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Bad dream : escape from castle ◘ Feat. Ezechiel

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De la main de Elijiah H. Jazeem signé le Jeu 28 Sep - 15:46

Bad dream...
« Some say the world will end in fire, some say in ice... »



Je planais. Comme pris dans un trou d'air, en chute libre. Le corps léger. Presque en apesanteur, proche du néant. Sans doute à cause des relents de chaleur qui venaient successivement m'envelopper tout entier. Par vagues. De pures bouffées d'oxygène. Une sorte de chaleur artificielle et réconfortante, mais qu'on avait sans doute provoqué afin de me maintenir dans un état de sommeil semi-conscient. Bien. Je me sentais juste bien en fait. La tête vide et l'esprit au repos, en paix.

Si tant est que je sache encore ce que le mot “paix” signifiait dès lors qu'il me fallait quitter les bras de Shannon. Ses bras dont on m'avait arraché de force. En sachant que je ne voulais pas monter dans cette voiture, ni même suivre ces hommes. Agents de Tullamore ou membres de ta famille comme tu te plaisais à les appeler, peu importe. À ce jour, la différence je ne la faisais plus vraiment. Désolé. Vos faits d'armes héroïques me passaient au-dessus. J'avais trop longtemps mis ma vie et mes envies en suspend pour l'organisation. Je ne comptais pas remettre le couvert. Que tu veuilles faire l'effort de le comprendre ou pas, ça ne me concernait plus. Et déjà, la boule se formant dans ma gorge se muait en une angoisse sourde. Non. Depuis que je t'avais revu, je n'étais plus en paix. Je me mentais. Pour ce que je m'en souvenais, la paix que je trouvais parfois avec elle n'avait pas ce goût là. Pas plus que ce parfum de regret flottant à la lisière de mes lèvres.

Tu sais Ezechiel, ces dernières heures il m'avait fallu faire des choix. D'abord en arrêtant de regarder vers le passé afin de me tourner en direction de l'avenir. Toi, tu avais quelqu'un. Alors tu croyais sincèrement que j'allais gentiment pouvoir rester là ? Sous votre toit. En sachant que vous partagiez le même lit. Sauf peut-être si Shannon venait me rejoindre. Tu l'ignorais, mais je lui avais proposé de me suivre ici pour nous y installer. Elle méritait tellement mieux que ce que je pouvais lui offrir. N'y vois pas une provocation s'il te plaît. Shannon…

Brusquement, je redescendais. Fini de planer. Revoyant son message, celui qui disait : “Eli, faut que tu viennes me chercher. Magne-toi. S'il te plaît...ça urge là. Je t'expliquerais plus tard, viens vite. Je t'attends. Au nord de la ville…#Shannon.”

Et lentement, le leurre se dissipait. Le mot paix n'avait pas sa place dans le contexte. Plus aucun sens ni aucune raison d'être, un peu comme nous. Et voilà. Voilà que dans ma tête tout se mélangeait. Tu le savais pourtant que je résistais mal aux drogues. Que ces saloperies me rendaient instable et sujet aux crises de delirium. Même ça tu l'avais oublié, seulement moi je n'oublierais jamais. Mais c'était toi l'infirmier n'est-ce pas ? Je n'allais pas t'apprendre ton métier. Toi entre les mains duquel on m'avait confié. Triste ironie. Attends. Je me perdais là. Je te disais...

Je te disais donc que j'avais dû faire des choix. Des choix de raison. D'abord en arrêtant de courir après des illusions et ensuite, en pensant à moi. Égoïstement. Ces deux dernières années avaient été difficiles, faites de solitude et de repentir. Longtemps, je t'avais espéré. Rêvé. Longtemps, je m'étais voilé la face. Alors en  me retrouvant mis devant le fait accompli, il y a un truc qui s'était brisé. Voir ta photo avec lui, ça m'avait juste écœuré. Pire quand ton mec avait débarqué pour me sauver. Tel un héros de séries noires. Après, qu'on se le dise. Je n'avais rien contre lui. Il avait l'air d'être quelqu'un de bien et de combler tous tes besoins. Honnêtement, il m'était juste indifférent. Inexistant. S'il faisait ton bonheur et qu'il te rendait heureux, tant mieux. Le reste je ne voulais pas savoir. Moi, j'étais revenu pour toi. Uniquement. Pour toi dont le son de la voix commençait petit à petit à m'agiter et me tirer de ma torpeur jusqu'à me jeter en pleine gueule la dure réalité. Je n'aurais jamais dû disparaître. Ni même te laisser croire que j'étais mort. J'avais eu tort. Mais comme tu me le répétais si souvent, il ne servait à rien de s'appesantir sur son sort. On avait la vie qu'on méritait, celle qu'on se construisait et qu'on s'inventait. La mienne devrait désormais s'écrire sans toi. Ou en tout cas, sans toi tel que je me l'imaginais. Avant. Avant de m'effondrer pour ne m'en relever que plus fort. En attendant, livré à tes bons soins je me sentais déjà un peu moins cotonneux. Moins dans le gaz quoi. Là, sans être vraiment présent. Quoique. Pas non plus complètement éteint et absent. Puisque progressivement, des bribes de votre conversation arrivaient à mes oreilles. Incompréhensibles…

Puis soudain, des flashs m'étaient revenus. Mes craintes pour Shannon. Ce sentiment d'impuissance qui m'avait pris à bras-le-corps rien qu'à l'idée de la savoir peut-être en danger. L'obsession de ne pas arriver à temps pour l'aider. Suivi d'une première altercation avec des hommes que je n'avais jamais vu avant. Ceux qui m'avaient balancé dans leur coffre et roué de coups. Et bien sûr, il avait fallu que ce soit LE Murphy en question qui me sauve la mise. Dieu nourrissait parfois d'étranges desseins.

Alors je luttais. Pour ne pas me réveiller. Essayant de profiter des bienfaits de la situation. Plus de mal de crâne. Plus aucune douleur. Mes côtes ne me faisant plus du tout souffrir et la faim semblant s'apaiser. Il n'empêche qu'il était trop tôt. Ça n'allait pas. J'en étais persuadé. Convaincu que rien de ce qui m'attendait une fois que j'aurais rouvert les yeux ne serait normal. Des yeux qui papillonnaient, battant des cils et des paupières. Inquiet. Après, je savais plus. Je crois qu'on m'avait transporté ou transféré, à la manière des hôpitaux. En me laissant couché sur un lit à roulettes, le temps de m'installer plus confortablement dans une chambre. Si on peut dire. Façon de parler, en sachant qu'on me retenait ici contre ma volonté. Prévenir Shannon. Rentrer la retrouver. La serrer contre moi, et savourer l'instant. Le simple plaisir d'être vivant. Maintenant, laisse-moi rentrer chez moi. En vérité, je ne me souvenais pas de ce qui s'était passé entre la cour du château et ce moment où je reprenais pleinement conscience dans un sursaut. Incontrôlable. Encore sous le coup de l'émotion, incapable de gérer. Débordé. En état de choc. Si bien que soumis au stress et la pression, je me redressais pour m'asseoir. Gémissant au passage et arrachant d'un geste sec ma perfusion. Tu devais me permettre de m'en aller. Aveugle et sourd, je ne t'entendais ni ne te voyais.

Shannon allait s'inquiéter. Pire si elle croyait que je l'avais abandonné. J'avais besoin d'elle tu comprends, besoin. Sans elle, je ne sais pas ce que je serais devenu. Un mort vivant sans doute. Un fantôme. Ça t'aurait facilité les choses, avoue.

