The Island of the damned est un forum post Apocalyptique rassemblant un grand nombre de créatures surnaturelles.
 

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 If we ever meet again | Ft. Jonah Fowler

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If we ever meet again

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La nuit était sombre et glaciale. Une nuit sans lune, noire d'encre. On s'y enfonçait comme dans les ténèbres, à tâtons sous la faible lueur des quelques étoiles. Balian s'était éloigné de la ville, fuyant la lumière rassurante des chaumières et des rues éclairées par les lampadaires, abandonnant à la maison Stacey, qui dormait encore quand il s'était glissé hors du lit. Le mortel ne paniquerait pas en se réveillant seul. Il le savait parfaitement. Stacey avait cette fâcheuse tendance à faire ce qu'il voulait, quand il le souhaitait. Il vivrait l'absence de Balian probablement comme une nouvelle occasion de n'en faire qu'à sa tête. À cette pensée, le vampire pinça les lèvres, agacé. Pas que la liberté de l'humain le dérangeât. Plutôt que cette liberté s'accompagnait d'un certain danger, un danger qu'il ne pouvait contrôler et dont il ne pouvait le protéger éternellement. Il suffisait que le jour se lève et que Stacey sorte de la maison, par exemple. Quel comble. Plus de neuf cent ans de vie sur Terre et quelques rayons lumineux suffisaient à le tuer. Lui qui s'était souvent cru au-dessus de tout se prenait une sacrée claque au visage en constatant son impuissance. Avant River Crow, il aurait pu dominer le monde, conquérir l'Orient tout entier... Et maintenant... Maintenant quoi ? Il était prisonnier, au même titre que les humains, les loups-garou et les sorciers. Il n'était plus le dernier prédateur de la chaîne alimentaire. Il n'était plus le roi de Moïsmasem. Il n'était plus rien qu'un simple vampire qui survivait. Quelle humiliation... Heureusement qu'il lui restait un minimum de dignité.

C'était peut-être ridicule, mais ce qui lui faisait le plus mal, c'était de ne plus pouvoir chasser comme avant. Il y avait quelques années, il lui suffisait de poser un pied dehors et de choisir un humain au hasard pour en faire sa proie. C'était si facile. Puis le traité avait été signé et dès lors, le vieux vampire avait dû réfréner ses instincts meurtriers. Pour être honnête, ce n'était pas tous les jours facile, loin de là. Pour Balian, la chasse avait toujours été plus qu'une façon de se nourrir. C'était la sauvagerie, la violence, le sang, la terreur, le plaisir. Une véritable catharsis pour lui qui cachait en son sein un véritable monstre d'instincts. Il n'avait pas envie de la chasse. Il en avait besoin. Comment défouler autrement toute la violence qui s'accumulait en lui, sinon ? Il allait exploser s'il ne tuait pas. Et le premier à en faire des frais, ce serait Stacey, puisqu'il partageait son quotidien et sa maison. Heureusement – ou malheureusement – il y avait encore les agents de Tullamore. Ils se risquaient parfois sur le territoire pour enlever un ou deux vampires. Quand ce n'était pas Stacey qui jouait les assassins pour faire honneur à son nouveau surnom, c'était Balian qui se jetait à leur poursuite. En partie pour défendre les siens et repousser l'ennemi, mais aussi et surtout pour assouvir sa puissante envie de meurtre. Et ce soir-là, il en avait envie. Besoin. Il pouvait le sentir au creux de son ventre, cette sensation, ce désir puissant de faire couler le sang. Ça hurlait en lui comme un ouragan. Il en frémissait, il pouvait jurer qu'il sentait ses canines vibrer d'envie, comme réclamant leur sang quotidien.

Balian était sorti seul, alors. Il avait besoin de tranquillité. Peut-être même d'intimité. Puis mieux valait pour Stacey de se trouver loin de ses crocs, une fois qu'il se laisserait aller. Après tout, on n'était jamais à l'abri d'un dommage collatéral quand Balian lâchait un peu trop les rênes. Jusqu'ici, il ne lui avait jamais fait de mal. Ou plutôt, jamais trop mal. Car apocalypse ou non, Balian De Lusignan restait Balian De Lusignan. Un vieux vampire capricieux, instable et imprévisible, et ce, même avec Stacey. En deux ans, il s'était un peu assagi aux côtés du mortel. Plus par contrainte que par choix. Forcément, les massacres se faisaient plus rares, les festins où le sang coulaient à flots aussi. C'est dans ces moments que River Crow lui manquait le plus. Il avait eu une belle vie, à cette époque. Le manoir, les esclaves, la torture...  Il avait vraiment fait de belles rencontres dans le royaume déchu. La douce Eden, par exemple. Balian y pensait parfois, à cette rencontre des plus insolites. Celle de l'âme sans corps, comme il aimait l'appeler. Il avait passé de bons moments avec Jonah. Même si Stacey avait délaissé son innocence pour pratiquer le meurtre sans vergogne, il était différent de Jonah. Jonah faisait ça avec panache. Avec envie, avec art. Ils en avaient couvert, des pavés de sang dans les rues de River Crow... Avec lui, il s'amusait presque autant qu'avec Owen. Décidément... La soif de sang avait tendance à le rendre mélancolique. Il se mettait à regretter ses amitiés passées, presque avec un pincement au coeur. Il était loin, le temps où il pouvait rire de tout avec insouciance. Il n’était plus question de s’amuser, maintenant. Juste de survivre.

Il n'eut aucun mal à trouver une proie. À croire que c'était comme la mauvaise graine, ça poussait partout. Les Tullamore avaient infesté l'île comme la peste. Ils se propageaient comme un cancer. Frappaient comme la maladie. Une tumeur maligne dont ils ne parvenaient pas à se débarrasser. Balian n'eut qu'à s'éloigner un peu de la ville pour tomber sur des agents audacieux qui venaient fouler le territoire des vampires. Étrangement, il n'avait pas peur de connaître le même sort que Léandre. Il n'avait pas peur d'être attrapé, enfermé ou même tué. Il n'envisageait même pas une seule seconde ces options. Comme si c'était si peu probable que ça ne méritait pas d'être considéré. Balian avait confiance en lui, une confiance séculaire qui le rendait parfois trop arrogant. Il n'y pouvait rien. Quand on avait vécu plusieurs siècles en s'élevant à un rang qui imposait le respect, forcément, on prenait la confiance. Jusqu’ici, il s’en était toujours bien sorti, mais rien ne disait que ça durerait. Peut-être que ça se finirait un jour. Car Balian le savait, en neuf cent longues années de vie, il avait appris : tout finit par finir. Mais quoi qu’il en soit, la seule chose qui allait finir, aujourd’hui, c’était la vie de ces misérables insectes. Ces chiens de Tullamore. Il les trouva dans la forêt. Ils étaient deux. Seuls. A priori, ils venaient d’arriver, laissant leur voiture un peu plus loin de l’orée de la forêt pour ne pas être repérés. Balian se dissimula dans les ombres pour les observer. Il passait déjà en mode prédateur. Sa tête se vidait de ses pensées pour ne se concentrer que sur une seule chose. La chasse. Ils étaient armés. Cela ne l’effraya pas le moins du monde. À ses yeux, ça aurait été aussi ridicule qu’un lion effrayé par une gazelle. Le prédateur, c’était lui. Les proies, c’était eux. Ils avaient l’avantage du nombre mais ils n’étaient que des humains, et aux yeux de Balian, c’était bien suffisant pour dominer la situation. Il n’attendit pas bien longtemps pour agir, bondissant sur les mortels comme un rapace sur sa proie.

Cela ne dura pas bien longtemps. Tout se passa très vite. Le premier tomba à la renverse, et son crâne cogna brutalement une racine dans un craquement sinistre. Il perdit conscience sur le champ. Le second eut plus de temps pour réagir. Il sortit son arme, visa comme il put et tira, à l’instant-même où Balian se relevait pour fondre sur lui. Par chance – ou malchance, en fonction du point de vue – la balle ne fit que frôler la joue du vampire qui se dépêcha de sauter à la gorge de l’agresseur.  Là, il connut l’extase, cette sensation indescriptible, ce plaisir indicible qu’aucune poche de sang réfrigérée n’aurait pu lui rendre. Ses crocs s’enfoncèrent dans la chair, déchirant la peau, impitoyable, s’accrochant fermement à la gorge du mortel. Le sang coula aussitôt dans sa bouche. Chaud. Trente-sept degrés pour être plus exact, cette température parfaite où les effluves du nectar rendaient toutes leurs saveurs. C’en était grisant. Dans un état second, Balian ne se rendait même pas compte des gesticulations désespérées de l’agent pour s’échapper. Elles cessèrent bien vite alors que le vampire continuait d’aspirer sa vie, assoiffé, affamé. Il le relâcha alors, le laissa tomber au sol dans un bruit sourd, les pupilles complètement dilatées par l’excitation. C’était presque aussi jouissif que le sexe. Balian fit un pas en arrière, poussant un long soupir. Cela se terminait toujours trop vite, comme si l’intensité de la chose était proportionnelle à la rapidité de l’instant. Son regard coula sur le deuxième homme dont le regard vitreux et la bouche ouverte et crispée laissaient deviner son décès prématuré. Sa chute l’avait probablement tué. Le vampire gronda, un peu déçu, mais se tendit rapidement en entendant un craquement. Un troisième agent ?!

Il fit volte-face, se maudissant de s’être laissé aller au point de tout oublier autour de lui. Il était attentif en chassant mais totalement vulnérable en se nourrissant. Il avait pourtant juré n’avoir repéré que deux hommes, tout à l’heure. Balian bondit, piqua un sprint sur quelques mètres et se jeta sur l’individu qui venait d’apparaître, le plaquant brutalement au sol. Il découvrit ses crocs, le menton déjà barbouillé de sang, l’haleine métallique, le regard perçant et plein de sauvagerie. Celui-là, il ne fallait pas le tuer tout de suite… Il ferait durer le plaisir. Il avait su calmer un peu sa faim avec le premier type, il était donc capable de rassembler assez de self-control pour ne pas achever tout de suite celui-là. Un asiatique aux cheveux sombres qui… Qui n’avait pas l’air d’être un agent de Tullamore. Balian poussa un juron. Un humain des limbes ? Bon sang. Il relâcha sa prise sur son col en se redressant légèrement. Si c’était le cas, il allait devoir oublier ses pulsions meurtrières… Le traité était formel. S’il voulait conserver la paix entre les peuples, Balian ne pouvait se défouler que sur les membres de l’organisation.

« Qu’est-ce que tu fiches ici, toi ? Tu n’es pas un vampire. Tu t’es perdu ? » Gronda le vieux vampire d’un ton cinglant.



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De Lusignan
Une brutalité qui le paralyse au sol. L’odeur du sang dans l’oxygène qu’il respire. La Mort dont les crocs frôlent la chair de son cou. La peur vient de l’instinct agonisant de Timothée, pensant sa dernière heure venue. Jonah s’en amuse. Il la laisse un instant briller dans son regard pour leurrer le prédateur, alors que lui prend le temps de décortiquer chaque seconde pour jouir pleinement de l’instant où il est une proie volontaire. Avide d’assister de très près à un déchainement de vice. D’avantage quand il reconnait l’Immortel. Il est décidemment l’ami du Hasard. La joie vient enflammer ses sens, en même temps que toutes les folies nouvelles qui s’annoncent. Le chaos qu’il pourra semer, aux côté de Balian. Dans sa prison de chair, Jonah était limité. Sa force, ses ambitions, ses actes, tout était piégé, maintenu en sommeil par sa jumelle qui y veillait, guerre de chaque instant. Il avait pourtant pu convaincre le bourreau de River Crow de son potentiel, de sa puissance. A présent qu’il était, il allait pouvoir l’impressionné. C’est tout con, mais le palestinien est le seul qui n’est jamais pensé qu’il soit Démence. Il a cru a son existence concrète dès le début. Il avait raison, et il connait bien le lui prouver. Mais pas tout de suite. Pas maintenant. Il ravale un sourire, dans son rôle de future victime… Rien ne vient. La frustration lui fait froncer les sourcils alors qu’il se redresse. – C’est vraiment… N’importe quoi ! Depuis quand Balian se musèle ? Il gronde, il se recule, il se restreint. Ce n’est pas lui çà ! Il peste. L’immortel n’est pas de ceux qu’on attache. Il n’est pas une folie qu’on canalise. Il est une tempête. Un ouragan. Il est une calamité. Un fléau. Il est comme lui. Une Plaie. – Toi ? Sérieusement !! Il plante un regard accusateur dans ses prunelles et un doigt vers lui. – Tu respectes le traité ? Il gonfle ses joues, boudeur. En lui tournant le dos, il s’allume une clope, secouant la tête. Le corps de l’Asiatique sied bien aux humeurs de Jonah. – Et non. Je ne suis pas perdue. Je suis là où je dois être, au moment où je le dois. Il retrouve le sourire dans un rire enfantin, qu’il ne se lassera pas de corrompre.

