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 Redemption ꕥ PV Jayden

Vampire
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Redemption
Jayden & Orfeo

Ambiance

Une nouvelle nuit. Un nouveau monde. Porteur de nos cicatrices, de nos injustices, de nos vices. Enfermés en Irlande nous ne pouvions plus fuir nos fantômes, encore moins nos semblables. L’âge d’or des vampires semblait s’être éteint comme une chandelle qui a trop longtemps brûlée. Trop longtemps massacrée. Quand mes yeux arpentent les rues de Belfast, vides et repues du cauchemar des immortels, je me demande encore si tout cela aurait pu être évité...Et la réponse, aussi sournoise fut-elle, est toujours la même: non. Malgré toute ma bonne volonté et celle de bien d’autres vampires, je savais qu’on ne pouvait changer la nature d’un être - quel qu’il soit - contre sa volonté. Dieu ou le diable n’était qu’un choix que nous faisions à chaque instant. À chaque opportunité que la vie nous offrait. Mais la question qui résidait au bout de ma langue est la suivante: avons-nous le droit à la rédemption? Existe-t-elle seulement? Où est-ce encore un mythe, bon à endormir les croyants et à faire rire les impies?

Mes pensées divaguaient dans mes souvenirs me ramenant subtilement jusqu’à Jayden. Jusqu’à cette époque où je croyais dur comme fer qu’il me prouverait que cette fameuse rédemption était possible. Qu’il me montrerait à quel point la volonté divine était forte et impétueuse, à quel point Samuel, et tous les autres avaient tort de ne pas croire en lui comme je l’avais fait...Mais au final, c’était le péché d’orgueil qui m’avait cueillit tandis que tu étreignais nucléairement le monde. Comment avais-je pu autant me tromper à ton sujet? Comment ma foi, avait-elle pu m’aveugler à ce point? Je ne le savais pas. Je pense ne jamais l’avoir su. J’avais préféré te garder à distance - comme ma présence ne t’était plus requise - et t’oublier à travers maintes et maintes rencontres.

Devrais-je oublier la rédemption comme je l’ai fais avec toi? Devrais-je ne plus considérer cette option, la laisser flamber au soleil, comme certains vampires l’avaient fait de leurs corps? Était-ce cela le futur désormais? Survivre ou mourir. Ou bien, pouvais-je encore oser alimenter ma foi comme on nourrit un feu. Devais-je sortir de ma cage - cette maison - rejoindre les miens et leur fournir mon aide? Devais-je encore jouer un rôle sur cet échiquier géant ou au contraire me laisser faucher, comme ce qui aurait du arriver il y a plus de six siècles? Des questions sans réponses, des portes sans serrures. À quoi bon s’acharner quand tout semble détruit? Et pourtant, n’était-ce pas pour cela que j’étais sorti ce soir? Pour récupérer quelques outils pour continuer la réparation de la maison?

Je fermais la porte de la bâtisse. Léonard et Catherine étaient cantonnés au premier étage maintenant que la nuit était tombée. C’était une sécurité comme une autre afin de ne pas attirer les envieux. Les rues de Belfast étaient sécuritaires en journée pour des mortels, mais pas dès que la dernière goutte de jour ait été avalé par la nuit. Je déposais quant à moi mon long manteau noir sur le porte-manteau, déboutonnant dans la foulée quelques boutons de ma chemise noire afin d’être plus décontracté. Je ne possédais pas le besoin de chaleur, toutefois, j’avais pris l’habitude d’allumer un feu dans la cheminée afin de garder l’âme de cette maison. De plus, créer une routine dans un monde en perdition, était une façon de ne pas perdre mes esprits.

Tandis que je déposais le bois, avant d’utiliser le briquet, mes pensées revinrent me bousculer. Et si au final, il était temps que je m’occupe de cette rédemption, que je m’implique davantage? Les premiers crépitements se mirent à chanter tandis que je rabattais le grillage pour éviter que des étincelles surgissent. Je recevais de la visite de temps à autres, ce qui me permettait d’être au courant de ce qu’il se produisait au château. Je me renseignais particulièrement sur cette maladie qui nous attaquait, nous qu’aucun virus ne pouvait contaminer. Une part de moi avait le souhait d’aller apaiser la souffrance, sans crainte pour ma propre vie. Mais l’autre n’avait pas envie de jouer encore, elle avait juste envie de se coucher, d’oublier, sans pourtant virer fou.

Mes pensées me torturaient encore quand j’entendis qu’on toquait à la porte. Mes sourcils firent un pli, tant j’avais associé les visiteurs à des nouvelles de ce nouveau monde malade. Je délaissais la quiétude du feu afin d’aller ouvrir. Dois-je te dire dès maintenant qu’avant même d’ouvrir la porte je savais que c’était toi? Comme une évidence, cette odeur familière trop longtemps disparue. Ma main se posa sur la poignée et ce fut après une longue inspiration - factice - que je l’ouvris. Je fus alors saisi par ta vue. Saisi par tous ces souvenirs qui affluèrent jusqu’à ma conscience et que je décidais d’éteindre pour ne pas m’enflammer. Un sourire - doux - naquit sur mes lèvres. Et c’est sans un mot que je t’invitais de la main à pénétrer dans mon antre. Je te laissais ainsi me dépasser, tandis que j’humais ton parfum comme un amoureux le ferait d’un bouquet.

Une fois la porte refermée, je vins à tes côtés afin de te guider - silencieusement - jusqu’au salon où le feu vivait. Ce n’est qu’à ce moment-là que je pris le temps de t’accueillir par la parole: «Qu’est-ce qui t’a prit tant de temps pour me retrouver?» Aucun reproche dans ma voix. Tu savais que je n’aimais pas condamner en jugeant précipitamment. Toutefois, tu seras peut-être surpris de sentir que tout n’a pas été effacé entre nous. Que le massacre de masse était quelque chose qui pesait encore fortement dans ma conscience...et que par notre lien, tu me rendais en partie responsable d’un tel acte.

Mais pour le moment, ma voix était douce et mon intention sans malice. J’avais appris que tu travaillais sur un possible vaccin...Mais avant tout cela, qu’est-ce qui t’a retenu loin de moi?


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Forgive and Forget
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Ta présence, ça faisait quelques temps que je la ressentais. Une présence que je tentais de renier, que je voulais oublier, pourquoi ? Sans doute à cause de la honte, la culpabilité, ces petits sentiments humains que j’apprenais à ressentir plus le temps passé. Tu n’images pas combien c’est compliqué pour moi. Autrefois sociopathe de haut niveau, je ne ressentais rien, pour personne, pour que dalle. Hormis la science. La science, mon premier amour, les premières découvertes qui m’ont fait frissonné, qui m’ont appris à ressentir cette petite montée d’adrénaline face à des petites découvertes qui deviendront grandes. Et puis, et puis il y a eu Araël. Toi et moi, c’était déjà fini depuis longtemps, depuis quelques années. Une cinquantaine environ. Je l’ai découvert jeune, je l’ai épié, et puis, je l’ai protégé. De tout. Des coups de son père, de cette salope de femme qui le cocufiais. Je l’ai aimé. J’ai ressenti pour la première fois des sentiments envers une personne. Toi, je t’avais aimé. Oui. Sans doute bien plus que je ne le prétendais, mais je l’ignorais, alors qu’avec lui, c’était une évidence. Et puis, j’ai découvert les hommes, le plaisir, l’orgasme, une explosions d’émotions. Jonathan, mon premier infant. Taylor la seconde. Je les aimais tous. Mais j’ai surtout appris que ça me rendais faible. Jonathan est parti parce que je le trompais, et j’ai souffert. Vingt ans enfermé dans le manoir de McGuinness. Vingt ans à perdre tout simplement… Mon temps. Avant de revenir. Avant de me réveiller. De réaliser qu’il fallait que je me bouge. J’avais peur. Peur de te voir me haïr. Parce que je savais. Que oui, je savais que mes conneries étaient pour une grande partie impardonnable pour toi. Que je n’atteindrais jamais cette rédemption que tu attendais-toi de moi. Toi l’homme d’église, face à moi, le rationnel, l’homme de science.

Alors je m’étais enfermé dans mon labo. Enfermé dans mes recherches. Depuis des semaines. Ne dormant que trop peu. Aidé et épaulé par Killian, on passait notre temps à trouver un remède contre cette saloperie qui nous bouffait. La maladie prenait de l’ampleur, de plus en plus. De jour en jour. Elle gagnait du terrain, et nous, nous on était complétement bloqué. Avançant, mais pas assez vite à mon goût. Alors j’avais fait l’impasse sur le sommeil. Ne dormais que quelques heures par semaines. Histoire de reposer mon encéphale mais de ne pas perdre de temps. Fumant de trois à quatre paquets de clopes par jour, vidant de l’alcool plus que de raison, ne prenant des douches que lorsque je commençais à sentir un peu trop le putois. C’était l’avenir de notre race que je portais sur mes épaules, et je refusais de perdre, je refusais d’échouer. Ca m’aidait à oublier cette présence qui m’appelait. A t’oublier aussi sans doute. A ne pas penser à toi pour ne pas franchir, pour ne pas faiblir, jusqu’à ce que l’inquiétude reprenne le dessus. Tu étais là, ici, quelque part à Belfast. Je pouvais le ressentir. Ca voulait dire que tu t’étais fait avoir, où bien que tu t’étais livré toi-même par altruisme. Va savoir. Je n’avais jamais compris comment tes agissements. Je crois que ça me dépassait. Que tes croyances me dépassaient. L’irrationnel était un domaine dans lequel j’évitais de me lancer. Rien que notre mécanisme c’était trop… Surnaturel pour moi. Alors croire en ton Dieu ? Comment croire en ce qu’on ne voit pas ? Tu m’en demandais beaucoup O. Mais tu restais mon Sire. Ce Sire que j’avais aimé. Ma béquille. Bien plus que tu ne pouvais le croire. Ton absence avait laissé un trou béant dans mon âme. C’était une certitude.

« Puis merde. »

Parlant pour moi-même j’ai balançais les gants en latex dans la poubelle, retirant ma blouse blanche avant de la balancer dans le panier à linge sale. Quittant mon antre pour remonter prendre une douche dans ma piaule. J’avais une salle gueule. Les traits tirés par le manque considérable de sommeil, mon haleine sentait le whisky et le tabac à plein nez. Est-ce que ça aussi tu allais me le reprocher ? Me reprocher mes excès. Mes débauches ? J’en sais rien, mais je m’en foutais. J’ai enfiler un jean et un T-shirt propre, attrapant ma veste en cuir après avoir sauté dans mes grolles et enfouis du matériel médical dans mon sac. Fallait que je te vois. Fallait que je vérifie que tu ailles bien. Parce que je le savais, si tu contractais le virus, ce n’était certainement pas ton Dieu qui allait te sauver. Non. Loin de là même. Tu mourrais, comme tous les autres. Léandre restant l’exception à la règle grâce au sang de son Sire. Mais tous les autres, tous les autres ils périssaient et c’était tout sauf beau à voir. Et il était hors de question que tu y passe. Ca faisait combien de temps qu’on ne s’était pas vu putain ? Une décennie au moins. Depuis la bombe. Depuis cette connerie que j’avais créé. Crois-moi O, j’en suis autant dégouté que toi. Ce n’est pas une grande fierté, à tel point que j’évite de hurler sur tous les toits que la plus grosse catastrophe nucléaire c’est entièrement de ma faute. Certains en seraient fiers, mais pas moi. Préférant mettre en avant le reste. Parce que oui, j’ai tué des gens. Beaucoup de gens. Mais j’en ai sauvé aussi. Beaucoup. Un certain nombre, et j’espèrais que ça soit ça que tu verrais en moi et pas le reste.

Le reste, on s’en fout s’y j’oserais dire. Enfin, non, mais qu’est-ce que tu voulais que je te dise ? J’en sais rien. J’avais beau essayer de m’imaginer ce que je te dirais, j’en savais rien. Ton adresse j’ai pas eu de mal à la trouver. Et c’est sans grande hésitation que j’ai frappée. Naturellement. Si j’angoissais ? Non. Je crois pas. J’avais tellement gagné en sociabilité si tu savais. Il était loin ce gamin solitaire que j’avais été. Loin le psychopathe. Loin le tueur. Loin le taré. Plus le temps passait et plus je ressentais. C’était tellement… Etrange. Tellement… Particulier. J’ai attendu que tu viennes ouvrir. J’ai attendu de voir ton visage. De lire l’expression sur ton visage, mais j’étais nul en psychologie. Tellement. Alors quand t’as ouvert la porte, je suis simplement resté là, sans rien dire. Attendant que ça soit toi qui ouvre la bouche. Tu m’as invité dans ton salon, et moi je suis resté là, les mains dans les poches. Mon sac bandoulière sur l’épaule, gardant ma veste. Observant furtivement l’endroits où tu vivais. Des choses. J’en avais tellement à te dire que je ne savais pas par où commencer alors finalement c’est toi qui a commencé. Tout simplement. Souriant face à ta remarque. J’ai retiré les mains dans mes poches, haussant les épaules. Pour te répondre tout naturellement. Comme si tout semblait être une évidence. Limite arrogant, mais pourtant, restant respectueux face à toi.

« J’étais occupé à sauver le monde tout simplement. »

Sauver le monde, vous sauver tous. Te préserver toi. J’ai finalement déposé mon sac, là, sur le sol, te fixant comme je ne l’avais jamais fait auparavant. C’était bon de te revoir O, mais je sentais bien que tu étais encore amer de mes conneries. Amer, face à cette erreur que j’avais fait. J’ai sorti mon paquet de clope de ma poche, m’en craquant une sans te demander ton autorisation. Finalement, peut-être bien que j’étais un peu nerveux. Peut-être bien, que j’avais peur. Peur de te décevoir à nouveau. C’était ça le plus dure à encaisser si tu savais.

