The Island of the damned est un forum post Apocalyptique rassemblant un grand nombre de créatures surnaturelles.
 

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 Remember: Let the skyfall... ◘ Feat. Amarok [sujet terminé]

Vampire
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Tu me manquais. Parfois seulement, pour ne pas dire très souvent en fait. Voir même sans arrêt. Je l'avouais. Intrinsèque et un peu comme si depuis que l'on s'était aimé, la force du loup ne m'avait plus jamais quitté. Sensation étrange. Oui. Je crois que tu l'admettras assez facilement. Ou pas. Étrange pour moi en tout cas.

Et pour te sentir bouger, respirer, il me suffisait de fermer les yeux. Dans ces moments si particuliers où la chaleur de ton corps recouvrant le mien continuait au travers de ton absence à m'irradier. Tu sais. Avec cette patience et cette tranquillité venues à bout de toutes mes réticences. Un état de grâce dont tu avais été le seul à me gratifier. M'emmenant et m'entraînant à ta suite vers des terres de plénitude que je me remettais à fouler dès lors que tu traînais dans les parages. C'était con. Sans doute un peu naïf et excessif aussi. Mais qu'est-ce que j'y pouvais si tu me faisais cet effet ?

Tu nous avais compris. Sans faillir, ni nous trahir. Du départ jusqu'à ce qu'on franchisse ensemble la ligne d'arrivée. Main dans la main. Comme des amis, comme des hommes que la vie avait finalement réussi à éloigner. Sans heurts, sans cris, sans pleurs. Pour ça, je te serais éternellement reconnaissant. Avec toi, j'avais tout appris. Tout réappris. L'abandon, la confiance, la volupté et tout ce que pouvait comporter de plaisir l'intimité d'une relation exclusive. Sous ta direction, le cheminement n'en avait été que plus simple. Plus facile d'accès. Et ce, bien avant le commencement : lorsqu'on était encore que des amants sans attaches ni réels sentiments. Quand déjà tu me mettais au pli, en me disant que si je te voulais ce serait à ta façon et pas autrement. Tu dominais. À moi de l'accepter. Chose bénéfique, qui ne m'avait pas demandé autant d'efforts que ce que j'avais d'abord pu penser de prime abord. Au contraire. Ça s'était fait naturellement. Librement, sans contrainte. Puis ensuite aussi : tout au long de ces mois durant lesquels tu m'avais permis de partager ton lit. De dormir et de m'endormir contre toi. Chaque matin et à chaque nouveau jour que Dieu nous accordait. Toi, dirigeant notre relation privée. Moi, te pilotant sur le terrain. Il n'y a rien à redire. Tous les deux on avait formé une super équipe. Complice et efficace. Pour au bout du compte nous séparer, une fois que tout avait été terminé. Différence de génération. Bref. Le temps que cela avait duré, j'avais eu le privilège enviable de ne plus être qu'un homme semblable aux autres. En équilibre. Bien, tellement bien dans ses pompes. Phénomène jusqu'alors inconnu. Enfin. Pas exactement. Phénomène oublié serait plus approprié, tout du moins jusqu'à toi. Jusqu'à ce que tu viennes me rappeler combien il faisait bon vivre. Toi qui aujourd'hui n'existait plus sans lui. Lui, devenu par la force des choses cette ombre menaçante qui planait au-dessus de nos têtes et voilait les rayons de ce soleil déchirant le bleu de ton ciel. Au point que tout ça, notre histoire à tous les trois, ne m'en paraissait que d'autant plus surréaliste.

Alors vraiment, tu me manquais...

Mais voilà. Est-ce que la réciproque était vraie ? Je me demandais. Aussi, donne-toi le temps de la réflexion et dis-moi. Dis-moi comment toi tu nous vois. Ici et maintenant. Deux ans plus tard. Parce-qu'il se peut qu'à notre prochaine entrevue, j'aborde le sujet. Puis bon, au cas échéant, je n'insisterais pas. Du coup, tu n'auras qu'à me répondre que même si la page est tournée, et que tu es définitivement passé à autre chose, toi non plus tu n'as pas oublié.

Oublié cette nuit là. La nuit de notre rencontre. Rappelle-toi. Réfléchis encore un peu. Cette fameuse nuit où on s'était trouvé. La plus importante de toutes. Celle où en voulant t'aider, j'avais tout bêtement réussi à faire d'une pierre deux coups. Malgré moi. Sans le faire exprès. Puisque te porter secours m'avait sauvé. Moi, et personne d'autre. Moi, rien que moi et surtout pas toi. Contrairement à ce que j'avais voulu croire pendant les cinq premières minutes. Pas plus. Juste le temps de comprendre qu'avec toi je ne garderais pas longtemps le contrôle. De sorte que je me refusais à laisser s'envoler les papillons qui s'agitaient dans mon ventre à chaque fois que je te voyais. Tu vois Amarok, toujours aussi paradoxal le bonhomme.

Qu'importe. De mon côté, je me souvenais. Dans ma mémoire, tout est aussi clair que s'il s'agissait d'hier. Sauf qu'à ma plus grande surprise, je ne m'attendais pas à te voir débarquer au château. Qu'est ce que tu foutais là…

- Ama… qu'est-ce que tu viens faire ici ?

C'est mot pour mot la première chose que je t'ai dite en relevant la tête. Les mains autour de ma tasse de sang chaud. Pleine. Assis sur une chaise, les pieds nus et les jambes étendues. Ma tenue de malade pour seuls vêtements sur le dos. Un pauvre sourire sur les lèvres. Sérieusement, pourquoi fallait-il que tu te pointes quand moi je me retrouvais hospitalisé. Retenu contre ma volonté. Gardé en observation pour les prochaines 48 heures. Heureusement qu'Ezechiel (lui) avait consenti à me retirer ma sonde gastrique. Pour sûr, j'aurais détesté que tu me vois dans cet état.

L'état dans lequel j'étais arrivé. La veille ou quelques heures plus tôt à peine. J'en savais trop rien. La notion même du temps m'échappait. Puis on s'en tapait. Alors, réponds. Qu'est-ce que tu faisais dans cet endroit ? Le self. Je supposais. Tu as vu, ils ne manquaient de rien eux. Les autres. Tous ces nouveaux héros qui avaient remplacé les anciens.

Si je le vivais mal ? Sûrement plus que je ne voulais bien l'admettre...

@Lyr


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ELIJIAH HASSAN JAZEEM
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« C’est hors de question qu’ils aillent tous se faire foutre ! » C’est la dernière chose que j’ai dite avant de claquer la porte des appartements de Scott. Les réunions de crises comme on les appelait, ne se passait rarement bien. Sujet du jour, aller à Belfast pour donner de notre sang aux vampires qui souffraient clairement de la famine. Notre sang, notre vitae, pour les sauver eux, après tous ce qu’ils avaient fait. La coalition avait été signée, de ma propre main, par mon propre sang, pour espérer une paix entre nos différents peuples. Je l’avais fait, par principe, mais si j’avais confiance ? Je n’étais pas stupide. J’avais vu tous ce don était capable la race Caïnite, et tout franchement, ma confiance avait des limites. Mais cette fois, ça devait être mon tour de monter dans la capitale vampirique pour me saigner, pour leur donner quelques centilitres, voir un litre, devant passer une nuit ou deux là-bas pour me requinquer un peu avant de rentrer. Mon tour et celui de quelques autres noms tirés au sort. C’est ce qu’on faisait. On tirait des noms au hasard. Parce que c’était ça notre accord. Donner volontairement de notre sang contre la vie, contre la sécurité. Aider nos anciens ennemis et pouvoir avancer. C’était ça notre nouvelle vie. C’était comme ça que l’on vivait désormais.

Un leader, c’est comme ça que l’on m’avait désormais nommé. Un leader pour avoir conduit les innocents loin de River Crow. Loin de la guerre, loin de l’enfer, et pour avoir aidé à la construction de Riverdall. Pour avoir imaginé les plans de cette nouvelle forteresse qui était devenue notre Eldorado. Un leader pour prendre des décisions, celles qui me semblaient le plus juste, celles qui me paraissaient les plus saines pour survivre. Mais je savais que cette terre m’avait changé. La confiance que j’avais jadis envers certain n’était plus. Les hommes me répugnaient, eux et leur volonté de tout gouverner. Les vampires, pour ce qu’ils avaient fait, les autres créatures aussi. Le monde ne tournait pas rond et nous vivions dans la loi du chacun pour soi. Et c’est ce que je faisais. Protéger les miens en sacrifiant les autres. Alors non, je n’avais pas envie de monter à Belfast, je n’avais pas envie de me vider pour eux, de me saigner pour aider ceux qui avaient détruit tout ce que j’avais eu. Le temps passait, s’écoulait, mais certaines cicatrices ne se referment pas. Eux, ils imploraient notre pardon pour un repas, mais eux, avaient-ils écouté nos suppliques à une certaine époque ? Mon cul.

« Donoma t’as pas le choix ! » Scott fait éruption chez moi, sans sonner, sans s’annoncer, alors que je me servais un verre de Rhum, lui en tendant un second pour le calmer.
« On a toujours le choix Scott et tu le sais. Qu’ils aillent tous crever. » J’ai vidé mon verre, avouant que j’étais devenu un expert dans le domaine du levé de coude c’est dernier temps.
« Plus maintenant Amarok. T’étais là ce jour-là, tu as signé ce putain de traité, tu l’a approuvé, si tu ne le respecte pas attends-toi a des représailles. Crois-moi, c’est pas le moment de lancer une guerre des peuples. Pas maintenant. » Scott s’allume une clope et je grogne contre lui en me laissant tomber sur le canapé, me frottant les tempes, nerveux. « Et puis, tu le faisais bien pour Jazeem a une époque. J’en sais rien dis-toi que c’est pareille. » J’ai relevé les yeux, le fusillant de mes pupilles noires. Jazeem. Ca faisait des lustres que je n’avais pas vu mon ancien amant.
« Ca c’était gratuit et complétement pas tes oignions mon pote. Mais ok t’as gagné. Mais je pars 48h, pas une minute de plus. Et je prends ton pick-up. » que je réponds, un peu calmé. Mon allié tire sur sa cigarette en souriant après m’avoir lancé les clés de sa caisse. Direction Belfast, l’enfer.

C’était ce que j’aurais dû lui raconter face à sa question. Qu’est-ce que je faisais là ? En quoi ça le regardait ? J’étais libre il me semblait. On venait de me pomper un litre de sang, exactement, bien trop pour que je reparte pépouze direction Riverdall. J’avais besoin de manger, de me reposer aussi. 48h, c’était le temps qu’on m’avait donné, ni plus, ni moins. 48h enfermé ici dans ce château qui rappelait furtivement celui de River Crow, bien qu’un peu moins lugubre malgré la situation. « Je suis venu aider les tiens. » Tout simplement. J’ai répondu en ouvrant le frigo, attrapant une bière et une pomme, sans doute bien trop blanc pour le type bronzé que j’étais. Décapsulant ma bouteille je me suis assis sur une chaise, sans rien dire. Le regardant. J’aurais pu lui retourner la question, mais sa tenue, et tout le reste, me faisait savoir qu’on avait dû le trouver dans un drôle d’état. Furtivement je repensais à ce temps où il m’avait sauvé, et où ensuite, c’était moi qui l’avait tiré des ennuis en lui donnant un peu de mon sang, de temps à autre. Ce temps où, seul et complétement perdu je m’étais abandonné complétement. Si je regrettais ? Non. Si je recommencerais ? J’en sais rien. Ma priorité était Riverdall, les miens, pour le reste ? Ce n’était plus grand-chose à mes yeux pour tout avouer.

« T’as une sale tête. Qu’est-ce qu’il t’arrive ? » J’avais posé la question, machinalement. Sans doute peut-être un peu froidement. Ca faisait des mois que je n’avais pas vu Elijiah, des mois que je ne vivais que dans la prérogative de cette foutue situation. Protéger ma ville, protéger la race humaine, en mettant inconsciemment tous les autres dans le même sac. Vampires, sorciers, Lycans. Peut-être qu’une part de moi en avait peur, je ne sais pas. Mais je n’arrivais pas à oublier le passer, à oublier toutes ces choses bien moches que j’avais vécu. La vie dans la réserve, la cruauté face à la mort de Tao, l’espoir d’une vie meilleur pour en réalité connaitre le véritable sens du mot « horreur ». Toute cette succession d’évènements. C’était trop pour moi. Trop pour le type encore bien jeune que j’étais. Trop de responsabilités, trop de sang sur mes mains aussi. J’aurais dû aller à la fac, j’aurais dû finir prof’ d’histoire, et au lieu de ça, je me retrouvais là, armé jusqu’au dent, ne sortant jamais sans mon flingue, marqué par le manque de sommeil et les rondes interminables que je faisais. L’amertume en bouche reste un peu coriace quand on sait tout ça.

J’ai croqué dans ma pomme, jouant nerveusement à arracher l’étiquette de ma bouteille de bière. Je crois qu’on était tous un peu brisé. Je crois qu’on avait tous ce goût âcre en bouche. Qu’on s’en voulait tous même si c’était pour des stupidité ou des choses sans importances. La guerre au final, ça ne forge pas les hommes, ça les anéantis.  « J’ai aperçu Ezech au loin. Je suppose qu’il sait que tu es là. J’ose même pas aller lui parler, qu’est-ce que je pourrais lui dire ? Que je suis désolé ? On a été con bordel. J’ai trahis mon pote et toi t’y a laissé des plumes. Pour quoi au final ? Regarde ce qu’on est devenu sérieux. Toi t’as le regard complètement vide et moi… Je suis devenu ce type qui dégaine à la moindre brindille qui craque. Tu parles d’une vie. » Une vie, la nôtre, celle qu’on nous avait imposé, celle que l’on n’avait jamais demandé à vivre. J’ai bu une gorgée de bière, m’enfonçant davantage dans ma chaise. Toi qui m’avais connu au tout début, regarde-moi et oses me dire que je n’ai pas changé. Même moi je n’arrivais plus à reconnaître cette image qui se reflétait dans le miroir quand je me plaçais devant. Depuis quand j’étais devenu froid ? Depuis quand j’étais devenu distant avec le monde ? Depuis quand je n’étais plus rien d’autre que ce type armé ? Sans doute un peu depuis toujours. Sans doute que je ne faisais que de me découvrir. Sincèrement ? Je l’ignore.





