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 Les disparitions sont plus affreuses d'être sans traces [Pv : Daryl

♦ Lycanthrope ♦
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Les disparitions sont plus affreuses d'être sans traces


Une pluie diluvienne s’était abattue sur Gallway pendant deux jours entiers. La maison familiale déjà rendue insalubre par le temps et les évènements irlandais, avait décidé de me faire passer un message. Quand tout le chamboulement s’était calmé, j’avais pourtant fait de mon mieux pour tenter de la remettre à flot, mais j’avais de petits moyens et une passion plus que prenante. J'avais alors fait le stricte minimum, pour retrouver un minimum de tenue avant de me laisser submerger par l'inspiration. Toutefois cette fois, je n’avais pu faire autrement. Le toit avait commencé à lâcher par endroit. L'eau s'était infiltrée sous les combles et attaquait l'intérieur si bien que des cloques s'étaient formées sous la peinture du plafond. Alors les deux jours suivants, j’avais fait de mon mieux pour réparer tout ça. Ne pouvant clairement pas m'en sortir tout seul, j'avais fait appel à quelques amis qui étaient bien plus manuels que moi. Nous avions terminé en une journée et demi et pour les remercier, je les avais invité à un barbecue le soir-même. Bières et viandes à volonté - ou presque, ils n’avaient su refuser bien évidemment. Pourtant, s’ils l’avaient fait, j’aurais compris leur raison. Une raison qui se nourrit de sang humain, que peu ici ne semblait apprécié. Non. Que tous détestaient devrais-je dire. Une haine que je ne pouvais toujours pas assimilée. Je la comprenais malgré tout, elle était légitime et je serais mal placé pour leur lancer la pierre. Mais je me refusais de l’accepter et de la voir comme une fatalité. Le vampire était ce qu’il était et j’arrivais à voir au delà.

_ Tu es juste un abruti naïf, m’avait dit Mike. Ou alors tu refuses de voir ce qu’on voit tous.

Rien ne t'obligeait à venir si tu ne voulais pas. Je te rappelle quand même qu'il n’est pas là ce soir. Alors profitons-en pour nous éclater et nous retrouver !

Le ton avait été fermé, la voix dure. Pourtant je savais bien qu’il avait raison. Je refusais certainement de voir. J’ignorais par contre la raison de cette cécité. Je m’en fichais. Je n’avais pas à me poser ce genre de questions. J’appréciais simplement sa compagnie et je pensais cela réciproque. Ca me suffisait amplement. Pendant que je faisais griller la viande Cathy vint me voir, toute timide qu’elle était. Cathy était la petite soeur de Mike. Elle était tout son contraire. Elle était délicate, toute petite, adorable et toujours serviable. Je connaissais Mike depuis mon retour et sa franchise m’avait tout de suite plu. On s’était souvent pris le bec. On s’était même déjà battu lorsque trop alcoolisés. Le lendemain, Cathy venait me voir avec quelques gourmandises pour s’excuser du comportement de son ainé.

_ Tant qu’il ne fait de mal à personne, m’avait-elle chuchoté.
Toi au moins tu me comprends Cathy, je lui fis un clin auquel elle gloussa comme une enfant. Je dois garder des enfants demain après-midi, si tu n’as rien à faire, joins toi à moi, les enfants t’adorent.

Elle gloussa de nouveau avant d’acquiescer et de rejoindre les autres mâles qui avaient déjà trouvé un nouveau débat. Une fois la viande cuite, je fus acclamé comme le Messie et le reste de la soirée se déroula le plus normalement du monde. Beuverie et démonstration de force. Le genre de soirée auxquelles j'avais rêvé de participer lorsque j'étais enfant. Aujourd'hui, elles me pesaient. Il me manquait quelque chose de crucial. Et j'étais le seul à blâmer pour ça.

Le lendemain était arrivé. Les enfants avaient été déposés chez moi presque tous à la même heure. Je me retrouvais donc seul avec 6 enfants en bas âge. Heureusement que j’en avais l’habitude, autrement j’aurais dans un sacré pétrin. Cathy n’était pas venue. Sur le moment, je ne m’en étais pas inquiété, pensant qu’elle avait certainement trouvé mieux à faire et qu’elle avait oublié de me prévenir. Toutefois, ça ne lui ressemblait pas. J’attendis tout de même que les enfants soient rentrés chez eux avant de m’inquiéter pour de bon. Je chevauchais ma moto et fonçais chez elle. Personne. La porte était fermée. Les lumières éteintes. Rien ne laissait supposer qu’il lui était arrivé quoi que ce soit. J’allais alors chez son frère. En règle générale, si elle n’était pas chez elle, elle était avec Mike.

