The Island of the damned est un forum post Apocalyptique rassemblant un grand nombre de créatures surnaturelles.
 

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 Problème d'intégration ? [Avery]

Lycanthrope ♛ Membre du mois
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Si tu veux bien me parler, je t'écouterais.

Daryl venait de terminer de charger le matériel à l'arrière de son pick up. Depuis hier soir le débit d'eau à la sortie des robinets était assez fluctuant, quelque chose devait clocher au niveau des châteaux d'eau qu'ils avaient mis en place il y a quelques mois afin de rentre la vie plus confortable. Vivre en harmonie avec la nature était un des principes fondamentaux de la meute, mais il y a quelques bases de la civilisation, comme l'eau courante, dont il était difficile de se passer une fois qu'on y avait goûté. Ils en avaient déjà monté trois, et un quatrième était en court de construction. Il fallait bien ça vu que leur nombre ne cessait d'augmenter au rythme des rafles de Tullamore dans le reste du monde. Deux autres équipes étaient également chargées d'aller faire des vérifications, et lui s'occuperait du dernier réservoir. Le loup avait déjà une idée du binôme qui pourrait l'accompagner pour mener sa tâche à bien.

Il y a quelques jours, Aindreas lui avait parler d'une jeune lycane qui avait du mal à se sociabiliser avec le reste de la meute. De ce que lui en avait dit l'Alpha, elle ne demandait qu'à se rendre utile et était pleine de bonne volonté, mais semblait ne pas savoir par quel bout s'y prendre et se retrouvait isolée. Chose dont il put rapidement se rendre compte... il lui fallut chercher un bon moment avant de trouver quelqu'un qui l'avait vu ! De toute évidence, les choses ne s'étaient pas améliorés ces derniers jours, même s'il ne s'était pas attendu à un miracle. La question restait de savoir si la louve était d'un tempérament naturellement solitaire et réfractaire à la vie en communauté, ou si elle avait seulement besoin d'aide pour arriver à s'y habituer.

Le brun retourna chercher la voiture, à priori la rousse était sortie du village, justement dans la direction où il devait se rendre. Il espérait réussir à la trouver rapidement, car chercher un loup en pleine nature, c'était un peu comme repérer une aiguille dans une botte de foin. Surtout si celui-ci n'avait pas envie d'être retrouvé, et à l'image qui se dessinait de la lycane, il commençait à craindre qu'elle ne soit de ce genre-là.
Accoudé à la portière, il guettait la vision d'une chevelure de feu parmi la végétation environnante tout en conduisant vers les ruines d'un ancien château tout proche. De l'édifice il ne restait qu'un amas de pierres qu'on devinait être les fondations, aujourd'hui pas plus hautes qu'un simple muret, mais suffisant pour protéger des bourrasques de vent. Il surplombait un petit lac en contrebas où l'on pouvait apercevoir par moment d'énormes brochets remonter à la surface. Quelque chose lui disait que si elle voulait être tranquille, il y avait des chances pour qu'il la trouve là.

Garant le pick up au bord du sentier, le brun se dirigea tout droit vers les ruines. Mais cela aurait été trop facile s'il était tombé directement sur elle. Au moins, d'ici, il avait une large vue sur les environs. Plus que la vue, c'est son odorat qui la détecta d'abord. Daryl pouvait se targuer d'en avoir un très développé, et une fois la bonne direction identifiée, il ne tarda pas à repérer la chevelure rousse.

« C'est un bel endroit pour méditer. J'aime venir ici aussi quand j'ai besoin de tranquillité. »

L'attention de la rousse attirée, même s'il ne doutait pas qu'elle l'avait déjà repéré depuis belle lurette comme il n'avait pas cherché à cacher sa présence pour ne pas la surprendre, il lui adresse un sourire avant d'entrer directement dans le vif du sujet.

« Bonjour Avery, moi c'est Daryl. On m'a dit que tu voulais te rendre utile, alors si c'est toujours le cas, j'aurais besoin d'un coup de main. »

Il la toise un instant, lui laissant le temps de poser les choses. Il n'allait pas directement lui sauter dessus en lui parlant de son intégration dans la meute, ce genre de chose, ça devait se faire naturellement, on ne pouvait pas le forcer, seulement y donner un coup de pouce. Et puis avec ce qu'il leur avait prévu, ils en avaient pour la journée, alors ils auraient tout le temps d'en discuter plus tard !
Un fin sourire étire le coin de ses lèvres, alors que ses sourcils se soulèvent en une mimique d'encouragement.

« Alors, partante ? »

Pour l'instant, il ne lui disait pas grand chose de la tâche à accomplir en question. Mais après tout, si elle voulait vraiment se rendre utile, peu importait, non ?

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Problème d'intégration ?

Au milieu de la nature, je trouve un certain réconfort. Loin de tous ces regards qui se font dans ma direction alors, que je passe. Être nouvelle n'a rien de facile et je suis plutôt du genre à détester être au milieu de l'attention. Je préfère l'anonymat, ma belle tranquillité, faire ma vie dans mon coin me suffit amplement. Pourquoi je devrais me soucier d'une quelconque intégration ! Ma soirée avec Aindreas ne s'est pas très bien passé, j'ai vite pris la poudre d'escampette. Tout ce que je dis, on semble le prendre mal alors que je ne souhaite qu'aider. Je fais quoi de travers au juste. Rien ou probablement tout. Finalement, au bout du compte, je le savais, les meutes, c'est pas fait pour moi, à force peut-être que je me tournerais vraiment vers une solitude complète. J'ai toujours su me débrouiller par moi-même, personne n'a aidé que ce soit ma mère ou moi, alors pourquoi devrais-je intégrer une connerie pareille pour une simple question de survie ? La survie, c'est une notion que je connais depuis que je suis gamine. Alors, pourquoi j'ai accepté ça. Sans doute, pour faire plaisir à Lahja et ne pas trop l'inquiéter.

C'est une réussite. Pure ironie de ma part bien sûr. Au final, elle sera sûrement plus inquiète qu'autre chose à me voir dans un tel état moral. Non, je n'aime pas cet endroit tout comme je n'aime pas le fait d'être montré du doigt ou regarder de travers. Je fais des efforts immense pour ne pas me jeter sur ces gens qui me prennent la tête. À force, je serais condamné à l'exil si je viens à me laisser aller. Une meute, c'est quoi au juste. Ne me sortais pas la connerie d'une famille, parce que même ça, je n'y connais rien et n'y crois pas. Je ne connais que ma mère et moi. Pourtant, même avec elle, c'est parfois électrique. Oui, j'aime ma mère, mais je peux aussi la détester quand elle se laisse aller dans les bras d'un homme qui ne se considère que comme mon père quand il le souhaite. Enfin, ça, c'était avant que je ne tue l'un de ces fils. Il a préféré se sentir plus triste pour lui que pour moi qui ai failli finir en macchabée.

Allongée sur l'herbe, son parfum parvient à me détendre quand le vent se lève doucement, mais la vue de ces oiseaux me fend le cœur. Comme je peux les envier à pouvoir voler et à s'en aller comme bon leur chante. J'ai l'impression qu'il me nargue depuis leur trône céleste. Je tends le bras dans l'espoir d'en attraper et de le faire prisonnier tout comme moi. Mais c'est plutôt stupide, avouons-le. Je soupire. Je m'ennuie. Je ne sais pas quoi faire à part me morfondre de l'injustice, de la vie, de mon incompréhension de choses qui paraissent pourtant logique pour d'autres.

