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As I enter the city of the dead | Riley

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De la main de Lahja Vehviläinen signé le Ven 13 Oct - 18:49

As I enter the city of the dead
Riley & Lahja

« A haunted, starless sky, fragile and oh so deep. The dying softly wakes and smiles in painless peace. »
La couleur des vertiges bariolait son encéphale. Viciée par les coups lancinants d'une nouvelle migraine, Lahja peinait à ouvrir les paupières. Cette nuit, comme tant d'autres nuits, avait été courte. Si courte que ses muscles lui semblaient peser trois tonnes ce matin. Sa bouche laissa échapper un premier soupir, émiettant sa lassitude dans le vaste silence dont débordait la pièce qu'elle occupait. Ce n'est qu'au bout de quelques longues minutes que la plante de ses pieds osa enfin s'électriser à la fraîcheur glaciale du marbre recouvrant le sol du château. Elle avait dormi à Belfast. Trop exténuée, la veille, pour prendre la route qui menait jusqu'à Cork de nuit. Le craquement sonore de ses os, alors qu'elle s'étirait, lui donna la désagréable sensation d'être rouillée par le temps. Ces quelques brèves heures de repos n'avaient pas suffit à lui insuffler l'énergie dont son corps humain avait pourtant bien besoin. Il est vrai que la finlandaise négligeait sa santé ces derniers jours. Complètement absorbée par ses responsabilités, elle en oubliait presque l'essentiel et les conséquences de cette inattention commençaient doucement à se faire ressentir. Étaient-ce ces repas sautés qui creusaient l'insipidité des cernes qui se dessinaient sous ses yeux ? Était-ce le manque de fer et de protéines qui lui crachait finalement à la figure ? Elle n'en savait rien et se plaisait particulièrement à ignorer cette faiblesse qui, à force d'être entourée de vampires, lui paraissait parfois trop injuste. Difficilement sortie du lit, l'opale bleutée de ses iris s'est furtivement accrochée à l'horloge suspendue au mur. Cette dernière indiquant déjà sept heures trente, la scandinave en quête de réconfort entreprit de se rendre à la salle d'eau. Face à son reflet et de manière instinctive, sa mine se renfrogna de voir l'étendue des dégâts. Sa pâleur naturelle accentuée par ce malaise fortuit lui donnait des airs de cadavre auxquels elle était peu habituée. Elle détourna le regard et fit glisser les quelques vêtements qui drapaient encore les courbes de sa silhouette afin d'être totalement nue. Après s'être faufilée à l'intérieur de la cabine de douche et avoir actionné l'eau, ses terminaisons nerveuses se détendaient calmement, les unes après les autres, lorsque la pluie artificielle s'abattit sur son corps. Et enfin la lacération de ses courbatures s'effaçait sous la tendre indolence d'une chaleur qui lui semblait presque protectrice.


Au contact de l'élément aquatique, sa peau s'éveillait, réagissant aux morsures doucereuses du voile transparent qui dévalait en cascade jusqu'au creux de ses reins. Dans les nuages de vapeur, son corps se mouvait avec lenteur, lavant soigneusement son être ainsi que la longueur de sa chevelure. Lahja prenait le temps. Elle profitait de l'instant, s'imbibant autant que cela fusse possible de l'apaisement que lui apportait cette simple douche. Par les temps qui courent, des moments comme celui-ci devait être apprécié à leur juste valeur car qui sait si demain sa vie ne serait plus qu'un futile souvenir ? Tant de gens mourraient. Tant de gens disparaissaient. Cette conscience des faits ne la quittait jamais réellement. Même pas là, alors que ses paupières étaient fermées, inspirant pourtant un soulagement sincère et paisible. Elle était restée ainsi longtemps. Suffisamment longtemps pour écouter les minutes se tisser sur l'immense constellation du temps. Suffisamment longtemps pour qu'elle s'engourdisse légèrement et que sa peau se froisse progressivement. Une part d'elle n'avait aucune envie de quitter ces lieux mais une autre lui disait de s'en aller, de changer d'air mais surtout d'idées. Elle a donc brisé l'harmonie pour réintégrer cette ombre de vie. Elle a séché sa peau, ses cheveux et puis ses rêves d'enfant. Quelques minutes plus tard, Lahja devint à nouveau cintre pour vêtements, dissimulant l'intimité féminine, les courbes un peu plus en chair de son corps frêle. Elle s'est ensuite préparée en vitesse, brossant ses dents, maquillant son regard d'un peu de noir, cachant ses cernes avec quelques gouttes de fond de teint et se peignant approximativement les cheveux. Après avoir enfilé son trench noir, elle rangea les tissus délaissés au fond de sa valise avant de la refermer puis quitta cette chambre aussi simplement qu'elle y était entrée.


