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Heart-shaped glasses | Eden (flashback River Crow)

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De la main de Callan De Rhénanie signé le Lun 5 Fév - 19:30

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L'Ennui. Venin pernicieux. Mélodie tragique et existentielle d'un damné à l'image froissée. C'était l'incessante ritournelle de cette immortalité qu'il n'avait pas fini de souiller. Malgré la litanie exquise et sans fin des cris qui s'élevaient jusqu'aux cimes inaccessibles des voûtes célestes de River Crow, Callan était soumis à la langueur glaciale d'une lassitude abominable. Là était sa croix et son unique accablement. Là veillait sa souffrance inhumaine, l'essence même du sacrilège qu'était sa morbidité notoire. Il ne frissonnait plus du craquement osseux de ses victimes lorsque, sur un coup de tête, il décidait de leur briser la nuque. Leurs lamentations avant la fin n'étaient devenues qu'un bourdonnement agaçant qui, de toute évidence, ne le satisfaisait plus aussi bien qu'aux prémices de cette ère fascinante. D'une oreille agacée, il écoutait le vide de son intérieur lui murmurer des vérités qu'il refusait pourtant d'encaisser. Celle d'une distance qui l'affectait, d'un affront qu'on lui faisait et sur lequel il n'avait pourtant aucune emprise. Comment pouvait-il laisser son plaisir suffoquer de la sorte alors que sa seule lumière s'éteignait sans culpabilité dans la perversité d'une paire de fesses avantageuses ? Faiblesse... Bassesse. Reprendre le contrôle était donc primordial à sa santé mentale et sur le chemin des maudits, il avait après tout signé de son sang la prospérité de sa longévité.

Callan n'était pas de ceux qui se lamentaient. Il n'appartenait pas à cette race futile et inférieure qui perdait son temps à espérer. Lui ne faisait que se servir jusqu'à l'aboutissement sans équivoque de sa jouissance personnelle. Il s'animait de vivre dans le trop-plein, savourant lascivement le capitalisme ulcéré des sept pêchés capitaux. Sa religion ne vibrait que dans la perforation de trachées, le tintement furieux et craintif d'un cœur humain apeuré. Il trouvait son salut dans la beauté de leurs chairs déchirées. Comme un artiste s'appliquant sur sa toile, les boucheries de Callan étaient, en son Âme, la conclusion sublimée de ses insatiables fantasmes. L'esprit, lui, restait toujours indompté, abominablement libéré lorsqu'il se reflétait par mégarde dans les entrailles d'un corps qu'il venait tout juste d'éviscérer. Les lueurs rougeâtres de la Vitae allumant ainsi une passion indescriptible dans la profondeur de ses prunelles charmées... Ce n'est que dans ces instants fiévreux qu'un semblant d'affection semblait l'ébranler, créant au cœur de sa carcasse l'illusion d'une chaleur similaire aux morsures séductrices de l'amour mais surtout à l'effervescence étrange de l'adoration fanatique. En se remémorant l'une de ces scènes passées, il avait soupiré de nostalgie. L'enfant roi rêvait de détendre ses muscles par la découpe sanguinaire d'un être encore éveillé, pleinement conscient de la douleur qui l'assaillait. À ces jeux d'autopsie improvisés, les rebelles étaient ses proies préférées. Il abusait à outrance de cette endurance sacrée qu'on leur avait enseigné. S'abreuvant sans aucune honte des échos stridents et plaintifs de ces hurlements qu'il parvenait pourtant à leur arracher de la gorge grâce à sa lenteur stratégique et malsaine de titiller du bout de ses doigts, les organes de leur torse amplement ouvert... Il se délectait toujours des derniers instants, des ruptures brutales du mental malgré la pulsation constante des viscères encore à vif.  