En sortant de sa boulimie d’Âmes, Jonah a dû apprendre les nouvelles règles qui régissaient le monde. Règles dont il est exempté de par sa nature : Il est unique. Délivré de moral ou de Lois. Mais il devait jouer avec. Les assimiler pour pouvoir jouer les différents Rôles qu’il adosse pour se nourrir, pour sa cause ou pour se divertir. Et le Traité a été pour lui une hérésie. Il consent l’alliance, comprend le besoin pour les persécutés de se rebeller… Mais que les uns et les autres, s’enchainent mutuellement, non. Se contenir ainsi est totalement con. Comment vaincre si on limite son potentiel ? L’entité en a dévoré des esprits. Il lui en a fallu pour se remettre à la réalité, pour se renseigner sur tout ce qu’il avait manqué. Il en a maintenant des souvenirs, sauf que ce ne sont pas les siens. Il les a pillés pour se les approprier. De bonne humeur et enjoué, il sourit au Vampire, comptant bien jouer un peu de la situation. Après tout, lui ne doit pas l’avoir reconnu. Comment le pourrait-il ? Il n’a plus rien d’Eden et dans l’esprit de Timothée, subsiste de quoi s’abriter des intrusions mentales. – Balian, Balian, Balian… Je viens m’amuser un petit peu avec un Tullamore, grignoter une plainte ou deux… la même nuit où tu te décides à relâcher un peu la pression. Il rit, bienheureux de la coïncidence. Il était venu pour se nourrir, tout en évaluant toujours un peu plus les lieux et sa sécurité. Il savait tous les secrets qu’il avait à voler dans les environs Tous les intérêts qu’il avait à revenir saluer de vielles connaissances. En lier de nouvelles, sous une forme ou une autre. Attirer par des Âmes qui s’éteignaient, dans une agonie brutale, il avait fait fit de la survie de Tim pour se rapprocher du carnage. Et s’en repaître. Toute essence est bonne à prendre. Toute mort peut être rentabilisées.- Ne t’inquiètes plus de rien, je suis de retour. Un nouveau rire, puis un sourire. Un des siens.

Le Manoir avait pris tout son sens quand il avait rencontré son Bourreau. Passer de cadavre à ses pieds, à élève du Vampire fut divertissant. Joncher les rues de River Crow du corps de ses Habitants le fut encore plus. C’est Balian qui lui ouvrit les portes d’un nouveau monde. C’est avec lui que Jonah put commencer à nécroser les Âmes et développer un don insoupçonné. C’est lui aussi, qui lui logea l’idée de devenir Immortel à son tour. De faire de sa sœur l’un des leur pour profiter d’une enveloppe plus forte, se pliant plus à ses caprices. Il aurait donné beaucoup pour qu’il la morde. Il a œuvré pour qu’il le fasse, en même temps qu’il poussait Josias au même dessein. Mais c’est autre chose qu’ils ont permis de faire renaitre. La guerre s’est chargée de mutiler son plan. Et à présent, tout est différent. Il doute de pouvoir un jour gonfler leur rang et imposer ainsi ses Vices. Il n’est pas humain. Pas mortel. Il est autre chose et cela lui va tout aussi bien. Il ignore encore ce qui le régit, mais il en apprendra bientôt plus. Il n’a pas à se soucier des limites, vu qu’il les ignore, il ne peut que les franchir. Encore et encore. Il tire sur sa clope, le détaillant un instant. Observateur, il constate bien vite, que si, Balian ploie l’échine sous le traité. Rien d’étonnant à ce qu’il ait été aussi expéditif avec les deux agents. Il soupire longuement. Rare sont les personnes qui trouvent grâce à ses yeux, mais le vampire a su dompter un peu le spectre insaisissable qu’il est. S’attirer ses faveurs. Savoir qu’il se prend de plein fouet les conséquences de la folie des Hommes, le pousse un peu plus dans ses convictions de tous les brûler. Dans les cris et l’horreur. Il lui devait au moins ça. – Si tu trouves qui je suis… Je te trouve une autre gorge à lacérer. Il peut bien mettre à son profit ses talents et pimenter un peu leur retrouvaille inespérée. – Une gorge qui ne mettra aucun traité en péril.  

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Balian écarquilla les yeux, pas sûr d’avoir bien entendu. Il rêvait ou bien…? Ou bien ce type venait expressément de lui reprocher de ne pas l’avoir tué ? Ce n’était pas possible, il délirait, c’était son inconscient qui lui parlait. Il hallucinait et sa frustration s’exprimait par des mots qu’il était le seul à entendre. Parce que non, irrévocablement, il ne pouvait accepter l’idée que le mortel lui reprochât ses efforts surhumains pour respecter le traité. Sans exagérer, il peinait. Il se forçait, se contenait, se bridait, avec acharnement et douleur. Respecter le traité, quelques mots gribouillés sur une vulgaire feuille de papier, ce n’était pas dans sa nature. Balian avait toujours prêché la sauvagerie. Il avait toujours juré par l’instinct, par la violence et le sang, plutôt que la raison et la morale. Alors oui… Se retrouver à respecter des frontières, à laisser en vie de misérables insectes qu’il aurait auparavant écrasés sans la moudre hésitation, ça ne lui ressemblait pas. Mais tous ces efforts, il le faisait pour le bien de la communauté, pour Léandre, pour Stacey. Pour que la paix entre les peuples subsiste, faute de pouvoir s’établir avec Tullamore. Ils étaient déjà en guerre avec l’ennemi, inutile d’en déclencher d’autres dans le pays. Cependant, il devait l’avouer, les tentations étaient nombreuses. Passer de vampire sanguinaire à pacifiste tolérant, c’était violent. À l’instant, se retenir, se stopper dans sa chasse, dans son geste, lui avait demandé un effort considérable, comme si on demandait à un homme qui venait de traverser le désert de se retenir de boire un verre d’eau bien fraîche. Sensiblement perturbé, le vieux vampire observa sa proie s’allumer une cigarette. L’instant lui paraissait délirant et totalement improbable. Ça ne lui était encore jamais arrivé. Il s’était attendu à des cris, des larmes, à une fuite haletante d’un mortel échappant de justesse à la mort. Mais non. Au lieu de ça, l’homme semblait le prendre de haut avec un tel culot que le vampire en restait sans voix.

Ce qui lui fit perdre d’autant plus son latin, ce fut les paroles qui suivirent : le mortel prononça son nom. Balian plissa doucement le regard, une méfiance hostile naissant aussitôt dans son esprit. Balian De Lusignan ne frayait pas avec les humains. Stacey était la seule exception qui confirmait la règle. La liste d’amis du vampire était courte et limitée. Il savait qu’il ne le connaissait pas, il s’en serait souvenu. Alors quoi ? D’où diable connaissait-il son nom ? Et pourquoi lui parlait-il comme s’il savait qui il était ? Ça avait l’air de bien le faire rire, en tout cas. Il observa avec circonspection les lèvres de l’asiatique s’étirer en un sourire qui lui semblait étrangement familier. Balian, lui, ne riait pas. Il fallait dire que le monde avait changé et que n’importe qui ici était un potentiel ennemi. Cette vanité sortie de nulle part et cette familiarité suspecte le dérangeaient énormément. Un espion de Tullamore ? Un ennemi ? Ou bien était-il définitivement devenu fou ? Il était venu ici pour chasser et voilà maintenant qu’il conversait avec le gibier ! Y avait-il meilleure preuve de sa folie ? Balian grogna. Il se fichait des défis que lui lançait l’insolent. Il voulait savoir. Comprendre. Reprendre le contrôle et effacer ce sourire idiot de la face de ce misérable. Avec une brutalité qui lui était propre, il le saisit par la gorge et le plaqua contre le tronc d’un arbre, pressant impitoyablement sa gorge tout en dardant son regard sombre sur son visage comme pour l’examiner. Il chercha à lire en lui, à fouiller dans sa tête, à trouver ce qui se cachait dans les pensées de cet impudent. Plissant les yeux, fronçant légèrement les sourcils, il plongea son regard dans le sien. Si le nom de Balian De Lusignan était probablement connu parmi les vampires, il ne l’était pas chez les mortels. On le craignait du temps de River Crow, mais il y avait bien longtemps qu’il n’effrayait plus les esclaves, et il ne pouvait croire qu’on ait répandu son nom.

« Qui tu es n’aura plus d’importance lorsque tu succomberas… » Le prévint-il en découvrant ses canines dans un sourire carnassier. « Il y a des jeux auxquels on ne devrait pas se risquer. »

S’il devinait qui il était, hein ? Il n’en avait aucune foutue idée, et il en était convaincu, il ne le connaissait pas. C’était pour lui une raison suffisante pour le tuer. Et pour le traité ? Il invoquerait la légitime défense. C’était suspect, après tout, d’apparaître dans des bois en babillant son nom comme ça. Il tuait un espion, voilà tout. Ses doigts écrasèrent un peu plus fort sa gorge, appuyant sur sa trachée. Le vampire ne cilla pas une seule seconde. Il voulait le voir s’étouffer, mourir, lire la peur dans ses yeux, cette terreur commune aux mortels lorsqu’ils sentaient que la mort arrivait et qu’il ne pouvaient lutter. Il chercha dans son crâne, fouilla avec application pour voir d’où il avait pu sortir son nom, mais il ne trouva rien et cette constatation le perturbait grandement. Mais alors, si ça ne se cachait pas dans sa tête… ? Balian arqua un sourcil et un quart de seconde plus tard, son étreinte se desserra, laissant passer l’air dans la gorge de sa proie. Si ce n’était pas dans sa tête, c’était autre chose… Non. Il délirait. Il hallucinait. Ce n’était pas possible. Il dévisagea l’asiatique d’un air interdit, silencieux. Une coïncidence ? Le hasard ? Quelles étaient les chances pour que ce type qu’il ne connaissait ni d’Ève ni d'Adam soit...

« Jonah ? »

Jonah le prophète. Jonah l’insaisissable. L’âme sans corps. Le parasite accroché au corps de sa soeur, coincé dans sa chair, prisonnier de la belle Eden. Il avait justement pensé à lui avant de chasser, s’étant demandé ce qu’il avait pu devenir, s’il avait pu survivre après les bombardements… Ça expliquait que ce mortel le connaisse, parle comme s’il le connaissait. Ça expliquait cette familiarité qu’il lui trouvait malgré lui, ces sourires qu’il reconnaissait. Mais… Que faisait-il dans un corps pareil ? Il le pensait condamné à vivre dans la chair de sa soeur. Balian fronça légèrement les sourcils, le front plissé.

« C’est bien toi ? Comment tu as fait ? » Le questionna le vampire, soudainement plein de curiosité. « Tu as finalement réussi, alors ? À infecter un autre individu… Incroyable. L’âme sans corps… Si j’avais su que tu survivrais, Jonah. »

Ça lui faisait bizarre de prononcer son nom. C’était la première fois depuis deux ans. Sa langue caressait doucement son palais pour terminer en un doux son presque susurré. Jonah. Il n'arrivait pas à y croire. Il en réalisait pas encore bien qu'il venait de retrouver son disciple. Il l'avait emmené tant de fois visiter les rues de River Crow pour lui montrer l'art et la manière de tuer et torturer. Même au manoir, avec les autres esclaves... Ce qu'ils avaient pu s'amuser. Il avait tant de questions à lui poser après deux ans de séparation. Où était Eden, comment il avait pu survivre, ce qu'il avait fait pour infecter une autre conscience... Ils en avaient au moins pour toute la nuit. Balian était heureux, comme si... Comme s'il retrouvait un vieil ami. Il ignorait le genre de relation qu'ils partageaient, mais elle était positive, non ? Esquissant un rictus amusé, Balian le toisa de haut en bas.

« Et bien, en tout cas, Jonah, tu t'es masculinisé, ces deux dernières années... Je m'étais habitué à cette odeur de femelle sur toi. »
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Balian
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Oh oui Balian. Joue. Cède. Déchire symboliquement ce traité qui te ronge et te détruit. Brise ma nuque, brise tes chaines. Un simple geste. Une simple pression. Vois comme il est naturel pour toi d’ôter la vie.

Il voit le sourire, les crocs dévoilés dont l’éclat promet tellement d’horreur. Il admire la lueur qui allume son regard, cette flamme qui danse dans son iris et occupe un instant son esprit. Il a une imagination tout aussi libérée que celle de sa jumelle. Elle s’enflamme à la même vitesse. Balian a le regard d’Hadès en personne. Du Dieu assit sur son trône qui contemple avec satisfaction, les Âmes se lamenter au fond du Styx. A cette seconde où il décide qu’il le tuera, où plus aucune limite ne le fait souffrir, le Vampire à toute l’attention de l’entité. Ce qui n’est pas courant. Il est habitué à être multiples. Penser, parler, préparer et agir. Toujours occuper, souvent à tout faire. Pas à ce moment. La bestialité proche du Palestinien accapare son présent. Aux premières loges pour la voir s’exprimer. Jonah n’est jamais loin quand le Raison se terre. Et il est toujours le premier à s’en réjouir. Même alors que l’air se rarifie dans son corps. Il sent la brûlure de l’oxygène qui manque. Son crâne qui vrille sous ses tempes battantes. Son cœur qui s’accélère brutalement. Pourtant il ignore tous les signaux d’alarme. Ils ne lui sont pas destinés. Si ce corps se meurt, il sera projeté… Ailleurs. Dans des Landes Oniriques où brille l’essence du vivant. Suivre la lumière, pour doucement l’étouffer d’obscurité. La voilà son Immortalité. Il en est si fier. –Trouves. Il sourit, prononçant ce mot dans un souffle qui vient ensuite à lui manquer.

