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 Save your soul (Ft Callan)

♣ Sorcier ♣ Nécromancien
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Save your soulWho will save your souls when it comes to the flowers now.
Who will save your souls after all the lies that you told, boy.
Who will save your souls if you won't save your own ?
Jonah
Fowler
Callan
De Rhénanie
Un sourire entrecoupe ses lèvres. La fumée blanchâtre s'en échappe alors que la main fend l'air au rythme de la musique qui retentit dans la pièce. Quelques pas de danse enjouée, passant par dessus le bras tremblant d'un être sanglotant, affalé au sol. Y a pas à dire, le Jazz ça swing. L'entité apprécie le son du saxophone qui découpe la musique. Il tire sur sa clope, tourne sur lui même dans un jeu de jambe chaloupé et lâche un rire. Ne fais pas cette tête. Consoles toi. Ton sort n'est pas si malheureux, tu sais. Tu participes à quelque chose de beau. De grand. Il secoue la tête. Pauvre petite créature qui ne comprend pas. Jonah déplore son manque de discernement. Le sien est pourtant clair. Affûté. Tranchant les troubles de la Moral. Cette nuit, deux folies sinistres vont entrer en collision. Un fracas à réveiller le Diable, qui viendra en personne s'instruire auprès de ses Maîtres. Il n'y a plus Eden pour me garder enfermer. Il n'y a plus ma sœur pour m'enfermer. Callan, l'heure est venu d'enfin te rencontrer en personne. Elle est là, la raison de son entrain. De sa bonne humeur. Elle est placé là, sa joie infernale. Il s'agenouille, soulevant la tête de la jeune femme en la tirant par ses cheveux. Doucement, il vient cueillir une larme de son pouce. Chut. Chut. Tu verras, tout ira bien. Tu va mourir, oui. Mais entre les mains d'un virtuose ma belle. Il la redresse et la balance sur le canapé, où l'attend son frère, assommé par l'opium dont Jonah l'a étouffé. L'épaisse brume se distille dans ses veines, jusqu'à étourdir son esprit et le perde dans un brouillard opaque. Il se rapproche, attrapant une bouteille et se pose à côté d'elle, pressant le goulot contre sa bouche pour la forcer à boire. Qu'elle s'en noie si il le faut. Il veut voir la Fée Verte venir souffler sa magie. Il t'aurai tué de toute façon. Il t'a déjà repéré, tu sais. C'est un chasseur. Cette nuit, il serait venu indépendamment de ma visite. Il tapote sa joue, la faisant papillonner des yeux alors que l'alcool brûlant l'enivre. Elle restera bien sage et offrira avec son frère une mise en bouche des plus exquise. Jonah est en effervescence, impatient de revoir l'Immortel. Il prépare pourtant minutieusement l’événement. Frustré de ne pas avoir pu le faire avec Balian. Le Hasard ayant été plus rapide que lui. Il ne se lassera pas distancer une fois encore, alors Il prend les devants. Il cherche son regard. Il y plonge le sien. Elle aura un message à transmettre, petit premier cailloux qu'il pose sur son chemin. L'entité taillade, appliqué, la conscience. Il y grave l'image d'une maison abandonnée. Plus loin dans les landes. Il y enregistre la mélodie du violon, quelques notes de piano. Satisfait, il se retire ensuite, quittant la demeure comme il y est entré. Avec la discrétion des ombres et déterminé à finir le tracés de ses desseins.

Il se presse. Le soleil va se coucher et il sait que la nuit sera annonciatrice du lever de Callan. Tout doit être près pour lui. Dans la demeure isolé, il rejoint un vielle homme. Sélectionné parmi d'autres dont la sénilité à dévorer la mémoire, n'y laissant que la torpeur du Rien. Jonah anticipe. Il faut sans cesse qu'il occupe ses méninges, qu'il les agite d'idées, d'envie, de plan, de projets futurs ou fantasmer. Il avait prévu le retour du Vampire. Il savait qu'il reviendrait. Question de temps. Alors il avait tout organisé, ou du moins tout esquisser près à adapter ses théories à la pratique. Le senior est assit sur le plancher grignoté. Fixant le vide d'une œillade terne. Terrain vierge au présent qu'il va faire à l'Immortel. N'as t-il pas aidé à briser ces chaînes ? N'a t-il pas nourrit sa puissance des souffrances qu'il infligeait à sa jumelle ? L'entité ne peut investir les Vampires. Ils protègent farouchement ce tronçon d'Âme qui le reste... Mais Callan lui en a ouvert les portes. Il a accueillit sa présence comme un cadeau. Accepté ce qu'il était sans même en saisir le sens. Voix de la folie ou arcanes anciennes qui peignaient son pentagramme dans les crânes. Qu'importe. Par curiosité. Par mystère, par caprice ou par hérésie, il l'a laissé s'insinuer dans ses pensées jusqu'à trouver son Essence. Violente. Passionné. Ardente. Fuyant l'ennui et la monotonie qui la putréfiait. Il s’assoit sur le parquet, parcourant de ses iris les rides qui fripent la peau du vieillard. Vieux comme on peut l'être. Il n'a pourtant plus de souvenir. Plus de sagesse pour abreuver les générations nouvelles. Il est mort dans sa conscience, vivant le passé et le futur comme un présent sans fin. Il n'a plus de souvenir, il est facile pour le sorcier d'y laisser un des siens. Celui d'une Eden encore au manoir. Dans la salle de musique, devant le piano au centre de la pièce. Elle y avait trouvé refuge, perdue, souillée, l'échine courbée mais pas encore brisé. L'espoir de s'en sortir. Toujours. Jonah n'a jamais sous estimé la volonté de sa soeur. Dans son regard, brûle la fièvre des heures de souffrances passée aux côtés de Callan. Sa tempe contre le bois du piano, elle laisse ses doigts glisser sur les touches, faisant pleurer l'instrument pour elle. Elle est belle, sa jumelle. Se refusant de ployer. Se refusant à céder. A se résigner. Luttant contre ce que lui inspire son Bourreau. Sa voix se mêle alors à la musique qu'elle invente. Fille des Muses, elle chante cette nuit maudite qui prend fin sur le soleil éveillé. C'est ce qu'offre l'entité à celui qui a su si bien l'accueillir. L'intimité de cette harmonie torturée que seul les Anges auraient dû entendre. Jonah la vole aux chérubins, pour l'offrir au Démon.

Deuxième pierre sur le sentier. Quand il en a finit, le grand-père murmure le nom d'Eden en litanie, se perdant dans la gangrène de la réminiscence qui n'est pas sienne. L'entité s'adosse au mur, claquant sa langue contre son palais. Sa tête vacille sous sa propre exaltation. Sous sa magie qui s'éveille, s'étend et investit l'air. Il l'a voit en courant sombre, vaciller comme une flamme éternelle sous ses yeux à demi clos. Lui aussi frôle l'ivresse. Il veut voir. Il veut sentir. Il veut toucher. Il veut, au travers d'un corps qui est bien plus sien que ne l'a jamais été celui d'Eden, ressentir ce qu'est Callan. Il calme l'ardeur de cette envie qui le domine. L'immortel est une infini de possibilité. De quoi occuper tout un avenir. Il s'étire. Se reprend et sort du salon où le vieillard incante toujours sa jumelle. Il s'arrête dans la cuisine ou ce qu'il en reste. Elle donne sur une arrière cours. Jonah sort, s'arrête sur le perron et inspire l'air glaciale. Il en ressent la morsure sans pour autant en souffrir. Un sourire alors que sa main se saisit d'un couteau dans son veston. Il presse sans hésitation la lame contre sa paume. Balafrant sa chair pour faire éclore le vermeille. Il y referme ses doigts. Les pressent et fait naître quelques gouttes sur le sol.  Remonte la piste, mon ami. Une attention pour l'étoile solaire qui se couche, dévoilant alors l'obscurité du monde. Il n'est déjà plus là quand les étoiles s'allument.

Puisque que c'est un jeu, Jonah se cache. Au traqueur de le retrouver. Il a laissé ses indices. Il a placé ses pions. Maintenant, il attend. Seul au milieu de la foule. Il perd son odeur et ses pensées, au milieu de la crasse et du brouahaha de ce lieu de perdition clandestin. Un bar à pute. Les femmes dansent, morceau de viande qui suinte leur jus sous la chaleur du grill. Spectateur bovins, que l'appétit taraude de ses vices les plus sombres. L'alcool en oxygène. Face à une table, il s'est installé dans la banquette. Il s'allume une clope. Venant de l'étage, il pressant la souffrance d'une femme qui ouvre à contre cœur ses cuisses contre un peu de fric qu'elle pensait facile. Un amuse gueule.Un passe-temps dont il ronge mentalement les attraits. Il se dissimule parmi tous, tromperie parfaite. L'immortel ne l'a après tout jamais vu. Sans doute imaginé. Mais comme Balian, il n'a pu que fantasmer son apparence. Jonah en a usurpé une. Antithèse de ses folies. Rien n'est laissé entre les mains du Hasard. Il a payé une des serveuses pour qu'elle apporte un verre sitôt que l'Immortel franchira la porte, il sera facile à reconnaître, lui. Absinthe évidemment. Toujours. Un verre et quelques mots. "De la part d'un ami. Il vous attend depuis longtemps, vous savez."


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Vampire
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| save your soul |


there's just a little more danger, in the slightest remark,
it goes a little bit deeper and gets a little more dark,
they call it "hell", yeah, why don't we go there ?
it's way down below there, it's just like home.

i made my peace with sorrow and kept it all inside, it's all inside.


Sur leurs peaux dénudées, le silence s'écoule alors que dehors, les premiers faisceaux lunaires transpercent le voile oppressant de cette nouvelle nuit qu'ils s'apprêtent à enlacer. L'inconscience imprudente qui enveloppe l'esprit de Callan durant les quelques heures de sommeil qu'il s'accorde chaque jour pour fuir l'astre solaire le laisse offert aux chimères vengeresses de la femme qui demeure à ses côtés. Accrochée à son corps, l'écrasant de son poids plume, elle le contemple dans les moindres détails, sondant de la profondeur de son regard, l'apaisement immaculé dont l'allemand émane aveuglément. Magdalena dessine du bout de ses longs doigts délicats, les contours d'un visage qu'elle connaît mieux que le sien. Entre ses bras charmeurs, le bourreau s'efface à la lumière séraphique du fantôme de cet enfant qu'il fut autrefois, qu'il croit mort mais qui s'essouffle encore d'inspirer les étincelles. Déposant dans les creux de la silhouette féline les odes inaccessibles d'une vulnérabilité endormie, il flirte avec la séduisante faucheuse qui cherche à s'emparer de sa délicieuse infante. Elle pourrait le tuer, là, couper court à la damnation infernale qu'il lui fait endurer depuis cent deux ans déjà. Sublime walkyrie qu'elle est, déesse de la Mort et mère meurtrie au cœur flagellé par l'absence de son enfant devenue martyr. Elle n'a jamais oublié.

