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 Bad dream : escape from castle ◘ Feat. Ezechiel

Vampire
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Bad dream...
« Some say the world will end in fire, some say in ice... »


Je planais. Comme pris dans un trou d'air, en chute libre. Le corps léger. Presque en apesanteur, proche du néant. Sans doute à cause des relents de chaleur qui venaient successivement m'envelopper tout entier. Par vagues. De pures bouffées d'oxygène. Une sorte de chaleur artificielle et réconfortante, mais qu'on avait sans doute provoqué afin de me maintenir dans un état de sommeil semi-conscient. Bien. Je me sentais juste bien en fait. La tête vide et l'esprit au repos, en paix.

Si tant est que je sache encore ce que le mot “paix” signifiait dès lors qu'il me fallait quitter les bras de Shannon. Ses bras dont on m'avait arraché de force. En sachant que je ne voulais pas monter dans cette voiture, ni même suivre ces hommes. Agents de Tullamore ou membres de ta famille comme tu te plaisais à les appeler, peu importe. À ce jour, la différence je ne la faisais plus vraiment. Désolé. Vos faits d'armes héroïques me passaient au-dessus. J'avais trop longtemps mis ma vie et mes envies en suspend pour l'organisation. Je ne comptais pas remettre le couvert. Que tu veuilles faire l'effort de le comprendre ou pas, ça ne me concernait plus. Et déjà, la boule se formant dans ma gorge se muait en une angoisse sourde. Non. Depuis que je t'avais revu, je n'étais plus en paix. Je me mentais. Pour ce que je m'en souvenais, la paix que je trouvais parfois avec elle n'avait pas ce goût là. Pas plus que ce parfum de regret flottant à la lisière de mes lèvres.

Tu sais Ezechiel, ces dernières heures il m'avait fallu faire des choix. D'abord en arrêtant de regarder vers le passé afin de me tourner en direction de l'avenir. Toi, tu avais quelqu'un. Alors tu croyais sincèrement que j'allais gentiment pouvoir rester là ? Sous votre toit. En sachant que vous partagiez le même lit. Sauf peut-être si Shannon venait me rejoindre. Tu l'ignorais, mais je lui avais proposé de me suivre ici pour nous y installer. Elle méritait tellement mieux que ce que je pouvais lui offrir. N'y vois pas une provocation s'il te plaît. Shannon…

Brusquement, je redescendais. Fini de planer. Revoyant son message, celui qui disait : “Eli, faut que tu viennes me chercher. Magne-toi. S'il te plaît...ça urge là. Je t'expliquerais plus tard, viens vite. Je t'attends. Au nord de la ville…#Shannon.”

Et lentement, le leurre se dissipait. Le mot paix n'avait pas sa place dans le contexte. Plus aucun sens ni aucune raison d'être, un peu comme nous. Et voilà. Voilà que dans ma tête tout se mélangeait. Tu le savais pourtant que je résistais mal aux drogues. Que ces saloperies me rendaient instable et sujet aux crises de delirium. Même ça tu l'avais oublié, seulement moi je n'oublierais jamais. Mais c'était toi l'infirmier n'est-ce pas ? Je n'allais pas t'apprendre ton métier. Toi entre les mains duquel on m'avait confié. Triste ironie. Attends. Je me perdais là. Je te disais...

Je te disais donc que j'avais dû faire des choix. Des choix de raison. D'abord en arrêtant de courir après des illusions et ensuite, en pensant à moi. Égoïstement. Ces deux dernières années avaient été difficiles, faites de solitude et de repentir. Longtemps, je t'avais espéré. Rêvé. Longtemps, je m'étais voilé la face. Alors en  me retrouvant mis devant le fait accompli, il y a un truc qui s'était brisé. Voir ta photo avec lui, ça m'avait juste écœuré. Pire quand ton mec avait débarqué pour me sauver. Tel un héros de séries noires. Après, qu'on se le dise. Je n'avais rien contre lui. Il avait l'air d'être quelqu'un de bien et de combler tous tes besoins. Honnêtement, il m'était juste indifférent. Inexistant. S'il faisait ton bonheur et qu'il te rendait heureux, tant mieux. Le reste je ne voulais pas savoir. Moi, j'étais revenu pour toi. Uniquement. Pour toi dont le son de la voix commençait petit à petit à m'agiter et me tirer de ma torpeur jusqu'à me jeter en pleine gueule la dure réalité. Je n'aurais jamais dû disparaître. Ni même te laisser croire que j'étais mort. J'avais eu tort. Mais comme tu me le répétais si souvent, il ne servait à rien de s'appesantir sur son sort. On avait la vie qu'on méritait, celle qu'on se construisait et qu'on s'inventait. La mienne devrait désormais s'écrire sans toi. Ou en tout cas, sans toi tel que je me l'imaginais. Avant. Avant de m'effondrer pour ne m'en relever que plus fort. En attendant, livré à tes bons soins je me sentais déjà un peu moins cotonneux. Moins dans le gaz quoi. Là, sans être vraiment présent. Quoique. Pas non plus complètement éteint et absent. Puisque progressivement, des bribes de votre conversation arrivaient à mes oreilles. Incompréhensibles…

Puis soudain, des flashs m'étaient revenus. Mes craintes pour Shannon. Ce sentiment d'impuissance qui m'avait pris à bras-le-corps rien qu'à l'idée de la savoir peut-être en danger. L'obsession de ne pas arriver à temps pour l'aider. Suivi d'une première altercation avec des hommes que je n'avais jamais vu avant. Ceux qui m'avaient balancé dans leur coffre et roué de coups. Et bien sûr, il avait fallu que ce soit LE Murphy en question qui me sauve la mise. Dieu nourrissait parfois d'étranges desseins.

Alors je luttais. Pour ne pas me réveiller. Essayant de profiter des bienfaits de la situation. Plus de mal de crâne. Plus aucune douleur. Mes côtes ne me faisant plus du tout souffrir et la faim semblant s'apaiser. Il n'empêche qu'il était trop tôt. Ça n'allait pas. J'en étais persuadé. Convaincu que rien de ce qui m'attendait une fois que j'aurais rouvert les yeux ne serait normal. Des yeux qui papillonnaient, battant des cils et des paupières. Inquiet. Après, je savais plus. Je crois qu'on m'avait transporté ou transféré, à la manière des hôpitaux. En me laissant couché sur un lit à roulettes, le temps de m'installer plus confortablement dans une chambre. Si on peut dire. Façon de parler, en sachant qu'on me retenait ici contre ma volonté. Prévenir Shannon. Rentrer la retrouver. La serrer contre moi, et savourer l'instant. Le simple plaisir d'être vivant. Maintenant, laisse-moi rentrer chez moi. En vérité, je ne me souvenais pas de ce qui s'était passé entre la cour du château et ce moment où je reprenais pleinement conscience dans un sursaut. Incontrôlable. Encore sous le coup de l'émotion, incapable de gérer. Débordé. En état de choc. Si bien que soumis au stress et la pression, je me redressais pour m'asseoir. Gémissant au passage et arrachant d'un geste sec ma perfusion. Tu devais me permettre de m'en aller. Aveugle et sourd, je ne t'entendais ni ne te voyais.

Shannon allait s'inquiéter. Pire si elle croyait que je l'avais abandonné. J'avais besoin d'elle tu comprends, besoin. Sans elle, je ne sais pas ce que je serais devenu. Un mort vivant sans doute. Un fantôme. Ça t'aurait facilité les choses, avoue.

Les mains tremblantes, je sentais alors des espèces de tuyaux encombrer mes narines. Puis baissant les yeux, je me rendais compte que je portais une chemise bleue. Enfin, je savais pas comment vous appeliez ça dans votre jargon de toubibs. OK. Retire-moi ces saloperies. Il n'y avait pas de boule dans ma gorge, juste des tubes. Hagard, j'ai refermé mes doigts dessus. Il se passerait quoi si je les retirais…tu me ferais encore la leçon ? Bref.

La prison de Tullamore ou le château ? Ma vision se troublait. Ma tête tournait. J'aurais pu te chercher du regard, mais je n'en faisais rien. Pour y lire de la déception, non merci. Au final, il aurait peut-être mieux valu que ces types me tuent ou qu'ils m'emmènent avec eux. D'accord. Refermant mon poing sur les tubes, j'entreprenais de m'en débarrasser...

@Lyr


SOME SAY THE WORLD WILL END IN...
ANAPHORE
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Bad Dream
- Ezechiel Albeirteich & Elijiah Jazeem -




Il t’avait ramené. Sans se douter une seule seconde de qui tu étais. De ce que tu étais. De notre histoire, de notre passif. Naïvement. Fier d’avoir sauvé quelqu’un. Fier, jusqu’à ce que la vérité sur ta réelle identité tombe. Il t’avait sauvé toi. Mon Sire. Mon Ex. Te sauver. Ce n’était pas la première fois en deux ans que je te voyais dans ce triste état. Non. J’essayais, vraiment j’essayais. De rester indifférent. De ne pas laisser les fantômes du passé réapparaitre, comme ça. Mais la vérité, c’était qu’en te voyant là, allongé sur ce lit, je te revoyais toi, allongé sur un lit semblable dans une petite chambre de la fondation. Toi, blessé, presque mourant suite à la sentence que t’avais infligé Léandre. T’ouvrant le dos. Cette scène comment je pourrais l’oublier ? Je t’avais sauvé. Moi. Au risque d’y laisser ma vie. Je venais d’apprendre que j’allais mourir. Penny me l’avait annoncé la veille. La veille. Cette nuit, oui je m’étais donné à toi. Ou je t’avais dit combien je pouvais t’aimer. Tu te souviens ? Avant que tout ne s’écroule. Avant que Zoé, prise de remords, m’annonce dans ce fourgon qu’elle avait couché avec toi. Avant que j’apprennes, que je réalise que la haine que ressentait Léandre pour toi n’était dû qu’au fait que tu t’envoyais en l’air avec son Infant. Infant que tu avais manipulé, Infant qui t’aimait, et peut-être que tu aimais en retour ? Infant qui avait été l’ami, le proche de la personne responsable de tout mon calvaire. La trahison ultime. La pire pour moi. Alors je sais, tu me diras, oui, nous n’étions pas ensemble. Peut-être. Mais pourtant. Pourtant déjà tu avais jeté ton dévolu sur moi, m’offrant ces tasses de cafés sucrées que je détestais. Oui, pourtant, notre destin était tout tracé, tu t’étais amusé à le dessiné du bout des doigts. Telle une araignée, tu avais fait ta toile pour mieux frapper.

Alors non, te voir là ne m’emplis pas de joie. Bien au contraire. Parce qu’ensuite, tu la connais l’histoire. Je vouloir mourir. J’avais mal. Mal de ta trahison que tu n’as jamais comprise d’ailleurs. Un mal que tu n’as jamais cherché à réparer. J’étais venu, pour me venger. Te donner mon sang. Tu sais, ce sang qui pouvait te soigner grâce au remède miracle de Viljami. A l’époque, j’ignorais ce qu’il mettait dedans. J’ignorais que Viljami avait été sorcier avant de devenir vampire. J’ignorais tout ça. Mais mon sang pouvait te soigner. Rapidement. Te redonner vie, si tant est que tu le boives jusqu’à sa dernière goutte. Je voulais mourir. Mais comme toujours, tu as pris sans demander. Je ne souffrais pas assez ? Non. Sans doute pas assez à tes yeux. Tu sais mon Amour, tu n’as jamais cherché. Tu as beau te donner bonne conscience en me rendant responsable de notre situation, tu n’as jamais creusé. Tu n’as jamais voulu comprendre pourquoi je m’étais comporté ainsi au début. Jamais. Pourtant tu as assisté à la scène. A cette transformation douloureuse. Insupportable. Une agonie de non pas un jour, non pas deux, mais de presque une semaine. Tu sais ce que ça fait toi, de sentir son corps se régénéré dans son intégralité ? Sentir sa peau se reconstruire ? C’était comme une de ces nombreuses greffes que j’avais connu. Sauf que cette fois, c’était sans anesthésie. Et ensuite ? Ensuite il a fallu tout réapprendre. A me regarder dans une glace. Je ne me reconnaissais plus. Mais surtout… A voir. Voir après des années dans le noir. 20 pour être exacte. Ajoutes à ça les nouvelles sensations dû à la vampirisation. Les sens aiguisés. Olfactifs, auditifs, sensorielles. J’étais perdu… Oui mon Ange. J’étais complétement perdu… Mais ça non plus, tu n’as jamais cherché à comprendre. Me trouvant insupportable, indomptable. Tu aurais dû me rassurer. Mais tu ne l’as pas fait… Non, tu ne l’as pas fait… Et à la place… A la place tu as été te rassurer toi dans d’autres bras que les miens… Alors creuses… Oui… Creuses et comprends. Pour une fois. S’il te plait ?

Toutes ces nouveautés. Toutes ces sensations. Ces sens. Des sens que j’avais déjà développé au cours de mon existence. Imagines. Comprends… Mais non… Non… tu ne comprenais pas. Alors oui, te voir là me rappel ce passé destructeur. Ne m’en veux pas de mon manque de sympathie. Mais c’est encore frais. Bien trop frais dans ma mémoire. Et toi ? Toi tu me demande de te comprendre en me faisant lire ce ramassis de pseudo remords et d’excuses ? Comment oses-tu ? Comment oses-tu avoir la prétention de le jalouser quand je sais que tu n’as eu aucun, non vraiment aucun scrupule à me laisser tomber pour aller vivre un semblant de jours heureux dans les bras de ce qui se rapprochait de près à un ami ! Décidément Elijiah. Toi tu ne vois jamais le mal que tu fais, mais pourtant, oh que oui pourtant, ce que tu peux en faire. Tu avais faux. Faux sur absolument toute la ligne. Mais tu vois. La colère, la rage, la haine, tout ça, dans le fond, ça n’était que superflus. Parce que tu étais là, devant moi. Là où j’avais pris le parti de t’aider. Vas-tu me le reprocher ? Sans doute. Très certainement. Mais tu vois, une fois éveillé, tu auras beau me regarder avec tes yeux de cocker ça n’y changera rien. Tu avais fait tes choix. Des mauvais. De très mauvais. Et maintenant ? Maintenant il te fallait les assumer. C’était tout ce qu’il te restait à faire. Assumer. Et vivre avec aussi. La rancune, non, je ne l’avais pas tenace. Tu me connaissais. Mais l’amertume était là, encore bien trop présente, un goût âcre et dégueulasse en bouche. J’avais besoin de temps. Et du temps, pour la première fois de ta vie il te faudrait me l’accorder si tu espérais encore un peu me retrouver. Te montrer patient et accepter que pour une fois, tu n’obtiendras pas ce que tu voulais dans la seconde. Oui Elijiah. Tel le tortionnaire que tu avais été tu avais fait du mal. Et il te fallait l’accepter. Tout simplement.

