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I start to feel sick when I picture you out of my life | Ft. Léandre

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De la main de Balian De Lusignan signé le Dim 22 Oct - 19:59

I start to feel sick when I picture you out of my life

Balian & Léandre

Il avait au fond de la gorge cette drôle de sensation d'inconfort, ce sentiment étrange de malaise et de tristesse, quand il y pensait. Le virus n'avait jamais été qu'une menace lointaine à ses yeux, le genre de danger que l'on conjuguait à tout va avec le sempiternel "ça n'arrive qu'aux autres". Et c'était arrivé aux autres. Aux autres et pas à lui. Balian avait échappé au virus, et pour le moment, il y échappait encore, se soustrayant à la fièvre et à la douleur de ce mal qu'on ne savait pas encore soigner. Celui qui n'y avait pas échappé, c'était Léandre. Son ami. Quand Balian l'avait vu revenir parmi les siens, quittant l'infâme prison de l'organisation, sa joie avait été de courte durée. La nouvelle de son état de santé l'avait perturbé; un brusque coup de poing dans son estomac. Il en aurait eu le souffle coupé, s'il respirait encore. Léandre était malade. Léandre était contaminé. Et plus que tout, Léandre était mourant. Balian n'avait pas voulu y croire, au début, se refusant à penser que le roi des vampires ait pu être, comme tous les autres, touché par ce virus impitoyable. Ça l'avait mis en colère, il lui en avait voulu d'avoir fait ce choix, ce terrible choix, d'avoir pu s'exposer à cette maladie sans nom dans la simple optique de protéger son frère. Pas que Balian détestât Wellan au point de souhaiter sa mort, mais s'il devait choisir entre les deux frères, il n'aurait pas marqué la moindre hésitation. Alors oui. Il lui en avait voulu, lui avait reproché cet accès d'héroïsme, qu'il avait qualifié de stupide, d'irresponsable, d'idiot et de tous les adjectifs du genre qu'il avait pu trouver. Et puis, aussi intense que brève, sa colère s'était calmée pour se changer en inquiétude. Un sentiment inhabituel et rare, chez Balian, qui le vivait difficilement. Il détestait cette boule dans sa poitrine, cette sensation qui enserrait ses poumons et lui donnait l'impression d'étouffer, lui qui n'avait même pas besoin d'oxygène. Si Léandre mourait... S'il mourait... Non. Il refusait d'envisager même une seule seconde cette option. Il le lui avait dit, presque crié, même, lui ordonnant avec insolence et impétuosité de ne pas mourir - comme si ces mots pouvaient le sauver de son mal.

Balian était familier à la mort. Il l'infligeait aux autres depuis des siècles. Tuant ses victimes et torturant ses proies, ne s'émouvant jamais de ce dernier soupir qui s'échappait d'entre les lèvres des mortels. Des immortels, il en avait tué également. Raccourcissant la vie de certains vampires, les menant à leur fin en leur arrachant leur éternité. Oui, Balian était familier à la mort. Mais pas à celle de ses proches. Pas à celle de ses amis. Alors l'état de Léandre le perturbait, le hantait, l'inquiétait, au point-même qu'il se sentait incapable de poser des mots sur ses sentiments. Il n'avait pas parlé de ça à Stacey. Par pudeur, peut-être, refusant de déverser ses émotions, d'oser avouer que oui, Balian de Lusignan se faisait du souci. Et puis, Stacey n'aurait pas compris, Stacey ne pouvait pas comprendre. Il était humain, il n'avait pas la moindre idée de ce que représentaient des années, des siècles d'amitié. Balian n'avait parlé à personne, gardant en travers de la gorge cette sensation clivante et accablante du malaise que causait le spectre de la mort planant au dessus de la tête de Léandre. Le roi des vampires ne pouvait pas mourir. Mais en même temps, le roi des vampires n'était plus. River Crow n'était plus que des ruines au milieu d'un pays en crise. La couronne de Léandre était tombée en même temps que la ville s'était écroulée. Plus d'opposants, plus de partisans, tous unis contre un même ennemi : Tullamore. Pourtant, Balian rêvait encore que son ami s'élève à nouveau et reprenne sa place, qu'il aide les vampires à se hausser de nouveau en haut de la chaîne alimentaire, eux qui avaient durement chuté lorsque les autres monstres s'étaient montrés au grand jour. Il y avait quelque chose de douloureux, à voir des principes, une hiérarchie et des royaumes millénaires disparaître du jour au lendemain. Et cette douleur se changeait en nostalgie alors que Balian nourrissait encore l'espoir qu'un jour, peut-être, les choses reprennent leur place d'autrefois.