Sa douceur est trompeuse. Sa docilité n'est qu'un mirage impeccable. Elle feint la sincérité de sa soumission pour mieux anéantir celui qui dévore ses tourments, celui dont elle partage pourtant le lit sans jamais s'opposer, savourant les rivières carminées de leurs ébats passionnés. Il est le cannibale romanesque des flétrissures de son âme, le conquistador du céleste incendié qui se disperse au-delà de ses paupières usées. Incarnation du Mal, démon impartial, qui ne s'est pourtant jamais leurré sur les intentions de sa belle dulcinée, la nécrosée de sagesse rageuse. Callan apprécie l'idée qu'elle soit sa mante religieuse. Il sait, mieux que n'importe qui, les désirs venimeux qui la colorent. Marionnette entre ses mains expertes, il la façonne à son image, la décimant de ravages dans l'espoir qu'elle atteigne un jour son Savoir. Magdalena succomberait presque au charme pernicieux du Prince échoué. Après tout, elle ne l'a jamais quitté. Au-delà de l'horreur et des colères titanesques qui le rendent aussi destructeur qu'autodestructeur, elle a su rester et endurer, dépassant les limites bafouées de la Raison. Il l'a tant souillée que parfois l'italienne se perd, entre le désir de sa chair et l'amour irrévocable que leur lien lui impose. Entre les cicatrices de la mort ignoble qu'il a fait endurer à sa fille et l'Immortalité puissante qui emplit ses veines depuis qu'il a décidé de la garder auprès de lui. Elle vacille, trébuche de plus en plus sur les sentiments paradoxales qui l'étranglent, le brouillard de son indécision la maintenant sans cesse en suspens. Tétanisée, elle oublie donc toujours de l'assassiner.

Les paupières de l'allemand s'ouvrent doucement, à moitié, alors que dans un soupir de frustration meurtrière, la vénus regrette d'avoir laissé le moment s'échapper. Délaissant le corps de Callan d'un simple mouvement de hanche, elle laisse l'épaisseur moelleuse du matelas rattraper sa silhouette aux courbes avantageuses, brisant ainsi avec un détachement certain, l'étreinte amoureuse qu'ils échangeaient pourtant quelques secondes plus tôt. Comme toujours, c'est son Éveil qui brise la magie. C'est sa Conscience qui dénature ce côté inoffensif auquel peu de gens ont accès et qu'il ne se permettait jamais de dévoiler aux regards éphémères. « Sors-tu, ce soir ? » Ronronnement délicieux qui glisse sur l'attention de l'allemand comme une caresse, tendre mais vaporeuse, justement proportionnée à son réveil désagréable. Callan se redresse, et sans lui accorder un regard, se défait de leurs draps cotonneux, oubliant rapidement toutes les miettes de rêve qui s'y sont perdues. Il les abandonne aux charognes qui dansent dans le regard violé de son amante, toujours en train de l'observer comme si elle tentait d'anticiper ses réactions tout aussi lunatiques que contradictoires. « En effet. Je doute que tu aies les capacités nécessaires pour me divertir aujourd'hui alors je vais voir ailleurs sweetheart. » dit-il avec la finesse d'un rictus hautain tracé sur les lèvres.

Habituée par cette attitude, cette indifférence insultante, malgré le fait qu'il ait tailladé son corps avec les lames de la luxure durant tout le jour, la brune se garde de répliquer, bien consciente de la tournure que prendraient les choses dans le cas contraire. Elle laisse couler, l'échine de son âme se courbe sous le poids de son animosité. C'est après tout le poison qui s'insinue dans le flux fougueux de cette vitae profanée qui la rend supérieure à la Mort elle-même. Callan est tout ce qui lui reste. « Peu importe, Callan. Nourris-toi convenablement cette fois... Tu es encore plus insupportable qu'au naturel lorsque tu as faim. » Elle cesse de le regarder, le joignant à son indifférence lointaine. Lui, il ne répond pas, préférant l'idée de profiter d'une douche brûlante plutôt que celle de converser davantage avec l'ombre assassine de sa descendance. Probablement parce qu'elle avait raison. Callan oubliait si rapidement qu'il n'était pas infaillible. Les réminiscences de son emprisonnement en Écosse étaient comme des tatouages, le laissant inattentif aux besoins fonctionnels de son organisme. Tâches d'encre corrosives qu'il portait à même ses muscles, constamment. La virulence de ses maux dévastateurs s'était si bien incorporée aux entrailles le constituant que l'allemand peinait par moment à reconnaître les signes indistincts de la Faim. Il s'était habitué à ce Rien. Si bien qu'il avait quelques fois cru s'abandonner à ce dernier, s'alliant à la mort comme si ce n'était rien d'autre qu'une vieille amie. Il ne craignait pas les éclats furieux de l'endolorissement ; ils les chérissait, d'un amour extraordinaire et passionnel.

Cependant, les aléas de la dépendance au carmin s'acharnaient à lui rappeler ce qu'il était. Soumis par la damnation meurtrière de Caïn, fébrile en sentant les délices organiques qu'imposaient les quelques gouttes divines d'une âme raffinée par la virginité. Ainsi, il se rappelait quelques fois de l'ingénue, de son Eden, de la Beauté Reine qu'elle emprisonnait au creux de son être. Il aurait aimé la voir crisser d'indifférence face au pire, comme elle savait si bien le faire mais sa tendresse auréolée d'incandescence avait certainement disparu parmi les décombres de l'empire perdu. Pourtant elle restait en lui comme un songe effronté, une idée dont il était incapable de se passer. Il les réclamerait presque. Elle, le corps céleste à l'âme irréelle et lui, la passion dévorante d'un cœur souillé que son opposée n'assumait pas. Combinaison parfaite, osmose violente qui manquait à son existence comme le sang à sa bouche. Il quittait la salle de bain finalement apprêté, bien que l'esprit toujours embarrassé par l'enclume d'une nostalgie ignominieuse. Callan n'était pas de ces êtres qui se contentaient d'éprouver le manque. Ce n'était pour lui qu'une preuve de faiblesse et faible, il ne l'a plus été depuis des siècles. Par refus. Par logique. Se soumettre aux suffocations causées par la démence des émotions était pour lui un affront à sa nature, aux idéaux démontés de son Essence. Nicher dans les tréfonds de l'Inconscience que sa cruauté aimait censurer, les seules lueurs qui lui restaient étaient sanctifiées par son silence immuable et la causticité monarchique qui l'effleurait au son de discours pompeux et arrogants. Blabla durant lesquels les passions s'éteignent et les esprits s'emmêlent au sein d'un emprisonnement intellectuel. Tout ce qui éloignait de la vérité, de la simplicité sans artifices du néant dans lequel la planète tournait inlassablement sur elle-même. L'humain compliquait les nuances originelles avec les soupirs frénétiques de sa crainte. Il en était l'esclave et se complaisait à le rester. C'est ce qui le rendait aussi détestable et indigne pour l'ancien vampire. C'est ce qui faisait de lui un chasseur, un meurtrier... Le monstre que l'on ne parvient pas à tuer, l'Enfer remanié sous la forme d'un homme qui ne vibrait réellement qu'aux atrocités qu'il commettait.

La nuit était fraîche lorsqu'il quitta l'appartement, l'ardeur des étoiles glacées jalousant l'embrasement impétueux des flammes agitées parsemant son âme luciférienne. Callan allait chasser ce soir, défigurer son ennui noir et tenter d'effacer les appréhensions violacées qui démangeaient les nébuleuses de sa curiosité depuis qu'il s'était levé. Car il ne pouvait s'empêcher d'être hanté par ces sombres murmures qui l'accompagnaient autrefois, par les pétales incendiées que la chevelure de l'Eden lui inspiraient. Des temps passés qu'il s'évertuait pourtant d'annihiler afin d'absoudre les relents de cette fatalité qui l'avait giflé. Comme si pour la première fois de son existence, il cherchait à fuir l'inconnu. Celui qu'il pensait pourtant être son domaine, son refuge. Comme s'il cherchait à fuir ces lumières qui, au loin, l'appelaient en murmures brisés et qui lui suggéraient d'écouter tous ces millions de souffles vitaux qu'il avait arraché, d'enfin cesser de les ignorer. Intrigué sans pourtant plier sous le poids de la niaiserie enfantine, son insanité courtisait la pudeur des anges dès que les mirages diamantés de la vénus enflammée fissuraient sa mémoire de ses arômes floraux, à présent évanouis dans les possibilités d'une mort pratiquement inévitable. Pouvaient-ils avoir survécu à l’effondrement chaotique de cet ancien monde dans lequel leurs esprits s'étaient confondus ? Possédaient-ils réellement cette force en eux ? Il en doutait, lui qui pourtant refusait de s'accoutumer aux interrogations fugaces. Leur absence suintait dans son encéphale comme des ongles sur un tableau. Il était ce gosse au fond de la classe qui mourrait d'ennui. Même éternel refrain, obstacle intemporel sur son chemin.

C'est en suivant les traces d'une mortelle qu'il décide d'écouter l'animal qui vit en lui, celui qui lentement s'éveille dans son ventre et qui, peu à peu, met un terme aux résidus trop humains qui secouent ses neurones corrompus. Depuis quelques jours, il la fait courir, cette femme, titillant la frénésie de son cœur, écorchant ses nuits avec l'allégresse de gentilles terreurs. Il la poursuit, s'amuse de sa sottise, et lui fait miroiter les illusions d'une issue de secours. Il sait où elle vit, avec qui. À quelle heure elle rentre, à quelle heure elle sort. Seulement ce soir, le jeu ne l'amuse plus. Ce soir, il a décidé de la boire. De la vider, d'assouvir enfin son envie de l'exterminer. Sans plus de cérémonie. Elle serait son amuse-gueule. De quoi peindre ce début de soirée par le rouge immuable, le rouge irremplaçable, le rouge souverain qui donnait la cadence aux vertiges névrosés dont il était porteur depuis des lustres à présent. En entrant dans la demeure de sa proie, c'est la tendresse de profonds sanglots qui l'accueille, le tambourinement d'un cœur qui s'échine à battre malgré la torpeur qui l'emballe. Lorsqu'il rejoint ses victimes complètement offertes à lui, les émanations herbacées de l'absinthe qui s'agitent entre les notes métalliques de l'hémoglobine lui montent à la tête comme la plus délicate des douceurs. Il reconnaît les désastres hallucinants de la Divine Drogue dans le regard du cadet de la belle. Entre eux, son esprit absorbe les délires psychédéliques qui saupoudrent leur conscience humaine et l'Immortel sourit.