Assis sur là, sur un fauteuil de ta nouvelle chambre d’hôpital, je ne te regardais pas. Remplissant ton dossier, machinalement. Fumant ma cigarette, griffonnant des informations sur le bout de papier. Nom, prénom, origine, race, symptômes. Des banalités en soit. La base. Juste une manière de t’inscrire dans la base de données afin de justifier le traitement administré pour ne pas faire d’erreurs dans l’inventaire. Inventaire qui avait lieu tous les trois jours pour savoir ce que nos hommes chargés de partir en Raids devaient ramener. Oui, nous étions organisés. Comme à l’époque de la fondation. Notre patron, notre supérieur hiérarchique restait le même tu me diras. Wellan avait toujours aimé l’organisation. Certaines choses avaient changé, d’autres non. C’était comme ça. J’étais perdu dans mes pensées quand je t’ai entendu t’agiter. Relevant furtivement les yeux de mes papiers quand j’ai vu que tu arrachais déjà ta perfusion. Décidément. Fallait encore que tu dramatises. Comme toujours. On t’avait sauvé la vie et voilà comment tu nous remerciais ? Toi et ton égo. Toi et ta connerie sans doute. Refermant ton dossier je l’ai déposé sur la table, avant de le relever, sans te regarder, me dirigeant vers la porte alors que tu t’attaquais déjà à la sonde de gavage. Arrêtes. Pitié arrête. Tu deviens ridicule si tu savais. Délicatement, restant impassible, calme, j’ai ouvert la porte avant d’enfin te regarder. Tu faisais quoi ? Une scène ? Il était temps que tu prennes conscience des choses. Quand allais-tu enfin réagir que dans ce nouveaux monde l’union faisait la force ? Quand allais tu t’enfoncer dans le crâne que seul tu ne t’en sortirais pas ? Elle comprise ? Oui, elle. Shannon. Cette fille dont tu n’as osé me parler la dernière fois mais que tu as mentionné dans ton super mémoire. Oui je l’ai lu. Peut-être que je n’aurais pas dû vu ce que j’y ai appris. Ca n’a pas tourné en ta faveur crois-moi.

« Tu es libre tu sais. Si tu ne veux pas de notre aide il te suffit de prendre la porte. Cela dit à ta place je ne tirerais pas sur la sonde comme ça. Alors t’as trois solutions. Soit t’as de la chance et t’arraches pas tout et tu peux te barrer. Soit, et vu ta méthode c’est probable, t’arrache la sonde, une partie reste dans ton nez et là il va me falloir t’ouvrir pour en retirer les restes ce qui t’obligerais à rester encore plus longtemps. Soit, et sans doute la plus sage des solutions, tu te calme et tu me laisse faire. Et si tu ne veux pas de mon aide parfait, Penny s’occupera de toi. Tu te rappelles de Penny n’est-ce pas ? Elle était mon infirmière à l’époque où j’étais mourant. Tu l’as croisé, elle apportait sans cesse des médocs à la fondation. Enfin peu importe. La porte est grande ouverte mais nous ne sommes pas l’ennemi Elijiah. Et se serait stupide de refuser notre aide dans ton état. »

Laissant la porte grande ouverte pour te prouver que tu avais le choix je me suis écarté, allant me laver les mains et les désinfectant avant d’enfiler une paire de gants en latex. Tu n’étais pas infecté, mais j’avais chopper des réflexes. Revenant vers toi je me suis simplement assis sur ton lit, là, à côté de toi. Regardant d’un air dépité la perfusion que tu avais arraché. Pourquoi tu te m’étais dans des états pareils sérieux ? Y’avait pas lieu de faire une scène, on n’allait pas te bouffer, tu le savais quand même.

« Je ne serais pas désolé que ce soit Nicky qui t’ai trouvé. Il a fait son job c’est tout. Et sans leur intervention désolée de te le dire mais tu serais sans doute mort à cette heure-là. Et j’crois pas qu’abandonner Shannon soit dans tes prérogatives. Alors tu sais, parfois, il suffit simplement de dire merci. Tu veux me détester c’est ton droit. Mais non Elijiah, je ne serais pas désolé non plus d’avoir continué de vivre. Si t’as pas envie de me voir il te suffis de me le dire et je partirais. T’es libre encore une fois. C’est pas nous les méchants de l’histoire alors merci de ne pas nous considérer comme tel. Et sans vouloir jouer les héros, on met tous nos vies en danger ici pour essayer de sauver notre communauté. Ca serait sympa de ne pas l’oublier parce que c’est pas le cas de tout le monde. »

J’étais froid, je te l’accorde. Mais tes réactions me dépassaient. Parce que oui sans nous tu serais mort. Très certainement. Alors si t’en avais rien à foutre de me laisser, désolé, mais t’avais infanter quelqu’un derrière moi que tu te devais très certainement assumer si tu ne voulais pas remporter la palme du pire Sire jamais connu sur cette putain de planète. Et il était grand temps que quelqu’un te ramène à la réalité des évènements. Nous n’étions pas les méchants Elijiah. Il tenait qu’à toi d’accepter que oui, pour la première fois de son existence le « grand » Elijiah Jazeem avait besoin d’aide. C’était comme ça. Mais ça ne tenait qu’à toi de l’accepter ou non.



©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach


I'LL SING IT ONE LAST TIME FOR YOU. THEN WE REALLY HAVE TO GO. YOU'VE BEEN THE ONLY THING THAT'S RIGHT IN ALL I'VE DONE. AND I CAN BARELY LOOK AT YOU. BUT EVERY SINGLE TIME I DO I KNOW WE'LL MAKE IT ANYWHERE. AWAY FROM HERE. LIGHT UP AS IF YOU HAVE A CHOISE. EVEN IF YOU CANNOT HEAR MY VOICE I'LL BE RIGHT BESIDE YOU DEAR
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Tu vois. C'était plus fort que toi. Tu ne pouvais pas t'en empêcher, il fallait toujours que tu me prennes de haut. Comme avant. À l'époque où toi et moi, on se déchirait. Oui. Décidément, certaines choses ne changeraient jamais. Et crois bien mon cœur que je le regrettais. Amèrement. Mais tu le sais. Tu sais que parfois l'amour ne suffisait pas. Et déjà, je sentais un flot de larmes revenir me border les yeux. Me retrouver à côté de toi, avec pour obligation de te faire face et d'accepter que tu sois passé à autre chose, ne servant qu'à davantage creuser le fossé qui désormais nous séparait. Un trou de deux ans. Aussi profond que le vide que ton absence avait laissé dans mon existence. Tu me manquais. Je ne voyais pas quoi ajouter.


LA BLESSURE

Ce n’est pas le Kandjar qui l’a faite :
Mes ennemis étaient sous leurs tentes.

Ce n’est pas une vengeance échue :
Ceux que j’ai offensés sont morts de ma propre main.

Ce n’est pas le hasard aveugle :
Le hasard quand il croise ma route devient clairvoyant.

Si ma vie se répand et me quitte
C’est que ses yeux m’ont blessé à mort

Et qu’Il en aime un autre.

Mais le vide n'était-il pas fait pour être rempli ? Les blessures n'avaient-elles pas vocation de se panser au fil du temps ? Je t'en prie. Essaye au moins d'y réfléchir. D'y penser un peu. Mes torts, je les avais reconnu. Devant toi. Pas plus tard que la semaine dernière. Bien sûr, je savais qu'il te faudrait plus que des excuses. Qu'est-ce que tu attendais de moi…

Rends-toi à l'évidence. Je ne serais jamais lui. Cet homme que tu aimais, cet homme si parfait. Qui m'avait remplacé. D'accord.  J'avoue, la jalousie que je nourrissais à son encontre pouvait te paraître déplacée. Seulement n'oublie pas. N'oublie pas que je ne serais jamais un gentil garçon bien sous tout rapport. J'étais fait de feu et de glace Ezechiel. Brûlant, consumant les autres, dévastant tout sur mon passage et souvent, aussi glacial que le blizzard. D'un froid mordant. Après, je crois que c'est pour ça que tu m'avais aimé. Je crois. Enfin, quand on le voyait lui, on était en droit de se demander si je n'étais pas juste une erreur. Qu'est-ce qu'il avait de plus que moi, qu'est-ce qu'il t'apportait que je n'avais pas su de donner…

Laisse tomber va. Plus je remuais le couteau dans la plaie et plus je t'en voulais. Tu m'aurais préféré mort. Dis-le ! Juste mort et enterré, six pieds sous terre. Ne viens surtout pas prétendre le contraire. Ne me mens pas. Assume. Va jusqu'au bout. Je l'avais vu cette photo. De vous. Cette photo que tu m'avais collé sous le nez, me balançant ton bonheur en pleine gueule. Geste d'une violence inouïe dont je ne te pensais pas capable un jour. Comprends que je ne te reprochais rien. En d'autres circonstances, peut-être même que j'aurais pu me réjouir pour toi. Me montrer heureux. Sauf que je n'y arrivais pas. Il était trop tôt. J'avais beau essayer de me persuader que ça n'était rien, que ça me passerait, c'était à chaque fois pire. Te revoir. Te parler. Puis te toucher, et l'envie incontrôlable d'à nouveau m'enfoncer dans ton odeur. Serre-moi plutôt dans tes bras au lieu de me faire la morale. Tu me fatiguais des fois. Pourtant, je t'écoutais. Réalisant progressivement que tu étais bien là. Vraiment. Et comme un con, je te souriais. La colère, la peur et la panique disparaissant en un seul battement de cil. Finalement, la vie était belle. On n'allait pas la gâcher à se détester. Docilement, je relâchais donc la pression sur les tubes me reliant à la sonde. Mon premier geste pour te plaire, serait de ne pas te créer plus d'ennuis que je ne t'en avais déjà causé.

Par contre, le son de ta voix me recadrait aussitôt. Et ça me blessait. Pourquoi tu te forçais à rester dans la même pièce que moi si tu ne me supportais plus du tout ? J'avais envie de chialer. C'était en train de me prendre aux tripes d'une force, que j'en aurais gerbé. Tous les deux, on était pas dans le même état d'esprit. Clairement. Or, faire semblant je savais plus.

- Est-ce que tu veux bien m'enlever ça s'il te plaît…

Ça” c'était la sonde. Et ça, c'est ce que je te demandais en me rallongeant. Du bout des lèvres. Pas bien. Pour ne pas dire au plus mal. Des flashs me revenant à l'esprit. Ces types me passant à tabac. La douleur et le craquement sinistre de mes os se brisant sous leurs coups. La sensation odieuse de me sentir plus fragile qu'un nouveau né. Puis...le fils des événements qui à présent m'échappait. Tandis que dans un spasme, je plaquais les paumes de mes mains sur mes yeux. Les doigts raides et douloureusement crispés. Leurs jointures tout égratignées. Parce-que pour toi, pour honorer ma promesse, celle de me battre et de survivre, je m'étais défendu. Comme j'avais pu.

- Puis referme cette foutue porte, j'ai pas envie qu'on vienne nous déranger…

Non. Même à moitié mort, j'étais bien avec toi. Rien que nous deux. Seuls. Sans lui, ni elle. Shannon...écoute-moi. On devait la prévenir. Lui dire de venir me chercher, me sortir d'ici. Avant qu'il ne soit trop tard. Avant que tu ne prennes conscience d'à quel point je t'étais encore attaché. Et que pour me refaire une petite place dans ta vie, j'étais enfin prêt à tout accepter. Que tu me traites avec mépris. Que tu te montres distant. J'étais vraiment prêt. Quitte à devenir tout ce que tu voudrais, ton ami, ton amant, rien de tout ça peut-être. Même si j'en crevais. C'est en silence que je souffrirais. Maintenant, je savais. Que quoi que tu décides, je m'y plierais. Le temps m'avait appris l'humilité. Alors, je capitulais. Tu étais satisfait j'espère. De sorte que je laissais mes bras retomber le long de mon corps. Abattu. Sous ton emprise, totale et absolue. Plus à toi que je ne l'avais jamais été de par le passé. La raison était ainsi faite. Qu'importe que l'on lutte de toutes nos forces. Un jour venait le moment d'accepter, de lâcher prise, de retirer le masque qu'on portait et de ne plus se cacher derrière de faux-semblants.

Referme cette foutue porte...mais elle restait grande ouverte. Puisque tu étais venu t'asseoir à côté de moi, sur mon lit. Me déblatérant tes discours de gentil petit soldat. Chéri, je prenais déjà les armes alors que tu n'étais pas encore venu au monde. Aussi, merci de ne pas gaspiller ta salive à me faire la leçon. Aujourd'hui, j'étais un homme de paix. Je réparais ce que la guerre avait cassé. Ou en tout cas, je m'y employais. Ce que vous faisiez ici ne me regardait plus, tout simplement.

Pour ma part, j'avais assez donné. Jusqu'à ma vie si tu te souviens bien. Ezechiel, cette scène, on l'avait déjà vécu. Au fond, le plus grand témoignage d'amour que j'aurais pu t'offrir ça aurait été de me laisser mourir avec toi. Deux ans plus tôt. Pardon. Encore une fois. J'étais sourd et aveugle. J'avais poussé le vice trop loin pour pouvoir faire machine arrière et toi, tu m'avais caché trop de choses. Voilà pourquoi désormais, je ne voulais plus de ta protection. Il ne s'agissait pas de refuser la main que tu me tendais. Ton aide, je l'acceptais. Quant à Penny, quel besoin avais-tu de me menacer ? Il te suffisait de l'appeler. De la faire venir. De me dire que tout était terminé entre-nous. Point barre. De définitivement tourner la page de notre histoire. Parce-qu'autant que tu le saches, si tu attendais que cette décision vienne de moi, tu risquais d'attendre longtemps. Pas que je veuille foutre la merde dans ton couple, mais tant que tu tolérerais ma présence quelque part dans ton entourage, je ne céderais pas la place. À personne. Personne. Regarde-moi et dis-moi que je ne représentais plus rien pour toi.

Soupirant, j'enfonçais alors ma tête dans le coussin. Fixant une seconde le plafond. Des images continuant à déferler sous mes yeux. Shannon. Est-ce que c'était te trahir et te tromper que d'essayer de reconstruire quelque chose de neuf avec elle ? Moi j'en avais l'impression. Sans doute qu'elle le savait d'ailleurs. Le fait est que je la laissais voyager dans mon esprit à sa guise. Pas de mensonges. Ce qui ne m'empêchait pas de culpabiliser. Je t'avais attendu. Fantasmé, espéré, rêvé. Pour mieux m'abandonner entre ses bras à elle . Sur ce, je me tournais vers toi. Toi qui portait des gants en latex. Un air dépité peint sur la figure. Ton joli visage, sans maquillage. Sans conteste, tu étais ma plus belle réussite. Ma plus grande fierté. Cet homme que je n'avais jamais cessé d'aimer. Ma poussière de lune. Ma moitié d'âme...

Bref. Hésitant, je profitais que tu t'approches pour prendre ta main. Te retirant l'un de tes gants en latex. Doucement. Presque amoureusement comme si je t'avais déshabillé, avant d'entrelacer nos doigts. Les yeux baissés. N'osant plus te regarder, par crainte que tu rejettes mon geste puisqu'il ne venait pas de toi. Le désir de sentir ta peau contre la mienne devenant plus violent.  Vital. Essentiel et indépendant de ma volonté. Quitte à me briser sur les écueils de ta rancœur.

- T'as pas à t'excuser pour lui. Même si j'aurais préféré que ce soit un autre qui me vienne en aide...et sois honnête, est-ce que ça aurait été si grave que ça que j'y reste ? Quant à Shannon...il faut que je te dise...rien. Rien du tout.

