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 You have to listen for the first time of your life [PV Balou et Kiki]

♦ Humain ♦
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You have to listen for the first time of your life
- Stacey McGrathe & Balian de Lusignan & Killian McGrath-
«We will fight, or we will fall... »




Mourir, c’est une chose à laquelle on ne pense jamais. C’est vrai, plus on est jeune et plus on se croit invincible. Complétement. On a cette putain d’impression de pouvoir prendre tous les risques, que le danger n’existe pas, qu’on est une sorte d’immortel. Jusqu’au jour où on la frise cette mort. Accident de voiture, accident de moto, chute, ou encore, se prendre une balle. Ca change la donne. La vision des choses. Ca nous fait comprendre combien notre vie ne tient qu’à un fil. Et il est très mince ce fil tu peux me croire. J’ai pris une balle. Il y a deux jours. Et j’ai bien failli y rester si Killian ne m’avait pas sauvé. Sans mon frère je serais déjà en train de bouffer les pissenlits par la racine et ça, je viens de le comprendre. Alors ça change tout. Cette vision qui me donnait bonne conscience quand je repensais à mon frère. Je vais le revoir ! Qu’elle me disait. Cette vision qui me soulageait de tous ces remords quand je m’allongeais contre Balian. Je l’aime ! Qu’elle me hurlait. Mais maintenant. Maintenant je me rends compte que je peux mourir à tout moment. Que franchement je reste ce petit humain fragile. Et j’ai envie que ça change. J’ai envie que les choses changent. Et que mon frère et Balian fassent des efforts. Pour moi. Tout simplement. Qu’ils arrêtent de se faire la guerre comme deux cons et qu’ils se rendent à l’évidence. Je les aime tous les deux, et franchement, j’en ai marre de devoir choisir. J’ai fait des trucs moches pour Balian. Et je vois bien que Killian est prêt à me pardonner. Je veux profiter des deux, sans me demander si je vais blesser untel ou untel. Je veux pouvoir passer des moments avec chacun, mais je sais que c’est plus compliqué que ça.  

C’est vrai, t’as déjà essayé toi, d’imaginer ce qu’aurais donné une rencontre Trump VS Kim Jong ? L’apocalypse ! La troisième guerre mondiale. Bah la rencontre Killian VS Balian c’est un peu le même délire tu vois. Mais j’avais envie d’essayer. Est-ce qu’on pouvait m’en vouloir ? Franchement ? J’espère pas. Je venais de me réveiller à côté de mon frère. Je me souviens de tout, même si j’étais complet perché hier soir. Tout ce que je sais, c’est que Balian va encore paniquer parce que je ne suis pas rentré. J’aurais pu me dire que ça n’était pas le bon moment. Qu’il aurait peut-être fallu que j’attende un peu. Une journée, ou deux, histoire que ça se tasse. Mais franchement j’en avais ras le bol de leur guerre à la con. Balian réagissait comme un con quand il s’agissait de Killian, mais Killian ne réagissait pas mieux quand il s'agissait de Balian. Lui et ses idées de syndrome à la con. Tout ce que je leur demandais c’était de s’oublier un peu, d’arrêter de jouer au connard et de m’écouter sans que je n’ai à m’égosiller comme un bouffon. OK, c’était beaucoup demandé, parce que crois moi, y’avait du level dans le milieu de la tête brulée avec ces deux-là, mais je voulais qu’ils essayent. Au moins pour moi. Que Balian se rentre dans le crâne que je ne le quittais pas mais que j’avais besoin de temps en temps de voir mon frère. Et que mon frère lui, arrête de penser que Balian me manipule pour se rentrer dans le crâne que je l’aimais. L’idée elle était simple en soit. Mais ça, ce n’était que l’idée. Parce que je sais pas, mais très franchement, je ne le sentais pas trop. C’était clairement une idée à la con.

