The Island of the damned est un forum post Apocalyptique rassemblant un grand nombre de créatures surnaturelles.
 

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 No more words Feat. Callan de Rhénanie

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Lyes Outis ft. Callan


Tu voyageais. Par-delà les hauteurs des falaises longeant la frontière sud des limbes. Ton regard happé par la ligne indéfinissable que formaient le ciel et l'océan. Exactement de la manière dont le bleu-vert de tes yeux était venu disparaître dans les ombres agitant les prunelles de Dawn.

Autrefois. Dans un autre monde. Pas meilleur, mais juste ailleurs. Lorsque tu ne sentais pas encore tes pointes de pieds vaciller dans le vide. Marchant à l'aveugle. Tes racines ne puisant désormais plus leur force au cœur de tes origines. Coupé de cette autre hémisphère de la terre qui t'avait vu grandir. Tandis que l'appel du danger dépassait toujours plus dangereusement les limites de ta raison. Et peut-être que si tu te jetais en bas tête première et à corps perdu, alors peut-être bien que c'est entre ses bras à elle que tu tomberais. Après tout, n'était-ce pas pour ça que tu venais te suspendre en bordure de précipice ? Le bruissement du vent s'engouffrant dans la roche te faisant légèrement tanguer. Ton équilibre précaire te causant quelques désagréments depuis qu'une bombe avait fait imploser tes tympans. Te rendant presque sourd de l'oreille droite. Il paraît. Pour ce que les médecins t'en avaient dit.

Des toubibs américains, avec un accent à couper au couteau. Décidément. Tout te ramenait sans cesse à Dawn. Son prénom se dessinant sur tes lèvres. Au point que ta bouche s'arrondissait en entendant au loin le tonnerre gronder. Ce décor lui aurait tellement plus. Majestueux. Grandiose et hors du temps. Le ressac se fracassant juste en dessous, et faisant pleurer des larmes de sel sur tes joues. Te remuant trop fort pour que tu restes impassible devant ce spectacle ahurissant. Des éclairs zébrant le ciel, des échos de la tempête faisant rage se manifestant au large. Mais tu n'étais pas assez lâche pour sauter.

Toi, tu avais combattu. Durant la moitié de ton existence. Menant le Djihad en terre Sainte, de sorte que tes croyances t'interdisaient de te donner la mort. De fait, tu attendais. Que le Tout Puissant Te rappelle à Lui et qu'Il pèse ton âme dans la balance au moment du jugement dernier. Même si tu te savais déjà promis aux tourments éternels de l'enfer. Puis, en bruit de fond, par-dessus les cris d'agonie que l'océan poussait à chaque fois que les falaises transformaient sa surface lisse et mousseuse en véritables lames de fond, tu croyais percevoir des appels à l'aide. Gêné par cette surdité partielle qui t'handicapait, mais les sens en alerte. Attentif. Trop habitué à te retrouver face à ce genre de situation pour ne pas comprendre très rapidement ce qui se passait. Donc, tu as profondément inspiré. Remplissant tes poumons d'air, et fermant les yeux. Pour mieux juguler et ralentir ton rythme cardiaque. Tes doigts attrapant la sangle de ton arme afin de la décrocher. Froid. Calme. En parfait contrôle.

Rouvrant tes paupières closes pour finalement reculer, et te dissimuler derrière des écueils. Observant la scène. Tranquille. Limite paisible. Le bleu-vert de tes yeux prenant une teinte glaciale. Excité à l'idée que le vampire qui pourchassait la femme courant pour sauver sa vie puisse à son tour devenir la proie. Ne te souciant guère que la chaleur circulant dans tes veines attire son attention.

Et d'un coup, tu te mettais à découvert. Attendant que la fille s'éloigne et que lui réapparaisse dans ton champ de vision. Sans te presser, ni prendre la peine de te sécuriser.

Puis, tu ouvrais le feu. Lui criblant le dos de balles, en rafales. Avant de courir dans sa direction et de lui asséner un violent coup de pied à l'intérieur de l'un de ses genoux. La crosse de ton semi-automatique s'écrasant sur sa nuque pour le coucher au sol. La femme qu'il poursuivait te dévisageant, incrédule. Pendant que toi, de ton côté, tu lui faisais signe de dégager et que tu balançais ton arme pour te saisir de la dague que tu gardais toujours à porté de main. Sa gaine attachée à ta cheville, sous ton jean. La capuche de ta veste dissimulant en partie ton visage à la faveur de la nuit.

S'il t'y obligeait – c'est en lui tranchant la gorge et en détachant sa tête de ses épaules lentement – en lui sectionnant chaque artère l'une après l'autre, que tu le décapiterais. Te tenant là, droit, debout sur tes deux jambes. Le toisant de toute ta hauteur. Muet et immobile. Le regard fier, prêt à le finir...
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Elle courait. À s'en érafler le cœur. Brisant ses souffles à chaque foulée supplémentaire. En quête de vitesse et d'échappée belle. Les vrombissements de son muscle moteur martelant les tympans de l'antique vampire qui la pourchassait sans relâche depuis quelques heures maintenant. Il l'aurait à l'usure. Lorsque ses poumons, échauffés par l'effort acharné, choisiront de faillir à leur fonctionnement. Lorsque sa silhouette ornée de courbes graciles s'effondra au sol et finira par ramper lamentablement. C'est en observant ses proies que les lambeaux de son ancienne vie s'agitaient parfois. Quelque part entre l'oppression de l'ennui et la lassitude de l'agacement, le murmure de leurs respirations éreintées lui rappelait à quel point les hommes pouvaient être fragiles et éphémères. Combien lui-même avait pu l'être durant l'espace de quelques années seulement. Ils étaient pourtant forts de leur prolifération massive et de cet instinct naturel qu'ils avaient de s'entre-tuer, parfois pour une mince bouchée de pain. Pantins d'une autodestruction ancestrale, cadencée par les dorures de ces vices qu'ils érigeaient au statut de blasphème face à l'entité moralisatrice à laquelle ils se soumettaient par souci de conscience. Rien n'était louable au creux de ces pluies d'artifices en lesquelles leurs pauvres esprits tournoyaient. Pourtant, l'opacité de leurs crimes était pour l'allemand claire comme de l'eau de roche. Son regard ne déchiquetait pas leurs faiblesses mais bien l'horreur de ce qu'ils ont toujours été. Aucun sourire docile n'aurait pu le convaincre d'une possible innocence. Les effluves charmeuses dont suintaient faussement ces révolutionnaires rédemptions ne faisaient que dessiner sur ses lèvres l'ombre déformée d'un rictus hautain. Les hommes sont, par définition, une erreur de la nature et si des créatures telles que Callan existaient en ce monde, ce n'était bel bien que pour les réduire à néant.

Elle courait donc. Comme une biche terrifiée. Depuis les sous-bois jusqu'aux abords des falaises vers lesquelles l'Immortel la poussait. Amusement classique. Presque cliché tant la scène se répétait dans les pans de son quotidien tâché d'hémoglobine. Il l'observait sans émotion particulière. Puisque les seules failles qui marquaient son âme n'étaient que craquelures dans le désert asséché de sa compassion. Elle n'était qu'une perte de place, qu'un encombrement gueulard qui froissait la tranquillité environnante à coup d'égocentrisme individualiste. À tant vouloir se faire entendre, il allait sans doute commencer par lui arracher les cordes vocales. Il lui faisait donc subir les sensations chthoniennes d'une implacable mise en danger. Elle lui vrillait l'encéphale d'une adrénaline salie par l'irrévocable nécessité de fuir la menace. Incapable de simplement lui faire face. La femme était faible, déjà à bout de force. L'odeur de sa sueur filait sous les narines du vampire qui ne se préoccupait que de tuer le temps, focalisé sur ce roulement de hanches qu'il contemplait du corps de la mortelle, perdue au cœur de cette course effrénée à laquelle il s'apprêtait à mettre un terme.

