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De la main de Callan De Rhénanie signé le Mar 13 Fév - 17:26

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i'm just painting that's still wet, if you touch me i'll be smeared,
you'll be stained, stained for the rest of your life.

if you're not afraid of getting hurt,
then i'm not afraid of how much i hurt you.


Des volutes de fumée blanche et intoxiquée s'extirpaient de ses lèvres, craquelées par les lacérations vicieuses d'un froid qui pourtant ne l'atteignait pas. Sa cigarette se consumait au son tranquille de ses pas contre le béton sale de cette ville qui était à présent la sienne. Callan était devenu l'une de ces charognes errantes, déambulant dans la crasse et les ruines de ce nouvel enfer, en quête de son prochain festin. Familier à l'horrible et amateur de perdition avisé, les bras de Dublin l'avait accueilli comme une évidence irrévocable. Là sommeillait sa nouvelle demeure, entre les cris sordides faisant échos depuis les égouts et les règles d'un traité qu'il se plaisait à briser... Encore et encore, sans aucune crainte de se faire attraper. Durant des siècles, il s'était vautré dans la beauté organique et sublime des kilolitres de sang qu'il avait déversé et ce n'était pas encore prêt de s'arrêter. Que cela plaise à Léandre ou non, ce n'était plus important depuis quelques années à présent. Du moins, c'est ce que son inconscient aimait lui murmurer à l'oreille. Le prince déchu était certes tombé. Pourtant, même la gueule contre le bitume, il refusait de se plier à des convictions qui n'étaient pas les siennes. River Crow n'était plus mais ceux qui l'ont bâti étaient encore bien présents. En cela, l'allemand ne pouvait s'admettre vaincu et ses desseins, déjà, s'élevaient bien au-dessus de ce putain de mur qui finirait un jour par tomber. Pour l'instant, la survie s'imposait à nouveau. Douce litanie qui serpentait au creux de ses ventricules viciés de perfidie. Callan avançait, à sa manière, vers un avenir plus décent. Il aurait sans doute dû être terrifié ou au moins, inquiet mais il n'en était rien. Ce néant qui, depuis toujours, était sien ne s'était pas arraché. Il rôdait encore. Il était son ombre, son mentor. Le moteur essentiel à cette force inébranlable qui semblait animer Anselm. Il n'avait que faire de Belfast et de ses bonnes intentions fragiles. Encore moins de ce qui était autrefois son peuple. Telle était sa rage envers l'homme qui incarnait sa vie tout autant que sa mort, qui connaissait sur le bout du cœur les aléas de sa propre immortalité. Il n'était pas décidé à retrouver cet amour damné qui s'était volontairement détourné de lui. Il n'était pas convaincu par la véracité de ces nouvelles idées en lesquelles il ne reconnaissait absolument pas le français.