Malheureusement, il n'était pas autorisé à jouer aussi souvent qu'il le voudrait. Ces parasites de la fondation devenaient sacrément malins mais si par malheur, l'un d'eux baissait leur garde, Callan et sa prédisposition à créer de terribles drames, ne se priveraient pas de les mettre – littéralement – en pièces. Ce soir pourtant, il n'avait aucun rebelle sous la main pour combler son divertissement. Les esclaves quant à eux étaient trop faibles pour qu'il puisse effleurer ce sentiment mutin et frivole qu'était l'amusement enfantin. Si deux heures trente était le temps record de certains rebelles avant l'inconscience lorsque Callan décidait d'incarner un chirurgien dérangé, il ne fallait pas mettre trop d'espoir en de simples humains vulgairement basiques, sans aucune formation spécifique. Ainsi donc ses pensées cherchaient des hallucinations dans les saveurs étrangères de l'opium. Tendre rêverie qu'il saupoudrait généreusement de quelques verres d'absinthe. Si sa folie ne pouvait être apaisée par la cruauté, il lui faudrait alors l'engourdir et l'envoûter de quelques charmes artificiels. Juste de quoi canaliser les divagations meurtrières qui l'aguichaient effrontément. De quoi délasser le raidissement de ses chairs cadavériques. Mais le silence n'avait rien de palpitant. Ses appartements manquaient d'ambiance, de corps à conquérir, d'odeurs de sang. La lueur des chandelles, le crépitement du feu dans l'antre de sa cheminée... Tous ces bruits que son ouïe acérée déchiffrait naturellement lui faisaient comprendre à quel point la solitude l'avait séduit. Son regard absent s'engouffrait au cœur des flammes mouvantes de l'âtre sulfureux alors qu'il faisait lentement abstraction de tout ce qui l'entourait à cet instant. Plus rien ne semblait être plus important que le tournoiement infernal et captivant de ce feu qu'un des domestiques avait allumé pour lui quelques heures plus tôt. Dans la contemplation des teintes brûlées qui coloraient les oriflammes du foyer, l'allemand fantasmait sur la chevelure machiavélique d'une humaine qu'il avait récemment ramené au Manoir.

Peut-être était-ce la chaleur diffuse s'imprégnant de sa chambre qui lui inspirait les courbes de sa silhouette gracile ou peut-être s'égarait-il simplement un peu trop dans les contrées d'une monotonie qu'il peinait à endurer. Quoi qu'il en soit, ses pensées impies finirent par avoir raison de lui. Il s'était levé, soudainement décidé à anéantir la cacophonie de ce silence pesant. L'objet de ses désirs l'attendait sagement dans une des nombreuses cellules que comportaient les sous-sols du Manoir. Callan le savait car il avait été celui qui l'avait choisi. Il n'avait aucun plan précis, suivant simplement les flots irréguliers de son instinct carnassier. Descendant les marches de pierre qui menaient vers les tréfonds de la forteresse, seul le bruit de ses pas martelait la roche mordue de froid. Des gémissements retenus caressaient presque amoureusement son attention, s'alliant subtilement aux terreurs qui sillonnaient le cœur des prisonniers lorsqu'ils prenaient conscience de sa présence. Longeant lentement les longs couloirs des cachots, à la manière dont certains bohèmes auraient pu visité un musée, Callan contemplait d'un regard amusé les carcasses que lui et les siens avaient amassé au fil de ces dernières semaines. Pourtant, son regard constellé de perversion ne cherchait rien d'autre que cette gamine qu'il avait d'abord croisé au détour d'une ruelle, effacée par l'ambiance malsaine qu'imposait le règne de son père. Il l'avait ensuite traqué durant quelques jours, s'attardant sur les manies et les habitudes qu'elle pouvait avoir, jusqu'à finalement s'en accaparer lors d'une nuit sans étoiles. Eden avait le profil parfait d'un ange voué à la soumission. De sa peau laiteuse jusqu'au firmament qui inondait ses deux iris, elle respirait la pureté à plein nez. Il n'avait pas résisté longtemps au charme candide d'une femme en pleine éclosion. Il restait après tout un homme empli de vices tout aussi excessifs les uns que les autres. De ce constat vulgaire, Callan ne s'en était jamais caché.

Lorsqu'il s'arrêta finalement devant la cellule de la désirée, calant son épaule contre l'un des murs qui maintenaient ses barreaux d'acier, l'ingénue était endormie, les traits préoccupés par cette nuit pleine de cauchemars dont elle ne pourrait même pas profiter. Durant quelques minutes égarées, il l'observa sereinement avant de finalement pénétrer dans ce petit neuf mètres carrés dans lequel elle était à présent terrée, comme un animal, par sa faute. S'accroupissant pour être à sa hauteur, la tonalité grave et enrouée de sa voix s'imposait avec calme mais puissance. « Lève-toi. » Les paupières de la poupée fissurée papillonnent un instant, lui donnant accès à la foule d'émotions intrigante qui tâche son regard immense de stupeur. L'homme se relève, s'impatientant déjà. « Tu profiteras de ta nuit plus tard... Si tout se passe comme je l'entends. » Peu sûr qu'elle soit suffisamment à la hauteur de ses espérances. Incertain de ce qu'elle pourrait réellement lui apporter, à lui qui n'était plus touché de rien depuis si longtemps.


