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Baby, it's been a long long road, it's been a long long dream { PV : Killian

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Goule ☠ Progéniture d'Ève
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De la main de Riley Keenan signé le Sam 23 Sep - 22:25
Baby, it's been a long long road, it's been a long long dream ft. Killian


Un souffle chaud glissait dans sa nuque. De grands yeux verts brillaient juste en face des siens. Il y avait tant de tendresse et de douceur dans ce regard que c’en était effrayant. C'était beau et effrayant. C'était une tentation du Diable en personne sur sa jeune nièce, progéniture d'Eve.
Puis le souffle était une brise rafraichissante. Avec elle, une douce odeur de pancakes et de café coulé. Il y avait également celle du sommeil récemment interrompu, d'ébats enivrés et sauvages. Il y avait cette rassurante sensation d’être prise dans des bras puissants et forts. Celle de croire que plus rien ne pouvait vous atteindre.
Puis un vent nouveau se leva. Ce n’était plus une simple brise qui murmurait à la cime des arbres. Celle-ci était une bourrasque. L'annonce brutale d'un ouragan féroce prêt à tout dévaster sur son passage. Tout était plongé dans l’obscurité. Les sons s’agitaient, se bousculaient. Des chuchotements qui devenaient de plus en plus forts. Des paroles blessantes qui se mêlaient au craquement du bois d’une vieille maison abandonnée. Finalement, il pleuvait, à grosses gouttes. Au milieu, flottante, une tête, les yeux grands ouverts fixant un point à l’horizon. En se rapprochant, l’on voyait que les lèvres se mouvaient crachant un venin inaudible. Le visage était si familier. Il ravivait de merveilleux moments si douloureux pourtant. A quelques centimètres, la tête se mit à hurler de toutes ses forces.

C’est ta faute ! C’est ta faute ! C’EST TA FAUTE !

Riley ouvrit les yeux et se redressa prestement. De grosses gouttes de sueur perlaient sur son front et dans sa nuque, coulant jusqu'à sa poitrine. Sa respiration était saccadée, lancinante. Elle tâta la pénombre à côté de son lit et attrapa la première chose qui passait sous ses doigts. Elle la ramena contre elle. Elle était sur le point de s’en servir comme une serviette lorsque l’odeur du tissu la réveilla pour de bon. Elle s’assit sur le matelas et alluma la lampe privée de son abat-jour. Elle pencha doucement la tête sur le côté, fixant le manteau. Celui d’un homme. Le seul morceau de tissu qu’elle avait gardé de ses premières heures de liberté. Cela faisait 2 ans qu’elle le gardait comme un trésor. Il était peut-être temps d’en faire quelque chose. Elle ne le portait pas. Porter le vêtement d’un homme ne lui ressemblait pas. Elle n’était pas de ces midinettes qui reniflaient le vêtement d’un gars pour se droguer de ses phéromones. Pourtant, elle reconnaissait aisément que cette odeur la rassurait. Mais ce n’était pas une question d’attirance sexuelle. Elle louait presque le geste charitable que cette personne avait eu à son égard. Elle se devait redevable et ce n’était pas un sentiment qu’elle appréciait.

Elle se leva pour de bon, abandonnant le morceau de tissus sur son lit. Son objectif maintenant était de trouvé cet homme. Elle ne se souvenait même plus des traits de son visage. Ni de sa taille, de la couleur de ses yeux ou de ses cheveux. Il subsistait dans son esprit simplement grâce à la marque olfactive qu'il avait laissé sur ses épaules. L'hippocampe - la partie de son cerveau sensée garder les souvenirs - était encore troublé du préjudice reçu.

Elle fila sous la douche, rapide mais efficace. Les finitions seraient plus longues. Elle entretenait un look provoquant, aguichant mais soigné. Un jean taille haute noire. Un haut blanc court laissant respirer ses épaules. Des converses noires et un chignon qui chatouillait sa nuque. Une touche de maquillage qui se traduisait par un trait d'eye liner sombre sur les paupières et du rouge sur ses lèvres. Elle rangea ses affaires dans les poches de son pantalon, lança le manteau sur ses épaules et quitta l’appartement de l’humaine. Elle ne savait pas où ses pas la mèneraient, mais elle finirait bien par trouver son bonheur en route.

