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 Quand le soleil rencontre la tempête [Feat Lahja]

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C'était encore une de ces nuits de service, où Tamara prenait son poste au château de Belfast. Elle n'était pas dans le bâtiment depuis bien longtemps, venant tout juste d'arriver en compagnie de Marvin, Warren et Harold. Romio, le chien de Tamara, faisait également partit du voyage, sa maîtresse ne le laissant jamais seul dans l'habitation où ils avaient tous prit place, de peur que l'animal ne s'ennuie, ou pire, qu'il prenne la poudre d'escampette pendant que tout le monde bossait.

Ça n'avait été qu'après quelques ronchonnements de Warren que Tamara et ses acolytes avaient pu décoller pour partir en direction du château de Belfast. Ce n'était pas très loin à pied, à peine quelques rues à traverser. Une sacrée chance en soi, tout le monde n'avait pas l'opportunité de pouvoir accéder à ce genre d'endroit à peine sorti de chez lui. La petite famille (parce que Marvin était comme un membre de la famille) était donc bien vite arrivée à destination, passant les grandes portes du château de Belfast. Leur lieu de travail depuis qu'ils étaient arrivés ici, et si on leur avait dit ça un jour, ils n'y auraient peut-être pas cru. Et pourtant, voilà deux ans que chacun exerçait entre ses murs, qui, autrefois, devaient avoir une toute autre fonction que celle qu'on lui prêtait aujourd'hui. Un hôpital, peut être le seul encore en état à des kilomètres à la ronde. Enfin, du moins, c'est ce qu'ils avaient entendu dire.

Le premier à prendre son poste avait été Harold, qui travaillait en temps que réceptionniste de l’hôpital. Warren avait monté l'escalier quelques instants avec les deux autres avant de prendre un couloir adjacent pour rejoindre ses collègues brancardiers. Tamara et Marvin s'étaient, quant à eux, rendus à leur poste respectif, enfilant leurs blouses d'infirmiers avant de reprendre les dossiers dont ils étaient en charge. Claquant une bise rapide sur la joue de son Sire, la brune s'était rendue dans la chambre de son premier patient de la nuit : un jeune vampire qui avait eu le malheur de se battre la veille avec une goule, pour en ressortir plus blessé qu'autre chose. 

« Hello l'ami, comment tu vas aujourd'hui ? »

Posant sa question, la demoiselle était entrée dans la chambre en regardant les dernières notes du dossier. Puis, relevant la tête, force fut pour elle de constater que son patient avait changé de tête, la faisant se stopper dans son élan. Alors, à moins que le jeune homme de la veille ne soit finalement un polymorphe, quelque chose clochait. Une minute d'immobilisation plus tard, et la brune avait repris la parole, un air d'incompréhension dans la voix :

« Toi, t'est pas mon patient. À tout hasard, tu ne saurais pas où on a mis le gars qui était dans cette chambre avant toi ? »

La jeune femme présente dans la chambre, une rousse aux yeux noirs qui ne devait pas avoir plus de trente-cinq ans, avait réfléchit quelques instants, avant de répondre de sa voix fluette :

« Je crois qu'ils l'ont déplacé dans la chambre au bout du couloir, en face de la buanderie. Je suis désolé, je viens d'arriver cet après-midi. »

« Merci bien ma p'tite dame. » Avait alors répondu la vampire en fermant la porte derrière elle.

Soufflant d’exaspération en lâchant un « Et merde » d'ennui, Tamara n'avait donc d'autre choix que de se rendre dans la nouvelle chambre de son premier patient de la nuit. Son molosse, qui était à ses côtés depuis le début, la suivait sans la quitter une seconde, sans même que sa maîtresse n'ait besoin de le tenir en laisse. Cela amusait la brune qui eut un sourire vers l'animal, s'adressant à lui pour s'occuper un peu le temps du trajet.

« Tu vas trouver ça délirant Romio, mais il y a des nuits, comme maintenant, où je hais les changements de dernières minutes. Oui, je sais, je suis paradoxale. »

L'Anglaise n'avait reçu qu'un aboiement pour toute réponse, son regard se posant sur son animal de compagnie. Ne regardant donc pas où elle marchait, elle percuta quelqu'un qui allait en sens inverse. Ne s'attendant pas vraiment à rentrer en collision avec quelqu'un, la demoiselle se retrouvait les fesses par terre, cassant au passage un vase en tentant de se rattraper. Se permettant quelques secondes pour réaliser ce qui venait de se passer, elle s'était finalement relevée à toute vitesse, avant de s'adresser à sa nouvelle interlocutrice.

« S'cuse moi, je t'ai pas fait trop mal ? »

Avec sa force vampirique, on était jamais sûr de rien, surtout que la blonde ne devais pas s'attendre non plus à cette rencontre pour le moins fracassante. Son patient pouvait bien attendre, il n'était pas en danger de mort. Remarquant les dégâts qu'elle venait de causer, alors que son chien reniflait les morceaux de verre brisés, la vampire écarta l'animal pour ne pas qu'il se fasse mal.

« Fais chier. T'approches pas Romio, tu vas te couper et j'aimerai t'éviter une blessure inutile. »

Et alors que la brune commençait à ramasser les morceaux de vase, le Dogue des Canaries s'était approché de la blonde qu'il reniflait en guise de salutation. Remarquant du coin de l'oeil ce que faisait l'animal, Tamara s'adressa à la jeune femme.

« S'il t'embête, tu peux l'écarter un peu, il est pas méchant. »


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Le soleil et la tempête
Tamara & Lahja

