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 I start to feel sick when I picture you out of my life | Ft. Léandre

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I start to feel sick when I picture you out of my life

Balian & Léandre

Il avait au fond de la gorge cette drôle de sensation d'inconfort, ce sentiment étrange de malaise et de tristesse, quand il y pensait. Le virus n'avait jamais été qu'une menace lointaine à ses yeux, le genre de danger que l'on conjuguait à tout va avec le sempiternel "ça n'arrive qu'aux autres". Et c'était arrivé aux autres. Aux autres et pas à lui. Balian avait échappé au virus, et pour le moment, il y échappait encore, se soustrayant à la fièvre et à la douleur de ce mal qu'on ne savait pas encore soigner. Celui qui n'y avait pas échappé, c'était Léandre. Son ami. Quand Balian l'avait vu revenir parmi les siens, quittant l'infâme prison de l'organisation, sa joie avait été de courte durée. La nouvelle de son état de santé l'avait perturbé; un brusque coup de poing dans son estomac. Il en aurait eu le souffle coupé, s'il respirait encore. Léandre était malade. Léandre était contaminé. Et plus que tout, Léandre était mourant. Balian n'avait pas voulu y croire, au début, se refusant à penser que le roi des vampires ait pu être, comme tous les autres, touché par ce virus impitoyable. Ça l'avait mis en colère, il lui en avait voulu d'avoir fait ce choix, ce terrible choix, d'avoir pu s'exposer à cette maladie sans nom dans la simple optique de protéger son frère. Pas que Balian détestât Wellan au point de souhaiter sa mort, mais s'il devait choisir entre les deux frères, il n'aurait pas marqué la moindre hésitation. Alors oui. Il lui en avait voulu, lui avait reproché cet accès d'héroïsme, qu'il avait qualifié de stupide, d'irresponsable, d'idiot et de tous les adjectifs du genre qu'il avait pu trouver. Et puis, aussi intense que brève, sa colère s'était calmée pour se changer en inquiétude. Un sentiment inhabituel et rare, chez Balian, qui le vivait difficilement. Il détestait cette boule dans sa poitrine, cette sensation qui enserrait ses poumons et lui donnait l'impression d'étouffer, lui qui n'avait même pas besoin d'oxygène. Si Léandre mourait... S'il mourait... Non. Il refusait d'envisager même une seule seconde cette option. Il le lui avait dit, presque crié, même, lui ordonnant avec insolence et impétuosité de ne pas mourir - comme si ces mots pouvaient le sauver de son mal.

Balian était familier à la mort. Il l'infligeait aux autres depuis des siècles. Tuant ses victimes et torturant ses proies, ne s'émouvant jamais de ce dernier soupir qui s'échappait d'entre les lèvres des mortels. Des immortels, il en avait tué également. Raccourcissant la vie de certains vampires, les menant à leur fin en leur arrachant leur éternité. Oui, Balian était familier à la mort. Mais pas à celle de ses proches. Pas à celle de ses amis. Alors l'état de Léandre le perturbait, le hantait, l'inquiétait, au point-même qu'il se sentait incapable de poser des mots sur ses sentiments. Il n'avait pas parlé de ça à Stacey. Par pudeur, peut-être, refusant de déverser ses émotions, d'oser avouer que oui, Balian de Lusignan se faisait du souci. Et puis, Stacey n'aurait pas compris, Stacey ne pouvait pas comprendre. Il était humain, il n'avait pas la moindre idée de ce que représentaient des années, des siècles d'amitié. Balian n'avait parlé à personne, gardant en travers de la gorge cette sensation clivante et accablante du malaise que causait le spectre de la mort planant au dessus de la tête de Léandre. Le roi des vampires ne pouvait pas mourir. Mais en même temps, le roi des vampires n'était plus. River Crow n'était plus que des ruines au milieu d'un pays en crise. La couronne de Léandre était tombée en même temps que la ville s'était écroulée. Plus d'opposants, plus de partisans, tous unis contre un même ennemi : Tullamore. Pourtant, Balian rêvait encore que son ami s'élève à nouveau et reprenne sa place, qu'il aide les vampires à se hausser de nouveau en haut de la chaîne alimentaire, eux qui avaient durement chuté lorsque les autres monstres s'étaient montrés au grand jour. Il y avait quelque chose de douloureux, à voir des principes, une hiérarchie et des royaumes millénaires disparaître du jour au lendemain. Et cette douleur se changeait en nostalgie alors que Balian nourrissait encore l'espoir qu'un jour, peut-être, les choses reprennent leur place d'autrefois.

Léandre avait changé. Qui n'avait pas changé, après tout ça ? Balian aussi, avait changé. Mais Balian, parfois, ne reconnaissait plus son ami, surtout en voyant son visage d'où transpirait par tous les pores les marques du virus, la faiblesse, la douleur et la fièvre. Le voir ainsi était perturbant. Déroutant. Il ne pouvait s'empêcher d'imaginer à quel point il devait aimer son frère pour s'infliger ça. À sa place, aurait-il fait la même chose ? Pour Hamid, certainement. Pour Stacey, plutôt cent fois qu'une - mais Stacey était humain, il n'était pas concerné par la question. C'était dur à avouer, mais au fond, oui, il comprenait. Il comprenait Léandre, il comprenait ses actes. Mais il ne voulait pas les approuver. Il ne voulait pas que son ami meure. Si ça arrivait... Non, dès que ces questionnements se posaient, il s'efforçait de penser à autre chose. Imaginer le pire lui donnerait l'impression d'accepter ce futur possible. Et Balian ne l'acceptait pas. Il était frustré par la situation. Pendant que les membres de Tullamore se frottaient les mains derrière les remparts de leur prison, il restait impuissant, incapable de guérir Léandre par la seule force de la volonté. Balian n'était pas un médecin ni un scientifique. Balian était un guerrier, un roi, un dirigeant, une bête sauvage. Tout sauf un chercheur. Tout sauf un homme capable de sauver le roi des vampires. Il était coincé. Coincé avec ce malaise au fond de lui, cette inquiétude profonde qu'il n'arrivait pas à exprimer, qui se devinait parfois dans ses accès de colère et son agacement permanent vis-à-vis de la santé de son ami.

Il était sorti seul, ce jour-là, sans prendre la peine d'indiquer à Stacey où il allait, quand lui s'inquiétait toujours de savoir où l'humain gambadait, quand il partait sans lui. Depuis les bombardements, Balian avait pris goût à la solitude, à cette vie seul avec Stacey. Il avait refusé de vivre au château, il aurait eu trop l'impression de revenir au manoir de River Crow. Il préférait tenir Stacey loin des autres vampires, dans leur petite maison modeste et branlante, leur nid d'amour post apocalyptique. Prenant le chemin de l'antre de Léandre qui servait accessoirement d'hôpital, Balian s'alluma une cigarette, la tête pleine de pensées. Il aimait rendre visite à Léandre et il détestait ça, en même temps. Il avait toujours autant de mal à affronter sa propre inquiétude et il ressortait toujours de leurs entrevues dans un drôle d'état qu'il défoulait par la chasse. Pas la chasse aux humains, les vermines des limbes étaient intouchables - merci la coalition. Les agents de l'organisation, cependant... Eux faisaient mieux de ne pas croiser le chemin de Balian, car le bourreau était impitoyable. Cigarette au coin des lèvres, il passa la carte magnétique dans le boîtier et poussa la porte avant de rejoindre les appartements de Léandre. Il régnait en ces lieux comme une odeur aseptisée, une odeur d'hôpital; à moins que ce parfum ne sortît de son imagination, à force de ressasser la maladie de Léandre dans un coin de sa tête.

« Salut. » Lança Balian en se rapprochant du vampire. Il prit sa cigarette entre le pouce et l'index et la tint le temps de souffler quelques volutes de fumée tout en toisant son ami. « T'as une sale gueule. » Crut-il bon de l'informer.

Balian tira une chaise et s'assit, jetant un bref regard circulaire à la pièce. Il ne lui demanda pas comment il allait. Très franchement, ça ne l'intéressait pas de le savoir; il connaissait la réponse : mal. Il détestait cette impression de rendre visite à un patient à l'hôpital. Il ne manquait plus que le pyjama blanc et le passage de l'infirmière pour s'y croire. Son seul réconfort, c'était de le voir en vie. Tant que Léandre était encore là, tout allait bien. Tant qu'il bougeait, qu'il ouvrait les yeux, qu'il parlait. Tout allait bien.

« Tu ne t'ennuies pas trop, avec Wellan ? Ça ne doit pas être tous les jours très drôle de traîner avec ce type, si ? » Fit-il avec nonchalance.

Il ne savait pas de quoi lui parler. Il repensait à cette époque où les conquêtes, le pouvoir et le règne pouvaient ponctuer leurs conversations. Temps révolu. Balian se souvenait pourtant parfaitement bien de ce jour où il l'avait poussé à se trouver lui aussi son royaume. Et maintenant, où en étaient-ils, eux qui il y a quelques siècles discutaient de domination comme on parlait de la pluie et du beau temps ? Lui qui l'avait accueilli à Moïsmasem ne pouvait que s'embarrasser face à la situation actuelle. C'était le jour et la nuit. L'humiliation. La chute. La fin. Balian passa la main dans ses cheveux avant d'écraser son mégot sur le bois de la chaise. Est-ce que toutes leurs actions les avaient menés à ce jour précis ? À cette coalition, cette paix branlante entre les races, cette crainte de Tullamore ? Depuis des siècles qu'il vivait, était-il destiné à ce présent précis ? Il était vrai que souvent, il se demandait si les choses auraient pu se passer autrement. Si d'autres choix auraient pu changer les choses, et sauver son royaume, River Crow, et par la même occasion, Léandre. Léandre, cet idiot incurable. Balian aurait pu l'étriper sur place, s'il voulait, il en était certain, il ne lui aurait suffi que de quelques instants pour lui arracher la tête et l'achever, là, maintenant, ici, dans cette pièce. Il pinça les lèvres en dévisageant l'ex-souverain, avant de secouer doucement la tête dans un tic désapprobateur. Il en était sûr. Il y aurait pu avoir d'autres choix. D'autres avenirs.

« T'es vraiment le roi des cons, Léandre. »

Malgré tous ses ressentiments, il avait pris la peine de lui parler en français. Parce qu'il savait que Léandre était attaché à cette langue, que lorsqu'il le voyait, autrefois, en Palestine, le roi des vampires usait toujours de la langue de Molière. Parce que c'était plus confortable pour Léandre ? Il n'en savait rien. Toujours est-il que malgré son humeur changeante et son regard mauvais, Balian se tenait là, près de son ami, à essayer de ne pas se dire qu'il s'agissait peut-être de ses derniers moments.

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- Léandre McGuinness & Balian de Lusignan -




La maladie. Je vivais avec depuis quelques temps. Elle faisait désormais partie de mon quotidien, partie intégrante de mon être. Comme une gangrène qui se propage. Seule l’amputation pourrait la stopper. Elle était mon fardeau, j’étais responsable de tout et je le savais. Théodore m’avait contaminé dans l’espoir que j’anéantisse mon peuple. Pari risqué, mais pari réussi. Il ne m’avait fallu que quelques jours pour contaminer le premier vampire, qui contaminé à son tour le second, et ainsi de suite. Un effet domino, l’effet en chaine. Comme propager une épidémie en un temps record. Je n’avais rien compris. Je n’avais rien vu venir. Jamais personne n’avait pensé cela possible. Mais pourtant. Pourtant l’homme avait trouvé le moyen de détruire tout un peuple en un claquement de doigts. Pas besoin de faire le sale boulot, pas besoin de se salir les mains. Il avait juste eu besoin d’un peu de matière grise et de quelques échantillons bien planqués dans un laboratoire doté de méthodes de recherches dernière génération. Théodore, en plus d’être un sadique sans nom, était intelligent. Sans doute bien plus futé que la moyenne. Et il avait réussis là où personne ne pensait la chose ne serait-ce que plausible. Si ça n’avait pas touché ma race, j’aurais pu trouver ça ingénieux, parfait, un coup de maitre. Mais étrangement, je ne voyais pas les choses comme ça. Je pensais comme ces hommes que j’avais jadis torturé, enfermé, massacré. Comment peut-on être aussi…Cruel ? Et je pense que pour la première fois depuis des années, des siècles même, j’avais peur. J’étais paniqué, terrorisé, complétement désorienté. Et je ne pouvais rien faire d’autre que de vivre avec ce fléau, et surtout, avec la responsabilité de tous ce massacre sur les épaules. Il l’avait créé. Mais moi… Moi, je l’avais propagé.

Pourquoi j’avais fait ça ? La question on me l’avait trop posé. Si ça n’avait été moi ça aurait été lui. Et lui, ce n’était tout simplement pas possible. Impensable. Ca l’aurait tué. Ca l’aurait décimé sans même qu’on ne puisse avoir le temps de comprendre. Et aussi égoïstement que cela pouvait être, je préfère mourir que de devoir vivre sans lui. Wellan. Mon frère. Mon tout. L’amour que je lui avais toujours porté été irrationnel, ce genre d’amour passionnel qui au final nous détruisait bien plus qu’il ne nous aidait. On se consumait, de jour en jour. Depuis que je le connaissais, pas une seule fois je n’avais cessé de l’aimer. Et même quand nous nous faisions la guerre, je ne pouvais m’empêcher de le protéger, de le préserver. A y voir plus loin, oui, je l’avais toujours fait. J’aurais pu détruire sa fondation en un claquement de doigts. Mais je n’ai rien fait. Je l’ai laissé mener ses hommes, je l’ai laissé les nourrir de faux espoirs. Je l’ai laissé me maudire, me détester, m’assassiner. Je lui en ai voulu mais pourtant. Pourtant j’ai toujours pardonné. Et j’ai toujours su au fond de moi que je ne supportais pas l’idée que l’on puisse le toucher. Lui faire du mal m’était impensable. Je m’u refusais catégoriquement. Alors quand nous étions là-bas, la question, je ne me la suis pas poser. Je me suis donné pour qu’on le laisse tranquille. J’ai laissé Théodore me torturé, me violer, me blesser, me réduire au stade de rien pour que jamais on ne lui fasse de mal à lui. J’encaissais, comme je pouvais, souffrant en silence, me convainquant au fond de moi que je me repentisse du mal que j’avais pu lui faire. Me repentir. Tu parles. J’avais arrêté de prier et de croire en Dieu depuis bien des décennies.

