The Island of the damned est un forum post Apocalyptique rassemblant un grand nombre de créatures surnaturelles.
 

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  i'll be nicer if you'll be smarter // flashback // Kieran

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Keiran McIntyre
 

Le raid, partir à l’inconnu pour trouver des ressources utiles à chacun, à la société ou à ceux qui n’ont plus rien. Cartographier, observer les ruines et en comprendre les parcelles cacher d’une Irlande retournée par les flots de haine qui ce sont échoués. Une mission comme une autre sans doute, mais c’était nouveau dans la vie de Charles d’effectuer ses recherches. Lui qui avait l’insouciance terrible, il n’en était pas moins insensible. Wellan comptait sur eux et tout le monde en avait besoin dans la stérilité ambiante. Charles n’aimait pas les guerres, mais ils vivaient tous dans cette ambiance post-apocalyptique. L’odeur qui peignait des paysages aux brumes bucoliques et agonisantes. La terre semblait triste et Gaia était sa patrie, bien plus que la grande Bretagne, il n’était pas patriotique, mais attacher au bien-être de la mère des mères qu’importe les conflits qu’il s’y passait.  

Autrefois, Charles avait une vocation tout autre, il y a des années il était cet élève avocat qui apprenait les rouages des lois pour les faire jouer en sa faveur comme lorsqu’on apprend à jouer d’un instrument de musique. Il devait trouver la bonne mélodie à chanter à son auditoire afin de convaincre les juges et les jurées pour défendre les intérêts de ses clients. Coupable ou non, il avait le droit de se défendre. Bien sûr, partir en Raid n’avait rien avoir avec ses activités précédentes, mais au moins il se sentait utile de réaliser des actes parfois insipides. Sa formation lui avait plu et puis il pouvait être en compagnie de son arc, au fond ça réveillait le gamin qui était en lui en ce prenant pour un Ninja qu’il n’a jamais été. Charles se serait aventuré dans d’autres voies si son père ne lui avait pas soufflé une vocation certaine, mais il s’était enfoncé là-dedans avec passion, car il ne réfutait pas l’influence que son père Demian avait sur lui, au contraire, il la chérissait. Pas de révolte alors et bien que ça soit dangereux dans le raid, il restait prudent, aux aguets. Les médicaments trouvés iraient à des créatures qui en avaient besoin.  


C’est ainsi que l’exploration commença se rejoindre à un point et partir en éclaireur en véhicule. «  Salut » avaient tinté ses premières paroles accompagné d'un sourire bienveillant. Aujourd’hui, il serait avec Kieran McIntyre. Il gérait les déplacements. Charles n’avait pas à se soucier de ça c’était tant mieux parce qu’il ne connaissait rien aux programmes et à l’organisation en question. Le Britannique bien que sociable ne vivait pas dans l’enceinte du château, ni ne côtoyait trop régulièrement ses «frères vampire ». La notion de clan était une chose qu’il comprenait, mais il n’était pas adorateur. Sa pensée à ce sujet était que c’était un ensemble de membres qui cherchait à se rassembler, s’unir grâce à des coutumes. En soit des personnes qui se ressemblent pouvant permettre de protéger un intérêt commun, ce qu’il comprenait et ce qui était loyal, mais lui aimait découvrir tout et le rien. Capter les essences des différences. Sans doute le fait qu’il n’ait pas eu de Sire le rendait un peu défaillant à ce sujet. Son appartenance était à lui même avant d’appartenir à un mouvement, à une race. Charles n’était pas fermé à l’idée d’en apprendre plus sur les origines de sa nature bien au contraire, il adorait ça. Sans doute qu’il était trop jeune pour capter l’essence de certains mouvements et trop amoureuse de sa liberté. La liberté de juste exister sans aucune autre notion qui s’y rattache. Un brin sans doute idéaliste qui le sauvait souvent de prise de tête catastrophique pour d’autres. Immature, insouciant, mais pour quoi tout compliquer ? Il observait les particularités de chacun. Kieran était Néo-Zélandais, il avait un frère. C’est tout ce que savait Charles certain vampire semblait réticent à l’idée de partir en sa compagnie. Peut-être était-il casse-cou et il n’était pas canalisés ?  Charles n’en savait rien, et pour ainsi dire du moment que ça ne l’emmerdait pas, il s’en fichait. Kieran pouvait bien jouer à se rouler par terre s’il en avait envie du moment qu’il arrivait à trouver quelque chose dans leur épopée. Kieran semblait dans un état second et ça Charles l’avait remarqué, ça sentait pas bon.

Tous les deux arrivèrent dans un endroit isolé, en ruine histoire de chercher s’il y avait des objets. Les yeux de Charles voltigeaient sur les alentours afin de capter les particularités concentrées. C’était souvent dangereux étant donné la location des endroits. Charles n’avait pas envie de crever une nouvelle fois donc il était vigilant. Kieran semblait pas de cet avis, étant donné son imprudence, qui palpité dans ses mouvements, du bruit, trop de bruit. «  Fait gaffe mec tu veux ? » Il s’éloigne, Charles se mord la joue, car il commence à être irrité par son comportement, il est pas particulièrement d’humeur à ce qu’on l’emmerde.  Ils étaient deux dans cet espace, autrement dit, si l’un faisait de la merde, l’autre était aussi dedans. Les pupilles de l’anglais s’évertuaient à effleurer le ciel en soufflant quelque peu.  Après on se demandait pourquoi l’Anglais aimait être seul, ce n’était pas inscrit nounou sur son front. Kieran fait encore du bruit et visiblement il n’a pas su entendre l’Anglais. Charles vise le tissu baillant de son pantalon au niveau de sa jambe, là où il n’a pas de chair et il lui décoche une flèche. Histoire de capter son attention, de le mettre en garde qu’il déconne pas parce que Charles est irrité. Il s’approche vers le brun  «  Bon, je peux savoir ce que tu fous ? » enfonce ses yeux dans les siens.    




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Charles & Kieran




Partir. Le chercher. Retourner la moindre parcelle de terre. Soulever la plus petite pierre. Souffler sur le plus infime grain de poussière, et toujours repousser les limites du danger. Au risque d'entraîner les autres sur des chemins hasardeux. Pour ne pas dire de plus en plus accidentés. Traçant, modifiant, concevant de nouveaux itinéraires. Jusqu'à détourner nos convois et à leur faire emprunter des routes menant dans des zones à haut risque. Quitte à les conduire à leur perte. Sans me soucier de ce qui pourrait encore nous arriver, à tous. Centré et recentré sur ce frère que je me refusais à considérer comme perdu. Oublié. Et ce, même si j'avais vu ce bâtiment s'effondrer sur lui. Pour ensuite l'engloutir sous un amas de décombres qu'il m'avait tout simplement été impossible de déblayer à mains nues. Seul. Puisqu'en dépit de ma détresse, de ces appels à l'aide que j'avais pu hurler et de ces trop nombreuses larmes que j'avais alors versé, personne n'était venu. En dehors d'Ezechiel peut-être, qui plutôt que de me laisser mourir sur la tombe de Kyle avait choisi d'employer la force pour m'obliger à le suivre sur la voie de l'exil. L'unique voie accessible. La dernière.

Voilà pourquoi à ce moment précis de mon existence, je me retrouvais assis côté passager : « Salut ». Après avoir répondu au salut qu'on m'adressait par un autre salut. Basique. Limite indifférent, une carte sous les yeux. Dans une voiture roulant sans qu'on ait établi de véritable point de chute. Occupé à guider celui qui m'accompagnait. L'un des rares n'ayant pas vraiment d'à priori à mon sujet. Sûrement parce-qu'on ne se connaissait que très peu et là, pour le coup, ça m'arrangeait. Je devais l'avouer. L'objectif de la sortie se résumant officiellement à explorer les environs de Belfast. Un raid de plus quoi, identique et semblable aux raids précédents. L'excuse parfaite. Trouver des médicaments, effectuer des relevés topographiques, juste le strict nécessaire en somme. De l'utile. Du vital. L'essentiel.

Un essentiel dans lequel je ne tarderais pas à revenir piller. Me servant dans les réserves de médocs à l'arrache, pour tenir. De toute façon, entre le stress, les insomnies et le reste, soit s'était ça, soit ça signifiait m'enfoncer dans la dépression. Or, j'aimais mieux m'accrocher à l'idée que Kyle puisse être vivant. Quelque part. Ailleurs. Après tout, je ne l'avais pas vu mort. Je n'avais pas pu tenir son corps entre mes bras, ni lui dire adieu. Aussi, cet adieu – pour survivre, pour marcher, me lever, pour ne pas abandonner – cet adieu, j'avais pris le parti de le transformer en au revoir. Temporaire.

Sur ce, ne restait plus qu'à savoir si j'aurais dû m'en excuser. Demander pardon. Pour ne penser qu'à ma gueule. Pour ne plus être le garçon raisonnable, réfléchi et si parfait, auquel les gens s'en remettaient. Pour me montrer égoïste.

- Pourquoi ?

Égoïste. Une fois dans ma vie. Faire ce que moi je voulais. Faire uniquement ce que j'avais décidé, sans qu'on vienne me faire chier. Donc pourquoi ? Pourquoi faire gaffe, comme il disait. Charles. Celui qui m'accompagnait. Le gars qui aurait dû mieux se renseigner sur le merdier dans lequel il foutait les pieds avant d'accepter de partir en raid avec le mauvais frère. Le frère qui restait. Le frère amputé de sa moitié. Le frère amoureux, le frère incestueux, le frère qui aujourd'hui menaçait de se foutre en l'air à chaque instant. Ne se retenant plus que par un fil à la vie. Suicidaire. En perte totale de repères. Prêt à tomber. Drogué. Habitué à planer. Prenant goût à ces sensations que me procurait le fait de lâcher prise. Bien sûr, dans d'autres circonstances, j'aurais certainement compris plus tôt que mon comportement n'avait rien de sain. Que mon état relevait de l'addiction, du manque, de la peur et de l'attraction que le vide exerçait sur moi.

Sans doute même que dans un monde meilleur, je me serais inquiété. Pour sûr. En attendant, quand on a coupé le moteur je me suis directement dirigé à l'arrière pour ouvrir le coffre. Claquant la portière tandis que l'autre vampire s'éloignait un peu. Histoire de repérer les environs. J'ai supposé. Sans y prêter plus d'attention. Pas du tout discret, au contraire.

Faire du bruit. Attirer l'attention. Devenir une cible potentielle. Je n'en demandais pas plus. Parce-qu'en admettant que Kyle ait survécu, en supposant encore qu'il ait pu s'en sortir et qu'il n'ait pas pu rejoindre Belfast pour X raisons, et toujours en imaginant qu'il ait trouvé refuge sur l'île ou qu'il soit tombé entre les mains d'un quelconque ennemi, le dernier moyen qu'il me restait pour le ramener à la maison, c'était bien de provoquer la chance. De sorte que déterminé, sourd aux mises en garde et totalement hermétique à ce qui nous entourait, je sortais mon matos. Quoique. Je m'en tapais de ces foutus relevés. Mais sauver les apparences, donner le change, gagner du temps et mener ceux qui me suivaient exactement là où je devais me rendre, ça se préparait. Méthodiquement. Avec patience, intelligence et raison.

