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Heavy-hearted | Léandre

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De la main de Lahja Vehviläinen signé le Ven 20 Oct - 20:59

Heavy-hearted
Léandre & Lahja

« Heavy hearts fall faster. Every hurt last longer. Every fall hits harder. »
Il était le dernier patient. Comme toujours. La dernière chambre à visiter. Étrangement, parmi toutes celles que possédait l'ancienne relique architecturale qu'était le château de Belfast, c'était dans la sienne qu'elle passait le plus de temps. À tort ou à raison. En sa compagnie, cela n'avait plus rien d'important. Lahja devait voir au-delà de tout ce qu'on avait pu lui confier à son sujet. Elle se désintéressait des rumeurs, ignorait les jugements. Elle faisait disparaître les mises en garde, fermait les yeux sur les faits et les conséquences qui en avaient découlé. Sur tout cela, elle soufflait, éteignant la flamme qui avait provoqué tant d'incendies autrefois pour ne garder ainsi que l'homme originel. L'homme dissimulé. Presque oublié derrière cette dure épaisseur d'obscurité. Il était essentiel que son regard explore le sien sans aucune arrière-pensée, primordial qu'elle ne retienne que l'essence de cet être qu'elle cherchait à apaiser envers et contre tout. Malgré les va-et-vient persistants de la douleur qui s'était éprise de son corps. Malgré toutes ces ombres qu'elle avait parfois l'impression d'apercevoir dans l'abîme de ses prunelles délavées par le temps. De cette éternelle existence qu'il menait, la finlandaise n’en connaissait que des bribes volatiles. Floutées par le trop grand nombre d'années qui se sont écoulées, déformées par le poison d'un amas cacophonique de langues venimeuses. De ce passé obstrué de vices, elle n'avait récolté que des poussières passives de peut-être. Que des lambeaux sanglants de pourquoi. Lahja, avec ses trente petites années, ne pouvait entièrement saisir les maux ressentis et causés, gravitant cruellement et constamment, autour de son patient particulier. En vérité, elle ne se préoccupait guère des terreurs dont il a peut-être été le créateur, de ce déchirement entre les races qui semblait ne plus en finir, de toutes les différences qui devraient l'inciter à s'éloigner de cet homme. Au contraire, elle continuait à emplir le silence pesant de ces appartements privés avec toute la patience et l'attention dont elle était capable de faire preuve, cherchant à combler ne fusse que légèrement les vides qui trouaient la vieille âme de ce vampire autrefois si redouté. Lahja vivait au présent, bien que ses pensées se conjuguaient encore trop souvent à l'imparfait. Elle n'avait retenu que la bonté dont il avait fait preuve avec cet hôpital improvisé mais surtout avec la signature de ce traité. Pour elle, cela avait bien plus de valeur que ces jours d'atrocité éteints, ne faisant parler d'eux qu'à la force de souvenirs morts.