« O écoutes je suis désolé pour la bombe. J’savais pas pour Hiroshima et Nagasaki. C’était censé être une expérience scientifique, rien de plus. On ne m’avait pas dit qu’on ferait exploser le monde, j’en savais rien putain. Je l’aurais pas fait sinon, tu dois me croire je t’en prie. »

O, une lettre, un surnom que je t’avais donné. C’était ma façon de te nommer depuis toujours. La prononcer m’avait tellement manqué, je pouvais m’en rendre compte désormais. Tout ce que je demandais, c’était que puisse me croire à nouveau. Me croire, me faire confiance. Peu importait. Je n’avais jamais été cet infant model que tu attendais et espérais avoir, mais tout ce que je savais, là, maintenant, c’était que la seule chose qui m’intéressais bien plus que de sauver le monde c’était te sauver toi. Te préserver de cette maladie qui nous rongeais tous. Tu étais là, devant moi, et pour la première fois depuis tellement longtemps je pouvais me sentir entier. Tout simplement. Alors j’en n’avais plus rien à foutre de tout ça. Plus rien à foutre de ce que tu pouvais penser. J’ai balançais ma clope dans le feu, m’en débarrassant pour venir me raccrocher à l’unique chose que mon esprit me hurler de prendre là, dans l’instant. Toi. Venant te prendre dans mes bras. Une étreinte forte. Rassuré. Rassuré de te savoir bien. De te savoir en bonne santé. De te savoir en sécurité aussi. En sécurité parce que j’étais là, et que j’allais le trouver ce putain de vaccins. Pour toi. Pour te protéger. Pour te préserver. Je ne te perdrais pas O putain.

« Je t’interdit de tomber malade putain. Pas toi. Qu’est-ce que tu fous là merde. Pas toi c’est pas possible. »

Mort d’inquiétude. C’est tout ce que j’étais. Mort d’inquiétude à l’idée de te voir tomber malade, à l’idée de te voir dépérir. A l’idée de voir tomber. Je venais de te retrouver. Et avec cette partie manquante de mon âme. J’y arriverais putain… Crois-moi… J’arriverais à sauver le monde. C’était mon fardeaux. Mais je l’aurais la solution… Je l’aurais… Et ensuite ? Ensuite on verra mais pour une fois, laisses-moi te protéger toi… Laisses-moi te préserver de ces enculés.



©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach


 
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You can cover up your eyes. Ignore what you won't hear. I'm not Jesus, Jesus doesn't fear. And If God is looking down. Protect us from these men. I'm not Jesus. I will not forgive ! No I won't !
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Jayden & Orfeo


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Au-delà des apparences réside toujours la vérité. Celle qui faisait mal quand tu étais loin de moi. Celle qui fait du bien tandis que je t’observe sous la lumière vibrante du feu. Je savais que cet instant arriverait. Je savais que nos retrouvailles ne pourraient se faire attendre indéfiniment. Pourtant, je n’ai rien fait pour les précipiter. Rien fait pour contempler à nouveau cette détermination que tu as toujours affichée. Cette étincelle qui m’a fait croire en toi alors que le monde lui-même te vomissait. Je t’ai voulu à mon image - c’est vrai - comme dieu créa les hommes à la sienne. J’ai été imbu de ma propre foi, croyant que je pourrais par ma morsure t’en délivrer. Mais tu m’as alors prouvé que tu n’en avais pas besoin. Tu t’es tourné vers la science et elle est devenue ton amante, comme dieu était le mien. Avais-je pu t’en vouloir? Absolument pas. Après tout, d’une certaine façon, tu étais bel et bien à mon image au final.

C’était pour cela que j’avais senti ton acte passé comme une trahison. Comme un poignard que tu m’aurais enfoncé dans le dos. Pourtant tu ne voulais pas me nuir. Tu ne me nuiras jamais. Je le sais. Je le sens encore aujourd’hui. Mais suite à tes réussites auprès de Pasteur en vue de sauver le plus grand nombre, je m’étais mis à rêver, à croire que tu étais sauvé. Amertume. Tout s’était écroulé. Je ne t’en avais rien montré pourtant. Je t’avais laissé filer, mon visage ne te montrant que ce que tu voulais voir à l’époque. Un sire désolé de te voir partir, alors que j’étais en colère contre toi. Contre moi. Contre notre impossibilité à se toucher, alors même que nous étions un miroir l’un de l’autre. Déformé, imparfait, mais réel. Crois-tu que nous l’avons brisé autrefois? Et si c’est le cas, les morceaux peuvent-ils former autre chose qu’un passé froissé?

Je t’écoute. J’observe tes mains que j’avais si souvent tenu quand tu avais besoin de ma présence. Je sens ton haleine nuancée d’alcool et de clopes. Je goûte au message derrière tes mots, à l’importance de ta mission parmi les nôtres. Mais quelque chose ne va pas. L’océan de mon regard t’effraye et tu trouves une bouée dans une cigarette que tu allumes d’un geste précis, trop naturel pour ne pas être une habitude. Il est vrai que je ne t’aide pas. Mes émotions sont contenues en mon coeur, préférant comprendre ce qui t’a amené jusqu’à moi. J’ai toujours fait ça avec toi. Contenir, pour t’offrir un univers stable, bien loin de mes croyances dont la teneur t’échappait totalement. J’avais été là pour toi, respectant par la suite ton désir de liberté, que j’avais moi-même exprimé auprès de mon sire, puis de Lucas. Pour te dire vrai, tu dois être le seul qui a eu l’occasion de me quitter. Et pour ça, je t’en suis dans le fond reconnaissant.

Frisson. Tu étais le seul à me nommer ainsi. J’avais oublié comme j’aimais cela. Comme j’aimais ta fougue, ta façon de t’exprimer sans retenue ni réserve. Tu avais toujours été curieux, prêt à tout comprendre sauf l’irrationnel. Je me souviens comme tu aimais me défier en clamant que dieu n’existait pas. Et pourtant, n’était-ce pas soit-disant pour lui que des rois avaient fait la guerre? Pour ce quelque chose d’invisible? Qui ne s’appuie que sur l’imagination des hommes? Mais je ne t’en avais jamais tenu rigueur. Je t’avais choisi pour ta différence, et encore aujourd’hui je m’étonnais que tu l’exprimes encore. Car ce qui suivit mon surnom, me laissa quelque peu sans voix. Tu l’avais donc senti cette cassure entre nous? Que cet acte avait créé bien plus qu’une brèche, mais bel et bien un gouffre? Mais c’était autrefois. Tes paroles me faisant me rendre compte à quel point tu étais différent. Non par cette différence qui m’avait guidé jusqu’à toi dans les rues de Belfast, mais une nouvelle qui m’intrigua, me donnant l’impression que tu n’étais plus le même.

Ton étreinte me le confirma. Cela faisait du bien de te retrouver. Mon corps se détendit sous la proximité du tien. Doucement, j’amenai alors une main à ta nuque, mes lèvres te murmurant à l’oreille: «Je te crois.» Des mots simples mais lourds de libération pour ton âme. Je le savais. Je le sentais. Je ne voulais pas que tu souffres plus longtemps mon silence. Mon dieu était fait de compassion, et le pardon était la clef de bien des maux.

Je reculai d’un pas, délaissant cette intimité que nous n’avions jamais totalement partagée. Tes dernières paroles me laissèrent entendre la raison de ta présence. Tu t’inquiétais pour moi. Tu semblais apeuré à l’idée de me perdre. Pourtant tu l’avais connu cette vie solitaire? Qu’est-ce qui a changé désormais Jayden?

Je m’installais dans le canapé de cuir. Tu avais le choix de me rejoindre ou de préférer un fauteuil, plus proche du feu, plus loin de moi. «C’est donc pour cela que tu es venu me trouver? Pour savoir si la mort m’attend?» Je souris. J’étais sincèrement touché de ton attention, mais tu connaissais déjà mon avis sur la question. «Si cela doit arriver Jayden, c’est que mon heure sera venue. Je ne crains pas la mort.» Elle est synonyme de paradis, d’une union supérieure. Mon sourire s’accentua toutefois car je prenais plaisir à te taquiner. Je savais que ce genre de parole te faisait croire que je ne prenais pas les choses sérieusement. Si tu savais comme sourire m’avait manqué depuis notre condamnation...Mais tu ne pouvais savoir cela. Tu ne le devais pas. La mort ne m’effrayait plus du tout car elle m’apparaissait de plus en plus comme une porte de sortie.

«Cela faisait un an que je vivais à Belfast avant que tout ce cirque arrive.» Mon ton était posé. «Donc ils ne m’ont pas eu...mais le résultat est le même.» J’ai tant de choses à apprendre de toi que je n’ai pas envie de m’attarder là-dessus. «Mais toi Jayden...Comment les choses se sont passées depuis notre emprisonnement sur cette île?» Mon regard chercha le tien. J’avais tant envie de te toucher et de te contempler...tout ça à la fois. J’avais du mal à réaliser que tu étais réellement là après ce siècle entier. «Tu as changé aussi. Tu ne sembles plus le même...tu sembles plus soucieux des autres.» Je t’ai connu égoïste, débonnaire, insensible. Mais le paysage avait changé désormais. Le vent avait soufflé et avait libéré ce qui était autrefois caché.

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Rédemption
- Jayden Fell's & Orfeo Spinola -





Si j’étais inquiet ? Oui, c’était le cas. Inquiet pour toi. Inquiet qu’il t’arrive le moindre truc parce que je connaissais cette saloperie qui nous pourrissait la vie. Je savais de quoi elle était capable. Je le savais, parce que je l’étudiais depuis des lustres maintenant. De façon quotidienne, journalière, constante, à raison de 24h par tranche de 24. Ne dormant que lorsque que je m’effondrais, parfois après une semaine sans avoir fermé l’œil. N’arrêtant pas de bosser sur ce truc afin de sauver l’avenir de notre race. Alors oui, je m’inquiétais, parce que je savais que si tu contractais le virus tu ne t’en sortirais pas. Et peu importe ce que tu peux dire, penser, entre vivre sans toi parce que tu fais la gueule à cause de mes conneries, ou vivre sans toi parce que tu es mort, la différence est énorme O. Alors ne fais pas le con et ne viens pas me sortir la connerie sur la volonté de Dieu. Je t’ai laissé prendre des distances, te regardant aller t’assoir sur le canapé alors que je restais debout. Cherchant une bouteille, un truc d’alcool du regard. Juste histoire de rester calme et de ne pas faire de connerie. Ne me poses pas de questions s’il te plait, ça me dépasse assez comme ça si tu savais.  Toi tu me souriais et moi je voyais déjà le drame arrivé. J’ai attrapé mon sac, commençant à faire les cents pas comme un animal. Angoissé, stressé. Tu essayais de me rassurer, mais malgré ton grand âge ne te déplaise, tu ne savais rien. Tu étais tellement naïf, tellement inculte sur la question. Ta foi ne te sauverait pas, c’était ça la vérité. Et ça, c’était hors de question. Gonflant les joues, je suis venu m’installer à côté de toi, là, sur ce canapé, fouillant dans mon sac à la recherche de ce que j’étais venu t’amener. En retirant une seringue et du sang de loup garous. Ce n'était pas une requête O. Ne vient pas me la jouer Témoin de Jehova avec un discourt anti remède. C'était une obligation, un avis médical, j'en sais rien. Mais bref.  

« Tu dis ça parce que tu ne l’as jamais croisé la mort. Crois-moi elle est bien plus flippante que tu ne le pense. »

Allusion à mon passif. Allusion à la peste vampirique. Cette saloperie que je m’étais injecté dans les veines pour comprendre le mécanisme de la maladie. C’était en 2020, en Angleterre. Mais ça, tu l’ignore. Cette vacherie me dépassait. Je ne comprenais rien à rien. Jethro, mon boss de l’époque m’avait embauché pour que je puisse la vaincre. On avait fait promettre de ne rien divulguer. Pourtant, elle était bien réelle. Une peste noire spéciale vampire. Et moi, complétement inconscient, je m’étais infecté afin de comprendre la maladie dans toute sa profondeur. J’ai failli y rester putain. J’ai trouvé le vaccin, in extrémis, mais sérieux, quelques jours de plus et j'y serais passé. J'avais eu peur, pour la première fois de ma vie, je te jure. Alors ne viens pas me faire chier avec toutes tes conneries, la mort, elle fout les miquettes tu peux me croire. Elle est pire que tout ce que tu t’évertue à croire. Je t’ai regardé, me tournant vers toi, posant un coude sur le dossier du canapé, ma tête reposant sur ma main. Je ne te quittais pas des yeux. Te fixant comme jamais je ne l’avais fait. Je te trouvais beau, bien plus beau qu’avant. Attirant aussi. Bien plus que quiconque. Pourquoi je ne m’en étais jamais rendu compte ? Je crois que je ne comprendrais jamais rien à rien a la psychologue, c’était une évidence. Tendant une main je suis venu te caresser une mèche de cheveux, sans trop savoir pourquoi. Un geste presque naturel, machinal, ce besoin de te toucher sans doute. Ce besoin de contacte. Tu m’avais manqué putain. C’était une certitude. Je n’avais plus personne ici. J’ignorais où étaient passé mes infants. J’étais juste le scientifique renommé qui aller sauver le monde, pété de thune, enfin je l'étais, mais pourtant si seul. En vérité je détestais tellement ça si tu savais. Alors oui j'avais changé. Dire le contraire serait mentir, ça c'est certain.  

« T’as pas idée de combien les choses sont différentes depuis quelques temps. Ressentir, apprécier, aimer, c’était tellement… impossible pour moi. Mais j’en sais rien, plus le temps passe et plus je ressens des trucs tu vois. Ca c’est du sang de lycans. Venant directement des veines d’Aindreas An’sionnach. L’alpha. On a découvert que leur sang était bénéfique pour combattre la maladie. Je dois encore le synthétiser pour en faire un véritable remède mais au moins il est préventif. Ce n’est pas un vaccin, mais si tu tombes malade, il te sera utile. Je m’en fous des autres O. Tout ce qui m’importe c’est toi tu comprends ? »  

Cela faisait un moment que tu te trouvais sur le même territoire que moi, et moi, je n’avais rien vu venir. Continuant de caresser cette mèche de cheveux qui était la tienne, je te parlais, calmement, d’une voix douce, complétement posée. Sauver le monde, c’était présomptueux, mais je savais que j’y arriverais. Je n’avais pas le choix. Mais je savais que je ne pourrais pas le faire si je m’inquiétais pour toi. Déposant la seringue et le tube de sang dans ta main, je me suis relevé, allant fouiller dans tes placards, naturellement, faisant comme chez moi, sans gêne, à la recherche d’une bouteille. D’un peu d’alcool. C’était obligé que tu en avais. Qui n’avait pas de boisson chez lui et encore pire par les temps qui court ? Bingo bengo ! J’ai trouvé ce que je cherchais, revenant vers toi, me posant à côté, limite trop près, mes genoux venant toucher les tiens. Oui, tout avait changé. A l’époque tu vois, les hommes c’étaient pas mon truc. Et puis j’ai commencé à ressentir, et je me suis rendu compte que j’aimais ça. Sans doute de trop. Ne sois pas surpris O. J’étais gay, littéralement, complétement, libertin, je m’étais noyé dans la débauche la plus certaine. Les joies de la vie de milliardaire. Tu serais peut-être fier de moi, qui sais ? Je nous ai servis deux verres, venant en glisser un dans ton autre main, effleurant tes doigts délicatement, venant me mordiller la lèvre inférieure. Si j’essayais de te séduire ? J’en sais rien. Mais je ressentais une attraction depuis que j’avais frappé à ta porte. Vas savoir pourquoi. Ça faisait quoi ? Sept minutes que j’étais là, dix tout au plus, et déjà je n’avais plus envie de te quitter. Peut-être que tu m proposerais de rester pour la nuit qui sait ?  

