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 So far Feat. Ezechiel Alberteich

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So far

Ezechiel Albeirteich




Demain, il me faudrait repartir sur les routes. En raid. Avec d'autres. Demain, je n'aurais pas la garantie de pouvoir rentrer sain et sauf. Mais subitement, demain me paraissait être à une éternité de nous

Et au milieu de ce foutoir, j'ai cru me rappeler que toutes ces conneries à propos de demain et puis de l'éternité aussi, ne m'avaient que très vaguement traversé l'esprit après que je me sois allongé contre mon frère. Juste avant que tout ne s'évapore. À peine quelques heures plus tôt en fait, durant ce court laps de temps qui séparait encore hier d'aujourd'hui. Mais voilà, l'aube finissait toujours par venir chasser les ombres de la nuit.

Ensuite, tout ne ressemblait plus qu'à un trou béant. Les minutes s'égrenant trop rapidement, jusqu'à faire imploser mon cœur. Provoquant alors une supernova prête à aspirer le moindre faisceau de lumière qui aurait eu le malheur de se trouver dans  son rayonnement. Ne m'en laissant que plus seul et plus perdu, tellement peu sûr de moi. Aussi, comment ne pas me sentir plier et lentement disparaître sous l'avancé de cette obscurité qui à chaque nouveau jour gagnait davantage de terrain ? Voilà sans doute pourquoi j'avais accepté de prendre part à cette expédition suicide. En partance pour Dublin. Ou le purgatoire, ville de désolation et de ruines.

Enfin, Ce n'est pas tout à fait vrai. Dire “accepter” me paraissait être un bien grand mot. Puisque pour être honnête, je me contentais surtout de suivre le mouvement. Comme d'habitude. Même si j'avais toute mon utilité. Pas que je sois devenu un combattant aguerri, pas vraiment en tout cas. Seulement on avait toujours besoin de quelqu'un qui sache un minimum réfléchir et garder son sang froid. Même dans les pires situations, et même si j'avais déconné. Me mettant sciemment en danger. Pour Kyle. Parce-que vivre sans lui m'était insupportable et que j'en crevais. À petit feu. Mais bon, le passé ne comptait plus. Il vivait. Je l'aimais et j'en souffrais. Moi. Le frère incestueux. Par chance, j'avais un ami de confiance. Un pote qui lui ne me trouvait pas dégueulasse.

Zick. Qui ne jugeait pas. Et c'est sûrement pour ça que j'étais là. Assis sur une chaise de l'infirmerie. Les lanières de mon sac à dos dans les mains. Le sac en question traînant négligemment par terre, pris entre mes jambes. Les yeux allant de la pharmacie à la porte. Va-et-vient incessant. Tout en espérant qu'il ne tarderait plus à arriver.

Après, j'en sais rien. Peut-être que des fois je lui en demandais trop. J'avais tellement peur de l'envahir. Gêné. Puis conscient qu'il avait déjà suffisamment de problèmes à gérer de son côté. Murphy. Elijiah. Ce qu'il ressentait pour l'un et la crainte que l'autre lui inspirait. Mais malgré tout ça, j'avais besoin de lui parler avant de partir. Comme un rituel. Une espèce de porte-bonheur indispensable. Pour me rassurer. Afin de lui demander conseil et aussi, d'obtenir son approbation. Qu'il soit plus jeune, je m'en moquais. Il m'avait vu dans mes pires périodes. Il m'avait connu défoncé. Il m'avait vu et mis à nu, me prenant tel que j'étais. Alors si j'arrivais à lui rendre ne serait-ce qu'un quart de tout ce qu'il m'avait donné, j'en serais heureux. Bref. Il me semblait avoir entendu ses pas et reconnu sa façon de marcher. De se mouvoir et de se déplacer. Du coup, je me suis redressé. Aux aguets. Souriant. Me demandant comment il réagirait à la nouvelle. Pas certain qu'il apprécie l'idée que je puisse m'aventurer  sur un territoire où Léviathans, polymorphes et autres créatures se promenaient en liberté. Quoique. On ne se devait rien. J'étais trop sentimental. Trop à vif émotionnellement. Et parallèlement trop en retrait. Aucun rapport avec le fait que j'allais bientôt devoir y aller.

Bien sûr, j'avais épargné à Kyle les détails sordides. Lui jurant que je ne craignais rien et passant sous silence ce très mauvais pressentiment qui me tordait le ventre. Puis on partait à cinq. Je serais entouré, protégé. Un argument qui en valait un autre. J'étais l'aîné. Le fils responsable. Il n'avait donc aucune raison valable de douter de ma parole. Sur quoi, je me penchais pour essayer d'apercevoir Zick. Des mèches brunes retombant sur mon visage, quitte à le manger et à le dévorer de moitié. Une image qui me plaisait. Une image dont j'abusais.

De là, mon regard déviait à nouveau sur cette foutue pharmacie. Sevré, mais pas immunisé face à la tentation. Tel un rappel de ce que j'éprouvais au quotidien. Comme un malaise latent. Le sourire étirant mes lèvres cédant sa place à une grimace de dépit. Lutter. Ne pas chuter. Kyle m'était revenu. On me l'avait rendu. Et si je m'apprêtais à le quitter, c'était uniquement parce-que je l'avais décidé. Une décision qui s'annonçait lourde de conséquence. Mais qui vivrait, verrait. Il paraît. Déconnecté, j'en oubliais alors Ezechiel. Furtivement. Hypnotisé. Le sang battant à présent mes tempes. Lèvres entrouvertes. Fatigué de devoir assumer mes actes. Le frère si parfait se parjurait, et voilà que tout foutait le camp. Sans le vouloir, je triturais les lanières de mon sac. Et ça me bousillait les doigts. Sauf que j'arrivais plus à m'arrêter, mes gestes trahissant mon trop plein de nervosité. L'enfant calme que j'étais autrefois et l'homme posé que tout le monde connaissait ne faisant plus grande illusion.

- Je te dérange pas au moins ?

Je te dérange pas…c'est à peu près tout ce que je me suis entendu dire lorsque la porte s'est enfin ouverte...au moins...et qu'il est entré. Me recalant immédiatement sur l'instant T...




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- Ezechiel Albeirteich & Kieran McIntyre -




Les nuits à Belfast ne se ressemblaient jamais. Pas une n’était semblable à celle qui s’était passée avant. La veille. Ce n’était jamais les mêmes gestes, on ne croisait jamais les mêmes personnes. Des fois la nuit était calme. D’autre fois, comme ce soir, c’était tout simplement l’hécatombe le plus total. Emmitouflé dans ma combinaison anti bactérienne, les mains gantées, j’étais là, penché sur la troisième patiente que j’étais tout simplement en train de perdre. La rassurant de ma voix, essayant de lui dire que ça allait aller, alors que je savais qu’elle ne se réveillerait plus jamais. La fixant à travers la vitre plastique de mon casque. J’avais l’air malin, je ne risquais rien. Seul un trou dans ma combinaison pourrait m’être fatal mais le matériel était vérifié à chaque fois que l’on entré dans cette zone. Celle des grands malades. Celles, de ces vampires en fin de vie. J’avais beau me dire que j’avais fait mon possible, chaque perte devenait insupportable. Ces gens, j’avais essayé de les sauver. De les soulager. Mais en vain. Je me sentais impuissant, littéralement. Sachant pertinemment que tant que Jayden et Killian n’avait pas trouvé de remède nous, notre seul boulot s’arrêtait à soulager les patients et tenter de les maintenir en vie le plus longtemps possible. Ca me fatiguait. Mais je me confortais en me disant que sans moi leurs derniers jours auraient été bien pire. Alors certes, ils ne se relèveraient pas. Certes, ils étaient tous en train de mourir, mais au moins, il ne mourrait pas seul. Et ça, je savais que c’était un luxe qui n’était pas offert à tout le monde. Personnellement, je ne l’avais pas eu ce luxe. J’aurais dû mourir, et si ça avait été le cas. Si Elijiah m’avait écouté. Oui, je serais mort, sans doute bien plus seul que je ne le pensais.

Sortant de la salle, c’était à la différence des nuits, toujours le même système. Un rituel de grande importance. Passer en zone de décontamination, se déshabiller dans la plus grande des prudences, prendre une douche, se frotter à base de formule hydro alcoolique, et ensuite, s’habiller, se laver les mains, encore, pendant trois minutes, un vrai travail de chirurgiens. Et après c’était la délivrance. Souvent l’heure de la bière. Souvent le moment pour moi de retrouver Nick au bar ou dans notre piaule pour oublier la nuit pourave que l’on avait mutuellement passé. Mais ce soir, le boulot m’appelait. Encore. Je savais que les gars partaient en raids et je me devais de dresser une liste de médicaments dont j’avais besoin. Dans les couloirs je me suis allumé une clope, attrapant mon portable dans ma poche pour envoyer le message habituel à Nick pour le rassurer. Lui dire que j’étais sorti saint et sauf de ce nouvel enfer qu’était devenu le mien. Trois, c’était le nombre de patient que j’avais perdu ce soir, et ce n’était jamais facile. J’avoue que parfois j’avais songé à rendre mon tablier. A partir, loin de ce monde. Prendre Nick avec moi et nous réfugier je ne sais où, dans un endroit où on serait tranquille, où on aurait la paix. L’Irlande avait beau être devenue une prison, ça restait un pays, et un pays, c’était grand. Mais je revenais toujours à la réalité. Ces gens ils avaient besoin de moi. De nous. Parce que cette liste que j’allais dresser ce soir, c’était à Nick que je la tendrais en rentrant. Se serait à son tour de prendre des risques. Et ce serait à mon tour, de m’inquiéter pour lui. C’était ça, notre quotidien. Ca, notre vie maintenant. Tenter de sauver des vies au détriment de la nôtre. Que de générosité.

