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 Tomorrow is a long time | Aindreas

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Tomorrow is a long time
As & Lahja

« For the joys and secrets I have stored, here I lie awaiting our reward. Attention for the blessed, final count. The ties hold your mind and lock me out. No patience can contain this. All human joy is precious and I alone should know this and everyone should notice. »
Le clapotis de la pluie tambourine faiblement sur le toit métallique du véhicule, fissurant ainsi l'épais silence qui enveloppait l'esprit de Lahja. Installée sur le siège conducteur de sa voiture, l'inquiétude tiraillait à nouveau ses entrailles, remuant ainsi en elle tous les doutes et les espoirs écorchés qu'elle n'avait cessé de nourrir au cours de ces deux dernières années. Spectatrice des ruines qui jonchaient de plus en plus chaque territoire de l'Irlande, l'optimisme de la finlandaise aurait dû battre de l'aile depuis bien longtemps. Pourtant cette étincelle éternelle vacillant dans le creux de ses prunelles refusait de s'essouffler. Encore et toujours, elle persistait ; bien décidée à un jour devenir brasier. Il ne leur suffisait que d'une opportunité pour que leur cauchemar finisse par basculer. À ce sujet, faillir n'était donc pas dans ses options. Entêtée par l'avenir de ses patients et plus particulièrement par celui de Léandre McGuinness, elle ne s'autorisait pas l'abandon et encore moins la défaite. En vérité, face à ce drame lancinant, elle ne reculait devant rien pour obtenir des résultats concluants et pour élargir davantage leurs possibilités viables de victoire face à Tullamore. La sorcière avait entendu parler du sang lupin et des probabilités que ce dernier puisse combattre de manière plus ou moins effective le virus créé par l'organisation. L'information avait mijoté de longues heures dans son encéphale, tournant comme un carrousel effréné jusqu'à ce qu'elle finisse par préférer l'action à la passivité. Heikki lui avait pourtant conseillé de ne rien faire sans lui. D'attendre patiemment que le groupe de recherches prenne une décision collective de manière réfléchie. Elle avait eu vent de cette lettre que Léandre avait fait transmettre à l'alpha de la meute irlandaise mais jusqu'ici, rien ne semblait vraiment bouger. Et mis à part sa protégée à la chevelure de feu, elle n'avait pas vu l'ombre d'un loup. Le temps n'était plus un luxe dont ils pouvaient bénéficier. Le compte des morts ne faisait qu'augmenter à mesure que les heures passaient et demain, peut-être même que Léandre ne sera plus. Ainsi l'innocente scandinave s'était emparée pour la première fois d'une arme à feu. Simple revolver qu'elle n'avait même pas encore appris à maîtriser mais avec lequel, en cas de danger, elle était sûre de pouvoir se défendre. Être capable d'enlever le cran de sécurité pouvait être suffisant, n'est-ce pas ? Dans un sac à dos, elle s'était empressée de rassembler le matériel médical nécessaire aux quelques prises de sang dont ils avaient besoin pour leurs recherches et ensuite, elle avait pris la route pour l'Ouest de l'île sans demander son reste à quiconque.

Il lui fallait environ quatre heures de trajet pour atteindre le territoire des An'Sionnach. Les contrées luxuriantes de Moycullen Bogs ne lui étaient pourtant pas inconnues. Elle s'y était déjà aventurée auparavant avec son équipe de cueilleurs pour sa récolte de plantes rares et spécifiques aux soins destinés aux vampires. Belfast était bien trop urbaine pour que sa quête d'herbes en tout genre soit satisfaisante mais le retour à l'état sauvage de l'environnement à Galway lui était beaucoup plus favorable que le béton moderne de la cité perdue des vampires. Cependant c'était la première fois qu'elle prenait l’initiative de s'y rendre seule. Voilà l'unique raison qui l'avait poussé à se munir d'une arme aussi dangereuse. Son cœur auréolé de pacifisme espérait pourtant ne pas devoir s'en servir mais par les temps qui courent, elle n'avait pas d'autre choix que d'envisager le pire et donc de prévoir sa survie. Malgré la coalition et son droit de passage sur le domaine de l'alpha irlandais, Lahja avait bien compris que chaque existence foulant les terres ravagées de l'île d'émeraude étaient en jeu. La sienne ne faisait pas exception à la règle. La grande blonde était loin de vouloir menacer Aindreas. Cette arme n'était destinée qu'aux créatures douteuses qu'elle pourrait croiser sur son chemin. En vérité, elle ne souhaitait que connaître davantage cet homme à l'apparence brute qu'était le leader de la meute irlandaise, découvrir qui se cachait réellement derrière ce charisme sauvage et peu commode qu'il avait laissé paraître lors de leur réunion concernant le traité, chez elle, à Cork. Quoi de mieux pour ce faire que d'observer l'intéressé dans son intimité, au cœur même de son milieu naturel ? Malgré les grandes chances qu'elle avait de se faire refouler, elle avait décidé de tenter le tout pour le tout et de se rendre jusqu'à son domicile en suivant les quelques indications que sa jeune louve d'amie lui avait donné au préalable. Elle avait quitté le nord dans les alentours de quatorze heures de l'après-midi mais regretta presque d'être partie aussi tard puisqu'elle n'arriva aux frontières lupines que vers dix-sept heures trente. Ce qui voulait dire qu'elle allait sans doute devoir reprendre la route en pleine nuit sous ce déluge glacé qui ne semblait pas vouloir s'arrêter de tomber.

L'obscurité nocturne envahissait le ciel avec une vitesse qui aurait pu donner des vertiges aux nuages sombres qui se bousculaient à l'intérieur. Empruntant des chemins de plus en plus sinueux, l'élémentaire s'enfonçait dans le décor sylvestre du territoire lycanthrope à tel point que l'horizon semblait se fondre dans la noirceur. Et ce n'est qu'au bout de quelques longues minutes qu'elle avait finalement trouvé l'antre d'Aindreas An'Sionnach. Même avec les phares allumés, la pluie fulgurante et la nature abondante des lieux lui avaient nettement compliqué la tâche pour trouver sa destination. Cependant sa voiture était à présent garée juste en face de la modeste demeure. Elle était certaine d'être arrivée à bon port car cette dernière correspondait parfaitement à ce que lui avait décrit la jeune Lunel. Après avoir fait glissé son sac à dos sur l'une de ses épaules, la sorcière a fini par s'extirper du véhicule pour rejoindre en vitesse le seuil de la porte d'entrée. Elle venait de parcourir 370 kilomètres de route pour se trouver à cet endroit précis dans l'espoir de  convaincre le loup de lui offrir quelques millilitres de ce précieux sang. Lahja aurait pu demander cette faveur à n'importe quel autre lycan mais c'est spécialement celui de l'alpha qui l'intéressait puisqu'elle était déjà naturellement intriguée par ce que le brun dégageait. Avec un semblant d'assurance, la blonde emmitouflée d'une écharpe et d'un large bonnet en laine frappa doucement contre le bois de la porte. La pluie battait son plein lorsqu'elle s'est entrouverte, lui laissant apercevoir le regard clair de celui qu'elle était venue rencontrer. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire lorsque ce dernier se dévoila un peu plus. « Bonsoir Aindreas. » dit-elle avec douceur. À présent, il ne restait plus qu'à espérer qu'il la fasse entrer...
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Tomorrow is a long time
- Aindreas An'Sionnach & Lahja Vehviläinen -





« Oublis le repas je passe la soirée avec Daryl, m’attends pas je rentre demain. Bisous. Je t’aime. » Dépité je regarde l’écran du téléphone portable alors que je viens d’enfourner le repas que j’avais prévu pour Eireen. Après presque une heure à batailler avec la volaille, entre la déplumer, la préparer et tout le reste. La cuisine c’est pas mon fort, je dois bien le reconnaitre, mais je voulais lui faire plaisir pour une fois. Tant pis. On la mangera froide avec de la mayo demain. J’essaye de me convaincre alors que je m’allume une clope devant le regard inquisiteur de ma miniature. « Quoi ? M’regarde pas comme ça c’pas d’ma faute c’est celle de ta tante. » La petite me regarde et se marre alors que j’ouvre la fenêtre de ce qui nous sert de salon pour ne pas enfumer ma môme. Torchon sur l’épaule, bras croisés, soupirant devant le temps de merde qui fait dehors. Ca fait trois jours que ça ne fait que de pleuvoir ici. C’est déprimant. Je dois avouer que l’idée de passer la soirée tout seul ne me branche pas trop. J’avais envie de compagnie. Demain ça fera trois ans, jour pour jour, que je me suis marier pour ensuite perdre ma femme. Je n’en parle pas, je fais style de rien, mais je ne peux pas m’empêcher d’y penser. Comme si elle ressentait ce petit pincement au cœur, Aby vient ramper à quatre pattes jusqu’à moi, venant s’agripper à ma cheville en tentant de se relever. Ca me fait sourire, alors machinalement je lance le mégot dans le cendrier qui se trouve sur la fenêtre pour l’aider à se relever. La petite aura quatorze mois dans deux semaines et commence déjà à marcher. Que le temps passe vite. Demain elle sera déjà ado en me maudissant de lui interdire de boire de l’alcool et de fumer pour son bien. En vrai, ça me fait flipper.