Le son de ses talons et le roulement constant de la valise qu'elle traînait derrière elle furent les seuls bruits résonnant dans les grands couloirs du château. Le jour s'étant levé, beaucoup de vampires avaient succombé aux bras de Morphée. Tout était donc très calme comme à chaque fois qu'elle quittait l'ancienne bâtisse aussi tôt. Munie de sa carte d'accès, elle prit le temps de s'arrêter quelques minutes dans les locaux du personnel pour boire une tasse de thé, histoire de se tonifier un minimum. Trempant ses lèvres dans le liquide chaud, elle vida le contenu du récipient en quelques minutes. À l'extérieur, elle installa sa valise dans le coffre de sa voiture et prit place sur le siège conducteur avant de démarrer. Les faibles lueurs solaires transperçant ses rétines lui rappelaient la migraine qu'elle avait eu au réveil et d'un geste pratiquement automatique, elle poussa le pare soleil afin de s'en protéger. Belfast, à cette heure-ci, était complètement déserte. Sur la route, elle ne croisa pas l'ombre d'une silhouette. Rien. Si ce n'est que ce vide oppressant dont transpiraient les vieux murs de la ville. Et puis, en longeant les rues, elle tomba face à ce qui fut autrefois la bibliothèque centrale. Était-il avisé de s'arrêter, de répondre à l'appel de cette curiosité maladive qu'elle avait de découvrir ce qui se trouvait à l'intérieur de ce bâtiment ? Cela faisait plusieurs fois qu'elle y pensait et plusieurs fois qu'elle avait su résister à l'idée de s'y aventurer seule. Il s'agissait tout de même d'une ville infestée de vampires et c'était sans compter les autres créatures qui traînaient dans toute l'Irlande. Cependant cette fois, Lahja refusa d'écouter cette petite voix qui l'empêchait d'assouvir l'un des seuls désirs qu'elle parvenait encore à ressentir. Se garant non loin de l'entrée, la finlandaise sortit de son véhicule, portée par un mélange d'assurance imprudente et de curiosité malsaine. Bien sûr si elle espérait que l'endroit soit vide et être la seule à vouloir perdre son temps dans une bibliothèque à l'abandon, la réalité était souvent différente de ce à quoi l'on s'attendait.


Mais aucun bruit ne vint troubler le silence emplissant les lieux lorsqu'elle franchit enfin les grandes portes de bois cachant derrière eux ces centaines de livres. Lahja fut surprise par la manière dont tout était resté plus ou moins intact. Quelques meubles avaient été déplacés. Parfois quelques pages traînaient au sol,  certainement accompagnées des livres auxquelles elles appartenaient mais rien n'était gravement endommagé. À croire que les gens avaient oublié la sagesse que transmettaient les livres à travers les siècles. De sa vie d'avant, c'était très certainement l'une des choses qui lui manquaient le plus. L'apprentissage à portée de main. Certes, il était toujours là, notamment dans tout ce qui est manuel mais les sources d'intellectualité devenaient de plus en plus rares dans un monde au bord de l'implosion. Et la blonde ne pouvait que s'en sentir attristée. Sa collection personnelle lui manquait bien qu'elle se fiche éperdument de toutes attaches matérielles. À présent, comme pour reconstruire sa vie, elle tentait d'en créer une nouvelle, sauvant par la même occasion et à son échelle, un peu de Savoir au cœur de sa maison bien modeste. C'est sur cette pensée qu'elle osa s'égarer entre les diverses allées, s'arrêtant de temps à autre pour examiner un ouvrage d'un peu plus près. Elle en feuilleta quelques pages, s'enivrant avec mesure des phrases latines qui le parsemaient lorsqu'un bruit externe aux siens la sortit de ses réflexions. Les palpitations de son myocarde prirent une cadence plus rapide alors que ses souffles, eux, s’annihilaient dans la discrétion. Elle dut marcher sur quelques mètres pour finalement lui faire face, à cette fille aux cheveux de feu. Immobile, prise de court, Lahja était restée quelque peu interdite devant la jeune femme.


« Je pensais être seule. » Finit-elle par lâcher un peu maladroitement. La blonde ne savait pas vraiment à qui elle avait affaire et surtout depuis combien de temps cette jeune femme était là. Son regard la détaillait calmement alors que son visage était resté neutre. De cette première impression, elle ne savait pas vraiment quoi en tirer. L'inconnue n'avait pas l'air dangereuse mais Lahja n'était pas le genre de femme à s'attarder sur ces dernières car elles étaient bien trop souvent trompeuses. « Quel est votre nom ? » Intriguée, elle décida d'entamer la conversation, espérant que son interlocutrice ne soit pas bourrée de mauvaises intentions.
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De la main de Riley Keenan signé le Mar 17 Oct - 18:58
As I enter the city of the dead ft. Lahja



