle elle me dit de rentrer. Je suis qu’à moitié là de toute manière. Perdu dans mes pensées, perdu je ne sais trop où entre cette envie de le revoir lui et l’appréhension de te revoir toi. Tu l’aimais n’est-ce pas ? Amarok. Sans doute plus que moi parce que lui te donnait ce que je moi je n’ai jamais su te donner. De la compréhension, de la compassion. Qu’est-ce qu’il avait que je n’avais pas ? J’en sais rien. Et elle. Elle tu l’aime ? Shannon. Cette fille, parfaite inconnue que tu as transformé pour te donner bonne conscience ? Est-ce qu’elle sait au moins qui tu es vraiment Elijiah ? J’en sais rien, et sincèrement ? Je m’en fous. Écrasant mon mégots dans le cendrier je suis aller embrasser Zoé sur la jour.

« Je te revaudrais ça ma douce. »
« Pas de problème. Tu ne me dois rien Zicky. Aller disparais. Fais attention sur la route. »

Zoé me lance son plus beau sourire surplombé d’un charmant clin d’œil. Je ne lui dois rien. Bien sure que si je lui dois tout un tas de chose. Bien plus qu’elle ne le pense. Attrapant ma veste en cuir j’allais sortir de la banque de sang quand je suis tombé sur Eliot et Guillaume. Fixant le T-shirt trempé de sang d’Eliot. Je savais qu’ils étaient de Raid avec Nick.

« Qu’est-ce qui c’est passé ? Où est Nick ? »
« Du calme joli cœur, il va bien ton Jules. Cela dit le gars qu’on a ramené lui, c’est autre choses. Faudrait que tu passes à l’hôpital. Nick t’y attend. Il a rien je te jure. »

Par pour autant rassuré je me suis précipite à l’extérieur, mettant les gaz sans prendre le temps d’enfiler un calque. Nick n’avait rien, sans doute, mais il n’empêche que je me rongeais les sangs à chacune de ses nouvelles expéditions et que je n’aimais pas le savoir en danger. J’ai pu sentir mon téléphone vibrer dans la poche de mon jean, mais je n’ai pas pris le temps de regarder. Je savais, je sentais que c’était lui, et tout ce que je voulais c’était le retrouver, m’assurais qu’il allait bien. Qu’il n’avait pas été blessé par ces enfoirés de Tullamore. Avec eux, je m’attendais à tout. Tellement. C’était des monstres. Me garant à l’arrache devant le château j’ai couru jusqu’à l’hôpital. Je savais que j’aurais dû passer par la zone décontamination mais je ne l’ai pas fait. Oubliant le protocole. J’en avais tellement rien à faire dans ce genre de circonstance. J’avais besoin de vérifier que tu allais bien, qu’on ne t’avais pas toucher, que tu n’étais pas en danger. Pas contaminé. Je te jure putain, j’en crèverais si je te perdais. Il était temps que tu t’en rende compte Nick Murphy. Franchissant la porte de l’hôpital j’en enfilé ma blouse blanche à l’arrache, venant me pendre à ton cou quand je t’ai enfin vu. Tu avais l’air d’aller bien. C’était tout ce qui m’importais. Posant mes mains sur tes joues je t’ai regardé, paniquant quand j’ai vu que tu étais tâché de sang.

« Putain Nicky qu’est-ce qui c’est passé ? T’es blessé ? »

Oubliant complètement la présence du blessé, j’ai simplement commencé de faire un check up. L’adrénaline, j’en sais rien. Jusqu’à ce moment où je ne sais pas. Je l’ai ressenti. Le lien du sang est indestructible à ce qu’on dit ? Relâchant Nick j’ai tourné la tête vers toi. Toi, allongé là, sur le lit. Dans un salle état. Je crois que si mon cœur battait encore dans ma poitrine il aurait fait un bon énorme. Il se serait sans doute emballé. Sans doute, même certainement. Elijiah. Tu avais toujours le chic de te foutre dans de drôle de situation mais là tu avais fait très fort. Relâchant Nick je t’ai observé, là, dans un état semi comatique. Enfilant des gants pour simplement commencé de t’observer. Tu n’avais rien de grave. Tu étais juste affamé, complètement, et du coup ton corps refusait de se régénérer. Quand est-ce que tu allais enfin comprendre que ton pèlerinage ne servait à rien ? Tu cherchais quoi ? De la compassion ? Comme toujours ? De l’intérêt ? Tu voulais qu’on te prouve combien on t’aimais en te sauvant la vie ? Ce que tu pouvais adoré ça hein, te faire sauver. Et toi Elijiah ? Qu’est-ce que tu allais enfin arrêter et sauver les autres ? Je me suis reculé, m’allumant une clope, regardant Penny, une des infirmière.

