The Island of the damned est un forum post Apocalyptique rassemblant un grand nombre de créatures surnaturelles.
 

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 How can you see into my eyes like open doors ? [PV Elijiah]

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Cette fatigue, et cette faim … Encore et toujours … Je commençais vraiment à penser que l’une n’allait pas sans l’autre ! Et franchement, autant dire que cela devenait compliqué à gérer à la maison ! Alors oui, j’allais de plus en plus chez Elijiah, ce n’était probablement pas la meilleure solution, mais je savais pas quoi faire d’autre ! Lui au moins il ne risquait pas de me mettre à la porte lorsque je lui avouerais que j’étais affamée, d’autant qu’il savait exactement ce qu’était ce manque, ce besoin …

Peut-être manquais-je juste de confiance en mon frère ! Ou alors est-ce que je me cherchais des raisons d’être plus souvent avec Lui ? Oh et puis, franchement, on s’en fou ! J’aimais trop être avec mon Sire, nos conversations étaient toujours enrichissantes, nos silences jamais embarrassants, et les moments ensemble m’apaisaient … J’arrivais à penser à autre chose qu’au sang lorsqu’il me regardait, même si je savais faire abstraction de cette idée 99% du temps … Sans lui, ce n’était que des passe-temps ! Comme lorsque vous avez mal quelque part et qu’on vous dit de penser à autre chose … La douleur reste là invisible, vous la sentez même si vous vous efforcez de ne pas y songer ! Et bien seule sa présence me faisait l’oublier, cette douleur …

Ce soir, j’avais pris deux poches de sang, les avais mises dans mon sac et j’étais partie en laissant un petit mot à Guillaume, lui disant de ne pas s’en faire mais que je risquais de ne pas rentrer avant quelques jours. Sans savoir ce que j’allais faire, j’étais persuadée qu’Eli ne m’empêcherait pas de rester avec lui plus d’une journée, mais je savais que j’avais besoin de m’éloigner un moment. Mon fantôme de Créateur pouvait être d’une compagnie très calme lorsque j’en avais besoin, et cette sérénité, nul autre n’avait la patience nécessaire pour me l’offrir !

J’arrivais devant chez lui un peu tard, j’avais trainé dans les rues en espérant que mon frère ne m’en voudrais pas d’avoir déserté, tout en sachant qu’il savait très bien où me trouver si besoin était. J’avais évité les rues trop fréquentées, les banques de sang, les endroits où je pouvais croiser des connaissances, et j’avais emprunté un chemin plus fastidieux d’une route que je découvrais en même temps que mes jambes ! Inévitablement j’étais très détendue en poussant sa porte, souriant en reconnaissant l’odeur caractéristique que je m’étais habituée à aimer depuis deux ans, la sienne, avec une pointe de bois et de poussière. Et puis j’avais refermé après un bref coup d’œil à la rue … Personne.

Après avoir fermé les yeux, j’appuyais mon front sur la porte close, inspirant profondément pour m’imprégner de ces lieux familiers, soulagée d’être ici et me sentant presque libérée sans parvenir à savoir de quoi exactement … Et puis je rangeais mes idées débiles dans un coin pour m’engager dans la pièce de vie, si tant est que l'on puisse dire qu'il y avait un semblant de vie en ces lieux !

Je reconnus les formes de son corps allongé sur son lit, sans aucun doute du fait de l’absence de drap ou de couverture, et j’esquissais une expression de lassitude en reconnaissant bien là sa propension à offrir tout ce qu’il possédait. Fût-il persuadé de devoir donner son propre toit que je suis sûre qu’il le ferait ! Mais il savait que pour continuer d’aider les autres il devait garder un endroit où ils pouvaient le trouver sans trop chercher … Un jour quand j’arriverais il n’y aurait probablement même plus de lit !

Je déposais négligemment mon sac sur la table, fit le tour de la pièce sans bruit pour trouver un ou deux morceaux de bois, juste de quoi raviver le feu pour éviter l’hypothermie. Et lorsque l’âtre suffit à me réchauffer les mains, je m’autorisais un regard plus approfondi sur Eli.

Entre sa position inhabituelle et le fait qu’il ait à peine bougé à mon arrivée, il me semblait évident qu’il était sorti ce soir, mais qu’est-ce qui avait bien pu le pousser à aller dehors, ça … J’étais bien curieuse de le savoir ! Je m’approchais donc en avisant un peu plus les détails, son sweet avait été jeté sur le dossier d’une des chaises mais été tombé, et il ne l’avait pas ramassé avant de s’allonger … Donc il était trop crevé pour s’embarrasser de ce genre de détails. Soit !

Un rapide coup d’œil là où il avait pris l’habitude de ranger son journal m’apprit qu’il n’était plus là … En voilà du changement en une seule soirée ! Je fis donc le dernier pas me séparant encore de son corps endormi, ou plutôt devrais-je dire comateux, et je retirais mes chaussures pour me glisser contre lui. Un frisson m’échappa lorsque je touchais sa peau glacée du bout des doigts et je me mis en devoir de lui apporter autant de chaleur que je le pouvais pour le faire émerger doucement, sans le brusquer … Inutile de lui faire peur ! Même si j’étais sûre qu’il savait très bien inconsciemment qui se trouvait contre lui …

Sans réfléchir davantage, je me blottis dans son étreinte endolorie, venant poser ma tête au creux de son cou après avoir déposé un rapide baiser sur sa joue dans un souffle chaud … Peu importe le temps qu’il mettrait à se réveiller, je serais là pour lui …


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Je dormais. À moitié. D'un sommeil agité. Patraque et complètement détraqué. Encore sous le coup de l'émotion en fait. Essayant de voir un peu plus clair au travers du linceul de brume recouvrant désormais mes rêves. Couché sur le dos. Une main posée sur mon ventre et mon autre bras reposant le long de mon corps. En proie aux plus effrayantes des terreurs nocturnes. La faute à ces maux de têtes qui n'en finissaient plus de brouiller tous mes sens.

Dis-moi Shannon, dis-moi. Depuis combien de temps est-ce que je me berçais d'illusions ? Enfermé ici. Entre les quatre murs de cette maison. Dis-moi à quel moment j'avais renoncé.

Tu sais, je l'avais vu ce soir. Ezechiel. Je lui avais parlé. Je l'avais même touché. Me retrouvant dans ses bras, plus vulnérable que jamais. Puis va savoir pourquoi je m'étais mis à penser à toi. Avec ce petit air sérieux que tu affichais quand tu me disais que tu ne pensais pas que tous les deux, on soit fait pour finir ensemble. Tu sais. Qu'il n'était pas le meilleur choix possible. Qu'entre lui et moi, ça te paraissait “trop”. Trop fort. Trop puissant. Trop violent. Trop plein de choses contradictoires et destructrices. Puis aussi que j'avais besoin de quelqu'un qui sache m'apaiser. D'une personne capable de me calmer et qui ne vienne surtout pas me ficher un coup au moral à chaque regard. Au fond, je crois que je t'écoutais bien plus que je ne l'aurais voulu. Et qu'à mes yeux, ton avis pesait lourdement dans la balance. Parce-que toi tu étais là. Présente et à l'écoute, depuis deux ans déjà. Parce-que toi, tu me regardais comme Amarok le faisait à l'époque. Peut-être encore aujourd'hui d'ailleurs. Je ne me rendais plus vraiment compte. Tout ce que je voyais à travers vous, c'était tous ces mondes de douceur et de patience qui constituaient mon univers. Je vous aimais, tellement fort. Alors aide-moi une dernière fois. Aide-moi à me sortir de mes illusions et permets-moi de reprendre ma place de sire. J'étais un homme. Un homme aux rêves brisés certes, mais un homme quand même. C'était mon rôle de te protéger, de veiller à ce que tu ne manques de rien. Pas le contraire. Pourtant, en sachant que tu venais souvent partager mon lit, j'avais donné ma couette et mes draps à d'autres. Sans me soucier que tu puisses avoir froid. Je déraillais Shannon. Lentement, mais sûrement. Coupé de tout. Isolé de tout le monde. Exclus. Reclus. Par choix.

Le choix le plus difficile qui soit. Sauf que ça devenait pesant toute cette solitude dans laquelle je me complaisais. La paix avait un prix bien trop élevé à payer. Je me sentais vaciller. Mes décisions, mes convictions, tout ça me paraissait si désuet à présent. J'avais mal. Mal comme le jour où il m'avait fallu le quitter. Pour nous sauver. Seulement ça, il ne voulait pas le comprendre. Je restais le mec infidèle, menteur, lui ayant piétiné le cœur. Ce qui était vrai. Je serais toujours coupable. Toujours. Pas que je me cherche des excuses. J'assumais. Je reconnaissais mes torts et j'étais prêt à en subir les conséquences. En acceptant qu'il ait trouvé mieux ailleurs. Même si ce n'était pas très agréable de se sentir mis de côté. Bien sûr, j'avais disparu. Bien entendu, il avait le droit de refaire sa vie. Je ne le lui reprochais pas, après voilà. Peut-être que moi aussi je devrais commencer à l'envisager. Tu ne crois pas ? Shannon. C'est là que je t'ai entendu entrer. Dans un grincement de porte lugubre. Maudit gonds. J'allais devoir les graisser, pour ne pas changer. Plus tard. Quand je serais à nouveau capable de rouvrir les yeux et que mes paupières se décolleraient. Oui, plus tard. Pour l'instant, je me contentais d'écouter le bruit léger de tes pas. Bougeant à peine. Inquiet devant ta réaction en découvrant mon matelas. Privé de toute forme de chaleur ou de confort. La seule couverture qu'il me restait se trouvant chez une voisine qui avait gentiment proposé de me la laver. En échange des services rendus. Donnant-donnant. Ou plus simplement, par pur esprit de solidarité. Pour sûr, je ne manquerais pas de la remercier. Enfin, là tout de suite, j'attendais que tu te décides à me rejoindre. Suivant tes déplacements à l'instinct.

Je te savais curieuse, mais par-dessus tout observatrice. Aucun détail ne t'échappait en principe. Et je ne savais jamais si c'était une bonne chose ou pas. Sérieusement. Avec toi, garder un secret relevait quasiment de l'impossible. Ça m'exaspérait parfois, vraiment. Même si quelque part, ça avait quelque chose de rassurant. Les hommes aimaient que les femmes s'occupent d'eux. Bref. Je t'ai laissé déambuler à ta guise jusqu'à ce que tu viennes te blottir contre moi. M'apportant ma dose de réconfort et de bien-être. Finalement, peut-être que le château serait une solution pour nous. Pour que tu puisses vivre décemment. Tant pis si pour ça, je devais reprendre mes anciennes activités. Tu le méritais. On devrait en parler.

Pour l'heure, je voulais juste profiter du moment. Ici et maintenant. Ne sachant plus du tout où j'en étais. Terrorisé à l'idée de te perdre. Dans un état second. Réfléchissant à nous. Nous…

- Est-ce que ton frère sait que tu es là ?

Ton frère qui me haïssait. J'espérais sincèrement ne pas le voir débarquer. Parce-que tu l'aimais et que moi, je t'aimais toi. Du coup, je t'ai posé la question. La voix enraillée. Tout doucement. De manière presque inaudible, pas sûr d'être réveillé. Pas sûr de vouloir me réveiller plus exactement. Bien là. Esquissant un début de sourire lorsque tu déposais un baiser sur ma joue. Ma joue se calant ensuite contre ton front. Tandis que je t'enlaçais. Osant à peine poser mes mains sur toi et laissant mes doigts glisser sur ton joli visage. Appréciant ton grain de peau et sa perfection. Comment tu faisais pour me donner l'impression de ne jamais être froide alors que bon, nous l'étions tous. Toi et tes mystères. Tes mystères ou tes miracles.

