The Island of the damned est un forum post Apocalyptique rassemblant un grand nombre de créatures surnaturelles.
 

Partagez | 

 So far Feat. Ezechiel Alberteich

Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 95
Points RP : 54
Date d'inscription : 07/02/2018


So far

Ezechiel Albeirteich




Demain, il me faudrait repartir sur les routes. En raid. Avec d'autres. Demain, je n'aurais pas la garantie de pouvoir rentrer sain et sauf. Mais subitement, demain me paraissait être à une éternité de nous

Et au milieu de ce foutoir, j'ai cru me rappeler que toutes ces conneries à propos de demain et puis de l'éternité aussi, ne m'avaient que très vaguement traversé l'esprit après que je me sois allongé contre mon frère. Juste avant que tout ne s'évapore. À peine quelques heures plus tôt en fait, durant ce court laps de temps qui séparait encore hier d'aujourd'hui. Mais voilà, l'aube finissait toujours par venir chasser les ombres de la nuit.

Ensuite, tout ne ressemblait plus qu'à un trou béant. Les minutes s'égrenant trop rapidement, jusqu'à faire imploser mon cœur. Provoquant alors une supernova prête à aspirer le moindre faisceau de lumière qui aurait eu le malheur de se trouver dans  son rayonnement. Ne m'en laissant que plus seul et plus perdu, tellement peu sûr de moi. Aussi, comment ne pas me sentir plier et lentement disparaître sous l'avancé de cette obscurité qui à chaque nouveau jour gagnait davantage de terrain ? Voilà sans doute pourquoi j'avais accepté de prendre part à cette expédition suicide. En partance pour Dublin. Ou le purgatoire, ville de désolation et de ruines.

Enfin, Ce n'est pas tout à fait vrai. Dire “accepter” me paraissait être un bien grand mot. Puisque pour être honnête, je me contentais surtout de suivre le mouvement. Comme d'habitude. Même si j'avais toute mon utilité. Pas que je sois devenu un combattant aguerri, pas vraiment en tout cas. Seulement on avait toujours besoin de quelqu'un qui sache un minimum réfléchir et garder son sang froid. Même dans les pires situations, et même si j'avais déconné. Me mettant sciemment en danger. Pour Kyle. Parce-que vivre sans lui m'était insupportable et que j'en crevais. À petit feu. Mais bon, le passé ne comptait plus. Il vivait. Je l'aimais et j'en souffrais. Moi. Le frère incestueux. Par chance, j'avais un ami de confiance. Un pote qui lui ne me trouvait pas dégueulasse.

Zick. Qui ne jugeait pas. Et c'est sûrement pour ça que j'étais là. Assis sur une chaise de l'infirmerie. Les lanières de mon sac à dos dans les mains. Le sac en question traînant négligemment par terre, pris entre mes jambes. Les yeux allant de la pharmacie à la porte. Va-et-vient incessant. Tout en espérant qu'il ne tarderait plus à arriver.

Après, j'en sais rien. Peut-être que des fois je lui en demandais trop. J'avais tellement peur de l'envahir. Gêné. Puis conscient qu'il avait déjà suffisamment de problèmes à gérer de son côté. Murphy. Elijiah. Ce qu'il ressentait pour l'un et la crainte que l'autre lui inspirait. Mais malgré tout ça, j'avais besoin de lui parler avant de partir. Comme un rituel. Une espèce de porte-bonheur indispensable. Pour me rassurer. Afin de lui demander conseil et aussi, d'obtenir son approbation. Qu'il soit plus jeune, je m'en moquais. Il m'avait vu dans mes pires périodes. Il m'avait connu défoncé. Il m'avait vu et mis à nu, me prenant tel que j'étais. Alors si j'arrivais à lui rendre ne serait-ce qu'un quart de tout ce qu'il m'avait donné, j'en serais heureux. Bref. Il me semblait avoir entendu ses pas et reconnu sa façon de marcher. De se mouvoir et de se déplacer. Du coup, je me suis redressé. Aux aguets. Souriant. Me demandant comment il réagirait à la nouvelle. Pas certain qu'il apprécie l'idée que je puisse m'aventurer  sur un territoire où Léviathans, polymorphes et autres créatures se promenaient en liberté. Quoique. On ne se devait rien. J'étais trop sentimental. Trop à vif émotionnellement. Et parallèlement trop en retrait. Aucun rapport avec le fait que j'allais bientôt devoir y aller.

Bien sûr, j'avais épargné à Kyle les détails sordides. Lui jurant que je ne craignais rien et passant sous silence ce très mauvais pressentiment qui me tordait le ventre. Puis on partait à cinq. Je serais entouré, protégé. Un argument qui en valait un autre. J'étais l'aîné. Le fils responsable. Il n'avait donc aucune raison valable de douter de ma parole. Sur quoi, je me penchais pour essayer d'apercevoir Zick. Des mèches brunes retombant sur mon visage, quitte à le manger et à le dévorer de moitié. Une image qui me plaisait. Une image dont j'abusais.