Son regard reste dans le sien. Amusé et presque provocateur dans son absence de peur. Il sent son incompréhension alors qu’il se heurte à l’esprit délabré de Tim. Il s’y cache, s’y glisse et s’y faufile, observant son Intrusion aussi violente que son étreinte sur sa gorge. Il le laisse deviner seul. Il l’observe supposer avec un plaisir insolent. Il refuse l’idée que l’Immortel l’ai oublié. Il sait qu’il a laissé une empreinte dans ses souvenirs. Il veut qu’il se soit questionné sur ce qu’il devenait comme lui a pu le faire. L’étau se fend. Jonah inspire longuement en faisant quelques pas, levant les bras. Un rire léger quand sa respiration se fait régulière et il se tourne vers Balian au moment où il prononce son nom. Un sourire amusé sur ses fines lèvres. – Tadam ! Il revient vers lui, tournant sur lui-même pour lui montrer cette nouvelle enveloppe volée. –Evidemment que c’est moi, tu connais quelqu’un d’autre qui a un tel sens des entrées en scène ? Il se tape le Luxe de l’humour. Lui a déjà eu le temps qu’il lui fallait pour apprécier le Hasard de leurs retrouvailles. – Je suis visiblement l’Âme de plus d’un corps. Il ignore comme cela fonctionne. Lui n’a qu’à suivre un instinct ancestral et se régaler des malheureux qu’il vient hanter. Quand il est fatigué de ses réjouissances, il réintègre un esprit façonné pour s’y reposer. Sa langue claque ensuite contre son palais, presque agacée. – Parce que tu doutais que je sois encore en vie ? Il fronce les sourcils. – Tsss… Un sourire fend sa mine boudeuse – C’est comme d’être étonné de ma réussite ! Tu étais prêt à croire que j’étais une âme sans corps, mais pas qu’un jour je quitterai le sien ?

Voilà maintenant qu’il se fou de sa gueule… Il était tatillon sur le sujet avant. Quand il était effectivement piégé dans l’enveloppe aux courbes bien féminines de sa jumelle. Il n’en riait pas quand il était forcé de faire avec. Les choses sont différentes maintenant. Il a le choix. – Je trouve que l’Asiatique me sied mieux. Il revient vers lui, amusé. – Il faudra te faire à cette nouvelle odeur. Et aux autres. Se permet-il d’ajouter l’air de rien. Jonah se contente généralement de s’épater lui-même mais… Il trouve un certain attrait à l’idée d’impressionner l’Immortel. Lutin du Chaos, farceur sans moral. – J’n’ai pas chômé, moi. Il s’adosse à un arbre, mettant les mains dans sa poche. Sa gorge est encore brulante de l’éteinte bestial.- Pendant que tu roucoulais avec Stacey, je quittai ma prison. Jonah ne sait pas si son ancien esclave est toujours en Vie. Il le déduit. Du comportement de Balian. De son état général. Sans raison, le Vampire ne respecterait pas le pacte. Et l’humain est sa Raison. De même qu’Eden est sa conscience. Jonah se fait un instant silencieux. Si même l’ancien bourreau doit se plier au traité, c’est qu’il a une importance capitale. C’est que la situation est plus critique qu’il l'avait envisagée. – Je t’ai promis un autre cou pour assouvir ta soif, il me semble… Il fait quelques pas. La partit est plus palpitante qu’il ne le pensait. Même si il se complaît dans le Chaos ambiant, l’entité à d’autres projets. Plus grands. Se mêler à la Guerre qui se prépare en fait partit. Au premier plan pour contempler les âmes s’éteindre lentement dans le Néant.

Tu veux voir un tour de magie ?
Il trouve le chemin de l’esprit du Vampire tellement facilement. Et s’il ne peut toujours pas se mêler à son essence, il sait toujours s’y faire entendre. Acquis d’une époque où il se plait à se reposer, déambulant dans les souvenirs des Desseins qui les animaient. La répression et la souffrance. Tu veux voir ce que je peux faire à présent ? Jonah est bien décidé à jouer cette nuit. Pour fêter ce heureux Hasard. Quitte à pousser un peu. Il ira se reposer le jour venu pour mieux combler son appétit vorace, la nuit suivante. A l’image des Monstres.

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« Je ne crois que ce que je vois, Jonah, et ce que j’ai vu jusqu’ici, c’est le corps de ta soeur… » Se contenta de répondre le vieux vampire avec amusement.

Il haussa les épaules, le détaillant du regard. Pour être honnête, il avait beau le voir, il avait du mal à y croire. Du mal à croire que cet homme en face de lui était bel et bien Jonah, celui dont il avait presque fait son disciple, il y a quelques années. D’ailleurs, comment penser que deux ans s’étaient écoulés ? Il avait l’impression de l’avoir quitté hier. Il revoyait avec une telle clarté leurs nuits de massacre et de torture. En se concentrant, il pouvait même entendre l’écho des cris de leurs victimes.Il le suivit du regard, pensif et plein d’une mélancolie nouvelle qu’il chassa rapidement; c’était des retrouvailles, un moment de joie et de volupté. Se lamenter sur le passé ne ferait pas avancer les choses, il fallait profiter du présent. Et ce présent, et bien… Il n’était pas si déplaisant, à l’instant. Il examina attentivement le visage de Jonah, s’habituant doucement à cette nouvelle identité. Ce serait mentir que d’affirmer qu’il n’avait jamais essayé de lui imaginer un corps. Tout naturellement, il avait fantasmé une version masculine d’Eden, alors ce contraste frappant le perturbait un peu, mais il s’y ferait. Il n’était pas désagréable à contempler, loin de là, même. Et même sous ce nouveau visage, il lui reconnaissait les expressions d’auparavant. Ce petit sourire malicieux au coin de ses lèvres. Cette lueur d’espièglerie au fond des yeux. C’était étrange d’avoir une toute autre personne sous les yeux et pourtant d’y reconnaître Jonah. Comme quoi, il avait bien fait de ne pas douter de lui. Il était bien une âme sans corps et pas l’expression de la folie d’Eden. La remarque qu’il lui lança le fit rire. Il ne releva pas la pique sur ses roucoulades avec Stacey, plus interpelé par ses autres mots.

« Tu es toujours en prison, Jonah. » Rétorqua le palestinien dans un rictus amusé.

Ce n’était pas faux. Il avait beau avoir quitté le corps de sa soeur, il était toujours derrière les murs de l’île et Balian doutait qu’il restât ici par envie. Qui aurait envie de vivre dans un pays pareil, gardé par de vulgaires humains, jeté derrière les barricades d’Irlande comme on jetterait des bêtes dans un cachot ? Pas Balian, en tout cas. Il attendait l’occasion. Scrutait l’instant où cette nouvelle dictature partirait en flammes. Il pouvait faire preuve de patience quand il le voulait, il avait tout son temps. Il était immortel, après tout. En attendant, il n’avait qu’une responsabilité de la plus haute importance : respecter le traité, quitte à alimenter un peu plus sa frustration. Et Balian s’y attelait ! Avec peine, certes, mais il tenait le coup et il pouvait être fier de lui. Un petit pas pour un vampire… Un grand pas pour la pérennité de la paix. Il se convainquait chaque jour que cela valait le coût.

« Une prison bien différente, certes, mais une prison. Je vais roucouler encore un peu si tu le permets, et on reparlera de ta toute relative liberté plus tard… » Ironisa Balian, taquin.

Il s’était laissé impressionné par sa capacité à changer de corps, mais il n’allait pas se laisser tomber en pâmoison face au nouveau Jonah, quand même. Il lui en faudrait un peu plus pour lui décrocher la mâchoire. Du spectaculaire, de l’inédit, de l’incroyable. Certes, l’entrée en scène avait été bien orchestrée, mais maintenant, il fallait le show. Et d’ailleurs, le show ne tarda pas à se manifester puisque Jonah commença à lui montrer ses talents en entrant dans sa tête. Le vampire arqua d’abord un sourcil, surpris, avant de lui jeter un sourire amusé. Tout ça le mettait en appétit. Il était impatient d’en découvrir plus, maintenant que Jonah dévoilait un peu l’étendue de ses pouvoirs. Il se rapprocha de lui pour lui asséner une tape énergique dans le dos. Reprendraient-ils leurs instants complices d’auparavant ? Il en avait bien envie. Il essuya d’un revers de main le sang qui tachait son menton.

« Vas-y, Jonah… Impressionne-moi. » Lui ordonna-t-il en passant dans son dos pour poser ses mains sur ses épaules. Il se pencha à son oreille. « Et tu me montreras aussi ce dont ton nouveau corps est capable. » Ronronna-il d’une voix de velours.
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-Est-ce de ma faute si tu ne peux voir les âmes ? Est-il responsable si, malgré sa rage de vivre, personne n’avait daigné reconnaitre son existence ? Il était vivant pourtant. Ou en tout cas pensant. Quoiqu’il soit, il était. Ça aurait dû importer plus que l’enveloppe qu’il utilisait. Il ne dit rien pourtant. Parce que l’Immortel a beau faire le fier, Jonah sait qu’il a tout cru en sa réalité. Il n’aurait pas pris la folie de sa sœur sous son aile. Il n’en aurait pas fait un compagnon de jeu. Lui, le Bourreau de River Crow, celui dont le nom à lui seul, faisait trembler de peur le plus brave des Esclaves, n’aurait pas pris la peine d’ouvrir les portes de son monde à une simple folle. Surtout qu’il était totalement insensible aux charmes nombreux de sa jumelle. Un bon point de plus pour lui. Oh, il se doutait bien que le Vampire avait dû lui imaginer une apparence, se basant sur Eden pour base. Et si l’entité n’avait pas choisi le corps de Timothée sur son physique, il doit avouer que cela lui sied assez bien. L’Asiatique se prêtait à tous ses manques, sachant autant se parer de l’innocence usurpée, que de la colère la plus sombre dont il soit capable. Il est sûr que l’Immortel saura apprécier cette nouvelle forme et toutes celles qui siéront à ses envies.

Il tique avant d’envoyer ses remarques intempestives d’un geste évasif de la main. – Disons que théoriquement je suis en Prison. En pratique, je pourrai passer de corps en corps jusqu’à trouver un qui a un laissé passer vers la liberté. Ça me prendrait du temps, beaucoup de temps. Et pas mal d’énergie aussi. - Mais ça serait d’un ennui mortel. Je ne sortirai pas par une petite porte. Il croise les bras contre sa poitrine. Il a longuement réfléchit à sa condition de captif. Et il ne le digère que parce qu’il sait qu’il est possible pour lui d’en sortir. Possible. En réunissant tout un tas de condition. En comptant un peu sur la chance. En sacrifiant des mois, voire plus. Il retrouve bien son bourreau favoris. Piquant, incisif, le tout avec un sourire à damné le diable en personne. Qui savait faire avec la repartie de Jonah. - Je n’ai jamais compris ce que vous trouviez à Stacey… Il le toise un instant. – Il est une de tes faiblesses évidentes. Mais comment va-t-il d’ailleurs ? Toujours un sale gosse bouffi de niaiserie ? Il l’apprécie, sa vie hors des murs du Manoir ? La question de l’entité n’a qu’à but: Savoir si il pourra toujours fantasmer sur les mille tortures qu’il aimerait infliger à l’ancien esclave. Ce sourire qu’il aimerait taillader, cette relation avec sa sœur qu’il aimerait gangréner de Haine. L’humain a détourné sa jumelle de ses desseins. Pire, elle s’est toujours interposée entre eux, le protégeant de sa violence et sa vengeance. Et maintenant que Balian se rajoute à la donne, il a conscience qu’il ne pourra jamais briser ce petit connard. Seulement le rêver et pourquoi pas le malmener un peu. Rien de méchant, une petite compensation qu’il mérite amplement.

Il observe un instant le vampire s’avancer puis se perdre derrière lui. Le départ lui est donné. Il ferme les yeux un instant et se concentre. La toile sombre de son esprit accueille la lumière des Âmes proches. La lueur des plus lointaines. Vacillante. C’est souvent le hasard qui le pousse à un choisir une, plutôt qu’une autre. Pas cette nuit. Toujours un coup d’avance, des plans pour toutes les possibilités. Des possibilités pour tout un plan. Il n’a aucun mal à trouver celle qu’il cherche. Et pour cause, elle fait partit de celle où son obscurité y est déjà implanté. Une petite place au creux des vices de ces êtres. Des hôtes futurs, des pions ou juste des repas en devenir. Tout un choix. Le Tullamore n’est pas loin. Avec un autre, il accompagnait le duo que le Vampire a fauché. Partit en reconnaissance, Jonah remonte leurs parcourt dans une réalité qu’il peut rendre tangible. Le corps de Timothée est laissé en moque automatique. Il est toujours habité par une trace de l’entité. Une petite parcelle de son être qui suffit à lui en assuré le contrôle. Une balise de secours à suivre s’il s’égarait encore. Un sourire passe sur ses lèvres aux paroles du vampire. Elle déboule en son essence comme un écho. – Zaki ? Hey ! Tu m’écoutes ? Il le fait hocher la tête alors qu’il s’insinue dans le pauvre homme. Les graines de son pillage y sont déjà plantées et plutôt que de les laisser germer petit à petit, il va en déchainer la croissance. Il y perdra l’esprit de l’hôte dans une forêt sombre et profonde, enraciné dans ses peurs et la folie brutale qu’il est prêt à déchainer. Ce qu’il fait sur des semaines, Jonah l’impose à l’âme en quelques minutes à peine. C’est violent. L’entité ravage toute une construction de souvenir, toute la structure d’une psyché en une poignée de tic-tac, une rage qui est propre à ce qu’il est en arme redoutable. Un instant de perdition où il dévore toute trace d’espoir. Puis un rappel informe. Il n’est pas là pour satisfaire le gouffre de son appétit.