_ Ben elle devait aller chez toi cet aprem et après faire quelques courses en ville. Elle n’est pas venue ?
Non. Mais ne t’inquiète pas, je suis sûr qu’elle est pas loin.
_ Si ton connard de vampire lui a fait quoi que ce soit…., gronda-t-il.
Callan n’est pas dans le coin et nous sommes en pleine journée. Pour l’instant, il n’y a pas de quoi s’inquiéter !

Il fronça les sourcils avant de me taper l’épaule amicalement. Il se doutait que je mettrais tous les moyens à ma disposition pour la retrouver. Si vraiment ce n’était pas le cas, je reviendrais le voir. Il se défoulerait certainement sur moi, mais j’en avais l’habitude maintenant. Je remontais alors sur ma bécane et allais trouver le seul en qui j’avais suffisamment confiance pour le mettre dans la confidence. Daryl. Un ami d’enfance de longue date bien qu’on s’était un peu perdu de vue après mon départ. Je le trouvais autour d’un feu de camp, à siroter une bière.

Salut Daryl ! J’aurais besoin de ton aide.

Je glissais les mains dans mes poches et affichais une mine grave et troublée. Cathy, je l’aimais vraiment beaucoup. Une jeune femme qui n’avait jamais rien fait de mal, qui faisait tout pour apaiser les tensions et qui le faisait bien mieux que moi. Elle était aussi le point de repère de Mike. Si elle venait à disparaitre de la surface de la Terre, je ne donnais pas cher des personnes qui en seraient responsables.

Une amie à moi a disparu. Catherine Scott, Cathy. On devait se voir cet après-midi et elle n’est pas venu. Elle n’a pas déclenché son gêne et j’ai peur qu’il lui soit arrivé quelque chose.

Le regard était sombre, la voix presque tremblante. Après Evy, j’avais évité le plus possible le contact avec les autres êtres vivants. Je craignais de m’attacher, peut-être même un jour de tomber amoureux et de commettre encore l’irréparable.

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Cameron ▬ Can't handle the anger, the hunger, the pain. Can't control the nightmares, my dreams remain the same. I'm holding on to the memories of your face. And all I've got for now, is that stupid necklace. | ©️ Vent Parisien



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Disparitions

Après le temps désastreux qu'il avait fait ces deux derniers jours, les esprits des plus jeunes commençaient à s'échauffer alors qu'on les avait consignés à l'intérieur. Sans télévision et ordinateur, ils s'ennuyaient vite. Et l'ennui conduisait aux bêtises. Rien qu'hier, Daryl avait du emmener l'un des garçons se faire raccommoder. Mettez des ados bourrés d'hormones ensemble, ajoutez le fait que l'un d'eux a déclenché son gène il y a peu, et à la chamaillerie de trop, une perte de contrôle qui conduit à un coup de griffe hémorragique. Rien de trop grave heureusement. Mais après ça il les avait sorti pour qu'ils aillent se défouler un bon coup. Ils en avaient vraiment besoin.

Aujourd'hui, il avait reprit là où ils en étaient sur le contrôle de cette nature primaire qui grondait en eux. Plus facile à dire qu'à faire quand tout ce qu'ils avaient en tête, c'était d'aller s'amuser. Au moins l'incident de la veille avait eu l'avantage de leur remettre les points sur les i, et ils étaient bien plus attentifs.
Il les avait lâché sur les coups de 18h, qu'ils aillent un peu s'amuser, ils l'avaient mérité, puis passa rapidement voir comment allait le blessé. Il écoperait d'une cicatrice, mais il en verra d'autres. Si au moins ça pouvait leur servir de leçon... le loup ne se faisait pas vraiment d'illusion là-dessus, si ça pouvait les tenir à carreaux au moins les deux semaines à venir, ce serait déjà ça de gagné.