Une fin, ponctuée de rien. L'oubli d'un début qui, au final, n'a jamais réellement compté. Grain de poussière bousculé par des bourrasques qui le dépassait outrageusement. Simple victime à éliminer. Callan restait fidèle à la désaffection, animé par des envies de jeu presque enfantines et un appétit mis en éveil par les arômes charnels qui s'entremêlaient dans l'air que ses poumons emmagasinaient inutilement. Délesté des poids de la conscience, l'impatience chatouillait l'orée de ses lèvres alors que ses crocs apparaissaient, prêts à transcender cette existence fade par une mort des plus ignobles, une mort qu'elle méritait selon lui, selon la méprise qu'il vouait à l'Humanité. Du moins, ce fut ses dernières intentions envers elle, la proie tétanisée par l'effroi. Avant que la fatalité ne reprenne le contrôle de ses démences meurtrières. Avant que le destin n'offre une seconde chance à l'incrédule humaine au visage rongée par les larmes et au corps secoué de spasmes. Cette désinvolte fatalité a résonné dans les houles de la nuit en trois coups tirés par une arme, les balles transperçant la chair de celui qui tourmentait indécemment la mortelle. Callan sentit la fibre de ses muscles s'érailler aux décharges d'acier qui assaillirent son épiderme anachronique. Des sillons électrisés par la douleur s'épanchaient en arabesques anarchiques sur l'entièreté de son dos, effleurant de violences acerbes les vertèbres qui maintenaient encore son cadavre.

Le manque d'attention et la brutalité soudaine d'une ombre indésirable le firent flancher, genoux à terre alors que la réalité lui échappait autant que sa vision, bloquée par les nuances noirâtres du vide et de la torpeur. L'intérêt qu'il avait pour sa proie disparaissant aussi rapidement que le second coup qu'on lui fit subir finissait de l'allonger contre l'herbe humide constellée de pluie. Fraîcheur bien maigre aux apoplexies qui le malmenaient mais si douce contre cette peau de marbre qui sous le poids de son agresseur lui donnait la sensation d'être volcanique. À la chaleur dévastatrice de munitions perdues, sous le regard d'acier que l'inconnu lui portait et qu'il devinait sans mal malgré l'obscurité du soir, lui l'amant des nuits sans visages. Détracteur du beau que l'on venait de prendre à son propre piège. Erreur de débutant qui poussait sa gorge à faire naître un rire inapproprié, altéré par le soufre de son endolorissement. Il tentait de mêler les sueurs glacées de ses déplaisirs à l'épicentre de son adoration, masochiste éclairé par la furie maladive avec laquelle les ignorants s'évertuaient de le détruire. Possédé par des amas d'obscurités trop virulents pour souiller son esprit à verser quelques larmes vermeilles. Cette douleur qu'on lui offrait n'était qu'un crissement violent contre le tableau immense de son endurance, une étincelle imprévue dans les couloirs interminables de son éternité déstructurée. Ses traits étaient déformés par le délice des supplices qui grouillaient au sein de son omoplate gauche, cible de ce tireur fou qui le dévisageait sans une once de sentiment dans le regard. Le froid de sa dague venant caresser sa trachée alors qu'il tentait de s'allier aux maux qui le dévoraient pour mieux les maîtriser. L'absence de peur pourtant s'imposait comme unique conviction. La désinvolture de Callan lui crachant au visage contre son corps qui, sous l'humain, souffrait. S'il avait la rage, ce n'était que contre les frivolités de son inattention temporaire.

Mégarde qui injectait en ses veines l'amertume, fruit d'un orgueil aux vestiges calcinés. Durant quelques minutes, il ne dit rien, fixant son adversaire à la manière dont il jugeait tous les hommes. Comme s'il lui était inférieur. Il aurait pu inverser les rôles, le plaquer au sol, user des quelques forces suffisantes qu'il lui restait pour imposer sa domination sur l'étranger mais il n'en fit rien. Attendant simplement qu'il décide, qu'il choisisse. De croire en l'existence d'un damné ou de simplement succomber à l'hérésie qu'était sa nature d'homme à valoriser une vie par rapport à une autre. Callan n'avait que son regard comme unique réponse à l'effleurement de sa lame sur son cou. Un regard clair et limpide, dépourvu d'artifices, un regard qui le sondait pour ce qu'il était réellement à l'heure actuelle, au-delà de cette domination débraillée qu'il laissait à l'ancien en guide de premières impressions. Callan acceptait, pour le moment. Il lui laissait le bénéfice du doute, une marge avant la déchéance. Quelques minutes éphémères au creux desquelles son regard lui faisait miroiter la force de son pouvoir sans pour autant qu'il ne l'utilise. Pouvoir de suggestion, épitaphe invisible aux certitudes erronées brouillant le regard du mortel.

« Et maintenant ? La mort, la vie ? »

Pas plus. Pas d'excuses ni de justifications. Juste une simple décision.


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Tu te revoyais debout. Les pieds enracinés dans le sol. Livré au fracas du ressac venant s'écraser contre les roches en contrebas. Ta dague à la main, serrant tes doigts si fort autour de sa poignée que tu en sentais presque la corne verte s'incruster dans ta peau. Dague Ottomane. Un trésor de famille. De ceux que l'on se transmettait de père en fils. Avec son pommeau conique et ses ornements en laiton. Une arme précieuse, sans prix. Inestimable. Dont les autres décorations en corail rouge appelaient au meurtre. La vision du sang s'écoulant le long de sa lame te poussant à transpercer l'ennemi. Une lame rattachée à une virole et une garde elle aussi en laiton ciselé. Une magnifique lame à tes yeux. Percée d'un rectangle et gravée. Sur laquelle on avait incrusté de chaque côté la lune musulmane traditionnelle. Des caractères arabes datés de 1882 la recouvrant en partie. Le talon de cette dernière étant recouvert d'un laiton finement travaillé. Son fourreau en bois, que toi, tu appelais gaine, se composant de deux parties de laiton gravé séparées par un tissu abîmé par l'usure du temps.

Les hauteurs vertigineuses des falaises s'illuminant à présent face aux éclairs qui déchiraient rageusement les noirceurs impénétrables du ciel au large. Un large te donnant l'étrange impression de jouxter les rives côtières. Tandis que tu te laissais tomber de tout ton poids sur le corps encore inerte reposant à tes pieds. Le souffle des vents tournant et se faisant plus violent. Dans un grondement sourd. Quand d'un seul coup, l'orage éclatait.

Puis toi. Pressant la lame de ta dague contre sa trachée à lui de tes deux mains. Penché. Ton visage surplombant le sien. Les battements de ton cœur s'emballant furieusement au son de sa voix : vie, mort...

- Alhaya ? Almawt… im 'afahum, 'ana la 'atakalam laghtak.

La vie. La mort. Non. Tu ne comprenais pas où il voulait en venir. Tout simplement parce-que tu ne parlais pas sa langue. Et que toutes les subtilités t'en échappaient. Pourtant, il te troublait. Avec ses mots et plus encore, devant sa façon de rire alors que tu t'apprêtais à lui trancher la gorge. Ni plus ni moins. Entaillant sa peau, et le coupant suffisamment profondément pour le faire saigner. Cet homme là ne connaissait pas la peur. Alors, plutôt que de l'achever et de te relever, tu enserrais un peu plus étroitement sa taille entre tes cuisses. Fasciné. De très grands combattants, tu en avais connu. Rencontré et côtoyé. Certains d'entre-eux t'ayant même inspiré du respect. Au point de te convaincre de les suivre. Aveuglément. En total liberté, et consentant.

Il n'y avait pas à dire. Tu aimais le sentir te résister, tu appréciais de voir son regard te défier, et tu le remerciais. De ne pas se comporter comme un lâche. De ne pas te supplier, ni d'user de sa force d'immortel en retournant ta propre arme contre toi. L'attrait de le garder sous contrôle et donc à ta merci, ne t'en excitant que davantage. Car maintenant, même sans comprendre le sens réel de ses paroles, tu devinais qu'en te laissant le choix de vie ou de mort, il te traitait en égal. Enfin. C'est comme ça que tu le prenais. En te fiant à ton expérience et à tout ce que tu connaissais du combat au corps-à-corps. Aussi, tu en ferais tout autant. Il méritait toute ton estime pour ça. Il en allait de votre code d'honneur. Celui des soldats de Dieu. Par conséquent, tu comptais bien en profiter. Pour lui montrer et lui démontrer que jamais tu ne baisserais les yeux. Que malgré sa condition et sa clémence passagère il en faudrait beaucoup plus pour t'impressionner. Sur quoi tu relâchais la pression sur ta dague pour glisser tes doigts dans ses cheveux trempés à cause de la pluie devenue battante et méchamment tirer dessus.