Portant la petite, je viens la déposer sur sa chaise haute en entendant le micro-onde. A défaut de passer une bonne soirée, au moins, elle, aura son repas. Purée de petits poids et bœuf hachés, cuisiné maison la veille par les petits soins d’Eirenn. Elle au moins sait cuisiner, avec moi ça serait saucisse purée mousseline et nuggets tous les jours. La grande classe. Déposant son plat devant elle, lui tendant la cuillère, je la laisse faire. Manger, s’en mettre partout, mais je trouve ça drôle alors que je me pose là, sur une chaise, les pieds sur la table, répondant un simple « tu fais chier » à ma colocataire. Une réponse simple, signifiant surtout un « amuses-toi bien, sort couver, moi aussi je t’aime ». A ma façon, mais je sais très bien que la louve comprendra la signification. Je simplement laissé la petite graillé tranquille avant de la mettre au bain, la nettoyant avant d’aller dormir après son indémontable biberon de lait chocolaté. Des habitudes, des gestes quotidiens. Si seulement on m’avait dit que je finirais comme ça il y a encore deux ans en arrière je n’y aurais pas cru. Moi, père, c’était tellement… Improbable quand je repense à ce que j’étais avant. Cet homme rebelle, ce combattant, celui qui tuais les vampires sans se soucier du lendemain. Ce type qui agissait sans réfléchir, sans penser. Qui ne vivait que pour sauver les siens. Maintenant ? Maintenant j’ai appris à penser avec ma tête et non plus avec ma haine. Rien que ça, c’est un grand changement. Je ne peux pas m’empêcher de me dire que si j’avais été moins con Abigaël serait encore là, avec moi. On l’aurait eu notre maison sur la côte et notre Berger Allemand.

Mais non, ce n’était pas le cas. Aby n’était plus là, et ça avait beau faire encore mal, je devais penser à autre chose maintenant. A cette petite que je chérissais, cette petite qui me donnait envie de me lever tous les matins, cette petite qui me donnait la force d’avancer. Maintenant c’était elle mon équilibre. Elle, et Eireen. Elle et la meute. Elle et cette nouvelle famille qui me faisait confiance. C’était ça ma nouvelle vie. C’était ça, mon quotidien. J’avais beaucoup perdu pour gagner bien plus encore. J’avais trahis, abandonné les miens, par purs égoïsme. J’avais laissé bruler River Crow sans agir, par haine, par colère, sans même me demander si ceux qui avaient été mes potes seraient encore en vie le lendemain. En même temps, comment blâmer Scott de me détester en sachant ça ? La vérité il n’est pas con, il la connait. Mais c’est comme ça. Et je n’ai pas le choix de vivre avec. Alors plutôt que de me concentrer sur le passé, j’ai regardé vers l’avenir. Mon avenir. Emmitouflant Aby dans son pyjama tout chaud avant de l’assoir sur le canapé le temps que j’aille lui faire son biberon. C’est à ce moment que tu as frappé à la porte. Soupirant je me suis dit que c’était Aodh qui venait me faire chier pour la soirée pour ne pas me voir déprimer de l’absence d’Eireen. Je l’imaginais déjà brandir un pack de bière de la façon la plus glorieuse qui soit pour me parler de sa dernière conquête du matin. Après tout, se serait mieux que de passer la soirée tout seul comme un connard. C’est ce que je me suis dit.

« Une seconde j’arrive. »

Balançant encore une fois mon torchon sur l’épaule après avoir vérifié que le poulet n’était pas malencontreusement en train de cramer, c’est armé du biberon de la petite que j’étais en train de fermer que je suis venu ouvrir la porte. Surpris de constater que c’était tout sauf mon pote qui venait me tenir compagnie. Hésitant, j’ai terminé de visser la tétine du biberon avant d’ouvrir la porte en grand pour te laisser entrer. Lahja, la sorcière de Cork. On n’avait jamais eu l’occasion de se parler, simplement de se croiser lors de la réunion organisée par McGuinness et Wellan. Cette foutue réunion qui m’avait obligé un traité que je jugeais complétement bancale. Me méfiant de tout le monde, même de vous. J’ai toujours trouvé ça naïf de croire que la paix était possible, mais cela dit, depuis un an, ça avait l’air de tenir, alors pourquoi pas ? Tendant le dû à la petite j’ai retiré le torchon de mon épaule pour le laisser retomber sur le dossier de la chaise. J’ignorais ce que tu me voulais, encore plus ce que tu venais chercher ici, en terre Lycans, mais je ne pouvais te laisser dehors. Le temps était dégeulasse dehors et j’avais beau être ce que j’étais, je n’étais pas un salaud. Mais ça, tu devais l’ignorer après le spectacle que l’on vous avait offert avec Scott lors de cette coalition.

« Vehviläinen. Ca pour une surprise c’est une surprise. Qu’est-ce que je peux faire pour toi ? »

Je n’étais ni froid, ni distant. Simplement moi-même. Te parlant de ma voix grave et méfiante alors que j’éteignais le four avant que le poulet ne crame officiellement. Le sortant même pour qu’elle ne cuise pas plus. Ca me semblait pas mal du tout, tout ça. Et oui, surprise ! Aindreas An’Sionnach est aussi autre chose qu’une grosse brute épaisse qui se fous sur la gueule avec ses anciens alliés. Blague à part je t’ai invité à t’assoir sur le canapé, juste à côté de la petite qui te fixait de ses grands yeux bleus. L’air intriguée. Ne lui en tient pas rigueur, on n’avait pas l’habitude d’accueillir des « étrangers » dans notre humble demeure. Elle était surprise, c’était normal. Ses gênes naturelles de Lycan sans doute. Un jour, elle déclenchera son gêne et deviendra une louve sans doute bien plus puissante que toute les autres. Après tout, c’était une An’Sionnach, un vraie. Et je dois avouer que ça aussi ça me faisait légèrement flipper. J’avais le temps d’y penser, mais quand même.

« Je suis surpris mais tu tombes à pic, j’étais en train de… tenter de faire à manger avant de me faire lâchement lâcher. T’as faim ? »

Quitte à t’accueillir ici autant le faire bien non ? J’ai déposé une bouteille de rouge en plein centre de la table. Alors Lahja, dis-moi pourquoi tu as fait ce chemin et ce que je peux faire pour toi ? C’était sans doute tout sauf une visite de courtoisie je me trompe ? Parce que dans mes souvenirs t’étais loin d’avoir une belle image de moi. A pour tout avouer, je n’avais rien fait pour l’arranger cette image…





©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach



Irish's Alpha
I WAS BROKEN FROM A YOUNG AGE, TAKING MY SOUL INTO THE MASSES. WRITE DOWN MY POEMS FOR THE FEW, THAT LOOKED AT ME, TOOK ME, SHOOK ME, FEELING ME. SINGING FROM HEART ACHE FROM THE PAIN. TAKE UP MY MESSAGE FROM THE VEINS. SPEAKING MY LESSON FROM THE BRAIN. SEEING THE BEAUTY THROUGH THE PAIN.



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Aindreas, elle ne le connaissait pas. En vérité, elle ne connaissait presque personne. Du moins, personnellement. L'irlandais lui avait laissé une drôle d'impression lors de leur dernière entrevue. De cette fameuse réunion, elle se rappelait vivement des tensions palpables, des respirations maladroites et des âmes quelque peu tourmentées par ce que Heikki et elle rêvaient de créer. Ce fut un jour mémorable. Mémorable certes mais aussi très difficile. La blonde bénissait le tact compréhensif de son frère, elle bénissait sa manière inégalée d'agir en tant qu'intermédiaire. Dans l'état qu'elle était à cette époque, encore froissée par des blessures qu'elle ne pouvait formuler à voix haute, elle n'aurait pas été capable de maîtriser la virulence de deux hommes emplis de rancœur. Avec toute l'honnêteté du monde, Scott Boyle et Aindreas An'Sionnach avaient provoqué en elle des angoisses inappropriées. Influencée par un passé fragile, elle les avait jugé comme étant des êtres dangereux... Et puis le temps s'est écoulé. Il a pansé quelques plaies et son cœur a pu s'éclaircir, entrevoir d'autres options que celles de la négation. Rattrapant le fil de la réalité, Lahja était passée au-dessus de ce qu'il s'était passé à Cork la première fois qu'ils s'étaient tous les deux rencontrés. Pourtant elle ne pouvait nier qu'elle était toujours un peu impressionnée et loin d'être totalement à l'aise à l'idée d'être en compagnie d'un loup-garou au passif mouvementé. Mais elle était venue ici de son plein gré, avec une bonne dose de désespoir et quelques lueurs dans le noir. Si vraiment le sang des loups pouvait les aider d'une quelconque manière, elle se devait de faire ce qui était en son pouvoir pour convaincre leur alpha de les aider. Ce n'était peut-être avisé puisqu'elle ne connaissait rien des événements de River Crow, encore moins avec quelle rage ils avaient dû se battre pour ne fusse qu'obtenir un peu de respect. Mais avoir plus de morts sur la conscience qu'ils n'en avaient déjà tous n'était clairement pas la solution pour vivre sereinement. La sérénité... Cette idée devenue pratiquement utopique restait un concept bien réel pour la femme du nord. Sans elle, elle ne saurait maîtriser les forces qui l'animent. Elle ne saurait comprendre le langage de cette magie qu'on lui a enseigné. Si elle était capable de cela alors pourquoi les autres ne pourrait pas l'envisager ? Beaucoup la trouvaient fantaisiste et peu réaliste mais c'était cependant loin d'être le cas. Pour elle, tout n'était qu'une question de vibrations et les plus mauvaises d'entre elles ne faisaient que nourrir un peu plus le feu d'une rage sur laquelle personne n'aurait aucun contrôle. Il était encore temps de changer la donne. Il était encore temps d'envisager de nouveaux chemins, de créer des compromis. Lahja n'était pas là pour boire le thé, elle était là pour assurer des possibilités d'avenir.