Rien. Je me sentais perdu. Mis à nu. T'entendre prononcer son prénom me m'était mal à l'aise. J'aurais dû t'en parler l'autre soir. Seulement vois-tu, avant l'autre soir elle n'était que mon infante. Ou peut-être déjà beaucoup plus. Je savais plus. Par ta faute. Tout était si compliqué. Si difficile. Les amours passaient, toi tu restais. Immuable. L'homme de ma vie. Fruit d'un amour passionnel qui avait tout dévasté sur son passage. Et brusquement, je retirais mes doigts. Ça ne servait plus à rien que je me raccroche à toi n'est-ce pas ? Tu l'avais lui. Que je me montre envieux ou jaloux n'y changerait rien.

- Tu sais, j'ai jamais dit que je te détestais. C'est lui que...cherche pas. Mais rassure-toi, je me tiendrais à carreau.

Parce-que je te voyais venir d'ici. J'avais menacé ton mec d'un flingue et j'imagine même pas toutes les horreurs que tu avais pu lui raconter sur mon compte. Le monstre. Le sale enfoiré. L'égoïste, égocentrique, nombriliste. Le type qui t'avait détruit. Mais tu lui avais raconté combien j'avais pu t'aimer aussi ? Au point de te quitter. Pour nous sauver. Que tu veuilles l'entendre ou pas. C'était celle-là l'autre facette de notre vérité. En attendant, je tournais la tête du côté opposé. Un peu refroidit. Pas d'une humeur très chaleureuse d'un coup. Ça me pesait tout ça. Puis envisager que tu puisses dormir avec lui alors que je me trouvais sous le même toit que vous, voilà quoi. Encore que lorsque je dis “dormir”, c'est autre chose qui me vient à l'esprit.

T'aimais pas ça avec moi. Tu te souviens ? C'était pénible pour toi, et par orgueil, je n'avais pas voulu te laisser prendre une autre place. Si tu savais. Je tuerais maintenant pour te sentir combler et remplir mes vides « Et pour te répondre, non…je veux pas que tu partes. Reste…» Juste, évite de me vanter vos mérites. Je gardais des griefs contre la Fondation et bien d'autres trucs. Sans parler de la pointe de honte qui me piquait. À ma panoplie d'ordure venant s'ajouter la lâcheté.

Qu'est-ce que je fichais là...avec toi...c'est d'appeler Shannon que j'aurais dû te demander au lieu de te supplier de rester...et dans le flou, je fermais les yeux. D'un coup, tout c'était mis à tanguer dans la pièce…

@Crédit : La blessure - Ghazel (à proprement dire une forme poétique arabe)

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Depuis ma naissance tout se résumait à des étapes de deuil. Du déni à l’acceptation, de la réalisation à la souffrance. Maintenant je crois que c’était à toi de ressentir ce que j’avais toujours ressenti. Avec toi, ou pas d’ailleurs. Ma vie entière avait été un vrai calvaire. Jamais heureux très longtemps, toujours en train de me battre contre mes démons. La maladie, les regards, les critiques, les moqueries parfois. Alors tu vois ce que ça fait ? Trouves ça injuste, moi tu vois, je trouve que c’est plutôt une bonne chose. Au moins, pour la première fois, tu peux enfin te mettre à ma place et comprendre combien ce n’est pas agréable tout ça. C’était brutal, violent, mais si fallait que t’en passes par-là alors soit. Je n’y voyais aucun mal pour ma part. Tu peux bien te torturer, te demander ce qu’il a de plus que toi. Ce qu’il a que toi tu n’as pas. Son oreille. Sa façon de ne jamais me juger et ce peu importe ce que je peux faire. Sa façon bien a lui de poser une main sur ma joue, de me regarder, tendrement, de me dire que ça va aller là où toi tu te mettais à crier, distant, froid, jugeant absolument tous mes faits à gestes. Cette façon que t’avais de me rabaisser sans cesse en me faisant comprendre que je ne serais jamais à sa hauteur. Tu sais, la sienne. Celle d’Amarok. Lui et sa soit disant façon de te comprendre. Mais ouvres les yeux. Tu ne t’es jamais demandé qui ne comprenais jamais rien à rien ? Qui a fait le plus de sacrifice d’après toi ? Alors non Elijiah. Ne viens pas me montrer du doigt en me disant que tout est de ma faute ! J’étais le nouveau-né, tu étais mon créateur. Et pour une fois, il était de ton devoir de m’aider, de me comprendre et de m’écouter ! Et non l’inverse. Mais tu ne l’as pas fait… Non… Tu ne l’as pas fait.

Voilà ce que lui a que toi tu n’auras jamais. Mais tu veux savoir le plus triste dans tout ça ? J’ai beau t’en vouloir, j’ai beau te maudire, je ne te déteste pas. Non. Je ne te déteste pas. Peut-être bien parce que je peux y voir du regret dans ton regard. Peut-être bien que tu prends conscience de combien t’as pu merder. Peut-être bien que tu réalises enfin que tu n’es pas une personne si bien que ça au fond. Tu auras beau aider qui tu veux, jamais tu n’effaceras ton passé. Jamais tu ne ramèneras à la vie tous ces morts que je voyais flotter autour de toi. Des morts qui de part des gestes me faisait comprendre combien tu étais dangereux, destructeur, manipulateur. Les morts je ne les vois plus. Non. J’ai appris à contrôler tout ça. Mais pourtant, je sais. Je sais qu’il y en a eu. Beaucoup. Sans doute de trop. Et crois moi Elijiah. Le temps passe, les gens peuvent évoluer, mais au fond, il reste toujours ce qu’ils sont. C’est dans leur nature. Et toi ? Toi tu peux prendre conscience, tu peux culpabiliser autant que tu veux, combien de temps ça va durer ? Une semaine ? Deux ? Peut-être quelques mois. Mais tu resteras toujours le même. Ce type qui ne supporte pas d’être seul. Ce type qui souffre et qui rejette la faute sur l’autre histoire de se donner bonne conscience. Ce type imbus, narcissique, bien trop sûre de sa personne. Oh que non là tu ne ressembles en rien à tout ça. Que oui, là tu sembles bien plus pathétique que combatif. Pauvre petite chose toute faible. Mais combien de temps ? Dis-moi, combien de temps pour que le dominant se relève et me traine de nouveau dans la boue comme toi tu l’as fait ?! Ne lui en veux pas de me protéger. Toi il ne te connaît pas. Mais notre histoire… Non, il ne l’a pas vécu, mais ça lui suffit.

Alors je pourrais, que oui je pourrais, te cracher toute ma haine en pleine gueule. Mais à la place, à la place je te laisse faire quand tu me retire mon gant. Ne répondant pas. Prenant sur moi pour ne pas récupérer ma main, comme un gosse apeuré qui tenter par l’approche des flammes retire sa main au dernier moment, réalisant que ce geste peut faire mal. Mais non, l’instant de recule je ne l’ai pas eu. Je ne l’ai pas fait. Pourquoi ? Si seulement je savais. Le visage fermé, complétement, faisant abstraction de toutes ces émotions qui pouvaient revenir. Tu sais. Ces instants où je ne contrôle vraiment plus rien et ou je fini par faire n’importe quoi. J’ai appris à les contrôler ça aussi. Grâce à lui. Etre honnête ? Je l’ai toujours été avec toi, et ne préférant pas répondre j’ai baisser les yeux. Furtivement. Tu as raison, sans doute que ça aurait été plus simple pour tout le monde. Je n’en sais rien. Et puis Shannon ? Quoi Shannon ? Tu crois que je suis naïf Elijiah ? Arrête un peu de me sous-estimer ! Bien sûre que je sais, bien sûre que je crois que tu te la tape. Si je suis jaloux ? Non. Pas le moins du monde. Mais a-t-elle seulement conscience de ce dans quoi elle s’engage ? Comment penses-tu qu’elle réagirait en te voyant là ? Ta main dans la mienne ? Un geste qui peut sembler anodin mais pourtant veut dire tant de chose. Moi je sais que si Nick te voyait faire il perdrait sans doute ses moyens. Sans doute oui, qu’il viendrait te casser la gueule quitte à se faire en réalité massacré vu votre différence d’âge. Rien que d’y penser, ça pourrait presque me faire sourire. C’est con, mais j’adore le voir jaloux et protecteur. Ca me rassure. Ca me réconforte. Lui qui pourtant déteste la violence. Lui, qui ne ferait jamais de mal à qui que ce soit. Me toucher c’est le toucher tu sais. Il est comme ça Nicky.

Tu as fini par me rendre ma main, et machinalement je suis venue la prendre de mon autre main. Sans trop savoir pourquoi. Me sentant sans doute légèrement oppressé. Comme dans un étau. Avec cette envie de fuir mais pourtant, me retrouvant dans l’incapacité de le faire. C’est lui que quoi ? Que tu déteste ? Arrête, tu ne le connais même pas. Crois-moi, dans d’autres circonstance tu l’aurais trouvé admirable. T’as pas idée de tout ce qu’il fait pour la communauté. T’as pas conscience de l’importance qu’il a ici. Réalise que les poches de sang qui se trouvent dans les banques c’est lui qui les ramène. C’est lui qui vous nourris, toi et Shannon. C’est lui qui risque sa vie pour préserver la vôtre ! Alors ne sois pas stupide. Sans lui, on serait bien dans la merde. Reste. Pourquoi faire ? Pour se déchirer ? Pour parler ? Pour réparer des morceaux irréparables de notre histoire ? Pourtant je me suis relevé, allant fermer la porte en fermant furtivement les yeux. Je voulais partir. Oui je le voulais. Alors pourquoi je ne pouvais ? Si seulement je savais. Revenant vers toi, je n’ai pas prononcé un mot. Te faisant pencher légèrement la tête en arrière alors que je retirais les tubes de tes narines. Délicatement. Prenant soin de ne rien arracher, te libérant de tout ça. Tu allais mieux. Maintenant c’était psychologique. Le sang avait soigné tes blessures, la régénération avait eu lieu. Tu avais repris des forces. J’ai jeté le tout dans la poubelle, attrapant ton dossier pour y griffonner un truc avant de me laisser tomber sur le fauteuil. Fatigué. Exténué. Cette situation aller finir par me rendre cinglé. M’allumant une clope pour m’occuper les mains bien plus que par besoin. J’avoue, je ne comprenais pas Elijiah. Ca me dépassait. Vraiment. Je ne comprenais pas le but dans l’intégralité de tes agissements.

« J’ai lu ton carnet Elijiah. Je… Je vois pas ce que tu attends de moi. Comment tu veux arranger les choses maintenant ? Je veux dire. Tu t’attends à ce que je le prenne comment ? Je ne pige pas là pour tout te dire. Tu me quitte pour soit disant nous protéger alors que non Elijiah, c’est toi, toi et toi seul que tu as protégé en faisant ça, ensuite tu disparais durant deux ans, me laissant tout seul comme un connard en pleine guerre et maintenant tu reviens ? »

Tirant sur ma clope je suis resté là, sur ce fauteuil, m’y installant confortablement. Tu étais revenu, et là, j’étais là devant toi, alors non, ce n’était plus le moment de repartir en arrière. Tu voulais sans doute régler nos différents et pour ça il fallait parler, face à face. Crever l’abcès. C’est bien ce que tu voulais non ? Arranger les choses ?

« Eli j’en ai rien à foutre de lire tes confessions sur un bout de papier. C’est facile ça, tout le monde peut le faire. Ai au moins les couilles de me parler en face. J’sais pas moi. Tu m’as trompé, tu m’as transformé pour ne pas rester tout seul pour me larguer quelques mois plus tard après avoir rencontré un autre type et ensuite ? A quoi tu joues merde ? »

J’étais froid, sec. Mais tout ce que je voulais c’était comprendre. C’était réaliser. Essayer de savoir pourquoi on en était arrivé là, ce qui n’allais pas chez moi, chez toi aussi. Alors dis-moi, parles-moi, expliques-moi. Pourquoi Elijiah ? La question était simple dans le fond. Ca n’avait vraiment rien de compliqué quand on y repense. Vraiment rien.




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Décidément, tu savais y faire avec moi. Comme personne d'autre. Ezechiel. Il n'y avait vraiment pas à dire, ni rien à redire. Je te l'assure. Puisque toi seul détenais le pouvoir de me faire passer d'un état à l'autre. Juste en une fraction de seconde. Le temps d'un battement de cil, alors même que je venais en paix. Dans l'espoir de me réconcilier. Pour essayer de réparer un peu le mal que je t'avais fait. Pourtant, tu me repoussais. Déchirant ainsi le voile de douceur dans lequel j'aurais voulu envelopper nos cœurs. Mais soit. Reste avec lui. Avec cet homme si merveilleux et idéal.

Puis surtout, oui, surtout je t'en prie. Ne te gêne pas. Continue. Continue de ne me regarder qu'au travers de ce miroir venant déformer mon reflet dans tes yeux. Si cela pouvait te rassurer. J'abdiquais. Non pas que je ne veuille déjà plus me battre pour toi, seulement tu ne m'y aidais pas. Sans doute volontairement. Afin de me punir et sous prétexte de me faire comprendre ce que toi tu avais dû endurer. Avec moi à tes côtés. L'irakien. Tu sais bien. L'homme que tu avais mis au défi de t'enfermer sous une burqa pour te soumettre. L'arabe. Le type au mœurs archaïques. Dominant, écrasant tous ceux qui se mettaient en travers de son chemin. Ma culture, mes croyances, mon histoire. N'avais-tu donc rien appris ni rien retenu en lisant mon carnet ? Si tel était le cas, mieux valait qu'on ne se retrouve jamais. Mieux valait.

Maintenant, libre à toi de penser que je ne savais rien. Et de nouveau, je me demandais ce que tu avais bien pu un jour ou l'autre me trouver. Lui et moi, on était le soleil et la nuit. Il était tolérance, bienveillance et amour. Je n'étais que souffrance, colère et destruction. À quoi bon poursuivre des illusions. De toute évidence, ce trait que je n'avais jamais pu me résoudre à tracer sur nous, toi tu l'avais tiré. En tout cas, c'est l'impression que tu me donnais. Crois bien que tes choix t'appartenaient. Il ne tenait qu'à toi de préférer vivre dans la sécurité de ses bras plutôt que dans le tourbillon de passion que j'avais jadis généré. En revanche, ne me juge pas. Chacun fait ce qu'il peut avec ce qu'il a, et si j'ai réussi à survivre jusqu'ici ce n'est pas anodin. Ne va pas croire le contraire. Longtemps, mon existence n'a été régie que par la loi du plus fort. Tuer ou être tué. C'est aussi simple que ça, aussi facile. Même si j'ignore au final en quoi cela pouvait me rendre plus dangereux que n'importe qui ici-bas.

Viens. N'aies pas peur. Regarde. Regarde et vois. Je ne t'avais pas encore sauté à la gorge, ni même tenté quoi que ce soit de déplacé. Ta main, il te suffisait de la retirer. De la reprendre et d'instaurer entre-nous les distances d'usage. Cette distance que tout infirmier se devait de prendre avec son malade. Chose que tu tardais néanmoins à faire. Alors que moi, je ne t'obligeais à rien. Renfonçant ma tête dans l'oreiller. Les idées en vrac. Avec l'impression que tout tanguait dans la pièce. Que tout tournait. Encore secoué et inquiet. Tandis que tu te levais pour aller fermer la porte. Je ne t'ai pas vu, incapable de rouvrir les yeux pour l'instant. Mais je vous ai entendu. Toi et tes pas. Suivi par le léger claquement de la porte. Merci…

Mécaniquement, je me mettais alors à chercher de l'air. Un peu comme je l'avais toujours fait. Quand le stress montait et que plus rien d'autre ne parvenait à me calmer. Et ça tanguait. De droite et de gauche. Me poussant à confondre l'endroit et aussi l'envers. Et ça ne semblait plus vouloir s'arrêter de  tourner. Peut-être à cause de ce que tu m'avais injecté dans les veines, ou simplement les conséquences de l'agression dont je venais d'être victime. Victime, sûrement le pire mot au monde. Sur quoi, tu entreprenais de me retirer la sonde. Doucement. Avec égard. M'obligeant à pencher la tête et veillant à ne pas me blesser. Quoique me faisant quand même tousser une fois l'opération terminée. L'une de mes mains venant entourer ma gorge et mon corps se contorsionnant sous les secousses. Des larmes d'irritation bordant mes yeux, des yeux que je rouvrais enfin. Te voyant balancer le tout à la poubelle avant de te saisir de mon dossier. Voilà donc à quoi je me résumais. Est-ce que pour toi, je n'étais vraiment plus qu'un dossier de plus ? À te voir t'asseoir sur ton fauteuil et si je me fiais aux meurtrissures venant déformer ton visage, je voulais croire que non. Puis, tu te mettais à me parler. À me poser des questions.

- Je te l'ai dit l'autre soir, j'attends rien de toi. Tu as ta vie et j'ai la mienne. Peut-être que c'est mieux comme ça. Shannon est une fille bien tu sais. Tu seras sûrement d'accord avec moi pour dire que ma place est avec elle maintenant. C'est ça que je voulais te dire tout à l'heure. Je t'ai attendu, trop longtemps. Et puis, tu l'as lu ce carnet non ? Tu sais ce qui est arrivé à Elyas et à Rose. Par ma faute. Je pouvais pas revenir Ezechiel. Je porte malheur. Tous ceux qui m'aiment finissent par mourir. Si tu étais resté avec moi, tu serais peut-être encore en train de te détruire. Des fois, il faut savoir quitter ceux qu'on aime pour ne pas les perdre. Je nous ai protégé tous les deux, mais t'as le droit de me détester pour ça...tu auras toujours tous les droits...

Là-dessus, je tirais sur le drap me recouvrant pour venir m'asseoir au bord du lit. Face à toi. Mes doigts agrippant l'armature du sommier. Prenant conscience que mon corps s'était complètement régénéré. Mes pieds nus se posant au sol, la tête basse. Toujours ce même tourniquet m'empêchant de retrouver un semblant d'équilibre. Quelques-unes de mes boucles barrant mon front. Le dos courbé et le sang littéralement glacé par le froid que tu dégageais.

- Non...tout le monde ne peut pas le faire. T'es injuste là. J'ai mis des semaines à l'écrire ce truc. Pour que tu y lises tout ce que je ne suis jamais arrivé à te dire. Et malgré tout, tu ne comprends pas...on m'a infanté dans la violence et on m'a dressé dans la même violence. Tu crois peut-être que c'est facile ! J'ai essayé d'être un meilleur Sire pour toi que le mien. Mais j'y suis pas arrivé. Parce-que personne ne m'a jamais appris comment faire. Je me suis contenté de reproduire un même schéma…

Sans le vouloir, je haussais le ton. Levant la voix en même temps que je relevais la tête. Les lèvres pincées. J'en avais marre de toujours être le coupable idéal pour toi. Pas que je cherche à amoindrir les douleurs que je t'avais infligé. Je t'avais menti. Trompé. Je t'avais trahi. D'accord. C'est vrai. J'avais merdé. Sur tout la ligne, mais putain, à moi aussi je m'étais fait du mal.

- Je joue pas...si tu m'as pas vu ces deux dernières années, c'est parce-que j'avais honte. Parce-que moi aussi j'avais besoin de me mettre un peu à l'abri. De me reconstruire. Et puis...j'ai toujours su que tu allais bien…

Ne me demande pas comment, ne me le demande pas. Amarok. Il m'avait donné de tes nouvelles. À chacune de ses visites. Et moi, je lui avais fait promettre de garder le secret. Ce serait hypocrite de rejeter la faute sur lui à présent. Il n'y était pour rien. Puis ça ne changeait rien à l'amitié sincère qu'il te portait. J'espère que tu saurais lui pardonner son silence. Il l'avait fait pour moi. Parce-qu'en dépit de notre rupture, on étaient restés proches. Bien. À ton tour maintenant, à ton tour de me répondre.

- Maintenant, regarde-moi droit dans les yeux et réponds. Est-ce que ça aurait été si grave que ça que j'y reste ? Dis-le...

Dis-le ! Crache-le...dégueule-moi ta haine à la gueule. Dis-le ! Laisse sortir toute cette rage que tu avais enfoui tout au fond de toi. Dis-le ! Que ma mort aurait été une délivrance...dis-le ! Dis-le moi juste...

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« Tu m’as attendu ? Arrête je t’en prie, tu t’enfonces là. »

C’était la seule chose que je trouvais à dire. Cette phrase, qui venait de me marquer. Je n’avais entendu qu’elle. Comme si ça avait été à moi de revenir. Comme si tout était de ma faute. Me protéger ? De qui ? De quoi ? Elyas et Rose n’étaient pas mort par ta faute Elijiah ! Tu ne crois pas qu’il était temps d’arrêter de te lamenter ? On avait tous perdu des proches. Tous ! Madison était morte aussi. Ca avait été douloureux, mais c’était comme ça. Zoé a été sortie in extremis des décombres de la fondation, on ignore ce que son devenu les frères McIntyre, Viljami on n’en parle même pas. Léandre a perdu Callan, personne ne l’a jamais revu. Alors non Elijiah. Elyas et Rose ne sont pas les uniques victimes de ce massacre. On a tous perdu bien plus qu’on ne le pense. Mais faut avancer. Ce n’est de la faute à personne si ce n’est que celle de Tullamore. T’es pas une victime, pas plus que nous. C’est ça la vérité. Alors arrête un peu. Grandis putain ! Avance, relève-toi, évolue ! Mais je ne dis plus rien. Me contentant de fuir ton regard, écoutant ce que tu me dis quand tu montes le ton. Essayant de canaliser ce surplus d’émotion qui revient s’emparer de mon être. Cette colère, cette rage, cette haine aussi. Fermant furtivement les yeux comme m’avait appris Nick pour essayer de contrôler tout ça. Tous ceux qui t’aime finisse par mourir… C’est du délire Elijiah, tu divague complétement. T’es pas plus poissard que nous autre arrête. Tu es destructeur, tu l’as toujours été, mais tu n’es pas un tueur. Je pourrais très bien te répondre, mais non, je préfère simplement fermer ma gueule et fumer ma clope, écoutant simplement tout ce que tu es en train de me dire.

Tu te redresse, face à moi. Mais je reste là, sur ce fauteuil, fixant un angle qui est tout sauf le tien. Ton regard, je n’ai pas envie de le croiser. Non. J’essaye de comprendre. Vraiment. Mais c’est trop dur. T’as été infanté dans la souffrance, tu crois que t’es le seul ? C’est pas une excuse Elijiah ! J’ai souffert toute ma vie, toute ma vie je me suis battu, non pas contre une personne certes, mais contre la maladie. T’as déjà eu un cancer toi ? Non ! Tu ignores ce que ça fait de te réveiller en suffoquant, de douiller à mort à chaque prise d’air, tu ignores ce que ça fait, de sentir ta peau te tirailler, de souffrir constamment, de faire semblant pour ne pas inquiéter les autres. De sourire malgré tout pour prétendre que tout va bien alors que le simple fait de faire un pas te fait souffrir le martyr. Tu veux vraiment me parler de souffrance ?! A moi ! Tu as le choix Elijiah ! Le choix de changer, d’évoluer, de tourner cette putain de page et d’arrêter de penser que t’es une foutue victime. Tu as le choix de devenir un homme bon, juste, et d’oublier toute cette haine, toute cette colère. Si j’ai pu le faire, toi aussi tu peux le faire ! On a tous pris des coups dans la gueule. Libre à toi de les encaisser pour ne pas refaire les mêmes conneries. C’est tout. C’est simple. Tu peux me trouver injuste. Je le suis peut-être. Sans doute. Mais si un tyran comme McGuinness a pu changer ne me fait pas croire que toi tu ne le pourrais pas. Tu n’es ni meilleur, ni pire que tous les autres. Ca ne tient qu’à toi de t’excuser, de me dire que tu es désolé, et d’essayer de prouver que tu as bel et bien changé.

Et puis on n’apprend pas à être Sire Elijiah, on le devient. Alors admettons. Admettons que tu as voulu me protéger, pourquoi revenir ? Pourquoi là, maintenant ? Parce que tu te sens prêt maintenant à m’assumer ? Parce que je te manque ? Parce que tu t’es rendu compte que tu avais merdé ? Admettons que je te laisse une chance ? Que j’accepte tes excuses. Que j’approuve tout ça. Admettons. On fait quoi ? On oublie tout ce qu’on a construit pendant deux ans pour s’exiler ? Ca ne fonctionne pas comme ça, ce n’est pas si simple bordel. Tu t’es justifié, mais tu n’aurais pas dû je crois. Non. Tu n’aurais pas dû. Comment oses-tu me dire que j’allais bien ? Comment tu peux être aussi con bordel ! Incapable de contrôler davantage ce surplus d’émotion je me suis relevé. Littéralement. Me jetant sur toi sans ne plus réfléchir. Plaquant mes mains sur tes tempes. Tu étais mon sire. Tu pouvais lire dans mon esprit. Tu pouvais voir ! Alors vois ! J’étais en parfaite santé, et c’est sans réfléchir que je t’ai infligé les images de mon passé. De cette fameuse soirée où tu m’as laissé avec ta caisse à l’instant où Nick m’a sauvé. Un an de souffrance. Un an de tentative de suicide, de solitude, à vivre dans l’ombre de ce qui restait de moi. J’étais un véritable cadavre ambulant. Me shootant à l’héroïne pour arrêter de penser. Vidant bouteille sur bouteille. Je ne ressemblais plus à rien. A un cadavre. Complétement vide. Marchant sans but. Me détruisant bien plus qu’autre chose. Alors non ! Comment oses-tu me dire que j’allais bien ! Que tu savais que j’étais bien alors que non ! Tu ne sais rien ! Tu ne sais rien parce que tu n’étais pas là ! Parce que tu m’as abandonné ! Comme une merde !

« Non ça n’aurait pas été grave parce que j’allais mieux sans toi ! T’avais pas l’droit de revenir dans ma vie ! T’avais pas l’droit putain ! J’ALLAIS MIEUX ! »

Je t’ai relâché. J’étais mauvais, je le savais. Violent, sans doute de trop. Mais dans le fond, on ne changeait jamais vraiment ce qu’on était. Et moi, moi j’avais toujours du mal à me contrôler. Je restais ce type un peu instable, violent, excessif, complétement impulsif. Je n’avais pas changé pour ça. Alors s’il te plait, ne m’en tiens pas rigueur. Et arrêtes de fuir. C’est toi qui a fait de moi ce que je suis. C’est toi qui m’a transformé. Alors il est temps que tu assume. Me passant une main dans les cheveux je me suis rallumer une clope pour tenter de me calmer. J’avais mal. Mal de te revoir, mal de cette situation, parce que dis-moi si je me trompe, mais plus jamais rien ne sera comme avant. Tout allait changer. Pour toi, comme pour moi. On aura beau se dire que non, que ça ne tenez qu’à nous, comment tu veux y croire ? Tu n’étais pas rien. Tu restais malgré tout mon premier mec, ma première fois, mon Sire. C’était trop. Ca représentait beaucoup, alors j’aurais beau dire, j’aurais beau m’en défendre, tu garderas toujours une certaine emprise sur moi. C’était bien plus qu’une évidence, une certitude. Et ça me faisait peur. Vraiment. Je commençais enfin à avancer, j’avais un but, un avenir. J’étais même en train de suivre une formation pour passer médecin. Je m’étais enfin trouvé un objectif. Sauver des gens. Les aider. J’étais heureux putain. Alors pourquoi ? Pourquoi tu étais là ? Comment tu pouvais me dire que tu n’attendais rien de moi alors que tu devais avoir parfaitement conscience que ton retour changerait absolument tout un tas de truc ? T’étais quand même pas stupide au point de penser que tout ce passerait bien ? Qu’on irait boire un café comme au bon vieux temps ?

« T’as tout gâché putain. »

J’ai murmuré ces mots, dans un son presque imperceptible alors que je me suis laissé tomber sur le fauteuil sur lequel j’étais assis avant de me jeter littéralement sur toi. Fixant le même angle qu’avant. N’osant poser les yeux sur toi, fumant ma clope, ma tête reposant sur ma main libre. T’avais tout gâché, d’une certaine manière. Si je le pensais ? Sans doute oui. Très certainement. J’avais toujours était attiré vers toi, d’une façon ou d’une autre. C’était irrationnelle, mais c’était le cas. J’avais peur. Peur de tout perdre comme j’avais tout perdu deux ans en arrière. Peur de merder. Peur de faire souffrir Nicky. Peur de faire une grosse connerie. Peur de te refaire confiance aussi. Sans doute. Très certainement. La vérité était que j’aurais très bien pu partir, sortir, rentrer me coucher et demander à Penny de s’occuper de toi. Mais je n’ai rien fait. Non. Je n’ai rien fait. A la place je suis resté là, sans bouger, sans trop savoir pourquoi. Complétement largué. Tiraillé aussi sans doute. Incapable de bouger et de partir. Comme si inconsciemment je ressentais ce besoin de veiller sur toi. Sans trop savoir pourquoi…






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Et ça recommençait. Encore et encore, pour ne pas changer. Comme d'habitude. Il fallait toujours que tu déformes tout. Que tu comprennes de travers ce que je te disais. À chaque fois que j'avais le malheur d'ouvrir la bouche, on en revenait au même. Alors d'après toi, lequel de nous deux s'enfonçait maintenant ? Je ne pouvais pas te parler. Il fallait que tu aies forcément le dernier mot. C'était usant. Usant de se rendre compte que deux ans après rien n'avait vraiment changé. Puis j'en sais rien, peut-être bien que tu aurais préféré m'entendre tout bêtement t'avouer que je t'avais quitté parce-que je n'y arrivais plus. Tu vois, moi aussi je devinais tes pensées. Tel se voulait être mon privilège. Une prérogative de Sire à infant. Mon sang s'écoulait dans tes veines, toi et moi, on s'appartenait.

Preuve si tu avais besoin que rien n'avait changé entre-nous. Voile-toi la face. Seulement, moi je savais. Aussi, libre à toi de jouer les mecs forts et intouchables. Je t'avais connu avant. Avant lui, avant que tu ne deviennes cet autre. Et si ça ne tenait qu'à moi seul, tu serais déjà dans mes bras. Plus faible qu'autre fois. Pour peu que je le veuille.