Tirer dessus, puis le scalper de ta main libre. Ta lame incisant et découpant son cuir chevelu. Rapidement. Dans une pratique guerrière datant du début des âges. Maculant tes mains et son visage de sang. Un sang pourpre, un sang pur, un sang que les trombes d'eau s'abattant sur vous faisaient abondamment ruisseler.

- Allah 'akbar !!

Dieu est plus grand ! C'est ce que tu as hurlé en lui arrachant un morceau de crâne. Le brandissant devant ses yeux. Puis, levant ta dague, tu revenais la planter à côté de sa tête. Restant assis sur lui. Prêt à toute éventualité. Paré à toute tentative de représailles. La respiration bruyante, ton torse se gonflant et ton ventre se creusant, ton corps frissonnant et réagissant puissance dix mille au froid humide te transperçant. Plus habitué à la chaleur du soleil et à la morsure brûlante du sable des dunes sous la plante de tes pieds...
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Il ne craignait rien. Dans le linceul de la mort qu'il avait épousé, aucune peur n'éraflait l'asphalte de cette sensibilité qui l'avait déserté depuis l'étreinte. Son pouls hurlant son silence à la désinvolture de cette vie qu'il avait lui-même choisi d'anéantir. Aucune particule d'air pour soulever sa cage thoracique. Il n'était plus qu'un cadavre animé par l'obscurité de cette nuit à laquelle il était voué. Callan ne tremblait donc pas sous sa lame. Au contraire, il riait. D'une joie démentielle. De ce pacte qu'il avait scellé avec les tréfonds de cet Enfer qu'il chérissait. Que cet homme penché au-dessus de lui, à quelques centimètres à peine de son visage ne connaissait pas encore. Du moins, pas tout à fait. Quoi qu'en dise son histoire encore voilée par l'inconnu et l'énigme. Callan était persuadé de ses faiblesses divines puisque tout en lui criait la vie elle-même. Des battements furieux de ce cœur qu'il portait en sa poitrine éreintée jusqu'au flux infernal du sang emplissant ses veines. Tant d'odeurs et de tourments viscéraux qui embaumaient le faible espace qui séparaient leurs deux visages étrangers. L'ancien vampire n'avait que les affres de la souffrance pour se sentir exister. Il nageait dans le désir d'en ressentir encore alors même que son dos était troué de ces quelques balles volontairement égarées. Il se délectait de l'élégance de cette coupure infime que le mortel infligeait à sa trachée puisque des frémissements s'accrochaient aux vertèbres à présent douloureuses qui le constituaient. Au sol et désarmé, l'allemand n'avait que les restes de son âme pour se défendre et survivre. Ce sont les rouages de sa stratégie qui crépitaient aux abords de ses lèvres animées par les douceurs de la déchéance. Il choisissait de jouer sur l'égalité, de triompher autrement que par les armes. Puisque sa violence charnelle était bridée, il élèverait son aura à la fatalité que l'étranger lui imposait. Sans sourciller, rangeant pour le moment sa cruauté face aux dangers d'un néant que l'autre était encore loin de soupçonner. Et puis dans le silence froissé de ces regards glacés qu'ils s'échangent après l'offre partagée, il entend les saveurs d'autres contrées. Arabes, enivrées d'épices et de chaleur désertique. Il pourrait presque entendre les dunes murmurer leurs secrets dans les courbes de cette langue qu'il ne connaît que trop mal.

Pourtant, oui, il riait. De cette confusion interloquée qu'il percevait dans le regard de cet homme à l'histoire recouverte d'interrogations. D'être coincé sous l'emprise de ses cuisses autour de sa taille alors que la chair de sa gorge s'entrouvrait pour dessiner sur le marbre lunaire la beauté de sillons carminés. Callan sentait la caresse de son propre sang sur sa peau mais ne s'encombrait pas d'angoisse. Puisqu'il s'était déjà battu, qu'il connaissait les guerres autant que les combats, qu'il avait pour habitude de s'en amuser, ne vivant réellement qu'à travers les affronts consécutifs. Au cœur même d'une guerre à laquelle il était complètement dépendant. À défaut de pouvoir aimer dans le respect et la morale, il savait se battre et protéger. Défendre et s'imposer. Il connaissait sur le bout du cœur les méandres pervers de la domination. Ô il les maîtrisait mieux que personne. C'était ainsi qu'on l'avait façonné. Dans le moule réconfortant qu'était devenue la haine. Ce n'est pas l'art de la douleur brute qui le terrorisait. Des peurs, il n'en connaissait pratiquement pas puisqu'il avait déjà perdu l'essentiel, son existence n'était qu'une course à la plus vorace des tortures. Ainsi donc il accentuait la pression de la dague contre sa peau en se redressant autant que cela lui fut possible, enfonçant par conséquent un peu plus dans sa chair la lame que son assaillant tenait entre ses phalanges immobiles. L'allemand en admirait presque son self-control, laissant son regard s'attacher aux traits inébranlables de son visage ainsi qu'à la force de son regard qu'il comprenait dans un accord tacite.

Cet homme savait se battre. Tous ses pores suintant d'un courage que l'Humanité toute entière semblait pourtant avoir perdu. Callan reconnaissait un guerrier quand il en croisait un. Au-delà de l'odeur de son sang qui rongeait violemment son bas ventre depuis leur proximité agressive, pleine d'une franchise qui le ravissait et injectait en ses veines cette adrénaline malsaine dont son âme jouissait vulgairement. S'il s'attendait à ce qu'il tremble, à ce qu'il le supplie, il serait déçu mais quelque chose au fond de ses iris faisait comprendre à Callan qu'il aimait les bourrasques de leur accrochage soudain. Ils passèrent ainsi les barrières du langage puisque sans aucun mot, ils composaient ensemble sur le terrain de la violence. Dans une harmonie cadencée par l'orage qui les surplombait, impartial et indompté. Autant que Callan pouvait l'être face à la Mort elle-même. Son adversaire relâchait donc la pression de sa dague, choisissait paradoxalement la vie à la condamnation, effleurant sans le savoir les luxures du blasphème. Il se saisit pourtant de sa chevelure, incisant la fine couche de chair qui recouvrait son crâne d'un geste vif et précis qui lui arrachait pourtant une plainte de douleur qui aurait très bien pu être confondue avec un profond râle de plaisir.

La dague plantée au sol, à quelques centimètres de sa tête alors que l'étranger lui hurlait cette phrase universelle, déferlant sur le monde depuis des siècles. Par les armées ancestrales autant que par ces hommes que l'on qualifiait de terroristes et qui avaient pour habitude de fasciner l'ancien vampire qu'il était. Des hommes qui ne craignaient ni la mort ni l'existence puisqu'ils étaient pleinement conscients de leur rôle, pleinement conscients qu'ils ne pourraient échapper à leur destin fulgurant. Allah 'akbar alors que la pâleur de son visage se peignait du rouge précieux, tapissant son épiderme et la chair de ses lèvres avant que le déluge ne vienne le faire disparaître. Troublé par leur dialogue minimal, Callan s'en remettait aux mouvements du corps qui reposait sur lui, enivré par le hurlement de ce cœur qu'il pourrait dévorer tant la Faim faisait frémir son corps d'immortel. Ainsi la réalité revint lui ouvrir les paupières sur ce qu'il se passait, le poussant à reprendre le dessus sur le mortel en l'écrasant sa force vampirique. Il inversait donc les rôles au même titre qu'ils inversaient leur position, faisant passer l'étranger sous lui alors qu'il déterrait la dague d'un coup sec pour poignarder son flanc gauche. À un endroit stratégique, le préservant ainsi volontairement d'une mort certaine. Il le blessait comme lui l'avait blessé de ses balles juste avant de planter ses crocs dans sa gorge, se nourrissant ensuite à la source, savourant l'épaisseur réconfortante du sang coulant à présent dans sa gorge. Le sang d'un nouvel ennemi qui, pourtant, lui faisait entrevoir les courbes infimes de ce qu'il avait renié et qui le renforçait à présent d'avoir osé s'en prendre à lui. Callan relâcha son emprise ensuite, se relevant en titubant légèrement, toujours étreint de cette douleur électrique au sein de son omoplate. Il souriait à la vision du mortel allongé, la dague à présent perdue dans la chair de son propriétaire, essuyant d'une de ses mains ses lèvres, souillées du sang qu'il venait de lui dérober afin qu'il se relève et lui fasse ainsi comprendre son refus catégorique à la soumission.


