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The Regulator swinging pendulum - Avery

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De la main de Aindreas An'Sionnach signé le Mer 11 Oct - 10:02
The Regulator Swinging Pendulum
- Aindreas An'Sionnach & Avery Lunet -




Belfast avait besoin de nous. Belfast, Irlande du Nord, terre des vampires. Assis sur le canapé de mon salon, fixant ma fille qui jouait dans son parc, je tenais entre mes mains la lettre de Léandre. Léandre, cet homme qui durant plus de 30 ans avait été mon ennemis numéro un. Ce montre en tête de liste, ce monstre que je voulais anéantir, tuer, briser, bien plus qu’autre chose. Aujourd’hui, c’est bien mon aide qu’il me demandait. Que je vienne dans sa ville, pour aider aux recherches contre ce virus qui se propageait comme la peste. Que je vienne, moi, et quelques personnes de la meute pour leur donner de notre sang. Sang qui à priori, pouvait les aider à s’en sortir. Pourquoi je ferais ça ? Pourquoi j’irais là-haut, laissant les miens derrière moi pour aider des gens qui avaient brisé toute l’existence de ma fille, la mienne, celle des miens ? Peut-être être parce que je regrettais. Peut-être parce que je me posais beaucoup de questions. J’avais laissé River Crow brûler. J’avais regardé cette ville qui avait été la mienne partir en fumée et je n’avais rien fait pour les aider. Égoïstement, pour préserver mon peuple, ou par simple vengeance ? J’en savais rien. Mais le fait est que j’avais laissé des amis, des proches, des alliées périr parce que je n’avais rien fait. Et que cette pute de culpabilité, quoi que je puisse en dire, elle était bien là. Encrée, innée, tatouée, marquée au fer rouge. Elle ne disparaissait pas. Elle ne partait pas, et là, oui, peut-être que là j’avais l’occasion de me racheter. De me faire pardonner pour le mal que j’ai pu faire. J’avais perdu des proches, encore. Scott m’en voulait et refusait de me parler, Wellan n’avait sans doute plus aucune confiance en moi. En vérité, j’avais absolument tout gâché, et je comprenais maintenant. Je réalisais.

Je réalisais que je n’avais sans doute pas fait que les bons choix. Machinalement j’ai déposé la lettre sur la table basse, m’allumant une clope presque dans le même instant. Partir. Oui, j’allais y aller. Au final, je n’avais pas pris beaucoup de temps. La question était est-ce que je partirai seul ? Ou bien accompagné ? Je devais convoquer Aodh, je devais lui en parler. Partir tout seul serait dangereux par les temps qui cours et la meute n’avait pas besoin de perdre son Alpha. Mais après, mettre la vie des miens en danger m’était complètement impensable. Je n’en n’avais ni l’envie, ni la force. Et puis, est-ce que je voulais vraiment y aller pour les aider, où est-ce que c’était plus personnel ? J’en sais rien sérieux. Attrapant la bouteille de whisky je m’en suis envoyé une bonne rasade dans la tronche. Comme pour me remettre les idées en place. Eireen était sortie avec des amies, j’avais « la paix » pour la soirée. Je pouvais faire ce que je voulais sans l’entendre me sermonner sur la quantité improbable d’alcool que je pouvais m’enquiller dans un temps légèrement limité. Eireen, rien que de penser à elle je me suis mis à sourire comme un couillon. Putain, ce que je pouvais l’aimer cette gosse. Elle et sa maturité. C’était sans doute malsain, pas étique, j’avais le double de son âge, mais pourtant, bien que je la voyais plus comme une petite sœur je savais que je ne me voyais plus vivre sans elle. La protéger, elle est Aby, les protéger toutes les deux, protéger la meute, mon clan, c’était ça mon objectif numéro un désormais. Mais j’avais signé cette coalition. J’avais prêté serment, et je savais que de refuser la demande de Léandre serait sans doute déclencher une guerre inutile. Le monde allait suffisamment mal comme ça. Assez, pour éviter d’en rajouter une couche supplémentaire. En clair ? Je n’avais pas le choix.

Écrasant ma clope dans le cendrier j’ai fini par me relever, allant me poser sur le palier de ce taudis qui nous servait de maison après avoir sorti la petite de son parc pour la laisser carapater un peu là où elle voulait. Sans la quitter des yeux. C’était lui que j’attendais. Aodh, mon ami, mon allié, lui qui saurait sans doute me dire ce que je devais faire. Parfois, de nous deux, je me disais que c’était lui l’Alpha. J’avais repris sa place, par la force, sans savoir vraiment pourquoi. Mais la vérité était que j’avais toujours besoin de ses conseils. Constamment. Sans cesse. Lui il savait prendre les bonnes décisions bien que parfois, il partait légèrement en couille. Mais au moins, il savait ce qu’il y avait de mieux pour la meute. Je l’ai attendu. Combien de temps ? J’en sais rien pour tout dire. Des minutes ? Des heures ? Qu’importe. Entre temps j’ai eu le temps de fumer une dizaine de clopes, de changer la petite, de la nourrir et même de la mettre au pieux. Alors oui, pour ainsi dire je l’ai attendu un sacré paquet de temps. Mais ce n’était pas important. On avait toute la soirée. Et je voulais le voir, lui et son frère. Les mettant dans la confidence. leur expliquer ce qui se passait. Leur demander leur avis sur la question. Partir pour Belfast, ville des vampires, aidant nos anciens ennemis, ceux qui avaient brisé notre famille, où rester là quitte à foutre la paix et la meute dans la merde. Pourquoi j’avais accepté de signer cette châtre ? Y’a des jours je me demandais. Y’a des jours, je me posais vraiment la question. Peut-être parce que dans le fond je savais aussi que c’était la meilleure des choses à faire. C’était… La meilleure décision, pour le bien de tous… Pour le bien… Des miens.