– On devrait faire demi-tour. J’le sens pas ce coup là. Son collègue hésite un instant. Jonah improvise avec une enveloppe qu’il ne connait qu’à peine. Il puise dans tout ce qu’il a brisé et détruit pour broder. Déduisant des comportements simples à adopter pour ne pas éveiller l’attention. La nuit est sombre. Opaque. Prête à les avaler. – Tu as raison… On n’ira pas plus loin pour c’soir de toute façon. Il tire sur les bons fils, marionnettiste, le corps se plie à sa volonté sous l’incompréhension de celui qu’il possède. Petit à petit, il se dilue, passant d’un corps à autre pour retrouver Jonah. Découverte nouvelle qu’est sa division. Elle est vorace cependant. L’équilibre est fragile et il doit veiller à ne pas trop tendre vers l’un ou l’autre. Tu auras bientôt de quoi satisfaire tes Instincts Balian. Jonah sourit, suivant dans un coin de son âme dédoublés l’avancé de celle parasite. Une première vague de douleur qu’il repousse. Il est un peu trop ambitieux pour ne pas en payer un certain prix. La délivrance est proche. Deux Tullamore juste pour toi, quelques centaines de mètres au Nord… Tu peux entendre le battement de leur cœur d’ici ? Je te les ramène. Ronronne-t-il dans le crâne de son Mentor retrouvé.

Ignorer ses limites. Les repousser. Subir les conséquences et recommencer. La souffrance le nourrit. La souffrance le grandit. Et cette nuit encore, il paiera son tribut.


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Avec Balian, Stacey était un sujet sensible, pour ne pas dire carrément tabou. Il avait l'humain dans la peau. Ce gamin le rendait plus dingue qu'il ne l'était déjà et les réactions du vieux vampire à son propos pouvaient être aussi dangereuses qu'imprévisibles. Oser aborder ce sujet devant le roi de Moïsmasem était risqué et audacieux. Mais lorsque l'on n'avait pas de corps et que son âme pouvait facilement trouver un autre hôte à parasiter, évidemment, il était plus facile - et probablement plus amusant - de s'attaquer à ces débats fâcheux. Le vampire plissa doucement le regard alors que Jonah déversait impudemment son poison sur le mortel adoré de Balian. C'eût été quelqu'un d'autre, il l'aurait saisi par la gorge pour lui écraser la trachée avant même qu'il ne puisse finir sa phrase. Mais Jonah était un ami, et par conséquent, un privilégié. Devant lui, le palestinien consentait à faire preuve d'un peu plus de sang-froid. Juste un peu. « Stacey n'a jamais été bouffi de niaiserie. » se contenta-t-il de répondre dans un soupir. Il n'avait pas envie d'aller plus loin dans la discussion. Il n'avait rien à prouver à Jonah et pas la moindre envie d'étaler sa faiblesse sous les yeux de son camarade. Stacey était ce qu'il était. Il avait sûrement été naïf et innocent, à une époque, mais niais ? Jamais. C'était son désespoir qui l'avait séduit. Stacey avait été brisé, il l'avait vu dans ses yeux. Il n'y avait rien de plus séduisant à ses yeux que cette lueur de tristesse et de haine mêlées. Aujourd'hui, ça ne ressemblait plus à ça mais ça n'avait pas empêché son amour de grandir et se développer. Oui, il le savait, Stacey appréciait sa vie hors du Manoir. Peut-être un peu trop. Mais ce n'était pas le moment de s'embourber dans de sombres réflexions. Non, c'était plutôt l'heure du divertissement.

Et justement, ça devenait intéressant. S’il avait su que Jonah renfermait un tel pouvoir en lui… Mais il ne s’en serait jamais douté. De tout le temps qu’il avait passé avec lui, Jonah était resté enfermé dans le corps de sa soeur, sans jamais lui montrer une once de ses vraies capacités. À moins que justement, le fait qu’il puisse prendre le contrôle de sa soeur et s’exprimer à travers elle fut un fugace reflet de ses pouvoirs ? C’était probablement ça… Balian avait bien voulu croire à l’existence d’une âme sans corps, mais il n’avait pas une seule fois pensé que ça puisse aller plus loin. Pour le coup, il se sentait un peu stupide. Cela ne lui ressemblait pas, d’avoir une vision aussi réduite de la situation. Il allait rattraper les choses ce soir. Rattraper le temps et tout découvrir - et redécouvrir - de Jonah. Il voulait tout savoir. Jusqu’où allaient ses pouvoirs, en quoi ils pouvaient être utiles, comment il avait appris à les maîtriser et comment il les avait découverts. Tout et bien plus. Le sourire aux lèvres, attentif comme jamais, Balian observait. Il examina le profil de Jonah d’un oeil avisé alors que le sorcier se mettait à l’oeuvre. Le vampire, malheureusement, ne pouvait rien voir ni sentir de son art de marionnettiste. Il ne put que contempler son visage concentré en attendant que quelque chose se passe, surveillant le coin de forêt que le jeune homme semblait fixer. Et puis. Puis une odeur. Un son. Ils approchaient. Le vampire frémit doucement avant de se tourner de nouveau vers Jonah, les commissures de ses lèvres s’étirant doucement vers le haut. Était-ce son oeuvre ? C’était lui, derrière tout ça, dans les coulisses du monde des âmes ? Jonah le lui confirma et le rictus de Balian grandit encore. Il le sentait, il en était certain… Ce soir, ils allaient s’amuser.

« Tu as développé l’art de la manipulation, on dirait… Mais as-tu perdu la main quand les choses deviennent plus… Physiques ? »

À ces mots, il se dirigea vers l’un des corps des Tullamore et se pencha pour fouiller le cadavre. Il retira un couteau de chasse de la ceinture d’une de ses proies et le lança souplement à Jonah. Son regard était plein de promesses. Ils allaient fêter leurs retrouvailles dignement et à leur façon : dans le sang et la violence. Balian avait attendu cette soirée sans vraiment l’espérer. Il avait d’autres priorités, maintenant que les Tullamore dominaient l’île. Il avait gentiment mis de côté ses instincts bestiaux et ses désirs meurtriers pour se concentrer sur sa simple survie, mais ce soir, c’était le soir de tous les excès. Il allait fêter ça en beauté et se forger de beaux souvenirs dans lesquels il se plongerait pour oublier sa frustration, la prochaine fois qu’il s’obligerait à respecter le traité. Les proies se rapprochaient à mesure que l’intérêt du vampire s’attisait. Son appétit pour la torture et la souffrance des autres n’avait pas changé, il était le même ; un gouffre sans fin, un puits sans fond, impossible à combler. Il s’en léchait les babines d’avance, visualisant déjà le sang, les plaies, les cris et les pleurs. Il avait décidément bien fait de sortir ce soir. Lui qui était d’humeur maussade dernièrement retrouvait l’enthousiasme et le sourire qui allait avec, d’autant plus en flairant l’odeur des deux Tullamores qui foulaient les terres des vampires.

« Prenons notre temps, d’accord ? Pas de précipitation… Je veux profiter de l’instant. »

C’était rare que les conseils intimant au calme et à la raison proviennent de Balian. Cependant, ces conseils n’avaient pour but que de prolonger le plaisir de la torture, alors l’un dans l’autre… Il comptait sur Jonah pour rendre les choses plus amusantes. « Plus on est de fous, plus on rit », c’était bien le proverbe, non ? Et à part Owen – qu’il n’avait pas revu depuis le bombardement – Balian n’avait pas eu de meilleur partenaire de jeu que Jonah. Il ne le lui avouerait jamais, cependant, il ne voulait pas que l’âme se sente trop flattée et se repose sur ses lauriers… Il se demandait si Jonah était capable de fouiller dans ses pensées, lui qui pouvait lui parler par télépathie. C’était le propre des vampires, ce genre de tour de magie, et puisque les pouvoirs psychiques de Jonah semblaient surpasser les siens, peut-être devait-il craindre de se faire décortiquer l’inconscient sans même le savoir… Il n’avait à proprement dit rien à cacher, hormis, peut-être, sa dévotion totale à Stacey, son amour empoisonné qui, Jonah le devinait, le rendait faible et vulnérable. C’était quelque chose qu’il n’avait pas très envie de montrer.

« Allez, Jonah… Fais-moi voir si tu as retenu tout ce que je t’ai enseigné… »

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Autodidacte, Jonah fait son enseignement seul. Il apprend en essayant. En échouant. En recommençant. C’est une quête sans fin, qu’il ne perd jamais l’occasion d’assouvir. Un jour, alors qu’il se laissait lentement glisser vers les méandres de l’inconscience, perdu dans un appétit sans limite, le souvenir de sa jumelle et lui, petits, jouant dans la salle de musique, l’avait brutalement happé. Il s’y était littéralement transposer, y marchant comme sur du concret. Sa sœur au piano. Son sourire et ses fossettes. Ses cheveux indisciplinés et sa petit robe d’un bleu pâle. Lui au violon. Pieds nus, les yeux pétillants de malice. Et plus encore, cette musique. Dansante. Vibrante. Parlante. Les notes formaient un chemin. Celui vers le réel. La musique. Quand Jonah perd le fil ou craint de vaciller, les sonorités de l’instrument à corde serve de guide. Une mélopée pour chaque situation, il se fait compositeur, inspirée par le moment. Cette nuit le bois du violon vibre pour qu’il maintienne pied avec le présent, qu’il ne perde pas l’équilibre entre le double contrôle qu’il s’impose. Rythmée. Enjouée. De celle qui se danse avec le corps et nait des rythmes des battements de cœur. Il faut dire que Jonah était en liesse. Il ne se lassa pas de la présence retrouvé du vampire. Perdue et pourtant… Jonah savait que tôt ou tard, il recroiserait la route du bourreau. Ils s’étaient liées dans le sang, leurs secrets chuchotés sous couvert des hurlements de souffrance. Et justement, une vague de douleur s’engouffre de nouveau dans la brèche. La mélopée se fait plus enivrante et plutôt que de nier le contre coup, l’entité s’y jette. C’est un point d’ancrage de plus dans le concret. Il ne veut pas décevoir Balian et compte bien lui ramener son dû.

- Zaki ? T’as une réponse ? C’est bizarre qu’on n’ait toujours rien sur la radio. Il ne peut pas se la fermer celui-là ? Fallait vraiment qu’il tombe sur l’angoissé du groupe ? – La réception est merdique pour changer… Arrêtes d’paniquer comme ça, tu vas finir par m’refiler ton stress. Grondes-t-il. L’improvisation plait à Jonah. Il la distrait un temps et il en profite pour se nourrir d’un souvenir sombre. Un regret attisé. Une culpabilité niée. Il se délecte de la voir à présent pervertir une âme déjà sienne. Il y a des choses qui ne s’oublient pas Balian. Comme le vélo. Il s’en tient à la pensée. Encore une fois par facilité. Les proies sont proches, bientôt visibles. Il devra bientôt annoncer que l’une des deux n’est plus qu’une enveloppe charnelle, vide de son essence et d’un esprit apte à la diriger... Mais il ne doute pas qu’eux seront capables de la faire agoniser d’avantage. Il pourrait rester dans son corps pour la forcer à subir, en exposant une conscience dont les lambeaux encore frais, suintent la mort. Et toi Balian ? Je peux te retourner la question, non ? Je suppose que le Bourreau n’a pas laissé libre court à sa créativité depuis bien longtemps… Le traité. Encore ce putain de traité. L’entité titille un peu l’Immortel pour le voir se défouler, exulter la frustration de ce qu’on lui impose. Il réceptionne l’arme. La dualité est plus compliquée sur la durée et le corps de Zaki se prête aux mêmes gestes que celui de Tim. – Qu’est ce qui te prend ? Ricanne son collègue… Son rire s’étouffe quand Zaki se tourne vers lui, pointant le fusil vers sa tête. – Balances lentement tes armes… Et après lèves les mains. Un instant il n’y croit pas. Mais quand il le frappe de la crosse, la surprise lui fait ravaler ses doutes. Il ne comprend pas. Mais il est obeït, s’accrochant encore à l’idée d’une mauvaise blague. – Déconnes pas gars… Sérieux… Le canon est pressé un instant contre son dos. Il avance, ne se doutant pas encore de ce qu’il l’attend.

