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Heaven lies on sullen earth | feat. Lahja

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♦ Humain ♦
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De la main de Killian K. McGrath signé le Dim 22 Oct - 23:45

Heaven lies on sullen earth

Nerveux, je fais tourner la carte d’accès du château entre mes doigts tremblotants. C’est grâce à cette andouille de Jay que j’ai pu me procurer ce badge que je range dans ma poche. Lui, ce vieux vampire, ne va pas se risquer à arpenter les longs couloirs royaux alors que le virus rampe lentement et se faufile entre chaque particule qui compose la bâtisse. Ce serait du suicide. C’est également grâce à lui j’ai obtenu cet appartement délabré mais confortable, situé juste de l’autre côté de la rue du laboratoire. Je pousse la porte. Grincement familier qui fait frissonner mon échine. Je ne me sens pas chez moi. Machinalement, je pose mes clé sur le petit meuble en métal juste à l’entrée. Le tintillement me pénètre l’encéphale comme une nuée d’aiguilles. Yeux clos, je soupire. Ma pogne se glisse dans mon manteau, à la recherche de ces pilules qui viendraient à bout de mes céphalées et de mes maux éternels. Je m’en fourre deux dans la bouche et pars à la recherche d’un moyen d’hydrater mon esprit et de lénifier mes tourments. Dans la cuisine, le verre des bouteilles vides tinte sous les tremblements de mes mains. Je trouve un whisky piteux, et avale mes capsules avec de longues gorgées.

Mes mains chevrotent, mon ventre se resserre, des gouttes perlent sur mon front. L’âme souffre, l’esprit agonise, bourrelé par des raisons complètement abstruses, et pourtant la situation n’est pas nouvelle. Ma tête a envie de se taper contre les murs, mes yeux veulent lobotomiser mon cerveau. Tout mon corps se crispe dans le but de se libérer, et par conséquent, c’est encore pire. Mon regard glisse sur le sol. Ce n’est rien d’insurmontable. Chaque jour me traîne vers des affres destructrices, qui sont maintenant mes compagnes de longue date, toujours à me guetter, reines de mes angoisses et de mes déchirements. Je pose la bouteille sur le bar, clos mes yeux et prend une profonde inspiration, tentant de retrouver les racines qui me permettent de garder un semblant de lucidité et qui empêchent mon esprit de s’égarer dans des lieux trop obscures.

Sous la douche, l’eau bouillante lèche doucereusement mon derme frileux. Mes poumons s’emplissent de la buée environnante, et, lentement, je me laisse bercer par l’écoulement de la chaleur humide qui cajole mon âme et embrasse calmement mes pensées tourmentées. L’eau a cette agréable capacité à abluer mon âme des angoisses irrationnelles qui m’habitent constamment. De l’eau très chaude, ou de l’eau très froide, pour recentrer ces pensées qui virevoltent dans tous les sens et purger ma tête de ses idées noires. Je demeure sous le jet de longues minutes. J’aime y rester longtemps… si longtemps que mes doigts se frippent au point d’en devenir douloureux… si longtemps que parfois, le balon d’eau chaude se vide complètement et que, de ce fait, je suis obligé, en bon frileux, de me précipiter hors de la douche, le souffle coupé par la fraicheur de l’eau. Cette fois-ci, je coupe le robinet avant que ça ne m’arrive, et je sors, mon être purgé, dans un nuage de buée aveuglant. Mes membres ne trémulent plus, ma tête ne surchauffe plus, même si la céphalée et les maux de ventre ont tendance à se manifester avec plus de constance.  

J’enfile rapidement des fringues ternes comme à l’accoutumée, j’attache mes cheveux encore détrempés, de plus en plus longs, et je tombe sur mon reflet. Cet homme aux cernes creuses, quoique moins qu’auparavant, à la barbe indisciplinée et au regard vitreux. Je soupire. Cet homme n’inspire pas confiance, mais uniquement de la pitié. Ce que j’abhorre. Je n’ai pas envie qu’on me plaigne. Je n’ai pas envie qu’on vienne m’offrir de la bouffe en me croisant parce que je ressemble à un foutu clochard. De retour dans la salle de bain, je me munis d’une tondeuse, et, sans réfléchir, mais soigneusement, je réduis ma barbe, je la rends nette et propre. Au fur et à mesure que les poils tombent dans l’évier, mon visage s’éclaircit. C’est du moins l’intime impression que j’ai. Quand enfin j’ai fini, je m’essuie le visage et me défait de mon tee-shirt gris, banal, et je vais enfiler une chemise. Rien de bien éclatant. Une chemise noire de jais, comme mon pantalon, trop large vu le poids que j’ai perdu. Mais, pour le moins, je ressemble plus à… moi. L’homme que je vois dans le miroir n’est toujours pas sorti d’affaire, il garde l’apparence d’un cancéreux chevelu et barbu, mais sans l’aspect clochard. Il ressemble légèrement plus au scientifique qu’il est réellement.

Alors hop, soyons prompt ! Direction le château. Jayden, le vampire fou, scientifique émérite, m’a dit que la grande bâtisse représentait une espèce de quartier général à l’échelle de l’île entière. Les vampires ne sont pas les seuls à déambuler dans les longs couloirs de pierre, mais on peut aussi croiser des loups-garous, des sorciers, et d’autres créatures. J’ai décidé de m’y aventurer dans l’espérance qu’une personne puisse m’aider. Si je gardais en tête l’hypothèse sensée que le sang des loups garous pourrait avoir un effet adjuvant pour les vampires infectés, j’ai pris aujourd’hui la résolution de me tourner vers les sorciers. Jay m’a informé que Léandre recevait régulièrement la visite de leur leader. La chef, la boss des boss chez les sorciers. Lahja Vehviläinen, c’est bien ton nom, n’est-ce pas ? J’ai déjà eu le plaisir de te rencontrer une fois, de loin, le jour où la Coalition a été signée, sur vos terres, à Cork. Je ne crois pas que nous nous sommes déjà adressé la parole, mais je vais y remédier dans peu de temps.

Je passe mon badge devant le capteur pour qu’il me laisse y entrer. La porte d’entrée secondaire s’ouvre automatiquement, et je peux donc tranquillement rejoindre le vestibule démesuré, en attendant de pouvoir apercevoir ta chevelure flavescente et tes yeux nivéaux dans la sombreur tamisée des lieux. Je prends place sur un vieux fauteuil en cuir dans la pièce, et au moment où je pose mon séant sur la mollesse du meuble, je t’aperçois, à l’autre bout de la salle. Je n’tais auparavant pas sûr de te reconnaître alors que nous avions jamais vraiment échangés, mais maintenant que tu es devant mes yeux, je sais que c’est toi. Toi, tu ne me connais sûrement pas. Je ne peux prétendre avoir le même renom que toi au sein de l’île. Et c’est sans doute très bien ainsi. Foulées silencieuses, avec la discrétion du voleur, tu ne m’entends probablement pas arriver jusqu’à toi. Pour manifester ma présence, je pose toutefois une main inoffencive et hésitante sur ton épaule.

« Lahja ? »

Au moment où tu te retournes, je me rends compte que mon abord t’a peut-être été brusque. Je ne veux être le fardeau de personne.

« Je m’appelle Killian, je travaille avec Jayden Fellanderson dans les laboratoires de recherches sur le remède contre le virus K-089… »

Mes yeux croisent les tiens et plongent dans leur azur tout à fait hypnotisant et magnétisant. Les lèvres se pincent pour réprimer le sourire niais qui les démange ardemment.

« J’aurais besoin de votre aide, Lahja. »

Désespéré, je le suis. Rien que le fait de repenser à ce foutu virus gonfle mes poumons de cette angoisse nébuleuse, épée de Damoclès qui se balade constamment au dessus de ma tête. Danger éternel qui sonne le glas de ma lucidité. Mes tripes se serrent un peu plus, car la pression ressentie s’amplifie, temporairement, comme une décharge électrique me parcourant l’échine de haut en bas.

« Si vous avez le temps, bien sûr… »

Intimidé ? Tout à fait. Je n’ai pas eu l’occasion de côtoyer un nombre très conséquent de sorcier, dans ma misérable existence. En réalité, je crois que je n’ai jamais vraiment approché l’une de ces créatures emplies de splendeur d’aussi près. J’ignore même ce dont elle serait capable de me faire subir, là, sur le moment ? Peut-être pourrait-elle déchirer mon âme et la dévorer… ou la revendre à de vilains démons. Ou me jeter un mauvais sort ? Je n’en ai pas la moindre idée. L’avenir capricieux me le dira peut-être, s’il accepte de m’éclairer l’un de ses foutus peut-être.


©️ Lyr



Hypocritical, egotistical, I don't wanna be the parenthetical, hypothetical, working onto something that I'm proud of, out of the box, an epoxy to the world and the vision we've lost. I'm an apostrophe, I'm just a symbol to remind you that there's more to see, I'm just a product of the system, a catastrophe, and yet a masterpiece, and yet I'm half-diseased, and when I am deceased, at least I go down to the grave and die happily, leave the body of my soul to be a part of me. I do what it takes…
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De la main de Lahja Vehviläinen signé le Dim 29 Oct - 20:42

Heaven lies on sullen earth
Killian & Lahja

« I cannot sleep through endless hours. I cannot breathe the thoughts devour. I cannot weep through lost desire. »
Des pensées. Des minutes envolées. Toutes parsemées. Dispersées. Embrouillées par la lenteur d'un présent aux mirages éclatés. Elle était en sécurité pourtant. Elle n'avait pas à se plaindre. Vivante. Son cœur enroué mais toujours animé lui rappelait que rien n'était encore fini. Ce n'était qu'avec elle-même qu'elle se battait. À l'intérieur de sa boîte crânienne, les ombres de l'infâme s'engouffraient. Il paraît qu'il lui fallait du temps mais du temps, elle n'en avait pas. Il poursuivait sa course vers des ailleurs lointains, ancrant ses racines dans le vide, entraînant avec lui l'or de sa mémoire pour ne lui laisser que des monstres dérisoires. Parfois conserver le beau relevait de l'impossible. Plier sous le poids de l'espérance était alors enviable. Parce qu'elle n'était qu'une femme parmi tant d'autres après tout, un simple grain de poussière soumis aux tournures capricieuses de vents insubordonnés. Pourtant ce besoin ivre d'abandon, elle se l'était interdit. Ce n'était pas digne de sa mission. En tant que leader, sa faiblesse n'avait pas lieu d'être. Il fallait ignorer les rêves en lambeaux et la fièvre pernicieuse de l'angoisse qui s'était incrustée au creux de ses pores. Tout ça, après tout, n'existait que dans sa tête. Ses mains étaient gelées alors que ses tempes s'enflammaient. Paradoxe aberrant qu'elle avait cessé de vouloir décoder à force d'habitude, à force d'enfouir le mal-être qu'engendraient ces plusieurs mois consécutifs d'enfermement. Errant dans des couloirs qui n'en finissaient pas, Lahja tentait d'éloigner les nuages circonspects qui l'habitaient, cherchant à coordonner la nébulosité de ses archétypes inachevés. Pour ce faire, elle se rendit dans la salle des archives, se réfugiant alors dans l'océan trouble et abscons de ses recherches, explorant des milliers de pages au fil des heures qui se heurtaient au lourd silence qui étreignait la pièce qu'elle occupait. Elle contemplait ces lignes s'entrelacer de plus en plus avec son esprit. Jusqu'à ce que les paragraphes viennent s'imprimer dans les cavités de sa mémoire attentive. Sur l'une des feuilles vierges de son carnet, les arabesques contrôlées de son écriture se tatouaient, bercées par la grammaire absurdement complexe du finnois. Lahja transcrivait ses propres annotations, habillant progressivement la page d'une multitude de phrases entrecoupées par des formules nouvellement créées et la netteté de symboles oubliés. C'est à l'abri des regards qu'elle complétait la vacuité du quatrième grimoire qu'elle avait entamé depuis la Coalition puisque l'entièreté de ses effets personnels étaient restés en Finlande, au cœur de cette demeure familiale qu'on avait violé autant qu'on avait pu elle-même la profaner.


Tout était à réécrire. À bâtir à nouveau. Au point zéro, elle s'osait à rassembler les ruines théoriques de son enseignement car aujourd'hui plus que jamais, elle en avait besoin. Pour guérir. Pour protéger. Les siens et tous ceux qui s'unissaient dans l'espoir de vaincre Tullamore. Seulement, des années de travaux à recomposer n'était pas chose aisée. Cela dévorait une majeure partie de son temps, lui demandant de scanner l'anamnèse d'un passé encore trop présent. Dans les profondeurs de sa mémoire, la finlandaise s'écorchait encore parfois l'âme au rasoir de l'absence de ces visages familiers qui manquaient, aujourd'hui, cruellement à l'appel. Des questions cinglantes déambulaient de part et d'autre de son cortex. Des questions auxquelles son mentor aurait pu répondre. Quelques notes de piano y faisaient écho, lui rappelant les effluves emmiellées de cette vie à laquelle on l'avait arraché sûrement trop tôt. Que restait-il de ces personnes qui insufflaient en elle cette nostalgie douce-amère ? Il ne lui restait que son frère. Ce trésor. Bonheur inespéré qui lui était revenu alors qu'elle s'était abandonné au noir poisseux d'un stupide désespoir. Ce n'était que grâce à lui qu'elle était là à présent, épluchant les pages de son propre esprit à la recherche de tout ce qui pourrait les aider d'une manière ou d'une autre. Elle était là à présent, pleine d'espoir et d'envie. Le regard illuminé par l'obstination d'un jour franchir ces foutus barbelés. Et c'était tout ce qui ce comptait au final. L'endurance et la persévérance. L'ouverture abstraite mais pure de ne simplement pas baisser les bras. En groupe. Ensemble. Alors elle retirait les épines de l'amertume une par une, ignorant bien les trous qu'elles pourraient laisser derrière elles. Lahja s'est recentrée sur l'instant, repoussant les allégories fantomales qui tournaient autour de son être bien que le grattement de sa plume contre la rugosité du papier fut le seul signe concret d'une présence quelconque. La sienne qui plus est. Chronos, quant à lui, poursuivait sa litanie, poignardant toujours un peu plus le voile nocturne de Morphée. La blonde n'avait pas senti le temps s'émietter. Lorsqu'elle a finalement lâché sa plume, la soirée était déjà bien entamée. Elle s'était ensuite levée pour ranger les livres et se saisir de ses précieux manuscrits avant de quitter la salle, les bras chargés, avec l'idée branlante de s'offrir une pause.


Pour atteindre la chambre qui lui avait été désignée, elle devait repasser par le vestibule qui donnait accès à l'escalier menant aux différentes ailes du château. Lahja s'apprêtait à monter la première marche lorsqu'une main l'arrêta dans son élan. Contact physique. Le premier depuis... Depuis des semaines. Contact physique qui crispa le bas de son ventre brutalement, cisaillant alors son intérieur d'une électricité incontrôlée. Et puis le son d'une voix masculine lui vint. Inconnue. Nouvelle. Provoquant une première vague de frissons craintifs le long de sa colonne vertébrale. Elle s'était retournée avec vivacité, les pupilles légèrement dilatées par la surprise, reculant d'à peine quelques centimètres pour dévisager l'inconnu. Il se présente et à mesure que sa voix s'accroche à son attention, les muscles de la blonde se détendent. Killian. Scientifique travaillant aux côtés de Jayden. Tout va bien. Leurs regards s'accrochent alors qu'un sourire timide vient illuminer les lèvres de la sorcière, tentant vainement d'effacer l'embarras qui s'était naturellement imposé entre eux suite à sa réaction disproportionnée. Il disait avoir besoin de son aide pour le virus. Alors cette idée de pause ne lui traversait même plus l'esprit. Elle s'était volatilisée presque aussi instantanément qu'elle était apparue. « Enchantée Killian. » Elle l'était. Malgré la nature amochée de ses premières émotions. Lahja savait à quel point le germe de cette maladie énigmatique était un casse-tête. Y compris pour les plus intelligents d'entre eux. C'est principalement pour cette raison qu'elle éprouvait beaucoup de respect pour eux. « J'ai toujours le temps pour ce qui concerne le virus. » continua-t-elle en pensant à Léandre. À tous ces malades qui luttaient constamment pour leur propre vie. Son regard s'était quelque peu voilé car trop peint de la douleur de ses patients. Du sang craché. De leur lente agonie. « Suivez-moi. » Elle l'invitait calmement à calquer ses pas sur les siens afin qu'ils s'installent tous les deux dans un endroit un peu plus approprié que l'espace commun dans lequel ils venaient de se rencontrer. La finlandaise l'observait avec discrétion alors qu'ils marchaient, retenant les détails de ce qu'il voulait bien révéler. C'était la limpidité éthérée de son regard qui l'avait le plus touché. Au-delà de sa maigreur et de l'usure marquée des traits de son visage.


Ils finirent tous deux par entrer dans le modeste bureau de son frère. Heikki étant à Cork, ils seraient tranquilles afin de discuter sans qu'ils ne soient interrompus. La blonde abandonna ses livres sur la table et prit place dans l'un des fauteuils qui étaient à leur disposition, attendant que Killian en fasse de même. C'était la première fois qu'elle entendait parler de cet homme. Malgré qu'elle ait bien tenté de se souvenir de son nom, rien ne lui venait. Sans doute parce qu'elle n'avait pas connu River Crow. River Crow... Lahja n'en connaissait que peu de choses au final. Elle avait passé ses dernières années de liberté dans les profondeurs inapprivoisées de la Laponie, isolée de toutes guerres quel qu'elle soit, pour finalement rentrer et se faire capturer. Légèrement perdue dans ses pensées, son regard se posait à nouveau sur son interlocuteur. L'ancienne ballerine ne savait pas vraiment par où commencer et bien qu'il paraisse pacifiste, le malaise d'être en présence d'un homme réduisait considérablement sa confiance en elle. Cela dit... Elle tâchait de prendre sur elle et d'enterrer ces démons qui la narguaient. « J'espère être à la hauteur de vos espérances. En quoi puis-je vous aider ? » dit-elle, attentive à la naissance de cette conversation.  
(c) DΛNDELION




| TO A FEARLESS SKY |
With God, in chaos, with sorrow to tame us, reach us for the symbol of your world. The shroud of pathos, each symptom inflames us, preaching the symbol of the scourge. Life's contempt, a life of trial to unrest, vilified. I resent, morbid times so oppressed, soul divine. Lies torment, as I try to confess to a fearless sky.
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♦ Humain ♦
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De la main de Killian K. McGrath signé le Lun 13 Nov - 16:14

Heaven lies on sullen earth

Tu te retournes brusquement, comme un chaton apeuré. La pulpe de mes doigts embrassant ton épaule ressent immédiatement les crispations internes qui tendent ton corps, et ma main met immédiatement fin à ce contact. Je m’étais rendu compte que mon abord avait peut-être été invasif, mais pas à ce point-là. Tes yeux de biches m’indiquent rapidement que je n’aurais pas dû te toucher. Ton corps entier semble placer une barrière entre nous deux lorsque tu prends du recul, même s’il ne s’agit que de d’infimes centimètres. J’ignore qui tu t’attendais à voir, probablement pas une figure agréable, mais je peux t’assurer que tu n’as rien à craindre de ma part… Mais ça, tu ne peux pas le savoir, encore, n’est-ce pas ? Tu le découvriras sans doute plus tard. J’aurais envie que tu me dises quelle est la personne dont la présence te met dans cet état pour que je puisse aller lui refaire le minois, mais je préfère ne pas m’emballer, d’autant plus que tu ne me connais que depuis une petite poignée de secondes. Te souriant gentiment, tout en essayant d’afficher une expression consolatrice et un regard azur aussi pénétrant que rassurant, j’observe tes traits se lénifier lentement, à mesure que tu reprends conscience de la réalité et peut-être de ma nature pacifiste, et de la non-présence de l’objet de tes crispations. J’aurais peut-être dû prendre rendez-vous au lieu de débarquer à l’improviste…

Sans poser de question, je te suis, gardant une certaine distance derrière toi pour ne pas que tu te sentes menacée par ma présence. J’ai envie que tu me fasses confiance et qu’aucune barrière ne filtre nos échanges. Ce dont nous devons discuter est d’une haute importance, et la situation extérieur à elle seule diffuse déjà suffisamment de tension pour qu’on s’angoisse ailleurs inutilement, non ? J’ai beau penser cela, mais je suis bien le premier à angoisser à la moindre pensée inconfortable, sans même réellement en connaître les raisons. J’essaie tout de même de relativiser… Ta silhouette me sort bien vite de mes pensées tourmentées. Tu libères derrière toi un doux parfum floral, plein de légèreté, des effluves qui viennent immédiatement tranquilliser et recentrer mes synapses hyperactives. Nous entrons dans un modeste bureau. Je te regarde t’asseoir tout en fermant la porte derrière moi avant de venir te rejoindre sur le fauteuil en face du tien. Tu sembles perdue dans tes pensées… Peut-être le moment est-il mal choisi ? Nous pouvons remettre notre petite réunion à plus tard, ou à un autre jour… ? Je n’ai vraiment pas envie de perturber tes horaires ou tes plans, j’aimerais que tout se passe de la manière la plus simple possible. J’ouvre la bouche, toujours à la recherche de la formulation exacte de mes pensées, m’apprêtant à parler, mais tu reviens à toi et tu prends la parole avant que je n’aie eu le temps de prononcer quoi que ce soit.

« Ne vous mettez pas la pression, Lahja, vous ne me devez rien. Je viens juste collecter des informations qui, j’espère, pourront me faire progresser dans mes recherches. » Je m’enfonce de manière légèrement plus confortable dans le fauteuil, tentant de prendre une position qui me rendra plus décontracté. « On m’a dit que vous étiez en charge d’administrer les soins nécessaires au McGuinness. », poursuis-je avec toujours cette lueur de ressentiment lorsque je prononce le nom de l’ancien Seigneur des vampires. « Vous allez dans ce cas peut-être pouvoir m’éclairer sur certaines choses le concernant, et concernant son état… étant donné que très peu de gens ont la chance de pouvoir intégrer la même pièce que lui. »

La chance. Pour rien au monde je souhaiterais aller rendre visite à cet être qui a détruit la vie de centaines, voire de milliers d’humains. Je l’ai toujours indéniablement redouté, lui qui était probablement le seul être sur Terre capable d’ébranler le flegme légendaire de Wellan. Et maintenant qu’il est en position de faiblesse, je crains de ne pas parvenir à me contrôler en sa présence, et de potentiellement commettre une erreur que personne ne me pardonnerait. C’est bien mieux si je demeure loin de lui.  

« Comment se porte-t-il ? » Malgré moi, je revêts le détachement dont tous médecins se doivent de faire preuve vis-à-vis de leurs patients. Je devrais arrêter de le voir comme l’ennemi numéro un, ou même numéro deux, comme celui contre qui nous, à la Fondation, nous étions toujours battus, mais plutôt comme le patient zéro du virus K-089. Le premier à s’être fait infecté, et pourtant celui qui, jusqu’à présent, a vécu le plus longtemps en présence de ce virus au sein de son organisme. « J’imagine que comme tous les infectés, il tousse énormément, n’est-ce pas ? Et il doit sûrement cracher du sang… Ressent-il des étourdissements ? Est-il victime d’hallucinations ? » Je veux d’abord essayer de situer le McGuinness dans les différentes phases de croissance du virus. Et je me rends compte que je compatis face à ta tâche de lui rendre visite pratiquement tous les jours. Je crois ne pas être capable d’accomplir le tiers de ce que tu fais pour lui. « Comment est-il ? », je m’enquis, d’une voix moins formelle, plus chaude et plus empathique. « Avec vous, je veux dire… est-ce qu’il est gentil ? Il vous traite bien ? »

J’ai la forte impression que l’ancien roi ne se rend pas compte de la chance qu’il a d’avoir une sorcière, Lahja qui plus est, en guise d’infirmière privée. Par cette question légèrement déplacée, je m’égare peut-être, mais j’ai ardemment envie de savoir comment il se comporte, maintenant qu’il n’est plus à la tête du moindre royaume. Je n’aime pas les formalités et le malaise qu’elles peuvent insuffler aux personnes. Nous ne sommes pas en pleine interview, et notre discussion n’est ni un questionnaire, ni un test bidon. C’est simplement une discussion, entre deux êtres humains… ou humanoïdes, tant physiquement que mentalement. Je m’efforce de défaire la moindre tension qui pourrait se créer entre nous deux, car tu me sembles tout à fait sympathique et fondamentalement bien intentionnée. Et je sais au fond de moi que j’ai raison.

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De la main de Lahja Vehviläinen signé le Mer 22 Nov - 18:29

Heaven lies on sullen earth
Killian & Lahja

« I cannot sleep through endless hours. I cannot breathe the thoughts devour. I cannot weep through lost desire. »
Assise dans ce fauteuil, les nuages brumeux de ses angoisses démesurées s'étiolent à mesure qu'elle contemple l'homme venu à sa rencontre quelques minutes plus tôt. Lahja avait fait ses adieux aux fantômes du passé pour la soirée, se concentrant alors entièrement sur l'étranger qui lui faisait face. L'agressivité ne semblait pas l'habiter. De son regard clair, elle fouillait entre les lignes brouillées des premières impressions, cherchant parmi elles des grains de vérité à mémoriser, quelques effluves de l'âme qui pouvait se cacher derrière ce visage plaisant mais qu'elle devinait usé. Cependant elle avait bien du mal à détourner les prunelles des iris de l'inconnu. Ils étaient d'un bleu dont il lui était presque impossible de se détacher. Ce genre de bleu sacré qui lui rappelait l'endroit où elle était née trente ans plus tôt. Sans émettre le moindre son, l'intensité de ce regard parvenait de manière tacite à l'apaiser, l'éloignant ainsi naturellement des idées brisées qui pouvaient la tourmenter sans raison apparente. Pour comprendre la nature craintive du comportement étrange qu'elle adoptait, il aurait fallu avouer l'innommable. Mais elle savait que cela lui était encore impossible puisqu'ils venaient à peine de s'adresser la parole. Alors elle reprit conscience, un peu tardivement, et décidait de se focaliser sur la véritable raison de la présence de l'humain au château de Belfast et ce n'était autre que le virus K-089. Lahja n'avait guère voulu le mettre dans l'embarras. Ce n'était pas dans ses habitudes de se montrer aussi rude. Elle avait simplement été surprise que quelqu'un lui adresse la parole. Qu'un homme, qui plus est, autre que son petit frère, prenne la peine de poser une main sur ce corps souillé dont elle supportait difficilement le poids après ce qu'elle avait pu vivre aux côtés de Viggo. Des contacts humains, elle ne parvenait plus à se souvenir d'agréables sensations et avec les hématomes qui s'étaient tatoués à son échine, elle avait créé cette armure de glace épaisse autour de son être, n'utilisant donc plus que sa voix pour exprimer ce qu'elle avait à transmettre. C'était donc inattendu, ce geste autant que son interpellation. Il n'était pourtant pas responsable des traumatismes inavouables de la blonde. Il devait même être très loin de l'atrocité d'un esprit tel que celui de son agresseur. Ce genre de pensées l'aidaient à dénouer le nœud qui s'était formé dans ses entrailles précédemment, la libérant ainsi petit à petit de cette froideur que le scientifique ne méritait clairement pas. Ce fut donc elle qui brisa le silence gênant qui s'était glissé entre eux, espérant parvenir à détendre l'atmosphère qu'elle-même avait instauré par mégarde.