« Moi ? Je sauve les gens. Ironique n’est-ce pas ? Après mon départ je suis parti aux States. J’y ai passé des doctorats. Sept pour tout avouer. En médecine, pharmaceutique, anthropologie, entomologie, physique, science aquatique aussi, et le dernier ça c’était pour le fun, un volcanique. Je suis devenu professeur d’entomologie a Harvard. Je me suis spécialisé dans les arachnides. J’ai écrit des bouquins. Beaucoup de bouquins. Et je suis devenu riche aussi. Un peu trop. Je dois être à la frontière du milliardaire je crois, mais ça… Tullamore a dû faire péter mon compte en banque pour se servir. J’en sais rien, j’peux pas vérifier mais si ça se trouve me revoilà fauché comme les blés. Enfin bref. Je suis tombé amoureux aussi. Et oui, aussi invraisemblable que ça puisse paraitre je suis tombé amoureux. Deux fois même. Je l’ai ai vampirisé tous les deux mais ils font la gueule je crois. Enfin j’espère qu’ils vont bien. Et puis je suis revenu en Irlande dans les année 2020 après avoir fait une très grosse connerie qui m’a fait sombrer dans une très grosse dépression nerveuse. Et maintenant j’essaye de sauver les miches de McGuinness. Voilà ce que je suis devenu. Un p’tit con égocentrique. Mais cela dit mon âge fait de moi l’homme le plus intelligent de cette putain de planète alors ça, je crois que je peux me le permettre. »  

Je parlais. Beaucoup. Tu m’avais demandé et moi je t’ai répondu. Naturellement. Te parlant de mon parcours, de ce que j’étais devenu, de ce que j’avais fait aussi. J’étais une tronche, un cerveau, un boulimique du savoir autant relatif qu’absolu. Je voulais tout connaitre sur tout, et très franchement, mon cerveau était l’équivalent d’un véritable ordinateur tant les données qui s’y cachées étaient nombreuse. J’ai vidé mon verre, le déposant sur la table, revenant te fixer avec tendresse. Je pense que si à ce moment-là j'avais été dans la capacité d'inspirer profondément je l’aurais fait. Ça m’avait manqué tout ça si tu savais. De me confier à toi. De te dire tout ce que j’avais sur le cœur même si à l’époque je n’avais pas grand choses dedans. J’étais sans doute plus humain, sans doute plus ouvert aussi. Un peu moins enfermé. J’avais découvert le monde, je l’avais aimé, j’avais appris à l’apprécier, à vivre non seulement avec mais à vivre dedans. Mes étudiants m’aimaient bien. Certains plus que d’autre. Je crois que je n’oublierais jamais Dereck. Ce jeune homme un peu obnubilé qui m’avait entrainé dans les profondeurs de son plumard un soir. Je m’étais fait des amis, des amants, j’ai découvert à aimer la vie, tout simplement. Fixant l’une de tes mains je suis simplement venu la prendre, la serrant dans la mienne, caressant le dos celle-ci avec mon pouce. J’avais besoin de te toucher, mais de ça non plus je ne savais pas pourquoi. Sans doute à cause de tout ce temps que l’on avait perdu, j’en sais rien. Je parlais beaucoup, comme toujours, mon cerveau pensant à dix mille kilomètre à l’heure. Me balançant des informations multiples qui viennent s’entrechoquer dans mon lobe temporal. Des années loin de toi. Des années à ne pas penser à toi. Des années à vivre comme si tu n’existais plus, pour aujourd’hui en arriver à une seule conclusion. Celle que je t’aimais sans doute bien plus que je n’avais pu l’envisager. Des informations qui étaient restée bloquées mais qui aujourd’hui, soudainement, brutalement, refaisaient surface.  

« Tu m’as manqué O. J’en n’avais pas conscience jusqu’à maintenant mais je me rends compte que c’est le cas. J’en ai marre d’être tout seul. Je sais que j’ai fait pas mal d’erreurs. Mais j’ai aussi fait pas mal de bien. J’ai tenté de soigner le cancer, de trouver une solution au SIDA, de soigner des maladies infantiles. J’ai sauvé des gosses, des femmes, j’ai trouvé des réponses à des choses où personne d’autres que moi n’auraient pu trouver de solution. T’imagine pas la galère que c’est que d’avoir un cerveau comme le mien. Des fois je me demande comment c’est possible que je n’ai pas encore pété les plombs. Je… Je veux plus que tu sois loin de moi. Je veux pouvoir te prouver que j’ai changé. S’te plais laisses-moi une chance. »

Une chance, même minime de revenir vers toi. De revenir avec toi, et de te prouver que moi aussi, je peux, je sais, faire de belles choses. Tu étais tout ce qui me restais dans ce monde de merde O. Et je voulais revenir vers toi. Avec toi. Là. Maintenant. Encore plus proche qu’avant. Je voulais croire que si tu m’avais transformé c’est parce qu’une part de toi m’aimait. Tout simplement. Pour ce que je suis, et non pas pour ce que je fais…  





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Redemption
Jayden & Orfeo


Ambiance

Les siècles avaient filés, mais pas assez pour que tu comprennes cette foi qui m’habite et t’irrite. Pour que tu acceptes de laisser l’inéluctable se produire, s’il venait à se présenter à nouveau. Qu’est-ce qui te faisait si peur dans le vide de la nuit? Qu’est-ce qui désormais t’empêchait de me voir disparaître, de façon définitive? Était-ce orgueilleux de ma part de ne pas craindre la mort? Ou était-ce de la résilience face à ce qui définissait la vie elle-même? Te rends-tu compte que sans elle, notre existence ne serait que ruine de l’âme? Sais-tu à quel point il m’est difficile ces derniers temps d’arpenter les ruelles désertes de Belfast? Comme il  m’est difficile de voir mourir ma superbe en cette liberté perdue? Tu dois me trouver naïf, bien loin de ton intelligence fulgurante qui peut tous nous sauver - j’y crois avec fermeté - mais sache que cette foi est le symbole de mon âme qui n’est pas encore totalement perdue. Alors j’aimerai savoir Jayden, pourquoi la solitude te fait-elle si peur aujourd’hui? Autrefois, mon absence a été ta libération. Mais aujourd’hui?

Tu me remets une seringue et du sang. Ma main se referme doucement sur ce trésor impromptu tandis que je lis dans tes yeux, plus que dans ta voix, la peur que t’inspire la faucheuse. À embrasser la vie, le dernier souffle n’est jamais loin. Je compris à cet instant ce qui avait changé en toi. Tu l’avais laissé entrer. Après toutes ces décennies, tu avais laissé entrer la vie. C’était beau. Une vraie lueur d’espoir dans ce capharnaüm qu’est devenu nos existences dans cette prison. Aucun mot ne sortit d’entre mes lèvres. Tu ne voulais rien savoir du Christ, de la douleur qu’il avait enduré avant de pouvoir renaître. Pourtant - mio caro* - tu semblais avoir emprunté un chemin de croix. Elle était pesante la tienne, sanglante aussi et pourtant...te voilà à t’inquiéter du destin de notre race. Ces pensées s’égrenaient à peine quand nos regards se percutèrent. Tu ne m’avais jamais regardé ainsi. Tu n’avais jamais pris le temps de me contempler, - c’était l'apanage des artistes - encore moins celui de caresser mes cheveux. Je ne bougeais pas, tu connaissais mon flegme habituel, mais je savourais l’instant. Les protestations - face à cette seringue - viendront bien assez tôt pour ne pas gâcher cette douceur qui nous enveloppait doucement.

Tu posas des mots sur ce que je venais de comprendre. La vie semblait t’avoir cueillie au fur et à mesure des années qui ont passés. Plus proche de cette dernière, je comprenais que tu craignes la mort ou encore la solitude. C’est en cela que nous sommes différents. Cette dernière est ma demeure, c’est toujours vers elle que je retourne tôt ou tard - ne va jamais croire le contraire - car je sais que j’y trouverai toujours Dieu...que tu méconnais toujours à ce jour. C’est pour cela que j’ai quitté Lucas, bien des années avant de croiser ta route. Je l’aimais. Je l’aime encore. Je vous aime tous les deux. Mais j’aime encore plus notre seigneur, comme me le disait Stefan. Personne ne peut me détourner de lui. Personne ne peut me garder pour lui. Alors pourquoi Jayden devrais-je empêcher la mort de faire son oeuvre? Pourquoi devrais-je rester, alors que je ne suis pas dieu? Jamais je ne pourrais te combler comme peut-être tu l’entrevois, simplement car ma présence ne pourra jamais remplacer la foi qui est en toi. Je sais qu’elle est là. Je sais - je veux le croire - que c’est cela qui t’a amené à travailler sur ce vaccin et sur d’autres avant lui.

Entaille. Ma pupille se dilata. Je ne pouvais croire tes derniers mots. Je ne pouvais croire que toutes ces nuits de recherche acharnées - je savais comme tu pouvais l’être - tu t’y étais aventuré juste pour moi. «Tu ne peux pas dire ça Jayden.» Jamais je n’avais utilisé de surnom avec toi. Jamais. J’avais toujours fait en sorte de te protéger - de moi - et c’était simple à l’époque. Simple car tu ne me voyais pas - pas vraiment, pas comme maintenant - et c’était cela qui m’avait donné espoir pour notre relation. Pourquoi crois-tu que je ne voulais pas te parler de Lucas quand tu venais à me questionner à son sujet? Pourquoi ne t’ai-je jamais dit pourquoi il n’était plus à mes côtés? Tu n’avais jamais insisté autrefois, après tout, tu avais toujours un apprentissage ou un approfondissement où te plonger...et j’espérai qu’il en sera toujours ainsi aujourd’hui. L’espoir peut être une quête vaincue d’avance pour celui qui s’aventure dans de nouveaux paysages. Tout était différent entre nous désormais. Je le sentais. Toi aussi. Mais je n’étais pas prêt à déraper. Pas quand tu me voyais encore comme un fou fanatique bon à être sauvé. Pas quand l’amour pouvait nous frôler - pire nous engloutir - pour mieux nous érafler. C’est toujours ce que l’amour fait.

J’amenai une main à mon front, l’air plus soucieux. Mon regard chuta sur le sang et la seringue. «Tu ne peux pas faire tout ça rien que pour moi. C’est insensé.» Tu n’étais pas comme ça autrefois. Tu étais bien plus fort, tu pouvais me résister, cela voulait dire que je ne pouvais pas te blesser. «Je n’ai pas besoin de ce sang.» Comme tu n’as pas besoin de moi. Mais ces derniers mots ne franchirent pas mes lèvres. J’ai toujours eu du mal à proférer des mensonges. C’est moi qui avait besoin de toi. Non pas du scientifique, mais bel et bien de celui que tu étais devenu. Un bref instant, je me demandais si tu souffrais, si tu voulais que je t’apaise. Mais j’avais noté comme ta voix était posée, malgré l’excitation manifeste de toute cette situation, tu me semblais plus calme qu’auparavant. Mon refus changerait toutefois peut-être la donne.

Tu te levas, te dirigeant vers la cuisine attenante au salon. Je me doutais de ce que tu allais chercher. Mon regard se posa à nouveau sur cette fameuse seringue, et je décidais de la poser sur la table basse. Je ne comprenais pas pourquoi tu désirais tant me sauver. Pourquoi être revenu vers moi maintenant? Était-ce simplement car j’étais tout ce qu’il te restait? Hors de cette île le monde entier était là pour toi...mais ici tout était différent n’est-ce pas?

Chuchotis de peau, de contact. La sensualité enveloppait tes gestes et j’en profitais pleinement. C’était comme un nouveau parfum entre nous. Une nouvelle rencontre malgré ce siècle qui nous avait tant rapproché. Ce n’était pourtant que maintenant que je voyais en toi celui que j’avais entraperçu. Et c’est sans te quitter du regard que j’apportais lentement mon verre de vin à ma bouche, un fin sourire aux lèvres, me demandant ce que tu avais derrière la tête, avant que tu ne reprennes la parole. Le sourire se prononça davantage, car je te retrouvais. Non pas à me raconter des scènes sanglantes, mais bel et bien à me parler d’une vie riche, bien remplie...que je sentais heureuse. Tu n’en savais rien mais je t’avais fait suivre toutes ces années. J’avais toujours gardé un œil sur toi. Je n’avais pas voulu t’abandonner, comme je l’avais fait avec Lucas. Toi, cela a toujours été différent car je te savais fort et tu me l’as prouvé. Plus que tu ne peux l’imaginer. «Je savais que l’immortalité t’irait bien.» Je savais que s’il y avait bien une personne qui méritait d’être éternel c’était bien toi. Ce n’était pas par égoïsme que je t’avais étreint autrefois. C’était bel et bien avec un amour universel, avec une vision plus large que celle que je possédais ou que d’autres vampires avaient. J’ai tout donné pour toi, j’aurai pu tout perdre, étant prêt à tout pour te protéger, devenant responsable des actes irraisonnés que tu aurais pu commettre. Jusqu’à la bombe nucléaire, où ma foi avait été ébranlée et où nous nous sommes quittés. Mais cela est du passé désormais. Tu n’étais plus le même.