En parlant d'avenir, lorsque l'homme, biberon en main, finit par la laisser entrer à l'intérieur de la maison, elle ne put s'empêcher de ressentir un sincère étonnement s'emparer de son échine face à la présence de cette toute petite fille tranquillement assise dans le canapé. Lahja n'aurait jamais imaginé, même dans ses chimères les plus folles, qu'un homme tel que Aindreas pouvait être père. Cela la prenait de court, remettant alors en question tous les jugements qu'elle avait pu avoir à son égard depuis qu'ils s'étaient croisés. Elle s'était certainement trompée sur toute la ligne. À le voir faire la cuisine, prêt à nourrir un bébé qui était à coup sûr le sien, elle se demandait quel genre d'homme pouvait-il être en dehors de la guerre, des conflits incessants et des étiquettes qu'on pouvait lui attribuer. Sa curiosité s'enflammait presque de découvrir cette petite maison qui semblait pourtant totalement familiale et réconfortante malgré le chaos qui hurlait dehors. Les effluves de surprise traînant sur le visage, elle n'a pas bronché lorsque l'irlandais lui a proposé de prendre place dans le canapé aux côtés de cette enfant qui ne détachait pas son regard du moindre de ses gestes. Tranquillement, Lahja se débarrassait de ses vêtements d'extérieur, les délaissant dans un coin du canapé, tout en gardant son sac à proximité. « Merci de m'avoir fait entrer. » commença-t-elle, reportant alors son attention sur Aindreas. Il s'affairait sans empressement en cuisine, une odeur de poulet flottant doucement dans l'air. Comme les quelques rares lycans qu'elle avait croisé sur sa route, leur leader était méfiant. Si pas plus que n'importe lequel d'entre eux. L'intrigue toute éveillée de l'enfant et la suspicion naturelle de son père ne la dérangeaient pas plus que ça. Il faut dire qu'en traversant les différents peuples condamnés de l'Irlande, elle en avait presque attrapé l'habitude, de cette méfiance. À la première question du loup, elle décida de rester silencieuse et de ne pas entrer dans le vif du sujet directement, préférant d'abord établir quelque chose de plus convivial. Bien que sa présence en territoire lupin avait été poussée par des intérêts qui ne lui étaient pas vraiment propres, elle n'en restait pas moins courtoise et humaine avant tout. Et puis cette invitation à rester dîner avec lui alors qu'ils étaient encore de parfaits inconnus la détendait plus qu'elle ne l'aurait cru. « Hm, oui. Pourquoi pas, après tout ? » dit-elle en souriant alors que la petite An'Sionnach ne décrochait pas les deux bouts de ciel qu'elle avait à la place des yeux de sa personne. « Je suis végétalienne mais puisque je me suis imposée chez un loup, je peux bien faire un effort en goûtant à sa cuisine. Ensuite, je ne suis jamais contre un verre de vin rouge. » Rieuse, elle haussa les épaules, ne pouvant nier, malgré son régime végétale, que l'odeur embaumant entièrement la maison était délicieuse. C'était pratiquement la fin du monde qui plus est et elle mourrait de faim.

« Tu n'es pas vraiment le seul à être surpris, je dois t'avouer. » continua-t-elle, en observant l'enfant. « Si on m'avait dit que tu étais père, je ne l'aurais pas cru. » Elle ne voulait pas l'offenser et de toute manière, c'était une vérité qui lui avait complètement échappé. « Comment s'appelle-t-elle ? » Alimentant leur début de conversation, elle passa une main affectueuse sur la tête du nourrisson avant de lui sourire tendrement. Malgré l'étonnement indéniable qu'elle ressentait, c'était une jolie surprise. Lahja n'avait pas vu d'enfant depuis un sacré bout de temps et sa nature protectrice et bienveillante ressortait toujours naturellement en leur présence. Elle était rassurée de la savoir protégée par une meute entière car oui, ce monde n'était définitivement pas approprié à la pureté que la petite possédait encore en elle.
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Je dois dire que j’étais plus que surpris. Si j’avais clairement merdé le jour de cette réunion je me souviens surtout d’un élément. Ce calme qui émanait de ta personne malgré cette peur que tu avais dans le regard. Une méfiance que je ne vois plus aujourd’hui. Furtivement, discrètement, je n’avais pu détacher mon regard du tien sans trop savoir comment expliquer ça. De la plénitude, c’était ça qui se dégageait de ta personne. Un fort sentiment de bienêtre et d’apaisement. J’avais été intrigué, et puis, j’étais tout simplement rentré et au final j’avais oublié cet événement dans un coin de ma tête. J’en avais furtivement parlé à Eireen, qui, jalouse avait fait une moue en me disant que c’était sans doute un truc de sorcier mais rien de plus. Un truc de sorcier, sans doute oui, peut-être. Mais maintenant que tu étais là je peux confirmer que ce que tu dégages et sans doute tout sauf désagréable. Tu sais ce qu’on dit, nous et notre sixième sens. Nous et nos instincts primaires, proche de la nature, à ressentir des choses que seuls les êtres tel que nous peuvent ressentir. Ca se sent c’est chose là. La différence entre une bonne personne et une personne qui nous veut indéniablement du mal. C’est pour ça qu’elle ne te quitte pas des yeux. Elle sent elle aussi. Ce n’est qu’un enfant, mais elle a tellement de pouvoir en elle. Ca en devient terrifiant presque. Mais je dois bien avouer que la situation me fait plus que sourire. Surtout quand je constate ta surprise. Si ça te rassure je ne me sens pas offusqué du tout. Même moi je n’y aurais pas cru sincèrement.

Ce qui m’as le plus interloqué c’est le fait que tu sois végétalienne. J’aurai dû m’en douter, mais l’effort que tu proposais de faire été plus que respectueux envers moi.  J’avoue, ici on est plus du genre carnivore à aimer notre viande bleue voir crue, mais ça, j’allais clairement te l’épargner. Heureusement que c’était poulet et non pas tartare de bœuf au menu. J’ai simplement mis deux assiettes à table alors qu’Aby a enfin détaché les yeux de ta personne pour descendre du canapé, venant à quatre pattes jusqu’à moi, s’accrochant à mon pantalon pour se hisser sur ses deux petites jambes. La complicité que nous avions tous les deux ne pouvait sans doute pas t’échapper, encore moins quand je l’ai porté pour l’installer confortablement sur mes épaules histoire de me retrouver libre de mes mouvements, une main retenant l’une de ses jambes pour l’empêcher de tomber. Je t’écoutais, tout simplement, te laissant me poser des questions sans ne rien dire, alors que je nous servais deux verres de vin. T’en tendant un je me suis installé à côté de toi, faisant redescendre la petite de son perchoir, la laissant prendre place sur mes genoux alors qu’elle est simplement venue tendre une de ses micro main pour venir effleurer ton visage. Elle t’aimait bien je crois. Tu semblais la mettre en confiance et tu peux me croire, c’était plutôt rare ce genre de chose. D’habitude elle serait restée planquée entre mes jambes sans oser le moindre mouvement. Un truc de sorcier qu’elle disait Eireen. On va dire ça comme ça ma fois. Je suis simplement venu trinquer avec toi, faisant claquer mon verre contre le tien en prononçant un « tchin ». Au final je dois bien l’avouer ta venue était une surprise, mais une surprise que je trouvais agréable. Ca c’était une évidence.

« Elle s’appelle Abigaël. Elle aura quatorze mois dans deux semaines. Mais je te rassure, moi non plus je ne pensais pas devenir père un jour. »

Je t’ai souri avant de venir prendre une gorgée de vin, passant une main dans les cheveux de la petite qui commençait finalement à roupiller sur mes genoux. Abigaël. Ca fait toujours un peu mal quand je repense à ma défunte femme. Enfin, ça faisait, mais depuis l’arrivée du Minimoye je dois dire que j’en ai presque oublié son visage. J’apprends à revivre. A aller mieux. La petite, Eireen, Aodh, la meute, cette famille que j’avais enfin et que je protégeais sans doute bien plus que ma propre vie. Je ne suis plus le même qu’à cette époque de la réunion tu sais. Y’a encore un an j’étais vraiment loin d’être en paix avec moi-même, mais maintenant ça va. Ca passe. Je m’en veux encore pour ce que j’ai pu faire à Scott, pour avoir quitté la fondation sans un mot après ma transformation. Je m’en veux, mais j’ai honte de l’avouer, j’étais paniqué, je ne comprenais rien à ce qui m’arrivais. Et j’avais eu trop d’égos pour l’avouer. Aujourd’hui c’est différent. J’avoue me réjouir en songeant à McGuinness dans l’agonie mais je ne suis pas stupide. Je sais, j’ai conscience que si demain on espère un soulèvement ce conard à plutôt intérêt à se tenir encore debout. Sans lui on irait pas bien loin et si soulèvement il y a, on devra tous s’allier. Alors j’essaye de ravaler ma rancœur. Vraiment, j’essaye. J’ai rebus une gorgée de vin avant de me relever, allongeant la petite sur le canapé, avant d’aller ouvrir la fenêtre pour m’allumer une cigarette. Malgré le fait que ta présence était agréable, je ne pouvais m’empêcher de me poser une question. Qu’est-ce que tu venais faire ici Lahja ? J’avais bien senti tu sais, ce truc-là, cette chose qui m’avait fait comprendre que si toi tu m’intriguais, tu ne me portais pas dans ton cœur. Loin de la même. Tu me jugeais sans doute trop brusque, trop brut de décoffrage. J’en sais rien. En même temps ma réputation me précédait tu me diras.  