Alors oui, c’était normal d’avoir des coups de bambou. De se sentir parfois démunis face à tout ça. C’était tout simplement normal d’en avoir marre. Enfin je pense. Je crois. Non, j’en suis certain. Rangeant mon téléphone dans ma poche, j’ai poussé la porte de l’infirmerie, écrasant ma clope dans le cendrier à l’entrée. Ce geste, ça aussi c’était une habitude. Sur le moment je crois que je n’ai même pas remarqué ta présence. J’ai attrapé le calepin dans l’entrée, l’ouvrant sans regarder en direction du bureau, prenant la direction de l’armoire. Je voulais juste en finir, je voulais juste rentrer me détendre. La nuit avait été affreuse. Mais tu as parlé, et c’est là que j’ai réagis que tu étais là. Griffonnant un truc sur le papier en ouvrant l’armoire à l’aide de l’unique clé que je gardais toujours sur moi. Si tu me dérangeais ? Jamais. Tu faisais partis de ces gens qui pouvait venir me voir quand ils voulaient. J’ai refermé mon calepin, le laissant trainant sur l’armoire à pharmacie avant de venir vers toi. Si tu étais là c’est que tu en avais besoin je me trompe ? Ne me dis pas de connerie Kieran, après tout ce qu’on avait traversé toi et moi autant dire qu’on se connaissais très bien. Je savais lire en toi comme dans un livre ouvert et te voir triturer les lanières de ton sac comme tu le faisais me laissait entendre que t’avais tout un tas de trucs dans ta caboche. T’avais besoin de parler. Ton sac, je l’ai attrapé d’ailleurs. Arrêtes c’était stressant. Je l’ai balancé dans un coin te libérant les mains avant de pousser ta chaise pour accéder au tiroir de mon bureau, attrapant une bouteille de whisky. Object indispensable dans cet endroit tu me diras. Je nous ai servis deux verres bien remplis, sans doute un peu trop, avant de m’assoir à même le bureau, là, en face de toi.

« Depuis quand Kieran McIntyre me dérangerait ? Arrêtes d’être con putain, je suis toujours content de te voir et tu le sais. Qu’est-ce qui t’amènes ? »

Qu’est-ce que tu venais faire ici ? Là, à l’infirmerie ? Tu aurais très bien pu venir boire une bière à l’appart’ ce soir, mais non, tu avais choisi de venir ici. J’ai trinqué avec toi, faisant claquer nos verres dans un bruit de faux Crystal. Je savais que tu partais en Raid toi aussi demain. Que tu allais vers Dublin, faire je ne sais trop quoi. Laisser ton frère c’était jamais simple pour toi et ça te faisait toujours flipper. Ca, je le savais aussi. Tu vois mon pote, je te connais. Et pas seulement après avoir fait des galipettes avec toi. Je repense à ces moments qu’on avait passés ensemble. Toi souffrant de l’absence de Kyle et moi… De l’abandon, trahison, perte d’Elijiah. On s’est raccroché mutuellement l’un a l’autre, comme a des bouées de sauvetage, et lentement, on a fini par sortir la tête de l’eau. Toi m’aidant à retourner vers la lumière. C’est en partie grâce à toi que j’ai arrêté de me planquer derrière des tonnes de maquillages noir. Et toi, essayant de revivre. Un an à s’entre aider. Et puis, moi j’ai rencontré Nick et toi, tu as retrouvé ton frère. Tout semblait rentré dans l’ordre, mais toi et moi on n’avait jamais vraiment cessé de se retrouver autour d’une bière ou d’un verre. Parfois je venais chez toi, d’autre fois c’était toi qui venait. C’est marrant quand on repense qu’à la fondation c’était à peine si on se calculait. Mais je crois que la guerre, tu vois, ça créer des liens. Je crois que ça aide à voir les choses différemment. J’ai vidé mon verre cul sec, le remplissant encore une fois,

« Puis arrête de lorgner sur cette armoire, tu sais très bien que je suis le seul a avoir les clés et crois-moi, t’es pas près de les avoir. Aller dis-moi tout. »

Parles, racontes-moi. Je t’écoutais, comme à chaque fois. Comme toujours, j’étais là, pour toi, comme cette espèce de béquille que j’avais été à une époque. On avait tous nos cotas d’emmerdes tu sais, mais on n’avait pas d’oreilles pour nous entendre on serait drôlement dans la merde. Tu peux me croire.



©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach


I'LL SING IT ONE LAST TIME FOR YOU. THEN WE REALLY HAVE TO GO. YOU'VE BEEN THE ONLY THING THAT'S RIGHT IN ALL I'VE DONE. AND I CAN BARELY LOOK AT YOU. BUT EVERY SINGLE TIME I DO I KNOW WE'LL MAKE IT ANYWHERE. AWAY FROM HERE. LIGHT UP AS IF YOU HAVE A CHOISE. EVEN IF YOU CANNOT HEAR MY VOICE I'LL BE RIGHT BESIDE YOU DEAR
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So far

Ezechiel Albeirteich




C'est bête. Mais le premier truc qui m'est passé par la tête quand Zick est entré dans la pièce, c'est ça : “Je te dérange pas au moins ?” Ce à quoi il m'a gentiment répondu que non.  Et je l'ai cru. Tout simplement.

Même si sur le coup, je m'en suis un peu voulu. Parce-qu'il devait vraiment être absorbé par son travail pour ne pas me remarquer. Alors que j'étais assis juste là. Sur une chaise. Posé devant le bureau, les yeux et toute mon attention se focalisant désormais sur l'armoire ouverte. Les lanières de mon sac me coupant les doigts. Culpabilisant.

Pourquoi ça continuait ? Ce besoin d'avaler tous les médicaments qui me passaient à porté de main. Et lui, il avait l'air si courageux. Affronter la maladie, la mort, accompagner ses patients jusqu'à la fin. À sa place, je sais pas trop si j'en aurais été capable. Déjà que les gars avec lesquels je m'apprêtais à partir tiraient la gueule. Ce que je comprenais parfaitement. Après tout, je les avais foutu dans la merde plus de fois que je ne saurais les compter.

Que j'ai mes raisons ou pas ne justifiait en rien le fait que je les avais tous mis dans des situations merdiques. Et ce, à plusieurs reprises. Parce-qu'à chaque fois qu'on partait, je me démerdais pour baliser moi-même nos trajets. Détournant ainsi des convois entiers. Avec pour objectif de retrouver mon frère. Indifférent au reste.  Quitte à les conduire en pleine zone de non-droit, ou à les perdre au milieu de nulle part. Pour lui, j'étais prêt à tout. Même à l'impossible. Même à risquer d'autres vies que la mienne. Même à me droguer pour avoir moins peur, et arriver à survivre. Une survie ayant engendré des actes que je peinais encore à me pardonner. Tuer. Faire des choix. Et pas toujours les bons d'ailleurs. Parfois sous la contrainte, d'autres fois librement. Ça aurait été si facile pourtant de me laisser mourir.

Enfin, je crois. Rien n'est moins sûr en fait. Si seulement il n'y avait pas eu ce doute. Cet espoir. Celui de me dire que peut-être, un pauvre peut-être de rien du tout, que peut-être quelque part, Kyle vivait. Après tout, je n'avais pas vu son corps. Je n'avais pas pu le serrer contre moi, ni en faire le deuil. Alors lui dire adieu dans ces conditions là, m'avait paru impossible. Voilà pourquoi j'étais parti en raid la première fois. Pas pour la bonne cause. Mais pour lui. Pour nous. Il fallait qu'il le sache. Je devais le lui dire, pour qu'il arrête de croire que je l'avais oublié.

Chose faite. Ce matin, au saut du lit. Un lit dans lequel il m'avait trouvé à son réveil. Et ça me perturbait. De sorte, que j'en étais de plus en plus persuadé. Ça me ferait du bien de partir loin, si loin de lui.

- J'en voudrais pas de toute façon. Des clefs je veux dire…

Ça, c'est le deuxième truc que je lui ai dit. Non, j'en voudrais pas. Sur quoi, j'ai vidé mon verre cul-sec. Les paupières fendues et grimaçant légèrement. Un verre qu'Ezechiel m'a servi après avoir laissé traîner son calepin sur l'armoire grande ouverte. Une armoire qui murmurait et m'appelait par mon prénom.

Le tout avant de rouvrir les yeux et d'à nouveau sourire. Il voyait toujours clair en moi. Et là, j'avais juste envie de me lever pour venir me blottir dans ses bras. Amicalement bien sûr. L'amour, le vrai, le seul, le plus pur qui puisse exister, c'est à mon frère que je le réservais. Une pensée qui formait aussitôt une boule dans ma gorge. Ce matin,j'avais encore fait n'importe quoi. Depuis un an, je sais pas. Je me sentais glisser, m'enfoncer de plus en plus profondément dans ces sentiments contre nature qui m'habitaient. Donc oui, si j'étais ici, assis sur cette chaise que Zick avait poussé pour accéder à son bureau et à laquelle mes doigts s'étaient agrippés, c'est qu'il y avait une raison.

- Je l'ai fait… ce matin. Je l'ai fait. Et dans son sommeil, c'est mon prénom qu'il a murmuré…

J'avais conscience de ne pas être très lucide et de tenir des propos complètement désorganisés. Tout en tenant dans ma main le verre désormais vide. Puisqu'en entrant dans la pièce, Zick m'avait arraché mon sac pour le balancer plus loin. Loin… si loin…

- Mais je crois qu'il l'a pas bien pris, parce-qu'il a commencé à me poser des questions… c'est bien trop dur… j'y arrive plus… est-ce que ça t'arrive aussi d'avoir envie de partir ? Ailleurs… tu pourrais le faire ? Partir avec Nick et laissé derrière toi Elijiah ? Tu pourrais faire ça tu crois…

Comme si je devinais. Au fond, on était pas si différent. Décousu, et suivant notre fil conducteur. Au moins jusqu'à ce matin. Mais voilà, ce matin Kyle avait pris ma main. Et ce soir, j'allais partir avec l'impression que je ne le reverrais plus jamais. Sans trop savoir pourquoi. C'était juste bizarre.

- Moi je crois pas. Pas sans Kyle… tu t'occuperas de lui s'il m'arrive quelque chose ? Promets-le moi.

Qu'il me le promette. Comme moi je promettais d'être là pour Nick. Sur quoi, j'attrapais à mon tour la bouteille pour me resservir. Décidément, je parlais trop aujourd'hui. Trop de confidences, trop d'aveux douloureux...




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Tu te posais trop de questions Kieran. Vraiment. Tu te prenais la tête alors que je pense que y’avait pas lieu de le faire. Dixit le mec qui n’arrêtait pas de se poser des questions depuis des années. Peut-être même depuis toujours. Mais moi, c’était autre chose. Toi tu avais toujours tout eu devant les yeux et ça crevait les yeux, Kyle tenait à toi autant que toi tu tenais à lui. Mais je connaissais l’ampleur de tes sentiments pour lui, et franchement, je ne t’avais pas jugé. T’aillant tout simplement répondu un « en même temps il est canon ton frère. » après t’avoir ébouriffé les cheveux. Cette soirée je m’en souviens comme si c’était hier. C’était celle où tu m’avais tout dit. On s’était envoyé en l’air, et je ne sais pas, t’avais parlé. Beaucoup. Et très franchement je n’avais pas trouvé ça si bizarre que ça. A y repenser, vous aviez toujours été ensemble, depuis tout petits. Et je pense que c’était simplement normal d’avoir déclenché une sorte de sentiment indestructible. Mais après tout, j’étais peut-être tordu, j’en sais trop rien. Cela dit je voyais bien que tu étais perturbé. Ton discours été complétement décousu, pas logique, et pour tout avouer je ne comprenais pas un seul mot de ce que tu me déblatérais. Tu l’avais fait. Quoi ? Lui dire que tu l’aimais ? Franchement Kieran je ne te suivais pas là. Je t’ai simplement écouté, m’allumant une clope, mon verre dans l’autre main. Te poser des questions, en même temps, c’était normal non ? Vous viviez sous le même toit et toi tu lui cachais tellement de truc. Tu crois très franchement qu’il est si con que ça Kyle ? Moi je pense qu’il n’est pas si aveugle que ça, mais ça, ça n’engage que moi. Après tout ton frère je ne le connais pas si bien que ça.

