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 Blood and death | PV : Callan de Rhénanie

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Blood and death
Serina & Callan

« Si tu plonges ton regard dans l'abîme, l'abîme te regarde aussi. - Friedrich Nietzsche »
C'est une pluie sanguinolente qui m'ouvre le chemin en cette nouvelle nuit. J'ai beau être encore humaine dans mes agissements, paraissant comme monsieur et madame tout le monde, mais c'est une certaine psychopathie qui m'anime cette nuit. Comme si j'avais consciemment cette façon si ordonné d'agir bien que chaotique. Ma bête s'ouvre vers des sentiers battue où la mort signera la fin de ma proie. Je n'éprouve aucune pitié pour ces êtres qui ont supprimé tout bonheur de mon existence. A cause d'eux, j'ai dû abandonner mon amie, mais plus encore ma fille. Celle que j'ai porté si longtemps dans mes bras et qui m'a offert le plus doux des nom qu'on puisse donner à une femme qui ne peut donner la vie. La mort m'a supprimé le droit d'être enceinte, mais Sarah avait, en quelque sorte, fait renaître à sa manière cette capacité. En m'appelant maman, c'est comme si j'avais tout vécu, je paraissais tellement de chose dans ces yeux, pouvant avoir des tas de rôles des plus étranges ou trop idéalisé, mais, je suppose que les enfants ont tous une vision bien précise de leurs parents. Pour ma part, ma vision de la famille a longuement été déformée par une réalité qu'heureusement mon enfant n'a jamais eu à connaître. Alors, que l'immortalité m'étreignait avec une violence presque inouïe, je n'en restais pas plus monstrueuse que ne l'a pu être mon père dans sa dictature et son regard incestueux qu'il a porté rapidement sur moi. Ne parlons pas de ma mère qui n'a jamais été plus qu'un être soumis, une putain qui me répugnait. Si elle tentait de gagner sa vie pour remplir mon assiette, peut-être aurais-je ressenti de la compassion, mais c'est plutôt une fatale liaison qui la liait à ce choix de vie nourrissant la perversité d'un homme qui aimait autant regarder ces ébats qu'en connaître le moindre détail. Si j'avais croisé leur route alors, que j'étais passé d'humaine à vampire, je me serais aller à me repaître de leur sang jusqu'à la dernière goutte et ainsi mon ouverture dans ce monde de ténèbres ne m'aurait pas paru aussi douloureux. Mon ami de bien des années fut ma première nourriture d'enfant vampire qui s'ouvrait à un stade étrange et répugnant pour ensuite en faire une habitude. J'avais su trouver une certaine jouissance à tuer et me débarrasser des pires vermines pour ne pas me sentir responsable des âmes égarées et qui ne méritaient pas un sort aussi tranchant que mes crocs. Me repaître de leur vitae ne m'apportait pas autant que cela pourrait être le cas pour mon sire, lui voyait tellement de contentement à attaquer des êtres qu'il considérait comme faible, plus une nuisance qu'une utilité autre que de satisfaire notre faim.

Dans ces moments-là, je ne pouvais pas le comprendre. Mais, alors que je courais sous cette pluie battante, je venais à mieux saisir ce plaisir sadique qui l'a animé pendant tant d'années. Avec moi, le vampire n'avait fait que jouer pour ensuite me vouloir dans son tableau de merveille. M'exposer à la face du monde en disant que j'étais sienne. A la fois objet et importante pour lui, j'ai longuement pensé que je ne serais réduis qu'à cette piètre image et que je ne connaîtrais sans doute jamais mieux de la part de mes pairs. Jusqu'à ce que je rencontre Loretta puis que Sarah ne fasse son entrée dans ma vie. Elle aussi a été réduite à un rôle qu'elle n'aurait jamais dû avoir, j'ai pu l'en épargner et lui offrir quelque chose de mieux. Une existence douce, mais à présent réduite à cacher ce qu'elle est, au risque de finir entre ces murs où la violence est à chaque coin de rue. Les sorcières ont peut-être une nature plus prompte à la paix et à faire en sorte que cela fonctionne, mais les sorciers vaudous ajoute une note si sombre qui fait qu'ils font mal voir ce pan de la magie alors, que Loretta s'en sert pour aider les autres. Elle serait attristée de voir l'étiquette qu'on leur met sur le dos. Il y a tellement de choses injuste, tellement de chose auquel je pourrais mettre fin si je le désirais, mais quelque chose nous retenait. Un traité qu'il fallait suivre, mais pour ma part, je me plaisais à pouvoir aller au-dessus quand cela concernait les Tullamore et leurs alliés dont ma haine était si profonde que je me transforme en une machine à tuer. Non, je me transforme en la digne infante que Bartolomeo a toujours souhaité que je sois. Il a dû se contenter d'une vampire délicate qui n'a jamais plié sous la dureté de son éducation. Une pensée pour cet autre infant se fit sentir et la question si oui ou non, ce dernier est toujours en vie. Si oui a-t-il succombé au rouge du sang et au noir de cet abîme toujours plus grandissant qui nous éloigne de l'aspect humain qui était nôtre avant que l'étreinte ne se fasse. J'ai su combattre ma battre et la soumettre à ma volonté sans trop l'ignorer. Je lui promettais son lot de sang à condition qu'elle ne prenne pas trop l'ascendant sur ce que je suis vraiment. Jusqu'à présent, la cohabitation est plus que satisfaisante entre elle et moi. Mais, ce soir, je dois bien avouer qu'elle fait largement parler d'elle prouvant ainsi que malgré tout, celle-ci existait encore dans un coin caché de mon âme, brûlant soudainement mes chairs d'une seconde vie brûlante et je dois bien l'avouer, plutôt agréable.

En poursuivant ma proie, je ne vois que ma promesse de sang et de douleur. Comme mon sire serait fier de moi s'il me voyait agir en véritable prédatrice, il trouverait encore une certaine poésie à me voir la bouche perlant de pétale sanglante au coin de mes lèvres. Mon regard lumineux et ravit par mon méfait. Après tout cela, après que j'ai repris le lien avec mon humanité est-ce que je le regrette ? C'est une question que vous vous posez sans doute et bien pour toute réponse, je vous dirais non. Je n'éprouve pas de regret et je dors très bien aussi dur que cela peut paraître.

Je pense qu'aussi profonde soit notre humanité, son contraire l'est tout autant, plus profond même. Monstrueusement imposant et c'est pour cela que je dois sans cesse trouver une contre-parti intéressante pour la bête qui danse en moi grognant de la douleur de ne pas pouvoir être constamment à la lumière des nuits où la crainte et le sang doivent régner selon elle. Je ne suis pas une grande admiratrice des ignominies, mais cela ne veut pas dire que j'en sois étrangère, je me satisfais en pensant que ceux que je tue ne sont rien pour la société. Ils ne sont que des fous tué par d'autre fous, plus enragés et calculateurs qu'ils ne seront jamais. Nous sommes une représentation funeste de l'espèce humaine, de ce que ces derniers deviennent quand la Faucheuse se refuse à ces derniers pour leur permettre de vivre une nouvelle existence sous la domination de l'astre d'argent et de ce qu'ils ont toujours chassé et refoulé en eux.

On aura beau nous pointer du doigt, en nous disant que nous sommes des monstres. Mais, le monstre n'est pas très éloigné de l'homme. L'histoire de la criminologie a mis à la lumière du jours des tueurs en séries parfaitement humain pouvant commettre des actes qu'on prête à présent aux créatures. Même là-dessus, on nous rend responsables de leurs actes, sans doute pour comprendre au mieux comment un être respecté par sa communauté peut être capable de telles choses. Sauf que ces idiots n'ont pas saisi que l'esprit humain est si profond, qu'il y a des recoin de nos êtres que notre conscience chasse pour être quelqu'un de bien ou bien simplement parce que l'inexistence d'une conscience nous dirige vers ce pan de notre être pour laisser parler notre part sombre. L'esprit humain restera éternellement une énigme, et même si certain passe leur temps à tenter de le comprendre, ces personnes savent par avance que nous sommes tous capables de surprendre et donc d'engendrer de nouvelles interrogations.