Un long bâillement bruyant résonna dans la salle d’autopsie. Riley venait de terminer une nuit de garde, les mains à l'intérieur d'un jeune homme. Elle n’avait d'ailleurs pas manqué de souligner qu’elle le trouvait plutôt charmant et que c’était un véritable gâchis qu’il fut dans un tel état. Pendant les premiers mois où on lui avait confié des cadavres, ses collègues s’étaient montrés particulièrement soupçonneux. Ils craignaient - non sans raison - qu’elle ne se serve grassement. C’était sans connaitre la jeune femme et son incroyable patience. Elle avait passé des mois enfermée, avec si peu de viande qu’elle aurait pu clamser entre les doigts de ses bourreaux en un clin d’oeil. Mais elle avait tenu. Ce fut donc sans surprise qu’elle demeura aussi discrète et efficace que possible pour n’attirer aucun doute supplémentaire. Une fois que leur garde serait baissée, elle ne répondrait plus de rien…

Le jour pointait à peine le bout de son nez quand elle quitta enfin l’hôpital. Loin d’être fatiguée, elle ne voulait pas retourner dans le petit appartement dans lequel vivait l’humaine dont elle avait volé l’identité. Elle passa tout de même y faire un tour, le temps de prendre une bonne douche et de changer de vêtements. Dehors, elle ne savait pas où ses pas la mèneraient, mais elle leur faisait confiance. Ils avaient toujours su la guider. Elle croisait plus de monde qu’elle ne l’aurait cru à une heure si peu avancée du jour. S’amusant de ceux qui osaient attarder le regard sur elle, elle les graciait d’un clin d’oeil ou d’une langue sur ses lèvres colorées. Puis elle poussait un petit rire amusé, emprunt d'une certaine suffisance avant de se remettre à fixer la route qu’elle prenait. Après de longues minutes de marche, elle finit par se stopper net. Elle leva de grands yeux brillants sur l’immeuble qui lui faisait face.

Nul doute qu’elle fut plus que surprise de découvrir cette bâtisse. Une bibliothèque immense, vestige d’une volonté des humains d’ouvrir leurs esprits étroits aux autres. Mais tout comme cette brève envie, tout avait volé en éclats. La poussière s’était accumulée sur les hautes étagères. Des brindilles et autres saletés s'étaient glissées sous les immenses portes de bois, imprégnant le sol d’une crasse subtile. Les tables rectangulaires n’étaient plus aussi bien alignées qu’auparavant. Les chaises étaient renversées et éparpillées à travers l’immense salle de lecture. Malgré cela, la majorité des livres étaient encore à leur place, intacts, triés par ordre de genre et d’auteur sur les rayonnages. Il y avait pourtant quelques ouvrages éventrés au sol, leurs tripailles de papier répandues tout autour.

La goule prenait grand soin d’évoluer entre elles d’un pas léger. Cela la peinait de les voir dans un tel état, brunies par le temps. Elle parcourut les rayons fébrilement, un ongle long et noirci de vernis caressant les reliures variés qui s’offraient à elle. Bien qu’elle était emplie de joie à l’idée de se trouver dans un tel endroit, loin de tout et de tous, aucun sourire n’illuminait son visage. Elle ne recherchait rien en particulier. Peu importait l’aventure, la fiction ou l’Histoire qui retiendrait son attention. Après plus de cinq minutes de balade, elle finit par s'arrêter. Elle ne put se retenir d’écarquiller les yeux quand elle vit sur quoi elle était tombée. Dans la section des auteurs francophones, elle retira délicatement le trésor sur lequel elle venait de tomber. Huis clos de Sartre. Une pièce de théâtre comme elle n’en avait pas lu depuis des siècles. Littéralement. Des lunettes sur le bout de son nez, un chignon bien haut sur le sommet de son crâne, une petite robe brune sur le dos, l’on aurait pu facilement la prendre pour une jeune écolière inoffensive. Evidemment, c’était sans compter sur le maquillage presque outrancier, les bas résilles et les chaussures de dix centimètres. Sans s’attarder d’avantage, elle prit plusieurs ouvrages de cette section, mélangeant le théâtre à la philosophie et à la fiction. Assise à même le sol, son sac d’un côté, les livres d’un autre, elle ouvrit le premier et se plongea dedans sans peine.