Elle sentait qu’elle approchait du territoire des hommes et un frisson parcourut son échine. Elle avait beau venir en montrant patte blanche, les hommes avaient cette fâcheuse tendance à frapper avant de poser des questions. Elle n’avait pas survécu à des mois de tortures pour mourir bêtement entre les mains de ces gens. Elle s’arrêta net. Ce n'était pas la peur, loin de là. C'était l'instinct de survie. Elle était prête à faire demi-tour quand une brise lui parvint, amenant avec elle une odeur qu’elle ne connaissait que trop bien maintenant. Elle s’assura que ça ne venait pas du manteau. Non, avec le temps, l’odeur s’était atténuée, ternie comme une peinture qui perdait de ses couleurs. Elle fit volte-face et vit un homme qui se rapprochait de sa position. Elle retint un instant sa respiration. Elle n’était pas à l’abri qu’il fut pavé de mauvaises intentions. Elle aurait sans aucun doute le dessus, mais elle n’avait pas particulièrement l’intention de se faire remarquer. Il était hors de questions qu’elle retourne dans cette affreuse prison ! Au fur et à mesure que la distance se réduisait entre eux, l’odeur devenait plus forte. Droite comme un i, elle était pareille à une statue de marbre. Immuable et froide.

« Hey ! Je crois que j’ai quelque chose qui t’appartient… »

Elle retira la veste de ses épaules et la tendit devant elle. Il ne la reconnaitra certainement pas elle, mais il reconnaitrait sans doute son vêtement. Levant un sourcil perplexe, elle se permit ainsi de mettre un visage sur un objet. Elle ne l’avait pas imaginé ainsi.
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De la main de Killian K. McGrath signé le Mer 18 Oct - 22:55

It's been a long, long dream

J’immerge d’un sommeil engourdissant, les yeux enfoncés dans leur orbite. J’aimerais me les frotter, comme un enfant trop fatigué, mais mes doigts rencontrent un objet solide. Du plastique. Une boîte de Petri qui s’est collée contre ma joue. Merde. Je la détache de mon visage encore endormi et je regarde l’heure sur l’écran de mon ordi encore allumé. Vingt-deux heures trente-quatre. Je me suis assoupi l’espace de douze minutes, à tout casser. Ça fait chier. Pourquoi je me suis endormi ? Pourquoi je me suis éveillé après si peu de temps ? Mon esprit ne voudrait-il pas se reposer avec un minimum de décence ? Non, ce serait bien trop simple. J’agrippe machinalement ma tasse de café encore plus ou moins tiède, et je l’engloutis d’une traite. Il faut que je me réveille, que je bouge. Je me lève sur mes deux jambes, cherche mon manteau sur le dossier de la chaise mais je me souviens rapidement que je ne l’ai plus. Je l’ai donné à cette drôle de créature à la chevelure rubescente que j’ai vu s’échapper de Tullamore, pratiquement nue. Quelle idée. Bon, sur le moment, elle en avait bien plus besoin que moi. La nuit, ici, il ne fait pas toujours très chaud. Entre le vent et l’humidité, de plus en plus de gens attrapent un mauvais rhume. Heureusement, maintenant, nous disposons à peu près de tous les médicaments dont nous pourrions avoir besoin. Bref. Je sors de chez moi, laissant toutes mes recherches derrière moi. Ce n’est pas comme si elles allaient fuguer, non ? Je vérifie de bien toujours avoir mes armes sur moi, et je claque la porte derrière moi. Mes armes, je ne m’en sépare jamais. Entre ces aliborons de Tullamore et ces joyeuses abominations qui recouvrent la surface de l’Irlande, je ne me sens jamais complètement en sécurité. Je deviens peut-être un peu paranoïaque, étant donné qu’à Riverdall, nous sommes protégés par des murs de taule d’environ une dizaine de mètres et que nous avons tout une réserve d’armes de pointe avec des munitions que j’ai moi-même améliorées, ainsi qu’une garde vingt-quatre heures sur vingt-quatre. D’ailleurs, je me dirige vers les échafaudages où se sont postés quelques gardes avisés. Je reconnais Scott de loin, et je le rejoins. Le froid extérieur, que je trouve tout à fait mordant, me pénètre les os et le crâne si bien qu’il inhibe complètement ma léthargie.

« Va dormir, Scott. Ça fait trois jours que tu passes tes soirées et tes nuits à fixer l’horizon. Je prends ta place, il faut que je m’aère l’esprit. »

Mon regard est insistant et il comprend qu’il est inutile d’essayer de négocier avec moi. Je ne lui laisse pas le choix, il commence à avoir une gueule pire que la mienne. À ce stade-là, croyez-moi, c’est inquiétant.