De là, mon regard déviait à nouveau sur cette foutue pharmacie. Sevré, mais pas immunisé face à la tentation. Tel un rappel de ce que j'éprouvais au quotidien. Comme un malaise latent. Le sourire étirant mes lèvres cédant sa place à une grimace de dépit. Lutter. Ne pas chuter. Kyle m'était revenu. On me l'avait rendu. Et si je m'apprêtais à le quitter, c'était uniquement parce-que je l'avais décidé. Une décision qui s'annonçait lourde de conséquence. Mais qui vivrait, verrait. Il paraît. Déconnecté, j'en oubliais alors Ezechiel. Furtivement. Hypnotisé. Le sang battant à présent mes tempes. Lèvres entrouvertes. Fatigué de devoir assumer mes actes. Le frère si parfait se parjurait, et voilà que tout foutait le camp. Sans le vouloir, je triturais les lanières de mon sac. Et ça me bousillait les doigts. Sauf que j'arrivais plus à m'arrêter, mes gestes trahissant mon trop plein de nervosité. L'enfant calme que j'étais autrefois et l'homme posé que tout le monde connaissait ne faisant plus grande illusion.

- Je te dérange pas au moins ?

Je te dérange pas…c'est à peu près tout ce que je me suis entendu dire lorsque la porte s'est enfin ouverte...au moins...et qu'il est entré. Me recalant immédiatement sur l'instant T...




True blood, Blurred love, Unspeakable Deviance
Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 69
Points RP : 138
Date d'inscription : 20/06/2017

The plan was to drink until the pain is over
- Ezechiel Albeirteich & Kieran McIntyre -




Les nuits à Belfast ne se ressemblaient jamais. Pas une n’était semblable à celle qui s’était passée avant. La veille. Ce n’était jamais les mêmes gestes, on ne croisait jamais les mêmes personnes. Des fois la nuit était calme. D’autre fois, comme ce soir, c’était tout simplement l’hécatombe le plus total. Emmitouflé dans ma combinaison anti bactérienne, les mains gantées, j’étais là, penché sur la troisième patiente que j’étais tout simplement en train de perdre. La rassurant de ma voix, essayant de lui dire que ça allait aller, alors que je savais qu’elle ne se réveillerait plus jamais. La fixant à travers la vitre plastique de mon casque. J’avais l’air malin, je ne risquais rien. Seul un trou dans ma combinaison pourrait m’être fatal mais le matériel était vérifié à chaque fois que l’on entré dans cette zone. Celle des grands malades. Celles, de ces vampires en fin de vie. J’avais beau me dire que j’avais fait mon possible, chaque perte devenait insupportable. Ces gens, j’avais essayé de les sauver. De les soulager. Mais en vain. Je me sentais impuissant, littéralement. Sachant pertinemment que tant que Jayden et Killian n’avait pas trouvé de remède nous, notre seul boulot s’arrêtait à soulager les patients et tenter de les maintenir en vie le plus longtemps possible. Ca me fatiguait. Mais je me confortais en me disant que sans moi leurs derniers jours auraient été bien pire. Alors certes, ils ne se relèveraient pas. Certes, ils étaient tous en train de mourir, mais au moins, il ne mourrait pas seul. Et ça, je savais que c’était un luxe qui n’était pas offert à tout le monde. Personnellement, je ne l’avais pas eu ce luxe. J’aurais dû mourir, et si ça avait été le cas. Si Elijiah m’avait écouté. Oui, je serais mort, sans doute bien plus seul que je ne le pensais.

Sortant de la salle, c’était à la différence des nuits, toujours le même système. Un rituel de grande importance. Passer en zone de décontamination, se déshabiller dans la plus grande des prudences, prendre une douche, se frotter à base de formule hydro alcoolique, et ensuite, s’habiller, se laver les mains, encore, pendant trois minutes, un vrai travail de chirurgiens. Et après c’était la délivrance. Souvent l’heure de la bière. Souvent le moment pour moi de retrouver Nick au bar ou dans notre piaule pour oublier la nuit pourave que l’on avait mutuellement passé. Mais ce soir, le boulot m’appelait. Encore. Je savais que les gars partaient en raids et je me devais de dresser une liste de médicaments dont j’avais besoin. Dans les couloirs je me suis allumé une clope, attrapant mon portable dans ma poche pour envoyer le message habituel à Nick pour le rassurer. Lui dire que j’étais sorti saint et sauf de ce nouvel enfer qu’était devenu le mien. Trois, c’était le nombre de patient que j’avais perdu ce soir, et ce n’était jamais facile. J’avoue que parfois j’avais songé à rendre mon tablier. A partir, loin de ce monde. Prendre Nick avec moi et nous réfugier je ne sais où, dans un endroit où on serait tranquille, où on aurait la paix. L’Irlande avait beau être devenue une prison, ça restait un pays, et un pays, c’était grand. Mais je revenais toujours à la réalité. Ces gens ils avaient besoin de moi. De nous. Parce que cette liste que j’allais dresser ce soir, c’était à Nick que je la tendrais en rentrant. Se serait à son tour de prendre des risques. Et ce serait à mon tour, de m’inquiéter pour lui. C’était ça, notre quotidien. Ca, notre vie maintenant. Tenter de sauver des vies au détriment de la nôtre. Que de générosité.