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De la main de Eden Fowler signé le Mar 6 Fév - 19:45
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Jonah… Allongé, le dos appuyé au mur froid, elle ramène ses jambes contre elle, cherchant ne serait que l’illusion du réconfort. Le reflet océanique de son regard se pose sur la roche creusée. Dans la moindre fissure, dans la moindre aspérité, son imagination s’engouffre et se heurte, y cherchant formes illusoires à tailler au gré de ses envies. Ici un visage, aux lèvres closes et aux orbites vides. Eden lui invente un nom, un passée et une existence. Trace d’un Esprit qui hante les lieux, accordant sa protection à ceux qui le loue de prières muettes. Elle fait la sienne, sans que sa bouche s’ouvre. Elle ne doute pourtant pas d’être écoutée. Les choses n’ont que l’importance qu’on leur accorde et à cet instant, elle accorde toute foi dans ses propres fantaisies. Délires. L’être chimérique est bienfaiteur, il lui accordera ses faveurs. Un sourire léger, affront à tous les bourreaux qui règnent en ses lieux. Un instant, un cri proche brouille la surface de l’onirique, ramenant la petite païenne au réel. Elle sent le serpent de la peur glisser dans ses veines, siffler dans ses pensées pour les rendre inaudibles. Sa peau écailleuse et suintante écorche son courage et empoisonne ses convictions. Elle devine le monstre qui opère à quelques cellules. La force de son Mal. La violence de ses envies vérolées par les vices. Le reptile plante ses crocs acérés dans son cœur, le frappant un instant de torpeur avant de s’y enrouler. Elle sent le monstre qui s’amuse non loin. La brutalité de ses valeurs. L’irrespect pour celles de sa victime. La bête qui sévit n’est pas humaine. Elle en a l’apparence. L’attrait. Mais surement pas la Morale. Jonah… Elle referme les yeux, mordant sa lèvre. Son agacement se fait soudain ressentir. Quoi ? Occupé à bien autre chose que se lamenter, son jumeau daigne tout de même dévoiler sa présence. Raconte-moi une histoire. Un instant le silence. L’absence. La trotteuse de Chrono la poignarde à chaque seconde qui s’étire. Elle souffre avec ceux qui hurlent. 

Le violon résonne alors. Couvrant les cris. Ne se jouant que dans la salle de son Esprit. Concert privé. Les notes que Jonah vole aux Muses tissent une toile sombre, vierge de toute ébauche. Il impose sa vision à sa sœur, projetant tout d’abord une silhouette dansante. Eden se charge de lui donner l’allure qu’il lui sied, que lui inspire la musique de son frère. Monde entre deux, seulement visité par les jumeaux. Endroit où ils trouvent leurs accords, aux sons de leurs instruments favoris. Ils y sont tout puissant et le plie à leurs émotions. Le dieu du Temps fige l’instant. Dans l’ignorance, le tortionnaire libère sa proie. Ses pas résonnent au loin, trouvant un écho dans la gestuelle de la danseuse. Eden murmure la mélopée inventée pour elle. La voix s’échappe dans le silence, mourant à l’oreille de ceux qui la tendent. Le serpent qui sévissait se retire. Il se noie dans une envolée de l’Inconscient. Dans un répit d’oubli. Dans les gestes aériens de la ballerine qui évolue en Reine dans l’esprit de la jeune femme. Elle balai d’un geste de la main, le spectre des Vampires, broie de quelques pointes l’Horreur qui accompagne leur existence dévoilée et d’une échappée lui fait quitter l’Enfer de son Emprisonnement.