Les temps avaient changé. Si son univers s'était effrité, il n'en était rien de son Âme ankylosée par un océan de chimères qu'il avait l'habitude de transformer en réalités. Ce n'était qu'une question de temps, de patience aussi, avant qu'il ne change la donne. Il était persuadé qu'un jour tout cela allait cesser car il n'était pas de ces hommes que l'on pouvait enfermer indéfiniment sans en craindre les répercussions, un de ces hommes qui attendaient sagement qu'on lui coupe la tête. Dans les vacuités et les failles, il commençait à construire un nouvel ordre, bien plus grand et plus solide que ce qu'était River Crow, peaufinant déjà les coutures complexes de nouvelles stratégies et de plus belles vengeances. Dans le calme, le silence et l'étrange froideur qui lui étaient propres. Cette interruption verbale, en Callan, ne démontrait que d'intenses réflexions dont personne ne voulait connaître le vrai fond. Au cœur de toute la monstruosité qu'il incarnait, s'égarait souvent les désirs méphistophéliques de forces que beaucoup d'hommes ne préféraient pas nommer. Il allait sans doute devoir faire des sacrifices mais peu lui importait tant que cela pouvait lui permettre d'arracher, à mains nues s'il le faut, cette liberté qui lui a toujours été due. Cependant, une chose après l'autre. Il anéantissait d'abord sa clope à coup de longues bouffées qu'il se ravissait de faire prisonnières de ses poumons. Plus par réflexe, par besoin d'occuper ses mains, que par réel besoin. Finalement assis sur les marches d'un escalier complètement pété, il laissait glisser la noirceur étouffante d'une autre nuit le long de sa silhouette que beaucoup aimaient juger trop maigre ou trop frêle, aussi attentif aux bruissements du vent que de ceux de certains souffles assez courageux pour s'aventurer dans les méandres de son nouveau sanctuaire. Et puis le calme morbide se flagelle du ronronnement d'un moteur dont le bruit finit par mourir dans les fissures de ce qu'il reste des murs. Quelques hommes, qu'il devinait immortels, de par leur odeur de cadavres figés dans le temps sortirent du véhicule encombrant. Leur manque de discrétion dessina un mince sourire sur les lèvres de l'allemand. Terminant tranquillement sa cigarette dont les cendres finissaient par heurter le ciment nécrosé, il les scruta de loin, s'attardant sur les traits de leurs visages, assimilant la tonalité de leurs voix. L'une après l'autre. Il s'immobilisa presque en reconnaissant celle d'un homme sur lequel il ne pensait plus jamais retomber, cherchant de son regard clair sa source, celui qui osait la faire chanter. Depuis qu'il avait mis les voiles, il n'avait croisé aucun fantôme de son passé à River Crow. Callan avait voulu disparaître, passer sous les radars et comme souvent lorsqu'il désirait quelque chose, il avait réussi. Brillamment.  

Les McIntyre étaient des gosses qui avaient l'habitude de lui taper sur les nerfs dans le passé. De par leur désinvolture, leur manque de respect mais surtout de par l'inutilité flagrante qu'ils avaient pour leur peuple. Swann, leur Sire, était un de ces hommes qui pensaient qu'unir l'Humanité aux Fils de Caïn était une chose à accomplir. En cela, lui, n'avait toujours vu qu'une naïveté enfantine ainsi qu'un manque d'intelligence effarant. Au même titre que Wellan, Swann était un homme à supprimer. Cependant, le vieux lui a épargné de se salir les mains, préférant se les salir lui-même, avec les souillures de la lâcheté, choisissant par faiblesse l'option du suicide. Les néo-zélandais étaient censés perpétuer la vision qu'avait le vieux, assurer sa pseudo descendance... Mais ce fut évidemment un échec lamentable. Aucun des deux n'étant fait pour occuper une place aussi importante dans un conseil vampirique. À force d'irritations, Callan en était venu à les mépriser avec de plus en plus d'ardeur. Pour lui, ils n'étaient que des bouffons. De simples figurants auxquels il ne redonnait les honneurs qu'en ses multiples plans de destruction puisque dans ceux-ci, ils obtenaient toujours les premiers rôles. Kieran, l'aîné, était là-bas. Ses prunelles finissaient de le reconnaître, lui et sa chevelure brune. Son teint laiteux et ses iris feignant une chaleur qu'il ne possédait même pas. Il était à sa portée, à quelques mètres à peine de l'endroit où il était. Callan prit le temps de terminer la sèche qu'il s'était allumée pour en prendre une autre. Ensuite, il s'est levé, l'allumant d'un geste indifférent, s'approchant du groupe qui venait tout juste de se disperser. Se fichant bien des autres, l'allemand calquait ses pas sur ceux du brun, le traquant en silence avec un calme qui n'inspirait rien qui vaille. Il les connaissait ces ruelles, à force de les écumer. Elles étaient devenues siennes, l'épousant dans toute son inhumanité. C'était une erreur de faire cavalier seul en ces lieux lorsque nous n'étions pas un habitué. C'était aussi une erreur de penser que rien ne se cachait dans l'obscurité. Mais Kieran semblait inconscient, presque innocent, tant Callan le contemplait gambader le long des bâtiments en ruines dans lesquels l'allemand lui-même commettait ses crimes. C'en était presque attendrissant en vérité, si seulement il était capable de compassion. Il attendit qu'il soit suffisamment éloigné des autres pour finalement se faire remarquer, accélérant légèrement la cadence avec cette vitesse dont il était naturellement doté. Callan brisa une vitre de son poing, le forçant ainsi à se retourner pour identifier le trouble-fête qu'il a toujours été. Sans rien dire. Lorsque le regard du brun s'est posé sur lui, il s'est simplement avancé réduisant sans doute un peu trop dangereusement, pour le néo-zélandais, cette distance qui les séparait.


NΞRIOИ



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De la main de Kieran McIntyre signé le Hier à 17:01

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Callan de Rhénanie


   


On roulait...

Et ce, depuis quelques heures maintenant. Mais sans mettre plus de temps que le timing habituellement nécessaire pour couvrir la distance séparant Belfast du centre de Dublin. Soit environ cent soixante-sept kilomètres. Roulant à une allure assez régulière. Le tout en suivant un itinéraire bien précis et que j'avais au préalable moi-même balisé. Après concertation avec les quatre autres gars qui m'accompagnaient, tous des combattants expérimentés. Sous le prétexte d'assurer ma sécurité pendant que j'effectuerais des relevés topographiques.

Un travail qui consistait essentiellement à prendre un certain nombre de mesures. Linéaires et angulaires. Avant de calculer les coordonnées et les superficies, puis d'identifier les différents types de nivellements. Dans le but final d'établir des cartes et des plans. Ce qui nous aiderait par la suite à délimiter notre zone d'exploration.

Histoire d'avoir des repères et de permettre à ceux qui participeraient aux prochains raids de prendre un peu moins de risques. Si tant est que ce soit possible. Donc, on roulait. En direction de Dublin. Les sens en alerte, toujours sur le qui-vive. Traversant une nappe de brouillard qui ne semblait pas vouloir se lever et qui s'était formée à l'intérieur des terres. Le froid piquant se faufilant sournoisement dans la carcasse à moitié oxydé de la voiture. Alors même que le chauffage crachait tout ce qu'il pouvait, et que le moteur toussait. De sorte que si on avait encore pu respirer une fine buée se serait sûrement échappée d'entre nos lèvres pour se former dans l'atmosphère. Les nids-de-poule venant déformer la chaussée secouant l'habitacle comme si la fin du monde s'abattait sur nous. Avec moi, assis à l'arrière. Sur la banquette, pris en étau au milieu de Jack et Finn. Deux anciens opposants. Tandis que celui qui conduisait et le blond installé côté passager, restaient plus ou moins de parfaits inconnus. Pas qu'on ne se connaissait pas, mais bon. On se croisait rarement. D'ailleurs, je crois qu'ils ne m'appréciaient pas beaucoup. Me trouvant très certainement trop différent d'eux. Trop réservé. Trop poli. Trop lisse même.

Après, tant pis. Comme me le répétait si souvent Kyle, je devais arrêter de vivre en fonction des autres. Kyle vers qui toutes mes pensées se tournaient. En permanence. Alors que les gars riaient, racontant des conneries et qu'un léger sourire se dessinait sur mes lèvres quand Finn me donnait un coup de coude en me charriant sur je ne sais trop quoi. Ne les écoutant qu'à moitié. Leurs centres d'intérêts ne rejoignant pas forcément les miens et leur humour potache ne m'amusant pas plus que ça. Trop sérieux que j'avais toujours été. Focus sur notre mission. Et enfin, on arrivait.

Délivrance. Plutôt satisfait de remettre pied à terre et de descendre de la caisse. La brume se dissipant. Dévoilant à mes yeux les ruines de cette ville qui autrefois avait été si vivante. Et désolé, je regardais autour de nous. Imaginant au loin le bruit du ressac. Gêné par le claquement des portières, tout autant que par le silence redoutable qui venait lui faire écho. Tout ça n'augurait rien de bon. Sur quoi, je contournais la bagnole pour aller ouvrir le coffre et en sortir mon matériel. Ou en d'autres termes, ma lunette optique, avec son trépied et sa mire. Pour l'essentiel.

- Les mecs, je vais juste aller jeter un œil de ce côté. Je reviens. Attendez-moi, j'en n'ai pas pour long.

C'est la dernière chose que je leur ai dite, à tous les quatre. Encore persuadé à ce moment là que je pourrais revenir récupérer mes instruments d'ici quelques minutes à peine. Leur montrant d'un signe de tête dans quel sens j'avais l'intention de me diriger, enfilant mon sac à dos sur mes épaules. Pour ensuite me passer autour du cou la lanière de mon arme. Un fusil à pompe. Sans attendre leur approbation en fait pour partir. Intrigué. Prêt à mettre ma main à couper que j'avais reconnu parmi les décombres la silhouette du City Hall. Rien que des vestiges. Des morceaux de murs tenant debout par miracle, bordés d'escaliers délabrés. Comme tout le reste. Ne voyant pas l'homme qui lui me guettait et marchant à pas mesuré dans les ruelles. Sombres. Obscures. De véritables coupe-gorges. Mais confiant, j'ignorais le danger. Absorbé et fasciné par tous les secrets que contenaient ces témoignages du passé. Mes doigts frôlant la pierre froide. Oubliant où je me trouvais et dans quelles circonstances je menais mes recherches.

Des circonstances toujours plus précaires. Et pouvant varier d'une seconde à l'autre. Quitte à laisser une marge un peu trop importante à l'imprévu. La preuve. Puisque derrière moi, quelqu'un s'amusait à briser une vitre. Me faisant sursauter et m'obligeant à me retourner. Dans un volte-face frénétique, Les mains agrippées à mon arme et tenant à présent en joug celui qui se tenait debout devant moi. Callan…

Callan de Rhénanie en personne. Un homme dont je me serais méfié comme de mon pire ennemi à une époque, mais qui à l'instant procurait en moi un tel sentiment de soulagement que j'en baissais mon fusil à pompe. Inconscient. Le laissant avancer sans envisager qu'il puisse m'être hostile. Après tout, on appartenait à la même race. Un traité avait été signé. Et naïvement, je ne concevais pas qu'un quelconque vampire de l'île prenne la liberté d'enfreindre toutes les règles de civilités en ne respectant pas la coalition. Ce qui fait que je n'ai pas reculé. Juste rassuré. Quoique surpris de le croiser dans un endroit pareil. Loin de son Sire. Ce qui bien sûr, me poussait à les associer.

- Est-ce que Léandre sait que tu es là ? Il va tellement mal… ça lui ferait du bien de te voir.

Amicalement, je posais donc ma main sur son bras. Les temps avaient changé. River Crow n'était plus et nous étions tous des hommes nouveaux. Aussi j'estimais que chacun d'entre-nous avait droit à une seconde chance.

- Viens avec moi, on a une voiture. On pourra te ramener à Belfast si tu veux, mais faut pas rester ici…

Non. Il ne fallait pas. Par conséquent, je sortais de la poche de ma veste un téléphone. Un appareil uniquement conçu pour nous permettre de communiquer entre-nous. Avec dans l'idée de prévenir les autres. Soucieux de les informer. Sans compter qu'ils devaient commencer à s'inquiéter de ne pas me voir revenir. Parce-qu'en principe, j'aurais déjà dû finir de faire le tour du bâtiment et réapparaître dans leur champ de vision...



True blood, Blurred love, Unspeakable Deviance
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