« Quelqu'un est venu, n'est-ce pas ? Dis-moi qui. » L'attention était bien trop juste. L'opium, l'absinthe. Le corps succulent d'une femme dont il convoite le sang depuis quelques jours, si facile d'accès. Deux corps parfumés à la perfection, déposés pour lui dans ce canapé avant même qu'il n'arrive. C'était évident qu'il s'agissait d'un présent qui lui était particulièrement destiné. Alors que les doigts glacés de l'allemand s'enroulaient autour du cou parfait de la poupée, il se met à le caresser lentement. Fausse douceur qu'il se plaira à briser dans quelques minutes. « Je... Je ne sais pas. Il dansait... Il riait. Il, il.. Il a dit que tu viendrais. » Callan penche la tête, la laissant s'écraser dans le moelleux du canapé. Il passait une main dans les longs cheveux noirs de la féline toute engourdie. Il souriait, amusé, la serrant contre son corps comme pour la rassurer. Il prit soin ensuite d'entendre son myocarde se calmer alors que son regard azuré transperçait habilement la grisaille nordique de celui de la condamnée. Il violait ses pensées, passait au-delà du désir qui grandissait en elle à mesure qu'il la touchait. Il se mit à rire quand il déchiffrait l'idée lui indiquant son envie de coucher avec lui. La pauvre était si enivrée qu'elle pensait réellement survivre après son passage.  Comment aurait-il pu ne pas en rire ?

Dans les divagations de son cerveau atrophié par l'alcool, il fut happé par la vision d'un paysage qu'il connaissait, comme préservé de tout ce dont le monde extérieur pouvait vibrer. Cette maison dans les landes et puis ces quelques notes de piano qui lui donnent une voix, la puissance des mumures d'un violon. Maintenant, il sait. Jonah ou Eden. Ça ne pouvait être qu'eux. Il embrassait les lèvres de son repas, encore recouvertes d'amertume alcoolisée juste avant de passer à quelque chose de plus consistant, perforant sa jugulaire de ses crocs et aspirant à grande gorgée son élixir favori, accentué par la folie émeraude de sa belle absinthe. Il ne fallut pas bien longtemps pour assécher les veines de sa première victime et pris de frénésie par la satisfaction ressentie, il ne lui a fallu que quelques minutes de plus pour vider le corps de son frère. Fermant les paupières pour mieux savourer l'écoulement suave du sang intoxiqué à l'intérieur de son corps, Callan se pinçait les lèvres par gourmandise, cherchant à ajuster son esprit cartésien aux délires imbibés qui remplaçaient peu à peu ses tensions. Mêlés à la furie d'une exaltation nouvelle à l'idée de retrouver l'entité, l'allemand ne traîne pourtant pas et ne tarde pas à quitter la demeure, laissant pourrir les deux mortels qu'il venait de vider d'une traite à l'intérieur.

Il aurait pu s'amuser, façonner leur mort en prenant son temps mais quelque chose de plus fort l'attirait, quelque chose qui lui manquait et qui dans son âme avait laissé une place vacante qu'il n'avait jamais cru possible auparavant. Transporté par ce qu'il envisageait peu à peu, Callan, de par l'odeur étrangère que son bienfaiteur avait laissé derrière lui, se mit à sa recherche, suivant les effluves doucereuses dont sa peau transpirait. Ce n'était pourtant pas les gourmandises de celle de l'Eden. Celle-ci était autre : Nouvelle à son odorat de chasseur aguerri. Différente mais pas plus déplaisante que celle que la fée souillée lui avait fait connaître du temps de River Crow. Sa traque le mène jusqu'au seuil démoli d'une maison délaissée. Lorsqu'il fait face au vieil homme tombant en ruines, c'est le prénom de son Trésor qu'il incante comme un sortilège céleste. Callan s'approche du sénile, s'accroupit, relevant son visage de la simple emprise de ses doigts qui l'encadrent et fouille sa mémoire. Il n'a l'esprit empli que d'un être. Dans la fadeur de sa boîte crânienne morose, résonne l'aria des anges déchus, c'est la voix de la convoitée. De cette flamme qui, sans qu'il ne s'en rende vraiment compte, illumine ses pensées. C'est Eden qu'il voit dans cet unique souvenir, assise au piano, dans le décor ténébreux de la salle de musique d'une demeure qui fut sienne quelques années plus tôt. Il contemple en silence la beauté d'un instant sacré, laissant la caresse de quelques émotions étrangères lui vriller ce cœur crevé qui stagne au fond de sa poitrine.

Il admire sa souffrance à travers le regard délavé d'un homme presque mort mais c'est comme si Callan était à ses côtés. Il pourrait presque sentir l'écoulement des larmes qu'elle retient sur les horizons infinis de l'âme qui habite son enveloppe charnelle. Le souvenir d'or finit par se voiler et la mélodie étoilée s'étiole sous les battements de paupière brumeux du vieil homme. L'allemand délaisse rapidement le salon sans prendre la peine d'achever la relique humaine qui soupire toujours le même prénom. L'odeur s'évapore de plus en plus dans l'air alors il se concentre et reprend le fil de sa quête, filant le sang de celui qui anime passionnément son intérêt. De ces pépites de réminiscence, il n'envisageait que le retour de ceux qui le hantaient. Mais Jonah n'avait pas de corps jusqu'à preuve du contraire et c'était sans doute exactement ce que Callan recherchait ce soir, la preuve du contraire. Sa filature l'entraîne jusqu'au nord, terres qu'il évitait d'habitude. Sans doute car la souffrance de Léandre était beaucoup plus forte ici qu'ailleurs. Pourtant, il s'engouffre dans le bordel, s'éloignant du fantôme de son père. Des sons électroniques que les haut-parleurs vomissaient, abrutissant un peu plus les esprits troublés qui naviguaient au sein de cet océan de décadence vulgaire, il n'en récoltait que des échos furieux. Imbibé par les cadeaux délicieusement empoisonnés qu'on lui avait laissé, il n'était plus qu'exaltation. Tout autour de lui était amplifié, au-delà de ses sens, au-delà même de sa conscience. Le cristal d'une voix féminine carillonne à son oreille, une serveuse lui offre un verre d'absinthe et lui glisse d'un murmure un autre message.

Celui d'un homme qui l'attend, depuis longtemps. Les miettes de ce qui lui reste de Jonah implosent en sa psyché alors que ses prunelles serpentent entre les amas de chairs répugnantes, l'odeur viciée les imprégnant le force à se concentrer un peu plus, à dérober de sa puissance antique le bonus de ses dons acérés. Il fouille puis s'enfonce net dans les tréfonds abyssaux d'un regard charbonneux. Il ne s'attarde ni au visage qui le porte ni même à quel corps il appartient. Callan s'accroche à ce contact visuel et se mouve avec la souplesse d'un félin entre les carcasses brûlantes de transpiration. Et dans cette vitesse qui lui est propre, transperce la foule de son passage invisible. Lorsqu'il arrive à la table, il découvre la silhouette, la jauge et l'évalue. Fidèle à son hédonisme autant qu'à la satisfaction authentique qui le prend en sachant qu'au-delà de cette belle gueule se trouve les saveurs clandestines de l'entité.

« Jonah. »

Sa voix profonde pourrait passer inaperçue dans le brouhaha qui les entoure. Pourtant il sait qu'il l'a entendu, qu'au-delà de la vitesse du son, il a toujours su le comprendre. Les mots n'étaient pas utiles pour eux. Ils étaient secondaires mais la concrétisation corporelle de son ami est l'éclair qui ponctue l'enfièvrement certain qui  l'habite en cette nuit splendide. Il prend place à ses côtés, laissant le dossier de la banquette mouler une partie de son être alors qu'il vide son verre cul sec, le délaissant ensuite sur la surface en bois devant lui. Le bout de ses doigts glacés se perd ensuite dans la chevelure de l'homme alors que son regard le dévisage, avalant le moindre détail de ce corps comme pour n'en garder que le meilleur aspect. « Tu es le seul à pouvoir me surprendre de la sorte. Ça ne peut être que toi. » Il en était certain. Il n'en doutait absolument pas. Il était là, à portée de main et c'était grandiose.        


NΞRIOИ



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Callan
De Rhénanie
Elle s'y est opposée avec tant acharnement. Elle y épuisait la moitié de son énergie. Même au bord de l'Inconscience, elle s'accrochait à cette idée qui ne devait plus être si concrète. L'esprit voilé, embrumé par les torpeurs d'un corps à bout et d'une conscience au delà de ses limites. Les pensées incohérentes et délirantes qui transportait la réalité dans une dimension plus chimérique. Sans plus connaître la raison ou même le but. Eden n'a pourtant jamais oublié cette promesse qu'elle s'était faites dès lors que son regard s'est ancré dans celui de Callan. Elle vivante, les deux âmes si semblables ne se rencontreraient jamais. Rien de bon pouvait naître d'une telle union. Aucune étoile ne pourrait plus briller si l'Immortel et l'entité venaient à se lier dans le secret de l'obscurité. Elle en était persuadé et elle a tout fait pour que cela n'arrive jamais. Tant de frustration pour son frère. Tant de dépit. De rage. D'amers échecs. Le temps de règne est finit ma sœur. Les murs sont tombés, les chaînes ont suivies. Tu n'es plus ma jolie geôlière. Je suis libre et je pulvérise un à un tous tes interdits. Tu m'a laissés partir. Tu as failli Eden. Il t'incombe la culpabilité de chacun de mes pêchés. Jonah ne voit aucun des visages présent dans la pièce bruyante et surchargés d'odeur. Il distingue pourtant nettement celui de sa jumelle. Au point de pouvoir effleurer le contour de ses joues encore rondes de l'Enfance, de sentir sous son pouce le tremblement de ses lèvres. Cette nuit je franchi la dernière de tes barrières. Sans détour. Sans devoir te le cacher. Sans craindre que tu me retiennes ou me refrènes. Il n'y a rien que tu ne puises faire pour m'en empêcher. Il semble que ce ne soit plus toi dans la lumière. Profites. Tu ne me restera pas cachés indéfiniment. Je viendrai t'arracher aux bras qui t'accueillent et te jeter dans ceux qui me plairont. Et j'ai choisis il y a des années déjà ceux qui t'étreindront. Que ça te plaise ou non. Tu restes mienne. Éternellement. Profites. Où que tu sois. Tu n'auras jamais aucun sanctuaire pour te protéger de moi.