« T’es pas obligé de prendre du poulet tu sais. J’ai le potager juste derrière tu veux que j’aille te chercher un truc ? Ce n’est pas parce qu’on est des gros loups tout poilus qu’on ne tue pas de verdure. »  

Je t’ai lancé un clin d’œil amusé, mais en vrai, j’étais sincère. Je n’allais pas t’obligé à manger de la viande si tu n’en n’avais pas envie. Ce n’était pas dans mes habitudes de forcer les gens, j’étais ouvert tu sais. Ecrasant ma clope dans le cendrier j’ai refermé la fenêtre pour commencer à découper le poulet, terminant déjà mon verre pour m’en resservir un autre. Oui, j’avais la descente facile. Je t’ai invité à t’assoir à table, laissant les assiettes vides. Lançant de temps à autres des regards à Aby pour être certain qu’elle ne tombe pas du canapé. Soupirant furtivement, plongeant mon regard dans le tien, tentant de savoir le vrai du faux. Pourquoi ? Pourquoi tu étais là ? Ici ? Chez-moi ? J’avais entendu dire que tu protégeais pas mal McGuinness, et je pense que tu savais que lui et moi avions un passé plutôt… Virulent. Cela dit j’avais entendu parler des hypothèses qui se faisaient également concernant les vertus de notre sang sur le virus. Est-ce que ça avait un rapport ? Est-ce que tu serais venue jusqu’ici pour me demander d’aider ces enculés qui ont buté mes ancêtres, ma famille, qui ont vécu durant 100 ans dans le manoir qui avait appartenue aux An’sionnach durant des décennies ? Décidément Lahja, tu étais pleine de ressource, un peu plus et je pourrais dire que je n’avais plus faim. Pourtant, je restais là, impassible, ouvert, presque neutre. J’ignore si c’était ce truc de sorcière mais en vrai… Je n’avais pas envie que tu repartes et je serais incapable de dire pourquoi. C’était sans doute inconscient, j’en sais rien.

« Dis-moi ce que tu es venue chercher ici Lahja. T’as quand même pas volé sur ton Nimbus 2000 toute la journée pour passer du bon temps en ma compagnie je me trompe ? J’ignore si constater que je suis sans doute tout sauf ce connard que tu as vu durant la coalition te met en confiance, mais je sais surtout que toi, tu n’avais pas une belle image de ma personne. Mais tu sais, je suis tout, vraiment tout, sauf un enculé sans cœur et sans compassion. J’ai mes défauts certes, mais qui n’en n’a pas ? »

Non, qui n’a pas de défauts ? J’aimerais bien le savoir sincèrement. J’ai vidé une gorgée de vin, attrapant ton assiette pour y déposer des pommes de terres que j’avais fait cuire dans la sauce du poulet que j’avais assaisonné à coup de paprika comme m’avait conseillé Eireen. Attendant ton approbation pour te donner un bout de viande. Aller dis-moi jolie sorcière, n’ai pas peur, j’vais pas te bouffer.





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Abigaël. Sept lettres de tendresse, sept lettres qui n'inspirent que l'amour si l'on prend en compte la signification qui se cache derrière elles. Signification qui la désigne comme étant « la joie de son père ». Comment Lahja aurait pu en douter face à la scène qui se déroulait face à elle ? Comment oserait-elle remettre en question la douceur des gestes de l'homme envers sa fille alors même qu'elle s'était approchée de lui, à quatre pattes, s'élevant du sol à l'aide de ses petites mains accrochées au pantalon de celui dont elle cherchait le contact ? À le voir la prendre dans ses bras pour finalement l'installer sur ses épaules solides, la finlandaise n'avait pas pu s'empêcher de sourire, indéniablement attendrie par la complicité qu'il avait établi avec son enfant mais aussi par cet amour qui les auréolaient tous deux d'un lien qui paraissait inébranlable et bien au-dessus de n'importe quelle guerre ou de n'importe quelle vengeance. C'est pour ce genre d'amour qu'elle se battait. C'était pour donner la chance aux autres de pouvoir connaître cette forme de sentiment, cette facette de bonté et de pureté que chaque homme méritait selon elle de connaître. Lahja, elle-même, espérait un jour découvrir ce sentiment avec sa propre chair malgré qu'on lui ait arraché son père à elle, cette image la ramenant incontestablement à ce que la haine lui avait pris. Encore faudrait-il que les prémices d'une guerre prochaine ne bourdonnent pas à ses oreilles. Encore faudrait-il qu'elle puisse être capable d'aimer à nouveau avant de songer à ce que son horloge biologique lui hurlait quelques fois. C'était une idée aberrante d'éprouver le désir d'avoir une descendance alors que le climat n'était qu'aux hostilités et de cela, la blonde en avait parfaitement conscience. Pourtant, elle se doutait que Aindreas puisait dans l'existence de cette enfant tout le courage qui l'animait à présent. Elle devinait aisément à quel point Abigaël devait influencer son bonheur, aussi fébrile qu'il puisse être. Il ne suffisait parfois que de se sentir aimé pour persévérer, trouver la force de continuer. La nordique le comprenait ici, sur le territoire des loups. Elle avait eu vent de cette solidarité sans faille dont ils faisaient preuve les uns envers les autres, de la loyauté qui régnait en ces lieux et elle les trouvait admirables pour cela. Au-delà du fait que leur violence la faisait quelques fois reculer, elle avait beaucoup d'estime pour leur sens des priorités, pour leur manière de faire passer leur famille avant le reste. C'était aussi un des principes qu'elle tachait tous les jours d'honorer, même si il ne lui restait que Heikki. Petit frère devenu homme qu'elle étouffait sans réellement le savoir de son amour protecteur. Lahja en faisait sans doute un peu trop d'ailleurs. Pourtant, c'était plus fort qu'elle. Nombreuses étaient les ombres vicieuses qu'ils croisaient et bien qu'ils étaient ensemble, il n'était à l'abri de rien. Tout comme elle.

Lorsque le chef de meute est revenu à ses côtés, c'était en lui tendant un verre de vin dont elle s'est saisi aussitôt. Abigaël était redescendue, s'installant sur les genoux de celui auquel Lahja faisait face. La finlandaise les contemplait tous les deux, le regard plein de tendresse. Elle portait sur ses lèvres les courbes discrètes d'un sourire authentique, laissant les petits doigts fragiles de l'enfant lui effleurer le visage dans un geste d'affection qui, bien que surprenant, lui plaisait énormément. Juste de quoi accentuer ce toast qu'ils portaient alors que leurs verres s'entrechoquaient, la nordique imitant le loup après que ce dernier ait lancé la formule usuelle. Lahja trinquait à un avenir plus sûr pour Abigaël. Elle trinquait à une ambiance un peu plus harmonieuse et un peu moins chaotique. Puis surtout, elle trinquait à leur rencontre. À l'anéantissement de tous ces faux jugements qui semblaient l'avoir induite en erreur. Attentive à son interlocuteur, la jeune femme l'écoutait lui dire que cela faisait quatorze mois qu'elle était là et par la suite de ses propos, elle comprit que Aindreas n'avait pas forcément été préparé à son arrivée. Lahja but une première gorgée de vin, refusant de quitter cet homme du regard. Peut-être que si elle l'observait suffisamment, elle pourrait découvrir d'autres choses en lui. Comme toujours, elle offrait toute son attention. Complètement ouverte à tout ce qu'il voudrait bien partager avec elle. « Pourtant j'ai l'impression que tu t'en sors plutôt pas mal pour un homme dont la paternité lui est tombée dessus. » Il semblait posséder la douceur, l'attention et surtout le courage nécessaire pour s'occuper d'un enfant. Certes, elle n'était là que depuis quelques minutes mais ce fut comme une évidence. Toutes les énergies gravitant autour de la petite semblaient bienveillantes et ça, en tant que sorcière, Lahja pouvait le sentir. Il but une seconde fois, se levant en laissant la petite s'allonger sur le canapé, toute endormie après s'être blottie contre lui puis prit la direction de la fenêtre pour s'allumer une cigarette. La fraîcheur de la nuit s’immisçant peu à peu dans la maison lorsqu'il ouvrit le battant de la vitre la fit légèrement frissonner, comme si l'humidité de l'atmosphère cherchait à entrer en collision avec son épiderme.

La pointe d'humour dont il preuve lui arracha un rire léger. Après s'être abreuvée encore une fois de l'alcool vermeil, elle s'est levée à son tour, marchant jusqu'à lui pour capturer ce clin d'œil taquin qu'il venait de lui accorder. « Il pleut des cordes. Si tu veux revenir tremper, ça ne me dérange pas mais tu peux tout aussi bien rester ici et changer un peu mes habitudes. » dit-elle en haussant les épaules. Les deux options lui paraissaient être de bonnes idées, bien qu'elles n'avaient pas les mêmes intérêts. Lahja était là et elle s'était montrée ouverte à l'exception qui confirme la règle car c'était un peu ce que l'irlandais représentait pour elle. Ils semblaient différents mais au fond, que connaissait-elle de lui ? Elle semblait sortie d'un autre décor, loin des murs sophistiqués d'un château rescapé, loin du confort approximatif de son cottage à Cork. À bien les regarder tous les deux, ils ne semblaient pas appartenir au même monde... Et pourtant, elle était presque sûre que Aindreas lui aussi aimerait un jour avoir la paix. Peut-être qu'il faudrait du temps pour passer au-dessus des rancœurs passées ou peut-être que c'était à elle de changer... D'être moins naïve, moins idéaliste mais pour l'heure, elle était encore ainsi. Faite d'affection débordante, de miséricorde futile. Faite d'humanité, un peu trop exacerbée. C'était après tout ce qui l'avait convaincu de soigner Léandre. C'était ce qui la poussait à le protéger et à gravir autant de kilomètres en risquant de provoquer la colère vengeresse d'un loup-garou. Il a refermé la fenêtre, s'est servi un autre verre, l'invitant ensuite à prendre place à table. La finlandaise posa son verre à son tour, l'observant découper la viande alors que ses regards semblaient confus, toujours teintés d'un peu de méfiance mais loin d'être agressif envers elle.