You better lose yourself in the music, the moment. You own it, you better never let it go. You only get one shot, do not miss your chance to blow. This opportunity comes once in a lifetime yo. The soul's escaping, through this hole that is gaping. This world is mine for the taking. Make me king, as we move toward a new world order.
     
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J'en avais assez. Alors surtout, ne m'en veux pas pour se léger mouvement d'humeur. Je ne me contrôlais pas toujours. Et crois bien que je le regrettais. Pourtant j'essayais. Chaque jour un peu plus fort. Tu savais bien toi tous les efforts que cela me demandait de lutter au quotidien contre ma nature profonde. Mes tours, mes détours, mes travers et toutes mes impasses, tu les connaissais sans doute mieux que personne. Ensemble, on ne s'y était que trop souvent attardé. Mais sans jamais prendre le risque de nous y égarer. Les explorant sous tous les angles possibles et imaginables. Donc voilà. En l'état des choses et même si j'avais conscience que la froideur venant te recouvrir tel un linceul mortuaire ne m'atteignait que par simple effet de ricochet, cette distance que tu mettais sciemment entre-nous ne m'en irritait pas moins.

De sorte que je vous le demandais. À tous les deux. Toi, comme lui d'ailleurs. Ezechiel. Maintenant, vous deviez arrêter. Arrêter de me transformer en catalyseur. Celui de vos colères, vos douleurs, de vos peurs. Qu'on se le dise. Avec franchise et en toute sincérité. Ce petit air d'animosité que vous aimiez tant me jouer finissait par m'insupporter.

Regarde. Tu ne vois pas que la carapace se fissurait. De mal en pis. Un peu comme lorsque le plus grand de vos guerriers abdiquait. Moi, j'en avais assez. Assez. Assez. De lutter contre l'impossible. De ne pas savoir vous rassurer, de me sentir inutile. Le charpentier. L'homme sans prénom se fondant dans l'ombre. Le vampire. L'ennemi de ton peuple. Seulement, admets que désormais la donne n'était plus aussi claire et limpide qu'à l'époque de River Crow. Niveau cruauté, il était à craindre que l'humanité n'ait plus rien à envier à ceux de ma race. Ne fais pas d'amalgame. Je ne suis pas ton ennemi. Ok. Qu'à cela ne tienne. Puisqu'en une fraction de seconde à peine, mes doigts se crispaient sur la tasse toujours prise entre mes mains avant de relâcher la pression. Paupières closes. Bouche ronde et lèvres entrouvertes. Gonflant les joues et en prenant une de ces inspirations tellement inutiles, mais des plus familières. Tu sais, j'ignorais encore s'il me serait un jour possible d'atteindre un quart de la sagesse de vos anciens, mais au cours de ces derniers mois sache que j'avais réussi à me détacher. Du matériel, de l'artificiel, de tout ce qui n'avait plus vraiment d'importance à mes yeux.

Tu sais, tu sais, tu sais. Tout arrive toujours pour une bonne raison. Même lorsqu'on imagine que ça n'aurait jamais dû avoir lieu. Mais c'est uniquement quelque chose sur quoi nous n'avons aucun pouvoir de décision et c'est juste ce à quoi ressemble le destin. Aussi, n'aies plus d'inquiétudes. Repose ta tête sur mon épaule et va dormir. Peut-être qu'un jour on se réveillera et que cela n'aura simplement été qu'un mauvais rêve.

Là-dessus, je rouvrais les yeux. Pour découvrir que toi, tu y gardais toute l'importance du monde. Tandis que je te laissais ouvrir le frigo. Songeant que les miens auraient tout intérêt à apprendre à se débrouiller par leurs propres moyens. Sans pomper ton sang. Remuant la tête, c'est désabusé que je vidais ma tasse. Quand toi, tu prenais une pomme et une bière. Ne te méprends pas. Ça me tuait de te voir aussi pâle, aussi fatigué, aussi désabusé. Putain de sentiment de culpabilité qui me rattrapait. Je te jure. Tu le choisissais bien ton moment pour me balancer que j'avais une sale gueule.

- Merci…

Te souriant, mes yeux venaient alors s'ancrer à ton regard. Comme j'aurais voulu être un nuage pour me fondre dans la tourmente agitant tes soirs d'orage. Puis j'ajoutais : « Rien de très original. J'ai fait une mauvaise rencontre.» Ouais. C'est ça. Une mauvaise rencontre qui s'appelait Tullamore. Mais je t'épargnais les détails sordides. Par chance, ou pas, j'hésitais, le nouveau mec d'Ezechiel et ses potes étaient passés dans le coin. Le reste, pas sûr que tu aies envie de le savoir vu le ton sur lequel tu me posais la question. Détaché. En mode défensif. Hors d'atteinte.

Tant pis. Ou tant mieux. De toute façon, Je n'étais pas très bavard ces temps-ci. Est-ce que du coup, je ne pouvais pas me contenter de profiter de ta présence en silence ? Et pinçant les lèvres, je baissais les yeux. Tournant et retournant ma tasse dans tous les sens. Pas tranquille de te retrouver aussi…

Aussi quoi ? Trois points de suspension. Je ne préférais pas approfondir la réflexion. Rien qu'à te savoir là, assis sur une chaise, trop près, trop proche, pourtant trop en retrait pour espérer renouer un quelconque contact, tous mes vieux démons ressurgissaient. Laisse-moi t'aider. Permets-nous de nous entraider. Au nom de l'amour, de l'amitié, de la guerre, du manque, de l'absence, de la mort de ceux qu'on aimait, ce sera comme tu veux. Tout ce que je te demande, c'est de ne pas commettre les mêmes erreurs que moi. Ne te replie pas. Ne t'enferme pas, et brise le miroir. Brise-le, avant que ton reflet ne devienne celui d'un parfait étranger. Et si tu avais besoin d'un garde-fou, je serais celui-là.

Toujours là pour toi. Avec toi. Si tant est que tu acceptes la main que je te tendais…

Amarok.

Bien. Préférant les actes aux mots, je me levais. Contournant la table pour venir me rasseoir à côté de toi. Tirant une chaise, quand toi tu t'enfonçais dans la tienne. Fais-moi confiance. Pour sûr, je ne ressemblais plus tout à fait à l'homme que tu avais connu. Toutefois, le changement se voulait être bénéfique.

- Oui, Ezechiel sait que je suis ici. L'ironie a voulu que ce soit lui qui me prenne en charge à mon arrivé au château. Il est infirmier. Tu vois, rien n'est jamais perdu. Même quand on croit que tout est terminé, il y a toujours cette autre vie qui nous attend. Alors pour commencer, pourquoi est-ce que tu ne lui dirait pas simplement bonjour. Ça lui ferait du bien de te voir. Le reste, notre mensonge…

Notre mensonge. Parce-que si je comprenais bien, c'est à ça que tu faisais référence. Tu parles. Je devrais plutôt dire ce mensonge que tu avais accepté de cautionner pour moi, à cause de moi. Ce mensonge qui de toute évidence te rongeait. T'empêchant d'aller le trouver. Pas de quoi être fier. Encore une fois.

- Laisse, c'est à moi de lui expliquer.

Toi tu n'y étais pour rien. Rien du tout. Tu avais juste fait ce que je te demandais. Il n'y avais donc pas de raison que tu essuies les plâtres. Un ami avait plus de valeur qu'un ancien amant, tu ne crois pas ? Je t'assure que tu n'avais rien à te reprocher. On avait rien fait de mal. Et venant de moi, ça ne le surprendrait pas. Après tout et à l'écouter, j'étais l'homme qui l'avait brisé. Le sale type qui avait ruiné son existence et pour lequel il avait voulu mourir. Il ne tenait qu'à moi de vivre avec ce poids. Tout le contraire du gamin qui m'avait remplacé. Dans son lit, dans son cœur, dans sa vie.

Ceci étant dit, je ne regrettais rien. Quitte à me répéter, pour chaque instant passé à tes côtés je remerciais le ciel. De fait, je glissais une main derrière ta nuque. Doucement. Avec cette tendresse que je te vouais. Triturant tes cheveux, le bout de mes doigts effleurant ta peau. Mon autre main venant prendre la tienne.

- Arrête de torturer cette pauvre étiquette, elle ne t'a rien fait.

Sans te brusquer, je ramenais ta main sur la table. Lâche cette bouteille, depuis quand tu buvais pour oublier d'abord ? Ce n'est pas ce qui ferait avancer les choses. Puis fallait-il que tu sois aveugle. Aveugle pour ne pas voir que ce regard vide que tu me prêtais, s'illuminait dès lors qu'il se posait sur toi.

- Tu es désolé de quoi au juste ? De lui avoir menti, ou… écoute, on ne peut pas changer le passé. Mais on peut essayer de le réparer. Il comprendra. Ezechiel est comme ça, généreux et profondément bon. Il saura faire la part des choses.

De mon pouce, voilà qu'à présent je caressais le dos de ta main. Les réponses à toutes ces questions que tu te posais, je ne les avais pas. Par contre, tu n'étais pas seul. Non. Tu ne l'étais plus depuis cette nuit où j'avais découvert les cadavres de tes parents. Et toi, recouvert de leur sang. Mon cœur atrophié battait à l'unisson avec le tien.

Respire. Pose-toi. Arrête de penser, de ruminer et de ressasser. Accepte tes faiblesses, et de dégainer à la moindre brindille qui craquait comme tu le disais. C'est humain. Humain et sain.

Quand tout vrille. Quand tout tourbillonne. Quand tout tournoie et que tout devient flou, souviens-toi que je suis là. Et si tu me le demandes, j'anéantirais le monde. Prêt à tout pour te revoir sourire. Je te l'ai dit, je suis là.

Là pour te porter à travers la nuit
...

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Quand on est petit on nous pose sans cesse la même question. Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? Et en tout innocence on répond ce qui nous semble être le plus logique. Astronaute, vétérinaire, footballeur, et le pire, c’est qu’on y croit dure comme fer. On y croit comme si c’était une évidence. Et on finit par grandir, par avoir des souhaits bien plus réalistes. On entre au collège, puis au lycée, et quand on nous pose cette question, souvent, on répond que l’on ne sait pas. On ne sait pas, parce qu’on a grandi, et qu’on sait désormais que ce choix sera sans doute irrévocable. On nous pousse à aller à la fac, à faire des études, à prendre des responsabilités dont on ne veut pas entendre parler. Moi ce choix je l’avais fait. Et je l’avais assumé. Choisissant la voie de l’enseignement. Transmettre un savoir, essayer de passionner des jeunes qui n’en n’ont rien à cirer de tout ce que j’aurais pu leur raconter. J’avais répondu, comme si c’était une évidence. Une évidence qui avait bien fait rire Tao à l’époque. Mais jamais je n’avais imaginé finir ici. Me battre pour survivre. Combattre pour protéger. Enseigner, mais non pas l’histoire, l’art de la guerre, comment tirer avec une arme, comment se défendre à main nues, comment faire du feu, ou encore comment chasser. Cette vie, je n’en voulais pas. Je ne l’avais pas choisie, elle m’avait été imposée. Quittant l’enfer de la réserve pour un monde non pas meilleur mais limite pire. Si River Crow avait commencé de m’éteindre, Tullamore avait terminé le boulot.

C’était comme ça, et il ne fallait pas s’étonner du résultat. J’essayais de rester fort, sans doute rongé par l’égo, cachant mes peurs, mes craintes, mes sentiments, les enterrant dans les profondeurs de mon âme pour ne plus rien ressentir. Oublier que j’avais eu mal, oublier que j’avais pu aimer, ne laissant place qu’à cet homme froid, détaché, incassable, une armure que l’on ne peut briser. Il est venu s’assoir près de moi, posant sa main dans ma nuque, tentant de me rassurer comme il le faisait si bien à une époque qui me paraissait tellement lointaine. A cette époque, je me serais sans doute laissé bercer par le son de sa voix, je me serais effondré dans ses bras, de façon presque machinale. Sans violence, juste pour me laisser aller. Mais c’était terminé de ce temps. Terminé de ce garçon qui pleurait seul dans sa chambre. Maintenant je ne pleurais plus. Je ne ressentais plus. J’étais simplement fait de marbre. Et aucune parole ne pourrait me ramener à la raison. Rendant le monde responsable de la situation. Elijiah, oui je l’avais aidé à une époque. Oui, je l’avais aimé, sans doute de trop. Egoïstement, sans penser aux conséquences, sans penser aux autres. Mais c’était fini de tout ça. Il avait beau essayer de me réchauffer, rien n’y faisait. Tout ce que je voulais, c’était rentrer. M’enfermer dans mon mutisme et ne plus en sortir. Il parlait, tentait une approche. Et moi ? Je ne réagissais pas.

« Arrêtes. » que je lui ai répondu, simplement. Ma voix restant posée, douce, presque raillée à cause de la fatigue. Je voulais qu’il arrête de croire que tout était réparable. Que nos erreurs pouvaient s’effacer du dos de la main. Que tout était changeable, alors que je ne croyais plus en rien. J’ai repris possession de ma main, les enfouissant dans les poches du jogging que je portais. Ces barrières, cette barricade, elle était solide. Si Elijiah avait été l’unique en qui j’avais accordé le peu de confiance qu’il me restait, ça faisait tout de même des mois que je ne l’avais pas vu. Des mois à me concentrer sur une seule chose. Cette mission. J’avais envie de me sentir mieux, d’arrêter de me sentir vide, d’être sur la défensive, mais je savais que pour y parvenir le chemin serait long. Soupirant, je fixais le goulot de ma bouteille de bière. Je ne lui en voulais pas à lui, je crois que je n’en voulais à personne que j’avais pu connaitre à River Crow. Mais j’en avais marre de perdre des gens, marre de sentir la présence de la mort à tous les coins de rue, marre de sentir l’odeur amer du danger.  Marre de la cupidité de la race humaine. Marre de me voir vivre dans la déception, dans l’horreur, dans la violence. Tout ce que je voulais c’était pouvoir dormir et me réveiller dans un monde meilleur. Dans un monde ou Tao ne serait jamais mort. Dans un monde où tout serait simplement équilibré. Mais ça, je crois que c’était trop demandé.

C’était tout simplement une utopie. La mienne. J’ai relevé les yeux pour le regarder, lui lançant un regard qui lui faisait comprendre que je ne lui en voulais pas à lui. Que j’en voulais au monde entier. A moi aussi. Ce n’était pas qu’une question de remord vis-à-vis d’Ezeckiel. C’était plus compliqué que ça. « Qu’est-ce qu’on a fait sérieux ? Je suis désolé de tout. De ce qui s’est passé entre nous, de l’avoir trahi, de lui avoir menti. Qu’est-ce que je suis en train de devenir Eli ? Ce n’est tellement pas moi de réagir comme ça. J’ai toujours été sincère avec tout le monde et là depuis deux ans je fais n’importe quoi. » Je répondais simplement à sa question. A ses interrogations. Qu’est-ce que j’avais fait si ce n’est que trahir un ami ? Ce n’était pas mes valeurs, ce n’était pas comme ça que j’avais été éduqué. Si je regrettais mes actes je savais que je ne pourrais jamais les effacer, et c’était ça le plus douloureux. Je savais que jamais rien n’effacerait le mal que j’avais pu faire et je le vivais vraiment pas bien. Je n’assumais pas, je n’y arrivais pas, j’avais honte aussi. Tao était mort, mes parents aussi, j’étais seul, et il avait été là, me tendant la main, et j’ai tout mélangé. M’accrochant à lui comme à une bouée de sauvetage, refusant de la lâcher pour ne pas me noyer. On avait mal agi, on avait tout mélangé. Et des gens avaient été blessés à cause de nos actes. Sortant une main de ma poche j’ai attrapé ma bière, buvant plus pour me détendre que par soif. Les choses avaient tellement changé en deux ans. Les choses, mais pas seulement.

Les gens aussi. Nous aussi on avait changé, moi en tout cas, je pouvais le sentir, au plus profond de mon être. Tout ce que j’avais envie, c’était de me retrouver, d’arrêter de faire des erreurs, d’arrêter de faire des conneries, d’arrêter d’être froid avec tout le monde. Mais pour ça je devais commencer par arrêter de m’en vouloir. Je devais me pardonner, mais c’était ça le plus compliqué. « Qu’est-ce que tu deviens Elijiah ? On n’a jamais vraiment reparlé depuis… » Depuis quoi ? Depuis que nous ne sommes plus ensemble ? Depuis notre séparation ? Depuis que le monde part en live totale à tel point que l’humanité a fini par faire vraiment n’importe quoi ? Je pense que j’avais besoin de parler, de me confier, sans véritablement le faire. Me sachant largué, complétement, encore sans doute choqué par la tournure des évènements. C’est vrai, à bien y repenser, on ne c’était pas contenté de nous enfermer ici. On avait fait bien pire. On nous réduisait à néant, au stade de rien. On nous avait condamné pour un crime que nous n’avions pas commis. Je pensais au final, que nous étions les véritables victimes de cette situation. On aurait pu nous donner une chance de sortir. Mais non, faute de moyen, on avait préféré nous condamner ici, entouré de créatures dangereuses. Normal du déséquilibre mental en sachant ça.





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Arrête. Mais tu le savais bien toi que je n'arrêterais pas. Jamais. Pas lorsque ça te concernait. Même si désormais, une trop grande distance semblait nous séparer. Tu regrettais. Tu t'en voulais. Et après ? Tu enfonçais tes mains dans tes poches, tu fixais des yeux ta bouteille, quelle superbe remise en question. Tes parents en diraient quoi…

Tes parents. Tao. Tes ancêtres, tous ces hommes qui avaient combattu ailleurs. En d'autres temps. Pour défendre leur vie, leur terre, menant leur propre guerre et j'en savais rien, mais est-ce qu'honorer leur mémoire ne comptait plus pour toi ? Depuis quand le Amarok Donoma que je connaissais préférait baisser les bras plutôt que de combattre pour défendre ce en quoi il croyait. Alors je ne vois pas trop ce que je pouvais encore faire pour t'aider. Te pousser, te bousculer, compatir ou te plaindre, t'épauler, te laisser régler tes problèmes seul ou essayer de trouver des solutions.

Comme on le faisait avant. Trouver des solutions, tous les deux ensemble. Par le biais de nos discussions, de tout ce que notre relation comportait de complicité et de confiance. Mais toi aussi tu ne voulais plus en entendre parler de cet avant.  Et de mon côté, je sentais lentement des vagues de colère remonter. Pas contre toi personnellement. Simplement, la bête se réveillait. Dis-moi à quoi ça me servait au bout du compte d'avoir vécu reclus. D'avoir prié, d'avoir expié en aidant les autres à ma manière, avec mes mains et mon cœur. D'avoir écrit. Libérant mes émotions en noircissant des pages et des pages entières à l'encre noir. Pour m'entendre dire que j'étais toujours le même. Rien qu'un connard. Un égoïste. Comme d'habitude. Le diable en personne. Voilà à quoi ça menait de vouloir se racheter.

La bonté. La compassion. Le pardon et la rédemption, autant de conneries auxquelles je devais cesser de me raccrocher. Peut-être bien qu'au fond tu avais raison. Peut-être même qu'au bout du compte, tu étais et resterais celui qui détenait ma vérité. Que pouvait-il encore y avoir de mal à admettre que non, tout n'était pas réparable ? Après tout ce qu'on avait  déjà vécu. Il n'y aurait aucune preuve de faiblesse à reconnaître nos échecs. Sauf que vois-tu, ce qu'on avait partagé, je ne pouvais pas me résoudre à le ranger dans la case erreur. On attirait que les gens qu'on méritait. Or, ça me devenait de plus en plus difficile, pour ne pas dire vraiment compliqué, de n'inspirer que des regrets à ceux que j'avais aimé. Elle était belle la justice du ciel tiens. Et ça me reprenait. Ses pulsions meurtrières et assassines que je réprimais depuis près d'un siècle maintenant. Là, je me voyais me lever. M'imaginant en train de renverser la table et de tout casser. Démolir. Briser et mettre tout ce qui me passait à portée de main en pièces détachées. M'y voyant de façon si réelle que j'en frissonnais. D'un plaisir malsain ou d'effroi. Oscillant de plus en plus dangereusement entre ombre et lumière.

Mais tel un signe, un nouveau souffle d'espoir, ton regard se levait sur moi. Me sortant instantanément de ma démence. De toutes ces pensées parasites qui m'envahissaient. Pour me mettre face à une réalité à laquelle je n'avais pas envie de me confronter. Pourquoi tu me faisais ça ! Pourquoi… et mourant entre tes lèvres, mon souffle d'espoir rendait son tout dernier soupir. Tais-toi. Je ne voulais pas entendre ça. Pas que tu étais désolé. Surtout pas.

- Ce qu'on a fait ? Tu le sais aussi bien que moi. Tu crois que lui, il regrette de m'avoir oublié en une année à peine ? Est-ce que tu crois qu'on a eu aussi tort que ça ? Ma mort l'a soulagé. Alors pourquoi est-ce que je devrais me sentir désolé… il a refait sa vie. Et toi, tu remets tout en cause. Mais on ne peut pas changer ce qui a été fait, et mon seul regret c'est que toi et moi, on n'ait pas su préserver notre relation. Le reste n'a plus d'importance et arrête de boire !

Me relevant, je t'arrachais cette maudite bouteille des mains pour la balancer contre un mur. Rageusement. Vous alliez me rendre cinglé. Parce-que contrairement à ce que vous sembliez croire, je n'étais pas invulnérable. Tu veux que je te le dise sincèrement ? Tu veux que je te dresse ton portrait ? Comme il te plaisait. Et pointant le doigt dans ta direction, j'en arrivais à lever le ton. Par amour. Avec toute cette affection que je te portais. Pas pour d'agresser ni te blesser.

- Tu me demandes à moi ce que tu deviens ? Tu veux que je te le dise !

Je te préviens, ça risque de ne pas te plaire. Surtout venant de la part d'un type que tu n'avais plus vu depuis des mois. De ton pseudo sauveur. De l'amant, de l'ami, de celui qui à un moment donné t'avait permis de te maintenir à la surface de ces eaux houleuses entre lesquelles tu menaçais de t'enfoncer. M'obligeant du même coup à nager avec toi, tandis que je me noyais dans des flots d'alcool. Sale époque. Mauvaise période. Jusqu'à ce que la lumière jaillisse.

- Dis-moi d'où tu viens ! Raconte-moi qui tu étais, ce que Tao aimait tant chez toi, ce que tes parents t'ont enseigné. Il ne tient qu'à toi de rester celui que tu es déjà. Et si tu deviens autre chose, quelqu'un d'autre, c'est que tu l'auras décidé. Je te parle en toute connaissance de cause. Tu n'aimes pas ce que tu vois ? Tu ne supportes plus ce que cette île a fait de toi ? Alors qu'est-ce que tu attends pour reprendre ta vie en main ? Personne ne le fera à ta place.

Moi, encore moins que les autres. Regarde-moi. Je ne portais plus de masque. Je m'assumais. Que ça plaise ou bien que ça déplaise, je m'en moquais. Tu sais pourquoi ? Parce-que je me sentais bien avec moi-même. En phase avec mon monde intérieur. Plus du tout apeuré par les sombres recoins de mon âme. Non. Je n'étais pas gentil. Non, je ne ressemblerais jamais au gendre idéal. Non, je n'étais pas un bon petit gars tranquille. Pour autant, je me pensais empathique, ouvert et suffisamment à l'écoute pour qu'on puisse me percer à jour. Sur quoi, je revenais vers toi.

Vers toi. Sortant de la poche du pantalon que je portais un trousseau de clefs. Celui qu'Ezechiel m'avait rendu. Les clefs de mon Aston Martin. Mon ultime cadeau. La dernière chose que je lui avais laissé, comme une promesse. Celle qui voulait qu'on se retrouve. Dans cette vie, ou dans la suivante. Voilà ce que je devenais.

Brusquement, je posais ce jeu de clefs sur la table. Devant toi. Puis, j'attrapais ta chaise pour te tourner vers moi. Sans douceur. Tel un vampire de quatre siècles. Comme ton mentor, ton roc.

- Demain, je pars pour Galway. Avec Ezechiel. Il ne le sait pas encore, mais ce voyage sera peut-être le dernier. S'il refuse de me laisser une seconde chance, il sera temps pour moi de tourner la page et de passer à autre chose. Définitivement. Parce-que si je veux continuer à aller de l'avant, je n'ai pas d'autre choix.

Penché au-dessus de toi, je rapprochais mon visage du tien. Mes lèvres frôlant presque les tiennes et mes yeux revenant se planter dans ton regard. Un regard que j'avais toujours trouvé pénétrant. Un peu comme si l'esprit de tes ancêtres se manifestait à travers toi. Je ne saurais pas comment te l'expliquer.

- Tu ne crois pas qu'il est temps d'arrêter de penser à la vie que tu aurais dû avoir ? Le monde est tel qu'il est. On est en guerre. Tu ne retrouveras pas tous ceux que tu as perdu, mais à condition de le vouloir, tu pourrais au moins essayer de recommencer à vivre. Maintenant, si tu as envie de parler, je suis là. Et rien ne me presse.

Rien ne me pressait. Personne ne m'attendait et décidément, à chaque fois qu'on se croisait, ton aura m'écrasait. Quant à tes remords, à la culpabilité que tu nourrissais à l'égard d'Ezechiel, comme dit, laisse-moi gérer...

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Amarok & Elijiah
 

J'avais dix-neuf ans quand j'ai dû grandir et devenir ce qui ressemblait de prêt ou de loin à un adulte. Une situation qui m'a obligé à quitter ce monde de l'adolescence, à prendre des décisions, bonnes ou bien mauvaises, à faire mes propres choix, à essayer de faire les choses bien pour préserver un mode de vie que l'on m'avait inculqué depuis tout petit. Penser, réfléchir, agir, de façon correcte et respectueuse. Penser aux autres avant de penser à soi-même et surtout faire ce qui est juste. Le bien en toute circonstance, pour ne pas ressembler à ce qui détruit et ce qui fait mal. Pour ne pas faire les erreurs des blancs. Ne pas ressentir la rancune, de pas faire ce qu'eux font pour ne pas leur ressembler. Pardonner en toute circonstance, avancer, et se montrer surtout plus intelligent que ce peuple en surnombre et sans doute bien trop egocentrique. Il me regarde, me demande de repenser à toutes ces choses, mais toutes ces choses n'ont plus aucun sens depuis que le monde entier est complétement parti en vrille. Toute la logique de mon éducation n'a plus aucun intérêt, ni sens. Tout ce en quoi je pouvais croire, toutes ces choses ont disparue depuis ce qui me semble être une éternité. Deux ans à penser, deux ans de survie, c'est long, quand on a que vingt-et-un an. C'est même très long. Son seul regret et de n'avoir pas su préserver notre relation. Une relation que j'avais jugé voué à l'échec pour bien des raisons. J'étais jeune, tellement jeune. Et pourtant, je devais agir et penser comme un adulte. Un adulte que je suis simplement devenu par la force des choses.  

