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Shameless Feat. The McIntyre boyz

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De la main de Kieran McIntyre signé le Lun 12 Fév - 16:04

Shameless

The McIntyre boyz




Qu'est-ce que tu crois que les parents diraient s'ils me voyaient ? À ton avis kyle. Tu crois qu'ils me renieraient ? Moi. Le fils prodigue. Le frère aîné, si parfait. Irréprochable. Bien trop sage, trop raisonnable, celui dont le soi-disant sens inné des responsabilités aurait normalement dû le guider sur le chemin de la droiture. Pour ma part, je crois juste qu'il y a déjà  fort longtemps de cela qu'ils doivent se retourner dans leur tombe...

Alors, sans faire de bruit j'ai ouvert la porte de sa chambre. La chambre de mon frère. Après avoir traversé en silence le petit salon faisant office de pièce principale. Jusqu'à me retrouver les doigts enroulés autour de la poignée, pas au mieux de ma forme. Inquiet. Encore sous les effets du cauchemar venu me réveiller quelques minutes plus tôt. Juste bloqué sur le palier, ne sachant plus vraiment si je devais entrer ou retourner me coucher. Toujours en proie à ces émotions contradictoires qui nuit après nuit n'en finissaient plus de revenir me hanter. Perdu dans mes rêves et pris en chasse par tous ces fantômes errant sur les terres de notre passé. Un passé commun. Mais un passé révolu, enfin. Presque. Dans la mesure où lui ne savait pas. Puisqu'il ignorait tout de mes périodes de doute et de dérive.

Le grand-frère avait merdé. Et puis aussi, je voulais tellement rester cette épaule solide sur laquelle se reposer. Il ne comprendrait pas que le décalage entre ce que je lui montrais et ce que je vivais en réalité soit si important. D'autant qu'à mes yeux, il n'était encore qu'un enfant. Un enfant que je voulais pourtant voir se transformer en homme et ce, plus que tout autre chose. Tout seul, je n'y arrivais plus. Je ne m'assumais plus. Puis je voulais à tout prix que la petite musique hypocrite jouant dans ma tête depuis de trop nombreux siècles maintenant se taise. Sauf que pour ça, c'est sur son aide que je comptais. Du coup, je suis entré. Me déplaçant dans le noir sans difficulté et debout devant son lit, j'attendais. Qu'il sente ma présence peut-être. Ou simplement, d'avoir la certitude qu'il dormait. Histoire de ne pas être pris sur le fait, en faute. Prêt à m'allonger contre lui. Incapable de me raisonner, de m'éloigner. Obsédé. Obnubilé par ces mêmes images. Kyle baignant dans son sang. Kyle essayant d'en terminer, Kyle devenant père et Kyle qui se murait dans son atelier. Kyle entrant dans ce bâtiment et Kyle recouvert de gravas. Mort et enterré.

Tu vois ce que tu me fais endurer. Le pire c'est que tout est de ma faute, de la mienne et pas celle d'un autre. Tu sais que je ne suis pas du genre à rejeter mes propres responsabilités sur autrui. Si j'ai des défauts, celui-ci n'en fait pas parti. Et je n'aimerais pas devenir lâche en plus du reste. C'est pour quoi je me suis finalement allongé à côté de toi. Doucement. Sans me glisser sous tes couvertures, ne sachant pas trop ce que tu portais dessous. Pour ma part, un tee-shirt et un bas me couvraient entièrement. Un peu pudique. Plus que toi en tout cas, tout en réserve. Quand toi tu t'épanouissais librement. Décidément, on était bien trop différent. Tout en opposition

Une opposition plus si flagrante dès lors que je m'étendais contre lui. En essayant de chasser tout au loin mes idées noires. Bien. En sécurité. Son odeur m'apaisant aussitôt, une odeur familière et semblable à la mienne. Personne ici-bas ne l'aimerait jamais comme moi je l'aimais. De sorte que me collant littéralement à lui, je ramenais ses cheveux derrière son oreille. Dégageant ainsi son visage. Mon front venant trouver appui contre le sien. Mes doigts glissant ensuite sur sa joue. Il était beau, et il avait l'air si paisible.

