The Island of the damned est un forum post Apocalyptique rassemblant un grand nombre de créatures surnaturelles.
 

Partagez | 

 Heart-shaped glasses | Eden

Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 232
Points RP : 305
Date d'inscription : 24/01/2018


| heart-shaped glasses |


little girl, little girl, you should close your eyes;
that blue's getting me high, making me low.

L'Ennui. Venin pernicieux. Mélodie tragique et existentielle d'un damné à l'image froissée. C'était l'incessante ritournelle de cette immortalité qu'il n'avait pas fini de souiller. Malgré la litanie exquise et sans fin des cris qui s'élevaient jusqu'aux cimes inaccessibles des voûtes célestes de River Crow, Callan était soumis à la langueur glaciale d'une lassitude abominable. Là était sa croix et son unique accablement. Là veillait sa souffrance inhumaine, l'essence même du sacrilège qu'était sa morbidité notoire. Il ne frissonnait plus du craquement osseux de ses victimes lorsque, sur un coup de tête, il décidait de leur briser la nuque. Leurs lamentations avant la fin n'étaient devenues qu'un bourdonnement agaçant qui, de toute évidence, ne le satisfaisait plus aussi bien qu'aux prémices de cette ère fascinante. D'une oreille agacée, il écoutait le vide de son intérieur lui murmurer des vérités qu'il refusait pourtant d'encaisser. Celle d'une distance qui l'affectait, d'un affront qu'on lui faisait et sur lequel il n'avait pourtant aucune emprise. Comment pouvait-il laisser son plaisir suffoquer de la sorte alors que sa seule lumière s'éteignait sans culpabilité dans la perversité d'une paire de fesses avantageuses ? Faiblesse... Bassesse. Reprendre le contrôle était donc primordial à sa santé mentale et sur le chemin des maudits, il avait après tout signé de son sang la prospérité de sa longévité.

Callan n'était pas de ceux qui se lamentaient. Il n'appartenait pas à cette race futile et inférieure qui perdait son temps à espérer. Lui ne faisait que se servir jusqu'à l'aboutissement sans équivoque de sa jouissance personnelle. Il s'animait de vivre dans le trop-plein, savourant lascivement le capitalisme ulcéré des sept pêchés capitaux. Sa religion ne vibrait que dans la perforation de trachées, le tintement furieux et craintif d'un cœur humain apeuré. Il trouvait son salut dans la beauté de leurs chairs déchirées. Comme un artiste s'appliquant sur sa toile, les boucheries de Callan étaient, en son Âme, la conclusion sublimée de ses insatiables fantasmes. L'esprit, lui, restait toujours indompté, abominablement libéré lorsqu'il se reflétait par mégarde dans les entrailles d'un corps qu'il venait tout juste d'éviscérer. Les lueurs rougeâtres de la Vitae allumant ainsi une passion indescriptible dans la profondeur de ses prunelles charmées... Ce n'est que dans ces instants fiévreux qu'un semblant d'affection semblait l'ébranler, créant au cœur de sa carcasse l'illusion d'une chaleur similaire aux morsures séductrices de l'amour mais surtout à l'effervescence étrange de l'adoration fanatique. En se remémorant l'une de ces scènes passées, il avait soupiré de nostalgie. L'enfant roi rêvait de détendre ses muscles par la découpe sanguinaire d'un être encore éveillé, pleinement conscient de la douleur qui l'assaillait. À ces jeux d'autopsie improvisés, les rebelles étaient ses proies préférées. Il abusait à outrance de cette endurance sacrée qu'on leur avait enseigné. S'abreuvant sans aucune honte des échos stridents et plaintifs de ces hurlements qu'il parvenait pourtant à leur arracher de la gorge grâce à sa lenteur stratégique et malsaine de titiller du bout de ses doigts, les organes de leur torse amplement ouvert... Il se délectait toujours des derniers instants, des ruptures brutales du mental malgré la pulsation constante des viscères encore à vif.  

Malheureusement, il n'était pas autorisé à jouer aussi souvent qu'il le voudrait. Ces parasites de la fondation devenaient sacrément malins mais si par malheur, l'un d'eux baissait leur garde, Callan et sa prédisposition à créer de terribles drames, ne se priveraient pas de les mettre – littéralement – en pièces. Ce soir pourtant, il n'avait aucun rebelle sous la main pour combler son divertissement. Les esclaves quant à eux étaient trop faibles pour qu'il puisse effleurer ce sentiment mutin et frivole qu'était l'amusement enfantin. Si deux heures trente était le temps record de certains rebelles avant l'inconscience lorsque Callan décidait d'incarner un chirurgien dérangé, il ne fallait pas mettre trop d'espoir en de simples humains vulgairement basiques, sans aucune formation spécifique. Ainsi donc ses pensées cherchaient des hallucinations dans les saveurs étrangères de l'opium. Tendre rêverie qu'il saupoudrait généreusement de quelques verres d'absinthe. Si sa folie ne pouvait être apaisée par la cruauté, il lui faudrait alors l'engourdir et l'envoûter de quelques charmes artificiels. Juste de quoi canaliser les divagations meurtrières qui l'aguichaient effrontément. De quoi délasser le raidissement de ses chairs cadavériques. Mais le silence n'avait rien de palpitant. Ses appartements manquaient d'ambiance, de corps à conquérir, d'odeurs de sang. La lueur des chandelles, le crépitement du feu dans l'antre de sa cheminée... Tous ces bruits que son ouïe acérée déchiffrait naturellement lui faisaient comprendre à quel point la solitude l'avait séduit. Son regard absent s'engouffrait au cœur des flammes mouvantes de l'âtre sulfureux alors qu'il faisait lentement abstraction de tout ce qui l'entourait à cet instant. Plus rien ne semblait être plus important que le tournoiement infernal et captivant de ce feu qu'un des domestiques avait allumé pour lui quelques heures plus tôt. Dans la contemplation des teintes brûlées qui coloraient les oriflammes du foyer, l'allemand fantasmait sur la chevelure machiavélique d'une humaine qu'il avait récemment ramené au Manoir.

Peut-être était-ce la chaleur diffuse s'imprégnant de sa chambre qui lui inspirait les courbes de sa silhouette gracile ou peut-être s'égarait-il simplement un peu trop dans les contrées d'une monotonie qu'il peinait à endurer. Quoi qu'il en soit, ses pensées impies finirent par avoir raison de lui. Il s'était levé, soudainement décidé à anéantir la cacophonie de ce silence pesant. L'objet de ses désirs l'attendait sagement dans une des nombreuses cellules que comportaient les sous-sols du Manoir. Callan le savait car il avait été celui qui l'avait choisi. Il n'avait aucun plan précis, suivant simplement les flots irréguliers de son instinct carnassier. Descendant les marches de pierre qui menaient vers les tréfonds de la forteresse, seul le bruit de ses pas martelait la roche mordue de froid. Des gémissements retenus caressaient presque amoureusement son attention, s'alliant subtilement aux terreurs qui sillonnaient le cœur des prisonniers lorsqu'ils prenaient conscience de sa présence. Longeant lentement les longs couloirs des cachots, à la manière dont certains bohèmes auraient pu visité un musée, Callan contemplait d'un regard amusé les carcasses que lui et les siens avaient amassé au fil de ces dernières semaines. Pourtant, son regard constellé de perversion ne cherchait rien d'autre que cette gamine qu'il avait d'abord croisé au détour d'une ruelle, effacée par l'ambiance malsaine qu'imposait le règne de son père. Il l'avait ensuite traqué durant quelques jours, s'attardant sur les manies et les habitudes qu'elle pouvait avoir, jusqu'à finalement s'en accaparer lors d'une nuit sans étoiles. Eden avait le profil parfait d'un ange voué à la soumission. De sa peau laiteuse jusqu'au firmament qui inondait ses deux iris, elle respirait la pureté à plein nez. Il n'avait pas résisté longtemps au charme candide d'une femme en pleine éclosion. Il restait après tout un homme empli de vices tout aussi excessifs les uns que les autres. De ce constat vulgaire, Callan ne s'en était jamais caché.

Lorsqu'il s'arrêta finalement devant la cellule de la désirée, calant son épaule contre l'un des murs qui maintenaient ses barreaux d'acier, l'ingénue était endormie, les traits préoccupés par cette nuit pleine de cauchemars dont elle ne pourrait même pas profiter. Durant quelques minutes égarées, il l'observa sereinement avant de finalement pénétrer dans ce petit neuf mètres carrés dans lequel elle était à présent terrée, comme un animal, par sa faute. S'accroupissant pour être à sa hauteur, la tonalité grave et enrouée de sa voix s'imposait avec calme mais puissance. « Lève-toi. » Les paupières de la poupée fissurée papillonnent un instant, lui donnant accès à la foule d'émotions intrigante qui tâche son regard immense de stupeur. L'homme se relève, s'impatientant déjà. « Tu profiteras de ta nuit plus tard... Si tout se passe comme je l'entends. » Peu sûr qu'elle soit suffisamment à la hauteur de ses espérances. Incertain de ce qu'elle pourrait réellement lui apporter, à lui qui n'était plus touché de rien depuis si longtemps.


NΞRIOИ



| NATURAL BORN SINNER |
And all I can see are these flames around me and all I can think is I'm here alone. The fires are growing close and all I smell is smoke, yeah, still it's beautiful to me.

Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 78
Points RP : 123
Date d'inscription : 26/12/2017

ft. Callan de Rhénanie
.
Heart shaped glasses
Jonah… Allongé, le dos appuyé au mur froid, elle ramène ses jambes contre elle, cherchant ne serait que l’illusion du réconfort. Le reflet océanique de son regard se pose sur la roche creusée. Dans la moindre fissure, dans la moindre aspérité, son imagination s’engouffre et se heurte, y cherchant formes illusoires à tailler au gré de ses envies. Ici un visage, aux lèvres closes et aux orbites vides. Eden lui invente un nom, un passée et une existence. Trace d’un Esprit qui hante les lieux, accordant sa protection à ceux qui le loue de prières muettes. Elle fait la sienne, sans que sa bouche s’ouvre. Elle ne doute pourtant pas d’être écoutée. Les choses n’ont que l’importance qu’on leur accorde et à cet instant, elle accorde toute foi dans ses propres fantaisies. Délires. L’être chimérique est bienfaiteur, il lui accordera ses faveurs. Un sourire léger, affront à tous les bourreaux qui règnent en ses lieux. Un instant, un cri proche brouille la surface de l’onirique, ramenant la petite païenne au réel. Elle sent le serpent de la peur glisser dans ses veines, siffler dans ses pensées pour les rendre inaudibles. Sa peau écailleuse et suintante écorche son courage et empoisonne ses convictions. Elle devine le monstre qui opère à quelques cellules. La force de son Mal. La violence de ses envies vérolées par les vices. Le reptile plante ses crocs acérés dans son cœur, le frappant un instant de torpeur avant de s’y enrouler. Elle sent le monstre qui s’amuse non loin. La brutalité de ses valeurs. L’irrespect pour celles de sa victime. La bête qui sévit n’est pas humaine. Elle en a l’apparence. L’attrait. Mais surement pas la Morale. Jonah… Elle referme les yeux, mordant sa lèvre. Son agacement se fait soudain ressentir. Quoi ? Occupé à bien autre chose que se lamenter, son jumeau daigne tout de même dévoiler sa présence. Raconte-moi une histoire. Un instant le silence. L’absence. La trotteuse de Chrono la poignarde à chaque seconde qui s’étire. Elle souffre avec ceux qui hurlent. 

Le violon résonne alors. Couvrant les cris. Ne se jouant que dans la salle de son Esprit. Concert privé. Les notes que Jonah vole aux Muses tissent une toile sombre, vierge de toute ébauche. Il impose sa vision à sa sœur, projetant tout d’abord une silhouette dansante. Eden se charge de lui donner l’allure qu’il lui sied, que lui inspire la musique de son frère. Monde entre deux, seulement visité par les jumeaux. Endroit où ils trouvent leurs accords, aux sons de leurs instruments favoris. Ils y sont tout puissant et le plie à leurs émotions. Le dieu du Temps fige l’instant. Dans l’ignorance, le tortionnaire libère sa proie. Ses pas résonnent au loin, trouvant un écho dans la gestuelle de la danseuse. Eden murmure la mélopée inventée pour elle. La voix s’échappe dans le silence, mourant à l’oreille de ceux qui la tendent. Le serpent qui sévissait se retire. Il se noie dans une envolée de l’Inconscient. Dans un répit d’oubli. Dans les gestes aériens de la ballerine qui évolue en Reine dans l’esprit de la jeune femme. Elle balai d’un geste de la main, le spectre des Vampires, broie de quelques pointes l’Horreur qui accompagne leur existence dévoilée et d’une échappée lui fait quitter l’Enfer de son Emprisonnement.

Tandis qu’Eden s’évade avec Morphée, Jonah lui, tente de faire le compte. Combien de jour qu’ils sont là ? Arrachés aux Landes si précieuse à sa sœur ? Il peine à un nombre précis, tout au plus une approximation. Rien qui ne le satisfasse réellement. Alors il tente autre chose. Il recommence à tendre ses sens. Il sait voir autrement que par les yeux de sa sœur. Il a bien dû apprendre, développer une autonomie que ce corps lui refusait. Il observe un instant la danseuse qui s’agite encore. El alors qu’elle danse, sa cage thoracique se déploie en un craquement sonore, faisant de son ombre, celle d’un ange. Des gerbes de vermeil accompagnent chacun de ses pas. Gracile, souple, légère… Jusqu’à ce que le cœur explose dans un feu d’artifice rubis. L’illusion disparait quand l’entité se concentre. Pragmatique, il a digérer la découverte des Créatures démoniaques plus rapidement que sa sœur. A présent, il devait faire avec. Et contrairement à elle, il n’accordait aucune terreur à ces dieux inconnus. Un intérêt certain ceci dit… Dans d’autres circonstances… Il se force au calme, à ne pas laisser la rage d’être ainsi captif, Eden à la merci de la première sangsue venue… Enfin, non… Pas n’importe lequel… Callan. Nom qu’il n’avait entendu qu’une fois, prononcer avec crainte, comme si le garde flippair de le voir apparaitre en personne. C’est simplement en le nommant qu’il avait empêché son compagnon de pénétrer dans la cellule. Ça n’annonçait rien de bon. La colère découlant de son impuissance lui fait perdre le fil. Il n’est plus à l’observation mais à la frustration. Patience. Il aura sa liberté. Il aura sa vengeance.

Une démarche assurée. Maitresse en ses lieux. L’attention de l’entité est brutalement happé, attiré vers l’aura à présent oppressante du sous-sol. Les souffles semblent en suspens, maintenus au silence par un instinct de survie si étouffant qu’il ne peut naitre que de l’Horreur. Les êtres se recroquevillent, animaux apeurés qui sentent la catastrophe approcher sans pouvoir s’enfuir. La crainte glaçante inspirée d’un simple choix. L’effroi. La même ritournelle. Pas moi. Pas moi. Pas moi. Pas moi. Les prisonniers forment un même être intangible qui supplie sa survie. Qu’importe que leur supplice continu, tant qu’ils ont l’espoir d’en réchapper. L’ombre de l’Immortel qui s’avance réduit ses espoirs dans un néant d’effroi. Scindant la symbiose, Jonah fait résistance. Il n’a ni les mêmes doutes, ni les mêmes faiblesses. Il a une longueur d’avance. L’entité ne prie pas, sachant qu’il vient pour sa cadette, il entame une partie d’échec. Et avant de jouer, on observe l’adversaire. De l’esprit du corps qu’observe le Vampire, Jonah l’épie. Cherchant dans ce qu’il a pour se faire une idée. Il fait le tri dans les odeurs qu’elle inspire, passant outre la crasse, la poussière, la transpiration et le sang omniprésent dans les relan. Ce n’est pas ça qu’il veut sentir. Il écoute aussi, le silence qu’inspire sa simple présence, les cœurs frénétiques et les respirations vacillantes. Il ressent. Réveil toi. Il cherche à s’insinuer dans l’âme. A prendre le contrôle. Réveil toi. Eden doit le lui laisser. Elle doit céder. Il est seul à pouvoir à gérer ce qui l’attend.

L’intrusion brutale la tire de son sommeil quelques secondes avant que les mots ne brisent un calme oppressant. L’agitation de son jumeau la laisse un instant plus surprise que le reste. C’est par Raison, couplée à la conviction qu’il ne doit pas pouvoir agir au travers elle, qu’elle le confine au moment même où elle ouvre les yeux. Perdue entre ce bref combat et le regard de celui qu’elle rencontre. Eden. Laisses-moi faire. Sa rage est plus violente que la peur. C’est elle qui dicte le rythme à l’organe des passions. Elle ne l’écoute pas, préférant donc se relever quand elle comprend enfin le sens de ses paroles. Elle entend les sifflements de l'angoisse, mais se refuse à verser d’autres larmes que celle déjà arraché par l’épouvante du cachot. Ses membres sont engourdis, autant par le froid que par la dureté de sa couche improvisée. Elle se concentre sur les picots désagréables pour ne pas laisser son imagination s’emballer dans l’horreur de l’incertitude, de l’obscurité des Desseins qui triturent l’esprit maléfique.. Comme Jonah, elle écoute les non-dits. Entends le murmure proche de la faucheuse qui fendra bientôt l’air. Devine l’étreinte de la Mort dans ses bras. Elle pourrait faillir, céder au serpent qui l’enserre au point de la paralysée. Hurler. Pleurer. Se terrer dans un coin de la cellule et espérer disparaitre. Mais ce serait renier l’espoir qui anime son âme. Elle refuse, quoiqu’il advienne, de perdre sa ferveur dans un avenir moins sombre que celui qui se profile pourtant. Tu es d’une stupidité déconcertante, Eden. Dans tous les contes que tu aimes tant que je te raconte, aucune des petites brebis sans défense ne suivent de leur plein gré le grand méchant loup… Eden a besoin de savoir, besoin d’avoir au moins une certitude alors que tout fous le camp ; ça va à l’encontre de la Raison, mais à quoi se raccrocher si elle ne sait rien. – Est-ce que c’est vous, Callan ? Sa désapprobation. Et elles ferment leur gueule aussi. Sa colère   Peut-être, mais dans tes histoires, toutes les petites brebis meurent. 
Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 232
Points RP : 305
Date d'inscription : 24/01/2018


| heart-shaped glasses |


little girl, little girl, you should close your eyes;
that blue's getting me high, making me low.

