The Island of the damned est un forum post Apocalyptique rassemblant un grand nombre de créatures surnaturelles.
 

Partagez | 

 Last chance, nothing more for us ◘ Ezechiel

Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 572
Points RP : 533
Date d'inscription : 22/04/2017

Last chance, nothing more for us
« I'm unstoppable. I'm a Porsche with no brakes. I'm invincible. Yeah, I win every single game. I'm so powerful. I don't need batteries to play. I'm so confident, yeah (I'm unstoppable today).Unstoppable today, unstoppable today...»

Appuyé contre l'habitacle de ma caisse, je t'attendais. Dans la cour intérieure du château. Ressuscité. Prêt à partir. Une clope à la bouche, tirant dessus et la pompant jusqu'au filtre. Habillé d'un jean et d'un sweat à capuche trop grands. Merci Kyle. Sans lui, c'est à poil que je me serais baladé. Tu vois. J'avais au moins gardé un ami.

Cheveux attachés et tirés en arrière, visage dégagé. Des boucles s'échappant de l'élastique pour venir me retomber devant les yeux. Un frisson longeant ma colonne vertébral et me secouant tout entier lorsqu'il atteignait ma nuque. Pas sûr d'être remis. Ni complètement rétabli de ma mésaventure. Celle qui m'avait valu de me retrouver confié à tes bons soins. En ayant comme remède le seul traitement que tu avais toujours su m'infliger. Ce qui expliquait en partie la gueule que je me payais ce soir. Celle d'un mec aux traits tirés, au teint brouillé. Par chance, ma peau ambré se fondant dans les ombres à la faveur de la nuit. Gommant mes cernes et rendant un peu plus immortelles ces allures que je me donnais.

Puis j'en savais rien. Mais au-delà de la fatigue qui persistait, je me sentais bien. Tout ça, le fait qu'on me rende un petit morceau de tout ce qu'on nous avait pris, une part de mon identité, ce tas de ferraille que j'aimais comme on aimait une femme, tout ça m'excitait. C'était juste inespéré. En la conduisant, je m'étais revu quelques années plus tôt. Sûr de moi. Songeant que si tu ne voulais plus de moi chéri, d'autres se battraient pour partager mon lit. Sans nul doute. Pour toi, ou à cause de toi, j'avais oublié combien je pouvais aussi être séduisant. Très différent de l'image que tu te faisais de moi. Voilà à quoi j'avais pensé. Pas longtemps. Rien que le temps de me rappeler que c'est pour toi que je me battais. Parce-que ce voyage serait le dernier. Deux ans que j'attendais. Il fallait que ça bouge. Que les choses évoluent. Donc, que tu le veuilles ou pas, c'est à plat qu'on allait mettre tout ça. Tu ne me bousillerais pas plus et de mon côté, je m'engageais à ne plus te dire que la vérité. Crue. Sans l'enjoliver. Oublie les mots doux, les niaiseries, les déclarations stériles.

De mes erreurs, j'avais appris. Retenu la leçon. Puisque contrairement à tes a priori à mon sujet : tout le monde pouvait recommencer. Non pas grâce à l'amour mais grâce à la revanche. Dans les flammes, on renaissait de nos cendres. Même si la paix rétablie par la vengeance nous menait tout droit à notre perte

Comme déjà dit, j'avais passé l'âge des amourettes platoniques . Bref. En devinant ta silhouette approcher, je relevais les yeux. Ne me pose pas de questions. Pas non plus la peine d'aller te plaindre ou de me taper un putain de scandale sur la place publique. Vois-tu, ma force de persuasion m'avait permis d'obtenir la permission de t'accompagner. Après tout, j'étais plus vieux. Plus résistant. Plus apte à te protéger en cas de problème. Laisse ton gamin à la maison et viens avec moi. Ce n'était ni le moment ni encore moins l'endroit pour en discuter. Sous le défilement du ruban de bitume que nous offrirait la route, on en aurait largement l'occasion. Tout en avalant les kilomètres.

Sur ce, je balançais mon mégot par terre, ma semelle venant l'écraser et faire craquer le gravier. Avant de te balancer les clefs. Tu allais conduire. Moi, j'avais besoin de me reposer. Non discutable. Comme tu l'auras compris, j'en avais marre de toujours m'écraser face à toi. Par crainte de te contrarier. Honnêtement, on n'avait plus rien à perdre. Soit ça passait, soit ça cassait. Auquel cas, tu me rendrais ma liberté et on tournerait définitivement la page. Fini de jouer.

Pas que tu doives choisir. Hélas, tu ne pourrais pas tout avoir. La vie était injuste que veux tu. Et moi, j'avais une humeur de merde. Shannon ne répondait toujours pas à mes messages. Silence radio. Amarok allait mal. Oui. Il était ici. Entre vos murs lui aussi. Dans un état proche du mien. Puis mon flingue avait disparu. Ton petit copain en avait fait quoi ? Ouvrant la portière côté passager, j'inspirais alors profondément. Dans ces mêmes réflexes qui me poursuivaient depuis que j'avais cessé de respirer. Soulevant les rouages d'une trop vielle machine. Le cul posé sur le siège, tandis que mon regard venait retraverser le pare-brise. Tu l'avais changé. Comme de mec en fait, une habitude sans doute. Tu vois, cet étrange sentiment de bien-être qui m'habitait ce soir, aux portes de notre avenir, ce n'est pas à toi que je le devais.

Pourtant, en ta présence, il me fallait lutter. Pour rester calme, serein, pour garder le contrôle. Maintenant en stress. Au fond, rien ne m'assurait que tu monterais dans cette bagnole. C'est vrai. Tu pouvais tout aussi bien faire demi-tour. Ce qui m'incitait à fixer la ligne d'horizon. Clairement, ce n'était pas un allé simple vers le paradis que tu t'apprêtais à prendre. Mes enfers promettaient de se déchaîner. Je le sentais.

Bon. Qu'est-ce qu'on attendait ? Par simple précaution, j'avais pris quelques affaires de rechange. Des affaires mises dans un sac et que j'avais balancé dans le coffre. Vu que je ne savais pas trop combien de temps on partirait. Si on partait. Si, toujours si. Rien que des si. Aller, monte s'il te plaît. Monte.

Et comme je l'avais fait si souvent ces derniers temps, je rabattais la capuche de mon sweat sur ma tête. Pour ensuite m'enfoncer dans le siège et fermer les yeux. Le crâne calé contre l'appui tête...

© 2981 12289 0


Fire & Ice
ELIJIAH HASSAN JAZEEM
I'LL SHOW YOU THAT I AM

Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 92
Points RP : 171
Date d'inscription : 20/06/2017

Last chance
- Ezechiel Albeirteich & Elijiah Jazeem -




Je suis désolé pour ce qui c’est passé lui nuit dernière. On en parle à mon retour ok ? Je t’aime. Gonflant les joues j’appuis sur la touche « envoyer » de mon téléphone. Les disputes avec Nick sont rares, mais quand il y en a, elles font mal. Bien trop mal même. J’ai horreur de ça. Me disputer avec lui. C’est d’un geste machinal que je referme l’armoire de l’infirmerie après avoir fait un bref inventaires de ce qui nous manquait avant d’enfouir mon matériel médical dans mon sac. Mes expéditions se font tellement rare. Je me demande depuis quand je n’ai pas quitté Belfast, je sais qu’on préfère me savoir ici, mais là, c’est différent. Le clan Morangias accepte de nous donner de leur sang, a une seule condition, que ça soit moi qui le prélève. Sans doute une simple sécurité. Une condition que je n’ai pas pu refuser. L’équipe est briefée, préparée, et c’est après une dernière visite dans le quartier des malades que j’ai pris la direction de la sortie. Le cœur en vrac, complètement retourné. Elijiah était officiellement de retour, ça en déclenché des disputes avec Nick. Je n’aimais pas ça. Ca me bousillait même. Mais il fallait que je garde le cap, que je ne perde pas le but de ma mission. On comptait sur moi et je n’avais pas le droit de me foirer. C’était une certitude. M’allumant une clope, je suis simplement passé prendre un pack de bière. J’avais prévu de partir avec Cole, un type plutôt cool, bien habitué au raid. De quoi me marrer. Avec lui on ne s’ennuyait jamais et je savais qu’il ne valait mieux pas qu’il voit ma tête désespérée. Après l’annonce que j’avais publiquement faite la semaine dernière on aimait trop me chambrer depuis. Je sais pas si ça en devenait lourd ou marrant, mais j’avais quitté Nick en froid et je n’avais pas envie d’en parler.

Poussant la porte d’entrée je me suis présenté dans la cours. J’avais prévu de tester le Rover de Sky, notre ingénieur en mécanique. Une nouvelle bagnole révolutionnaire comme il disait. Elle fonctionnait à l’aide de panneaux solaires, si ça fonctionnait, plus besoin de trimer pour trouver de l’essence et franchement c’était une bonne chose. Non pas que le pétrole commençait à manquer mais presque. Pourtant j’ai senti mon sang ne faire qu’un tour dans mes veines en te voyant là, adossé à ta caisse. Comprenant immédiatement ce qui se passait. Putain de merde. Sans t’accorder l’ombre d’un regard, j’allais égorger Cole avant qu’il ne débarque, m’empêchant d’aller plus loin en posant ses mains sur mon torse. Des explications, il avait plutôt intérêt à m’en fournir et très vite même. La mission allait durer quelques jours et me retrouver seul avec toi ne m’enchantait clairement pas dans l’instant. J’étais déjà pas dans le mood mais alors là. Pourtant je savais que je ne pouvais pas faire marche arrière. Il fallait que j’aille au bout de cette mission. On comptait sur moi. Je n’avais plus le choix. Je t’ai lancé un regard qui en disant long alors que tu écrasais ton mégos avec la pompe, là, sur le sol. On avait des cendriers devant l’entrée tu sais. Levant les yeux au ciel j’ai replongé mes yeux dans ceux de Cole. Me mordant l’intérieur de la joue, à deux doigts de lui en foutre un. Faisant de mon mieux pour ne pas m’emporter inutilement. A quoi ça servirait de faire une scène ? C’était peut-être ce que tu attendais de moi, toi qui était persuadé que la seule chose que je savais faire c’était de foutre mon poing dans la gueule. Pas de bol. J’avais changé. Mais comment tu pouvais le savoir vu que tu t’étais fait la malle ?

« Tu m’explique ? Qu’est-ce qu’il fout la putain ? »
« Ecoute mec c’est… C’est Madzy. Elle va pas fort depuis que son sire est malade est… »
« Et tu veux rester prêt d’elle. Ca va je comprends, mais putain pourquoi lui ? »
« Parce que la moitié des gars partent avec Kieran, un autre groupe avec Charles et le reste avec Murphy. Et que… »
« Ca va tu t’enfonces là. Tu fais chier putain. »

Le repoussant j’ai écrasé mon mégot dans le cendrier, le fameux, devant l’entrée, avant de me pointer devant toi. T’avais une sale gueule. Sérieusement. Tu semblais crever et t’avais tes yeux de cocker. Tu sais, ce regard bovin qui en disait long. Mais je n’ai rien dit. Non. Je n’ai pas eu le temps quand tu m’as lancé les clés. Attends tu crois quoi là ? Que tu vas m’accompagner comme ça sans explication et en faisant les choses à ta manière ? La bonne blague, c’était pas comme ça que ça fonctionnait Elijiah. On avait des instructions, des plans à suivre. Et le plan était que je teste le Rover et non pas qu’on se fasse une virée dans ta caisse comme à la vielle époque pour quoi d’ailleurs ? Discuter ? Réparer les morceaux ? Pour te laisser me cracher à la gueule combien j’avais pu être ingrat en choisissant de vivre cette vie que tu m’avais donné avant de te tirer à l’anglaise pour vivre une histoire d’amour parfaite avec celui qui été devenu un de mes meilleurs potes ? J’aurais pu, crois-moi, j’aurais pu t’incendier, mais ça t’aurais fait trop plaisir. Faisant le tour de la caisse j’ai simplement ouvert le coffre pour récupérer tes affaires, les balançant sur mon épaule avant d’ouvrir ta portière, te rendant tes clés. Non Elijiah, on ne fera pas les choses à ta façon, et non, je ne te ferais pas le plaisir de te sortir brutalement de cette bagnole. Surprise. J’allais garder étrangement garder mon self control. De toute manière j’étais condamné à partir avec toi, alors autant faire avec. Cela dit on n’était pas obligé de se parler. T’avais voulu venir, soit. T’avais sans doute des intentions, c’était évident. Et je ne pouvais pas t’en empêcher. Non. De toute manière tu étais là et on n’avait plus le temps de discuter. Encore moins de se prendre la tête. Alors je t’ai simplement tendu tes affaires.

« C’est pas cette caisse qu’on prend. C’est celle qui est là-bas. Je dois prélever des plaquettes en plus du sang et j’ai besoin de la machine qui ne rentrerais pas dans ton coffre. On va tester le Rover par la même occasion. Ce sont… Les ordres. Instructions. Bref, appelles ça comme tu veux mais en Raid on a des directives qu’on se doit de respecter. Ca évite les mauvaises surprises. »

Les mauvaises surprises comme… Celle-là. Sans rien ajouté je me suis dirigé vers l’autre voiture. Un véhicule bien plus gros, un véhicule blindé qui ressemblait bien plus à un engin de guerre qu’autre chose. M’installant au volant après avoir balancé mon sac à l’arrière, j’ai allumé le contacte avant de brancher mon portable pour mètre de la musique, diffusant le fameux Jekyll and I de Five finger death punch. Tapotant en rythme sur le volant en attendant que tu te décides à monter. J’avais conscience que la musique un peu brutale te ferait râler, mais sérieux, j’en avais rien à foutre. Comme pour te provoquer j’ai monté le son, plongeant l’habitacle dans une ambiance qui se rapprocherait à celle d’un bar de métal, chantant le refrain à tue-tête en m’ouvrant une bière avec les dents. La route promettait d’être longue, j’en avais bien peur…



©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach


I'LL SING IT ONE LAST TIME FOR YOU. THEN WE REALLY HAVE TO GO. YOU'VE BEEN THE ONLY THING THAT'S RIGHT IN ALL I'VE DONE. AND I CAN BARELY LOOK AT YOU. BUT EVERY SINGLE TIME I DO I KNOW WE'LL MAKE IT ANYWHERE. AWAY FROM HERE. LIGHT UP AS IF YOU HAVE A CHOISE. EVEN IF YOU CANNOT HEAR MY VOICE I'LL BE RIGHT BESIDE YOU DEAR
Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 572
Points RP : 533
Date d'inscription : 22/04/2017

Last chance, nothing more for us
« I'm unstoppable. I'm a Porsche with no brakes. I'm invincible. Yeah, I win every single game. I'm so powerful. I don't need batteries to play. I'm so confident, yeah (I'm unstoppable today).Unstoppable today, unstoppable today...»


