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Still Alive, Never Busted ~ Lahja

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De la main de Amarok Donoma signé le Mer 13 Déc - 10:44

Still Alive, Never Busted
Amarok & Lahja
 
Le feu crépitait dans la cheminée. J'étais là fixant les flammes, une bière entre les mains. Le regard perdu. J'étais là, vivant, respirant encore, mon cœur battant dans ma poitrine, le corps chaud. Là, sans trop savoir pourquoi, ni comment. Une bière. Ironie. A une autre époque ça aurait été un chocolat chaud ou un verre de lait. Mais les temps ont changé et j’ai quant à moi évolué. Changeant, ressemblant davantage à ces gens que je fréquente depuis désormais presque trois ans. Des gens, des frères, des sœurs, une nouvelle fratrie. D’anciens esclaves, d’anciens rebelles, peu importe notre histoire, notre passé, d’où nous venons. Nous sommes là, coincés entre ces murs part la force des choses. Coincées, condamnées telles des parias, des rebus de la société dans laquelle nous appartenons uniquement pour ne pas avoir à casser les caisses de l’état. Caisses sans doute bien vides en vue de la folie humaine qu’est devenu l’Irlande. Tout un pays décimé, ravagé pour sauver une soit disant humanité. Préserver la race humaine au prix de quelques-uns. Ces quelques-uns, ce sont nous. Nous, des hommes. Innocents. Vivants. Respirant. Survivants bien plus que vivants.

Alors oui j’ai troqué mon verre de lait chaud ou mon chocolat contre de la bière, parfois du rhum ou du whisky. Parfois contre ce que je trouve pour ne pas avoir à repenser à cette vie remplis d’injustice et d’hypocrisie. L’hypocrisie, je l’ai toujours connue. Sauver un peuple et en sacrifier d’autre. J’ai encore l’amertume de toute mon histoire, de ce qui m’a forgé, préfabriqué, préconçu. Le commencement, la haine raciale, puis la haine dans son plus simple appareil, et ensuite, l’esclavagisme, la soumission, le meurtre, la cruauté. Quitter un enfer pour un autre et encore un autre. Sombrant dans les abysses, vivant un véritable remake d l’Enfer de Dante. Sept. Sept cercle de l’enfer. Mon chemin en est qu’au troisième. Quel serait le quatrième ? Parfois je me le demande, parfois non. Mais de toute façon, quelle importance ? Quelle importance quand nous sommes condamnés à errer dans les limbes d’un purgatoire géant ? Un purgatoire, c’est bien là où nous sommes. Ce n’est pas que l’ancien Dublin qui est devenu cette légende. Mais l’Irlande dans son intégralité.

Pensif, fatigué, un brin exténué, j’ai terminé ma bière, d’une traite, cul sec, avant de me relever. Le soleil allait pas tarder à se coucher et il étant temps que j’aille prendre mon tour de garde. La garde, un quotidien, une obligation. Faire attention aux âmes rodeuses, faire attention, à ces autres qui ne m’apportaient aucune confiance. La coalition avait été signé, JE l’avais moi-même signé de mon propre sang, engagement, respect, promesse faites d’une race à une autre pour assurer une paix sans doute plus proche de l’utopie que du réalisme, mais ce n’était qu’une trace. Une trace bien mince, tout comme cette promesse. Je n’étais pas dupe. Un vampire affamé restait un prédateur et nous savions tous combien ils subissaient ces temps de l’arrogance des hommes de Tullamore. Chargeant mon 45, arme de protection obligatoire, je l’ai coincé là, dans l’entrebâillement entre mon jean et ma peau, dans mon dos, avant d’attraper mon h&k g28. Un geste, une habitude, voilà ce à quoi nous étions condamnés pour avoir seulement commis l’erreur de vivre ici, en Irlande.

Jugés coupables de complicité. Jugés pour avoir eu le malheur d’être venu ici, à River Crow. Avoir cru une publicité mensongère nous rendait tous coupable aux yeux des hommes de l’extérieur. Laisses-moi rire.  Alors on a eu beau nous foutre ici, nous, on savait ce qu’on valait, et on savait qu’on ne voulait pas crever comme des chiens. Construisant à la sueur de notre front les murs de Riverdall. Construisant, notre nouvel eldorado. Notre Alexandrie. Notre tout de Babel. Que non on ne courberait pas l’échine devant ces traitres. Devant ces monstres, juste pour leur donner raison. On avait combattu le régime le McGuinness, ce n’était pas pour plier sous une autre dictature. C’était notre libre arbitre. Ce sentiment, même minime, qui nous permettait de restait un semblant libres. Peu importait les conséquences et le prix à payer. Non, on ne faisait confiance en personne, mais on avait signé, Scott et moi, pour le bien de tous. Pour nous en sortir, comme on pouvait, avec ce qu’on avait. Riverdall était notre. Et Riverdall le restait. C’était une certitude que j’avais, une certitude en laquelle je voulais croire.

C’est une fois dehors que j’ai croisé Scott, lui déclarant que j’allais surveiller la tour Nord, celle qui se trouvait là, au niveau de l’entrée de notre forteresse de fortune. Lui prendrait la tour Sud. Pour quelques heures avant la relève. Juste le temps que les notre puissent se reposer, dormir sans se soucier de ce qu’il pourrait leur arriver. Positionner là, au sommet de mon perchoir, je ne sourcillais pas. Je ne flanchais pas, faisant les cents pas pour ne pas avoir à fatiguer, pour ne pas laisser le froid me transpercer de part en part. Cç ne faisait que quelques minutes que j’étais là, trente, peut-être quarante, quand j’ai aperçu les phares de la voiture. Regardant dans la lunette de mon fusil pour voir si je pouvais apercevoir qui se trouvait dans l’habitacle. Il n’était pas rare de voir débarquer des vampires, anciens alliés de la fondation, ou des sorciers venus nous donner un coup de main. Des personnes que je ne pourrais clairement pas dans mon estime mais que je ne pouvais refouler en vue de cette coalition signée qui m’obligeais à respecter tous nos sois disant camarade de guerre.

« Fait chier ! » Aucune visibilité, rien, impossible de voir qui se rapprochait de Riverdall. Rangeant mon arme j’ai simplement attrapé mon 45 avant de descendre de mon perchoir pour sortir dehors et attendre sagement l’inconnue. L’obligeant à se garer devant, sans entrer, sans rien. Je crois que j’étais pire que Scott pour ça, mais je n’avais plus confiance en personne et je ne m’en cachais pas. L’homme, peu importe qui il était et ce qu’il était m’avait démontré depuis mon plus âge toute l’ampleur de sa perfidie. Et clairement, j’en avais assez vu. Droit, raide comme un piqué, bras croisés sur le torse, j’ai attendu de voir qui venait ici. Je l’ai vu sortir de la voiture, reconnaissant sans peine sa silhouette et ses cheveux blonds. La sorcière de Cork. L’ambassadrice de sa race, représente à la coalition. Malgré sa douceur elle non plus n’avait pas le droit à ma confiance. Les sorciers, je ne les connaissais pas assez encore pour savoir s’ils étaient fiables. Quant au loups, no comment. Aindreas s’était barré sans prévenir, nous condamnant comme des chiens. Aindreas nous avait tous trahis.

« Qu’est-ce que tu veux ? Vous en avez pas marre de débarquer ici en pleine nuit ? Les vampires et maintenant c’est vous les sorciers qui vous y mettez ? Non mais les gars c’est pas open bar sérieux. On ne vous a jamais appris à prévenir les gens avant de débarquer à l’improviste ? » J’étais froid, littéralement, complètement. Glacial, même. Je savais que Lahja ne nous avait jamais rien fait. Je savais qu’elle avait pour réputation d’aider tout le monde. Mais je savais aussi que son patient fétiche restait McGuinness. McGuinness, l’homme qui nous avait tout pris il y a encore de ça deux ans en arrière. Alors j’étais amer oui, mais je me pensais dans mon droit.




You better lose yourself in the music, the moment. You own it, you better never let it go. You only get one shot, do not miss your chance to blow. This opportunity comes once in a lifetime yo. The soul's escaping, through this hole that is gaping. This world is mine for the taking. Make me king, as we move toward a new world order.
     
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De la main de Lahja Vehviläinen signé le Jeu 28 Déc - 0:24

Still alive, never busted
Amarok & Lahja

« I come and deliver a note again. Dreamer I was, and dreamer I'll be. Between time and past, tonight, any scents of favor I have ever seen. A raven, between light and darkness. An help below, oh my restlessness. Can you believe it ? Can you deliver the sky ? »
Dans l'air subsistaient toujours les relents pestilentiels de l'animosité, combustible arrogant à la haine de ceux qui se sont perdus dans les méandres de la douleur. Lahja n'avait pas d'autre choix que d'en inspirer le soufre, quitte à sentir la suffocation étreindre ses poumons. Elle s'en brûlait presque la trachée, inondant alors de suie les allées lumineuses de ces hallucinations prodigieuses qui nourrissaient la pureté de ses espoirs incertains. Tout autour d'elle suintait la virulence carnassière de l'instinct de survie. La paix était portée disparue, les ententes fébriles quant à elles étaient jugées frauduleuses... Au sein de cette atmosphère macabre, la sorcière blanche pouvait aisément entendre les serpents chanter. Ces murmures perfides, comment pouvait-elle les ignorer ? Où était passé la foi intangible et la force d'âme ? Entendre les ricanements du chaos infusait parfois en elle le désir d'oublier cette vie, d'anéantir cette folie qu'elle avait de toujours croire en de plus beaux lendemains malgré la fatalité de leur destin mais ça aurait été lâche de fléchir à ces pensées, ça aurait été faible de succomber aussi égoïstement à la facilité de la rancœur et aux morsures de l'acidité. Sous les bourrasques de l'abandon, au cœur des houles coléreuses du désarroi, elle aurait ainsi signé la fin de son humanité, donnant pleinement raison à ceux qui désiraient consumer le flambeau de sa placidité. Dans les couloirs interminables de cette soumission imposée, là où toutes les armes étaient braquées les unes face aux autres, Lahja avait les mains tendues et les paumes entièrement nues. Elle ne faisait aucune différence entre les créatures et les hommes. L'égalité, en son cœur, n'avait pas bougé d'un millimètre et elle refusait de changer d'opinion. Si sa méfiance naturelle la préservait des griffures emplies de perversion, elle n'en omettait pas pour autant l'essence de bonté que ses ancêtres lui ont légué. Sur des terres aussi rudes et brisées par l'injustice, la lumière était la seule chose capable de percer l'opacité infernale des ombres qui les avaient tous engloutis. Elle en était persuadée. Pourtant la femme du Grand Nord les craignait ces hommes. Elle les craignait de tout son être. Du bout de ses doigts fins jusqu'à la sensible plante de ses pieds. L'un d'entre eux étant la source de ses hantises les plus déliquescentes, Lahja terrassée par la cruauté du bourreau, s'était surprise à les maudire tous autant qu'ils étaient. Depuis des siècles, ils détruisaient la Terre que son peuple vénérait. Depuis des siècles, leur soif de pouvoir les poussait à s'entre-tuer. Si par bien des points l'Humanité paraissait merveilleuse, personne ne pouvait pourtant effacer les mers de sang qu'ils avaient fait couler.

Elle avait toutes les raisons des les haïr, de vouloir les détruire, d'attiser la furie dans le dôme sacré de sa magie. Rien ne la retenait d'user de poisons, d’ensorcellements pandémoniaques, de rituels méphistophéliques. Ses connaissances s'étendaient jusqu'aux cryptes de l'interdit. Sa maîtrise était suffisamment aiguisée pour réciter les litanies sulfureuses de noirs cataclysmes. Pourtant, non. À toute cette puissance, elle favorisait l'amour sans limites et sans jugements. Le pouvoir ne l'intéressait pas. Absolument pas. Et cela pouvait se lire en elle. Lahja était comme un livre ouvert, aux pages vierges uniquement encombrées de neutralité. Elle était prête à accueillir les conséquences de cette liberté absolue dont on la privait, prête à sacrifier pour retrouver la dignité que chacun avait perdu depuis que l'organisation avait frappé. Les amertumes passées n'appartenaient plus au présent et vu la situation, il était bien plus sage de former une coalition. De se rallier, au-delà des différents qui pouvaient creuser la distance. Divisés, ils périraient. C'était une certitude. Avec ces convictions, la blonde s'était fait la promesse d'essayer l'impossible. Par la force de son équité, elle espérait pouvoir agir en tant qu'intermédiaire entre des peuples qui s'étaient trop longtemps déchirés. Killian McGrath lui avait donné de l'espoir. Le scientifique les aidait actuellement à vaincre le virus K-089 et en cela, la sorcière avait vu une possibilité infime de pouvoir se rapprocher des humains, un peu plus que grâce à l'existence d'une signature sur un document. De ce fait, elle avait quitté le nord dans la soirée pour atteindre Riverdall, à présent capitale humaine de l'île. La ville avait été fortifiée de leurs propres mains et à sa tête, dirigeaient Scott Boyle et Amarok Donoma. En guise de remerciements, la blonde avait souhaité leur apporter de l'aide, avec quelques provisions de potions de guérison et de médicaments, principalement homéopathiques, qu'elle avait préparé avec son équipe ainsi qu'avec son frère. L'hiver était sur le point d'arriver et il était évident qu'ils auraient bientôt besoin de soins. Elle n'avait rien d'autre en tête mais de par les gens qu'elle fréquente, Lahja était pleinement consciente de la méfiance qu'elle pouvait susciter. Les crimes de Léandre ne lui étaient pas inconnus. Dans d'autres circonstances, elle l'aurait sans doute détesté de tout son être mais contrairement à ce que beaucoup pouvaient penser, ouvertement ou intérieurement, le français était toujours doté d'une âme. Ses faiblesses, ses peurs, sa vulnérabilité, Lahja en était le témoin premier. Elle ne connaissait pas cet homme craint et haï de tous. Elle n'avait rencontré que l'homme oublié. L'homme sans la rage sanguinaire de la bête. Et la force des choses voulait que ce ne soit plus lui l'ennemi numéro un. L'ancien Roi était devenu la cible, comme chaque âme qui errait sur les sentiers bafoués de l'Irlande actuelle.

De nuit, elle avait donc pris la route, dépassant au bout de quelques petites heures la frontière qui sépare les Limbes du territoire vampirique. Il lui a fallu encore une bonne vingtaine de minutes pour finalement arriver au portail barricadé de Riverdall. Après avoir garé son véhicule, elle aperçut une silhouette se défaire de l'obscurité avant de réaliser qu'il s'agissait du jeune homme qu'elle avait l'espoir de rencontrer. Sortant du véhicule pour rejoindre l'extérieur, elle prit son sac à dos ainsi qu'une large boîte située à l'arrière, dans le coffre. Elle verrouillait sa voiture, s'approchant davantage de l'humain par la suite. Et puis, les aboiements verbaux transpercèrent le silence qui régnait jusqu'alors entre eux. « Bonsoir. » dit-elle lorsqu'elle fut suffisamment proche du garçon. Son ton était calme, sans agressivité aucune. Elle n'avait aucune raison d'envenimer les choses plus qu'elles ne l'étaient déjà. Après tout, c'était une étrangère et les temps étaient à la misère. Sa méfiance, elle pouvait la comprendre et elle ne lui en voulait pas. « Malheureusement, je travaille de nuit. Les malades dorment la journée et je n'ai pas d'autre choix que de m'adapter à leur rythme. Voilà l'explication de mon arrivée tardive. » Elle avait poursuivi avec la même sérénité dans la voix, fixant le regard sombre de son interlocuteur, les bras toujours chargés de ce qu'elle comptait leur donner. « Je tenais à me déplacer personnellement pour vous donner ceci. Ce sont des potions et des médicaments homéopathiques. Je pensais que ça pourrait vous être utile. » Lahja se montrait sincère mais il était libre de ne pas la croire. Elle appréciait leur soutien et elle souhaitait leur rendre la pareille, quelque soit la manière. « Mais si vous n'en désirez pas, je peux m'en aller. Ce n'est pas un souci. » conclut-elle, attendant une réaction de la part du chasseur.  
(c) DΛNDELION




| TO A FEARLESS SKY |
With God, in chaos, with sorrow to tame us, reach us for the symbol of your world. The shroud of pathos, each symptom inflames us, preaching the symbol of the scourge. Life's contempt, a life of trial to unrest, vilified. I resent, morbid times so oppressed, soul divine. Lies torment, as I try to confess to a fearless sky.
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