J’étais assis là, sur le palier de la maison, sirotant une bière bien fraîche. Fixant tout ça. Moycullen Bogs. Ce village que l’on avait construit de nos propres mains. Cette terre qui était la mienne. Je devais bien l’avouer, pour la première fois de ma vie je me sentais bien ici. Je me sentais chez moi. J’étais tout simplement heureux. Je me sentais chanceux. De les avoir eux, d’avoir tout ça bien que le pouvoir me dépassait sans doute parfois beaucoup. Mais on avançait, constamment, sans se retourner. On faisait de notre mieux pour donner une vie meilleure à tout le monde malgré la situation de l’Irlande.  Nous étions en tôle et franchement ? C’était pas tout les jours facile à encaisser. Il y avait des enfants, des gens pour beaucoup innocents. En soit, nous autres les loups, nous ne l’étions pas plus que ça, innocents, on avait dû tuer pour déclencher notre gêne, mais cela ne faisait pas de nous des monstres pour autant. Mais malgré tout, je comprenais la réticence des hommes de Tullamore. Je les comprenais pour l’avoir ressenti. Si j’avais pu enfermer les vampires dans une cage je l’aurais faut sans me poser de questions. Du temps où je me croyais encore autant humain qu’eux. Soupirant, j’ai vider ma bière cul sec, quand tu es passée en face de moi. J’avais refait le stock d’alcool et de clopes, la soirée aller être très longue, je le sentais. C’était évident. Aodh n’arrivait pas, il était sans doute en train de s’envoyer en l’air avec je ne sais trop qui. Me relevant je suis venu à ta hauteur, simplement. On n’avait jamais eu l’occasion de vraiment se parler toi et moi. Je t’avais recueilli, sans me poser la moindre question. Connaissant la base. D’où tu venais, un semblant de ton histoire, de simple fragment. Et sans hésiter je t’avais fait entrer dans la meute. Parce que je savais que trop bien qu’on avait tous besoin d’une famille. De personne sur qui on pouvait compter. Et il était de mon devoir de tous vous protéger, vous les loups. Les miens. Mon peuple. Ma race.

« Comment tu te sens ? Tu t’intègres bien parmi nous ? Je peux te proposer une bière ? Un truc plus fort ? La petite dors, Eireen est en bringue avec Daryl, Aodh et je ne sais où. Et moi ? Je suis là comme un con à siroter de la bière tout seul. Tu me tien compagnie ? »

T’adressant un large sourire je t’ai entraîné avec moi jusque dans la maison. Sans attendre une réponse de ta part d’ailleurs. Je ne voulais pas que tu t’imagines que je me serve de toi pour combler ma solitude du moment. Loin de là étaient mes intentions. Non. Tous ce que je voulais c’était te mettre à l’aise, en apprendre un peu plus sur toi, savoir comment tu te sentais ici, au milieu de notre famille. Je pouvais comprendre que ce n’était pas simple. Les An’Sionnach étaient parfois sectaires. Rien ne comptait plus à leurs yeux que leur sang et j’avouais que des fois ils étaient complétement fermés. Mais tu vois, l’avantage d’avoir grandis, évolué, vieillis loin d’eux m’offrait une vision bien différente de la leur. Je ne repoussais jamais personne. Encore moins un loup qui se retrouvait dans le besoin. Aodh disait que c’était une connerie. Daryl lui, me confirmait que c’était ce qui faisait de moi « un grand chef ». Mon ouverture d’esprit. T’invitant à t’asseoir sur le canapé je suis allé nous chercher deux bières après avoir soigneusement pris soin de fermer la porte de la chambre d’Eireen pour ne pas réveiller la petite qui y dormait. Elle avait l’ouïe fine cette gosse, c’était affreux. Je suis revenu m’asseoir en face de toi, sur le canapé, m’allumant une clope, te tendant le paquet pour t’en proposer une. Je ne voulais pas faire un interrogatoire, non, j’en avais terminé avec tout ça. Avec mes méthodes de River Crow, avec mon passé, avec toutes ces histoires de formations. Mais dans le fond, on restait qui on était. Et j’avais besoin de te connaitre pour pouvoir rassurer les autres sur ton sujet. Tous les loups n’étaient pas remplis de bonnes intentions. Comme les Bartoli qui n’attendaient qu’une chose, voir ma tête au bout d’une pique pour s’allier à Tullamore et foutre les nôtres à genoux. Alors non, ne te sens pas intimidée. Je ne faisais que mon travail tu sais.

« Comment ça se passe ton intégration ? Je sais que la vie ici n’est pas tous les jours faciles. Ca fait deux ans que ça dure et crois-moi, même pour nous c’est parfois la grosse merde. Alors je comprendrais si tu te sens… Un peu dépassée par les événements. »

Assis en face de toi, j’ai tiré une taffe sur ma clope avant d’en faire tomber la cendre dans le cendrier. Je savais que tu avais passé ta vie presque toute seule depuis ta transformation, et que tu n’avais jamais appartenue à une meute à part entière. Alors… Je pouvais comprendre que la vie en communauté pouvait… Etre légèrement compliqué pour toi. Mais tu pouvais me parler, tout me dire. J’étais là pour ça tu peux me croire. En plus d’être le père d’Aby… J’étais aussi un peu comme… Le papa de tout le monde ici.




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De la main de Avery L. Lunel signé le Jeu 12 Oct - 16:46
The Regulator swinging pendulumSous cette immense voûte céleste, Avery pense. A son passé. Son présent. Mais surtout à son avenir qui lui paraissait encore bien incertain. Il était dur pour une personne telle que elle, qui a vécu toute sa vie dans les grands espaces touchant de ses mains, une liberté complète. Liberté qui fut d'une vivacité extrême lorsqu'elle s'était elle-même exilé dans les profondeurs des forêts du Colorado. La jeune louve se voyait à présent épinglé de force dans une ville, peut-être grande, mais au fond bien petite de par les différents territoires qui s'y trouvaient. Avez-vous déjà ressenti cette sensation d'être de trop dans un lieu ? C'est horrible n'est-ce pas ? Cette oppression qui se fait de plus en plus forte et malgré les efforts que vous pouvez déployer ne servent strictement à rien. Oh bien sûr, peut-être pouvez-vous éteindre cette impression pour un laps de temps, mais cela finira par revenir à la charge et suivre son cours comme lorsque vous mettez le feu aux poudres pour faire exploser une multitude de dynamite. Disons que c'est un peu vieux jeu de penser de la sorte, mais cela représente bien la sensation présente d'Avery qui non seulement devait faire face à son enfermement. Honnêtement, si ce n'était que cela, la jeune femme serait parvenue sans mal à s'y accoutumer. Mais, plus que tout, Avery devait se faire à la vie dans une meute. Elle qui n'a jamais voulu en joindre une, en tout cas, l'envie ne s'y est jamais présenté. Pourquoi diriez-vous ? Tout simplement parce que la seule meute existante dans le coin qui lui servait de résidence était celle où appartenait son père et croiser l'homme qui l'a toujours plus ou moins ignoré et qui lui reprochait la mort d'un de ces fils n'avait jamais encouragé la jeune louve à faire le pas et ce, même si l'alpha lui-même lui avait dit qu'elle était la bienvenue.