D'accord. Tu avais conscience de l'ambiguïté de notre situation ? Va savoir pourquoi ça me sautait aux yeux spécialement ce soir. Mes yeux que je gardais fermés. Heureusement que j'avais gardé mon tee-shirt. Heureusement. Pieds nus, le bas de jogging que j'avais porté pour sortir. Le tout me couvrant tout entier...
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Pourquoi est-ce que j’aimais tant sa compagnie ?! Si je me fiais uniquement à notre histoire, je n’étais pas sa première infante, alors pourquoi est-ce que j’étais la seule à éprouver un tel manque de lui, au point de ne pas pouvoir m’empêcher de venir le trouver ?! Bien sûr je savais que son propre passif était à l’origine de l’éloignement d’Ezechiel, mais est-ce que notre seul lien était la source de mon attachement ? De ce besoin quasi-permanent que j’éprouvais de savoir comment il allait ou ce qu’il faisait …

Sa voix éraillée me tira un sourire alors que je me blottissais contre lui, il posait toujours cette question lorsque j’arrivais … C’était presque une habitude chez lui, s’assurer que quelqu’un savait où je me trouvais. Comme s’il pouvait m’arriver quelque chose ici ! Aussi étonnant que cela ait pu me sembler, je lui offrais une confiance aveugle. J’aurais échangé ma vie contre la sienne si j’avais eu la certitude qu’il n’en mourrait pas lui-même.

Mais cet homme magnifique n’était pas encore prêt à vivre, et je m’en voulais parfois de ne pas parvenir à lui donner cette envie. Je ne l’avais jamais vraiment connu capable d’assumer une existence normale, sans quête d’un pardon qui ne viendrait probablement jamais … Je ne perdais pas espoir, bien sûr, mais je devais reconnaître que mes tentatives désespérées pour le faire se relever commençaient à m’épuiser ! Le sentiment de rejet découlant de tous ces échecs abîmait mes réserves, même si ma patience et mon envie de le voir sourire n’en étaient jamais entachés !

Je vins le chatouiller légèrement du bout du nez, optimiste malgré ces idées noires, et d’un sourire je lui fis la même réponse qu’à chaque fois. Tout en conservant une proximité apaisante avec son corps.

- Bonjour Eli, moi aussi je suis contente de te voir !

J’appréciais autant ces moments où la taquinerie prenait le dessus que ceux où seuls le silence et ses doigts sur ma peau semblaient exister. Je fermais les yeux un instant, profitant de la sensation délicieuse de sa main se déplaçant pour venir m’enlacer tandis que je me calais confortablement dans son étreinte. En cet instant précis, plus rien d’autre ne comptait que nous … J’étais habituée à ce degré de dévotion de ma part, à cette sensation d’absolu lorsque j’étais dans ses bras, mais l’habitude n’enlevait rien à la force de ces sentiments.

- Oui, j’ai laissé un mot à Guillaume, il n’était pas encore rentré quand je suis partie en début de soirée. Comme si j’avais besoin de m’expliquer à mon âge … Tu veux bien que je reste avec toi quelques jours ?

Je n’attendais pas de réponse négative, cette question était une pure rhétorique de ma part, il ne refuserait jamais. Et même s’il le voulait, je ne le laisserais pas me tenir éloignée de lui alors qu’il me semblait clair qu’il allait avoir besoin de parler, même s’il n’en avait hypothétiquement pas envie pour le moment ! J’avais mon propre caractère et ma conduite je ne me la laissais pas dicter d’ordinaire … Même si le seul que j’aurais probablement écouté sur ce dernier point était celui-là même que j’aimais à provoquer par mon insolence !

Ses doigts effleurant mon visage, l’unique contact qu’il s’autorisait avec moi, et toujours un bonheur et une douleur en même temps … Les rares marques d’affections que j’obtenais de lui étaient de véritables joyaux pour mon pauvre cœur et je tâchais toujours de ne pas briser ses instants magiques où mon monde trouvait un sens auprès de Lui. J’en avais besoin comme de sang, peut-être même étais-ce là la raison pour laquelle je parvenais à ne pas avoir faim en sa compagnie, j’éprouvais une autre forme d’appétit auprès de Lui …

Je relevais la tête délicatement, imaginant peut-être naïvement que je tomberais dans ses iris aux reflets d’une douceur sans pareille. Mais je ne vis que son visage encore embué d’une émotion violente, des plis de contrariétés à la commissure de ses lèvres, et des cernes … Toujours ces cernes … Preuve de ses maux de têtes et de son régime ultra-restrictif ! Que des bêtises !

Pourquoi fallait-il que tu sois incapable de dormir d’un sommeil réparateur et bienveillant ? Tu en avais besoin plus que de raison, alors pourquoi ne jamais lâcher prise avec tes démons ? Je pourrais t’aider si seulement tu l’acceptais ... Mais non, comme toujours, tu voulais expier seul … Tu sais, on a tous le droit au bonheur, à une deuxième chance. Mais me répéter ne changerais rien, tu sais déjà ce que je pense !

- Tu as décidé que la chaleur c’était surfait pour te coucher sans te couvrir ?

Ma note d’humour trouva écho dans ma tête, j’avais besoin de le voir perdre ce masque tourmenté. Besoin de savoir que j’étais capable de le faire sourire, peut-être même rire. Je savais qu’il ne se laissait pas aller ainsi avec tout le monde, et pour s’en sortir il avait cruellement besoin de patience, de douceur et d’amour. J’étais plus que disposée à les lui offrir, et ma seule manière d’abattre ses barrières était de me réfugier derrière ces seules preuves que ma présence lui importait vraiment … Ses regards empreint d’une détermination sans faille, son approbation lorsque je faisais ce qu’il attendait de moi, ses mots plein de défi pour me forcer à abonder dans son sens ou à laisser tomber … Et par dessus tout à ses sourires lorsqu'il trouvait que mon honnêteté était un cadeau !

Ma main vint dessiner les contours de son visage, d’un geste doux et délicat, évitant soigneusement les marques de cette fatigue qu’il n’acceptait pas de laisser filer, tout en lui offrant tout le loisir de venir trouver mes prunelles s’il en avait la moindre envie. J’avisais son léger sourire encore en coin en réponse à mon rapide baiser et mon expression se fit plus tendre tandis que j’attendais qu’il décide s’il voulait me parler de sa soirée ou non.

Forcer un homme à s’ouvrir n’a jamais donné le moindre résultat.


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Tiens…

Prends-toi ça dans la tronche Jazeem : “Bonjour Eli, moi aussi je suis contente de te voir ! ” Direct. D'entrée de jeu. Parce-que comme toujours avec toi, ça ne tardait pas à fuser. Histoire de me mettre dans l'ambiance je suppose.

Tu crois peut-être que je ne le devinais pas ton embarras à chaque fois que je te posais cette question. Mais c'était nécessaire. Il en allait de ta sécurité et de ma tranquillité. Ton frère ne m'aimait pas. Seulement, je ne voulais pas qu'il s'inquiète pour rien. Il était ton sang, ta famille. En cela, je le respectais. De sorte que je préférais qu'il ne se pointe pas ici pour me faire un scandale si tu venais à disparaître on ne sait où, avec je ne sais qui. L'idée de me buter l'obnubilait, et je m'en voudrais de devoir lui démolir sa jolie petite gueule de séducteur.

Shannon, excuse-moi…

Qu'est-ce qui m'arrivait ? Je ne me souvenais plus à quand remontait la dernière fois où j'avais nourri ce genre de pensées. Peut-être tout simplement que j'étais en train d'émerger. De refaire surface. De sortir de mon état comateux. Grâce à toi mon ange. Puis l'habitude est une seconde nature il paraît. Au bout du compte, tu ne me connaissais pas. Toi, tu côtoyais le type généreux. Un peu effacé. Fragile. Tu ne savais pas à qui tu avais affaire en réalité. Malgré mes confidences. Veuf. Mari et père en deuil durant près de quatre siècles. Homme violé, bafoué, déshumanisé. Bourreau. Second de la fondation MacGregor et infiltré. Condamné à mort. Fervent croyant s'agenouillant devant son Dieu et en perpétuelle quête de rédemption. Tu ignorais encore tant de choses. Des choses que je redoutais de te montrer. Ta confiance m'importait plus que tout le reste. À ne pas en douter. aussi, te décevoir ou lire de la déception dans ton regard me serait insupportable.

Pourtant, je souriais un peu plus. Amusé. Continue, ne t'arrêtes pas. Ne me permets plus jamais d'avoir  peur quand je me trouve dans tes bras. Tes bras de femme. Me rendant toute ma virilité et cet esprit de domination que je brimais avec perte et fracas. Avec toi, je redevenais quelqu'un d'important. Sans les honneurs, ni la gloire. Sans devoir prendre les armes pour partir au combat. Tout était si simple. Si paisible. Alors, je riais. Du bout des lèvres. En sentant les chatouillements de ton nez. Oui, je riais au lieu de pleurer. Provoquant un étrange contraste entre cet éclat furtif de bonheur et le chagrin qui me dévastait à l'intérieur. Oubliant jusqu'à l'image pitoyable que je pouvais te renvoyer. Allongé là. Épuisé. Les larmes que j'avais versé un peu plus tôt dans la soirée me brûlant encore les yeux. Et toi, tu n'étais pas dupe. Si bien que je redevenais taciturne. Bouleversé. Comme suspendu par un fil dans le vide, hésitant à lâcher prise ou à me rattraper. Perdu. Coincé dans une impasse sans issue. Passif. Tout disposé à te laisser mener le jeu. Frémissant sous tes doigts, comme tu avais frémis au contact de ma peau froide. Je sentais tout. Je ressentais tout Shannon. Tout ce qui t'agitait, tout ce qui te tourmentait, tout ce qui te touchait de près ou de loin. Mes silences n'étaient en rien synonymes d'indifférence. Sache-le. Sache que je t'étais entièrement dévoué.

Dévoué, au point de perdre les pédales. Puisque papillonnant des paupières et battant des cils, je rouvrais enfin les yeux. Mes pauvres yeux qui te dévisageaient comme s'ils te voyaient pour la toute première fois. Déconnecté. Réagissant à contretemps. Tout en décalé. Ma main venant attraper la tienne pour stopper ton geste.

Qu'est-ce que tu dirais si j'entrelaçais nos doigts…

Trop tard. Déjà mes prunelles rencontraient les tiennes. Mes prunelles qui se dilataient pile au moment où des décharges d'électricité statique me picotaient l'échine. L'attraction Shannon. Le désir physique et charnel. Et sous leur emprise, je me redressais brusquement pour te faire basculer sur le dos. Gardant ta main dans la mienne, alors que mon corps s'écrasait sur le tien. Repousse-moi. Je souffrais, et t'entraîner dans mes emmerdes je ne voulais pas.

- Est-ce que tu as assez chaud là ?

J'étais possédé. Possédé par des forces qui me dépassaient. Non, je n'avais pas décidé que la chaleur c'était surfait. Le soleil ne m'aurait pas plus embrasé que toi en cet instant. Tu peux me croire. Puis, plaçant mon visage au-dessus du tien, je n'arrivais plus à détourner les yeux de tes lèvres. Un baiser. Rien qu'un baiser. Ce ne serait pas si grave. Un baiser de rien du tout, pour confirmer le déclic. Le déclic…violent. Brutal. J'étais désolé. Juste comme mes lèvres frôlaient ta bouche, je sursautais.

- Pardon...je…excuse-moi…je sais pas ce qui m'a pris...

Effaré, je te relâchais donc. Te rendant ainsi ta liberté de mouvements tandis que complètement paniqué, je me relevais. Reculant sans faire attention. Descendant du matelas au risque de me casser la figure. La preuve. Heurtant de plein fouet une chaise, j'évitais de justesse la chute en m'agrippant à la table je ne sais comment. Mes jambes ne me portant plus du tout, et les fourmillements engourdissant mes membres n'en rendant mon équilibre que plus précaire. Les mains tremblantes. Encore. On avait pas le droit de faire ça Shannon. Pas comme ça. Tu allais me détester toi aussi et les traits tirés, je tournais la tête vers toi. Essayant de noyer le poisson en changeant de sujet, mais en évitant soigneusement d'aborder tous les sujets importants.

- Si tu me disais plutôt ce qui s'est passé avec ton frère pour que tu viennes me demander l'asile politique. Ça va pas avec lui ? Tu sais que tu peux tout me dire…

L'hôpital qui se foutait de la charité alors que je n'arrivais pas à te parler même si j'en crevais d'envie. Pas après la connerie que je venais de faire. Tu penserais quoi ? Forcément que je t'avais sauté dessus parce-que lui ne voulait plus de moi. Seulement, ça n'avait rien à voir. Je ne me servais pas de toi comme d'une bouée de sauvetage. C'est juste que…j'en sais rien. Je savais plus. J'aurais voulu disparaître de la surface de la terre. Ce qui avait malheureusement tendance à sonner un peu trop vrai si tant est que l'on se fie à mon passif de dépressif suicidaire.