Alors oui, c’était normal d’avoir des coups de bambou. De se sentir parfois démunis face à tout ça. C’était tout simplement normal d’en avoir marre. Enfin je pense. Je crois. Non, j’en suis certain. Rangeant mon téléphone dans ma poche, j’ai poussé la porte de l’infirmerie, écrasant ma clope dans le cendrier à l’entrée. Ce geste, ça aussi c’était une habitude. Sur le moment je crois que je n’ai même pas remarqué ta présence. J’ai attrapé le calepin dans l’entrée, l’ouvrant sans regarder en direction du bureau, prenant la direction de l’armoire. Je voulais juste en finir, je voulais juste rentrer me détendre. La nuit avait été affreuse. Mais tu as parlé, et c’est là que j’ai réagis que tu étais là. Griffonnant un truc sur le papier en ouvrant l’armoire à l’aide de l’unique clé que je gardais toujours sur moi. Si tu me dérangeais ? Jamais. Tu faisais partis de ces gens qui pouvait venir me voir quand ils voulaient. J’ai refermé mon calepin, le laissant trainant sur l’armoire à pharmacie avant de venir vers toi. Si tu étais là c’est que tu en avais besoin je me trompe ? Ne me dis pas de connerie Kieran, après tout ce qu’on avait traversé toi et moi autant dire qu’on se connaissais très bien. Je savais lire en toi comme dans un livre ouvert et te voir triturer les lanières de ton sac comme tu le faisais me laissait entendre que t’avais tout un tas de trucs dans ta caboche. T’avais besoin de parler. Ton sac, je l’ai attrapé d’ailleurs. Arrêtes c’était stressant. Je l’ai balancé dans un coin te libérant les mains avant de pousser ta chaise pour accéder au tiroir de mon bureau, attrapant une bouteille de whisky. Object indispensable dans cet endroit tu me diras. Je nous ai servis deux verres bien remplis, sans doute un peu trop, avant de m’assoir à même le bureau, là, en face de toi.

« Depuis quand Kieran McIntyre me dérangerait ? Arrêtes d’être con putain, je suis toujours content de te voir et tu le sais. Qu’est-ce qui t’amènes ? »

Qu’est-ce que tu venais faire ici ? Là, à l’infirmerie ? Tu aurais très bien pu venir boire une bière à l’appart’ ce soir, mais non, tu avais choisi de venir ici. J’ai trinqué avec toi, faisant claquer nos verres dans un bruit de faux Crystal. Je savais que tu partais en Raid toi aussi demain. Que tu allais vers Dublin, faire je ne sais trop quoi. Laisser ton frère c’était jamais simple pour toi et ça te faisait toujours flipper. Ca, je le savais aussi. Tu vois mon pote, je te connais. Et pas seulement après avoir fait des galipettes avec toi. Je repense à ces moments qu’on avait passés ensemble. Toi souffrant de l’absence de Kyle et moi… De l’abandon, trahison, perte d’Elijiah. On s’est raccroché mutuellement l’un a l’autre, comme a des bouées de sauvetage, et lentement, on a fini par sortir la tête de l’eau. Toi m’aidant à retourner vers la lumière. C’est en partie grâce à toi que j’ai arrêté de me planquer derrière des tonnes de maquillages noir. Et toi, essayant de revivre. Un an à s’entre aider. Et puis, moi j’ai rencontré Nick et toi, tu as retrouvé ton frère. Tout semblait rentré dans l’ordre, mais toi et moi on n’avait jamais vraiment cessé de se retrouver autour d’une bière ou d’un verre. Parfois je venais chez toi, d’autre fois c’était toi qui venait. C’est marrant quand on repense qu’à la fondation c’était à peine si on se calculait. Mais je crois que la guerre, tu vois, ça créer des liens. Je crois que ça aide à voir les choses différemment. J’ai vidé mon verre cul sec, le remplissant encore une fois,

« Puis arrête de lorgner sur cette armoire, tu sais très bien que je suis le seul a avoir les clés et crois-moi, t’es pas près de les avoir. Aller dis-moi tout. »

Parles, racontes-moi. Je t’écoutais, comme à chaque fois. Comme toujours, j’étais là, pour toi, comme cette espèce de béquille que j’avais été à une époque. On avait tous nos cotas d’emmerdes tu sais, mais on n’avait pas d’oreilles pour nous entendre on serait drôlement dans la merde. Tu peux me croire.



