The Island of the damned est un forum post Apocalyptique rassemblant un grand nombre de créatures surnaturelles.
 

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 Let tomorrow come | Elijiah (sujet terminé)

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Let tomorrow come
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Elle était ailleurs. Son esprit vagabondait, flirtant doucement avec l'illusion d'une liberté qu'elle n'avait pourtant plus depuis deux ans à présent. Il flottait au-delà de cette monstrueuse muraille de pierre et esquissait en sa mémoire les souvenirs fébriles de sa terre natale. Lahja se souvenait, refusant d'anéantir ce qui lui restait de ses parents. Elle conversait avec la douleur, faisait la cour à la mélancolie et tentait de conjuguer tant bien que mal avec ce deuil qu'elle n'a pas eu le temps d'accomplir. Pourtant son cœur n'était qu'un amas de murmures tranquilles, presque effacés tant la sérénité semblait lui engourdir les veines. L'apaisement sur son visage restait intact et dissimulait parfaitement les notes de tristesse qui se jouaient à l'intérieur de sa cage thoracique. La nostalgie était enivrante. Elle ensorcelait ses sens et tourmentait ses sourires d'un simple effleurement. Cependant personne ne se doutait de quoi que ce soit. Elle mettait un point d'honneur à encaisser ces maux, à répandre un peu plus de lumière que d'obscurité, comme presque tout le monde au château. Beaucoup de gens souffraient entre ces murs. Par respect pour eux, il fallait parfois faire abstraction de sa propre sensibilité et savoir se défaire de l'égoïsme afin d'élever l'importance des plus vulnérables. Pour la blonde, rien n'était plus essentiel que l'entraide en ces temps difficiles. Elle ne pouvait pas se permettre de perdre espoir car que lui resterait-il sinon ? Alors elle trompait ses ombres en se montrant le plus utile possible. Elle déjouait la grande morosité des jours pluvieux en aimant ceux qui avaient besoin d'être aimé. C'était aussi simple que ça. Cela animait chacune de ses journées et donnait un sens à son existence toute entière. Au-delà du chaos qui les entourait tous, elle voulait percevoir d'autres possibilités. Plus saines mais surtout plus lumineuses. Elle se devait d'y croire pour elle-même mais aussi pour tout ceux qui avaient cédé sous le poids de bien trop de peine.


Son sommeil restait tout de même agité par la présence fantomatique de ceux qui manquaient à sa vie. Par cette noirceur qu'elle refoulait tant bien que mal au plus profond de son être. La violence avait marqué sa peau et c'est son âme qui en subissait les ecchymoses. Lahja ne pouvait pas nier le nœud dans son estomac. Elle ne pouvait pas fermer les yeux sur ce qu'elle avait vécu à son arrivée ni sur l'angoisse qui emplissait encore trop souvent ses poumons. Aussi forte soit son envie d'être courageuse et aussi grande puisse être sa bienveillance, la sorcière portait sur ses traits l'usure fade des victimes de Tullamore. Elle n'avait pas pu échapper à la règle. Elle ne faisait malheureusement pas l'exception. Et bien qu'elle se soit habituée aux terreurs nocturnes que son bourreau lui avait laissé en guise d'adieux, la fatigue a pourtant fini par s'immiscer au creux de ses tissus musculaires, rendant ainsi ses mouvements moins nets qu'autrefois. Ces insomnies persistantes soulignaient une certaine faiblesse qu'elle avait honte de ressentir mais paradoxalement, elle était incapable de rester inactive, de s'acharner à trouver ce fameux sommeil réparateur dont elle avait pourtant tant besoin. Lahja devait faire sa part malgré les protestations de son frère qui tentait vainement de la raisonner. Il fallait qu'elle continue à se battre elle aussi, qu'elle mette sa pierre à l'édifice. Alors lorsque la nuit a tiré sa révérence pour laisser le ciel accueillir un autre jour, elle a quitté la chaleur rassurante de son lit pour se préparer à affronter cette nouvelle journée. Comme souvent, ses semaines étaient rythmées par de longues quêtes dans la nature afin de trouver des plantes spécifiques à la fabrication de différents traitements contre le virus qui s'abattait sur le peuple vampirique. Pour cela, elle se devait parfois de se perdre dans les contrées revenues à l'état sauvage de Moycullen Bogs, le territoire des lycans. Elle risquait très certainement sa vie mais cela ne l'empêchait guère d'y retourner malgré tout. Si jamais l'une de ces plantes portait en ses vertus l'antidote à ce qui s'acharnait à déchirer un peuple entier, la finlandaise ne se pardonnerait jamais de ne pas l'avoir trouvée.


Elle était toujours accompagnée de plusieurs sorciers car il était peu avisé de fréquenter ces bois en solitaire et s'il était recommandé d'être en groupe pour les créatures, c'était devenu pratiquement obligatoire pour les sorciers et les humains. Avec le temps et à force d'arpenter ces chemins hostiles, Lahja a fini par connaître ces terres sur le bout des doigts. De Cork, il lui fallait au moins deux heures et demi en voiture pour atteindre Galway. Ensuite, après avoir récolté ce dont ils avaient besoin pour leurs recherches, elle quittait l'Ouest afin de reprendre une route de quatre heures pour rejoindre le château de Belfast, au Nord. Sillonner presque la globalité du pays en une seule journée faisait désormais partie intégrante de son quotidien. Durant ses voyages, elle a eu le temps de comprendre l'ampleur du problème, de faire face à une bassesse des plus âcres en étant ivre d'une impuissance qu'elle ne tolérait que très peu. Ses prunelles se sont souvent écorchées à la misère qui s'égraine dehors et elle a cessé de compter les fois où elle devait s'arrêter pour soigner les maux des uns et apaiser les douleurs des autres. Ils vivaient tous sous un ciel brisé, dans lequel les nuages sont devenus barbelés. Dans l'air, c'est l'odeur de la peur qui empiétait sur le reste. Et ce sont ces mêmes effluves de peur qui déchiraient les êtres, qui les éloignaient les uns des autres. Lorsque le carnage peignait la douleur au creux de ses prunelles, peut-être encore trop naïves, Lahja avait l'impression d'engloutir toute la tristesse du monde et dans un instant de lucidité morbide, elle se rappelait à quel point l'union et l'amour étaient les seules choses capables de faire disparaître l'anarchie qu'avait engendré l'organisation.


Toutes ces raisons faisaient qu'elle refusait de rester cloîtrée chez elle, en tête-à-tête avec l'injustice des plaies qu'on a ouvert en son for intérieur. Il lui était impossible de retourner à cet isolement souffreteux pour la simple et bonne raison qu'on avait besoin d'elle, de ses compétences mais surtout de cette humanité dont elle ne parvenait pas à se défaire. Ce soir encore, elle préférait s'attarder dans les méandres du château, écumant les chambres des patients, veillant à ce qu'ils ne manquent de rien et passait d'une aile à l'autre grâce à sa carte d'accès. Si elle était restée avec son frère, ce n'était que l'espace de quelques instants. Le temps de savoir qu'il allait bien et de lui indiquer ce qu'ils avaient ramené de leur cueillette. La blonde avait rapidement quitté son cadet et bien que ce soit à contre-cœur, elle préférait apporter son aide aux infirmiers qui passaient leur temps à courir de part et d'autre de l'immense bâtisse. Arrivée à l'aile sud, son regard d'azur s'était posé sur la silhouette d'un homme qui semblait un peu perdu. Ses boucles d'ébène effleuraient librement ses épaules et bien qu'elle faisait face à son dos, Lahja pouvait deviner ses origines lointaines à l'or usé de sa peau. Ses pieds nus foulaient le sol en marbre de la forteresse alors qu'elle accélérait un peu le pas pour réduire la distance qui demeurait entre eux.


« Est-ce que je peux vous aider ? » S'enquit-elle, attendant que l'inconnu se retourne afin de découvrir son visage.
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Assis sur le rebord de la fenêtre, je regardais le ciel. Cherchant à apercevoir de la poussière de lune retomber et scintiller entre les étoiles. Même si c'était stupide. Juste parce-que ça me faisait du bien. Rêver. M'évader. Sortir de cette chambre. Sauf qu'il m'avait fallu apprendre depuis bien longtemps déjà à me résigner. À oublier. Et puis aussi, à renoncer à tout ce qui me tenait un tant soit peu à cœur. Quitte à ranger les uns après les autres mes plus grands rêves […]

[…] les ranger dans des grandes boîtes. Direction les archives. Ainsi allait la vie, sur une route qu'aucune barrière de sécurité ne balisait. Bref. Assez philosophé. Pour ce que ça me servait. Là, j'avais surtout besoin de bouger. De me dégourdir les jambes et de sortir un peu de mon lit. De prendre l'air, mal à l'aise et oppressé. Coincé dans ce château entre les murs duquel j'avais l'impression d'être prisonnier. Vraiment. Pour de bon. À tort ou à raison. Qu'importe. En sachant qu'on m'y avait emmené de force, sans même me laisser le choix. D'accord. Pour m'aider. J'en ai conscience. Il n'empêche que moi, je ne leur avais rien demandé. À eux. Tous ces maudits héros du quotidien, ceux qui armes au poing partaient en guerre contre l'ennemi. Se glorifiant d'agir. De ne pas attendre comme nous autres, les crèvent la dalle, que la famine et la maladie finissent par nous tuer. Rien du tout. En dehors d'une chose peut-être, à savoir qu'on me foute la paix. Mon temps, je l'avais fait. Oui. Sûrement plus qu'aucun autre ici, avec foi et courage. Le devoir avant tout. Avant l'amour, avant les promesses, avant l'espoir. Ancien soldat et infiltré. Condamné. Ancien second de la Fondation MacGregor, en tête d'affiche de la rébellion. Un ancien agent en sommeil. Ancien, et j'assumais. Me réalisant désormais autrement, à travers la prière et au risque de privilégier sur le reste tout ce que mes croyances pouvaient encore comporter de spiritualité.

Après tout, Dieu était plus grand. Si loin de nos préoccupations d'ici-bas. Lui seul me montrait la voie à suivre et sur ce, ces quelques mots me revenaient : “Le présent nous éprouve. Pourquoi marcher tête basse ? Le soleil brille pour tous et jamais ne s'efface. On m'a trop dit de changer, que je mettais mon avenir en danger...” L'ironie était belle, il fallait avouer. Puisque aujourd'hui que je m'efforçais de tenir la mort en respect, on venait me le reprocher. Allant jusqu'à me blâmer de ne rien faire pour les miens. Donc. Tant pis si tu doutais. Tant pis. Je comprenais. Que tu puisses douter du bien-fondé même de mes décisions. Toi. Jusqu'à penser que livré à moi-même dans les rues de Belfast, il y avait de fortes chances pour que je n'ai plus les moyens de survivre encore très longtemps sans quelqu'un pour protéger mes arrières. Ça te concernait. Comme le fait de t'acharner à penser que je n'allais pas bien et que sans aide extérieure, moi aussi je finirais tôt ou tard par y passer.

Pourtant, tu savais. Tu savais Ezechiel combien ça restait difficile pour moi de me retrouver dans le rôle de la victime. D'autant plus après quatre siècles d'existence. Je vivais très mal le fait d'être relégué en position de fragilité, dépendant et sous autorité d'une tierce personne. D'ailleurs, c'est sans doute pour ça que tu avais accepté de me retirer ma sonde. M'évitant de la sorte l'humiliation. La honte et le déshonneur. Tout diminué que j'étais, obligé de me soumettre à d'autres règles que les miennes. Au fond, c'est toi qui avais raison. Pour ne pas changer. Je ne valais rien à côté de lui. Celui qui m'avait sauvé...

Et si tu veux tout savoir, l'autre soir j'avais failli tuer quelqu'un. Comme ça. Mettant mon emportement sur le compte de la faim et de la précarité dans laquelle nous devions survivre. Shannon et moi. Shannon...je me faisais peur. Elle avait l'air si confiante. Tellement persuadée d'aimer un homme bon. Mais à chaque fois que je pensais enfin apercevoir la lumière au bout du tunnel, ma véritable nature remontait à la surface. Et je ne voulais pas la blesser, voilà ce qui me retenait.

Ceci étant dit, je reconnais que sans son intervention à lui et que sans tes soins à toi, je ne me tiendrais certainement pas debout en ce moment même. Fixant la porte. Pressé de la retrouver, elle. De me blottir dans ses bras et pourquoi pas, de totalement m'y abandonner. Ce qui me poussait finalement à sortir de ma chambre. Pour aller je ne sais trop où. Fatigué de rester cloîtré, si bien qu'après avoir refermé la fenêtre je m'engageais dans le couloir. Portant toujours ma chemise bleu et mon pantalon en toile. Des fringues de malade. Un malade qui se portait déjà beaucoup mieux. Force était de l'admettre. Momentanément libéré de mes maux de tête. Comme de mes envies de gerber, le cœur flottant au bord des lèvres. L'estomac se remplissant de vide à la place de sang. Aussi, je dois dire que la perspective de rentrer à la maison m'inquiétais un peu. Sans compter que ces hommes, ceux de Tullamore, pouvaient tout aussi bien décider de revenir terminer le travail.

