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 Shameless Feat. The McIntyre boyz

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Shameless

The McIntyre boyz




Qu'est-ce que tu crois que les parents diraient s'ils me voyaient ? À ton avis kyle. Tu crois qu'ils me renieraient ? Moi. Le fils prodigue. Le frère aîné, si parfait. Irréprochable. Bien trop sage, trop raisonnable, celui dont le soi-disant sens inné des responsabilités aurait normalement dû le guider sur le chemin de la droiture. Pour ma part, je crois juste qu'il y a déjà  fort longtemps de cela qu'ils doivent se retourner dans leur tombe...

Alors, sans faire de bruit j'ai ouvert la porte de sa chambre. La chambre de mon frère. Après avoir traversé en silence le petit salon faisant office de pièce principale. Jusqu'à me retrouver les doigts enroulés autour de la poignée, pas au mieux de ma forme. Inquiet. Encore sous les effets du cauchemar venu me réveiller quelques minutes plus tôt. Juste bloqué sur le palier, ne sachant plus vraiment si je devais entrer ou retourner me coucher. Toujours en proie à ces émotions contradictoires qui nuit après nuit n'en finissaient plus de revenir me hanter. Perdu dans mes rêves et pris en chasse par tous ces fantômes errant sur les terres de notre passé. Un passé commun. Mais un passé révolu, enfin. Presque. Dans la mesure où lui ne savait pas. Puisqu'il ignorait tout de mes périodes de doute et de dérive.

Le grand-frère avait merdé. Et puis aussi, je voulais tellement rester cette épaule solide sur laquelle se reposer. Il ne comprendrait pas que le décalage entre ce que je lui montrais et ce que je vivais en réalité soit si important. D'autant qu'à mes yeux, il n'était encore qu'un enfant. Un enfant que je voulais pourtant voir se transformer en homme et ce, plus que tout autre chose. Tout seul, je n'y arrivais plus. Je ne m'assumais plus. Puis je voulais à tout prix que la petite musique hypocrite jouant dans ma tête depuis de trop nombreux siècles maintenant se taise. Sauf que pour ça, c'est sur son aide que je comptais. Du coup, je suis entré. Me déplaçant dans le noir sans difficulté et debout devant son lit, j'attendais. Qu'il sente ma présence peut-être. Ou simplement, d'avoir la certitude qu'il dormait. Histoire de ne pas être pris sur le fait, en faute. Prêt à m'allonger contre lui. Incapable de me raisonner, de m'éloigner. Obsédé. Obnubilé par ces mêmes images. Kyle baignant dans son sang. Kyle essayant d'en terminer, Kyle devenant père et Kyle qui se murait dans son atelier. Kyle entrant dans ce bâtiment et Kyle recouvert de gravas. Mort et enterré.

Tu vois ce que tu me fais endurer. Le pire c'est que tout est de ma faute, de la mienne et pas celle d'un autre. Tu sais que je ne suis pas du genre à rejeter mes propres responsabilités sur autrui. Si j'ai des défauts, celui-ci n'en fait pas parti. Et je n'aimerais pas devenir lâche en plus du reste. C'est pour quoi je me suis finalement allongé à côté de toi. Doucement. Sans me glisser sous tes couvertures, ne sachant pas trop ce que tu portais dessous. Pour ma part, un tee-shirt et un bas me couvraient entièrement. Un peu pudique. Plus que toi en tout cas, tout en réserve. Quand toi tu t'épanouissais librement. Décidément, on était bien trop différent. Tout en opposition

Une opposition plus si flagrante dès lors que je m'étendais contre lui. En essayant de chasser tout au loin mes idées noires. Bien. En sécurité. Son odeur m'apaisant aussitôt, une odeur familière et semblable à la mienne. Personne ici-bas ne l'aimerait jamais comme moi je l'aimais. De sorte que me collant littéralement à lui, je ramenais ses cheveux derrière son oreille. Dégageant ainsi son visage. Mon front venant trouver appui contre le sien. Mes doigts glissant ensuite sur sa joue. Il était beau, et il avait l'air si paisible.

Demain, il me faudrait repartir sur les routes. En raid. Avec d'autres. Demain, je n'aurais pas la garantie de pouvoir rentrer sain et sauf. Mais subitement, demain me paraissait être à une éternité de nous.

Une chose à la fois. Une chose après l'autre. Là, mes lèvres se posaient sur ton front. Dans une caresse imperceptible et au fond, deux ans d'écart, ce n'était pas grand-chose. À nous regarder d'un peu plus près, j'aurais aussi bien pu être le plus jeune. Avec ta musculature, tes allures, en comparaison avec mes airs d'intellectuel. Limite frêle. Pas du tout sculpté dans le même bois que toi. Mes cheveux bruns me mangeant la moitié de la figure

Là-dessus j'ai fermé les yeux. Avant que le chocolat de mes prunelles ne viennent salir le bleu limpide des siennes. Ce soir, il se réveillerait avec son vieux frère fatigué blotti dans son lit. Tout contre lui, à défaut d'avoir le courage de me réfugier dans ses bras. Et me mordant la lèvre, je cherchais à ressentir toute sa chaleur corporelle.

Amoureux. Honteux et conscient de ne pas être normal. N'osant même pas lui avouer que durant son absence et après, j'avais entretenu une liaison homosexuelle avec un homme. Ni que j'étais devenu un voleur qui pillait les réserves de médicaments pour son usage personnel. Peut-être que là, pendant qu'il ne m'écoutait pas, je pouvais en profiter pour tout lui raconter. Lui confier tout ce que je taisais. Tout ce que je me tuais à garder pour moi.

Et si tout allait bien, demain il ne se rappellerait de rien. Avec un peu de chance même, tout ça passerait inaperçu. Il mettrait ma présence dans son pieux sur le dos de je ne sais quoi, et on en parlerait plus.

Tout comme on ne ferait plus jamais allusion à ma main tombant dans son cou...




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Shamless
- Kyle McIntyre & Kieran McIntyre -






Mes journées, quand je dormais, elles se passaient toujours en deux phases depuis l’accident. L’accident, ou plutôt, depuis cette nuit ou des tonnes et des tonnes de parpaing me sont tombés sur la gueule. Ca ne changeait jamais. En premier lieu il y avait cet instant ou tout semblait paisible. Ou tout semblait bien. Ce moment entre l’éveil et le sommeil. Pas tout à fait réveillé mais pas tout à fait endormis. Quand on ne rêve pas. Quand rien ne semble nous faire peur. Quand il n’y a rien dans notre inconscient pour nous rappeler un évènement, une date, une personne. J’avais toujours dans ces instant cette petite crainte en moi. Celle qui me faisait comprendre que ma nuit ne se passerait pas comme ça, et que tôt ou tard, la seconde phase arriverait. Un jour, oui, un jour sans doute elle disparaitrait, mais quand ? Je l’ignore. Les psychologues appellent ça la période post traumatique. Cette période après avoir connu un évènement traumatisant. On prétend tous qu’elle ne dure pas, on n’en parle pas de peur de paraitre faible sans doute, mais c’est complétement con. Parce qu’en fait, c’est ça le seul exutoire. C’est d’en parler, d’affronter la réalité en face pour mieux la détruire. Comme quand on est alcoolo et qu’on dit à ses potes « non je te jure je ne bois pas tant que ça. » Bouteille vide en main, gueule vaseuse, yeux complétement globuleux et titubant légèrement. L’hypocrisie. Des fois on se cache derrière, mais c’est contre personne. C’est parce que la réalité, celle que l’on refuse d’affronter, elle nous fait peur. Et cette putain de période, la post traumatique, c’est comme les addictions. Il faut d’abord les accepter pour mieux les affronter. Et franchement, pour être passé par les deux, je sais de quoi je parle.

La première phase finie toujours par partir, laissant place à la seconde. La tant redoutée. Celle ou, alors que je paraissais si paisible, mes paupières se mettent à frétiller. Mon corps bougeant légèrement, comme pour se débattre contre ce démon. Ce cauchemar qui n’en fini jamais. Ce genre de cauchemar dont seul l’éveil nous en sort. Cette instinct, où je me revois, là, enterré vivant, écrasé sous ces tonnes et tonnes de bétons, parpaing, acier, qu’importe. Un immeuble pour tombeau et des jours à se demander comment sortir de là. Des jours à se dire que franchement, la mort sera vraiment longue vu que nous ne pouvons ni mourir étouffer, ni d’infection. Non, je n’en parle pas. Ca n’a duré que trois jours grâce à Eugène. Mais franchement, ce n’est pas parce que le voyage était de courte durée que ça ne fait pas moins mal. Eugène le sait lui. C’était lui qui durant un an me calmait dans ces moments-là. Quand pris de ce qui se rapproche de près à une panique nocturne je me mettais à trembler en dormant. Le corps trempé, dégueulant de sueur purpurine à en salir les draps. La vérité était que des fois je refusais de dormir pour ne pas avoir à affronter ces instants. Alors je m’enfermais dans ma chambre, style de rien, mais au final, la nature reprenait son droit et je finissais par sombrer dans mes songes. C’était toujours le même Schéma. Et c’est ce spectacle là que je t’offrais ce soir. Oui j’avais été paisible, mais pas pour longtemps. Le bruit de l’explosion, la sensation de tout ce poids qui s’effondre d’un coup. Je crois que je me suis protégé le visage. Je crois, je ne sais plus, pour au final faire une chute de quelques mètres pour me retrouver dans ce qui était le parking. Enfin je crois.

Je n’en suis plus vraiment très sûre. Mais tout ce que je sais c’est que c’est ta main que j’ai attrapée alors que je me réveillais en sursaut après avoir prononcé ton nom. Vas savoir pourquoi, c’est toujours toi que j’appelle quand je suis en galère. Me redressant, furtivement, encore dans le gaz, je crois que je n’ai pas fait gaffe ni à ta présence, ni à ta main que je serais tellement fort que j’aurais pu t’en faire péter les phalanges. Laisses-moi le temps de comprendre, laisses-moi le temps de me remettre. Je suis venu me passer ma main libre dans les cheveux, les ramenant en arrière alors que j’ai tourné la tête, réalisant enfin ce que je tenais dans mon autre main. Ta peau froide mais si douce. Tes mains avaient toujours été impeccables comparé aux miennes. Moi, je les avais calleuses à cause du boulot, abimée, sèches, là où toi tout n’était que douceur et pureté. Soudainement j’ai relâché ta main alors que je me suis penché pour allumer la lumière. Qu’est-ce que tu foutais là, dans mon lit ? J’en sais rien. Mais je savais que parfois je sentais ta présence dans ma chambre mais jamais je n’avais réalisé que c’était vrai. Je pensais que c’était juste… J’en sais rien, mon inconscient qui te réclamait alors que j’avais tout simplement peur de m’endormir. C’était con, mais maintenant, je savais que si, tu étais vraiment là, me guettant. J’aurais pu prendre peur, mais franchement, non. Je te connaissais Kieran. Oui je te connaissais trop bien pour savoir que durant un an, même si tu ne m’avais pas cherché, toi aussi t’as vécu une année de calvaire. T’ignorais bien tout ce que je savais à ton sujet. Toi tu me cachais des choses, mais sérieux, on vivait sous le même toit mon frère. Tu crois vraiment que tes secrets allaient rester planqués encore longtemps ? Ne sois pas naïf frérot. Tu sais bien que tu pouvais tout me dire.