Il me retire la bière, la lançant plus loin et moi je ne bouge pas restant là, stoïque, comme si rien ne pouvait ni me toucher ni m'atteindre. Il semble en colère. Contre qui ? Moi ou Ezechiel ? Ezechiel a refait sa vie, ça le blesse je le vois bien, mais je ne suis pas un lot de consolation. J'aurai û me jeter dans ses bras, le faire taire en venant poser ma bouche contre la sienne, peut-être que je devrais, mais je ne fais rien. Parce que ce serait une erreur, parce que je le sais, je le sens, il a mal, mal d'avoir perdu cet homme qu'il aimait sans doute plus que de raison, cet homme qu'il a pourtant laissé pour moi, pour une histoire de quoi ? Quelques mois. Alors si, je regrette. Je regrette parce que se sont nos erreurs et nos choix qui nous ont propulser dans la situation actuelle. Je l'aimais, je tenais à lui, égoïstement je n'ai pas pensé et aujourd'hui voilà où nous en sommes. Alors il peut s'en vouloir, mais on était deux ce soir-là dans la douche. Sa décision était avant tout à la mienne. Ce fût moi l'élément perturbateur, moi qui ai fait des choix aux conséquences sans doute bien fastidieuses. D'où je viens ? Pourquoi Tao m'aimait ? Pourquoi mes parents étaient si fiers de moi ? J'ai oublié putain. J'ai oublié le jour où j'ai posé et mes yeux et mes lèvres sur lui. Ce jour où pour la première fois de ma courte vie d'adolescent propulsé bien trop tôt dans une vie d'adulte j'ai pris les premières mauvaises décisions.  

C'était comme ça. Et je ne pouvais rien changer à ce fait. Je ne pouvais rien faire. Concrètement la seule solution que j'avais était celle d'assumer mes choix. « Tu crois vraiment que c'est si simple Elijiah ? Je n'avais que dix-neuf ans putain. J'étais jeune, seul, largué ! Tao venait de mourir sous mes yeux, mes parents également, je n'avais rien ! Alors désolé d'avoir des baisses de moral et de boire pour oublier combien ma vie c'est de la merde depuis quelque temps parce que ne te déplaise c'est le cas !» J'ai répondu, ma voix s'élevant pour la première fois contre lui sans le vouloir. Il était en colère, moi aussi je l'étais, j'avais mal, je ne savais plus quoi faire pour rester ce garçon sage et plein de vie que j'avais été à l'époque de Tulsa. Ce gosse naïf qui avait des rêves. Avec Tao. Tao me manquait, ça me brulait de l'intérieur, me consumait depuis qu'on me l'avait arraché. Je voulais qu'il revienne mais je savais que c'était impossible. Je savais que c'était terminé, mais la page refusait de se tourner et j'avais ce sentiment que personne ne pouvait vraiment comprendre ce que je ressentais. Baissant les yeux je m'en voulais, je m'en voulais de m'emporter contre lui alors qu'il avait toujours été là pour me soutenir, pour m'aider, pour m'épauler en toute circonstances. Tout ce que je voulais c'était que ça cesse, que ça s'arrête. Aujourd'hui j'étais à la tête de Riversall, j'avais bâti des murailles pour préserver la race humaine, mais la vérité était que je ne savais même plus pourquoi je l'avais fait.  

Et puis il y a eu cet instant. Celui où il s'est emparé de ma chaise pour me tourner vers lui. M'obligeant à le regarder, à l'affronter me parlant de son départ avec Ezechiel. D'un dernier voyage pour tenter de récupérer celui qu'il avait perdu. Des demis mots, ceux qui me faisaient croire qu'il me demandait en seconde chance en cas de retour non concluant. Peut-être que je me trompais, je l'ignorais, mais je l'écoutais sans ne rien dire. Recommencer à vivre, tourner une page que je refusais de tourner de peur d'oublier. J'ai soupiré, nerveusement, croisant les bras sur ma poitrine, plongeant mes yeux dans les siens, l'affrontant comme lui m'affrontait. « Et si je n'ai plus envie de vivre ? Me battre je le fais tous les jours. Mais je suis fatigué de tout ça. Regarde autour de toi. Je n'ai que vingt-et-un an et ma vie se résume à quoi ? A sortir armer jusqu'aux dents de peur de me faire dévorer par je ne sais quoi en pleine nuit. Tu appelles ça vivre toi ? A quoi ça sert je n'ai plus personne. Demain tu vas tenter de reconquérir Ezechiel et une fois fait je ne serais plus rien d'autre que l'ombre insignifiante d'un vague souvenir à tes yeux. Juste un fantôme du passé qui tu rappelleras sans cesse de tout ce que tu as perdu à cause de son arrivée. Alors laisses-moi tranquille et vas reconquérir ton royaume noble Roi. Moi je m'en sortirai, comme toujours.» C'était tout ce que je trouvais à dire. Une baisse de moral j'avais dit, c'était sans doute bien plus que ça.  

Le repoussant je me suis relevé, retournant dans le frigo pour aller reprendre une bière que j'ai ouverte à l'aide d'un briquet. Qu'il ne me regarde pas de travers, c'était pour faire du feu, je ne fumais pas et il savait combien j'avais toujours eu horreur de la nicotine. J'étais un sportif qui prenait soin de lui, c'était encore le cas. Si lui était en colère, moi j'avais mal, je me sentais seul désorienté, j'avais ce sentiment que je n'avais plus rien, plus personne, plus de maison, plus d'endroit où aller malgré que de nombreuses personnes comptaient sur moi pour préserver leur survie. Un auto jugement sans doute un peu dur et injuste. Parce que j'avais conscience de ce que je valais. Mais j'avais peur, peur de continuer d'avancer si c'était pour aller m'exploser la face dans un mur lancé dans une course à pleine vitesse. Fermant les yeux pour ne pas laisser une larme couler, je me disais que je l'avais perdu lui aussi. Je l'avais perdu tout comme j'avais perdu Toa, mes parents, toutes ces choses auxquelles j'avais pu croire. Buvant une gorgée qui m'aider à faire passer cette amertume j'aurais voulu oublier ce que je venais de dire. J'aurais voulu passer à autre chose, me dire qu'il avait raison, et que je devais l'écouter et lui faire confiance comme je l'avais fait avant cette histoire, ce premier jour où mes pas avaient croisé les siens. Mais j'ignorais pourquoi, je ne voulais plus faire ces choix égoïstes que j'avais fait. Nous étions trop nombreux dans cette histoire, trop nombreux à avoir soufferts. C'était désormais à moi de m'effacer, je le sentais, je le savais, rester noble pour mieux se retrouver. C'est la seule chose qu'il me réstait à présent. Mon intégrité. Mon humanité.  





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Non mais qu'est-ce que tu me faisais là ? Putain. Dis-moi à quoi tu jouais… t'avais pas le droit Amarok. Pas toi. Est-ce que tu m'entends ! Tu n'avais tout simplement pas le droit, pas voix au chapitre. Ton tour était passé. Ta chance partie et si tu restais sourd à mes mots, alors soit. Tout en moi te le hurlerait. De sorte que figé, je me redressais. Choqué. Tu ne pouvais pas nous faire ça, pas maintenant. Pas à ce moment précis où je refaisais enfin surface et où je décidais de reprendre ma vie en mains. C'était dégueulasse. Que je sache – de nous deux tu étais celui qui dès le départ – avais jugé notre relation vouée à l'échec. La différence d'âge. Les circonstances. Toi chéri. Alors merci de te souvenir que pour ma part, j'y avais cru. Au point de tout te donner. Tout ce que j'avais toujours refusé à mes amants. Depuis des siècles, depuis qu'un homme m'avait brisé. Jusqu'à ce que toi, tu viennes me réparer.

Toi. Pas un autre. Ne te méprends pas. Tu comptais. Plus que de raison. Mais peut-être que ça non plus je n'avais pas été capable de te le prouver. Ni de te le démontrer. Pour te donner l'envie de rester. Que tu le crois ou pas, le fait est que si tu étais resté, tout serait différent aujourd'hui. Peu importe. Là tu vois, tu remuais beaucoup trop de sales trucs en moi. J'avais quitté Ezechiel pour toi. J'avais tiré un trait sur mon histoire avec lui uniquement pour ne pas reproduire les mêmes erreurs avec toi. Plus de mensonges. Plus de tromperies. Plus de faux-semblants, tu pouvais au moins te vanter de m'avoir connu et découvert comme personne d'autre auparavant. Je t'avais accordé une confiance sans limite. Malgré ton jeune âge. Sans savoir pourquoi, juste parce que c'était toi. Toi que j'étais venu rejoindre. Le laissant lui dans l'ignorance. Lui laissant croire à ma mort, tandis que tout ce que je pensais être mort se remettait à vivre lorsque je te sentais à proximité. Quelque part dans mon entourage proche. En revanche, je n'aimais pas du tout ce que je voyais. Détestant encore plus ce que tu sous-entendais : “Je n'avais que dix-neuf ans putain. J'étais jeune, seul, largué !” Donc quoi ? Moi j'étais celui qui avait profité de toi et de ta faiblesse. C'est ça.

Tu sais, je ne cherchais pas le conflit. Surtout pas avec toi. Le problème, c'est que ça ne pourrait pas se finir autrement que mal si tu continuais sur ce terrain miné. Le ton montant subitement entre nous. OK. Tu allais me faire le plaisir de te calmer. De mon côté, je promettais d'essayer de ne pas m'énerver. Ta posture ne m'aidant pas vraiment. Les bras croisés sur ton torse, et tes yeux me défiant du regard. En me tenant des propos que je me retenais de te faire ravaler. Pourtant, ça me démangeait de te coller une mandale dans la gueule pour te remettre les idées en place. À condition qu'à force de te soûler tu ne te sois pas détruit le peu de neurones qu'il te restait.

Tout ça, c'était pas toi. Ça ne te ressemblait pas. Je ne te reconnaissais plus et me recevoir en pleine face ta détresse m'effrayait tellement. Tu n'allais pas faire de connerie j'espère… si tu en éprouvais le besoin, je prendrais soin de toi. Tel un ami fidèle, en supposant que ce soit ce que tu veuilles. Ce dont je me surprenais à douter en t'écoutant parler. Pris au dépourvu. M'attendant à tout sauf à ça, sauf à ce que tu m'avoues presque que tu m'aimais.

Que tu m'aimais encore. Que tu ressentais toujours des choses pour moi. J'avais raison ? Alors, les jambes coupées, je me cognais contre la table quand tu me repoussais. Me retenant de justesse au rebord. Mes bras pliants et résistants péniblement sous l'effort. Incapable de m'opposer entre toi et le frigo.

Au fond, tu n'étais plus un enfant. Comme tant d'autres avant toi, c'est sous le feu des bombes qu'il t'avait fallu grandir. Trop vite. Et je le savais bien que j'avais une grande part de responsabilité là-dedans.

- Tao aurait voulu que tu sois heureux. Laisse-le partir maintenant, il est temps...

Tout comme moi. Que tu sois heureux. Je m'en voulais. Culpabilisant de ne pas avoir su t'apprendre le bonheur. De ne pas avoir était celui qui te redonnerait le goût de vivre. De ne plus être que l'homme qui t'avait pris ta jeunesse pour te réduire à l'état d'une ombre insignifiante. Pour la première fois je te détestais. Tu mélangeais tout. Tu pourrissais tout, anéantissant ces sentiments que je te vouais au rang d'anecdote. Une passade. Alors que c'était tout le contraire.

Je t'avais dans la peau. Ton sang courait dans mes veines et les pulsations de ton cœur n'avaient jamais cessé de faire écho à la deadline de mon rythme cardiaque. Qu'est-ce que je pouvais faire de plus pour que l'acceptes ? Pour que tu t'arrêtes de nier cette évidence ? On avait déjà fait le tour de la question.

- C'est vraiment ce que tu penses… qu'une fois que j'aurais reconquis Ezechiel, en supposant que j'y parvienne, alors tu ne seras plus rien à mes yeux ? Est-ce que… Amarok, est-ce que tu ressens toujours quelque chose pour moi ? Parce-que si c'est le cas, j'ai le droit de savoir. Tu peux pas me balancer tout ça et ensuite, foutre le camp.

Je ne te savais pas amer. Je ne te connaissais pas jaloux et rancunier. Du moins, c'est comme ça que je percevais tes reproches. Viens. Reviens te blottir dans mes bras. Ou cogne-moi. Quoiqu'il en soit, tu ne quitterais pas cette pièce sans qu'on ait percé l'abcès. Et d'un pas mesuré, je te rejoignais. De nouveau vaillant sur mes deux pieds. T'entourant de toute mon aura. Puissante. Du haut de mes quatre siècles d'existence.

- Ne résiste pas, ça ne servirait à rien. Tu n'auras pas mal. Fais moi juste confiance une dernière fois…

Une dernière fois. Le temps pour mon esprit d'écraser le tien et de faire remonter à la surface ces souvenirs que tu me semblais tant vouloir oublier. Allez. Soumets-toi. Permets-moi d'utiliser mon pouvoir sur toi. Tu devais voir, ressentir, toucher du bout des doigts cet amour démesuré qui m'unissait à toi. Une bonne fois pour toute. Qu'on en termine avec tes délires d'abandon. Après, libre à toi de l'emporter là où que tu ailles ou de le balancer à la poubelle. Mais je ne te laisserais pas repartir d'ici en croyant que je te tenais pour responsable de mon malheur.

- Donne-moi ta main et suis-moi…

D'un geste lent, doux et rassurant, je prenais ta main. Celle dans laquelle tu tenais ton briquet. T'incitant à le lâcher, puis entrelaçant nos doigts. Laisse toi porter. Cette expérience serait unique. Et au vu de ma forme actuelle, elle ne durerait pas plus de quelques minutes. Sur quoi, je forçais toutes tes barrières. Te ramenant deux années en arrière. Remontant le fil de notre histoire en te transmettant toute cette paix et cette sérénité dont tu m'avais recouvert.

Suis moi. Mon autre main venant se poser sur ta joue. Paupières closes. Laisse couler tes larmes, baisse les armes. Désormais, il n'y avait plus que nous. Les murs du château disparaissant et se fondant dans l'immensité de l'éternité. Ta peine et tes douleurs s'atténuaient. Détends-toi. Déjà, le goût de nos baisers se substituait à celui de ta bière.

Glisse. Comme tes mains qui caressaient ma peau. Parcourant mon corps. Tu t'imagines réellement que je pourrais un jour percevoir ce qu'on avait vécu d'une façon aussi négative que ce que tu prétendais ? Tout était vrai. De mes soupirs, en passant par mes sourires, à ces peurs que toi seul parvenais à apaiser. Pour moi, tu vivrais. Tu vivrais pour tous ceux qui t'aimaient. Qu'ils continuent de fouler le monde des vivants ou qu'ils marchent dans tes rêves. Combien de fois devrais-je encore te répéter que tu ne serais jamais seul ? Tu ne te rendais pas compte. Pas compte du pouvoir et de l'attraction que tu exerçais sur moi. Que ce qu'on partage se situe sur un plan physique ou platonique.