Si seulement, la transformation ne se résumait pas à une question de tuer quelqu'un. Pourquoi fallait-il que la seule possibilité ce soit de faire couler le sang d'un innocent ou non. Même si ce fut une question de survie, cela ne change pas le fait, qu'Avery ait dû tuer son demi-frère. Sa mort reste dans son esprit et cette pensée si noir vagabonde en elle comme un maudit venin dont on ne peut plus se guérir. Elle devra vivre jusqu'à la fin avec cet acte sur la conscience et qu'importe si elle acceptera un jour, cela ne changera absolument rien.

Oh bien sûr, son mentor lui a bien raconté que lui-même a dû passer par-là et qu'aujourd'hui cela ne lui faisait plus rien et qu'un jour Avery sera dans le même état d'esprit. Il est normal pour un jeune loup de se sentir ainsi, perdu entre la normalité d'un tel acte pour embrasser la voie du loup que dans le fait que l'on ait dû agir comme un monstre pour y parvenir même si ce n'était que pour se défendre.

C'était dur de rester dans son petit appartement. Lieu de vie sommaire, mais la jeune femme a connu bien pire et puis, les températures froides ne la touchent plus comme autrefois, ce qui était un très bon point. Sans plus s'y attarder et comme elle le faisait toujours, la jeune femme décida de prendre sa veste et de sortir faire un tour. Le ciel était bien plus joli vue de l'extérieur que sur le rebord d'une fenêtre. Alors que ses pas se faisaient, la jeune femme croisait d'autres loups appartenant à la meute dans laquelle elle fut acceptée. Bien sûr qu'elle sentait la méfiance à son égard, elle était nouvelle et ne connaissait rien de la vie en communauté même si elle avait appris la théorie de la bouche d'un homme qui lui-même s'est exilé pour vivre ces derniers jours loin de tout ce qu'il a pu connaître. Mais, un loup de l'envergure de son mentor n'aime pas qu'on le voit devenir vieux et moins puissant que dans sa prime jeunesse. Foutu fierté des loups et surtout foutu fierté de la lignée de son père.

Passant sa main dans sa longue chevelure rousse alors qu'un soupire sorti de la frontière de ses lèvres, la jeune femme poursuivit son chemin. Être regardé comme ça était loin d'être agréable et puis ce n'était pas polie du tout. Comment pouvaient-ils soumettre les nouveaux arrivants dans un tel stress tout cela parce qu'ils étaient des inconnus ! Avery admet qu'on peut se montrer distant envers une personne étrangère, mais la regarder avec une telle insistance ne les aideront pas à savoir qui est en face d'eux. Ils parlent par moment de respect, mais en ce moment, où était-il !

Le pire dans tout cela, c'est qu'Avery ne pouvait rien dire en tant que nouvelle venue, elle craignait que ses paroles soient mal pris et que son sale caractère prenne le dessus. C'était une louve sauvage qui était au milieu d'une meute parce que c'était le mouvement à suivre et la chose la plus intelligente à faire. Vivre seule et recluse ne lui ferait ni chaud ni froid, mais dans de telles circonstances, il fallait prendre sur soi et tracer sa route.

Sans même s'en rendre compte, la jeune femme passa devant le lieu où vivait le chef de meute. En toute honnêteté, c'était pas l'endroit où elle voudrait se trouver, mais bon... Comme dirait son mentor, même si on l'ignore, nos pas nous emmène dans un lieu pour une bonne raison. Alors, peut-être que cela était prédestiné que la jeune femme se trouve ici et non ailleurs. Cependant, Avery souhaitait que sa petite étoile, aussi minime puisse-t-elle être, lui permette de passer à travers les filets du regard de l'alpha semblant perdu dans son esprit.

Et merde !

Passant une main sur sa nuque pour reprendre un peu de contenance, Avery regarda l'alpha se diriger vers elle d'un pas nonchalant et aussi sauvage. C'est un qualificatif habituel pour les loups, il faudra bien vous y habituer.

« Comment tu te sens ? Tu t'intègres bien parmi nous ? Je peux te proposer une bière ? Un truc plus fort ? La petite dors, Eireen est en bringue avec Daryl, Aodh et je ne sais où. Et moi ? Je suis là comme un con à siroter de la bière tout seul. Tu me tien compagnie ? »

« Disons que ça pourrait aller mieux... » Fit-elle simplement tandis que l'alpha mentionnait des noms que la louve qu'elle connaissait à peine et de personne qu'elle avait entre aperçu à son arrivée sans trop y faire attention. Après tout, elle se remettait à peine de sa capture avec toute cette drogue qu'on lui avait fait ingurgiter pour ne pas qu'elle se transforme et ne vienne faire un carnage. Chose qu'elle aurait très probablement fait ! Un lycan est comme son frère le loup, en danger, il devenait d'une dangerosité contre laquelle il était difficile de faire quoi que ce soit.

Avant même qu'Avery ne continue à dire quoi que ce soit, ce dernier lui tournait déjà le dos pour l'inviter à rentrer chez lui et parler.

Et merde !

Insulte favorite de la jeune femme qui tourna en boucle dans sa tête tandis qu'elle suivait de plus ou moins près l'alpha qui lui avait ouvert les portes de sa meute sans même se montrer hésitant. Au fond, cela avait rassuré la jeune femme de ne pas avoir été passé au microscope par ce dernier. Bien que d'autre aurait préféré, avec le peu d'information que cette dernière ait pu donner sur sa vie. En fait, Avery n'avait dit que le strict nécessaire comme l'endroit d'où elle venait, à quel âge était-elle devenue louve et si elle a fait partie d'une meute. En fait, Avery avait du mal à se confier surtout après avoir vécu aussi loin de la civilisation depuis que son gène s'est réveillé. Autant peut-être être fière de ce qu'elle est, que parfois les émotions ressenties sont effrayants et personne ne pourrait dire vraiment le contraire.

Se retrouver face à face avec Aindreas, l'alpha de la meute, cela a de quoi intimider. Surtout qu'Avery n'est plus habituée à ce genre de face à face. Enfin si, mais la dernière personne avec qui cela avait été fait, elle a vécu avec pendant quelques années.

La bière permettait de se sentir un peu plus à l'aise, certes, mais bon, cela ne changeait en rien à ce que la jeune femme pressentait. Une discussion... Autant dire que sur ce point, elle ressemblait à son père surtout depuis qu'elle était devenue une louve.