« Donnes lui deux milligrades de morphine pour la douleur. Il a besoin d’une sonde de gavage. Deux seringues de sang devrais suffire. Apportes moi ce qu’il faut je vais la lui installer. On va le garder en observation 48h, vois si une chambre dans l’aile sud est disponibles. »
« Tu fais pas les testes Zick ? Pour voir si... »
« Non. Il n’est pas contaminé. Il est juste… Non rien oublie. Vas me chercher le matos s’te plait. »

Nerveusement je me suis passé une main dans les cheveux. Regardant Penny partir en trombe pour aller me chercher tout ce dont j’avais besoin. Mal à l’aise, je me suis tourné vers toi, coupé de toute envie de tout un tas de chose. Te fusillant limite du regard sans le vouloir. Désolé, ne m’en veux pas de me montrer froid soudainement. Mais t’avais pas idée de qui tu venais de ramener là. Fait chier. Je me suis laissé tomber sur une chaise après avoir retiré mes gants, m’allumant une clope malgré le panneaux « interdiction de fumer ». J’en n’avais rien à foutre. C’était pas comme si on risquait de crever d’un cancer du poumon.

« Je te présente Elijiah. Elijiah Hassan Jazeem. Mon tendre et très chers Sire. T’aurais dû le laisser crever sur le bitume. »

Si je pensais un seul mot de ce que je disais ? Bien sûre que non. Non, je n’en pensais pas un mot. Mais j’étais amer. Je crois que je n’aurais jamais dû lire son recueil de je ne sais quoi. Confession intimes qui était censé le rendre… Plus humain. Je me suis fait engueulé par Penny à son retour. Lançant mon mégots dans un gobelet d’eau avant de me relever pour aller faire ce que j’avais à faire. Attrapant la sonde de gavage, j’ai penché sa tête en arrière, lui enfilant les tube dans les narines pour les faire descendre jusque dans la gorge. Ralliant tout ça à la seringue de sang avant d’enclencher la machine. Bien, si tu ne voulais pas te nourrir nous on allait le faire. Si ça faisait mal ? Non. On utilisait ce procédé sur les nourrissons quand ils étaient malade et dans l’incapacité de se nourrir au biberon. Suite à quoi je t’ai posé une perfusion de morphine dans le but d’apaiser ta douleur. Oui, les vampires ressentais les effets des drogues et donc, ce genre de traitement marchait sur nous. C’était évident. Attrapant une feuille de dossier, j’ai commencé à remplir les encadré, revenant m’asseoir sur la chaise. Nom, prénom, date de naissance, bref, un vrai dossier médicale. Sans relever les yeux de ce que je faisais, j’ai simplement ouvert la bouche.

« Tu devrais m’attendre chez nous, je vais attendre qu’il se réveil pour lui expliquer ce qu’il se passe. Je te rejoins vite promis. »

Déposant le calepin je me suis relevé, revenant à ta hauteur, t’attrapant par la taille pour t’embrasser avec passion. C’était vendredi après tout, et je ne voulais pas que tu t’inquiète ou que tu te poses tout un tas de questions. Tu étais vraiment très fort pour ça. C’était certain. Finissant par te sourire après avoir mordillé ta lèvre inférieur pour finir par te murmurer de simples mots dans un son presque inaudible. Toi seul pouvait les entendre.  

« Je t’aime… Je suis désolé d’être un peu con parfois. Je fais vite et ensuite on l’aura notre nuit d’accord ? »

Je t’aime. Oui… Je t’aimais. Mais ça ne m’empêchait pas de me sentir un peu largué de temps en temps.  