Je déposai mon verre en même temps que le tien. Le virus, le vaccin, tout cela devenait soudainement brumeux. Ce n’était pas aussi important que de t’avoir près de moi. Que de sentir ta main au contact de la mienne. Tandis que tu parlais, je restais dans le confort du silence, là où tous les possibles existaient encore. À l’écoute de tes paroles, je pouvais profiter du toucher de ta main, contempler ton regard, ta bouche, ton cou...Je pouvais m’enivrer de ce qui ressemblait à une déclaration. Un amour vaporeux. Un amour quand même. Même si je craignais que tu ne puisses me comprendre. Peu le faisaient. J’avais de rares amis qui comprenaient la forteresse que le temps avait construit en moi. Ils comprenaient que mon âme appartenait à une autre sphère. Était-ce de la prétention? Je plaide coupable. Dans le fond, j’avais appris à préférer le silence de la solitude aux éraflures du coeur. Pas que du mien. Je ne suis tout simplement pas sûr que je veuille que tu me vois imparfait.

«Je connais toutes tes recherches Jayden.» J’adorai prononcer l’entièreté de ton nom. «Crois-tu sincèrement que j’aurai pu te laisser t’évanouir dans la nature?» Je te fis un clin d’oeil, tandis que je me rapprochais doucement de toi, levant une main afin que mes doigts perlent ta joue, en une lente caresse. «J’ai toujours gardé un œil sur toi, car ne pas savoir comment tu allais me ruinait l'âme.» C’était ma façon de me racheter. Ma façon de prendre soin de toi en respectant cette liberté que tu désirais tant. «Tu n’es pas devenu fou, car tu as déjà connu la folie.» Une vérité. Brute peut-être. Mais mes doigts se mêlaient désormais à tes cheveux en une caresse plus prononcée, tandis que mon visage s’était approché du tien. «Je le vois que tu as changé. Tu n’as rien à me prouver.» Aussi proche, j’eu tout loisir d’admirer ton visage, ma main venant souligner l’arrête de ta mâchoire, effleurant tes lèvres avant que je ne me redresse, me levant afin de faire quelques pas vers le feu.

Mon corps vibrait encore de cette proximité. J’en goûtais encore toutes les nuances, ravissant mes sens. Cela faisait à peine une vingtaine de minutes que tu étais là, et tu avais su raviver mon être. «Je ne suis simplement pas sûr que j’ai changé.» Mon regard reflétait les flammes, tandis que je ne t’offrais plus que ma silhouette qui se découpait dans la lumière du feu. «Ou en tout cas, pas de manière aussi positive que toi.» Je faisais référence à cette propension à me renfermer, toujours un peu plus chaque nuit. «Je ne suis plus qu’un vieil ermite. Bon à réparer sa maison, allumer des feux et prier.» Réalité. Mordante. Tu devais le savoir. «Il ne reste plus que la musique pour réfléchir mon âme.» Comme un fil sur lequel je marche. Un fil sur lequel à tout instant je peux perdre l’équilibre. «Tu m’as manqué aussi Jayden.» Je tournais mon regard vers toi. «Je ne suis juste pas sûr que tu souhaites réellement te rapprocher de celui que je suis devenu.» Et je n’étais pas prêt à laisser qui que ce soit m’accompagner dans ma solitude. Elle ne risquait rien elle. Et surtout, je ne pourrais jamais la fuir.

- *Mio caro = mon chéri, en italien dans le texte

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Prière Aveugle moi de tes ténèbres. Je saurai les engloutir, m'y noyer et encore renaître.
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Rédemption
- Jayden Fell's & Orfeo Spinola -





Toi, moi, ça avait toujours été compliqué. Tu étais apparu dans ma vie pour me sauver, je n’ai jamais compris pourquoi. Peut-être parce qu’à l’époque t’as su que je n’avais pas tué ce gosse. Peut-être parce qu’à l’époque toi tu as su voir la vérité. J’avais été là au mauvais endroit, au mauvais moment et on m’avait enfermé pour ça. Parce que c’était plus simple d’accuser le type chelou qu’autre choses. Mais ce soir-là, non, ce n’était pas moi qui avait merdé. Et puis tu es arrivé alors que je me retrouvais condamné à mort pour un crime que je n’avais pas commis. Tu m’avais sauvé de la mort. Quant à me sauver du reste, ça restait une toute autre histoire. Parce que j’étais ce que j’étais et que je pense que jamais rien ni personne ne pourra me changer sur ça. J’étais le scientifique assoiffé de savoir et de connaissance. Ce gars qui se tuait à la tâche et qui n’arrêterait jamais, pas tant qu’il ne possédait pas le savoir relatif et surtout absolu. J’étais ce fêtard, ce gars plein de vie qui malgré après avoir ressenti ses premiers sentiments ne pouvait s’empêchait d’aller baiser à droite à gauche pour le plaisir. Parce qu’il est riche et que ça lui donne le sentiment d’être puissant. L’enseignant. Celui qui au-delà de vouloir posséder le savoir relatif, et encore une fois, surtout absolu, qui aime transmettre ses connaissances. Qui aime étaler son savoir au monde entier, qui aime le partager. Qui espère un jour rencontrer un cerveau comme le sien. Mais surtout. Je suis ce que tu as fait de moi O. Ce gars qui sauve des vies. Ce gars qui malgré ce qu’il prétend s’acharne à trouver des réponses pour soigner des maladies incurables. Ce même gars qui ne dort pas tant qu’il n’a pas sauvé le monde. Je ne tue plus. Je sauve. Et là est le fruit de ta réussite. Très certainement. J’en sais rien. Est-ce que je sauve pour mon égo ou pour sauver ? Telle est la question. Mais en tout cas, je le fais.

Et je vois bien que ça te rend fier de moi. Et c’est tout ce qui m’importe. Je t’ai laissé me parler, me caresser le visage, me toucher. J’aimais ça. Avant il n’y avait pas ce truc entre nous. Parce qu’avant je ne ressentais rien. Je t’aimais, à ma manière. Mais je ne savais pas vraiment ce que ça voulait dire. Mais aujourd’hui si. J’ai changé aussi en ça. Ca me faisait toujours bizarre, mais c’était comme ça. Nerveusement, je me suis mordillé la lèvre inférieure alors que ton visage était près, sans doute trop près du mien. J’avais une soudaine envie de me jeter sur tes lèvres, de les gouter enfin, de connaitre leur saveur, cette sensation. Je voulais partager des tas de trucs avec toi et briser cette solitude dans laquelle tu t’enfermais sans raison. Toi et ton sois disant Dieu. Ce sauveur à l’existence très peu probable auquel tu croyais. Je me suis toujours demandé pourquoi l’homme avait ce besoin de croire en une entité qu’il ne voyait pas. Mais ça existait simplement depuis toujours. La foi, ce petit truc qui les aide à ne pas péter les plombs. L’homme est éphémère et ça le rassure d’une certaine manière. Ca lui permets de croire en une vie après la mort. Pour certains ça les aide à rester sur le droit chemin pour ne pas finir par cramer dans les flammes de l’enfer. Peut-être que toi tu y crois encore parce que tu espères être sauver de cette malédiction qu’est notre immortalité. J’en sais rien, puis je crois que j’ai arrêté de chercher à comprendre. Je respectais, c’était déjà ça. Moi mon Dieu c’était un microscope et des suite d’équations. Toi c’était un être invisible, où ce gars accroché à sa croix. Jésus avait existé. Oui. Ca c’était une évidence. Mais renaitre ? C’était peut-être un vampire lui aussi qui sait ? Furtivement je me suis mis a penser à Killian qui avait des airs. Peut-être que McGrath était sa réincarnation. Peut-être…

Je divaguais. Encore une fois. Comme toujours. Ta main a fini par quitter mon visage et toi tu t’es simplement relevé. Partant loin de moi, à ta manière. Tu cherchais a protéger qui là ? Moi de toi ou toi de moi ? Restant assis sur ce canapé je t’ai écouté, vidant mon verre de vin avant de m’en servir un autre. Du vin, ça aussi ça me faisait sourire. Pas de whisky, pas de rhum, pas d’alcool fort, juste le sang du Christ. Amen. Je n’en n’avais pas bu depuis des décennies je crois. Peu importe. Pourquoi tu tenais tant à vouloir changer ? A quoi ça te servirait ? Si tu te sentais bien comme tu étais alors peu importe. Je m’en foutais de ça. Mais ne reste pas tout seul. Tu crois sérieusement que ton Seigneur va t’étreindre de sa chaleur divine et de faire du bien ? Arrête s’te plait. Ca en devenait ridicule. C’était de manière dont tu avais besoin. De masse, de force. D’un être fait de chair et de sang. De quelque chose de palpable, de solide, de concret. Pas d’espérance naïves concernant je ne sais trop quoi. Moi j’étais réel O ! Moi j’existais ! Moi j’étais là ! Moi j’étais concret. Bien plus que ce machin soit disant divin qui n’écoutait jamais personne. Sérieux. Tu crois que si Dieu existait il aurait laissé le monde partir en couille comme il l’a fait ? Regardes autour de toi. Regarde avant qu’on nous enferme là comment le monde était dans la merde. La guerre en Orient, la crise économique, la création de camps complétement zarbi au US pour réduire la population. C’était une guerre froide O, mais une guerre qui frôlait le génocide. C’était bien beau de vouloir sauver le monde, mais qui te sauverait toi hein ? Si ce n’est moi, qui sera en condition de le faire. Tu ne voulais pas du sang, ok, c’était ton choix, puis s’il fallait que je t’attache pour te l’injecter je le ferais de toute manière. Tu me détesteras un temps, puis ça finira par te passer mais arrête tes conneries. Sois sérieux un peu merde. Continuer de penser comme ça pour un vieux machin comme toi ? Sans vouloir t’offenser. J’ai gonfler les joues pour faire mine de soupirer en continuant de te fixer.

« Toi et ton joli p’tit cul béni tu veux dire ? Arrête s’te plait c’est ridicule putain. Mais moi je sais comment tu peux toi te sentir utile. Y’a des malades au château qui eux ont besoin d’avoir la foi. Sans doute des vieux croutons comme toi qui ont connu la superbe inquisition. Puis sinon tu peux être mon ermite à moi je m’en fous. Pour ce que je sors, je m’en rapproche aussi tu m’diras. »

Je t’ai souri, simplement. Essayant de te faire rire avec mon humour à la con bien que ce que je disais était sans doute bien plus vrai que faux. Certains malades avaient besoin d’un prêtre, et je savais que tu serais idéal dans ce rôle-là. J’ai reposé mon verre vide sur la table, me relevant pour revenir vers toi, à ta hauteur. S’te plait, je venais à peine de te retrouver alors ne viens pas me sortir le discourt du « t’as pas besoin d’un type comme moi » parce que ça risquerait de me gonfler. Et tu connaissais mes changement d’humeur bien mieux que quiconque. Bipolaire, je l’avais toujours été, et malheureusement, je pense que je le resterais toujours. J’ai simplement attrapé ta main, venant en caresser le dos, un geste machinal, presque délicat. J’étais crevé, complétement. Naze de m’enfermer des heures, des jours, parfois des semaines entières dans mon labo. Je manquais de sommeil, complétement, et je pense que ça se voyait. J’avais une salle gueule, mais je n’avais pas le choix. Venir ce soir c’était sacrifier du temps pour le remède. C’était ralentir une cadence que je ne pouvais ralentir. Mais je l’ai fait parce que j’en avais envie, mais surtout parce que j’en avais besoin. Alors ne vas pas me faire regretter ce choix O. Tu me raconteras de la merde sur ton ermitage plus tard ok ? On avait le temps pour ça. Or, on n’avait pas de temps à perdre pour autre chose. Pas maintenant. Parce que malgré l’immortalité crois-moi, le temps aujourd’hui il nous est compté. A nous tous. Et tant que je n’aurais pas trouvé la réponse à ce foutu remède ça sera le cas. C’était comme ça. Et crois-moi que ce n’était pas ton Dieu qui allait tous nous sauver. Non. C’était moi. Alors je t’en prie, fais de moi ton Dieu, fais de moi ce en quoi tu crois. Parce que moi, j’étais là. Je te touchais. Tu pouvais me sentir. Tu pouvais m’observer. M’entendre, et surtout, je répondais à tes prières non ? A ma façon, mais bon.

« Je suis désolé de te l’annoncer mais là ce n’est pas ton Dieu qui peut nous sauver. Alors peut-être que t’en n’a rien à foutre de crever. Peut-être que tu te rassure en te disant que c’est qu’une putain de volonté Divine mais arrête de te voiler la face. Penses avec ta tête pour une fois et non avec je ne sais trop quelle conviction angélique. C’est sur mes épaules que repose l’avenir de notre peuple Orfeo. Mes épaules, à moi. Mais je n’y arriverais pas tout seul putain. J’ai peur. Peur déchouer, peur de tous les voir mourir, peur de ce qui pourrait arriver. Alors ressaisis toi merde et ne me laisse pas tomber. Si c’est dieu qui t’as vraiment conduit jusqu’à moi c’est qu’il y a une raison et ça c’est toi qui me l’a dit ! »

Toi… En prononçant ce mot je suis venu poser mon indexe contre ton torse. Se sont tes mots à toi et pas les miens. J’étais mort de trouille. Jamais je n’avais trouvé la force de le dire à voix haute. Je cachais mon jeu, je faisais le con, mais j’avais peur… Peur d’échouer. Et ça me terrifiais. Parce que ce n’était pas qu’une putain d’expérience. Non… Cette fois, là, je n’avais pas le droit à l’échec. Sinon on crève tous… Et ça c’était non pas des statistiques, non pas une équations… C’était un fait… Réel et indéniables. Alors oui Orfeo, ressaisis-toi, et pour une fois réfléchis. Penses. T’as pas le droit de me laisser tomber. Pas maintenant. Parce que je savais que seul, c’était impossible. Seul… Je n’arriverais à rien tout simplement. Et ce n’était pas d’une aide scientifique dont j’avais besoin, là, maintenant. Non. C’était d’une aide, d’un soutien mental, et tu étais le seul à pouvoir me l’offrir parce que tu étais le seul à me connaitre par cœur. A pouvoir me rassurer. A pouvoir m’accompagner, me pousser, me maintenir éveiller quand je n’en pourrais plus. Et crois-moi que ça allait arriver. Alors si je perdais une heure ou deux pour être venu te trouver, ce n’étais pas pour tout foutre en l’air.

