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 Crime et Châtiment ( Pv Cris)

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Cristoval
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Crime et Châtiment
-Allez ! Montres moi ! Il talonne chacun de ses pas, avant de les presser pour la rattraper. – Non. Ank ramène son sac en bandoulière contre elle. Elle connait sa curiosité et ne veut pas la tenter d’avantage. Surtout qu’elle ne cédera pas, même devant ses grands cils qu’il bat comme une biche, se plantant devant elle. Elle ne peut s’empêcher de sourire mais secoue la tête, aussi têtue qu’il est borné. – C’est toujours, non. Il lève les yeux au ciel. – Pourquoi t’écris alors, si personne peut lire ? Elle le contourne pour reprendre sa marche.- Ce n’est pas parce que toi, tu ne peux pas le lire, que personne ne le lira. Elle s’amuse à le taquiner, oubliant, comme souvent à ses côtés, l’asphyxie des mois passés. Des moments d’insouciance, volé à la violence de ce Monde. Ils redeviennent deux ados dans l’insouciance d’une Enfance arrachée. Il redresse le menton. – Ah oui… Le mortel que je suis pourrait souiller de ses doigts les pages consacrées. Pardonnez ma basse extradition. Il se plie dans une révérence grotesque que la fait rire. Elle mime les attitudes princière de Cris et la posture de Mama Legba toujours si droite. – Vous êtes tout excusez de ce malheureux hasard. Il ouvre aussitôt la bouche mais elle ne lui laisse guère le temps de répliquer – Mais cela ne vous donnes hélas pas le droit de porter un regard profane sur des lignes sacrés. Tout y est. Le ton navré, l’étincelle compatissante dans ses iris sombres,… ça n’en reste pas moins un nouveau Non. Ferme et définitif. Il esquisse un sourire et secoue la tête, s’avouant vaincu. Ank n’en démordra pas. Elle s’est fait la gardienne de son héritage qu’elle réécrit et elle le protégera farouchement. Kadvael a beau se forger une place, dans ses défenses pourtant acérées, il n’en reste pas moins un humain, non initié aux poids des traditions.

Elle saute sur le tronc d’un arbre mort, écroulé entre des ruines. La Nature souffre. Les lieux sont maudit. Le murmure de la Mort se faufile entre les murs lézardés encore debout. Elle se demande si il en entendant les chants. Il marche main dans les poches sur les décombres qu’il a connu grouillante de vie. Ils ne sont pas à Dublin, trop dangereux et sans doute trop douloureux pour le jeune homme, mais ils n’en sont pas loin non plus. Le juste milieu entre leurs deux univers, la croisée des chemins en point de ralliement. Ni dans un monde, ni dans l’autre. Elle tend les bras, en équilibre, pourtant dans une démarche assuré. Elle ne veut pas craindre la chute, alors elle ne l’envisage même pas. Il s’allume une cigarette qu’elle refuse. On lui a apprit à sanctifier son corps. A ne pas le malmener de drogues artificielles. Elle le respecte, voulant garder sa magie saine et un contrôle déjà difficile. Il sourit et tend son brique pour en allumer la flamme. – Refais-le et j’oublie pour aujourd’hui ton grimoire de sorcière. Elle pince ses lèvres en une moue pensive. -Hmm… Elle apprécie qu’il n’ai pas peur de son don. De cette affinité particulière qu’elle a avec le plus brûlant des éléments. – D’accord. Mais c’est bien parce que c’est toi. Elle s’arrête et se concentre agitant les doigts pour la forme. La vacillante lueur se fait boule de feu. Sa course vive se termine contre une clôture, après avoir zizaguer entre les maisons. Les gerbes qui en naissent, la jeune élémentaire les fait un instant danser autour de son ami avant qu’elles ne se meurent. Il observe ces étoiles éphémères avant de l’applaudir, toujours aussi impressionné par la beauté du Feu. Elle, n’est pas satisfaite. Elle est encore trop brouillonne. Elle se laisse perdre dans ce qu’elle créer sans en maitrisé l’intensité. Des directives flous, suivis pourtant aveuglément par sa magie.

- Hey ! fait pas cette tête ! Il se rapproche pour rejoindre le tronc où elle s’est assise. Il tend le bras pour le poser sur son épaule, tiquant sur le mouvement de recul instinctive qui la saisit. Ça en dit long. Beaucoup trop. Il ne demandera pas, ils n’en sont pas encore aux confidences sur les horreurs communes que la Vie a inscrite dans leur histoire en lettres vermeilles. Il poursuite cependant son geste, tenant à lui prouver qu’elle n’a à craindre aucunes violence de sa part. Elle lui sourit, comme si de rien. – Un jour, je te ferai un dragon de flamme. Il hoche la tête, convaincu et impatient. Le reste de l’après midi défile en même temps que leurs discussions. Ils en oublient les heures, qui n’ont au fond, pas leurs places dans cette parenthèse qu’ils s’offrent. Ils rient, ils jouent, jusqu’à courir dans une partit de Chat improvisé. A bout de souffle, ils se laissent retomber sur le sol poussiéreux pour le reprendre. Elle s’allonge et il suit le mouvement, pour observer le ciel qui se peint des couleurs du crépuscule. Elle se redresse après en avoir admirer les teintes, en percutant la signification. – Je dois y aller ! La nuit va bientôt y mêler ses nuances. Ank ne respectera pas une nouvelle fois son couvre-feu. Kadvael met quelques minutes de plus à percuter. – Et merde. Lui aussi risque de souffrir de son retard. Elle n’est pas la seule à qui on impose dès règles élémentaires de survie. Ils se quittent comme ils se retrouvent. Rapidement et faisant fit des convenances.

Elle reprend son souffle. Inspire longuement et contemple la porte de la maison imposante, à la prestance que Cris travaille à restituer. Elle a pressé le pas au fur et à mesure que disparaissait le Soleil. Elle a couru quand la lune s’est fait seule lumière. Ça n’a pas suffit pour rattraper un retard, trop tard pour ne pas en faire une absence. Le diner est manqué. L’heure d’un coucher raisonnable, largement passée. Le seul miracle a espéré est que Cris ne soit pas rentré. Sorti quand elle en a fait de même, il a peut être aussi subit la malice de Chrono. Quand bien même son manquement lui serait rapporté par sa famille, il serait moins dur que si il le constatait par lui-même. Elle rouvre les yeux, fermés pour rassembler son courage et rentre. A pas de loup et se faufilant dans les ombres. Adoptant la discrétion du silence dans les faveurs de l’obscurité. Il n’y a que son cœur pour bourdonner à ses tempes, la ramenant à des craintes enfantines de punition. L’excitation de franchir les limites et l’ivresse de s’en sortir sans châtiment.
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Leviathan ☠ Progéniture d'Eve
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Il attendait. Enveloppé de silence et d'appréhensions, bousculé par une inquiétude à laquelle ses souffles n'étaient guère tolérants. Au dîner, Ankh avait manqué à l'appel. Le soleil avait fini par s'en évanouir, dispersant sur le voile charbonneux de la nuit cette multitude d'étoiles qui, ce soir, indifféraient l'Espagnol. Les houles de sa colère rugissaient en son âme alors que dans son esprit se reflétait le pire. Il lui en voulait de lui faire subir cette crainte, de faire courber ainsi l'échine de son impassibilité. L'Offrande avait ce pouvoir carnassier sur lui. Elle était l'incendie ravageant ses convictions, la comète chimérique qui martelait les ventricules de ce cœur noirci par le goudron s'écoulant au creux de ses veines. Pour se rassurer, anéantir les effusions de faiblesses, Cristoval laissait son esprit déambuler au sein des souvenirs qu'il avait récolté à son sujet. C'est en la forteresse de son muscle moteur que l'Enfant s'érigeait, illuminant sans le savoir la morosité qui emplissait les idées difformes de l'ancien conquistador. Ces derniers temps, tout l'Or de ses conquêtes s'est dissous dans la torpeur de la tragique fatalité dans laquelle il était tombé suite à la trahison d'un homme. De son père, son mentor. Soumis aux murmures de la paranoïa, le flegme de Cris crépitait dangereusement à l'idée de perdre ce qui comptait le plus pour lui. À l'idée de la perdre Elle. Ainsi sa rigidité s'était accentuée. Il avait établi des règles. Plus strictes. Interdisant de plus en plus à sa Protégée ces quelques parenthèses de vie dont sa jeunesse avait pourtant besoin. Cristoval était persuadé qu'elle ne mesurait pas l'ampleur du danger qui la guettait. Il en méprisait donc ses absences, se montrant plus dur à mesure que le temps passait, complètement sourd à ces besoins de liberté qui animaient l'âme de celle qu'il considérait comme la prunelle de ses yeux. Il était comme un lion en cage, rugissant de la moindre contrariété. Heurté par les effluves d'une rage empirique, il était ivre d'une colère peu commune qui rendait son air irrespirable. Elle asséchait ses lubies amusées, défigurait sa douceur au profit d'une dureté qui le rendait parfois terrifiant. La boussole de son bon sens ayant sautée autant que sa fierté fut bafouée de cet enfermement sordide qu'il lui était imposé.

Dans le taudis de cette île, Cristoval peinait à maintenir la féerie de ses propres illusions. La haine floutait sa vue, altérait son jugement. Il tournait en rond et infligeait ses frustrations au seul trésor qui lui restait. Celle qu'il considérait comme sa fille, celle qui tenait son cœur assassin entre ses phalanges juvéniles. Sans qu'elle n'en dise quoi que ce soit, l'Espagnol avait compris le silence de ces maux qu'elle lui cachait. Il la connaissait bien trop pour ne pas s'en rendre compte. De ses frémissements infimes jusqu'au détournement de son regard pour ne pas qu'il devine les tourments qui lui saccagent le cœur. Il l'avait trop contemplé pour ignorer la confusion, passer au-dessus de la distance qu'elle mettait parfois entre eux lorsque ses mots étaient plus agressifs qu'il ne l'aurait voulu. Cependant, ce n'était que les conséquences du poids de l'inquiétude qu'elle lui faisait éprouver. Comme ce soir encore alors qu'elle n'était toujours pas rentrer. Cela faisait des heures qu'il patientait, le regard perdu dans les flammes qui consumait le feu de cheminée qu'il avait allumé quelques heures plus tôt. Il était essoufflé de ces bavures, son âme enchaînée à celle d'une Enfant qui s'acharnait à vivre dans un monde qui ne voulait pas d'elle. Tout comme on ne voulait pas de lui. Ils étaient devenus poussières dans le vent et Cristoval se sentait insulté, profondément mutilé à même sa fierté légendaire. Cette situation qui lui échappait le mettait hors de lui. Il avait beau réfléchir sur les nouvelles directions à prendre, aucune ne semblait à la hauteur de ses extravagantes attentes. C'est donc dans l'effort qu'il s'oubliait le plus souvent, celui de reconstruire cette maison dans laquelle il logeait avec les siens. Retapant l'horreur pour la sublimer et lui redonner un semblant de confort. Mais toujours, ce mur de vingt-cinq mètres de haut lui rappelait qu'il était en cage, le narguant de sa hauteur impartial et laissant infuser en son esprit des idées de carnages infernaux qui, de plus en plus, accompagnaient les violents cauchemars qui faisaient trembler le mutisme de ses nuits.