A la con certes, mais je me devais de l’exploiter. De prendre mes couilles en main. Et basta. Et c’est comme ça qu’on en est arrivé là avec Killian. A mon réveil je l’avais rassuré, j’étais déterminé. Tout ce que je voulais c’était rentrer avec lui à Riverdall. J’avais besoin de me retrouver, d’arrêter de merder, de retourner parmi les vivants, les vrais, qui peuple ce monde. J’étais comme un junky qui avait besoin de sa dose de mal et je savais que mon frère pouvait m’aider à me sortir de là. Je tuais, et franchement, même si ça faisait bander Balian, je le savais, ce n’était pas moi. Franchement j’sais pas comment j’ai fait pour en arriver là, mais être sur le point de mourir m’a fait prendre conscience de tellement de truc. J’avais besoin de vacances. Et pour les avoir, je devais passer par la case la plus compliquée de l’histoire. Le dire à Balian. J’aurais pu partir sans rien dire, le laisser là, mais je savais que ça l’aurait flingué. Alors j’ai pris sur moi, tout simplement. Fallait juste que je trouve l’art et la manière de le faire sans le voir arracher la tête de mon frère, et ça, ça c’était le plus compliqué. Mais je n’avais plus le choix. Je ne pouvais plus faire marche arrière. J’ai inspiré un grand coup avant d’entrer, demandant à Killian de rester dehors, juste que je sois sûre qu’il ne soit pas énervé contre moi. Et très franchement, après ce qu’il m’avait fait, se serait gonflé de sa part de m’en vouloir. C’est vrai, ce n’était pas moi qui l’avait violé alors qu’il était inconscient. Non, c’était pas moi qui t’avais fait du mal Balian, c’était toi. Alors très franchement, j’espérais que tu écouterais ce que j’avais à te dire pour une fois. En me laissant parler. Sans t’énerver.  

« Je suis rentré… Désolé j’ai été plus long que prévu. »  

Plus long, j’en sais rien. Au final je n’avais pas précisé quand je rentrerais. Cela dit, je t’avais averti que je sortais. Tu vois, y’avait du mieux non ? Machinalement j’ai attrapé le paquet de clope sur la table, m’en allumant une pour me donner le courage d’aller au bout de ma requête. Requête, ou pas d’ailleurs, parce que je n’étais pas certain d’avoir envie de te donner le choix. Je voulais partir, un cours instant, juste quelques jours histoire de me ressourcer. Et tu allais devoir dire oui. Franchement, j’espérais que t’y verrais là l’occasion de passer du temps avec Léandre, avec les tiens, comme avant. Comme avant… Moi ? Recrachant la fumée de ma clope, je suis venu vers toi, te prenant dans mes bras, t’embrassant comme pour te dire bonjour. Bonjour et au revoir. Je ne pouvais m’empêcher de repenser à notre dernière séparation. Ca remontait à tellement loin. C’était cette fois où je m’étais enfuis. Enfuis, pour au final bien vite rentrer. Tu vois, même quand c’était moi qui décidais de m’évader je revenais toujours Balian. Alors de quoi tu avais peur ? Parfois je me demandais comment tu pouvais encore douter de moi après tout ce que j’avais fait pour te prouver que je t’aimais. T’étais tellement… Con des fois. Borné ça en devenait ridicule si tu savais. Je suis resté là dans tes bras, un cours instant avant de me reculer. Je savais que tu sentirais l’odeur de Killian et je voulais pouvoir t’expliquer avant que tu ne t’emporte. T’expliquer où j’étais, pourquoi, mais surtout ce qui c’était passé. Je me suis laissé tomber sur une chaise, tirant nerveusement sur ma clope. Je savais que tu avais senti son odeur. Tu savais toujours tout de toute manière, clairement, je ne pouvais rien te cacher.  

« Avant que tu t’énerve sache qu’il m’a sauvé la vie. La plaie s’est infectée, j’ai fait une grande montée de fièvre et il était là au bon endroit au bon moment. Et… »  

Nerveusement, j’ai encore tiré sur ma clope, essayant de peser mes mots. C’était dingue. Des années qu’on se fréquentait, si on pouvait appeler ça fréquenter, des années qu’on s’aimais, si on pouvait vraiment appeler ça de l’amour, pourtant j’étais mort de trouille a l’idée de te parler d’un truc qui me sauverait clairement la mise. Tu ne trouvais pas ça dingue toi ? Non, sans doute pas. Parce que dans ton jargon c’était normal que je te craigne, c’était normal que je t’écoute. Et c’était normal que je reste là, qu’avec toi. Mais j’étais humain Balian, et ce qui était normal pour toi parfois, ça n’était pas normal pour moi. J’aimerais tellement que tu le comprennes parfois. J’aimerais que tu réalises qu’on est tout sauf un couple normal. C’était con, je sais, mais c’était surtout très réaliste. Alors je me suis relevé après avoir écrasé ma clope dans le cendrier, allant ouvrir la porte pour te laisser apparaitre, toi mon frère, devant toi, Balian. Vous laissant vous affronter, mais pitié, ne vous tuez pas, ça m’arrangerais bien. Je me suis simplement tourné vers toi Killian, croisant les bras sur ma poitrine en baissant les yeux, n’osant plus affronter quoi que ce soit.  

« Explique-lui c’est toi le toubib’ après tout. Et pitié Balian écoutes le je t’en prie. »

C’était utopique, je le savais, j’en avais pleinement conscience. Mais pitié les gars, écoutez-vous au lieu de vous entretuer. Vous étiez la seule famille que j'avais. C’était si compliqué que ça que de vous demander d’au moins vous tolérer ?  


©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach


I SEE THAT LANTERN TRIMMED LOW BURNING IN OUR HOME AND THOUGH I FEEL LIKE CRYING, I SWEAR TONIGHT, I'LL CRY NO MORE. DREAM WITH THE FEATHERS OF ANGELS STUFFED BENEATH YOUR HEAD. THE REGULATOR'S SWINGING PENDULUM. COME WITH ME AND WALK THE LONGEST MILE.
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Feat Stacey mcGrath & Killian McGrath


La maison était vide lorsqu’il était revenu. Balian n’en avait été que moyennement étonné et aussi très irrité. Il avait malgré tout posé sur la table de la cuisine les deux bières qu’il était parvenu à se dégoter lors de sa visite au château. Il était certain que ça ferait plaisir à Stacey. Certes, ce n’était pas aussi fort que du whisky ou de la vodka, mais il avait brisé la dernière bouteille et il n’aimait pas voir son mortel boire autant alors qu’il avait l’estomac vide. La bière, au moins, étancherait sa soif sans lui faire de mal. Balian devait l’avouer, il était plutôt fier de ce cadeau bien trouvé. Il avait hâte de voir le sourire de Stacey. Il n’était pas très familier des cadeaux. Le bourreau n’était pas pingre mais il ne voyait souvent pas l’intérêt des présents, c’est pourquoi ce genre d’attention était rare, de sa part. Stacey remarquerait probablement cet effort de sa part. Il le connaissait bien, maintenant. Au point de le trouver différent, dernièrement. Différent dans un genre qui ne lui plaisait pas beaucoup. Léandre avait beau lui affirmer que Stacey ne le quitterait jamais, il n’en était pas convaincu. Le mortel avait gagné en confiance ces deux dernières années et il lui semblait que cette nouvelle force l’éloignerait de lui. Il n’y avait qu’à voir sa fâcheuse tendance à s’échapper de la maison et revenir quand bon lui semblait, sans le prévenir de quoi que ce soit. Stacey vivait sa vie, maintenant. Il n’était plus esclave, il ne vivait plus sous le joug ni des vampires ni de Balian et il prenait visiblement un malin plaisir à le tourmenter par son absence. Balian s’assit sur une chaise en s’allumant une cigarette. Il souffla pensivement quelques volutes de fumée. Il était impuissant. Le séquestrer ? Stacey lui en voudrait à mort, il briserait tout ce qu’il avait patiemment construit pendant deux ans. Le transformer ? Plutôt ne pas y penser. La réaction de l’aîné McGrath pourrait mettre à mal la recherche du vaccin. Lui parler ? Et puis quoi, encore ? Balian de Lusignan ne parlementait pas ! Il était coincé. Bel et bien coincé.

Perdu dans ses pensées, il ne se rendit compte de l’arrivée de Stacey que lorsque la porte s’ouvrit. Balian se leva pour l’accueillir, esquissant un semblant de sourire avant de se stopper dans son geste. Il sentit aussitôt l’odeur que portait Stacey. Trop fragrante pour appartenir à un simple humain qu’il aurait croisé, il se douta que Stacey avait passé beaucoup de temps avec le propriétaire de ce parfum. Il ne fallut que peu de temps pour comprendre avec qui Stacey avait pu fricoter. En fait, il lui suffit d’un morceau de seconde pour entrer dans sa tête et extraire l’information. Il rassembla tous les efforts du monde pour ne pas retourner la table. Stacey était là, après tout. Il avait vu son frère mais il était revenu. Parce qu’il l’avait choisi lui, et pas cet idiot de scientifique taré fini à la drogue. Balian l’observa s’allumer une cigarette en se répétant ces mots comme une prière, pour se convaincre de rester calme, pour ne pas exploser sans raison. Deux ans auparavant, probablement, il aurait déjà cloué Stacey au mur en lui réclamant des explications. Aujourd’hui, il parvenait à réprimer sa colère et contrôler ses émotions. Tout du moins… Dans la limite du raisonnable. Il restait Balian De Lusignan, après tout. Il se tendit quand Stacey vint dans ses bras et lui rendit avec peine son étreinte, mâchoire tendue, quand enfin il comprit pourquoi le parfum était si fort. Il était là. Son idiot de frère était là. Derrière cette porte. Il aurait pu en faire une rupture d’anévrisme, s’il avait encore un coeur fonctionnel. Au lieu de ça, il serra doucement le poing en s’asseyant devant Stacey, écoutant dans une rage contenue les explications de son mortel. Pour dire la vérité, pourtant, il n’avait envie que d’une seule chose : ouvrir cette foutue porte et égorger ce foutu frérot. Franchement, il se demandait ce qui le retenait avant de s’en souvenir. La raison était sous ses yeux. Stacey. Il le suivit du regard et le vit ouvrir la porte, les yeux sombres comme le néant alors qu’il se mit à toiser Killian.

Doucement, il se redressa, le fixant avec intensité en oubliant presque la présence de Stacey. Il avait eu au moins dix, non, vingt occasions de le tuer depuis que ces quelques secondes s’étaient écoulées. Il observa un court instant ses mains, s’assurant qu’elles étaient vides. S’il venait ici armé… Il signait son arrêt de mort. Quel affront ce serait. Balian ne le permettrait pas. Il n’avait pas bougé de là où il se trouvait, constatant que cette distance était déjà bien trop faible entre eux. La voix de Stacey le ramena à la réalité et il se souvint qu’il n’était pas seul avec Killian, ici. Heureusement pour lui. Il pinça les lèvres, bouillonnant de rage. C’était lui qui lui avait volé Stacey, du temps de River Crow. Qui avait mis ces idées étranges dans la tête de son humain. Qui l’avait encouragé à s’éloigner en le manipulant. Il ne devait aujourd’hui sa vie qu’à son sang… Stacey n’aurait pas supporté la perte de son frère. Et à cela s’ajoutait maintenant la recherche du vaccin. Si la vie de Léandre n’était pas en jeu, Balian aurait peut-être envisagé de briser un peu le coeur de Stacey. Il aurait bien fini par se remettre de la mort de son frère… Non ? De toute façon, un jour ou l’autre, il le verrait mourir. Bientôt, Stacey serait éternel et il regarderait Killian s’éteindre. C’était ça. Le cycle de la vie. C’était comme ça que ça se passerait. Un jour. Bientôt. Il avait tout son temps. Il fit claquer sa langue contre son palais avec suffisance, redressant le menton dans un mouvement de roi.