Les mains tremblantes, je sentais alors des espèces de tuyaux encombrer mes narines. Puis baissant les yeux, je me rendais compte que je portais une chemise bleue. Enfin, je savais pas comment vous appeliez ça dans votre jargon de toubibs. OK. Retire-moi ces saloperies. Il n'y avait pas de boule dans ma gorge, juste des tubes. Hagard, j'ai refermé mes doigts dessus. Il se passerait quoi si je les retirais…tu me ferais encore la leçon ? Bref.

La prison de Tullamore ou le château ? Ma vision se troublait. Ma tête tournait. J'aurais pu te chercher du regard, mais je n'en faisais rien. Pour y lire de la déception, non merci. Au final, il aurait peut-être mieux valu que ces types me tuent ou qu'ils m'emmènent avec eux. D'accord. Refermant mon poing sur les tubes, j'entreprenais de m'en débarrasser...

@Lyr


Fire & ice
Some say the world will end in fire, some say in ice. From what I’ve tasted of desire I hold with those who favor fire. But if it had to perish twice, I think I know enough of hate to say that for destruction ice is also great and would suffice ▬ Robert Frost
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De la main de Ezechiel Albeirteich signé le Mar 3 Oct - 10:18
Bad Dream
- Ezechiel Albeirteich & Elijiah Jazeem -




Il t’avait ramené. Sans se douter une seule seconde de qui tu étais. De ce que tu étais. De notre histoire, de notre passif. Naïvement. Fier d’avoir sauvé quelqu’un. Fier, jusqu’à ce que la vérité sur ta réelle identité tombe. Il t’avait sauvé toi. Mon Sire. Mon Ex. Te sauver. Ce n’était pas la première fois en deux ans que je te voyais dans ce triste état. Non. J’essayais, vraiment j’essayais. De rester indifférent. De ne pas laisser les fantômes du passé réapparaitre, comme ça. Mais la vérité, c’était qu’en te voyant là, allongé sur ce lit, je te revoyais toi, allongé sur un lit semblable dans une petite chambre de la fondation. Toi, blessé, presque mourant suite à la sentence que t’avais infligé Léandre. T’ouvrant le dos. Cette scène comment je pourrais l’oublier ? Je t’avais sauvé. Moi. Au risque d’y laisser ma vie. Je venais d’apprendre que j’allais mourir. Penny me l’avait annoncé la veille. La veille. Cette nuit, oui je m’étais donné à toi. Ou je t’avais dit combien je pouvais t’aimer. Tu te souviens ? Avant que tout ne s’écroule. Avant que Zoé, prise de remords, m’annonce dans ce fourgon qu’elle avait couché avec toi. Avant que j’apprennes, que je réalise que la haine que ressentait Léandre pour toi n’était dû qu’au fait que tu t’envoyais en l’air avec son Infant. Infant que tu avais manipulé, Infant qui t’aimait, et peut-être que tu aimais en retour ? Infant qui avait été l’ami, le proche de la personne responsable de tout mon calvaire. La trahison ultime. La pire pour moi. Alors je sais, tu me diras, oui, nous n’étions pas ensemble. Peut-être. Mais pourtant. Pourtant déjà tu avais jeté ton dévolu sur moi, m’offrant ces tasses de cafés sucrées que je détestais. Oui, pourtant, notre destin était tout tracé, tu t’étais amusé à le dessiné du bout des doigts. Telle une araignée, tu avais fait ta toile pour mieux frapper.

Alors non, te voir là ne m’emplis pas de joie. Bien au contraire. Parce qu’ensuite, tu la connais l’histoire. Je vouloir mourir. J’avais mal. Mal de ta trahison que tu n’as jamais comprise d’ailleurs. Un mal que tu n’as jamais cherché à réparer. J’étais venu, pour me venger. Te donner mon sang. Tu sais, ce sang qui pouvait te soigner grâce au remède miracle de Viljami. A l’époque, j’ignorais ce qu’il mettait dedans. J’ignorais que Viljami avait été sorcier avant de devenir vampire. J’ignorais tout ça. Mais mon sang pouvait te soigner. Rapidement. Te redonner vie, si tant est que tu le boives jusqu’à sa dernière goutte. Je voulais mourir. Mais comme toujours, tu as pris sans demander. Je ne souffrais pas assez ? Non. Sans doute pas assez à tes yeux. Tu sais mon Amour, tu n’as jamais cherché. Tu as beau te donner bonne conscience en me rendant responsable de notre situation, tu n’as jamais creusé. Tu n’as jamais voulu comprendre pourquoi je m’étais comporté ainsi au début. Jamais. Pourtant tu as assisté à la scène. A cette transformation douloureuse. Insupportable. Une agonie de non pas un jour, non pas deux, mais de presque une semaine. Tu sais ce que ça fait toi, de sentir son corps se régénéré dans son intégralité ? Sentir sa peau se reconstruire ? C’était comme une de ces nombreuses greffes que j’avais connu. Sauf que cette fois, c’était sans anesthésie. Et ensuite ? Ensuite il a fallu tout réapprendre. A me regarder dans une glace. Je ne me reconnaissais plus. Mais surtout… A voir. Voir après des années dans le noir. 20 pour être exacte. Ajoutes à ça les nouvelles sensations dû à la vampirisation. Les sens aiguisés. Olfactifs, auditifs, sensorielles. J’étais perdu… Oui mon Ange. J’étais complétement perdu… Mais ça non plus, tu n’as jamais cherché à comprendre. Me trouvant insupportable, indomptable. Tu aurais dû me rassurer. Mais tu ne l’as pas fait… Non, tu ne l’as pas fait… Et à la place… A la place tu as été te rassurer toi dans d’autres bras que les miens… Alors creuses… Oui… Creuses et comprends. Pour une fois. S’il te plait ?

Toutes ces nouveautés. Toutes ces sensations. Ces sens. Des sens que j’avais déjà développé au cours de mon existence. Imagines. Comprends… Mais non… Non… tu ne comprenais pas. Alors oui, te voir là me rappel ce passé destructeur. Ne m’en veux pas de mon manque de sympathie. Mais c’est encore frais. Bien trop frais dans ma mémoire. Et toi ? Toi tu me demande de te comprendre en me faisant lire ce ramassis de pseudo remords et d’excuses ? Comment oses-tu ? Comment oses-tu avoir la prétention de le jalouser quand je sais que tu n’as eu aucun, non vraiment aucun scrupule à me laisser tomber pour aller vivre un semblant de jours heureux dans les bras de ce qui se rapprochait de près à un ami ! Décidément Elijiah. Toi tu ne vois jamais le mal que tu fais, mais pourtant, oh que oui pourtant, ce que tu peux en faire. Tu avais faux. Faux sur absolument toute la ligne. Mais tu vois. La colère, la rage, la haine, tout ça, dans le fond, ça n’était que superflus. Parce que tu étais là, devant moi. Là où j’avais pris le parti de t’aider. Vas-tu me le reprocher ? Sans doute. Très certainement. Mais tu vois, une fois éveillé, tu auras beau me regarder avec tes yeux de cocker ça n’y changera rien. Tu avais fait tes choix. Des mauvais. De très mauvais. Et maintenant ? Maintenant il te fallait les assumer. C’était tout ce qu’il te restait à faire. Assumer. Et vivre avec aussi. La rancune, non, je ne l’avais pas tenace. Tu me connaissais. Mais l’amertume était là, encore bien trop présente, un goût âcre et dégueulasse en bouche. J’avais besoin de temps. Et du temps, pour la première fois de ta vie il te faudrait me l’accorder si tu espérais encore un peu me retrouver. Te montrer patient et accepter que pour une fois, tu n’obtiendras pas ce que tu voulais dans la seconde. Oui Elijiah. Tel le tortionnaire que tu avais été tu avais fait du mal. Et il te fallait l’accepter. Tout simplement.