©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach


I'LL SING IT ONE LAST TIME FOR YOU. THEN WE REALLY HAVE TO GO. YOU'VE BEEN THE ONLY THING THAT'S RIGHT IN ALL I'VE DONE. AND I CAN BARELY LOOK AT YOU. BUT EVERY SINGLE TIME I DO I KNOW WE'LL MAKE IT ANYWHERE. AWAY FROM HERE. LIGHT UP AS IF YOU HAVE A CHOISE. EVEN IF YOU CANNOT HEAR MY VOICE I'LL BE RIGHT BESIDE YOU DEAR
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De la main de Nick Murphy signé le Lun 9 Oct - 1:27

You save yourself or you remain unsaved

Murphy & Elijiah


Quelques minutes à peine après avoir envoyé le message, Nick vit déjà Ezechiel débarquer dans la pièce. Il arqua un sourcil, surpris par sa vitesse, avant de songer que son amant avait dû se mettre en route avant même de recevoir son texto. Décidément, quel timing. Alors qu'il l'accueillit d'un sourire, il fut troublé de saisir une telle inquiétude sur son visage. Quand Zick s'enquit aussitôt de son état, il tenta de le rassurer en secouant doucement la tête, à la fois touché et amusé.

« Je vais bien, Zick... Ce n'est pas mon sang. »

Il désigna l'homme allongé d'un geste du menton. Hassan. Tout allait bien s'enchaîner, finalement. Zick le soignerait, ils rentreraient ensemble et ils auraient largement assez de temps pour s'enlacer pendant le reste de la nuit. Tout du moins, c'étaient là ses intentions, mais à en juger l'expression de sa moitié, quelque chose n'allait pas. Nick sentit une brusque angoisse s'emparer de lui. Était-il contaminé ? Pouvait-il le deviner d'un coup d'oeil ? Intrigué et inquiet, il s'approcha d'un pas, prêt à lui demander ce qui semblait le troubler, mais face au regard noir que lui jeta Zick, il n'osa pas ouvrir la bouche. Avait-il fauté, tout compte fait ? Passé l'inquiétude du moment, Zick nourrissait-il à présent un peu de rancune face à cette soirée gâchée ? Nick pinça les lèvres d'un air coupable. C'était une réaction qu'il n'avait pas prévue. Il chercha nerveusement une excuse dans sa tête, s'efforçant de penser aux arguments qui vaudraient face à la colère de Zick. Cependant, avant qu'il ne puisse commencer à trop paniquer, il eut vite une explication à cette réaction inattendue. Nick en resta pantois. Elijiah. Cet homme qu'il avait sous les yeux, qu'il avait sauvé des griffes de Tullamore... C'était Elijiah. Le Sire de Zick. Le terrible souvenir. L'affreux vampire. Jamais il n'avait su poser un visage sur ce nom lourd de sens. Et jamais il ne se serait douté qu'il le ferait dans un moment pareil. Murphy cligna bêtement des yeux. Une fois, deux fois. Merde. C'était le cas de le dire, merde. Il avait définitivement et irrémédiablement merdé, pour le coup, sauvant héroïquement la vie d'un homme qui avait détruit son amant avant de bousculer par la même occasion leur emploi du temps pourtant habituellement si plaisant du vendredi.

« Oh, mince. »

