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Nobody said it was easy ... [Ft Ezechiel]

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De la main de Shannon Dufresnes signé le Ven 22 Sep - 11:48

Nobody said it was easy ...

Peut-être n’aurais-je pas du rentrer … Peut-être qu’il aurait fallu que je reste auprès d’Eli … Ou à tout le moins que je ne laisse pas passer deux nuit d’affillée sans le voir … Mais comment est-ce que j’aurais pu imaginer quoi que ce soit ?!

Franchement, il me semblait clair que tout allait bien, il donnait l’impression de réapprendre à vivre, et d’y trouver un goût certain ! C’était d’ailleurs ça qui m’avait persuadé de lui laisser un peu de temps pour lui. Après tout, j’avais passé quatre nuits avec lui pour l’aider à apporter les modifications qu’il jugeait nécessaire dans la maison … Et quatre journées à dormir dans ses bras d’un sommeil profond et particulièrement reposant … Ses sourires semblaient chaque fois plus sincères, à chaque minute qui passait, ses plaies semblaient se résorber d’elles-mêmes et chacun des regards qu’il posait sur moi semblaient le réchauffer …

Alors oui, quand Guillaume m’a envoyé un message pour me demander de rentrer, je l’ai fait l’esprit tranquille. Et oui, j’ai passé deux jours avec lui à envisager plusieurs possibilités, à le rassurer quand à ma relation avec mon Sire – les détails ne le regardant absolument pas … Il semblait si inquiet, j’avais voulu le rassurer puisqu’il pensait avoir fait quelque chose de mal pour que j’ai été éloignée si longtemps. Comment j’aurais pu imaginer que lui parler avec confiance aurait changé quoi que ce soit ?! Comment est-ce que j’aurais pu comprendre qu’il voyait les choses différemment ?!

Du coup, quand j’étais arrivé chez Eli la veille, j’avais été surprise de n’entendre aucun bruit venant de l’intérieur. Alors j’étais entré silencieusement, et j’avais attendu, attendu, et attendu encore … Les secondes s’égrenant, devenant des minutes, et les minutes des heures … Le jour s’était levé et c’est là que mon inquiétude atteignit des sommets encore inégalés ! Où est-ce qu’il était ?! Et était-il seulement rentré depuis deux jours ?! Il avait très bien pu sortir la veille avant que j’arrive mais il aurait aussi bien pu partir depuis mon propre départ !

De toute manière, depuis deux ans, il n’avait jamais passé une journée à l’extérieur de sa maison … A l’abri du soleil et de ses ravages … Alors qu’est-ce qui s’était passé pour justifier d’une tellement absence ici ?! Non, non, ce n’était pas normal ! Il ne se serait jamais laissé surprendre en plein travail si ça avait aussi simple que ça, il était bien trop vieux pour cela. Parfois, sa conscience accrue de l’approche de l’aube m’émerveillait, mais là, c’était clairement l’inverse !!!

Du coup, cette journée qui venait de se dérouler avait probablement été la pire de toute mon existence … Mon angoisse était si forte que rien ne parvint à en apaiser l’intensité, et surtout pas l’angle de l’astre lumineux cherchant à fermer mes yeux pour me plonger dans une inconscience qui aurait pourtant pu être la bienvenue. J’avais fini par m’écrouler sous le poids du jour, mes jambes ne me portant plus, mais j’étais restée parfaitement alerte, dans le coin le plus obscur de la pièce, songeant à tous les endroits possibles où il pouvait être en ce moment même, refusant obstinément d’envisager une autre éventualité.

Et puis la lumière extérieure avait décrue, me rendant mes forces progressivement. J’avais d’abord déplié les jambes, puis je m’étais relevée en étirant mes muscules engourdis. Le jour pointait toujours pour garder le monopole, mais je parvins à faire un pas, puis un autre … Le temps que je parvienne à la porte, il ne restait plus que quelques minutes avant le crépuscule. Je posais ma main sur la poignée, impatiente et la gorge serrée.

Je ressentis plus que je ne vis le soleil disparaître à l’horizon, ses rayons continuant d’irradier le ciel bien trop haut pour qu’ils ne puissent m’atteindre. Je n’étais jamais sortie si tôt … Il m’avait toujours dit qu’il n’était pas prudent d’être vulnérable à l’extérieur, mais pour l’heure, je n’avais qu’une obsession : le retrouver ! J’avais vainement tenter de sentir sa présence toute la journée, là quelque part en moi, mais je n’étais pas douée pour cela, surtout à cause de l’inquiétude qui abîmait ma concentration.

Je tournais la poignée lentement, fermant les yeux pour m’assurer que l’air extérieur ressemblait bien à celui que je cotoyais depuis deux ans. Mon inspiration et mes sens m’apportèrent des odeurs un peu différentes de mes habitudes, des sons qui prouvait que la journée n’était pas encore totalement terminée, mais mon obstination n’était pas genre à se taire face aux difficultés !

Alors je sortis, me plaquant contre la porte après l’avoir refermée, me décidant enfin à ouvrir les yeux pour contempler le spectacle de la rue encore agitée par les dernières lueurs du jour. Et je refoulais cette boule grandissante dans ma poitrine pour me diriger directement vers les maisons les plus proches …

.....