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“Plus habitué à la chaleur du soleil et à la morsure brûlante du sable des dunes sous la plante de tes pieds qu'au froid humide te transperçant le corps.” Ou sans doute la dernière chose à laquelle il t'ait été donné de penser. Dès lors qu'à ton tour tu basculais en arrière. Frémissant jusqu'aux os. En songeant très furtivement que plus jamais peut-être tu ne reverrais ce lieu vaste et inculte, abandonné, livré à la solitude qu'était le désert.

Alors tu le rêvais. Si fort que tu t'en sentais frémir. Le simple fait de te retrouver couché dans l'herbe te ramenant à de lointains souvenirs. Un peu comme si ta vie défilait sous tes paupières closes. Et qu’ensevelit dans le sable, tu disparaissais. Recouvert par des odeurs, des bruits familiers, accentuant encore les tremblements incontrôlables qui parcouraient déjà ta carcasse abîmée. Les siècles d'existence de ton ennemi pesants désormais de tout leur poids sur toi. Te mettant ainsi face à l'insignifiance même de ta condition. Comme pour mieux te signifier que ton temps était compté. Révolu. Expiré et que quoi que tu fasses, il ne te fallait plus te préparer à autre chose que de passer de vie à trépas. Mais puisque ce combat avait été à la hauteur de tes attentes, tu ne voyais aucune raison valable d'en éprouver des regrets. Que la mort vienne. Qu'elle te prenne de cette manière dont tu avais toujours vécu. Dans la violence, dévoué à la cause que tu servais et au prix du sang versé.

De fait, tu ne lui donnerais pas le plaisir de t'entendre l'implorer. Te tenant sur la défensive. Juste partagé entre l'excitation malsaine que te procurait la vision trouble et si claire à la fois de te savoir condamné, puis le désir furieux, farouche, de lutter pour sauver ta vie. Tel un défi impossible à relever. Formaté pour continuer à avancer, quelle que soit la gravité des blessures qu'on t'infligeait. Abandonner étant péché. Te suicider en revenant à te condamner à des tourments éternels. Ce fils de Caïn avait bien raison de rire quand tu y repensais. L'instant d'avant, c'est toi qui pressait contre sa gorge la lame de ta dague. Le regardant se redresser afin de s'entailler plus profondément la peau et retirant un plaisir presque jouissif, physique, d'ériger en guise de trophée son scalp. Tandis que la seconde d'après, c'est lui qui reprenait le dessus. Te dominant implacablement. Rien qu'un pervers narcissique de plus que tu prenais à son propre jeu. Est-ce qu'il croyait t'impressionner ? Ou est-ce qu'il s'amusait simplement avec toi, repoussant le moment de te tuer pour prolonger l'effet miroir vous reliant intimement l'un à l'autre. Ses râles de douleurs quittant sa gorge pour se fondre entre tes lèvres. Vos émotions se partageant et se déclinant à l'infini. Qu'il s'en défende s'il osait. Toi, tu le devinais. Percevant son trouble par-delà les frontières du monde de l'invisible. Comprenant vite que le toucher dans son orgueil de guerrier serait peut-être ta seule issue. Donc, c'est dans cette voie là que tu t'engouffrais. Tandis que l'homme inversait vos positions.

L'homme. La créature ou rien qu'un mécréant. Un infidèle. C'est drôle il n'empêche. Combien de fois au cours de toutes ces exactions que tu avais pu commettre t'étais-tu retrouvé dans ce genre de situation critique ? Tes dix doigts ne suffiraient pas à les dénombrer. Pour autant, jamais encore tu ne t'étais laissé surprendre à ce point par le besoin abstrait et fumeux de permettre à une volonté indépendante de la tienne de prendre ton contrôle. Si bien que lorsque la lame de ta dague s'incrustait à vif dans ton flanc gauche, tes prunelles se dilataient. L'espace d'un éclair, le ciel s'illuminant et les nuages tournoyant autour de vous. Avant de se rétracter, tandis que tu te cambrais contre lui. Cet ennemi au visage aussi pâle que le tien. Faisant indéniablement écho à tout ce en quoi tu croyais, mais te rappelant dans le même temps combien tu pouvais détester cette part de toi.

Sur quoi, tes lèvres douloureuses s'entrouvraient sous le manque d'air. Pour te permettre d'expier et d'inspirer une bouffée d'oxygène meurtrière. Précipitant ta fin plus qu'elle ne t'aidait à reprendre pied. Tant tu suffoquais. Pire encore quand ses crocs venaient se planter dans ta gorge. Raide. Les membres crispés. Te tordant sous son corps, expulsant dans un cri de rage toute ta frustration. Ce type là ne l'emporterait pas au paradis. Tu n'avais pas dit ton dernier mot. Et à tâtons, tu profitais qu'il se relève pour saisir une pierre.

Au bord de l'évanouissement. Les pulsations de ton cœur ralentissant dangereusement. La fatigue te terrassant déloyalement. Trop de sang perdu. La souffrance de sentir la lame trempée d'une arme vieille de plusieurs millénaires te broyer les os ralentissant tes gestes. Tout en anesthésiant tes capacités de réflexion. Fonctionnant au ralenti, de sorte que c'est plus fébrile que jamais que tu te relevais. Refusant de rester au sol. De lui concéder le moindre petit avantage. Même si tu en crevais. Un soldat de Dieu se devant de mourir en martyr.

Ceci étant dit, c'est à l'aveugle que tu frappais. Te redressant sans trop savoir comment, ta gorge ensanglantée et les bourdonnements dans les oreilles venant brouiller tous tes repères. Déjà handicapé. Diminué. Incapable de palier à ça. Atteint dans ton intégrité, obligé de compenser. La déflagration d'une explosion imaginaire finissant de t'achever. Imaginaire, ou simple réminiscence de ce passé oublié.

- Just have a little faith…

Ces quelques mots que tu t'adressais à toi-même seraient peut-être les derniers mots qu'il te serait donné de prononcer. En mémoire de Dawn. Et dans l'espoir d'aller la rejoindre, où qu'elle se trouve. Au milieu des prairies, ou des flammes de l'enfer. Votre amour te portant. Te donnant la force d'affronter ton destin.

Tragique. Mais un destin que tu avais façonné de tes mains. Sans ne jamais rien concéder à personne. Par conséquent, comme dit, tu te relevais. Après que ton assaillant ce soit d'abord remis debout. Repu. Te laissant affaibli, alors que lui ne tarderait plus à récupérer les forces perdues. Injustice flagrante. La nature n'était qu'une garce. Favorisant les uns au détriment de tous les autres.Avec une pierre prise entre tes doigts. De taille moyenne et aux rebords cassants. De quoi lui fracasser le crâne, ou du moins le blesser. Le soucis, c'est que tu ignores si tu l'as réellement touché. Certes, tu as voulu le frapper. OK. Tu as fondu sur lui. Seulement, tu n'as pas vraiment ressenti l'impact. Si ce n'est l'impact de tes genoux sur la roche lorsque tu t'es effondré.

Ta main relâchant la pierre pour venir comprimer la plaie dans ton cou. Un froid macabre t'enveloppant et comme possédé, c'est de tes mains en sang que tu finissais pas retirer la dague. D'un coup sec. Sans sourciller. La zone endommagée ne comportant pas d'organes vitaux.

Et dans cet état, lamentable mais te remplissant d'orgueil, voilà que tu le défiais du regard. Qu'importe que ses deux jambes le maintiennent en équilibre et que les tiennes ne puissent plus te porter.

Au fond, les éléments eux-mêmes se mettaient au diapason de vos humeurs.

Le déluge,  l'orage, votre sang s'écoulant et rampant jusqu'à l'océan. Les décharges électriques  vous traversant et vous électrisant. L'ensemble n'en rendant que plus solennel votre lutte. Puis, à bout de force, tu baissais la tête. Non pas pour lui manifester une quelconque forme de soumission, mais uniquement parce-que la position qu'il te fallait soutenir en devenait franchement  inconfortable. Les mains reposant sur tes genoux et ta respiration se faisant plus incertaine. Moins régulière. Beaucoup plus approximative...