Puis tu as posé la question. Celle qu’il ne fallait sans doute pas poser. Est-ce que je partirais loin d’ici, en laissant Elijiah derrière moi ? Très franchement, j’en sais rien. C’était un peu plus compliqué que ça, et je pense que ça, tu le savais. Elijiah. Je lui en voulais tellement si tu savais. Mais le sujet était sensible. Lui il ne comprenait pas. Il pensait que je me plaignais, que j’aimais garder cette image de victime, mais m’avait-il seulement compris une seule fois dans toute notre histoire ? Avait-il seulement eu conscience de ce que cette nuit avait représenté pour moi ? Du travail que j’avais dû faire, cette introspection rapide à laquelle j’avais été confronté pour trouver la force, le courage, de me dénuder devant lui. Cette nuit dans le parc, cette promesse silencieuse que je me donnais à lui. Cette confiance aveugle que je lui avais accordée. Je lui avais tout donné. Sans réfléchir. Intégralement. Parce que je l’aimais. Je l’aimais sans doute autant que toi tu aimais ton frère. Et la seule récompense à laquelle j’ai eu droit, c’était quoi ? Ses mensonges. Ses trahisons. Ses tromperies. Tu tromperais ton frère toi Kieran ? Parce que moi Elijiah, je ne l’avais jamais trompé. Enfin… Pas quand j’étais humain. Et très franchement, je crois que je ne tromperais jamais plus Nicky. Mais lui. Lui il l’avait fait. Lui m’avait privé de tout, même de mon libre arbitre, de mon droit de mourir, tout ça pour quoi ? Pour au final ne pas assumer, et se tirer la queue entre les jambes. Et après il refuse de comprendre pourquoi je lui en veux. Tu ne trouves pas ça hypocrite franchement ? Moi si. C’était plus fort que moi.

Furtivement, j’ai baissé la tête, laissant une mèche de cheveux retomber sur mon visage. Je les avais attachés en un vulgaire chignon histoire de ne pas être embêter. Mais ta question, elle a eu une drôle de réaction en moi. Tirant sur ma clope après avoir bu une gorgée de whisky, je t’ai écouté jusqu’au bout. Protéger ton frère ? Bien sûre que je le ferais, mais je n’aurais pas à le faire parce que tu reviendras. Arrête d’être con je t’ai dit. Franchement Kieran, qu’est-ce qu’il t’arrive ? Ton frère il était revenu, il était en pleine santé, il ne t’en voulait même pas, il vivait avec toi, et toi, tout ce que tu trouvais à faire c’était de te poser des questions. J’ai vidé mon verre, cul sec, pour me le resservir. T’avais une vie presque parfaite, et toi tu te prenais la tête parce que t’aimais ton frère de façon complétement démesuré ? Sérieux mon pote, réveilles-toi. Kyle n’avait pas l’intention de claquer si tu voulais mon avis. On avait souffert tous les deux. Vraiment de trop. Mais tu ne penses pas qu’il était grand temps de passer à autre chose ? Grand temps de remonter en selle et d’arrêter de vivre dans le passé ? D’arrêter de vivre avec nos démons ? Toi tu devrais dire ce que tu ressens à ton frère, et moi ? Moi je devrais arrêter de me torturer. Je devrais j’en sais rien. Tournée cette page. Alors j’allais tout simplement répondre à ta question, mais laisses moi vider un autre verre avant. Pare que dire les choses c’était facile. Mais les faire ? C’était ça le plus problématique. Prendre ses couilles en main, aller de l’avant et surtout, aller au bout des choses. Pourtant on n’avait pas le choix. Si on voulait arrêter de se prendre la tête, y’avait vraiment que ça à faire. J’ai gonflé les joues, comme pour me convaincre que j’allais moi aussi le faire. Mais ça, très franchement ? Je sais pas.

« Franchement j’y pense tous les jours. Ca nous arrive même d’en parler avec Nicky. Mais on revient toujours à la réalité. On a besoin de nous ici. Des fois je me dis qu’on doit être sacrément altruistes pour penser aux autres avant de penser à nous. Mais c’est ça qui nous retiens ici. Qui me retient ici. Pas Elijiah. Je sais même pas si j’arriverais à lui pardonner. Il comprend rien. Il est là, convaincu de n’avoir rien fait de mal. Comme si c’était moi le fautif en fait. C’est lui qui me trompe, c’est lui qui me trahis, c’est lui qui se tire, mais c’est moi le connard. Tu trouve pas ça hypocrite toi sérieux ? »

T’avais voulu savoir, t’avais demandé, alors je te répondais. Plus sincèrement que jamais. J’avais sans doute besoin d’en parler, et comme je ne pouvais pas le faire avec Nicky, c’était sur toi que j’avais jeté mon dévolu. Alors non, je ne crois pas que j’aurais le moindre scrupule à partir sans lui, loin de lui. Tout ce que je lui demandais moi c’était pas grand-chose. D’essayer de me comprendre, d’accepter ses erreurs, de les reconnaitre. Mais avec Elijiah ça partait toujours en vrille. Finalement, j’ai délaissé le verre pour attaquer la bouteille, à même le goulot, m’envoyant une bonne rasade avant de te la tendre. Regardes nous sérieux, on était beaux. Deux jeunes cons qui était là, à ressasser le passé, à radoter, alors qu’au final, le bonheur, il était là, à portée de main. Il nous suffisait de la tendre pour l’attraper, alors pourquoi on ne le faisait pas ? Pourquoi on ne faisait rien, pourquoi on restait là à se lamenter ? Sérieux, je me demande. Si seulement tout pouvait parfois être plus simple. Mais simple, c’était un mot qu’on ne connaissait pas je crois. L’homme que j’aime partirais demain risquer sa vie pour nous ramener des vivres, et au lieu d’aller profiter de lui, j’étais là, avec toi, à parler de ce qui nous tourmentais. Tu vois, au final, ça me faisait presque ironiquement rire cette situation. Je suis resté là, assis sur le bureau, écrasant ma cigarette dans le cendrier, vidant une bouteille. Je crois que j’allais rentrer saoul, mais ça, c’était pas bien grave. Silencieusement je me suis simplement promis de dire à Nick que je l’aimais avant qu’il ne parte. Parce que je sais pas, j’en avais besoin. Tout simplement. Elijiah était là, et j’avais besoin de me rassurer, mais je ne savais pas pourquoi. C’était ça le pire.

« Puis arrête d’être con je t’ai dit. C’est toi qui t’occuperas de ton frère. Tu vas partir et rentrer en pleine forme sinon je te botte le cul c’est clair ? »

Je t’ai lancé un clin d’œil complice, s’en ai suivi d’un sourire rassurant. Oui tu allais revenir, comme toujours. Et comme toujours on reprendra des verres, on boira des coups ensemble. Et on reparlera de tout ça. Croisant les jambes, j’ai encore pris une gorgée d’alcool. J’avais passé un début de soirée merdique, j’avais besoin d’évacuer, d’oublier, de penser à autre choses.

« Tu devrais le dire à ton frère. Je veux dire. Ce que tu ressens pour lui. Dis-le-lui en rentrant avant qu’il ne soit trop tard. Toi ça te libéreras et si jamais il t’arrive un truc tu ne culpabiliseras pas de ne pas lui en avoir parler. Tu reviendras Kieran, mais on sait tous les deux que c’est pas si simple dans ce monde. On se dit qu’on revient, mais au final, on n’en est jamais bien sûre. »

Non, on n’était jamais sûre de rien dans ce monde. Alors il fallait parler, dire ce que l’on avait sur le cœur. C’était tout ce qu’il y avait à faire dans ce nouveau monde, et de ça, j’en étais certain. Jamais je ne manquerais une occasion de dire à Nick que je l’aime. Tout comme au fin fond de moi, j’aimerais qu’Elijiah arrête de manquer les occasions de prendre enfin ses putains de responsabilités. Même si je sais, que c’était plus compliqué que ça…




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Ezechiel Albeirteich




Peut-être bien que mon frère avait raison au fond en disant que j'étais naïf. Mais moi, je ne pensais pas qu'un tel amour puisse s'effacer uniquement parce-qu'on le voulait. Alors c'est vrai. Sans doute que ma question avait quelque chose de déplacé. Seulement – lorsque je m'imaginais à sa place – je me voyais mal détester mon frère pour le restant de nos jours. Quand bien même m'aurait-il trompé, menti et pire encore. Après, ça ne me regardait pas. Ce qu'il y a, c'est qu'Elijiah, je le connaissais bien. C'était un ami. Et moi, j'avais couché avec l'homme qu'il aimait. Pour faire simple, c'est sa confiance que j'avais trahi. Alors maintenant que tout allait mieux, j'en sais rien. Ça me faisait culpabiliser.

Plus encore par rapport à Nick en fait. Enfin, c'était ses histoires. Sa vie. Ses choix et ses décisions. L'amitié ne justifiait pas qu'on se mêle toujours de tout. Selon moi. Pourtant là, je venais de provoquer toute une série de réactions en chaîne. En cherchant à lui faire dire certaines choses. Même s'il avait vraisemblablement envie d'en parler.  

Et déjà, je regrettais un peu. Juste un peu. Mes lèvres se pinçant tandis qu'il baissait la tête et finalement, je reposais mon verre. Celui que je venais de me resservir. N'ayant plus soif. Sans compter que rentrer ivre tous les deux ne me paraissait plus être une si bonne idée qu'au départ. Puis ça me mettait mal à l'aise de le regarder tirer sur sa clope et boire. Avec son chignon négligé et les quelques mèches de cheveux retombant devant son visage. Ses joues se gonflant et sa parole se libérant, exactement comme j'avais libéré mes émotions avec Kyle. En lui donnant accès à tous mes secrets et en le laissant enfin ressentir tout ce que j'éprouvais pour lui. Parfois, les actes valaient mieux que des mots. Ceci étant dit, je peinais à le croire quand il m'affirmait haut et fort que ce qui le retenait dans les parages, ce n'était surtout pas son Sire. Je trouvais ça un peu hypocrite sur les bords d'attribuer leur obligation de rester au fait qu'on ait besoin d'eux. Du coup, je me suis levé. Pour me rapprocher de lui et me débarrassant de la bouteille qu'il venait de me tendre, je posais les mains sur ses jambes. L'obligeant à les décroiser pour loger mon bassin entre ses cuisses.