Mais tout ça, je l’avais fait pour lui. J’ai toujours fait les choses dans son intérêt. Il n’en n’avait pas conscience avant ça, mais pourtant, c’était le cas. Et tout ce que je voulais désormais c’était la paix. Avec lui. Pouvoir l’aimer sans plus me haïr de le faire. Peu importe le prix, peu importe comment lui me regardait. Personne ne comprendrait jamais. Mais c’était à ça que je me rattachais. A ça que je me raccrochais. Ca me donnait la force de continuer d’avancer et d’y croire encore. Y croire, comme si c’était toujours le cas ? Enfermé dans mes appartements, pratiquement dans le noir, éclairé par de pauvres chandelles qui dansaient au rythme du courant d’air et qui menaçaient de s’éteindre dans la seconde, j’étais là, assis sur mon fauteuil, cigarette en main et verre de whisky dans l’autre, j’essayais d’arrêter de penser. D’arrêter de me prendre la tête et d’accepter les choses comme elles étaient. J’étais las. Fatigué. Exténué de toujours m’inquiéter pour les miens. Je me sentais seul, incompris. Mais ça, est-ce que c’était vraiment différent de ce que j’avais avant ? Qui avait déjà été capable de me comprendre vraiment ? Balian ? Vladimir ? Callan ? Même de ça j’en doutais. Mais ça n’avait plus vraiment d’importance de toute manière. J’avais ce sentiment que mes jours étaient plus que comptés, et pour la première fois depuis ma transformation je me sentais… Mourant. Et ça me faisait peur. Après plus de 953 ans de vie on peut penser que ce n’est pas grave. Mais je n’avais pas envie de mourir. Pas comme ça, et même si je m’en cachais, j’étais terrorisé à l’idée de partir, bien que désormais je savais que je n’y échapperais pas. Jayden pourrait trouver un remède. Oui, il le pourrait. Mais dans combien de temps ? Le vaccin contre la peste ne s’était pas trouvé en quelques mois, alors là… Je n’osais imaginer. Je devais simplement me contenter d’attendre, attendre, et espérer aussi.

Attendre que le temps passe et trépasse. Perdu dans les méandres de mes pensées, je crois que je ne t’ai pas entendu entrer dans la pièce. Ou bien, je n’ai pas réagi en tout cas. J’avais envie d’être seul, mais je mentirais si je te disais que je n’étais pas content de te voir. Bien au contraire. Ta présence me ferait du bien, bien que je savais que t’allais encore me sermonner. Comme tu le faisais ces derniers temps. Salut et t’as une sale gueule, furent les seuls mots que tu as trouvé à me dire. Etrangement, ça m’a fait sourire. Je t’ai regardé t’assoir, là, sur une chaise, en face de moi. Je savais que tu faisais semblant, mais ne me ment pas mon ami, je te savais bien plus inquiet que tu ne voulais le prétendre. On se connaissait depuis le temps. Mais qu’est-ce que tu voulais que je te dise ? Que j’étais désolé ? Non. Ce n’était clairement pas le cas. Je n’étais pas désolé de ce que j’avais fait. Encore moins de mon sacrifice pour sauver mon frère. Voyons Balian, on savait tous les deux que tu en aurais fait de même pour les gens que tu aimes. Hamid… Stacey… Toi et moi on s’était toujours ressemblait bien plus qu’on ne le pensait. C’était toi qui m’avait poussé à conquérir River Crow. Croisant les jambes, j’ai tiré une taffe sur ma clope, recrachant la fumée en l’air avant de dire légèrement à ta réplique. Non. Tu avais raison. Wellan n’était pas toujours très drôle en son genre, mais il était de bonne compagnie. Je sais que tu ne le porte pas dans ton cœur. Mais il est mon frère. C’était comme ça. Et dans le fond, j’avais traversé bien plus avec lui que je n’avais traversé avec toi. C’était une évidence. Ce genre de relation comme on le dit, tu sais, à la vie, à la mort, et blablabla. C’était comme ça. Et même si tu refusais de comprendre, je n’avais pas l’intention de l’abandonner. Jamais je n’en n’aurais la force.

« A dire vrai je ne suis pas convaincu d’être un peu plus loquace que lui en ce moment. Si tu savais ce que je ne donnerais pas pour… Avoir la force de tirer un coup. »

J’essayais de faire de l’humour, de dédramatiser la situation bien que je savais la chose compliquée. Ta dernière réplique en était la preuve. Le Roi des cons. Sans doute. C’est toujours mieux que le Roi de rien du tout. J’ai pourtant souris, essayant de te rassurer comme je pouvais, avec ce que j’avais. Ce n’était pas grand-chose mais je pouvais au moins faire ça. Puisant dans le peu de force que j’avais je me suis levé, me glissant jusqu’au bar pour te servir un verre d’un bon whisky. Le bon whisky, ça se faisait rare par les temps qui courent, mais j’en trouvais toujours. Enfin, on m’en apportait toujours. Je buvais presque que ça, refusant de me rationner en sang, refusant de me nourrir, donnant mes doses à des gens qui en avaient bien plus besoin que moi. J’avais encore un peu de force. Alors ne t’en fait pas mon ami, je ne vais pas m’envoler dans un nuage de fumée. Pas pour l’instant. Je suis revenu vers toi, te tendant le verre avant de me laisser retomber sur mon fauteuil, m’allumant encore une cigarette, regardant désespérément le paquet qui se vidait à vitesse grand V. Je n’allais pas mourir d’un cancer, mais je me disais qu’il serait sans doute mieux que je ralentisse la cadence. Mais tu vois, fumer, boire, c’est tout ce qui me restait. Alors je consommer. Et sans modération tu peux me croire.

« Le Roi des cons. J’vais pas te dire le contraire. Mais qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Que je regrette ? On était tous foutu dès lors que la première bombe à toucher River Crow de toute manière. Mais je vais m’en sortir. Enfin… Je crois. »

Mes lèvres se sont étirées dans un rictus presque faux, stressé, limite angoissé. Je ne sais pas si j’essayais de me convaincre ou si je mentais. Mais je savais que j’avais vraiment peu de chance de m’en sortir. Tirant sur ma clope je me suis rassis dans le fond de mon fauteuil. Te toisant, le visage fermé, complétement exténué par toute cette histoire. T’avais raison. J’avais vraiment une sale gueule. Je faisais peur à voir même.

« Jamais je n’aurais pensé dire ça un jour mais j’aurais grand besoin de l’aide de Tybalt. Beaucoup disent que c’est le fait d’avoir son sang dans les veines qui me tient encore en vie. Alors imagines si je pouvais boire de son sang. Ca me sauverait bien la mise. »

Tybalt. Ca me faisait mal au cul de repenser à lui, mais c’était une évidence. Pour une fois, je crois, que j’avais besoin de son aide. Je me sentais dépérir, et il était inutile de me mentir. J’étais clairement en train de m’éteindre à petit feu. Je le sentais de plus en plus, c’était une évidence.



©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach



March of Mephisto
I am the thorn in your side that seeks accomplishment reminding the mortal of death. I am the spore of your pride, an angel heaven sent. The master of all. You know just who I am. Don't be so distant, cause when you're lost, I am solely there to share your grief. Wailing for your sorrow is only my way to comfort you. Reminders of innocent youth, waiting for morrow. You're lonely. I name your solitude, I speak the truth.
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Balian & Léandre

« Évidemment ! »

Balian pinça les lèvres. Il se rendit compte qu'il avait brusquement haussé le ton, un véritable cri du coeur. Il détourna la tête pour se donner l'air indifférent et tenter de reprendre contenance, même s'il se doutait qu'il venait de perdre sa crédibilité auprès de Léandre. Il haussa les épaules avec un flegme calculé.

« Évidemment que tu vas t'en sortir. Il ne saurait en être autrement, Léandre. Si tu meurs, Wellan va devenir insupportable et ne compte pas sur moi pour le consoler. », Reprit-il d'une voix plus calme en redressant légèrement le menton avec suffisance.

Deux ans d'apocalypse n'avaient visiblement pas suffi à mettre totalement à mal son arrogance de souverain. Lorsque l'on avait marché parmi les puissants pendant si longtemps, il était difficile de retourner à la simplicité humble du commun des mortels. Balian jeta un regard en coin à Léandre. Il savait bien que son ami ne faisait qu'être réaliste, que ce n'était qu'un avenir très probable que celui de sa fin... Mais il n'aimait pas ça. Et encore moins l'entendre de la bouche de Léandre lui-même. Luttant contre la furieuse envie de lui mettre une violente claque pour lui réaligner les neurones, Balian baissa les yeux sur son verre de whisky pour contempler pensivement le liquide doré. Nombreux étaient ceux qui aimaient se perdre dans l'ivresse pour oublier les soucis. Stacey s'y réfugiait un peu trop à son goût, d'ailleurs. Balian, lui, n'avait jamais été friand de ces substances. Il avait sa manière à lui de se défouler. Un bon massacre, quelques cascades de sang et un peu de torture faisaient disparaître les soucis en un instant. S'il appréciait l'alcool à petite dose, il ne buvait jamais au point d'en être saoul. Balian lui-même ignorait à quoi il ressemblait sous l'emprise de l'alcool. Joyeux ? Violent ? Triste, peut-être. Dangereux, certainement. Sans ses inhibitions, le roi de Moïsmasem serait certainement à craindre. En temps normal, il était déjà instable et imprévisible, alors... Nul doute qu'il valait mieux pour tout le monde qu'il garde le contrôle. Balian renversa la tête en arrière pour vider son verre avant de poser son regard sur Léandre.

« Tybalt, hein... » Souffla-t-il, pensif. « C'est grâce à lui que tu t'es élevé. Son sang t'a donné le pouvoir de t'établir souverain de la race. Et aujourd'hui, Léandre ? » Le questionna-t-il en pointant un doigt vers lui, désignant sa silhouette malade et affaiblie, lui le fils de Caïn, le roi des vampires. « T'a t-il sauvé ou t'a t-il condamné ? »

Balian voulait bien croire que le sang de Tybalt avait sauvé Léandre d'une mort certaine. Mais si ce n'était que pour le maintenir faiblement en vie jusqu'à son dernier souffle dans quelques semaines, peut-être aurait-il mieux valu qu'il en meure tout de suite. Balian ne voulait pas de l'espoir mince et incertain d'une guérison miracle. Il voulait des résultats. Tout de suite. Sur le champ. Lui qui pourtant avait vécu plusieurs siècles vivait les jours comme des années, ces derniers temps. Tout allait trop lentement à son goût. Ou trop rapidement, parfois. Il ne supportait pas de voir les recherches pour un remède s'éterniser là où il n'avait suffi que de quelques secondes pour la chute de River Crow. Leurs rangs s'amenuisaient. Les ressources s'épuisaient. La fin approchait, qu'ils le veuillent ou non. Combien de temps encore avant un autre drame ? Avant que Stacey ne finisse par payer de sa vie son impudence ? Balian ne le supporterait pas. L'idée-même lui donnait envie de tout détruire autour de lui. Il passa la main dans ses cheveux en pinçant les lèvres et s'alluma une autre cigarette pour tenter de chasser ces idées noires. Il irait chasser un peu en sortant. Rester trop longtemps inactif lui donnait trop souvent l'occasion de ruminer son angoisse et ses craintes. Il n'osait pas imaginer à quoi devait ressembler l'intérieur du crâne de Léandre. Enfermé et malade... Il en serait devenu dingue, à sa place. Pas étonnant qu'il en devienne pessimiste.

« Tu vas guérir, Léandre. Avec ou sans le sang de Tybalt. » Lui affirma Balian en rivant son regard déterminé sur le visage de son ami. « Tu ne peux pas mourir. Les laisser te tuer, toi. » Asséna-t-il d'un ton cinglant et d'une voix grave et froide.

D'un geste de la main, il désigna un des murs de la pièce, là où au-delà, bien loin du château, s'élevaient les bâtiments de Tullamore. Ceux qui avaient causé leur fin, et qui bientôt les tueraient tous, si ça continuait. Ceux qui avaient injecté le virus dans le sang de Léandre après l'avoir enfermé, battu et humilié. Ceux qui les maintenaient prisonniers de cette île. Balian était plein de haine et de fureur. Jamais il n'avait connu une telle situation, il n'avait pas l'habitude d'être l'opprimé. D'être le captif. La victime. Plus encore, savoir que ces hommes avaient blessé Stacey le mettait dans une rage sans nom. Il en tremblait de colère en pensant à Moïsmasem et tous ces vampires qui avaient dû périr quand l'organisation avait ouvert la chasse dans le monde entier. Hamid y avait échappé. Pour l'instant. Il le savait, sentait au fond de lui que sa chair et son sang, que son infant était toujours en vie. Pour combien de temps encore ?

« Ils ont ton infant. Ils t'ont pris ton royaume. Ils ont ton peuple sous leur joug. » Énuméra calmement Balian, d'une voix d'où résonnait pourtant toute sa fureur contenue. Il prit quelques secondes pour souffler des volutes de fumée et réprimer cette colère qui ne demandait qu'à sortir. « Ne me dis pas que tu 'crois que tu vas t'en sortir'. Tu vas t'en sortir, Léandre. Et ce que tu as vécu, en comparaison de ce que tu leur reprendras, sera bien dérisoire... »

Il essayait de s'en convaincre en même temps. Il voulait y croire, à cet avenir. Il y croyait ! Balian savait pertinemment que rien ne serait plus jamais comme avant, mais ça n'empêchait en rien Léandre de se venger. Et même si River Crow ne ressusciterait pas, s'ils pouvaient se défaire de la menace Tullamore, Balian pourrait vivre en paix, retrouver son infant et transformer Stacey. Quoi qu'il en soit, l'organisation paierait son affront. Le Bourreau y comptait bien.

« Le sang de Tybalt coule en toi. Tu as cette force. Je ne te parle pas de conquête ni de lutte pour le pouvoir, mon ami. Je te parle de vengeance. »

Un coup donné pour cent coups rendus. Balian était rancunier et il n'oubliait jamais. Jamais un seul affront ne restait impuni, avec lui. Du temps de River Crow, on savait le craindre et on connaissait son tempérament sanguin et sauvage. Voilà une chose qui n'avait pas changé, en deux ans. La rage de Balian et sa volonté de se battre n'avaient rien d'honorable. Il ne pensait qu'à ses intérêts et ses sentiments personnels. Le sort de la race des vampires était secondaire. Ses envies de meurtre étaient guidées par la rage et les ressentiments plutôt que l'héroïsme ou quelconque noblesse du genre. Balian l'assumait totalement. Il voulait d'abord détruire. Ensuite, il aviserait.

« Fais-leur payer. Et quand ils auront payé, fais-leur payer encore.  Ensuite seulement, tu pourras tirer ton coup. » Lui dit-il avec le plus grand sérieux du monde. « Pour l'instant, contente-toi de survivre et épargne-moi cette mentalité de victime. Tu me donnes envie d'égorger tout un village et tu sais très bien que c'est impossible. Les humains des limbes ont gagné leur passe-droit "je n'ai pas à craindre les canines de Balian". Tsk. »

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I Start to feel sick
- Léandre McGuinness & Balian de Lusignan -




Je vais m’en sortir. J’essayais de m’en convaincre, d’y croire, de me dire que malgré la situation je n’étais pas totalement foutu. Je voulais survivre. Pour me venger, pour les détruire, pour récupérer ce qui avait été mien. Oh que non, je n’aspirais plus au pleins pouvoir. Je n’aspirais plus à l’oppression que j’avais exercé sur l’homme. J’aspirais à bien plus. La chute d’une nouvelle ère. La chute d’un nouvel empire. La chute de Tullamore, de tous ces hommes qui traquaient, chassaient à l’extérieur pour nous enfermer comme de la vermine à l’intérieur de ces murs. La chute, la perte de tout ce qu’ils avaient construit. J’avais beaucoup appris, en très peu de temps. L’homme avait toujours été perfide, sans limite, sans doute bien pire que nous autres. Mais ce ne serait pas la race que l’on anéantirait. Non. Sauvegardant quelques élites, sauvegardant ce qu’il reste de ce qui est l’Irlande. L’Irlande se soulèvera, intégralement. Peu importe notre race, notre rang, qui nous sommes. Nous monterons une armée, et ensemble, nous retrouveront ce qui nous reviens de droit. Nous prendrons possession de l’Ile, puis de l’Angleterre. Polaris sera détruite. Englouti sous l’océan. De l’Angleterre nous progresserions au Sud. Le Danemark, l’Allemagne, l’Autriche, la France, la Russie. Puis viendra le tour de l’Asie, l’Australie, l’Afrique, et enfin. Enfin cette terre qui a fait de nous les putains d’un nouveau gouvernement. L’Amérique. Ca semblait utopique, mais je savais, je savais que si nous arrivons à tous nous unir nous y arriverons. On reprendra ce qui nous revient de droit. Et on reviendra qui nous étions.

Tu récupèreras Moismasem. River Crow sera reconstruite et deviendra le siège de tout un régime. Nous serons juste, nous serons bons, mais nous rendrons au centuple la souffrance à qui nous l’a donné. J’avais beaucoup appris, oui. De Wellan, de mon passé, de la crainte de l’homme aussi. Car la crainte, c’est ce qui les ont conduits à nous enfermer là. Libre à nous de leur prouver qu’ils ont tort. Comme nous le faisons maintenant avec la Coalition. Tu peux trouver ça frustrant, ridicule, mais voyons mon ami, toi-même sait que ce n’est que de la politique. Attirer la sympathie des gens, leur compassion, pour les avoir dans nos rangs. Regarde ce que nous avons réussis à monter. Ce n’est rien, pas grand-chose, mais au moins, entre nous, nous sommes en paix. Et crois-moi mon ami, Tullamore en fait déjà suffisamment assez pour savoir que cette paix, ce calme, on en a tous besoin. Parce que seul on n’arrivera jamais à rien, elle est là, la dure vérité. Aujourd’hui nous sommes les persécutés, mais demain qui y aura droit ? Les loups ? Les sorciers ? Les Goules ? On n’en sait rien. Alors tu as beau tenté de me rassurer sur ma potentielle survie, je n’en fais pas ma priorité. Bien que tu as raison sur un point, j’ai vécu, je connais les hommes, et les nôtres auront besoin de moi, de mon savoir pour se venger, mais tu es là toi aussi. Toi, Wellan, ensemble on va s’en sortir. J’ai relevé mes yeux fatigués pour te regarder. Tu semblais inquiet. Inquiet de mon sort et crois-moi, ça me réchauffer de l’intérieur. J’aurais voulu pouvoir te réconforter toi, te dire que oui, j’allais survivre, mais je restais beaucoup moins positif que toi.

La maladie, je la sentais couler en moi, je la sentais me consumer de l’intérieur, elle me rendait tellement négatif, tellement plus sûre de rien. Pourtant j’ai sourie encore une fois, content de constater que malgré la situation tu restais tout simplement toi. Tirant sur ma cigarette je me suis retenu de tousser, buvant une gorgée de whisky pour faire passer cette sensation de tiraillement dans la gorge. Oui, tu avais raison, on leur fera payer au centuple tout ce qu’ils nous ont volé. Je récupérerai Graydon, Jayden finira par trouver un remède, et on sortira tous vivants de cet enfer. J’avais envie d’y croire. Fallait simplement que je retrouve la force de me battre, la force de me relever, d’avancer et d’arrêter de me penser mort. Parce que non, mort, je ne l’étais pas encore. Et c’était à ça que je devais me raccrocher. A ça et à l’espoir que vous continuez tous d’alimenter. A vos efforts pour tenter de me garder en vie. Toi, Wellan, Lahja, Jayden, tellement essayaient. Je n’avais pas le droit de mourir, juste par respect pour toute l’énergie que vous mettiez à me préserver. Alors oui tu avais raison, il ne fallait pas que je joue les victimes, il ne fallait pas que j’en devienne une. Mourir en martyr, tu parles d’une fin. Ce n’était et ne sera pas la mienne en tout cas. Vidant mon verre cul sec je me suis relevé, avec peine, me trainant jusqu’au frigo pour nous sortir des poches de sang. Ca faisait combien de temps que je ne m’étais pas nourris ? J’en sais rien. Ca aussi, si Wellan savait que je distribuais mes poches aux plus nécessiteux des nôtres il me tuerait sur place. Je t’en ai tendu une, revenant prendre place sur mon fauteuil, ne tenant à peine debout. Sans déconner, je me faisais peur à voir, ne va pas me dire le contraire.

« Les humains des limbes peut-être cela dit Tullamore ne l’ont pas eu, leur passe-droit. Et je sais pas toi mais je trouve que leur sang n’est pas si dégueulasse que ça. A la source il n’en est que meilleur. »

Je t’ai lancé un clin d’œil amusé, entamant ma poche de sang encore froide. C’était dégueulasse pour tout te dire. Le sang encore tiède fraichement tiré de la gorge d’un humain me manquait terriblement, je mentirais si je prétendais le contraire, mais on avait besoin des humains des limbes. Certains avaient vécu à River Crow, ils étaient redoutables. Ne les sous estimes pas, nous aussi, nous les avions combattu ensemble durant une époque pour le moment révolu. Certain nous aidait déjà, certain prenaient part au combat. Comme Killian, comme l’ancienne infirmière d’Ezeckiel, Penny. A nous de prendre sur nous pour les respecter comme il se doit. Nos anciens ennemis sont devenus nos alliés. C’est comme ça. Le temps avance, il change, il évolue, et malgré nos âges, nous sommes obligés de nous y accommodés. Et toi aussi. Je savais combien cela pouvait être dur pour toi, mais je te faisais suffisamment confiance pour savoir que ces efforts tu les faisais déjà depuis longtemps. J’ai terminé ma poche de sang en grimaçant. C’était clairement infecte. Le sang froid coagulait, c’était plus gluant qu’autre chose. Presque aussi dégueulasse qu’un café froid. Pour tout te dire, c’était à en gerber, mais on faisait comme on pouvait avec ce qu’on avait. Laissant tomber la poche vide sur le sol, je me suis rallumé une clope pour faire passer le gout. Ne me sentant ni mieux, ni remplis d’énergie. Mais tu avais raison, il était hors de question que je joue les victimes devant toi. Tu n’avais pas besoin de ça. Loin de là.

« Pourquoi tu ne viens pas t’installer ici avec… Stacey c’est ça ? On a tous ce qu’il faut. De la nourriture, un toit, de l’eau chaude. Pourquoi tu t’exile comme ça ? Pour être tout à fait honnête avec toi, quand je te regarde je me demande qui d’entre nous deux est le plus mal. Toi ou moi ? Sois sincère avec moi, comment tu vas ? »

Que oui tu pouvais parler de moi, de ma faiblesse, de ma potentielle survie mais regarde toi mon ami. Tu semblais aussi affaibli que moi. Je t’avais vu t’exiler avec ton amant, choisissant limite la vie d’ermite plutôt à celle que nous avions ici. Je te le l’accorde, ça puait la mort et l’atmosphère qui régnait en ces lieux était loin d’être celle de River Crow, mais au moins, nous n’étions pas si mal. Certains d’entre nous avaient pris la décision de continuer à vivre, tout simplement. C’était tout ce qui comptait non ? Vivre, avancer, pour mieux se battre. Et se battre, tu venais de me le dire, c’était tout ce que tu voulais non ? Alors pourquoi rester tout seul ? Pourquoi ne pas venir ici, et enfin avancer ? Qu’est-ce qui t’empêchais de vivre Balian ? Qu’est-ce qui t’empêchais… D’avancer ?




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I am the thorn in your side that seeks accomplishment reminding the mortal of death. I am the spore of your pride, an angel heaven sent. The master of all. You know just who I am. Don't be so distant, cause when you're lost, I am solely there to share your grief. Wailing for your sorrow is only my way to comfort you. Reminders of innocent youth, waiting for morrow. You're lonely. I name your solitude, I speak the truth.
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Balian & Léandre


Balian fronça le nez et refusa net la poche de sang que lui proposa son ami. Sans rire, ça lui donnait presque la nausée. Quand il voyait l’eau perler sur les parois de plastique de la poche froide, il en avait des frissons. Il entendait presque le clapotis étouffé du liquide visqueux à l’intérieur. Balian en imaginait tout à fait le goût et la texture, il le sentait couler sur les parois de sa gorge et il serra les dents, mâchoire tendue. Il en avait déjà bu un jour. Du sang en poche plastique. Ces rations de survie qu’on distribuait dans les banques de sang où les vampires faisaient la queue comme des nécessiteux. Il en avait déjà bu un jour. Un jour où il était affamé, où les proies se faisaient rares, où il était proche du point de non-retour s’il n’avalait pas quelque chose. Il en aurait vomi, s’il avait pu. Le goût métallique et salé du sang était amoindri par sa froideur moite. Il était plus sirupeux. Si fade. À gerber. Rien que d’y repenser, il en était horripilé. De toute façon, Léandre avait visiblement bien plus besoin de se nourrir que lui. Balian, de son côté, irait chercher son repas ailleurs. Il le préférait chaud et frétillant, vivant et en bonne santé. Avec un peu plus d’empathie, il aurait bien volontiers pleuré sur le sort de Léandre, qui lui semblait condamné à subir ces vulgaires poches de sang en guise de nourriture. Il se sentait désolé pour lui, et en même temps et assez cruellement, tellement reconnaissant de ne pas être à sa place. Fidèle à lui-même, le roi des vampires fit pourtant preuve d’un brin d’humour qui fit sourire Balian. Évidemment que tous les humains n’étaient pas protégés par le traité… Et heureusement.

« Je devrais peut-être t’en apporter un ici, un de ces jours… De la viande fraîche, ce ne peut être que bénéfique pour ton régime. Après tout, c’est peut-être cette merde en poche plastifiée qui t’empêche de recouvrer tes forces ? »

Allons bon. Voilà qu’il s’improvisait maintenant diététicien prônant le régime sang frais… Cela dit, c’était son régime et pour le moment, il se portait comme un charme. Bon, s’il voulait être honnête, il allait peut-être un peu moins bien qu’avant la chute de River Crow. Le temps où il buvait à foison et plus que de raison était révolu. Ses forces s’étaient quelque peu amoindries mais il n’était pas malade, c’était probablement là le plus important. Ils avaient besoin du plus de vampires en bonne santé possible, pour lutter contre Tullamore. C’était la loi de la jungle, celle que Balian avait toujours connue et qui était presque un crédo à ses yeux : la loi du plus fort. Et l’union faisait la force. Il en était bien conscient. Il avait connu plusieurs guerres et dirigé un royaume. Tout comme Léandre, il était un politicien… Un dirigeant. Et un dirigeant seul ne valait pas grand-chose. Il lui fallait un peuple. La force du nombre était indéniable. C’était celle qui leur permettrait de renverser l’ordre des choses et reprendre leur place, Balian en était certain. Il ne pensait presque qu’à ça, quand il n’était pas occupé par Stacey. Sa vie gravitait autour de quelques obsessions bien marquées. Le sort des vampires. Son humain. Tullamore. Il alternait entre l’une ou l’autre fixation, jonglant entre la colère, la luxure et l’inquiétude, quand ce n’était pas l’excitation, la haine ou l’angoisse. Balian était cet océan de sensations, d’émotions diverses qu’il ne savait souvent pas contrôler. Pourtant, depuis deux ans, il s’appliquait à garder cette routine aux côtés de son mortel, comme un repère, une bouée de sauvetage dans ce monde qu’il ne reconnaissait plus. C’était peut-être pour ça qu’il ne voulait pas rejoindre Léandre et les autres vampires au château ? Il ne savait pas trop. Il fut d’ailleurs bien surpris que son ami s’en inquiète et aborde le sujet.

