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 The war of time ◘ Feat. Shannon

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The war of time
« Some say the world will end in fire, some say in ice... »


Pour une fois, le réveil avait été facile. Facile et agréable. Même mon mal de crâne avait quasiment disparu. Peut-être à cause des décharges d'endorphine que tes baisers avaient diffusés dans tout mon corps. Tu sais, cette petite hormone du bonheur. Il paraît que parfois, il suffit d'une caresse pour la déclencher. Alors je me disais que s'il me suffisait que tu sois là pour me sentir bien, j'allais te laisser me toucher aussi souvent que l'envie t'en prendrait. Et puis je crois qu'il était largement temps que la vie reprenne ses droits. D'autant plus que contrairement à ce que j'avais pu craindre la veille, je n'éprouvais aucun regret.

De fait, je repoussais les quelques mèches blondes te barrant le front pour venir y déposer un baiser. Léger. Avec tendresse et toute la délicatesse dont j'étais encore capable. Ne voulant surtout pas te tirer de ton sommeil. Ce après quoi, je te repoussais en essayant d'être le plus doux possible. Contemplant ton visage en souriant. Tu me semblais si paisible et déjà, le manque de toi se faisait ressentir. Notablement. La nuit dernière, plus que toute autre nuit auparavant, ayant marqué un véritable tournant dans notre relation. Comme dans nos vies d'ailleurs. Pour ma part en tout cas. J'avais tant aimé te voir t'endormir entre mes bras et te serrer contre moi. À la manière d'un amant. Un amant Shannon, à croire que ça me persécutait. Sauf que. La raison avait fini par l'emporter sur l'euphorie du moment. Tout ça était si nouveau. Tellement soudain. Juste imprévu, quoique venant sans doute s'inscrire dans une suite logique. Rien n'arrivait jamais par hasard. Bref. Je devais me lever. Aujourd'hui marquait le premier jour de ma guerre du temps. Or, ce n'était pas en restant couché dans ce lit à tes côtés que je pourrais mener à bien mes projets. J'y avais réfléchi un peu. Avant de fermer les yeux et de sombrer. Dans une espèce de coma sans rêves. Reposant. Donc. Changer le panneau de la porte et surtout, en priorité, y installer un système de fermeture. Sinon. Me débrouiller pour trouver une pièce de rechange qui me permettrait ensuite de réparer le chauffe-eau. Là, ça se compliquait. OK. Débloquer les volets aussi pour pouvoir ouvrir les fenêtres. Bricoler un sommier. Dans l'éventualité où je ne puisse pas en récupérer un. Un propre et en bon état dans l'idéal. Avec des draps et des couvertures. Je me les gelais. Chose normale, puisque me redressant pour m'asseoir je remarquais que le feu brûlant dans l'âtre de la cheminée hier soir ne se consumait plus.

Par conséquent, mon premier travail serait de le rallumer. Ce à quoi je m'employais après avoir retiré mon gilet en laine afin de t'en recouvrir et m'être remis debout. Pieds nus. Sur le sol glacé. J'en avais marre. Vraiment. Sortir de mon état léthargique ne se faisait pas sans mal, j'avouais. Un peu plus de confort serait le bienvenu. D'accord. Étape par étape. Plaçant des bûches au centre du foyer, j'attrapais la boite d'allumettes posée sur le manteau de la cheminée. Puis j'en craquais une. Profitant un instant de la chaleur que dégageait les flammes pour me réchauffer.

Maintenant, à la douche. Ou pas. J'hésitais. L'eau froide. Le savon qui colle à la peau parce-que ce serait mission impossible de le rincer correctement. Sentant d'ici des frissons me secouer. Pendant que mes lèvres prendraient une couleur violine et que des gouttes de flotte dégringoleraient de mes épaules jusqu'à la naissance de mes reins. Non merci. Je renonçais et me regardant dans le miroir placé au-dessus du lavabo, je décidais de seulement me rafraîchir un peu. En allant à l'essentiel, à savoir me brosser les dents et me débarbouiller la figure. De toute façon, rien de ce que je ferais ne pourrait gommer mes cernes. Ni cet air émacié que j'avais pris. Ce qui m'amenait à penser qu'il me restait une poche de sang au fond de mon sac à dos. Une poche que je me dépêchais de récupérer de retour au salon pour la mettre en évidence sur la table. Tu aurais sûrement faim en te réveillant. Là-dessus, je mettais mes baskets et ramassais mon sweat pour l'enfiler. Rabattant aussitôt sa capuche sur ma tête. J'entendais le vent et la pluie battre la porte d'entrée. Et prenant mon courage à deux mains, je sortais.

Bien sûr, il pleuvait. Pas de surprise. Le ciel se chargeant de nuages noir charbon au milieu d'une nuit encore plus sombre que mes pires cauchemars. Pourtant, rien n'aurait su entamer ma bonne humeur ni mon entrain. Toi, tu me redonnais espoir. Toi à qui je demanderais peut-être de venir t'installer à la maison quand les rénovations seraient terminées. Bon. En attendant, ce n'était pas en restant planté sur le palier en rêvassant que mes affaires allaient avancer. Le soucis, c'est que je ne savais pas trop par quel bout y attaquer. Deux ans à végéter, ça laissait des traces. Assis dans mon fauteuil. Passif. Ressassant le passé, en écrivant un journal de bord à un homme que je n'étais même plus certain de vouloir reconquérir. Il avait sa vie. Et grâce à toi, j'espérais réinventer la mienne. Autrement. Certes, je n'étais malgré tout pas resté complètement inactif. En prenant part à la reconstruction, je n'avais cherché qu'à me rendre utile. Un bâtisseur, voilà comment je me décrivais. Alors bâtir notre avenir n'aurait pas dû m'effrayer. Tu ne me jugerais pas si je ne réussissais pas du premier coup. Tu m'épaulerais.

C'est ce que je me répétais en boucle pour me donner du courage. J'étais émotionnellement fragile et instable, le tout étant de le reconnaître. Mais ce n'était pas grave. Pas grave maintenant que je t'avais, pas grave maintenant que je me savais aimé. Inconditionnellement. Une minute plus tard, je frappais chez la voisine. Celle qui se chargeait de laver mon linge en échange des services rendus. Un sourire niais étirant mes lèvres, au point de la choquer.

- « Vous êtes sûr que tout va bien mon petit ? Vous souriez…»
- Euh...oui. Dîtes-moi, est-ce que je peux entrer ? Je voudrais vous demander quelque chose. Ça ne prendra pas longtemps.
- « Bien sûr que vous pouvez, il pleut ! Je ne vais pas vous laisser dehors.»

Rosa était une afro-américaine, mariée à un blanc. Des vampires tous les deux. Gentils et accueillants. Lorsque j'étais ressorti de chez eux, j'avais dans les bras un monticule de couvertures et quelques draps houses. À peine si je voyais où je collais les pieds. Sur quoi, je prenais la direction de la maison du type qui était venu m'installer ce maudit chauffe-eau.

- « Tu cherches une pièce de rechange ? »
- C'est ça oui. Tu peux faire quelque chose pour moi ou pas ?
- « Ça dépend. Je t'apprends rien en te disant que ça devient difficile de trouver des pièces détachées. T'as besoin de quoi exactement ? Parce-que les causes de la panne peuvent être nombreuses quoi. Une fuite, les valves, un thermostat ou un groupe de sécurité qui ne fonctionnent plus. Ton ballon peut être percé, j'en sais rien. Il est possible aussi que ça vienne de la résistance. Alors ? »
- Alors j'en sais rien. Je suis pas plombier ni électricien. Tout ce que je sais c'est que j'ai plus d'eau chaude et que j'ai besoin que ce soit rapidement réparé.
- « J'ai bien compris, mais moi je suis pas magicien. Quand t'es venu retaper la charpente de mon toit, t'as dû monter voir pour te faire une idée du boulot. C'est la même pour moi. Sans savoir quelle pièce est à changer, c'est mort. Je dois te les lister ? L'anode, le fourreau, le groupe de sécurité, le joint de résistance, la résistance stéatite, le thermostat.»
- Ca va, j'ai compris. Tu peux passer quand ?
- « Parce-que c'est toi et que j'ai vu la jolie blonde qui crèche chez toi, je vais faire au plus vite. Je passe avant la fin de la nuit. Par contre, pour la pièce je ne peux rien te promettre. Ça ne dépend pas que de moi. Au mieux, d'ici la fin de la semaine. Au pire...j'en sais rien.»
- OK. Merci...

Ça m'avait gonflé qu'il te remarque et qu'il se permette en prime de te reluquer. Il m'avait fallu prendre sur moi pour ne pas le remettre à sa place. Après tout, c'est vrai que tu étais belle. Il n'y avait pas de mal. On vivait en communauté et je ne pouvais pas empêcher les hommes de te regarder. Il n'empêche que ça me contrariait et que comme un con, je doutais.

Aussitôt rattrapé par mon manque de confiance, pas en toi mais en moi-même. Ne me restait plus qu'à espérer que ce problème de ballon soit réglé au plus vite. Remettant sur le tapis ma proposition concernant le château. Et évidemment, comme tout le monde ne me proposait pas de rentrer me mettre à l'abri j'étais trempé. Noyé et penaud, les bras tout encombrés. De sorte que je préférais faire un détour par la maison. Histoire de déposer les couvertures et de partir récupérer sur mon dernier chantier en œuvre le nécessaire pour fabriquer une nouvelle porte. Outils, planches en bois, et le reste.

Le plus drôle dans tout ça se résumant au fait que je m'étais littéralement retrouvé à la porte de ma propre maison. Avec mon bordel dans les mains, pas foutu d'ouvrir la porte en question et ne voulant pas y mettre un coup de pied de peur de la voir tomber en poussière. Au risque de te flanquer la frousse au passage si tu dormais toujours.

Mais sans aide, j'étais mal barré...

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The war of time

J’étais dans un cocon où tu régnais en maître. Depuis ton parfum sur moi, jusqu’à la certitude d’être chez toi … J’étais si bien que je n’émergeais que par un miracle ! D’ailleurs je ne voulais même pas ouvrir les yeux. Et si j’avais rêvé tout ça ?!

Non … Je me rappelais clairement ta détresse autant que ton désir. Et ces souvenirs … Je ne les abandonnerais pour rien au monde, dussais-je le regretter ! Tes doigts courant sur ma peau dans un exquis balai, tes lèvres prenant possession des miennes tantôt douces, tantôt exigeantes, ta langue cherchant la mienne avec délice, ton corps me prouvant que tu étais pleinement à même de satisfaire chacune de mes envies … Je n’aurais jamais réussi à imaginer tout cela si je ne l’avais pas vécu !

Alors je souriais, sentant encore la brûlure qu’avait laissé tes mains dans leur sillage, avec l’impression persistante que tu avais dû dessiner tous les contours de ma personne pour que demeure l’illusion que j’étais encore brûlante ! A moins que ce ne fusse mon propre désir qui me rendait fiévreuse, j’avais eu tellement envie de plus que ce que tu n’acceptais de me donner … Mais j’étais consciente que tu n’étais pas prêt à aller plus loin, peut-être même ne le serais-tu jamais …

J’ouvris les yeux en repoussant cette insidieuse idée malvenue … Je n’allais rien laisser venir pour gâcher mon bonheur ! Je m’enveloppais dans ton gilet encore imprégné de ton odeur en te cherchant du regard. Une infime sensation d’abandon voulu s’offrir le luxe d’hanter mes pensées, mais je ne lui en laissais pas le temps. Mes doigts frais vinrent achever mes résistances en recouvrant les dernières traces de tes propres dessins sur moi … Si seulement tu étais là mon amour …

J’aurais voulu me perdre dans tes baisers, m’égarer dans ton étreinte en constatant que tu étais heureux d’être avec moi, et dans cette situation toute particulière … Bon, tant pis, que tu ne sois pas là pour me satisfaire n’entamerais pas ma joie et mon bonheur ! Je me redressais dans un soupir de contentement, enfilais ton gilet pour garder une forme de proximité avec toi et écoutais plus attentivement les bruit de la maison et des environs immédiats. Soit … J’étais seule à plusieurs mètres à la ronde, mais je savais que tu n’allais pas laisser cela s’éterniser, tu rentrerais bientôt, et je voulais être plus qu’en état de te recevoir !

Je me dirigeais donc vers la salle de bain après avoir attrapé mon sac et en ignorant royalement tout ce qui pouvais te remplacer dans mes songes, depuis cette poche de sang sur la table jusqu’à mes chaussures abandonnées par terre. Mon reflet me souriait niaisement, ce qui arracha un rire malicieux à la blonde en face de moi ! Je sortis une petite trousse de toilette de ma besace et en extrais tout ce qu’une femme doit avoir avec elle en toute situation : brosse à dent et dentifrice, savon et shampooing, déodorant, parfum, maquillage et brosse à cheveux. J’allais en avoir besoin …

J’écoutais toujours mes premières idées, aussi allais-je droit sous la douche après m’être déshabillée. Passée la surprise de voir qu’il n’y avait pas d’eau chaude, je me résignais à me laver à une température avoisinante celle de ma peau dans une expression de dépit. Et une fois savonnée de la tête aux pieds, je fermais les yeux en écoutant l’eau et en laissant mon imagination défier les limites que tu nous imposais ... J’imaginais alors sans mal que mes doigts fussent les tiens et que tu étais derrière moi, déposant de légers baisers sur ma nuque et le long de ma clavicule ... Sans jamais interrompre tes caresses ... Avant de venir me mordiller gentiment dans le cou ...

Malheureusement, cette simple idée fit naître une sensation que j’avais oublié depuis la veille. Et mes yeux durent prendre une teinte plus sauvage à mesure que je tâchais de reprendre le contrôle sur cette faim qui me tenaillait de toute part. Je me retins au mur sous le coup de la surprise devant l’assaut et éteignit l’eau dans un mouvement vif, réaction au stress. Je me dégoûtais moi-même dans des moments comme celui-ci …

Mais j’étais familière avec cette faim dévorante désormais, et tu n’étais pas là pour contrebalancer ses effets, aussi, dus-je prendre sur moi pour sortir lentement, maîtrisant chacun de mes gestes. Et tendue à l’extrême, je me séchais rapidement, enfilais la première chose qui me tombait sous la main -à savoir mes sous-vêtements propres sur l’évier et ton gilet à côté de celui-ci, avant de m’emparer brutalement de ma brosse à dent pour chasser l’envie de sang.

Ce ne fus qu’en entendant du bruit devant la porte que je réussi à relâcher la pression de ma main sur l’évier, me rendant compte que j’aurais aisément pu le casser. Je pouvais être si changeante parfois … Cette simple constatation abattit mon humeur et j’empruntais une expression profondément désolée de m’être ainsi emportée. Je me rinçais rapidement la bouche, avant de plonger mon nez dans ton gilet tout en me dirigeant vers la porte. Bien, ton odeur avait toujours le même pouvoir sur moi … Ne manquait plus que ta présence pour parfaire ce tableau où j’étais pleinement maîtresse de moi-même !

J’arrivais donc sans plus de cérémonie jusqu’à la porte après avoir reconnu ton souffle de dépit, mais sans oser regarder quoi que ce soit d’autre que cette fichue porte, toujours enfouie dans ton parfum rassurant. J’ouvris d’un geste souple, m’effaçant en relâchant l’étoffe qui ne venait pas cacher grand-chose de mon corps. A présent que tu étais là, j’arrivais à respirer correctement, c’était un bon début non ?

- Tu es trempé jusqu’aux os. Simple constatation qui vint éclairer mon regard et dans un sourire, je te débarrassais de ton chargement pour venir le déposer sur le lit. Qu’est-ce que tu as ramené ?

Dis-je dans un sourire en te faisant à nouveau face et en plongeant dans tes iris ... Oh, Dieu, tu m'avais tellement manqué ...