La nuit avait défilé beaucoup plus vite que la journée évidemment, et j’avais utilisé toutes mes compétences et contacts pour tenter de retrouver sa trace, mais personne ne semblait avoir la moindre idée de l’endroit où Elijiah se trouvait. Même mes pouvoirs ne me furent d’aucun secours ... Alors je m’étais résignée à demander de l’aide … Prenant la direction de la banque du sang la plus proche de chez lui, j’espérais, avec une anxiété évidente, voir la seule personne qui pouvait encore me fournir un semblant de piste …

J’arrivais en croisant les doigts, songeant qu’à cette heure, il ne devait plus y avoir foule puisque plus de poche à distribuer. Mais je savais d’expérience, qu’ils ne rentraient pas tous immédiatement, restant disponibles pour les plus faibles d’entre nous cherchant un peu de chaleur ou d’attention. Alors si j’avais bien cerné le personnage, il devrait faire partie des derniers présents, n’est-ce pas ? Son altruisme le poussant à rester présent pour ceux qui n’avaient pas de chance.

J’arrivais à proximité d’un groupe d’individu, certains assis à même le sol en train de pleurer, pendant que d’autres leur caressait chaleureusement le dos, certains étaient debout à fumer en regardant dans le vide, et d’autres parlaient à voix basse … Mais mon regard fut attiré par un homme perdu dans ses pensées, son téléphone à la main. Je me concentrais donc sur mon sang pour dénicher un semblant de familiarité, et décidais de m’approcher dans un soupir après avoir jauger ma tenue. Rien de très formel, une jupe m’arrivant aux genoux, un tee shirt simple dans les tons pastels, une veste en cuir et des bottes pour me protéger du froid … Cela irait, même si j’aurais voulu paraitre plus à mon avantage !

Arborant un sourire désolé, et n’essayant même pas de cacher mon inquiétude, je tendis la main à l’inconnu qui n’en était pas vraiment un.

- Bonsoir. Je m’appelle Shannon, et j’aimerais vous parler en privée si vous avez quelques minutes à m’accorder.

Après tout, rien ne me disait qu’il voulait me voir lui, mais à dire vrai, je me fichais de savoir s’il accepterait de me parler. Je ne voulais pas le mettre en porte à faux vis-à-vis des autres personnes présentes, mais j’allais obtenir quelque chose d’Ezechiel, qu’il veuille me le donner ou non. Les heures qui défilaient n’étais plus mes amies depuis un certain temps déjà …


©️ Lyr




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De la main de Ezechiel Albeirteich signé le Jeu 28 Sep - 15:03
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Il était là. Ici. Entre les murs de la même battisse que j’habitais. Sorti de nulle part, mal en point, dans le besoin malgré le fait que je lui avais proposé mon aide. Aide qu’il avait refusé. Comme souvent, pour ne pas dire, comme toujours. Je l’avais soigné, je l’avais finalement aidé à se sortir de sa léthargie. Et au final pourquoi ? Dans quel but ? Ca ne rimait à rien cette histoire. Lui pensant que j’étais responsable de tous, moi, refusant de ravaler ma rancœur et de lui pardonner ses erreurs. Erreurs ou bien choix ? Peu importait. Il avait pris ses décisions, il les avait assumait, jusqu’au bout, vivant sa petite romance parfait avec Amarok alors que moi je le pleurais. Deux ans à le penser mort. Deux ans à me reconstruire. Et maintenant quoi ? Qu’est-ce qu’il attendait de moi ? Qu’est-ce qu’il espérait ? Que je lui saute dans les bras, remplis de soulagement parce qu’il était vivant ? Du soulagement. Je n’étais pas même convaincu si je me sentais soulagé ou pas. J’étais simplement rentré me coucher. Retrouvant les bras de Nicky, et le lendemain. Non. J’avais simplement besoin d’oublier. De penser à autre chose. De me sentir… Loin de cette présence vampirique qui me pompait pratiquement toute la bonne humeur que j’avais. Bonne humeur déjà minime depuis quelques jours. J’avais fait ma ronde à l’hôpital, comme toujours. Laissant Penny s’occuper de lui qui se trouvait en observation dans l’ail Sud. L’ail réservée aux malades non contaminés. Aux vampires trop faibles, trop affamés. Chose qu’il était ces derniers temps. J’avais simplement fait ce que je devais faire, sans me poser trop de questions. Sans me prendre la tête. Enfin tout du moins, j’essayais. Mais j’en sais rien. Il était là, entre ces murs, et sa présence me hantais, constamment. Saleté de lien du sang. Saleté de passé. Saleté d’histoire. J’étais las, fatigué. Tellement de tout ça.