« J’ai besoin de toi putain, que tu le veuilles ou non. De ce putain d’ermite que t’es parce que tu es mon sire, parce que c’est toi qui m’a conduit là où j’en suis, parce que c’est toi qui m’a condamné à ça ! Alors prends tes putains de responsabilités et aide-moi a traverser ça.»

Je t’ai parlé, non plus avec douceur mais avec colère, avec rage. Parce que j’étais terrorisé à l’idée que tu me laisse là, comme un con. Parce que j’étais paniqué à l’idée que tu me dises de partir, que tu saches mieux que moi ce dont j’avais besoin alors que c’était faux. J’ai posé mes mains sur tes joues, encerclant ton visage pour t’obliger à me regarder. Plongeant mes yeux dans les tiens. Ne m’oblige pas à te dire ces mots que je n’arrive pas à prononcer s’il te plait… Ne m’oblige pas à t’avouer tout ça, c’était trop compliqué pour moi, mais regardes-moi et comprends. J’ai besoin de toi parce que je t’aime… Maintenant je le sais. Maintenant je m’en rends compte. Alors arrêtes de te trouver des excuses et aide-moi…



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Jayden & Orfeo


Ambiance

Est-ce que ma religion m’a déjà rassuré? Peut-être autrefois, quand les nuits étaient agitées et le destin incertain. Mais pas depuis. L’immortalité était un sacrilège aux yeux des catholiques mais non au nom de dieu. Je l’ai su au moment même où ma croix ne m’a pas brûlé la peau alors que je devenais un damné. Un damné de quoi? Pour qui? Dieu est miséricordieux, mais les hommes ne le sont pas. Combien d’entre eux se condamnent mutuellement, ne sachant pas pardonner et mourant avec des regrets? Tu ne le sais pas Jayden, mais je n’en ai aucun. J’ai toujours agis avec une droiture qui a su me rapprocher toujours un peu plus à Dieu. Je le sens aujourd’hui encore plus qu’hier, alors même que nous sommes emprisonnés comme des moins que rien. Pourtant, ces conditions particulières me font te regarder en cet instant même. Plus sûr de toi, plus beau d’une certaine façon dans ta quête de sauvetage de notre peuple.

Cela n’arrange en rien ton regard sur mes croyances...ou mes vérités. Je le sais, avant même que tu ne prennes la parole, que tu ne peux croire en mes paroles. Tu n’as jamais compris ce qui me liait au seigneur...tu n’as jamais compris que c’est ce qui me rendait si humain aux yeux de tous. Et surtout à tes yeux. Le feu a beau me réchauffer le visage, j’ai senti la braise du tien. J’ai senti ton désir aussi sûrement qu’autrefois je l’avais senti envers le meurtre. Il y a toujours eu en toi une volonté de fusionner - de disparaître? - qui restait inavouable mais bien réelle. Tu crois sans aucun doute que je baisse les bras, que je me contente du vide car ma vision est devenue périmée. Suis-je un paradoxe à tes yeux? Froissé comme un vieux parchemin qui ne trouve plus d’encre...mais en même temps bien plus attirant qu’il y a encore un siècle. Que s’est-il passé en toi? Mon regard se détourne de l’âtre pour venir trouer le tien quand ta parole résonne.

Un sourire étire mes traits. J’avais oublié comme ta fougue savait me dérider, me sortir de cet état de prière, de communion. Toutefois tes paroles me ramenèrent à la réalité qui se vivait au château. Ce même château que j’évitais depuis le mur, simplement car mon esprit n’était plus à croiser des fantômes du passé...tout ce monde qui avait connu ma superbe, et qui d’après tes dires étaient peut-être en train de se retirer de ce monde. Je t’observais te lever pour venir à moi. J’abandonnai ma main dans la tienne tandis que tu la caressais lentement. “Nous ne sommes pas les mêmes Jayden. Tu es ermite, oui peut-être...mais pour tous les sauver.” Tandis que je le suis pour me préserver. Mais le lis-tu seulement dans mon regard en cet instant? J’ai comme la sensation que tu ne me vois pas pour qui je suis, mais pour qui tu aimerais que je sois. Une bouée dans l’océan de ta folie, comme autrefois?

Puis ces mots que tu assenais sans plus penser à mes sentiments, uniquement mu par la peur panique qui se dégageait de tous tes pores. J’écoutais. Détournant mon visage pour venir le planter sur le sol tandis que ma main t’échappait. Crois-tu que j’étais inconscient ou stupide? Je me le demandais un bref instant, avant de regarder cette vérité qu’il t’était difficile d’accepter: la mort. Ne te rendais-tu pas compte que c’était elle qui nous donnait cette saveur de vie? Pourquoi en aurais-je peur? Pourquoi devrais-je partager cette peur? Cela ne voulait pas dire que je n’avais rien à faire de la mort, mais bel et bien que j’avais tout à faire avec la vie...et vois-tu, cette dernière me quittait depuis de nombreuses années maintenant, même si tu voulais encore boire de ma sève. Je te laissais parler, devenant comme absent, alors même que j’étais sensible à ta présence - bien plus que tu ne pouvais l’imaginer en cet instant. Et c’est ton index qui me ramena à toi. Ton index toquant à la porte de mon coeur comme un voyageur désireux de trouver refuge.

Le bleu de mes yeux s’éprit des flammes dans le foyer: “T’ai-je jamais laissé tomber Jayden?” Bien sûr que c’est la peur qui t’amène à me parler ainsi, mais dois-je t’absoudre de toutes tes paroles? Arriverais-tu à te rendre compte que tu te montres injuste en m’assenant ces propos? Doucement je secouais la tête, me détournant de toi, laissant les ombres et l’incompréhension t’emporter. Jamais je ne pourrais t’abandonner ni même t’entraver. Tu aurais pu obtenir tout ce que tu voulais de moi autrefois, mais aujourd’hui, je ne pourrais tolérer que tu me demandes tout de moi, alors que j’avais appris à oublier ta présence, ne gardant qu’un discret regard, juste au cas où.

Est-ce mon retrait qui a fait surgir ta colère? Chacun de tes mots étaient tels un coup de poignard que je recevais sans ciller en apparence. J’étais doué pour cela. Pour te montrer ce que tu croyais que j’étais: imperturbable. Pourtant, mes poings se serrèrent face à ta détresse, maintenant mon regard sur le sol - encore - tandis que tu me suppliais d’être là pour toi. Je n’eu aucune résistance quand tu vins poser tes mains telles une coupe autours de mon visage, nos regards n’ayant alors plus d’autre choix que de se refléter. Je sentais en cet instant toute te fébrilité tandis que je réfrénais ma douceur à ton encontre. J’étais ton sire, et je ferai mon possible pour agir en tant que tel: “Il y aura des conditions”. Ma voix ne permettait aucune objection. Je n’étais ni un pantin du seigneur comme tu semblais le penser, ni responsable de la situation dans laquelle tu te trouvais. Peut-être que cela te paraîtrait injuste, mais je ne te devais absolument rien Jayden. Tu étais parti. Tu t’étais éloigné de moi. Je ne t’appartenais pas.

Mais ce n’était pas cela que mes mots prononcèrent par la suite. Au contraire, mes lèvres restèrent scellées, tandis que mon visage se détendait et que mes mains vinrent caresser les tiennes, mon regard porté sur ce geste en une absence songeuse. “Mais je serai là pour toi...comme je l’ai toujours été.” Soudainement, mon regard plongea à nouveau dans le tien, avec une présence qui m’avait fait défaut depuis ton arrivée. Une présence mêlée de cette affirmation qui m’avait toujours déterminée autrefois. Il y avait encore de l’espoir, vois-tu. Doucement, mes mains retirèrent les tiennes de mon visage sans pour autant leur redonner leur liberté. “Je peux t’aider à retirer la peur de ton corps.” Tu connais mon pouvoir, tu le sens déjà faire effet*, tandis que ma voix continue sa mélopée. “Je peux t’aider à dormir, te reposer...car sans cela tu n’as pas toutes tes facultés pour mener à bien ta mission. Tu le sais mieux que moi Jayden. Je pourrais venir te bercer, te raconter des histoires comme autrefois…” Je levais une de mes mains afin de caresser tes cheveux comme je le faisais autrefois. Nous étions ainsi proches. Nos souffles inexistants se mêlaient, et je percevais encore autre chose en toi, qui n’était pas là autrefois. “Mais dis moi ce que tu me caches. Dis moi ce qui a tant changé en toi...par rapport à moi.” Te torturais-je? Pas totalement. “Je te l’ai dis. Tu as changé, mais tu seras déçu de voir que ce n’est pas mon cas.”

* Orfeo utilise son pouvoir sur Jayden, ce qui fait que ce dernier se sent de plus en plus détendu, moins oppressé par toute cette situation.

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Rédemption
- Jayden Fell's & Orfeo Spinola -





100, voilà la moyenne d’un quotient intellectuel chez l’être humain. 175 en est le mien. Bien plus haut, bien plus élevé. Rendant mon cerveau bien plus proche de l’ordinateur que de l’être humain. Les images, les sons, les informations, tout venant s’encastrer à une vitesse dans mon crâne. Quelque chose qui en donnerait le tournis, qui rendrait dingue un homme lambda. En tant que vampire tout est amplifié. Les sentiments, les sensations et même ça. J’ai besoin de comprendre parce que si je ne résous pas un problème je ne dors pas, je ne me repose pas, jamais. Parce que mon cerveau m’empêche de me mettre en mode off, de me déconnecter totalement du reste, et de se reposer. C’est une notion tellement abstraite chez moi. Alors j’ai nourri l’humanité de ma propre connaissance dans l’espoir de l’évacuer, de l’épuiser, mais l’homme évolue, encore, allant de plus en plus loin dans ses recherches. Dans la médecine, la technologie, la pharmaceutique, dans tous les domaines. Il pousse encore et encore des limites que son cerveau ne possède pas, l’obligeant à faire appel à des gens comme moi. Mais des gens comme moi il y en a si peu. Et je pense que seuls les gens comme moi peuvent comprendre. Raison pour laquelle j’avais transformé Jonathan. Parce que lui comprenait, parce que lui savait. Parce que lui pouvait m’aider. C’est à en devenir complétement cinglé. Alors oui j’ai fait des erreurs. Pour essayer de tuer ce savoir, pour essayer de faire taire cette voix dans ma tête. Sept doctorats. C’est le nombre de diplômes que je possède. Des diplômes qui requièrent des dizaines d’années d’études. Avoir un doctorat est signe d’intelligence, deux d’excellence, alors sept ! Mais ça ne marche pas comme ça. Et jamais rien ne se tait là-dedans. Ca ne s’arrête pas, jamais !

Ca fait mal putain. Autrefois ça me rendait dingue, j’étais indifférent de tout, focalisé sur cet unique but de connaissance, de savoir. Sociopathe de haut niveau, psychopathe, insensible aux émotions et à la douleur, mais tu sais ce qui a changé chez moi O ? C’est que ma vampirisation à tout décoincé là-dedans ! Je ressens de plus en plus de chose, ça s’accumule, ça ne s’arrête pas, jamais. L’amour, la peur, la haine, la colère, la joie. C’est de pire en pire et je ne sais pas quoi faire pour y contrôler. Toutes ces voix dans ma tête me font l’effet d’être constamment enfermé dans une salle de concert, c’est un brouhaha incessant, interminable. Ca ne s’arrête jamais ! Tu retires mes mains de tes joues, mais tu ne me lâche pas pour autant. Je le sens bien que tu uses de ton don pour me calmer, pour m’apaiser, comme tu le faisais avant. J’ai fait des erreurs merde. J’étais instable, jeune, narcissique, paranoïaque, égocentrique, mais je ne te demande pas de regarder en arrière O. Je voudrais tellement que tu puisses regarder là, vers l’avenir, vers l’instant T, l’instant présent, l’instant qui nous a conduit là. Ici même. Je pourrais te dire que je suis désolé mais à quoi ça servirait ? A rien très certainement. Ca nous aiderait pas à avancer. Alors oui j’ai changé, j’ai changé et je continuerais très certainement de le faire. Mais je m’en fiche que ça ne soit pas ton cas. Je m’en fiche de savoir que tu es resté le même. C’est toi qui es venu me chercher dans ma cellule, c’est toi qui m’a donné une chance à l’époque. As-tu si honte de moi que ça ? Malgré tout ce que j’ai pu faire pour ce monde ? Pour la science ? Je l’ai détruit, une fois ! Mais je l’ai réparé des dizaines et des dizaines de fois O ! N’est-ce donc pas suffisant pour toi ?

« Je ressens des choses O. Ca a commencé peu après les bombardements d’Hiroshima. Au début c’était de la culpabilité. Et tout s’est soudainement amplifié. A l’époque je n’étais rien d’autre qu’un cadavre émotionnel. Je ne ressentais rien mais là… C’est de pire en pire. J’ai des sentiments putain, tu peux comprendre ça ? Ton infant instable et sadique ressent ! »

Et ça fait mal putain ! Ca fait mal parce que c’est trop intense, c’est là, à la surface, alors qu’à l’époque le désintéressement était tellement plus facile. Je pouvais échouer au risque de sacrifier des vies, ça m’était égale. Mais maintenant ? Maintenant je ne peux plus échouer, parce que si j’échoue il y aura des morts et maintenant ça m’importe ! Je n’avais plus le droit à l’erreur, plus le droit à l’échec. Je te regardais et je me sentais tellement… Responsable de tout. De cette façon avec laquelle tu me regardais, de ce dégout que tu as pu ressentir à mon égard quand tu as su ce que j’avais fait à l’époque. Et je ne sais pas quoi faire pour le réparer, je ne sais pas quoi faire pour que tu arrêtes de me regarder comme ça. Je donnerais tellement pour que tu puisses être fier de moi. Fier de ce que je fais. Fier de ton infant. Pour que tu puisses m’aimer comme je suis, pour ce que je suis, pourquoi ça me semble si impossible bordel ! J’ai relâché tes mains, envahis par ces émotions, c’était pire que tout. Tu étais là, devant moi, c’était pire ! Insensé ! Ces images qui me revenaient en tête. Celles de ce soir-là où je suis parti, ne supportant pas la honte dans ton regard. Cette façon que tu as eu de me penser irrécupérable. On n’avait pas besoin de me dire qu’il fallait que je me méfis de mes sentiments, je n’en n’avais pas ! C’était si simple, tellement plus simple bordel. J’étais épuisé, débordé, à bout. Je m’en voulais, culpabilité, sensation, sentiments. Ca avait été une erreur de venir, une grosse erreur. J’ai passé une main dans mes cheveux, essayant de contrôler ce que je ne pouvais contrôler. Bipolaire, instable, me laissant complétement submerger par tout le reste.