Tout aurait pu être parfait. Tout. Seulement, il avait fallu qu'un flèche menace de tout faire foirer. De foutre mes plans en l'air. Une flèche venant se ficher dans le tissu de mon pantalon. Me tirant de mes sombres méditations et me ramenant à la réalité dans un sursaut. Incrédule. C'est vrai. J'avais l'habitude d'entendre les gars râler, à ceci près que d'habitude ils ne me prenaient pas frontalement à partie : “Bon, je peux savoir ce que tu fous ?

Je m'amusais, est-ce que ça ne se voyait pas ? Et baissant la tête, je regardais la flèche. Mes cheveux revenant me manger la moitié du visage. Pas bien. Super mal pour être sincère.

- Non… toi, qu'est-ce que tu fous ? C'est quoi ton problème !

Subitement, j'augmentais le volume. Me mettant à lui crier après. En vrac. Le cerveau anesthésié. Les effets des médocs se dissipant progressivement. Sur la pente descendante. Obsédé par mon frère. Puis, je me penchais pour récupérer la flèche avant de relever la tête et de le regarder. Un souffle de provocation agitant mes pupilles dilatées.

- Je crois que ça t'appartient.

La flèche. C'est de ça que je parlais. De cette flèche qui lui appartenait et que je venais de saisir entre mes doigts. Longs et fins. Des doigts d'intellectuel, avec mes mains parfaites. Des mains qui n'avaient jamais eu besoin d'accomplir le moindre travail manuel. Pas comme Kyle. Kyle qui créait, Kyle qui sculptait le bois, Kyle qui concevait et qui donnait vie à la matière. Et sa flèche, bien gentiment, très poliment, en gentil garçon, je la lui rendais. La cassant en deux et en lui balançant à la figure. Sourcils froncés. Les traits déformés et la bouche grimaçant. Des larmes menaçant de dégringoler en prime sur mes joues. Sous tension. Prêt à rompre, enfermé dans un rôle qui ne m'allait pas.

Un rôle de petit merdeux que je m'inventais. Luttant contre moi-même et contre tout le reste de la terre aussi. Demandant de l'aide au fond. Une aide que m'apportait Ezechiel, une aide que me procurait les médicaments, mais aussi une aide qui me paraissait de plus en plus difficile à accepter, tant je tombais bas...




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Les sursauts invisibles venaient brouiller l’esprit, une humeur changeante, lunatique des jours et des nuits embaumés par différent appel impalpable qui sonnait. Narquoise sonnerie qui teinte et claironne sans cesse dans les abysses de son être. La vivacité qui s’étiole et le manque de courage qui gargouille.  La facilité a ce laisser-aller, à s’habiller de tout ce qui est fané. Le Britannique avait des difficultés en ce moment de s’émanciper de son égocentrisme qui grisait dans son intérieur. Ouais, son moyen de s’échapper, c’était de s’en aller à la conquête de maigre ressource. Changer d’air, de paysage et son arc sous la main.  Les ratures, les défaites et la lutte. Certaines batailles étaient perdues d’avance. Parfois, elles nous tombent dessus sans qu’on puisse contrôler le flot incendancant des cries qu’elles font apparaître dans notre corps. Embaumé par les idées noires, on se retrouve dépendant des ombres, dépendant des marches funèbres. Douleur inavouée, la perte des repères. Qu’est-ce que la normalité quand on se retrouve sous terre ? Tout devient alors incroyablement insupportable. La vision de soi-même n’est qu’un constant dégoût, on s’en fout de tout, de cette vie qui nous encule et qui n’en finit pas de nous en faire baver. Pourtant, dans ses ratures, il subsiste une force qu’on sous-estime tant. La capacité qu’ont le cerveau et les muscles de se libérer pour faire mourir l’instinct de survie dans des mouvements volatiles. Salinger était dans cette position. Son berceau de bien-être, il l’avait quitté et les déchirures internes, ils les faisaient taire. Peu importe la façon dont il était consumé, le silence le tenait entre ses lèvres. Bien sûr, il avait cédé à la facilité des vertiges. Des illusions qui l’envoyer en exode, faiblement, il avait cédé cherchant un apaisement lent, futile. L’idiome silencieux, il essayait de le transformer. En un dialecte plus sain, jour après jour. Son instinct avait pris la décision de ne pas rester dans ce trou et de se battre même fantomatiquement contre la misère de ses propres meurtrissures. S’élever sans doute pour mieux tomber, mais ça n’avait pas d’importance. Lui, il était entier et dans l’absence dans les squelettes dansants de sa vie, il continuait de marcher. Déambulant dans une cadence qui n’était pas la meilleure du monde, mais en continuant d’essayer.  


- Pourquoi ? c’était la question de son interlocuteur et sèchement Charles lui avait répondu. «  A ton avis, on est pas la pour faire un pique nique champêtre » Mais est-ce que celui-ci en avait-il vraiment quelque chose a foutre ? Le Britannique restait attentif à l’autre dont il ne connaissait rien si ce n’est son imprudence qui venait de naître à ses oreilles.

Les trames de son être s’étaient décousues sous la distance, il n’avait pas su gérer les mouvements. Maintenant, il en était à contempler les ravages. Grotesque maléfice qui vrombissait dans l’essence de son ventre. Chaque période était découpée par des phases sans qu’on soit conscience de celle-ci. Trop aspirer par les complaintes et les tumultes qu’elles tissent. Dans sa phase d’épave, Charles prenait conscience de ce qu’il était en apprenant à connaître son pire et les racines de ses forces qui subissaient qui s’accrochaient. Si la lassitude écumait son être, son moral restait là, malgré tout cherchant des ressources. Dans son être, mais aussi bien que dans ses raides. Au-delà de la quête physique, il s’évertuait à aller plus loin. Comptabiliser les poussières brisées qui raisonnaient dans son être pour faire briller autre chose que sa misère. La transformation, être un alchimiste ou du moins essayer de l’être.


 Les phalanges dansaient sur son arc, ce n’était pas en particulier cet arc-là qui lui tenait à coeur, car c’était un arc plutôt banal peut-être un peu amoché, mais il tenait le coup. C’était simplement le fait que ça soit un arc, car il était tombé en amour. Lui, objet qui n’avait pas de tourment était gracié de toute émotivité, de toute trahison, de toute notion déplaisante qu’il pouvait l’avoir blessé alors oui, il l’adorait, il chérissait ce mouvement d’épaule et l’attachement à la cible. C’était un apprentissage qu’il avait eu de son amant, du seul véritable amant qu’il n’ait jamais eu, mais dont le nom s’est tu. Charles avait compris la beauté de ce geste, mais aussi la force de concentration qu’il en découlait. C’était d’une obstination folle, une prise de risque élégante, sans doute vu de façon lâche avec cette distance, mais tellement plus plaisante. Ça correspondait mieux à son caractère, ça venait épouser les traits de son observation, de son analyse sous pression. Tout le corps était en action, tout le corps était éveillé dans l’étouffement du présent. Le vent était un allié ou une ennemie. Il fallait jauger, réfléchir avec l’inconscience et l’instinct. Pas un bruit, le Britannique ami du silence apprécie aussi qu’il faille se faire un avec le mutisme pour tirer, pour abattre et pour atteindre. Les jambes prenaient tout le sens du pilier, la colonne vertébrale était tendue, alerte. Quand il ruminait, la joie apparaissait dans le souvenir de cette notion de partage qui s’était forgé entre son ami et lui. Le regard de Charles s’était fondu et s’était concentré sur les paroles de meilleur ami, pour en tirer tous les conseils et apprentissages importants. Pendant ses cours, l’anglais restait très sérieux, car l’allemand se transformait, devant de marbre pour faire ressortir la profondeur du savoir. Étrangement, le Britannique appréciait le changement drastique qu’il se couchait sur son ami. Son application, son sérieux, la dureté parfois dans sa façon d’expliquer avait un certain charme qui éveillait souvent la minutie du Britannique qui voulait recueillir dans ses pupilles de l’intérêt. Si dans les mirettes des autres membres de la planète, tout lui était égal, dans celle de l’allemand ce n’était pas le cas. Si l’archet s’était réveillé, c’était bien parce que son compagnon avait l’air de n’en avoir rien à foutre de sa mise en garde et sans doute que Salai était facilement irritable aujourd’hui. Les insomnies dégorgeaient sur ses humeurs qui tanguaient. « - Non… toi, qu'est-ce que tu fous ? C'est quoi ton problème ! » L’anglais restait stoïque même si la vision de celui-ci avait quelque chose d’amusant.


Le vampire n’était pas pour nettoyer les conneries des autres, surtout que les erreurs pouvaient coûter cher et peut-être qu’au fond son sérieux était bien trop profond pour qu’il puisse en rire. Éliminer les risques, les éradiqués en tout instant ce vampire était un danger qu’il fallait remettre a sa place pour ne pas qu’il déborde dans une usure irritable. «  Je vais pas me répéter » Il n’en avait pas envie, chacun avait ses soucis et il fallait les mettre de côté pour se concentrer. Faire abstraction pour mieux être dans le présent, se fondre dans lui, ne faire qu’un. Et puis l’idiot s’est approché de l’archet, avec un dédain bien placé, peut-être un peu trop sûr de lui, bien planté dans le sol, le Britannique n’a fait que patienter. « Je crois que ça t'appartient. » Il lui tendait sa flèche, précieuse extension qui avait brisé l’air jusqu’à son tissu de pantalon, celle qui s’était incrustée pour le réveiller. Elle était désormais brisée, en deux, quel drame. «  T’es sérieux ? » L’anglais avait-il lancé. «  T’es conscient que lorsqu’un archet lance sa flèche il sait qu’il ne la reverra pas forcément? » Encore il avait le plaisir de la décocher de sa cible, ce n’était pas non plus comme si Charles en avait des dizaines d’autres sur lui. C’était stupide comme provocation, car c’était vraiment de quoi il s’agissait, une tentative futile. À l’approche de celui-ci, Charles eut une meilleure vision de ses pupilles éclatées et il comprit alors qu’il était en face d’un vampire drogué. Il souffla desépésérément. Ce n’était pas son jour pour jouer les assistantes sociales.  « Pour la provocation, tu repasseras, t’es plutôt minable avec le concept. » Bien qu’irritable le vampire n’allait pas s’attaquer à un drogué.