Regarde-toi. Toi qui fermais les yeux, avec ta clope entre les doigts. Fuyant. Sur la défensive. Il n'est pas si loin de toi ce gamin aveugle et cancéreux qui oubliait de respirer lorsque je l'approchais d'un peu trop près. Pour cela, il suffisait d'un café. Sur quoi, je me rallongeais. Croisant mes mains sur mon ventre. Les jointures blanchies de m'être acharné sur le rebord du lit. Te laissant à ton hystérie. Pas enclin à me débattre ni à te rejeter. Paisible par bien des côtés quand tu venais plaquer tes mains sur mes tempes. Vas-y. Décharge-toi, à condition que cela te soulage je t'autorisais à me faire mal. Le partage par la souffrance, je connaissais. Il t'en faudrait plus pour m'effrayer. Pourtant, voilà que presque malgré moi, mes mains jusqu'alors inertes recouvraient à présent les tiennes. Mes ongles s'enfonçant dans ta chair tandis que mes jambes s'agitaient. Comme repris de convulsions. D'accord ! Arrête, le message était bien passé. Tellement bien que je te retenais. Avec force. Toutes les forces d'un vampire de quatre siècles capable de te réduire en poussière. De lune ou d'autre chose d'ailleurs. T'attirant suffisamment contre moi pour que nos lèvres se touchent.

- Alors laisse-moi partir. Personne ne t'oblige à être là, est-ce que je me trompe ? Un homme libre est seul maître de ses décisions. De même qu'un homme amoureux à tous les droits. Maintenant, ce choix t'appartient. Moi j'ai déjà fait la moitié du chemin. Il ne tient qu'à toi de pardonner ou de vivre dans le passé. On fait tous des erreurs Ezechiel. Tous. Alors si mes excuses ne te suffisent pas, si tu estimes que plus rien n'est réparable entre-nous, laisse-moi partir.

Non. Je ne te demanderais plus pardon. Au risque d'en devenir pathétique. Le pardon se gagnait, il se méritait. Implorer le tien me paraissait désormais inutile, voir répétitif. Donc. Laisse-moi partir si tu allais mieux sans moi. Encore que. Pour le savoir il aurait déjà fallu qu'on ait réellement vécu ensemble. Comme tu vivais avec lui, comme j'avais vécu avec un autre. Juste, ne joue plus à ce petit jeu là avec moi. C'est tout ce que je te demandais.

Et va savoir pourquoi, au moment où tu me relâchais enfin, je me préparais à essuyer les plâtres. Sans doute qu'encore une fois, je n'avais pas trouvé les bons mots. Des mots que tu ne manquerais pas de me reprocher. De toute façon, rien n'était jamais à ton goût. Il y a longtemps que je m'étais fait une raison.

- J'ai tout gâché oui, mais aujourd'hui, j'essaye de réparer. Alors je sais que c'est un peu tard, et que j'aurais dû me battre pour toi, pour nous avant. Seulement…

Seulement, ma gorge se nouait. Les images que tu avais incrusté dans mon esprit refusaient de s'effacer. J'avais toujours su que tu m'aimais. De manière complètement excessive. Déraisonnable. Mais qu'en était-il à ce jour ? Pour ne plus rien te cacher, j'ignorais si je serais capable de me contenter d'une place d'ami ou de confident. Bien qu'il soit un peu tôt pour l'envisager. En attendant, je prenais le parti de venir m'agenouiller devant toi. Aux pieds de ce fauteuil sur lequel tu t'étais rassis. Mes mains glissant de tes genoux sur le haut de tes cuisses. Le regard fixe. Plus doux que je ne l'avais jamais été en ta compagnie.

En dehors de ça, il n'y a pas que pour toi que tout allait trop vite. Pour ma part, je n'avais pas prévu de me retrouver face à toi ce soir. Encore moins d'être emmené au château sous la contrainte. Dans ce monde de héros au sein duquel tu évoluais et duquel les pauvres pécheurs n'étaient qu'à peine tolérés.

- Tu le sais que ça n'allait plus entre-nous à l'époque, non ? Tu sais bien qu'on aurait fini par s'entretuer…

La faim justifiait les moyens. Faire demi tour cette nuit là n'aurait fait que retarder l'échéance. Tu ne voulais pas d'un amour dans la violence. De ça, je n'avais jamais douté. Tu étais paumé. Et moi, en pleine phase suicidaire. On avait besoin de quelqu'un de solide pour nous soutenir. L'un comme l'autre. Alors est-ce qu'on ne pouvait pas juste oublier ? Être frappé d'amnésie. Pour ne plus nous souvenir que des bons moments. On s'était déjà fait la guerre.

La guerre. Sous toutes ses formes. Et la guerre était un art auquel je ne désirais plus me livrer. De sorte qu'après mes mains, c'est mon visage que je posais sur tes genoux. Repousse-moi si tu veux, je m'en moquais...

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Tu me soulais, comme ce verre de whisky que je siphonnais tous les soirs. Comme l’alcool, tu me faisais perdre non seulement ma raison mais aussi mes moyens. Je le savais. J’aurais dû me tirer, rentrer chez moi, retrouver Nicky, l’embrasser, lui faire l’amour, lui dire que je l’aimais mais à la place j’étais là. Inconsciemment séquestré dans cette piaule qui serait la tienne pour les prochaines 48h. Tu voulais partir, tu voulais faire ce que t’avais toujours su faire. Prendre la fuite. Te carapater dans l’espoir naïf que tout irait mieux le lendemain. Et après ça c’était moi le grand naïf ? Non Elijiah. J’étais réaliste. Toi et moi, c’était terminé, brisé, emballé, jeter aux oubliettes depuis presque maintenant un an. Depuis un an j’apprenais à vivre. Après près de vingt ans de bataille. De combat. Contre la maladie et puis ensuite, contre moi-même. Je vivais, comme jamais je n’avais vécu. Je me trouvais beau quand je me regardais dans le miroir, enfin. Je me trouvais… Heureux comme jamais. Et ça, c’était à lui que je le devais. Lui et sa patience, lui et ce temps que toi tu m’avais refusé. Difficilement, lentement, il a recollé les morceaux. Ça n’a pas toujours été simple. Non. Encore moins au tout début quand j’allais le tromper avec toutes les personnes qui le voulaient bien. Et puis, il y a eu ce jour. Ce même instant où j’en sais rien, ressentant de la jalousie après avoir vu un autre type le regarder trop intensément, j’ai enfin réagis. Les barrières se sont brisées, littéralement. Plus de carapace, plus rien. C’est ce soir-là que j’ai su. Que j’ai compris que je l’aimais lui. Que je ne serais rien sans lui. Que je lui devais tout. Ma place dans cette nouvelle société. Cette nouvelle gueule. Ce sentiment de plénitude. De sérénité. J’étais bien oui. Et toi, tu es réapparu. Redonnant naissance à cette colère. A cette souffrance. Pourquoi ?

Le passé devrait rester dans le passé mais avec toi c’était impossible. Tu m’enchainais, me dominais, et ceux depuis toujours. Je crois que tu n’avais pas conscience que tu me tenais par les couilles Elijiah. Si ce n’était pas le cas, si je m’en foutais, tu crois vraiment que je réagirais comme ça ? Que je serais sur la défensive ? Que je me battrais contre mes vieux démons ? Tu crois vraiment ? Tu te plantes tellement. Je me sentais comme le vétéran qui avait connu la guerre. Il avance, il se relève, se reconstruit mais il n’oublie pas toutes ces choses qui ont fait de lui un homme craintif. La vérité elle est là. Que tu le veuille ou non, trouve ça abusif, pathétique, tout ce que tu veux, mais tu m’as détruit. Tu m’as entaillé si profondément que ça ne s’efface pas. Je n’oublie pas, j’ai appris à vivre avec. Alors non, toi Eljiah, laisses-moi partir. Libères-moi de ces chaines invisibles qui me retiennent prés de toi. Je te hais, tellement, fortement. Je te hais pour tout ce que tu m’inflige encore. Je crois même que j’ai sursauté quand tu es venu poser tes mains sur mes cuisses. Me sentant littéralement comme dans un étaux, incapable de réagir, mortifier, paniqué par ce qui pourrait se passer. Arrête… Ce n’est pas moi qui séquestre l’autre. Ai au moins le respect de le reconnaitre si tu m’aimes encore. Ai au moins le respect de l’avouer. Tu parles. Encore. Ca n’allait pas. Non. Ca n’a jamais été entre nous. Sinon tu crois que tu m’aurais trompé avec Zoé ? Tu crois que t’aurais réagis comme tu l’as fait ? Tu dis que je t’aimais, sans doute de trop, mais qu’en est-il de toi ? Tu crois que c’était saint ? Non. Ca ne l’a jamais été. Rien n’était pur, rien n’était bien. Moi qui me sentais rabaissé, jamais assez bien. Et toi, toi qui me soumettais à absolument tout. Ca aussi je le sais. Ca aussi je l’ai compris avec lui.

Lui, oui, parce qu’avec lui nous sommes égaux. Sur tous les points. Sur tous les angles. Lui n’essaye pas d’appuyer sa domination sur l’autre. Non. Lui il sait, lui me comprend. Qu’en est-il de toi ? T’as jamais essayé de me comprendre Elijiah. Même quand j’étais malade. Même quand j’étais mourant. Je t’ai menti pour te protéger, parce que je savais que tu ne comprendrais pas. Je savais que tu m’aurais transformé pour soi-disant me libérer. Mais moi, j’avais déjà envie de mourir à cette époque-là. Je n’en pouvais plus. Tu dis avoir souffert dans ton journal. De la domination de ton Sire. De tout un tas de truc. Te donnant sans doute bonne conscience sur tes agissements, mais Elijiah… Tu ne te rends pas compte que tu faisais exactement les mêmes erreurs que lui ? Que tu ne me traitais pas… Mieux ? Alors oui tu as raison sur ce point. Mais arrête un peu de te victimiser. Ce n’était pas toi la victime dans notre histoire. Non. Tu étais bourreau, et tu dois l’accepter, parce que c’était comme ça. Tu voulais que je te réponde quoi ? Que tu avais raison ? Que oui en effet, ça nous avait aidé tous les deux et que maintenant on aller pouvoir tout recommencer sur de bonnes bases ? Sois sérieux deux minutes, pourquoi ça serait mieux qu’avant ? Pourquoi ça serait moins violent aussi ? En quoi ça aller changer ? Il fallait que je trouve la force de te repousser, de partir, rentrer chez moi et continuer de vivre. Il le fallait oui, parce que je n’avais pas le choix. Parce que ma vie c’était ça maintenant. Et que ce n’était pas à moi de faire des sacrifices ou des choix, mais à toi de me prouver que tu avais changé. Et pour ça, oui, pour ça, il me faudrait ce temps que tu avais refusé de me donner à l’époque. C’était comme ça. Je n’avais pas mieux à te proposer. Navré. Te pardonner serait long. C’était comme ça. Et toi tu devais l’accepter. Comment veux-tu que j’arrive à te refaire une petite place dans ma vie, comme ça, en un claquement de doigts ? C’était trop, trop me demander, et je pense que tu en avais conscience.

« Tout ce que je sais c’est que tu as toujours eu le contrôle sur tout et que pas une seule fois tu ne m’a laissé le choix. Ca a toujours été comme toi tu voulais. Quand on faisait l’amour, quand tu m’a transformé, quand tu es parti. Tu disais m’aimais, mais tu n’écoutais jamais personne d’autres que toi Elijiah. Et ne dis pas le contraire. »

Je t’ai simplement répondu, calmement, sincèrement. Froidement mais avec toute la sincérité du monde. Tu m’avais posé une question et je ne voulais pas te mentir. Je t’ai simplement repoussé, là encore sans être brusque. Essayant de rester le plus détaché possible, me relevant, enfin prêt à partir. Prêt à aller loin de toi, à retourner à cette vie qui était désormais la mienne. Vie dans laquelle tu n’avais pas ta place. Pourquoi c’était si dure d’ouvrir cette putain de porte ? Pourquoi c’était si dure de m’enfuir ? Je refusais de rester ce gamin soumis que j’étais avec toi, je refusais de te laisser me manipuler, de te laisser obtenir de moi tout ce que tu voulais. T’as jamais su trouver les mots avec moi, mais t’as toujours su comment faire pour me garder là, enchainé à toi. Comment tu faisais ? C’était quoi ta recette ? Parce que tu sais aussi bien que moi que ce n’était pas une question de lien du sang. Non. Parce que même du temps de mon vivant, même quand je t’en voulais, même quand je te détestais, je revenais toujours. Je voulais savoir pourquoi. Je voulais savoir comment tu faisais ça. Alors à la place de sortir, à la place de tourner la poignée pour me tirer loin d’ici, je me suis retourné vers toi. Prenant appuis contre cette porte, les bras croisés sur ma poitrine.

« Tu me parles de droit de décisions mais pourquoi moi je n’ai jamais pu en prendre quand on été ensemble ? Je voudrais comprendre. Tu m’as même privé de mon droit de mourir. Tu… m’a privé de mon libre arbitre Elijiah. Je n’avais déjà plus envie d’être avec toi à ce moment-là. C’est ça la vérité. Et toi… Toi tu m’as transformé, m’enchainant à toi encore plus solidement. Pourquoi ça changerait ? »

Oui tu me parlais de liberté, de tout un tas de truc que tu m’avais arraché. En as-tu seulement conscience ? Tu voulais partir alors sens-toi libre de le faire. Regarde bien autour de toi. Tu n’as pas de chaines, on te retient pas. Tu es bien plus libre que tu ne le penses Elijiah. Alors peut-être que c’est ton inconscient qui te dit de rester, j’en sais rien. Mais moi, jamais je ne retiendrais à homme contre son plein grés. Parce que je sais trop bien ce que ça fait, de ne pas avoir la moindre liberté de mouvements et de décision. Et tu sais quoi ? Tout ça je te le dois, à toi et toi seul. Ouvres les yeux. Je t’en veux pour bien plus de choses que tu ne sembles t’imaginer… Sois pas aveugle et réagis bordel !





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I'LL SING IT ONE LAST TIME FOR YOU. THEN WE REALLY HAVE TO GO. YOU'VE BEEN THE ONLY THING THAT'S RIGHT IN ALL I'VE DONE. AND I CAN BARELY LOOK AT YOU. BUT EVERY SINGLE TIME I DO I KNOW WE'LL MAKE IT ANYWHERE. AWAY FROM HERE. LIGHT UP AS IF YOU HAVE A CHOISE. EVEN IF YOU CANNOT HEAR MY VOICE I'LL BE RIGHT BESIDE YOU DEAR
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Pourquoi ça changerait

Si j'ai bien suivi ton raisonnement jusqu'au bout, je crois me rappeler que cette question que tu venais de me poser était la dernière d'une longue liste. Pourquoi ça changerait ? Comme si tu pouvais encore en ignorer la réponse.

Moi qui pensais t'avoir déjà remis toutes les clefs en mains avec mon carnet. Tu sais. Ce carnet dans lequel je me livrais à toi. Sans concession. Ce même carnet dont les pages noircies d'une écriture tremblante auraient logiquement dues t'apporter quelques éclaircissements. Ou ne serait-ce qu'un début de solution à cette équation insoluble que j'avais parfois l'impression de représenter à tes yeux. Tu ne savais pas résoudre le problème. Soit. Il n'empêche que je te donnais des pistes, des méthodes et des théorèmes à appliquer. Il ne tenait plus qu'à toi de les mettre en pratique.