Si tu veux. Il sourit. Comprenant les desseins qui l’animent. Faire durer le plaisir. Prolonger la sensation d’interdit. Déverser une hargne accumulée durant des mois sur quelques heures. Il connait. Jonah ne connait pas les regrets. Les remords. Mais si il pouvait changer une chose à son passée, c’est la manière dont il a tué sa mère. Il était jeune. Il manquait de temps. D’expérience. De patience. Elle méritait tellement pire. Sa mort a été bien trop rapide par rapport à ce qu’il rêvait de lui faire subir. Il bouillonnait tellement à l’époque, peinant à saisir le sens de son existence. Penchant entre démence et fantôme. Entre ce qu’il savait et ce qu’Eden pensait. Si fort. Jamais, pas une seule fois,  Eden s’est cru schizophrène. Pas un instant. Envers et contre tous, elle clamait qu’il était un danger bien réel, non une hérésie. Elle avait tellement raison. Jonah est un fléau, une maladie, une magie sombre, prête à gangréner le monde. Oh… L’un des deux ne sera pas très… Locace. J’ai foutu le bordel dans son crâne… Il ricane, assez fier de lui. De ce magnifique carnage qu’est à présent la conscience de Zaki. Tourmenté par l’horreur, son âme qui se nécrose au fur et à mesure que l’entité s’installe. Mais tu es télépathe, non ? Alors admire… Et essaie de lui tirer encore quelques cris d’agonie. Ça doit être dans tes cordes aussi. Provocateur et joueur, fuyant à tout prix l’ennui. L’ennui qui fou le camp quand Balian est dans le coin.

Il lève les yeux au ciel, amusé. Jonah n’a rien oublié de ses leçons et il compte bien le lui prouver. Sur le champ. Zaki ramène son collègue directement dans leurs bras. Proche, son dédoublement est plus compliqué à tenir. Comme deux aimants, les deux morceaux d’esprit cherchent à se retrouver. Il gronde légèrement et relâche son emprise sur le mortel alors qu’il s’est avancé. Celui-ci s’effondre au sol dans la seconde, tremblant comme sur le point de convulser. – Un sacré bordel, même. Il sourit au Tullamore qui vient d’apercevoir le corps de ses camarades. Il s’étire ensuite, penchant la tête de droite à gauche pour faire craquer les os. Il se réapproprie cette réalité. Ses doigts se serrent contre le manche de son arme. – Si ça peut te consoler… Dis-toi juste que tu fais les frais d’un Hasard heureux. Il ne l’a pas quitté des yeux, observant cette sombre peur qui le paralyse un instant. Ce frisson qui parcourt son échine et redresse les poils de sa nuque. Il peut presque entendre son cœur louper un battement avant de partir dans une danse frénétique. Entend-il les violons, aussi ? La lame se presse contre sa gorge, piquant juste assez pour faire perler une goutte de sang. Il doit lutter contre l’envie passagère d’atténuer sa faim naissante en suivant le chemin de l’Horreur… Mais… ça ne serait amusant que pour lui. Et Jonah est partageur ce soir. Il prendra ce qu’il reste à piller chez ce cher Zaki. – Je me sens d’humeur… Novatrice, ce soir… Il réfléchit un instant. Une incision nette sur le nez. Cartilage et chaire. Les lèvres, pour dévoiler les dents…. Lequel en premier ? –  As-t-on avis Balian, le piffe ou la bouche ?



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Ils se tenaient là devant eux. Les deux humains. Les chiens de Tullamore. Balian serra les dents, mâchoire tendue. Il riva son regard sur la silhouette des deux mortels, impressionné par les pouvoirs de Jonah qui les avait menés ici rien que par la force de l’esprit. Il était curieux de connaître les dessous de cette force toute nouvelle, de découvrir les secrets de l’âme, mais pour l’heure, il avait sous les yeux un divertissement tout trouvé. Télépathe ? Il l’était lui aussi. Capable de plonger dans l’agonie les âmes les plus sombres, capable, par la force d’un regard, de plonger dans la souffrance la plus indescriptible même le plus solide des âmes. Balian avait développé ce don, celui de la torture mentale, celui d’affliger aux autres la douleur de toute une vie, celle des regrets, des colères et du désespoir. Ce pouvoir le seyait comme un gant, il était le Bourreau, après tout, celui avec un B majuscule, qui faisait trembler les esclaves du manoir rien qu’avec son nom. Pourtant, étrangement, il s’en servait assez peu. Balian avait le goût du spectacle. Du visuel. Il peignait de vermeille ses séances de torture, les plaies, les bleus, les contusions étaient ses couleurs, les lames, les armes, ses doigts étaient ses pinceaux. Balian était un artiste, il ne pouvait se contenter de la douleur seule, il avait besoin qu’elle s’exprime visuellement, qu’elle impressionne et qu’elle effraye. La douleur seule ne suffisait pas, il avait ce besoin maladif de grandiose et de spectaculaire. Alors, quand Jonah lui fit la proposition de se servir de ses dons télépathiques pour tourmenter un peu plus cette âme déjà suintante de mort, il haussa les épaules, seulement à moitié intéressé par la proposition. À quoi bon, si son collègue ne pouvait admirer toute la magnificence de cette souffrance ? Les humains étaient plus impressionnés par un peu de sang que par la menace d’une torture mentale.

« Il faudra améliorer ça, Jonah… À quoi bon contrôler le corps des gens si c’est pour en faire des légumes ? » lança-t-il, provocateur.

Il était taquin. Lui était incapable de ce genre de miracle, il n’était pas marionnettiste. Il n’était pas le joueur de flûte charmant les rats, ses proies, il devait aller les chercher lui-même. Ses piques verbales à l’adresse de l’âme n’étaient donc que railleries innocentes, car il avait bien conscience de la force de Jonah. Il n’y avait qu’à voir l’humain convulser pour se rendre compte de sa puissance. Une force invisible capable de mettre en miettes l’esprit. Un pouvoir terrifiant auquel on ne pouvait échapper. Balian était bien content que Jonah soit un ami. Il sourit en y pensant. Il faudrait, un jour, bientôt si possible, qu’ils se trouvent un vampire pour entraîner les dons du sorcier. Il était curieux de voir si ses petits tours de magie fonctionnaient aussi bien sur les morts que sur les vivants. Si l’esprit d’un vampire pouvait y résister. Mais en attendant… Il suivit des yeux la silhouette de l’asiatique, frémissant de plaisir en voyant l’autre trembler de tout son coeur. L’air embaumait la peur, la terreur sourde et primaire, ça transpirait par tous les pores de sa peau et c’en était grisant. Le vampire s’en lécha les lèvres, les prunelles de ses yeux brillant d’un appétit sadique. C’était ça. Ce qui avait tant manqué. Le geste impitoyable, le plaisir malsain et cruel. L’angoisse éprouvante de la proie. C’était encore plus drôle quand elles étaient plusieurs. Dommage que celui qui gisait à terre ne soit pas en état de subir les mêmes tourments. Nourrir la peur de l’autre à travers la douleur de l’autre. C’était un petit jeu auquel il s’était souvent prêté, avec Jonah. Il se souvenait parfaitement de la facilité avec laquelle ils pouvaient alors les modeler, les pousser à se retourner les uns contre les autres, poussés par la peur de souffrir. La peur de mourir. Une peur que Balian ne connaissait pas, malgré son passé de mortel. C’est avec un amusement morbide qu’il observa son camarade lancer les hostilités. De la nouveauté ? Ça lui plaisait beaucoup.

« La bouche… Donne-lui un beau sourire. » ronronna le vampire en se rapprochant d’un pas félin.

Il darda son regard dans celui du mortel. Il ne semblait pas croire à ce qui arrivait. Pourtant, malheureusement pour lui, si, c’était bien vrai. Bien réel. Trop réel, sûrement, pour ce Tullamore qui se prenait en pleine face une bonne dose de réalisme. Lui qui se croyait au-dessus de tout, probablement, alors qu’il était du côté des gagnants, du côté de ceux qui dominaient l’île, ceux qui les gardaient prisonniers dans ce territoire qui se décomposait peu à peu, comme une viande faisandée. Balian se délecta de son expression, fouillant rapidement dans son crâne pour connaître son avis à lui également. Les lèvres ou le nez ? Qu’était-il prêt à sacrifier dans l’ultime espoir de sauver sa vie ? Ce qu’il ignorait, cependant, c’était ce que ce choix n’était que provisoire. Ce n’était pas forcément l’un ou l’autre. Ce pouvait aussi être l’un et l’autre. Une fois privé de ses lèvres, rien n’empêchait Balian et Jonah de s’en prendre à son nez, mais à cet instant, l’agent ne le devinait pas, la peur obscurcissant ses pensées, le privant de tout discernement.  C’était presque touchant, cette naïveté stupide, cette crédulité à pleurer. Ce mortel était pourtant de ceux qui les chassaient, qui venaient piocher parfois des vampires, il était de ceux qui attaquaient, ceux qui opprimaient. Il devait deviner que la pitié, la compassion, n’avaient pas lieu d’être, sur le champ de bataille. En avaient-ils eu, de la pitié, quand ils avaient enfermé et torturé Léandre ? En avaient-ils toujours, en déchargeant chaque semaine de nouveaux prisonniers sur les terres, les gratifiant d’une vie de misère et de peur ? Non. Et comme disait le dicton, qui sème le vent, récolte la tempête…

« Ne le fais pas trop saigner… » conseilla Balian à Jonah d’une voix de velours, traînante et grave, pleine de promesse de douleur. « Il doit souffrir. Jusqu’à nous supplier de l’achever. Et alors, il souffrira encore… »

C’était un beau programme. Un projet de moyenne durée, alors qu’il levait rapidement les yeux au ciel. La nuit avait encore quelques heures devant elle, avant de laisser sa place au jour. Ce serait tout autant de temps pour tourmenter cet humain. Il lui ferait regretter ses choix, son camp, jusqu’à son existence, pour avoir osé vêtir cet uniforme. Que feraient-ils du corps, ensuite ? L’abandonner en vue, en guise d’avertissement ? Le jeter en pâture aux loups ? Le laisser pourrir pour nourrir les vers ? Oh, ils avaient tout leur temps… Vraiment tout leur temps… Balian tendit la main, effleurant délicatement les doigts de l’humain. Il sentait le moindre de ses tremblements nerveux, ses frissons de petit animal effrayé. C’était aussi hilarant que pathétique.

« Chut… » souffla le vieux vampire en prenant sa main entre les siennes, caressant le dos de sa paume. « Calme-toi. Tout va bien se passer. »

La douceur de sa voix eut un contraste sinistre avec les gestes qui suivirent. Il lui attrapa l’annulaire pour le retourner dans un angle impossible et le craquement sec de son os cédant résonna clairement dans la nuit. Balian lâcha sa main en laissant l’humain crier. Oui, tout allait bien se passer… Il y comptait bien.

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-Tu es cruel avec moi. Un rire lui échappe alors qu’il secoue la tête, pointant un instant la lame du couteau dans la direction du Vampire. – Je ne les réduis pas toujours à l’état de légume. Se justifie-t-il plus par amusement que par réelle conviction de le convaincre. Il sourit et se rapproche de celui qui convulse, sans quitter son collègue de son attention. – Fallait bien que je prenne rapidement le contrôle… Tu n’as aucune patience. Jonah se tourne vers l’immortel dans un regard mutin, lui renvoyant la faute. C’est vrai après tout, avec du temps, il aurait pu le lui ramener sans même que Zaki n’en souffre. Il lui aurait soufflé l’idée comme si elle était sienne, écrasant sa volonté pour lui imposer la moindre de ses lubies. Il n’y a pas de lutte lorsque l’un des adversaires ignore la présence de l’autre. La finesse, il s’y adonne parfois, quand l’humeur lui prend. Il se fait assassin sournois, remplaçant peu à peu les Valeurs d’un Être. Il les substitue par les Siennes. Joli patin qui se pense véritable petit garçon.- Tu as raison sur un point cependant, je dois améliorer ça. Il n’en est encore qu’aux prémices. Il le sait. Il tâtonne beaucoup, bien décidé à découvrir tout ce dont il est capable. – Je vais me rattraper avec celui-là. L’homme se décompose quand il réalise qu’il n’a pas été oublié. L’espoir lui fait croire des choses bien stupides, comme celui de devenir soudainement invisible. – Toi, je suis sûr que tu as plus de résistance… Zaki, c’était le gros bras… Celui qui cogne… Toi, t’es celui qui pense. Celui qui gère. Semer le trouble. Le doute. Bientôt ils auront des jardins d’Horreur à arroser d’une eau délicieusement sanguine.

- Va pour la bouche. Cependant l’entité ne se presse pas. Il prend son temps, étudie la courbe des lèvres bleuit par le froid de la nuit. Les amas de chairs sont tremblants sous la caresse de la lame, alors même qu’il n’y impose encore aucune une pression. – Détend toi… Va falloir que tu serres les dents… Il se penche vers lui. – J’n’ai pas envie que tu gâche tout en gesticulant. Un murmure, presque un conseil et pourtant le sang du mortel se glace un instant d’effroi. – Oh ne fait pas ta mijorée. Jonah roule des yeux. – Tu sais Balian, il fait tout mignon et apeuré comme ça… Mais il a déjà été à notre place ce grand bonhomme… Avec Zaki et sa petite troupe, ils ont joués aux tourmenteurs. Il ne s’est pas gêné pour dépouiller les souvenirs de son hôte. Ça peut toujours servir. – C’est ce qu’on appelle l’ironie du sort, je crois. Oui, Jonah se montre effroyablement patient. Il faut dire que lui, se délecte déjà de la souffrance psychique qu’ils imposent à l’âme malmenée. Il la sent se tortiller, cherchant à fuir ce qui l’attend. Il devine même cet espoir qui s’apparente à de la démence, que tout se finira bien. Qu’il sentira la chaleur des rayons du Soleil qui se lèvent. C’est ça que l’entité veut exterminer.

Jonah roule ensuite des yeux, soupirant longuement sous le énième conseil du Bourreau. Il ricane. – Je vais finir par te laisser le faire, Balian ! Il se recule d’ailleurs un peu, visiblement amusé par l’attachement que met le palestinien à vouloir faire durer un plaisir qui ne fait que commencer. L’anticipation des heures à suivre. – Profite juste… si ça saigne trop, on trouvera bien un moyen de cautériser la plaie. Ils seront se montrer imaginatif, il n’en doute pas un instant. Il se détourne du Tullamore pour poser ses yeux sur Balian. – Il va souffrir. Bien plus qu’il ne peut l’imaginer. Il hurlera jusqu’à ce que ses cris nous lassent et que tu lui arrache de tes mains, ses cordes vocales. Il lui tire la langue, presque enfantin, détournant encore l’innocence qui l’accompagne, cachant toutes ses perversions. Il se détourne ensuite de cette image de doigts ensanglantés, plantant dans la gorge du Tullamore pour en saisir l’origine de sa voix. Avant de les déloger d’un geste violent. Le palestinien se mêle au jeu, rassurant faussement leur nouvel ami. Il ferme les yeux, ronronnant sous le cri rauque qui échappe à l’humain, peu après le bruit des os qui rompent. Il soupire un instant sous le bien être que cela lui procure, allant jusqu’à faire taire, les souffrances qui parcourant l’échine de Tim depuis son petit tour. – Mon tour. Il sourit, sa patience récompensé. Il inspire comme pour se préparer à une épreuve et se saisit d’une main du menton de leur ami pour l’immobiliser malgré sa douleur suintante.

Il s’en délecte. Il fige la saveur de ses secondes dans un recoin de son esprit. Le regard du Bourreau sur son œuvre, sur la lame qui s’enfonce dans la chair en suivant le trait fin des lèvres. A plusieurs reprises, elle bute contre les dents. Jonah serre les siennes quand le Tullamore s’agite. Du genou, il vient faire pression sur sa fracture. Il ne peut le calmer par la force, alors il ruse. – Ne gâche pas tout. Cette fois ci, c’est un ordre cinglant. Jonah est méticuleux, il aime le travail bien fait. La finesse de ses gestes. Le sang souille rapidement la peau martyrisé. Il finit à l’aveugle, à l’instinct. Et ce n’est qu’une fois son œuvre achevé qu’il relâche son attention, sa pression sur la mâchoire. La dentition du mortel est entièrement a nu, grande ouverte par les hurlements qu’il pousse. Sa langue se tortille sur un ballet, dont le son du violon, résonne dans l’esprit de Jonah, pour en accompagner la danse. – ça... Ça, c’est beau. Il admire le visage qui n’a plus rien de vraiment humain. – Visualise sans les oreilles… ça va avoir une sacré gueule. Sans pitié. Sans remord. Sans répit.



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La mélodie de ses cris emplissait doucement l’air. Jonah lui jouait la symphonie de la douleur, et son couteau, tel un archet, glissait sur les lèvres du malheureux. Son souffle chaud et lourd ponctuait ses misérables gémissements. Il crachait du sang, peinant à supporter l’impitoyable morsure de la lame qui doucement le privait de sa chair. L’ivoire de ses dents se teintant de vermeil. Les doigts de Jonah se couvrant de gouttelettes écarlates. Balian se mordilla doucement la lèvre, suivant avec intérêt les gestes de l’âme sombre, agréablement étonné par la précision de ses doigts maniant le couteau. Pas d’hésitation ni d’à peu près, simplement la beauté de l’art, la confiance acérée du tueur qui n’en est pas à son coup d’essai. Le vampire se recula d’un pas pour mieux admirer le spectacle et dans les ténèbres des bois et la fraîcheur de la nuit, il constata que Jonah était d’une beauté sans égal. Lui et sa dextérité de musicien, un chirurgien du mal et de la torture au beau milieu de la nature. il voulait graver cette image dans sa tête, cette scène hors du temps, hors du monde, ce jeu morbide qui avait lieu à l’heure où les âmes endormies étaient en quête d’un peu de repos. Les tables tournaient. Les tourmenteurs devenaient proies, victimes, marionnettes dans les mains implacables et barbares des deux camarades. Leur amitié était étrange et pourtant si forte, car il n’avait fallu que lancer le jeu pour qu’ils retrouvent leur complicité d’avant, cette sympathie sordide qu’ils accordaient l’un à l’autre. Entre leurs doigts, le Tullamore payait le prix de sa malchance. Là au mauvais endroit, au mauvais moment. C’était exactement ça. Ça et ses choix discutable, car un humain des limbes, lui, aurait échappé à cette torture, protégé malgré lui par la force du traité. Il n’avait qu’à pas choisir le mauvais camp. Un jour ou l’autre, les tables tourneraient pour de bon. Un jour.

« Ew. » lança Balian en riant, dans une moue puérile. « Grossier. »

Le sang coulait le long du menton de l’humain, juste sous son sourire répugnant. Balian lâcha un bref ricanement amusé en croisant le regard horrifié du Tullamore qui semblait comprendre sur quel genre d’individus il était tombé. Les pires. Et il avait raison. Si Balian s’était assagi, ces deux dernières années, sa nature profonde restait sauvage, imprévisible et sévère, s’amusant de la douleur de ceux qu’il haïssait. Pendant des années, au manoir, il avait assouvi cet appétit cruel, gardant sous contrôle ses instincts primaires. Cependant, depuis les bombardements, il n’avait plus ce passe-temps et la frustration de ne plus pouvoir chasser comme bon lui semblait s’était ajoutée à ce nouveau manque. Il rongeait son frein, peu à peu, et il allait finir par exploser. Balian ne se défoulait que rarement, réprimant tant bien que mal ses envies et ses désirs, et ce soir-là, puisque l’occasion lui était donnée de se défouler, il allait en profiter. S’en donner à coeur joie. Tout remontait à la surface, explosait, retentissait comme un feu d’artifice. Son esprit mesquin regorgeait d’idées toutes plus terribles les unes que les autres. Enfin, il pouvait lâcher les rênes et laisser sortir la bête. Enfin, il pouvait être lui-même, cet autre lui qui grondait de frustration, tenu en laisse par les obligations de la coalition. Enfin. Ce sentiment était grisant, presque jouissif, il en devenait hilare. Il se rapprocha pour récolter du bout de la langue quelques gouttes de sang teintées de peur. Cela n’en était que meilleur. Il pouvait la sentir, mêlée à l’hémoglobine, amère et acide, pleine d’angoisse. Il se lécha les lèvres tout en toisant leur victime d’une nuit. Le temps allait s’écouler lentement pour lui, mais trop rapidement pour Balian qui craignait déjà de voir le jour se lever, marquant la fin de leur divertissement. Les bonnes choses étaient toujours les plus courtes.

« Dommage que je n’aie pas sous la main une poignée de sel ou un citron frais… » ricana le vampire. « Je me serais fait une joie de saupoudrer cette jolie bouche d’un brin de magie. »

Cela dit, ils feraient avec les moyens du bord et ça suffiraient amplement. Ils étaient deux esprits tordus en pleine ébullitions, ils savaient s’inspirer l’un et l’autre, comme ils s’étaient tant inspirés autrefois. Leur passion commune et exaltée pour le sang était une véritable source d’invention. Il suffisait de peu pour qu’ils aient l’illumination soudaine. Balian la cherchait, la désirait, cette épiphanie libératrice, cette catharsis qui lui permettrait de jeter hors de lui impatience et frustration. Ce n’était pas sain de tout garder en soi. Il fallait savoir trouver les bons moments pour s’affranchir des mauvaises ondes et repartir du bon pied. Les doigts glaciaux du palestinien glissèrent sur la joue brûlante puis l’oreille du mortel. Il étira un sourire mauvais, découvrant ses deux canines affûtées.

« Laissons-lui ses oreilles pour le moment… Je veux qu’il entende le son de ses os se briser, de sa chair se déchirer… je veux qu’il entende ses propres hurlements. » ronronna Balian, visiblement plein de desseins pour cet homme. « De toute façon, nous avons tout le temps de le modeler à notre envie. »

Personne n’allait venir. Personne ne le sauverait. Il devait en être conscient puisqu’il était à deux doigts de se faire dessus. Tullamore envoyait ses agents dans le pays faire ses sales besognes, mais ils n’allaient pas gâcher des effectifs pour la vie si insignifiante d’un seul employé. Comme il devait se sentir seul… Abandonné. Et ce sentiment de trahison, de désespoir au fond de ses yeux était désopilant. Cette lueur éteinte, presque résignée, contre laquelle luttait l’infime espoir d’en réchapper. La bouche découpée, certes, l’articulation du doigt brisé, mais en vie. Dans cet état, il pouvait espérer s’en sortir, la chirurgie était assez évoluée pour lui reconstituer un visage potable et ses os se ressouderaient. Balian voulait souffler sur ces braises, tout doucement, attiser ce feu de l’espérance pour finalement éteindre la faible flamme d’un claquement de doigts. Que la souffrance soit aussi physique que mentale. Il aimait jongler entre les deux, briser le corps et l’esprit à la fois pour tout retirer à sa proie. Sa dignité, sa volonté, sa fierté, sa foi, jusqu’à finalement lui arracher sa vie. Balian observa l’autre homme à terre et l’idée lui vint. Il alla cueillir le dénommée Zaki, l’attrapant par le col pour le soulever de terre et le traîner vers son collègue.

« Et si tu te servais de ta nouvelle bouche, pour, je ne sais pas… Goûter à la chair humaine ? Au moins une fois avant de mourir, tu en dis quoi ? »

Il suffisait de peu pour effrayer les humains. Leur morale était trop douce, trop limitée, ils avaient des tabous stupides. Ne pas tuer, ne pas violer, c’était typiquement humain, cette manière de penser. Quand on était puissant et immortel, on savait profiter de la vie. Balian jeta le corps à terre, aux pieds du Tullamore.

« T’es bien un chien de garde, non ? Un bâtard des Tullamore ? Alors bon appétit, le molosse. Si tu montres un peu de bonne volonté, peut-être qu’on sera gentils avec toi. »

Peut-être. Peut-être était le mot-clé, ici, mais les proies désespérées entendaient souvent ce qu’elles avaient envie d’entendre, voilant le reste des mots pour ne garder que ce qui les arrangeaient.  

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Jonah s’attarde un instant sur le regret du Vampire. Il y réfléchit, fronçant légèrement les sourcils en se tapotant le bout du nez. Il se plait à adopter ce genre d’habitude. Il pourrait laisse une expression vide et neutre sur le visage de Timothée, insensible à présent aux humeurs de cette âme presque totalement nécrosée. Il pourrait laisser les yeux sombres reflétés ce néant qu’est à présent son Hôte, ce trou béant ouvert sur le Rien. L’infini d’un espace froid, sombre. Pourtant, il s’emploi toujours à cacher l’horrible vérité. Il jette un voile sur ce que serait un être sans âme viable et mime le mensonge dans chacune de ses lubies. Alors évidemment, quand il a une idée, un large sourire fissure les traits songeurs. Il essuie ses mains couvertes de sang sur la veste du mutilé, il n’en est plus à ça près et se dirige vers la carcasse de ses collègues. – Parait qu’vous autres les Tullamores, vous êtes bien droits dans vos boites. Que vous êtes irréprochables, c’est pour ça que c’est vous qui vous chargez de purifier le monde des monstres comme nous. Il sourit. – Si c’est le cas, Gars, t’as pas a flipper… Je ne trouverai pas d’alcool pour se réchauffer des nuits froides du coin. L’entité mise sur le Hasard, aimant ne pas savoir s’il va trouver finalement de la magie à donner au Palestinien. De la magie à verser sans modération sur les chairs à vives de leur ami. – Je te laisse fouiller notre ami et son sac… Avec un peu de chance, ce n’est qu’à lui-même, qu’il pourrait s’en prendre. Quoique… dans la poche intérieure du blouson, Jonah sort une flasque au trois quart pleine. Il l’ouvre et en hume l’odeur. – De quoi bien nous décrasser Il rit et en boit une longue gorgée brûlante avant de la tendre à Balian. – A la tienne.

D’une facétie à une autre, Jonah se désintéresse alors de ce qu’il en fera. Il se redresse et s’étire longuement, appréciant l’odeur métallique du sang qui envahit celle de la nuit. Tout est propice pour l’ivresse. Ce calme à briser. Ce silence à étouffer des cris du Tullamore. L’herbe fraîche à abreuver de sang. Encore une fois. La satisfaction tiré de son œuvre s’estompe de plus en plus. Il faut passer à autre chose. Aller plus loin, transgresser d’autres lois. – Bien, laissons-lui ses oreilles pour l’instant… Après tout, c’est pour l’entière satisfaction du Bourreau que Jonah l’a ramené ici. C’est son jouet. Ce sont donc ses règles. En prime, le programme annoncé à tous les attraits d’une fête réussie. - Mais avant le lever du jour, je lui ferai porter les deux en collier. Le prévient-il tout de même. Cette idée lui plait bien. Il fait claquer sa langue contre son palais de satisfaction. Le Tullamore n’arrive pas à profiter du bref répit offert. La souffrance lui fait perdre pied, l’horreur enveloppe son âme, délicieuse saveur d’un espoir qui s’amenuise. Jusqu’à ce peut être. L’entité la sent alors se raviver, chassant un bref instant l’obscurité des tourments. C’est insensé. Dément. Les lèvres arrachées, la bouche en charpie et les dents luisant entre le vermeil et l’éclat lunaire, le mortel pense encore à sa survie. A ce lendemain qui l’attend comme une belle promesse. Et puis la révélation de ce qu’il doit faire pour mériter cette hypothèse. Il leur jette un regard désespérés, tente un instant de parler mais ne fait que couiner quand la douleur se fait plus vivace.

