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As I enter the city of the dead | Riley

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De la main de Lahja Vehviläinen signé le Ven 13 Oct - 18:49

As I enter the city of the dead
Riley & Lahja

« A haunted, starless sky, fragile and oh so deep. The dying softly wakes and smiles in painless peace. »
La couleur des vertiges bariolait son encéphale. Viciée par les coups lancinants d'une nouvelle migraine, Lahja peinait à ouvrir les paupières. Cette nuit, comme tant d'autres nuits, avait été courte. Si courte que ses muscles lui semblaient peser trois tonnes ce matin. Sa bouche laissa échapper un premier soupir, émiettant sa lassitude dans le vaste silence dont débordait la pièce qu'elle occupait. Ce n'est qu'au bout de quelques longues minutes que la plante de ses pieds osa enfin s'électriser à la fraîcheur glaciale du marbre recouvrant le sol du château. Elle avait dormi à Belfast. Trop exténuée, la veille, pour prendre la route qui menait jusqu'à Cork de nuit. Le craquement sonore de ses os, alors qu'elle s'étirait, lui donna la désagréable sensation d'être rouillée par le temps. Ces quelques brèves heures de repos n'avaient pas suffit à lui insuffler l'énergie dont son corps humain avait pourtant bien besoin. Il est vrai que la finlandaise négligeait sa santé ces derniers jours. Complètement absorbée par ses responsabilités, elle en oubliait presque l'essentiel et les conséquences de cette inattention commençaient doucement à se faire ressentir. Étaient-ce ces repas sautés qui creusaient l'insipidité des cernes qui se dessinaient sous ses yeux ? Était-ce le manque de fer et de protéines qui lui crachait finalement à la figure ? Elle n'en savait rien et se plaisait particulièrement à ignorer cette faiblesse qui, à force d'être entourée de vampires, lui paraissait parfois trop injuste. Difficilement sortie du lit, l'opale bleutée de ses iris s'est furtivement accrochée à l'horloge suspendue au mur. Cette dernière indiquant déjà sept heures trente, la scandinave en quête de réconfort entreprit de se rendre à la salle d'eau. Face à son reflet et de manière instinctive, sa mine se renfrogna de voir l'étendue des dégâts. Sa pâleur naturelle accentuée par ce malaise fortuit lui donnait des airs de cadavre auxquels elle était peu habituée. Elle détourna le regard et fit glisser les quelques vêtements qui drapaient encore les courbes de sa silhouette afin d'être totalement nue. Après s'être faufilée à l'intérieur de la cabine de douche et avoir actionné l'eau, ses terminaisons nerveuses se détendaient calmement, les unes après les autres, lorsque la pluie artificielle s'abattit sur son corps. Et enfin la lacération de ses courbatures s'effaçait sous la tendre indolence d'une chaleur qui lui semblait presque protectrice.


Au contact de l'élément aquatique, sa peau s'éveillait, réagissant aux morsures doucereuses du voile transparent qui dévalait en cascade jusqu'au creux de ses reins. Dans les nuages de vapeur, son corps se mouvait avec lenteur, lavant soigneusement son être ainsi que la longueur de sa chevelure. Lahja prenait le temps. Elle profitait de l'instant, s'imbibant autant que cela fusse possible de l'apaisement que lui apportait cette simple douche. Par les temps qui courent, des moments comme celui-ci devait être apprécié à leur juste valeur car qui sait si demain sa vie ne serait plus qu'un futile souvenir ? Tant de gens mourraient. Tant de gens disparaissaient. Cette conscience des faits ne la quittait jamais réellement. Même pas là, alors que ses paupières étaient fermées, inspirant pourtant un soulagement sincère et paisible. Elle était restée ainsi longtemps. Suffisamment longtemps pour écouter les minutes se tisser sur l'immense constellation du temps. Suffisamment longtemps pour qu'elle s'engourdisse légèrement et que sa peau se froisse progressivement. Une part d'elle n'avait aucune envie de quitter ces lieux mais une autre lui disait de s'en aller, de changer d'air mais surtout d'idées. Elle a donc brisé l'harmonie pour réintégrer cette ombre de vie. Elle a séché sa peau, ses cheveux et puis ses rêves d'enfant. Quelques minutes plus tard, Lahja devint à nouveau cintre pour vêtements, dissimulant l'intimité féminine, les courbes un peu plus en chair de son corps frêle. Elle s'est ensuite préparée en vitesse, brossant ses dents, maquillant son regard d'un peu de noir, cachant ses cernes avec quelques gouttes de fond de teint et se peignant approximativement les cheveux. Après avoir enfilé son trench noir, elle rangea les tissus délaissés au fond de sa valise avant de la refermer puis quitta cette chambre aussi simplement qu'elle y était entrée.