Léandre avait changé. Qui n'avait pas changé, après tout ça ? Balian aussi, avait changé. Mais Balian, parfois, ne reconnaissait plus son ami, surtout en voyant son visage d'où transpirait par tous les pores les marques du virus, la faiblesse, la douleur et la fièvre. Le voir ainsi était perturbant. Déroutant. Il ne pouvait s'empêcher d'imaginer à quel point il devait aimer son frère pour s'infliger ça. À sa place, aurait-il fait la même chose ? Pour Hamid, certainement. Pour Stacey, plutôt cent fois qu'une - mais Stacey était humain, il n'était pas concerné par la question. C'était dur à avouer, mais au fond, oui, il comprenait. Il comprenait Léandre, il comprenait ses actes. Mais il ne voulait pas les approuver. Il ne voulait pas que son ami meure. Si ça arrivait... Non, dès que ces questionnements se posaient, il s'efforçait de penser à autre chose. Imaginer le pire lui donnerait l'impression d'accepter ce futur possible. Et Balian ne l'acceptait pas. Il était frustré par la situation. Pendant que les membres de Tullamore se frottaient les mains derrière les remparts de leur prison, il restait impuissant, incapable de guérir Léandre par la seule force de la volonté. Balian n'était pas un médecin ni un scientifique. Balian était un guerrier, un roi, un dirigeant, une bête sauvage. Tout sauf un chercheur. Tout sauf un homme capable de sauver le roi des vampires. Il était coincé. Coincé avec ce malaise au fond de lui, cette inquiétude profonde qu'il n'arrivait pas à exprimer, qui se devinait parfois dans ses accès de colère et son agacement permanent vis-à-vis de la santé de son ami.

Il était sorti seul, ce jour-là, sans prendre la peine d'indiquer à Stacey où il allait, quand lui s'inquiétait toujours de savoir où l'humain gambadait, quand il partait sans lui. Depuis les bombardements, Balian avait pris goût à la solitude, à cette vie seul avec Stacey. Il avait refusé de vivre au château, il aurait eu trop l'impression de revenir au manoir de River Crow. Il préférait tenir Stacey loin des autres vampires, dans leur petite maison modeste et branlante, leur nid d'amour post apocalyptique. Prenant le chemin de l'antre de Léandre qui servait accessoirement d'hôpital, Balian s'alluma une cigarette, la tête pleine de pensées. Il aimait rendre visite à Léandre et il détestait ça, en même temps. Il avait toujours autant de mal à affronter sa propre inquiétude et il ressortait toujours de leurs entrevues dans un drôle d'état qu'il défoulait par la chasse. Pas la chasse aux humains, les vermines des limbes étaient intouchables - merci la coalition. Les agents de l'organisation, cependant... Eux faisaient mieux de ne pas croiser le chemin de Balian, car le bourreau était impitoyable. Cigarette au coin des lèvres, il passa la carte magnétique dans le boîtier et poussa la porte avant de rejoindre les appartements de Léandre. Il régnait en ces lieux comme une odeur aseptisée, une odeur d'hôpital; à moins que ce parfum ne sortît de son imagination, à force de ressasser la maladie de Léandre dans un coin de sa tête.

« Salut. » Lança Balian en se rapprochant du vampire. Il prit sa cigarette entre le pouce et l'index et la tint le temps de souffler quelques volutes de fumée tout en toisant son ami. « T'as une sale gueule. » Crut-il bon de l'informer.

Balian tira une chaise et s'assit, jetant un bref regard circulaire à la pièce. Il ne lui demanda pas comment il allait. Très franchement, ça ne l'intéressait pas de le savoir; il connaissait la réponse : mal. Il détestait cette impression de rendre visite à un patient à l'hôpital. Il ne manquait plus que le pyjama blanc et le passage de l'infirmière pour s'y croire. Son seul réconfort, c'était de le voir en vie. Tant que Léandre était encore là, tout allait bien. Tant qu'il bougeait, qu'il ouvrait les yeux, qu'il parlait. Tout allait bien.