« Oui. Stacey. C’est ça. » Répondit-il d’abord. « J’ai l’air d’aller mal ? », Se contenta-t-il ensuite de répliquer en haussant les épaules, comme une esquive à cette interrogation fâcheuse.

C’était étrange. Il ne s’était jamais posé la question. Comment allait-il ? Bien ? Mal ? Tant que Stacey était en vie et à ses côtés… Il supposait que ça allait bien. Mais Balian avait beau être instable et imprévisible, il était loin d’être stupide et il savait observer. Stacey semblait… Différent, dernièrement. Plus pensif, peut-être. Savoir que son humain réfléchissait autant l’inquiétait. Cela ne présageait rien de bon. C’étaient des réflexions qui avaient emporté Stacey loin de lui, du temps de River Crow. Et si ça se reproduisait ? S’il se réveillait une nuit dans un lit vide et qu’il attendait le retour de Stacey sans fin ? S’il se rendait compte que son amant avait mis les voiles encore une fois… Définitivement ? Il en deviendrait fou. Et il était déjà cinglé. Le résultat ne serait pas beau à voir. C’était bien pour ça que Balian était un être d’instinct. Trop réfléchir menait à ce genre de réflexions. À des idées noires, à des prémonitions morbides, à des craintes trop réelles pour qu’il puisse les oublier facilement. Il ne pouvait pas parler de ça à Léandre. Il aurait l’air ridicule, et il avait encore un peu de fierté à conserver.

« Stacey n’a besoin que de moi. On est bien, ensemble. Et je crois que vivre ici lui rappellerait trop River Crow. » Balian savait que Stacey avait besoin de sentir qu’il n’était plus esclave. Il le lui disait même parfois. « Il ne me suivrait jamais ici. »

Et Balian ne viendrait pas vivre ici si Stacey ne le suivait pas. Alors il se contentait parfaitement de cette vie à deux. Sans aucun vampire pour tourner autour de son humain, sans rien pour nourrir les inquiétudes de l’ex-esclave qu’était Stacey. Du moins, il s’en contentait… Pour le moment. Jusqu’à quand ? Jusqu’à ce que le mortel finisse par succomber à un Tullamore lors d’un de ses raids à l’extérieur ? Ou jusqu’à ce que l’humain décide de finalement faire ses valises pour le quitter ? Balian préférait le savoir mort que loin de lui, et en même temps, il en mourrait de chagrin, de le tuer… Il ne voulait pas que ça arrive.

« Je vais le transformer, tu sais. » Confia-t-il à Léandre, comme si cela pouvait donner plus de réalité à ses projets. « Un jour. » Ajouta-t-il pour ne pas avouer qu’en fait, il ignorait totalement quand. « J’ai de grands projets pour lui. Il faut simplement que je me débarrasse de quelques obstacles avant. »

L’obstacle en question avait un nom et des liens de parenté avec Stacey… Balian avait fait l’erreur de le laisser en vie pour ne pas chagriner son mortel, mais il s’en mordait les doigts. Il passa la main dans ses cheveux en soupirant. Balian se sentait ridicule quand il prenait conscience de la situation. Lui, isolé avec un humain, vivant avec lui… Cela ne lui ressemblait pas, surtout quand il laissait entrevoir, volontairement ou non, son impuissance. Etait-ce si évident, pour que Léandre lui pose ces questions ? Le roi des vampires n’était pas le seul à avoir perdu de sa superbe. Balian De Lusignan avait été aussi un peu amoché par la violence de ces dernières années. Il fallait qu’il se reprenne en main, mais face à Stacey, il perdait ses moyens. Il ne pouvait pas l’avouer à Léandre. Avouer que son futur enfant le tenait sous son joug. Avouer que lui, le roi de Moïsmasem, était complètement sous le pouvoir d’un simple mortel.

« L’eau, la nourriture, un toit. Nous avons tout ce qu’il faut, mon ami. Ne t’inquiète pas. Pense à ta santé avant de penser aux autres. » Il recentrait mine de rien la conversation sur Léandre. « Le plus important, c’est ta guérison. A ce propos, comment avancent les recherches pour un vaccin ? Nous n’avons pas le luxe d’attendre plusieurs années pour un remède. J’espère que tes médecins se bougent. »

Balian était tout à fait conscient qu’un vaccin ne s’improvisait pas en trois jours, mais contempler son ami dépérir sans rien pouvoir faire le mettait sur les nerfs. Il avait envie de qualifier tous ces scientifiques d’incapables tant il était à fleur de peau. Lui qui pourtant ne croyait pas aux contes de fées attendait le miracle inespéré. Un jour, peut-être. Mais ‘un jour’, c’était trop abstrait, et en attendant, Léandre continuait de mourir à petit feu.


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- Léandre McGuinness & Balian de Lusignan -




Balian, ou ta capacité à cacher au monde entier ton dénis. Tu semblais aussi largué que moi. Toi non plus, tu ne comprenais pas sans doute pas comment des hommes tels que nous ont pu tomber en si peu de temps. Nous. Les anciens hauts dirigeants de notre race. Wellan, toi, moi. Nul ne sait ce qui est advenu de Vladimir, encore moins du Sforza. J’espère simplement pour eux qu’ils ont eu le temps de prendre la fuite pour former une offensive. Je l’espère, oui, que là, quelque part dehors, nos frères et nos sœurs encore libres tentent de trouver une solution à tout ce merdier. C’est ce qui me fait tenir tu vois. De me dire que quelques parts on essaye de trouver une solution pour nous sauver. Bien que malgré moi, j’en doute fortement. Trop nombreux étaient ceux qui convoitaient ma place. Ne soyons pas naïf. Même mes plus proches alliés on s’en doute un jour songeait à me trahir. Qui ne l’aurait pas fait ? Sans doute toi. Mais toi, crois-moi, cette amitié qui nous lis depuis bien des siècles est unique en son genre mon ami. Je peux la lire, cette inquiétude, là, dans la profondeur de ton regard. Celle qui me fait savoir que non, en effet, toi, tu ne m’aurais jamais trahi. Peu importe les circonstances. Et ça me fait du bien si tu savais. Peut-être bien que c’est pour cette raison que j’aimerais te savoir là, avec moi, sous le même toit. Peut-être que j’ai besoin de toi. Wellan ne me laisse pas, mais tu sais comment est mon frère. Il m’en veut tu sais. D’avoir fait ça. Peut-être bien parce qu’égoïstement il se dit que si je meurs il ne s’en relèverait pas, un peu comme moi si lui meurt. M’enfin, c’est comme ça, tu sais ce qu’on dit, le mal est fait, et maintenant, je ne peux que vivre avec, c’est tout.

Mais je comprends, ne t’en fais pas. Je comprends les raisons qui t’oblige à rester loin de ce château. Tu me parles de lui, de Stacey. Je sais, je comprends ce qu’il représente pour toi-même si ça semble parfaitement te dépasser. Balian de Lusignan ressentant enfin des sentiments. Comme quoi que tout peut arriver un jour. Je pensais que jamais personne n’arriverait à détrôner Hamid, ce petit a qui tu as légué ton royaume pour venir vivre ici, en Irlande. Cela dit je comprends qu’il ne veuille pas venir vivre ici. Les souvenirs de River Crow sont encore frais dans les mémoires de bien des gens. Et comment les blâmer bien que Tullamore nous ont fait connaitre une toute autre manière d’oppression. J’ai beau me dire qu’ils sont pires que ce système que j’avais imposé, je sais, que je n’ai pas fait que de grandes choses. Les crucifixions de Callan, les morts, les tortures, l’esclavagisme, la guerre, des souvenirs qui resteront impénétrables. Et je dois vivre avec. C’est tout ce qu’il me reste, bien que je l’admets, je donnerais n’importe quoi pour retrouver ma place. Cette place, qui me revient de droit, bien que certes, je ferais sans doute les choses différemment pour ne pas donner raison aux humains de penser que nous ne sommes rien d’autre que des monstres. Parce que non mon ami, nous sommes bien plus que ça et c’est à nous de leur montrer. Un jour, ils payeront le prix cher mais pas maintenant, alors raval ta rancœur envers ces dits obstacles. Je sais très bien de qui tu parles, et crois-moi si tu dérapes, c’est pratiquement une troisième seconde guerre mondiale que tu déclencheras et tu le sais. Même si j’avoue que tes réactions me font fortement sourire. Terminant ma poche de sang je me suis servis un verre de whisky pour faire passer le goût ignoble de la chose, m’allumant une clope par la même occasion.

« Fell’s et McGrath sont sur le coup. Ils ont toute ma confiance tu sais. Alors ne vas pas merder en te débarrassant de ton obstacle. Si le petit veux ce que toi tu veux, le grand devra faire avec et les moutons seront bien gardés. »

Mais tu avais raison, je le savais. Nous n’avions pas le temps devant nous. Nous n’avions pas des années, peut-être même pas des mois. En réalité, j’ignorais combien de temps il me restait, et j’avais beau faire comme si de rien n’était, je ne pouvais m’empêcher d’avoir peur. Malgré les âges, malgré les guerres, j’avais toujours survécu, même au pire. Et maintenant, maintenant ma mort me semblait éminente, et je la redoutais. Je n’avais pas envie de disparaitre, je n’avais pas envie de partir comme ça, de mourir. Je n’étais pas prêt pour ça. Tout ce que je voulais c’était vivre, quitte à disparaitre. Partir, avec mon frère, loin de ce monde, dans un endroit où personne ne nous trouverait. Faire comme Thybalt, allait me cacher dans les montagnes pour me faire oublier du monde. Je voulais continuer d’avancer, continuer de gouverner dans les esprits des miens. Moi aussi j’essayais de te cacher tout ça. De te cacher cette peur qui me rongeait, toutes ces interrogations, toutes ses suppositions. Oui, Fell’s était le meilleur dans son domaine, j’avais toute confiance en son savoir, mais je savais tout aussi bien que le scientifique se sentait dépassé par les évènements. Je savais qu’il ne comprenait pas d’où provenait la source de cette maladie qui nous rongeait. Et tant qu’il ne comprendrait pas, on serait mal barré. Je perdais espoir, malgré ce que je prétendais. Je n’avais plus espoir en rien. Alors je me cachais, derrière des sourires faux, derrière ces verres de whisky que je vidais plus que de raison, derrière ces faux airs du mec qui vivait les choses comme si ça n’avait pas la moindre importance. Mais au fond, c’était bien plus que ça. J’étais fatigué, exténué, j’avais mal, je souffrais le martyr. Cette sensation de me faire arracher les entrailles de l’intérieur, de suffoquer alors que je ne respirais plus depuis plus de 925 ans. J’allais mal. Elle était là, la vérité. Et j’ignorais si Jayden serait assez intelligent pour trouver la solution avant qu’il ne soit trop tard. Me voir encore en vie donnait de l’espoir. Mais si je mourrais ? Les choses seraient tellement différentes je le savais.

« Tu devrais le transformer ton p’tit. Même les immortels n’ont plus le temps de rien maintenant. Ne perds pas le temps que vous avez ensemble. On n’est plus sûre de rien de nos jours. »

Et crois-moi mon ami, j’en étais la preuve en grandeur nature. Fatigué, j’ai reposé ma tête contre le dossier du fauteuil, retenant une quinte de toux qui me menaçait. Une de plus. Encore. Préférant tirer sur ma clope pour faire style de rien alors que finalement j’ai laissé tout sortir. Toussant sans me retenir, avant de finir mon verre pour essayer de me calmer. Non, le temps nous manquait et je commençais à la comprendre. Alors ne vas pas le perdre avec des suspicions à la con. Parce que toi tu l’as encore, tout ce temps devant toi, mais pour combien de temps ? Regardes-moi, regardes-nous. Il y a encore trois ans on se pensait intouchables. Ce qu’on a pu être stupides, naïfs, et j’en passe. Tous les deux d’anciens rois, regardes ce qu’il nous reste désormais. Rien. Plus rien. Juste des ruines, juste des miettes de pain, seulement ce que l’on veut bien nous donner. Enfermés comme du bétail, séquestrer pour nous éviter de faire je ne sais trop quoi. Comme si nous n’avions pas le droit d’exister. Comme si, seule la race humaine, avait le droit de fouler cette planète. Ca me rendait encore plus malade quand j’y repensais. Venant m’essayer la bouche je me suis relever pour aller attraper une autre bouteille, la choppant faiblement par le goulot, ne tenant à peine debout, me rattrapant au coin d’un meuble pour m’empêcher de tomber par terre. Regards-moi sérieux, et dis-moi ce qu’il nous reste de notre suprême. Sérieux. Je fais peur à voir, ne dis pas le contraire.

