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 The Good, the Bad and the Ugly | Cameron et Aindreas

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Les relents d'une lassitude certaine alourdissaient son humeur déjà agacée par le manque... Par l'absence carnivore de Léandre à ses côtés. Il avait passé la journée à le rêver, se remémorant avec nostalgie la saveur exquise de sa vitae contre les courbes pleines de ses lèvres heurtées par les morsures que le français aimait autrefois lui infliger. Ces idées lascives et l'effervescence de ces besoins irrépressibles l'avaient empêché de fermer l'œil, obligeant sa mémoire à ne batifoler qu'avec les fantômes de passion que son amant lui avait laissé. Callan s'en écorchait l'esprit lui-même, déchirant l'indifférence qui le caractérisait pourtant si bien habituellement. La frustration glissait alors à même son corps, lui donnant des allures de camé qui tuerait pour se faire un fix du seul qui animait en lui ce genre d'émotions. Parfois il lui arrivait de chercher sa peau, la douceur de ses cheveux ou l'immensité de son regard constellé de scarifications mais comme toujours, il ne trouvait rien d'autre qu'un vide omniprésent. Pas même l'ombre de sa silhouette ni le soufre délectable de son odeur familière qui, de plus en plus, se changeait en chimère vaporeuse. L'allemand était hanté par ces huit siècles qu'il avait partagé avec lui, il était hanté par l'idée qu'il n'ait jamais aimé personne d'autre que cet homme dérangé. Ce putain de lunatique qui était le seul à transformer son apathie en délires amoureux et obsessionnels. Tout cela l'écœurait. Léandre le rendait littéralement malade et personne ne pouvait comprendre cette démesure qui le possédait depuis que la fatalité les avait uni. Personne ne savait à quel point tout n'avait toujours tourné qu'autour de lui. Le blond lui avait dédié sa vie, à tel point que sans lui plus rien ne semblait avoir de sens. S'il avait pris la décision de créer la coupure, la rupture, il n'en était pourtant pas moins le premier prisonnier. La luxure n'avait pas suffit à le canaliser. Il avait beau baisé, parfois même comme un animal, rien n'apaisait les brûlures vulgaires des conséquences d'une vie en laquelle il peinait à ressentir l'envie de continuer. L'alcool et l'opium quant à eux ne l'étourdissaient jamais suffisamment longtemps pour faire taire les tumultes vomitives des faiblesses malmenant ses pensées. Il cherchait à couper cette connexion si spéciale entre lui et Léandre mais s'en retrouvait toujours tourmenté, implacablement soumis à ces foutues émotions sur lesquelles il n'avait jamais eu aucun contrôle au final. Callan ne pouvait s'empêcher de penser à lui, de le désirer, malgré ces quelques dernières années d'errance où il n'avait souhaité qu'une seule chose : anéantir les morsures que son amour monstrueux avait laissé sur son Âme.

La vérité étant que s'il était un monstre, lui n'en était que pire encore. Sa dose d'humanité ne vivait que dans leurs échanges intimes, ce langage qui n'existait qu'entre eux et que personne ne pourrait jamais réellement comprendre ou même déchiffrer. Si le chaos entachait l'immortalité de l'un comme de l'autre, leur union n'en restait pas moins la seule vérité que Callan tolérait d'accepter. Pourtant, ces trahisons à répétition, cette multitude de déceptions lui collaient à la peau comme un cauchemar, un cercle vicieux, qui le rendait moins fonctionnel et le mettait face à une faiblesse qu'il refusait d'assumer. Cette douleur invisible emplissait les failles de son indifférence, elle le fragilisait et pour cela, il s'était surpris à parfois haïr celui qu'il avait choisi pour être son Sire. Ainsi, il n'avait rien avalé depuis quelques jours, indifférent à  son bien-être, et avait prit sa décision. Il quitterait Dublin, s'éloignerait de Magda car les maux qui dansaient dans son regard ne faisaient que le ramener inlassablement à River Crow. Et River Crow, ce fut Léandre. Ce fut l'apothéose de leur gloire et de leur acharnement. Et Callan ne pouvait tout simplement pas encaisser les refrains lancinants et même lassants, de cette vie qu'il avait volontairement choisi de quitter. Il aimait se croire libre, se croire au-dessus de ce qu'il se passait réellement en lui mais peut-être qu'au fond, il ne faisait que se voiler la face. Oui, peut-être mais en attendant, il n'allait pas céder à ses instincts torturants. Il n'allait pas fléchir sous l'appel inconscient d'un homme qui, sans doute, lui avait fait perdre son temps. Voilà pourquoi il se perdait dans la demeure de Cameron. Voilà pourquoi il l'observait peindre, parfois des heures entières, sans jamais pourtant s'en lasser. Dans le silence de sa concentration, l'attention de l'allemand était dirigée vers autre chose, quelque chose de différent. Quelque chose qui ne ressemblait en rien à Léandre. Le loup avait une aura de calme qui l'attirait étrangement, un charisme inconscient qui avait capturé le regard pourtant insensible de l'ancien bras droit. Cela entraînant sans qu'il ne s'en rende vraiment compte des allers-retours entre Dublin et Galway de plus en plus récurrents. Callan s'installait, progressivement. S’immisçant dans le décor esseulé de cet homme étrange qui l'avait sauvé par pur altruisme alors que lui provoquait la mort au nom de quelqu'un qui l'avait plus d'une fois trompé, sans même en ressentir un quelconque remord, puisqu'il n'a jamais réellement cessé de continuer. Car Léandre n'en avait jamais assez et que l'amour inconditionnel de Callan ne lui avait jamais pleinement suffit. L'idée de recommencer sans lui s'était alors immiscée, effrontément. Avec rage et tristesse. L'allemand espérant recommencer puisque de toute évidence, ce sont les ruines d'une gloire déchue qui embuaient ses désirs d'ailleurs.

Il se sentait étrangement con parfois, dégueulant sa colère sur les autres avec violence et cruauté. Il s'oubliait ainsi, dans l'épais goudron qui suintait de son myocarde asphyxié. Les autres, il les avait toujours profondément méprisé et c'était, en un sens, toujours le cas. Pourtant, il ne pouvait pas se convaincre de haïr Fitzpatrick. Il ne pouvait se résoudre à le toiser avec arrogance indéfiniment et ce pressentiment en lui grandissait à force de s'incruster dans la vie du peintre, emplissant son espace de toute son influence chaotique. C'est avec cette manière de penser qu'il avait fini d'embarquer les derniers cartons à l'arrière de sa voiture et qu'il entreprit de rejoindre Moycullen Bogs, loin de se douter qu'un des chiens de garde de Aindreas avait déjà remarqué ses va-et-vient quotidiens et qu'il le traquerait une fois qu'il aurait atteint le territoire lupin. Il lui fallut trois heures de route, passant de l'Est à l'Ouest, reconnaissant progressivement la verdure dans laquelle il s'était fourré en squattant Cam au cours de ce dernier mois. Il n'avait aucune intention particulière si ce n'est celle de repartir sur d'autres bases et se rapprocher de ce mec, là, qui bien qu'avec un dédain prononcé, l'aidait bien plus qu'il ne le pensait. Il s'était garé finalement, coupant le contact du véhicule avant d'en sortir et d'attraper son sac et ces fameux derniers cartons. Il était entré dans la demeure ensuite, sans frapper pour s'annoncer, déposant ses cartons dans le salon. Cam était là en train de peindre lorsque le blond s'installa dans un coin du canapé. « Bon. Je pense qu'on peut dire que c'est officiel, là. Je n'ai plus rien à ramener de Dublin. » dit-il en fixant l'artiste, un mince sourire sur les lèvres.       