« Tu ne t'ennuies pas trop, avec Wellan ? Ça ne doit pas être tous les jours très drôle de traîner avec ce type, si ? » Fit-il avec nonchalance.

Il ne savait pas de quoi lui parler. Il repensait à cette époque où les conquêtes, le pouvoir et le règne pouvaient ponctuer leurs conversations. Temps révolu. Balian se souvenait pourtant parfaitement bien de ce jour où il l'avait poussé à se trouver lui aussi son royaume. Et maintenant, où en étaient-ils, eux qui il y a quelques siècles discutaient de domination comme on parlait de la pluie et du beau temps ? Lui qui l'avait accueilli à Moïsmasem ne pouvait que s'embarrasser face à la situation actuelle. C'était le jour et la nuit. L'humiliation. La chute. La fin. Balian passa la main dans ses cheveux avant d'écraser son mégot sur le bois de la chaise. Est-ce que toutes leurs actions les avaient menés à ce jour précis ? À cette coalition, cette paix branlante entre les races, cette crainte de Tullamore ? Depuis des siècles qu'il vivait, était-il destiné à ce présent précis ? Il était vrai que souvent, il se demandait si les choses auraient pu se passer autrement. Si d'autres choix auraient pu changer les choses, et sauver son royaume, River Crow, et par la même occasion, Léandre. Léandre, cet idiot incurable. Balian aurait pu l'étriper sur place, s'il voulait, il en était certain, il ne lui aurait suffi que de quelques instants pour lui arracher la tête et l'achever, là, maintenant, ici, dans cette pièce. Il pinça les lèvres en dévisageant l'ex-souverain, avant de secouer doucement la tête dans un tic désapprobateur. Il en était sûr. Il y aurait pu avoir d'autres choix. D'autres avenirs.

« T'es vraiment le roi des cons, Léandre. »

Malgré tous ses ressentiments, il avait pris la peine de lui parler en français. Parce qu'il savait que Léandre était attaché à cette langue, que lorsqu'il le voyait, autrefois, en Palestine, le roi des vampires usait toujours de la langue de Molière. Parce que c'était plus confortable pour Léandre ? Il n'en savait rien. Toujours est-il que malgré son humeur changeante et son regard mauvais, Balian se tenait là, près de son ami, à essayer de ne pas se dire qu'il s'agissait peut-être de ses derniers moments.

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De la main de Léandre McGuinness signé le Lun 6 Nov - 12:25
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- Léandre McGuinness & Balian de Lusignan -




La maladie. Je vivais avec depuis quelques temps. Elle faisait désormais partie de mon quotidien, partie intégrante de mon être. Comme une gangrène qui se propage. Seule l’amputation pourrait la stopper. Elle était mon fardeau, j’étais responsable de tout et je le savais. Théodore m’avait contaminé dans l’espoir que j’anéantisse mon peuple. Pari risqué, mais pari réussi. Il ne m’avait fallu que quelques jours pour contaminer le premier vampire, qui contaminé à son tour le second, et ainsi de suite. Un effet domino, l’effet en chaine. Comme propager une épidémie en un temps record. Je n’avais rien compris. Je n’avais rien vu venir. Jamais personne n’avait pensé cela possible. Mais pourtant. Pourtant l’homme avait trouvé le moyen de détruire tout un peuple en un claquement de doigts. Pas besoin de faire le sale boulot, pas besoin de se salir les mains. Il avait juste eu besoin d’un peu de matière grise et de quelques échantillons bien planqués dans un laboratoire doté de méthodes de recherches dernière génération. Théodore, en plus d’être un sadique sans nom, était intelligent. Sans doute bien plus futé que la moyenne. Et il avait réussis là où personne ne pensait la chose ne serait-ce que plausible. Si ça n’avait pas touché ma race, j’aurais pu trouver ça ingénieux, parfait, un coup de maitre. Mais étrangement, je ne voyais pas les choses comme ça. Je pensais comme ces hommes que j’avais jadis torturé, enfermé, massacré. Comment peut-on être aussi…Cruel ? Et je pense que pour la première fois depuis des années, des siècles même, j’avais peur. J’étais paniqué, terrorisé, complétement désorienté. Et je ne pouvais rien faire d’autre que de vivre avec ce fléau, et surtout, avec la responsabilité de tous ce massacre sur les épaules. Il l’avait créé. Mais moi… Moi, je l’avais propagé.

