The Island of the damned est un forum post Apocalyptique rassemblant un grand nombre de créatures surnaturelles.
 

Heaven lies on sullen earth | feat. Lahja

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
avatar
♦ Humain ♦
Génie de Riverdall
♦ Humain ♦   Génie de Riverdall
Voir le profil de l'utilisateur

Messages : 61
Points RP : 131
Date d'inscription : 08/07/2017

De la main de Killian K. McGrath signé le Dim 22 Oct - 23:45

Heaven lies on sullen earth

Nerveux, je fais tourner la carte d’accès du château entre mes doigts tremblotants. C’est grâce à cette andouille de Jay que j’ai pu me procurer ce badge que je range dans ma poche. Lui, ce vieux vampire, ne va pas se risquer à arpenter les longs couloirs royaux alors que le virus rampe lentement et se faufile entre chaque particule qui compose la bâtisse. Ce serait du suicide. C’est également grâce à lui j’ai obtenu cet appartement délabré mais confortable, situé juste de l’autre côté de la rue du laboratoire. Je pousse la porte. Grincement familier qui fait frissonner mon échine. Je ne me sens pas chez moi. Machinalement, je pose mes clé sur le petit meuble en métal juste à l’entrée. Le tintillement me pénètre l’encéphale comme une nuée d’aiguilles. Yeux clos, je soupire. Ma pogne se glisse dans mon manteau, à la recherche de ces pilules qui viendraient à bout de mes céphalées et de mes maux éternels. Je m’en fourre deux dans la bouche et pars à la recherche d’un moyen d’hydrater mon esprit et de lénifier mes tourments. Dans la cuisine, le verre des bouteilles vides tinte sous les tremblements de mes mains. Je trouve un whisky piteux, et avale mes capsules avec de longues gorgées.

Mes mains chevrotent, mon ventre se resserre, des gouttes perlent sur mon front. L’âme souffre, l’esprit agonise, bourrelé par des raisons complètement abstruses, et pourtant la situation n’est pas nouvelle. Ma tête a envie de se taper contre les murs, mes yeux veulent lobotomiser mon cerveau. Tout mon corps se crispe dans le but de se libérer, et par conséquent, c’est encore pire. Mon regard glisse sur le sol. Ce n’est rien d’insurmontable. Chaque jour me traîne vers des affres destructrices, qui sont maintenant mes compagnes de longue date, toujours à me guetter, reines de mes angoisses et de mes déchirements. Je pose la bouteille sur le bar, clos mes yeux et prend une profonde inspiration, tentant de retrouver les racines qui me permettent de garder un semblant de lucidité et qui empêchent mon esprit de s’égarer dans des lieux trop obscures.

Sous la douche, l’eau bouillante lèche doucereusement mon derme frileux. Mes poumons s’emplissent de la buée environnante, et, lentement, je me laisse bercer par l’écoulement de la chaleur humide qui cajole mon âme et embrasse calmement mes pensées tourmentées. L’eau a cette agréable capacité à abluer mon âme des angoisses irrationnelles qui m’habitent constamment. De l’eau très chaude, ou de l’eau très froide, pour recentrer ces pensées qui virevoltent dans tous les sens et purger ma tête de ses idées noires. Je demeure sous le jet de longues minutes. J’aime y rester longtemps… si longtemps que mes doigts se frippent au point d’en devenir douloureux… si longtemps que parfois, le balon d’eau chaude se vide complètement et que, de ce fait, je suis obligé, en bon frileux, de me précipiter hors de la douche, le souffle coupé par la fraicheur de l’eau. Cette fois-ci, je coupe le robinet avant que ça ne m’arrive, et je sors, mon être purgé, dans un nuage de buée aveuglant. Mes membres ne trémulent plus, ma tête ne surchauffe plus, même si la céphalée et les maux de ventre ont tendance à se manifester avec plus de constance.  