©️ Lyr
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Ce que j'avais ramené…

En dehors de la pluie et du mauvais temps tu voulais dire ? Attends. Laisse-moi y réfléchir juste un instant, s'il te plaît. Comme si ce n'était pas évident. Sérieusement. Il te suffisait de voir mes bras chargés et encombrés de couvertures. Oui, c'est ça. Tout me revenait maintenant. Tout. Ce que je pouvais être idiot parfois, d'une bêtise sans nom. Puisque jusqu'à preuve du contraire je te ramenais de quoi te couvrir. Tu sais. Histoire de te réchauffer et aussi, de te rendre un minimum décente en fait. D'accord. On allait se détendre. Mais simple supposition, et n'aies pas peur de m'arrêter si je me trompe. Avant d'ouvrir, est-ce que tu as seulement pris la peine d'envisager qu'un quelconque prédateur puisse se trouver de l'autre côté de la porte à ma place. J'en doute. Genre ce foutu électricien-chauffagiste par exemple. Avec ses yeux vitreux pour te regarder, te reluquer et s'imaginer tout un tas de trucs dégueulasses. Des yeux que j'aurais aussi bien pu arracher de leurs orbites en guise de représailles. Puis il y avait ses mains. Blanches et cadavériques. Trop grandes. Rien que de sales pattes qu'il aurait sûrement rêvé de poser sur toi, et qu'il me serait si facile de trancher. Sans oublier tout ce qu'il pouvait encore posséder de bestialité pour te désirer. Seule et à moitié nue que tu étais. T'offrant littéralement à qui voudrait. Après voilà, je n'en savais rien au fond. Je supposais. Peut-être même que je délirais. La lueur de jalousie qui s'était allumée en moi tout à l'heure m'aveuglant complètement. Et pour le coup je m'en serais voulu de l'émasculer pour si peu. Ou pas. Pour si peu, ou déjà beaucoup trop à mon goût.

Crois-moi. J'en étais malheureusement capable. Rien que pour m'assurer qu'il ne t'arriverait jamais rien de mauvais. Jamais, jamais, jamais. Plutôt crever. Il était de mon devoir de te protéger. Au point que s'il le fallait, je donnerais ma vie en échange de la tienne. Pour sûr, je ne connaîtrais aucune seconde d'hésitation. Non pas parce-que j'étais ton Sire. Non. Mais simplement parce-que toi, tu étais cette femme forte et sereine qui m'accompagnait nuit après nuit par-delà les rives du Jahannam. L'enfer Shannon. L'enfer. Sauf que là, tu ne courais aucun danger. Tout ça s'était dans ma tête. Tu imagines que j'en étais limite à te faire une scène. Alors que tu n'avais pas quitté la maison. Heureusement pour nous que ton esprit ne jalonnait plus le mien. Je me sentais minable. À ma décharge, les hommes étaient des êtres malfaisants et pervers. Tu sais pourtant qu'ils ne pensaient qu'à une seule chose. Or, il serait des plus osé de ta part de venir me soutenir le contraire. Leur nature profonde n'avait plus de secret pour moi, je la connaissais mieux que personne. Hélas. Quitte à me faire horreur. Dans ma tête tout se mélangeait, je flippais. Sujet aux crises de paranoïa, à cause du manque de sang et de tout ce qui ne tournait pas rond. De sorte qu'ouvrant la bouche, je la refermais aussitôt. Par crainte de te blesser. Préférant te cacher le pire pour ne laisser filtrer que mon petit air enjoué. Celui que j'affichais devant les voisins et te souriant, je te laissais me débarrasser de mon bordel. Les joues en feu quand tu me lançais sur un ton désinvolte  : “Tu es trempé jusqu'aux os, qu'est-ce que tu as ramené ?

- Des couvertures et des draps housses. C'est Rosa qui nous les donne, tu sais la femme qui lave mon linge. Puis ce gilet te va beaucoup mieux qu'à moi…

Te suivant des yeux jusqu'au lit, je chassais au loin le spleen. Pardon. Des fois, je racontais vraiment n'importe quoi. Alors sois gentille, ne m'en veux pas. Pour la peine, je te priais de bien vouloir m'excuser. Tu voulais que je me batte pour redevenir moi-même. Que je fasse ce que je savais être bon pour moi, sans me soucier des autres. Tu voulais apprendre à connaître celui que je n'étais plus depuis trop longtemps. En gros, tu voulais qu'on se rencontre à nouveau. Comme lors d'un premier rendez-vous. Un rendez-vous avec le destin, au cours duquel je te dirais “enchanté”.  Jaloux, exclusif et possessif, je l'avais toujours été. Plus encore lorsque j'aimais. Et je tenais un peu trop fort à toi, quoi de plus normal du coup que je m'investisse corps et âme dans notre relation. J'avais deux ans à rattraper. Deux années d'absence et d'abstinence à combler. D'amour à faire, à condition que tu me réapprennes. Sans te mentir, j'avais peur. De tout un tas de choses sans réels fondements.

Néanmoins, j'en profitais que tu reviennes planter ton regard dans le mien pour attraper les pans du gilet que tu portais. Mes doigts déformant les mailles de la laine quand je t'attirais contre moi. Avant de déposer un premier baiser sur ta joue, et de laisser mes lèvres glisser le long de ta mâchoire jusque dans ton cou. Effleurant à peine ta peau. Pris et repris par cette même frénésie que la veille. M'enivrant de ton odeur, tu sentais tellement bon. Des effluves de gel douche et de shampooing venant se mêler à la perfection aux derniers relents de fébrilité qui t'animaient.

- J'ai aussi vu le type qui a installé le chauffe-eau. Il devrait passer avant la fin de la nuit normalement pour voir pourquoi il n'y a plus d'eau chaude. Du coup, ce serait peut-être mieux que tu te rhabilles. Non ?

Relevant la tête, je t'embrassais sur le front en relâchant les pans de ton gilet. Entreprenant de remonter sa fermeture éclair pour me préserver de toute forme de tentation. Puis ceci fait, je plaquais mes mains sur ta taille pour te soulever et t'asseoir sur la table. De manière peu élégante, je te l'accordais. Mais en te balançant un clin d’œil amusé, choppant ensuite la poche de sang. Tu avais une petite mine mon ange. Tu me semblais toute chose, pas au top de ta forme.

- Il faut te nourrir, tu le sais pourtant. T'attends quoi au juste ?

D'une main, je tenais donc la dite poche. Et de l'autre, je te caressais une jambe. Jambes entre lesquelles je jugeais utile de loger mon bassin. Mes doigts remontant ainsi de ton genou à l'intérieur de ta cuisse. Tandis que ma bouche enrobait la tienne, et que mes crocs perforaient soudainement ta lèvre inférieure. Initiant dès lors un baiser brûlant. Sanglant et langoureux. Un vrai baiser d'amoureux. Ma langue revenant à l'assaut de ta bouche, la fouillant avec sensualité.

Moins timide. Plus assumé et sûr de mon effet. Retrouvant ainsi de vieux réflexes, plus expert. Un baiser rouge passion. Si tu savais combien ces états là ne me réussissaient pas. Pour tout t'avouer, je me détestais parfois.

À croire que je n'avais strictement rien retenu de mes erreurs passées. Rien appris. Que la leçon ne m'avait pas suffit. Parce-que tout ce que je touchais, je le détruisais. Tu ne couperais pas à la règle Shannon. Et moi, je ne voulais pas te faire de mal. Alors, à contrecœur, je me séparais de toi. De toute façon, ça n'irait pas chercher plus loin. Je ne crois pas. Pour ça, il faudrait que tu y mettes du tien. Que tu provoques un rapprochement. Il y avait tant de manières de se faire du bien sans pour autant s'envoyer en l'air. Pour parler vulgairement. De l'intérieur de ta cuisse, ma main revenait se perdre dans tes cheveux.

- Prends la poche et ne discute pas. Ensuite, je vais devoir repartir jusqu'au chantier pour récupérer des planches et puis mes outils. Ça va sûrement me demander pas mal de temps. S'il y a le moindre problème, tu m'appelles. Sauf si...si tu veux m'accompagner ? Ce serait l'occasion de nous sortir d'ici, on fait jamais rien ensemble.

Je t'aurais bien invité au resto. Ou à faire un tour dans ma superbe Aston Martin coupé. Mais je n'avais plus ni d'argent ni de voiture. Et puis dehors, tout n'était plus que chaos. De fait, il nous faudrait nous contenter d'une ballade nocturne. Main dans la main, sous un déluge épouvantable. On repasserait pour le romantisme.

Tu vois, je ne pensais presque plus à lui. Heureux que ce soir, le ciel ne soit pas éclairé par des milliards d'étoiles scintillant sous de la poussière de lune. Bien. Alors quoi…

Libre à toi de choisir de te rhabiller et de m'accompagner, ou de me faire tiens. Pas entièrement. Mais suffisamment pour remettre à un peu plus tard nos travaux de rénovation. Tu vois comme j'étais lâche, égoïste et pas très courageux. Un homme, un vrai ne t'aurais pas soumise à une telle épreuve de conscience. Un homme normalement constitué n'aurait pas eu besoin de s'affirmer à travers toi. Remarque, l'adage disait “Ce que femme veut, Dieu le veut.” Et le monde changeait. Il fallait vivre avec son époque. Au fil des décennies et des siècles, les mœurs évoluaient.

Dans ces conditions, quoi de plus naturel que de te laisser décider pour nous. Quoi de mieux pour me racheter. Encore perturbé par mes dérapages et mes psychoses d'homme diminué, affamé, esseulé. Si gravement que je virais parano. Pas tout à fait guéri de mes démons. Quoique, sur la bonne voie. J'avais tant envie d'y croire, allez. Couvre-toi ou…

@Lyr


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D’abord tes prunelles foncées qui traduisaient autant de désir que de violence, puis ton expression qui cherchait à me dissimuler tes pensées derrière ce masque que tu arborais partout sauf avec moi d’ordinaire … Pourquoi est-ce que tu voulais me cacher quelque chose ?! Je dus me retenir de venir chercher la réponse à ma question d’ailleurs. Peu importe que tu veuilles le dire ou non, je savais que tu t’en voulais d’avoir songé à cela … Alors autant ne pas remuer le couteau dans la plaie, n’est-ce pas ?

Et puis franchement, tes mots neutres et ta voix mesurée ne m’aident pas à me détendre en me disant que tout allait bien ! Alors quoi, qu’est-ce que j’avais fait ? Ou alors qu’est-ce que TU avais fait pour que je mérite les reproches présents dans tes iris ?! Oh et puis zut, moi je ne regrettais rien ! Aurait-il fallu le refaire que je n’hésiterais pas un instant, même en me remémorant ta douleur lorsque j’étais arrivée la veille, alors que baignais dans les larmes et la peine …

De fait, je te laissais approcher d’un pas sûr, comblant la distance qui nous séparait d’une démarche féline. Est-ce que tu voulais encore de moi ? Mes premières impressions me hurlaient que oui, mais une petite voix me soufflait que les remords dans ton regard m’étaient peut-être destiné … Après tout, tu avais le droit de changer d’avis, d’estimer que tu ne voulais rien de plus que ce que tu avais déjà eu. Bien sûr, ça me ferait mal. Bien sûr, j’en souffrirais si tu me rejetais après la nuit dernière. Mais j’avais trop à cœur de te savoir heureux pour ne le souhaiter que dans mes bras.

Et puis cette décharge électrique qui enflamma toutes mes terminaisons nerveuses … J’oubliais toute l’inquiétude et la brutalité de tes pupilles pour plonger à corps perdus dans celles pleines d’amour que tu m’offrais désormais. Tes mains m’attirant contre toi comme un naufragé avec sa bouée … Tes lèvres venant se poser sur moi comme si j’étais ton air … Autant l’avouer, lorsque tu t’enfonçais ainsi dans mon odeur c’est moi qui revivais …

Du coup, tes mots furent à l’origine d’un rire léger qui vint souffler sur les braises d’une envie que je n’avais pas la force de tenir éloignée ce soir. Et mes yeux t’apprirent certainement tout ce que tu voulais savoir de moi. Bien que la voix provocante qui s’échappa de ma bouche me sembla celle d’une parfaite étrangère … Je n’aurais jamais imaginé prendre ce ton-là, ou même dire ces mots-là en m’adressant à toi ! Alors même que tu t’obstinais à refermer le gilet qui ne me couvrait presque pas !

- Ou alors je retire encore d’autres épaisseurs et lorsqu’il viendra, il pourra seulement écouter derrière la porte à quel point tu as de la chance d’être ici avec moi …

Sérieusement ?! J’avais vraiment dit ça ?! Bon, bon, ok, j’avoue, j’avais beaucoup de mal à me montrer sage lorsque tu étais contre moi, surtout dans cette position ! Du coup, ta propre tentative pour rester maître à bord échoua lamentablement, autant reconnaître que ce gilet pouvait te gêner toi aussi ! Et je dus retenir une violente bouffée de désir quand tu t’inclinas pour céder la place à ce que je voulais depuis la veille … Plaquant tes mains sur mes hanches dans un geste particulièrement possessif pour venir me poser sur la table avant de t’installer confortablement entre mes cuisses … Et le tout, en me disant de ces banalités …

- Je ne suis pas certaine d’avoir faim de ça ...

Même si mon regard était attiré par le sang, mon corps réclamais bien d’autres choses, et aucune ne faisant apparaitre cette poche … Quoi qu’en y réfléchissant bien, je pouvais lui trouver quelques intérêts dans certaines des idées qui se bousculaient dans ma tête en réponse à la danse délicieusement aguichante que tes doigts avaient entrepris sur ma cuisse …

Est-ce que je m’étais cambrée avant ou après que tes lèvres ne se soient posées sur les miennes ? Et est-ce que c’est moi qui avait laissé parler mon imagination pour te mordre alors que tu m’embrassais ?! Non, non, la très légère douleur sur ma lèvre inférieure et ton appétit dévorant lorsque mon propre sang s’était mêlé à nos langues enlacées n’étaient pas de mon fait ... Même si je dus me retenir de venir en réclamer davantage ! D’ailleurs, mes mains prirent possession du terrain en se glissant sous le tissu humide pour venir caresser ta peau fraîche, cherchant à t’arracher des soupirs.

Je brûlais de l’intérieur, littéralement ! Même si la logique voulait que ma température soit toujours la même, ce brusque changement d’humeur né de ton baiser sanglant, sembla me donner la fièvre ! Et pour tout dire, j’adorais ça ! Et j’adorais encore plus que cela soit venu de toi, rabaissant mon égo en me rendant compte que puisque c’était toi, je serais prête à accepter tous les rôles … De celui d’épouse docile et soumise à celui d’amante dominatrice et exigeante … Et non, même moi je ne me reconnaissais pas dans tant de plaisir à vouloir tout avoir entre les bras d’un homme !

Et puis ton étreinte se radouci, avant que tu ne t’éloigne de quelques centimètres, du sang encore présent sur tes lèvres gonflées. J’ignore ce que je m’étais attendu à lire dans tes yeux, mais certainement pas ces regrets particulièrement mal venus à mon sens. Et puis ta main s’assagit elle aussi pour venir s’égarer dans mes cheveux, réduisant mes espoirs de plus de la moitié ! J’étais pas assez attirante ?! Mon sang ne t’avait-il fait aucun effet ?! Je me sentais tellement bête d’être aussi brûlante alors que tu semblais n'avoir aucune difficulté à rester sagement ainsi contre moi !

C’est ce moment que tu choisis pour me tendre la poche sans me laisser plus d’opportunités de rester au creux de toi, à espérer que tu finirais par accepter mes avances … Et une fois de plus, mon regard se retrouva aimanté par le bout de plastique contenant le liquide vital, même si ma tête s’obstinait à faire des signes de négations dans une tentative désespérée pour t’arracher de nouveaux baisers et une proximité aussi enivrante que précédemment …

Je me redressais finalement en délaissant mes caresses dans ton dos pour venir te sourire et dessiner les contours de ton visage d’une main … L’autre te prenant la poche des mains en signe de reddition. Ok, j’avais faim … Mais comment tu faisais toi pour rester sans te nourrir ?! Je n’aurais jamais pu rester de marbre alors que tu venais de me faire goûter du sang tout en m’arrachant des soupirs de désirs devant l’assaut de tes mains et de tes lèvres !

- Tu sais, j’en ai une dans mon sac si veux te nourrir aussi. Je pense que ce serait le mieux si tu veux être capable de faire quelque effort que ce soit.

Bien sûr, je ne parlais pas des travaux que tu avais visiblement décidé d’entreprendre chez toi, mais bon, si c’est ce que tu voulais faire, ça irait aussi … Du moment que j’étais avec toi … Mais je savais d’avance qu’il y avait plus de chance que tu refuses que l’inverse, ne serait-ce que parce que je t’avais dit que je resterais plusieurs jours et que tu pensais toujours à moi avant toi-même pour ces choses-là.

Je vins chercher un dernier baiser à la douceur contrastant à la perfection avec le dernier que nous venions d’échanger, et je te repoussais dans un sourire. La sensation de déchirement augmenta à mesure que mes décisions m’éloignaient de ce que mon corps réclamait, mais je résistais et me dirigeais vers la salle de bain. Pour en revenir quelques minutes plus tard, vêtue d’une jupe bleue nuit et d’un haut cache-cœur aux teintes se mêlant élégamment avec le gilet que je portais sur le bras.

J’avais jeté la poche vide dans la petite poubelle des sanitaires et j’arborais probablement un teint plus humainement enforme que quelques minutes plus tôt. Bien que je refuse de penser que j’ai quoi que ce soit de semblable à un cadavre, quel que soit ma faim ! J'abandonnais donc ton gilet sur la chaises à proximité sans jamais quitter mon expression ravie et enjouée. Je revins donc en sautillant et te sautais dans les bras pour venir réclamer de nouveaux baisers avant de te présenter la seconde poche, encore pleine celle-ci !

Mais j’attirais à nouveau ton regard vers moi avant que tu ais eu le temps de faire quoi que ce soit d’autres que de simplement voir ce que je tenais dans l’une de mes mains. D’ailleurs, l’autre s’était glissée sous ton haut au niveau de ta nuque pour retrouver la perfection de ta peau. Je penchais donc légèrement la tête dans un regard profondément joueur, et jetais la poche sur la table un peu plus loin dans un soupir faisant gonfler ma poitrine.

- Après, l’autre possibilité, c’est de la garder pour demain, et de te nourrir autrement ce soir … Avant de me montrer ce chantier où tu vas travailler …

Parce que oui, jamais encore tu ne m’avais invité à aller où que ce soit, donc même si ça semblait ridicule, j’adorais l’idée que tu m’emmène quelque part. Et ce, même si la pluie battante m’aurait trempée jusqu’aux os avant d’être arrivés à destination. Même si venir avec toi chercher des outils et des matériaux n’avaient rien de particulièrement romantique … Oui, même si rien n’était logique, que tu manifeste de l’intérêt pour que je fasse quelque chose avec toi, ça me suffisait ! Tu vois, au fond, je n’étais pas très compliqué …

©️ Lyr
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Pour sûr. Tu n'en finissais plus de me surprendre. Toi. Shannon Dufresnes. De ton nom complet, un nom dont les consonances franco-américaines venaient résonner à mes oreilles de manière particulièrement dépaysante.

Comme si...

Insufflant dès lors en terre aride l'espoir pour le pauvre pèlerin que j'étais d'enfin connaître une trêve et de pouvoir s'abreuver près d'une oasis. Un point d'eau arboré, semblable à un mirage n'apparaissant qu'aux âmes égarées. Le tout en laissant planer au-dessus de ce désert de solitude qu'il me fallait traverser un souffle de renouveau. Bienfaiteur. Comme si...

Comme si au travers de nos deux cultures, toutes les beautés de l'Orient puis de l'Occident se prédestinaient à voiler la laideur, la violence et l'ennui de ces existences austères que nous devions mener. En se liant et en se chevauchant avec une simplicité déconcertante. Plus par la force des choses qu'autre chose. Sans porter attention à toutes ces complications absurdes que je nous imposais continuellement. À cause de ces relents de passé que je laissais trop souvent s'imposer. Malgré moi. Et ce, bien en dépit de ma volonté. Quitte à me conduire droit à la folie. Pourtant, j'avais vraiment très envie de t'aimer. De sorte que j'en arrivais presque à espérer que tu avais su déceler la pointe de déception ayant furtivement assombri mon regard. Tel un coup de vent balayant mes péninsules arabiques avec la même violence que le haboob par un jour de grande tempête. Mais déjà, tu te dérobais. Brûlant comme un boulet de canon dans l'air, pas encore prête à t'écraser sur celui auquel tu désirais tant appartenir.

D'accord. En toute objectivité, qu'est-ce que tu me trouvais de plus qu'aux autres ? Sois honnête. J'aurais dû te retenir. Parler. M'ouvrir. Te confier mes craintes et t'avouer mes attentes. Te faire comprendre une fois pour toutes que non, tu n'étais pas la cause de mes refus successifs. Que moi aussi je voulais que tu me touches et que tu me rendes mes caresses. Qu'on se le dise, je ne voulais plus sortir. Pas plus que j'avais voulu te voir te rhabiller. Décidément, je multipliais les bassesses. Quand toi, tu faisais simplement face à la situation. La tête haute. Le sourire aux lèvres. Même si je te blessais, même si j'étais en dessous de tout, même si je me révélais incapable d'assurer. Allumant des feux et les laissant ensuite se consumer. Jusqu'à s'éteindre. Tu ne le savais pas, mais des fois j'avais peur que tu me laisses. Que tu ailles chercher entre d'autres bras ce que je me refusais à te donner. Chaque nuit, je guettais tes allées et venues. Fixant ma porte dans l'attente que tu en franchisses le seuil. De ton pas léger, aérien. Les courbes de ton corps se mouvant au rythme de tes hanches. Vibrant et me raccrochant au son de ta voix. Les épis de ta chevelure de blé venant brusquement déchirer la noirceur de mon ciel pour laisser les rayons du soleil y pénétrer. Tu allais juste me prendre pour un cinglé à force. Sauf que j'étais comme ça. Capable de dire un truc et d'ensuite faire tout le contraire. Logique. Enfin, merci. Merci d'être là, de me veiller et de faire preuve d'abnégation.

En toutes circonstances. J'espère. Parce-que tu découvrirais bientôt à quel point je pouvais être difficile à vivre. Ma chère et si précieuse infante. Semblable à une hymne à l'insouciance, si rafraîchissante. Une fille de cœur et une sœur dévouée, que son frère chérissait. Une victime de plus sur mon tableau de chasse à ses yeux. Comme à ceux d'Ezechiel sans doute. Mais ne le laisse pas nous éloigner. Je ne pourrais pas le supporter. J'avais besoin de toi. De ton amour. Tu représentais tout. Tout. Et bien plus encore. Toi. Cette compagne drôle et vivante, unique dans son genre. Fantasque et renversante. Toujours sur la brèche, quoique jamais là où on l'attendait. Qui aurait mérité tellement mieux qu'une moitié d'homme.

Un bon à rien. Pas foutu de prendre ses responsabilités. Alors je te jure, je te jure que je m'en voulais presque aussitôt de t'avoir renvoyé la balle avec autant de facilité. Des fois, je me demandais à quoi je pensais. Maintenant, à toi de juger. De juger si l'indécence de mes paroles arrivait à la hauteur de tes provocations. Puisque rentrant dans ton jeu sans détour, voilà que je te rétorquais « De quelles épaisseurs tu parles au juste ? De ces ridicules morceaux de tissu qui ne cachent absolument rien de ce qu'ils devraient...et puis dans le pire des cas, les efforts tu les feras pour nos deux. Après tout, moi je suis vieux et fatigué. La fougue de la jeunesse c'est ton privilège que je sache. Tu ne voudrais pas me décevoir...il ne tient qu'à toi de m'en faire profiter et de me faire pousser un peu plus que quelques soupirs si tu veux que le voisin nous entendent...» Tu me rendais fou, et tu en avais parfaitement conscience je crois. C'était pire. Sinon pourquoi t'engager sur un terrain aussi glissant. Si ce n'était pour me pousser dans mes derniers retranchements. Sauf que je ne te céderais pas, pas encore en tout cas. Pas avant que tu aies pris la pleine mesure de mes contradictions. Moi aussi je pouvais jouer. Rien ne nous pressait. D'abord, amène-moi jusqu'à la rupture.

Sur ce, j'acceptais docilement que tu me délaisses pour prendre la poche. Languissant déjà notre prochaine étreinte. Tes doigts traçant les contours de mon visage après s'être attardés dans mon dos. Et j'imaginais. La chaleur de tes cuisses, tes doigts s'enfonçant dans ma peau et tes ongles raclant ma chair. Tout ça devenait insupportable. Puis je m'écartais afin de te permettre de reposer pied à terre. Nourris-toi. Des baisers, il y en aurait d'autres. Au fond, notre histoire commençait à peine et bientôt, l'élève dépasserait le maître. Avec l'art et la manière. Ton plaisir à me séduire étant désormais partagé. Tu sauras donc ce qu'il en coûtait de raviver la passion. Celle qui se cachait au plus profond de nous mêmes et qui faisait juste semblant de dormir. Attendant son heure. Avant de se réveiller, d'un seul coup. Sans prévenir. Ouvrant ses mâchoires et ne nous lâchant plus. Mmm…la passion nous entraînait, nous poussait, et finissait par nous imposer sa loi. Et on lui obéissait. Qu'est-ce qu'on aurait pu faire d'autre en même temps. La passion était la source des moments les plus rares. Tu sais. Les joies de l'amour. La lucidité de la haine. La jouissance de la douleur. Fais-moi mal…

- Ça va. Je préfère que tu la gardes pour toi. J'ai pas très faim de toute façon, tu en as plus besoin que moi. En plus, je ne crois pas que ton frère t'ait donné cette poche pour que tu la refiles à ton Sire.

Mensonge. C'est ce que je t'ai répondu lorsque tu m'as proposé de me donner la poche que tu gardais dans ton sac. T'enlever la nourriture de la bouche aurait été source de culpabilité. C'est tout. Ton frère me servant uniquement d'excuse. Et tandis que tu me prenais un baiser, si doux que j'aurais pu disparaître dedans, puis que tu te rendais à la salle d'eau, je songeais que la douleur devenait quelques fois si forte qu'on ne pouvait plus la tolérer. Après, il est certain que la vie sans amour ni passion serait plus calme. Plus paisible. Si tant est que l'on puisse seulement s'en passer, nous serions alors moins torturés. Mais on serait vide aussi. Vide de sens. Rien que des espaces déserts, sombres et glacés…

Bon. Reviens. Tu fichais quoi là-bas dedans ? Les minutes me paraissaient être des heures. J'en avais assez. Marre d'avoir froid dés que tu t'éloignais. Planté comme un imbécile au milieu du salon. Tirant sur mes manches. Mes fringues encore humides me donnant envie de les retirer. Le soucis, c'est que me retrouver nu devant toi impliquerait qu'on passe à l'étape supérieure. Mais comment te cacher que j'ignorais encore s'il s'agissait d'amour à l'état pur entre-nous. Ou s'il s'agissait juste de l'attraction qu'exerçaient sur toi et moi, les liens du sang. Il aurait été malvenu de te faire des promesses sans le savoir. Pour nous trois. Lui, que j'avais revu hier. Toi, dont la présence se muait doucement en un besoin vital. Moi. Pourquoi fallait-il que les doutes reviennent dés que tu me laissais. Tout était si fragile. Tel un funambule, je marchais sur un fil. Et peut-être que le meilleur remède serait que tu me laisses tomber. Sans chercher à me rattraper. Que tu me laisses m'écraser. Long serait notre chemin. Lâche ma main pour que je puisse me relever. Seul. Inutile de me retenir, cesse de me protéger.

Puis enfin, tu étais réapparue. Habillée. Tes longues jambes misent en valeur par la petite jupe que tu portais. La mine réjouie. Moins brouillée. Plus fraîche. La prise de sang colorant joliment ton teint. Mon gilet retrouvant sa place sur le dossier d'une chaise. Alors que tu sautillais comme une gamine pour revenir te pendre à mon cou.

- Tu veux dire quoi par me nourrir autrement ? Je vois vraiment pas...

Après les mensonges, je m'amusais à présent à jouer les imbéciles heureux. Un sourire perfide étirant mes lèvres jusqu'à mes oreilles. Profitant que tu glisses à nouveau l'une de tes mains sous mon sweat pour t'enlacer. Passant mes bras autour de ta taille alors que ta main elle, se calait derrière ma nuque. Faisant naître des frissons dans le bas de mon dos. Des frissons que je me dépêchais de te transmettre à coup de bisous sur le bout du nez. Tes joues. Tes yeux. Ta bouche...

- Shannon, je ne te mordrais pas. Si on avait tout le sang dont on a besoin, je dis pas. Mais là…

Mais là, mes mains glissaient de ta taille à tes hanches. Descendant toujours plus bas jusqu'à se faufiler sous ta jupe. Jupe que je chiffonnais sans m'intéresser à la poche de sang que tu balançais sur la table. La faisant lentement remonter, froissant son tissu quand mes mains caressaient tes cuisses. Mes doigts osant même l'impensable en passant sous l'élastique de ta culotte.

- Écoute, je ne veux pas que tu te nourrisses pour ensuite te faire vider comme…comme, bref. Je peux pas. Et il est hors de question que je t'envoie tuer un innocent pour ensuite étancher ma soif. D'accord ? Puis j'en sais rien, essaie de voir le bon côté de la chose. Plus je suis faible, plus tu peux faire de moi ce que tu veux...même si...c'est compliqué. Désolé.

Je ne veux pas. Je ne peux pas. Je suis désolé. Tu m'entendais ? Tu voyais le contraste entre mes propos et mes gestes. La triste vérité, c'est que je ne contrôlais plus rien. Plus j'avais peur, plus je me réfugiais derrière des automatismes. Sans me demander comment toi tu envisageais les choses. Combattant les flux et reflux de désir qui nous animaient. Le désir étant cause de perte. L'envie, source de conflit. Le sexe, une perversion de l'amour. Avilissant ceux qui s'y adonnaient. Crois-moi. Tu n'aurais pas aimé me fréquenter à cette époque là. Tu n'aurais pas supporté de me voir coucher avec qui me plaisait. Le respect de soi, de l'autre, ça me dépassait. L'alcool m'aidant à couvrir les odeurs nauséabondes de mes dérives.

- On devrait y aller. On devrait vraiment y aller, tout de suite...

Là, tout de suite maintenant. On devrait y aller. Sans attendre ni perdre une seconde. Parce-que si tu avais été un mec ayant la force nécessaire, tu aurais pu me sauter sans aucune autre forme de procès. De fait, je retirais mes mains. Ta jupe se défroissant et se défripant, pour recouvrir tes jambes. Et machinalement, je remettais la capuche de mon haut sur ma tête.

Capuche que je n'avais d'ailleurs pas retiré à mon retour, mais que tes caresses avaient gentiment fait s'échouer sur mes épaules. Sauf que comble de l'angoisse, lorsque j'ouvrais la porte pour sortir, m'échapper, te fuir ou je ne sais quoi, le voisin s'apprêtait à frapper. Le voisin putain. Devant moi, occupé à se tortiller et à se tordre pour essayer de t'apercevoir. Sa main s'agitant et brassant l'air pour te faire coucou. Alors, ce qui devait arriver arriva. Dans un réflexe mauvais, je le choppais par la gorge. Le clouant contre le panneau de bois plutôt méchamment. Les planches résistant très mal à l'impact. Il avait dit avant la fin de la nuit. La fin de la nuit merde ! Pas dans la demi heure suivant ma visite. Chauffagiste de mes deux, c'est toi qu'il devait espérer trouver. Toi, sans moi. Ou pas. En vrai, je débloquais. Mes mains tremblaient et même si je me rendais compte de l'absurdité de mes réactions, des réactions disproportionnées, démesurées, je ne parvenais pas à le lâcher...

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Fire & Ice
ELIJIAH HASSAN JAZEEM
I'LL SHOW YOU THAT I AM

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The war of time

La malice dans tes yeux, ton sourire et dans tes mots eux-mêmes, tout cela fit naître un océan d’un désir très très mal contrôlé à l’intérieur de moi … Des vagues violentes venant s’abattre contre ma peau à chaque geste que tu amorçais. D’autant plus que tes lèvres vinrent chatouiller mes envies en communiquant le plaisir charnel que ma proximité t’intimait, et qui était plus que pleinement partagé mon amour ! Si tu savais combien …

Je dus bien cacher quelques pointes de regrets derrière des soupirs lorsque tu confirmais ne pas vouloir me mordre, mais à part cela, j’appréciais bien trop le jeu auquel tu te consacrais ! Frissonnante, brûlante même sous tes caresses à la sensualité que tu ne semblais pas vraiment comprendre, je n’étais plus qu’une boule de désir entre tes doigts lorsque ma bouche vint s’écraser sur la tienne dans un baiser passionné et langoureux … Réponse involontaire à la tempête qui faisait rage lorsque tes doigts s’aventurèrent où ils n’étaient encore jamais parvenus malgré toutes mes tentatives.

Franchement, c’en était à se demander dans quel état je serais le jour où tu finirais par céder à mes avances complètement ! Non parce que là, tout de suite, j’aurais tout accepté pour peu que tu te laisses aller au plaisir … Pffff … Et cette température qui montait encore de quelques crans lorsque tes doigts glissèrent sous ma culotte sans achever leur épopée ! Non, mais tu te rendais compte de ce que tu me faisais vraiment ?!