Demain, il me faudrait repartir sur les routes. En raid. Avec d'autres. Demain, je n'aurais pas la garantie de pouvoir rentrer sain et sauf. Mais subitement, demain me paraissait être à une éternité de nous.

Une chose à la fois. Une chose après l'autre. Là, mes lèvres se posaient sur ton front. Dans une caresse imperceptible et au fond, deux ans d'écart, ce n'était pas grand-chose. À nous regarder d'un peu plus près, j'aurais aussi bien pu être le plus jeune. Avec ta musculature, tes allures, en comparaison avec mes airs d'intellectuel. Limite frêle. Pas du tout sculpté dans le même bois que toi. Mes cheveux bruns me mangeant la moitié de la figure

Là-dessus j'ai fermé les yeux. Avant que le chocolat de mes prunelles ne viennent salir le bleu limpide des siennes. Ce soir, il se réveillerait avec son vieux frère fatigué blotti dans son lit. Tout contre lui, à défaut d'avoir le courage de me réfugier dans ses bras. Et me mordant la lèvre, je cherchais à ressentir toute sa chaleur corporelle.

Amoureux. Honteux et conscient de ne pas être normal. N'osant même pas lui avouer que durant son absence et après, j'avais entretenu une liaison homosexuelle avec un homme. Ni que j'étais devenu un voleur qui pillait les réserves de médicaments pour son usage personnel. Peut-être que là, pendant qu'il ne m'écoutait pas, je pouvais en profiter pour tout lui raconter. Lui confier tout ce que je taisais. Tout ce que je me tuais à garder pour moi.

Et si tout allait bien, demain il ne se rappellerait de rien. Avec un peu de chance même, tout ça passerait inaperçu. Il mettrait ma présence dans son pieux sur le dos de je ne sais quoi, et on en parlerait plus.

Tout comme on ne ferait plus jamais allusion à ma main tombant dans son cou...



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De la main de Kyle McIntyre signé le Mer 14 Fév - 8:17
Shamless
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Mes journées, quand je dormais, elles se passaient toujours en deux phases depuis l’accident. L’accident, ou plutôt, depuis cette nuit ou des tonnes et des tonnes de parpaing me sont tombés sur la gueule. Ca ne changeait jamais. En premier lieu il y avait cet instant ou tout semblait paisible. Ou tout semblait bien. Ce moment entre l’éveil et le sommeil. Pas tout à fait réveillé mais pas tout à fait endormis. Quand on ne rêve pas. Quand rien ne semble nous faire peur. Quand il n’y a rien dans notre inconscient pour nous rappeler un évènement, une date, une personne. J’avais toujours dans ces instant cette petite crainte en moi. Celle qui me faisait comprendre que ma nuit ne se passerait pas comme ça, et que tôt ou tard, la seconde phase arriverait. Un jour, oui, un jour sans doute elle disparaitrait, mais quand ? Je l’ignore. Les psychologues appellent ça la période post traumatique. Cette période après avoir connu un évènement traumatisant. On prétend tous qu’elle ne dure pas, on n’en parle pas de peur de paraitre faible sans doute, mais c’est complétement con. Parce qu’en fait, c’est ça le seul exutoire. C’est d’en parler, d’affronter la réalité en face pour mieux la détruire. Comme quand on est alcoolo et qu’on dit à ses potes « non je te jure je ne bois pas tant que ça. » Bouteille vide en main, gueule vaseuse, yeux complétement globuleux et titubant légèrement. L’hypocrisie. Des fois on se cache derrière, mais c’est contre personne. C’est parce que la réalité, celle que l’on refuse d’affronter, elle nous fait peur. Et cette putain de période, la post traumatique, c’est comme les addictions. Il faut d’abord les accepter pour mieux les affronter. Et franchement, pour être passé par les deux, je sais de quoi je parle.