Il fit un tour pour prendre connaissance de l'avancement des différents travaux entrepris dans le village. Certaines habitations étaient en cours de réalisation, il y avait aussi la culture des champs, l'entretien des véhicules qu'ils utilisaient principalement pour les raids, tout un tas de choses dont il aimait bien se tenir au courant. Puis passa par la maison de l'Alpha. Aindreas n'était pas là, comme tout un chacun, il avait des choses à faire par-dessus la tête. A son avis, il devrait parfois poser les choses, s'arrêter et se détendre un moment, prendre du bon temps ! C'est vrai, ce n'était pas la période idéale pour ça, mais il n'était pas tout seul, Aodh était là pour le seconder, et lui non plus ne le laisserait pas tomber. Comme tout le reste de la meute. Mais pour ce soir, ce n'était pas lui qu'il venait voir, mais plutôt Eireen. Enfin, il connaissait déjà la réponse qu'il venait chercher, papa As n'étant pas là, la jolie blonde devait garder la petite et ne se joindrait pas à lui ce soir encore pour le rendez-vous autour du feu de camp avec la bande habituelle. Par moment, il se sentait plus jaloux d'Aby que de As pour qui sa meilleure amie craquait pourtant visiblement. C'était complètement stupide, et il se sentait bien con en se faisant cette réflexion, mais c'était comme ça. Il se faisait voler sa meilleure amie par un bébé d'un an ! En même temps, Abigaël était tellement adorable que c'était impossible de lui en vouloir.
Après avoir mangé avec les filles, c'est donc seul qu'il le rendit jusqu'au grand feu qu'ils avaient l'habitude d'allumer chaque soir. A peine arrivé, il attrapa une bière qu'on lui tendait et s'installa autour du feu. Il appréciait ces moments où ils se retrouvaient, juste pour décompresser, parlant de tout et de rien. Il encourageait vivement les nouveaux arrivants à se joindre à eux lors de ces soirées, c'était l'idéal pour renforcer l'esprit de cohésion de la meute.

Les discussions allaient bon train quand une voix familière l'interpella. Relevant la tête vers son propriétaire, un sourire fendit le visage du loup en reconnaissant Cameron.

« Hey Cam' ! Ça fait plaisir de te voir là, viens, installes toi ! »

Il attrapait déjà une bière pour la lui tendre, mais remarqua bien vite le visage sérieux de son ami. Il haussa légèrement ses sourcils. Besoin de son aide ? Oui, bien sûr, pas de soucis. Le moins qu'on puisse dire, c'est que Cameron ne perdait pas de temps, droit au but !
Il savait qu'il avait eu quelques soucis au sujet d'un certain vampire, ça lui faisait plaisir de le voir venir passer un peu de temps avec eux, il avait l'impression que ces derniers temps, il avait tendance à s'éloigner un peu de la meute. Mais s'il pensa d'abord que ça avait un rapport avec sa prise de bec avec As, le brun déchanta aussitôt quand il commença à entendre parler de disparition. Son visage devint tout aussi grave que celui de son ami. Il jeta un regard aux autres qui continuaient toujours leurs discussions, et se redressa, s'approchant de Cameron afin de poursuivre un ton plus bas.

« ... Catherine Scott... oui, je vois qui c'est. La soeur de Mike, c'est ça ? »

Bon sang, voilà le genre de nouvelle qu'il n'aimait pas entendre. D'un signe de la tête, il invita Cameron à le suivre, s'éloignant un peu des autres. Le contexte général était difficile, il ne voulait pas les inquiéter dans ces rares moments où ils pouvaient penser à autre chose, ces rares moments où ils n'avaient pas l'impression d'être en prison, la proie d'un groupe de malades qui les prenaient pour cible de par leur différence qui en faisait tout d'un coup des cobayes de choix.

« Quand est-ce que tu l'as vu pour la dernière fois ? »

Assez éloigné pour ne pas être entendus des autres, mais assez proche pour que le feu les éclaire suffisamment et leur apporte même un peu de chaleur réconfortante, il invita son camarade à s'asseoir sur un énorme tronc qu'ils avaient renversé là en guise de banc.
Pourvu qu'il ne lui dise pas plus d'une semaine... ils avaient retrouvé un corps l'autre jour qu'ils n'avaient pas encore pu identifier. Trop abimé. Par ce qui l'avait tué, mais aussi par le temps de chiotte de ces derniers jours et les animaux du coin.