En réalité, j’étais certaine que non, car même si mes mains étaient parvenues à se faufiler sous ton haut pour venir caresser les courbes fines de tes muscles encore étonnamment présents malgré ton état général ; oui, même à ce moment-là, lorsque mes lèvres se détachèrent des tiennes pour venir jouer dans ton cou, tes mots me firent l’effet d’un coup en plein cœur …

Désolé … Tu étais désolé ?! Alors pourquoi est-ce que tu continuais de te battre contre moi ?! J’aurais dû le formuler différemment bien sûr, une part de moi savait pertinemment que ce n’était pas contre moi que tu en avais, mais mes hormones affolées n’y voyaient rien d’autre qu’un rejet aussi imprévisible que blessant vu tes gestes pourtant clairs … Et à vrai dire, lorsque je me rendis compte de l’injustice de mes sentiments de l’instant à ton égard, je compris la source de tes peurs …

D’ailleurs, cela acheva de me sortir des rêves où tes caresses m’avaient conduite ! Est-ce que c’était Lui la cause de tout ça ?! De toute la force que tu mettais à te refuser à moi ? Tu sais, j’aurais accepté que tu ne veuille pas coucher avec moi pour peu que la raison me semble acceptable, autrement dit qu’elle Lui soit étrangère. Tu avais plus d’expériences que moi, j’étais prête à attendre le temps qu’il faudrait … Mais l’éclat de regrets amers dans tes prunelles lorsque tu te décidais à t’éloigner … Un cœur qui a cessé de battre peut-il encore se briser ?!

Parce qu’honnêtement, c’est exactement ce qui se passait … De fiévreuse j’étais passée à glacée en l’espace d’une seconde … Tu sais, l’attente est un jeu dangereux, la patience n’avait jamais été mon fort et j’aurais voulu que tu me l’enseigne aussi bien que le reste mais la douleur, elle … Elle demeurait quand j’essayais de me persuader qu’Il n’avait rien à voir avec ça … Tu vois, j’essayais vraiment de comprendre ton mode de fonctionnement … Mais qu’est-ce que j’y pouvais si je me sentais affreusement seule et blessée tandis que tu disais qu’on devait partir tout de suite.

Je n’avais plus envie de te suivre, seulement envie de m’enfuir pour échapper à cette peine. Mais tu ne le voyais pas … Tu ne voyais que tes sentiments à toi, ta peine de savoir que tu devais, encore, refuser ce que je t’offrais de mon plein grès. Du coup, mes mains retombèrent mollement en te laissant te diriger vers la porte … Je sentais encore ta peau sous mes doigts mais ce souvenir me heurta de plein fouet alors que tu remettais ta capuche, pour te cacher ? De quoi au juste ?

Alors tu t’éloignais, lentement, maître de toi-même … Et moi ? Moi je m’accrochais à la chaise voisine en fermant les yeux pour essayer d’oublier. Tu ne savais pas que chaque geste était important ? Comme lorsque tu croisais les bras lorsque je faisais quelque chose qui te déplaisait, ou que tu passais la main dans les cheveux quand tu ne savais pas quoi faire … Et bien là, ta manière de t’éloigner était claire et précise. Tu ne voulais pas me laisser aller trop loin dans ta vie … Etait-ce ton cœur ou ton corps que tu préservais là ? J’étais le remède que tu avais toi-même fabriqué pour te sauver mais tu refusais de me laisser agir … Tu ne voulais pas être secouru, c’était même pire si j’envisageais toutes les raisons pour lesquelles tu le refusais !

Du coup, je tombais sur la chaise silencieusement, en proie à une émotion que je n’étais pas prête à conjuguer avec toi comme sujet. Non, tu n’avais pas le droit de me faire du mal ! Je refusais que tu sois mon bourreau … Mais je me débattais avec trop de sentiments pour raisonner convenablement …

Alors lorsque la porte s’ouvrit c’est instinctivement que je lançais un regard mauvais à celle-ci. Elle n’avait pas le droit de m’empêcher de mettre de l’ordre dans ma tête ! Et puis le regard inconnu, vitreux et vaguement intéressé que je rencontrais souleva un dégoût brutal pour l’être qui avait eu la mauvaise idée d’arriver à ce moment précis !

Pourtant, tu fus sur lui bien avant que j’ai pu chercher à contrôler quoi que ce soit ! Alors ma tête raisonna à nouveau, après tout, j’avais moi-même parlé d’un voisin, n’est-ce pas ? Et reconnaissons que ce n’était pas le moment idéal. Est-ce que toi aussi tu étais victime de tous ces doutes ? Et cette réaction n’était probablement qu’une réponse à ce que tu redoutais au fond … Tu avais peur qu’un autre pose les mains sur moi ? Vraiment ?

Alors je me relevais en forçant mes membres à m’obéir, aparraissant à tes côtés en une fraction de seconde. Et à présent, ton regard farouche, jaloux, apporta un semblant de réconfort à mon pauvre cœur … Me donnant la force nécessaire pour poser la main sur le bras qui enserrait la gorge de ce pauvre homme pour lequel je ne ressentais aucune compassion. Il pouvait bien chercher de l’aide auprès de moi, il n’en aurait aucune, si tu devais l’épargner, tu le ferais de toi-même. Mon seul objectif était que toi, tu sois sauvé à la fin …

- Ce sentiment-là est normal Eli, ne le laisse pas être plus fort que toi. La colère est soudaine mais pas incontrôlable tu sais …

Du coup, je m’approchais encore de toi, me plaçant entre vous deux, sans chercher à faire bouclier, bien au contraire. Et me hissant sur la pointe des pieds, je te forçais à me regarder moi. Te laissant voir toute ma peine, la douleur dont tu étais la cause, mais l’amour aussi, et l’espoir …

Alors, effleurant tes lèvres, je déposais ma main libre sur ton poing fermé au niveau de tes hanches et de l’autre, je serrais ton bras tendu pour t’arracher à tes pensées morbides. Et je chuchotais pour nous seuls.

- Maintenant, le sentiment que tu vas ressentir va te faire lâcher prise pour me prendre dans tes bras, c’est la suite logique de tout ça. Tu es possessif mon amour, et j’aime ça. Mais c’est à moi que tu dois le prouver, pas aux autres …

Mes derniers mots moururent dans un baiser plein d’une passion dévorante que je tâchais de te communiquer, par pour lui montrer à qui j’étais, non … Pour te le prouver à toi Eli … Tu ne semblais pas le savoir, et pourtant, j’étais tienne depuis longtemps déjà, et pour toujours …

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Désolé. Oui, je l'étais. Sincèrement désolé. Crois-moi s'il te plaît. De l'amour à la haine il n'y avait qu'un pas, je sais. Et voilà que ça recommençait. Alors même que j'usais de toutes les violences possibles et imaginables pour te résister. Pour ne pas céder à mes envies charnelles. Souffrant mille morts. Parce-que lorsque je te disais t'aimer, je ne mentais pas. C'est vrai. J'aurais pu te le jurer. Sceller nos destins dans le sexe et le sang. Qu'importe les circonstances, le contexte, le pourquoi du comment. Mais je ne le voulais pas. Maintenant, libre à toi de me voir tel un bourreau. Ne le nie pas. Ne me fais pas cet affront. Tu n'étais pas la seule à te balader dans ma tête à ta guise. Or, tu l'avais pensé. Ou tout du moins, cela t'avait traversé l'esprit. Comme tout un tas de choses insignifiantes traversaient sans cesse le mien. Bourreau Shannon, quand lui m'érigeait au rang de tortionnaire. Après, ce n'était pas grave. Je ne t'en tiendrais pas rigueur, tu comptais trop.

Beaucoup trop. Aussi, ce n'est pas contre toi que je retournais la colère qui venait de me prendre tout entier. Tu valais mieux que ça. Tu étais ce trésor qu'il me fallait préserver. Ce diamant à l'état brut que je me refusais de tailler, travailler et formater selon mes critères. Certes, ta déception me faisait mal. Peut-être même que l'espace d'un instant je m'étais senti jugé. Atteint.

Tel un regard tourné vers le passé. Un frémissement macabre menaçant de m'engloutir dans les entrailles de la terre. Là où ma place aurait dû se trouver. La poussière retournant à la poussière. De sorte que détournant les yeux de l'homme suspendu au bout de mes doigts, je te découvrais prête à t'effondrer. Mon ange. Le chagrin te terrassant injustement. Je regrettais. Tandis que toi tu prenais déjà appui et repère au dossier d'une chaise en t'y accrochant. Vacillant à la manière de la flamme d'une bougie sur laquelle on aurait soufflé pour l'éteindre. Paupières closes. Avant de t'y asseoir. Faible, fragile et vulnérable. Si tu pleurais, c'est à tes pieds qu'il me faudrait me traîner afin de me faire pardonner. Pour toi, je serais prêt à tout. Ne sous-estime pas la force de mes sentiments. Je ne jouais plus. Mes pupilles se dilatant en découvrant tes traits se tordre et ton corps se contorsionner dans des postures inhabituelles. Pourtant, je n'arrivais toujours pas à le lâcher. L'autre. Resserrant ma prise et le décollant de la porte pour revenir l'y plaquer. Malade je te dis, j'étais malade. Un véritable danger public. Un tueur repenti, qui te hurlait en sourdine de te méfier de l'eau qui dort. Aimer me rendait complètement déséquilibré.

Et putain, que je t'aimais. Au grand jour ou dans le déni le plus absolu avec ces mêmes penchants névrotiques. L'anxiété, puis l'angoisse et la dépression. Mais une fois de plus tu coupais court à mes dérives. Me ramenant sur les chemins de la droiture d'un seul baiser. La tête me tournant, ma vue se troublant et puis le sang qui battait furieusement mes tempes me rendant de nouveau migraineux. Ne me laisse pas. Ne me fais pas payer pour des fautes que je n'avais pas encore commises. En fait, j'étais en panique là. Écrasant littéralement la trachée de ce pauvre type, le voisin. Crâne rasé. Des yeux de fouineur. Plus petit que moi et pas très costaud. Je m'en apercevais quand je reportais mon attention sur ce dernier. Les sourcils froncés. L'air de déjà beaucoup moins ricaner. Puis d'un coup, c'est ton visage qui était entré dans mon champ de vision. Après que ta main soit venue se poser sur mon bras. Après que ta présence m'ait irradié et que tes paroles apaisantes ne soient montées jusqu'à mon cerveau. Tout ça sans que je ne perçoive tes mouvements. Tellement pris par ce qui me tordait les tripes. Les yeux écarquillés. Ne comprenant pas du tout ce qui t'avait conduite à me priver de mon libre arbitre.

- « Non mais j'hallucine !  C'est moi qu'on agresse et c'est ce taré là qu'on console. Logique ! T'es un malade vieux ! Faut te faire soigner. Hey !! Tu m'entends ? Non bien sûr, t'es trop occupé à rouler une pelle à ta copine. Forcément. Tu veux que je te dise, on vit dans un monde de cinglés. La preuve ! Espèce de chtarbé. Démerde-toi avec ton chauffe-eau, moi je me casse. Et ouais. Je sais. T'en as rien à battre de ce que je te raconte. Bâtard va...on en restera pas là...»

Et tu veux que je te dise Shannon, il avait raison. Je m'en tapais. Qu'il gueule autant qu'il le voulait, qu'il m'insulte et se défoule si ça le soulageait. Perdu que j'étais. Coupable. Responsable. J'acceptais le blâme. Tant que tu m'embrassais. Alors bien sûr que je rendais les armes. Capitulant de bonne grâce. Conquis et tout à toi. Me laissant guider par le son de ta voix comme la veille. Mon poing fermé se rouvrant pour attraper ta main et libérant ce blaireau qui braillait, te prenant ensuite dans mes bras. Réceptif. Le poids m'écrasant le cœur se dissipant dés lors que je partageais ton baiser. Avec la rage du désespoir. L'épine plantée dans ma gorge terminant par se radoucir. Même si je ne savais pas si tu avais raison. Vraiment. Non. Je ne croyais pas que la jalousie et la colère puissent être quelque chose de normal. Parce-que c'est à toi que ces sentiments là causaient de la peine. De la douleur. Seulement, au fond de tes yeux je refusais de voir se refléter la lueur des damnés. Mon amour

- « Qu'est-ce qui se passe ici ? On t'entend crier du bout de la rue. Au lieu de gaspiller ta salive, tu ferais mieux de faire ce qu'on t'a demandé. Très gentiment, j'en suis certaine.»
- « C'est ça, fous toi de ma gueule. Ahah...je suis mort de rire.»
- « Et bien, qu'est-ce que tu attends ? Tu ne crois quand même pas que tu vas t'en aller sans avoir fait ton travail ? »
- « Je vais me gêner tiens ! Désolé, mais je me casse. Sérieux. Faut pas abuser...»
- « Donc, tu vas laisser ce charmant garçon et son amie sans eau chaude. Heureusement que lui n'a pas décidé de ne réparer qu'à moitié ton toit. Ce n'est pas très charitable tu ne crois pas ? »
- « Charitable ? Ce psychopathe a essayé de me buter ! »
- « Tout le monde fait des erreurs, et puis ce n'est pas comme si tu étais encore vivant. Oui. J'ai tout vu.»
- « Ca va...J'y vais. Mais je préviens tout le monde, l'autre malade là, il se démerdera tout seul pour changer ces foutues pièces. Moi je fournis la marchandise, le reste ça me concerne plus.»

Mon amour

Je suis certain que tu ne soupçonnais pas l'effet que ça pouvait me faire de t'entendre m'appeler mon amour. À haute voix. En dehors de notre sphère privée. Devant les autres. M'affirmant et me confirmant que tout ça s'était aussi sérieux pour toi que pour moi. Même si je merdais. Même si je me débattais encore contre cet amour que tu m'offrais en partage.

C'est là qu'il m'avait semblé percevoir la voix de Rosa. Plus grave que la tienne. Est-ce qu'on était en train de se donner en spectacle ? Moi et mes conneries. Sur cette constatation, je quittais tes lèvres. Les oreilles bourdonnantes. Embarrassé. Pas à cause de la présence des voisins, mais parce-que je ne pourrais jamais assez te remercier. Ce baiser là, je n'étais pas prêt de l'oublier. Et te souriant, je t'embrassais sur le front. Ne trouvant pas les bons mots et préférant les réserver à toi seule de toute façon. Puis je me forçais à tourner la tête vers Rosa. Avec ses oreillers dans les mains. Nous couvant du regard.

- « Il ne faut pas faire attention. Vous savez, Fynn est un brave garçon. Il ne le sait pas encore, c'est tout. Tenez. Pour vous.»
- C'est gentil de votre part...Shannon, tu veux bien...s'il te plaît…

S'il te plaît. Je sentais que tout ce remue ménage allait finir par te gonfler. Plus encore après ce qu'il venait de se passer. Mais promis. On parlerait. Après. Au pire, mes planches attendraient. Avant, on devait mettre les choses à plat. Je voulais que tu te libères. Ce que tu ressentais, tu ne devais pas le garder pour toi. Je tenais à tout partager avec toi. Tes reproches, s'il y en avait, je les accepterais sans broncher puisque de nous deux, j'étais celui en tort. Pardonne-moi. J'avais si peur que toi aussi tu n'en arrives à me détester. Quoique. Ton baiser me laissait espérer que le pire se trouvait derrière nous.

Mais là, je devais m'occuper de ce qui se passait à l'intérieur. Ne m'en tiens pas rigueur. Plus vite le problème serait réglé, plus vite on se retrouverait tous les deux. De fait, je te demandais avec une pointe de gêne si tu voulais bien t'occuper de Rosa.

- Ça t'ennuie de t'en occuper ? Merci mon ange...pour tout…

Gêné, je l'étais. Enfin. Après avoir chaleureusement salué Rosa, je me lançais d'un pas pressé à la poursuite du dénommé Fynn. N'ayant pas la moindre confiance en lui. Pour le retrouver en train de démonter la façade du chauffe-eau. OK. Il semblait réglo. Alors sans rien dire, je m'appuyais contre le chambranle de la porte. Les mains enfoncées au fond de mes poches. Puis, quelques minutes plus tard, il m'expliquait ce qui ne fonctionnait plus et ce qu'il faudrait impérativement changer. Je t'épargne les détails Shannon. Ça n'avait aucun intérêt pour toi, je suppose. À moins que tu ne m'aies caché tes incroyables talents de bricoleuse. Auquel cas je demandais à voir, trouvant l'idée plutôt sexy et séduisante.