« Comment ça se passe ton intégration ? Je sais que la vie ici n'est pas tous les jours faciles. Ca fait deux ans que ça dure et crois-moi, même pour nous c'est parfois la grosse merde. Alors je comprendrais si tu te sens… Un peu dépassée par les événements. »

« La vie n'est pas si dure... Je m'adapte facilement, mais c'est vrai que... Apprendre qu'autre les loups et les vampires, y a des sorcières et d'autres créatures qui existent, là je me dis que je dois être dans un mauvais délire. » Elle but une gorgée regardant du coin de l’œil l'alpha qui lui proposa une cigarette qu'elle déclina d'un simple mouvement négatif de la tête. « Ce qui est dur, c'est d'être regarder sans retenue par les autres. C'est pas très polie pour la personne et surtout ça ne les aidera pas à savoir qui je suis. On a tous eu une vie au-delà de ces murs et on est tous passé par quelque chose, la méfiance n'apporte pas la connaissance. Mais, bon je ne suis pas très calé niveau vie en meute alors, je suppose que ça doit être normal. »

Son regard vagabonde ici et là. Une maison. Un endroit où réside une famille. Une chose que la jeune femme n'a plu depuis un certain temps et chaque jour, Avery se répète qu'elle a bien fait de ne pas avoir retrouvé sa mère. On ne sait jamais ce qui aurait pu se produire si cela avait été le cas. Sans doute serait-elle en enfer avec elle et connaissant celle-ci, Avery était persuadé qu'elle n'aurait jamais supporté ce genre de vie.

« Une meute... C'est quoi exactement ? Qu'est-ce que ça apporte de plus qu'une louve solitaire ? Je sais qu'on est plus des parias qu'autre chose... Mais, je l'ai été quasiment toute ma vie alors... Être en meute signifie quoi exactement. »

Avery avait encore beaucoup de chose à apprendre. Peut-être trop pour certain, mais qu'importe le sujet, il fallait débuter par un apprentissage autant théorique que pratique.
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De la main de Aindreas An'Sionnach signé le Ven 20 Oct - 10:28
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Le changement radical de vie. Je ne le connaissais que trop bien pour savoir ce que ça faisait. Pour comprendre que ça pouvait perturber, changer la donne sur tout un tas de truc. Un jour on appartient à un monde et le lendemain tout change soudainement. Il suffit d’un rien pour que tout ce en quoi nous croyions s’effondre. Crois-moi, je suis passé par là il n’y a pas plus tard qu’il y a trois en en arrière. Toute ma vie j’ai ignorais qui j’étais, ce que j’étais. Il a suffi d’une erreur, d’une balle, et tout est partie en couille. Rapidement. Je crois que je n’avais jamais eu autant peur de toute mon existence. J’étais largué, complétement désorienté. J’ai dû tout réapprendre. Cette place, je ne l’ai jamais voulu. Je n’ai jamais demandé à être un leader. Manque de bol, je l’ai toujours été. Du temps où je me pensais encore humain à ma nouvelle condition. C’est comme ça, on n’y peut rien, faut vivre avec. Il y a encore trois ans je me réveillais tous les matins dans mon lit de ma chambre minable de la fondation. Un neuf mètre carré. Pas le grand luxe, mais pour le temps que j’y passais. Il y a trois ans ma vie se résumait à la chasse, traquer les vampires, les tuer pour sauver les miens. Entrainer des jeunes recrues pour en faire de véritables machines de guerre. Je sniffais beaucoup, je picolais encore bien plus que maintenant, complétement pommé par la perte de ma femme. Mais on comptait sur moi et c’est en m’accrochant à ça que j’arrivais à me lever le matin pour continuer. Mais il y a eu cette nuit. Celle où tout a basculé. Je l’ai tué. Cet homme. Une balle perdue. C’était trop con. La douleur, celle que je ne ressentais plus depuis des années. La physique. Jamais j’oublierais je crois. J’ai paniqué. J’ai fuis. Mais tu sais le pire dans tout ça ? C’est pas tant l’idée d’être parti pour rejoindre instinctivement les miens que je regrette. Non. Ce que je regrette c’est de les avoir tous laisser tomber. Cette pseudo famille que j’avais. C’était mes potes putain. Et moi ? J’ai regardé notre ville partir en fumée et je n’ai rien fait pour les aider.

Est-ce que ça fait de moi un monstre ? J’en sais rien. La haine que j’avais pour ce monde était peut-être bien trop forte. L’histoire de ma famille, sa destruction, toutes ces horreurs dans lesquels j’avais grandi pour être formaté. Alors tu sais, ce que tu ressens là, au fond de toi, ce petit creux dans l’estomac, cette sensation d’être la nouvelle bête de foire, je la connais. Je portais le nom d’An’Sionnach. On savait qui j’étais. Alors moi aussi, on me regardait sans doute de trop. Moi qui déteste ça. C’était plutôt horrible. Mais on finit par s’y faire, par s’y habituer et au final on s’intègre dans le décor. Tout fini par changer. Et au bout du compte, on finit par réaliser que la vie continue. C’est comme ça. Le temps passe, change, et nous on doit continuer notre chemin malgré tout ça. Un mauvais trip. Ca me fait sourire. Crois-moi, moi aussi ça me fait encore cet effet. Tous les jours même. Je crois que je ne m’y habituerais presque jamais. Les sorciers, pourquoi pas. Mais les goules, les Léviathans, les polymorphes. C’est du délire sérieux. Vraiment. J’ai déjà du mal avec l’idée de n’être pas si humain que ça, t’as cas croire. Tirant sur ma clope je te regarde, je t’écoute. Comprenant ce que tu ressens, comment tu peux te sentir. Oui, les miens sont très protecteurs envers la meute. Sans doute de trop, mais tu sais, avec les temps qui court ça se comprend. Même entre nous on ne peut pas se faire confiance. Alors ne leur en tiens pas trop rigueur, ça finira par leur passer. Quand tu auras fait tes preuves et montrer ta valeur. Mais personne n’est mauvais ici. On n’a tous de bonnes intentions. Enfin, au sein de ma meute en tout cas. Les autres ? C’est différent. L’idée d’être mené par un Alpha externe à leur clan ne passe pas très bien auprès de certains, alors c’est tendu. Mais la politique, tout ça, c’est toujours un sujet de débat interminable tu sais. Et je crois que ça, la race ne changera rien à la donne.