J’enfile rapidement des fringues ternes comme à l’accoutumée, j’attache mes cheveux encore détrempés, de plus en plus longs, et je tombe sur mon reflet. Cet homme aux cernes creuses, quoique moins qu’auparavant, à la barbe indisciplinée et au regard vitreux. Je soupire. Cet homme n’inspire pas confiance, mais uniquement de la pitié. Ce que j’abhorre. Je n’ai pas envie qu’on me plaigne. Je n’ai pas envie qu’on vienne m’offrir de la bouffe en me croisant parce que je ressemble à un foutu clochard. De retour dans la salle de bain, je me munis d’une tondeuse, et, sans réfléchir, mais soigneusement, je réduis ma barbe, je la rends nette et propre. Au fur et à mesure que les poils tombent dans l’évier, mon visage s’éclaircit. C’est du moins l’intime impression que j’ai. Quand enfin j’ai fini, je m’essuie le visage et me défait de mon tee-shirt gris, banal, et je vais enfiler une chemise. Rien de bien éclatant. Une chemise noire de jais, comme mon pantalon, trop large vu le poids que j’ai perdu. Mais, pour le moins, je ressemble plus à… moi. L’homme que je vois dans le miroir n’est toujours pas sorti d’affaire, il garde l’apparence d’un cancéreux chevelu et barbu, mais sans l’aspect clochard. Il ressemble légèrement plus au scientifique qu’il est réellement.

Alors hop, soyons prompt ! Direction le château. Jayden, le vampire fou, scientifique émérite, m’a dit que la grande bâtisse représentait une espèce de quartier général à l’échelle de l’île entière. Les vampires ne sont pas les seuls à déambuler dans les longs couloirs de pierre, mais on peut aussi croiser des loups-garous, des sorciers, et d’autres créatures. J’ai décidé de m’y aventurer dans l’espérance qu’une personne puisse m’aider. Si je gardais en tête l’hypothèse sensée que le sang des loups garous pourrait avoir un effet adjuvant pour les vampires infectés, j’ai pris aujourd’hui la résolution de me tourner vers les sorciers. Jay m’a informé que Léandre recevait régulièrement la visite de leur leader. La chef, la boss des boss chez les sorciers. Lahja Vehviläinen, c’est bien ton nom, n’est-ce pas ? J’ai déjà eu le plaisir de te rencontrer une fois, de loin, le jour où la Coalition a été signée, sur vos terres, à Cork. Je ne crois pas que nous nous sommes déjà adressé la parole, mais je vais y remédier dans peu de temps.

Je passe mon badge devant le capteur pour qu’il me laisse y entrer. La porte d’entrée secondaire s’ouvre automatiquement, et je peux donc tranquillement rejoindre le vestibule démesuré, en attendant de pouvoir apercevoir ta chevelure flavescente et tes yeux nivéaux dans la sombreur tamisée des lieux. Je prends place sur un vieux fauteuil en cuir dans la pièce, et au moment où je pose mon séant sur la mollesse du meuble, je t’aperçois, à l’autre bout de la salle. Je n’tais auparavant pas sûr de te reconnaître alors que nous avions jamais vraiment échangés, mais maintenant que tu es devant mes yeux, je sais que c’est toi. Toi, tu ne me connais sûrement pas. Je ne peux prétendre avoir le même renom que toi au sein de l’île. Et c’est sans doute très bien ainsi. Foulées silencieuses, avec la discrétion du voleur, tu ne m’entends probablement pas arriver jusqu’à toi. Pour manifester ma présence, je pose toutefois une main inoffencive et hésitante sur ton épaule.

« Lahja ? »

Au moment où tu te retournes, je me rends compte que mon abord t’a peut-être été brusque. Je ne veux être le fardeau de personne.

« Je m’appelle Killian, je travaille avec Jayden Fellanderson dans les laboratoires de recherches sur le remède contre le virus K-089… »

Mes yeux croisent les tiens et plongent dans leur azur tout à fait hypnotisant et magnétisant. Les lèvres se pincent pour réprimer le sourire niais qui les démange ardemment.

« J’aurais besoin de votre aide, Lahja. »

Désespéré, je le suis. Rien que le fait de repenser à ce foutu virus gonfle mes poumons de cette angoisse nébuleuse, épée de Damoclès qui se balade constamment au dessus de ma tête. Danger éternel qui sonne le glas de ma lucidité. Mes tripes se serrent un peu plus, car la pression ressentie s’amplifie, temporairement, comme une décharge électrique me parcourant l’échine de haut en bas.

« Si vous avez le temps, bien sûr… »

Intimidé ? Tout à fait. Je n’ai pas eu l’occasion de côtoyer un nombre très conséquent de sorcier, dans ma misérable existence. En réalité, je crois que je n’ai jamais vraiment approché l’une de ces créatures emplies de splendeur d’aussi près. J’ignore même ce dont elle serait capable de me faire subir, là, sur le moment ? Peut-être pourrait-elle déchirer mon âme et la dévorer… ou la revendre à de vilains démons. Ou me jeter un mauvais sort ? Je n’en ai pas la moindre idée. L’avenir capricieux me le dira peut-être, s’il accepte de m’éclairer l’un de ses foutus peut-être.


©️ Lyr



Hypocritical, egotistical, I don't wanna be the parenthetical, hypothetical, working onto something that I'm proud of, out of the box, an epoxy to the world and the vision we've lost. I'm an apostrophe, I'm just a symbol to remind you that there's more to see, I'm just a product of the system, a catastrophe, and yet a masterpiece, and yet I'm half-diseased, and when I am deceased, at least I go down to the grave and die happily, leave the body of my soul to be a part of me. I do what it takes…
Revenir en haut Aller en bas
avatar
♣ Sorcière ♣ Élémentaire
Voir le profil de l'utilisateur

Messages : 303
Points RP : 582
Date d'inscription : 22/09/2017

De la main de Lahja Vehviläinen signé le Dim 29 Oct - 20:42

Heaven lies on sullen earth
Killian & Lahja

« I cannot sleep through endless hours. I cannot breathe the thoughts devour. I cannot weep through lost desire. »
Des pensées. Des minutes envolées. Toutes parsemées. Dispersées. Embrouillées par la lenteur d'un présent aux mirages éclatés. Elle était en sécurité pourtant. Elle n'avait pas à se plaindre. Vivante. Son cœur enroué mais toujours animé lui rappelait que rien n'était encore fini. Ce n'était qu'avec elle-même qu'elle se battait. À l'intérieur de sa boîte crânienne, les ombres de l'infâme s'engouffraient. Il paraît qu'il lui fallait du temps mais du temps, elle n'en avait pas. Il poursuivait sa course vers des ailleurs lointains, ancrant ses racines dans le vide, entraînant avec lui l'or de sa mémoire pour ne lui laisser que des monstres dérisoires. Parfois conserver le beau relevait de l'impossible. Plier sous le poids de l'espérance était alors enviable. Parce qu'elle n'était qu'une femme parmi tant d'autres après tout, un simple grain de poussière soumis aux tournures capricieuses de vents insubordonnés. Pourtant ce besoin ivre d'abandon, elle se l'était interdit. Ce n'était pas digne de sa mission. En tant que leader, sa faiblesse n'avait pas lieu d'être. Il fallait ignorer les rêves en lambeaux et la fièvre pernicieuse de l'angoisse qui s'était incrustée au creux de ses pores. Tout ça, après tout, n'existait que dans sa tête. Ses mains étaient gelées alors que ses tempes s'enflammaient. Paradoxe aberrant qu'elle avait cessé de vouloir décoder à force d'habitude, à force d'enfouir le mal-être qu'engendraient ces plusieurs mois consécutifs d'enfermement. Errant dans des couloirs qui n'en finissaient pas, Lahja tentait d'éloigner les nuages circonspects qui l'habitaient, cherchant à coordonner la nébulosité de ses archétypes inachevés. Pour ce faire, elle se rendit dans la salle des archives, se réfugiant alors dans l'océan trouble et abscons de ses recherches, explorant des milliers de pages au fil des heures qui se heurtaient au lourd silence qui étreignait la pièce qu'elle occupait. Elle contemplait ces lignes s'entrelacer de plus en plus avec son esprit. Jusqu'à ce que les paragraphes viennent s'imprimer dans les cavités de sa mémoire attentive. Sur l'une des feuilles vierges de son carnet, les arabesques contrôlées de son écriture se tatouaient, bercées par la grammaire absurdement complexe du finnois. Lahja transcrivait ses propres annotations, habillant progressivement la page d'une multitude de phrases entrecoupées par des formules nouvellement créées et la netteté de symboles oubliés. C'est à l'abri des regards qu'elle complétait la vacuité du quatrième grimoire qu'elle avait entamé depuis la Coalition puisque l'entièreté de ses effets personnels étaient restés en Finlande, au cœur de cette demeure familiale qu'on avait violé autant qu'on avait pu elle-même la profaner.