Cela faisait un moment qu’elle ne s’était pas permise de s’évader ainsi. La réalité avait trop souvent eu raison d’elle si bien qu’elle avait délaissé les passions qui autrefois l’animait. Ainsi, elle ne pensait à rien. A personne surtout. C’était comme si les cauchemars ne pouvaient pas l’atteindre. Elle était dans un monde dont personne n’avait accès. Le monde de l’imaginaire avait parfois un pouvoir insoupçonné. Pour être sûre de n’être dérangée par aucun bruit indésirable, elle avait prit soin de dissimuler ses oreilles sous le casque qu’elle avait autour du cou et une musique harmonieuse et douce. Une symphonie inachevée quelconque était toujours appropriée pour ce type de lecture. Terminant rapidement le premier, elle le laissa tomber sur le carrelage dans un bruit sec qui résonna dans chaque recoin de l’immeuble abandonné. Pensant être totalement seule, elle ne s’attendit pas à entendre une voix humaine. Un court instant, elle crut l’imaginer, comme un murmure remonté du fin fond de son esprit voyageur. Il eut un instant de flottement durant lequel elle hésita. Mais doucement, elle releva les yeux et découvrit une adorable petite blonde qui la fixait avec curiosité.

Elle retira ses écouteurs. Lentement. Très lentement. Elle ne voulait pas que cet adorable papillon s’envole et fuit, par peur que la créature face à elle ne l’attaque. Pourtant, dans cette ville, l’on ne savait plus qui était la plus dangereuse des créatures. Keenan replaça correctement ses lunettes sur son nez, décroisa les jambes et se décida enfin à ouvrir la bouche.

« L’on est jamais totalement seule... » Un sourire apparut enfin sur les lèvres de la rouquine. « Dr Riley Keenan. »

Elle finit par déposer son attirail musical à ses côtés, sur son précieux butin et se leva. Elle épousseta sa robe et fit un pas en direction de la demoiselle. Son odeur lui parvint alors jusqu’aux narines. Il se dégageait d’elle quelque chose de doux, d’apaisant presque. Elle n'était ni vampire, ni loup.

« Et le vôtre ? »

Il n’était pas compliqué d’entendre la méfiance dans sa voix. La demoiselle n’avait pourtant rien qui inspirait à la violence mais l’on ne savait jamais sur qui l’on pouvait tomber. La française l’avait toujours su et c’était d’autant plus vrai maintenant qu’elle était cloîtrée sur l’ancien territoire irlandais. Elle demeurait à quelques pas de la blonde, prête à esquiver si cela était nécessaire. Le dos bien droit, la tête haute, elle se montrait plus suffisante qu’elle ne l’était réellement. C’était une façon comme une autre d’éviter à l’autre de se montrer un peu trop familier avec elle. Toutefois, une part de la Goule se disait qu’une rencontre dans un lieu telle qu’une bibliothèque - aussi abandonnée fut-elle - n’avait rien de néfaste ou de dangereux…
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De la main de Lahja Vehviläinen signé le Jeu 26 Oct - 18:03

As I enter the city of the dead
Riley & Lahja

« A haunted, starless sky, fragile and oh so deep. The dying softly wakes and smiles in painless peace. »
Les synapses de son encéphale frémissaient. Illuminés par la richesse sublime et ancienne de mots oubliés,  devenus poussiéreux d'illustrer en calligraphie, depuis tant d'années à présent, une langue éteinte ; lui inspirant, par bien des points, à la fois l'allégorie et le sacré. En effet, l'esprit de la sorcière poétisait en latin, l'âme complètement conquise par l'ouvrage aux origines antédiluviennes qu'elle tenait entre les mains. Elle en oubliait presque la fatigue persistante qui engourdissait sa volonté, alourdissant pourtant conséquemment ses paupières fines. Happée par sa lecture, l'ancienne ballerine vagabondait sur quelques pas dans l'une des allées désertes et abîmées de cette église de connaissances. Mais cette douce escapade littéraire fut rapidement interrompue par les échos feutrés d'un bruit sourd, laissant ainsi filer les prémisses tendres de cette solitude apaisante. Lahja manquait malheureusement de temps. Constamment entourée de patients ou d'êtres à guider, la jeune femme n'avait guère foule d'opportunités de flâner dans les méandres de ses passions personnelles et cette présence, qui était jusqu'alors invisible, le lui confirmait involontairement. Cette dernière prit rapidement forme dans le regard azuré de la scandinave, levant ainsi le voile sur les questions qui l'assaillaient à mesure qu'elle avançait. Ce sont les contours gracieux d'une silhouette féminine qui se dessinèrent dans son champ de vision, lui permettant donc d'identifier clairement la source du bruit qui lui était parvenu quelques instants plus tôt. Cependant l'attitude discrète et sereine de l'inconnue qui se tenait à quelques mètres d'elle lui fit comprendre qu'elle n'avait rien d'une malade. Encore moins d'une âme égarée et pleine de confusion. Au contraire, sa contenance était flagrante et indiscutable. Ce qui n'était pas entièrement le cas de la finlandaise, qui malgré ses apparences de neutralité, n'était guère à l'aise face aux effets de surprise de ce type. Lahja n'avait plus l'habitude de faire des rencontres hors du contexte de son travail. En vérité, elle les évitait, toujours empreinte des restes de ce Pandémonium intime qui avait marqué son existence quelques mois plus tôt. Alors sans réellement savoir quoi faire, elle lâcha quelques mots. Insipides. D'une banalité morne et commune qui lui déplaisait grandement mais à laquelle elle n'avait pourtant pas su résister. L'inconnue s'était présentée à elle, délaissant son casque pour lui offrir l'esquisse d'un rictus vaporeux. L'énonciation de son titre aurait pu la rassurer mais dans une atmosphère aussi obscure et emplie de créatures dangereuses, ces mots en venaient de plus en plus à perdre de leur sens. Cet impeccable air humain, était-il vrai ? Les meurtrissures du pire sont toujours envisageables mais les caresses du meilleur ne sont jamais aussi loin qu'on ne le pense. Ce dualisme vulgaire martelait le cœur de l'humaine, nouant ses entrailles avec lenteur. Elle détestait prendre conscience aussi brutalement des cicatrices que l'organisation avait laissé sur son comportement. Et dans ces moments-là, elle enviait la sociabilité sans défaut de son petit frère. Lui ne se serait pas encombré de ce début de stress qui, au fond, n'avait pas lieu d'être.