Le son de ses talons et le roulement constant de la valise qu'elle traînait derrière elle furent les seuls bruits résonnant dans les grands couloirs du château. Le jour s'étant levé, beaucoup de vampires avaient succombé aux bras de Morphée. Tout était donc très calme comme à chaque fois qu'elle quittait l'ancienne bâtisse aussi tôt. Munie de sa carte d'accès, elle prit le temps de s'arrêter quelques minutes dans les locaux du personnel pour boire une tasse de thé, histoire de se tonifier un minimum. Trempant ses lèvres dans le liquide chaud, elle vida le contenu du récipient en quelques minutes. À l'extérieur, elle installa sa valise dans le coffre de sa voiture et prit place sur le siège conducteur avant de démarrer. Les faibles lueurs solaires transperçant ses rétines lui rappelaient la migraine qu'elle avait eu au réveil et d'un geste pratiquement automatique, elle poussa le pare soleil afin de s'en protéger. Belfast, à cette heure-ci, était complètement déserte. Sur la route, elle ne croisa pas l'ombre d'une silhouette. Rien. Si ce n'est que ce vide oppressant dont transpiraient les vieux murs de la ville. Et puis, en longeant les rues, elle tomba face à ce qui fut autrefois la bibliothèque centrale. Était-il avisé de s'arrêter, de répondre à l'appel de cette curiosité maladive qu'elle avait de découvrir ce qui se trouvait à l'intérieur de ce bâtiment ? Cela faisait plusieurs fois qu'elle y pensait et plusieurs fois qu'elle avait su résister à l'idée de s'y aventurer seule. Il s'agissait tout de même d'une ville infestée de vampires et c'était sans compter les autres créatures qui traînaient dans toute l'Irlande. Cependant cette fois, Lahja refusa d'écouter cette petite voix qui l'empêchait d'assouvir l'un des seuls désirs qu'elle parvenait encore à ressentir. Se garant non loin de l'entrée, la finlandaise sortit de son véhicule, portée par un mélange d'assurance imprudente et de curiosité malsaine. Bien sûr si elle espérait que l'endroit soit vide et être la seule à vouloir perdre son temps dans une bibliothèque à l'abandon, la réalité était souvent différente de ce à quoi l'on s'attendait.


Mais aucun bruit ne vint troubler le silence emplissant les lieux lorsqu'elle franchit enfin les grandes portes de bois cachant derrière eux ces centaines de livres. Lahja fut surprise par la manière dont tout était resté plus ou moins intact. Quelques meubles avaient été déplacés. Parfois quelques pages traînaient au sol,  certainement accompagnées des livres auxquelles elles appartenaient mais rien n'était gravement endommagé. À croire que les gens avaient oublié la sagesse que transmettaient les livres à travers les siècles. De sa vie d'avant, c'était très certainement l'une des choses qui lui manquaient le plus. L'apprentissage à portée de main. Certes, il était toujours là, notamment dans tout ce qui est manuel mais les sources d'intellectualité devenaient de plus en plus rares dans un monde au bord de l'implosion. Et la blonde ne pouvait que s'en sentir attristée. Sa collection personnelle lui manquait bien qu'elle se fiche éperdument de toutes attaches matérielles. À présent, comme pour reconstruire sa vie, elle tentait d'en créer une nouvelle, sauvant par la même occasion et à son échelle, un peu de Savoir au cœur de sa maison bien modeste. C'est sur cette pensée qu'elle osa s'égarer entre les diverses allées, s'arrêtant de temps à autre pour examiner un ouvrage d'un peu plus près. Elle en feuilleta quelques pages, s'enivrant avec mesure des phrases latines qui le parsemaient lorsqu'un bruit externe aux siens la sortit de ses réflexions. Les palpitations de son myocarde prirent une cadence plus rapide alors que ses souffles, eux, s’annihilaient dans la discrétion. Elle dut marcher sur quelques mètres pour finalement lui faire face, à cette fille aux cheveux de feu. Immobile, prise de court, Lahja était restée quelque peu interdite face à la jeune femme.