Assis sur là, sur un fauteuil de ta nouvelle chambre d’hôpital, je ne te regardais pas. Remplissant ton dossier, machinalement. Fumant ma cigarette, griffonnant des informations sur le bout de papier. Nom, prénom, origine, race, symptômes. Des banalités en soit. La base. Juste une manière de t’inscrire dans la base de données afin de justifier le traitement administré pour ne pas faire d’erreurs dans l’inventaire. Inventaire qui avait lieu tous les trois jours pour savoir ce que nos hommes chargés de partir en Raids devaient ramener. Oui, nous étions organisés. Comme à l’époque de la fondation. Notre patron, notre supérieur hiérarchique restait le même tu me diras. Wellan avait toujours aimé l’organisation. Certaines choses avaient changé, d’autres non. C’était comme ça. J’étais perdu dans mes pensées quand je t’ai entendu t’agiter. Relevant furtivement les yeux de mes papiers quand j’ai vu que tu arrachais déjà ta perfusion. Décidément. Fallait encore que tu dramatises. Comme toujours. On t’avait sauvé la vie et voilà comment tu nous remerciais ? Toi et ton égo. Toi et ta connerie sans doute. Refermant ton dossier je l’ai déposé sur la table, avant de le relever, sans te regarder, me dirigeant vers la porte alors que tu t’attaquais déjà à la sonde de gavage. Arrêtes. Pitié arrête. Tu deviens ridicule si tu savais. Délicatement, restant impassible, calme, j’ai ouvert la porte avant d’enfin te regarder. Tu faisais quoi ? Une scène ? Il était temps que tu prennes conscience des choses. Quand allais-tu enfin réagir que dans ce nouveaux monde l’union faisait la force ? Quand allais tu t’enfoncer dans le crâne que seul tu ne t’en sortirais pas ? Elle comprise ? Oui, elle. Shannon. Cette fille dont tu n’as osé me parler la dernière fois mais que tu as mentionné dans ton super mémoire. Oui je l’ai lu. Peut-être que je n’aurais pas dû vu ce que j’y ai appris. Ca n’a pas tourné en ta faveur crois-moi.

« Tu es libre tu sais. Si tu ne veux pas de notre aide il te suffit de prendre la porte. Cela dit à ta place je ne tirerais pas sur la sonde comme ça. Alors t’as trois solutions. Soit t’as de la chance et t’arraches pas tout et tu peux te barrer. Soit, et vu ta méthode c’est probable, t’arrache la sonde, une partie reste dans ton nez et là il va me falloir t’ouvrir pour en retirer les restes ce qui t’obligerais à rester encore plus longtemps. Soit, et sans doute la plus sage des solutions, tu te calme et tu me laisse faire. Et si tu ne veux pas de mon aide parfait, Penny s’occupera de toi. Tu te rappelles de Penny n’est-ce pas ? Elle était mon infirmière à l’époque où j’étais mourant. Tu l’as croisé, elle apportait sans cesse des médocs à la fondation. Enfin peu importe. La porte est grande ouverte mais nous ne sommes pas l’ennemi Elijiah. Et se serait stupide de refuser notre aide dans ton état. »

Laissant la porte grande ouverte pour te prouver que tu avais le choix je me suis écarté, allant me laver les mains et les désinfectant avant d’enfiler une paire de gants en latex. Tu n’étais pas infecté, mais j’avais chopper des réflexes. Revenant vers toi je me suis simplement assis sur ton lit, là, à côté de toi. Regardant d’un air dépité la perfusion que tu avais arraché. Pourquoi tu te m’étais dans des états pareils sérieux ? Y’avait pas lieu de faire une scène, on n’allait pas te bouffer, tu le savais quand même.

« Je ne serais pas désolé que ce soit Nicky qui t’ai trouvé. Il a fait son job c’est tout. Et sans leur intervention désolée de te le dire mais tu serais sans doute mort à cette heure-là. Et j’crois pas qu’abandonner Shannon soit dans tes prérogatives. Alors tu sais, parfois, il suffit simplement de dire merci. Tu veux me détester c’est ton droit. Mais non Elijiah, je ne serais pas désolé non plus d’avoir continué de vivre. Si t’as pas envie de me voir il te suffis de me le dire et je partirais. T’es libre encore une fois. C’est pas nous les méchants de l’histoire alors merci de ne pas nous considérer comme tel. Et sans vouloir jouer les héros, on met tous nos vies en danger ici pour essayer de sauver notre communauté. Ca serait sympa de ne pas l’oublier parce que c’est pas le cas de tout le monde. »

J’étais froid, je te l’accorde. Mais tes réactions me dépassaient. Parce que oui sans nous tu serais mort. Très certainement. Alors si t’en avais rien à foutre de me laisser, désolé, mais t’avais infanter quelqu’un derrière moi que tu te devais très certainement assumer si tu ne voulais pas remporter la palme du pire Sire jamais connu sur cette putain de planète. Et il était grand temps que quelqu’un te ramène à la réalité des évènements. Nous n’étions pas les méchants Elijiah. Il tenait qu’à toi d’accepter que oui, pour la première fois de son existence le « grand » Elijiah Jazeem avait besoin d’aide. C’était comme ça. Mais ça ne tenait qu’à toi de l’accepter ou non.



©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach


I'LL SING IT ONE LAST TIME FOR YOU. THEN WE REALLY HAVE TO GO. YOU'VE BEEN THE ONLY THING THAT'S RIGHT IN ALL I'VE DONE. AND I CAN BARELY LOOK AT YOU. BUT EVERY SINGLE TIME I DO I KNOW WE'LL MAKE IT ANYWHERE. AWAY FROM HERE. LIGHT UP AS IF YOU HAVE A CHOISE. EVEN IF YOU CANNOT HEAR MY VOICE I'LL BE RIGHT BESIDE YOU DEAR
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De la main de Elijiah H. Jazeem signé le Jeu 5 Oct - 16:28

Bad dream...
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Tu vois. C'était plus fort que toi. Tu ne pouvais pas t'en empêcher, il fallait toujours que tu me prennes de haut. Comme avant. À l'époque où toi et moi, on se déchirait. Oui. Décidément, certaines choses ne changeraient jamais. Et crois bien mon cœur que je le regrettais. Amèrement. Mais tu le sais. Tu sais que parfois l'amour ne suffisait pas. Et déjà, je sentais un flot de larmes revenir me border les yeux. Me retrouver à côté de toi, avec pour obligation de te faire face et d'accepter que tu sois passé à autre chose, ne servant qu'à davantage creuser le fossé qui désormais nous séparait. Un trou de deux ans. Aussi profond que le vide que ton absence avait laissé dans mon existence. Tu me manquais. Je ne voyais pas quoi ajouter.


LA BLESSURE

Ce n’est pas le Kandjar qui l’a faite :
Mes ennemis étaient sous leurs tentes.

Ce n’est pas une vengeance échue :
Ceux que j’ai offensés sont morts de ma propre main.

Ce n’est pas le hasard aveugle :
Le hasard quand il croise ma route devient clairvoyant.

Si ma vie se répand et me quitte
C’est que ses yeux m’ont blessé à mort

Et qu’Il en aime un autre.

Mais le vide n'était-il pas fait pour être rempli ? Les blessures n'avaient-elles pas vocation de se panser au fil du temps ? Je t'en prie. Essaye au moins d'y réfléchir. D'y penser un peu. Mes torts, je les avais reconnu. Devant toi. Pas plus tard que la semaine dernière. Bien sûr, je savais qu'il te faudrait plus que des excuses. Qu'est-ce que tu attendais de moi…

Rends-toi à l'évidence. Je ne serais jamais lui. Cet homme que tu aimais, cet homme si parfait. Qui m'avait remplacé. D'accord.  J'avoue, la jalousie que je nourrissais à son encontre pouvait te paraître déplacée. Seulement n'oublie pas. N'oublie pas que je ne serais jamais un gentil garçon bien sous tout rapport. J'étais fait de feu et de glace Ezechiel. Brûlant, consumant les autres, dévastant tout sur mon passage et souvent, aussi glacial que le blizzard. D'un froid mordant. Après, je crois que c'est pour ça que tu m'avais aimé. Je crois. Enfin, quand on le voyait lui, on était en droit de se demander si je n'étais pas juste une erreur. Qu'est-ce qu'il avait de plus que moi, qu'est-ce qu'il t'apportait que je n'avais pas su de donner…

Laisse tomber va. Plus je remuais le couteau dans la plaie et plus je t'en voulais. Tu m'aurais préféré mort. Dis-le ! Juste mort et enterré, six pieds sous terre. Ne viens surtout pas prétendre le contraire. Ne me mens pas. Assume. Va jusqu'au bout. Je l'avais vu cette photo. De vous. Cette photo que tu m'avais collé sous le nez, me balançant ton bonheur en pleine gueule. Geste d'une violence inouïe dont je ne te pensais pas capable un jour. Comprends que je ne te reprochais rien. En d'autres circonstances, peut-être même que j'aurais pu me réjouir pour toi. Me montrer heureux. Sauf que je n'y arrivais pas. Il était trop tôt. J'avais beau essayer de me persuader que ça n'était rien, que ça me passerait, c'était à chaque fois pire. Te revoir. Te parler. Puis te toucher, et l'envie incontrôlable d'à nouveau m'enfoncer dans ton odeur. Serre-moi plutôt dans tes bras au lieu de me faire la morale. Tu me fatiguais des fois. Pourtant, je t'écoutais. Réalisant progressivement que tu étais bien là. Vraiment. Et comme un con, je te souriais. La colère, la peur et la panique disparaissant en un seul battement de cil. Finalement, la vie était belle. On n'allait pas la gâcher à se détester. Docilement, je relâchais donc la pression sur les tubes me reliant à la sonde. Mon premier geste pour te plaire, serait de ne pas te créer plus d'ennuis que je ne t'en avais déjà causé.

Par contre, le son de ta voix me recadrait aussitôt. Et ça me blessait. Pourquoi tu te forçais à rester dans la même pièce que moi si tu ne me supportais plus du tout ? J'avais envie de chialer. C'était en train de me prendre aux tripes d'une force, que j'en aurais gerbé. Tous les deux, on était pas dans le même état d'esprit. Clairement. Or, faire semblant je savais plus.

- Est-ce que tu veux bien m'enlever ça s'il te plaît…

Ça” c'était la sonde. Et ça, c'est ce que je te demandais en me rallongeant. Du bout des lèvres. Pas bien. Pour ne pas dire au plus mal. Des flashs me revenant à l'esprit. Ces types me passant à tabac. La douleur et le craquement sinistre de mes os se brisant sous leurs coups. La sensation odieuse de me sentir plus fragile qu'un nouveau né. Puis...le fils des événements qui à présent m'échappait. Tandis que dans un spasme, je plaquais les paumes de mes mains sur mes yeux. Les doigts raides et douloureusement crispés. Leurs jointures tout égratignées. Parce-que pour toi, pour honorer ma promesse, celle de me battre et de survivre, je m'étais défendu. Comme j'avais pu.

- Puis referme cette foutue porte, j'ai pas envie qu'on vienne nous déranger…

Non. Même à moitié mort, j'étais bien avec toi. Rien que nous deux. Seuls. Sans lui, ni elle. Shannon...écoute-moi. On devait la prévenir. Lui dire de venir me chercher, me sortir d'ici. Avant qu'il ne soit trop tard. Avant que tu ne prennes conscience d'à quel point je t'étais encore attaché. Et que pour me refaire une petite place dans ta vie, j'étais enfin prêt à tout accepter. Que tu me traites avec mépris. Que tu te montres distant. J'étais vraiment prêt. Quitte à devenir tout ce que tu voudrais, ton ami, ton amant, rien de tout ça peut-être. Même si j'en crevais. C'est en silence que je souffrirais. Maintenant, je savais. Que quoi que tu décides, je m'y plierais. Le temps m'avait appris l'humilité. Alors, je capitulais. Tu étais satisfait j'espère. De sorte que je laissais mes bras retomber le long de mon corps. Abattu. Sous ton emprise, totale et absolue. Plus à toi que je ne l'avais jamais été de par le passé. La raison était ainsi faite. Qu'importe que l'on lutte de toutes nos forces. Un jour venait le moment d'accepter, de lâcher prise, de retirer le masque qu'on portait et de ne plus se cacher derrière de faux-semblants.

Referme cette foutue porte...mais elle restait grande ouverte. Puisque tu étais venu t'asseoir à côté de moi, sur mon lit. Me déblatérant tes discours de gentil petit soldat. Chéri, je prenais déjà les armes alors que tu n'étais pas encore venu au monde. Aussi, merci de ne pas gaspiller ta salive à me faire la leçon. Aujourd'hui, j'étais un homme de paix. Je réparais ce que la guerre avait cassé. Ou en tout cas, je m'y employais. Ce que vous faisiez ici ne me regardait plus, tout simplement.

Pour ma part, j'avais assez donné. Jusqu'à ma vie si tu te souviens bien. Ezechiel, cette scène, on l'avait déjà vécu. Au fond, le plus grand témoignage d'amour que j'aurais pu t'offrir ça aurait été de me laisser mourir avec toi. Deux ans plus tôt. Pardon. Encore une fois. J'étais sourd et aveugle. J'avais poussé le vice trop loin pour pouvoir faire machine arrière et toi, tu m'avais caché trop de choses. Voilà pourquoi désormais, je ne voulais plus de ta protection. Il ne s'agissait pas de refuser la main que tu me tendais. Ton aide, je l'acceptais. Quant à Penny, quel besoin avais-tu de me menacer ? Il te suffisait de l'appeler. De la faire venir. De me dire que tout était terminé entre-nous. Point barre. De définitivement tourner la page de notre histoire. Parce-qu'autant que tu le saches, si tu attendais que cette décision vienne de moi, tu risquais d'attendre longtemps. Pas que je veuille foutre la merde dans ton couple, mais tant que tu tolérerais ma présence quelque part dans ton entourage, je ne céderais pas la place. À personne. Personne. Regarde-moi et dis-moi que je ne représentais plus rien pour toi.

Soupirant, j'enfonçais alors ma tête dans le coussin. Fixant une seconde le plafond. Des images continuant à déferler sous mes yeux. Shannon. Est-ce que c'était te trahir et te tromper que d'essayer de reconstruire quelque chose de neuf avec elle ? Moi j'en avais l'impression. Sans doute qu'elle le savait d'ailleurs. Le fait est que je la laissais voyager dans mon esprit à sa guise. Pas de mensonges. Ce qui ne m'empêchait pas de culpabiliser. Je t'avais attendu. Fantasmé, espéré, rêvé. Pour mieux m'abandonner entre ses bras à elle . Sur ce, je me tournais vers toi. Toi qui portait des gants en latex. Un air dépité peint sur la figure. Ton joli visage, sans maquillage. Sans conteste, tu étais ma plus belle réussite. Ma plus grande fierté. Cet homme que je n'avais jamais cessé d'aimer. Ma poussière de lune. Ma moitié d'âme...