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Le meilleur moyen d’oublier était de se noyer dans l’alcool. Des litres et des litres d’alcool. C’est un bar du côté des Limbes qui avait fait les frais de ma mauvaise humeur. J’avais tout laissé en plan, tout ce que j’étais en train de faire. J’avais planté mes exercices pour les gamins. J’avais planté ma peinture encore à peine entamée. La raison de cet élan soudain : Callan. Le vampire s’était plus ou moins installé chez moi et remettait certaines choses en question. D’abord il foutait un grand coup de pied dans mes petites habitudes de célibataire. J’ai toujours été quelqu’un de très accueillant et si l’on dormait chez moi, je me pliais en quatre pour qu’il soit accueilli et traité en roi. Je suis d’ailleurs convaincu que le vampire doit apprécier cela plus que de raison. Mais je me rendais également compte que ce n’était pas la colocation que j’avais espéré en revenant sur la terre qui m’a vu naitre. Le pendentif d’or entre les doigts, j’avais fini par prendre ma bécane et étais parti me bourrer la gueule sans le moindre scrupule. Je savais pourtant qu’Evy n’aurait pas cautionné ce comportement. Mais il n’aurait jamais eu lieu si elle avait toujours été là. Qui disait alcool et colère, disait forcément bagarres. Je vous rassure, j'avais quand même un minimum retenu ma force de loup.

Autant vous dire que le réveil avait été des plus douloureux. Un mal de tête carabiné me forçait à plisser les yeux en arrivant de le salon. Le soleil était déjà presque déjà en train de redescendre. Je découvrais en marchant et en baillant, des douleurs qui n’étaient pas là la veille. Sans parler d’un affreux goût ensanglanté mêlé à l'éthanol dans ma bouche. Un café, une bonne dose d’aspirine. Je manquais de trébucher sur un des cartons ramenés par le nouveau locataire des lieux.

Bordel de merde !

Je shootais dedans, ne me demandant même pas si le contenu était fragile ou non. Je m’en fichais pas mal à vrai dire. Je ne suis pourtant pas un maniac du rangement, mais ça de bon matin, ça me gonflait. Je n'étais pas du matin de toutes manières. Je serrais les dents et allais dehors pour me prendre un bon bol d'air. Je ne savais même pas si Callan avait dormi ici. J’haussais les épaules. Je m’en fichais vraiment en fait. Je me mis à tripoter mon pendentif, comme à mon habitude.

Je passais le reste de l’après-midi à bricoler un peu. La remise en état de la maison familiale me demandait pas mal d’énergie. Je bidouillais plus que je ne bricolais en réalité. Mon père m’avait certes appris pas mal de choses mais le strict minimum et bien avant que je n'atteigne la majorité. Après une bonne douche et un nouveau café, le soleil était déjà couché quand je retournais dans le salon. Callan ne donnant pas signe de vie, je supposais qu’il était parti en vadrouille. Je n’étais pas son père, libre à lui de faire ce que bon lui semblait. Mais je ne pouvais m’empêcher d’être un minimum curieux. Je décidais de peindre pour ne plus y penser. Pour ne pas plus penser à rien en réalité. J'avais toujours trouvé la nuit propice pour peindre. L'on ne voyait pas les mêmes choses, en tous cas, pas de la même manière.

Je ne sais pas combien de temps était passé lorsqu’il réapparut comme une fleur au milieu de la pièce. Sans toquer, sans s’annoncer, il était entré comme si c’était déjà chez lui. Je soupirais et roulais des yeux, continuant de balancer mon pinceau sur la toile. Je lui lançais à peine un regard alors qu’il se jetait sur le canapé. On avait fini par prendre quelques habitudes de vieux couple lui et moi. Il m’observait régulièrement peindre, sans rien dire et pendant des heures.
Ce soir, je décidais de m’adonner à un exercice différent. Je peignais de mémoire. Sur la toile autrefois blanche trônait maintenant au centre une pyramide. Une pyramide de fer et de lumière. Une pyramide que j’avais visité et dans laquelle j’avais travaillé. Le Louvre. La toile tenait sur un chevalet fait de mes propres mains. Rudimentaire, comme le reste de ce qui se trouvait dans le domaine Fitzpatrick. Perdu dans ma peinture, je ne réalisais que plusieurs minutes plus tard que Callan avait parlé. Je finis par me détourner de mon oeuvre et penchais doucement la tête sur le côté. Mes prunelles azurées se posèrent sur les cartons qui commençaient à s’accumuler dans la pièce principale. Je secouais doucement la tête puis retournais à la pyramide.

Tu peux peut-être les ramener dans la chambre avant que je ne finisse par les jeter par la fenêtre.

Je passais une langue au coin de mes lèvres. Je ne savais absolument pas quelle heure il était, toujours totalement obnubilé par mon occupation principale. Mais maintenant que Callan était là, je ne pouvais m’empêcher de lui lancer des petits regards du coin de l’oeil, intrigué par le sourire qu’il affichait. Je soupirais une dernière fois et déposais palette et pinceaux sur le petit tabouret derrière moi. A l’aide d’un vieux torchon que je mettais toujours dans ma poche arrière je m’essuyais les mains, faisant quelques pas en direction du canapé.

Pourquoi ce sourire ? Ce n’est pas parce que je t’héberge que tu vas pouvoir te la couler douce…

J’affichais un rictus taquin au coin des lèvres bien que mon ton était des plus sérieux. J’essayais en même temps en vain d’enlever les traces de peinture qui s’accrochait à mes phalanges. J’émettais un grognement sourd avant d’abandonner pour de bon. Je prenais la direction de la cuisine et nous servais deux verres de whisky avant de revenir près de lui, m’installant à mon tour dans le canapé.

Tu es sûr de ta décision de vivre chez un loup ? demandais-je en lui tendant le verre.

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 Il n'était pas toujours là. Bien que son corps témoignait concrètement de sa présence, les idées qui peuplaient son esprit l'emmenaient jusqu'aux tréfonds d'une Russie abandonnée, de souffles heurtés et entremêlés. Callan aimait se souvenir, à défaut de pouvoir sentir sous la pulpe de ses doigts tout ce qui le conditionnait autrefois à vivre. Il était comme un déserteur, errant dans des plaines sablonneuses et rongées par la chaleur suffocante d'entailles immatérielles dont lui seul connaissait les origines. La froideur de son épiderme s'en dissipait presque sous les coups d'un soleil imaginé, les cellules de son corps bouillonnant sous l'impulsion de ce qui le rattachait à des spectres qui ne le quittaient jamais. Calé dans un coin d'un canapé qui n'était pas le sien, il décortiquait l'irlandais de son regard avec minutie, s'attardant aux mimiques aguicheuses de ses lèvres et de cette langue qu'il accusait, en silence, de malmener sa bestialité, pour le moment enchaînée. Être civilisé n'était pas hors de ses habitudes. Au contraire, sa cruauté avait souvent été murmurée. Jamais remise en question. Mais il avait été éduqué, quoi qu'on en dise. Il avait appris à tromper, à charmer pour mieux se délecter par la suite. Léandre avait fait de lui un démon parfaitement apprêté, aux allures incontestablement bienséantes malgré les ravages qu'il élaborait avec une passion certaine et authentique. Callan était bien plus qu'un opportuniste, il était un carnage visionnaire, quelques fois confondu avec une malédiction dont la source lui était parfaitement inconnue. Le Diable, peut-être. Encore fallait-il croire aux légendes, récits fantastiques et salutaires de cette belle église qui, en vérité, aimaient enculer ses propres enfants. Face à Cameron, il ne pouvait s'empêcher de profiter de la situation, feintant la simplicité d'un homme quelconque, dénué de la moindre petite horreur. Dans son regard, le blond avait l'occasion de devenir qui il souhaitait, de façonner autre chose que ces cauchemars intempestifs qu'il ne s'amusait plus d'inspirer. Apparemment, l'heure n'était pas encore à la guerre puisque la bonté jouait à nouveau les catins éhontées, abrutissant les masses affaiblies par l'effet de surprise que Tullamore leur avait procuré. De ce fait, lui, n'avait que du temps libre et d'autres démons avec lesquels danser. La candeur dissimulée de Cameron le charmait sans qu'il ne l'admette. Il était là pour cette raison, pour savoir jusqu'où cela pourrait le mener, pour tenter de prévoir à quel point il pourrait sombrer. Il en était donc à la première phase, celle qu'il aimait appeler « l'observation ».

Observation durant laquelle il fouillait, que ce soit dans sa manière de se comporter, de lui parler, d'agir ou même de penser. Il écoutait, l'air de rien, les murmures tourmentés de cet esprit qu'il ne faisait pour l'instant qu'effleurer. Son histoire, il ne la connaissait que par bribes égarées, que ce soit dans les fêlures que cachaient ses peintures ou les colères dans lesquelles le brun se plongeait parfois. Des futilités qui, en vérité, composaient absolument l'entièreté de son être. Le loup était sa nouvelle occupation, son étrange point d'interrogation. Cameron ne le craignait pas, il ne le regardait pas avec cet effroi indéniable que le blond avait tant l'habitude de croiser autrefois. Il restait fier et impassible. En cela, Callan reconnaissait une force qu'ils partageaient, bien que leurs convictions divergeaient incontestablement. Il ne savait pas encore à quoi son hôte aspirait. Il se le demandait parfois, entre deux cadavres ou deux paires de fesses. Au fil des jours qu'il avait passé entre ces murs, l'image de Cameron s'était glissée en sa mémoire comme des sillons lumineux, saccadés et saccageant l'obscurité dans laquelle il se complaisait depuis qu'il avait tout quitté. Comme un point de clarté qui troublait sa vision jusqu'ici sans failles. Il l'intriguait, avec véracité et ingénuité, mais ne comprenait pas encore les bénéfices que cela pouvait lui apporter. Callan préférait le confort de ses eaux troubles ainsi que toutes les certitudes qui faisaient de lui un homme prétentieux et excessivement sûr de lui. Avachi dans un coin du divan, rictus narquois sur les lèvres, il envisageait déjà de nouvelles conquêtes, écoutant l'intonation assurément masculine de son interlocuteur, s'attardant même à apprécier cet accent qui ne faisait que sublimer cette voix séductrice avec laquelle il s'est familiarisé. La phrase qu'il lui avait accordé inspirait presque un ordre. Depuis quand ne lui avait-on pas parlé ainsi et pourquoi se plaisait-il à tolérer ce fait ? Cela dit, le blond ne bougea pas, soutenant ce regard faussement sombre qu'il apprenait encore à connaître. Cameron soupire puis cède inopinément à l'interrogation, cherchant à comprendre la moue qu'il avait adopté.

« Ça tombe bien, je suis plutôt amateur de dureté, vois-tu. » répondit-il, par pure provocation, le plus naturellement du monde. Double-sens ou pas, il verrait là ce qu'il voudra bien entendre. Lui-même ne savait pas vraiment pourquoi il souriait ainsi. Ce qu'il savait, par contre, c'est que cela faisait un bout de temps qu'il ne l'avait pas fait sincèrement. Cameron triturait ses doigts, cherchant à se débarrasser des résidus de peinture, certainement tout autant qu'il cherchait à se débarrasser de lui. Pourtant, Callan avait la persévérance abusive et il lui fallait un peu plus que quelques grognements poussés pour le faire changer d'avis. Mémorisant le rictus du garçon, il le contempla ensuite disparaître à l'arrière de la cuisine avant de revenir à ses côtés, le gratifiant même d'un verre plein d'alcool ambré. Attrapant ce dernier, pour en boire une première gorgée avant de le remercier, Callan prit quelques secondes pour répondre à la seconde question qu'il lui posait. « Le doute est un domaine qui m'est bien obscur. » Les affres de l'incertitude ne frémissaient absolument pas à son ouïe. Il en restait sourd. Tout comme à beaucoup d'autres émotions humaines sur lesquelles il avait tiré un trait. « Mais toi, es-tu conscient des risques qu'héberger un vampire te donnent ? » Un vampire tel que lui... Un vampire qui avait bafoué la femme de celui qu'il désignait comme étant son alpha. Un vampire qui, ici, portait irrévocablement l'étiquette d'un vulgaire clandestin. Il était clair que si Aindreas savait, les conséquences en seraient quelque peu désagréables pour cette petite étincelle, si fragile et si volatile, que l'allemand pressentait entre eux. Il ne lui en avait pourtant rien dit, jugeant peu utile de lui dévoiler qui il était réellement. Pour l'instant.


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Le vampire m’avoua préférait la dureté. Son petit ton de provocation fit naitre un sourire sur mes lèvres. Un sourire réellement amusé. Je secouais doucement la tête. Avant de lui répondre, je pris le temps de prendre deux verres de whisky dans la cuisine. Papa aurait certainement vu là une parfaite femme de maison. Je serrais les mâchoires une fraction de seconde avant d’éloigner cet homme de mon esprit. Il n’y avait plus sa place depuis des années.

Tu es bien tombé avec moi alors, répondis-je tout aussi naturellement que lui.

Mes prunelles plongées dans les siennes, j’étais presque happé par leur éclat. Depuis notre première rencontre, j’avouais avoir toujours été un peu charmé par ce flamboiement qui apparaissait parfois. Cela dépendait le sujet et l’impact qu’il avait sur leur propriétaire. Callan était un homme entier, je l’avais découvert à force de parler avec lui. Un homme qui faisait les choses dans les excès et la démesure. Je n’en étais pas témoin dans les situations les plus sordides de sa vie, mais je le devinais sans peine. Pourtant, je n’avais pas refusé qu’il vienne chez moi. Je n’avais pas craint les conséquences de cette décision. Je ne craignais pas que la monstruosité que je décelais en lui ne nous envahisse. Non, j’appréciais sa présence à mes côtés, j’appréciais tout ce qu’il avait bien voulu me montrer de sa personnalité. Je n’avais jamais ressenti cela en présence d’un autre homme. Ca n’avait rien à voir avec une banale amitié. Je doutais que l’on pouvait se désigner ainsi. Ce n’était certainement pas de l’Amour, je n’étais pas de ce bord-là et avais fait un trait sur ce sentiment une bonne fois pour toute. En y repensant, je ne pus m’empêcher de tripoter de nouveau le pendentif que j’avais autour du cou. Inconsciemment, ce geste me renvoyait à ce serment silencieux que j’avais fait à moi-même. Il me renvoyait à l’acte horrible que j’avais commis malencontreusement. Il me rappelait que je ne pouvais plus me faire avoir par cet attachement.

Un semblant de conscience. La vraie question serait plutôt de connaitre les risques à t’héberger toi.

Malgré cette réflexion quelque peu taquine, je souriais. Un sourire taquin, tentant pourtant de prêcher le faux pour connaitre le vrai. Je ne savais pas grand chose du vampire. Je ne savais pas la moitié de ce que les autres connaissaient certainement déjà. J’avais un semblant de conscience du danger qu’il pouvait être et malgré cela, il était là, assis en face de moi. Assez souvent, je ne parvenais pas à le regarder droit dans les yeux. J’avais la mauvaise impression que ses iris bleutés pouvaient lire en moi et me percer à jour à tout moment. Je craignais qu’il apprenne de cette façon ce que j’avais fait. J’étais effrayé à l’idée qu’il me les balance à la figure, sans la moindre retenue. Mais de temps à autre, comme maintenant, j’osais. Je posais alors mes deux billes bleues sur son visage immuable et découvrais une expression que je ne pensais pas avoir souvent vu.

Ne bouge pas, lui dis-je.

Comme piqué pour une mouche, j’avalais la fin de mon verre d’une traite et bondissais hors du canapé. Cette image de Callan, je voulais la graver. La graver pour l’éternité. De la plus belle des façons qui soit. De la façon la plus belle que je connaissais. Je voulais que cette expression sur son visage, la lueur dans son regard soit imprimé à jamais sur la toile. Ainsi venait l’inspiration, sans que je ne puisse la contrôler. Je ne pouvais pas non plus la doser. Il m’était impossible d’en puiser un peu aujourd’hui et garder le reste pour demain. Non, je l’userais en entier, jusqu’à la moelle, jusqu’à la lie. Il n’en resterait rien, à peine quelques miettes dont les oiseaux n’en avait pas l’utilité.

Je m’étais jeté sur le chevalet pour le débarrasser de la précédente peinture, y déposant une nouvelle toile, vierge. Je déposais quelques pointes de peinture sur la palette, ci et là. Je faisais les mélanges rapidement, tentant de trouver avec soin la meilleure teinte pour faire honneur à son grain de peau. Une peau lisse comme le marbre. Mon être en tremblait presque. Mes doigts s’étaient agrippés sur le manche de mon pinceau alors que mes yeux faisaient des aller-retours entre la toile encore intacte et les traits de Callan. Je pris une longue minute à fixer la toile, faisant une esquisse invisible. Cela m’aidait à savoir comment je m’y prendrais, par quel bout j’allais commencer. Ses yeux. Il me fallait peindre ses yeux en premier. Je mélangeais le bleu et le blanc pour trouver la bonne teinte. La couleur que je voyais. Dès l’instant où les poils du pinceau trouvèrent le tissu, je commençais à mastiquer doucement ma langue. Un tic dont je ne parvenais à me défaire. Pourtant c’était affreux comme l’organe pouvait être douloureux une fois la toile enfin achevée. Imaginez des heures de mastications intenses et ininterrompues.

Les yeux et leur dureté emprunt d’une pointe de tristesse, d’une bonne dose de folie et une lueur de machiavélisme furent les premiers terminés. Rapidement, l’arête du nez apparu. S’en suivi ensuite les pommettes saillantes et brillantes d’intelligence. Les lèvres fines et rosées étaient dissimulées derrière une main fine aux doigts fins. La bouche entrouverte donnait l’impression qu’il savourait un fruit juteux. Je ne sus pas combien de temps je passais ainsi devant mon oeuvre. Il n’y avait pas que les mains et les bras à bouger. Tout mon corps était comme habité par ce que je faisais. Il n’existait rien d’autre que la peinture, le modèle et moi. De temps en temps, quelques gouttes coulaient sur ma peau que j’essuyais du revers de la main. C’était souvent ainsi que je terminais couvert de peinture de toutes les couleurs. Je terminais rapidement ses vêtements, créant l’illusion de la matière presque avec perfection. Je terminais avec ses cheveux blonds comme les blés. Encore une fois, je mélangeais les couleurs afin d’être aussi fidèle que possible.

Quand j’eus terminé toutes les parties que j’avais décidé de peindre, je fis un pas en arrière pour admirer ce que je venais de peindre. J’avais arrêté de mâchouiller ma langue et avais croisé les bras sur mon torse. Une main sur le menton, je tapotais ma joue de l’index. Comme percevant un mouvement sur le canapé, je dirigeais un index dans sa direction.

Attends… soufflais-je du bout des lèvres.

Je me saisissais d’un pinceau plus fin et me rapprochais de nouveau de la toile. Ses grands yeux bleus semblaient me fixer, à vous couper le souffle. Je prenais une profonde inspiration et faisais de mon mieux pour être le plus proche possible de la lueur que je percevais si souvent dans le regard profond du vampire. Je voulais retranscrire exactement ce que je voyais quand je le regardais. Cela faisait des années que je n’avais pas peint de visages. Aucun n’avait trouvé grâce à mes yeux. Aucun n’avait semblé digne de devenir éternel. Sachant que le blond était déjà immortel, c’était ridicule. Toutefois, je voulais aussi qu’on le voit tel que je le voyais. Que ça plaise ou non. Ainsi était le pouvoir des artistes. L’on transcrivait ce que l’on voyait, ce que l’on voulait, ce qu’on voulait représenter. L’on pouvait choisir le cubisme, le pointillisme, le style que l’on souhaitait. Moi, j’étais toujours fidèle à ce que je ressentais et surtout, ce que je voyais. Voilà comme je le voyais lui. Je reposais tout de nouveau et reculais encore une fois. J’inspirais encore profondément et un fin sourire apparut sur mes lèvres. J’étais clairement satisfait.

Je t'en prie, dis-je enfin en faisant un pas sur le côté, invitant ainsi l'immortel à venir s'admirer.

Une légère appréhension grandit en moi alors que l'allemand approchait. Chaque pas semblait sonner le glas de mon inspiration. Cette dernière s'estompait peu à peu et grandissait à la place un immense manque de confiance en moi, en mes talents de peintre. Je ne me vantais pas de ce que je savais faire mais je me savais doué. Malgré cela, j'appréhendais son avis à lui, plus que quiconque. En particulier maintenant que je venais de le peindre.


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Comme un temps d'arrêt, une perdition en suspens, Cameron lui donnait le droit d'arrêter pour quelques temps sa course effrénée. Dans le regard réservé que le loup lui démontrait si souvent, l'allemand n'était pas tâché par le goudron du passé. Il était simplement tel qu'il était. Au-delà de River Crow, au-delà de l'horreur avec laquelle son nom s'était fait connaître. Parfois décontenancé par les effluves inconnues qui gravitaient entre eux, Callan hésitait. À lui révéler ces morceaux de passé qui le poursuivaient sans relâche, à souligner le fait qu'il était loin d'être aussi dépourvu qu'il ne semblait l'être à ses côtés. Les esquisses de son âme avaient été façonnées par l'infâme afin de devenir le parfait outil du Diable. Il n'était qu'une représentation supplémentaire de la terreur ; une icône de douleur qui ne sentait les vibrations de son cœur qu'en laissant s'incruster à l'intérieur les médailles de ces milliers de meurtres qu'il avait commis. Assumer n'était pas le tourment qui le maintenait silencieux. Callan écoutait principalement son égoïsme, ce désir pernicieux qu'il avait de préserver le jardin tranquille que Cameron était devenu pour lui. L'irlandais était cette touche d'apaisement qu'il n'avait pas désiré mais qui pourtant l'obsédait, ce délice aux parfums d'éphémère qu'il risquait de perdre à tout moment. L'existence de l'ancien vampire n'était qu'un vacarme infernal au cœur duquel ne chantaient que des discordes intemporelles. Elle était animée d'amertume, de houles furieuses au magma dévastateur, dotée d'un quotidien cadencé de trahisons et de dépravations. Plus rien n'y était pur, plus rien n'y était sacré. Ici, tout était différent. L'air ne tremblait que sous l'intensité des regards qu'ils s'échangeaient parfois. Il était aromatisé par les couleurs de leurs longues conversations, brodé par des folies artistiques qui semblaient être les seules femmes à pouvoir émouvoir le brun. C'était au sein de sa demeure que l'allemand reprenait son souffle. C'était là qu'il oubliait les cacophonies de ce qu'il avait quitté en 2042. Entre ces murs, Callan De Rhénanie disparaissait pour laisser l'Essence qui l'habite renouer maladroitement avec Callan Feuerbach. Il n'était plus l'infant de qui que ce soit. Le cri de ses victimes n'imposait plus leur douleur aux âmes qui le reconnaissait de par le champ des crucifiés qu'il avait érigé, cent ans plus tôt, pour glorifier un homme qui lui avait tourné le dos. Le Monstre, dans le regard du peintre, se complaisait dans les douceurs de cet anonymat illicite et repoussait l'échéance irrévocable de cette vérité qui pourtant, un jour, sera découverte.

Pour le temps que ça durerait, Callan ne souhaitait personne d'autre pour incarner son exil. Cameron serait son déracinement, l'issue dont il avait tant besoin. Sans pour autant le connaître, l'allemand mettait en lui tous ses espoirs de nouveau départ. Peu importe la destination finale tant qu'il pouvait s'oublier dans la présence de cet autre qu'il découvrait à peine. Avant lui, c'est au creux du néant que ses desseins tremblaient mais cette bienveillance, qui au départ l'avait étranglé, lui donnait aujourd'hui l'opportunité de vomir les mensonges qu'on lui avait fait avaler durant des années. Dans un paradoxe inquiétant, c'est à ses côtés qu'il cherchait à se purifier, au risque de le souiller de cet épais carmin dont transpiraient ses barbaries inavouées. Par ce contact visuel qu'ils partageaient, Anselm était envahi d'une multitude de pensées, l'Esprit enivré par les possibilités que son emménagement soudain pourrait lui donner. L'alcool, pour une fois, ne le forçait pas à remettre les pieds sur terre. Il portait sa confusion comme un linceul, s'imbibant au possible du désordre épineux qui ne cessait jamais de le guetter. Callan appréciait le répondant de l'irlandais, l'inconscience avec laquelle il faisait face au danger comme si rien ne semblait le faire trembler. Il aimait laisser traîner son attention sur les couches factices de son flegme, souriant souvent d'y deviner les feux d'une rage dissimulée. Le loup nourrissait son imagination bouillonnante sans pour autant l'épuiser et sucer son énergie jusqu'à lui en assécher l'esprit. Il trouvait en lui, un équilibre indéfinissable ; une sérénité énigmatique qu'il était pourtant certain de briser un jour. Savoir quand et comment restait à définir.

« Je n'en doute absolument pas. », il sourit une énième fois. Poursuivant la lente descente de ce verre qu'il venait de lui offrir.

Cameron n'était pas un être stupide. Si la réserve de Callan verrouillait la vérité, le loup n'en était pas moins avisé sur le genre de personne qu'il avait recueilli chez lui. Entre eux existait toujours la pudeur des rencontres nouvelles. Celle-ci sauvegardait leurs moments complices qui se répandaient de manière prolifique lorsque l'allemand s'éternisait dans la demeure familiale de Fitzpatrick. Ils étaient à l'origine de sa décision. De cette envie irresponsable de semer sa zizanie auprès du brun, d'animer sa monotonie, de secouer son quotidien qui, pour lui, était bien trop calme.

« Je vois que monsieur est perspicace... C'est toujours bon à savoir. »

La mine pensive, Callan ne décroche pourtant pas son regard de ce sourire qui habite le visage de son interlocuteur. Il mémorise les contours délicats et séduisants de ses lèvres, histoire de s'en rappeler plus tard. D'en créer un fantasme lorsque le temps lui semblera trop long. Pourtant, Cameron semblait si insaisissable par moment, à l'image d'un animal chassé. Toujours en alerte, jamais entièrement détendu. Précisément lorsque ses phalanges s'entremêlaient au collier qui demeurait éternellement autour de son cou, comme s'il préférait s'y raccrocher au lieu de simplement connecter son regard au sien et se laisser porter par les énergies occultes qui en découlait. Il s'apprêtait à boire une autre gorgée d'alcool lorsque le loup lui imposait de ne plus faire le moindre mouvement, se ruant ensuite vers son chevalet pour y mettre une toile neuve. L'allemand ne répondit rien, intrigué par cette vivacité soudaine et curieux de découvrir ce que l'artiste avait derrière la tête. Il lui arrivait souvent de se perdre dans son œuvre, laissant son âme entièrement plonger dans la multitude de couleurs avec lesquelles il balafrait le tissu tendu. Callan aimait l'observer durant ces heures volatiles, laissant la frénésie de ses pensées s'éteindre dans le contemplation de la créativité incendiaire du peintre.

Cette fois, la scène était différente. Plus particulière. Cette fois, Callan était la muse et ce n'était guère habituel pour lui. L'étrange sensation de la pudeur vint étreindre ses poumons pourtant morts, propulsant en lui un sentiment de mise à nu inconnu qui lui paraissait quelque peu étouffant. Pourtant, ce regard artistiquement inquisiteur qui le fouillait sans aucune retenue inspirait ses indécences à éclore dans la brutalité. Il précipitait son impatience jusqu'à l'orée de ses lèvres, dissimulées par la position de ses doigts. L'allemand dévorait la fougue impétueuse dont transpirait l'artiste soudainement inspiré. Cameron avait des gestes précis, pourtant confus de par les quelques moues hésitantes qui reposaient quelques fois sur son visage concentré. Presque en transe tant son regard semblait sombrer au cœur de la peinture. Anselm l'admirait ainsi durant des heures allant même jusqu'à se défaire de ces clignements de paupières, détail inutile pour lui mais si important dans les habitudes simplistes des hommes. Figé dans les courbes de ce moment volé, l'ancien archer tentait de rester tranquille, imitant ces statues sur lesquelles il s'arrêtait autrefois en visitant un musée. Cela ne le dérangeait pas. Durant ces instants d'observation, les pensées de l'allemand n'étaient seulement tourner que vers Cameron. L'ombre des trahisons avec lesquelles certains avaient obstrué sa loyauté disparaissait lorsque le blond s'égarait dans ces heures hors du temps, là où il n'existait rien d'autre que leur présence et en lesquelles l'extérieur n'avait plus aucune valeur. Face à Cameron, les brûlures suintantes de ses morsures cachées s'apaisaient de manière inexplicable. L'ancien vampire n'était qu'un étranger, aux provocations parfois déplacées certes mais libre de représenter ce qu'il désirait. Il avait tant perdu l'habitude de s'intéresser aux autres qu'il en oubliait presque de maintenir sa garde, pourtant reconnue pour être inébranlable.

Lorsque le loup finit par se reculer pour évaluer ce qu'il venait d'accomplir, le blond crut presque avoir eu le droit de bouger à nouveau mais Cameron le coupa à temps dans son élan, apportant à son œuvre une dernière particularité dont lui seul avait le secret. Tout au long de la création, le regard de l'allemand était resté suspendu aux mouvements du brun, capturant les moindres mimiques faisant vibrer son être, épris de passion lorsqu'une de ses mains tenait un pinceau. Docile, l'allemand avait attendu. Patiemment. Jusqu'à ce que Cameron l'autorise à se lever afin de partager ce qui semblait avoir foudroyé son esprit vagabond. Il finit son verre avant de s'approcher, un sourire amusé sur les lèvres. Et ce n'est qu'après un bref échange de regard avec le peintre qu'il ose satisfaire ses prunelles du talent qui sommeille en Cameron. Ce dernier souriait, ivre d'avoir pu laisser son inspiration s'exprimer sans que rien ne le freine. L'ancien vampire était resté silencieux. Attentif à l'artiste qui était, pour lui, la véritable œuvre d'art. Il se gardait cependant de le lui faire savoir, peu enclin à laisser le bellâtre s'échapper abruptement. Pour l'heure, c'est à son reflet parfaitement capturé qu'il devait faire face. Instinctivement, l'allemand avait froncé les sourcils, penchant ensuite sa tête sur le côté tant l'image entièrement créée lui semblait fidèle à ce qu'il était, à cette gueule qu'il croisait dans un miroir à chaque fois que son narcissisme chantait. Il était surpris de l'exactitude authentique, de la fidélité dont le loup avait fait preuve en capturant les nuances cadavériques qui parsemaient sa peau lunaire. Callan n'était ni beau ni laid. Sur sa toile, son identité était restée naturelle. Sincère, au-delà des artifices avec lesquels il habillait parfois ses mouvements. Pour se protéger, pour s'éloigner.

« Tu m'impressionnes. »

Sa voix grave retentissait dans l'espace silencieux. Il n'avait pourtant pas décroché ses rétines de la peinture, étrangement happé par la précision que son hôte venait d'accomplir. Callan n'était pas un expert en la matière, rien qu'un simple amateur ayant traversé autant les âges que les styles, naturellement tourné vers le beau, blasphémant d'aimer l'enlaidir lorsque ce dernier était sous forme de vie. Il avait un certain œil, taillé par l'analyse constante de tout ce qui l'entourait. Ainsi, il pensait avoir la prétention de savoir de quoi il parlait. Dans l’effondrement de ce monde qu'il méprisait, face à cette peinture avec laquelle Cameron réchauffait les braises froides de son âme, Callan se rappelait les nuances mordorées et luxueuses des belles époques qu'il avait quitté. Pulvérisées par le temps indifférent et la stupidité des hommes. Il ouvrait les portes de son antique mémoire, s'autorisant à se perdre au creux de l'histoire pour quelques minutes seulement. C'est touché par une certaine nostalgie capricieuse que l'allemand finit par tourner son visage vers celui de l'artiste. Sur ses lèvres, un sourire indéfinissable s'installe alors que sa voix profonde revient briser l'intimité du silence nouveau qui les sépare.

« Pourrais-je envisager de poser nu un jour ou cela dépasse-t-il ta normalité d'hétérosexuel aguerri, charmeur de ces dames ? »

Il s'approche alors, ne laissant que quelques faibles centimètres les séparer alors que son regard d'acier s'éteint sur les lèvres du brun. Sans le toucher pourtant il profane la retenue dont il fait preuve, creusant de plus en plus l'évidence de ce jeu plaisant qui naît entre eux. Cependant, Cameron n'aura pas l'occasion de lui répondre cette fois puisque derrière la porte accourait déjà le cerbère enragé d'un passé qui lui était toujours excessivement proche...


NΞRIOИ



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And all I can see are these flames around me and all I can think is I'm here alone. The fires are growing close and all I smell is smoke, yeah, still it's beautiful to me.

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- Aindreas An'Sionnach & Callan de Rhénanie & Cameron Fitzpatrick -





« Fils de pute ! »

Mon sang n’a fait qu’un tour dans mes veines face à la révélation de Gareth. Il était là. Ici. Sur mes terres. Callan. Ce connard qui m’avait tout pris. Cet enfoiré qui avait tué Abi quelques années en arrière. Ce bâtard que je rêvais de buter bien plus que quiconque. Là, hébergé par un des nôtres. Cameron. La rage, la colère tous ces sentiments négatifs que j’avais tenté de refouler refaisaient surface. D’un coup. Littéralement. Incontrôlable j’ai balancé la table de cuisine contre le mur. Ma fille n’était pas là, je l’avais confié à Gabrielle après avoir appris qu’il fallait que l’on me parle d’un truc grave. Un truc qui allait me mettre hors de moi. Et c’était monstrueusement le cas. J’avais envie d’hurler, de crier, de tout péter. Il était là, ici, profitant de mes terres, sans parler du poids de la trahison. Ce sentiment amère qui venait s’incruster avec le reste. Ne faisant même plus attention à mes gars qui étaient venu en nombre de cinq dans l’espoir de me raisonner. Mais il était trop tard. J’emmerdais la coalition, j’emmerdais tout le reste. Callan de Rhénanie allait payer pour ses actes, et tant pis pour le reste. Ca n’avait pas d’importance à mes yeux. Il était hors de question qu’il l’emporte. Hors de question qu’il reste ici, qu’il se croient en sécurité à cause d’un pacte à la con que j’avais signé avec son père. Callan avait fait trop de mal depuis son arrivé en Irlande il y a de ça cent ans en arrière. Il avait brisé ma famille, massacré, crucifié les miens, et si j’avais une certitude c’était bien celle-là. Si son père avait retrouvé un semblant d’humanité à cause de cette nouvelle guerre, Callan ne se soucierait jamais de rien si ce n’est que de lui-même. Il était un danger pour nous tous ici.

Déterminé, je n’entendais plus rien quand j’ai attrapé mon arbalète et ma machette. Si j’avais conscience des conséquences de mes actes ? J’en sais rien, mais tout ce que je savais c’était que j’allais me taper du vampire ce soir et rien ni personne ne pourrait m’en empêcher. J’en oubliais la coalition, le traité, toutes ces choses que j’avais signé plus sous l’obligation que sous l’envie. Ce n’était que des mots, des phrases couchées sur un bout de papier que l’on avait signé de notre sang. Des trucs qui à mes yeux ne voulaient plus rien dire. Aveuglé par mes envies de vengeance, j’en ai repoussé Aodh qui tentait de me canaliser. Poussant jusqu’à lui foutre mon point dans la gueule pour qu’il me laisse passer. Enfourchant ma bécane pour mieux les distancer. Je savais qu’on me suivrait. Je savais qu’on m’empêcherait d’aller au bout. Aodh croyait en la coalition, il ne voulait pas que je la brise et il avait raison. Protéger mon peuple aurait dû être la priorité. Ca aurait dû être la première choses à laquelle je devais penser. Et non pas à mes envies de buter ce fil de pute. Mais on savait aussi que quand j’étais dans cet état, je n’écoutais plus rien. La dernière fois que j’avais ressenti ce que je ressentais maintenant j’avais poussé le vis en me trancher les veines avec une bouteille de whisky cassée. Un acte que j’avais commis par sa faute à lui. La capture d’Aby m’avait anéanti. Propulsant Callan au rang d’ennemi numéro un. Alors qu’on ne vienne pas me faire chier avec cette putain de coalition. On avait des comptes à régler lui et moi. Et on allait les régler. Ce soir. Quitte à ce qu’il y en ai un qui y laisse sa peau.

C’était égoïste, et sans doute complétement con de ma part. Mais j’en n’avais tellement rien à foutre. J’ai simplement mis les gaz, arrivant chez Cameron sans plus me poser la moindre question. Je n’ai pas pris le temps de garer ma bécane, la laissant trainer là, sur le sol, absorbé par une seule envie, celle de me farcir Callan ce soir. Sans prendre le temps de frapper j’ai donné un coup violent dans la porte, l’ouvrant simplement à l’aide de mon pied, dégainant mon arbalète avant de tirer. Un tir parfait. La flèche venant se planter dans ma cible. Là. Dans ton épaule. Je savais que ça ne te tuerais pas, mais je voulais simplement que le message soit clair. Si j’ai baissé mon arme ? Oui. Je l’ai laissé tomber sur le sol pour en tirer ma machette, m’avançant vers toi, l’air complétement possédé par on ne sait trop quelle créature. Brutalement, je t’ai repoussé toi, Cameron, t’envoyant bouler je ne sais trop où dans un coin de la pièce. Loin de lui. On réglera nos comptes plus tard mais pour l’heure, je n’étais focalisée que sur une seule et unique personne. Si tu savais depuis le temps que j’attendais ce moment. J’en oublié absolument tout. Toutes ces choses que j’avais signé, toutes ces promesses que j’avais faite. Venant te menacer de ma lame, la plaçant là, sur ton torse, a deux doigts de t’embrocher pour te coincer là, contre le mur. C’était ça ton truc hein ? Enfoncer des clous dans les gens et les laisser crever sur des croix. Espèce d’enculer. Mon souffle était roque. Littéralement. Je perdais mes moyens. J’ai levé la main, pour venir te foutre mon poing sur la gueule jusqu’à ce que la voix d’Aodh résonne derrière moi.

« Fais pas ça As. Si tu le butte ça en est terminé du pacte avec McGuinness. Gâches pas tout putain. »
« Il a tuer ma femme ! Elle était innocente putain ! »

J’ai crié ces mots, me retournant vers toi, qui gisais là, dans ce coin dans lequel je t’avais envoyé. Continuant de menacer Callan de mon arme, là, toujours colée contre son torse. Ma femme. Oui, il a buté ma femme. Juste par vengeance. Juste parce qu’on avait voulu récupérer ce qui nous revenait de droit. Notre liberté. Notre place dans la société. Remplis de rage et de haine, je crois que je n’ai pas contrôler cette larme qui est venu rouler sur ma joue. Pensant furtivement à Lahja, a ses aller et venu ici. A Aby, a Eireen, à tous ces gens qui j’aimais et qu’il serait foutu de me prendre juste pour le plaisir de me voir souffrir. Continuant de fixer Cameron, essayant de comprendre pourquoi il l’avait fait venir ici. Pourquoi il trahissait les siens pour un type tel que Callan. Il était hors de question que je mette mon peuple en danger. Hors de question qu’il reste ici. Hors de question qu’il pense même à venir poser le moindre orteil sur mon territoire. Appuyant un peu plus ma lame contre ton torse, sa pointe en est venu s’enfoncer dans ta chair. Une blessure mince, tellement mince face à toutes celles qui tu as pu me causer. Lentement c’est Aodh qui est venu poser une main sur la mienne, une main délicate, mais suffisamment dure pour me faire relâcher mon arme. La laissant tomber là, sur le sol, dans un bruit lourd. Pourtant j’ai relevé le poing, venant cette fois l’encastrer dans ta gueule. Me jetant sur toi comme une furie avant de voir Aodh me séparer de toi par la force. Je n’en n’avais pas terminé. Non crois-moi, j’étais loin d’en avoir fini avec ton cas.

« Comment t’as pu le ramener ici bordel ?! Comment t’as pu tous nous mettre en danger comme ça ? Y’a des mômes ici merde ! C’est pas possible d’être aussi con bordel ! »

Délaissant Callan, je suis revenu vers toi. Te questionnant, voulant des réponses. Voulant savoir ce qui avait pu te prendre de ramener l’un des vampires les plus dangereux de ce monde sur nos terres. T’attrapant par le colback, je t’ai relevé, plantant mes prunelles bleues dans les tiennes. Qu’est-ce que j’allais bien pouvoir faire de toi Cameron ? je ne savais même pas si tu avais conscience de l’ampleur de tes actes en emmenant Callan ici. C’était de l’inconscience ! Voilà ce que c’était ! Rien de plus, rien de moins. Des conneries on en faisait tous mais des comme ça ? Au point de mettre ta meute en danger ? Non vraiment ça me dépassait. Je ne comprenais pas. C’était une évidence.

« Ce connard à tuer ma femme ! A quoi tu t’attendais hein ? A quoi ?! t’es prêt à mettre les tiens en danger pour une histoire de… De cul ?! Je devrais te bannir pour ça bordel t’en as conscience ?! »


Te bannir, te demander de partir comme je vais lui demander à lui d’aller loin, très loin d’ici. Oh que non Callan. Je les vois bien les cartons qui trainent mais ne penses pas t’installer ici. C’est hors de question.





©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach



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Le vampire me félicitait presque d’être perspicace. Ce à quoi je souris. Derrière cet amas d’impulsivité et de rêverie n’en demeurait pas moins un homme capable de réfléchir. Le plus grand problème était que je commençais à le faire lorsqu’il était trop tard. Comme héberger un vampire dangereux. Un jour où l’autre la sentence finirait par me tomber dessus. Nous étions une communauté soudée. Tout finissait par se savoir et je ne doutais pas que mon Alpha viendrait frapper à ma porte pour me demander de lui rendre des comptes. Ce serait le plus naturel du monde, je serais bien le dernier à lui en vouloir si jamais je lui en voulais un jour.

Pris d’un élan soudain d’inspiration, j’avais ordonné à l’immortel de ne plus faire le moindre geste. Hypnotisé par ce que dégageait le blond dans cette posture, je m’étais mis à le peindre, pendant de longues minutes, peut-être même des heures. Je ne savais jamais combien de temps je pouvais rester ainsi, sans me nourrir ni me désaltérer. J’avais ce trop plein dans la tête qu’il fallait que j'évacue au plus vite avant qu’il ne me dévore. C’était comme avoir des milliards de fourmis en train de vous ronger la cervelle de l’intérieur. Le meilleur moyen de les faire sortir était de peindre et peindre encore jusqu’à s’en faire saigner les phalanges. La notion du temps n’avait alors plus aucune importance. Seuls comptaient le modèle, le peintre et les millions de teintes différentes qui venait noircir la toile. Une fois terminée, j’avais autorisé l’être immobile à enfin venir voir le résultat, la boule au ventre.

J’avais peint Evy. Plus d’une fois. Sans son avis et avec. A chaque fois, je lui avais montré le résultat sans m’attendre à la moindre déception de sa part. Jamais elle n’avait douté de mes capacités. Elle m’avait connu au début de mon art, quand je ne savais pas encore moi-même ce que je savais faire. Elle m’avait vu évoluer, grandir, mûrir. Elle avait vu des choses affreuses sortir de mon esprit. Elle avait aussi assisté à ce que je savais faire de plus beau. Alors quand je lui avais montré mon portrait d’elle, comment je la voyais, je savais qu’elle ne serait pas été déçue. Elle était restée silencieuse de longues secondes pendant lesquelles aucune angoisse n’était remontée. J’avais attendu, patiemment, qu’elle me donne son avis. Ce dernier, qu’il fut bon ou mauvais, aurait été constructif. C’était d’ailleurs pour cette raison que j’avais même hâte qu’elle ouvre la bouche. Puis elle s’était contentée de me remercier en m’embrassant. Et cela m'avait suffit.
Pour Callan, c’était différent. Pour une raison que j’ignorais, je redoutais son avis. Je voulais qu’il me donne son approbation, qu’il me félicite. Je voulais qu’il trouve ce portrait digne de lui. Je ne le plaçais pas pour autant sur un piédestal, pas le moins du monde. Mais je ne pouvais m’empêcher de redouter le moment où il ouvrirait la bouche.

Le verdict était tombé. Deux mots. Deux mots qui m’allèrent droit au coeur. Deux mots simples qui me touchèrent plus que je ne l’aurais pensé. Venant de Callan, j’en étais d’autant plus touché. Je ne connaissais rien de son passé mais je me doutais qu’il avait côtoyé bon nombres d’artistes. Il avait du les croiser ou au moins voir leurs oeuvres. Instinctivement, ma main se porta sur l’alliance autour de mon cou. Le vampire était scotché à son reflet coloré alors que je ne quittais pas son profil. Si obnubilé par son impassibilité, je sursautais presque quand son regard se porta finalement sur moi. Je me sentais doublement observé, au milieu du modèle et de la toile. Sa requête ne me surprit guère, ne m’offusqua même pas. J’haussais les épaules nonchalamment puis croisais les bras. Lui il approchait, fixant mes lèvres avec avidité. Troublé par son charisme et cette proximité soudaine, j’étais bien incapable de faire le moindre geste de recul, d’émettre le moindre son. Mon coeur s’était remis à battre rapidement, m’étouffant presque. Comme toujours, je continuais de tripoter le pendentif, y enroulant mes doigts nerveusement. Je pris une profonde inspiration, prêt à lui répondre lorsque la porte vola presque à travers la pièce.

Aindreas An’Sionnach suivi d’Aodh An’Sionnach - l’Alpha et le Bêta de la meute - pénétrèrent dans la maison. Comme possédé par le diable, pleinement conscient mais incapable de lutter. Je n’eus le temps de rien qu’une flèche fut décochée directement dans l’épaule de mon invité. Autant vous dire que sur le moment, je ne comprenais pas tout ce qu’il se passait. J’étais prêt à m’interposer entre les deux mais fut brutalement repoussé par mon chef. J’allais m’écrouler lamentablement contre le mur, faisant tomber au passage le tabouret sur lequel j’avais déposé palette et pinceaux. As était sur le point de mettre à mal le pacte qui avait été signé. Une nouvelle guerre pourrait être déclenchée, réduisant à néant tous les efforts fournis jusqu’à présent. Mais il y avait plus qu’une histoire de race. C'était personnel. Je ne me relevais même pas sous le regard d’Aodh qui approchait, restant tout de même à une distance raisonnable. Il avait hurlé et je comprenais quel était le fond du problème. Je comprenais avec un train de retard pourquoi il semblait en vouloir autant. Je serrais mâchoires et poings.

Sa rage était majoritairement pour Callan. Il en était la source, la source profonde. Mais il s’était retourné vers moi et approchait dangereusement après avoir frappé l’allemand déjà à terre. Ce dernier ne se défendait pas, comme s’il savait pertinemment que ça ne servirait à rien. Ou bien qu’il était en tort. Et j’étais l’huile jeté sur le feu. La goutte qui avait gonflé le feu déjà prêt à tout détruire sur son passage. Ce que je craignais était arrivé plus tôt que prévu. Le vampire venait à peine de ramener son dernier carton que le chef de la meute venait déjà le mettre dehors. Un frisson parcourut mon échine. Comme si mon corps redoutait déjà ce moment, plus que la punition qui me serait donné. Je pouvais tout de même louer in petto la présence d’Aodh. Sans lui, ni Callan ni moi ne survivrions à cette arrivée fracassante.

Les paroles de l’alpha étaient justes. Je le laissais donc me traiter comme un pestiféré, un traitre, un « con ». Je continuais de serrer tout de même poings et mâchoires, entrainé par cette rage communicative. J’étais blessé. Blessé de m’être fait roulé dans la farine comme un louveteau. Blessé de la confiance que j’avais osé commencer à mettre en cet homme dont j’ignorais tout. Mais j’en apprenais un peu plus aujourd’hui. Il avait donc tué la femme de mon Alpha. Abby. Evidemment que je la connaissais. Evidemment que je connaissais les circonstances de sa disparition. Mais j’ignorais totalement que c’était le vampire que j’hébergeais. Celui que j’appelais mon ami. Je jetais un coup d’oeil à la peinture que je venais d’achever et me résignais malgré tout à ne vouloir le haïr. Je demeurais crédule de pouvoir capter chez lui ce petit quelque chose qui m’avait redonné confiance en la race vampirique. Ses yeux et cette lueur que j’avais su capter et retranscrire sur la toile. Ce regard si hypnotisant, si authentique et si captivant. Je soupirais n’empêchant pas As de me garder ainsi entre lui et le mur après m’avoir relevé de force. Je ne relevais pas son allusion à une possible relation entre nous. Ce n'était pas le moment de jour sur les mots et de tout prendre au pied de la lettre.

J’ignorais que c’était lui… répondis-je pendant que le Bêta le temporisait du mieux qu’il pouvait. Je comprends que tu m’en veuilles de l’avoir ramené ici mais je ne l’aurais pas laissé faire de mal à qui que ce soit. Je ne suis pas inconscient à ce point.

Je sentais que c’était le mot de trop. J’attisais la bête déjà déchainée. Je le voyais dans son regard. Un coup d’oeil à son cousin. Je ne cherchais pas son approbation, il ne me la donnerait jamais. Je souhaitais simplement qu’il trouve les bons mots pour diminuer le feu qui grondait dans les prunelles qui me démanteler.

Je ne l’aurais pas autorisé à venir si je ne garantissais pas un minimum de sécurité.

Bon, ce n’était pas totalement juste. J’avais quand même tendance à agir avant de réfléchir. Mais le pacte n’avait pas été signé pour rien. Callan et moi nous n’étions pas rapprocher à cause de la raison qu’As avait donné. Il y avait quelque chose de plus. J’avais le sentiment que je pouvais lui faire confiance. J’étais peut-être naïf de le penser, mais je ne pouvais m’en empêcher.

NΞRIOИ



horror can't stop this feeling

Cameron ▬ Can't handle the anger, the hunger, the pain. Can't control the nightmares, my dreams remain the same. I'm holding on to the memories of your face. And all I've got for now, is that stupid necklace. | ©️ Vent Parisien



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