©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach


I'LL SING IT ONE LAST TIME FOR YOU. THEN WE REALLY HAVE TO GO. YOU'VE BEEN THE ONLY THING THAT'S RIGHT IN ALL I'VE DONE. AND I CAN BARELY LOOK AT YOU. BUT EVERY SINGLE TIME I DO I KNOW WE'LL MAKE IT ANYWHERE. AWAY FROM HERE. LIGHT UP AS IF YOU HAVE A CHOISE. EVEN IF YOU CANNOT HEAR MY VOICE I'LL BE RIGHT BESIDE YOU DEAR
Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 95
Points RP : 54
Date d'inscription : 07/02/2018


So far

Ezechiel Albeirteich




C'est bête. Mais le premier truc qui m'est passé par la tête quand Zick est entré dans la pièce, c'est ça : “Je te dérange pas au moins ?” Ce à quoi il m'a gentiment répondu que non.  Et je l'ai cru. Tout simplement.

Même si sur le coup, je m'en suis un peu voulu. Parce-qu'il devait vraiment être absorbé par son travail pour ne pas me remarquer. Alors que j'étais assis juste là. Sur une chaise. Posé devant le bureau, les yeux et toute mon attention se focalisant désormais sur l'armoire ouverte. Les lanières de mon sac me coupant les doigts. Culpabilisant.

Pourquoi ça continuait ? Ce besoin d'avaler tous les médicaments qui me passaient à porté de main. Et lui, il avait l'air si courageux. Affronter la maladie, la mort, accompagner ses patients jusqu'à la fin. À sa place, je sais pas trop si j'en aurais été capable. Déjà que les gars avec lesquels je m'apprêtais à partir tiraient la gueule. Ce que je comprenais parfaitement. Après tout, je les avais foutu dans la merde plus de fois que je ne saurais les compter.

Que j'ai mes raisons ou pas ne justifiait en rien le fait que je les avais tous mis dans des situations merdiques. Et ce, à plusieurs reprises. Parce-qu'à chaque fois qu'on partait, je me démerdais pour baliser moi-même nos trajets. Détournant ainsi des convois entiers. Avec pour objectif de retrouver mon frère. Indifférent au reste.  Quitte à les conduire en pleine zone de non-droit, ou à les perdre au milieu de nulle part. Pour lui, j'étais prêt à tout. Même à l'impossible. Même à risquer d'autres vies que la mienne. Même à me droguer pour avoir moins peur, et arriver à survivre. Une survie ayant engendré des actes que je peinais encore à me pardonner. Tuer. Faire des choix. Et pas toujours les bons d'ailleurs. Parfois sous la contrainte, d'autres fois librement. Ça aurait été si facile pourtant de me laisser mourir.

Enfin, je crois. Rien n'est moins sûr en fait. Si seulement il n'y avait pas eu ce doute. Cet espoir. Celui de me dire que peut-être, un pauvre peut-être de rien du tout, que peut-être quelque part, Kyle vivait. Après tout, je n'avais pas vu son corps. Je n'avais pas pu le serrer contre moi, ni en faire le deuil. Alors lui dire adieu dans ces conditions là, m'avait paru impossible. Voilà pourquoi j'étais parti en raid la première fois. Pas pour la bonne cause. Mais pour lui. Pour nous. Il fallait qu'il le sache. Je devais le lui dire, pour qu'il arrête de croire que je l'avais oublié.

Chose faite. Ce matin, au saut du lit. Un lit dans lequel il m'avait trouvé à son réveil. Et ça me perturbait. De sorte, que j'en étais de plus en plus persuadé. Ça me ferait du bien de partir loin, si loin de lui.

- J'en voudrais pas de toute façon. Des clefs je veux dire…

Ça, c'est le deuxième truc que je lui ai dit. Non, j'en voudrais pas. Sur quoi, j'ai vidé mon verre cul-sec. Les paupières fendues et grimaçant légèrement. Un verre qu'Ezechiel m'a servi après avoir laissé traîner son calepin sur l'armoire grande ouverte. Une armoire qui murmurait et m'appelait par mon prénom.