Des centaines de doléances frémissaient au creux de tous ces cœurs qu'il malmenait à la force de sa simple présence. Multiples supplications déguisées en silence que le son de ses pas créait indubitablement. Ils les entendait, ces prières pleines d'ardeur, en décelait chaque idée et chaque mot... Derrière les regards vitreux, furtivement baissés lorsque ses prunelles à lui s'éteignaient dans les leurs, il percevait la quête de clémence, évaluait jusqu'à quel point les vermines pourraient aller pour le combler et avoir l'espoir de lui échapper. Il comprenait la foi mais se riait d'elle tout autant. Callan se complaisait dans des illusions de grandeur ainsi que dans la satisfaction que lui inspirait la vulnérabilité nauséabonde dont les humains faisaient preuve. La terreur que son ouïe lui révélait était devenue habituelle. Tout comme les pleurs, les coups et les espoirs naïfs que pouvaient nourrir le nid d'insectes humains en lequel les sous-sols du manoir s'était métamorphosé. Son cœur ne s'effritait point des tourments qu'il infligeait, il ne s'ébranlait jamais de la douleur causée et n'avait aucune honte de toutes les barbaries commises dans l'obscurité. Cela n'avait plus d'importance, cela n'en avait jamais réellement eu. L'allemand vivait dans son monde, barricadé par des murs faits de ronces en acier. La moindre allégorie de tendresse, la moindre lueur d'amour venait s'y empaler, ne laissant derrière elles que le relent pestilentiel de la pourriture ; incarnation irrévocable du temps qui passe, de l'éphémère invincible qui s'abat sur n'importe quel être, n'importe quelle âme. Il n'était au-dessus de personne mais il était bien plus loin encore d'être au-dessous de qui ce soit. Anselm flottait dans cet entre-deux immatériel qui avait crucifié son Âme à l'évaporation légitime de toutes complexités émotionnelles. De marbre, sa peau lui rappelait l'inexorable infinité qui l'attendait, portait ses os au-delà du temps, les transformant progressivement en diamant. Et comme la pierre précieuse, sa gloire étincelait, sa rugosité entaillait et son indestructibilité lui murmurait les modalités stridentes qu'imposait une vie sans limites, aucune. Plus de culpabilité. Plus de colère. Rien, si ce n'est que l'écho torturant de ces autres qui parfois se plaignaient de vivre pour ensuite se plaindre de mourir. Le cirque n'avait aucun sens et les existences, la sienne tout autant, n'avaient absolument aucune importance considérable. Lui n'attendait que la fin, cherchant parfois à travers les voiles de l'occulte, une explication, une logique mais comme souvent, le Néant lui crachait toutes ses idioties à la figure.

Par conséquent, il était à son image. Ni plus ni moins qu'une ombre, ravageant tout sur son passage. Callan rendait ses failles invisibles, passant maître en l'Art de faire miroiter la monstruosité des prétentions qui aimaient s'allier à l'intouchable beauté. Il démontait, avec hargne, les idéologies contemporaines et anciennes, ne fabulant que lorsqu'il lui fallait séduire et conquérir pour finalement détruire et laisser périr. Tout était temporaire. Leurs gémissements, la merde dans laquelle il les forçait à se rouler, le sang avec lequel il se nourrissait. Callan était persuadé de trop de choses, il était convaincu du vide et de sa force. Et contrairement à tout ce que l'on pouvait penser, ce dernier ne lui plaisait guère car l'insensé n'est pour lui qu'une insulte effrontée et pourtant, il ne cesse de se fondre à l'intérieur, mêlant sa psyché aux pires des étrangetés. Ils pensent tous à s'échapper, considérant ces lieux comme l'enfer concrétisé. Callan écoute, sourit et se moque. De leur stupidité. De leur naïveté. Lorsqu'il s'arrête à une cellule en particulier, la cacophonie des milliers de pensées s'estompe de son attention entièrement portée à la flamme endormie. Lorsqu'elle s'éveille et se lève, le son cristallin de sa voix s'éteint à l'orée de sa conscience. La demande est naïve et quelque peu futile. Sans rien dire durant les premières secondes, il sent dans son esprit la confusion, écoute les élucubrations de pensées déformées dans lesquelles il perçoit l'insensibilité et les doutes tout à la fois. « Est-ce que mon prénom t'est d'une quelconque importance ? » Il avait déjà la réponse mais il n'était pas sûr qu'elle-même la possède. Son destin resterait le même, qui qu'il puisse être, perpétuellement figé dans la saleté de l'existence déchirée qu'elle menait. Avec une fausse délicatesse, il s'est saisi de sa nuque encore recouverte par le pan du rideau de feu qu'était sa chevelure particulière, enroulant de ses longs doigts glacés les courbes menant à son cou, l'invitant ainsi sans discussion, sans même l'ombre d'un mot prononcé, à le suivre. Callan s'était remis à marcher, le regard baissé sur la tête de l'ingénue. La vitesse latente de sa démarche lui imposait de s'y synchroniser et de contempler l'effroi de ces autres avec lesquels elle se mêlait depuis quelques jours maintenant. Le silence qui les accompagnait scellant la froideur sans équivoque de l'homme qu'il était. L'enfant semblant tranquille poursuivait la lutte bizarre de ses pensées, le cœur trépignant d'épouvante mais le mental persévérant à rester constant, sans appréhension aucune. Quel étrange mélange pour Callan qui, pourtant habitué à déchiffrer l'invisible, se heurtait à quelques interrogations fugaces.

« Eden est le tien, n'est-ce pas ? » commença-t-il alors qu'ils entamèrent la montée des marches vers les lumières chaudes et infernales des chandelles qui illuminaient le manoir, quittant ainsi la sordidité obscure des roches souillées et ensanglantées des bas fonds de ses légendes horrifiques. « Comme le jardin... Malgré tous les délices qu'il possède, il demeure méchamment vicié par le pire. » dit-il, sourire en coin, alors que son regard ne la quitte absolument pas. « Est-ce que tu nous caches un serpent toi aussi ? » Il s'amuse presque de cette imagination qui l'habite, qui lui fait voir le monde avec des couleurs qui n'existent nulle part ailleurs que dans les méandres de son encéphale. Il s'inventait des profondeurs inaccessibles, dessinant en leur sein la folie écorchée de sombres desseins. Eden était encore un rêve scintillant, empreinte d'odeurs sucrées et de mélodies extasiées. Eden avait encore le goût de l'incertain, le laissant librement fantasmer à la saveur veloutée du liquide vermeil qui filait au travers de ses veines bleutées. Elle était la nymphe d'un idéal qu'il s'imaginait déjà souiller de son venin ainsi que de ses pêchés éhontés. Enfin arrivés à l'étage, le flux de pensées blessées des condamnés s'amenuise, ne laissant derrière lui qu'un épais rideau d'insignifiance alors qu'ils continuaient tous deux à s'avancer vers les appartements luxueux qui lui appartenaient et dans lesquels elle, l'Enflammée, allait rencontrer l'une de ses premières petites morts.


NΞRIOИ



| NATURAL BORN SINNER |
And all I can see are these flames around me and all I can think is I'm here alone. The fires are growing close and all I smell is smoke, yeah, still it's beautiful to me.

Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 78
Points RP : 123
Date d'inscription : 26/12/2017

ft. Callan de Rhénanie
.
Heart shaped glasses
Comprendre est un besoin propre à la nature humaine. Alors qu’un animal captif mettra toutes ses forces au seul instinct de s’enfuir, puis à celui de survivre, l’Homme lui, a besoin d’expliquer. De savoir. De trouver une logique dans ce qui lui arrive. Pourquoi lui ? Pourquoi pas un autre ? Le Hasard ne le satisfait pas. Être au mauvais endroit, au mauvais, ce n’est pas assez pour une majorité. Il faut une logique. Une raison. Un but à tout ce qui arrive. Il s’est inventé des Religions pour ça. Ce qui ne trouvait pas d’explication était Divin. Tout avait une cause, une conséquence, chaque action prenait place dans un Plan Cosmique qui les dépassait tous mais dans lequel l’humanité trouvait une place centrale. L’existence des Créatures aussi chimériques que celle des Vampires ébranlaient la base même de leur Croyance. Si les Hommes n’étaient pas au sommet, si la Terre ne tournait pas pour eux… Ils ne valaient alors pas mieux que les bestiaux qu’ils parquaient dans des fermes immenses pour les engraisser. Les Malheureux enfermés dans les sous-sols du manoir en venaient tôt ou tard à la même lucidité morbide. Ils n’étaient que du Bétail. Un bétail pensant et anéantis par sa Destiné. Là siégeait le désespoir des plus anciens qui en venaient alors à espérer leur abattage prochain. Cette souffrance mentale inonde les cachots d’une aura putride. Jonah l’inspire à plein poumon, tandis qu’Eden la répugne. Les jumeaux la ressentent particulièrement, comme un vêtement saillant sur la courbe de leur corps commun. Elle pèse si lourde sur les épaules de la jeune femme, qu’elle peine un instant à tenir bien droite sur ses jambes fines. Elle comble pourtant un appétit qui en fait taire une autre.

Eden contemple la Créature qui lui fait fasse. Elle pourrait passer pour Mortel aux yeux de tous, mais pour elle, qui peut sentir sur le bout de ses doigts le voile brumeux qui forme les Âmes, sa nature de prédateur est une évidence. Son souffle vacille un instant quand l’azur de ses prunelles rencontre les siennes. Elle en découvre le froideur qui y règne. Les démons qui sont les siens dansent dans un désert glacé, sur la Mélopée des lamentations. Elle entrevoit ce Mal qui le ronge uniquement parce qu’il lui est familier. Il y a les mêmes flammes bleutées que celles qui léchaient désagréablement son échine, lorsqu’elle croisait le regard de son jumeau. Ce constat la percute. Le choc est aussi violent que celui qui colle un insecte sur le pare-brise. Elle l’encaisse cependant. Elle sait au moins une chose à présent, la gamme de passion qui embrase ses envies. Ou tout du moins elle le devine. Tu te trompes Eden… Il a un Vice qui ne me sied pas te concernant. Elle sent sa présence. Son ignorance l’a toujours amusé. Je ne vais pas gâcher son plaisir. Ni le tien. Je te laisse découvrir par toi-même, ces tourments que je t’ai épargnés. Pas au nom d’une quelconque morale, mais bien parce qu’il ne projette pas ce genre d’envie sur la jolie poupée qu’est Eden. Il sait cependant être jaloux de la convoitise qu’appel sa Beauté. Pas maintenant. Il est occupé par autre chose. Par ce qu’il sent roder dans l’ombre de leur échange. Un petit curieux. Cette sensation. Il y réfléchit un instant. Il ressentait exactement la même lorsque Wellan l’écoutait. Salaud. Il se garde la rage de cette découverte effleuré pour plus tard. Il est hors de question qu’un étranger fouille ainsi leur intimité. Il cogite, agitant son ennui de ce jeu soudain. Il a inventé un langage bien avant que les Mots n’est un sens. A l’époque où il se sentait existant, sans pouvoir lui faire entendre sa présence. Formuler ses propres pensées au milieu des siennes, vagues déferlantes qui l’entrainaient toujours plus au fond des abysses, était… Compliqué. Il lui fallait une voix puissante. Résonnante. A l’image de cet océan qu’est l’Esprit de sa jumelle. Quelques choses de suffisamment fracassant pour assourdir les eaux en perpétuel agitation. Il était une âme si jeune, expérimentant une magie sombre inconnue mais omniprésente. Tâtonnant, échouant et frustré. Il se savait vivant et qu’elle l’ignore l’enrageait. La même agitation parcourt sa conscience aujourd’hui. Il se terre dans une fissure de celle de sa Jumelle, observant celui qui ose pénétrer dans ce Royaume que Jonah a fait sien. Empire qu’il s’est construit de toute pièce dans sa prison crânienne, il en est le Tyran. Il coupe court à leur échange. Il se tait. Laissant Eden dans son silence et sa bêtise. Il s’imprègne de cette empreinte que laisse l’Immortel à chaque ressentit qu’il pille. Il a lancé le jeu, Jonah en suit alors les règles. Amusé. En parfait Maitre d’orchestre, il donne le ton à sa sœur. Plus d’échange compréhensible. Plus de phrase. Plus de Nom. Que des notes. Il détourne le dialecte qu’ils ont inventé, il détourne la mélodie de leur Monde pour en faire un code indéchiffrable. Le violon léger et frivole, que la situation passionne. Le piano déchiré, ses partitions naissant des âmes en souffrance et de leur terreur respirable. Jonah offre de quoi attiser l’intérêt du Vampire. Un divertissement. L’entité gagne du temps.

- Oui. Elle ne baisse pas les yeux lorsque sa voix se lève. Elle ne vacille pas sous les heures qui l’attendent, elle refuse de s’y projeter se détournant de la plus grande des Tortures. Celle qu’inflige l’Ignorance des souffrances à venir. Eden n’est pas stupide. Avoir connaissance de son nom ne lui offrira aucune protection. Elle sera tout aussi démunie face à la noirceur de ses lubies. Mais elle y accorde quand même de l’importance. Ce n’est pas grave qu’il juge cela puéril. Que Jonah s’en moque dans une envolée de violon. Elle veut pouvoir saisir au moins une certitude. Être sur du prénom de celui qui marquera définitivement la mort d’une existence préservée. Dans les cachots… Elle était entre deux mondes. Un pied dans un passé si proche, la caresse du vent sur sa joue encore en mémoire, un pied dans un futur incertain. Emplie de Monstres et d’immoralités. Un purgatoire mais qui n’avait rien de concret. A présent, Callan rompait l’équilibre et la poussait droit vers l’Horreur. Elle perdrait une partie d’elle cette nuit, elle ignorait quoi mais la conviction n’en était pas moins forte. Moins effroyable.

Ses doigts sur sa nuque guident alors ses pas. Marionnette docile qui croise les regards des Maudits. Esclave à l’agoni, purgeant une faute quelconque. Nouvel arrivant, tremblant de peur dans un Coin de la cellule. Son répit achève de le terroriser. Ils reviendront. Mais quand ? Futur carcasse qui se vide de son sang, regard perdu sur le vermeil qui se répand. Elle effleure et entrouvre chaque maladie qui dévore leur Essence, oubliant un instant, toute notion d’existence. Elle est sur le fil de la leur, en funambule amatrice. Quelques mètres. Un tunnel sans fin d’aberration contre la Morale. Elle referme les yeux, avant d’oser secouer la tête. Elle se raccroche à ses propres tourments, pour échapper aux leurs. Voraces. Elle a suffisamment peur de lui pour ne pas chercher à s’échapper, mais pas assez pour se taire. – Le jardin n’était ni pure, ni vicié. Le Démon et les Hommes l’animaient juste de leurs passions. Bonnes ou mauvaises, ce n’est surement pas à elle de juger. - Quand ils l’ont quittée, il est demeuré ce qu’il était. Immuable. Et il attend. Eternel. Il attend le retour d’une Humanité pardonné de ses pêchés. Elle est peu habituée à converser. Plus habités aux échanges avec son jumeau, compagne de la solitude. Alors elle parle comme elle pense. Cousant de ses paroles, le réel à l’onirique. L’instant n’y est-il pas propice ? Elle reste silencieuse, quelques secondes. Ce n’est pas qu’elle hésite à répondre c’est qu’elle imagine le sien, déboitant sa mâchoire pour engloutir son cœur dans le Pire. – Tout le monde abrite un serpent. Certains choisissent de le nourrir. D’autres non. Elle hausse les épaules, les images de son évasion chimérique défilant dans son esprit comme partit intégrante de la discussion. Jonah suivrait lui. Mais c’est tout juste si il y garde un œil. Il approche de son but. Il le sait. Il le sent. Il a fait plusieurs essais infructueux mais il persiste. Son Intelligence et sa volonté sont ses armes. Les seules qu’il possède. Alors il les affûte, les aiguise dans l’attente de ce moment où elle devront faire leur preuve et trancher les chair de la prison qui le retienne. Taillader les pensées de sa jumelle pour s’en échapper et ensuite… Planter leurs larmes dans une autre conscience.

La lumière des chandelles brûlent sa vue. Si les cris se font muets ici, le parfum des supplices pèse tout de même dans l’air. Presque étouffant. Passer d’un endroit aussi froid et glauque que la cellule à un lieu aussi raffinés et travaillé à quelque chose d’indécent. Le contraste est aussi brutal qu’une gifle. Eden ne s’y avance que parce la pression de ses doigts froids se fait toujours sentir sur sa chair tendre. Son cœur loupe quelques battements. Balafre sa mémoire de cette intensité. Jonah a réussi. Il s’est fait entendre. Non pas par sa jumelle qu’il condamne de son mutisme, mais du Vampire. Dès l’instant où il s’est introduit dans leur psychè, l’entité a cherché à remonter la piste. Trouver le chemin vers le sien. De la patience. Sa récompense. Il ne l’entendra pas répondre, il suppose que ça marche comme avec Wellan, mais il saura faire de ce silence. Callan à fixer les règles. Jonah va jouer. Cette nuit, il sera sa Folie. Sa démence.
Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 232
Points RP : 305
Date d'inscription : 24/01/2018


| heart-shaped glasses |


little girl, little girl, you should close your eyes;
that blue's getting me high, making me low.

Des gens qui passent. Des gens qui s'incrustent jusqu'au creux de ses pores à lui. Lui qu'il ne nommera même pas. Trop las. Las, de s'esquinter la gueule contre ses frasques sentimentales. Frasques qu'il lui vomirait bien à la tronche en guise de remerciements. Callan méprise et laisse la haine lui voiler l'esprit. L'esprit embrumé d'opium, d'absinthe et de furies. Ah, quelle ironie. S'ils savaient tous à quel point ils étaient perdus et condamnés, vacillant entre ses mains de dégénéré, comme n'importe quelle autre catin de bas étages. Tout ça pour lui donner l'illusion fragile d'être vivant. Encore un peu, un tout petit peu. L'allemand était soudainement irrité. Il muselle alors l'érosion trop expansive de la merde que son cher Père lui fait avaler, s'imaginant déjà l'assassiner en sachant pertinemment que ce fantasme n'était qu'une hallucination supplémentaire, un désir éphémère qu'il ne se permettrait pas de réaliser car ses faiblesses abdiquent sous l'orage de sa détresse, car un jour, il lui a fait cette promesse. Aussi incassable qu'inébranlable. Jamais, qu'il lui avait dit. Jamais, je ne te laisserais. Crache-moi dessus, arrache-moi les entrailles mais surtout reviens-moi. Et il reviendrait. Sans Saor, sans toutes ses putes qui ne font rien d'autre que céder à son appétit carnassier. Il reviendrait. De ce fait, lui s'égare pour compenser les écarts. Bien plus amoureux du noir que de cet homme et de son désespoir. Il en est la putain première. Callan oublie ses mémoires nécrosées dans le flegme glacé d'un sadisme aiguisé. L'opiacé dilué dans les flots de sa vitae lui flagelle le cerveau, déstructurant toujours un peu plus les nuances de cette réalité qu'il pense à quitter. Doucement, l'idée s'esquisse et les prémices d'un autre monde se glisse en lui comme la peste noire. Il ne réfléchit plus. Les pensées s'éteignent et disparaissent dans l'épaisseur goudronneuse d'une nuit éternelle, qu'il dévore et digère tel un gigantesque serpent ivre du sang des hommes et d'éternité impériale. Le fil de sa mentalité s'étiole alors que son regard amasse des lumières qui ne le réchauffent plus depuis des siècles. De son dédain, il les étouffe, annihile les flammes dans la nébulosité de ses prunelles prédatrices. Sous ses phalanges, les os de la femelle le ramènent au présent. La rage crisse un instant puis s'évapore en douceur illusoire. Oxymore frileux. C'est l'odeur des horreurs qui le canalise. Il efface, récupère l'éclat et le décime en grain de poussière ordinaire. Les fantômes de sensibilité trépassent, ne laissant plus que le murmure enivrant de l'hémoglobine qui se faufile et tambourine jusqu'aux tempes de l'enfant.

