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The Good, the Bad and the Ugly | Cameron et Aindreas

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De la main de Callan De Rhénanie signé le Mer 14 Fév - 22:32

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Les relents d'une lassitude certaine alourdissaient son humeur déjà agacée par le manque... Par l'absence carnivore de Léandre à ses côtés. Il avait passé la journée à le rêver, se remémorant avec nostalgie la saveur exquise de sa vitae contre les courbes pleines de ses lèvres heurtées par les morsures que le français aimait autrefois lui infliger. Ces idées lascives et l'effervescence de ces besoins irrépressibles l'avaient empêché de fermer l'œil, obligeant sa mémoire à ne batifoler qu'avec les fantômes de passion que son amant lui avait laissé. Callan s'en écorchait l'esprit lui-même, déchirant l'indifférence qui le caractérisait pourtant si bien habituellement. La frustration glissait alors à même son corps, lui donnant des allures de camé qui tuerait pour se faire un fix du seul qui animait en lui ce genre d'émotions. Parfois il lui arrivait de chercher sa peau, la douceur de ses cheveux ou l'immensité de son regard constellé de scarifications mais comme toujours, il ne trouvait rien d'autre qu'un vide omniprésent. Pas même l'ombre de sa silhouette ni le soufre délectable de son odeur familière qui, de plus en plus, se changeait en chimère vaporeuse. L'allemand était hanté par ces huit siècles qu'il avait partagé avec lui, il était hanté par l'idée qu'il n'ait jamais aimé personne d'autre que cet homme dérangé. Ce putain de lunatique qui était le seul à transformer son apathie en délires amoureux et obsessionnels. Tout cela l'écœurait. Léandre le rendait littéralement malade et personne ne pouvait comprendre cette démesure qui le possédait depuis que la fatalité les avait uni. Personne ne savait à quel point tout n'avait toujours tourné qu'autour de lui. Le blond lui avait dédié sa vie, à tel point que sans lui plus rien ne semblait avoir de sens. S'il avait pris la décision de créer la coupure, la rupture, il n'en était pourtant pas moins le premier prisonnier. La luxure n'avait pas suffit à le canaliser. Il avait beau baisé, parfois même comme un animal, rien n'apaisait les brûlures vulgaires des conséquences d'une vie en laquelle il peinait à ressentir l'envie de continuer. L'alcool et l'opium quant à eux ne l'étourdissaient jamais suffisamment longtemps pour faire taire les tumultes vomitives des faiblesses malmenant ses pensées. Il cherchait à couper cette connexion si spéciale entre lui et Léandre mais s'en retrouvait toujours tourmenté, implacablement soumis à ces foutues émotions sur lesquelles il n'avait jamais eu aucun contrôle au final. Callan ne pouvait s'empêcher de penser à lui, de le désirer, malgré ces quelques dernières années d'errance où il n'avait souhaité qu'une seule chose : anéantir les morsures que son amour monstrueux avait laissé sur son Âme.