Tu sais quoi ? En attendant qu'on discute du château, peut-être que je pourrais essayer de retaper un peu cet endroit. En trouvant une pièce de rechange pour réparer le chauffe-eau déjà. Pour que tu puisses prendre des douches chaudes. Puis pourquoi pas trouver un sommier pour poser le matelas dessus. On ne pourrait pas éternellement dormir à même le sol. Surtout si tu devais rester ici pendant quelques temps, tout le temps que tu voudrais. Cette maison était la tienne. Et dès demain, j'irais faire le tour du voisinage voir si je pouvais éventuellement récupérer d'autres draps et des couvertures supplémentaires. Oh...avant que ça me sorte de la tête, j'avais une poche de sang pour toi. Sur les deux qu'Ezechiel m'avait donné, j'en avais gardé une. Dans mon sac. Balancé dans un coin, je me rappelais plus où.

Dis quelque chose…

Ne me laisse pas comme ça, hurle, gifle moi, prends-moi dans tes bras, mais pitié, parle. Avant que je m'effondre. Mais promis, demain tout irait mieux. Demain, je me reprendrais. Demain, je ne retournerais pas m'emmurer vivant dans ma culpabilité. Demain, je ferais mon possible pour devenir un homme nouveau. Un homme qui te plairait...
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Lorsque son sourire s’effaça, la tristesse que je lus sur ses traits m’agita intérieurement bien plus que je ne l’aurais souhaité. Je voulais lui montrer combien je pouvais être forte, que j’étais capable d’endurer les souffrances pour nous deux … Et au lieu de ça, j'étais complètement inutile puisque la peine refaisait surface sur son si beau visage …

J’aurais voulu le recouvrir de douceur, lui prouver que j’étais et serais toujours présente, mais lorsque ses yeux s’ouvrirent pour me livrer les secrets de son âme, le chagrin avait déjà pris la plus grande des places. Au moins, il n’y avait pas que cela dans ses iris … Plus les secondes passaient, plus j’y lisais une sorte de détermination féroce, comme s’il tâchait lui-même de reprendre le contrôle … Ce que, pour être tout à fait honnête, je ne l’avais jamais vu faire, ni même essayer ! Et cette prise de décision de sa part m’insuffla une bouffée d’espoir mal contenue qui me coupa le souffle, une chance que je n’en ai pas eu besoin … De souffle !

Mais lorsque sa main arrêta la mienne en plein mouvement, je sursautais presque devant la rapidité du geste qui contrastait diamétralement avec l’homme que je connaissais. Lui d’ordinaire si abattu, si malheureux qu’il en venait à souhaiter mourir parfois … Lui, qui ne se montrait fort que lorsque je rentrais dans l’équation … Lui, qui évitait toutes les prises de risques … Qui me surprotégeait parfois, mais avec une bienveillance si pleine d’amour et de bonté …

Je mis quelques secondes à comprendre ce qui venait de se passer, temps qu’il mit à profit pour enlacer nos doigts dans un geste si inhabituel de sa part … Enfin inhabituel pour nous, tout court d’ailleurs ! Même moi je n’osais pas me rapprocher autant du point d’équilibre fragile qui le maintenait près de moi ! Non, j’étais bien trop effrayée à l’idée qu’il fut pris de remords et me rejette comme tout ce que je pouvais tenter pour lui redonner goût au bonheur ! Il pouvait se montrer si sensible parfois, et l’expiation était comme une deuxième nature chez celui que je voyais presque tous les jours … Alors risquer de le perdre ainsi … Très peu pour moi !

Plus rien ne me semblait normal, j’étais pourtant certaine de savoir exactement qui me faisait face, mais c’est comme s’il était devenu une autre personne lorsqu’il avait posé le regard sur moi. Je n’avais pourtant rien fait pour justifier un tel comportement, j’avais même pu parfois me montrer plus difficile à restreindre …

Pourtant, ce fut le mouvement suivant qui m’éclaira sur la situation, aussi étrange que cela puisse paraître ! Un instant je ne comprennais pas ce qu’il se passait entre nous, et l’instant suivant je me retrouvais complètement prisonnière de la pression de son corps sur le mien, et totalement consciente de ce qui lui passait par la tête … Ok, sa soirée avait vraiment virée mauvaise pour le faire réagir ainsi !

L’ascenseur émotionnel ne s’arrêta pas en si bon chemin d’ailleurs ! Alors que le feu de mes entrailles s’adoucissait à l’éclairage de ma très récente compréhension, ses mots vinrent souffler sur les braises résiduelles … Muette, j’étais aussi muette qu’une carpe dans son étreinte qui me semblait brûlante malgré la fraîcheur de sa peau ! Sa jambe entre mes cuisses, ses prunelles éclairées d’une lumière et d’un appétit qu’il ne m’avait encore jamais témoigné, ses mains me maintenant dans une position de douce soumission, et son visage … Son magnifique visage, si proche du mien que l’odeur de sa peau envahit mes narines violemment, en m’apportant avec elle, autant de violence qu’il m’en montrait en ce moment même. J’étais incapable de bouger, pleinement consentante et paradoxalement paniquée à l’idée de ne pas agir comme il le voulait … Ou bien comme il le fallait ...

A croire que mes lèvres étaient un aimant pour lui ! J’étais presque affolée mais je voulais pourtant tellement qu’il continue … Et puis il effleura ma bouche, un quart de millième de seconde, pas suffisant pour étancher ma soif de lui, mais pourtant cette simple caresse, aussi légère qu’une plume lui fit l’effet d’un électrochoc … A ma plus grande tristesse devant ses mots synonymes de déchirure et de rejet … Encore une fois … Mais pourtant plus douloureux encore que d’habitude, de par son absence soudaine que je ressentais désormais comme une brûlure sur chacun des pores de ma peau.

Il s’éloigna si vite que lorsque je réussis à reprendre possession de mes membres, il était déjà debout, se maintenant à la table comme si sa vie en dépendait, arrivant presque parfaitement à faire comme s’il ne s’était rien passé. Mais quand il daigna lever les yeux vers moi, la culpabilité, la honte, la peur … Non, l’effroi qu’ils irradiaient … Me firent l’effet d’une douche froide et je compris avec une lucidité rare combien cela lui avait coûté de s’éloigner avant de franchir cette barrière invisible …

Les mots suivants ne me firent plus aucun effet, j’étais bien trop profondément ancrée dans ta douleur pour faire comme s’ils avaient un sens particulier. Tu cherchais seulement une échappatoire, mais pour une fois, je ne voulais pas te laisser faire. Tu ne devais pas renoncer à remonter à la surface, et même si je devais en souffrir, je te forcerais à trouver l’air qu’il te manquait !

Alors, pleine d’une détermination nouvelle, que je n’aurais pas espéré posséder quelques minutes plus tôt ... Je me relevais aussi, m’approchant d’une démarche assurée. Et ignorant les hurlements de mon corps et de ce manque nouveau qu’il ressentait, j’offrais toute la force de mon regard à ses prunelles tétanisées qui me faisaient face.

- Je veux seulement rester avec toi, mon frère n'a rien à voir avec ça.

Toutes ses pensées qui se bousculaient dans ta tête, tes yeux étaient des portes ouvertes sur ton âme par moment … Je voyais la rage en toi, mais aussi le doute, l’incertitude, la crainte … Et par-dessus tout, l’amour … Celui que tu ressentais pour moi, mais pas seulement, ta réserve prouvait que tu lui appartenais encore, Ezechiel, ou peut-être était-ce dû à Amarok, je ne savais pas encore … Ton âme se consumait devant l’afflux de ses sentiments que tu n’étais visiblement pas prêt à partager. Et sans le vouloir, sans même essayer, en culpabilisant à l’instant même où tes pensées envahirent mon esprit, je fermais les yeux en me coupant de toi aussi brutalement qu’avait été ton assaut un peu plus tôt. Tu étais parfois si aveugle … Je t’aimais déjà tellement ainsi …

- Parle-moi s’il te plaît.

Je fis le dernier pas qui nous séparait encore, le regard empreint d’une douceur et d’une patience que seules les stigmates de ta souffrance étaient capables de faire naître en moi. Et d’un geste à la délicatesse contrastant avec les envies que je refoulais, je vins caresser ton visage en t’octroyant toute ma confiance.

- Qu’est-ce qui s’est passé ?


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J'étais une plaie. Une plaie grande ouverte Shannon. Béante, suintante, qui risquait de te contaminer et de t'infecter dès lors que j'aurais la faiblesse de baisser ma garde. Alors comprends-moi bien, il ne s'agissait en aucune façon de rejet. Mais plutôt de te préserver, de te protéger. De te mettre à l'abri de ce déluge de feu et de glace venant s'abattre sur moi à chaque fois que j'avais la faiblesse d'aimer. Puisque tout ce que je touchais, je le détruisais. Ezechiel pourrait en témoigner. Il pourrait te dire, te raconter quel connard j'étais. Égoïste. Pathétique. Vas-y. Demande lui, toi qui espérais tant le rencontrer. Lui savait. Il savait à quel point et combien je pouvais me montrer nocif. Un vrai danger à l'écouter. Et il avait raison. Raison sur tout la ligne. De cela il avait fini par me persuader. D'ailleurs, à ses côtés je continuais à avoir du mal à ne pas me sentir diminué.

Chose bizarre. Bizarre oui, parce-qu'il n'avait jamais rien fait pour ça. Jamais ou presque pas. Pas que je me souvienne en tout cas. Au début, il était timide. Gentil. Il me donnait l'impression de m'accepter, moi, mes origines. Sauf que tout ça, tout ce que je croyais qu'il y avait entre-nous, notre relation, sauf que tout ça ne reposait que sur un amas de mensonges.

Et maintenant, maintenant que je devais te faire face Shannon, je lui en voulais. Parce-que tous ces vieux ressentiments qu'il m'avait fallu apprendre à enterrer pour vivre en paix étaient en train de refaire surface. Bien trop douloureusement. Comme si mes os se brisaient de nouveau les uns après les autres. Un peu comme si tous les cadavres planqués au fond de mes placards revenaient d'outre-tombe pour se venger. C'était idiot. Idiot puisque j'avais choisi de le quitter et que quelque part, je me doutais bien qu'il ne m'attendrait pas indéfiniment. Pourtant, je me sentais blessé. Profondément. Me montrer une photo de lui et de son mec, Murphy, je trouvais ça juste cruel. Mais sans doute pas plus cruel que mon comportement cette fameuse nuit où je ne m'étais pas retourné. Les abandonnant, lui et ma voiture en guise de cadeau d'adieu. Alors qu'il me suppliait de revenir, qu'il me hurlait de le pardonner. Pardonner quoi...après tout, j'étais coupable Condamné d'avance. D'un bout à l'autre, le seul et unique responsable de ce fiasco. Bordel ! Pourquoi Shannon, pourquoi fallait-il que tout me revienne ? Les coups. Les insultes. Les larmes et toutes nos étreintes ratées. Jusqu'à atteindre le point de non retour, jusqu'à ce qu'il me pense mort et qu'il me remplace. Qu'il refasse sa vie comme je l'avais moi-même fait avec Amarok.