« Donne-moi une bonne raison de l’écouter alors que je fais déjà preuve d’une grande magnanimité en le laissant en vie. » Il était persuadé d’être clément en ne le tuant pas. C’était peut-être bien une de ses plus grandes preuves d’amour envers Stacey. « Il t’a ‘sauvé la vie’ ? Nous n’en serions pas là si tu n’étais pas si réticent à boire mon sang. Quelques gorgées de plus et cette blessure n’aurait été qu’un souvenir cicatrisé, aujourd’hui. »

Réplique puérile. Attitude toute aussi peu mature. Il s’en fichait, il était furieux. Il décida finalement de franchir la distance qui le séparait de Killian pour venir le toiser de plus près, reniflant son odeur en plissant le nez, plongeant son regard dans le sien. Dire qu’il avait été roi. Et qu’aujourd’hui, on tentait de le mettre à l’égal d’un vulgaire mortel ! Décidément, le temps des vampires était bel et bien révolu, le monde allait à sa perte si aujourd’hui on mettait les humains et les vampires sur un pied d’égalité. Oh, il n’était pas idiot, il était bien au courant des petits gadgets que les humains avaient mis au point pour vaincre les vampires. Pistolets à UV et autres bizarreries létales. Mais sans ces armes, les mortels n’étaient que de simples mortels. Alors que sans armes, les vampires restaient des vampires. Endurants. Plus forts. Guérissant de leurs plaies. Les princes de la nuit. Pour la première fois, enfin, Balian s’adressa directement à Killian.

« Tu veux emmener Stacey. » Devina-t-il. Pourquoi serait-il ici, sinon ? Une discussion calme autour d'une tasse de thé et de quelques biscuits ? « Et tu as l’audace de venir me l’annoncer ? C’est ça ? »

L’être humain était un animal grégaire, il en avait bien conscience, mais jamais il n’avait pensé que Stacey puisse avoir besoin de compagnie. Il considérait Stacey comme étant différent des autres mortels. Spécial. Véritablement spécial. Stacey ne le lui avait prouvé que trop de fois pour qu’il se permette de le mettre au même rang que les autres humains. Après tout, n’était-il pas le spectre de Tullamore ? Il n’avait pas gagné son surnom pour rien. Stacey était un tueur. Comme lui. Qu’irait-il faire, au milieu des autres mortels, sérieusement ?

« Ton frère est un prédateur. » Un futur prédateur, ou un prédateur en formation, en tout cas. « Sa place est ici. »

Parmi les siens, eut-il envie d’ajouter, mais Stacey n’était pas encore des leurs, malheureusement. Cependant, cela ne saurait tarder, ou en tout cas, c’était ce qu’il se répétait souvent.


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Balian & Stacey & Killian
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Stresse, anxiété, angoisse. Je peine à respirer, comme si le poids de toutes mes ruminations écrasait mes poumons. Je me réveille de ce pseudo-sommeil dans lequel j’étais plongé. D’un revers de manche, j’essuie les gouttes qui perlent sur mon visage et je m’assieds sur le bord du lit, les deux bras tendus sur le matelas pour me retenir, la respiration rapide et abondante. Je me lève, titube en essayant de trouver l’interrupteur pour allumer la lumière et je vacille jusqu’à la cave où se trouve mon labo. Machinalement, mes mains fouillent parmi un bordel incalculable, je fais tomber des éprouvettes, le verre explose, et du liquide gicle jusque sur mes lèvres, mais je continue mes recherches avant de tomber sur ce que je veux. Seringue, liquide. On aspire, on tapote, quelques gouttes tombent avant que l’aiguille ne se fraie un chemin entre les couches de l’épiderme et qu’elle ne délivre son contenu dans mes veines. Quelques secondes et le sol sous mon corps se transforme en véritable nuage de coton et mes palpitations cardiaques reprennent un rythme plus ou moins normal. C’est à peine si je sens les morceaux de verre souillé s’incruster sous ma peau, pourtant je suis bel et bien lucide. La drogue que je viens d’injecter dans mon organisme n’envoie nullement mon esprit de l’autre côté de la planète. Non, je trouve simplement plus qu’agréable le fait de sentir l’anxiété s’évanouir lentement hors de son crâne, de même que le fait de faire taire les pensées superflues et de sentir son cœur se calmer, doucement, comme si tout redevenait à la normale.

* * *

Stress, anxiété, angoisse, c’est toujours la même chose. Balian, je l’ai toujours envoyé paître dans mes pensées pour ne jamais vraiment me confronter à la pensée concrète de sa personne. Mais Stacey a besoin que l’on parle. Tous les trois. Je ne suis pas la personne la plus douée pour discuter, je ne sais jamais quoi dire au bon moment, et cette anxiété qui barbèlent sans cesse mon cœur lacère également ma gorge et empêche les mots de sortir de ma bouche. C’est toujours ainsi. Je parais calme, mais je suis mortifié à l’intérieur. J’essaie de respirer tranquillement, comme si ça allait vraiment changer la façon dont les choses allaient se passer. Je compte surtout sur ma médication pour me donner un peu de confiance. Le flacon s’ouvre et la gélule tombe au creux de ma paume et saute aussitôt dans ma bouche. Les effets ne seront pas aussi rapides qu’en injection mais ils arriveront au bon moment. Stacey veut qu’on se voie, alors on se verra, tous. Il s’est rendu compte qu’il n’aimait pas la personne qu’il était en train de devenir et avait besoin de vacances. Je ne peux que le comprendre. Il avait tué des personnes, et ce genre de geste insuffle de grandes émotions. Pour Balian, ça n’était rien du tout puisqu’il tuait des gens depuis des siècles entiers. Stace avait simplement besoin d’accuser le coup avant de choisir quel chemin emprunter. Mais dans tous les cas, ce choix, c’était à oui de le faire.

À la demande de Stacey, je suis resté à l’extérieur de la bâtisse quand il est entré. Les bras croisés pour calmer leur tremblement, je tapais du pied, je me balançais sur mes talons. Quelques minutes de plus à respirer un semblant d’air frais ne me ferait pas de mal, avant de m’enfermer dans cette maison et de m’y croire, à coup sûr, comme dans une prison. Je n’avais pas besoin de me représenter toutes les manières possibles dont cette rencontre allait pouvoir se passer pour angoisser… Mais, malgré les apparences, j’avais préparé mon coup. J’ai soupiré. Ça me faisait chier d’être là. Déjà, ça ne me ravissait pas particulièrement d’être sur cette île, alors imaginez au seuil de la porte de chez Balian.

Mon frère est venu me chercher pour me faire entrer, le regard trop lourd pour croiser le mien. Quelle ambiance il allait y avoir, dans cette pièce. À peine entré dans cette maison des horreurs, je croise les globes meurtriers du vampire et je me sens immédiatement écraser par le poids de sa prestance macabre. « Balian. », fais-je, salutation monumentalement ignorée par des yeux qui semblaient obombrés par une folie… une folie latente, comme une bombe à retardement. « Rassure-toi, ce ne sont pas des armes que je porte… seulement un pack de bières. » Fraîches, pour une fois. Je m’approche, comme s’il ne m’intimidait pas, pour les poser proche du vampire. J’essaie de lui renvoyer un regard aussi sombre que le sien, mais je crois que je suis de nature bien trop polie pour lui arriver ne serait-ce qu’à la cheville. Je m’empare d’une bouteille pour en faire sauter la capsule sur un coin de table et j’écoute la sangsue parler. Magnanimité. Je crois qu’il essaie d’être drôle. Mais je ne ris pas, je ne bronche pas d’un iota. Il aimerait que je me sente menacé en sa présence… Peut-être le suis-je. Mais j’ai toujours plus d’un tour dans mon sac qui me permet, très souvent, de surestimer ma confiance.

« Tu peux essayer de me tuer, Balian, je doute de pouvoir me défendre contre toi, d’autant plus que je n’ai aucune arme sur moi. » Je hausse les épaules de manière détachée, avec ce flegme que m’insuffle étrangement le stress. « Enfin… n’oublie pas que je bosse tous les jours de très près avec ce virus… » Autrement dit, mets des gants avant de me tuer, ça éloignerait certains risques. Certains, oui.

Aucun sourire, aucune malice, aucun indice sur mes pensées fermées. J’ai toujours de quoi me défendre sur moi, et pourtant, aujourd’hui, je n’ai pris aucune arme. Stacey pouvait être fier de moi. J’ai tenté de mettre mes idées préconçues de côté pour une fois. Ces idées de syndrome dont pourrait souffrir Stacey, je m’autorisais à les remettre en question ; et, quoi qu’il en soit, nous n’étions pas là pour en parler, aujourd’hui.

« Je dois avouer que Balian a raison. Le sang de vampire aurait évité que la blessure s’infecte. » Je hausse les épaules, comme si le fait que Stacey boive le sang de Balian ne m’atteignait pas. Je suis étourdi, car en réalité, cette idée, maintenant que j’y pense, me répugne un peu et plisse mes lèvres de dégoût. « Mais il peut créer une forte dépendance… en plus d’être totalement indigeste. » souligné-je tout de même, de manière faussement détachée, sirotant ma bière alors que la tique, suceuse de sang – ou suceuse tout court – s’approche de moi, me reniflant comme si j’étais sa propre merde. « Le fait est que… Stacey aurait pu crever. Ou peut-être que tu aurais dû l’amputer d’un bras. Et tu sais très bien pourquoi. Ah, tu te serais senti con, n’est-ce pas ? »

Mes paroles sont crues et exaspérées. Je crois que je n’ai pas la force pour un conflit, même avec Balian. Une tension électrise cette distance menaçante qui me sépare du vampire. Je ne le quitte pas des yeux quand il vomit ces paroles dédaigneuses sur mon visage.

« Ce que je veux, Balian, c’est que Stace’ aille bien. » Je ne veux pas l’emmener loin de toi si c’est pour qu’il soit malheureux, je ne veux pas te le voler. Stacey est une grande personne est fait ses propres choix. Je détourne mon regard des prunelles obscures du mort-vivant, pour regarder Stacey. Crois-moi, Stace, tout va bien se passer. Un léger sourire, à ton intention, se dessine sur mes lèvres avant de s’évanouir tandis que mon attention se porte à nouveau sur l’ectoparasite en face de moi. « Et je pense, par-dessus tout, que c’est également ce que toi tu veux. Je me trompe ? » Il ne pouvait pas me contredire sur ce point-là. Je continue d’écouter les pauvres arguments de la créature, qui ne manquent pas de ridicule. Un prédateur, c’est ce qu’il dit. J’aimerais le contredire, ressortir ce que Stacey m’avait dit pas plus tard qu’hier, pour lui faire comprendre comment mon frère se sentait… ce qui divergeait beaucoup comment Balian pensait que Stacey se sentait. Mais en vain. Ma salive déjà se fatiguait. Les dernières des paroles, cependant, me redonnent assez de vigueur pour répliquer.

« Sa place est là où il veut bien qu’elle soit. Tu ne peux pas parler pour lui… Comme je ne le peux pas, moi non plus. » Mes dents sont légèrement serrées et mes mots inarticulés, mâchouillés par mon irritation, peinent à se faufiler entre mes lèvres. Je m’arrache à cette proximité qui me rapproche du vampire et me dirige lentement vers Stacey. « Mon frère aimerait te dire quelque chose, Balian. », je t’annonce, alors que je viens poser une main délicate sur l’épaule meurtrie de mon cadet, le regardant comme pour lui demander si ça allait. « Aie au moins le respect de l’écouter jusqu’au bout. Ce ne sont ni des paroles ni un choix facile pour lui. » C’était à Stacey de lui dire. J’aurais beau déblatérer les meilleurs arguments en faveur des « vacances » de mon frère, la sangsue était incapable d’accepter le moindre mot qui sortait de ma bouche. Les paroles de Stacey, quant à elles, avaient du poids aux oreilles de Balian. « Dis-lui, Stace. », glissé-je inutilement à l’oreille de mon frère, comme un encouragement, tout en lui faisant savoir que j’étais présent pour le soutenir plutôt que pour mener une guerre sempiternelle contre un vampire têtu.

NΞRIOИ



Hypocritical, egotistical, I don't wanna be the parenthetical, hypothetical, working onto something that I'm proud of, out of the box, an epoxy to the world and the vision we've lost. I'm an apostrophe, I'm just a symbol to remind you that there's more to see, I'm just a product of the system, a catastrophe, and yet a masterpiece, and yet I'm half-diseased, and when I am deceased, at least I go down to the grave and die happily, leave the body of my soul to be a part of me. I do what it takes…
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