Lorsqu'il perçoit le murmure du retour de celle qu'il attend, il a toujours les prunelles enchaînées aux arabesques que dessinent les flammes dans le foyer. Sa respiration est lente, posé comparé au déluge de ses pensées acérées que son impatience aiguise de rigidité. Il devine l'ombre de la jeune fille derrière lui, tentant d'échapper aux lumières qui caressent les murs de leur maison. Il pourrait presque entendre la frénésie de son cœur, s'étrangler d'adrénaline à mesure que ses pas progressent dans le couloir. Cristoval aurait pu la laisser disparaître dans la sérénité de sa chambre mais il est froissé par son manque de respect, par cette facilité folle qu'elle a de l'affaiblir. Comme si pour elle tout ceci n'était qu'un immense jeu adolescent, au creux duquel elle pouvait se permettre de risquer sa vie alors que dehors, des hommes vouaient le moindre de leurs gestes à les exterminer. Il lui en voulait, oui. Il était en colère et il fallait qu'elle le comprenne, qu'elle ouvre les paupières et qu'elle oublie ses rêves au profit de sa survie car sans elle et bien lui n'avait aucune route à suivre. Ankh était sa boussole, elle était le feu en lui. L'éteindre serait le détruire.


« Ànkhésenamon. »  

L'élocution de son prénom dans son entièreté annonçait la couleur de ses émotions en désordre. Elle le comprendrait. Elle savait pertinemment le tempo de sa voix, la déception qu'elle portait et qui assombrissait son humeur. La Princesse devinait mieux que quiconque les meurtrissures dont pouvait parfois souffrir l'Espganol. Elle était peut-être la seule à qui il ne mentait pas honteusement, la seule à détenir les clés de sa sincérité. C'est en son cœur que vibraient ses vérités et Cristoval était certain qu'elle s'en doutait. Il avait besoin d'elle à ses côtés et refusait donc catégoriquement qu'elle se cache dans l'oubli que pourrait lui proposer Morphée.

« Si tu es assez courageuse pour ne pas respecter mes attentes concernant tes heures de sortie, pourquoi me fuir une fois rentrée ? »

Son ton calme n'était pourtant pas tendre. Ces mots étaient coupants autant que l'indifférence dont elle avait fait preuve avec son retard. N'avait-elle pas pensé à lui ? Se fichait-elle à ce point de ce qu'il pourrait lui arriver en dehors de ces murs ? Comme toujours, il attendait. Qu'elle apparaisse, qu'elle trouve le courage de l'affronter et de lui expliquer qu'est-ce qui fut plus important que sa présence à la maison, qu'est-ce qui fut assez important pour qu'elle franchisse la limite qu'il lui avait apposé.

NΞRIOИ
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Cris ne l’appelle pas. Il la fouette de son nom qu’elle porte. Le coup est sec, cinglant de ses émotions, brutal de sa colère. Elle aurait préféré l’emportement à la froideur dont il l’habille. Il en stoppe ses pas et ses pensées, figeant jusqu’à ses espoirs enfantins. Même le cœur cesse de battre avant de se briser, gelée de cet apparat. La déception asphyxie cette bulle salvatrice qu’était sa journée, elle étouffe de cette autorité qu’elle cherche à fuir quand elle rejoint l’insouciance de Kadvael. Puis s’étrangle d’en subir les conséquences. Elle le sait douter de tout et de tous, enfermé entre des murs trop haut pour qu’il puisse les abattre de ses poings. Elle le justifie, elle le comprend puisque la trahison vient de l’intérieur, d’un patriarche insoupçonnable. Mais qu’il puisse douter d’elle, lui semble folie. Comment peut-il croire qu’elle n’a agi que pour le tourmenter de son absence ? Qu’elle est prête à le faire souffrir de sa désobéissance ? Depuis quand lui prête-t-il une pareille perfidie ? Elle observe son reflet dans le miroir de l’entrée. Machinalement, elle remet une mèche échappée du bandana derrière son oreille. Elle l’a prise dans l’après-midi à son ami, pour attacher ses cheveux indisciplinés . A-t-elle été souillée par les vices bestiales de ces animaux qui se disent hommes ? En est elle défigurée au point qu’il ne la reconnaisse plus ? Elle l’en préserve et pourtant, à cette seconde il l’en culpabilise. Elle referme les yeux, pose une main sur sa poitrine pour y imposer sa chaleur. Elle devine le crépitement des flammes et se calme de sa danse, imaginée sans peine. Elle y mêle son souffle, y trouve un certain réconfort, abreuvant ce courage qu’il lui faut pour se tourner le salon. Les ombres projetées par le feu vacillent dans une ronde sinistre. Projection de ces démons qui s’organisent pour les séparer, testant la solidité de cette Destinée qui leur a été écrite. Un murmure lui souffle de monter aussi vite que possible les escaliers et d’aller se cacher sous son lit, l’enfant qui se meurt n’est pas écouté.

Elle avance sur l’écorchure de ses mots. Les éclats de ses intentions qu’il lui prête, se plantent en étau autour de sa gorge. Le collier met à vif une respiration qui se teinte à présent de l’écarlate colère. Il l’a déjà jugé coupable alors qu’il devrait la présumer innocente. Il suppose de tout alors elle ne lui dit plus rien. Le serpent se mord la queue et elle ne parvient à le dérouler. Elle pose ses doigts sur le mur alors qu’elle le rejoint, aussi silencieuse qu’à ce retour. Elle l’aurait voulu inaudible, même pour lui, échapper à sa vigilance pour ne pas le croiser. Elle aurait mieux aimer qu’il ne soit pas rentrer. Elle peut supporter le manque qui pèse dans sa poitrine quand il n’est pas là, on l’a forcé à le faire. Mais voir tout ce qu’ils avaient tisser se dénouer de leurs propres mains est une atrocité qu’elle ne peut assumer. Elle cesse de marcher quand elle aperçoit le dos du fauteuil et le sien. Elle devine cette patience qu’elle a consumé, rien qu’en observant sa posture. Son envie première est de venir se réfugier contre lui, se lover contre son torse, disparaitre dans ses bras et rester juste… comme ça. Sans rien dire, sans rien expliquer. Elle la tiraille d’interdit et la rassure de souvenirs. Les flammes suivent le fleuve de ses pensées, pliant ses courbures rougeoyantes au cour qu’il emprunte. Elles se font ardentes quand il devient cascades, aux pensées des dernières étreintes imposées.

- Je ne te fuis pas. Pas plus que je n’ai provoquée mon retard.

Elle veut minimiser les choses, elle veut les lui rendre moins dramatiques. Elle ne cherche ni à le punir ni à le décevoir. Il devrait pourtant savoir qu’elle ne désire qu’être sa fierté, à la hauteur de toutes ses espérances qu’il lui attache. Elle y met un acharnement qui flirte avec le désespoir. Ankh se décide finalement à se confronter à son regard. Il est souvent plus brutal que ses mots. Elle se place non loin de son trône, près de l’âtre vivant de braises et d’incendie. Si elle est face à lui, c’est vers ce flamboiement que ses yeux sont rivés. Il miroite dans ses iris sans réussir à percer les mystères de leurs obscurités. Elle réfléchit, soigneusement, à ce qu’elle doit rajouter. Elle sait qu’il lui faudra bien plus que cette mince explication, mais elle doit mesurer ses paroles. Il déduit déjà bien trop de ses attitudes mais ça ne lui suffit pas à le satisfaire. Ses prochains mots seront jetés en pâture à la férocité de son analyse. Il sera minutieux, disséquant ce qu’elle lui donnera pour en arracher une vérité. Il la déforma de son jugement tordu de suspicion pour la rendre douloureuse du pire. C’est bien pour ça qu’elle ne lui a jamais parlé de Kadvael. Il en ferai un nuisible. Un être sournois paré des pires intentions. Si il n’est pas agent de son père venu lui faire un peu plus mal, il sera opportuniste, prêt à toutes les bassesses pour un peu de mieux dans un quotidien de rien. Le jeune homme est un appui, si elle le perdait dans les traits que Cris lui donnerait, elle vacillerait. Elle ne lui parle pas non plus de l’endroit où elle se rend pour le retrouver. Pas assez proche, pas assez sécurisé et surtout bien loin pour rejoindre l’abri qu’est la maison. Elle l’entend déjà lui dire que le monde est dangereux, qu’il est impitoyable et que tout ça n’a rien d’un jeu. Elle est toujours trop jeune, trop naïve, trop têtue pour comprendre. Elle est muette de toutes les cruautés qu’elle connait. Les siens sont morts, égorgés ou brûlés, leur sangs et leurs cendres disséminés entre les poussières et la terre sacrée. Ses dernières illusions se sont dissous dans l’acidité des perversités. Elle est lucide des dangers que sont les Hommes, avisés de ceux des Créatures. Il n’a plus rien à lui apprendre sur l’Horreur et encore moins sur son existence.

- Je n’ai pas vu le temps passée. Et je suis rentrée dès que j’ai pris conscience de l’heure.
C’est tout ce qui devrai compter.

Elle n’aime pas lui mentir alors elle le fait peu, mais elle est obligée de lui cacher beaucoup.