Ce fut tout ce qu'il parvint à souffler, encore sous le choc. Il n'aurait jamais cru que... Nick secoua la tête en passant une main dans ses cheveux. Il se sentait trahi et stupide. Trahi parce que cet homme s'était présenté sous le nom de Hassan. Stupide parce que sa bonté naïve l'avait mené à cette situation précise. Ce demi-mensonge avait des conséquences lourdes. Si Nick avait su... S'il avait su... Alors quoi ? L'aurait-il sauvé ? Probablement. Ramené de force au château ? Potentiellement. Appelé Zick au secours ? Certainement pas. Nick savait qui était son Sire, et bien qu'il ne nourrissait pas une haine profonde pour cet individu, il avait tout de même quelques ressentis. Il avait blessé celui qu'il aimait, après tout. Et vu l'état dans lequel il avait retrouvé Zick l'autre vendredi, la plaie était encore béante. Il ne pouvait décidément pas rester indifférent à la situation. Nick n'avait qu'une obsession : rendre Zick heureux. Et Zick ne semblait pas heureux, quand il s'agissait d'Elijiah. Murphy en avait tiré ses conclusions : mieux valait le tenir loin de son Sire. Ils n'avaient besoin que l'un de l'autre, et de personne d'autre. Il ne voulait pas qu'Elijiah fourre son museau entre eux et continue de tourmenter son amant. D'ailleurs, qu'est-ce qui disait qu'il ne recommencerait pas ? Qu'il ne lui briserait pas à nouveau le coeur ? Non, Nick en était certain, il ne pouvait pas faire confiance à celui qui aurait dû guider sa création plutôt que de la détruire. Son regard alla de Zick à Elijiah, de Elijiah à Zick. Il n'aimait pas trop les laisser seuls dans la même pièce. Pas qu'il craignît qu'il se passe quelque chose entre eux - bizarrement, il n'y croyait pas, surtout si le concerné restait inconscient - mais plutôt qu'il avait peur pour la santé mentale de son amant. Il ne souhaitait pas le retrouver de nouveau en pleurs.

Nick dévisagea un instant Elijiah, silencieux. Il avait de la chance de s'être évanoui. Réveillé, Nick en aurait profité pour lui confier ses quatre vérités. Il n'était pas violent pour deux sous mais quand il s'agissait de Zick, il pouvait perdre le contrôle. Il l'aimait à en perdre à la raison. Au point qu'il oserait défier un vampire de plusieurs centaines d'années pour le tenir loin de lui. De toute façon, dans l'état dans lequel il se trouvait, peu importait son âge, il n'avait pas grand-chose d'intimidant. Nick l'avait imaginé tellement différent. Il était troublé. Il n'avait pas l'air de lui ressembler, ni physiquement ni mentalement, et le fait que Zick ait pu s'amouracher de l'un comme de l'autre le perturbait un peu. Il avait envie de lui demander ce qu'il avait pu lui trouver. Il se demandait si un jour Zick s'en irait pour un homme encore totalement différent. Et il prenait conscience qu’il allait devoir rentrer seul en laissant son amant en compagnie d’un homme qui finalement, ne lui inspirait plus du tout confiance. Tu parles d’un vendredi. Il avait tout gâché. Nick pinça les lèvres, un peu contrarié, à la fois contre lui-même et contre Hassan – enfin, Elijiah. Un peu consolé par la douceur de Zick, il l’attrapa par la taille pour coller tendrement son front au sien.

« Moi aussi, je t’aime… Je suis désolé, je suis trop nul, je savais pas que… Enfin. » Il soupira, résigné. Que pouvait-il y faire, maintenant ? « Reviens-moi vite, mon amour. »

Il prit sa main et la porta à sa bouche pour embrasser ses phalanges. Sans vraiment le vouloir, il se sentit agacé de savoir que ces mains avaient pu toucher cet homme. Il était jaloux. Jusqu’ici, il ne l’avait pas vraiment été, c’était stupide d’être jaloux d’un mort, mais oui, depuis qu’il avait appris par le biais de Zick que son Sire était encore en vie, il était jaloux. Il serra Zick contre lui et lui donna un baiser passionné, comme pour prouver à Elijiah qu’il était son nouveau mec maintenant – il réalisait pourtant la stupidité de son geste puisqu’un homme inconscient pouvait difficilement percevoir le message. Il n’avait pas très envie de partir mais il ne voulait pas déranger Zick dans son travail et puis, il s’en doutait sans vraiment vouloir se l’avouer, mais quand Elijiah se réveillerait, il avait peut-être des choses personnelles à lui dire. Des choses entre Sire et infant. Des choses qui ne le regardaient pas, même si ça l’agaçait terriblement. Nick reprit l’arme posée sur la petite table près du lui. Celle d’Elijiah. Juste par précaution. Il la rangea dans sa poche et s’éloigna en direction de la porte.

« Fais attention à toi. », Souffla-t-il ensuite à Zick avant de quitter la pièce.

Une chose était sûre, en tout cas. Ces derniers temps, leurs vendredis étaient désastreux.




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« You save yourself or you remain unsaved » Feat Elijiah

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