Pourquoi j’avais fait ça ? La question on me l’avait trop posé. Si ça n’avait été moi ça aurait été lui. Et lui, ce n’était tout simplement pas possible. Impensable. Ca l’aurait tué. Ca l’aurait décimé sans même qu’on ne puisse avoir le temps de comprendre. Et aussi égoïstement que cela pouvait être, je préfère mourir que de devoir vivre sans lui. Wellan. Mon frère. Mon tout. L’amour que je lui avais toujours porté été irrationnel, ce genre d’amour passionnel qui au final nous détruisait bien plus qu’il ne nous aidait. On se consumait, de jour en jour. Depuis que je le connaissais, pas une seule fois je n’avais cessé de l’aimer. Et même quand nous nous faisions la guerre, je ne pouvais m’empêcher de le protéger, de le préserver. A y voir plus loin, oui, je l’avais toujours fait. J’aurais pu détruire sa fondation en un claquement de doigts. Mais je n’ai rien fait. Je l’ai laissé mener ses hommes, je l’ai laissé les nourrir de faux espoirs. Je l’ai laissé me maudire, me détester, m’assassiner. Je lui en ai voulu mais pourtant. Pourtant j’ai toujours pardonné. Et j’ai toujours su au fond de moi que je ne supportais pas l’idée que l’on puisse le toucher. Lui faire du mal m’était impensable. Je m’u refusais catégoriquement. Alors quand nous étions là-bas, la question, je ne me la suis pas poser. Je me suis donné pour qu’on le laisse tranquille. J’ai laissé Théodore me torturé, me violer, me blesser, me réduire au stade de rien pour que jamais on ne lui fasse de mal à lui. J’encaissais, comme je pouvais, souffrant en silence, me convainquant au fond de moi que je me repentisse du mal que j’avais pu lui faire. Me repentir. Tu parles. J’avais arrêté de prier et de croire en Dieu depuis bien des décennies.

Mais tout ça, je l’avais fait pour lui. J’ai toujours fait les choses dans son intérêt. Il n’en n’avait pas conscience avant ça, mais pourtant, c’était le cas. Et tout ce que je voulais désormais c’était la paix. Avec lui. Pouvoir l’aimer sans plus me haïr de le faire. Peu importe le prix, peu importe comment lui me regardait. Personne ne comprendrait jamais. Mais c’était à ça que je me rattachais. A ça que je me raccrochais. Ca me donnait la force de continuer d’avancer et d’y croire encore. Y croire, comme si c’était toujours le cas ? Enfermé dans mes appartements, pratiquement dans le noir, éclairé par de pauvres chandelles qui dansaient au rythme du courant d’air et qui menaçaient de s’éteindre dans la seconde, j’étais là, assis sur mon fauteuil, cigarette en main et verre de whisky dans l’autre, j’essayais d’arrêter de penser. D’arrêter de me prendre la tête et d’accepter les choses comme elles étaient. J’étais las. Fatigué. Exténué de toujours m’inquiéter pour les miens. Je me sentais seul, incompris. Mais ça, est-ce que c’était vraiment différent de ce que j’avais avant ? Qui avait déjà été capable de me comprendre vraiment ? Balian ? Vladimir ? Callan ? Même de ça j’en doutais. Mais ça n’avait plus vraiment d’importance de toute manière. J’avais ce sentiment que mes jours étaient plus que comptés, et pour la première fois depuis ma transformation je me sentais… Mourant. Et ça me faisait peur. Après plus de 953 ans de vie on peut penser que ce n’est pas grave. Mais je n’avais pas envie de mourir. Pas comme ça, et même si je m’en cachais, j’étais terrorisé à l’idée de partir, bien que désormais je savais que je n’y échapperais pas. Jayden pourrait trouver un remède. Oui, il le pourrait. Mais dans combien de temps ? Le vaccin contre la peste ne s’était pas trouvé en quelques mois, alors là… Je n’osais imaginer. Je devais simplement me contenter d’attendre, attendre, et espérer aussi.