Ça se tentait. Et au moins, j'aurais essayé. De t'arracher un instant à ton quotidien. En ravivant de vieilles sensations, en te mettant face à ce passé que tu tordais dans tous les sens pour mieux m'atteindre.

Mais assis à l'intérieur de l'habitacle de ma caisse, plus rien ne pouvait m'atteindre. Pas même tes petites messes basses. Tu crois peut-être que je ne te voyais pas ? Hésiter. Te révolter contre l'idée que je puisse être celui qui t'accompagnerait. Là-bas, jusqu'à Galway.  Tergiversant et prenant la tête à ton pote. Pire qu'un gamin dans une cour d'école. Seulement, ne compte pas sur moi pour te moucher le nez. Ton mec devait déjà parfaitement s'en charger.

Pour sûr. J'en mettrais ma main à couper. En attendant, c'est avec moi qu'il te faudrait partir. Tracer la route. Avec moi chéri. Non pas avec lui. Alors s'il te plaît. Arrête. Ça devenait lourd à force. Puis de toute manière, tu n'aurais pas gain de cause. Pas cette fois-ci. Parce-que ne t'en déplaise – Ô Ezechiel – le gars le plus légitime dans cette histoire, c'était moi. Ancien second de la fondation, ancien infiltré, ancien soldat entraîné, tu pouvais bien le nier, seulement que tu le veuilles ou pas, j'étais encore le mec le plus qualifié et compétent pour assurer tes arrières. Quatre siècles. Un tueur né. Ta seule assurance vie. Sans compter qu'au-delà de ça, j'avais obtenu la permission de me greffer au raid.

Une décision émanant directement de cette autorité à laquelle tu te référais. Sans doute pour m'impressionner. Ou plus simplement pour m'obliger à coopérer. Comme si tu ne me connaissais pas mieux que ça. Comme si tu ne le savais pas depuis le temps qu'Elijiah Jazeem n'en faisait toujours qu'à sa tête. Vraiment, je te conseillais de réviser tes classiques. Pourtant, il fut une époque pas si lointaine où tu m'avais eu dans la peau. Tatoué. Après, je ne t'apprenais sans doute pas grand-chose de nouveau en te rappelant qu'il était de notoriété publique que ton sire n'obéissait toujours qu'à lui-même. Veillant à servir ses propres intérêts bien sûr. Cela allait de soit. Quitte à ne penser qu'à ma gueule, tu sais. Tellement tu me diabolisais. Me transformant en un nombriliste égoïste notoire. Coupable de t'avoir permis de retrouver la lumière du jour. Un véritable criminel, sans foi ni cœur je te dis. La vérité, c'est que je n'avais jamais compris ce que tu voulais, ce que tu espérais, ce que tu me reprochais. En dehors de mes écarts. De toutes mes victoires. De mes éclats de faits et d'avoir transformé mon corps en arme de guerre. Jouant les infidèles. Les mecs libérés, assumés. Quand intérieurement je tremblais. Au fond, tu ne devais pas m'aimer autant que ce que tu le prétendais. C'est tout. Sinon…

Sinon… laisse tomber. J'aurais dû mettre fin à toute cette merde la nuit où tu me l'avais demandé. Rester avec toi. Plutôt que de trahir Saor et de vous mettre en danger tous les deux. Le problème c'est que je n'étais pas trop du genre à renoncer. Ni à abandonner. Je devais aller au bout des choses. Au bout. Ça n'avait pas été dirigé contre toi. Juste qu'on a pas su préserver notre couple. Donc, je nous avais sacrifié sur l'autel de la cause qu'on servait.

Qu'importe que je puisse le regretter aujourd'hui. Ou pas. J'avais de sérieuses raisons d'agir comme je l'ai fait et toi, tu n'avais pas besoin de tout savoir. Pas dans les moindres détails en tout cas. Voilà pourquoi je limitais mes actions en te matant dans le rétroviseur. Observant tes faits et gestes. Jusqu'à ce qu'enfin, tu me rejoignes. Contraint et forcé de te plier à ces règles que je venais de fixer. Tes yeux défiant les miens avant que je claque la portière et que tu ne la rouvres afin de m'inviter à te suivre. Ainsi rien n'avait changé. Je voyais le monde en blanc et toi, tu le repeignais en noir. La subtilité de ces milliers de nuances de gris qui existaient nous échappant. Mais j'obtempérais.

Récupérant mes clefs et mes affaires après que tu les aies sorti du coffre. Un peu indécis sur le coup, déstabilisé lorsque tu m'informais le plus calmement du monde que ce n'était pas mon véhicule qu'on prendrait mais le Rover. Me sentant idiot avec ma capuche sur la gueule. En mode zombie. Alors que tu me semblais si frais et vivant.

- J'avais pas l'intention de discuter tu sais, t'es pas obligé de te planquer derrière tes supérieurs. Moi aussi j'ai servi la cause. Alors les ordres, les instructions et les directives, ça me connaît.

Mieux que personne. Puisque la plupart du temps, j'étais celui qui les donnaient. Passons. Tu m'agaçais sérieusement à te justifier comme ça. Et aussi à me faire la leçon. Je n'étais pas une pauvre petite chose fragile. Merde ! OK ?

- Puis t'entends quoi par mauvaises surprises ? Mis-à-part le fait de devoir partir avec moi…

Sur quoi je te suivais. Bien gentiment. Te laissant monter à bord de votre Rover, blindé le truc non. Ça m'impressionnait. Un superbe engin. Et passant les doigts sur sa carrosserie, j'en faisais le tour. M'accroupissant ensuite devant les jantes. Admiratif. Vos mécanos étaient des Dieux. Pour peu, c'est eux que j'allais finir par vénérer. Tu vois, par ta faute je blasphémais. Sans parler du vrombissement du moteur, tournant dans un roulement parfait. Mettant un petit moment avant de grimper à bord. Puis balançant à mon tour mon sac derrière, sur la banquette. Il devait y avoir la place de s'y allonger à mon avis, facile. Peut-être bien que je pourrais dormir un peu. Sauf si toi aussi tu voulais te reposer. Auquel cas je prendrais le relais au volant. En revanche, c'était trop te demander que de baisser le son ? À quoi ça te servait de faire cracher les décibels comme ça, si ce n'était à me casser la tête.

- Tu voudrais pas baisser !  On s'entend plus…

C'est vrai. Soûlé par le débit agressif des notes et de la voix hurlant par-dessus, je me penchais donc pour tourner le bouton. Criant pour te parler. N'appréciant que très moyennement cette ambiance métalleuse que tu affectionnais tant. Mais aussitôt le son baissé, tu le remontais. Pendant que je te dévisageais. Toi qui ignorais mes protestations, tandis que la musique tapait dans mon crâne si brutalement que j'en avais un rictus de douleur. À m'en faire grimacer. Les pupilles se dilatant et explosant littéralement sous la pression. Ce qui dans un geste purement compulsif m'impulsait le besoin de tirer sur mes manches. Pour me cacher les mains, m'occuper les doigts, peu importe. Tout en me renfonçant dans l'assise du siège et te jetant au passage un rapide coup d'œil en biais. Tu étais…  un sale petit con. Jamais je n'aurais dû t'infanter et m'encombrer d'un gosse aussi caractériel et déterminé que tu pouvais l'être. Mais je te trouvais beau. Passionnant. Tes richesses intérieures scintillant et m'aveuglant comme le soleil autrefois. Est-ce que tu te souvenais ? Que je t'avais aimé avec tes cicatrices, tes brûlures, puis ta cécité. Que bien avant que ton super héros ne vienne te sauver, je t'avais regardé. Et là, je crois bien que j'aurais donné n'importe quoi pour me retrouver à la place de ta bière.

Entre tes mains. Même si c'était ridicule. Tu ne m'aimais plus. Je ne savais tellement plus ce que je pouvais encore espérer en me tapant l'incruste sur une de tes missions et dans ta caisse. Sûrement d'ailleurs que j'aurais dû descendre.

Descendre et aller me coucher. Dormir. Récupérer et réfléchir à ce que j'allais pouvoir faire de ma vie maintenant. Sans toi. Sans nous. Poussé par mes plus mauvais instincts. Sur la sellette. Dis-moi à quoi ça me servirait de continuer à me battre pour la justice si j'étais condamné à toujours perdre ceux auxquels je tenais. Quelques soient mes fautes, la gravité et la lourdeur de mes erreurs, mes réussites et mes bonnes actions, je ne serais jamais celui qui en récolterait les fruits. Je devais simplement apprendre à me faire une raison. Tu ne m'étais pas destiné. Ainsi Dieu en avait décidé.

Donc le mal se chasserait pas le mal. Comme d'habitude. Comme depuis quatre cent ans. Comme pour chaque immortel, et d'un geste plus automatique qu'autre chose, je bouclais ma ceinture. Te souriant malgré tout. Tu me plaisais sans tes masques, sans tes tonnes de maquillage, décomplexé. Occupé à chanter. Rien que pour me provoquer. Mais tu sais quoi, continue. C'est ta voix qui me bercerait. Si bien que levant une main, je te faisais signe d'avancer. De te mettre en route. Plutôt que de gaspiller ton temps inutilement. Un coude appuyé sur la portière et la tête se calant dans ma main. Après que j'ai retiré ma capuche. Quant à ce message personnel que tu t'acharnais de toute évidence à me faire passer, j'attendrais que tu le verbalises avec tes propres mots. Ceux que les autres employaient m'indifférant.

Allez. Démarre. Avant que je ne change d'avis et que mon taux de testostérone ne chute dangereusement. Pas loin de foutre le camps, de faire demi-tour, de partir en courant à l'autre bout de cette île. Me demandant si l'océan me recracherait sur les rives du nouveau monde dans l'éventualité où je viendrais à me foutre en l'air...

© 2981 12289 0


Fire & Ice
ELIJIAH HASSAN JAZEEM
I'LL SHOW YOU THAT I AM

Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 92
Points RP : 171
Date d'inscription : 20/06/2017

Last chance
- Ezechiel Albeirteich & Elijiah Jazeem -




« T’es pas le centre du monde Elijiah. »

C’est ce que je t’ai répondu quand tu m’as parlé des mauvaises surprises. Oui, tu en étais clairement une, je l’avais pensé je l’avoue, mais sur le coup je parlais des mauvaises surprises sur le terrain. Des personnes qui ne reviennent pas, des rencontres imprévues, des imprévus tout court d’ailleurs. Le Rover était équipé d’un signal GPS qui leur permettrait de nous retrouver si tant est qu’on venait à disparaitre. Enlevé par Tullamore, ou un Léviathan, peu importe. C’était dangereux là dehors, on ne pouvait le renier. C’était sur ces dernières paroles que j’avais fini dans la voiture, tapant en rythme sur le volant, mes chevilles remuant comme si elles étaient en train de faire de double pédales. Des fois la batterie me manquait, mais je n’avais pas joué depuis très longtemps. Manque de temps, c’est ce que je prétendais.

J’étais doué pourtant, c’était con. Mais c’était comme ça, fallait bien que je fasse avec. T’as fini par venir t’assoir à côté de moi, râlant comme je m’y attendais sur la musique trop forte. Ce que tu pouvais être rabats joie je te jure. Je t’ai ignoré, littéralement. C’était toi qui t’imposais, c’était à toi de t’adapter. Ne te déplaise. C’était comme ça et pas autrement. J’ai vidé une gorgée de bière, en attrapant une seconde sur le siège arrière avant de te l’a donnant après l’avoir décapsulé avec mes dents. Picoles donc, ça va te détendre. Non. L’idée de partir avec toi ne me plaisait pas, ça me gonflait, mais par respect j’allais faire ce que je sais faire de mieux dans ses conditions. Faire bonne figure, faire style que je m’amuse et picoler pour oublier. De toute manière je n’avais plus le choix, le temps tournait et il fallait y aller.

T’as fait un geste. Celui de m’inviter à démarrer mais je l’ai lui aussi ignoré, enclenchant la première sans t’avertir, sans parler, sans rien. Fixant la route, ma bière glissée entre mes jambes, le coude replié sur la porte, écoutant la musique, essayant de rester concentré sur la mission, faisant abstraction de ta présence. Tu ne parlais pas alors que c’est toi qui a voulu venir. Je suppose que tu avais des choses à me dire, j’en sais rien. Simple déduction sans doute ? Mais j’avoue que je ne savais pas trop quoi dire. Je venais de m’engueulé avec Nick parce que j’avais trop « trainé » dans ta chambre. Je me sentais de mauvaise humeur, mais tu vois, j’en avais marre de me prendre la tête. Ce n’était plus moi. Je n’étais plus comme ça. Tout ce que je voulais c’était vivre. C’était pas ce que tu avais voulu en me transformant ? Alors maintenant que c’est ce que je faisais, qu’est-ce que t’allais encore me reprocher hein ? Vas savoir.

Je me posais la question. J’avoue, parce que je ne sais pas, mais je sentais que tu m’en voulais. De quoi ? D’avoir continué de vivre alors que t’étais… Mort ? Parce que c’est bien ce que je croyais. Toi t’as pris le parti d’aller vivre des jours heureux aux côtés d’Amarok pour te reconstruire si j’ai bien compris et moi j’aurais dû simplement rester là, à pleurer sur un fantôme qui m’a pris pour un con ? Arrêtes l’hypocrisie merde. Arrêtes de me reprocher des erreurs que toi, tu as fait bien avant moi. Des erreurs. Nick n’en n’était pas une. Nick n’en sera jamais une. Bien au contraire. Il m’avait aidé, tout comme Kieran l’avait fait avant lui. Il a recollé les morceaux. Petit à petit, méticuleusement. Et toi t’étais où hein ? Je ne sais où à faire je ne sais quoi. C’était ton choix Elijiah, alors assumes-le, et surtout, assumes ce que tu retrouves. C’était comme ça. Toi t’as décidé de partir, moi j’ai décidé de vivre. Ca fait mal ? Qu’est-ce que tu veux que je te dise ?

