The Island of the damned est un forum post Apocalyptique rassemblant un grand nombre de créatures surnaturelles.
 

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 I thought we'd manage, but words left unspoken {PV : Avery

Goule ☠ Administratrice
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Dans les murs de cette prison, les journées finissaient par se ressembler. Une certaine routine avait fini par s’installer malgré le besoin vital de la goule à ne jamais faire deux fois la même chose en dehors de son boulot. Bien que même là, c’était rare qu’elle fasse deux fois la même. En dehors des gestes répétitifs et obligatoires, elle ne voyait jamais les mêmes cadavres. Ils n’arrivaient jamais sur sa table pour la même raison. L’un venait à cause d’un banal arrêt cardiaque. Un autre venait à cause d’un cancer foudroyant. Un autre encore avait été sauvagement attaqué et c’était à Riley de s’en charger. Jamais elle ne s’était plainte et ne le ferait jamais. Dire qu’elle aimait son travail était un faible mot. Elle se passionnait. Quasiment chaque jour on lui permettait d’enfoncer ses doigts dans de la tripailles fraiches. On lui donnait les moyens de progresser d’avantage sur ses recherches qu’elle menait en parallèle. Ceci demeurait encore secret et expérimental, mais la pratique de la médecine légale contribuait à l’avancer de son travail personnel.

Les écouteurs sur les oreilles, elle s’affairait tranquillement dans les sous-sols de l’hôpital. C’était devenu son quartier général. L’endroit où l’on était sûr de la trouver lorsqu’elle travaillait. A l’autre bout de la salle d’examen, la blouse immaculée sur le dos, elle remuait doucement la tête, celle-ci penchée sur une table. Elle prenait note de tout ce qu’elle venait de constater dans le corps de feu M. Richard Prescott. Un homme âgé de 42 ans, calvitie naissante, la bedaine et une très mauvaise hygiène de vie. Ses dents étaient jaunies par l’abus de la cigarette. Ses poumons noirs le confirmaient. Son foie se noyait dans des litres d’alcool non évacués. Ses reins se ratatinaient sur eux-même par manque d’hydratation saine. Ses artères étaient tellement bouchées que ça avait finalement causé sa perte. Crise cardiaque. Elle finit de noter ses observations et retourna dans le corps sur la table de dissection. Les écarteurs étaient encore enfoncés dans sa poitrine, maintenant la cage thoracique grande ouverte. Chaque organe était à sa place en dehors de l’estomac qu’elle avait retiré pour le peser avant d’en vider le contenu. Les restes d’une boite de ravioli baigné dans le liquide gastrique confirmait que cet homme n’avait probablement jamais côtoyé de légumes de sa vie.

« Quand je pense que tu es mort sur tes toilettes… Que c’est pathétique, » lui murmura-t-elle alors qu’elle la porte s’ouvrait sur un stagiaire.
_ Dr Keenan, on vous demande près de Galway, la médecin retira ses gants, un meurtre apparemment.

Elle leva un sourcil perplexe. Cela faisait un moment qu’on était pas venue la chercher pour ce genre de choses. Un meurtre mystérieux et ceux-là même qui l’avaient enfermée, la réclamait pour lever le voile sur ce mystère. A vrai dire, il ne la réclamait pas elle en particulier mais n’avaient pas bien le choix puisqu’elle était de garde ce soir. Elle prit soin de se laver les mains avant de se changer, chargeant le jeune stagiaire de refermer M. Prescott ici présent. Elle troqua sa blouse blanche pour son blouson. Il était certain qu’il n’avait pas un parfum aussi enivrant que celui de Killian, mais il faisait bien l’affaire. Sur un gros pull à l’emblème d’un célèbre groupe de grunge, il gardait ce corps d’humain au chaud.

Elle arriva aussi vite qu’elle le put sur la scène du crime, sa mallette d’outils dans une maison, une cigarette dans l’autre. Elle demeura à plusieurs mètres du cadavre, le temps de terminer sa clope. Elle avait beau donner l’impression de ne plus rien en avoir à faire de la vie et des règles, elle n’en était pas moins pointilleuse dans son travail. Un minimum. Le mégot enfin écrasé avec le talon de sa botte, elle put enfin approcher. Elle enfila une paire de gant en latex toute neuve et s’accroupit pour avoir une meilleure vue. Au premier coup d’oeil, l’on pouvait penser à l’attaque d’un loup affamé. Un loup-garou sous sa forme la plus pleine, assujetti par la lune et qui n’avait su contrôler ses pulsions animales. Le corps était lacéré de toute part. Evidemment, ce n’était pas le travail du médecin légiste de tirer des conclusions hâtives. Bien au contraire, elle était là pour trouver des preuves qui corroborait la théorie des enquêteurs, ou non. Elle ne les portait certes pas dans son coeur - elle les regardait d’ailleurs avec amertume - mais elle n’avait aucun intérêt à ne pas les aider. Mieux valait se faire bien voir pour avoir la paix quelque temps.

Elle fit son analyse tranquillement sous le regard des curieux autour d’elle. Sans qu’elle n’eut besoin de les entendre, elle se doutait de ce qu’ils pouvaient dire. Ils se convainquaient les uns les autres qu’aucun loup ne pouvait faire cela. D’autres se demandaient à l’inverse, qui avait bien pu faire une telle chose. Enfin, il y avait ceux qui se demandaient pourquoi c’était une goule qui s’occupait de cela. Elle voyait quelques regards méfiants quant à sa proximité du corps et la possibilité qu’elle se serve comme dans un buffet. Elle sourit. Cette idée la faisait clairement rire. Tous étaient finalement si prévisibles. Elle termina son étude préliminaire et informa l’un des enquêteurs de ses premières conclusions.