- Non. Je trouve pas ça hypocrite de la part d'Elijiah. Pas plus que toi quand tu prétends que tu pourrais partir loin, sans lui et sans regrets. Est-ce que ça fait de moi un mauvais ami ? Toi et moi, on sait très bien comment il fonctionne. C'est pas qu'il comprend rien, c'est juste qu'il comprend pas les choses comme toi. Puis tu t'es jamais dit que sous ses faux airs de connard, il manquait peut-être de confiance en lui ? Il a toujours eu peur d'être avec toi. Et il s'est jamais senti à la hauteur de tes attentes. Alors il a fait ce qu'il sait faire le mieux, te fuir. Ça l'empêche pas de t'aimer.

D'un effleurement, je déposais un baiser sur sa joue en souriant. Et si le pardon se méritait, celui qui avait la bonté de s'en amender, s'en retrouvait grandi. Qu'on se le dise, moi aussi je m'étais très mal comporté avec mon frère. En trompant sa confiance avec la mère de son fils, en lui dictant trop souvent sa conduite, alors qu'à son corps défendant, il me hurlait que je prenais les mauvaises décisions. Quitte à le pousser au suicide.

Qu'il y réfléchisse. Qu'est-ce que je serais devenu si Kyle m'avait renié ? S'il n'avait pas voulu nous accorder à tous les deux une seconde chance : « Et je crois pas que tu le feras. Me botter le cul je veux dire, t'es un mec fidèle maintenant ! »

Voilà ce que je lui ai soufflé. Mes lèvres glissant sur sa peau bien plus qu'elles ne l'embrassaient. Pendant que je passais mes bras autour de son cou, familier. Ça lui allait tellement bien d'écraser sa clope et de boire à la bouteille. Sexy. Son clin d'œil me faisant rire. Mes yeux plantés dans les siens, me sentant proche de lui par bien des aspects. Ce n'est pas comme si je lui devais tout. Sans lui je serais mort. Sans lui, je serais resté seul. Sans lui rien de tout ça n'aurait été possible. L'infant chéri et terrible de mon ami. Qui m'avait sauvé la vie et touché comme aucun autre homme ne l'avait jamais fait avant lui. Toujours de bons conseils. Si bien que lentement, en discutant, je sentais mes idées se remettre en place.

- Je le lui ai dit Zick. Je lui ai tout dit… et je l'ai embrassé aussi. J'ai jamais eu aussi peur de ma vie je crois, sauf le jour où je l'ai cru mort sous ces décombres. Et je lui ai aussi promis que ce serait mon dernier voyage…

J'avais promis. Sans savoir que j'aurais simplement dû l'écouter tout court et ne pas partir pour Dublin. Il n'empêche que mes affaires étaient prêtes. Qu'il ne me restait plus qu'à prendre la route et qu'avec une boite ou deux d’anxiolytiques dans les poches, ce serait un peu plus rassurant. Mais sa réponse, je la connaissais déjà. Puis Kyle gueulerait s'il apprenait que je venais lui quémander des médocs. En même temps, on était pas obligé de lui dire.

- Dis, t'aurais pas quelque chose pour moi ? Tu sais. Pour m'aider à décompresser.

Je voulais même pas savoir de quoi j'avais l'air. Collé contre lui, à essayer de le soudoyer. Songeant que ce frère jumeau que je m'apprêtais à abandonner malgré ses suppliques et ses demandes, aurait certainement honte de moi...



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- Ezechiel Albeirteich & Kieran McIntyre -




Deux âmes égarées. Je nous regardais, on avait changé, tous les deux, depuis cette époque où je t’avais obligé à venir avec nous. T’obliger à quitter ton frère, cet homme que tu aimes sans doute bien plus que tout. Je l’avais fait pour te sauver au risque de te faire du mal mais au final quand j’y repense, quand je revois cette scène, je me dis que si ça avait été Nick là-dessous je serais resté, quitte à prendre le risque de cramer au soleil. Je serais resté. Essayant de déblayer les lieux tant bien que mal. Je t’aurais renvoyé chier si tu avais été à ma place. Je t’aurais incendié, hurlé dessus, je me serais sans doute débattu comme un hystérique pour ne pas le laisser. Chose que tu avais faite. Mais maintenant, tu l’avais retrouvé ton frère. Tout ce qui avait fait de nous ces êtres largués sont de retour. Kyle. Elijiah. Toi ça a pu te ramener un certain équilibre alors que moi… Moi c’était différent. Y’a deux jours je demandais Nick en mariage, pourquoi ? Parce que je l’aime. Oui. Je l’aime au point d’avoir peur de déraper. Au point de vouloir m’accrocher à lui comme a une bouée de sauvetage, me donnant mille et une raison de ne jamais faire le con. Parce qu’il était là. Et que non, je ne jouais pas les hypocrites, mais on ne va pas se mentir, il est mon sire, et on sait très bien que quoi que l’on puisse en dire le lien du sang est bien là. Encré en nous. J’ai un passé avec cet homme. Alors tu crois que l’amour que je ressens pour Nick va suffire à surmonter tout ça ? Je serais naïf de le penser. Alors non, je ne suis pas hypocrite en disant que si je reste ce n’est pas pour lui, parce que son retour complique tellement de choses. Tu étais là, tout proche, venant t’installer entre mes jambes. Machinalement j’ai posé mes mains sur tes hanches en t’écoutant. Chacun son point de vu Kieran, peut-être qu’il comprend, mais ce n’est pas l’impression qu’il me donne. Tellement pas au final.

« C’est moi où tu le défends ? Tu sais à quel point je l’aimais ? A m’en faire tatouer son nom, là, sur le cœur. Pour toujours et à jamais que ça disait. En arabe. Je l’avais dans la peau. J’étais prêt à tout pour lui. Et comment lui me l’a rendu ? En batifolant avec l’infant de Léandre, l’infant, pote d’Adriel, l’homme qui a incendié la maison dans laquelle j’étais quand j’étais gosse et qui m’a valu des cicatrices à vie, des souffrances inimaginables. Tu sais ce que ça fait toi, de sentir ta chair brûler ? La propre odeur de ta peau qui crame ? Sans parler que de ça. Il m’a trompé. Avec Zoé. Un soir, comme ça, par envie. Et ensuite ? Amarok. Il a fait le choix de me laisser tomber pour lui. Alors non, il n’a pas d’excuse. Ca n’a rien à voir avec la confiance en soi tout ça. Il m’aime ? Alors qu’il me laisse partir putain. »

Me laisser partir, ou bien, me rendre ma liberté. Est-ce que je le pensais vraiment ? Je n’en sais rien. Je ne sais plus. J’avoue que depuis que je l’avais revu à la banque de sang je ne savais pas si j’avais envie de le recroiser, de mettre les choses à plat, de s’expliquer une bonne fois pour toute. Mais lui et moi on n’avait jamais su discuter. Jamais. Conflits d’intérêt, de génération, de mœurs, de culture, j’en sais rien. Mais quoi qu’il puisse en dire ce n’est pas moi qui ai merdé quand nous étions à River Crow. Zubrosky avait été une erreur. Une putain de grosse erreur. Mais en même temps, j’avais la haine, j’étais en colère, fraichement vampirisé. Tu savais contrôler tes pulsions toi les premiers mois ? J’ai de gros doute sérieux. On est tous passé par là. Lui aussi sans doute. Mais il a choisi la facilité. Il a choisi de me tourner le dos au moment où j’avais le plus besoin de lui, et au final, je m’en suis sorti tout seul. Comme un grand. Sans lui. Ce qui m’avait fait ouvrir les yeux sur une évidence, je n’avais pas besoin de lui. Non. Je n’avais pas besoin de lui. Je t’ai laissé venir poser tes lèvres sur ma joue, a quoi tu jouais Kieran ? Je pouvais te repousser, mais pourtant, je n’ai pas bougé, mes mains toujours posé sur la chute de tes reins. Fidel oui. Mais tu savais que c’était plus compliqué que ça. Lui pardonner ses fautes ? Facile à dire. Mais j’avais besoin de temps putain. Je n’avais pas 4 siècles au compteur. Seulement 28 années. Alors tu sais, je n’avais pas encore la même notion de l’immortalité que vous. Du temps, c’est tout ce que je demandais. Ca ne tenais qu’à lui de me l’accorder. Du temps pour lui refaire confiance, du temps pour ravaler cette rancœur qui était malgré moi tenace. C’était comme ça. C’était tout ce que je pouvais lui donner actuellement.

« T’es pas sans savoir qu’on va se marier Kieran. Alors oui je suis fidèle. Et s’il nous voyait là, comme ça, j’suis pas convaincu qu’il apprécierait le tableau. »


Venant attrapé tes poignets, je t’ai fait lâcher prise. Te faisant un peu reculer sans pour autant te repousser vraiment. A quoi tu jouais sérieux ? J’ai très vite compris. Tu me parle de Kyle, de ce que tu lui as dit, de ce que tu as fait. En venant à me demander des médocs. Je t’ai regardé. Interdit. Gardant tes mains dans les miennes. Putain, ça c’était si mal passé que ça ? En même temps, est-ce que c’est surprenant ? Je crois que je ne connais pas plus hétéro que Kyle, alors savoir que son propre frère le voit comme plus que ça, le choc. Machinalement je suis venu te replacer une mèche de cheveux derrière ton oreille. Je voyais bien que tu étais troublé. Je te connaissais bien Kieran. On s’était mutuellement sauvé ne l’oublie pas. Dans le fond, c’était grâce à toi si j’avais fait un feu de joie avec mes anciennes fringues. Feu de joie qui m’avait conduit jusqu’à Nick. Jusqu’à notre situation aujourd’hui. Je crois que tu faisais partie de ces gens qui me connaissait le mieux. Des fois tu pouvais lire en moi comme dans un livre ouvert, c’était déroutant. J’ai simplement baissé les yeux, regardant nos mains en gonflant les joues. Ta douleur je crois que je la comprenais. J’aimais Nicky. Putain. Je l’aimais à en crever. Mais pourtant, j’avais peur. Peur de l’avenir, peur de ce qui allait se passer. Peur que ce petit monde que l’on s’était construit s’effondre comme un château de carte. Rien qu’en soufflant dessus. Parce que j’avais conscience que j’étais faible face à Elijiah. Tellement faible. Complétement démuni. Il ne se rendait pas compte qu’il pouvait faire de moi tout ce qu’il voulait. Non. Il n’a jamais eu conscience de combien il m’a toujours tenu par les couilles. Et c’était ça le plus flippant tu peux me croire.