L'élan de ses pensées se perd dans le brouhaha. Personne ici pour les écouter. Mais elles ne sont destinés qu'à un seul être. Elles trouveront le chemin et quelque soit la quiétude qui l'enlace alors, elle frémira sous leurs échos. Il n'en doute pas. Il y veille quitte à s'approcher un peu trop près de cette Vérité qu'il se cache. Il en détourne son instinct, s'y refusant encore. Il se contente d'un orage dans les Landes. D'une présage funeste en son cœur. Il secoue la tête et vide ce verre commandé. Il se plait aux mêmes délices qu'il offre à invité dans le palais que forme la Nuit. Il est leur. Ils s'en feront Maîtres. Il noie son impatience dans l'alcool vert. Il laisse la chaleur induite réchauffer sa conscience, s'y plongeant de bonnes grâces. Il ne se demande pas si le Vampire va venir. Il se demande quand. Combien de minutes avant qu'il ne franchisse le seuil du bar, échauffés par ses présents ? La curiosité et le désir de constater de ses yeux la concrétisation de ce son Essence. Il connait si bien Callan. Ne lui prouves t-il pas de ces offrandes ? Il est compagnon des tourments que sa jumelle et lui éveillent dans les abysses de l'éternel. Il ne peut lui mentir. Eden a marcher dans les décombres d'un château qu'il pensait en Ruine, quelques part dans l'épaisse forêt de son âme. Dans un trou, entre les dalles de pierres, elle a creusée la Terre. Elle s'y est écorchés la peau. Sa chair se meurtrissant des épines et des ronces qui en sortaient. Une graine. Une hérésie. Rien. Elle l'a abreuvé de son sang. Puis de ses larmes quand elle s'effondrait sur le sol froid du marbre, épuisée. Maintenant que l'arbre a grandit, il se meurt et se flétrit des attentions de sa Gaïa. Car il doute. Jonah le punit sans doute pour ça. Pour douter de leurs survies. Comme Balian. Aucun pour croire que leur Force n'était pas qu'apparente. Il ne dit rien. Il n'est jamais venu infirmer ce que l'allemand considère comme un fait. Une déduction logique, surement, mais facile et qui ne prend pas en compte la volonté de l'entité à survivre. Peut être que les Vérités exploseront en même temps que l'ivresse de leur retrouvaille.

Il se perd dans le souvenir laissé au vieillard. Il l'a tant martelé en sa mémoire arrachée, qu'il revient dans la sienne aux sons du violon. Il écrit sans peine la partition pour accompagner celle qu'elle a inventé sous la fièvre de ses émotions bouillonnante. Il la voit sans être vu, impuissant spectateur, à ses côtés sur le banc. Il pourrait presque regretté de ne pouvoir interagir avec ce tronçon du passée. Si il peut le figer, il ne peut venir tourmenter d'avantage sa jumelle. Alors il se tait. Il écoute, savourant chaque sonorité féerique avec la satisfaction et la certitudes quelles plairont à celui qui les as inspirés.
Et pourtant je danse, sur le sang des blessures.
Oubliant dans la transe, toutes mes meurtrissures.
Et pourtant je danse, au milieu des souillures.
Oubliant dans la transe, la douleur des morsures.
Il la songe dans un champs de corps, marchant sur les os et les crânes qui se briseront sous ses pas. Il devine ses pieds nus plongés dans le vermeille, tâchant sa peau à la beauté lunaire. Son messie marche sur le sang et sépare les mers carminées, pour s'enfoncer dans la profondeur des âmes. Un pulsion. Le silence entre les battements de cœur. Le souvenir se brouille et disparaît dans l'Inintéressant. Il referme les yeux. Ne cherchant pas à voir ce qu'il a déjà ressentit. Il sourit, déployant toute son Essence pour venir se percuter de plein fouet contre celle de l'Immortel. Il ne craint pas le choc. Ce n'est même pas une possibilité qu'il l'effleure. Il veut le faire vibrer de sa présence, la rendre tangible pour lui seul. Eden se perdait dans la sylve épaisse et sombre, elle y déambulait, égarée et inconsciente. Jonah lui, foulait les entrailles de cette âme. Il en avait découvert la faille qui conduisait droit vers le purgatoire des bonnes consciences. L'Enfer des Moralisateurs et de leurs Dogmes. Les anges y tombent en pluie diluviennes. S'écrasant sur les rochers acérés et tranchant. Leurs ailes s'y arrachent et les plumes baigne dans l'hémoglobine. Quand la chute s'achève enfin, c'est pour les laisser dans l'agonie de ne plus pouvoir voler. C'est le chemin de ce territoire qui a, pour l'entité, tous les attraits du beau, qu'il retrouve.

Viens le régal. Le délice de plonger des iris qui luisent de sa présence dévorante dans les siennes. Tout aussi voraces. Avides. Ils se connaissent si bien, mais c’est la première fois qu’il peut le regarder. Jonah ne passe plus par les perceptions de sa Sœur que ses ressentis teignaient. Il le voit tel qu’il est, enfin, il a le tableau complet. Il s’en réjouit. L’immortel est décidément l’œuvre d’un artiste. De son âme, jusqu’à ce physique trompeur. Le moindre de ses traits, la moindre frémissement qui courbe ses lèvres, jusqu’à ses deux miradors, miroitant des mille délices de la damnation. Il le sait tout aussi intrusif sur son apparence et cette curiosité le fait frissonner en même temps que le nom qu’il prononce et qui roule sur sa langue comme une vague déferlante prête à se fracasser. Il s’en délecte. Il en sourit. – En chair et en os. L’écho de sa voix résonne dans l’esprit de Callan. Il y veille, voulant chasser la moindre incertitude. En personne. Dans une enveloppe tordue par la possession. Il ne lui cache rien. Sa bouche qui s’étire, ses yeux qui pétillent, son Essence en drapée soyeuse qui habile ses épaules. Il est rare qu’il se dévoile ainsi, plus habitué à cacher sa présence et sa Nature. Habile trompeur de la vision, manipulateur des impressions, il se met pourtant à nu dans le reflet qu’il lui renvoie. Cette sincérité de son être il la lui doit. Et il tient à le lui montrer. Vois celui que tu as sous estimer. Sa langue passe sur sa lèvre inférieur, alors que le vampire glisse ses doigts dans ses cheveux en bataille. – C’est bien moi. Mais je sais que tu me reconnais, que tu as su, à la seconde où s’est joué le violon. Il ricane, fier. Fier de lui, des présents qu’il lui a fait, d’être à l’origine de leur retrouvaille. Fier de n’avoir jamais douté, lui. Voir l’allemand d’un autre temps était une évidence dès lors qu’il a retrouvé Conscience. Sa disparation n’était pas en option. Il l’aurait plongé dans le Nyx pour le ramener des eaux sans fond si cela avait été nécessaire. Ce ne pouvait pas être elle, hein ? Là sera sa seule vengeance. Il attise cette réminiscence douloureuse  qu’il garde d’elle. Même lui, pourrait ressentir du désir pour l’image qu’il conserve de sa jumelle. Un trésor. Le sien. L’entité en rit, quelque part. Il laisse la trace de ses pas dans la poussière des marches abrupts qu’il redescend. L’ivresse de cette Abîme infinie qu’est son âme. Callan est partit. Il les a laissé derrière eux. Pire, il a abandonné Eden dans les bras de Josias, où elle siège sans doute encore. Il n’aura cependant pas à souffrir d’une autre offense. Jonah comprend. Jonah le comprend. Sans doute aurait il fait pareil. Comment lui en vouloir ? A lui, l’unique possesseur du tout que forme les Jumeaux.

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Vampire
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Altéré. Comme si ses sens étaient régis par d'autres forces, secoués par des tumultes orageux dans lesquels il se perdait volontiers. Sa voix qui cite un prénom particulier, il ne l'entend pas. Elle décolle de ses lèvres pour atteindre un firmament qui leur est hors de portée. L'effusion de son désir s'agite pourtant de découvrir le visage de l'entité, de pouvoir laisser glisser sous la pulpe de ses doigts la carcasse d'un corps dans lequel s'est établi l'artiste volatile de ses pensées. Callan dévore sans aucune retenue les expressions de ce visage qu'il imprime dans un coin de sa mémoire. Il colore l'impression de désir, suffoque de l'exclamation retenue de ses mouvements. Les opiacés lui donnent l'allure d'un rêveur excentrique, déchiré par des vagues sanguines qu'il dompte de sa léthargie inébranlable. L'air de rien, Anselm caresse l'ébène captivant de sa chevelure. Il contemple d'un œil troublé la beauté d'illusions que le corps qu'il détient possède. Pourtant l'enveloppe est secondaire. Callan valorise l'Essence qui la domine au-delà du reste. Il célèbre cette puissance qu'il pressent au-delà de la cage thoracique et des muscles qui charment sans le vouloir, de la silhouette qui danse dans le noir. Le fabuleux dompteur des ombres. En chair et os, il était là et pourtant, ce sont les notes de violon qui lui ont manqué, la caresse de sa voix au plus profond de son âme. Les mélodies furieusement déliquescentes de celui à qui il avait ouvert les portes de son âme, sans craindre de chuter ou de hurler. Callan n'avait plus rien à perdre depuis longtemps et ces éclats d'âme qui faisaient de lui ce qu'il était pour les autres ne l'intéressaient pas. Là était la raison de ses implosions, des carnages qui peignaient les rictus bourgeonnant de ses lèvres asséchées par le vide. Lassé de son aridité, l'allemand espérait atteindre les océans de sang. L'épaisseur visqueuse et souillée de l'hémoglobine manquait à sa trachée. Il fallait qu'il déchire, qu'il profane les vertus qui croisaient son chemin. Plus rien n'avait de sens, il avait détraqué sa boussole, arraché ses aiguilles pour finalement rejoindre un no man's land verrouillé. Son âme fracassée se dissimulait derrière la montagne de cadavres qu'il avait façonné. Les horizons étaient fades et les plus belles couleurs du cosmos étaient devenues aussi inexistantes que son humanité. Animal, l'homme flanchait sous les désirs de sa concupiscence. Corrompu et perdu, il observait la splendeur de celui qui avait embrasé son Esprit de multiples comètes. C'est en son sein que régnait quelques unes de ses absolutions, libérées et sans chaînes, Jonah était son hymne à la libération. Les effluves épicées de son indépendance pulvérisaient en lui les abandons. Il gorgeait son existence des poussières grandioses et chimériques qu'il lui avait laissé en guise d'adieux.