« Bonne nuit, vieux. »

Il ne dit rien, mais il sait qu’il peut me faire confiance et tenter un minimum de calmer ses tourments. J’enfile un bonnet, je sors mon flingue de précision, et je fixe les ténèbres qui assiègent notre petit village. Mes yeux sont à présents grands ouverts et étonnamment, je ne pique pas du nez. La fraîcheur de l’air me tient éveillé. Je ne perçois aucun bruit, si ce n’est celui de la légère brise qui fait faseyer la pointe de mes cheveux. Jusqu’à ce que je te voie, toi, et que j’entende le bruit de tes petits pieds écraser l’herbe humide sous tes foulées. Ce que je reconnais par-dessus tout, c’est ta chevelure étonnamment flamboyante, même dans la sombreur nocturne. Cette tignasse brasillante et capricieuse, perdue au milieu de cette nature froide. Tu te diriges vers la porte principale de notre petit village, et je te regarde t’approcher, te pointant avec mon flingue amélioré. Qui es-tu ? Que veux-tu ?

Je me rappelle de toi. Nous ne nous sommes pas vus bien longtemps… Tu te rappelles ? C’était non loin de l’énorme bâtisse de Tullamore. Je m’y étais rendu dans le but de faire du repérage, d’analyser les environs et de chercher la moindre faille, le moindre indice, qui permettrait de les atteindre. J’étais parvenu à abattre un drone et à le récupérer pour tenter d’en tirer des informations que je suis toujours en train d’essayer d’extirper… mais on verra ça demain. Juste avant ça, je t’avais vue, là, complètement confuse, désorientée au point de ne plus reconnaître ciel et terre. Tu étais pratiquement à poil, tu titubais… Tullamore venait de te dégorger comme ils savent si bien le faire… Rares sont ceux qui ont la chance d’être sortis de cette prison, et quand je t’ai vue, j’ai véritablement compris pourquoi. La maltraitance et la torture, ils s’en sont fait rois. Pris d’un élan de bonté et de bonne considération, alors que je ne te connaissais ni d’Eve ni d’Adam, je me suis rapproché de toi et, vu la chaleur négative qu’il faisait à cet endroit, outre le fait que tu n’étais pas vraiment bien vêtue, et je t’ai gentiment remis mon manteau. Il était évident que, sur le moment, tu en avais véritablement plus besoin que moi. C’est le seul contact que nous avions pu avoir. Aucun mot n’a été échangé entre nous… et je me demande même si tu m’as vu, à ce moment-là… Tu semblais si confuse, si perdue.

Bref, je te revois là, ce soir, de l’autre côté des murs de Riverdall. Je descends les échafaudages et je fais coulisser la porte du village pour pouvoir en sortir avant que tu ne sois trop proche des miens, non sans me méfier. J’ai toujours mon arme en main, prêt à envoyer les cartouches destructrices et faire de la bouillabaisse en masse au moindre sentiment de menace. Mais bon, pour l’instant, tu n’as pas l’air vraiment d’être un danger. Tu me tends juste mon fameux manteau qui se trouvait juste avant sur tes épaules. Comme ça. Comme si ta présence ici était tout à fait normale. Je croise les bras, gardant mes distances. Tu as beau avoir une bonne tête et des cheveux rouges, je ne te connais pas et tu restes une intruse, ici, sur notre territoire. Que tu sois humaine, vampire, ou autre, tu n’es pas l’une des nôtres. Je le saurais. Tu débarques à pied, depuis je ne sais où, sans la moindre apparence de panique ou de danger après les endroits que tu viens de traverser. Et je ne vois aucune arme sur toi. À part si tu la caches sous mon manteau… Ça m’insuffle plein de questions. Je croise les bras et mes yeux électriques te sondent intensément, sans te quitter une seconde. Je fronce les sourcils, confus à mon tour.

« D’où tu viens, jeune femme ? » Jeune…? Elle a peut-être l’âge de Léandre. Qui sait ? Son corps est peut-être celui d’une carcasse putrescente. « Qu’est-ce que tu viens faire ici ? … » Je fixe mon manteau.  « …tu n’es pas juste venue me le rendre, si ? »

Mon regard azuré et nivéal te pénètre, froid et brillant à la fois d’une lueur intime de malice et de ruse. Ta présence ici me laisse dubitatif. Je ne me sens pas en danger, et pourtant, je ne me sens pas en sécurité non plus. Tant de choses pourraient me rendre suspicieux… Mais quoi, exactement ?