«When so many are lonely as seem to be lonely, it would be inexcusably selfish to be lonely alone. »
La nuit était devenue le moment de la journée où son activité était amplifiée. Vivant à l'envers, à la cadence des créatures obscures qui peuplaient le nord de l'Irlande, Lahja s'était fondue dans le tempo régissant leur existence. Cela ne la dérangeait pas réellement. En tant que scandinave, la blonde était habituée à la pénombre dû aux longues nuits d'hiver qui envahissaient sa Finlande natale. L'absence de clarté, elle la connaissait sur le bout du cœur et on pourrait presque croire que ça lui convenait parfaitement. Cependant, le calme manquait au château puisque minuit sonnait le point culminant de ses heures de travail. Lahja vagabondait, la plupart du temps, comme un coup de vent dans ces interminables couloirs que la vieille bâtisse possédait. Telle une abeille dans sa ruche, elle vérifiait le moindre détail, s'occupait de ceux qui avaient besoin de ses soins et aidait au besoin certains de ses collègues. Aujourd'hui n'était pas bien différent de la veille. De nouveaux arrivants affluaient, d'anciens chanceux partaient et d'autres attendaient simplement un miracle. Autant dire qu'il lui était presque impossible de s'ennuyer. Elle était sans doute un peu trop dévouée à son poste d'ailleurs. Lahja n'avait, pour ainsi dire, aucune vie sociale. Elle passait son existence à travailler et imbibée d'une inconscience étrange à ce sujet, elle ne semblait pas voir de problème à cela. Les dommages ne se ressentaient qu'à travers son corps humain. Parfois la fatigue ne cessait de lui courir après, faisant d'elle sa cible fétiche mais le surmenage n'effleurait même pas son esprit borné. Avec ses compères, elle cherchait inlassablement une solution au virus à tel point que c'en était pratiquement devenue une obsession. Lahja avait compté trop de morts depuis que l'épidémie était apparue. Son quotidien était peint de visages aujourd'hui absents. Elle se souvenait de ces patients. Impuissante, elle avait dû faire face à leur décès. L'empathie qui enrobait son muscle moteur l'étouffait par moment. Éponge à sentiments, Lahja avait la mauvaise habitude d'absorber la douleur de ceux qui l'entourent, les soulageant alors temporairement d'un poids spirituel destructeur. Pourtant elle n'était pas à plaindre et elle se refusait catégoriquement de le faire. Ce n'était pas elle qui était livrée à l'agonie. Ce n'était pas elle qui sentait son corps s'évanouir dans la douleur et l'inconfort. La sorcière était en santé. Même si elle ne faisait qu'exister, frôlant la véritable vie timidement, son énergie vitale brûlait encore avec passion au creux de sa cage thoracique.

Elle était là, debout, alors que certains de ses proches avaient sombré dans la rivière du Styx. Si c'était de la chance, elle la trouvait bien sarcastique en dépit de la clémence qui en ressortait. Lahja se demandait souvent ce qu'elle avait bien pu avoir de plus pour mériter la vie, pour mériter ces souffles pourtant si imperceptibles face à l'immensité de l'univers. C'était son énigme personnelle, la question sans réponse qui hantait les chimères dansant avec son âme. Lahja aimait croire qu'il s'agissait du destin. Si la subtilité de ses respirations faisait encore écho au néant, c'était peut-être car il lui restait des choses à accomplir en ce monde. Du moins, elle se rassurait ainsi. Elle se motivait à persister grâce au parfum de cette fébrile idée. L'usure la séduisait parfois avec insistance mais toujours brillait en elle ce besoin de surmonter le chaos environnant. Ainsi elle protégeait son humanité et n'oubliait pas les valeurs qu'on lui avait inculqué. Il était donc plus aisé pour elle de s'égarer dans l'acharnement ; toujours en quête de nouvelles formules, toujours en train de perfectionner les potions qu'elle ordonnait à ses patients. La finlandaise s'obligeait à être débordée. Vaquer à l'inutile était presque insultant pour elle. Ce soir donc, après avoir fait le tour de quelques chambres, elle avait prévu de faire quelques expériences pour élaborer des potions plus efficaces. Cela prenait beaucoup de temps et de recherches mais c'était tout ce à quoi rimait sa vie à présent. Tellement qu'elle s'en oubliait complètement, ne parlant aux autres que par nécessité, la solitude pesant de plus en plus sur ses frêles épaules. Il suffisait de voir à quel point elle était peu à l'aise lors de nouvelles rencontres, même si elle parvenait plus ou moins bien à dissimuler son trouble avec la politesse, Lahja n'en restait pas moins troublée. Elle avait perdu l'habitude de la sociabilité... Alors est-ce que s'enfermer dans l'élaboration de soins magiques était une solution à ce problème... ? Non, vraiment, ce n'était pas aujourd'hui qu'elle allait se pencher sur une quelconque amélioration par rapport à sa vie sociale. C'était du moins ce que son esprit continuait à lui imposer inconsciemment alors qu'elle relisait l'une de ses nombreuses listes vérifiant de la sorte qu'elle avait bien tout ce dont elle avait besoin pour sa prochaine mixture ensorcelée. Prêtant peu attention à ce qui se trouvait devant elle, la collision entre son corps et celui d'un autre la ramena brutalement à la réalité. Le choc fit qu'elle s'était retrouvée à terre, tout comme la jeune femme face à elle. Les éclats d'un vase résonnèrent jusqu'à ses tympans alors que les feuilles de son dossier s'étaient quelque peu éparpillées au sol en raison de leur chute.

Dans un premier temps, la blonde s'était redressée pour récolter sa paperasse et la remettre à sa place. L'inconnue s'était déjà relevée, se confondant alors en excuses. Lahja n'a pas tardé à l'imiter, son dossier à nouveau entre les bras. « Non, c'est de ma faute. J'aurais dû regarder devant moi. » dit-elle, avec un sourire gêné. Ensuite, la brune s'était mise à ramasser les morceaux de porcelaine, repoussant légèrement le chien qui l'accompagnait pour ne pas qu'il se blesse. Romio, c'était le prénom que la jeune femme lui avait donné. L'animal s'était approché, la reniflant un peu, comme pour l'identifier. D'une voix calme, sa maîtresse indiqua à la blonde que la bête n'était pas méchante et qu'elle pouvait le repousser si elle en ressentait le besoin mais en vérité, la sorcière appréciait énormément les animaux et de ce fait, elle ne s'est pas privée pour le gratifier de caresses, tentant ainsi de le distraire alors que sa détentrice éloignait les objets coupants. « Romio, c'est pas mal comme nom. » lança-t-elle, observant le chien avec tendresse. Elle en oubliait presque le bleu qui était sans doute en train de se former sur la chair recouvrant son épaule. De par cette force, la blonde en avait déduit que la jeune femme appartenait certainement à la race vampirique. « Je crois qu'on ne s'est pas encore rencontrées toutes les deux. Je suis Lahja et toi, quel est ton prénom ? » osa-t-elle lui demander lorsque l'inconnue revint auprès d'eux.
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Il restait encore quelques feuilles à terres, éparpillées sur le sol dans le fracas de la chute. Les dossiers que Tamara tenait dans ses bras lui avaient échappé sans qu'elle n'y fasse attention, ne s'étant miraculeusement pas mélangés avec ceux que tenait son interlocutrice. Une chance inouïe. Paperasse que la blonde avait déjà ramassée pour sa part, alors que la vampire finissait de ramasser les morceaux de verre brisés au sol.

"Je ne regardais pas vraiment mon chemin non plus. J'aurais pourtant dû pouvoir faire plus attention. À cette heure, il y a encore peu de monde habituellement, et il faut croire que je me suis senti trop en sécurité pour penser que je rentrerais dans quelqu'un. J'ai eu tord."

S'assurant d'avoir pris tous les morceaux de vase qui traînaient par terre, elle s'était relevé pour les poser sur le socle où le vase reposait il y a encore quelques instants. Une sculpture de porcelaine qui devait sans doute être magnifique, avec ses gravures aux courbes fines et ses couleurs aux tons apaisants. Une sculpture maintenant brisée en mille morceaux, tout comme l’âme de la jeune femme qui en avait causé la chute. Et pourtant, peu importe le prix qu'il pouvait coûter, peut importe la valeur à laquelle on l'estimait, Tamara ne ressentait absolument aucun scrupule à son état actuel. Rien, aucune honte à avoir provoqué la fêlure de l'objet, aucun remord à l'idée de se faire engueuler pour cela. C'étaient des choses qui arrivaient. Puis, concrètement, qui aurait intérêt à porter attention à une chose aussi futile dans un contexte aussi chaotique ?

La remarque de la blonde sur le prénom de son chien la fit sourire, dévoilant légèrement ses jolies canines blanches et acérée, alors que l'animal aboyait en signe d'approbation. Il se laissait caresser par la douce main qui trônait au-dessus de sa tête, avant de s'asseoir aux pieds de la jeune sorcière en observant les faits et gestes de sa propriétaire.

« Merci. Je voulais l'appeler Roméo, mais je trouvais ça trop classique, alors j'ai changé une lettre. »

Elle avait voulu un prénom original pour le molosse. Elle se souvenait du jour où elle l'avait trouvé, quelque temps après être arrivé à Belfast. Le pauvre était coincé sous les décombres d'une habitation abandonnée, et avait survécu avec beaucoup de courage. Il était complètement déshydraté, affamé, avec la peau sur les os, son squelette presque entièrement apparent sous sa courte fourrure brune. L'une de ses pattes avait été blessée, et la plaie s'était infectée, dans un mélange de sang, de poussière et de liquide jaunâtre transparent que l'on appelle du pus. Adorant les animaux, et ayant fait des études pour devenir vétérinaire quand elle était plus jeune, Tamara n'avait pas pu se résoudre à laisser l'animal comme ça, livré à lui-même. Alors, elle l'avait sorti des décombres avec l'aide de son frère, et l'avait porté jusqu'à l’hôpital où elle avait pris soin de lui, le nourrissant, lui donnant à boire, soignant sa blessure et lui apportant beaucoup d'attention et de tendresse. Depuis ce jour, Romio ne l'avait plus jamais quitté, protégeant et accompagnant sa maîtresse où qu'elle aille. Il lui arrivait quelques fois d'être un peu taquin avec elle et de la faire courir, mais généralement, il revenant toujours auprès d'elle.

Se baissant pour ramasser ses dossiers en vrac au sol, elle n'eut pas le courage d'y passer trois mille ans, et ne se priva donc pas pour user de sa vitesse vampirique, confirmant sans doute un peu plus l'impression de la jeune femme. De toute façon, elle devait bien se douter que, vu la zone dans laquelle elle se trouvait, il ne lui serait pas rare de croiser des gens de son espèce. Tamara n'avait jamais eu vraiment peur d'avouer ce qu'elle était, elle assumait parfaitement sa condition de créature surnaturelle. Il s'agissait même de la plus belle chose qui lui soit arrivée. Ses dossiers maintenant remis en place, elle les posa sur le premier meuble venu avant d'aller jeté les morceaux de vase dans la poubelle la plus proche. Et alors qu'elle revenait vers son interlocutrice, aux pieds de laquelle se tenait toujours Romio, elle écouta la question de la jeune femme avant d'y répondre. Lahja donc.

« Très joli prénom. » Avait elle d'abord répondu avec un grand sourire, découvrant bien plus ses canines que précédemment. « En effet, je ne me souviens pas que l'on se soit croisé avant. Je m'appelle Tamara. Tu es nouvelle dans le coin ? »

N'ayant jamais croisé le trajet de la blonde, il pouvant sembler normale que la demoiselle s’interroge. Observant plus attentivement la jeune femme en face d'elle, l'Anglaise s'était d'un coup arrêté sur les beaux yeux bleus de Lahja, les contemplant quelques instants avant de lâcher :

« Tu as des yeux sublimes, on te l'a déjà dit ? »

La brune avait posé sa question le plus naturellement du monde, sans même se soucier de savoir si cela allait ou non embarrasser son interlocutrice. Il en avait toujours été ainsi, si elle voulait dire quelque chose, ça sortait, point. Et elle ne voyait pas pourquoi elle se priverait de dire ce qu'elle pensait, trouvant absurde de ne pas oser exprimer librement ce que l'on pensait. Elle ne connaissait ni remords, ni regrets, ce qui devait pas mal aider. Son sourire semblait s'être fait plus carnassier, alors qu'elle restait parfaitement immobile devant la jeune femme aux cheveux d'or. Elle ne ferait rien, admirant juste la demoiselle face à elle. En bonne adepte de la beauté, elle avait simplement jugée utile de donner son avis.


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Le soleil et la tempête
Tamara & Lahja