« Le Roi est mort, vive le Roi ! Toi t’es encore en vie, alors profites. »

J’ai levé la bouteille en l’air, comme pour faire style de trinquer alors que je me suis laissé tomber le lit. Je n’avais plus la force de te cacher le réel fond de ma pensée. J’allais mal, j’étais en train de crever. Pourrissant de l’intérieur. Je pouvais la sentir, cette putain de gangrène qui prenait sa place partout, là, en moi. Alors fous moi-en une que je réagisse. T’étais le seul sur qui je pouvais compter. Wellan était là… Mais tu le connais. Lui, tellement solennel. Vas-y secoues moi mon ami que je réagisse. Parce qu’à ce rythme, je serais mort demain…



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Balian & Léandre


Balian pinça les lèvres. Il détestait l’idée que Stacey ait un grand frère qu’il apprécie. Il détestait l’idée que ce grand frère soit un scientifique surdoué. Il détestait l’idée que Léandre lui offre toute sa confiance. A croire que tout le monde était contre lui ! Cependant, il devait l’accepter… La guérison de Léandre était essentielle pour la suite des choses et il devait prendre sur lui. Il fondait malgré lui de grands espoirs sur les épaules de l’aîné McGrath. Il voulait s’assurer qu’il ne l’avait pas laissé en vie pour rien. Parce que ça devenait urgent. Parce que Léandre n’avait pas le loisir d’attendre des années, ni même des mois et peut-être – il le craignait – encore moins des semaines. Être un vampire et subir la pression du temps qui passe, c’était le comble. Balian avait foulé la Terre pendant des siècles et jamais les années n’avaient eu d’emprise sur lui. Il échappait, comme les siens, à la règle universelle du temps qui s’écoule et qui fait rouiller le métal, polir les pierres, le temps qui creuse les rides et emporte les vieillards… Non. Il était au-dessus de ça et s’était persuadé de l’être pour toujours, mais maintenant, il n’en était plus certain. Si Léandre pouvait subir la mort, alors qui pouvait y échapper ? Rien ne disait que le virus n’évoluerait pas. Rien ne disait qu’il ne puisse pas devenir volatile, contaminant l’air, se répandant comme une traînée de poudre dans Belfast puis toute l’Irlande, jusqu’à même s’échapper au-delà des frontières du mur… Et alors, sa propre fin viendrait aussi, lui, Balian, le Bourreau, le roi du premier royaume vampirique, l’un des plus jeunes Conseillers. Si les vampires disparaissaient, son nom disparaîtrait aussi et ils seraient oubliés pendant que les humains festoieraient sur leurs cendres. Il ne voulait pas de cet avenir-là.

« Ca va, j’ai compris. Je ne le tuerai pas. Je l’aurais fait depuis longtemps si je savais qu’il n’avait aucune utilité. » cracha Balian avec agacement.

Il se sentait plus qu’impuissant quand il mettait entre les mains d’un vulgaire mortel la survie de son meilleur ami. Certes, McGrath n’était pas seul à rechercher un remède, mais Balian ne pouvait s’empêcher d’être suspicieux à l’idée qu’un humain tente de sauver celui qui faisait régner la peur et la domination sur River Crow. Celui qui, indirectement, avait brisé son petit frère. Le vampire ne pouvait que se demander si ses intentions étaient réellement louables, ou s’il s’agissait d’un stratagème pour achever Léandre plus rapidement. Il tentait de chasser ses soupçons car Léandre avait confiance en lui, mais au fond… Il n’avait pas l’esprit tranquille. Cette paix était branlante, cette coalition tenait à peine debout. Balian gardait auprès de lui le cadet McGrath et il était bien conscient que la générosité de Killian n’était pas désintéressée. Sûrement y voyait-il un moyen de se rapprocher de son petit frère… De le lui reprendre. De le lui voler. Et Balian se retrouvait coincé. Coincé entre son envie de garder Stacey à ses côtés et coincé entre sa volonté de sauver Léandre. Le temps manquait trop pour se permettre de se priver du cerveau d’un scientifique. Stacey était, sans le savoir, la clé de voûte de cet équilibre précaire. C’en était presque ridicule. La situation actuelle était trop grave pour se permettre des disputes aussi futiles que celles-ci. Balian le savait et en même temps, il ne pouvait s’empêcher de garder jalousement un œil sur l’ancien esclave. Il avait posé son dévolu sur lui et exprimé son envie de le transformer, mais tant qu’il ne l’avait pas fait, il avait la désagréable impression que Stacey ne serait pas totalement sien. Il devait le faire. Il le savait pertinemment. Alors entendre Léandre lui confirmer qu’il devait se lancer lui donnait presque envie de lever les yeux au ciel. Il se contenta seulement de soupirer.

« Transformer Stacey, c’est une déclaration de guerre. Le grand frère ne me le pardonnerait pas et tant qu’il ne t’aura pas soigné, je ne peux pas me permettre d’agir à ma guise. »

Voilà pourquoi le mortel était si important. Balian ne voulait pas perdre son occasion de transformer Stacey, mais d’un autre côté, il ne pouvait pas gâcher ses chances de soigner Léandre. Il était forcé d’attendre, mais à trop patienter, le mortel risquait bien de filer en compagnie du frérot… Cette situation le rendait dingue. Ça lui faisait réaliser à quel point tout était plus facile, du temps de River Crow. Certes, il y avait les opposants et les rebelles, quelques tensions avec les esclaves, mais… Mais la situation de l’époque n’était pas aussi grave. Elle ne mettait pas en jeu la vie de Léandre. Balian pivota brusquement vers lui en entendant sa quinte de toux. Il le dévisagea d’un air presque perdu alors que chaque expiation du souffle de Léandre lui serrait un peu plus la poitrine. Il se sentait mal. Confus. Furieux. Dévasté. C’était comme le voir mourir un peu plus en direct. Balian déglutit, s’efforçant de reprendre contenance alors que Léandre se calmait en vidant son verre. Ses yeux sombres ne manquèrent pas un seul de ses gestes et il le regarda tituber faiblement. Il était pathétique. Qui aurait pu deviner que sous cette carcasse affaiblie et chancelante se trouvait le roi des vampires ? Il avait la prestance  ternie d’un vieillard malade, si bien que Balian se sentait presque embarrassé de le voir dans cet état. S’il y avait eu un témoin de la scène, il l’aurait tué pour ne pas lui laisser la moindre chance de raconter à quiconque à quel point Léandre était réduit à néant. Un peu plus et il n’aurait même pas osé le regarder dans les yeux alors qu’il levait une bouteille pour trinquer. Balian n’avait pas la force ni l’envie de se forcer à sourire par politesse. La scène, au contraire, titillant furieusement son agacement. Il en voulait à Léandre de se repaître dans son malheur comme ça.

« Bon sang, Léandre ! »

Il avait furieusement envie de lui prendre sa bouteille des mains pour la lui briser sur le crâne. Il aurait pu le faire, il en était certain, Léandre n’était pas en état de se défendre. Balian franchit en quelques pas la distance qui les séparait pour le toiser avec colère et une once de défiance. C’était parce qu’il tenait à Léandre qu’il se mettait dans des états pareils. La mort de Wellan, bien entendu, l’aurait perturbé dans le sens où elle aurait engendré une grande peine chez le roi des vampires, mais ce n’était pas la même chose. Il ne connaissait pas Wellan depuis plusieurs siècles, n’avait jamais cherché des conseils auprès de lui et ne lui avait jamais prêté une fidélité totale. Léandre était son ami et son confident, son précieux camarade. C’était exactement pour cette raison que son poing le démangeait furieusement. Il ne tenait plus. Le pessimisme de Léandre mettait à mal son self control. Il le saisit brusquement par le col pour le redresser, dardant son regard sombre dans le sien.

« Arrête de te complaire dans ta misère. Je veux bien croire que t’es en train de crever, mais garde au moins ta dignité et laisse tomber cette négativité pathétique ! » lui asséna Balian, impitoyable.

Il n’en pouvait plus. Sa main tremblait légèrement, crispée, alors qu’il se retenait de l’étrangler. De toute façon, Léandre ne pouvait pas étouffer. Et il n’était pas censé le toucher. Le contact peau contre peau était dangereux. Contagieux. Rien qu’à cet instant, il jouait avec le feu. Il ne relâcha cependant pas sa prise, poussant le vice jusqu’à le secouer avec véhémence. Qu’il soit mortellement malade ne changeait rien, en cet instant, pour Balian. Il n’avait jamais vraiment appris à respecter les convalescents, de toute façon. Et puis, il n’était plus capable de contenir sa rage, elle devait sortir ou il allait finir par exploser. Léandre l’avait bien cherché, à tousser, tituber et se lamenter juste sous son nez.

« A t’entendre, tu es déjà mort. Tu vas te laisser mourir alors qu’ils ont ton fils ? Tu l’abandonnes ? Alors que tu sais très bien ce dont ils sont capables ? » Il cherchait la faille, la pique verbale qui lui ferait mal, qui l’ébranlerait un peu pour l’obliger à abandonner cette mentalité de victime. « Tu es réduit physiquement mais ton mental ne doit pas céder. Ils gagneront, sinon. Et ils détruiront tout ce que tu chéris. »

Il le repoussa en secouant la tête, l’air désapprobateur. Il ne pouvait rien faire pour le sauver. Tout ce qu’il pouvait faire, c’était le soutenir. Mais en ce moment-même, il n’avait pas envie de l’arroser d’encouragements plein de compassion. Il se disait que Léandre ne les méritait pas. A force de subir la pitié des autres, voilà ce qui se passait, Léandre se changeait en chiffe molle, lui qui avait été un roi sans pitié.

« Graydon n’est que le premier. Tu crois vraiment que tu as mis Wellan à l’abri en te sacrifiant ? Tu sais aussi bien que moi, Léandre, qu’ils sont loin d’en avoir fini. Regarde ce qu’ils ont fait de toi, mon ami. Regarde-toi, putain ! » Il cria presque sa dernière phrase, fou de rage. « Franchement, va te mettre à genoux devant eux pour qu’ils puissent se toucher pendant que tu te prosternes ! ‘ah bouhouh, je meurs, je suis mort, Tybalt, sauve-moi’… Mais bon sang, Léandre, reprends-toi ! Crois en ta guérison au lieu de te préparer à ta mort. »

Ses mots étaient durs, probablement maladroitement choisis et injustement assénés, mais Balian ne changerait pas. Il n'était pas capable de se montrer attentif et doux alors que son ami semblait presque accepter l'idée de passer l'arme à gauche sans même avoir lutté.

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T’étais dure, cruel même, mais comment te le reprocher ? Comment t’en vouloir ? Je te l’avais demandé et tout ce que je méritais c’était ce genre de choses. C’était de te voir me secouer dans tous les sens. C’était égoïste, je te forçais à prendre des risques inutiles pour moi et je le savais, mais j’avais besoin de ça. Tu ne te rendais sans doute pas compte, mais j’avais besoin de toi mon ami. Besoin de ta force, de ta fougue, que tu me remettes littéralement les idées en place, que tu m’aide à me bouger, à arrêter de baisser les bras comme ça. Tu avais raison sur un point, ils avaient Graydon, et ils ne s’arrêteraient sans doute pas là. Je les connaissais trop bien. O’Brian en particulier. Je savais sa cruauté, tout ce dont il était capable pour arriver à ses fins. Tout ce qu’il faisait pour entrer dans les bonnes grâces de son père. Ce n’était rien d’autre qu’un névrosé, qu’un type qui cherchait l’intention là où il n’y en avait pas. Je connaissais ses points faibles, ses points forts. J’étais capable de frapper là où ça faisait mal. Mais regardes-moi Balian. Dans mon état, je n’étais plus bon à rien. Je n’étais même pas foutu de me redresser tout seul ! Alors oui j’ai besoin de ton optimiste, mais dis-moi combien de chance j’ai de me sortir vivant de toute cette merde ? Espérer, croire, c’est bien beau tout ça, mais à quoi ça sert si on se sait plus où moins foutu ? Je n’ai pas qu’un pied dans ma tombe Balian, j’ai les deux ! Je peux le sentir, c’est là, en moi, je suis en train de pourrir de l’intérieur. J’ai peur. Et je n’ai pas envie d’y croire si c’est pour au final crever come tu le dis si bien.

Pourtant tes mots sont justes, remplis de bons sens, et je fini par te donner raison. Me regarder. Ca fait des semaines que je ne le fais plus. Des semaines que je reste là, enfermé comme un connard à siphonner du whisky plus ou moins bon et fumant tout ce qui me passe sous la main. Je me sens complétement démunie. Même baiser je ne peux plus. Je suis devenu inutile et franchement, si tu savais combien ça me fait chier. Alors quand je te vois me faire la morale alors que t’es pas mieux avec ton Stacey je te jure que si ça ne tenait qu’à moi je t’en aurais retourné une pour te remettre les idées bien en place à toi aussi. Depuis quand Balian de Lusignan se freinait pour le bien de l’humanité ? Sans déconner, regardes-toi mon ami, t’es pas moins pathétique que moi et au final ça me rassure. Regardes-nous. Deux vieux cons en train de se poser des questions existentielles complétement inutile. Des questions qui ne servent strictement à rien pour tout te dire. Ca c’était pitoyable. Tu as fini par me relâcher, me rendant ma liberté de mouvement. Machinalement, je me suis assis dans le lit, t’avais raison aussi sur un truc. Ca puait la mort, je te l’accorde. Le vieux cadavre en décomposition. Tu crois que ça venait de moi ? Je me suis encore allumé une clope, t’en proposant une avant de venir poser une main sur ton épaule. T’étais beau avec tes leçons de moral, mais franchement, tu peux au moins t’avouer que t’es peut-être pas malade mais que t’es pas en meilleurs santé que moi. Toi, ton souci c’était ce gamin. Pitié Balou, le p’tit McGrath n’était pas prêt de te faire faux bond et tu le sais aussi bien que moi je pense.