Jonah se rapproche du Bourreau, sourire aux lèvres. Le sang souille encore ses doigts trop rapidement essuyés, il a jusqu’à quelques éclaboussures sur le visage, parsemant la peau pâle de l’asiatique. – Faut au moins qu’il avale cinq morceaux pour que ça compte. Et qu’il ne vomisse pas derrière. Ça ne compte pas sinon. Il faut qu’il prenne le temps d’en apprécier toutes les saveurs. Une occasion comme ça ne se présente pas tous les jours. Il ronronne comme si ils accordaient là une faveur à leur pantin. Qu’il le récompensait d’une bonne action. Peut-être était-ce le cas après tout. Il lui offrait là l’occasion de se libérer des bonnes Mœurs, de franchir à son tour les frontières du décent. Il va passer du statut d’être humain, si son apparence peut encore le ranger dans cette case, à… autre chose. Il a déjà un pied dans la monstruosité, alors autant qu’il s’y jette à corps perdu. C’est bien la seule chance qui lui reste. Pourtant, Jonah connait la nature de l’Homme. Cette faiblesse qu’ils ont à se raccrocher à cette parcelle de Moralité. S'agrippant au bienpensant. – Mais je doute qu’il réussisse. Il n’a pas les tripes. Ni ce petit plus qui pourrait lui sauver la peau. Jonah le tourmente de ses mots. Sachant bien qu’il l’entend. Avec Balian, ils piquent et jouent de tous les instincts les plus bas et les plus vils. Ils le poussent dans ses retranchements pour le voir lâcher prise avec sa conscience. Allez… Tu en as le droit après tout. Tu le fais pour toi. Pour te sauver. Qu’importe ce que tu perds, tant que tu survis, non ? La souffrance du Tullamore est omniprésente dans l’air. Jonah n’a aucun mal à en remonter le fils. Il s’assure juste d’être audible du Vampire aussi.

La barrière cède. L’immoralité paît et vient à bout des réticences. Contre la Raison. Contre la douleur, le Tullamore tombe à genou devant le corps de Zaki… Jonah sourit rien qu’en pensant que ce dernier est encore en vie. Et un instant, il se glisse dans son être pour raviver un peu son âme. Son regard pétille d’amusement. Allez… Du nerf. Il violente l’âme agonisante qui ne cherche qu’à se cacher. L’entité lui, l’exhibe à l’épouvante. Il serait dommage que tu ne profites pas du spectacle… Je doute que tu saisisses toute la situation mais, on fera avec ce que tu as, à offrir. Il se retire ensuite, inspirant un instant. Il va falloir qu’il se calme pour ce soir. Du moins, sur l’usage de son don. Pour le reste… Son regard se rive sur le mortel alors qu’il se penche sur Zaki pour y planter ses dents. - Si il ne se montre pas plus Mordant, il va galérer à arracher la chair. Jonah commente, adossé nonchalamment contre Balian. L’horreur de la situation tient-il dans cet homme défiguré, forcé au cannibalisme sur un ami à moitié conscient… Ou dans les étincelles d’amusement qui papillonne au sein des iris sombre de l’entité ?



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L’espoir. Balian pouvait le sentir gagner le Tullamore, redonner un peu de vivacité à son cœur serré. L’espoir l’habitait. D’autant plus en entendant les mots de Jonah, ronronnés comme des belles promesses. Balian le savait. Les proies aimaient entendre ce qu’elles avaient envie d’entendre. Que la torture était bientôt finie. Que le supplice était presque terminé. Qu’elles survivraient. Au moins pour aujourd’hui. Les humains n’avaient réellement conscience de leur mortalité que dans des moments pareils, et ce néant infini, inconnu et mystérieux qu’était la mort les effrayait au plus profond de leur être. Il suffisait de les pousser au rebord de ce gouffre sans fond pour qu’ils en prennent conscience, pour qu’ils se mettent alors à chérir la vie et s’y accrocher, se précipitant sur le moindre éclat d’espoir pour ne pas sombrer. C’était exactement ce que l’humain faisait, car le visage dégoulinant de sang, privé d’un morceau de chair, il s’accrochait à cet avenir possible que lui faisait miroiter Jonah. Cet avenir où, après avoir commis l’irréparable, il serait récompensé par la pitié miséricordieuse de deux âmes sombres. Entrant dans la tête du malheureux, Balian écouta la voix de Jonah y résonner, voluptueuse et dégoulinante, la voix du diable, tentatrice, incitant au péché. Il se mit à sourire alors que, se raccrochant à l’infime possibilité d’échapper aux griffes de la mort, le Tullamore se laissa tomber à genoux, observant d’un œil mortifié le corps inerte de son collègue. Il allait le faire, ça se voyait au fond de ses yeux. Ils transpiraient de cette nature peureuse et lâche, cette nature qui le pousserait à déshonorer le corps de son ami pour sauver sa misérable vie. Il était prêt à franchir cette limite, prêt à laisser les réminiscences cauchemardesques de ce jour le hanter à jamais pour que son cœur continue de battre. Il mordit. Pas assez fort, comme le constata Jonah.

« S’il ne se montre pas plus mordant, je risque également de perdre patience… », souffla Balian, assez fort pour être entendu.

Cela ne tomba pas dans l’oreille d’un sourd, puisque le frémissement du Tullamore à leurs pieds fut bel et bien visible. Il ne voulait pas mettre en péril sa chance, minuscule, infime chance de survie. L’être humain développait des trésors de capacités quand il s’agissait de se battre pour sa survie. Balian l’avait constaté maintes et maintes fois, en torturant pendant des années des mortels pour son bon plaisir. Mu par une force soudaine, une rage de vaincre, de vivre, le Tullamore poussa un gémissement misérable avant de mordre la gorge de feu Zaki. Sa mâchoire se contracta violemment, ses dents poussèrent contre la chair et la peau céda, se déchirant sous les incisives de la proie. La mort de Zaki était trop récente pour qu’il ait eu le temps de se refroidir. Les muscles étaient encore un peu tièdes, légèrement tendus mais pas totalement raides. L’humain parvint finalement à arracher un petit morceau de peau et de chair mêlées qu’il mâcha rapidement avant d’avaler avec précipitation, histoire de ne pas en sentir le goût. En tendant légèrement l’oreille, Balian put entendre le doux son de la chair écrasée par les dents, du sang qui en giclait, s’écoulant sur la langue du mortel. La réaction ne tarda pas à venir. Ce sursaut de courage fut réduit en miette par un violent haut-le-cœur et sans le contrôler, le Tullamore hoqueta et déversa le contenu de son estomac sur le sol. Il se mit à sangloter entre deux affreux gargouillis, visiblement incapable de surmonter l’épreuve et de supporter l’idée du cannibalisme. Haletant bruyamment, sa nuque s’était couverte de sueur. Le poids des regards sur ses épaules lui donnait terriblement chaud. Pensant probablement que sa tentative ratée suffisait à convaincre ses bourreaux, il se montra audacieux puisqu’il leur réclama pitié en geignant, joignant ses mains comme une prière en s’étalant sur le sol, misérable. Balian renifla avec dédain.

« Tu deviens sacrément insolent, pour un moins que rien… », le prévint le vampire en redressant le menton. « J’ai l’impression que tu n’as pas entendu ce qu’on t’a demandé. » Pour se faire comprendre, il pressa son talon contre le crâne de l’humain, appuyant son visage contre le cadavre. « Bouffe. »

L’ordre n’était plus susurré d’une voix de velours, déguisé d’un ton sirupeux. Non, l’ordre était cinglant, brutal et vif, comme un fouet fendant l’air. L’ordre était lourd de menaces, assombri par la promesse de mille tortures en cas de désobéissance. Reprenant contact avec la réalité, le Tullamore se redressa en tremblant quand le palestinien retira le pied de sa tête. Il s’excusa piteusement, probablement pour regagner la confiance de ses tourmenteurs, pour retrouver la possibilité tellement désirée d’échapper à son triste sort. Il allait se reprendre, réussir, il le promettait, il allait se dépêcher. Et, prenant une longue inspiration, il s’exécuta à nouveau, sanglotant en plantant ses dents dans la chair, là où il venait de mordre quelques minutes auparavant. Le muscle à nu était plus facile à déchirer. Il mordit, mâcha, avala, hoqueta mais parvint à garder dans son estomac sa triste bouchée. Balian échangea un regard amusé avec Jonah. Tant de désespoir, tant de misère. L’âme de ce mortel hurlait à la mort, sous la douleur, l’humiliation et l’horreur, sous le goût infâme de la chair humaine, sous les yeux ténébreux du vampire. Ce dernier poussa un petit soupir alors que le Tullamore en était à sa troisième bouchée, mouvant avec peine sa bouche à vif, ses joues se déchirant un peu plus sous le mouvement de sa mâchoire.

« Ça commence à devenir ennuyant, en fait. Tu ne trouves pas, Jonah ? »

La souffrance n’était pas assez intense. Les pleurs de la proie n’étaient pas assez vivaces. Le vampire lui donna un brusque coup de pied pour l’écarter du corps. Il fallait un peu plus d’animation que ça, il était déjà las de ce spectacle pathétique. Pour deux artistes de la torture comme eux, il fallait un peu plus de lutte, un peu plus de peine. Balian se frotta le menton en réfléchissant, posant un regard distrait sur le Tullamore qui luttait pour ne pas vomir. Penchant légèrement la tête sur le côté, il l’observa quelques secondes avant d’étirer un rictus carnassier. Ca y est. Il avait trouvé.

« Et si tu gagnais tes trois dernières bouchées ? Il faut les mériter, après tout… Ce n’est pas un met que tout le monde peut déguster. », lui fit-il remarquer, moqueur. « Ta troisième bouchée ne comptait pas puisque tu l’as recrachée quand je t’ai poussé. Mais tu peux toujours gagner le droit de mordre à nouveau dans ton délicieux collègue… Par exemple, si on disait que un œil arraché égal une bouchée ? Pareil si tu te coupes un doigt. »

Le Tullamore était prêt à en venir à de telles extrémités pour échapper à la mort… mais était-il prêt à donner de sa personne pour ce faire ? Était-il prêt à sacrifier un membre, une partie de lui, pour gagner le droit de manger un peu de chair humaine ? S’infliger de la souffrance pour subir l’horreur ensuite, sous couvert d’un semblant d’espoir de s’en sortir. Voilà qui était bien plus amusant. Balian échangea un petit regard complice avec l’âme. Ça allait pimenter un peu le jeu. Il en était convaincu.

« Tu en dis quoi ? Qu’est-ce que notre ami pourrait faire pour mériter son met d’excellence ? »


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If We ever meet againwon't let you get away
Jonah
Fowler
Balian
De Lusignan
Il a vomit. Jonah avait prévenu que ça ne compterai pas. ça ne lui plait pas. Il est joueur, le Tullamore, non. Aucun contrôle, aucun esprit pragmatique ou ouvert sur la découverte. Ils lui offrent une chance de se libérer du poids de sa conscience. Lui, la dégueule sur le sol, juste sous leurs yeux. Contrarié, l'entité se recule de quelques pas, cherchant une idée parmi ce qui traîne par terre. Un sourire vient faire disparaître sa mine boudeuse tandis que Balian réprimande leur bien mauvais ami, comme un chiot désobéissant. Vilain mortel qui ne veut pas comprendre. Vilain mortel qui se raccroche à des valeurs qui ne sied plus à la laideur qu'affiche son visage. Qui compatirait pour ce défiguré, couvert de vomit et de sang ? Qui aurait un geste tendre pour cette créature perdu qui ne peut plus sourire ? Plus de lèvre mon grand, te reste tes dents. Alors mâche. Jonah s’assoit au sol, taillant de la lame volée, le bout du morceau de bois qu'il a trouvé. Solide, fin. Parfait. D'un œil presque désintéressé, il observe la scène morbide. Le Tullamore s'acharne à arracher la chair. Puis à la mettre sur sa langue avant de refermer ses dents bien visible. Il mâche, le regard brûlant de ses larmes qu'il verse, de cette horreur qui s'insinue dans ses veines à chaque fois qu'il pense à ce qu'il fait. Son regard se fait plus minutieux quand il se pose sur la silhouette du Vampire. Il sourit légèrement. Qu'il doit être bon pour le Bourreau de renouer avec ce genre de loisir. Jonah n'a qu'à observer cet air qu'il affiche, prit dans leur divertissement. Il se nourrit autant que l'entité peut le faire de la souffrance. Elle est nécessaire pour le Vampire, vitale pour lui et ils se font clairement du bien en infligeant ce mal. Il ne veut pas s'imaginer ce la retenue que Balian doit s'imposer. Cette frustration qu'il doit emmagasiner. L'animal en cage. L'ennui vient pourtant gâcher les traits amusés de l'Immortel. Ennemi commun de ceux qui vivent pour l'instant. La routine devient alors une aberration, désintérêt de la répétition. - Si, il arrive à rendre le cannibalisme ennuyant... Il soupire, comme terriblement déçu alors qu'il s'amuse comme rarement... Comme la dernière fois qu'il a partager un moment avec le vampire en faite. ça fait tellement de bien. Jouer pour jouer. Il n'y a pas d’intérêt à torturer le mortel. Pas d'enjeu. Pas de but. Aucune stratégie. Jonah jouit de ces tortures par simple plaisir. Leurs inutilités ne les rends que plus agréable. - Va falloir que tu t'en mêles. Il sourit à son complice de l'effroyable.