« Qu’est-ce tu fous là putain ? »


Oui, qu’est-ce que tu fais Kieran ? Je n’allais pas m’évaporer dans la nuit. Pas comme ça, pas en un claquement de doigt. C’était impossible, impensable. Je n’avais pas l’intention de partir tu sais et encore moins de disparaitre. Je n’étais pas surpris de te voir là, pourtant, je restais fidèle à moi-même. Tendant la main pour attraper deux choses. Une clope que j’ai allumé d’un simple coup de briquet et la seconde. Celle que je te cachais. Ma bouteille de Rhum. Moi aussi j’avais mes secret mon frère. Tu crois vraiment que j’allais te confier que je buvais souvent pour m’endormir ? Aller, vas-y, sermonnes-moi comme tu sais si bien le faire ça ne changera rien. J’ai bu une bonne grosse gorgée, restant là, assis sur mon lit, venant poser mes coudes sur mes genoux alors que je me frottais le visage comme pour me réveiller. T’avais tout vu c’est ça ? Moi, mes frayeurs, celle dont je ne te parlais pas pour ne pas t’effrayais. Franchement Kieran, t’étais là parce que t’avais peur que je m’envole ou parce que tu savais ? J’en sais rien, mais tout ce que je suis sûre c’est que maintenant je ne peux plus te cacher ça. J’ai repris une gorgée de rhum avant de venir m’adosser contre la tête de lit. Torse nu, comme d’habitude, alors que toi t’étais entièrement habillé. Enfin heureusement tu me diras sinon je me serais sans doute poser des questions étranges. J’avoue que je me suis toujours demandé si ça t’arrivait de te dénuder même quand tu dormais. Vas savoir. Des fois je me pose des questions existentielles. Ou pas. Fait chier, qu’est-ce qu’on en a à foutre de tout ça ? Ce n’était que des détails. T’étais là, dans mon lit, et moi je me demandais si tu dormais à poil ou pas. Connerie.

« Vas-y, fais-le-moi ton sermon habituel, ça fait longtemps. »

Ce sermon quand tu m’engueulerais parce que je ne t’ai rien dit. Celui qui me réprimanderait parce que je m’enfile une troisième bonne gorgée de rhum pour le petit déj’. Celui que tu m’as servis tant et tant de fois alors que tu portais tes œillères confortablement. Celles qui te rendait aveugle face au fait que je n’allais pas bien. Je sais bien Kieran, j’ai toujours était qu’un petit con à tes yeux. Un petit con qui n’en fait qu’à sa tête. Un petit con qui se la joue torturé pour on ne se quoi. Tu te souviens de ce qui disait mon psy ? Que je cherchais l’intention. C’était des conneries mon frère. J’en n’avais rien à foutre de l’intention, j’voulais pas être la star de la famille. Tout ce que je voulais c’était être écouté. Et je sais que ça, tu savais plus où moins le faire. Tirant sur ma clope je suis resté là, adossé contre la tête de lit, tournant la tête pour te regarder.

« Ou peut-être que toi t’as des choses à m’dire aussi non ? J’en sais rien. Putain Kieran tu fais chier. »

Tu fais chier oui à me cacher des trucs. Tu fais chier à te la jouer type parfait alors qu’arrête, je sais très bien ce que tu caches dans ton placard. Sortant du lit t’as découvert que j’étais parfaitement à poil. J’ai simplement enfilé un pantalon de survét qui trainait là, rattrapant ma bouteille part le goulot, sortant de ma piaule pour aller trouver refuge dans le salon. Si je prenais la fuite ? Sans doute oui. J’en sais trop rien. J’avais horreur de ça, de savoir que oui, tu me cachais tout un tas de trucs. Mais j’avais conscience que sérieusement, ça ne servirait à rien de te tirer les vers du nez. Je savais que tu ne dirais rien si tu n’en n’avais clairement pas envie. C’était comme ça.




©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach



FREE BIRD
Never captured, never tamed. Wild horses on the plains. You can call me lost, I call it freedom. I feel a spirit in my soul
It's something Lord I can't control. I'm never giving up while I'm still breathing
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Shameless

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À supposer que l'on t'ait laissé le choix, je crois bien que tu n'aurais pas aimé que je te vois dans cet état là. Même si ce n'était pas la première fois. Puisque chaque jour depuis ton retour, je venais m'asseoir dans un coin de ta chambre. Ne te quittant plus des yeux, jusqu'à ce que mes paupières finissent elles aussi par se fermer. Tandis que tout mon corps s'affaissait. Ma tête reposant alors sur mes genoux et mes bras retombant mollement sur le sol. Pendant que mes jambes se dépliaient, quitte à me déséquilibrer puis à me faire tressaillir sous la sensation. Me signalant ainsi qu'il valait mieux pour moi que j'aille me coucher. De sorte que jamais encore je n'avais osé t'approcher de si près

Jamais. Pourtant, ce matin quelque chose avait changé. En moi d'abord, puis entre nous aussi. Et allongé contre lui, je scrutais le moindre battement de ses cils. Comme si le simple fait d'être là pouvait encore l'empêcher d'avoir peur. Rien que des bons sentiments pour adoucir ses douleurs. Mais trop faible pour espérer l'aider à s'arrêter de trembler ou ne serait-ce qu'à déblayer les décombres écrasant son cœur. J'aurais voulu. Vraiment. Faire plus, faire tellement plus que de rester couché à côté de lui. De cette même manière dont j'étais resté couché sur ce que je pensais être sa tombe. Voilà pourquoi je ne bougeais pas lorsque dans un geste frénétique il prenait ma main. La serrant si fort que la brûlure partant du bout de mes doigts remontait tout le long de mon bras, jusqu'à mon épaule. Il ne savait pas. Tout ce qu'il représentait. Au point qu'il aurait pu me broyer les os et me briser en mille morceaux, sans que je ne cesse une seule  seconde de l'aimer. D'un amour qui n'avait désormais plus rien de fraternel.

C'est pour ça que j'ai attendu. Rouvrant mes paupières closes à l'appel de mon prénom. Ne cherchant à aucun moment à retirer ma main de la sienne. Le laissant se réveiller et reprendre conscience de ce qui l'entourait. À son rythme. Pas pressé de le voir à nouveau m'échapper. Juste un peu trop effrayé à cette idée pour dire vrai. Le regardant. Le couvant des yeux, et me surprenant presque à regretter qu'il se penche pour allumer la lumière. Brisant le cercle et décevant mes envies d'intimité. Tandis qu'il rendait à ma main sa liberté, même si j'aurais préféré sentir nos doigts s'entrelacer. Le tout avant de lâcher de manière assez vulgaire un : “Qu'est-ce que tu fous là putain ?” Et se redressant, il m'abandonnait. Alors que moi, je restais étendu de tout mon long. L'observant sans mot dire attraper sa clope, son briquet et puis, une bouteille d'alcool. Ne réagissant plus qu'au son de sa voix : “Vas-y, fais-le-moi ton sermon habituel, ça fait longtemps.” Longtemps. Ou toute une année pour être précis. Sauf que rien ne devait se passer comme prévu…

Rien du tout...parce-que dans une projection de nous deux, je me voyais à mon tour me redresser. Pour te rejoindre. Alors que tu t'adossais contre la tête du lit. Buvant en espérant sans doute guérir. Peut-être dans l'attente aussi que je vienne te faire la morale. Mais non. Bizarrement, je ne m'en sentais plus le droit. Comme si je n'étais plus légitime. Tu m'avais manqué Kyle. C'est encore la seule chose à laquelle j'arrivais à penser. Songeant que tout ce temps perdu, on avait besoin de le rattraper. Si bien que te prenant ta bouteille des mains, je t'imitais en y trempant les lèvres. Pour me donner du courage. Le courage de te la rendre et d'entourer tes larges épaules de mes bras. Enfouissant ensuite mon visage dans ton cou et frissonnant. Doux, tendre, mais pas pur. Pas immaculé.

Pas tel qu'il continuait à m'imaginer. Au fond, je n'étais que ce frère amoureux de son propre sang, Sa propre chair. Ce frère qui d'amour platonique, filial, rêvait d'amour physique. De fois, j'essayais bien de me représenter comment ça pourrait être et à quoi ça pourrait ressembler. Seulement, pour que je puisse le savoir aurait-il déjà fallu le vivre.

Puis Kyle se levait. Coupant court à mes fantasmes. Pour brutalement me rendre compte que rien de tout ceci n'était réel. Que rien de tous ces gestes que j'avais cru lui prodiguer n'avaient existé. Toujours allongé, je le regardais par en dessous. Le voyant à l'envers et l'écoutant à moitié quand il m'assénait le premier coup. Me jetant à la gueule que je le faisais chier. D'un autre côté, il n'avait pas tort. Le silence, les mensonges, les regrets. Lui seul possédait le pouvoir de m'en libérer. Au risque de ne pas en ressortir indemne et d'être rejeté.

Attends-moi. Ne me laisse pas seul derrière toi. S'il te plaît ne t'en va pas. Je te veux tellement. Je ne peux pas te laisser partir comme ça. Car j'en perdrais le contrôle

Plaintes sourdes. Nu, mon frère se levait. S'affichant sans aucune pudeur. Naturel et assumé. Mon parfait contraire en somme, si on partait du principe que je ne me déshabillais que très rarement devant une tierce personne. Ezechiel pouvait en témoigner. Mais Zick, je trouvais plus sage de le laisser en dehors de nos histoires familiales. Du moins, pour l'instant. On verrait plus tard. Là, je m'agrippais aux draps. Mes phalanges endolories chiffonnant le tissu.

Et toi, pendant ce temps tu te baladais à poil. Inconscient du regard envieux et chargé de désir que je pouvais poser sur ton corps. Mes yeux glissant le long de la chute de tes reins. Ma bouche se desséchant et des papillons dans le ventre, je me relevais d'un bond pour te suivre lorsque tu sortais de la chambre.

- Kyle ! Attends-moi.

Mais il n'en faisait rien. En véritable tête de mule qu'il était. M'obligeant à le courser, à lui courir après tant je craignais de le perdre de vue. Alors s'il le voulait, s'il attendait de moi que je me livre et que je m'ouvre à lui, d'accord. J'allais lui parler. Comme jamais. Quitte à casser le mythe, si ça me permettait de le retenir. Truc plutôt paradoxal en sachant que la nuit prochaine je prendrais la route de Dublin. Sous prétexte d'y faire des relevés topographiques. Escorté par quatre autres gars. Entraînés. Armés. En gros, des hommes garant de ma sécurité.