Alors j’ai pris la décision de partir. Nicky était de nouveau sur les routes, moi seul, je ne voulais pas rester là, attendant que le temps passe. J’étais monté me changer, furtivement, enfilant un jean slim et un T-shirt propre avant d’attraper ma veste en cuir et mon casque de moto. J’avais besoin de prendre l’air, de me détendre, de faire le vide dans mes idées et de remettre de l’ordre dans mes pensées. Je ne voulais pas me remettre dans les états dans lesquels je m’étais mis la semaine passée. Je ne voulais pas que Nick pense je me détruisais à petit feu pour ça. Fallait que je tourne la page, tout simplement. Cette page que je n’avais jamais oublié. Cette page de notre histoire. Mais la scène, cette dernière, jamais elle n’avait quitté mes pensées. Me revoyant là, en larme sur le bitume. Et ses paroles. La violence de ses actes. Sa façon de me larguer comme si je n’étais rien en me léguant sa caisse histoire de bien enfoncer le couteau dans la plaie. De me léguer quelque chose qui me rappellerait la brutalité de cette dernière soirée mais également qui ferait en sorte de garder son fantôme, là, prés de moi. J’aurais dû la brûler cette caisse. Mais à la place je l’ai remise en état. La laissant là, au chaud sous sa bâche dans le garage du château. J’attendais quoi pour m’en débarrer ? J’en sais rien. Je ne sais pas. Peut-être que je n’étais pas prêt à véritablement me détacher de tout ça. J’aimais Nicky. Putain ce que je pouvais l’aimer. A en crever. Je connaissais avec lui des choses que je n’avais jamais connu. Je vivais notre histoire et la chérissais comme la chose qui m’était la plus précieuse. Mais le lien du sang… Ce putain de lien… Cette putain d’histoire… Ce putain de passé. Ca faisait mal. Encore. Et je me demandais bien quand ça finirait par arrêter de me consumer comme ça.

C’était plus fort que moi et je ne savais pas pourquoi. Alors je n’étais pas spécialement dans mon meilleur jour quand j’ai poussé la porte de la banque de sang après avoir garé ma bécane devant l’entrée. Si je venais ici pour travailler ? Non. Je voulais juste me changer les idées, partir loin du château, loin de lui, loin de tout ça. Prenant place sur une table au fond de la pièce après avoir saluer mes collègues. On ne m’a pas posé de questions, rien. On m’a simplement laissé faire, comprenant que c’était pas le bon moment pour venir jouer les commères. M’allumant une clope, j’ai envoyé un message à Murphy, gardant mon téléphone en main en attendant sa répondre. Le regard dans le vide, balançant mes pieds d’avant en arrière, le dos collé contre le mur. J’étais complètement absent. Complètement ailleurs quand j’ai entendu le son de ta voix. Clignant des yeux comme pour revenir à moi quand c’est ton nom qui m’a fait tilter. Te regardant en premier lieu de la tête au pied, avant de me passer une main dans les cheveux, nerveusement. Pardon, c’était déplacé je sais. Maladroit aussi sans doute. Machinalement j’ai écraser ma clope dans le cendrier, rangeant mon téléphone dans ma poche. Shannon. C’était ton nom. Comme ce nom qui m’était apparu dans le journal d’Elijiah. Il ne m’a pas parlé de toi, cela dit, dans son récit, si. Alors c’était toi la fameuse dernière infante de Jazeem ? Encore une bonne action de sa part. Il a merdé, à culpabilisé, et a tenté de réparer son erreurs ? Comme il l’avait fait avec moi. Sauf que toi, je sais pas, je crois pas que lui en ai voulu là où moi j’avais cette envie constante de le tuer et de lui faire payer ce cadeau empoisonné qu’il m’avait fait. C’était comme ça que veux-tu. Toi tu ne le connaissais pas alors qu’il était tout pour moi. Jusqu’à me tromper comme le lâche qu’il est pour au final me transformer pour sois disant ne pas me perdre et me larguer comme un moins que rien parce que Monsieur n’était pas foutu de comprendre ce que je ressentais. Tu d’mandes pourquoi je suis amer après ça.

« Shannon… Oui. Bien sûre. Suis moi. »

Je t’ai parlé, d’une voix douce, presque amicale. Bien sûre qu’on pouvait discuter. Je lui en voulais à lui, mais toi, tu n’avais rien à voir la dedans. Tu étais une victime sans doute. Je n’en savais rien. Rangeant mon portable dans la poche arrière de mon jean je t’es conduit ailleurs, dans la salle de repos du personnelle. A cette heure ci il n’y avait personne. Et pour rester tranquille j’ai simplement verrouillé la porte à clé. T’invitant à t’asseoir sur le canapé au milieu de la salle, je nous pris deux bières bien fraîches dans le frigo. Je sais pas pourquoi, mais j’avais l’intuition que tu venais pour me parler de lui. Peut-être que tu le cherchais, que tu ignorais où il était. Rassures-toi, Elijiah va bien. Oui… Elijiah va toujours bien. Ca allait finir par lui passer, comme tout un tas d’autres choses. J’ai fait sauté la capsule de la bière avant de te la tendre, prenant place à côté de toi, m’allumant encore une cigarette. C’était plus fort que moi. Un geste, sans doute nerveux. Toi et moi on était du même sang en quelque sorte. Si on voulait. C’était comme si je rencontrais une petite sœur. Je ne vois pas pourquoi je me montrerais froid, ou distant avec toi. Ca n’avait pas d’intérêt d’ailleurs. Toi qui venais me trouver, tu devais savoir tout un tas de truc sur moi, là où moi j’ignorais absolument tout de toi. Je connaissais Guillaume, ton frère, mais jamais je ne lui posais des questions sur ton compte. En réalité, avant de lire ce putain de journal j’ignorais même ton existante. Ironique non ? J’ose même pas imaginer ce qu’il a pu te raconter sur mon compte. Sans doute qu’il t’as expliqué combien j’étais instable, sombre, suicidaire, violent, et dépressif ? Sans doute ? J’en sais rien. Il semblait tellement surpris de ce que je suis devenu. Adieu le petit gothique dépressif, bonjour le gars plein de vie. Tu vois, ça, je le dois à Murphy. Nick Murphy. Je suis sûre qu’il t’en a parlé. Mais pas à lui. Pas a Elijiah. Non. Elijiah m’a brisé là où Nick s’est amusé à recoller tous les morceaux. Un véritable travail d’archéologue, t’as pas idée.