« Je t’aime putain ! Voilà ce qui a changé ! Je t’aime et j’ai besoin de toi parce que c’est de ta faute si je suis encore de ce putain de monde ! C’est de ta faute putain ! C’est TOI ! TOI et TOI seul qui a fait de moi un immortel, j’avais rien demandé ! Et regarde ce qu’on a fait de moi. Je suis rien d’autre qu’une machine à leur yeux ! Le mec qui pense et réfléchis avant tout le reste, le mec qui a la solution à tout mais c’est faux ! »

C’était faux, je n’avais pas la solution à tout sinon je l’aurais cette solution à ce putain de problème. Je me suis emporté. Attrapant la bouteille de vin pour la balancer dans le feu, un geste impulsif, j’étais à bout de nerf. A bout de nerf parce que j’avais espéré lire de l’amour dans ton regard plus qu’autre chose. J’avais espéré te retrouver, te donner tout ce que j’avais, t’appartenir entièrement alors que je ne l’avais jamais voulu. J’avais besoin de toi, de te sentir prêt de moi, tes caresses dans mes cheveux n’étaient plus suffisantes O ! J’avais besoin de plus. De plus putain ! Et c’est ça qui avait changé. C’est ça qui était nouveau. Je suis revenu vers toi en désespoir de cause, plaquant mes mains à nouveaux contre tes joues. Venant t’embrasser comme je ne l’avais jamais fait auparavant. Je t’ai embrassé, parce que j’en avais besoin. Parce que je le voulais, et je voulais que tu comprennes tout. Absolument tout. Repousse-moi si tu veux mais tu as demandé. Maintenant tu sais...




©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach


 
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You can cover up your eyes. Ignore what you won't hear. I'm not Jesus, Jesus doesn't fear. And If God is looking down. Protect us from these men. I'm not Jesus. I will not forgive ! No I won't !
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Jayden & Orfeo


Ambiance

Certains disent que nous sommes plus proches du divin que des mortels. Certains disent que c’est inhumain que de se souvenir de tant de siècles écoulés. Certains disent que nous finirons tous fous car l’éternité est malade. Était-ce contre cela que j’avais lutté tandis qu’on nous emprisonnait? Était-ce contre ces paroles qui m’apparaissaient de plus en plus vérité au fur et à mesure que mes souvenirs défilaient tandis que tu te tenais face à moi? Ma mémoire me rappelait à toi autrefois quand j’étais venu te sortir de ta cellule car je te comprenais. Je m’étais pris pour dieu le père en tentant de diriger ta volonté de meurtre. J’avais cru que tu serais un rédempteur, alors que tu n’avais été...quoi? Qu’avais-tu été à l’époque? Je me rappelle mon bon ami qui me disait que tu étais un sociopathe. Que tu ne ressentais rien, et que même les siècles, même pas mon sang, ne pourrait changer cela! Alors que s’était-il passé Jayden? Que se passait-il en toi à cet instant précis où tu m’avouais ce fait qui semblait te ronger? Les émotions.

Je savais comme ces dernières pouvaient être cruelles. Je savais comme elles pouvaient amener celui qui n’y prenait garde à la folie. Mais tu étais sensé être préservé de tout cela. Tu étais sensé être le total opposé de Lucas. Tu étais sensé ne voir en moi que ton créateur sans pour autant me devoir fidélité. Parce-que tu étais au-delà de tout ça. Parce-que ton génie défiait tout entendement même si j’avais toujours pris ta défense! Toujours. Jusqu’à Hiroshima que tu mentionnais. Est-ce le fait de me perdre qui t’avait rendu humain? Était-ce mon humanité qui avait étouffé la tienne? Je ne pouvais pas voir autre chose qu’une synchronicité en cette époque qui avait marqué la fin de notre agonie. Tu étais parti sur ton chemin, tandis que j’avais poursuivi le mien. J’avais cru échouer auprès de toi, alors même qu’à cet instant c’était révélé ce que j’aurai nommé “miracle”. Mais en était-ce réellement un à entendre la détresse dans ta voix?

J’entendais ta souffrance, même si je ne pouvais qu’imaginer ce que tu endurais. J’ai toujours été un être de sentiments. Certains croyaient même qu’il suffisait de me faire du chantage émotionnel pour parvenir à leurs fins. Mais il n’en était rien. L’amour était aussi tranchant que tendre. C’était une chose que je savais appliquer, peu importe qui j’avais en face de moi...ou presque. Mais ce soir, tu ne me demandais rien - pas encore - à part ma présence que je t’offrais, totalement, du moins le croyais-je encore à ce moment-là tandis que tes mains délaissaient les miennes. Je sentais que c’était différent. Que l’apaisement que tu étais venu chercher n’avait rien à voir avec ce que mon don pouvait t’apporter. Je sentais - avant même que tu ne l’exprimes - le débordement qui se créait à l’intérieur de ton corps. Je sentais ce que je t’aurai cru incapable autrefois. Une passion. Dévorante. Soudaine. Incroyable. Mais j’avais beau sentir, je n’étais pas préparé à cela. Je n’étais que l’ombre de moi-même. Je n’étais qu’un vampire croulant dans sa solitude et ses souvenirs. Je n’étais plus cet homme de pouvoir, de culture et de dignité qui t’avait servi de sire! Je n’étais plus rien de tout ça, et pourtant…

Mes yeux s’écarquillèrent tandis que mon cœur se serrait. J’avais la sensation de perdre doucement pied face à tes paroles - cet aveu - qui ne cessaient de me bombarder l’esprit comme jamais personne ne l’avait fait avant toi! Ce n’était pas prévu. Cela ne l’était pas de te revoir. Cela l’était encore moins que de te savoir épris de moi! Comment cela pouvait-il être possible? Tu ne m’avais jamais recherché...jamais! Je le savais pour t’avoir fait suivre, garder un œil sur toi malgré mon absence. Mais au-delà de cet amour que tu me crachais à la face, il y avait cette projection que les autres avaient de toi qui me meurtrit l’âme. Bien sûr que tu étais plus qu’une machine...et pourtant, qui était là pour toi aujourd’hui...Je me le demandais. Une demie-seconde. Parce que tout alla vite, bien trop vite.

Il y eu ce coup d’éclat, les flammes qui montent plus haut sous l’effet de l’alcool avant que tes mains enserrent mon visage. Avant que tes lèvres ne soient unies aux miennes. Avant que ton amour ne me transperce l’âme.

Le baiser mourut de lui-même. Je ne t’avais pas repoussé, mais je ne t’avais pas non plus enlacé. Je laissais simplement ta passion, ta hargne, tout ça mêlées mourir d’elles-même. Mon regard se perdit dans le tien comme jamais tu ne l’avais vu se perdre ainsi. Ma voix resta interdite, comme jamais tu n’avais entendu de si longs silences de moi pour toi. Et surtout aucun geste ne vint animer mon corps, au point que je devenais une statue qui venait de perdre le fil du temps.

Je ne savais pas. Je ne savais plus ce que je ressentais pour toi. Je ne savais pas ce que tu voulais que je ressente en un claquement de doigt. Tu es mon infant. Ma prunelle. Mais mon amant? Doucement, ma tête glissa vers le bas et la droite. Mon regard reflétant les flammes qui s’étaient adoucit. Mes cheveux venant te cacher partiellement mon visage. Mais toujours aucun son ne provenait d’entre mes lèvres. Tu étais pourtant proche de moi. Mais tu aurais pu te trouver dans une autre pièce. Cette interdiction qui s’était abattue sur moi me vrillait le cœur. Je devais me ressaisir. Je devais dire quelque chose. Je devais…

...Au moins te regarder. Ce que je parvins à nouveau à faire. “Je m’excuse pour tout le mal que je t’ai fais.” Je demandais ton pardon. Parce-que jamais je n’avais voulu te faire souffrir. Jamais je n’aurai même cru cela possible. “Tu ne peux m’aimer Jayden. Pas après que je n’ai jamais compris que...que je te faisais tant souffrir.” Vérité. C’était réellement ce que je ressentais à cet instant présent. Tu étais étranger aux émotions, te souviens-tu au moins à quel point j’y ai toujours été sensible? Ma main se porta sur mon ventre. Mes tripes se tordaient d’une douleur sourde mais c’était à ton regard que je m’accrochais. “Je t’aime aussi.” Peut-être pas comme tu l’aimerais. Pas encore. Pas maintenant. Mais je t’ai toujours aimé.



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Des sentiments, je n’en n’avais jamais vraiment ressenti. Je ne savais pas ce que c’était, je ne savais pas ce que ça faisait. Tout du moins, pendant un temps. Jusqu’à ce que je le rencontre lui. Araël. Lui et son histoire, lui et son père qui le battait. Je l’ai protégé, j’ai tué l’agresseur pour le préserver, et tout le long de sa vie je l’ai suivi, traquer. Je l’ai vu grandir, évoluer, jusqu’à devenir homme. Et c’est en cet instant que je me suis rendu compte de ça. Du pourquoi je n’avais jamais apprécié toucher une femme. Cette chose que je n’avais jamais compris de moi, je la comprenais enfin. Ce n’était pas les femmes que j’aimais. C’était les hommes. Je l’ai vu se marier, et par jalousie j’ai tué sa pauvre femme. Et ensuite ? Ensuite c’est en Angleterre que tout a fini par s’enchaîner si vite. Si rapidement. Je l’ai revu, je l’ai aimé, d’une telle passion que j’ai fini par l’infanter. Et il y a eu Jonathan. Un soir, quelques verres, quelques paroles et la promesse d’une éternité de passion. Une éternité mon cul. Je l’aimais, mais je ne pouvais renier qui j’étais. Et Taylor, transformée juste pour une pulsion. Je l’adorais. Mais parce que c’était une femme justement, je ne pouvais pas lui donner ce qu’elle voulait. Passé un temps elle m’appelait encore. Mais depuis la fermeture de l’île j’ignore où ils sont. J’ignore ce qu’ils font. Et tu soulèves un point qui n’est que réalité. Qui prend soin de moi ? Je n’en sais rien en réalité. Parce que je suis seul. Parce que je me sens et me sais seul. J’ai tout gâché, avec tellement de monde. Parce que justement je ne comprenais pas. Et parce que justement, c’était nouveau pour moi. Alors oui, aujourd’hui je te regarde autrement. Différemment. Peut-être par ce que j’ai besoin de toi. Peut-être parce que j’ai besoin de ton soutien. Mais je vois bien que ce n’est pas ce que tu veux. Je le sais, je le sens. Je ne suis pas naïf.

Tu ne me repousses pas mais c’est tout comme. C’est comme si je venais de me prendre un mistral dans la gueule. Ton froid, cette façon bien personnelle de rester si… de marbre face à tout ça. Tu ne vois pas que j’avais peur ? Tu ne vois pas que j’étais dépassé par tout ça ? Pourquoi O ? Pourquoi te montrer si distant avec moi ? Tu parlais mais ça ne voulait rien dire. Le passé était fait de toute manière, ça ne tenait qu’à nous de le réparer, qu’à nous de tout rattraper, d’essayer de recoller les morceaux et d’avancer. Mais tu n’avais pas envie de ça. Pas avec moi en tout cas. Et ça faisait mal putain. Me sentant mal j’ai fait un pas en arrière. Tu m’aimais ? Vraiment ? Autant que cet putain d’identité que tu idolâtrais tant sans même l’avoir jamais vu ? Tu m’aimais autant que cette illusion ? que cette « connerie » à laquelle tu te raccrochais ? A une époque tu m’aurais traité de pécheur pour avoir pensé ça. Je respectais tes croyances. Bien que ça me paraissait abstrait je les respectais. Parce que tu n’étais pas seul, parce que beaucoup d’être se raccrochais à ça, c’était une façon de se rassurer de ce que l’on ne connaissait pas. C’était une manière de se donner bonne conscience. Mais ton Dieu a-t’il toujours été parfait ? Arrête O, t’es plus tout jeune. T’as connu l’inquisition, t’as connu ses horreurs que l’on faisait aux hommes comme toi parce que c’était mal ! Tu sais, les homosexuels, condamné à mort pour le péché de Sodom et Gomor. Je ne suis pas ton Dieu putain ! Je suis là, devant toi ! Je suis vrai, réel ! Mais ça ne te suffis pas ? non. Ca ne te suffis pas. Peut-être que tu me crois encore posséder par le diable ! Regardes-moi putain ! Pourquoi tu me fais ça ? Pourquoi à moi ? T’as honte de moi c’est ça ? Honte de ce que je suis devenu ? J’ai tué des gens Orféo. Mais j’en ai sauvé aussi. Et beaucoup bordel de merde !

« Je vois… J’aurais beau sauver le monde je resterais toujours le fils indigne à tes yeux c’est ça ? Celui que tu ne peux pas contrôler. Tu comprends rien putain. Laisses tomber va. J’aurais peut-être pas dû venir. »

Vexé, je l’étais. Mais c’était plus que ça. J’avais mal. Je me sentais blessé. Par ce refus, par tes mots, par tout ce que tu représentais. La solitude t’avait monté à la tête et pour tout avouer tu ne valais pas mieux que tout ces abrutis finis qui ne se raccrochaient qu’à l’espoir de voir un quelconque signe Divin dans un truc qui ne pouvait scientifiquement pas exister ! Moi j’étais réel Orféo, j’étais là, devant toi ! Mais non, tu me repoussais à te manière, à ta façon. C’est vrai, peut-être bien qu’a tes yeux je n’étais qu’une bête à sauver pour ses capacités, et rien de plus. Rien de plus qu’un cerveau capable de soigner le cancer ou que sais-je encore ? Trouvé et transformer pour sauver la super race humain. Bah tu sais quoi ? C’est peut-être ton Dieu qui a créé la maladie. C’est peut-être lui qui a voulu faire une bonne épuration au niveau de la race humaine pour éradiquer tous ces connards sans cervelles. Tout ces types qui se pensent au-dessus de nous. Ces mêmes types qui sont en train de nous massacrer parce qu’ils chient dans leur froc à l’idée de ne plus se savoir au sommet de la chaine alimentaire. Tu m’aime ? C’est ce que tu dis. Mais pas comme je le voudrais c’est ça ? Pas comme ça. Pas de cette manière. Je me suis passé une main dans les cheveux, te tournant le dos, serrant les poings pour essayer de contrôler ces putains d’émotions qui ressurgissaient. Ne pas m’emporter, ne pas péter les plombs, rester zen. Mais c’était déjà trop tard. Je souffrais de tes mots, et mes émotions remontaient comme la lave d’un volcan. Ca avait besoin d’exploser, de sortir, fallait que ça sorte merde !