« Est-ce qu'elle a dit qu'elle se rendait quelque part ? Elle devait voir quelqu'un ? Tu sais si quelqu'un l'a vu avant cet après-midi ? »

La moindre information pouvait être utile. Il espérait franchement que Cam s'en fasse pour rien. Mais par les temps qui courent, on ne pouvait pas se permettre de prendre une disparition à la légère, même s'il ne s'agissait que d'une suspicion.
Daryl le sentait fébrile, et pour avoir vu Cameron à l'état de loque après la mort accidentelle de sa femme, il savait qu'il pouvait être très fragile. Il allait bien mieux ces derniers temps, mais on était jamais à l'abri d'une rechute, vu le climat actuel, c'était d'autant plus difficile de rester serein.
Il tapota le tronc à côté de lui, l'incitant à s'asseoir, et lui tendit tout de même la bière qu'il lui avait précédemment proposé. Il n'y avait peut-être rien de grave. Il l'espérait. Il se voyait mal annoncer à Mike que sa petite soeur avait été enlevé... ou pire.
Attentif et sérieux, il observe son vis-à-vis, près à prendre note du moindre détail qu'il pourrait lui révéler.

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Les disparitions sont plus affreuses d'être sans traces


Je n’avais pu me tenir éloigné de tous autant que je l’avais souhaité. La meute m’avait accueilli à bras ouvert, presque comme si je n’étais jamais parti. Bien qu’ils connaissaient en grande partie mon père, aucun ne m’avait reproché ce qu’il s’était passé. Au début, je pensais qu’ils en savaient plus que moi. Que mon père s’était confié à eux et m’avait laissé tiré mes propres conclusions dans mon coin, me forçant à nourrir une rage illégitime contre lui. Ils m’avaient tous poussé à m’ouvrir, à essayer de mettre de côté mes doutes et mes peurs. Surtout concernant ma nouvelle nature lycanthropique. Je doutais, encore aujourd’hui, mais je savais que je n’étais pas seul.

A peine arrivé auprès de l’ancien Bêta de la meute, celui-ci me tendit une bière, clairement ravi de me voir. Je ne pouvais nier que je l’étais aussi. J’avouais à demi mot m’être un peu éloigné de ma meute. Je n’avais rien contre eux, absolument rien à leur reprocher. Ils m’avaient soutenu même quand je ne le souhaitais. Ils ne m’avaient pas laissé tomber, soudés dans l’adversité. Puis il y avait eu Callan. Le vampire avait mis - sans le vouloir - une barrière entre eux et moi. Je l’avais bien voulu. Je m’en voulais. Ma générosité finirait par me perdre, ça, je n’en avais jamais douté.

Je ne tardais pas à lui expliquer le problème lorgnant la boisson qui m’était offerte. J’acquiesçais quand il se rappelait à voix haute qui était la personne dont je lui parlais. Je demeurais concentrer sur mon ami, la mine toujours sévère. Nous nous étions éloignés des autres que j’avais salué d’un signe de tête. Je n’avais pas besoin de m’attarder, ils avaient compris à la mine que j’affichais que quelque chose clochait. Dans une meute, tout le monde se connaissait. La majorité avait grandi ensemble. Si on aimait pas la vie en communauté, il ne fallait pas être loup. Pourtant, étant plutôt solitaire, je me trouvais bien parmi eux. Je reconnaissais prendre parfois mes distances mais finissais toujours par leur revenir.

Je l’ai vu hier. Mike, Phil, Steve et Cathy. On devait se voir cet après-midi mais elle n’est pas venue et ce n’est pas son genre.

Daryl était un très bon enquêteur, surtout quand ça concernait les siens. Il avait toujours été bienveillant et juste avec la meute. On avait pourtant eu quelques accrochages enfants. J’avais tout ce qu’il souhaitait et inversement. Nous nous taquinions gentiment bien qu’au fond nous nous enviions. Le désir de prendre la place de l’autre, au moins pour une journée. Puis il y avait sa transition. Mon départ. Mon retour mouvementé. La vie nous avait éloigné mais nous avions fini par nous retrouver. Dès le début, j’étais convaincu qu’il deviendrait un homme bien, quoi qu’on en dise. Un homme sur qui l’on pouvait compter aveuglément.

Elle devait m’aider à garder des enfants cet après-midi et ensuite faire quelques courses en ville d’après ce que m’a dit son frère. Je pense qu’elle a fait l’inverse et que c’est là qu’il s’est passé quelque chose, répondis-je. Elle a du voir son frère ce matin, comme toujours, puisque rien ne lui semblait anormal.

Daryl m’incita à m’asseoir à ses côtés. J’hésitais un instant, espérant d’abord que le loup me rassure pour que je puisse me détendre. Finalement je soupirais. A quoi bon se faire un sang d’encre s’il y avait aucune preuve. Mais je la connaissais. Elle ne pouvait pas disparaitre ici sans au moins prévenir son frère. Ca ne lui ressemblait pas. Elle avait une vie bien rangée, presque millimétrée. Je soupirais de nouveau, prenais la bière qui m’était tendue. Je l’ouvrais et avalais le tout d’une longue goulée désaltérante. Je sentais le regard presque oppressant du brun à mes côtés. Accoudé sur mes genoux, je poussais de nouveau un long soupir.

C’est pas pour moi qu’il faut t’inquiéter, dis-je enfin, me redressant pour regarder Daryl, Mais je connais Cathy presque aussi bien que son frère. Je suis passé chez elle, tout était éteint, tout était à sa place. Elle rentre toujours à la nuit tombée, et là, les volets étaient grands ouverts. Je suis quand même passé voir Mike avant, sans l’inquiéter pour autant, il ne l’avait pas vu non plus. Daryl, prononçais-je noyant mes prunelles azurées dans les siennes, j’ai un très mauvais pressentiment.

Je balançais ma tête en arrière, étouffant un râle d’inquiétude. Je n’étais pas le plus expressif de la planète. Je n’étais généralement pas le plus violent. Mais la jeune femme n’avait rien demandé. S’il lui arrivait quoi que ce soit, je me sentirais coupable. Si je ne lui avais pas demandé de m’aider, elle ne serait pas aller faire des courses. Elle était certainement partie acheter de quoi faire le goûter des enfants, sans que je ne le lui demande. C’était une femme exceptionnelle. Je n’avais aucun sentiment amoureux pour elle, je la voyais comme ma propre petite soeur et la protégeait comme telle.

Tu me connais. Tout… névrosé que je puisse être, je ne viendrais pas t’embêter si je ne pensais pas que c’était sérieux.

Je regardais de nouveau devant moi, observant en silence les autres qui rigolaient autour du feu. J’aimais cette insouciance que je ne partageais plus. Pourtant, tous - ou presque - étaient maintenant au courant de ces disparitions fréquentes. Ca ne pouvait pas être gardé sous silence ad vitam aeternam. Pas dans la meute. Pourtant, la volonté de préserver les plus jeunes était commune à tous. Moi le premier. Pessimiste, je ne souhaitais pas la transmettre à mes probables élèves. Ils étaient encore neufs dans ce monde et ne méritaient pas que l’on détruise tous les rêves et leurs espoirs. Je serrais le poing sur le goulot de la bouteille, à la limite de faire craquer le verre dans ma paume. J’agitais les mâchoires nerveusement, faisant malgré les apparences de mon mieux pour ne pas m’inquiéter plus que je ne l’étais déjà.

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Disparitions

Nerveux. Même si Daryl reconnaissait la volonté que Cam mettait à la contrôler, sa nervosité ne pouvait échapper à personne. Son angoisse semblait dégouliner par tout les pores de sa peau, et c'était tout à son honneur de s'inquiéter autant pour son amie, mais le brun espérait qu'il sache se calmer. Ça pouvait paraitre inopportun de penser une telle chose, déplacé voire même sans coeur. Après tout, s'il s'agissait d'Eireen il serait déjà en train de hurler après tout le monde pour aller la retrouver. Pourtant, s'il se montrait aussi stoïque, c'était bien parce qu'il ne pourrait pas gérer un loup en crise et une affaire de disparition en même temps. Aussi attentionné soit-il, Cameron avait un tempérament colérique reconnu, si on le couplait à sa fâcheuse tendance au pessimisme, la situation avait de quoi le conduire à la panique et au pétage de plomb. Daryl était soulagé de constater que malgré ce que devait ressentir son camarade en ce moment, il restait maitre de lui, énumérant tout ce qu'il savait au sujet de l'affaire qui les intéressait.