« Ce que je peux vous dire pour l’instant c’est qu’il n’y pas la moindre trace de sang ici. Cette personne a été exsangue avant d’être réduite en charpie. Je doute qu’un loup puisse faire une telle chose. »
_ On se moque bien de votre avis.
« Et moi je me moque bien que vous ayiez une sale gueule, ça ne m’empêche pourtant pas de vous parler… »répondit-elle sèchement.

Une saleté d’humain n’allait certainement pas l’empêcher de dire ce qu’elle pense. Il proféra quelques menaces qu’elle ne prit pas la peine d’écouter et tourna les talons. A quelques mètres de là, un homme et une femme semblait s’énerver. Elle fronça les sourcils, reconnaissant là l’odeur d’une louve. Le tableau qu’elle voyait à cette distance était clair. Elle se défendait alors qu’il l’accusait ouvertement d’être coupable, ne sachant pas encore ce que le médecin avait déclaré.

« Oh ! Vous là ! Si vous aviez un minimum de cervelle, vous attendriez mes conclusions avant d’accuser qui que soit… C’est pas un loup qui a fait ça… Alors maintenant vous dégagez et vous retournez dans les jupons de votre chef. »

Il fut tellement pris de court qu’il obtempéra sans dire un mot. Fière de son petit effet, Riley sourit de part en part. Elle fit un clin d’oeil à la louve, faisant un pas dans sa direction.

« Ces types n’ont pas un brun de jugeote, » soupira-t-elle.
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I thought we'd manage, but words left unspokenPlus ça va et plus ce monde devient détestable. Les humains n'ont plus de considération pour qui que ce soit et nous, créatures, quelques nous soyons, sont souvent la cause des ennuis des humains qui ont été injustement enfermé. Même si je conçois leur colère, je ne peux pas tolérer, me faire pointer du doigt sans réagir. Non, seulement ce n'est pas dans mon caractère, mais plus encore, la louve en moi gronde et demande réparation d'une telle injustice. Je me contiens grandement pour ne pas exploser et donner raison à ces individus de me croire coupable de quoi que ce soit tout comme je ne peux pas accepter de rester confiner dans un endroit sans avoir ma liberté de mouvement. Je ne suis pas de celle qui se tait et qui se confine dans un petit carré de terrain dans l'espoir de survivre. Non, je vais où bon me semble que cela plaise ou non. Au même titre qu'eux, j'ai été enfermé ici contre ma volonté, je n'ai jamais rien cherché d'autre qu'à vivre parmi les gens et je me suis même retiré au loin afin de contrôler la nouvelle nature qui m'avait étreint depuis le jour où j'ai fais couler le sang. Certes pour devenir un lycan, il faut faire une chose monstrueuse, mais beaucoup ne le souhaite pas, en tout cas, pas de cette manière, même si le fait de me transformer me plaît même si cela doit se faire dans la douleur. J'ai tué pour me défendre. C'était vivre ou mourir tout simplement. Si l'on va au fond de l'affaire, je ne suis pas coupable de ce choix, mais c'est tout un amoncellement d'événement qui fait que justement, mon demi-frère et moi, en sommes arrivés à une telle extrémité. Monstre oui, mais pas autant que ceux qui juge sans savoir et sans connaître le fond des choses. Je commence à croire que les humains ici ne vont pas plus loin que le bout de leur nez et sont un exemple bien piètre de l'humanité de demain. Si l'on marche à la façon des Tullamore, alors, nous finirons touts par nous entre-tuer offrant ainsi un spectacle de choix à ces êtres qui se prennent pour des dieux en haut de leur tour immaculé qui, selon moi doit être taché de trop de sang.

Comme toutes les nuits, j'errais sans but, comme une âme ignorant qu'elle était morte. Comme un fantôme, je hante le moindre quartier pour me familiariser à mon environnement même si c'est un tort de quitter celui des lycans. Mais, j'ai l'esprit bien trop libre et l'autorité en horreur pour obéir au doigt et à l'œil. Souvent, on met ça sous le compte de ma jeunesse. Ils n'ont qu'à penser cela, je n'ai pas envie de donner de raison à mes agissements, mais mes balades me permettent de connaître plus en détail les lieux et découvrant même une flore qui se diversifient et qui pourrait servir à la sorcière blanche. J'ai promis d'aider sur le ramassage de plantes et de fleurs médicinales et je ne compte pas déroger à ma parole.

Je ne sais pas comment, c'est arrivé, mais comme tout le monde, j'ai été attiré par toutes ces personnes qui s’agglutinaient à un endroit. J'étais à peine arrivée en fait, je marchais simplement mains dans les poches pensant à mon passé, mon avenir, ma mère et à ce que je vais bien devenir. Le genre d'interrogation qui vous passe souvent par la tête quand on est seul et quand on atterrit dans un tel lieu de perdition. J'avais tant de projets en tête avant que tout ne me tombe sur un coin de la gueule. Je souhaitais devenir garde forestier, je souhaitais être en contact constant avec la nature qui a toujours su me comprendre et dont j'ai toujours été éprise. Mon côté lycan qui ressortait probablement sans que je ne m'en doute. J'ai toujours aimé me fondre dans la nature, m'éloigner de la civilisation pour me concentrer sur moi-même en compagnie de la faune et la flore. C'est sans doute pour ça que je me suis perfectionnée dans les remèdes simples qu'utilisaient nos ancêtres avant que la médecine moderne n'ouvre ces portes. Et apparemment, cela me sert aujourd'hui pour aider Lahja dans la préparation de ces potions. Je peux bien faire ça pour la sorcière qui a sauvé ma vie et qui tente d'aider les autres.