« Shannon, c’est donc toi la dernière infante d’Elijiah ? Enchanté je présume. Dis-moi ce que je peux faire pour toi. Je suppose que tu n’as pas fait tout ce chemin pour simplement taper une bavette avec son numéro deux. »

Si j’étais froid ? Pas le moins du monde, bien au contraire. Je t’ai simplement adressé un sourire remplis de sincérité. Avoues, tu le cherchais lui plus que moi je me trompe ? Ou alors, peut-être que t’avais vraiment envie de me rencontrer ? J’en sais rien. Mais c’est peut-être con, j’étais content de t’avoir là, en face de moi et de pouvoir faire ta connaissance. Tu sais, c’est pas parce que j’étais en froid avec lui que je devais l’être avec toi. J’étais en froid avec Elyas… Elyas… Le numéro un. Il me maudissait. Mais moi… Mon seul regret avait été de ne pas l’avoir connu plus que ça. Elyas… Lui aussi avait été durant longtemps presque comme, incompris d’Elijiah. Léandre avait tenté de le prendre sous son ail. Mais bref. Ca remonte à loin tout ça, ça ne sert à rien de vivre dans le passé. Mais si je pouvais ne pas refaire la même erreur je le ferais. Alors non. C’était hors de question que je te fasse la guerre. Mon sire était aussi le temps. Ca nous est tombé dessus, comme ça. Mais on est comme des nouveau né. On n’a jamais demandé nous à être venu au monde. C’est pas de notre faute si notre créateur fait des conneries… Non. On n’est pas responsable de ses choix, ça c’est une évidence.



©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach


I'LL SING IT ONE LAST TIME FOR YOU. THEN WE REALLY HAVE TO GO. YOU'VE BEEN THE ONLY THING THAT'S RIGHT IN ALL I'VE DONE. AND I CAN BARELY LOOK AT YOU. BUT EVERY SINGLE TIME I DO I KNOW WE'LL MAKE IT ANYWHERE. AWAY FROM HERE. LIGHT UP AS IF YOU HAVE A CHOISE. EVEN IF YOU CANNOT HEAR MY VOICE I'LL BE RIGHT BESIDE YOU DEAR
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De la main de Shannon Dufresnes signé le Lun 2 Oct - 15:26

Nobody said it was easy ...

J’ai suivi mon aîné d’un pas vif, dressant quelque peu l’oreille en entendant que tu refermais la porte à clef. Mais bon, je savais d’avance que je n’avais pas à m’inquiéter en venant ici, et puis je savais me défendre si besoin était ! Cependant, tu n’étais pas le genre à chercher les problèmes, ça j’en étais intimement persuadée, et pas seulement parce qu’Eli m’avait déjà parlé de toi …

Du coup, j’avais pris la bière d’un geste un peu absent, perdu dans mes souvenirs de ce que je savais de toi. Je n’avais pas spécialement envie de te connaître davantage, pour moi tu n’étais qu’une des pièces du puzzle qui composait mon Sire, un être qu’il avait abîmé autant que l’inverse … Mais ce n’était que votre passé ensemble ça, pas mon présent … Je n’avais pas assez d’informations pour déterminer ma position vis-à-vis de toi. Au fond, je ne savais rien de qui tu étais, moi … Et je ne m’étais jamais fié à ce que les autres m’avaient dit sur quoi que ce soit, qu’il s’agisse de lui n’y changeait rien, je me faisais toujours ma propre opinion.

Les accents de sincérité dans ta voix éveillèrent une envie d’en savoir plus, mais si j’étais venue pour te connaître, j’aurais choisi mon moment ! Non, là, tu avais raison, je n’étais pas là pour toi, bien que j’en fusse désolée l’espace d’un instant. Eclat qui se dissipa bien vite en songeant avec appréhension à l’endroit où Il pouvait bien se trouver …

- Oui, c'est moi, même si je suis surprise que tu sache qui je suis. En revanche, je ne suis effectivement pas venu pour ça, on remet ça à plus tard si ça te va. Aujourd’hui je suis juste confrontée à un problème dont je n’arrive pas à me dépêtrer.

Je bus une petite gorgée avant de t’adresser un petit sourire d’excuse, heureuse que tu ne sembles pas disposé à te venger de votre passif sur moi. Je n’y étais pour rien, et je dépensais déjà beaucoup d’énergie à essayer de guérir Eli sans avoir à m’inquiéter de ce que toi tu pensais.

Du coup, je me demandais jusqu’où vous aviez souffert tous les deux, votre histoire n’avait rien de simple. Tellement de coups, de blessures … Certaines cicatrices ne guérissent jamais vraiment il parait … Mais j’avais envie d’y croire ! Toi, tu semblais avoir trouvé ton équilibre et ton salut, probablement la personne qui avait éveillé tant de regrets dans ses yeux à lui … Mais Eli n’en était pas là, et il avait besoin de moi pour continuer d’avancer. Même si tu lui en voulais, tu devais bien espérer qu’une part de lui trouve la paix tout de même … Tu n’avais pas l’air d’être un monstre !