Lahja était bien loin d'être une femme de science mais elle était plutôt avisée en matière de soins ancestraux, de plantes et surtout d'arts magiques. Cela résumait bien son quotidien et elle n'était jamais contre l'idée d'apporter son aide là où cette dernière était demandée. La jeune sorcière espérait simplement pouvoir se montrer utile mais Killian n'a pas manqué de lui faire savoir qu'il était simplement là pour récolter des informations sur la maladie et que toute pression infligée était donc inutile. C'est avec une oreille particulièrement attentive qu'elle écouta le jeune homme. Il n'a pas tardé à évoquer Léandre, ce patient auquel elle s'était drôlement attachée sans crier gare et la manière détachée – presque rancunière – qu'il avait d'en parler l'avait légèrement intriguée. La finlandaise avait eu vent de ce qu'il s'était passé à River Crow sans pour autant en connaître tous les détails. Mais dire qu'elle n'était pas consciente du passé de l'ancien roi aurait été un mensonge... Elle préférait laisser cela au passé justement et avait l'intime conviction, sans doute bien trop innocente, que tout était encore possible et que chacun méritait au moins la chance de se racheter lorsque sa volonté allait dans cette direction. L'élémentaire ne pouvait bien sûr pas affirmer qu'elle avait raison et qu'elle avait bel et bien entendu de la rancune crisser à l'intonation de sa voix lorsque le nom de son patient avait franchi le seuil de ses lèvres. Et en toute honnêteté, elle jugeait bon de ne pas s'en mêler tout de suite, préférant d'abord en apprendre davantage sur son interlocuteur avant de se faire sa propre idée sur la question. Peut-être que Léandre lui avait fait du mal à lui aussi et dans ce cas, cette subtile acerbité était sans doute légitime mais par les temps qui courent, plus rien n'était réellement à sa place et ce Léandre cruel, cet homme indécent, elle ne l'avait encore jamais rencontré. Elle espérait d'ailleurs que cela n'arrive jamais. Reprenant le fil de ses pensées, elle tâcha de se rappeler d'une quelconque anomalie, refusant qu'un détail important lui échappe avant de lui répondre. Elle aurait aimé savoir faire preuve d'une précision irréprochable mais les jours s'étaient tant accumulés que nombreuses étaient les mortifications que le français avait enduré.


« Il souffre mais je pense que vous en êtes déjà conscient. » C'était une évidence après tout, un triste constat qui la blessait de plus en plus avec le temps. L'homme cita les symptômes les plus virulents, l'un après l'autre. Ceux contre lesquels elle se battait chaque jour, tentant vainement d'apaiser le vampire l'espace d'un laps de temps toujours beaucoup trop court à son goût. « Il tousse, en effet. Ça le prend parfois durant des heures entières. La toux semble de plus en plus productive. Ce qui fait que le sang est recraché en plus grosse quantité qu'au début. » Et cela ne la rassurait pas. Au contraire. La couleur de cet amas de liquide vermeil se versait en elle comme le fléau d'une destruction sans retour, un fléau qui n'avait pas d'autre but que l'annihilation d'un peuple entier. Et Dieu sait combien de fois elle avait dû l'essuyer. « À vrai dire, il peine à ne pas régurgiter le sang qu'on lui donne. C'est comme si son organisme ne supportait plus ce qui est censé le maintenir en vie. Pour les étourdissements, cela lui prend lorsqu'il fait trop d'efforts. Il est censé rester alité mais Léandre a parfois du mal à tenir en place... Il s'est déjà effondré lors d'une promenade à l'extérieur. » Elle se souvenait très bien de ce jour. C'était peut-être la première fois qu'elle l'avait cru mort. « Je ne saurais pas vous confirmer avec certitude qu'il est sujet aux hallucinations mais je ne manquerais pas de vous tenir au courant lorsque j'en serais sûre. » Elle ne se permettrait pas d'omettre quelque chose d'aussi important. Killian semblait être un homme de savoir et ils avaient grandement besoin de sa présence. D'ailleurs, elle lui en été profondément reconnaissante. S'il était ici et s'il voulait bien leur offrir une majeure partie de son temps, il devait certainement prendre cette tâche à cœur. Les interrogations dont il faisait part à Lahja par la suite la prirent par surprise une nouvelle fois. C'est au sort que lui réservait l'ancien roi qu'il s'intéressait. En d'autre terme, il s'enquit de son bien-être. Et face à cette intention, la finlandaise en oubliait presque de se méfier. Au contraire, sa mine triste s'était illuminée avec discrétion et comme pour le rassurer, elle lui offrit un sourire plus franc que le premier.

« J'ai compris que c'était un homme tourmenté mais il m'a toujours traité avec respect. » Cela pouvait peut-être paraître étonnant mais ce n'était que la vérité. Depuis le début, il ne l'avait jamais blessé d'une quelconque manière. « Cela dit, je ne le connais que depuis peu et mon rôle dans ce château est de prendre soin de lui. » Lahja ne perdait pas de vue le sens des réalités. Elle ne le jugeait pas mais ne l'idéalisait pas non plus. « Est-ce que vous le connaissez, vous ? » demanda-t-elle, particulièrement intéressée par son point de vue. « Vous êtes humain, n'est-ce pas ? Je ne suis pas ignorante sur ce que Léandre a pu commettre par le passé. Pourquoi aidez-vous les vampires ? » Elle ne pouvait s'empêcher de se demander quelle était sa position au sein d'un chaos tel que celui-ci et voulait s'en assurer directement. Oui, elle voulait savoir à quel genre d'homme elle avait affaire.
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De la main de Killian K. McGrath signé le Ven 15 Déc - 10:51

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Il souffre. Monsieur McGuinness souffre. En temps normal, j’aurais été le premier à me sentir ému par cette souffrance. Mais dans ce cas précisément, la souffrance de l’antique vampire me laissait avec la consistance émotionnelle d’un marbre quelconque. En revanche, ce qui me surprend davantage, c’est de déceler une fêlure dans ton regard lorsque tu m’apprends cette nouvelle. Tu ne le hais pas, comme j’aurais pu le penser… au contraire, j’ai l’impression que tu l’apprécie même. Dans la mesure du possible, évidemment. Je ne relève pas vraiment, soudainement plongé dans tes paroles décrivant les symptômes du roi déchu. Sur ton bureau, j’attrape une feuille de papier qui me semble vierge et un stylo pour me mettre à griffonner des lettres à la calligraphie élancée et caligineuse, les yeux rivés sur tes lèvres. Toux irritative. Crachats sanglants, plus importants qu’au début. Peine à se nourrir, vomissements. Pas d’hallucinations notables, à confirmer. Étourdissements… Il s'est déjà effondré lors d'une promenade à l'extérieur.

« À l’extérieur ? Vous le laissez sortir ? Lui qui était un protecteur presque puriste des vampires, j’espère qu’il ne va pas promouvoir leur perte. »

Quand pratiquement tous les autres vampires infectés vivent en quarantaine pour limiter la propagation du virus, McGuinness, lui, fait des promenades de santé ? Je n’ai jamais été un véritable médecin comme on peut en trouver dans les hôpitaux, mais quand bien même j’ai exercé certaines fonctions semblables, je n’ai jamais vraiment déshumanisé mes patients. Or avec Léandre, qu’il soit mon patient ou mon ennemi, ou que sais-je encore, je ne lui ai jamais attribué la moindre humanité. Voilà peut-être la raison pour laquelle tu auras l’impression que je parle d’un animal sans intérêt lorsque je parle de lui. Vous le laissez sortir ? Qui, un chaton ? Pour moi, il n’a guère plus d’importance qu’une statue creuse et sans relief, même si j’essaie de faire des efforts et prendre le recul nécessaire pour avoir une image de lui moins négative que celle que ma déraison tend à lui donner.

« Oui, tenez-moi au courant de l’évolution de sa maladie. Vous savez où me trouver, n’est-ce pas ? »

J’ai toujours cette impression que cette une véritable épreuve que tu subis en lui rendant visite presque quotidiennement. Là où ma répulsion à l’égard de l’ancien tyran me dicte avec précision que tes tâches doivent être aussi pénible que celle de Sisyphe, tu me rassures, non sans m’insuffler une bonne dose d’étonnement, en me disant que Léandre t’est respectueux. Voilà bien un adjectif que je ne lui aurais jamais attribué.

« La maladie aura peut-être eu le don de lui apprendre quelques leçons d’humanité. »

L’ombre d’un sourire illumine mon visage, l’espace d’un instant. Je dois bien avouer que le fait de savoir le vampire alité, affaibli à l’agonie, lénifie en moi les traumatismes dont il est lui-même l’auteur. Même si la situation a encore de quoi répandre précocement la canitie. Et pour toi, malgré le fait que j’aie l’impression que tu t’exposes à un danger à chaque fois que tu franchis le seuil de sa chambre, je me sens également soulagé. Tu es sans doute également capable de changer l’image que j’ai de lui en tête, comme tu viens de commencer à le faire.

« Je suis rassuré de vous savoir bien traitée. » Vraiment. « J’imagine, maintenant, qu’il n’est de toute manière plus en état de maltraiter qui que ce soit. Il ne peut plus se le permettre. Du moins, je m’en serais personnellement assuré s’il vous était hostile. »

Paroles d’abord doucereuses, qui font transparaître l’amertume que j’ai toujours à son égard au travers de mon désir de protéger les gens, comme toi, qui le méritent, et qui ne mérite surtout pas de passer une vie pleine d’affres inutiles. J’aimerais être au-dessus de tout cela, de toute cette rancœur, pouvoir me concentrer principalement sur les problèmes auxquels nous faisons face maintenant et passer outre cette rancune que lui voue toujours pour toutes les horreurs qu’il a fait subir à des personnes absolument innocentes. Je n’aime pas en vouloir aux gens, quelles que soient les horreurs qu’ils aient pu commettre. Mais là, c’est simplement chimique… Ces ressentiments s’atténueront avec le temps, sûrement. En attendant, je tente de rester flegmatique en toute circonstance.

« Le connaître ? Non, je ne dirais pas vraiment ça. Je n’ai jamais eu l’occasion de faire personnellement sa connaissance, et je crains être malheureusement encore trop fermé pour en avoir l’envie. Mais ayant vécu à River Crow, c’est un peu comme si je l’avais côtoyé de près toute ma vie. On entend parler de lui, on est au courant des horreurs qu’il commet, les rescapés du Manoir nous racontent ce qu’ils y ont vécu… Bref. Pardonnez-moi d’ailleurs si j’ai encore des propos hostiles à son égard, c’est juste que… ce n’est pas facile à oublier… », je t’avoue, avec sourire au coin de mes lèvres et un flegme maitrisé.

Et encore, je crois que je ne m’en sors pas trop mal. Scott, lui, nourrit encore des ressentiments vraiment inquiétants dus à ces temps sombres. Mais je ne peux que le comprendre. Après une vie complète passée à se battre contre un tyran, et découvrir, du jour au lendemain, que ce tyran est désormais dans le même camp… Il y a de quoi semer le trouble entre chacune de nos pensées. Mais tout cela est fini, n’est-ce pas ? Tu te demandes pourquoi j’aide les vampires. Pourquoi je viens aider un vampire comme Léandre, alors que je ne suis qu’un humain. Je te souris, je baisse les yeux, tentant de rassembler mes pensées et de réfléchir avec justesse.

« Tous les vampires ne sont pas des bêtes sanglantes et sans retenue. Bien au contraire. Et ils sont tout autant que nous les victimes de l’oppression de Tullamore, même les vampires les plus… instables. Ce qu’il s’est passé à River Crow, la rancœur qu’on en tire est toujours très présente, c’est sûr, mais elle ne ferait que freiner les maigres chances qu’on a de nous en sortir. Si on arrive à mettre nos différends de côtés, qu’on se focalise sur le vrai problème, et qu’on s’entraide dans un même but… on aura des chances d’avancer, ou du moins, de survivre sur l’île. Toute entraide est bénéfique… Comme nous nous entraidons – comme vous m’aidez en ce moment même. »

C’est là bien le fond de mes pensées, peut-être trop pacifistes. Tout le monde mérite d’être traité avec équité et respect, et il n’y a qu’en se serrant étroitement les coudes qu’on parviendra à alléger ne serait-ce qu’un peu l’absurdité de nos conditions de vie.

« J’aimerais qu’un jour, Tullamore tombe… et ça ne pourra pas se passer si on n’établit pas une certaine harmonie entre nous… vous ne pensez pas ? C’est ce que la plupart des gens sur cette île veulent, non ? »

C’était peut-être une idée, un rêve utopique, mais je ne voyais d’autres solutions pour faire tomber Tullamore. Seule, je n’y arriverai pas. Je peux essayer de pirater leur système, je peux étudier leurs drones, tenter de pénétrer leurs défenses informatiques… Mais changer leur mentalité ? Qui peut faire ça ?

« Pour ce qui est de Léandre… Je dois avouer que son état n’est de loin pas ma première préoccupation. Mais Wellan, en qui je fais totalement confiance, semble nourrir encore de forts espoirs le concernant… C’est pourquoi nos recherches placent beaucoup d’intérêt à son sujet. »

Je ne le cache pas ; si Wellan ne m’avait pas pressé par rapport à l’état de Léandre, je n’aurais probablement pas eu l’initiative de venir ici aujourd’hui. Pour remédier aux injustices que Tullamore a fait subir à Léandre, peut-être, oui, mais pas par simple bonté, je le crains.  

« Pour en revenir à son cas, d’ailleurs… j’ai encore quelques questions à vous poser, notamment au niveau des soins et plus particulièrement du traitement que vous lui administrez. » Revenons-en aux choses sérieuses. Je fais cliquer le stylo dans ma main, je retourne et plie la feuille sur mes genoux, prêt à prendre des notes. « Vous lui donnez des médicaments ? » Je fronce les sourcils, soudainement submergé par tout un raz-de-marée de questions sur ta nature et tes capacités. « Des potions, peut-être ? Je dois vous avouer être complètement ignorant de la médecine et des sciences… magiques et surnaturelles. Dans ce domaine, mes connaissances s’arrêtent malheureusement à la phytothérapie. » Je me gratte la barbe, alors qu’un sourire plane toujours sur mes lèvres. « Vous avez des dons de guérisseuses ? »  

J’ignore de quoi tu es capable, j’ignore en réalité qui est vraiment la personne en face de moi. La magie, la sorcellerie, ont toujours évoqué pour moi l’irrationalité et le doute, car ce sont des domaines que je peine à comprendre en tant qu’homme de sciences. Mais maintenant que j’ai la chance de pouvoir admirer une véritable sorcière en face de moi, tous les piliers de mon savoir semblent aussi friables que du graphite.

« Si Léandre vous admet à ses côtés, ce que vous devez avoir des dons qui sortent de l’ordinaire. »

En effet, je doute que Léandre accepte n’importe qui à ses côtés, surtout dans des moments de faiblesses comme il vit en ce moment. Mon être illuminé par ta douceur, je te souris, tout en gardant le regard légèrement plissé par ma curiosité et le fait que tu réserves sûrement plein de surprise pour mes pensées rationnelles.


Lyr



Hypocritical, egotistical, I don't wanna be the parenthetical, hypothetical, working onto something that I'm proud of, out of the box, an epoxy to the world and the vision we've lost. I'm an apostrophe, I'm just a symbol to remind you that there's more to see, I'm just a product of the system, a catastrophe, and yet a masterpiece, and yet I'm half-diseased, and when I am deceased, at least I go down to the grave and die happily, leave the body of my soul to be a part of me. I do what it takes…
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De la main de Lahja Vehviläinen signé le Sam 30 Déc - 1:19

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Killian & Lahja

« I cannot sleep through endless hours. I cannot breathe the thoughts devour. I cannot weep through lost desire. »
L'incompréhension... C'est fréquemment l'effluve étrange qui se glissait au cœur des conversations qu'elle pouvait avoir au sujet de Léandre avec des personnes extérieures. Dans le flou de ces multitudes de rumeurs ensanglantées, elle était incapable de le condamner. Cette cruauté abjecte que tous murmurait en évoquant le français lui semblait abstraite, presque déformée par l'exagération saturée d'émotions personnelles. Face aux jugements frénétiques et à la rancœur que l'ancien roi suscitaient encore actuellement en de nombreuses âmes, elle ne se souvenait que de l'être à apaiser ; le requiem de son instabilité régnant alors implacablement sur son empathie inquiète et concernée. Peut-être que son objectivité, à force de contempler son agonie, s'était amoindrie avec le temps. Mais si personne n'éclairait cette noirceur, qui parfois l'étouffait encore, comment pourrait-il faire renaître l'homme de bien que son cœur saccagé avait assassiné des siècles auparavant ? Lahja avait l'audace candide de croire en la possibilité d'une existence plus sereine pour son patient, refusant peut-être à tort d'intégrer une généralité qui le méprisait et l'insultait d'avoir eu les faiblesses que beaucoup d'autres avant lui avaient ressenti. Rien ne pourrait jamais effacer les abominations qu'il a délibérément infligé mais vivre dans le passé, remuer le couteau dans la plaie, encore loin d'avoir cicatrisé, n'étaient certainement pas de bonnes idées. Le parfum de la vengeance avait la capacité de charmer beaucoup d'esprits éveillés. Elle-même l'avait déjà inspiré, si profondément que son âme avait bien failli se perdre, mais le juste chemin ne pouvait définitivement pas être jonché de cadavres. Il ne pouvait être éclairé par les flammes de la rage ou par les éclairs envieux de la destruction. La guerre abîmait déjà tant de choses et tant d'êtres qu'elle ne ressentait pas le moindre désir de participer à ces massacres crissant de futilité et d'absurdité. Lahja ne pensait qu'à aimer. Elle ne pensait qu'à donner un peu de répit aux âmes décharnées qu'elle croisait sur son chemin et en Léandre, sommeillaient des énergies particulièrement mutilées. Son attitude, elle parvenait à la comprendre, d'une certaine manière, sans pour autant l'agréer. Pour attiser la dangerosité d'un animal, il faut persécuter son instinct de survie et plonger au sein de son paroxysme. Ainsi l'agressivité transpire de son regard et ses crocs à découvert sont prêts à transpercer les chairs de ses offenseurs. La raison le quittant alors totalement, sa docilité laisse place à ce besoin primitif d'être dominant, ce qui le préservait ainsi de toutes attaques prochaines. Le français, en ce sens, n'était pas bien différent des fauves qu'elle a pu étudier dans les contrées profondes de la Laponie. Car selon elle, la vraie puissance brillait dans l'abandon de soi-même et non dans la lutte, elle percevait Léandre comme quelqu'un à aider.

Ce qu'il fallait, ce que Wellan tout comme elle espéraient, était qu'il retrouve ce sens des réalités que de nombreuses souffrances lui avaient ôté.  L'horreur était certes difficile à accepter. Tourner la page sur toute la douleur que l'on a pu subir n'était pas une tâche aisée mais cette acceptation, au final, était la première étape pour guérir et avancer. Dans ce processus, la sorcière était prête à accompagner tout ceux qui souhaitaient se libérer de l'obscurité et Léandre, selon elle, avait besoin de l'être. Tout comme ceux qui avaient subi les conséquences de cette douleur qui n'a jamais cessé d'être sienne. Aux bribes discrètes de ces pensées, la scandinave se demandait alors si Killian avait besoin qu'on l'accompagne, lui aussi, sur ce chemin semé d'embûches et dont la destination préservait éternellement le masque du fantasme intouchable. Fallait-il le guérir, apaiser la virulence de tempêtes qui étaient encore invisibles aux yeux des autres ? L'homme s'était emparé d'une feuille et d'un bic, prenant notes des informations que la blonde lui livrait alors qu'elle ne pouvait guère s'arrêter de le détailler. Le détachement presque hostile dont le scientifique faisait preuve en lui répondant lui donnait quelques indices sur les sentiments amers qu'il pouvait nourrir envers Léandre. Faibles esquisses frivoles d'hypothèses incertaines qu'elle décidait de mémoriser elles aussi. « C'est arrivé quelques fois, oui. La vulnérabilité tend à le rendre difficile à gérer par moment. Il est affecté depuis si longtemps aussi... Je n'avais pas envie qu'il finisse par voir cette chambre comme un tombeau. » Elle semblait sereine et pourtant la mélancolie embrassait toujours ses cordes vocales. « Mais j'ai toujours veillé à ce que ces courtes sorties soient entièrement contrôlées. Comprenez bien que je n'allais pas risquer une infection supplémentaire de manière inconsciente, Killian. » La remarque du chercheur était légitime. Elle comprenait tout à fait les périls qu'un acte comme celui-ci engendrait mais elle en assumait entièrement la responsabilité. Il s'agissait de son patient après tout. À nouveau, McGrath lui faisait comprendre qu'il était à sa disposition en cas de besoin et l'air de rien, cela la rassurait. Allez savoir pourquoi. « À vrai dire, pas vraiment. J'imagine que vous vivez à Riverdall, non ? Est-ce que vous comptez rester quelques temps à Belfast ? » demanda-t-elle, plus pour sa curiosité personnelle qu'envers le contexte de leur conversation.

Aux questions que l'homme pouvait se poser, elle ne pouvait répondre qu'avec honnêteté. Léandre avait toujours été correct avec elle et ne l'avait traité qu'avec équité. Sur le visage de son interlocuteur, un sourire pondéré apparaît alors que quelques uns de ses mots viennent répondre à l'étonnante confession qu'elle venait de lui faire. « Peut-être, oui. En tous cas, j'espère que cela le fait réfléchir amplement à ses actes. » Chacun devait vivre avec le poids de ses erreurs. Léandre, qu'il soit Roi ou non, immortel ou pas, n'échappait pas à cette fatalité universelle. Des âmes qu'il avait décimé, aveuglé par la causticité d'un venin intemporel, il en subissait à présent les réminiscences épineuses et les hurlements fantomatiques. C'était sa conscience qui subissait le retour de flammes de son incapacité passée à vivre sans l'ombre infernale du Prince des Ténèbres. Elle fut touchée par la gentillesse dont le scientifique faisait preuve envers elle. Réellement. Sans le connaître, Lahja avait l'impression qu'il avait tous les droits de mériter sa confiance mais elle ne craignait rien et en effet, le français n'était plus physiquement en mesure de la maltraiter d'une quelconque manière. À son tour, elle osait partager les questions qui déambulaient à travers son esprit décidément très attentif à celui qui se trouvait dans ce bureau avec elle. La scandinave cherchait à lever le voile, à découvrir l'homme et ses ressentiments. L'homme et ses véritables pensées. Sans filtre de bienséance. Respectueuse et quelque peu suspendue aux lèvres du jeune homme, elle l'écouta lui avouer une certaine rancœur apparemment dure à omettre. River Crow était une ville d'horreurs à laquelle elle avait eu la chance d'échapper. Ça n'avait pas été le cas de Killian et en cela, elle ne pouvait que se montrer compréhensive et compatissante à ce qu'il avait pu vivre là-bas. La suite de ses propos émanait d'une sagesse inattendue. Elle fut prise de court, ne s'attendant pas à découvrir cette forme d'intelligence alors qu'il venait tout juste de lui avouer avec franchise l'amertume qu'il éprouvait encore à l'heure actuelle. Malgré tout, il comprenait que ce n'était plus le problème principal et il avait la maturité suffisante pour prendre le recule qu'il fallait.

« Je suis totalement d'accord avec votre manière de voir les choses. Je ne peux malheureusement pas imaginer ce que vous avez pu endurer à River Crow mais je suis rassurée de comprendre que vous êtes capable de mettre vos ressentiments de côté pour nous aider. C'est bien triste qu'il ait fallu une abomination aussi conséquente que Tullamore pour dépasser vos différents mais c'est, je l'espère, un mal pour un bien. » Dans ce début d'apocalypse, elle restait focalisée sur les points de lumière qu'il leur restait et la coalition, pour elle, était le plus important de ceux-là. « Rétablir une harmonie entre nos peuples est ce à quoi je m'évertue depuis deux ans à présent mais malgré tous les efforts que nous pouvons déployer dans ce but, nous sommes incapables de la remettre à l'ordre du jour séparément. J'ai la profonde certitude, moi aussi, que l'union ne peut que nous fortifier. » poursuivit-elle, avec profondeur. Killian, ensuite, restait franc avec la sorcière et cette franchise était fortement appréciée. Lahja ne supportant ni les mensonges ni les douceurs enrobées d'illusions, il était important d'établir entre eux un échange de vérités nettes et claires dès le départ. Elle apprit au fil de leur conversation que l'humain était en relation directe avec Wellan, grand homme qu'elle avait eu la chance de rencontrer et qu'elle espérait pouvoir connaître un peu plus avec le temps. Elle le savait très impliqué par rapport à l'avenir de tous et cet optimisme qu'ils partageaient tous les deux faisait partie des choses qui lui avait redonné du poil de la bête lorsqu'elle était au plus bas. Peu de gens avait encore autant de foi. Peu de gens avait le courage de voir au-delà des ruines qu'on leur avait laissé comme refuge. Mais Wellan fait partie de ces gens-là. « Je comprends mieux. Merci de vous montrer aussi sincère avec moi. Je pense que Wellan a raison, vous savez, même si cela peut paraître fantasque pour beaucoup. »  Elle rêvait, peut-être. Elle idéalisait, sans doute. Mais les ondes affectueuses qu'elle avait l'impression de pressentir en Killian rassuraient ses craintes et élevait un peu plus les espoirs qui peinaient à fleurir en elle ces derniers temps.

Ce point étant éclairci, ils continuèrent à échanger sur la santé mise à mal du français. Il se demandait à présent de quels soins l'ancien roi des vampires bénéficiait, soulignant par la même occasion son manque de connaissances à propos des sciences occultes. L'élémentaire fut quelque peu amusée de remarquer la perspicacité dont il faisait preuve en la questionnant sur de possibles dons de guérison. « Mon frère se charge principalement des médicaments car c'est un scientifique, lui aussi. En ce qui me concerne, je m'occupe de lui faire prendre les dosages qu'il m'indique. » commença-t-elle, le regard toujours vissé au creux des prunelles du penseur. « Et bien sûr, on lui administre aussi diverses potions. » Sinon à quoi serviraient-ils ici ? Ils avaient la chance de connaître les plantes et de savoir utiliser leur essence ainsi que leur énergie pour apaiser ceux qui en avaient le plus besoin. Ne pas utiliser ses compétences aurait été bien égoïste. « La seule chose qui différencie la phytothérapie de nos potions magiques est le fait que nos pouvoirs subliment en quelque sorte les effets des ingrédients qui les composent. » Cela ne sonnait sans doute pas très clair et avait peut-être même des notes de folie mais à nouveau, la blonde ne disait que la vérité. « En tant que sorcière, j'ai appris à diriger les énergies particulières aux composants chimiques de mes ingrédients à l'aide d'incantations verbales. Ce sont plus les forces de l'élément auxquels ces composants appartiennent qui agissent sur le patient que la potion elle-même. La frontière entre la concoction ensorcelée et la simple tisane ne réside qu'en l'absence ou la présence de pouvoir de celui qui la prépare. » Elle espérait ainsi l'aider à comprendre de manière un peu plus concrète ce qu'elle faisait au quotidien. Pour quelqu'un d'aussi réaliste qu'un scientifique, il était parfois difficile d'imaginer une telle chose mais à nouveau, la scandinave était très ouverte à la conversation. « C'est un peu comme un programme que l'on code. » dit-elle en riant un peu. « Mais vous avez raison. J'ai des aptitudes à la guérison. J'ai la chance d'être reliée à l'eau. C'est mon élément. Et grâce à ce dernier, il m'est possible de protéger, d'apaiser et de purifier. » Si elle avait utilisé ses dons pour aider son patient ? Bien sûr. La question ne se posait même pas lorsqu'on connaissait Lahja.

Elle n'avait pas peur de lui avouer et elle aimait la curiosité qui se dégageait de son regard aux allures presque enfantines. Leur réalité respective était bien différente l'une de l'autre et pourtant, la blonde ne pouvait nier que la notion de ses tangibilités quotidiennes l'intéressait de plus en plus. « Si cela peut vous aider d'une quelconque manière, sachez que je suis à votre disposition. » finit-elle, presque inspirée par les silhouettes de possibilités qui dansaient dans son esprit grâce à leurs échanges.
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