Tandis qu’Eden s’évade avec Morphée, Jonah lui, tente de faire le compte. Combien de jour qu’ils sont là ? Arrachés aux Landes si précieuse à sa sœur ? Il peine à un nombre précis, tout au plus une approximation. Rien qui ne le satisfasse réellement. Alors il tente autre chose. Il recommence à tendre ses sens. Il sait voir autrement que par les yeux de sa sœur. Il a bien dû apprendre, développer une autonomie que ce corps lui refusait. Il observe un instant la danseuse qui s’agite encore. El alors qu’elle danse, sa cage thoracique se déploie en un craquement sonore, faisant de son ombre, celle d’un ange. Des gerbes de vermeil accompagnent chacun de ses pas. Gracile, souple, légère… Jusqu’à ce que le cœur explose dans un feu d’artifice rubis. L’illusion disparait quand l’entité se concentre. Pragmatique, il a digérer la découverte des Créatures démoniaques plus rapidement que sa sœur. A présent, il devait faire avec. Et contrairement à elle, il n’accordait aucune terreur à ces dieux inconnus. Un intérêt certain ceci dit… Dans d’autres circonstances… Il se force au calme, à ne pas laisser la rage d’être ainsi captif, Eden à la merci de la première sangsue venue… Enfin, non… Pas n’importe lequel… Callan. Nom qu’il n’avait entendu qu’une fois, prononcer avec crainte, comme si le garde flippair de le voir apparaitre en personne. C’est simplement en le nommant qu’il avait empêché son compagnon de pénétrer dans la cellule. Ça n’annonçait rien de bon. La colère découlant de son impuissance lui fait perdre le fil. Il n’est plus à l’observation mais à la frustration. Patience. Il aura sa liberté. Il aura sa vengeance.

Une démarche assurée. Maitresse en ses lieux. L’attention de l’entité est brutalement happé, attiré vers l’aura à présent oppressante du sous-sol. Les souffles semblent en suspens, maintenus au silence par un instinct de survie si étouffant qu’il ne peut naitre que de l’Horreur. Les êtres se recroquevillent, animaux apeurés qui sentent la catastrophe approcher sans pouvoir s’enfuir. La crainte glaçante inspirée d’un simple choix. L’effroi. La même ritournelle. Pas moi. Pas moi. Pas moi. Pas moi. Les prisonniers forment un même être intangible qui supplie sa survie. Qu’importe que leur supplice continu, tant qu’ils ont l’espoir d’en réchapper. L’ombre de l’Immortel qui s’avance réduit ses espoirs dans un néant d’effroi. Scindant la symbiose, Jonah fait résistance. Il n’a ni les mêmes doutes, ni les mêmes faiblesses. Il a une longueur d’avance. L’entité ne prie pas, sachant qu’il vient pour sa cadette, il entame une partie d’échec. Et avant de jouer, on observe l’adversaire. De l’esprit du corps qu’observe le Vampire, Jonah l’épie. Cherchant dans ce qu’il a pour se faire une idée. Il fait le tri dans les odeurs qu’elle inspire, passant outre la crasse, la poussière, la transpiration et le sang omniprésent dans les relan. Ce n’est pas ça qu’il veut sentir. Il écoute aussi, le silence qu’inspire sa simple présence, les cœurs frénétiques et les respirations vacillantes. Il ressent. Réveil toi. Il cherche à s’insinuer dans l’âme. A prendre le contrôle. Réveil toi. Eden doit le lui laisser. Elle doit céder. Il est seul à pouvoir à gérer ce qui l’attend.

L’intrusion brutale la tire de son sommeil quelques secondes avant que les mots ne brisent un calme oppressant. L’agitation de son jumeau la laisse un instant plus surprise que le reste. C’est par Raison, couplée à la conviction qu’il ne doit pas pouvoir agir au travers elle, qu’elle le confine au moment même où elle ouvre les yeux. Perdue entre ce bref combat et le regard de celui qu’elle rencontre. Eden. Laisses-moi faire. Sa rage est plus violente que la peur. C’est elle qui dicte le rythme à l’organe des passions. Elle ne l’écoute pas, préférant donc se relever quand elle comprend enfin le sens de ses paroles. Elle entend les sifflements de l'angoisse, mais se refuse à verser d’autres larmes que celle déjà arraché par l’épouvante du cachot. Ses membres sont engourdis, autant par le froid que par la dureté de sa couche improvisée. Elle se concentre sur les picots désagréables pour ne pas laisser son imagination s’emballer dans l’horreur de l’incertitude, de l’obscurité des Desseins qui triturent l’esprit maléfique.. Comme Jonah, elle écoute les non-dits. Entends le murmure proche de la faucheuse qui fendra bientôt l’air. Devine l’étreinte de la Mort dans ses bras. Elle pourrait faillir, céder au serpent qui l’enserre au point de la paralysée. Hurler. Pleurer. Se terrer dans un coin de la cellule et espérer disparaitre. Mais ce serait renier l’espoir qui anime son âme. Elle refuse, quoiqu’il advienne, de perdre sa ferveur dans un avenir moins sombre que celui qui se profile pourtant. Tu es d’une stupidité déconcertante, Eden. Dans tous les contes que tu aimes tant que je te raconte, aucune des petites brebis sans défense ne suivent de leur plein gré le grand méchant loup… Eden a besoin de savoir, besoin d’avoir au moins une certitude alors que tout fous le camp ; ça va à l’encontre de la Raison, mais à quoi se raccrocher si elle ne sait rien. – Est-ce que c’est vous, Callan ? Sa désapprobation. Et elles ferment leur gueule aussi. Sa colère   Peut-être, mais dans tes histoires, toutes les petites brebis meurent. 
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De la main de Callan De Rhénanie signé le Dim 11 Fév - 14:45