« Regardes-nous, on est tous les deux complétements pathétiques. Moi je suis incapable de baiser et toi t’es pas foutu de vampiriser ton p’tit gars. Par tous les saint inexistants Balian, qu’est-ce qu’ils ont fait de nous ? »

Qu’est-ce qu’ils ont fait de nous ? De tout ça, de ce que nous étions avant. Ces hommes tant redoutés, ces vampires de haut rang qui faisaient trembler quiconque osait les contrarier ? De position assise je suis passé à position couché, adossé contre la tête de lit, fumant ma clope en te regardant. Je ne sais pas pourquoi, mais je me suis mis à rire, ça devait être nerveux. Rire pour se sentir mieux alors que j’ai repris ma bouteille, en prenant une gorgée avant de te la tendre. Ce qu’ils étaient beaux les anciens rois, les anciens dirigeants. Moïsmasem et River Crow était tombées. Tu crois que Turkää tient encore debout avec ce vieux con de Vehviläinen ? Je me demande. Oui, des fois je me demande ce que sont devenu nos anciens alliés du conseil. Valtteri, Vladimir, Rafaël. Des alliés, des amis que l’on n’a pas revus depuis la chute de mon tendre royaume. Ils sont peut-être morts. Ou alors, ils ont peut-être eu le temps de fuir. J’en sais rien. J’en sais rien puis je m’en fou. Je ne sais même pas pourquoi je pense à ça. Pourquoi je me pose la question de savoir si on est des rares survivants dans ce nouveau monde sans queue ni tête. Alors oui, je ris. Je ris pour essayer de me reconnecter les méninges. Pour essayer d’avoir l’air moins pathétique à tes yeux. Pour essayer de retrouver la force de me lever, de me battre, de me dire qu’un jour je récupérerais mon ancien royaume. C’était peut-être ça qui me manquait. Ca et Graydon. Callan aussi. Je me demandais ce qu’il était devenu. Mon fils. Mes fils. Callan, et Valentin. Valentin que je n’avais jamais revu depuis sa vampirisation.

Non, je n’étais pas prêt à mourir, j’avais encore trop de choses à vivre, à rattraper, à réaliser. Retrouver Valentin, me faire pardonner du mal que je lui ai fait. Retrouver Callan aussi, lui dire combien je suis désolé d’avoir fait confiance à Saor et non pas à lui. Ce que j’avais pu être con. Oui, ce que j’avais pu être con. Moi aussi j’avais fait beaucoup trop d’erreur. Et l’unique chance de les réparer était de survivre. Tout simplement. Et de me battre. J’ai fini par me relever, venant t’ébouriffer les cheveux avec ma main gantée, comme si tu n’étais qu’un sale gosse. C’était peut-être bien ce que tu étais. Sans dec’ Balian, tu me faisais chier si tu savais. J’ai laissé retomber le peignoir que je portais, allant prendre une douche rapide, ressortant dix minutes plus tard, habillé comme à cette époque ou on était encore tout puissants. Un pantalon en cuir, une chemise bordeaux laissée ouvertes sur les deux derniers boutons, essayant de retrouver un peu de ma suprême. T’avais raison, ça ne servait à rien de se laisser abattre. J’étais peut-être mourant, certes, mais je n’étais pas encore mort. Loin de là même. J’allais encore vivre un petit peu, et le seul moyen de ne pas me laisser submerger par toutes ces émotions négatives à la con c’était de passer du bon temps. Faire comme avant. Faire comme toujours. Alors j’ai enfilé ma veste en cuir, ma paire de chaussure, peut-être que là tu me retrouvais un petit peu plus ? Peut-être que là tu me regarderais enfin comme Léandre, ton ami et non pas comme Léandre, le malade qui était en train de crever d’une nouvelle forme de cancer.

« T’as raison sur un point mon salaud. Je suis en train de crever, mais jamais je ne te redonnerais l’occasion de me dire que je suis pathétique d’accord ? On va faire un tour ? Si t’assomme les deux gorilles devant ma porte on peut s’exiler tranquille. »

Sortir, revivre, faire le mur comme des adolescents pour ne pas se faire prendre et encore moins réprimander par toute cette armée qui tentaient de me sauver malgré tout. Tous ces gens, qui n’en dormait plus la nuit. Jayden, Killian, et d’autres encore. Qui œuvraient jour et nuit pour tenter de trouver un remède. Alors t’imagine bien qu’on me gardait bien au chaud ici. Mais ici Balian, j’étais en train de péter les plombs. Cette chambre me déprimait. Cette odeur, cette puanteur de mort, tout ce que je voulais c’était pouvoir sortir, me rappeler de qui j'étais, et faire ce que je savais faire de mieux. Me perdre dans la débauche. J’avais besoin de ça pour me sentir mieux, et je pense que tu le savais. Enfouissant mes clopes dans mes poches j'ai fini la bouteille cul sec, titubant presque, en délaissant ma canne bien que mes jambes peinaient à porter tout mon poids. Tu voulais me voir en vie, alors ok, tu ne serais pas déçus mon ami, tu peux me croire. J’avais mal, certes, je savais que c’était absolument tout sauf raisonnable. Que j’étais bien plus contagieux que je ne voulais le prétendre, mais c’est toi qui me poussais à réagir. C’était toi qui venait de me donner cet élan, cette volonté que j’avais complétement perdu. En deux phrases. Là où tous avaient échoué. Tu me connaissais si bien mon ami. Tu me connaissais même par cœur. Et je savais que tu serais toujours là. Je savais que jamais tu ne me laisserais tomber, et c’était ça qui me donnait cette force de ne pas aller me faire cramer au soleil. Mourir. Oui, j’y avais songé tant la douleur est parfois insupportable. Mais jamais je n’avais été au bout. Parce que j’avais conscience que si on espérait un soulèvement, il me faudrait tenir sur mes deux jambes. Et de façon bien plus solide que maintenant.




©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach



March of Mephisto
I am the thorn in your side that seeks accomplishment reminding the mortal of death. I am the spore of your pride, an angel heaven sent. The master of all. You know just who I am. Don't be so distant, cause when you're lost, I am solely there to share your grief. Wailing for your sorrow is only my way to comfort you. Reminders of innocent youth, waiting for morrow. You're lonely. I name your solitude, I speak the truth.
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Balian & Léandre


Mince alors. Balian s’en rendait compte maintenant, mais les discours moralisateurs étaient toujours là pour cacher ses propres vices. Et alors qu’il s’appliquait à montrer à Léandre combien il était pathétique à se complaire dans son malheur, son ami lui renvoyait en pleine face la vérité qu’il s’évertuait à ne pas assumer : il ne pouvait pas transformer Stacey. Il avait pourtant de bonnes excuses, la principale étant que la transformation de Stacey risquerait de causer beaucoup de grabuge et de compromettre la recherche d’un vaccin. Pour lui c’était la raison idéale, s’il ne le faisait pas, c’était pour ça, pour le bien de Léandre, pour celui des vampires. Et puis, il avait le temps, rien ne pressait, Stacey était encore si jeune… Il sortait à peine de l’adolescence. Sa vie toute entière n’était, aux yeux de Balian, qu’un battement de cils. C’était mieux de le transformer quand il serait prêt, pour qu’il puisse embrasser sa nouvelle existence dans un bon état d’esprit. Oui, voilà, pour toutes ces raisons, Balian avait de bonnes excuses. Il tentait de s’en convaincre tout du moins, mais maintenant que Léandre lui disait ça, il n’en était plus aussi sûr. Un pli soucieux apparut sur son front tandis qu’il soufflait quelques volutes de la cigarette qu’il avait accepté. Que s’était-il passé, décidément ? Comment deux simples petites années avaient pu le changer à ce point, lui qui avait toujours pris ce qu’il convoitait sans jamais se soucier de rien ? Même sa rencontre avec Stacey n’avait nourri que son propre désir. Il l’avait violé sans plus de cérémonie, s’emparant de son corps pour mieux étancher ses pulsions. Et maintenant ? Maintenant, il vivait avec lui et s’inquiétait de ne pas le brusquer ? Léandre avait peut-être bien raison, au final… Ils étaient deux vieux vampires pathétiques. Et si ça continuait comme ça, ils deviendraient deux paillassons dont Tullamore se servira pour s’essuyer les pieds. Ils devaient se ressaisir.

« Ils ont fait de nous ce qu’ils voulaient qu’on soit : des loques. Des faibles. »

Et dieu, ce qu’il pouvait haïr la faiblesse ! La faiblesse ne menait jamais à rien, sinon à l’échec. Le monde était dur, cruel et violent, il ne faisait pas de cadeau aux faibles. Ceux qui n’étaient pas assez forts devaient suivre. Se soumettre. Et Balian était bien trop fier pour ça. Il faisait partie des forts. Fut un temps où c’était le cas. Une époque lointaine où, inconscient de l’existence des créatures, il se pensait parmi les grands du monde des ténèbres, lui et son royaume du Moyen-Orient. Il se retrouvait aujourd’hui dans un temps révolu, où les forts étaient maintenant ceux qui avaient mis en place ce mur et créé cet affreux virus, les tenant en laisse dans une prison géante. Ceux qui avaient fait du roi des vampires un patient en phase terminale. Son regard sombre coula pensivement sur Léandre qui s’allongeait. S’il se mettait dans de tels états face à son ami, c’était bien qu’il tenait à lui. Que se passerait-il si le premier concerné baissait les bras ? Si Léandre acceptait sa mort sans se battre ? Balian ne s’en remettrait pas. Il n’avait que de très rares fois pleuré la mort d’un proche et ces moments-là étaient loin d’être plaisants. Pour preuve, la perte de son Sire lui avait laissé une cicatrice encore suintante. C’était tout le paradoxe de cette tragédie : il avait lui-même tué l’homme qu’il aimait pour s’en libérer. Maintenant qu’il était libre, il voulait en profiter pour l’éternité, et pourrir dans une Irlande en ruines ne faisait pas partie de ses plans. Il écrasa son mégot dans le cendrier et gronda lorsqu’il sentit la main de Léandre ébouriffer ses cheveux. Il était bien la seule personne au monde capable de se permettre ce genre de geste sans se retrouver encastré dans un mur. N’importe qui d'autre aurait payé cher l’affront de traiter le bourreau comme un gamin. Lâchant un chapelet de jurons inintelligibles à l’adresse de son ami, Balian le suivit du regard, curieux. Il fut agréablement surpris de le voir revenir devant lui lavé et habillé. Ça, c’était le Léandre qu’il connaissait. Il lâcha un rire à ses mots.

« T’as intérêt, Léandre… Car crois-moi, si l’occasion se présente à nouveau, je la saisirai. » Lui promit Balian en se relevant. Il le rejoignit en deux pas avant de lui asséner une tape énergique dans le dos, oubliant de se montrer raisonnable en présence d’un malade. « Allons-y ! Tu sens le renfermé à force de pourrir dans cette chambre. »

Qu’est-ce que c’était bon, de le retrouver. De le revoir debout. Certes, un peu branlant et fatigué, mais enfin hors de son lit qui avait parfois des allures de cercueil. Balian souriait de toutes ses dents, fou de joie d’assister à ce regain de motivation. D’un coup, il se sentait prêt à tout pour lui, et plus que tout, à braver l’interdit pour emmener le roi des vampires hors du château. Hors de son hôpital de fortune. De sa prison mortuaire. À croire que cet endroit se changeait peu à peu en tombeau à mesure que l’état de Léandre se dégradait. C’est sans la moindre hésitation que Balian quitta la chambre pour se débarrasser des premiers obstacles, à savoir, les deux armoires à glaces qui veillaient sur la chambre du roi. Le palestinien se demandait à chaque fois s’ils étaient là pour empêcher les gens d’entrer ou bien pour empêcher Léandre de sortir. Les deux, peut-être ? C’était bien le cadet de ses soucis en cet instant, de toute façon. Balian quitta la chambre, se dirigea droit vers eux et se jeta sur les deux vigiles, bien décidé à les mettre hors d’état de nuire. Le Bourreau n’avait pas gagné son surnom sans raison. Sa brutalité était bel et bien fondée. Il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour les assommer, la joie d’emmener Léandre hors de sa chambre nourrissant sa force et sa motivation. Balian se frotta les mains, ravi, limite mutin, oubliant presque les paroles cinglantes qu’il avait eu à l’égard de son camarade quelques instants plus tôt seulement. Tout était derrière eux, maintenant. Tout ce qu’il espérait, c’était que Léandre conserve ce nouvel état d’esprit, ce nouveau souffle qui brusquement l’animait. Il allait guérir. Il en était certain. Il ne pouvait en être autrement. Balian revint vers le souverain des vampires, sourire aux lèvres.

« Dépêchons-nous de filer. » Lui lança-t-il en se dirigeant vers la sortie. Quarantaine ? Sécurité ? Il ne connaissait pas ces mots. Il voulait juste passer un bon moment avec Léandre, sans avoir l’impression d’assister à une veillée mortuaire. « Wellan va me tuer. »

Il disait ça, et pourtant, pas la moindre inquiétude ni le moindre remord ne se devinait sur son visage. Au contraire, Balian affichait un large sourire enthousiaste, comme si l'idée de tourmenter Wellan le ravissait. Ce n'était pas le cas, pourtant... Ou peut-être un peu. Il se demandait quelle tête le frérot tirerait en découvrant l'absence du roi. Il ne craignait pas son courroux, même s'il se doutait que Wellan ne serait pas très joyeux de le savoir derrière tout cela. De toute façon, là n’était pas la question. Pour l’instant, il ne s’agissait pas de Wellan, mais seulement de lui et Léandre, et de cette nouvelle force qu’il s’appliquerait à attiser pour ne plus jamais le voir se lamenter. Il se promit mentalement de faire de même de son côté. De cesser de se trouver des excuses et d’agir. Il lui semblait voir l’avenir d’une façon plus claire et distincte, à présent. Lui, Stacey transformé, Hamid, un monde en paix, un roi retrouvant sa couronne. C’était l’avenir qu’il souhaitait. L’avenir qu’il aurait, car Balian de Lusignan obtenait toujours ce qu’il convoitait. Par chance, ils ne croisèrent pas d’autre vampire sur le chemin et quand l’air frais lui chatouilla le visage, Balian prit une longue inspiration. L’extérieur avait une douce saveur de liberté, malheureusement gâchée par ce mur qui les entourait et cernait l’île.