Je voudrais être comme elle, mais impossible, je suis bien trop impulsive et avec un trop de répondant pour me permettre d'être calme en toute circonstance surtout maintenant quand on me rend coupable d'un acte que je n'ai même pas commis. Et puis quoi encore, le fait que je sois louve est inscrit sur mon front ou quoi ! Ce n'est pas parce qu'un homme se fait tatouer un loup sur le cul ou le bras qu'il en est un automatiquement. Et j'en ai aucun de tatouage moi, alors comment peut-on me rendre coupable de quoi que ce soit et sans preuve. Franchement, les autorités se permettent un peu trop de laisser aller.

« Mais bordel, tu vas me foutre la paix oui ! » Je sentais que j'allais lui foutre mon poing à la gueule, humain ou pas, j'ai pas à me laisser parler comme une merde sous prétexte que monsieur à deviner ma nature sans même que je vienne à en parler. La prochaine fois, je ferai une pancarte avec écrit dessus : Oui, je suis une lycan. « Si tu veux garder tes dents, ferme ta gueule petit merdeux. » Je voulais rajouter que j'en ai tué pour moins que ça, mais ça la ferait mal et j'ai pas envie que ça arrive aux oreilles de l'alpha de la meute plus encore à Aodh envers qui je suis dans la ligne de mire. A croire que les nouveaux lycans qui affluent dans le coin sont loin d'être bien reçu par lui, il reste plutôt méfiant sur ça. Ce que je comprends d'ailleurs, mais bon, pas la peine d'alimenter le feu de la discorde encore plus.

« Oh ! Vous là ! Si vous aviez un minimum de cervelle, vous attendriez mes conclusions avant d’accuser qui que soit… C’est pas un loup qui a fait ça… Alors maintenant vous dégagez et vous retournez dans les jupons de votre chef. »

Mon regard se tourne vers la voix qui vient de s'élever pour prendre ma défense. Je suis reconnaissante parce que je sentais que j'allais commettre l'irréparable et finir je ne sais où à me faire maltraiter et rendre coupable d'un crime que je n'ai pas commis. En tout cas, ça a eu pour effet de le faire taire et retourner à son petit boulot de flic pourrit. Déjà que je n'appréciais plus autant les autorités, voilà que mon estime descendait en dessous de zéro.

« Ces types n’ont pas un brun de jugeote, »

« Ils vont là où leurs pieds les amènent sans même voir où ils marchent. Ils pourraient marcher dans du fumier que ça ne leur sauterait pas aux yeux. » Fis-je simplement en fusillant le flic du regard alors qu'il retournait auprès de ces supérieurs sans doute pour parler de moi afin qu'on me garde à l’œil. Comme si je n'avais que ça à faire. Tuer sans pitié tous ceux que je croisais. « En tout cas, merci de l'intervention. » Mains dans les poches, le spectacle du corps ne me fait pas grand chose. Bon, c'est vrai que c'est à vomir, mais j'ai déjà vu des carcasses d'animaux et l'odeur n'est pas des meilleures. Donc, mon estomac est plutôt bien accrocher. On me dit monstre, mais les humains qui sont là à s'accuser les uns les autres ou à pointer toutes créatures surnaturelles, sont là pour satisfaire leur côté pervers et glauque. On ne regarde pas un corps comme ça, c'est malvenu. Automatiquement, je regarde la foule, généralement, on dit que le coupable se mélange toujours pour observer ce qu'il a fait ou venir en aide aux autorités. « Si ce n'est pas un loup qui a fait ça. C'est quoi. » Ayant été désigné pour coupable, j'avais un pied dans l'affaire sans même le vouloir et je devais nettoyer mon nom et pas foutre la merde dans la meute des An'Sionnach même si je n'ai clairement rien fait à part me balader. Si ça, c'est un crime alors, je suis hors-la-loi depuis longtemps.

Je la regarde et fais un léger sourire. « T'as l'air d'être autant apprécié que moi. C'est pas la soirée des rousses, on dirait. On doit être trop bien et impressionnantes pour eux j'imagine. » Bon, humour foireux, mais j'essayais surtout de calmer la tempête qui risquait de rendre ma louve encore plus folle de rage qu'elle ne l'était.

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Elle avait retiré ses gants et les avait envoyé en boule dans son fourre-tout qui contenait tous ses outils de travail. Elle se sentait épier et regrettait d'être habillée sobrement aujourd'hui. Elle portait un jean noir taille haute avec un haut très court et près du corps blanc. Un bonnet sur la tête de grosses lunettes de vue sur le nez. Elle n'avait pas froid et avait une excellente vue mais elle soignait un style à part. A vrai dire, toutes ces pièces, elle les avait trouvé dans la garde de robe de l'humaine dont elle avait pris l'apparence et les souvenirs.

Malgré le sourire ancré sur ses lèvres, Riley ne pouvait s’empêcher de pester contre les humains. Elle les trouvait tous plus idiots les uns que les autres. En particulier ceux qui étaient emplis de rancoeur envers ceux qui n’étaient pas comme eux. La peur, l’incompréhension les habitaient. Elle soupira avant de se tourner vers la louve. Elle détailla cette dernière de la tête au pied. Sans jugement aucun. Elle se contentait d’observer la rouquine. Elle était plutôt jolie, elle devait bien le reconnaitre. Tout en l’écoutant, un petit rire moqueur franchit ses lèvres.

« Ce fut avec plaisir. »

Elle vérifia dans sa mallette qu’elle n’avait rien oublié prêt du corps. Elle jeta un dernier regard en arrière. Ses collègues et elle parviendraient à donner plus de détails aux enquêteurs une fois le corps de la victime ouverte. Il fallait s’assurer de ne passer à côté de rien. Peut-être même qu’ils parviendraient à mettre le doigt sur un indice que les mortels auraient loupé. Celui qu’elle venait de rembarrer lui lança un regard des plus noirs. Amusée, elle mima un bisou et lui fit un clin d’oeil avant de faire demi tour. Elle se fit alors plus sérieuse pour répondre aux inquiétudes de la demoiselle.