Attendre que le temps passe et trépasse. Perdu dans les méandres de mes pensées, je crois que je ne t’ai pas entendu entrer dans la pièce. Ou bien, je n’ai pas réagi en tout cas. J’avais envie d’être seul, mais je mentirais si je te disais que je n’étais pas content de te voir. Bien au contraire. Ta présence me ferait du bien, bien que je savais que t’allais encore me sermonner. Comme tu le faisais ces derniers temps. Salut et t’as une sale gueule, furent les seuls mots que tu as trouvé à me dire. Etrangement, ça m’a fait sourire. Je t’ai regardé t’assoir, là, sur une chaise, en face de moi. Je savais que tu faisais semblant, mais ne me ment pas mon ami, je te savais bien plus inquiet que tu ne voulais le prétendre. On se connaissait depuis le temps. Mais qu’est-ce que tu voulais que je te dise ? Que j’étais désolé ? Non. Ce n’était clairement pas le cas. Je n’étais pas désolé de ce que j’avais fait. Encore moins de mon sacrifice pour sauver mon frère. Voyons Balian, on savait tous les deux que tu en aurais fait de même pour les gens que tu aimes. Hamid… Stacey… Toi et moi on s’était toujours ressemblait bien plus qu’on ne le pensait. C’était toi qui m’avait poussé à conquérir River Crow. Croisant les jambes, j’ai tiré une taffe sur ma clope, recrachant la fumée en l’air avant de dire légèrement à ta réplique. Non. Tu avais raison. Wellan n’était pas toujours très drôle en son genre, mais il était de bonne compagnie. Je sais que tu ne le porte pas dans ton cœur. Mais il est mon frère. C’était comme ça. Et dans le fond, j’avais traversé bien plus avec lui que je n’avais traversé avec toi. C’était une évidence. Ce genre de relation comme on le dit, tu sais, à la vie, à la mort, et blablabla. C’était comme ça. Et même si tu refusais de comprendre, je n’avais pas l’intention de l’abandonner. Jamais je n’en n’aurais la force.

« A dire vrai je ne suis pas convaincu d’être un peu plus loquace que lui en ce moment. Si tu savais ce que je ne donnerais pas pour… Avoir la force de tirer un coup. »

J’essayais de faire de l’humour, de dédramatiser la situation bien que je savais la chose compliquée. Ta dernière réplique en était la preuve. Le Roi des cons. Sans doute. C’est toujours mieux que le Roi de rien du tout. J’ai pourtant souris, essayant de te rassurer comme je pouvais, avec ce que j’avais. Ce n’était pas grand-chose mais je pouvais au moins faire ça. Puisant dans le peu de force que j’avais je me suis levé, me glissant jusqu’au bar pour te servir un verre d’un bon whisky. Le bon whisky, ça se faisait rare par les temps qui courent, mais j’en trouvais toujours. Enfin, on m’en apportait toujours. Je buvais presque que ça, refusant de me rationner en sang, refusant de me nourrir, donnant mes doses à des gens qui en avaient bien plus besoin que moi. J’avais encore un peu de force. Alors ne t’en fait pas mon ami, je ne vais pas m’envoler dans un nuage de fumée. Pas pour l’instant. Je suis revenu vers toi, te tendant le verre avant de me laisser retomber sur mon fauteuil, m’allumant encore une cigarette, regardant désespérément le paquet qui se vidait à vitesse grand V. Je n’allais pas mourir d’un cancer, mais je me disais qu’il serait sans doute mieux que je ralentisse la cadence. Mais tu vois, fumer, boire, c’est tout ce qui me restait. Alors je consommer. Et sans modération tu peux me croire.

« Le Roi des cons. J’vais pas te dire le contraire. Mais qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Que je regrette ? On était tous foutu dès lors que la première bombe à toucher River Crow de toute manière. Mais je vais m’en sortir. Enfin… Je crois. »

Mes lèvres se sont étirées dans un rictus presque faux, stressé, limite angoissé. Je ne sais pas si j’essayais de me convaincre ou si je mentais. Mais je savais que j’avais vraiment peu de chance de m’en sortir. Tirant sur ma clope je me suis rassis dans le fond de mon fauteuil. Te toisant, le visage fermé, complétement exténué par toute cette histoire. T’avais raison. J’avais vraiment une sale gueule. Je faisais peur à voir même.

« Jamais je n’aurais pensé dire ça un jour mais j’aurais grand besoin de l’aide de Tybalt. Beaucoup disent que c’est le fait d’avoir son sang dans les veines qui me tient encore en vie. Alors imagines si je pouvais boire de son sang. Ca me sauverait bien la mise. »

Tybalt. Ca me faisait mal au cul de repenser à lui, mais c’était une évidence. Pour une fois, je crois, que j’avais besoin de son aide. Je me sentais dépérir, et il était inutile de me mentir. J’étais clairement en train de m’éteindre à petit feu. Je le sentais de plus en plus, c’était une évidence.