Ma proie n'était plus très loin maintenant, l'épuisement devant se faire sentir de plus en plus. Mon ennui, lui, ne faisait que grandir et ma faim plus encore. Je voulais me repaître de son sang chaud, de sa peur et de son impuissance. Le voilà dans le même état d'esprit que moi lorsque les Tullamore ont commencé à me chasser jusqu'à vouloir me briser et détruire ce qui m'est cher. Dans un sacrifice ultime, j'ai tout dissimulé, j'ai fait acte de silence malgré les séances où la torture fut reine pendant un laps de temps qui m'est encore inconnu. L'adrénaline et la colère sont si omniprésentes qu'au final, on oublie tout du temps qui s'écoule.

Son parfum de terreur fait frémir l'odieuse bête en moi. Encore une fois, je ne peux m'empêcher de penser que Bartholomeo serait fier de moi en me voyant jouer et terroriser ma nourriture. Il faut dire que je n'ai jamais eu de pitié pour les criminelles et depuis que l'immortalité m'a ouvert ces portes, ce fait n'est que plus vrai encore.

Gentille fille. Mauvaise fille. À vous de voir le qualificatif qui me ressemble le plus. L'un comme l'autre, ils me paraissent tout aussi vrai.

Tandis que ma proie n'est plus qu'à quelques mètres de moi, je perçois une silhouette qui me fait barrage. Apparemment, je n'étais guère la seule dans cette partie d'attrape souris à l'échelle humaine. Me voilà contrariée qu'on veuille me voler ce qui me vient de droit. Autant dire, que je me moque de celui qui me fait face, ce jouet criminel est à moi et à personne d'autre. Oui, je ne le nie pas, je suis une petite fille égoïste qui tape sa crise de nerfs quand on lui vole son jouet. Plaignez-vous à mon cher sire pour cela, il n'est pas mieux que moi sur ce point. Tout comme lui, j'estime que quand quelque chose est à moi, il n'est à personne d'autre. C'est pour cela que je suis ici, en tant que vampire et non plus humaine et sorcière. Il m'a fait embrasser l'immortalité dans le seul but de me garder plus longtemps à ces côtés pour que mon existence le valorise de jour en jour et d'heure en heure.

« Pas touche. Cette proie est à moi, je joue avec elle depuis un moment. » Finis-je par dire d'une voix froide et très claire malgré le torrent qui s’abattait sur nous claquant sur le sol comme un glas funeste pour celui qui se trouvait paralysé contre un mur. Apparemment, ce dernier n'a pas fait attention qu'il se dirigeait tout droit dans une voie sans issue. De quoi ajouter un peu plus au comique de la situation. Ce n'est pas moi qui vais me sentir désolé pour lui. Il ne l'est pas pour nous, créatures enfermées dans cette prison.

Je m'avance doucement, d'un pas assuré et mes talons claquant sur le bitume moult de fois souillé de sang et de mort. C'est une odeur qui rôde en prédatrice silencieuse et traîtresse. Le genre de parfum qui ne peut que plaire à la bête qui danse en moi, heureuse d'être proche de son butin, mais frustré du fait qu'on peut la lui soutirer juste sous son nez. Moi-même, j'en ressentais les émotions si vives. D'une main posée sur l'épaule de l'individu qui, sans hésiter appartient à ma race, je l'oblige à pivoter et c'est moi qui me recule, plus que surprise par cette vision. Un visage que je ne m'attendais pas à voir, en fait, jamais je n'aurais pensé le recroiser un jour. La rancune prit vie en moi alors, que doucement, s'effaçait le mot coïncidence dans ma tête. Je l'ai côtoyé trop longtemps pour me donner le luxe de ne pas le reconnaître. Non, mon intuition ne me trompe pas, c'est bien lui.

« Callan... » J'avais cru sur le moment que mes lèvres n'avaient que fait former ce prénom sans en faire sortir un son hormis dans mon esprit. Mais non, je l'ai bien prononcé à voix haute et soudainement, la pluie se fit moins bruyante. Mon regard fixa celui de l'homme pour qui j'ai éprouvé un dégoût profond malgré le bon temps passé avec lui. D'amant, il est passé à un être détestable quand sa main a frappé mon visage. J'ai toujours refusé le fait d'être la victime de la violence d'un homme et dès qu'on use de cela, je me mets à détester l'individu sans lui donner la chance de se rattraper. Autant pouvais-je être agréable que l'instant d'après, je pouvais être froide, dégoûté et très radicale. C'est le cas pour celui qui se trouve en face de moi et qui malheureusement marche sur mes plates-bandes. « Tu as entendu. C'est ma proie, va donc t'en chercher une autre Callan. »

Regardez donc ce visage angélique. On pourrait lui prêter le bon dieu sans confession et pourtant, détrompez-vous, il a été capable de me frapper, une seule fois certes, mais je n'imagine même pas de quoi il est capable en ce même instant. En tout cas, après avoir eu une éducation aussi stricte et lourde que celle offerte par mon très cher sire, je sais que je ne suis pas sans arme face à Callan. Ma vie m'a permis de me perfectionner en bien des arts que je n'aurais guère soupçonné autrefois. Je ne suis plus une pauvre demoiselle que l'on demande de protéger. En tout cas, sous cette pluie battante, je ne suis qu'un monstre affamé d'un sang qui palpite derrière Callan. Un sang encore chaud et délicieux. Une vitae que je refuse de partager.

« Quoi. Tu as l'air d'avoir vu un fantôme Callan, à moins que j'ai quelque chose sur mon visage. »

J'allais dire joli visage, mais... Je me suis retenue, sinon j'aurais eu l'impression d'entendre mon sire, chose assez récurrente dans ce genre de situation où ma bête se veut souveraine.

(c) DΛNDELION


Bound to you

I let myself take the game. I let myself embrace even though. I have no memory. I hated myself for loving this. I got lost after a while. To understand who I am and what to do with my life ∞
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| blood and death |


they’ve got you so excited,
you want to climb in, taste the violence,
uncovering your eyes, rediscovering the high.

Sortir. Vaquer à la désinvolture de ces temps qui s'éteignent. Savourer les ruines. Déambuler dans le cimetière qu'était devenue Dublin toute entière. Mais surtout ne pas penser. Annihiler toutes formes d'Humanité, absorber les effluves pestilentiels d'âmes décharnées. S'accoutumer à la voracité des monstres que l'on pointait du doigt. Callan s'en inspirait, se nourrissait de la peur de chaque être et en faisait des médailles d'honneur qu'il portait un peu trop fièrement à sa poitrine. La violence ne le dérangeait pas et l'atrocité n'a toujours été qu'un passe-temps comme un autre pour lui. Ce qu'il ne supportait pas était ce point d'égalité, le traité et toutes les conneries enrobées de miel que ce dernier engendrait. Callan et les siens étaient supérieurs. Sur tous les points. Et ils se devaient de récupérer leur place. Ils le feraient, un jour. C'était un fait que Callan ne remettait pas en question. La fierté des hommes empoisonnait l'atmosphère de cupidité. Elle causera leur perte et leur destruction. Cette certitude était ancrée à même sa chair. Callan portait en sa mémoire les souvenirs immondes de la prétention qu'un simple homme pouvait avoir sur un être plus faible que lui. L'allemand n'avait donc aucune raison de ne pas accentuer sa domination sur ce qui était pour lui du simple bétail doté de parole. Il ne les verrait jamais autrement que comme des carcasses à évider, des ratures de la Genèse qui n'étaient pas conçues pour perdurer. Colonie de parasites qu'il se plaisait à amoindrir dès que l'occasion lui était présentée. Aucun discours barbant, aucune thèse longuement travaillée ne pourrait le détourner de la vérité brute. Callan possédait la sagesse lacérée d'un homme qui ne craignait rien ni personne. Son âme transportant avec lui l'insensibilité abjecte et authentique d'un criminel récidiviste dépassant de loin le niveau intellectuel bancal d'une société en perdition. Fruit d'un amalgame d'horreurs, défendeur de rien. Sa cruauté ne laissait jamais le choix. Il acceptait l'insipidité vulgaire de l'existence, à tel point que sa moralité et son sens du respect forniquaient avec sordidité sur la pile de cadavres qu'il avait lui-même créée. Pourquoi discuter pendant des heures du bien et du mal alors qu'aucune de ces deux idées n'avaient jamais exister un jour ? Pourquoi s'acharner sur les définitions alors que l'acceptation pure et simple était le véritable crime à commettre ? À toutes ces questions, Callan n'avait que la morosité furieuse de son silence. Il balafrait de lassitude toutes les profondeurs que l'homme mettait dans ces complexités inutiles. Il les trouvait sottes et prétentieuses. Ainsi, sa misanthropie se délectait de son esprit, l'emprisonnait dans une étreinte lascive et comptait bien le garder en captivité jusqu'à ce que mort s'en suive. Divine assassine.

Par automatisme, ses instincts prédateurs susurraient le désir à l'horreur qui gisait en son ventre. Il contemplait ses charmes, s'emplissait de luxure en s'alliant aux déchirures de chair fraîche. Dans la sauvagerie de ses meurtres, l'allemand dérobait l'illusion d'une satisfaction qui manquait à son existence depuis la chute de son empire. La Bête hurlante s'était faite gémissante, ouvrant les portes sacro-saintes de la frustration. Ce contrôle l'irritait au plus haut point, temporisait la décadence hérétique qui soulevait son acharnement. Le blond composait mal avec la retenue, préférant de loin l'affranchissement des limites que le monde s'obstinait à lui imposer. Il les démontait avec fulgurance, refusant de s'imposer la précarité rustre des hommes et de leurs idées. Rien n'avait de sens. Il l'a toujours dit. Il l'a toujours su. Les restes de son cœur ont été dévoré par les chiens. Callan n'était plus une âme à sauver, il ne s'attendait à aucune sortie de secours. Cela faisait à présent des siècles qu'il avait compris que la lutte pour préserver cette philanthropie que tous désignait comme étant salvatrice n'était qu'une idiotie tout juste bonne à caresser ces humanistes, morts à l'avance de chercher à brider l'inatteignable. Ces étincelles qu'il se surprenait à rêver parfois n'existaient pas. Entre ses mains souillées de monstruosités, toutes les lueurs s'essoufflaient, perdues par la sincérité désagréable de ce que la plupart des gens étaient incapables d'assumer. Sa longueur d'avance provoquait en lui les tourments de l'ennui. L'unique mal universel qui l'ébranlait n'était que ce manque cruel d'amusement, renforcé par cette sensation d'avoir tout vu. Callan n'était impressionné de rien et l'insipidité que cela infligeait à son quotidien le mettait hors de lui. Cette guerre qui n'était pas assez franche pour se déclarer, elle aussi, l'agaçait. Il jugeait les autres d'incapables, de faiblards. Il méprisait leur soumission face à ce qui était en train de les ronger et plus encore, il méprisait les décisions de cet homme qui se prétendait Roi mais qui avait décidé de pactiser avec un homme qui n'avait jamais réellement eu le cran d'accepter sa nature. Callan n'avait aucune idée de ce que Léandre trafiquait mais il était certain d'une chose : son départ n'avait fait qu'accélérer la chute de son règne. À présent, leurs différents faisaient éclore des épines le long de leurs souvenirs. Et ce n'est qu'à travers la rage que l'allemand parvenait à entrevoir quelques minutes de repos. De soulagement à la lourdeur corrosive de tous les siècles qu'il avait passé en la compagnie du français.

S'il fallait qu'il crève, contrairement à celui qu'il avait quitté, ça ne serait certainement pas sous les regards lamentables et pathétiques de gens qui le prendraient en pitié. Son refus catégorique de se rendre à Belfast avait été enclenché par l'usure d'une mascarade qui ne lui plaisait plus. Par le visage fébrile du traître qui provoqua le séisme entre l'Infant prodige et le Roi des vampires. Il s'en souvenait comme si c'était hier, se maudissait même d'être tombé dans le cliché sacrilège dont suintaient les âmes trompées, d'avoir toléré plus que de raison ces tourments futiles dont il aurait très bien pu se passer. Jusqu'à l'effondrement intimiste de ce qui constituait le temple de ses fragilités. Alors il était parti. Sans rien dire. Il s'était effacé et avait disparu dans la multitude d'ombres insipides qui erraient dans les catacombes de l’effondrement social. Ce soir, il semblait presque se fondre à l'intérieur, ne faisant plus qu'un avec la torpeur environnante. Callan, sans la splendeur de son titre, se confondait avec les anonymes. Il n'était plus personne et bien que cette liberté nouvelle restait contrôlée, il parvenait à sa manière à y trouver son compte. S'il ne respectait pas la coalition, Callan n'en restait pas moins agressif envers les oppresseurs de ceux qui lui faisaient obstacle. Ainsi lorsqu'il chassait, les partisans de Tullamore restaient ses cibles préférées. Il traquait cet homme depuis quelques minutes à présent, le suivant à l'odeur dont émanait son sang. Lorsqu'il était parti, transperçant l'épaisseur invisible du vent par sa célérité exacerbée, il en avait profité pour s'amuser des angoisses de sa future victime. Patrouilleur délaissé par ses coéquipiers. Futur calice de son éternel vice. Bien trop jeune pour servir Polaris. Qu'il était simple de le faire frissonner, de secouer les ventricules de ce cœur bien trop terrifié pour occuper une fonction aussi périlleuse que celle d'un garde.

Véritable friandise vivante pour Callan qui aurait très bien pu l'achever plus tôt. Pourtant, le temps était devenu trop long pour qu'il se permette de brûler les étapes comme un débutant, un simple néonate manquant de contenance mais surtout de contrôle de soi. Il n'avait pas vraiment faim, qui plus est. Après avoir passé quarante ans dans une cave, privé de la moindre goutte de sang, il faut dire que son seuil d'endurance à la Soif n'appartenait définitivement plus à la moyenne. Ce n'était donc que par jeu qu'il lui tournait autour. Par besoin d'anéantir ces secondes et ces minutes qui le narguaient. Il s'acharnait à diffuser dans les pensées du mortel, le virus intransigeant de l'angoisse. Il n'avait pas besoin de sa vitae, encore moins de lui courir après mais Callan n'avait rien à faire de mieux ce soir que de jouer au chat et à la souris. C'était cent fois mieux, selon lui, que de rester entre quatre murs, avec le bourdonnement constant de souvenirs désagréables pour seule compagnie. Il n'était pas assez intéressé pour comprendre qu'un de ses congénères avait eu la bonne idée de poursuivre le même gibier que lui. Lorsqu'il en prit conscience, sa traque n'en fut qu'un peu plus animé. La pluie battante heurtant sa peau de marbre, ses foulées devinrent plus rapides et plus sveltes. Il avait huit siècles de chasse en expérience, huit siècles qui d'évidence lui donnait toujours une longueur d'avance. Alors qu'ils écumaient les rues depuis un moment, Callan décida qu'il était temps de passer aux choses sérieuses. Il est celui qui donnait le tempo, qui dirigeait le pantin. Lassé de courir, confus par les kilomètres qu'il venait de parcourir le mortel s'est finalement retrouvé acculé, dos contre le mur, le souffle court et le cœur épouvanté par la douce caresse du harcèlement. L'humain était terrorisé, coincé. Complètement sous l'emprise de Callan qui, avec douceur, s'avançait jusqu'à lui pour le clouer de sa poigne contre le béton souillé du cul-de-sac dans lequel il venait de le piéger. « Calme-toi. Il est inutile de t'affoler alors que tu as parfaitement conscience que tu ne verras pas le soleil se lever demain. » Callan, enserrant de ses phalanges le cou de sa victime, s'en était rapproché jusqu'à bloquer son corps sous son poids. Crucifié par sa force, le mortel n'était rien d'autre que tétanisé. L'idiot avait abandonné ses armes quelques kilomètres plus tôt, espérant ainsi pouvoir prendre en vitesse afin de fuir ceux qui le traquaient sans relâche mais il s'était trompé. Il aurait dû les garder.

Inoffensif, le souffle coupé par la pression que les doigts du vampire effectuait sur sa trachée, l'homme au regard exorbité par la terreur tremblait de tout son corps. L'allemand ne pouvant s'empêcher de sourire face à tant de fragilité. « Nous aurons bientôt de la compagnie. Ce soir, nous sommes deux à vouloir nous jouer de toi. » Ce n'était plus qu'une question de minutes, de secondes peut-être, avant que l'autre ne se dévoile. Callan, pourtant, ne faisait qu'écouter le flux incessant de la vitae qui animait ce pauvre crétin. Sa vie était entre ses mains. Il pourrait en faire ce qu'il veut et pourtant, il préfère faire durer l'instant, lui faire comprendre à quel point face à lui, il n'était rien. Avec ses canines dévoilées, il gravait à l'intérieur de son cou, les ornements vermeils de sa mort prochaine. Absorbant les quelques gouttes de son art organique, une voix connue crisse dans son encéphale. Souvenir d'un temps révolu qui refait surface. Cette voix, il la connaît. Pourtant la femme à qui elle appartenait n'était plus censée appartenir à ce monde. Des talons claquent insensiblement sur le bitume, l'une de ses mains se pose sur son épaule pour le forcer à la fixer et la pluie ne s'arrête pas de s'acharner. Callan se retroune et la dévisage, plus agacé que surpris par sa présence. Elle recule alors que lui ne bouge absolument pas, tenant toujours en joug le mortel qui déjà avait succombé à la frénésie des larmes. Pitoyable humain. L'attention du vieux vampire restait attentive à la créature qui lui faisait face. Elle avait donc perdu sa tendresse. La merveilleuse sensibilité qu'elle pensait détenir autrefois. Serina n'était donc plus qu'un monstre, une bête enfermée entre ces murs au même titre que lui. Son prénom se répète dans sa bouche. Callan, Callan, Callan. Comme une ancienne litanie à laquelle elle ne s'attendait pas. Il ne put s'empêcher d'en sourire davantage. Il s'était amusé de ses courbes durant quelques jours, au sein de ce fameux siècle où Léandre ne l'avait pas accompagné. Callan regrettait Londres plus qu'on ne pourrait le croire. Il chérissait cette ville car ses rues étaient inondées par l'océan carmin de son peuple. Il aimait sa dépravation et son histoire salement romantique. « Quelle surprise, la petite sorcière est devenue grande. » commença-t-il, affichant sur ses lèvres un sourire hautain et méprisable. Tendre sarcasme qu'il s'était plu à lui balancer à la figure. Il faut dire que l'idée était assez amusante, une si gentille fille bafouée d'une telle manière, c'était si commun et si indémodable à la fois. Pourtant il ne pouvait nier que lui ouvrir les portes de la luxure l'avait amplement amusé du temps où la vénus était encore humaine. Il se souvenait bien de son corps et de l'odeur sensuelle que sa vitae dégageait à cette époque. Mais rien ne reste pareil, n'est-ce pas ? Il ne lui restait plus qu'à découvrir le genre de vampire auquel elle appartenait à présent.

« Fantôme... Je ne pense pas que ce soit le mot. Charogne me semble être plus approprié. » Après un clin d'œil destiné à la belle, il tourna à nouveau son visage vers la victime, toujours en alerte, vibrant de toutes parts à l'idée de succomber ce soir. Il libéra sa nuque de son emprise pour ensuite le saisir par le col et le jeter aux pieds de la femme qui venait tout juste de les rejoindre. Comme un os balancé à un chien un peu trop bruyant. « Allez Serina, montre-moi à quel point tu es devenue laide. Prouve-moi ton horreur. » C'était un spectacle comme un autre après tout et si l'Humanité était morte en elle, les artifices de sa chair quant à eux étaient restés intacts. Ne pas en profiter aurait été stupide. Il était sorti pour s'amuser, elle allait peut-être le satisfaire.      



NΞRIOИ



When you speak my name, it don't matter to me. Where you place your blame, it don't matter to me. Where could you be walking to, it don't matter to me. Take my wicked heart, it don't matter to me. Turn my twisted words, it don't matter to me. What are you here waiting for, it don't matter to me. Where do you go to, you don't matter to me.

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« Si tu plonges ton regard dans l'abîme, l'abîme te regarde aussi. - Friedrich Nietzsche »
Revoir le fantôme d'un passé révolu est loin de me plaire. Callan a laissé des marques indélébiles sur mon corps, en bien ou en mal, je ne préfère même pas m'épancher. Comment aurais-je pu imaginer le revoir en cette époque et en ce lieu où tout semble perdu pour les créatures autant que les humains. Notre existence ne tenant plus qu'à un fils. Les Tullamore ayant pris la place des dieux autrefois détenus par nous autres vampires. C'est une vengeance lourde de conséquence, car des victimes innocentes se retrouvaient mêlées à tout cela. Ne nous leurrons pas, en premier lieu, nous sommes les responsables de cette fatalité. À trop jouer de notre puissance, nous avons fini par tomber. Même si je suis consciente que ma race est pour beaucoup responsable de cela, je ne peux tolérer que cette roue vicieuse ne continue de tourner. Je l'alimente par mes choix et mes actions contre les alliés des Tullamore. Ils m'exècrent, me dégoûtent et le résultat en est que ma bête hurle demandant son due. Une rivière de sang qui jamais ne se tarira. Oh que oui, je souhaite continuer le carnage plus tôt commencé. Mais, il y a des fois, où l'on se dit, que par fierté, il est hors de question d'abdiquer devant la provocation des autres. En l'occurrence, celle de Callan, celle que je peux percevoir sans mal dans son regard. Autrefois, ce bleu profond a su me faire chavirer jetant par la fenêtre, la sage jeune femme que j'étais. Je me suis donnée corps et âme à un être qui n'en valait finalement pas la peine. Si je devais faire un bref résumé de mes relations avec les hommes, je n'ai eu que des déceptions. Deux c'en fut déjà trop pour moi. Domination et soumission, c'est un jeu que l'on peut voir encore et encore, que cela soit entre l'être qui se tient face à moi et celui qui m'a engendré. Bien que pour ce dernier, notre relation va au-delà de la limite du raisonnable. C'est un lien amour et haine qui nous tient prisonnier et je ne sais que trop bien que c'est que ce que Bartholomeo a souhaité du premier jour où il m'a aperçu jusqu'à notre séparation. Aujourd'hui, j'ignore ce qu'il est advenu de lui et je ne m'en soucie que très peu. Je suis persuadée que mon sire saura se débrouiller. Je porte plus d’inquiétude envers mon amie et ma fille en toute vérité. Elles sont bien plus fragiles et leur sécurité n'est que précaire, mais j'espère qu'elle sera infinie. Le sacrifice de ma propre liberté a été fait pour elles uniquement et je ne le regrette aucunement. À l'heure actuelle, c'est une vengeance sans merci qui s'ouvre à moi et pour cela, je dois devenir parfois, l'infâme infant qu'à voulu élever mon sire.