Au fond la solution se trouvait devant toi. Qu'il s'agisse de mon comportement en général. De la nature de mes actes à proprement parler et plus largement, de tout ce qui avait pu motiver mes choix. Avant. Du temps de River Crow. Bien avant qu'à mon tour je ne bascule de l'autre côté. Entre ses bras à lui. Du côté des amants dominés. Au moins sur le plan privé, dans l'attente. L'expectative. En demande permanente. Dans la crainte aussi, que tout ne s'arrête brusquement. Le poids de son corps écrasant le mien. Son souffle chaud me coupant la respiration. Les battements de son cœur ranimant imperceptiblement la dead line de mon rythme cardiaque. Et dans ces moments là, tout en moi pulsait.

Alors tu me demandais pourquoi ça changerait

Son seul prénom, si j'avais seulement osé le prononcer en ta présence sans peur de lui porter préjudice, aurait suffit à te dire pourquoi tout avait changé. Amarok. Ton ami. Ton meilleur ami. Le garant de ma paix intérieure et le gardien du secret nous unissant tous les deux, placé sous le signe du mensonge. Puisqu'en acceptant de me couvrir, il t'avait sciemment dissimuler le fait que je me trouvais toujours en vie. Quelque part. Accroché à lui, comme Shannon s'accrochait à moi.

Voilà pourquoi. Le changement, il fallait l'amorcer maintenant. C'est vrai. Il fut un temps où je m'étais assuré de garder le contrôle. Sur tout. Veillant à ce que rien ne m'échappe. Je ne dirais pas le contraire. Quand on faisait l'amour, lorsque je t'avais infanté, quand j'étais parti pour vivre autre chose avec lui.

Martin Luther King Jr. avait dit : « L'obscurité ne peut chasser les ténèbres, seule la lumière peut le faire. La haine ne peut pas chasser la haine, seul l'amour peut faire ça.»

Preuve de sagesse ultime. De grandeur d'âme et aussi, d'humanité. Une citation lourde de sens. Quoi que tu en dises, quoi que tu en penses, quelques soient les moyens que tu emploierais pour te prouver à toi-même que je n'étais qu'un monstre, tu échouerais. Parce-que je jouais mon va-tout. Repentant. De sorte que je te laissais me repousser.

Ainsi, je te répétais cette phrase. La tête haute, le dos droit, les mains reposant à présent à plat sur mes cuisses. En totale fracture. Tu pouvais bien fuir, tu pouvais bien te cacher derrière ce garçon que tu aimais, tu pouvais bien continuer à te terrer dans le passé. Pour ma part, je ne viendrais plus te chercher. Sors. Va le rejoindre. Juste, dis lui de ne pas trop se prendre pour un héros. J'affichais quatre siècles à mon compteur et j'étais un tueur. Dis-lui. Préviens le, sois plus intelligent que lui. Je veux qu'on me laisse tranquille. Je me fous de son avis. Je me moque de ses opinions. Tu es tout ce qui m'intéresse.

Tu es tout. Tout, et plus rien à la fois. Tout et son contraire. Toi, avec tes pourquoi. Pourquoi, pourquoi, pourquoi. Mais la vérité, c'est que tu t'étais enchaîné à moi tout seul. Pourquoi est-ce que ça, ça changerait ?

- Tu sais déjà pourquoi. Parce-que j'étais fermé, exactement comme toi en ce moment. Parce-que m'abandonner à ton amour aurait été une preuve de faiblesse pour moi. Parce-que ton cancer et ta cécité te rendaient trop fragile. Beaucoup trop vulnérable. Et qu'à chaque nouveau jour qui passait, je me demandais combien de temps il te restait à vivre. Parce-que j'étais lâche. Parce-que c'était plus facile. Parce-que j'ai compris trop tard que même mort, notre amour aurait survécu. Parce-que j'étais un soldat. Parce-que tes sacrifices, je ne les supportais plus.

Si seulement tu pouvais voir la douleur que tu me causes. Je le sens dans mon sang, ça me consume. Te consume. Te consume. Te consume….

Pourquoi ? Pour toutes ces raisons là. Satisfait j'espère. De nouveau, des larmes me montaient aux yeux. Dehors !! C'est à tue-tête que je te le hurlais. Sans prononcer un mot. Prenant ton esprit en otage. Le pénétrant de part en part. Les éclats de ma voix rebondissant sur les parois de ta boite crânienne. Pas méchamment. Simplement, je n'avais pas envie que tu me vois comme ça. Comme l'autre soir. En perdition, pas le moins du monde maître de mes émotions. On se verrait plus tard. On en rediscuterait si tu voulais. Pas que je te chasse. Mais là, j'avais besoin d'être un peu seul.

La solitude me manquait. Prier. Réfléchir. Méditer. D'autant que j'étais dans l'incapacité de me relever, les jambes coupées.   Donc, je ne bougeais pas. Vous regardant, toi et tes bras croisés. Appuyés contre cette porte. Tu le vois bien quand même que je ne te retenais pas. Que toi seul refusais de sortir de cette chambre.

Pour ma part, j'acceptais de rester sous ton toit durant les prochaines 48 heures. Au bout de ce décompte, je serais peut-être sûrement plus en mesure de prendre une décision. La plus juste pour nous...

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Dehors c’est tout ce que tu trouvais à me dire après m’avoir rabâché des excuses de merdes ? Trop faible, mourant, trop fragile, oui je l’étais mais t’étais au courant non ? Tu sais, quand tu venais me tendre tes cafés style de rien parce que je t’intriguais. Parce que j’en sais rien, peut-être que tu avais senti un truc entre nous ? Je t’en prie arrête ton char. OK t’étais pas au courant pour le cancer. OK je l’ai appris plus tard. Tu sais, la phase terminale, celle qui m’annonçait que j’allais mourir incessamment sous peu. Celle qui m’a fait comprendre qu’avec toi se serait maintenant ou jamais parce que je n’avais plus le temps de penser, que je ne pouvais pas, justement, me poser les bonnes ou les mauvaises questions. Si j’avais pu, franchement, est-ce que j’aurais fait la même connerie ? Celle de tomber dans tes bras comme le gars naïf que j’étais ? Très franchement, j’en sais rien. Est-ce que tu m’aurais plu si j’avais eu le temps de me vraiment réfléchir à la situation ? Si… Si… Mais on ne vit pas sur des putains de si. Mais crois-moi sinon tu étais au courant d’absolument tout Elijiah. Alors s’il te plait ; Arrête de trouver des excuses. Ais au mois le cran de m’avouer que j’étais devenu insupportable, que tu ne me supportais plus, peut-être même que tu ne m’aimais plus. J’en sais rien moi, mais ne vins pas me dire que si tu t’étais comporté comme le premier des connards c’était parce que j’étais trop faible ! Ca fait mal à entendre putain, c’est pas juste même. Même pour toi, même de ta part c’est cruel. Je suis là, devant toi, regardant le bout de mes chaussures en me rongeant l’intérieur de la joue, nerveusement. Dehors. Oui, dehors c’est peut-être bien ce que je devrais faire. Partir, sans me retourner, sans en faire les frais, arrêter une bonne fois pour toute de me torturer avec les fantômes de mon passé. Ironique n’est-ce pas quand on connait mon pouvoir. Sauf que toi tu n’es pas un songe. Non. Toi, tu es bien réel. C’est ça le pire Elijiah.

Alors je veux bien le faire, t’écouter, aller dehors, me soumettre une énième fois à ta putain de volonté. Mais tu vois j’en ai marre. J’en ai marre que ça soit toi qui prenne le contrôle. Marre que ça soit toujours toi et toi seul que décide de quand, comment, avec qui, où ! Marre que tu décides de tout. De quand tu reviens, de ce que je dois te répondre, de te voir quand toi tu le décide. Marre que tu me tiennes par les couilles Elijiah ! Alors finalement je me suis décollé de cette putain de porte, mais je n’ai pas fait demi-tour. Non. Je n’ai pas fait demi-tour. A la place je me suis pointé là, devant toi. Te toisant de toute ma hauteur alors que tu restais complétement impassible complétement fermé, complétement vide. Arrêtant de penser, arrêtant de rester raisonnable c’était à toi de m’écouter maintenant ! A toi de fermer ta grande gueule et à toi de te soumettre ! Plus l’inverse. Je t’ai choppé par le col de ton T-shirt. Tu étais encore légèrement faible et moi, en parfaite santé. Perdant tout sens du contrôle, ton dos est venu se fracasser contre le mur, te retenant toujours par ton haut. Jamais plus je ne te serais soumis Elijiah. Jamais plus je n’écarterais les cuisses pour te satisfaire ! Jamais plus tu n’auras le contrôle ! Pas sûre moi en tout cas. Je m’en faisais la promesse. Il était hors de question que je te redonne la moindre satisfaction. A partir de maintenant se serait comme moi je veux, tu piges ?! Comme moi je décide ! Si tu savais tout ce que je pouvais éprouver à l’heure actuelle. Toute cette rage, toute cette colère. Regarde dans l’état dans lequel ça me met, et dis-moi très franchement si tu vois encore une once d’amour dans mon regard. C’est terminé Elijiah. Terminé de jouer, terminé de vouloir un jour le blanc et le lendemain le noir. Il est temps que tu fasses ce que moi j’ai fait ! Prendre une décision, et la respecter merde.

« Et là, tu me trouves toujours faible Elijiah ? Trop… Fragile peut-être ? As-tu seulement la moindre idée de ce que ça fait hein ? De se sentir trahis, abandonné, complétement par la seule personne qui compte pour nous ? As-tu seulement la moindre idée de combien de temps il m’a fallu pour réaliser que finalement je n’avais pas besoin de toi pour continuer à avancer ? De combien il m’a fallu pour m’admettre que finalement, tu ne valais pas mieux que tous ces connards d’hypocrites qui cocufie leur femme ?! Dehors t’as dis ? Vas te faire foutre ! »

Putain ce que je pouvais t’en vouloir bordel. Je te détestais pour tout ça. Je te maudissais pour tout ce que tu m’obligeais à ressentir alors que j’avais enfin arrêté d’avoir mal ! Que ce soit en enchainant les conquêtes ou finalement en tombant simplement amoureux. Tu détruisais tout, tout ce que tu touchais ! Et il était hors de question que tu détruises quoi que ce soit dans ma vie ! Plus maintenant, plus jamais, c’était trop tard Elijiah. Trop tard pour les regrets, trop tard pour les promesses en l’air. Tu me voulais ? Vraiment ? Alors c’était à toi d’agir bordel ! A toi de te salir les mains pour une fois plutôt que de réclamer ce que tu veux sur un plateau d’argent. C’était pas toi la victime. Non. Pas dans cette putain d’histoire. Ne te déplaise. Te relâchant après t’avoir repoussé une seconde fois, j’ai reculé d’un pas, sans broncher. Sans peur, sans crainte. Peut-être que t’espérais que je craigne tes réactions ? Je ne craignais plus rien de toi, je ne te craignais plus, c’était aussi simple que ça. Ca me foutait les boules quand j’entendais tes excuses à la con. Essayant de me calmer je suis venu me passer une main dans les cheveux, te hurlant un « m’approche pas ! » silencieux qui est venu raisonner dans ta boite crânienne. Non. Ne m’approche pas, ne me touche pas, ne dis plus rien, ça vaut mieux. J'aurais dû partir oui, faire demi-tour. Ne pas me retourner, aller retrouver Murphy, lui dire que je l’aime, lui faire l’amour, essayer de t’oublier. La colère, celle que je ressentais là en instant, celle qui me ramenait des années en arrière, j’avais presque oublié ce qu’elle faisait. J’avais oublié oui, le mal qu’elle pouvait faire ressentir. J’avais envie d’en chialer, d’en pleurer tellement que ça venait taper là, dans mon crâne. Machinalement, j’ai attrapé mon poignet avec mon autre main, venant trouver refuge dans un bracelet que m’avait offert Nicky. Essayant de me contrôler, essayant oui, tant bien que mal à ne pas m’emporter. Mais c’était trop tard. Et alors que je relever les yeux vers toi c’est là om je l’ai vu… C’est où…

« Casses-toi ! »

Je n’ai pas crié ces mots, non, je les ai hurlés quand j’ai attrapé la lampe de chevet pour la lancer en ta direction sans pour autant te viser toi. Non, ce que je visais c’était ce spectre de ton passé. Je les voyais des fois, avant, quand toi et moi on était encore… Ensemble, ou presque, mais c’est furtif. Pourquoi là c’était réelle ? Cette âme, cette femme que tu avais tuée. Cette chinoise que t’avais baisé et brutalement achevé. Je savais, je savais tout à cause de ton putain de journal. Je savais ce que tu avais fait. Je savais qui tu étais, je savais que… Pourquoi tu m’avais tout dit ? Pourquoi tu m’avais forcé à lire ? Pourquoi tu voulais que je sache merde ! Mon pouvoir, je le vivais très mal, d’habitude je le contrôlais plus ou moins. Je pouvais même appeler les esprits, quand on me le demandait. Je voyais des gens morts, mais je les voyais en général juste selon ma volonté. Mais là, pourquoi elle était là ? J’ai compris, j’ai réalisé que c’était de ta faute. Cette colère, tout ça, c’était toi qui me le procurait et indéniablement je ne contrôlais plus rien. Presque paniqué je me suis laissé glisser contre le mur, venant attraper ma tête entre mes mains alors que j’essayais de repenser à tout ce que m’avait enseigné Kieran et Nicky pour me calmer. Essayer de faire le vide, de penser à quelque chose qui me rend heureux. A quelque chose qui me fait me sentir bien. Fermant les yeux, je n’osais plus te regarder. Le fantôme de ton passé me tournait, comme si elle se foutait de ma gueule, je détestais ça. Susurrant ces mêmes mots à tue-tête « Casses-toi… » Le sixième sens… C’est comme ça qu’on l’appelait. On m’avait rendu ma vue, oui, mais à quel prix aussi ? A quel prix ? J’en sais rien. Et les yeux clos, j’essayais, vraiment j’essayais de ne plus penser. Regardes-ce que tu me fais Elijiah. Regardes où toutes cette histoire m’a mené. A l’évidence, et je crois que c’est ça qui fait le plus mal, malgré le temps, malgré cette volonté d’oublier, malgré cette impression d’aller mieux… Je crois… Je sens, que non… En réalité… Je ne vais pas mieux…





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I'LL SING IT ONE LAST TIME FOR YOU. THEN WE REALLY HAVE TO GO. YOU'VE BEEN THE ONLY THING THAT'S RIGHT IN ALL I'VE DONE. AND I CAN BARELY LOOK AT YOU. BUT EVERY SINGLE TIME I DO I KNOW WE'LL MAKE IT ANYWHERE. AWAY FROM HERE. LIGHT UP AS IF YOU HAVE A CHOISE. EVEN IF YOU CANNOT HEAR MY VOICE I'LL BE RIGHT BESIDE YOU DEAR
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Qu'est-ce qui se passait encore... qu'est-ce qui t'arrivait ? Va te faire foutre ! Et dans un froissement sourd, je m'écrasais contre le mur. Une douleur vive me prenant du bas des reins pour remonter jusqu'à mes épaules. Brutalement, les choses venaient de changer. Je le sentais. Il  me suffisait pour cela de te regarder. Parce-qu'en une simple fraction de seconde le gentil garçon que je connaissais était devenu un homme. Ce qui n'était pas fait pour me déplaire, soyons honnêtes.