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Hypocritical, egotistical, I don't wanna be the parenthetical, hypothetical, working onto something that I'm proud of, out of the box, an epoxy to the world and the vision we've lost. I'm an apostrophe, I'm just a symbol to remind you that there's more to see, I'm just a product of the system, a catastrophe, and yet a masterpiece, and yet I'm half-diseased, and when I am deceased, at least I go down to the grave and die happily, leave the body of my soul to be a part of me. I do what it takes…
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De la main de Riley Keenan signé le Sam 28 Oct - 19:57
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Le manteau toujours tendu devant elle, elle attendait qu’il s’en empare. Le vent d’Irlande était frais. Rafraichissant plutôt. Elle ne manquait pas de garder l’arme qu’il tenait à l’oeil. Pour le moment il ne la visait pas, mais un faux mouvement, une parole de travers et elle pouvait dire adieu à cette vie qu’elle commençait à apprécier. Apprécier ? Non, ce n’était pas le bon mot. Disons plutôt qu’elle commençait à s’y faire. La prison n’en était pas réellement une pour elle. Elle était à sa place ici. Non pas parce qu’elle était une créature qui méritait d’être enfermée. Mais plutôt car elle n’en avait pas encore terminé avec cet endroit. Elle avait une vengeance à accomplir et un être cher à retrouver. Donc il fallait demeurer sur ces gardes. Les humains étaient si imprévisibles parfois. Si susceptibles surtout. Riley demeurait à une certaine distance de sécurité. S’il y avait bien quelqu’un qui devait se méfier, c’était bien elle. Les humains avaient cette fâcheuse tendance à tirer d’abord et poser des questions ensuite. Au début, elle pensait que ce n’était qu’aux Etats-Unis que l’on assistait à ces tours de forces, mais c’était propre à la race humaine.

Elle sourit légèrement quand il l’appela jeune fille. Il se doutait pourtant bien - au vue de ses réactions et de sa méfiance - qu’elle n’était pas humaine. Malgré, la nonchalance de la rouquine pouvait prêter à confusion, il avait bien raison de se méfier. Après tout, l’Irlande n’était plus tout à fait ce qu’elle avait été. Elle tenait enfermée entre ses bras quantité de monstres en tout genre. Riley faisait partie de ceux-là. Elle fixait elle aussi l’humain, de ses grands yeux sombres. Bien qu’elle aussi sur la défensive, une partie d’elle se disait qu’il n’y avait pas lieu de l’être. Ses épaules se relâchèrent et expira presque de soulagement. Elle parvint même à sourire lorsqu’il lui demanda si elle n’était venue que pour lui rendre son bien. Elle laissa tomber son bras, jetant le manteau sur son épaule. Elle s’alluma une cigarette et prit le temps de prendre une grande bouffée avant de prendre la parole.

« Serait-ce si absurde que ce soit le cas ? » répondit-elle un faible sourire sur les lèvres.

Elle expulsa la fumée lentement, observant celle-ci s’évanouir dans les airs. La tête légèrement penchée sur le côté, elle continuait d’observer l’inconnu. Le simple geste de gentillesse dont il avait fait preuve à son égard la rassurait un peu sur les conditions humaines. Elle était un peu une humaine face à une créature surnaturelle. Elle était intriguée de le rencontrer, voulait en savoir plus sur ce qu’il était, ce qui le passionnait, ce qui le poussait à se lever chaque jour. Ces êtres l’avaient toujours fascinée, peut-être même qu’elle les enviait un peu. Elle ressentait également de la méfiance à leur égard, ne sachant jamais de quoi ils étaient capables. Les êtres humains avaient nombres de défauts incalculables. Des défauts qu’elle avait finalement rencontré au cours de ses siècles d’existence sans pour autant parvenir à les comprendre.

L’humain face à elle avait un certain charme, elle ne pouvait pas le nier. Ses cheveux étaient mi-longs, châtains, tirant un peu sur le blond. Ses sourcils étaient bien trop fins pour un homme qui luttait vraisemblablement contre les siens. Ses iris azurés étaient presque translucides, semblant percer tout ce qu'il croisait sur son chemin. Son nez était légèrement retroussé. Ses lèvres étaient fines et ses rides d’expression étaient dissimulées derrière une épaisse barbe claire. Elle pencha de nouveau la tête sur le côté, se demandant à quoi il pouvait bien ressembler lorsqu’il souriait.