Bref. Le voisin fichait enfin le camp, m'informant qu'il viendrait m'apporter les pièces. Sous réserve. Si tant est qu'il parvienne à se les procurer. Passant devant toi en te souriant et en t'adressant un clin d'œil. Avant de se fondre dans la pluie et la brume. Pendant que de mon côté, je m'asseyais. Sur cette même chaise où tu t'étais laissée tomber tout à l'heure. Posant un coude sur la table et inspirant profondément en calant ma tête dans la paume de ma main.

Mes yeux se posant malgré moi sur la poche de sang qui y traînait. La faim me rendait irritable. Les privations, fébrile. Comme un rappel à l'ordre. Une alarme. À trop tirer sur la corde, elle allait finir par casser. Au risque de t'abîmer toi. Aussi, peut-être qu'on ferait mieux de rester ici. De faire le lit et de voir ce qui se passerait après...

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De quoi avais-tu si peur ? De me perdre moi ? Ou d’une chose que je ne voulais pas savoir en cet instant précis ? Pourquoi est-ce que tes prunelles s’allumaient de cette terreur dans laquelle tu te drapais quotidiennement ?! Tu n’avais pas à avoir peur avec moi mon ange … J’aurais vaincu l’Enfer lui-même si j’avais pensé que cela éteindrait tes craintes … Mais j’étais trop consciente de ta fragilité, et visiblement de la mienne aussi …

Alors je m’abîmais dans ce baiser au goût si particulier, comme s’il recelait une infinité de possibilités, de la plus douce à la plus violente. J’en percevais les subtilités si particulières qui composaient notre relation d’ordinaire si simple mais pourtant si compliqué. J’avais la sensation d’avoir toujours veillé sur toi, et en même temps, toi, tu avais toujours été le roc régnant sur mon existence … Cela pouvait sembler naïf de dire que l’homme qui me serrait dans ses bras, avec son allure maladive et depressive avait protégé mes nuits, mais c’était pourtant la vérité ! Tu avais tout donné pour m’offrir un semblant de vie dans le chaos de ce monde.

Alors oui, je t’aimais, je le regrettais comme n’importe quelle femme aurait regretté d’aimer un homme pas encore totalement sien … Mais bon, sang … Je t’aimais plus que tout au monde. J’aurais endossé n’importe quel rôle pour convenir à celle que tu voulais que je sois. Mais en cet instant précis … Oui, alors que tes mains faisaient rempart entre le monde et moi, que tes lèvres déclenchaient des bourrasques de sentiments tous plus incontrôlables les uns que les autres … Je vis avec une clarté effarante ce que pourrait être ma vie si tu acceptais de la partager à mes côtés. Pas comme le parent inconsolable que tu avais été ces deux dernières années, mais comme l’homme qui donnerait tout pour me voir sourire, m’entendre rire, et me chuchoter des mots doux bien installé contre moi dans la chaleur d’un lit …

Du coup, je crois que la Terre s’arrêta de tourner jusqu’à ce que tes lèvres ne se détachent des miennes et qu’un sourire apaisé vint prendre place sur cette bouche si craquante. Tu étais désolé, cela se voyait, tu regrettais tes paroles, peut-être même tes gestes, mais tout cela n’avait pas la moindre importance désormais. Alors que j’avais souffert quelques minutes plus tôt d’un éclat similaire dans tes yeux, cette fois-ci, ils adoucirent mes pensées, m’entrainant vers une bienheureuse sérénité de savoir que rien ne m’arracherait à toi …

C’est seulement alors que tu déposais un chaste baiser sur mon front que notre planète redémarra sa course, emportant dans son sillage cet inconnu et ses vociférations, autant que la femme douce qui semblait trouver beaucoup de bonheur à me voir dans la prison de tes bras. Ils étaient là depuis longtemps ? Mon cerveau me confirma bien qu’ils n’étaient pas apparus à l’instant, je les avais même entendu discuter, mais ils auraient aussi bien pu être des mouches pour la différence que cela faisait.

Mais tes mots si terre à terre me ramenèrent finalement à bon port, et j’octroyais enfin mon attention à la visiteuse alors que l’autre avait disparu dans la maison. Lui offrant un sourire automatique en réponse au sien, je la débarassais de son chargement alors que tu t’éloignais pour aller voir l’autre. Oui, il avait un prénom puisque la femme l’avait nommé, mais il nous avait dérangé et je ne voyais pas de raison de lui accorder la moindre importance en conséquence.

- Je m’appelle Shannon, ravie de vous rencontrer. J’imagine que c’est vous qui faites sa lessive, il n’a jamais voulu que je m’en occupe. C’est ridicule, mais on ne contrarie pas un homme n’est-ce pas ?! Et lui encore moins !

Voilà, je redevenais moi-même, allant jusqu’à te charrier en ton absence. Et je devais reconnaître que Rosa, comme elle venait de se présenter, m’inspirait une sympathie évidente ! Je la voyais assez bien en mère de famille avec une dizaine de marmots à gérer et trouvant encore le temps et la patience pour prendre soin de ses voisins les plus vulnérables … Comme toi enfaite …

Bon, moi par contre, c’était une autre paire de manche, je n’étais pas assez patiente pour faire preuve de douceur à ceux qui ne m’en inspirait aucune. Mais cela fu assez simple de lui faire la conversation, elle était gentille et s’inquiétait sincèrement de ton bien-être. D’ailleurs, elle se mit en devoir de m’expliquer ce qu’elle utilisait pour sa lessive, la répartition de son emploi du temps journalier et alla même jusqu’à me régaler de l’un de tes exploits avec la maison d’un autre voisin.

Je n’avais jamais eu besoin de preuve que tu étais un homme profondément bon Eli, je l’avais toujours su, mais l’entendre de la bouche de quelqu’un d’autre … C’était comme entendre confirmer une hypothèse qu’on avait mis des années à expérimenter pour prouver qu’elle était juste. Mais tu sais quoi ? Le plus amusant dans cette histoire c’est que j’en oubliais tout le reste pour me demander à quoi tu ressemblais lorsque tu travaillais …

Finalement, les voix à côté s’estompèrent et le malvenu s’orienta vers la sortie, non sans avoir pris soin de me gratifier de toute son attention. SI j’avais été plus proche de lui et non du lit où j’avais déposé les oreillers, je me serais fait un véritable plaisir de l’envoyer paître en lui en retournant une pour son manque de savoir vivre. Sérieusement ? Il y avait encore des mecs assez mal dans leur tête pour dévorer une nana du regard alors qu’ils venaient de la voir embrassé un autre ?! Pauvre type …

Et puis tu vins enfin t’asseoir, et ton regard n’échappa à aucune de nous deux ! De fait, Rosa nous remercia et nous souhaita une bonne fin de nuit avant de s’éclipser tandis que je m’approchais doucement de toi. Bien sûr que tu avais faim, tu te privais beaucoup trop pour ton propre bien. Et à en croire la manière dont tes traits se tordirent alors que tu avisais la poche de sang, tu avais d’autres sujets d’inquiétude qui te démontrait eux-aussi le besoin naturel auquel nous devions tous faire face.

Je finis donc ma progression pour venir derrière toi, m’inclinant assez pour poser ma tête sur ton épaule et garnir ton cou d’une multitude de baiser alors que ma main s’empara de la poche pour l’approcher de toi.

- Tu sais me faire la morale lorsque je ne prends pas soin de moi mais tu es aussi têtu que moi concernant le fait de refuser de voir tes faiblesses. Tu as faim, arrête de faire comme si toutes tes réactions étaient normales et non dû à ton appétit. Tu verras, ça ira beaucoup mieux après. Et puis, profite-en pour te changer, tu es encore trempé. Non que ça me gêne particulièrement, mais je préfère d’autres manières de finir aussi mouillé.

Et d’un clin d’œil je laissais ma prise devant toi et allait vers le lit pour entreprendre de le faire convenablement. Non sans avoir pris soin de te gratifier d’un sourire épanoui, d’un tendre baiser et de caresses délicates sur ton visage.

Ça n’avait rien de compliqué, il suffisait que je me concentre un minimum pour faire ça, c’était routinier … Mais d’ordinaire, personne ne me regardait faire, du moins personne dont l’opinion et l’état mental m’importait réellement ! Alors voilà, je fis tomber deux fois l’un des oreillers, me retrouvais avec le drap house qui refusait de rester en place tandis que je mettais le quatrième côté … Et dû faire face à une couverture récalcitrante qui s’obstinait à aller contre mes penchants perfectionnistes pour n’être jamais parfaitement droite …

Ceci dit, une fois les choses relativement acceptables je me retournais pour plonger dans deux yeux rieurs et un sourire à damner un saint … Qu’est-ce que j’avais fait pour mériter que tu te moque de moi, j’en savais rien, mais j’adorais cette vision où tu semblais momentanément heureux … J’aurais voulu la voir tous les jours éclairer la douceur de ton visage !

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Je n'avais pas fait attention. Absorbé par ma contemplation, les yeux rivés sur ta poche de sang. La tienne oui. Parce-que quoi que tu puisses en dire et malgré tout ce dont tu voulais encore essayer de me convaincre, je n'y toucherais pas. N'insiste pas. La faim était une compagne aimante et tout aussi fidèle que la solitude. Pourquoi m'en défaire...

Alors vraiment, crois bien que je n'avais pas fait attention à ce qui se passait autour. Assis sur ma chaise. Le bout de mes doigts frôlant et caressant le plastique de ta poche de sang. Indifférent au reste. Absent. D'où ma surprise lorsque tu étais revenue te pencher au-dessus de moi. Me tirant de mes pensées dans un léger sursaut. Ou plutôt, un frisson subtil me laissant entendre que notre mésaventure sordide n'avait en rien entamé ta détermination. Très bien. Refermant les yeux, je m'abandonnais dés lors aux sensations diffuses que me procuraient tes attouchements. Chastes. Mais pourtant voluptueux et ardents. Soumis à mes instincts, et refusant d'écouter ma tête. Tête que j'inclinais de côté avec pour seule et unique ambition de te dégager mon cou. T'en facilitant ainsi l'accès juste pour que tu puisses continuer de le parsemer de baisers. Des mèches de tes cheveux chatouillant ma peau, et accentuant un peu plus ce sentiment d'appartenance qui remontait tel un torrent de lave de mon ventre au centre de mon cœur. Ne t'arrêtes pas. Jamais. En dépit de la peur qui m'habitait, je voulais au moins essayer.

Et puisque tu me pardonnais, il ne tenait plus qu'à moi de te le prouver. De la seule manière que je connaissais. Bien sûr, rien ne serait ni simple ni facile. Mais accorde-moi une chance de me rattraper. De te rendre ce sourire que je t'avais volé. Dérobé. Soufflant, attisant et insufflant la vie dans un feu que je m'étais aussitôt empressé d'étouffer. Shannon, je te jure que je luttais. Que je me battais. Contre des ombres et tous ces fantômes qui me hantaient. Sois patiente. En une nuit, tout avait changé. Du statut d'infante, tu étais passée à celui de femme, de presque amante et d'amie. C'était trop. Beaucoup trop, je n'arrivais plus à temporiser. Un rien suffisait à m'effrayer. Qu'importe que j'y perde mon honneur, je ne trouvais pas plus d'intérêt à me voiler la face. Après tout, il n'était écrit nulle part que je devais toujours être le plus fort. Ta clémence me réconfortait. Même si tes mots éveillaient d'autres inquiétudes que je ne voyais plus qu'une seule manière de calmer. Si tu voulais que je me déshabille, que je retire ces vêtements mouillés qui semblaient tant faire obstacle à tes projets pour nous, il te faudrait m'y aider.

Quoique. Pas seulement. Étant donné que me les retirer t'engagerait sans doute à bien d'autres choses. Des choses relevant plus de l'ordre de l'intime. D'ailleurs, tu n'avais pas tort lorsque tu supposais qu'en agissant de la sorte je préservais à la fois mon cœur et mon corps. Pour un homme qui en aimait un autre. D'abord. Peut-être également pour une multitude de raisons qu'à mon âge avancé il aurait été ridicule de t'exposer. Ensuite. Là où tu te trompais en revanche, c'est que je ne te faisais que très rarement la morale. Le reste du temps, je m'inquiétais. Enfin… et ta main venait se poser sur la poche tandis que je retirais la mienne. Un peu brusquement, certes. Tirant nerveusement sur mes manches quand mes paupières closes se rouvraient.

- Ils sont partis…

Regardant la porte, je réalisais alors que nous étions seuls. Tous les deux. De nouveau en tête-à-tête. Constatation qui faisait encore monter d'un cran le stress. Je ne comprenais pas ce qui pouvait me mettre dans cet état là. Vraiment pas. Tu sais, je ne jouais plus désormais. Ne me restait plus qu'à me lancer. Sans savoir comment tu percevrais ma demande. Mais voilà que ton sourire, ta façon de m'embrasser et de caresser mon visage me soufflait qu'au fond, tu avais deviné. Ce qui sur le coup m'en faisait limite regretter de ne pas t'avoir reparlé de ce type.

Du voisin. De cet électricien-chauffagiste qui se moquait pas mal de réparer ma chaudière. Préférant te faire du rentre-dedans. Devant moi. L'excuse parfaite pour nous disputer. Pour me sortir du profond embarras dans lequel je me trouvais. On aurait crié. On se serait dit des horreurs. Puis tu m'aurais sûrement giflé avant de partir. En lieu et place de quoi, tu te mettais à faire notre lit. Me soutirant un tout premier sourire depuis que nous étions rentrés. Attendri de te voir endosser le rôle de la maîtresse de maison. Quitte à me renvoyer à d'autres souvenirs. Aussi beaux que tragiques. Des souvenirs que l'usure des siècles contribuait à lentement effacer. Et souriant un peu plus, je finissais par éclater de rire. D'un rire clair, sincère. Planquant néanmoins une main sur ma bouche pour te cacher mon amusement, tandis que de ma chaise j'assistais passivement à tes déboires.

- À mon avis, ce sera plus facile quand j'aurai rehaussé le matelas avec un sommier.

Après, ça ne me dérangeait pas de te regarder te tortiller. Au contraire. Les coussins, les draps et les couvertures n'avaient qu'à bien se tenir. Association d'idées malheureuse qui me ramenait avec une violence inouïe à de toutes autres préoccupations. Effaçant mon sourire. Tu avais dit, si je me rappelle bien, que tu entrevoyais des manières plus agréables pour qu'on terminent aussi trempés. Loin de moi toutes formes de naïveté. Ce qui avait eu pour conséquence que je me lève pour venir me planter devant toi.

- Montre-moi…

Montre-moi à quoi tu pensais. Montre-moi. Les yeux ancrés aux tiens, je cherchais à présent ton approbation. Montre-moi Shannon. Montre-moi et surtout, ne me permets plus de te repousser. Montre-moi…

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Je t’offris un sourire fabuleux, réponse instinctive à celui que toi tu m’adressais. Ton regard semblait si … Entier … Comme si, pour une fois, tu étais tout à moi. J’avais souvent rêvé de cette expression sur ton visage, mais j’y avais renoncé depuis longtemps. Alors l’apercevoir maintenant que je me sentais si vulnérable auprès de toi … Je n’imaginais pas de meilleure occasion de te voir ainsi.

Du coup, je rougis soudainement, étouffant un rire qui en aurait trop dit sur mon embarras. Et quand tu amorças un geste, je te devançais en posant ma main sur ta joue pour planter des prunelles infiniment douces dans les tiennes, en espérant ne pas me tromper quant à tes intentions réelles. Je m’approchais donc délicatement, repensant aux derniers mots que j’avais pu t’adresser qui aurait pu éveiller une si soudaine envie de ta part. J’avais parlé sans réfléchir à ce que je disais, bien sûr que j’étais honnête, mais j’avais d’ordinaire une idée précise derrière la tête, et pour une fois, ce n’était pas le cas.

Alors pourquoi essayer de mentir sur mes intentions ? J’avais trop envie de toi pour me soucier de ce que cela pouvait vouloir dire. Bien sûr que tu n’étais pas prêt tout à l’heure, je l’avais compris à mes frais, mais tu faisais visiblement de gros efforts pour essayer. Cela au moins je devais le reconnaître. Même si mon cœur ne supporterait probablement pas un nouveau rejet, j’étais plus que prête à tout pour toi … Et si tu voulais essayer … Alors j’essayerais …

Je me hissais sur la pointe des pieds pour venir déposer un tendre baiser sur tes lèvres. Elles me semblèrent si chaudes que j’envisageais presque de renoncer au geste qui suivit. Mais mes mains furent plus rapides que mon esprit, et elles se glissèrent délicatement sous ton sweet pour venir te caresser une seconde avant d’initier une tentative pour te le retirer en enserrant le tissu.