« Non Kieran. Je ne te donnerai pas de medoc’ pour la simple raison que des gens en ont plus besoin que toi en bas. Des gens malades. Et je refuse d’être complice de tes conneries. Kyle est revenu. C’est ce qui compte non ? J’imagine qu’il ne l’a pas bien pris. Laisses-lui du temps. Tu crois que c’est facile à encaisser ce genre de truc ? Il l’acceptera. Il a toujours tout accepter quand ça venait de toi mon pote. »

Tout. Oui. Kyle acceptait toutes tes erreurs. Des fois je me demandais comment il faisait. Comment il arrivait à toujours tout te pardonner. C’était peut-être ça l’amour après tout. J’en sais rien. Mais moi j’en avais terminé de toujours tout accepté de la part d’Elijiah. Me relevant je me suis dirigé vers une armoire, ouvrant un tiroir pour en sortant une flasque que je t’ai lancé machinalement. C’était tout ce que tu auras de moi. De l’absinthe pure. Crois-moi, c’était plus efficace que des anxiolytiques et au moins ça ne te détruirait pas le cerveau à long terme. Je me suis rallumé une clope, venant prendre appuis contre le mur, croisant les jambes, l’air absent, perdu dans mes pensées. Parfois la vie était une chienne. J’arrivais à me demander comment vous faisiez pour vivre aussi longtemps sans vous lasser des choses. Non, je n’avais vraiment pas encore la même notion du temps que vous, restant figé dans mes convictions d’un carpe diem, ou plutôt, carpe noctem dans notre condition. Vivant nuit après nuit, comme si c’était la dernière. Demander Nick en mariage avait été la première chose que j’avais faite qui me projeté un peu plus dans un avenir qui m’avait été incertain durant tellement longtemps. Recrachant un nuage de fumée, j’en frémissais presque à la simple idée d’y penser. Vivre. Longtemps. Eternellement. Ca m’avait toujours semblait abstrait. Impossible. Improbable. Et pourtant… C’était ce qui m’arrivait.

« J’ai peur Kieran. Peur de demain. Peur de ce qui pourrait arriver. Je vais forcement devoir faire un choix et putain j’ai pas envie. C’est pas juste. »

Un choix, une décision que toi tu n’auras sans doute jamais à faire. Et putain, ça me faisait peur. Nick était tout ce que j’avais. Il était ma famille. Mais pourtant… Elijiah restait mon Sire, et notre passif, autant destructeur qu’il soit, on ne pouvait le renier. J’étais mort de trouille. Et je ne pouvais le cacher malgré tout. C’était là. En moi. J’en avais marre de me retrouvais constamment déchiré pour une raison ou pour une autre… C’était pas juste. Non… C’était pas juste. Et ça personne ne voulait le comprendre…





©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach


I'LL SING IT ONE LAST TIME FOR YOU. THEN WE REALLY HAVE TO GO. YOU'VE BEEN THE ONLY THING THAT'S RIGHT IN ALL I'VE DONE. AND I CAN BARELY LOOK AT YOU. BUT EVERY SINGLE TIME I DO I KNOW WE'LL MAKE IT ANYWHERE. AWAY FROM HERE. LIGHT UP AS IF YOU HAVE A CHOISE. EVEN IF YOU CANNOT HEAR MY VOICE I'LL BE RIGHT BESIDE YOU DEAR
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Ezechiel Albeirteich




J'aimais entendre le son de sa voix. Et ça me plaisait tellement de l'écouter me parler, même lorsqu'il prenait ce ton un peu irrité. Je sais pas. Il m'apaisait. Avec lui, j'arrivais pas à me sentir agressé ou sur la défensive. Sans doute qu'il s'agissait juste d'une histoire de confiance. Ou peut-être que dans ma position, il aurait été malvenu de prendre la mouche.

Pour tout dire, je crois même que ce sont de légers frissons que j'ai senti partir du bas de mon dos et remonter le long de ma colonne vertébrale au moment il est venu poser ses mains sur mes hanches. En demande d'attention. Avec le besoin d'être touché, fidèle depuis trop longtemps à ce frère qui m'avait violemment repoussé. Lost and insecure. Sauf que de toute évidence, ma réaction n'était pas la bonne. Ezechiel allait se marier, c'est vrai. Alors ce que je cherchais, à quoi je jouais, au fond je préférais ne plus y penser. Moi aussi je voulais vivre. Comme lui avec Nick. Fatigué et épuisé d'être seul alors qu'on cohabitait pourtant à deux sous le même toit. Tout ce que je demandais, c'est que kyle me regarde un peu mieux. Qu'il me voit. Tel que j'étais, amoureux de lui. Vivant. Réel. Pas seulement un meuble. Poussiéreux.

Bien sûr, il ne le faisait pas exprès. Lui. Puis ses conquêtes aussi. Me les présentant et se vantant devant moi. Toujours là, à me demander si j'étais jaloux. Hermétique à tout ce que ça pouvait générer de souffrance. De jalousie. Alors j'avais pris le parti d'en rire, lui laissant croire que je plaisantais. Le taquinant fraternellement. Entre hommes. Tout bêtement. Cachant le mal que j'éprouvais de n'être que sa moitié, un morceau de sa famille et lui dissimulant mes sentiments. Jusqu'ici. Jusqu'à maintenant. Sauf que ça ne pouvait pas durer comme ça, pas éternellement. Tout ça, pour en arriver là.

De sorte qu'en sentant Zick me repousser à son tour – je résistais – blessé. Mes bras se refermant un peu plus fort autour de son cou. Usant de cette même brutalité qu'avec mon frère. Une brutalité toute relative, se teintant de douceur et de cet état de fragilité que je ne supportais plus. Quand est-ce que j'étais devenu aussi insipide, invisible, aussi inintéressant ?

Quand putain ! Puis, en tout désespoir de cause, je reculais. Baissant la tête. Des larmes me brûlant les rétines, rien que de l'imaginer, lui, enfermé dans sa chambre. En train de tout casser. Par ma faute. C'était bien ça le pire. Des larmes de dépit, de rage et de colère. Contre moi-même et contre eux tous. À fleur de peau. Pourtant, c'est un sourire que j'esquissais. Amer. Laissant mes mains dans celles de cet ami bien trop raisonnable à mon goût ce soir. Restant là, avec mes envies d'autre chose. Vraiment, je me reconnaissais plus. J'arrivais plus à faire le lien entre le grand-frère responsable, l'antithèse de la lâcheté, droit et honnête, avec celui que je devenais progressivement. Du coup, tout en gardant les yeux fixés sur nos mains, entrelaçant mes doigts aux siens, pas décidé à rompre le contact, j'ai entrouvert les lèvres. M'excusant presque. De me mêler de trucs qui au final ne me regardaient pas. De vouloir donner mon avis. D'être moi, tout simplement.

- Je le défends pas. Je te dis juste ce que j'en pense, mais je devrais continuer à me taire comme je sais si bien le faire. Tu crois pas ? Puis non, je sais pas ce que ça fait de sentir sa chair brûler… excuse-moi. Je voulais pas… t'as raison, ça plairait pas à Nick de me voir essayer de séduire l'homme qui doit l'épouser. Tu me laisseras être ton témoin ? Je tiens à toi tu sais. Je serais toujours là pour toi. Toujours… puis Elijiah, il est mon ami aussi. Ça me fait juste mal pour lui tout ça… parce que je sais ce qu'il ressent. Kyle ne sera jamais à moi… pas comme je voudrais en tout cas.

Sur quoi, je ravalais les mots coincés dans ma gorge. N'osant pas pousser la réflexion plus loin et lui dire en face que ce n'était pas Elijiah qui le retenait, mais lui qui s'y accrochait. Les liens du sang n'étant qu'une excuse, celle de trop. Soit il y avait encore de l'amour, soit la page était définitivement tournée. Le fait est que de rester bloqué entre ces deux étapes ne leur apporterait à l'un comme à l'autre que des souffrances inutiles et des malheurs.

Puis, je relevais enfin la tête. Quand il me replaçait une mèche de cheveux derrière l'oreille. Attendri par ce simple geste. Tandis qu'il fuyait mon regard, baissant les yeux. Refaisant le même chemin que moi, mais à l'envers. On se complétait si bien. Sans lui, je serais mort. Sans lui, je ne serais plus qu'un drogué. Dommage qu'il ne soit pas Kyle.

- Il m'a frappé Zick, il m'a cogné dessus puis il est parti s'enfermer dans sa chambre sans un mot. Il me pardonnera pas. Pas cette fois. Et moi, je pourrais plus me contenter de n'être que son frère après ça. Puis même s'il l'accepte, je veux pas qu'il se sente obligé de faire des trucs qui le dégoûtent uniquement pour me faire plaisir.

Ce serait pire que tout. Insupportable. Après, c'est vrai. Kyle était revenu et bon, si j'avais été normalement constitué, c'est tout ce qui aurait dû compter. En principe. Mais tout ce que je trouvais à faire, c'était quémander des médocs. Ce qui en plus de faire de moi une erreur de la nature, me rendait égoïste. Parce-qu'en me comportant comme ça, je dépouillais nos malades. Ceux d'entre-nous qui avait besoin de soins et de médicaments. Rien que pour mon usage personnel. Puisque je semblais de plus en plus me complaire dans mes propres malaises. Alors c'est pitié que je devais faire à Ezechiel.

Juste pitié. Ce qui le plus paradoxalement du monde, ne m'empêchait pas d'attraper au vol la flasque qu'il me lançait, pour dévisser son bouchon et boire une gorgée d'absinthe. Ignorant les effets que ça pourrait avoir sur moi. Curieux. Et surtout, en manque de sensations. Un peu agréables. Apaisantes. Anesthésiantes aussi. Ne plus rien ressentir, planer, c'est tout ce à quoi j'aspirais encore. Pour partir l'esprit tranquille, libre. Même si de visu, les conditions dans lesquelles ce raid promettait de se dérouler, s'annonçaient assez catastrophiques au vu de mon état d'esprit.