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Des centaines de doléances frémissaient au creux de tous ces cœurs qu'il malmenait à la force de sa simple présence. Multiples supplications déguisées en silence que le son de ses pas créait indubitablement. Ils les entendait, ces prières pleines d'ardeur, en décelait chaque idée et chaque mot... Derrière les regards vitreux, furtivement baissés lorsque ses prunelles à lui s'éteignaient dans les leurs, il percevait la quête de clémence, évaluait jusqu'à quel point les vermines pourraient aller pour le combler et avoir l'espoir de lui échapper. Il comprenait la foi mais se riait d'elle tout autant. Callan se complaisait dans des illusions de grandeur ainsi que dans la satisfaction que lui inspirait la vulnérabilité nauséabonde dont les humains faisaient preuve. La terreur que son ouïe lui révélait était devenue habituelle. Tout comme les pleurs, les coups et les espoirs naïfs que pouvaient nourrir le nid d'insectes humains en lequel les sous-sols du manoir s'était métamorphosé. Son cœur ne s'effritait point des tourments qu'il infligeait, il ne s'ébranlait jamais de la douleur causée et n'avait aucune honte de toutes les barbaries commises dans l'obscurité. Cela n'avait plus d'importance, cela n'en avait jamais réellement eu. L'allemand vivait dans son monde, barricadé par des murs faits de ronces en acier. La moindre allégorie de tendresse, la moindre lueur d'amour venait s'y empaler, ne laissant derrière elles que le relent pestilentiel de la pourriture ; incarnation irrévocable du temps qui passe, de l'éphémère invincible qui s'abat sur n'importe quel être, n'importe quelle âme. Il n'était au-dessus de personne mais il était bien plus loin encore d'être au-dessous de qui ce soit. Anselm flottait dans cet entre-deux immatériel qui avait crucifié son Âme à l'évaporation légitime de toutes complexités émotionnelles. De marbre, sa peau lui rappelait l'inexorable infinité qui l'attendait, portait ses os au-delà du temps, les transformant progressivement en diamant. Et comme la pierre précieuse, sa gloire étincelait, sa rugosité entaillait et son indestructibilité lui murmurait les modalités stridentes qu'imposait une vie sans limites, aucune. Plus de culpabilité. Plus de colère. Rien, si ce n'est que l'écho torturant de ces autres qui parfois se plaignaient de vivre pour ensuite se plaindre de mourir. Le cirque n'avait aucun sens et les existences, la sienne tout autant, n'avaient absolument aucune importance considérable. Lui n'attendait que la fin, cherchant parfois à travers les voiles de l'occulte, une explication, une logique mais comme souvent, le Néant lui crachait toutes ses idioties à la figure.