L'Immortel en avait fait des souvenirs, préservés de la monotonie qui l'entoure. En sa mémoire, l'Ingénue dansait aux envolées dramatiques du violon. À la place d'admirateur, il se délectait du spectacle, s'abreuvant de leur beauté propre jusqu'à l'insomnie. Eden n'était qu'un rêve candide, une larme aimante, une prière muette. Lorsqu'il pensait à elle, une fraction de son cœur léthargique vibrait. Sa voix l'envoûtait alors que son imagination l'installait au rang de huitième merveille du monde. Mais tout s'était effondré lorsque les bombes dispersèrent leurs caresses virulentes sur le domaine maudit qui fut sien. L'échec avait poignardé son épine dorsale, Callan avait flanché et aujourd'hui, il titubait ; s'alliant aux moues exquises d'un désarroi violent. Les lueurs extravagantes se sont fanées et le Trésor s'est envolé, les murmures suaves de l'entité devinrent sourds. Il s'est anéanti contre les appréhensions, pataugeant dans les marécages douteux d'un doute affreux. L'alcool était un faible sédatif mais restait, malgré tout, une douceur fabuleuse. Les illusions décharnées qu'il créait en son esprit renforçaient son désir de douleur. Il entendait le rire moqueur de ses monstres résonner au creux de sa poitrine, il laissait les sirènes de la démence l'entraîner vers le fond, absorbé par l'élégance de maux délirants. Il aurait pu en rire si le fer de la réalité, contre sa peau, n'était pas aussi chaud. Malgré sa désinvolture acide, l'heure n'était pas aux déchirures. L'apparition de Jonah au cœur de ses prunelles les enveloppait de magma, le désir du regard qu'il lui portait coulant sur les courbes de cette bouche qu'il espérait déjà salir de son impétuosité. Callan s'accroche à sa voix, délaissant pour quelques secondes futiles, les ombres qui le charment. « Je reconnaîtrais ta manière de faire vibrer les cordes entre mille... » dit-il alors qu'il se prend à aduler les sonorités de ce rire que l'entité laisse échapper. Sa concrétisation, la vraisemblance de sa réalité à ses côtés lui inspirait de plus belles ambitions. Peu importe si elles étaient toutes imbibées de déraison. Il avait l'impression de sentir son cadavre se mouvoir à la grande proximité de leurs deux corps.

Les images évanescentes des souvenirs qu'il lui avait légué pour le divertir et l'attiser lui avaient rappelé Ô combien sa vie sans eux avait perdu de sa saveur. Ainsi, à cet instant, il métamorphosait sa fatigue en tendres hallucinations, sublimées par la fièvre que l'absinthe faisait grandir en lui. Et puis dans sa boîte crânienne, la voix grave qu'il aimait tant lui rappelait l'absence de son Paradis, Eden qui manquait cruellement à l'appel. La mâchoire de l'allemand s'est crispée de frustration. Il manquait tant de son vermeil, de l'ambroisie vanillée qui habillait chacune de ses innocences indomptées.

« Sa pureté est bien trop sincère pour se perdre dans un lieu tel que celui-ci... Quand bien même j'aurais apprécié sa présence, tout ceci ne lui ressemble pas. »

Mais c'était si aisé pour lui, habitué à des Arts plus grands et plus subtils, Jonah lui avait fabriqué un jeu sur mesure, l'attirant jusqu'à son aura avec les quelques litres de sang vicieux qui coulaient à présent dans le corps usé de l'allemand. Eden lui manquait, tout autant que l'entité lui avait manqué. Il ne savait ni l'endroit où elle se trouvait ni même si il la recroiserait un jour mais son désir de la posséder à nouveau striait sa libido exaltée par les damnations qui dansaient dans les flots monstrueux de sa culpabilité. Callan n'avait plus que ses souvenirs. Il n'assumait guère cette situation dérisoire, s'observant lui-même vaciller sur le fil du rasoir. Ce sont les rimes de la décadence qui faisaient encore chanter son insolence et ses espoirs de destruction infaillibles. Son élévation ne vibrait plus que dans les sphères succubes de sa véhémence chaotique. « Mais où est-elle ? J'étais tellement accoutumé à votre osmose que je ne sais pas si je vais pouvoir te peindre en mon esprit sans sa présence. » Il demande, pour plus tard. Pour défigurer son noir avec l'incandescence de celle qu'il avait égaré après sa chute. Pour le moment, il était en terrain inconnu. Il s'apprêtait à le découvrir ce soir car s'il ne pouvait lui cacher son ignorance, Jonah pouvait pourtant déjà lire en son âme la foule de tentations que son odeur inspirait au vampire. Éperdu d'insatiabilité, Callan imaginait sans retenue leurs corps brûlés l'un dans l'autre pour sceller définitivement le pacte de leur binôme pandémoniaque. Puisque la Vénus restait insaisissable, plus aucune limite ne pourrait les ralentir. Il était temps de déchiqueter les vertus mensongères de la dulcinée pour que Callan se noie dans les merveilles ombrageuses de celui qui, après ce soir, n'aurait plus jamais besoin de lui prouver sa grandeur.        


NΞRIOИ



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And all I can see are these flames around me and all I can think is I'm here alone. The fires are growing close and all I smell is smoke, yeah, still it's beautiful to me.

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Save your soulWho will save your souls when it comes to the flowers now.
Who will save your souls after all the lies that you told, boy.
Who will save your souls if you won't save your own ?
Jonah
Fowler
Callan
De Rhénanie
L’entité n’était rien quand Callan a décidé que sa Jumelle serait sienne. Une voix prisonnière. Une volonté enchaînée. Une Existence niée qu’elle s’appliquait à limiter. Ils étaient jeunes. Naïfs. Innocents. Ne lui en déplaise. Des enfants, c’est ce qu’ils étaient face à l’Immortel. Lui huit fois centenaire. Jonah avait comptés les différents siècles traversées dans les nœuds des arbres éternelles qui sillonnaient la surface de son âme. Il ne les avait découvert que parce qu’il l’y avait attiré. Désiré. L’attrait qu’il avait eut pour le violon, son envie viscérale de tuer l’ennui sous la lame de nouveauté et ses notes assassines, avait été si forte, si puissante, qu’elle avait illuminé l’obscurité de son intensité. Fébrile et distrait, comme un nouveau née qui apprend à marcher. C’est contre les murs caverneux de son onirisme qu’il s’était appuyé pour assurer ses pas. Il appréciait déjà y tituber maladroitement, discernant son Essence entre des fumées opaques. Si peu tangible. Sans cesse rappeler par le cachot qu’Eden avait construit dans ses Landes. Sur mesure. A présent qu’il l’avait pulvérisé, qu’il était conscient de ce qu’il faisait, averti des forces qui le dominaient et soumit entièrement à cette funeste vocation, il en savourait toute la superbe. Ce n’était qu’ivresse et perdition. Tourments et lucidité froide qui le réchauffaient de véracité. Voilà son sanctuaire. Le temple où venir se recueillir si sa foi venait à vaciller sous les mensonges mielleux. L’ambroisie qui le nourrit. Ses arcanes obscurs s’abreuve des siennes qui coulent en torrents déchaînés. Il s’y baignait autrefois. Lorsqu’il y était informe. D’ailleurs, il s’applique à changer la chose. Il se matérialise à l’esprit comme en ce Monde entre-deux.  Il ne prend pas les traits de l’asiatique. Il n’est pas lui. Les attentions pour Callan ne s’arrête pas à l’enivrement et une chanson. Il a prévu bien plus. Les festivités commencent à peine. Le corps qu’il pétrit de sa magie est le Sien. Celui qu’il aurait dû avoir, mais que sa cadette lui a ôté. Il ne doit être à présent qu’os et vers affamés des derniers morceaux de chair. Il lui rend hommage, il se sert de l’image de ce gamin qu’il fut. Il use du temps, le change en ce jeune homme qu’il serait. Des indices, encore. Des pistes, toujours. Une chevelure incendiaire, un regard azur dansant de vapeurs ténébreuses, des lèvres si singulière. Elles doivent lui sembler si familière. Peut-être en a-t-il même encore le goût contre les siennes. Cette nuit et toutes celles qui nous plairont, c’est toi, que je ferai vibrer. Ce n’est pas tant l’apparence ou l’enveloppe de Tim qu’il tenait à lui offrir ce soir. Ce n’est pas tant la sienne qu’il voulait revoir. Jonah s’est lié à lui sur un Plan bien loin du toucher ou de la vue des sens mortelle. Il tient à lui faire croquer les fruits juteux de ce Pacte qu’il a passé la nuit où il a déchiré sa jumelle.

Il contemple le sidéral vide qu’a laissé le trésor perdu. Egarée dans d’autres draps. Il observe ses réminiscence qu’il crée de sa simple présence, respirant le parfum floral qui en émane. Il est dans les interrogations, les doutes, le précipice, la chaleur vacillante qui agite son bas ventre. Il frémit de ce qui le traverse, jouit de ce ses pensées anarchiques ou indécentes. Il se niche dans le confort de ses entrailles pour s’y installer. Entre la cage thoracique et son cœur atrophié, il trouve le berceau de la Mort. Les bras réconfortant de la Faucheuse. Il se glisse dans son noir linceul qui drape la courbe de ses Os. Il se focalise sur ce qu’il cherche. Il s’y dirige en prédateur, tenant à anéantir un serpent venimeux. Il lui coupera la tête avant de le balancer à ses semblables pour que même les restes disparaissent. Il le traque dans la masse grouillant. Il en observe l’ondulation jusqu’à plonger sa main dans le nid de vipère pour le saisir au cou. Ses doigts se referment sur ses écailles visqueuses, mais ne relâchent pas les serres que forme sa poigne. Le lieu, ni l’instant ne lui est propice. Ce n’est pas pour Elle tout ça, c’est pour toi. Pour moi Il plie les lèvres de Tim d’un sourire. Mais tu la reverra. Tout comme moi, elle a survécu. Et puisque qu’aucun tombeau ne la protège, rien n’empêche qu’elle ne te revienne. Ce sont les doutes de cette réalité que Jonah tuent.

A sa question, il s’amuse. Espiègle démon. Il se glisse sur ses jambes, face à lui, plantant ses iris miroitantes dans les siennes. Il joue avec une des mèches blondes avant de soupirer. Il esquisse sa malice sur le tableau qu’est la peau du visage. Il se rapproche d’avantage pour venir murmurer à son oreille autant qu’hurler dans son esprit. – Alors je viendrai moi-même peindre mon image sur toutes les toiles que m’offrira ton âme. Il se saisit de ses cheveux pour s’offrir l’accès à son cou. L’immortel a été un professeur émérite. Jonah étudiait avec assiduité chacune des leçons qu’il écrivait sur le corps de sa jumelle. Quand à savoir où elle est… Sans doute où nous l’avons laissés. Il s’inclut dans cette négligence. Tout comme Callan, l’entité à déserté les Landes. Tant pis. Tant mieux. Ça annonce des espoirs nouveaux à briser. Une reconquête de ce qui est leurs. Elle sied toujours aux côtés d’un des tiens. Josias. Il crache ce nom. Le corrompant de sa haine. Il veut se fondre dans celle de l’Eternel et l’embraser. Ses lèvres effleurent cette chair qu’il s’octroie. Cependant… Je n’ai pas finit mes présents. Il m’en reste encore un ou deux. Ça éclipse le reste. Ça achève son impatience à revenir hanter Eden. Ça la terre, l’enterre et il l’oubli. Tu as été tellement patient. Tu t’es fait conquérant des secrets de ton trésor, respectant ce silence dont je condamnais les miens. Il puise dans ses propres souvenirs, il y en a un autre dont il a mémorisé le film, un qu’il tient aussi à lui projeter. Attiseur des troubles. Attiseurs des passions. Il souffle sur des braises ardentes.

Deux enfants qui court dans une chambre. L’un après l’autre. Le petit garçon finit par rattraper la petite fille, la saisissant par ses cheveux. Il sourit en la ramenant contre lui. – Chut. Chut. Pleures pas. On va juste jouer. Il essuie les larmes qui glissent sur ses joues rebondis de l’enfance, les étalant sur ses taches de rousseur. – Je veux plus jouer avec toi. Il secoue la tête et tire d’avantage sur ses boucles et la met à genou, reprenant le couteau qu’il a laissé tomber au sol. – J’ai bientôt finis. Il se met à sa hauteur, sans la relâcher. Indifférent aux sanglots qui la secouent. Elle mord sa lèvre à sang pour tenter de les retenir alors que son souffle s’accélère quand il lui retire le haut de son Pyjama. Dans son dos, il presse la lame contre son omoplate, avant de l’y enfoncer. Sans trembler, il y grave un J, s’assurant que la plaie se refermera en balafrant l’opale. Il contemple son œuvre, autant que le vermeille qui s’écoule autant que les perles salés. Il se redresse, se délectant du sang et des larmes. Un écho dans un couloir. Une voix qui se veut autoritaire résonne. – Jonah ! L’écran redevient sombre avant de se disloquer sous l’intensité de ses prunelles ombrageuses.


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i made my peace with sorrow and kept it all inside, it's all inside.

Et puis... Je te pense comme je devrais t'écrire. À mesure que dans ton regard s'épanche toutes les flammes que j'aurais voulu encore posséder. C'est ma voix qui s'éteint, ma conscience qui s'ébranle sous l'embrasement que tu inspires au moindre muscle de ce corps qui est mien. L'illusion de ressentir la vie une nouvelle fois alors que les cendres de mon âme frémissent à tes pieds. Toi l'enfant des ombres, l'illustre magicien de mes nuits, inventeur des plus harmonieuses comédies. J'ai tant de mots à t'offrir. Des mots qui pourtant me démangent, qui cisaillent mes chairs de leur impatience fiévreuse. De ceux qu'on ne devrait pas dire, de ceux en lesquels je ne suis plus censé croire mais qui m'habitent dès lors que mes doigts t'effleurent et que nos frémissements s'étreignent. Pourtant mes lèvres restent scellées, brisées par l'indifférence insolente de mes silences. Ce sont tes chimères qui m'accaparent, ta délicieuse intelligence qui fait faillir en moi l'immuabilité de cette éternité à laquelle je me suis moi-même condamné. Toi qui a su transcender la mort, toi qui a persisté alors que personne n'a jamais daigné t'écouter. Mon Prince, celui qui m'a choisi. Celui qui me choisit encore à cet instant même on l'on se dévisage, au-delà du désespoir dont transpirent mes pores calcinés par la haine. Au-delà de tous ces cris que j'ai arraché aux gorges inconnues, cherchant à occire le son dévastateur de mes propres hurlements d'un pâle mutisme funéraire. J'ai tant besoin que tu m'entendes, Jonah, tant besoin que tu comprennes que si mon âme n'est pas récupérable, elle ne rêve cela dit que de s'entremêler à la tienne. Je t'en ai donné les clés dans le seul espoir de t'y voir déambuler. Comprends que ses lambeaux se nouent jusqu'au déchirement et que mes secrets se brisent entre tes phalanges. Comprends que si je ne crois plus en rien, tu es à présent ma seule exception et que ma fierté fléchit sous la présence de ton aura succube. Dans les embruns intoxiqués qui m'habitent en cette soirée constellée, je nous scelle d'autres destins. Puisqu'un jour, tu verras, tu seras un mien, que ces mots sont bien plus que des mots puisqu'ils suintent de sentiments extatiques. Contractions bancales d'un muscle moteur qui me semblait pourtant être mort mais qui à la force de tes souffles se réanime pour mieux s'endormir ensuite. Entends-moi comme j'ai compris ta solitude lorsque nous nous sommes rencontrés, accepte-moi comme j'ai accepté toutes ces plaies isolées que tu caches si brillamment mais ne me promets rien. Ni ta peau contre la mienne ni le retour de ta voix dans les cavités de cette âme que je t'ai livré sans craindre d'en saigner.

Souffrir. Souffrir à s'en transpercer la lèvre jusqu'au sang. Oublier le temps, perdre le fil et savourer toutes ces infimes courbatures humaines dont on se moque pourtant si bien tous les deux. Je suis au bord de quelque chose qui est en train de se briser et tu es le seul à me retenir, à faire danser des illusions de stabilité au creux de cet effondrement vomitif. Tu sauvegardes l'Essence même de ce que je suis. Tu es celui que je n'attendais pas, celui que je n'ai même pas deviné. Celui qui m'empêche pourtant de sombrer. C'est au creux de ton cœur que je plante ces aveux au goût d'absinthe et au creux de ton ventre que je veux sentir ton désir, pour moi, s'élever. Pour me laisser disparaître un peu plus tard au creux de tes reins. Ne nous mettons pas d'étiquette. Ne nous imposons pas l'horreur de ceux qui se détruisent à petit feu sous les chants futiles de ce qui n'est que possession. Nous sommes bien plus que cela, bien plus que toutes ces mœurs dans lesquelles les autres se vautrent. Si tu me rappelles la vie, sache que je finirais par t'offrir la mort. Comme dans un commun accord. C'est un trésor qui dépassera pourtant la valeur du plus prestigieux des ors. J'ai perdu le goût des remords en le remplaçant par celui des morts. Sur ma bouche, traîne le carmin des enfants de Dieu. Le mien, ceux des autres, ceux du rien qui ne parvient jamais à compenser le tout auquel mes fantasmes s'alimentent. Sous les nuages d'opium qui embrument cette réalité que j'assomme de mes sourdes démences, ce sont tes effluves qui m'abusent et qui m'entraînent jusqu'aux tréfonds de cette nouvelle perdition que tu incarnes à mes yeux. Dans mon encéphale, je n'ai que le son de ta voix pour unique phare. L'Edorado de mes désirs naissants, carnages en délires de ces pensées déstructurées qui m'enserrent alors que chacun de tes mots s'écrasent contre ma poitrine brûlante. Furieuse litanie à laquelle tu m'as rendu dépendant sans même t'en apercevoir. À tant désirer ton âme, j'en oubliais par moment à quel point j'espérais un jour pouvoir te toucher. Laissant traîner des silhouettes qui ne t'appartenaient jamais réellement au sein de mon imagination que tu assoiffais de tes absences parfois trop longues à mon goût. Des instant creux durant lesquels je mesurais toute l'importance de ta présence, bien plus fidèle que l'éternelle rébellion d'Eden. Plus réaliste et efficace que tous les rêves dans lesquels elle s'égarait librement, à défaut de faire face à ces vérités qu'elle n'acceptera jamais.

J'écoute ton indécence m'appeler alors que mon esprit devient à nouveau ton palais. Je te laisse y glisser des images, celles d'un corps nouveau, d'un regard aussi bleu que le mien, tailladé de deux prunelles infernales. Je te reconnais alors que ma vision s'envenime de ta chevelure écarlate. Elle s'éprend de cette peau si pâle qui est la tienne, l'originelle, alors que la compression de mon thorax s'intensifie sous les virulences de ce que tu créés. Tu m'accapares de ce fantasme qui pourtant ne transpire que de l'ultime vérité. Comme un amant que je n'ai pourtant jamais baisé, mon encéphale frissonne de tentations alors que je te vois. Enfin. Et que je reconnais ses lèvres qu'il me semble déjà avoir tant aimé alors qu'elles me sont toutes aussi inconnues que l'union de nos corps dans le brasier de cette attraction qui, lentement, me dévore et dépasse même le souvenir de la tendresse réconfortante de cette fille que j'ai perdu à l'instant où mon esprit s'est coupé du tien. Dans l'holocauste de toutes les nuisances sonores qui résonnent dans ma boîte crânienne, je ne me fie qu'à tes paroles aussi douces que libidineuses. Ce sont elles qui délivrent mon assurance, qui propulsent ma confiance  jusqu'aux iris qui décorent le ciel de ce regard affamé qui te dévore. Tu as les mots justes pour apaiser les titans de rage qui me possèdent. Tu sais les manier, tu connais leurs faiblesses. Avec humilité, tu les dresses et les maîtrisent jusqu'à m'en faire comprendre la dérision de toutes ces contrariétés banales qui s'étalent dans les quelques fissures de mes montagnes. Alors j'efface les candeurs de celle qui me manque pour ne m'abreuver que de toi. C'est mon âme qui s'impose à la tienne, qui te laisse absorber toute l'obsession que je te voue depuis la première fois. D'abord toi, avant elle, avant ses courbes ensorcelées, avant son regard profondément enfoui dans le mien. Ce sont les notes de ton violon qui m'ont enserré le cœur, diffusant de leurs griffes l'antidote insolent à cette léthargie dont je suffoque en ton absence. Tout ça, pour nous que tu disais. Pour toi surtout qui t'étais fait conquérant du Néant pour être ici, à mes côtés. Les flots de l'admiration m'asséchaient la gorge alors que l'odeur de ton sang m'incendiait littéralement les poumons. Des traînées de gourmandise s'entortillaient à mes entrailles alors que ton être se superposait sur le mien, mes sens entièrement voués aux moindres gestes que tu exécutais. Je ne m'accroche qu'à ton regard pénétrant, celui qui dévisage mon âme et dénude mes désirs pour me les offrir. Alors que sous les enivrements qui me colorent je flanche dans le flou, la paume de mes mains enserre son emprise sur tes cuisses pour remonter en longueur, m'approprier tes hanches et te rapprocher contre ce corps que tu surplombes de ton assurance clandestine. Tes lèvres effleurant l'une de mes oreilles fait dévaler au creux de mon dos la fièvre de nouveaux frissons, il me semble. Les murmures se proclament comme immense vérité, délestée du moindre doute. Ils attisent ma confiance alors que ma libido lèche déjà les zones érectiles de ton âme aussi assoiffée qu'insatiable. Nous nous reflétons l'un dans l'autre. C'est la Vérité sublime de tes discours décharnés qui confirme ce désir. Celui de t'avoir, de te posséder et ce, pour l'éternité. Je ne peux que sourire aux futurs qui se dessinent dans dans tes iris et déjà, les prémices de notre terrible union m'exaltent.


***


« Les peintures s'effritent avec le temps. Fais-moi saigner de l'intérieur, grave-toi à la matière. Deviens cicatrice immuable. Imprègnes-toi de ces couleurs organiques et viscérales qui t'ont trop longtemps filé entre les doigts. »

La voix fait imploser ses pensées désordonnées. Elle scelle ses ambitions ténébreuses. Dans le vice et la luxure, germe l'idée profanée à laquelle l'allemand pouvait sentir Eden s'offusquer. Cependant, il venait de prendre sa décision et il allait se plaire à l'étoffer. Jonah sera grandiose, bien plus qu'il ne l'est déjà. Au-delà des courbes instables que son Esprit dessine lorsque d'une emprise dans sa chevelure blonde, Jonah force l'ancien vampire à pencher la tête en arrière. Le visage adopté de l'entité concupiscente se niche ensuite dans son cou, s'accrochant fébrilement de ses lèvres désireuses à sa peau devenue extatique sous les échauffements lascifs de sa psyché.

« Le temps viendra où je t'inonderais de ce carmin qui me fait. Si tu embaumes mon Essence de ton existence, j'embaumerais tes veines de ce qui me garde éternel. »

Pourtant l'étincelle revient entre eux. Inlassablement. Eden et son Refus. Eden et sa fausse Lumière. Tant de douceurs qui pourtant le charment et le calment. Tout comme l'entité qui s'enfonce jusque dans les tréfonds les plus obscurs de sa Monstruosité. La place vacante qu'elle a laissé est restée vide. Callan ne s'attarde qu'aux miettes de lueurs qu'elle a laissé derrière elle et parfois, sous l'épaisse couche noirâtre qui recouvre ses délires, l'incandescence de ses prestances s'esquintent contre l'acidité de ses désillusions. L'Ingénue a été volée, par un homme. L'allemand emprisonne le prénom dans l'incendie hurlant ses flammes au creux de son ventre. À nouveau, la mâchoire se crispe alors que ses rétines éclatent le plafond désastreux du bordel qu'ils salissent de leur présence. Callan s'agace, envisageant le pire, la destruction de l'Humaine par des crocs futiles, pas assez dignes de cette beauté qu'elle captivait au moindre souffle qu'elle prenait. Il a du mal à se défaire de la nouvelle mais préfère abandonner ses ressentis au désir qui grimpe dans ses veines. Callan laisse ses mains explorer le dompteur du vide, les fait glisser sous ce haut pour copier son ADN aux empreintes digitales qui lui appartiennent. Et puis leur dialogue occulte se poursuit alors que le bout de ses doigts s'amuse à effleurer son bas ventre, s'échappant par la suite sur la ligne parfaitement verticale de son épine dorsale jusqu'au creux de sa chute de rein. Autour de sa taille, ses mains finissent par l'enserrer, le forçant ainsi à embrasser un corps à corps qu'il rêve d'approfondir. Il oublie Eden, cet homme, laissant ses desseins de côté le temps d'écouter, de comprendre celui qu'il choisit. Leurs prunelles s'entremêlent alors que ses sensations s'embrasent, il a dévoré ses mots comme lui dévoraient constamment les siens.

« Je ne t'ai pas menti. S'il s'agit de toi, tu sais que le temps ne m'importe pas. Il n'est pas important en ce qui nous concerne. Plus maintenant puisque j'ai pris ma décision. Tout ne tient qu'à toi, qu'à tes envies. »

Il peut déjà lire en lui ce qu'il projette pour eux. Il le veut à ses côtés pour l'éternité. Il veut ce lien incassable, un supplément au Pacte éthéré qu'ils avaient passé la nuit où il s'était emparé de la pureté de celle qui manque à l'appel. Il sera son Fils, celui qui compte, celui qu'il considère et qu'il élèvera à sa supériorité. Sa Descendance Infernale. C'est en ses attitudes révoltées, au sein même de cette anarchie dont il suintait que Callan avait perçu en lui le parfait héritier. Et dans une autre offrande, l'ancien vampire se perd dans les chimères de sa mémoire. Il contemple la scène que Jonah veut lui faire partager, s'attachant aux plus infimes détails pour les mémoriser. Deux enfants. Eden et ses larmes qu'il reconnaît. Et puis l'autre, celui qui fut jusqu'à maintenant un fantasme, une image inventée, se concrétise à l'état de bambin. Il contemple la Malice lorsqu'il s'empare du couteau pour tracer ce « J » sur la peau de la fillette. Celui-là même que Callan se souvient avoir attrapé au vol de ses observations brûlées. Il sourit, halluciné par la précocité de sa liberté. Sans ciller, il avait dépassé les limites morales. Au-delà des restrictions que son jeune âge lui imposait. L'allemand en frissonne, attisé par les décadences qui déambulaient en son imagination depuis que ces images lui étaient apparues. Lorsque la scène se désintègre en son crâne, ses rétines s'éteignent sur les traits de ce faciès emprunté. Les mains de l'allemand remontent à la mâchoire du mortel, l'encadrant avec la douceur des morts les plus tendres. Et ce n'est qu'avec le contact de ses lèvres contre les siennes que l'âme damnée de Callan s'électrise. Là où les espoirs se broient et où les rêves crèvent. Il insuffle entre ses lèvres la passion qui l'empêche de dormir, lui faisant boire les torrents de pluie enflammés agitant ses bas instincts. Entre leurs langues qui se caressent avec violence, ses canines s'accaparent de la chair pulpeuse de ces lèvres qu'il convoite. Il s'alcoolise des liqueurs que portent ses péchés, succombant aux odeurs épicées et impétueuses qui foudroient l'arôme de cette enveloppe qu'il kidnappe de sa simple volonté. Sous les rugissements intérieurs qui secouaient ses torpeurs, Callan finit par souffler l'Impossible que tous les efforts de Jonah avait pourtant bravé pour s'offrir à lui ce soir.

« Je ne ferais pas la même erreur avec toi, Jonah. Je ne te laisserais pas filer comme j'ai laissé filer Eden. Accepte d'être mien. Je t'en fais la demande à toi, moi qui pourtant ne m'encombre jamais de permission. C'est l'union avec la Mort que je te propose. Après tous ces combats que tu as livré et gagné contre elle, je te propose de la dompter. Là est mon cadeau pour toi. »

Lien du sang. Se riant de la mort, se jouant d'elle sans aucun respect. Et l'immensité du temps pour exterminer la faiblesse humaine. C'est sur sa nuque que le froid arctique de sa main se perd, filant jusqu'à la jugulaire qu'il trace de ses phalanges si fines. Il attend, pour une fois, et il espère que lui, autrefois secret invisible, accepte pleinement la gloire de la race caïnite.       


NΞRIOИ



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And all I can see are these flames around me and all I can think is I'm here alone. The fires are growing close and all I smell is smoke, yeah, still it's beautiful to me.

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Save your soulWho will save your souls when it comes to the flowers now.
Who will save your souls after all the lies that you told, boy.
Who will save your souls if you won't save your own ?
Jonah
Fowler
Callan
De Rhénanie
Avançant dans des souterrains, si profonds qu’ils en frôle le néant, Jonah déambule. Le sol s’effritent sous ses pieds, qu’aucun n’avait jamais foulés avant lui. Il sillonne par-dessus un précipice, exaltant la perdition qui attend ceux qui y tombent. Chute qui ne s’achève jamais, crevant de son éternité. Les lumières qui l’éclairent sont perpétuels, flottant au-dessus du gouffre. Chacune d’entre elle, est une âme en supplice, mutilée par la clairvoyance dont Callan les a tailladés. A la lame de leur contradictions. Elles sont milliers, elles sont légions mais s’éteignent du désintérêt de leur tortionnaire. Elles se rallument à la présence de l’entité, pour lui offrir leurs souvenirs. A son tour bourreau, il attise leurs souffrances jusqu’à ce qu’elles se face rougeoiement intense. Il n’est plus nuage de vapeur, dirigé par les vents violents de ses humeurs. Il est nouvel explorateur, l’ardeur des pionniers assurant chacun de ses pas, des terres nouvelles riches des promesses qu’elles tiennent. Il n’est qu’un enfant. C’est le constat qui s’impose de ce qu’il voit. Il se pensait fin maitre d’un Art aussi vieux que l’univers mais n’est qu’un talentueux gamin, pétrissant d’imagination des forces qui s’en amusent. Il est un nouveau née qu’elles ont acceptés de bercés entre leurs bras épineux. Il jouit de leurs clémences et de leurs affections alors qu’il voudrait, à l’image de l’immortel, en avoir dompté tous les secrets pour les soumettre à ses envies. Il est limité par sa jeunesse et ne veut attendre que le temps l’en affranchisse. Il observe, admiratif, le labyrinthe de complexité qu’est l’esprit de l’immortel. C’est dans cette immensité qu’il disperse ses souhaits, délaissant ses vœux pour saisir ceux jamais envisagés qu’il lui inspire. Toujours plus haut, pour faire sombrer toujours plus bas. Architecture anarchique, riche de défenses. Structure sans logique apparente qui perd la raison et déroute le chaos. Gravé dans les murs, il observe les traits martelés des rêves, figés au moment même où ils se désintègrent sous l’acide réalité.

Il suit la voix. Il suit les mots. Les bulles d’extases qui éclatent en artifice vermeille. Gouttes sur les pierres qui ne tardent pas à un suinter un torrent. Il se fige en un vernis écarlate. Marbre d’hémoglobine parcouru d’arabesque inscrit à sa surface. Sillons cicatriciels, scarifications aux allures de symboles ésotériques. Il lève les yeux et contemple les sculptures humaines que forme le plafond. Toutes tordus en des postures aberrantes qui défie la rigidité de l’anatomie mortelle. Visages ouverts sur l’horreur, ongles qui déchire les chairs mensongères, pour révéler les muscles et les os. Une tend sa main en offrande, serrant jusqu’à l’éclatement les globes arrachées à ses orbites. A ses côtés, une tire sur sa lèvre inférieure, en étirant les lambeaux de chair pour dévoiler dents et mâchoires. Le regard de Jonah les détaille une à une, s’attardant sur deux hommes enlacés. Le bras de chacun, transperce la poitrine de l’autre. Chacun brandit un cœur, que d’autres grignotent avec un plaisir malsain. Des bouches s’embrassent, des corps se griffent et se heurtent dans cette fresque sculptés par la démence. Il baisse le regard, sourit et ouvre les bras au son du violon qui vient brutalement heurter le silence. Il tourne sur lui-même, élevant le son de l’instrument assassin, éveillant les iris des quatre gargouilles qui soutiennent la voute. Jonah ne veut rien détruire ici. Il veut sublimer, ramener à la vie ce que les siècles ont couvert de poussières toxiques, restituer le prestige de quelques émotions oubliées. Et alors qu’il contemple de nouveau les statues, il penche la tête sur le côté, levant un sourcil. Lézardant la perfection de l’œuvre, quelques racines en sortent, s’étendant entre les vices et les cauchemars, y faisant fleurir quelques roses aux pétales sombres. Il rit. L’arbre mourant en surface, aux branches mortes et craquantes, survit en profondeur, continuant de s’étendre malgré l’absence.

Il s’en détourne cependant, rappeler par l’enivrement des merveilles qui se déploient des pensées. Il frissonne d’en être à l’origine, d’en être le réceptacle. Ses mains se joignent pour se faire Calice de ses fiertés, accueillant le sang des espoirs de Callan, qu’il égorge à leurs naissances. Le sang déborde rapidement de ses paumes et de sa cascade fracassante se forge une couronne aux courbes hérissées et aux pointes acérées. Lignes tranchantes qu’il saisit pourtant, ivre de cet avenir que lui offre le vampire. A ses côtés. Sur le trône, squelettes de ses vies qu’ils briseront. Il s’y assoit, comme il s’assoit sur ses jambes, savourant plus que jamais les sensation qu’il pille à l’hôte. Ce Destin l’excite autant que les mains qui veulent posséder sa chair, pour la marquer au fer brûlant du désir. Il en veut le sceau, bougeant ses hanches saisit sur son envie qui se dresse. Il a tant jalousé les étreintes qu’il imposait à sa sœur, tant convoité d’être à sa place, couché sur son lit pour en agiter les draps de mouvements indécents. Avide, autant que lui, de le saisir en son ensemble, corps et âme. Je mêlerai mon essence à la tienne, tailladerai des cordes de mon violon le granit de ton ossature. L’archet sera mon poignard pour éventrer chacun de tes doutes. Je l’enfoncerai dans tes incertitudes. Je me glisserai dans chaque fissure, les déchirant jusqu’à la brèche, je m’abreuverai de ces poisons que tu chéris, oasis impie dans le désert des foi vaines. Avec le temps, je me serai si profondément enfoncé dans tes entrailles que c’est de toi qu’il serai impossible de me dissocier. Là, ce sera son image que tu peinera à te rappeler, si il le faut, j’en viendrai à briser chaque miroir dans laquelle tu l’as reflète.

Il referme les yeux en grondant sourdement. Il n’aime guère ce qui se dessine parmi les chimères du possible. Eden y apparait, blasphémée par la mort. Souillée d’un sang faible, qui a gâché sa renaissance. Ses projets. Il s’en révolte. De colère, il mord la gorge du vampire. Alors qu’en son sein, il se jette sur ce qu’il voudrait odieux mensonge, si brusquement qu’il heurte lourdement le sol. C’est contre ce dernier qu’il lui explose le crâne, sans remord et sans pitié. Il ne se redresse que lorsqu’il ne reconnait plus le visage de sa jumelle, perdu dans une bouillis infâme de cervelles et hémoglobine, que lorsqu’il parvient à repousser à plus tard les frasques de cette vérité. Elles viendraient ternir l’instant. Il l’a pourtant dit, Eden n’a pas sa place ici. Cette nuit est leur, comme toutes celles qu’ils leur plairont. Un frisson le ramène à des sens plus terre à terre. Les doigts de l’immortel viennent taquiner sa chair la plus sensible, au risque de se brûler des ardeurs qu’ils éveillent. Jonah se plonge dans des eaux qu’il fait bouillir des excès inspirés. Mais il veut plus, encore. Il veut voir l’Essence disparaitre dans des vagues déferlantes de plaisir. Il veut qu’un tsunami balaie toute pensée. Il veut s’enfoncer dans un océan sans fond, baiser dans ses abysses terrifiantes d’obscurité. Il veut voir se matérialiser ses brumes suaves en des souffles que seules les passions font encore naître. Il veut le voir aussi vivant que lorsqu’il prenait sa jumelle.  

-Le temps. Toujours ce le temps. Celui qui est révolu et que j’ai tu, celui qui arrive et que tu nous offres. Celui qui se joue. Et il est celui des secrets révolus.
L’entité n’a rien à lui dissimuler. Rien à lui cacher, qu’il dissèque son subconscient, Jonah l’installe lui-même sur la table, préparant des instruments soigneusement affutés. Opération minutieuse ou boucherie aux allures de carnage, il s’en moque bien. Les cicatrices qu’il dissimule aux autres, s’ouvrent d’une douleur qu’il n’accepte que pour lui. Failles qu’il s’emploie à transformer en force. C’est dans toute sa déraison qu’il se donne au vampire, qu’il lui donne ce souvenir partagé que des jumeaux. Il le visionne avec la même exaltation que cet enfant qui empoigne la chevelure indiscipliné. Son sourire n’a guère changé. Sa volonté non plus. Il a gagné un précision par contre. En assurance. Il ne se souvient plus à qui appartient la voix grondante. La bonne ou leur mère, qu’elle importance ? Aucune punition ne peut entacher la fierté qu’il avait ressenti, la lame dans sa paume, l’autre posée sur la plaie sanguinolente La fin du film est dans la mémoire de sa sœur, lui en perdu la bobine. Ses réactions se fondent dans celles de l’allemand. Il en a les mêmes palpitations frénétiques qui agite leur cœur nécrosé. Leurs lèvres s’en scellent et il sombre plus bas dans ses instincts épousant les courbes tout en finesse de son torse. Il lui cède cette respiration qui n’est plus domptable de son ivresse chimérique. Il est si rare qu’elle se mêle à celle du corps volé. Une parfaite osmose qu’il ne doit qu’à la présence de Callan dans l’équation. Mathématique démoniaque.

- Je suis le seul qui t'ai accordé toutes les permissions. Le seul qui te permette tous les interdits. Et c'est à moi que tu demandes quelques choses ? Il rit, en secouant la tête. Il vient mordre sa propre langue, jusqu'à y faire naître le sang. Ce n'est qu'après qu'il vient en violer l'entrée de ses lèvres, revenant saisir cette chevelure d'une poigne ferme pour le détourner de sa gorge. Les secondes d'un baiser indécent. C'est un appel à la décadence. Une invocation à la Luxure personnifiée. Tout ce que je suis es tien. Tu as accueilli l’agonie que j’étais pour l’achever sur l’instant. Tu as nourri ce qui survivais. Préserver. Tu m’as élever de tes grandeurs. Tu m’as abreuver à chacune de tes sources, me laissant maitre dans le choix de mes appétits. Je suis ce que tu as semés. Le fruit de tes réflexions et inclinaisons. Il prend sa main pour la guider sous son haut. Il la pose sur son torse et la fait glisser le long de son ventre, sans le quitter des yeux. – Le savoir ne me suffit plus Callan. Je veux que le Monde en prenne connaissance et en tremble. Je veux le sentir couler dans mes veines en sachant qu’il s’agite sous tes pulsions. Je veux que tu le boive, pour ne plus jamais en douter. Enfermes moi entre les côtes de la Mort, pour qu’une nouvelle fois je les écartèle. Le moment choisis. Car il se doit de l’être. Lui qui aime les entrée en scène, celle dans les nuits perpétuels se devra de porter l’enivrement au Panthéon des merveilles. Un corps immortel, fort et immuable. Une âme libre, sorcellerie de la mort et puissante. Tous les tenants lui échappe encore mais il ne cherche à les retenir. Il y a des choses plus pressante sur l’heure. Sa tête se penche sur le côté pour dévoiler cette jugulaire vivante d’un cœur endiablé. Pour l'heure, scellons cette union de nos chair.. C’est à présent sous son jean qu’il fait glisser les doigts de l’allemand. Sur nos chair



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