- Tu veux bien m'expliquer quelque chose ? Si tu espères tant que ça qu'Eli te laisse partir, alors pourquoi tu me parles de choix ? Et ce mariage, c'est quoi ? T'achèteras pas le bonheur ni la tranquillité en épousant un homme pour en oublier un autre. En même temps, je te dis ça, mais moi je suis juste le frère incestueux. Merci pour ça en tout cas, même si je suis pas certain que ça me fasse beaucoup d'effet… puis pardonne-moi si aujourd'hui j'ai pas les bonnes réponses...

Que je lui disais, gentiment. D'une voix éteinte. Lui montrant la flasque tandis que je la refermais. Tout en allant récupérer mon sac à dos et m'accroupissant par terre afin de la ranger dedans. Prêt à repartir. Ignorant bien ce qui m'attendait, malgré ce mauvais pressentiment qui resserrait son étau sur mon cœur. Avant de me relever et de revenir déposer un baiser sur ses lèvres. Chastement : « Je suis sûr qu'au fond de toi, tu sais ce que tu dois faire.»

La peur n'étant pas forcément mauvaise conseillère. Il avait souvent eu peur et au bout du compte, il avait toujours trouvé un moyen de contourner cette peur. Tirant le meilleur de chaque obstacle. Pas grâce à moi comme il le croyait, mais grâce à ses capacités d'adaptation et à son potentiel d'écoute. Bourré de qualités qu'il était.

Pas comme d'autres. Et des fois, je l'enviais. De ne pas être celui qui subissait, mais celui qui décidait de ce qui était bon pour lui ou pas. Quitte à ce que ça se fasse dans la douleur et les larmes…




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T’étais dans le dénis Kieran. C’était aussi simple que ça. Complétement largué, tu te mentais à toi-même pour des raisons bien abstraite. Kyle allait te pardonner, et au fond de toi, tu le savais, parce que Kyle sans toi il était incapable de ne serait-ce que faire fonctionner le lave-vaisselle. Tu sais comment on vous avait surnommé à la fondation ? Tic et Tac. Parce qu’on ne voyait jamais l’un sans l’autre. Parce que vous étiez sans cesse en train de vous surveiller mutuellement. Kyle était toujours là pour protéger tes arrières, toi, tu avais toujours été là pour protéger les siennes. Sérieux je pense que rien n’arrivera à détruire ce lien fusionnel qui vous relis l’un à l’autre. Alors qu’Elijiah et moi ? C’est compliqué. Ca a toujours été compliqué et je pense que ça le restera un moment. On s’est aimé, sans doute trop fortement d’un coup. Ca a toujours été dans la violence. De notre première fois à tout le reste. J’ai arrêté le nombre de dispute que nous avions eu. Tu sais, il n’a pas tort sur un point. On allait finir par se détruire. Peut-être bien que son départ, aussi destructeur soit-il, était la meilleure chose à faire. Peut-être. Mais j’ai rencontré Nick, et tout est devenu soudainement si simple. Si clair, si lumineux. T’as connu l’ancien Zick, tu la vois toi la différence. Avant je souffrais. Tout le temps. Physiquement, moralement. Mais maintenant ? Maintenant je souris, je sauve des vies, je fais même parti de ceux qui organise sans cesse des soirées pour décompresser. Et ça, ce n’est pas à Elijiah que je le dois. Je le dois à moi, à Nick, à toutes ces choses qui ont fait que j’ai fini par me dire que j’avais toute la vie devant moi. Enfin. Pour la première fois depuis toujours je pouvais me permettre de penser à l’avenir. De me dire que demain je serais encore là. Et crois-moi, quand on a vécu tout ce que j’ai vécu ce n’est pas rien.

T’expliquer en quoi j’avais à faire un choix ? Tu parlais, comme si j’allais épouser Nick plus par intérêt que par amour. Tu te trompais. Tellement. Je t’ai regardé ranger la bouteille que je t’avais lancé, avant de revenir vers moi, venant poser tes lèvres sur les miennes. Sans rien attendre en retour. Je n’ai rien dit, je n’ai rien fait. Mais il y avait des choses que seul Nick savait, que seul Nick comprenait. Il ne jugeait pas, jamais, se contentant d’écouter pour ensuite mieux me réconforter. J’ai passé ma vie à me battre. Contre la maladie, les regards, les chuchotements sur mon passage. C’était ça ma vie, avant. Avant la torture affligée par la vampirisation. Avant de sentir mon corps se soigner. De sentir ma peau se fixer sur ces muscles meurtris. Remplaçant toutes ces cicatrices qui faisaient de moi ce que j’étais. Et il y a eu ce moment. Cet instant ou j’ai pu voir à nouveau. Ou j’ai pu voir ce visage dans ce miroir. J’étais un autre. Je n’étais plus le même. Là où j’ai toujours sentir les marques de mon passé, il n’y avait plus rien. Plus d’histoire, plus de souffrance, plus de reconnaissance. J’ai perdu tous mes repères. J’ai dû réapprendre à vivre. A lire, à écrire, à conduire. J’étais pire qu’un enfant sorti tout droit de l’école maternelle. Je n’en parle pas. Jamais. Mais ça aussi c’était douloureux. De ne plus reconnaitre son propre corps, de se lever et de se demander qui on est. Si tu savais le nombre de fois où j’ai attrapé un couteau pour me lacérer la chair ne serait-ce que pour retoucher cette peau qui avait autrefois était la mienne. Mais rien n’y faisait. Le corps se régénéré, à chaque fois. J’avais peur, tout simplement. Et ça, ça il ne l’a pas compris. Il a voulu me garder, mais à la place, je suis devenu tout ce qu’il détestait.

Violent, haineux. Elijiah m’aimait… Au passé… Mais moi ? Le nouveau moi ? Que sait-il vraiment de ce que je suis ? Il n’en sait rien, parce qu’il n’était pas là. Mes émotions étaient simplement exacerbées par toutes ces nouveautés. Ca faisait mal. Mais au final, j’ai fini par devenir ce que j’ai toujours été. Cet homme qui donne aux autres sans se poser de question. Pour la première fois ce n’était plus moi le malade. J’étais de l’autre côté du miroir. Je pouvais aider, rassurer, parce que je sais ce que ça fait que de se sentir mourir à petit feu. Je connais cette sensation. Celle de ne plus faire de projet parce qu’on ignore si demain on sera encore là. Je connais la peur, la souffrance, et l’acceptation. Tu sais pourquoi j’ai accepté ce poste d’infirmier ? Ce n’était pas pour jouer les héros, ce n’était pas pour me rendre utile ou je ne sais quoi. Mais c’est parce que ce qu’ils ressentent je l’ai ressenti, et que je suis le mieux placé pour les rassurer, pour leur dire ce qu’ils ont envie d’entendre. J’aurais donné n’importe quoi pour avoir une oreille attentive que j’étais dans leur cas. Mais Elijiah n’écoutait pas. Tout ce qu’il voyait en moi c’était cet homme malade, son amant qui était en train de s’éteindre bien trop jeune. Il a pensé bien faire en me transformant. Je le sais. Même si c’était égoïste, il pensait bien faire. Mais il a fui, il n’a rien assumé derrière. Parce qu’il ne comprenait pas pourquoi j’étais devenu si instable, si perturbé. Si différent. Mais qui aurait fait mieux à ma place ? Je n’avais plus aucun repère. Je n’avais plus rien. L’homme que j’aimais m’avait trahi. J’étais seul. Complétement seul et livré à moi-même. Alors dis-moi, qui aurait fait mieux ? Mais ce que je ressentais il n’a jamais essayé de le comprendre. C’est aussi simple que ça.

« T’es en train de me dire que je vais épouser Nick par intérêt c’est ça ? Tu sais je n’ai pas toujours eu que de bonne intentions mais je n’ai jamais été autant lucide qu’en lui faisant ma demande. Je l’aime Kieran. Je ne demande pas à ce qu’on comprenne. Mais s’il lui arrive malheur je… J’en crèverai tu comprends ? »

Je n’avais pas la force de l’âge, je n’avais pas traversé les années comme vous. J’étais encore jeune, encore persuadé que demain tout pouvait s’arrêter en un instant. Je vivais encore au jour le jour de peur de perdre celui que j’aimais. J’avais tout perdu. Depuis toujours je perdais tous les gens que j’aimais. Il y a eu Paige, Elijiah, Mady dont j’ignorais si elle avait survécu aux bombardements de River Crow. J’avais ce sentiment que tout pouvait disparaitre, en un claquement de doigt. Sans raison apparente. Je n’avais pas envie de perdre du temps, je n’avais pas envie de me dire que j’avais l’éternité devant moi, parce que je n’avais pas encore conscience de ça. Revenant me poser sur le bureau je me suis allumé une clope, fixant dans le vide, l’air soudainement absent. Ca faisait mal d’aimer, y’avait des jours ou je préférais ne rien ressentir. Mais ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. On ne peut tout simplement pas appuyer sur un bouton pour éteindre ses émotions. Non, ça on ne peut pas. Recrachant un nuage de fumée en l’air, j’essayais de me convaincre du contraire, mais je savais que c’était impossible. Complétement.

« Je te parle de choix parce que ça fait mal. Ca fait mal de le savoir là. Et si ça fait mal c’est que… J’en sais rien. Puis merde, il est passé à la banque de sang, mais ça ne veut pas dire que je le rêverais… Je lui ai parlé de Nick, je lui ai tout dit. Si ça se trouve il est déjà loin. »

Si ça se trouve, il était déjà parti je ne sais où. Parce que lui aussi avait refait sa vie quoi qu’il en dise. Shannon. Amarok… Trahison, sur trahison. De quel droit pouvait-il me reprocher d’avoir avancé alors qu’il l’a fait et ce bien avant moi…





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Portant mon sac à dos à bout de bras par sa anse, j'avais déposé un baiser sur ses lèvres. Chaste. Amical. Puisque de toute façon, il n'y avait jamais rien eu d'autre que de l'affection entre nous. Sincère. Un besoin de combler leur absence à eux. Sans attente particulière, si ce n'était celle de trouver la force de survivre un jour de plus.

Et ensemble, on avait pas trop mal réussi. Avec nos hauts, et beaucoup de bas aussi. Un peu boiteux. S'épaulant et puis se soutenant dans un accord tacite. Muet. Rien d'autre qu'un échange de bons procédés. Une sorte de prêté pour un rendu en fait. D'homme à homme. Les promesses inutiles n'ayant pas leur place dans cette relation artificielle qu'on avait créé et inventé de toute pièce. Dans un soucis de réconfort mutuel. Lui m'apprenant à me détendre, à lâcher prise dans nos corps à corps, à respirer à travers tous les pores de sa peau puisque les miens étaient obstrués par le chagrin. Dense, intense et d'une telle épaisseur que rien d'autre que l'amertume d'une consolation charnelle n'aurait su transpercer.