Bref. Hésitant, je profitais que tu t'approches pour prendre ta main. Te retirant l'un de tes gants en latex. Doucement. Presque amoureusement comme si je t'avais déshabillé, avant d'entrelacer nos doigts. Les yeux baissés. N'osant plus te regarder, par crainte que tu rejettes mon geste puisqu'il ne venait pas de toi. Le désir de sentir ta peau contre la mienne devenant plus violent.  Vital. Essentiel et indépendant de ma volonté. Quitte à me briser sur les écueils de ta rancœur.

- T'as pas à t'excuser pour lui. Même si j'aurais préféré que ce soit un autre qui me vienne en aide...et sois honnête, est-ce que ça aurait été si grave que ça que j'y reste ? Quant à Shannon...il faut que je te dise...rien. Rien du tout.

Rien. Je me sentais perdu. Mis à nu. T'entendre prononcer son prénom me m'était mal à l'aise. J'aurais dû t'en parler l'autre soir. Seulement vois-tu, avant l'autre soir elle n'était que mon infante. Ou peut-être déjà beaucoup plus. Je savais plus. Par ta faute. Tout était si compliqué. Si difficile. Les amours passaient, toi tu restais. Immuable. L'homme de ma vie. Fruit d'un amour passionnel qui avait tout dévasté sur son passage. Et brusquement, je retirais mes doigts. Ça ne servait plus à rien que je me raccroche à toi n'est-ce pas ? Tu l'avais lui. Que je me montre envieux ou jaloux n'y changerait rien.

- Tu sais, j'ai jamais dit que je te détestais. C'est lui que...cherche pas. Mais rassure-toi, je me tiendrais à carreau.

Parce-que je te voyais venir d'ici. J'avais menacé ton mec d'un flingue et j'imagine même pas toutes les horreurs que tu avais pu lui raconter sur mon compte. Le monstre. Le sale enfoiré. L'égoïste, égocentrique, nombriliste. Le type qui t'avait détruit. Mais tu lui avais raconté combien j'avais pu t'aimer aussi ? Au point de te quitter. Pour nous sauver. Que tu veuilles l'entendre ou pas. C'était celle-là l'autre facette de notre vérité. En attendant, je tournais la tête du côté opposé. Un peu refroidit. Pas d'une humeur très chaleureuse d'un coup. Ça me pesait tout ça. Puis envisager que tu puisses dormir avec lui alors que je me trouvais sous le même toit que vous, voilà quoi. Encore que lorsque je dis “dormir”, c'est autre chose qui me vient à l'esprit.

T'aimais pas ça avec moi. Tu te souviens ? C'était pénible pour toi, et par orgueil, je n'avais pas voulu te laisser prendre une autre place. Si tu savais. Je tuerais maintenant pour te sentir combler et remplir mes vides « Et pour te répondre, non…je veux pas que tu partes. Reste…» Juste, évite de me vanter vos mérites. Je gardais des griefs contre la Fondation et bien d'autres trucs. Sans parler de la pointe de honte qui me piquait. À ma panoplie d'ordure venant s'ajouter la lâcheté.

Qu'est-ce que je fichais là...avec toi...c'est d'appeler Shannon que j'aurais dû te demander au lieu de te supplier de rester...et dans le flou, je fermais les yeux. D'un coup, tout c'était mis à tanguer dans la pièce…

@Crédit : La blessure - Ghazel (à proprement dire une forme poétique arabe)

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De la main de Ezechiel Albeirteich signé le Ven 13 Oct - 10:34
Bad Dream
- Ezechiel Albeirteich & Elijiah Jazeem -




Depuis ma naissance tout se résumait à des étapes de deuil. Du déni à l’acceptation, de la réalisation à la souffrance. Maintenant je crois que c’était à toi de ressentir ce que j’avais toujours ressenti. Avec toi, ou pas d’ailleurs. Ma vie entière avait été un vrai calvaire. Jamais heureux très longtemps, toujours en train de me battre contre mes démons. La maladie, les regards, les critiques, les moqueries parfois. Alors tu vois ce que ça fait ? Trouves ça injuste, moi tu vois, je trouve que c’est plutôt une bonne chose. Au moins, pour la première fois, tu peux enfin te mettre à ma place et comprendre combien ce n’est pas agréable tout ça. C’était brutal, violent, mais si fallait que t’en passes par-là alors soit. Je n’y voyais aucun mal pour ma part. Tu peux bien te torturer, te demander ce qu’il a de plus que toi. Ce qu’il a que toi tu n’as pas. Son oreille. Sa façon de ne jamais me juger et ce peu importe ce que je peux faire. Sa façon bien a lui de poser une main sur ma joue, de me regarder, tendrement, de me dire que ça va aller là où toi tu te mettais à crier, distant, froid, jugeant absolument tous mes faits à gestes. Cette façon que t’avais de me rabaisser sans cesse en me faisant comprendre que je ne serais jamais à sa hauteur. Tu sais, la sienne. Celle d’Amarok. Lui et sa soit disant façon de te comprendre. Mais ouvres les yeux. Tu ne t’es jamais demandé qui ne comprenais jamais rien à rien ? Qui a fait le plus de sacrifice d’après toi ? Alors non Elijiah. Ne viens pas me montrer du doigt en me disant que tout est de ma faute ! J’étais le nouveau-né, tu étais mon créateur. Et pour une fois, il était de ton devoir de m’aider, de me comprendre et de m’écouter ! Et non l’inverse. Mais tu ne l’as pas fait… Non… Tu ne l’as pas fait.

Voilà ce que lui a que toi tu n’auras jamais. Mais tu veux savoir le plus triste dans tout ça ? J’ai beau t’en vouloir, j’ai beau te maudire, je ne te déteste pas. Non. Je ne te déteste pas. Peut-être bien parce que je peux y voir du regret dans ton regard. Peut-être bien que tu prends conscience de combien t’as pu merder. Peut-être bien que tu réalises enfin que tu n’es pas une personne si bien que ça au fond. Tu auras beau aider qui tu veux, jamais tu n’effaceras ton passé. Jamais tu ne ramèneras à la vie tous ces morts que je voyais flotter autour de toi. Des morts qui de part des gestes me faisait comprendre combien tu étais dangereux, destructeur, manipulateur. Les morts je ne les vois plus. Non. J’ai appris à contrôler tout ça. Mais pourtant, je sais. Je sais qu’il y en a eu. Beaucoup. Sans doute de trop. Et crois moi Elijiah. Le temps passe, les gens peuvent évoluer, mais au fond, il reste toujours ce qu’ils sont. C’est dans leur nature. Et toi ? Toi tu peux prendre conscience, tu peux culpabiliser autant que tu veux, combien de temps ça va durer ? Une semaine ? Deux ? Peut-être quelques mois. Mais tu resteras toujours le même. Ce type qui ne supporte pas d’être seul. Ce type qui souffre et qui rejette la faute sur l’autre histoire de se donner bonne conscience. Ce type imbus, narcissique, bien trop sûre de sa personne. Oh que non là tu ne ressembles en rien à tout ça. Que oui, là tu sembles bien plus pathétique que combatif. Pauvre petite chose toute faible. Mais combien de temps ? Dis-moi, combien de temps pour que le dominant se relève et me traine de nouveau dans la boue comme toi tu l’as fait ?! Ne lui en veux pas de me protéger. Toi il ne te connaît pas. Mais notre histoire… Non, il ne l’a pas vécu, mais ça lui suffit.

Alors je pourrais, que oui je pourrais, te cracher toute ma haine en pleine gueule. Mais à la place, à la place je te laisse faire quand tu me retire mon gant. Ne répondant pas. Prenant sur moi pour ne pas récupérer ma main, comme un gosse apeuré qui tenter par l’approche des flammes retire sa main au dernier moment, réalisant que ce geste peut faire mal. Mais non, l’instant de recule je ne l’ai pas eu. Je ne l’ai pas fait. Pourquoi ? Si seulement je savais. Le visage fermé, complétement, faisant abstraction de toutes ces émotions qui pouvaient revenir. Tu sais. Ces instants où je ne contrôle vraiment plus rien et ou je fini par faire n’importe quoi. J’ai appris à les contrôler ça aussi. Grâce à lui. Etre honnête ? Je l’ai toujours été avec toi, et ne préférant pas répondre j’ai baisser les yeux. Furtivement. Tu as raison, sans doute que ça aurait été plus simple pour tout le monde. Je n’en sais rien. Et puis Shannon ? Quoi Shannon ? Tu crois que je suis naïf Elijiah ? Arrête un peu de me sous-estimer ! Bien sûre que je sais, bien sûre que je crois que tu te la tape. Si je suis jaloux ? Non. Pas le moins du monde. Mais a-t-elle seulement conscience de ce dans quoi elle s’engage ? Comment penses-tu qu’elle réagirait en te voyant là ? Ta main dans la mienne ? Un geste qui peut sembler anodin mais pourtant veut dire tant de chose. Moi je sais que si Nick te voyait faire il perdrait sans doute ses moyens. Sans doute oui, qu’il viendrait te casser la gueule quitte à se faire en réalité massacré vu votre différence d’âge. Rien que d’y penser, ça pourrait presque me faire sourire. C’est con, mais j’adore le voir jaloux et protecteur. Ca me rassure. Ca me réconforte. Lui qui pourtant déteste la violence. Lui, qui ne ferait jamais de mal à qui que ce soit. Me toucher c’est le toucher tu sais. Il est comme ça Nicky.

Tu as fini par me rendre ma main, et machinalement je suis venue la prendre de mon autre main. Sans trop savoir pourquoi. Me sentant sans doute légèrement oppressé. Comme dans un étau. Avec cette envie de fuir mais pourtant, me retrouvant dans l’incapacité de le faire. C’est lui que quoi ? Que tu déteste ? Arrête, tu ne le connais même pas. Crois-moi, dans d’autres circonstance tu l’aurais trouvé admirable. T’as pas idée de tout ce qu’il fait pour la communauté. T’as pas conscience de l’importance qu’il a ici. Réalise que les poches de sang qui se trouvent dans les banques c’est lui qui les ramène. C’est lui qui vous nourris, toi et Shannon. C’est lui qui risque sa vie pour préserver la vôtre ! Alors ne sois pas stupide. Sans lui, on serait bien dans la merde. Reste. Pourquoi faire ? Pour se déchirer ? Pour parler ? Pour réparer des morceaux irréparables de notre histoire ? Pourtant je me suis relevé, allant fermer la porte en fermant furtivement les yeux. Je voulais partir. Oui je le voulais. Alors pourquoi je ne pouvais ? Si seulement je savais. Revenant vers toi, je n’ai pas prononcé un mot. Te faisant pencher légèrement la tête en arrière alors que je retirais les tubes de tes narines. Délicatement. Prenant soin de ne rien arracher, te libérant de tout ça. Tu allais mieux. Maintenant c’était psychologique. Le sang avait soigné tes blessures, la régénération avait eu lieu. Tu avais repris des forces. J’ai jeté le tout dans la poubelle, attrapant ton dossier pour y griffonner un truc avant de me laisser tomber sur le fauteuil. Fatigué. Exténué. Cette situation aller finir par me rendre cinglé. M’allumant une clope pour m’occuper les mains bien plus que par besoin. J’avoue, je ne comprenais pas Elijiah. Ca me dépassait. Vraiment. Je ne comprenais pas le but dans l’intégralité de tes agissements.

« J’ai lu ton carnet Elijiah. Je… Je vois pas ce que tu attends de moi. Comment tu veux arranger les choses maintenant ? Je veux dire. Tu t’attends à ce que je le prenne comment ? Je ne pige pas là pour tout te dire. Tu me quitte pour soit disant nous protéger alors que non Elijiah, c’est toi, toi et toi seul que tu as protégé en faisant ça, ensuite tu disparais durant deux ans, me laissant tout seul comme un connard en pleine guerre et maintenant tu reviens ? »

Tirant sur ma clope je suis resté là, sur ce fauteuil, m’y installant confortablement. Tu étais revenu, et là, j’étais là devant toi, alors non, ce n’était plus le moment de repartir en arrière. Tu voulais sans doute régler nos différents et pour ça il fallait parler, face à face. Crever l’abcès. C’est bien ce que tu voulais non ? Arranger les choses ?

« Eli j’en ai rien à foutre de lire tes confessions sur un bout de papier. C’est facile ça, tout le monde peut le faire. Ai au moins les couilles de me parler en face. J’sais pas moi. Tu m’as trompé, tu m’as transformé pour ne pas rester tout seul pour me larguer quelques mois plus tard après avoir rencontré un autre type et ensuite ? A quoi tu joues merde ? »

J’étais froid, sec. Mais tout ce que je voulais c’était comprendre. C’était réaliser. Essayer de savoir pourquoi on en était arrivé là, ce qui n’allais pas chez moi, chez toi aussi. Alors dis-moi, parles-moi, expliques-moi. Pourquoi Elijiah ? La question était simple dans le fond. Ca n’avait vraiment rien de compliqué quand on y repense. Vraiment rien.




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De la main de Elijiah H. Jazeem signé le Sam 14 Oct - 9:39

Bad dream...
« Some say the world will end in fire, some say in ice... »



Décidément, tu savais y faire avec moi. Comme personne d'autre. Ezechiel. Il n'y avait vraiment pas à dire, ni rien à redire. Je te l'assure. Puisque toi seul détenais le pouvoir de me faire passer d'un état à l'autre. Juste en une fraction de seconde. Le temps d'un battement de cil, alors même que je venais en paix. Dans l'espoir de me réconcilier. Pour essayer de réparer un peu le mal que je t'avais fait. Pourtant, tu me repoussais. Déchirant ainsi le voile de douceur dans lequel j'aurais voulu envelopper nos cœurs. Mais soit. Reste avec lui. Avec cet homme si merveilleux et idéal.

Puis surtout, oui, surtout je t'en prie. Ne te gêne pas. Continue. Continue de ne me regarder qu'au travers de ce miroir venant déformer mon reflet dans tes yeux. Si cela pouvait te rassurer. J'abdiquais. Non pas que je ne veuille déjà plus me battre pour toi, seulement tu ne m'y aidais pas. Sans doute volontairement. Afin de me punir et sous prétexte de me faire comprendre ce que toi tu avais dû endurer. Avec moi à tes côtés. L'irakien. Tu sais bien. L'homme que tu avais mis au défi de t'enfermer sous une burqa pour te soumettre. L'arabe. Le type au mœurs archaïques. Dominant, écrasant tous ceux qui se mettaient en travers de son chemin. Ma culture, mes croyances, mon histoire. N'avais-tu donc rien appris ni rien retenu en lisant mon carnet ? Si tel était le cas, mieux valait qu'on ne se retrouve jamais. Mieux valait.

Maintenant, libre à toi de penser que je ne savais rien. Et de nouveau, je me demandais ce que tu avais bien pu un jour ou l'autre me trouver. Lui et moi, on était le soleil et la nuit. Il était tolérance, bienveillance et amour. Je n'étais que souffrance, colère et destruction. À quoi bon poursuivre des illusions. De toute évidence, ce trait que je n'avais jamais pu me résoudre à tracer sur nous, toi tu l'avais tiré. En tout cas, c'est l'impression que tu me donnais. Crois bien que tes choix t'appartenaient. Il ne tenait qu'à toi de préférer vivre dans la sécurité de ses bras plutôt que dans le tourbillon de passion que j'avais jadis généré. En revanche, ne me juge pas. Chacun fait ce qu'il peut avec ce qu'il a, et si j'ai réussi à survivre jusqu'ici ce n'est pas anodin. Ne va pas croire le contraire. Longtemps, mon existence n'a été régie que par la loi du plus fort. Tuer ou être tué. C'est aussi simple que ça, aussi facile. Même si j'ignore au final en quoi cela pouvait me rendre plus dangereux que n'importe qui ici-bas.