Là-dessus, je me ramenais dans le salon. Allant directement me poser sur le canapé. Assis jambes en tailleur, le dos enfoncé dans les coussins et la tête appuyée contre le haut de la banquette. Il t'allait tellement bien ton bas de survêt. Et fixant le plafond, je cherchais de quelle façon aborder le sujet qui occupait depuis des semaines mon esprit.

- Je t'ai cherché tu sais… autant et aussi loin que j'ai pu…  mais je suis pas comme toi. J'ai pas réussi…

Pas réussi à te trouver. Pas réussi à me rendre sur d'autres territoires que ceux qu'on partait explorer en raid. Mais je t'avais cherché. Manquant mille fois de me faire tuer et prenant des vies lorsque la mienne était menacée. Même si des fois, j'avais juste voulu mourir pour te rejoindre.

Le pire c'est que j'ignorais ce qu'il avait pu entendre à ce sujet, tout comme ce qu'on avait pu lui raconter.

- J'ai vraiment essayé… alors arrête de croire le contraire. Parce-que ça fait mal…

Bien trop mal. C'est pour toi que je suis parti en raid au départ. Pour toi que je me suis détruit. Pour toi que je fais tout ce que je peux pour recommencer à vivre normalement. Tu ne voyais pas mes yeux briller lorsque je tournais la tête pour te regarder ? Douloureux dans mes mots. Douloureux dans tout ce que j'aurais voulu te hurler.

J'ai essayé. De toutes mes forces. Je le jurais. Il voulait que je lui parle, c'était chose faite. Le soucis maintenant, c'est que j'avais peur de ne plus savoir où m'arrêter. Pas aussi sûr que ça qu'il puisse tout entendre.

Et tout ce que j'espérais, c'est qu'il se montrerait indulgent à mon égard...




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Shamless
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J’étais en colère. Non pas pour les choses que tu pensais, mais pour tout ce que moi j’avais découvert. On avait grandi ensemble Kieran. Grandit, vieilli, depuis qu’on n’est môme on ne s’est jamais quitté. Même quand j’ai tenté de t’ignorer durant des années on vivait sous le même toit. Et malgré ça, tu gardais tes petits secrets pour toi. Zick, et quoi d’autres encore ? J’avais conscience que la liste était longue là où, toi, tu as toujours tout su de moi. La vérité ? Je t’aimais mon frère, et à cause de ça, à cause de toutes ces merdes, je me disais, que toi, t’avais peut-être envie de passer à autre chose. Qu’a ma différence t’étais peut-être capable de vivre sans moi. Non pas loin de moi, mais sans. Peut-être que je devrais déménager, prendre ma propre piaule et te laisser tranquille. Mais si c’était vrai, si c’était le cas, pourquoi tu squattais mon pieu comme si j’allais m’évaporer dans la nuit ? Sans dec’ Kieran, t’avais pas idée de combien tu étais paradoxal. Je ne te cernais plus des fois. Agacé je me suis laissé tomber sur le canapé, les pieds sur la table, fixant l’écran noir de la télé. Celui-là même qui nous faisait hurler de joie et de rage quand on se matait un match des Blacks. La maison me manquait. De plus en plus. Ca aussi ça me foutait les boules. Nos montagnes, nos décors, tout. Je voulais juste rentrer chez nous tu sais. Mais je savais que c’était compliqué par les temps qui couraient. Je savais que non, on n’était pas près de quitter l’Irlande maintenant. Je t’en voudrais presque d’avoir pris la décision de venir ici il y a quelques années en arrière.

Je t’en voulais, pour tellement de choses en réalité. J’ai vidé une gorgée de Rhum, ne bougeant pas quand t’es venu te poser à côté de moi. Je sais pas pourquoi, je savais que t’allais pas rester dans mon plumard encore longtemps. Sérieux frangin, c’était glauck, c’était flippant, pourquoi tu me regardais dormir ? Mais pourquoi ça ne me surprenait pas ? Pourquoi pire, ça ne me dérangeait pas ? Je savais que c’était moi qui t’avais choppé ta main, je savais que j’hurlais ton nom, c’était toujours à ce moment que je sortais de mes cauchemars. J’étais tellement… Dépendant à toi mon frère. Ca en devenait chelou. Dépendant de toi depuis toujours. J’aurais pu me détacher, grandir, vivre ma vie, comme tout adulte normal, mais au final, c’était toujours moi qui étais resté dans tes baskes comme un gosse. Tu crois que je le voyais pas ça ? Si je t’ai renvoyé chier ? Franchement ? Je n’en n’étais pas loin. Que tu me cherches ou pas, c’était pas ça le fond du soucis. T’étais tellement à côté de la plaque quand tu t’y mettais, je te jure. Toi et ta grande naïveté, toi et cette façon de ne rien voir, de porter des œillères et de vivre dans le monde des bisounours. Sérieux Kieran, redescends sur terre. T’étais pas un combattant, c’était une évidence, mais quand même. Rien ne tournait rond chez nous, et depuis qu’on été gosse. Tu te souviens ? De cette cabane que papa nous avait fait construire dans les bois ? Et de ces fois où, apeuré, je venais me réfugier dans tes bras ? Parce que moi je me souviens.

Tout comme cette fois où t’es tombé dans les escalier et que mort de trouille je t’ai secoué dans tous les sens parce que je croyais que t’étais mort alors qu’en fait tu t’étais juste foulé la cheville. Depuis tout petit je m’accroche à toi comme a une bouée de sauvetage. Je le sais ça, j’en ai conscience, alors si ça te soul dis-le-moi mon frère. Je n’ai plus douze ans, je comprendrais. Je comprendrais oui, que tu en ai marre de m’avoir là, constamment dans tes pompes. Même si ça me faisait flipper. J’étais pas bien tu sais. A Cork. Eugène était là, il avait beau me rassurer, j’étais pas bien, parce que t’étais pas là. J’étais comme… Incomplet. Mais je te sais vivant maintenant, alors si tu veux je déménage. Là, juste à côté, ou même à l’autre bout du couloir. Plus ? Je crois que là tu m’en demanderais trop. Ca fait mal ? De penser que tu ne m’as pas cherché ? Franchement ? Tu sais ce qui fait le plus mal mon frère ? C’est toute cette merde. C’est d’être convaincu que tu ne m’aime plus. Que tu n’as plus besoin de moi, que tu peux vivre sans moi, tout ça parce que je sais que tu me cache des choses. J’ai tourné la tête pour te regarder, toi et tes allures d’innocent, toi et ta belle gueule angélique. J’avais envie de te cogner je te jure. Ce que tu pouvais être chiant. Mais à la place j’ai reconduit le goulot à mes lèvres, buvant une bonne grosse gorgée qui en valait sans doute deux. Te tendant la bouteille par la suite, venant me passer les mains sur le visage comme pour émerger. Tu t’étais vraiment sevré d’moi grand frère ? Parce que si c’était le cas dis-le moi, parce que moi… C’est loin d’être le cas crois-moi.

« Ta gueule je t’en prie tu t’enfonces… Si tu veux que j’me casse dis-le moi. J’y survivrais t’sais. »

Enfin… J’crois. J’sais pas. J’en suis pas tout à fait sûre. Tu t’enfonces. Ou pas. Déménager, se séparer, tu sais qu’on n’a jamais abordé le sujet ? Tu sais que jamais on n’y a pensé ? Enfin, moi en tout cas. Je crois que même si j’avais épousé Sophie je serais resté là, dans la maison familiale, près de toi, à côté de toi, avec toi. Parce que même quand je t’ignorais, je ne pouvais vivre sans toi et je le sais. Combien de fois je me suis dit que Swann avait pas tout à fait merdé en te vampirisant parce que j’aurais jamais survécu à ta mort ? Toi t’as pu. Tu vois, t’es encore là. Mais moi je me serais flingué. J’sais même pas si je t’aurais cherché, si j’aurais essayé de croire en ta potentielle survie, j’me serais simplement flingué putain. Ou pas. Non. Je t’aurais cherché. J’aurais retourné ciel et terre pour te ressuscité et te ramené du Purgatoire. J’aurais convoqué des démons. Des démons, je suis sûre que ça existe, ou des anges, j’sais pas. J’aurais vendu mon âme au diable, j’aurais tout donné. Et puis seulement après, si au bout de quelques mois je ne t’avais pas retrouvé, je me serais flingué. Tu crois que c’est normal que de voir les choses comme ça ? Tu crois que je t’aime trop ? Tu crois que c’est comme ça qu’un frère doit aimer son sang ? Franchement je sais pas. Puis je m’en balance. J’en ai rien à foutre de ce qu’on pourrait en penser. T’es mon frère, et je t’aime. C’est tout, c’est comme ça. Me rongeant l’intérieur des joues, je me suis redressé, attrapant ma tête entre mes mains, comme pour me donner du courage. Fallait qu’on parle frérot. J’en pouvais plus des mensonges, ça me rongeait bordel.

« Pourquoi tu m’cache des choses ‘Ran ? Tu… T’en as marre d’m’avoir dans les pattes c’est ça ? »

Des choses, oui, je savais que tu m’en cachais. Et sans doute pas qu’une. Et c’était tout ce qui me tracassait. Bien plus que de te retrouver dans mon plumard. Et tu vois, c’était ça qui faisait mal bordel. Bien sûre que j’avais espéré de te voir me chercher. Bien sûre que je pensais que tu l’avais fait. Mais c’était pas ça le fond du problème. Machinalement, j’ai passé une main dans mes cheveux, les repoussant en arrière. Si je respirais encore je crois que c’est à ce moment-là que j’aurais soupiré, fortement, comme pour tenter de me trouver du courage pour parler d’un truc méga important. Mais franchement tu crois que c’était à moi d’amener ça sur le tas ? De ta parler de ce que j’avais vu ? Du fait que j’avais conscience que tu me cachais une partie de ta vie jusqu’à ton orientation sexuelle ? Peut-être que t’assumais pas ? Putain t’avais pas plus ouvert que moi et tu le sais. Alors pourquoi ? Je me suis renfoncé dans le canapé, revenant me frotter le visage, encore, avant de jouer nerveusement avec mon Zippo. Fallait que je m’occupe les mains, que je m’occupe tout cours.

« J’suis au courant… Pour Zick et toi. Que… Que t’aime la bite je m’en fous ‘Ran, mais c’que je pige pas c’est pourquoi tu ne m’as rien dit ? Tu veux que j’me casse ? Tu… Tu veux ton indépendance ? Si tu m’trouve trop encombrant dis-le moi. Mais je t’en prie arrête d’me cacher des trucs. Ca… Ca fait mal frangin… J’sais que je suis pot de colle. Depuis que je suis gosse, je suis là, à trainer dans tes guibolles, mais si moi j’ai jamais pu couper le cordon, j’comprendrais que toi t’en ai envie. J’y survivrais, je t’assure, j’ferais des efforts, j’me sevrais d’toi, j’en sais rien. Mais parles-moi putain… »

Oui mon frère, tu ne rêvais pas. Je venais de te trouver là, dans mon lit, mais moi tout ce qui me terrorisait c’était de te voir te défaire de moi. De te savoir capable de vivre loin de moi, ou moi, j’étais paniqué ne serait-ce qu’à l’idée d’emménager dans l’appart’ d’à côté. C’était quoi mon problème putain ?




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Sur le coup, j'ai cru avoir mal compris. Ou juste mal entendu. Ou peut-être les deux en même temps. Je sais plus trop. Mais pas ça. Vraiment. Tout sauf ça en fait. Après, et pour essayer de me rassurer un peu aussi, je me suis naïvement dit qu'il n'y aurait rien de très surprenant à ce qu'en effet, je comprenne de travers ou que j'entende à moitié.

Alors je me suis retenu de te demander - est-ce que ça t'arrive parfois de réfléchir ? -  de te servir de ton cerveau. De penser à ce que tu vas dire avant de le formuler à haute voix. Non, bien sûr que non. Toi tu ne sais pas faire ce genre de truc. Tu es un manuel. Un impulsif qui ne peut pas faire autrement que de laisser sortir ce qu'il ressent. Comme ça. Sur l'instant, tant pis si c'est violent. Tout ce qui touche à la psychologie ça te dépasse et franchement, t'as façon de me parler ne me touche plus depuis longtemps. Parce-que je sais bien que ça cache quelque chose de plus profond. De plus douloureux. Va savoir pourquoi tu as toujours été le plus torturé de nous deux

Donc, il n'y aurait rien eu de surprenant à ce que je comprenne mal ce que mon frère disait. Tout comme à ce que je ne veuille plus ni l'entendre ni même l'écouter. Tellement rien d'étonnant à ça. Encore moins au vu de mon agitation, et surtout pas en sachant que c'est à peine s'il venait de me prendre en faute. De me découvrir dans son lit. Collés l'un à l'autre. Dans un corps-à-corps improvisé. Mon corps à moi contre son corps à lui. Et maintenant, tout ce qu'il trouvait à faire, c'est de me balancer que si je voulais qu'il se casse, il me suffisait de le lui dire. Les mots sortant de sa bouche de manière un peu trop brute. Limite abrupte. Sans filtre. Au risque de heurter la sensibilité de ceux qui n'avaient pas pour habitude de le pratiquer. Mais pour rien au monde je n'aurais voulu le voir changer. Je l'aimais. Avec tous ses défauts et dans tous ses excès aussi. Un gamin qui se prenait pour un homme. Pourtant, j'ai cru ne jamais arriver à articuler. Quand je lui ai finalement demandé : « Quoi ? Qu'est-ce que tu dis…»

Qu'est-ce que tu dis…

Pour moi et à mon niveau, c'était incompréhensible. C'est pour ça que je t'ai demandé de répéter. Assis à côté de toi. Te rendant ton regard. Te dévisageant, te dévorant littéralement des yeux. Comme j'avais pris l'habitude de le faire depuis ton retour. Seulement et en principe, tu dormais. Sur quoi tu me donnais ta bouteille de rhum. L'odeur envahissant mes narines alors qu'elle m'échappait des mains. Pour se renverser sur le canapé et imbiber le bas que je portais. Le tissu absorbant l'alcool, puis adhérant à ma peau et mes jambes
.

- Des fois… je me demande si tu le fais pas exprès de te montrer aussi stupide…

J'ai chuchoté. Parlé à voix basse, avec douceur et tendresse. Les yeux remplis d'un amour que je n'arrivais plus ni à contenir ni à refréner. Il n'y avait rien de méchant à ce que je disais tu sais. Tu étais toi. Fidèle, identique et semblable à ce petit frère que j'avais toujours connu. Tu croyais savoir, mais tu te trompais.

- Ça va tellement de soi que je passe mes nuits à te regarder dormir parce-que je crève d'envie de te voir partir. C'est d'une logique… tu te poses pas les bonnes questions Kyle.  Sinon tu saurais que je veux pas que tu me quittes...

Il paraît que l'habitude est une seconde nature. Et Kyle lui, ne pouvait pas s'empêcher de tirer des conclusions hâtives. Si bien que j'ai fini par merder. Le suppliant presque de rester. Décroisant mes jambes et me tournant vers lui , prêt à assumer. Prêt à me dévoiler. Prêt à tout pour le garder. Même au pire, même à le choquer. Aussi, lorsqu'il a arrêté de fixer l'écran noir de la télévision pour se prendre la tête entre ses mains, j'ai glissé mes doigts derrière sa nuque. Les retirant presque aussitôt en le voyant se passer une main dans les cheveux. L'avoir dans les pattes, je ne rêvais plus  que de ça. Et je ne connaissais pas plus malsain. Plus tordu. Plus anormal. Plus asocial.

Alors d'accord, peut-être bien que je m'enfonçais. Peut-être bien aussi que j'aurais vraiment dû la fermer ma gueule. Pour de bon, et lui permettre de reprendre sa liberté. En le laissant s'en aller. Dans la douleur, pour qu'il apprenne à vivre sans moi. À se détacher du grand-frère que j'incarnais. Cette figure représentant l'autorité.

Et c'est là que tu m'as pris par surprise. Voulant savoir pourquoi je te cachais des choses. Sur le moment, j'ai pensé à tout, sauf à Zick. Je l'avoue. Quoique. J'aurais préféré qu'on aborde jamais le sujet. Parce-que là, ton “que t'aimes la bite je m'en fous” m'a juste retourné l'estomac. Comment tu savais ? Depuis quand exactement ? Tu ne nous avais pas surpris j'espère. Si ? De notre vivant, sûrement que t'aurais vu toute trace de sang déserter mon visage pour ne m'en laisser que plus livide. Blafard. Mortellement pâle. Puis c'est presque malgré moi que je me suis littéralement jeté sur toi. Mes mains agrippant les tiennes. Mes doigts s'enfonçant dans ta peau et mes ongles courts t’éraflant.

- Arrête avec ce briquet !

Arrête. C'était insupportable. Tout ça. Nous. La situation dans laquelle tu me mettais. Qu'est-ce que tu attendais de moi ? Zick avait été là, lorsque toi tu étais absent. Je pouvais pas te dire ça. Je pouvais pas t'expliquer.

Je ne pouvais tout simplement pas me justifier sans me trahir. Alors j'ai battu des cils et cligné des paupières. En phase de commettre la plus grosse connerie de ma vie. Des étoiles plein les yeux, aveuglé par un nuage de pointillés ardents et lumineux. Bien sûr que non. Où est-ce qu'il avait été chercher ça encore… d'où est-ce qu'il sortait que je pourrais avoir envie de devenir indépendant. Certainement pas. Pas plus que je ne le trouvais trop encombrant. Quel abruti. Rien qu'un petit con. Naïf au dernier degré, le plus adorable des imbéciles. Auquel je vouais un amour sans autres limites que celles qu'il m'imposerait si par malheur il venait à l'apprendre. Une angoisse sourde s'emparant de moi, et à moitié agenouillé à moitié assis, je me suis rapproché un peu plus près de lui. Mes mains se verrouillant pire qu'un cadenas autour des siennes. Inconséquent. Le cordon c'est autour du cou qu'il lui faudrait me le passer s'il le coupait. Survivre. D'accord, pourquoi pas. Mais moi je voulais vivre, et ne pas me contenter de survivre justement.

- T'as pas envie de savoir, crois-moi. Ezechiel m'a sauvé Kyle. Sans lui je me serais laissé mourir sur les décombres de l'immeuble. Mais le reste… c'est pas que je veux pas t'en parler, c'est que je peux pas. Tu dis toujours que tu peux tout entendre, mais c'est pas vrai. Personne ne peut faire ça… même pas toi… je t'aime à un point, t'as même pas idée. Si toi tu crois en être capable, moi je pourrais pas me sevrer de toi… alors n'insiste pas.

Fin de l'histoire. Comme d'habitude, tu accepterais mes silences. Comme toujours, tu irais juste t'enfermer dans ta chambre. Mais tout ça tu vois, je te l'ai dit en vibrant de tout mon corps. Sans lever le ton. Avec le besoin physique de venir me réfugier dans tes bras. Luttant. Résistant. Brûlant mes dernières forces dans ce combat là.

Ce combat qui voulait que je ta cache que j'étais amoureux de toi. Ta bouteille de rhum terminant sa course au sol
...




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Me sevrer de toi. Je pense que c’était la plus grosse connerie que j’avais pu inventer. Devoir partir même dans la chambre d’à côté me briser le cœur si tu savais. Mais tu avais toujours été le plus indépendant de nous deux malgré ce qu’on pouvait penser. C’était toi qui avait le plus souvent pris soin de moi et non l’inverse. Moi j’avais passé mon temps à merder. A faire des conneries, à t’en foutre plein la gueule pour des contrariétés minables. C’était moi le petit con de l’histoire et je le savais. Le petit con qui pourtant serait largué sans son frère. T’étais plus que ça pour moi. Une béquille, un pilier, cette pièce qui maintenait tout un meuble debout et qui sans elle se serait cassé la gueule depuis bien longtemps. Cette année sans toi avait été horrible. Eugène m’avait aidé, mais Eugène n’était pas toi. Alors depuis que je t’avais retrouvé je ne m’attachais qu’à une chose. Te garder près de moi. Même quand j’allais dehors réparer les maisons complétement détruites par les bombes je ne pouvais m’empêcher de t’appeler, de te demander si ça allait. Alors quand tu partais en raid, crois-moi frangin, c’était encore pire. Des fois je vidais bouteille sur bouteille pour arrêter de m’inquiéter. J’en ai parlé à Elijiah tu sais. De ça. De cette dépendance que tu créé en moi. Ca veut dire quoi sérieux ? Pourquoi je tien autant à toi putain ? C’était du délire. Mais pourtant, c’était mon délire.

Alors oui tu pouvais trouver ça stupide mais je te l’ai posé cette question. Histoire de me rassurer, histoire d’être certain que tu ne partirais jamais loin de moi. Que tu ne voulais pas que je me casse pour te laisser tout seul. Mais t’as répondu, à ta manière, m’obligeant à arrêter de jouer avec ce briquet. Me retrouvant avec mes mains coincées dans les tiennes. Je n’ai pas bronché. Je t’ai simplement écouté. Sans en manquer un mot. Tu me rassurais, mais au-delà de ça, tu me disais des choses que tu ne m’avais jamais dite. Tu te dévoilais comme jamais. Tu m’aimais. Ca je le savais. Mais je n’avais jamais pensé que c’était aussi fort. Je me sentais con, stupide, rassuré aussi de comprendre que je n’étais pas le seul. Tu crois qu’on été tordu ? J’en sais rien. Si les parents nous voyaient je me demande bien ce qu’ils en penseraient. Parce que très franchement, c’était pas normal Kieran. C’était pas saint. Enfin je sais pas. Regardes où on en était. J’ai gardé tes mains dans les miennes et tout ce que j’ai trouvé à faire c’est de te regarder avec un mince sourire. Soulageais. Complétement. J’avais tellement peur de te perdre que tu vois, j’en devenais dingue. Je ne voulais pas revivre la situation de l’année dernière, je ne voulais pas recommencer, ça faisait trop mal, bien trop mal, c’était juste horrible. Tout ce que je voulais c’était rester avec toi. Comme avant. Comme toujours. Même si c’était chelou.

« Non j’pourrais pas. Me sevrer de toi je veux dire. L’an passé c’est grâce à toi que j’ai tenu. J’avais besoin de te retrouver, de te savoir en sécurité, de te savoir bien. Putain j’ai pas arrêté de te chercher, constamment, ça m’en rendait dingue. Eugène n’a pas arrêté de me dire que j’hurlais ton nom en pleine nuit. Kieran je suis largué sans toi tu comprends ? Alors quand je sais que tu me caches des choses je me pose des questions. C’est comme ça. »

Des questions, à notre sujet, je m’en posais tellement si tu savais. Comment on avait fait pour en arriver là, comment tout ça c’était possible, comment on pouvait vivre comme ça, en sachant qu’on était tellement fusionnel qu’on crèverait littéralement l’un sans l’autre. Oui c’était bizarre, mais très franchement, je crois que je m’en foutais. Tout ce que je voulais c’était rester avec toi, parce que c’était toi mon oxygène. C’était flippant putain. Tellement pas normal d’aimer son frère à ce point, mais pourtant, c’était ce que je ressentais pour toi, depuis toujours. Même quand je t’ignorais je n’arrêtais pas de demander à Anata comment aller Oncle Kieran. Combien de fois le gamin m’a conseillé d’aller te parler malgré son jeune âge. Il voyait bien que sans toi j’étais largué. Il me disait que tu prenais soin de sa mère, ça m’est même arrivé de me demander si tu ne te tapais pas Sophie, mais franchement je m’en foutais. Je ne l’avais jamais aimé alors si t’étais heureux c’est tout ce qui m’importais. J’ai furtivement regardé nos mains, pourquoi je les gardais dans les miennes d’ailleurs ? J’en sais rien, mais finalement je suis simplement venu te prendre dans mes bras. Te serrant fortement, enroulant tes fines épaules de mes bras bien plus musclés que les tiens. T’étouffant presque contre moi, enfouissant ma tête dans ton épaule. Reniflant inconsciemment ton odeur. Celle qui était la tienne. J’allais mal Kieran. L’accident m’avait tourmenté bien plus que je ne voulais le prétendre, et putain, j’avais besoin de toi mon frère. Plus que jamais. Si seulement tu savais.

« Moi aussi je t’aime mon frère. J’veux plus jamais t’perdre d’accord ? Même si t’es carrément chelou en ce moment. »

Carrément chelou, le mot était faible. Je prenais conscience que cette présence que je ressentais quand je dormais était bien réelle. Que tu passais ton temps à me regarder dormir, c’était presque flippant, mais je m’en foutais. Tout ce que je voulais c’était mon frère. C’était que tu restes là, avec moi, et que tu m’aide à aller mieux. Je n’avais pas envie que tu partes demain. J’allais encore crever d’inquiétude. Mais malgré ça je n’avais pas envie de t’étouffer. Je suis resté là, dans tes bras, quelques instants, avant de finalement te relâcher. Je crois bien que tu ne m’avais jamais vu comme ça. Mais j’en avais marre de jouer les mecs gonflé d’assurance alors que dans le fond j’étais juste ce type encore traumatisé par cet immeuble qu’il s’était pris sur la gueule deux ans plus tôt. Tu savais que ça m’arrivais même de sursauter en cas d’orage ? Le tonnerre me rappelant trop le son de cette bombe qui a fait exploser le bâtiment. Des fois, j’ai comme cette impression de suffoquer sous la poussière alors que je ne respire plus. C’est grave franchement. Je me suis simplement relevé, allant nous chercher deux bières dans le frigo, déposant un paquet de clope sur la table avant de revenir m’assoir par terre, en face de toi cette fois. En tailleur sur un coussin alors que j’ai entrepris de rouler un joint. Fallait qu’on se détendre frérot. Sérieusement. Qu’on respire un coup. Tu semblais aussi paniqué que moi. Il était beau le tableau je te jure.

« Bon sois honnête. Tu t’branle pas en me matant dormir quand même ? Parce que là ça serait pire que flippant. »

Je tentais le coup de l’humour, voulant simplement détendre l’atmosphère. J’ai levé les yeux vers toi, sans lever la tête pour te regarder. Te lançant ce genre de regard méga complice mais provocateur à la fois alors que j’effritais la weed dans le joins, la mélangeant au tabac. Respire Kieran, c’était juste de l’humour. Et secouant la tête j’ai finalement reporté mon intention sur ce que jetais en train de faire, ne pouvant effacer ce sourire de mon visage. Ce que tu pouvais être terre à terre je te jure. Fallait vraiment que tu te détendes.




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En fait, lorsque j'essayais d'amener les choses de cette manière si personnelle qui voulait toujours que je les aborde avec tact et douceur, toi, tu avais plutôt tendance à te comporter comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Prêt à me piétiner. Cassant, bousculant, dévirant tout ce qui t'encombrait. Sans rien regarder. Voilà où se trouvait la principale différence entre nous. Tandis que je m'avançais prudemment dans ta direction, toi tu me fonçais dessus.

Alors bien sûr que je prenais la fuite. Ne reculant que pour mieux lui sauter dans les bras. Ceux de ce frère au physique pourtant solide et tellement plus imposant, mais en demande constante d'attention. D'une protection que ce soir j'avouais silencieusement ne plus pouvoir lui accorder. Croyant prendre les devants en lui signifiant de façon assez explicite que ça ne valait pas la peine d'insister. Que le sujet était clos – fin de la discussion – point. Sauf que j'aurais dû le connaître mieux que ça. Et déjà, il m'attirait contre lui. Pour me bercer de fausses illusions sans doute. Alors que les yeux humides, c'est dans son cou que je me cachais. Les pieds ne touchant plus terre, au sens propre comme au sens figuré.

Qu'est-ce qu'on allait devenir ? Tous les deux…

Moi, blotti contre son torse. Mes lèvres frôlant sa peau lorsque je me surprenais à m'asseoir sur lui. Calant l'une de mes jambes entre les siennes. Mon corps finissant de complètement se détendre, yeux mi-clos. Abandonné. Mon cerveau se déconnectant. Absent depuis l'instant où nos mains s'étaient jointes, mes mains qui à présent glissaient sur ses hanches. Le caressant. Dans un geste lent, lascif. Sans le vouloir. Le sang affluant et refluant dans mes tempes, battant le tempo.

La sensation d'enfin vivre mes fantasmes me procurant une drôle d'impression. Quelque part entre la culpabilité et l'envie, le besoin de m'épanouir devenant plus fort que tout le reste. Tu n'es pas le seul à avoir cherché. Pas l'unique frère à avoir traversé une année blanche, à marquer d'une croix. Rouge. Entachée d''obsessions, d'addictions, adoptant sans cesse des comportements jumeaux aux tiens. Regarde. Il suffisait que tu dissimules ton visage au creux de mon épaule, pour que je t'imite aussitôt. Il fallait que les choses changent Kyle. Qu'elles évoluent. Que tu grandisses. Hurler mon nom en pleine nuit ne comblerait pendant plus très longtemps encore le manque de toi. Passe moi dessus, et puis qu'on en parle plus. C'est ça. Passe moi dessus. Fais moi mal avec un peu plus de force de persuasion. Juste détruis moi. Sinon, ce n'est pas chelou que tu me trouverais si rien ne bougeait. Ce serait pire. Pire que l'état dans lequel je me suis mis lorsque tu t'es relevé. Me forçant à me rasseoir en tailleur, dans ma position de départ. Me laissant là. Tête basse, les yeux de nouveau grand ouverts  et les doigts enroulés autour de mes chevilles. Ça devait s'arrêter. Je pouvais plus. Tais-toi…

- Tais-toi… s'il te plaît. Tu sais pas de quoi tu parles…

Relevant la tête, je le regardais finalement s'asseoir face à moi. Des frères jumeaux… après qu'il ait été chercher des bières et qu'il ait posé son paquet de cigarettes sur la table. Se roulant un joint alors que je me penchais vers lui. Avec les sourcils froncés. Agacé. Par son insouciance et son petit ton irritant. Il attendait quoi, que je me foute les mains dans le froc ?

- Non, je me branle pas. T'es déçu peut-être ? Mais ça peu encore s'arranger tu sais ! T'as qu'à me prêter ta main tiens...

Tu n'es pas le seul à savoir jouer à ce jeu là. Le frère que tu connaissais, celui qui avait dû apprendre à survivre sans toi, n'était plus vraiment le même. Les médocs, les trop longues nuits d'insomnie, la dépression, l'impression d'avoir perdu une moitié de soi, ça te modifiait l'ADN d'un homme. Et incapable de t'affronter, de maintenir le contact, tes yeux clairs venant rencontrer les miens, c'est désabusé que je basculais sur le côté pour m'allonger sur le canapé. Sur le dos. Les paumes des mains s'écrasant sur mes paupières. Les pressant, les écrasant, renforçant les larmes qui essayaient de s'en échapper au fond de mes orbites. Ignorant tes sourires. Tu me fatiguais, tu m'usais, tu me bouffais l'existence. Tout simplement.

- Oublie ça, je sais bien que c'est sans doute bizarre de te dire que ton frère te regarde dormir. Mais je le fais pas volontairement. C'est plus fort que moi, je maîtrise plus rien quand je te sens de l'autre côté du mur. Alors c'est ça ou les médocs pour me calmer, et je pense pas que ce soit la meilleure solution.

Me frottant les yeux, je reposais les mains sur mon ventre. Tournant la tête et lui rendant son sourire. Puisqu'il le fallait. Un sourire brouillé. Un sourire qui en disait long sur la difficulté de me livrer, à cœur ouvert. Ce début de confession ne faisant qu'augmenter cette détresse qui m'habitait depuis qu'il avait voulu brader sa vie pour sauver celles des autres. Mais moi, je m'en foutais de ces autres. Les autres ne représentaient rien. Ils ne seraient jamais lui. Et de l'amour naissait mes plus violentes colères. Il n'avait pas le droit de lâcher ma main. Pas le droit de s'engouffrer dans ce bâtiment. Pas le droit de me faire ce genre de frayeur. Si bien qu'à mon prochain départ, j'espérais qu'il réalise ce que ça faisait pour celui qui restait. Celui qui attendait.

- Puis j'ai pas encore eu l'occasion de te le dire, mais cette fois-ci, c'est pour Dublin qu'on part. J'ai des relevés topographiques à faire. Je pense qu'on sera absents plusieurs nuits. Il y aura deux gars que je connais à peine et puis Finn aussi. Et tu sais pourquoi je pars avec des gars qui n'en n'ont rien à faire qu'il puisse m'arriver quelque chose ? Parce-que tous ceux qui m'appréciaient ont fini par ne plus avoir confiance…

Tu vois, moi aussi je pouvais déconner. Merder. Pour toi, c'est avec leur vie à eux que j'avais jonglé. M'amusant à détourner des convois, à retracer et baliser les routes qu'on était supposé emprunter, les guidant à l'aveugle dans des zones hautement dangereuses. Du coup, ça ne se bousculait pas au portillon pour m'accompagner. Donc je faisais avec ce que j'avais. C'était rassurant hein ? T'avais toujours envie de me provoquer peut-être...




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- Kyle McIntyre & Kieran McIntyre -





« T’es con putain. »

C’est tout ce que je trouvais à dire quand tu me parlais de t’offrir ma main pour te soulager. J’ai soudainement baissé les yeux, je n’avais plus envie de rire. Ne sachant vraiment si tu étais sérieux ou pas. T’étais tellement bizarre en ce moment. Moi je déconnais. Mais toi ? Y’a des jours où j’en doutais légèrement. J’ai simplement terminé de rouler mon joins, t’écoutant parler. Toi. Prendre des médocs. Je crois que je ne m’en remettrais pas de ça non plus. J’étais porté disparu et toi t’as chuté. Lentement. Surement. Et c’est qui, qui t’as tiré la tête de l’eau ? Un autre vampire sans doute pas moins paumé que toi. En même temps je l’en remercie, parce que sans lui tu serais resté là à tentais de me libérer de mes décombre et t’en serais mort. Alors quitte à choisir, je bénissais limite cette année sans toi-même si ça avait été compliqué. Eugène m’avait aidé à tenir le coup avec ses conneries et toi, c’est lui qui t’as aidé. Lui et sans doute toutes ces merdes que tu prenais. J’ai craqué le joins, libérant la fumée, la laissant sortir tranquille, embaumant toute la pièce. Je réalisé petit à petit que ce que je ressentais pour toi je n’étais peut-être pas le seul à le ressentir. Je me faisais peur parfois, parce que je serais prêt à n’importe quelle folie pour toi. Pour te protéger. Mais au final, je n’étais peut-être pas le seul. J’ai relevé les yeux pour te regarder. C’était plus fort que toi mais tu sais ce qui était plus fort que moi ? Vivre sans toi mon frère. J’en crèverais et crois-moi j’extrapole pas en te disant ça.

J’en crèverais, mais ça t’empéche pas de merder. Encore et encore et encore. J’ai bu une gorgée de bière et écoutant ton autre révélation. Bordel de merde. Tu cherchais quoi ? A jouer les héros ? J’étais là Kieran. Vivant, entier, devant toi. Alors pourquoi continuer à prendre des risques inutiles ? Tu peux me le dire ? Ils étaient assez de volontaires pour partir en raid et tu le sais. Mais non, fallait que tu y retourne. Encore. Me laissant là comme un couillon à me ronger les sangs jusqu’à ton retour. Tu crois que c’était cool ? C’était égoïste de ma part de penser qu’à ma gueule. Parce que peut-être qu’en fin de compte tu en avais besoin. Mais je le pensais quand même. Cela dit mon sang n’a fait qu’un tour dans mes veines. Je t’ai fusillé du regard je crois. Putain, j’allais finir par t’enfermer dans une pièce et jeter la clé je ne sais où pour te garder là, avec moi. J’avais conscience que c’était pas saint comme réactions. Que tout ce que je devais faire c’était te laisser partir, comme si de rien n’était. Te dire au revoir et attendre sagement. Faire mes trucs de mon côté. Aller aider à reconstruire les maisons, finir ce confiturier que j’avais commencé à monter. Faire ces choses que j’aimais faire. Mais à la place, tout ce que je trouvais à faire c’était vider une gorgée de bière en te dévisageant comme si t’allais faire la plus grosse connerie de ton existence. Ca me saoulait. Si seulement tu savais combien j’avais envie de t’en foutre une là maintenant. T’as conscience qu’on allait encore s’engueuler là ? Pour tes conneries ?

« Tu fais chier putain. Sérieux Kieran. T’es casse couille merde. »

Je me suis relevé, attrapant ma bière et mon joins pour faire les cents pas. Nerveusement. Comme un lion en cage, me passant une main dans les cheveux pour les repousser en arrière avant d’aller me poser devant la fenêtre pour regarder dehors. C’était quoi ton délire ? T’avais souffert de mon absence durant un an et tu t’amusais à me le faire payer c’est ça ? Et toi tu me disais ça comme ça, naturellement. Hey frérot demain je vais à Dublin, tu sais chez l’ennemis, juste pour le fun ! Putain, ce que tu pouvais me gaver sérieux. Je sais pas à quoi tu jouais, ni ce que tu cherchais vraiment. A me faire culpabiliser sans doute ? Me faire culpabiliser d’avoir pris un risque en sauvant cette gosse cette nuit-là ? Si tu t’attendais à ce que je m’excuse tu pouvais aller te faire foutre. Terminant ma bière nerveusement j’ai reposé la bouteille vide sur le coin de la balustrade du balcon, y laissant aussi mon pétard pour revenir vers toi, me plantant là, les bras croisés. Mâchouillant nerveusement l’intérieur de ma joue. Sérieux, qu’est-ce que tu voulais que je te dise ? J’aimais pas quand tu partais ok ? Je te connaissais, et je savais très bien que tu prendrais des risques inutiles et pourquoi ? L’adrénaline ? Cette sensation de te sentir utile et de servir ton peuple ? La décision de partir à Dublin était aussi conne que celle que t’avais pris des années en arrière en m’obligeant à quitter Wellington pour venir ici dans ce pays de merde Kieran ! Bordel ça t’arrivais de réfléchir des fois ? Et après c’était moi le con des deux ? T’avais une araignée au plafond ou quoi en ce moment ? Merde.

« A quoi tu joues merde ? Laisses ce genre de missions à Nick, à Charles, j’en sais rien, mais quitte les raids putain. Tu penses à ce que je ressens moi quand je te vois monter dans ce putain de Rover ? Tu crois sérieusement que si tu croise un Lassiter ils vont simplement te serrer la pince ? Ce que t’es naïf bordel de merde. »

J’étais revenu mon frère. Pour toi. Parce que moi j’avais besoin de toi. Parce que je supportais pas vivre sans toi. Parce que ça me détruisais merde. Ca avait toujours été le cas. Et malgré les années, que tu le veuille ou non, ça en serait toujours le cas. Décroisant les bras je suis revenu vers toi, relevant tes jambes pour me poser sur le canapé avant de les reposer sur mes cuisses. Y’avait un sérieux lien malsain entre nous, c’était une évidence. Je t’ai volé ta bière pour en vider son contenu, nerveux, agacé, inquiet. Toi tu me matais dormir parce que t’avais peur que je m’évapore dans la nuit et moi je te menotterais presque à ton plumard pour que tu restes, là, en sécurité avec moi. C’était pas net notre truc mon frère. C’était quoi notre problème ? Si seulement je savais. Je t’ai regardé, faisant la gueule. Vas pas croire que j’approuvais tes idées à la con. Clairement pas. C’était même loin d’être le cas. Je le sentais pas. Je sais pas pourquoi, mais c’était comme ça. J’y survivrais pas s’il t’arrivais quelque chose et j’aimerais bien que tu te l’enfonce dans le crâne. T’as tellement pas conscience de combien ça me ferait partir en vrille tout ça. Un an de séparation et regarde où ça nous a mené. Pourtant je t’avais ignoré à l’époque. Durant des années je t’avais fait payer des choix que tu m’avais obligé à prendre. Mais c’était différent. Parce que tu étais là, dans la même demeure que moi. Sur le même territoire. Et demain… Demain c’est à des kilomètres de moi que tu t’en vas. Et ça, ça je ne le supporte pas.

« Promets-moi de quitter les raids après ça d’accord ? Va pas m’obliger à t’enterrer parce que putain… Ca sera pire que trois jours sous les décombre d’un immeuble entier tu peux me croire. Arrêtes de penser aux médocs, arrêtes de merder bordel. Je suis là moi. Et j’irais nulle part ok ? On a cas… J’en sais rien. Dormir ensemble comme quand on était gosse et que j’avais peur la nuit. Tu venais dans mon lit pour me rassurer. Mais en contre parti je t’en prie arrête de faire le con merde. Je suis désolé de t’avoir imposé tout ça. Je suis désolé d’avoir voulu jouer au héro. Mais… Ca a sauvé des vies. Toi tu gâches la tienne pour… J’en sais rien. L’adrénaline ? Si c’est que ça j’en sais rien, fous toi au sport. Fais des trucs insensés mais sans danger. Ce truc entre nous c’est pas net et je le sais. Mais ce que je sais aussi c’est que t’es tout ce que j’ai big brother. Alors m’abandonne pas. C’est tout ce que je demande. »

Tout ce que je demande. Tout ce que je voulais. C’était de t’avoir à mes côtés. Pour une éternité, pour toujours. Parce que depuis notre naissance, depuis toujours, on n’a jamais su ce que c’était que de vivre l’un sans l’autre. Et je sais, que ni toi ni moi n’apprécierais cette idée. Alors net ou pas net, je m’en foutais. Mais j’avais besoin de toi grand frère… Toi et de personne d’autre…





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Subitement, je me suis senti mal à l'aise. Physiquement. Comme jamais auparavant. Pire que tout ce que j'avais pu connaître jusqu'ici. Définitivement. Livré à tous ces désirs refoulés qui me désinhibaient et contre lesquels, j'avais subitement envie de tout envoyer chier. Le tissu de mon bas de pyjama imbibé d'alcool me collant aux cuisses. Si bien que lorsque Kyle se mettait à marcher en large et en travers, moi, je me tournais sur le ventre. Le corps fiévreux. Tout ce que je cherchais à lui cacher venant se frotter contre l'assise du canapé. Dans un froissement mêlant peau et tissu juste bon à me trahir. La marque de mes dents creusant ma lèvre inférieure. Seul moyen de me contenir.

Ce soir, j'avais tant besoin de parler. De tout dire. De laisser la vérité bête et cruelle s'exprimer. De le blesser. De le pousser à devenir autre chose que mon frère et de briser tous nos tabous. Alors peut-être bien que j'étais con. Ou peut-être aussi que la fumée de son joint me tournait la tête. Plongeant la pièce dans un brouillard à couper au couteau. Trop épais pour se dissiper devant mes yeux injectés de sang. Me faisant planer. Lâche, tellement pas courageux face à lui.

Et je ne voulais pas redescendre. Faute de médocs à avaler, c'est à lui que je me dopais. Prêt à changer d'avis. Non pas à cause du regard noir qu'il m'a lancé juste avant de recommencer à se balader à moitié à poil, mais parce-que tout comme lui je n'étais pas moi non plus très sûr de supporter la séparation. Pourtant en le quittant je m'assurais d'entretenir les tensions. Je l'aimais possessif. J'aimais ce sentiment d'appartenance qu'il me donnait. J'aimais tout ce qui nous séparait. Pour être sûr de le retenir en fait, il n'y avait qu'à voir la manière dont il s'inquiétait de me savoir partir. Un peu comme si on jouait nos vies. Conditionné. Moi je courais et lui, il cherchait à me rattraper. Choqué je crois que son grand frère ose le bousculer. Mais tout changeait. Nous les premiers, et l'air de rien, j'étais sérieux. Lorsque je lui proposais de me prêter sa main pour me branler. J'en avais marre d'être gentil. Jamais vulgaire. De me frustrer tout seul. On avait qu'une vie après tout. Rien ne justifiait que je continue à gâcher la mienne. Quitte à lui bousiller la sienne. Alors j'imaginais. Me rappelant de ce que les mains d'Ezechiel m'avaient fait en venant se poser du moi pour la première fois. Puis en remplaçant son visage à lui, par ce visage chéri que je rêvais endormi ou éveillé. Tout ça pendant que Kyle arrêtait enfin de faire les cent pas, puis qu'il se posait devant la fenêtre. Des mèches de ses cheveux blonds formant des épis, à force de les décoiffer.

Beau. Tout mon contraire. Tu ne te rendais pas compte de l'effet que tu produisais. Ni de combien on pouvait me trouver insipide à côté. D'à quel point je pouvais me sentir invisible. Depuis toujours. Tel un papillon de nuit, tu attirais toute la lumière à toi. Lorsque moi, je me réduisais à pas grand-chose. Je t'enviais. Aussi, faute de te ressembler, je voulais moi aussi découvrir ce que ça faisait d'être aimé par un homme de ta trempe. Charismatique. Aventurier. Un véritable électron libre. Fascinant, et si je te cassais les couilles, ça prouvait au moins que tu en avais.

Pas comme moi. Le petit intello, planqué derrière ses bouquins et ses plans. Incapable de s'en sortir sans son frère. Un combattant minable. Le donneur de leçons. Alors je m'étais défoncé, j'avais baisé avec un autre mec, puis j'avais risqué le tout pour le tout. Me mettant tous nos anciens potes à dos. Et tu sais quoi ? Je m'en foutais, parce-qu'on m'avait rendu le plus important. Mon précieux. Du coup, en te voyant revenir te planter devant le canapé et croiser les bras, après que tu aies abandonné ta bière et ton joint, je m'agenouillais. M'étirant pour me mettre à ta hauteur. Dans un état complètement second. Toi ! Tu jouais à quoi ? Toi, toi, toi !! Si bien que je t'ouvrais le passage. Te donnant libre accès à mon cœur, mon esprit, notre passé. Regarde. Fouille. Il ne tient qu'à toi de te servir. De faire le tri. Ce soir, je t'appartenais. Ce soir, tu pouvais lire en moi comme dans un livre ouvert. Ce soir, je brisais le sceau du secret. En plantant mes yeux dans les tiens. Sophie, mon fils caché, tout cet amour que je te vouais, est-ce que tu en apercevais l'ombre ? Fugace
.

- Je laisserais pas tomber ! Ou alors, je veux une compensation. J'y gagnerais quoi ? J'ai pas envie de rester à la maison pendant que toi tu iras retaper de vieilles baraques et bricoler je ne sais quoi, avec je ne sais qui, je ne sais où ! C'est fini ce temps là. Ton frère est mort avec toi sous ces décombres. T'as choisi Kyle, assume.

J'étais injuste. Un peu méchant. Seulement voilà, lui aussi il me cassait les couilles. Lui aussi il me faisait chier, et de tout mon poids, je me relaissais tomber. Me rallongeant sans lui faire de place. Ouvert, et fermé à la fois. Pas vraiment similaire à celui que je devais encore être dans ses souvenirs. Maintenant, je ne décidais plus de rien. Je subissais. J'attendais. Indifférent, et quand il allait s'asseoir – relevant mes jambes pour les reposer sur ses cuisses – comme on en avait pris l'habitude, dans un rituel bien rôdé,  je me relâchais entièrement. Les bras repliés au-dessus de ma tête. Lascif. Sans même en prendre conscience. En total abandon. Diffusant des images, délivrant des émotions, mon corps réclamant le sien. Ne me souciant plus de casser ma propre image. Fatigué de lutter. Arrivant au bout de mes limites.

Pour ce que ça me sert de te résister. De faire semblant d'être normal et équilibré. Et toi qui me regardais, tirant la gueule et picolant jusqu'à t'en soûler. Tu voulais peut-être que je t'envoie un carton d'invitation pour bouger. Réagir. Au lieu de quoi tu me rassurais. Patient. Compréhensif. Bienveillant, alors que je t'agressais littéralement. Ça me ressemblait pas. Et si je savais plus qui j'étais ? Tu m'aimerais quand même… et si je te le disais ? Tu m'aimerais encore

D'un coup, je recommençais à paniquer. Il allait me détester. Ce qui m'a poussé à promettre : « Je veux pas rester ici, je veux me rendre utile moi aussi, je veux pas que tu me délaisses une fois que j'aurais tout plaqué pour toi. Mais d'accord. Ce sera mon dernier voyage. Puis oui… je veux dormir avec toi… je veux tout faire avec toi…»

Tout. L'amour et la guerre. Sur quoi, je me redressais. Des larmes finissant par me déborder les yeux, et rouler sur mes joues. Décomposé. Pardon. Pardonne-moi. Pour tout. Mes mensonges, les mauvaises décisions que j'avais prises, mes trahisons. Je t'aimais pas. Je faisais beaucoup plus que ça. Et en pleine crise d'angoisse, je prenais ton visage entre mes mains. Mes doigts s'enfonçant dans tes joues et mes ongles éraflant ta peau. Rapprochant mon visage si près du tien que nos cils auraient pu s'emmêler. Me repousse pas. Me fais pas ça, ne me renie pas.

- Je te promets de quitter les raids. Juste, ne m'en veux pas… sans toi, j'ai cru mourir à chaque seconde. Je suis plus rien sans toi. Je t'aime Kyle… je t'aime. Tout ce que tu as toujours voulu savoir tu le sais maintenant… c'est moi qui suis désolé. Si je pars, c'est pour m'éloigner de toi. Pour pas te faire de mal… pas te faire de mal…

Pour ne pas te faire de mal. Pas pour l'adrénaline. Pas pour l'attrait du danger. Rien que pour ne pas te faire de mal et me donner une raison de vivre qui ne porterait pas ton prénom. C'est comme ça que j'ai cédé. Comme ça que je t'ai embrassé. Comme ça que j'ai plaqué mes lèvres sur les tiennes, les épaules secouées de sanglots. Presque violent. Les paupières closes, fendues. Refusant de te voir, de t'affronter...




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C’était égoïste. Tout ce que je te demandais de faire, toutes ces concessions, tout ce que je t’avais imposé depuis qu’on était gosse. Peut-être bien que j’avais toujours été ce gamin pourrie gâté qui avait toujours tout ce qu’il voulait. Peut-être bien que oui, j’avais toujours été débrouillards mais pourtant dépendant. Je me souviens encore quand maman et papa ont pris la décision de nous envoyer au Etats-Unis pour notre bien. Pour notre avenir. Je me rappel de ce que maman t’avait dit. Mot pour mot, alors que j’écoutais planqué derrière la porte du salon. « Surveille ton frère. Il est fougueux, persuadé de pouvoir se débrouiller, mais Kyle n’est qu’encore qu’un petit garçon. Ne le lâche pas d’accord ? » Elle avait posé ses mains sur tes joues, alors que je t’imaginais râler à l’idée de devoir m’avoir dans les pattes. Je t’en ai fait baver, je le sais, mais je voulais tellement lui donner tort. Je crois que maman a toujours su que sans toi je n’irais jamais bien loin. Elle savait tout maman. Parce que j’étais sans cesse en train de te rechercher quand tu n’étais pas là. « Maman il est où Kieran ? Maman il rentre quand ‘Ran ? Maman il fait quoi ? » Ca en devenait glauck parfois. Ils ont bien tenté de nous séparer les parents, mais franchement, ça n’a jamais servis à rien. Je devenais incontrôlable quand t’étais loin de moi. J’étais jaloux quand tu trainais avec tes copains bien plus qu’avec moi. Tu te souviens du bras cassé de Jonathan ? Tu crois toujours que sa chute de vélo était anodine. Sérieux ‘Ran. Réfléchis.

J’étais là, les mains posées sur tes genoux alors que tu reprenais la parole. Je voyais bien qu’un truc n’allait pas. Ce que j’ignorais c’était quoi. J’étais revenu, je pensais que ça suffisait, mais à l’évidence, j’avais tort. Ce n’était pas ça, c’était plus que ça. Alors quand t’as pris mon visage entre tes mains après t’être redressé j’avoue avoir eu un moment de recul. Pourquoi ? J’en sais rien. Tu ne m’avais jamais regardé comme tu étais en train de le faire. Ou alors, je n’avais jamais voulu le voir. Si seulement je savais. Recule je t’en prie. Recule. Je pouvais me sentir comme sous ces décombres. Suffoquant sans vraiment le faire. Manquant d’air sans avoir besoin de respirer. Qu’est-ce que tu fais ? A quoi tu joues ? Tu m’aimes oui. Et alors ? Je le sais. Pourquoi tu le répète comme ça ? Nerveusement, je t’ai fixé, interdit, n’osant bouger de peur de te faire du mal, de peur de te briser encore plus. Les lèvres entre ouvertes, écoutant ce que tu me disais. Essayant d’en comprendre le sens. Venant poser mes mains sur tes avants bras, prêt à t’obliger à reculer. On était trop près. Bien trop proches. C’était flippant Kieran. Tu me faisais peur là je dois dire. Je crois que je ne comprenais plus rien. Mon cerveau s’étant complétement arrêté, ne pensant plus, n’arrivant plus à discerner la réalité du reste. Ne pas me faire mal ? Mais pourquoi tu me ferais du mal ? Pourquoi tu disais des choses pareilles ? J’avais juste envie de te prendre dans mes bras, de te rassurer, mais c’est toi qui a fait ce geste de trop.

Mes yeux sont restés grands ouverts alors que ma poigne se refermait instinctivement autour de tes avants bras. Incapable de réagir, incapable de faire le moindre geste alors que t’es venu poser tes lèvres contre les miennes. Un quart de seconde. Un instant pour réaliser ce qui était vraiment en train de se passer. « Je t’aime Kyle… Je t’aime. » Tu m’aimais… D’une manière qui m’avait alors été impensable. Moi aussi je t’aimais. Plus que tout mais… Un quart de secondes durant lesquels tout est venu s’entrechoquer dans ma tête. Des instants, des messages. Toi qui me regardais dormir. Toi qui avait presque incendié Sophie du regard quand je te l’avais présenté. Toi qui me taquinais sans cesse sur mes conquêtes et moi qui te répondais en me marrant « bah quoi ? T’es jaloux mon frère ? » Tout prenait son sens. Tout devenait soudainement plus limpide. Un quart de seconde avant que mes mains viennent relâcher tes poignés, une venant se poser brutalement sur ton torse pour te repousser, sans doute brutalement, l’autre, venant te frapper au visage sans même que je ne puisse contrôler ce geste. Me relevant, nerveusement, trébuchant sur la table basse, m’écartant de toi malgré moi. Malgré tout. Effleurant mes lèvres de mes doigts, ne sachant ni quoi dire, ni quoi faire. N’osant plus te regarder, n’osant plus t’affronter. T’éloigner pour ne pas me faire de mal ? C’était donc ça que tu parlais ? T’avais sérieusement pété une durite sérieux ! Qu’est-ce qui n’allait pas chez toi ?!

Ne sachant quoi dire, perdant complétement le sens de la réalité, le sens de toute ces choses, je suis resté là, adossé contre le mur, à l’opposé de toi. Je t’avais frappé. Je t’avais repoussé, pourquoi ça faisait mal putain ?! Pourquoi j’avais envie de m’excuser d’avoir réagis comme ça ? Pourquoi je voulais simplement te prendre dans mes bras et te dire que tout irait bien, que j’étais désolé ? Pourquoi ?! Je paniquais complétement, littéralement, t’adressant un simple geste de la main pour te demander de ne pas me suivre alors que je retournais m’enfermer dans ma chambre, claquant la porte, brutalement, à la volé. Me laissant glisser contre celle-ci, attrapant ma tête entre mes mains, chialant comme une merde. Perturbé. Désorienté. Largué. Qu’est-ce que tu venais de faire putain ? Me dégoutant presque de ce que je ressentais. Des sentiments peu moraux, complétement pas en adéquations avec la moralité. Des sentiments que je n’arrivais pas à contrôler. Cette vérité, celle que malgré le choc, j’avais… J’avais quoi ? Non, c’était pas possible, pas pensable, t’avais pas le droit, j’avais pas le droit. C’était tout bonnement… Contre nature ! Essayant de me ressaisir, J’ai fermé les yeux, attrapant ma tête entre mes mains restant là… Flash… J’ai attrapé une valisé planquée sous mon lit, y enfouissant quelques affaires à la va vite. Juste de quoi me changer pour un ou deux jours. Désirant de fuir je ne sais quoi. Toi ? Non. Jamais. Fuir ce que je ressentais ? Oui. C’était ça. Essuyant les larmes d’un revers de manche, nerveusement, avant de sortir de ma piaule, ma valise en main. N’osant toujours pas te regarder. N’osant pas t’affronter. Toi t’avais réussi… Mais pas moi Kieran…

« Je vais pioncer chez Elijiah pour quelque temps… Je… J’peux pas Kieran j’suis désolé. »

Levant la main je t’ai demandé de ne pas bouger. De ne rien dire avant d’oser enfin poser les yeux sur toi. Des yeux qui en disaient longs. Un regard complétement à l’opposé de ce que je m’apprêtais à faire. Fuir pour ne pas réaliser. Fuir, pour ne pas l’avouer. Je n’étais pas près… Non. Je n’étais pas près. Pourtant j’ai laissé tomber la valise, là, devant la porte, alors je me suis jeter sur toi. T’obligeant à te relever, te redresser, venant attraper ton visage entre mes mains, posant mes lèvres contre les tiennes. T’embrassant de façon beaucoup moins timide de ce que tu avais fait. Avec plus d’envie, plus de fougue. Ma langue venant danser avec la tienne. Arrêtant de penser, de réfléchir. Arrêtant de me poser des questions inutiles. Si c’était ce que toi tu voulais alors soit. Je ne te jugerais pas mon frère. Jamais. Je t’aimais… Moi aussi je t’aimais… A en faire mal putain. C’était démesuré, incontrôlable. Immorale. Mais c’était là, depuis toujours, enfouis, bien planqué en nous. Comment continuer à le nier ? Te relâchant je suis venu poser mon front contre le tien, essayant de rester calme, apaisé. Flash… J’ai crié je crois. Ouvrant les yeux, toujours assis là, contre la porte de ma chambre. Je rêvais. Je fantasmais. Je… Brusquement je me suis relevé, envoyant balader des choses qui se trouvaient sur mon passage. Brisant la lampe de chevet contre le mur.

Réagissant de façon impulsive, comme toujours, avant de me laisser tomber sur mon lit. Position fœtal. Caressant l’oreiller où tu te trouvais un peu plus tôt. Des larmes coulant le long de mon visage. Rongé par la culpabilité, par cette envie de sortir et de venir te rejoindre, mais incapable de bouger. Ca ne pouvait être réel, ça ne pouvait être vrai. On été en train de franchir une limite interdite et je le savais. Et ça faisait peur… Putain… Ca faisait peur… Pardonnes-moi mes réactions mon frère, mais j’avais besoin de temps… Du temps pour m’y faire et réaliser… Comprendre. Encaisser…





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J'ai bien cru ne jamais te lâcher. Accroché à toi comme un naufragé à sa bouée, prêt à couler. Est-ce que tout ça te laissait vraiment aussi indifférent ? Tu me perdais Kyle. Durant de nombreuses années, tu avais voulu savoir. Et maintenant que je t'entrouvrais les portes de mon esprit en te dévoilant mes secrets, tu ne semblais même plus t'y intéresser. Ou alors, peut-être que tu t'en foutais au bout du compte. Que tout ce qui avait pu être dit, fait, que tout ce qui avait pu exister avant ce baiser, n'avait plus la moindre espèce d'importance. Tellement tu te focalisais sur ma bouche s'écrasant contre la tienne. Mais honnêtement, je crois qu'il était bien trop tard pour continuer à me questionner à ce sujet.

Fatigué de me répéter. De toujours ressasser les mêmes choses, à l'infini. De les tordre dans tous les sens…


Parce-que malheureusement, le couperet venait de tomber. Me ramenant tout aussi douloureusement que brutalement à la réalité. Celle qui voulait que Kyle soit mon frère, mon sang, et qu'il porte dans son patrimoine génétique un ensemble de gènes parfaitement identiques aux miens. Nous rendant incestueux. Jusque dans nos chromosomes, jusqu'à atteindre et puis infecter notre ADN. Contaminant l'ensemble du génome de nos deux organismes. Seulement, et après ça, je crois qu'il aurait été assez difficile de lui demander d'essayer de comprendre que je ne pourrais plus jamais me contenter de l'aimer. Que j'avais besoin de plus. Que je voulais plus. Plus qu'il ne saurait me donner. Puisque quand je me mettais à conjuguer le verbe aimer à tous les temps et de tout temps, il fallait surtout entendre que j'étais amoureux de lui. Déviant. Un sentiment intolérable me dopant à l'adrénaline et me défonçant plus sûrement que n'importe quel anxiolytique. Tandis que je restais prostré. De nouveau couché sur le canapé, en chien de fusil. Choqué. La tête enfoncée dans les coussins de l'assise. Me tenant la joue d'une main et n'osant plus le regarder. Lui. Ce petit frère qui venait de me cogner dessus. Rien que la conséquence de tous ces signes précurseurs que je n'avais pas su détecter.

Ce mouvement de recule qu'il a eu à mon approche. Sa façon de poser ses mains sur mes avant-bras. J'en sais rien, mais sans doute que ça aurait dû m'alerter. Sauf que c'est l'inflammation de ma joue et ma mâchoire complètement endolorie qui m'ont mis face à la triste vérité. Il me rejetait. Par la force et la violence, il me remettait à ma place. Après m'avoir repoussé. Se défaisant de mon étreinte pour s'éloigner. Se relevant et se prenant les pieds dans la table basse. Pendant que moi, je me laissais à moitié glisser au sol. Le tissu de mon haut restant coincé entre mon corps et le canapé. Dévoilant ainsi le bas de mon dos. Genoux par terre, le buste avachi sur les coussins. Mal en point.

Les doigts s'échauffant sous la brûlure de ma joue. Douloureux sur tout le côté du visage que je tenais dans ma main et nébuleux. Mes cheveux me servant d'abri. Un abri au sein duquel j'avais pris l'habitude de me réfugier. Attendant que tu reviennes à la charge, que tu m'attrapes et que tu me secoues, ou que tu sortes pour bouger. Mais rien n'arrivait. Rien de plus qu'un stop quand je me décidais enfin à tourner la tête.

Mes yeux croisant ton regard alors que tu m'ordonnais de ne pas bouger. Sans un mot. D'un simple geste, en panique. Je le voyais. Je te devinais. Je te connaissais comme si je t'avais fait, élevé, éduqué, choyé et protégé.


Puis il est parti. Il m'a planté là, sans un au-revoir. À quelques heures de mon départ pour Dublin. Pour aller s'enfermer dans sa chambre après en avoir claqué la porte. Du coup, j'en ai profité pour me relever et courir m'habiller. Attrapant au vol mon sac à dos avant de me tirer. Apeuré de l'entendre hurler et tout casser, un peu flippé à l'idée qu'il ressorte de sa piaule. Après quoi, j'ai dévalé les escaliers comme si j'avais le feu aux trousses pour aller me planquer à l'infirmerie. La tête en vrac. Incapable d'articuler une seule pensée cohérente. Et c'est comme ça que je me suis retrouvé le cul posé sur une chaise. Les yeux braqués sur l'armoire à pharmacie, espérant sans doute la voir s'ouvrir par magie. Tout absorbé.

Je m'en veux tu sais Kyle. Je voulais pas t'effrayer, ni te dégoûter. C'est pour ça que je t'ai laissé un mot vite griffonné sur la table basse. Un mot disant : « Je te demande pardon.» Des excuses que je te ferais de visu à mon retour. Mais ne me déteste pas, ne me repousse pas, ne me raye surtout pas de ta vie. Ce serait la fin de tout pour moi...

To be continued




Lost and insecure
And if you take my hand please pull me from the dark. And show me hope again. We'll run side by side. No secrets left to hide, sheltered from the pain...
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