Par conséquent, il était à son image. Ni plus ni moins qu'une ombre, ravageant tout sur son passage. Callan rendait ses failles invisibles, passant maître en l'Art de faire miroiter la monstruosité des prétentions qui aimaient s'allier à l'intouchable beauté. Il démontait, avec hargne, les idéologies contemporaines et anciennes, ne fabulant que lorsqu'il lui fallait séduire et conquérir pour finalement détruire et laisser périr. Tout était temporaire. Leurs gémissements, la merde dans laquelle il les forçait à se rouler, le sang avec lequel il se nourrissait. Callan était persuadé de trop de choses, il était convaincu du vide et de sa force. Et contrairement à tout ce que l'on pouvait penser, ce dernier ne lui plaisait guère car l'insensé n'est pour lui qu'une insulte effrontée et pourtant, il ne cesse de se fondre à l'intérieur, mêlant sa psyché aux pires des étrangetés. Ils pensent tous à s'échapper, considérant ces lieux comme l'enfer concrétisé. Callan écoute, sourit et se moque. De leur stupidité. De leur naïveté. Lorsqu'il s'arrête à une cellule en particulier, la cacophonie des milliers de pensées s'estompe de son attention entièrement portée à la flamme endormie. Lorsqu'elle s'éveille et se lève, le son cristallin de sa voix s'éteint à l'orée de sa conscience. La demande est naïve et quelque peu futile. Sans rien dire durant les premières secondes, il sent dans son esprit la confusion, écoute les élucubrations de pensées déformées dans lesquelles il perçoit l'insensibilité et les doutes tout à la fois. « Est-ce que mon prénom t'est d'une quelconque importance ? » Il avait déjà la réponse mais il n'était pas sûr qu'elle-même la possède. Son destin resterait le même, qui qu'il puisse être, perpétuellement figé dans la saleté de l'existence déchirée qu'elle menait. Avec une fausse délicatesse, il s'est saisi de sa nuque encore recouverte par le pan du rideau de feu qu'était sa chevelure particulière, enroulant de ses longs doigts glacés les courbes menant à son cou, l'invitant ainsi sans discussion, sans même l'ombre d'un mot prononcé, à le suivre. Callan s'était remis à marcher, le regard baissé sur la tête de l'ingénue. La vitesse latente de sa démarche lui imposait de s'y synchroniser et de contempler l'effroi de ces autres avec lesquels elle se mêlait depuis quelques jours maintenant. Le silence qui les accompagnait scellant la froideur sans équivoque de l'homme qu'il était. L'enfant semblant tranquille poursuivait la lutte bizarre de ses pensées, le cœur trépignant d'épouvante mais le mental persévérant à rester constant, sans appréhension aucune. Quel étrange mélange pour Callan qui, pourtant habitué à déchiffrer l'invisible, se heurtait à quelques interrogations fugaces.

« Eden est le tien, n'est-ce pas ? » commença-t-il alors qu'ils entamèrent la montée des marches vers les lumières chaudes et infernales des chandelles qui illuminaient le manoir, quittant ainsi la sordidité obscure des roches souillées et ensanglantées des bas fonds de ses légendes horrifiques. « Comme le jardin... Malgré tous les délices qu'il possède, il demeure méchamment vicié par le pire. » dit-il, sourire en coin, alors que son regard ne la quitte absolument pas. « Est-ce que tu nous caches un serpent toi aussi ? » Il s'amuse presque de cette imagination qui l'habite, qui lui fait voir le monde avec des couleurs qui n'existent nulle part ailleurs que dans les méandres de son encéphale. Il s'inventait des profondeurs inaccessibles, dessinant en leur sein la folie écorchée de sombres desseins. Eden était encore un rêve scintillant, empreinte d'odeurs sucrées et de mélodies extasiées. Eden avait encore le goût de l'incertain, le laissant librement fantasmer à la saveur veloutée du liquide vermeil qui filait au travers de ses veines bleutées. Elle était la nymphe d'un idéal qu'il s'imaginait déjà souiller de son venin ainsi que de ses pêchés éhontés. Enfin arrivés à l'étage, le flux de pensées blessées des condamnés s'amenuise, ne laissant derrière lui qu'un épais rideau d'insignifiance alors qu'ils continuaient tous deux à s'avancer vers les appartements luxueux qui lui appartenaient et dans lesquels elle, l'Enflammée, allait rencontrer l'une de ses premières petites morts.


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De la main de Eden Fowler signé le Mer 14 Fév - 18:55
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Comprendre est un besoin propre à la nature humaine. Alors qu’un animal captif mettra toutes ses forces au seul instinct de s’enfuir, puis à celui de survivre, l’Homme lui, a besoin d’expliquer. De savoir. De trouver une logique dans ce qui lui arrive. Pourquoi lui ? Pourquoi pas un autre ? Le Hasard ne le satisfait pas. Être au mauvais endroit, au mauvais, ce n’est pas assez pour une majorité. Il faut une logique. Une raison. Un but à tout ce qui arrive. Il s’est inventé des Religions pour ça. Ce qui ne trouvait pas d’explication était Divin. Tout avait une cause, une conséquence, chaque action prenait place dans un Plan Cosmique qui les dépassait tous mais dans lequel l’humanité trouvait une place centrale. L’existence des Créatures aussi chimériques que celle des Vampires ébranlaient la base même de leur Croyance. Si les Hommes n’étaient pas au sommet, si la Terre ne tournait pas pour eux… Ils ne valaient alors pas mieux que les bestiaux qu’ils parquaient dans des fermes immenses pour les engraisser. Les Malheureux enfermés dans les sous-sols du manoir en venaient tôt ou tard à la même lucidité morbide. Ils n’étaient que du Bétail. Un bétail pensant et anéantis par sa Destiné. Là siégeait le désespoir des plus anciens qui en venaient alors à espérer leur abattage prochain. Cette souffrance mentale inonde les cachots d’une aura putride. Jonah l’inspire à plein poumon, tandis qu’Eden la répugne. Les jumeaux la ressentent particulièrement, comme un vêtement saillant sur la courbe de leur corps commun. Elle pèse si lourde sur les épaules de la jeune femme, qu’elle peine un instant à tenir bien droite sur ses jambes fines. Elle comble pourtant un appétit qui en fait taire une autre.