« Je voulais aussi rencontrer l’homme qui me l’avait prêté… »

Elle s’étonna de la voix douce qui lui avait échappée. Elle pensait que toute douceur, toute tendresse avait disparu avec Edwin. Comme si tout ce qu’elle avait gagné de plus ou moins d’humain était mort avec lui. Mais, étonnamment, elle voyait en l’homme qui lui faisait face une lueur d’espoir dans son éternel pessimisme. Elle ne pensait pas qu’ils deviendraient de grands amis, mais elle l’espérait peut-être un peu. Elle continuait de tirer sur sa sucette cancérigène. Elle se pinça la lèvre inférieure avant de continuer.

« Je voulais aussi savoir pourquoi… Tu avais bien compris d’où je venais, ce que je pouvais être alors pourquoi ? Pourquoi cet élan de générosité gratuite ? »

Elle fronça quelque peu les sourcils, pas sûre finalement de vouloir connaitre la réponse à cette question. Perdue, à moitié nue, pas totalement consciente de ce qu’il se passait autour d’elle, elle avait été à sa merci. Il aurait eu tout le loisir de faire ce qu’il voulait d’elle. Du plus vicieux au plus sadique. Du plus mesquin ou plus douloureux. Il aurait aussi pu se dire qu’il était temps de mettre un point final à la souffrance de cette créature. Il aurait aussi pu passer son chemin et faire comme s'il ne l'avait jamais vue. Mais il n’en avait rien été. Alors maintenant, face à lui, elle se demandait pourquoi. Pourquoi les humains continuaient malgré tout à la surprendre. Pourquoi n’avait-il pas juste dégainer son arme pour l’achever une fois pour toute ? Ca aurait fait une créature de moins sur cette foutue Terre… Elle se mit à fixer l’arme. Elle n’était pas suicidaire. Elle ne l’était plus du moins. Car les premières semaines, enfermée, il fallait avouer qu’elle y avait sérieusement songé. A bout de forces, de raison, dans un élan de romantisme écoeurant, elle avait réellement pensé à ne plus laisser les tortures se poursuivre. Ca aurait été son choix. Elle aurait au moins eu le contrôle sur ça.
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De la main de Killian K. McGrath signé le Ven 8 Déc - 10:38

It's been a long, long dream

Tu me vois probablement descendre et ouvrir la porte, le temps que tu te rapproches des enceintes du village. Je ne donne jamais l’air d’être véritablement très prudent. Une inconnue s’avance vers la porte de Riverdall, et moi, sans te poser la moindre question, j’ouvre la porte, et m’extirpe des enceintes pour te rejoindre. Tu aurais été un vampire à la compagnie peu recommandable, tu aurais probablement tenté de ne faire qu’une bouchée de moi, et de t’infiltrer parmi nos rangs sans la moindre difficulté. Je dois bien avouer avoir la tendance à trop compter sur mes capacités et sur l’efficacité de mes armes. Disons que j’ai toujours, absolument toujours, un plan de secours, et je préfère jouer plus stupidement que je ne le suis vraiment. Même si quelque part en moi, je sais qu’un jour où l’autre, ma ruse ou mes petites stratégies ne suffiront pas à ma survie. Un jour, quelqu’un comme toi, peut-être, mettra fin à mes jours et je n’aurai que mon insouciance à blâmer. Je pourrais te sortir que mon manque d’attention, ces prises de risques absolument injustifiées, font que je me sens vivant et parviennent à me sortir de cette anesthésie constante dans laquelle je choisis de vivre. Mais ce n’est même pas vrai. Si je prends des risques inutiles, ce n’est que pour la bonne raison que ma conscience n’est plus entière à cause de ce que je tends à appeler mon « automédication », fruit de divers facteurs dont on pourrait remettre la faute à l’angoisse et au désespoir. Mais enfin. Le déni, c’est tellement plus simple.