Il l'écoute comme on pourrait s'arrêter pour comprendre l'océan. Berceuse organique dont il s'enivre, harmonisant presque ses pas aux battements de ce cœur qu'il s'imagine déjà déchirer. Celui de la femme aux hanches divines et dont la chevelure ne faisait que souligner la chute de reins tentatrice. Il vibrait tant ce muscle... Soumis aux émotions contusionnées de ce qu'elle portait en sa mémoire atrophiée. Il ne semblait pas léger. Au contraire, sa lourdeur lui inspirait d'anciennes symphonies de douleur et toutes ces compositions stagnaient dans les méandres auréolés de candeur de cet encéphale aux sonorités particulières. Des notes en sifflaient, attisant les sublimes intouchables de ses préférences personnelles. La séduction se fortifie alors un peu plus, amenuisant ces crucifixions mentales pour lesquelles il ne ressentait plus aucun plaisir. Eden lui apportait quelque chose de nouveau et d'aérien, presque céleste tant ses interrogations filaient au gré de ce qu'il percevait tournoyer en son esprit. Que cela pouvait-il bien être si ce n'est que la Folie ? Son Âme avait-elle déjà flanchée, elle qui n'était là que depuis quelques jours ? Et puis la cacophonie schizophrène de la sulfureuse dulcinée laisse place à un silence désaxé qui le prend de court. À défaut de mémoriser les mots fous, l'allemand se délecte à présent de mélodies blasphématrices. Comme lors d'un concerto improvisé, le chef d'orchestre dégueule la beauté immonde des cachots qu'ils abandonnent aux mains de terrifiantes appréhensions. En bas, c'est la Peur qui veille. Déesse impassible qui s'abreuve de toute la souffrance dont luisent les condamnés. Mais Callan se fiche de ses caresses. Ses appels indécents l'indiffèrent soudainement. Il a l'attention charmée par les feux qu'il pressent au creux de son ventre à elle, la prisonnière, l'objet convoité. Bientôt balancé dans la fosse aux profondeurs sempiternelles de son insatiable désir de désintégration. Alors oui. Peut-être qu'elle méritait son prénom. Peu importe. « Callan, en effet. » Lui, son âme abominable et ses flammes infernales. Prénom qui ne fera rien d'autre que l'écorcher, à répétition, sans jamais la quitter réellement. La plaie de tout ce qu'il y a de plus sacré, rôle qu'il se plaisait à jouer et dont il était certainement devenu un des meilleurs interprètes. C'était la musique qui avait assoupli sa rigueur, c'était elle qui avait embrassé ses idées mais il avait besoin de plus que cela. D'orgasmes virulents, de bien-être terrifiant mais qui pouvait avoir ce pouvoir ? Qui pourrait perforer l'acier qui le préservait indubitablement ?

Personne, sans doute. Il était trop tard et cela lui convenait parfaitement. Tout de même, il ne perdait rien à frôler les frontières de la décence, tuant le temps avec de nouvelles lacérations dessinées sur sa collection d'humains à disposition. Ce corps qu'il tenait de la nuque ne ferait que s'ajouter à la liste de ceux qui avaient connu les vérités de ce que l'on murmurait au sujet de sa perdition. Il écoute ses réponses, intrigué par les partitions qui dévalent de son mental, cherchant à comprendre si ces dernières étaient siennes ou non. Il étudiait sans un mot ces artifices nouveaux et cachés qui décoraient l'âme de sa nouvelle poupée.  « De leurs passions. » répéta-t-il, observant l'horizon obscur de ce couloir qui bientôt s'ouvrirait à l'escalier immense donnant accès à ses quartiers. Elle n'était pas aussi imbécile qu'elle le pensait. À croire que son instinct l'avait poussé à attraper quelque chose de beau pour le déformer, le ravager. La sagesse que ses lèvres lui offrait lui donnait l'envie de la balafrer mais il se retint. Pas maintenant. Pas encore. « Et l'attente fait mourir. » Genèse de l'impatience, du manque et des griffures de l'absence. L'Essence venimeuse de tout ce qui deviendra sale ou brisé. Callan s'en nourrissait librement, se fiant à la force des marées noires plutôt qu'aux chatoiements aveuglants de pauvres étincelles éphémères. Il ne leur avait jamais fait confiance, de toute manière. Ainsi, son choix à lui n'était plus à remettre en question et s'il fallait être tout à fait franc et fidèle à ce qu'il est, c'est la monarchie ancestrale de la vitae qui l'avait emporté. Il ne retournerait pas sa veste. Il ne deviendra pas lâche. Son haussement d'épaules l'amuse alors qu'il entame la montée des marches qui s'imposent devant eux. Il la lâche une fois l'étage atteint alors qu'une voix cisaille sa psyché, lui donnant des directions claires et volontaires. L'autre, miroitant une nouvelle entité, scindant ses réflexions en deux comme une discussion sans structure, une discussion avec les éclats d'un reflet qui n'était pas le sien. Il le cherche, lui, derrière le miroir qu'incarne celle qu'il a choisi de profaner ce soir.

« Comment fais-tu ça ? Es-tu seulement réel ?  »

Il ne savait pas à qui il s'adressait, réellement, si ce n'était qu'à elle. Les fissures d'un étonnement certain glissèrent dans son regard céruléen alors qu'il se vissait sur le corps de la vénus ; la curiosité piquée à vif. Il poursuit le chemin en silence, dépassant les frontières du seuil de ses appartements avec sa nouvelle proie, trésor de mystères qu'il exorcisera en partie en cette autre nuit de déraison. Ce jeu nouveau remplace les échardes dispersées à même son intérieur. Il ne se noie plus dans les effluves du passé et aspire la violence du présent, vibrante et puissante, là en cette fille insignifiante et pourtant... Pourtant différente de tout ce qu'il a pu s'imaginer à son sujet. En fermant la porte derrière eux, il lui fait comprendre qu'elle est sienne. Pour quelques instants. Jusqu'à ce qu'il se lasse. Jusqu'à ce que sa vie le récupère. Mais pour l'heure... Pour l'heure, elle était dans sa chambre et il avait faim. Faim de remplir les monstruosités que le néant en lui créait incessamment. Faim de disparaître, quelque part, là où Léandre ne serait pas. Les mots lui semblaient excessifs comme si sa voix était usée d'exister, fabulant pour creuser un peu plus la morosité de ce qui est inutile. De toute sa hauteur, il vient lui faire face, laissant ses mains se poser sur ses épaules frêles. Elles remontent lentement, retraçant les creux délicats de son cou, entourant finalement ce visage rond qui ne fait que sublimer l'innocence dont elle émane sans mensonge. Ses lèvres s'éteignent sur les siennes, distillant son venin ambigu d'un baiser arraché. Ses canines apparaissant à mesure que la chair de leurs lèvres se mêle, l'odeur de sa chaleur se diffusant jusqu'au creux de son ventre, forçant son désir à se tendre, intimant ses crocs à poignarder les courbes charnues des lèvres de l'ingénue.

Elle saigne. Il lâche un grognement sourd, s'abreuve de ces quelques gouttes sucrés alors que des vertiges de possession commencent à l'assaillir, se fichant bien de savoir si elle savoure ou désapprouve. Le goût de son Essence le transcenderait presque... Mais il se recule, lui tourne le dos et l'abandonne quelques secondes, se défaisant des bagues qui ornent ses phalanges ainsi que de ce rosaire qui ne le quitte jamais, la laissant pantoise et la bouche encore sanguinolente de la morsure infligée. Lorsque son attention se porte à nouveau sur elle, ce n'est que pour lui dicter des mouvements et forcer des limites que personne n'avait franchi jusqu'ici. « Retire tes vêtements. » Et si elle refuse... Si elle refuse, les choses n'en seraient qu'un peu plus intéressantes. Du moins, pour lui.  


NΞRIOИ



| NATURAL BORN SINNER |
And all I can see are these flames around me and all I can think is I'm here alone. The fires are growing close and all I smell is smoke, yeah, still it's beautiful to me.

Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 78
Points RP : 123
Date d'inscription : 26/12/2017

ft. Callan de Rhénanie
.
Heart shaped glasses
Le piano devient soliste. Seul ses notes résonnent encore dans l'esprit sous le joug d'un chef d'orchestre absent. C'est le Requiem d'une Innocence en deuil de son Insouciance. Elle ne peut plus danser de ce pas léger propre aux Nymphes. Elle ne peut plus chanter de cette voix qui ont inspirée les Anges aux Hommes. Elle ne peut plus voler, ses ailes immaculées, brisées des convoitises qu'elle déchaîne malgré elle. Alors elle pleure cette Musique enivrante d'onirisme, vibrante de sincérité. Elle imagine les Démons l'écouter, elle sait que son frère l'entend. Le violon se moque parfois, par petites touches subtiles qu'il glisse ici et là. Il joue de cette duplicité pour qu'elle ne vienne pas se demande quel Dessein il esquisse au fusain de ses sombres inspirations. Continue d'attiser la curiosité de cette présence intrusive. Il va bientôt en imiter la Nature. La déformer et se l'approprier pour ensuite jouir lui aussi de la pénétration d'une intimité violée. Il prend par avance. Il n'est pas Ignorant. Il sait ce que convoite l'Immortel et si l'entité n'a aucun pouvoir pour l'en empêcher, il peut au moins y trouver son compte. C'est donnant, donnant. Jonah rétabli l'équilibre. Il sortira gagnant de la perdition de sa jumelle. Pauvre petite chose. Il refusera ses plaintes et ses lamentations. La prochaine fois, elle le laissera faire quand il voudra prendre le contrôle. Il lui apprend les nouvelles règles qui les régissent. Dehors elle avait le contrôle, il la laissait maîtresse de son corps, dans les torpeurs d'une neurasthénie que l'ennui abreuvait. Ici, c'est lui l'Empereur. Ici, ils sont dans un Royaume proche du sien. C'est à lui d'y gouverner. Question de logique pure.

L'emprise autour de sa nuque se relâche, le collier de doigts se retire. Il n'en reste qu'un ressenti froid qu'Eden expire dans un souffle. Son frère lui, se plait à se dissimuler dans ces sentiments qui font chavirer son esprit. Il avance à l'aveugle, sans phare pour en guider la course. Les émotions s'improvisent. Elle n'est pas Lui. Elle est son opposé, ressentant tout ce qui ne l’atteint pas, refoulant tout ce dont il se pare avec tant de fierté. Il est dans une partie de cache-cache, jubilant d'entendre des questions à son intrusion. Callan souffre donc de curiosité. Callan souffre de beaucoup des maux que condamnent sa sœur chez lui. Il devine, tout comme elle, ce qui forme son Essence et agite ses passions. Il les transpire et Jonah se délecte de ce parfum si familier. Il pourrait lui répondre ici. Dans le terrain de jeu qu'ils se sont choisit. Mais il préfère revenir murmurer ses corruptions là où elles trouvent leur plus belle écho. Fais-je seulement quelque chose ? Je ne suis réel que parce que tu m'entends. Il est de taille pour converser de chimères et de démences. Il en est l'incarnation parfaite. C'est toi qu'il faut interroger. Es tu fou ? Enfant de la Mort, voué à la dénaturation.

Alors que la porte se referme sur le secret du pêché, Eden cherche les fenêtres, ne serait ce que pour entrevoir son Empire à elle. Est elle encore seulement sur les Terres qui accueillent depuis toujours sa fantaisie ? Où l'a t-on arraché au foyer qu'elle s'est choisit quand le sien s'est incendié, combustion spontanée d'une Haine forgé de l'acrimonie ? Les rideaux masquent la vérité. Ils sont plus cuisant que les barreaux. Eux ne cachait rien des murs froids, de l'angoisse des cachots. Les tissus opaques et lourds dissimulent des espoirs potentiels. L'envolé du violon la jette hors de son monde Imaginaire pour la ramener face à l'Immortel. Les mystère de l'Atlantide, cité de toutes les beautés, engloutie par les eaux, resurgissent dans ses iris qui se lève pour observer le vampire. Elle connait la brutalité qui se cache sous une apparente douceur. Si elle frémit quand il pose ses mains sur ses épaules pour les y remonter, c'est parce qu'elle est familière d'une tendresse mensongère. Sa mère en usait parfois. Avant de fissurer son masque et de la gifler pour le dégoût qu'elle lui inspirait. C'est la même peur enfantine qui agite l'organe d'émotion. L'Alto fait un retour caustique quand les lèvres volent un baiser. Il déchire tous un contes que les multitudes lectures avaient inspirée. Celui d'un premier baiser maladroit, dicté par quelque chose de doux et réconfortant. Celui qui devrait laisser dans toutes les mémoires une nostalgie bienveillante. A quoi s'attendait elle ? L'entité se fait moqueur dans son solo de corde. Avant de la laisser dans les doutes que laissent ses dernières notes. A quoi s'attend t-elle maintenant ? La morsure souille définitivement le souvenir de vermeille. Quelques gouttent perlent à ses lèvres qu'il fait disparaître comme des larmes.

Callan se recule et elle retrouve un souffle qu'il semble voler à tout ceux dont il s'approche. L'attention de l'entité ne le quitte pas alors qu'il leur tourne le dos. Il se contient, Jonah peut sentir la force de ses convoitises pulvériser le convenable. Il ne s'en fait que plus présent, suivant avec tant de facilité le chemin qui mène à cette ivresse. Il est détaché de qui arrive à sa jumelle. Ce n'est pas pour lui que tout ce tableau se peint. Il en est le décor Inconscient, ce que l'artiste cache dans ses toiles quand il se perd dans les représentations. Il est ce pourquoi la Joconde sourit. Ce qui fait pousser le Cri.  L'intention des peintres. Est ce qu'elle te surprendra ? C'est au Vampire d'entendre l'entité qui se fait aussi moqueuse qu'avec sa sœur. Il est avide de ses réponses. Elles sont en riche de ses confidences qu'il cherche.

L'ordre la surprend. Il la prend au dépourvu. Elle penche la tête sur le côté. Le serpent de la peur s'agitant dans ses entrailles pour remonter dans son ventre et y faire son nid. Elle mordille cette lèvre déjà malmené. Mais il n'est pas propre à sa demande. Il est propre à la situation. Eden ne connait pas la pudeur. Elle n'est pas innée. Personne ne lui a apprit quelle envie réveillait des courbes si soigneusement dessinés. Elle ignorait cette perversion, ingénu du Désir qu'elle était. Elle n'en connaissait pas les affres. Elle tend une main tremblante pour faire glisser  sur sa peau, le tissu  du pull qui en cachait la porcelaine. Elle referme les doigts pour les maîtriser. Elle ne s'est pas changé depuis qu'elle est ici. Elle porte les même vêtements, usé de sa captivité. De quoi dormir à dormir, sur la véranda de la maison qu'elle occupait depuis presque toujours. Le ciel pour plafond, les étoiles pour veilleuse. Elle retire ensuite le pantalon au tissu délicat. Le faite qu'elle garde son dessous est symptomatique de son Ignorance sur la situation. Et si elle cache quelque chose, ce n'est pas la poitrine aux formes juvéniles que rien d'autre que le haut ne dissimulait. Elle cache ce qui, à ses yeux est à préserver. La cicatrice en forme de croix, comme dessiné à la lame au creux de ses seins. Ses deux paumes la couvre. Elle aimerait pouvoir faire de même avec les quelques autres qui marquent sa chair. Là est sa seule pudeur. Protéger ses blessures du passé. Jonah aurait aimé pouvoir l'observer au travers du regard de l'Immortel. Non pas pour se repaître de ce désir qui doit le consumer, mais pour se perdre dans les tourments du regard de sa jumelle. Si naïve. Si perdue... Si stupide.
Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 232
Points RP : 305
Date d'inscription : 24/01/2018


| heart-shaped glasses |


little girl, little girl, you should close your eyes;
that blue's getting me high, making me low.

Cette voix... Murmure rauque et profond qu'il se plaît à accueillir dans la matrice de sa psyché s'immisce en lui avec la suavité d'une caresse inattendue. Elle déambule confortablement. Au sein des marées sulfureuses et des deliriums carmins occupant la moindre pensée de l'Immortel. Ses notes vocales aux charmes infectés par l'invisible lui ouvrent les portes d'un monde fascinant, univers sanctifié par la rage, débordant des puissances goudronneuses qu'il s'entête à déchaîner. Callan l'écoute, captivé par la narcose vibratoire que dégagent les sifflements entêtants de ce trémolo étranger. Celui-là même qui décorent son échine de frémissements imperceptibles mais pourtant si vivifiants. L'allemand se surprend à savourer l'électricité sauvage de la sensation ressentie, la sentant pourtant s'étouffer sous la lourde enclume de son éternel Ennui, son seul véritable ennemi. L'entité s'impose d'une authenticité particulière, il règne dans ce que les rétines ne voient pas. Il glisse sur les rivières de sang qui sillonnent l'encéphale du Prince oublié. Callan ne résiste pas. Au contraire, il se délecte, cherche à comprendre l'incompréhensible. Apprendre est la clé de toutes choses. Docile sous certains angles, il n'en reste pas moins observateur. Il est à la fois l'élève et le maître. Quelque chose de nouveau le frôle, il le sent. Ensemble, ils partagent les mêmes ambitions déstructurées. La même passion les anime. Ça transpire jusqu'à son cœur, ça pousse le vice jusqu'à le faire sourire de satisfaction. Anselm a toujours désiré découvrir ce qui se cache au-delà du visible. Amant de l'outre-tombe, il dévore les allégories chiffonnées de la Mort. L'autre se dit réel uniquement par le désir qu'il éprouve de l'entendre. Est-ce pourtant la vérité ? Callan n'en est cependant pas la source. C'est l'ingénue, fabuleux trésor d'Innocence, qui lui a apporté les échos décharnés de ce murmure au creux de son Essence. Tous les deux, il les a choisi. Et il était évident que la surprise qu'il découvrait le ravissait.

