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It feels like I'm flying, the feeling is lying { PV : Allegria

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De la main de Riley Keenan signé le Jeu 21 Sep - 20:18
It feels like I'm flying, the feeling is lying ft. Allegria


Avril 2044
Le ciel était couvert, le vent s’était levé. Il n’avait rien de rafraîchissant. Il était étouffant, comme la brise mortelle que l’on ressentait dans un désert après plusieurs jours d’errance. L’atmosphère était lourde, pesante. C’était à peine si l’on pouvait respirer. Comme une impression de crouler sous la pollution, les couleurs étaient ternes. Elles étaient dénuées de vie. Il semblait planer une fine brume grisâtre et pestilentielle.

Deux hommes sortirent de l’immense immeuble anthracite, tenant à bout de bras une créature qui ne tenait plus sur ses membres arrières. Il était difficile de discerner son visage sous une épaisse chevelure brune et grasse. Etait-ce un homme ou une femme ? Malgré la semi-nudité du corps, il n’était pas simple de le savoir avec certitude. Les deux hommes lancèrent le corps droit devant eux, au milieu des déchets et de cadavres d’animaux en décomposition. Un nuage de poussière se souleva sous le poids de la chose balancer sur le sol. Ils prononcèrent quelques paroles indiscernables et échappèrent un rire rauque qui fit frémir la prisonnière libérée.

La demoiselle prit une profonde inspiration et réunit des forces qu’elle ne pensait plus avoir pour se tourner et se mettre sur le dos. Les lèvres pincées pour contenir un cri de douleur, elle ne pouvait pourtant pas cacher les grimaces que cela provoqua. Elle peina à ouvrir les yeux tant la lumière était vive en comparaison à celle du cachot dans lequel elle avait été enfermée. Une cellule de quelques mètres carrés, sans fenêtres. Un lit dur comme de la pierre, une couverture usée, trouée et nauséabonde. Il fallait être particulièrement ingénieux pour effectuer un minimum d’hygiène. Un frisson la parcourut alors qu’elle pouvait enfin admirer la couleur du ciel. La mémoire lui faisait défaut. Elle ne savait plus ce qu’il était arrivé avant ses mois de captivité. Elle ne savait plus quel nom elle portait en arrivant ici. Elle ignorait jusqu’à l’apparence qu’elle avait empruntée. Elle ferma les yeux un instant, sentant quelques perles couler. Une nouvelle inspiration plus tard et elle faisait une tentative pour se lever. Ses membres la brûlaient, les exercices avaient été un luxe qu’elle n’avait pas pu s’offrir. Debout, sa tête se mit à tourner. Elle ne s’était pas nourrie correctement depuis plusieurs semaines. Ses plaies n’avaient pas été pansées. Sa fierté et ses idéaux avaient été mis à mal. Ses souvenirs en étaient la preuve aujourd’hui. Elle n’était plus sûre de grand chose actuellement.

Alors qu’elle avait fait quelques pas, elle se rendit compte que respirer était également un véritable calvaire. Ses tortionnaires avaient du lui casser plusieurs os, dont des côtes. Elle toussa. Un frisson parcourut de nouveau son corps meurtri et elle croisa les bras comme pour tenter de se réchauffer. Elle fut étonnée de ne pas directement sentir sa peau mais un tissu doux qui l’empêchait de mourir d’hypothermie. Elle marchait, sans s’arrêter. Elle était guidée par son instinct de survie et ne sut pas le moins du monde où elle allait. Comme un automate dépourvu d’âme, ses pas la portaient. Elle déambulait dans un endroit qui lui était totalement inconnu et pendant si longtemps qu’elle était persuadée de ne pas avoir fait que quelques pas. Son esprit continuait de lui jouer des tours, si bien qu’elle avait oublié ce qu’il s’était passé entre sa libération et l’instant présent. Sa vue se brouillait.

Arrivée à la frontière du Purgatoire - dont elle ignorait pourtant l’existence - elle finit par s’asseoir. Son corps commençait à lâcher et des larmes vinrent goutter sur ses cuisses croisées et nues. Couverte de saletés, l’on pourrait croire à une sdf qui avait perdu la tête. Dans l’immédiat, c’était exactement ce qu’elle était. Aucun sanglot pourtant n’agitait sa poitrine. Ce n’était que des larmes, vides de sens, vides de toutes émotions. Des larmes de colère. Des larmes pour évacuer tout ce qu’elle avait tu au cours de ces longues semaines. Des semaines interminables. Elle toussa de nouveau et non loin de là, elle perçut un mouvement rapide. Un animal qui lui aussi tentait de survivre. Et puis un homme apparut. Toujours assise en tailleur, elle ne daigna même pas lever ses yeux humides vers lui.

_ Tu sais jeune fille… Ce n’est pas très prudent de te promener par ici… Et encore moins dans cette tenue…

Il n’était pas difficile de percevoir le lourd sous-entendu dans ses mots. Elle prit tout de même le temps de poser un regard perplexe sur la tenue en question. Elle comprit beaucoup mieux pourquoi elle n’avait cessé de frissonner. Elle n’était vêtue que d’une culotte et d’une brassière blanche. Elle se mit à rire. Un rire franc, sorti pourtant de nulle part. Un rire qui lui échappait. Les nerfs lâchaient totalement.

_ Tu te moques de moi ? C’est ça ?

Elle leva un bras et dégagea la chevelure sombre qui cachait ses traits. Elle posa enfin les yeux sur l’homme qui craignait pour son égo et sa virilité. Le sourire était gravé sur ses lèvres comme un signe de provocation, en totale contradiction avec les pleurs qui commençaient déjà à sécher. Mais cela n’était rien pour elle, elle pouvait faire bien pire et généralement, il était inutile de l’y forcer. Elle le fixa un moment, percevant à son odeur, qu’il n’était pas de sa condition. Elle prit un long moment pour l’observer. Les cheveux étaient blonds, sales et tombaient sur sa figure. Celle-ci était tout aussi poisseux, à demi-couvert d’une longue barbe emmêlée. Il avait des airs de souillon et d’ivrogne. D’ailleurs, ses vêtements n’étaient pas de première jeunesse.

_ Tu as perdu ta langue ?

Il y avait quelques poils blonds qui dépassaient de son t-shirt troué. Ce dernier était gris, ou avait été blanc, dans une autre vie. Il portait une courte veste en jean, certainement dévorée par des termites. Ses yeux n’eurent pas le temps de continuer leur analyse. Pressée par l’homme qui perdait patience, elle finit par relever le bras, la main devant son visage. Le sourire s’élargit alors qu’un doigt injurieux se levait. Il ne lui fallut pas attendre longtemps pour que l’importun n’agisse. Il se précipita sur elle et l’attrapa par les cheveux. Le réflexe fut de porter ses deux mains sur celle qui la tenait fermement. Il l’obligea à se redresser et n’eut pas vraiment besoin d’user de toutes ses forces. Sachant qu’elle était libre, que rien ne la retenait de se défendre à présent, elle lança un genou désapprobateur dans ce qui faisait de lui un mâle. Il recula mais ne fut pas longuement ébranlé. Au regard noir qu’il lui lança, elle sut qu’elle ne pourrait s’en sortir toute seule. Pas dans son état du moins.
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