La pluie battant à une cadence à la fois lourde et lointaine sur le béton souillé de bien de sang, j'observe l'élément de mon passé qui me sourit avec une fierté qui me paraît presque surjoué et ridicule. Je remercie ma condition et mon expérience de vie pour ne pas me laisser avoir à nouveau par le charme ou encore la crainte. Je n'ai d'émotion ni pour l'un ni pour l'autre. Dans ma tête, résonne les préceptes enseignés par mon sire, ne pas se laisser avoir, garder une froideur et une contenance sans mesure. L'humain entre nous a été souillé par les crocs de Callan et n'a de ce fait, plus de valeur à mes yeux, mais loin est l'envie de lui rendre sa liberté. Ce soir, ce sera son dernier jour de vie comme il a pu le suivre envers nous jusqu'à présent. Si j'avais été la faible créature, il en aurait fait de même. Voilà la dure loi qui fait tourner le monde, le plus fort survit et le fait se tait ou bien meurt. Dans le cas de cet allié Tullamore, il n'y a qu'une seule possibilité acceptable pour moi.

« Quelle surprise, la petite sorcière est devenue grande. »

Penchant la tête sur le côté, tandis que mes lèvres s'étirent doucement avec une ironie certaine. Je fais comprendre à mon interlocuteur mon amusement certain de ces paroles prononcées. « Je t'ai toujours dépassé en taille... » Répondis-je simplement, bien que je pense le dépasser en bien des choses. Je vois bien à présent dans son regard qu'il n'a de compréhension que pour l'abjecte et la douleur tandis que moi, j'ai encore la possibilité de saisir la douceur et l'empathie malgré ma condition d'immortel. D'être dénué d'âme et de battement de cœur, mais qui, a su malgré tout à contenir le monstre pour rester proche de l'humain.

« Fantôme... Je ne pense pas que ce soit le mot. Charogne me semble être plus approprié. »

« Nous voilà donc, sur un même pied d'égalité cher Callan. » Mon sourire reste sur mon visage tout autant que mon air hautain, fier et ironique. Si un miroir se trouverait devant moi, je verrais alors, sans aucun doute possible, que je suis le parfait reflet de Bartholomeo. Oh que oui, de cette situation, il rirait et s'en amuserait tout en dégustant une flûte de sang en attendant avec une patience contenue de voir la suite.

L'humain m'est balancé comme s'il n'était rien, bien que cela soit le cas, je peux voir la crainte dans le regard de ce dernier lorsqu'il me fixe. Mais, en plus de ce sentiment qui ne fait qu'élever une odeur alléchante autour de lui, je peux percevoir aussi une haine sans mesure à mon encontre. Cela ne me fait ni chaud, ni froid. « J'ai une tête à prendre tes restes Callan ? Me prendrais-tu pour un chien. » Fis-je simplement sans bouger.

« Allez Serina, montre-moi à quel point tu es devenue laide. Prouve-moi ton horreur. »

« Laide ? » J'esquisse un léger rire en passant une main dans mes cheveux. « Je crois que tu as vu ton reflet dans une goutte de pluie mon cher. » Décidément, plus cela va et plus je ressemble à mon Sire. Moi qui m'étais juré de ne pas finir comme lui. Comme il le dit si bien, la pomme ne tombe jamais loin de son arbre.

De cette discussion, ma proie a tenté de s'enfuir, mais d'un mouvement, je tends ma jambe, bloquant fermement sa gorge au creux de mon genou. Alors, que ma prise se serre, je fais une rotation lui faisant perdre tout équilibre et il finit au sol. Je suis loin d'être la délicate sorcière qu'il a connu. Mon sire m'a donné une éducation forte et monstrueuse, mais je n'ai pas voulu échapper à la douceur qui me caractérise tant et si bien. De plus, ces douces contradictions ne semblaient pas lui déplaire. Cela me créait une personnalité plaisante, amusante sans doute pour lui.

« Je ne mange que de la qualité et malheureusement pour toi, ma proie a été souillé. »

D'un mouvement plus fort, je brise la nuque de ma proie qui n'a plus d'importance. Je finis par me redresser sans quitter son regard. « Mais au moins, rien n'est perdu, je connais une goule qui sera heureuse d'avoir un repas. Je lui dirais que c'est grâce à toi. »

Non, je n'ai plus de considération pour qui que ce soit. Surtout pas pour un être qui s'est rangé au côté d'un oppresseur. Si le monde n'avait pas autant changé, je me serais rangé du côté de Wellan. Si je n'avais pas décidé de devenir mère, alors oui, j'aurais pris un destin qui m'aurait définitivement tenu en haine envers mon sire et une bonne partie de mes pairs. Mais, avec des si, nous sommes capables de faire tout un monde et il a suffisamment avancé sans cela.

« Alors, quel mauvais vent t'a amené ici ? Laisse-moi deviner, tu as aussi opté pour les activités qu'on propose ici. J'aurais dû mieux lire la brochure avant d'opter pour ces vacances. » Bien que c'est par ma propre décision que j'ai atterri en ces murs et que je devais me faire avec la difficulté du monde qui nous entoure, même si, j'y ai été préparé bien avant même que l'immortalité ne m'ouvre ces portes.

Jusqu'alors, j'avais l'impression de tout connaître de la vie, que je n'avais plus à être étonné en apprenant l'existence de diverses créatures, mais il faut croire que je faisais fausse route. Le fait est que je me retrouve face à un homme que j'ai aimé me semble-t-il ou tout dû moins eu en affection avant de profondément le détester. À croire que ce n'est que ce genre de relation qui m'intéresse. Je suis bien trop compliqué et plus encore grâce à Bartholomeo.

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Serina. Ses sourires candides avaient été quelques étincelles d'humanité au creux d'une de ses léthargies blafardes. Lorsqu'ils s'étaient rencontrés, elle avait l'odeur délicate d'une rose à peine éclose, les délices d'une aventure doucereuse et imprévue. Callan se souvenait bien de sa chaleur, des ronronnements félins avec lesquels résonnait autrefois son cœur. Au-delà de ces courbes féminines alléchantes, les faisceaux lumineux que projetait son regard vairon dans la transparence du sien lui avaient donné l'illusion volatile de pouvoir mettre de côté la haine et la violence. C'était sa pureté qui l'avait séduit, bien plus que la paire de seins et de fesses qui la rendaient si désirable pour les hommes. Le vampire avait sondé la jeune fille pour la transformer en femme. Il avait abîmé la pureté, encore une fois, fléchissant sous les caresses de ses mains contre sa peau glacée. Les nuits de l'allemand s'étaient ainsi colorées d'étoiles alors qu'ils se perdaient quelques fois entre les draps de soie. Elle était belle de son humanité, belle de toutes ces première fois qu'il lui avait fait goûter. Les relents sulfureux de son instabilité ont brisé les effusions romanesques de deux âmes qui s'entremêlent. C'était sa nature qui avait pris le dessus, lassée de s'alterner et de se restreindre pour des aberrations qui n'appartenaient qu'aux contes pour enfants. Il ne regrettait pas de l'avoir croisé sur son chemin, d'avoir senti son corps contre le sien. Elle fut, comme beaucoup d'autres avant sa naissance, une échappatoire temporaire qu'il gardait en sa mémoire sans doute plus précieusement qu'elle ne pouvait se l'imaginer. Callan avait une allure carnassière, aimant se paraître de dangerosité. Depuis toujours, il préférait les déchirures aux tendresses bancales des affres sentimentales. La réalité était, pour lui, plus séduisante que des complications futiles qu'il jugeait comme étant bêtises adolescentes. Il n'appartenait pas à ce domaine où la faiblesse s'accentuer sous la présence d'un être quelconque. Callan se voulait libre et indompté. C'était bien plus précieux à son âme qu'une quelconque relation difforme et impure. S'il avait la moindre faiblesse, ce n'était qu'envers celui qui l'avait créé et quand bien même son aura corsetait son esprit de barbelés, l'allemand n'en restait pas moins lucide, censurant ses émotions lorsque des fous tentaient de dompter les bourrasques vénéneuses de son indépendance.  Il ne rendait de comptes à personne et ne prêtait guère attention aux jugements insonores à son attention que la foule était capable de lui donner. Il n'en sentait pas l'acide, n'en percevait aucune once de sincérité. Le Rien était la seule véritable enveloppe qui l'enrobait. Ce n'est que vers lui que ses pensées étaient tournées.