Tout était à réécrire. À bâtir à nouveau. Au point zéro, elle s'osait à rassembler les ruines théoriques de son enseignement car aujourd'hui plus que jamais, elle en avait besoin. Pour guérir. Pour protéger. Les siens et tous ceux qui s'unissaient dans l'espoir de vaincre Tullamore. Seulement, des années de travaux à recomposer n'était pas chose aisée. Cela dévorait une majeure partie de son temps, lui demandant de scanner l'anamnèse d'un passé encore trop présent. Dans les profondeurs de sa mémoire, la finlandaise s'écorchait encore parfois l'âme au rasoir de l'absence de ces visages familiers qui manquaient, aujourd'hui, cruellement à l'appel. Des questions cinglantes déambulaient de part et d'autre de son cortex. Des questions auxquelles son mentor aurait pu répondre. Quelques notes de piano y faisaient écho, lui rappelant les effluves emmiellées de cette vie à laquelle on l'avait arraché sûrement trop tôt. Que restait-il de ces personnes qui insufflaient en elle cette nostalgie douce-amère ? Il ne lui restait que son frère. Ce trésor. Bonheur inespéré qui lui était revenu alors qu'elle s'était abandonné au noir poisseux d'un stupide désespoir. Ce n'était que grâce à lui qu'elle était là à présent, épluchant les pages de son propre esprit à la recherche de tout ce qui pourrait les aider d'une manière ou d'une autre. Elle était là à présent, pleine d'espoir et d'envie. Le regard illuminé par l'obstination d'un jour franchir ces foutus barbelés. Et c'était tout ce qui ce comptait au final. L'endurance et la persévérance. L'ouverture abstraite mais pure de ne simplement pas baisser les bras. En groupe. Ensemble. Alors elle retirait les épines de l'amertume une par une, ignorant bien les trous qu'elles pourraient laisser derrière elles. Lahja s'est recentrée sur l'instant, repoussant les allégories fantomales qui tournaient autour de son être bien que le grattement de sa plume contre la rugosité du papier fut le seul signe concret d'une présence quelconque. La sienne qui plus est. Chronos, quant à lui, poursuivait sa litanie, poignardant toujours un peu plus le voile nocturne de Morphée. La blonde n'avait pas senti le temps s'émietter. Lorsqu'elle a finalement lâché sa plume, la soirée était déjà bien entamée. Elle s'était ensuite levée pour ranger les livres et se saisir de ses précieux manuscrits avant de quitter la salle, les bras chargés, avec l'idée branlante de s'offrir une pause.


Pour atteindre la chambre qui lui avait été désignée, elle devait repasser par le vestibule qui donnait accès à l'escalier menant aux différentes ailes du château. Lahja s'apprêtait à monter la première marche lorsqu'une main l'arrêta dans son élan. Contact physique. Le premier depuis... Depuis des semaines. Contact physique qui crispa le bas de son ventre brutalement, cisaillant alors son intérieur d'une électricité incontrôlée. Et puis le son d'une voix masculine lui vint. Inconnue. Nouvelle. Provoquant une première vague de frissons craintifs le long de sa colonne vertébrale. Elle s'était retournée avec vivacité, les pupilles légèrement dilatées par la surprise, reculant d'à peine quelques centimètres pour dévisager l'inconnu. Il se présente et à mesure que sa voix s'accroche à son attention, les muscles de la blonde se détendent. Killian. Scientifique travaillant aux côtés de Jayden. Tout va bien. Leurs regards s'accrochent alors qu'un sourire timide vient illuminer les lèvres de la sorcière, tentant vainement d'effacer l'embarras qui s'était naturellement imposé entre eux suite à sa réaction disproportionnée. Il disait avoir besoin de son aide pour le virus. Alors cette idée de pause ne lui traversait même plus l'esprit. Elle s'était volatilisée presque aussi instantanément qu'elle était apparue. « Enchantée Killian. » Elle l'était. Malgré la nature amochée de ses premières émotions. Lahja savait à quel point le germe de cette maladie énigmatique était un casse-tête. Y compris pour les plus intelligents d'entre eux. C'est principalement pour cette raison qu'elle éprouvait beaucoup de respect pour eux. « J'ai toujours le temps pour ce qui concerne le virus. » continua-t-elle en pensant à Léandre. À tous ces malades qui luttaient constamment pour leur propre vie. Son regard s'était quelque peu voilé car trop peint de la douleur de ses patients. Du sang craché. De leur lente agonie. « Suivez-moi. » Elle l'invitait calmement à calquer ses pas sur les siens afin qu'ils s'installent tous les deux dans un endroit un peu plus approprié que l'espace commun dans lequel ils venaient de se rencontrer. La finlandaise l'observait avec discrétion alors qu'ils marchaient, retenant les détails de ce qu'il voulait bien révéler. C'était la limpidité éthérée de son regard qui l'avait le plus touché. Au-delà de sa maigreur et de l'usure marquée des traits de son visage.


Ils finirent tous deux par entrer dans le modeste bureau de son frère. Heikki étant à Cork, ils seraient tranquilles afin de discuter sans qu'ils ne soient interrompus. La blonde abandonna ses livres sur la table et prit place dans l'un des fauteuils qui étaient à leur disposition, attendant que Killian en fasse de même. C'était la première fois qu'elle entendait parler de cet homme. Malgré qu'elle ait bien tenté de se souvenir de son nom, rien ne lui venait. Sans doute parce qu'elle n'avait pas connu River Crow. River Crow... Lahja n'en connaissait que peu de choses au final. Elle avait passé ses dernières années de liberté dans les profondeurs inapprivoisées de la Laponie, isolée de toutes guerres quel qu'elle soit, pour finalement rentrer et se faire capturer. Légèrement perdue dans ses pensées, son regard se posait à nouveau sur son interlocuteur. L'ancienne ballerine ne savait pas vraiment par où commencer et bien qu'il paraisse pacifiste, le malaise d'être en présence d'un homme réduisait considérablement sa confiance en elle. Cela dit... Elle tâchait de prendre sur elle et d'enterrer ces démons qui la narguaient. « J'espère être à la hauteur de vos espérances. En quoi puis-je vous aider ? » dit-elle, attentive à la naissance de cette conversation.  
(c) DΛNDELION




Love has no fear. Love has no reason.
It can make you better. It can change you slowly, give you everything you want, ask for nothing in return. In the blink of an eye, the hint of a smile. In the way you say goodbye and every time you find me.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
♦ Humain ♦
Génie de Riverdall
♦ Humain ♦   Génie de Riverdall
Voir le profil de l'utilisateur

Messages : 61
Points RP : 131
Date d'inscription : 08/07/2017

De la main de Killian K. McGrath signé le Lun 13 Nov - 16:14

Heaven lies on sullen earth

Tu te retournes brusquement, comme un chaton apeuré. La pulpe de mes doigts embrassant ton épaule ressent immédiatement les crispations internes qui tendent ton corps, et ma main met immédiatement fin à ce contact. Je m’étais rendu compte que mon abord avait peut-être été invasif, mais pas à ce point-là. Tes yeux de biches m’indiquent rapidement que je n’aurais pas dû te toucher. Ton corps entier semble placer une barrière entre nous deux lorsque tu prends du recul, même s’il ne s’agit que de d’infimes centimètres. J’ignore qui tu t’attendais à voir, probablement pas une figure agréable, mais je peux t’assurer que tu n’as rien à craindre de ma part… Mais ça, tu ne peux pas le savoir, encore, n’est-ce pas ? Tu le découvriras sans doute plus tard. J’aurais envie que tu me dises quelle est la personne dont la présence te met dans cet état pour que je puisse aller lui refaire le minois, mais je préfère ne pas m’emballer, d’autant plus que tu ne me connais que depuis une petite poignée de secondes. Te souriant gentiment, tout en essayant d’afficher une expression consolatrice et un regard azur aussi pénétrant que rassurant, j’observe tes traits se lénifier lentement, à mesure que tu reprends conscience de la réalité et peut-être de ma nature pacifiste, et de la non-présence de l’objet de tes crispations. J’aurais peut-être dû prendre rendez-vous au lieu de débarquer à l’improviste…

Sans poser de question, je te suis, gardant une certaine distance derrière toi pour ne pas que tu te sentes menacée par ma présence. J’ai envie que tu me fasses confiance et qu’aucune barrière ne filtre nos échanges. Ce dont nous devons discuter est d’une haute importance, et la situation extérieur à elle seule diffuse déjà suffisamment de tension pour qu’on s’angoisse ailleurs inutilement, non ? J’ai beau penser cela, mais je suis bien le premier à angoisser à la moindre pensée inconfortable, sans même réellement en connaître les raisons. J’essaie tout de même de relativiser… Ta silhouette me sort bien vite de mes pensées tourmentées. Tu libères derrière toi un doux parfum floral, plein de légèreté, des effluves qui viennent immédiatement tranquilliser et recentrer mes synapses hyperactives. Nous entrons dans un modeste bureau. Je te regarde t’asseoir tout en fermant la porte derrière moi avant de venir te rejoindre sur le fauteuil en face du tien. Tu sembles perdue dans tes pensées… Peut-être le moment est-il mal choisi ? Nous pouvons remettre notre petite réunion à plus tard, ou à un autre jour… ? Je n’ai vraiment pas envie de perturber tes horaires ou tes plans, j’aimerais que tout se passe de la manière la plus simple possible. J’ouvre la bouche, toujours à la recherche de la formulation exacte de mes pensées, m’apprêtant à parler, mais tu reviens à toi et tu prends la parole avant que je n’aie eu le temps de prononcer quoi que ce soit.

« Ne vous mettez pas la pression, Lahja, vous ne me devez rien. Je viens juste collecter des informations qui, j’espère, pourront me faire progresser dans mes recherches. » Je m’enfonce de manière légèrement plus confortable dans le fauteuil, tentant de prendre une position qui me rendra plus décontracté. « On m’a dit que vous étiez en charge d’administrer les soins nécessaires au McGuinness. », poursuis-je avec toujours cette lueur de ressentiment lorsque je prononce le nom de l’ancien Seigneur des vampires. « Vous allez dans ce cas peut-être pouvoir m’éclairer sur certaines choses le concernant, et concernant son état… étant donné que très peu de gens ont la chance de pouvoir intégrer la même pièce que lui. »

La chance. Pour rien au monde je souhaiterais aller rendre visite à cet être qui a détruit la vie de centaines, voire de milliers d’humains. Je l’ai toujours indéniablement redouté, lui qui était probablement le seul être sur Terre capable d’ébranler le flegme légendaire de Wellan. Et maintenant qu’il est en position de faiblesse, je crains de ne pas parvenir à me contrôler en sa présence, et de potentiellement commettre une erreur que personne ne me pardonnerait. C’est bien mieux si je demeure loin de lui.  

« Comment se porte-t-il ? » Malgré moi, je revêts le détachement dont tous médecins se doivent de faire preuve vis-à-vis de leurs patients. Je devrais arrêter de le voir comme l’ennemi numéro un, ou même numéro deux, comme celui contre qui nous, à la Fondation, nous étions toujours battus, mais plutôt comme le patient zéro du virus K-089. Le premier à s’être fait infecté, et pourtant celui qui, jusqu’à présent, a vécu le plus longtemps en présence de ce virus au sein de son organisme. « J’imagine que comme tous les infectés, il tousse énormément, n’est-ce pas ? Et il doit sûrement cracher du sang… Ressent-il des étourdissements ? Est-il victime d’hallucinations ? » Je veux d’abord essayer de situer le McGuinness dans les différentes phases de croissance du virus. Et je me rends compte que je compatis face à ta tâche de lui rendre visite pratiquement tous les jours. Je crois ne pas être capable d’accomplir le tiers de ce que tu fais pour lui. « Comment est-il ? », je m’enquis, d’une voix moins formelle, plus chaude et plus empathique. « Avec vous, je veux dire… est-ce qu’il est gentil ? Il vous traite bien ? »

J’ai la forte impression que l’ancien roi ne se rend pas compte de la chance qu’il a d’avoir une sorcière, Lahja qui plus est, en guise d’infirmière privée. Par cette question légèrement déplacée, je m’égare peut-être, mais j’ai ardemment envie de savoir comment il se comporte, maintenant qu’il n’est plus à la tête du moindre royaume. Je n’aime pas les formalités et le malaise qu’elles peuvent insuffler aux personnes. Nous ne sommes pas en pleine interview, et notre discussion n’est ni un questionnaire, ni un test bidon. C’est simplement une discussion, entre deux êtres humains… ou humanoïdes, tant physiquement que mentalement. Je m’efforce de défaire la moindre tension qui pourrait se créer entre nous deux, car tu me sembles tout à fait sympathique et fondamentalement bien intentionnée. Et je sais au fond de moi que j’ai raison.

Lyr



Hypocritical, egotistical, I don't wanna be the parenthetical, hypothetical, working onto something that I'm proud of, out of the box, an epoxy to the world and the vision we've lost. I'm an apostrophe, I'm just a symbol to remind you that there's more to see, I'm just a product of the system, a catastrophe, and yet a masterpiece, and yet I'm half-diseased, and when I am deceased, at least I go down to the grave and die happily, leave the body of my soul to be a part of me. I do what it takes…
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé


De la main de Contenu sponsorisé signé le
Revenir en haut Aller en bas

Heaven lies on sullen earth | feat. Lahja

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» HIGHWAY TO HEAVEN ♥ welcome in New Heaven
» EARTHQUAKE WARNING FROM RUSSIAN INSTITUTE of PHYSICS of the EARTH
» Stairway to Heaven
» Google Earth: Des images fraîches d'Haïti !
» "Life is a ticket to the greatest show on earth."

The Island Of the Damned ::  :: Belfast :: Le Château-