©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach



March of Mephisto
I am the thorn in your side that seeks accomplishment reminding the mortal of death. I am the spore of your pride, an angel heaven sent. The master of all. You know just who I am. Don't be so distant, cause when you're lost, I am solely there to share your grief. Wailing for your sorrow is only my way to comfort you. Reminders of innocent youth, waiting for morrow. You're lonely. I name your solitude, I speak the truth.
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De la main de Balian De Lusignan signé le Ven 10 Nov - 0:22

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Balian & Léandre

« Évidemment ! »

Balian pinça les lèvres. Il se rendit compte qu'il avait brusquement haussé le ton, un véritable cri du coeur. Il détourna la tête pour se donner l'air indifférent et tenter de reprendre contenance, même s'il se doutait qu'il venait de perdre sa crédibilité auprès de Léandre. Il haussa les épaules avec un flegme calculé.

« Évidemment que tu vas t'en sortir. Il ne saurait en être autrement, Léandre. Si tu meurs, Wellan va devenir insupportable et ne compte pas sur moi pour le consoler. », Reprit-il d'une voix plus calme en redressant légèrement le menton avec suffisance.

Deux ans d'apocalypse n'avaient visiblement pas suffi à mettre totalement à mal son arrogance de souverain. Lorsque l'on avait marché parmi les puissants pendant si longtemps, il était difficile de retourner à la simplicité humble du commun des mortels. Balian jeta un regard en coin à Léandre. Il savait bien que son ami ne faisait qu'être réaliste, que ce n'était qu'un avenir très probable que celui de sa fin... Mais il n'aimait pas ça. Et encore moins l'entendre de la bouche de Léandre lui-même. Luttant contre la furieuse envie de lui mettre une violente claque pour lui réaligner les neurones, Balian baissa les yeux sur son verre de whisky pour contempler pensivement le liquide doré. Nombreux étaient ceux qui aimaient se perdre dans l'ivresse pour oublier les soucis. Stacey s'y réfugiait un peu trop à son goût, d'ailleurs. Balian, lui, n'avait jamais été friand de ces substances. Il avait sa manière à lui de se défouler. Un bon massacre, quelques cascades de sang et un peu de torture faisaient disparaître les soucis en un instant. S'il appréciait l'alcool à petite dose, il ne buvait jamais au point d'en être saoul. Balian lui-même ignorait à quoi il ressemblait sous l'emprise de l'alcool. Joyeux ? Violent ? Triste, peut-être. Dangereux, certainement. Sans ses inhibitions, le roi de Moïsmasem serait certainement à craindre. En temps normal, il était déjà instable et imprévisible, alors... Nul doute qu'il valait mieux pour tout le monde qu'il garde le contrôle. Balian renversa la tête en arrière pour vider son verre avant de poser son regard sur Léandre.

« Tybalt, hein... » Souffla-t-il, pensif. « C'est grâce à lui que tu t'es élevé. Son sang t'a donné le pouvoir de t'établir souverain de la race. Et aujourd'hui, Léandre ? » Le questionna-t-il en pointant un doigt vers lui, désignant sa silhouette malade et affaiblie, lui le fils de Caïn, le roi des vampires. « T'a t-il sauvé ou t'a t-il condamné ? »

Balian voulait bien croire que le sang de Tybalt avait sauvé Léandre d'une mort certaine. Mais si ce n'était que pour le maintenir faiblement en vie jusqu'à son dernier souffle dans quelques semaines, peut-être aurait-il mieux valu qu'il en meure tout de suite. Balian ne voulait pas de l'espoir mince et incertain d'une guérison miracle. Il voulait des résultats. Tout de suite. Sur le champ. Lui qui pourtant avait vécu plusieurs siècles vivait les jours comme des années, ces derniers temps. Tout allait trop lentement à son goût. Ou trop rapidement, parfois. Il ne supportait pas de voir les recherches pour un remède s'éterniser là où il n'avait suffi que de quelques secondes pour la chute de River Crow. Leurs rangs s'amenuisaient. Les ressources s'épuisaient. La fin approchait, qu'ils le veuillent ou non. Combien de temps encore avant un autre drame ? Avant que Stacey ne finisse par payer de sa vie son impudence ? Balian ne le supporterait pas. L'idée-même lui donnait envie de tout détruire autour de lui. Il passa la main dans ses cheveux en pinçant les lèvres et s'alluma une autre cigarette pour tenter de chasser ces idées noires. Il irait chasser un peu en sortant. Rester trop longtemps inactif lui donnait trop souvent l'occasion de ruminer son angoisse et ses craintes. Il n'osait pas imaginer à quoi devait ressembler l'intérieur du crâne de Léandre. Enfermé et malade... Il en serait devenu dingue, à sa place. Pas étonnant qu'il en devienne pessimiste.