Eden contemple la Créature qui lui fait fasse. Elle pourrait passer pour Mortel aux yeux de tous, mais pour elle, qui peut sentir sur le bout de ses doigts le voile brumeux qui forme les Âmes, sa nature de prédateur est une évidence. Son souffle vacille un instant quand l’azur de ses prunelles rencontre les siennes. Elle en découvre le froideur qui y règne. Les démons qui sont les siens dansent dans un désert glacé, sur la Mélopée des lamentations. Elle entrevoit ce Mal qui le ronge uniquement parce qu’il lui est familier. Il y a les mêmes flammes bleutées que celles qui léchaient désagréablement son échine, lorsqu’elle croisait le regard de son jumeau. Ce constat la percute. Le choc est aussi violent que celui qui colle un insecte sur le pare-brise. Elle l’encaisse cependant. Elle sait au moins une chose à présent, la gamme de passion qui embrase ses envies. Ou tout du moins elle le devine. Tu te trompes Eden… Il a un Vice qui ne me sied pas te concernant. Elle sent sa présence. Son ignorance l’a toujours amusé. Je ne vais pas gâcher son plaisir. Ni le tien. Je te laisse découvrir par toi-même, ces tourments que je t’ai épargnés. Pas au nom d’une quelconque morale, mais bien parce qu’il ne projette pas ce genre d’envie sur la jolie poupée qu’est Eden. Il sait cependant être jaloux de la convoitise qu’appel sa Beauté. Pas maintenant. Il est occupé par autre chose. Par ce qu’il sent roder dans l’ombre de leur échange. Un petit curieux. Cette sensation. Il y réfléchit un instant. Il ressentait exactement la même lorsque Wellan l’écoutait. Salaud. Il se garde la rage de cette découverte effleuré pour plus tard. Il est hors de question qu’un étranger fouille ainsi leur intimité. Il cogite, agitant son ennui de ce jeu soudain. Il a inventé un langage bien avant que les Mots n’est un sens. A l’époque où il se sentait existant, sans pouvoir lui faire entendre sa présence. Formuler ses propres pensées au milieu des siennes, vagues déferlantes qui l’entrainaient toujours plus au fond des abysses, était… Compliqué. Il lui fallait une voix puissante. Résonnante. A l’image de cet océan qu’est l’Esprit de sa jumelle. Quelques choses de suffisamment fracassant pour assourdir les eaux en perpétuel agitation. Il était une âme si jeune, expérimentant une magie sombre inconnue mais omniprésente. Tâtonnant, échouant et frustré. Il se savait vivant et qu’elle l’ignore l’enrageait. La même agitation parcourt sa conscience aujourd’hui. Il se terre dans une fissure de celle de sa Jumelle, observant celui qui ose pénétrer dans ce Royaume que Jonah a fait sien. Empire qu’il s’est construit de toute pièce dans sa prison crânienne, il en est le Tyran. Il coupe court à leur échange. Il se tait. Laissant Eden dans son silence et sa bêtise. Il s’imprègne de cette empreinte que laisse l’Immortel à chaque ressentit qu’il pille. Il a lancé le jeu, Jonah en suit alors les règles. Amusé. En parfait Maitre d’orchestre, il donne le ton à sa sœur. Plus d’échange compréhensible. Plus de phrase. Plus de Nom. Que des notes. Il détourne le dialecte qu’ils ont inventé, il détourne la mélodie de leur Monde pour en faire un code indéchiffrable. Le violon léger et frivole, que la situation passionne. Le piano déchiré, ses partitions naissant des âmes en souffrance et de leur terreur respirable. Jonah offre de quoi attiser l’intérêt du Vampire. Un divertissement. L’entité gagne du temps.