L’état de celui-ci ne lui était pas inconnu, lui aussi était tombé dedans juste par simple plaisir. Cet endroit imaginaire était un pays ou les rayons n’étaient pas douloureux, étendus dans ses rêveries, on était transporté dans la pâleur de bien des inconsciences, mais au fond n’est-ce pas un petit sommeil ? Un sommeil qui ne cessait de nous prendre et nous emmener dans des rêveries qui jamais n’existeraient vraiment. Jardin menteur. Qu’est-ce que l’anglais pouvait bien dire à ça ? Qu’est-ce qu’il pouvait bien murmurer face à ses pupilles exposées ? Il n’avait pas envie de demander pourquoi, s’user à savoir des raisons qu’il ne concernait pas. La clémence ne se baladait pas dans son crâne. « t’es visiblement défoncé, tu devrais te poser quelque part, tu peux aller dans la voiture si tu veux, je fais le tour et j’arrive. » Si les illusions étaient consommées sous les douleurs, c’était que ça n’allait pas si bien que ça, mais il ne jugeait pas les terrassements de ses états, étant lui, même prit parfois d’évanescence mélancolie d’ivresse. Adorable petite envie de déchirer son propre crâne et de le planter dans la noirceur, mais que pouvait-il lui dire ? L’inconnu les liaient. Sans doute qu’il était plus sage d’écourter cette quête et de le conduire dans un endroit plus calme pour qu’il puisse revenir à la réalité et ainsi pas se faire tuer. Ce n’était pas le jour de Charles, il se traînait un boulet.  




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Charles & Kieran




Si moi je m'inventais une vie pour intéresser les gens – jouant le rôle d'un petit merdeux – alors qu'en temps normal j'en étais tout le contraire, lui, il faisait preuve d'une perspicacité impressionnante. Je sais pas. Mais d'ici à me rappeler qu'on était pas là pour un pique-nique champêtre, ça en revenait quand même un peu à me prendre pour un con. Après, peut-être aussi que je l'avais cherché. Pour ce que j'en avais à foutre. Sincèrement.

Donc. J'ai claqué la portière de la caisse. Sans me soucier du bruit que ça pourrait faire, au contraire. Me mettant ensuite à littéralement lui crier dessus. Avant de casser sa flèche en deux, exactement comme lui me cassait les couilles. Rien à part mon frère ne comptait. Rien d'autre que lui n'avait la moindre importance. Et assez sèchement, je lui rendais les morceaux de son projectile en lui balançant à la gueule. Fallait pas me chercher ni me faire chier. C'était pas le bon jour. D'ailleurs, ça ne l'était plus jamais. Est-ce qu'on devait considérer ça comme un problème ? Possible. En attendant, je restais insensible à ses protestations. Qu'il se répète. Encore et encore, de toute façon je restais sourd. Mal entendant. Portant des œillères sur les yeux. Insensible à tout ce qui m'entourait et uniquement réceptif à ce qui se passait à l'intérieur de mon corps. La terre sous mes pieds me donnant subitement l'impression de trembler. Comme si le sol se fissurait. Ébranlé qu'on puisse porter sur moi un regard aussi pathétique. En fait, je lui faisais pitié. Minable que j'étais avec mon concept.

Connard ! D'accord, j'étais peut-être pas en état de prendre les bonnes décisions. Peut-être même qu'il avait raison. J'en avais conscience. Somme toute, ma petite provocation ne nous mènerait pas bien loin. Mais ça me soulageait. Quant à sa flèche et l'idée même qu'il ait pu la tirer, la lancer, la décocher, ou je ne sais trop quoi encore, sans forcément avoir l'ambition de la récupérer, c'était le dernier de mes soucis. Tout ce que je me contentais de faire là, c'était de réagir. N'ayant que très moyennement apprécié d'être pris pour cible. Point. Le reste ça ne m'intéressait pas. Aussi, lorsqu'il me mettait devant le fait accompli : “t'es visiblement défoncé.” je ne trouvais plus rien à rétorquer. Sa remarque me coupant le sifflet. Me sentant stupide. Encore plus mal dans mes pompes, instable. Chose que je me retrouvais dans l’impossibilité de gérer. Parce-que jusqu'ici, j'avais toujours été un garçon posé, rangé. Qui se tenait loin des emmerdes et sans ennuis. Rien de très original en soi. Le frère aîné veillant sur son cadet et assumant le rôle de parent. Ça s'arrêtait là.

Sauf que désormais, plus rien de tout ça n'existait. J'étais seul. Continuant à me tenir debout et faisant semblant de ne pas être mort moi aussi sous les décombres. Retenu dans une sorte d'état imaginaire. Pris au piège dans ce monde éveillé, mais pas totalement réveillé. Aucun baiser, aucun mot doux ne pouvant me sortir de ce sommeil. En tout cas, pas avant que je trouve le courage d'affronter la vérité et d'enfin réaliser que c'est Kyle qui m'y maintenait. Alors quand le vampire archer m'a suggéré d'aller me poser quelque part, où je voudrais, et oui, pourquoi pas dans la caisse, je lui obéissais.

- Comme tu voudras. Mais fais plus jamais ça ! Sinon…

Sinon quoi ? Je ne savais pas me battre. Je détestais la violence et par-dessus tout, il lui suffirait de me souffler dessus pour que je tombe tant la descente se faisait vertigineuse. Par conséquent, c'est avec des points lumineux plein les yeux que j'ai rejoins la voiture. Me frottant les paupières. Et récupérant mon sac à dos sur la banquette arrière une fois assis sur le siège côté conducteur, je fouillais dedans. Le déballant presque. En panique de ne pas arriver à immédiatement mettre la main sur mes boites d’anxiolytiques. Addict. J'en avais besoin. Tellement besoin. Pour ne pas me laisser crever. Il avait fier allure le frère responsable, à arracher le carton de la première boite qui me passait sous la main pour en extraire une plaquette. Craquant de manière complètement compulsive sa fine pellicule d'aluminium pour avaler plusieurs comprimés à la fois. Puis je rejetais le tout à l'arrière, m'apercevant que les clefs se trouvaient toujours sur le contact en me retournant. Alors sans réfléchir, je démarrais. Débloquant le frein à main et appuyant comme un taré sur l'accélérateur.

Après, je me souviens plus de rien. Quand j'ai rouvert les yeux, il y avait de la fumée de partout. Le klaxon hurlait à la mort et je pissais le sang. Alors forcément, j'ai pas compris tout de suite. Compris que je venais de me prendre un arbre et que j'avais même pas roulé sur cent mètres. Ma tête heurtant lourdement le volant sous le choc, et mon arcade sourcilière éclatant sous la force de l'impact. Et c'est les mains tremblantes que j'ai lâché le volant pour essayer de me redresser...




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Kieran

Un nuage qui s’incruste au-dessus de sa tête, ce n’est qu’un nuage qui stagne qui prend son aisance au-dessus de lui depuis des semaines, des mois. Il ne sait plus depuis quand il a commencé à être là, il sait qu’il le revoit parfois. Celui-ci travaille, grandit et un jour, il finit par exploser. Sa présence ronge le Britannique. Aucune louange n’exonère de sa présence, il reste de charbon, diluant sa petite pluie et ses coups de tonnerre dans les insomnies qui grondent. L’Impuissance et l’Absence se donnent la main, Charles est là sans l’être. Son habitacle est présent, comme toujours, mais à l’intérieur, il n’y a personne. Chaque parole résonne, mais ne trouve pas le fond, septante inutile, aveux, outrageant même l’irritabilité de la connerie, il n’arrive pas a faire face. Ça l’épuise d’être debout, ça l’épuise de faire semblant de se battre alors qu’il n’en a pas envie, ça l’épuise de faire de son mieux. La souffrance rampe dans ses poumons et tisse sa toile, même elle, elle ne lui dit rien à regarder. Aucun spectacle n’a son attention, aucun, tout est une mécanique user, rouillé. Putain de dépression, putain de connerie d’état d’être qui se pose sur sa gueule et qui ne se barre pas. Ça le paralyse, pourtant, il est là. Dans cette putain de sol, l’esprit qui vole, ailleurs. La cacophonie s’est éteinte, les mains, le long de son corps, il doit avoir la couleur des fantômes. Charles n’avait pas envie d’analyser ce qui ne se passait pas dans son être ni ce qui passait autour de lui. C’était là et puis c’est tout. Qu’est-ce qu’il a été lâche et qu’est-ce qu’il l’est encore ! Ses yeux plaqués contre le sol, il aimerait se laisser aller, affronter, mais il n’y arrive pas. Cette envie de permanente de vomir l’accompagne, vomir quoi ? La nausée de ses sentiments qui n’arrivent qu’à vivre dans son silence. Ce n’était que des caprices, il se détestait aujourd’hui, en ce moment, il avait tout raté.  


Le capitaine prend l’eau, il tangue de trop pourtant, il fallait qu’il gère les cycles de son être mort. En face de lui, une putain de miroir déformé, un vampire défoncé, qui cherche à se détruire dans une médication de substitutions. Charles n’a pas son appétit, il n’a même pas envie de pousser de l’alcool a sa bouche et s’y noyer,  même pas l’envie de porter a sa bouche toute sorte de médications, il a envie qu’on lui foute la paix. Souvent, il a pensé être un optimiste et on pense de lui qu’il l’est, mais c’est dans ses instants qu’il se dit que ses faux encore, il pourrait être qualifié de mélioriste, mais au fond ça n’a pas d’importance. Charles n’avait pas la force de s’énerver, de briller de son audace éternelle, il avait juste envie de se foutre dans son lit et dire merde au monde. Comme un caprice, couvrir le monde d’un drap et le laisser tourner. Descendre de la terre et y revenir, un jour quand il sera prêt. Qu’est-ce qu’il pouvait lui dire d’autre à part d’aller dans la voiture ? Ce n’était pas vraiment le mieux placé pour lui dire d’arrêter de se dégrader comme un con, de toute façon, il n’était personne pour qu’il l’écoute, c’était entre lui et lui. Charles n’allait pas à se mettre à analyser Kieran, il n’était pas psy et n’avait pas envie de le de venir. L’éloigner avait été naturel, éliminé le risque de se faire buter parce que même s’il s’en foutait sur l’instant au fond, il ne voulait pas crever de cette façon. « - Comme tu voudras. Mais ne fais plus jamais ça ! Sinon… » Sinon quoi ? Il allait lui casser une autre de ses flèches ? Qu’importe. Ses sourcils étaient froncés, il hocha la tête très sérieusement et puis ses yeux s’envola au ciel accompagné d’un soupir.  Charles serait au calme, même si l’épuisement le guidait, ses pupilles ne cessaient de ronger les ruines pendant que Kieran allait vers la voiture.

Les meurtrissures guidaient ses actes, il se retrouvait le pantin de celle-ci. De toutes ses ecchymoses tapissaient sur son être par les non-dits, par le silence, par la lâcheté de ne pas affronter ses propres émotions et d’être ce qu’il est, de s’être donné au possible et qu’on n’est jamais saisi le moindre mouvement qu’il a traîné dans une dévotion pure. Il n’avait jamais existé, n’avait jamais eu l’importance. Pathétique spectacle, il essaie de faire avec. Le flux dans ses veines continuait bien qu’il avait perdu l’envie de les alimenter. Si seulement ce n’était que la tristesse qui était peinte partout, il aurait pu la recouvrir, mais ce n’était pas que ça. C’était une suite dansante qui apparaissait et qui pénètre ses poumons pour venir le baiser. Les plaisirs avaient disparu, même se faire baiser ou baiser n’était pas attrayant. L’attitude bancale, il cherche dans les décombres des médicaments, des ressources, pour d’autres. D’autres qui le mérite, qui en ont besoin. Il fouille, cherche une bonne nouvelle, de quoi illuminé son regard, mais rien de bien, il n’y a que de la poussière et des cendres.


La voix maternelle traîne dans sa cage. Cesse de plaindre, cesse tes jérémiades, ce n’est qu’une perte de temps, cesse de te chercher des excuses à ta propre médiocrité, à tes échecs. Ça traîne, ça traîne dans le fond de son thorax. Les méandres de la solitude, le néant, l’instinct en vrac. L’anglais continue d’avancer en effaçant les brimades indistinctes, mais qui reste dans son poitrail ? Un poids avec lequel il doit vivre. Il trouve dans la poussière une boîte en fer, il l’ouvre et il y trouve des bouts de papier, des mots qu’on avait gardés. Se mord l’intérieur de ses joues, il est épuisé. L’allemand lui manque et il craque, compressant ses poings. Le sol lui paraît si prêt à épouser et tout lui paraissait si loin de ses pupilles. Eux, lui. Ranger comme cette boîte ayant pris la poussière, putain ce que ça lui faisait du mal. La peine était si facile, elle lui tendait les bras. Ce n’était pas un héros, son ventre était tout bousillé. Son cadavre lui jouait des tours. Il s’exclame un vieux «  Putain »  que lui seul entendra. Trop de mot qui s’agglutinent en lui, il a tout foiré.

Et puis un bruit assourdissant, une collision et ses yeux balayaient l’horizon. La voiture, un arbre. Ses yeux ont grimpé au ciel avec rapidité, entre le fait d’être complètement désespéré et agir rapidement. Son corps s’est mis à courir vers la voiture en question, Charles a essayé d’ouvrir la porte une fois. La force lui manquait alors il s’y soit repris une seconde fois. Kieran avait du sang qui dégouliner de partout, Charles se prenait tout ce spectacle en pleine gueule. Le Britannique extrait le vampire blessé de là, puis il l’a tiré plus loin de la voiture en fumé. La main de Charles à épousée la joue à Kieran «  Tu m’entends ? » Pour le réveiller, savoir s’il prenait conscience. «  Bordel qu’est-ce que tu as foutu » maintenant c’était sûr qu’ils s’étaient fait repérer a des kilomètres à la ronde. Le Britannique est retourné dans le coffre de la voiture pour prendre de l’eau qu’il y avait.   Il lui a balancé de l’eau au visage pour qu’il soit plus conscient et a foutu sa main avec un tissu sur sa plaie en appuyant dessus en espérant qu’il n’y ait qu’une plaie au front car le Britannique ne savait pas soigner.  



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Ce que j'avais foutu…

De la merde pour ne pas changer. Tourner la clef dans le contact. Appuyer sur l'accélérateur. Sans vraiment réfléchir aux conséquences, ni à ce qui pourrait encore m'arriver. Pour démarrer, juste après avoir débloqué le frein à main.

Victime de ma propre fureur. Je crois. Ensuite, il y avait eu de la fumée. Aussi épaisse que ces brumes au travers desquelles j'errais depuis que mon frère avait été porté disparu. Puis le klaxon qui hurlait. Sonnant l'alarme. Trop tard. Puisque c'est le sang que je pissais. Alors forcément, il m'avait fallu un certain temps pour comprendre. Pour rassembler mes esprits. Un mal de crâne insupportable me martelant la tête de l'intérieur. J'aurais voulu mourir.

Mais de toute évidence, la vie refusait de me quitter. S'accrochant à moi comme mes doigts qui s'agrippaient au volant. Avec crispation. Tout mon corps se tendant et se braquant contre le dossier du siège dans la panique. Sous le choc. Mes pieds moulinant à présent dans le vide. Comme s'il n'y avait plus de planché où prendre appui. Et regardant par la vitre, je le voyais courir dans ma direction. Au ralenti. Courir vers moi. Charles. L'autre vampire, l'un des rares à encore accepter de m'accompagner en raid. Et c'est les mains tremblantes que j'ai enfin réussi à lâcher le volant. Bloqué lui aussi. Mon arcade sourcilière grande ouverte inondant mon visage de sang. De longues rigoles traçant des sillons de mon front jusqu'à mon menton. Avant de s'épancher sur mes cuisses. Tâchant le jean de mon pantalon, de même que mon pull en coton.

Et à chaque fois que ses pieds à lui touchaient terre, j'avais l'impression qu'un véritable séisme secouait tout l'habitacle de la voiture. À moins que ce ne soit le moteur qui continue à tourner. Ronronnant, toussant et vibrant. Ou peut-être qu'en essayant d'ouvrir la portière pour m'extraire de mon cercueil de tôle, ce dernier ne faisait tout simplement qu'accentuer l'agitation régnant déjà autour de la zone accidentée. En tout cas, il avait dû forcer et s'y reprendre à plusieurs reprises pour arriver à m'en sortir. Non sans mal. Pendant que de mon côté, je m'affolais. Tapant contre la vitre en hurlant. Sans réaliser ce qui se passait. La faute à ma tête qui était lourdement venue cogner contre le volant. Répercussion naturelle que je ne devais qu'à la violence de l'impact. De même que les projections et les éclats de verre plantés dans le dos de mes mains tremblantes. Le pare-brise ayant littéralement volé en éclat lorsque le pare-choc s'était encastré dans l'arbre. Pliant le capot. Au point de faire reculer le tableau de bord d'au moins un bon mètre sur lui-même.

Pourtant, il ne lui a suffit que de quelques minutes pour me mettre en sécurité. En sachant qu'après coup, des images de l'explosion ayant enseveli Kyle sous des amas de pierres et de décombres, m'étaient revenues. Comme des flashs. Venant défiler devant mes yeux, alors que je gardais les paupières closes. N'osant pas les rouvrir. Jusqu'à ce que sa main, celle de Charles, ne vienne se poser sur ma joue. Me ramenant aux abords de la conscience. Oui. Je l'entendais. Tout allongé que j'étais. Étendu au sol. Les cils bordés de gouttes d'eau. Est-ce qu'il pleuvait ?

- Je sais plus…

Ce que j'avais foutu. Je m'en rappelais plus tout à fait. Pas beaucoup plus que ce qui me revenait déjà. Juste que recevoir de la flotte sur le visage m'avait permis de me remettre un peu plus vite de mes émotions. M'obligeant à battre des cils et à rouvrir les paupières. Pour m'apercevoir qu'en s'aidant d'un chiffon ou d'un simple morceau de tissu d'ailleurs, celui-ci s'écharnait à comprimer ma plaie. Même si normalement, mon corps était supposé se régénérer tout seul.

- Comment on va faire pour rentrer maintenant… putain. Je suis désolé. C'est pas ce que je voulais…

Moi, je voulais retrouver mon frère. Le prendre dans mes bras et le serrer fort. Tout ce que je demandais, c'était de rentrer à la maison avec lui. C'est tout. Rien d'autre, rien que de pouvoir encore une fois respirer son odeur et l'entendre râler. Et me redressant tant bien que mal, pris de vertiges, je me rasseyais. Gémissant au passage. Presque nauséeux.

- Ca va… je vais le faire. Donne !

Le faire. Comprimer tout seul ma plaie. Malgré la douleur, la peur, la culpabilité aussi de nous mettre tous les deux dans une situation aussi difficile. Pathétique. Quoique déterminé. Parce-que je le savais que dès qu'on serait rentré, de nouveau je ne penserais plus qu'à repartir. Pris au piège. Tournant en rond et pas encore prêt à briser ce cercle infernal dans lequel j'évoluais. Sur quoi, je recouvrais sa main de la mienne, entrelaçant furtivement nos doigts pour lui prendre sa compresse de fortune. Doucement. Avec toute la délicatesse qui me caractérisait.

L’hémorragie semblant se réduire. Si on se fiait à la quantité de sang qui s'écoulait maintenant de mon arcade, à la baisse. Par contre, il faudrait sûrement m'enlever les morceaux de verre des mains si je voulais avoir une chance que ça cicatrise...




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La vague à l’âme venait sucer le reste de son énergie, elle venait le terrasser de toutes ses lumières internes qui d’habitude brillaient d’un enthousiasme enfantin, d'un optimiste sans repos. Pourtant en ce moment, la fatigue et le spleen le métamorphosaient dans une créature désincarnée de son ardeur pourtant si profonds. Il ne restait qu’une spinescente mutilation interne, des cacophonies qui tournaient sans cesse et d’autres maux qui le pompé à l’intérieur de son crâne comme dans ses muscles résistants. Son empire n'était plus que poussière. Le flou troublait sa vision et il n’était qu’un habitacle ou les sons externes ne venaient que se frôler, s’irriter, pour enflammé un brasier d’indifférence, des fatras de meurtrissures plaintifs qui désarmaient toutes ses défenses interne. En traversant les nuées, l’envie avait disparu, elle n’était plus qu’un souvenir. L’air nouveau ressemblait a un champ toxique dont il devait inhaler la composition, ça ne s’en allait jamais vraiment ce poids qui profondément le poussé un peu plus profondément. Où était sa puissance qui brillait habituellement comme un chandelier?  pour lequel elle s’était exilée ainsi avec la violence des évènements ? Il fallait qu’elle revienne naître dans son ventre, épouser sa dépouille parce que dans ce bordel, il comptait secrètement sur le berceau de ses forces pour le sortir de cette impasse. Il n'en pouvait plus, il était épuiser de ses fragments de désespoir qui fleurissait à la pourriture de son échine. Lui qu'on avait oublié d'un fragement de paupière, lui la distraction passagère qui stagne à la surface, on ne sait pourquoi.

Le refuge de la médiocrité était visiblement un endroit qui était confortable, le dégoût de lui-même était au rendez-vous, la pullulation de regret, les souvenirs, la tristesse tatouée. Le Britannique s’était établi silencieusement dans cet endroit et il s’était niché dans ses cicatrices pour se rassurer un soir. Sans jamais arriver à décoller et à repartir, c’était désormais dans ce labyrinthe qu’il marchait. Les flagellations de ce toutes les erreurs étaient comme des grenades qu’ils tenaient en main. Cassé, unique lumière, mauvaise lumière qui l’empêchait, le bloquait, le paralyser dans sa faiblesse. Kieran semblait se tenir au même endroit que lui en s’agitant différemment sur son chemin. Le spectre de ses actes semblait raisonné dans ce sens. Faire n’importe quoi était là sa prochaine étape ? Ou était l’émerveillement naturel d’être encore des survivants, d’être de ceux qui ont survécu, de ceux qui peuvent être encore utiles, qui doivent être utiles. Dans cet instant flou, d’une explosion Charles avait les reflets de  cette petite blonde en tête, elle gueulait et qui vomissait son envie de vivre accompagné de ses besoins, ceux qu’elle méritait et qu’on ne lui accordait pas. Ils n’avaient pas le droit de tout foutre en l’air parce qu’ils étaient tristes, déprimer ou arrachés. Tout le monde l’était et dans son sang traînait des vagues perspicaces et increvables. Il était des êtres de la nuit, fallait avancer envers et contre tout avec les putains de fardeaux qu’ils avaient à porter. Les dégâts collatéraux venaient brûler à travers ses pupilles, Charles les observait flamber. Pour la discrétion de c’était raté, pour le ravitaillement aussi, ils avaient des pertes en plus de ça. Tout  brûlait devant ses yeux. « - Je sais » qu’il balance. Les traits du Britannique étaient fermés. Qu’est-ce qu’il avait foutu pour s’enfoncer dans une putain d’arbre ? Se reposer n’était pas censé produire cet effet. Drogue, Alcool avait souvent des effets secondaires sur eux comme sur les humains, il s’était dit de couvrir la plaie était plus intelligent ne sachant pas ce que celui-ci avait ingéré. Une régénération plus lente, peut-être.

. «  - Comment on va faire pour rentrer maintenant… putain. Je suis désolé. C’est pas ce que je voulais… » il y avait de quoi l’être. Il n’avait pas envie de gaspiller le reste de son énergie à lui botter le cul. «  C’est fait. » En effet, ils ne pouvaient pas revenir en arrière. Les paroles qu'il avait envie de lui formuler allaient entrer par une oreille et sortir de l’autre. - Ça va… je vais le faire. Donne ! il le laisse se débrouiller.  Sous le choc de l’événement, encore dans ses substances alors le Britannique n’allait pas rajouter une couche inutile, se fatiguer dans la fragilité de sa colère qui s'effrite dans ses profondeurs. Il souffle, cherchant à éclaircir son esprit plutôt que de le laisser se remplir d’un amas de futilité. La main du blessé vient prendre avec douceur le tissu, une douceur qu’il n’avait pas encore vu chez son interlocuteur qui ne cherchait qu’à se dissimuler derrière des manies chaotiques. Charles le laisse prendre. Observant ses autres blessures sur sa main puis les pupilles Hazel du vampire cherchait dans le ciel, observaient les alentours. Bientôt, des nuages chargés d’eau allaient se déverser sur eux. Après le spleen et la fatigue, lui aussi alors chercher à détruire ? «  On doit bouger, trouver un abri et contacter les autres. » Ou trouver une alternative, compter sur une occasion à saisir et à ne pas subir. Il essayait de se remémorer les paroles d'Elijah dans ce genre de situation. Il n'était pas expert comme lui. Le vampire blessé face à lui avait même plus d'expérience sur le terrain que lui..  «  À moins que tu aies une autre idée moins débile que d'enfoncer notre moyen de transport dans un arbre. » La douce ironie se balançait à travers sa bouche, il rigole, mais reste sincèrement ouvert s’il lui frappe un éclaire d’une bonne volonté. Quelque chose qui arrangerait la situation, qui les ferait moins galèrer.   «  T’as besoin d’aide pour tes bouts de verres où c’est bon ? Tu peux marcher ?  »  Ne sachant pas s’il était capable de les ôter lui-même, s’il était capable de se déplacer correctement ou non. Demander était là le moyen de s'assurer qu'ils puissent bouger. Le Britannique est parti chercher son sac ainsi ce qu’il pouvait bien prendre d’utile pour bouger de cet endroit. Et puis une goutte vint s’écrouler sur son front, fallait pas tarder.  La pluie commençait sa danse. «  Tu voulais aller quelque part ?  »  il lui demande comme ça. Charles aurait été abandonné si celui-ci serait réellement éloigné. Il se serait sans doute débrouiller en solitaire, comme d'habitude. Sans doute que dans ses mots il essayait d'ouvrir la conversation.  



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C'est toujours quand on croit que le plus gros de la tempête est enfin passé, que le pire reste à venir. Toujours. La preuve. Puisque même si Charles avait réussi à me sortir juste à temps de la voiture ou tout du moins à m'extraire in extremis de ce qu'il restait de sa carcasse, entendre le moteur imploser et voir l'habitacle s'enflammer en une fraction de seconde ne m'en laissait que d'autant plus paniqué. J'aurais pu rester coincé au volant. Bloqué. J'aurais pu être là-bas dedans, pris à mon propre piège. Hurlant et me consumant. S'il n'avait pas eu assez de courage pour braver le danger.

Pourtant, je n'arrivais plus qu'à penser à mon sac à dos. Avec mes médocs dedans. Je pourrais pas attendre qu'on rentre ni même qu'on vienne nous chercher. J'y arriverais pas. Mais est-ce que j'avais seulement le choix ? Certainement pas. Ma main à couper que ce n'était pas vraiment le cas. Alors je suis resté là. Inerte. Quoique, pas tout à fait non plus. Mes doigts se crispant autour du morceau de tissu servant à comprimer ma plaie, jusqu'à voir leurs jointures blanchir. Un hoquet de surprise s'échappant de ma gorge et le corps secoué. Impressionné. Le bruit assommant produit par le brasier me figeant sur place. Le tout accompagné par le crépitement sinistre de la tôle se tordant et se distordant sous le reflux de chaleur. Face à nous. Devant nos yeux. Au travers de l'épais voile noir de fumée que produisait l'incendie. L'éclatement des pneus terminant de signaler notre présence aux ennemis potentiels et de localiser notre position.

On était dans la merde. Mais plutôt que de m'en inquiéter, je me suis relevé. Brusquement. Pour retomber à genoux, hurlant à plein poumons le prénom de mon frère : « KYLE !!! » Abandonnant l'autre vampire à sa contemplation tant celui-ci me paraissait absent sur le moment. Allez. Réponds-moi Kyle. Fais moi signe de vie, je t'en prie

J'étais là. Pas si loin que ça de toi. À quatre pattes, me traînant comme une âme en peine. Reviens moi. S'il te plaît. J'en pouvais tellement plus de te supplier. De t'appeler. Dis quelque chose. Et dépité, je me rasseyais. Écrasant rageusement mon pansement de fortune par terre. D'accord. Charles savait. Charles disait que c'était fait. Et après ? S'il avait un début de solution à tout ce merdier, j'étais preneur. Incrédule en le voyant observer le ciel, et aveugle à sa manière de regarder mes mains. Dans mon truc. En pleine bouffée délirante. La crise s'éternisant et empirant plutôt que de passer. Jusqu'à ce que le son de sa voix focalise toute mon attention, lorsqu'il me disait qu'on devait bouger. Trouver un abri et surtout, contacter les autres. Sauf que les autres, ils allaient m'en mettre plein la gueule en apprenant que j'avais flingué une de leur caisse. Subitement coupable, inquiet, à mille lieu d'avoir une idée constructive. Du coup, j'ai remué la tête. Assez misérablement. N'osant plus rien rétorquer. Me radoucissant dès lors qu'il me proposait son aide. Pas rancunier. Ce à quoi je répondais positivement. Même s'il riait de dépit. Me sentant tout bonnement incapable de retirer moi-même les morceaux de verres plantés dans ma chair. Pas plus que de tenir par mes propres moyens sur mes deux jambes.

- Je crois pas que je vais pouvoir me relever tout seul, et j'oserais jamais toucher au verre…

Pas dans mon état. Au risque de tout arracher. D'un autre côté, je n'étais pas une pauvre petite chose. Avec Kyle, on avait survécu à tout. Ensemble. Mais il n'était plus là et les cils bordés de larmes, je retirais un premier éclat. Tirant dessus sans prendre de précaution. La douleur me procurant étrangement une puissante charge d'adrénaline. Littéralement dopé. Et comme d'autres avant moi, voilà que je me mettais à faire tout le contraire de ce que je disais. Anesthésié. Continuant et transformant le dos de ma main en lambeaux de peau. Dans un saignement que les quelques gouttes de pluie tombant des nuages ne suffisait pas à diluer. Pas encore. L'interpellant de nouveau quand il allait récupérer son sac.

- Hey ! Charles, c'est ça ? Merci… sans toi… bref, non. Je voulais pas aller à un endroit particulier. La vérité, c'est que je cours après un mort… sans savoir où chercher… bon. On devrait y aller, on est pas en sécurité ici… c'est toi qui le dit...

Je connaissais pas bien le coin. Mais je supposais qu'au milieu des ruines et des décombres, il devait y avoir des abris. Ou qu'en pleine nature, il serait tout aussi possible de survivre à condition de nous cacher du soleil si personne ne venait  d'ici demain matin. C'est donc la main en charpie, que je reposais les yeux sur l'épave flamboyante…




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Dans ce voyage, il se posait, de fatigue et d’arasement un instant. Il y avait dans la contemplation de ce feu qui luisait à travers ses yeux, une pause profonde. Un stop, un moment mort.  Elles pouvaient bien continuer de flamber, de brûler tant pis. La pruficicaiton par le feu, un accident, provoquer malheureusement par maladresse ou de façon voulue, qu’importe. Ils étaient tous deux de l’autre côté de celui-ci. Pas dedans. Rien n’était nouveau pourtant il fallait continuer. Dans sa gorge il n’y avait que le silence qui sonnait et puis le vampire qui l’accompagnait gueulait «  KYLE  !!!! »  comme si on lui arracher le poumon ou la vie. Sûrement les deux à la fois, mais putain Kieran on est déjà mort, qu’importe qui est ce Kyle. La mort, la douce qui s’est réveillée dans l’astre de nos corps, c’est l’unique maître. Cette souffrance s’était abandonné à notre naissance paradoxalement celle de notre mort humaine. Les tourments pouvaient bien tomber, l’absence était présente pour le Britannique. Il n’avait lui aussi aucune clé, il savait qu’après le feu, il ne resterait que les cendres alors l’anglais à fixer le drogué, l’abîmer, l’estropier.

Une vision défaillante mais il l’écoute soigneusement. «   - Je crois pas que je vais pouvoir me relever tout seul, et j'oserais jamais toucher au verre… »  Ce n’était pas grave, ils allaient se démerdait comme ils pouvaient, fallait pas qu’il panique dans son illusion. Et puis les sourcils du Britannique s’arquent, voilà que le blessé se met à enlever les bouts de verres entre ses doigts et faire pisser le sang. Il gémissait de son mal, baiser par celle-ci. Apparemment elle était délicieuse cette douleur. Elle le tenait en vie. Du coup, Charles a remis le tissu sur cette main entaillée, car une perte de sang trop importante n’était pas une bonne idée. Il allait se faire pister et le manque de sang.. Ouais.. Putain le manque de liquide carmin serait plus important que le manque de médoc.  Il est parti chercher son sac l’Anglais, car il n’allait pas le laisser là et puis il est revenu à ses côtés. «  Tu tiens a moi jusqu’a ce qu’on trouve un truc safe et on verra pour le reste de ta main, on va se dépêcher. »  C’est ainsi que Charles c’est approché pour le tenir à lui, le soutenant et plaçant sa tête sous son épaule. Il n’avait pas encore démarré leurs routes qu’il avait répondues à sa question, celle qui avait une importance pour comprendre sa façon d’agir, d’appauvrir le monde de ses possibilités.

«  Hey ! Charles, c'est ça ? Merci… sans toi… bref, non. Je voulais pas aller à un endroit particulier. La vérité, c'est que je cours après un mort… sans savoir où chercher… bon. On devrait y aller, on est pas en sécurité ici… c'est toi qui le dit… »
 

En effet, ils ne l’étaient pas, Ils devaient s’en aller afin de ne pas voir leur boîte crânienne dans le sol et flamber elle aussi en cendre. « À quelques seconds prêts, tu le rejoignais. » Il haussa les épaules accablées, toujours dans ses sarcasmes on ne pouvait pas le changer mais l’air de rien Charles réfléchissait à ses paroles et il ne savait pas quoi dire d’autre sans doute parce qu’au fond il n’y avait rien à dire. Il n’y avait que le silence pour penser les maux et que la vision des ecchymoses en fardeaux. «  On va bien trouver. » L’anglais avance, oui il avance, difficilement en tenant Kieran pour aller au plus vite, le soutenant, le portant de son possible. Heureusement que les vampires avaient plus de forces, ils traversaient les feuillages et Charles entendait des bruits anarqueurs de la forêt, des chants d’animaux jaseur et appeurer de leurs passages sur un territoire qui était leur maison. Il espérait que personne ne les suivait et à plusieurs reprises il eut l’illusion qu’il eut une essence non loin d’eux et puis non, ce n’était que la pluie, le vent et autres substitue. Il fit ce que Elijah lui avait appris pour camoufler aux mieux leurs traces sur leurs passages, s’arrêtant quelques fois pour brouiller leurs pas. D’habitude si aimant de la pluie il n’avait pas le temps de la savourer, elle ne faisait que vivre sur lui.

Au loin une sorte de cabane de chasse en ruine , ça ferait l’affaire en attendant. Kieran et lui avaient marché sur une longue durée. Ils étaient à l’abri du soleil et de la pluie. Ils sont entrés Charles à pu se délester du poids de Kieran en le laissant s’installer contre un matelas défraîchi, dans un sale état mais ça ferait l’affaire. Il déposa son sac et comblas la moindre ouverture qu’il pouvait trouver et installa sa lampe torche au sol. L’anglais était frappé de plein fouet par la fatigue qui lui torsadait gentiment les nerfs. Accompagné d’une trousse il s’est installé a ses côtés. Sans rien lui demander, il lui avait pris sa main. Regardant qu’il avait déjà cicatrisé aux endroits ou il avait arraché comme un boucher. Il observa ce qu’il avait à l’intérieur et pris une pince qui a l’origine servait a couper les câbles électriques pour lui ôter les bouts de verre restant. «  C’est bon maintenant ça devrait bien se refermer. »  Il passa ensuite ses phalanges sur son visage se reposant de ce chemin.  «  Tu vas te tenir tranquille maintenant qu’on est à l’abri ou tu vas déconner encore ? Non parce que dit moi a quoi m’attendre sinon tu peux rester dehors.. ou je peux t'assommer aussi  » Il rigolait le Britannique oui, mais sous le ton de la plaisanterie il se renseignait. «  C’est quoi cette histoire de chercher ce mort ? C'est ce  Kyle ? » Pas délicat Charles. Il se relève pour aller fouiller dans son sac pour voir ce qu’il a et s’il peut contacter les autres. Il y avait la pluie qui continuer de battre et pour une fois il l’écoutait vraiment.  



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Charles & Kieran




J'avais pas vu. Pas fait attention, trop perché et encore sous le choc de la mauvaise projection que me renvoyait la voiture en cramant juste devant nos yeux. Tirant sur les bouts de verre pigmentant ma peau comme si j'arrachais les pétales d'une fleur. Sans prendre de précaution. Le plaisir que j'en retirais en devenant presque jouissif. Au risque de trouver un bonheur illusoire dans la douleur, le seul moyen de me sentir encore un peu vivant. Inquiet maintenant de me réveiller un matin ou un soir, et de ne plus ressentir ce manque. Ce vide. Cette fêlure qui me gardait debout.

Les larmes menaçant de dégringoler sur mes joues à la manière d'un sillon de sueur entre mes omoplates, s'asséchant sitôt que je repensais à ce frère disparu. Toi Kyle. Toi. Contre lequel je n'éprouvais plus que de la colère. Te détestant de m'avoir laissé. De m'avoir abandonné, tout ça pour aller sauver une parfaite inconnue. Héroïque, égoïste, tout ça pour être à ton tour enseveli sous un amas de pierres impossible à dégager à mains nues. Peut-être qu'au fond, ces mains qui n'avaient pas réussi à te sauver, je ne les supportais plus. Voilà pourquoi je cherchais tant à les abîmer. Alors que tout autour de moi se mettait à tourner. La cime des arbres s'étirant et s'allongeant jusqu'à toucher le ciel. Mais lorsque je me sentais repartir en arrière – prêt à m'étendre de tout mon long sur le sol – c'est lui qui venait de nouveau me retenir. Son morceau de tissu lui servant à présent de bandage pour ma main. L'entortillant dedans. Tel un pansement improvisé. Alors peut-être bien que dans une autre vie, il avait été secouriste ce garçon. Cet homme. Qui après avoir récupéré son sac, revenait me chercher. M'aidant à me relever, malgré mon équilibre précaire et me soutenant.

Pas que je sois lourd, il n'empêche que traîner un poids mort derrière soi ce n'était jamais facile. Et là, c'est exactement ce en quoi j'avais l'impression de me transformer. En quelque chose d'inutile. D'encombrant. Mon esprit d'habitude si brillant, ordonné, ne traitant plus qu'au ralenti les informations. Intelligent, mais pourtant trop con pour arrêter de me détruire et d'entraîner les autres dans ma chute. Addict. Passif, subissant les événements sans ne plus décider de rien. Le fait est que je ne méritais pas qu'il se donne tout ce mal pour me ramener sain et sauf à la maison. Voilà ce qui arrivait lorsque la voix de la raison devenait muette et que seul l'appel de la connerie se laissait entendre à des kilomètres à la ronde. Défoncé, quoique pas non plus complètement abruti. Je restais lucide sur mon état. Je le savais bien que plus rien n'avait de sens et que je me cramais les neurones avec toutes les merdes que j'avalais. Du coup, je me suis laissé faire. Malléable.

Mon bras passant autour de son cou sans que je ne manifeste le moindre effort de résistance à son encontre. Exprimant et  imprimant un vif mouvement de répulsion à l'évocation de l'improbable possibilité que j'aurais moi aussi pu y passer. Que j'avais failli LE rejoindre. Tout mon corps se raidissant contre le sien. Qu'est-ce qu'on devait trouver déjà ? Ah oui…

Un abri. Pour nous protéger des rayons du soleil et attendre qu'on vienne nous chercher. C'est ça. Là qu'on en parlait, ça y est. Ça me revenait.  Ensuite, on a marché. Coupant la route à travers bois. Charles me soutenant du mieux qu'il le pouvait, même si petit à petit, je récupérais. Des forces, du tonus, en dépit de cette faiblesse psychologique qui m'accablait. Intrigué de le voir se débrouiller aussi bien en milieu hostile. Dissimulant nos traces et s'assurant que personne ne nous suivait. Pendant que moi je balisais. Certainement pas entraîné ou ni même taillé pour m'amuser à aller faire des trekking en pleine forêt. Gratte papier. Rat de bibliothèque. Nourrissant mon esprit, ne possédant aucun goût pour l'aventure. Mon  frère m'ayant toujours entraîné dans ses plans foireux. La plantation. Ses tentatives de suicide. Et cetera.

Puis finalement, s'est dans une espèce de cabane de chasse en ruines qu'on trouvait refuge. Moi m'affalant sur le matelas jeté au sol et qui devait moisir ici depuis déjà des décennies. Lui, prenant les dernières précautions nécessaires pour nous mettre en totale sécurité. Attentif. Sa lampe torche faisant office d'unique point de lumière. Une lumière des plus salvatrices. Et qui lui permettait de terminer de séparer de ma peau les morceaux de verre piqués dans ma chair.

- T'as appris tout ça comment ? Je veux dire, à effacer tes traces et à brouiller des pistes. Puis à soigner les gens ?

Sauver les gens. Les soigner. Les mettre en sécurité. En réalité, ils m'exaspéraient tous ces mecs trop badass. Des durs à cuir. Des comme Kyle. Capables de s'adapter à toutes les situations. Alors que j'en bavais tellement dès qu'on me sortait de ma zone de confort. Rendant la lutte inégale. Décidément, il n'y avait pas de justice. Rien que d'y penser d'ailleurs, ça me tordait le ventre. Les âmes trop douces, trop dociles, n'ayant manifestement plus leur place sur terre. Et retroussant le nez, je tentais de reprendre ma main. Les doigts crispés. La vision de la pince qu'il utilisait pour retirer les derniers éclats de verre, me remuant l'estomac. Fatigué. Trempé.

- Merci. T'étais pas obligé…

Je voyais pas quoi dire d'autre. Ne pas le remercier, ça aurait été un manque de respect flagrant. Et me jeter à son cou, une réaction un peu trop excessive sans doute. Dans la mesure où on venait à peine de lier connaissance. Là-dessus, il m'a un peu bousculé. Pour me remettre les idées en place j'imagine. Tout en voulant s'assurer que j'en avais fini de la lui faire à l'envers. Se tenant sur ses gardes. Normal. Dur de le lui reprocher.

- Ouais… t'as pas à t'inquiéter, je vais essayer de me tenir à carreau. Il pleut trop fort dehors pour que j'y reste, et puis je suis contre la violence. Je sais, on dirait pas à me regarder comme ça…

Comme un con, je me suis mis à rire aussi. Baissant les yeux et passant mes doigts dans mes cheveux pour dégager mon visage. La pluie battant les murs avec frénésie. Des rigoles de flotte creusant la terre à l'extérieur de la cabane, le bruit des gouttes s'écrasant et rebondissant sur le feuillage des arbres se laissant entendre. Avant de retirer ma veste et de m'allonger. La tête lourde. Bercé par le déluge s'abattant sur la toiture. On était pas si mal. Perdu au milieu de nulle part.