« Non, malheureusement. Je ne suis pas fou. J'ai tenté de l'être mais c'est un luxe que mon esprit ne semble pas vouloir m'offrir. »

Les perceptions des uns et des autres étaient pourtant contradictoires. Callan était ce tout et ce rien qu'on ne voulait pas accepter. Il était l'innommable et on le craignait pour cette raison. Ses limites ne faisaient pas partie de ce monde. Il l'a toujours su.

« Mais toi... Toi, es-tu mort ? Je sais que tu es arrivé avec cette fille mais ton corps est absent. Tu la suis, n'est-ce pas ? Pourquoi ? »

Si c'était bien la Mort qui lui faisait une offrande, il espérait alors pouvoir la chérir dans toute son ampleur. L'onirisme de la conversation l'animait d'une sensible curiosité. Les flammes en lui se multipliaient, réchauffant l'inertie glaciale du Vide qui s'était emparé de son existence dernièrement. Les portes de son Esprit lui étaient entièrement ouvertes. Qu'il s'installe seulement. Qu'il s'abreuve de toutes ces émotions anarchiques qui le hantaient. Tant que lui pourrait dépasser les frontières de ce que les autres pensaient être réel, tant qu'il pourrait dépasser la fadeur concrète d'une structure qui n'a toujours été qu'une cage dorée à laquelle il s'était pourtant livré volontairement. Peu importe. Si cela pouvait lui faire ressentir autre chose que la lassitude poussiéreuse de ces nuits qui se ressemblaient toutes, il était prêt à sacrifier quelques morceaux d'âme. Après tout, n'était-il pas damné d'avance ? En toute logique, s'en débarrasser totalement ne pourrait que le faire jouir d'une autre liberté. Plus charmeuse encore que la vie éternelle. Elle était longue et belle, cette éternité, de toute la vitae qui la peignait, accentuant l'impétuosité des forces invincibles qui l'habitaient depuis huit siècles. Il ne faiblissait pas. Même dans l'atrocité de la Famine, Callan a su puiser la véhémence diabolisée du premier favori de Dieu. Samaël et sa douceur violée, sa lumière étouffée. Il suivait la même voie. Il foulait les mêmes plaines décharnées par le nihilisme, s'amourachant de toutes les entailles suintantes qui recouvraient l'Humanité. Qu'il aimait se perdre dans les Limbes, arracher les entrailles de la Bonté, flageller de passion haineuse le Sacré. Eden lui inspirait toutes ces idées fantasques. Sa silhouette de porcelaine susurrait aux monstres tapis dans son ventre les délices que faisait miroiter son Innocence. Il épongeait toute la lumière, bien décidé à l'évider de toutes ces lueurs qui dansaient en elle, même si quelque chose au fond de son regard céleste le prévenait que c'était perdu d'avance. Callan avait bien senti l'omniprésence de sa chaleur archangélique lorsqu'il avait franchi le seuil de ses lèvres rubicondes. De ses crocs aiguisés, il avait transpercé la chair juteuse, se délectant des larmes écarlates que son corps faisait couler, prouvant ainsi sa parfaite fragilité.

Lorsqu'il s'éloigne un bref instant, lui tournant le dos, il ne craint pas de l'entendre fuir car il la sent forte. Capable d'encaisser, capable de survivre. De dépasser les immondices qui enveloppent le manoir tout entier. C'est un sixième sens, un idéal proscrit, qui pourtant le tente et le démange. Il écoute son souffle, perçoit les battements affolés de son petit cœur tourmenté mais il admire surtout l'immuabilité de sa candeur. Elle frissonne de peur mais elle accepte, son sort autant que son destin. Avec une fierté qui le fait sourire. Cette fille émane d'autre chose que d'une simple et fade naïveté et la présence de cette voix dans son Esprit possède sûrement toutes les réponses qu'il se pose à leur sujet. L'autre lui demande d'ailleurs si elle le surprendra mais s'il est en lui, il connaît déjà la réponse. Si il le lui demande, c'est qu'il désire l'entendre le penser sans filtre ni doute.  

« Elle le fait déjà. Les esclaves se ressemblent tous. Elle n'est pas comme eux. »

Eden incarnait la liberté d'âme, elle avait l'imagination fertile d'esprits que l'on ne pouvait pas enchaîner. Cette même désinvolture fasse aux vérités imposées l'animait lui aussi. Il reconnaissait en cette femme auréolée de flammes son opposée. Callan devait maintenant comprendre qui occupait son Esprit. Était-il comme elle ? Possédait-il la même force ou au contraire, nourrissait-il d'autres desseins plus réalistes ? Les chimères scintillantes étaient belles, certes. Le cœur pouvait nous donner l'illusion factice de disparaître parmi les nuages cotonneux, tendres de leur Immaculé, mais là n'était pas le chemin des survivants. Là n'était pas le véritable fond de cet univers. Les réponses n'étaient guère dans la Morale. Et tous les grands idéaux n'étaient qu'une insulte à la vérité. Aussi beaux soient-ils. Eden l'apprendrait à ses dépends. Lorsqu'il se retourne enfin, il impose de sa voix basse son désir de la voir se dévêtir. Son regard cherche la chair, les formes généreuses et encore fermes de leur jeunesse grandiose. Callan ne veut pas deviner sa peau, ses imperfections et les détails qui la subliment. Il veut en être le témoin direct. L'opacité des tissus ne faisant que cacher l'Art originel de ce qu'il aimera salir de meurtrissures et de perversion. Il fallait donc qu'elle s'en défasse, qu'elle lui offre une toile entièrement vierge afin qu'il puisse exprimer l'alchimie sanguinaire de ces sentiments qui le rongent imperceptiblement. Les loques qui la dissimulent derrière la saleté ne font qu'attiser son désir carnassier de la posséder. Nue, il ne restera que la perfection frémissante de sa peau qui s'éveille à la fraîcheur du marbre sur lequel elle se tient. Dans un silence pesant, doucereusement perturbé par les crépitements du feu de cheminée, l'ancien vampire contemple le moindre de ses gestes crispés. La tête penchée, cette lèvre balafrée qu'elle persiste pourtant à maltraiter ne font que lui révéler des signaux de confusion et d'angoisses évanescentes. Ses effluves ne font que tirailler davantage cette envie prenante qui immergeait totalement sa conscience. Callan désirait alors Callan allait se servir. Sans s'encombrer de la virulence coupable de ceux qui perdaient leur temps à vouloir se racheter.

Eden n'avait gardé que son dessous, préservant l'écrin de sa féminité du regard de l'homme, incendié par la beauté sans artifices qu'elle détenait naturellement. Il rit quelques secondes alors qu'il s'allonge à moitié, se redressant de ses coudes avant de laisser ses prunelles d'immortel se perdre vers les hauteurs au sein desquelles siégeait ce plafond qu'il avait fait brodé de peintures reconstituées. Toutes datant de la Renaissance, toutes terriblement jalouses du sublime qui se dégageait de la femme qui se trouvait en bas, les deux pieds bien ancrés au sol. Il la contemple à nouveau, délaissant les chimères d'époques révolues pour mémoriser la lascivité cristalline de ses seins et de cette main entre eux qui cachait quelque chose, un secret qui pourtant n'allait pas le rester bien longtemps. « Il faut que tu te débarrasses de toute cette crasse, ça censure l'essence de ce que tu es. Douche-toi et ne traîne pas sinon je viendrais te chercher moi-même. » Il ne voulait pas sentir l'odeur des autres, des cachots nauséabonds dans lesquels il l'avait abandonné. Il ne voulait que son parfum à elle. Ses arômes personnels. Rien d'autre. Il l'a observé disparaître dans la salle de bain qui appartenait à ses appartements, succombant ensuite au calme qui imbibait les murs de sa chambre. Il patientait avec une impassibilité peu commune que la divine revienne à ses côtés, pour embraser ses sens et perforer les quelques illusions menteuses qui pouvaient encore voltiger dans son esprit. À son retour, il ne restait rien sur sa peau si ce n'est que l'humidité récente laissée par la pluie artificielle sous laquelle son corps s'était libéré de l'encrassement vaseux d'un esclavagisme archaïque. Il s'est levé à nouveau, venant à sa rencontre pour l'entraîner à sa suite. Il avait glissé ses phalanges entre les siennes, avec douceur et possession, pour finalement s'asseoir sur le rebord de son lit. Tout en la fixant du regard, il déboutonna sa chemise pour se dévêtir partiellement à son tour et abandonna ensuite le tissu sur le sol, laissant apparaître son torse constellé de tatouages. Posant ses mains sur ses cuisses, il longeait de ses paumes les contours de sa silhouette gracile. Callan redessinait la galbe de ses fesses avec attention, les palpant au gré de son envie de plus en plus capiteuse. Ils les empoignait avec plus de force pour l'obliger à s'installer sur lui à califourchon, cherchant à la sentir davantage, à la rapprocher encore.  

Son attention tombait ensuite sur la cicatrice qu'elle avait tenté de lui cacher plus tôt, une croix, mystifiant un peu plus la perfection monastique de cette poitrine préservée de la main de l'homme. Son regard délaissa la marque gravée dans la chair pour embrasser l'un de ses seins lentement mais assurément, faisant glisser sur la chair tendre la pointe coupante de ses canines affamées. Il vint la faire basculer sur le lit aux draps de soie,  contemplant sa chevelure enflammée illuminer la nuit satinée qui recouvrait son matelas. Tous les deux allongés, il sourit en s'accaparant de la dague qui demeure constamment à sa ceinture, la sortant de son étui. Sa lame brillant d'un éclat cristallin à la lueur de l'incendie décharné qui murmure encore dans le foyer. « J'apprécie l'idée que personne ne t'ait touché avant. Est-ce que j'ai raison de la penser ? » lui demanda-t-il alors qu'il faisait tournoyer le bout aiguisé de son arme au centre du symbole régnant entre les deux dômes de chair qui formaient un fabuleux relief sur le haut de ce corps entièrement à sa merci. Doucement, Callan poussait le métal à s'enfoncer dans les fibres opalescentes de l'enveloppe charnelle qui habillait le squelette de son Eden. Pour ainsi admirer tranquillement le jaillissement discret du sang qui pulsait furieusement dans le circuit de ses veines. Callan vint alors à pencher sa tête pour embrasser la plaie qu'il venait d'ouvrir, caressant sa peau de sa langue envieuse qui déjà se colorait de rouge vif.


NΞRIOИ



| NATURAL BORN SINNER |
And all I can see are these flames around me and all I can think is I'm here alone. The fires are growing close and all I smell is smoke, yeah, still it's beautiful to me.

Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 78
Points RP : 123
Date d'inscription : 26/12/2017

ft. Callan de Rhénanie
.
Heart shaped glasses
Le Rien prend consistance. Ce qui n'a toujours été qu'un Néant opaque d'obscurité, s'agite soudainement. Une brise légère qui se fait tourbillon dans un espace infini. Rien n'arrête ses frasques. D'un souffle, une bourrasque, sifflante et gonflante. Jonah l'observe faire vibrer les abysses jusqu'à les déchirer. Des fils décousus se disperse pour tisser un autre tableau. D'abord des arbres jusqu'aux branches sinueuses et tordues, puis une forêt tout entière. Des enfants s'y perdraient, avaler par des créatures qu'il imagine hurler. L'image est flou, brouillonne. Il doit se concentrer pour la rendre plus tangible. Se focaliser sur ce qui l'y appelle. Sur ce qui l'y désir. Il est là parce que le Vampire le veut bien. Les dangers sont nombreux et pourraient se dévoiler pour le renvoyer épuisé dans son trou. Blessé. Il se moque de ce danger. Il prend le risque. Tout aussi curieux que son hôte éphémère et nébuleux. Ses neurones s'agitent, mais il repousse la compréhension. Ce n'est pas ce qui l’intéresse pour le moment. Il devine dans les nuages, le tumulte des souvenirs. Cependant les vapeurs lui restent lointaines et mystérieuse. Il est comme un enfant qui devine les formes dans le ciel. Il sourit. Malgré le décor cousu de quelques éclairs, l'entité se sent chez lui. L'endroit est plus hospitalier que les murs dressés autour de lui dans l'esprit de sa sœur. Il sait qu'il n'est plus vraiment parce qu'il peut s'y avancer librement. Sans chaîne. Pas de barrières pour arrêter son avancé. Il tique cependant sous le son du piano qu'il entend. Sentier musical qui le ramène vers les barreaux de sa prison. Il gronde. Ne te mêle pas de ça. L'avertissement peut passer pour une douce mélopée lorsqu'elle se joue sur les cordes du violon. Mais les notes sont assassines. Funestes. Eden en saisit le message, mais pas la Raison. Elle est inconsciente de ses actes. Lui se raccroche à cette voix, aux délices de glisser ses doigts dans une rivière gelée qui déchire la Terre en deux. Alors tu souffres d'un mal bien plus grand. Il se glisse entre les troncs, épousant la forme des ombres pour s'y fondre. Tu es sensé. Trop pour les Autres. Il se fait écho du vent, se glissant entre les feuilles au grès de ses valses. Les questions l'amusent. Toujours. Les poser tout autant que les recevoir. Je suis perplexe. Espiègle démon. Tu veux semer l'ennui dans une course au Savoir, Callan ? N'as tu pas pris celle que tu me pense suivre justement à cette fin ? Il est jeune, il taquine. Il teste aussi. Je ne vais pas t'offrir ce que tu cherches avec tant de facilité. Tu vaux mieux que ça. Ce n'est pas une vile flatterie. C'est un fait. L'immortel abrite dans son crâne tant de trésor. J'ai beaucoup à perdre en la laissant sous le joug de ces passions que je devine. Tu es insatiable d'inédit et de premières fois. Qu'adviendra quand elle n'en sera plus une ? Il n'est ni inquiet. Ni apeuré. Il constate, détaché du sort de sa cadette, néanmoins enivré de l'échange . Il se tait. Fumée disparate. Son foyer s'éteint et il retourne l'attiser dans un recoin de la Conscience gémellaire, avant qu'il ne se dissipe.

Elle quitte le dos présenté pour lever les yeux au plafond. Une habitude quand on est protégée de l'astre Lunaire. Elle y rencontre les fresques qui le décore, lit les Histoires écrit sous le pinceau. Y égare ses tourments pour se perdre dans ceux narrés. Les visages racontent les leurs et elle les écoutent, plus sensibles aux leurs. Insignifiante face à la beauté des Œuvres. Inexistante dans leur éternité. Les chérubins potelés ne se pencheront pas sur elle. L'aide divine est réservés aux martyrs.

Elle ne le sera jamais. Ni la tienne. Ni celle d'un Autre.
Il y veillera. Elle a peut être connu les cachots, mais elle ne connaîtra pas la soumission. L'asservissement. Elle endurera. Elle pensera faillir. Elle sentira la fin proche et sourira sans doute face à la faucheuse, mais elle mourra libre.  Tu le sais déjà. Comme je sais que tu va essayer. Tu va me l’abîmer. Il sourit pourtant. C'est bien là une chose de survie pour sa jumelle. Elle partait vers une mort certaine, veau à l'abattoir suivant un parcours prédéfini. C'est différent maintenant. Jonah le sait. Le Vampire continuant de le laisser vagabonder au grès de ses envies dans ce qui fonde pourtant son Être. Il quitte la forêt pour une clairière. Plus menaçante pourtant que l'obscurité qu'il quitte. Le sol y tremble, jusqu'à s'ouvrir d'une brèche, puis d'un gouffre. L'herbe s'effrite et la bouche béante avale, toujours plus abyssal. Le fracas se perd dans l'épaisseur des bois. L'entité s'y avance, à son aise. Quittant des ténèbres pour en rejoindre d'autre. Au bout du tunnel, la lumière étincelantes des flammes qui rougeoies. Le cri perpétuel des damnés percute la roche pour la taillé de l'écho des Vices. Luxure en prédominance. Il n'en partage pas la vibration, mais vibre tout de même d'intensité. Eden est elle donc un jardin si désirable ? Elle inspire tant d'ardeur. De décadence. Aucun soit disant chef d'oeuvre ne peut insuffler tant d'envoûtement. Elle les flétrie de sa seule présence. Sa mère avait raison. Elle capture la beauté. Il peut le ressentir dans la chaleur étouffante du brasier qui se profile, au fur et à mesure qu'il s'enfonce dans les abysses. Elle éclaire même les ténèbres. Ça censure l'Essence de ce qu'elle est ? Il ricane, couvrant les hurlements intarissables. Que va tu faire, toi, à cette Essence ? Il tourne en dérision ce qui étourdit pourtant la Silencieuse. Il stoppe sa descente pour suivre sa jumelle. Sans forcément se réjouir d'en revoir la cage.

Elle ne pense à retirer son sous vêtement que lorsqu'elle pose un pieds dans la baignoire. Lorsqu'elle fait couler l'eau, elle cherche à se rassurer de cette routine. De cette chose si commune qu'est se laver. Elle n'est plus dans les cachots, au milieu des cauchemars et des incertitudes. Elle n'est plus dans la pièce avec lui, ce Vampire dont Jonah pourrait être un reflet. Elle est dans une salle de bain. Elle baisse les yeux, ses cheveux indisciplinés se collant sur les courbes de sa silhouette et observe l'incolore se maculer de sa captivité. Elle imagine toutes ses pensées crasseuses disparaître dans le siphon. Quelques larmes si mêlent aussi. Existe t-elles vraiment si personne ne les devine ? J'ai peur. Elle n'en oublie pourtant pas leur code. Les mots qui doivent se faire partition pour que lui seul les saisisse. Il daigne répondre dans le repos qu'il s'accorde, violon en main. Et alors ? La belle affaire... La peur ne va rien t'épargner. Il observe à travers deux pierres branlante, l'immensité de la lande onirique. Les arbres ployant sous le poids des fruits gorgées qui n'attendent que d'être cueillit. Les rivières scintillantes sous le soleil, à peine agitées par les remous des jours passés. Par deux fois, il frappe les pierres qui l'en sépare. Mais le mur tremble à peine. Cimenté de Volonté. L'entité sourit de la force qui émane toujours. Il s'en gorge. S'en ressource. Il la lui vole. Elle en a bien assez pour deux. Tu te doutais que d'autres Monstres existaient. Tu le savais. Pensais tu pouvoir tous les enchaîner ? Elle ferme ses paupières, calmant son cœur affolé. Non. Bien sur que non. Elle appuie son front contre le carrelage froids. Elle se plait à se leurrer, à imaginer que l'eau chaude est une étreinte réconfortante. Elle rêve s'y plonger entièrement et y noyer son souffle éradique. Ce n'est qu'après qu'elle quitte la douche, attrapant une serviette pour se sécher. Elle tourne le dos au miroir, n'ayant que peu d'égard pour son apparence. ça n'a jamais compté pour elle. Personne n'est un physique. Pour elle qui est plus habitués à deviner celui des âmes, c'est une évidence. Elle repose la serviette. Banalité des gestes. Encore. Elle s'enlace de ses bras. Elle se réprimande comme une Enfant. Jonah a raison. Ce n'est pas avoir peur qui la protégera de quoi que ce soit. Son index effleure alors la ligne d'une cicatrice. Une autre. Sur le haut de son omoplate. Celle ci, c'est à son jumeau qu'elle le doit. Il la lui a faite lorsqu'il avait encore un corps et la lubie de vouloir marquer tout ce qui lui appartenait. D'un J majuscule. Il est muet de nouveau. Il se concentre, se retire dans l'obscurité de sa prison pour la quitter. Elle sort de la pièce, pour rejoindre la sienne.