L'air de rien, j'avais quand même failli y rester. Pris au piège, jeté dans leur coffre et roué de coups. Chacun de mes actes passés me revenant en pleine gueule comme un mauvais retour de flammes. Tout se payait. À l'entrée ou à la sortie. Quoiqu'il en soit, c'est là que je l'ai entendu : “Est-ce que je peux vous aider ?” Cette femme. Se tenant derrière-moi. Alors que du bout des doigts j'effleurais le mur. Les yeux fermés. Foulant le marbre froid pieds nus. Paumé. Un peu désorienté. Cherchant à percevoir, capter, déceler des vibrations familières. Un talent que je n'exploitais que rarement. Seulement, rien ne venait. Les pierres refusant de me parler et gêné, j'effectuais aussitôt un demi-tour.

- Non...enfin, si. Peut-être...j'en sais rien en fait. Je...je cherche Ezechiel. Ezechiel Alberteich. Oui c'est ça...il est infirmier…

Ok. Je lui avais balancé la première chose qui me passait par l'esprit. Parce-que là, je me voyais pas trop bien lui expliquer ce que j'étais en train d'essayer de faire en réalité. Sous peine de passer pour un cinglé. Et embarrassé au dernier degré, je lui souriais. Un tout petit sourire. C'était un peu comme passer une cigarette sous un détecteur de fumée en espérant que l'alarme à incendie ne se mettrait pas à hurler. Sérieusement. J'en avais ma claque de cette situation de merde. Tu jouais à quoi Ezechiel en me retenant ici, sous prétexte de me garder en observation. Alors que je me rétablissais à vitesse grand V...

@IAM - Grands rêves, grandes boites.

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Des rêves... Sa vie entière n'était plus qu'une palette de songes trempant dans les eaux oniriques de son imagination. C'était devenu sa manière de survivre à la violence. De vivre, par procuration, une existence qui ne lui appartiendra sans doute jamais. C'était sa grande évasion. À coups d'idées plus belles, Lahja modelait cette réalité aujourd'hui devenue trop dure pour que son cœur ne parvienne à la supporter. À l'aide d'infimes bonheurs éparpillés au bord de ses lèvres, elle nourrissait tout cet espoir niché en son sein d'extravagances candides et de promesses sucrées. Parce qu'il fallait fuir la lourdeur de ces larmes esseulées. Apaiser toutes ces plaies béantes qu'avait crée le manque de nuits gracieuses, autrefois constellées d'étoiles salvatrices. La finlandaise avait besoin de s'envoler. Spirituellement. À défaut de pouvoir quitter physiquement ces terres souillées de sang et de liquides lacrymaux. Ainsi elle parvenait, plus ou moins, à écoper. Au gré des saisons qui, elles, ne changeaient jamais. En la nature, comme nulle part ailleurs, elle trouvait l'exil aux abominations qu'un homme perdu avait semé en sa mémoire. Cet homme même qui avait brisé sa vie en l'espace d'à peine quelques minutes. Sans l'once du moindre remord. Ses jours restaient teintés par les réminiscences de la cruauté dont il avait fait preuve envers elle. Se moquant effrontément de ses tentatives d'indifférence, son absence persistait paradoxalement à cultiver la peur de le croiser quelque part. Au détour d'une rue ou d'un chemin. D'à nouveau chuter entre ses griffes, flirtant odieusement avec cette causticité nauséabonde que Lahja n'arrivait pas à détacher de son esprit tourmenté. Ce n'était pourtant qu'un humain. Sans pouvoirs ni force extraordinaire. Une carcasse, enrobée de chair et de sang, animée par d'obscurs désirs et poussée par la force d'une haine étouffante. Oui, ce n'était qu'un homme et pourtant, dans cette gigantesque prison à ciel ouvert, il demeurait le maître de ses angoisses les plus profondes. Le peintre de ses cauchemars les plus épouvantables. Il restait ce monstre que le destin lui avait personnellement attitré. La véritable et unique bête dont elle tentait de se cacher. Pourtant ici, auprès de créatures qui autrefois la terrorisaient de par leur manière de vivre, auprès de ces enfants de la nuit qu'elle apprenait doucement à connaître, Lahja atteignait presque la sensation d'être en sécurité. Sans qu'elle ne sache réellement pourquoi, les murs épais du château lui insufflaient une certaine sérénité d'esprit. Les quelques rencontres qui étaient apparues dans son quotidien en fréquentant ces couloirs lui avaient offert une autre perspective et la jeune femme, discrète mais pourtant usée de vivre dans la crainte, ne pouvait pas nier le réconfort qu'elle avait trouvé à Belfast depuis que la Coalition avait été signée.


Elle ne pouvait pas vivre sans rêves puisque les rêves, ce sont avant tout des perles d'eau remplies d'espoir dans l'aridité d'un désert asséché par l'oubli. Sans rêves, l'avenir n'existait pas.


La château était pour elle un lieu de neutralité dans lequel l'entraide régnait plus que la méfiance en plein essor à l'extérieur. C'était un rempart à la guerre, un peu de lumière dans la noirceur de cette ville damnée. Même si Belfast n'égalait pas la sûreté de Cork, le simple fait d'observer une sincère collaboration entre les races lui réchauffait un peu le cœur. Si elle apportait son aide, on le lui rendait bien, d'une manière ou d'une autre. Tout n'était pas encore parfait. Certes. Mais chacun y mettait du sien. Et ensemble, elle était certaine qu'ils pourraient faire des merveilles. Divisés, ils tomberaient tous un par un. C'était une évidence. De ce traité, avec Heikki, ils en avaient rêvé. Le partage. L'aide mutuelle. L'union des forces. Ils avaient mis tant d'espoir dans la concrétisation de cette idée. Ils s'étaient battus pour ça, avant même que Léandre et Wellan n'arrivent. Pour eux, la proposition de cette trêve était une opportunité, une chance à ne pas manquer ; bien conscients que dans un climat aussi hostile, ils seraient plus aptes à affronter l'ennemi en alliant leurs forces qu'en complotant chacun dans leur coin. En échange de ce pas vers la paix, les sorciers leur avaient assuré une promesse de soutien à leur tour. Et ce rêve devenu réalité était une chose dont elle était profondément fière. Si c'était à refaire, le doute n'existerait pas. Pas même l'ombre d'une seconde. Ce n'était peut-être qu'un tas d'accords fébriles pour certains. Mais pour les Vehviläinen, ces signatures représentaient la possibilité réelle d'une future liberté. Alors de l'aide. C'est bien sûr ce qu'elle a naturellement proposé à cet inconnu, à cet homme qu'elle n'avait encore jamais vu auparavant. Il s'était retourné. Enfin. Elle put associer un visage à cette simple silhouette égarée, ayant même le droit d'écouter le son de sa voix. D'entre ses lèvres, le prénom de son ami, Ezechiel, s'était faufilé presque timidement. Précédé par une hésitation qui ne lui a pas échappée. Pourtant Lahja ne lui en avait pas tenu rigueur, se disant qu'il était sans doute encore un peu désorienté par ce qui avait pu lui arriver. Elle était bien loin de se douter que l'amour l'influençait et que des blessures en transpiraient.


« Oh, Ezechiel ? » commença-t-elle, la mine soudainement concentrée. « Je ne crois pas l'avoir vu aujourd'hui. C'est plutôt étrange d'ailleurs. Habituellement, il est toujours là. » Pensive, elle passait en revue les endroits dans lesquels le jeune vampire pouvait se trouver à l'heure qu'il était. « Il est peut-être parti à la banque de sang afin d'aider les bénévoles. » Ce n'était, cela dit, qu'une modeste supposition. Bien qu'ils soient devenus amis en raison de ses allers-retours depuis le sud de l'île, il leur arrivait souvent de ne pas se croiser plusieurs jours tant ils croulaient chacun sous le travail. Cela n'avait rien de surprenant. « Peut-être que je peux lui transmettre un message, enfin si vous le souhaitez. » Oui, c'était plus ou moins la première idée qui lui était venue à l'esprit. Mais peut-être que cela ne suffirait pas. Peut-être que ce n'était pas assez tangible pour l'étranger qui se tenait devant elle. L'infirmier se jetait toujours corps et âme dans le travail au point parfois d'en oublier son propre bien-être. C'était cette envie d'être utile et ce besoin d'aider l'autre qui les avait d'ailleurs rapprochés tous les deux. Ezechiel était une des rares personnes avec qui Lahja ne craignait pas d'être elle-même et en étant conscient de sa méfiance naturelle, cela voulait dire beaucoup. Le fait que la finlandaise ait une personne en commun avec ce patient chatouillait doucement sa curiosité. Qui était-il ? Et que lui était-il arrivé pour atterrir au château ? L'aile sud lui donnait déjà une information importante : il n'était pas contaminé. Et c'était une bonne nouvelle car elle ne souhaitait cette monstruosité à personne. Voir Léandre s'émietter à vue d'œil lui avait montré à quel point ce virus était aussi destructeur que vicieux...
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Voilà ce que je lui avais dit. Oui. Mot pour mot, à cette femme : “Non...enfin, si. Peut-être...j'en sais rien en fait. Je...je cherche Ezechiel. Ezechiel Alberteich. Oui c'est ça...il est infirmier…” | Bêtement. Sans réfléchir. Comme ça, parce-que sur le moment je n'avais pas su quoi lui répondre d'autre. Alors j'avais parlé un peu vite. Et maintenant, il était trop tard pour revenir en arrière. De sorte qu'en me retournant, c'est un sourire que je lui offrais. Un tout petit sourire. Le visage maquillé de gêne et d'embarras. Jurant entre mes dents. Regrettant presque de ne pas m'être mordu la langue avant de l'ouvrir. Tu te ramollissais Jazeem. Vraiment. Pire que du papier mâché, malléable à souhait. À force de rester assis dans un fauteuil. Devant une cheminée. Et d'y regarder se consumer son feu comme s'il s'agissait de ma propre existence qui s'éteignait. Abattu. Usé et en même temps, éprouvant le sentiment d'avoir enfin touché la paix du bout des doigts. Bien. Indifférent à tout ce qui pouvait se passer dans nos rues. Vivant reclus. Ne recevant pour seules visites que celles de mon plus proche ami et de mon infante. Mon infante ou peut-être la femme de ma vie. Mais avec des peut-être, on allait jamais très loin.

Pour sûr. En attendant, je ne savais plus. Plus du tout. En vérité, je me sentais complètement perdu et en l'état des choses, rien ni personne ne pouvait m'aider. En sachant que cette décision là m'appartenait. Il ne tenait qu'à moi de décider. Même si au fond sortir de mon isolement ne m'inspirait que des regrets. Retour à la civilisation signifiant aussi le retour des emmerdes. Avec de futurs cas de conscience comme unique perspective. Or, j'avais déjà eu mon lot de complications.

Là-dessus, je croisais les mains dans mon dos. Puis j'inclinais légèrement la tête pour la saluer. Elle. Ton amie. La regardant, la fixant droit dans les yeux, sans sourciller. Juste avec l'idée de la sonder. Un peu intrigué par ce qu'elle dégageait je dois avouer. Une aura douce, pacifique, et pourtant. Pourtant, j'aurais juré percevoir des ondes contraires. Faites de craintes. D'une peur impalpable. Bien sûr, j'aurais sûrement pu creuser. Forcer les barrières de son esprit pour permettre au mien de l'envahir afin de m'en assurer. Mais par respect, je m'en abstenais. Après tout, nous avions tous le droit de cultiver notre jardin secret sans qu'un intrus ne vienne le piétiner. Puis, le simple fait d'entendre ton prénom dans sa bouche Ezechiel me faisait un drôle d'effet. Ainsi donc, voilà que tu me fuyais. Désolé. Je le prenais sans doute excessivement mal sur le coup. On était pas vendredi aujourd'hui. Tu aurais dû te trouver ici. Seulement, cette femme qui paraissait te connaître personnellement prétendait ne pas t'avoir vu. Et, ça me dégoûtait. Autant que le reste. Autant que de t'imaginer entre ses bras. Ses reins s'enfonçant entre tes cuisses, toi soupirant sous ses va-et-vient. Je ne pouvais pas. Ne m'en veux pas pour ça. Tu sais combien ça me coûtait de m'effacer, tu sais bien à quel point ton bonheur m'importait. Mais je n'étais pas encore prêt à te laisser t'en aller. Pas avec lui. Ce mec auréolé. D'ennui tu crèverais. Foi d'irakien. Tu te souvenais ? Fais un effort putain. Ce mauvais garçon qui t'avait pris d'assaut, ne te laissant aucune chance de lui échapper. En tout cas, le constat était sans appel. Puisque de toute évidence, tu préférais aller apporter ton aide dans une banque alimentaire plutôt que de t'occuper de ton propre sang.

Libre à toi. Et remuant la tête, je lui faisais comprendre que non. Que ce ne serait pas nécessaire qu'elle se donne cette peine. Dans la mesure où il n'y aurait pas de message pour toi. Puis décroisant mes mains de derrière mon dos en relevant la tête, je croisais ensuite mes bras sur mon torse. Le froid du sol traversant mon corps. Pour Remonter de la plante de mes pieds à mon échine. Sensible et réceptif aux moindres variations de température ou d'humeur.

- Non. Merci, mais ce serait inutile. Je crois que lui et moi, on s'est déjà tout dit. J'avais simplement l'intention de lui demander si c'est vraiment nécessaire qu'on me garde en observation, c'est tout. Alors ce n'est pas la peine de le déranger pour rien.

Mensonge ou l'art d'improviser. De rebondir. En revanche, des fois il m'arrivait sincèrement de croire qu'en effet on s'était tout dit. Me heurter à un mur me fatiguait. Tant que tu ne saurais pas me pardonner, tout, et pour de bon, il serait inutile d'essayer de reconstruire quoi que ce soit. Et sans même m'en rendre compte, mes traits s'étaient durcis. Se figeant comme notre histoire dans le temps. Affecté. Effaçant mon sourire. Bon. On faisait quoi maintenant ? Est-ce que mieux valait que je retourne dans ma chambre, ou...