- Oui. Elle ne baisse pas les yeux lorsque sa voix se lève. Elle ne vacille pas sous les heures qui l’attendent, elle refuse de s’y projeter se détournant de la plus grande des Tortures. Celle qu’inflige l’Ignorance des souffrances à venir. Eden n’est pas stupide. Avoir connaissance de son nom ne lui offrira aucune protection. Elle sera tout aussi démunie face à la noirceur de ses lubies. Mais elle y accorde quand même de l’importance. Ce n’est pas grave qu’il juge cela puéril. Que Jonah s’en moque dans une envolée de violon. Elle veut pouvoir saisir au moins une certitude. Être sur du prénom de celui qui marquera définitivement la mort d’une existence préservée. Dans les cachots… Elle était entre deux mondes. Un pied dans un passé si proche, la caresse du vent sur sa joue encore en mémoire, un pied dans un futur incertain. Emplie de Monstres et d’immoralités. Un purgatoire mais qui n’avait rien de concret. A présent, Callan rompait l’équilibre et la poussait droit vers l’Horreur. Elle perdrait une partie d’elle cette nuit, elle ignorait quoi mais la conviction n’en était pas moins forte. Moins effroyable.

Ses doigts sur sa nuque guident alors ses pas. Marionnette docile qui croise les regards des Maudits. Esclave à l’agoni, purgeant une faute quelconque. Nouvel arrivant, tremblant de peur dans un Coin de la cellule. Son répit achève de le terroriser. Ils reviendront. Mais quand ? Futur carcasse qui se vide de son sang, regard perdu sur le vermeil qui se répand. Elle effleure et entrouvre chaque maladie qui dévore leur Essence, oubliant un instant, toute notion d’existence. Elle est sur le fil de la leur, en funambule amatrice. Quelques mètres. Un tunnel sans fin d’aberration contre la Morale. Elle referme les yeux, avant d’oser secouer la tête. Elle se raccroche à ses propres tourments, pour échapper aux leurs. Voraces. Elle a suffisamment peur de lui pour ne pas chercher à s’échapper, mais pas assez pour se taire. – Le jardin n’était ni pure, ni vicié. Le Démon et les Hommes l’animaient juste de leurs passions. Bonnes ou mauvaises, ce n’est surement pas à elle de juger. - Quand ils l’ont quittée, il est demeuré ce qu’il était. Immuable. Et il attend. Eternel. Il attend le retour d’une Humanité pardonné de ses pêchés. Elle est peu habituée à converser. Plus habités aux échanges avec son jumeau, compagne de la solitude. Alors elle parle comme elle pense. Cousant de ses paroles, le réel à l’onirique. L’instant n’y est-il pas propice ? Elle reste silencieuse, quelques secondes. Ce n’est pas qu’elle hésite à répondre c’est qu’elle imagine le sien, déboitant sa mâchoire pour engloutir son cœur dans le Pire. – Tout le monde abrite un serpent. Certains choisissent de le nourrir. D’autres non. Elle hausse les épaules, les images de son évasion chimérique défilant dans son esprit comme partit intégrante de la discussion. Jonah suivrait lui. Mais c’est tout juste si il y garde un œil. Il approche de son but. Il le sait. Il le sent. Il a fait plusieurs essais infructueux mais il persiste. Son Intelligence et sa volonté sont ses armes. Les seules qu’il possède. Alors il les affûte, les aiguise dans l’attente de ce moment où elle devront faire leur preuve et trancher les chair de la prison qui le retienne. Taillader les pensées de sa jumelle pour s’en échapper et ensuite… Planter leurs larmes dans une autre conscience.

La lumière des chandelles brûlent sa vue. Si les cris se font muets ici, le parfum des supplices pèse tout de même dans l’air. Presque étouffant. Passer d’un endroit aussi froid et glauque que la cellule à un lieu aussi raffinés et travaillé à quelque chose d’indécent. Le contraste est aussi brutal qu’une gifle. Eden ne s’y avance que parce la pression de ses doigts froids se fait toujours sentir sur sa chair tendre. Son cœur loupe quelques battements. Balafre sa mémoire de cette intensité. Jonah a réussi. Il s’est fait entendre. Non pas par sa jumelle qu’il condamne de son mutisme, mais du Vampire. Dès l’instant où il s’est introduit dans leur psychè, l’entité a cherché à remonter la piste. Trouver le chemin vers le sien. De la patience. Sa récompense. Il ne l’entendra pas répondre, il suppose que ça marche comme avec Wellan, mais il saura faire de ce silence. Callan à fixer les règles. Jonah va jouer. Cette nuit, il sera sa Folie. Sa démence.
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Heart-shaped glasses | Eden (flashback River Crow)

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