«When so many are lonely as seem to be lonely, it would be inexcusably selfish to be lonely alone. »
Lahja adorait les animaux, bien plus que les hommes et leur ego impossible. Ils avaient une pureté que tous avaient perdu en apprenant les mœurs d'une société qui ne cessait jamais d'évoluer. Leurs principes n'étaient jamais constants. Versatiles tout comme leurs humeurs et leurs désirs, elle trouvait que les hommes n'étaient pas des créatures fiables. Femme de la nature, elle favorisait l'intérêt authentique de ces êtres qui ne possédaient pas la parole, cherchant davantage leur compagnie plutôt que celles de sa propre race. La finlandaise n'était guère douée pour les échanges verbaux. Pourtant loin d'être maladroite, ils avaient simplement tendance à la rendre mal à l'aise. Il était rare qu'on vienne lui parler sans avoir quelque chose derrière la tête et bien que par la force des choses, elle avait dû apprendre à faire avec, elle mentirait si elle disait qu'elle trouvait le phénomène plaisant. Pourtant cette collision soudaine la sortait sans prévenir de sa zone de confort. La jeune femme était quelque peu embarrassée par ce qu'il venait de se passer. Premièrement, elle avait fait tomber une parfaite inconnue et deuxièmement, cela avait eu comme conséquence de briser un vase en porcelaine qui coûtait certainement bien plus cher que la tenue qu'elle portait actuellement. Si elle se sentait concernée par leur petit accident, ça ne semblait pas être le cas de la belle brune qui se tenait devant elle. Sa nonchalance lui donnait presque envie d'être aussi libérée que son interlocutrice l'était mais la réalité était toujours bien différente de ce que l'on désirait silencieusement. Malgré cette indifférence flagrante portée au vase fracassé, elle semblait plus attentive à ce qu'il était advenu de la blonde car elle persistait à expliquer la mégarde dont elles avaient toutes les deux fait preuve au final. Ses papiers une fois récupérés, l'attention de la grande scandinave s'est naturellement dirigée vers le bel animal qui accompagnait l'inconnue. C'était un chien imposant que beaucoup auraient craint sans doute mais pas Lahja, probablement car elle avait toujours eu un bon feeling avec ces derniers. Et puis elle n'avait aucune raison de s'inquiéter, sa propriétaire venant de l'informer qu'il n'était pas méchant. Lahja prit donc la décision de lui faire confiance et se mit à caresser l'animal avec affection et un peu d'émerveillement. Son nouvel ami inopiné se prénommait Romio et elle ne put s'empêcher de complimenter la belle brune sur le prénom qu'elle avait décidé de lui donner car elle ne l'avait jamais entendu jusqu'à cette rencontre imprévue.

« Tu as bien fait, ça souligne sa propre singularité et il le mérite bien. » dit-elle observant la jeune femme ramasser à une vitesse fulgurante les quelques feuilles éparpillées qui étaient tombées au sol. Parfois elle enviait les vampires de ces facultés si pratiques qu'ils possédaient mais cette envie disparaissait vite lorsqu'elle se rappelait qu'ils ne pouvaient se passer de sang humain pour vivre pleinement et convenablement. En d'autres termes, pour Lahja qui était végétalienne, ça aurait été un drame monstrueux. Cela n'empêchait pas qu'elle apprenait à connaître les créatures particulières de ce peuple si sombre. Dire qu'elle n'était pas intriguée par eux et ce qu'ils dégageaient naturellement aurait été un euphémisme. Elle s'était même surprise à aimer la compagnie de certains d'entre eux et qui sait, peut-être que ce sera aussi le cas de Tamara. Elle venait tout juste d'apprendre le prénom de son interlocutrice après lui avoir posé la question, souriant un peu timidement lorsque la jeune femme la complimentait sur le sien. Les compliments étaient bien une chose qu'elle ne connaissait que très peu, d'autant plus dans un environnement aussi électrique que celui dans lequel elle évoluait depuis ces deux dernières années. Elle était passée par bien des phases mais on ne peut pas dire que l'attention ou la douceur en faisaient partie. C'était rare et la méfiance qu'elle avait naturellement développé après ce qu'elle avait subi aux côtés du chef-surveillant des gardes de Tullamore, elle peinait à diminuer la méfiance qui la gangrenait toute entière. Pourtant la jolie brune n'avait pas l'air foncièrement mauvaise, à première vue mais les apparences étaient parfois trompeuses, n'est-ce pas ? Elle lui demandait ensuite si cela faisait longtemps qu'elle était dans le coin et c'était une très bonne question car elle avait perdu le fil depuis quelques temps déjà.

« Merci, c'est gentil. » commença-t-elle avant de prendre une mine plus pensive. « Et puis pour te répondre, non, je ne suis pas vraiment ce qu'on pourrait appeler nouvelle. » Même si c'était absolument relatif d'un point de vue à l'autre. Qu'est-ce que « nouvelle » pouvait bien vouloir dire lorsqu'on vit dans cet enfer depuis deux ans ? « Je suis l'infirmière de Léandre McGuinness depuis le début. Ça fait deux ans que j'ai débarqué en Irlande. Et toi alors ? » Soudainement intéressée par l'histoire de la brune, elle se posait plusieurs questions à son sujet mais décidait de ne pas brûler les étapes, préférant largement prendre le temps de la découvrir comme il se doit. Mais la déclaration de Tamara la prit de court. Le regard un peu plus ouvert sur sa personne, l'étonnement pouvait sans doute se lire sur les traits délicats de la finlandaise à ce que la jolie vampire venait de lui révéler. Les deux iris céruléens de la belle fixement posés sur elle ne la dérangeaient pas mais l'intimidaient quelque peu. À nouveau, Lahja fut confrontée à des interactions qu'elle avait oublié de vivre depuis qu'elle s'activait au sein de sa communauté et celle des vampires malades et affaiblis par le virus.

« Peut-être mais pour être tout à fait franche, cela fait tellement longtemps que je ne me rappelle plus de la dernière fois qu'on me l'a dit. »  Elle passa une main nerveuse dans la longueur de ses cheveux clairs et souriait d'un rictus bien moins assuré que celui de la femme qui lui faisait face. C'était certainement propre aux vampires lorsqu'ils discutaient avec des humains, quoi qu'elle n'était pas réellement humaine, elle. Elle était un peu plus que ça. « Mais tu n'as rien à leur envier, les tiens sont tout aussi agréables à regarder. »  C'était un fait qu'elle n'avait pas de mal à assumer. Tamara avait un charme particulier et elle était presque certaine qu'elle devait faire tourner la tête à plus d'une personne.
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L'Anglaise n'aurait pas su dire si c'était naturellement qu'elle était venue à en adorer les animaux, mais les faits étaient là. Ce déclic pour la cause animal, elle l'avait eu assez jeune. Elle avait à peine 10 ans à ce moment-là, ça remontait donc à très loin. Elle avait trouvé un chaton gravement blessé, et presque mort, elle l'avait immédiatement amené chez le vétérinaire le plus proche. On lui avait autorisé à rester quelques instants avec l'animal le temps qu'il soit soigné, et lorsqu'elle avait vu le vétérinaire à l’œuvre, elle avait su qu'elle aussi elle voulait prendre soin d'eux. Prendre soin de ces petites bêtes sans défense, à qui les hommes faisaient parfois beaucoup de mal. Puis, il s'était révélé que sa condition de vampire n'était pas forcement en contradiction avec son envie de vouloir protéger les animaux. Et dire que certains vampires, pour ne pas s'en prendre aux humains dont ils défendaient la cause, se nourrissaient de sang animal... Ceux-là de son espèce la dégouttaient.