Il se mit à parler, comprenant parfaitement qu'elle n'était pas là pour rien, levant même le voile sur les jugements qu'elle pouvait avoir eu au sujet de sa personne alors qu'ils ne se connaissaient absolument pas. Il assumait ses défauts et elle ne pouvait que constater qu'il avait raison. Bien sûr qu'il avait raison. Puisque les siens de défauts s'étaient accentués de ce qu'elle avait vécu. Il devait en être de même pour lui et elle le comprenait. Peut-être un peu tard mais elle le comprenait. Alors qu'il s'accapare de son assiette pour commencer à la remplir, elle lui confirme d'un simple hochement de tête qu'elle désirait un morceau de viande. La référence à Harry Potter aurait pu la faire rire si ce qu'elle s'apprêtait à lui dire n'était pas aussi sérieux... Mais elle était restée presque impassible, retenant de son mieux ce sourire qu'il semblait aimer titiller plus qu'elle ne le pensait. Pour sûr, il allait vite déchanté. Comme pour se redonner un minimum de contenance, elle vidait son verre de vin, s'autorisant même à le remplir une seconde fois. « Nous avons tous des défauts, c'est certain. » commença-t-elle alors qu'il finissait de les servir en nourriture. « Léandre aussi. » Fallait-il vraiment qu'elle fasse un discours ? Osait-elle vraiment défendre un homme tel que lui ? Il semblerait bien... « Nous avons besoin de toi, Aindreas. Léandre a besoin de toi. Je ne sais pas s'il te l'a dit mot pour mot mais moi je l'ai bien senti. » Elle avait arrêté tout mouvement, se focalisant entièrement sur le regard à l'apparence dure et froide qui appartenait au loup mais dans lequel elle percevait quelque chose qu'elle n'avait jamais deviner auparavant. « Peut-être que tu me trouveras culottée de venir jusqu'ici pour te demander ton sang afin de soigner quelqu'un que tu vois comme ton ennemi et sans doute que ça l'est mais nous avons besoin de lui à nos côtés et je pense que tu le savais bien avant même que je ne débarque. » C'était trop en demander. C'était peut-être même irrespectueux mais une main tendue était toujours plus honorable qu'une gifle, n'est-ce pas ? « Si tu ne le fais pas pour lui, fais-le pour ta famille. Pour ta meute. Pour Abigaël surtout. » Car si vraiment ce sang avait des vertus de guérison alors Léandre lui en serait à jamais redevable et peu importe ce qu'on pouvait dire de lui, Lahja avait une certaine confiance en lui. « Je te présente mes excuses d'avance pour cette demande et même pour ma présence ici mais crois-moi, je n'aurais jamais osé mettre les pieds ici si j'étais certaine qu'il allait s'en sortir. » Et elle n'avait pas envie qu'il meurt. Ça, non. Avec tous ces regrets, toute cette douleur. On disait d'elle qu'elle était trop naïve mais justement peut-être qu'au fond, ce sont les autres qui ont perdu leur cœur en chemin.

« Rien ne t'y oblige, sache-le. Tu es libre de refuser, libre de me dire de rentrer et de ne plus jamais revenir mais je n'ai pas vraiment l'impression que tu sois le genre d'homme à mettre tout le monde dans le même sac et j'espère ne pas me tromper à ton sujet. Je suis lasse de voir le monde se déchirer. Est-ce que tu ne l'es pas, toi, qui a connu les conflits de River Crow, toi qui sais bien mieux que moi que les représailles ne s'arrêtent jamais réellement ? » Ses propos étaient peut-être décousus, à l'image d'une moralité qui se perdait de jour en jour, au nom de quoi et surtout de qui ? De Tullamore. S'il restait une part d'humanité en lui, c'était le moment de l'élever, de la faire passer avant les déchirures du passé. « Tu as signé la Coalition. Je sais que tu crois en elle tout autant que moi au fond. Je sais que tu espères même s'il est toujours plus facile de s'arrêter à la fatalité... Pourtant, n'est-il pas plus sage de s'allier réellement ? De nous aider simplement à être plus forts ? Je dis nous, oui, parce qu'il n'est plus question de la Fondation contre McGuinness. Il est question de nous, les créatures contre Tullamore. Et si tu aides Léandre, tu te renforces indirectement toi-même car dehors, pour les hommes, nous sommes tous des monstres. Au même titre que celui que tu détestes tant. » Alors non. Au final, ce n'était pas si idéaliste que ça. Au contraire, elle n'avait plus le choix et elle aimerait réellement que cet homme, celle qu'elle craignait pourtant au début et qui la surprenait étonnement ce soir, s'unisse réellement à leur cause commune car si ce soulèvement arrive un jour, elle serait prête à parier qu'elle aurait besoin de lui à ses côtés. C'était son sixième sens qui le lui avait murmuré, à l'instant même où As l'avait fait entré chez lui.

Elle parlait trop. Cette femme habituée au silence et à l'invisibilité, elle parlait beaucoup trop mais peu importe, il fallait qu'elle essaie. Sinon qui d'autre le ferait ? Un soupir lui échappa avant qu'elle ne décide de commencer à manger, prenant une première bouchée de ce repas qu'il lui avait proposé de partager avec lui.
(c) DΛNDELION


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La véritable raison de ta visite, je n’allais pas tarder à la découvrir. Si j’aurai pu t’en vouloir, te foutre dehors, pas le moins du monde. Tu avais le courage de venir me voir, c’était osé, gonflé même, mais j’admirais le geste pour tout avouer. Tu étais l’une des rares qui m’inspirais une confiance aveugle, vas savoir pourquoi. Mais je n’arrivais plus à détacher mes yeux de ta personne alors que tu me sortais tout ce que tu avais sur le cœur. C’était maladroit. Extrêmement maladroit même. Et histoire de ponctuer ton stress je restais là, complétement de marbre, sans expressions, sans bouger, sans rien. Mâchant mon bout de poulet avant de l’avaler, ne manquant pas un seul de tes mots. Tu voulais de mon sang pour sauver le type qui avait décimé ma famille. C’était franchement gonfler. Je pense que tu ignorais littéralement tout le mal qu’il avait pu nous faire à nous, les An’Sionnach, mais j’allais t’épargner le discours et le speach historique sur le fait que je ne changerais jamais d’avis sur l’ordure qu’il est. Ce type est un connard. Mais on avait besoin de ce connard et ça, je ne le savais que trop bien. C’était bien plus qu’une certitude, c’était évident. On avait besoin de ses connaissances, et puis il était l’un des rares qui pouvait réunir tous les vampires les plus puissants de ce putain de monde. C’était comme ça. Malade ou pas, la race caïnite continuerait de suivre McGuinness et ce, jusqu’à ce qu’il crève enfin. Alors comment te contrarier ? Comment te contredire surtout. Je pense que tu avais pleinement conscience de ce que tu me demandais, mais que tu savais que je ne pourrais sans doute pas refuser. J’ai repris une gorgée de vin, me disant que j’aurais besoin d’un truc plus fort après pour faire passer la nouvelle, mais je n’avais pas envie de pourrir l’ambiance avec mes vielle rancœurs et mes histoires de passé. On vivait dans un autre monde et fallait si faire, enfin je crois.

Pourtant je n’ai pas rompu le silence, pas tout de suite tout du moins. Continuant de manger et de boire, buvant et mon vin et tes paroles. Tu semblais tellement stressée d’un coup. Je savais déjà quelle serait ma réponse, je pense que je n’avais pas besoin de réfléchir, mais je trouvais ton air tellement mignon. Est-ce que tu me craignais à ce point Lahja ? Moi ? Alors que tu soignais Léandre McGuinness. Le vampire le plus sadique que je connaisse ? C’était une blague j’espère. Parce qu’aux dernières nouvelles ce n’était pas moi qui avait été dans le camp des méchants. J’avais fait des conneries, certes. J’avais un caractère de merde. Aussi. Mais je n’étais pas un salaud fini. J’avais du cœur, le sens du sacrifice, et je serais prêt à tout pour sauver les miens. Pour sauver ma famille. Mes frères, mes sœurs, ma fille. Je savais que je n’avais pas le choix et bien que la nouvelle ne me remplissait clairement pas de bonheur je ne vois pas pourquoi je t’aurais foutu dehors. J’ai poussé un soupir avant de vider mon verre cul sec et de m’enfoncer dans ma chaise, croisant les bras sur ma poitrine, l’air plus sérieux que jamais. Baissant enfin les yeux, arrêtant de te regarder avec insistance. J’avais conscience que ça pouvait rendre certaine personne mal à l’aise. Mais j’avais toujours regardé mes interlocuteurs dans les yeux et étrangement, toi plus que les autres. Vas savoir pourquoi. Pourtant mon regard était doux, en rien provocateur, ni défiant. Je t’écoutais, tout simplement. Sans t’interrompre. Toi et tes arguments. Toi et ta façon de me demander ce service en aillant pleinement conscience que ça me foutrait les boules. Je trouvais ça presque mignon en réalité. La soirée venait à peine de commencer et déjà tu parlais de me voler une partie de moi-même. Et puis tu as fini par te taire. Sans doute à court d’argument, attendant mes réactions, cette réaction qui ne serait sans doute pas celle que tu attendais avoir.

« Et moi qui pensais que tu étais venue pour ma bonne compagnie. Je suis presque déçu. »

T’avais l’air tellement convaincu de ma brutalité. Pourtant, j’étais bien tout l’inverse, et crois-moi, je mettais tout en œuvre pour te le prouver. Je te répondais, faisant de l’humour à ma façon histoire de détendre l’atmosphère. J’avoue, ce que tu me demandais était un gros service. Enfin, quelques gouttes de sang ne me dérangeaient pas, mais l’idée de sauver McGuinness, ça, ça me faisait clairement chier. C’était même bien pire que ça. J’ai fini par décroiser les bras de ma poitrine, me relevant pour aller attraper Aby avant qu’elle ne tombe du canapé. Te laissant seule quelques instants pour aller coucher la petite dans la chambre d’Eireen. Elle n’avait pas besoin d’être témoin de ce qui allait se passer par la suite. Je l’ai allongé dans le lit de sa tante, l’ambrassent furtivement le front, doucement, pour ne pas la réveiller. La porte était grande ouverte et tu pouvais être témoins de toute la scène sans difficulté. Malgré ma douceur, elle s’est quand même réveillée, pleurant, s’agrippant à ma main pour ne pas me voir partir. Depuis toujours Aby avait des terreurs nocturnes. Personne ne savait d’où ça venait, mais c’était habituel. Restant assis près d’elle, j’ai passé ma main dans ses cheveux, lui faisant comprendre que j’étais là, avant de lever une main après avoir murmuré un « c’est ça que tu veux ? » soudainement, ma main à laisser place à une grosse patte de loup noir, et là, comme un miracle, la petite s’est mise à sourire. La sensation animal la rassurant plus que tout. C’était magique. J’avais pris cette habitude, de lui apprendre à me reconnaitre sous ma forme animale, histoire qu’elle ne prenne jamais peur les soirs de pleine lune, alors que j’étais soumis à me métamorphoser intégralement pour la nuit. Si on pouvait changer quelques choses à volonté, un membre, nos yeux, nos dents, la mutation intégrale, quant à elle, n’avait lieu qu’en temps de pleine lune. C’était comme ça. Machinalement j’ai lancé un regard en ta direction, te souriant avec la plus grande sincérité.