- Sinon, vous êtes ?

Ou...son cœur battait. Elle respirait. Humaine ou sorcière, ça restait à définir. Ce qui m'amenait à repenser à cette autre sorcière que j'avais rencontré sur un chantier. Une catastrophe ambulante. Ce genre de fille rigolote et dramatiquement maladroite. La preuve. Si mes souvenirs étaient exacts, elle était tombée dans une fosse. La où on posait le ferraillage avant de bétonner les fondements d'une maison. Situation amusante. On avait bien ri, les gars et moi. Elle un peu moins. C'est comme ça que je m'étais retrouvé en territoire voisin. Chez elle. Un chauffe-eau en panne, plus d'eau chaude, des mains capables de pratiquement tout réparer. Enfin. Depuis, l'occasion de se revoir ne s'était pas présentée à nous.

Curieux, j'entreprenais alors de m'approcher. Comblant rapidement la distance qui nous séparait. Elle te connaissait et de mon côté, j'ignorais si je devais me présenter ou pas. Au vu du portrait que tu avais dressé à ton mec, je me demandais bien ce que tu avais pu raconter aux autres à mon sujet. Ce serait fâcheux qu'on me prenne pour un monstre sanguinaire par ta faute, quand je me battais sans relâche pour me racheter...

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Elijiah & Lahja

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Et puis l'éclat ambré de son regard disparaît. Imperceptiblement, l'homme se referme. Il s'éloigne comme empreint d'une insatisfaction soudaine. L'empathique en elle cherche à déchiffrer ces nouvelles expressions faciales. Incontestablement soumise à la curiosité humaine, c'est avec un regard expansif qu'elle essaie de le découvrir. Faisant preuve de toute la discrétion dont elle était capable lors d'une première rencontre. Il remue la tête négativement et croise les bras. Posture de fermeture qui lui indique involontairement qu'elle a peut-être frôlé un sujet sensible. Ezechiel n'était pas un ami de longue date. Tout ceci était encore raisonnablement récent pour la jeune finlandaise. Comme une première brise d'hiver, personne ne l'avait attendu. Elle a simplement débarqué au port de Cork. Comme tout autre déporté avant elle. De ce fait, elle ignorait encore  beaucoup de choses et ne possédait pratiquement aucun jugement sur qui que ce soit. Elle apprenait, au fil du temps qui passe, à trouver sa place au cœur d'un chaos qu'elle n'avait jamais désiré approcher. On lui avait imposé l'horreur de la guerre. La famine et l'agressivité. Sans jamais lui demander son reste. L'amitié qui grandissait entre elle et l'infirmer était encore au stade de l'embryon. De sa vie passée, des secrets qui pouvaient se dissimuler au creux de ses nuits, elle n'en connaissait malheureusement que peu de choses. Pourtant elle était suffisamment attachée déjà pour s'intéresser à ce qui pouvait graviter autour de ce nouvel ami. Elle qui en avait si peu. Sa malédiction était d'avoir un cœur quintessencié et sensible. En maîtriser les battements irréguliers n'était pas toujours la chose la plus facile mais elle était heureuse, au final, d'être encore capable d'offrir des sentiments aussi authentiques que l'amitié. Le désintérêt, la cruauté et l'injustice, elle les avait trouvés dans le regard abyssal de ce garde méprisé et pourtant pris en pitié. Elle avait presque failli s'y noyer avant qu'on ne lui rappelle qu'elle ne devait pas appartenir à ce genre de personnes. Ses parents avaient fait d'elle une femme d'amour et de paix. Pas d'armes ni d'acerbité.


Elle prit conscience de la fragilité de ce sourire qu'il lui avait accordé lorsque ce dernier s'était évaporé aussi instantanément qu'il était apparu. Son visage devint moins doux et la sorcière s'en voulait presque à l'idée d'avoir bousculé les espérances de cet être énigmatique. Elle acquiesça simplement. À nouveau accaparée par ce silence lointain qui lui était propre. La fin de leur conversation semblait déjà s'annoncer mais il la surprit en cherchant à s'informer sur son identité. « Lahja Vehviläinen. Et vous, quel est votre nom ? » Elle n'était pas certaine que cela lui dise quelque chose mais aujourd'hui, ce nom allait s'échouer quelque part en lui. À savoir maintenant s'il allait réussir à se trouver une place dans les méandres de son immense mémoire vampirique. L'impatience se faisait doucement sentir d'en savoir plus à son sujet. D'une part parce qu'il connaissait Ezechiel et de l'autre, parce qu'il dégageait une aura toute particulière. Le charisme des vampires était un aspect auquel elle s'était plus ou moins habituée à force d'en fréquenter. Cependant elle ne pouvait pas nier que celui-ci l'interpellait d'une manière différente. Le teint halé de sa peau lui inspirait de lointaines contrées, contrastant violemment avec la fraîcheur du parfum iodé de l'Irlande. La blonde n'avait jamais réellement quitté ses terres. La Finlande restait son jardin. De son sud sylvestre jusqu'au noir étoilé de son nord arctique. Enfant, elle avait l'habitude de courir après les faisceaux solaires, cherchant à capturer sa magie et sa chaleur afin de surmonter la rudesse de leur froid glacial. C'était donc avec une certaine attention qu'elle s'intéressait à cet autre qui lui faisait face.


Cet autre qui réduisait un peu plus à son tour la distance entre eux. Rapprochement contradictoire avec les premières impressions que la scandinave avait pu se faire de ses réactions brumeuses. Le geste assouplissait pourtant ses tensions sans pour autant parvenir à les faire complètement disparaître. Elle souhaitait qu'il parle une fois encore, qu'il lui révèle davantage les oriflammes qui faisaient luire ces quarante-deux grammes d'âme qui persistaient à survivre au sein de son enveloppe charnelle. Des dizaines d'interrogations sans réponses. Celles-ci faisaient le charme des nouvelles rencontres, miroitant la plausible matière qui remplirait plus tard les cases incomplètes de son questionnement candide. Elle avait la sociabilité froissée des gens du nord, leur sens un peu rude de la pudeur mais sa méchanceté était pratiquement inexistante. Selon bon nombre de personnes, ce manque d'ardeur pour la combativité était une erreur mais s'il fallait être tout à fait honnête, Lahja s'étouffait dans le conflit. Elle avait toujours la désagréable impression qu'on lui pompait toute l'énergie vitale qui l'habitait lorsqu'on lui imposait une confrontation virulente. Et lui qui n'était pas parti, elle ne savait pas encore le situer. Était-il de ceux qui s'enflammaient ou appartenait-il à ceux qui apaisaient ? Que ce soit l'un ou l'autre, la blonde n'allait peut-être pas tarder à le découvrir mais pour cela, il faudrait mettre de côté sa timidité et surtout, apprendre à s'ouvrir à la discussion, effacer l'idée de fuir à chaque fois que son chemin la menait vers un nouveau contact. L'isolation n'était plus une option possible pour elle car cela aurait été comme annoncer victoire à celui qui s'était obstiné à la briser.


« Peut-être qu'on pourrait aller discuter ailleurs, vous ne pensez pas ? »


Le marbre était froid. L'homme l'était sûrement tout autant mais la politesse lui rappelait que le confort n'était pas négligeable. Et au milieu de ce couloir, ils exposaient leur conversation à qui voulait bien l'entendre. Patiemment, elle attendit son approbation avant de lui emboîter le pas pour le mener jusqu'à la salle commune. L'endroit était calme à cette heure-ci. La chaleur du feu et la mollesse des canapés et fauteuils étaient plus agréables que la dureté du sol. Sur place, elle fut la première à s'installer, observant son interlocuteur dans l'espoir qu'il en fasse de même. Le froisser n'étant pas son but, elle prendrait donc le temps de faire sa connaissance avant de se pencher sur ce qui le liait au jeune vampire qui était devenu son ami. Malgré les perturbations qu'elle pressentait en lui, il avait l'air d'être plus ou moins remis sur pieds. Cependant, comme pour s'en assurer, la question de la raison de sa présence ici lui chatouillait les lèvres. « Excusez-moi si ça vous paraît indiscret mais qu'est-ce qu'il vous est arrivé ? » Sa voix était douce et posée alors que son regard s'anéantissait une nouvelle fois dans les nuances mordorées du sien.
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Sinon, vous êtes ?

Un prêté pour un rendu. Puisque naturellement, une question ne pouvait qu'en entraîner une autre à sa suite. Voilà donc ce que j'avais jugé utile et nécessaire de lui demander. À elle. Cette femme, Lahja Vehviläinen de son nom complet. Un nom aux accents nordiques. Quoique pas plus froid que le sol qu'il me fallait fouler de la plante des pieds. Et j'imaginais que le climat rude de son pays s'annulait au contact de la chaleur du soleil martelant mes terres.

Au final, les forces en présence s'équilibraient. De sorte que lorsque celle-ci m'interrogeait en retour : “Et vous, quel est votre nom ?” je me présentais. Tout en gardant désormais un éloignement de circonstance. Même si dans un premier temps, j'avais d'abord commencé par m'approcher. Peut-être bien d'un peu trop près.

- Elijiah. Elijiah Hassan Jazeem. Le sire d'Ezechiel et… le reste n'a plus guère d'importance. J'en ai peur.

Vraiment. Le reste n'avait aucun intérêt particulier. D'un sourire charmeur, je préférais encore jouer les séducteurs. Rares étaient ceux qui avaient su percer à jour l'homme sous le masque et quelque part, tant mieux. Mes déroutes personnelles, émotionnelles et affectives ne concernaient que moi. Sur quoi j'ajoutais « Enchanté de faire votre connaissance.» Ce qui en soit n'était pas totalement faux. Cet endroit me déprimait. J'avais l'impression de plus en plus odieuse que le peu d'espace vital qu'on me laissait encore se réduisait comme peau de chagrin. Alors découvrir de nouveaux visages, m'enivrer de parfums aussi exaltants qu’insaisissables et rencontrer des gens venus d'ailleurs, me donnait matière à me défaire de l'aspect matériel des choses. Je me comprenais. Puisque si mon corps était soumis aux lois d'ici-bas, mon esprit lui restait libre de voyager aussi loin qu'il me plairait. Aussi, pourquoi ne pas faire un premier détour par son pays. Un lointain pays. Sûrement, voir même très certainement. Un pays aux antipodes du mien.

De fait, lorsqu'elle me proposait : “Peut-être qu'on pourrait aller discuter ailleurs, vous ne pensez pas ?” j’acquiesçais d'un haussement d'épaules en décroisant les bras. Pourquoi pas après tout.

- En l'état des choses, je crains de ne plus être en mesure de penser à quoi que ce soit de manière très clairvoyante. En revanche, je veux bien vous suivre. Où que vous m'emmeniez...

L'air taquin s'affichant à présent sur ma figure reflétait plutôt une envie de donner le change, qu'un réel désir de plaire. Et ainsi donc, je la suivais. La tête en mode tourniquet. Mais les pieds bien ancrés au sol, stable. Peut-être rassurant, ou peut-être impressionnant. Pour tout dire, si je savais l'effet que je produisais autrefois sur les autres, aujourd'hui tout n'était plus que mystère. Un mystère dont j'appréciais momentanément l'opacité. De fait, je fondais mes pas dans chacun de ses pas à elle. La suivant. La traquant. Calant le rythme de ma marche sur la sienne. Observant les lieux. Comme au manoir. Vieux réflexe, imprimant les plans des couloirs et l'emplacement des portes dans un coin de mon esprit.

Blue jeans. Blouson en cuir. Mauvaise projection pour un mauvais garçon. En totale contradiction avec ce petit mec bien sous tout rapport que tu fréquentais Ezechiel. Une si belle image que je m'apprêtais à froisser. Vision que je percevais au travers d'un flashforward venant accentuer ce flashback qui subitement me ramenait en arrière.

- Ce qui m'est arrivé ?

Dans un état second, je restais planté debout au milieu de la pièce dans laquelle on venait d'entrer. Comme hypnotisé. Les yeux perdus dans le feu se consumant à l'abri de l'âtre de la cheminée. Un feu m'en rappelant un autre. Ailleurs. Dans les appartements privés de Léandre. Cette nuit où sous un rideau de pluie, j'avais été lui hurler ma haine. Devant la grille de son manoir, les doigts enroulés autour des barreaux. Puis que j'avais dormi jusqu'au lendemain soir sur son canapé. Habillé de ses vêtements. Jouissant de son hospitalité, celle de mon plus grand ennemi.

- Vous voulez vraiment le savoir ? Parce-que moi-même je n'en suis plus très sûr.

Me retournant vers elle, Lahja, je glissais alors une main dans la masse de mes boucles. La découvrant assise, et faisant mon possible pour récapituler sa dernière question : “Excusez-moi si ça vous paraît indiscret mais qu'est-ce qu'il vous est arrivé ?” Ne sachant pas comment m'expliquer. C'est vrai. J'avais cru recevoir un message de Shannon. Puis j'étais sorti de chez moi après avoir pris mon sac à dos et mon arme. Arme qu'on m'avait d'ailleurs confisquée une fois arrivé ici. Ensuite, tout avait été très vite. Des hommes de Tullamore m'étaient tombés dessus et la suite, la suite…

- Vous occupez quelle fonction exactement ? Non pas que je ne veuille pas vous faire confiance, mais j'aimerais autant savoir à qui je m'adresse. Déformation professionnelle. Mon métier voyez-vous, c'était la communication.