Mon audace me sembla presque trop vive et je me donnais du courage en venant chercher un nouveau et chaste baiser. Bien sûr que cela n’allait pas avec mes gestes pour te déshabiller, mais je ne cherchais pas à te forcer, et si j’étais si lente c’était pour te laisser l’opportunité de changer d’avis sans ressentir aucun remord. Mais après tout, tu l’avais demandé, non ?

Alors je me détachais de tes lèvres dans un sourire à la fois mutin et timide. Lorsque mes doigts glissèrent sur tes bras en t’intimant de les relever pour m’aider, je m’abîmais une seconde dans une vision que je n’avais jamais vraiment pris le loisir de réellement apprécier. Toi … Même si tu n’étais pas totalement maître de la situation, même si tu me laissais les rênes dans l’espoir que j’y trouve une sorte de consolation pour tes rejets passés … Je me fichais de savoir tes motivations, je décidais de croire que tu me voulais autant que l’inverse, même si je risquais de tomber …

Lorsque je fis passer ton haut au-dessus de ta tête, je vins recouvrir ton torse d’une multitude de baisers aussi légers qu’une plume. Appréciant chacune de tes respirations, souriant lorsque ton souffle se coupait pour venir garnir mon cœur de tes adorables réactions … J’abandonnais même le vêtement par terre sans me soucier du reste pour ne pas perdre une seconde de plus à ne pas te toucher ! Et mes doigts fondirent, bien qu’un tantinet timide, vers ton dos pour venir dessiner les contours de chacun de tes muscles fins.

J’assimilais chaque geste pour tâcher d’en garder un souvenir impérissable. J’aurais voulu que rien ne vienne interrompre ce moment, qu’il dure pour l’éternité … J’aimais tellement te savoir à moi. Et même si cela ne devait être qu’une fois, j’en garderais les vestiges comme on chérit le plus précieux de ses souvenirs. Quand est-ce que j’étais tombé amoureuse de toi ? A vrai dire, je n’en savais rien vraiment, mais j’étais trop heureuse en cet instant, à te sentir réceptif à chaque geste ou attention que j’initiais …

Finissant par me redresser, je vins donc cueillir de nouveaux baisers sur tes lèvres entrouvertes, après t’avoir offert un regard plein d’autant de promesses que de désir. Est-ce que j’avais vraiment le droit de continuer ? Je ne savais pas trop, j’avais envie de me fondre dans l’instant présent, et sentir ta peau sous mes doigts semblait adoucir mon cœur et me suffire pour l’heure. Alors, je me contentais de me blottir contre toi pour profiter encore davantage de ton contact.

Et aussi étonnant que cela ait pu me sembler, je savais que tu ne me repousserais pas … Alors, tandis que ma langue venait chercher la tienne pour lui offrir une caresse plus douce qu’aucune autre, mes mains se glissèrent sur tes reins, échouant à la naissance du tissu sur tes hanches.

Je me détachais de toi, dans un soupir, venant coller mon front contre le tien avant d’ouvrir les yeux pour plonger dans l’abîmes des tiens. Y cherchais-je un accord ? Tu me l’avais déjà donné, même si je doutais de savoir comment procéder alors que j’avais déjà fait ça des dizaines ou des centaines de fois avec d’autres … Oui mais c’était toi … Et tu me semblais encore trop fragile, pour que cela soit réel …

Alors oui, je cherchais ton approbation alors que mes doigts se faufilaient de quelques millimètres sous l’épaisseur, sans oser aller plus loin, venant s’arrêter là où ils auraient pu ouvrir le pantalon avec l’aisance acquise … Mais j’attendais dans un souffle hiératique, presque sacré … Je voulais que la décision t’appartienne. Tu pouvais toujours faire demi-tour, tu sais ? Je laissais planer ce message dans mon esprit pour qu’il s’imprime dans mes yeux et que tu le comprennes aussi clairement qu’il l’était pour moi. Je ne t’en voudrais pas, en soit, ça pouvait me suffire si tu ne regrettais pas ça. Je saurais être patiente si tu distillais ton affection avec autant de douceur pour mon cœur.

Oui, pour toi je saurais attendre des décennies s’il le fallait, j’avais plus besoin de toi sur le plan émotionnel que physique … Et cette situation était si chargée de sentiments qu’elle soulageait les blessures avec une tendresse infinie … Alors, c’est involontairement que je laissais filer une pensée vers toi, remplie d’un amour à la pureté que je n’aurais jamais imaginé connaître et où, même si c’était moi qui dirigeais les opérations, tu étais le seule maître …

Cette bulle magique, je ne laisserais rien la briser tu sais. Je t’aimais, peut-être trop, peut-être pas comme tu en avais besoin. Mais je faisais de mon mieux pour être celle qui pouvait te sortir de tout ça … De toute cette peine, cette douleur, et cette fatigue extrême, pour la vie elle-même parfois ! Oui, je voulais que ce soit par moi que tu retrouves le goût d’une existence heureuse. Et lorsque je songeais au regard que tu m’avais jeté, assis sur ta chaise, je me plaisais à imaginer que c’était possible.

Alors je replongeais vers tes lèvres dans une avidité évidente bien que profondément tendre. Je n’attendais rien de plus, même si j’aurais aimé que cela continue jusqu’à ce que le soleil ne se lève et me force à fermer les yeux … Mais en cet instant précis, ma bouche contre la tienne, mes mains sur le bas de ton ventre dans l’attente de ta décision à savoir si tu me laissais continuer … J’étais plus heureuse que je ne l’avais jamais été …

Et c’était parce que tu avais laissé tomber tes barrières, parce que pour une fois, tu avais décidé de quelque chose qui n’était pas une réponse à un remord où à une faute passée … Non, cette fois, tu avais cédé devant la promesse d’un avenir plus radieux. Et j’espérais que cela suffirait … Oh, oui, combien j’espérais que toi, le grand Elijiah, tu me laisserais passer outre tes défenses pour t’imprimer le souvenir de mes caresses aussi clairement qu’avait été celles qu’Il t’avait prodigué …

Mais cette pensée n’était pas amère, non, seulement délicieuse … L’espoir et l’amour font des merveilles lorsqu’on les laisse agir, tu ne trouves pas ?


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Parce-que les désirs qu'éprouvait mon corps en ta présence ne se raccordaient pas encore tout à fait aux voix contradictoires s'affrontant dans ma tête, je ne voulais plus te faire miroiter de belles promesses impossibles à tenir. Ce que je souhaitais, tout ce dont j'avais envie et que je savais pouvoir te donner sans réserve, c'était une nuit.

Une nuit en corps-à-corps justement, nus et enlacés. Entre le dénuement de ces murs. Peau contre peau, enfouis dans la chaleur d'un lit selon tes souhaits. Mais pas plus. Pas encore. Tu pouvais lire dans mon âme Shannon comme sur un feuillet coranique que l'on aurait retranscrit dans ta langue maternelle avec le sang de mes larmes. Aussi, je ne trouvais nul intérêt à te formuler de vive voix cet aveu: celui te disant qu'au travers de ma demande « Montre-moi » rien n'avait changé depuis tout à l'heure. Ou de si peu. Presque rien en vérité. En dehors peut-être de ce tout petit rien insignifiant et qui pourtant, me poussait dès à présent à venir me nicher au creux de tes bras. Après et à mes yeux, l'acte charnel en lui-même ne constituerait jamais un réel point de départ. Bien évidemment que non. Puisque dans mon idéal et dans tout l'espoir que tu suscitais en moi, il s'apparentait plus à un aboutissement. À la concrétisation d'un amour que j'aspirais à voir s'épanouir avec le temps. Au cœur d'une guerre dont le dénouement demeurait pour l'instant inconnu. Loin de cette fin heureuse que tu espérais tant et qui elle seule pourrait nous amener à graver nos sentiments sur les parois d'un avenir radieux.

Si Dieu le veut…


Et dis-toi, dis-toi bien que lorsque toi tu n'entrevoyais qu'une forme de rejet dans mes agissements, moi je n'y voyais qu'une façon comme une autre de te préserver. Comprends-le. Puis laisse-toi aller, n'aies plus peur de me sentir te briser. Tu n'étais ni un second choix, ni même un lot de consolation. N'en doute pas. Juste ça. Tu comptais, de sorte que le sourire me revenait. Un peu moqueur de te voir pouffer de rire, un rire qui de ton vivant aurait pris un malin plaisir à colorer tes joues.

Tout du moins, à te les colorer davantage. D'un rose pâle qui dans l'absolu des choses serait devenu rouge cramoisi. Sauf que normalement, les vampires n'étaient plus assujettis à ce type de variations corporelles. En supposant que l'on puisse appliquer cette règle à ta personne. Rebelle de mes nuits. Avec laquelle rien ne tournait jamais rond dans le cercle où se plaçait notre venue et notre départ. Alors, est-que tu rougissais vraiment ? Ou ne devais-tu cet effet qu'aux lueurs ombrageuses oscillant dans toute la pièce sous les flammes qui dansaient dans l'âtre de la cheminée. Pourquoi pas. Un jeu de lumières ayant eu pour répercussion de réduire l'espace comme peau de chagrin. Jusqu'à ce que ta main ne revienne se poser sur mon visage. Pour la énième fois de la soirée. À l'instar d'une litanie de mots d'amour muets et que pour une fois tu vois, je pensais mériter.

Marre de me punir. Usé de m'auto-flageller. Le prix de mes erreurs, de chacun de mes crimes, de mes maladresses, mes écarts de conduite et de mes mensonges, je l'avais payé. Au centuple. Dans la solitude, le deuil et le chagrin. Et à ce jour, ça suffisait. J'en avais assez. Regarde où ça nous menait. Je nous faisais du mal, reproduisant de nouveau ce même schéma. Celui qui me poussait sans cesse à tout détruire. À tout abîmer, tout gâcher. D'accord. Je te le concède, j'ignorais de quoi demain serait fait. Mais au fond, le plus dur avait déjà été accompli. Le reste du chemin, il ne nous restait maintenant plus qu'à le parcourir main dans la main. Sans se lâcher. S'accrocher. Pour recoller les morceaux de ce cœur que j'avais négligemment laissé tomber plus de mille et une fois, et que toi, tu avais rattrapé au vol. Tandis que dans une longue et tragique agonie, je traversais la vallée de la mort. Résigné. Attendant qu'à la façon d'un doux présage, tu viennes m'embrasser et me sauver. Aussi, et de cause à effet, c'est en toi que je cherchais à me ressourcer. Trouvant mon salut dans tes sourires, et tes éclats de rire. De sorte que si l'on devait m'accorder la rédemption, ce serait pas ton intermédiaire. J'avais tellement de chance que tu m'autorises à essayer...

Ton amour me soulève comme l'hélium



Donc, c'est sans résister que je levais les bras afin de te permettre de me retirer mon sweat. Pour essayer. Le sang froid coulant et s'écoulant dans mes veines se transformant en un torrent de lave en fusion. Emportant l'une après l'autre mes barrières sur son passage. Jusqu'à me laisser pleinement jouir de l'instant, les yeux remplis d'une excitation mal contenue. Au risque d'en frôler l'indécence. Parce-que détrompe-toi. L'expérience m'avait appris à rester le seigneur de mes propres terres. Et quel que soit le nombre d'amants que tu avais pu avoir avant moi, ne perds pas de vue qu'aucun d'entre-eux ne me ressemblaient. Même si probablement, je ne contenais que très laborieusement les réactions de mon corps.

Tes baisers, sur mes lèvres et mon torse m'étourdissant. Quand ma chair me trahissait. Le souffle coupé, j'essayais en vain de respirer. Esclave de tes caresses. Un éclat fiévreux venant incendier mes pupilles. Les dilatant, puis les recontractant. Alors que j'enfouissais mes doigts dans la blondeur de ta chevelure. Tes mains à toi voyageant à la surface de ma peau.

- Attends…

Mais voilà que tes lèvres revenaient déjà happer les miennes. Attends. Dans un geste aussi fort que possessif, je t'enlaçais. Te rendant ton baiser, comme si m'a vie en dépendait. Tâchant de dompter tes ardeurs tout en les attisant. Reprenant le contrôle pour ensuite te l'abandonner. Attends, moi aussi j'avais bien l'intention de te mettre au supplice. Sur quoi, ton front venait se poser contre le mien. Tes mains sur mes hanches, et tes doigts jouant avec la lisière de mon jogging. Bas de survêt qui comme la veille m'enserrait d'un peu trop près. Promis. Le moment venu, je te ferais complètement perdre la tête. Jusqu'à en oublier ton prénom. Pour l'heure, prends ce qui allait suivre comme un acompte. Des arrhes que je te versais. Et rouvrant les yeux, je te souriais. Sûr de moi. Aussi dominant que je pouvais l'être lorsque je percevais fébrilité, effervescence et impatience chez mes partenaires. Tu ne savais pas toi à quoi tu t'exposais. Tu me voyais comme une pauvre petite chose fragile alors que dans mon état normal, je me révélais en fait être tout le contraire de ça. Ajoute à cela l'attraction qui nous unissait, et tu obtenais ce résultat auquel rien ne devait te préparer. Allez. Chasse de ton esprit la pureté qui habitait tes pensées.

Chasse là, avec perte et fracas. Aucun de nous deux ne ferait demi-tour. C'est pour cette raison que je profitais d'un autre de tes baisers pour venir emprisonner tes mains dans les miennes. Me détachant ensuite de toi pour t'inciter à lever les bras à ton tour. Les accompagnant dans leur ascension, jusqu’à les relâcher et laisser mes doigts glisser avec une langueur et une lenteur exacerbée le long de ces derniers. Sans rien précipiter. Te dévorant du regard. Mes mains effleurant à peine tes côtes sur leur passage jusqu'à atteindre l'ourlet de ton haut en cache-cœur et passer en dessous. Quitte à s'attarder une minute sur ton abdomen avant de te le retirer. Le tout dans un haussement de sourcil provocateur, pour mieux le relâcher. Appréciant plus que jamais le  bruit de froissement que faisait le tissu en s'écrasant à tes pieds. Puis, je revenais t'embrasser. Ma langue paresseuse agaçant tes lèvres, et initiant un baiser plus sensuel. Plus patient. Mes mains avides en profitant pour gentiment se refaufiler sous ta jupe. La remontant comme un peu plus tôt sur tes cuisses. Alors, est-ce que tu l'aimais ce traitement que je prenais un plaisir presque déplacé à t'infliger ? Ou est-ce que je te semblais trop cruel.

Laisse tomber va. Je n'avais plus envie de réfléchir. C'est pour cela que l'une de mes mains venait se loger dans le bas de ton dos. Te plaquant contre moi. Et que l'autre échouait derrière ta cuisse. Mes doigts s'enfonçant dans ta peau pour t'obliger à lever et plier la jambe. Jambe venant épouser la courbure de ma taille à la perfection.

Et détachant mes lèvres des tiennes, je te soulevais. Nous laissant tomber sur le lit, tout en amortissant notre chute. Soucieux de rendre cette brève parenthèse la plus agréable possible. Mon corps écrasant à présent le tien, alors même que je te prenais d'assaut en dévorant ton cou de baisers mouillés. Puis, allant à l'encontre de mes résolutions, j'y enfonçais mes crocs. Perforant ta chair jusqu'à sentir affluer dans ma bouche ton sang, sang qui maculait mes lèvres et dont je ne buvais que d'infimes gouttes. Prenant autant de plaisir à te posséder de cette manière que dans une étreinte physique, sans pour autant t'affaiblir ou te soumettre. Si je restais maître de la situation, tu restais la maîtresse de mes désirs.

Jamais je ne deviendrais ton bourreau, jamais. Bien. Pressant mes lèvres contre les tiennes, je faisais doucement glisser les bretelles de ton soutien-gorge sur tes épaules, et je partais à la découverte de ton corps. Ma langue traçant un sillon de salive brûlant, à partir de poitrine jusqu'à ton nombril. Me mouvant au gré de tes courbes…
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The war of time

Ce n’est qu’à l’instant précis où tes bras m’enserrèrent que mon esprit s’autorisa vraiment à y croire. Pourquoi ? Je n’aurais pas su le dire, mais l’éclat dans tes prunelles éveilla un instinct profondément refoulé en moi … Celui de l’abandon. Et ne sois pas dupe, je n’aurais jamais imaginé ressentir la moitié de cela, même avec toi ! Comme si avec d’infinies précautions tu avais repoussé chacune de mes barrières et que lorsque tes doigts effleuraient ma peau, tu prenais possession de chacun des centimètres parcourus …

Brusquement, enfin pour mon esprit embrumé dans une nappe de désir et d’impatience, je me retrouvais les bras levés à retenir mes gémissements alors que tes mains frôlaient le tissu de mon haut et que ton regard m’apprit plus clairement ce que tu voulais faire. J’en frissonnais, ça je ne pouvais pas l’empêcher, mais ce n’est que lorsque tu glissais sur la peau de mon abdomen que je laissais échapper ce soupir … Celui empli de promesse et d’envie. Peut-être d’une pointe de crainte aussi, même si je n’étais pas certaine de ce dernier point, après tout, pourquoi aurais-je eu peur de quoi que ce soit ?!

Et puis ce baiser, qui instilla tout le côté charnel de nos corps pressés l’un contre l’autre dans le ballet de nos langues, alors que mon souffle se perdaient régulièrement dans la recherche d’un contrôle sur mon corps … Contrôle ténu seulement attaché à quelques fils que tu coupais un à un à chacune de tes caresses ! Surtout lorsque tes mains se faufilèrent sous ma jupe, rapidement imités par mes propres doigts prenant un chemin dangereux sous l’élastique de ton jogging … Frôlant, ou jouant volontairement, avec les courbes de tes hanches pour venir chatouiller de mes ongles la naissance de ton fessier.

J’essayais encore de trouver un chemin pour faire surface dans des abysses de désir et d’une brutalité inhabituelle de ta part quand tu me pressas presque violement contre toi. Tes mains m’intimant d’adopter une position plus que langoureuse, mon bassin imprimé sur tien alors que l’une de mes jambes se devait de venir t’habiller selon tes ordres de l’instant … Directives auxquelles je prenais un malin plaisir d’obéir, me montrant docile là où ta domination exacerbait les réactions de nos corps.

Je dus me retenir à tes épaules devant l’assaut de ces sensations, mon seul genou utilisable soudainement flageolant alors que tes mains m’arrachaient des gémissements incontrôlés. Sentiment encore renforcé lorsque j’arquais les reins pour me coller davantage à toi et à la fermeté dans ton pantalon à laquelle mes pensées ne cessaient de revenir. Est-ce que c’était normal cette impression que tu finirais par avoir raison de moi ? Je ne parvenais pas à me concentrer suffisamment pour avoir des réactions cohérentes ! Mes mains ne m’obéissaient plus, dessinant leur propre route tantôt dans tes cheveux, tantôt dans ton dos, alors qu’elles s’amusaient à laisser une empreinte presque sanguinolente lorsque tes baisers ou tes gestes m’arrachaient de violents frissons.

Je faillis m’excuser dans un souffle mais voilà que ma raison m’échappait de nouveau lorsque tu nous fis basculer pour venir nous allonger sur le lit. Cela devenait trop irresponsable, même pour moi ! Je n’avais pas à perdre mes moyens de cette manière ! A croire que j’obéirais naïvement à chacune de tes tentatives pour me posséder corps et âme ! Non, j’étais une femme, et mon caractère dominant me hurlait de reprendre le dessus ! Après tout, moi aussi, j’avais le droit de jouer avec toi !

Du coup, mon pied vint se crocheter derrière ta cuisse et je profitais que tu dérivais vers mon cou pour prendre un appui mal assuré au mur derrière moi … Mes efforts se virent pourtant brutalement interrompu lorsque je sentis tes crocs percer ma peau sans aucune difficulté … Et que je sentais tes lèvres happer le précieux liquide vermeille avant de lécher la plaie lorsqu’elle commençait à se refermer. J’aurais dû m’inquiéter pour les draps que je venais de mettre, mais à dire vrai, je m’en fichais comme d’une guigne ! Cette simple morsure scellait un geste que tu avais eu deux ans auparavant et que tu n’avais plus jamais eu pour moi. Et je n’avais jamais vraiment eu conscience que je pourrais aimer ça ! Trouvant ici la réponse à une question que je m’étais posé plus tôt dans la soirée, même si cela me semblait trop éloigné de mes préoccupations de l’instant !

Du coup, même si ma main sur le mur n’avait pas bougé, tout comme mes jambes, je sentis la Terre se remettre dans son axe, sans avoir eu conscience jusqu’alors qu’elle en avait été éloigné. Tes doigts continuèrent leur avancée, tes lèvres suivant le fil de tes envies sur mon corps brûlant de désir … Et ma seule main libre se glissa sous ton bras pour te forcer à adopter une position plus agréable, ton coude ne reposant plus sur le lit mais sur moi. J’en oubliais même mes projets initiaux et te laissais m’habiller d’attentions toutes plus délicates les unes que les autres.

Je dus fermer les yeux l’espace d’une seconde lorsque ton souffle chatouilla le parcours que ta langue venait d’emprunter, et lorsque je les rouvris, une de mes mains vint chercher la tienne pour la serrer tandis que l’autre fourragea dans tes boucles brunes en te faisant lever la tête vers moi. D’un sourire, l’éclat de tes prunelles embrasa mon corps tout entier me faisant me tortiller sous l’assaut de ce violent désir pour ta personne. Est-ce que tu étais conscient de l’effet que tu avais sur moi ? Et dire que j’avais encore la plupart de mes vêtements … Franchement c’en était presque inconvenant de me mettre dans cet état !

De fait, je t’ordonnais d’un geste délicat de remonter vers mon visage. Et bien que ta route s’éternise quelque peu sur les courbes de mon buste, je repris la position que j’avais escompté lorsque tes lèvres reprirent possession des miennes, et nous fis rouler pour me retrouver au-dessus de toi. J’avais probablement prévu plein de choses mais j’en oubliais la moitié lorsque mes hanches se retrouvèrent plaquées contre les tiennes ! La pression de mon corps sur ton bas ventre durci sembla caresser une partie à l’intérieur de moi que tu ne pouvais pas toucher ainsi, et pourtant … Oh, bien sûr que j’étais attiré par toi et tout ce que tu semblais me promettre d’une seconde à l’autre, mais je n’avais pas vraiment compris l’attrait que tu possédais sur moi et mon corps !

Alors je plongeais vers tes lèvres dans une expression prédatrice, les délaissant après un baiser brûlant et profond, pour venir embrasser ta poitrine, tes épaules, ton cou. Je fis courir ma langue sur ta peau et te goûtais vraiment pour la première fois, faisant rouler cette saveur exquise dans ma bouche. Mes cuisses enserrant les tiennes alors que je jouais à t’agacer de mes attentions langoureuses dans une danse seulement connue des véritables amants, faite de mouvements lents et mesurés, de baisers, de mordillages, et de doigts enlacés comme s’ils voulaient se fondre dans l’autre !

Ce furent probablement les bruits s’échappant de ma gorge et de la tienne qui m’aidèrent à remonter vers la surface de cette passion dévorante … Je me redressais sur les genoux pour enlever mon soutien-gorge déjà presque absent et en profitais pour détailler tes pupilles alors que tu m’observais venant faufiler les mains sous ton jogging pour le saisir correctement. Le tout avant de le retirer précautionneusement d’un geste délicat, comme si je prenais plaisir à faire durer le supplice que je ressentais à anticiper le plaisir de ce que tu pourrais m’apporter !

Finissant mon geste, je me relevais pour laisser tomber ma jupe et échouer là où ton pantalon venait de trouver une place, je retrouvant en culotte sous ton regard scrutateur. Je pris d’ailleurs plusieurs secondes pour t’observer à mon tour, appréciant autant l’éclat de tes yeux posés sur moi que la vision que tu m’offrais ainsi. N’ayant jamais eu de complexe en particulier je n’éprouvais pas de gêne réelle à me retrouver presque nue devant toi, c’était plutôt la situation qui abîmait mon assurance … Tu ne m’avais jamais vu dans le plus simple appareil, et si je savais depuis longtemps que tu me plaisais plus que le raisonnable ne m’y autorisait, je ne savais rien de l’inverse …

Je me rallongeais donc sur toi, doucement, sagement, venant chercher tes lèvres dans un chaste baiser tout en me blottissant dans ton étreinte, subitement timide. Ce ne fut que lorsque tes mains reprirent un semblant de caresses sur ma peau que je retrouvais un souffle que je n’avais pas eu conscience de retenir ! Mes mains se crochetèrent alors dans ta nuque tandis que je me cambrais pour sentir ta peau encore davantage contre la mienne ... Ma poitrine sur ton torse, mon intimité contre ton bas-ventre, mes jambes autour des tiennes, mes mains dans ton cou ... A peine quelques épaisseurs de tissus nous séparant encore ... Si peu ...

©️ Lyr
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The war of time
« Some say the world will end in fire, some say in ice... »


Trop tard. Ce n'est que bien trop tard que je prenais pleinement conscience de l'ampleur réelle des dégâts. Dieu, qu'en ce soir pluvieux j'aurais aimé être mort sous les décombres de ces bombes que je lâchais. Meurtrier. Dévastant tout sur mon passage. Parce-qu'en plus de ravager ton cœur, c'est ton corps que je défrichais en prenant possession de ta volonté. Vois combien je pouvais me montrer incohérent, à te repousser pour mieux m'épancher la seconde d'après.

Alors était-il encore temps de t'expliquer que non ? Que non, je ne pouvais pas. Pas comme ça. Pas dans cet état là. De te l'expliquer de la manière dont je l'avais expliqué à Amarok il y a deux ans. En lui cédant. Pas ici. Pas maintenant que je lui avait dit. Faible, faible, si faible. Tes ongles griffant ma peau et tes mains se retenant à mes épaules. En ce soir pluvieux, tu ne savais pas à quel point je me sentais monstrueux. De l'aimer lui, et de te le faire payer à toi. Mon bel ange. Amoureuse du diable personnifié. Qu'avais-tu donc fait pour mériter pareil châtiment ? De plus en plus fort, je te serrais. Contre moi. M'assurant ainsi de te garder. Noyant mes larmes dans ton sang. Réparant tous mes affronts dans le réconfort de tes bras.  Et là, j'aurais pu te chanter tout bas – Je lève la tête et je vois une ombre sur le mur. Vibrante. Me rappelant ton dernier appel. Toi, tu sembles endormie. Pendant que j'essaye de te mettre sur le lit et que j'y trouve des traces de regret. Tu es allongée sur le sol, essayant de te rappeler ce qui est arrivé la nuit précédente. Es-tu vraiment sûre que je suis le prince qui va te réveiller… - Moi j'en doutais Shannon. À force de me fantasmer, tu m'avais idéalisé.

I ring your bell
The buzzer opens the door
As I walk in, I only mind the floor

I raise my head and I see
A shadow on the wall
Vibrantly
Reminding your last call


Ce soir, j'aurais voulu redevenir cet autre. Un étranger. L'homme de River Crow. Juste pour t'échapper. Seulement, on était là tous les deux. Et il pleurait dans mon cœur comme il pleuvait sur la ville. Verlaine aussi connaissait les tourments d'un amour interdit. De sorte que déjà, le désir s'amenuisait. Que déjà, je nous trahissais. Ton amour étant trop pur pour que je me montre un tant soit peu négligeant. Dis-moi quoi faire. Toi qui me semblais prendre tellement de plaisir en t'adonnant à ce petit jeu ne m'amusant plus du tout. Tout n'en devenant que trop sérieux.

Pourtant, c'est dans un sillon de salive brûlant que j'attisais tes envies. Conscient de l'effet que je produisais sur toi, ayant toujours aimé me trouver au centre des attentions. Mais des attentions que ce soir, je ne méritais pas. Parce-que j'étais amoureux d'un autre et que j'ignorais bien s'il me serait possible de me passer d'une présence masculine.

You are lying on the floor
Trying to remember
What happened the night before


Recto-verso. L'homme à double facette. L'amant qui dominait et qui parfois, s'allongeait aussi sur le dos. Pour ne plus redevenir que sensations. J'avais besoin de ça. De ne plus m'appartenir, et de laisser à un autre le contrôle de mon corps. Est-ce que tu pourrais faire ça pour moi ? Pour ne jamais me laisser te quitter ni même te tromper. J'avais besoin qu'on me tienne par les couilles Shannon. Pas d'autre chose. La tendresse, la douceur, la patience, l'affection et la compassion étaient une chose. Essentielle, je te l'accorde. Mais si tu ne me matais pas immédiatement, c'est directement vers les ennuis qu'on se préparait à aller. Tu vois, ce soir encore je m'en remettais à toi. En bon égoïste que j'étais, incapable de prendre une décision tout seul. Semblable à n'importe quel mec standard. Courageux mais pas téméraire.

Et juste comme je relevais la tête, après que tu aies déplacé mon bras pour que je sois plus confortable et que tes doigts se soient mis à chahuter mes boucles déjà bien emmêlées, de ton autre main tu prenais la mienne.

Sauf qu'en lieu et place du sourire que j'aurais normalement dû t'offrir en pareilles circonstances, c'est un regard grave qui venait s'ancrer à tes yeux. Il n'y avait rien de risible. Pas de quoi se réjouir, et ta gaieté tranchait plus ou moins avec le spleen me reprenant dès lors que je te sentais gigoter sous moi. Tu le voyais bien non que le timing était on ne peut plus mal choisi. Quand toi tu vivais pour le moment présent, moi je me projetais au lendemain. Demain. Ce demain où tu me reprocherais peut-être de ne pas avoir su mettre une distance de circonstance entre-nous. Alors c'est dans un baiser que tu provoquais en me ramenant à ta hauteur, que je prenais ma décision. Celle de ne pas me servir de toi pour oublier. Ce soir je l'avais revu. Ce soir, il m'avait emprisonné contre lui. Ce soir, son odeur n'en finissait plus de se mélanger à ton parfum de femme. Le masque de son visage recouvrant progressivement tes traits.

Step by step
The sound of breaking glass
What happened here, well I can only guess

You seem asleep
As I try put you on the bed
As I find traces of regret


Bien. Maintenant arrête-moi si j'ai tout faux, mais je ne crois pas que tu veuilles de ça pour nous deux. À moins que je ne projette sur toi mes propres angoisses. Puisque comme si de rien n'était tu échangeais nos positions. Me renversant pour te retrouver au-dessus de moi, tandis que je bandais. Au bord de la rupture. Tant la pression de tes hanches m'enserrait à la façon d'un étau. Après des années sans toucher personne ni être touché, voilà que mon corps me faisait des infidélités. Ce soir, l'eau des pluies s'abattant sur l'île ne me servirait plus uniquement à accomplir mes ablutions.

You are lying on the floor
Trying to remember
What happened the night before
You, are you really that sure
That I'm the prince who'll make wake you


Mais aussi à me laver de mes péchés. Le croyant avait fait des promesses, l'homme mettait un point d'honneur à s'y tenir. D'amour physique je ne me répandrais que dans ce réceptacle que serait celle ou celui auprès duquel ma vie conjurerait le mauvais sort. Malgré l'art de tes caresses, un art dans lequel tu excellais. De toute évidence tu n'étais pas non plus une débutante. Tant mieux. Ça me rassurait. Ou du moins, cela ne contribuerait pas à faire augmenter ma culpabilité.

J'avais peur de te blesser tu sais. Peur que toi aussi tu prennes tout de travers. Que mes gestes, mes propos, jusqu'à ce son rauque s'échappant de ma gorge ne soient mal interprétés. On ne devait pas. Pour une fois, je ne voulais pas prendre et tout jeter ensuite. Ce soir, je choisissais de te respecter. Au risque de provoquer ta colère et de passer pour une vraie girouette. Quoique. Dans le fond, ma ligne de conduite n'avait que très peu dévié. Je restais capable de dire une chose et puis de faire son parfait contraire. Oui. J'avais envie de toi. Oui, ce soir j'avais plus que tout envie de te faire l'amour. Oui. Néanmoins, lorsque tu me dénudais, me retirant lascivement mon pantalon et découvrant mes parties intimes, je restais et demeurais inerte. Silencieux. La force de l'habitude. L'occasion te serait de nouveau donnée de constater combien je pouvais me montrer inexpressif dans ces moments de démonstration.