« Viens voir, Je crois que ton aura la rassure. On parlera du reste après t’en fais pas. »

Alors que je te parlais, Aby venait de s’assoir dans le lit, te montrant du doigt comme si elle te réclamait. J’ignorais ce que tu lui avais fait mais c’était bien la première fois que je voyais ma fille comme ça et franchement, ça me faisait chaud au cœur. Ma main était toujours remplacée par cette énorme patte de loup qu’elle caressait, s’amusant à tirer sur les poils en riant aux éclats. Me faisant rire avec elle alors que je me poussais pour te faire de la place. Je sais que tu n’étais sans doute pas venu pour passer du bon temps avec moi, j’en avais conscience, mais ce n’est pas pour autant que je devais ne pas t’accueillir convenablement. Tu étais là, et j’avais la ferme intention de te prouver que je n’étais pas un monstre. Que moi aussi j’avais un cœur qui battait, là, bien planqué en dessous cette putain de carapace. Je t’ai observé, encore, baissant les yeux, laissant une mèche me barrer le visage pour cacher un peu cette tendresse avec laquelle je n’arrêtais pas de te regarder, laissant la petite jouer avec mes poils alors que ma main humaine lui caressait les cheveux pour l’apaiser et tenter de la calmer un peu. L’heure n’était plus au jeu, et je savais que toi et moi, on devait parler de choses bien plus importantes. Des choses d’adulte, entre autre. Je suis resté là, silencieux, attendant qu’elle finisse par s’assoupir un peu, la laissant pourtant caresser ma patte qui la rassurait, arrêtant ce geste dans ses cheveux. J’allais te le donner mon sang, et elle faisait partie des raisons qui me poussait à le faire. La protéger était tout ce qui m’importait dans ce monde. Bien plus que tout autres choses.

« Elle t’aime bien je crois. Je vais te le donner mon sang, t’as pas à flipper comme ça. J’vais pas te manger. »

Je t’ai encore souri, décidément, ça devenait une drôle d’habitude alors que j’ai repris mon bras, laissant ma main reprendre sa forme originale pour te la tendre, t’aidant à te relever, me montrant un peu galant, enfin, pour ce que je savais l’être. Retournant dans le salon, j’ai refermé la porte sans faire de bruit, attrapant au passage la bouteille de whisky et deux verres. J’avais dit, il me faudrait un tuc plus for après le repas, fallait faire passer l’information. Celle que j’allais aider de fils de pute de McGuinness. Putain, ce que ça ne m’enchantais pas. J’ai repris place sur le canapé, remplissant nos verres. Te faisant un peu de place, là, à côté de moi. Heureusement que c’était toi qui étais venue, parce que clairement, je n’aurais pas réagi comme ça face à quelqu’un d’autre, c’était certain.

« Que les choses soient clairs, je ne le fais pas pour McGuinness. Ce connard a décimé toute ma famille en 1942, il nous a fait trop de mal, et ça, ça je ne peux pas pardonner. Mais si je le fais c’est pour elle mais aussi… Parce que… C’est toi qui me le demande. Je t’aime bien Lahja. Vous êtes chelou vous les sorciers, avec vos baguettes et vos chapeaux pointus, mais je t’aime bien. »

Je ne sais pas pourquoi je te disais ça. Bien sûre que je faisais de l’humour sur les chapeaux et tout le reste. Mais je me montrais sincère avec toi. Tu me faisais un drôle d’effet depuis notre rencontre à Cork, et j’avoue, j’avais du mal à le cacher. C’était comme ça. Désolé du malaise si ça en créait un…





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Des tumultes désolantes secouaient son âme. Face à lui comme face aux autres, elle ne se paraissait pas de fabuleux mensonges, d'artifices vulgaires. Son visage ne portait aucun masque. Il portait l'inquiétude, la fatigue mais aussi l'espoir et la volonté de bâtir un monde différent de celui dans lequel on les avait enfermés. Les battements de son cœur étaient désordonnés, suivant la cadence insensée des mots qu'elle livrait à l'alpha. Lahja n'avait aucune belles paroles à lui offrir, aucune excuse derrière laquelle se cacher. Si le remous de ses angoisses tendaient ses muscles à ce point, c'était parce qu'elle se doutait bien que sa demande aurait pu le froisser, le blesser ou même l'énerver... Quelque part dans la peur qui rongeait sa peau depuis que Viggo l'avait balafrée, elle s'étranglait au plus faible haussement de voix. Comme si le parfum capiteux de la violence avait la faculté irritante de la tétaniser jusqu'au bout des ongles. Pour cette crainte affolante, elle se jugeait lourdement. Dans un monde tel que celui-ci, avec les responsabilités qui demeuraient au-dessus de sa tête telles l'épée de Damoclès, elle ne pouvait pas se permettre de frissonner aux éclats de voix. Cette virulence omniprésente du monde qui se déchire, elle se devait de l'affronter. De laisser son esprit passer au-dessus afin de voir plus clair. D'être juste, d'éclairer le chemin. Peu importe les risques qui frôleraient son être tant que quelques éclats de soleil venaient éclairer leur sombre destin. Pour beaucoup, ce n'était rien mais pour elle, c'était devenu une vocation, le but principal de son existence. L'élémentaire n'avait que cela à offrir à ceux qui choisissaient de se battre avec elle. Et elle souhaitait, désirait même, que Aindreas les accompagne sur cette route semée d'embûches. Alors un flot de paroles s'était abattu entre eux, un peu lourdement. Elle ne faisait que souligner ce qu'il savait déjà, lui infligeant une piqûre de rappel qui devait sans doute bien plus l'agacer qu'autre chose. Aussi douce soit-elle, elle mettait le doigt sur ce qu'il préférait fuir : le traité qu'il avait signé. La demande de Léandre qui, vu son manque de réponse, l'avait amenée à s'immiscer jusqu'au cœur de sa maison, dans la chaleur isolée de son intimité précaire. Dans un état d'alerte qu'elle tentait de dissimuler tant bien que mal. Au-delà du fait que Léandre était nécessaire à leurs projets, elle avait trouvé en lui un ami, un homme qui savait parfois lui ouvrir les paupières sur la réelle nature de l'univers dans lequel ils vivaient. La nordique avait un cercle très fermé mais lui, contre toute attente, en faisait partie.

Elle n'avait pas la prétention de connaître la vie qu'avait pu mener le chef de meute et de son tempérament, elle n'avait retenu que les miettes qu'il en avait laissé derrière lui. Lahja ne pouvait s'attacher qu'aux valeurs universelles qui unissaient les hommes pour oser espérer qu'il la comprenne et qu'il coopère. Forcer la main n'était guère dans ses habitudes. Ses tentatives s'échouaient toutes sur les rivages de cet optimisme insensé qui l'animait, sur l'idée qu'elle puisse parvenir à le convaincre que tout cela n'était pas une cause perdue. Le soumettre ou même l'obliger à quoi que ce soit lui aurait donné la nausée. Les choses ne devraient se faire que dans l'harmonie selon elle, loin de la discorde et de l'oppression. Mais malheureusement, la finlandaise se retrouvait bien démunie et idiote face à autant d'années de blessures réciproques. Entre les deux, elle se sentait comme une biche, prise dans les phares d'une voiture en plein milieu de la nuit. Le tambourinement frénétique de son muscle moteur chantait les mêmes effrois, la même stupeur que celle qui pouvait glacer le sang de l'animal. Et tous les muscles la constituant se contractaient sous l'angoisse de voir à nouveau le sang couler. Aindreas semblait pourtant si impassible. Pratiquement hors d'atteinte malgré l'écoulement tranquille de son regard sur la blonde. Son calme ne flanchait pas, imbibé d'une neutralité qui impressionnait son interlocutrice. Il avait une façon si particulière de l'observer. De la dévisager alors qu'elle aurait pu s'étrangler tant ses entrailles se nouaient d'envisager les sombres colères de celui qu'elle était venue importuner. Il buvait et mangeait à son aise, attendant qu'elle finisse de parler sans s'opposer ni même émettre la moindre réaction. Pour elle, ce fut quelque peu déstabilisant. Ses appréhensions lui avaient murmuré d'autres scénarios. Elle s'était imaginé le pire, comme pour se rassurer, mais il lui offrait une version totalement différente de tout ce qu'elle avait pu supposer avant qu'il ne l'invite à rester. Au début, c'est au silence qu'elle a dû se confronter mais surtout à son regard, encore recouvert par le voile d'une foule de questions que Lahja nourrissait envers lui. Qu'il avait l'air intouchable, avec ses bras croisés sur la poitrine et son calme imposant. Le bruit des couverts qui égratigne son assiette fissure légèrement le mutisme qui les entoure à présent. Elle mange, cherchant à tourner ses pensées vers quelque chose de plus stable et c'est évidemment lorsqu'elle ne l'envisage pas que l'homme lui répond. Avec une touche d'humour, une allusion qui rougit quelque peu ses joues pâles. Il la fait sourire, balaie en quelques mots la poussière acerbe de cette anxiété qui fourmille au creux de son ventre.