Gêné par l'étroitesse de mes fringues collantes, moulantes, les fibres de mon jean se rétractant à cause de l'humidité. Juste comprimé. Ce qui fait que totalement désinhibé par les médocs, j'entreprenais de tirer sur ma chemise jusqu'à en craquer les boutons. Besoin d'espace, de liberté de mouvement. Dévoilant le marcel blanc que je portais en dessous.

- Je me sens pas bien… tu veux pas m'aider ? Faut que j'enlève ça…

Pas bien du tout. Somnolent. La bouche sèche. Confus. Me tortillant sur le matelas et dégrafant mon jean avant de replier les jambes et de lever les fesses pour essayer de m'en débarrasser. Ton prénom revenant se fracasser contre mon cœur en miettes. Kyle. L'histoire de ta mort. Qui tu étais, tu es. Mon frère. Tout ce que j'avais. Ce que j'ai. L'homme que j'aimais, que j'aime. Ma seule raison d'exister. Mon autre. Mon sang. Ma moitié et ma famille.

- Mon frère… Kyle est mon frère. Et il est mort… une bombe a fait sauter le bâtiment dans lequel il était rentré pour aller chercher une gosse. Puis… il m'a demandé de l'attendre, de pas bouger. Après ça, je l'ai jamais revu…

Je crois qu'après ça, ma voix s'est cassée. Pour s'éteindre. Charles fouillant dans son sac, Charles… pas si inconnu que ça : « Dis, on s'est pas déjà vu à la Fondation ? Peut-être que je confonds, je sais plus… avec Elijiah… non ? » D'un coup, j'ai eu comme un flash. Une espèce de réminiscence. Le revoyant au détour d'un couloir, victime d'une céphalée. Effet secondaire.

Aussi, je me laissais entièrement retomber sur le matelas. Fermant les yeux si fort que mes paupières se fendaient. Plaquant sur mon front la paume de mes mains. Déjà plus calme, le crâne au bord de l'implosion...




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Kieran

La musique de la pluie, son odeur en forêt, de la terre mouillée, de l’humidité catapultée dans les moindres recoins, distillée dans chaque centimètre apaisant les sécheresses. C’est dans cette fascination que le Britannique observait la nature, étant anglais, il était habité à ce genre de temps grisonnant et ça avait quelque chose d’apaisant sur son âme. Une valeur sûre ou le réconfort d’un abri était le bienvenu dans la jungle de leur aventure et des tracas. Cette sensation venait l’avait réveillé  de sa léthargie mentale qui passait comme un nuage sans doute. Un gros nuage qui stagnait sans doute un peu trop aisément ses temps si mais comme tous les nuages, il finirait par s’en aller. «T'as appris tout ça comment ? Je veux dire, à effacer tes traces et à brouiller des pistes. Puis à soigner les gens ? » C’était un peu prétentieux, il n’avait fait qu’appliquer les conseils qu’on lui avait fournis avec une bonne volonté. Même si la plupart du temps Charles semblait distrait et dans son monde, il n’en restait pas moins attentif. C’était à la porter de n’importe qui et il ne comprenait pas pourquoi on n’avait pas fourni à Kieran ses informations qui étaient plutôt basiques lorsque l’on partait pour les raids. Peut-être qu'il ne s'en souvenait pas non plus...«  à la formation, on m’a entraîné avant de faire des raids.. c’est pas ton cas ? » et puis ton père forcément t'avait éboulis de remarque bien placé, il jugeait ça nécessaire pour que tu deviennes un homme, un vrai. Mensonge vif d'une testostérone reflété.     «  Soigner.. je sais pas faire. » Enfin il avait vu des médecins faire à la maison ou au manoir, il avait lu beaucoup de chose sur le corps humain et sur la médecine traditionnelle ainsi que les plantes donc en théorie il devrait être capable de ce débrouiller dans les terres obscure mais en cas de déchéance trop profonde il serait d'aucune utilité, c'est pour cette raison qu'il était préférable pour Kieran d'arrêter son cirque car il ne pourrait pas faire des miracles.  «- Merci. T'étais pas obligé… » il l'a observé en haussant les épaules. Son esprit était de nature bienveillante, c’était un automatisme  qu’importe avec qui, avec quoi mais il comprenait les cycles de destructions comme la renaissance. Acceptant ses instants ou sa langues délivre son venin comme les grâces. Son indépendance était toujours dirigé en ce sens, suivre son instinct qu’importe la difficulté de la tâche. Être en accord avec soi et ne pas ce soucier des jugements corrosifs du monde. C’est ainsi qu’il était sculpté et il ne pouvait faire autrement. Il n’avait pas envie d’être hypocrite avec lui-même. «  De rien. »

Le jugement n’était pas présent pour Charles, chacun gère sa vie comme il l’entend, comme il le souhaitait, comme il le ressentait. Les jugements étaient encombrants, c’était une énergie déposée inutilement sur les apparences, sur les remarques ou des faits. Le Britannique avait décidé de ne pas attacher d’importance à tout ça.   Égoïstement pour ne pas s’alourdir l’esprit, pour ce préservé et s’alléger des réverbérations que les nuisibles pensées pouvaient commettre. Il n’était pas assez courageux pour porter les croix et les malheurs, toutes les violences de ce monde.   Bien entendu, souvent il lui arrivait d’échouer, par colère, par avarice, par peur ou autres sentiments, mais il revenait toujours à aller son ciel de tous ses poids pour admirer les étoiles scintillantes d’une pureté des ailleurs.  - Ouais… t'as pas à t'inquiéter, je vais essayer de me tenir à carreau. Il pleut trop fort dehors pour que j'y reste, et puis je suis contre la violence. Je sais, on dirait pas à me regarder comme ça… Kieran savait rire, le Britannique n’était pas d’humeur réceptive ses temps si et il avait bien le droit de ne pas l’être alors il ne fallait pas le pousser, il pourrait réagir d’une façon moins bienveillante si celui-ci abusé de sa gentillesse.  «  J’espère bien, je suis patient mais faut pas en abuser. » il avait été claire. «  La pluie va effacer nos traces, éteindre les dégâts également alors c’est une bonne chose. » Au moins ça. «  Non on dirait surtout que t’es paumé. » Réalité, juste la réalité de la perdition qui suinte de ses pupilles. Et pour Charles une dysthanasie, il fallait que celui-ci ce ressaisisse.  Le Britannique ne s’était jamais fié aux airs, il avait trop étudié de cas dans ses études et rencontrer des hommes ainsi que des femmes propres sur eux. En les regardant, on leur aurait donné des caresses tellement la douceur se distillait de leur pore, mais l’apparat n’était qu’un sempiternel jeu et la désolation, anarchie de la colère où la perte de tout contrôle pouvait frapper. Il avait trop vu de bons hommes faire de mauvaise  chose et des éclaircies de douceur dans des créatures jugées violentes. Les jugements, là encore. Des appropries fondés sans doute, mais ce n’était pas la les clés de son existence à lui. C’était un choix que Kieran faisait, un choix conscient personne ne l’avait forcé a avalé ses médicaments, personne ne le forcer à agir de cette façon. Il était maître de ses actes et personne ne pouvait agir pour lui dans ses circonstances.  La violence faisait partie de la vie pour l’anglais, on ne pouvait pas l’éviter. Les sensibilités à celle-ci sont différentes, on pouvait sourire à l’enfer ou se laisser submerger par ses terreurs. Parfois, il était bon de céder à ses chaos, il le fallait, on devait tomber dans les brasiers de ses peurs. Laisser tomber les résistances et s’étouffer avec ses faiblesses. Tout dépendait comment on gérer les choses, Charles s’évertuait a transmettre les irritations comme elle venaient, mais sous ses pics il y avait le tournant d’une usure et d’une résistance qui tournait, mais pas infaillible. Ses douleurs se perdaient dans les nuits, dans le cadavre de ses mots frêle et taillader qui ne s’était jamais écumé de sa bouche. Les souvenirs étaient parfois lourds, brefs et  sans repaire, de son enfant perdu qui s’évertuer à faire l’homme.   Chacun avait ses fardeaux, il fallait bien les accepter. Sans doute que cette conversation le ramener à la réalité. Prendre conscience du présent, s’en contenté et ne pas ce juger.  «  - Je me sens pas bien… tu veux pas m'aider ? Faut que j'enlève ça… »  Il avait bien du mal ce petit, Charles à rit. Fallait qu'il se calme et qu'il arrête de gigoter dans tous les sens sinon Charles allait l'assommer. Il lui a retirer ses fringues rapidement car celui-ci ressemblait a un verre de terre en folie. «  Voilà, repose toi.   »

Ses yeux s’étaient échappés dans son sac et puis il écoutait toujours les paroles de Kieran. Il comprenait mieux son comportement.  - Mon frère… Kyle est mon frère. Et il est mort… une bombe a fait sauter le bâtiment dans lequel il était rentré pour aller chercher une gosse. Puis… il m'a demandé de l'attendre, de pas bouger. Après ça, je l'ai jamais revu… il ne devrait pas être en raid, s'était sans doute beaucoup trop frais pour lui.  « … » La séparation, la mort d’un être cher faisait partie de la vie, c’était un cycle et c’était une épreuve douloureuse parsemer de bien différent mouvement. Il ne pouvait pas être d'une grande aide, personne ne pouvait l’être. On ne guérissait jamais de ses coupures, on vivait avec ce déluge.  « alors tu culpabilises, il te manque et tu fais n’importe quoi. » Le Britannique pouvait paraître froid, mais c’était pourtant quelque chose qui le touchait, car lui-même avec vu sa vie croisée la mort, au-delà de la sienne, ses proches étaient tombés dans en poussière. Une partie dans sa tête était morte, les automatismes survivaient. Il souffrait de cette séparation, mais il gérait en se balançant de voeu en voeu.  La séparation des êtres, cet abandon total et ce désir de se faire manger le corps. Partir dans les ombres, cette envie de mourir quand on sa chair c’est trop lover contre un être qui fait rutilé nos coeurs qu’il ne reste que l’absence, mais il ne fallait pas céder à nouveau.    «  Fait ton deuil comme tu le sens mais ça raménera personne. Il y a que le présent qui compte et ce que tu en fais.   »Il ne voulait pas être moralisateur en disant cela, au final il se disait ça plus pour lui que pour Kieran.   «  Même si c’est difficile. » Il ne voulait pas être moralisateur en disant cela, au final il se disait ça plus pour lui que pour Kieran.  

« Dis, on s'est pas déjà vu à la Fondation ? Peut-être que je confonds, je sais plus… avec Elijiah… non ? » L’anglais avait enfin trouvé de quoi contacter l’extérieur, il a envoyé un message aux autres accompagné de la géolocalisation.  « Oui c’est fort possible qu’on s’y ait déjà croisé. Oui c’est lui m’a formé. Et toi qu’est-ce que tu faisais à la fondation ?  » surement comme tout le monde mais bon. « J'ai dit qu'on avait eu un accident et qu'on s'était replié. Tu mettras l'évènement au claire avec eux quand ça ira mieux mais tu devrais te faire suivre et accompagné.   » Il paraît que c’est ce qu’il faut faire, sans doute qu’il ne lui apprenait rien mais parfois il fallait que quelqu’un nous le rappel. Peut-être qu’avoir la faculté de produire des illusions, être sa propre drogue lui faisait prendre une distance assez cosmique avec les substances. Aucune médication ne lui était utile pour se défoncer, mais c’est aussi pour cette raison que la réalité lui était si différente et précieuse. «  Ça va passer. »   Il attendait qu’on lui réponde, lui aussi a enlevé sa veste pour chercher son carnet et s’installer, se mettre à l’aise après tout il pouvait bien s’accorder cela. Ils allaient devoir laisser passer le matin, le jour. Leur odeur était camouflé par l'odeur de la pluie.. tout devrait bien se passer. Il suffisait d'attendre.  Le Britannique avait une poche de sang dans son sac, mais tant que Kieran n’avait pas les symptômes d’un manque de sang, le besoin de nourriture, il était préférable de patienter de l’entamer plus tard, aussi que ses facultés vampiriques prennent le dessus.  Après tout, il n'avait pas l'air d'un nouveau né non plus, peut-être lui parler pour ne pas qu'il divague de trop. Charles ne savait pas bien.   «  Quel âge as-tu Keiran ?  »  peut-être que ça lui changera les idées également. Et puis il a reçu un message des autres.   «  Ils vont venir nous chercher demain soir, on devra juste sortir de la forêt et retrouver la route. » Elle s’arrangeait cette histoire.  



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Non, on dirait surtout que t'es paumé. C'est mot pour mot ce qu'il a répondu quand j'ai voulu essayer d'être un peu drôle. Pour détendre l'atmosphère. En lui balançant que même si j'en avais pas l'air, d'habitude j'étais pas comme ça. Que ça ne me ressemblait pas. Que c'était pas moi. Alors bien sûr, il aurait été en droit de prendre mes paroles pour des mensonges. Les apparences venant se dresser les unes après les autres contre tout ce que je possédais encore de bonne foi. Sincère dans ma démarche. Mais pas vraiment crédible on dirait. Pourtant, je pouvais lui assurer que mon rapport à la violence était très limité. La fuir. Courir loin devant et ne surtout pas m'y confronter, prônant le dialogue.

Des frères McIntyre, j'étais celui qu'on avait muni d'un cerveau. De neurones. Kyle ayant quant à lui hérité des muscles, de la testostérone et d'un sex-appeal à revendre. On se complétait. Je pensais, et il agissait en conséquence. Le fait est que si on était venu s'installer à River Crow, c'était parce-que je l'avais décidé. Ne lui laissant pas d'autre choix que celui de m'accompagner. Malgré ses protestations et ses mises en gardes. Wellan avait appelé. On ne pouvait pas refuser. Il n'empêche que si on était resté chez nous, en Nouvelle-Zélande, mon frère ne serait pas mort. Enterré vivant sous un tas de pierres. Tu parles. Tout ça, c'était de ma faute. Il avait raison Charles. Je culpabilisais. Elle avait tellement fière allure l'antithèse de la lâcheté maintenant que je me retrouvais seul. Livré à moi-même. Sans mon pygmalion pour me mettre des stops et me faire redescendre de mon piédestal. Ce sale gosse. Ce sale petit con. Ce morceau de cœur qu'on m'avait arraché. M'amputant d'un membre. Et puis à tous ceux qui me répétaient encore et encore que rien n'arrivait jamais par hasard, je disais MERDE ! Pas apte à le comprendre. Donc, je devais avouer que je ne prenais pas son : “On dirait surtout que t'es paumé” dans le bon sens. Sérieux. À quoi ça lui servait de me le jeter en pleine gueule ?

Fallait me lâcher avec ça. J'avais pas besoin qu'on pointe mon état du doigt. Ça servait à rien putain. J'étais pas con et j'en avait marre de me répéter. JE SAVAIS. Qu'on me fasse la morale ne changerait rien. Pourquoi on me foutait pas la paix bordel. Et de mon front, les paumes de mes mains glissaient sur mes yeux pour les frotter.

- Non… c'est pas mon cas. Mon job à moi, c'est de faire des relevés topographiques. Point barre. Tu serais pas là sinon...

Sinon, je serais parti seul. Sans personne pour me coller au cul. Seulement, on ne m'accordait plus aucune confiance. Où plutôt, on s'inquiétait à l'éventualité de me lâcher seul en pleine nature. Ils savaient tous que je n'étais pas un combattant. Que mon apprentissage dans le maniement des armes, je le devais surtout à Kyle. C'est pas pour rien qu'à la fondation on me consignait aux tâches administratives et qu'en période de crise, on m'envoyait parlementer. Quoiqu'on puisse en dire, moi aussi je les portais mes couilles. À la différence que les démonstrations stériles de testostérone, c'était pas mon truc. Laissant les autres mesurer et comparer la taille de leurs attributs. Afin de savoir qui avait la plus longue. Pour autant, on ne pouvait pas me retirer le mérite de m'être interposé entre mon frère et Léandre McGuiness lors de la dernière réunion du conseil vampirique. Calmer les esprits et éviter les débordements, c'était ça mon créneau.

Avant, on avait tous une place. Une fonction. Chacun un rôle bien déterminé. Avant que ça tourne à l'anarchie, avant qu'on soient tous forcés de se salir les mains. Et avec le recule, je me disais que la bataille du vieux quartier avait quelque part marqué le début de cette nouvelle aire. Parce-que tout pacifiste que j'avais pu me revendiquer du temps de River Crow, ce sont les mains recouvertes de sang et la chemise en lambeaux que le petit matin consécutif à cette nuit funeste était venu me cueillir. Tant j'avais lutté contre moi-même pour porter secours aux blessés, me mêlant aux émeutes et me recevant des coups à la volée. Ne rentrant que peu de temps avant l'aube à la maison. Avant…

En sachant tout ça, comment ne pas comprendre que je puisse éprouver autant de difficultés à négocier tout ce qui s'était produit après. Après les bombardements, après la disparition de ce frère que je n'avais plus de cesse de chercher et de rechercher, aux quatre coins de l'île. Alors pour répondre à sa question, non. On ne m'avait pas entraîné. J'avais d'autres priorités, des priorités qui l'avaient mené à me déshabiller. Me retirant chemise et jean. Pour ne m'en laisser que plus vulnérable, en marcel et boxer. Étendu sur ce matelas. La paume de mes mains m'écrasant toujours les yeux, les frottant et les irritant. Comme si je cherchais à les enfoncer plus profondément dans leurs orbites. Mes paupières commençant même à me brûler. Alors je me suis arrêté. Néanmoins, je n'avais pas été assez rapide pour le voir sourire ou hausser les épaules. Mes yeux se refermant presque instantanément lorsque je me tournais de côté. M'allongeant en chien de fusil, fauché par le sommeil. Et sans prévenir ni le sentir arriver, je sombrais. Perdant connaissance et conscience des choses.

Durant combien de temps ? Une chose de certaine en tout cas, au moins pendant que je dormais sa patience n'était plus mise à rude épreuve. La pluie continuant de tomber, effaçant nos traces comme les brumes du sommeil camouflait ses mots. Le son de sa voix s'éloignant au fur et à mesure que tout mon corps s'enfouissait dans le matelas.

Mes muscles se relâchant. La tension s'évacuant. Mes membres se détendant, l'eau ruisselant à l'extérieur éteignant les incendies que j'avais allumé sans le vouloir. Au risque de causer des dégâts irréparables.

Puis ce n'est qu'au bout de plusieurs minutes, qui misent bout à bout m'ont paru durer des heures entières, que j'ai émergé. Un peu mieux. Après m'être brièvement assoupi alors que je pensais juste avoir dormi beaucoup plus longtemps. Presque rasséréné. Rien de plus que les vertus des anxiolytiques que j'avais pris avant de tout faire sauter qui commençaient à me faire effet. Le mal de crâne latent qui faisait battre mon sang plus fort dans mes tempes ayant disparu et le choc subit lors de l'accident, semblant s'être légèrement atténué. Ma tête restituant à mon esprit des trucs que je ne me souvenais même plus avoir entendu ou écouté. Faire mon deuil. Que seul le présent compte. Ce que j'en faisais. Même si c'était difficile. Qu'on avait déjà dû se croiser à la fondation. Elijiah… et que les autres, là-bas, au château avaient été prévenus. C'est ça. J'allais tout leur expliquer. Bien gentiment. Qu'il compte là-dessus tiens. Et remuant, je me rasseyais. Prenant encore un petit moment pour totalement refaire surface. Engourdi. Indolent et paresseux.

- Je peux pas. Vivre comme si de rien n'était. Je peux tout simplement pas.

Et reprenant le fil de ses questions et de la conversation comme si de rien n'était, je levais la tête pour le regarder. Les yeux brillants. Stone : « 26 ans.» C'était l'âge que j'avais à ma mort. L'âge de la raison. Celui qui voulait que je reste figé dans le passé. Alors j'insistais bien là-dessus. Pour qu'il comprenne que le présent m'insupportait. Parce-que dans ce présent, Kyle n'était plus là et que sans lui, je ne savais plus comment le vivre. Comment est-ce qu'il faisait lui pour rester aussi calme, aussi pragmatique ? Attaché à cette notion d'ici et de maintenant, détaché de sa vie d'autrefois.

- C'est dommage. Qu'ils viennent nous chercher. On est bien là. Sans personne, au milieu de nulle part. Rien qu'avec le silence. Et si on en sortait pas de cette forêt ? T'as quoi toi qui t'attend là-bas ? De l'autre côté de la route…

C'est là que je remarquais que ce dernier avait retiré sa veste et sorti un carnet de son sac : « T'écris quoi là-dedans ? Charles…» Pas vraiment curieux, mais ressentant le besoin de nouer et de recréer des liens tangibles.

- Puis je m'occupais de tout ce qui touchait à la diplomatie à la Fondation. Ça doit se voir…

C'était flagrant quoi. Kyle disait toujours que j'avais des mains toutes fines et douces, alors que lui les avaient calleuses. Ça se voyait que je n'étais pas un manuel. Donc. Là tout de suite, j'avais vraiment, mais vraiment, vraiment, vraiment besoin de nouer et de recréer des liens avec mes semblables. Bien plus que de me faire aider par je ne sais qui...




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