C’était plus fort que moi. Je me suis retourné vers toi, te fusillant du regard, te repoussant avec toute la force que j’avais. T’attrapant par la chemise pour venir te plaquer contre le mur, pourquoi je faisais ça ? J’en sais rien. En désespoir de cause ? J’avais peur, j’étais largué, tout ce que je voulais c’était un peu de soutien de ta part ! Et toi tu continuais de me repousser comme si je n’étais rien d’autre qu’un pestiféré ! Mais je n’étais plus ce type que t’avais trouvé dans sa cellule merde. Je n’étais plus ce gars paumé qui tuais sans réfléchir. Ce même gars qui ignorait ce qu’il était réellement. C’est toi qui m’a appris ! C’est toi qui m’a tout donné ! Toi qui a voulu me garder en vie ! Toi qui a fait de moi ce que je suis. Je ne t’avais rien demandé moi. Rien. Que dalle ! C’était toi qui était venu me chercher. Je t’ai regardé avec tout le désespoir du monde. Je n’avais jamais rien attendu de toi. Jamais. Tu m’avais toujours jugé indépendant, indomptable, mais là tu vois, là j’avais besoin de ton aide. De ton soutien, que tu m’encourage parce que j’avais les miquettes ! On m’a confié l’avenir de notre race entre les mains, on compte sur moi, et je n’y arrive. Pour la première fois de ma vie je n’y arrive pas, je ne comprends pas, mes méninges refusent de se connecter, c’est abstrait, c’est flou, c’est pas rationnel, ça me dépasse. Je n’étais pas lui. Je ne serais jamais lui. Ce fils dont tu m’avais vaguement parlé. Ce premier que tu avais infanté et que tu avais aimé. Mais pourquoi tu ne pouvais pas m’aimer comme tu l’avais aimé lui ? Pourquoi ?! Qu’est-ce qu’il a que je n’ai pas ? C’était quoi ce petit truc en plus tu peux me le dire ? Tu vois, au final j’étais comme tout le monde. Moi aussi je pouvais avoir besoin d’aide quand j’avais peur. Quand je me sentais dépassé. Je t’ai relâché, reculant, récupérant mon sac sur le canapé.

« T’as voulu savoir ce qui avait changé chez moi O. Y’a tout qui a changé. Tout ! Je pourrais peut-être même te surprendre, mais si t’es trop con pour me laisser une chance de te montrer tout ça j’y peux rien. Je me démerderais tout seul. Comme toujours. J’avais bon espoir qu’après tout ce temps t’ai fini par tourner la page sur les conneries que j’ai pu faire. Mais à l’évidence t’as la rancune tenace à ce que je vois. Si tu changes d’avis tu me trouveras à cette adresse. »

Laissant une carte de visite sur la table basse, je t’ai laissé l’adresse de mon labo. De cet endroit où je vivais pratiquement. Cet endroit que je dirigeais, comme un grand. Moi à la tête d’une équipe de chercheurs. De gens qui comme moi tente de sauver notre race. Peut-être qu’un jour t’arriverait à enfin être fier de moi. Peut-être qu’un jour tu la tourneras enfin cette putain de page, et que se sera sans honte que tu diras que c’est toi… qui a fait de moi ce que je suis…



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La vérité possède une mélodie propre à elle. Une mélodie qui s’insinue à travers mes paroles, sans même me rendre compte qu’en te parlant, je me parle. Qui prend soin de toi Jayden? Mais qui prend soin de moi? Cette solitude que tu vis est à l’image de la mienne. Sauf que je m’étais habituée à elle, et toi? Tu ne l’avais pas remarqué jusqu’à tout récemment. Se pourrait-il que nous soyons plus similaires qu’il n’y paraît? Se pourrait-il que la science est un chemin tout aussi valable que le spirituel pour cultiver des sentiments? Je le demanderai bien au Seigneur si je n’étais pas remué de l’intérieur par cet instant - fêlure - que nous venons de vivre. Si je n’étais pas en train de remarquer à quel point tu viens me faire miroir, même si nos sentiments respectifs ne sont pas en jeu. Je sais que tu ne vas pas être de cet avis, mais l’évidence est pourtant là. Rien ne pourra jamais nous séparer. Et ce n’est pas car ton baiser est mort sur mes lèvres qu’il ne pourrait pas renaître à un autre moment. Un meilleur moment. Parce-que tu as une vision de moi qui est illusoire. Parce-que je ne suis pas un être de désir, mais bel et bien un être spirituel. Surtout quand il s’agit de ceux que j’aime sincèrement. Ne me demande pas de te considérer comme un moins que rien, un réchaud en cette saison froide. Ne me demande pas d’être ce que tu attends de moi, car cela voudrait dire m’emmurer, m’emprisonner et sans aucun doute me voir mourir. Mourir de ta vie.

Mais ce n’est pas ce que tu veux. Ce que tu veux c’est que je fasse pleinement partie de ta vie. Non pas comme un guide, mais comme un amant. Non pas comme un réconfort, mais comme un cocon. Un endroit bien à toi où tu pourrais venir pour te sentir soutenu. Un lieu bien à toi où tu te sentirais aimé. Comme je l’aime Lui. Mais comment peux-tu croire qu’il s’agit d’une compétition? Qui sur cette terre pourrait prétendre à être Dieu? Pourrait prétendre détenir ma foi en plus de mon cœur? Parce-que ce que tu n’as jamais voulu comprendre - et je le lis dans tes yeux quand tu recules d’un pas - c’est que la religion, ce n’est pas Dieu. Que les inquisiteurs n’étaient que des hommes, non pas au service de Lui, mais au service du pouvoir. Parce-que c’est ce que font les hommes. C’est ce qu’ils ont toujours fait. Au même titre que la majorité des créatures de ce monde. Mais je ne te jugerai pas Jayden. Parce-que je sens tout le mal que mon attitude souffle en toi. Je ne te jugerai pas, car tu ne cherches nullement le pouvoir, mais simplement l’amour dont tu ne connaissais même pas l’existence du temps où je t’ai recueilli. Je ne te jugerai pas enfin, car je suis loin d’être irréprochable et il était temps que tu le perçoives. Je ne pouvais te laisser aimer une illusion.

Je secoue la tête. Tu ne comprends pas. Je ne tente même pas de te convaincre par la parole. Je ressens les tourments émotionnels qui t’habitent tandis que tu me tournes déjà le dos. Mon regard se perd quant à lui sur les dalles, tandis que la tristesse transperce mon cœur. Pourquoi les choses se passent-elles ainsi? Pourquoi a-t-il fallu que tu précipites tout? Pourquoi ne cherchais-tu qu’à nourrir ton besoin sans prendre soin du mien? Celui de nous retrouver, calmement, sans plus de précipitation. Parce-que tu avais changé Jayden, je le constatais en tant que spectateur impuissant, mais cela voulait dire que je ne te connaissais plus.  Pas comme ça. Et mon cœur se meurtrissait au fur et à mesure de tes muscles qui s'arquaient, se meurtrissaient car j’avais commis un crime en réagissant de la sorte. Mais quelle voie m’avais-tu laissé? Je ne cherchais plus à te contrôler depuis Hiroshima, depuis que tu avais voulu voler de tes propres ailes. Ne viens donc pas me reprocher d’être insensible. C’est entièrement faux. Simplement les années m’avaient appris à contenir et à aller me confesser auprès de notre Seigneur. Parce-que oui, c’était lui qui permettait tout ce que nous vivons, mais je ne lui en voulais pas pour autant. Je ne lui en voulais pas, simplement car tout avait sa raison d’être.

Au même titre que ta rage qui me propulsa contre le mur. Au même titre que tes doigts tenant violemment ma chemise sans que je ne tente rien pour que tu arrêtes. Parce-qu’à cet instant, j’ai compris que plus rien ne serait comme avant entre nous. Tu ne cherchais plus ma sagesse, mais mon intimité, tu ne cherchais plus à être écouté, mais à être rassuré, tu ne cherchais plus enfin un repère, mais bel et bien quelque chose que jamais je n’aurais cru possible de partager avec toi. Parce-que tu étais sauvage, parce-que ton cœur ne savait pas aimer, parce-que la science a toujours été plus intéressante que moi, comme mon Dieu a toujours du te sembler plus intéressant que toi à mes yeux. Et puis il y a eu tes mots - farouches - que tu déverses sur moi pour bien me faire entendre que tu n’es plus le même. Tu condamnes mes dernières paroles, me prouvant que tu n’as rien compris à ce que je t’ai dis. Tu n’as pas compris que l’amour ne se commande pas, que l’amour n’apparait pas en un claquement de doigts. Pourquoi autant d’incompréhension? Parce-que tu es sous la volonté de tes émotions. Parce-que tu réagis à mon encontre comme si je te devais quelque chose, ou comme si tout cela était de ma faute. Mais l’est-ce réellement? As-tu simplement pris de mes nouvelles? T’es-tu seulement soucié de ce que moi je veux? Tu veux me sauver de ce virus, alors même que ce n’est pas ma volonté. Qui es-tu Jayden? Qui crois-tu être, si je te dis: que ta volonté soit faite et non la mienne? Tu serais Dieu. Mais tu ne l’es pas.

Pourtant, au lieu de te laisser filer, ma voix s’élève à nouveau. “Similaires. Je n’aurai jamais cru te dire cela un jour, mais nous sommes similaires dans nos différences...Ne l’as-tu pas vu Jayden? N’as-tu pas vu que ta science a toujours été plus importante pour toi, comme ma foi l’a toujours été pour moi?” Le choc de ta rage m’avait quitté depuis que tu m’avais lâché. Je fis quelques pas, me rapprochant de toi sans pour autant venir te toucher. “Mais aujourd’hui les choses semblent différentes pour toi…” Le lourd fardeau qu’est la recherche du vaccin te pèse et j’en ai clairement conscience. “J’aimerai apprendre à te connaître.” C’est de cela dont il était question. Si tu souhaitais autre chose qu’une place dans mon cœur - car tu en as toujours eu une - il me fallait savoir qui tu étais aujourd’hui. “Je ne veux pas te voir disparaître de ma vie.” Pas encore, pas comme autrefois. Peut-être que grâce à toi je saurais renaître de mes cendres. “Et surtout, ne crois pas que je t’en veux toujours. Ce serait un mensonge.” Je pense t’avoir pardonné il y a très longtemps déjà.

Je tendis ma main pour la poser sur ton épaule, mais je retins mon geste. Peut-être valait-il mieux que tu partes. Je n’avais pas envie de faire plus de mal que je venais de t’en faire en cette nuit. Pourtant...pourtant j’avais du mal à me résigner de te laisser partir sous cette note. C’est ainsi qu’au lieu de poser une main sur ton épaule, je vins passer mes bras en dessous des tiens, collant mon corps contre ton dos, mes mains se croisant sur ta poitrine. Mon menton se déposa sur ton épaule droite, tandis que ton parfum me parvenait volatile. Je restais ainsi quelques minutes, sans un mot. Délaissant le superflus, pour me concentrer sur l’essentiel. Tu es là. Tu es venu jusqu’à moi. Tu es vivant. Doucement, mes bras glissent le long de ton corps tandis que je me recule. Vois-tu, c’est de cette douceur dont j’aimerai te parer. La laisseras-tu exister?


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Pourquoi je réagissais comme ça ? Je ne savais même pas moi-même. J’étais énervé, vexé de tes gestes, mais je ne savais pas pourquoi. Est-ce que ta réaction était légitime ? Sans doute. Très certainement même. On ne s’était pas vu depuis tellement de temps. Depuis Hiroshima, depuis cette catastrophe. Et si j’avais pris la peine de te téléphoner ? Jamais. Pas une seule fois. Je m’étais senti jugé, et ça aussi, ça m’avait touché dans mon égo. Et de l’égo, tout le monde savait que j’en avais et pas qu’un peu. Alors j’avais fui, tout simplement. J’avais continué ma vie, sans toi, loin de tes réprimandes et du reste. On avait passé du temps ensemble, beaucoup de temps, et on avait été proches, très proches, à une certaine époque. Avant que la science, que mes recherches ne prennent le dessus sur tout le reste. Avant que je devienne ce type obsédé par le savoir. Tu avais tort, la science n’était pas plus importante que le reste à mes yeux. Pas de base. Elle l’est devenu, parce que j’ai fini par me noyer dedans à force de solitude. Parce que je n’avais que ça et rien d’autre. Je me raccrochais à elle parce que j’étais seul. Constamment. Non pas dans un sens littéral. J’avais toujours un homme à mettre dans mon lit, toujours de la bonne compagnie. Mais j’étais seul, parce que j’étais unique. Parce que personne ne me comprenait. Parce que personne ne savait ce que c’était que d’avoir un cerveau comme le mien. Einstein était mort. Tous ces Dieux, tous ces types avec lesquels je n’avais fait que progresser. J’ai fini par réaliser avec le temps que tout se savoir que j’avais n’était pas une force. Qu’au contraire. C’était destructeur. Ca me rendait tellement… Différent du reste. Et ça a fini par me détruire. Par m’anéantir. Passant vingt années de ma vie, enfermé au manoir de Léandre simplement pour oublier…

Pour m’oublier. Vingt ans à vivre seul, à ne me soucier plus de rien. La science enfermée dans un placard. J’essayais juste de me vider la tête. Je ne dormais plus, je ne baisais plus, je ne faisais rien d’autre que picoler et fumer. Je n’étais qu’un déchet. Un déchet jusqu’à ce que finalement le virus tombe et me donne une bonne raison de revenir dans les starting bloc. Alors tu vois O. Tu as tort. La science, c’est comme ta foi. Y’a plus important parce que ce n’est pas concret. Ce n’est pas opaque. C’est juste un truc auquel on se raccroche en désespoir de cause. Et au final. Est-ce que ça aide vraiment ? Et ça aussi, ça me vexe de te savoir penser ça. Parce que tu ne sais pas. Tu ne sais rien. Et j’ignore si ton étreinte m’aide à me calmer. Mais je reste là comme un con, te laissant faire. Venant poser mes mains sur les tiennes. Je vois bien que t’essaye de me raisonner. Mais comment me raisonner moi alors que toi-même es complétement largué ? Tu penses que je ne comprends rien, mais est-ce que tu comprends mieux ? tu as l’âge, tu as la sagesse, mais très franchement, sans te vexer, je ne crois pas que les hommes de ton temps étaient des flèches. Seule la religion comptait. On disait même qu’il ne fallait pas ouvrir les fenêtres pour ne pas laisser entrer le diable. Se sont vos croyances qui ont emmener la peste, la variole, la grippe espagnole et ces autres saloperie destructrice. Le savais-tu ? Par manque d’hygiène. Parce que se laver était sois disant impure. Parce qu’aérer sa maison aller aider le diable à entrer. Parce que toutes ces choses. Désolé de te le dire. Mais c’est bien votre Dieu qui a conduit à des catastrophes. Et crois-moi, ça ne fait pas vous des hommes de sciences.