« Mon avis pour le moment, c’est un vampire qui pour effacer ses traces a réduit les restes de sa victime en bouillie. Sinon, » elle se pinça les lèvres « c’est un plan tordu qui vise à faire tomber quelques loups… »

Cette idée ne plaisait pas le moins du monde à la Goule. Si en effet les Tullamore étaient capables de cette bassesse envers des loups-garou, ils pouvaient se servir de cette ruse pour toutes les autres races. La monstruosité ne connaissait que peu de limites. Riley Keenan était assez bien placée pour le savoir.

Elle déposa l'attaché-case au sol le temps de se prendre une cigarette. Ce vice ne lui faisait que peu d’effet, mais elle appréciait ce goût de cendres dans la bouche. Il lui rappelait Edwin. Oui, c’était une pensée étrange. Elle inspira profondément la fumée puis reprit sa mallette de cuir en expulsant une large trainée enfumée. Derrière eux, le coroner partait avec le cadavre. Elle fit signe au conducteur qu’elle avait déjà croisé quelques fois alors qu'il se dirigeait à la morgue. Le stagiaire se chargerait de laver et préparer le corps pour que les vrais médecins s'en occupe. D'ailleurs le Dr Keenan ne manquerait pas d'appeler ses collègues pour qu'ils la laissent faire. C'était son cadavre.

La louve la tutoya. Le médecin légiste pencha la tête sur le côté. Elle leva un sourcil perplexe et fit fi de cette familiarité soudaine. Entre créatures surnaturelles, il fallait se serrer les coudes et ne pas se tirer dans les pattes à la moindre occasion. Ca ne servirait personne. Elle soupira doucement.

« D’aussi loin que je me souvienne, les rousses n’ont jamais été très appréciées de toutes façons. »

Elle avait perdu son sourire mais son ton était tout de même courtois.

« Les hommes ont toujours peur des belles femmes qu’ils ne peuvent avoir, » cria-t-elle pour être sûre d’être entendue de tous ceux qui étaient présents.

Peu à peu, les curieux se dispersaient en allant de leur pronostic personnel. Sans attendre une réaction de qui que ce soit, elle commença à avancer, ne se souciant même pas de sa nouvelle amie rousse. Toutefois, à un mètre de distance, elle s’arrêta et fit demi tour.

« Ca te dit d’aller boire un verre ? J’ai besoin de chasser cette odeur de sang de mes narines. »

Jamais Riley n’avait autant sympathisé depuis qu’elle vivait sur l’île des damnés. Enfermée avec les autres, elle n’avait pas vraiment d’autre choix. Elle ne pourrait fuir nulle part. Si leurs bourreaux n’avaient pas raison d’elle avant, elle changerait de corps et d’apparence à l’infini. Elle pencha de nouveau la tête sur le côté en s’attardant sur le corps de la lycanthrope puis secoua doucement la tête. Aucun risque qu’elle ne prenne cette apparence. Elle donnait déjà dans le roux, il faudrait trouver autre chose plus tard. L’inconnue arriva à ses côtés.

« Riley Keenan, » se présenta-t-elle d’une voix neutre.

Elle savait qu’elle ne faisait pas beaucoup d’effort pour paraitre sociable mais il paraissait qu’on l’appréciait comme ça. Pour ceux qui l’appréciait évidemment. Ces derniers étaient tout de même peu nombreux. Quelle importance…
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I thought we'd manage, but words left unspokenMon avis sur la situation est loin d'être encore très claire, mais une chose est sûre, elle pue. Je n'aime pas ce cadavre et encore moins ces humains qui pointent les loups du doigt comme si nous étions coupables de leurs situations et de leurs maux. Ils ne donnaient que plus encore le pouvoir au Tullamore d'agir de cette façon alors, que ce sont ces derniers qui ont ouvert une traque à l'échelle mondiale. Peut-être sommes-nous différents, mais la plupart d'entre nous, n'agissons que par le biais de notre nature, c'est ainsi que nous sommes et même si les humains étaient déjà sur la corde raide avant, aujourd'hui ils sont protégés par un traité sans même s'en douter. La plupart d'entre nous le respectent, et même s'il y en a qui sont contre, on fait tout pour nous en sortir et reprendre la vie où on l'a laissé. Qu'ils n'oublient pas que nous sommes autant dans la merde qu'eux ! Je fulmine contre ces derniers, je commence à clairement les détester d'agir aussi radicalement avec nous et ce flic avait un regard si noire que j'avais l'impression qu'il avait envie de m'exécuter sur place. Quitte à ne pas être la coupable de ce meurtre, j'aurais été un dommage collatéral plus qu'acceptable et personne n'allait me pleurer même pas la meute. Je ne pense pas qu'Aindreas aurait laissé les autres agir en tuant à son tour le coupable de ma mort. Le traité les tient par les emprisonne injustement, surtout quand ce genre de situation se fait connaître. Je soupire en passant une main dans mes cheveux, ma soirée devenait plus sombre sous les secondes qui défilaient. Je sors et voyez sur quoi je tombe. Là, honnêtement, j'aurais besoin d'un bon verre pour oublier cette merde, quitte à ne pas avoir envie de me rendre seule dans un bar, j'irais squatter chez Aindreas et je lui ferais part de cette mauvaise nouvelle. Les lycans se retrouvent bien malgré sur le devant de la scène alors, qu'on se fait plutôt discret bien que ce ne doit pas être le cas des Bartoli et des Huns. L'un agit sous l'impulsivité tandis que les Bartoli pourraient très bien le faire sous la demande des Tullamore pour que la haine envers les nôtres soient plus importante encore. Je n'en serais que peu étonnée.