« Tu vas guérir, Léandre. Avec ou sans le sang de Tybalt. » Lui affirma Balian en rivant son regard déterminé sur le visage de son ami. « Tu ne peux pas mourir. Les laisser te tuer, toi. » Asséna-t-il d'un ton cinglant et d'une voix grave et froide.

D'un geste de la main, il désigna un des murs de la pièce, là où au-delà, bien loin du château, s'élevaient les bâtiments de Tullamore. Ceux qui avaient causé leur fin, et qui bientôt les tueraient tous, si ça continuait. Ceux qui avaient injecté le virus dans le sang de Léandre après l'avoir enfermé, battu et humilié. Ceux qui les maintenaient prisonniers de cette île. Balian était plein de haine et de fureur. Jamais il n'avait connu une telle situation, il n'avait pas l'habitude d'être l'opprimé. D'être le captif. La victime. Plus encore, savoir que ces hommes avaient blessé Stacey le mettait dans une rage sans nom. Il en tremblait de colère en pensant à Moïsmasem et tous ces vampires qui avaient dû périr quand l'organisation avait ouvert la chasse dans le monde entier. Hamid y avait échappé. Pour l'instant. Il le savait, sentait au fond de lui que sa chair et son sang, que son infant était toujours en vie. Pour combien de temps encore ?

« Ils ont ton infant. Ils t'ont pris ton royaume. Ils ont ton peuple sous leur joug. » Énuméra calmement Balian, d'une voix d'où résonnait pourtant toute sa fureur contenue. Il prit quelques secondes pour souffler des volutes de fumée et réprimer cette colère qui ne demandait qu'à sortir. « Ne me dis pas que tu 'crois que tu vas t'en sortir'. Tu vas t'en sortir, Léandre. Et ce que tu as vécu, en comparaison de ce que tu leur reprendras, sera bien dérisoire... »

Il essayait de s'en convaincre en même temps. Il voulait y croire, à cet avenir. Il y croyait ! Balian savait pertinemment que rien ne serait plus jamais comme avant, mais ça n'empêchait en rien Léandre de se venger. Et même si River Crow ne ressusciterait pas, s'ils pouvaient se défaire de la menace Tullamore, Balian pourrait vivre en paix, retrouver son infant et transformer Stacey. Quoi qu'il en soit, l'organisation paierait son affront. Le Bourreau y comptait bien.

« Le sang de Tybalt coule en toi. Tu as cette force. Je ne te parle pas de conquête ni de lutte pour le pouvoir, mon ami. Je te parle de vengeance. »

Un coup donné pour cent coups rendus. Balian était rancunier et il n'oubliait jamais. Jamais un seul affront ne restait impuni, avec lui. Du temps de River Crow, on savait le craindre et on connaissait son tempérament sanguin et sauvage. Voilà une chose qui n'avait pas changé, en deux ans. La rage de Balian et sa volonté de se battre n'avaient rien d'honorable. Il ne pensait qu'à ses intérêts et ses sentiments personnels. Le sort de la race des vampires était secondaire. Ses envies de meurtre étaient guidées par la rage et les ressentiments plutôt que l'héroïsme ou quelconque noblesse du genre. Balian l'assumait totalement. Il voulait d'abord détruire. Ensuite, il aviserait.

« Fais-leur payer. Et quand ils auront payé, fais-leur payer encore.  Ensuite seulement, tu pourras tirer ton coup. » Lui dit-il avec le plus grand sérieux du monde. « Pour l'instant, contente-toi de survivre et épargne-moi cette mentalité de victime. Tu me donnes envie d'égorger tout un village et tu sais très bien que c'est impossible. Les humains des limbes ont gagné leur passe-droit "je n'ai pas à craindre les canines de Balian". Tsk. »

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