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La franchise d'un combat, transcrite par des échos de violence qui bannissaient la moindre futilité. Une absence de discours qui renforce la lourdeur agressive de l'air dans lequel ils évoluent, tous les deux, malgré eux. Tous ses pores s'imbibent de cette ambiance grave au creux de laquelle il dévore du regard l'instinct de survie d'un autre. De cet étranger, défenseur inopiné de ce qui aurait dû devenir son dîner. Callan contemple la frénésie de ses mouvements dangereux, en devine facilement les méthodes et comprenant rapidement qu'il ne pouvait être qu'un soldat et que son âme devait être transportée par un honneur militaire. L'Allemand n'avait jamais intégré un quelconque groupe mais il s'était souvent battu et tout les connaissances qu'il avait pu emmagasiné au fil des siècles n'étaient dû qu'à son attrait particulier pour les Arts de la guerre. Cet homme était comme un reflet flou dans le miroir, malgré qu'il ne soit rien qu'un humain. Affaibli, par défaut et pourtant doté d'une hargne qu'il avait rarement croisé parmi eux. Infime différence qui captait autant ses sens que ses prunelles acérées, poussant le vice jusqu'à vouloir décortiquer l'entièreté de cette attitude, jumelle à la sienne en apparence mais si différente dans le fond. Les collisions de corps, les luttes et l'increvable besoin de se sentir vivre à travers les meurtrissures de la douleur ne sont pas des choses qui lui étaient étrangères. Callan tirait son avantage de ces expériences blasphématoires et de cette incapacité, qu'il a toujours eu, à composer avec la crainte de mourir. Son Immortalité lui avait ouvert les portes de l'impassibilité sordide et s'il désirait réellement ressentir quelque chose, il avait tendance à se fier à la brutalité effrénée des Hommes et à leur incapacité à savoir s'arrêter au bon moment.

Bon moment que son vis-à-vis ne trouvait pas, animé par la survie et la dignité, refusant de baisser les armes, refusant même de baisser le regard. Callan alimentait sa curiosité de cet acharnement vain puisqu'il vint finalement à reprendre le contrôle de la situation et que leurs rôles s'inversèrent, plongeant la situation chaotique dans les affres d'une ironie déplacée. Les lois de la chaîne alimentaire s'emparant une énième fois de leur droit. L'Allemand s'amusait de cette bravoure latente dans laquelle certains hommes étaient prêts à se perdre, par simple fierté. Fruit de leur Ego surdimensionné, progéniture de leur vanité. Cet homme, à présent sous l'emprise des douleurs sourdes qu'il venait de lui infliger, était authentique dans sa voracité. Désir compulsif d'avoir le dessus, d'emporter au moins son honneur dans les tréfonds d'une défaite pourtant presque programmée. Il ne lâchait rien et Callan le percevait, il le sentait. En cette Âme régnait l'incendie d'un opprimé déguisé en combattant. Il n'avait guère besoin de fouiller son esprit. Tous les indices traînaient sur la blancheur de sa peau, en totale opposition avec la langue avec laquelle il s'exprimait. L'étranger incarnait un paradoxe, attirant dangereusement le prédateur confirmé que l'ancien vampire était. Sans le cacher, sans même s'excuser d'avoir arraché des milliers de vies. Pour le plaisir. Pour les causes qu'il défendait. Mais pour survivre surtout.

Parce que lui, tout comme les siens, n'étaient façonnés que pour anéantir le genre humain, imposant ainsi l'équilibre auquel l'univers lui-même se remettait. Callan ne cherchait ni la gloire ni la rédemption. Il s'était sauvé lui-même. Des flammes mensongères, des dorures humanitaires. Son cadavre n'existant qu'au-delà de la Mort, qu'il avait choisi de prendre en amante plutôt que la vie. Il avait choisi d'être supérieur lorsque l'opportunité s'était présentée à lui. Il avait choisi d'appartenir à cette autre monde, cadencé par des nuits furieuses, où le rouge carmin remplaçait l'astre solaire. Il n'était qu'un homme qui avait choisi de s'élever et cette pensée lui vint quand son assaillant décidait d'en faire de même. Malgré la lame, plantée au creux de son flanc. Malgré la souffrance évidente qui parcourait son corps avec virulence. Cet acte de volonté indiscutable l'intriguait, bien plus qu'il ne l'aurait voulu. Cependant il choisissait de ne rien laisser paraître de cette fascination morbide. Bien trop préoccupé pour cette foutue balle perdue dans son dos qu'il serait dans l'obligation de retirer, d'une manière ou d'une autre. Et puis il y a eu cette vaine tentative d'à nouveau le blesser, intentionnelle et déterminée, lorsqu'il s'est jeté sur lui une dernière fois. Armé d'une pierre, avant que tout son poids ne s'esquinte contre l'une des roches qui les entouraient.

Avoir la foi... Cela faisait des siècles que l'Allemand n'avait plus la foi, la comparant au pire des mensonges, idiotie infernale qui mettait en danger autant les hommes que les créatures, son nihilisme détrônant la bonté divine sans la moindre hésitation. Callan refusait de perdre son temps. Il refusait de s'évanouir dans ces fantasmes d'adoration, préférant à tous ces dieux silencieux ; la solitude que le monde lui-même lui avait offert en guise d'adieux. À cet instant, alors que l'étranger retirait la dague de son corps pour finalement l'agresser d'un regard conquérant, le bruissement de la pluie rageuse était tout ce qui semblait lui importer. Puisque malgré sa nature animale et dangereuse, il n'en restait pas moins épuisé par ce déferlement de balles avec lequel l'humain avait pu le maîtriser quelques instants plus tôt. Sonné et quelque peu perturbé par le comportement de cet individu particulier. Respectueux, malgré son insolence évident, de tout le courage dont il venait de faire preuve. Ce sont des valeurs guerrières que Callan savait déchiffrer, comprendre et honorer. Ainsi donc il s'est rapproché de cet homme, s'abaissant brièvement pour récupérer la dague qu'il avait abandonné au sol après l'avoir extraite de son corps. La lame toujours teintée de sang, Callan en essuyait le revers contre le tissu de son pantalon pour finalement trancher les veines de son poignet droit avant de le lui tendre, lui proposant donc une trêve temporaire, lui proposant une guérison plus rapide et se gardant pour le moment de lui faire comprendre que le sang qui habitait ses veines était l'une des pires drogues connues à ce jour. Il attendait donc, qu'il accepte ou qu'il refuse, qu'ils scellent leur rencontre par le sang puisqu'à travers lui qu'ils se sont découverts.  


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Si tu t'attendais encore à quelque chose, ce n'était certainement pas à ce qui venait de se produire. Agenouillé. La tête basse. Avec tes cervicales douloureuses. Haletant. Un mince filet de sang s'écoulant de ton nez. La tête au bord de l'implosion et rendu sourd à tous ces bruits qui désormais ne parvenaient plus à te percer les tympans. Ton corps ne répondant même plus aux ordres confus que tu lui donnais. Juste capable de ramener tes mains sur tes genoux pour en ouvrir les paumes en direction du ciel. Adoptant une posture que seuls les fidèles serviteurs de ce Dieu en lequel tu croyais et que tu adorais depuis ta plus tendre enfance, conditionné, enrôlé de force, fils d'un père qui ne t'aimait qu'à travers ses propres croyances et extrémiste, trop blanc et lui rappelant une femme qu'il lui avait fallu répudier, connaissaient. Des prières muettes se formant sur tes lèvres lorsque l'autre homme se saisissait à nouveau de ta dague. Après s'être penché sur toi, te laissant croire que ses intentions se limitaient à revenir t'en planter la lame dans la nuque. Afin de te mettre à mort.