La première phase finie toujours par partir, laissant place à la seconde. La tant redoutée. Celle ou, alors que je paraissais si paisible, mes paupières se mettent à frétiller. Mon corps bougeant légèrement, comme pour se débattre contre ce démon. Ce cauchemar qui n’en fini jamais. Ce genre de cauchemar dont seul l’éveil nous en sort. Cette instinct, où je me revois, là, enterré vivant, écrasé sous ces tonnes et tonnes de bétons, parpaing, acier, qu’importe. Un immeuble pour tombeau et des jours à se demander comment sortir de là. Des jours à se dire que franchement, la mort sera vraiment longue vu que nous ne pouvons ni mourir étouffer, ni d’infection. Non, je n’en parle pas. Ca n’a duré que trois jours grâce à Eugène. Mais franchement, ce n’est pas parce que le voyage était de courte durée que ça ne fait pas moins mal. Eugène le sait lui. C’était lui qui durant un an me calmait dans ces moments-là. Quand pris de ce qui se rapproche de près à une panique nocturne je me mettais à trembler en dormant. Le corps trempé, dégueulant de sueur purpurine à en salir les draps. La vérité était que des fois je refusais de dormir pour ne pas avoir à affronter ces instants. Alors je m’enfermais dans ma chambre, style de rien, mais au final, la nature reprenait son droit et je finissais par sombrer dans mes songes. C’était toujours le même Schéma. Et c’est ce spectacle là que je t’offrais ce soir. Oui j’avais été paisible, mais pas pour longtemps. Le bruit de l’explosion, la sensation de tout ce poids qui s’effondre d’un coup. Je crois que je me suis protégé le visage. Je crois, je ne sais plus, pour au final faire une chute de quelques mètres pour me retrouver dans ce qui était le parking. Enfin je crois.

Je n’en suis plus vraiment très sûre. Mais tout ce que je sais c’est que c’est ta main que j’ai attrapée alors que je me réveillais en sursaut après avoir prononcé ton nom. Vas savoir pourquoi, c’est toujours toi que j’appelle quand je suis en galère. Me redressant, furtivement, encore dans le gaz, je crois que je n’ai pas fait gaffe ni à ta présence, ni à ta main que je serais tellement fort que j’aurais pu t’en faire péter les phalanges. Laisses-moi le temps de comprendre, laisses-moi le temps de me remettre. Je suis venu me passer ma main libre dans les cheveux, les ramenant en arrière alors que j’ai tourné la tête, réalisant enfin ce que je tenais dans mon autre main. Ta peau froide mais si douce. Tes mains avaient toujours été impeccables comparé aux miennes. Moi, je les avais calleuses à cause du boulot, abimée, sèches, là où toi tout n’était que douceur et pureté. Soudainement j’ai relâché ta main alors que je me suis penché pour allumer la lumière. Qu’est-ce que tu foutais là, dans mon lit ? J’en sais rien. Mais je savais que parfois je sentais ta présence dans ma chambre mais jamais je n’avais réalisé que c’était vrai. Je pensais que c’était juste… J’en sais rien, mon inconscient qui te réclamait alors que j’avais tout simplement peur de m’endormir. C’était con, mais maintenant, je savais que si, tu étais vraiment là, me guettant. J’aurais pu prendre peur, mais franchement, non. Je te connaissais Kieran. Oui je te connaissais trop bien pour savoir que durant un an, même si tu ne m’avais pas cherché, toi aussi t’as vécu une année de calvaire. T’ignorais bien tout ce que je savais à ton sujet. Toi tu me cachais des choses, mais sérieux, on vivait sous le même toit mon frère. Tu crois vraiment que tes secrets allaient rester planqués encore longtemps ? Ne sois pas naïf frérot. Tu sais bien que tu pouvais tout me dire.

« Qu’est-ce tu fous là putain ? »


Oui, qu’est-ce que tu fais Kieran ? Je n’allais pas m’évaporer dans la nuit. Pas comme ça, pas en un claquement de doigt. C’était impossible, impensable. Je n’avais pas l’intention de partir tu sais et encore moins de disparaitre. Je n’étais pas surpris de te voir là, pourtant, je restais fidèle à moi-même. Tendant la main pour attraper deux choses. Une clope que j’ai allumé d’un simple coup de briquet et la seconde. Celle que je te cachais. Ma bouteille de Rhum. Moi aussi j’avais mes secret mon frère. Tu crois vraiment que j’allais te confier que je buvais souvent pour m’endormir ? Aller, vas-y, sermonnes-moi comme tu sais si bien le faire ça ne changera rien. J’ai bu une bonne grosse gorgée, restant là, assis sur mon lit, venant poser mes coudes sur mes genoux alors que je me frottais le visage comme pour me réveiller. T’avais tout vu c’est ça ? Moi, mes frayeurs, celle dont je ne te parlais pas pour ne pas t’effrayais. Franchement Kieran, t’étais là parce que t’avais peur que je m’envole ou parce que tu savais ? J’en sais rien, mais tout ce que je suis sûre c’est que maintenant je ne peux plus te cacher ça. J’ai repris une gorgée de rhum avant de venir m’adosser contre la tête de lit. Torse nu, comme d’habitude, alors que toi t’étais entièrement habillé. Enfin heureusement tu me diras sinon je me serais sans doute poser des questions étranges. J’avoue que je me suis toujours demandé si ça t’arrivait de te dénuder même quand tu dormais. Vas savoir. Des fois je me pose des questions existentielles. Ou pas. Fait chier, qu’est-ce qu’on en a à foutre de tout ça ? Ce n’était que des détails. T’étais là, dans mon lit, et moi je me demandais si tu dormais à poil ou pas. Connerie.

« Vas-y, fais-le-moi ton sermon habituel, ça fait longtemps. »

Ce sermon quand tu m’engueulerais parce que je ne t’ai rien dit. Celui qui me réprimanderait parce que je m’enfile une troisième bonne gorgée de rhum pour le petit déj’. Celui que tu m’as servis tant et tant de fois alors que tu portais tes œillères confortablement. Celles qui te rendait aveugle face au fait que je n’allais pas bien. Je sais bien Kieran, j’ai toujours était qu’un petit con à tes yeux. Un petit con qui n’en fait qu’à sa tête. Un petit con qui se la joue torturé pour on ne se quoi. Tu te souviens de ce qui disait mon psy ? Que je cherchais l’intention. C’était des conneries mon frère. J’en n’avais rien à foutre de l’intention, j’voulais pas être la star de la famille. Tout ce que je voulais c’était être écouté. Et je sais que ça, tu savais plus où moins le faire. Tirant sur ma clope je suis resté là, adossé contre la tête de lit, tournant la tête pour te regarder.

« Ou peut-être que toi t’as des choses à m’dire aussi non ? J’en sais rien. Putain Kieran tu fais chier. »

Tu fais chier oui à me cacher des trucs. Tu fais chier à te la jouer type parfait alors qu’arrête, je sais très bien ce que tu caches dans ton placard. Sortant du lit t’as découvert que j’étais parfaitement à poil. J’ai simplement enfilé un pantalon de survét qui trainait là, rattrapant ma bouteille part le goulot, sortant de ma piaule pour aller trouver refuge dans le salon. Si je prenais la fuite ? Sans doute oui. J’en sais trop rien. J’avais horreur de ça, de savoir que oui, tu me cachais tout un tas de trucs. Mais j’avais conscience que sérieusement, ça ne servirait à rien de te tirer les vers du nez. Je savais que tu ne dirais rien si tu n’en n’avais clairement pas envie. C’était comme ça.




©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach



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De la main de Kieran McIntyre signé le Jeu 15 Fév - 20:17

Shameless

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À supposer que l'on t'ait laissé le choix, je crois bien que tu n'aurais pas aimé que je te vois dans cet état là. Même si ce n'était pas la première fois. Puisque chaque jour depuis ton retour, je venais m'asseoir dans un coin de ta chambre. Ne te quittant plus des yeux, jusqu'à ce que mes paupières finissent elles aussi par se fermer. Tandis que tout mon corps s'affaissait. Ma tête reposant alors sur mes genoux et mes bras retombant mollement sur le sol. Pendant que mes jambes se dépliaient, quitte à me déséquilibrer puis à me faire tressaillir sous la sensation. Me signalant ainsi qu'il valait mieux pour moi que j'aille me coucher. De sorte que jamais encore je n'avais osé t'approcher de si près

Jamais. Pourtant, ce matin quelque chose avait changé. En moi d'abord, puis entre nous aussi. Et allongé contre lui, je scrutais le moindre battement de ses cils. Comme si le simple fait d'être là pouvait encore l'empêcher d'avoir peur. Rien que des bons sentiments pour adoucir ses douleurs. Mais trop faible pour espérer l'aider à s'arrêter de trembler ou ne serait-ce qu'à déblayer les décombres écrasant son cœur. J'aurais voulu. Vraiment. Faire plus, faire tellement plus que de rester couché à côté de lui. De cette même manière dont j'étais resté couché sur ce que je pensais être sa tombe. Voilà pourquoi je ne bougeais pas lorsque dans un geste frénétique il prenait ma main. La serrant si fort que la brûlure partant du bout de mes doigts remontait tout le long de mon bras, jusqu'à mon épaule. Il ne savait pas. Tout ce qu'il représentait. Au point qu'il aurait pu me broyer les os et me briser en mille morceaux, sans que je ne cesse une seule  seconde de l'aimer. D'un amour qui n'avait désormais plus rien de fraternel.

C'est pour ça que j'ai attendu. Rouvrant mes paupières closes à l'appel de mon prénom. Ne cherchant à aucun moment à retirer ma main de la sienne. Le laissant se réveiller et reprendre conscience de ce qui l'entourait. À son rythme. Pas pressé de le voir à nouveau m'échapper. Juste un peu trop effrayé à cette idée pour dire vrai. Le regardant. Le couvant des yeux, et me surprenant presque à regretter qu'il se penche pour allumer la lumière. Brisant le cercle et décevant mes envies d'intimité. Tandis qu'il rendait à ma main sa liberté, même si j'aurais préféré sentir nos doigts s'entrelacer. Le tout avant de lâcher de manière assez vulgaire un : “Qu'est-ce que tu fous là putain ?” Et se redressant, il m'abandonnait. Alors que moi, je restais étendu de tout mon long. L'observant sans mot dire attraper sa clope, son briquet et puis, une bouteille d'alcool. Ne réagissant plus qu'au son de sa voix : “Vas-y, fais-le-moi ton sermon habituel, ça fait longtemps.” Longtemps. Ou toute une année pour être précis. Sauf que rien ne devait se passer comme prévu…

Rien du tout...parce-que dans une projection de nous deux, je me voyais à mon tour me redresser. Pour te rejoindre. Alors que tu t'adossais contre la tête du lit. Buvant en espérant sans doute guérir. Peut-être dans l'attente aussi que je vienne te faire la morale. Mais non. Bizarrement, je ne m'en sentais plus le droit. Comme si je n'étais plus légitime. Tu m'avais manqué Kyle. C'est encore la seule chose à laquelle j'arrivais à penser. Songeant que tout ce temps perdu, on avait besoin de le rattraper. Si bien que te prenant ta bouteille des mains, je t'imitais en y trempant les lèvres. Pour me donner du courage. Le courage de te la rendre et d'entourer tes larges épaules de mes bras. Enfouissant ensuite mon visage dans ton cou et frissonnant. Doux, tendre, mais pas pur. Pas immaculé.

Pas tel qu'il continuait à m'imaginer. Au fond, je n'étais que ce frère amoureux de son propre sang, Sa propre chair. Ce frère qui d'amour platonique, filial, rêvait d'amour physique. De fois, j'essayais bien de me représenter comment ça pourrait être et à quoi ça pourrait ressembler. Seulement, pour que je puisse le savoir aurait-il déjà fallu le vivre.

Puis Kyle se levait. Coupant court à mes fantasmes. Pour brutalement me rendre compte que rien de tout ceci n'était réel. Que rien de tous ces gestes que j'avais cru lui prodiguer n'avaient existé. Toujours allongé, je le regardais par en dessous. Le voyant à l'envers et l'écoutant à moitié quand il m'assénait le premier coup. Me jetant à la gueule que je le faisais chier. D'un autre côté, il n'avait pas tort. Le silence, les mensonges, les regrets. Lui seul possédait le pouvoir de m'en libérer. Au risque de ne pas en ressortir indemne et d'être rejeté.

Attends-moi. Ne me laisse pas seul derrière toi. S'il te plaît ne t'en va pas. Je te veux tellement. Je ne peux pas te laisser partir comme ça. Car j'en perdrais le contrôle

Plaintes sourdes. Nu, mon frère se levait. S'affichant sans aucune pudeur. Naturel et assumé. Mon parfait contraire en somme, si on partait du principe que je ne me déshabillais que très rarement devant une tierce personne. Ezechiel pouvait en témoigner. Mais Zick, je trouvais plus sage de le laisser en dehors de nos histoires familiales. Du moins, pour l'instant. On verrait plus tard. Là, je m'agrippais aux draps. Mes phalanges endolories chiffonnant le tissu.

Et toi, pendant ce temps tu te baladais à poil. Inconscient du regard envieux et chargé de désir que je pouvais poser sur ton corps. Mes yeux glissant le long de la chute de tes reins. Ma bouche se desséchant et des papillons dans le ventre, je me relevais d'un bond pour te suivre lorsque tu sortais de la chambre.

- Kyle ! Attends-moi.

Mais il n'en faisait rien. En véritable tête de mule qu'il était. M'obligeant à le courser, à lui courir après tant je craignais de le perdre de vue. Alors s'il le voulait, s'il attendait de moi que je me livre et que je m'ouvre à lui, d'accord. J'allais lui parler. Comme jamais. Quitte à casser le mythe, si ça me permettait de le retenir. Truc plutôt paradoxal en sachant que la nuit prochaine je prendrais la route de Dublin. Sous prétexte d'y faire des relevés topographiques. Escorté par quatre autres gars. Entraînés. Armés. En gros, des hommes garant de ma sécurité.

Là-dessus, je me ramenais dans le salon. Allant directement me poser sur le canapé. Assis jambes en tailleur, le dos enfoncé dans les coussins et la tête appuyée contre le haut de la banquette. Il t'allait tellement bien ton bas de survêt. Et fixant le plafond, je cherchais de quelle façon aborder le sujet qui occupait depuis des semaines mon esprit.

- Je t'ai cherché tu sais… autant et aussi loin que j'ai pu…  mais je suis pas comme toi. J'ai pas réussi…

Pas réussi à te trouver. Pas réussi à me rendre sur d'autres territoires que ceux qu'on partait explorer en raid. Mais je t'avais cherché. Manquant mille fois de me faire tuer et prenant des vies lorsque la mienne était menacée. Même si des fois, j'avais juste voulu mourir pour te rejoindre.

Le pire c'est que j'ignorais ce qu'il avait pu entendre à ce sujet, tout comme ce qu'on avait pu lui raconter.

- J'ai vraiment essayé… alors arrête de croire le contraire. Parce-que ça fait mal…

Bien trop mal. C'est pour toi que je suis parti en raid au départ. Pour toi que je me suis détruit. Pour toi que je fais tout ce que je peux pour recommencer à vivre normalement. Tu ne voyais pas mes yeux briller lorsque je tournais la tête pour te regarder ? Douloureux dans mes mots. Douloureux dans tout ce que j'aurais voulu te hurler.

J'ai essayé. De toutes mes forces. Je le jurais. Il voulait que je lui parle, c'était chose faite. Le soucis maintenant, c'est que j'avais peur de ne plus savoir où m'arrêter. Pas aussi sûr que ça qu'il puisse tout entendre.

Et tout ce que j'espérais, c'est qu'il se montrerait indulgent à mon égard...



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