La science, elle, à sauver vos conneries. Alors peut-être que tu as raison sur un point et non pas des moindre. Peut-être que l’on se complète bien plus qu’on ne le pense. Toi et ton irrationalité. Moi et ma sur rationalité. C’est peut-être pour ça que tu as fini par faire de moi ce que je suis devenu au final. Parce que tu le savais, tu le sentais, que j’allais devenir quelqu’un, moi, qui de mon vivant, n’était rien d’autre que ce type qui passait le balai chez ce connard d’apothicaire. Tu as fini par te reculer, et je ne t’ai pas retenu. Pourtant au lieu de prendre la porte je me suis simple assis sur son canapé. M’allumant une cigarette. Machinalement. A défaut d’avoir de l’alcool j’avais au moins du tabac. C’était des habitudes, des automatismes. Des gestes qui parfois faisaient en sorte que j’arrête de penser. C’est pour ça que je fumais autant. Parce que des fois, ça aider à faire taire tout ce qui se passait dans ma tête. Et très franchement, ça faisait du bien. C’était agréable. Même si ça ne durait que quelques secondes. L’alcool ? C’était pareil. Mais des fois, ça ne faisait pas que tu bien. Ca pouvait me rendre con, ça je le reconnais. Bipolaire, instable, je n’étais pas maitre de mes émotions. D’un rien je pouvais m’agacer, tout comme je pouvais passer d’un état triste à heureux en une seconde. Juste parce qu’on aurait dit un mot, ou que j’aurais vu une personne. Et pouf. Disparu les malheurs. C’était mieux que de craquer et de tuer des gens simplement sous l’impulsion. J’avais été un monstre. Et ma condition à fait de moi un homme. C’était une réalité. Là aussi, j’étais tellement différent des autres pour ça.

« J’ai sauvé des gens. Beaucoup de gens en réalité. Et même si je n’ai toujours pas trouvé le remède au cancer j’ai sauvé des vies. J’ai soigné des tumeurs jugées inopérables. Comme ça, sans vraiment galérer en réalité. Juste parce que j’ai tenté des choses que personne n’avait tenté avant moi. J’ai trouvé des vaccins, des remèdes. Un jour en Afrique j’ai sauvé des enfants aussi. Ca m’a pris comme ça, j’ai fait de l’humanitaire juste parce que personne n’avait trouvé la solution à leur problème. C’était au Niger. La pauvreté est terrible là-bas. Y’avait ce gamin. Atteins d’une malformation cardiaque. On lui donnait quoi ? Trois semaines. Aujourd’hui il a des gosses et il est devenu instit’ dans l’école que j’ai fait ouvrir avec mes fonds. J’ai vu des gens sourire. Et je me suis rendu compte qu’apporter la joie était parfois plus cool que d’apporter la destruction. Franchement si on m’aurait dit que je le ferais je n’y aurais pas cru. Mais je l’ai fait. Et ensuite… »

Ensuite il y a eu l’Angleterre et cette histoire de peste vampirique. Il y a eu cette contamination, celle que me je suis infligé pour comprendre. Il y a eu la peur. Et tout le reste. Et ces vingt années en enfer. Et au final, quand je me suis réveillé, peut-être que j’y étais encore. En enfer. Finalement le bien que j’ai pu faire n’a peut-être pas aidé à ma rédemption. Hiroshima plane encore au-dessus de ma tête avec ses milliers de personnes tuées. Certaines en souffrent encore aujourd’hui, j’en ai conscience. Mais je n’ai pas de solution miracle contre la radiation malheureusement. Et c’est une erreur que je vais devoir encaisser toute ma vie. Un choix que j’avais fait alors que j’étais impulsif, et pas spécialement du côté des gentils. C’est comme ça. Je ne peux rien contre ça et je ne peux rien y changer. Je dois simplement vivre avec ça. Recrachant un nuage de fumée je t’ai regardé. Tu veux me connaitre ? Alors faisons connaissances. Commençons par ne plus avoir de secret ni pour l’un, ni pour l’autre. Se serait un bon début tu ne trouves pas ? Je sais que j’ai mes torts dans le chaos de cette relation. J’en ai conscience. Je ne suis pas stupide ne l’oublies pas. Je réfléchis à tout. Même à certaine de mes réactions. Je n’ai cherché à te comprendre plus que ça. J’ai toujours trouver la religion hors de la réalité. Je n’y suis pour rien. Elle existe depuis toujours, ce n’est peut-être pas pour rien. Mais pour moi, c’est juste un automatisme d’auto défense. Croire en quelque chose pour se rassurer d’une chose que l’on ne connait pas. Comme la mort. Ou comme, se rattacher à un truc pour rester sur le droit chemin. Se dire que si on fait le mal on ira cramer dans les flammes de l’enfer. Y’a rien en bas tu le sais ? Si e n’est que de la lave en fusions et le noyaux terrestre. C’est ce qui déclenche l’attraction et nous permets de tenir sur cette terre. C’est ça l’enfer. Mais c’est inatteignable tu sais. A moins d’avoir une grosse foreuse. Ca me fait sourire.

« Ca t’ennuis si je passe la journée ici ? Je suis crevé O. Vraiment crevé. Léandre ne va pas mourir en deux jours. J’ai encore deux bons mois avant la catastrophe. Tic Tac. Le compte à rebours et lancé. »

Ca t’ennuis ? La vérité est que je ne voulais pas rentrer ce soir. J’étais mort. Complétement. J’avais besoin de repos et je savais que seul je ne pourrais pas le trouver. Je réfléchirais trop. Toi seul était capable de me soulager à une époque. Tu crois que c’est toujours le cas ? Tu crois que ça marche encore ? Je ne voulais pas être seul ce soir. Demain ça ira mieux. Mais là… Je n’avais pas envie de ça. Tout ce que je voulais, que je demandais, c’était une soirée. Une soirée de répit. Tout simplement. Et rien d’autre que ça. Pour me reposer. Faire le vide. Et peut-être que demain je la trouverais la solution. Peut-être… J’avais de l’espoir. Peut-être que c’était une sorte de foi. Vas savoir.




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Tu ne veux pas savoir. Pas vraiment. Tu préfères avoir ta vision de ma foi. Ne trouves-tu pas que dans l’énonciation de cette phrase on sent bien que quelque chose cloche? Je ne crois ni au paradis, ni à l’enfer. Ma foi, tout comme ta science, a évolué au fil des siècles. J’ai conscience que les religieux de l’époque appuyaient sur la peur pour maintenir les hommes sous leur pouvoir. Mais me crois-tu si idiot au point de croire encore à ce qui est écrit dans la bible? Il est vrai que j’étais perdu moi aussi. Je m’étais perdu dans mes regrets, dans mes échecs - le plus cuisant restait celui avec toi - dans ma lâcheté, en ce qui concernait Lucas envers qui je n’avais jamais osé revenir. Avant que tu ne viennes je commençais sérieusement à me demander si mon existence servait encore à quelque chose. Avec le recul, ma non-vie avait été pleine, savoureuse, avec juste ce qu’il faut d’amertume. Elle avait été outrageusement jouissive par bien des aspects et j’en étais arrivé à la conclusion que ce nouveau monde, qu’il soit vampirique ou pas, n’avait pas forcément besoin de moi. Pourtant, ma foi m’interdisait un tel acte. La mort ne m’effrayait pas, mais quitte à la rencontrer autant qu’elle arrive naturellement, comme elle aurait du m’arracher à la vie il y a six siècles. Et même si notre rencontre ne se passait pas comme je l’aurais imaginé, j’étais heureux que tu sois venu. Heureux que tu sois le signe envoyé par mon Dieu pour me montrer que mon existence pouvait encore aider à quelque chose. Même si ma réaction avait touché ton orgueil, la caresse de tes mains sur les miennes lors de mon étreinte me fit entrevoir un espoir qu’on ne s’était pas donné jusque là.

Je te laissais t’installer sur le canapé, observant tes gestes sans un mot, laissant la nicotine t’apporter un soulagement qui faisait suite à mon succès de te voir rester. Je n’en retirai aucune gloire, mais j’étais sincèrement ravi que tu ne partes pas suite à une telle altercation. Naturellement je vins me poser près de toi, écoutant ce que tu avais à me dire. Je n’étais pas étonné de tes réussites médicales. Je l’étais davantage de ce changement de bord que tu avais effectué par toi-même, te rendant compte du bien être que cela pouvait procurer que d’agir pour le “bien”. C’est là au final que nous nous rejoignons. Mon Dieu, peu importe que tu juges ma foi puérile, m’avait guidé pour ne pas faire le mal autours de moi. Il m’avait guidé pour comprendre que le bonheur ne pouvait se trouver dans la souffrance d’autrui. Mais je n’ai pas le temps de rebondir sur ces temps glorieux que tu évoques, par ton silence, ce qu’il s’est produit sur cette île. Je n’ai pas besoin que tu prononces des mots pour comprendre tout cela. Ton regard part à la dérive, et le mien le suit, s’échouant encore une fois dans les flammes de l’âtre. Le présent me rattrape ainsi, empêchant les souvenirs d’affluer. Je me rends compte que tu es auprès de moi. Je me rends compte que tu es venu jusqu’à moi pour me demander si j’étais sain, pour te rendre compte par toi-même de mon état. Je me rends compte que tu as voulu, à ta façon, prendre soin de moi, avant de me demander mon soutien.

C’est ainsi que mes iris bleutées reviennent dans les tiennes à ta question. Je ressens parfaitement l’état dans lequel tu te trouves. Je ressens cet harassement, et je me demande un instant pourquoi je m’étais montré si rude avec toi. Mais dans le même temps la réponse me venait: parce-que j’étais moi-même fatigué. Non pas comme toi de sauver le monde, mais de cette vie qui persistait à couler dans mes veines. J’étais bien plus mal en point que mon apparence ne le laissait présumer. Doucement je vins saisir ta main. Celle qui ne tenait pas la cigarette. Mon mouvement est lent mais assuré, la maladresse ne fait pas partie de moi. Mon regard se pose dans le tien, avant de souffler un “bien sûr” porteur de tout le sens que je souhaitais qu’il te porte. Tu es mon infant. Jamais je ne te mettrais à la porte. Tu m’importes bien plus que ne le laissait supposer notre échange de tout à l’heure. Parce-que les choses ne peuvent aller que lentement quand il y a tout à découvrir, et quand je me dois de renaître. “Je t’ai à peine retrouvé, il serait trop tôt pour te perdre.”

Ta main toujours dans la mienne je me lève, t’intimant à faire de même. Tout en t’amenant à me suivre, je prends la parole: “Tu n’es pas obligé de tout me dire sur toi de suite Jayden. J’ai soif de te connaître, mais je souhaite avant tout que tu te détendes, que tu reprennes ton souffle.” Une expression. Mais que je sentais si vitale pour ton esprit actuellement. Nous avions toujours l’éternité devant nous, je n’en démordrais plus maintenant que tu es venu m’apporter un nouveau souffle toi-même. Nous empruntâmes un escalier menant au sous-sol. C’est là que tu pus découvrir ma chambre. L’endroit était totalement à l’abris de la lumière tout en bénéficiant toutefois d’une chaleur agréable en raison d’une autre cheminée. Elle communiquait avec une autre chambre par une simple porte. “Comme tu le vois j’ai de quoi t’accueillir.” Toutefois, ce n’était pas dans la chambre d’amis mais dans la mienne que je te menais. Je lâchais ta main et allais m’allonger sur le dos, un bras sous ma tête, mon regard cherchant le tien avant de préciser: “Tu es libre de venir me rejoindre si tu sens avoir encore assez d’énergie pour que nous poursuivons notre soirée.” Mes yeux descendirent sur la cigarette. “Peux-tu la jeter dans le feu? Tu n’en auras plus besoin ce soir.” À peine ces mots prononcés que tu commençais à te sentir plus apaisé, comme autrefois. Je faisais ici usage de mon don, ma voix venant t’apporter un soulagement. Je te fis ensuite signe afin que tu viennes déposer ta tête contre moi, comme cela nous arrivait autrefois. Je pourrais ainsi te parler, tout en te caressant les cheveux. Ces moments m’avaient manqués. Tu m’avais manqué.

“J’ai toujours été persuadé que tu aiderais l’humanité...et c’est ce que tu as fait. Mais cela ne veut pas dire que je ne vois que cela en toi. Du moins plus aujourd’hui. Plus après tout ce que tu m’as dit. Je m’excuse Jayden de ne pas avoir su te voir.” De t’avoir laissé dans cette solitude que je ressens fortement en toi, faisant un miroir criant de la mienne. J’ai toujours cru que cette dernière était naturelle. J’ai même tenu à distance Lucas, car elle ne m’avait jamais effrayé. Jamais je n’aurai cru qu’elle aurait pu ainsi te peser. J’étais fier de toi, heureux de te savoir doué de sentiments, mais en même temps souffrant de voir que cela t’affectait désormais. “Si Léandre venait à mourir. Si tu ne trouvais pas le vaccin à temps, sache que cela ne changerait rien à mes yeux.” La clémence. La connaissais-tu? En faisais-tu usage envers toi? Je n’en étais pas certain. J’étais même convaincu, que cela t’était inconnu. Alors, si cela comptait, moi je te l’offrais.



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