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Il était différent, depuis l'emprisonnement. Ivre d'une paranoïa acerbe, tourmenté par les échos stridents d'une méfiance malsaine. Selon lui, personne n'était digne de confiance et personne ne méritait son indulgence. Il allait jusqu'à en condamner la flamme de ses nuits, celle qui pourtant ne l'avait jamais trahi, adoptant envers elle une attitude infecte et cruelle dont la sévérité semblait l'étouffer. Cristoval n'écoutait pourtant pas ces désirs d'évasion, complètement soumis aux appréhensions qu'il avait envers les hommes, les créatures et même envers les desseins qui pouvaient se jouer dans son esprit d'adolescente inconsciente. Il était la source des tensions gravitant à l'intérieur de leur demeure abîmée, complètement aveuglé par le mal qu'il causait à ses proches, par la noirceur qui enveloppait la relation qu'ils entretenaient avec eux. L'Espagnol n'était plus qu'un amas de colère et de rancœur, uniquement bercé et apaisé par les ambitions vengeresses éloignant sa lucidité et son bon sens. À un point tel que son mécontentement tentait d'emprisonner cette fille qu'il aimait et pour laquelle il pourrait donner sa vie s'il le fallait. Puisqu'il était incapable d'imaginer un monde dans lequel elle n'existerait pas et que toutes les autres femmes, pour lui, n'avaient pas la même valeur. Il avait mis son existence sur un piédestal et prenait ces quelques rares écarts comme les plus effroyables des affronts. Cristoval était devenu intolérant à tout manque de respecte, s'offusquant d'un rien, se laissant dominer par cette rage qui lui tiraillait les entrailles depuis qu'il avait compris que son géniteur s'était retourné contre lui. Il était tel un enfant blessé, capricieux de tout ce qu'on avait pu lui retirer. Tel un homme dont l'orgueil démesuré avait été bafoué. Et elle le savait. Mieux que personne, Ànkhésenamon connaissait les perforations qui parsemaient son Âme mais cela ne l'empêchait pas de n'en faire qu'à sa tête, de ne pas respecter ces quelques règles qu'il lui avait imposé. Pire encore, elle osait lui mentir et contredire des faits qu'elle ne pouvait pourtant pas nier. Alors il se lève, pour lui faire face et la toiser de toute sa hauteur, laissant couler son regard jusqu'aux profondeurs du sien. Il est irrité mais tente de maintenir ce calme pourtant si faux, si mensonger. Puisque c'est la sensation de sentir son cœur bouillir qui le prend tout entier.

« Pourtant, tu allais monter sans me prévenir de ton retour. Et qui donc a provoqué ce retard, si tu n'en es pas responsable ? »

Cristoval aimerait savoir, lever le voile sur les raisons qui la pousse à s'éloigner de lui en toute impunité, sans même que cela ne la dérange d'une quelconque manière. Il aimerait découvrir quel est l'obstacle qui se dresse entre eux et qui les distancent, de plus en plus. Est-ce cette folie hargneuse dans lequel il se noie depuis la trahison ? Il se perd dans les possibilités trop nombreuses qui s'ajoutent à cette liste qu'il méprise autant qu'il alimente de son comportement injuste. Ses prunelles la scrutent comme pour chercher un indice, une preuve concernant ces absences de plus en plus régulières et de plus en plus longues. Il écoute simultanément ses maigres justifications, quelques paroles lancées à demi-mot qui ne suffisent pas à calmer le monstre de jalousie qui l'anime soudainement alors qu'il se rend compte que ce bandana qu'elle porte ne lui appartient pas. Il n'en dit rien pour le moment, déglutissant légèrement en laissant son imagination salir la pureté du lien qui les unit l'un à l'autre. C'est à nouveau la perfidie de cette impression de trahison qui revient l'engourdir, crispant ses muscles alors que l'un de ses poings se serre, à force de vouloir contrôler cette rage qui le ronge de plus en plus. Il ne la comprenait pas, soudainement et n'acceptait pas l'idée qu'elle décide de le fuir plutôt que de rester à ses côtés. Avait-elle décidé de l'abandonner à son tour, comme d'autres l'ont fait avant elle ? Pensait-elle réellement qu'elle était en droit de lui faire subir ce genre de décision ? Cristoval la trouvait ingrate de se comporter de cette manière avec lui. Pris dans le tourbillon de sa déraison, il en oubliait ses droits et l'indépendance que recherchait de plus en plus la sorcière ces derniers temps.

Il en vint presque à regretter le temps où elle attendait ces retours de ses longues expéditions à travers le monde. Il manquait de cet accueil qu'elle lui réservait avant qu'il ne lui décrive en détails les décors somptueux de ces horizons qui lui appartenaient autrefois. Cristoval manquait de cette enfant qui savait apaiser son Immoralité, il manquait de celle qui savait le rendre plus humain qu'il ne l'avait jamais été. Mais plus le temps passait et plus il avait la sensation de la voir s'éloigner. Depuis qu'ils s'étaient retrouvés, quelque chose entre eux était différent. L'Espagnol n'était plus certain d'avoir raison ou de se tromper. Et la Princesse quant à elle ne lui disait rien, ses attitudes d'habitude si expressives étaient devenues fades en Irlande et ses rires lumineux avaient laissé place à un silence des plus inquiétants. Ainsi, il pensait avoir deviné ce qu'il se tramait de par cet accessoire avec lequel elle maintenait sa chevelure désordonnée. Ce n'était définitivement pas lui le problème mais bien cette personne, qu'il méprisait déjà, sans même l'avoir rencontré. Cristoval se devait de tout savoir. Pour la protéger, pour la préserver de ce que le monde leur promettait en cas d'impulsivité. Il ne permettrait pas qu'on lui fasse du mal, encore moins qu'on ne l'arrache à elle et il avait la drôle de sensation que c'était exactement ce qui était en train de se passer alors que toutes les preuves étaient là, sous son nez. L'Espagnol s'en sentait stupide et c'est sa fierté heurtée qui prenait à présent possession de son esprit, muselant ainsi l'amour qu'il pouvait lui porter.

« Quel est son nom ? Et je te conseille d'arrêter de me mentir en plein visage. Je ne suis pas en train de m'amuser, Ankh. »

Au contraire, il prenait la situation bien plus au sérieux qu'il ne le devrait. Incapable de se calmer puisque le doute s'emparait de toutes les certitudes qu'il pouvait avoir à propos d'elle. Furieux, déjà, de faire face à la réalité qu'elle grandissait et que de lui, elle se lassait.

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Cristoval
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Crime et Châtiment
Il lui faut un coupable. Si ce n’est pas elle, c’est forcément quelqu’un d’autre. Un nouvel ennemi acharné à le détruire lui, en passant par elle. Elle se vexe de tout ce qu’il ose supposer, de ces machinations crées pour lui nuire où elle est un pion stupide de naïveté. Elle s’offusque de son jugement qui la relègue à une gamine sotte, s’amusant avec insouciance d’un jeu dont elle ne comprend les règles. – Pour éviter une autre confrontation. Elle en est fatiguée, usée de se battre contre lui. Elle n’aspire qu’à revenir se lover dans ses bras, pour retrouver cette sensation d’apaisement, de quiétudes et surtout cette insouciance de se savoir à l’abri. De tout. De tous. Elle voudrait renouer avec l’enfance et s’endormir en écoutant ses exploits passées, la tête pleine de voyages et d’aventures. L’enfant est morte et le conteur, s’est tu. L’Humanité leur a pris bien plus que leur liberté. Comme à chaque fois que ses silences sont plus éloquents que ses mots, elle se blesse de tout ce qu’il tait. Il lacère de ses incertitudes, les siècles du serment qui lui a été fait. Il défigure de ces doutes, l’Offrande qu’on lui avait promis, à la hauteur de sa force, dépassant toutes ses attentes. Il se renie, lui, en remettant en question son éducation et les valeurs qu’il lui a transmise. Comment peut-il penser un instant qu’elle serait capable de le mettre en danger ? Elle lui en veut pour tout ça, alors quand il la toise de sa hauteur, elle soutient son regard de sa rage. Même si deviner, dans l’ombre de ses iris, les crimes qu’il lui reproche, lui font mal. Elle soupire, observant ses flammes qui vacillent sous les agitations de son âme. – Personne n'a provoqué quoi que ce soit.

Il bouillonne. Il tente de retenir la tempête qui fait des ravages en son esprit, mais il ne peut lui cacher la violence de ce qui le contamine. Elle le voit dans ses poings qui se referment, le lit dans les infimes plies qui se dessinent au coin de ses lèvres et le ressent, dans cette empathie profonde qu’elle a son égard. Depuis toute petite, elle s’est attelé à la tâche de le comprendre. De deviner ses émotions qu’elle savait exister chez lui, mais qu’il cachait bien trop souvent derrière autant de masque. Elle l’a observée, épiée les silence de ce qu’il ne disait pas, traquée ses gestes qui, parfois, devaient bien le trahir. Elle voulait le rendre fier, elle ne voulait pas recevoir ses faux sourires ou des mots enrobés de réconfort cachant un cœur de mépris. Elle se voulait digne de ce qu’on lui avait enseigné, de sa famille, de Mama Legba, de lui. Alors oui, elle se devait de l’apprendre. De le connaître, non pas comme les autres le connaissait, mais comme lui-même se connaissait. Ainsi, elle pourrait répondre à ses attentes, celles qu’il formulait, celles qui se devaient et surtout celles qu’ils taisaient mais désiraient. Elle n’avait pas imaginé, qu’un jour, cela se retournerait contre elle. Les sens acérés de sa quête, la poignarde aujourd’hui de la noirceur de sa colère. Sa respiration s’en saccade de douleur, tandis que ce sont ses propres poings qui se ferment. Dans l’âtre, le feu est rougeoyant de son intensité.

- Quand t’ai-je mentis ? Dis le moi. Elle aimerait exploser, mais son timbre adopte celui de la matriarche lorsqu’elle analysait une rage brûlante, lent et froid. Son souffle est plus tremblant des vices qu’il veut donner à Kadvael. – Dis le moi. Répète-t-elle en relevant son regard vers le sien, qu’il contemple, ô combien ses failles la brisent. Elle se condamne au silence, justement pour ne pas avoir à le faire.

Elle le voit tellement perdu, erré dans son amertume, boitant de son égo blessé. Elle lui interdit pourtant d’en accabler le mortel. Ce n’est pas lui, l’origine de leurs maux.  Ce n’est pas lui le responsable de ses disputes absurdes ou de ce qu’ils les séparent alors qu’ils viennent de se retrouver. Tout au plus, il en est une conséquence. Elle connait pourtant les nouveaux interdits que Cris brandira. Il la forcera à en franchir l’absurdité. Et de nouveau, ils se déchireront. – Je ne te le dirais pas. Je ne t’écouterai pas le rendre coupable de… Tout ça. Elle le défi. Elle le provoque. Elle le bouscule. Elle veut le mettre face à la vérité qu’il exige. Celle qu’ils se cachent. Elle veut qu’il se heurte à sa folie nouvelle, qu’il se révolte de ça, mais pas de Kadvael. Elle inspire pour calmer l’incertitude de sa respiration, ouvre ses mains pour en atténuer la raideur. Elle ne doit pas s’emporter, elle ne veut surtout pas craquer. Ce n’est pas à elle de le faire. Elle s’y refuse de toute façon, persuadé que cela les éloignerait définitivement, la simple idée l’a fait suffoquer de peur.  - Si tu veux punir quelqu’un, puni moi. Mais puni moi d’être en retard, d’avoir manqué le diner, ou même de t’avoir inquiété. Pas d’intentions que je n’ai pas.  



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La trahison. Qui avait-il de plus atroce que ce sentiment infâme ? Quelle douleur pouvait rivaliser avec les méandres empoisonnés d'une confiance balafrée ? Cristoval se perd dans cette souffrance inavouée, mise sous scellé à la force de sa fierté scandaleuse. Et il l'entraîne avec lui, dans cette chute qui semble éternelle. Incapable de défaire son étreinte de ce lien si particulier qu'il partage avec le feu de ses nuits. L'Espagnol préfère la contempler suffoquer à ses côtés que s'évader en meilleur compagnie. S'il n'est pas heureux, il refuse qu'elle le soit. S'il n'est pas libre de vivre comme il l'entend, elle ne le sera pas. Au risque de la perdre, au risque de la voir le haïr. C'était le prix à payer pour que sa présence constante à ses côtés subsiste. Plus rien n'était plus important que leur union. Dans son cœur et dans son Âme, rien ne vibrait plus intensément que les lettres composant le prénom de son Offrande. Ainsi s'était construit ce qu'ils sont. Dans l'immuabilité de leur lien, la fatalité de leur vie à jamais reliée. Il était resté fidèle au mirage qu'elle avait été durant des siècles. Comment pourrait-il supporter qu'un autre homme le remplace ? Lui qui lui avait tant offert, lui qui lui avait tant donné. La lourdeur des absences qu'elle lui faisait subir ne l'aidaient pas à s'apaiser. De ces émotions en désordre qu'il n'était plus apte de gérer, se créaient des éruptions volcaniques que rien n'était capable d'empêcher. Il devenait incendie ambulant, ravageant tout sur son passage. Y compris l'affection que pouvait lui porter sa famille. Y compris cet amour pur qu'il savait autrefois percevoir dans le fond de ses prunelles, à Elle. Son diamant unique, son éternelle échappatoire à tout ce qui le rendait amer.

« Ce sont tes absences de plus en plus répétitives qui façonnent ces confrontations. Tu connais les règles. Il me semble qu'elles sont simples mais tu t'obstines à ne pas les respecter. »

Il la sermonne. Comme si elle était encore une enfant que l'on devait encadrer, refusant de voir la femme qu'elle devenait peu à peu. Cette dernière, il la rejette malgré les sentiments inexplicables qui l'habitent alors que sa maturité le rattrape, peu à peu, pour le mettre face à cette vérité fatale qu'il refuse pour le moment de voir. Il est si facile pour lui de s'emporter maintenant qu'il est enfermé. À défaut de s'oublier dans les bras du monde, il se réfugie dans ces torrents de colère qu'il peine à contrôler mais qui, toujours, restent mesurés face à elle. Puisqu'il refuse de la blesser. Il refuse de l'enlaidir de tout ce dont il a pu la préserver jusqu'ici. Elle méritait d'autres cieux, d'autres rivages.... Peu importe tant que les fracas de cette maudite Irlande ne l'effleurent pas. Et pourtant, n'était-ce pas ce qui était en train de se passer ? L'horreur de cet endroit ne s'insinuait-il pas au creux de sa voix, rendant ses mots aussi acerbes que ceux de ces chiens contre lesquels il devait se battre ? Il l'assénait de ses doutes et de ses tourments, perdant confiance à l'innocence de ses actions envers lui. Traumatisé par ce que son père lui avait fait subir. Par jalousie. Par besoin cupide d'être plus imposant que lui. Jusqu'à le faire sombrer, lui autant que ceux qu'il avait toujours prétendu aimer.

Alors pourquoi serait-elle différente ? Pourquoi ne viserait-elle pas à respecter ses propres intérêts ? Pourquoi donc se soucierait-elle de ce qu'il adviendrait de lui ou de cette famille qu'il s'acharne à sauver, envers et contre tout ? Alors elle lui demande. Lui retournant ces questions intérieures qui le malmènent aux dépens de nombreuses heures. Son calme lui rappelle celle de cette femme qu'il admirait de sa force mais qu'il méprisait de son insolence. Il la croise, parfois, dans l'obscurité sans fond de ces prunelles. Et il se souvient que ses origines ne sont pas semblables aux siennes. Peut-être que c'était pour cette raison qu'elle lui tournait le dos, progressivement. Pour cette liberté qu'il lui avait impunément arraché pour la garder auprès de lui. Avec possessivité. Avec passion, aussi. Les mensonges étaient si faciles à créer, à disperser. Elle l'avait tant de fois contempler. Elle connaissait ses ruses et la manière particulière qu'il avait d'utiliser l'oral pour mieux dominer le mental. Oui, elle savait sans doute beaucoup plus de choses qu'elle ne le devrait au fond... Jamais il n'avait envisagé une telle possibilité avant mais quelque chose dans son attitude lui indiquait que les choses avaient changé et que peut-être, oui peut-être, elle ne lui appartenait plus autant qu'il ne pouvait le penser.

« Tu sais comment mentir, n'est-ce pas ? Tu m'as vu faire après tout. Toi qui es si studieuse et attentive, toi qui me connais si bien. Quelle preuve ai-je pour prétendre que tu n'as jamais envisagé de te retourner contre moi ? »

C'est le silence qui l'embrase plus que les mots qu'elle prononce, il entrevoit des doutes qui n'existent pas et s'inventent des distances qui le noient dans la folie de ses appréhensions infondées. C'est ce qu'il accentue quand elle refuse de lui donner le prénom de celui qui la retient mieux qu'il ne parvient à le faire aujourd'hui, celui-là même qui les pousse à s'éloigner. Encore et encore. Comme s'ils ne le faisaient déjà pas assez. Et un rire ironique lui échappe lorsqu'elle désigne leur quotidien comme étant « tout ça ». Tout ça, qu'il ne contrôlait plus. Tout ça, avec lequel il l'empoisonnait autant qu'il le faisait avec lui-même.

« Tout ça quoi ? Sois plus précise. Dehors, tu pourrais te faire tuer en un claquement de doigts. Ils pourraient t'emmener, faire de toi ce qu'ils veulent sans que je ne puisse les en empêcher. Tu m'as laissé avec ces doutes alors que tu étais avec cet autre dont tu refuses de me donner le nom. Explique-moi comment je ne pourrais pas vouloir que tu t'en éloignes dans ces conditions. »

Sa tirade l'épuise malgré le ton ferme et autoritaire qu'il emploie. Sa mâchoire se crispe de cette rage contenue qui le tiraille, diluant en lui des envies de meurtres. Des envies d'ailleurs. D'autres choses que ce déchirement, qui entre lui et l'Offrande, ne cesse de prendre de l'ampleur.

NΞRIOИ
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Cristoval
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Ils tournent en rond, chacun courant après l’autre dans l’espoir de se rattraper. Ils ne font que s’enfoncer d’avantage d’un chemin dont ils ont fait le tour et qui les ramènent toujours au même point. Elle ignore comment briser ce cercle infernal, plus elle tente et plus elle a l’impression de les enterrer. Si en faisant elle ne fait qu’empirer les choses, pourquoi s’acharner ? Elle doit trouver autre chose, sortir de ce sentier qu’ils piétinent. Alors oui, peut être qu’elle fuit, peut être même que parfois, elle préfère oublier de regarder l’heure, se cachant derrière l’ignorance. Elle ne lui désobéit pas si elle n’a pas conscience de le faire. Des excuses évidemment, celle d’une enfant qui se retrouve bien trop tôt dans le monde violent des adultes. – Alors c’est ma faute ? C’est ce que tu veux me faire comprendre, Cristoval ? Tes règles, elles, ne peuvent être remises en question. Elle secoue la tête, blessée et vexée. Elle ne peut porter seule le poids de leur déchirement. Elle ne veut pas en être responsable alors qu’elle ne souhaite que voir les choses s’arranger. Aucune magie ne peut lui venir en aide pour ça, pas plus qu’elle ne peut en appeler à la sagesse de Mama Legba. Elle se sent démunie, impuissante aussi. Victime, encore une fois. C’est ce constat, cumulé aux sous-entendus du Léviathan qui mette en péril ce calme qu’elle s’impose. Une frémissement incontrôlable, l’âtre aux flammes attisées de sorcellerie, sont des avertissements qu’elle s’applique à écouter. Elle ne doit pas faiblir. Pas maintenant.

Mais viennent les coups de poignard. Assassins. Il plante ses mots dans son cœur palpitant, pour le crever de soupçon. Ce qu’elle s’est efforcée d’être, pour le rendre fier, pour combler ses attentes… Il le retourne contre elle. Il lui jette son acharnement à lui faire honneur, comme étant un vice dissimulé, preuve de sa trahison. Et après, il s’étonne qu’elle se refuse à livrer en pâture son ami. Elle perd son souffle, puis ce sont les battements dans sa poitrine qui échappe à son contrôle. Elle n’avait pas prévue cette souffrance qui l’étouffe. Il ne lui fait même plus confiance si elle doit justifier de son innocence. Elle s’est livrée pour le rejoindre, elle a traversé le monde et abandonné son enfance pour le rejoindre et il lui demande de légitimer sa fidélité. Elle n’a aucun argument à lui opposer. Il les détournera un à un, jusqu’à en faire une pierre de plus à lui lancer. Il a raison, elle le connait si bien mais elle ne le reconnait plus. Depuis quand use-t-il de ses armes contre elle ? – Tu es ton pire ennemi. Elle n’a que ça à lui répondre, que cette certitude à lui opposer. – Je ne peux rien dire de plus, je suis déjà coupable à tes yeux. Elle peine de plus en plus à ravaler ses larmes. De peine, de douleur, de rage et de frustration. Il rit, amer des non-dits, d’un quotidien qu’elle ne veut avoir en résumer en quelques mots.

Une fois encore, il lui explique ce qu’elle sait déjà. Il pense parler à une enfant candide, alors qu’il parle a une femme avertie de ses dangers qui la guette hors de ses murs. – Tout ça. Cette discussion. Tes accusations. Tu me sermonnes comme une gamine, mais je n’ignore pas ces choses que tu ne peux les empêcher de faire. Il ne devrait pas lui expliquer pourquoi elle ne doit pas le faire, mais comprendre pourquoi elle le fait quand même. Si elle laisse cette peur régir sa vie, si elle laisse cette paranoïa la gagner, ils seront perdu tous les deux. Aussi vieux soit l’espagnol, il se berce d’illusions naïves, qu’elle n’a aucune envie de briser. Elle est à fleur de peau, la colère s’enracinant dans sa raison. Elle ne cherche pas et ne désire pas plus, le rendre responsable de son absence. De son impuissance. Mais il la pousse dans ses retranchements et n’arrive à se défendre qu’en répliquant. Elle s’est toujours révolté des injustices. – On n’a rien fait de mal ! Je ne me suis pas enfui pour aller comploter avec lui, satisfaite d'attiser tes inquiétudes. Le dire lui parait absurde, alors comment lui, peut il y croire ? – Tu n’as aucune raison de vouloir que je m’éloigne de lui. C’est… C’est un ami. C’est tout. J’ai le droit, non ? J’ai le droit d’en avoir un ? Elle relève ses yeux vers lui. Dans ses conditions, pour le citer, elle en a même besoin. Elle soupire. Cette conversation ne mènera à rien. Le savoir alimente une frustration difficile à ignorer.

- Il est tard. Elle baisse son regard vers la cheminée, épuisée. Elle doit trouver une porte de sortit avant qu’il ne soit trop tard. Que sous ses émotions saturées d’être refoulés, ne lui fasse dire des mots regrettées sitôt lancées. Elle tente d’être le plus détaché possible, sans le provoquer d’irrespect. Ankh est à bout et elle le sent. Sa gorge est nouée des sanglots qu’elle ravale, même lorsqu’elle est seule. – On devrait en reparler demain. Elle gagne du temps, celui qui lui est nécessaire pour souffler un peu. Les flammes se tempèrent, mais vacillent dans une danse incertaine. Elle cherche à s’éclipser, disparaître, amorçant déjà sa sortie. Elle le fuit encore plus que de le confronté à la Vérité.



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Tout l'indifférait. De cette guerre qu'il présageait jusqu'aux querelles inter-races qui polluaient l'air qu'ils inspiraient. Il ne prenait partie de rien si ce n'est que de sa survie ainsi que celles de ses proches. Ankh ne semblait pas avoir confiance des dangers qui rôdaient tout autour d'elle. Sa beauté pourrait la nuire, son intelligence et ce brin d'insolence ingénieux qui l'animait par moment pouvaient quant à eux la condamner sans plus de cérémonie. Il ne suffisait que de quelques secondes d'inattention, quelques vagues d'inconscience pour que les membres de l'organisation ne s'empare de ce qui la maintient encore en vie. Il n'était plus question d'ambitions à assouvir mais principalement d'endurance à perfectionner. Avant de se battre, il fallait planifier et se renforcer. Avant de prendre les armes, il fallait monter les rouages de leur vengeance. Pour toutes ces raisons, l'Espagnol se flagellait de colères et de frustrations. Pour toutes ces raisons, il était parfaitement incapable de comprendre ces envies de liberté qui l'aveuglaient, ce soudain besoin d'indépendance qui la rongeait. Était-ce réellement le moment pour qu'elle lui fasse une crise d'adolescence alors qu'ils mourraient tous, un par un ? Cela le dépassait. Cela le rendait même furieux qu'elle soit inapte à respecter quelques règles toute somme logiques et essentielles à sa propre préservation.

Il était rude sous bien des points. Mais il était principalement réaliste. Cristoval avait déjà assez perdu depuis leur emprisonnement. La perdre elle serait le poussé aux vices les plus infâmes, à la cruauté la plus sanguinaire. À un point tel que sa sœur dont il est pourtant si proche finirait certainement par se détourner de lui à son tour. Écœurée par l'infamie dont il ferait preuve si l'Offrande n'était plus à ses côtés. Ne comprenait-elle pas qu'il n'était qu'un spectre d'horreur sans sa lumière pour l'éclairer ? Était-elle si ignorante à propos de la valeur qu'elle pouvait avoir en son cœur ancien ? La manière qu'elle avait de lui répondre remettait en question ses décisions ainsi que la manière qu'il avait de la protéger depuis qu'ils s'étaient tous les deux retrouvés. Elle l'insultait, le jugeant ouvertement de cette angoisse nuisible qu'il ressentait à l'idée atroce qu'il lui arrive quelque chose, qu'elle soit saccagée jusqu'au point de non-retour. L'ancien conquistador refusait de croire qu'elle était consciente de la douleur que ces mots pouvaient lui faire subir. Il espérait, avec une naïveté qui ne lui ressemblait pas, qu'elle n'était pas sérieuse.

« Est-ce que tu serais en train de remettre en cause ma manière de te protéger ainsi que l'éducation que je te donne ? Parce que si c'est le cas, j'aimerais savoir si tu as de meilleures solutions à proposer. »

Qu'elle lui propose, oui, quelque chose de plus efficace. Et d'aussi infaillible que ces fameuses heures qu'il lui consignait de respecter pour son propre bien. L'Espagnol n'attendait que cela. Mais à cela, la Venus noire ne fait que lui révéler cette vérité qu'il se refuse d'entendre, celle qu'il incarne son pire ennemi et qu'il s'affaiblit de cette paranoïa qui le prend depuis que son Père s'est détourné de lui. Sous l'implacabilité de son dur jugement, Ankh baisse les armes, préférant sauvegarder le peu de complicité qu'il leur reste avant de les voir disparaître. Cet abandon de soi, cette douleur qu'il lit sur les traits de ce visage tant aimé le foudroie de plein fouet malgré l'attitude détachée qu'il adapte, malgré cette froideur qu'elle ne mérite pas réellement. Il était en colère mais cela valait-il réellement l'effusion de toutes les rancœurs qu'il retenait en lui ? Méritait-elle d'en être la principale victime ? Cristoval n'en savait rien. Et son manque d'explications sur celui qu'elle rencontrait loin de lui ne calmait en rien les doutes qui le submergeaient.

Il la laisse donc parler dans un élan de compréhension approximative et qui ne durera certainement pas des heures. Ankh prétend être consciente des dangers qui la guettent à l'extérieur. Sous-entendant presque qu'elle ne les craignait pas. Et ce détail invisible ne lui a pas échappé. Suffisamment pour qu'il le mémorise et vienne à froncer les sourcils sous l'inquiétude d'un tel revirement de situation. Cris resta silencieux, gardant l'acerbité des remarques qu'il aurait pu lui faire s'il ne s'était pas décidé de s'arrêter au bon moment. Les propos de la jeune fille suggérant qu'ils ne faisaient rien de mal, qu'ils n'étaient guère en train de magouiller divers plans pour le nuire. Sa demande lui paraît absurde, celle qu'elle ait un ami. Comment pouvait-on envisager de vouloir se faire des amis alors que le monde entier ne pensait qu'à ses propres intérêts ? Comment pouvait-elle envisager ça possible dans de telles conditions ? Excédé, l'Espagnol soupira, croisant les bras dans un signe de mécontentement perceptible. Il pensait qu'il lui avait suffisamment appris à se méfier mais à l'évidence, il semblerait qu'il s'était trompé.

« Penses-tu réellement que les temps qui courent sont propices à l'élaboration de nouvelles amitiés ? » lui demanda-t-il, plutôt déçu qu'elle tombe dans ce genre de leurre. Inquiet aussi par cette inconscience qui l'animait et ce manque de prudence qui ne lui ressemblait guère. Il avait manqué quelque chose. Cris pouvait le sentir mais il était incapable de savoir ce qu'il avait pu omettre. L'Ingénue ne poursuivait que pour lui dire qu'il était tard et qu'il était préférable qu'ils continuent cette discussion demain. Mais lui n'était pas capable de la laisser s'en aller de cette manière. Il fallait qu'il sache ce qu'elle n'avait pas voulu lui dire. Cet élément déclencheur qui la poussait à prendre des risques et à s'oublier dans le manque de responsabilité.

« Je ne crois pas, non. Tu vas m'expliquer ce qu'il se passe. Je t'ai connu plus raisonnable que ça. Si je ne suis plus le même depuis l'enfermement, il en est de même pour toi. L'imprudence n'est pas censé être l'une de tes caractéristiques. Cesse de me prendre pour un imbécile ! »

Il avait haussé le ton, la forçant à rester dans cette pièce avec lui afin qu'ils mettent les choses au clair. Cris n'était pas de ces hommes qui laissaient les choses se tasser par souci de confort. Il préférait affronter ce qui lui faisait obstacle afin de mieux avancer et d'anéantir l'obscurité qui l'entourait. Il se sentait à vif des sentiments qu'il éprouvait pour elle, à vif qu'elle ne le comprenne plus aussi bien qu'avant. Les temps avaient changé mais il ne s'était clairement pas attendu à ce qu'elle change avec lui. Elle qu'il avait toujours vu comme un Trésor immuable semblait s'effriter avec l'atmosphère avec laquelle on les avait condamné.

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Les hommes pensent que les femmes que nous sommes, sont l'esclave des émotions. Que l'ont ne peut diriger correctement sans mêler sentiments à notre travail. Ils pensent que cela nous rend faibles et manipulables. Laisses les toujours le croire, mais ne doute jamais. La matriarche s'était tourner vers l'enfant qu'elle était alors, droite et fière, le menton levé et le regard rougeoyant de puissance. - Nos émotions sont notre force. Elles nous permettent de déplacer des montagnes ou de détruire des royaumes. Elles ne nuisent pas à nos réflexions, elles y meurt en les nourrissant pour en renaitre ensuite. L'amour, la colère, l'instinct maternelle, la jalousie, ...Ne les renient jamais. Laisses les glisser dans tes veines, alimenter l'ardeur de ta magie, guides les d'un esprit affûté. Fais en des armes, autant que des défenses. Elles sont une source inépuisable. Connais les. Connais toi. Et personne ne te ferai jamais vaciller. Domines les si tu ne veux qu'elles ne te dominent. Comme à l'époque, Ankh a bien du mal à appliquer ses conseils. Elle ressent trop et contrôle si peu, elle n'est pourtant plus cette gamine, en colère et indigné d'être puni de s'être défendue. La matriarche l'avait sèchement reprise. Emportée. Pas défendue. Elle n'en avait saisit la différence que bien plus tard, comme le sens de ses mots qu'elle lui avait assénés en leçon. La jeune sorcière s'emploie à l'appliquer, elle ne veut pas nier cette frustration qui découle de la réponse du Léviathan, elle veut en connaître l'origine. Pourquoi ? Parce qu'il déforme tout. Parce qu'il transforme ce qu'elle lui dit. Pourquoi ? Parce qu'il interprète, mal et de travers. Pourquoi ? Parce qu'il remet tout en question, elle y comprit. Pourquoi ? Parce qu'ils ne se comprennent plus. Son souffle vacille quand elle se le formule, son coeur se serre douloureusement de voir la faille qui les sépare, se lézarder d'avantage.

Elle ne répond rien. Elle secoue la tête juste. Pour lui, pour elle. Quoiqu'elle dise, elle envenimerait la situation. Elle n'a rien de sage ou de mesuré à dire. Elle l'offenserait de ce qui défile dans son esprit, alors elle le tait. Elle remet cette conversation à plus tard, quand ils seront capable de communiquer; sans sombrer dans l'abime.

Elle s'acharne pourtant à tenter de lui faire entendre raison. Qu'il se nuit à lui même d'ainsi douter d'elle, de la présumer du pire alors qu'elle n'aspire qu'à mieux, surtout entre eux. Si elle doit trouver Kadvaël pour ne pas s'embraser du quotidien qui la ronge, elle le fera. Elle préfère prendre le risque de ce genre de discussion, que de consumer Cris de leurs tourments.

Elle échoue. Elle en sent la douleur cuisante et constate sa défaite dans les propos qu'il tient. Ankh se prend de court, elle n'a pas le temps de se contenir. Elle n'arrive pas à rattraper ses pensées alors qu'il ose poser la question, comme si la réponse était évidente et qu'elle avait tort, dans sa naïveté enfantine. - Oui. Dans un lieu comme celui ci, où l'étranger est une menace, il est important de s'en faire un ami, avant qu'un autre n'en fasse en ennemi. Si ce n'est dans des temps comme celui ci, que l'on doit compter sur ses amis, alors quand faut il le faire ? -On ne sortira pas d'ici seuls, Cristoval. On n'a pas le pouvoir de faire tomber ces murs à la seule force de notre volonté ! Elle lui énonce les évidences dans l'espoir qui les comprennent. Ces autres races qu'il ignore, méprise sans doute, sont la seule chance qu'ils ont de sortir de cet enfer.

Reprenant son souffle en même temps que le contrôle, Ankh observe quelques secondes les flammes danser, pour s'imprégner du calme de leur grâce. Elle referme les yeux, décidé cette fois ci à couper court. Elle n'a pas prise sur ce qui se passe, elle ne l'apaise plus, elle excite ses démons d'une rage sans cesse renouvelée. Inépuisable des heures qu'ils passent à se déchirer. Elle l'entend, dans ce qu'il ne dit plus: ''ON'' Il n'y a plus que des Tu et des Je. Elle se blesse aussi, de ce choix de mot: Caractéristique. Il la pique cruellement et s'enfonce autant dans sa fierté que sa conviction la plus profonde, jusqu'ici intact. Celle qu'elle est plus qu'une Offrande à ses yeux, un être purement et simplement destiné à son service. Sélectionné sur simples critères. Pourquoi n'a t-il pas dit défaut ? Elle referme les poings en même temps que les yeux. Le feu s'essouffle, jusqu'à manquer de s'étouffer. Elle souffle, s'employant à respirer. Ravalant cette première réplique qui lui reste en travers de la gorge. Rajouter l'impudence à sa petite liste de non conformité. Le lui dire. Le planter là. Et aller se coucher. Se retenir de claquer la porte. Fulminer. Elle se passe le film. Se joue la scène, satisfaisant son ego d'être vengé. Elle soupire cette fois.

- Je t'expliquerai. Je te le promet... Si cela a encore de la crédibilité à tes yeux. Mais pas ce soir. Pas cette nuit. On...
Elle tourne la tête vers lui, posant ses yeux dans les siens. Elle est perdu et elle cherche... Quelque chose dans son regard, un rien à quoi se raccrocher. Il lui faudrait si peu. - On est fatigués. Et je ne te prend pas pour un imbécile. Jamais. Elle secoue la tête, presque dépitée. Lasse, sans doute possible. Elle ne ment pas, elle les sait épuisés de ce quotidien lourd à porter. - Je vais me coucher. je... Elle se sent obliger de le préciser. -Je ne le fais pas pour te contrarier Cris... Je... Que peut elle rajouter qui le convaincrait qu'elle le fait pour les préserver ? La vérité devient si dure à lui prouver. - Essaie... de dormir. Je tiendrai ma promesse, on en reparlera demain... Quand tu voudras. Pas maintenant. Il devient urgent qu'elle parte. De ses larmes qui lui montent aux yeux, à cette peine muée en colère qui la frappe au ventre. Alors elle le fait.


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and it's cause you're mine, it's cause you're mine.

Il la blesse. Cristoval peut le voir dans la manière qu'elle a de le regarder. Il peut deviner les mots rebelles qu'elle se force à garder derrière le seuil de ses lèvres. L'incompréhension qui s'émiette entre eux le plonge dans une humeur massacrante. Ne sait-elle pas qu'il est las de douter ? Ne connaît-elle pas la douleur qu'il ressent de ne plus savoir faire confiance ? L'Espagnol pensait qu'elle saisirait l'insaisissable. Et peut-être qu'il lui en demandait trop. Paradoxe de ses exigences et de ses craintes. C'est ce qui les ensevelissait dans l'impossibilité de se comprendre et d'harmoniser leurs opinions. Pour la première fois, ils restaient sourds à l'autre. Ce n'était pourtant pas faute de comprendre le sens des phrases qu'ils utilisaient. Seulement ces dernières étaient devenues des armes, avec lesquelles Cristoval se surprenait à vouloir la blesser. Il était pleinement conscient d'y parvenir puisque la tristesse dans ses prunelles parlait plus fort que l'indignation qui le contrôlait depuis le début de leur enfermement. Il était le seul responsable de leur mésentente, le seul responsable de cette distance qui s'étendaient jusqu'à leur âme. Parce qu'il ne supporterait pas l'idée qu'elle le trahisse à son tour, qu'elle se détourne de ce qu'ils avaient pu vivre au temps de leur liberté. Lorsqu'il pouvait lui offrir le monde sur un plateau d'argent. Les choses étaient si différentes maintenant. Qu'avait-il réellement à lui offrir ? Ses mains étaient vides et il n'était pas certain que son cœur suffise à combler ses attentes. Depuis le début, Cris s'était efforcé de la couvrir de tendresse et de bonheur. Mais ces jours n'étaient plus. Il n'existait plus que le noir et le sale.

Sa colère n'était que le fruit que de son désaccord. Les absences qu'elle lui laissait en points d'interrogation agissaient comme de l'huile sur le brasier de son refus. Rien ne valait la peine qu'elle ne s'abîme. Rien ne valait la peine qu'on la salisse. Malgré les déceptions que l'Espagnol s'inventait, coincé dans sa paranoïa, il ne pouvait s'empêcher de la voir comme quelqu'un à protéger quoi qu'il en coûte. Surprotection amère dans laquelle il pouvait sentir ses flammes s'amoindrir et qui, ce soir, était la cause de leurs tourments. Cristoval était persuadé qu'elle ne comprenait pas à quel point elle lui était essentielle. Peu de choses l'effleurait, peu de choses le touchait. Cependant elle le faisait aisément. Bien plus facilement qu'elle ne se l'imaginait. La gestuelle qu'elle adoptait lui indiquait qu'elle n'approuvait pas. Elle restait murée dans un silence qui l'épouvantait malgré la grande fierté dont étaient parés les traits de son visage mordoré. La couleur de ses intentions a beau s'étendre dans son esprit, l'Andalou reste figé dans la crainte de la perdre dans la foule hostile.

Foule dont laquelle il se méfiait comme de la peste ; bien trop lucide sur la nature des hommes, de ses semblables ou même des créatures qui les entouraient. Cristoval savait à quel point la pureté était rare en ce monde. Il savait à quel point la sincérité de sa Protégée était rare et unique dans un monde aussi noir que le leur. Ankh était encore trop jeune pour s'en douter et bien trop humble pour comprendre sa valeur dans le cœur de l'Espagnol. Il faut dire que sa fierté l'empêchait de lui dévoiler ses failles, même si l'Offrande le connaissait bien trop pour ne pas se douter de ses maux. Malgré leur discorde oppressante, elle le connaissait mieux que quiconque. Bien au-delà de ce que les mots pouvaient révéler. Ce sont les couleurs émotionnelles habillant son Âme qu'elle déchiffrait. Elle décelait l'invisible des plaies qu'il s'appliquait à dissimuler. Du moins, c'était ce en quoi l'ancien conquistador avait toujours cru. Se pourrait-il que ceci ne soit plus rien d'autre qu'un tas de poussières remplacé par la chaleur d'autres regards et d'autres sourires ? Il en maudissait tout ceux qui avaient l'audace de s'imposer entre eux. Il en maudissait tous les amis qu'elle possédait et ceux qu'elle ne s'était pas encore fait. N'était-elle pas censée être sienne et uniquement sienne ? Pourtant Cristoval ne pouvait nier la sagesse de ses paroles. Il savait qu'elle avait raison. Il savait que sans les autres, aucune sortie ne serait envisageable. Ce n'était qu'une question de logique. Même si cette logique l'irritait.

« En effet, tu as raison. Nous ne parviendrons pas à nous en sortir seuls. Mais tu comprendras que la plupart des gens sur cette île ne sont pas dignes de toi. Cependant, aussi manipulateur que je puisse être, je n'ai jamais été capable de te mentir à toi. Ma sincérité n'est qu'une preuve de l'affection que je te porte et j'aimerais que tu le sois aussi envers moi. Il me semble que c'est légitime, non ? »

Il manquait du temps où l'Enfant précieuse partageait avec lui ses confessions et ses peines. Il manquait de leur complicité sans bornes, de ses sourires mutins tout comme de sa tendresse orpheline. Elle était sa famille, au-delà de ceux qui l'avaient vu évoluer à travers les âges. Elle était cet esprit auquel il avait lié le sien dans un serment d'éternité. Mais la conversation houleuse qu'ils entretenaient remettait en question toutes les certitudes de la promesse qu'il lui avait faite. Était-elle aussi chère pour elle qu'elle ne l'était pour lui ? Les actes de la Vénus noire se confondaient, devenant paradoxes blessants au creux de sa poitrine. Cris observait son corps s'essouffler au sein de cette confrontation et qu'elle ne se méprenne pas, cette dispute l'affectait avec la même férocité. Pourtant elle préfère fuir, plutôt que d'embrasser ce qui fait défaut dans leur relation. Elle s'échappe alors que Cristoval préfère affronter ce qui les tue pour mieux vaincre leurs faiblesses. Il s'offusque presque de cette décision et les mots qu'elle choisit pour décrire la situation ne font que l'énerver davantage. Promesse qu'il n'est plus sûr qu'elle tienne. Sous-entendu quant à son inutilité pour lui alors qu'elle se résume à son univers tout entier, qu'elle l'était avant même d'être citoyenne du monde. Les prétextes qu'elle lui exposait étaient stupides. Fatigués. Bien sûr qu'ils étaient fatigués. L'Île entière, n'était-elle pas fatiguée ? Il avait beau voir l'usure au fond de son regard, il refusait que les choses se terminent sur cette note. Ankh n'était plus la même, quelque chose avait changé et il voulait lever le voile sur ce qui la rendait si étrange avec lui. Lorsqu'elle lui tourne le dos pour s'en aller, il ne peut s'empêcher de la poursuivre. Empli d'une frénésie contrariée qu'il ne pouvait s'empêcher d'éprouver en la contemplant le délaisser à son mécontentement.

« Contrarié, je le suis depuis un bon bout de temps et ton attitude n'arrange rien. » dit-il avant de lâcher un soupir. À l'intérieur de sa chambre, il finit par attraper son poignet. Avec fermeté. Pour qu'elle le regarde, qu'elle tourne son visage vers le sien à nouveau. « Arrête de me fuir et explique-moi qu'est-ce qu'il t'arrive. Je ne te comprends plus, Ankh. » Pouvait-il réellement blâmer l'adolescence de ces changements soudains ? Il peinait à la reconnaître depuis qu'ils s'étaient retrouvés. « Comment veux-tu que je trouve le sommeil alors que j'ai la constante impression de te perdre ? » finit-il par lâcher, fracassant la grandeur de sa fierté sur les falaises épineuses de ses fragilités. Espérant qu'elle l'entende, espérant établir le contact, épuisé de ne sentir que le vide entre eux.

NΞRIOИ
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Cristoval
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Crime et Châtiment
Elle aurait aimé que la raison qui lui donne, soit aussi un consentement pour son amitié avec Kadvaël. Mais ce n'est que de la poudre aux yeux. Il lui concède un point pour la débouter sur le suivant, rangeant tout ceux qu'elle pourrait lui présenter, dans ceux qui ne la mérite pas. Elle ne partage pas son avis, ne s'accorde pas la même valeurs qu'il lui prête. ça n'a plus d'importance, surtout ici puisqu'aux yeux des mortels, ils sont tous semblables dans leur monstruosité. Une fois encore elle se tait, la gorge noyée de toute ses larmes qu'elle retient. Elle refuse qu'il en voit une seule, qu'il en devine même l'existence... Depuis combien de temps ne l'avait elle pas fait ? Petite, elle ne pleurait déjà pas beaucoup, mais il y en avait qu'un pour le consoler et c'était lui. Le seul capable de la rassurer, d'apaiser ses tourments ou de la faire sourire quand elle oubliait comment le faire. Mais ses démons ne sont plus ceux qu'elle cherchait sous le lit, ils sont bien plus réels et dangereux, elle craint qu'ils ne finissent par s'en prendre à Cris aussi... Elle se flagelle du moindre de ses mots, sans doute la peau à vif de tout ceux qui l'ont déjà torturé. Même ceux qui semblent tendres et caressant, ne sont que sel sur des plaies sanglantes. Si il est sincère avec elle... c'est que ses doutes le sont aussi. Il remet sincèrement en question ce qu'elle est. Elle a conscience d'à son tour déformer ses propos, c'est pour ça qu'elle choisit de ne pas y répondre, de ne pas l'accabler de ses propres peurs.

Ne le voit il pas qu'elle est à bout ? Elle est forte, mais pas inépuisable, elle a déjà beaucoup donné ne serait ce que pour le rejoindre, pas une seconde, elle ne s'était qu'il lui en faudrait bien plus pour rester à ses côtés. Epuisée, tout comme lui, elle devine ce que doit être le cauchemar de ses nuits, rongé tout comme elle par ces forces qui s'emploient à les séparer. Elle aurait aimé qu'il le comprenne, ou à défaut qu'il la connaisse suffisamment pour savoir qu'elle ne tiendrait pas. Pas ce soir. Conserver ce masque lui était de plus en plus difficile, il tient à peine, lézardé de toute part. Elle ne parvient cependant pas à le retirer, elle a bien trop peur que Cris se détourne de la laideur qu'il dissimule. Elle préfère encore sa colère et ses craintes, que son rejet et son dégout. Elle choisit la souffrance de ses doutes, plutôt que celle d'abandon, sans doute sa plus grande peur. Elle tourne en rond pourtant, car si elle continue de tout passer sous silence... Elle risque de le perdre aussi. Elle est dépassée, trop jeune pour affronter ça seule.

Elle devine son ombre dans son dos alors qu'elle entre dans sa chambre, elle sait que c'est lui mais lorsqu'il se saisit de son poignet fermement, qu'il la force à se retourner, il y a comme un flottement dans son esprit, quelques secondes où elle perd pied entre ce qu'elle sait et ce qu'elle ressent, où l'horreur la fait frémir de n'être pas si lointain, un instant où lorsqu'elle lui fait fasse, elle n'est pas sûr du regard qu'elle va croiser... le sien... Ou celui de ceux qui l'ont forcé à bien trop, comme flatter leur virilité de cette même poigne, dictant les mouvements que devait suivre sa main. Elle doit user de cette volonté qui lui reste pour juste se dégager et se reculer, plutôt que de céder à sa magie qui brûle pourtant de la défendre. Les larmes lui montent aux yeux, sans qu'elle ne parvienne à les ravaler. ça fait beaucoup de chose à contrôler, même pour elle. Les mots dont il l’assomme ne l'aide en rien. Il l'attaque encore alors qu'elle peine à garder la tête hors de l'eau. - Te fuir ? Tu es sérieux ? J'ai traversé le monde pour te rejoindre. Littéralement. Je les ai laissé m'emmener, m'enfermer, allant à l'encontre de ce que Mama Legba m'avait enseigné... Elle secoue la tête, sentant quelques perles salées glisser sur ses joues, relevant son regard vers le plafond. Elle a conscience que la matriarche fière ne trouvait pas grâce aux yeux du Léviathan, tout comme elle ne l'aimait pas non plus, tout comme elle se sait à l'origine de leur conflit... Elle ne lui a rien dit sur le sort de la vielle sorcière... Des siens. Ce qui comptait... c'était de l'avoir retrouvé et de le préservait. Elle échoue de ses confessions qu'elle ne peut plus taire à présent. - J'ai traversé le monde et l'enfer des hommes pour que tu ne me perdes pas Cris ! Ma seule présence sur cette île devrait suffire comme preuve de Loyauté ou confiance, si tout ce que nous avons vécu ensemble ne te suffit plus ! Mais toi évidemment, tu préfère te concentrer tes règles sacrées et sur des retards anodins.

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Leviathan ☠ Progéniture d'Eve
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Keep on pushing but you better don't,
and it's cause you're mine, it's cause you're mine.

Mal à l'aise, il l'était. Pas assez habitué à la voir creuser la distance entre eux. Ce n'était pas le moment de remettre cette conversation à demain. Ce n'était pas le moment de se convaincre que tout irait mieux alors que tout ne faisait qu'empirer. Alors il l'a suivi, étouffant cet espace vital qu'elle recherchait pourtant désespérément. Peut-être parce qu'il était lui-même désespéré. Face aux lambeaux de leur relation. Face à ces mensonges, de plus en plus fréquents. Était-ce vraiment de sa faute s'ils en étaient arrivés là ? Cristoval ne pouvait s'empêcher de se le demander. Constamment. Jusqu'à l'usure. Jusqu'à ce point de non-retour qui lui murmurait que peut-être, oui peut-être, elle comptait disparaître un de ces jours. Pour mieux vivre sans sa présence à ses côtés alors que sa vie à lui se résumait à ses souffles, à ses battements cardiaques ainsi qu'aux sourires dont ses lèvres semblaient dénuées à présent. Ankh ne brillait plus... Ses flammes chancelaient autant que celles de l'Espagnol s'embrasaient. Et dans les incertitudes qu'elle lui laissait de son silence, il devenait le monstre dont il a toujours tenté de la protéger. Les choses n'étaient pas censées se passer ainsi. Ankh était censée le rendre plus humain. Elle était bien la seule à pouvoir le faire. Elle bien la seule à pouvoir faire taire ses vices pour laisser place à d'autres sentiments. Plus nobles, plus beaux. Ne s'étaient-ils pas appris par cœur ? Cette ambiance hasardeuse les éreintait tous les deux. Il le savait... Et bientôt, l'un d'eux finirait par briser les promesses qu'ils s'étaient fait sans le dire.

Lorsqu'il la retient, ce n'est pas pour la brutaliser. Il veut simplement récupérer son regard, son visage... Cristoval espère voir en elle tout ce qu'elle n'ose pas lui dire, briser le silence qu'il devine aux coins de sa bouche. Parler, confesser, avouer. L'ancien conquistador avait cette impression sordide que quelqu'un de grave lui échappait. Puisque différente, elle l'était. De sa manière de bouger jusqu'à sa manière de le regarder. L'enveloppe charnelle était pourtant la même. Le son de sa voix quant à lui était semblable aux souvenirs précieux qu'elle lui avait laissé. Cependant quelque chose continuait de sonner faux, quelque chose embrumait le mordoré de ses iris, quelque chose la poussait à reculer. Alors que lui ne cherchait qu'à s'avancer. Pour la retrouver et la rassurer. Du monde qui les menaçait, de la malveillance qui gangrenait l'Irlande toute entière. Ce n'était pas pour lui qu'il avait peur mais bel et bien pour cette fille devenue femme. Cette fille qu'il avait chéri et éduqué comme si' elle était sienne mais qu'il se surprenait pourtant à désirer... Différemment à présent. Cette confusion finissait de l'étouffer alors que sa colère crépitait violemment. Non, définitivement, ils ne remettraient plus cette conversation au lendemain.

Pourtant, elle recule. Encore. D'une manière qui l'inquiète. Il la sent presque apeurée. Totalement méfiante. Alors qu'elle se défait de son emprise, le jugeant d'un regard qui lui est étranger. Cristoval ne comprend pas. Avait-elle peur de ses gestes ? Avait-elle peut qu'il la violente ? Lui qui pourtant n'a jamais levé la main sur elle. Lui qui pourtant s'est pleinement responsabilisé de la voir grandir dans le meilleur environnement possible ? Décontenancé par son attitude, il reste immobile. Les traits de son visage se déforment d'incompréhension, il fronce les sourcils, écoutant ensuite les brisures que porte la voix de sa Protégée. Il se condamne des lèvres qu'il la pousse à verser... Dans sa frénésie de comprendre, dans son égoïsme de la garder. Il se rend compte qu'il oublie de prendre en compte ses sentiments et ce constant l'écorche alors qu'elle s'indigne, lui claquant des réalités qu'il ne peut au visage, le forçant à avaler l'atroce vérité qu'il a sûrement été trop loin ce soir. Cristoval le sait, il le voit. Le sel de ses larmes dégage le ciel de sa rage noire, il devine enfin qu'elle use de toutes ses forces pour ne pas s'effondrer. Il la voit se fissurer alors que lui ne fait que la persécuter et il s'en veut. Mais n'est-il pas trop tard pour ça ?

Et pour une fois, il ne la blâme pas d'évoquer Mama Legba. Il ne la blâme pas de lui répondre. Soudainement, l'Espagnol décide de la traiter comme une adulte. Il l'écoute, mémorisant chaque mot que ses lèvres lui offre sans la juger, sans envisager de la reprendre. Puis il se crispe lorsqu'elle lui parle de l'enfer des hommes, une boule d'angoisse se formant au creux de son ventre alors qu'il refuse d'admettre que ce soit possible, qu'ils aient osé aller jusque là. N'était-elle pas bien trop jeune ? L'enfer des hommes. Était-ce bien de cet enfer qu'elle lui parlait ? De celui qu'ils faisaient taire, de celui que la société gardait tabou. Au sein duquel la perversion régnait, maîtresse de l'horreur et de la saleté. Était-ce bien à ces choses qu'elle faisait référence ? Son cœur tombe au fond de son estomac. Il a l'impression que ses poumons s'atrophient alors qu'il déchiffre finalement ses larmes qu'elle couvait depuis des jours à présent. Avec difficulté. Pris de court, il s'assoie, plongeant son visage entre ses mains en espérant que tout ceci ne soit qu'un cauchemar. De ceux qui martelaient ses nuits pour l'empêcher de dormir. Il en prierait presque, refusant de croire que ce qu'il pensait comprendre soit réel.

« L'enfer des hommes ? » dit-il, la gorge nouée. Elle ne lui parle jamais d'hommes. En tous cas, elle ne lui en avait jamais parlé jusqu'ici. Jusqu'à ce terrible soir où le point de rupture semblait les menacer. « Qu'est-ce que tu ne me dis pas ? J'ai besoin que tu me parles pour comprendre. Dis-moi ce qu'ils t'ont fait. » Il la regarde finalement, se relevant pour s'agenouiller face à elle, prenant ses mains entre les siennes pour les caresser et les serrer, tendrement. « Mais ne me crains pas, d'accord ? Tu me connais mieux que personne. Tu sais que tu peux tout me dire. » Oui, dis-le lui. Qu'il puisse te venger, qu'il puisse les égorger. Pour tout le mal qu'ils ont pu te faire.

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Elle se brise de ce flot trop longtemps contenu. Entre les brèches, les émotions gouttent de plus en plus, lézardant d'avantage son armure. Elle l'avait voulu indestructible, à la hauteur des attaques du Léviathan. Violentes d'être incessantes, piquantes de ses vérités déformées, si brutalement assénées. Elle pensait pouvoir l'assumer, être prête à encaisser, ses lèvres scellées par la promesse qu'elle s'était faite de le protéger. Le bouclier fissurer explose pourtant sous la cascade de son mutisme. Tous ses non-dits, tout ce qu'elle a tu, s'est accumulés sous ses silences. Maintenant qu'elle l'assassine, plus rien ne retient les secrets qu'elle voulait y noyer. Elle ne mesure pas ses mots, elle ne les réfléchit pas avant de lui balancer en ultime défense, vacillante de ses larmes. Elle tait encore beaucoup, des paroles en indices, qu'il n'a pu qu'à assembler pour la pousser à dire plus. Ce qu'elle voulait n'a plus d'importance, à présent, il s'agit de ce qu'elle a besoin. Elle a besoin qu'il comprenne, elle est peut être femme à présent, mais l'enfant qui pleure en elle le réclame, comment pourrait il l'en délivrer sinon ? Elle s'est emmuré pour les préserver, mais les murs de sa prison l'étouffe, elle suffoque de s'y cacher. Elle aimerait être assez forte pour l'assumer seule, mais ce fardeau menace de l'écraser. Elle a besoin qu'il l'aide, besoin qui la console, besoin de lui. Elle ne peut en supporter plus.

Elle se livre, elle parle et puis elle réalise. Elle percute cette piste qu'elle lui a laisser, ce feu de détresse qu'il ne pouvait louper, même dissimulé, l'ombre de Mama Legba n'a pas suffit à l'en détourner. Elle le voit sur son visage, le devine dans l'obscurité de ses prunelles qui se dissipent. Elle l'a rarement vu flancher mais ce qu'elle s'est contenté d'insinuer le met à terre. C'est une partit de ce qu'elle voulait éviter. L'autre viendra peut être quand il assimilera le blasphème de son corps, la souillure imposé à une Offrande destiné à la pureté. Elle ne pourra supporter qu'il la rejette de ne plus être fidèle à ce qu'on lui avait promit. Elle ne l'aurait jamais craint avant. Si cela s'était produit avant qu'il ne soit trahi et enfermé, elle aurait couru dans ses bras pour ne rien lui cacher. Maintenant, elle peine à le reconnaitre et craint parfois de l'avoir perdu. Elle tente de ravaler ses larmes, mais plus rien ne parvient à le contenir, pas alors qu'elle le voit s'effondrer sous la compréhension. Elle s'en veut, voudrait pouvoir rattraper ses mots et les détruire avant même de les formuler. Elle se mord la lèvre, pour ne plus la voir se séparer de l'autre, pour qu'elles redeviennent barrière de ce qu'elle ne voulait lui dire.

Il reprend sa tournure. Elle entend les mots lui taillader la gorge, avant de l'entendre lui prier de souffrir sous d'autres. Le spectre de ceux qu'il évoque, sans même les nommer, ravive la source de ses larmes. Elle secoue la tête alors qu'il se relève, détourne le regard vers le plafond alors qu'il se saisit de ses mots, le souffle instable de de ce qu'il demande. Elle mord sa lèvre d'avantage. Tremblante. Elle déglutie, elle hésite, elle flanche, incapable de lui refuser ce qu'il réclame, incapable de le garder d'avantage.  Elle finit par baisser son regard vers lui. Elle sait oui, qu'elle peut tout lui raconter, mais ils lui ont fait oublier et elle est déchirée de ce qu'elle doit lui avouer. - Ce n'est pas toi que je crains. Jamais. Sa voix se brise de ses sanglots qu'elle contient. -Mais ces instincts qu'ils ne savent contenir. Elle ravale péniblement son écœurement. -Je... Je ne voulais pas Cris. Je te jure.. que je ne voulais pas. Elle se sent obligé de lui dire. Elle se sent obligé de lui assurer. Pas une seconde, elle ne veut qu'il doute de ça. Son incertitude serait celle de trop. - Que j'ai essayé de les arrêter. Elle se revoit lutter contre leurs poignes, se débattre contre leurs nombres, contre leurs plaisirs qu'ils lui imposaient. - Mais j'ai... Elle s'en veut pour ça, tellement mais elle était ignorante de ce besoin qu'on les hommes les plus vils de détruire les volontés, comme si les plier ne leur suffisaient pas. - Je les ai amusé... je les ai amusé d'essayer. Leurs rires résonnent encore. Leurs rires gras et leurs blagues salaces.. -J'étais... c'était qu'un jeu pour eux... un passe temps. Et si c'était un jeu, elle était le jouet. La poupée qu'ils se partageaient pour s'amuser.

Elle est en colère, elle est dépitée, vacillante et horrifiée d'y repenser. Rien ne semble pouvoir user les sentiments suintant de ces souvenirs. Les ressasser ne font que les affûter et à défaut de les utiliser pour se venger, c'est elle qui s'en taillade. C'est à son tour de tomber à genoux, ses jambes ne pouvant supporter d'avantage. C'est à son tour de s'effondrer devant lui, à vif de se mettre à nue.

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Crime et Châtiment ( Pv Cris)
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