J'étais ta maison. Ton refuge. Rien ne saurait changer ça et rouvrant les yeux, je me sentais vidé. Prêt à m'effondrer. Mes doigts entrelacés au tiens relâchant mollement la pression sur ta main sans que je ne l'ai décidé. Mes maux de tête revenant furieusement à la charge. M'interdisant de prolonger l'expérience, ou d'aller creuser plus loin. De remonter plus profondément dans tes souvenirs. Évoquant plus des odeurs, des sensations, des émotions que des images à proprement parler. D'ailleurs, était-il nécessaire que je te rappelle que pour toi, par amour et dévotion, c'est lui que j'avais sacrifié ? La chair de ma chair. Pour toi chéri.

Maintenant, si tu continuais de douter tant pis. Là, je tenais debout par miracle. Regrettant même que tu ne te sois pas mis à fumer. Parce-que je m'en serais bien grillé une…
   
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Remember : Let the Skyfall
Amarok & Elijiah
 

« J’y arrive pas ok !» Non, je n’y arrivais pas. Voilà tout ce que j’ai su lui répondre. Oublier Tao, le laisser partir et passer à autre chose c’était invraisemblable pour moi. Il avait été mon confident, mon meilleur ami, mon amant, mon frère, ma béquille, tout ça à la fois au fil des années. Alors quand il est mort, une partie de moi est morte avec lui. Il me manquait, constamment, tout le temps, tous les jours, ça faisait trop mal. Ca me pourrissait de l’intérieur, je n’en pouvais plus de son absence. Lui aurait trouvé les bons mots pour me rassurer, il aurait su comment me faire sourire à cet instant même où l’unique échappatoire qui s’offrait à moi était d’en finir au plus vite. Comment il pouvait me demander ça. De l’oublier, de tourner la page, comme ça, en un claquement doigt ? Oui Toa aurait voulu que je vive, mais comment y parvenir sans lui, ça me semblait tellement impossible. En vérité j’aurais donné ma vie ne serait-ce que pour le serrer dans mes bras à nouveau, pour pouvoir retrouver cette odeur si particulière qui n’absorbait plus mes vêtements depuis longtemps. Entendre le son de cette voix qui devenait de plus en plus inaudible dans mes oreilles. Cette sensation de ses mains, de son touché qui s’effaçait de plus en plus, ne me laissant que le souvenir intacte de sa vue. Le goût de ses lèvres, je ne le sens plus. J’étais dans le déni, espérant le voir passer le bas de cette porte, espérant le voir revenir à la vie. Est-ce que c’était impossible avec tout ce qui se passait autour de nous ? Comment ne pas y croire ? Comment ?

J’étais un sorcier, avec les capacités qui allaient avec. Est-ce vraiment pour protéger mon peuple que j’ai demandé à Lahja de m’aider à retrouver ces pouvoirs que mon père à fait disparaitre de nos veines ? Je ne sais plus. Peut-être que j’avais des pensées sombre. Peut-être que j’avais des envies plus profondes. Comment il pouvait me demander ça, lui qui connaissait la douleur que provoquait la mort d’un proche parti bien trop tôt ? Comment ? « T’as pas le droit de me demander ça, je veux qu’il revienne, je...» Je quoi ? Sait comment le faire revenir d’entre les morts ? C’était mal, c’était morbide, mais pourtant c’est bien ça que je voulais dire. Perdant pied je me suis passer une main dans les cheveux, essayant de contrôler ce souffle qui devenait trop irrégulier. J’hyperventilais, j’avais besoin de me calmer. Pourtant il a posé la question. Cette question qui m’a obligé à le dévisager. A creuser. A tenter de me souvenir d’autre chose que le visage de Tao. Cette détermination avec laquelle j’avais essayé, en vain, de retrouver les faits et geste de mon amour perdu ce soir où je l’avais rencontré lui. Des mains plus dures, des bras et des épaules plus larges, des traits bien plus profonds, plus tirés. Je n’arrivais pas à répondre. Je n’arrivais pas à lui donner cette réponse. Jusqu’à ce qu’il vienne vers moi. J’aurais voulu lui hurler de me lâcher, que ce n’était pas le bon moment de jouer les super héros bien veillant. Mais je n’ai rien pu faire.

Ne pas luter, c’était sa demande. Comment j’aurai pu, presque incapable de respirer, complètement largué, faible, misérable que j’étais à l’instant même. Frôlant l’hypoglycémie à cause du manque de nourriture et du sang que l’on m’avait prélevé. J’avais refusé de venir là. J’avais refusé de venir donner de mon sang. Jusqu’à ce que je me souvienne de la discutions que j’avais eu avec Lahja, jusqu’à ce que Scott me calme et me ramène à l’ordre, jusqu’à ce que je retombe sur cette photo. C’est là que l’idée absurde de le ramener à la vie m’avait traversé l’esprit. Un pari complétement fou pour ne pas dire osé. Je n’ai simplement pas luté. Te laissant faire, fatigué de me battre, fatigué de tout ce qui se passait autour de moi. Tout ce que je voulais c’était m’endormir et oublié cette souffrance qui m’habitait. Revenant dans le passé, revivant ces instants que l’on avait construit. Des instants qui m’avaient fait du bien. Oui, il m’avait choisi, mais à quel prix ? On avait été bien et puis après ? Après on s’était perdu. Moi trop absorbé par la protection de la race humaine, lui par sa volonté de se racheter de ses fautes. Ca n’avait pas marché et au bout du compte, j’avais fini par oublier tous ces petits instants de bonheur que je m’étais autorisé à avoir. Plongeant au final dans une spirale infernale. M’enfermant dans cette volonté de protéger mon peuple à défaut de n’avoir su me protéger moi-même. Altruiste que j’étais.

Je m’étais oublié pour eux. J’avais refusé le bonheur pour ne plus avoir à souffrir de la perte de quelqu’un. Focalisé sur ma mission, sans ne penser à rien d’autre. Pourtant c’est dans ses bras que je me suis calmé. Comme à cette époque. Comme à cet instant qu’il m’obligeait à revivre. A quoi il jouait ? Je ne savais pas. Pourquoi il faisait ça ? Il me parlait de retrouver Ezeckiel mais pourtant il nous ramenait à notre point de départ. Je ne comprenais pas et quand il en eu fini de tout ça, trop affaiblis, je me suis reculé, d’un pas seulement. Le regardant interdit, la bière toujours logée dans ma main. « A quoi tu joues Elijiah ?» Une question simple. Qui voulait-il vraiment récupérer ? Moi ? Ezechiel ? Les deux ? Comment me retrouver moi-même alors que cet homme qui se tenait devant moi semblait tout autant perdu ? Lui tournant le dos j’ai bu une gorgée pour faire passer tout ce qui se passait dans ma tête à l’instant même. Il l’avait dit. En supposant qu’il y parvienne. A reconquérir son infant. En supposant que quoi ? Pourquoi il me disait tout ça ? C’était lui qui me balançait une bombe pour me laisser en suspens. Gardant le silence je me suis assis sur une chaise, lui lançant un regard interrogateur. « Pourquoi me rappeler tout ça si c’est pour ne jamais plus avoir à les revivre ? Tu veux vraiment savoir si j‘ai encore des sentiments pour toi ? Je ne sais pas Elijiah. En l’occurrence ce que je sais c’est que si c’est lui que tu veux, ce n‘est pas moi. Ou peut-être bien que tu nous veux tous les deux mais tu sais aussi bien que moi que ce n’est pas possible.»

Non, on ne pouvait pas refaire les erreurs du passé, on ne pouvait pas recommencer, et se dire que tout irait bien. On lui a menti durant deux ans, durant deux ans il s’est fait passer pour mort, durant deux ans se fut le mensonge que je lui ai racontait alors que durant des semaines, peut-être des mois, c’était dans ses bras que je m’endormais le soir. Notre relation avait été réelle, on l’avait voulu, tous les deux, lui et moi. Et maintenant qu’il était de retour dans sa vie il ne pouvait revenir dans la mienne. Ce n’était pas correct pour celui que j’avais considéré comme étant mon ami. « Tu dois me laisser partir Elijiah. Suis tes propres conseils. Si c’est lui que tu aimes alors laisses-moi partir et va le retrouver.» Dans le cas contraire qu’il reste. Mais qu’il fasse un choix, un choix qui viendra de lui, et non de nous. Je ne voulais plus trahir qui que ce soit et encore moins Ezechiel. Je ne serais plus responsable de la situation chaotique dans laquelle ils sont tous les deux. C’était à lui de faire un choix, pas à nous. On ne pouvait savoir à sa place ce qu’il ressent vraiment. Inspirant, je me dis que j’irais trouver Zecke à son retour. Trouver mon ami, lui dire combien j’étais navré, et retrouver cette complicité improbable que l’on avait eu dans la salle d’entrainement. Lui, moi, ivre mort allongé sur le sol, nos mains s’effleurant sans savoir pourquoi, discutant en fixant le plafond. Il était simplement temps d’avancer. On devait tous le faire, et ne pas se retourner sur le passé. Ce qui était fait était fait... Et on ne pouvait le changer.







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Toi aussi, tu devais me prendre pour un enfoiré. Exactement comme lui. C'est sûr. Rien qu'un connard de base. Qui jouait sur les deux tableaux à la fois. Alors que j'essayais simplement de faire de mon mieux pour ne plus avoir à blesser personne. Et surtout pas l'un d'entre-vous. Sans doute encore moins toi que lui si tu voulais tout savoir. Dis-moi que tu n'avais plus de doute à ce sujet. Aussi dégueulasse que ça puisse te paraître, dis-le. Toi et moi, c'était plus fort que ça. Parce-que ce NOUS qu'on avait formé ne se finirait jamais. Mais peut-être que je t'en demandais trop. Trop d'un coup en fait, beaucoup trop tôt. Tout en sachant que tu allais mal et que là, je cherchais juste un moyen de t'apaiser un peu. Sans doute pas de la bonne manière, j'en convenais. Perdu que j'étais. M'attendant à tout sauf à tes réactions.

J'y arrive pas ok !” C'est ce que tu m'as répondu, juste avant que je ne te ramène quelques mois en arrière. Lorsque j'ai émis l'hypothèse que tu puisses enfin laisser partir Tao. Comme je laissais reposer en paix la mémoire de Noora quand je me retrouvais dans tes bras. Seulement , tout ça vois tu, je n'y pensais plus. J'avais accepté qu'on se sépare. Quitte à faire le deuil d'une relation qui au final ne s'était jamais réellement terminée.

J'en prenais l'entière mesure. Alors maintenant, on allait faire un effort. Tu voulais bien ? Ensemble. Pour poser les choses, et ne plus se contenter d'agir sur des coups de tête. Moi aussi je voulais que ma fille et ma femme reviennent, moi aussi. Malheureusement, c'était impossible. Ou en tout cas, je le croyais. Sincèrement. Ne te contrariant pas pour le plaisir. Si je pouvais t'aider à ramener ton ami, ton amant, ton frère et ton confident à la vie, je n'hésiterais pas une seconde. Même si ça signifiait pour moi de te perdre. Ce que je ressentais pour toi dépassant de loin mon seul instinct de possession. Crois-le ou pas, je détestais sentir cette odeur de mort s'enrouler autour de toi. Tes envies de mourir me ramenant à mes propres pulsions suicidaires. Tout en toi venant me faire écho. Des émotions sans doute égoïstes, sauf si tu voulais bien continuer à les inscrire à la suite de ces beaux moments qu'on avait déjà partagé.

J'étais amoureux de toi Amarok. Pas par défaut. Pas pour me consoler. Pas parce-que j'avais besoin de me trouver un lot de consolation. Ni pour toute autre raison d'ailleurs. Tu m'attirais comme un aimant. Et même avec lui, en supposant que j'arrive à le retrouver, qu'importe la façon et la place qu'il voudrait m'accorder, je sais que je n'arriverais pas à rester loin de toi très longtemps. Aussi, à quoi bon lutter. Encore et toujours. Contre des évidences. À la différence que je comptais faire les choses correctement. Tu avais raison. Si j'étais avec toi, alors je ne serais plus avec lui. Et si j'étais avec lui, ça voudrait dire qu'il me faudrait te laisser partir. Or, ce n'était pas une bête question de choix. J'avais failli merder avec Shannon, lui mettant un stop à la limite de commettre l'irréparable. Seul depuis trop longtemps. Pour autant pas insensible. Fidèle à l'homme que j'essayais d'être, de rester et puis de devenir. Enfin, tu me connaissais maintenant.

- Je pourrais te retourner la question… ça veut dire quoi tous ces sous-entendus ? Tu voulais que ta mission passe avant tout le reste, tu te souviens ? Et moi, j'avais des choses à régler.

Voilà ma réponse. Pour l'instant. Suspendu entre ce soir et demain. Ton retour remettant tout en cause, et ces choses que je devais régler en court de traitement. En supposant que je puisse m'exprimer aussi froidement. Debout. Mes mains recouvrant mon visage, et mes paumes venant s'écraser sur mes yeux. Les paupières brûlantes. Plus habitué à user de mon pouvoir, et la dépense d'énergie au vu de nos conditions à tous se faisant importante. Essayant de suivre tant bien que mal le fil de la conversation, en manque flagrant de confiance et d'assurance.

- Pourquoi je te rappelle tout ça ? J'en sais rien. Qu'est-ce que tu en penses toi ? Tu m'aimes, tu ne m'aimes pas. Tu veux être avec moi ou juste rester seul. Peut-être bien que je ne suis pas le seul ici à devoir prendre des décisions définitives.

Sous-entendu que quoique tu décides, je mettrais de toute façon un point final à tout ce bordel de mon côté. Parce-que si toi tu savais que si je le voulais lui, ce n'était pas toi, moi je savais ce que je ressentais. Et ce que je ressentais pour toi me paraissait on ne peut plus clair. Tandis qu'avec lui, tout restait compliqué. La colère, la culpabilité, ce besoin de pardon et l'amertume que je nourrissais à son égard ne laissant guère de place à cet amour qu'on avait gâché. Néanmoins, je devais lui parler, m'expliquer. Il le méritait. Après, la providence jetterait les dés du destin.

Dans l'immédiat, je revenais donc m'asseoir à côté de toi. Reprenant ma tasse de sang entre les mains et la vidant d'une seule traite. Un peu sonné par tout ça. Regarde chéri, le noble roi ne s'acharnait de toute évidence pas à reconquérir le royaume que tu imaginais. Ton ombre me recouvrant tout entier. Je te jure que tu ne réalisais pas le pouvoir que tu excerçais sur moi. C'était inhumain. Il n'empêche que je n'osais pas te toucher, mes yeux s'ancrant aux tiens. D'un regard franc et sans détour. Lisant en toi comme dans un livre ouvert, à cause de mon esprit ayant envahi le tiens. Au moins j'éprouvais la certitude indiscutable que notre relation avait eu autant d'importance pour toi que pour moi. Pour dire vrai, j'étais sûr qu'en se séparant on avait fait une connerie. En voulant se lancer à corps perdu dans des combats qui nous avaient bien plus éloigné que rapproché. Alors qu'on aurait pu se soutenir et s'entraider.

- Je ne vous veux pas tous les deux, d'accord ? Je n'ai jamais voulu ça. Peut-être que pour vous, ça été un choix par défaut. Mais je l'ai quitté parce-que je ne voulais pas te mentir comme je lui avais menti à lui. Pas une seule fois je n'ai posé les yeux sur un autre homme que toi tout le temps que ça a duré. Je sais bien de quoi j'ai l'air là, sauf que c'est pas le cas ! Mon retour, il le prend mal. Et demain, je vais partir avec lui. Il a besoin d'un binôme et je me suis engagé. Il faut que ça s'arrête. Tu comprends ? Je veux juste faire les choses bien pour une fois. Je lui ai fait du mal, je dois réparer. Comme je peux… toi, tu n'es responsable de rien.

Rien qu'une fois dans ma vie. J'avais du mal à vivre sans lui, parce-qu'il était mon infant. Que j'avais pris sa vie pour sauver la mienne. Que rien dans cette histoire n'était propre, beau, sain. C'était mon devoir. Qu'est-ce que ça pouvait foutre que je prenne de travers le fait qu'il m'ait remplacé après un an à peine hein ? Putain, en vrai je lui en voulais. Pour tout et n'importe quoi. Les insultes, les coups, tout, tout, tout. Comme si moi, j'étais irréprochable. Puis...

- Non.

Juste non. Un non ferme et sans appel. Non. Pour que tu saches que je te prenais très au sérieux. Pour te prouver qu'au-delà de t'écouter, je t'entendais. Il était temps que je me comporte comme un homme et plus comme un type subissant les événements sans avoir le choix. On avait toujours le choix. Alors un choix serait fait.

- Non. Je te laisserais pas partir. Je devrais peut-être m'en excuser, mais ce serait hypocrite. Si on a une chance d'être de nouveau heureux, j'ai pas envie de la gâcher. Tu m'attendras ? Juste un peu. Et s'il te plaît, promets-moi de ne pas faire de connerie quand je ne serais pas là. Puis tu devrais savoir depuis longtemps que mes conseils ne valent pas grand-chose. C'est sans doute pour ça que je ne les appliquent jamais à moi-même.

D'un sourire, je suis venu cogner ma tasse contre ta bouteille. Allez. Tu étais fort. Tu valais mieux que cet enfer que les Tullamore te faisaient endurer. J'étais certain que de là où tu venais, tu manquerais à beaucoup trop de monde si jamais tu te foutais en l'air. Que tu le veuilles ou pas, à vingt et un ans à peine, on avait encore plein de jolies choses à vivre. Que j'en fasse partie, ou pas. Et là Amarok, ce serait ton choix à toi. Je crois que pour ma part, j'avais suffisamment était explicite. Tao n'était plus, mais moi j'étais réel. Bien sûr, je n'espérais pas le remplacer. Puis arrête de t'en vouloir. Tu étais quelqu'un de bon, de gentil. Un garçon empathique, qui pensait aux autres avant de penser à lui-même. Et avec Ezechiel, comme dit, j'allais te préparer le terrain. Tu vois, que tu sois là ou pas, je te gardais avec moi...

@Lyr


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ELIJIAH HASSAN JAZEEM
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Prendre une décision définitive. Je l’ai fusillé du regard, sans doute bien plus que je ne l’aurais voulu. Je ne lui avais jamais demandé de revenir. On s’était séparé. Ca c’était passé comme ça sans trop savoir pourquoi, uniquement pour des question géopolitique, politique, différence de clan et de conviction. Ma décision je l’avais prise. Ce fut celle de protéger mon clan, de les aider et de ne pas m’écarter de cette voix-là. Cette même décision m’avait fait prendre les armes, elle m’avait imposé des nuits trop courtes et permis d’entrainer des hommes bien plus faibles à se battre à travers un entrainement sportif qui demande rigueur et concentration. Ma décision avait été celle de l’écarter de ma vie pour ne pas moi, m’écarter du droit chemin. Parce que je me savais encore faible psychologiquement, je me savais enclin à flancher à la moindre occasion. Je connaissais cette attraction entre nous et je n’avais pas voulu de ça. Ce choix avait été égoïste, injuste peut-être, mais bénéfique. Mais ça ne remettait pas en question ce que j’avais pu ressentir pour lui, ça n’effaçait en rien notre histoire et encore moins le fait que je devais admettre qu’il ne me laissait pas indifférent. J’avais cette envie de le plaquer contre un mur tout comme je l’avais plaqué sur la paroi de la douche le soir de notre rencontre. J’avais envie de lui, une dernière fois. Mais je savais que dernière fois engendrerait bien plus. Et on ne pouvait rien faire contre ça et la seule chose qui me restait à faire était celle de respecter cette décision que j’avais prise. Que l’on avait pris tous les deux malgré la tentation.

Je l’ai écouté me parler, s’expliquer comme s’il comprenait tout ce à quoi je pensais. Il avait toujours été franc avec moi et ça me touchait d’autant plus. Pourtant je ne réagissais pas à ses mots. Restant fidèle à ce que j’avais décidé, restant focalisé sur cette bière que je faisais tourner entre mes mains. Non, un mot qui m’a fait relever la tête. Un non catégorique qui signifiait qu’il n’avait pas envie de me laisser partir. Qu’il espérait encore quelque chose. Que cette histoire perdure. Un mot qui m’a poussé à souffler pour ne pas craquer. Si je l’attendrais ? C’était à moi de lui répondre avec ce que j’avais sur le cœur.  « Je ne ferais pas de conneries ne t’inquiètes pas. J’ai d’autre projets en tête. Après si, peut-être que c’est une erreur, je n’en sais rien. » Des projets. Celui de retrouver Lahja pour procéder au rituel et me doter de pouvoirs dont j’ignorais tout jusqu’à leur importance. C’était de la folie, mais c’était tout ce qu’il me restait de mon héritage. Ca et ce calumet que j’avais fumé avec elle, scellant ainsi une promesse de confiance et d’alliance. Est-ce que je voulais lui en parler ? Certainement. Mais je savais que c’était une décision que je devais prendre seul et que malgré ses conseils avisés je ne reviendrais pas sur ma décision. J’ai vidé une gorgée de bière, fixant le mur devant moi, le cœur battant, un peu déstabilisé entre cette envie de lui accorder ce qu’il espérait et celle de partir loin de lui pour ne pas déraper.

Pourtant je savais ce qu’il y avait de mieux à faire pour nous deux. Que ce soit pour notre équilibre à tous les deux ou par sagesse. C’était voué à l’échec alors pourquoi se faire du mal ?  « Je ne t’attendrais pas Elijiah. Non pas parce que je n’ai plus de sentiments, mais parce que tu ne peux pas me demander de rester là à t’attendre sagement alors que demain tu seras avec lui. Tu veux faire les choses bien alors fais-les bien, du début à la fin, en commençant par moi. Tu ne peux pas revenir dans sa vie pour de simples explications et ensuite repartir comme si de rien n’était. Désolé mais je ne veux pas participer à ce petit jeu, pas une seconde fois et si tu veux t’enfuir à la Péloponnèse ça sera sans moi cette fois. » J’avais parlé sans prendre le temps de réfléchir pour ne pas revenir sur cette décision qui était déjà bien trop dure à prendre. Mais je ne voulais plus me retrouver entre eux. Je savais que ce n’était pas de ma faute mais j’avais été acteur et non pas spectateur de cette histoire. Ezechiel était mon ami et je refusais de le voir souffrir encore une fois. J’ai vidé ma bière, me relevant sans oser le regarder. Pourtant une main est venue se poser sur son épaule comme pour chercher un quelconque contacte. Je devais arracher le pansement d’un coup et tenter de passer à autre chose et continuer de vivre ma vie. J’espérais qu’il comprenne cette décision, qu’il la respecte et qu’il réalise combien c’était compliqué pour moi de la prendre parce que j’avais encore des sentiments pour lui mais je refusais de l’attendre sans savoir ce qui adviendrait de ses retrouvailles avec Ezechiel.

 « Quand on se reverra je ne serais plus le même. Lahja va m’aider à protéger les hommes de Riverdall et je dois me concentrer sur ça, pas sur… » sur ce que j’étais inconsciemment en train de faire. Mes doigts passant de son épaule à son cou, caressant sa peau froide alors que tout le reste me hurlait de partir loin de lui. Il était pire qu’un aimant. Je ne l’attendrais pas mais peut-être qu’on pouvait au moins se dire au revoir ? Se dire adieu pour clôturer ce chapitre de notre vie et nous aider à tourner la page ? Je pouvais sentir mon souffle s’accentuer, regardant sa nuque, ses longs cheveux, venant les caresser eux aussi. J’avais été bien avec lui et prétendre le contraire serait mentir.  « Est-ce que tu me laisserais te dire au revoir ? Une dernière fois. Tu n’aurais pas dû me remontrer ces souvenirs. Laisse-moi ressentir tout ça une toute dernière fois. Demain il sera trop tard. Je rentrerai à Riverdall pour le rituel et toi tu seras loin avec lui alors profitons de ce dernier instant pour simplement terminer ce que nous n’avons jamais terminé. Tu veux bien ? » A quoi je jouais ? Je n’en savais rien. Mais tout ce que je voulais c’était simplement clôturer cette histoire et pouvoir enfin passer à autre chose. L’aider à partir lui aussi et retrouver cet homme qu’il avait aimé bien avant moi. Je voulais simplement goûter à ses lèvres une dernière fois, vérifié que j’étais convaincu que c’était la bonne décision à prendre. Vérifier que je ne faisais pas d’erreur et que c’était bel et bien le meilleur choix à faire. Pour nous deux.

Je l’ai regardé encore, revenant m’assoir à côté de lui, le cœur lourd mais battant. Ce que je ressentais je l’avais déjà ressenti, dans son ancienne chambre, avant qu’il ne m’emmène dans les douches, avant que je ne finisse par fondre sur ses lèvres sans réfléchir aux conséquences de mes actes. C’était mal je le savais. J’ignorais si c’était plus facile ou plus simple comme ça. Je ne l’attendrais pas mais je refusais de le laisser partir tout comme je refusais de laisser partir Tao. Posant une main sur l’une de ses joues et mes lèvres sur les siennes. Pourquoi j’agissais de la sorte ? Juste pour me souvenir, juste pour tatouer cette sensation sur mes lèvres histoire que demain encore je m’en souvienne. Pour ne pas oublier, parce que demain il ne sera pas là avec moi, c’est avec lui, là-bas qu’il sera. Et en prenant cette décision je sais qu’il faisait aussi un choix. Alors de la chaise je suis venu à me hisser sur ses cuisses. Sur lui, à califourchon, encerclant son visage de mes mains pour l’embrasser comme j’avais pu le faire deux ans en arrière. Je recommençais à faire n’importe quoi, comme à cette époque-là. Venant me coller conte lui sans plus aucune limite ni pudeur.  « Tu m’as demandé si j’avais encore des sentiments pour toi. Je crois que tu as ta réponse mais ça ne veut pas dire que je t’attendrais. »

J’ai déposé un dernier baisé sur ses lèvres, gourmand, mais il fallait que j’arrête ce jeu. Peut-être que je voulais qu’il me déteste pour rendre les choses plus simples, je ne sais pas mais quoi qu’il en soit je me suis relevé, m’écartant avant d’aller trop loin.  « Tu refuses peut-être de me laisser partir mais je ne reviendrais pas sur ma décision. Tu es revenu dans sa vie alors je vais t’aider à réparer ce qui a été fait et peut-être même que tu me remercieras plus tard. Je vais sortir de ta vie pour lui laisser la place et j’irais le voir pour m’expliquer à votre retour. Je dois m’excuser parce que je ne t’aide pas et je le sais mais c’est plus fort que moi. Et toi arrêtes de me manipuler avec ses souvenirs, c’est du passé. T’as pris ta décision en revenant dans sa vie alors vas au bout. C’est à moi de me sacrifier pour vous et de m’effacer, pas l’inverse. Sois heureux Elijiah. C’est tout ce que je te souhaite. Au moins j’ai pu dire au revoir cette fois, pas comme avec lui. » Lui, Tao, que je ne pourrais jamais oublier par le fait que je n'ai jamais pu dire au revoir. Mais je savais aussi que ma vie ne faisait que commencer. J’étais jeune et j’avais bon espoir de pouvoir m’en remettre. Tout ce que je voulais c’était me focaliser sur ma mission et ne pas laisser mes émotions prendre le dessus. Tao, maintenant toi, je finissais par perdre tous les gens que j’aimais. Je voulais juste que ça s’arrête et peut-être que je finirais par vraiment réapprendre à sourire. Comme je souriais sur cette photo que j’avais conservé de Tao et moi à cette époque où on se pensait indestructible, ou on avait des rêves, des espoirs, autre que ceux de se réveiller le jour d’après.





