The Island of the damned est un forum post Apocalyptique rassemblant un grand nombre de créatures surnaturelles.
 

Partagez | 

 Still Alive, Never Busted ~ Lahja

♦ Humain ♦
survivant des limbes
avatar
♦ Humain ♦  survivant des limbes
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 48
Points RP : 23
Date d'inscription : 05/05/2017


Still Alive, Never Busted
Amarok & Lahja
 
Le feu crépitait dans la cheminée. J'étais là fixant les flammes, une bière entre les mains. Le regard perdu. J'étais là, vivant, respirant encore, mon cœur battant dans ma poitrine, le corps chaud. Là, sans trop savoir pourquoi, ni comment. Une bière. Ironie. A une autre époque ça aurait été un chocolat chaud ou un verre de lait. Mais les temps ont changé et j’ai quant à moi évolué. Changeant, ressemblant davantage à ces gens que je fréquente depuis désormais presque trois ans. Des gens, des frères, des sœurs, une nouvelle fratrie. D’anciens esclaves, d’anciens rebelles, peu importe notre histoire, notre passé, d’où nous venons. Nous sommes là, coincés entre ces murs part la force des choses. Coincées, condamnées telles des parias, des rebus de la société dans laquelle nous appartenons uniquement pour ne pas avoir à casser les caisses de l’état. Caisses sans doute bien vides en vue de la folie humaine qu’est devenu l’Irlande. Tout un pays décimé, ravagé pour sauver une soit disant humanité. Préserver la race humaine au prix de quelques-uns. Ces quelques-uns, ce sont nous. Nous, des hommes. Innocents. Vivants. Respirant. Survivants bien plus que vivants.

Alors oui j’ai troqué mon verre de lait chaud ou mon chocolat contre de la bière, parfois du rhum ou du whisky. Parfois contre ce que je trouve pour ne pas avoir à repenser à cette vie remplis d’injustice et d’hypocrisie. L’hypocrisie, je l’ai toujours connue. Sauver un peuple et en sacrifier d’autre. J’ai encore l’amertume de toute mon histoire, de ce qui m’a forgé, préfabriqué, préconçu. Le commencement, la haine raciale, puis la haine dans son plus simple appareil, et ensuite, l’esclavagisme, la soumission, le meurtre, la cruauté. Quitter un enfer pour un autre et encore un autre. Sombrant dans les abysses, vivant un véritable remake d l’Enfer de Dante. Sept. Sept cercle de l’enfer. Mon chemin en est qu’au troisième. Quel serait le quatrième ? Parfois je me le demande, parfois non. Mais de toute façon, quelle importance ? Quelle importance quand nous sommes condamnés à errer dans les limbes d’un purgatoire géant ? Un purgatoire, c’est bien là où nous sommes. Ce n’est pas que l’ancien Dublin qui est devenu cette légende. Mais l’Irlande dans son intégralité.

Pensif, fatigué, un brin exténué, j’ai terminé ma bière, d’une traite, cul sec, avant de me relever. Le soleil allait pas tarder à se coucher et il étant temps que j’aille prendre mon tour de garde. La garde, un quotidien, une obligation. Faire attention aux âmes rodeuses, faire attention, à ces autres qui ne m’apportaient aucune confiance. La coalition avait été signé, JE l’avais moi-même signé de mon propre sang, engagement, respect, promesse faites d’une race à une autre pour assurer une paix sans doute plus proche de l’utopie que du réalisme, mais ce n’était qu’une trace. Une trace bien mince, tout comme cette promesse. Je n’étais pas dupe. Un vampire affamé restait un prédateur et nous savions tous combien ils subissaient ces temps de l’arrogance des hommes de Tullamore. Chargeant mon 45, arme de protection obligatoire, je l’ai coincé là, dans l’entrebâillement entre mon jean et ma peau, dans mon dos, avant d’attraper mon h&k g28. Un geste, une habitude, voilà ce à quoi nous étions condamnés pour avoir seulement commis l’erreur de vivre ici, en Irlande.

Jugés coupables de complicité. Jugés pour avoir eu le malheur d’être venu ici, à River Crow. Avoir cru une publicité mensongère nous rendait tous coupable aux yeux des hommes de l’extérieur. Laisses-moi rire.  Alors on a eu beau nous foutre ici, nous, on savait ce qu’on valait, et on savait qu’on ne voulait pas crever comme des chiens. Construisant à la sueur de notre front les murs de Riverdall. Construisant, notre nouvel eldorado. Notre Alexandrie. Notre tout de Babel. Que non on ne courberait pas l’échine devant ces traitres. Devant ces monstres, juste pour leur donner raison. On avait combattu le régime le McGuinness, ce n’était pas pour plier sous une autre dictature. C’était notre libre arbitre. Ce sentiment, même minime, qui nous permettait de restait un semblant libres. Peu importait les conséquences et le prix à payer. Non, on ne faisait confiance en personne, mais on avait signé, Scott et moi, pour le bien de tous. Pour nous en sortir, comme on pouvait, avec ce qu’on avait. Riverdall était notre. Et Riverdall le restait. C’était une certitude que j’avais, une certitude en laquelle je voulais croire.