Revenant me poster face à elle, j'attendais. Soutenant son regard. Recroisant mes mains dans mon dos, mimant mes propres gestes. Un léger rictus planant à la lisière de mes lèvres. Navré. Seulement j'avais pour habitude d'être celui qui posait les questions. Or, on ne changeait pas sa nature profonde. On composait simplement avec cette dernière pour s'améliorer. Il ne tenait donc plus qu'à elle de m'éclairer si elle voulait obtenir une confession en bonne et due forme...

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Différents, ils l'étaient. De Lahja à Elijiah s'étendaient des kilomètres de plaines, rehaussées par la lourdeur de l'astre solaire qui, à chaque mètre supplémentaire, ne faisait que brûler un peu plus fort. Du nord jusqu'au sud, le froid se tournant irrévocablement vers le chaud et inversement. Elle pourrait aisément accentuer toutes les nuances contraires qu'elle découvre progressivement dans leur dynamique encore étrangère. Pourtant elle ne fait rien d'autre qu'écouter et se questionner, analysant de son regard d'éther, les mimiques individuelles qui lui appartiennent et qui parsèment cette enveloppe charnelle intemporelle qui est sienne. Ce nom, elle l'avait déjà entendu. Dans les vagues discrètes de quelques conversations évoquant le passé, évoquant une période qui, comme toutes les autres, a cédé la place à un renouveau circonspect. Jazeem, parfum d'orient qui avait envahi l'espace enneigé de l'esprit de la finlandaise. « Elijiah... » dit-elle, plus pour elle-même que pour celui à qui elle était censée s'adresser. Elle effleurait du bout de ses doigts glacés les morceaux de phrases lointaines qui traînaient quelque part dans les multiples sentiers de sa mémoire. « L'ancien second de Wellan, n'est-ce pas ? » Elle se souvenait sans véritablement connaître. La surprise inattendue d'apprendre qu'au-delà de cela, il était aussi le sire de son jeune ami, Ezechiel. Ce qu'il fut auparavant n'avait guère d'importance, en effet puisque tout ce qu'il était avant ne représentait plus réellement ce qu'il était aujourd'hui. Vivre dans le passé avait des charmes mesquins, trompeurs que beaucoup, y compris elle-même, prenaient pour des issues de secours mais la paix réelle, celle que chacun espérait ne se trouvait en vérité que dans l'instant présent. L'insaisissable invisible pourtant omniprésent. Elijiah avait raison et elle espérait sincèrement qu'il embrasse ces nouveaux jours, exorcisant au passage les démons qui se cachaient dans les anciens sillages. « Le plaisir est partagé. » De le rencontrer, de mettre un visage sur ce nom, transpirant d'une chaleur qu'elle n'avait jamais connu toute sa vie durant. Elle prit ensuite l'initiative de l'emmener ailleurs, délaissant la froideur du couloir pour quelque chose d'un peu plus convenable pour établir une réelle conversation. Pas juste quelques mots, distribués vulgairement entre deux portes. Bien que ce soit inhabituel pour elle d'agir de la sorte, elle ne ressentait guère l'envie de couper l'élan communicatif dont elle faisait preuve assez subitement. Il fallait pourtant qu'elle patiente pour le feu vert, l'autorisation de continuer leurs échanges vaporeux, après tout, elle aussi pouvait s'autoriser de flâner pour quelques minutes. Qui pourrait le lui reprocher ?

Son invisibilité semblait parfaitement lui convenir sur l'instant. L'échappée était hasardeuse, loin d'être programmée, l'homme étant tombé sur son chemin. Elle n'avait fait que se saisir d'une opportunité qui, au fond, ne promettait rien d'autre que sa simple existence. Le ton qu'il avait utilisé, la manière dont ses traits avaient bougé venaient d'esquisser sur ses lèvres un sourire amusé. Voilà qui était un peu plus rassurant que ses bras croisés. De fait, ils traversèrent ensemble les quelques mètres qui les séparaient de cette fameuse salle commune. La blonde n'a pas tardé à prendre place, fixant l'homme toujours debout, le regard évadé au sein des ondulations enflammées qui murmuraient dans l'antre de la cheminée. Ailleurs, presque déconnecté, Elijiah paraissait presque hors de portée et dans son fauteuil, elle, attendait qu'il revienne fouler les contrées du réel. Elle s'était demandée ce qu'il lui était arrivé pour qu'il atterrisse au château. Que s'était-il passé pour qu'on le mette en soin. La simplicité de cette question semblait pourtant lui inspirer d'autres méandres auxquels elle n'avait pas accès. La première réponse qu'il lui fournit débordait d'un flou étrange, apparemment perturbé par les aléas d'un quotidien oublié. Quelque chose, quelque part ne tournait pas rond mais Lahja ne saurait mettre le doigt sur le problème. Il provoquait en elle l'intrigue lancinante, une envie presque injustifiée de comprendre ce que quelqu'un comme lui pouvait bien contenir au creux de la boîte crânienne. La finlandaise se retint de poursuivre, d'annuler cette opacité qui semblait recouvrir son interlocuteur jusqu'à ce qu'il finisse par lui-même se retourner, lui accordant ainsi son attention. « Et bien si je vous le demande, c'est que la réponse doit m'intéresser un minimum. » Évidence qui pourtant ne semblait pas si flagrante pour lui. L'élémentaire avait l'âme concernée de ceux qui savaient écouter et contenir des détails, parfois futiles, quitte à en sentir progressivement le poids sur leur poitrine. Elle était de ceux-là qui tentaient de comprendre, mettant de côté le reste, le monde tout entier, l'espace d'un court moment. Elijiah n'était plus certain et elle envisageait aussi bien l'amnésie que la confusion existentielle qui prenaient parfois ses patients. Mais la méfiance s'interposa entre eux, comme une brise suffisamment froide pour reprendre conscience des réalités du monde d'aujourd'hui. Dans la compréhension, Lahja ne s'opposait pas à dévoiler le statut qu'elle avait, cette soi-disant étiquette qu'on avait décidé de lui donner.

« Je guide, avec mon frère, les sorciers. Nous sommes officiellement leurs leaders et accessoirement, dans ce château, je m'occupe des soins de Léandre McGuinness. » La franchise était peut-être risquée vu le poste qu'il occupait auparavant, à River Crow mais elle n'était pas de ces êtres qui se dissimulaient par besoin de facilité. L'évocation de cette déformation professionnelle la fit quelque peu sourire. Elle ne connaissait pas grand chose à tout cela, à la hiérarchie, aux conflits mais définitivement, ça ne devait pas être son cas à lui. « Le reste est peut-être encore plus important que vous ne le pensez. » dit-elle, faisant référence à l'une des réponses qu'il lui avait donné un peu plus tôt. Certes, elle ne pouvait qu'imaginer, deviner mais le peu de choses qu'elle récoltait sur l'individu qui lui faisait face lui indiquait qu'il n'était pas encore bien ancré dans ce présent précaire qu'ils avaient tous été obligés de subir. Elle-même parfois avait quelques difficultés à comprendre les complications sordides qui avaient engendré le monstre qu'ils se devaient à présent de combattre.  
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Ok. L'information venait de tomber. Franche et directe. Quitte à prendre la forme d'une question qui en l'état des choses n'appelait de toute évidence pas de réponse. Mais bon. Passons. Au moins, les choses avaient le mérite d'être dites. Sans détour. Frontalement. Avec un naturel assez déconcertant d'ailleurs. Il me fallait l'avouer.

L'ancien second de Wellan n'est-ce pas ?

Et en effet. Oui. Si tant est que l'on puisse encore m'affubler de ce titre, elle voyait juste. L'ancien second de Wellan. Rien de moins que son bras droit. Son homme de main. Son faire-valoir, celui que l'on hésitait pas à utiliser comme une arme. Bourreau, tueur, entre autre chose. Pour la servir. En chair et en os, plus mort que vivant toutefois. Écartelé depuis déjà trop longtemps entre ces deux rives destinées à ne jamais se rejoindre que représentaient le bien et le mal. Ainsi donc, la légende était fondée. Quoiqu'on ait pu lui raconter à mon sujet. Même si je pariais que la réalité dépassait de loin tout ce qu'elle avait pu s'imaginer. Le second de Wellan de Bürgstag. L'irakien. L'islamiste. L'élément instable, borderline.

Crash, crash…

Un titre que je ne souhaitais néanmoins pas évoquer. Puisque déterrer le passé ne saurait que desservir mes intérêts. En sachant tous les efforts que cela me demandait de simplement trouver la foi de faire face au vide remplissant désormais les jours présents. Une chose de certaine, on ne pouvait pas à la fois être et avoir été. De sorte que je ne relevais pas. Pas prêt. Pas suffisamment en confiance pour lui dévoiler ce pan de mon existence.

Pour dire vrai, ce qui retenait toute mon attention se trouvait ailleurs. Dans un autre prénom. Elle se foutait de ma gueule, il ne pouvait pas en être autrement. Léandre McGuiness. Est-ce qu'elle lisait dans mes pensées ? J'aimais mieux croire que non. Quand bien même la coïncidence me laissait quelque peu perplexe. Décidément, cette pourriture avait la peau dure. Il survivait. Toujours, et à tout. Nous étions maudits. L'un comme l'autre. Semblables par tant de côtés et si profondément différents. Dieu merci. De m'avoir épargné l'humiliation de rejoindre ses rangs. De me rallier à sa cause. Pour des raisons qui m'appartenaient. Par amour. Pour rendre sa liberté à un gamin en échange de la mienne. Pour Amarok.

Alors merde à la fin ! Merde, merde, merde. Et raide, figé, la dévisageant comme si je venais de voir un revenant, du genre incrédule, tout en moi rejetant cette éventualité, celle de revoir ce monstre qui à son apogée m'avait ouvert en deux, avec la lame d'un couteau, qu'importe, raide et figé, voilà que je me décomposais sur place. Mes traits se tordant malgré moi. Les mains et les bras croisés derrière mon dos s'échouant lamentablement le long de mon corps. Inerte.

- Léandre est ici … c'est quoi cette histoire de soins ? Je veux le voir.

Vraiment, je n'arrivais plus à me focaliser sur autre chose. Léandre. Ici. Malade, en sursis, je supposais. En d'autres temps, très certainement que je me serais réjoui de le savoir mourant. Agonisant. Rien qu'un prêté pour un rendu. Un sacrifice exigé par Allah le Miséricordieux. Une suite logique, avec toutes les horreurs qu'il avait perpétré durant son règne.

Seulement, je n'oubliais pas non plus combien Elyas avait pu l'aimer. Elyas. Mort lui aussi. Or, cette mort là, il me revenait à moi de la lui annoncer. De vive voix. En souvenir de mon infant. De mon frère.

Ce qui dans un flash lumineux me ramenait en 1945. Année charnière. Elyas finissant d'achever le travail que Xia avait mis à l'œuvre un siècle plus tôt. Mes pieds foulant les terres sacrées du Moyen-Orient. Elyas. Et pris par la douleur, je m'asseyais. Prenant appui sur le dossier du fauteuil pour ne pas tomber. Désorienté. La tête me tournant et mes jambes refusant de me porter. As day go by, the night's on fire. Je devais le voir, lui parler, lui demander pardon.  

- Et puis vous voulez en venir où en me disant que le reste est peut-être plus important que je ne le pense ?

S'il y avait bien une chose que je détestais, c'était la psychologie de comptoir. No matter how many deaths that I die, I will never forget. Et subitement fatigué, je fermais les yeux. M'enfonçant dans les coussins. Sans la regarder. Attendant qu'elle poursuive sur sa lancée. Ces maux de crâne lancinants dont j'espérais être débarrassé, refaisant surface.

- Vos sorciers, vous comptez les guider sur quelle route au juste ? Vous et votre frère si j'ai bien compris. Est-ce que lui aussi est ici. Au château. La place de leader est une place bien peu enviable non… Rab-banā ‘afrigh alaynā sabran – wa thabbit aqdāmanā – wan surnā ‘alal qawmil kāfirīn…

Notre Seigneur, verse sur nous la fermeté, affermis nos pas et aide-nous contre le peuple mécréant. Religieusement les derniers mots que j'avais prononcé. Tout en me massant les tempes. Avant de rouvrir les yeux et de revenir poser un regard d'acier sur elle. Plus dur que je n'aurais voulu me montrer.

- Alors, quand est-ce que je pourrais le voir ?

Léandre…

L'ennemi à abattre. L'homme duquel j'avais détourné son propre infant. Ce vampire à l'ego démesuré. L'amant de ma chair et de mon sang. Léandre ou le frère de Wellan. Quand est-ce que je pourrais le voir ? Quand...

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Elijiah & Lahja

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Réaction instantanée, peut-être un peu trop d'ailleurs. Non pas qu'elle n'avait pas pris l'habitude d'apercevoir une nette fissure dans le regard de ses interlocuteurs à chaque fois qu'elle évoquait son occupation, inévitablement liée à son patient. À celui qui avait ému plus d'âmes qu'elle ne l'aurait cru. Elijiah, en ce sens, ne faisait pas exception à la règle. De posture solennelle, il passa à celle d'un abattement qu'elle peinait à réellement saisir dans toute son ampleur. Car elle ne connaissait pas leur histoire, elle ne pouvait même pas imaginer quel genre d'émotions pouvait à présent s'épancher dans la poitrine de l'ancien soldat. Lahja n'avait pas d'autre choix que celui de composer avec la stupeur morbide qu'elle déchiffrait sur ses traits crispés. Pourtant elle était agacée, par la manie des êtres à se faire la guerre, à poursuivre leur chemin sur des territoires minés. Semés de mort et d'hostilité. Lahja n'était pas de ce genre. Elle avait du mal à se fondre dans cet univers lugubre et de plus en plus insensible puisque toutes ses convictions baignaient dans l'opposé.

Lui semblait pourtant ignorant, inconscient de tout ce qu'il pouvait bien se passer ici et cette impression insufflait en elle la confusion. N'était-il pas censé savoir ces choses ? Lui qui avait combattu auprès des rebelles, lui qui était censé soutenir Wellan. Avait-il levé les voiles ? Avait-il baissé les bras ? La finlandaise se le demandait, là, à l'écoute de cette question qui n'a pas manqué de l'étonner. « Léandre est le précepteur de l'hôpital qu'est devenu le château lorsque l'épidémie a été confirmée. Si tout le monde travaille ici pour guérir les malades, c'est grâce à lui. » commença-t-elle, les sourcils légèrement froncés face à l'incompréhension sincère qu'elle lisait dans le regard de cet homme qu'elle venait tout juste de rencontrer. « Il a été le premier a avoir été infecté par le virus K-089, une idée de l'organisation pour décimer votre race. » Elle avait tout de même du mal à croire qu'il n'était au courant de rien. S'était-il détourné à ce point des siens ? Et si oui, quelles raisons l'avaient poussé à agir ainsi ?

Lorsqu'il s'assit enfin, les voûtes bleutées de son regard le détaillèrent avec assiduité. Elijiah souhaitait une entrevue avec Léandre mais ces changements d'humeur inopinés ne la rassuraient pas. L'instabilité suintait de tous ses pores comme un venin prêt à empoisonner l'âme qui oserait un peu trop s'en approcher. Son bon sens ne pouvait pas le conduire jusqu'à cet homme qu'elle avait décidé de protéger, qu'elle avait décidé de soigner. Du moins pas avant qu'il ne se calme, qu'il soit plus constant et peut-être moins à vif. Lahja ne pouvait le blâmer de la perdition, de la moindre émotion qui pouvait le tirailler mais il était toujours bon d'avoir un certain recule avant d'affronter un obstacle du passé. Agir sous le coup de morsures personnelles, quelles qu'elles soient, n'a jamais été une entreprise sage et réfléchie. Elle ne releva pas sa demande, décidée à maintenir sa garde au sujet de Léandre.

« Votre déformation profesionnelle... Si elle vous hante encore à l'heure actuelle, c'est qu'à l'époque vous deviez être sacrément dévoué à votre position. À moins que je me trompe, bien sûr, mais en toute honnêteté, je ne pense pas. » Et peut-être que c'était un signe pour qu'il retrouve une place digne de son passé. Peut-être que cet homme avait encore sa place dans les rangs de ceux qui se battaient contre un ennemi plus grand, plus féroce encore que ce qu'il avait pu connaître. La finlandaise savait qu'ils avaient besoin de s'unir, de ne former qu'un pour espérer retrouver les effluves de cette liberté qu'on leur avait retiré. Elle était de ceux qui avaient encore de l'espoir, principalement grâce à son frère et il est clair qu'ils avaient besoin de pouvoir compter sur des hommes doués dans leur domaine. Elle ne connaissait pas Elijiah mais ce dont elle était sûre, c'est que s'il était encore actif aujourd'hui, elle l'aurait déjà croisé quelque part, que ce soit en compagnie de Wellan ou de celle des rebelles. Ce qui n'était pourtant pas le cas.

Il semblait exténué par des maux invisibles, des maux griffant son intérieur, se traduisant ensuite par une lassitude moribonde dans l'attitude qu'il adoptait. Ces temps n'étaient faciles pour personne. Elle, n'était qu'une humaine saupoudrée de magie. Lui était un vampire, certainement âgé de quelques siècles déjà. Pourtant ils étaient tous les deux ici, à discuter de faits actuels qui les dépassaient mais avec lesquels ils étaient obligés de vivre. Qu'ils le veuillent ou non. Mais la contradiction de ce qu'il lui montrait se révélait dans sa curiosité par rapport au peuple sorcier, à la direction qu'ils espéraient prendre. « Le but premier, c'est d'allier nos peuples pour vaincre l'organisation, combiner nos forces et si jamais tout se déroule comme on le souhaite, créer un soulèvement. Évidement, ce genre de choses ne se fait pas en un jour. Il faudra du temps, des compromis et des efforts mais pour cela, il est essentiel qu'on établisse d'abord de nouvelles bases entre nos peuples, d'où la Coalition. Nous ne recherchons pas le pouvoir, la gloire ou que sais-je encore... Simplement la justice et le respect que chacun mérite. » Ainsi, Wellan les avait rejoint elle et Heikki sur ces espoirs de futur plus lumineux et elle avait envie de croire que c'était possible, qu'ils puissent y parvenir. « De là, l'échange de bons procédés a commencé. Les vampires nous offrent leur protection, on leur offre les soins dont ils ont besoin. Il en est de même pour les humains ainsi que les autres races. » Beaucoup jugeaient la chose comme utopique mais si personne ne se lançait, ce régime totalitaire perdurerait indéfiniment et ce n'est pas ce qu'elle désirait pour les générations futures.

« Certes, je suis d'accord avec vous, ce n'est pas une place enviable mais si mon peuple a décidé de me faire confiance, je ferais ce que je peux pour le préserver et le mener vers un avenir plus sûr et moins dangereux. Malheureusement, je n'ai pas ce qu'il faut pour tourner le dos à ceux qui ont besoin de moi et il en de même pour mon frère. Pour vous répondre, il est aussi au château. C'est un scientifique, au-delà d'être sorcier. Il aide aux recherches de vaccin avec d'autres personnes compétentes. » Tous deux faisaient des allers-retours entre Cork et Belfast depuis le début et autant dire qu'ils en avaient croisé des âmes brisées, des gens qui préféraient laisser tomber, leur redonnant un peu de force même si ce n'était pas toujours suffisant. Elijiah avait fini sa phrase en ce qu'elle reconnaissait être de l'arabe, elle ne savait pas ce qu'il venait de dire et ne prit pas la peine de l'interroger à ce sujet.

La question revint presque naturellement. Il semblait décidé à rencontrer l'ancien Roi. « Je ne sais pas. Léandre n'admet que peu de gens dans ses appartements et en toute franchise, je ne suis pas prête de vous conduire auprès de lui. Pour la simple raison que vos intentions me paraissent encore bien trop vagues. C'est mon patient. Comprenez bien qu'il est de mon devoir de le protéger s'il le faut. De plus, il faut que je lui en parle. Avant cela, je ne pourrais pas vous confirmer quoi que ce soit. » Parce que c'était ce qu'elle faisait depuis ces deux dernières années et que cet homme là ne lui inspirait pas suffisamment confiance.
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Le virus K-089. Léandre, soit le patient zéro. L'hôpital implanté au centre du château. L'épidémie, la maladie et puis aussi les expériences que menaient les scientifiques appartenant à ce que cette femme appelait l'organisation.

Et voilà que devant mes yeux grands ouverts le film des événements se remettait à dérouler. Plus ou moins rapidement. Certaines images venant s'imprimer sur mes rétines avec un peu plus de force que d'autres. Jusqu'à les brûler. Comme si brutalement tout me revenait. Tandis que frappé d'amnésie, j'avais simplement mis de côté tout ce qui me paraissait trop douloureux à porter. Effaçant ainsi  toute trace de souffrance et de malheur. Juste pour me protéger. En plein choc post-traumatique, incapable de gérer le surplus de charge émotionnelle.

Alors j'avais coupé la lumière. M'enfermant dans une vie solitaire, loin et en dehors des miens. Pour au final me retrouver confronté à une réalité que je n'étais pas sûr de pouvoir affronter. Regrettant les temps sereins durant lesquels je gardais les yeux fermés. Sourd et indifférent à la rumeur sinistre qui courait les rues. Jusqu'à ce qu'elle se faufile à travers mes fissures et que Tullamore n'enfonce ma porte. Donc. Le virus K-089. Léandre, soit le patient zéro. L'hôpital implanté au centre du château et dans lequel Ezechiel travaillait, comme infirmier. Plus qu'une vocation pour lui, sans doute même un véritable sacerdoce. Si tant est que l'on fasse abstraction de ce que cela impliquait. À savoir soigner et veiller un homme qui nous avait à tous rendu la vie impossible. Est-ce qu'il avait oublié ? Sean, et les autres.

Le viol. Le meurtre. La torture et la soumission, faisant régner sur River Crow la loi du plus fort. Les cachots. L'air vicié, les attaques en règle et les pertes dans nos rangs. Putain. J'avais failli crever, et tout ça pour en arriver là. Je regrettais. Mais je n'étais pas prêt. Pas encore tout à fait. C'est pour cette raison que je voulais le voir. Le rencontrer. Me rendre compte par mes propres moyens de son état et mesurer à quel degrés de compassion devrait se porter mon pardon. Elyas disait toujours que le passé est une hache de guerre qu'il nous faudrait tous un jour apprendre à enterrer.

Ce passé qui continuait à défiler sous mes yeux. De Bagdad à l'Irlande. Alors que je la dévisageais sans plus la voir. Lahja. Me laissant guider au son de sa voix. Calme et posé, ferme à la fois. Mélodie apaisante. Qui contre toute attente faisait réapparaître un sourire sur mes lèvres. Délaissant mes tempes que je massais encore une seconde plus tôt pour revenir croiser les mains sur mon ventre. Avachi dans les coussins que j'étais. Pas vraiment tranquille, quoique pas non plus dans une phase agressive. M'équilibrant. Grâce au calme qu'elle dégageait. Crier, s'agiter, me mettre en porte-à-faux peut-être n'aurait contribué qu'à provoquer et exacerber des tensions inutiles. Là, la pression retombait naturellement. De sorte que les idées plus claires, je rétorquais posément à ce qu'elle avançait quant à ma supposée déformation professionnelle.

- J'étais bourreau. Dans la Garde Républicaine irakienne. Mon travail consistait principalement à inciter l'ennemi à communiquer. Puis à la fondation, je suis devenu formateur. Alors vous pouvez me croire, plus dévoué que moi, ça n'existe pas. Poser des questions, obtenir des réponses, démêler le faux du vrai. Décider qui disait la vérité et qui méritait de vivre ou de mourir. Qui était digne d'entrer dans la rébellion ou qui n'y avait pas sa place. Et si maintenant vous me disiez pourquoi vous ne voulez pas que je vois Léandre ?

Elle avait peur de quoi au juste, que je le touche et que je prenne le risque de me contaminer. Non merci. Je lui avais déjà suffisamment donné. Il crèverait seul. Sans aide extérieure. En attendant, j'avais des choses à lui dire. Importantes. Choses que je ne voulais plus remettre au lendemain. Sur quoi, elle m'expliquait le but de son peuple en s'alliant au notre. Quitte à invoquer la justice et le respect. Pourquoi pas. Mais je doutais qu'avec ça les siens parviennent à soulever quoi que ce soit. Si ce n'était de la poudre aux yeux. De fait, je leur souhaitais bonne chance. Sans savoir qu'un peu plus tard dans la soirée, c'est son frère que je croiserais. Et que ce dernier poursuivait un but que je pourrais très certainement l'aider à atteindre s'il me le demandait. Jusqu'à me salir les mains à sa place. Parce-que s'il ressemblait à sa sœur, alors il n'avait rien d'un tueur. Enfin, nous n'en étions pas encore là. Aussi, et après avoir obtenu une réponse à ma question, je coupais court au débat. Tranchant : « Alors parlez lui, et dites lui bien que Jazeem est dans ses murs. Et qu'il veut le voir.»

- Votre frère, est-ce qu'il vous ressemble ?

Je crois qu'à force, elle allait me prendre pour un déséquilibré. Me tendant, puis me détendant. Avec mes intentions trop vagues selon elle. En même temps, je me voyais mal lui exposer mes raisons. Des raisons intimes, qui impliqueraient un flot d'explications qu'il ne m'appartenait pas de lui donner.

De toute évidence, elle appréciait Léandre. Apparemment, elle croyait en ces immenses idéaux que défendaient Wellan. Pour sûr, elle était étrangère à tout ce qui nous avait si souvent opposé les uns aux autres. Et à moi, en plein éveil, en plein réveil, entrant en pleine collision avec ce nouveau monde dans lequel j'avais refusé jusqu'ici de jouer un quelconque rôle, il me paraissait logique de me raccrocher à ces quelques repères qui demeuraient intacts dans mon esprit...