Viens. N'aies pas peur. Regarde. Regarde et vois. Je ne t'avais pas encore sauté à la gorge, ni même tenté quoi que ce soit de déplacé. Ta main, il te suffisait de la retirer. De la reprendre et d'instaurer entre-nous les distances d'usage. Cette distance que tout infirmier se devait de prendre avec son malade. Chose que tu tardais néanmoins à faire. Alors que moi, je ne t'obligeais à rien. Renfonçant ma tête dans l'oreiller. Les idées en vrac. Avec l'impression que tout tanguait dans la pièce. Que tout tournait. Encore secoué et inquiet. Tandis que tu te levais pour aller fermer la porte. Je ne t'ai pas vu, incapable de rouvrir les yeux pour l'instant. Mais je vous ai entendu. Toi et tes pas. Suivi par le léger claquement de la porte. Merci…

Mécaniquement, je me mettais alors à chercher de l'air. Un peu comme je l'avais toujours fait. Quand le stress montait et que plus rien d'autre ne parvenait à me calmer. Et ça tanguait. De droite et de gauche. Me poussant à confondre l'endroit et aussi l'envers. Et ça ne semblait plus vouloir s'arrêter de tourner. Peut-être à cause de ce que tu m'avais injecté dans les veines, ou simplement les conséquences de l'agression dont je venais d'être victime. Victime, sûrement le pire mot au monde. Sur quoi, tu entreprenais de me retirer la sonde. Doucement. Avec égard. M'obligeant à pencher la tête et veillant à ne pas me blesser. Quoique me faisant quand même tousser une fois l'opération terminée. L'une de mes mains venant entourer ma gorge et mon corps se contorsionnant sous les secousses. Des larmes d'irritation bordant mes yeux, des yeux que je rouvrais enfin. Te voyant balancer le tout à la poubelle avant de te saisir de mon dossier. Voilà donc à quoi je me résumais. Est-ce que pour toi, je n'étais vraiment plus qu'un dossier de plus ? À te voir t'asseoir sur ton fauteuil et si je me fiais aux meurtrissures venant déformer ton visage, je voulais croire que non. Puis, tu te mettais à me parler. À me poser des questions.

- Je te l'ai dit l'autre soir, j'attends rien de toi. Tu as ta vie et j'ai la mienne. Peut-être que c'est mieux comme ça. Shannon est une fille bien tu sais. Tu seras sûrement d'accord avec moi pour dire que ma place est avec elle maintenant. C'est ça que je voulais te dire tout à l'heure. Je t'ai attendu, trop longtemps. Et puis, tu l'as lu ce carnet non ? Tu sais ce qui est arrivé à Elyas et à Rose. Par ma faute. Je pouvais pas revenir Ezechiel. Je porte malheur. Tous ceux qui m'aiment finissent par mourir. Si tu étais resté avec moi, tu serais peut-être encore en train de te détruire. Des fois, il faut savoir quitter ceux qu'on aime pour ne pas les perdre. Je nous ai protégé tous les deux, mais t'as le droit de me détester pour ça...tu auras toujours tous les droits...

Là-dessus, je tirais sur le drap me recouvrant pour venir m'asseoir au bord du lit. Face à toi. Mes doigts agrippant l'armature du sommier. Prenant conscience que mon corps s'était complètement régénéré. Mes pieds nus se posant au sol, la tête basse. Toujours ce même tourniquet m'empêchant de retrouver un semblant d'équilibre. Quelques-unes de mes boucles barrant mon front. Le dos courbé et le sang littéralement glacé par le froid que tu dégageais.

- Non...tout le monde ne peut pas le faire. T'es injuste là. J'ai mis des semaines à l'écrire ce truc. Pour que tu y lises tout ce que je ne suis jamais arrivé à te dire. Et malgré tout, tu ne comprends pas...on m'a infanté dans la violence et on m'a dressé dans la même violence. Tu crois peut-être que c'est facile ! J'ai essayé d'être un meilleur Sire pour toi que le mien. Mais j'y suis pas arrivé. Parce-que personne ne m'a jamais appris comment faire. Je me suis contenté de reproduire un même schéma…

Sans le vouloir, je haussais le ton. Levant la voix en même temps que je relevais la tête. Les lèvres pincées. J'en avais marre de toujours être le coupable idéal pour toi. Pas que je cherche à amoindrir les douleurs que je t'avais infligé. Je t'avais menti. Trompé. Je t'avais trahi. D'accord. C'est vrai. J'avais merdé. Sur tout la ligne, mais putain, à moi aussi je m'étais fait du mal.

- Je joue pas...si tu m'as pas vu ces deux dernières années, c'est parce-que j'avais honte. Parce-que moi aussi j'avais besoin de me mettre un peu à l'abri. De me reconstruire. Et puis...j'ai toujours su que tu allais bien…

Ne me demande pas comment, ne me le demande pas. Amarok. Il m'avait donné de tes nouvelles. À chacune de ses visites. Et moi, je lui avais fait promettre de garder le secret. Ce serait hypocrite de rejeter la faute sur lui à présent. Il n'y était pour rien. Puis ça ne changeait rien à l'amitié sincère qu'il te portait. J'espère que tu saurais lui pardonner son silence. Il l'avait fait pour moi. Parce-qu'en dépit de notre rupture, on étaient restés proches. Bien. À ton tour maintenant, à ton tour de me répondre.

- Maintenant, regarde-moi droit dans les yeux et réponds. Est-ce que ça aurait été si grave que ça que j'y reste ? Dis-le...

Dis-le ! Crache-le...dégueule-moi ta haine à la gueule. Dis-le ! Laisse sortir toute cette rage que tu avais enfoui tout au fond de toi. Dis-le ! Que ma mort aurait été une délivrance...dis-le ! Dis-le moi juste...

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De la main de Ezechiel Albeirteich signé le Lun 6 Nov - 11:53
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« Tu m’as attendu ? Arrête je t’en prie, tu t’enfonces là. »

C’était la seule chose que je trouvais à dire. Cette phrase, qui venait de me marquer. Je n’avais entendu qu’elle. Comme si ça avait été à moi de revenir. Comme si tout était de ma faute. Me protéger ? De qui ? De quoi ? Elyas et Rose n’étaient pas mort par ta faute Elijiah ! Tu ne crois pas qu’il était temps d’arrêter de te lamenter ? On avait tous perdu des proches. Tous ! Madison était morte aussi. Ca avait été douloureux, mais c’était comme ça. Zoé a été sortie in extremis des décombres de la fondation, on ignore ce que son devenu les frères McIntyre, Viljami on n’en parle même pas. Léandre a perdu Callan, personne ne l’a jamais revu. Alors non Elijiah. Elyas et Rose ne sont pas les uniques victimes de ce massacre. On a tous perdu bien plus qu’on ne le pense. Mais faut avancer. Ce n’est de la faute à personne si ce n’est que celle de Tullamore. T’es pas une victime, pas plus que nous. C’est ça la vérité. Alors arrête un peu. Grandis putain ! Avance, relève-toi, évolue ! Mais je ne dis plus rien. Me contentant de fuir ton regard, écoutant ce que tu me dis quand tu montes le ton. Essayant de canaliser ce surplus d’émotion qui revient s’emparer de mon être. Cette colère, cette rage, cette haine aussi. Fermant furtivement les yeux comme m’avait appris Nick pour essayer de contrôler tout ça. Tous ceux qui t’aime finisse par mourir… C’est du délire Elijiah, tu divague complétement. T’es pas plus poissard que nous autre arrête. Tu es destructeur, tu l’as toujours été, mais tu n’es pas un tueur. Je pourrais très bien te répondre, mais non, je préfère simplement fermer ma gueule et fumer ma clope, écoutant simplement tout ce que tu es en train de me dire.

Tu te redresse, face à moi. Mais je reste là, sur ce fauteuil, fixant un angle qui est tout sauf le tien. Ton regard, je n’ai pas envie de le croiser. Non. J’essaye de comprendre. Vraiment. Mais c’est trop dur. T’as été infanté dans la souffrance, tu crois que t’es le seul ? C’est pas une excuse Elijiah ! J’ai souffert toute ma vie, toute ma vie je me suis battu, non pas contre une personne certes, mais contre la maladie. T’as déjà eu un cancer toi ? Non ! Tu ignores ce que ça fait de te réveiller en suffoquant, de douiller à mort à chaque prise d’air, tu ignores ce que ça fait, de sentir ta peau te tirailler, de souffrir constamment, de faire semblant pour ne pas inquiéter les autres. De sourire malgré tout pour prétendre que tout va bien alors que le simple fait de faire un pas te fait souffrir le martyr. Tu veux vraiment me parler de souffrance ?! A moi ! Tu as le choix Elijiah ! Le choix de changer, d’évoluer, de tourner cette putain de page et d’arrêter de penser que t’es une foutue victime. Tu as le choix de devenir un homme bon, juste, et d’oublier toute cette haine, toute cette colère. Si j’ai pu le faire, toi aussi tu peux le faire ! On a tous pris des coups dans la gueule. Libre à toi de les encaisser pour ne pas refaire les mêmes conneries. C’est tout. C’est simple. Tu peux me trouver injuste. Je le suis peut-être. Sans doute. Mais si un tyran comme McGuinness a pu changer ne me fait pas croire que toi tu ne le pourrais pas. Tu n’es ni meilleur, ni pire que tous les autres. Ca ne tient qu’à toi de t’excuser, de me dire que tu es désolé, et d’essayer de prouver que tu as bel et bien changé.

Et puis on n’apprend pas à être Sire Elijiah, on le devient. Alors admettons. Admettons que tu as voulu me protéger, pourquoi revenir ? Pourquoi là, maintenant ? Parce que tu te sens prêt maintenant à m’assumer ? Parce que je te manque ? Parce que tu t’es rendu compte que tu avais merdé ? Admettons que je te laisse une chance ? Que j’accepte tes excuses. Que j’approuve tout ça. Admettons. On fait quoi ? On oublie tout ce qu’on a construit pendant deux ans pour s’exiler ? Ca ne fonctionne pas comme ça, ce n’est pas si simple bordel. Tu t’es justifié, mais tu n’aurais pas dû je crois. Non. Tu n’aurais pas dû. Comment oses-tu me dire que j’allais bien ? Comment tu peux être aussi con bordel ! Incapable de contrôler davantage ce surplus d’émotion je me suis relevé. Littéralement. Me jetant sur toi sans ne plus réfléchir. Plaquant mes mains sur tes tempes. Tu étais mon sire. Tu pouvais lire dans mon esprit. Tu pouvais voir ! Alors vois ! J’étais en parfaite santé, et c’est sans réfléchir que je t’ai infligé les images de mon passé. De cette fameuse soirée où tu m’as laissé avec ta caisse à l’instant où Nick m’a sauvé. Un an de souffrance. Un an de tentative de suicide, de solitude, à vivre dans l’ombre de ce qui restait de moi. J’étais un véritable cadavre ambulant. Me shootant à l’héroïne pour arrêter de penser. Vidant bouteille sur bouteille. Je ne ressemblais plus à rien. A un cadavre. Complétement vide. Marchant sans but. Me détruisant bien plus qu’autre chose. Alors non ! Comment oses-tu me dire que j’allais bien ! Que tu savais que j’étais bien alors que non ! Tu ne sais rien ! Tu ne sais rien parce que tu n’étais pas là ! Parce que tu m’as abandonné ! Comme une merde !

« Non ça n’aurait pas été grave parce que j’allais mieux sans toi ! T’avais pas l’droit de revenir dans ma vie ! T’avais pas l’droit putain ! J’ALLAIS MIEUX ! »

Je t’ai relâché. J’étais mauvais, je le savais. Violent, sans doute de trop. Mais dans le fond, on ne changeait jamais vraiment ce qu’on était. Et moi, moi j’avais toujours du mal à me contrôler. Je restais ce type un peu instable, violent, excessif, complétement impulsif. Je n’avais pas changé pour ça. Alors s’il te plait, ne m’en tiens pas rigueur. Et arrêtes de fuir. C’est toi qui a fait de moi ce que je suis. C’est toi qui m’a transformé. Alors il est temps que tu assume. Me passant une main dans les cheveux je me suis rallumer une clope pour tenter de me calmer. J’avais mal. Mal de te revoir, mal de cette situation, parce que dis-moi si je me trompe, mais plus jamais rien ne sera comme avant. Tout allait changer. Pour toi, comme pour moi. On aura beau se dire que non, que ça ne tenez qu’à nous, comment tu veux y croire ? Tu n’étais pas rien. Tu restais malgré tout mon premier mec, ma première fois, mon Sire. C’était trop. Ca représentait beaucoup, alors j’aurais beau dire, j’aurais beau m’en défendre, tu garderas toujours une certaine emprise sur moi. C’était bien plus qu’une évidence, une certitude. Et ça me faisait peur. Vraiment. Je commençais enfin à avancer, j’avais un but, un avenir. J’étais même en train de suivre une formation pour passer médecin. Je m’étais enfin trouvé un objectif. Sauver des gens. Les aider. J’étais heureux putain. Alors pourquoi ? Pourquoi tu étais là ? Comment tu pouvais me dire que tu n’attendais rien de moi alors que tu devais avoir parfaitement conscience que ton retour changerait absolument tout un tas de truc ? T’étais quand même pas stupide au point de penser que tout ce passerait bien ? Qu’on irait boire un café comme au bon vieux temps ?

« T’as tout gâché putain. »

J’ai murmuré ces mots, dans un son presque imperceptible alors que je me suis laissé tomber sur le fauteuil sur lequel j’étais assis avant de me jeter littéralement sur toi. Fixant le même angle qu’avant. N’osant poser les yeux sur toi, fumant ma clope, ma tête reposant sur ma main libre. T’avais tout gâché, d’une certaine manière. Si je le pensais ? Sans doute oui. Très certainement. J’avais toujours était attiré vers toi, d’une façon ou d’une autre. C’était irrationnelle, mais c’était le cas. J’avais peur. Peur de tout perdre comme j’avais tout perdu deux ans en arrière. Peur de merder. Peur de faire souffrir Nicky. Peur de faire une grosse connerie. Peur de te refaire confiance aussi. Sans doute. Très certainement. La vérité était que j’aurais très bien pu partir, sortir, rentrer me coucher et demander à Penny de s’occuper de toi. Mais je n’ai rien fait. Non. Je n’ai rien fait. A la place je suis resté là, sans bouger, sans trop savoir pourquoi. Complétement largué. Tiraillé aussi sans doute. Incapable de bouger et de partir. Comme si inconsciemment je ressentais ce besoin de veiller sur toi. Sans trop savoir pourquoi…






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Bad dream : escape from castle ◘ Feat. Ezechiel

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