- Je n’ai pas vu Eli depuis plusieurs jours, et quand je suis allée chez lui hier, il n’était pas là. Je m’inquiète et personne ne semble l’avoir vu après qu’il soit parti en trombe, même si on n’a pas pu me dire c’était il y a combien de temps. Dans certains quartiers, le temps qui passe ne semble pas avoir d’emprise sur les habitants !

Ce n’était pas spécialement une référence aux vampires, même certains humains semblaient si résignés … Probablement comme moi en ce moment-même. Après tout, je ne savais pas où il était mais je savais qu’il n’était pas encore en état de compter sur lui-même. Du coup, c’était normal que je m’inquiète non ?!

- Est-ce qu’il est venu te voir ou est-ce que tu as entendu parlé de lui ces derniers jours ?

Inutile de préciser qu’il avait besoin de moi, je n’étais pas assez cruelle pour te dire ça à toi. Les plaies étaient encore trop fraîches pour lui, mais j’imaginais mal que tu te sois complètement remis de lui pour ta part. Du coup, c’était plus simple de poser quelques questions en espérant avoir des réponses suffisantes pour le trouver. Plus le temps passait et plus j’étais persuadée qu’il était retenu contre sa volonté, bien sûr je n’étais pas assez forte pour soulever des montagnes ou me battre contre Tullamore à moi seule, mais il ne faut jamais sous-estimer une femme déterminée …

Mais autant être honnête, j’espérais de tout cœur qu’il n’était pas venu te voir … C’était très égoïste, et je dus étouffer une petite boule de jalousie à cette idée, mais en même temps, je me rappelais parfaitement son état la dernière fois qu’il t’avait vu. Et je ne souhaitais plus jamais le revoir ainsi ! Il avait fait d’énormes progrès depuis, et j’étais consciente que c’était uniquement grâce à toi et à ce que tu avais pu lui dire, même si ce n’était pas ton intention ! Mais je ne minimisais pas mon rôle, sans ma présence auprès de lui, il aurait perdu la tête … C’était un fait, il avait besoin de moi à ses côtés, j’espérais que tu le comprendrais quand je ne saurais plus cacher mes sentiments pour lui face à toi. Toi … Qui avait une telle importance à ses yeux … Et inévitablement aux miens …

Du coup, je me réfugiais derrière la bouteille entre mes mains, buvant sans soif, seulement inquiète à l’idée de ne pas pouvoir l’aider cette fois-ci. Mon univers tout entier n’avait de sens que s’il foulait cette Terre, j’étais sûre de ne pas m’en remettre s’il disparaissait. J’aurais préféré mourir que de devoir lui survivre … Et à ce seul jugement, j’étais fière qu’il m’ait donné la vie que j’avais puisque lui savait la douleur que représentait la perte des êtres que l’on aimait … Comment ferais-je le jour où Guillaume me quitterait ?! Sans lui à mes côtés, je ne répondais plus de rien !

Il avait fait de moi quelqu’un de bien je crois … Du moins l’espérais-je alors que je plongeais mes yeux dans les tiens …


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De la main de Ezechiel Albeirteich signé le Sam 7 Oct - 12:06
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Gentil. C’était sans doute une de mes plus grandes qualités. A l’écoute des autres, empathique, présent. Non, des qualités je n’en n’avais pas beaucoup depuis que j’étais devenu un être de la nuit. Mais celles que je possédais encore m’aidaient à te comprendre. A rester là, assis à côté de toi, stoïque, calme, neutre. Buvant une gorgée de bière avant de m’allumer une clope. Tu n’étais pas venue pour moi. Et bien que tu venais de me le confirmer je ne m’en offusquais pas. Elijiah. Tout allait encore une fois tourner autour de lui. Elijiah. Une semaine qu’il était réapparu et voilà déjà qu’il était partout et ailleurs. Tu t’inquiétais pour lui, comment te blâmer. Moi aussi il fut un temps où je m’inquiétais pour lui. Ce temps où il était infiltré. Ce temps où il s’en est servi comme excuse pour aller baiser le marmot du Roi alors que je me rongeais les sangs à chacun de ses départs. J’ignorais que l’on était obligé d’en venir aux ébats pour manipuler quelqu’un. Enfin bref. Les gens passaient leur temps à s’inquiétaient pour Elijiah, mais là vérité était que malgré qu’il est constamment ce besoin de se savoir au centre de tout il est très bien foutu de se démerder tout seul. La preuve. Je lui ai proposé une alternative, une aide. Oh que oui tu en faisais en partie. J’ignorais encore ton existence mais laisser les gens dehors ce n’était pas dans mes habitudes. Mais ma main, il l’a repoussée. Il n’en n’a pas voulu. Alors bon, qu’il se débrouille après tout. C’est son choix. Comme tous les autres choix merdiques qu’il a pu faire. Mais si tu étais là ce n’était pas non plus pour m’entendre t’expliquer qui était vraiment Elijiah. Oui, tu me répondrais sans doute que toi tu le comprends, que toi tu le connais, mais tu te trompes Shannon. Moi aussi je le connais. Et même si ce qui est logique pour lui ne l’est pas pour moi, mais il n’empêche que je le connais.