Pendant que moi, je m'efforçais de lui enseigner comment gérer ses émotions. M'engouffrant dans ses failles les plus profondes. Fuyant par la même occasion tous les paradoxes de ce monde devenu notre par la force des choses. Bien dans mon rôle de guide. Jamais mieux que lorsque je portais mon costume de professeur. Moi qui m'étais si souvent rêvé en doyen d'université et qui pour me sentir un peu mieux, éprouvait le besoin insatiable de partager ce que je pensais savoir. Afin de lui donner à lui, les moyens de ne plus se laisser déborder par ses émotions. Souvent excessives, pour ne pas dire nocives. Dévastatrices. Pour qu'enfin, il sache se défendre contre leurs attaques à répétitions. Et pour qu'il puisse au cas échéant s'en défaire. Rester maître de lui-même. Dans un esprit d'apaisement et un véritable sentiment de paix. Le seul état encore capable de le sauver de cet assujettissement à la colère qui le transformait en quelque chose qu'il n'était pas. Violent. Vindicatif. Insultant et auto-destructeur. Souffrant du même mal qui rongeait depuis des siècles déjà son Sire. Les chiens ne faisant pas des chats. La réflexion venant alors à cette étape prendre le pas sur l'action.

Fouiller son âme. Sonder son cœur, comme je l'invitais à le faire maintenant qu'il lui fallait faire un choix. C'est lui qui le disait après tout. Donc, bien sûr que je comprenais. Qu'il était amoureux. Qu'il avait peur de perdre tout ce qu'il avait, tout ce qu'à deux, ils avaient réussi à construire. Mais s'il se sentait déjà tiraillé entre Nick et Elijiah, j'en sais rien, cette histoire de mariage me semblait peut-être un peu prématurée. Dixit celui qui avait embrassé son propre frère.

- Je comprends oui. T'as qu'à me regarder pour t'en rendre compte. Kyle est rentré, et pourtant ça n'a rien changé. Je te juge pas tu sais. C'est juste que…

C'est juste que tout foutait le camp. Moi le premier, l'heure tournait. On devait m'attendre. Et je ne croyais pas que ce soir, cette discussion nous mèneraient beaucoup plus loin. Le retour d'Eli le perturbait, quand de mon côté j'avais tant de mal à admettre tout ce gâchis. Les morts ressuscitaient à tour de bras. Mais moi, lorsque je prétendais aimer mon frère c'était entièrement. Parce-que l'amour inconditionnel qu'on partageait ne tolérait aucune condition. Sauf que là, je me voyais pas trop lui dire d'oublier le mauvais pour ne garder que le meilleur. Les trahisons, les mensonges et les coups-bas, ayant de toute évidence laissé des traces indélébiles. On ne fonctionnait pas tous de la même façon.

Avec Kyle on se complétait. J'étais la tête pensante et lui, les muscles. Quoi qu'il en soit et même si je n'avais pas de conseil particulier à lui prodiguer, je savais qu'on aimait vraiment qu'une fois dans sa vie. Ensuite, l'amour devenait plus raisonnable. Plus responsable. Aussi fort sans doute, mais différent. Et le voyant retourner s'asseoir sur le bureau en s'allumant une énième clope, j'enfilais les lanières de mon sac à dos autour de mes épaules.

- Faut que j'y aille. On se voit à mon retour d'accord ? Et en attendant, fais pas de connerie. Eli est revenu, et tu sais plus où tu en es. C'est normal. Moi je fais que soulever des questions que tu pourrais être amené à te poser plus tard. Alors ça vaut peut-être le coup que tu y penses. Je te trouve un peu beaucoup sur la défensive en fait pour un mec qui prétend savoir ce qu'il veut. Puis si ça fait mal Zick, c'est que rien ne s'est jamais vraiment terminé entre vous. Règle ça d'abord avant d'envisager la suite. Je vois pas l'intérêt d'essayer de te rassurer en te disant qu'il est déjà loin. S'il est revenu, tu crois vraiment que c'est pour disparaître à nouveau… il t'a dit quoi au juste ?

J'avais encore cinq minutes devant moi. Les autres patienteraient encore un peu. Cinq minutes pour éclaircir certains points. Elijiah je le connaissais bien. Aussi, comme Kyle le faisait avec moi quand je planais, c'est un bon coup de pied au cul que j'allais lui mettre avant de partir. Pour le pousser à regarder les choses sous un nouvel angle...




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A quoi tu jouais ? Qu’est-ce que tu cherchais au juste ? J’en savais trop rien. Je ne savais pas où tu voulais en venir, ni pourquoi tu creusais autant. Je savais qu’Elijiah était ton ami, mais en quoi ça pouvait t’intéresser ? Tu voulais m’aider ? En essayant de me faire me poser des questions sur mon futur mariage ? Sur le pourquoi j’avais fait ma demande à Nick ? Machinalement je venais jouer avec ce bracelet qu’il m’avait offert. Voilà pourquoi Kieran. Parce que peu importe où il était, peu importe où moi j’étais, on était connecté. Tout le temps. Il était partout. Constamment avec moi. Oui ça avait été rapide. Oui, j’ai fini par lui céder, par me laisser aller avec lui après l’avoir repoussé à de nombreuses reprises. Il avait été patient avec moi. Tellement. J’étais infecte après notre rencontre. Batifolant à gauche, à droite. Réapprenant à vivre, sans doute pas de la bonne façon. Tu le sais toi comment j’étais. T’étais là. T’as vu combien j’avais été anéanti par sa perte. Alors ok, peut être que ça ne lui plait pas, mais a bien y réfléchir, il a fait quoi lui après les bombardement ? Il s’est construit un petit truc avec Amarok. Lui aussi, il a tenté de se reconstruire, tout comme moi. Alors peut-être qu’il veut parce qu’il se rend compte que ça fait mal. Parce que oui, ça fait mal de voir l’homme qu’on aime dans les bras d’un autre. Ca fait mal de se dire qu’on a été remplacé, comme ça, en un claquement de doigt. Et par-dessus tout, ça fait mal, quand on se rend compte que cette personne qui nous remplace est notre total opposé.

On se demande bien pourquoi. Pourquoi il nous a aimé alors qu’à l’évidence, c’est l’opposé qu’il aime. On se demande pourquoi on a pu vivre un truc ensemble, c’est adhérant. On ne comprend plus rien. Alors ce soir-là quand j’ai rencontré Amarok, quand je lui ai parlé pour la première fois, je me suis demandé ce qu’Elijiah avait bien pu me trouver. Parce que même à l’époque de mon vivant, on n’avait strictement rien en commun. Vraiment rien. Moi j’étais froid, renfermé, apeuré pour tout un tas de truc. Je me bâtais sans relâche pour rester en vie. Amarok était tellement tout mon contraire. Il était beau, souriant, ouvert à tellement de chose. Je crois que je n’oublierais jamais la culpabilité qu’il avait dans le regard. On a bu. Beaucoup. Jusqu’à finir complétement saoul dans cette salle d’entrainement. On a parlé de tout et de rien, et j’ai pu sentir mon cœur se brisé quand j’ai compris que je n’avais aucune chance face à lui. Parce qu’Amarok était un homme bon. Un homme bien dans toute sa splendeur. Et au final, au lieu de le détester, je me suis mis à l’apprécier. Tu parles d’une histoire. Devenir pote avec le type qui couche avec son ex. Alors oui, je l’avoue. Elijiah a pris pour deux dans ma colère. Parce que je ne pouvais en vouloir à Amarok. Et puis, il n’y était pour rien dans le choix de mon Sire. Et là, tu sais ce que je me demande ? Vraiment ? Je me demande s’il ressent ce que j’ai ressenti moi, à cette époque, quand j’ai compris que je m’étais fait doublé par un homme bon. Tellement bon que je n’arrivais pas à le détester. Parce que Nick est bon.

Et ça fait toute la différence. Nick me donne ce que lui n’a jamais su me donner tout comme Amarok lui donnait ce que je n’avais jamais su lui donner. Je pensais que j’étais sur la bonne ligne. Je pensais que je faisais les choses bien. Je me donnais à lui sans me poser de question. Je le laissais me prendre sans que jamais il ne se donne lui à moi. Mais je faisais avec. Je le rassurais, constamment. Je pensais que j’étais dans le juste, mais j’avais tellement tort. Je n’ai jamais suffi à Elijiah. Jamais. Et peut-être que lui se sent comme ça aussi. Peut-être que lui se dit la même chose. Alors ça fait mal. Ca fait mal de se rendre compte que l’on n’a jamais su quoi faire pour celui que l’on aime. Parce que son amour je ne le remets pas en question. Je pense oui, qu’il m’a aimé. Du plus profond de son âme. Tellement que ça en devenait destructeur. Tellement que plus rien n’avait de logique. Recrachant un nuage de fumé après avoir tiré sur ma clope, je t’ai regardé. C’était bien plus compliqué que ça. Bien plus complexe que tout. Tu voulais vraiment savoir ? Mais comment te répondre. Même moi je n’en savais rien. Même moi, je ne savais plus trop ce qui était bon ou pas. Pourquoi il était revenu ? Très certainement pour terminer ce qui ne l’avais jamais été. Certainement pour mettre un point final à cette histoire. Pour qu’on puisse enfin se libérer mutuellement. Essuyant une larme qui coulait sur ma joue sans trop savoir pourquoi elle venait de couler. Il était mon sire. Et peu importe nos choix, nos vies étaient liées. C’était comme ça. Qu’on le veuille ou non, et on ne pouvait rien changer à ça.