Elle avait la voix chantante, en contraste flagrant avec le martellement monotone de la pluie sur le sol. La répartie était bien trop médiocre pour qu'il ne prenne la peine de lui répondre. À défaut, il a préféré s'occuper de l'homme. Serina avait les réponses irréfléchies, mordantes de jeunesse mais très loin d'une quelconque sagesse particulière. Pour lui, elle était toujours cette fille qu'il a croisé à Londres, vierge et luisante de pureté. Luciole de passage au creux de ses nuits trop longues et des lassitudes que portait parfois son Immortalité. Serina ne parvenait plus à l'enlacer de ses mots. La savoir transformée, à présent, lui avait fait perdre de sa valeur. Et l'or qu'il avait découvert au fond de son cœur n'était plus que rouille et acrimonie. Pour seule réponse à ses sottises, il lui balance l'humain qu'elle désirait tant. Son incohérence l'amuse. Il se rit légèrement de sa stupidité mais se contente pour le moment de la fixer, attendant qu'elle fasse honneur à ce dû qu'elle aimait tant prôner comme étant le sien mais son discours fut tout autre, soudainement. Callan avait apparemment tiré sur la corde sensible d'une fierté qu'il ne lui connaissait pas. À croire qu'elle avait appris à se respecter depuis leurs dernières entrevues. C'en était presque dommage, elle qui pourtant avait été un exemple de bonté et de radiance immaculée. Il la trouvait souillée. Elle qui jouait si bien les indépendante grouillait pourtant de la présence d'un autre homme. Malgré toutes ces belles allures qu'elle se donnait, sa soumission aux hommes ne semblait pas avoir changé le moins du monde.

« Ma chérie, quand nous discutons, essaie de faire preuve d'un peu de cohérence. Il m'a cru t'entendre clairement dire qu'il s'agissait de ta proie. »

Quant à ce qui concernait ce fameux reste qu'il n'avait même pas vider de dix centilitres, le sujet était encore à étudier. Après tout, la Faim n'était pour lui qu'une idée abstraite. Cadeau empoisonné que lui avait offert le descendant de Caïn en personne. Son regard glacé l'observe alors qu'elle se complaît dans un rôle qu'un autre lui a ordonné de jouer. L'ancien vampire penche la tête, sans aucun sourire. Quelques mèches trempées d'eau lui collant au visage de manière désordonnée. Il est vrai que sa beauté corporelle n'était pas à remettre en question mais à nouveau, elle manquait cruellement de profondeur et se confondait vulgairement avec la fadeur indiscutable de n'importe quelle bimbo. Le genre de femme que lui s'amusait à prendre puis à délaisser, sans plus leur adresser l'ombre d'un regard. Serina avait été une enfant qui l'avait effleuré de par sa tendresse. Elle semblait avoir ce quelque chose de pur que personne n'aurait pu lui arracher mais pourtant, au fond de cette nuit noire, Callan n'apercevait rien d'autre qu'une pâle copie de quelqu'un d'autre. Elle n'avait plus rien de particulier et n'avait plus que son regard bicolore pour lui rappeler à qui il avait réellement affaire.

« Décidément, tu ne comprends rien ce soir. Je parlais de ton intérieur, de ce qu'on t'a volé et que tu ne retrouveras plus jamais. »

Il parlait de l'humanité perdue, remplacée par la prétention et les affres de la soumission qu'imposait les liens du sang. Son acerbité secouait l'essentiel alors que la femme face à lui ne s'encombrait que d'artificiel. L'allemand l'écoutait parler de qualité à propos d'un homme qui ne méritait aucunement d'être en vie. Sa petite acrobatie lui rappelait la magie qu'elle dispersait dans l'air lorsqu'elle accomplissait l'une de ses performances artistiques. Sa mémoire ancestrale rejouait l'un de ses spectacles dans son encéphale. Tourbillonnant dans les airs, Serina était devenue sa princesse du ciel mais à présent qu'était-elle, si ce n'est qu'un simple résidu de la personne qui avait su le charmer ? Il soupire à cette idée, secouant la tête en signe de désapprobation face à ce qu'elle était devenue. Le craquement sourd de la nuque qui se brise ne le trouble absolument pas. D'un geste désinvolte, il passe une main dans ses cheveux humides, les forçant ainsi à revenir en arrière. Le ton qu'elle emploie cependant par la suite le fait sourire ironiquement.

« Tu m'en vois ravi. Les goules sont des créatures particulièrement intéressantes je dois dire. »

Parfois bien plus intéressantes que certains membres de sa race, d'ailleurs. Ses envies d'élitisme l'enivraient davantage alors que le temps passait, cruel de ses désastres et de générations que les restes de son âme jugeaient durement. Plus rien ne l'impressionnait. Il avait la froideur de l'arctique, l'indifférence nébuleuse de l'espace. Il emplissait ses secondes avec l'ignominie des esprits qu'il croisait, agacé par leur insipidité effarante. De toutes les convictions qui s'agitaient sous son nez, Callan n'en retenait que l'indéniable naïveté. Cependant, la légitimité du sacré aurait pu sauver les meubles. Il aurait eu de quoi s'intéresser, de quoi considérer réellement la femme que Serina était devenue mais actuellement, la matière était vide de sens. Empreinte d'une fausseté qui suintait l'affront pour le plus doué des menteurs. Celui qui avait fait son éducation aurait sans doute dû réviser un peu plus ses méthodes. Bien que son sixième sens lui dicte que la raison du pourquoi était autre que celle qu'il décodait silencieusement. D'un sourire narquois, il croise les bras sur sa poitrine, toisant la poupée de son regard intransigeant. Son ignorance lui scindait presque les oreilles tant elle manquait de culture sur sa propre société.

« Cela fait plus d'un siècle que je suis en Irlande. Dis-moi plutôt ce que toi tu fais ici. »

Puisque le reste n'avait d'importance que pour ceux qui savaient, autant écouter quelques bribes de son histoire à elle. Ce n'est pas comme si quelque chose de plus urgent l'attendait La nuit était loin d'être terminée et quelques minutes à s'informer valent souvent plus qu'on ne le pense.     

NΞRIOИ



When you speak my name, it don't matter to me. Where you place your blame, it don't matter to me. Where could you be walking to, it don't matter to me. Take my wicked heart, it don't matter to me. Turn my twisted words, it don't matter to me. What are you here waiting for, it don't matter to me. Where do you go to, you don't matter to me.

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Blood and death
Serina & Callan

« Si tu plonges ton regard dans l'abîme, l'abîme te regarde aussi. - Friedrich Nietzsche »

Ai-je tellement changé ? En tout cas, c'est ce que j'ai l'impression de voir dans le regard de Callan. Mais à cause de qui en suis-je arrivée ici ! Malgré tout ce que j'ai pu vivre dans mon enfance, j'étais parvenue à garder une certaine innocence et une naïveté certaine. Même si l'on voyage de par le monde, on ne peut pas toujours mûrir immédiatement comme on le voudrait. À tort sans doute, parce que nous nous dirigeons droit vers beaucoup de déceptions. Néanmoins, je pense que cela nous est utile pour s'affirmer et prendre conscience de la réalité de la vie, quand bien même cela peut être douloureux. Et Callan, fait parti de ces aventures injustes, mais nécessaire à laquelle j'ai dû faire face. J'ai autant connu mes premières fois avant de finir dans une terrible désillusion. J'ai cru aimer, me sentir importante, mais au final, il n'en a rien été. Maintenant, je comprends pourquoi sa violence s'était révélée. Vampire. Voilà ce qu'il était et il fait partie de cette catégorie de gens qui ne peuvent aller à l'encontre de la bête qui sommeille en nous. Alors que moi, je ne la laisse sortir que lorsque je traque et chasse sans ne laisser une once de chance à mes proies. Je reste autant la douce Serina que l'implacable vampire envers laquelle son sire peut être fier. Autant belle que monstrueuse, c'est ainsi que j'ai été forgé, bien que malgré tout, je sois fière de rester humaine au fond de moi, mais pas avec Callan. Cela m'est impossible, il y a tant de choses qui me reviennent à l'esprit. Après ma toute première déception amoureuse, je me suis laissée aller contre lui pour tout oublier dans l'espoir que quelque chose de beau viendrait à naître.

Impossible.

J'aurais dû m'en rendre compte, le voir comme les autres pouvaient le deviner. Mais, les sentiments rendent aveugle, je ne le sais que trop bien désormais. Cependant, à l'époque, je n'étais qu'une enfant qui ne voulait pas le voir ni le découvrir, cette partie de la vie qui vous plonge dans l'affreuse vérité. Sa gifle. Ce regard. Mon dieu, ce regard qu'il déversa sur moi, m'a fait tellement peur, que j'ai cru me voir finir comme ma mère. J'ignore comment je suis parvenue à prendre le dessus et à le chasser de mon existence sans rien ressentir. Aujourd'hui, il ne me reste que dégoût et colère à son encontre. Mais, au moins, je peux comprendre que dissimuler qui l'on est et ce que l'on est à la face du monde soit si difficiles. Contenir son monstre sans pouvoir le faire sortir, je sais très bien ce que c'est. Moi-même, j'ai su comment ne pas perdre la raison en devinant qu'il me fallait la laisser parler pour ne pas perdre littéralement qui je suis. Pourchasser les criminelles me donne la prétention de croire que je peux faire fonctionner le rouage d'une certaine justice. Qui viendrait à pleurer un meurtrier, un violeur... Ou que sais-je encore. Je ne fais aucune distinction. Homme ou femme, qu'importe si je vois qu'ils ne méritent pas la vie qui s'étale devant eux alors, qu'ils font du mal à d'autres. J'ai perpétué des massacres pour sauver des vies. Sarah en est un exemple. Un bébé de quelques mois qu'on s'apprêtait à tuer, je n'ai pas pu laisser faire ça. J'ai tué tout le groupe en buvant leur sang jusqu'à la dernière goutte.

Monstrueuse, mais je l'assume parfaitement. C'est une chose avec laquelle on apprend à vivre avec le temps.

« Ma chérie, quand nous discutons, essaie de faire preuve d'un peu de cohérence. Il m'a cru t'entendre clairement dire qu'il s'agissait de ta proie. »

Je fronce les sourcils. Comment ose-t-il m'appeler ma chérie. J'arque un sourcil, mais mon regard est loin d'être chaleureux. « Et il me semble t'avoir dit qu'étant donné que tu l'as touché, elle ne me disait plus rien cette proie. »

Ce qu'il touche, il le souille. Autant ai-je pu aimer sa façon de faire autrefois, tout est tombé en cendre quand il m'a maltraité. On en vient à regretter et à se sentir sale quand le bonheur s'écroule. Quand le mirage se dissipe en laissant place à la vérité que mon entourage percevait en regardant le visage d'ange de Callan.

Sans doute, pour beaucoup de gens, l'innocence et la naïveté sont de belles qualités, mais pour moi, cela a été un poison qui a bien failli m'avoir plus d'une fois. Au final, ça a fini par me tuer et me faire revivre pour faire mes premiers pas dans un tout autre monde.

« Décidément, tu ne comprends rien ce soir. Je parlais de ton intérieur, de ce qu'on t'a volé et que tu ne retrouveras plus jamais. »

Malgré moi, un sourire ironique et amer se peint sur mes lèvres. Mon intérieur. Il a toujours été violé depuis mon enfance, mais j'ai persisté avec le temps de le rendre aussi lumineux que possible et le fait d'appartenir au cirque me permettait de voler à travers mes rêves. Littéralement même.

Callan a été une part douce et horrible de ma vie.

Bartholomeo fut celui qui vit en moi un objet puis sa perfection, celle qu'il voulait élevait au-delà de toute ces espérance. Mais mon entêtement l'a arrêté durant son trajet. Je ne voulais plus être qu'un joyau que l'on expose simplement, sans le considérer comme un être vivant. Si je marche et ressens encore des émotions et des sentiments, c'est que je suis toujours bien vivante. Même si mon cœur ne bat plus comme autrefois et que ma poitrine ne se soulève plus parce que ma respiration n'est plus. Il n'empêche que je ressens encore bien des choses.

On dit que lorsque l'on meurt, tout s'éclaire. Je ne peux qu'avérer ce fait. Moi, je marche à côté de la Faucheuse en égale parfaite et... Oui. Tout est très clair, lumineux même. Cela ne me brûle pas, mais cela m'offre la vérité et des évidences qui ne m'étaient pas forcément visibles autrefois.

« Tu parles un peu trop vite Callan. » Fis-je simplement sans donner plus d'attention au corps qui est entre lui et moi. Il me voit comme je souhaite qu'il me voit. Je ne cherche pas à le contredire, ni à le faire changer d'avis non plus.

« Tu m'en vois ravi. Les goules sont des créatures particulièrement intéressantes je dois dire. »

Il n'a pas grand chose à dire, on dirait. Tant mieux en un sens, parce que j'ai l'impression qu'à chaque fois qu'il ouvre la bouche, c'est pour faire une critique et se montrer froid à mon égard. On ne peut pas dire non plus que je l'épargne. Mais bon, il y a des gens comme ça, qui font ressortir les mauvaises choses en vous sans que vous ne puissiez vous contrôler. Ne pouvant ainsi voir qui vous êtes vraiment au fond de vous. Callan ne peut pas voir la vraie moi et sans doute, est-ce mieux ainsi.

« Cela fait plus d'un siècle que je suis en Irlande. Dis-moi plutôt ce que toi tu fais ici. »

Je ne peux pas lui dire la véritable raison de ma venue ici. Impossible de révéler que j'ai fait ça pour protéger ma meilleure amie et ma fille. Je l'ai fait pour mon sire aussi, c'est vrai. On voulait savoir tout de moi, mais j'ai tenu sous la torture.

« Pour protéger mon Sire. » Fis-je simplement. C'est une demi-vérité, mais je n'étais pas obligée de la lui révélé non plus. « Les Tullamore ont réussi à m'avoir et ils ont tenté de savoir où ce dernier était,s ans jamais y parvenir. » Je pense que ce n'était pas compliqué de comprendre de quelles façons ces êtres s'y prenaient pour avoir des informations.

La torture, il n'y a que ça de vrai pour eux. Et il faut dire que ces Tullamore ont régressé à l'époque du Moyen-âge. Finalement, la société humaine, n'a pas autant évolué qu'on ne pourrait le croire.

Malgré tout ce que l'on a pu passer avec Bartholomeo, je tenais à lui, bien que je peux savoir plus que n'importe qui à quel point il pouvait être instable. Surtout, quand cela me concerne. Il suffisait que je porte l'intérêt sur quelqu'un d'autre pour qu'il se sente délaissé et jaloux. Un sale caractère, à croire que je n'attire que des hommes étranges, violents aussi. Que ce soit en paroles ou en gestes.

« Es-tu seul... » Ce n'était pas une question. Je ne me suis même pas rendue compte dans un premier temps de l'avoir posé à haute voix, mais quand j'en pris conscience, je soupirais intérieurement. Cela fait plus d'un siècle qu'il est ici, alors forcément, il ne l'est pas.

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uncovering your eyes, rediscovering the high.

Non. Il n'avait pas grand chose à lui dire. Les siècles sont passés et avec eux, le reflet des sentiments. Face à elle et aux remarques puériles qu'elle débitait étonnement vite, il était complètement indifférent. Fermé.  Autant aux artifices de ses chairs dont elle se vantait si bien à présent qu'à sa voix chantante qui, selon lui, n'avait plus rien d'intéressant à prononcer. Les choses étaient différentes et si elle avait pu s'offusquer d'une simple gifle, c'est qu'elle n'avait pas les épaules pour lui ni même pour l'éternité de violence qu'on lui avait offerte. C'est qu'elle n'appartenait pas à leur peuple, tout simplement. Ces vampires idéalistes, ces grands naïfs utopistes... Callan avait pour habitude de les juger avec fermeté , sans faillir et dénué de toute pitié. Ils étaient, pour la race vampirique, une insulte, une anomalie. Aussi futile que prétentieuse. Au-delà d'être dangereuse envers leur patrimoine, ils retournaient leur veste. Se prendre pour Dieu, refouler sa nature profonde... Ces choses étaient, pour lui, complètement idiotes et irréalistes. Lorsqu'on connaît la source, l'histoire de Caïn, ces origines qui font d'eux ce qu'ils sont, il est plus que vulgaire de s'y opposer et de penser pouvoir dépasser les lois, aussi bien chthoniennes que célestes. Plus encore, c'était totalement vain. Il s'agissait de l'équilibre naturel des choses. Le lion chasse la gazelle. L'homme les chasse tous les deux. Les vampires, eux, chassent les hommes. Il était si simple de se servir de la moralité comme rempart, si simple même que cela en devenait risible. Perturber l'équilibre était le véritable mal, la véritable plaie de ce monde. Et en pensant faire le bien, un bien qui était tout à fait relatif selon les points de vue, Serina le pulvérisait. Ils n'avaient pourtant pas encore converser sur la chose mais ses pensées étaient suffisamment claires pour que l'allemand en comprennent le sens. Il choisissait de croire en ses intuitions plutôt que de se fier à ces démonstrations de force qui ne l'impressionnaient que très peu. Il avait survécu à plusieurs guerres, qu'elles soient humaines ou vampiriques. Il en était toujours sorti vainqueur. C'était son art, son domaine. Sa passion. Et face à lui, il avait une femme, maintenant commune, qui se contredisait de manière presque comique. Cet homme qu'elle venait d'assassiner, comptait pour quelqu'un quelque part. Il était aimé. Sûrement loin d'être parfait mais sans doute cent fois plus humain qu'elle ne l'était puisqu'il avait choisi de protéger son peuple contre la menace qu'incarnait chaque être cloîtré dans cette prison. Elle, y comprise.  

Tout cela ne tenait qu'à elle. Il ne ressentait plus la nécessité de la diriger et encore moins de la protéger. Ainsi plus elle s'exprimait et plus la conversation semblait s'écourter, bientôt rendue à bout de souffle tant les mots échangés manquaient de profondeur. Cette rencontre fortuite ne pouvait même pas se défendre d'être agréable et la jeune femme ne lui donnait pas matière à changer la donne. L'avantage était que cette discorde palpable semblait leur convenir à tous les deux. Ainsi lorsqu'elle lui rétorquait qu'il parlait trop vite, il ne prit pas la peine de relever. Alimenter un débat stérile ne ferait que lui faire perdre son temps et personne ne trouvait cela plaisant, même pas lui. Des murailles invisibles s'étaient érigées entre eux, le charme était à présent rompu et ils pouvaient pleinement se voir tels qu'ils étaient. Que valait quelques semaines face à plusieurs siècles ? Serina n'était qu'une aventure de quelques jours tapageurs, une ribambelle d'illusions métamorphosée aujourd'hui en tas de cendres froides. Elles ont été dispersées par le vent et de ce qu'ils ont vécu, de ce qu'ils on pu partager un jour ; il ne reste plus rien. Et c'était plutôt une chose positive alors un rictus discret s'éveille sur les lèvres de l'ancien vampire. Il n'est pas de ceux qui regrettent et Serina n'était définitivement plus une exception à la règle. La vanité qui suintaient de tous ses pores avait fini de l'écœurer. L'habitude de fréquenter les hautes sphères lui avait fait mépriser ce genre de superficialité. La belle acrobate ne s'en rendait certainement pas compte mais l'allemand la trouvait bien plus belle, bien plus désirable lorsqu'elle était humble. Callan laissait les regards accusateurs le juger sans jamais s'y opposer. Il aimait leur faire croire à la terreur qu'il diffusait, à l'horreur qu'il entretenait mais ses valeurs profondes appartenaient cependant à des temps anciens, des temps oubliés que les nouvelles générations piétinaient avec immaturité. Son âme avait plus de huit cent ans déjà et il était tout bonnement incapable de tolérer les masques de carnaval. À cela, il préférait la vérité. Qu'elle soit cruelle ou aimante, il la voulait entière et authentique. Serina, de par ces allures prétentieuses, ne lui offrait que des mensonges bancals. Malheureusement, ces choses-là ne prenaient pas avec lui. Elles ne l'effleuraient même pas.

« Cela fait trois ans que j'ai choisi de l'être, seul. »

Même si Magda l'accompagnait, il la dissimulait, la dissimulant aux autres et anéantissant ses moindres espoirs concernant une vie sociale. C'était presque comme si elle n'existait pas. Si ce n'est que pour lui. Callan n'avait pas besoin de s'encombrer de détails. Les choses entre eux semblaient suffisamment claires et il n'était jamais d'humeur à débattre sur des futilités. Elle était donc là pour protéger son Sire... Mais c'était bien naïf de penser que cela pourrait le préserver d'une manière ou d'une autre. L'allemand sachant exactement pourquoi les humains les haïssaient tant. Son Sire était, après tout, le déclencheur de ce beau bordel. N'était-ce pas lui, l'Infant du Roi, qui avait fait crucifié plus d'une centaine d'hommes pour les exposer dans un champ à l'entrée de leur royaume ? N'était-ce pas lui, encore, qui semait la terreur au sein de River Crow afin de soumettre sa population  ? Callan inventait les tortures et les condamnations. Il imposait la violence du règne de son père alors la peur des hommes, cette faiblesse honteuse et méritée, il la comprenait sans doute mieux que n'importe qui dans cette foutue prison. Il en connaissait les répercussions, les conséquences, les dommages collatéraux. Et il les savourait tous. C'était l'essence à son moteur. L'étincelle à l'incendie qui agitait son esprit tortueux. Callan avait délaissé son Humanité pour pleinement accepter la damnation qui lui avait été offerte. Il était parfaitement stupide de lutter, plus encore de prétendre être humain alors que l'air n'emplissait plus leurs poumons, que leur cœur n'était plus qu'un organe mort. Ils étaient autre chose et cette autre chose était devenue sa religion. Ces opinions aiguisées resteront enfermées au creux de sa gorge. Non pas par précaution mais par refus de souiller le silence pour une cause perdue. Il valait mieux changer de direction, pour le peu de temps qu'ils leur reste à passer ensemble autant arrondir les angles. Ainsi, il prenait sur lui puisque de toutes évidences, elle ne le ferait pas. Il alimentait les quelques minutes fugaces avant leur énième séparation.

« En toute indiscrétion, quand as-tu été transformée et qui est l'auteur de cela ? »

N'était-il pas normal, après tout, qu'il s'interroge sur le sujet ? Leur mauvaise entente ne le rendait pas moins curieux. C'était un des traits principaux de son caractère et Callan a toujours été un homme fidèle à lui-même. Cela n'avait guère changé avec le temps...   

NΞRIOИ



When you speak my name, it don't matter to me. Where you place your blame, it don't matter to me. Where could you be walking to, it don't matter to me. Take my wicked heart, it don't matter to me. Turn my twisted words, it don't matter to me. What are you here waiting for, it don't matter to me. Where do you go to, you don't matter to me.

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Blood and death | PV : Callan de Rhénanie
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