Finies les embrassades. Tu te relevais. Une voix dans ma tête me hurlant de bouger. Cloué au matelas. Subjugué. La vue que tu m'offrais ne m'en laissant que plus languissant et déficient. Facile, facile, j'avais toujours été si facile. Des résidus de frissons continuant d'hérisser ma peau. Comme si tes mains, ta bouche, ta langue, tes longs doigts et tes ongles me suppliciaient encore. Provoquant au creux de mon entrejambes un violent afflux de sang. M'obligeant à écarter les cuisses. Me retenant de me branler devant toi. Quitte à me donner en spectacle, alors que tu retirais ton soutien gorge et ta jupe. Accentuant mon impression d'humidité. Toi. Vêtue d'une simple culotte.

We can't rewind the movie called our life
And though I'm your hero
I'm not that sure, so unsure I'll save
You are lying on the floor
Trying to remember

You are lying on the floor
Trrying to remember
What happened the night before
You, you are really that sure
That I'm the prince who'll wake you


Une culotte providentielle. Faisant office de dernier vestige matérialisant nos pudeurs respectives. Des pudeurs violées et bafouées à l'instant où tu revenais te coucher sur moi. Mignonne. Limite toute chose avant que j'ai le malheur de poser mes mains dans ton dos. Les laissant courir des tes omoplates à la base de tes reins. Provoquant une réaction presque épidermique. Alors que je ne cherchais qu'à t'allonger à mes côtés pendant que toi tu m'embrassais chastement. Ce à quoi je parvenais enfin. Non sans effort. Puis, un peu craintivement, je remontais le drap sur ton corps afin de te couvrir avant de me coucher sur le ventre. Écrasant mon érection, écrasement qui contractait davantage mes testicules.

- Tu devrais rentrer chez toi…

Te disait le mec ayant le cul à l'air et un regard vaseux. Ne m'arrache pas les yeux. Les bras bloqués sous mon torse je gardais la tête tournée vers toi. Et d'un coup, je me mettais à rire. Comme un con, en nous imaginant comme deux potes un soir de beuverie qui auraient fini sans savoir comment dans le même lit. Si bien que j'enfonçais mon visage dans le coussin. Nerveux de chez nerveux.

C'est vrai, je voyais ça différemment. Même si toi, tu devais avoir envie de me tuer. Pour sûr, tu devrais rentrer. Ou sinon, j'en savais rien. Pour dire des conneries, j'étais doué. Je suppose que tu as dû le remarquer...

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The war of time

Pourquoi Eli ? Pourquoi j’avais choisis d’aimer le seul homme qui était capable de me briser le cœur ? Ce n’est pas comme si je n’avais pas le choix ! J’avais toujours usé de mes charmes, utilisé les représentants de la gente masculine pour mon propre bénéfice, et j’avais réussi à ne jamais ressentir quoi que ce soit, du plus petit émoi jusqu’aux regrets … Je n’avais plus ce genre de sentiments depuis tellement longtemps que les éprouver à présent les rendaient presque irréels … Et ton regard … Pourquoi j’avais l’impression d’être prise en faute ? Qu’est-ce que j’avais fait pour que tu veuille voir naître la culpabilité et la honte dans mes propres yeux ?!

Parce que oui, Amour, tandis que tu me repoussais doucement sur le côté avant de me couvrir j’apercevais toutes ces émotions contradictoires dans tes prunelles … Je dus réprimer, à nouveau, l’impression que tu me rejetais lorsque tu choisissais de te cacher de moi autant que l’inverse. Alors je commençais à éprouver un chagrin différent, une forme de colère que j’accueillis avec joie, la laissant se faire une place de choix dans mon cœur pour ne plus éprouver la morsure horrible de la peine … Et dire que je n’avais plus eu besoin de cette colère depuis des années, et qu’à présent, elle prenait racine là même où j’avais cru être assez en sécurité pour l’oublier ! Comment avais-je pu être aussi naïve ?!

Du coup, je te laissais à ton fou rire après tes mots assassins, me redressais pour retourner chercher mes affaires et posais les tiennes à tes côtés sans aucune trace de douceur.

Soit, tu ne voulais pas de moi, mais ça n’empêchais pas le fait que tu t’abîmais dans tes regrets, ton amour perdu et toutes les fautes que tu avais commise. Faire preuve d’égoïsme n’avait jamais empêcher quelqu’un de faire les bons choix, mais toi, tu te sabottais volontairement et je n’étais plus la proie de personne, pas même de toi, à considérer que j’ai eu ce rôle un seul jour depuis que tu avais choisis de me sauver au lieu de me tuer purement et simplement. Du coup, je me retournais vivement vers toi, n’ayant pas eu encore le temps d’enfiler grand-chose de plus que mon soutien-gorge.

- Si tu ne veux pas de moi sur le plan physique, tu vas devoir apprendre à te restreindre vis-à-vis de moi parce que si j’accepterais volontiers de t’aider à soulager tes pulsions charnelles, je suis incapable de t’empêcher de réfléchir sans te priver de volonté propre, et je n’aimerais pas ça si tu n’étais pas totalement toi-même. Donc comme j’envisage mal le sexe sans plaisir, n’en retirer aucun n’a pas le moindre intérêt pour moi.

Je dissimulais probablement mal ma peine, mais tandis que tu relevais la tête doucement, les yeux embués, je reprenais du poil de la bête, laissant ma colère occuper plus de place que mon affection pour toi. Et du coup, ce fut plus simple d’accepter le rejet et cette distance que tu n’avais de cesse de mettre entre nous ! Je m’asseyais donc près de toi, mes vêtements en boule posés sur mes genoux, et laissais ma main libre venir caresser le dessin de ta mâchoire alors que j’évitais ton regard en scrutant chacun des traits de ton visage. Mon esprit retrouvant une sorte de sérénité qui m’aidait à voir un peu plus clair dans la situation.

- Tu es un idiot, probablement le plus mignon de tous ceux que j’ai pu croiser, mais un idiot quand même … Un de cette espèce rare qui ne sait pas voir quand le bonheur frappe à sa porte. Tu ne t’es jamais dit que peut-être ton Dieu m’avait mis volontairement sur ta route ? L’éternel problème du croyant qui veut croire mais ignore toutes les mains tendues parce qu’il veut voir celle d’un être en particulier et pas un autre …

Du coup, ça risquait de faire sermon, mais quitte à me faire chasser de cette maison, je voulais te dire tout ce que tu devais entendre au moins une fois. Tu devais savoir tout ça dans un coin embrumé de ton esprit, mais tu ne savais plus faire le tri entre le vrai et le faux depuis si longtemps que l’entendre de ma bouche allait peut-être t’aider … Ou pas !

- Je ne serais jamais ceux que tu as perdus, mais contrairement à eux, tu as fait pour moi ce qu’il fallait pour que je restes … Enfin jusqu’ici … Mais la décision finale t’appartient toujours, on n’empêche pas quelqu’un de choisir, tu sais c’est l’histoire du libre arbitre. Moi j’ai choisis, depuis plus longtemps que je ne le pensais, mais toi tu n’en a toujours rien fait. Et même si j’ai une place croissante dans ta vie, tu ne me laisseras jamais accéder à toutes les parties de toi parce qu’une part de toi espère toujours … Et je ne veux pas remplacer qui ou quoi que ce soit, ce ne serait juste pour personne, hors j’essaie toujours de faire ce qui est pour le mieux.

Bien sûr que tu étais l’une de mes priorités depuis deux ans déjà, mais savoir à quoi m’attendre en matière d’abandon m’aidait à te pousser vers ce que tu souhaitais vraiment … Et si ce n’étais pas moi, tant pis, ça me m’empêcherais pas de rester celle qui te faisais remarquer quand tu déconnais !

- Tu fais une erreur en me demandant de partir, tu aurais pu me dire simplement non, mais je crois que même ça tu n’en es pas sûr. Tu ne fais que te protéger toi là. Tu as envie de plus mais tu ne sais pas comment faire sans éprouver de culpabilité vis-à-vis d’une personne ou d’une autre. Je vais te simplifier la vie et faire comme si tu avais seulement besoin qu’on agite le pommier de ta tête pour faire tomber le bon fruit. Ce n’est pas moi que tu veux voir dans tes bras ce soir et tu ne veux pas m’imposer ça, tu aurais probablement choisit une autre technique si tu ne m’étais pas autant attaché, mais ce n’est pas grave. Tu as seulement besoin d’ouvrir les yeux sur ce qu’il se passe autour de toi, de te concentrer sur ceux qui compte même si tu n’as pas ce que tu attends en retour. Tu aide les autres, mais exclusivement ceux qui n’ont aucun lien avec toi … Ca aussi c’est un moyen de te protéger, et tu ne le vois même pas.

J’avais envie de partir, de m’éloigner de toi parce que ma colère refluait et que ma peine commençait à me faire vraiment mal, mais je savais aussi que tu avais besoin de moi, à tout le moins d’une main amie pour t’aider à faire du tri … Mais pour une fois, je n’avais pas envie de t’aider. Est-ce que j’étais assez forte pour supporter de t’entendre me parler d’autres, de ce que tu ne me laisseras jamais être, de ce que tu aimes chez ceux que je ne suis pas ? J’avais de gros doutes à ce sujet … Et si je n’étais pas capable de t’aider, je devais trouver quelqu’un pour le faire à ma place même si ce geste en lui-même me faisait probablement encore plus mal que le reste …

©️ Lyr
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The war of time
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J'aurais voulu m'excuser. De ne pas avoir su te dire non pour commencer et puis ensuite aussi, de ne pas avoir eu le cran nécessaire d'affronter le fond du problème plutôt que d'encore une fois contourner l'obstacle.

Mais vois-tu, entre vouloir quelque chose et s'en saisir librement, il y avait désormais une différence de taille. Et pour une raison assez abstraite, te demander pardon m'écorchais la bouche. Après tout, tu devais bien prendre conscience d'une manière ou d'une autre que cette guerre que je m'apprêtais à livrer contre le temps lui-même ne pourrait pas se gagner en une nuit. Aussi longue et éternelle fût-elle. D'autant qu'à l'échelle de mes quatre siècles, les heures s'étiraient et se  prolongeaient à l'infini. Alors rentre chez toi. Prends au premier degré mes paroles si ça te soulageait.

Et en écho à mes pensées, tu te relevais. Me laissant rire de dépit. Rire pour ne pas recommencer à pleurer. Blessé. Tel un soldat mis à terre. Au fond, je ne sais plus trop ce qu'on a cru. Tous les deux. De sorte que dépliant l'un de mes bras pris en étau sous mon torse, j'attrapais mes vêtements. Les froissant et les ramenant vers moi. Sans bouger. Te regardant ragrafer ton soutien-gorge. Bien réveillé. De toutes nouvelles connexions s'établissant et se rétablissant dans mon esprit. Alors est-ce que j'avais vraiment envie de rejoindre la liste des oubliés ? De ceux qui ne comptaient plus parmi les hommes d'influence. Juste rends-toi compte du saut dans le vide que je venais de faire avec toi. Brutalement, la peur de me faire mal ayant momentanément disparu. Encore que. Si je t'écoutais, tout ne tenait plus qu'à une question de pulsions lorsque moi, je me sentais simplement reprendre vie.

De toute évidence, tu m'en voulais. Semblable à tant d'autres avant toi. Mais comprends que tout était terminé. Je n'entrerais plus dans ce système là. Puni-moi. Venge-toi entre les bras d'autres hommes. Oui. Tu m'irritais. Au point qu'à mon tour je me redressais pour m'appuyer contre le mur, au niveau de la tête du lit. Tirant la couverture sur moi, afin de cacher le bas de mon corps. Bloquant ensuite mes jambes contre mon torse. Torse nu. Mes coudes posés sur les genoux et les mains croisées. En me demandant comment t'expliquer que pour l'instant ce plan physique sur lequel tu t'obstinais à nous placer restait à mes yeux le plan le plus abstrait de tous. De sorte qu'un peu agaçé, j'aimais autant ne rien te rétorquer. Me refermant aussi vite que je m'étais ouvert. Quitte à contredire mes propres émotions. Le sexe gâchait tout. L'amour pourrissait tout. Vois et admire ton Sire dans toute sa putain de splendeur.

Ça ne servait à rien Shannon. Ce n'était pas la peine de venir pour au final me laisser m'anéantir. Pas que j'attende de toi l'impossible. Personne ne pourrait jamais sauver quelqu'un qui ne désire pas l'être. Seulement, j'admettais moyennement que tu puisses me parler sur ce ton. Je l'avoue. Mais soit, j'allais me restreindre. Pas la peine de te victimiser. Après tout, tu avais raison. Mes besoins charnels attendraient. En supposant que besoin il y est. Ce qui sous-entend que dans ton cas, il s'agissait de tout autre chose. Une chose qui n'avait aucun rapport avec une vulgaire histoire de cul supposée me vider les couilles. Qu'on soit clair. De sorte que si toi tu te vexais, de mon côté ta réaction invoquait de très mauvais réflexes. Du statut d'offenseur, je devenais l'offensé. Cherche l'erreur. Comme d'habitude, tout avec moi prenait des proportions d'un genre démesuré. Parce-que c'est ce que j'étais. Parce-que durant deux ans tu ne m'avais connu qu'à moitié.

- Shannon…

Peut-être que j'étais un idiot. Pourquoi pas. Mignon par contre, je n'en savais rien. En attendant, quand tu t'asseyais puis que tu te mettais à me caresser le visage, mes paupières se refermaient furtivement. D'habitude, j'étais celui qui soufflait le chaud et le froid. Tu sais. Some say the world will end in

Oui. D'habitude, je me plaisais à être le seul maître du jeu. Sauf que face à toi, il me paraissait difficile de m'en tenir à une seule et unique ligne de conduite. De sorte que je renonçais. Que m'importait de me montrer cohérent, je m'en tapais. Si tu me voulais, si vraiment tu m'aimais, alors je te souhaitais du courage. Le rideau tombait. Tu pouvais dire adieu à ce type limite neurasthénique que tu côtoyais. Maintenant, j'apprendrais à me relever seul. Sans personne pour me tenir la main. Ce qui fait qu'à présent, je t'autorisais à dire que je te rejetais. Pour de bon. Même si à ta place, ce dont je me souviendrais en priorité chérie, c'est qu'avant d'en arriver là, tu m'avais allumé. Chauffé à blanc. Soi honnête, je ne t'avais pas mise de force dans mon lit. Sans compter que tu savais comment ça risquait de tourner.

- Tu parles beaucoup trop…

La preuve. C'est à peine si je pouvais en placer une. De sorte que je m'y reprenais à deux fois pour terminer ma phrase. Tu parlais trop Shannon. Un flot de paroles que ton regard fuyant ne venait même plus ponctuer.

Sérieusement, tu ne trouves pas ça un peu dur de me balancer que jusqu'ici j'avais toujours fait ce qu'il fallait pour que tu restes. Shannon. Jusqu'ici. Ce qui signifie que j'aurais dû te sauter pour te garder. En gros. Clairement, je le prenais plus ou moins de travers. Choqué. Soûlé. Ezechiel aussi me faisait souvent la morale. Comme s'il savait mieux que moi, comme si je n'étais qu'un gosse irresponsable tout juste bon à sermonner. Or, je réalisais à quel point ça continuait à me blaser.

Décidément, la sagesse ne se compterait jamais avec le nombre des années. Quoique. On pouvait aussi considérer cette légère exaspération comme une nette amélioration de mon état. Puisqu'en une soirée, j'avais accompli plus de chemin qu'au cours de ces derniers mois. Ce qui de mon point de vue ne justifiait pas que tu juges mes actes comme des erreurs. Ni que tu te permettes d'appuyer là où ça faisait mal. C'est vrai. J'aidais les autres. Tous des étrangers à mon cœur. Tous extérieurs à ma vie d'avant. Et dans toute cette violence si fragile que je possédais, j'allais au bout de nous.

- Écoute, tu n'es pas obligée de partir. J'ai dit ça sans réfléchir. Je crois que tu avais prévu de passer plusieurs jours ici, avec moi non. Alors pourquoi ne pas rester ? Tu n'as pas l'impression que tout ça est un peu excessif…

Excessif. À peine. Tes discours et mon silence sur les choses d'importance. Ta manière de m'infantiliser et la façon dont je ramais pour essayer de te rattraper. Je t'aime. Tu me plaisais. Mais à tout vouloir trop rapidement, tu me faisais douter. Tu étais une amie, avant d'être ma maîtresse. Et une amie, ça se respectait.

- Puis sans vouloir te paraître désagréable, je ne crois pas que tu saches vraiment ce que je peux voir ou pas.

L'air de rien, je n'étais pas aussi insensible que ça à ce que j'éprouvais. Détrompe-toi. Tout comme je ne me voilais la face que par confort et jamais par ignorance. Même si le reste de tes propos restait l'objet de ma dénégation...

@Lyr


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