Mais quand on est un loup, on se rend compte que la logique est une notion bien étrange. On quitte la logique pour se plonger dans un univers à part. Étrangement, j'y trouve autant ma place que je m'en sens étrangère. Tout dépend de mon humeur et du moment. Un papillon vient se poser sur mon index, à force d'être immobile, sans doute, m'a-t-il pris pour un élément de la nature. Je ne bouge pas et je tente de regarder cette créature éphémère qui s'éteindra peu à peu. Une fois sortie de son cocon, le temps lui est compté, et même en sachant ça, il poursuit sa vie à chaque battement d'aile. Une façon de voir la fin de sa vie, elle devient apothéose avant que la mort ne nous étreigne. Enfin, je dis apothéose, mais c'est assez cynique venant de moi.

Une odeur vient chatouiller mes narines et elle n'a rien à voir avec un animal ou bien avec la flore. Mon mouvement effraie le papillon qui s'en va, mais je préfère rester allonger sur l'herbe, sans doute, dans l'espoir que l'inconnu poursuive sa route. Un bras sous ma nuque l'autre sur mon ventre, je continue d'observer le ciel. On ne peut pas dire qu'il se fait accueillant avec les nuages plutôt grisonnant. Mais ce n'est pas grave, j'y trouve mon compte quand même. Il se lie à mon état psychologiquement. Durant un instant, je ferme les yeux en prenant une bonne inspiration appréciant ce doux parfum apaisant que m'offre dame nature.

« C'est un bel endroit pour méditer. J'aime venir ici aussi quand j'ai besoin de tranquillité. »

Dans un premier temps, je ne dis rien puisqu'il le mentionne lui-même. Je suis là pour avoir de la tranquillité et pourvoir réfléchir un peu, voir beaucoup ces derniers temps, j'ai l'impression de devenir un penseur des temps ancien qui regardent le monde afin d'y trouver une raison logique ou abstraite de ce qui l'entoure.

« Pour ça que je suis là. Être tranquille. » Ne pouvais-je m'empêcher de dire malgré tout.

« Bonjour Avery, moi c'est Daryl. On m'a dit que tu voulais te rendre utile, alors si c'est toujours le cas, j'aurais besoin d'un coup de main. »

Je finis par ouvrir les yeux avant de me redresser observant avec méfiance Daryl. Sachant qui il est, je redoute un peu ce qu'il a derrière la tête. J'ai pas l'impression qu'on m'apprécie des masses alors, je préfère faire acte de prudence que de donner une bonne poignée de main avec un sourire hypocrite en prime. Il a besoin d'un coup de main et c'est moi qu'il vient voir. J'sais pas pourquoi, mais il doit y avoir anguille sous roche.

« Alors, partante ? »

Je soupire me redressant et passant mes mains sur mes vêtements pour enlever de la terre et brindilles d'herbe. D'un autre mouvement, j'arrange ma veste en simili cuir. J'ai pas franchement le visage le plus accueillant qui soit, mais ça, ça doit être un trait de famille. Je suis comme ça avec les étrangers avant de leur offrir ma confiance. Et puis forcément, quand on n'est pas de bonne humeur, on se force pas à sourire. Enfin, je dis ça pour moi, j'ai bien connu des gens qui le font et se rendent plus malade qu'autre chose.

« Pourquoi pas. » Finis-je par lui dire. « Qu'est-ce qu'il y a à faire ? » Pas la peine de se présenter et de demander si ça va. On n'en est pas vraiment là pour le moment. Je préfère voir comment les choses évoluent dans la journée, mais nul doute qu'il est là pour savoir plus sur moi et mon intégration. Si ça marche pas avec lui, alors, j'ai peu d'espoir pour moi dans cette meute.

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Si tu veux bien me parler, je t'écouterais.

Revêche. C'est le premier mot qui lui vint à l'esprit devant l'attitude de la louve. Que ce soit par ses premiers mots, qui l'invitaient gentiment à aller voir ailleurs, ou bien ce regard qu'elle lui envoya ensuite, tout dans le corps de la lycane, de sa posture à ses expressions, lui envoyait des signaux comme quoi il n'était pas le bienvenu dans l'espace vitale de cette dernière. S'en rendait-elle seulement compte ? En même temps, il pouvait la comprendre. D'ordre général, il faisait tout autant preuve de méfiance qu'elle en ce qui concernait les étrangers. Il avait du beaucoup prendre sur lui pour endosser le rôle que lui avait imposé son frère pendant des années, aujourd'hui encore, il mettait de côté son tempérament naturellement réservé pour s'occuper des autres. En général, il s'agissait plutôt de personnes qui venaient d'éveiller leur gène et peinait à contrôler leur nouvelle nature dont il avait la charge. D'autres fois il s'agissait de missions un peu plus "diplomatique", comme avec Avery. Moins brute de décoffrage que ses aînés, Daryl avait plus de faciliter pour arrondir les angles. Même si la jeune femme n'en avait pas l'impression, elle faisait partie de la meute à présent, et son bien être était quelque chose qui comptait.

Il n'empêche que, durant un instant, il cru bien qu'elle allait purement et simplement l'envoyer paitre, ce qui n'aurait pas arrangé ces affaires ! En quelques minutes avec Avery, l'ancien Béta compris tout de suite qu'il n'allait pas suffire d'un sourire et d'une tape dans le dos pour arranger les choses. Ça allait être plus compliqué. Mais, hey, personne n'avait dit que ce serait facile. Trouver sa place au sein d'un groupe déjà bien établi dont les membres se connaissaient parfois depuis l'enfance, grandissant ensemble de génération en génération, n'était pas aisé, surtout si on était là par obligation et non par choix. Mais il y avait aussi pas mal de nouvelles têtes, il avait espéré qu'elle se lie peut-être avec un autre lycan un peu solitaire dans son genre si le nombre l'impressionnait de trop pour qu'elle s'y sente à l'aise. Il fut cependant rassuré. Malgré toutes les réticences dont Avery faisait preuve, elle daigna tout de même lui tendre une perche en acceptant sa proposition de venir travailler à ses côtés.
Daryl releva un instant son regard brun vers le ciel grisonnant, avant de le reposer sur la rousse, lui faisant alors signe de le suivre.

« Suis moi, je t'expliquerais en route. J'aimerais qu'on ait fini avant ce soir et la pluie, et on est déjà pas en avance. »

Il redescend la colline jusqu'au pick up à l'intérieur duquel il grimpe. Démarrant le moteur, il attend qu'Avery s'installe à son tour, après un regard lourdement insistant pour qu'elle mette sa ceinture, il reprend enfin la route.

« On a trois châteaux d'eau pour alimenter le village. Assez éloignés les uns des autres, et placés sur les régions les plus élevées, pour acheminer l'eau par un réseau gravitaire, comme tu sais, y a pas l'électricité par là-bas, et puis plus on monte la chercher haut, plus l'eau sera de meilleure qualité. Les réservoirs ne sont pas faciles d'accès, mais ça évite aussi les sabotages de Tullamore. D'ici, on en a encore pour une bonne demi-heure en voiture, puis il faudra continuer à pied. »

Il jette un regard en coin à la louve, avant de se reconcentrer sur la route.

