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The House of the Rising sun - Graydon

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De la main de Léandre McGuinness signé le Mer 30 Aoû - 12:26
The House of the Rising Sun
- Léandre McGuinness & Graydon S. Batthyány -




Mourant. C’est le terme qui me désignait aujourd’hui. J’étais malade, mourant, et sans doute que le temps m’était compté. Bien plus que je ne voulais me l’avouer. Bien plus que je ne l’espérais. Je n’en savais rien, mais peu importait. Tout ce que je voulais, tout ce que j’espérais, c’était que les gens que j’aime aillent bien. Wellan, Callan, Graydon. Gray. Mon fils. Je savais où tu te trouvais et l’inquiétude me tuait à petit feu. Il m’avait laissé partir, mais à quel prix ? Pourquoi tu avais fait ça ? Pourquoi tu t’étais rendu là-bas ? Étais-tu si stupide que ça mon fils ? A priori oui, stupide, tu l’étais. Et maintenant ? Maintenant je ne pouvais rien faire. Est-ce qu’il te traitait bien ? J’en doute. Théodore O’Brian, ce tyran, je ne le connais que trop bien. Je connais son sadisme. Sa perfidie. Je l’imagine, là, dormir contre toi la nuit, te violant du regard. Te violant sans doute tout cours avec tout un tas d’objets bizarres comme il le faisait avec moi. Je me demande parfois s’il a osé franchir le pas avec toi. Ce pas qu’il n’a jamais osé franchir avec moi. J’espère que tu seras plus malin, plus futé. Plus intelligent que je ne l’ai été. Il est malin, fais attention. Il sait tout, il voit tout. Et le mettre en rogne n’est pas une bonne chose. Je viendrais te sauver mon fils. Quand j’aurais trouvé le moyen de te faire sortir de là. Je viendrais oui. Je prendrais le risque moi aussi, de retourner là bas, de revenir sur ce qui m’a le plus détruit, je viendrais te chercher. Parce que quand je m’endors c’est ton visage que je vois. Quand je ferme les yeux, c’est ta détresse que je ressens. Je sais que tu vas t’en sortir, je sais que tu vas faire ton possible pour rendre ton séjour agréable. Ta détermination je la connais. Mais ne m’oublie pas. Je t’en pris, ne m’oublies pas. Parce que non, je ne suis jamais loin et que oui, je viendrais à toi. Je viendrais te sortir de là, je t’en fais la promesse…

« Léandre… Excuses-moi de te déranger. Tu as reçue une lettre en provenance de Tullamore. Je me suis dis que c’était important de te l’apporter tout de suite. »

Important ? Tullamore ? Si mon cœur battait encore dans ma poitrine il se serait sans doute emballé. J’aurais sans doute ressenti une sorte de stress en attrapant ce bout de papier entre mes doigts. Regardant, fixant l’adresse écrite de la main même de Théodore. Cette écriture, je la connais par cœur pour l’avoir si souvent vu griffonner ses notes sur ses calepins. Jamais je n’oublierais quoi que ce soit de cet homme. C’était plus fort que moi. Ma main tremblait quand j’ai soigneusement déchiré l’enveloppe a l’aide de mon coupe papier, me laissant poser dans mon fauteuil. J’étais las, tellement faible, fatigué. Croisant les jambes, j’ai simplement lu ces quelques lignes à la simple lueur d’une chandelle. Fumant délicatement une cigarette alors que je n’en manquais pas une miette. Ce n’était que de la provocation. Une vraie mascarade. J’ai pu sentir mon sang ne faire qu’un tour dans mes veines alors que le papier se retrouvait déjà froissé dans mes mains. Théodore O’Brian ne me rendrait jamais ma liberté, je l’avais toujours su, mais à ce point ? C’était simplement dégueulasse. Il aimait tellement ça, me faire comprendre que je continuerais de lui appartenir. L’idée qu’il me tenait littéralement par les couilles. Recrachant la fumée de ma clope, je n’avais même plus la force d’exploser. Pourtant, exploser, en temps normal, c’est ce que j’aurais fait. Sautant dans la voiture pour aller lui exploser sa petite gueule de bourgeois. J’avais envie de le voir souffrir, j’avais envie de le voir mort. Tout ça, toute cette histoire, ça n’avait pas de sens. Me relevant avec le peu de force que j’avais, je suis simplement aller prendre une douche. Je n’avais pas la force de partir. Mais il le fallait. Je devais y retourner, je devais le voir, je devais lui parler. Pour me rassurer. Pour voir s’il allait bien… Graydon… Mon fils…

Théodore O’Brian, dans un instant de grande bonté, m’invitais à revenir entre les murs de Tullamore afin de voir mon fils. Afin de passer un instant, une soirée entière avec lui. Sans doute encore un sujet d’expérience. Je ne pouvais voir que ça. Il voulait voir si Gray lui appartenait tout comme il avait fait de moi sa chose. Il voulait nous tester, j’en étais persuadé. Mais je ne pouvais rester là sans rien faire malgré la maladie, malgré ma faiblesse. Ne tenant presque plus debout, je marchais désormais avec l’aide d’une cane. Je me sentais vieux, je me sentais… Mal. Wellan gueulerait sans doute en constatant que j’étais sorti sans rien dire, mais l’avertir serait l’inquiéter. Il m’aurait sans doute enfermé dans mes appartements d’ailleurs. Parce que je savais que le voyage me fatiguerait d’avantage. Mais peu importe. Je devais m’y rendre. Enfilant un pantalon noir, une chemise de la même couleurs, des gants en cuir et ma veste en cuir, je n’ai prévenu personne. Il était encore tôt dans la nuit, le jour ne se lèverait pas avant six bonnes heures. Le temps de me rendre là bas. Le temps d’arriver à destination sans embûches. Discrètement, comme un voleur, je suis descendu dans le garage, m’asseyant au volant de ma voiture. Si j’étais en état de conduire ? Non. Clairement pas. Mais je ne voulais avertir personne. Et fallait que je fasse vite. Mon absence n’allait pas resté secrète encore longtemps. Les caméras, les gens qui me surveillent à longueur de journée aller très vite se rendre compte que j’étais de sortie. Cela faisait six mois que je n’avais pas mis le pied dehors. Et ce soir. Tel un esclave docile, je partais, enfin, retournant sur les lieux de ma perdition. Quelle ironie.

Conduisant lentement, lutant pour ne pas sombrer dans le sommeil, je roulais presque au ralentis. Durant 5h30. Juste à temps avant le levé du jour. J’aurais pu attendre. Oui. J’aurais pu partir le lendemain, mais non. Il fallait que je le vois. Il fallait que je sache s’il allait bien. Son absence me pesait, c’était une véritable agonie. Le savoir là bas, à ma place, à cette place que j’avais occupé me flinguait à petit feu. Et plus je m’inquiétais, plus la maladie prenait le dessus. On disait que c’était miraculeux de me savoir encore en vie. Enfin en vie, j’ignore si on pouvait vraiment dire ça comme ça. Mais je tenais encore un semblant debout, et c’était tout ce qui importait. Me rattachant à l’idée que j’allais enfin le retrouver. C’était tout ce qui comptait pour moi. Cette histoire de pouvoir le voir. Te voir. De te serrer dans mes bras, même sans pouvoir toucher ta peau. Je pense que c’est ça qui allait être le plus dure. Ne pas retirer mes gants, ne pas retirer ma veste, te serrer dans mes bras sans pour autant pousser le vis et toucher ta chair. Rien que d’y penser, j’en avais une boule dans le ventre. Théodore était un sadique, un sociopathe de haut niveau, il n’avait pas de scrupule. Et je savais, j’en avais la certitude, il nous regarderait, il serait là, à nous observer derrière un écran, se branlant, jubilant, s’extasiant de constater que la situation aller me détruire. Parce que oui. Ca allait être le cas. Parce que je sais, je le savais, que malgré ça, je serais obligé de repartir sans toi. Et je pense que c’était pire que tout. Je ne pouvais te sauver. Pas tout de suite, pas maintenant. C’était tout simplement horrible. Alors quand je me suis garé là, devant l’entrée de cette prison qui avait été la mienne, j’ai commencé à douter… A sentir le stress m’envahir. La peur, l’appréhension, des sentiments que j’avais refoulé depuis tant d’années…

Sortant enfin de mon véhicule, j’ai eu cette impression de suffoquer quand je suis arrivé devant cette porte. Cette unique porte qui allait me faire retourner dans cet enfer qui avait été le mien durant un an. Hésitant furtivement avant de sonner et de voir cette barrière s’ouvrir dans l’instant. On m’attendait, je le savais. Cette fois pas de menottes, rien du tout. C’est libre, aussi libre que je l’étais qu’on m’a conduit dans une pièce au sixième étage. Une pièce, presque conviviale. Du sang y était disposé, de l’alcool, mon whisky favori, des cigarettes, celles que je fumais, des cigares aussi. Tout était là pour que l’instant soit parfait. Et je pense, non, j’en ai la certitude, que c’était ça le plus douloureux. On m’a laissé là, tout seul, perdu, j’observais la pièce, toutes ces choses autour de moi. Je refusais de toucher à tout ce qui se trouvait là. Je refusais d’accepter les présents de Théodore. Pourtant, la porte a fini par s’ouvrir pour y laisser entré cet homme que je haïssais plus que tout. Le regardant à peine, j’ai eu un moment de recule alors qu’il venait juste à ma hauteur. Il était là, devant moi, sa matraque électrique accrochée à sa ceinture, pour se défendre sans doute. J’aurais pu le tuer, là, sur l’instant, mais je ne l’ai pas fait. Le laissant me toucher alors que je le fusillais du regard. Il a levé une main, venant la poser sur ma joue. Ce que je ressentais en l’instant ? De la peur. Cet homme, oui, il me faisait peur. Bien plus que tout autre chose. Je le redoutais. Sans savoir pourquoi. Il a continué à poussé le vis, s’approchant encore, avant de me murmurer des mots à mon oreilles.

« T’as une salle mine Léandre. Bois. Ca va te requinquer. Je suis content de te revoir si tu savais comme tu m’avais manqué. Cela dit je dois bien avouer que Gray me comble de bonheur. T’as la soirée. Mais après… N’oublies pas que vous m’appartenez tout les deux. Vous êtes à moi. Ne te sens pas trop libre. Tu reviendras. Parce que… Je suis le seul à posséder l’antidote. Alors oui… Tu me reviendras Léandre. Et bientôt je vous serez tout les deux rien que pour moi. Profites bien. »

L’antidote… Une nouvelle qui est venue comme un coup de massue. Cette antidote que l’on s’acharne a trouver. Il était là. A porter de main. Mais mon égos et cette haine m’obligeais à décliné l’offre, et machinalement, sans broncher, je lui ai craché à la gueule. Littéralement. Ne le lâchant pas du regard alors que je savais qu’il ne faisait que me provoquer. Je ne lui appartenais plus. Et Gray ne sera bientôt pour lui que l’ombre d’un souvenir, je m’en faisais la promesse. Silencieusement, intérieurement. Théodore O’Brian allait bientôt retomber de son piédestal, ce n’était qu’une question de temps. Et le temps… Il m’était impartie.

« Vas au diable Théodore. Je ne suis plus ta putain. Je peux voir mon fils maintenant? »

Impassible, neutre, froid, je l’étais. Je ne voulais pas qu’il comprenne, je ne voulais pas lui donner raison. Il en était hors de questions. Je l’ai regardé, se déconfire sur place alors que sa main venait s’abattre contre ma joue. Mais je n’ai pas bronché. Le regardant sortir alors que finalement, je me servais un verre de sang. Manger me ferait du bien, il avait raison. Mais je savais aussi que la seule chose qui me ferait du bien, qui me soulagerait, serait de te voir franchir cette porte. Je te sauverais mon fils. Oui, je te sauverais. Tu me manque tellement…


© Fiche codée par Aindreas An'Sionnach



March of Mephisto
I am the thorn in your side that seeks accomplishment reminding the mortal of death. I am the spore of your pride, an angel heaven sent. The master of all. You know just who I am. Don't be so distant, cause when you're lost, I am solely there to share your grief. Wailing for your sorrow is only my way to comfort you. Reminders of innocent youth, waiting for morrow. You're lonely. I name your solitude, I speak the truth.
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De la main de Graydon S. Batthyány signé le Lun 4 Sep - 11:12

The House of the Rising Sun

Rester dans les appartements de Théodore. C’était l’ordre que Gray avait reçu de la part de ce dernier. Mais le jeune vampire, encore bien habité par son arrogance légendaire et sa présomption mystérieuse, se contrebalançait bien de ce que ce misérable petit humain pouvait bien lui dire ou non de faire. Les ordres, Graydon ne les suivait que s’ils venaient de personnes qu’il respectait. Or ce Théodore ne méritait le respect de personne, et encore moins de Gray. Il ne lui fallut alors pas plus d’un quart d’heure pour s’extirper hors de cet appartement qu’il maudissait avec ferveur. Le jeune Batthyány n’allait tout de même pas rester là, nu comme un ver, le goût du sang du scientifique encore en bouche, affalé sur ce fauteuil quoique confortable, à regarder passer les coquecigrues à travers la peinture blanche du plafond. D’abord, il s’empara de quelques habits qui appartenaient à son bourreau, des habits de marques, frais, qui laissaient échapper les effluves parfumés de Théo… Ils étaient toujours plus confortables que les blouses d’hôpital ou les camisoles de force qu’il devait porter, parfois…

Un caleçon. Gray s’en empara et le renifla, percevant encore des traces d’odeur des liquides corporels de Théo. Était-ce étrange de trouver cette odeur à la fois traumatisante et agréable ? Il n’attendit pas plus et l’enfila, puis des jeans, puis une chemise, puis un sweat, et une veste en cuir. Graydon ne pouvait s’empêcher d’humer ses manches toutes les secondes… Il fallait l’avouer, Théodore avait des goûts merveilleux en matière d’habits et de parfums, et, aussi bizarre que cela puisse paraître, le parfum de Théo que Gray n’arrêtait pas de renifler réchauffait son cœur et tendait à le calmer… malgré tout ce que le savant fou lui faisait subir. Un doux mélange de délires obsessionnels et de torture psychologiques. Théo était fort pour cela, Gray ne pouvait que le savoir, et le constater sans cesse. Il savait trouver, dans les plaisirs et l’agréable, les traumatismes les plus profonds du jeune vampire et le pire dans tout cela, c’est que Graydon ne parvenait pas à savoir si vraiment Théo voulait le faire souffrir, ou s’il avait développer un quelconque sentiment affectif à son égard et qu’il ne se rendait absolument pas compte de ce qu’il faisait subir au vampire… Ou peut-être qu’il était complètement détaché et qu’il se désintéressait complètement de ce qu’il pouvait arriver à Gray. Comment le savoir ? Le comprenait-il lui-même ? Le jeune Batthyány s’était alors simplement dit qu’il continuerait d’aller dans le sens du scientifique, de le caresser dans le sens du poil tout en se démarquant, pour se rapprocher le plus possible de lui, quoi que celui-ci puisse bien lui faire. La douleur ? Il ne la ressentait pratiquement plus et s’était découvert de véritable talent à contrôler la douleur… Le viol ? Gray le laisserait faire, il le laisserait perturber son intimité, la détruire, se faire plaisir en utilisant son corps, et il se consolerait toujours avec la simple pensée qu’un jour, il sortirait d’ici et retrouverait Léandre. Graydon était prêt à tout. Absolument tout.

Le jeune vampire, déambulant l’air de rien dans les couloirs interminables de cette prison sans fenêtre, s’arrêta devant une porte qui lui semblait familière… Le laboratoire privé de Théo. Et juste à côté de la porte, contre le mur blanc, le lecteur de badges, qu’O’Brian était le seul à posséder, affichait une petite lumière verte, ce qui signifiait que la porte était ouverte… Or, habituellement, Théo s’enfermait à l’intérieur et personne ne pouvait y entrer à part lui… et parfois Gray, si l’autre le voulait bien. Sans la moindre gène, sans même se poser la question de savoir si Théo se trouvait ou non à l’intérieur de son laboratoire privé, Graydon poussa la porte et, après avoir balayé du regard le chaos de matériel et de notes scientifiques, il fut ravi de découvrir que la grande pièce était déserte. Tranquillement, il fit quelques pas, scrutant chacune des éprouvettes posées sur le plan de travail, chacune des boîtes de Petri, et de tout ce bordel scientifique auquel Gray ne comprenait vraiment rien. Il y avait des récipients différents dans chaque coin de chaque meuble, des machines qui faisaient toutes un bruit différent… Graydon ne savait plus où donner du regard. Tout semblait important, et le jeune vampire n’avait qu’une envie, répandre encore davantage le désordre dans les affaires du scientifiques uniquement pour retarder ses recherches, car Gray savait pertinemment que quand Théo aurait trouvé ce qu’il lui cherchait, il ne lui saurait de plus aucune utilité… et qu’il risquait d’y passer.

Le Batthyány empoigna certaines éprouvettes, desquelles il tenta de déchiffrer tant bien que mal ce qui était écrit sur l’étiquette. En vain. Il les glissa dans la poche interne de la veste de Théo. Il ouvrit des tiroirs, à la recherche de notes classées. Quand il trouva, il feuilleta le tiroir jusqu’à tomber sur le mot virus. Il trouva plusieurs cahiers, parsemés de post-it, et des feuilles volantes. Il s’empara de ces dernières, les plia, et les fourra dans la même poche. Et soudain, son cerveau se mit en alerte. Il entendait des bruits de pas se rapprocher. Ce n’était pas n’importe qui… Non, il n’y avait qu’une personne qui marchait avec autant de dynamisme, de stresse, de tension… Théodore. Et merde. Graydon prit une grande inspiration, fermant un instant les yeux comme s’il s’attendait au pire des scénarios. Il prit alors l’initiative de sortir de la pièce, et juste là, derrière le seuil, il tomba sur le scientifique. Si son cœur battait encore dans sa poitrine, Gray se serait probablement retrouvé avec quelques côtes fracturées… Mais il se contenta de sourire au savant fou, de ce petit sourire surpris et un peu nunuche.

« Théo… Tu es là. » Un soupir. Gray fit mine d’être soulagé. Alors qu’en vérité il avait l’impression d’avoir le cœur et les tripes lacérées par du fil barbelé chauffé à blanc. Sur le moment, le cerveau du vampire usina si ardemment que ce dernier ne pourrait dire si Théo lui avait adressé la parole ou non. « Je te cherchais… Je voulais te montrer… » L’expression du hongrois s’adoucit et son sourire s’étira… « Regarde, je t’ai piqué des habits… Ils sont vraiment classes. Tu ne m’en veux pas ? » Le jeune vampire chercha tout son courage pour ne pas faire tomber ce masque qui le dégoûte tant. « J’avais envie de montrer à Léandre que, désormais, je suis à toi… Rien qu’à toi. Sois content, Théo, souris un peu… »

Une teinte de malice dans le regard. Un nouveau soupir, haletant et vaporeux. L’étreinte autour de ses tripes se resserrant encore un peu… Gray joue avec les coutures de la blouse blanche de Théo, comme s’il ne pouvait s’empêcher de le toucher, dans une attraction essentielle, incoercible, irrépressible… viscéral. Comme s’il était gêné… Mais… pourquoi était-ce presque agréable ? Pourquoi Gray peinait-il à faire la différence entre les sentiments qu’il feintait et ses véritables émotions ? Pourquoi ne parvenait-il plus par moment à distinguer son jeu, sa stratégie de manipulation, à sa véritable personnalité ? Et s’il finissait par véritablement être lié à Théodore, à s’attacher à lui ? Ce serait tellement… malsain… et pourtant.

Peut-être que Théo n’était pas content. Peut-être qu’il avait cherché Gray partout car il était enfin l’heure à Léandre et lui de se rencontrer. Le jeune vampire avait peur, tout autant qu’il se réjouissait de retrouver son Sire. Mais, quelque part derrière les murs de la pièce, Théo serait en train de les regarder. C’était exactement la raison pour laquelle Gray ne pourrait pas être complètement lui-même. Il allait devoir garder son masque durant tout le temps qu’il leur était donné. La moindre parole déplacée pourrait lui faire perdre toute crédibilité envers Théo, et, en ce moment même, c’était probablement la chose qu’il redoutait le plus. Bref. Théo guida son nouveau sujet jusqu’à la porte derrière laquelle se trouvait déjà Léandre, affaibli par la maladie… Gray pouvait le ressentir… Il savait qu’il était juste là, derrière la porte… Il savait que son père souffrait, qu’il était mal en point et qu’il se battait corps et âme pour rester debout… Oui, tout cela, Gray pouvait le ressentir… C’était à la fois inspirant, et à la fois douloureux.

Ce fut d’abord Théodore qui entra dans la pièce où se trouvait Léandre. Gray n’avait eu qu’une seule envie en voyant le scientifique entrer dans cette pièce, le suivre. L’énuquer, d’un seul coup de main, et entrer à sa place, enlacer son Sire et partir au galop avec lui, loin de cette horreur… Mais il n’en fut rien. Théo entra, Gray fut alors obligé d’attendre, ne pouvant distinguer ce que tous deux se disaient. Les secondes s’écoulaient, formant d’éternelles minutes, et chaque coup de massue qu’elles martelaient devenaient de plus en plus insupportables. Et enfin, Théo revint, la mine déconfite. Le jeune vampire faillit sourire mais sut se retenir. Que s’étaient-ils dit ? O’Brian fit un geste, agacé, signifiant que Gray pouvait entrer dans la salle de rencontre. Impassible, il se mit à marché, franchissant le seuil alors qu’on fermait la porte derrière lui. Ses yeux étaient grands ouverts, lucides, sans expressions, remplis de vie comparés à ceux de Léandre, vitreux et halés de rouge. Leur regard se croisa et les yeux de Gray faillirent s’emplir de larme sanguinolente mais il parvient à les retenir et à garder son attitude de marbre, presque robotique.

« Père. »

Ce fut tout ce que Gray s’arracha à dire en guise de salutation. On ne pouvait faire plus formel, et pourtant, au fond de lui, le jeune vampire espérait que son Sire comprenne tout l’amour qu’il avait voulu transférer dans ce simple mot rempli de froideur. Graydon dévisagea douloureusement son père, qui affichait un teint bien trop pâle, même pour un vampire… Ses traits étaient creusés et secs comme de la cendre, sa peau était par endroit rongée, et sans le voir, Gray pouvait comprendre que chaque mouvement devait être une torture pour son père. Il avait ressenti sa douleur, il avait ressenti sa maladie, et la mort le guetter, se rapprochant vilement comme un prédateur.

« Tu es malade. », constata Gray, l’air toujours figé, transpirant à la fois la froideur et la douceur.

Bien sûr que Graydon savait que son père était malade, mais Théo ne le lui avait jamais annoncé… le jeune vampire n’avait que pu le ressentir et comprendre que la maladie de son Sire était bien réelle au travers de visions vaporeuses, de rêves douloureux et de délires perturbants. Si Gray avait fait cette constatation à haute voix, c’était pour faire comprendre à Théodore, qui les regardait quelque part, que la maladie de Léandre n’affecte pratiquement pas Gray et que celui-ci en est complètement détaché… Et aussi, il voulait faire comprendre à Léandre qu’il ne faisait que jouer un jeu, et que sa froideur était purement stratégique et absolument pas sincère.

« Tu n’as vraiment pas bonne mine. Tu souffres ? »

Gray pencha doucement la tête sur le côté, le visage détendu, presque angélique, plissant légèrement les yeux, comme s’il s’intéressait soudainement plus par la maladie de Léandre que Léandre lui-même. Le jeune vampire vint s’asseoir en face de son Sire et tendit la main sur la table, lui demandant doucement du regard de lui donner la sienne.

« Donne-moi ta main, Léandre. Je peux essayer d’alléger ta douleur… C’est Théo qui me l’a fait découvrir… »

Un don. Ouais, Graydon l’avait découvert en pleine torture, en plein viol. Dans ces moments où la douleur devenait insupportable, il avait découvert qu’il était en mesure de la contrôler. De l’atténuer au point de s’endormir, dans les vapes, ou alors de la refiler à Théo, comme un éclair de douleur. Ce dernier n’avait apparemment pas compris lorsque Graydon avait réussi, l’espace d’une fraction de seconde, à renvoyer sa douleur au scientifique. Il ne l’avait plus jamais refait, depuis, de peur que Théo puisse mesurer l’étendue de ce don et y voir une menace. Mais en ce moment même, Gray avait parlé comme s’il s’agissait d’une bénédiction de la part du savant fou, comme s’il l’en remerciait. Sa voix était douce, calme, grave et détachée. Elle représentait exactement le contraire de ce qu’il se passait aux tréfonds de son esprit en ébullition.

« Comment va Wellan ? Sait-il que tu es malade ? »

Gray parlait d’une voix extrêmement légère et vaporeuse, ce qui ne lui ressemblait vraiment pas. Mais ce n’était qu’une façade. En vérité, en posant cette question, Graydon voulait simplement savoir si Wellan était lui aussi malade et s’il avait réuni son équipe de scientifique de la Fondation pour pencher sur un remède, et si Léandre avait rattroupé Jayden dans le même but. Oui, parce que même si Graydon n’en laissait rien paraître, il était mort d’inquiétude pour son père et ne savait pas vraiment comment le lui faire comprendre… Peut-être lorsque Léandre déposerait sa main dans la sienne, il pourra percevoir ses véritables émotions…


© Lyr



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De la main de Léandre McGuinness signé le Jeu 7 Sep - 10:39
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Des secondes qui me semblaient être des minutes. Un temps qui semble comme arrêté, figé, refusant de continuer d’avancer. Avec lenteur et faiblesse, je me suis servis un verre de sang, frais, fraîchement tiré en vu de son odeur. Une chose rare ici, tellement rare. Conduisant le verre à mes lèvres, presque sans envies, sans rien. Je n’avais pas faim. Je n’avais plus faim depuis bien des semaines, donnant mes rations aux plus faibles, continuant d’accentuer la maladie, m’affaiblissant de jour en jour, de nuit en nuit, constamment, perpétuellement, comme si plus rien n’avait la moindre importance. Si je voulais mourir ? Je n’en savais rien. Mais tout ce que je savais, c’était que je me sentais plus seul que jamais. J’avais besoin d’espace, d’un moment pour réfléchir, me remémorant toutes mes erreurs du passé. Je vivais avec ce regret, cette colère, cette rage, cette haine aussi. Je ne m’en reconnaissais plus. Je m’enfermais, ne parlant plus parfois durant des heures entières. Fumant, buvant, essayant d’oublier toutes ces choses qui me rongent intérieurement. Mais rien n’y faisait. La souffrance. Elle revenait toujours. Tel un dépressif, je n’avais tout simplement plus envie de rien. Fataliste, négatif, plus rien n’avait de goût. Peut-être que j’arrivais au bout de mon histoire. Peut-être que je pensais de trop. Peut-être que, je n’en savais rien. Je me suis simplement laissé retomber sur une chaise, là, près d’une table, m’allumant une cigarette. Furtivement j’ai toussé après avoir tiré la première taff, mais je n’y ai pas porté la moindre intention. Tout ce qui comptais c’était toi, toi qui allait arriver, je le savais. Fixant cette putain de porte sans cligner des yeux, je trouvais ce temps si court interminable. J’angoissais, et sincèrement, je ne pourrais pas dire pourquoi. J’appréhendais. De te voir, j’en sais rien. Malade ? Affaiblis ? Martyrisé ? Je savais que quand bien même Théodore prenait soin de ses obsession il n’en restait pas moins complètement cinglé. Théodore O’Brian n’avait pas de conscience. Ca c’était la certitude que j’avais.

Alors oui j’appréhendais. Je savais que si je te voyais en mauvaise santé ça aller me rendre compétemment barge. Je pourrais laisser parler cette rage, ne plus me contrôler, et sincèrement, entre ces murs, je sais que je n’avais pas d’autres choix que celui de bien me tenir. Alors j’essayais, vraiment, j’essayais de conserver mon calme. Quand enfin la porte s’est ouverte. Machinalement, je me suis relevé, prenant appuis sur cette table alors que ta silhouette m’apparaissait enfin. J’avais envie de me jeter à ton cou, mais parce que j’étais moi, je n’ai rien fait. Mi soulagé entre cette constatation de voir que tu allais bien, mi apeuré par cette froideur qui émanait de toi. Te toisant. Te regardant. Et ce simple mot sorti d’entre tes lèvres. « Père. » Interdit, choqué, surpris, j’ai eu le sentiment de me faire poignarder en plein cœur. Me laissant retomber sur cette chaise, n’osant te répondre. Je suis malade. Et c’est tout ce que ça te fait ? Tu as l’air tellement… Désintéressé.N’osant te répondre, je t’ai laissé faire les premiers pas. Ne comprenant plus rien à ce qui se passait. Pourquoi ? Pourquoi tu réagissais comme ça ? Ca me semblait tellement… Impossible. Impensable. J’ai pu sentir les larmes me monter aux yeux. Je t’avais perdu. C’est la première chose que j’ai pensé. Il avait mit la main sur toi, et toi, trop stupide, tu étais tombé dedans. Fixant ce faux miroir qui se trouvait contre le mur, je savais que Théodore nous observé de là où il était. Il devait jouir, il devait jubiler de te voir si soumis, toi, comment tu pouvais me faire ça ? Devenir sa pute pour survivre, je veux bien te l’accorder, mais te désintéresser… De moi ? Ton Sire ? Ton créateur ? Ton père ? Stoïque je t’ai regardé t’asseoir là en face de moi. Oui j’avais une sale mine, merci de t’en inquiéter, c’est déjà ça. Tu m’as tendu la main, mais je l’ai refusé, attrapant la mienne comme pour éviter tout contacte.

« C’est Théo qui… quelle générosité de sa part. »

Ironique, voir sarcastique, je t’ai répondu, à demi mot, me rallumant une cigarette plus pour occuper mes mains que je refusais de te donner malgré ces gants que je portais, que pour me calmer. Non. Je refusais que tu me touche mon fils. Si tant est que toi tu en avais rien à foutre moi je voulais te protéger. Te préserver. Il était hors de question que je te mette en danger. Plutôt mourir. J’ai essayé, vraiment, j’ai essayé de rentrer dans ta tête pour te comprendre, pour me dire que tu mentais, mais la maladie m’affaiblissait d’avantage de jour en jour, au point où je n’arrivais plus à user de mes pouvoirs. Je me sentais tellement… Mortel. Faible. Inutile. Me passant une main dans les cheveux j’ai fait de mon mieux, vraiment, pour garder mon calme, pour ne pas m’emporter, pour rester impassible, neutre. Comme toi tu l’étais. Mais tu as parlé de lui. Wellan. Comment osais-tu ? Te trouver là, devant moi, me faisant comprendre que tu m’avais complètement effacer de ton existence et me parler de lui ? Mon sang n’a fait qu’un tour dans mes veines. La colère, cette rage, cette haine, a refait surface presque dans l’instant, faisant éclater ce verre que je tenais entre mes mains. Le sang venant souiller mon épiderme, je ne t’ai pas lâché du regard. Non Graydon, je ne comprenais plus rien. Dis-moi ce qu’il se passe ! Réagis ! Fais quelques choses ! Je suis malade, tu viens de le dire et je ne peux lire en toi, alors dis-moi les choses, ouvres-toi pour une fois, sois clair comme de l’eau de roche parce que là c’était pas ton cas ! Pour la première fois depuis ta transformation nous n’étions pas sur la même longueur d’onde. On ne se comprenais pas.

« Je t’interdit de me parler de lui alors que t’es en train de nous trahir Graydon. Comment oses-tu ? »

J’ai parlé, froidement, les dents serrées. Je refusais de crois que tu étais sérieux, je refusais de me rendre à l’évidence que je t’avais perdu. M’attachant à ce que je pouvais. Un détail, un élément, une petite chose. Je t’ai toisé, encore, regardant ces fringues de luxe que tu portant. Ces vêtements, je les connaissais. Je reconnaissais cette odeur que tu empestais. Qu’est-ce qu’il t’avait fait pour que tu retourne ta veste comme ça ? Qu’est-ce qui c’était passé Graydon ? Je ne comprenais pas. J’avais eu bon espoir de te retrouver, mais en réalité, je commençais à regretter d’avoir pris la peine de venir jusqu’ici. Avais-tu conscience de l’effort que ça m’avait demandé dans mon état ? Wellan allait me tuer quand il réaliseras que je suis parti. Ca faisait des semaines, des mois que je restais cloîtré dans mes appartement et je n’ai pas hésité une seule seconde à traverser l’Irlande pour venir te voir et toi… Tu étais si… détaché. Ca faisait mal Graydon. Elle était là la réalité des choses. Ca faisait mal putain. J’aurais donné ma vie pour toi merde ! Et toi, à la première occasion du retourne ta veste, portant une chemise à plus de 2000€ ? Tout ça pour quoi ? Pour t’envoyer en l’air avec ce fils de putain ? Un bourgeois de bas étages ?! Tu touchais le fond mon fils. Baissant les yeux, j’ai essayé de me calmer. Vraiment j’ai essayé de rester calme. Mais la vérité était que… Non, le coup de massue était trop brutal. Alors j’ai relevé les yeux, enfonçant mes pupilles dans les tiennes. Regardes-moi dans les yeux Graydon et dis-moi clairement que tu ne m’aime plus ! Dis-moi les choses, je t’en supplie !

« Qu’est-ce qu’il t’as fait Fils ? QU’EST-CE QUE TU LUI A FAIS PUTAIN !? »

La première phrase, t’étant destinée, avait été prononcée calmement. Alors que la seconde. Je me suis relevé, balançant cette chaise contre ce miroir. Un verre sans doute bien trop solide pour ne pas exploser. La chaise à simplement rebondis dessus, et m’emportant, ne contrôlant plus rien, je t’ai saisi par le col, usant du peu de force qu’il me restait. L’adrénaline, la rage, la colère, je n’agissais que sur ça. Te couchant sur cette table, t’arrachant ces fringue qui puait son odeur. La chemise partant en lambeau, je voulais simplement te libéré de son emprise. J’avais besoin de sentir ton odeur et pas la sienne. Elle était partout, me remémorant des souvenirs donc je ne voulais plus me rappeler. J’essayais, vraiment, j’essayais d’oublier. Mes le traumatisme étant encore trop présent. J’étais encore sous le choc de ce qu’il m’avait fait subir et toi ? Toi tu le remerciais ? C’est seulement une fois en boxer que je t’ai relâché. Sous le choc, je me suis reculé, toussant plus que de raison. Pris d’une quinte de toux. J’avais usé du peu de force qu’il me restait. Toussant sans arriver à me calmer, m’appuyant contre ce mur pour ne pas m’effondrer alors que je vomissait dans un coin ce peu de sang que j’avais absorbé. Regardes ce qu’il m’a fait. Regarde comment je me sens, comment je suis. Et toi tu oses venir me voir en portant ses fringues à lui ? Avais-tu seulement conscience de tout ce que cet enfoiré m’avait fait subir ? Les tortures, moral et physique. Ces fois où dans ses élans malsain il m’attachait, pieds et poings liés, à son lit. Venant me tripoter comme on tripoterait une poupée ? Juste pour le plaisir de voir mes réactions ? Le nombre de fois ou il est venu me violer avec toute sorte d’objets différents, juste pour le plaisir, allant ensuite se branler pour se soulager parce qu’il n’osait avouer son attirance. Des godemichets, des bouteilles, parfois des couteaux juste pour voir mon corps se régénérer, encore et encore et encore ! Alors comment oses-tu encore me sourire ?!

Me redressant je me suis essuyé la bouche. Je semblais essoufflé, fatigué. J’avais besoin de comprendre. Juste un signe qui me ferait comprendre que non, tu ne me trahissais pas, et que non, tu ne m’oubliais pas. Tu avais toujours été un peu perdu Graydon. Cet enfant désorienté. Il y avait des jours où je me disais que tu te cherchais encore. Alors je t’en supplie, regardes-moi dans les yeux et dis-moi que tu mens. Dis-moi que je n’ai pas fait tout ce chemin pour rien. J’étais à bout de force, mais continuant de me battre, je suis revenu vers toi, posant ma main gantée contre ta joue, les yeux sans les tiens. J’ai cligné une fois des paupière, puisant dans toutes mes ressources avant de les rouvrir, entrant dans ton esprit. Ma voix venant s’encrer dans ta tête. Tu n’imagine pas combien faire ça me ronge, me vide de toute mon énergie, mais si tu avais peur de parler tout haut soit, alors parlons, rien qu’entre nous. Dans cet endroit où il n’a pas axés.

* Reste calme et impassible… Mais dis-moi que tu joue un rôle pour te protéger. Si c’est le cas cligne des yeux. Une seule fois, et je comprendrais.*

Je refusais de te mettre en danger. Je refusais que tu vive ce que moi j’avais vécue avec lui. Alors moi juste ça mon fils. Dis-moi que tu mens, dis-moi que c’est moi que tu aime et non pas. Tu me manquais tellement. Ta chambre t’attendais et t’attendra toujours. Sois en sûre…


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De la main de Graydon S. Batthyány signé le Dim 10 Sep - 0:54

The House of the Rising Sun

Léandre était blessé. Outre sa maladie, qui, certes, le faisait souffrir, Graydon venait d’enfoncer le couteau un peu plus profondément dans la plaie. En apparence, il faisait tout pour que Théo puisse voir à quel point il était à présent détaché de son Sire. Et pourtant, intérieurement, la conscience du jeune vampire lui hurlait de faire le contraire. Or, il ne pouvait se le permettre… Tout cela faisait partie d’une subtile stratégie que Gray continuera de jouer, quelle qu’en soit la souffrance occasionnée. Lorsque Léandre, malgré les gants qu’il portait, refusa de toucher la main de Gray, ce dernier ne put s’empêcher de laisser paraître l’ombre d’un sourire sur ses lèvres, en dépit des coups de poignard qu’il avait l’impression de se prendre en pleine poitrine. Au moins, la réaction radicale de Léandre confirmait que Graydon menait avec succès son petit subterfuge, et c’était à cela que le jeune vampire allait se raccrocher. Si le regard de Léandre avait pu tuer, Gray serait sans doute mort de nombreuses fois… Ça le faisait souffrir, certes, mais il s’y était attendu. Il voyait cette colère prendre vie dans les veines de son Sire, cette colère qui lui faisait presque peur, et pourtant, le jeune vampire garda son calme et son expression de marbre. Il ne broncha pas quand le verre explosa dans la main de Léandre. Chaque coup de couteau que Léandre recevait, Gray se les faisait également subi à lui-même. Il le voyait perdre patience, et plus c’était le cas, plus Graydon avait aussi envie de céder à ses émotions, d’exploser, de tout dévoiler, et de complètement foutre en l’air sa stratégie. Léandre ne comprenait pas, il était à bout de force, physique et mental, Gray le voyait bien…

Il entremêla ses doigts et posa son menton sur les mains unies, et ne bougea que les yeux qui suivirent la chaise que Léandre lança contre le faux miroir. C’était cruel. Le petit jeu de Graydon était cruel. Mais il était indispensable. C’était le seul moyen d’avoir une chance de rester en vie et d’avancer malgré la tyrannie de Théodore. Serrant les dents, Gray ne se débattit presque pas lorsque Léandre l’agrippa, le couchant violemment sur la table, et lui arracha ses vêtements. Il vit sa veste voler à l’autre bout de la pièce et pria pour que rien ne tombe de sa poche interne. Puis tous ses autres habits, sauf son boxer, furent réduits en lambeaux. Il était pratiquement nu. Pourquoi ? Pourquoi Léandre devait-il lui faire ça ? Qu’essayait-il de faire ? Oui, Graydon perdait gentiment patience. Réveille-toi, Léandre. Bon sang, réveille-toi. Pourquoi ne comprends-tu pas ?

Léandre, pris d’une quinte de toux diluvienne, se recula et alla s’appuyer contre un mur, où il rendit tout le sang qu’il venait probablement d’ingurgiter. Graydon leva les yeux au ciel. C’était lamentable. Il arqua un sourcil arrogant et se leva, s’approchant lentement du faux miroir, dévisageant son Sire avec un mépris apitoyé, comme s’il regardait un adolescent n’ayant pas géré sa consommation d’alcool pendant une soirée. Un vilain sourire tordit ses lèvres avant qu’il ne se tourne contre le miroir, écartant les bras comme s’il attendait quelque chose, insolemment.

« Eh bien ? Vous attendez quoi ? Nettoyez ce merdier ! »

Gray regarda le sang que Léandre venait de rendre et afficha clairement une mine dégoûtée. Du vomi sanguinolent qui pullulait de l’infection de cet infâme virus. Le jeune vampire jouait son précieux, sa petite nature, tandis qu’il revint s’asseoir sur sa chaise. Léandre le rejoignit bien vite, posant une main contre sa joue… Geste d’une extrême douceur comparé à tout ce qu’il venait de se passer. Paraissant blasé, Graydon soutint le regard de son Sire, quand la voix de ce dernier résonna dans sa tête. Léandre semblait perdu, désespéré. Il ne savait pas si Gray jouait véritablement un jeu stratégique ou si Théo lui avait vraiment lavé le cerveau. Le jeune vampire aurait eu envie de sourire, même de rire aux éclats, mais il ne broncha pas.

C’est pas trop tôt, Père. J’ai failli croire que tu ne te poserais jamais la question. Tu crois que ça me fait plaisir d’être ici ? Tu crois que ça me fait plaisir de te voir souffrir ?

En même temps que Gray prononça mentalement ces paroles, il saisit son Père à la gorge, cligna des yeux une seule fois et souleva son père comme s’il ne pesait que quelques grammes, alors qu’il se relevait, les dents serrées comme atteint par un soudain accès de rage. Ses yeux irradient d’une lueur mauvaise, puissante et incoercible. Son visage est dangereusement impassible et pourtant il transpire d’une ire malsaine. Léandre ne pouvait rien faire. La maladie le rendait bien trop faible alors que Graydon, lui, était au plus haut de sa forme physique.

« Comment oses-tu me parler et me toucher ainsi, Léandre ? Je t’offre de ne plus souffrir et tu me traites comme ça ? Tu me fais rire, papa. Tu n’es plus rien. Tu as tout perdu. Ton titre. Ton royaume. Tu m’as perdu, moi, après m’avoir abandonné. Regarde-toi, tu es pitoyable. Qui voudrait d’un Sire comme toi ? T’es déjà pratiquement mort… Et tu vas mourir seul, sans personne, sans rien, comme tu l’as toujours mérité. »

Gray avait l’impression que chaque mot qu’il prononçait le faisait partir en lambeau, en cendres, comme s’il se trouvait en plein soleil, car il se forçait de dire de telles obscénités alors qu’elles étaient en contradiction avec ce qu’il pensait réellement. Dans une autre vie, le jeune vampire aurait probablement été un excellent acteur car il se dévouait corps et âme dans son jeu. Mais peut-être devrait-il prendre garde à ne pas tomber trop profondément dans son jeu et y voir une certaine réalité… Il ne fallait pas oublier que l’isolement pouvait altérer la lucidité de certaines personnes… Vous imaginez ? Si Graydon pensait tout ce qu’il disait ? Et qu’il appréciait vraiment la compagnie de Théo ?

Fais comme moi, Léandre, suis mon jeu. Ne fais pas tout foirer. Aie confiance en moi… La veste. Dans la poche intérieure. Sois discret.

Gray se concentra un instant, montrant certaines images dans l’esprit de son Sire. Les images de lui, dans les appartements de Théo, lui, attaché, maltraité comme Léandre l’avait probablement été. Mais par dessus tout, au travers de ces flashs révélateurs, le jeune vampire voulait lui montrer que Théo était complètement obsédé, et que tant qu’il ne trouverait rien pour satisfaire son obsession et résoudre ses recherches, Gray ne craignaient rien si ce n’est quelques égratignures, plus ou moins graves. Tout cela se passa en une fraction de seconde, et que ce fut terminé, quand Gray lui eut tout montré, il lança violemment son Sire plus loin dans la pièce, comme s’il s’agissait d’une vulgaire serpillère, pour le faire glisser jusqu’à la veste de Théo que le jeune vampire portait quelques instants auparavant. Il secoua lentement la tête, mimant son exaspération à la perfection… Il fallait dire que l’arrogance, la colère, l’indifférence et l’insolence collaient véritablement bien à son visage, si bien que l’on aurait pu croire qu’il était tout à fait sincère. Il essuya sa main contre le tissu blanc de son boxer, et la regarda. Merde. Il avait touché la peau de Léandre… Risquait-il d’être infecté ? Aurait-il dû mettre des gants ? Gray chassa cette idée de sa tête, et, tout en se rasseyant sur sa chaise et en s’allumant une clope, il se dit que s’il lui arrivait quoi que ce soit, il y avait probablement de forte chance que Théo lui en donne l’antidote… N’est-ce pas ?

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De la main de Léandre McGuinness signé le Mer 13 Sep - 10:31
The House of the Rising Sun
- Léandre McGuinness & Graydon S. Batthyány -




Je t’ai parlé. Silencieusement. Du sang coulant de mon nez tant j’étais exténué, affaiblis, que la force me manquait. J’ignore comment j’arrivais encore à faire ça. J’ignore comment je tenais encore debout pour tout avouer. Penser à toi, à Wellan, à Callan, c’était pour vous que je me battais. Pour vous que je ravalais ma douleur. Je n’en pouvais plus. J’en étais arrivé à un stade où je voulais simplement mourir. Mais je sais, j’ai conscience, que si je meurs, c’est vous tous que j’embarquerais avec moi. Callan ni survivrait pas. Je le savais. Wellan ? Il a beau dire, je sais que ma mort le détruirait. Quant à toi ? Je ne sais pas, je ne sais plus. Je te sais tellement… Adaptable. Mais pourtant. J’ai besoin de savoir, j’ai besoin de t’entendre me dire que tu n’es pas à lui. Pas après tout ce mal qu’il m’a fait. Il peu paraître aimant parfois, mais crois-moi Graydon, si on m’a jugé mauvais il est bien pire. Alors quand tu me réponds, j’ai beau resté impassible, intérieurement je boue. Je boue de haine, de colère. J’ai envie de le tuer, de prendre ta place. De me sacrifier pour te libérer. Je ne supporte pas cette idée de te savoir là. Je ne supporte pas, de savoir qu’il te fait des choses. Tu ne lui appartient pas Graydon. Tu ne lui appartiendra jamais. Tu es libre. Reste le. Je te sais futé, mais je te sais tout aussi naïf et stupide parfois. Ne le soit pas. Reste focalisé sur la réalité des choses. Ne lui cède pas. Bas toi. C’est dure, facile à dire. Mais Théodore O’Brian n’aimera jamais personne d’autre que lui-même. Fais de lui ton infant. Ca l’anéantirait. Elle est là sa faille. Si tu ne la connais pas déjà. Il rêve d’avoir ce que nous avons sans le côté… Mort. Mais c’est impossible. Mords. Frappe. En pleine nuit. En pleine journée. Qu’importe. Et une fois devenu tien, tu pourras faire ce que tu veux de lui, et là… Oui, là mon fils, on l’aura notre vengeance…. Laisses-moi te sourire un peu… Laisses-moi te dire que…

« Non ! »

J’ignore si j’ai crié ou simplement murmuré ce mot. La surprise. Le choc. La sensation de ta main froide contre ma peau. Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu as fait ça ? Me toucher. J’aurais voulu me défendre, j’aurais voulu avoir la force de te repousser. Mais tu étais bien plus fort que moi. Toi qui étais en pleine forme. Je t’ai laissé, m’empoigner par la gorge, me parler, me sermonner. Les larmes me sont spontanément montées. Non pas l’impacte de tes paroles. Je les savais fausses. Mais parce que tu me touchais, et je savais, je savais que ce simple geste te rendrais toi aussi malade. Mais tu n’étais pas moi. Non. Tu n’avais pas mon âge, ni même le sang de Tybalt dans tes veines. Tu… Je savais que tu n’y survivrais pas. Pourquoi ? Pourquoi tu as fait ça ? Je te dévisageais, avec inquiétude, incompréhension. J’aurais voulu trouver la force de te faire lâcher ton étreinte. J’aurais voulu, avoir eu la rapidité pour t’éviter de faire une telle connerie. Mais c’était trop tard. Bien trop tard. Qu’est-ce qui t’as pris ? J’avais soudainement envie de te prendre dans mes bras, de te dire que ça allait aller. Que tout irait bien. Jayden aller trouver la solution. Oui. Jayden trouvait toujours. Il te sauverait. Il te guérirais. Je t’interdis de me quitter Graydon. Je t’interdis de me laisser tomber. Tu n’avais pas le droit. Mais ta voix a encore raisonné dans ma tête. Te faire confiance ? Comment je pourrais te faire confiance après ce que tu venais de faire ? Comment je pourrais rentrer dans ton jeu ? Tu venais de te contaminer putain ! On n’avait pas besoin de beaucoup, non, un simple contacte et c’était la fin. Comment penses-tu que j’ai pu contaminer la moitié des vampires qui se trouvent ici ? Je suis le patient zéro ! J’ai tué tout le monde parce que j’ignorais ce qu’il m’avait fait ! Mais toi tu le sais ! Si j’avais pu te frapper putain, je crois que je l’aurais fait. Sans doute plus sous l’inquiétude que sous la colère mais oui, je l’aurais fait.

Mais tu m’as vite ramené à la réalité. Des visions. Des flash. De toi. De lui. De ce qu’il faisait. Mais aussi de toi lui volant un truc. Le plaçant dans la poche interne de sa veste. Cette même veste que je t’avais arracher parce qu’elle puait son odeur et non la tienne. Incertain, je ne t’ai pas quitté des yeux. Ne sachant si je devais me focaliser sur ce que tu venais de me montrer ou sur le fait que tu venais de me toucher. Mais bien rapidement je me suis senti propulsé plus loin. Retombant lourdement sur le sol. Glissant jusqu’à cette veste. Le choc fut tel qu’il me fallait quelques instants pour reprendre mes esprits. Essayer de trouver un subterfuge pour m’emparer de cette veste, et discrètement, plonger ma main dans la poche interne. Tu semblais si indifférent, mais pourtant tu souffrais. Que oui tu souffrais. Je pouvais le sentir. Et l’idée même qu’il puisse te toucher me répugner. Toi, allongé à ses côtés. Je pouvais l’imaginer te faire ce qu’il me faisait. Je pouvais encore sentir la sensation de sa main chaude se perdant contre mon torse, venant me toucher, me découvrir, glissant là, jusqu’à l’intérieur de mes cuisses pour tenter de me faire réagir. Il aimait ça ce salaud. Me voir bander sous ses caresses. Jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’il n’assumait pas. Jusqu’à ce qu’il pète les plombs, et que sous la rage, la colère, il s’en prenne à moi. Il me trouvait si attirant mais pourtant si répugnant à la fois. Je peux encore sentir le poids de son regard, fixant mon corps, chaque parcelle, chaque recoins. Il adoré ça, m’exposer nu pour le simple plaisir de m’étudier durant des heures. Et quand il se rendait compte que ça le faisait bander, il allait se taper une putain après avoir pris soin de me violer avec tout un tas de trucs. Ce qu’il lui tombait sous la main. Peut importait quoi. Il voulait me voir souffrir pour me faire injustement payer ce que je lui faisais ressentir. Mais on n’en n’est pas responsable. Tu n’es pas responsable de ça. Ce type est tordu. Tellement tordu. Furtivement, je me suis essuyé le visage, là où j’avais saigné quelques instants plutôt. Attrapant la veste sans broncher pour la sentir. M’imprégnant de son odeur immonde. Son parfum. Ce que je pouvais la détester cette odeur, elle me donnait la gerbe.

« Peut-être que je crèverai seul… Mais toi… Toi tu crèveras con. Tu aurais dû rester ce putain de dommage collatéral Graydon. Tu ne comprends pas qu’il te manipule ?! Cette odeur putride je ne la connais que trop bien. L’odeur infâme de la jalousie, de l’obsession. Théodore pue la mort ouvres les yeux ! »

Je t’ai parlé, retirant mes gants. Tu venais de me toucher alors à quoi bon les garder ? Ca ne servait plus à rien. Discrètement, je venais de plonger ma main dans la poche pour en toucher ce que tu voulais me donner. Des notes, mais aussi la sensation d’un étuis en verre. Qu’est-ce que c’était ? Des échantillons ? Ne te quittant pas du regard j’en ai retirer ma main, laissant dans la poches ce qu’il y était. Gardant la veste dans ma main. Me demandant comment j’arriverais à retirer tout ça sans me faire prendre avant de replonger la main dedans pour faire remonter tout ça dans ma manche. L’étui en verre, les bouts de papier. J’ignorais ce que c’était mais quelque chose me disait que c’était en rapport avec le virus. Je ne t’ai pas quitté des yeux, relâchant la veste, essayant de me relever tant bien que mal avant de plonger mes mains dans les poches de ma propre veste pour ranger tout ça dedans, histoire de m’en libérer. Me rapprochant de toi, chancelant. Pour revenir à ta hauteur. Te volant ta clope sans scrupule. Tu voulais du mépris ? C’est ce que je te donnais. Je te regardais avec dégoût. M’abaissant à ta hauteur, te recrachant la fumée dans la tronche. Je restais ton sire Graydon, tu avait beau me dépasser en force à cause de la maladie, je restais tout de même au dessus de toi. Alors rentrant dans ton petit jeu, je ne t’ai pas quitté des yeux. Restant calme, impassible.

« Tu as simplement commis une toute petite erreur mon fils. Tu n’aurais pas dû me toucher parce que vois-tu… Maintenant, tu es infecté. Alors j’espère pour toi que ton tendre Théo ne te foutras pas dehors et qu’il détient le remède miracle. Parce que rien ne servira de venir frapper désespérément au manoir. Les portes resteront closes. Je n’ai pas fait tout ces kilomètres dans mon état pour me faire traiter de la sorte tu comprends ? Tu as fait ton choix. Parfait. Tu n’étais qu’un dommage collatéral après tout. Alors retourne à ce rang que tu occupais jadis. Ce rend de rien du tout. Personne ne te pleuras. Pas même ce connard qui te baise. Si tant est qu’il en est trouvé les couilles. Mais de ça j’en suis moins sûre ! »

J’ai prononcé cette dernière phrase un peu plus fort. Tournant la tête pour regarder en la direction du miroir. Théodore O’Brian était un lâche, et il le resterait. C’était une évidence. Alors comme pour jouer de la provocation, j’ai posé mes mains autour de ta nuque, attirant ton visage vers le mien, venant poser mes lèvres contre les tiennes. Tu étais à moi Graydon. Et jamais personne n’avait le droit de te toucher. Tu m’avais touché, tu étais contaminé. Alors… Foutu pour foutu.

* Pourquoi t’as fait ça merde ? Je te sauverais je te le promets… Restes fort… Je te sauverais. Je t’aime mon fils. Si seulement tu savais… *

Je te sauverai. Peu importe la manière, je te sauverais. Je t’interdis de me quitter. Je t’interdis de mourir. Alors ne perds pas espoir. Jamais… Je reviendrai.


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De la main de Graydon S. Batthyány signé le Dim 12 Nov - 22:39

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L’arrogant se laisse choir sur sa chaise inconfortable, la mine inébranlable, un sourcil finement et légèrement redressés tandis que la fumée faseye hors de sa bouche. Malgré le flegme marmoréen qu’il affiche sur son faciès figé, l’intérieur de son crâne renferme des tourments bien plus carnassiers, comme des délires fiévreux. Les ruminations, troubles, marécageuses, s’immiscent lentement dans son esprit sans qu’il n’y puisse rien faire. La réalité s’évanouit, petit à petit, et fane sa perception. Ces mots amers qu’il vient de prononcer, sont-ils réels ? Les a-t-il vraiment articulés ? Les a-t-il surtout pensés ? Graydon n’est plus habité par la moindre certitude. Il ne sait même plus vraiment quelle est sa véritable identité. Le sang de Léandre qui envenime ses veines nécrosées lui dicte de nombreuses idées, de nombreuses émotions, qui ne sont fondamentalement pas les siennes. Et donc, après tout, que vaut vraiment la nature de leur relation ? Est-ce possible, en dépit des apparences viscérales de ce qu’il peut ressentir pour son Sire, que les racines du lien qui s’est tissé entre eux ne soient que superficielles ?

« Il pue la mort, vraiment ? Je crois que tu devrais te sentir avant de parler de la sorte. Tu te putréfie de l’intérieur et tu parles d’odeur… »

Un rire, faussement sidéré et véritablement méprisant, s’échappe de ses lèvres insolentes. Rictus qui s’évanouit ausitôt que les doigts du souffrant viennent lui arracher sa clope de la bouche. Les sourcils se dressent, choqués. Après un soupire, le jeune vampire s’empare d’un autre cylindre de tabac qu’il s’empresse d’abraser pour réchauffer ses poumons nécrosés. Le vampire en pleine agonie semble réunir toutes ses forces pour trouver un mépris qui ne lui sied pas vraiment. Voilà probablement le jeu où il est très peu aisé, sinon impossible, de battre Graydon.

« Qu’est-ce que ça peut m’foutre, d’être infecté. Tu l’as si bien dit, personne ne me pleurera, personne ne m’en voudra, alors je peux mourir la conscience tranquille. Si je devais avoir un seul regret en quittant ce monde de dégénérés, c’est celui de ne pas être parvenu à retrouver ma véritable personnalité, qui je suis vraiment, parce que mon identité est occultée, souillée, par ton sang qui coule dans mes veines. Tu m’as ôté quelque chose en m’infantant, Léandre, tu m’as ôté mon intégrité, et tu m’as imposé ce lien illusoire, qui chaque jour ronge un peu plus ma véritable identité… et je ne la retrouverai jamais. Jamais. C’est ça, mon seul regret. »

L’arrogance se meut petit à petit en constatations plus modestes, qui effleurent sa peau de porcelaine comme cette larme, cinabrine et épaisse, qui s’écoule le long de sa joue livide. À l’annonce de sa propre mort, c’est au deuil de sa propre existance qu’il faut faire face. Première étape, la période de sidération. Celle que Graydon vient tout juste d’achever. Il se rend à peine compte qu’une partie de lui est morte lorsque Léandre l’a ramené de l’au-delà. L’étape suivante : la colère. Peut-être comprendrez-vous maintenant d’où vient cette arrogance et cette irrascibilité exacerbée qui se sont faites pilliers des vestiges de son être. Le jeune vampire prend conscience que ses paroles cachent depuis le début une part très maladroite de sincérité.

« Si tu as fait tous ces kilomètres, c’est seulement parce que Théo l’a voulu. Je ne lui ai jamais demander à te voir. Je n’attends rien de toi. Tu ne peux plus rien pour moi, et je ne peux rien pour toi. Nos chemins se sont définitivement séparés, Léandre. Si je suis d’accord avec toi sur une chose, c’est que ma place n’est pas à tes côtés. Et dans le cas où je sortirais d’ici, comprends bien que j’aurais le loisir d’aller où bon me semble. Tu n’es plus roi, Léandre, tu n’es plus rien, et tu es encore moins en mesure d’imposer ta dictature douteuse, tu n’es plus au dessus de personne. »

Un véritable adolescent juvénile, qui se rebelle contre la moindre forme d’autorités qui se dresse devant lui. Parfois à juste titre, parfois pas. Il essaie désesperément de repousser le lien qui l’unit à son Sire, car il n’en saisit pas les fondements, car il doute du fondement même de ses propres sentiments. Outre cela perdre une nouvelle fois un lien aussi puissant avec le paternel le détruirait tout simplement. Il l’a déjà vécu une fois, alors qu’il n’était qu’humain, avec son père biologique… Probablement la pire aventure de sa vie. Le vivre à nouveau avec Léandre l’anéantit petit à petit. La distance le consomme lentement de l’intérieur… Alors pour étouffer ses souffrances, sans même vraiment s’en rendre compte, son esprit tend à se détacher complètement de cette raltion avec Léandre.

S’il est indifférent face à lui… Il ne souffrira plus, n’est-ce pas ?

Léandre est venu enserrer le cou de son infant de ses griffes malades et trémulantes. Les paupières de ce dernier s’emplissent progressivement de larmes, de plus en plus pénibles à retenir. Mais les refouler lui fait à présent l’effet de coups de poignard dans l’estomac, aigus, acides.

Essaie d’abord de sauver ta peau. Ne t’en fais pas pour moi, je m’en sortirai. Je l’espère. Théo ne me laissera pas crever, il tient trop à acquérir notre immortalité… et si j’en venais à ne plus être immortel à cause du virus, ou autre, il ne pourrait plus m’étudier. À ce moment-là, soit il me jette, soit il me soigne. On verra bien.

Leurs lèvres se séparent, et avec elles, les larmes péniblement refoulées du Batthyány s’arrachent à ses yeux et roulent le long de ses joues creusées. Par pure réflexe, discrètement, il agrippe le vêtement de son Sire et l’attire à nouveau contre lui pour prolonger encore un peu ce contact étripant.

Mon père, dis-moi… l’être humain que j’étais jadis, lorsque tu m’as transformé, est-il complètement… mort ? Que reste-t-il de moi ? J’ai l’impression de me perdre, Père… J’ai peur que ce que je ressente pour toi ne soit qu’une illusion fugace de ton sang qui coule en moi… je deviens fou, ici. Véritablement fou. la distance qui nous sépare me fait tellement souffrir que j’en viens, sans contrôle, à essayer de trouver une raison de me détacher de toi. Je doute de tout. Je me perds, Léandre, je me perds et je ne peux m’en empêcher.

Le jeune vampire est définitivement un aimant à drame. Il a peut-être l’air lamentable, pitoyable. Quand on ne sait plus qui on est véritablement, les tiraillements internes sont intenses. Et il aura fallu plus d’un an passé derrière les barreaux de Tullamore pour se rendre compte d’un mal abscons qu’il traine avec lui depuis sa transformation. Un mal qui n’en est pas vraiment un, mais vous connaissez Graydon, il tourne toujours toutes situations dans le mauvais sens, il ne voit du positif ni de la beauté nulle part, puisqu’il est tout simplement impossible de voir le moindre aspect positif en lui-même.

D’un coup sec, il repousse le corps de son Sire, de sa pogne qui agrippe son col. Son faciès s’est refroidi, ses traits à nouveaux glaciaux, mais son regard gélif. Il se lève, s’empare de ses habits qui lui ont brusquement été arrachés tout à l’heure, et s’approche du faux miroir. Il regarde à travers, s’imaginant Théo et son sourire carnassier en train de prendre son pied à les regarder tous les deux, comme deux vulgaires rats de laboratoire qu’on observait dans le cadre d’une expérience inutile.

« Faites-moi sortir d’ici… »

Unique soupir qui s’échappe de ses lèvres déterminées. Coup de théâtre ou désir véritable ? Comment pourrait-il le savoir alors qu’il ignore même se dont sont fait ses désirs et ses besoins. Malgré les traces de sangs salés sur les creux de son visage, son expression se gonfle à nouveau d’arrogance et d’indifférence. Mais regardez-le. À quoi ressemble-t-il ?


Lyr



SYSTEM OVERRIDE
Maybe I'm sick inside, I'm definitely out of my mind. I know there's something not quite right. Disconnect. System override. You're so brave from your side of the glass, and you can't compute, you can't do the math, and you're playing god with your remote control, but I already know that there's a flaw in my code. And the truth is you silently study me and there are consequences that you cannot see and you ask yourself how did I unplug but the simple truth is that I just don't give a fuck
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The House of the Rising sun - Graydon

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