Amarok. Avec lui, tout avait été évident. Dès le premier regard, le premier baiser, le tout premier sourire qu'on avait échangé. Du haut de ses dix neuf ans, ce garçon avait su me remettre d'aplomb. Avec sa force de caractère, son courage et son incroyable sagesse. Enfin, j'allais éviter de te rejouer le mélodrame. Il m'apaisait. Il me comprenait. Les jugements hâtifs, il s'en méfiait. Préférant les laisser aux pseudos-bien-pensants. Aux donneurs de leçons. À L'écoute, attentif, il n'hésitait pas à me recadrer. À me le dire lorsqu'il pensait que je faisais fausse route. Est-ce qu'il ne te rappelait personne…

Alors je t'en prie, par pitié, ne m'en veux pas. Ne me renie pas. J'avais tellement besoin de toi. J'ignorais si c'était de l'amour et  plus encore si je pouvais être amoureux de toi sans m'en rendre compte. Mais une chose de sûre, ce soir, plus rien ne m'apparaissait avoir le moindre intérêt. En dehors de nous. En dehors de notre réalité. Même si le fait est que je refusais tout simplement de me poser cette question là. Une question trop lourde de conséquences. En sachant que j'avais passé des mois entiers à lui écrire ce journal. Ce maudit journal qu'il ne lirait peut-être même pas, ou qu'il interpréterait dans le mauvais sens. Pour ne pas changer. C'était connu, tout ce que je faisais, tout ce que je disais, ne lui suffirait jamais. C'est horrible. Horrible de constater que rien ne serait jamais différent. Et te suivant des yeux, je te regardais te lever à ton tour. Restant désespérément agrippé à ma table, les doigts crispés et mes ongles courts raclant le bois jusqu'à limite me les arracher. Insensible. Happé par ton regard. Ce regard duquel je ne parvenais plus à me détacher. Fasciné par toute la détermination qui s'en dégageait. Est-ce que…tu étais vraiment décidée à te battre pour moi ? Pour nous deux. Je ne croyais pas le mériter. En refusant de donner à Elyas, mon premier infant, ce qu'il désirait, j'avais causé sa perte. Aussi, rien ne me garantissait que toi non plus je ne finirais pas par t'abîmer. Mon affection était un poison. Un poison impossible à canaliser, un poison qui néanmoins se diffusait déjà dans nos veines. Le tout accentué par la sensation chaleureuse de ta main apposée sur ma joue. Donc, ton frère n'avait rien à voir avec ça. Avec ta présence ici. Tu l'avouais, m'adressant une déclaration à peine voilée. Sans honte. La tête haute. Pansant mes cicatrices et m'enveloppant de douceur. Quitte à devenir un véritable roc, au détriment de ce que tu éprouvais

De sorte que je me répétais. Encore et encore. Mais n'oublie pas Shannon. N'oublie jamais que je sentais tout. Que tout ce que tu ressentais, que tout ce qui t'animait, te peinait ou tout ce qui te rendait heureuse, m'agitait aussi. Pas besoin de mots. Pas besoin. Je savais. N'oublie pas ça, promets-le moi. Tu sais, je te remerciais. D'avoir couper le lien, ce lien si particulier qui unissait ton esprit au mien lorsque je me laissais déborder par mes émotions.

Merci. Pour tout. Pour être là, pour ne pas me lancer la première pierre. Je te demandais pardon. Pardon de ne pas être prêt. De ne pas encore pouvoir devenir l'amant que tu espérais, l'ami, le confident. Celui qui te rendrait toutes tes lettres de noblesse et qui rachèterait les fautes de tous les hommes qui n'avaient jamais rien compris. Laisse-moi du temps. Même si deux ans c'est déjà suffisamment long comme ça. Accorde-moi juste un délai, pour me libérer de mes démons et puis surtout, surtout surtout surtout, plus que tout, il fallait qu'Ezechiel prenne une décision. Par honnêteté envers toi, je ne voulais pas te toucher avant. Te toucher et comme un imbécile, je me remettais à chialer. Fatigué, en bout de course. Comme un pauvre type apercevant enfin le bout du tunnel. Remué, rincé, démonté. Incapable de me contrôler. Que ce soit au niveau des nerfs, de l'incohérence de mes réactions et du flot de larmes qui dévalaient sur mes joues. Alors ma foi, peut-être qu'une fois de plus, tu avais raison. Peut-être que te parler me soulagerais. À toi, je m'en remettais. Selon la volonté de Dieu, Inch'Allah.

- On va s'asseoir si tu veux bien. Ça m'ennuierait qu'en plus du reste, tu sois obligé de me ramasser…

De me ramasser si mes jambes venaient à me lâcher pour de bon. Ce serait fâcheux et un tantinet dégradant aussi, je dois te le confesser. En y repensant, c'était tellement ridicule de me mettre dans des états pareils. Du coup, je recouvrais ta main de la mienne. Ta si petite main. Toute fine, avec tes longs doigts de pianiste. La retirant ensuite de ma joue afin de déposer un baiser sur sa paume. Un baiser appuyé. Ce baiser que je n'avais pas osé te prendre ou te donner. Au choix. Ce après quoi, je la relâchais pour tirer une chaise et m'asseoir. Frissonnant, ressentant toujours ce même froid me transpercer.

- Je l'ai vu. Je lui ai parlé. Ezechiel...mon Ezechiel. À la banque alimentaire...il était là. Et...je regrette. Parce-qu'il n'étais pas heureux de me voir. Maintenant, tout est encore pire…

Je pleurais. J'en étais désolé. Désolé de t'infliger ce spectacle absurde. J'aurais voulu t'en dire plus, mais les mots se coinçaient dans ma gorge. Me donnant l'impression de suffoquer, de m'étouffer. Ça me pesait sur le cœur. Non. En fait, ça me le broyait. Ça me l'écrasait. Je n'aurais pas dû remuer le passé, mais plutôt regarder vers l'avenir. Et dans un nœud de sanglots, j'ouvrais les vannes. Les coudes appuyés sur la table pour me prendre la tête entre les mains.

- Je suis désolé, ça va passer…

Il fallait que ça sorte, que j'évacue. Ne t'inquiètes pas. Tout irait bien. Je n'étais plus seul, puisque tu étais là. C'est ça. Tout irait bien, au moins jusqu'à vendredi prochain. Jusqu'à ce que je retourne là-bas...

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La détresse et la détermination se mélangeaient de manière bien étrange dans ton regard, des reflets animés d’un éclat si particulier … Des tonalités de souffrances, de peur, mêlées à une affection évidente … Cela contrastait tellement avec la capitulation qui t’habitait depuis ces deux dernières années !

J’hésitais encore à mêler les doigts de ma deuxième main avec les tiens, profondément enfoncés dans le bois. Mais ta décision fut plus rapide que la mienne, et comme je m’étais perdue dans les limbes des pensées visibles dans tes yeux, je fus presque surprise de sentir le contact délicat de tes doigts venant emprisonner ma main, occupée à caresser ta joue humide.

La prise de conscience fut soudaine, et la douleur empoisonnant tes traits s’adoucit quelques peu, s’inclinant devant une culpabilité qui m’échappait … Pourquoi est-ce que tu te sentais coupable vis-à-vis de moi ?! A cause de ce qui venait de se passer ? J’étais prête à répondre à chacun de tes besoins, quels qu’ils soient, même si certains exigeaient que je me coupe de mes émotions pour éviter de souffrir. L’idée seule de sentir ton corps contre le mien éveillait un instinct assez violent au plus profond de mon être, et je ne voulais pas analyser les implications de cet inédit. Etonnant de ma part n’est-ce pas ?! Moi qui surprenait le monde avec mon regard si singulier … Oui … Mais là, il s’agissait de moi, de toi, de Nous … Un Nous si hypothétique que je ne m’étais jamais permis d’y songer réellement …

Les larmes inondant ton visage me broyèrent le cœur alors que tu avouais ta faiblesse. Etre conscient que tes forces diminuait devant l’assaut de tes sentiments ne faisait pas de toi quelqu’un de faible ! Savoir que tu risquais de t’effondrer, au-delà de la sensation protectrice que cela engendra en moi, prouvait que tu reprenais bel et bien contact avec cette réalité qui t’échappait depuis si longtemps …

Le souvenir de tes lèvres contre les miennes, si fugace qu’ait été le contact, me brulait encore, irradiant jusque dans mon ventre de cette chaleur inhabituelle. Et la délicatesse de ce baiser déposé dans ma paume, quelle douce torture … STOP ! Ne plus penser à ça ! Voilà, c’était ça qu’il fallait faire ! Je devais me concentrer sur toi, sur tes peines, sur ces maux qui témoignaient de ta souffrance ! Et même si la tentation de prendre un raccourci pour plonger dans tes songes m’apparaissaient comme délicieuse, je savais que ma responsabilité, en temps qu’amie, était de te laisser le soin de t’ouvrir à ton rythme. Je n’apprendrais peut-être pas grand-chose sur l’explication de ton état dans l’immédiat, mais ce n’était pas le plus important.

Non … Savoir, et voir de mes propres yeux, que tu reprenais ton destin en main … Cela pourrait me remplir d’espoir pour une décennie entière ! Alors, j’assimilais tes pleurs, les utilisant pour éteindre ce feu ayant trouvé sa source dans l’impériosité de tes gestes, reprenant une contenance plus habituelle pour la jeune femme forte que j’aimais à présenter aux autres. Tu n’avais pas à payer pour mes propres faiblesses !

Une fois ma décision prise, j’eus beaucoup plus de facilité à rester ancrée dans tes iris, suivant le mouvement que tu nous indiquais. Je tirais une chaise pour m’installer auprès de toi, et mes doigts vinrent t’offrir un léger réconfort en venant enlacer les tiens, comme une invitation à t’ouvrir sans crainte.

Ezéchiel … Voilà donc la source de tout ce tintouin ! Vraiment ?! Après tout ce temps loin de lui, après ces mois passés à lui écrire, le voir t’avait fait réagir plus que je n’aurais jamais osé l’espérer ! Même si ta souffrance était vraisemblablement plus forte qu’elle ne l’avait jamais été, tu la vivais … Tu ne t’étais pas contenté de t’abandonner à ta peine dans une ruelle sans trouver la force de rentrer, tu avais choisi que j’étais une meilleure option que la résignation dans laquelle tu te complaisais depuis tout ce temps !

Ne voyais-tu pas que tu avais réagi aussi brutalement pour une bonne raison ? Laquelle, c’était à toi de le dire, je n’avais pas à t’influencer de cette manière, tout devait venir de toi, autrement la guérison ne serait pas complète. Ce premier pas était à la fois tellement toxique et si positif ! Je ressentais un mélange habile d’espoir et de crainte. Ce fait était nouveau, et j’avais si peur de rompre l’équilibre fragile dont tu dépendais !

Et puis ta main déserta la mienne pour venir dissimuler ton visage, comme si tu pouvais cacher ta peine et tes peurs. M’enserrant le cœur devant cette tentative pour me maintenir à l’écart. Je pris soin d’ignorer la blessure que ce mouvement m’infligea, et je me rapprochais donc davantage. Venant toucher ton épaule avec la mienne dans un geste vif et amical contrastant devant le sérieux de la situation, je t’envoyais un léger coup pour te faire bouger. Et dans un sourire bienveillant, j’attrapais tes mains pour te forcer à m’affronter.

- Tu lui as donné ton journal donc. C’est bien. Tu as fait ce que tu devais. Mais ne sois pas désolé Elijiah, c’est normal que tu ressentes tout ça. C’est même bien, accepte-le, tu verras qu’une fois la douleur passée, il ne restera rien de mauvais si tu la laisse faire son office.
S'il n'était pas heureux de te voir c'est parce que cette décision n'était pas la sienne, il n'avait pas choisit de te voir ce soir, la surprise fait parfois faire des bêtises tu sais.


Mon regard allumé d’un éclat profond, je savais parfaitement ce que j’aurais voulu faire pour chasser cette lueur, n’y renonçant que par toute ma force de décision. J’étouffais cette envie violente de venir t’embrasser, ne la laissant transparaitre que dans le rapide coup d’œil que je jetais à tes lèvres, avant de fermer les yeux une seconde pour contenir ce désir. Lorsqu’ils se rouvrirent, l’apaisement et la paix avaient leur place.

- Et ne te sous-estime pas s’il te plaît. Je déteste quand tu fais comme si tu étais un animal blessé, une proie facile. Tu es beaucoup plus complexe que ça, même si tu refuses de le voir. Tes faiblesses sont justement ce qui fait ta force. Tu devrais savoir depuis le temps que tu es le seul capable de t’anéantir.

Et de cette certitude, je tirais toutes les miennes. Toi, Elijiah, mon Sire, l’homme à qui je devais la vie … Tu étais la source même de tout ce qui me composais désormais, et je n’aurais jamais abandonné mon existence entre les mains d’un être inférieur … Ça au moins, tu devais bien le savoir …


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Tu crois ? Je veux dire, est-ce que tu crois vraiment que toutes ces faiblesses qui m'avaient durant si longtemps valu le privilège d'être rangé dans la case du mec instable et passablement dangereux pouvaient se transformer en une force quelconque. Est-ce que tu le croyais sincèrement ? J'avais tellement besoin de m'enfermer dans d'autres certitudes que les miennes. Quitte à retourner la situation. Pour mieux réussir à voir et penser comme toi, puis à prendre pour argent comptant tes discours.