Le médecin s'était finalement levé, époussetant brièvement cette ravissante robe qui habillait son être avant d'à peine s'approcher de la leader élémentaire. Naturellement, elle lui retournait sa question et préservait, avec une subtilité sibylline, cette distance de sécurité qui demeurait entre leur position respective. « Lahja Vehviläinen. » répondit-elle en refermant son livre avec plus de tranquillité qu'elle ne l'aurait cru. L'exotisme nordique débordant de ses lèvres rosées fut ponctué par cet accent lointain et trop peu connu de sa langue maternelle. Elle n'avait jamais réellement pu s'en défaire malgré sa maîtrise irréprochable de la langue de Shakespeare. C'était un vestige de sa vie passée qu'elle ne cultivait plus qu'avec Heikki, un élément immuable que rien ni personne ne pourrait lui arracher. Aussi, cela lui permettait de ne jamais oublier les siens, peuple païen embaumé de magie et de chants anciens. En ce sens, l'Irlande pouvait en posséder quelques similitudes. Tous deux détenant des dialectes recouverts d'allitérations qui caressaient l'ouïe de ceux qui étaient aptes à les entendre réellement et surtout, à les ressentir. Tout comme la Finlande, l'Histoire de l'île d'émeraude débordait de magie, de secrets occultes soulignés par la grandeur de contes épiques et d'une nature florissante, presque érigée au statut de religion. Si ce vague à l'âme patriotique a maintes fois labouré les ventricules de son muscle moteur, l'air irlandais enluminé d'alchimie a apaisé ses maux au fil des jours ; laissant courir sur sa peau les frissons vibratoires que cet art magique créait en elle à chaque fois qu'elle fréquentait des lieux qui en étaient terriblement imbibés. La magie, Lahja avait appris à la faire sienne, à l'absorber, à la sentir comme d'autres créatures plus obscures répondaient spontanément à l'appel du sang. Elle lui avait souvent permis de survivre. Depuis ces débuts sur l'île jusqu'à aujourd'hui, emplissant ses veines d'une énergie phosphorescente, chaude et pratiquement devenue vitale à son bien-être. Juste de quoi alimenter sa foi et élever le raffinement immémorial de ce que ses ancêtres lui ont légué. Les ténèbres s'étaient abattues sur ce territoire depuis quelques années à présent mais cet emprisonnement, soit-disant vêtu d'une fin mondiale, ne signait pas l'arrêt de l'évolution de la magie universelle. Puisque tout était puisé dans les astres et les méandres de ce qui façonnait cette globalité que tous connaissait, le cosmos grandissait encore. Bien au-delà de ce qu'il pouvait se passer sur ces terres saccagées. Et avec cette conscience et ce Savoir, la blonde rejetait toute forme d'abandon. L'espoir voltigeait dans l'atmosphère et le renouveau sommeillait dans les nuages de cendres qu'elle traversait. Alors oui, tout était encore jouable pour elle. Rien ne lui semblait définitif.