En lieu et place de quoi, il se tranchait les veines. Après en avoir essuyé ton sang sur son pantalon. Te laissant face à la plus totale des incompréhensions. Parce-que contre toute attente, ce vampire que tu avais commencé par prendre en chasse et ensuite par cribler de balles, faisait preuve à ton égard d'une grandeur d'âme qu'aucun de tes pairs n'avait jamais su te témoigner. Forçant ton respect. Et t'obligeant aussi à ouvrir les yeux. Sur ce combat que tu pensais mener. Défendre tes semblables pour essayer de racheter au moins une petite part de tes crimes. Non pas que tu cherches la rédemption, tu t'en foutais. Ne regrettant ni tes choix ni tes actes. Mais supportant très mal de ternir la mémoire de cette femme qui avait bravé tous les interdits pour toi.

- Pourquoi ?

Une question sans doute incompréhensible. L'homme ne semblant pas parler ta langue. Une seule question à laquelle tu accordais toute l'importance du monde : pourquoi ? Tu aurais tant voulu savoir. Communiquer avec lui. Lui demander pourquoi ce choix, cette décision. Pourquoi vouloir que tu boives de son sang alors que tu avais tenté de le tuer. Un pourquoi déjà oublié, dés lors que tu attrapais son poignet. Estimant que refuser son offre en reviendrait sans doute à l'offenser. Et un guerrier se devait de fraterniser avec ses frères d'arme s'il y était invité. Un point de vue bien personnel, que ton ancienne faction ne partageait pas vraiment.

Môme en mal d'amour. Qui cherchait une famille d'accueil, des modèles à suivre et des hommes auxquels s'identifier. Pour sûr, tu avais trouver ton bonheur avec eux. Quitte à provoquer l'enfer. Jusqu'à te perdre dans le chahut du terrorisme. Te jetant dans sa gueule. Honorant le pacte au point de défier la mort et de monter en grade. Leur montrant que tu étais digne de leur rang. Le diable menant la danse. Ayant perdu toute ta valeur à leurs yeux le jour où tu avais brisé le sceau sacré. Presqu'à en en crever.

Alors ne leur en déplaise, tu allais faire ce qu'il fallait pour rester en vie et leur faire la peau. Parce-que tu ne doutais pas de prochainement recroiser la route de ces bâtards. Le sang s'écoulant dans ta gorge n'en finissant plus de doper la colère qui te gardait debout. La pression de tes doigts autour de son poignet augmentant, tandis que tes lèvres effleuraient sa peau. Te surprenant à apprécier ce goût de fer s'écoulant dans ta gorge. L'appel du sang te possédant. Te domptant. Inconscient du danger que tu courais à avaler gorgée après gorgée. Peinant à apaiser cette nouvelle soif de liquide carmin qui t'abreuvait. Tes plaies se refermant. Les étoiles grouillant sous tes paupières closes s'enfonçant dans l'obscurité. Tes maux de crâne disparaissant et ta surdité te paraissant même diminuer. Mais toujours pas en mesure de te relever. Accrocher comme une sangsue. Les lèvres rougies et tes dents cherchant à s'enfoncer dans sa chair. Le mordant comme lui t'avait mordu. Lui rendant coup pour coup tout en lui jurant allégeance. Toujours avec ce même besoin de te mesurer d'égal à égal, de conjurer le mauvais sort et d'évaluer les forces en présence. Emporté par ce tourbillons de sensations.

Tes forces te revenant brutalement. Comme si après des années à errer entre le monde des vivants et le monde de l'invisible, tu reprenais ta place. Un homme à part entière. Et plus un corps diminué, la rage bouillonnant dans ton cœur jaillissant telle la lave d'un volcan. Il t'en fallait encore. De son sang. Il t'en fallait plus. Alors de tes dents tu cherchais à aggraver l’hémorragie, mais déjà la coupure se refermait...


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Le silence de Dieu, l'absence universelle au cœur de laquelle les plus inconscients s'égarent et se broient. Callan le connaît, il a cent fois tenté d'en percer les mystères, cherchant à comprendre pourquoi l'Horreur des hommes prédominait sur le reste. Sur ce qui compte réellement. Le silence de Dieu... Celui qui le ramène sans cesse à cette vie humaine qu'il a choisi d'anéantir après avoir vendu son âme, celui qui est responsable de ces plaies et de cette damnation à laquelle son esprit s'est uni. Léandre n'étant qu'une opportunité d'échapper à cette existence faite de rien et de vides. Léandre n'étant au final qu'un passage à l'Enfer qui l'avait patiemment attendu, à l'Enfer qui l'avait toujours appelé. À défaut des autres, Callan avait refusé d'être soumis à la fragilité, à l'ignorance. Lui qui n'a toujours voulu que dévorer la vie. Ainsi il avait forcé le destin. Il était allé chercher tout ce que Dieu lui-même lui avait toujours interdit. L'excès ivre, la violence dérangée, la cruauté froide. Il avait puisé sa force dans tous ces interdits, condamnant irrémédiablement son Âme au purgatoire. Pour raison d'innombrable refus, d'impossible soumission. Callan s'était détourné de l'entité divine, la salissant de sang et d'obscurités, agitant de son insolence les cimes éthérées derrière lesquels ce foutu Dieu se cachait.

Pour finalement comprendre que la croyance n'est qu'un état d'esprit et que les véritables fondations de ce monde n'existent que dans la stérilité sereine du Néant. C'est en suivant les échos de sa solitude qu'il comprit que rien n'avait réellement d'importance si ce n'est que cet instant, cette seconde. La précédente n'était déjà plus qu'un souvenir impalpable. Depuis les mots, la voix, le cœur ne sont devenus pour lui qu'un requiem de plus. Toutes philosophies se réduisant en miettes dès lors qu'elles étaient prononcées puisque les hommes ne font que dénaturer ce que l'univers leur offre. Puisque les hommes, depuis la nuit des temps, ne font que piétiner la Terre sur laquelle ils marchent. À jamais avides, à jamais insatisfaits. Suintant d'irrespect et d'oubli. S'appropriant jusqu'à la plus infime des futilités, se proclamant Roi, Prince, Commandant alors qu'ils ne sont que poussières. Fruits déjà pourris jusqu'à la moelle de surestimer une importance qu'ils ne font pourtant que s'imaginer. Il avait de se défaire de tout ce qui était connu, de tout ce que les progénitures de Dieu s'efforçaient de prêcher, ne s'attachant qu'au trou béant qui avait remplacé son cœur afin de survivre. Annihilant sans aucun regret l'enfant mutique qu'il eut été, l'enfant battu aux rêves incandescents qui n'a jamais su trouver sa place.

Enfant confus et perdu qu'il eut été huit siècles plus tôt, semblable à cet homme avec lequel il venait de se battre sauvagement. Lui qui lui rappelait cet amour de Dieu en lequel il avait baigné, du temps de son vivant. Lui qui le surprenait d'avoir osé l'affronter pour sauver une parfaite inconnue. Malgré la puissance antique qui courait dans les veines de l'Allemand, malgré la réputation scandaleuse dont même son ombre transpirait. Callan était captivé par son sens du sacrifice. Par cette bravoure qu'il peinait à trouver dans le cœur des hommes. La plupart n'étant qu'un troupeau de faiblards, incapables d'endurer la douleur comme le faisaient ceux de son époque lointaine. Tout ça se mêlant sous sa boîte crânienne et lui rappelant des codes d'honneur que le monde semblait avoir oublié, le ramenant implacablement à tout ce qu'il avait quitté. Pour devenir un monstre, s'élevant même jusqu'à devenir l'un de leurs Princes. Titre et rang éphémère au sein duquel son Ego s'était enflammé, dévastant toute forme d'existence humaine dans l'unique but de purifier ce monde qu'il entend souffrir malgré lui. Murmures irascibles dont il se nourrit, créature damnée. Partisan de l'Enfer contre lequel il était pourtant voué à se battre, à l'origine.

Ainsi, il avait choisi de lui offrir son sang. Afin d'honorer ce qu'ils venaient de vivre, afin de sceller ce lien si particulier qui jaillissait à la fulgurance de leur rage. Dénué de mots et de mascarade. D'explications et de faux-semblants. L'authenticité pure de deux âmes agitées et dont la survie était devenue unique conviction. L'humain prit son poignet, portant ses lèvres jusqu'à la surface de sa peau, s'abreuvant de la plaie que l'Allemand venait tout juste de s'ouvrir. Son visage s'étirant en une expression de douleur lorsque ses dents transpercèrent sa chair avec violence, comme l'aurait fait un animal affamé. Animal qu'il s'efforcerait plus tard de dompter, d'amadouer jusqu'à possiblement le faire sien. Pour une raison qui lui échappait mais que son instinct ne cessait de hurler jusque dans les profondeurs de son insensibilité incassable. Alors qu'il se délecte, qu'il imbibe ses lèvres et son œsophage de ce sang ancien qui bientôt ne serait pour lui qu'un énième cauchemar de plus, celui du manque et de la fièvre, celui d'une impression de puissance qu'il ne chercherait qu'à satisfaire. Coûte que coûte. Poison pernicieux dont les dommages étaient aussi imposants que les bénéfices, qui tatouerait sa présence quand bien même l'humain de tenterait se débattre contre elle....

Qu'il boive, qu'il morde, Callan venait d'engendrer les prémices cacophoniques d'un énième blasphème. Disciple de Satan, bien avant d'être celui de Léandre. Hérétique vaniteux qui excellait dans le domaine de l'ignominie, malgré ses bravoures anciennes, malgré les dorures ternies de cette chevalerie médiévale qui n'était plus qu'un fantôme confus au creux de son Immortalité sordide. Lorsque les plaies de l'homme se refermèrent, lorsque ses souffles devinrent plus régulier, Callan empoigna sa nuque afin de briser le contact, l'interdisant de le vider davantage, le ramenant à la réalité abrupte qui les entourait, pour finalement le relâcher et s'accroupir malgré la douleur qui striait son corps. Et la douleur de cette balle, perdu dans les chairs de son dos, qu'il n'avait pas encore eu le temps d'extraire. Sur le sol, à l'aide de la pointe du poignard qu'il se surprenait à toujours utiliser, il dessina une croix. Celle des Templiers, celle à laquelle il était soumis du temps de son Humanité. Celle qui répondait à la question que l'étranger lui avait posé quelques instants plus tôt et qui ressemblait étrangement à un pourquoi empli de curiosité. Croix catholique. Cette croix qui désignait son ancienne allégeance à Dieu. Pour qui il s'était battu alors qu'il n'était qu'un adolescent, à peine sorti de l'enfance. Cruels Templiers qui, au fond, n'étaient que d'anciens terroristes chevaleresques. Des soldats de Dieu. Semblables à ce que cet humain est ou a pu être par le passé.

Qu'il fasse la liaison, qu'il comprenne pourquoi lui, l'ancien vampire, s'était arrêté à temps. Le préservant pour en arriver à cet instant précis, où son passé revenait lui jouer des tours. Implosant en sa poitrine comme une multitude d'éclats de verre, d'échardes faites d'acier. Lui rappelant avec virulence qu'aux origines de son histoire, il n'était qu'un homme. Faible et inutile. Pion d'une entité immatérielle. Reflet de cet homme qui se tenait devant lui.  


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Jamais tu n'aurais cru connaître un jour le grand frisson sous la main d'un homme. Dont les doigts encore trop masculins pour toi venaient se glisser derrière ta nuque. Dans une caresse aussi abrupte que ces falaises au bord desquelles vous vous retrouviez suspendus. Tel des pantins attachés à des bouts de ficelles et aux prises avec un Dieu s'amusant à vous faire danser. Sur des airs de canons. Alors qu'entre ses mains à lui tu te sentais revivre.

Non plus dans la douleur, mais bien dans cet état de grâce qui subitement faisait jaillir de tes yeux des émotions t'arrachant des larmes. Dont la pureté t'éblouissait. Encore une chance que le ciel dans sa grande mansuétude ait décidé de continuer à préserver ta pudeur en recrachant sur vous toutes les douleurs berçant l'humanité. Vous lavant et vous exorcisant, jusqu'à vous baigner de sang. Couleur pourpre. Magenta, à la texture de velours. Tirant sur le carmin. Le rouge de tes lèvres n'altérant pour autant pas la nouvelle clarté élargissant ton champ de vision devenue perçante. T'offrant des points de vue à trois cent soixante degrés. Alors que tes pupilles réagissaient aux stimuli avec une réactivité surréaliste. Comme si tout d'un coup, tu te mettais à voir au travers de son regard d'immortel. Te projetant par devant des millénaires d'existence. Le plus minime incident, la plus insignifiante des mimiques, le plus dérisoire des déplacements et la plus élémentaire des turbulences prenant les proportions d'un tourbillon sur son passage. T'apparaissant plus grand, ahurissant, plus extraordinaire.

Les doigts de l'homme délaissant déjà ta nuque brûlante alors que rétrospectivement, tu t'obstinais encore à mordiller son poignet. T'enfonçant dans un délire paranoïaque des plus flippants. Ton imagination continuant à le pomper. Ta langue apaisant la pression de tes dents, comme si tu simulais un suçon. Espérant sans doute qu'en dessous de sa peau quelques veines éclateraient. Perché. La réalité volant en éclats.

Mais ce puits sans fond creusé à même les parois de l'éternité restait aussi sec que par une année de sécheresse. Te laissant sur ta soif, inquiet et déstabilisé de ne peut-être plus jamais ressentir une telle plénitude. Entière et si complète. Ton oreille sourde entendant comme avant, avant quoi… plus tu cherchais, et plus ta mémoire était défaillante. Ne te montrant rien qui puisse te créer le moindre choc. Ni provoquer un quelconque retour en arrière qui te permettrait enfin de t'accomplir. Par le deuil. Par l'acceptation. Par le fait de te confronter à l'impossible. Et bizarrement, tu te sentais en confiance. L'animosité, cédant sa place au respect. Lucide. Bien décidé à ne surtout pas te comporter en victime. Consentant avec simplicité à ce rapport étrange venant s'installer entre-vous. Ton corps se tendant dès lors vers lui quand il s'accroupissait devant toi. La fraîcheur ambiante te soutirant un autre frisson. Ton crâne presque rasé à blanc ne souffrant plus de ces différences de températures te mettant bien trop souvent au banc des accusés. Tout ce que tu vivais s'inscrivant dans le moment présent et changeant les aspects du regard que tu portais sur “l'ennemi”. Homme de providence. L'autre versant, le côté caché de ces dunes entre lesquelles tu ne slalomais plus que dans tes rêves. Entre deux crises. Durant ces heures de sommeil trop courtes et tellement agitées. Plus jamais pareil. Plus jamais le même. Plus jamais comme cet avant…

Juste autrement. Un autrement t'ayant conduit jusqu'à lui. Puisque rien n'arrivait par hasard. La pointe de ta dague dirigée par une volonté supérieure, traçant une croix. Chrétienne. Vouant un culte à la religion des infidèles. Ceux que tu pourchassais. Pris dans un engrenage, pas véritablement haineux mais juste le fils d'un extrémiste. Endoctriné. Privé de ton libre arbitre. Ta liberté de pensée devenant un crime passible de la peine de mort. Alors comme pour Dawn, tu ne t'expliquais pas ce qui t'attirait dans ce simple symbole.

Sans doute ton désir de transgression. D'émancipation. Puis peut-être aussi le fait que ces similitudes entre vos croyances respectives face avant tout autre chose de vous des hommes de foi. Et le Coran ne t'ordonnait-il pas de faire preuve d'empathie puis de charité envers tes semblables ? Aumône. Bienfaisance.

Un esprit que tu traduisais pas des gestes, toujours. Frustré de ne pas savoir parler sa langue, sauf si cela aussi tu l'avais oublié. Qui sait. En dehors d'Allah le Miséricordieux. Ton Dieu, ton seul père. T'ayant mis sur le chemin de ce frère d'arme. De ce bras armé, au dos criblé de balles. Si bien que sans crier gare tu le rempoignais par le col de son manteau. Un vêtement classe. Trop habillé. Le genre de vêtement que jamais tu n'oserais porter, tant tu le trouvais trop serré pour adopter la morphologie d'un homme. Mais ici, le but tenait juste à le lui retirer. Pour l'aider.

Ignorant si le sang que tu venais d'ingérer se trouvait à l'origine de ce phénomène voulant que tu ressentes la douleur que lui causait la balle logée dans son dos comme si elle t'appartenait. Une balle qu'il te faudrait extraire à mains nues. Ici. Tel que tu le pratiquais lorsque ta faction et toi, vous vous retrouviez acculés. Pris au piège. L'un ou plusieurs d'entre-vous tombant sous le feu des projectiles. Donc, tu te relevais. Tes yeux soutenant son regard tandis que tes doigts glissaient et se détachaient de l'encolure de son manteau. Pour le contourner et revenir te placer derrière lui, à genoux. Tes mains se posant sur ses épaules sans que tu ne supposes une seconde qu'il t'envisageait. Projetant de te dompter, de t'amadouer, de te posséder d'une façon que tu rejetais. En bloc et à ton corps-défendant. Pas prêt à adopter la mode occidentale. Ne sachant que trop bien ce qu'on faisait aux hommes s'adonnant à ce type de pratique dans ton pays. Des hommes désavoués, émasculés, des hommes mutilés. Qu'on massacrait. Au nom d'un dogme. Puis, un peu brusquement sans doute, tu faisais glisser le dit manteau le long de ses bras. Outrepassant tes droits. Mais n'omettant pas de remarquer le trou dans le tissu que la balle en le déchirant avait causé.

Manteau que tu repliais afin de le poser sur tes genoux. Machinalement. Dans un réflexe que tu savais ne pas être tien. Mais que tu reproduisais sûrement pas mimétisme. Te remémorant ces jours où enfermée dans sa cellule, Dawn rangeait le moindre objet que vous l'autorisiez à garder près d'elle. Une couverture, un Coran, un bol pour boire. Après quoi, tu relevais son pull. Tes doigts palpant les contours rugueux de la plaie. Butant et se heurtant à ses rebords chauds et gonflent. Hésitant. Il t'aurait fallu ta dague. Pour inciser, élargir l'ouverture.

De quoi te permettre de lui retirer le projectile rapidement, sans le torturer. Pas plus que de raison. Juste un prêté pour un rendu. Cet homme t'ayant épargné, traité en égal. Plus que tes semblables ne l'avait jamais fait. Toujours ce même constat. Cet état de fait.

Soûle de son sang. Enivré. Sa croix se juxtaposant sur ton croissant de lune, sans ternir l'éclat de vos étoiles.

Devais-tu continuer sur ta lancée ? Comment te faire comprendre… ton souffle s'accélérait. Agacé d'être bloqué dans ton mutisme. S'il t'était resté un soupçon de bon sens, tu te serais tiré en courant. Sauf que cette solution te paraissait indigne. Aussi, te penchant légèrement sur lui, ton torse se collant contre son dos, tu prenais sa main entre tes doigts pour lui faire lâcher ta dague. Porté par l'instant. Plus dans l'action que dans la réflexion...


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is it sick of me to feed the animal in you ?
is it sick of me to watch the wicked way you thrill ?

Spécial était ce lien qui se créait. Différent de tout ce que l'ancien vampire avait pu effleurer, envisager ou même vivre. L'inconnu lui apparaissait ainsi de plus en plus familier. Comme s'il n'était que le reflet d'une autre facette de sa personnalité... Callan était intrigué. Par le comportement contradictoire de cet homme qu'il se promettait de façonner et de renforcer. Son Humanité étant la seule chose qu'il exécrait. L'idée de sublimer ses failles pour en faire une plus belle armure voltigeait dans son esprit brisé, comme une nouvelle occupation intéressante et certaine pleine de surprises. Soubresauts que l'Allemand recherchait constamment, incapable de se plier à l'implacabilité de l'ennui. Peu habitué à rester passif, esclave d'une existence sur laquelle il n'aurait alors plus aucun contrôle. Lui se voulait maître de son destin. Et rien ne pourrait l'empêcher de poursuivre cette voie. Peu importe le poids de toutes les abominations qu'il avait pu commettre pour simplement tuer le temps. Tout le défi de l'Immortalité se trouvant dans sa capacité à la dompter. Malgré les bourrasques inattendues, malgré les tempêtes sous lesquelles son cœur apathique aurait dû s'écraser mais qui ne faisaient, en vérité, que l'emplir d'une adrénaline aussi scandaleuse que démesurée.

Établissant le premier contact, s'insinuant en son corps de mortel par la force ancestrale de sa vitae, Callan instaurait les premières fondations du conditionnement dans lequel il était déterminé à l'emprisonner. Pleinement conscient de cet effet dément qu'avait le pourpre de ses veines sur ses victimes. Si bien qu'il en jouait et en abusait afin de préserver les quelques rares personnes qui réussissaient à l'intéresser. Sans même connaître son prénom, il cherchait à s'emparer de ce peu de liberté qu'il lui restait. Avec subtilité et délicatesse. Comme lorsqu'on espérait rendre docile un animal blessé. Dès lors il observait sa proie comme cet oiseau que son père lui avait demandé de dompter mais qui, au final, avait fini par l'aimer. L'étranger le lui rappelait étrangement et soulevait en sa mémoire un énième souvenir heurté. Pour l'heure, le vampire s'était pourtant agenouillé pour tracer les contours d'une symbolique qui vint à lui lacérer l'Âme d'insatisfaction. Alors qu'il se rappelait de la déception que l'idée de Dieu lui avait laissé et que la saveur de ces temps oubliés lui vrillait l'esprit d'une nostalgie venimeuse à laquelle il se surprenait à devenir dépendant. Comme si le présent ne lui suffisait, lui qui pourtant haïssait de se plonger dans les rouages complexes et nébuleux de ces nuits enterrées.

Souvenir amer qu'il partageait avec lui, lui faisant comprendre qu'il comprenait sa foi sans pour autant l'accepter. Puisqu'il s'en était détourné. Violemment. Plutôt fier de s'être éloigné des endoctrinements d'une société erronée. Plus à l'aise dans la solitude qu'imposaient ses choix de vie et son besoin de se faire ses propres idées. Chrétienté sur laquelle il avait craché sa colère et son mépris, crucifiant le Christ pour la millième fois, adoptant cet art comme l'une de ses tortures fétiches. Signe de son désaccord éternel avec les forces supérieures qui s'acharnaient pourtant à le poursuivre, narguant son insolence de cette culpabilité qu'il ne s'autoriserait jamais à ressentir... Encerclé par ces pensées diaphanes, l'autre le ramena à la réalité, empoignant le col de son manteau pour mieux le lui retirer. Dans un geste si franc qu'il ne lui laissa l'occasion de protester. Forçant Callan à lever le visage pour ne pas le perdre de vue alors que l'azur de son regard venait s'éteindre dans la limpidité du sien, l'espace d'un bref instant, avant qu'il ne revienne se positionner derrière lui, à genoux, pour lui retirer ce manteau qui, soudainement, était devenu très inconfortable. Charmé par ce rapport tacite, cette absence de mots entre ne les empêchant pourtant pas de se comprendre, l'Allemand se laissait faire. En confiance. Lui qui pourtant s'accommodait trop bien de cette paranoïa obscure, amante fidèle, cadencée par ces milliers de menaces de mort qu'il recevait de manière quotidienne et répétitive.

Alors que l'étranger lui offrait son aide pour le délester de ses balles qu'il avait pourtant tiré quelques minutes plus tôt. Minutes qui lui semblaient déjà loin tant l'intensité de ce qu'ils partageaient sans un mot s'emparait de la plus infime de ses pensées. La fraîcheur de la nuit s'échinant pourtant à ramener Callan à la raison et à ces plans s'esquissant déjà honteusement dans les méandres de son imagination carnassière. Le contact de ses doigts sur les plaies lui arrachant une grimace de douleur légère, vulnérable sous la fébrilité de cette Humanité à laquelle il n'était plus habitué mais qu'il acceptait... Pas vraiment certain de ce qui allait réellement découler de ce lien ambivalent avec lequel leurs âmes s'attachaient. Et avec une douceur dissimulée l'autorité, il vint se saisir de sa main afin de reprendre possession de sa dague. Consentant, Callan la lui délivrait, accordant par la même occasion son accord à ce qu'il désirait entreprendre pour le soulager. Quitte à ce que cela lui demande d'endurer une énième douleur corporelle. La confiance s'installant définitivement. Envers et contre tout.


NΞRIOИ



When you speak my name, it don't matter to me. Where you place your blame, it don't matter to me. Where could you be walking to, it don't matter to me. Take my wicked heart, it don't matter to me. Turn my twisted words, it don't matter to me. What are you here waiting for, it don't matter to me. Where do you go to, you don't matter to me.

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