Un seul Être. Deux perceptions. Callan est une Terre promise pour Jonah. Un territoire de perdition où sa présence est invoqué. Sans frontière et sans limite. Imprévisible. Il veut en percer les secrets et les mystères. Il se sent aux prémices d'une Ère nouvelle. Conquérant du psyché. Pour elle, l'Immortel à l'allure d'un corbeau. Ses ailes du Noir Absolu le ramène près d'elle. Ce sont ses serres qu'il referme sur sa main. Le bruissement des plumes. Elle suit le rapace, ignorant le serpent qui revient onduler dans ses entrailles. Elle en subit son venin mais n'en tremble plus. Il ne sert à rien de s'y englués, de lutter pour mieux s'y enfoncer. Elle le laisse glisser. Elle l'ignore. De toute façon son attention est acquise ailleurs. Là est la démence de sa Conscience. Là est sa nature unique. Elle accueille la féerie de Morphée sans son sommeil. De la même manière que le Vampire parcours son corps pour le découvrir, fiévreux, elle observe les tatouages qui ornent la peau pâle d'une encre en apparence figé. Elle la voit s'animer. Le cœur saigne des larmes de la Nuit sous l'envolé de quelques papillons insaisissable. Le crâne rit. Gausseur de ses malheurs. Elle n'a aucun embarras à détailler ce que le tissu cachait. Le corps n'a pas d'attrait. Il est semblable à tous. Tête. Torse. Ventre. Cuisses. Jambes. Pieds. La différence est dans les émotions qui les font se mouvoir. Pourquoi l'Immortel s'attarde t-il sur l'enveloppe ? Lui qui a encré la sienne. La surprise des crocs contre sa poitrine la ramène brutalement sur ses genoux. Les runes tatoués cessent de briller sur les chants anciens qu'elle entendait distinctement. Opéra des hérétiques. Elle se sent basculer sur le lit en même temps que dans les méconnaissances.

Je te laisse jouir de la découverte de sa totale Ignorance. Son corps est prisonnier du poids du sien. Elle sent l'étreinte de la faucheuse qui a rendu sa chair aussi froide que les os, mais ignore ce qui réchauffe cette âme qui s'offre à son frère. Elle la sent pourtant cette brèche. Elle est ouverte à sa magie ignorée et éveillé de la lame. Elle en perce la porcelaine de l'enveloppe, ravivant des souvenirs. Crépitements des flammes qui se reflètent dans le vermeil. Là encore, le Corps qui brimait le sien était brûlant. De Haine. Froids. D'indifférence. Jonah pourrait en lever les yeux au ciel. Le violon brise le chaos des pensées de la jeune femmes. Il est brutal. Agressif. Moqueur. Elle se trompe tellement. Le feu qui sévit en incendie, qui se fait possessif et vient lécher une chair déjà malmenée par l'ardeur d'un brasier est si différent de celui consumant leur Mère. Elle le découvrira bien assez vite. C'est un diamant brut que je laisse entre tes mains. Je l'ai trouvé. Gardé. Préservé d'un monde qui ne l'aurait qu’éraflé. Je te le laisse et je suis curieux. Comment va tu le tailler ? Il est revenu sur ces escaliers abrupt dans la roche, il s'enfonce dans les profondeurs des Enfers. Eden est plus silencieuse que l'entité. La douleur la cambre, mais la laisse muette de toute plainte. Coutumière de son tango endiablé, elle se plie à sa danse, sans réticence. Elle s'en fait la cavalière, souple et gracile. Pliant pour ne jamais briser. Son souffle s'emballe sous la valse de son cœur, orchestre d'un instrument à corde moqueur. Sa voix s'élève sans en trembler. Ses yeux se posent sur ces fresques au plafond. - Non. Personne ne m'avait touché ainsi avant. Ou même vu nu depuis que la jeunesse avait laissée éclore les rondeurs d'une adolescence à peine quittée. Elle vacille entre deux univers, l'inconscience de l'Enfance régissant encore sur l'union charnelle. Callan va la pousser de l'autre côté. C'est son Régicide qu'elle prendra pour enseignement. Ce sont les lois qu'elle déduira de ses actes qui se feront nouvelles doctrines.

Là où tous aurait cherchés à fuir. Elle soutient. Ses iris sondant les siennes en quête de concret. C'est parmi les chimères qui hantent son regard qu'elle pose ses questions. Qu'elle pense entendre des raisons. Elle enroule ses phalanges autour du métal pour en stopper l'intrusion. Elle n'en craint pas l'entaille. Elle est moins douloureuse que l'avancer de la lame dans ses meurtrissures qui déterre le macabre. Elle éveille sa mère, ensevelis quelques part dans les Landes. Son bras s'agite et tente de frayer une sortie pour la carcasse putride. C'est ainsi qu'elle personnifie le Mal. - Pourquoi l'idée vous est elle si agréable ? Les voyages, les paysages, les ciels étoilées, ont ils finit par lasser votre Éternité pour que vous en veniez à vous faire explorateur de Corps ? Elle observe ceux qui sont au plafond, tous semblables. Tous bien ternes face aux décors célestes.
Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 232
Points RP : 305
Date d'inscription : 24/01/2018


| heart-shaped glasses |


little girl, little girl, you should close your eyes;
that blue's getting me high, making me low.

Il ne craignait pas la perdition puisqu'au creux de ses échos indistincts, chantaient les mistrals fiévreux de son unique religion. L'âme préservée par l'immortalité avait la résonance d'instruments oubliés, désaccordés face à toute la vacuité impersonnelle qui habitait les corps de ceux que le vampire avait déchiré. La froideur désertique qui le régissait n'était qu'une des conséquences affreusement logiques de la fadeur nauséeuse que lui inspiraient les hommes. Son regard ne s'émerveillait plus. De rien ni de personne. Il ne trouvait aucune exception, aucun mirage auquel son esprit insatiable pourrait s'abreuver. L'austérité sans couleurs de ce nouveau monde provoquait l'enfer de sa rage, diluant définitivement les fantômes indulgents qui enlaçaient son myocarde glacé dans l'oubli. Refusant d'être contaminé par l'insipidité des nouveaux siècles qui se profilaient devant lui, Callan condamnait à mort tout ce qu'il trouvait morne, tout ce qui pouvait faire affront aux seuls rêves en lambeaux qui lui restaient. Nourrir son organisme était une chose. Subvenir aux besoins boulimiques de sa psyché en était une autre. Il était comme un explorateur déçu, asséché par les poussières et les cendres d'un univers qui n'avait plus rien à lui offrir. L'allemand avait cette prétention difforme face à la totalité rudimentaire dans laquelle il évoluait pour oser la juger sans crainte d'aberration banale et futile. Le monde ne l'intéressait pas. Pas plus que ces cadavres vides qui se prenaient pour des âmes étincelantes. L'océan infâme des vices n'avait plus la même saveur pour les papilles de cette langue devenue experte en arômes d'horreur et de douceur. Callan avait passé son éternité à dévorer les quatre coins du monde, espérant ainsi se guérir de la torpeur immonde qui le rendait pourtant si concret dans le regard des autres. Il s'avère, cela dit, que même le monde en personne ne lui suffisait plus. S'il souffrait d'une quelconque douleur, ce n'était que de cette léthargie émotionnelle en laquelle il ne percevait aucune limite. Là était son increvable tormentum, incarnant aussi bien les faiblesses qui lui faisaient apprécier la chute chaotique que les forces incolores qui le menaient jusqu'aux cimes divines de la domination.

Ces plaines spirituelles qui lui appartenaient étaient donc ouvertes à tout ce qui était capable de le transcender. Callan s'offrait délibérément à l'extraordinaire, lassé d'avoir passé ces huit derniers siècles aux côtés de reliques dépassées dont les comédies ne l'amusaient plus. Souvent, on lui disait de grandir, de vieillir un peu les incendies qui réchauffaient la froideur de son éternelle nuit. Il lui fallait apparemment étouffer les passions empiriques qui griffaient le bas de son ventre, faire disparaître les éclats sulfureux de son impétuosité déplacée. Pourtant, il était toujours resté tel qu'on le connaissait. Indompté, impossible à mettre en cage, violemment libéré de toutes règles apposées. Le Prince Noir n'accordait que peu d'importance aux ordres qu'on lui donnait puisqu'il est celui qui les créait. Il est celui qui murmurait à l'oreille de ce Roi qui se plaisait à tous les enculer. Et puis... Le goût acariâtre des réminiscences du Conseil d'Orange lui donnait le parfait exemple de la route à éviter. Lui préférait démesurément l'au-delà des sentiers battus, s'amusant de tous les détours cabalistiques sur lesquels il levait le voile. Le secret de ces murmures inopinés dans son encéphale en était un, le faisait frémir avec délicatesse, animant peu à peu les courbes lunatiques de son humeur habituellement figée dans l'insensibilité. L'intonation de cette voix qui le possède en deviendrait presque sensuelle tant la satisfaction de la percevoir et de la comprendre est jouissive pour l'être désaxé que personnifie Anselm. Il ne recule pas devant la folie et les démences ne sont pour lui qu'une flatterie des plus séductrices. Il l'écoute avec une dévotion sincère, s'imbibant de ses mots comme s'il s'agissait d'une ambroisie infernale, celle dont laquelle le Diable lui-même apprécierait de s'abreuver.

« Ce ne sont que de mots. Sensé, insensé. Ils sont dans le déni, je ne le suis pas. Je préfère les vérités. Si comprendre et accepter c'est être fou, selon leurs critères, alors ainsi soit-il. »

L'entité déambule dans le tréfonds de ses fondements. Callan pourrait presque sentir les effluves de sa présence invisible s'emparer des résidus imperceptibles de ces ruines qu'on lui a laissé en souvenirs de son temps. Il se souvient, disperse ses émotions passées dans la profondeur vaporeuse de sa mémoire verrouillée. Les visages qui la peignent ont disparu depuis presque un millénaire et pourtant, l'un d'entre eux a préservé toute la beauté médiévale dont son aura transpirait. La Perle est quelque part, profondément enfouie sous les décombres mortifiants du nombre incalculable de carcasses pourrissantes qui la recouvrent. Elle veille, tranquille, sur l'enfant endormi. Puisque l'Homme a succombé à l'Immortel. Puisqu'il a détruit toute la somptuosité providentielle dont le gamin était empli lorsqu'il frôlait à peine la vie.  Il fait taire l'inspiration lointaine de ce qu'il a assassiné pour s'attarder sur l'écoulement limpide de la curiosité que l'entité propage en lui comme un excitant de première qualité. L'ancien vampire s'intéresse, se prend à aimer le tango dans lequel ils viennent de s'engager.

« Ne m'est-il pas possible de fuir l'ennui en abusant des deux options ? Pourquoi trancher alors que tu m'intéresses tout autant ? Qu'il s'agisse de toi ou de la nymphe, il me semble que vous êtes loin d'être aussi barbants que la vermine d'en bas mais peut-être que je me trompe... »

C'est son épicurisme qui chante. L'allemand laisse glisser sur son âme de nouveaux intérêts, bien plus grands que ce à quoi il s'attendait. Aujourd'hui, quelque chose de particulier est en train de se passer. Et il est plus que prêt à s'enivrer de ses fruits défendus, à dépasser le commun des mortels et même des immortels. Ô que cette chimère aux douceurs ombrageuses dans son esprit le séduit, presque autant que la chaleur innocente de l'enfant qu'il transformera bientôt en femme. Callan ne sait pas si c'est le réconfort de cette puissance noire en lui qui le fait céder mais il accepte volontiers de laisser les contrées infinies de ses vices l'enlacer, pour le temps qu'il daignera les occuper. La réponse de l'immatériel le fait sourire. Valoir quelque chose n'est pas dans ses desseins mais il se surprend à apprécier l'attention inhabituelle qu'il lui offre.

« Ô je vois... Tu sembles plus réservé lorsqu'il s'agit de toi mais tu comprendras peut-être plus tard que je suis beaucoup plus patient qu'on ne peut se l'imaginer. »

Il avait du temps, beaucoup trop de temps pour ne pas s'être habitué à l'attente. Callan a l'endurance des entités mythologiques, il ne craint pas les morsures terrifiantes de la lenteur mais plutôt celles de l'inactivité, même si il est parfaitement apte à l'écoper. La sincérité des murmures se dessine clairement dans sa tête. Il comprend le vrai du faux et réfléchit l'espace de quelques secondes au déploiement de ses propres pensées.

« Là est tout l'intérêt de me laisser apprendre à te connaître, mon cher. Sans toi, peut-être qu'elle ne serait plus aussi belle qu'elle ne l'est actuellement et dans ce cas-là, dis-moi à quoi elle me servirait. »

Eden, aussi merveilleuse soit-elle, n'aurait plus cette féerie particulière. Avec le silence blafard de ses pensées banales, plus rien en elle ne brillerait sans l'ombre des échos brouillons qui dansait dans les cavités psychiques de Callan. Il s'ennuierait, sans doute. Comment en être sûr alors qu'il trouvait en sa beauté authentique la brillance de ces chérubins qui ne l'aimaient guère ? Les possibilités semblaient enfin lui ouvrirent leur porte. Il était exalté, transporté par ces nouveaux chemins clandestins que l'on dessinait devant lui. L'entité n'est pas dupe et il le lui fait clairement savoir, lui imposant d'ors et déjà des limites. Celle de la soumission qu'elle ne connaîtra pas, celle des ses délices toujours en fuite. Callan comprenait, certes, mais il aurait été fou d'abandonner l'idée, de fractionner le désir que le Trésor invoquait en lui. Oui, la retenue pour lui était complètement insensée. L'abîmer... Le verbe flotte à la surface de toutes les autres rêveries. L'allemand le conjugue à tous les temps ainsi qu'à toutes les personnes. Il est évident que la fée brûlée en connaîtra les terminaisons par cœur. Callan ne répond pas mais laisse un rire clair se faufiler de ses lèvres alors que son attention disparaît sur les courbes irréelles de la femme qui lui face. Il l'envoie se laver alors que son âme est encore enrobée de tout l'intérêt porté à l'échange tacite qui se joue dans son esprit. Censurer l'essence de ce qu'elle est... Il la veut entièrement vierge, dénuée de la moindre saleté qui inonde les sous-sols de sa demeure mais l'ironie doucereuse le fait se joindre à l'hilarité déstructurée de son occupant spirituel. Il n'a pas tort.

« Lui faire découvrir ce qu'elle ne connaît pas encore, tout simplement. »

Le piano tinte encore délicatement à ses oreilles lorsqu'il tente d'entrevoir les échos mentaux des pensées de la belle. Les cordes imposantes du violon persistent à le suivre dans un duo en parfaite harmonie. Callan reste attentif aux ondulations des notes, profitant de la beauté étrange de ce concert improvisé. Il fixait un point inexistant, laissant libre cours à l'imagination, titillée par cette mélodie funeste et aérienne qui endormait ses troubles. Le retour de l'Eden clôture l'évanouissement inavoué, la musique s'arrête alors que sa monstruosité à lui s'éveille pour mieux se fracasser contre l'impassibilité divine de cette étincelle que la princesse incarne. Il l'entraîne jusqu'à son lit, laissant ses mains vagabonder sur les courbes de ce corps à la douceur juvénile et au parfum fragile. Son fond sonore se métamorphose à nouveau, les litanies du sang reprennent leur place. Elles s'imposent de leur véracité et contrarient le chuchotement des anges qui tentaient de l'engourdir alors qu'elle était dans la salle d'eau. L'appel des tourbillons carmins le happe, s'enroulant autour de son âme pour disperser son venin et réveiller les amas de poudre volcanique que Satan lui a légué. Il aime l'odeur de l'Enflammée tout autant que le vampire, sans doute parce que lui aussi la désire. Lorsqu'il l'allonge et laisse la pointe de sa lame s'amuser sur sa peau laiteuse, il ne peut s'empêcher de contempler la délicatesse de son visage alors que la richesse de sa vitae éveille avec virulence ses papilles sorties de leur léthargie. Et le murmure revient, illuminant à nouveau son regard d'amusement.

« Il faut une première fois à tout. L'ignorance ne peut durer éternellement, même si sa douceur lui manquera bien plus que certainement. »

Les prunelles du vampire s'appliquent à saisir les nuances de ce qu'il voit. Il admire ce qu'il désire, l'élevant bien au-delà de ce que les œuvres qu'il possédait lui inspirait. Callan dévore du regard la manière dont son corps se cambre sous la fragile pression de sa dague entre ses seins. Peinture animée, directement créée de la main divine, il se nourrit de cette illusion autant qu'elle peut durer, s'embrasant de ce que son existence offrait à son Éternité. Le poème de ses souffles éraflés par la douleur qui l'envahit attise son indécence mais il se contient encore, refusant de tuer avec la vulgarité de la fulgurance ces quelques minutes sacrées. Il admire son silence malgré les battements furieux qui s'agitent au creux de sa poitrine, il admire aussi la sincérité de son endurance.