La scandinave aurait voulu que cette assurance inébranlable s'applique de la même manière à sa raison, effaçant ainsi ses déboires anxieux et ses craintes grotesques. En détaillant la jeune femme, elle ne put s'empêcher de remarquer le paradoxe cognitif entre son élégance et la provocation ajustée de sa tenue. Ces airs de femme libérée résonnaient dans l'esprit de la blonde qui aurait aimé être aussi à l'aise et confiante. La demoiselle à la chevelure cuivrée l'intriguait alors même qu'elles n'avaient échangé que quelques paroles classiques. Elle se demandait bien quelle était la nature de cette personne mais se retint, pour le moment, d'effleurer ce terrain, estimant que ce n'était guère approprié lors des prémisses d'une conversation. Après tout, elle en était encore à mémoriser la complexité des traits de son faciès. Au-delà de la beauté et de la provocation, le Docteur Keenan possédait des embruns d'âme cultivée. Sa présence en cette bibliothèque n'en était qu'une preuve de plus et en cela, la sorcière se rassurait car l'intelligence rimait généralement avec maîtrise de soi. « Je n'ai pas le souvenir de vous avoir croisé au château de Belfast mais peut-être que je me trompe. » reprit-elle avec un peu plus d'assurance. Son visage ne lui rappelait aucun souvenir et son nom n'évoquait rien de particulier en son esprit. « Quoi qu'il en soit, je suis désolée de vous avoir dérangé. » Elle s'excusait, oui, sans doute car elle savait que cet instant de tranquillité devait être précieux à la jeune femme autant qu'il l'était pour elle-même. Décidant de mettre sa méfiance légèrement de côté, elle s'avança à son tour vers la doctoresse avant de lui tendre l'une de ses mains, cherchant ainsi à officialiser leur rencontre. « Ravie de vous rencontrer. » À son tour, elle lui offrit la douceur d'un sourire libéré de toutes crispations. Elle ne risquait rien après tout, n'est-ce pas...?
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De la main de Riley Keenan signé le Sam 28 Oct - 20:11
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«  Vous ne criez plus ? (la foule se tait) Je sais : je vous fais peur. Il y a quinze ans, jour pour jour, un autre meurtrier s’est dressé devant vous il avait des gants rouges jusqu’au coude, des gants de sang, et vous n’avez pas eu peur de lui car vous avez lu dans ses yeux qu’il était des vôtres et qu’il n’avait pas eu le courage de ses actes. Un crime que son auteur ne peut supporter, ce n’est plus le crime de personne, n’est-ce pas ? C’est presque un accident. Vous avez accueilli le criminel comme votre roi, et le vieux crime s’est mis à rôder entre les murs de la ville, en gémissant doucement, comme un chien qui a perdu son maître. Vous me regardez, gens d’Argos, vous avez compris que mon crime est bien à moi; je le revendique à la face du soleil, il est ma raison de vivre et mon orgueil, vous ne pouvez ni me châtier ni me plaindre, et c’est pourquoi je vous fais peur. Et pourtant, ô mes hommes, je vous aime, et c’est pour vous que j’ai tué. Pour vous. J’étais venu réclamer mon royaume et vous m’avez repoussé parce que je n’étais pas des vôtres. A présent, je suis des vôtres, ô mes sujets, nous sommes liés par le sang, et je mérite d’être votre roi. Vos fautes et vos remords, vos angoisses nocturnes, le crime d’Egisthe, tout est à moi, je prends tout sur moi. Ne craignez plus vos morts, ce sont mes morts. Et voyez : vos mouches fières vous ont quittés pour moi. Mais n’ayez crainte, gens d’Argos : je ne m’assiérai pas, tout sanglant, sur le trône de ma victime : un Dieu me l’a offert et j’ai dit non. Je veux être un roi sans terre et sans sujets. Adieu, mes hommes, tentez de vivre : tout est neuf ici, tout est à commencer. Pour moi aussi la vie commence. Une étrange vie. […]»

    Rideau


Les mouches, Jean-Paul Sartre.
Les mots du livre précédent demeurèrent gravés en elle. Ils resteraient probablement gravés jusqu’à ses dernières heures. Ils seraient le discours de fin, le dernier monologue avant le tombé de rideau. Ils seraient le fer de lance d’une vengeance à accomplir. Au cours des siècles, il y avait eu bon nombre de monstres adulés. Ils n’avaient pas forcément l’apparence des créatures que l’on pouvait trouver dans les fictions. Non, ils étaient faits de chair et d’os. Ils avaient un coeur qui battaient à l’unisson avec les autres. Ils étaient souvent porteurs d’un message que l’on pensait juste. Finalement, ce dernier était admiré, adulé, transformé et détourné. Détourné par ces mêmes personnes qui l’avait énoncé en premier. Tyrans et autres dictateurs étaient les réels monstres. Ceux qui les suivaient à l’aveugle, obéissant au moindre de leur ordre l’étaient également. Riley l’avait toujours dit, les minorités seraient toujours traquées, méprisées, emprisonnées, torturées. Elles seraient toujours rabaissées au point d’elles-même douter. C’était pourquoi, dans l’enceinte de la prison qu’était l’Irlande, il fallait s’associer. C’était la raison pour laquelle, le Dr Keenan se méfiait plus des êtres humains que des créatures comme elle.