« Absurde, non. Mais ce serait très étonnant, madame. »

Mes globes dilatés entament ton regard et ton être entier. Pourquoi es-tu venue jusqu’ici ? D’autant plus que tu sembles n’avoir pris aucun véhicule pour venir jusqu’ici, malgré la taille de l’Irlande. Combien de kilomètre as-tu parcourus sans t’arrêter ? De même, la façon dont tu es habillée m’indique soit que tu es une personne du grand Nord, soit que tu n’es pas humaine. J’opte définitivement pour la deuxième explication. Avec une méfiance discrète, je m’empare du manteau délavé que tu tends toujours en face de toi. J’espère, par ce geste, te montrer que j’ai envie de te faire confiance. Mais le puis-je vraiment ? J’essaie à chaque instant de voir le meilleur au fond des gens, humains ou non, mais malheureusement ce n’est pas une raison suffisante pour ôter les suspicions que je peux encore nourrir à ton égard. L’ombre d’un sourire arque légèrement mes lèvres lorsque j’entends ta remarque prononcée avec un douceur qui me donnerait presque envie d’abandonner toute méfiance à ton égard.

« Je ne pensais pas le récupérer un jour… Vraiment. »

Mon sourire s’étire l’espace d’une seconde, et, nerveusement, je remets en place mon bonnet sur mon crâne. Je pensais que notre relation allait s’arrêter à un simple don de vêtement, un contact éphémère, sans parole. Je pensais jusqu’à maintenant que je n’allais plus jamais te revoir dès le moment où j’ai réussi à rapidement t’emmitoufler dans mon manteau avant que tu ne partes en courant, toute confuse. Tu te demandes pour quelle raison j’ai eu l’initiative d’être bon avec toi, mais j’aurais honnêtement voulu faire bien plus.

« Tu t’attendais à quoi ? », m’enquiers-je, une lueur de malice à travers la douceur de mes pensées, en fronçant légèrement les sourcils. « … à ce que je t’abatte là où je t’ai trouvée ? » J’exagère, évidemment, même si mes dire ne sont pas aussi loin d’une éventuelle réalité. « J’aurais en effet simplement pu te laisser te débrouiller… Mais tu as dû le comprendre, je ne suis pas l’un de ces abrutis de Tullamore… Mon but, ce n’est pas d’éradiquer toutes les créatures qui peuplent cette planète. »

Bien au contraire, je préfère valoriser le recul de la justice et l’équité, même entre créatures, humaines ou non. Voilà déjà bien plus de la moitié de ma vie que je côtoie les vampires, et grâce à cela, mes craintes à leur égard et à l’égard de toute créature se sont en grande partie évanouies, il y a de cela bien longtemps, et avec elles se sont envolées les mêmes raisons qui poussent Tullamore à être ce qu’elle est. Malgré mon sens de l’humour taquin, je ne ferais pas de mal à une mouche, pourvu qu’elle ne le mérite pas.

« Et toi non plus, vu l’était dans lequel tu en est ressortie. Il ne m’a pas été difficile de comprendre que toi et moi, on est plus ou moins dans le même camp. En t’aidant comme je l’ai pu, j’ai espéré faire un geste qui nous serait bénéfique aux deux. Après tout, l’entraide est le seul moyen pour nous de nous en sortir. »

Je hausse les épaules, comme si ce que je disais n’était que d’une importance secondaire, alors que ce principe est probablement l’un des piliers de ma vie. Ce doit être le côté de moi qui s’est fait forgé par Wellan, cet homme qui m’a sauvé les miches alors que je venais à peine d’arriver à River Crow. Cet homme qui a su rassembler un grand nombre de personnes pour se battre pour des principes humains qui sont les miens, désormais. Oui, cet homme est un véritable exemple pour moi.

« Puis, il faisait un froid de loup dehors, tu étais pratiquement nue, complètement désorientée. Je t’aurais bien ramenée ici, le temps que tu reprennes tes esprits et des forces. Mais tu m’as échappé bien avant que je n’aie rien pu faire de plus que de te donner mon manteau. »

J’avance de quelques micro-foulées dans ta direction, me rapprochant de toi tout en te laissant, plus ou moins, quelques centimètres de sécurité. À nouveau, la clarté de mon regard veut te pénétrer et transgresser tous tes secrets, car tu m’es encore bien mystérieuse. Mes globes te sondent comme de vrais radars et pourtant, je n’arrive pas à mettre de mots sur ce que je vois. Tu sembles complètement humaine… hormis cette lueur de malice qui brille dans ton regard, cette confiance peut-être légèrement exagérée qui me fait penser que tu as la sécurité de ne pas être humaine. De même, tes vêtements semblent bien trop peu isolants pour un temps comme aujourd’hui. Ou alors est-ce moi, le frileux ? Ta peau est clair, comme de la porcelaine, mais elle n’atteint pas le blafard des vampires. Non, tu ne ressembles à rien que j’aie déjà vu. Bravo, jeune femme, tu es une première, pour moi.