« Mon avis pour le moment, c’est un vampire qui pour effacer ses traces a réduit les restes de sa victime en bouillie. Sinon, »

Je l'écoute en faisant silence, mais je me dis aussi que c'est plutôt simple de mettre la faute sur des vampires. Sans doute ces derniers étaient tout aussi des victimes que nous et si c'est réellement le cas, alors, eux aussi devraient être au courant de ce qui se trame dans l'ombre. Que des mauvaises âmes sont capables de massacre inhumain pour mettre la faute sur les créatures incitant plus à la haine encore de la part des humains.

« c’est un plan tordu qui vise à faire tomber quelques loups… »

« Les seuls tordus que je connaisse ont leur cul vissé dans leur tour immaculé. » Tu parles d'une tour immaculée, ça cache du sang et rien que d'approcher de leur territoire, je sens l'odeur de sangs séchés pouvant même entendre des cris qui s'élèvent de cet endroit infernal. J'observe la médecin légiste sans rien dire, mais je vois bien que ce qu'il se passe ne lui plaît pas plus qu'à moi. Je ne dis rien, parce que je ne vois pas trop quoi ajouter d'autres.

« Tout est tordu ici. » Fis-je naturellement, mais d'une voix parfaitement blasée tandis que je voyais l'attroupement d'humains et de lycans s'éloigner pour reprendre leur vie. Je sais que beaucoup de questions sont en suspend et moi, plus je cherche des réponses et plus j'ai encore d'interrogation. L'évidence frappe, mais est-elle la bonne route à suivre, j'avoue que je n'en sais rien.

Mains dans les poches de ma veste en semi-cuir, j'observe l'immense flaque de sang sur le sang et c'est vrai que je ressens comme une envie à peine contrôlable monter en moi. Je parviens cependant, et avec violence de retenir ma louve comme si aucune tentation n'était présente. Je suis certaine que les flics n'attendent que cela, déjà que je n'étais pas très fan des autorités en général, voilà que mon avis ne fit que se renforcer en ce moment. Je vois des petites pancartes numérotées sur le sol. Des flashs d'un appareil photo. Apparemment, la police déployait pas mal d'effort pour chercher le moindre indice, même si je vois bien que dans l'esprit et le regard de certain, le ou les coupables sont déjà tout trouver. Un loup passe derrière moi appartenant à la même meute que moi et me conseilla de ne pas entrer dans leur jeu. J’acquiesce sans même me retourner, étonnée de constater qu'un des membre de la meute An'Sionnach émet une quelconque inquiétude envers la toute nouvelle louve que je suis. Je me mords la lèvre cherchant à me calmer obligeant ma louve intérieur de se taire, retrouver le contrôle n'est guère facile, mais j'y parviens plus ou moins bien, mais si j'ai dû fermer les yeux quand j'ai sentie mon regard changer. Je me retourne un instant dans l'espoir que les flics ne l'ont pas remarquer. Intérieurement, je me parle, peut-être que cela m'aidera sans doute à reprendre le contrôle. Au fur et mesure des secondes qui défilent, je réussis et j'en suis quelque peu essoufflé.

« Les hommes ont toujours peur des belles femmes qu’ils ne peuvent avoir, »

La voix qui se fait plus forte fait en sorte que je reprends contact avec la réalité et je me retourne vers la médecin légiste non sans esquisser un sourire amusé par sa réaction. Elle pique et sait très bien que l'un et l'autre sont tenus par une tenue parfaitement professionnelle. Je préfère rester à l'écart pour le moment, parce que je me sais assez virulente quand je m'y mets.

« Ca te dit d’aller boire un verre ? J’ai besoin de chasser cette odeur de sang de mes narines. »

« J'avoue que j'ai besoin d'un bon verre aussi. » Fis-je simplement. L'odeur du sang est omniprésente et pour un loup qui doit faire face à pas mal de nouvelles règles, surtout que je suis plutôt du genre indépendante qui s'est contenté d'agir avec mes propres règles, c'est un peu lourd de rester calme alors, qu'autrefois, l'impulsivité aurait été ma réaction première. On ne peut pas s'attendre à ce que je sois constamment calme surtout quand on m'accuse à tort. J'aime faire face et soumettre à la peur quand quelqu'un fait preuve d'une certaine connerie.

J'emboîte donc le pas de la jeune femme qui se présente sous le nom de Riley Keenan. Court et cool, j'aime bien. « Avery Lunel. » Me présentais-je à mon tour, je dois avouer qu'on se ressemble pas mal sur le point de la sociabilisation. Surtout, que j'ai passé tellement de mois au milieu d'une forêt en évitant toute civilisation qui me prenait plus la tête qu'autre chose. Je devais m'entraîner et apprendre à vivre en harmonie avec ma louve. Bien que j'aime ma nature, celle-ci reste sauvage et incontrôlable due à ma jeunesse, ce qui est tout à fait normal. J'ai encore pas mal de chose à apprendre, mais je me considère sur la bonne voie.

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La louve avait demandé à la Goule ce qu’elle pensait de cette affaire. Elle avait été honnête, comme toujours. Sa nouvelle connaissance avait une répartie qui lui plaisait. Elle avait terriblement raison. Le plan tordu auquel Riley faisait illusion pouvait en effet avoir pris sa source dans l’immense tour qui trônait au milieu de l’Irlande. Si cette histoire était vraie, cela n’annonçait rien de bon pour la suite des événements. La Goule fronça les sourcils à cette pensée. La lycanthrope continua en ajoutant que tout était tordu ici.

« Et plutôt deux fois qu’une, » répondit le médecin.

La jolie rousse accepta la proposition d’aller boire un verre avec Riley. La bienséance voulait qu’on se présente et le médecin légiste accepta cette normalité codifiée. L’autre femme se présenta également et la rouquine ne put s’empêcher de tilter. Ce nom lui était familier et pas qu’un peu. Il ramenait avec lui des souvenirs qu’elle pensait enfouis depuis si longtemps qu’ils étaient même oubliés. Vraisemblablement ils ne l’étaient pas. La douleur qu’elle avait pu ressentir à un moment avait totalement disparue. Il ne restait maintenant qu’une profonde indifférence que personne ne pouvait comprendre. Elle en était fière. Fière d’avoir fait ce choix qui avait été le meilleur pour elle et pour les autres. A présent, elle se demandait si cette jeune louve était une quelconque parente de l’homme avec qui elle avait eu un enfant. Si c’était le cas, elle se devait d’en savoir plus sur elle.

« Lunel ?  » répéta-t-elle à voix haute, « Avez-vous un lien de parenté avec… Daphné Lunel ? »

Daphné. Un prénom aux sonorités françaises. Il y avait eu des mois de réflexion et des dizaines de prénoms différents qu’aucun des deux n’appréciaient. Pendant un instant, la Goule s’était prise aux jeux. Elle avait prié de toutes ses forces pour que l’enfant ne soit pas humaine, mais bien goule. Elle avait rêvé de ce qu’elle lui enseignerait, ce qu’elle lui apprendrait, sans rien lui cacher. Non, elle n’aurait pas fait les mêmes erreurs que son père. Bien qu’elle avait eu quelques sentiments pour le père de Daphné, elle se fichait que lui ne parte avant elle. Pour la chair de sa chair, ce serait tellement différent, tellement douloureux. Elle savait que si l’enfant était humain et qu’elle restait, ce serait horrible, pour l’une comme pour l’autre. Riley n’aurait jamais eu la force de faire face à une telle chose. Oui, sa décision avait été des plus égoïstes mais si la jeune femme à qui elle faisait face était sa descendante, cela signifiait que son enfant avait bien vécu.

Elle tourna légèrement la tête alors qu’un faible sourire mélancolique apparaissait sur ses lèvres. Elle redressa les lunettes qu’elle portait. Elle qui avait totalement chassé ces souvenirs de son esprit, elle se retrouvait assaillie et ne pouvait rien y faire pour le moment. Elle aurait pu prétexter une urgence et abandonner la jolie rouquine ici et fuir cette rencontre fortuite. Mais ça ne servirait à rien. Elles seraient probablement amenées à se recroiser un jour. Plus important que tout, Riley n’était pas le genre de femmes à regretter quoi que ce soit, ni à fuir qui que ce soit. C’était plutôt une tigresse qui se débattait toutes griffes dehors jusqu’à ce que l’un des deux finissent par mourir. Jusqu’à maintenant, elle était celle qui restait debout.

Elles arrivèrent dans un bar, un peu à la sortie de la ville. N’étant pas véhiculée, Riley n’avait pas envie de marcher pendant des heures pour trouver de quoi se sustenter. Elles s’installèrent à l’intérieur. Le bar était déjà bien bondé et leur entrée fut assez remarquée. Encore une fois, les jolies rousses ne passaient pas inaperçues. Le Dr Keenan souriait de part en part, heureuse de l’effet qu’elle pouvait avoir sur les autres. Elle prit place sur une banquette, la mallette de cuir posée à ses côtés. Elle retira tout de même ses fausses lunettes qui lui faisaient un peu mal sur l’arête du nez. Elle massa cette partie en interpellant une serveuse qui passait par là. La Goule ne se gênait de rien.

« Ce sera votre meilleur bourbon pour moi. »

Elle laissa l’autre rouquine passer sa commande et laissa la serveuse repartir. Elle posa un regard presque lubrique sur celle-ci alors qu’elle se dirigeait vers une autre table. Elle reposa ensuite un regard totalement neutre sur son interlocutrice, les avant bras sur la table.

« Alors Avery, tu fais partie des malchanceux vivants déjà ici, des capturés ou de ces fous qui sont venus de leur plein gré pour diverses raisons ? »

Car Riley savait qu’il existait ce genre de personne. Fous d’amour ou fous tout court, ils avaient accouru ici pour diverses raisons que Riley trouvait toutes plus stupides les unes que les autres. Plus elle observait Avery, plus elle se disait que le hasard faisait bien les choses. Lénore avait accepté de prendre l’apparence de cette Riley Keenan, entre autre car elle était rousse. Voilà qu’elle découvrait aujourd’hui que sa descendance était rousse également. Si c'était bien sa descendance assise en face d'elle...
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I thought we'd manage, but words left unspokenTout n'était que chaos ici, alors, que des gens se prêtent aux jeux malsains des Tullamore alimentant leur sadisme ne m'étonnait pas vraiment. Sans doute, qu'aucun d'eux ne pouvait savoir que leurs comportements ne faisaient que les encourager à aller plus loin. Mais, au fond, on ne savait pas le fond de cette histoire. Cependant, une chose était sûre, ce n'est pas un loup qui a fait ça, je n'en discerne pas l'odeur d'un des miens dans cet endroit. Je ne me suis pas suffisamment concentrée pour percevoir quoi que ce soit, mais l'odeur d'un loup était fortement reconnaissable. C'est inscrit dans nos gènes de pouvoir les discerner. Je soupire intérieurement, en me disant que cette vie sera un combat plus hargneux que ceux que j'ai pu vivre jusqu'à présent. Grand-père me l'avait dit, il y a des combats dans la vie bien plus dur encore qui m'attendent à présent que je suis une louve. Je n'avais pas pesé l'importance de ces sages paroles, mais à présent, cela me revenait à la face et de façon plutôt violente. J'observe le ciel un instant. Il est aussi terne que ce bitume que nous foulons dans le silence. Moi, je me perds dans la verdure qui comble mes souvenirs, mes belles montagnes, toutes ces randonnées que je faisais dès que le weekend ouvrait ces portes ou que les vacances étaient enfin arrivés. Maman savait qu'à ce moment, j'avais besoin de me recentrer sur moi-même et c'était devenue plus intense encore quand j'ai perdu mon meilleur ami. Je n'ai fait entrer que peu de personne dans mon existence foireuse à cause de mon besoin de prouver à cet homme que j'existais, mais au final, je me rends compte que ce ne fut qu'une perte de temps. Après tout, quand on perd quelqu'un, on se rend compte de l'importance de certaine chose et de la stupidité des autres. Néanmoins, il est encore compliqué pour moi de comprendre cette notion. Je ne pense pas être la seule dans ce cas-là.

« Et plutôt deux fois qu’une, »

J'esquisse un léger sourire en entendant que nous sommes sur la même longueur d'onde. Je pense que c'est pareil pour tous ceux qui voient plus loin que le bout de leur nez. J'en viens même à penser que le mot tordu, semble peut-être un peu trop faible comme définition. Passant une main dans mes cheveux pour leur redonner un semblant d'ordre ou bien est-ce à mes pensées que je souhaite en donner, je fais craquer mon cou en le penchant d'un côté puis d'un autre. C'est souvent comme ça quand je sens ma louve en moi perdre ces moyens. Avec mon humeur de ces derniers temps, j'avoue que si cette femme n'était pas intervenue, j'aurais risqué de devenir une teigne cherchant la bagarre. Un truc que je dois tenir de mon connard de paternel. Même si c'est chiant d'avoir un semblant de ressemblance avec ce dernier, j'avoue que ça fait du bien quand on se défoule.

« Lunel ? » ... « Avez-vous un lien de parenté avec… Daphné Lunel ? »

Pendant un instant, je m'arrête en arquant un sourcil tout en la regardant. Connaissait-elle maman ? Elle était trop jeune pour faire partie de son cercle d'amie et de toute manière, je l'aurais connu à un moment donné ou bien ma mère m'aurait parlé d'elle. Mais non, j'ai beau réfléchir, mais Riley Keenan n'est pas un prénom que j'avais déjà entendu avant maintenant. Rapidement, je repris ma progression, mains dans les poches de mon jean. « Oui, c'est ma mère. Tu la connais ? »

Ce sourire qu'elle affichait, n'avait rien d'heureux, mais plutôt... Mélancolique ? Oui c'est ça ! Mais pourquoi donc ? J'avoue que je suis habituée aux choses un peu bizarre, mais là, je n'arrive pas à trouver une raison à la possibilité qu'une femme ayant mon âge connaisse ma mère. Peut-être s'étaient-elles croisées un jour et que ma mère avait oublié. Ou bien était-ce une autre Daphné Lunel dont elle parlait. Non, c'était peu possible. Quoi que... Putain, j'en sais rien en fait, alors, pourquoi je me casse la tête comme ça !

J'ai pas vraiment le temps de réfléchir plus encore que nous arrivons déjà au bar. On ne peut pas dire que les regards tournés vers moi me plaisent vraiment, j'ai d'autre chose à foutre que d'être une potiche dans les bras d'un homme. Les histoires sans lendemain, très peu pour moi. En fait, j'ai pas vraiment connu d'homme dans ma vie, je les fuis plus qu'autre chose parce que je n'ai pas eu de bons exemples dans mon entourage.

« Une bière blonde bien fraîche pour moi. » Bin oui, je commande une boisson dont j'ai l'habitude pour ne pas m'arracher le gosier en voulant me la péter avec quelque chose qui me rendrait malade. Et puis, ça fait un sacré bout de temps que j'en ai pas bu. Enfin, si l'on ne compte pas cette chez Aindreas et la vodka chez Lahja. Les avant-bras posés sur la table, je capte le regard qu'elle lance à la serveuse et ne fait aucune opinion. En fait, je m'en moque un peu, chacun ces envies et ces préférences. Ici, on nous juge assez pour que d'autre ouvre leur gueule.

« Alors Avery, tu fais partie des malchanceux vivants déjà ici, des capturés ou de ces fous qui sont venus de leur plein gré pour diverses raisons ? »

« J'savais pas que j'avais une tête pour venir ici de mon plein gré. » Fis-je en esquissant un sourire ironique alors que j'apporte la bouteille de bière à mes lèvres pour en boire une gorgée. La serveuse ne s'était pas vraiment attardé à notre table, il y avait foule. Je suppose que les gens ont besoin de se détendre malgré l'atmosphère qui pouvait régner ici.

J'avais tellement de projets en retournant chez moi. Reprendre ma vie où je l'ai laissé alors que la voie du lycan s'était ouvert à moi. Oh, je ne me plains pas d'être devenue celle que je suis, je suppose que c'était inscrit dans mes gènes, dans les pages de ma vie que de devenir une louve. Et bordel, même si j'en ai mal à crever à chaque fois que je me transforme, j'adore ma nature. Je suis faite pour ça, et même si une part de moi est reliée à celle de ce connard que j'ai comme paternel. Je préfère opter pour le côté de ma mère, même si mon grand-père est quelqu'un de bien. Difficile à comprendre comment il a pu engendrer un salopard comme Jake.

« Et toi ? Capturée ou venue ici de ton plein gré. » Dans l'un comme dans l'autre, je dirais chacun sa merde. Même si ça nous plaît pas, il faut affronter ce qui se dresse sur notre route. Si c'est notre choix, il faut l'assumer. Quelque chose me dit que c'est bien le genre de celle qui me fait face. Affronter les choses et en rire peut-être.

Cependant, malgré l'air qui régnait entre elle et moi, une question me taraudait l'esprit. Qui était-elle pour connaître ma mère ?

« Alors... D'où connais-tu ma mère ? » Demandais-je au final. Je suis bien trop curieuse pour laisser cette énigme de côté.

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I thought we'd manage, but words left unspoken ft. Avery



Le médecin avait demandé le plus innocemment du monde si la rouquine connaissait une certaine Daphné Lunel. Elle ne s’attendait pas à cette réponse. Elle aurait pu entendre que c’était sa nièce, petite cousine, une idiotie du genre. En revanche, voilà qu’elle se trouvait en face de sa petite-fille. La fille de l’enfant qu’elle avait abandonnée. La petite-fille qu’elle n’aurait jamais pensé connaitre un jour et encore moins partager un verre avec elle. Tout sourire disparut du visage de la Goule bien qu’elle ne laissait rien transparaitre d’autre. Cette question soulèverait certainement d’autres chez la jeune louve. Une louve. Jamais elle n’aurait pensé que sa descendance continuerait et encore moins qu’elle serait un être plus humain. Ses connaissances sur les loups-garou étaient limitées mais il y avait bien une chose qu’elle savait. Le gêne se déclenchait en ôtant la vie à un autre être humain. Intérieurement, Riley jubilait. Qu ce fut volontaire ou non, voilà que la chair de sa chair avait aussi du sang sur les mains. Etait-ce génétique ? Non. Elevée comme une humaine, la Goule avait commencé à apprécier la vitae par ses propres moyens. Donc la française se contenta d’acquiescer à la question. Un oui à peine visible.

La serveuse prit les commandes et se retira rapidement. Il y avait un peu de monde et elle avait beaucoup de travail. La créature ne se retint pour la regarder s’éloigner. Elle s’attarda sur la courbes de ses fesses avant de croiser les yeux d’un client qui avait bien vu ce qu’elle faisait. Elle mima un baiser à son attention et s’appuya sur le dossier de la banquette. Ses doigts fins jouèrent avec les branches des lunettes qu’elle avait reposé sur la table. Malgré cela, elle avait reposé ses prunelles sur la rouquine à qui elle avait demandé comment elle avait atterri ici. Sa réponse était sarcastique, décrochant un rictus amusé à la française. Celui-ci demeura sur ses lèvres pendant qu’elle répondait.

« Ca doit être propre aux rouquines alors, » se contenta-t-elle d’affirmer. « Et je ne tenterais pas de partir tant que je n’aurais pas arracher la tête de certains…. » continua-t-elle sur un ton presque trop guilleret pour ses propos.

Puis voilà la question était posée. Le verre fut glissé sur la table jusqu’à elle. Elle se noya alors à l’intérieur, les images d’un passé s’imposant à son esprit. Bercée par les va et vient du liquide contre la paroi de verre qui le retenait, elle revoyait le visage de Daphné. Elle la revoyait serrer son index de ses tout petits doigts. Elle la revoyait s’endormir contre son sein, les traits totalement détendus. Elle ressentait de nouveau la profonde affliction qui l’avait envahi quand in petto elle confirmait qu’elle n’élèverait pas cet enfant. Elle revoyait les yeux humides de bonheur du père, qui semblait combler de bonheur. Il ignorait encore ce que la goule prévoyait de faire bien qu’il savait ce qu’elle était. A présent, elle se trouvait confronter à une descendante. Une chose qu’elle n’aurait jamais pu envisager. La main enroulant le verre, elle faisait tournoyer son contenant à l’intérieur. Ce dernier était semblable à tourbillon sans fond. Il la renvoyait au tourment qui l’avait envahi cette nuit où elle était partie comme une voleuse. Elle s’était contentée de laisser un mot à son conjoint. Un mot simple mais efficace.

« Le jour que tu redoutais tant est arrivé. Tu pourras lui dire ce que tu veux. Tu pourras me haïr, faire qu’elle me haïsse. Libre à toi de penser que je ne t’ai jamais aimé, que je n’ai jamais voulu d’elle et que je suis incapable d’un quelconque sentiment humain. Je connais la vérité et peut-être qu’elle la connaitra un jour. Prends soin d’elle, c’est tout ce que je te demanderais. »

Elle poussa un faible soupir en se remémorant tout cela. Elle avait imaginé la réaction de l’humain à la découverte du mot. Il avait du être perdu, perplexe. Puis la colère l’avait envahi, se demandant comment elle avait pu faire une telle chose à son enfant. Enfin, il s’était résolu, tiendrait cette promesse qu’il avait faite en silence et ferait de la mère le monstre des histoires qu’il raconterait le soir. Un frisson la parcourut. Personne n’avait conscience de la douleur que cela avait été. Personne n’en aurait jamais conscience car encore aujourd’hui la Goule préférait être un monstre sans coeur qu’une mère si aimante qu’elle avait préféré se sacrifier.

« Elle n’avait que quelques mots quand je l’ai connu. C’était une adorable petite fille. »

Riley ne savait si elle pouvait dire la vérité. Elle se trouvait face à sa petite fille, elle aussi son sang, sa chair. La louve était certainement impulsive et n’hésiterait pas à passer par dessus la table pour évacuer la frustration de ne pas avoir connu ses origines plus tôt. Elle serra les mâchoires nerveusement. Il lui fallait d’abord connaitre leur vie à toutes les deux. Savoir quel parcours elles avaient suivi. Voilà une rencontre plus difficile à gérer qu’elle ne le pensait. Elle avait alors une longue gorgée de sa boisson avant d’enfin relever les yeux sur la jeune femme.

« C’est amusant pour moi de rencontrer sa fille, surtout après tout ce temps, » elle dissimulait ses émotions mieux que personne, « Qu’est-elle devenue ? Est-elle toujours vivante ? »

Qu’il était rude pour elle de ne pas laisser transparaitre une certaine excitation et une pointe d’espoir dans sa voix. Mais il n’y avait rien. Le ton était neutre. Les chordes vocales ne tremblaient pas. Il n’y avait absolument rien. Rien d’autre qu’une absence totale d’empathie.
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