« En y allant tranquillement, il devrait y en avoir pour deux heures de marche. C'est assez escarpé, mais j'ai cru comprendre que les randonnées, ça ne te faisait pas peur ? On va aller contrôler le réservoir le plus au nord. Pour ce qui est des travaux, je t'expliquerais sur place, ça sera plus simple. »

A vrai dire, il n'y avait rien de très compliqué. Il aurait sans doute put s'en occuper tout seul, mais à deux, ça irait plus vite. Et puis, question de sécurité, il était toujours préférable d'y aller à plusieurs. Deux était un minimum. On ne savait jamais ce qui pouvait se passer. C'était vrai en général - un accident est si vite arrivé, c'était sécurisant d'avoir un binôme qui serait là pour aller chercher du secours au cas où - mais d'autant plus avec la situation de l'île actuellement. Même s'il était fort peu probable de trouver des équipes de Tullamore dans ce coin reculé de l'Irlande.

Daryl se fit plus silencieux ensuite, plus concentré sur la route. Il proposa à Avery de mettre de la musique si elle voulait. La radio ne marchait plus depuis que Tullamore avait prit le contrôle de l'île, mais il avait quelques cassettes dans la boite à gants. Oui. C'était totalement rétro. Mais quand les anciens modèles de voiture étaient ressortis dans les années 2030 pendant une période où le vintage revenait à la mode en force, il avait totalement craqué et avait tanné son frère pour qu'il l'aide à acheter ce pick up pour ses vingt ans. Aujourd'hui il ne regrettait pas, car avec les voitures modernes, dès qu'il y avait une panne ça touchait tout de suite le domaine de l'électronique, une vraie plaie à réparer. Surtout depuis que l'Irlande était coupée du reste du monde. De la bonne vieille mécanique, y avait que ça de vrai !
Alors qu'ils s'approchaient d'un coin bien plus montagneux, la route devint tout de suite plus chaotique. Si on pouvait appeler ça une route. Bringuebalés sur encore cinq cent mètres, Daryl fini par arrêter la voiture.

« On ira pas plus loin. »

Coupant le contact, il fourre les clés dans sa poche de jean, et descend aller chercher les affaires à l'arrière du pick up. Vérifiant une fois encore qu'il avait tout le matériel nécessaire, il enfile son sac à dos, avant de se saisir du second et de l'envoyer à la rousse.

« J'te confie notre casse-croûte, le paume pas. »

Il s'écarte de la voiture de quelques pas, et fait signe à la louve de s'approcher, puis lui désigne l'un des sommets.

« C'est par ici qu'on va. On ne monte pas jusqu'en haut, il y a une sorte de plateau à peu près à mi-chemin, c'est là qu'est le réservoir. »

Le brun tourne son visage vers son acolyte de la journée, et sourit en coin.

« J'espère que ça te semble faisable. De toute façon, c'est un peu tard pour faire marche arrière. »

Il l'observe, à vrai dire, il était curieux. La petite "balade" qu'ils s'apprêtaient à faire était loin d'être une partie de plaisir, du moins selon des critères humains. Ça lui donnerait en tout cas une première idée des capacités de cette demoiselle qui se disait indépendante. Daryl aimait être à l'extérieur, à vrai dire, il y était presque en permanence. Même lorsqu'ils avaient choisi l'endroit où s'établir et que la meute avait commencé à bâtir des habitations, il avait préféré donné  un coup de main aux autres plutôt que de s'occuper de la sienne, qui restait pour l'instant à un stade très rudimentaire. A quoi bon de toute façon, puisqu'il n'y était quasiment jamais ?
Remontant les bretelles de son sac à dos sur ses épaules, il prend la tête de la marche, s'enfonçant parmi les arbres. Pas de sentier de randonnée ici, on devinait à peine le chemin que les loups empruntaient régulièrement depuis quelques mois pour venir contrôler le réservoir. Autant dire qu'il serait facile de se perdre si on ne sait pas où on va.

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Problème d'intégration ?

Il y a bien longtemps que j'ai oublié comment me faire des amis. J'ai passé une partie de ma vie dans une parfaite solitude et avec le temps, on s'y fait. Me lier avec quelqu'un, c'est devoir affronter mes propres émotions et je les ai enfermé du jour où mon meilleur ami s'est tué. J'ai jamais autant souffert qu'à cet instant. Si je devais la comparer à celle que l'on ressent quand on se transforme, alors, je peux vous dire que c'est bien plus fort encore. Prendre l'apparence d'une louve, ce n'est qu'une piqûre comparé à l'absence de mon meilleur ami. Alors, oui, je peux paraître froide, revêche ne trouvant de l'intérêt pour peur de personne voir personne, mais c'est ancré en moi et peut-être que cela fait partie de mes gènes aussi. Les autres ont bien dû mal à se faire une place dans mon monde. Hormis Chris, personne n'a eu assez d'impact dans ma vie. Surtout les hommes, je ne sais pas pourquoi d'ailleurs. Il est plus facile pour une femme de m'approcher que pour les autres. Sans doute, ai-je une mauvaise opinion des représentants du sexe masculin, toujours à l'affût, sur mes gardes en croyant que forcément, ils vont me faire du mal. À tort, je sais, c'est stupide, mais c'est comme ça. Je n'ai pas eu beaucoup d'exemples. Papy et Chris ont été les impacts les plus positifs que j'ai pu avoir. Pour le reste, je ne préfère même pas en parler.

Daryl n'a pas à croire qu'il a fait quelque chose de mal, même si, venir ici pour me déranger durant ma séance de méditation était une légère erreur. Mais, bon, je suis du genre à grogner comme un vieil ours qui a été réveillé alors, que l'hiver est toujours à l'entrée de sa grotte. Mon caractère n'est pas des meilleurs, purement animal, je ne fonctionne qu'à l'instant et quand je me sens impuissante et perdue, ce dernier devient pire encore. Je déteste devoir compter sur quelqu'un et c'est sans doute cela qui fait que je m'éloigne des autres. Montrer mes faiblesses, me rend honteuse. Alors, même si on s'adresse à moi, je mets les mains dans les poches, je hausse les épaules et je prends mon air détaché pour jouer le jeu. C'est tout.

« Suis moi, je t'expliquerais en route. J'aimerais qu'on ait fini avant ce soir et la pluie, et on est déjà pas en avance. »

M'expliquer maintenant n'aurait pas été du luxe, mais bon. Je le suis quand même vers son pick-up garé non loin de là. Intérieurement, cela me fait sourire, parce que cela me rappelle celui que je conduisais et qui doit sommeiller devant la maison. Le Colorado me manque, c'est comme si on arrachait violemment une part de vous. J'ai le mal du pays, et même si la nature d'Irlande me permet de panser un peu de mes blessures, cela ne sera jamais les plaines que j'ai toujours connu. Je pris place à mon tour mettant ma ceinture machinalement, bien que j'ai senti son regard peser sur moi. Qu'il évite de trop me prendre pour une gamine, ça serait bien. Je suis peut-être nouvelle, mais j'ai pas vraiment besoin d'un chaperon.

« On a trois châteaux d'eau pour alimenter le village. Assez éloignés les uns des autres, et placés sur les régions les plus élevées, pour acheminer l'eau par un réseau gravitaire, comme tu sais, y a pas l'électricité par là-bas, et puis plus on monte la chercher haut, plus l'eau sera de meilleure qualité. Les réservoirs ne sont pas faciles d'accès, mais ça évite aussi les sabotages de Tullamore. D'ici, on en a encore pour une bonne demi-heure en voiture, puis il faudra continuer à pied. »

Qu'il me dise quelque chose que je ne sais pas, ce serait mieux non ? Mais, je me tais où je risque encore que tout se retourne contre moi. À chaque fois que j'ouvre la bouche, on semble mal prendre mes paroles.

« En y allant tranquillement, il devrait y en avoir pour deux heures de marche. C'est assez escarpé, mais j'ai cru comprendre que les randonnées, ça ne te faisait pas peur ? On va aller contrôler le réservoir le plus au nord. Pour ce qui est des travaux, je t'expliquerais sur place, ça sera plus simple. »

Finalement, j'ose un regard vers lui, un sourire se dessinant au coin de mes lèvres. « Y a peu de choses qui me font peur. » Sauf papy quand il commence à s'énerver. Là, ça vaut le détour, même ma mère ne m'a pas autant effrayé. « Les forêts d'Irlande sont une partie de plaisir comparé à celle du Colorado. » Fis-je en regardant à nouveau par la fenêtre du pick-up. Malgré moi, sans véritablement m'en rendre compte, je pousse un soupire mélancolique. Si j'avais les membres des Tullamore entre mes mains, croyez-moi que je les tuerais un par un pour avoir osé faire ce qu'ils nous ont fait.

Le chemin fut plutôt calme, même si Daryl m'a proposé de mettre de la musique si je le voulais. Mais j'ai préféré continuer à méditer un peu en observant à l'extérieur. Je suis du genre à analyser les lieux pour m'en imprégner, tenter une communication avec l'endroit. C'est un peu la façon de faire des amérindiens et honnêtement, c'est un bon moyen de trouver un point qui vous fait vous sentir mieux. Mais, jusqu'à présent, je n'ai pas eu trop l'occasion de le trouver encore.

Certes, le trajet fut lourd par son silence. Sans doute. Ais, pour moi, cela était nécessaire, je n'avais pas le moral d'écouter de la musique et de trouver un sujet de discussion avec lui. Plus que lui, je me sentais très mal à l'aise, même si je laissais transparaître autre chose que cela.

« On ira pas plus loin. »

Lorsqu'il prononce ces mots, je sors de mon état méditatif. Effectivement, le chemin devenait trop serré et compliqué pour le pick-up. A peine coupait-il le moteur, que je sortis de la voiture m'étirant quelques secondes avant de prendre une bonne bouffée d'air. Même si celui de ce coin d'Irlande me semblait corrompu, à cause, des Tullamore.

« J'te confie notre casse-croûte, le paume pas. »

J'attrape le sac au vol en arquant un sourcil puis le mit. Non, mais franchement, même si on perdait la nourriture, je serais capable de chasser pour en trouver. Ici, on avait qu'à se baisser pour en trouver.

« C'est par ici qu'on va. On ne monte pas jusqu'en haut, il y a une sorte de plateau à peu près à mi-chemin, c'est là qu'est le réservoir. »

Je m'approche de lui suivant le mouvement de son bras pour observer la direction. Je reste silencieuse pour le moment.

« J'espère que ça te semble faisable. De toute façon, c'est un peu tard pour faire marche arrière. »

« J'espère pour toi que t'arrivera à me suivre surtout. » Fis-je simplement en le laissant ouvrir la marche. J'avais largement pu découvrir le terrain en tant que louve et humaine. Je ne suis pas du genre à trop me mélanger à la populace optant plus pour me plonger en pleine nature, m'entraîner, chasser, trouver ce qui me serait utile.

Je sais qu'on devait se dépêcher, mais je prenais parfois mon temps pour prendre des plantes et racines que j'emmènerais à Lahja. Cela pourrait lui être utile pour ces trucs de sorcières. « Quoi ? C'est pour rendre service à quelqu'un. » Dis-je en remarquant son regard vers moi tandis que je le rattrapais. Je n'éprouvais pas vraiment de difficulté en fait. Avec papy, j'ai eu le droit à un entraînement difficile et j'ai passé mon enfance et mon adolescence à faire des randonnées. Donc, plus c'était compliqué et plus j'aimais ça. J'escaladais un peu ici et là. Au moins, ici, on ne peut pas dire qu'il y a des serpents contrairement au Colorado où il faut faire du bruit pour les faire fuir.

« T'arrive à suivre ou bien, tu veux qu'on fasse une pause. » Me moquais-je à mon tour.

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Si tu veux bien me parler, je t'écouterais.

Le silence ne dérangeait pas le brun. Au moins là-dessus, les deux lycans avaient un point commun. Même si Daryl appréciait l'agitation qui pouvait régner lorsqu'il était entouré de ses compagnons, il n'était pas contre les moments où un silence reposant s'installait. Même si, à priori un léger malaise latent pesait dans celui-ci. Laissant Avery tranquille le temps du trajet, il ne put s'empêcher de l'observer à la dérobée, se demandant à quoi pouvait bien être en train de penser la rousse aux airs sauvages.

Il ne put que sourire en l'entendant lui répondre que peu de chose lui faisait peur. Avery était une jeune femme très sûre d'elle, ça ne faisait pas de doute ! Ce n'était déjà pas la timidité qui l'empêchait de se mêler aux autres, ça c'était certain.

« Le Colorado, ça a l'air chouette. Tout ce que j'en connais, c'est ce que j'ai pu voir dans certains western ! »

Daryl eu un sourire en repensant à ces quelques soirées cinémas qu'ils avaient pu se faire plus jeune, avec des amis. Il n'avait jamais quitté l'Irlande, à vrai dire, avant que les bombardements ne tombent sur River Crow, il n'avait même jamais quitté la région. Peut-être que si Tullamore n'avait jamais attaqué, il ne se serait même pas rendu compte de l'existence du mur qui les retenait prisonniers ?
Il remarqua sans peine le mal du pays qui s'emparait de la louve, malheureusement sur ce point, il ne pouvait pas faire grand chose.

L'ascension commencée, le brun arqua un sourcil devant les répliques que lui servait Avery. Et bien, elle ne parlait pas beaucoup, mais quand elle le faisait, elle n'avait pas la langue dans sa poche ! Un peu surpris devant sa répartie, Daryl se mit à rire sans rien répliquer en commençant à grimper. Au moins elle ne se laissait pas marcher sur les pieds ! Ça amusait l'ancien Béta, mais pas de doute que son ton un peu provocateur pouvait engendrer d'autres réactions chez certains loups plus susceptibles.

Finalement, à l'allure où ils allaient, ils seraient au château d'eau avant les deux heures de marche estimées. Non seulement Avery le suivait sans peine, mais elle semblait totalement dans son élément, un vrai cabri !
Sans compter le fait qu'elle s'arrêtait régulièrement ramasser des plantes de différentes sortes. Qu'est-ce qu'elle faisait au juste ?

« Quoi ? C'est pour rendre service à quelqu'un. »

Daryl hausse un sourcil. Wow, ce qu'elle pouvait être sur la défensive, encore pire que lui !

« J'ai rien dis ! ... Mais si tu veux, on s'arrêtera plus longuement sur le chemin du retour. »

Tiens donc, voilà qui était intéressant. Avery n'était peut-être pas si isolée que ça finalement, puisque la voilà en train de faire des choses pour rendre service à "quelqu'un". Qui ça pouvait bien être ? Voilà qui titillait la curiosité du loup.
Daryl reste un instant interdit devant les bravades de la rousse. Dis donc, elle était en train de le narguer là ? Le brun s'arrêta pour tourner son regard vers elle.

« Est-ce que tu me provoques Avery ? »

Pas de trace d'agressivité dans ses paroles. Le brun était même plutôt amusé. La louve semblait avoir des choses à prouver, alors soit, pourquoi pas s'amuser un peu ? Jetant un oeil aux alentours, il commença à resserrer les bretelles de son sac à dos.

« Très bien. Faisons ça. Tu vois le haut du réservoir là-bas ? Il lui désigne le sommet du chateau d'eau qu'on distinguait à peine entre les cimes des arbres. Ils avaient déjà bien marché et devaient en être à la moitié du chemin. Il avait déjà pu voir que la demoiselle se débrouillait parfaitement en terrain pentu, et elle ne semblait pas le moins du monde fatiguée. En plus, ils seraient sur place bien plus vite comme ça !  Le premier arrivé ? »

Okay. Avery avait l'air totalement partante, alors le top départ fut rapidement donné ! Si au début Daryl avait pensé y aller mollo pour garder un oeil sur elle, il du vite se rendre compte que s'il ne prenait pas cette course improvisée au sérieux, il allait se faire distancer !
L'américaine se donnait à fond, et le brun devait reconnaitre qu'il ne faudrait pas ménager ses efforts pour la rattraper. Si Avery avait été élevé par un grand-père solitaire, Daryl avait suivi les entrainements d'un grand-frère autoritaire. Dans le fond, certains pans de leur vie étaient peut-être plus similaires qu'on aurait pu le penser ?

Il s'agissait d'une course de rapidité, mais également d'endurance et d'agilité vu le terrain escarpé. Le chemin qu'ils auraient du faire en une heure de temps en marchant tranquillement, fut bouclé en un quart d'heure à peine. Si Daryl atteignit le réservoir le premier, la louve n'était vraiment pas loin derrière. Il aurait peut-être pu la laisser gagner, mais hey ! Après une telle démonstration, ça aurait été irrespectueux qu'il ne se donne pas à fond lui aussi !

Un poil essoufflé, il déposa son sac au pied du réservoir, se tournant vers Avery avec un sourire ravi.

« Okay ! ... J'avoue t'avoir un peu sous-estimé, t'es vraiment rapide la vache ! »

Il souffla un bon coup, reprenant son souffle, avant d'aller boire un coup à un petit robinet qui avait été installé au pied du réservoir. L'avoir vu se déplacer avec autant d'aisance parmi les arbres lui donnait quelques idées de tâches que la lycane pourrait effectué au sein de la meute. Il la verrait bien faire des patrouilles pour surveiller le territoire. Mais pour cela, il faudrait d'abord qu'elle s'entende avec les autres. Il était imprudent de se déplacer seul par les temps qui courent, et une bonne équipe était une équipe qui se faisait confiance. Un point qui pour le moment faisait défaut à Avery.
Il l'observe tandis qu'elle se désaltère à son tour.

« Bon... Comme j'ai gagné, tu veux bien me dire qui est cette personne pour qui tu cueilles des plantes ? »

Ah oui, il n'avait pas oublié ce détail, et ça l'intriguait toujours autant. Question de curiosité, mais également de sécurité. Si la louve était en contact avec quelqu'un d'extérieur à la meute, il aimerait bien savoir de qui il s'agissait.

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Problème d'intégration ?

Je n'étais pas une personne particulièrement loquace en général. Solitaire de nature depuis la disparition de mon meilleur ami qui a été le seul à entrer dans mon monde et à me soutenir au quotidien contre le monde ou bien ces abrutis qui côtoyaient le lycée en même temps que nous. Mais c'était il y a longtemps, trop même et je dois avouer que cette époque me manque. Ce temps où je pouvais encore dire que j'avais des amis plus apte à me comprendre qu'à me juger. Ici, tout est tellement différent que forcément, je dois m'adapter et observer autour de moi avant de véritablement me faire une place dans cette société totalement différente des autres. Et puis, je dois avant tout me formaliser avec le terme, meute, qui est loin de me plaire, sans doute parce que la seule que j'ai connu était aussi pourri que n'avait pu l'être mon géniteur. Et puis, avouons-le, soyons honnête, l'autorité masculine et moi, c'était comme le feu et la glace. Papy a su me mettre à l'aise, mais en sachant qui il était réellement, j'ai mal pris la chose. Le simple fait qu'il soit du sang de cet homme qui m'a toujours plus ou moins ignoré jusqu'à me répudier m'a laissé un goût amer dans la bouche. Cependant, je dois bien l'avouer, j'ai plus de respect pour ce vieux loup que j'en aurais pour qui que ce soit d'autre.

En attendant, je vagabonde et laisse mon esprit filer avec le vent tandis que nous progressons dans cette jungle irlandaise qui n'a rien de comparable avec mon Colorado natal. C'est fou, comment cela peut être aussi différent et semblable à la fois ? Sûrement que Dame Nature tente d'être pareille partout où elle le peut même si la faune et la faune varient selon les lieux où l'on se trouve.

« Le Colorado, ça a l'air chouette. Tout ce que j'en connais, c'est ce que j'ai pu voir dans certains western ! »

Je finis par me retourner posant mon regard sur Daryl. Ma seule réaction au début, c'est d'arquer un sourcil. Les films ne rendent pas vraiment hommage à la beauté du Colorado, la plupart des scènes étant tourné dans un cadre ressemblant ou bien dans le parc national. Celui sauvage où peu d'âmes se rendent reste inconnu à l'irlandais. Moi, j'ai pu me rendre bien au-delà des limites sans me perdre parce que c'était dans ma nature. Parce que la louve qui n'avait pas encore pointé le bout de son nez se faisait déjà connaître en mes chairs. Et quand finalement, j'ai versé le sang pour devenir une loup-garou, une lycane... qu'importe la façon dont vous préférez me nommer, je me suis aventuré au limite, braver les hauteurs et chasser mes proies au plus loin de la civilisation.

Seule. Encore une fois. Je pensais que c'était mieux d'affronter mon état loin de ma mère pour la préserver et loin de la meute de mon père parce que je ne voulais absolument pas me laisser tenter par l'appel. Impossible d'être fière d'appartenir à une famille aussi merdique que cette meute. Je préfère encore être solitaire et brimer qu'en compagnie d'être qui n'en valent pas la peine. C'est pour ça que mon caractère est aussi distant et méfiant. Donc, forcément, on me prend pour une jeune femme revêche qui ne veut pas s'intégrer alors, que c'est juste un bouclier réconfortant pour moi.

Il y a ça, mais aussi la peur de former de nouveaux liens, de m'attacher puis de souffrir d'une perte. Stupidement, sans doute, je pense que c'est mieux d'être fermé et de se protéger de ça. C'est plus acceptable et j'arriverais mieux à gérer en regardant les autres pleurer que de devoir gérer une nouvelle détresse.

J'arpente sans mal la forêt contournant les obstacles ou les gravissant simplement. Probablement que cela réconforte Daryl de savoir qu'il n'a pas à prendre de pincette avec moi tout comme je n'en prends pas avec lui surtout lorsque ma langue claque pour déblatérer des provocations ou des réparties de mon cru. C'est dans le sang, c'est comme ça. Je ne peux pas aller contre la nature rouge de ce qui serpente mes veines.

« J'ai rien dis ! ... Mais si tu veux, on s'arrêtera plus longuement sur le chemin du retour. »  

Répond-il alors que je mettais la poignée de plantes dans mon sac. Je ne pus m'empêcher de grogner, non pas méchamment, mais simplement parce qu'il avait raison. Plus vite, on était arrivé à destination et plus rapidement le travail pourra être fait et terminé. Au retour, je pourrais flâner tranquillement pour mieux chercher ce qui pourrait intéresser ma sorcière blanche.

« Est-ce que tu me provoques Avery ? »

Je n'ai pas pu m'en empêcher effectivement. C'est dans ma nature joueuse de le faire et contrairement à d'autres, Daryl s'en amuse. Au moins, n'a-t-il pas un bâton bloqué dans son arrière-train. « Possible... » Finis-je par répliquer calmement.

« Très bien. Faisons ça. Tu vois le haut du réservoir là-bas ? Le premier arrivé ? »  

Je tourne le visage vers la direction où pointait le doigt de Daryl et hocha affirmativement la tête. « D'accord... Le premier arrivé. »

Qu'il ne me ménage pas, parce que je ne suis pas du genre à faire de cadeau. Même si je viens à perdre, mes adversaires remarquent aisément que je vais au-delà de mes limites, c'est comme ça que je me sens vivre et fière.

À son coup d'envoi, je me mis à courir grimpant et escaladant au besoin. Je n'éprouvais pas de réelles difficultés. Dans mon enfance, je me suis suffisamment entraînée dans le parc naturel du Colorado ou durant mon adolescence quand le week-end sonnait et que les vacances débutaient. J'étais obligée de me diriger vers les montagnes pour échapper à la lourdeur du quotidien. De me requinquer. De respirer tout simplement. Cela me faisait le plus grand bien et personne pour me regarder, me critiquer. Du haut des falaises, je pouvais crier ma colère jusqu'à en perdre haleine et de sentir mes poumons brûler sous l'effort de ce hurlement. C'est dans ces moments que je me disais que je n'avais besoin de personne hormis ma mère. Et quand Chris est mort, j'ai couru pour ne m'arrêter qu'à l'épuisement et ne revenir que deux jours plus tard. Je me souviens du visage inquiet de ma mère, perdu entre l’hystérie de sa colère et le soulagement de me revoir. Si elle m'en a voulu, cela n'a pas duré longtemps connaissant assez bien mon attachement envers cet ami que je n'avais plus quitté depuis le collège. Alors, le perdre, c'est avoir perdu le reste d'innocence qui me restait et qu'il préservait pour ne pas perdre ce qui me définissait si bien selon lui.

Aujourd'hui, plus dure, plus à même de me confronter à des situations dont seuls les adultes pourraient prendre sagement et d'un point de vue plus calme. Certes, je n'échappe pas à l'impulsivité de mon sang, de ma louve et de ma jeunesse, mais il ne reste pas moins que j'ai un côté aussi calme que celui de papy. Sans doute, mon sang anglais découvert depuis que j'ai su qui il était.

Si je n'avais pas trébuché sans doute, aurais-je gagné. Mais je me fais bonne perdante et je regarde Daryl, aussi essoufflé que moi. Cela m'a fait plus de bien que je n'aurais pu l'avouer. Courir jusqu'à en perdre haleine est assez vivifiant.

« Okay ! ... J'avoue t'avoir un peu sous-estimé, t'es vraiment rapide la vache ! »

« Comme la plupart des gens. » Fis-je entre deux souffles avant de le regarder et de laisser un petit sourire apparaître. « J'en ai pas l'air, mais oui. Je me suis pas mal entraînée. » Dis-je simplement avant de rajouter. « Mais t'as été un sacré bon adversaire. Si j'avais pas trébuché, j'aurais pu avoir ma chance sans doute. »

Au moins, lui avais-je prouvé ce talent que j'avais pu peaufiner dès mon enfance. Dès qu'il s'agissait de me fondre dans la nature, je trouvais facilement mes marques. Je le suis et passe de l'eau sur mon visage avant de boire une longue rasade d'eau fraîche et pur. Y a rien de mieux de ce qui vient de la montagne même.

« Bon... Comme j'ai gagné, tu veux bien me dire qui est cette personne pour qui tu cueilles des plantes ? »

Curiosité justifiée sans doute. « Lahja Vehviläinen. » Répondis-je simplement. « C'est pas un secret pour les autres, c'est elle qui m'a parlé de la meute et qui m'a sauvé la vie. » J'étais drogué et balancé au cœur du quartier des sorcières sans que l'on se soucie plus de mon état, sauf elle bien sûr. « Je m'y connais en plante, alors j'en cueille pour l'aider pour ces décoctions et ces recherches. » Je finis par m'étirer un petit moment. « Les amérindiens ont toujours su affronter les choses grâce à leur connaissance de la flore, alors en lisant des bouquins ici et là, j'arrive à savoir ce qui est bon ou non. »

Je me tourne pour observer au mieux le panorama, mains dans les poches, mais le cœur ouvert pour cet endroit même si c'est pas franchement plaisant de s'y trouver au vu des circonstances. « J'voulais devenir garde forestier avant tout ça. Alors... C'est normal que je m'y connaisse dans ce qui est lié avec la nature. J'ai passé toute ma vie à vagabonder dans les montagnes plutôt qu'à jouer à la poupée comme une gentille fille au grand damne de ma mère. J'préférais la boue aux belles robes propres. » Mon regard se fait plus sombre et je chasse ma mélancolie en fronçant les sourcils. « Ouais... On ne peut pas échapper à la nature qui est faite pour nous. » Terminais-je, je pense que je m'étais suffisamment ouverte pour le moment.


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Si tu veux bien me parler, je t'écouterais.

Heeey, c'était un petit sourire qu'il voyait là ? Un sourire qui n'était ni provoquant, ni railleur, voilà qui faisait plaisir à voir ! Par contre, ce n'est pas elle qui le sous-estime là ? Elle aurait gagné si elle n'avait pas trébuché, bah voyons, c'était la faute de la branche tout ça ! S'il ne pouvait pas rivaliser en force brute avec ses ainés, Daryl compensait par une plus grande vitesse et agilité. Aodh n'avait jamais réussi à le battre à la course ! Il serait curieux de voir Avery lui proposer un duel tient, hahaha, il parierait sans conteste sur la rousse, et son frère l'étranglerait de se moquer de lui comme  ça ! Peut-être qu'elle avait raison après tout, il lui accorderait une revanche à l'occasion.

« Lahja ? »

Décidément, cette sorcière était partout ! Si elle continuait comme ça, elle allait finir par être considérée comme un membre à part entière de la meute. Cette pensée fit sourire le loup, ce ne serait pas une mauvaise chose d'avoir plus de monde comme elle parmi eux. Sa présence avait quelque chose d'apaisant, la sorcière avait un bon fond, et les loups le percevaient. Elle avait même réussi à apprivoiser Avery, c'est pour dire qu'elle était efficace ! Mais il allait finir par la soupçonner de vouloir débaucher tout les loups à cette allure.

« Lahja est une bonne personne c'est vrai. C'est une bonne chose que tu lui files un coup de main. »

Avery n'avait certainement pas besoin de son assentiment pour faire ses affaires, mais voilà, c'était dit. C'était dommage que la rousse ne s'entendent pas de la même manière avec les autres membres du clan. Peut-être devrait-il demander à Lahja son secret !
Commençant à sortir le matériel de son sac à dos, il s'arrêta cependant pour écouter la louve. Il resta silencieux, et sourit légèrement, ravi qu'elle se mette à parler un peu d'elle sans qu'il ne soit obligé de l'y pousser.
Ces derniers mots firent étrangement écho en lui, et le brun fronça légèrement ses sourcils en y réfléchissant, soufflant doucement à son tour.

« Il semblerait que non... »

Enfin ! Les choses étaient ce qu'elles étaient. Ce n'était pas le moment de tomber dans les spéculations, à refaire le monde avec des "et si", sérieusement, ils allaient finir en dépression sinon.
Il sorti une pompe à main, une clé anglaise, une multriprise et autres outils, tout en revenant sur les paroles d'Avery.

« La connaissance des plantes, c'est un atout, surtout en ce moment. Ça t'intéresserait de travailler aux cultures ? Ou peut-être d'apprendre avec les médecins ? On a jamais assez de guérisseurs. »

Les possibilités d'Avery étaient immenses. Elle avait les capacités de réaliser un panel de choses très large, il allait seulement falloir apprendre à dompter son caractère pour qu'elle réussisse à cohabiter avec les autres. Peut-être qu'il ne manquait pas grand chose finalement, une fois passé au-dessus de ces airs railleurs et de ses provocations, elle lui semblait être une fille sympa.
Embarquant le matos dont il avait besoin, il remonta l'une des canalisations qui arrivait au réservoir, à mi-chemin entre celui-ci et un ruisseau proche, se trouvait une pompe somme toute rudimentaire.

« Est-ce que tu connais le principe d'une pompe bélier ? »

Après toutes ces démonstrations de débrouillardise, il s'attendait presque à un oui. Si ce n'était pas le cas, il lui expliquera le principe des clapets faisant entrer l'eau par gravité du ruisseau à la partie haute de la pompe, le changement de pression faisant alors se refermer automatiquement un premier clapet d'évacuation. L'air qui se retrouve coincé dans la pompe exerce une pression sur l'eau présente qui s'évacue alors par la canalisation qui remonte jusqu'au sommet du château d'eau, remplissant celui-ci. La pression retombe, le clapet s'ouvre de nouveau, et un nouveau cycle commence. Un système ingénieux qui ne nécessite aucune énergie électrique, mais parfois l'air pouvait s'échapper et réduire l'efficacité du "coup de bélier", alors de temps en temps, il fallait venir donner un petit coup de pompe pour que tout reste dans les rails. Et puis en profiter pour s'assurer qu'aucun débris ne s'était coincé dans un des clapets. Ce qu'il redoutait vu les problèmes qu'ils avaient au village.

« Monte la pression à 4 bars. On a 6 autres pompes comme ça, il faudra faire la même chose pour tous. Il lui tend la pompe à main, attendant qu'elle lui valide qu'elle pouvait gérer ça. Je vais aller nettoyer les filtres au niveau de la rivière, j'en ai pas pour longtemps. »

Il l'abandonne un moment pour monter jusqu'à la rivière, débarrassant les filtres des feuilles mortes et autres débris qui s'y coincerait. C'est sûr, ce n'était pas d'une propreté aseptisée, mais c'était bien suffisant. Pour les consommateurs les plus sensibles comme les malades ou les jeunes en bas âge, il suffisait de faire bouillir l'eau une fois celle-ci arrivée à Moycullen. C'était un système qui avait fait ses preuves, mais la moindre saleté qui pouvait venir se coincer dans un clapet chamboulait tout le bazar. Du coup il fallait venir régulièrement les inspecter, mais c'était peu cher payer pour ce que ça leur apportait. C'est dans ses moments-là qu'on se rend compte que la société moderne avait tendance à bien trop nous couver et nous faciliter la vie. La technologie rend mou et dépendant.

Sa partie terminée, il retourne près du réservoir, et observe qu'Avery est arrivée à la dernière pompe.

« Ça a été ? On va pouvoir les tester maintenant. »

Après avoir vérifié les pompes une à une et du changer quelques clapets abimés par l'usure naturelle du aux acoups brutaux des coups de bélier, Daryl resta sceptique. La pompe n°5 faisait défaut. Ils avaient pourtant vérifié la pression d'air, changé l'ensemble des clapets mais rien à faire, le cycle ne se déroulait pas correctement, ça devait bloquer quelque part.

« Hm... on va devoir ouvrir, je pense que la sortie doit être bouchée. Tu me passes la clé de 17 ? »

De toute évidence, les problèmes de fluctuations au village ne venait pas de ce réservoir, ce n'était pas une seule pompe qui pouvait avoir un tel effet ! Mais une pompe, plus une pompe, plus une pompe.... tout ça demandait une attention régulière et il fallait mieux ne pas reporter à demain ce qui pouvait être fait aujourd'hui !
Il bloque le clapet d'évacuation afin de faire retomber la pression à l'intérieur de la pompe, et commence à déboulonner la canalisation de sortie.

« Tu devrais peut-être t'écarter au cas où ça- .... !! Il fait soudain un bon en arrière en se redressant sur ses pieds alors que le dernier boulon venait de péter, faisant jaillir une gerbe d'eau qui lui explosa à la figure. ........ Putain....... Il reste un moment debout comme un con alors qu'il dégouline, venant lentement s'essuyer la figure. Bah bravo. Il avait l'air malin maintenant. Il pointe la clé vers Avery sans la regarder. Toi, interdiction de se moquer... »

Elle avait plutôt pas intérêt ! Ou elle allait finir tout aussi trempée que lui, foi de loup !!

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Problème d'intégration ?

« Lahja ? »

Je hoche la tête simplement et quoi qu'on peut penser d'elle, même si je doute que ce soit du négatif, je ne m'empêcherais pas d'aller la voir malgré tout. Si elle ne s'était pas arrêtée, je ne sais pas dans quel état on m'aurait trouvé à mon arrivée ici. J'étais droguée et mal au point, les Tullamore m'ont bousculé et frappé, c'est encore flou, mais certaine chose me revienne peu à peu. Sans doute, ont-ils souhaité voir la différente entre l'endurance d'une femme et d'un homme par rapport au coup porté. Et malheureusement, j'ai été choisi pour occuper un peu l'ennui du voyage depuis chez moi jusqu'en Irlande. Être ici est un enfer pour les personnes habituées à la liberté et moi qui ne vis que comme cela depuis toujours, cela a le don de vous mettre en colère. Mais devoir mettre cette émotion en sourdine et par-dessus supporte les médisances et les regards de travers des loups de la meute, cela me met que plus en rage. Je trouve de quoi retenir tout cela ou bien l'extérioriser en m'épuisant dans la forêt, me changeant les idées de toutes les manières qui me sont possibles. Je chasse et récolte ce dont j'ai besoin au milieu de la nature et peut-être, oui, je l'avoue frapper contre un arbre même si cela paraît stupide. Le bois ne riposte pas comme le dit si bien Bruce Lee dans l'un de ces films, mais justement, j'évite de frapper un être capable de parole et donc, en mesure de me raconter des bobards qui risquent plus de me mettre en rogne qu'autre chose.

« Lahja est une bonne personne c'est vrai. C'est une bonne chose que tu lui files un coup de main. »

Pour toute réponse, je hausse simplement les épaules. Ce n'était rien comparé à ce qu'elle faisait pour les autres et aussi pour moi. Cette sorcière m'avait pris sous son aile et elle était capable de calmer ma mauvaise humeur au point d'oublier pourquoi je me suis laissée emporter. Outre sa nature, cette femme avait un sacré don pour apaiser mon côté lupin qui pouvait être assez extrême. Faute au sang qui coule dans mes veines, et même si je le déteste, je n'y peux rien, il fait parti de moi tomme comme la pleine lune est essentiel à notre transformation, aussi douloureuse soit-elle.

« Elle le mérite. » Franchement, je n'attends l'approbation de personne et ce n'est pas mon genre de demander cela sauf à deux personnes et aucune des deux ne se trouvent ici. Bien heureusement d'ailleurs, si je dois me soucier de papy et ma mère parce qu'ils sont confrontés à l'horreur, je m'en sortirais pas et mon estomac serait bouffé par le stress.

Courir m'a fait le plus grand bien, me reposer et boire un peu d'eau aussi, mais maintenant, il faut se mettre au travail si on ne veut pas passer la nuit ici. Et franchement, même si les hauteurs sont agréables, cela ne veut pas dire pour autant que l'on soit en sécurité. Le moindre endroit même occupé par un groupe n'est pas forcément sécuritaire et je sais de quoi je parle. Il semble que j'attire les ennuis dans ma chance mesuré. Un peu comme Nathan Drake qui croit s'en sortir, mais à qui il arrive toujours quelque chose malgré tout. Oui, je jouais aux jeux vidéos pour passer le temps, pour une solitaire comme moi, j'avais bien le droit à un vice et le mien, c'était ça. Cela valait mieux que les joints ou bien plonger dans l'alcool. Au quotidien, mes responsabilités me rendaient folles tout autant que la perte de Chris et le comportement de connard de mon géniteur. M'occuper de ma mère était devenu une habitude plus qu'une véritable responsabilité, cela ne me gênait pas et puis, c'était normal d'être son pilier tout autant qu'elle était le mien. Elle avait besoin du mon côté brut et moi de sa douceur pour palier à mon mauvais caractère. On avait formé notre tout au fur et à mesure des années. Et maintenant... Et bien, je m'inquiète pour elle, j'espère simplement qu'elle est bien et qu'elle ne tente rien de stupide autant envers ce salopard que pour me retrouver, ce n'est vraiment pas le moment pour ça.

On ne peut malheureusement pas échapper à notre destin et Daryl semble plus ou moins d'accord avec ça. Oui, ne pas s'échapper, mais ce n'est pas pour autant qu'il faut baisser les bras. Dans la mesure de mes forces, je me bats comme je le peux avec l'aide qu'on m'offre même s'il m'est plutôt difficile de l'accepter pour dire vrai. J'ai un ego plutôt démesuré et à force d'avoir passé ma vie seule, je dois me rendre à l'évidence. Je ne peux pas me battre contre le reste du monde sans avoir des alliés. Au risque d'aller à l'encontre de toutes mes convictions, j'ai dû baisser l'échine et entrer dans les rangs d'une meute.

« La connaissance des plantes, c'est un atout, surtout en ce moment. Ça t'intéresserait de travailler aux cultures ? Ou peut-être d'apprendre avec les médecins ? On a jamais assez de guérisseurs. »

« C'est intéressant, mais pas assez d'action pour une louve de mon genre. » J'omets le fait de dire que même si j'ai un bon contrôle en général, je reste une jeune louve qui est constamment en colère, surtout ces derniers temps et qu'un rien me fait péter un plomb. Faire les cultures, peut peut-être aider à se défouler, mais c'est trop répétitif à mon goût et puis pour être guérisseurs faut avoir confiance en la personne et apparemment, on me pointe trop du doigt pour m'offrir cette possibilité. « Et j'pense pas qu'on vienne à me laisser la possibilité d'être une guérisseuse si on passe son temps à parler dans mon dos. » Fis-je simplement pour bien lui rappeler que les nouveaux venus qu'on ne connaît pas, passe d'abord par le stade des commérages au lieu de former un lien et de se montrer sympa avec eux. Faire des efforts ne me gênent aucunement, mais ça doit venir des deux sens et non dans un seul. S'il croit que je ne sais pas ce que l'on raconte dans mon dos, il se trompe. L'atmosphère actuelle a tellement pourri la moitié des esprits qu'ils agissent, pour la plupart, comme les Tulamore et donc, ils entrent dans les jeux mesquins de ces derniers.

« Est-ce que tu connais le principe d'une pompe bélier ? » Me fait-il et je réponds par un non. Je m'y connais un minimum dans pas mal de sujet parce que j'aime les travaux manuels et qu'il fallait bien entretenir la maison, mais les termes technique, ce n'est pas vraiment mon genre. Je découvre et j'explique de manière simple ou voir pas du tout. Maman n'était pas du genre à facilement comprendre sur les sujets qui l'intéressait peu ou pas du tout, mais elle était fière d'avoir une fille capable de faire des réparations à la maison. Docilement en suivant Daryl, j'écoute ces explications et m'y intéressent tout en observant ces gestes pour les enregistrer dans ma tête. Qui sait, un jour peut-être que j'en aurais besoin, sait-on jamais.

« Monte la pression à 4 bars. On a 6 autres pompes comme ça, il faudra faire la même chose pour tous. Je vais aller nettoyer les filtres au niveau de la rivière, j'en ai pas pour longtemps. »

Prenant la pompe, je le laisse aller nettoyer les filtres pendant que je m'occupe de la pression. Bon, j'ai compris la base, mais vu mon état d'esprit, sil me demande de lui ré expliquer le fonctionnement pas sûr que je parvienne à lui répéter ce qu'il m'a dit. Je fais les choses automatiquement comprenant à ma manière et en général, débrouillarde comme je suis, j'ai la chance d'y parvenir parce que je le veux vraiment.

« Ça a été ? On va pouvoir les tester maintenant. »

« J'pense que oui, en tout cas, j'ai suivi tes instructions. » Lui répondis-je alors qu'il revenait vers moi. Par la suite, je le suivais dans le reste des opération voyant bien que quelque chose clochait par rapport à son regard.

« Hm... on va devoir ouvrir, je pense que la sortie doit être bouchée. Tu me passes la clé de 17 ? »

« Tiens. » Je lui passe la clé voulu tout en restant attentive à ces mouvements. Franchement, c'était toujours intéressant d'apprendre sur des domaines qu'on ne connaît et comme je suis du genre à aimer les travaux manuels, je préfère occuper tout mon esprit à quelque chose d'utile qu'à grogner contre le monde et ces injustices.

« Tu devrais peut-être t'écarter au cas où ça .... !!  ........ Putain....... Toi, interdiction de se moquer... »

Je m'écarte doucement, mais je n'ai pas le temps d'aller plus loin que monsieur se retrouve mouillé, à cause, d'un boulon qui venait de sauter. Je le regardais un instant et malgré sa mise en garde, le fou rire est venu de lui même. « Désolé. Mais pour une fois, c'est pas moi. » Oui, je suis miss catastrophe, un aimant à emmerde le plus souvent, mais celle qui parvient à réparer ces bourdes malgré tout. « Ceci dit, voit le bon côté des choses. Tu as déjà pris ta douche. » Fis-je en me mordant la lèvre pour m'empêcher d'avoir un nouveau fou rire. « Dommage, tu arrives un peu tard pour le concours de t-shirt mouillé. »


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Problème d'intégration ? [Avery]
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