Au fil des heures et des nuits, les filaments indéchiffrables de son empathie se sont tissés à l'affligeante vulnérabilité dont il souffrait. Ce foutu virus pompait ses espoirs autant que les illusions de vie qui étaient censées l'animer. De ne l'avoir connu que malade avait fini par cadencer ses dernières semaines avec un profond désir de le voir guérir, métamorphosant alors cet idéal – lui semblant parfois utopiste – en délicate obsession. Mais pour l'instant, Lahja ne pouvait que contempler sa force de survivre. Elle collectionnait donc à contre-cœur ses heures brûlées à la douleur et s'évertuait à rallumer les chandelles lorsqu'il était trop faible pour encore pouvoir comprendre leur lueur. Il fallait continuer à alimenter cette infime espérance que l'antidote finirait tôt ou tard entre leurs mains. Afin qu'il reprenne le cours de cette histoire qu'elle refusait de le voir finir. Afin qu'il puisse éponger toute la douleur des siens. La blonde refusait d'entendre les échos de son inhumanité. Elle ne voulait que faire la connaissance de l'autre, de l'homme derrière la bête. Des restes de l'innocent que tous semblaient avoir oublié. Sur la courbure de ses cils, Lahja aimait projeter le meilleur en refusant de nourrir le pire. Quitte à ce que les ronces de la fatalité s'enroulent autour de son âme. Quitte à ce que les éclats de la réalité se tracent un chemin à l'intérieur de son cœur, à l'image d'un bout de verre transperçant la tendresse de sa chair. Était-elle stupide de penser de la sorte ? Beaucoup de personnes la traiteraient d'idiote. Beaucoup de personnes la jugeraient faible d'oser croire qu'un homme comme lui méritait d'être sauvé. Pourtant la couleur vermeille du sang qu'il avait pu faire couler ne la rendait pas aveugle sur la nature profonde qui l'habitait. Sourde. Elle était restée sourde aux accusations de certains membres de son peuple d'aider ainsi un meurtrier. Et elle restera sourde à tous ceux qui se noient dans les profondeurs nébuleuses de la rancœur, au point d'en oublier la grandeur de leur altruisme. Léandre McGuinness était devenu pour elle un point de repère dans cette Irlande mise à feu et à sang, une présence certes bafouée par les monstruosités que l'organisation lui avait fait subir mais un être dont elle ne cessait d'admirer la ténacité. Il était cet inconnu au charisme aussi irascible qu'ombrageux qu'elle ne parvenait pas à abandonner. Cette ombre de silhouette humaine dont elle continuait à apprendre les contours et dont les secrets lui échappaient encore. La sorcière savait si peu de choses sur le vampire et pourtant, elle ne pouvait nier qu'il peignait son esprit d'inquiétude plus que quiconque ces derniers temps, que cette maladie qu'il portait en son exosquelette la terrifiait davantage à mesure que les mois passaient sans qu'ils ne parviennent à trouver de remède.


Ce n'était pourtant pas faute de tenter l'impossible, de parfois défier la magie ou la science. Ils persévéraient tous à comprendre la complexité de cet horrible virus. De le démonter à coups de sortilèges, de potions et de médecine à outrance mais rien ne semblait vaincre la perfidie de ces bactéries. Elles persistaient comme des cellules cancéreuses, entièrement façonnées pour anéantir l'anatomie vampirique. Missiles microscopiques programmés à persécuter un peuple d'âmes, déjà damné par leur propre nature. Dans ces conditions, Lahja n'avait pas entendu les pas feutrés de l'angoisse derrière elle. Elle ne l'avait pas sentie se faufiler dans les méandres de ses pensées jusqu'à finalement s’agripper aux ventricules de son cœur humain. Cette peur s'était simplement imposée d'elle-même, ne lui donnant aucun autre choix que celui de subir les conséquences de cet attachement soudain. De ce fait, apprendre que son patient avait quitté le château sans prévenir qui que ce soit pour risquer sa vie entre les murs de Tullamore était loin d'être une nouvelle rassurante. Cette angoisse irrationnelle mêlée à ces brins de colère refoulée la crispaient plus qu'elle ne l'aurait voulu. Cela la trahissait, effaçant quelque peu sa douceur pour laisser place à un visage inquiet et tiré par la contrariété. Heikki l'avait informée, soulignant le fait que son état ne s'était pas amélioré. Au contraire. Il lui fallait du repos, qu'il disait, du repos et des médicaments. Toujours des tonnes de médicaments. Lahja, avec le temps, avait perdu le compte de toutes les pilules qu'il devait ingérer par jour et pourtant, elle n'était jamais en retard. Pratiquement réglée comme une horloge. Comme si chaque prise médicamenteuse avait une importance colossale et qu'en manquer une ne se résumait qu'à un drame irrécupérable. Ce soir encore, sa ponctualité ne manquait pas à l'appel. Ce n'était que sa délicatesse, légèrement froissée par l'appréhension, qui s'était résignée à laisser place à une froideur qui ne semblait pas lui correspondre.  


Carte d'accès glissée dans le boîtier magnétique, elle fit son chemin jusqu'à la chambre de l'ancien dirigeant de River Crow, équipée de tout ce dont il avait besoin. Pour tenir bon. Pour repousser un peu plus ces dernières minutes qui semblaient bien plus se réduire que s'étendre. Dans quel état allait-elle le trouver ? Que s'était-il passé là-bas ? Pourquoi s'était-il risqué à y aller seul ? Les questions s'accumulaient dans sa boîte crânienne, restant pour le moment en suspens, alors que ses pupilles se posèrent finalement sur lui. Fragile et mourant. Oui, si fragile. Se rendait-il seulement compte de ce qui aurait pu lui arriver là-bas ? Lahja refusait de penser qu'il était aussi inconscient. Son emprisonnement lui avait donné un aperçu, elle le savait. Elle détourna les yeux, cherchant à contrôler cette colère qui, au fond, n'était qu'un reflet de sa peur de perdre les gens auxquels elle tenait.


« Je t'apporte tes médicaments. » lança-t-elle, toujours poursuivie par ce questionnement insistant. Sa voix s'était faite plus aiguisée qu'habituellement sans qu'elle ne puisse réellement le contrôler, teintée peut-être d'un certain reproche d'avoir agi comme il a pu le faire en s'aventurant seul dans cet enfer. Elle s'appliquait ensuite à mesurer les dosages indiqués par l'infirmier sur cette feuille qu'on lui avait laissée. Mais bien sûr, cela ne suffisait pas à calmer ses ressentiments. Non, il fallait qu'elle les déballe. Il fallait qu'il sache qu'il n'avait pas le droit d'être aussi inconscient, qu'il comprenne qu'ils pouvaient l'aider, qu'il n'était pas seul. « Pourquoi es-tu parti sans prévenir personne, Léandre ? » Pourquoi se mettre en danger de la sorte. Pourquoi jouer au funambule suicidaire alors que la mort était à deux doigts de le faire sien. Ses gestes s'arrêtèrent un instant pour laisser son attention se tourner vers lui à nouveau et le regarder; la poitrine écrasée d'enfouir tant bien que mal ce refus sûrement trop autoritaire de le voir mourir lui aussi.
(c) DΛNDELION




Love has no fear. Love has no reason.
It can make you better. It can change you slowly, give you everything you want, ask for nothing in return. In the blink of an eye, the hint of a smile. In the way you say goodbye and every time you find me.
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De la main de Léandre McGuinness signé le Lun 6 Nov - 12:15
Heavy Hearted
- Léandre McGuinness & Lahja Vehviläinen -




Ca avait été une connerie monumentale. Retourner à Tullamore, affronter Théodore, revoir Graydon, espérer pouvoir le sauver pour au final le condamner. J’avais fait une erreur, Théodore m’avait manipulé, encore, comme un pantin, et j’étais tombé dans le piège. Revenant avec pour seul présent les échantillons que mon Infant avait trouvés dans l’espoir de nous aider un peu. On y était presque, je le savais, on touchait notre but du bout des doigts. Mais ensuite ? Je savais qu’il n’avait pas ma force. Il était si jeune. Si fragile. Est-ce qu’il s’en sortirait ? Je n’en savais trop rien. Et c’était de ma faute. Je l’avais contaminé, je le savais. Je l’avais blessé. Il était condamné à cause de moi. J’ignore comment j’ai fait pour retrouver mon chemin jusqu’au château. J’ignore comment j’ai fait pour rentrer jusqu’à Balfast. J’étais tellement faible. Tellement mal. Tout ce que je voulais c’était m’arrêter. Arrêter cette voiture, arrêter d’avancer, fermer les yeux et m’endormir. Laisser les rayons du soleil me prendre enfin et en terminer avec tout ça. Tout serait plus simple. Plus de souffrance. Plus de douleur. Plus de maladie. Le calme. La paix. Mais je savais que je laisserais trop de monde derrière moi. Wellan avait besoin de moi. Graydon, mon peuple aussi. Alors j’ai roulé. Sans m’arrêter. Sans prendre le temps de faire une pause jusqu’à arriver enfin à destination, plus exténué que jamais. Plus affaiblis encore. Tout ce dont je me souviens ? Ce sont ces hommes qui sont venus jusqu’à moi. Me sortant du véhicule à peine garé. M’aidant à me relever jusqu’à ce que je m’effondre. Trou noir. Black out total. Peut-être, très certainement, que c’était mieux comme ça. Que je sombre. Enfin. Pour ne me réveiller que quelques heures plus tard. Peut-être. Sans doute. Très certainement. J’étais tout simplement… Largué.

J’ignore depuis combien de temps j’étais allongé là, dans mon propre lit. Bien trop grand pour l’homme seul que j’étais désormais. Enfermé dans le noir, ce noir qui était devenu pratiquement mon quotidien. Eclairé par de faibles chandelles. Seulement quelques-unes, ne supportant que trop peu la lumière. Une perfusion enfoncée dans le bras, une poche de sang encore chaude reposant sur la table de chevet. J’ai rouvert les yeux, j’étais chez moi, réalisant et prenant conscience de ce qui venait de se passer la veille. Graydon… Me redressant j’ai arraché cette putain d’aiguille, m’asseyant faiblement sur le rebord du lit, préférant m’allumer une cigarette, la préférant à cette poche de sang qui ne me donnait pas envie. Petit à petit, je prenais conscience des choses. De la situation. Du fait qu’il m’avait touché, qu’il s’était contaminé, par ma faute. Sans doute dans l’espoir naïf que Théodore lui donne enfin le remède contre ce putain de fléau. Tu parles ! Esquissant un geste j’en ai renversé la bougie qui reposait sur ma table de chevet, sentant la colère prendre le dessus. Mais j’étais bien trop affaiblis pour tout exploser de toute manière. Ne tenant à peine debout, j’ignore comment j’ai pu atteindre mon téléphone pour composer le numéro de Jayden. Lui ordonnant presque de se magner de trouver la solution. Il fallait qu’il le sauve, il fallait oui, qu’il le trouve ce putain de remède. Appeler Jayden, pour me rassurer, voilà la seule chose que j’ai eu la force de faire avant de me laisser retomber dans mon fauteuil. La maladie me tuait à petit feu, je le savais. Je le sentais que mes jours étaient comptés. Mais je m’en foutais. Tout ce que je voulais c’était le sauver lui, bien plus que moi. Sauver mon peuple, préserver ceux que j’aimais. C’était tout.

J’avais fait trop de mal, je le savais, j’en prenais conscience. Mais eux, eux n’avaient rien fait. Eux n’avaient rien demandé. Pourquoi nous ? Je n’en savais rien. Mais je ne comprenais pas. Théodore était un malade, un être perfide, encore plus perfide que moi. Mais quel était son but ? Trouver la solution à l’immortalité ? Trouvé la fontaine de jouvence ? Mais elle n’existait pas sa putain de fontaine de jouvence ! L’immortalité était un fléau, une malédiction, on ne pouvait échapper à la mort et l’unique façon de la dévier était de devenir ce que nous étions. Ce qu’il jugeait être des monstres, des abominations. Une aberration. Tout ce que j’espérais c’était le voir se faire transformer. C’était sa plus grande peur, je le savais. J’espérais silencieusement que Graydon le fasse. Le vampiriser, et le contaminer pour le contraindre à lui donner l’antidote. C’était l’unique façon de nous sauver. J’en étais convaincu. Il était intelligent. Et son virus était ingénieux. Trop ingénieux. Et trouver la solution me semblait de plus en plus compliqué. Tellement. J’ignorais si c’était la maladie qui parlait, mais j’étais devenu défaitiste. Négatif. Je ne croyais plus en rien, plus même en un potentiel avenir. On était foutu. On allait tous crever. Là. Ici, enfermé comme des animaux. On était foutus. C’était une certitude. J’en n’avais plus rien à foutre de toute manière. Je savais que tout n’était plus qu’une question de temps. De temps. Combien il m’en restait ? Quelques jours ? Quelques semaines ? Quelques mois ? Je n’en savais rien. Tout ce que je savais c’était que ça faisait plus d’un an que je vivais avec cette maladie et qu’elle n’arrivait pas à me tuer. Que j’étais non seulement le premier, mais également, pratiquement le seul survivant. Pourquoi ? Mon sang ? Mon âge ? Si seulement je savais.

Je suis resté assis là sur ce fauteuil, fumant et sirotant du whisky durant des heures. Je n’avais pas bougé d’un pouce quand je t’ai entendu franchir la porte de mes appartements. Nul besoin d’entendre le son de ta voix pour te reconnaitre. L’odeur de ton parfum m’avait suffi. Tirant sur ma cigarette, tu as ouvert la bouche la première. Relevant les yeux vers toi pour te regarder. Mes médicaments. Ca m’a fait sourire. Faiblement. Ironiquement. Comme si ces trucs allaient m’aider. Mais soit, si ça pouvait te rassurer. De toute manière je te savais bornée, et je savais que tu ne partirais pas tant que je ne les avais pas pris là, devant toi. Tu semblais inquiète. Tu avais sans doute été mise au courant. Comme tout le monde. Ce n’était qu’une question de seconde pour que je vois Wellan débarquer en trombe dans ma chambre pour me faire la morale. Je le savais. La soirée allait sans doute être longue. Remplis de reproche et de tout un tas de sermons. A quoi bon ? Je n’étais plus un enfant depuis bien longtemps. J’étais assez grand pour faire mes propres choix tu ne crois pas ? 953 ans d’existence. Crois-moi, j’étais assez mature pour assumer mes décisions je crois. Mais tu as continué. Me posant la question. Pourquoi ? Parce qu’on m’en aurait empêché tout simplement. Regarde autour de toi Lahja. On m’enferme ici, on me protège comme le Saint Graal. Tu crois vraiment qu’on aurait accepté l’idée que je retourne sur les lieux de ma perdition ? Sincèrement ? Je crois plutôt qu’on m’aurait enchainé à mon lit plutôt que de m’autorisé à retourner là-bas. C’était une erreur. Je le savais. Mais j’avais besoin de le voir. J’avais besoin de savoir qu’il allait bien… Mais bien… Il ne l’est désormais plus. Et c’est de ma faute putain.

« Parce qu’on ne m’aurait pas laissé partir, tout simplement. J’ai merdé. Je le sais. Et alors ? Mais il est mon fils. J’avais besoin de le voir. J’avais besoin de le savoir en sécurité… J’avais besoin de… J’en sais rien putain. »

Pourquoi ? Si seulement je savais. J’avais été égoïste je le sais. Stupide. Naïf. Et alors ? C’était trop tard maintenant. Bien trop tard pour revenir en arrière. Tirant sur ma cigarette je me suis relevé, faiblement, attrapant ma cane pour venir à ta hauteur. Regardes-moi Lahja, regardes-moi bien et dis-moi que tout va bien se passer. Dis-moi que toi tu y crois encore parce que ce n’est pas mon cas. J’ai le sentiment que la mort se fout de ma gueule depuis toujours. Depuis ma naissance. Combien de fois on a déjà essayé de me tuer. Sans succès. Quatre fois pour tout avouer. Quand j’étais mômes, quand j’étais adulte, et puis, il y a eu cette fois-là à Souvigny. Et maintenant ça. Tout le monde crève autour de moi. Mais moi. Moi j’ai l’impression que je n’ai pas l’autorisation de mourir.

« Je… Je crois que je l’ai contaminé. J’en suis pas sûre mais… Il m’a touché et… On sait tous comment ça se passe. Je sais que j’ai merdé mais c’était plus fort que moi tu comprends ? Si ça avait été ton frère tu n’aurais pas hésité une seule seconde et tu le sais. »

Oui, si ça avait été ton frère tu aurais fait comme moi. Tu aurais réagi sans te poser les bonnes questions. Tout comme moi je l’ai fait. Alors ne me juges pas. J’ai simplement agis de façon… Légitime. Et maintenant ? Maintenant je n’avais plus qu’une chose à faire. Regretter, et encaisser. Comme toujours… Comme souvent. C’était comme ça, tout simplement.




©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach



March of Mephisto
I am the thorn in your side that seeks accomplishment reminding the mortal of death. I am the spore of your pride, an angel heaven sent. The master of all. You know just who I am. Don't be so distant, cause when you're lost, I am solely there to share your grief. Wailing for your sorrow is only my way to comfort you. Reminders of innocent youth, waiting for morrow. You're lonely. I name your solitude, I speak the truth.
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