C’est une fois dehors que j’ai croisé Scott, lui déclarant que j’allais surveiller la tour Nord, celle qui se trouvait là, au niveau de l’entrée de notre forteresse de fortune. Lui prendrait la tour Sud. Pour quelques heures avant la relève. Juste le temps que les notre puissent se reposer, dormir sans se soucier de ce qu’il pourrait leur arriver. Positionner là, au sommet de mon perchoir, je ne sourcillais pas. Je ne flanchais pas, faisant les cents pas pour ne pas avoir à fatiguer, pour ne pas laisser le froid me transpercer de part en part. Cç ne faisait que quelques minutes que j’étais là, trente, peut-être quarante, quand j’ai aperçu les phares de la voiture. Regardant dans la lunette de mon fusil pour voir si je pouvais apercevoir qui se trouvait dans l’habitacle. Il n’était pas rare de voir débarquer des vampires, anciens alliés de la fondation, ou des sorciers venus nous donner un coup de main. Des personnes que je ne pourrais clairement pas dans mon estime mais que je ne pouvais refouler en vue de cette coalition signée qui m’obligeais à respecter tous nos sois disant camarade de guerre.

« Fait chier ! » Aucune visibilité, rien, impossible de voir qui se rapprochait de Riverdall. Rangeant mon arme j’ai simplement attrapé mon 45 avant de descendre de mon perchoir pour sortir dehors et attendre sagement l’inconnue. L’obligeant à se garer devant, sans entrer, sans rien. Je crois que j’étais pire que Scott pour ça, mais je n’avais plus confiance en personne et je ne m’en cachais pas. L’homme, peu importe qui il était et ce qu’il était m’avait démontré depuis mon plus âge toute l’ampleur de sa perfidie. Et clairement, j’en avais assez vu. Droit, raide comme un piqué, bras croisés sur le torse, j’ai attendu de voir qui venait ici. Je l’ai vu sortir de la voiture, reconnaissant sans peine sa silhouette et ses cheveux blonds. La sorcière de Cork. L’ambassadrice de sa race, représente à la coalition. Malgré sa douceur elle non plus n’avait pas le droit à ma confiance. Les sorciers, je ne les connaissais pas assez encore pour savoir s’ils étaient fiables. Quant au loups, no comment. Aindreas s’était barré sans prévenir, nous condamnant comme des chiens. Aindreas nous avait tous trahis.

« Qu’est-ce que tu veux ? Vous en avez pas marre de débarquer ici en pleine nuit ? Les vampires et maintenant c’est vous les sorciers qui vous y mettez ? Non mais les gars c’est pas open bar sérieux. On ne vous a jamais appris à prévenir les gens avant de débarquer à l’improviste ? » J’étais froid, littéralement, complètement. Glacial, même. Je savais que Lahja ne nous avait jamais rien fait. Je savais qu’elle avait pour réputation d’aider tout le monde. Mais je savais aussi que son patient fétiche restait McGuinness. McGuinness, l’homme qui nous avait tout pris il y a encore de ça deux ans en arrière. Alors j’étais amer oui, mais je me pensais dans mon droit.




You better lose yourself in the music, the moment. You own it, you better never let it go. You only get one shot, do not miss your chance to blow. This opportunity comes once in a lifetime yo. The soul's escaping, through this hole that is gaping. This world is mine for the taking. Make me king, as we move toward a new world order.
     
Revenir en haut Aller en bas
♣ Elementaire ♣ Administratrice
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 872
Points RP : 1663
Date d'inscription : 22/09/2017


Still alive, never busted
Amarok & Lahja

« I come and deliver a note again. Dreamer I was, and dreamer I'll be. Between time and past, tonight, any scents of favor I have ever seen. A raven, between light and darkness. An help below, oh my restlessness. Can you believe it ? Can you deliver the sky ? »
Dans l'air subsistaient toujours les relents pestilentiels de l'animosité, combustible arrogant à la haine de ceux qui se sont perdus dans les méandres de la douleur. Lahja n'avait pas d'autre choix que d'en inspirer le soufre, quitte à sentir la suffocation étreindre ses poumons. Elle s'en brûlait presque la trachée, inondant alors de suie les allées lumineuses de ces hallucinations prodigieuses qui nourrissaient la pureté de ses espoirs incertains. Tout autour d'elle suintait la virulence carnassière de l'instinct de survie. La paix était portée disparue, les ententes fébriles quant à elles étaient jugées frauduleuses... Au sein de cette atmosphère macabre, la sorcière blanche pouvait aisément entendre les serpents chanter. Ces murmures perfides, comment pouvait-elle les ignorer ? Où était passé la foi intangible et la force d'âme ? Entendre les ricanements du chaos infusait parfois en elle le désir d'oublier cette vie, d'anéantir cette folie qu'elle avait de toujours croire en de plus beaux lendemains malgré la fatalité de leur destin mais ça aurait été lâche de fléchir à ces pensées, ça aurait été faible de succomber aussi égoïstement à la facilité de la rancœur et aux morsures de l'acidité. Sous les bourrasques de l'abandon, au cœur des houles coléreuses du désarroi, elle aurait ainsi signé la fin de son humanité, donnant pleinement raison à ceux qui désiraient consumer le flambeau de sa placidité. Dans les couloirs interminables de cette soumission imposée, là où toutes les armes étaient braquées les unes face aux autres, Lahja avait les mains tendues et les paumes entièrement nues. Elle ne faisait aucune différence entre les créatures et les hommes. L'égalité, en son cœur, n'avait pas bougé d'un millimètre et elle refusait de changer d'opinion. Si sa méfiance naturelle la préservait des griffures emplies de perversion, elle n'en omettait pas pour autant l'essence de bonté que ses ancêtres lui ont légué. Sur des terres aussi rudes et brisées par l'injustice, la lumière était la seule chose capable de percer l'opacité infernale des ombres qui les avaient tous engloutis. Elle en était persuadée. Pourtant la femme du Grand Nord les craignait ces hommes. Elle les craignait de tout son être. Du bout de ses doigts fins jusqu'à la sensible plante de ses pieds. L'un d'entre eux étant la source de ses hantises les plus déliquescentes, Lahja terrassée par la cruauté du bourreau, s'était surprise à les maudire tous autant qu'ils étaient. Depuis des siècles, ils détruisaient la Terre que son peuple vénérait. Depuis des siècles, leur soif de pouvoir les poussait à s'entre-tuer. Si par bien des points l'Humanité paraissait merveilleuse, personne ne pouvait pourtant effacer les mers de sang qu'ils avaient fait couler.

Elle avait toutes les raisons des les haïr, de vouloir les détruire, d'attiser la furie dans le dôme sacré de sa magie. Rien ne la retenait d'user de poisons, d’ensorcellements pandémoniaques, de rituels méphistophéliques. Ses connaissances s'étendaient jusqu'aux cryptes de l'interdit. Sa maîtrise était suffisamment aiguisée pour réciter les litanies sulfureuses de noirs cataclysmes. Pourtant, non. À toute cette puissance, elle favorisait l'amour sans limites et sans jugements. Le pouvoir ne l'intéressait pas. Absolument pas. Et cela pouvait se lire en elle. Lahja était comme un livre ouvert, aux pages vierges uniquement encombrées de neutralité. Elle était prête à accueillir les conséquences de cette liberté absolue dont on la privait, prête à sacrifier pour retrouver la dignité que chacun avait perdu depuis que l'organisation avait frappé. Les amertumes passées n'appartenaient plus au présent et vu la situation, il était bien plus sage de former une coalition. De se rallier, au-delà des différents qui pouvaient creuser la distance. Divisés, ils périraient. C'était une certitude. Avec ces convictions, la blonde s'était fait la promesse d'essayer l'impossible. Par la force de son équité, elle espérait pouvoir agir en tant qu'intermédiaire entre des peuples qui s'étaient trop longtemps déchirés. Killian McGrath lui avait donné de l'espoir. Le scientifique les aidait actuellement à vaincre le virus K-089 et en cela, la sorcière avait vu une possibilité infime de pouvoir se rapprocher des humains, un peu plus que grâce à l'existence d'une signature sur un document. De ce fait, elle avait quitté le nord dans la soirée pour atteindre Riverdall, à présent capitale humaine de l'île. La ville avait été fortifiée de leurs propres mains et à sa tête, dirigeaient Scott Boyle et Amarok Donoma. En guise de remerciements, la blonde avait souhaité leur apporter de l'aide, avec quelques provisions de potions de guérison et de médicaments, principalement homéopathiques, qu'elle avait préparé avec son équipe ainsi qu'avec son frère. L'hiver était sur le point d'arriver et il était évident qu'ils auraient bientôt besoin de soins. Elle n'avait rien d'autre en tête mais de par les gens qu'elle fréquente, Lahja était pleinement consciente de la méfiance qu'elle pouvait susciter. Les crimes de Léandre ne lui étaient pas inconnus. Dans d'autres circonstances, elle l'aurait sans doute détesté de tout son être mais contrairement à ce que beaucoup pouvaient penser, ouvertement ou intérieurement, le français était toujours doté d'une âme. Ses faiblesses, ses peurs, sa vulnérabilité, Lahja en était le témoin premier. Elle ne connaissait pas cet homme craint et haï de tous. Elle n'avait rencontré que l'homme oublié. L'homme sans la rage sanguinaire de la bête. Et la force des choses voulait que ce ne soit plus lui l'ennemi numéro un. L'ancien Roi était devenu la cible, comme chaque âme qui errait sur les sentiers bafoués de l'Irlande actuelle.

De nuit, elle avait donc pris la route, dépassant au bout de quelques petites heures la frontière qui sépare les Limbes du territoire vampirique. Il lui a fallu encore une bonne vingtaine de minutes pour finalement arriver au portail barricadé de Riverdall. Après avoir garé son véhicule, elle aperçut une silhouette se défaire de l'obscurité avant de réaliser qu'il s'agissait du jeune homme qu'elle avait l'espoir de rencontrer. Sortant du véhicule pour rejoindre l'extérieur, elle prit son sac à dos ainsi qu'une large boîte située à l'arrière, dans le coffre. Elle verrouillait sa voiture, s'approchant davantage de l'humain par la suite. Et puis, les aboiements verbaux transpercèrent le silence qui régnait jusqu'alors entre eux. « Bonsoir. » dit-elle lorsqu'elle fut suffisamment proche du garçon. Son ton était calme, sans agressivité aucune. Elle n'avait aucune raison d'envenimer les choses plus qu'elles ne l'étaient déjà. Après tout, c'était une étrangère et les temps étaient à la misère. Sa méfiance, elle pouvait la comprendre et elle ne lui en voulait pas. « Malheureusement, je travaille de nuit. Les malades dorment la journée et je n'ai pas d'autre choix que de m'adapter à leur rythme. Voilà l'explication de mon arrivée tardive. » Elle avait poursuivi avec la même sérénité dans la voix, fixant le regard sombre de son interlocuteur, les bras toujours chargés de ce qu'elle comptait leur donner. « Je tenais à me déplacer personnellement pour vous donner ceci. Ce sont des potions et des médicaments homéopathiques. Je pensais que ça pourrait vous être utile. » Lahja se montrait sincère mais il était libre de ne pas la croire. Elle appréciait leur soutien et elle souhaitait leur rendre la pareille, quelque soit la manière. « Mais si vous n'en désirez pas, je peux m'en aller. Ce n'est pas un souci. » conclut-elle, attendant une réaction de la part du chasseur.
(c) DΛNDELION


Revenir en haut Aller en bas
♦ Humain ♦
survivant des limbes
avatar
♦ Humain ♦  survivant des limbes
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 48
Points RP : 23
Date d'inscription : 05/05/2017


Still Alive, Never Busted
Amarok & Lahja
 
Tous des hypocrites. C’était ce que je m’évertuais à penser. Tous des êtres qui étaient là dans un seul but, celui de servir leurs propres intérêts. Je sais, c’était radical comme façon de penser, mais c’était ce que l’on gagnait en détruisant les hommes. Lahja était certes une personne remplis de bonnes intentions, mais comme tout le monde, je la mettais dans le même sac. Je crois que sincèrement le monde me dégoutait et que même les hommes ne m’inspiraient rien de plus que du mépris. Je n’avais confiance qu’en ces hommes que je protégeais. J’avais signé ce contrat, oui je l’avais fait. Pourquoi ? Parce que malgré tout je n’étais pas stupide. Parce que malgré tout ça j’avais conscience que tout seul on ne s’en sortirait pas. Voir jamais. Alors on avait signé, oui. On donnait de notre sang pour subvenir aux besoins des vampires. Oui. Mais plus on pouvait rester loin de cette galère et mieux on se portait. C’était comme ça. Je l’ai regardé, le visage complétement fermé. Des potions et des médicaments ? Pourquoi ? Pourquoi nous aider ? C’était quoi la contrepartie encore ? J’en étais convaincu, il y en avait une. C’était une évidence.  

J’ai pourtant rangé mon arme dans son étui. La laissant entrer sans trop me poser de questions. Lahja dégageait ce genre d’empathie qui mettait en confiance. Subterfuge machiavélique ou simple sentiment naturel, je l’ignorais. Je restais méfiant, et je refusais de tomber dans un piège. Sans ne rien lui dire, j’ai demandé à l’un de mes gars de prendre ma place sur le mur, entrainant la sorcière dans les profondeurs de Riverdall, là, chez moi. Si elle voulait que l’on parle il n’y avait pas de soucis, mais on le ferait dans un endroit où j’étais certain de pouvoir garder le control. Si River Crow m’avait rendu méfiant, la guerre de Tullamore m’avait rendu complétement paranoïaque. Toujours aux aguets, toujours en train de guetter, toujours en dormant avec mon 45 sous l’oreiller, une main pendant du matelas pour tâtonner ma machette que je planquais en dessous le lit. Dormant sans dormir. J’étais éreinté, exténué, il suffisait de me regarder pour le comprendre. J’avais les traits tirés pour mon jeune âge, des cernes sous les yeux et les yeux quant à eux rougies par le manque de sommeil. Je ne dormais pas, sursautant au moindre bruit. Au moindre craquement. Et ma maison n’était rien de plus qu’un toit, quatre murs, refermant un véritable arsenal de protection.  

Je l’ai pourtant invité à entrer, donnant un coup de pied dans un carton rempli de cartouches pour le ranger dans un coin à l’entrée. Sur la table se trouvaient de tonnes de volumes. Des livres que j’avais trouvé sur les créatures surnaturelles. Sur les Léviathans, les Lycans, les Goules, les Sorciers. J’ignorais si la moitié de ces récits contenait ne serait-ce qu’un quart de vérité, mais au moins, ça me permettait d’en savoir un peu plus sur ce monde qui m’entourait. J’avoue, certaines fois j’avais encore du mal à y croire. J’avais du mal à me faire à cette raison, mais c’était comme ça. Je devais vivre avec, et essayer de m’adapter du mieux que je le pouvais pour prendre les bonnes décisions. Toujours silencieux j’ai attrapé deux bières dans le frigo, lui en tendant une avant de me laisser tomber sur une chaise autour de la table. J’aurai pu l’inviter à s’assoir sur le canapé, mais je ne me sentais pas d’humeur à jouer les hôtes parfaits. J’ignorais sincèrement si j’allais me débrider au fil de cette soirée, mais j’étais simplement ce que j’étais. Un type que l’on avait brisé. Un gamin avec lequel on avait un peu trop joué et qui au fil du temps avait perdu foi en absolument tout ce qui l’entourait. Même ici des fois on me reprochait de trop en faire. Poussant le vis à fouiller des gars qui rentraient de chasse ou autre.  

Au moindre soupçon je mordais. Je me faisais peur parfois. Mais je crois que j’avais simplement développé un instinct de survie indéfectible. Je crois que j’avais peur aussi, un peu de tout. De cette situation, peur de ce qui adviendrait plus tard. De ce que l’avenir nous réservait. J’avais vu les Etats-Unis d’Amérique partir en live à cause de différences de couleurs de peaux, et ce, bien avant la révélation. Alors, très franchement, je me demandais où l’homme s’arrêterait enfin. Quand. Sans doute après avoir déclenché une troisième guerre mondiale. Après avoir fait péter un pays entier, voir tout un continent. La bombe A c’était de la rigolade face à tout ce que peut créer les hommes maintenant. L’apocalypse à la The Walking Dead est tellement proche, j’en suis sûre. Alors oui, on survit. Comment nous le reprocher ? Avec ce qu’on peut et ce qu’on a surtout. Parce que non, nous ne sommes pas naïfs. Nous, des pouvoirs, on le sait, on n’en n’a pas. Notre seul pouvoir reste cette petite flamme en nous. Cet instinct qui est né à cause de la cruauté de ce nouveau monde. J’ai ouvert ma bière avec un briquet qui trainant sur la table, buvant une gorgée avant d’enfin rompre le silence trop posant que j’imposais, je le reconnais.  


« C’est bien aimable à toi pour le cadeau surprise. Mais tu veux quoi en contrepartie ? Du jus pour sauver la pourriture qui est en train de crever ? » J’étais injuste, je le reconnais. J’avais conscience que Lahja n’avait sans doute pas droit à un tel comportement et jugement. Que si une personne dans ce monde pouvait avoir la confiance de tout le monde c’était bien elle, mais c’était plus fort que moi. C’était comme ça. Je lui parlais comme si elle était responsable de tout alors qu’en réalité, elle n’était responsable de rien. Soupirant, j’ai délaissé ma bière, allant fouillé dans un tiroir pour un tiré une pipe grande et fine et de l’herbe. J’avais signé cette saloperie de coalition. De mon propre sang. Mais l’unique façon pour moi de sceller un pacte et la confiance c’était dans l’art et la manière. Celle de mon peuple. Celle que mon grand-père m’avait enseigné. Si je fumais avec elle, ça voulait dire que je l’acceptais, et que part conséquent, elle serait toujours la bienvenue ici, sur nos terres. Ces terres que j’ai battit à la sueur de mon front. Leur coalition était bancale à mes yeux et si on m’avait retiré ma liberté, on ne me retirerait jamais mes origines. Ca c’était une évidence.  

Plaçant l’herbe dans la pipe, je lui ai lancé un coup d’oeil avant d’allumer le calumet. Après seulement je pourrais me détendre. « Je te rassure c’est que de la weed. Impossible de trouver la véritable herbe ici. Mais bon, on fera avec. » Je lui ai tendu le calumet, sans sourire, sans rien, surveillant ses réactions. Refusait reviendrait presque à une déclaration de guerre et je savais que ce genre de rituel aussi insignifiant soit-il pour les Européens pouvait changer beaucoup de choses. Tout comme me donner la preuve de sa sincérité et de ses bonnes volontés. Je ne la testais pas. Je voulais juste voir si elle s’adapterais ou pas. Ma potion contre la sienne. Et après on pourra parler affaire si elle le désirait. Ce n’était qu’une façon pour moi de me mettre en confiance et de tester son honnêteté. Je n’étais pas quelqu’un de mauvais. Non. Je ne suis pas mauvais. Je suis juste un gamin brisé qui a peur de tout ce qui l’entoure. Un gamin forgé dans l’argile même de la cruauté de l’homme. Tout simplement.  





You better lose yourself in the music, the moment. You own it, you better never let it go. You only get one shot, do not miss your chance to blow. This opportunity comes once in a lifetime yo. The soul's escaping, through this hole that is gaping. This world is mine for the taking. Make me king, as we move toward a new world order.
     
Revenir en haut Aller en bas
♣ Elementaire ♣ Administratrice
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 872
Points RP : 1663
Date d'inscription : 22/09/2017


Still alive, never busted
Amarok & Lahja

« I come and deliver a note again. Dreamer I was, and dreamer I'll be. Between time and past, tonight, any scents of favor I have ever seen. A raven, between light and darkness. An help below, oh my restlessness. Can you believe it ? Can you deliver the sky ? »
L'élémentaire n'était pas venue à Riverdall avec de mauvaises intentions. Elle n'était pas venue se battre. Elle ne souhaitait pas mettre plus d'huile qu'il n'y avait déjà sur le feu. Non, rien de tout ça. C'était plutôt le contraire. Elle voulait se rapprocher des humains, apprendre à passer au-dessus de ses peurs. Se convaincre qu'ils n'étaient pas tous des monstres. Pour l'instant, l'homme était la seule créature a l'avoir blessé réellement. Ce n'était ni les vampires ni les sorciers. Ce n'était pas les goules ou les léviathans. Encore moins les sorciers, son peuple. Celui qui lui avait pris ses parents, celui qui l'avait battu et violé à répétition, n'était qu'un homme. Dénué de tout pouvoir mais profondément animé par la cruauté. Cet homme avait provoqué de violentes vagues de colère en elle, si bien qu'elle se sentait suffoquer de tant haïr quelqu'un, si bien qu'elle avait perdu toute notion de discernement quelconque, pensant à tort que tous les hommes étaient faits de la même manière et qu'aucun d'eux ne pourrait réellement la convaincre du contraire. Avant l'arrivée de son frère sur l'île, elle maudissait l'Humanité toute entière et puis il l'a aidé, lui a fait comprendre qu'elle se trompait. Lahja n'avait pas le droit de condamner l'humanité toute entière sous prétexte qu'un des leurs l'avait profondément brisé. Ce n'était pas juste et c'était avant tout très égoïste. Lahja n'était pas encore tout à fait guéri de ce que cet homme lui avait infligé mais elle allait mieux et sa présence à Riverdall valait bien plus pour elle qu'une simple visite de courtoisie. Elle avait choisi de leur donner une seconde chance, elle avait choisi de croire en eux plutôt que de blâmer leur existence. Son optimisme l'avait poussé à mettre ses craintes de côté. Aujourd'hui, elle voulait être courageuse et affronter ses peurs les plus enfouies. Certes, elle ne s'attendait pas à ce que ce soit facile. La sorcière blanche était bien consciente de ce qu'il s'était passé à River Crow mais elle ne voulait plus vivre dans le passé. Il était temps qu'ils avancent, tous ensemble car sans cela, les choses ne feraient qu'être encore plus compliquées qu'elles ne l'étaient déjà. La Coalition, pour elle, était le seul espoir concret sur lequel ils pouvaient se raccrocher. C'était une évidence flagrante pour elle mais si floue pour les autres. Pourtant, d'un point de vue stratégique, rien n'était plus logique que l'union des forces pour affronter ce qui les attendait tous.

Cette volonté de reprendre le contrôle que Lahja possédait en elle était trop souvent confondue avec la bonté d'âme. Bien qu'elle en soit emplie de par ses convictions, elle n'en restait pas moins profondément logique et cartésienne. Ce n'était pas de la naïveté, il s'agissait simplement d'un état de fait. Léandre et Wellan l'avaient compris. Ils avaient saisi ce que Heikki et elle-même s'évertuaient à créer et sans leur aide, ils n'auraient pas réussi. Lahja osait espérer qu'il en serait de même avec les autres peuples mais les tensions récalcitrantes qui demeuraient entre humains et vampires compliquaient grandement les choses et au lieu de se concentrer sur un possible soulèvement, la blonde se devait d'abord de calmer le jeu. Cette perte de temps était pourtant nécessaire car sans drapeau blanc, cette idée de soulèvement ne serait qu'un échec cuisant. Autant pour les hommes que pour les créatures peuplant les terres irlandaises. Elle ne voulait pas que ça arrive. Elle refusait de bousiller leur seule chance de s'en sortir et chacun de ses gestes, chacune de ses paroles n'allaient que dans ce sens. Il était primordial qu'ils comprennent tous que les guerres du passé n'équivalaient absolument pas avec la sordidité du dirigeant de l'organisation. Il fallait qu'ils unissent leurs forces, qu'ils apprennent à se considérer comme des alliés et non comme des ennemis. C'était pourtant plus facile à dire qu'à faire. Les rancœurs creusaient des cicatrices si profondes que la blonde perdait quelques fois espoir. Pourtant cette étincelle en elle ne s'essoufflait jamais. Elle était la source de son acharnement, la raison pour laquelle elle trouvait la force de se lever chaque matin. Et si ce jeune homme était encore en vie, s'il persistait autant à protéger les siens corps et âmes, c'est que cette étincelle devait encore briller en lui aussi. Elle en était persuadée. Il était si jeune et pourtant, il portait sur son visage plusieurs vies de souffrance. La finlandaise ne pouvait douter de son endurance ni même de tout ce qu'il avait dû subir pour devenir cet homme qui lui faisait face, un homme à l'apparence dure et froide, un homme qui ne faisait que survivre. Comme elle. Alors étaient-ils si différents ? Ne souffraient-ils pas des mêmes maux ? Est-ce que lui aussi envisager d'être libre à nouveau, comme elle ? N'était-ce pas suffisant pour qu'ils se rapprochent et s'entraident ?

Pour elle, ces questions ne se posaient pas car elle en avait déjà trouvé les réponses et elle souhaitait réellement que le chasseur les trouve lui aussi, qu'elles puissent le guider et lui faire comprendre qu'elle n'était pas le danger sur lequel il devait se concentrer. Lorsqu'il a rangé son arme, la nordique s'est avancée, pénétrant dans l'enceinte de cette ville entièrement bâtie à mains nues. En silence, elle a suivi le brun, calquant ses pas sur les siens pour finalement arriver au seuil de ce qui devait être son domicile. L'homme l'invitait ensuite à entrer. Elle observait ses gestes, la rage qui suintait de ses mouvements et de son attitude. Avec autant d'empathie, Lahja ne pouvait que deviner à quel point le garçon était tendu. Elle le sentait au plus profond d'elle-même et cela n'a pas manqué de l'attrister car il méritait beaucoup mieux. Ils méritaient tous beaucoup mieux que ce qui leur était imposé. D'un geste délicat, elle abandonna ses cartons pleins sur la table régnant au centre de la pièce qu'ils occupaient à présent. Sur la surface du meuble, elle ne put s'empêcher de contempler la multitude de livres qui la recouvraient. Des ouvrages sur diverses créatures, y compris sur son peuple à elle. Le bout de ses doigts effleurait la couverture usé d'un de ces volumes, le regard curieux et quelque peu intrigué par ce qu'il découvrait. Cependant, elle trouvait que c'était une initiative pleine de sagesse. S'informer, c'était prendre de l'avance sur les possibles risques que l'on pouvait rencontrer. Elle n'était pas dérangée par le silence qu'il la forçait à subir. Après tout, elle n'était pas chez elle. Lahja se devait de respecter ses règles, ses coutumes, ses manières de faire. C'est ainsi que les choses fonctionnaient, c'est ainsi qu'elle avait été éduqué. Reportant son attention sur Amarok, la blonde se contentait de l'observer, attendant qu'il revienne auprès d'elle. Chose qu'il n'a pas tardé à faire, lui offrant une bière dont elle se saisit, imitant son geste en l'ouvrant pour ensuite s'installer sur une chaise, juste face à lui. Lorsqu'il prit la parole enfin, ce n'était que pour savoir ce qu'elle désirait en échange de ce qu'elle venait de lui offrir. Elle but une gorgée de bière, refusant de le lâcher du regard. Elle ne le craignait pas et malgré son amertume évidente, elle ne le méprisait toujours pas. À quoi bon ?

« Je ne veux rien. Killian est venu nous aider de son plein gré. C'est sa venue qui m'a donné envie de vous montrer que nous aussi, nous sommes là si vous en avez besoin. » commença-t-elle, toujours calme. Préservée grâce à la neutralité inébranlable qui lui était propre. « Il faut que tu prennes conscience que le temps de River Crow n'est plus. Le sang que l'on obtient n'est pas arraché. Il est donné de manière consentante. Wellan ne tolérerait pas qu'on vous le soutire de force. » Elle était certaine que de ça, Amarok en avait pleinement conscience mais il était toujours pas de remettre les choses dans l'ordre qu'elles sont. Lahja savait qu'il était en colère. Ses énergies étaient brouillées et obscures mais quelque chose lui disait que ça lui envenimait l'âme, que ça l'éreintait et elle aurait aimé pouvoir l'apaiser d'une quelconque manière mais elle ne pourrait réellement le faire qu'en lui faisait comprendre qu'elle ne lui voulait aucun mal. « Moi aussi, j'ai été en colère. J'ai même failli me perdre à cause d'elle. J'espère que ça ne t'arrivera pas. » Sa sincérité n'était pas factice. Ce qu'elle disait, elle le pensait. Il fallait qu'il guérisse de ces tourments violents. Pour mieux aider les siens. Pour mieux s'aider lui-même. Il a soupiré avant de se lever, revenant avec une pipe et ce qui semblait être de l'herbe. La blonde était surprise mais n'émit aucune contestation, détaillant ses gestes alors qu'il allumait le calumet pour ensuite le lui tendre. Elle savait qu'il lui faisait là un honneur car ses convictions étaient proches du peuple amérindien, bien qu'elles étaient différentes. C'était un peuple envers lequel elle avait beaucoup de respect. Lahja n'avait jamais fumé quoi que ce soit de sa vie mais elle ne comptait pas refuser cette offre-là. Sans doute à cause de ce qu'elle signifiait réellement. Portant la pipe à ses lèvres, elle prit une longue bouffée, inhalant entièrement la fumée afin de la préserver en elle. La sensation était nouvelle, elle se retint de tousser et le goût qui apparaissait ne lui plaisait pas spécialement mais elle ne pouvait nier qu'elle était curieuse d'en ressentir les effets. Elle lui rendit le calumet, penchant la tête sur le côté.

« Je n'ai jamais fumé de ma vie. C'est la première fois. » avoua-t-elle en toute franchise. Elle ne savait pas si lui avait l'habitude mais sans savoir réellement pourquoi, elle avait décidé de lui faire confiance. « Merci de m'avoir fait rentrer. Ça signifie plus que tu ne le penses pour moi. » Lahja était quelqu'un d'authentique mais parfois, la méfiance restait plus forte que tout. Elle ne pouvait pas le juger d'être autant sur ses gardes. Il avait connu des atrocités qui lui étaient encore inconnues. Parfois être plus âgé ne signifiait pas être plus expérimenté. La finlandaise en était la preuve vivante et elle avait plus de respect pour le vécu de chacun que pour le nombre d'années qu'ils pouvaient avoir à leur compteur.
(c) DΛNDELION


Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

Revenir en haut Aller en bas
Still Alive, Never Busted ~ Lahja
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» [UPTOBOX] Dead or Alive [DVDRiP]
» DOA : Dead or Alive /!\
» Oriane Ω stay alive. (finiiiiiiii)
» Everything that kills me, makes me feel alive. [Morgan]
» Dead Or Alive 5 Ultimate

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Island Of the Damned ::  :: Les Limbes :: Riverdall-
Sauter vers: