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 A lost sheep needs a shepherd to find the way | Feat As

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A lost sheep needs a shepherd to find the way

Feat As la menace

J’ai mal. Affreusement mal. Mon corps est cloué au sol, meurtri par une douleur brutale, violente, qui m’empêche de respirer correctement. Le sol est froid et humide, un peu mou, rugueux, glissant… J’entrouvre les yeux et je découvre que je suis dans la forêt. Quelques rais lumineux transpercent la cime des arbres pour chatouiller mon visage, et j’en déduis que l’heure est matinale. Dix… Peut-être onze heures ? Je rassemble mes efforts pour m’arracher de ma torpeur, serrant les dents alors que mes muscles tendus protestent avec véhémence. Mes articulations craquent, mes membres fourmillent, il me faut plusieurs minutes pour parvenir à me redresser complètement. Je papillonne des yeux, la vision un peu floue. Je suis nu. Bordel de merde. Je passe une main tremblante dans mes cheveux, le souffle court, expiant l’air de mes poumons sous le choc. Je suis nu dans la forêt. J'ai du mal à réaliser la situation présente, à comprendre comment j'en suis arrivé là. Mes souvenirs sont flous, sombres, je me vois aller au lit hier soir, un peu hagard, et après... Plus rien. Le trou noir. J'en ai la nausée. Je pose une main sur mon ventre, l'estomac noué. L'angoisse me prend à la gorge. Il faut que je rentre, je ne peux pas rester seul ici, c'est dangereux. Les monstres règnent. J'ai beau connaître l'existence d'un traité de paix, rien ne me dit qu'un vampire ou un loup-garou ne viendront pas profiter de mon isolement pour me croquer. La force des humains a toujours été la même, c'est celle du nombre. Perdu au beau milieu des arbres, je me sens comme une brebis égarée, loin de son troupeau. Un met de choix pour les prédateurs. Maladroitement, je me redresse sur mes jambes, les brindilles me piquent la plante des pieds. J'aperçois plus loin à droite, à quelques mètres de moi, un amas de tissus et j'y reconnais des vêtements.

Cet heureux hasard m'étonne moins que le fait de me réveiller nu à l'air libre et j'en oublie de m'interroger sur le pourquoi du comment. Je me dirige vers les habits, me saisis de ce que j'identifie être un tee-shirt et frémis d'horreur quand je sens quelque chose de poisseux sous ma paume. Une grosse tache rouge s'étend sur le linge blanc et sali de terre. Du sang. C'est humide. Frais. Ça doit dater de plusieurs heures. Autant dire que c'est récent. Le tissu est troué par endroits, justement là où les traces de sang se dilatent. Me voilà partagé entre l'envie de me couvrir et celle de jeter le plus loin possible ce truc dégueulasse, mais en pensant entendre un craquement au loin, mon corps agit tout seul. J'enfile à toute vitesse le tee-shirt taché de rouge et m'éloigne rapidement en remarquant un jean abandonné plus loin. Crasseux et un peu déchiré, je saute dedans et pique un sprint sur plusieurs mètres, toujours inquiété par ces sons qui m'entourent. J'imagine déjà un monstre se jeter à ma gorge, peut-être d'ailleurs viens-je de ramasser les vêtements de sa dernière victime ? Le regret et la culpabilité m'assaillent brutalement. Peut-être aurait-il mieux valu que je rentre nu plutôt que taché du sang d'un mort ? Quoi qu'il en soit, à travers les troncs, il me semble reconnaître les abords de la ville et je souffle de soulagement. Cette crise de somnambulisme impromptue se termine bien, au final. Je n'ai plus qu'à rentrer, jeter mes vêtements à la poubelle, me doucher et oublier le fait qu'un type a peut-être été tué ici. Tout est bien qui finit bien. Je chasse le malaise qui pèse sur mon estomac en reprenant ma route, enjambant prudemment les racines, quand soudain, une forme floue attire mon attention. Un corps. À moitié nu. Je me fige et le sang quitte mon visage, je suis à deux doigts de m'évanouir. Je me rattrape de justesse au tronc d'un arbre, étourdi.

Là-bas. Il y a un corps. Un foutu corps. Maintenant que je regarde un peu mieux, je le vois. Je distingue parfaitement les traits de son profil, son nez, sa bouche. Il est allongé dans une position étrange. Je regarde autour de moi. Il n'y a personne. Je panique. Qu'est-ce que je suis censé faire ? Appeler de l'aide ? Aller le voir ? On dirait qu'il est dans un sale état. Il ne bouge pas et il est barbouillé de rouge. « Hé ! », je lance prudemment. Ma voix est rauque et tremble un peu. L'homme ne réagit pas. Pas le moindre sursaut, pas le moindre mouvement. Son torse ne bouge pas. Je crois qu'il ne respire plus. Je jette un regard derrière moi avant de m'approcher, le cœur battant. Mes jambes tremblent tellement que j'ai du mal à rester debout. Je titube sur quelques pas avant de serrer les dents pour éviter de vider mon estomac sur le sol. S'il est vrai que j'avais des doutes tout à l'heure, ils ont disparu. L'homme a le ventre à l'air, éviscéré, le corps couvert de morsures. Une bête sauvage, à n'en pas douter. Je baisse les yeux sur les vêtements déchirés que je porte et constate que je viens très probablement d'en trouver le propriétaire. Il y a un pistolet à mes pieds. Il avait visiblement de quoi se défendre mais ça n'a pas suffi. Oh bon sang. Oh bon sang, oh bon sang. Mon cœur cogne fort dans ma poitrine, j'ai mal au crâne. Je dois me calmer. J'essaye de respirer mais mon souffle s'emballe, je cours en direction de la ville. Je ne sais pas ce qui a fait ça, mais ça s'est passé juste ici et c'est probablement encore là. Je dois regagner la civilisation avant que cette chose ne m'attrape. Je regarde derrière moi tout en courant, angoissé, mais la forêt est déserte.  

J'atteins enfin la ville, presque prêt à me jeter à genoux pour embrasser l'asphalte assombrie par la crasse. Je me sens en sécurité, protégé par une frontière invisible, persuadé que là, les monstres ne pourront pas m'atteindre. Convaincu que les limites de la ville repoussent vampires, sorcières et loups-garous. Je sais que c'est stupide mais depuis deux ans, jamais aucune bête ne m'a attaqué tandis que je restais bien au chaud des rues de Riverdall. Je retrouve mon souffle après cette course folle contre le vent. J'ai les pieds en sang à force d'avoir piétiné le sol sans chaussures ni chaussettes, mais ce n'est rien, je guérirai vite. Mieux vaut ça que de finir les tripes à l'air... Je revois cet homme dans la forêt et je réprime un haut-le-cœur. Je... Je dois prévenir quelqu'un... Alerter les gens, je ne sais pas... Mais d'abord, rentrer chez moi, me laver, reprendre mes esprits. Oh bon sang... Je pousse un juron en regardant autour de moi. Je me sens complètement perdu. Qui ne le serait pas, en se réveillant nu dans la forêt, près d'un cadavre ? Je ne reconnais pas du tout les rues, la ville, l'angoisse m'empêche de réfléchir, je trébuche sur un trottoir. La douleur cogne et pulse derrière mon sourcil. J'ai l'impression que je pars. Que je m'éloigne de mon corps et que ma conscience s'efface. Je serre les dents pour rester maître de ma chair, pour repousser l'inconscient qui m'aspire dans le vide. Un peu confus, je continue ma route, tentant désespérément de calmer les battements virulents de mon cœur. J'ai trouvé un fichu mort. Je porte ses fichus vêtements. Je me sens en plein cauchemar mais la douleur brûlante de mes pieds à vif me rappelle que je suis bel et bien réveillé. Hier tout allait bien et aujourd'hui et je vis un enfer. Qu'a t-il bien pu se passer pour que j'en arrive là ? J'ai les yeux humides, des larmes menacent de s'échapper mais je les chasse d'un revers de bras. Je ne dois pas craquer. Tenir bon. Tenir bon malgré cette foutue impression de devenir dingue.

« Excusez-moi... » Je souffle d'une voix tremblante en apercevant un homme plus loin.  

Dans ce monde, on est tous amis. Pas vrai ? Tous dans le même bateau. La même galère. C'est sans trop de crainte que je hèle cet homme dans la rue, croyant naïvement qu'entre humains, la première des choses à faire est de se serrer les coudes. Je suis perdu. Confus. Seul. J'ai besoin d'aide. Je titube vers lui, hors d'haleine. Je me rends compte seulement maintenant de l'effort que j'ai fourni à courir ce marathon en pleine forêt.  

« Vous devez m'aider... Il y a un corps, là-bas. » Je désigne la forêt dans un geste vague. « Il fait jour mais le vampire ou, ou... Ou la chose qui l'a attaqué ne doit pas être loin ! »  

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