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Hermétique, d'une certaine manière, à tout ce qui pouvait créer l'orage dans le regard de cet homme inconnu ; reconnu à présent comme déserteur. Du moins, c'est ce qu'elle comprenait à force de relier les éléments les uns aux autres, à force de chercher à comprendre. L'après monde après le Manoir. L'après monde après les bombardements. Lahja n'était apparue que tardivement dans ce tableau immonde qu'était devenue l'Irlande. Elle ne connaissait ni les cadavres emplissant la ville détruite de l'ancien roi ni même la hargne de ceux qui le combattaient, corps et âmes. Elle avait cette inconscience nécessaire au renouveau. Peut-être cette fraîcheur que les nouvelles bases inspiraient habituellement. Là était toute la force qu'elle possédait. Au creux de possibles lendemains, de cet armistice imposé par la fatalité que leur infligeaient les hommes présomptueux de Tullamore. Elle avait trouvé son rôle dans la médiation. Intermédiaire exemplaire. Neutre de toutes rancœurs. Vierge de tout jugement. Elijiah brûlait d'un passé rempli d'ombres. Il était, comme beaucoup d'autres, un blessé. Léandre, Wellan. Ezechiel, Killian. À présent Elijiah. Tous étaient pour elle des hommes qui méritaient d'être entendus, d'être compris et d'être soutenus. La finlandaise ne faisait aucune différence car ce qui pouvait les éloigner les uns des autres n'était pas son combat. Elle refusait d'attiser les flammes de leur mémoire, cherchant juste à les apaiser et choisissait volontairement de ne se focaliser que sur ce présent précaire auquel aucun d'entre eux n'était capable d'échapper. Depuis son arrivée, la blonde passait énormément de temps à panser les plaies appartenant à un monde qui n'était plus. River Crow avait sombré. Pourtant ses fantômes ne se lassaient guère de hanter les mémoires à tel point qu'ils rendaient de nombreux esprits aveugles sur le danger monstrueux qui s'avançait vers eux. Le vrai problème restait l'organisation. C'était peut-être la raison pour laquelle elle ne parlait que de ça... Comme un refrain lancinant, déplaisant mais affreusement vrai et cruellement inévitable qu'ils se devaient d'affronter ensemble. Si vraiment il ne désirait rien entendre, elle ne pourra pas le forcer davantage. Elle ne l'obligera pas. Mais elle se devait malgré tout de l'informer, avec tact et fermeté. Parce qu'ils n'avaient plus le temps pour les discours ou pour les séances thérapeutiques. Lahja misait de croire en la force de cet homme qu'elle ne connaissait pas. Elle préférait penser qu'il allait reprendre conscience et agir en conséquences. Au-delà de sa fermeture apparente, des crissements qu'imposaient de vieilles blessures à son comportement, elle espérait quelque part qu'il l'entende, qu'il s'éveille et voit que son combat était ailleurs que dans l'opposition d'un régime qui n'était désormais plus d'actualité.

Il était inutile qu'elle se braque, qu'elle hausse le ton. Ce n'était ni dans ses habitudes ni dans sa façon d'être au quotidien. Lahja avait toujours eu ce sang-froid exceptionnel, barrage de glace que son père lui disait appartenir à ses ancêtres. Elle le portait en elle constamment, il faisait d'elle cette personne détachée, bien que son cœur n'avait de cesse de lui rappeler l'Humanité irrévocable de sa mère. La finlandaise était un amalgame de contradictions qui pourtant s'allier entre elles comme une évidence. Lahja ne possédait pas toutes les réponses au sujet de sa famille mais dans un accord tacite, elle perpétuait leurs traditions. Ce pourquoi même ils étaient reconnus chez eux, sur leurs terres, en Scandinavie. Sans le savoir, elle portait en elle des forces qui la dépassaient, vacillant entre la terreur des blizzards lapons et le silence de plomb qui durcissaient de froid les terres du grand nord. Aux émeutes d'émotions jusqu'aux débordements, elle préférait l'impassibilité et le silence qu'on lui avait légué. Sa force n'était guère dans la violence, elle demeurait dans une passivité stratégique. Ainsi, en gardant le contrôle sur les sentiments qui pouvaient la bousculer, elle était apte à écouter l'irakien et à user de patience afin qu'il délie un peu sa langue. Son regard d'azur toujours posé sur lui, elle était attentive à ce qu'il pouvait lui répondre. Presque aux aguets face à ses réactions quelque peu surprenantes. Passant du froid au chaud en un temps record. Il lui révélait donc ses fonctions passées, ce qui avait fait son quotidien avant alors que ses prunelles restaient attachées aux expressions de ce visage qu'elle trouvait usé. « Parce que j'ai du mal à déceler les intentions que vous pouvez avoir envers lui. Le connaissant, je suppose qu'il ne craindrait pas autant que moi votre venue mais je ne suis pas stupide. J'imagine que vous ressentez pour lui encore beaucoup de rancœur et ce serait bien légitime mais c'est justement pour ces raisons que Léandre n'est pas aussi accessible. » Certes, elle était toujours posée et quelque peu méfiante mais préserver Léandre faisait avant tout partie de ses directives. Des directives qui remontaient jusqu'à De Bürgstag. Sans insister davantage, Elijiah acceptait et lui fit la demande de transférer le fait de sa présence jusqu'à Léandre, chose qu'elle était plus à même d'autoriser.

« Très bien, je le ferais. Libre à vous de discuter avec Wellan si vous parvenez à avoir entrevue avec lui. Il pourrait très certainement vous éclairer avec plus d'aisance puisque vous vous connaissez. » lui proposa-t-elle. L'allemand serait plus à même de converser avec l'ancien bras droit, n'est-ce pas ? Cela semblait couler de source. La question suivante qu'il lui posa l'étonna quelque peu, la forçant à penser à son petit frère. Prunelle de ses yeux et raison principale de sa présence entre ses murs. « Nous avons nos différences mais nos convictions vont dans le même sens. Heikki a été celui qui m'a encouragé à ne pas rester les bras croisés. » lui avoua-t-elle, sans aucune honte. Il avait cette même force de caractère qui l'habitait, bien qu'il soit sans doute un peu plus naïf, restant convaincu que chaque être avait une part de bonté en lui. « Pourquoi donc ? » s'autorisa-t-elle à lui demander.
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C'était à ne plus rien y comprendre. Si bien que je lâchais juste l'affaire. Est-ce que le monde avait autant changé et est-ce que les civilisations qui le peuplaient ne se souciaient plus de savoir à qui elles offraient l'hospitalité ? J'aurais aussi bien pu lui raconter n'importe quoi je crois, sans pour autant parvenir à réellement la toucher. Pas plus qu'à l'effrayer d'ailleurs. Jusqu'à ce qu'un mot, irritant, un seul mot, le plus insultant de tous ceux qu'elle aurait pu prononcer, ne vienne finalement se fracasser et se démantibuler contre les parois de mon esprit : déserteur. Pourtant, je me refusais fièrement à manifester une seconde fois l'embarras dans lequel je me trouvais. Parce-que c'est tout ce qu'il me restait.

Donc, convoquant toutes ces forces vieilles de quatre siècles qui m'habitaient, je me refermais. Bloquant mes émotions et interdisant les accès aux murmures des morts puis aux hurlements des survivants. Ne les ayant que déjà trop écouté.

Chut. Dieu aimait le silence et le diable, le briser. Lorsque de mes yeux, le sang coulait. Le fléau de l'Europe. Le magicien d'Oz, attirant à lui la jolie petite fille au cheveux d'or. Les dentelles des jupons tournoyant, s'envolant, abritant dans leur chaleur charnelle des mains malfaisantes. Peut-être que j'aurais dû me lever. Retourner me coucher. Dormir. Laisser cette femme au combat qu'elle croyait mener depuis son canapé. Ne songeant pas une seconde que d'un simple claquement de doigts, c'est la nuque que j'aurais pu lui briser. Le monde déraillait. Pendant que les enfants de cœur chantaient. Du coup, absolument chercher à déceler mes éventuelles intentions n'était-il pas quelque peu désuet ? Comme si j'allais me livrer. Demander la permission me semblait être un compromis plus que correct. Le connaissant, McGuinness allait en jubiler. Même à moitié clamsé. Vieil enfoiré. Le pire c'est que ça me faisait de la peine l'idée de devoir lui annoncer le décès d'Elyas. Mais bon. La terre ne portait désormais plus qu'un exemplaire unique de la lignée Jazeem.

En toute circonstances, je survivais. Je m'en sortais. Aux dépends des autres, en toute impunité. Qu'on ne vienne surtout plus me parler de bonté ou de sacrifice. Alors en quoi les choses devraient-elles être différentes cette fois-ci ? L'homme que j'aimais ne voulait plus de moi, il préférait rester bien en sécurité dans les bras de son gentil petit amant, soit. Avec ses pseudos portes entrouvertes mais qu'il se hâtait de refermer dès que j'avais le malheur d'essayer de les pousser. Donc si mes tempêtes ne pouvaient plus balayer ses terres, très bien. C'est d'autres horizons que je m'en irais conquérir.

Et gardant les yeux fermés, je méditais. Sur le sens de la vie. Tout en suivant ces fils conducteurs qui depuis que j'avais collé les pieds dans ce maudit château se rompaient à tour de rôle. Au fond, peut-être que tout ça m'ennuyait.

- Qu'est-ce qui vous paraît si légitime ? On ne se connaît pas.

Peut-être même qu'à la place de perdre mon temps à vouloir absolument reconquérir un homme qui s'avérait incapable de pardonner, j'aurais eu tout intérêt à reconquérir ma réputation en priorité. L'amour, toujours l'amour. Seulement et à ce jour, combien de fois l'amour avait-il ruiné mon existence. L'amour était poison. D'où cette subite obsession, celle de ne plus être son esclave. Ni dans la paix, ni dans la peur, ni dans l'attente et l'espoir déçu d'être aimé. Pour ce que je suis. Tel que je suis. Sur quoi, j'ajoutais gentiment : « Qu'est-ce que vous savez au juste de Léandre ? »

- Et d'Ezechiel ? Et… du garçon qui partage sa vie.

Un point d'interrogation. Qui soulevait d'autres questions et abordait une toute autre forme de réflexion. Tellement plus passionnante, instinctive, viscérale, basique, que ces histoires de coalition, d'alliance entre les races et de guerre dont je me foutais. Quoique pas tout à fait. Je mentais. Sciemment et effrontément. Puisque les champs de bataille n'avaient plus le moindre secret pour le déserteur supposé. Le dissident, le renégat, le fuyard et j'en passe. 

Tandis que nos âmes, elles, ne cessaient de m'induire en erreur. Sans doute à cause d'un manque de compréhension de ma part. Trop hermétique. Insensible aux subtilités que ces dernières recelaient. Pas du tout versé dans les choses du cœur. Souffrant d'un déficit manifeste de compréhension. Mes jugements s'altérant et mes appréciations se ravisant selon ce que je ressentais. Venant s'ajouter par-dessus tout ce dysfonctionnement interne, un manque flagrant d'écoute et d'attention. Le pur sujet d'un désordre  auquel je ne savais pas comment remédier. Au final, je devais tout simplement manquer d'humanité. Juste un paradoxe de plus. Un dérèglement s'expliquant par ces déviances que je nourrissais en me situant toujours du côté des vivants. Absurdité. Aberration. Une abomination de plus. Sauf que.

L'évidence voulait que je ne respire plus. La mort ayant accompli son œuvre. Au point que je m'étais perdu, ni vampire ni humain. Un corps errant. Cherchant à accrocher la lumière, au risque de finir en cendres. Quand la nuit, mère nourricière, berçait en son sein ses fils. Les descendants de Caïn. Sur quoi, elle me parlait de Wellan.

- Wellan n'est pas un homme comme les autres. Il nous est supérieur. Il est… si seulement son frère avait marché dans ses traces, alors peut-être qu'en ce moment même, nous ne serions pas les captifs d'une prison à ciel ouvert… alors comme vous le dites si bien, peut-être qu'il pourra m'éclairer avec plus d'aisance puisque nous nous connaissons. En attendant, je suis venu à vous en ami, et je ne suis plus sûr que la réciproque soit vraie. D'après vous Lahja…

D'après toi. Avec ta sagesse. Ta bonté, ta beauté, ton âme si pure et si fascinante, dis-moi. Toi que je tutoyais. Qu'est-ce que je ne voyais pas ? Qu'est-ce que je ne comprenais pas ? Qu'est-ce qui m'échappait…

Livre moi tes secrets. Délivre-moi tes mystères. Explique-moi le sens de la vie et rends-moi plus humain. Viens. Comble mes lacunes. Viens, et deviens se livre ouvert dans lequel je pourrais apprendre. Je m'étais trop souvent trompé. D'un caractère bien trempé, mes fautes c'est sur les autres que je les rejetais. Même mes mea-culpa sonnaient creux. Même mes excuses valaient si peu que j'en arrivais à douter de ma propre sincérité. Comme si assumer, se racheter, prendre ses responsabilités constituait un échec. On exigeait, on me demandait des choses irréalisables, on ordonnait.

Mais tu veux que je te dise Lahja, puisqu'on ne me jugeait pas digne d'être pardonné, alors au diable mes beaux projets d'amour et de réconciliation. Pour Ezechiel, c'est le monde que je mettrais à genoux. Comme autrefois pour Noora. La souffrance ne redeviendrait pas ma compagne. Deux ans à me préserver, à prier, à croire et espérer, deux ans déjà que je m'imposais une hygiène de vie irréprochable. Intransigeant. Jusqu'à enfin voir le bout du tunnel…

Paupières frémissantes, je rouvrais alors les yeux. Me redressant sans prévenir afin de venir poser mes mains sur tes joues. Encadrant ton visage. Presque violent. Presque. Mon pouce s'écrasant sur tes lèvres dans un geste inné, une habitude, un réflexe témoignant de cette domination que je me plaisais tant à exercer sur mes victimes. Amants, infants, anonymes ou toutes catégories confondues. Ta bouche se colorant, se rougissant, se maquillant d'un sang qu'il m'était interdit de te faire goûter. S'il te ressemblait, dans une version masculine et aussi douce, ton frère devait vraiment être un garçon très particulier. Entrant dans cette catégorie d'hommes que j'affectionnais. Les seuls capables de me mater.

- Simple curiosité. Et aussi parce que souvent la lune n'est que la face cachée du soleil. Some say the world will end in fire, some say in ice… vous connaissez ce poème ?

Le soleil brûlait, la lune glaçait, et moi, je partais. Loin. Fouiller dans ces vieux recoins sombres et obscurs que je délaissais depuis si longtemps. Volontairement. En sachant que tu ne craignais rien. Mais te laissant croire le contraire.

Jolie Lahja. Compatissante, aimante, gardienne de la paix...

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Elle aurait préféré qu'il soit parmi les siens, sans complications. Sans passif éprouvant. Cependant, ce n'était pas le cas. Chacun avait son histoire et elle ne s'attendait pas à ce qu'on lui rende de compte. Leur passé était différent. Lahja n'était pas devin et n'avait pas les capacités nécessaires pour sonder l'esprit de l'ancien opposant. Simplement humaine, expérimentée d'une trentaine d'années seulement. Elle ne connaissait rien aux querelles anciennes si ce n'est que la lourdeur des souvenirs qu'elles avaient laissé derrière elles. Ce n'était que peu de choses : des réalités déformées qui, au final, n'avaient plus réellement la moindre valeur aujourd'hui. Ce n'était pas important pour elle. Parce qu'elle ne vivait pas dans cet univers ulcéré par la rancœur. Elle venait d'ailleurs et c'était une opportunité pour elle de s'en servir, de l'utiliser. Ses noirceurs n'avaient pas les mêmes odeurs que celles de l'irakien. Elles n'en étaient pas moins importantes pour elle. D'autres broderies lui donnaient de l'espoir. Ses ambitions nageaient dans d'autres eaux que celles des personnes qu'elle rencontrait. Lahja ne faisait qu'effleurer des faits, des constats. Tout aussi illusoires que les fruits que portaient ses désirs et ses fausses lumières qui pourtant la faisaient respirer. Le désordre l'irritait et les règles brûlaient son cœur, déjà lassé par les hommes et leur violence. Tout autour d'elle n'était qu'océan carmin. Elle se perdait dans des eaux sales, impures de tout ce que les hommes commettaient par ego.  Alors elle ne savait plus différencier le vrai du faux. Comme tant d'autres âmes sur ces terres, elle s'égarait. De sa stupidité, de ses espoirs trop grands que personne ne se gênait de mitrailler de balles haineuses. Lahja en suffoquait, naïvement. Trop peu habituée aux guerres.

Entre eux, les mots allaient trop vite. Dans d'autres circonstances... Dans le monde réel, celui que tous oubliaient depuis ce mur, depuis cette prison dans laquelle ils s’entre-tuaient, le ton de leur conversation aurait été différent. Le fait était qu'elle n'en savait pas plus que lui et que face à l'horreur, elle restait muette puisque les larmes n'avaient pas de langage et que la cadence de son muscle moteur n'avait de sens qu'au creux de son âme. La résonance des maux qui la malmenaient ne vivait que derrière la glace intemporelle de sa pudeur. Son regard clair s'évaporait sur les alentours, sourde au calme indifférent qui se heurtait à sa cage thoracique. Ses contradictions l'enserraient dans l'incompréhension. Pourtant elle enviait ses démonstrations, la manière dont il restait fidèle à lui-même, quitte à ce que cela déplaise. Pouvait-elle prétendre être capable d'une telle chose ? Elle qui laissait ses plaies se putréfier dans le noir, à l'abri du moindre regard. Pouvait-elle se sentir libre ainsi ? De crier, si cela lui plaît. De maudire, si le besoin de le faire la tourmente. Sa rudesse envers elle ne faisait que renforcer le maelstrom d'émotions qui tentait de la dévorer. Lahja n'avait la force de leurrer personne. Ses fébrilités la cisaillaient brutalement et les murs du château si grands, si beaux, l'oppressaient à présent. Manque d'air, manque d'horizons. Ses poumons s'atrophiaient sous le crépitement de ce feu qui semblait l'étouffer à présent.

« C'est juste. Nous ne nous connaissons pas. »

Léandre n'était qu'une image parmi tant d'autres. Lahja n'avait que les traits de son visage pour le reconnaître, son penchant sévère pour l'alcool et les cigarettes. Rien de plus que quelques miettes qui dans quelques années disparaîtront sans doute. Des gens qui passaient, s'affairaient sur des sujets qui, dans le fin fond de la vérité, ne l'intéressaient absolument pas. Ce n'était pas son monde et toutes leurs convictions résonnaient laidement en sa cage thoracique. Ezechiel, s'ajoutait à la liste. Si différent pourtant du premier prénom. Mais peut-être pas autant qu'elle ne l'aurait espéré. Lahja s'opposait à Elijiah. Pour rien. Pour du vent. Pour tout ce qui prétendait éloigner les hommes des créatures. Pour la peur qui frémissait en elle de souffrir à nouveau. Il la rendait égoïste. Il la poussait à se cloisonner derrière son armure, à flirter avec ce noir qu'elle ne s'autorisait pas et qui, de par son absence, la forçait à rester éveillée. Sans possibilité de repos, d'abandon ou de faiblesse. Pourquoi craquelait-elle si facilement ce soir ? Que s'était-il passé en elle pour que l'espoir se fasse soudainement la malle ?

« Sûrement pas plus que vous. Léandre aime la violence. »

Les mots sont brisés. Ils ne valent rien. Ils se répètent et l'étranglent de lassitude. Fallait-elle qu'elle s'épanche sur un quelconque discours pour le défendre alors qu'il ne désirait pas l'être. Fallait-elle qu'elle se batte encore contre des forces qui ne faisaient que la déchirer. Ses prunelles revenaient se poser sur son interlocuteur. Ils s'approchaient pour mieux reculer, ne sachant plus vraiment dans quelle direction regarder. C'en aurait presque été drôle si tout cela ne cachait pas des lambeaux de cœur.

« Ezechiel nous aide beaucoup. L'autre, je ne le connais pas. Vous savez mieux que moi. Pourquoi ne pas m'expliquer ? À moins que vous ne préfériez jouer les intouchables, vous aussi ? »

La réponse était plus dure que les précédentes. Nette et sans détour. Elle ne s'encombrait plus puisque ce jeu n'était sans doute pas fait pour elle. Ce n'était pourtant pas une agression. Juste des coutumes, des suppositions qui ne tiendraient certainement pas plus la route que les anciennes. Lui semblait brûler si fort de ses émotions alors qu'elle restait coincée sous l'iceberg des siennes. Nord opposé au sud. Entre eux, le désordre de l'univers qui le poussait à faire naufrage. Wellan vint ensuite à son esprit. Lui qui portait le monde sur ses épaules et dont le regard ne faisait que hurler une fatigue sans nom. En sa présence, son empathie s'emportait différemment. Elle enviait son éloignement parfois lorsque les épines du temps s'enfonçaient dans sa peau.

« Wellan ne nous est pas supérieur. Il a simplement cette conviction sur laquelle vous semblez cracher. Il croit, au-delà de ses propres blessures. À défaut d'abandonner. »

Ainsi, elle le respectait. Cet homme que si peu de gens apercevait mais qui avait déjà tant enduré par le passé. Ses traits étaient marqués par de grandes histoires auxquelles il n'existait aucun point final. Il restait un homme avant tout, un homme qui pliait sous le poids mais ne se brisait pas et pour cette endurance, elle avait décidé de lui accorder sa confiance. Sans l'idéaliser. Le prenant tel qu'il était et tel qu'il se montrait, ni plus ni moins.

« Je n'ai pratiquement pas d'amis et je ne suis pas sûre d'en désirer lorsque je vois à quel point certains se dévorent. Si j'espère un autre avenir, je n'en reste malheureusement pas moins lucide sur ce qui m'entoure. »

Et elle avait du mal à voir les lueurs. Les imaginer durait un temps mais la nuit reprenait souvent ses droits et au creux de ses heures, Lahja frémissait parfois de se brûler l'âme à la laideur. Ils semblaient se perdre tous les deux. Comme si les douleurs apparentes de cet homme venaient étaler leur sueur sur la peau immaculée de celle qui prêchait la lumière à qui désirait l'entendre. Il avait les paupières closes comme si voir le monde lui était devenu trop douloureux, comme si la voir elle était devenu un obstacle insurmontable et ses furies retenues ne faisaient que lacérer davantage les parois de son crâne devenu étau autour de son encéphale. Lorsqu'il se lève et que son contact foudroie sa peau, elle ne peut réprimer un sursaut, laissant glisser le long de son épine dorsale des frissons de terreur. Symptômes post-traumatiques qui la pétrifient alors qu'une douleur sourde fait craquer les ventricules de son muscle moteur. Ses pupilles se dilatent alors que la tétanie se glisse dans toutes les fibres musculaires la constituant. Heikki, dans cet amalgame de vibrations souffreteuses, apparaît et s'efface au même instant. La bouche de l'homme laisse couler des mots alors qu'elle rejoue les scène d'horreur, les battements du myocarde faisant sauter le compteur. C'est violemment qu'elle finit par le repousser, se redressant vivement sur ses deux jambes en un bond furieux, semblable à celui de la biche qui vagabonde dans l'épaisse forêt de son âme.

« Tu ne me touches pas ! »

Ce fut presque crié. Alerte significative d'une migraine qui déjà la faisait souffrir. Sa respiration s'écrase, disparaît tant sa vitesse lui broie la trachée. Elle s'éloigne et s'éteint à nouveau dans un coin. Appuyée contre un de ces murs qu'elle maudissait à présent. Sa grande muraille fléchissait stupidement et face à toutes ses ruines, elle n'avait que son frère. Heikki qui était bien le seul à savoir, à voir au-delà de toutes les douceurs. Elle ne savait plus ce qu'elle faisait là, les mains tremblantes alors que les montagnes de neige de son regard s'anéantissaient toutes au cœur des flammes.

« Non. Je ne connais pas ce poème. Qu'est-ce qu'il est censé vouloir dire ? J'ai l'impression que tu as une addiction étrange à tout ce qui est destructif. »

Elle devrait sans doute rentrer chez elle. Oublier cet épisode. Effacer l'image de cet homme et le laisser s'évanouir dans cette distance qu'il semblait tant aimer et tant chérir, à tel point que l'essence de la vie elle-même lui échappait totalement.

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Non. On ne se connaissait pas. Là-dessus, nous étions d'accord. Ce qui ne m'empêchait pas d'apprécier toute la fougue que cette femme exprimait à travers ses attitudes. Alors qu'elle semblait tant vouloir s'embellir d'une douceur surfaite. Allant à l'encontre de l'agitation qui animait son monde intérieur. Forte. Solide. Bien trop paisible. Mais tous les deux, on savait combien les apparences pouvaient s'avérer trompeuses.

Et je ne pensais pas me tromper. Navré. Une utopiste n'aurait trouvé dans Léandre qu'un trésor à préserver. Une âme à sauver. Une petite idiote croyant aveuglément en la bonté des hommes ne se serait jamais avisée d'en encenser la violence. Seulement ce monstre là – rien de plus qu'une cause perdue qu'elle se faisait pourtant un devoir de soigner et pourquoi pas, de guérir – contredisait à lui seul jusqu'à l'essence même de ce combat pacifique auquel elle se livrait. Décidément, trop de contradictions. Tellement de dissonances. Qui à mes oreilles n'en finissaient plus de sonner de façon on ne peut plus juste. Comme j'aimais sa musicalité. Semblable à celle de toutes les victimes d'une guerre les dépassant. Un dommage collatéral. Une goutte d'eau dans un océan de sang.

Petite goutte d'eau se diluant entre mes doigts. Des doigts enserrant son visage de porcelaine, satisfait de voir enfin le masque se fissurer. La pâleur mortelle de son existence retrouvant à peine quelques couleurs lorsqu'elle se mettait à me crier dessus : “Tu ne me touches pas !” Ou plutôt, à presque me crier dessus. Chaque nuance ayant son importance. Ici et maintenant, plus que jamais. De fait, je relâchais ma prise au moment précis où en panique elle me repoussait. Encore une qui ne devait pas connaître le repos du juste dès lors que la nuit venait l'étendre sur son lit de cauchemars. Il n'y avait qu'à la regarder se lever dans la précipitation pour m'échapper. À moi, sans doute tout autant qu'à ces terreurs bien trop vivaces qu'elle fuyait. Trop, toujours trop. Tout son corps se braquant contre l'improbable éventualité qu'à mon tour je puisse la brutaliser. Qu'elle ne se méprenne pas, ce genre de peur ne m'était que trop familière. Sur quoi, je me levais. La laissant trouver refuge contre son mur et ériger des remparts invisibles en plein milieu de la pièce.

Le contrôle. Voilà ce qu'elle devait apprendre pour commencer. Ne surtout pas concéder l'avantage à l'ennemi, parce-que cela n'en reviendrait qu'à faire son malheur. Que je sache, un coureur de fond courait rarement à sa propre perte. Je me comprenais. Dans une autre vie, j'aurais poussé le vice encore plus loin. La provoquant. La forçant à chercher et à puiser dans ses dernières ressources afin de dépasser l'obstacle se dressant devant elle. Mais la fondation reposait à présent au cœur de ce cimetière poussiéreux qu'était devenu River Crow et moi, je n'étais plus qu'une ombre diffuse. L'endurcir, la confronter au souvenir laborieux qu'évoquait en elle son bourreau, tout ça, cette tâche là, ne me revenant plus. Donc, j'abdiquais. Recroisant les bras sur ma poitrine. En attendant qu'elle se calme. Que ses pupilles se rétractent et que sa respiration retrouve un rythme normal. Marchant de droite à gauche. Reprenant une posture neutre et attentif à ses analyses personnelles. Qu'est-ce que c'était censé vouloir dire ? Une addiction étrange à tout ce qui est destructif.

Va savoir. Peut-être Lahja. Il te revenait de le déterminer. Après tout, je ne t'avais rien demandé. C'est toi seule qui avait tenu à m'emmener jusqu'ici. J'étais ton invité. Toi, l'hôte innocente du diable personnifié. Il paraît. Pour ma part, je m'en foutais. Les avis des uns et des autres ne m'intéressant plus vraiment. Pour ne pas dire qu'ils me laissaient indifférent. Tu vois. Ce n'est pas impossible. De vivre pour soi, de cultiver une certaine part d'égoïsme pour se préserver. Tout en restant quelqu'un de bon, de respectable. Tu devrais essayer. De lâcher prise, de couler, de toucher le fond, pour ensuite pouvoir te reconstruire. Que tu réclames la vengeance, ou simplement le droit à l'oubli.

- Il est de Robert Frost. Le poème… certains disent que le monde périra par le feu, d'autres par la glace. De ce que j'ai goûté du désir, j'ai toujours été du côté de ceux qui préféraient le feu. Mais s'il devait périr par deux fois, je pense connaître suffisamment la haine pour dire que la destruction par la glace est tout aussi merveilleuse et devrait suffire… alors oui, j'aime ce qui fait mal. Comme j'aime détruire. Parce-qu'en quatre siècles, la chose la plus importante que j'ai pu apprendre, c'est que l'amour ne représente rien à côté du plaisir que peut procurer la douleur.

Sinon, les hommes ne gaspilleraient pas toute leur énergie à mutuellement s'entretuer. Il fallait être lucide et accepter d'ouvrir les yeux sur certaines vérités. Vivre dans le déni n'aiderait personne. Toi en premier. Bien qu'il ne s'agisse là que de mon humble avis, pour ce qu'il valait. Quant à Léandre, Wellan, le temps suffirait à accomplir son œuvre et aussi à te révéler ce qui se cachait derrière chacun d'entre-eux. Et si l'attente te paraissait trop longue, j'étais ton homme.

- Puis vous expliquer quoi au juste ? Peut-être que vous pourriez être un peu plus explicite.

Revenant planter mes yeux dans les tiens, je m'obstinais à te vouvoyer tandis que tu me tutoyais. Prends ça pour une marque de respect. Je ne voulais plus t'effrayer. Léandre n'était pas celui que tu croyais, et ta déception ne pourrait être qu'à la hauteur de sa trahison. Comprends que je n'avais pas envie d'être celui par lequel tu verrais tes dernières illusions voler en éclats. Un violeur, un esclavagiste, un monarque qui avait écrasé et brisé son peuple. Au point que son infant le plus proche, le plus aimé, avait choisi de se donner à un opposant. Pendant que Wellan se laissait prendre au piège.

Puis toi. Frémissante et haletante. Est-ce que tu lui avais raconté ce qui t'était arrivé ? Est-ce qu'il s'y intéressait ? T'avait-il promis sa protection ? Appartenait-il à tes rares amis ? T'avait-il déjà vu autant sur la défensive...

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De marbre. C'est ainsi qu'elle se désirait la plupart du temps. Intouchable et impassible. Placide. Ne laissant filer aucun de ses maux, refusant de faillir à son flegme arctique. Il lui arrivait de fantasmer. Sur l'insensibilité du cœur. D'être éprouvée de ressentir et d'accueillir en son sein les amas meurtris de tous ceux qui croisaient son chemin. Et là, à cet instant, elle doutait, se demandant si elle avait réellement les épaules pour porter la noirceur du monde. Pour l'illuminer, ne fusse que d'une éphémère étincelle. Sa trachée était asséchée et ses entrailles se nouaient. Il ne lui avait fallu que quelques gestes, à cet homme, pour la mettre face à ses plus terribles démons. Simple contact humain, à peine brutal malgré sa détermination et une passion perceptible. Aussi mort qu'il puisse être, il semblait pourtant plus vivant qu'elle. Suintant d'une intensité qui, chez elle, manquait à l'appel car la neutralité lui avait fait oublié d'être humaine. De ressentir. D'écouter les battements frénétiques d'un cœur qu'elle s'appliquait à mettre en sourdine depuis trois ans. Pour mieux écouter ceux des autres. Quitte à oublier ses fragilités ou son propre besoin de respirer. Elle est celle qui soigne et qui apaise. Celle qui adoucit. Pas celle qui s'abandonne à l'égoïsme ou à l'acerbité qui, parfois, lui vrille les nerfs. De cette part d'ombre, il n'en découlait qu'une honte sincère. Comme si cette démonstration de faiblesse lui était interdite. Et peu à peu, sous ce silence auquel elle se soumet, Lahja s'enterre. Préférant s'anéantir dans les recoins de sa solitude plutôt que d'offrir aux regards étrangers les indices de son épuisement. Du moins, c'était l'habitude qu'elle avait prise. Jusqu'ici. Jusqu'à lui.

Lui qu'elle ne connaissait pas mais qui semblait brûler ses remparts avec une telle aisance qu'elle peinait à y croire. Il ne lui avait suffit que de quelques gestes pour qu'elle tremble et frôle l'effondrement. Puisqu'elle était au bout d'elle-même et qu'après le précipice de son silence, il ne restait qu'un creux immonde en lequel bourgeonnaient les vermines du noir et les fractures qu'inspirent le désespoir. Lahja refusait d'écouter les plaintes que chantaient ses maux. Elle muselait leur gueule de pudeur et d'oubli, s'incitant consciemment à la suffocation. Voilà pourquoi elle flanchait à présent. Voilà pourquoi elle s'agitait lorsque la main d'un homme se faisait trop soudaine. Elle décampait, tremblante et affectée, pour finalement prendre appui contre ce mur plusieurs fois centenaire. Son regard se mourrait dans la foule de flammes crépitant au sein de la cheminée, refusant d'être approchée de la sorte à nouveau, refusant qu'il franchisse les limites qu'elle lui imposait. Naturellement. Et sans réelle raison si ce n'est qu'il était un homme et qu'elle avait cessé de croire en eux. Le voile s'était levé sur ses faiblesses, le craquement des fissures de ce masque derrière lequel elle se cachait résonnait dans sa boîte crânienne comme une hymne à ses échecs. Et elle s'en sentait honteuse. De se montrer sous cette lumière dérangeante, honteuse de s'être laissée faire. D'avoir été autant salie par un homme. Écœurée par toutes tentatives d'approche charnelle, par la vulgarisation de ces emboîtements en lesquels elle ne trouvait plus aucun plaisir depuis trop d'années pour oser en maintenir le compte. Pourtant, elle n'en était pas responsable. Pas plus que son interlocuteur ne l'était.

Non. Il n'était pas responsable de l'horreur qui hantait ses pensées dès que des mains l'effleuraient. Il ne pouvait pas porter le poids des crimes d'un autre. Ce n'était pas juste. Cependant, le sentiment l'emportait sur la raison. Tout son être parlait bien plus que sa voix. De ses tremblements intempestifs qui la secouaient à la crispation du moindre de ses muscles. Complètement fermée. Son corps étant devenu une prison bien plus cruelle que celle qu'était devenue l'Irlande. Puisqu'en toute honnêteté, c'est la fadeur d'une profonde tristesse qui s'était accaparé de ses yeux, de ses lèvres. De sa vie et de son esprit. Rien n'était cicatrisé. Et l'ironie scandaleuse était qu'elle se chargeait de refermer les plaies des autres. Comme si, par procuration, elle tentait de soigner son propre corps. Elle s'était égarée, s'était trompée de chemin. Sans doute. Toutes ses directions s'étant embrumées sous la pression d'une survie qu'on leur imposait, sous la peur de ne pas être à la hauteur de la mission qu'on lui avait décerné. Et elle n'était plus certaine ni d'avoir les épaules ni d'avoir l'envie. Lahja n'était pas supérieure. Elle usait parfois de cette gentillesse qu'on lui attribuait pour éviter les questions, éloignant ainsi les autres de cette vérité qu'elle avait enterré au plus profond d'elle-même. Celle qu'elle n'était pas aussi forte que ce qu'on disait d'elle. Ce n'était qu'une pacifiste ensevelie sous la rage et la haine que les hommes se livraient et ses poumons s'atrophiaient face à la violence. Elle n'était pas dans son élément. Ce n'était pas son domaine. Ça ne l'avait jamais été.

Ainsi lorsqu'il évoquait le début d'un poème en particulier, elle n'a su voir que la souffrance. Celle qui lui brûlait l'âme à cet instant même où elle tentait de reprendre une respiration décente, un calme qui saurait apaiser les chimères des cauchemars qui se débattaient en elle. Elle n'en comprenait qu'une destruction certaine et en laissait apparaître des déductions sur la personnalité de l'homme avec qui elle conversait. Un vampire qui devait fouler cette terre depuis plusieurs siècles déjà et qui avait sans doute connu la vie et la mort bien plus qu'elle, du haut de sa petite trentaine d'années, n'avait pu l'expérimenter. Le respect qu'elle devait rendre à ses aînés était donc de mise. Elle se taisait, attentive aux mots qu'il faisait couler de ses lèvres comme pour l'éclairer sans qu'elle n'en ait formulé la demande et lui confier, avec authenticité, qu'il ne prêchait pas l'amour et qu'il en acceptait pleinement la douleur. Mais que connaissait-elle véritablement de l'amour ? Elle qui ne se souvenait plus d'avoir aimé une seule et unique personne, préférant laisser déferler sa compassion et sa douceur sur le monde entier. Il avait sa dévotion et sa fidélité. Pourtant, du cœur qui battait au creux de sa poitrine, il ne restait plus que des morceaux éparpillés. Des lambeaux de rêve et des désirs oubliés. C'était sa vie entière qui avait disparu sous les décombres de l'univers qui s'étiole alors elle ne saisissait pas entièrement le sens de ses paroles. Comment pourrait-elle prétendre qu'elle savait alors qu'elle n'était qu'une ignorante de plus ? Son amante à elle, ce n'était que la solitude.

« Le désir ne m'a laissé que l'horreur en souvenir et la froideur m'a toujours préservé de l'excès. Du moins, en la compagnie des autres. Puisque la glace est plus pernicieuse. C'est avec lenteur et minutie qu'elle fait souffrir. »

Elle n'en savait pas plus que cela. Sa faible expérience n'était perceptible qu'en la médiocre réponse qu'elle venait de lui donner mais la réflexion qu'il venait d'éveiller en elle lui offrait une issue de secours aux troubles qui la rongeaient. Son souffle était plus régulier, les battements de son cœur ralentissaient leur cadence effrénée. Doucement mais sûrement, elle reprenait possession de son corps. Pas certaine pour autant que cela ne puisse durer. Pour l'heure, il la voulait plus explicite. Par rapport à Ezechiel, son ami et le jeune homme qui partageait dorénavant son quotidien. Ses prunelles sont revenues s'accrocher à celles de son interlocuteur, un peu plus fermement, plus satisfaite de sentir ses tremblements disparaître à chaque battement de cils que ses paupières effectuaient. Lahja ne pensait pas que l'évocation de l'infirmer soit un hasard et elle désirait en savoir plus. N'était-ce pas normal, après cet échange houleux ? Après l'avoir vu aussi vulnérable ?

« Pourquoi t'interroges-tu sur l'homme qui l'accompagne ? En tant que Sire, n'est-il pas conseillé que tu sois informé des personnes qui fréquentent ton infant ? »

Des mœurs sans doute différentes, des mœurs qu'elle apprenait encore à déchiffrer mais qui ne lui étaient en rien familières. De toutes ces questions qu'elle avait, elle ne pouvait qu'en demander les réponses. Pas d'humeur à chercher des indices, elle espérait qu'il lui parlerait puisque d'évidence, un vampire de quatre siècles n'avait aucune raison de se méfier d'une sorcière pacifiste de son genre. Quelle était son histoire à lui ? Qu'avait-il pu vivre en quatre siècles ou au sein de cette ville de malheur que fut River Crow ? Qu'avait-il à lui apprendre, lui qui semblait la sonder sans pour autant la questionner ? Elle n'avait pas été assez stupide pour se révéler aux autres de la manière dont elle venait de le faire en sa présence et cela l'intriguait. Profondément. Sans qu'elle n'en comprenne encore la réelle justification. Et puis le son du biper vint combler la profondeur du silence qui s'était installé entre eux, la rappelant à l'ordre. Fatalement. Sonorité qui la ramenait à la réalité qu'imposait ce virus au sein d'une race d'individus sanguinaires et à cet homme qu'elle aurait dû haïr mais qu'elle était incapable de maudire. Dans toute la contradiction qui agitait son esprit d'habitude si serein et tranquille. Son océan, à présent, n'était devenu qu'un déferlement de vagues violentes...

« Je suis désolée... Je dois y aller. Mais on se reverra. Prends soin de toi. »

Prends soin de toi, oui car rares sont ceux qui s'appliquent à aider, à guérir et à servir. Rares sont ceux qui aiment sans rien attendre en retour. Ainsi Lahja s'effaçait. Dans l'imprévu d'une rencontre qu'elle essaierait d'éloigner de son esprit pour l'instant mais qui ne tarderait pas à retentir en sa mémoire.


- FIN -
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