Je te regarde, observant autour de toi. Non, ce n’est pas le luxe ici, mais les énergies qui se dégagent de ces murs sont plutôt très bonnes et rend l’ambiance tout de suite plus chaleureuse. La présence de Little As-Kicker aider beaucoup aussi. Les enfants et leur innocence. Ca doit être ça, je sais pas trop. Parce que tu peux me croire, le sang qui macule mes mains n’est pas prêt de s’en aller. Ici personne n’est vraiment éternellement innocent et on le sait tout. Je te laisse parler, sans rien dire, t’écoutant intégralement sans en rater une miette. Tes questions, tes doutes. Ca me fait sourire. J’avais presque les mêmes. Enfin je dis presque, parce que j’ai grandi à la fondation, et que la famille, le clan, cette cohérence de groupe, ce sentiment de protéger les siens au risque de sa vie, je la connais depuis toujours. Alors les idéologies des meutes je ne connais que trop bien aussi. Mais détrompes toi, être solitaire n’est pas être un paria. Enfin, je ne l’ai jamais vu comme ça. Personnellement je trouve que c’est une force. Parce que je sais que si je n’avais pas trouvé la meute je ne m’en serais jamais sorti tout seul. J’étais tellement largué. Qui l’eut cru. En y repensant aujourd’hui je me trouve minable d’avoir réagis comme je l’avais fait à ma mutation. Parce que maintenant j’adore ça. Oui, j’adore ça ce que je suis. Je me sens libéré de tout un tas de truc. Nous sommes ce que nous sommes et le plus important c’est de le chérir, de l’apprécier, et surtout, de s’assumer. Chose qui en vue de ce que tu me dis n’est pas réellement ton cas je me trompe ? Mais peu importe, tu finiras bien par la trouver ta place. Ce n’est qu’une question de temps. Juste le temps que tu t’habitue à ta nouvelle vie, à ce lieu. L’Irlande était magnifique avant ça. Enfin je crois. Dans le fond, avoir grandi à River Crow ou être enfermé ici ça ne change pas grand-chose. J’ai toujours été enfermé. Putain. Tu parles d’une vie de merde toi. Au moins tu as connu cette liberté que je ne connaitrais jamais. Et rien que pour ça, j’avoue t’envier un peu.

« Peu importe ce que signifie le mot meute. Ce n’est qu’un mot. Le plus important c’est ce que toi tu en fait. Meute, famille, clan, tout se rassemble. C’est comme solitaire, ce ne sont que des mots rien de plus. Tu as fait le choix d’évoluer seule et crois-moi c’est pas un mal. Au moins si demain tu te retrouves seule tu seras pas larguée. Retire moi Aodh et crois-moi que je suis pas convaincu que je m’en sortirais mieux que toi. »

J’essayais de te rassurer tout en répondant à tes questions. Te souriant, riant même de ma connerie. Ne rien oublier. Te faire comprendre que non, tu ne valais pas moins que les gens qui se trouvaient ici. Le plus important c’était ce que tu avais toi, là, enfouis dans ton fore intérieur. Ce que tu étais valais bien plus que cette idée de meute, de clan. De toutes ces choses. La richesse que les gens avaient à offrir importait tellement plus que tout le reste. Peu importe ton histoire, ce que tu avais fait, d’où tu venais. Ici tout changeait. On recommençait tout à zéro. J’essayais d’avoir du tact, de trouver les bons mots, mais je n’avais jamais été un grand diplomate. J’étais même tout l’inverse. Brut de décoffrage. Devenir loup, déclencher le gène m’a fait murir mais avant ça ? Je n’étais qu’un con. Un type violent, nerveux, incapable de contrôler ses émotions. Toujours excessif. En fait, je me rapprochais bien plus du gros connard qu’autre chose. J’avais horreur de l’échec, je me surestimais sans doute de trop. Alors quand j’ai perdu des gars, quand on a lancé l’assaut contre McGuinness et que beaucoup ne sont jamais revenu. Je m’en suis voulu. A mort. J’ai porté le blâme et au final, je crois que je ne m’en suis jamais remis. Trop d’égos tue l’égos comme on dit. Alors maintenant je le prends le temps. De réfléchir, d’analyser. De connaitre les gens aussi pour comprendre leur besoin, pour mieux pouvoir les diriger, les emmener là où ils seront bien. C’est aussi ça mon rôle. J’ai tué la bête en déclenchant le gène. Elle est là la vérité. Maintenant je suis père, je suis leader, je suis Alpha, je suis l’homme sur qui on compte en temps de crise. Je n’ai plus droit à l’erreur et l’erreur je ne la referais plus.

Mais cet homme que je suis devenu je le dois à la meute, à Aodh, à Eireen, à Daryl. A ces personnes qui m’ont aidé, accueilli, pour ne pas dire recueilli. Je leur dois absolument tout. C’est une évidence. Parce que c’est surtout ça être une meute. C’est compter les uns sur les autres. C’est prendre une balle pour sauver son frère, sa sœur. Sa famille. Sans réfléchir, sans penser. C’est la solidarité. Le soutien. Le maintien. La béquille. L’appuis. Si un membre s’écroule c’est tout le reste qui tombe. C’est comme ça.

« Faut pas que tu prennes mal le fait qu’on t’observe. Je sais que c’est pas facile au début mais ils sont super protecteurs. Ils te la laisseront ta chance, laisses-leurs juste du temps. Tu sais, ici on se protège tous les uns les autres. On se soutiens, on s’entre-aide. Quand l’un de nous est en danger on débarque tous. C’est ça appartenir à une meute Avery. C’est la solidarité et la loyauté avant tout. Tu comprendras très vite que vivre en communauté peut aussi apporter un certain nombre de privilèges. Et puis… J’suis pas le pire des Alpha. »

Te lançant un clin d’œil pour te mettre un peu plus à l’aise j’essayais de faire tomber tes doutes, tes barrières. Je voulais que tu te sentes bien. Vraiment. Crois-moi, j’avais bon espoir que tu ne te sentes pas éternellement comme une étrangère. Je savais qu’Aodh serait plus méfiant, plus réticent. Mais ce n’était plus lui l’Alpha et il se devait de respecter mes décisions. C’était comme ça. La hiérarchie était importante aux yeux des loups. J’étais de ton côté tu sais, alors ton intégration irait sans doute bien plus vite que tout le reste.