Même si la suite des événements m'avait littéralement terrorisé. Tu sais, je crois qu'au fond ces fantômes que tu voyais, c'est moi seul qui les invoquaient. Après tout, tu étais mort par ma faute. De mort violente. Comme lorsque je tuais mes victimes, figeant leurs âmes en colère dans un état de révolte permanent. Voilà pourquoi je ne voulais plus jamais faire ça. Te faire du mal. T'enlever la vie ou te voir mourir un peu plus à l'intérieur à chaque fois que je t'approchais. Bref. Être un meurtrier. Alors d'accord. Juste d'accord, à partir de maintenant c'est à ta manière qu'on ferait les choses.

Pour toi et s'il le fallait, je deviendrais celui qui écarte les cuisses. Celui que se soumet. Me tenant à ta disposition, quand tu voudrais. Comme tu voudrais. Où tu voudrais, lorsque tu le déciderais.

Bien sûr, je n'ai pas compris tout de suite ce qui t'arrivait. Me demandant ce qui se passait encore pour que tu vrilles à ce point. Quitte à de nouveau décharger tes émotions sur moi. Me chopant par le col de mon haut pour venir m'encastrer dans le mur. Le choc me sonnant à moitié. Pas tout à fait rétabli. Plus faible que toi et pas vraiment en mesure de riposter. Pour peu que j'en éprouve l'envie. Mais chercher encore une fois à m'imposer ça aurait été comme prendre un fusil et le pointer sur ta tempe. Comme en finir pour de bon. Et moi, je ne voulais plus jamais faire ça.

Aussi, et en souvenir de notre amour autant que par respect pour la confiance que tu m'avais un jour accordé, je prenais enfin la décision de t'être entièrement dévoué. Si bien que répondant à ton ordre, je la fermais. T'écoutant. T'entendant. Acceptant de ne plus être celui qui dicterait les règles à l'avenir. Le sol s'effaçant sous le poids de mon corps appesanti lorsque te décollant de la porte du revenais vers moi. Mes yeux ne te lâchant plus, incapable de les détourner. Plus dans la résistance, mais pas encore totalement dans l'acceptation. En proie à la confusion la plus totale. Dans la crainte de ce que tu pourrais faire, et rassuré par tes réactions. Quand bien même tu m'aurais à ton tour roué de coups. Éventualité qui m'a traversé l'esprit. Je ne saurais pas le nier. Ce soir, c'était le soir ou jamais. Parce-que je comptais bien me retaper. Me remettre en condition, physique et psychologique. Afin que plus personne après ça n'ait la possibilité de lever la main sur moi. Et non, il ne s'agissait pas d'une question d'ego. Pas du tout. Il s'agissait juste du serment d'un Sire à son infant.

Sur ce, tu m'as relâché. Me bousculant une dernière fois, si bien que je me cognais durement contre le mur dans mon dos et que je m'effondrais. Retour le cul par terre et juste le réflexe de me protéger en croisant les bras devant mon visage quand tu saisissais la lampe de chevet pour la jeter dans ma direction. Lampe qui éclatait en mille morceaux, et dont les éclats se dispersaient dans toute la chambre. Tout allait trop vite.

Bien trop vite. Avec toi, me criant une première fois : « M'approche pas ! » Ce à quoi j'obtempérais. Ne t'inquiètes pas. Tes choix seraient mes choix. Puis toi qui hurlais une deuxième fois : « Casse-toi ! »

Que je me casse. Non… c'est là, à ce moment précis, en suivant ton regard, que j'avais compris ce qui t'arrivait. Ce qui se passait. Là que tel un aimant à revenants, j'exacerbais ta sensibilité. Te provoquant par la même occasion des apparitions. C'est à un fantôme que tu hurlais de se casser. Pas à moi. Qui est-ce que tu voyais ? Qui…

En panique, je me traînais alors à quatre pattes jusqu'à toi. Me plantant des morceaux de la lampes dans les mains. Juste indifférent à la douleur. Ne songeant plus qu'à t'aider tant tu avais l'air effrayé, en perte de repères et livré à tes terreurs les plus intimes. Je te jure que je ne voulais pas ça. Je te le jure. Si bien qu'à ta hauteur, je t'attirais contre moi. Me mettant dos au mur, et te plaçant entre mes jambes pour pouvoir t'entourer de mes bras. Te sécurisant entièrement. De sorte que rien ne pourrait t'atteindre sans me toucher aussi. Sans d'abord en passer par moi.

- Calme toi. S'il te plaît, calme toi. C'est fini. On fera comme tu veux. Tu décideras de tout. Et si tu es d'accord, je vais rester. Comme ça, on pourra se voir quand tu en auras envie. Ça va s'arranger. Je te le promets. Puis… si tu es bien avec lui, alors je serais heureux pour toi. Mais calme toi… calme toi…

Ces mots, c'est à peine si je les avais soufflé suffisamment fort à ton oreille pour que tu puisses les entendre. En espérant que tu y perçoives toute la sincérité dont ils étaient chargé. Je t'aime. Je ne voulais plus te faire de mal. De sorte que tout en te berçant doucement, je continuais à te murmurer des paroles rassurantes...

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La vampirisation m’avait rendu la vue. Mais à quel prix ? Très vite je me suis rendu compte que je voyais des choses étranges. Au départ ce n’étaient que des ombres, là, cachées dans un coin sombre de la pièce. Et puis ensuite, ensuite c’était de forme plus distincte. Des formes humaines. Jusqu’à ce que je comprenne enfin. Il m’avait fallu du temps pour m’y faire. Du temps pour contrôler ce pouvoir. Je voyais les morts. Je me retrouvais souvent face à des victimes de mon interlocuteur. Ou alors, maintenant, je pouvais moi-même les appeler, leur parler. Les rassurer. Même si je m’y étais fait, les apparitions étaient parfois tout sauf agréables. Des fois elles étaient violentes. Se pointant pour me montrer, me rappeler qu’une personne pouvait être vraiment mauvaise parfois. Dans ces moment-là je les voyais, blessé, ensanglanté, crachant du sang, elles se riaient de moi, se moquait, m’avertissaient. C’était le cas de ce soir. La colère était revenue, ne laissant place qu’à ce sentiment de trahison, de haine, me permettant de ne plus rien contrôler. Ni mes émotions, ni ces choses que je voyais. Ca faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé. Vraiment longtemps. Assis là, contre ce mur, recroquevillé sur moi-même, je tentais de me reprendre, de me calmer, jouant nerveusement avec ce bracelet pour essayer de me rappeler un bon souvenir. Un souvenir qui me ramènerait à ce sentiment de plénitude. Cette technique je la tenais d’abord de Kieran, et ensuite de Nicky. Cette techniquement c’étaient eux qui me l’avaient enseigné. Mais toi, toi non, jamais tu n’avais pu constater l’ampleur de ce cadeau empoisonné que tu m’avais légué. Jamais tu n’avais pu voir. Et tu sais pourquoi ? Parce que tu n’étais pas là !

J’avais envie de te hurler dessus, de te repousser quand tu es venu t’installer là, à côté de moi. Mais trop concentré sur ce besoin de me calmer je n’ai rien fait. Pourtant j’aurais peut-être dû. Machinalement, comme si tu pouvais m’aider, tu m’as pris dans tes bras, essayant de me rassurer. Arrête. C’était de ta faute si j’étais comme ça ! Alors comme si t’avais le pouvoir de me ramener à la réalité. J’ai simplement gardé les yeux fermés, empoignant fermement ce bracelet qui ne me quittait jamais. Un cadeau de Nicky. Les yeux clos à m’en fendre les paupières après avoir enfin choisi ce souvenir. Cette soirée même, quand il est rentré de Raid. On n’était pas encore ensemble à ce moment-là. Non. Je me mentais encore, essayant de luter face à tout ce qu’il me faisait ressentir. Et c’est là qu’il m’a tendu ce bracelet. Avec son air maladroit, un peu gauche. Ce souvenir, c’était celui du soir où on a décidé d’arrêter d’aller à l’encontre de ce que l’on ressentait l’un pour l’autre. Cette soirée, c’était celle où j’ai arrêté de le repousser, et je me suis perdu dans ses bras, ou j’ai enfin pu me ressentir revivre. C’est cette soirée, où j’ai recommencer à revivre enfin. A arrêter de faire de la merde, à me concentrer sur mon job, sur ce qui était bien. A arrêter de broyer du noir, à arrêter de penser à toi et à toute cette souffrance que tu m’avais affligée en te tirant avec Amarok. Cette soirée j’ai eu envie de bruler ta caisse, de tout effacer. Mais Nick m’en a empêché. J’étais si bien, si paisible. La colère était partie, simplement. Je n’avais plus peur. Je n’avais plus mal non plus. Alors oui, c’est cette soirée que j’avais choisie pour me calmer. Ce souvenir qui m’était tant important.

Plongé dans ce souvenir, tes mots, je crois que je les ai à peine entendu. Me calmant enfin, murmurant une chanson que lui et moi apprécions. Light up, light up, as if you have a choice. Even if you cannot hear my voice I'll be right beside you dear. Des paroles qu’il m’avait dites la première fois qu’il est reparti après cette nuit. Illumines-toi ! Et quand bien même tu ne pourras pas entendre ma voix, je serais près de toi mon Ange. Près de moi. Oui. Toujours. Grâce à ce petit bijou que je portais constamment. C’était con, mais ça avait toujours fonctionné. Alors oui, j’ai fini par me calmer. Revenant à moi petit à petit. Ouvrant d’abord les yeux pour vérifier que le fantôme de ton souvenir n’était plus là. Me sentant rassuré quand j’ai constaté qu’il n’y avait plus personne dans cet angle. Revenant à la réalité, toi, me serrant fortement contre toi, toi et tes paroles rassurantes, toi et tes promesses. Lentement, je me suis redressé, revenant m’adosser contre ce mur, arrêtant de maltraité mon poignet, tirant même sur ma manche pour planquer le bracelet en dessous. Restant silencieux, faisant de mon mieux pour ne pas revenir dans cette léthargie dans laquelle je viens de m’enfoncer. Je suis venu me passer une main dans les cheveux, reprenant des distances avec toi, une sorte de périmètre de sécurité. On pourrait se voir quand je le voudrais ? Mais si je n’en n’avais pas envie Elijiah ? Si ta présence ici même était la cause de ce sentiment que je ressentais là, tout de suite maintenant ? Te pardonner. Je ne sais pas si j’aurais la force de le faire bien que je sais, oui, je sais que c’est sans doute la base de tout. La base même des relations humaines. On faisait tous des erreurs. A des échelles parfois différentes.

« Bien avec lui ? Il m’a sauvé Elijiah. Et si t’arrêter un peu de voir le mal partout, d’avoir ce sentiment qu’on t’a volé ton petit toutou, au lieu de le détester tu devrais le remercier pour ça et tu sais pourquoi ? Parce que sans lui je me serais flingué bordel ! Et c’est sur mes restes que tu serais en train de pleurnicher et non là, à côté de moi ! Ouvres les yeux putain et arrête d’être con merde. »

Arrête d’être con. Oui, c’était sans doute ça. Tu pensais, t’étais persuadé, tellement, que je ne te comprenais pas, mais comment tu voulais que je le fasse ? Regardes la vérité en face merde. Tu m’as traité comme une merde, tu m’as laissé tout seul, me démerder avec ce que j’avais. Et toi tu le déteste pourquoi ? Parce qu’on s’aime ? Mais si tu dis m’aimer, la seule chose que tu devrais faire c’est ça. Aller le voir, et lui dire simplement merci d’avoir réussis là où tu avais échoué. Mais tu as trop d’égos pour t’en rendre compte. Tu n’étais pas là. Que non, tu n’étais pas là pour le voir. Mais si t’avais seulement conscience de l’état dans lequel tu m’as laissé peut-être que tu réalisais. Et si toi tu avais eu le droit de vivre ta vie, je ne vois pas en quoi le fait que je vive la mienne te dérange. Sans lui je serais sans doute mort. Et à la place de ça regarde ! J’étais là, plus vivant que jamais, à côté de toi. Alors merde, ravale ta fierté et fait ce qui est juste pour une fois. C’était une réalité qui pouvait faire mal, sans doute, mais pourtant, c’était ça la vie. Et ce n’était pas à moi, le petit néonate de quelques années à te l’apprendre à toi, le sois disant vieux vampire puissant de IV siècles. Regardes-toi sérieux. Il était passé où ce vampire bourré d’assurance que j’avais rencontré ? Te réfugier dans tes prières ne résoudront rien Elijiah. Etre croyant c’est pour se donner bonne conscience si tu veux mon avis mais ce n’est pas ton tendre Allah qui va arranger les choses mais toi. Toi et ta volonté et pas le reste. C’était à toi d’agir, de réagir, et non pas le contraire. Alors bouges-toi putain. Et arrêtes d’en vouloir aux mauvaises personnes pour les conneries que tu as toi-même faites.

« Redescends sur terre sérieux. Et c’est moi qui ne te comprends pas après ça ? Si tu veux que ça s’arrange c’est à toi de faire les choses bien pour une fois. Des efforts j’en ai suffisamment fait avec toi et sérieux, vas pas m’dire le contraire si tu veux pas que je vienne te foutre mon poing dans la gueule. T’as fait le connard avec moi. Tout simplement. Alors au lieu de chialer sur ton sors rentres-le toi dans le crâne et répare tes conneries au lieu d’enfoncer le clou. Redescends de ton putain de piédestal et dégonfle un peu. T’es pas parfait Jazeem. Personne ne l’est. Et putain c’est encore moi que t’ouvre des portes je suis vraiment trop con. »

Des portes, je t’en ouvrais oui. Je sais même pas pourquoi je faisais ça. T’étais en train de gagner d’une façon ou d’une autre et sérieux, ça me foutait les glandes. Restant assis là contre ce mur je me suis allumé une clope. J’étais calme. Froid, sec, sans filtre, mais calme. C’était simplement à toi de réagir. A toi, et à toi seul de te pardonner pour pardonner aux autres. Ta haine envers Nicky était stupide. Lui avait le droit de te détester, mais pas l’inverse. Lui avait le droit de te maudire pour le mal que tu m’avais fait. Mais toi, toi tu devrais le mercier de m’avoir réparé. Parce que sans lui, bordel, ton infant, il ne serait pas là, devant toi, dans ses nouvelles fringues colorées et sa gueule de hippie. Et rien que pour ça tu devrais te montrer reconnaissant. C’était ça la vérité. Parce que si tu m’aimais, tu devrais oui, être heureux de me savoir enfin bien. Bien et surtout, plus vivant que jamais…




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J'ai cru te retenir. Mes doigts s'agrippant à cette manche sur laquelle tu tirais. Presque à la déchirer. Après quoi, j'ai même cru ne pas pouvoir te lâcher. La présence si réconfortante de ton corps contre le mien venant déjà à me manquer. Parce-que j'étais amoureux de toi. Tout simplement. Accepte-le ou rejette-moi encore. Peu importe. Vois-tu, je m'en moquais. Il n'était pas si loin l'homme dangereux qui t'avait tant attiré. L'homme ténébreux pour lequel tu voulais mourir. Puis tu sais, c'est là que se trouvait notre place à tous les deux. Comme toujours. Dans le creux de la vague, en pleine tourmente. Et ce, depuis le premier jour. Au premier regard qu'on avait échangé. Alors comprends bien que si je devais recommencer à t'apporter des cafés, je le ferais. Les empoisonnant. Usant de n'importe quel sort pour te ramener. Peut-être aussi que pour te rappeler quel était l'homme que tu aimais, je m'amuserais à les sucrer. Rien que pour te voir te débattre.

Maintenant Arrête. Arrête. Je n'en pouvais plus de t'entendre. Rien n'allait jamais. Rien ne te suffisait. Sache juste qu'il fut un temps où j'aurais tout cassé. Guidé par mes instincts. Ma conduite ne s'écrivant qu'au fil de ce que je ressentais. OK. D'accord. Oui mon amour. Tu avais raison. Tu savais toujours tout mieux que tout le monde. Très bien. Comme il te plaira. Mais fous moi la paix. Avec lui, avec son exceptionnel sens des responsabilités. Son incroyable honnêteté.

Le mal mon cœur, tu le générais. Est-ce que mon toutou remuait la queue en le voyant ? Je me demandais. Quant à aller le remercier, regarde-moi bien en face et lis sur mes lèvres : « Jamais, plutôt crever.» Voilà. Apprécie la beauté du geste. Libre à toi de te tirer si tu n'appréciais pas. Vas-y. Prends la porte. Je ne te retenais pas.

Des efforts. Des excuses. Que je change le passé. Que je devienne un autre que celui que tu connaissais. Douce illusion. Si tu aimais sa lumière, j'en deviendrais l'ombre. Celle qui au milieu de la nuit viendrait obscurcir tes rêves. N'oublie pas à qui tu avais affaire. Ton joli petit couple, c'est entre mes doigts qu'il se briserait. Tu en avais assez de me voir pleurnicher. Tu n'en pouvais plus de mon image de repenti. Ma tombe, tu en serais l'unique fossoyeur. Par ta faute, c'est mon âme que ton égoïsme s'apprêtait à damner. Un conseil, avant de donner des leçons commence d'abord par les appliquer. Pauvre garçon maltraité. Que son amant avait trompé. Auquel on mentait, mais qui n'hésitait pas à se montrer violent et à utiliser la force pour parvenir à ses fins. Bel exemple. Toi qui prêchait les vertus du pardon. Hypocrite.

T'en dirais quoi de la fermer à ton tour…

Crois-moi. Ça aurait été ton choix le plus judicieux. Toi et ta vérité. Toi et ta voix qui m'insupportait. Je te promettais de me tenir à carreau. De me plier à tes règles. De me mettre à ton service, et tu y trouvais encore à redire.

Donc. Con je m'apprêtais à l'être. Jusqu'au bout. Perdu pour perdu, j'allais t'en donner du vampire bourré d'assurance. Et me relevant, je t'empoignais. Fatigué. Encore sous tension. Perturbé par ce qui venait de m'arriver. Tu t'en rappelles ? Non. T'en avais rien à battre en vérité. Tu profitais juste de ma faiblesse pour me mettre sur la gueule. Sauf que je commençais à récupérer. Grâce à toi. Mon gentil infirmier, qui m'avait refilé du sang. Puis, comme toi tout à l'heure, je te décollais du sol pour te plaquer au mur. Attrapant au passage ta cigarette et la cassant. Son tabac rejoignant les débris au sol. Néanmoins, en veillant à ne pas te briser les os. D'humeur charitable. Remercie moi.

- Essaye seulement de me foutre ton poing dans la gueule...  que les choses soient bien claires entre-nous, c'est la dernière fois que tu levais la main sur moi. La dernière. Je me répéterais pas. Alors tu sais quoi, je vais rester Ezechiel. Je vais rester, reprendre des forces et crois-moi, c'est toi qui va devoir dégonfler. Et vite. Je veux bien être compréhensif et patient. Je veux bien me plier à toutes tes volontés et faire les choses à ta manière. Mais jusqu'à preuve du contraire, je suis encore ton Sire. Maintenant, si t'en as marre de la voir ma gueule comme tu dis, tu connais le chemin de la sortie. Je te retiens pas. Estime-toi heureux que ça en reste là… t'es vraiment à côté de la plaque...

De ton épaule, mes doigts remontaient s'enrouler autour de ton cou. Mon regard te crevant à présent les yeux. Et là, je me disais qu'on avait vraiment rien en commun. Je me battais dans le vide. Tu ne comprendrais jamais pourquoi j'avais disparu. Pire, tu m'insultais. Encore. Inculte et étranger à mes croyances. Peut-être bien que je chialais, mais j'en avais le droit. Ça ne me rendait pas plus faible que toi ou qu'un autre. Rentre toi ça dans la crâne.

Et laisse-moi t'éclairer. Pour capturer un prédateur, tu ne devais pas en rester la proie. Il te fallait en devenir l'égal. Alors ça ne tenait qu'à toi. Mais pas grâce à tes poings. Grâce à ton intelligence et à ton intuition. Un détail encore. Tu te trompais. Ton petit copain n'avait en aucune manière le droit de détester un homme qu'il ne connaissait pas. Si ce n'était à travers ce que toi tu lui en avais dit. Point. Ça ne te plaisait pas ? C'était ton problème. De mon côté, je m'engageais à me réjouir pour toi. Tu te souviens. Un temps. Le temps que je décide de la suite. Le temps que j'opte pour le bien ou le mal.

Le temps que je me rétablisse et que je choisisse la voie à suivre. Je t'aimais, mais tu n'étais pas le centre de l'univers. Et j'en avais tellement marre de subir tes plaintes. Qu'est-ce que tu faisais là plutôt que de courir le rejoindre…

Toi et tes portes entrouvertes. Mais que tu te hâtais de me claquer au nez dès que j'essayais d'entrer. Puis, de mon autre main, je te choppais le poignet. Admirant ton bracelet. Oui, j'avais vu. Quatre siècles comme tu te plaisais tant à le faire valoir. Quatre siècles, et un sens de l'observation que tu ne soupçonnais même pas. Mais soi rassuré, je n'y toucherais pas.  Sur ce, je te poussais sur le lit. Afin que tu ne te fasses pas mal en te réceptionnant. Le sang continuant de s'écouler de mes mains à cause des morceaux de lampe rougissant ta peau.

- Tu veux que je te dise, je serais jamais un gentil garçon Ezechiel. Le gendre idéal, c'est pas moi. Je pourrais faire tous les efforts possibles et imaginables, t'arriveras pas à t'en contenter. Tu pourras jamais me prendre comme je suis. Parce-qu'on est trop différents. Et peut-être aussi que toi t'as réussi à passer à autre chose, mais moi pas. Je le sais bien que tu l'aimes lui.  Et je sais aussi qu'il t'a sauvé la vie. Je le sais tout ça. Seulement, pourquoi ça devrait me suffire quand on sait que tu en réclames toujours plus. Tu supportes pas de ne pas réussir à modeler les gens à ton image…

Ces mots, je les ai prononcés sans colère. Tout comme je t'ai bousculé sans méchanceté. Simplement, parce-que la soirée a été difficile. Et que toi, tu t'agitais trop. Criant, gesticulant, te victimisant. En fait, j'avais juste l'impression de te terrifier. Un peu comme tes revenants, ces esprits qui te hantaient. Allant et venant. Puis s'évaporant dans la nuit.

C'était flippant ça. Moi et les phénomènes surnaturels tu vois. Flippant comme de réapprendre à vivre. En société. Entouré. Putain, laisse-moi le temps de me réadapter quoi. Arrête d'exiger. Tout de suite, maintenant. Arrête de faire ça. Rien n'avait changé ni évolué.

Tout me paniquait. Tullamore. Le fait que j'ai failli y rester, prêt à crever sur un trottoir, anonyme. Toi aussi. Avec tes paroles cassantes et blessantes. Toi et tes esprits. Du coup, je préférais faire comme si ça n'était jamais arrivé.

le pire, c'est que River Crow n'était plus. Pourtant, je venais de repasser au travers de mon pare-brise...

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A côté de la plaque. Je ne sais pas si c’est toi qui l’était où bien moi, mais tout ce que je savais, c’est qu’on n’arrivait pas à se comprendre. Comme toujours, comme à chaque fois. Je n’ai pas réagi quand tu m’as attrapé, venant me plaquer contre le mur. Qu’est-ce que tu croyais ? T’espérais quoi ? Me voir te supplier de ne pas me faire de mal ? Comment tu pouvais m’en faire plus que ce que tu m’avais déjà fait Elijiah ? Sérieusement ? Tu reprenais le dessus. Comme toujours. Et toi. Tu crois que le fait d’être mon Sire te donne le droit de revenir dans ma vie et de réclamer tout un tas de truc que je ne pouvais pas te donner ? T’espérais quoi sérieux ? Me voir venir me pendre à ton cou, rassuré de te savoir en vie. Me voir te pardonner et effacer d’un simple trait toutes tes conneries ? Mais tu crois quoi sérieux ? Que parce que t’étais mon Sire tu pouvais te permettre de réclamer tout ce que tu voulais ? T’es pathétique Elijiah. Tu dis que c’est moi qui me victimise, mais sérieux regardes-toi. Tu sens que tu perds le control et ça te terrorise tellement que l’unique défense que t’as trouvé c’est celle de la domination. Mon poing il irait s’abatre dans ta tronche si je le voulais, et tant pis si tu me frappes à ton tour. J’étais libre. Libre. Tu comprends le sens de ce mot au moins ? C’est pas parce que t’avais été la putain de ton créateur que j’étais forcé de devenir la tienne ! Et je te donnerais ce que je voulais, quand je le voudrais. Ca aussi que ça soit bien claire. Pour l’heure, je n’avais qu’une envie, te cracher à la gueule. Toi non plus tu captais rien. Toi aussi t’étais complet à côté de la plaque. Peut-être même bien plus que moi.

Du mur je me suis retrouvé sur ce lit, bousculé, allongé, te laissant simplement me manipuler. Tes mots, je les entendais. T’inquiète pas pour ça. C’était là, bien imprégné. Passer à autre chose ? Tu crois vraiment que j’avais tourné la page ? Mais putain t’étais con ou tu le faisais exprès ? Tu crois que ma réaction était celle d’un type qui était passé à autre chose ? Si ça avait été le cas je serais resté stoïque ! Je serais resté là, à te regarder, sans réagir, complétement indifférent ! A la place de quoi j’avais littéralement pété le plomb ce soir où t’as décidé de te pointer devant moi la queue entre les jambes ! Mais sérieux Elijiah, ouvres les yeux pour une fois et arrête de voir ce que toi tu voulais voir merde ! Et cette phrase. Celle de trop. Modeler les gens à mon image ? Mais pour qui est-ce que tu te prends ? Restant allongé, je me suis redresser en m’appuyant sur mes coudes, tes regardant, te provoquant même. J’en venais à me demander comment j’avais fait pour aimer un type comme toi. Tu te la joue repentie, tu te la joue sincère, tu penses êtres un type bien à qui on ne peut rien reprocher mais regardes-toi merde. T’es pire que le diable. Une ordure ! Un manipulateur ! Tu prends quand tu désires pour balancer aux ordures quand tu contrôle plus. Tu détruis, tu brises, et ensuite quoi ? T’espère nous voir ramper à tes pieds ? Mais qu’est-ce que je t’avais fait putain pour mériter ça ? Qu’est-ce que je t’avais fait pour que tu sois si dégueulasse avec moi ! REPONDS-MOI ! Comment tu pouvais me faire ça sérieux ? Toi qui prétendais m’aimer, comment ?! Malgré tout ce que tu pouvais dire, rien n’avait changé. Rien. Tu restais le même. A toujours tout briser. Ca c’était la vérité.

« C’est ça l’image que t’as de moi Elijiah ? Tu crois que… Qu’est-ce que je devrais dire de toi putain ? »

Choqué par tes mots, je me suis rassis sur le rebord du lit. Tes mots, ils faisaient mal merde. C’était injustifié, infondé. Complétement. Venant me passer une main dans les cheveux, j’ai senti les larmes me monter aux yeux. Littéralement. Simplement. T’étais tellement aveugle putain. Laisses-moi juste le temps d’encaisser avant de me casser tu veux ? Parce que te voir, t’affronter, ça devenait trop dure. Trop compliqué. C’était trop. Je voulais simplement rentrer, oublier que je t’avais vu, oublier que tu avais étais là, oublier que je t’avais sauvé, oublié que t’avais existé. Je voulais juste… J’en sais rien. Tirer un trait peut-être ? Un trait que je n’avais à l’évidence jamais tiré. Rien que par le fait que c’était ta caisse que je conduisais. Tu sais. Celle que tu m’avais donné le soir où tu m’avais largué comme si de rien n’était. Celle que tu m’avais offerte pour sans doute mieux pouvoir te pleurer. Me redressant, j’ai plongé la main dans ma poche de mon blue jean. En sortant la clé. Cette clé que j’avais toujours sur moi vu que c’était devenue la clé de mon véhicule. Une partie de toi. Tu vois. Je l’avais gardé. Mais là j’étais en train de me dire que j’aurais dû la brûler. Fixant l’objet, le cœur serré, j’ai fini par te la lancer pour que tu la rattrape. Tu t’en souviens de cette clé ? Alors tu crois toujours que je l’ai tiré ce putain de trait ? Comme toujours mon Ange, on ne se comprenait pas. Comme toujours, il fallait que ça finisse dans des larmes et des engueulades. Pourquoi on n’arrivait pas à se parler ? Pourquoi t’écoutais jamais ? Pourquoi t’étais toujours sur la défensive quand il s’agissait de moi ? Tu m’en voulais d’avoir essayé de continuais à vivre c’est ça ? T’aurais préféré me savoir encore en train de te pleurer. Regarde ce que je t’ai lancé à l’instant et comprends merde. Ca changera.

« Faudra refaire le plein. Je pars à Galway demain pour prendre des échantillons. J’en prendrais une autre j’en veux plus. »

Non Elijiah. J’en voulais plus. J’voulais plus rien d’toi. Plus rien, c’était terminé. L’homme qui fabriquait les hommes à son mage se retirait. Tu vois. T’avais gagné. C’était quoi que t’avais voulu y’a deux ans ? Ta liberté ? Je te la rendais. J’allais enfin peut-être pouvoir faire mon deuil ? Peut-être que j’allais pouvoir passer à autre chose ? J’en doute fort. Et te regardant une dernière fois, c’était les yeux remplis de larmes et le cœur serrait que je te la balancé cette putain de vérité que tu voulais tant entendre.

« Jamais… J’ai jamais vraiment pu passer à autre chose malgré l’amour que je ressens pour lui. Satisfait ? Au revoir Elijiah. »

Posant la main sur le poignet j’allais partir, m’enfuir. Ne supportant plus cette sensation de suffocation. Laisses-moi partir pour ce soir je t’en prie. On en reparlera plus tard. Cogites… Réfléchis… Et pour une fois… Comprends. C’était tout ce que je te demandais…




©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach


I'LL SING IT ONE LAST TIME FOR YOU. THEN WE REALLY HAVE TO GO. YOU'VE BEEN THE ONLY THING THAT'S RIGHT IN ALL I'VE DONE. AND I CAN BARELY LOOK AT YOU. BUT EVERY SINGLE TIME I DO I KNOW WE'LL MAKE IT ANYWHERE. AWAY FROM HERE. LIGHT UP AS IF YOU HAVE A CHOISE. EVEN IF YOU CANNOT HEAR MY VOICE I'LL BE RIGHT BESIDE YOU DEAR
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Bad dream : escape from castle ◘ Feat. Ezechiel
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