« Je n'en ai aucune idée. C'est bien là toute la beauté de la chose. Je ne sais pas alors qu'habituellement, je sais toujours. »

Elle lui répond enfin alors qu'il savoure la consistance chimérique de ce qui glisse au creux de ses veines. Sa voix cristalline se dérobe dans un souffle alors qu'elle confirme ce que l'ancien avait deviné. Il allait être le premier à s'immiscer au creux de son corps, à ouvrir les portes sacro-saintes de cette virginité qu'il s'apprêtait à lui voler. Sans remords, sans même que son esprit ne se tord. Les vagues de son regard viennent s'échouer dans la profondeur profanée du sien. Il la contemple fouiller dans l'inanité des rétines translucides qui la dévisagent alors que la finesse de ses phalanges enveloppe l'arme qu'il enfonce avec douceur au travers de sa peau. La manière dont les notes vocales s'échappent de sa bouche et le sens que l'allemand y met effacent le rictus de ses lèvres, aussi spontanément qu'il était apparu. La réponse était pourtant simple.  « Parce que tout est devenu si laid, Eden, que plus rien d'autre ne parvient à m'intéresser. » Ces corps qu'il balafre n'ont aucune importance particulière. Chacun n'est qu'un simple grain dans le sablier intemporel de ce qui le maintient prisonnier et aucune âme n'a su briller assez fort pour le maintenir suffisamment hors de la cacophonie des monstruosités.  « Tous les paysages finissent par se ressembler lorsque plus aucun esprit ne parvient à le sublimer. » Il laisse couler son regard jusqu'à ses lèvres pulpeuses avant de déposer un baiser chaste sur leurs rondeurs, comme pour sceller la part de vérité qu'il venait de lui livrer.  « Mais ça n'a aucune espèce d'importance. Rien n'en a jamais vraiment eu. » dit-il avant de la quitter un bref instant pour se défaire des derniers vêtements qu'il porte, le laissant ainsi complètement nu. Lorsqu'il revient en s'installant sur son corps, c'est entre ses cuisses qu'il prend place, absorbant les émanations douces et chaleureuses du corps mortel qu'elle possède. Il passe une main dans ses cheveux alors ses lèvres s'attachent au creux de son cou pour l'embrasser, mordant dans la chair pour qu'elle libère l'Essence organique de ce qui la fait exister. Callan se gorge à la source originelle de son envie présente. Il avale, plus par gourmandise que par besoin, se délectant avec de plus en plus de ferveur de ce nectar dérobé aux cieux.

Les sinuosités du plaisir s'incrustant dans ses muscles le poussent à gronder de lascivité, laissant le balancement de son bassin débuter alors que sa virilité durcissait aux frottements qu'il faisait glisser sur la fleur encore préservée de son Innocence. Il la désire et elle peut le sentir à la rigidité franche de son membre. Sans arrêter ses mouvements lancinants, Callan relève la tête en se saisissant du visage de la poupée. Il resserre d'une emprise glaciale les os constituant sa mâchoire, pleinement conscient de la douleur que cela pouvait lui causer. Pour lui rappeler qu'il avait son corps et qu'il pourrait en faire ce qu'il voulait. Il plante ses rétines dans les siennes, tentant déjà de décortiquer les émotions qui pouvaient la traverser. « Et les plaisirs de la chair sont souvent plus concrets que ceux qui sont intouchables. La tentation est mère de tous les crimes. » Le vampire récupère ses lèvres, faisant plier leur pulpe sous ses crocs une énième fois, beaucoup plus violemment que la fois précédente. Entre leurs lèvres qui s'entremêlent, le sang souille la porcelaine précieuse qui la couvre. « Et tu es devenue la mienne ce soir. » Impassible et la gueule en sang, il intensifie les frictions de son sexe contre son clitoris, cherchant à allumer la flamme de cette sensation nouvelle au fond de ses prunelles. Callan veut sentir la moiteur de son désir s'écouler d'entre ses lèvres intimes, il veut percevoir le frissonnement de ce corps encore profondément ignorant.


NΞRIOИ



| NATURAL BORN SINNER |
And all I can see are these flames around me and all I can think is I'm here alone. The fires are growing close and all I smell is smoke, yeah, still it's beautiful to me.

Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 78
Points RP : 123
Date d'inscription : 26/12/2017

ft. Callan de Rhénanie
.
Heart shaped glasses
Il n’était qu’une ombre, appartenant à l’Ignorance de l’obscurité. Il se complaisait dans cette routine morose, principalement absorbé par l’attrait de ce qu’il percevait. Non pas au travers du corps, mais de ce qu’il lui restait. Au travers de la noirceur de son crâne, contre lequel il s’était heurté à chaque tentative pour s’en échapper. Pas vraiment mort. Pas vraiment vivant. Existant principalement pour sa jumelle, par elle. Elle se condamnait à la même solitude qu’elle lui imposait. Ils étaient insignifiants et  si cela convenait à sa soeur, Jonah avait soif d’existence. De puissance. De domination. Il voulait cracher son existence à la gueule des Gens. Puis les en écraser. Il voulait s’amuser, il voulait essayer, il voulait vouloir. Mais que valait sa seule motivation contre cette force qui le retenait ? Il se voyait folie dévastatrice, monstre impitoyable, déraison déchaînée, chimère horrifique. Il se rêvait libre de jouir de tout ce qui le faisait. Ses vices entraînés dans une valse par l’Immoral, s’imprimant sur la chair de ses pathétiques mortels. Leur existence est une aberration en soit. Ils détruisent tout. Ils se dévorent entre eux, portant l’étendard de leurs Valeurs mensongères. Drapeau qui justifie tout et condamne le différent. Ils méritaient le fléau qu’il était. Il se voyait être tant de chose mais il n’était qu’un chien dans un jardin, attaché à un piquet. Il aboyait, il tournait en rond, tirait sur sa chaîne pour ensuite se rendormir sous l’ennui des journées qui apportaient toutes les mêmes odeurs. L’animal s’était pourtant redressé d’un bond lorsque les portes du Manoir avaient été franchit. Au aguet. A l’affut. Tous ses sens en éveillent. Dès lors, il ne s’est plus couché par ennui.

Elle était la lumière, doux secret des Anges. Elle se complaisant dans ses labeurs quotidiennes, principalement absorbé par les attraits de ce qui l’entourait. Non pas au travers du filtre mensonger des paroles de son frère, mais de ce qu’elle ressentait. Contre les travers de cette noirceur qu’il lui imposait et se fracassait parfois contre son crâne avec violence. Elle profitait de cette vie, sans craindre la mort. Existant principalement pour ces petits bonheurs qu’elle volait. Elle aimait la Solitude et elle se devait aussi de le tenir loin du Monde. Ils étaient insignifiants et elle voulait qu’ils le restent. Eden connaissait cette soif insatiable que Jonah avait d’exister. Et il ne le pouvait que dans l’impuissance et la soumission des autres. Ses desseins étaient de ceux qu’élaboraient les quatre cavaliers avant de déferler du Ciel. La Guerre, la Peste, La Mort accompagnée de sa Bête. Il haïssait tant cette humanité qu’il avait apprise. Elle se rêvait l’éveiller des Beautés qu’elle abritait. Et si il ne pouvait les voir, alors qu’il regarde ce paradis qu’ils appelaient chez eux. Montre en cage qui rumine ce qu’il aimerait faire, mordant celle qui l’abrite sans relâche. Elle endurait sa douleur. Elle a peur aujourd’hui. Depuis qu’ils sont dans les cachots, depuis qu’il en a respiré les vices, il se déchaine. Plus que pour sa vie, elle a peur de ce qu’il pourrait advenir si son frère concrétisait ses volontés.

Tu acceptes si bien d’être perçu comme un fou … alors que tu es un Être des plus lucides. Jonah sait qu’il a apprendre de lui. Callan est un Savoir, dans un domaine où l’entité se voudrait exceller. Sa curiosité et son appétit sans fin de Connaissance, s’y canalisent. Il a un But. Un défi. Ce qui le forme s’embrase d’un feu nouveau. Dévorant. Il se fait méticuleux, son regard perçant se glissant dans les moindres brèches de la paroi qui l’entoure, oppressante. Chaque détail est soumis à une inspection scrupuleuse. Il n’en oublie pas de voir l’ensemble. Il s’en empreigne. Il s’en gorge, nouant ce qui se dégage de cette âme à la sienne avec la rage de s’en abreuver. Choisir de ne pas choisir. Des ignorants te diront que tu as pris la facilité. Tue les pour être des abrutis. L’ennui fuira sous le divertissement que nous t’offriront. Mais prend gardes à ne pas t’y perdre. A ne pas perdre ce qui t’es précieux. Jonah pourrait sans doute voler beaucoup si il le désirait. Détruire aussi, pas maintenant, plus tard, quand il comprendra ce qui se qu’il est en train de faire. Le pouvoir qui est sien. Ce n’est pourtant pas de lui qu’il le met en garde, ça, il peut le sentir. C’est de celle que représente sa Jumelle qu’il l’avertit. Eden est l’extrême de ce qu’ils sont. De la même manière qu’ils s’acharnent à les pervertir, elle, peut les faire vaciller. De cette Innocence à la volonté tenace ou de cette acharnement à comprendre le pire pour le transformer en mieux. Sauf si, évidemment, tu te trompes… Il s’amuse de cette possibilité. Il ne s’en heurte pas. Aucun effroi à cette épée de Damoclès pointé sur la poitrine de la jeune femme. Il ne craint pas son jugement, il s’en moque. Callan déciderait qu’ils sont des esclaves au dessous du plus galeux d’entre eux, qu’il n’y accorderait pas la moindre valeur. L'avis des autres ne sera jamais ce qu’ils sont. L’entité les a placé bien au dessus de ça. Quand aux conséquences si ils venaient à ennuyer l’Immortel, il les accepte. Il les désire presque pour être enfin fixé sur sa Nature.

Il est facile d’être patient lorsque l’Eternité est à toi. Lui-même se montrerait peut être moins révolté contre l’attente. Mais ça ne fait que confirmer ce que je dis. Puisque tu as le temps, nous allons en profiter pour le prendre. Je te laisse mettre ça sur le compte de ma timidité. Il rit franchement en cette Essence qui l’accueille. Réservé… Lui ? ça pourrait l’arranger que leur hôte le croit. Il se montre juste prudent, analysant encore sa psyché. Il est Ignorant aussi. Comment lui répondre sur ce qu’il fait ou est, alors que lui-même ne le sait pas ? Porte t-il réellement le nom que lui donne Eden ? Il penche la tête sur le côté avant de la secouer. Pas d’égarement. Pas maintenant. Il a eut tout le loisir de s’égarer dans les réflexions, il n’avait que ça à faire. Il n’est jamais parvenu à une conclusion satisfaisante. Hmm… deux pensées s’offrent donc à toi. Il s’arrête au bord d’un précipice, observant les carcasses entassés qui s’y sont précipités. Une évidence, visiblement. C’est terriblement trompeur ça. Ne jamais courir droit dedans. Qu’elle est douloureuse, la chute des convictions. Tu peux croire qu’elle serait effectivement d’une banalité affligeante. D’une routine tellement affligeante… Qu’elle en est devenu folle. Schizophrénie… A ce stade, c’est même de la démence. Moi, je n’en suis que la création, forte de cette morosité qu’elle veut tuer… Sans moi, elle n’a d’autre attrait que ce physique que tu baises du regard… Il reprend sa marche. Le tunnel dévoile une immense cavité dans la roche. Une grotte éclairée par la danse vacillante des flammes, sinueuse de vices. Les hurlements se percutent contre les parois froides d’indifférences. Tant de beauté et si peu d’intérêt. Jonah constate la lassitude de l’Eternel. Ou alors… Eden est une créature si particulière, si unique d’interet, si brillante de singularité, que moi, son parfait antonyme, y suit rattaché dans un soucis d’équilibre parfait. Il est précaire, celui qu’il maintient dans ce jeu pervers consentis. Au fur et à mesure qu’il marche, il réfléchit sans trop démêler ce que Callan entend ou non. Il est aguerrit dans les Landes. Il est novice en ces Lieux. C’est ici que résonne cependant la familiarité. Un retour aux sources des passions qu’il a connu en son étreinte avec la Mort. La raison est vive. Il est l’esprit célère. L’instinct sûr. Dans un cas tu la tuera. Tu finira par te détourner de ce qu’elle offre une fois que tu lui aura tout prit. Je disparaitrai alors… Sauf si elle est… Contagieuse. Que je suis Virus. Il rit de nouveau de l’idée l’effleure. Dans un autre… Je suis tant de possibilité. Tant de porte à enfoncer à coup de pied… tant de coup de rein à donner à ce corps qui reçois tes convoitises. Elle viendra te hanter. Spectre que tu tentera toujours de saisir. Dans le balancement des flammes, il perçoit un instant sa démarche féline.

Jonah doute que la découverte plaise à sa sœur. Elle pour qui les corps ne portent que les beautés de l’âme. Ici, elle en sera prisonnière. Elle ne sera qu’un objet livré à leurs concupiscences. La possibilités qu’elle soit lâchés parmi les Créatures de Luxure l’agace. Eux croiront qu’elle pourrait être leur. Ils s’accorderont des droits qu’ils n’ont pas, défiant sa Loi. Il se perd dans une vengeance, d’un affront qui n’a pas encore eut lieu. Il se disperse. Il n’a beau ne pas apprécier son retour dans sa prison, ça ne l’empêche pas d’en avoir besoin. Chacun des jumeaux se préparent à ce qui l’attend. Jonah à l’avantage de savoir où il va, alors qu’Eden avance dans les ténèbres de l’Obscurantisme. Ne penses pas que la douleur pénétrante ne viendra que de la lame. Il la prévient. Il se joue d’elle aussi. Il multiplie les plaisirs tous plus éclatants les uns que les autres. Il pensait se divertir des tourments qui hantaient les cachots. Il se trompait. Il ne faisait que se leurrer sur son ennui. A présent qu’il ressent les affres sulfureux d’un amusement frôlant l’indécence, il se promet d’en noyer tous ses prochains jeux. Elle ne comprend pas. L’énergie que son frère déploie est considérable, alors que le violon se fait  silencieux, elle l’entrevoit dans sa prison, occupé à bien autre chose que la Réalité. Elle n’aime pas ce qu’elle devine. Rien de bon n’est jamais ressortit de cette demi transe dans laquelle il se plonge parfois.

L’ignorance c’est l’absence de Vérité. Toi qui en a fait ta quête, fait d’elle ton élève. Elle attentive, curieuse, toujours si désireuse d’apprendre.
Il faudra qu’elle retienne la leçon. Il n’a pas finit de la punir. Tant qu’elle se bornera à le contenir, il s’acharnera à la détruire. Eden lit l’envie. La convoitise. Une fougue qu’elle n’appréhende pas encore, contenu. Dans les gestes du Vampire, dans son attitude et même de tout ces parfums aux vapeurs d’opium qu’il dégage. Un premier pas incertain. Elle vacille, étourdi par ces attaques qui viennent de toute part. La souffrance qu’elle embrasse en un cambrement du corps, le violon aux cordes meurtrières qui tuent des espoirs de gosse, la torpeur de la captivité. Les créatures ailés ne devraient jamais connaître l’inflexibilité des barreaux. Elles en souffrent bien plus que ceux qui gardent les pieds bien au sol. Terre à Terre. La faim est ignorée. La peur aussi. Elle endure tant, mais le Manque de la caresse du soleil, sous l’étreinte d’une brise fraîche, est beaucoup. Elle se refuse à flancher pourtant. Elle s’accroche en se perdant d’avantage dans les prunelles de l’Eternel

L’entité plonge son bras dans les flammes, étonné de n’en sentir la chaleur de sa main. Il les voit engloutir sa chair sans en frémir. Il partage cette indifférence. Il lève un sourcil, avant d’hausser les épaules et de s’y plonger tout entier pour les franchir. Il continue son avancé. Toujours plus loin puisque rien ne l’arrête. L’inspiration peint chaque toile qui s’accroche au mur caverneux de ton être. Je sais que tu en fera quelque chose de… Merveilleux. Allez savoir où Jonah place la barre de l’émerveillement. Peut être dans l’absurdité de cette larme unique qui roule sur la joue ronde de l’Enfant qu’elle est. Elle ne la verse pas pour elle. Elle ne la verse pas sur son sort. Mais pour celui de l’immortel. C’est pour lui qu’elle coule. Qu’il doit être horrible d’être lassé de la Beauté elle-même. Elle le pense si fort, avec tant de sincérité, que les notes de piano se joue alors dans les deux consciences, en une inconscience frôlant l’impudence. Elle suffoque sous la poussière des corps qu’il a déjà découvert. – Tout et Rien. Elle se répète l’amertume comme pour mieux la concevoir. – Tout vous indiffère. Ou tout vous lasse. Tout vous courrouce. Mais Rien ne vous émeut. plus Rien ne vous fait frémir. Plus Rien ne vous touche. Vous n’avez pas choisit de souffrir de ce Mal. Vous avez choisit de vous y perdre. Et si vous vous battez, c’est contre des symptômes. Des conséquences. Pas contre les causes. Elle a essayé de détourner son frère des mêmes maux, en vain. Elle n’émet aucun jugement. Elle fonde ses propres constats à voix haute dans l’intensité de ce que l’air respire.

Elle n’a pas le loisir de se perdre dans l’effervescence de son imaginaire. Le glacier de sa chair froide revient sur la sienne qui s’offusque d’un frisson. Il ne l’enlace pas. Il l’emprisonne. Les crocs se font détrousseurs du Vitae. Ils dérobent sans vergogne et sans douceur. Elle retient un cri sous la férocité surprenante de la douleur, se pliant à ses courbes sous son élan. Sa bouche s’entrouvre mais aucun son ne la franchit. Le regard qu’elle perd sur les chérubins de peinture est accueillit d’insensibilité rieuse. Pas de répit dans les ressentis. Aucun égard pour sa poitrine étouffée de sentiments intenses. Son souffle lui échappe quand elle sent sa virilité frôlé l’intouchée. Et lorsqu’une douce chaleur vient finalement perturbé la gamme jusqu’alors joué qu’elle comprend finalement. Tadam… Le sexe n’est pas la Domaine de l’Amour, il n’est pas réservé au secret du couple ou à la reproduction instinctive. Retour fugace mais fracassant du violon. Le silence pour réaction. La poigne de l’Immortel l’en détourne de sa violence. Qu’importe, Jonah est revenu pour observer Les Landes frappées par l’orage. – C’est parce que vous ne savez pas capturer l’insalissable. Paroles qui sont murmures contre ce baiser, seules défenses à ses offenses.

Porter la douleur est dans ses savoirs, il y a bien longtemps qu’elle ne l’a plus exprimée La chaleur qui s’étend jusqu’à son cœur pour y dicter son rythme est à l’inverse une chose incontrôlée et inconnue. Alors, ses lèvres se lézardent sous un gémissement, écho fragile d’un désir naissant.

Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 232
Points RP : 305
Date d'inscription : 24/01/2018


| heart-shaped glasses |


little girl, little girl, you should close your eyes;
that blue's getting me high, making me low.