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Je ne sais plus trop pourquoi, mais je restais impassible. Juste inexpressif. Le bourdonnement dans mes oreilles ne faisant que s'accentuer au fur et à mesure que tes doigts couraient sur ma peau. Brouillant totalement le son de ta voix. De telle sorte, que je ne réagissais pas. Incapable d'esquisser le moindre mouvement. Prostré sur ma chaise. Rappelle-moi comment on en était arrivé là ? Parce-que moi, j'avais déjà tout oublié. Tout.

Tout. Sauf toi. Ta chaleur, corporelle et tellement humaine. Tes baisers. Cette façon que tu avais de me regarder, de me détailler. De me signifier que je t'appartenais. Au travers de ces silences que tu ne brisais jamais, pour ne m'en laisser que plus démuni. Entre tes mains, je n'étais plus rien Amarok. Rien d'autre qu'une boule d'émotion prête à exploser. Et pour une fois, j'aurais voulu que tu ne me perces pas à jour. Que tu passes à côté. Que tu ne sois pas aussi généreux et que cette attraction qui nous écrasait ne revienne pas tout bouleverser sur son passage une seconde fois. Alors surtout, ne t'étonnes pas de me voir me perdre à l'intérieur de moi-même. Seul refuge que je trouvais. Une douleur sourde me traversant comme un courant électrique. Dans une pulsation de vie insupportable qui me forçait à remplir mes poumons d'air, à les gonfler d'oxygène. Les cils battants et les paupières papillonnant. Des larmes menaçant de me déborder, tandis que je me refusais à te dire adieu. Chacun de tes gestes contredisant avec insolence ta façon de me fusiller des yeux. Je ne voulais pas entendre ça, je ne pouvais pas. Tu m'aimes. Reste.

Pense à moi. Ne me range pas dans ta boite à souvenirs. Pas encore. J'avais mal à en crever. Mais tu n'en saurais rien, puisque devenir quelqu'un de bien, ça voulait dire te laisser le droit de choisir. Le droit de partir. Tu vois. Quoi qu'on fasse, le destin se chargeait toujours de nous rendre la monnaie de notre pièce. Pour toi, j'avais quitté Ezechiel. Ezechiel qui m'aimait, lorsque je me savais amoureux de ton âme. Bien plus que ton enveloppe charnelle. Parce-que ta beauté avait touché de sa grâce les ombres glaciales qui me recouvraient et que le soleil déchirant le bleu de ton ciel m'avait rendu vivant. Et voilà qu'aujourd'hui, tu me quittais. Pour de vrai. Qu'aujourd'hui, tu tournais la dernière page de cette belle histoire qu'on avait vécu. Qu'on vivait. Qu'on ne conjuguerait plus qu'au passé. Putain. Je crois que si tu n'étais pas venu me rattraper juste à temps, je me serais levé pour m'enfuir à nouveau. Pas armé pour affronter ça. Pas assez un homme sans doute pour retenir la larme qui roulait sur ma joue jusqu'à mourir sur l'arrondi de mon menton. Est-ce que tu ne pensais pas que de toute manière, tous les chemins nous ramenaient l'un à l'autre ? Toujours.

Toujours. Prenant les battements un peu désordonnés de ton cœur comme une promesse. Celle de nous retrouver. Ici, ailleurs, demain, dans dix ans. Je ne renoncerais pas à toi, et c'était l'une des faveurs de l'éternité.

Et comme je posais les mains à plat sur la table pour m'aider à me remettre debout, ta main à toi venait se poser sur mon épaule. Après que tu aies délaissé ta bière. Une main provoquant un véritable ouragan dans tout mon corps. Une tempête si dévastatrice qu'elle me tournait la tête. Un coup de vent comme toi seul savais en souffler. Me gardant assis. Sous ton emprise. Dans ce sens que tu m'avais imposé le soir de notre rencontre. Toi au-dessus, me dominant. Du haut de tes dix neuf ans. Deux ans plus tard, l'effet se voulant être le même.

Ne me focalisant plus que sur ce contact. Terrorisé à l'idée de ne plus jamais ressentir ça, tes paroles glissant sur moi sans  plus me toucher. Le feu logé au creux de mes reins m'incendiant littéralement. Je te laisserais faire tout ce que tu veux et bien plus encore. Ne me demande pas la permission. Ne t'arrêtes pas, caresse moi. Tes doigts glissant sur ma nuque quand je penchais lentement la tête en avant. Expirant un soupir qui en disait plus long que des mots. Mon ventre se creusant d'envie, de désir, de frustration, et mon torse se soulevant de souffrance. Ma franchise à ton égard faisant que je ne voulais pas te dissimuler ce que je ressentais. Ça aurait été malhonnête au vu de l'honnêteté avec laquelle tu te livrais à moi une dernière fois. Comme je t'aimais, comme ça me coûtait de te sentir contre moi.

Contre moi, et intrinsèque. Dedans. De partout. Dehors, sur ma peau, sous ma peau, mais tu sais, le vide aurait suffit à me combler. Plutôt que des au-revoir qui nous déchiraient tous les deux. Soit réaliste. On s'aimait. Je crois. Vraiment. Il y avait de l'alchimie entre-nous. Ce truc que je ne m'expliquais pas, mais qui se propageait jusqu'à toi. Sinon…

Sinon, tu ne te serais pas assis à côté de moi. Ta main ne serait pas venue se poser sur ma joue, et je ne me serais pas retenu à ton poignet en l'agrippant. Persuadé de tomber. Ne me lâche pas, ne t'en vas pas. Reste. La trace de mes doigts imprimant ta peau sans que je ne le veuille, resserrant ma prise lorsque tu m'embrassais. Ta bouche enrobant la mienne et tes lèvres se posant sur mes lèvres avec la même urgence que cette nuit durant laquelle on avait échoué dans le bloc des douches. Cette nuit où je t'avais fait confiance, comme toi tu avais voulu croire en moi. Une confiance qui aujourd'hui encore me poussait à aller dans ton sens. À m'en remettre à tes désirs. Tu me rendais faible et vulnérable, tu ébranlais toujours plus dangereusement mes défenses, tu aurais pu me demander de faire n'importe quoi pour toi.

N'importe quoi. Preuve s'il en fallait encore une. Qui d'autre aurait accepté qu'on lui dise que tout était fini de façon aussi passionnée ? Explicite sur tes intentions. Au point que je n'y comprenais plus rien. Perdu. D'habitude, je croyais être celui qui soufflait le chaud et le froid. D'habitude, je pensais être celui qui quittait. D'habitude.  

Sauf que ce d'habitude derrière lequel je me retranchais, fort de tout ma masculinité, n'avait plus cours dès lors que tu chevauchais mes genoux. J'aurais pu te repousser. Te frapper. J'aurais pu te hurler dessus et tout casser, mais rien ne se passait en dehors de ma main libre venant se caler sur ta hanche. Ton souffle m'aspirant tout entier, et me happant. Tes mains autour de mon visage me procurant cette sensation indescriptible d'être dans un cocon, en sécurité. Bien au chaud et dans cet endroit n'appartenant qu'à nous. Pourquoi fallait-il que ça s'arrête, pourquoi. Est-ce qu'on allait devoir encore une fois réapprendre à survivre ? L'un sans l'autre. Et t'embrassant en retour, tout en priant pour mourir dans ton baiser, pour ne jamais avoir à rouvrir les yeux sur le manque que tu allais laisser, sur ton absence, je laissais ma langue partir à la rencontre de la tienne. Comme une première fois. Comme deux ans plus tôt. Sans me lasser. Sans jamais espérer autre chose lorsque le poids de ton corps m'écrasait. Et déjà, tu recommençais à me manquer.

- La nuit n'est jamais complète. Il y a toujours, puisque je le dis, puisque je l'affirme, au bout du chagrin une fenêtre ouverte, une fenêtre éclairée, il y a toujours un rêve qui veille…

Paul Eluard. Voilà ce que je te disais, remuant les lèvres contre ta bouche. Dans une caresse qui ne demandait plus qu'à se muer en promesse. Tu resterais mon rêve, ma lumière au bout du tunnel. Ce jeune homme qui m'avait sauvé et qui m'avait rendu toute mon humanité. Celui par qui les battements de mon cœur se remettaient à pulser dans mon torse.

Alors va. Si tel était ton destin. Je ne chercherais pas ni à te retenir ni à te dissuader. Parce-que je t'aimais, et que je ne voulais plus être un frein à ta mission ou à tout ce qui te touchait de si près. Éloigne-toi.  

Je te rattraperais…

En temps et en heure. Avançant à ton rythme, je voulais y croire encore un peu. Avant que tu ne te relèves et que dans un dernier baiser tu represses ta bouche sur mes lèvres, des lèvres vers lesquelles je tendais le visage. Sur quoi, je peinais à lâcher ton poignet. Me faisant violence. Prenant sur moi pour ne pas te faire plus de mal. Tu ne m'attendrais pas, mais tu m'aimais. Tu éprouvais encore des sentiments à mon égard, suffisamment forts pour avoir besoin me le prouver de manière physique. De façon à ce que je le ressente jusque dans ma chair, jusque dans cette onde de choc qui me laissait sur le carreau, au point que je te tournais le dos. Mes coudes venant se poser sur la table et mes doigts s'emmêlant dans mes boucles. Le dos rond, courbé. Enfonçant ma tête dans mes épaules.

- Il y a des questions qu'on devrait parfois apprendre à laisser sans réponse Amarok.

C'était juste bizarre. Comme d'un coup j'avais froid. Comme subitement, mon espace vital semblait se réduire à vu d’œil alors que tu t'efforçais d'élargir mes horizons en me montrant la voie. Mais on se trompait. Toi et moi. On confondait ce qu'on voulait, vraiment, profondément, avec ce que notre bonne conscience nous commandait. Et la mienne me hurlait de ne pas me remettre debout à mon tour et de ne pas venir te basculer sur la table. Ça me tambourinait dans la tête et me martelait le crâne. Accepter. Faire le deuil d'une relation qu'on avait commencé parce-qu'on était trop seul et qu'on avait eu besoin de réconfort, de quelqu'un. La seule chose qu'on avait pas prévu, c'est qu'on aurait un coup de foudre réciproque. Un éclair de bonheur. Ouvrant une brèche que tu décidais de colmater alors que je me préparais à l'élargir. Mais il était trop tard. J'avais trop attendu. Puis demain, demain… demain ce serait à moi d'embrasser Ezechiel pour lui dire adieu. De cette si belle manière que tu avais de me transmettre ton amour. Avec tes tripes. Ton âme.

Demain, tout serait différent pour nous trois. Demain. Je crois que je n'aurais plus à l'esprit des soucis de reconquête, mais l'ambition d'apprendre à vivre sans personne pour me tenir la main. À exister par moi-même. Sans te savoir dans les parages. Ignorant encore que mon sire reviendrait du royaume des morts et que je tenterais de m'immoler par le feu.

Puis, croisant les doigts et venant finalement appuyer mon front sur mes mains, je suivais lentement le cours de tes mots. Qu'est-ce que… pas de conneries. D'autres projets en tête. Peut-être que c'est une erreur, mais quoi ? Sûrement ça. Puis tu ajoutais que même si tu avais encore des sentiments, non. Tu ne m'attendrais pas. Et au fond, tu avais raison. C'était déloyal de te demander de mettre tout le reste entre parenthèse pour moi. Déloyal, et très égoïste. Conscient que je ne possédais pas un quart de ta capacité à t'effacer pour les autres. Mais pas honteux. Parce-que toi, tu m'acceptais. S'il te plaît, ne change jamais. N'oublie pas qui tu es, ni d'où tu viens. Reste fidèle à tes convictions. Ce serait mon ultime conseil puisque désormais tu n'étais plus un enfant. En supposant que tu l'aies un jour réellement été. Mature. Responsable. Un peu trop sage et réfléchi dans tes prises de décisions. Quoique particulièrement décousu et inconséquent ce soir. Fébrile. Un état qui me laissait penser que les heures et les semaines à venir, seraient pénibles pour nous deux.

- Et non, je ne fuirais plus.

D'un sourire, je te remerciais silencieusement de m'avoir accompagné dans cette fuite en avant qui pour finir nous avait conduit au point de non retour. Ravalant mes regrets. Me détestant de toujours tout gâcher. Ne supportant plus d'être ce que j'étais. De tout foutre en l'air, de ne savoir ce que je voulais qu'une fois que je l'avais perdu. Puis en fin de compte, il y avait ce truc que tu me balançais. Ce truc qui m'interpellait et qui m'inquiétait instinctivement.

- Comment ça plus le même ? Qu'est-ce que Lahja vient faire là-dedans… reviens t'asseoir. Encore un peu. Je te promets de ne pas t'empêcher de partir. Mais explique-moi. Puis tu sais… rien. Juste viens. De quel rituel tu parles ?

Rien. Je n'allais pas rebondir sur le fait que demain, rien ne serait terminé. Ne plus te voir, ne plus te toucher, ne plus avoir à espérer que tu pousses la porte de ma maison pour t'endormir entre mes bras, n'effaçait pas ce qu'on ressentait. Libre à toi de nous délivrer du mal. Pour autant, ça n'allégerait pas la gravité qu'on exerçait l'un sur l'autre. Comme pris dans un champ de pesanteur. Victimes de l'attractivité. Alors, te tendant la main, je te demandais : « Laisse-moi prendre soin de toi une dernière fois, sans y voir une quelconque manipulation.»

Rebondissant sur tes propres paroles et prenant le parti de m'en amuser afin de ne pas t'insuffler un sentiment de culpabilité. M'inciter à faire les choses correctement et dans l'ordre, ne pouvant que plaider en ta faveur. C'était tout à ton honneur. Sur quoi je te jetais le plus franchement du monde une vérité que tu ne saurais contester.

- Et je ne suis pas Tao. Je suis là, avec toi. Rien ne t'oblige à me dire au-revoir si tu n'en as pas envie. Avant d'être ton amant, je suis ton ami. Tu sais que je serais toujours là, qu'importe que ta vie soit ailleurs. Je te l'ai promis il y a longtemps et rien n'a changé depuis. Je ne te détesterais jamais, même si ce serait plus facile.

J'étais assez clair j'espère. Maintenant, permets-moi de te donner mon avis. Regarde. Je ne te faisais pas de scandale. Je restais assis, posé. Peut-être au risque de te décevoir. Simplement soucieux d'encore et toujours te préserver. Intériorisant la crise qui se profilait à l'horizon. Donc, je t'écoutais. N'ayant pas l'envie d'aborder le sujet qui fâche ni d'épiloguer sur le fait que tu cédais ta place à Ezechiel. Une place ambiguë. Te sacrifiant d'une façon qui m'écorchait...

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Remember : Let the Skyfall
Amarok & Elijiah
 

Plus le même. Il ne comprenait pas. J’étais sur le point de partir et pourtant il me retenait déjà, désirant des réponses que je ne voulais pas lui donner. Je ne voulais pas en parler, sans doute parce que j’avais peur, sans doute parce que j’avais cette intuition qu’on tenterait de me dissuader d’aller au bout. J’avais simplement envie de rentrer chez moi, j’étais fatigué. M’enfermer dans ma chambre et tenter de faire le vide. La solitude, c’était tout ce que je demandais pour oublier un instant combien on peut se déchirer pour des futilités. Je suis resté là, debout, soupirant avant de revenir lui faire face, m’installant contre le mur, bras croisés et une jambe relevée pour me servir d’appuis contre. J’aurais pu revenir m’installer à côté de lui mais je n’en n’avais ni la force, ni l’envie. Ma décision était prise et je ne reviendrais pas dessus. Je sentais qu’il m’aimait, qu’il regrettait déjà le choix de partir avec Ezechiel demain. Mais il a douté et les doutes sont basés sur des incertitudes et je n’avais plus le temps pour ça. J’avais conscience que c’était peut-être dure comme décision mais j’assumais. Bien trop préoccupé par tout le reste, par ce qui m’attendrait dans quelques temps. Avec Ezechiel ils avaient l’éternité pour se déchirer, moi, je n’avais pas ce luxe. Celui de jouer au Ping-Pong émotionnel.

« Tu ne peux pas m’aider Elijiah, pas cette fois. Lahja elle, elle le peut. Tu ne peux pas comprendre.» Non, il ne pouvait pas comprendre. Lui il avait la force, la puissance, l’immortalité. Nous, les humains, étions tellement faibles à côtés de tous. Je ne savais pas s’il pouvait comprendre ce choix de devenir un autre homme. Je n’avais jamais envisagé la vampirisation, aimant trop cette condition de mortel. Sentir le soleil sur ma peau, se battre pour sa propre survie, sentir cette adrénaline montée quand on se sait en danger. Nous étions éphémères et c’est ce qui nous rendait beaux. Je pensais les choses comme ça. Et devenir sorcier serait m’aider à devenir plus fort sans pour autant me sacrifier et sacrifier toutes ces choses. Je savais qu’il ne me l’avait jamais proposé, mais peut-être qu’une part de lui espérait que je lui demande de me garder prêt de lui, éternellement. Mais rien que pour ça, nous deux, c’était voué à l’échec. Il était destiné à me perdre, alors autant le faire maintenant plutôt que d’en souffrir dans quelques années. J’avais cette certitude que l’on finirait par en parler et que peut-être il ferait tout pour ne pas me voir vieillir, changer et mourir. Parce que oui, un jour je mourrais, comment réagirait-il à tout ça ? On n’en n’avait jamais parlé, mais pourtant, c’était une chose bien réelle que l’on ne pouvait taire. Pas éternellement.

J’ai baissé le regard avant de le reposer sur lui, doutant sur ce que je devais faire. Lui en parler, ou tout simplement ne rien dire ? J’avais signé la coalition, j’étais en plein dedans, je prenais part aux combats, à cette nouvelle vie, là où lui avait fait le choix de s’exiler loin de tout. Choix que je respectais malgré cette incompréhension de ne pas prendre les armes. Je l’avais connu soldat, combatif, tout ce que je savais je le tenais de cet homme dont j’étais tombé amoureux pour sa force de caractère. Maintenant que je le regarde, que reste-t-il de cet homme fort qui m’avait inspiré respect et honneur ? Inspirant j’ai pourtant ouvert la bouche. « Je suis un sorcier. Enfin pas totalement, mais c’est là, quelque part en moi. C’est chamanique. Je crois qu’on appelle ça le wiccanisme ici, enfin c’est une sorte de magie ancestrale qu’on se transmettait de génération en génération. Je l’ignorais jusqu’à tomber sur des récits des anciens. Mon Grand-père me racontait des histoires mais mon père démentait alors je me disais que ce n’était que des comtes. Puis j’avais Tao, je n’avais pas besoin de plus pour être heureux à cette époque-là. Mais maintenant je suis prêt à tout pour préserver mon peuple. Ton peuple. Le peuple d’Aindreas aussi. Mais les hommes sont faibles à côté de tout le reste. Alors Lahja va m’aider à faire le rituel afin que mon esprit soit consacré à la terre et retrouve ces pouvoirs qui sont planqué je ne sais où quelque part dans mon organisme où dans les sages esprits de mes ancêtres. »

J’ai inspiré, ayant balancer ces informations sans prendre le temps de marquer de pause. C’était dit, maintenant je me refermais, ne voulant pas me faire sermonner sur mes choix, tripotant mes mains en fixant le bout de mes chaussures. C’était ma vie, mes décisions, et je refusais de rester là sans rien faire alors que j’avais en moi une certaine force qui pouvait m’aider à protéger mon peuple. J’aurais pu partir à ce moment, aller loin de lui et ne plus me retourner. Mais pourtant j’avais une dernière chose à lui rappeler. « Tao n’est pas là parce qu’il s’est sacrifié pour ma survie. J’ai longtemps pensé ça égoïste mais maintenant je comprends. Je ferais la même chose pour la race humaine. J’ai signé la charte de mon sang et ce n’est pas Scott qui m’y a obligé ce soir-là. C’est moi qui l’ai imploré de le faire et tu sais pourquoi ? Parce que la race humaine a décidé que nous étions des sacrifices bons à faire pour le choix de l’humanité. Alors okay je n’ai pas toujours eu confiance ni aux vampires, ni aux sorciers, ni aux lycans, ou que sais-je encore. Okay j’ai peut-être un peu péter les plombs en apprenant ce qui se passait. Mais c’est la race humaine qui a sacrifié Tao parce qu’il avait commis le crime d’être homosexuel, pas eux ! C’est la race humaine Elijiah qui détruit tout sur son passage, pas eux ! Alors je préfère devenir ce qui est jugé monstre pour avoir la force plutôt que de me plier à leur volonté. Et ça c’est toi qui me l’a appris. C’est toi qui un jour m’as regardé droit dans les yeux en me disant que si je voulais continuer d’avancer il fallait que je me batte pour ça. »

Je me suis rapproché de lui, restant debout, venant poser mes mains sur la table comme pour l’affronter. Tout ce que je savais, tout ce que j’avais appris, tout ce que j’étais devenu c’est parce que c’était lui qui m’avait aidé à me relever. Il n’avait trouvé que des morceaux brisés ce soir-là. Un garçon apeuré et sans repère. Et c’est lui qui en a fait un guerrier. « Comment tu voudrais prendre soin de moi alors que tu n’arrives même plus à prendre soin de toi-même ? Retrouves-toi Elijiah. Ce que je m’apprête à faire je dois le faire seul désolé. Occupes toi de tes soucis avant de vouloir t’occuper des miens. Je te l’ai dit, je m’en sortirai. De toute manière dans quoi ? Quarante, cinquante ans je serais en train de bouffer les pissenlits par la racine alors laisses-moi partir, mieux vaut arracher le pansement d’un coup tu ne crois pas ? Moi je suis éphémère, pas lui. Alors autant que tu te concentres sur ce que tu ne pourras pas perdre. Ca ne fonctionnera pas je suis désolé. » Me redressent je suis venu l’embrasser une dernière fois sur la joue, lui disant réellement au revoir avant de sortir en trombe de la salle. Je ne voulais pas qu’il me retienne, je ne voulais pas non plus le voir souffrir et j’avais pleinement conscience de la violence de mes paroles. Alors j’ai fait ce que je lui ai reproché un peu plus tôt, j’ai fuis sans me retourner.





You better lose yourself in the music, the moment. You own it, you better never let it go. You only get one shot, do not miss your chance to blow. This opportunity comes once in a lifetime yo. The soul's escaping, through this hole that is gaping. This world is mine for the taking. Make me king, as we move toward a new world order.
     
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Remember...
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Remember, let the skyfall when it crumbles… retournant prendre appui contre le mur, tu te refermais. Entièrement. Mais puisque je ne pouvais pas comprendre alors je crois qu'en effet il n'y avait plus rien à dire. Rien à ajouter. Fin. Un mot qui sonnait comme une oraison funèbre. Et pour m'occuper les mains, je reprenais entre mes doigts la tasse de sang désormais froid que je tenais à ton arrivée. D'ailleurs tu vois, je ne trouvais même plus nécessaire de te dire que j'avais aussi rencontré Lahja et qu'il était prévu que je l'accompagne quelques jours à son cottage. Quand, on en avait pas encore exactement décidé. Voilà comment s'écrirait le prochain chapitre.

This is the end Amarok. Retiens ton souffle et compte jusqu'à dix

Dix | On ne me quittait pas putain ! Je décidais. Toujours. Avec les autres, mais jamais avec toi. Pourquoi pas… et de rage, j'en brisais cette maudite tasse. Tremblant. Me contenir devenant réellement un tour de force. Des morceaux de faïence se plantant dans ma peau, au milieu d'une marre de sang. Toi aussi j'aurais pu prendre ta vie, et la faire mienne. Toi aussi j'aurais pu t'enchaîner aux rouages de l'éternité. Te garder. Te retenir encore un peu.

Mais telle une évidence ou un pacte silencieux, je savais que la mort nous séparerait. Depuis le début. Comme une condition indiscutable, une close inviolable. Neuf. “Sens la terre bouger et ensuite, entends mon cœur éclater à nouveau” | Je n'arriverais pas à surmonter ça. Alors je me répétais, songeant à ces mêmes choses qu'au soir de notre premier baiser. Lorsque accroupi en pleine rue, j'avais posé une main au sol et fermé les yeux. Juste pour saisir et puis ressentir les moindres de tes vibrations. Tout n'étant qu'une affaire de courant, d'électricité. L'énergie humaine circulant à la surface de cette mère la terre que ton peuple vénérait. Pendant que toi tu recommençais à baisser les yeux avant d'enfin me regarder. Parle. Vas-y, j'étais déjà conquis. Vaincu. Et si tu m'en avais offert l'occasion, alors je t'aurais expliqué bien des choses. Non. Je n'avais pas la force, la puissance, l'immortalité. Le soleil, ce soleil que tu aimais tant sentir réchauffer ta peau, ce soleil là m'était interdit. Pour survivre, il me fallait tuer. Merci de ne pas venir me dire que tu trouvais ça enviable. Huit. Sinon, c'est qu'on avait vraiment plus grand-chose en commun.

Sept. Tu vois, le compte à rebours était enclenché. Six. Coinçant mes mains entre mes cuisses, des frissons nerveux me traversaient de part en part. La vie n'était qu'une petite garce. Le pire, c'est que tu n'avais même pas conscience de combien ceux de ta race, des humains, si fragiles d'après certains, pouvaient nous être supérieurs en tout point.

Remember, let the skyfall when it crumbles we will stand tall

Chamanique tu disais ? M'apprenant que tu n'étais autre qu'un sorcier. Sourcils froncés. Tu m'agaçais. Protéger les peuples, le mien, celui de l'alpha suprême autoproclamé, celui de tous ces monstres vous ayant réduit à l'esclavage. L'ironie était magnifique. Tellement belle que j'en riais. Baissant la tête et affaissant les épaules. Vous perdiez tous la raison. Mais soit. Va te battre mon amour. Va. Et une fois que les murs de l'île se seraient effondrés, ils pourraient recommencer. Va donc aider les autres à soulever le couvercle de la boite de Pandore. Accompli ta destinée.

Quant à Tao, il est manifeste que jamais tu ne m'avais laissé une chance de rivaliser avec lui. Cinq. “Où tu vas je vais, ce que tu vois je vois. Je sais que je ne serai jamais moi-même sans la sécurité de tes bras aimants Me préservant du mal. Mets ta main dans ma main et nous résisterons!” | Tao ou cette ombre qui m'engloutissait. Il avait bon dos ton amant perdu et sacrifié. L'excuse parfaite pour justifier tes futurs actes, qu'importe que je désapprouve.

Je ne t'avais pas appris à haïr. Je crois même t'avoir enseigné que la haine engendrait la haine. Alors ne me cite pas. Ne te cache pas derrière moi ! Ce battre était une chose, tout détruire sur son passage sans discernement en était une autre. Ne t'en déplaise. Quatre. Puis tu venais prendre appui sur la table.

Pour m'affronter ? Pour défier une pseudo autorité ? Me faisant relever les yeux, le regard mauvais. Lucide. N'essaie pas de me prendre pour un imbécile. Trois, deux, un

C'est ça, pars. Cours en direction de ton destin. Deviens sorcier petit homme et accomplis ce que tu penses être juste. Assume. Tu voulais te défaire de moi et quelle meilleure manière que de me faire mal une bonne fois pour toute. Le  soucis, c'est que ce dernier baiser que tu posais sur ma joue avant de prendre la fuite à ton tour annulait à lui seul toute la violence des tes mots. Tu m'aimais. Tu allais mourir. Tu t'en voulais pour Ezechiel et il y avait Tao.

Et puis après bordel ! Après quoi !! La cause valait mieux que nous deux… let the skyfall.

Me relevant brusquement, cette chaise sur laquelle j'étais resté assis basculait en arrière. Sous l'impulsion de mon corps lorsque j'empoignais la table pour l'envoyer valdinguer. Ce n'était pas juste tout ça. Pas juste.

@Crédit:
 

FIN

@Lyr


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