Des discours tellement apaisants, d'une incroyable justesse. Toi aussi Shannon, toi aussi tu possédais cet extraordinaire petit supplément d'âme qui te rendait si spéciale. Empathique. Compréhensive. Patiente, douce et aimante. La femme idéale. Tout ça, tous ces non-dits, toutes ces choses entre-nous dont on ne parlait jamais, tout ça tournait au supplice. Peut-être que...si je nous offrait une chance d'être heureux. Peut-être que...c'était si dur tu sais de ne pas pouvoir te donner ce que tu méritais. Alors pardon, pardon de sans cesse faire tourner le monde autour de moi-même. Tout ça nous pourrissait. Mais je doutais. De tout, tout le temps. Ou presque. C'est ça : “Je doutais...de tout, tout le temps ou presque”. Sauf de toi mon ange. Mon bel ange gardien, ce garde fou derrière lequel je me retranchais dans ces moments où je n'avais plus envie de rien. Toi. Mon infante, que j'avais implacablement condamnée à errer au cœur de mes innombrables nuits d'obscurité. Quoique. Tu seras sûrement d'accord pour dire qu'à trop pleurer le soleil nos larmes finissaient toujours pas nous empêcher de contempler les étoiles. Et Dieu m'en soit témoin, je voulais plus que tout continuer à les regarder briller au fond de tes yeux. Parce-que je t'aimais. Mon ciel ne se limitant désormais plus qu'à la lisière de tes cils. Stupide romantisme.

Va savoir pourquoi ça me bouffait. Viens donc m'expliquer toi pourquoi tout d'un coup ta présence se mettait à me ronger et à me dévorer. Ce soir plus fortement qu'aucun autre soir au cours de ces deux dernières années réunies. Une panique, fixe et immobile me livrant le plus redoutable des combats au corps à corps. Jetant le blâme sur mes intentions plutôt que sur mes actes à proprement parler. J'aurais tant voulu que tu le fasses. Que tu m'embrasses. Sans te soucier du reste, ni me demander la permission. J'aurais voulu. Égoïstement, je te demandais de faire ce pas vers moi. De franchir la limite et aussi, de ne pas me laisser le choix. Force le destin. Oblige-moi à sortir la tête de l'eau. Autrement qu'en reprenant ma main, comme si nos doigts étaient soudés. Autrement qu'en te contentant de fixer mes lèvres de la même manière que j'avais fixé les tiennes. Pleines, si roses et charnues. Fais-le. Rends-moi ce baiser que je t'avais donné en enfonçant mes crocs dans ta chair.

Émancipe-toi. Délivre-nous du mal. Deviens ma pierre angulaire, ose. Ose dépasser le simple contact de ta main recouvrant la mienne en guise de soutien. Devant mes larmes. Rien que des larmes de sang au goût de fer, amer, infecte, lorsque je tuerais pour pleurer des larmes de sel. Mais bien vite, je brisais l'étreinte de nos doigts pour venir dissimuler mon visage entre mes mains. Ne me rendant pas compte de combien ce simple geste pouvait te blesser. De combien il pouvait t'envoyer les mauvais signaux, puisque jamais je n'avais essayé de te tenir à l'écart de quoi que ce soit. J'avais juste la tête lourde, trop lourde pour ne pas devoir la soutenir. Faute de quoi je me serais certainement affalé sur la table. Mais comme d'habitude, tu me secouais. D'un coup d'épaule amical, rieur. Avant de reprendre mes mains dans les tiennes.

Tu serais d'accord pour qu'on vive de caresses et de baisers ? Sans histoire de sexe, de domination, pour tout saloper. Rien que dans le partage le plus complet. Le plus absolu et abstrait, platonique. Tu voudrais ? Comme un homme et une femme prenant leur temps, comme des gens normaux. Regarde Shannon, regarde. Nos mains elles, avaient déjà tout compris. Se cherchant, se trouvant, se repoussant. Ça n'allait pas. L'urgence de la situation m'affolant au-delà de toute raison gardée. Possiblement par la faute de ce besoin de vivre qui se faisait de plus en plus pressant. Un besoin qui n'attendait que ton assentiment.

- Et si je te disais que j'ai peur...peur de laisser la douleur m'envahir. Peur de la laisser accomplir son office...parce-que je me suis tellement habitué à vivre avec elle...il me restera quoi quand elle aura disparu ? Je peux pas Shannon...la combattre, c'est aussi la garder avec moi. Je ne veux pas me réveiller un soir et ne plus la sentir...puis les bêtises, c'est toujours moi qui les ai commises, pas lui. Il m'aimait et je l'ai trahi…alors il m'a oublié...

Maintenant, embrasse-moi. Empêche-moi de repartir dans mes belles et grandes désillusions. Utilise ta voix pour me charmer. Fais de moi ta victime. Lui, il aimait. Lui, il était aimé. Lui, je le détestais à cet instant. Eux, je les maudissais. Avec la rage du désespoir. À cette heure-ci, ils devaient être ensemble. Tendrement enlacés. Tandis que tout autour de moi, des ombres se glissaient. Me recouvrant comme des amies sournoises et manipulatrices. Quand je ne pensais plus qu'à retourner m'allonger pour essayer de dormir encore un peu. J'en crevais. Shannon, fais quelque chose !

Fais quelque chose bordel ! Intérieurement, je hurlais. Je t'appelais. Brisant les barrières de ton esprit pour permettre au mien d'y pénétrer. Violent ton intimité. Autoritaire et possessif. Tu devais m'entendre. Tu le devais. Puis compulsivement, je refermais avec une toute nouvelle brutalité mes mains sur les tiennes.

- On ne t'a donc jamais appris que les animaux blessés sont les plus dangereux ? Ouvre les yeux ! Peut-être que c'est toi qui devrait m'anéantir avant qu'il ne soit trop tard...peut-être que tu devrais en profiter de ces faiblesses…

Furieux, je me relevais. Renversant ma chaise en arrière sous le coup de l'impulsion. J'en crevais tu comprends ? Ça me rendait malade. Ravagé par la jalousie, j'aurais aussi bien pu tout casser. En perte totale de contrôle et de repaires. Et agité, je séchais mes larmes. Tu ferais mieux de partir. Tu ne devrais pas assister à ça. Non. Non reste, ne me quitte pas. À chaque nouvelle seconde s'égrenant sur le cadrant de l'horloge du Tout-Puissant, je perdais pieds. Sans toi, je n'étais plus rien. Tu te trompais. Je n'étais pas une proie facile. Ou peut-être que si. Ou pas. Devais-je t'en faire la démonstration ? Elijiah, trop calme. Éteint et passif. L'homme que plus rien ne pouvait atteindre, l'homme de paix. Pieux, chaste, respectueux. Foutaises. T'empoignant pour la seconde fois, je te forçais à te lever. Vas-y mon ange. Vas-y, désamorce la bombe à retardement prête à te péter à la gueule. Ce après quoi, mes doigts s'appliquaient à te broyer le bras alors que je t'entraînais jusqu'à ma porte. Dégage. Fous le camp. Rentre chez toi. Chez toi...chez toi, c'était chez moi. Résiste-moi. Mate-moi. Remets-moi à ma place.

Si bien qu'ouvrant ma porte pour te mettre dehors, je la refermais aussitôt. Renonçant à te chasser. De toute façon, je savais que tu reviendrais. L'amour Shannon, l'amour. Avec rudesse, je te plaquais donc contre cette foutue porte nous isolant du reste du monde. Histoire de te garder à ma merci. Mon torse contre ta poitrine, à t'en couper le souffle si tu avais respiré. Les lèvres proches, si proches, tellement proches des tiennes et les mains trouvant appui sur le panneau de bois pourri de chaque côté de ton visage. Allez. Décide-toi. Ce soir, c'était le soir de toutes les opportunités. Le soir qui changerait tout.

- T'en dirais quoi si toi et moi, on allait s'installer au château ? Tu ne manquerais plus de rien.

Je crois que ça ressemblait à s'y méprendre à un projet d'avenir. Sache que je n'irais nulle part sans toi. Ni pour lui, ni pour personne d'autre. De ça au moins, je ne doutais pas. Est-ce que l'aventure te tentait ? Bien sûr, je devrais travailler pour eux. Ce ne serait pas gratuit ni sans contrepartie, mais ça valait peut-être la peine qu'on y réfléchisse...

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La peur, encore et toujours cette peur violente et irrationnelle de voir la fin d’un monde. Est-ce que tes certitudes s’effondraient pour craindre ainsi de voir cette peur disparaître de ta vie ? Tu n’as donc pas envie de réapprendre à inspirer ? A gonfler profondément tes poumons, humer le parfum de la ville et sourire bêtement en relâchant ton souffle pour expirer cette chaleur humaine ?! Soit, fait donc comme tu le voulais, de toute manière, je ne pourrais pas le faire à ta place, même si j’en crevais d’envie !

Tu pouvais parfois te montrer tellement naïf Eli … Je n’avais pas parlé d’une faute quelconque, mais comme d’habitude, tu rejetais entièrement le blâme sur toi-même, voyant dans mes propos des choses que je n’avais même pas osé songé. Tes fautes passées te tourmentaient tant … Pourquoi est-ce que tu refusais de voir ce qu’il y avait sous ton nez ? De te tourner vers ce que l’avenir avait à te proposer ?! Tu passais à côté de ce que la vie t’offrait, et je ne savais même pas si tu t’en rendais compte … Et pire que tout, je commençais à douter de te voir rire pleinement un jour …

Et cette jalousie … Elle te pourrissait de l’intérieur … Elle crevait les yeux, obscurcissait tes pensées, te rendait incohérent, et elle allait même jusqu’à donner un éclat étrange à tes prunelles d’ordinaire si douces ! J’y lisais des regrets, autant que de la fatigue … Non plus que de la fatigue, une lassitude extrême … Tu sembles si épuisé … Comme si ta soirée avait bouffé toutes tes réserves et que tu te défendais corps et âme pour continuer de vivre ! Garde cette rage, cette envie, c’est elle qui te maintiendra en dehors de l’eau lorsque la pression sera trop forte pour que je puisse y faire quoi que ce soit …

Je voulais te donner du réconfort, t’offrir cette chaleur que tu réclamais tant et depuis si longtemps … Ce bonheur que tu refusais de voir, je ne voulais que l’apercevoir dans tes yeux, seulement avoir l’espoir que tu connaîtrais des jours meilleurs … Je désirais seulement te voir heureux … Mais tu t’y refusais … Alors mon cœur compris en même temps que ma tête ce que tu voulais dire en disant qu’il t’avait oublié … Mon pauvre amour … J’aurais dû venir plus tôt ! Je n’aurais pas dû te laisser l’opportunité de t’enterrer dans ton désespoir !

D’ailleurs, ton intrusion dans ma tête fut si violente et agressive que je ne fis aucun effort pour te jeter dehors. Tu voulais que je connaisse tes pensées, d’accord, mais tu devrais écouter les miennes ! Un éclair de peur transperça mon esprit, bien vite remplacé par cette sérénité que je voulais te communiquer.

Malheureusement, le contact de tes mains venant se refermer sur mes poignets m’arracha un soupir de surprise en m’ôtant cette paix. Pourquoi étais-tu en colère ? Qu’est-ce que tu attendais de moi au juste ?! Tes mots brûlaient, injectant leur venin dans mes veines … Mais je n’avais pas peur de toi Elijiah … Puisque tu m’imposais d’entendre tes pensées, tu devrais savoir ça … Je ne te voulais pas le moindre mal, je préférais encore mourir de tes mains que de souhaiter voir ta fin !

Je ne tentais même pas de me défaire de ton étreinte brutale, trop attentive à ce que tu soufflais sans prononcer un mot. Pour le moment, je savais que je ne devais rien faire que d’attendre que l’orage passe, et quand tu m’entraînas jusqu’à la porte, je continuais d’écouter … Tu voulais que je m’en aille, mais changeais d’avis immédiatement, tu souhaitais que je te résiste, mais m’empêchais de faire le moindre geste en me plaquant contre la porte …

Ta respiration, bien qu’inutile, était saccadée devant l’accumulation de sentiments violents et contradictoires, devant l’inattendu de la situation et la proximité de nos corps … Tu étais perdu, complètement égaré dans les méandres de tes songes que tu n’arrivais pas à démêler. Pourtant, tu m’avais ouvert une porte vers ton âme, oubliant probablement de la refermer pour m’empêcher de voir ce que tu ne souhaitais pas que je sache. Et pauvre diable, je savais m’orienter dans ta tête mieux que tu ne semblais le croire …

Alors sans jamais essayer de m’éloigner de toi, en gardant profondément ancré en moi la pression de ton corps contre le mien, je t’offris un sourire à fendre le cœur, plein d’un amour et d’une reconnaissance entière, d’une dévotion et d’une patience enviable, et surtout, plein d’une tristesse que je ne tentais même pas de dissimuler. Ta proposition donna un éclat rieur à mes prunelles, et avec toute la douceur dont j’étais capable, je levais mes mains pour venir te prendre dans mes bras, évitant soigneusement de penser à ton visage, si proche du mien …

- Je n’ai besoin de rien d’autre que de toi pour être heureuse ici. Si tu veux vraiment aller au château, allons-y. Mais si tu le fais pour moi, oublie ça. Je refuse que tu fasses quelque chose qui ne te plais pas pour m’offrir une vie différente. Celle-ci me convient pour peu que tu y trouve un goût réel !

Et c’était vrai, je n’avais jamais été aussi sincère de toute ma vie devant un homme. Tu le savais ça aussi, tu pouvais voir l’honnêteté de mon regard, tu devais aussi sentir la pureté de mes sentiments à ton égard … Ton bonheur, c’est tout ce que je voulais … Et si je devais jouer un rôle pour que tu l’atteignes, je le ferais avec une joie entière !

Resserrant un peu plus ma prise sur ton cou, je vins passer les doigts dans tes cheveux, répondant à un appel que tu n’avais de cesse de m’envoyer depuis l’instant où tu avais brisé mes barrières mentales pour me forcer à t’appartenir pleinement. J’étais déjà entièrement à toi … Et je savais désormais que tu n’étais pas prêt à me rejeter, que tu voulais me laisser faire pour une fois …

Alors je parcouru la faible distance entre nos lèvres, déposant les miennes comme un papillon, délicatement, sur la fraîcheur qui t’animait. Le goût résiduel de tes larmes me fit craindre de ne pas agir comme il le fallait, mais l’amour qui émanait de toi finit d’achever mes défenses. Alors je t’embrassais doucement, t’insufflant la paix qui m’habitait lorsque tu étais prêt de moi. L’une de mes mains vint se perdre dans tes cheveux tandis que l’autre était occupée à caresser le dessin de ta mâchoire.

J’en oubliais le monde autour, plus rien n’avait la moindre importance à l’exception de toi et moi, de ce baiser que j’avais l’impression d’avoir attendu toute ma vie, de ton corps contre le mien … Et sans penser aux conséquences charnelles que cette étreinte faisait naître en moi, je me perdais en toi, ignorant volontairement tout ce qui n’était pas nous. Et j’adorais ça …

Je renforçais donc ma prise, tu avais besoin d’une attention particulière ce soir, et je voulais plus que tout te donner ce qui t’était indispensable. Alors je retrouvais l’usage de mes jambes et t’entraînais en arrière pour te guider savamment vers ton lit, sans jamais perdre le contact de tes lèvres contre les miennes. Un pas après l’autre, je profitais donc de ton contact tout en restant attentive pour nous conduire là où je souhaitais me trouver entre tes bras. Mais quand nous atteignîmes mon objectif, toutes mes certitudes s’envolèrent.

Tu ne m’avais encore jamais permis de t’approcher ainsi, mais est-ce que tu le voulais vraiment ou étais-ce seulement une réaction à ta soirée ? Je me détachais de tes lèvres avec regret, espérant les retrouver à l’instant même où je m’en éloignais, et mes yeux plongèrent dans les tiens avec clémence avant que je ne vienne poser ma tête contre toi. Toujours debout, à seulement une encablure de ce que je voulais vraiment …

Alors, pour une fois, je fis ce que tu semblais désirer, j'usais de mes pouvoirs pour t'aider à te détendre, utilisant ma voix pour témoigner d'une paix que tu devais éprouver pour être suffisamment calme.

- Tu as besoin de te reposer … Viens t'allonger contre moi.

Cela pouvait sonner comme un ordre, et à dire vrai, c'en était peut-être même un, mais à mes oreilles, j'entendais plus une supplication du cœur qu'une directive de ma tête !

Mon amour, tu avais tellement besoin de pouvoir t'appuyer sur quelqu'un ...


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Je ne me souvenais pas. Non. Vraiment pas. Malgré mes efforts, je n'arrivais pas à clairement me rappeler de la dernière fois où une femme m'avait apporté une telle dose de réconfort. De plénitude. Dans une étreinte que j'aurais voulu éternelle.

Alors quoi, qu'est-ce que tu m'avais fait…

Quoi...qu'est-ce que tu m'avais fait ? On s'en moque. Serre-moi. Serre-moi encore. Serre-moi juste un peu plus fort contre toi. Dieu merci. Si ce n'était pas de l'amour, ça y ressemblait. « Je t'aime ». Et dans un souffle, je te l'avouais. Mal. Conscient de la position délicate dans laquelle je te mettais. Mais tu devais savoir. Savoir que tu ne représentais pas un simple exutoire à mes  déboires, que tu n'étais pas un vulgaire lot de consolation, que tu valais mieux que tout ce que tu saurais t'imaginer. Je t'aimais tant Shannon. Ton prénom, sept lettres ou la seule prière que je ne me lassais pas de réciter. Une prière au pouvoir indéfectible. Alors quoi, qu'est-ce que tu m'avais fait pour qu'entre tes bras, j'oublie tout. Tout. Du pire au mauvais. Déjà, je nous voyais basculer sur ce lit. Dans l'espoir avorté de ne garder que le meilleur à venir, et d'avoir foi en l'avenir.

Donc non. Ne te méprends pas. Non. Je ne voulais vraiment pas me souvenir de toutes ces silhouettes vaporeuses sans formes ni visages ayant chiffonnées mes draps. Loin. Comme amnésique. Loin, si loin de là. Avant toi. Avant nous deux. Avant que tout ça ne nous tombe dessus. Dépendant l'un de l'autre. Sur le qui-vive, en chute libre.

- Ne fais pas ça…

Ne fais pas ça. Surtout pas. Ne t'efface pas devant moi. Ne fais plus jamais primer mes besoins sur les tiens. Ta réponse n'en était pas une. Je regrette. Je serais prêt à tout pour toi, que ce soit à reprendre une activité à contrecœur au sein de ma prétendue famille ou même à rester habiter ici. Dans le dénuement le plus complet, à vivre d'amour et d'eau fraîche selon l'expression consacrée. Au milieu de gens que j'avais appris à apprécier. Mais ne me fais plus cet affront, ne me fais plus l'offense de te sacrifier pour moi. Dixit : “Je n’ai besoin de rien d’autre que de toi pour être heureuse ici. Si tu veux vraiment aller au château, allons-y. Mais si tu le fais pour moi, oublie ça. Je refuse que tu fasses quelque chose qui ne te plais pas pour m’offrir une vie différente. Celle-ci me convient pour peu que tu y trouve un goût réel ! ” | C'était vexant. Insultant. Je pouvais nous assumer, je le pouvais [...] Rien ne te forçait à me ménager. Ton inquiétude, ta sollicitude, ta prévenance à mon égard ne devaient pas se muer en complaisance. Toi tu refusais que je fasse les choses pour toi, dans ton intérêt. Tandis que moi je refusais que tu puisses t'accommoder à mes sentiments ou à mes goûts uniquement pour me plaire. Statu quo. Mon orgueil venant se heurter à ta générosité. Quitte à te défier, à renverser le règne sans partage de ton abnégation. Épargne-moi ça. Je ne rentrerais pas dans ton jeu. Ce qui était sûrement bon signe, puisque petit à petit je me reconstruisais. Rassemblant une à une les pièces de mon puzzle. Sans crainte. Sans avoir à redouter de te pousser au crime, en sachant que je n'avais pas à faire mes preuves. Tu préférais encore mourir de mes mains que de souhaiter voir ma fin. Mon pauvre amour.

Ton pauvre amour en colère et qui ne réussissait même plus à avoir l'air menaçant. Dans ma tête tout se mélangeait. Tout en moi se contredisait. Toi, tu ne criais pas. Toi, tu ne me frappais pas. Toi qui t'acharnais à me protéger. L'enfer existe. Toi dont le furtif éclat de panique ne m'échappait pourtant pas. Un éclat bien vite remplacé par une sérénité à toute épreuve. Force est de le reconnaître. Tu m'apprendrais ? À faire le vide. À profiter de l'instant, à ne plus vivre que pour le moment présent. Puis appelle-moi ton amour autant de fois que tu voudras. Mon pauvre amour. Amour, amour, amour.

- Puis tu sais, je trouverais toujours goût à tout si tu es là...

Et voilà. Voilà que l'on commettait l'irréparable. Je t'aime, souviens-toi. Tellement. Et j'étais si fatigué. Las. Exténué de lutter. Et puis voilà. Voilà qu'en plus de te dire que je t'aimais, je finissais aussi par cracher le morceau. Tu ne faisais pas partie du décor. Tu ne te fondais pas dans le mobilier. Voilà pourquoi au lieu de te repousser, de te recadrer, de te rappeler comme souvent que dans cette maison seules les âmes pures et vertueuses étaient admises, je refermais à mon tour mes bras sur toi. Tremblant. Si fragile, prêt à me briser en milliers de morceaux. Mais décidé à me battre. Pour toi. Parce-que chose promise, chose due. Tu vois, je t'écoutais. Laissant toutes tes pensées envahir mon esprit embrumé. Mon coup de folie s'évanouissant dès lors que tu me touchais. Une étincelle de joie se formant au creux de mon estomac. Damné. Je serais damné pour ça.

Damné pour avoir cédé à la tentation. En dépit de mes pauvres efforts pour te résister, juste incapable de me remémorer la dernière fois où je m'étais senti aussi serein et en parfaite harmonie avec une femme. À ma place. Même si...bien sûr qu'il y en avait eu d'autres. Je ne pouvais pas le nier. Bien sûr que j'en avais connu quelques-unes avant toi. Voir même beaucoup plus que ça, toujours très différentes. Mais surtout insignifiantes. Rien que des femmes de passage, sans attaches.

Attache-moi. Fais en sorte que je me retrouve pieds et poings liés, que je ne puisse plus me dérober. J'avais désespérément besoin d'appartenir à quelqu'un. D'être la moitié d'un tout. De former une unité, solide et inébranlable. Si toi et moi on devait se mettre ensemble, ce serait pour longtemps. J'espérais. Les hommes aussi rêvaient de se poser, de fonder une famille et de ne plus jurer que par la femme qu'ils aimaient. Ce pas là, je l'avais déjà franchi une fois. Et au vu de ton passif, je n'avais pour seul choix que celui de me montrer sérieux avec toi. D'assumer. On y revenait. D'assumer pour ne jamais plus voir ton sourire se faner, ni voir la lueur d'insolence dans ton regard se teinter de tristesse. Par ta faute je vibrais. Tu me le paierais. Qu'est-ce que je racontais, mieux valait que je referme les yeux. Tout à toi. Au moins pour ce soir, au moins pour quelques heures, et jure-moi, jure-moi que je n'aurais pas à enterrer notre amour dans de la poussière de lune. Aussi, lorsque tes doigts se glissaient dans mes boucles, je venais croiser mes mains dans ton dos. Te serrant avec dévotion. Cette même dévotion que tu me vouais,  alors que je n'avais rien fait pour la mériter. Mis-à-part te tuer. T'égorger. Ton frère voyait le monstre lui, il le devinait. S'il savait ce qui se tramait. Ce n'était pas de chance que tu t'entiches de son pire ennemi. Peut-être que j'exagérais. Si peu. Sur ce, tes lèvres rejoignaient les miennes. Prudentes. Légères comme un battement d'ailes. Ma respiration symptomatique devenant un peu plus dense quand tu me donnais enfin ce baiser que je te réclamais. Un premier baiser. Qui tout à coup, me faisait perdre tous mes moyens. Je me sentais si gauche, si timide et comme dans du coton. Un baiser que je tardais à te rendre. Reculant légèrement sans pour autant me défaire de ton étreinte. N'ayant plus l'habitude de ces choses là.