Conter les meurtrissures était devenu dérisoire. Il n'existait plus aucune épine pour le malmener dignement. Le beau, tout comme le sale, s'est cassé la gueule sur les antithèses du désespoir. Callan n'avait plus de cœur pour souffrir du sel des larmes. Il nourrissait les rapaces de son âme convoitée par le noir. Plus rien n'était humain en lui. Son corps n'était qu'un outil entre les mains de tous les monstres que l'Humanité fuit. S'il inspirait encore quelques fois, ce n'était que pour tatouer l'odeur des cadavres au creux de ses poumons perforés par la trahison. Anselm avait dépassé la cime de ses pensées hallucinantes pour ne constater que l'imperméabilité de l'éther. En son sein, l'orchestre des châtiments qu'il créait n'avait pas plus de poids et d'impact que les vapeurs évanescentes constituant les nuages qu'il dévorait de ses prunelles lorsqu'il était enfant. La lyre divine était son égal. Ensemble, dans le néant immaculé du temps, les confrontations s'enfermaient dans un mutisme supérieur. Les origines vertueuses du démon siégeaient dans les instants sourds de cet unique univers aux portes closes. L'accès interdit suintant de cette même indifférence qui léchait les lambeaux d'esprit que l'allemand possédait en lui. Cet Ailleurs n'était rien. Pas même une idée soufflée. S'imposant d'invisibilité grandiose, Callan n'était soumis qu'à son unique loi. Au creux de ses veines, gisait le plus impassible des désintéressements. C'est ce qui le rendait intouchable. S'il crissait quelques fois, ce n'était que pour tuer l'ennui, séduisant carnage inhumain qui agitait ses muscles autant que les démences hérétiques de son imagination infecte. Son thorax accueillait la perniciosité des plus terribles maladies. Il chérissait la lourdeur de leurs symptômes, alliant les ombres de son anxiété à l'acceptation vertigineuse d'une mort qu'il voulait prolifique. Le ventre de l'Immortel n'était qu'un nid de serpents s’entre-tuant à force de baiser dans leur propre venin. L'allemand écoutait leur chant, frissonnant sous le contact de leurs langues perfides caressant les os qui constituaient son terrible squelette. C'est à travers la douleur cannibale qu'il en gémissait parfois de plaisir. S'il se plaisait à tant balafrer son âme de contusions, ce n'était que pour assouvir les vipères qui grouillaient en ses chairs comme des vers dans un morceau de viande avarié. Ses rituels s'échouaient contre les parois de l’innommable. Fils du Diable, il s'abreuvait du grand trou noir pour maintenir l'ordre d'un chaos affligeant. Le murmure de ses cauchemars est la berceuse de celui qui veille sur lui dans le noir. L'Imprévisible. L'Insensible. Celui qui s'empare de la moindre particule vicieuse. L'Esprit du Mal.

« Ceux qui me jugent et me catégorisent s'enlisent déjà dans les ombres qu'ils sous-estiment... Ceux qui prêchent ce qu'ils croient être la lumière sont ceux qui ont besoin d'être défendus. C'est leur stupidité qui me rend si docile. Ils s'étranglent eux-même de leur faux-semblant. Je n'ai qu'à les regarder mourir à petit feu. »

Doucement, Callan s'éprend de cette voix qui le caresse. Sans chercher à l'amadouer, il le laisse s'évader dans les profondeurs des horizons décharnés qui le parsèment. C'est un bout d'enfer dans lequel il l'invite, l'un des jardins de celui qui demeure en bas. Au fil des réponses que l'entité lui offre, l'allemand reconnaît une âme-sœur aux parfums familiers et imbibés par le blasphème. Il écoute le ronronnement de ses intonations comme s'il s'agissait des battements du cœur qui est enterré sous les os de sa cage thoracique. Presque charmé, l'Essence qui le comprend chatouille son intérêt. Callan se surprend à apprécier sans pour autant s'évanouir dans les flaques honteuses de la naïveté. Il entrevoit son alter-ego, entre deux pensées infâmes et quelques sourires satisfaits au bout de l'âme. Les tempêtes de son ivresse cherchent leur liqueur et elles les trouvent dans ce que la rivière de feu découvre ce soir. Il retient la mise en garde, laissant pourtant son désir défigurer la concentration perceptible de son encéphale. L'appel de la Vitae trouble ses émois tranquilles et tendres pour faire virevolter le désordre de son animalité. Il n'accepte pas les possibilités erronées. Il leur crache dessus avec insolence et reprend le contrôle de son assurance. Callan est sûr de lui face aux scintillements inédits dont transpirent les invités qui n'étaient d'abord que de simples esclaves. Encore quelques heures, quelques nuits, pour qu'ils ne les élèvent tous les deux jusqu'aux portes de ses sacrements. Mais pour le moment, il n'en dit rien. En a-t-il réellement besoin alors que le reflet de ce qu'il incarne s'épanche à même l'intimité de son esprit ? Callan ne craint pas l'authenticité de ses ressentis. Il les offre à l'explorateur sans l'ombre infime du moindre doute.

« Prenons notre temps alors... En ce qui me concerne, je suis déjà tout à toi. »

Pas de barrière. Aucun masque derrière lequel il pourrait se cacher. L'absence totale du moindre subterfuge. Anselm ne craignait pas cet inconnu aux allures de démence folle. Au contraire, il le désirait, espérait qu'il tapisse son indifférence de couleurs un peu plus vivifiantes. Là était le seul souhait que son Immortalité émettait, la seule condition au manège infernal que sa carcasse devait représenter pour l'Immatériel qui déambule dans les cieux de sa psyché carminée. L'ancien vampire s'attache aux paroles qui tombent en bruine délicate dans l'épaisseur de sa forêt chaotique. Comme si l'Invisible récitait des poèmes au creux de son oreille, il dévore chaque syllabe qui compose le retour de ses propres mots.

« Si le souci d'équilibre existe réellement, l'un ne va pas sans l'autre. Tu seras toujours relié à elle et si j'en suis ma première intuition, c'est cette option qui m'inspire la Vérité. J'ai un océan d'envie suffisamment grand pour envisager de vous désirer tous les deux. »

Si... Des si qui laissent espérer tant de grandeurs merveilleuses. D'autres desseins qui devront peut-être se jouer dans d'autres lieux mais des idées, Callan en avait nourri des tas en ces huit siècles qui lui appartenaient et en général, elles étaient toutes concrétisées sous les coups imposant des fatalités qu'il avait appris à dompter de son flegme brûlant. Secoué par les houles excitantes de cette conversation unique, Callan joue de sa lame sur la peau de l'être de lumière. L'odeur de son élixir rouge accapare ses émotions, amplifiant l'indécence impartiale des désirs qui semblent le hanter depuis que son chemin à croiser celui du Rubis. Il s'abreuve du péché qu'il commet, se délectant des plaisirs que lui procure la sève de ce corps qui se salit déjà sous son emprise. Les ondulations de sa silhouette l’ensorcellent, attisant l'opulence de ses convoitises avec la brillance de leur pureté. De son Essence divine, il s'imbibe, délaissant les cavités de son Enfer pour assombrir les nimbus qui parsèment la voûte céleste que représente Eden à ses yeux. Son âme se fracasse contre la Beauté qui s'abîme. Comme toujours, le vermeil colore l'immaculé de vérité. Il en perdrait presque le fil tant les arômes de ce qui coule en elle l'obsèdent à cet instant.

« En faire mon élève ne me laisserait pas d'autre choix que celui de la soumettre... D'une manière ou d'une autre mais tu le sais déjà, tu l'as aperçu dans mes désirs, n'est-ce pas ? »

Il ne prêtait que très peu d'attention à l'art du mensonge, lui qui était tant habitué aux lames impassibles de la franchise. Sa langue en connaissait aussi bien les venins que les douceurs. À volonté, il gravitait entre les parfums d'amour et de haine. Parfois il lui arrivait même de les unir, dans ses désirs éphémères de fébrilité jusqu'aux impacts fiévreux de son oppression. L'entité ne tarderait pas à le découvrir. Bercé par sa sincérité coupante, il ne pourrait échapper aux luxures de la réalité. Des réalités qui semblent s'évaporer sous les brillances rêveuses de celle qu'il désire posséder ce soir. Son regard aux millions d'étoiles ne se baisse pas. Elle laisse son bourreau verser la liqueur de sa noirceur jusqu'au plus profond de son cœur. Il allait l'en rendre ivre, quitte à lui faire vomir toutes les merveilles qu'elle pouvait oser espérer trouver en lui. Le roulement d'une larme sur sa joue pleine l'interpelle alors que son esprit balafre son ciel noir d'un éclair brisé. Le son tendre de sa voix se mêle aux douceurs des notes de piano qui s'épanchent dans son crâne, l'allemand sent ses furies s'adoucirent à la virtuosité des partitions qu'il décode. Il embrasse l'exaltation de son encéphale autant que le cœur de la nymphe se broie de comprendre qu'il ne croit plus en rien. Callan ne saisissait pas les énigmes brillant au creux de sa larme, il ne parvenait guère à effleurer les sentiments qui la malmenaient soudainement. Ces derniers n'étaient pas dû à la souffrance corporelle ni même à la peur. En suivant les chemins sinueux des traits de son visage archangélique, il s'horrifiait d'entrevoir la compassion qui n'était, en vérité, que le reflet infect de la pitié. Pourtant elle comprenait, elle lisait en lui comme dans un livre ouvert alors qu'ils ne s'étaient jamais adressés la parole jusqu'ici. Si bien que l'Immortel ne trouve rien à répondre à son état de faits. Il ne niera pas car la Vérité fait partie de ses mœurs intemporelles.

À défaut de se perdre dans un débat stérile, c'est au creux de ses cuisses qu'il s'enlise. De son impudeur, il attise. De sa perversion, il maîtrise. Elle parlait sans artifices, avec l'essence d'une sincérité que Callan connaissait. Son silence n'était qu'un retour logique, une incapacité assumée de ne pas savoir la contredire. De ses deux prunelles enfantines, elle sondait l'ancien, arrachant à ses entrailles les coupures de cette indifférence morne qui le bousculait. Elle entrouvrait un passage clandestin à la luminescence et l'allemand pouvait presque en sentir la caresse chaude sur la chair de ses ventricules éteints. Ainsi, il arrache de ses dents la douceur de la chair appartenant aux lèvres de l'ingénue. Comme s'il ne s'agissait que d'un simple morceau de viande balancé à un rapace exigeant... Dépourvu de délicatesse, l'imbrication de ses mouvements débordent d'irrespect. Ils sont brutaux et conquérants, manquant cruellement d'attention. Pourtant, il sent le désir de la profanée s'éveiller aux insultes osées qu'il lui fait. Ses cris restent pourtant absents. L'Eden reste silencieux, digne d'une féerie qui pourtant reste illusoire pour l'ancien vampire. Ces vertiges charnels qui s'emparent de son bas ventre, laissant glisser sur son épine dorsale le coupant de quelques frissons indécents, lui font apprécier l'affront qu'elle persiste à lui faire en s'opposant à ses convictions. Avant le gémissement lascif, elle sous-entend précisément son inaptitude face à l'impalpable. Il adule les notes de son élocution qui se fracassent contre sa bouche carnassière. Callan en sourit alors que ses mains empoignent les courbes pour les faire siennes. Elles parcourent ses hanches, s’agrippent à ses cuisses avec la virulence infâme de la criminalité. Son regard clair poignarde la stupeur de ses pupilles, se nourrissant de l'effroi glacial qui contraste atrocement avec la chaleur pervertie des frictions impétueuses de leurs deux intimités. « Peut-être... Mais insalissable, mon trésor, tu ne l'es absolument pas. » La voix de l'Immortel fut lourde, tombant dans la gravité caverneuse d'un Pandémonium dans lequel il se complaisait. Sans étreindre davantage ses lèvres de baisers désordonnés, il les délaisse pour céder à la terrible tentation qui le ronge.

Il finit par s'insérer en elle. Brutalement. Son abdomen se contracte sous le plaisir qu'il ressent à perforer l'écrin innocent. Un gémissement sourd lui échappe lorsqu'il écartèle ses chairs les plus fragiles de son membre masculin. Une part de son âme vacille dans le sale, s'émerveillant déjà du déchirement qu'il lui fait endurer grâce à la férocité des coups de rein avec lesquels il l'assaille. L'étau jusqu'ici intouché de son intimité enserrant son érection imposait en son Esprit des effusions vertigineuses. Vandale du beau, les souffles bousculés d'Eden s'engouffraient dans l'espace impudique de ses poumons mortifiés. Il frémissait, irradié par les chimères volcaniques du plaisir qu'il ressentait à marteler son intérieur avec autant d'ardeur. Ses sens... Tous propulsés vers les cimes d'une prospérité insane. Callan la baisait, vulgairement. Sans l'once du moindre sentiment, cisaillant les voûtes de ses rêveries d'enfant avec l'insolence désinvolte de sa bestialité. Il ne s'encombrait pas de dentelles, préférant les incendier à mesure que la luxure remplaçait l'ennui. Le sexe lui faisant oublier pour un instant les difformités ancestrales du vide. Son manque de délicatesse devait sans doute la faire souffrir. L'allemand était parti en quête de ses meurtrissures, enfonçant la lame de son regard dans le sien, il les appelaient de ses gémissements animaux. Se surprenant lui-même à mordre sa lèvre inférieure alors qu'il labourait la matrice de sa féminité à présent bafouée. C'est avec sa force surnaturelle qu'il la déchire, abîmant ses muscles intimes jusqu'à en faire couler quelques filets de sang mêlés à la cyprine que son vagin libère malgré elle. Ô, il sait parfaitement qu'elle n'est pas consentante. Il peut le remarquer à la tension palpable de son corps. Elle est telle la corde de l'arc qu'il a délaissé depuis bien longtemps à présent. Eden a sa finesse et sa force occulte. Tout son être en émane, même dans le supplice décadent du carnage intime auquel il l'initie implacablement. Sous la cadence de ses va-et-vient brutaux, il maintient les deux poignets de la Vénus sur le matelas, la clouant au lit, toujours prisonnière du poids glacé de sa carcasse, étrangement animée par les odeurs humaines dont elle transpirait déjà. Il contemple sa peau se colorer de rouge aux morsures qu'il disperse sur sa poitrine, ainsi qu'à la naissance de son ventre et de ses côtes. Les plaies rougies l'ensorcellent alors que ses gémissements deviennent de plus en plus rauques aux pénétrations virulentes qu'il impose au creux de l'humidité qu'elle cache entre ses cuisses juvéniles. L'odeur du sang lui monte à la tête irrévocablement, il en imprime les effluves divines au plus profond de son être alors que ses crocs la dévorent sans vergogne. Callan boit copieusement, la vidant ainsi de ses forces, de cette énergie avec laquelle elle brillait si fort lorsque son regard s'est, pour la première fois, posé sur elle.  

La bouche ensanglantée par l'horreur qu'elle commet se détache et son bassin s'arrête un instant. L'ardeur chaotique qu'il déploie lui donne une fausse impression de souffle perdu alors qu'il s'extrait de son intimité blessée. Indifférent à l'effroi qui peut froisser la beauté lisse de son visage enfantin. Callan se redresse pour empoigner sa chevelure, tirant sur celle-ci comme s'il ne s'agissait que d'une simple poupée de chiffon. L'allemand la force ainsi à se mettre à quatre pattes sur le lit au centre duquel se déroule le blasphème. Il se positionne derrière elle à genoux, récupérant la dague qu'il avait délaissée plus tôt pour enfoncer en longueur le tranchant de sa lame au creux du dos parfait de la Vierge violée. Il l'incite sans aucun mot à plier, à s'abaisser pour lui offrir ses fesses. « Mais en toute honnêteté... » commença-t-il, essoufflé par le plaisir qui striait éperdument son corps entier. « Je dois t'avouer que même souillée de la sorte, j'ai toujours autant envie de jouir en toi. » Il fait ensuite glisser le couteau dans sa chair, lentement, jusqu'au seuil de sa hanche gauche laissant ainsi le sang s'écouler sur les draps de soie. Frustré d'encore un peu retenir sa jouissance mais ravi par les visions délicieuses qui coloraient son Esprit horrifique.


NΞRIOИ



| NATURAL BORN SINNER |
And all I can see are these flames around me and all I can think is I'm here alone. The fires are growing close and all I smell is smoke, yeah, still it's beautiful to me.

Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 78
Points RP : 123
Date d'inscription : 26/12/2017

ft. Callan de Rhénanie
.
Heart shaped glasses
Il est prêtre. Sanctifiés par la Divinité que loue l’entité. Il tire ses mots dans Livre Saint. Et si aucun cœur touché par sa grâce n’écrit les lignes qui le parcourt, il le fera avec ferveur. Jonah mémorise chaque phrase. Il les gravera ensuite dans les murs de sa Prison, de ses ongles si il le faut. Ecoutant les secrets dénoncés, il encaisse sans même frémir des Vérités. D’autres les condamnerait. Ils les saliraient d’Horreur. Entacherait sa pureté. Ils ne peuvent la contempler. Ils s’en détournent comme de la Mort. Sa foi se forge dans l’écho de ses réponses qu’il offre avec la même facilité que son âme. Elle se fait acier rougeoyant. Elle se fait arme incassable. Il en tailladera la face du Monde, marquant sa Beauté de tous ses Vices qu’elle y dissimulent. De cette plaie béantes, suintera toutes ses laideurs. Il s’en abreuvera avant de les exposer aux yeux de tous. Ils se les crèveront et il viendra lécher leurs larmes. Qu’elle leur sera amer sa croisade. Son drapeau s’élèvera dans un ciel auréolé de vermeil. Le sang des Hérétiques noiera leurs progénitures damnées. Les mères étoufferont leurs bébés de leurs bras trop serrés, avides de les protéger du Templier. Il se fait pieux. Insolent à l’égard des Croyances. Ses inclinaisons le plonge dans les arcanes anciennes qui résonne dans les cavités qu’il parcourt. Il écoute ses chants sacrés, se surprend à accorder son violon aux tambours sauvage d’un autre continent. Il en goût les saveurs exotiques, épicés presque familière dans leurs accords. Il maitrise pas les destinations, il voyage au grés des inspirations depuis qu’il a quitté les Terres boisées. Il ne saisit rien, si ce n’est ses dires et quelques volutes éphémères. Elles gorgent ses souffles. Le prêcheur ferre le pécheur. Il en oublie de répondre, voyageur qui salut sa perdition. Il se perd dans les ressenti si différents de ceux qui agitent sa sœur. Il se retrouve dans les émotions qui ondulent, dans l’ennuie qui sévit et dans le silence de son cœur. Il y fait vibrer les cordes de l’instrument pour s’enivrer de sa propre mélodie. Ici, il est entendu. Ici, il est écouté. Ici, il est libre.