Gonflant les joues, j’ai écrasé ma clope dans le cendrier de la bagnole, refermant le loquet pour éviter que la fumée n’embaume l’air, laissant la fenêtre grande ouverte pour évacuer l’odeur de tabac froid. Reprenant une bonne gorgée avant de finir par baisser le son de la musique qui était passé à un morceau bien plus déprimant, I will fail you de Demon Hunter. Ne laissant qu’un peu de décibel, histoire de ne pas se retrouver dans un silence pesant, constant. Tu n’avais toujours pas ouvert la bouche. A se demander pourquoi tu étais là si tu n’avais rien à me dire. Terminant ma bière j’ai balancé le cadavre sur le siège arrière, gonflant les joues, comme si je soupiré. C’était pesant là, vraiment. Toi, moi, enfermé dans une voiture. Sérieux, y’avait pas plus intime que ça, c’était effrayant. Sans parler de ça. On allait passer les 48 prochaines heures ensembles alors si on gardait le silence ça allait vraiment devenir pesant à la longue. Voir pire que ça.

« J’vais pas te faire une scène parce que tu vas encore dire que je râle, que j’pige que dalle, et j’en passe et franchement tu serais surpris de constater que j’ai pas mal changé sur ça, donc, j’ai pas envie de te donner raison. T’as voulu v’nir, soit, c’est ton choix. Mais… Si c’est pour tirer la gueule t’aurais dû rester à Belfast. Sérieux. Pourquoi t’es là ? »

Pour me surveiller ? Pour jouer la nounou ? Nais mais, si j’avais besoin de ça, ça se saurait depuis longtemps. J’étais gradé, j’avais des responsabilités, j’étais même en train d’étudier la chirurgie pour progresser, alors non, je n’avais pas besoin de protection. Je ne crois pas. Et s’il aurait fallu que je parte tout seul a Galway je l’aurais fait. Je faisais confiance en Aindreas. Il avait déjà donné de son sang à Léandre, et les de Morangias l’écoutait plus que tout. Alors quoi ? On allait simplement ne rien se dire, attendre que le temps passe ? Paye l’ambiance. Je ne t’avais rien demandé depuis ton retour. Non. C’était un choix que tu avais fait Elijiah, alors non, il ne fallait pas t’attendre à me voir m’adapter à toi cette fois. C’était l’inverse. Les rôles étaient complétement inversés. Ne te déplaise. Je n’étais plus ce type soumis que j’avais été, c’était terminé tout ça. Je vivais bien, j’étais heureux, j’avançais. Comment tu peux oser me le reprocher après tout ce que toi tu m’avais fait ? Mais parce que tu étais Elijiah Hassam Jazeem je savais pertinemment que tu refuserais de l’admettre. Continuant de te dire que ce que tu avais fait, ça avait été pour la bonne cause. Hypocrisie un jour, hypocrisie toujours. Comme on dit.

« Vu que tu m’as demandé de baisser le son pour soit disant s’entendre, donc, pour se parler. CQFD. Je t’écoute. »

Choppant une seconde bière, je l’ai ouverte, balançant la capsule à l’arrière comme le cadavre de la première, vidant une gorgée. Tournant la tête pour te regarder. Et pitié ne me sort pas tes yeux de cockers. C’était ton choix d’être là, tout comme ça avait été ton choix de te barrer, alors assumes bordel. Assumes tes actes. J’étais là, j’étais calme, ne m’en demande pas plus.




©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach


I'LL SING IT ONE LAST TIME FOR YOU. THEN WE REALLY HAVE TO GO. YOU'VE BEEN THE ONLY THING THAT'S RIGHT IN ALL I'VE DONE. AND I CAN BARELY LOOK AT YOU. BUT EVERY SINGLE TIME I DO I KNOW WE'LL MAKE IT ANYWHERE. AWAY FROM HERE. LIGHT UP AS IF YOU HAVE A CHOISE. EVEN IF YOU CANNOT HEAR MY VOICE I'LL BE RIGHT BESIDE YOU DEAR
Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 572
Points RP : 533
Date d'inscription : 22/04/2017

Last chance, nothing more for us
« I'm unstoppable. I'm a Porsche with no brakes. I'm invincible. Yeah, I win every single game. I'm so powerful. I don't need batteries to play. I'm so confident, yeah (I'm unstoppable today).Unstoppable today, unstoppable today...»



T'es pas le centre du monde Elijiah…

Et voilà qu'on partait. Toi, appuyant sur l’accélérateur et poussant le levier de vitesses à son maximum. Le tout en prenant soin de d'abord me coller une bière entre les mains. Comme si essayer de me soûler pouvait encore avoir la moindre petite chance d'épurer, puis d'alléger l'atmosphère nauséabonde qui venait de s'installer dans l'habitacle de ton Rover. Plombant littéralement l'ambiance. De sorte que je ramassais autant que possible mon corps contre la portière.

Des questions plein la tête. Les mêmes qu'il y avait deux ans en arrière. Mais auxquelles tu n'apporterais sans doute jamais de réponse. Du genre – ce que tu avais bien pu me trouver. Pourquoi tu étais tombé amoureux de moi, au début de notre relation. Ce qui avait fait qu'en dépit de mes tendances à toujours tout vouloir contrôler, te dominant au dernier degré, tu avais pourtant jugé utile et nécessaire de me protéger. Ou ne serait-ce que ce que tu avais ressenti et pensé la toute première fois que tu avais enfin pu découvrir les traits de mon visage – des traits de caractère si différents de ceux de ton superman. Blanc. La peau trop claire en comparaison des reflets d'ambre courant à la surface de mon épiderme.

Me laissant presque douloureux. Tandis que je découvrais cette autre facette de toi que je ne te connaissais pas. Allant vraiment de déception en désillusion. Nos quatre siècles d'écart continuant de creuser le fossé. Quitte à te regarder faire preuve d'une bassesse sans précédent à mon égard, sans réagir. Puisque tu te sentais obligé de me tacler dès que j'ouvrais la bouche : “T'es pas le centre du monde Elijiah.” alors soit. Mieux valait me taire. Gardant les yeux fixés droit devant, et occupé à suivre le glissement des lumières de la nuit qui rayonnaient sur le pare-brise. Un pied appuyé sur le tableau de bord, m'obligeant à replier ma jambe. Dans une position plus ou moins confortable. Plus vraiment très sûr d'avoir envie de redevenir le centre de tes attentions. Assez méfiant d'ailleurs. Sur mes gardes, un peu perturbé de te voir battre en rythme le bruit que crachait ton autoradio et que tu appelais musique. En prenant un air faussement décontracté. Attristé au fond. De constater que même si aujourd'hui tu ne portais plus tous tes masques et que tu ne te cachais plus sous des tonnes de maquillage, tu n'en jouais pas moins la comédie. Trompeur… manquant d'authenticité.

Pourtant, je ne disais rien. Buvant ma bière et frissonnant lorsque un surplus de courant d'air s'engouffrait dans ta caisse. Mes boucles flottant de droite à gauche et chatouillant mon front. Alors que je me remettais à respirer. Nerveux. Le torse se soulevant mécaniquement et le ventre se creusant péniblement. Comprimé. Ne tirant pas la gueule comme tu semblais tant vouloir m'en accuser, juste tiraillé entre mes émotions. Pris en otage. Et sur ces entrefaites, tu écrasais ta clope dans le cendrier avant de balancer à l'arrière ta bouteille vide. L'odeur du tabac se dissipant aussitôt. Sauf que j'aurais voulu en retrouver le goût sur tes lèvres avant qu'il ne disparaisse. Ce goût si particulier de salive et de tabac froid qui venaient se mélanger. Tes baisers me manquaient. Et je crois que je tuerais pour avoir la chance de t'embrasser une dernière fois. Pour te dire au-revoir, ou te faire mes adieux s'il le fallait. Pas aussi stupide que ça. Bien conscient que désormais, tu menais la danse. Nous guidant toi et moi, dans le sens qui te plaisait. Seulement, tu savais combien il pouvait m'être difficile de me plier à une autre volonté que la mienne. Ce qui expliquait en partie mon geste, quelque peu suicidaire.

Suicidaire, sans l'être. Irréfléchi. Après que tu aies baissé le son, enfin. Et qu'on puisse de nouveau recommencer à parler, et à s'entendre. Dans le but de me dire que non, tu n'avais pas l'intention de me faire une scène. Comme la veille. Parce-que tu dois bien te douter que depuis hier soir, je n'arrêtais plus de me demander par quel esprit tu avais pu être hanté. Un proche… une victime… qui, pour que tu me paraisses tellement effrayé. Ce à quoi tu ajoutais quelques banalités, plus pour te rassurer toi-même à mon avis. Sur les changements que tu avais subi et ce que tu étais devenu. Pour finalement me poser la question de trop. Celle qui n'avait fait faire qu'un seul tour à mon sang.

Pourquoi j'étais là… pourquoi… pourquoi t'es là Elijiah...

C'est donc sur une impulsion que j'avais choppé le volant. Irrationnel. Mes doigts se refermant dessus si brusquement que même si tu l'avais voulu, tu n'aurais pas pu m'empêcher de dévier le Rover de sa trajectoire d'origine. Mes yeux croisant furtivement ton regard. CQFD. Ce qu'il faut démontrer. Nous envoyant valdinguer dans le décor, le caoutchouc des pneus n'adhérant plus au bitume. Mon pied jusqu'ici calé contre le tableau de bord revenant trouver appui au planché. Prudent dans ma connerie, soucieux de ne rien me casser.

Puis je coupais le moteur. Sécurité oblige. La voiture ayant fait une telle embardée que des traces de notre petit dérapage improvisé barraient la route sur une bonne centaine de mètres.

- Tu veux savoir pourquoi ? Vraiment… t'en as pas une petite idée ? Je te dis tout dans mon journal putain ! Tout. Tu le vois pas que je t'aime ? Que si je suis revenu c'est pour essayer de me faire pardonner. Parce-que je supporte plus de vivre sans toi. Parce-que je m'en veux de t'avoir fait souffrir alors qu'on aurait pu être heureux ensemble si j'avais été moins con ! T'es tout pour moi. Ça fait deux ans que je me prépare à t'affronter, parce-que je le sais que je me suis comporté comme le pire des enfoirés avec toi et qu'à chaque fois que t'as voulu me mettre en face de mes erreurs, j'ai toujours trouvé des excuses. Mais j'en ai pas. Je t'aimais, j'ai perdu le contrôle et après… il était trop tard pour nous.

Trop tard Ezechiel, comprends-le. J'avais peur. J'étais perdu, en proie à des pulsions meurtrières. Aussi destructeur, qu'auto-destructeur. Me noyant dans des litres d'alcool. Passant mes nuits à hurler aux grilles du manoir. Incapable de me gérer. Terrorisé, et d'un autre côté totalement désinhibé. Qu'est-ce que j'aurais pu faire pour t'aider ? Pour te rassurer. J'en sais rien. Peut-être que si j'étais resté, que si je nous avais accordé une seconde chance, peut-être que si je t'avais parlé, que si je m'étais livré à toi à cœur ouvert, alors peut-être que tous les deux, on aurait pu se reconstruire. Malgré les larmes, en s'épaulant mutuellement. Au lieu de quoi je m'étais enfoncé, me raccrochant à un autre.

Maintenant, je ne pouvais pas être plus clair. Plus honnête. Et à bout de nerfs, je me jetais sur toi. Violemment. Mais sans penser à te faire du mal. Mes mains encadrant ton visage, front contre front. Te tenant là. Près de moi, dévorant des yeux tes lèvres. Les doigts emmêlés dans des mèches de tes cheveux. Écoute-moi…

- Je veux pas te faire de mal. Je suis pas non plus revenu pour te gâcher la vie. Juste… tout ce que j'ai besoin de savoir, c'est s'il y a encore un avenir pour nous. Parce-que j'ai beau t'aimer, je ne pourrais pas me contenter d'être ton ami…

Un avenir commun. Fait d'amour entier et sans partage. Dis-moi. C'est pour ça que j'étais là. Pour savoir si je devais encore me battre pour toi et si je pouvais espérer. Ou si tout était réellement terminé. Fini. Auquel cas, je voulais garder un dernier souvenir de toi, de nous. Ce qui fait que je posais mes lèvres sur les tiennes. Mes mains devenant plus douces, plus caressantes. Relâchant la pression sur ta tête et te laissant libre de tes mouvements. Sans contrainte.

Though the sorrow and fear they may depart you today. I will fail you, of that I'm sure. I will remind you of the pain forevermore. And when my sins are just a memory. Faith restored. I will fail you to the core...

© 2981 12289 0


Fire & Ice
ELIJIAH HASSAN JAZEEM
I'LL SHOW YOU THAT I AM

Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 92
Points RP : 171
Date d'inscription : 20/06/2017

Last chance
- Ezechiel Albeirteich & Elijiah Jazeem -




Je ne vivrais jamais plus pour rien. Cette phrase que je me répétais en boucle depuis ce jour où j’avais décidé de bruler mon passé. Mes fringues trop sombres, trop noir, ce maquillage derrière lequel je me planquais, ces cheveux aussi, noir, trop longs, que j’avais décidé de couper, retrouvant leur châtain naturel. Bien plus coloré, bien plus léger. Plus de noir. Adieu le noir. Adieu ces idées bien trop morbides. Bien trop sombre. Tu m’avais offert l’immortalité, et au lieu de te pleurer, j’avais fait le choix d’en profiter. J’avais tourné la page. Oui, je l’avais fait. Parce que j’avais passé mes vingt dernières années à souffrir. Parce que j’en avais marre de ça. De me lever en me demandant si je serais toujours là demain. Si j’avais oui ou non la force d’avancer. Je ne te demandais pas de comprendre. Non. Mais si je regrettais ? Aucunement. Parce que regardes moi bien et dis-moi ce que tu vois. Dis-moi ce que tu penses de ce nouveau moi. Ce type qui se lève en chantonnant, ce type qui débarque dans l’ail des malades avec le sourire et qui tente de leur offrir un dernier moment de réconfort. J’avais changé. Parce que j’avais fait ce choix, celui d’arrêter de me lamenter. Celui d’arrêter de t’être dépendant. J’avais fait ce choix oui, tout comme tu avais fait les tiens. C’était comme ça. Tu étais parti. Tu regrettais. Vraiment ? regrettais-tu tes parties de jambes en l’air avec Amarok ? Dis-moi ? Est-ce que tu l’as aimé autant que tu prétends m’aimer moi ? Parce que si toi tu me reproche de t’avoir oublié en si peu de temps, qu’est-ce que je devrais dire de toi Elijiah ? Moi au moins j’ai eu la décence d’attendre. Douze mois. Certes. Mais toi ? Tu m’as largué parce que tu en voyais déjà un autre.

Alors dis-moi. C’est qui le pire de nous deux dans tout ça ? Ne fais pas aux autres ce que tu refuses que l’on te fasse. Mais ça, ça tu ne sais pas. Ca tu ne connais pas. Parce que t’as jamais pensé aux conséquences de tes actes. Jamais. C’était bien ça le pire. Alors peut-être bien que t’as jamais voulu me savoir mieux. Peut-être bien qu’égoïstement t’avais envie que je te pleure, encore et encore et encore. Mais ça ne fonctionne pas comme ça. T’as voulu te reconstruire. J’en ai fait de même. Tout simplement. Sans me poser la moindre question. Et crois-moi. J’aime celui que je suis devenu. J’aime être ce nouveaux Zick, qui aime rire, qui aime faire la fête. J’aime être celui que l’on croise dans les couloirs et à qui on demande quand aura lieu la prochaine beuverie. Je suis méconnaissable. Parce que je vis. Enfin. Comment tu peux me le reprocher ? Comment tu peux me reprocher d’avancer ? De t’avoir survécu ? Mon cœur était brisé, toutes mes cicatrices se sont rouvertes d’un coup. Ca en devenait insupportable. Ce n’était plus vivable. J’ai dû trouver une solution. Et je l’ai fait. Ne te déplaise, je l’ai fait. Tu n’étais pas là pour voir les dégâts que tu as fait. Alors ne juges pas, parce que désolé, tu ne sais pas de quoi tu parles. Tu te trouves des excuses pour ne pas avoir à accepter les faits. Mais tu te voiles la face. Complétement. C’est ce que je pense. Tu n’assumes pas ton côté sombre, tu n’assumes pas ce besoin de te savoir aimer. T’assumes que dalle. Alors oui. Parles. J’en ai rien à foutre de ces mots que t’as couché sur le papier, c’est tellement simple de se planquer. Je sais de quoi je parle. Je l’ai fait durant vingt-ans. Maintenant c’est à ton tour de faire tomber le masque.

Je n’ai pas eu le temps de réagir. Je n’ai pas eu le temps de comprendre ce qui se passait. Tu as posé tes mains sur le volant, nous faisant sortir de la route sans que je ne puisse réagir. Perdant complétement le control du véhicule. Putain c’était quoi ton putain de problème ! La première chose à laquelle j’ai pensé c’était le matériel médical qui se trouvait à l’arrière. Ce matériel qu’on arrivait à avoir au péril de notre vie merde ! Parce que oui, c’était galère pour en trouver de nos jours. Je crois que ma tête à furtivement heurté le volant. Violement même. Et quand j’ai réalisé qu’on était dans le décor il était trop tard. Venant poser ma main sur mon front, je saignais. Ce n’était rien, je ne risquais plus le traumatisme crânien ou l’hémorragie interne, c’était une évidence. Mais merde, qu’est-ce qui te prenait ? Je n’ai eu le temps de rien dire quand tu as ouvert la bouche. Me balançant tout ce que tu avais sur le cœur, sans te poser de questions. Sans doute sans réfléchir aux conséquences, comme toujours. Tu m’aimais. Tu ne supportais plus de vivre sans moi. Tu voulais me retrouver. Tu me balançais ça comme ça, alors que j’étais sur le point de me marier. Alors que moi, j’avais appris à vivre sans toi. Tu es venu poser tes mains sur mon visage, ton front, collé contre le mien. J’aurais voulu trouver la force de te repousser, mais choqué de tes actes, je n’ai rien fait. Pourquoi maintenant ? Pourquoi là ? Pourquoi comme ça ? Des questions, encore. Et comme toujours, tu faisais ce qui te passais par la tête. En désespoir de cause, j’en sais rien. Franchement, je ne savais plus quoi penser.

T’es venu poser tes lèvres sur les miennes. Machinalement. Comme ça. Si simplement. Je crois que j’étais tellement surpris que je n’ai pas bougé. Je t’ai simplement laissé faire, répondant même à se baisé malgré moi avant de me reculer. Nerveusement, te dévisageant, complétement étourdis, ébahis, surpris même par ce que tu venais de faire. J’étais heureux, pourquoi fallait-il toujours que tu gâches tout putain ! Une vague de souvenir revenant soudainement faire surface. Des souvenirs que j’avais brulé, que j’avais détruit même. Comme ce tatouage que je m’étais retiré à force de lacération. Comme ces photos que l’on avait prises. J’avais tout oublié. Je ne voulais pas me souvenir. Non. Je ne voulais pas me remémorer ce passé, ça faisait trop mal. Furtivement, je me suis rappeler notre rencontre, cette première fois où tu es venu me parler, me tendant un café sucré que j’avais bu par politesse bien que je détestais le sucre. Je me souviens que je me suis demandé ce que tu me voulais. Jusqu’à ce jour dans le parc où je me suis donné à toi. Ca avait été brutal. Irréfléchis. Complétement. Et puis ensuite ? Ensuite il y a eu cette relation bien plus destructrice qu’autre chose. Les trahisons, les coups bas, les tromperies, les promesses en l’air, jusqu’à ce que tu t’accapare littéralement de mon droit de mourir. Oui, on avait un passé toi et moi. Pourquoi le faire remonter à la surface ? Pourquoi ? Ca fait mal putain ! J’aurais pu te répondre, mais je n’ai rien fait. Sortant simplement de la voiture. J’avais besoin de prendre l’air. J’avais besoin de ? De quoi au juste ?

Sans ne rien dire je me suis simplement laissé tomber là, sur les racine d’un arbre. Venant me passer une main dans les cheveux, essayant de retrouver mes esprits. J’aurais dû te frapper, j’aurais dû faire demi-tour. J’aurais dû t’obliger à rester. Ne pas partir avec moi. Mais pourtant je n’avais rien fait. J’allais me marier merde ! J’étais heureux ! Pourquoi prendre le risque de tout gâcher ? Venant jouer nerveusement avec le bracelet que m’avait offert Nicky, il fallait qu’on fasse demi-tour. Il fallait qu’on retourne en arrière, quitte à ce que je parte tout seul. Pourtant je me suis simplement passé une main dans les cheveux, me relevant sans ne rien dire, ouvrant le coffre pour en sortir une chaine et vérifier par la même le matériel médical. Tout semblait en ordre. Je t’ai simplement lancé la chaine, n’osant presque pas te regarder, n’osant pas te parler. Je savais que j’étais en train de merder. Mais cette discussion je l’avais attendu. Depuis trop longtemps. Et il était temps qu’on mette les choses à plat. Non. Je ne ferais pas marche arrière. Non, je ne fuirais pas. Nick comprendra… Putain… Faites que Nick comprenne…

« Répares tes conneries on doit filer. »

Sort la caisse de là et allons-nous-en. On n’avait encore pas mal de route à faire et le temps pressé. Te laissant te démerder, je me suis simplement appuyé contre un arbre, m’allumant une clope. Te lançant un regard en biais sans savoir pourquoi. Tu étais mon sire Elijiah. Mon passé. Toi et moi, ce n’était pas rien et je le savais. Tu ne seras jamais mon ami non, mais pourtant, tu le sais, que toi et moi, on sera lié, pour toujours et à jamais, depuis ce jour où tu as décidé de me transformer. C’était comme ça… Mais gâches pas tout putain… Ca fait trop mal d’apprendre à vivre sans toi, ne m’oblige pas à recommencer t’entends ! M’obliges pas…




©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach


I'LL SING IT ONE LAST TIME FOR YOU. THEN WE REALLY HAVE TO GO. YOU'VE BEEN THE ONLY THING THAT'S RIGHT IN ALL I'VE DONE. AND I CAN BARELY LOOK AT YOU. BUT EVERY SINGLE TIME I DO I KNOW WE'LL MAKE IT ANYWHERE. AWAY FROM HERE. LIGHT UP AS IF YOU HAVE A CHOISE. EVEN IF YOU CANNOT HEAR MY VOICE I'LL BE RIGHT BESIDE YOU DEAR
Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 572
Points RP : 533
Date d'inscription : 22/04/2017

Last chance, nothing more for us
« I'm unstoppable. I'm a Porsche with no brakes. I'm invincible. Yeah, I win every single game. I'm so powerful. I don't need batteries to play. I'm so confident, yeah (I'm unstoppable today).Unstoppable today, unstoppable today...»

   

Tu aurais dû me répondre. Tu aurais pu le faire. Simplement. Pour que tout s'arrête, pour ne pas me laisser me perdre plus longtemps dans cette attente insoutenable. Parce-que tu le savais bien que je n'avais plus la patience nécessaire. Qu'après toutes ces années, j'arrivais au bout. De nous. De mes remords aussi. Après les coups et les blessures. Après toutes les insultes et notre rupture. Mais toi, toi tu repoussais encore l'échéance.

Réservant ton droit de réponse. Pour une raison que j'ignorais, à moins que tu n'en aies aucune à me donner. Même si pourtant, je ne te demandais rien de très compliqué. Alors chéri. Maintenant, dis moi juste ce que tu  pensais. Qu'est-ce qui te semblait compliqué dans ce que je venais de te demander ? Je te voulais. Peut-être pas pour les meilleures raisons qui soient. Je te l'accordais. Sûrement en souvenir de ce passé qu'on avait gâché. De tout cet amour qu'on avait gaspillé, à trop se déchirer. Sans doute à cause de mon refus d'admettre que je t'avais perdu. Trop facilement. Blessé. Encaissant très mal que tu aies pu m'oublier aussi vite. Tourner une page qu'on avait à peine entrouverte. Toi et moi, on n'accordait de toute évidence pas la même importance aux sentiments qu'on avait partagé.

Bien sûr, je ne prendrais pas le risque de relancer le débat. Pas à cet instant critique où je sentais tes lèvres remuer contre les miennes. Suspendant ce moment hors du temps. Mes yeux se rouvrant furtivement sous la surprise et presque malgré moi, je reculais. Avant de revenir écraser ma bouche sur la tienne. Sans pour autant approfondir Le baiser, ne restant qu'en surface. Gardant ton visage entre mes mains et cherchant à retrouver cette chaleur humaine dont il m'avait fallu te priver pour notre survie à tous les deux. Mais tu restais froid. Toujours aussi loin de la température de sa peau à lui, tu le sais d'ailleurs qu'on devrait en parler. Ça le bouffait tellement de t'avoir fait souffrir. Ton amitié lui manquait, il allait si mal. J'avais peur pour lui, peur qu'il fasse une connerie. Et puis, je lui avais promis. Juré de tout arranger. Le problème, c'est que je pensais à lui lorsque toi tu me tombais dans les bras. Va savoir pourquoi. Va essayer de comprendre ce double jeu que vous me forciez à jouer. En sachant que je n'étais ici que pour toi. Avec toi. Mes doigts se glissant dans tes cheveux en m'apercevant que tu saignais. Pardon. Je ne voulais pas provoquer un accident ni te mettre en danger.

Après voilà. Tu ne risquais pas réellement quelque chose. Que tu croyais. Toi et tes certitudes. Propres à cette nouvelle génération qui ne doutait jamais de rien. Mais tu apprendrais. L'humilité, à te préserver, et à ne pas te prendre pour un surhomme. Sur ce, tu m'échappais. Déjà. Me privant de ta présence et brisant cette étreinte trompeuse qui l'espace d'une seconde m'avait laissé croire que rien n'avait changé entre-nous. Du coup, j'ai calé tes cheveux derrière tes oreilles. Afin de dégager ton visage. Tes plaies se refermant aussi rapidement que ce qu'elles s'étaient ouvertes.

Puis tu reprenais tes distances. Farouche. Toujours dans la contradiction et l'opposition. Tes émotions stagnant à la lisière de ma conscience sans que je ne ressente l'envie écrasante d'en approfondir le véritable sens. Pas encore. Ou peut-être plus jamais. Si je savais. Mais aujourd'hui, plus rien d'autre que mon besoin d'être avec toi ne comptait. Qu'importe que ce soit pour une nuit. Que ça marque le début d'un renouveau ou que ça provoque la fin de tout. Au fond, j'ignorais bien encore trop de choses importante à propos de tes projets à venir avec ton si parfait amant. Ignorant jusqu'à ce mariage qui se préparait. Avançant dans le flou. Quitte à me heurter à un échec, voire pire.

Qui pouvait me promettre que tu ne me réduirais pas au rang d'amant caché. Ce genre d'homme qu'on prend puis que l'on abandonne juste après. Vecteur de plaisir rapide, vite consommé. Avant de partir rejoindre le seul et l'unique. Celui avec lequel on se projette et avec qui on construit. Enfin. Dans l'immédiat, tu te hâtais de descendre de la caisse. Me laissant là, assis. Déstabilisé. Les idées se bousculant dans ma tête, limite à me redonner mal au crâne de t'avoir embrassé et pensé à lui l'instant qui suivait. Mais pas malhonnête dans mes intentions. En plein questionnement. Ma main se posant sur mes lèvres et mes paupières papillonnant dans le vague. Pour te regarder te laisser tomber aux pieds des racines d'un arbre, te passant la main dans tes cheveux. Geste machinal. Familier. Qui t'appartenait. Tandis que moi j'essayais de déchiffrer les airs soucieux se peignant sur ton visage, sans être sûr de vouloir aller au-delà. N'aimant pas le rapport que tu semblais entretenir avec le bracelet cerclant ton poignet. Tu le tenais de lui, c'est ça ? Comme je tenais une sérénité et une confiance à toute épreuve de cet autre resté au château. Pour finalement te relever et contourner le Rover. Ouvrant le coffre. Le refermant et revenant avec une chaîne. Me sommant de : “Répare tes conneries, on doit filer.

Est-ce qu'un jour, tu arriverais seulement à me respecter un peu ? Parce-que ton petit ton agressif, tes attitudes de mec blasé, je ne les avais que trop vu. C'était bon là. Tu étais un adulte, comporte toi en tant que tel. Ça nous changerait. Tu me les brisais Ezechiel. Peut-être que Nick t'avais habitué à te passer tous tes caprices, mais je n'étais pas ici pour ramper devant toi. Te retrouver ne signifiait pas que tu exiges tout et n'importe quoi de ma part.

Néanmoins, je l'ai fermé. T'obéissant et prenant la chaîne avant de descendre à mon tour de la caisse. T'adressant un regard assassin, mais que tu ne risquais pas de croiser vu que tu évitais soigneusement de lever les yeux.

- Surtout ne bouge pas, je vais très bien m'en sortir tout seul. J'ai pas besoin de ton aide…

Non voyons. Les vampires possédaient force et agilité. Soupirant, je remuais alors la tête. Désolé, mais je n'avais pas pour intention de te permettre de recommencer à me considérer comme un moins que rien. L'amour ne justifiant pas tout. Ça tu vois, je l'avais appris avec lui. Avec Amarok. Une relation, c'était un partenariat. Une équipe. Au sein de laquelle chacun des membres s'épanouissaient. Pas en vivant à travers l'autre, mais en se tenant mutuellement la main.

Décidément, on continuait encore et toujours de suivre le même chemin accidenté. Toi, ne réalisant pas bien mes choix de vie. Je crois. Un vampire aspirant à redevenir un homme. Dans sa globalité. Vivant au milieu de mortels. Jamais mieux ailleurs que pris entre les griffes de l'humanité.  L'essence même de ce combat intérieur que je menais corps et âme te passant manifestement au-dessus. Sincèrement, explique-moi ce qui t'avait plu chez moi ? J'avais besoin de savoir. Pas que je veuille me montrer insistant. Mais si j'étais venu, si je t'accompagnais et que je me faisais chier à me jeter à pieds joints dans le fossé, ce n'était pas pour rentrer au château comme j'en étais parti. Sans réponses à toutes ces questions que je me posais. Des incertitudes plein la tête. Avec ton mépris et toutes tes grands idéaux.

Sur ce, j'entendais des roues faire craquer la terre sur le bas-côté et une portière claquer. Ce qui fait que levant le nez, je voyais Bly. Les phares de sa caisse illuminant le fossé, criant à son bêta d'attraper l'autre bout de la chaîne que je venais d'enrouler autour de l'armature de notre pare-choc. Bouge pas surtout mon amour. Il y en avait d'autres qui se sentaient un minimum concerné. Compassion. Entraide. Ça te parlait ? C'est vrai. J'étais immortel. Invincible. Et après mes deux ans de réclusion, tu devais t'attendre à une démonstration de virilité. Raté. Tout en sensibilité, je ne changerais plus.

- Hey ! Mets-toi derrière Elijiah, on va remonter la caisse pendant que tu pousses pour éviter aux pneus de s'embourber. Il a pas mal flotté ces derniers jours, on risque de s'enliser.
- OK. Par contre, allez-y  mollo les gars.

Bly, je l'avais connu par hasard. Ce jour durant lequel je marchais en bordure de route. Au bord de l'épuisement, doutant de parvenir à rallier les limbes. Affamé. Déambulant sans plus savoir où j'allais. Perdu. Au sens strict du terme. Le soleil prêt à me cueillir. Alors il m'avait chargé à bord de son pick-up. Charitablement. Si bien qu'au fil de la discussion, on avait réalisé avoir des connaissances en commun. Moi Amarok, et lui son frère. Howahkan.

- C'est bon pour toi ?
- Ouais…
- Alors c'est parti ! Chad, éloigne-toi et file lui un coup de main au besoin.

Lentement, la voiture s'était redressée. Les roues avant grimpant les rebords du fossé pendant que je la poussais au cul. Les roues arrières s'enlisant comme prévu et des projections de boue me tapissant le portrait. Me mettant dégueulasse...

© 2981 12289 0


Fire & Ice
ELIJIAH HASSAN JAZEEM
I'LL SHOW YOU THAT I AM

Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 92
Points RP : 171
Date d'inscription : 20/06/2017

Last chance
- Ezechiel Albeirteich & Elijiah Jazeem -





Tu me faisais de la peine. Sincèrement. Je te regardais là, bataillant sans envie de réparer ce que tu avais fait. T’avais pas conscience de combien cette mission était importante pour sauver ton peuple. Non. T’avais conscience de rien. Tu t’étais juste reclus de la société comme un marginal, vivant on ne sait où parmi on ne sait qui, évitant les catastrophes et tout le reste. Mais tu vois, le monde est dans la merde. Ton peuple l’est jusqu’au cou. Ca fait deux ans que River Crow a été bombardé, un qu’on se bat constamment contre la mort. La mort, ça te parle ? Peut-être pas après quatre siècles de vie immortelle. Mais moi si, ça me parle, parce qu’il y a trois ans j’étais sur le point de mourir. C’est encore tout frais, et très franchement, depuis que j’ai appris à vivre j’ai pas envie d’y passer. On vit dans la peur, on se bat, on combat, et toi t’étais où pendant ce temps-là ? Je t’ai soigné, je t’ai nourri, t’as eu le temps de reprendre des forces, intégralement, pourtant tu ne te fais pas prier quand ces types descendent de la voiture pour te donner un coup de main. Sérieux Elijiah, il est où l’intérêt de renier qui tu es et de jouer les faibles ? Le remède contre le vampirisme n’existe pas t’es au courant ? Ta nature tu ne peux pas la changer et ne va pas me faire croire que justement, du haut de tes quatre siècles tu n’arrives pas à sortir cette putain de bagnole de ce putain de fossé ? Même deux humains y arriveront, faut pas déconner. J’ai lancé mon mégot plus loin alors que vous aviez commencé à tirer la caisse. C’était à moi de réparer, comme toujours. Y’avait des choses qui ne changeaient pas à ce que je vois. Non. Ca ne changerait jamais. Tu brisais mais pourtant c’était à l’autre de se bouger.

« Arrêtez je vais le faire, c’est bon. »

J’ai roulé mes yeux dans leur orbite. Je n’en n’avais pas contre ces loups. Loin de là, parce que c’était des loups qu’on allait voir, et que c’était eux qui allaient nous sauver. C’était à toi que j’en voulais. Tu faisais aucun effort. Tu m’embrassais et ensuite tu me repoussais comme une merde. Me traitant littéralement comme tel. Comment tu veux que je te respecte alors que tu passes ton temps à m’enfoncer ? Tu peux me le dire ? Tu ne savais plus rien de moi. Alors si tu voulais réapprendre à me connaitre va falloir que tu changes parce que je n’allais pas supporter tes sauts d’humeur éternellement tu peux me croire. Attrapant la chaine je me suis contenté de tirer la bagnole. Aussi facilement que s’il s’agissait d’un poids plume. Ca n’avait rien de compliqué, mais bon, si ça te faisait plaisir de jouer les humains parfait. Mais ne me la fait pas à moi. C’était pas toi qui te vantait tellement d’avoir la puissance d’un vampire de plus de 400 ans ? Alors arrêtes ton char sérieux. T’as plus bouffé en 24h que certains en une semaine. Alors si tu refuses de me respecter moi, respecte au moins les tiens qui eux, sont vraiment dans mal. Tu pouvais au moins faire ça ? Parce qu’ok, t’avais été dans le mal durant deux ans, mais comme tout le monde Elijiah. On souffre tous ici, t’es pas un cas isolé. Alors oui, respectes ce peuple que tu déteste. Tu ne supportes plus ta condition mais c’est comme ça. La seule chose qui te sauvera c’est la mort. Point. J’ai relâché la chaine, la détachant du part choc avant de la balancer sur mon épaule et d’aller remercier les gars. C’était la moindre des choses, même si techniquement, on aurait clairement pu s’en sortir sans eux. Je passais encore pour un con mais avec toi j’avais l’habitude. C’est vrai, à tes yeux je n’étais rien d’autre que ce petit merdeux, ce néonate au comportement borderline. Tu veux un scoop ? J’avais changé. Mais ça tu ne sais pas vu que tu n’étais pas là.

J’aurais pu dire bien des choses mais je n’ai rien fait. A quoi ça aurait servis si ce n’est à rien d’autre qu’envenimer la situation ? A la place je me suis contenté d’aller vérifier le matériel alors que les deux loups partaient déjà. Je leur avais proposé une bière au passage, mais ils m’ont dit de ne pas avoir le temps, alors je n’ai pas insisté. J’ai simplement tout checké. De la machine pour prélever les plaquettes, aux glacières qui allait transportaient du sang lupin. Non, je n’omettais rien, parce qu’on comptait sur moi et je n’avais pas le droit de me planter sur ce coup-là. Tout semblait en bon état et c’était tout ce qui m’importait pour l’heure. Machinalement je me suis ouvert une autre bière, sortant mon téléphone de ma poche. En premier lieu pour envoyer un message à Nick pour l’avertir que j’allais rentrer un jour plus tard. On venait de s’engueuler, et je ne voulais pas qu’il pense que je cherchais à l’éviter. La seconde pour l’appeler lui. Aindreas. Notre ancien chef. Cet homme qui à l’époque m’avait protégé. Je n’ai pas revu As depuis au moins un an. A l’époque sa fille n’avait que quelques mois. Deux ou trois tout au plus. Cet homme, je le respectais toujours autant. Je suis sorti de la voiture, téléphone à l’oreille, attendant que l’Alpha décroche à l’autre bout du fil. Ce qui m’aurait fait sourire si ce n’avait pas été le cas. Aindreas et la technologie. A vrai dire quand on vivait dans une maison en bois alimentée par un des rares générateur de son village il ne faut pas s’attendre à des miracles à ce niveau-là. Mais entendre sa voix me faisait plaisir, alors je me suis apaisé quand j’ai parlé. Calmement.

« Salut As, dis-moi, je vais avoir un peu de retard, j’ai eu un souci sur la route, je vais perdre 1h environ ce qui ne me laisse pas le temps d’arriver à Moycullen à temps avant le levé du soleil. Tu peux avertir Mathias et Marianne s’te plait ? J’ai pas vraiment envie de finir en barbecue humain tu vois. Enfin humain... T’me comprends. »
« Ca roule, mais rien de grave ? Tu vas réussir à t’abriter avant que Monsieur l’astre dévastateur ne point le bout de son piff ? Tu veux que je t’envoie des gars pour t’aider ? Aodh parlait d’aller à Belfast demain, Fell’s l’a invité à je ne sais quel truc loufoque, t’es sur sa route, je peux lui demander de partir un peu plus tôt s’tu veux. »
« T’inquiète je vais me débrouiller. C’est rien de grave, juste la bagnole qu’à fini dans le décor. On se prend une bière demain ? »
« Deux ans de permis et du conduit toujours comme un manche. Mais qu’un peu mon n’veux pour la bière. Même tout un pack, on a ce qui faut ici. Merde attend. Aby reposes ça tout de suite ! Bordel de merde je dois te laisser, la môme fait des siennes. »
« Embrasse là de la part de tonton Zick. Elle a dû grandir depuis le temps. A demain mon pote. »

L’alpha à furtivement rigolé au téléphone avant de raccrocher. Et oui, Aindreas, cet homme que tu détestais tant pour des raisons bien abstraite était père maintenant. Ca en avait surpris plus d’un, mais si y’a bien un homme qui connait le sens de l’honneur, de la famille, et de la fidélité c’était bien lui. Mais tu l’avais toujours jugé sans le connaitre. Tout ça parce que tu le trouvais trop badass. Mais quand t’as le vécu d’un homme tel que Aindreas An’Sionnach crois-moi, t’as pas d’autre choix que de te battre pour t’en sortir. Il donnerait sa vie pour sauver sa meute s’il le fallait. J’ai replongé mon téléphone dans ma poche avant de gonfler les joues. Attrapant une seconde bière avant de revenir vers toi. Me posant là, sur les racines d’un arbre, te tendant la bouteille. Ca faisait 30 minutes que l’on était parti, et déjà on se prenait le bec. Ca commençait à me gonfler cette situation. Je n’avais rien fait, je n’avais rien demandé, c’était toi qui avais voulu venir. C’était toi qui venais m’embrasser et qui ensuite me traitais comme de la merde. Qu’est-ce que tu cherchais Eli ? Sérieusement ? Je voudrais savoir, je voudrais comprendre. Pourquoi t’avoir fait passer pour mort pour ensuite revenir ? Ca n’avait aucun sens tu peux me croire. Je ne comprenais vraiment plus rien. Je me suis attaché mes cheveux, dégageant mon visage. Je n’avais plus envie de me cacher. Ni devant toi, ni devant personne. Ca aussi, ça avait changer. Je pense que tu serais surprise de l’homme que je suis devenu. Peut-être même que tu serais fier de moi vas savoir ? Peut-être qu’un jour ça arrivera ?

« Ecoutes, tu m’as raconté ton histoire, je vais te raconter la mienne. J’espère juste que tu écouteras et comprendras pour une fois. Quand on était ensemble j’ai pas arrêté de me sacrifier pour toi. Je t’ai tout donné. Mon corps, mon cœur, jusqu’à ma vie. Et puis, tu as finalement fini par en aimer un autre. Quand tu m’as transformé je n’étais pas dans des bonnes conditions. Je venais d’apprendre que tu avais vu d’autre personne quand on été ensemble, que j’avais été trompé, ça m’a fait mal à un point que j’en suffoquais. Je pensais que jamais je ne pourrais souffrir plus que la douleur que m’infligeait ce putain de cancer mais c’était bien pire. Et je ne te parle même pas de la souffrance physique suite à la transformation. J’avais besoin de toi. Plus que jamais. J’ai merdé ok. J’étais violent, je ne contrôlais plus rien, ni mes émotions, ni mes humeurs. Je voulais me venger, te détruire comme tu l’avais fait avec moi, mais en même temps je te voulais toi. C’était pas une très bonne année. Mais quand tu es parti avec Amarok, j’ai compris pourquoi. On se détruisait et ça avait beau faire mal, je comprenais. Ce que je comprends moins c’est l’après Elijiah. Après les bombardements je me suis enfuis avec quelques hommes. Kieran et Viljami entre autres. Et quelques jours plus tard on m’annonçait que tu n’avais pas survécu. Je t’ai pleuré. Durant des semaines, des mois même. Quand je dormais j’hurlais ton nom. Je regrettais parce que je n’ai pas eu le temps de te dire toutes ces choses que j’avais envie de te dire. Je m’en voulais à mort. Et puis, il y a eu ce moment où je me suis demandé ce que t’aurais voulu pour moi. J’ai regardé le ciel en me disant que t’étais peut-être quelque part là-haut, avec ton Dieu. Et je me suis dit que si tu m’avais transformé c’est que t’avais envie que je vive. Que je sois heureux et que j’arrête de me détruire. Alors c’est ce que j’ai fait. Le soir même je brulais tout ce qui représentait l’ancien moi. Mon maquillage, mes fringues, et c’est là que je l’ai rencontré. Nick. Ce soir-là. Le même soir où j’ai décidé de vivre. Je n’ai pas toujours été agréable avec lui tu peux me croire. Je l’ai trompé, à maintes reprises. Je couchais avec qui le voulait, je partais complétement en vrille, mais pourtant quand je rentrais après le boulot il était là. Constamment. Et j’en suis tombé amoureux. Aussi naturellement que toi quand t’es tombé amoureux d’Amarok.»

J’ai marqué une pause, buvant une gorgée de bière, je te parlais, à cœur ouvert, essayant une dernière fois de te faire comprendre ce que j’avais envie que tu comprennes. Espérant que pour la première fois depuis notre rencontre tu m’écoutes enfin, sans te braquer, sans barrière, sans rien. On avait toujours fait les choses à ta manière. Mais là, j’avais envie que ça change et que pour une fois, tu demandes ce que moi j’avais envie. Alors je t’ai regardé, venant poser une main sur la tienne. Un geste rempli de tout un tas de choses. T’étais cruel avec moi, t’étais injuste, mais pourtant, étant ce que je suis, je continuais encore de me battre pour te voir m’écouter. Mais ça serait ma dernière tentative Elijiah. Parce que, que tu le veuille ou non c’était toi qui avais merdé et c’était à toi de réparer les pots cassés, pas l’inverse. Et j’en avais marre de ramer dans le vide.

« Je t’aimais Elijiah. Et je t’aimerais sans doute toute ma vie même si tu ne le vois pas. Mais si tu m’as fait croire à ta mort c’est que tu n’avais pas l’intention de me revenir. Sinon tu m’aurais juste dit que tu avais besoin de temps, tu m’aurais dit la vérité. Tu es mon sire, ma première fois, mon première amour. Qu’on le veuille ou non on est lié pour toujours et à jamais. La jalousie que tu ressens à le savoir avec lui je la connais. Je la connais parce que je l’ai ressenti il y a deux ans en arrière. Mais ce n’est pas moi que tu veux dans ton lit ce soir et de ça j’en ai la certitude. Parce que tu ne m'as jamais regardé comme tu le regarde lui. J’étais aveugle Elijiah. Mais pas naïf et encore moins stupide et ça tu le sais. Et je refuse de revivre ce que j’ai vécu en 43 une seconde fois. Parce que tu ne resteras pas et ça je le sais. Maintenant j’espère que tu comprends. »

J’ai posé une main sur ta joue. Je venais de te dire tout ce que j’avais eu envie de t’expliquer deux ans auparavant. Mais tu ne m’en avais jamais donné l’occasion, et maintenant, je me sentais vraiment en paix. Déposant un mince baisé sur ton autre joue, je me suis relevé, terminant ma bière. Ca faisait mal. Ca avait un goût de point final face à une histoire que je me refusais de terminer. Mais au moins je t’avais parlé. Maintenant libre à toi d’en faire ce que tu veux.



©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach


I'LL SING IT ONE LAST TIME FOR YOU. THEN WE REALLY HAVE TO GO. YOU'VE BEEN THE ONLY THING THAT'S RIGHT IN ALL I'VE DONE. AND I CAN BARELY LOOK AT YOU. BUT EVERY SINGLE TIME I DO I KNOW WE'LL MAKE IT ANYWHERE. AWAY FROM HERE. LIGHT UP AS IF YOU HAVE A CHOISE. EVEN IF YOU CANNOT HEAR MY VOICE I'LL BE RIGHT BESIDE YOU DEAR
Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 572
Points RP : 533
Date d'inscription : 22/04/2017

Last chance, nothing more for us
« I'm unstoppable. I'm a Porsche with no brakes. I'm invincible. Yeah, I win every single game. I'm so powerful. I don't need batteries to play. I'm so confident, yeah (I'm unstoppable today).Unstoppable today, unstoppable today...»

   

Lentement, la voiture se redressait. Les roues avant grimpant les rebords du fossé pendant que je la poussais au cul. Me laissant sans force. Juste vidé de toute énergie. Tandis que je luttais contre tous ces sentiments contradictoires qui m'agitaient depuis quelques chose comme la veille au soir maintenant. Les roues arrières s'enlisant tel que cela m'avait semblé si prévisible et des projections de boue me tapissant le portrait. Me mettant dégueulasse. Avoue-le. Que tu trouvais ça ridicule. Le vampire surpuissant qui se vantait trop souvent d'avoir quatre siècles, mais qu'on devait aider. Sauf qu'eux – les autres – tous ces gens extérieurs à toi, me voyaient tel que j'étais.

Plus humain qu'immortel. Juste le mec en galère qu'on venait tirer d'un mauvais pas. Loin de ta bande de héros…

Alors j'espérais au moins qu'appuyé contre ton arbre et ta clope à la bouche, tu profitais bien du spectacle. Enragé. Pour mieux me rendre compte qu'encore une fois, je te jugeais mal. Te rejetant, même lorsque j'essayais de te sentir plus proche. Même quand d'un baiser, je me jurais de te dire adieu à sa manière à lui. Sur quoi, tu balançais ton mégot, venant ensuite nous rejoindre. Répondant présent. Toujours. Et putain, ça m'insupportait : “Arrêtez je vais le faire, c'est bon.” Ce à quoi j'obtempérais. Te cédant la place et remontant. Mes doigts se glissant dans mes boucles et vous tournant le dos. Une furieuse envie de hurler jaillissant de mon ventre. Ça n'allait pas bordel. Ce n'est pas ce que je voulais. Pourquoi est-ce que rien ne se passait jamais bien ? Et rageusement, je collais un coup de pied dans le tronc de cet arbre contre lequel tu t'appuyais encore une minute plus tôt. Tout en retirant les mains de mes cheveux pour tendre les bras le long de mon corps, simple réaction physique. Les suites de ce cri que je me surprenais à pousser sans plus rien contrôler. L'envie de massacrer la terre entière me saisissant de nouveau avec tant de violence que je recommençais à me faire peur. Parce-que je n'étais plus cet homme là. Parce-que je savais que si je cédais à la tentation même infime de ne plus écouter que mes pulsions, au risque de redevenir esclave de mes instincts, oui, je savais que plus rien ni personne ne serait capable de m'arrêter.

Et foutre en l'air deux ans de rémission, je m'y refusais. Ce serait facile. Facile comme de m'accroupir, les jambes ployant et pliant sous mon propre poids. Les poings fermés appuyés sur mes genoux et le front écrasé contre. Il fallait que je réfléchisse, que je fasse le point. Il fallait que je me coupe du reste. J'en avais besoin. Besoin de ne plus être seul et qu'en tête-à-tête avec moi-même. Pour me calmer. Pour réapprendre à respirer autrement que dans une urgence maladive. Sans son souffle à lui pour m'empêcher de suffoquer et je comptais…

Un… deux… trois… quatre… cinq…

Cinq secondes. Les yeux grands ouverts. Cinq secondes pour me souvenir que tu étais là. Pour lentement reprendre conscience avec la réalité. Cinq seconde pour ne pas m'enfermer dans ma bulle et revenir à toi. Pour m'apaiser. Ne pas me perdre et me rappeler que tu étais ce chemin que je suivais. Cinq secondes.

Pas une de plus. Jusqu'à ce que le son de ta voix ne reprenne le dessus sur les battements de son cœur à lui. Jusqu'à ce que je me rende compte que tu téléphonais et que les deux autres étaient partis. Qu'au milieu de la nuit, il ne restait plus que toi et moi. Et Aindreas. Mettant en évidence ma rencontre prochaine avec ce dernier puisqu'on se rendait dans son clan. Je crois. En fait, je ne m'étais pas du tout intéressé à tout ça. Me foutant instantanément une pression supplémentaire. J'aurais dû rester. Avec lui. Le retenir, lui dire que j'abandonnais tout pour le suivre. Qu'on me foudroie pour ça. Seulement, il était sans doute déjà loin. En route pour Riverdall. Vers son destin, m'obligeant ainsi à affronter le mien. Et en t'entendant t'auto-désigner comme tonton Zick, je souriais. Rien qu'à t'imaginer avec un enfant dans les bras. Projection douloureuse. Qui suffisait encore une fois à me montrer tout ce à quoi il nous fallait renoncer, par la faute de cette maudite éternité et ne servant qu'à me faire d'autant plus détester notre condition. Ainsi donc, le grand An'Sionnach était devenu père. Pas besoin que tu me l'expliques.

Pas besoin. Comme je n'avais pas besoin de cette bière que tu me tendais en revenant te poser près de moi. Ce qui ne m'empêchait pas de la prendre et de me laisser tomber sur le cul pour m'asseoir. Des fourmillements me piquant de partout dans les jambes. Vaincu. Du coup, j'ouvrais la bouteille pour boire. Sans plus me réfréner. Les yeux clos et la tête légèrement inclinée en arrière. La gorge trop sèche. Les cordes vocales irritées. Il était temps que j'arrête de jouer à ce petit jeu avec toi. Temps que je mette mon cœur à vif et que je te dise la vérité.

Putain de vérité. Qui voulait que je réalise un peu tardivement combien je l'aimais. Lui. Qui venait de me quitter pour nous offrir une seconde chance Ezechiel. Mais une chance de quoi au juste ? De nous retrouver. De nous dire les choses, de nous parler, mais pas de recommencer à nous aimer. Pas dans le sens où je l'entendais jusqu'ici.

Ne rouvrant les yeux sur toi que lorsque ta main touchait la mienne…

Écoutant enfin. Comme si tous les bourdonnements dans mes oreilles se taisaient après des années à avoir parasité mes capacités de perception. Tout devenait clair. Tout devenait acceptable, et compréhensible. Le poids retombant sur mes épaules semblant subitement disparaître. Amarok nous avait délivré du mal Ezechiel, tous les trois. Il nous offrait une chance de tout recommencer. De tout reprendre à zéro. Qu'importe que la douleur me paralyse. Grâce à lui, vous redeveniez tout ce qui comptait. La boule dans ma gorge se remettant à enfler.

Tous tes sacrifices, tout ce que tu m'avais donné et que j'avais brisé, ton cœur, ton corps, ta vie. Tout ça. Ce que tu étais. Toi, simplement toi. Et c'était vrai. Vrai que je t'avais infanté pour de mauvaises raisons. Me cachant derrière de belles paroles et brandissant mon amour pour toi comme un bouclier qui m'aurait protégé de tout. Mais ce tout n'avait été qu'une manière parmi tant d'autres de me voiler la face. Comme ce baiser que je t'avais pris. Voulant me raccrocher à des espoirs qui n'avaient désormais plus cours. Peut-être qu'on devrait ne plus se voir. Ou peut-être qu'il fallait tout bêtement que je t'avoue l'inavouable pour repartir sur de bonnes bases. Même si je me savais encore instable et dangereux pour ton nouvel amant. Même si je refusais d'être ton ami. Même si j'avais désespérément besoin de garder un lien avec toi. Avec mon infant. Le seul qu'il me restait. Elyas mort. Shannon disparue et très certainement emprisonnée entre les murs de Tullamore. Par ma faute.

Foutue culpabilité.

Oui. J'avais fini par en aimer un autre. Par m'abandonner. Pas m'en remettre à lui, à n'être plus rien d'autre entre ses bras qu'une boule d'émotion à l'état pure. Comme un renouveau. Je reconnaissais tous mes torts et puisque tu me les exposais un a un, je ne te ferais plus l'affront de les nier. Te confessant silencieusement que tu ne disais que la vérité. Celle qui disait que je t'avais trompé, trahi et puis que plutôt que de t'accompagner dans ton combat contre la maladie, j'avais choisi de te condamner. Te détestant. Te fuyant. T'accablant de reproches, pour au final me couper de tout ce qui nous concernait. Alors je me demandais, est-ce que je t'aimais encore ?

Ca me faisait tellement bizarre de te voir te livrer avec autant de sincérité. Sans fausse pudeur. Juste toi et ce que tu ressentais. Juste des bribes de nous. Juste parce que d'un baiser et d'un accident, j'avais voulu précipiter les choses. Un baiser pour te dire adieu. Conscient qu'il n'y aurait plus de lendemains ensoleillés.

Je vous le devais. Pour lui, et pour toi aussi. Puisque je l'aimais. Puisque je voulais réparer le mal que je t'avais fait. Puisque pour ces raisons là, je devais apprendre à me comporter comme quelqu'un de bien.

- Je pouvais pas… revenir. Parce-que j'étais trop lâche pour ça, pour reconnaître que tout ça, toi et moi, c'était de ma faute si ça ne fonctionnait pas. J'avais peur. Je t'en voulais, parce-que c'était plus facile comme ça. Mais t'étais qu'un gosse et moi l'adulte. Et pendant longtemps, j'ai cru que tu serais mieux sans moi. Puis il était là… Amarok. Tu sais, il ne voulait pas te mentir. Il l'a fait pour moi. S'il te plaît, continue de me détester si ça peut aider. Mais pardonne-le. Vous êtes jeunes. Vous avez encore toute une vie à vivre. Je regrette. De ne pas avoir été là pour toi, de ne pas avoir su être l'homme que tu espérais. Je t'aimais. Pas comme il fallait, mais je t'aimais. Aujourd'hui, le ciel te donne raison. Je veux que tu sois heureux, avec lui. Même si pour l'instant, c'est trop tôt.

Et ça repartait. Et je n'en pouvais plus de pleurer. Resserrant la prise de mes doigts sur ma bière. Et plus je parlais et plus la pression dans ma gorge s'accentuait. Pour laisser des larmes s'échapper de mes yeux. Parce-que lorsqu'on rentrerait, il ne serait plus là. Parce-que tu repartirais. Parce-qu'au bout du compte, ce n'était que justice. Le seul soucis, c'est que j'ignorais si mes mots te toucheraient. S'il te paraîtraient sincères et dénués d'arrières pensées. Si le fait de me mettre à nu devant toi saurait répondre à ton besoin de reconnaissance.

Dans ta douleur. Dans ta souffrance. Dans ce besoin d'entendre que non, tu n'étais responsable de rien. Et qu'aimer un autre homme après deux ans d'absence, ce n'était pas grave. Laisse-moi m'habituer.

- Tu es beau comme ça. J'ai toujours trouvé ça tellement dommage que tu te caches derrière un masque…

Beau avec tes cheveux attachés et ton visage dégagé. Beau et lumineux. Va savoir pourquoi je chialais au lieu de me réjouir de ce que je voyais. Te souriant malgré tout. Sachant bien que toutes ces larmes, ce n'est plus sur moi seul que je les versais. Je voulais qu'on aille au bout de ce voyage là. Que tu m'emmènes avec toi. Qu'importe ce qui arriverait, ça devenait juste une question de survie. Une remise à zéro. Le début d'une relation qu'on ne reconstruirait pas en une nuit. Puis, me passant la manche de mon pull sur la figure, je me rendais compte qu'en plus du sang j'essuyais des traces de boue. Moi, ou l'art d'avoir l'air pitoyable en toute circonstance. Sur quoi, ta main se posait sur ma joue. Réconfortante. Dans un geste tendre. Un geste qui accompagnait tes paroles. Je le sais. Que tu m'aimerais toujours. Aussi, je me promettais de faire en sorte que ça suffise.

Une main que je recouvrais de la mienne. Agrippant tes doigts et pressant ma joue contre la paume de la tienne. Ta main qui ne possédait pas sa chaleur amoureuse. Cruel. Ou juste honnête. Envers toi et envers moi-même surtout. Pour la première fois en trois ans. Je l'aimais. Pour ne pas simplement dire que j'étais amoureux de lui. Parce-qu'on pouvait aimer de différentes façons, et je voulais qu'on trouve la notre.

- Je sais… et tu resteras toujours mon infant. L'homme qui m'a aimé et protégé comme personne d'autre avant lui. Je suis désolé de ne pas avoir compris tout ça plus tôt. Désolé de t'avoir repoussé et rejeté à chaque fois que j'avais l'impression que tu me voyais tel que j'étais. Juste désolé pour tout.

Désolé d'être jaloux de celui qui partageait ton quotidien alors qu'on n'était pas en concurrence. Je devais me faire une raison. Je n'allais pas briser ton couple et te gâcher la vie, juste pour le plaisir de gagner. De te reconquérir. En ayant l'esprit ailleurs, avec lui. Lui qui m'aimait. Lui qui s'effaçait pour toi, pour nous. Lui qui ne jugeait pas, lui qui m'offrait une chance de réparer. Une chance que je saisissais. Me laissant aller contre toi à ce moment incroyable où tu m'embrassais. Déposant un baiser sur ma joue. L'autre. Du bout des lèvres. Me laissant à terre quand toi, tu te relevais. Mes doigts relâchant ta main. Péniblement. Mon bras suivant le mouvement et retombant lourdement.

- Puis, je crois que ce que je veux n'a plus vraiment d'importance. Amarok a pris sa décision et cette décision là, ce n'est pas moi. Je sais même pas si je le reverrais, et ça fait mal…

Bien trop mal. De vous perdre tous les deux. Pour de bon. Irrémédiablement. Non ? Regarde. Ce que tu as enduré il y a deux ans, je l'endurais aujourd'hui. Le destin se chargeant toujours de venger ceux qu'on offensaient. M'offrant pour unique consolation la certitude qu'enfin, j'agissais comme quelqu'un de bien et de respectable.

- Qu'est-ce que tu veux toi ? Qu'est-ce que tu attends de moi Ezechiel ? L'autre soir, tu as dit que tu voulais qu'on fasse les choses à ta façon, mais c'est quoi ta façon ? Et tu te trompes, je t'ai regardé comme je le regarde lui. C'est seulement que… je t'ai aimé trop fort, trop vite. Puis après… je me suis mis à ne plus pouvoir te supporter. Tout cet amour, ça s'est transformé en haine. Alors je t'en ai voulu. Parce-que je suis pas équilibré. Parce-que…

Parce-que j'étais vulnérable et que mon seul moyen de défense, c'était de cogner l'autre avant que ça m'atteigne. Tu avais bien fait les choses. Tu avais été honnête et entier. Tu m'avais pris en affection, alors qu'au sein de la fondation tout le monde savait à quel point je pouvais me montrer nocif. Destructeur. Puis Amarok était arrivé et il avait bouleversé l'ordre des choses. Il m'avait dit, si tu me veux c'est comme ça ou rien. Et je m'étais soumis. Toi, tu m'effrayais. Te faire confiance c'était un peu comme franchir une montagne. Au point que si je devais retirer mes fringues devant toi, j'aurais sans doute l'impression de me noyer.

Aussi incompréhensible que ça puisse paraître. Et je doutais que tu aies encore envie d'essayer, pas après ça.  Je me bloquais avec toi. Au risque de devenir très con et méchant.

- Est-ce qu'il y a de la casse ? Pour ton matériel je veux dire…

Allez. Je pouvais le faire. Avec un petit effort, ça ne devrait pas être si difficile que ça de me remettre debout. Tel un rescapé. Un autre détail me traversant la tête. Si on était trop loin de Moycullen, on s'abriterait où ? Prenant sur moi, je me bougeais donc. Finissant de me débarbouiller la figure, misérable.

- On devrait se remettre en route.

Attendant fébrilement ta réaction. Pas vraiment confiant et anxieux à l'idée d'avoir encore dit quelque chose qu'il ne fallait pas...

© 2981 12289 0


Fire & Ice
ELIJIAH HASSAN JAZEEM
I'LL SHOW YOU THAT I AM

Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 92
Points RP : 171
Date d'inscription : 20/06/2017

Last chance
- Ezechiel Albeirteich & Elijiah Jazeem -





Tu parlais, sans filtres. Je ne sais pas si tu te cherchais des excuses ou bien si tu me disais la vérité. Je ne savais plus quoi penser, je ne savais plus rien. J’avais cru te connaitre, j’avais en confiance en toi. Je m’étais écouté moi au lieu d’écouter les autres. Revoyant As me dire de me méfier. Lui et sa grande gueule quand il m’a sorti clairement un « je l’aime pas, c’est qu’un con ». Et moi qui lui demande de te laisser une chance. Moi qui lui certifie que tu n’es pas comme ça, que tu n’es pas mauvais, que c’est juste une image. C’était de la naïveté. Je crois que tu m’aimais pour ce que j’étais. Malade, défiguré, aveugle, cette petite chose fragile qui se planquait derrière ses longs cheveux noirs et son maquillage. Ce même gars qui n’avait aucune confiance en lui mais qui pourtant était capable de se battre comme tout le monde. Je pense que tu m’avais aimé pour ça. Mais le jour où j’ai changé. Le jour où tu m’as transformé, que les cicatrices se sont enfin effacées, que le cancer ne me rongeait plus, que mes yeux se sont remis à voir, je pense que c’est là que tu a arrêté de m’aimer. Pourquoi ? Peut-être que tu n’avais plus rien à sauver alors qu’au contraire, c’était là que j’avais besoin d’aide. Humain j’ai vécu comme ça, humain j’avais mes repères, mais là… Je voyais mais pourtant. J’avais peur, j’étais terrorisé. Et au lieu de m’aider tu es parti parce que je t’en voulais. Parce que j’avais mal. Parce que je régissais comme un con mais t’es-tu seulement demandé une seule fois ce que j’avais pu ressentir ? J’avais passé ma vie dans le noir. Je redécouvrais tout, absolument tout, comme un nouveau-né. Et je ne te parle pas de la soif de sang. Tu es parti parce que tu étais trop lâche. C’est ce que tu dis, mais est-ce que c’était seulement ça Elijiah ? J’avais confiance en toi. J’avais…

T’as tout gâché pour je ne sais quelle raison. Parce que tu n’as pas voulu te battre. Parce que t’as trouvé mieux ailleurs. Amarok. Lui et son corps d’athlète. Lui et ses belles paroles. Lui et sa maturité pour son âge. Amarok a toujours été ce que je n’étais pas. J’avais aucune chance. C’était physique. Un combat perdu d’avance. Parce qu’il t’a donné ce que tu aspire le plus à avoir. Un type qui s’efface pour t’écouter. Un type qui te hisse sur un piédestal. Un type qui te regarde. Mais moi je ne te regardais plus. Moi tu m’effrayais. Ensemble tu n’écoutais que toi, et vivant j’étais trop faible pour te repousser. J’avais peu de temps. Trop peu de temps. Tu crois réellement que j’ai voulu le passer en m’engueulant avec toi ? Quand on m’a annoncé qu’il ne me restait que quelques mois à vivre, je n’ai pas voulu me prendre la tête. Alors je te donnais. Parce que je n’avais pas le temps pour te repousser. Et ça tu ne l’as jamais compris. Et tu vois, j’ai beau avoir l’éternité devant moi, j’ai beau ne plus être malade, des gens meurs tous les jours. Et même immortels nous sommes vulnérable. Alors oui je l’ai rencontré, oui je lui donne tout. Tous les jours. Naturellement. Je lui donne tant il me donne. Lui m’a appris le véritable sens du mot couple. C’est faire des concessions, des sacrifices, c’est parfois s’oublier pour l’autre, et ça, tu n’as jamais su me le donner. Même humain. Même quand tu disais m’aimer. Pourquoi ? Pourquoi tu étais comme ça avec moi ? Pourquoi tu n’as jamais fait d’efforts ? Je n’en sais rien, mais il est trop tard pour les regrets. Trop tard pour les explications. Ce qui est fait, est fait. Tu ne me supportais plus ? Pourtant c’est toi qui es revenu. C’est toi qui a pris le choix de revenir dans ma vie. Je n’avais rien demandé, je n’avais rien voulu. Je suis heureux Elijiah. Et ça fait du bien putain.

« Je n’attends rien de toi si tu savais. C’est toi qui a fait le choix de revenir dans ma vie, moi je n’ai rien demandé. Tu parles, mais tu ne tiens jamais tes engagements en ce qui me concerne. Tu sais ce qui fait le plus mal Elijiah ? C’est que dans ton récit tu te décris comme victime des actes de ton sire. Mais on en a tous chier putain. Tous. On a tous un sire qui commet des atrocités ou qui merde un moment où un autre. Arrête de balancer tes fautes sur le compte de Djibril. C’est le premier des enculés ça je te l’accorde, et je comprends, putain je comprends qu’il t’ai fait du mal. Mais c’est pire quand on sait que toi aussi t’en as fait, du mal. Les douleurs physiques tout le monde s’en remet. Tout le monde, et je pense savoir de quoi je parle. Les psychologiques, celles encrées, là dans l’âme, c’est pire. Ca s’soigne pas Elijiah. Alors, je pense qu’après quatre siècles d’existence t’es quand même capable d’assumer tes actes. Assumes juste le fait d’avoir agis égoïstement comme un connard avec moi. C’est tout ce que je te demande. Tu ne me supportais plus mais pourtant t’as voulu me garder pour l’éternité. Ton éternité n’a duré que quelques semaines avant de me laisser tomber parce que tu t’es rendu compte que rien n’allait comme tu l’aurais souhaité. T’as pris la décision de baisser les bras et de me laisser dans un noir permanant. Terrorisé, paniqué. C’était ta décision. T’as pas d’excuses valables désolé. Mais tu vois je m’en suis remis. Mais c’est pas grâce à toi. »

J’étais dure dans mes paroles, j’en avais conscience. Pourtant je te parlais, calmement. Sans filtres, sans rien, juste parce que j’en avais besoin. Ce n’était pas pour t’enfoncer, ni pour t’en foutre plein les dents, mais juste parce que je voulais que tu prennes réellement conscience de la réalité en général, et non pas de la tienne. Je l’avais lu ton foutu manuscrit. Du début à la fin. Un récit remplis de fausses excuses, d’explications, mais à travers duquel tu expliques combien t’as fait des erreurs à cause d’un sire cruel. Il t’a violé, il a pris ta femme, il t’a dressé à ton image. Mais il n’est plus là Elijiah. Djibril est mort, tu l’as tué ! Et maintenant tu es libre de faire tes choix, de prendre tes propres décisions, tu es libre, de faire les choses bien. Je me suis passé une main dans les cheveux, tu changeais de sujet. Sans doute qu’il valait mieux en fin de compte. C’était peut-être la meilleure chose à faire. Machinalement je me suis détaché les cheveux, regardant l’heure. C’était trop tard pour arriver à Moycullen, on avait perdu trop de temps et tout ce qu’il nous fallait c’était trouver un endroit où dormir. La question restait où ? machinalement j’ai ouvert la porte passagers, sortant une carte de la boite à gant. Kieran avait fait pas mal de repérage et avait déterminé des endroits pour se planquer en cas d’imprévus. Il y en avait un pas trop loin de là où on était. A dix kilomètre tout au plus. Ca ne serait très certainement pas le grand luxe mais c’était mieux que rien. Le Rover n’avait pas de UV. J’ai rangé la carte après l’avoir visionné avant de te faire signe de monter.

« On va aller un peu plus loin, il devrait y avoir un abri. On n’aura jamais le temps d’arriver à Moycullen avant le lever du jour. »

Remettant le contacte je nous ai conduit à cet endroit. Sans ne plus rien dire, gardant le silence. J’avoue que je ne savais pas trop quoi te dire après ça. Je t’avais tout expliqué. Pourquoi j’avais réagis comme ça, pourquoi j’étais tant sur la défensive. Tu savais tout. Qu’est-ce que j’aurais pu rajouter ? Je ne sais pas. J’étais mal à l’aise. Mal à l’aise parce que je l’aimais, parce que je lui avais promis fidélité. Mais pourtant tu étais là, et je ne pouvais fermer les yeux sur cette évidence. Celle que tu me tordais toujours autant les entrailles. Tu étais mon sire, tu représentais tellement de choses. Comment j’aurais pu le renier ? Te renier toi ? Tu avais lié ma vie à la tienne en m’infantant. C’était ça la vérité. La vérité était que tu comptais toujours autant et ça faisait mal. Putain, ça faisait mal. Parce que t’agissais tellement mal avec moi. C’était à se demander si tu m’aimais vraiment. Si tu aimais ce que je suis devenu. Je n’en savais rien. Alors non, je ne savais pas quoi dire, et je n’ai pas décrocher un mot jusqu’à notre point de chute. Garant la voiture à l’arrache, sortant avec une glacière remplis de poche de sang et de bières avant d’entrer dans ce qui allait être notre chambre pour la journée. En effet, ce n’était pas le luxe. Une cabane de jardin, minuscule. Avec un seul lit et le strict minimum. J’ai déposé mes affaires sur une table qui se trouvait au centre, me tirant une poche avant d’aller m’assoir à même le sol sur ma veste, contre le mur. Il n’y avait pas de chaise. Il n’y avait rien. Juste ce lit unique et cette table. Mais au moins, on ne risquait plus de craindre les rayons du soleil.

« T’as cas le prendre, je dormirais par terre. Pourquoi il t’a quitté Amarok ? Ca avait l’air d’aller vous deux. Enfin… Remarque j’en sais rien, c’était y’a deux ans. »

J’ai vidé une gorgée de sang, te regardant. Désolé si ma question était déplacée, je voulais juste essayer de faire la conversation. On était coincé là pour la journée. Pour les prochaines heures à venir, et très franchement je n’étais pas convaincu qu’on réussirait à dormir ni l’un ni l’autre. Alors autant essayer de rendre la situation agréable plutôt que de se tirer la gueule ou de se crier dessus. Ca faisait longtemps que l’on n’avait pas eu de vrai discutions toi et moi. Tellement longtemps… alors pourquoi ne pas essayer, comme deux personnes civilisées. On n’avait rien à perdre. Alors oui, peut-être que ma question n’était pas la bienvenue mais je faisais de mon mieux. Tu pouvais me croire. Je faisais de mon mieux pour essayer de rendre la situation plus que normal. Parce que toi et moi, enfermé ici, dans cette cabane pour quelques heures, ça m’angoissait. Ca me faisait peur. Non pas que je ne me faisais pas confiance. Ce n’était pas ça. Mais ça faisait tellement longtemps que ça ne nous était pas arrivé. Peut-être même que ça n’avait jamais été le cas. Echanger, comme ça, naturellement, sans se prendre la tête. Je me suis allumé une clope, continuant de boire ma poche de sang. Te regardant furtivement. Tout ce que je demandais c’était de passer un moment normal. Rien de plus. De toute manière on était là, on n’avait pas le choix. Aucune porte de sortie. Que dalle.

« Y’a du whisky dans la boite a gant. T’en veux ? »

Boire, c’était tout ce qu’on avait après tout. Peut-être que ça nous aiderait à se détendre. Peut-être que ça aller nous faire parler, sans filtre, sans rien. Peut-être qu’au final, ça nous détendrait ? Vas savoir. Mais toutes les méthodes étaient bonnes pour essayer de détendre l’atmosphère tu ne crois pas ?





©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach


I'LL SING IT ONE LAST TIME FOR YOU. THEN WE REALLY HAVE TO GO. YOU'VE BEEN THE ONLY THING THAT'S RIGHT IN ALL I'VE DONE. AND I CAN BARELY LOOK AT YOU. BUT EVERY SINGLE TIME I DO I KNOW WE'LL MAKE IT ANYWHERE. AWAY FROM HERE. LIGHT UP AS IF YOU HAVE A CHOISE. EVEN IF YOU CANNOT HEAR MY VOICE I'LL BE RIGHT BESIDE YOU DEAR
Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 572
Points RP : 533
Date d'inscription : 22/04/2017

Last chance, nothing more for us
« I'm unstoppable. I'm a Porsche with no brakes. I'm invincible. Yeah, I win every single game. I'm so powerful. I don't need batteries to play. I'm so confident, yeah (I'm unstoppable today).Unstoppable today, unstoppable today...»


Dur. Inflexible. Ancré dans ta si grande et si belle philosophie de vie. C'est un peu comme ça que je te voyais désormais. Que je te percevais. Figé dans cet état d'esprit n'allant toujours qu'à l'encontre du mien : “Mais on en a tous chier putain. Tous. On a tous un sire qui commet des atrocités ou qui merde à un moment où un autre. Arrête de balancer tes fautes sur le compte de Djibril. C’est le premier des enculés ça je te l’accorde, et je comprends, putain je comprends qu’il t’ai fait du mal. Mais c’est pire quand on sait que toi aussi t’en as fait, du mal.” Et… une peine perdue, voilà tout ce que nous étions devenus. L'un pour l'autre. Puisqu'on ne se comprendrait jamais, vu que jamais on ne prendrait les choses du même côté. Tout ce que j'essayais de te dire ne trouvant d'écho que dans ces vents contraires qui nous éloignaient.

Alors ça ne valait plus le coup d'insister. Tu ne crois pas ? Pour te retrouver, j'étais prêt à ce premier sacrifice. Finissant de me relever dans un sourire désolé. Mon regard ne te témoignant plus aucune animosité. Conscient que ça ne servait plus à rien de m'agiter. Ma tête arrêtant dès lors de penser et mon corps prenant le relais lorsque mes jambes se dépliaient. Me relevant avec moins de difficultés que je le prévoyais. Tu vois. Plus rien ne me paraissait compliqué.

Tandis que j'avançais. Vers toi. Marchant droit dans ta direction. Celle que tu me montrais, au moins pour ce soir en tout cas. Le cœur lourd, écrasé par un poids que rien n'arriverait plus à soulager. J'en étais persuadé. Le brouillard tombant et retombant devant mes yeux ne faisant que s'épaissir au lieu de se dissiper. Vraiment. On devrait se remettre en route.

Puis le reste, on verrait plus tard. Ou pas. Des fois, mieux valait se défaire de nos propres émotions. Si tu savais comme je voudrais ne plus rien ressentir du tout. Aujourd'hui, l'utilité d'essayer de te convaincre de certaines choses m'échappant. Et je réalisais que cette envie là aussi m'avait lentement quitté. Peut-être que je ne tenais pas mes engagements, c'est vrai. Pour autant, ça ne justifiait pas que tu puisses encore et encore me répéter qu'on en avait tous chiés. Non. Parce-que ce que je te demandais là, ce n'était pas un avis. Un jugement sur mes actes. Mais juste un peu de compassion, est-ce que ça te paraissait aussi compliqué ? Pourquoi tu t'obstinais à faire l'impasse dessus putain ! Pour une fois, rien qu'une petite fois, j'aurais aimé que tu les vois elles. Noora et notre fille. Derrière moi. J'aurais tant aimé que tu me parles d'elles. Que tu ne ramènes pas ce qui pouvait m'être si personnel, ce qui pouvait me toucher d'aussi près et me heurter dans ma chair, à tous les autres. Jusqu'à en faire un état général. Mais toi, tu me parlais de douleurs physiques. Uniquement.

Tes affirmations, je n'y répondais donc pas. Pas persuadé. Doutant qu'on ait tous un sire susceptible de commettre des atrocités à un moment donné. Te conseillant de revoir tes classiques. Sur quoi je remontais en voiture. Notre essentiel se résumant surtout au fait que tu n'attendais plus rien de moi. Un deal qui m'allait bien. Te laissant consulter ta carte en me recalant dans le siège. Ceinture bouclée. Tes reproches s'asséchant comme mes larmes sur mes joues. Malgré ce choix de revenir, pour te reconquérir jusqu'à ce qu'il avoue m'aimer encore. Jusqu'à ce qu'il me prenne en otage. Chacune de mes hésitations entre toi et lui m'ayant conduit à cette situation inextricable.

Présent, mais tellement absent. La route défilant au travers du pare-brise. Ruminant tes reproches : “Tu ne me supportais plus mais pourtant t’as voulu me garder pour l’éternité. Ton éternité n’a duré que quelques semaines avant de me laisser tomber parce que tu t’es rendu compte que rien n’allait comme tu l’aurais souhaité. T’as pris la décision de baisser les bras et de me laisser dans un noir permanent. Terrorisé, paniqué.

L'importance de trouver un abri avant le levé du jour me paraissant beaucoup moins secondaire quand tu évoquais l'idée qu'on passe les prochaines heures isolés tous les deux dans cette cabane de jardin. Dont la taille ridicule nous promettait une proximité aux limites de l'indécence. Seulement, par ma faute on avait plus d'autre choix. Et comme si j'arpentais le couloir de la mort, j'entrais. Me sentant à l'étroit à peine la porte refermée. Les yeux détaillant le lit. Pendant que toi, tu te sortais une poche de sang de la glacière. Ça aurait presque pu avoir l'air romantique. Presque. Si de nouveau, il n'y avait pas eu cette angoisse sourde. Violente. Cette peur de me retrouver seul avec toi. Des souvenirs de nous affluant sans que je ne sache les contenir. Rien n'allait. Rien ne se passait jamais bien. Le dégoût que mon corps dans le tien t'inspirait. La douleur physique qui en découlait. Et tous tes sourires aussi. Tous ces gestes de tendresse que tu avais eu se transformant en insultes. En mépris. En coups, marquant ma peau comme les poings de Djibril.

Je n'étais pas fort Ezechiel. Je n'étais pas quelqu'un de fait pour toi. La preuve, avec ta question : “Pourquoi il t’a quitté Amarok ?” Une question sortie de nulle part, à la suite de laquelle repris d'un vertige je m'asseyais sur le lit. Retirant mes pompes et me calant aussi confortablement que possible. Culpabilisant juste de t'obliger à garder le cul par terre.

- Il s'en veut. De t'avoir fait du mal, de s'être immiscé entre toi et moi. Il est persuadé que sans lui, on serait toujours ensemble. Et puis… il y a eu toutes mes hésitations. Parce-que je ne savais pas ce que je voulais. Pas avant qu'il me dise enfin qu'il m'aimait encore. Et il y a tous nos mensonges aussi. Mais les miens surtout, parce-que je lui ai demandé de te cacher que j'étais toujours vivant et qu'il a accepté. Pendant tout ce temps, il s'est exfiltré de Riverdall juste pour venir me donner de son sang et s'endormir dans mes bras. Je suis qu'un con. Et je n'ai que ce que je mérite. Il a raison, jamais je ne pourrais rivaliser avec Tao. Aujourd'hui, sa vie c'est le combat qu'il mène. C'est respectable…

Respectable. Son peuple, les pouvoirs des anciens, le rituel pour rejoindre les rangs des sorciers. Adepte du wiccanisme. Lui, tout ce qu'il désirait, c'était aider. Les siens, les nôtres, tout le monde. Vous marchiez tous sur la tête en réalité. En créant des alliances hypocrites et ne reposant que sur des non-dits. Comme si les offensés d'hier pouvaient oublier et que leurs anciens bourreaux n'étaient plus que des repentis. Crois-moi. Je savais de quoi je parlais. Après tout, ça faisait juste trois siècles que je me battais contre mes instincts. Alors tu vois, on repasserait pour les pseudos sauveurs.

- Il dit aussi qu'il est de toute façon condamné à mourir et qu'il vaut mieux arracher le pansement d'un coup. C'est tout. Alors s'il te plaît, continue à me détester mais pardonne-le. Il a besoin de toi. Il a besoin de retrouver son ami. Il ne mérite pas ta colère. Quand il viendra te trouver, pense à ça.

Me laissant basculer, je m'allongeais. Frottant mon visage. Les mains froides, mes jambes se rempliant compulsivement. Tout ça était absurde. Nous coincés ici. Lui tout seul. Puis ton mec qui devait se ronger les sangs de te savoir loin de lui. Néanmoins, je prenais l'initiative de t'inviter à venir te poser à côté de moi. Tapotant sur le matelas. Doucement. Tout en tournant la tête pour te regarder. Prêt à m'excuser pour tout à l'heure, c'était minable.

- Je suis désolé. De t'avoir embrassé, puis aussi de nous avoir planté dans le décor. C'est vrai tu sais. Je veux dire que je ne tiens jamais mes engagements avec toi. J'ai la trouille quand t'es là. Je sais pas comment te parler ni comment te prendre. Et non, j'en veux pas. Merci. L'alcool est mauvais conseillé.

Tu ne savais pas toi. Tu ne m'avais pas vu me mettre dans des états si minables que même Divine s'abaissait à me ramasser dans les bars. Une poche de sang par contre, je ne cracherais pas dessus.

- Par contre, si t'as des poches en trop j'en veux bien une. Sinon je m'en passerais.

J'avais l'habitude.

Et les habitudes avaient la vie dure il paraît.

Qu'est-ce que je pourrais bien ajouter de plus à ça ? En dehors de te demander pourquoi tu restais aussi loin, gardant tes distances comme ça. Je n'allais pas te manger tu sais. Me disant que peut-être, tu souffrais du même mal que moi. Ou alors… rien. Par conséquent, je relançais la conversation. Certains trucs me tenaillant.

- T'as vu qui l'autre soir ? Au château. Le fantôme ou l'esprit, enfin... ce truc là qui t'a fait si peur, c'était qui ?

Ça m'intriguait. Comme tant d'autres choses. Des choses que je taisais, par crainte de devoir t'entendre me hurler ton bonheur à la gueule. Comment tu l'avais rencontré, Nick Murphy. Comment il s'y prenait pour te rendre aussi heureux, quand moi je ne savais que te causer du chagrin. Comment tu imaginais ton avenir avec lui, ta peau ne portant plus le prénom de mon père tatoué à l'encre indélébile sur ton torse. Notre idylle ayant péri sous le feu des bombes. Est-ce que tu penses qu'elle pourrait reposer en paix ? Est-ce que tu as l'impression qu'on pourrait se retrouver ?

Sous une autre forme sans doute. Avec d'autres buts à atteindre que celui de recommencer à s'aimer. Parce-que c'est bien ce que tu voulais non ? Qu'on réapprenne à vivre ensemble sans vraiment l'être.

À condition que tu m'accordes un peu de temps.

Rancunier. Trop en colère. Contre moi-même, contre nous deux, contre tous ces coches qu'on avait raté. Contre tous ces trains dans lesquels on avait refusé de monter. Contre cette vie de misère et éternelle. Maintenant viens. Accorde-moi ce privilège. Celui de prendre un peu soin de toi comme je prenais soin de lui. Culpabilisant de te voir assis au sol, proposant d'y dormir. Promis. Rien ne t'arriverait. On avait vu pire, qu'est-ce qu'on risquait encore...

© 2981 12289 0


Fire & Ice
ELIJIAH HASSAN JAZEEM
I'LL SHOW YOU THAT I AM

Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

Revenir en haut Aller en bas
Last chance, nothing more for us ◘ Ezechiel
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Island Of the Damned ::  :: Galway :: La Ville-
Sauter vers: