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Friends don't lie [Josias Ubach ]

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De la main de Eden Fowler signé le Mar 13 Fév - 19:56
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ft. Josias Ubach
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Friends don't lie
L’instant où tout bascule. Le corps est projeté à quelques mètres, l’impact avec le sol est brutale La douleur se répand comme une trainée de poudre. Son souffle est une instant coupée. Puis chaque respiration ne lui laisse l’impression de mille aiguilles chauffées à blanc, enfoncées dans ses côtés. Sa vue est brouillée par des larmes qu’elle ne sent même pas couler. Ce froid qui impose son règne. Elle fixe les étoiles qui se noient dans la fumée. Sa bouche s’entrouvre pour laisser échapper un flot de sang. Elle est tellement calme. Le monde est en ébullition autour d’elle. Les gens s’enfuient, crient et se piétinent. Par instinct de survie, ils en perdent leur empathie. Le feu tombe du ciel et brûle la terre. Je vais mourir. C’est une prise de conscience soudaine, un éclair de lucidité dans les brumes que forme mon esprit. Je l’ai souvent frôlé, j’ai dansé avec elle, au point de l’étreindre. Je sentais sa main dans mes cheveux, son souffle dans mon cou… Mais j’avais la certitude, que la faucheuse volait juste ses secondes. Par jeu. Par envie. Par impatience. Je savais qu’elle me rendrait à la vie. Même inconsciemment. Cette conviction venait peut être de Jonah… Lui et ses rêves d’Immortalité. Leur attrait prend pourtant des traits cauchemardesques quand ils viennent me trouver. Je veux mourir, enfin… j’imaginais une mort lointaine, une vie enfin sereine à des années lumières des Horreurs du Manoir. Mon jumeau maintenu loin de l’Humanité. J’aurai été heureuse. J’aurai souvent été voir Stacey et on aurait inventés des musiques jusqu’au lever du jour. Les espoirs de cet avenir réchauffent un instant mon âme, y laissant leur empreinte avant de s’embraser sous la vérité. Tant pis, ça ne change rien. Tout se brouille, tout s’assombrit. La ville se défigure d’une balafre sanguinolente. La Guerre lacère sa venimeuse beauté. L’Humanité se sauve des Monstres. Applaudissez son héroïsme.

Une chute vertigineuse. Un cri silencieux sous une douleur pourtant omniprésente. Infligés par le souvenir encore sanguinolent des crocs qui violent l’interdiction. Les murs du Manoir qui se referment sur un corps qui se brise. Les pleurs qui se perdent sous leurs rires gras. Leurs mains qui glissent, conquérantes et concupiscentes. L’indifférence d’un jumeau qui s’instruit sur l’Epouvante. Le visage du démon qui lui a ouvert les portes de l’enfer. Son nom murmuré par ses lèvres tremblantes. Les abominations se matérialisent en flammes qui dévorent sa chair. Les ailes en lambeaux recouvrent un corps morcelé.

Les yeux s’ouvrent brutalement sur la clarté de la nuit. Son cœur pourrait encore battre qu’il chercherait à s’enfuir de sa cage. Si elle avait un souffle, il serait alors ailleurs. Absent le temps qu’elle reprenne ses esprits. Sa main se pose sur sa poitrine qui ne vibre plus sous la vie tandis que son regard se pose sur la place qu’elle sait inoccupé. Si son sommeil se teinte de tourment c’est qu’il ne la serre pas dans ses bras. C’est qu’il n’est pas là. Elle prend son oreiller pour se rassurer de son odeur, ses paupières se refermant quelques secondes. Quand il n’est pas là, quand il affronte les dangers qui la terrent ici, il lui manque. Cruellement. Eden secoue la tête, se forçant à se redresser. Elle n’est plus une Enfant. Et si elle veut le prouver à son Sire, il faut qu’elle se comporte comme une adulte. Elle quitte ensuite le lit, posant ses pieds sur le sol. Des vêtements l’attendent sur une chaise. Soigneusement choisit sans doute. Elle lève  les yeux au ciel comme à chaque fois qu’il s’y prête mais sourit en enfilant la robe noire. Le tissu dessine ses courbes jusqu’à ses jambes qu’il laisse entrevoir à chaque pas, découvre ses épaules et relève le feu de ses cheveux qui y retombent en boucles indisciplinés. Josias a plus de goût qu’elle. Elle, se soucie si peu de son apparence.

Elle laisse ses cauchemars dans la chambre du Vampire. Elle a la sienne, mais finit toujours par s’endormir contre lui, nez dans son cou. Ces moments de complicité sont chères aux yeux d’Eden. Précieux trésors qu’elle protège dans un coin de son esprit, comme si Jonah pouvait encore les souiller. Elle délaisse son repas, répugnant à se nourrir de ce que son Sire ramène chaque fois qu’il s’absente. Elle sait pourtant qu’elle n’y échappera pas. Il insistera quand il rentrera et elle finira par céder. Encore. Malgré le dégoût, malgré tout ce que cette nature de prédateur lui inspire. Elle soupire par habitude et attrape un livre dans la bibliothèque pour s’installer dans son fauteuil près de la fenêtre. Une heure, peut être deux, avant que son regard ne dérive sur le jardin. Même pour l’entretenir, Josias ne la laisse pas sortir. Il lui parle des Dangers qui n’attendent que sa fragilité pour se montrer. Des Hommes, des démons qui les traquent. De tous ses monstres qui guettent l’instant propice pour attaquer. Elle sortira. Il le lui a promis, mais pas maintenant. Plus tard. Quand elle sera forte. Quand les années auront aiguisés ses armes nouvelles. Elle n’ose pas lui dire qu’elle ne tiendra pas si longtemps. Qu’être si proche des Landes qu’elle fantasmait au manoir, la torture. Ça la détruit à petit feu, elle l’éprise des Terres d’Irlande et de ses secrets que seuls les enfants peuvent entrevoir. Dans le fil de l’Imaginaire.

Elle s’est levé sans s’en rendre compte, devant la porte de l’entrée… C’est pourtant consciemment qu’elle ouvre, refermant les yeux sur le vent qui s’engouffre alors. Elle l’imagine frais. De cette bourrasque nait son sourire. Et cette instinct qui s’apparent à la survie de ce qu’elle est. Elle doit sortir. C’est au-delà de la raison. Au-delà de l’envie. C’est inscrit dans sa chair, ça coule dans ses veines, animant chacun de ses gestes, hante en spectre violent chacune de ses pensées. Elle en tremble, son regard suspendu aux étoiles. La Nuit chante son nom. Sous la lune, résonne la mélodie qui l’appelle. Elle a appris à jouer parfaitement du Contrôle. A s’imposer une volonté sans faille. S’interdisant la moindre faute à une époque où sa Vie en dépendant. Mais alors que son pied nu foule l’herbe qui dévore jusqu’au chemin de dalle, elle oublie la leçon. Elle court. Vite. Loin. Sans destination précise, assouvissant alors sa soif la plus grande. Celle de liberté. Elle est sœur d’Artémis et sous les astres, elle se fait sa protectrice. Elle rit, elle danse avant de tourner sur elle-même, jouissant d’un instant d’insouciance que seule l’Innocence permet encore. Elle gonfle ses poumons morts d’une profonde inspiration, prenant pleinement conscience des parfums du monde. La Mélodie universelle qui l’agite de Vie. Elle se laisse retomber au sol, pose son regard azur sur la voûte céleste. Elle vole cette Nuit. Elle l’a fait sienne. Elle se fait sienne. Il lui pardonnera. Eden prend conscience qu’aucun Mal obscur n’est venu l’assaillir aussitôt qu’elle songe à Josias. La curiosité flirte dans son esprit. Qu’elle est faible devant ses attraits. Elle cède s’y facilement aux questions, imaginant déjà les réponses. Josias lui a décrit l’Apocalypse. Elle frémit devant son Image. C’est ce qui la pousse à retourner vers les Villes. Vers la Maison. Malgré la peur, elle veut savoir. Elle ne veut plus imaginer, elle est souvent plus douée que la Réalité à ce jeu.

Le Mensonge se brise quand elle constate que la Guerre est finie.

Les cicatrices sont encore béantes et suintantes. La paix ne tient qu’à un fil. Elle sent la tension animé l’air. Elle entend l’effroi faire battre les cœurs. Touche du bout des doigts la rage des opprimés. Goûte à leur amertume. Tout ça est bien réel. Mais les Vérités de Josias, non. Perché sur un toit de la Ville, elle observe son Imposture s'écrouler. L’incompréhension qui en découle noie alors sa conscience dans un océan sans fond. Pourquoi avoir peint la Réalité d’une Horreur encore bien plus grande que l’œuvre original ? Combien de fois y a-t-elle vu le corps de Stacey ? Pourquoi lui avoir interdit de sortir si la faucheuse ne l’attendait pas sur le Seuil ? Elle se recule des lueurs blafardes qui éclaire l’obscurité de sa trahison. Eden pense à partir. A le fuir, lui qui a pris sa Mort sans consentement. Dans la douleur et le désespoir. Lui qui la enfermé tout comme les Autres. Elle se révolte de cette angoisse qui naît de cette idée. Mais ce n’est pas ça qui la pousse finalement à rentrer. Ni même le Soleil qui va se lever et chasser son Royaume. Elle songe même un instant à le laisser enflammer sa chair. Non pas pour se consumer, mais pour en ressentir de nouveau la douce chaleur. Ce qui la pousse à rejoindre son Sire, c’est l’explication qu’il lui donnera. C’est de celle-ci et seulement de celle-ci, que dépendra son départ.  
 
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