Le tout avant de rouvrir les yeux et d'à nouveau sourire. Il voyait toujours clair en moi. Et là, j'avais juste envie de me lever pour venir me blottir dans ses bras. Amicalement bien sûr. L'amour, le vrai, le seul, le plus pur qui puisse exister, c'est à mon frère que je le réservais. Une pensée qui formait aussitôt une boule dans ma gorge. Ce matin,j'avais encore fait n'importe quoi. Depuis un an, je sais pas. Je me sentais glisser, m'enfoncer de plus en plus profondément dans ces sentiments contre nature qui m'habitaient. Donc oui, si j'étais ici, assis sur cette chaise que Zick avait poussé pour accéder à son bureau et à laquelle mes doigts s'étaient agrippés, c'est qu'il y avait une raison.

- Je l'ai fait… ce matin. Je l'ai fait. Et dans son sommeil, c'est mon prénom qu'il a murmuré…

J'avais conscience de ne pas être très lucide et de tenir des propos complètement désorganisés. Tout en tenant dans ma main le verre désormais vide. Puisqu'en entrant dans la pièce, Zick m'avait arraché mon sac pour le balancer plus loin. Loin… si loin…

- Mais je crois qu'il l'a pas bien pris, parce-qu'il a commencé à me poser des questions… c'est bien trop dur… j'y arrive plus… est-ce que ça t'arrive aussi d'avoir envie de partir ? Ailleurs… tu pourrais le faire ? Partir avec Nick et laissé derrière toi Elijiah ? Tu pourrais faire ça tu crois…

Comme si je devinais. Au fond, on était pas si différent. Décousu, et suivant notre fil conducteur. Au moins jusqu'à ce matin. Mais voilà, ce matin Kyle avait pris ma main. Et ce soir, j'allais partir avec l'impression que je ne le reverrais plus jamais. Sans trop savoir pourquoi. C'était juste bizarre.

- Moi je crois pas. Pas sans Kyle… tu t'occuperas de lui s'il m'arrive quelque chose ? Promets-le moi.

Qu'il me le promette. Comme moi je promettais d'être là pour Nick. Sur quoi, j'attrapais à mon tour la bouteille pour me resservir. Décidément, je parlais trop aujourd'hui. Trop de confidences, trop d'aveux douloureux...




True blood, Blurred love, Unspeakable Deviance
Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 69
Points RP : 138
Date d'inscription : 20/06/2017

The plan was to drink until the pain is over
- Ezechiel Albeirteich & Kieran McIntyre -




Tu te posais trop de questions Kieran. Vraiment. Tu te prenais la tête alors que je pense que y’avait pas lieu de le faire. Dixit le mec qui n’arrêtait pas de se poser des questions depuis des années. Peut-être même depuis toujours. Mais moi, c’était autre chose. Toi tu avais toujours tout eu devant les yeux et ça crevait les yeux, Kyle tenait à toi autant que toi tu tenais à lui. Mais je connaissais l’ampleur de tes sentiments pour lui, et franchement, je ne t’avais pas jugé. T’aillant tout simplement répondu un « en même temps il est canon ton frère. » après t’avoir ébouriffé les cheveux. Cette soirée je m’en souviens comme si c’était hier. C’était celle où tu m’avais tout dit. On s’était envoyé en l’air, et je ne sais pas, t’avais parlé. Beaucoup. Et très franchement je n’avais pas trouvé ça si bizarre que ça. A y repenser, vous aviez toujours été ensemble, depuis tout petits. Et je pense que c’était simplement normal d’avoir déclenché une sorte de sentiment indestructible. Mais après tout, j’étais peut-être tordu, j’en sais trop rien. Cela dit je voyais bien que tu étais perturbé. Ton discours été complétement décousu, pas logique, et pour tout avouer je ne comprenais pas un seul mot de ce que tu me déblatérais. Tu l’avais fait. Quoi ? Lui dire que tu l’aimais ? Franchement Kieran je ne te suivais pas là. Je t’ai simplement écouté, m’allumant une clope, mon verre dans l’autre main. Te poser des questions, en même temps, c’était normal non ? Vous viviez sous le même toit et toi tu lui cachais tellement de truc. Tu crois très franchement qu’il est si con que ça Kyle ? Moi je pense qu’il n’est pas si aveugle que ça, mais ça, ça n’engage que moi. Après tout ton frère je ne le connais pas si bien que ça.

Puis tu as posé la question. Celle qu’il ne fallait sans doute pas poser. Est-ce que je partirais loin d’ici, en laissant Elijiah derrière moi ? Très franchement, j’en sais rien. C’était un peu plus compliqué que ça, et je pense que ça, tu le savais. Elijiah. Je lui en voulais tellement si tu savais. Mais le sujet était sensible. Lui il ne comprenait pas. Il pensait que je me plaignais, que j’aimais garder cette image de victime, mais m’avait-il seulement compris une seule fois dans toute notre histoire ? Avait-il seulement eu conscience de ce que cette nuit avait représenté pour moi ? Du travail que j’avais dû faire, cette introspection rapide à laquelle j’avais été confronté pour trouver la force, le courage, de me dénuder devant lui. Cette nuit dans le parc, cette promesse silencieuse que je me donnais à lui. Cette confiance aveugle que je lui avais accordée. Je lui avais tout donné. Sans réfléchir. Intégralement. Parce que je l’aimais. Je l’aimais sans doute autant que toi tu aimais ton frère. Et la seule récompense à laquelle j’ai eu droit, c’était quoi ? Ses mensonges. Ses trahisons. Ses tromperies. Tu tromperais ton frère toi Kieran ? Parce que moi Elijiah, je ne l’avais jamais trompé. Enfin… Pas quand j’étais humain. Et très franchement, je crois que je ne tromperais jamais plus Nicky. Mais lui. Lui il l’avait fait. Lui m’avait privé de tout, même de mon libre arbitre, de mon droit de mourir, tout ça pour quoi ? Pour au final ne pas assumer, et se tirer la queue entre les jambes. Et après il refuse de comprendre pourquoi je lui en veux. Tu ne trouves pas ça hypocrite franchement ? Moi si. C’était plus fort que moi.

Furtivement, j’ai baissé la tête, laissant une mèche de cheveux retomber sur mon visage. Je les avais attachés en un vulgaire chignon histoire de ne pas être embêter. Mais ta question, elle a eu une drôle de réaction en moi. Tirant sur ma clope après avoir bu une gorgée de whisky, je t’ai écouté jusqu’au bout. Protéger ton frère ? Bien sûre que je le ferais, mais je n’aurais pas à le faire parce que tu reviendras. Arrête d’être con je t’ai dit. Franchement Kieran, qu’est-ce qu’il t’arrive ? Ton frère il était revenu, il était en pleine santé, il ne t’en voulait même pas, il vivait avec toi, et toi, tout ce que tu trouvais à faire c’était de te poser des questions. J’ai vidé mon verre, cul sec, pour me le resservir. T’avais une vie presque parfaite, et toi tu te prenais la tête parce que t’aimais ton frère de façon complétement démesuré ? Sérieux mon pote, réveilles-toi. Kyle n’avait pas l’intention de claquer si tu voulais mon avis. On avait souffert tous les deux. Vraiment de trop. Mais tu ne penses pas qu’il était grand temps de passer à autre chose ? Grand temps de remonter en selle et d’arrêter de vivre dans le passé ? D’arrêter de vivre avec nos démons ? Toi tu devrais dire ce que tu ressens à ton frère, et moi ? Moi je devrais arrêter de me torturer. Je devrais j’en sais rien. Tournée cette page. Alors j’allais tout simplement répondre à ta question, mais laisses moi vider un autre verre avant. Pare que dire les choses c’était facile. Mais les faire ? C’était ça le plus problématique. Prendre ses couilles en main, aller de l’avant et surtout, aller au bout des choses. Pourtant on n’avait pas le choix. Si on voulait arrêter de se prendre la tête, y’avait vraiment que ça à faire. J’ai gonflé les joues, comme pour me convaincre que j’allais moi aussi le faire. Mais ça, très franchement ? Je sais pas.

« Franchement j’y pense tous les jours. Ca nous arrive même d’en parler avec Nicky. Mais on revient toujours à la réalité. On a besoin de nous ici. Des fois je me dis qu’on doit être sacrément altruistes pour penser aux autres avant de penser à nous. Mais c’est ça qui nous retiens ici. Qui me retient ici. Pas Elijiah. Je sais même pas si j’arriverais à lui pardonner. Il comprend rien. Il est là, convaincu de n’avoir rien fait de mal. Comme si c’était moi le fautif en fait. C’est lui qui me trompe, c’est lui qui me trahis, c’est lui qui se tire, mais c’est moi le connard. Tu trouve pas ça hypocrite toi sérieux ? »

T’avais voulu savoir, t’avais demandé, alors je te répondais. Plus sincèrement que jamais. J’avais sans doute besoin d’en parler, et comme je ne pouvais pas le faire avec Nicky, c’était sur toi que j’avais jeté mon dévolu. Alors non, je ne crois pas que j’aurais le moindre scrupule à partir sans lui, loin de lui. Tout ce que je lui demandais moi c’était pas grand-chose. D’essayer de me comprendre, d’accepter ses erreurs, de les reconnaitre. Mais avec Elijiah ça partait toujours en vrille. Finalement, j’ai délaissé le verre pour attaquer la bouteille, à même le goulot, m’envoyant une bonne rasade avant de te la tendre. Regardes nous sérieux, on était beaux. Deux jeunes cons qui était là, à ressasser le passé, à radoter, alors qu’au final, le bonheur, il était là, à portée de main. Il nous suffisait de la tendre pour l’attraper, alors pourquoi on ne le faisait pas ? Pourquoi on ne faisait rien, pourquoi on restait là à se lamenter ? Sérieux, je me demande. Si seulement tout pouvait parfois être plus simple. Mais simple, c’était un mot qu’on ne connaissait pas je crois. L’homme que j’aime partirais demain risquer sa vie pour nous ramener des vivres, et au lieu d’aller profiter de lui, j’étais là, avec toi, à parler de ce qui nous tourmentais. Tu vois, au final, ça me faisait presque ironiquement rire cette situation. Je suis resté là, assis sur le bureau, écrasant ma cigarette dans le cendrier, vidant une bouteille. Je crois que j’allais rentrer saoul, mais ça, c’était pas bien grave. Silencieusement je me suis simplement promis de dire à Nick que je l’aimais avant qu’il ne parte. Parce que je sais pas, j’en avais besoin. Tout simplement. Elijiah était là, et j’avais besoin de me rassurer, mais je ne savais pas pourquoi. C’était ça le pire.

« Puis arrête d’être con je t’ai dit. C’est toi qui t’occuperas de ton frère. Tu vas partir et rentrer en pleine forme sinon je te botte le cul c’est clair ? »

Je t’ai lancé un clin d’œil complice, s’en ai suivi d’un sourire rassurant. Oui tu allais revenir, comme toujours. Et comme toujours on reprendra des verres, on boira des coups ensemble. Et on reparlera de tout ça. Croisant les jambes, j’ai encore pris une gorgée d’alcool. J’avais passé un début de soirée merdique, j’avais besoin d’évacuer, d’oublier, de penser à autre choses.

« Tu devrais le dire à ton frère. Je veux dire. Ce que tu ressens pour lui. Dis-le-lui en rentrant avant qu’il ne soit trop tard. Toi ça te libéreras et si jamais il t’arrive un truc tu ne culpabiliseras pas de ne pas lui en avoir parler. Tu reviendras Kieran, mais on sait tous les deux que c’est pas si simple dans ce monde. On se dit qu’on revient, mais au final, on n’en est jamais bien sûre. »

Non, on n’était jamais sûre de rien dans ce monde. Alors il fallait parler, dire ce que l’on avait sur le cœur. C’était tout ce qu’il y avait à faire dans ce nouveau monde, et de ça, j’en étais certain. Jamais je ne manquerais une occasion de dire à Nick que je l’aime. Tout comme au fin fond de moi, j’aimerais qu’Elijiah arrête de manquer les occasions de prendre enfin ses putains de responsabilités. Même si je sais, que c’était plus compliqué que ça…




©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach


I'LL SING IT ONE LAST TIME FOR YOU. THEN WE REALLY HAVE TO GO. YOU'VE BEEN THE ONLY THING THAT'S RIGHT IN ALL I'VE DONE. AND I CAN BARELY LOOK AT YOU. BUT EVERY SINGLE TIME I DO I KNOW WE'LL MAKE IT ANYWHERE. AWAY FROM HERE. LIGHT UP AS IF YOU HAVE A CHOISE. EVEN IF YOU CANNOT HEAR MY VOICE I'LL BE RIGHT BESIDE YOU DEAR
Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 95
Points RP : 54
Date d'inscription : 07/02/2018


So far

Ezechiel Albeirteich




Peut-être bien que mon frère avait raison au fond en disant que j'étais naïf. Mais moi, je ne pensais pas qu'un tel amour puisse s'effacer uniquement parce-qu'on le voulait. Alors c'est vrai. Sans doute que ma question avait quelque chose de déplacé. Seulement – lorsque je m'imaginais à sa place – je me voyais mal détester mon frère pour le restant de nos jours. Quand bien même m'aurait-il trompé, menti et pire encore. Après, ça ne me regardait pas. Ce qu'il y a, c'est qu'Elijiah, je le connaissais bien. C'était un ami. Et moi, j'avais couché avec l'homme qu'il aimait. Pour faire simple, c'est sa confiance que j'avais trahi. Alors maintenant que tout allait mieux, j'en sais rien. Ça me faisait culpabiliser.

Plus encore par rapport à Nick en fait. Enfin, c'était ses histoires. Sa vie. Ses choix et ses décisions. L'amitié ne justifiait pas qu'on se mêle toujours de tout. Selon moi. Pourtant là, je venais de provoquer toute une série de réactions en chaîne. En cherchant à lui faire dire certaines choses. Même s'il avait vraisemblablement envie d'en parler.  

Et déjà, je regrettais un peu. Juste un peu. Mes lèvres se pinçant tandis qu'il baissait la tête et finalement, je reposais mon verre. Celui que je venais de me resservir. N'ayant plus soif. Sans compter que rentrer ivre tous les deux ne me paraissait plus être une si bonne idée qu'au départ. Puis ça me mettait mal à l'aise de le regarder tirer sur sa clope et boire. Avec son chignon négligé et les quelques mèches de cheveux retombant devant son visage. Ses joues se gonflant et sa parole se libérant, exactement comme j'avais libéré mes émotions avec Kyle. En lui donnant accès à tous mes secrets et en le laissant enfin ressentir tout ce que j'éprouvais pour lui. Parfois, les actes valaient mieux que des mots. Ceci étant dit, je peinais à le croire quand il m'affirmait haut et fort que ce qui le retenait dans les parages, ce n'était surtout pas son Sire. Je trouvais ça un peu hypocrite sur les bords d'attribuer leur obligation de rester au fait qu'on ait besoin d'eux. Du coup, je me suis levé. Pour me rapprocher de lui et me débarrassant de la bouteille qu'il venait de me tendre, je posais les mains sur ses jambes. L'obligeant à les décroiser pour loger mon bassin entre ses cuisses.

- Non. Je trouve pas ça hypocrite de la part d'Elijiah. Pas plus que toi quand tu prétends que tu pourrais partir loin, sans lui et sans regrets. Est-ce que ça fait de moi un mauvais ami ? Toi et moi, on sait très bien comment il fonctionne. C'est pas qu'il comprend rien, c'est juste qu'il comprend pas les choses comme toi. Puis tu t'es jamais dit que sous ses faux airs de connard, il manquait peut-être de confiance en lui ? Il a toujours eu peur d'être avec toi. Et il s'est jamais senti à la hauteur de tes attentes. Alors il a fait ce qu'il sait faire le mieux, te fuir. Ça l'empêche pas de t'aimer.

D'un effleurement, je déposais un baiser sur sa joue en souriant. Et si le pardon se méritait, celui qui avait la bonté de s'en amender, s'en retrouvait grandi. Qu'on se le dise, moi aussi je m'étais très mal comporté avec mon frère. En trompant sa confiance avec la mère de son fils, en lui dictant trop souvent sa conduite, alors qu'à son corps défendant, il me hurlait que je prenais les mauvaises décisions. Quitte à le pousser au suicide.

Qu'il y réfléchisse. Qu'est-ce que je serais devenu si Kyle m'avait renié ? S'il n'avait pas voulu nous accorder à tous les deux une seconde chance : « Et je crois pas que tu le feras. Me botter le cul je veux dire, t'es un mec fidèle maintenant ! »

Voilà ce que je lui ai soufflé. Mes lèvres glissant sur sa peau bien plus qu'elles ne l'embrassaient. Pendant que je passais mes bras autour de son cou, familier. Ça lui allait tellement bien d'écraser sa clope et de boire à la bouteille. Sexy. Son clin d'œil me faisant rire. Mes yeux plantés dans les siens, me sentant proche de lui par bien des aspects. Ce n'est pas comme si je lui devais tout. Sans lui je serais mort. Sans lui, je serais resté seul. Sans lui rien de tout ça n'aurait été possible. L'infant chéri et terrible de mon ami. Qui m'avait sauvé la vie et touché comme aucun autre homme ne l'avait jamais fait avant lui. Toujours de bons conseils. Si bien que lentement, en discutant, je sentais mes idées se remettre en place.

- Je le lui ai dit Zick. Je lui ai tout dit… et je l'ai embrassé aussi. J'ai jamais eu aussi peur de ma vie je crois, sauf le jour où je l'ai cru mort sous ces décombres. Et je lui ai aussi promis que ce serait mon dernier voyage…

J'avais promis. Sans savoir que j'aurais simplement dû l'écouter tout court et ne pas partir pour Dublin. Il n'empêche que mes affaires étaient prêtes. Qu'il ne me restait plus qu'à prendre la route et qu'avec une boite ou deux d’anxiolytiques dans les poches, ce serait un peu plus rassurant. Mais sa réponse, je la connaissais déjà. Puis Kyle gueulerait s'il apprenait que je venais lui quémander des médocs. En même temps, on était pas obligé de lui dire.

- Dis, t'aurais pas quelque chose pour moi ? Tu sais. Pour m'aider à décompresser.

Je voulais même pas savoir de quoi j'avais l'air. Collé contre lui, à essayer de le soudoyer. Songeant que ce frère jumeau que je m'apprêtais à abandonner malgré ses suppliques et ses demandes, aurait certainement honte de moi...



True blood, Blurred love, Unspeakable Deviance
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

Revenir en haut Aller en bas
So far Feat. Ezechiel Alberteich
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» PV de Roxane || Chloé R. Evans ( feat Kristen Bell ) pris
» Just the same //feat Matt'//
» Ne t'inquiète pas, je serai toujours la pour toi. - Feat Femme Sianouille
» Kang Chang Min feat. Yong Jun Hyung
» Words drifting in the wind ... (feat. Rafael Alvarez)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Island Of the Damned ::  :: Belfast :: Le Château-
Sauter vers: