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 Tell me what's going on [PV Nick]

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Tell me what's going on
- Léandre McGuinness & Nick Murphy -




Parfois dans la vie jamais rien ne se passe comme on le voudrais. Cette chose, ce petit truc, je l’ai appris au fil des siècles. On voudrait que tout soit contrôlé, que tout se passe exactement comme on l’avait rêvé. Mais parfois il suffit d’un acte, d’une personne, pour que tout se casse la gueule. J’étais parti voir Graydon, et je pense l’avoir contaminé. J’avais beau tout retourner, tout ressasser, la situation avait dégénérée et au final ? Maintenant je ne sais plus. J’ai le sentiment que Théodore a fini par obtenir tout ce qu’il voulait. A défaut de m’avoir eu moi, il a entrainé mon infant dans un drôle de jeu et au final ? Au final il a fini par semer le doute en lui. J’ai pu le sentir, le ressentir, et au-delà de sans doute l’avoir rendu malade je pense que c’est ça le plus douloureux. Savoir, réaliser que mon fils se détache, de ne plus avoir le moindre contrôle sur lui. Je le sais apeuré, terrorisé, et je reste là, impuissant, ne pouvant rien faire. Parce que je n’ai plus le pouvoir. Ni celui de l’aider, ni celui de le ramener à la raison. Théodore O’Brian est un putain de manipulateur, et je sais tout ce dont il est capable pour arriver à ses fins. Je n’espère qu’une chose, le voir un jour changer, le voir se faire vampiriser, pour pouvoir attaquer. Là… L’intouchable deviendra touchable, et ce jour, je me ferais un plaisir de l’enfermer dans une boite pour lui faire payer au centuple tout ce que lui m’a fait. A la seule différence que neuf siècles nous séparent, et que de l’imagination, je n’en manquais pas. Loin de là. C’était cette idée, cette petite chose qui me permettait de me lever à nouveau. Balian m’avait trouvé faible, ramollis, me laissant mourir à petit feu et m’avait ramené à la raison. J’étais malade… Mais je n’étais pas encore mort. Elle était là, la vérité. Et plus jamais je ne me laisserais abattre.

J’avais mal. Bien trop mal. Je ne tenais à peine debout. Pourtant j’ai trouvé la force de sortir de ce lit, de porter ma vielle carcasse jusque dans la salle d’eau pour me faire couler un bon bain chaud. J’avais repris cette habitude depuis la visite de mon ami. Chaque jour, je me lavais, me désinfectais, retrouvant de ma sublime, me maquillant pour avoir l’air moins blafard, m’habillant, me coiffant, paraitre vivant, c’était mieux que cette réalité. Celle qui était que je continuais de m’éteindre à petit feu. Je me suis parait de mon éternel pantalon de cuir, laissant glisser une chemise en saton noir sur mes épaules, surmontant le tout d’une veste tout aussi noir que le reste. Me parfumant, reprenant cette apparence qui avait jadis était la mienne quand je contrôlais River Crow. Celle d’un Roi. Celle d’un souverain. Et non pas celle d’une victime. Wellan me surprotégeait, m’interdisant de sortir pour ne pas faire de connerie, mais je voulais lui prouver qu’il avait tort. J’avais besoin de ça. De m’occuper, de préparer l’offensive, de prouver que j’étais encore capable de gérer la situation. Je voulais revenir non pas à l’arrière, mais au-devant du champ de bataille. La maladie, je pense qu’elle était également psychologique. Et pour la freiner, c’était à moi de me battre. Comme le cancer. Plus on se laisse aller, plus il nous ronge. Plus on le combat, plus c’est nous qui le rongeons. Et très franchement je crois que c’est grâce à Balian que je reprenais du poil de la bête. Balian, et le sang de l’Alpha que l’on m’injectait tous les jours dans les veines. S’il ne tuait pas le virus, au moins, il le ralentissait, et ça, je pouvais le sentir. La solution était toute proche. Jayden allait la trouver. C’était une certitude.

Je me suis regardé dans la glace, satisfait de cette image que je renvoyais. Et silencieusement je me suis murmuré que tout allait bien se passer. Chaque nouvelle lune, chaque nouveau rituel. Cet instinct de survie, cette volonté de ne pas les laisser gagner. C’était tout ce qu’il me restait. Tout ce que j’avais pour trouver la force de persévérer. Sortant de la salle de bain, je me suis servie un verre de whisky, lu buvant cul sec avant de sortir une poche de sang du frigo. Le sang en poche. J’ai grimacé en le regardant. Ce que je ne donnerais pas pour croquer dans une veine. L’air blasé, j’ai quand même vidé son contenu dans un verre à pied, grimaçant en l’ingurgitant. Me demandant comme Wellan pouvait se nourrir de ça depuis des centaines d’années. C’était infecte. Laissant la moitié du verre pour m’allumer une cigarette histoire de faire passer le goût. J’avais envie de sortir, mais je savais que depuis mes deux petites escapades on me surveillait de prés. Alors j’ai ouvert les fenêtres, en grand, chose que je ne faisais jamais avant. Venant m’appuyer sur la balustrade, perché du haut de mon balcon. J’observais la ville, Belfast, tout comme à cette époque ou j’avais pu observer River Crow. Là, toujours au sommet. Toujours à cette place qui me permettait d’avoir une vue imprenable sur l’intégralité de tout mon Royaume. Machinalement, j’ai fait tomber la cendre de mon bâton à cancer, tout semblait si paisible dehors. Tout semblait si calme. Mais pourtant, je savais que c’était loin d’être le cas. Je savais que peu importe où l’on se trouvait, on était plus surveillé que jamais. Cette liberté on ne la retrouverait sans doute jamais. Ou en tout cas pas tout de suite. Parce que je savais qu’un soulèvement, ça prenait du temps. Des années entières de préparation. Des années, peut-être même des dizaines, voire des centaines. Si on voulait faire les choses, il faudrait tout simplement les faire bien.

Perdu dans mes pensées, c’est le son de la carte d’accès qui passe dans le lecteur qui m’a ramené à la réalité. J’en avais presque oublié ta visite. Nick Murphy, l’organisateur des Raid. Cela faisait un an que tu étais parmi nous, et jamais tu n’avais faibli. Prouvant ta valeur jour après jour, j’avais appris à te faire confiance. Tu avais fait du bien a tellement de monde ici, sans doute que tu ne t’en rendais pas compte, mais pourtant c’était le cas. Rapportant des vivres, des médicaments au risque de ta vie. Tu n’avais pas seulement sauvé le petit Alberteich. C’était un peuple entier que tu protégeais. Te rendant sans doute bien plus utile que moi ces derniers temps. Je me suis retourné vers toi, te souriant, me tenant presque droit comme un piquet alors que d’habitude c’était avachis et emmitouflé dans un peignoir sur mon fauteuil que tu me trouvais. Je n’allais pas mieux, ne te méprends pas, mais fallait le reconnaitre, le sang de lycan avait des vertus curatives. Enfin, je me sentais… Mieux. Et ça, ça n’avait pas de prix. Revenant dans le salon de mes appartements, j’ai laissé la fenêtre ouverte, ça faisait du bien de prendre l’air, allant nous servir deux verres de whisky. Je t’ai regardé. T’avais une sale gueule. Tout du moins, celle d’un type qui semblait avoir vu un fantôme. J’aurais presque pu me sentir vexé après les efforts vestimentaires que j’avais fait pour sembler plus vivant. Je t’ai tendu le verre, portant des gants en cuirs pour ne pas prendre de risque de te contaminer. Faisant quand même attention. Des habitudes que j’avais pris et que j’aurais sans doute du mal à oublier une fois guéris. Si tant est que je guérisse un jour. Il ne fallait pas que je m’emballe, ce n’était pas encore sûre.

« Tu sembles tourmenté Nicklaus. Pitié ne m’apporte pas de mauvaises nouvelles alors que je me remets seulement en selle. Si tu me flingue ma bonne humeur je te préviens, c’est à Balian que tu devras rendre des comptes. »

Nicklaus, un nom, le tien. J’étais sans doute le seul à t’appeler par ton véritable prénom. T’acceptant pour ce que tu étais, tu m’avais parlé de ton histoire, de ton passé, j’avais bu tes paroles, et tu faisais partie de ces rares personnes à être entrée dans mon cercles d’intimes. Tu ne pouvais rien me cacher. Encore moins tes états d’âme, et je voyais bien que quelque chose te tourmentait. Alors raconte-moi. Dis-moi ce que tu ne vas pas. Inversons les rôles. Peut-être que cette fois, c’est moi qui pourrait t’aider.




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I am the thorn in your side that seeks accomplishment reminding the mortal of death. I am the spore of your pride, an angel heaven sent. The master of all. You know just who I am. Don't be so distant, cause when you're lost, I am solely there to share your grief. Wailing for your sorrow is only my way to comfort you. Reminders of innocent youth, waiting for morrow. You're lonely. I name your solitude, I speak the truth.
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Tell me what's going on

Feat Léandre McGuinness

Dans un réflexe trop humain, Nick prit une longue inspiration avant de pénétrer le château. Il se sentait encore un peu ailleurs, perturbé par une étrange rencontre, mais il tenta de revenir à la réalité et reprendre ses responsabilités en main. L’heure n’était pas aux rêvasseries. Il salua les quelques vampires qu’il croisa en se dirigeant vers l’hôpital de fortune qui constituait une aile du château. Nick était plutôt familier de l’endroit, car il y rejoignait souvent Zick pour ramener les prises de ses raids nocturnes. D’ailleurs, les infirmiers le connaissaient bien puisque Nick en profitait souvent pour discuter et lancer quelques plaisanteries au passage, histoire de ranimer ce lieu un peu trop morne à son goût. Il comprenait que tout le monde ne veuille pas rire, après tout, l’endroit comptait plusieurs malades en quarantaine qui espéraient le développement d’un antidote, mais en même temps, si on ne riait pas maintenant, alors quand ? Il fallait garder le moral, même dans les pires moments. C’était son leitmotiv. Son crédo, même. Nick avait cette force de caractère que d’autres n’avaient pas, alors dès qu’il en avait l’occasion, il s’appliquait à la transmettre à ces gens, à force de boutades, de taquineries et de conversations animées, afin d’oublier un peu le quotidien pesant. C’était peut-être pour ça qu’il était en charge d’amener ses médicaments à Léandre. N’importe qui aurait pu s’en charger, après tout, mais il aimait l’idée que sa bonne humeur puisse faire un peu de bien au roi des vampires. Il essayait de le soutenir à sa façon, après tout, sans pour autant le traiter comme un patient en phase terminale. Contrairement à beaucoup de gens ici, il n’avait pas connu River Crow et débarquait fraîchement en Irlande. C’était donc dans ces conditions particulières qu’il avait fait la connaissance de Léandre McGuinness. À travers les histoires qu’on racontait, mais aussi et surtout grâce à ses visites hebdomadaires chez le souverain de la nuit.

Armé de son plateau de médicaments, Nick remonta les escaliers vers l’aile de l’appartement de Léandre, un quartier férocement gardé où peu de gens s’aventuraient. Seuls quelques privilégiés avaient une carte d’accès débloquant la porte menant à ce long couloir au fond duquel se trouvait la chambre du malade. La première fois qu’il était venu ici, il devait l’avouer, Nick avait été un peu intimidé. Léandre n’était pas n’importe qui et lui n’était qu’un humble vampire, mais il avait été agréablement surpris par la modestie du personnage. Sûrement que se retrouver bloqué au lit par un virus mortel devait aider à relativiser, mais malgré tout, Nick était persuadé que la nature de Léandre était foncièrement bonne. Il s’en était rendu compte en conversant avec lui et au fil du temps, des jours, des semaines et des mois, Léandre était devenu un confident, s’il osait dire. Il lui avait fait part beaucoup de choses sur sa vie de mortel, et le roi des vampires avait donc gagné sa place sur la courte liste des gens connaissant son passé. Léandre l’avait beaucoup invité à se livrer et parfois leurs rencontres régulières avaient eu des allures de thérapies psychologiques. De son côté, Nick aussi l’avait beaucoup fait parler, lui demandant de lui raconter l’histoire de River Crow et de comment ils en étaient arrivés là, mais s’intéressant également à sa vie. Léandre avait neuf fois son âge, après tout, et sa mémoire était un puits de souvenirs, débordant d’histoires plus intéressantes les unes que les autres. C’était en partie grâce à lui que Nick avait pu se familiariser à ce nouvel environnement. Léandre lui avait même permis de reprendre confiance en lui en le nommant chef des raids et aujourd’hui, il était très reconnaissant de ce que le roi des vampires lui avait apporté. Il toqua rapidement à la porte avant d’entrer.

« Salut, patron. » Lança Nick à la volée. Il fut surpris de le voir debout près de la fenêtre. « Tu as l’air en forme, aujourd’hui. »

D’ordinaire, il avait l’habitude de le voir au lit ou dans son fauteuil, souvent dans son peignoir, dans sa tenue de malade. Ce fut donc une surprise agréable de le découvrir si dynamique, si bien qu’il se convainquit aussitôt qu’il allait mieux. Il ne voulait pas se réjouir trop vite, mais c’était un bon début. Nick posa sur la petite table près du fauteuil le plateau contenant un verre d’eau et quelques pilules. Aucune efficace pour repousser l’avancée du virus, mais surtout utiles pour estomper la douleur et les quintes de toux. C’était juste une façon de rendre la survie de Léandre plus… Supportable. Nick était bien conscient que le virus ne s’en irait pas de si tôt, mais il avait bon espoir qu’un antidote soit un jour conçu. Se redressant, il sourit à Léandre en acceptant le verre tendu mais son expression se figea quand le vieux vampire sembla le percer à jour. Décidément, Léandre le connaissait trop bien. Il passa la main sur son visage en soupirant. Même s’il était flatté qu’on se soucie de lui, il n’aimait pas trop qu’on le remarque. Léandre avait bien assez d’ennuis pour s’embêter de ses états d’âmes, après tout. Il avait peu de visites et Nick refusait de gâcher l’ambiance par sa faute. Passant la main dans ses cheveux, il prit place sur un des fauteuils en laissant tomber le masque. Nier serait futile, Léandre savait déjà que quelque chose le perturbait, et il n’aurait pas l’audace de lui mentir impunément…  Si le vieux vampire était réduit physiquement, il n’avait rien perdu de son esprit acéré et de son instinct. Nick était impressionné. Il étira un rictus un peu forcé en secouant la tête, émettant un bref rire un peu jaune.

« Ça se voit tant que ça ? Je pensais pourtant faire illusion… Balian peut ranger ses poings, il n’y pas de mauvaise nouvelle, ne t’inquiète pas. » Le rassura-t-il d’abord. « C’est juste que… J’ai fait une drôle de rencontre. »

Comment l’expliquer… Il chercha ses mots et en profita pour boire plusieurs gorgées de whisky, sans prendre la peine d’apprécier le goût de l’alcool. Le liquide ambré lui chatouilla la gorge en lui laissant une agréable sensation de chaleur. Il poussa un long soupir en regardant par la fenêtre, pensif. Il avait encore du mal à croire à ce qu’il s’était passé. Pour lui, c’était encore invraisemblable, comme un rêve fugace, une illusion de passage. Il baissa les yeux sur son verre avant de les poser sur Léandre. Ça lui ferait peut-être du bien d’en parler, ça donnerait plus de réalité aux faits.

« Une personne du passé. Un SS, si tu veux tout savoir. Ça m’a fait vraiment… Étrange. » Il ne savait pas si étrange était le mot qui convenait. Irréel ? Invraisemblable ? Il ne savait pas comment le décrire. « C’est la première fois... Que je rencontre quelqu’un que j’ai vu dans ma vie de mortel, je veux dire. Ça t’es déjà arrivé, toi ? »  


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- Léandre McGuinness & Nick Murphy -




La vie était regorgée d’une succession d’imprévus, de petites choses que l’on n’avait pas vu venir, des rencontres, des retrouvailles, qui nous dépassait. Ce genre d’évènement qui nous faisait perdre le control parce qu’on n’a pas eu le temps de les voir venir. Tu étais encore bien jeune, et c’était sans doute encore bien abstrait pour toi, mais au fil du temps, tu finiras par t’y faire, par oublier, par passer au-dessus. Je t’ai regardé vider ton verre, comme si tu cherchais les mots justes, comme si, tu essayer de trouver la force de t’ouvrir. Je n’ai rien dit, quand tu as ouvert la bouche. Un SS, sans doute un fantôme de ton passé. Ce genre de personne que tu aurais préféré oublier, qui faisait remonter à la surface des évènements que tu pensais enfouis, là, quelque part. Tu apprendras. Ne t’en fais pas. Tu apprendras à finir par oublier ce temps où ton cœur battait encore. Avec le temps, avec le nombre des années. Tu finiras par te dire que ce n’était qu’un évènement parmi tant d’autres. On n’oublie jamais, non, ça fait partie de nous, parti de notre patrimoine, de notre histoire, de ce qui nous as forgé, mais ça finit toujours par passer. On finit par ne plus se sentir touché par toutes ces horreurs que l’on a pu connaitre. Mais ça demande simplement quelques années au compteur. Malgré les siècles, je peux encore sentir l’odeur de ma chair bruler, sentir mes os se briser sur cette roue de supplice, mais malgré ça, ça ne fait plus mal. Ca fini par ne plus nous toucher. Tu finiras toi aussi par ne plus rien ressentir en parlant de ton histoire, et bientôt, tu la raconteras sans même te poser de questions. Mais tu as encore le temps. C’est encore trop frais, la cicatrice est encore fraiche, il m’a fallu des siècles à moi pour vivre avec.

Ton passé dans les camps n’avait pas été des plus anodins. La douleur, la peine, la peur, la haine, toutes ces choses fortes que tu avais pu ressentir, tous ces cadavres que tu avais vus, c’était beaucoup. Surtout à ton âge. J’avais pu traverser les âges, traversé les guerres, et crois-moi, la Shoa était l’une des pires. Même pour moi. J’en avais profité, je dois bien l’avouer, pour conquérir River Crow. Le génocide que j’avais créé n’était pas plus beaux que celui d’Hitler. Callan avait fait crucifier des innocents, on avait tué beaucoup de personnes. Des femmes, des enfants compris. Jamais je n’oublierais vraiment ce 15 juillet 1942. A cette époque, je n’aurais pas été ton ami. Non, ça aurait été même tout le contraire. Je me foutais de ce que je faisais. Je n’avais plus la notion, ni du bien, ni du mal. Continuant d’en vouloir à Wellan pour tout ce mal qu’il avait pu me faire. Me laisser mourir pour mon soit disant bien. Le coup de poignard avait été tel que tout ce que je voulais, c’était détruire ses rêves, son empire. Je voulais imposer ma grande puissance tout comme Hitler avait imposer la sienne. Dans la peur, dans la crainte, une dictature fondée sur une oppression constante. L’empire d’Adolf Hitler n’a pas duré plus de quelques années. Le mien par contre ? Un siècle. Un siècle à tuer des hommes. A les rendre à l’état d’esclave. Aveuglé par cette envie de vengeance sur la race humaine. J’en arrive à me demander pourquoi je valais mieux que lui. Parce que j’ai des regrets depuis mon séjour à Tullamore ? Les regrets, certes, mais ça ne changera jamais ce qui a été fait. C’était une évidence. Et je ne sais même pas si Ezechiel t’as vraiment tout dit sur l’histoire qu’était River Crow.

J’en sais rien. Tout ce que je sais c’est qu’on m’a donné une seconde chance. Que c’est moi qui ai pensé à la coalition, que c’est moi, qui ai proposé une trêve pour vivre tranquillement, et non pas dans la crainte. Que depuis que je suis malade j’essaye de faire les choses bien, comme refuser le sang des hommes de Riverdall pour respecter ce pacte que j’ai signé. Pour leur prouver que je n’ai pas que de mauvaises intentions. Je suis en colère moi aussi. Contre Tullamore, contre tout ce qu’on nous fait subir, mais j’ai surtout compris que la cohabitation était possible si les deux camps y mets du siens. Et ça tu vois, il m’a fallu 950 ans pour le comprendre. Finalement mon sire n’avait peut-être pas tort. Si Balian me voyait il me frapperait pour ça. S’il m’entendait il dirait que je me suis ramollis, que c’est le virus qui parle. Mais j’en sais rien, j’ai plus envie de faire souffrir les gens, c’est tout ce que je sais. C’est tout ce dont j’ai vraiment conscience. Je nous ai resservis nos verres, les remplissant à nouveaux, avant de m’allumer une clope. Comment te réconforter quand on sait tout ce que j’ai fait ? J’en sais rien, je n’ai jamais été bon pour ça, c’était une certitude. J’étais même très mauvais dans la matière. J’avais toujours vécus plus pour moi que pour les autres. Si j’avais revu des gens de ma vie d’humain ? La question me semble tellement improbable en réalité. Si j’aurais souhaité que ce soit le cas ? Non. Que non. Je les ai tellement haïs ces gens que j’avais eu dans mon entourage. Je faisais partie d’une époque peu glorieuse, et malgré que je sois resté encré dans les mœurs de cette époque, je ne supportais pas l’injustice social qui régnait au-dessus de nos têtes. Humain… Je l’avais été oui… Mais c’était il y a tellement longtemps… Tellement… Que j’en ai oublié les saveurs. Les sensations… tout.

« Les nazis c’est comme les vieux, les cons et les Tullamore, on devrait tous les tuer à la naissance. »

Je t’ai lancé un clin d’œil, essayant de te rassurer, essayant de faire de l’humour pour dédramatiser la situation. Parce que je savais qu’on parlait de personnes qui avaient fait des choses, beaucoup sous les contraintes, certains par peur. Je ne leur cherchais pas d’excuses, mais à cette époque, je ne valais pas mieux. Peut-être que moi aussi on aurait dû me tuer à la naissance. Vas savoir. Le passé, des erreurs, on en fait tellement. Tous. C’est une chose tellement… Humaine. Comme on dit. Il ne tient qu’à nous de simplement les réparer par la suite. De changer, de se rattraper, de tenter de devenir quelqu’un de meilleur. Et très franchement, je pense que si j’ai pu y parvenir, tout le monde peut le faire. Et crois-moi, j’ai bien plus de sang sur les mains que n’importe qui sur cette putain d’île, tu peux me croire. Parce qu’indirectement, j’ai créé des génocide. River Crow était ma responsabilité et aujourd’hui, c’est toute notre race qui en paye le prix. Tout ça pourquoi ? Parce que j’avais trop d’égo ? Parce que je voulais simplement me venger de la race humaine ? J’ai été stupide de penser que je ne risquais rien, de croire que jamais rien ni personne ne pourrait me faire redescendre de ce piédestal sur lequel je me trouvais. J’avais été naïf. Trop égocentrique. Et maintenant ? On est tous drôlement dans la merde. C’est une évidence. Et j’ai conscience que je suis responsable, en partie, de toutes ces emmerdes qui nous sont tombées dessus sans prévenir, comme ça, du jour au lendemain. J’ai vidé mon verre, encore, écrasant ma clope dans le cendrier.

« Cela dit pour répondre à ta question, nope, ça ne m’est jamais arrivé. Je suis trop vieux je crois. En partant du principe que techniquement je fais partie des plus anciens… Mais tout ce qu’il faut que tu te dise c’est que ce sentiment que tu ressens, il finira par s’estomper. Peut-être que ce type est capable de ressentir ce que moi je ressens et qu’il s’en veut. Sens-toi libre de ne pas pardonner, c’est ton droit. Mais ne laisses pas la colère t’envahir Nicklaus, crois-m ’en mon expérience, elle est pire que tout.»

Je te parlais, simplement, en connaissance de cause. Se venger ne t’aiderait pas à apaiser ta douleur, je ne savais que trop bien de quoi je parlais. Au contraire, elle ne faisait que l’alimentais des lors que tu te rendais compte que tu en voulais encore. Le sang ne réclame pas forcement le sang, il faut parfois se montrer plus intelligent que ça. Et toi, tu étais un homme bon. Reste-le. C’est ce qui te rendais si fort et unique. Amicalement je suis venue te tapoter le genou, comme pour te changer les idées. Continuant de boire plus par habitude que par autre chose. Au moins, je ne risquais pas de crever d’une cirrhose. Fallait apprendre à relativiser, tout simplement.

« Racontes-moi plutôt comment ça se passe de l’autre côté de ma super prison dans laquelle me séquestre mon propre frère pour ma sois disant, sécurité. Je veux tout savoir. »

Tout savoir, et être au courant de comment va la vie, là, dehors. Espérant ainsi garder une certaine main sur ce qui restait de ce royaume que j’avais bâtit. Je n’avais peut-être plus de pouvoirs, mais je restais ce soit disant Roi que je devais être. Le Roi… De plus rien…





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Feat Léandre McGuinness

C’est vrai qu’il en avait ressenti, avant. De la colère. De la haine au point d’en avoir mal. Au point de vouloir se faire mal. C’était juste après avoir quitté les camps, peu après sa transformation. Physiquement, tout allait bien, mais mentalement… Il avait eu du mal à passer le cap. Les émotions d’un jeune vampire étant souvent extrêmes, son état moral après un séjour à Auschwitz était… Misérable. De la colère. Beaucoup de colère, de la rage innommable. De la tristesse. De la douleur. Il n’y avait plus que ça, en lui, quand il avait enfin quitté sa prison. Il en avait voulu au monde entier. Il avait même songé à se venger. Lui qui, à présent immortel, ne craignait plus le feu des balles ou les coups de fouet, avait maintes fois pensé à retourner là-bas, derrière les barbelés, pour rendre à ses bourreaux la monnaie de leur pièce. Il s’était persuadé que ça le soulagerait, convaincu qu’il pourrait se débarrasser d’un poids énorme sur les épaules. Vaincre le mal par le mal. La violence par la violence. A cette époque, Nick, qui s’appelait encore Nicklaus, n’avait pas pensé aux conséquences. Au secret des vampires. Au risque d’être découvert. Il avait juste cette colère en lui, cette rage à défouler, cette tristesse qui pesait sur son âme. C’avait été comme un boulet accroché à sa cheville, ça l’empêchait d’avancer. Sans son Sire, il n’aurait sans doute pas survécu très longtemps. Il en serait devenu fou. Nick était chanceux, il le savait, d’avoir eu un guide à l’écoute, plein de compassion et de patience. Un mentor qui avait su l’apaiser dans les moments les plus sombres, qui avait su supporter ses sautes d’humeur, écouter ses brusques accès de rage. Aujourd’hui, la colère n’était plus. Elle avait disparu. Il s’en était débarrassé. Avec peine, certes, mais il était libre. Libre d’avancer. D’oublier. De s’épanouir.

« Non, ne t’en fais pas, patron. Ça s’est… Ça s’est bien passé, je dirais. Mieux que ce que je croyais. En fait, je crois même que ça m’a libéré d’un poids. Il n’y a pas de ressentiments. Juste… Juste du soulagement. » Lui avoua Nick dans un sourire, encore tout secoué de cette rencontre. « C’est juste… Bizarre. J’ai l’impression d’avoir fait un bond dans le temps. On ne se sent pas vieillir, en fait. »

Cent ans. Cent ans, c’était long, honnêtement. Un siècle. Peu d’humains vivaient si longtemps. Si Nick avait longtemps vécu au milieu des mortels, il avait fini par se tourner vers les siens, des êtres qui comme lui ne vieillissaient plus. Conséquemment, le temps semblait passer différemment. La science faisait des progrès. La technologie se développait. Le monde avançait. Mais on ne se sentait pas vieillir. Nick ne prenait pas souvent le temps de souffler, de se tourner vers le passé et de regarder le chemin parcouru. Cette rencontre avec Josias lui avait donné l’impression de prendre quelques rides. Seconde guerre mondiale, pour beaucoup, c’était une période lointaine, presque antique. Ça avait été sa vie, pourtant. Et ça faisait bizarre de se dire ça. En cent ans, le monde avait tellement changé, et lui… Lui n’avait pas bougé. C’était pour cette raison qu’on l’avait reconnu. Qu’il l’avait reconnu. Ni lui ni Josias n’avaient changé depuis cette période. Figé dans un corps sur lequel le temps n’avait plus d’emprise. Dans une coquille de chair qui ne porterait jamais la marque des années qui passent. Honnêtement, des fois, il oubliait. Il oubliait ce que c’était de vieillir, de grandir. Cette sensation, il y avait bien longtemps qu’il l’avait oubliée. Mais il était reconnaissant. Reconnaissant d’en être là, aujourd’hui. Reconnaissant de s’être fait offert cette nouvelle existence. Reconnaissant que Léandre lui ait donné l’occasion de servir la communauté. Il avait tellement de chance. Il eut une pensée émue pour Josias. Il espérait vraiment que tout se passe bien pour lui également. Qu’il puisse tirer un trait sur le passé, comme lui. Oublier et avancer. Il fallait bien qu’ils se libèrent de ce passif sombre. Nick savait que s’ils ne se bougeaient pas, c’était un avenir encore plus sombre qui les attendait. Il le devinait quand il observait la silhouette affaiblie de Léandre. Tullamore était un ennemi sérieux.

Nick était tout de même admiratif. Léandre était fabuleux. Il n’était pas toujours d’une humeur radieuse, mais à chaque fois qu’il venait le voir, l’allemand était impressionné par sa rage de vivre. Même cloué au lit par un virus mortel, Léandre semblait penser à son peuple. Il avait du mal à croire à ces histoires qu’on lui avait racontées. A River Crow, au Manoir, aux esclaves… Léandre avait été un roi impitoyable, mais quand il le regardait aujourd’hui, il voyait pourtant un homme plein de courage et de bonté. A sa place, il s’imaginait mal tenir le cap. Indéniablement, il se revoyait un siècle en arrière, terrassé par le typhus. La maladie de Léandre était bien pire, puisqu’elle pouvait faire succomber même un immortel. Et pourtant, il tenait bon. Il s’accrochait. Et c’était aussi pour lui que Nick voulait se battre. Pas pour un sentiment de fidélité envers un roi qu’il n’avait jamais connu. Plutôt pour cette amitié polie qui les liait, et cette envie d’être aussi digne que lui. Si Léandre se battait au péril de sa vie, Nick voulait faire la même chose. Grâce à Léandre, il avait une place, un rôle. Une raison de vivre. Il avait un toit sur sa tête et un colocataire merveilleux. Il avait des responsabilités, il avait la pression de réussir, mais il avait aussi des collègues, des amis, et la reconnaissance de tous ceux qui venaient se nourrir dans les banques de sang. C’était gratifiant de pouvoir y participer. Lui qui avait erré sans but de longs mois en arrivant dans le pays savait ce que c’était, de vivre sans raisons particulières, sans repères. Il se mit à sourire quand Léandre lui demanda des nouvelles du monde extérieur avec son habituel humour pince-sans-rire. Nick supposait que s’il avait la force de pouvoir se montrer sarcastique, c’était qu’il allait encore assez bien. Du moins, il l’espérait.

« Tout se passe bien. Aucun accroc dans les raids, dernièrement. Les stocks des banques de sang restent constants et on a pu récolter quelques médicaments pour l’hôpital. » Il enchaîna sur la situation actuelle, lui parla un peu de tout et de rien en songeant que c’était là le seul contact que Léandre pouvait avoir avec l’extérieur. Quand il eut terminé, il se mordilla la lèvre, hésitant. « Hé, patron… » Il se demandait si c’était le bon moment. Si ce n’était pas un peu indécent de lui parler de cela alors qu’il était aux prises avec un virus qui n’avait pas d’antidote. C’était la guerre, après tout. Est-ce que ce n’était pas gonflé de sa part, de se montrer si insouciant et détaché ? Certains vampires avaient déjà perdu la vie dans cette prison à ciel ouvert. Ils se battaient tous les jours. Luttaient sans cesse. Mais pourtant, il avait envie de lui dire. Léandre serait la première personne à qui il l’annoncerait. Ils ne se connaissaient pas depuis si longtemps, mais Nick le considérait comme un ami et confident, et pour cette raison, il avait envie d’être honnête avec lui. Il se sentirait trop mal de le lui cacher plus longtemps. « Je vais me marier. » Annonça-t-il après avoir pris une longue inspiration pour se donner du courage. Il releva la tête vers lui, l’air radieux malgré lui. Il n’y pouvait rien, c’était plus fort que lui. Chaque fois qu’il pensait à Ezechiel, son cœur se gonflait de joie et d’affection. Tullamore les menaçait de mort, les enfermait en Irlande, les traquait dans tout l’île… Mais il allait se marier. Avec l’homme de sa vie. Et ça, même si c’était l’apocalypse dehors, ça le mettait dans tous ses états. Pour être honnête, il espérait que Léandre partage sa joie…

« Je sais que ce n’est pas trop le moment… Que l’administration du pays n’est pas trop en état de gérer ça… Mais c’est, euh… Symbolique. » Se justifia Nick en haussant les épaules. « C’est avec Ezechiel, tu sais, l’infirmier en chef. C’est un mec génial. » Il sourit en repensant brièvement à sa demande. « Je ne sais pas si je le mérite. C’est malhonnête d’être si heureux dans une période pareille. » Nick se frotta la nuque, embarrassé. Oui, il en faisait un cas de conscience. Il se sentait coupable de vivre un tel bonheur. Surtout devant Léandre. Il n’avait pas le droit d’être aussi heureux quand d’autres ne l’étaient pas. Ce n’était pas bien. C’était égoïste. C’était indécent. Et pourtant, son cœur battait la mesure à l’idée de devenir le mari de Zick. Il redevenait un jeune homme, avec lui, oubliant les mauvaises expériences, les déchirures de la vie qui l’avaient marqué. Il n’était plus un rescapé des camps. Avec Zick, il se sentait invincible. Séduisant. Ezechiel avait le pouvoir de lui donner cette force. Ce courage. Sans lui, il n’aurait pas fait long feu dans le pays. « Je m’étais dit que je ne me marierais plus jamais, en plus. » Il lui avait brièvement confié cette histoire, cette idylle qu’il avait vécu avec cette humaine avant que cela ne se termine dans les larmes et le sang. Cette trahison. La trahison de toute sa vie. Le mensonge qui lui avait fait perdre confiance en lui, en l’amour. Il doutait que Zick soit capable de la même chose, mais pourtant… Pourtant, il ne pouvait pas s’empêcher d’avoir peur. « Tu dois me trouver idiot, mais je… Je n’ai jamais été aussi heureux depuis… Tellement longtemps. Alors que c’est la guerre dehors… C’est ridicule. Je dois être fou. » Soupira Nick en secouant doucement la tête, désapprouvant ses propres émotions.

Il releva le visage vers Léandre, attendant nerveusement son jugement. L’avis du patron avait son importance. Quoi qu’il arrive, il épouserait Zick, mais si Léandre montrait son désaccord, il en serait véritablement peiné. Il avait trouvé en lui une sorte de guide, un conseiller précieux. Ce n’était pas pour rien qu’il lui avait confié l’histoire de sa vie et autorisé à utiliser son véritable nom. C’est donc avec nervosité qu’il se tortilla les doigts, comme un fils annonçant à ses parents la grande nouvelle.



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