Pour ce qui était de ses relations aux autres, cela se jouait beaucoup au feeling. Soit ça passait, soit ça cassait. Comme elle vivait beaucoup dans l'instant présent, les rencontres qu'elle faisait était souvent le fruit d'un concours de circonstances plus ou moins surprenant. Et la collision qui venait de se produire faisait sûrement partit de la seconde catégorie. Mais cela ne dérangeait nullement la brune qui aimait les rencontres originales, et peu lui importait de casser un vase dans ces circonstances imprévues. Aucune des deux jeunes femmes n'aurait pu prédire ce qui se passerait pour la pauvre sculpture de porcelaine. Puis, si elle s'attardait plus facilement à se confondre en excuse auprès de la blonde, c'était parce qu'elle était consciente qu'il n'y avait pas que des vampires dans le château, et que si pour elle une collision comme celle-là lui faisait l'effet d'une pichenette, pour les non-vampires cela pouvait se révéler plus douloureux.

Alors que sa maîtresse s'était affairée à ramasser les débris de cette petite mésaventure, le molosse au pelage brun n'avait pas bougé de sa place, et était tranquillement resté assis près de Lahja, se collant presque à ses jambes alors qu'elle le caressait. De base, ce n'était pas un mauvais chien, au contraire. Éduqué avec beaucoup d'amour par Tamara, il ne se montrait méchant que pour se défendre ou défendre sa maîtresse, voir défendre quelqu'un qu'il aimait bien. En dehors de cela, il ne voyait pas l’intérêt de faire du mal à quelqu'un, surtout quand cette personne ne lui voulait que du bien. Il n'était pas forcement le genre d'animale que l'on avait envie d'approcher au premier abord, à cause de sa carrure et de ses 60kg de muscle, mais ce n'était qu'un a priori idiot qui était rapidement contredit une fois la barrière du préjugé passé.

« À animal spécial, prénom spécial. Je l'ai prise avec moi il y a deux ans, quelque temps après la coalition. Il fallait le voir quand je l'ai trouvé... Il a été très courageux. » Avait-elle répondue en retour de compliment sur le prénom du molosse.

Tamara était fière des capacités que sa transformation lui avait donné. Évidemment, elles avaient un prix, et cela passait, en premier lieu, par le besoin de sang humain comme nourriture. La jeune femme elle-même ne pouvait s'expliquer ce phénomène, et avait déjà tenter de chercher en quoi le sang humain, plus que tout autre chose, pouvait leur apporter toutes ces capacités incroyables. Mais elle n'avait jamais trouvé de raison plus logique qu'une autre pour expliquer ce phénomène. Tout comme elle ne comprenait pas forcement d'où venaient les capacités des sorciers et des autres créatures qui vivaient sur l'île, mais ce n'était pas vraiment sa priorité du moment non plus. En un sens, elle ressentait une part de curiosité plus grande pour les sorciers, qui à la fois semblaient plus fort que les humains de part leurs dons, tout en ayant gardés leur humanité qu'ils partagent avec leurs confrères non-créature. Évidemment, s'il avait été facile pour Lahja de connaître son statut de vampire, Tamara n'en savait rien du tout en ce qui concernait la blonde. Elle pouvait être un peu tout et n'importe quoi, aussi bien goule que loup-garou ou encore polymorphe. Mais ça ne semblait pas la perturber, du moins tant que son interlocutrice ne semblait pas vouloir lui sauter à la gorge. Puis elle en avait vu pas mal, des habitants des autres zones, en deux ans. La plupart venaient sur le territoire vampire pour une raison bien spécifique : des scientifiques qui travaillaient au laboratoire, des médecins qui venaient prêter main forte au château, des humains qui venaient gentiment donner de leur sang pour nourrir les immortelles, et on en passe. Pour la minorité, ils s'étaient juste égarés, ça arrivait. Depuis la coalition, il n'était pas rare de voir des gens se déplacer d'une zone à l'autre pour de multiples raisons, ce n'était pas toujours un choix, mais cela semblait fonctionner pour le moment. Il ne restait encore que le purgatoire où mettre les pieds n'était pas spécialement conseillé, la zone réservée aux créatures se trouvant être l'une des plus dangereuses. Si ce n'était la plus dangereuse de toutes.

Tamara avait finalement appris le nom de la jolie jeune femme avec qui elle était entrée en collision, et l'avait complimenté sur son prénom. Il n'était pas commun, du moins elle n'en avait jamais entendue de semblable, mais elle trouvait que ça sonnait bien. Au contraire du sien qui était plutôt banal, mais dont elle se contentait.

« De rien, c'est normale. Ça sonne étranger, c'est de quelle origine ? »

Si elle était trop indiscrète, elle ne s'en rendait pas vraiment compte. Ce qui pouvait être une question banale pour elle pouvait être une question gênante pour quelqu'un d'autre plus réservé. Si Lahja ne voyait pas Tamara comme mauvaise à première vue, les témoignages qu'elle pourrait récolter la concernant étaient parfois assez fluctuants. Mais la majorité, et surtout les gens qui la connaissent assez, pourraient sans doute lui dire que la brune ne réagissait, en vérité, presque qu'à l'instinct. Si on lui voulait du mal, elle faisait du mal. Si on lui voulait du bien, elle ne faisait pas de mal. Logique jusque-là. Tamara était une impulsive, elle réagissait aux sentiments, à ce qui se passait en face d'elle. Elle pouvait parfois se révéler manipulatrice, oui, mais seulement quand il en allait de son intérêt. 

La réponse à sa question la fit sourire, avant qu'elle ne réponde à son tour.

« Je vois. C'est vrai que le vieux est malade... Il va mieux ? En ce qui me concerne, ça fait trois ans que suis en Irlande. J'ai habité à River Crow, tout comme Léandre et certains autres vampires ici. J'y étais tatoueuse. Et il y a deux ans, il y a eu les bombardements, un an après mon arrivée. Je n'ai pas eu d'autre choix que de fuir, la ville à été entièrement détruite, et de fil en aiguille, je me suis retrouvé ici. Depuis, je suis devenue infirmière. »

C'était peut-être dangereux ce qu'elle venait de faire, mais Tamara lui avait exposé rapidement une petite partie de son passé. Rien qu'une toute petite partie comparée à ce qu'elle avait déjà vécue. Elle ne faisait pas partie des plus vieux vampires qu'il existait, mais elle n'était pas peu fière de ses 119 ans d'existence. Ce n'était pas tout le monde qui pouvait se vanter de traverser le temps sans en subir les conséquences, et de pouvoir voir le monde changer, évoluer. Après avoir complimenté les yeux de la jolie blonde, elle avait bien remarqué que cela semblait l'avoir étonné. À quel point, et dans quel sens, elle ne pouvait pas vraiment le deviner. Enfin, en théorie si, elle pouvait tout à fait lire dans les pensées de la blonde pour le savoir. Mais en pratique, c'était un pouvoir qu'elle n'utilisait pas des masses. Tout simplement parce qu'elle n'y pensait pas, et le fait de ne pas l'utiliser aussi fréquemment que certains de ses congénères ne l'aidait pas à se souvenir qu'elle l'avait. Son but, là tout de suite, ce n'était pas d’effrayer Lahja. Elle avait juste eu envie de lui faire savoir qu'elle trouvait ses yeux magnifiques. 

« Les gens ne prennent pas souvent le temps de s'attarder sur ce genre de détail, ou n'osent tout simplement pas le dire. C'est bien dommage. » Lui avait elle d'abord répondu pour sa première réponse. « Je te remercie du compliment. Mais il y a dans les tiens quelque chose de différent, comme... une étincelle de je ne sais quoi. C'est très jolie. »

Puis, se rappelant soudainement que la demoiselle n'était peut-être pas vampire, l'Anglaise s'était d'un seul coup dit que leur collision avait peut-être fait plus de mal à la blonde qu'à elle.

« Au fait, j'aurais dû commencer par là : tu n'as rien de casser ? Pas de douleur ou autre ? Je préfère te demander parce que je sais qu'il n'y a pas que des vampires qui circulent ici, et je ne me rends pas forcement compte de ma force. »

Elle était redevenue bien sérieuse d'un seul coup, changeant d'humeur presque aussi vite que Lucky Luck ne tirait une balle. Chose qui perturberait peut-être la blonde si elle n'avait jamais connu ce genre de comportement.


Les démons de mon passé ont fait de moi ce que je suis.© Justayne
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Le soleil et la tempête
Tamara & Lahja

«When so many are lonely as seem to be lonely, it would be inexcusably selfish to be lonely alone. »
Malgré son amour pour les animaux, la blonde n'en avait jamais possédé un. Sa dévotion profonde envers la nature lui insufflait des utopies de liberté sans limites. Lahja préférait observer les animaux dans leur environnement naturel. Parfois, il lui arrivait pourtant de s'arrêter en chemin lors de ses cueillettes dans les plaines irlandaises afin de passer un instant en compagnie d'un chat errant et lorsqu'elle était chanceuse, d'une biche ou d'un cerf. Elle aimait la surprise qu'approcher un animal sauvage lui donnait. Cela lui inspirait une sorte de connexion mystique avec l'animal, même si le rapprochement était toujours éphémère et furtif. La finlandaise n'en restait pas moins émerveillée par leur beauté et leur simplicité qui, à ses yeux, était salvatrice. D'habitude, elle les enviait de cette capacité à vivre comme bon leur semble, isolés de cette Humanité qui s'éprenait de passion pour la destruction. Quand les hommes faisaient la guerre, eux préféraient laisser le temps poursuivre son cours. Ils suivaient la rivière sans chercher à l'obstruer. Fidèles aux murmures du vent et des saisons changeantes qui mouvaient leurs terres. À ses pensées, Lahja avait presque le mal du pays. Sa Laponie lui manquait, l'existence qu'elle menait là-bas lui manquait. Tout était si paisible qu'elle s'était sentie hors du monde, hors de toutes lois existantes si ce n'est celle de la nature. L'élémentaire aurait donné cher pour pouvoir retourner dans cet univers qui ne reflétait au final que la véritable réalité. Cette dernière ne se trouvait ni dans la guerre ou le déchirement, encore moins dans la politique. Elle se trouvait dans l'instant fragile et pourtant omniprésent du présent. Ses prunelles contemplaient l'animal alors que son esprit foulait le sol gelé de sa patrie. Elle espérait que sa tante soit saine et sauve, à l'abri de cette fin du monde qui menaçait de les faire sombrer d'un instant à l'autre. Elle espérait que les gardes ne se soient pas emparés d'elle, qu'elle ait pu survivre malgré le chaos qui s'acharne à ensevelir leur famille ancestrale. Souvent, elle reprochait à son frère de ne pas avoir profité de sa liberté. De dehors, il aurait certainement pu être plus utile. Cependant, elle ne pouvait nier que sans lui, elle ne serait sans doute plus de ce monde. Il avait été sa lumière lors d'une période qui n'était pour elle qu'un trou sans fond mais il était arrivé, il lui avait redonné de la force. Avec toute la patience du monde, il avait pansé ses plaies et si elle était debout aujourd'hui, ce n'était que grâce à l'espoir qu'il avait mis en elle.

Elle ne pouvait qu'éprouver envers lui qu'une reconnaissance infinie et cela semblait être le cas pour Romio qui avait été sauvé de la déchéance par cette jeune femme qui était devenue sa maîtresse. Ainsi, Lahja ne pouvait que se sentir plus proche encore de l'animal qu'au départ. La blonde avait toujours eu un faible pour les animaux abîmés, ceux qui étaient jugés difficiles mais qui au final, n'avaient fait que survivre. Ses caresses affectueuses démontraient l'attention assidue qu'elle portait à l'animal et il le lui rendait bien, que ce soit par sa docilité ou les regards tendres qu'il lui offrait en retour. « Je n'en doute pas. Il a de la chance d'avoir une famille maintenant, ça n'a pas de prix ça. » dit-elle en vouant à nouveau toute son attention à la brune. Comme quoi, le fait que les vampires ne soient pas tous des êtres sanguinaires et sans morale se confirmait une énième fois pour Lahja. Au début, lors de la révélation, la blonde avait craint ces créatures de la nuit, pensant qu'ils avaient perdu toute humanité mais elle fut étonnement surprise de rencontrer parfois des êtres sensibles parmi eux. Tamara, par l'aide qu'elle apportait à Romio, lui démontrait qu'elle était dotée d'une certaine tendresse. Elle n'était pas uniquement poussée par les vices de sa condition et l'élémentaire appréciait beaucoup cela. Abuser des plus faibles n'étaient pour elle qu'une bassesse honteuse et elle ne pourrait jamais cautionner qu'on profite d'un animal alors que celui-ci n'a jamais commis aucun crime. Ensuite vint la révélation de leurs prénoms respectifs. La vampire s'intéressait à ses origines et c'est avec un peu de fierté que la sorcière lui fit part de sa nationalité. « Je suis finlandaise. C'est ma mère qui a choisi de m'appeler ainsi. » dit-elle, le cœur un peu serré d'évoquer celle qui l'a porté durant neuf mois. « Et toi ? D'où tu nous viens ? » Était-elle anglaise ? Lahja se le demandait. De toute évidence, la jeune femme s'exprimait parfaitement dans la langue de Shakespeare. Contrairement à Lahja qui malgré sa compréhension totale ne pouvait se défaire de ce petit accent nordique qui lui collait à la peau.

Faisant connaissance tranquillement, les deux jeunes femmes échangeaient à présent sur leur occupation au château. Tamara fut assez aimable pour lui fournir des informations sur son passé, notamment lorsqu'elle vivait à River Crow car qui sait quel âge pouvait avoir cette belle jeune femme qui lui faisait face ? Les vampires étaient des êtres bien singuliers. Leur beauté restant figée dans le temps, un peu comme ses toiles que la finlandaise aimait contempler lorsqu'elle était encore en liberté. « Et bien... Pas vraiment mais nous veillons particulièrement à l'apaiser autant que possible. Les recherches de vaccin sont toujours en cours, d'ailleurs. » Tout dépendait des scientifiques. Elle se chargeait principalement d'apaiser les malades avec diverses potions, tout comme ses congénères. « Le tatouage, ça ne te manque pas trop ? J'ai toujours trouvé que c'était un univers fascinant. » lui avoua-t-elle, sourire aux lèvres. D'ailleurs, Lahja n'avait pas manqué de remarquer les quelques tatouages que son interlocutrice possédait. Sur une note un peu moins joyeuse, elle s'enquit de savoir si elle s'était bien remise de la chute de River Crow, c'était sa compassion qui parlait. « J'imagine que les bombardements ont dû être une sacrée épreuve... Est-ce que tu t'es bien remise de ce qu'il s'est passé là-bas ? » Elle espérait ne pas se montrer trop intrusive mais c'était ce que son instinct l'avait incité à faire. Après tout, si en parler pouvait aider, Lahja n'hésiterait pas à proposer son oreille attentive et concernée. Attentive, la tatouée semblait l'être tout autant au regard hivernal de Lahja. Son compliment lui avait fait plaisir, bien que ses joues s'étaient sans doute quelque peu empourprées, trop peu habituée à ce qu'on lui parle de manière aussi directe. La sorcière ne lui en voulait pas pourtant. Au contraire. La suite de ces propos la fit rire un peu nerveusement, elle passa furtivement une main dans ses cheveux, détournant le regard de la belle un bref instant avant de lui répondre.

« Les détails sont souvent plus importants qu'on ne le pense. C'est assez plaisant de voir que je ne suis pas la seule à m'attarder dessus. » C'est avec un peu plus d'assurance qu'elle s'était exprimée. Tout comme leur amour pour les animaux, cela s'ajoutait à la liste de leurs points communs. Poursuivant leur conversation, Tamara vérifiait qu'elle n'avait rien de casser et l'attention fut charmante car tous les vampires n'étaient pas aussi aimable avec les humains. « Hm, à vrai dire, je pense que j'aurais certainement un hématome à l'épaule. » Rieuse, elle n'était pas franchement contrariée par ce fait. Il s'agissait d'un accident après tout. « Ne t'en fais pas, c'est très gentil de t'en soucier. » dit-elle, reconnaissante. « Si tous les vampires étaient aussi concernés par les sorciers que tu ne l'es, les tensions auraient vite disparu. » Certes, la Coalition semblait tenir bon malgré tous les obstacles qu'ils pouvaient rencontrer mais il faut bien avouer que les temps étaient dangereux et que dehors, ce n'était pas la joie.
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Romio était le premier animal de compagnie de Tamara. Avant lui, elle ne se souvenait pas en avoir eu. Déjà, jusqu'à ses 21 ans, elle était sûre et certaine de ne pas avoir pu en avoir, bien que ce n'était pas l'envie qui avait dû lui manquer. Par la suite, les choses avaient fait qu'elle n'avait pas pris le temps d'en prendre un sous sa protection. Peut-être aussi parce qu'elle s'était prise à penser qu'ils étaient bien mieux à l'état sauvage, sans la barbarie de certains hommes pour les déranger. Peut-être était ce aussi pour ça qu'elle avait prit le parti de les étudier et d'avoir un diplôme de vétérinaire, pour les guérir de ce que certains hommes détruisaient chez eux. Et elle se sentait heureuse de faire partie de ceux qui était là pour leur venir en aide.

La phrase de Lahja avait fait apparaître un sourire dubitatif sur les lèvres de la brune.

« Oui, la famille... »

À ce mot, la voix de Tamara s'était coincée, les mots passant ses lèvres dans une espèce de murmure. Elle ne remettait pas en doute les paroles de la blonde, c'est juste que tout dépendait de ce qu'on entendait par le mot famille. Pour sa part, on ne pouvait pas dire qu'elle avait un bon souvenir de ses parents biologiques. En revanche, elle était très heureuse de pouvoir vivre auprès de son frère, de son beau-père et de son sire, ainsi que de son chien bien évidemment. En ces temps troubles, elle savait qu'elle pouvait compter sur eux.

« Tout dépend de ce qu'on entend par famille, mais oui, il en a une. » Avait-elle réussi à articuler ensuite.

Tamara ne cherchait pas vraiment à se donner bonne conscience, ni même à se faire bien voir en prenant soin des animaux. Elle le faisait parce qu'elle en avait envie. Vraiment envie. Pour ceux qui la connaissaient bien, ils savaient que Tamara était loin d'être une enfant de cœur. Elle avait fait beaucoup de choses horribles durant sa longue vie, toutes pour diverses raisons. Elle ne se souvenait pas avoir regretté une de ses choses en particulier. Il y en avait dont elle pouvait ne pas se souvenir, elle qui avait, depuis très longtemps, prit l'habitude de vivre au jour le jour. Elle faisait simplement ce qu'elle ressentait le besoin et l'envie de faire. Et venir en aide aux animaux en faisait partie.

Son regard s'était perdu sur le molosse qui, comme pour approuver cette dernière phrase, avait laisser échapper un aboiement grave, avant de lever les yeux vers Lahja auprès de qui il était toujours. Puis, entendant la réponse à sa question concernant le pays d'origine de la jolie blonde, Tamara fut piqué d’intérêt. Elle était de nature curieuse, aimait apprendre des choses, et voilà que son interlocutrice venait d'un pays qu'elle ne connaissait pas vraiment, si ce n'était que de nom et là vers où ça se situait.

« Intéressant. » Avait elle d'abord répondu avec un sourire, concentrée sur le sujet. « Je n'ai jamais eu l'occasion d'aller en Finlande. Mon Sire vient de Suède, je sais que la Finlande, c'est à côté, mais c'est tout. C'est bien là-bas ? »

Si Lahja n'avait pas le cœur à lui donner un quelconque renseignement, la brune ne le prendrait pas mal. Elle savait qu'elle pouvait parfois être indiscrète. Ses émotions à elle pouvaient facilement se décrypter, ce qui n'était pas le cas de tout le monde. À la question sur son pays d'origine, Tamara força sa mémoire à ne pas se souvenir des mauvais souvenir qu'elle y avait eu, avant de répondre à la blonde.

« Pour ma part, je suis originaire du sud de l'Angleterre. J'ai appris l'irlandais un peu avant d'arriver à River Crow, et depuis trois ans, je suis dans le pays. Au final, ça ne m'a pas spécialement servit puisqu'ils parlaient anglais aussi, mais je ne vais pas cracher sur le savoir que j'ai engrangé. »

Cela devait sans doute s'entendre dans sa prononciation qu'elle était bien anglaise, au vu de son manque complet d'un autre accent. Elle avait appris d'autre langue, notamment l'irlandais comme elle venait de le mentionner, mais aussi le français et l'italien où son accent anglais ressortait. En France, elle avait remarqué que son accent semblait d'ailleurs plaire à pas mal de gens, et elle devait bien admettre qu'elle en avait pas mal joué quand elle voulait séduire quelqu'un.

Lahja lui avait ensuite donné des renseignements sur l'état de santé de Léandre, un état stable, mais que ceux en charge de s'occuper de lui faisait en sorte d'apaiser en attendant le vaccin.

« Je vois... J'espère quand même que ça finira par s'arranger et qu'ils pourront vite trouver quelque chose. J'ai eu la chance, avec mes proches, de ne pas être touché, mais quand je vois le nombre d'entre nous qui le sont, j'ai parfois peur pour ma race. » A cette réflexion, elle semblait soucieuse, avant de changer d'expression pour quelque chose de plus positif. « M'enfin, il vaut mieux rester optimiste, je suis sûre que ça finira par s'arranger ! » Avait-elle ensuite répondu avec plus de conviction.

Les questions concernant son ancien métier la surprirent un peu, mais pas désagréablement, faisant apparaître un léger rictus mélancolique au coin de ses lèvres. Elle ne s'était pas vraiment attendu à ce qu'on lui pose la question un jour, mais elle était tout de même contente que ce genre de métier intéresse encore.

« Un peu, je dois bien l'avouer. Ca faisait à peine un an que j'avais mon propre commerce, quelque chose que j'avais construite moi-même, à mon image. Et la suite, tu la connais déjà. Du jour au lendemain, pouf, plus rien. J'ai réussi à sauvé quelques dessins et autres créations, mais c'est tout. Il m'arrive parfois de continuer à dessiner, pour le plaisir, si j'ai le temps. »

Était ensuite venue la question plus ou moins délicate de savoir comment elle avait vécu l’événement de la petite ville irlandaise où elle avait élu domicile quelque temps plus tôt. 

« Pour ce qui s'est passé là-bas... Je ne me suis pas vraiment attaché à la ville et ses monuments, je n'en ai pas eu le temps, donc bon, c'est pas les dégâts matériels qui me chiffonnent le plus. En revanche, il y avait des gens là-bas à qui je me suis attaché, avec qui je m'étais pris d'affection. Pour certains, je sais qu'ils sont ici, donc je ne m'inquiète pas. De même que j'ai retrouvé certaines personnes à qui je tenais beaucoup et que je n'avais pas revues depuis un moment. Mais il y en a deux en particuliers dont je n'ai pas vraiment de nouvelles. Ceux-là me manquent. »

Elle se souvenait notamment de Lucan, qui avait été le premier de son espèce qu'elle avait rencontré en arrivant à River Crow. Il était une connaissance de son Sire, et avait accepter de l'héberger le temps qu'elle économise assez pour avoir son propre logement. Rapidement, ils étaient devenus très proches, parce qu'ils s'étaient rendu compte qu'ils étaient aussi tordus l'un que l'autre. Le jour des bombardements, leurs chemins s'étaient séparés alors qu'ils fuyaient ensemble, et Tamara n'avait jamais su ce qu'il était advenu de lui, s'il était encore en vie ou non. Et il y avait aussi Graydon, qui lui était retenue par ces malades de Tullamore. Ca, elle le savait. Elle ne savait pas encore ce qu'elle ferait à celui qui le retenait prisonnier, mais si elle en avait l'occasion, elle savait qu'elle lui en ferait baver.

« J'ai pris l'habitude d'être observatrice. Dans tout les métier que j'ai fait, une seule erreur peut tout gâcher. Puis même sans ça, ça peut être utile dans tout un tas de situation. »

Comme savoir où sont les issues de secours si on doit fuir un lieu en vitesse, retrouver son chemin, faire une description précise de quelque chose ou de quelqu'un, déduire l'état d'esprit de l'interlocuteur en fonction de son comportement... Et tellement d'autre chose étaient possible juste en faisant attention à ce qui nous entoure.

À la réponse de la blonde sur une possible blessure, la brune avait hoché la tête pour montrer qu'elle comprenait.

« D'accord, mais si jamais tu sens que c'est plus grave, n'hésite pas à passer me voir. Après tout, ce serait un peu de ma faute, vu que c'est moi que tu as percuté. Et pas besoin de me remercier, c'est normal, c'est mon métier. Concerné, je ne sais pas, mais j'aime bien m’intéresser aux autres. Puis vu le contexte, il faut bien se soutenir un peu. »

Tamara était de ces personnes qui jouait beaucoup au feeling, et là ça semblait bien passer. Également, elle se rendait bien compte qu'ils étaient tous dans la même merde, que tout les habitants de l'île avaient un ennemi commun. Et bien qu'elle soit sur d'elle et de ses capacités, Tamara n'avait pas l'ambition de pouvoir battre le système de Tullamore à la seule force et compagnie de ses congénères de la nuit. Elle avait souvent eu de grands projets, et en avait encore beaucoup, mais il fallait aussi être lucide. De toute façon, vue comment leurs rangs étaient affaiblis à cause du virus, ils n'iraient malheureusement pas bien loin... Alors autant tous s'entraider au lien de s'entre-tuer.


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Quand le soleil rencontre la tempête [Feat Lahja]
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