La destruction n’est pas son premier instinct. Baladé entre son Essence et son Esprit, Jonah n’a rien envie de briser. L’Innocence n’y est en rien responsable. Il la laisse à celle qui la porte si bien, même entièrement dévêtue. Les tourments qui la parcourt l’indiffère face à l’accueil de cet hôte nouveau. Tout juste prête-t-il une oreille aux notes du piano. Il est bien plus à l’écoute des déferlements cosmiques qui l’entraîne toujours plus loin dans les nébuleuses de cette magie effleurée. Il peut apercevoir les fondements de l’Univers abyssal, illuminée des trésors qu’offrent les jumeaux à son Créateur. C’est naturellement donnant, donnant. Il n’y a qu’Eden pour être perdante.  Elle n’a rien n’a gagner des faveurs du Vampire. Tandis qu’il s’butera à vouloir saisir les fumées de son être, elle se tailladera à tenter de le corrompre de sa Raison. Jonah n’a jamais réussi à briser sa jumelle de Vérités. Elle en connait déjà toute la douloureuse confidence. Elle y apporte juste un autre constat… Puisque rien n’a de Sens. Puisque rien n’a de But. Puisqu’ils ne sont tous là que mourir, alors chaque instant est un présent. Cet éphémère est beau. Il permet de savourer chaque chose. Chaque seconde. De s’émerveiller sur ce qui bientôt ne sera plus. D’en caresser toutes les courbes, de la naissance à la mort, du bourgeon aux pétales échoués. Rien n’est figés, tout change au grès de ce cycle. Les saisons, la Nature, les paysages. Les Hommes n’y échappent pas. Elle ose pensés que ceux qui ne le sont pas aussi. Comment rester Immuable face aux siècles ? Comment ne pas s’éroder sous les vagues du Temps ? Mêmes les Roches les plus solides, finissent par s’en effriter. Elle ne le verra surement peut être jamais, mais elle veut être ce petit grain de sable qui viendra enrailler les Rouages de cette Malédiction dont il s’est condamné. Il est son propre Bourreau.

Callan tombe juste. Il est redoutable de précision. Ses réflexions sont fines, ses hypothèses des certitudes pour l’entité. Il y en a une autre à qui profite ton offrande. Il s’en amuse d’ailleurs. Tout autant que son Ignorance sur le sujet. La mélopée qu’elle joue est pleine des interrogations qu’éveille ce qu’elle touche. Il rit. Peut être que l’Immortel peut en saisir au moins le sens. Jonah doute d’être capable de choisir ce que lui-même partage. Il n’est conscient de rien et de tout. Sur le fil du concret et de l’Irréel, dans une dimension où cela n’a de toute manière, aucun sens. Aucune logique. Il est régit par d’autres lois plus universelles que celle de l’humain. Des sciences occultes effleurées par d’autres élites. Cet océan est déchainé. L’entité est dans les éclairs qui s’écrasent sur les eaux insoumises. Tout autant que la tempête qui ébranle le Ciel. Fais attention, ça pourrai ressembler à de l’Espoir.Il rit encore, dans ce tonnerre qui se fait assourdissant. Il rit parce qu’il en partage les symptômes. Il s’en nourrit même. Il entrevoit tant de potentiel. Des desseins qui ne l’avait jamais même préoccupés faisaient basculer tous ses Sens dans un émoi nouveau. Il frémissait des graines chaotiques qu’ils pourraient semer. Il était lumière de ces pousses gangrénés qui s’en répandront. Petit à petit, nouvelle maladie des âmes et des corps. L’Esprit et la Chair. Il se faisait déjà conquérant de celle de sa jumelle.

Quoiqu’il arrive tu soumettra son corps. La fin des Temps pourrait bien pourrir l’extérieur de cette chambre, que cette volonté s’assouvira. C’est inscrit dans quelques lignes de ton désir.
Il est épais le grimoire que feuillette Jonah. Il ne se lasse pas d’en tourner les pages. Les connaissances qu’il y acquiert éclabousse visiblement Eden. Elle aussi est redoutable pour faire mouche. Les jumeaux combattent à armes égales. L’avantage va à l’aîné, non pas parce qu’il est le plus fort, mais parce sa vision est en accord avec l’Eternel. Le point de vue de la cadette, la dessert cruellement. L’entité épouse son mutisme. Il se cache de son Don. Eden alimente de sa souffrance, les défense qui sont siennes. Elle les fortifie des douleurs qui la parcourt. Alors qu’elle est livrée, comme une offrande aux vices du Prédateur, elle se refuse à une victime. Ni cri, ni pleurs. La larme unique qui coule ne compte pas. Ce n’est pas pour elle, qu’elle meurt au coin de ses lèvres. Il ne vient pas contredire les faits. Il ne ment pas. C’est encore pire. Il en est conscient. Elle ne comprend pas. Elle n’y arrive pas. Pourquoi ne pas agir ? Pourquoi se complaire dans ce Mal qui le dévore ? Il est sa proie. Il se chasse et se mutile ensuite pour observer son agonie, dans une indifférence glaciale. Même lui, ne l’émeut plus. Il cherche des échappatoires dérobés, accessible que parce qu’il les créer lui-même du brûlant de ses fièvres. Il en impose l’ardeur de ses mains. Concupiscentes et conquérantes. Il se raccroche à ce qui est malléable. Touchable. Dégradable.

Il y a des fausses notes dans son solo. Des ressentis qui accrochent les croches et dérape sur les envolées. Un inconnue dont les prémices voluptueux et volatiles, se dispersent sous ses respirations. L’origine ne peut être ce qui la malmène tant. Ce qui cambre son cœur sous un mal omniprésent. Elle ne se brise pas sous la peur. Elle l’accepte comme la torture de ses baisers aiguisés. Ils deviennent parures de ses crocs. Ses mots ne sont pas menaces. Ils sont prophétie. En profane des épitres verbaux, elle bascule de l’acte qu’il présage. Avant de tomber quand il s’en accomplit. Elle s’arque. Ses lèvres s’entrouvrant sur un cri qu’elle ne poussera jamais. Sa brutalité la scinde. Coup de Rein, après coup de rein, elle suffoque de sa présence tyrannique. Incapable de le repousser. Elle est le Christ crucifié. Clouée par ses mains sur cette croix qu'est le linceul du lit. La couronne ne retombe pas sur son front, elle lacère de ses épines l’intérieur de ses chairs bafouées. Il l’a bat de son regard mais elle n’en détourne pas le sien. Elle ne peut lutter au corps à corps, il en est différemment dans la psyché. Ce Royaume s’est offert à son Règne à sa Naissance. Ses iris constellées ne sombre pas au fond du précipice. Pas de supplique. Pas de soupirs pour souligner la souffrance qui s’enfonce au creux de ses Reins. Sa virilité poignarde ses rêves enfantins. La retombée dans la symphonie. Encore. Une nouvelle partition qui se glisse sous la première. Duo en concerto. Sa voix se fait alors chanteuse du soubresaut. D’un plaisir jamais imaginé. Il corrompt la torture. Cambre la courbure de son dos d’un autre frisson. Timide. Discret. Il désorganise l’avancé des vices imposées. Il est une caresse salvatrice. Un souffle dans son asphyxie. Elle en cherche la provenance avant d’en chercher la sensation. Elle s’y love, s’y protèges des meurtrissures. Son bassin danse pour la rappeler. C’est le retour de ce parfum distillé dans ses veines. Une ode à la libération. Une manière d’échapper à sa domination charnelle. Jonah en rit. Observateur jusqu’alors silencieux. Perdu dans les méandres des fantasmes et d’un plaisir qu’il partage avec l’Eternel. Il se moque bien de savoir d’où ils tirent leur origine, tant qu’il peut jouir de leur intensité. Eden évapore de nouveau l’ordinaire, avec une naïve nonchalance. De son Innocence, elle casse les codes.

Sa poitrine est brûlante, trainé à quatre pattes, elle ne réalise que maintenant que ses poumons souffre d’une cadence anarchique. Elle vole quelques secondes, suspendant les aiguilles d’une horloge pour respirer. Juste ça. Même ses tourments semblent s’arrêter. Le tranchant œuvre pourtant sur son échine. Dictant les courbures qu’il prend. – Ce n’est pas moi que vous souillez. Ce n’est pas moi que vous salissez. Ce n’est pas moi non plus que vous enfoncez dans le Néant des dessillusion amers. Sa voix est soumise à ses déchirements. Son être tremble de l’Impudence. Ses bras peinent à garder leur droiture. Elle ferme les yeux, mordant sa lèvre à vif de ses baisers. – Je ne suis qu’un Instrument. Celui que vous avez choisis pour vous flagellez encore un peu plus. Murmure qui s’acharne à l’audible. Elle ne rouvre pas ses paupières. Sa vue est troubles des étourdissements qui l’assaillent. Elle le dessine cependant sans peine. Son ombre assombrit jusqu’au fil de ses pensées. Il s’étiole.

Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 232
Points RP : 305
Date d'inscription : 24/01/2018


| heart-shaped glasses |


little girl, little girl, you should close your eyes;
that blue's getting me high, making me low.

De sa lame, il creuse l'asphalte immaculé de sa peau opaline, dessinant au creux de ses courbes ces rivières de rubis dans lesquelles son cœur s'enfonce comme une enclume. Délesté de craintes malgré la pureté qui en suinte, amant d'une avidité incommensurable, il sentirait presque son âme suffoquer d'à nouveau éprouver cet holocauste de sensations qu'impliquait le véritable désir. Autour de son muscle moteur, s'impose pourtant un silence impérial. Il n'entend plus rien que le bourdonnement infernal de ses envies indécentes alors que sa volonté se soumet aux desseins assassins que sa lumière lui inspire. Eden transpire. Inerte face à la douleur, muette de ses larmes qu'elle conserve comme un trésor céleste. Aucun grincement ne la colore de faiblesse malgré l'assaut de l'Immortel sur son corps qui l'emplit d'ivresse. Elle devient pourtant l'épicentre d'une sensibilité nouvelle, éclat stellaire de cette nuit éternelle qu'est devenue le domaine du Prince écorché. Ici, dans les méandres froissés de son lit, l'absurdité se marie au blasphème comme ces notes qui s'entremêlent entre elles. Il conjugue l'horreur au miraculeux et s'éteint dans les dorures de cette luxure que l'ingénue explore sous la terreur. Callan émiette son Innocence contre le flamboiement miséreux des artifices charnels. Entre eux, s'évaporent l'amour et la tendresse au profit de violentes possessions, maîtresses reines de ce nouveau duo qu'il a décidé de former avec elle. L'entité s'éteint laissant planer pour quelques minutes volatiles un calme serein qu'il imbibe des affronts qu'il a placardé sur la peau de la Vénus enflammée. Lorsque les mots reviennent résonner jusqu'au creux de ses entrailles, l'ancien vampire est troublé par les spasmes humains de son Trésor, si bancale entre ses mains alors que les allégories de son imagination restent intouchables comme ces constellations qui fissurent la noirceur insensible du ciel à la mort du soleil. Il écoute le broiement du cœur enfantin, malmené par la violente combustion de cette luxure qui le ronge et s'esquinte à sourire au-delà de sa volonté. Dans un naturel qui devrait l'écœurer mais qui sévit en lui comme une aura fébrile que son inertie méprise. Eden est si fière, si sûre de la Beauté d'un monde qui ne fait pourtant que l'arracher, un peu plus à chaque inspiration qu'elle prend. Ce monde-là qui la piétine sans vergogne, qui l'insulte et qu'elle enserre pourtant toujours entre ses bras filiformes. Callan pourrait la trouver idiote mais l'acharnement qu'elle y met et les mots qui débordent de ses lèvres isolées installent en sa vision monochrome des couleurs connues d'aucun homme.

Les pensées anarchiques de l'allemand s'emparent des phrases qu'elle lui donne, essoufflées par le Mal qui l'enrobe et contre lequel son Essence se débat. Dans le circuit de ses veines antiques, Callan s'électrise de ces affirmations. Il plante en ces justifications les angoisses des vérités mutilées. C'est la lourdeur de cette certaine réalité qui semble l'étrangler alors qu'il abandonne l'arme en la laissant tomber sur le lit, humide du sang qu'il venait de faire couler. Il en tâche d'ailleurs ses mains lorsqu'il la caresse, domptant le feu des blessures qu'il a dessiné sur son écorce meurtrie par le couteau. Sur la toile lactescente de sa peau, il étale avec lascivité le rouge passionné qui règne dans les tréfonds de ses pupilles barbares. Dictées par l'empire de sa libido infernale, ses mains reviennent s'attarder aux galbes de ses fesses charnues alors qu'il appose dans leur creux sa virilité durcie par la violence de sa concupiscence. Elle l'éclaire en l'entraînant pourtant un maelstrom orageux, il succombe alors qu'il est pourtant celui qui mène cette danse aussi sordide que macabre. La provocation de ses frottements reprend, faisant pulser en lui les fièvres immatérielles d'une liaison incomprise. Celle d'un ange avec un partisan de celui d'en bas. Celle d'une étoile avec la langueur lubrique que le crépuscule inspire à ses enfants. Cette fois, l'allemand prend son temps, soumettant la femme aux illusions de caresses tendres qu'il se surprend lui-même à lui donner. Dans l'enfer qu'il lui fait endurer, lui est reparti en chasse du plaisir qui anime si bien ses intentions. L'hédoniste se noie avec dévouement et lorsqu'il la pénètre, qu'il s'empare de ses fesses, il a presque cru sentir sa cage thoracique vaciller. Il s'accroche à cette prise que devient l'entité dans l'absurdité de ces sentiments, il s'y accroche et plante les crocs de son attention dans la lucidité meurtrière de ses opinions sages.

« Si elle est créatrice d'Espoir en mes orages, elle en sera aussi la seule destructrice et nous verrons bien de quelle manière elle se justifiera en le comprenant. L'essentiel étant que de la douleur qui pourrait en découler, je ne ferais que m'en nourrir. »

Il lui révèle, sans filtres. Dépourvu de ces faux-semblants écœurants qui lui déchirent les tripes. C'est au sein de sa franchise, que ses démons déambulent. C'est elle qui les consolent et les maîtrisent. Callan ne parvient guère à s'échiner l'encéphale dans des monts d'étoiles assoiffées de vie. Cette vie, il l'empoigne de la même manière qu'il séduit la mort. Il connaît leurs royaumes sur le bout du cœur puisque ce n'est qu'entre ces deux entités qu'il existe réellement. Son cadavre animé par une âme qui effleurent les inconsciences nébuleuses d'une voie lactée abîmée par l'ignorance des hommes. C'est là qu'il gravite. Comme Eden. Comme cette folie candide dont elle déborde et qui l’ensorcelle. Il y a quelque chose en elle qui l'appelle et ce manque de réponse l'effrite contre la rugosité d'une indifférence qu'il n'avait plus croisé depuis des siècles. De là, apparaît ce profond besoin de la posséder et de la faire sienne. La Vénus enflammée devient peu à peu un rêve, une chimère qui ne se lassera jamais de lui filer entre les doigts. Dans cette éternité qui le lasse, elle apparaît comme une hallucination réelle, une oasis troublée par de multiples couleurs nouvelles. Sans comprendre pour quelle raison, il divague alors que ses coups de rein reprennent leur martellement dans ses chairs divines. Il en gémit tant l'ardeur incendiaire du plaisir volé le transcende, peu importe si elle tremble. Peu importe si son agressivité fait perler en elle d'autres pluies carminées. Pour le moment, la soumission corporelle le rend fiévreux et dans les grondements sourds de sa voix masculine qui déborde de perversion, ses mains oppressent ses hanches contre son bassin alors que les chuchotements de l'âme se plaquent aux l'opulence des ambitions outrageuses de l'ancien vampire. Il est doucereusement étonné de la résistance de la nymphe, secoué par les déliquescences de sa pudeur qui s'affole sous ses va-et-vient carnassiers. Si Callan réduit la célérité de ses mouvements indécents, ce n'est que pour s'incruster davantage dans les profondeurs de son corps. Il en perd des respirations imaginaires alors que le siège de ses émotions macabres implosent.

« La pâleur montre jusqu'où le corps peut comprendre l'âme. Si je parviens à m'accaparer du vaisseau qui la porte, j'espère bien me saisir de son âme ensuite. »

Durant ces quelques minutes, lourdes d'un silence qui ne fut rehausser que par le suintement de sa lascivité, il ne dit rien, préférant laisser parler la débauche de ses pulsions voraces, perdues en écho dans le creux de ces plaintes charnelles. Lorsque les marrées de l'orgasme étreignent finalement le bas de son ventre et que de sa semence stérile il salit l'intérieur de son être, il extrait finalement le pieux avec lequel il venait de poignarder sa virginité. Il abandonne son corps contre la tendresse du matelas sur lequel il s'allonge, délaissant les lambeaux de l'enfant se transformer en indignation de la femme. Les mots qu'elle avait fait glissé sur son attention suivait toujours le cours des fleuves damnés qui emplissaient l'âme du vampire. Il attendait qu'elle se mouve, que de cette position de chienne se révèle la beauté fragile qu'il espérait démolir. Eden devait survivre. Si elle sombrait dans la facilité de sa monstruosité, elle ne serait pas digne des peut-être qu'elle créait en son esprit verrouillé. « Tu as compris, Eden. Tu es celle qui me fait du Mal. Qu'est-ce que tu en ressens ? Aimes-tu l'horreur de ce que tu m'infliges ? » Les furies libidineuses de sa voix ont fait place à la douceur, murmure rauque qui était presque inaudible maintenant que l'apothéose de ces ébats imposés avait hurlé en son corps comme les litanies dépravées des plus belles erreurs. « C'est ta Beauté qui me souille et ta modestie à son sujet qui te rend abusive. » dit-il en souriant alors qu'il la contemple, elle et son corps, marqué des infamies qu'il avait érigé sur l'entièreté de sa silhouette. Elle n'était plus qu'une écorchée, violée de tous ces idéaux qui la malmenaient sans qu'elle n'en ait conscience.



NΞRIOИ



| NATURAL BORN SINNER |
And all I can see are these flames around me and all I can think is I'm here alone. The fires are growing close and all I smell is smoke, yeah, still it's beautiful to me.

Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

Revenir en haut Aller en bas
Heart-shaped glasses | Eden
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Grimoire Heart n'a pas besoin d'un cookie à la myrthille ( PV Nookie Minasa )
» Une journée éprouvante [PV Eden]
» The way of the heart.
» Mickaël Eden
» Dimitri Payet (by Eden-Hazard)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Island Of the Damned ::  :: Belfast :: Les ruines de River Crow :: Reviviscences léandresques-
Sauter vers: