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  tired of endless decay // callan

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Callan De Rhénanie      




D’une histoire pudique enterrer sous les rotations terrestres il ne reste que des êtres éloignés par chemins différent. Un soupir de  réconfort lorsqu’il eut vent que tout n’était pas mort. Le britannique était en train de flirté avec sa folie sans une inquiétude silencieuse.  Le fait de savoir rassurait son être, c’est ainsi qu’il avait donc pris la route en question. Sous les apparences de ses dernières années, se dessinait un néant tamisé de petite cime, mais au fond, les horizons n’avaient plus les éclats flamboyant dès hier. Le brun savait qu’il lui manquait ses racines à l’intérieur de son arbre intérieur, ce n’était pas un déni qu’il faisait. Charles, c’était fait à la fatalité pourtant les échos écorchées qui s’étaient étiolé dans ses tympans l’avaient fait agir, pâlement, secrètement. Sans doute qu’il se battait à sa façon, sans trancher ni couper. La vie lui avait offert un luxe d’avoir un frère, il était reconnaissant et manquait de sa présence. Affreusement, terriblement même s’il n’était plus dans la dépendance de ses jeunes années le recule lui avait fait prendre conscience des courbes plus dense de sa relation avec l’Allemand.

Les informations qu’il avait pu récoltaient le menait donc à la banque du sang de Belfast. L’anglais s’était donc rendu là-bas en prenant soin de dissimuler son visage et de vérifier ses arrières. Charles avait bien compris que si Callan ne voulait pas qu’on le trouve, ce n’était pas pour rien. Au moins, l’anglais prenait des précautions. Ignorance incrustée dans le crâne, il ne savait pas les raisonnantes des mouvements qui se passaient dans la vie de son meilleur ami. Tout ce qu’il savait, c’était qu’il était en vie. Éloigné du tout, il essayait de capter les parfums des passants pour subtilement sentir celui de Magda. Le premier jour fut un échec, Charles traînait par si par là et puis le deuxième jour fut aussi un échec. L’attente tournée et faisaient pâlir les espoirs. S’ils avaient changé d’endroit, l’anglais perdait du temps. Les courbes légères de Madga sont nées dans ses pupilles, Charles a pris sa main dans le silence et il lui a fait un clin d’oeil pour l’éloigner de la foule. Charles était rassuré de voir la petite. Un instant, il l’avait serré contre lui un peu dans la précipitation. Elle lui a dit brièvement qu’elle était dépassée, l’inquiétude au fond de ses pupilles n’annonçait rien de bon du tout. Charles ne comprenait pas tout ce qui se passait ni pourquoi l’inquiétude de la belle Magda fleurissait dans ses yeux. Le britannique ne savait pas s’il allait pouvoir l’aider mais il ferait de son mieux.

Magda a ouvert la route vers leurs appartement, Charles la suivi avec sa moto et elle en voiture jusqu'a Dublin. Charles ne passait pas de question indiscrète à Magda, car il ne voulait pas la mettre dans une mauvaise position, mais pourtant dans ses crânes. Qu’est-ce qui s’était passé ? Pourquoi ils se cachaient ? Pourquoi Callan n’était auprès de son Sire ? Charles se concentra sur la jeune femme. «  J’ai un truc pour toi » lui avait-il dit et puis il prit dans sa sacoche le livre qu’il avait choisi pour elle qui parlait d’un petit prince, il déposa le livre sur la table et puis il l’ouvra à la première page en prenant un crayon pour inscrire des chiffres et des lettres. «  Si jamais un jour.. Vous serez les bienvenues et en sécurité. » Charles avait inscrit la localisation de la cité. Ils étaient les bienvenues forcément, c’était calme, perdu et protégés. Paisible au fond, le britannique avait de l’affection pour cette endroit qu’il reconstruisait au fur et à mesure des années. Il faisait confiance à Magda pour qu’elle en parle à Callan. Puis la petite lui a dit qu’il arrivait. Charles a plongé ses mains dans sa chevelure en ouvrant grand les yeux. Les idées se précipitaient dans son cerveau un peu trop précipitamment   « Magda, va dans ta chambre, met tes écouteurs à fond aussi. » Ne sachant pas comment son Sire allait réagir, il était mieux qu’elle soit à l’écart. Il y avait de forte chance pour Callan gueule ou pire. Et puis dans tous les cas, Charles n’avait pas envie qu’elle entende non plus. Il n’allait pas aimer qu’elle l’ait amène dans son appartement s’il n’avait pas changé, ses choses étaient très privé pour lui mais si elle l’avait fait c’était pour des raisons. Le britannique c’était mordu l’intérieur de la joue et la jeune vampire était parti dans sa chambre.

L’Allemand n’était pas loin, ça faisait longtemps que leurs regard ne c’était pas croisé tous les deux. Charles savait pas ce qu’il foutait mais il ne voulait pas être ailleurs qu’ici à cette instant même si ça craignait. Les pupilles de Charles se baladaient en attendant sur les détails de la pièce en balayant celle-ci rapidement. L’anxiété certainement venait apparaitre mais il restait encrée dans le sol. C’était pas le meilleur plan de tout l’univers de débarqué comme ça de cette façon chez lui mais le seul qui c'était présenté à lui.

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Sous la pâle lueur de l'astre nocturne, Callan vacille. La gravité, comme une enclume, l'enfonce dans les tréfonds du sale qu'est devenu Dublin. Dans les ruelles cruelles, parfois, il s'esquinte. Contre les marrées sauvages d'âmes aussi ravagées que celle qui pourrit en son cadavre. Ce soir est semblable à tous les autres soirs. Il a teinté ses invisibles plaies d'autres vitae, mêlant l'infâme à l'infernal, dans le coin d'un bordel déstructuré par ces bombes humaines qui avaient décimé son empire de cristal. La brillance du Diamant s'est ternie dans les longs couloirs d'un sarcophage expérimental. La douleur sillonnait l'espace pour violer ce qu'il lui reste de cœur et d'âme. Il flanche, pauvre esprit clochard, crucifiant de sa hargne toxique toute la vermine humaine qu'il croise sur la route balafrée qu'il a emprunté. Il foudroie le futile en laissant les coups d'une créature enragée s'abattre sur son corps fracassé par le manque. L'absence de rouge éclate ses pores comme si sa peau n'était qu'un pétale de rose arraché. Il s'enivre de la souffrance qui sectionne un fragment de sa conscience, enveloppée par le miel de l'opium roi qui se mêle à sa vitae antique. Ressentir est devenu si abstrait... Tant abstrait que la mort se reflétait de plus en plus fréquemment au creux des flaques de sang qu'il perdait. Callan était si doué pour attiser la haine en ses pairs qu'il n'avait pas dû patienter très longuement pour embrasser ses premières blessures. Mais rien n'était jamais suffisant. Rien n'atteignait jamais ce besoin ulcérant de vouloir s'évanouir, de vouloir s'anéantir, au même titre que tout ce qu'il avait bâti. Il s'étouffait de son propre déni, hurlant sans pour autant être entendu, frappant dans le simple but d'être frappé en retour. Plus fort. L'insatisfaction dansait dans ses prunelles, se mouvant comme la plus luxueuse des putains. Callan ne contrôlait plus ses violences aliénées, s'enfonçant dans les enfers tacites dont pullulait son âme brisée. Plus aucun visage n'alimentait sa léthargie. Plus aucune voix ne vibrait au plus profond de son ventre. Dans la déchéance, il attendait simplement qu'on lui brise les os, qu'on le fasse plier sous le poids de tout ce qui avait disparu. L'autodestruction en unique flambeau réchauffait les glaciers qu'avaient façonné l'absence, la trahison et la pente des vices qu'il dévalait se parsemait de nouveaux cadavres, insignifiants et fades. Sourd des restes de l'humanité, l'allemand déracinait les lois stupides qu'on tentait de lui imposer en signe de révolte. Dans chacune de ses effractions, l'odeur de son poison se perdait.

Lassé et suffisamment endommagé par les coups qu'il avait collectionné, il marchait, reprenant le chemin vers l'immondice qu'incarnait Magdalena. Progéniture incandescente de sa rage, la victime effrontée. Remontant les rues avec une bouteille de tequila en main, il s'évaporait dans la nuit jusqu'au seuil de son appartement. Grimaçant sous la fatalité de ses plaies ouvertes et des particules métalliques qui débordaient de sa bouche ensanglantée, il finit par entrer dans l'antre qui le porte depuis plus de trois années à présent. L'obscurité apaise les brûlures lui vrillant l'encéphale. L'allure est dépravée, débraillée. Il a la beauté des hommes qui se perdent et qui ont succombé aux délices du Malin. Il passe sa langue sur l'une des plaies colorant la délicatesse fanée de ses lèvres, s'approprie la souillure de ce sang qui le rend vivant. Son corps s'ankylosait de meurtrissures qu'il savourait, à défaut de ne rien pouvoir effleurer d'autre. Callan enviait la mort et l'atrocité, comme si son sacrifice était nécessaire à la destruction du monde dans lequel il était tombé. Tout était bon pour faire disparaître Léandre. Son corps n'avait plus aucun sens depuis que les trahisons ont brisé leur particularité sacro-sainte. Et dans le silence de son logement, il voulait s'éteindre. Fracasser l'Ennui et la mortification contre le néant qui s'était niché entre ces murs délavés. Cependant, ce ne sont pas ses ombres qu'il a trouvé. Planté au milieu du salon, demeurait le traître. Le faux-ami qui pensait détenir le grand secret de l'univers. Callan boit une gorgée de son breuvage, infecté d'alcool et d'entités concupiscentes. Il claque brutalement la bouteille contre le comptoir en vrac de la cuisine, conséquence d'une énième rage qui le domine. Cependant trop faible pour se battre, anorexique refoulé qu'il est, il s'appuie de ses deux mains sur le meuble, inspirant et expirant alors que sa mâchoire se crispe.  

Il n'avait pas l'esprit assez clair pour comprendre, pour dérouler le flux d'informations qui pourtant déboulait dans son cerveau. Ses vertiges étaient trop nombreux. L'alcool, l'opium, la coke et la rage étant les seuls composants perceptibles à son âme. Magdalena est la seule à savoir. Au-delà de sa blonde qui ne reviendrait pas d'elle-même. Elle était la seule condamnée, son éternel souffre-douleur attitré. « Putain de salope. » La voix rauque brise le silence alors qu'il reprend la bouteille pour la briser contre le mur derrière celui qui ose encore l'approcher, l'humidifiant de traces difformes et parsemées en éclaboussures. Il avait la sensation violente que sa rancœur lui décimait les entrailles alors que la douleur enserrait les cortex de ce qui demeurait furieusement actif dans sa boîte crânienne. « Dégage, Charles. Je n'ai rien à te dire et tes mots à toi me donnent juste l'envie de vomir. » À cette vision, à sa présence chez lui, Callan regrettait presque d'avoir quitté le taudis dans lequel il était encore quelques minutes plus tôt.


NΞRIOИ



When you speak my name, it don't matter to me. Where you place your blame, it don't matter to me. Where could you be walking to, it don't matter to me. Take my wicked heart, it don't matter to me. Turn my twisted words, it don't matter to me. What are you here waiting for, it don't matter to me. Where do you go to, you don't matter to me.

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Le Britannique s’était dressé comme un coup de tonnerre, il envahissait une pièce dont il n’était pas le propriétaire, violant l’intimité profonde d’un blond qui n’aimait pas dévoiler ce genre de chose. Pourtant, tous les deux, ils avaient partagé bien des pièces, c’était fondu dans bien des situations d’un tout, d’un rien, qu’importe au fond. Où ils allaient, ils étaient. Avec une Innocence et désinvolture folle,  amputés de toute complexité, ils vivaient. Le brun scrutait respectueusement les détails qu’il s’offrait à ses pupilles et étrangement, il ne se sentait pas à l’aise de le faire. Il n'était pas inviter à le faire sans un mot, il y avait l’attente. L’attente, le temps ne le dérangeait pas, mais, depuis que Charles a vu les bombardements s’étaler sur le Manoir, le temps l’observe, l’arrache, l’endolorit. Il ferme les yeux pour ne pas voir ses objets qui l’entourent, pour ne pas être curieux et là c’est son odorat qui vint se perdre sur les odeurs incrustées dans la tapisserie. Salinger cherche celle de Callan, inconsciemment, mécaniquement il la trouve et ses doigts se mettent à trembler, les nerfs lâchent. Ses phalanges se referment en un poing serré.  Certain pourrait considérer la présence de Salinger totalement déplacé, complètement fou aussi voir même audacieuse, mais fond, il ne s’agissait rien de tout ça. Même si effectivement c’était déplacé, il était là parce qu’il le devait. Ça l’appelait.  C’était ce que lui chuchotait ses instincts et Salaì était un homme d’instinct sur certaine vague de son être, c’était plus fort que lui. Son amitié avec Callan faisait partie de ses vagues.

Au fond, qu’importe comment l’Allemand pouvait le regarder sur le sujet de leur distance. Le Britannique était persuadé qu’il pouvait le comprendre, car c’était un être intelligent, ouvert même s’il n’adhérait pas sans doute qu’il pouvait comprendre ce qui s’était réveillé chez Charles. La part d’humanité en lui s’était levée et avait pris le contrôle de la bête. Des morceaux laissés par sa mère. Ce n’était pas le plus important aujourd’hui, mais il allait se le prendre dans la gueule. Il connaissait trop bien le magma de l’Allemand qu’il le manque sur ce point, même s’il avait perdu sa langue il serait capable de lui cracher du venin à ce sujet. Ça les a éloignés, ça les a blessés.  Des mots de Goethe frappaient parfois à ce propos dans le crâne de brun.  «Qui es-tu donc, à la fin? - Je suis une partie de cette force qui, éternellement, veut le mal, et qui, éternellement, accomplit le bien.» Actuellement, ce débat n’était pas le plus important qu’il soit. Étant donné que la défaillance du regard de Magda, les rumeurs, les histoires et les actes lui laissait penser que tout déraillez pour Callan et ce n’était pas étonnant étant donné l’état de Léandre. Conséquence de ses tourments, le Britannique n’avait pas le pouvoir d’absoudre les plaies de son meilleur ami, juste de s’établir à son chevet, d’être là.   Callan gérait ses douleurs comme ça, en faisant grandir le chaos, en le faisant grandir pour se perdre dedans. Le regard de Salaì se perdait sur la grisaille de la fenêtre l’angoisse de ses derniers mois s’était collectionnée et était présent aujourd’hui, maintenant tournée dans son être fatigué de la collection des noirceurs qui s’était enfoncées dans son cerveau. Bien que le londonien paraissait toujours clean, il était loin de l’être mentalement. Il s’arrachait carrément le cerveau dans tous les sens. Les virus de Callan étaient ses croix, mais ça, c’était un secret qu’il enterrait dans ses pensées.


Ce soir c’est hanté, que la porte s’est ouverte.

C’était un cadavre en cendre qui apparaissait, alcoolisé, les yeux défoncés. Le brun observe sans scier même si cette vision qu’il a en face de lui produit en lui une douleur sous-jacente qu’il étouffe soigneusement. Cette douleur silencieuse qui apparaît quand on voit ce qui a de plus précieux se détruire sous ses pupilles. Ça fait mal, c’est douloureux, mais au moins il est là. Ironiquement, Callan était dans un état pire que son Père. Les colères de Callan lui faisaient penser à celle d’un animal blessé. Charles fronçait les sourcils, il était bien plus que blessé et il le savait. Le blond avait la même façon d’agir, le brun l’avait bien compris à ses dépens durant des disputes. Le Britannique avait envie de se rapprocher de l’Allemand dont il avait était trop longtemps séparé, mais à la place de ça, il resta planté dans le sol. Comme un arbre qui avait pris racine à vrai dire.  « Putain de salope. » Sa voix part en couille elle aussi, aujourd'hui il est qu'un pale fantome de sa grandeur et c'est bien voulu. Il veut être dégueulasse. Bien sûr, son acide se déplace dans sa bouche et vient s’épancher sur Magda, ses premiers mots qu’il entend depuis des années sont ceux-là. Salinger n’était pas étonné.  «  Elle s’inquiète pour toi. » paroles inutiles, certes mais rationnel. La voix de l'anglais n’était pas agressive. Quand Callan est sous pression, le foutre sous pression ou être en colère en même temps que lui, c'est le mauvais plan par excellence. Il oublie tous les sentiments de son corps qui se déboite en lui pour se concentrer ce sur ce qui ce passe. Charles n'est pas mauvais pour ça, faire abstraction de son être pour ce concentrer.

Callan casse théâtralement une bouteille comme pour se protéger, se vouloir menaçant, montrer les crocs. Sans doute que, dans d’autres pupilles, il apparaîtrait comme un fou, sale, détestable, effrayant, mais pas dans ceux du Londonien. « Dégage, Charles. Je n'ai rien à te dire et tes mots à toi me donnent juste l'envie de vomir. » Salaì cherche dans son cerveau, un moyen de désamorcé la colère de Callan en face de lui puis il n'a pas la réponse. Ce n'est pas a lui de le faire mais à l'allemand. «  Je sais » il aurait pu lui dire que lui aussi, il lui donnait envie de vomir, envie de dégueuler ses tripes avec toute l’angoisse de l'avoir cru mort,  un orage de tristesse de le voir ainsi mais le brun a tenu sa langue. Dans l'abstraction. Charles lui a juste lancé sans scier qu’il savait et c’est vrai qu’il n’avait rien a foutre ici, que ce qui c’est passé entre eux est gerbant. Le Britannique n’allait pas rendre meilleures leurs ombres, il acceptait. C’était comme ça, il en avait souffert pendant des années sous les silences feignant les réparations. Soit il dégueule sa colère, soit il sera trop fatigué pour le faire. Dans tous les cas, l’anglais est paralysé face a se spectacle navrant mais reste présent, n'ayant pas la bonne recette sur comment agir mais en étant là. Le brun prend la poche de sang sur la table que Magda à ramener et la met dans un verre qui semble être propre, il le verse puis s’approche étant donné que Callan est plus proche de la sorti que lui puis il lui fait glisser son verre contre le comptoir de la cuisine. «  Boit le  » il fronce les sourcils, il va l’envoyer boulet mais tant pis, il sait que ça lui fera du bien. «  S’il te plaît. » créve pas, bouffe putain. Il le cherche du regard de façon bienveillante, il cherche ses pupilles dans le néant. «  mange. »   au risque de se prendre une bouteille dans la gueule ou du sang dans la tronche.

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Vomir, de manière spasmodique, les sérénades mielleuses de tous ces moralisateurs ignares qui tentaient de le détourner de l'unique voie, du chemin tout tracé qu'embrasaient les avalanches de l'antimatière. Callan ne comptait que sur l'Invisible. Sur le fil de la déstructure, il était funambule, dévastateur maussade de cette multitude de couleurs inexistantes que les autres avaient choisi d'aimer. Ses compositions étaient poussiéreuses, faites de miettes avortées par la fatalité dangereuse de lacunes béantes. Ses constellations dépareillées faisaient suinter la violence au creux de ses sourires cannibales. Comment pouvait-il leur faire comprendre qu'il avait déjà été sauvé par l'Innommable ? Charles était tout aussi stupide que ceux qu'il méprisait. En se soumettant à la prétention vulgaire des idéaux de Wellan, il avait accepté de rejoindre la déraison sordide du bétail que leur nature véritable leur demandait d'anéantir. Il battait des cils, ronronnait à présent sous la prestance d'un homme fragile qui avait suivi la voie d'un vampire indigne ; Théodène qui n'était jamais parvenu à s'assumer. Les ressemblances qui unissaient son ancien amant à l'ennemi qu'il espérait un jour détruire se rejoignaient en la lâcheté qu'ils avaient de fuir ce qu'ils étaient. Ce visage qu'il avait tant aimé embrasser autrefois portait aujourd'hui les souillures de la couardise. Ils se sont perdus à l'instant même où l'anglais s'était décidé à sauver ce qu'il était dans le devoir d'assassiner par défaut. Ce n'était pas qu'une question de politique ni même d'amertumes personnelles. Anselm ne jurait que par la Vérité, aussi monstrueuse et absurde soit-elle. Charles, lui, se complaisait à bouffer les illusions dont il avait hérité. C'était un menteur, aussi banal et insipide que ceux que l'allemand avait déjà exterminé.

Il était devenu semblable aux chimères corrosives qui tailladaient son égocentrisme démesuré. Charles lui avait tourné le dos, préférant des principes abstraits à ce qu'ils partageaient. Callan l'avait vu sombrer dans les dédales humains de ce qu'il n'était pas, imposant l'image de sa propre mère comme excuse. Sa mère qui était humaine de son état et que Charles n'était définitivement plus. Leurs ébats se sont oubliés dans la répugnance que l'archer déchu vouait à la fausseté fallacieuse derrière laquelle des hommes comme Von Bürgstag se cachaient. Transformant la pureté de leur être pour réduire l'équilibre dans laquelle chaque être évoluait. Débat stérile. Puérilité terne. Callan soupirait, tentant de dompter sans succès, ces furies qui l'enrobaient de leurs charmes à chaque fois qu'un mensonge s'étalait comme de la merde sur son encéphale. Charles aurait dû le comprendre, il aurait dû le soutenir. S'il l'aimait autant qu'il le prétendait, leurs chemins auraient été similaires et le Néant serait parvenu à sauver les nuances enragées de leur liaison métaphysique.

Des brisures de verre qui tintent au sol, des vulgarités difformes dont brûlent les lèvres blessées, sont les seuls mélodies qu'il est capable d'émettre. Écartelé par les orages de son intimité profanée, complètement dépouillé des miracles que son nihilisme avaient fait naître aux prémices de son éternité. L'infidèle défend la succube et Callan ne peut s'empêcher de rire, rire qu'il accentue d'acerbité assassine et autour duquel il enroule les barbelés de sa haine impériale. Comment osait-il se pointer devant lui en sous-entendant ses faiblesses ? Comment osait-il lui présenter la pitié pondérée de ses bonnes intentions nauséabondes alors qu'il avait participé au commencement de sa chute ? Callan fantasmait de lui faire ravaler son inquiétude, il se dissipait dans les ravages de ses désirs ; se voyant déjà lui arracher la langue à main nue. Alors il avait craché, son dégoût et l'âpreté de la déception qu'il lui avait fait subir. Puisqu'il n'avait pas la force espérée pour le brutaliser, surestimant son endurance par mégarde, oubliant qu'il était toujours prisonnier d'un corps et que si la vivacité de son âme ne connaissait pas de limites, l'enveloppe qui le gardait frôlait quant à elle bien trop souvent le seuil de la malnutrition. L'usure lui lacérait les muscles et il n'avait que la bile de ses paroles pour s'offusquer et condamner l'homme à l'allure immaculée qui lui faisait face.

« Ce ne sont pas tes faux-semblants qui te sauveront de tes trahisons, Charles. »

Des pensées, véridiques et tranchantes, qu'il éparpillait sous le crâne de ce qui fut un jour son meilleur ami. C'est par la télépathie qu'il faisait crier la tonalité grave de sa voix, c'est par elle qu'il le jugeait avec impartialité. Au-delà des maux que son absence et sa duperie lui avaient laissé en souvenirs. Au-delà du fait qu'il fut assez con pour croire en des possibilités de meilleur avenir pour leur race alors qu'ils étaient naturellement supérieurs aux hommes. Callan le haïssait de lui donner l'impression de s'être trompé à son sujet et se maudissait lui-même d'avoir un jour laissé sa confiance effleurer l'âme trompeuse de l'anglais. À ces retrouvailles ridicules, il préférait la Mort de leurs délicieux scandales. Le tout qu'ils formaient n'était plus rien d'autre un reflet sur lequel il crachait sa virulence. Se redressant légèrement, l'allemand tentait de se reprendre. Par fierté. Il se devait de lui faire comprendre qu'il piétinait son aide avec les sabots de son acrimonie. Callan désirait qu'il se sente inutile, qu'il comprenne que sa présence au sein de son quotidien n'avait pas été aussi nécessaire que ce qu'il avait pu s'imaginer lorsqu'ils baisaient. Le rideau, sur leur vie ensemble, était tombé à la minute où les pas de l'anglais avait franchi la porte de la Fondation. Et s'il fallait qu'il le lui rappelle, Callan n'allait pas retenir le poison qu'avaient fait macérer ses agressives contrariétés. Il le regardait bouger, se mouvoir dans son espace vital comme s'il était en droit de le faire. Du sang en poche, versé dans un verre. Pour l'allemand, c'était comme se nourrir littéralement de merde. Le brun s'approche pour faire glisser l'élixir bas de gamme sur le comptoir, lui donnant ensuite un ordre. Il se ravise pour le supplier d'un échange de regard dont le blond se moque. Manger. Comme si cela pouvait changer d'une quelconque façon la situation lamentable dans laquelle il était tombé à cause de la folie naïve de Léandre... Callan s'avance pourtant pour prendre le verre. Entre ses phalanges, il le tient, inspirant les effluves froides du carmin qui commençait déjà à coaguler. Ses iris arctiques observent les teintes rougeâtres de ce qui aurait pu le renforcer, s'il n'avait pas été aussi rancunier et fier. Faisant pression sur le minéral translucide, l'allemand fait exploser le verre entre ses doigts, tâchant de vermeil l'épiderme adamantin qui le recouvre tout entier. Quelques éclats s'enfoncent dans sa chair lorsqu'il joint ses phalanges avec ardeur pour en créer un poing. Tout cela sans quitter le regard de celui qui l'importune, se fichant bien du liquide poisseux qui s'écoule sur sa peau jusqu'à la naissance de son poignet crispé. Lorsqu'il se détend, il habille ses lèvres d'un rictus hautain, s'avançant pour frôler l'intrus qu'il dépasse ensuite. C'est dans la salle d'eau qu'il s'éclipse, retirant sa chemise noire pour faire couler l'eau chaude dans la baignoire et ouvrir l'une des fenêtres pour laisser l'éclatement de la pluie contre l'asphalte l'apaiser.

Callan n'avait rien à dire à Charles. Il n'avait que son silence anarchique, bâtard des douleurs qu'il n'avouerait jamais ressentir et auxquelles il refusait de se plier. Sortant son paquet de Marlboro de l'une des poches de son slim, il s'est allumé une clope en laissant son regard se perdre sur la nuit tranquille qui berçait Dublin. Il alliait la frénésie de ses pensées à l'acharnement du ciel, se délestant de la bêtise pour se fondre dans l'évident. Callan finit par se déshabiller entièrement, s'immergeant ensuite dans la transparence de l'eau que son sang souillait tendrement. Dénué du moindre mot, Anselm s'était allongé dans la coquille de porcelaine, laissant sa peau et ses muscles douloureux s'oublier dans le firmament brûlant de l'eau réparatrice. Dérangé par la démence des préoccupations, il fumait, cherchant à anéantir les fissures face auxquelles il préférait définitivement faire le mur.  

NΞRIOИ



When you speak my name, it don't matter to me. Where you place your blame, it don't matter to me. Where could you be walking to, it don't matter to me. Take my wicked heart, it don't matter to me. Turn my twisted words, it don't matter to me. What are you here waiting for, it don't matter to me. Where do you go to, you don't matter to me.

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the blood is on your tongue
as well as your hands

"how can i relate to somebody who doesn't speak?"
 


Son âme était sur le sol, abandonnée sur la poussière du plancher, mêlée à la terre comme jamais. Ses croyances s’étaient dérobées sous les écorchures du temps, des mois, des jours, des années qui s’étaient débattues dans l’absence. Sa présence était troublée, son être errait avec une maladresse palpable. Le mélange des sensations était à la fois contradictoire et inattendu. Il y avait bien des choses qui s’aventurer dans l’espace de cet appartement. Invisible et inutile, il y avait cette douleur perceptible. Si le blond en ricanait, le brun s’était absenté trop fatigué de ce combat qui n'était pas le sien. Ereinté des silences qui habitaient l'invisibilité de leurs échanges, les furies et la distance. Tout cela le rendait fragile de bien des façons qu'il cachait sous le cuire des émotions du quotidien, c'était ancré profondément sous la paroi de son épiderme. Le vacarme du néant et des immondices n'étaient pas forcément la solution, les hourvaris de rage pouvaient s’effilocher sous les aveux. Les septante étaient distribués dans une oscillation d'autre outrage encore plus grand.   Dans le néant, il s’était lâchement blotti comme dans la matrice d’une mère fallacieuse. Salaì avait ressenti bien des tempêtes à l’absence de son frère. Le tournant de ses mouvements était bien trop douloureux pour qu’il puisse être vivant. C’était une cacophonie, qu’il l’embrasait d’un feu de tristesse. N’était-il pas plus respectueux l’un envers l’autre pour s’abîmer ainsi dans la discorde ? L’anglais s’avouait volontiers qu’il n’avait pas agi de la meilleure façon qu’il soit, il n’avait pas su s’exprimer de façon fluide et ses agissements étaient flous.  Porter par la confusion, mais ancrer dans la réalité qui fût son présent et qui était maintenant son passé. A cet instant, il avait le choix de fuir dans les abysses de la nuit, abandonner et accepter qu’ils ne se comprennent jamais ou essayer. Dessiner un pont malgré les factures qui sont présentes.

Son souffle mort se fait plus pesant à la réaction de son interlocuteur. Son sac d’os n’était pas en acier et le brun ce soucier de l’état de santé du vieux vampire. Ça lui importait et malgré ce qu’il pouvait bien penser. Il n’était pas le voir ainsi, il l’avait connu brûlant le prince de feu. Son état fantomatique, les dire de Magda, les rumeurs le flot d’information s’écrasait les unes contres les autres, tout cela était une douleur lancinante dans la cage thoracique de Charles. Un poids inexplicablement présent qui l’habitait. La tempête avait perdu la faim, l’anorexie en fardeau et la stérilité de sentir son besoin. L’éradication du besoin du fluide carmin vital à son fonctionnement, il n’était pas venu pour lui foutre en pleine face qu’il avait perdue de son brio, mais pour être là. L’Allemand avait beau l’infecter du virus de ses mots, de la furie de ses gestes Salaì restait présente, comme cette poussière encore. Ce n’était pas aisé étant donné qu’en quelques  regards l’ancien savait pour enfoncer les couteaux, il savait, car ils se connaissaient au-delà des années et des frontières du corps. Lui, connaissait le mélange des méandres de sa substance, ils étaient des terres qu’ils avaient explorées pour en cartographier les moindres sentiers. Capter l’essence de chaque plais suintante, sans prétention de pouvoir la comprendre, mais en sachant qu’elle était présente. L’optimiste incroyable de Charles s’était fracassé dans la division de ses peurs, il ne savait plus comment célébrer le vent de l’insouciance dans le noir de leurs relations qui s’était fragmenté en mille morceaux.   L’enfant dans son ventre lui aurait dit que ce n’était pas grave, que les étoiles elles aussi sont des poussières mortes dans l’atmosphère de la galaxie et qu’elles peuvent vivre encore dans ceux des yeux qui leur donnes le crédit d’être.  La douceur émergente de ses muscles vient calmer noeuds des tensions dans son intérieur. Anselm se fâche, fait tomber en morceaux le verre et s’efface de la surface de cette pièce laissée imbibée son venin d’une pensée à la fois meurtrière et meurtrie. « Ce ne sont pas tes faux-semblants qui te sauveront de tes trahisons, Charles. »  Les faux semblants ne l’habitaient pas, son inquiétude n’était pas une illusion. Visiblement le blond était toujours enfoncé dans la même spirale, il en avait le droit. Pourtant Salaì restait là au bord du gouffre de ses rejets le fixant avec ce calme sans doute qu’il pouvait paraître fébrile ce calme, mais la violence n’était pas présente. Ils acceptaient les brèches que Callan ouvrait pour y enfoncer les crasses qu’il voulait bien y mettre pour infecter l’ego. Les bouts de verre de la bouteille et du verre rempli de carmin parsemaient le sol et l'ancien vampire disparaissait.

Comment en étaient-ils arrivés là ? Les sourcils du brun se froncent. Le silence se promène encore dans la pièce, ils se sont habité celui-ci à traduire des mots qui n’existent pas. Interprétation parfois douteuse du poids de leurs saignements. Lui prétentieux silence vient remplacer l’hymne de leurs souvenirs entremêler, témoin de cette connexion qui flotte dans leurs sourires. Diamants bruts incrustés dans son crâne, il ne peut oublier. C’est le bordel. Il veut mettre de l’ordre, jette les morceaux de verres étalés au sol, se lave les mains. Ses pensées se balancent et puis, mécaniquement, il allume une cigarette comme une effigie. Il ouvre la fenêtre alors et la pluie tapote. Elle chante la tristesse qui ne passe pas ses lèvres. La fumée distrait son air. Rien de ce qui ne pourrait lui dire fera sauté sa barrière de colère et essuierai les blessures que tous deux ce sont infligé. Pourtant, l’Anglais avait la sensation d’avoir traversé les ténèbres, ses propres démons pour se tenir là. Les condensés de ses peurs étaient réunis et ce moquer de son être. L’anarchie ce fait reine dans son crâne, les pensées passent pourtant c’est une douleur tout entière qui lui compresse le sang. Ça se presse dans ses veines, ça s’écrase à l’intérieur. Des hurlements confus s’enfoncent dans ses cauchemars qu’il ne pourrait expliquer avec des mots.

La pression à l’intérieur de son être tournée, du bruit, la tonne de bruit de ses paradoxes qui s’étalent dans des fracas. Il a pris une bouteille qui traînait, lui pourtant pas friand des alcools venaient parsemer ses lèvres de vodka. Il est entré dans la salle de bain, observant de loin le vampire favalescent. La distance lui fait mal, la vision de lui amoché le harponne sans bruit. Il vient s’installer sur le sol de la salle de bain, près de la baignoire sans prétention. Il ne l’a pas contredit. Il n’a pas envie. Il n’a pas envie de se battre, il n’a pas envie de combattre contre lui. Il n’en a jamais eu envie à vrai dire. Ses phalanges caressent le goulot, ses pupilles sont aspirées par lui, voulant sans doute s’enfuir dans le néant de l’air de celui-ci. C’est compliqué pour lui parler de ses choses. « Ce ne sont pas des faux semblants. » Il n’allait pas faire semblant de se préoccuper de lui. Naturellement, il l’était parce qu’il avait fondé une relation familiale au-delà de l’amitié. « On est différent toi et moi, sur bien des choses.  Mais ça ne nous a jamais empêché de nous entendre de ce respecter aussi. »  Il se mord l’intérieur de la joue et maladroitement remet en place sa crinière brune. Bouleversé par l’Allemand  « Sauf quand tu m'as demandé partir.  Ta vision, c'n’est pas la mienne, je ne pouvais pas mentir et faire semblant.  Je t’ai jamais demandé ni forcé à changer ta façon d’être et de faire. » Parce que Callan portait des blessures, Charles pouvait le comprendre, mais ils ne les vivaient pas. Tout ça, il le savait déjà. «  Mais toi si, tu l’as fait. » L’anglais froncé les sourcils. « C’était tellement important pour toi que tu étais près à n’importe quoi pour ça. » Salinger n’avait pas les blessures de Callan ni son histoire. Il ne jugeait pas ses façons de faire non plus. Les menaces, les disputes, ça avaient été difficiles à gérer surtout quand c’est un proche. Dans tout cela il avait perdu bien plus. Il avait perdu son frère, son amant, sa famille et sa maison. « Je n’ai pas géré les évènements de la bonne façon. » Il reconnaissait bien volontiers ses erreurs, il avait été perdu, en colère, triste et il en avait accepter les conséquences pendant des années celle du grand troue entre eux. Aussi, Salaì le pensait en sécurité et épanouit aux côtés de son père.  «  Je suis allé à la fondation. Pas pour te trahir comme tu l’imagines. Pas pour me fondre dans quelques choses que je ne suis pas non plus.  »  Là-bas il n’avait pas pensé pareil que les anciens et il n’était pas jugé pour ça non plus. « Je me cherchais. Sans qu'on me dicte quoi penser, ni faire. » il s'était bien perdu de nombreuse fois

Soudainement, il apercevait la fatigue qu’il avait rejetée depuis des années avec violence il se le prenait dans la tête. La douleur des cendres de l’incendie qui avait dévasté sa maison, son abri. Les parcelles des rejets qu’il avait préféré oublier étaient là. Le blond qu’il l’avait accepté dans son entièreté avec toute la lourdeur de ses défauts et de ses qualités, il l’avait mis à la porte, abandonnée. Ils s’étaient abandonnés, ils avaient du sang sur les mains, les phalanges lunaires du Prince avaient coloré la peau d’ecchymoses le brun sans même l’avoir touché. La lourdeur de son être se baladait ici et là. Sur le carrelage, comme un fantôme qui n’essayait même pas de se débattre. L’Allemand avait le droit d’être en colère, blessée, déçu, indifférent ou toute autre émotion, mais ses émotions s’inscrivait en miroir à l’intérieur de Charles dans le passé. L’Anglais haussa les épaules attristées par les ruines qu’ils sont. La tristesse qui se débat en lui depuis des hivers et des printemps n’en finit pas. Ce temps qui filait si rapidement lorsqu’ils étaient ensemble, ce temps qu’il n’arrivait pas à saisir pour le stopper semble s’amuser à le tabasser au ralenti depuis des décennies. Il ne s’était pas attaché à cette douleur, il l’avait fait danser, retournée dans son cerveau, mais ne lui avait pas fait la place principale à l’intérieur de son être. Pour sa santé mentale, il avait tâché de se concentrer sur le bon d’être aujourd’hui. La vérité, c’était qu’il était paralyser, lâche d’être la tâche. Ses mots, sont être tout entier pouvait être sa lame de rasoir. Ils sont là, enterrés dans sa cage thoracique, tous ses maux qui raisonnent. Le Londonien n’a pas son manteau de cuir qui l’accompagne quand Anselm est là. C’est lui, nu, sans rodage, sans protection. Une pièce brute avec toutes ses fêlures et sans son armure. Dans le fantôme du silence, il devait puiser sa force. La rudesse des épines de Callan pouvait bien continuer de tracer leurs trajectoires. Ils les acceptaient.Tout ça s’était fait dans le brouhaha, dans ses propres arrachements.  «  T’as le droit de m’en vouloir comme j’ai pu t’en vouloir aussi,  mais je ne suis pas venu t’emmerder avec ça. » Ce qui est vrai, il ne l’avait pas cherché au creux des décombres pour lui demander le pardon et absoudre son âme. Non, s’il l’avait cherché c’est pour le voir vivant. Les comètes du temps avaient brûlé sur leurs passages bien plus. Charles est venu pour lui.

L’authenticité de sa foi comate aveuglément dans cette pièce, elle frôle l’air sans jamais toucher l’épiderme.  Les mots étaient inutiles. C’est là par la pensée qu’il poursuit, c’est par elle qu’il laisse s’échapper ses mots, de son crâne vers le sien. «  Je suis désolé de débarquer comme ça. » Il était sincère sur le coup, il n’aimait pas venir à l’improviste chez l’Allemand. Il aurait préféré le voir dans d’autre circonstance, et pas dans cet état. Il faisait avec ce qu’il disposait, comme il pouvait. Face au mur ou sol, le brun débattait sa musculature et s’efforcer. Dans une dévotion incompréhensible dont il était recouvert, il luttait même maladroit incompris.

C’est dans le silence toujours présent que l’anglais a ôté ses vêtements qui protégeaient sa chair. La pluie continuait son chant et le brun s’est enfoncé dans la porcelaine derrière Anselm. Charles écoutait le claquement de cette pluie, c’est une musique apaisante pour lui. L’humidité et la fraîcheur de la nuit sont un parfum qu’il trouve merveilleux.  Une fois installées ses jambes ridiculement grandes proches de celle de l’Allemand il s’est mis à continuer de penser   « Une offensive  se prépare » il fronçait les sourcils derrière le blond, l’eau venait réchauffer leurs cadavres. Ça lui faisait du bien. Il savait que pour l’Allemand c’était des choses importantes et il fallait le mettre au courant.   «  Il est en quarantaine, il a de bon soin, il n’est pas guéri mais il lutte, il élabore des plans. » C’est avec beaucoup de simplicité que l’anglais pensait tout ça en commençant à frotter l’épine dorsale de Callan pour lui ôter la crasse qui s’était enfoncée sur sa peau. « j’ai fais la connaissance de Graydon, un frère à toi. Il m’a aidé a te chercher après les bombardements jusqu’a temps qu’il se fasse prendre par les Tullamores. »  Ça ne devait rien lui dire, mais Graydon avait voulu le connaître, le retrouver. « Ils ont besoin de toi, je pense. » C’était un fait, c’est sa famille. Charles aussi avait besoin de lui. Avant ça il devait reprendre des forces.   «  Apparemment, tu aurais déconné   »  Il fronce les sourcils, il y avait de fortes chances qu’il ait fait n’importe quoi pour qu’on le punisse sévèrement en imitant les kamikazes. Sans doute qu’il voulait mourir quand il sentait son Sire mourant ou la situation chaotique dans laquelle ils étaient. Il était trop intelligent pour que ce soit des provocations bêtes.   «  Je sais pas ce que tu as fait. » Non, il n’avait pas la prétention de savoir ni d’avoir voulu savoir. « Ni comment tu te sens, ni ce qui ce passe.  »   il préfère mettre les choses au claire, il ne savait rien et ne prétendait pas savoir. « mais tu devrais arrêter tes missions suicide. C'est pas la solution, faut que t'arrête ça. » C'est pas la bonne solution, le britannique à pas envie de voir démantibuler l'Allemand, il lui dit.



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| tired of endless decay |


Here i am, without a home. Here i am, a carved out soul,
always alone, when i fall. Here i am, after all.

Sa dureté envers Charles était égale au poids des meurtrissures que sa trahison avait gravé sur l'écorce de son ego surdimensionné. De leur relation, il ne restait que des souvenirs en lambeaux, bousculés par des vents contraires qui renforçaient l'épaisseur gelée barricadant son muscle moteur. Callan ne parvenait pas à pardonner les mensonges alors que les fondations de sa confiance avaient été bafouées. Il n'arrivait à éloigner de son esprit la possibilité que le schéma persiste, encore et encore sans que sa tolérance ne finisse par éclater. Les mots lui manquaient autant que les raisons de lui pardonner ses erreurs. L'anglais avait un choix, c'était donc à lui d'en assumer toute l'ampleur. Callan n'était pas un homme que l'on pouvait abandonner sans représailles, bien trop entier pour accepter l'indécision dont transpiraient souvent les lâches ou les faibles. Ce sont les brûlures passionnées de ce que la Déraison lui chantent qui le rendaient si insaisissable et catégorique. Les incertitudes étaient ses ennemis, le flou quant à lui était aussi futile que les bonnes mœurs dans lesquelles ses opposants s'égaraient avec hargne. Comment pouvait-on être proche d'un être qui n'aspirent pas à se battre pour ce que l'on s'acharne à défendre ? Comment pouvait-on accepter l'affront d'une relation, même infime, alors que tout nous sépare ? L'allemand peinait à comprendre les rouages de ces complexités. Il préférait les briser, une à une, jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un tas de poussières que le vent se chargera plus tard de décimer au travers de l'atmosphère. Callan décidait de changer de pièce. Essoufflé et usé par les contusions qui ravageaient le fil de ses pensées ce soir. Il n'avait aucune envie de débattre sur leurs différences puisqu'il les connaissait au point qu'il aurait parfois aimé en oublier leur présence en sa mémoire. Puisque tout cela n'était plus digne de survivre, qu'ils avaient sombré à l'instant où les premiers murs du Manoir furent bombardés. Ces discussions qu'il taisait à présent, il les avait scénarisé à l'intérieur de sa boîte crânienne, ayant parfois l'impression de sentir le monde vaciller sous ses pieds tant les vertiges avaient remplacé ses certitudes. Les horizons qui se profilaient devant lui ont été percuté par l'amertume d'une avalanche de déceptions sous laquelle il a senti sa patience se flétrir. Il catapultait ses colères au creux des bourrasques qui sifflaient au-delà des murs l'entourant, laissant les ondulations de la nicotine remplacer le vide omniprésent qui s'entassent en ses poumons.

L'anglais vint le rejoindre dans la salle d'eau alors que Callan s'efface dans le mutisme des maux qui le guettent, de ceux à venir qu'il est prêt à embrasser au-delà des défaillances de son corps. Il avait pour habitude de sentir l'horreur s'étaler à la surface ancestrale de son dos, les indécences se nichant au plus profond de ses reins. Callan acceptait les pénitences, émiettant l'affront qu'inspiraient ses fantasmes aux hommes pieux, ravagés par la sobriété. Tout ce qui lui importait était le silence, un abandon solitaire dans les profondeurs des eaux emplissant sa baignoire. Les clapotis de la pluie jouant le rôle de ses battements cardiaques qui en lui ne battaient plus depuis des siècles. Transporté par les substances, l'Esprit altéré par l'ignominie de l'Humanité, il effleurait la silhouette de Charles ; préférant laisser ses prunelles s'attacher au vide intersidéral qui meublait ses jours autant que ses nuits sordides. Le brun s'était mis à parler, troublant l'eau des frémissements rauques d'une voix que l'allemand deviner user par la situation. L'indifférence que portait les traits de son visage ne le rendait pas moins attentif et observation. Incapable de relâcher la pression mentale qu'il s'infligeait à chaque instant, incapable de simplement baisser les armes ne fusse qu'un instant en présence d'un individu externe. Il était soumis à la méfiance impériale de sa paranoïa puisqu'il avait cessé de lui faire confiance depuis des années. Puisque le beau était définitivement derrière eux. Ses lèvres restaient closes. Il ne s'opposait à rien, se contentant d'écouter, lassé de retourner une énième fois cette même poussière qui se montrait récalcitrante au point qu'elle n'en devienne une obsession intoxiquée par les haillons d'une splendeur qu'il n'était pas prêt de revivre avant un bon moment. L'homme se défait de ses vêtements pour le rejoindre dans l'eau, se positionnant derrière l'allemand, l'entourant de ses jambes qui effleurent la nudité des siennes. Par habitude, mais surtout par refus de faire fonctionner ses muscles davantage, Callan tolère ce rapprochement alors que sa peau meurtrie se soulage de la température brûlante de l'eau qui les enveloppe. Il était pourtant toujours silencieux, réfléchissant en surface aux mots que l'anglais avait lancé dans l'air environnant de son appartement. Son opinion sur la question, il en avait déjà fait part. Plusieurs fois. L'allemand était un livre ouvert, emplis de lignes écrites au carmin qu'il avait fait coulé. Il était aussi translucide que l'eau dans laquelle il baignait son corps contusionné. Il assumait tout ce qu'il était, de la pire infamie qu'il avait créé au plus sincère de ses sacrifices.

Alors que Charles se complaisait dans ces illusions qu'il dessinait avec constance et ingénuité, il en peaufinait des mirages qui n'ont jamais réellement existé et qu'à présent, Callan méprisait. Puisque dans la torpeur de cette léthargie morne au sein de laquelle ils s'étaient rencontrés, l'allemand s'était laissé entraîner par sa fougue éphémère et le tintement de ses rires cristallins. Il en avait presque oublié son existence et les devoirs qui s'y tissaient. Tout était parti en fumée et les charmes du passé se faisaient de moins en moins effectifs. Charles lui faisait comprendre qu'il n'était pas venu pour crucifier un peu plus leurs tourments personnels et poursuivait dans l'intimité qu'offraient leurs échanges de pensées. Il s'excusait de débarquer ainsi, le mettant face au fait accompli pour ensuite lui murmure ce qu'il se passait, des informations sur Léandre et plus précisément sur l'existence d'un nouveau frère. L'amalgame des émotions qui s'entrelaçait au muscle moteur de Callan brutalement le fit se crisper avec force, il en balançait le mégot de sa cigarette, serrant la mâchoire de contrariété et c'est finalement sa voix qui retentissait dans la pièce. « Pourquoi tu me balances ces choses comme si ça ne valait rien ? Graydon ?! Je ne sais pas même pas qui est ce mec. D'où sort-il, putain ?! » Se redressant quelque peu il passe de l'eau sur son visage alors que ses sourcils se froncent à mesure que sa poitrine se compresse d'emmagasiner encore une autre existence le séparant un peu plus du français. Callan était en équilibre sur le fil de ce dont il était sûr et de ce qui mitraillait ses assurances. Il ne savait plus et les mots de Charles ne faisaient que l'écorcher davantage. Bien plus lourdement que n'importe quel coup. S'en rendait-il seulement compte ou manquait-il de compréhension à ce point ? « Une offensive... ? Qu'est-ce que tu veux que j'en ai à cirer. Qu'il demande à Sedna de remplir ses fonctions. Je n'ai plus rien à faire là-bas. Il me l'a fait assez bien comprendre. » Son ton était dur et incisif, comme un canif que l'aurait oublié d'aiguiser. Il était rugueux et désagréable, soupirant lourdement de ce qu'il comprenait et de ce qui ne cessait jamais de le tourmenter. « Ce que j'ai fait ? » Il rit, de manière insensible et trop froide pour que l'intonation en soit sincère. « J'ai violé ce putain d'opposant qu'est l'aîné McIntyre, voilà ce que j'ai fait. Et crois-moi, je ne suis pas de ces personnes que l'on regrettera par soucis de conscience. Je préfère que l'on me traite comme un paria plutôt que de me soumettre à leur vulgaire hypocrisie à tous. Kieran était trop sûr de lui et de ses convictions à la con. Il réfléchira deux fois avant d'ouvrir sa gueule maintenant. » Et il ne le regrettait pas ni la terreur qu'il fait naître à même sa chair ni même les souvenirs affreux avec lesquels il a sali la mémoire du jeune vampire. Pour lui, plus rien n'avait de sens et tout ne se résumait qu'au chaos. Et si les autres refusaient de l'accepter, Callan lui s'en servait comme s'il s'agissait de la plus puissante des armures.

NΞRIOИ



When you speak my name, it don't matter to me. Where you place your blame, it don't matter to me. Where could you be walking to, it don't matter to me. Take my wicked heart, it don't matter to me. Turn my twisted words, it don't matter to me. What are you here waiting for, it don't matter to me. Where do you go to, you don't matter to me.

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Callan   ϟ  Charles .