« Si c’était possible, je t’emmènerais au bordel mais personne n’a envie de choper un truc en baisant le roi des vampires. » Lança le palestinien, taquin. « Tu dirais quoi de chasser un peu ? »

Certes, Léandre avait beau se tenir debout, il restait fragile. Ce serait déraisonnable de l’exposer au danger et de l’épuiser plus qu’il ne l’était déjà. Mais Balian n’était pas raisonnable, ou tout du moins, il l’était rarement. Il était même prêt à apporter les proies près de Léandre pour le nourrir comme une maman chat. Cela dit, il doutait que cela soit du goût de Léandre. Malade ou non, il lui semblait que son ami n’avait jamais aimé être un assisté. Lui était pareil. Trop fier pour s’abaisser à réclamer de l’aide. S’il avait été à sa place, cloué au lit par le virus, il en serait sûrement à presque refuser les traitements en prétendant être plus fort que la mort. Balian avait trop pris confiance en sa condition, depuis sa transformation. Lui l’invincible. Le trompe-la-mort. Il se retrouverait bien bête, s’il mourait demain, mais il continuait inlassablement de se convaincre que jamais cela n’arriverait. Il avait trop de choses à faire pour s’en aller maintenant, trop de choses à reconstruire, de pays à visiter, de mortels à éliminer. Il ne pouvait décemment pas s’en aller maintenant, ou en tout cas, pas en emportant les Tullamore avec lui. Pas en s’assurant que Léandre guérisse bien de son mal. Pas en sachant que Stacey serait livré à lui-même. Il ne faisait et ne ferait jamais confiance à l’aîné McGrath, un vulgaire humain ne pourrait pas veiller sur son petit protégé comme un immortel le ferait. Décidément, Léandre avait raison… Il ferait mieux de ne pas trop attendre avant de transformer son humain. Le temps passait si vite et les temps étaient si durs… Dans l’état actuel des choses, il imaginait mal Stacey survivre plus de quelques années, d’autant plus quand il affrontait impunément l’ennemi et revenait blessé. Dans une époque où même les immortels étaient menacés, les mortels ne faisaient pas long feu.

« Les agents de l’organisation ont souvent l’audace de fouler les terres non loin de la ville… C’est l’occasion unique d’en profiter, Léandre, avant qu’on ne se rende compte de ton absence et qu’on ne t’attache au lit pour te garder de force en quarantaine. »

Balian lui-même avait conscience de la folie de son geste, mais il préférait encourager Léandre à faire le mur et le regretter, plutôt que de ne pas le faire et le regretter. Léandre avait presque mille ans,bon sang ! Mortellement malade et contagieux ou pas, il avait bien le droit de faire ce qu’il voulait.

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Si j’avais mal ? La réponse était oui mais j’avais besoin de ça pour me changer les idées. Faire semblant, vivre normalement, m’enfermer dans ce qui ressemblait sans doute à du déni. On me surprotégeait en m’enfermant dans mes appartements. Me surprotégeait, ou bien, protégeait tout simplement le peuple ? La race vampirique ? Sans doute un peu des deux. Je me mettais en danger, mais pas que, et je le savais. Mais j’en avais marre de tout ça. Marre de rester là, marre d’attendre que l’on trouve un remède, de rester impuissant face à tout ça. Sortir, ça m’était interdit, mais j’en avais besoin, tout simplement. Pour ne pas me laisser mourir, pour ne pas me laisser abattre, pour réaliser que le monde continuait de se battre dehors. Pour que l’on sache que j’étais encore là, et non pas déjà un pied dans la tombe. Oui, Wellan allait te tuer, très certainement, j’en étais même convaincu. Toi, moi, notre idée à la con, mais peu importe. J’avais le droit d’essayer d’oublier, d’essayer de penser à autre chose que ce virus qui me bouffer de l’intérieur, d’essayer de me dire que ça allait aller, que j’allais m’en sortir. J’avais besoin de bien plus que des paroles rassurantes. J’avais besoin d’action pour y croire, de devenir acteur et non pas simplement spectateur de cette situation. J’étais en plein dedans, c’était moi le patient zéro, toute cette merde, toute ces choses, c’était en grande partie ma faute. Et crois-moi, ça aussi c’était un fardeau lourd à porter. Un acte bien trop lourd de conséquences. Alors quand je t’ai vu ne faire qu’une bouchée des deux gardes, je t’ai simplement souri, enfilant ce masque, celui que j’essayais de porter, pour te rassurer ou pour me rassurer moi ? J’en savais rien.

« Oh que oui il va te tuer. Peut-être même qu’il t’enfermera avec moi pour te punir. »

Si vraiment il allait te le reprocher ? J’en sais rien, parce que tu vois, rien qu’en pensant à ça je me suis mis à rire. A me sentir mieux, et ces derniers temps, c’était franchement rare de me voir comme ça. Je n’en pouvais plus qu’on me regarde avec cet air grave, avec ces yeux remplis de compassions, et cette pitié. C’était sans doute le pire. Je regrettais ce temps où c’était de la peur que je voyais dans le regard des gens. Je regrettais cette époque, où on me respectait non pas parce que je crevais, mais parce que j’imposais une dictature dans ce monde. Ce qu’il peut me manquer ce temps-là. Mais c’est après t’avoir donné une claque amicale dans le dos que je t’entrainais sur la route de la liberté. Une liberté qui serait furtive, mais qui me permettrait de penser à autre choses que la maladie. Couvert comme je l’étais, on ne risquait rien de moi, enfin, c’est ce que je me disais. Le cuir de mon pantalon, de ma veste, de mes gants, me servant de seconde peau. Et tu vois, une fois dehors, j’ai eu la sensation de revivre à nouveau. Je crois que j’avais besoin de ça, de sentir tout simplement la vie pour m’enfoncer dans le crâne qu’elle ne m’avait toujours pas quitté. Peut-être que m’enfermer n’était pas la solution. Me laisser là, ressassant le passé, à subir les sermons de Wellan, ces questionnements sur le pourquoi j’avais fait ce que j’avais fait. Mais si seulement il pouvait lui aussi s’enfoncer dans sa caboche que c’était pour lui que j’avais fait tout ça. Je l’ai sauvé. Parce que je savais que lui ne survivrait pas au virus là où moi j’ai appris à vivre avec depuis tellement longtemps. Alors si je regrettais ? Non. Pour moi, j’avais même bien agis, c’était aussi simple que ça.

Aller chasser. En voilà une merveilleuse idée. Tu me connaissais si bien, tu savais ce qui me ferais du bien, bien plus que d’aller tirer un coup. Aller chasser. Faire souffrir ces fils de putes. Bien plus que ça, les faire payer. Assouvir une sorte de vengeance personnel, ou envoyer un message. Message qui en dirait long. Ton idée faisait naitre en moi mes instincts naturels. Ce que je refoulais depuis presque un an. Approuvant ton idée, on est sorti de la ville, allant à la recherche de notre butin du soir. Je savais que l’organisation occupait un bâtiment non loin de Balfast. Une sorte de bunker construit pour nous surveiller. Là où toutes les caméras étaient dirigées, ou tout pouvait se savoir sans peine, pour remonter aux oreilles des O’Brian. Mon états, l’états de notre race, étant leur principale attraction depuis presque douze mois. Franchement, ils n’avaient que ça à foutre de leur temps. Nous enfermer ne leur suffisait pas, il fallait en prime qu’ils nous épiaient constamment. Ca m’en rendait malade, et tout ce que je voulais, c’était frapper fort. Je savais que je n’avais pas beaucoup de temps, mais je restais le Roi des vampires, et j’étais le seul à pouvoir faire passer un message. Et ce soir, c’est sur cet endroit que j’allais jeter mon dévolu. L’endroit n’étaient pas protégeait, ou tout du moins, moins que la prison en elle-même. C’était un bloc en béton armé, sans fenêtre, avec seulement une porte d’entrée qui servait également de sortie. Un tout petit truc qui devait faire quoi ? Pas plus de vingt mètre au carré. Juste une salle avec des écrans, et rien d’autre, dans lequel se trouvait trois quatre gardes que se relayaient toutes les six heures. L’endroit idéal pour aller butter des Tullamores tout en laissant un message clair et net. Il était hors de question qu’on se soumette une seconde de plus à ces fils de putes.

« Alastair McFaden à fait construire ce truc dans l’expectative de me surveiller de près après m’avoir enfoncé l’aiguille qui à servit à m’injecter cette saloperie dans les veines. O’Brian n’a même pas eu les couilles de faire les choses lui-même. Et si on allait les saluer de loin pour leur prouver que je ne suis pas encore mort ? Il est tant qu’on se réveil Balian. Que notre peuple sache que leur Roi n’est pas encore six pieds sous terre. Plus jamais je ne laisserais ces enfoirés nous faire du tort. Et moi vivant, plus aucun vampire ne se retrouvera enfermés dans leur forteresse de merde. T’es avec moi mon frère ? »

La vengeance, on dit souvent que c’est un plat que si mange froid. Une expression que j’ai toujours trouvé surfaite, mais pourtant. Pourtant c’était ce que je comptais faire ce soir. N’écoutant plus rien d’autre que mes instincts, cette colère qui venait de faire un tour dans mes veines en me retrouvant devant cette espèce de bâtiment. Nous détruire ne leur suffisait pas, il fallait également qu’ils nous humilié, et il était tant de leur faire comprendre qui nous étions. Ce n’était pas eux qui avait traversé les âges. Ce n’étaient pas eux les immortels, ce n’étaient pas eux, les enfants de Caïn. Nous étions certes moins nombreux mais nous restions plus fort qu’eux. Nous étions des chasseurs, des prédateurs, des tueurs. C’était encré dans notre carte génétique, là, dans notre ADN. Ca coulait dans nos veine comme une évidence. On avait voulu me détruire. J’avais eu un instant de faiblesse face au danger qu’encourait Wellan. Mais maintenant, maintenant il était temps pour moi d’arrêter de me lamenter. D’arrêter de jouer les faibles. Et de remonter en selle. Tu avais raison sur un point et non pas des moindres. Je n’étais pas encore mort. C’était ça, la réalité. Mon peuple avait besoin de moi. Il avait besoin de me savoir encore dans la partie pour ne serait-ce que se rassurer. Wellan me tuerait pour ça. Je le savais. Mais Wellan devait arrêter de se voiler la face et si on voulait une fin à tout ça, il fallait arrêter de penser que ça serait de façon pacifiste. Tullamore voulait la guerre. Et c’est ce qu’on allait leur donner. Je crois que l’on m’avait sous-estimé, et je voulais en terminer avec tout ça.

« A toi l’honneur, je n’ai pas la force suffisante pour faire sauter cette putain de porte, elle est blindée. »

La force, il fallait tout de même rester réaliste. Elle me manquait, et je pouvais le sentir. Malgré tout, je restais malade, et je tenais à peine debout. Mais toi, toi tu étais en pleine forme. Et j’avais suffisamment confiance en toi pour savoir que cette porte, t’arriverais à la faire sauter, peu importait l’art et la manière. Venant prendre appuis contre un arbre, je t’ai lancé un regard. Tu pouvais encore me raisonner, m’emmener avec toi, allait chasser simplement un garde égaré et rentrer. Ou alors, tu pouvais me suivre dans mon délire. Crois-moi mon ami, si on allait au bout, c’était une déclaration de guerre qu’on lancé. Peut-être que l’on n’était pas encore prés, et c’était une évidence. Je crois que j’avais perdu tout sens de la réalité en voyant ce bunker. Alimenté par cette haine que je leur portais, par cette envie de me venger. Une vengeance, sans doute irréfléchis et personnelle. C’était de la folie. Pourtant, je me suis avancé, lançant un fuck en direction de la caméra qui suivait mes moindres mouvements, venant frapper à leur porte. Qu’on vienne me buter, j’en avais rien à foutre. La seule chose que je voulais ce soir, c’était frapper. Et frapper fort… Pourtant, j’avais conscience que ce serait nous conduire à notre perdre vu mon état. Et je pense que tu étais le seul à pouvoir me raisonner dans l’instant….




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March of Mephisto
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Balian & Léandre


« Bien sûr que je le suis, Léandre. Depuis toujours et pour toujours. »

Balian n’était probablement pas l’homme le plus droit et honnête du monde, mais sa fidélité envers le roi des vampires était sincère. Il était prêt à tellement de choses pour Léandre. Même aux choses les plus folles, comme défier les interdits, emmener un malade loin de sa chambre et aller narguer Tullamore impunément, quitte à risquer le remontage de bretelles en règle. Mais Balian pensait peu aux conséquences avant d’agir. Il était dans l’instinct. Dans le désir. Dans l’intuition. La réflexion, souvent, venait après coup. Jusqu’ici, ça ne lui avait jamais posé de trop graves problèmes. Il supposait tout bonnement que ça continuerait ainsi. Que la chance continuerait de lui sourire et qu’il pourrait se jouer encore des interdits, comme il l’avait fait depuis toujours. Balian de Lusignan n’avait jamais vraiment suivi qu’une seule loi; la sienne. Celle du plus fort. Celle du sang, de la violence. Celle de la mort. Il était né dans la guerre, avait grandi lors des croisades et la férocité avait forgé son esprit. Il lui semblait n’avoir jamais connu que ça. La fougue, la fureur, le déchaînement. Le monde était fait de cette violence. Il sombrerait et terminerait dans cette violence, c’était certain. Et Balian, plutôt que de lutter contre les lois de la nature, avait décidé depuis le début de sa vie de suivre cette voie, de se laisser porter par les flots, d’embrasser cette agressivité et de la faire sienne. De faire un avec la bête. C’est donc la mort dans l’âme qu’il avait accueilli les conséquences du traité de paix. Plus de chasse. Plus de massacre. Le respect entre les créatures, même envers les vulgaires mortels ! Même deux ans après, Balian ne s’en remettait pas et ne manquait jamais la moindre occasion qui lui était donnée de défouler cette frustration. Si en plus il pouvait envoyer un message à Tullamore en faisant d’une pierre deux coups, alors il était comblé.

Il ne fallait pas demander à Balian d’être raisonnable. Il ne serait pas celui qui réfléchirait posément à la situation et demanderait à Léandre de rentrer se mettre à l’abri. Il ne serait pas celui qui réaliserait la folie de leur acte et les ramènerait à la raison. Il ne serait pas celui qui empêcherait un malheur d’arriver en le voyant venir. Aveuglé par sa soif de sang, béat d’emmener son ami chasser dehors, il ne pouvait pas voir plus loin que son désir puissant de tuer. Il donna un premier coup de pied dans la porte, s’enfonçant dangereusement dans cette situation déjà risquée. Il avait confiance, persuadé que ni lui ni Léandre y laisserait la moindre plume. Ils étaient presque millénaires. Ils avaient chacun eu un royaume. Ils étaient puissants et il ne doutait pas de leur force. Même réduit, Léandre était plus fort qu’un mortel, il s’en persuadait. L’épais métal de la paroi se plia légèrement sous la brutalité du bourreau qui recommença alors, donnant un second coup de pied, plus fort cette fois-ci. Pas de subtilité ni de discrétion. Il laissait ça aux autres, lui avait toujours fait les choses avec panache, violence et simplicité. C’était sa signature. Son style. Celui qui lui avait donné son surnom, presque comme un deuxième nom. Le Bourreau. Lui qui torturait, détruisait et tuait sans remords. Lui qui écrasait, exécutait et massacrait sans hésitation. Dans ces instants-là, il retrouvait le vieux Balian, celui d’avant River Crow, celui qui ne vivait pas une amourette avec un mortel en se refusant à lui faire le moindre mal. Il ne se reconnaissait plus, en ce moment, alors ça lui faisait du bien de renouer avec ce vampire qui peu à peu s’effaçait. Redeviendrait-il un jour cet homme ? Il en doutait. Stacey l’avait ensorcelé… Léandre avait raison. Il devenait aussi faible que lui. Un dernier coup de pied suffit à faire céder la porte qui s’arracha de ses gonds.

Ce fut comme si un barrage céda. Comme si brusquement, ses limites tombaient. Il était dehors avec Léandre, il se sentait invincible, la force coulait dans ses veines avec la violence d’un torrent. Balian était instoppable. Il venait de déclencher quelque chose qu’il ne pouvait plus arrêter, même avec toute la volonté du monde. Il venait d’appuyer sur un bouton et de relâcher la bête qu'il gardait habituellement en cage. Il était bouillonnant de cette rage qu’il avait besoin de défouler, il était débordant de cette colère qu’il ne pouvait plus contenir. La première balle siffla à son oreille, éraflant sa tempe et ratant de justesse son crâne. Tapis au fond de leur bunker, les agents n’avaient pu qu’attraper leurs armes en entendant et voyant Balian venir frapper à la porte. Ils avaient l’avantage du nombre et de l’arsenal, armés de leurs fusils et de leurs couteaux, pourtant, le palestinien ne se sentit pas le moins du monde menacé par ces mortels. Pas même lorsqu’un second coup de feu résonna pour venir cette fois-ci le toucher à l’épaule. Il esquissa un sourire carnassier. Il ne voyait pas de menace ici, dans ce bunker. Il ne voyait pas d’agents armés prêts à tout pour se défendre. Il en voyait qu’une poignées de mortels coincés dans une prison sans fenêtres dont la seule sortie était également la seule entrée. Un buffet servi. De misérables employés tout juste bons à regarder des écrans en se tournant les pouces. Décidément, Tullamore n’avait pas beaucoup réfléchi en décidant d’installer ce poste de surveillance ici. Au milieu de la terre des vampires, sans la moindre sortie de secours. Ils étaient faits comme des rats. Armés ou non. Les munitions étaient limitées, après tout, et une fois qu’ils videraient leurs fusils, que comptaient-ils faire ? Forcer le passage en piquant un sprint ? Les menacer à l’arme blanche ? Il était le roi de Moïsmasem, bon sang. Comme si lui, un vampire de neuf cent ans, allait se faire poignarder par un mortel d’un trentième de son âge. Il n’avait pas survécu si longtemps par la force de la chance.

« Surtout, Léandre, fais-toi plaisir. » Lui conseilla Balian en souriant. « Quelque chose me dit que cette occasion ne se représentera pas de si tôt. Montre-leur. Montre-leur que le roi des vampires n'est pas prêt de s'éteindre. »

Cette sortie impromptue, c'était bien plus qu'une bêtise de gamins commise par deux vampires presque millénaires. C'était un message à Tullamore. Un avertissement. C'était une façon de leur montrer que non, ils ne contrôlaient pas tout et non, Léandre McGuinness n'était pas mort. Une façon de leur montrer que les vampires avaient encore quelques forces en réserve et qu'ils ne laisseraient pas Tullamore piétiner ainsi leur territoire. Lorsqu'il s'agissait de chasser, Balian ne disait jamais non et lorsqu'il s'agissait de tuer un Tullamore, il ne refusait pas non plus. Alors les deux à la fois ? C'était Noël avant l'heure. Il pouvait se faire plaisir tout en faisant passer un message. Il se décala pour esquiver un nouvel échange de balles à sens unique. A paniquer comme ça et tirer dans le vide, ces idiots allaient causer leur propre fin avant l'heure. Était-ce de la stupidité ou du désespoir ? D'autant que Balian le savait parfaitement, ni lui ni Léandre n'avaient véritablement besoin d'en venir aux mains pour faire plier ces misérables mortels, leurs dons vampiriques suffiraient à faire le travail. Balian avait cependant le goût du spectacle et il aimait faire couler le sang... Ce qui, il en était persuadé, ne tarderait pas à arriver.

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- Léandre McGuinness & Balian de Lusignan -




Tu as frappé le premier. Au lieu de me raisonner, de me calmer, de tenter de rester raisonnable tu as frappé. Fort. Brisant la cloison qui nous séparait de nos ennemis. Tu étais une machine, imprévisible, intenable quand tu n’écoutais plus rien hormis cette envie de meurtre et de sang. Prenant appuis contre le tronc d’un arbre, je t’ai regardé, observé abattre cette porte comme s’il n’était rien, nous permettant ainsi d’entrer, de détruire, de massacrer ces hommes dans le simple but de calmer nos nerfs. De retrouver un peu de notre suprême. Mais surtout, de leur donner raison. Les massacrer, et leur prouver qu’ils n’ont pas eu tort en nous enfermant ici, dans cette véritable prison pour leur propre survie. Non. Tu te trompais tellement Balian. On devait se montrer plus intelligent. Plus fin. On se battrait oui, on se soulèverait. On l’aura notre vengeance. Mais pas aujourd’hui. Je t’ai regardé prendre une balle, t’avançant alors que les hommes tentaient de se protéger comme ils le pouvaient. Me faire plaisir ? Leur montrer que l’on n’était pas mort. Oui, ça aller arriver. Un jour. Proche ou lointain, peu importait. Mais pas comme ça. Restant en retrait je n’ai pas voulu stopper ton euphorie. Je n’avais pas envie que tu me pense faible, que tu penses que j’ai perdu en cruauté ou que sais-je encore. Mais reviens à la raison mon ami. Il fallait voir plus loin. Personne à Belfast n’était préparer pour le combat. Personne. Et lancer une déclaration de guerre dans l’état c’était du suicide. J’avais parlé. Laisser la haine l’emporter sur la raison. Mais c’était une erreur. J’étais malade, faible, en colère, hargneux. Mais ton rôle n’était pas de m’encourager à faire des conneries ! Non. Ton rôle était d’essayer de me canaliser putain. Et je ne laisserais pas mon peuple mourir par purs égocentrisme Balian. Il en était hors de question.

On avait trop à perdre mon ami. Ce n’était qu’une pulsion, c’était stupide. Me décollant du mur j’ai fait un pas, puis deux, avançant, sans me précipiter, levant les mains en signe de résiliation. Si je me soumettais ? Non. Loin de là. Mais regardes-nous. Du haut de nos neuf siècles on agissait comme des ados rebelles voulant combattre un système qui ne leur plaisait pas. On agirait Balian, je te le promets. On l’aura notre revanche. Mais pas comme ça. On le fera, quand on sera prêt. J’avais des plans. Qui plans qui dérangeront Wellan, mais que tu satisferas toi. Crois-moi, tu me connaissais. Attaquer un bunker c’était bas, bien en dessous de tout ce que l’on pourrait faire. Ce n’était clairement pas à notre niveau. Je suis simplement venu poser une main sur ton épaule. Une main douce, délicate. Près à te calmer. Près à te raisonner toi. Je sais, j’avais lancé cette idée, mais je n’avais pas toute ma tête ces derniers temps et tu n’étais pas sans le savoir. Wellan allait s’inquiéter. Et je ne lui donnerais pas non plus raison en lui donnant une seule occasion de continuer à m’enfermer comme il le faisait. Tu m’avais fait ouvrir les yeux sur une chose mon ami. Celle que je n’étais pas encore mort. Celle que j’étais encore là, bien vivant. Et que notre combat ne faisait que commencer. Il était temps de préparer l’offensive. Préparer, et non pas d’attaquer bêtement à cause d’une envie soudaine de sang. Reviens à la raison mon ami. Je sais, j’avais conscience que tu me trouverais chiant au possible, que tu m’en voudrais sans doute, très certainement même. J’en sais rien. Mais rien ne servait de s’emballer comme ça. Tu la combleras cette soif de sang, bien plus vite que tu ne le penses.

« Pas ce soir mon frère. C’est une erreur. Se serait conduire les nôtres à leur perte. On l’aura notre revanche. Mais pas comme ça. »

Non, pas comme ça. Quand on sera prêt. Préparé aussi. Quand tout sera en règle et non pas à l’arrache. Tu avais traversé des guerres. Tu en avais connu bien des batailles, tout comme moi. Et tu savais, que oui tu savais, que pour remporter une guerre il fallait être prêt. A quoi nous servirait de remporter celle-ci si au final c’était pour perdre la guerre ? A rien. Sans te brusquer, je t’ai obligé à revenir en arrière. Te tirant vers l’extérieur du bunker. Partir, les laisser là, sans faire de grabuge. Sans faire de conneries, tout simplement. Tu pouvais être en colère, tu pouvais dire n’importe quoi, hurler, me frapper, venir combler ta frustration sur ma personne. Mais je ne te laisserais pas conduire les nôtres à une destruction certaine pour la simple raison que je t’ai sifflé une connerie à l’oreille. Moi aussi j’avais la haine. Bien plus que tu ne le penses. Bien plus que tout le reste d’ailleurs. Je rêvais tellement de les voir souffrir si tu savais. Les voir agoniser tout comme on agonisait nous. Tout comme j’agonisais moi. Et crois-moi, on trouverait le moyen de leur faire payer leur affront. Au centuples. Ils voulaient une bonne raison de nous craindre ? On la leur donnerait. On les détruira, tous, jusqu’au derniers. On la retrouvera cette liberté qui est la nôtre. On reconstruira nos empires, on conquerra même. Mais pour ça, on avait besoin d’alliés. On avait besoin d’aide. On avait besoin d’un plan d’attaque. Alors oui, je t’ai tiré dehors, t’obligeant à me suivre, un peu plus loin que cette planque qui était la leur. Tu pouvais me trouver lunatique, tu pouvais bien penser ce que tu voulais, et dans le fond, tu n’avais pas tort. Faire des conneries, me sentir vivant, c’était une chose. Mais foutre tout le monde en danger en était une autre. Et ça, tu le savais mon frère. Je sais. Tu en avais conscience, autant que moi.

« Je te dirais de te jeter dehors en plein jour que tu le ferais ? Putain Balian sérieux. On les butes et après quoi ? C’est la cavalerie qu’ils enverront à Belfast. Tu crois vraiment qu’on est prêt à se battre ? Y’a vraiment des jours où je me dis que ton cerveau est plus proche du petit poids qu’autre chose merde. Ca t’arrive de réfléchir sérieux ? »

Je te sermonnais. Tout comme toi tu m’avais sermonné un peu plus tôt dans la journée. Poussant le vis en te donnant une claque derrière le crâne avant de m’allumer une clope. Je me suis laissé tomber sur la racine d’un arbre, m’asseyant simplement pour reprendre un peu de force. L’adrénaline franchement ne m’allait pas bien ces temps. J’ai tiré sur mon bâton à cancer, te regardant avant de me mettre à rire. Sincèrement. Je riais, rien qu’en repensant à ta tronche, à tes réactions. Crois-moi je la trouverais la solution au problème Tullamore. Mais il fallait se montrer bien plus inventif que ça. Il fallait… Faire les choses bien. Les tuer en masse, les affaiblir, sans même qu’ils ne se rendent compte de rien. Recrachant la fumée, j’ai repris mes esprits. J’avais envie de te foutre mon poing dans la gueule, juste histoire de te remettre les méninges en place. Y’a vraiment des jours où je me demandais si ça t’arrivais de penser avec ta tête et non pas avec tes crocs ou ta bite. T’étais vraiment… Irrécupérable bordel.

« Y’a des jours je me dis que t’es possédais par une sorte de force intérieur vraiment perturbante. Faut que je te parle d’un truc. Y’a deux jours j’ai demandé à Fell’s de bosser sur un projet autre que le vaccin. Il a refusé, prétendant que la priorité restait ma survie. Mais… J’ai eu une idée. Les sous-sol du château étaient d’anciens cachots. Ce genre d’endroits où t’as beau t’égosiller personne ne t’entend. Le sang des humains de riverdall ne nous suffit pas. Ils sont nos alliés on ne peut pas continuer à les bouffer jusqu’à la moelle. Alors j’ai pensé à transformer les cachots en abattoir. Un abattoir géant dans lequel on pomperait les Tullamore. Tu penses toujours que l’attaque d’un bunker est à notre niveau. On frappera. Mais on frappera fort. Crois-moi. »

Je t’exposais mes plans. Ce que j’avais prévus. Frapper. Fort. Pour faire mal. Une idée que Wellan allait détester. Mais une idée que toi, et j’en étais sûre, aller adorer. Je me trompe ?







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