« Je pensais être seule. » Finit-elle par lâcher un peu maladroitement. La blonde ne savait pas vraiment à qui elle avait affaire et surtout depuis combien de temps cette jeune femme était là. Son regard la détaillait calmement alors que son visage était resté neutre. De cette première impression, elle ne savait pas vraiment quoi en tirer. L'inconnue n'avait pas l'air dangereuse mais Lahja n'était pas le genre de femme à s'attarder sur ces dernières car elles étaient bien trop souvent trompeuses. « Quel est votre nom ? » Intriguée, elle décida d'entamer la conversation, espérant que son interlocutrice ne soit pas bourrée de mauvaises intentions.
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De la main de Riley Keenan signé le Mar 17 Oct - 18:58
As I enter the city of the dead ft. Lahja



Un long bâillement bruyant résonna dans la salle d’autopsie. Riley venait de terminer une nuit de garde, les mains à l'intérieur d'un jeune homme. Elle n’avait d'ailleurs pas manqué de souligner qu’elle le trouvait plutôt charmant et que c’était un véritable gâchis qu’il fut dans un tel état. Pendant les premiers mois où on lui avait confié des cadavres, ses collègues s’étaient montrés particulièrement soupçonneux. Ils craignaient - non sans raison - qu’elle ne se serve grassement. C’était sans connaitre la jeune femme et son incroyable patience. Elle avait passé des mois enfermée, avec si peu de viande qu’elle aurait pu clamser entre les doigts de ses bourreaux en un clin d’oeil. Mais elle avait tenu. Ce fut donc sans surprise qu’elle demeura aussi discrète et efficace que possible pour n’attirer aucun doute supplémentaire. Une fois que leur garde serait baissée, elle ne répondrait plus de rien…

Le jour pointait à peine le bout de son nez quand elle quitta enfin l’hôpital. Loin d’être fatiguée, elle ne voulait pas retourner dans le petit appartement dans lequel vivait l’humaine dont elle avait volé l’identité. Elle passa tout de même y faire un tour, le temps de prendre une bonne douche et de changer de vêtements. Dehors, elle ne savait pas où ses pas la mèneraient, mais elle leur faisait confiance. Ils avaient toujours su la guider. Elle croisait plus de monde qu’elle ne l’aurait cru à une heure si peu avancée du jour. S’amusant de ceux qui osaient attarder le regard sur elle, elle les graciait d’un clin d’oeil ou d’une langue sur ses lèvres colorées. Puis elle poussait un petit rire amusé, emprunt d'une certaine suffisance avant de se remettre à fixer la route qu’elle prenait. Après de longues minutes de marche, elle finit par se stopper net. Elle leva de grands yeux brillants sur l’immeuble qui lui faisait face.

Nul doute qu’elle fut plus que surprise de découvrir cette bâtisse. Une bibliothèque immense, vestige d’une volonté des humains d’ouvrir leurs esprits étroits aux autres. Mais tout comme cette brève envie, tout avait volé en éclats. La poussière s’était accumulée sur les hautes étagères. Des brindilles et autres saletés s'étaient glissées sous les immenses portes de bois, imprégnant le sol d’une crasse subtile. Les tables rectangulaires n’étaient plus aussi bien alignées qu’auparavant. Les chaises étaient renversées et éparpillées à travers l’immense salle de lecture. Malgré cela, la majorité des livres étaient encore à leur place, intacts, triés par ordre de genre et d’auteur sur les rayonnages. Il y avait pourtant quelques ouvrages éventrés au sol, leurs tripailles de papier répandues tout autour.

La goule prenait grand soin d’évoluer entre elles d’un pas léger. Cela la peinait de les voir dans un tel état, brunies par le temps. Elle parcourut les rayons fébrilement, un ongle long et noirci de vernis caressant les reliures variés qui s’offraient à elle. Bien qu’elle était emplie de joie à l’idée de se trouver dans un tel endroit, loin de tout et de tous, aucun sourire n’illuminait son visage. Elle ne recherchait rien en particulier. Peu importait l’aventure, la fiction ou l’Histoire qui retiendrait son attention. Après plus de cinq minutes de balade, elle finit par s'arrêter. Elle ne put se retenir d’écarquiller les yeux quand elle vit sur quoi elle était tombée. Dans la section des auteurs francophones, elle retira délicatement le trésor sur lequel elle venait de tomber. Huis clos de Sartre. Une pièce de théâtre comme elle n’en avait pas lu depuis des siècles. Littéralement. Des lunettes sur le bout de son nez, un chignon bien haut sur le sommet de son crâne, une petite robe brune sur le dos, l’on aurait pu facilement la prendre pour une jeune écolière inoffensive. Evidemment, c’était sans compter sur le maquillage presque outrancier, les bas résilles et les chaussures de dix centimètres. Sans s’attarder d’avantage, elle prit plusieurs ouvrages de cette section, mélangeant le théâtre à la philosophie et à la fiction. Assise à même le sol, son sac d’un côté, les livres d’un autre, elle ouvrit le premier et se plongea dedans sans peine.

Cela faisait un moment qu’elle ne s’était pas permise de s’évader ainsi. La réalité avait trop souvent eu raison d’elle si bien qu’elle avait délaissé les passions qui autrefois l’animait. Ainsi, elle ne pensait à rien. A personne surtout. C’était comme si les cauchemars ne pouvaient pas l’atteindre. Elle était dans un monde dont personne n’avait accès. Le monde de l’imaginaire avait parfois un pouvoir insoupçonné. Pour être sûre de n’être dérangée par aucun bruit indésirable, elle avait prit soin de dissimuler ses oreilles sous le casque qu’elle avait autour du cou et une musique harmonieuse et douce. Une symphonie inachevée quelconque était toujours appropriée pour ce type de lecture. Terminant rapidement le premier, elle le laissa tomber sur le carrelage dans un bruit sec qui résonna dans chaque recoin de l’immeuble abandonné. Pensant être totalement seule, elle ne s’attendit pas à entendre une voix humaine. Un court instant, elle crut l’imaginer, comme un murmure remonté du fin fond de son esprit voyageur. Il eut un instant de flottement durant lequel elle hésita. Mais doucement, elle releva les yeux et découvrit une adorable petite blonde qui la fixait avec curiosité.

Elle retira ses écouteurs. Lentement. Très lentement. Elle ne voulait pas que cet adorable papillon s’envole et fuit, par peur que la créature face à elle ne l’attaque. Pourtant, dans cette ville, l’on ne savait plus qui était la plus dangereuse des créatures. Keenan replaça correctement ses lunettes sur son nez, décroisa les jambes et se décida enfin à ouvrir la bouche.

« L’on est jamais totalement seule... » Un sourire apparut enfin sur les lèvres de la rouquine. « Dr Riley Keenan. »

Elle finit par déposer son attirail musical à ses côtés, sur son précieux butin et se leva. Elle épousseta sa robe et fit un pas en direction de la demoiselle. Son odeur lui parvint alors jusqu’aux narines. Il se dégageait d’elle quelque chose de doux, d’apaisant presque. Elle n'était ni vampire, ni loup.

« Et le vôtre ? »

Il n’était pas compliqué d’entendre la méfiance dans sa voix. La demoiselle n’avait pourtant rien qui inspirait à la violence mais l’on ne savait jamais sur qui l’on pouvait tomber. La française l’avait toujours su et c’était d’autant plus vrai maintenant qu’elle était cloîtrée sur l’ancien territoire irlandais. Elle demeurait à quelques pas de la blonde, prête à esquiver si cela était nécessaire. Le dos bien droit, la tête haute, elle se montrait plus suffisante qu’elle ne l’était réellement. C’était une façon comme une autre d’éviter à l’autre de se montrer un peu trop familier avec elle. Toutefois, une part de la Goule se disait qu’une rencontre dans un lieu telle qu’une bibliothèque - aussi abandonnée fut-elle - n’avait rien de néfaste ou de dangereux…
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