« Peut-être que j'aurais d'autres occasions de profiter de ta bonne compagnie. Puisque tu n'es pas aussi brutal que ce que tes airs laissent croire... »

La dureté de ses tensions s'assouplissait doucement alors qu'elle apportait le verre de rouge à ses lèvres pour en boire une gorgée. Les effluves complexes de son quotidien lui faisaient parfois omettre que la vie n'était pas qu'une succession de débats, de conflits ou de dévouement au travail. Si l'humanité de Lahja frémissait parfois, ce n'était que par le manque féroce de lâcher prise dont elle souffrait. Entre les murs du sérieux, l'élémentaire s'était cloisonnée et les rires discrets que l'alpha arrachait de sa gorge lui rappelaient la douceur insaisissable que possédait l'instant présent, même dans le plus sordide des chaos. Malgré la gravité de leur discussion, Aindreas restait détaché de l'extérieur. Il était comme une bouffée d'air après qu'elle ait passé des heures en apnée. Agréablement perturbée, elle l'était, ne sachant pas vraiment si elle pouvait se permettre d'être simplement elle-même. D'être la Lahja qu'elle était avant d'endosser le rôle de leader et de faire face à toutes les responsabilités qui en découlait. Certes, elle était toujours tournée vers son objectif. Léandre avait besoin de ce sang et elle était bien décidée à le lui ramener. Pourtant... Une part d'elle-même, plus personnelle, souhaitait s'évader dans le décor qui l'entourait, au sein de cette petite maison dans laquelle Aindreas vivait avec sa famille. Elle s'intéressait enfin à l'homme, à ce qu'il était sans artifices. Sans masque. Ce calme impartial l'avait suffisamment intriguée pour envisager d'autres explications et doucement, ses desseins se transformaient en quelque chose de moins solennel. L'irlandais quittait la table pour s'emparer de son enfant, se dirigeant vers l'une des chambres pour la mettre au lit. Entre temps, la blonde finissait son assiette. De la cuisine, elle pouvait contempler l'instinct paternel et affectueux que Aindreas portait à sa fille. Les émanations aimantes de cette scène réchauffèrent son intérieur avec tellement plus d'ardeur que l'alcool du verre qu'elle finissait. Penchant légèrement la tête sur le côté, Lahja entendit la petite fille pleurer, empêchant ainsi son père de s'en aller. Il n'avait plus rien de dangereux. Les prunelles de la blonde le contemplaient sous un nouvel angle : celui d'un père qui semblait n'avoir rien de plus précieux que la petite fille qui réclamait son réconfort. As finit par l'inviter à se joindre à eux malgré les quelques mètres qui les séparent. De loin, elle avait pu sentir la chaleur tendre de son sourire.

Alors c'est un peu maladroitement qu'elle se lève, délaissant la chaise qu'elle occupait pour s'installer sur le lit auprès d'eux. Aby était assise sur le matelas, la désignant alors que la sorcière se rapprochait d'elle, enroulant ses phalanges autour de la petite main qu'elle lui tendait. Celle de son père n'avait plus rien d'humain, l'épiderme de l'homme ayant fait place à celle de l'animal qu'il était mais que Lahja n'avait pas encore rencontré. Les rires de la petite furent contagieux car les adultes l'imitèrent aisément. Jusqu'ici, la blonde n'avait pas vraiment eu l'occasion de définir sa relation avec les enfants mais le feeling qui s'établissait entre elles dans un accord tacite lui plaisait. Sans savoir si cela serait possible une nouvelle fois, elle espérait déjà la revoir alors qu'elle n'était même pas encore partie. Elle s'amusait de ces poils recouvrant la patte de loup avec laquelle son père la calmait. C'était comme un instant hors du temps, quelques minutes à peine, durant lesquelles elle s'autorisait enfin à respirer alors qu'elle caressait tendrement les petits doigts de l'enfant qu'elle venait de rencontrer. Lahja était attendrie par l'emprise qu'elle déployait pour garder la patte de loup contre elle. Comme si grâce à celle-ci, rien de grave ne pourrait jamais lui arriver. L'élémentaire s'inspirait de cette pureté, de cette innocence. Dans cette douceur, elle puisait une source magique immense, dépassant de loin toute la noirceur qui recouvrait les terres irlandaises en ces jours étranges. Elle absorbait tout l'amour de ces gestes qui visaient à rassurer un être sans défenses, s'imbibant des lueurs que cette intimité inopinée formaient en son cœur. Lahja n'avait besoin que de cela pour récupérer des forces. Elle ne cherchait ni la grandeur ni même la puissance, bien consciente que toutes ces choses étaient éphémères. Volatiles. Et déjà mortes. Ce que lui montrait l'alpha était précieux, elle s'estimait chanceuse de participer à ce moment particulier et lorsque son regard caressait à nouveau ses traits masculins, elle n'a pu que lui sourire à nouveau. Malgré qu'il se cache derrière une des mèches de ses cheveux, les constellations affectueuses qui parsemaient ses iris n'échappèrent pas à la finlandaise. C'est à cet instant qu'elle le trouvait beau tel qu'il était réellement et non pas pour ce qu'il paraissait.

« C'est réciproque. Il me semble que son aura m'apaise aussi... Et merci. Vraiment. Ça représente beaucoup pour moi. Plus que tu ne l'imagines. »

Elle a ri, doucement, refusant d'éveiller une nouvelle fois la petite qui venait tout juste de succomber aux bras de Morphée. Acceptant cette main à nouveau humaine que le loup lui offrait, elle s'est levée, quittant la chambre en silence. Il referma la porte derrière lui et c'est ensemble qu'ils s'installèrent dans le canapé alors qu'il remplissait déjà leurs verres du liquide ambré contenu par la bouteille qu'il avait choisi. Lahja était plus détendue. La course effréné de son cœur s'était laissé tenter par une danse plus lente. Son regard scintillait légèrement grâce à la satisfaction qui s'agitait délicatement en elle. Ce n'était pas uniquement pour le sang qu'il acceptait de lui donner. C'était pour bien plus que cela. Il lui avait donné l'impression de vivre à nouveau. Au-delà des guerres qui se préparaient, au-delà de toute la douleur qui l'entourait au château. Il semblait éveiller en elle la femme qu'elle avait oublié en arrivant sur l'île, trois ans plus tôt. Elle aurait presque pu déchanter lorsqu'il reprit la parole pour souligner les fautes inadmissibles de Léandre, celles qu'il est dans l'incapacité de pardonner et qui le blessent encore apparemment. Son sourire s'était effacé pour reprendre un sérieux auquel elle ne pouvait pas échapper bien longtemps. Mais l'autre moitié de sa phrase la rassure, terrasse à nouveau les filaments douteux de son apathie pour les remplacer par des caresses plus tendres. Son aveu dilate un peu ses pupilles. Face à sa maladresse verbale, elle restait un instant silencieuse, soutenant malgré tout ce regard dans lequel elle se perdait un peu. Peut-être bien que son cœur venait de rater un battement... Ce cœur qui n'avait pourtant pas dit grand chose depuis l'horreur.

« J'ai failli exclamer ma joie dans le néant... Encore un peu et j'aurais cru que tu n'étais qu'un animal sauvage prêt à mordre. »

Elle sourit, amusée, autant par l'humour étrange dont il faisait preuve en parlant des siens que par ces sentiments en elle qui s'agitaient un peu plus qu'à l'habitude. Prenant le verre qui lui était destiné, elle but une première gorgée, s'accrochant à la brûlure fugace de l'alcool pour garder pied dans la réalité. Lorsqu'elle le reposa sur la table, ce ne fut que pour s'emparer de son sac à dos qu'elle avait laissé sur le canapé. Elle sortit ensuite tout son attirail d'infirmière, se désinfectant les mains à l'aide d'un gel spécifique. Après s'être saisi du bras de l'homme, elle imbibait une boule de coton avec de l'alcool dénaturé, retroussant la manche de son vêtement afin de découvrir la surface de sa peau. Nettoyant cette dernière au creux de son coude, elle leva ses prunelles vers les siennes, détaillant ses réactions alors qu'elle enchaînait ces quelques gestes devenus si habituels pour elle. Déchirant ensuite  un paquet dans lequel se trouvait une seringue de prélèvement, elle montait le petit objet rapidement, cherchant ensuite de quelques pressions infligées par ses doigts, la veine dans laquelle elle allait faire glisser l'aiguille.

« Si tu envisages de changer d'avis, il est encore temps. Mais si j'étais à ta place, je me dépêcherais... Les secondes s'écoulent vite et une de tes veines ne va pas tarder à faire son apparition. »

L'air sérieux sur son visage ne parvient pas à dissimuler le son de sa voix taquine. Dans ses yeux, la lueur est toujours présente, bien que son esprit pensait déjà aux possibilités que ce sang pourrait offrir à Léandre. Plus tôt ce serait fait et plus vite cet épisode pourrait appartenir au passé. Cela devait déjà être assez difficile pour lui d'apporter son aide à un homme qui avait entièrement saccagé ses origines...
(c) DΛNDELION


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Tomorrow is a long time
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« Laisser exploser ta joie dans le néant ? C’est joliment dit. »

J’ai sourie, encore, sans doute pour au moins la vingtième fois depuis que tu étais arrivée. Une chose qui ne m’était pas arrivé depuis des années. Une chose qui était bien rare en ce moment fallait bien l’avouer. Sourire, détendre les zygomatiques. Ces muscles de mon visage qui commençaient à se figer à force de ne pas travailler. Un peu plus et je finirais par en avoir des crampes. Des courbatures au visage. Mais ça faisait du bien. Beaucoup de bien d’arrêter de penser à la guerre, à ce monde de fous dans lequel on vivait. Ne serait-ce que l’espace de quelques instants. Quelques heures, une soirée, profitant de l’instant présent sans se soucier de ce qui arriverait demain. Demain oui, ça serait un autre jour. Et en vue de la quantité d’alcool que l’on était en train de vider je me disais, j’espérais, que tu sois encore là. Je t’ai regardé prendre tes affaires, inspirant discrètement en me disant que j’allais passer à la casserole. Aider McGuinness. Qui l’eut cru que ça arriverait un jour ? Moi qui voulais sa mort, moi qui espérait le voir pourrir six pieds sous terre. C’était simplement vengeresque, c’était juste une histoire de guerre et rien de plus. Il avait détruit ma vie, ma famille, mon pays. Je détruirais la sienne. Une promesse qui me permettait de me lever chaque matin malgré des insomnies nombreuses du temps de River Crow. Un espoir de liberté vite oublier depuis l’arrivée de Tulllamore. Si tant est que pour la première fois de ma vie j’avais pu voir autre chose que les forteresses de River Crow, je restais enfermé, quelque part. Dans un territoire plus vaste certes, mais enfermé quand même. Et au final, j’en arrivais à me demander si je saurais un jour ce que signifie le mot libre. Mais ça, c’était une tout autre histoire.

Bien que pas tant que ça. C’était une des raisons qui me poussait à te donner de mon sang. Une des raisons, qui m’obligeait à ravaler ma rancœur encore un peu pour sauver ce fils de pute afin de nous aider à combattre les méchants actuels. Un combat mis de côté pour un autre, le temps d’un instant. Parce que McGuinness n’était pas stupide et je me doutais qu’il savait pertinemment qu’une fois cette bataille livrée et bien évidement remportée, on reprendrait le cours des hostilités là où on l’avait laissé. Non, mon combat avec McGuinness était loin d’être terminé mais ça, tu n’avais pas besoin de le savoir. Pas pour l’instant. Un jour peut-être. Plus tard. Quand le moment sera venu. Pour l’instant je t’ai laissé faire tes petites affaires, te regardant te désinfecter les mains, ma peau, enroulant le garrot autour de mon bras pour en faire ressortir une veine. Tapotant à la recherche de celles-ci. Ca me faisait vaguement rire. Tu ignorais que j’étais immunisé contre la douleur depuis bien longtemps. S’il ne tenait qu’à moi, je me serais simplement tranché une veine pour te verser un peu de sang dans un bol. Ca serait revenue au même. Mais tu semblais vouloir faire ça bien, et juste pour ça, je t’ai laissé contrôler la situation. Souriant, encore et encore face à tes propos. Revenir en arrière. Dire non. Dans le fond, je n’en voyais pas vraiment l’intérêt. Tu tenais à sauver Léandre pour une raison qui m’était complétement abstraite. Tout comme te voir l’apprécier alors que tu étais la gentillesse incarnée et lui le diable par excellence.

Mais je me disais que tu avais sans doute tes raisons. Et c’était ces raisons-là qui me forçait à te faire confiance. Tu voyais le bien en chacun de nous, et je pense, non, j’en restais certain, c’était pour ça que je te regardais comme je te regardais maintenant. Le cœur battant, me sentant bizarre. Bizarre comme ce jour où j’avais rencontré Aby. Depuis sa mort jamais je n’avais ressenti ça, c’était flippant. Bien de trop, mais pourtant. Pourtant je me disais que je serais le roi des cons si je partais en courant. Alors j’ai gardé le silence. Venant poser une main sur la tienne. T’aidant à enfoncer l’aiguille dans mon bras, sans sourciller, sans rien paraitre. Délicatement. Ressentant la douceur de ton épiderme alors que mes mains étaient calleuses, abimées, écorchées à force de travaillé la terre, de réparer tout et n’importe quoi pour aider mon peuple. Des moteurs à une maison, en passant par des bricoles de rien du tout. Des mains abimées par mon passé aussi. Celui d’un chasseur, celui du type qui se battait pour un oui ou pour un non. J’en avais brisé des phalanges si tu savais. Des mains bien plus grosses et brutales que les tiennes. Un contraste parfait. Un contraste qui pourtant me plaisais. Baissant les yeux furtivement pour arrêter de te dévorer de mes grands yeux bleus. Tu étais belle, et crois-moi, cette information avait parfaitement su atteindre mon cerveau de brute épaisse que je n’étais plus ce soir. Me rendant compte que ma main était toujours posée sur la tienne, j’ai fini par la retirer en même temps que l’aiguille. Venant nerveusement me racler la gorge. Fallait que je me reprenne putain. Je ressemblais a un ados submergé par ses hormones c’était atroce, et le pire, j’en avais pleinement conscience. Tournant littéralement la tête pour attraper mon verre et le vider cul sec, me resservant à nouveau, remplissant le tien dans le même élan.

« Je crois que ça devrait le faire non ? Excuses-moi faut que j’aille pisser, je reviens. »

J’avais soudainement très chaud, étrangement, sentant des sueurs dégouliner dans mon dos. Me relevant maladroitement j’ai simplement pousser la porte de notre minuscule salle de bain, refermant à clé alors que je retirais mon T-shirt à la hâte, le balançant en boule dans la panière de linge sale. M’appuyant contre l’évier, j’ai fait couler l’eau, venant m’asperger le visage d’eau glacée pour me remettre les idées en place. Complétement déstabiliser par toutes ces choses que je ressentais. Des choses, que je n’avais pas éprouvé depuis… La mort d’Aby. Regardant mon alliance qui pendait encore autour de mon cou, je suis resté là, peut-être bien trente seconde, avant de détacher la chaine pour ranger le tout dans un tiroir. L’impression d’un poids immense qui venait me libérer. Me sentant soudainement plus… Leger. Passer à autre chose, ça m’avait toujours semblait improbable, mais ce soir, j’ignorais pourquoi, mais j'avais le sentiment que c'était grand temps de tourner cette page et de changer de chapitre. M'essuyant le visage j’ai enfilé un T-shirt propre, me passant une main dans les cheveux pour les remettre en semblant un peu à leur place. Respirant fortement. Je me sentais tellement ridicule. Encore plus quand je suis revenu dans la pièce, ayant étrangement troqué un débardeur noir contre un T-shirt miraculeusement repassé et sans plus aucun pli. Sentant le propre, le neuf, des odeurs que je n’avais jamais vraiment eu l’occasion de sentir sur ma propre personne. Toujours en train de courir, toujours en train de faire un truc, toujours occupé. Rester là et ne rien faire, je crois que j’ignorais bien ce que c’était. Je me suis allumé une clope, tout simplement, sans doute pour avoir l’air moins con. Sans doute pour me rassurer. Je m’étais toujours interdit de ressentir ce genre de chose depuis Aby. Même la mère de la petite, si j’avais eu de l’affection pour elle, c’était différent. Aimer, souffrir, je ne pouvais me le permettre. Mais pourtant.

« Le robinet m’a explosé à la gueule. D’où le… Changement. »

Une excuse bidon, à la con, un prétexte que je sortais comme ça dans le simple espoir de m’en convaincre. J’ai ouvert la fenêtre, pour éviter de t’enfumer mais aussi pour ne pas enfumer la pièce. Si Eireen sentait la clope en rentrant elle m’égorgerait sur place. Et oui, être l’Alpha ne voulait pas dire que j’avais tous les droits. Ici en tout cas. J’avais beau être chez moi je ne faisais pas ce que je voulais. Je pense que tu serais surprise de découvrir la mentalité Lupine. Elle était loin de tout ce qu’on s’imaginait. Vraiment très loin. Nous étions des gens bien, bien plus civilisé qu’il n’y paraissait. Loin de ressembler à des sauvages sans aucune éducation. On était même le contraire de tout ça. Toujours en train de s’entre-aider, toujours unis, souvent de trop même. Toujours à l’affut, protecteur les uns envers les autres. Le monde partait en couille, mais nous, on avait décidé de vivre notre vie, comme on le pouvait. Sans se soucier de ces murs, sans se soucier des Tullamore malgré les gardes alternées qu’on se tapais constamment pour protéger nos enfants, nos femmes. Sans doute bien plus proche de la nature que toutes les autres créatures, on la respectait, mais surtout, on la comprenait. Ressentant les énergies de la terre, de l’air, faisant qu’un seul corps avec les éléments. Les éléments, je savais que c’était ton pouvoir. Et ça aussi, c’était loin de me déplaire.

« Je pense que tu ferais mieux de rester là cette nuit. Ca va péter dans peu de temps, les routes vont être inondées c’est sûre. Puis… On n’a pas terminé le vin. »

Fermant la fenêtre après avoir terminé ma clope, je suis retourné attrapé la bouteille de vin et nos deux verres. Allumant le vielle platine vinyle qui me servait de radio, laissant tourner un vieux Beatles. Le disque favoris d’Eireen. Je crois que je n’avais jamais vraiment écouté de musique avant de la connaitre elle. Des petits goûts de la vie, que j’ai appris à ses côtés. Je suis revenu me poser sur le canapé, te tendant ton verre. Tu connaissais sans doute le dicton. Bouteille vide je te plains, bouteille pleine je te vide.

« Puis peut-être bien que j’ai pas fort envie que tu parte, j’avoue. »

J’avoue. Je me dénonçais tout seul. Sans doute maladroitement. Plus habitué à ce genre de chose, plus habitué à faire ça, c’était une évidence. Mais pourtant je le faisais, tout simplement. M’adossant dans le fond du canapé, fixant mon verre, le faisant tourner nerveusement, n’osant presque plus te regarder pour m’éviter de déraper. Rester raisonnable, ne pas faire de connerie. Mais surtout, ne pas te faire fuir…





©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach



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I WAS BROKEN FROM A YOUNG AGE, TAKING MY SOUL INTO THE MASSES. WRITE DOWN MY POEMS FOR THE FEW, THAT LOOKED AT ME, TOOK ME, SHOOK ME, FEELING ME. SINGING FROM HEART ACHE FROM THE PAIN. TAKE UP MY MESSAGE FROM THE VEINS. SPEAKING MY LESSON FROM THE BRAIN. SEEING THE BEAUTY THROUGH THE PAIN.



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