« Je m’appelle Killian. Tu as dû le sentir, je suis qu’un humain. » Par les temps qui courent, lors des présentations, la nature d’un être se fait nom de famille. Killian l’humain, pourquoi en dire plus, entouré de tant de discorde ? « Et… tu es ? Tu viens de… loin, n’est-ce pas ? »

Je glisse mon flingue dans son étui autour de ma ceinture, mais je garde toute fois une main dessus, car je ne peux déjà me permettre de baisser complètement ma garde. Constamment, je reste avisé. Ce doit être mon côté paranoïaque qui commence à se développer. Qui es-tu, jeune femme ?
 


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De la main de Riley Keenan signé le Dim 7 Jan - 16:47
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Le madame résonna d’une drôle de façon. Elle pencha légèrement la tête sur le côté, levant un sourcil perplexe. Ce n’était pas la première fois qu’on l’appelait ainsi, mais la dernière fois remontait à bien des années maintenant. Elle avait ensuite principalement pris l’apparence d’une jeune femme, toujours moins de la trentaine. Non pas qu’elle avait peur de vieillir, mais c’était ce qui correspondait le mieux à son caractère et son attitude de jeune effrontée. Sans oublier qu’une apparence plus âgée l’empêcherait de s’habiller de cette façon.

« Je ne pensais pas non plus te le rendre un jour, » souffla-t-elle.

Non, ça n’avait jamais été prévu. Le sachant humain, elle pensait qu’il était peut-être mort depuis le temps. Non pas qu’elle doutait de ses capacités à se défendre mais elle pensait qu’un humain qui faisait preuve de gentillesse dans ce monde finirait par se faire bouffer. Visiblement, elle avait eu tort. C’était préférable… Il faisait partie des gens qui lui prouvait que les êtres humains n’étaient que de grands abrutis violents et hypocrites. Finalement, l’espoir était permis dans cette prison. Ce petit geste pouvait paraitre anodin ou normal pour certain. Pas pour la goule qui ne croyait plus en ce monde et ces habituants depuis bien des années.
Il osa demander à quoi elle s’attendait. Elle fronça de nouveau les sourcils. La malice qu’elle lut dans ses prunelles azurées trouva pourtant écho dans les siennes. Il n’avait pas froid aux yeux et ça lui plaisait. Un homme qui se laissait faire était d’un ennui… Il parvint même à la faire sourire évoquant le fait qu’il aurait pu l’abattre. Quand ils s’étaient croisés, elle l’aurait certainement préféré. Consciente, elle l’aurait peut-être même demandé.

« Je m’attendais à tout sauf à ta gentillesse…. Ou ta pitié. »

Elle lâcha ce dernier mot avec un certain mépris. La pitié n’avait pas sa place dans son monde. C’était pour les faibles. Il n’y avait que les faibles d’esprit pour avoir pitié des autres. L’on pouvait la qualifier de sans coeur à raisonner de la sorte, mais ça lui passait bien au dessus de la tête. La pitié ne faisait pas avancer. Elle ne faisait pas évoluer. Elle n’aidait pas à accepter ce qui s’est passé et allait de l’avant. Non, la pitié nous faisait stagner. Elle nous ancrait dans un confort malsain, elle nous enlisait. La jeune femme contint un grondement de désapprobation. Elle avait la pitié en horreur.

« Non, » lui répondit-elle sèchement. « Nous ne sommes pas dans le même camp. »

Riley demeura impassiblement froide et sèche. Elle avait raison et lui aussi le savait. C’était un humain, un être vivant sans aucune capacité particulière en dehors de celles qu’il pouvait développer. Elle était une goule. Elle était née goule et mourrait goule. Elle avait des pouvoirs qu’un simple humain n’avait jamais soupçonné jusqu’à maintenant. Elle pouvait le tuer là, en une fraction de seconde si elle le voulait et disparaitre dans l’obscurité, changer d’identité et on ne la retrouverait jamais. Les humains ne jouaient pas dans la même cour. Malgré cela, Riley ne les sous-estimait pas le moins du monde, au contraire. Elle avait bien vu durant sa longue vie à quel point ces êtres étaient capables d’ignominies. Bien plus que les créatures qu’ils avaient fini par traquer et tenter d’exterminer.

« Mais en effet, l’entraide est primordiale ici. »

Elle ne pouvait le nier. La goule leva les yeux vers le ciel et soupira bruyamment. Un soupir résigné. Elle l’était depuis qu’elle avait rouvert les paupières dans les recoins du territoire Leviathan. Elle avait bien compris que pour survivre, elle ne pourrait pas agir comme elle l’avait toujours fait. Elle ne pouvait plus se contenter d’avancer, en solitaire, et se débrouiller par ses propres moyens. Trouver de la nourriture serait plus compliqué qu’auparavant. Heureusement, son boulot lui permettait d’avoir un train d’avance sur les autres à ce niveau-là. Mais ça pouvait lui servir comme échange de bons procédés. Elle n’hésitait pas une seconde à en user d’ailleurs.

Le médecin aurait été une jeune demoiselle sans défense, elle aurait certainement rougie d’être observée, scrutée de la sorte. L’humain la dévisageait avec tant d’insistance que l’on pouvait aisément se sentir mal à l’aise. Toutefois, la rouquine n’était pas femme à se laisser intimider aussi aisément. Elle le sondait exactement de la même façon. Son regard était peut-être moins hypnotisant que le sien, mais il lui en fallait bien plus pour perdre ses moyens. Elle se retint de rire quand il avoua avoir voulu l’emmener parmi les humains le temps qu’elle se remette dans ses émotions.

« Il aurait été dangereux de me ramener ici dans l’état dans lequel j’étais… L’animal attaque quand il est blessé et apeuré. »

Ca aurait été stupide aussi mais ça, elle préférait le garder pour elle. La ramener parmi eux  aurait été comme signer leur arrêt de mort. Elle aurait certainement tenté de déguster le premier à passer près d’elle. Une chose était sûre, elle aurait vite retrouvé ses moyens et ses forces. Elle chassa cette idée de ses pensées, reprenant son analyse du jeune humain. Elle savait parfaitement pourquoi il la dévisageait ainsi. Il ne avait pas ce qu’elle était et ça l’intriguait. C’était parfaitement normal. Un petit sourire en coin naquit sur ses lèvres. Bien qu’il y mettait les formes, il osa poser la question qui le triturait tant.

« Je m’appelle Riley et… je ne suis pas humaine en effet… »

Le petit côté joueur de la goule revint en un clin d’oeil. Elle croisa les bras sur sa poitrine, le regard brillant. Après tout, à la voir ainsi, rien ne la distinguait vraiment des autres créatures si l’on n’avait pas un minimum le sens de l’observation. Sa peau était certes pâle, mais bien moins qu’un vampire. Pour le peu qu’elle avait vu jusqu’à présent, elle n’avait rien d’une louve non plus. Ces dernières avaient la peau plus hâlée et les traits un peu plus grossiers. Elle ne pouvait pas être un djinn. Leur signe le plus distinctif était le nombre de leur tatouage et elle n’en possédait qu’un. Il ne restait finalement que trois possibilités à ce qu’elle était.

« Par déduction… Qu’est-ce que je pourrais bien être ? »

L’envie de jouer pouvait aisément s’entendre dans sa voix. Elle regarda sa main alors qu’il rangeait l’arme dans l’étui. C’était facile de voir qu’il demeurait méfiant. Il avait bien raison. Il n’était pas à l’abri que la goule changea d’avis sur lui et décida de mettre un terme à sa misérable vie. Une lueur taquine se mit à briller dans son regard. Elle décroisa les bras et s’alluma une cigarette. La première taffe fut longue et lui aurait certainement arraché la gorge si elle n’avait pas l’habitude depuis tant d’années. Elle retint un moment sa respiration, laissant toutes les toxines que contenant sa sucette à cancer lui pourrir l’intérieur si c’était possible. Elle finit par expirer longuement, le vent accompagnant la fumée jusqu’au visage de Killian. Elle pencha de nouveau la tête sur le côté. Il n’avait pas une tête de Killian. C’était certainement un irlandais pur souche.

« Il semble évident que je ne suis ni un vampire, ni un loup-garou… Il reste encore pas mal de possibilité… »

Maintenant que le manteau avait retrouvé son propriétaire originel, rien ne retenait le médecin de converser avec l'homme. Pourtant si. Elle avait toujours souhaité en apprendre d'avantage sur leur race, encore plus maintenant qu'elle était enfermée ici. Elle était curieuse d'apprendre comment ils prenaient les choses, comment ils vivaient.
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Baby, it's been a long long road, it's been a long long dream { PV : Killian

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