La vérité étant que s'il était un monstre, lui n'en était que pire encore. Sa dose d'humanité ne vivait que dans leurs échanges intimes, ce langage qui n'existait qu'entre eux et que personne ne pourrait jamais réellement comprendre ou même déchiffrer. Si le chaos entachait l'immortalité de l'un comme de l'autre, leur union n'en restait pas moins la seule vérité que Callan tolérait d'accepter. Pourtant, ces trahisons à répétition, cette multitude de déceptions lui collaient à la peau comme un cauchemar, un cercle vicieux, qui le rendait moins fonctionnel et le mettait face à une faiblesse qu'il refusait d'assumer. Cette douleur invisible emplissait les failles de son indifférence, elle le fragilisait et pour cela, il s'était surpris à parfois haïr celui qu'il avait choisi pour être son Sire. Ainsi, il n'avait rien avalé depuis quelques jours, indifférent à  son bien-être, et avait prit sa décision. Il quitterait Dublin, s'éloignerait de Magda car les maux qui dansaient dans son regard ne faisaient que le ramener inlassablement à River Crow. Et River Crow, ce fut Léandre. Ce fut l'apothéose de leur gloire et de leur acharnement. Et Callan ne pouvait tout simplement pas encaisser les refrains lancinants et même lassants, de cette vie qu'il avait volontairement choisi de quitter. Il aimait se croire libre, se croire au-dessus de ce qu'il se passait réellement en lui mais peut-être qu'au fond, il ne faisait que se voiler la face. Oui, peut-être mais en attendant, il n'allait pas céder à ses instincts torturants. Il n'allait pas fléchir sous l'appel inconscient d'un homme qui, sans doute, lui avait fait perdre son temps. Voilà pourquoi il se perdait dans la demeure de Cameron. Voilà pourquoi il l'observait peindre, parfois des heures entières, sans jamais pourtant s'en lasser. Dans le silence de sa concentration, l'attention de l'allemand était dirigée vers autre chose, quelque chose de différent. Quelque chose qui ne ressemblait en rien à Léandre. Le loup avait une aura de calme qui l'attirait étrangement, un charisme inconscient qui avait capturé le regard pourtant insensible de l'ancien bras droit. Cela entraînant sans qu'il ne s'en rende vraiment compte des allers-retours entre Dublin et Galway de plus en plus récurrents. Callan s'installait, progressivement. S’immisçant dans le décor esseulé de cet homme étrange qui l'avait sauvé par pur altruisme alors que lui provoquait la mort au nom de quelqu'un qui l'avait plus d'une fois trompé, sans même en ressentir un quelconque remord, puisqu'il n'a jamais réellement cessé de continuer. Car Léandre n'en avait jamais assez et que l'amour inconditionnel de Callan ne lui avait jamais pleinement suffit. L'idée de recommencer sans lui s'était alors immiscée, effrontément. Avec rage et tristesse. L'allemand espérant recommencer puisque de toute évidence, ce sont les ruines d'une gloire déchue qui embuaient ses désirs d'ailleurs.

Il se sentait étrangement con parfois, dégueulant sa colère sur les autres avec violence et cruauté. Il s'oubliait ainsi, dans l'épais goudron qui suintait de son myocarde asphyxié. Les autres, il les avait toujours profondément méprisé et c'était, en un sens, toujours le cas. Pourtant, il ne pouvait pas se convaincre de haïr Fitzpatrick. Il ne pouvait se résoudre à le toiser avec arrogance indéfiniment et ce pressentiment en lui grandissait à force de s'incruster dans la vie du peintre, emplissant son espace de toute son influence chaotique. C'est avec cette manière de penser qu'il avait fini d'embarquer les derniers cartons à l'arrière de sa voiture et qu'il entreprit de rejoindre Moycullen Bogs, loin de se douter qu'un des chiens de garde de Aindreas avait déjà remarqué ses va-et-vient quotidiens et qu'il le traquerait une fois qu'il aurait atteint le territoire lupin. Il lui fallut trois heures de route, passant de l'Est à l'Ouest, reconnaissant progressivement la verdure dans laquelle il s'était fourré en squattant Cam au cours de ce dernier mois. Il n'avait aucune intention particulière si ce n'est celle de repartir sur d'autres bases et se rapprocher de ce mec, là, qui bien qu'avec un dédain prononcé, l'aidait bien plus qu'il ne le pensait. Il s'était garé finalement, coupant le contact du véhicule avant d'en sortir et d'attraper son sac et ces fameux derniers cartons. Il était entré dans la demeure ensuite, sans frapper pour s'annoncer, déposant ses cartons dans le salon. Cam était là en train de peindre lorsque le blond s'installa dans un coin du canapé. « Bon. Je pense qu'on peut dire que c'est officiel, là. Je n'ai plus rien à ramener de Dublin. » dit-il en fixant l'artiste, un mince sourire sur les lèvres.       


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De la main de Cameron Fitzpatrick signé le Jeu 15 Fév - 0:40

The good, the bad and the ugly


Le meilleur moyen d’oublier était de se noyer dans l’alcool. Des litres et des litres d’alcool. C’est un bar du côté des Limbes qui avait fait les frais de ma mauvaise humeur. J’avais tout laissé en plan, tout ce que j’étais en train de faire. J’avais planté mes exercices pour les gamins. J’avais planté ma peinture encore à peine entamée. La raison de cet élan soudain : Callan. Le vampire s’était plus ou moins installé chez moi et remettait certaines choses en question. D’abord il foutait un grand coup de pied dans mes petites habitudes de célibataire. J’ai toujours été quelqu’un de très accueillant et si l’on dormait chez moi, je me pliais en quatre pour qu’il soit accueilli et traité en roi. Je suis d’ailleurs convaincu que le vampire doit apprécier cela plus que de raison. Mais je me rendais également compte que ce n’était pas la colocation que j’avais espéré en revenant sur la terre qui m’a vu naitre. Le pendentif d’or entre les doigts, j’avais fini par prendre ma bécane et étais parti me bourrer la gueule sans le moindre scrupule. Je savais pourtant qu’Evy n’aurait pas cautionné ce comportement. Mais il n’aurait jamais eu lieu si elle avait toujours été là. Qui disait alcool et colère, disait forcément bagarres. Je vous rassure, j'avais quand même un minimum retenu ma force de loup.

Autant vous dire que le réveil avait été des plus douloureux. Un mal de tête carabiné me forçait à plisser les yeux en arrivant de le salon. Le soleil était déjà presque déjà en train de redescendre. Je découvrais en marchant et en baillant, des douleurs qui n’étaient pas là la veille. Sans parler d’un affreux goût ensanglanté mêlé à l'éthanol dans ma bouche. Un café, une bonne dose d’aspirine. Je manquais de trébucher sur un des cartons ramenés par le nouveau locataire des lieux.

Bordel de merde !

Je shootais dedans, ne me demandant même pas si le contenu était fragile ou non. Je m’en fichais pas mal à vrai dire. Je ne suis pourtant pas un maniac du rangement, mais ça de bon matin, ça me gonflait. Je n'étais pas du matin de toutes manières. Je serrais les dents et allais dehors pour me prendre un bon bol d'air. Je ne savais même pas si Callan avait dormi ici. J’haussais les épaules. Je m’en fichais vraiment en fait. Je me mis à tripoter mon pendentif, comme à mon habitude.

Je passais le reste de l’après-midi à bricoler un peu. La remise en état de la maison familiale me demandait pas mal d’énergie. Je bidouillais plus que je ne bricolais en réalité. Mon père m’avait certes appris pas mal de choses mais le strict minimum et bien avant que je n'atteigne la majorité. Après une bonne douche et un nouveau café, le soleil était déjà couché quand je retournais dans le salon. Callan ne donnant pas signe de vie, je supposais qu’il était parti en vadrouille. Je n’étais pas son père, libre à lui de faire ce que bon lui semblait. Mais je ne pouvais m’empêcher d’être un minimum curieux. Je décidais de peindre pour ne plus y penser. Pour ne pas plus penser à rien en réalité. J'avais toujours trouvé la nuit propice pour peindre. L'on ne voyait pas les mêmes choses, en tous cas, pas de la même manière.

Je ne sais pas combien de temps était passé lorsqu’il réapparut comme une fleur au milieu de la pièce. Sans toquer, sans s’annoncer, il était entré comme si c’était déjà chez lui. Je soupirais et roulais des yeux, continuant de balancer mon pinceau sur la toile. Je lui lançais à peine un regard alors qu’il se jetait sur le canapé. On avait fini par prendre quelques habitudes de vieux couple lui et moi. Il m’observait régulièrement peindre, sans rien dire et pendant des heures.
Ce soir, je décidais de m’adonner à un exercice différent. Je peignais de mémoire. Sur la toile autrefois blanche trônait maintenant au centre une pyramide. Une pyramide de fer et de lumière. Une pyramide que j’avais visité et dans laquelle j’avais travaillé. Le Louvre. La toile tenait sur un chevalet fait de mes propres mains. Rudimentaire, comme le reste de ce qui se trouvait dans le domaine Fitzpatrick. Perdu dans ma peinture, je ne réalisais que plusieurs minutes plus tard que Callan avait parlé. Je finis par me détourner de mon oeuvre et penchais doucement la tête sur le côté. Mes prunelles azurées se posèrent sur les cartons qui commençaient à s’accumuler dans la pièce principale. Je secouais doucement la tête puis retournais à la pyramide.

Tu peux peut-être les ramener dans la chambre avant que je ne finisse par les jeter par la fenêtre.

Je passais une langue au coin de mes lèvres. Je ne savais absolument pas quelle heure il était, toujours totalement obnubilé par mon occupation principale. Mais maintenant que Callan était là, je ne pouvais m’empêcher de lui lancer des petits regards du coin de l’oeil, intrigué par le sourire qu’il affichait. Je soupirais une dernière fois et déposais palette et pinceaux sur le petit tabouret derrière moi. A l’aide d’un vieux torchon que je mettais toujours dans ma poche arrière je m’essuyais les mains, faisant quelques pas en direction du canapé.

Pourquoi ce sourire ? Ce n’est pas parce que je t’héberge que tu vas pouvoir te la couler douce…

J’affichais un rictus taquin au coin des lèvres bien que mon ton était des plus sérieux. J’essayais en même temps en vain d’enlever les traces de peinture qui s’accrochait à mes phalanges. J’émettais un grognement sourd avant d’abandonner pour de bon. Je prenais la direction de la cuisine et nous servais deux verres de whisky avant de revenir près de lui, m’installant à mon tour dans le canapé.

Tu es sûr de ta décision de vivre chez un loup ? demandais-je en lui tendant le verre.

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Cameron ▬ Can't handle the anger, the hunger, the pain. Can't control the nightmares, my dreams remain the same. I'm holding on to the memories of your face. And all I've got for now, is that stupid necklace. | ©️ Vent Parisien



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De la main de Callan De Rhénanie signé le Jeu 15 Fév - 21:43

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 Il n'était pas toujours là. Bien que son corps témoignait concrètement de sa présence, les idées qui peuplaient son esprit l'emmenaient jusqu'aux tréfonds d'une Russie abandonnée, de souffles heurtés et entremêlés. Callan aimait se souvenir, à défaut de pouvoir sentir sous la pulpe de ses doigts tout ce qui le conditionnait autrefois à vivre. Il était comme un déserteur, errant dans des plaines sablonneuses et rongées par la chaleur suffocante d'entailles immatérielles dont lui seul connaissait les origines. La froideur de son épiderme s'en dissipait presque sous les coups d'un soleil imaginé, les cellules de son corps bouillonnant sous l'impulsion de ce qui le rattachait à des spectres qui ne le quittaient jamais. Calé dans un coin d'un canapé qui n'était pas le sien, il décortiquait l'irlandais de son regard avec minutie, s'attardant aux mimiques aguicheuses de ses lèvres et de cette langue qu'il accusait, en silence, de malmener sa bestialité, pour le moment enchaînée. Être civilisé n'était pas hors de ses habitudes. Au contraire, sa cruauté avait souvent été murmurée. Jamais remise en question. Mais il avait été éduqué, quoi qu'on en dise. Il avait appris à tromper, à charmer pour mieux se délecter par la suite. Léandre avait fait de lui un démon parfaitement apprêté, aux allures incontestablement bienséantes malgré les ravages qu'il élaborait avec une passion certaine et authentique. Callan était bien plus qu'un opportuniste, il était un carnage visionnaire, quelques fois confondu avec une malédiction dont la source lui était parfaitement inconnue. Le Diable, peut-être. Encore fallait-il croire aux légendes, récits fantastiques et salutaires de cette belle église qui, en vérité, aimaient enculer ses propres enfants. Face à Cameron, il ne pouvait s'empêcher de profiter de la situation, feintant la simplicité d'un homme quelconque, dénué de la moindre petite horreur. Dans son regard, le blond avait l'occasion de devenir qui il souhaitait, de façonner autre chose que ces cauchemars intempestifs qu'il ne s'amusait plus d'inspirer. Apparemment, l'heure n'était pas encore à la guerre puisque la bonté jouait à nouveau les catins éhontées, abrutissant les masses affaiblies par l'effet de surprise que Tullamore leur avait procuré. De ce fait, lui, n'avait que du temps libre et d'autres démons avec lesquels danser. La candeur dissimulée de Cameron le charmait sans qu'il ne l'admette. Il était là pour cette raison, pour savoir jusqu'où cela pourrait le mener, pour tenter de prévoir à quel point il pourrait sombrer. Il en était donc à la première phase, celle qu'il aimait appeler « l'observation ».

Observation durant laquelle il fouillait, que ce soit dans sa manière de se comporter, de lui parler, d'agir ou même de penser. Il écoutait, l'air de rien, les murmures tourmentés de cet esprit qu'il ne faisait pour l'instant qu'effleurer. Son histoire, il ne la connaissait que par bribes égarées, que ce soit dans les fêlures que cachaient ses peintures ou les colères dans lesquelles le brun se plongeait parfois. Des futilités qui, en vérité, composaient absolument l'entièreté de son être. Le loup était sa nouvelle occupation, son étrange point d'interrogation. Cameron ne le craignait pas, il ne le regardait pas avec cet effroi indéniable que le blond avait tant l'habitude de croiser autrefois. Il restait fier et impassible. En cela, Callan reconnaissait une force qu'ils partageaient, bien que leurs convictions divergeaient incontestablement. Il ne savait pas encore à quoi son hôte aspirait. Il se le demandait parfois, entre deux cadavres ou deux paires de fesses. Au fil des jours qu'il avait passé entre ces murs, l'image de Cameron s'était glissée en sa mémoire comme des sillons lumineux, saccadés et saccageant l'obscurité dans laquelle il se complaisait depuis qu'il avait tout quitté. Comme un point de clarté qui troublait sa vision jusqu'ici sans failles. Il l'intriguait, avec véracité et ingénuité, mais ne comprenait pas encore les bénéfices que cela pouvait lui apporter. Callan préférait le confort de ses eaux troubles ainsi que toutes les certitudes qui faisaient de lui un homme prétentieux et excessivement sûr de lui. Avachi dans un coin du divan, rictus narquois sur les lèvres, il envisageait déjà de nouvelles conquêtes, écoutant l'intonation assurément masculine de son interlocuteur, s'attardant même à apprécier cet accent qui ne faisait que sublimer cette voix séductrice avec laquelle il s'est familiarisé. La phrase qu'il lui avait accordé inspirait presque un ordre. Depuis quand ne lui avait-on pas parlé ainsi et pourquoi se plaisait-il à tolérer ce fait ? Cela dit, le blond ne bougea pas, soutenant ce regard faussement sombre qu'il apprenait encore à connaître. Cameron soupire puis cède inopinément à l'interrogation, cherchant à comprendre la moue qu'il avait adopté.

« Ça tombe bien, je suis plutôt amateur de dureté, vois-tu. » répondit-il, par pure provocation, le plus naturellement du monde. Double-sens ou pas, il verrait là ce qu'il voudra bien entendre. Lui-même ne savait pas vraiment pourquoi il souriait ainsi. Ce qu'il savait, par contre, c'est que cela faisait un bout de temps qu'il ne l'avait pas fait sincèrement. Cameron triturait ses doigts, cherchant à se débarrasser des résidus de peinture, certainement tout autant qu'il cherchait à se débarrasser de lui. Pourtant, Callan avait la persévérance abusive et il lui fallait un peu plus que quelques grognements poussés pour le faire changer d'avis. Mémorisant le rictus du garçon, il le contempla ensuite disparaître à l'arrière de la cuisine avant de revenir à ses côtés, le gratifiant même d'un verre plein d'alcool ambré. Attrapant ce dernier, pour en boire une première gorgée avant de le remercier, Callan prit quelques secondes pour répondre à la seconde question qu'il lui posait. « Le doute est un domaine qui m'est bien obscur. » Les affres de l'incertitude ne frémissaient absolument pas à son ouïe. Il en restait sourd. Tout comme à beaucoup d'autres émotions humaines sur lesquelles il avait tiré un trait. « Mais toi, es-tu conscient des risques qu'héberger un vampire te donnent ? » Un vampire tel que lui... Un vampire qui avait bafoué la femme de celui qu'il désignait comme étant son alpha. Un vampire qui, ici, portait irrévocablement l'étiquette d'un vulgaire clandestin. Il était clair que si Aindreas savait, les conséquences en seraient quelque peu désagréables pour cette petite étincelle, si fragile et si volatile, que l'allemand pressentait entre eux. Il ne lui en avait pourtant rien dit, jugeant peu utile de lui dévoiler qui il était réellement. Pour l'instant.


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