Toutefois, face à elle, elle était bien incapable de dire à quelle race appartenait la jolie blonde. La douceur qui émanait d’elle était aussi apaisante que dérangeante. Elle ne savait pas avec certitude ce à quoi elle devait s’attendre. Malgré tout, les regards étaient respectueux bien qu’une certaine curiosité se lisait sans mal dans les prunelles de la demoiselle. La curiosité de savoir ce qu’elle faisait ici et plus particulièrement, ce qu’elle était. Les présentations étaient tout aussi courtoises, incitant la rouquine à finalement sourire. Un sourire toutefois sur la réserve. L’accent de la jeune Lahja avait des sonorités scandinaves. Riley avait eu la chance d’apprendre avec un grand médecin finlandais et reconnaissait sans problème cette résonance dans sa voix. Un grand homme, pensa-t-elle.

La scandinave ne manqua de faire remarquer qu’elle n’avait jamais croisé le médecin légiste dans Belfast. Cette dernière se contenta d’un sourire courtois. Les excuses qui suivirent ne permirent pas à la Goule de contenir une petite remarque.

« L’Irlande me semble trop vaste pour que vous ayez eu la chance d’y croiser tous ses habitants. »

Le ton était toujours un peu sec mais jamais irrespectueux. Le manque de respect était une des choses que Riley avait peine à supporter. Peut-être était-ce du à son grand âge et sa traversée des différents siècles. Elle l’ignorait mais c’était une des rares choses qui pouvait la mettre hors d’elle. Pourtant, combien de fois avait-elle assisté à des enfants répondant à leurs parents sans piper mot. Ca lui avait coûté bien évidemment.

Perdue dans ses pensées, elle fut quelque peu surprise de voir la blondinette faire un pas dans sa direction. Ses pupilles sombres firent des aller-retour entre la main tendue devant elle et le visage d’innocence qu’on lui offrait. Elle poussa un léger soupir et finit par tendre la main à son tour. Délicatement, elle enroula ses doigts fins et colla sa paume chaude contre l’autre.

« Ravie également, Mademoiselle Vehviläinen. »

Elle accompagna cette poignée de main d’un sourire également. Plus chaleureux qu’elle ne l’aurait pensé. Un silence quelque peu gênant s’installa entre elles et Riley décida de ranger les livres qu’elle avait déjà terminés. Accroupie, elle commença à tout rassembler, entendant les talons de la blonde résonner sur le sol, signe qu’elle aussi retournait à ses lectures, elle décida pourtant de ne pas laisser cette rencontre s’achever ainsi.

« Quel est votre ouvrage préféré ? » demanda-t-elle sans crier gare.

Son père - ça remontait déjà à si longtemps - lui avait toujours dit que l’on pouvait apprendre beaucoup sur les passions qui animaient les autres. Evidemment, les déductions que l’on pouvait en faire, étaient souvent soumises à des préjugés. Mais, l’on associait rarement un amateur de foot à un grand intellectuel. On associait toujours un artiste à une certaine mélancolie. L’on pouvait ensuite entrer plus en détails dans ces passions. Pour les amateurs de lecture par exemple. Les liseurs de comics n’avaient pas réellement de grandes conversations en dehors des héros qu’ils vénéraient. Et l’on pouvait continuer ainsi pendant des heures.
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De la main de Lahja Vehviläinen signé le Mer 1 Nov - 1:15

As I enter the city of the dead
Riley & Lahja

« A haunted, starless sky, fragile and oh so deep. The dying softly wakes and smiles in painless peace. »
« Vous avez raison. » avoua-t-elle lorsqu'elle lui rappelait l'immensité de l'Irlande. Même si elle l'avait voulu, l'impossibilité de connaître toutes les personnes damnées vivant au sein de cette prison était indéniable. Pourtant qui sait combien de visages flottaient en sa mémoire. Patients, médecins, sorciers, infirmiers ou simples habitants – bien que survivants semble être l'adjectif le plus approprié. Lahja avait fini par cesser de tenir ces comptes sur les arrivants qui débarquaient du port. La liste devenant beaucoup trop longue, elle avait laissé un de ses collègues s'en charger. Elle était sûre, cela dit, de ne pas reconnaître cette voix. La jeune femme était clandestine à ses souvenirs, un point d'interrogation nouveau pour son esprit curieux. Ses pupilles avides la détaillaient, restant tout de même dans la décence d'une politesse mesurée. Malgré la douceur flagrante dont elle faisait preuve, la finlandaise ne put s'empêcher de remarquer la méfiance du Docteur Keenan. Comme elle, quelques minutes plus tôt, la rousse était sur ses gardes. Attentive au moindre de ses gestes et hésitante face à cette main proposée. Deux femmes respiraient là. Deux êtres dont les cœurs murmuraient toujours la versification de l'existence même. Deux âmes s'effleurant à peine tant l'espace autour d'elles imposait sa grandeur. Contre toute attente, Lahja fut la première à s'approcher de la belle créature. La main tendue, prête à concrétiser leur premier contact. Lorsque le médecin s'était finalement saisie de celle-ci, le regard translucide de la blonde a pu apercevoir les lueurs d'une éloquence élégante. Sans oublier le fait que le sourire qui habillait ses lèvres colorées n'avait pas manqué de l'attendrir. Naturellement Keenan lui rendit la formule d'usage avant que l'absence de mots ne viennent s'interposer entre elles. L'inconnue s'éloignait, lui suggérant alors d'en faire de même. Rouvrant le livre reposant entre ses mains, elle s'était avancée de quelques mètres avant que la voix claire de son interlocutrice ne papillonne à nouveau jusqu'à son oreille, la retenant alors assez soudainement.


La question qu'elle lui posa la laissa en suspens durant quelques minutes. La vieille âme de la scandinave ne vibrait véritablement qu'à l'impétuosité de poésies décharnées. Son premier amour ne sommeille qu'en les fleurs maladives de Baudelaire, qui, de par ses mots lui a fait comprendre la signification des larmes et des sentiments. Il fut longtemps le chef d'orchestre des poisons insoupçonnés de ses pensées les plus dissimulées, éveillant sans aucune censure, les premières flammes de ce qui deviendra plus tard ses fantasmes. Il restait, en son sens, l'un des meilleurs poètes qui aient pu exister et aujourd'hui, en deux mille quarante cinq, c'était toujours le cas en son humble opinion. En grandissant, sa curiosité l'avait bien sûr amenée à collectionner bon nombre d'ouvrages complètement différents les uns des autres puisque sa personnalité intellectuelle faisait d'elle une sorte de collectionneuse littéraire affamée mais cet amour pour le désespoir mêlé à la beauté ne l'avait jamais réellement quitté. En cela, ses préférences sont devenues plus intelligibles et de toute manière, la blonde n'a jamais pu lire un bouquin sans que ce dernier ne soit véritablement désiré.


« J'ai un faible pour les âmes tourmentées. Baudelaire étant le premier homme a réellement m'avoir touché de par ses écrits. » commença-t-elle après s'être retournée pour fixer la jeune femme. Sa mine était devenue pensive, un peu vagabonde. « Je n'ai pas vraiment de livres favoris pour tout vous avouer. Plutôt des auteurs. Bukowski, par exemple. Simone de Beauvoir, Susan Sontag, Virginia Woolf, Sylvia Plath, Franz Kafka... Après, j'ai parfois été attirée par des écrivains plus spirituels tels que Alan Watts ou Osho. » Pour n'en citer que quelques uns, probablement les principaux, ceux qui l'avaient particulièrement marquée. Tous morts depuis bien des années à présent et pourtant vivants encore dans certaines pensées connaisseuses. Lahja était fière de les transporter dans l'épicentre de son muscle moteur. Elle s'estimait chanceuse d'avoir pu lire quelques unes de leurs œuvres, de s'en nourrir et parfois même de grandir à travers leur lecture. La finlandaise jugeait qu'elle avait certainement un peu trop parlé. Elle qui, d'habitude, ne s'osait pratiquement pas à exprimer des choses aussi personnelles, elle s'était surprise à s'étendre en longueur.


Passant au-dessus de sa litanie inopinée, la blonde prit l'initiative de s'installer sur l'une des chaises qui étaient dans un périmètre plutôt rapproché de sa compagne de conversation. Elle décala celle qui était à sa gauche pour l'inviter à s'asseoir à son tour, pensant qu'ainsi elles seraient peut-être un peu plus à l'aise pour s'ouvrir à une réelle conversation. « Ce n'est pas très précis comme réponse, j'imagine. » Lahja faisait malheureusement partie de ces personnes sujettes à l'indécision, d'autant plus lorsqu'il était question de définir ce qui lui tenait le plus à cœur. « Du coup, c'est à votre tour. Dites-moi ce que vous préférez. » demanda-t-elle, soudainement plus intéressée qu'elle ne semblait l'être au début de leur échange. Les livres aidaient souvent à comprendre la personnalité de ceux qui nous entouraient et elle se disait que c'était un très joli moyen d'apprendre à connaître la jeune femme, même si cette entrevue allait peut-être rester unique. Durant l'espace d'un instant, la finlandaise souhaitait mettre son quotidien sur pause et si cette inconnue désirait la rejoindre, le chemin n'en serait que plus agréable. Au risque de ne plus jamais la revoir, autant profiter de l'occasion pour partager quelques bouts infimes de leur âme.
(c) DΛNDELION




| TO A FEARLESS SKY |
With God, in chaos, with sorrow to tame us, reach us for the symbol of your world. The shroud of pathos, each symptom inflames us, preaching the symbol of the scourge. Life's contempt, a life of trial to unrest, vilified. I resent, morbid times so oppressed, soul divine. Lies torment, as I try to confess to a fearless sky.
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