Une cacophonie s’implante dans ses tympans, un bourdonnement le prend. La douleur de n’être qu’un débris est là. L’éphémère était son berceau, il ne savait qu’adopter cette posture, être le vent, s’effacer, s’envoler vers d’autre horizon pour flâner puis il y a eu Callan. Contre cette entité, c'était différent, il s’était posé, blotti, en créant même un nid. Installé là, l’Allemand l’avait touché de bien nombreuse façon. Il ne le voyait pas comme on le décrivait et ça l’importait peu. Son rire se mariait à merveille contre les siens et il n’avait pas su sauver cette union des sons.

Cette irascibilité se distillait de façon perceptible, tranchante. Elle faisait trembler l’intérieur du Britannique doucement, sans doute encore un peu fragile d'être à son contact alors qu'il n'avait connu que son souvenir pendant des années. Son estomac était noué. Il avait envie de le serrer dans ses bras et s'envoler, mais l’heure était d'avaler des conséquences. Le brun lui aussi avait été en colère dans le passé contre le blond, d'avoir émis les menaces à l’origine de son départ, pour s’évader sans cesse dans les bras de son créateur, de sa fidélité sans faille qui lui a mâché le cœur, mais aussi, car il a toujours fermé les yeux sur eux. Charles s’en voulait à lui même d’avoir également de sa lâcheté, de ses faiblesses. Il avait été en colère contre les réalités, cette lutte l’avait incendié mais finalement elle faisait partie de la vie, partie d’eux même. Il l’admettait, il ne se battait pas contre l’empire des sentiments coupant de l’allemand à sa vision. Le mépris, la colère. Il acceptait les dommages, même s’il aimerait tout effacer d'un revers de main. Utopiste.

Vagabondant, son âme fertile d’enthousiasme et insouciance s’était recouverte de suit. Tout son amour s’était enveloppé d’un linceul, morne et triste quand leurs chemins s'étaient séparés. C’était ainsi,  il n’était pas un roi, il n’était pas un esclave, lui n’était que poussière parmi les poussières qui s'étaient mises à scintiller comme une étoile. Sans son ciel, il était naufragé dans la vague, il voyait son âme parfois faiblir. Sans voir le rivage, il semblait se perdre en mer. Il s’épuisait a bout de souffle dans les illusions, se prostitué parfois dans les éphémères priant secrètement pour un meilleur. Le brun ne comprenait rien à ses camps, à ses choix océans de barbarie. Il ne comprenait que la liberté.

Après ses mots, il s’était réduit ensuite au silence en oubliant ses rêves. « Pourquoi tu me balances ces choses comme si ça ne valait rien ? Graydon ? Je ne sais pas même pas qui est ce mec. D’où sort-il, putain ? »  L’allemand se redresse, met de l’eau sur son visage. Charles a la consomption qui s’étendre dans ses muscles. Il ne peut rien faire, impuissant encore face aux réalités. Peut-être qu'il n'aurait pas du en parler, mais il voulait l’informer, pour qu’il domine pour qu’il revienne.  « Une offensive... ? Qu’est-ce que tu veux que j’en aie à cirer ? Qu’il demande à Sedna de remplir ses fonctions. Je n’ai plus rien à faire là-bas. Il me l’a fait assez bien comprendre. »  Il s’était effacé pour qu’il puisse vivre son amour sans avoir à se débattre dans la nuisance de sa présence. Tout ça pour rien ? Il avait fait une erreur. Charles s’est délesté de la pression qui voyageait entre sa nuque et sa boîte crânienne pour se laisser contre l’épine dorsale de Callan. « Ce que j’ai fait ? »  Il était fatigué son rire n’annonçait rien de bon. « J’ai violé ce putain d’opposant qu’est l’aîné McIntyre, voilà ce que j’ai fait. Et crois-moi, je ne suis pas de ces personnes que l’on regrettera par souci de conscience. Je préfère que l’on me traite comme un paria plutôt que de me soumettre à leur vulgaire hypocrisie à tous. Kieran était trop sûr de lui et de ses convictions à la con. Il réfléchira deux fois avant d’ouvrir sa gueule maintenant. »  C’est un long soupir qui s’est échappé des lèvres de l’anglais alors que l’air ne lui servait à rien.

Dans le silence, il avait vu pire. Il aurait pu le tuer, mais Kieran était devenu son message, sa bannière. Kieran, le Britannique le connaissait. C’était son ami, maladroitement certainement. Il l’avait connu paumé. Anslem savait ce qu’il faisait dans son flux de paroles. « Tu pourrais violer tout ce qui t’emmerde, ça changera pas que ça existe. »  Il en serait capable de profaner tout ce qui l’irrite avec une insensibilité qui pouvait bien le prendre, sous ce manteau-là, il y avait la douleur, mais la félicité n’était pas au bout de chemin. Ce n’était que l’expression de l’érosion de ses sentiments. Charles n’aimait pas le voir s’évanouir dans ses cycles. «  C'est les Tullamore qui nous enferment et nous empoisonnent comme des insectes parce qu’ils ont peur. C’est ça le problème. »   Il n’analyse pas, il n’y arrive pas. Charles a enfoui son crâne contre son épine dorsale, il s’y enfonce avec une douleur qui le prend dans son thorax à ses nouvelles, qui l’emmène. Ça le brûle ses évènements même s'il n'en laisse rien paraitre. « Tu l'aurai appris, c'est ta famille. Tu me l'as toujours dit. Je ne sais pas ce qui s’est passé. Je ne comprends pas tout ce qui se passe non plus, mais je voudrais juste que tu sois là.» L’Anglais ne se pensait pas être immuniser contre les fracas de l’Allemand, loin de là. Il en avait vu couler sur son échine de toute sorte, son entité ne pouvait que faire face, arrêter de fuir. Il ne saisissait pas grand-chose à ce qui s'était passé pendant les années ou il n'avait pas été présent dans sa vie. Tout ce qu’il connaissait c’était le goût de l’absence. Ils étaient tous là, sauf lui. Avant, il l'acceptait la distance parce qu'il se disait qu'il était auprès d'eux, mais eux étaient là sans lui. La coalition en était l’origine de ces .  

Jamais il n’avait pu le laisser complètement, l’Allemand s’était ancré dans son être, tatoué  sans qu’il n’ait à partager le même sang. Qu’importe les mouvements du vent, la présence d’Anslem était coincée dans ses fragments. Ses phalanges se sont posées sur son ventre, il s’est redressé sur son dos en douceur passant sur sa chair de neige lacérée par des marques qui n’allaient pas tarder à cicatriser. «  Je voulais qu’on s’en aille tous les deux, mais c'était pas possible et tu m’as jeté aussi je te signal. » C’était naïf, mais il en avait eu le rêve fou. Il voulait quitter le manoir avec lui, ce n’était pas possible. Au début ses idées étaient une provocation pour faire parler la douleur qui le prenait comme un requiem, ça ne servait à rien. Au fur et à mesure ça avait mis de la pommade sur ses blessures salées. Il voulait faire autrement, durablement en évitant de perdre ceux qu’il aime.  Il s’allonge contre la porcelaine en passant de l’eau sur ses épaules de l’Allemand, calmement et sur ses plaies. Sous la colère, Callan mordait, il attaquait de façon animale, ça l’avait sauvé bien plus d’une fois. «  Je pensais que tu serais bien. Je voulais que tu le sois, vous étiez réunis et je n’arrivais plus à me gérer non plus de mon côté. » Il n’arrivait plus à tenir. Les coups de reins, les nuits partagées ne suffisaient plus. Il était égoïste et face à l’infini, que pouvait-il faire ? Pour Charles ils étaient devenus l’Univers quand ça ne semblait plus être qu’un jeu pour Anslem. Oui, il avait manqué de courage d’assister à tout ça, fatigué. c’était mieux qu’il laisse le Roi et son Prince. Égoïstement à chaque fois il souffrait de le voir s’éloigner de lui, encore.

La rivière de feu avait laissé en lui des sourires et des écorchures, il ne pouvait l’expliquer, ça l’avait pris comme ça dans une soirée londonienne. Son parfum l’a enivré , il était plein, débordant de ce qu’il n’avait jamais réellement connu, ça transformait les pierres en diamants sur des rires chamboules les marrées. Cette énergie intraduisible qu’il le consumait, sans qu’il ne puisse saisir entièrement se langage naturel qu’il parlait avec aisance en son contact. Pour l’Anglais, Callan n’avait rien eu d’éphémère dans sa vie. Ses lèvres se sont posées contre sa chevelure. Ce contact, il en avait rêvé, ça l'avait fait tenir dans des moments sombre.  « Je n’avais plus rien, plus que les échecs et nos souvenirs. Je me suis cherché, j’ai longtemps été juste là sans me sentir concerné parce qui m’entouré.  Je veux qu’on soit libre. J'ai pas envie qu'il t'arrive des merdes non plus.»   Il ne lui avait resté que les braises qu’il avait emmenées pour se tenir chaud pendant ses longs hivers. La tristesse des échecs sur son coeur, les ecchymoses encore douloureuses.  «  Tu veux bien te nourrir un peu ? » 


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| tired of endless decay |


Here i am, without a home. Here i am, a carved out soul,
always alone, when i fall. Here i am, after all.

Plus de point de rupture. Rien qu'une succession de coupure, un temps d'adaptation aux litanies coupantes que porte sa déchéance. Il fallait savoir tomber. Savoir avaler. Pour mieux se relever et vomir. Renouer avec la rugosité violente du sol que ses hautes sphères lui avaient fait quitté. Se fondre dans les profondeurs de ces marécages douteux, laisser la Bête s'exprimer pour mieux imposer sa loi sur les Hommes. Callan connaissait les chemins à suivre. Habité à l'endurance amère, au désespoir poisseux dont pouvaient jouir les démons habitant son âme. Il ne craignait rien de toutes ces choses. Il refusait de craindre quoi que ce soit. L'Allemand se voulait maître implacable de ses perditions. Ne pas lutter mais simplement se laisser porter, écraser du poids monstrueux des vagues insolentes. En faire des alliées plutôt que des ennemies. Composer avec les conséquences qu'elles infligent, succomber à la suffocation temporaire qu'elles impliquent. Et puis revenir, à l'anéantissement des maelströms, assez impétueux pour faire frissonner l'océan mais loin d'avoir la force de le détruire. Callan ne désirait plus collectionner les victoires. Cela l'indifférait, tout comme le reste du monde. La phase qui embrassait son esprit à l'heure actuelle était léthargique et laconique. Il était lassé, de leur agitation insane autour de lui, de leurs soupirs d'égoïsme qui polluait son environnement comme le ferait le pire des poisons. Soudainement mal à l'aise, d'encore éponger une trahison. De devoir faire face au fardeau qu'on lui a laissé en héritage. Alors après avoir craché les épines qu'ont lancé ses pensées, il s'est tu. Repoussant jusqu'aux précipices de son indulgence, l'incapacité qu'il avait de s'exprimer davantage. Léandre avait un infant, élargissant sa collection. Anselm lui s'était retiré de l'équation et ne parvenait pas à regretter sa décision. Il n'avait pas besoin d'aide. Il n'avait pas besoin qu'on le materne. Ce qu'il recherchait, avant toute chose, ce n'était que le silence et l'oubli. La disparition presque totalitaire de toutes les émotions avec lesquelles Léandre avait pour habitude de le secouer. Callan écoutait l'opinion de Charles sans réellement vouloir l'entendre. Pas mieux que les autres. Pas digne, non plus, de la confiance qu'il avait pu lui donner des siècles plus tôt. Callan, en vérité, n'avait plus confiance en qui que ce soit.

Il évoquait Tullamore comme s'il connaissait le fond du problème. Il évoquait les hommes comme s'il les connaissait mais leurs points de vues étaient en profonde contradiction. Charles était bien trop jeune, au final, pour comprendre ce qui posait réellement problème. À ce qu'il prétendait, Callan n'a fait que secouer la tête négativement, la voix bercé par un rire plein de cynisme. « Tu es naïf, Charles. Tu l'as toujours été. Les Hommes n'ont pas besoin d'avoir peur pour détruire. Pourquoi faire preuve de compassion alors qu'ils s'entre-tuaient bien avant que notre existence ne leur soit révélée ? Réfléchis un peu. » Ce n'était pas un motif suffisant. Irrecevable à l'esprit ancien que possédait Callan. Des conneries qu'il ne prendrait jamais le risque de bouffer pour la gloire superficielle d'être considéré comme un homme de bien. Il n'avait pas besoin qu'on lui explique l'Humanité. Il la connaissait, autant dans la Beauté qu'elle faisait miroiter que dans l'atrocité dont ils étaient capables pour le simple plaisir de dominer. Les contacts qu'il infligeait à sa peau ne faisaient que le crisper davantage. Pour la simple raison qu'ils ne se comprendraient pas sur ce point et que leur relation ne changerait ni ses opinions ni ses ambitions. Callan n'avait pas envie de sombrer la folie qu'était la clémence. Il refusait de s'abrutir à la faiblesse que possédaient ces soit-disant bons sentiments qu'on lui recommandait d'éprouver davantage. « Léandre était ma famille. Personne d'autre. » Non, personne. Encore moins Sedna. Alors pourquoi un autre ? Qu'est-ce qu'il pourrait être de plus qu'une irritation supplémentaire à son Éternité ? Callan était persuadé que cela ne pourrait que les détruire. Il avait trop longtemps aux côtés du français pour accepter l'idée que quelqu'un d'autre intègre cette intimité, qu'aujourd'hui, ils ne possédaient plus.

Il acceptait donc le désert de l'indifférence, se laissant entraîner par les appels incessants que lui lançait le Néant. De toute évidence, sa Mort le coupait irrémédiablement d'un quelconque sentimentalisme. S'acharner à retrouver cette fébrilité qui faisait de lui l'adolescent qu'il était autrefois n'était qu'une stupidité, vide de sens et d'intérêt. Les vampires étaient des damnés. Qui donc était-il pour se rebeller contre des millénaires de malédiction ? L'oser aurait été un affront insolent, une vanité dont Callan était, originalement, dépourvu. Et Charles, dans sa grandeur erronée, ne le comprenait absolument pas. Il valait mieux pour l'anglais de changer de sujet. Dans le cas contraire, il se devrait de faire face à son acerbité. Et s'il fallait que l'Allemand brutalise sa sensibilité pour qu'il cesse de s'en plaindre, il le ferait. Sans l'ombre du moindre doute. Des explications, tant d'excuses qui justifiaient son simple abandon. Son incapacité à faire face aux réalités de ce qu'ils étaient : des monstres, condamnés à se nourrir des Hommes. Là était leur rôle. C'était pour cela qu'ils avaient été désignés et c'est pour cette raison que leur Horreur persistait depuis la nuit des temps. Callan ne cherchait pas à être ce qu'il avait de ne plus jamais être. Callan ne se battait pas contre ce qui faisait de lui la créature nocturne qu'il préférait être. Quand est-ce que Charles allait le comprendre ? L'Allemand n'avait pas envie de se justifier, encore moins qu'on lui indique le chemin à suivre. Il assumait les conséquences. Ce qu'il n'acceptait pas, c'était d'endurer les fissures de cette fidélité à laquelle il était si profondément attaché. Charles le comprenait, même s'il peinait lui-même à le tolérer. Des mots qu'il lançait dans la limpidité de leur silence, Callan n'en retenait que l'essentiel, même si la plupart de ses paroles s'associaient à des idéaux inaccessibles, des rêveries qu'ils ne pourraient jamais effleurer.

« Et tu crois que j'aurais pu vivre ainsi, avec toi, loin ? Alors que Léandre s'enfonçait de plus en plus. » Il avait du mal à croire que Charles le prenait pour ce genre d'homme. De ceux qui brisent leur propre parole aux dépens de leurs propres intérêts. L'Allemand n'a jamais été de ce genre, pourtant. « Ce n'est pas que mon amant. C'est aussi mon père, Charles. Est-ce que tu aurais laissé ton père se faire dévorer par des démons ? » Callan connaissait la réponse alors pourquoi l'anglais ne connaissait pas les siennes ? Il en perdait ses mots, sa voix s'affaiblissait à mesure que la fatigue le prenait. Il soupirait, sans qu'il ne le contrôle. Les craintes de Charles envers la cadence que l'Allemand mettait à son existence étaient peut-être fondées mais il était assez grand pour en assumer les conséquences. « Plus tard, je n'ai pas faim. » L'appétit coupé. Séquelle qui lui collait à la peau, inlassablement. « Dans tous les cas, ton message est passé. Tu peux partir tranquille. » Retourner auprès de Wellan, se perdre dans ses idéaux, déjà perdus d'avance et le laisser, lui, dans cette torpeur qui lui était devenue si familière.

NΞRIOИ



When you speak my name, it don't matter to me. Where you place your blame, it don't matter to me. Where could you be walking to, it don't matter to me. Take my wicked heart, it don't matter to me. Turn my twisted words, it don't matter to me. What are you here waiting for, it don't matter to me. Where do you go to, you don't matter to me.

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