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De la main de Avery L. Lunel signé le Lun 23 Oct - 3:37
The Regulator swinging pendulumDans son malheur, Avery trouvait un certain réconfort tout de même surtout sa capacité d'adaptation qui ne la laissait jamais de côté. La louve savait qu'elle s'en sortirait, mais ce qui faisait grogner sa louve intérieure, c'était la condition de semi-liberté qui s'offrait à elle. Mené à un pur abattage, elle se devait d'avoir les sens constamment en alerte parce que rien n'est définitif, il suffit d'un jour où tout pouvait basculer. Consciente de sa situation et du fait que sa venue pouvait être vue de façon méfiante à cause des tas de loups différents qui mettent un pied dans une ville autrefois tranquille, enfin plus ou moins parait-il, elle se devait de faire ses preuves. Ce n'était pas une chose dérangeante en soit, mais les regards inquisiteurs rivés sur elle, devenait un problème. Avery avait beau être jeune, mais elle était assez à cheval sur la politesse et la bonne tenue des gens, ce n'est pas parce qu'elle vient petit village du Colorado qu'elle en est dénuée de savoir vivre. Néanmoins, c'était assez étrange pour une louve, représentation même de l'aspect sauvage et du caractère lunatique de se tenir à ce genre de chose futile. Disons qu'on se raccroche à ce que l'on peut et même si Aindreas tentait de minimiser la situation et de la rassurer, cela ne changeait pas le problème. Comment une personne venant d'arriver depuis peu, peut faire ces preuves s'il se sent constamment épié ? Quelle est la bonne réponse à fournir et surtout quelle est la bonne conduite à adopter ? L'un comme pour l'autre, la chose restait inconnue, pire qu'une formule algébrique sur laquelle on bloque et dont parfois, bien souvent même, la réponse est tellement risible.

Avait-elle des interrogations encore ? Oui, des tas même, mais Avery se dit que c'était peut-être mieux pour certaines d'entre elles de les découvrir par elle-même, parfois, il était mieux de trouver par soi-même que de se faire aider par une tiers personne. On comprenait mieux la réponse quand on la découvrait seule. En regardant l'alpha, la louve pouvait plus ou moins facilement comprendre qu'il traînait derrière lui une sacré vie tout aussi difficile et compliqué que la sienne. Elle ne pouvait pas imaginer par quoi il était passé, mais de par son regard cela semblait sérieux. Avery était du genre à penser que toutes les histoires avaient son importance, que rien n'était ridicule parce que pour celui ou celle qui l'avait vécu, ce n'était pas rien. Un lot de malheur, tout le monde connaissait ça, mais le plus important, c'était de s'en sortir et de surmonter l'épreuve. C'était ce que son mentor lui avait enseigné et avait eu dû mal à rentrer dans la petite tête de linotte qu'était sa petite-fille. Il faut dire que le côté buté était propre à la famille et même si Avery ne se considérait pas vraiment comme la fille de ce loup, elle ne pouvait pas pour autant nier le sang qui coulait dans ses veines.

Dans un geste qui lui paraissait comme réconfortant, elle regarda à nouveau le salon d'un coup d'œil circulaire. Petit, mais l'atmosphère rassurait et rendait accueillant cet endroit. Elle esquissa un sourire furtif en voyant le coin du bébé de l'alpha. Voilà une gamine qui aura la force de 10 loups. Grandir ici sera une force pour elle et si elle restait aussi bien entouré, nul doute qu'elle fera de grande chose. D'un côté, Avery envie cette gamine d'avoir un père aussi présent, mais est un peu triste, parce qu'elle se doutait de par son observation que sa mère n'était pas là. Qu'est-ce qui lui est arrivée ? Ce n'est pas une chose qu'elle était en droit de demander. Pas assez proche de l'alpha et ce n'était pas ce que l'on pouvait appeler une question de politesse, mais une indiscrétion pure et dure.

« Peu importe ce que signifie le mot meute. Ce n'est qu'un mot. Le plus important c'est ce que toi tu en fait. Meute, famille, clan, tout se rassemble. C'est comme solitaire, ce ne sont que des mots rien de plus. Tu as fait le choix d'évoluer seule et crois-moi c'est pas un mal. Au moins si demain tu te retrouves seule tu seras pas larguée. Retire moi Aodh et crois-moi que je suis pas convaincu que je m'en sortirais mieux que toi. »

Son regard se reposa sur Aindreas qui venait de répondre sur ce qu'était exactement une meute. Pour une personne comme Avery, c'était normal de se demander cela. Elle n'en connaissait que la théorie, mais la jeune femme restait tout de même curieuse de la vision qu'avait l'alpha sur ce mot. Et voilà sa réponse, ce n'était qu'un mot ni plus ni moins. Seule Avery pouvait lui donner plus ou moins d'importance. Donc, ce n'était pas maintenant qu'elle offrirait une définition satisfaisante pour le moment. Elle but une gorgée, un mouvement qui lui permettait de reprendre une certaine contenance et puis, une bonne bière bien fraîche, ça avait le don de vous rendre un peu mieux. Moins nerveuse et plus ouverte pour une conversation. Un geste de sociabilité non négligeable pour une louve qui a passé quelques années loin de tout et surtout du monde.

« Mon mentor avait pour habitude de dire que même un loup habitué à être en meute pouvait facilement s'habituer à être seul. L'instinct prime sur le reste et surtout sur le manque de sa communauté. Mais, il rajoutait que je ne pouvais pas vraiment comprendre puisque je n'ai jamais été dans une meute. » Elle fit silence par la suite se disant qu'au fond, peut-être que son mentor et elle ont formé une meute. Petite certes, mais on pouvait considérer ce duo comme tel. Tout du moins, c'était l'avis de la jeune femme.

« Faut pas que tu prennes mal le fait qu'on t'observe. Je sais que c'est pas facile au début mais ils sont super protecteurs. Ils te la laisseront ta chance, laisses-leurs juste du temps. Tu sais, ici on se protège tous les uns les autres. On se soutiens, on s'entre-aide. Quand l'un de nous est en danger on débarque tous. C'est ça appartenir à une meute Avery. C'est la solidarité et la loyauté avant tout. Tu comprendras très vite que vivre en communauté peut aussi apporter un certain nombre de privilèges. Et puis… J'suis pas le pire des Alpha. »

La jeune femme releva les yeux vers lui avec un léger sourire avant de plonger une main dans ses cheveux roux dans un geste habituel, un peu comme si elle souhaitait se remettre les idées en place. « J'en ai connu qu'un avant toi... Il n'était pas méchant non plus, mais fallait pas le chercher... En tout cas, c'est ce que j'ai appris. » Que de la théorie, il ne faut pas oublier que la jeune femme a eu des on dit plutôt que des certitudes. « En fait, je pense que tout le temps regarder une personne ne l'aidera pas à se détendre et on est prompt à faire des bourdes. C'est humain, mais pas forcément acceptable pour certains loups non ? »

Peut-être pas de lui étant donné qu'il est plutôt ouvert, par le passé, la louve ignore comment il était et honnêtement, elle s'en moque complètement. Le passé est le passé, seul le présent compte et au bout du compte, Avery comprend le comportement des autres de la meute. « Au fond... J'ai rien à dire, parce que je crois que j'aurais fait même... C'est normal d'être méfiant, c'est un comportement qui sauve parfois. »

Une nouvelle fois, elle regarde par la fenêtre, cela la rassurait de voir le paysage qui lui rappelait par un certain côté le Colorado. Une vie qui lui semble venir d'une autre époque pour dire vraie. Puis, son regard se pose sur l'intérieur du salon, le coin enfant puis cette table basse où repose bières et paquet de clope.

« Est-ce que... J'ai le droit de demander d'en savoir plus ? Une sorcière m'a expliqué l'essentiel, mais c'est un point de vue externe. Moi, je voudrais connaître l'avis de mon alpha sur tout ça. Je sais que je dois éviter un maximum les... euh... Tullamore, mais qui d'autre ? Et puis, comment je peux me montrer utile. Je n'aime pas être inactive, j'ai besoin d'action. Je suis jeune, mais j'ai été entraîné par un loup qui ne m'a fait aucun cadeau. J'aimerai vraiment être utile et me trouver une place aussi petite soit-elle. »

La jeune femme avait pas mal de talent en réserve sous ses airs de gentille fille à l'allure de poupée et son vocabulaire qui semblait parfois sortie d'un bouquin. La traque, la chasse et le combat ne lui étaient pas inconnus grâce à son mentor. Oh bien sûr, elle restait une débutante à côté d'Aindreas et d'Aodh, c'est une chose qu'elle ne nie pas.

« Au Colorado, j'avais l'habitude de faire une randonnée tous les week-end. Me perdre en pleine nature, planter une tente et dormir à la belle étoile c'était le paradis pour moi. Avant, j'avais l'espoir de devenir garde forestier à mon retour à la civilisation. Contrairement à ce qu'il pensait, j'étais faite pour ça. Pour la nature et aussi pour être une louve. C'est dans mon sang et puis c'est moi. Autant, je peux redouter le processus de transformation que je tombe toujours amoureuse de ce que je suis quand je suis une louve. Ce que je ressens, je sens et j'entends... Je vois les choses autrement plus librement. » Elle finit par le regarder. « On aura beau nous entasser quelques parts ou bien nous réduire à peu de chose qu'on saura toujours se relever. Un loup même blessé et repoussé dans ses retranchements restent dangereux. » Elle boit une nouvelle gorgée de bière. « Désolé... Je parle peut-être trop et pour rien dire. »

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De la main de Aindreas An'Sionnach signé le Lun 6 Nov - 11:04
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Tu semblais pleine d’interrogations et c’était normal. Moi aussi j’en avais eu tout un tas de questions quand je suis arrivé dans la meute. Je ne comprenais rien, j’étais ignorant de tout. Je me revois, complétement mort de trouille, me demandant bien ce qui m’arrivait, pourquoi on ne m’avait rien dit, pourquoi moi aussi. Je me souviens avoir littéralement inondé Aodh de tout un tas de questions. Sur ce qu’on était, sur notre famille, notre peuple, le fonctionnement, notre histoire. J’avais appris une culture, et au final, j’avais dû remettre en question tout ce que j’avais appris depuis que j’étais gosse. L’histoire de River Crow, l’histoire des An’Sionnach, l’histoire de ma vie. Et puis au final, au bout du compte, tout avait fini par prendre son sens. Pourquoi on m’avait préservé, pourquoi on m’avait protégé comme le Graal depuis mon enfance, pourquoi j’étais devenu cet homme que j’avais été. Ce type violent, insensible, qui avait l’impression de toujours foiré dans absolument tout. Ce chef, ce leader, ce meneur, ce combattant. C’était maintenant clair. Et depuis que j’avais déclenché le gène, je n’ai plus jamais ressenti ce manque. Ce besoin de brutalité, je n’étais plus le même. Que oui je restais toujours ce mec un peu brute, ce type qui s’emporte rapidement, mais j’arrivais à me contrôler maintenant. J’avais grandis, mûris, et ça, je le devais à la meute, à cette famille qui m’avait attendu durant des années. Je leur devais absolument tout. Et tu comprendras bien rapidement qu’au final, c’est bien, avoir une famille. La solitude ça craint tu peux me croire. A river Crow j’avais beau être entouré, constamment, j’étais seul. Mais maintenant je savais, je comprenais. J’avais littéralement merdé en laissant bruler River Crow. J’avais merdé en laissant tomber mes anciens potes, mais j’assumais. J’assumais parce que j’avais sans doute trouver mieux ici. J’étais enfin celui que je devais être, tout simplement. Et crois-moi, ça peut prendre du temps.

Un sacré bout de temps même. Tirant sur ma clope je me suis installé plus confortablement dans le canapé. Repliant une jambe sur l’autre, t’écoutant sans ne rien dire. Tu semblais pleine d’entrain, pleine de dynamisme. C’était plutôt prometteur. Ici, il fallait toujours rester sur nos gardes. Les accords et la coalition nous gardaient en sécurité, mais en réalité, le risque zéro n’existait pas. Les Léviathans pouvaient débarquer et on ne faisait clairement pas le poids. Quant aux Vaudous… Je savais également qu’ils pouvaient faire les trucs de loin ces connards. En clair, ici, on n’était jamais vraiment tranquille. C’est pourquoi on se faisait des tours de garde. C’est pourquoi on ne sortait jamais sans nos flingues, sans nos armes malgré le reste. C’est pourquoi on semblait toujours… Nerveux. Constamment. Bienvenue en Irlande. C’était un véritable enfer. Encore pire que la vie que l’on avait à River Crow. Nous les anciens on arrivait à regretter l’époque de McGuinness. C’est peu dire qu’ici c’était l’enfer. Et maintenant nos anciens ennemis étaient devenus nos alliés, en quelque sorte. C’était tellement étrange. Tellement bizarre. Mais tu sais ce qui me rassure ? C’est de me dire qu’au fond, ce ne sont pas nous les véritables monstres. On nous a parqué ici par crainte, par peur, et ça, ça n’a pas de prix. Si l’homme à peur c’est qu’il a conscience de la chose et notre porte de sortie n’est pas loin. Ce n’était qu’une question de temps pour monter un soulèvement. On finira par la retrouver notre liberté. Il fallait simplement garder espoir. Mais pour ça, il va falloir se serrer les coudes et s’allier aux autres. Parce que seuls on n’ira pas bien loin c’était une certitude. Seuls, on serait même sacrément dans la merde. C’est aussi pour ça qu’on t’avait recueillis. On avait conscience que dans ce monde, toute seule, tu ne tiendrais pas longtemps. Quelques jours, semaines peut-être ? On t’a sauvé la vie. En quelques sorte. Mais ça, peut-être que tu n’en n’as pas conscience.

Non. Ce n’était pas évident d’arriver ici et de changer de vie. Mais pourtant, on n’avait pas le choix que de s’adapter et de vivre avec. C’était notre fardeau. Notre nouveau monde. C’était comme ça c’est tout. Je t’ai écouté parler. Sans t’interrompre. Des questions tu en avais encore. Et ton raisonnement n’était pas tout à fait faux. Tu aimais ce que tu étais, et au-delà de ça, tu semblais fière de tes origines. C’était une bonne chose. En même temps, on avait tous un peu de fierté ici. Notre nature était un don, certains le prenait comme une malédiction, mais au bout du compte, nous sommes chanceux. Tu voulais te rendre utile, tu voulais contribuais et ça aussi c’était une qualité. Ca prouvait que tu voulais t’intégrer. Tout simplement. Terminant ma bière je t’ai regardé, te voyant observer mon environnement. C’était précaire. Spartiate. Mais ici on n’avait pas trop de moyens. Nos maisons étaient toutes en bois, c’était rustique. Mais c’était chez nous. A notre image. A vrai dire certains pleuraient encore leur ordinateur et le reste. Personnellement je m’en foutais. Je n’avais jamais eu besoin de tout ça pour me sentir bien. Juste de calme et de solitude. Tant que j’avais des clopes et de la bière ou du whisky le reste n’avait pas d’importance. J’adorais vivre ici. C’était chez moi, et j’étais fier de ce que nous avons. Moycullen était notre petit coin de paradis comme on dit. L’électricité était parfois branlante, l’eau courante et l’eau chaude encore plus, mais quelle importance ? Toi qui aimais la nature tu finirais par te sentir chez toi, je n’en doutais pas une seconde. Je te sentais déjà de plus en l’aise et c’était une bonne chose. Alors je t’ai souri, tout simplement, me rallumant une clope, encore. Essayant d’écouter toutes tes questions pour ne rien oublier bien que je savais pertinemment que j’allais sans doute ne pas répondre à toutes.

« Ce que tu dois savoir ici c’est que t’es plus une prédatrice. A vrai dire c’est limité si on n’est pas devenu le gibier. Tullamore fait de nous ce qu’ils veulent. Ils ont jeté leur dévolu sur les vampires mais on est à l’abri de rien. Ils ont pondu le virus qui détruit les suceurs de sang alors combien de temps avant qu’il nous pondent un truc qui nous attaque nous ? J’en sais rien, mais j’suis convaincu que ça finira par venir. Et puis il est à les Léviathans et les barges de vaudous qui leur suce les boules pour avoir j’en sais rien… La paix ? Faut pas chercher. Dans deux mois va se dérouler également ce qu’ils appellent la Demon’s Race. Ils viendront chercher l’un d’entre nous pour un combat à mort qui sera diffusé dans le monde entier. Tout ça pour célébrer l’ouverture de la prison. Ils sont barges putain. »

J’essayais de t’expliquer ce que tu devais savoir. Tout du moins, ce qui me semblait important. Mais j’en sais rien, je me rendais compte des choses en t’expliquant tout ça et ça me donnait la gerbe putain. Tirant sur ma clope, j’ai machinalement regardé en direction de la chambre d’Eireen, tendant l’oreille pour écoutant les battements de cœur d’Abigaël. S’il lui arrivait quelque chose je ne le supporterais pas, je le savais. La vérité était qu’en fait, on était tous en danger ici, constamment. Perpétuellement. Ca me bouffait même si j’essayais de le cacher comme je pouvais. J’étais toujours inquiet pour les gens que j’aimais. Moi je pouvais crever, j’en n’avais rien à foutre, quoi que… Je savais que si j’y passais je ne pourrais plus les protéger et c’était encore pire. Si mon nom sortait durant la purge je crois que je serais capable de buter tout le monde. Juste pour continuer à la voir grandir. L’instinct de survie ou l’instinct de protection ? J’en savais rien, mais quelle importance ? J’étais ce que je t’étais, et je ferais ce que je devais faire. Tapotant ma clope dans le goulot de ma bouteille vide pour en faire tomber la cendre j’ai recraché un nuage de fumée avant de continuer de répondre à tes questions. Crois-moi, t’as pas fini d’en poser je pense. Ici on en avait tout le temps. Ne serait-ce que ce putain de pourquoi. Pourquoi nous ? Pourquoi ici ? Pourquoi on nous fait ça. Pourquoi tout le temps. Mais le pire, c’est que la réponse, on ne l’aura véritablement jamais je crois. C’était pire que tout. Vraiment.

« Tu sais, tu te rendras toujours utiles ici. Ne serait-ce que pour bouffer. On chasse, on récolte. Des fois on part en raids pour tenter de trouver des choses qui nous rappelle la vielle époque de la liberté. On a les tours de garde aussi. Constamment. Pour surveiller de potentielles attaques. On forme des équipes et on tourne. Si demain t’es en chasse, le jour d’après tu seras de garde. Ca marche comme ça. On a tous notre part de responsabilité ici. Quand je te parlais de solidarité, je parlais un peu de ça. On n’arrête jamais en fait. Dis-moi ce que tu veux faire et je te donnerais une affiliation. On n’a pas de place pour les branleurs. C’est en étant actif que tu la trouveras ta place. En faisant ta part, tout simplement. »

Ta part oui, et en t’intégrant. En réalité la réponse à toute tes questions était bien plus simple que ce que l’on pouvait s’imaginer. Tout n’était qu’une question de motivation, et tu finiras par la trouver ta place. Montrer ta valeur, ce que tu vaux. Tout simplement. Tout était une question de volonté et de détermination. Rien de plus, rien de moins…





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