« J’en sais rien Kieran. Peut-être que malgré moi je refuse de le laisser partir. Pourquoi je garde son tas de ferrailles à ton avis ? J’aurais dû la brûler depuis longtemps cette putain de caisse. Je la trouve même immonde, c’est tellement bling bling. Mais je n’y arrive pas. Je le pensais mort. C’était tout ce qu’il me restait de lui. On m’a dit qu’il était mort putain. On ne raconte pas ce genre de chose quand on a l’intention de réapparaitre un jour. On ne pousse pas à ce point-là. Pourquoi tout lui est pardonné à lui alors que personne ne se soucie de ce que je moi je peux ressentir ! »

Et toi, tu t’en souciais de ce que moi je ressentais ? Pourquoi tu prêchais sa paroisse alors que tu faisais partie de ceux qui m’ont aidé à me relever ? Tu m’as vu me flinguer à petit feu, tu m’as vu au plus mal. Alors pourquoi tu fais ça ? J’avoue que je ne comprenais pas ce que tu cherchais à faire. Me relevant, je pouvais commencer l’agacement pointer le bout de son nez. Tu poussais trop loin Kieran. Vraiment. Tu avais voulu mon aide et maintenant ? Maintenant c’était lui que tu soutenais ? Voilà pourquoi j’allais épouser Nick Murphy. Tu avais ta réponse maintenant. Parce que lui au moins prenait la peine de comprendre. Parce que lui ne trouvais pas à Elijiah des excuses à tout bout de champ. Parce que lui ne se souciais que d’une chose. Mon bien être avant tout. Un truc qu’Elijiah n’a jamais pris le temps de comprendre. Il a prétendu vouloir nous sauver, peut-être qu’il n’avait pas totalement tort. Mais est-ce que c’était nous qu’il voulait vraiment sauver, ou est-ce que c’était lui avant tout ? J’en avais marre de vous voir tous lui trouver des excuses. De vous voir tous lui pardonner ses erreurs. Il avait merdé. Vraiment. Et il faudrait bien plus qu’un récit de quelques pages sur son passé et des excuses envoyé à la va vite pour se faire pardonner à mes yeux. Tellement plus. Parce qu’il était temps qu’Elijiah Jazeem prenne conscience du mal qu’il avait pu me faire. Et s’il n’était pas foutu de le faire, c’est qu’on n’avait plus rien à se dire dans ce cas. Ce n’était plus à moi de l’écouter. Maintenant, c’était à lui de le faire. Et ça, Elijiah en était incapable tu peux me croire.

J’étais en colère et c’était justifié. Et s’il n’était pas foutu de s’en rendre compte, s’il n’était pas foutu de le comprendre, alors c’est qu’il n’avait décidément rien écouté de tout ce que je ressentais pour lui. J’aimais Elijiah, du plus profond de mon être. Je l’aimais, parce que si ce n’était pas le cas, je ne serais pas autant en colère. Si ce n’était pas le cas, ça ne ferait pas aussi mal. Et rien que ça devrait le lui suffire. Mais il m’a fait croire à sa mort, et au lieu de me laisser crever j’ai pris le parti de me relever. Avec Nick. Et si j’ai aimé Elijiah, j’aime Nick d’une façon bien différente. Lui m’apporte cette paix intérieure, cette plénitude que je n’avais jamais ressentie auparavant. Alors oui, comme tu le disais si bien je ne sais plus où j’en suis. Mais par contre, ce que je sais, c’est que j’aime cet homme-là. Penser à lui me fait sourire et me fait du bien. Alors je t’ai regardé, encore une fois.

« Peut-être que j’arriverais à lui pardonner un jour. Peut-être que la douleur finira par s’estomper et que je pourrais moi aussi, l’excuser. Mais il a eu sa chance il l’a foiré. Alors non, je refuse de passer à côté de ma vie pour cet homme et tu sais pourquoi ? Parce que je suis heureux Kieran. Pour la première fois en 25 ans je suis vraiment heureux. Tu penses qu’il pourra le comprendra ça ? Lui l’a été avec Amarok, maintenant c’est à mon tour de l’être. Je sais enfin qui je suis. Et je sais surtout ce que je veux. Je veux plus souffrir c’est tout. Est-ce que tu peux au moins comprendre ça ? »

C’était tout ce que je demandais. C’était tout ce que je voulais. J’avais assez souffert, et égoïstement, je ne voulais plus refusais ce bonheur qui me tendait les bras. Je ne voulais plus prendre de risque. C’était comme ça.





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Ça me faisait bizarre de le voir tourner et retourner dans tous les sens ce bracelet qui ne quittait plus jamais son poignet depuis que Nick le lui avait offert. Comme un lien indéfectible qui les auraient uni l'un à l'autre. Rien de plus qu'une espèce de marque d'appartenance venant se matérialiser par le biais d'un petit objet que certains devaient juger insignifiant. Ou ne même pas avoir remarqué. Alors qu'il le portait à la manière d'un trésor inestimable. Semblable à un prémisse des alliances qu'ils ne tarderaient sûrement plus à s'échanger. Des bagues qu'ils se passeraient au doigt en se promettant de toujours s'aimer. Me renvoyant par effet miroir à l'échec voué de notre relation à Kyle et moi. Pourtant, je me sentais de nouveau déborder d'amour. Pris en étau entre les vagues brûlantes d'une affection se faisant désormais presque brutale. Rageuse et juste très ombrageuse. Le tout surplomber par ces bons sentiments qui m'animaient encore.

Ouais – trop bon trop con – il paraît. Parasité par tout un tas de trucs qui m'empêchaient tout bêtement de m'exprimer. Le plus librement possible. Pour l'instant. Puisque j'ignorais que d'ici peu toutes mes barrières tomberaient et que je n'aurais plus aucune limite. Zéro inhibition. Ne gardant qu'un goût prononcé pour l'attrait du danger.

Après, je me demandais si “bizarre” c'était vraiment le meilleur mot à employer. Dans la mesure où ce simple geste, l'un de ceux qu'on qualifiait souvent d'anodin, me ramenait à ce baiser que j'avais volé à mon frère quelques minutes plus tôt. Le blessant dans sa chair. Le sang s'écoulant de mes yeux ne suffisant pas à l'apitoyer. Sur quoi, j'étais descendu ici, avec l'intention non préméditée de piller l'armoire à pharmacie si l'occasion se présentait. Qui remarquerait qu'il manquait une boite d'anxiolytiques, en dehors de tout le monde. Mais me décourageant bien vite d'en trouver les portes closes. Fermées à clefs. Pas désespéré au point de recommencer mes conneries. Pas tout à fait. Un peu lâche quand même, et voilà que chacune de mes pensées recommençaient à converger vers lui. S'envolant jusqu'à chez nous, sauf que je restais cloué sur place. Pas aussi léger que j'avais voulu l'espérer en lui disant que je l'aimais. En posant mes lèvres sur les siennes. Je sais que la meilleure chose à faire là, ça aurait été de remonter. De rentrer. D'aller frapper à la porte de sa chambre et puis de l'affronter. Manquant de courage, résolument. Pour au moins essayé de me justifier, de lui expliquer. De lui parler. Quitte à choisir la fuite, et donc à renoncer au paradis que j'imaginais être le refuge de ses bras afin de partir en enfer.

Et dans le nuage de fumée que Zick recrachait, je disparaissais. Sa bouche tirant sur sa clope tandis que mes doigts se refermaient sur la poignée de la porte. Un sourire compatissant revenant étirer mes lèvres alors que dans un haussement d'épaules, je lui avouais mon impuissance face à cet étrange phénomène que restait Elijiah. Certains hommes possédant le don de s'attirer toutes les sympathies, même s'ils collectionnaient les erreurs et les actes manqués.

- Moi je me soucis de ce que tu ressens. Seulement, vous êtes mes amis tous les deux. Et que j'ai couché avec toi ne change rien à ça. Quant à Elijiah, non. Il ne comprendra pas. Parce-qu'il n'est pas fait comme toi, puis moi… je veux juste que tu sois bien Ezechiel. Rien d'autre. Les amis se disent la vérité non ? Alors n'attends pas de moi que je te mente ou que je t'encourage aveuglément. Ça m'empêchera pas d'être avec toi le jour de ton mariage si c'est la vie que tu choisis. M'en veux pas. S'il te plaît. Mais qui d'autre pourrait te dire tout ça ? Faut vraiment que j'y aille maintenant…

Que j'y aille. Puis ce soir, je n'avais que déjà trop essuyé de revers. Mon besoin de prendre l'air, de mettre les bouts, de m'éloigner de tout ça, n'en devenant que plus pressant. D'autant plus qu'il ne fallait pas être un grand visionnaire pour s'apercevoir que mes paroles sorties de leur contexte pouvait paraître déplacées. Vides de sens.

Dixit le frère aîné. Le désaxé de la famille, dispensant des conseils que son plus proche ami prenaient pour des critiques.

Peut-être qu'il attendait autre chose de ma part. Mais qu'est-ce qu'il dirait lui si un de ces quatre je venais lui dire que Kyle me dominait complètement ? Il me répondrait quoi si je lui expliquais que pour ce frère jumeau j'étais prêt à ramper et à tout accepter ? Personnellement, j'espérais qu'il saurait me remettre les idées en place. Même si ça faisait mal. Même si je trouvais ça un peu humiliant. Même si c'était dur à entendre. Parce-que je lui faisais confiance, parce-qu'il savait comme mon équilibre émotionnel et physique était encore précaire. Tout comme je devinais ses angoisses, ses doutes et toutes ses peurs qu'il tentait de cacher au reste du monde. Plus encore que de l'avoir vu nu, c'est son cœur qu'il m'avait permis de caresser du bout des doigts. Son bonheur m'importait plus que tout le reste.

Ce reste qu'il interprétait de travers. Prenant la mouche lorsque je cherchais à le pousser dans ses retranchements. À juste titre. Loin de moi l'idée de le blâmer. Il avait des excuses, même si là je sentais le malaise pointer.

Par conséquent, je prenais la tangente. Expert en la matière. Laissant les responsabilités aux autres, complètement désaxé de ma ligne de conduite. Évoluant en parallèle de cet homme droit et honnête que j'avais cru être alors que je ne valais pas mieux qu'un autre. Me rassurant en me disant que sans moi Kyle n'arriverait jamais à rien. Pour quoi à la sortie ? Pour me rendre compte que lui, il avait toujours suivi ses rêves. Que lui, il s'était battu pour ses convictions. Que lui, il possédait l'âme d'un grand-homme. Libérant nos esclaves et leur versant un salaire. Tandis que moi, je me contentais de m'envoyer la pauvre fille de notre contremaître. La mère de ce fils que je n'avais pas vu grandir, reportant tout cet amour que j'avais à donner sur celui de mon frère. Prenant sa place dans le lit de Sophie.

Pour sûr, je ne cherchais pas à faire la morale à Ezechiel, mais juste à le mettre face à certaines réalités. Les nier ou les pousser sur le côté, ne pouvant à terme que se retourner contre lui. Je crois. Pour ce que j'en pensais. Message personnel de la part du mec qui se tirait et avançait à reculons à l'approche des problèmes. La vérité c'est que lui avait su se relever, se retaper, quand moi je stagnais dans les bas-fond. Amoureux et malheureux à en crever.

- Prends soin de toi, d'accord ? Je t'aime.

Il fallait que je lui dise. Ce mauvais pressentiment toujours chevillé au corps, mon ventre se creusant. Puis je filais. Ouvrant la porte et rejoignant la cour du château pour m'engouffrer dans la caisse, à l'arrière. Le coude appuyé sur le rebord de la fenêtre, contre la portière. Les yeux fixant la route et regardant défiler le paysage, coupé des mes compagnons de raid.


FIN




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