Machinalement j’ai recraché un nuage de fumée, me passant une main dans les cheveux. Tu voulais simplement des réponses. Tu semblais dans tout tes états pour quelques jours. Combien ? Deux ? Trois ? Quatre tout au plus ? Alors que moi j’avais passé ces deux dernières années à le croire mort. Qu’est-ce que je devrais dire ? Venir vers moi pour te rassurer ? Oui je trouvais ça gonfler. Je trouvais ça gonfler que notre premier contacte allait tourner autour du type qui m’avait sans doute le plus brisé sur cette putain de planète. C’était abusé. Mais pourtant. Pourtant non, je ne t’en tiendrais pas rigueur. Je ne te jugerais pas ou autre. Et pour preuve, je restais complétement zen. Presque fermé, limite distant. Franchement ? Tu crois vraiment que j’aurais la place que j’ai si j’étais resté ce néo instable et colérique que j’étais il y a encore deux ans ? Aujourd’hui je suis même en formation pour devenir médecin, pour passer un cap. Oui, aujourd’hui j’apprends. Et demain ? Demain je pourrais soigner et sauver des vies. Encore plus que maintenant. Pas que des vies vampiriques. Des vies humaines. Finalement, merci Elijiah de n’en n’avoir fait qu’à sa tête. Sans ça je serais mort depuis bien longtemps. Sans ça, je n’aurais jamais eu tout ça. Je serais ce type de 24 ans, mort d’un cancer du poumon, ce grand brulé brisé, aveugle. Regardes moi aujourd’hui. Qui penserais que j’étais tout ça il y a encore trois ans ? Je n’ai jamais été aussi vivant que depuis que je suis mort. Ironique n’est-ce pas ? Sans doute. Moi qui détestais ma condition je commencerais presque à la savourer. Je la savoure oui. Parce que j’ai découvert le bonheur, le vrai, le pur. Enfin. Et crois-moi, ce n’est pas grâce à lui.

Alors oui je veux bien lui pardonner, lui laisser une chance. Mais ça va me demander du temps. Des semaines. Des mois peut-être ? Je n’en sais rien. Mais du temps. C’est une évidence. Je te regardais, te réfugier dans ta bière. Des gestes qui me montraient que tu ne te sentais pas si bien que ça. Que quelque chose devait vraiment te mettre dans tout tes états. Son absence ou bien le fait qu’il soit revenu me voir ? Ca changeait tellement de chose. Mais crois-moi, ça ne changeait pas que pour toi. Ca nous foutait tous dans une drôle de situation. Parce que lui et moi, ça restait compliqué et ça le resterait toujours sans doute. Le lien du sang, plus notre histoire qui s’ajoute à l’équation. Fallait être complétement stupide pour s’imaginer une seule seconde que la situation resterait simple et facile à vivre. Stupide ou bien naïf. Alors dans un geste j’ai posé ma main sur la tienne. Un geste plein de compassion pour te faire ralentir. Ok ce n’était que de la bière, mais si tu voulais un truc plus fort je t’en donnerais, mais il n’y en a pas ici. C’était un lieu de travail, pas un lieu pour se bourrer la gueule. Mais ça ne servait à rien de se retourner le cerveau de toute manière. J’allais te les donner tes réponses. J’aurais dû lui proposer de t’appeler, mais tu vois, j’avais trop de trucs à penser, et malheureusement dans la situation dans laquelle se trouvait le pays ne m’en veut pas. Mais le coup de fil au proches ne fait pas vraiment partie de nos habitudes. En général les proches viennent d’eux-mêmes quand ils perdent quelqu’un. C’est une sorte d’habitude. On passe par la case château avant de s’inquiéter. Ce n’est pas nouveau.

« Elijiah va bien. Il a été retrouvé alors qu’il se faisait passer à tabac par les hommes de Tullamore. On l’a emmené au château pour qu’il se fasse aider. Je l’ai remis sur pieds ne t’en fais pas c’est un grand garçon. Cela dit c’est ça qui est bizarre. Elijiah sait se défendre. Je l’ai vu s’emporter pour bien moins que ça. Alors se laisser faire par des hommes ? Enfin bref. Il va mieux. »

Oui, j’avais vu Elijiah réagir pour bien moins que ça. Comme quand je le giflais quand il me gonflait. Alors des hommes ? Je voulais bien qu’il soit affaibli, affamé, mais à ce point ? Elijiah ressemblait à une lock bien plus qu’autre chose ces derniers temps. C’était une évidence. Comme ce genre de type qui se laissait aller à la dérive, lassé de la vie, blasé. Ce genre de type qui veut en finir, tout simplement. La faiblesse dû à la maladie je la connaissais que trop bien pour savoir que si on possède un mental d’acier, rien ne peut nous coucher. Mais franchement ? Trouve moi cruel, mais sa culpabilité qu’il la mijote encore un peu. Il comprendrait peut-être le mal qu’il peut faire parfois. Désolé de trouver ça un peu facile de réapparaitre comme ça après deux ans et d’espérer une sorte de pardon immédiat. C’était trop simple. J’ai simplement terminé ma clope, l’écrasant dans le cendrier avant de finir également ma bière. J’ai attrapé un papier sur la table et un stylo pour y griffonner un numéro de téléphone, le pliant avant de te le tendre. Ce que j’allais te dire par la suite n’allait sans doute pas te plaire, mais les règles étaient les règles, et il était hors de question que je fasse une impasse au risque de déclencher d’autres infections. J’espérais simplement que tu allais comprendre. Je t’en demandais beaucoup, sans doute, on ne se connaissait pas, mais pour le coup, je te demandais simplement d’avoir confiance en moi. Ce n’était qu’une question de 24h désormais après tout. Et puis, par les temps qui court, valait mieux se trouvait au château que dehors, je n’arrêtais pas de le dire, mais c’était une réalité qu’on ne pouvait plus se voiler, tout simplement.

« Tu peux le joindre à ce numéro. Tu tomberas sans doute sur Zoé, la secrétaire, elle basculera ton appel directement au téléphone de sa chambre. Il est gardé en observation pour la nuit encore. On l’a placé dans l’ail réservée aux personnes comme lui, affaiblis, mais non infectés. Cela dit les visites sont interdites. Seul le personnel à accès à l’hôpital. Pour une question de sécurité. Avec le virus on se doit vraiment de rester vigilents. Suffis d’un contacte pour se le transmettre. Et tant que les épidémiologistes n’ont pas trouvé de remèdes c’est compliqué. Mais demain il pourra sortir. »

Demain il pourra retrouver sa liberté. Bien que sincèrement, je ne pense pas que retourner là où vous habitez soit une très bonne idée. Le virus prend de plus en plus d’ampleur, et Tullamore ne fait vraiment plus de quartier. C’est devenu dangereux dehors. Et quand je vois son état, je pense que se trouver un but, un objectif, ne peut que l’aider.

« Mais sincèrement Shannon, si tu l’aime, essaye de le convaincre de venir au château. On a des vivres, un toit, on ne manque presque de rien là-haut. Bon je te l’accorde, en contrepartie faut se rendre utile mais… Je ne le reconnais plus. Regardes le, c’est devenu une vraie lock. Et ne vas pas me sortir que je suis responsable de son état, il est comme ça parce qu’il le veut bien. Je… Je suis peut-être amer mais on est du même sang… En quelque sorte. Laissez-moi vous aider. »

Je t’avais dit ces mots, sincèrement, venant poser une main compatissante sur ton genou. Oui, nous étions du même sang et franchement ? Non, personne n’avait besoin de se déchirer en ce moment. On avait besoin d’être solidaire, parce que c’était comme ça qu’on s’en sortirait tous…




©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach


I'LL SING IT ONE LAST TIME FOR YOU. THEN WE REALLY HAVE TO GO. YOU'VE BEEN THE ONLY THING THAT'S RIGHT IN ALL I'VE DONE. AND I CAN BARELY LOOK AT YOU. BUT EVERY SINGLE TIME I DO I KNOW WE'LL MAKE IT ANYWHERE. AWAY FROM HERE. LIGHT UP AS IF YOU HAVE A CHOISE. EVEN IF YOU CANNOT HEAR MY VOICE I'LL BE RIGHT BESIDE YOU DEAR
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De la main de Shannon Dufresnes signé le Dim 15 Oct - 18:08

Nobody said it was easy ...

Pourquoi tu avais posé ta main sur la mienne, j’en sais fichtre rien, et pour tout dire, je pense même que j’aurais préféré l’éviter. Mais tu avais l’air gentil, compatissant en plus d’être accessible. Je ne l’aurais pas pensé de prime abord … Il était si torturé lorsqu’il pensait à toi que la réciproque m’avait presque semblé logique !

Enfin … Toi tu avais trouvé autre chose dans la vie pour te faire remonter la pente … Lui … Il n’avait que moi pour l’aider, moi et sa fichue recherche constante de pardon par les voies obscures de la religion. Ça je n’y avait jamais rien compris, mais il avait toujours été attentif aux moindres de mes besoins et en tant que femme j’étais trop heureuse de profiter d’être le centre de son attention pour me soucier des implications. Du coup je m’étais rendue compte trop tard que je tenais beaucoup trop à lui, et maintenant c’était trop tard pour faire demi-tour …

Alors puisque tu semblais aussi distant, c’était simple de réagir comme si tu n’étais pas celui à cause duquel je souffrais plus que je ne l’aurais jamais permis … En revanche, t’entendre dire que le fait d’avoir dû le remettre sur pied était étrange … Moi j’essayais depuis deux ans et il t’avait fallu quelques heures pour te dire qu’il y avait quelque chose qui clochait ?! Non mais vraiment ?! Tu ne voyais pas à quel point il était brisé ?! Probablement autant que toi à l’époque, même si tu refuserais très probablement de le voir comme ça.

- Qu’il sache se défendre ne veut pas dire qu’il soit assez en forme pour le faire … Il jeûne bêtement, même lorsque je lui mets une poche de sang sous le nez. Alors ça ne m’étonne qu’à moitié de savoir qu’il n’a pas réussi à se défendre correctement. Il ne prend pas assez soin de lui pour se soucier de quoi que ce soit … D’ordinaire c’est moi qui m’assure que tout va bien et qu’il ne prend pas de risques inconsidérés. Je ne sais même pas pourquoi il est sorti de chez lui …

J’aurais voulu ajouter qu’il aurait dû m’attendre à la maison, mais c’était trop personnel. Même si j’étais consciente que nous étions du même sang, je ne te faisais pas encore assez confiance pour livrer vraiment mes sujets d’inquiétudes. Et puis qu’est-ce que ça pourrait te faire de savoir que je veillais sur lui presque tous les soirs, même lorsqu’il partait travailler dans les faubourgs ?! Non, je ne voyais aucune raison valable de te dire quoi que ce soit sur nous.

Et puis, soyons honnêtes, qu’est-ce que ça pouvait bien te faire de savoir qu’il avait cessé de lutter depuis longtemps mais tentait de recommencer depuis quelques jours seulement … Je n’avais commencé à espérer une guérison complète que lorsqu’il avait posé un regard neuf sur moi, comme si je n’avais commencé à exister qu’une semaine plus tôt … Le soir où il était venu te voir toi … Après tout, c’est à toi que je devais tout ça, non ? Même si tu ne l’avais pas poussé dans mes bras volontairement j’en étais sûre ! Non, mais peu importe, le principal c’est qu’auprès de moi il semblait retrouver un semblant de confiance en lui-même, en l’avenir. Comme si tout ce qui lui été arrivé avait fini son œuvre sur lui et que le deuil était en route pour le faire redémarrer à zéro.

Et oui, je voulais qu’il reparte à zéro, qu’il recommence à vivre, parce que deux ans à survivre laissait des traces qu’il me fallait estomper une à une. Et j’étais loin d’avoir achevé mon ouvrage tu sais … Il se reconstruisait petit à petit, et je ne m’attendais pas à le transformer en un jour, mais j’avais eu tellement peur que tout ça ait été en vain que j’avais douté l’espace de trop d’heures …

Du coup, je posais ma bière vide et t’écoutais en t’offrant un regard plus doux que jusqu’alors. Il était en vie, et visiblement, tu avais pris soin de lui. Même si j’aurais voulu le faire moi-même, je t’en étais reconnaissante, après tout, tu n’y étais pas obligée, bien loin de là même ! Alors je pris le papier que tu me tendais, te remerciant silencieusement alors que tu m’expliquais que je ne pouvais pas le voir à l’hôpital, seulement l’appeler. Le plus important c’est qu’il sortirait demain, non ?

Merci. Pour tout, depuis tes actes trop violents pour lui la semaine passée, comme ceux que tu avais accompli ces derniers jours pour le maintenir en vie. Et même si je commençais à me demander comment cela risquait de se passer à présent qu’il t’avait eu dans son quotidien, je n’espérais que le revoir pour m’assurer par moi-même qu’il allait bien, si tant est que je te fasse confiance pour le côté physique de la question, c’était l’aspect psychologique qui m’inquiétais bien davantage …

Le plus étonnant c’est qu’alors que je me demandais ce que vous aviez bien pu vous dire tous les deux, tu posais une main sur mon genou pour venir me dire qu’il devrait rester au château. Vraiment, c’est ça que tu voulais toi ? Vivre auprès de celui qui t’avais fait tout ce mal ? Non, tu vois, je n’étais pas naïve, je sais combien il peut faire souffrir, mais n’était-ce pas là une manière de vouloir t’assurer qu’il allait bien sans te soucier pleinement de son bien-être mental ?! Tu avais quelqu’un dans ta vie, sa peine était trop évidente pour qu’il en soit autrement, et tu voulais qu’il te voie avec lui ? Ça me semblait trop mesquin pour être normal. Même si tes explications semblaient sincères, il n’était vraiment pas prêt pour ça, et que tu le suggère alors qu’il était si fragile … Tu l’avais vu toi-même … C’était presque de la vengeance.

Et puis, je me souvins brutalement qu’il avait déjà évoqué cette éventualité. Même si je n’avais pas relevé sur le moment. Non, je savais moi qu’il n’était pas prêt à te croiser dans les couloirs … du moins, il ne l’était pas la dernière fois que je l’avais vu. Les choses avaient peut-être … surement … changées ! En bien ou en mal, je n’en savais encore rien ! Mais bon, après tout, j’avais moi-même déjà envisagé de demander l’asile alors ce n’était pas compliqué de dire que j’allais probablement lui en parler. D’autant que s’il en avait besoin, je serais prête à supporter ses regards coupables lorsqu’il me verrait après t’avoir vu toi.

- Oui, je lui en parlerais. Même s’il est assez grand pour prendre ce genre de décision par lui-même. Après tout, il m’a déjà parlé de ça la semaine dernière, j’imagine que tu avais évoqué cette possibilité avec lui.

Une pointe de regret vint prendre place dans mon esprit tandis que je me relevais pour venir fourrer le numéro dans mon haut puisque je n’avais aucune poche où le ranger. J’allais devoir trouver un téléphone, et à présent que mon inquiétude laissait place à une sorte de résignation, j’avais faim … Je trouverais certainement les deux au même endroit, et je me fichais bien de savoir qu’Il n’aurait pas approuvé, j’étais étonnamment en colère, sans bien savoir pourquoi … Et j’allais évacuer comme je l’entendais !

- Bon, et bien merci en tout cas, je l’appellerais en rentrant. S’il rentre demain je vais mettre un peu d’ordre chez lui.

Je repensais une seconde au portable que tu avais rangé dans ta poche, mais je ne voulais pas lui parler devant toi. Alors je ressortais le papier et te le tendais dans un geste instinctif, presque trop bizarre même pour moi.

- Tu veux bien me donner ton numéro personnel ? Si j’avais envie de te revoir, moi … Enfin sauf si tu ne préfères pas.

Pourquoi j’avais fait ça ? Franchement ? J’aurais eu envie de te parler pour te dire quoi … J’avais l’impression d’être l’intruse et ça me semblait déplacé. Mais alors pourquoi ma main restait-elle tendue ?!

©️ Lyr




Le bien et le mal se touchent de si près qu'il est impossible de dire où finit l'un et où commence l'autre ...
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Nobody said it was easy ... [Ft Ezechiel]

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