Lui n'a pas finit son office et taille toujours du couteau de chasse le bois trouvé. L'une des pointes en est parfaitement affûté. Il en jauge la qualité quand le sang perle, lorsqu'il y presse le bout de son doigt.
Il suit d'un oeil distrait l'échange entre le bourreau et leur condamné. Le palestinien est décidément bien inventif en la matière. Un maître en la matière. La facilité à se perdre dans l'imaginaire est un trait commun aux jumeaux. L'espace de quelques secondes, il envie ces année, voir ces siècles dont il a profité pour s’expérimenter. Tester. Puis il se raisonne et dans un doux sentiment d’Éternité, pense que c'est à son Tour. Il a l'aube de son changement, sachant qu'il approche de ce qu'il sera au fur et à mesure qu'il découvre l'étendu de son pouvoir. Le Hasard est avec lui. La folie des Hommes, infini, le nourrit jour après jour. Les atrocités qui s'abattent sur l'Île depuis que les bombes n'y tombent plus, galvanise une souffrance dans laquelle il n'a plus qu'a plonger. Nager d'âme en âme au grès de ses courants violents.

Son oeuvre achevé une fois l'autre bout du baton aiguisé, Jonah se redresse finalement. Balian finit d’énoncer les règles en perpétuelle évolution d'un jeu macabre. A-t-il seulement conscience qu'il ne peut gagner ? Qu'à tous les coups, ses agresseurs en sortiront gagnant ? Il se convainc du contraire, se refusant à céder à l'horreur qu'apporterait les réponses. Il préfère les ignorer, inventer les siennes. Se mentir. L’entité s'agenouille devant le Tullamore qui se leurre. Si proche de ses douleurs qui le rendent presque à lui. Relevant son regard vers le Bourreau, il approuve son élan d'inspiration. - C'est parfait. On rend un sacré service à notre ami. Jonah lui ébouriffe d'ailleurs les cheveux. - Alors il peut bien faire un petit quelque chose pour le mériter. Il repose ensuite ses iris sombres sur l'apeuré. Le sourire qui étire alors ses lèvres, il le vole encore à Eden, aimant perdre de douceur, ceux qu'il abreuve d'horreur. - Tu sais... T'as pas été très cool tout à l'heure... ça se fait pas de vomir comme ça ce qu'on t'offres. C'est très... très malpolie. Il affiche un mine désolé, pousse un soupire tout en nettoyant avant la veste de Zaki, la peau souillée de sang et des larmes - Du coup, la prochaine fois que tu nous manques ainsi de respect... Y aura des conséquences. Il pose le bâton contre sa gorge et place bien les extrémités. Une contre le sternum, l'autre dans la chair fine et tendre sous le menton. - Voilà... Quand tu croquera ton petit bout de viande et que tu le mâchera longuement pour t'imprégner des saveurs, je t'attacherai ça avec ta ceinture. Serré juste ce qu'il faut. Pas besoin de dire ce qui se passera si tu penches alors la tête sous un haut le cœur L'une des pointes viendra transpercer la peau. Voilà. Jonah n'est plus contrarié. L'affront est vengé.

Il se redresse et revient finalement vers le palestinien. - Et puisque c'est à moi d'inaugurer les festivités. Hmmm... Il tapote le bout de son nez comme sa sœur lorsqu'elle se perd dans ses réflexions. L'anodin de ce geste tranche brutalement avec la perversité des idées qui passent une à une dans son crâne en pleine ébullition. Il fait quelques pas, avant de jauger le mortel. - On va commencer doucement. Histoire que tu te détendes un peu. Il tend les doigts pour les plonger brièvement dans son sang. De cet encre vermeille, il dessine une moustache au Tullamore et se recule. - Souris un peu. On est entre potes. Il balance le couteau de chasse devant lui, presque curieux de voir si il aura la démence de tenter de s'en servir contre eux. Tenter. Balian ne laisserait pas passer un affront pareil. - Ramasse le. Le mortel y referme sa main, serrant le manche avec force. - Tu prend le Zipo de ton collègue et tu fais chauffer la lame. Presses là ensuite contre ce qu'il reste de tes lèvres. Peu de chance qu'il cautérise ainsi ses plaies... Mais ça devrait raviver quelques nerfs. Revenir abreuver une souffrance qui ne s'est pourtant pas encore tarie.


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If we ever meet again

Won't let you get away



Balian devait l’avouer, il était admiratif de l’imagination de Jonah. L’âme ne manquait jamais d’idées quand il s’agissait de s’amuser. Leurs deux esprits tordus s’animaient l’un et l’autre pour créer leurs jeux morbides et il semblait qu’il n’y avait pas de limites à cette créativité galopante. Il ne leur avait suffit que de quelques minutes pour qu’ils nouent naturellement cette complicité malsaine, pour qu’ils tissent autour du pauvre humain leur toile de mensonges et d’encouragements enrobés de paroles mielleuses. Balian pouvait le sentir, le Tullamore avait encore de l’espoir. Encore un peu. Et lui et Jonah s’amusaient à attiser cette braise, à souffler dessus, jusqu’au moment où ils y verseraient un grand seau d’eau fraîche. Amusé, le vampire regarda son ami présenter au mortel ce dispositif pour l’empêcher de vomir, ou en tout cas, pour le punir d’avoir craqué. L’obliger à lutter contre ses réflexes les plus primitifs… C’était tout bonnement délicieux et si bien trouvé. Balian esquissa un rictus carnassier, le regard fixé sur la pointe de l’objet qui poussait légèrement contre la chair du Tullamore, perçant sa peau pour y faire perler une goutte écarlate. Il s’en lécha les babines. L’ennui s’estompait à nouveau, d’autant plus quand Jonah lança à leur jouet de la nuit le couteau de chasse en énonçant les nouvelles règles de ce divertissement abject. Ses yeux ténébreux brillaient d’un amusement sans pareil. Jonah venait d’offrir là à l’humain une occasion de se soigner, de cautériser ses plaies ouvertes… Certes, de manière très primaire et peu conventionnelle, mais bon… On faisait avec les moyens du bord. Ce serait loin d’être assez pour refermer ses lèvres ouvertes et sa chair à vif, mais bien suffisant pour le faire sortir de sa torpeur assommante et le secouer un peu. Rien de tel qu’un peu de douleur pour le réveiller un peu. Particulièrement s’il se l’infligeait lui-même...

Balian ne craignait pas la moindre tentative de rébellion ni quelque attaque surprise du genre… À en juger par l’attitude de leur victime, il avait décidé de respecter les règles du jeu, s’accrochant à cet espoir désespéré d’échapper à ses bourreaux. C’est d’une main tremblante que le mortel se saisit du Zippo de son collègue, le soulevant comme s’il s’agissait presque d’un artefact sacré, un trésor inestimable. Le regard du vampire ne dévia pas une seule seconde de la scène et il détailla avec attention les doigts faire rouler maladroitement la pierre du briquet dans une tentative ratée d’allumer une flamme. Dans la pénombre de la forêt, les bruits semblaient résonner d’autant plus. Le cliquetis du Zippo semblait donner le rythme, jusqu’à ce que finalement, l’humain parvienne à allumer la flamme. La lueur tremblotante du feu mit en relief son expression effarée et horrifiée, ses rides d’inquiétude et son front trempé de sueur malgré la température assez fraîche. C’est sans prononcer le moindre mot qu’il se mit à faire chauffer la lame du couteau, promenant le briquet de droite à gauche. Il lâcha malgré tout un gémissement, une petite plainte furtive, à l’idée de ce qui allait bientôt se passer. Il appréhendait, on pouvait le lire sur son visage alors qu’il essayait de se préparer mentalement à la douleur qui s’annonçait. Malheureusement, il n’avait jamais connu de telle épreuve et il ne pouvait qu’imaginer le degré de souffrance sans vraiment pouvoir le mesurer. En tout cas, pas avant d’avoir écrasé la lame sur sa plaie. Balian garda les lèvres closes, comme respectant un instant les peurs du mortel, lui laissant le loisir de rassembler ses moyens sans le presser. Il le vit redresser le visage et fixer son regard sur Jonah, l’air d’espérer quelques mots de sa part, de la compassion ou de la pitié. Il semblait attendre le pardon miséricordieux, l’autorisation bénie de prendre ses jambes à son cou, mais rien ne vint, et après une courte inspiration, il ferma fort les yeux et pressa le métal brûlant contre la chair de ses lèvres.

Un hurlement mélodieux accompagna son geste. L’odeur de chair brûlée, bien que subtile, parvint jusqu’aux narines du vampire qui se permit de lâcher un bref ricanement. Il l’avait fait. Il devait avouer qu’il était impressionné par le courage de cet homme, il n’aurait jamais penser le voir parvenir jusqu’ici. Trois bouchées de chair humaine et une cautérisation sauvage de sa chair déchirée. Décidément, s’il avait fait preuve de la même force dans sa vie, il ne serait probablement pas ici ce soir. Le destin en avait malheureusement décidé autrement. Sanglotant, gémissant et tremblant, l’humain recommença l’opération, faisant preuve d’une bonne volonté non négligeable. Balian aurait presque pu le féliciter, mais il éprouvait bien trop de mépris à son égard pour se permettre une telle sympathie. Il se contenta donc d’observer son petit manège, jusqu’à ce que l’humain s’écrase au sol, les deux coudes dans la terre, haletant, bavant et tremblotant, les lèvres déchirées et brûlées au deuxième degré. « Et bien. On dirait que tu as gagné ta bouchée. » Claironna Balian en se rapprochant de lui. Il se pencha et d’un geste à la fois souple et brusque, il lui arracha sa ceinture avant de pousser du pied le couteau de chasse pour le ramener vers l’humain. « Découpe-toi donc un morceau de viande pour te récompenser. » Malgré ses mots qui semblaient sous-entendre une sorte d’autorisation, sa voix sonnait comme un ordre, cinglant et précis. Le mortel y réagit aussitôt puisqu’il s’exécuta sans attendre, découpant de ses mains tremblantes un tout petit morceau de viande, là où il avait prélevé de ses dents un peu de chair rien que quelques instants auparavant. Balian en profita pour se placer derrière lui, se saisir du petit pieu sculpté par Jonah lui-même et il l’accrocha à sa gorge en le maintenant avec la ceinture. Il la serra un court instant assez fort pour l’étrangler avant de relâcher légèrement la pression, suffisamment pour simplement maintenir le dispositif en place.

« Bon appétit. » Asséna le bourreau dans un sourire cruel.

Il revint près de Jonah pour regarder leur victime affublée de son joli collier, la gorge et le sternum tous deux menacés par cette pointe effilée. L’âme avait bien travaillé en taillant cet objet. Conscient d’être l’objet de ce spectacle macabre, le Tullamore se serait bien mordillé les lèvres, s’il en avait encore. Au lieu de ça, il n’avait plus en guise de bouche qu’un amas de chair brûlée et déchirée, suintante de sang. Plus que ça et son espoir qui s’égrenait en miette au fil des secondes, soumis aux caprices terribles de ses deux bourreaux. Encore persuadé, pourtant, que son calvaire allait bientôt prendre fin, il ouvrit sa bouche blessée pour y fourrer le petit morceau de chair découpé. Son visage tout entier le lançait d’une douleur sourde. Ses nerfs étaient à vif, si bien qu’il avait du mal à sentir sa propre mâchoire et à la mouvoir. Il tenta pourtant de mâcher, les papilles endormies par la séance de torture qu’il s’était lui-même infligée. La souffrance anesthésiait toute trace de goût, et il n’avait plus de la viande dans sa bouche que la texture ferme et moelleuse comme un morceau de boeuf. Cela ne lui permit tout de même pas de chasser le haut-le-coeur qui le prit sur l’instant. L’idée-même de manger Zaki, de manger un humain, suffisait à l’écoeurer. Le réflexe ne tarda pas à s'emparer de son corps mais le pieu accroché à son cou le punit bien vite de son impudence, s'enfonçant dans son sternum et sa gorge. La douleur expia le malaise et dans un gémissement, il redressa bien vite la tête, la peau déchirée par la pointe en bois. Balian se mit à en rire. Jonah avait vraiment bien pensé son coup. Il l’applaudit un court instant, persuadé que le jeu ne s’en arrêterait pas là de toute façon. Bien au contraire : ils ne faisaient que commencer… Il se demandait quand l’humain en prendrait conscience. Il se demandait quand cet idiot se rendrait compte qu’ils ne faisaient que s’amuser avec lui, que le tourmenter en lui faisait miroiter un futur probable, une libération possible. Il mettait du temps à percuter. Il avait presque de la peine pour lui.

« Tu y es presque. » Ronronna Balian. Presque au bout de quoi ? De son supplice ? Ou de sa vie ? Il se garda bien de le préciser. «  Encore quelques efforts… Courage. »
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