C'est moche Shannon. Moche de ne pas décrocher de ce malaise qui me retenait. J'avais l'impression d'être malhonnête. Je me faisais l'effet de t'utiliser. Que j'ai tort ou raison. Je l'avais vu lui en début de soirée, et c'est dans un baiser avec toi que ma nuit se terminait. Un connard restait un connard. Je manquais de confiance et d'aplomb. Perdu. Tiraillé entre lui et toi, toi qui redessinait le contour de ma mâchoire. L'une de tes mains s'attardant dans mes cheveux, là où moi je me décidais à peine à t'embrasser. Bien contre toi. Bien emprisonné dans tes bras. Adorant te sentir possessive, tant pis pour le reste. On aviserait en temps et en heure. Plus tard. Là, je voulais arrêter de penser. Déconnecter. T'appartenir et basta.

Basta…

Houlà ! Est-ce que toi aussi tu avais senti les rotations de la terre s'accélérer ...comme si le rythme cardiaque de l'humanité venait de s'emballer...boom, boom, boom...cognant et se fracassant dans un soupir.

On n'allait pas tergiverser, ni passer par quatre chemins. J'aimais qu'on me domine. Qu'on prenne le contrôle et le pouvoir. Si tant est que le combo-gagnant soit au rendez-vous. Douceur, patience, amour. La chanson tu la connais. Puisque tu aimes tant me la chanter. Avec ta voix qui m'envoûtait. Et d'une caresse de mes lèvres sur ta bouche, le monde se mettait à tourner à l'envers. Attends. Shannon…attends.

Je crois qu'on marchait à reculons...

Attends. Je n'étais plus maître de mon corps. Lentement, mes mains descendaient le long de ta chute de reins jusqu'à venir se poser sur tes hanches. Ton tee-shirt me privant du contact de ta peau. Frustration. Et dans un baiser n'ayant ni début ni fin, tu exauçais mes souhaits les plus intimes. Pour me ramener vers ce lit. Le notre Shannon. Le notre. M'obligeant à rouvrir les yeux, mes yeux rencontrant les tiens. Mes yeux écarquillés. Comme s'ils refusaient de croire ce qu'ils voyaient. Avant que mon front ne vienne trouver appui contre ton front, paupières de nouveau closes. Un hochement de tête te signifiant que oui. Oui, je le voulais. M'allonger à côté de toi. Peut-être bien en réaction à cette soirée, mais pour ce que ça changeait.

Tel un automate, j'attrapais donc mon gilet en laine pour l'enfiler. Un gilet que je laissais toujours traîner à proximité du lit, frileux. Puis j'attrapais tes mains en m'agenouillant sur le matelas pour t'inciter à t'allonger. Accompagnant tes gestes, l'une de mes mains se calant derrière ta nuque jusqu'à ce que tu sois couchée. Suivant tes ordres, soumis et consentant. Détendu. Bien trop détendu, si on se fiait à ma façon totalement décomplexée de venir m'allonger contre toi. Toutes mes angoisses trouvant le repos à l'abri de tes bras. Le visage enfouit dans ton cou. Mes lèvres courant à la surface de ta peau, et tirant sur mes manches, mes doigts survolaient ta poitrine. Avant de soulever ton tee-shirt pour faufiler ma main dessous. M'enivrant de ton odeur. Ma jambe revenant se caler entre les tiennes. Quand on sait que deux ans plus tôt, j'aurais dégrafé le bouton de ton jean pour me fondre entre tes cuisses sans hésiter. Alors qu'aujourd'hui, ma main se posait juste sur ton ventre. Sagement. Respectueusement. Même si ton corps me réclamait autre chose. Plus, toujours plus. Seulement, je n'étais pas prêt. Et pour couronner le tout, je cassais l'ambiance en te parlant du truc le plus absurde qui puisse exister dans un moment pareil.

- Ton frère n'approuvera pas. Il ne nous donnera pas sa bénédiction...quand il saura pour nous, ça va être le drame...

Le drame. Si j'avais soupçonné à quel point. Si je m'étais douté qu'une semaine plus tard, il me vendrait à des types de Tullamore et qu'on me passerait à tabac. Presque à me laisser pour mort. Puis qu'on m'emmènerait loin de toi. Qu'on m'arracherait à tes bras. Ça voulait dire quoi tout ça Shannon ? Toi et moi. Toi, amoureuse. Éprise d'un homme. De l'un de ces horribles individus dont tu te méfiais comme de la peste. Ton père. Tes aventures sans lendemain. Moi, déposant des baisers mouillés au creux de ton épaule. Tel que le ferait un amant.

Et maintenant ? Et après ? On devenait quoi…

Tu sais, je m'étais juré de ne pas recommencer. De ne plus être que l'homme d'un seul homme. De ne pas recommencer à mentir, à tromper, à jouer sur plusieurs tableaux à la fois. De me réserver. De ne faire l'amour qu'avec la personne qui partagerait mon futur. Et je ne pensais pas à toi. Non, je n'y pensais pas.

Toi, qui m'apparaissait désormais comme une évidence. Me montrant l'avenir sous un tout nouvel aspect. Devenir l'homme d'une seule femme, pourquoi pas après tout. Pourquoi pas. Ce qu'on partageait n'avait pas de prix...

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Fire & Ice
ELIJIAH HASSAN JAZEEM
I'LL SHOW YOU THAT I AM

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How can you see into my eyes ...

C’est normal que j’ai l’impression que mon cœur s’emballait avant de rater plusieurs battements ?! A croire que ma vie humaine me hantait encore assez pour que je recommence à vivre entre tes bras … Après tout, c’est toi qui m’avait offert une nouvelle existence ici-bas, alors c’était probablement la suite logique de ce qui me composait, non ?! …

C’était si étrange de voir cet éclat inconnu dans tes prunelles, et couplé à ce que tes pensées m’avouaient, je me perdais dans un abyme d’espoir pour toi … Pour nous … Dans un hypothétique avenir où j’imaginais déjà tes doigts courant sur ma peau, tes lèvres redessinant les courbes de mon corps, tes bras me maintenant pour toujours dans une étreinte que je n’avais fait que rêver jusqu’ici …

Tes craintes s’insinuèrent pourtant entre deux baisers, et mes certitudes étaient encore trop fragile, mes espérances trop récentes pour que je sache comment les combattre. Non, je n'étais pas capable de te faire tout oublier, la preuve ... Toutes les femmes avec lesquelles tu avais joué, avec qui tu avais pris du plaisir, je m'en contrebalançais, elles auraient aussi bien pu ne jamais exister pour ce que cela aurait changé dans mes yeux. Non, ce n'étaient pas elles le problème ! Et pour la première fois de ma vie, je sentis les prémisses d'un sentiment nouveau ... La jalousie se frayait un chemin dans mon cœur lorsque tu songeas à lui dans mes bras à moi ...

Alors je fis la seule chose qui me semblait naturelle dans pareils instants, je m’allongeais sur ce lit en réponse à tes bras ouverts, m’installant pour t’offrir l’abri que tu désirais tant. Et je m’égarais dans la contemplation du plafond délabré, mes songes cherchant à m’orienter pour savoir ce qu’il convenait de faire, et luttant contre les envies de mon corps qui me brûlait tant j’avais envie de toi. Après tout, c’était ta faute, tu avais voulu que je t’embrasse, et tu savais très bien désormais ce que je réclamais !

Tes gestes pourtant se firent tendres, et si tu cherchais l’abandon, tu n’étais pas prêt au plus grand de tous. Alors soit, mes yeux plongèrent dans les tiens, une expression douce sur le visage tandis que mes prunelles brillaient encore, pas tout à fait remise de mes désirs. Et tes mots m’arrachèrent un sourire et une grimace d’exaspération. Je me tournais très légèrement pour tâcher de me rapprocher à nouveau de tes lèvres, soupirant d’aise sous tes caresses, et n’essayant même pas de dissimuler mes envies derrière d’autres façades plus adéquates.

Bien sûr que je t'apprendrais à faire le vide, à profiter du présent si c'était ce que tu voulais ! Et non, mon amour, tant qu'il me resterait un souffle de vie, je ne permettrais jamais que l'un d'entre nous oublie ce qui nous liait. Peu importe le temps qui passerait, à présent que tu avouais tes sentiments, je ne te laisserais jamais les oublier, et encore moins douter de ma propre affection.

- Tu sais, il n’a jamais rien eu à dire des hommes avec lesquels j’ai eu un passé, et je n’ai pas besoin de sa bénédiction pour savoir en qui placer ma confiance.

Je repensais furtivement à la dernière fois où je t’avais appartenue totalement, à cette fameuse nuit où ta faim avait fait de moi une proie et un prédateur en même temps. Je te laissais alors voir toute la peur qui m’avait habité lorsque tes dents m’avaient arraché le cou deux ans plus tôt, ne m’y attardant que pour te montrer le plus important, je ne cherchais pas à te faire culpabiliser mais à te faire voir les choses sous un angle différent : à l’instant où tu m’avais regardé dans les yeux, la soif t’avait déserté et les regrets avaient pris place dans une sorte de certitude et de résignation qui m’avait d’abord semblé mal placé. Et plus tu m’avais souri, dans une tentative de réconfort que je n’avais saisi que bien plus tard. Mais les souvenirs étaient encore vivaces, et la force de tes mains me maintenant contre toi, la douceur de ton regard qui implorait mon pardon, ton sourire désolé qui me soufflait que tout allait bien se passer malgré la douleur …

C’est comme si une chaîne composée de très lourds maillons s’étaient ancrée en moi pour m’attacher à ce regard. Tu vois mon amour, depuis la première fois où j’avais croisé tes yeux, j’avais confiance en toi. Appelle cela de la sottise si tu veux, mais déjà dans le rôle de la demoiselle en détresse je savais qui croire lorsqu’on me disait que tout irait bien … Et je n’avais pas eu cette clarté d’esprit quand Guillaume avait voulu me protéger ! Non, seulement lorsque tu m’as regardé et a décidé que tout irait bien pour moi. N’est-ce pas ? Parce que c’est cela qui compte au fond ! A partir de cet instant précis, tu avais décidé que l’avenir serait beau pour moi, et tu t’y étais employé avec amour, patience et dévotion. Encore aujourd’hui, lorsque tu voulais nous faire emménager au Château, tu ne pensais qu’à moi …

- Je n’ai jamais regretté ce qu’il s’était passé. Tu as apporté tellement de stabilité dans le désordre de ma vie. Tu ne m’as pas tué cette nuit-là, tu m’as offert une nouvelle vie, fabuleuse. Et tu t’es ouvert à moi. Je crois que tu avais besoin de moi, même si tu n’en étais pas conscient alors. Tu le vois maintenant ?

Je marquais une pause pour te laisser réfléchir. Mais je savais aussi que tu devais être seul dans ta tête pour songer au poids de ces déclarations que je n’aurais jamais imaginé te faire un jour. Alors je me retranchais derrière mes barrières mentales, me séparant de toi en faisant tinter une chaîne imaginaire dans ton esprit avant de me retirer.

Et dans une expression douce, je fondis sur tes lèvres pour t’offrir un baiser délicat, te communiquant toute la force de mon amour pour toi. Oui, je voulais que tu sois à moi, entièrement, mais je savais aussi que tu ne le pouvais pas encore, même si tu semblais changer de minutes en minutes, trouvant dans mes yeux ce que tu désirais. Je m’interdisais cet espoir depuis aussi longtemps que je te connaissais, mais, ce soir, pour la première fois, tes aveux me tailladaient le cœur. Oh, j’étais heureuse que tu reconnaisses que tu m’aimais, mais je savais aussi que tu l’aimais encore lui, et c’est ainsi que je t’aimais moi, en sachant que tu ne m’appartiendrais pas totalement avant d’avoir réussi à trouver une réponse que tu passerais peut-être l’éternité à chercher …

Et même désespérée, je repensais à tes mots d’un peu plut tôt, lorsque mon cœur cherchait à sortir de ma poitrine, tu m’aimais et trouverais toujours goût à tout si j’étais là. Tu l’avais dit … Pire que ça, tu l’avais pensé, si fort, si sincèrement, que je n’avais pas réussi à retenir la bouffée de désir qui avait suivi. Alors pourquoi est-ce qu’une larme perla au coin de mon œil alors que je m’abîmais dans ton baiser ?

Parce que j’aurais voulu connaître quelque chose de plus simple, non, de plus sain … Voilà ! J’aurais voulu tomber amoureuse d’un homme qui parviendrait à m’aimer entièrement, sans se soucier de son passé ou du mien, sans songer à ce qu’il pourrait advenir, en voulant seulement m’appartenir autant que l’inverse … J’aurais voulu une vie plus facile, mais est-ce que j’aurais réussi à trouver le bonheur dans une situation si désuète ?! Aurais-je pu faire confiance à un autre ?! Est-ce que j’aurais été la même si cela n’avait pas été toi ?!

De colère contre moi-même, contre toi, contre Lui, contre le monde entier, je pris appui sur mon bras et ma jambe pour venir me poster au-dessus de toi. Me détachant de tes lèvres lorsque cette larme, unique, roula sur ma joue. Plaçant mes mains de chaque côté de ta tête, je restais à quelques centimètres de ton visage, dans un masque à la férocité déroutante. Tu n’étais pas capable de prendre des décisions ? Je t’y contraindrais !

- Je t’aime. Et même si je ne le devrais pas, c’est ainsi. Ne compte plus sur moi pour être raisonnable à partir de maintenant puisque tu ne veux plus que je m'efface devant toi. Si tu veux que je reste sage, que j’attende patiemment que tu émerge de ton coma sans faire de vague, tu risques d’être déçu. Tu commences déjà à présenter des signes de résurgence, et je ne veux pas que tes efforts meurent avant d’y trouver un sens. Si tu m’aimes, je veux que tu te battes pour redevenir toi-même, je veux que tu fasses ce que tu sais être bon pour toi, sans te soucier des autres, pas même de moi. Je veux apprendre à connaître celui que tu n’es plus depuis trop longtemps …

Cette dernière phrase pouvait être à double tranchant, surtout étant donné mon corps qui se plaqua instinctivement contre le tien dans une posture particulièrement aguicheuse. Et je n’en rougissais même pas. Non, j’étais exactement là où je voulais être, te laissant sentir les bouffées de désirs qui venaient chatouiller mon échine, et te démontrant d’un regard déterminé que si tu ne le faisais pas, moi, je me battrais pour toi. Même sans rien obtenir en échange, la seule certitude de savoir que tu étais sensible à mes envies et que tu les ressentais me suffisait pour le moment, je n’avais pas besoin de plus que ce que tu étais prêt à me laisser vivre et voir dans tes bras.

Toutes les cartes étaient entre tes mains désormais …

Alors je plongeais vers tes lèvres en tirant légèrement sur ton cou pour venir fourrager dans ta crinière brune dans une tentative dérisoire pour me fondre en toi …
D’une étreinte que j’aurais voulu éternelle …

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Non. J'aurais voulu. Sauf que non. Je ne t'avais rien offert. Loin s'en fallait. En dehors peut-être d'un fardeau supplémentaire à porter sur tes frêles épaules. Te vampiriser n'avait pas été une décision réfléchie, mais prise sur le contrecoup de l'émotion. Tu le savais je crois. Il ne s'agissait que d'un acte de lâcheté. Irrationnel. Parce-que je venais de perdre bien plus qu'un homme ne pouvait le supporter. Et qu'au milieu du chaos ambiant, à courir sous le feu des bombes et pris au piège entre deux rives dont le destin était celui de ne jamais se rejoindre, te priver de ta vie pour épargner la mienne m'avait alors paru inacceptable. Au-dessus de mes forces. À l'encontre même de tout ce pourquoi je me battais. Puis à ton âge, on ne méritait pas de mourir. Tu devais vivre. Comme Elyas et Rose avant toi. Tout comme Noora. Il y a longtemps, si longtemps déjà.

Tous morts. Morts et enterrés, six pieds sous terre. De m'avoir trop aimé, d'avoir préféré me sauver plutôt que de se préserver. Comprends-le. Tous morts Shannon. Morts, morts, morts ! D'une mort atroce, brutale et trop soudaine. Sûrement la pire qui puisse exister, en particulier pour ceux devant rester. Contraints d'avancer sans se retourner. De mettre de côté leurs regrets, ou de se forger un trou dans la solitude. Quitte à s'emmurer dans une existence morne, sans saveur ni plaisir. Au point que si tu ne m'avais pas chevauché, j'aurais pu m'en remettre à hurler. Seulement tu étais là, jeune et belle. Quoique pas aussi naïve que je m'entêtais à le penser. Pour me rassurer. Même si tu me semblais encore croire que d'une morsure je t'avais entrouvert en grand les bras du paradis. Sombre paradis. Tu m'idéalisais parfois. Dommage. Pour nous. Pour toi surtout. Dommage que ce monde au sein duquel on vivait ne soit jamais rien de plus qu'un petit bout de cette humanité à laquelle on se raccrochait. Autant te le dire, si ton cœur battait ce n'était uniquement que dans tes souvenirs. Pas que ça m'aurait déplu de l'entendre s'emballer ou rater quelques battement. Au contraire. Tout comme je ne continuais à respirer que par habitude. Détrompe-toi. Il n'y avait rien de fabuleux à cela et tu l'apprendrais assez vite. Bon gré mal gré. Après voilà, je n'avais aucune envie de te voir souffrir. Tu n'étais pas faite pour le malheur. Ton bonheur serait donc la seule bataille à laquelle j'accepterais de me livrer. De bonne grâce. Dans l'amour et dans la bonne humeur. Pour toi, je mènerais une guerre sans merci au temps. Mais sois patiente. Pour te donner ce que tu attendais, il me faudrait me détacher de lui d'abord. Et ça ne se ferait pas tout de suite. Pas en une minute. Pas ce soir, ces choses là demandaient un minimum de travail sur soi. Elles exigeaient qu'on fasse d'abord table rase du passé. Afin de repartir sur des bases saines, propres et solides. Ce n'est qu'à cette condition là que je pourrais pleinement te satisfaire. Mon infante. Mon sang et ma chair. La fille la plus obstinée que je connaisse. Tu ne réalisais pas à quel danger tu t'exposais en me poussant à te dévoiler l'autre pan de ma personnalité. Pas sûr que tu saches apprécier.

Pas sûr. Enfin, on aviserait. Une autre fois. Là tout de suite, laisse-moi juste repasser de l'autre côté du miroir. Tranquillement. À mon rythme. Et lentement, ma main remontait de ton ventre à la lisière de ta poitrine. Stoppé net dans mon geste par la couture de ton soutien-gorge. Couture le long de laquelle mon pouce glissait avant que mes doigts ne se faufilent entre tes seins. Envieux. Appréciant la finesse de ta peau et longeant lascivement la ligne de ton décolleté. La gêne au creux de mon pantalon prenant de plus en plus d'ampleur. Son tissu se déformant. Me comprimant, pour mieux me maintenir à l'étroit. Vois-tu, il me serait bien pénible à présent de l'ignorer. Ou même de chercher à te le dissimuler. Heureusement pour nous deux que tu n'étais plus une enfant, mais une femme déterminée. La brûlure du frottement me mettant au supplice. Parfaisant ainsi le tableau. Mal m'en a pris. J'aurais dû te repousser, me débattre. Empêcher la situation de dégénérer. Au lieu de quoi des tâches lumineuses venaient me voiler les yeux tandis que ton regard me happait tout entier. Totale éclipse. Il ne tenait plus qu'à toi de faire de moi ce que tu voulais. Absolument tout ce que tu désirais. Tout. Promis. Je me montrerais gentil. Consentant. Tant que tu ne me jurais ni fidélité, ni reconnaissance, ni amour éternel. Ezechiel ne s'était que trop souvent sacrifié. Entre autre chose pour mon bien-être. Me cachant son cancer et élevant ses sacrifices au montant d'une dette qu'il m'était impossible de lui rembourser. Alors ne te brime pas. Exprime-toi. Marque ton territoire, sois jalouse, rends-moi normal. Un homme tout ce qu'il y a de plus classique. Sans rien de spécial. Un homme que tu aimes à sa juste mesure. C'est tout. Sans valeur ajoutée. Sois simplement toi-même en fait. Ce que tu faisais à la perfection jusqu'ici en me reprenant un baiser. Me coupant la parole et m'interdisant tout libre arbitre. Un baiser que tu initiais, puis que j'approfondissais. Osant d'ailleurs me montrer un peu plus entreprenant quand ma langue passait sur tes lèvres. Grisé. Zappant tout le reste. Ton frère. La grimace d'exaspération que tu m'avais servi lorsque je l'avais évoqué. Lui. Comme tout ce qui ne nous concernait pas directement.

Pas directement en dehors de ma langue caressant la tienne. Avec une langueur exacerbée et un sentiment de béatitude dont je ne me pensais plus capable. Retirant ma main de sous ton tee-shirt pour revenir entourer ton cou de mes doigts. Avec une infinie délicatesse. Je n'aimais pas te savoir porter des chaînes. Je te voulais libre et indépendante. Je détestais tellement l'idée que tu puisses m'être attachée. C'était idiot. Puisqu'il n'y avait aucune forme de servitude dans ta présence à mes côtés. Je n'avais pas de doute à ce sujet. Du coup, je te proposais qu'ensemble on brise un à un ces foutus maillons qui s'étaient ancrés  en toi et qui alourdissaient chacun de tes pas. Je ne voulais pas ressembler à mon propre Sire. Et là-dessus, tu me rendais ma liberté de penser. Ton esprit se retirant subitement du mien, au risque de me perdre. De me perdre dans les abîmes d'un silence que je n'étais plus très certain de supporter. T'entendre penser me calmait, me déculpabilisait, m'aidait à me stabiliser. J'avais peur. Peur de recommencer à délirer, à juste titre. La preuve. Fiévreux, je me persuadais que rien de tout ça n'était réel. Pendant que toi tu en profitais pour subitement me prendre au dépourvu.

C'était déloyal ça. J'avais honte. Honte de m'être cambré contre toi en laissant un gémissement sonore s'échapper d'entre mes lèvres lorsque tu étais venue me chevaucher. Me renversant et me bloquant sous ton corps. Dans une posture peu habituelle. Mais n'enlevant rien à ton attrait, ne t'en rendant que plus piquante. Venimeuse. Tes mots sifflant à mes oreilles comme une mise en garde. Tu étais...excitante. Tentatrice. Insoumise. Me pardonnerais-tu de te répondre ce que je m'apprêtais à te répondre ? La larme dévalant sur ta joue en traçant un sillon pourpre sur ta peau et venant s'écraser sur mon visage me rendant toute ma tête et ma raison. Ne m'en veux pas, je le faisais pour toi.

- Je crois qu'on devrait essayer de dormir. On est fatigué et on ne sait plus ce que..ce qu'on fait. Demain, tout ça nous paraîtra plus clair. Il ne faut pas te mettre dans des états pareil pour moi. Il ne faut pas...Shannon...s'il te plaît…

Tu voulais m'achever…

À m'allumer comme ça, ton visage à peine à quelques centimètres du mien. Écoute-moi. S'il te plaît. Tu ne voulais pas que ça arrive, pas à même le sol. Sur ce vieux matelas. Avec un mec entortillé dans un gilet en laine, pas sexy ni séduisant. Plus pâle qu'une poupée de chiffon et négligé. Moi ça me foutait vraiment mal à l'aise. Aussi, je fermais les yeux. Ravalant ma salive et les rouvrant au moment où mes mains revenaient se poser sur ta taille. Puis je t'enlaçais. Répondant à ton appel muet. Bien sûr que je me souciais de toi et te refaisant basculer doucement, je te prenais dans mes bras.

On devait dormir. Alors je calais ta tête sur mon torse, le menton contre tes cheveux. Blonds. Longs. Tes cheveux qui sentaient bon. Demain, je me reprendrais en mains. Murmurant rien que pour toi : « Sans âme, mon esprit dort dans un endroit froid. Jusqu'à ce que tu le trouves là-bas et le ramène à la maison. Comment peux-tu lire en moi comme dans un livre ouvert ? » Dors mon ange, je veillais sur toi. Toi qui n'étais pas sotte et qui faisais acte de foi...

Sujet terminé

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