Tout en l'écoutant, le brun commençait déjà à réfléchir aux différentes actions à mettre en oeuvre au fur et à mesure qu'il accumulait des informations. Hier. La disparition remontait à moins de 24 heures. Il faudrait retourner s'assurer auprès de Mike que Cathy était bien passée chez lui ce matin. Ils allaient peut-être l'inquiéter pour rien si en réalité la jeune femme n'avait pas réellement disparue, mais si c'était le cas, jamais il ne leur pardonnerait de le lui avoir caché. Et une personne de plus à la chercher ne serait pas négligeable, car si elle avait bel et bien disparue dans la journée, il devait y avoir des traces, des indices qui pourraient les aider à savoir ce qu'il s'était passé. Peut-être même était-elle encore sur le territoire lupin ? Ils devaient alors agir vite. Mais partir dans tout les sens ne les mènerait à rien, il allait falloir être méthodique, le territoire était vaste. Mais si Cathy avait vraiment été enlevé, ça ne pouvait certainement pas être au coeur du village, un étranger aurait été aussitôt repéré. S'ils trouvaient où elle s'était rendue, et à quel moment elle avait disparue plus exactement, ils auraient alors un bon début de piste et une chance de savoir ce qu'il s'était passé. Et de la retrouver, il fallait le souhaiter.

« ... »

Daryl ne put que sourire légèrement et acquiescer lorsque son ami le réprimande sur le sujet de son inquiétude. Qu'il ne s'y trompe pas, le loup s'inquiétait tout autant des membres de la meute qui n'avait pas déclenché le gène que des autres, mais il connaissait Cam' depuis qu'ils avaient une dizaine d'années, et contrairement à Cathy, celui-ci était juste sous ses yeux en train de se ronger les sangs, alors forcément, il s'en faisait également un peu pour lui.
Si jamais il avait fallut le convaincre davantage de l'inquiétude qui torturait le peintre, le regard qu'il posa sur lui à cet instant aurait achevé de le décider à lancer les recherches. Cependant, il n'avait pas besoin de ça, comme le soulignait justement Cameron, il n'était pas du style à crier au loup pour rien. Daryl ne connaissait pas aussi bien Catherine que son ami, mais il faisait confiance à son jugement.

« Je sais. On va aller la chercher, d'accord ? »

Tout en prononçant ces mots, il posa sa main sur l'avant-bras de son ami, et le pressa fermement, cherchant son regard pour qu'il y lise sa détermination. Il n'allait pas le laisser tomber, ni lui, ni Cathy. Il avait bien remarqué les muscles tendus, la mâchoire serrée et la veine palpitante. Il ne voulait pas le voir exploser maintenant. On ne laissait pas tomber un membre de la meute, c'était une évidence. Mais s'il avait besoin de se l'entendre dire de vive voix ne serait-ce que pour s'apaiser un peu, alors il le lui dirait.

Relâchant sa prise, Daryl se releva. D'ordinaire, il aurait préféré attendre le lendemain matin avant de lancer des investigations, mais si la disparition était réellement aussi récente, il fallait partir à sa recherche le plus vite possible. Si elle avait été enlevé, que ce soit par Tullamore ou quelqu'un, quelque chose, d'autre, ils auraient bien plus de chance de la retrouver en un seul morceau s'ils la retrouvaient avant qu'elle ne quitte leur territoire.

« Je suppose que tu es venu avec un véhicule ? Attends moi là-bas, j'en ai pour deux minutes. On va la retrouver, ok ? »

Il ne pouvait pas en faire la promesse, mais si Cameron prenait son pessimisme pour de la réalité, Daryl préférait se dire qu'en souhaitant le meilleur, cela donnait plus de possibilités à celui-ci d'arriver. C'était comme ces soirées autour du feu. Si Cameron les prenait pour de l'insouciance, Daryl les voyait comme une autre manière de lutter contre leurs bourreaux. Chaque sourire, chaque rire, qui se peignait sur le visage des siens faisait la nique à ceux qui les avaient réduits au statut de prisonniers. C'était un refus de se montrer comme des victimes. Ils vivaient avec force, malgré les morts, malgré les disparus, malgré tout ceux qu'ils pouvaient leur prendre. Ils ne courberaient pas l'échine quoiqu'il en coûte.
Enfin pour ce soir, la fête était finie. La situation rapidement expliquée, il réparti les rôles. Dès qu'ils auraient un peu plus d'informations, il faudra prévenir As ou Aodh. Ils devraient se déplacer à minima par paire. Trouver les loups qui patrouillaient dans les terres, si jamais ils avaient repéré quoique ce soit de suspect. Retourner voir Mike pour vérifier que Cathy était bien passée dans la matinée, puis aller contrôler les endroits que le frère savait qu'elle aimait fréquenter. Retourner chez Catherine, et essayer de refaire son trajet pour voir à quel moment ça avait merdé. Il se gardait cette dernière mission, rejoignant alors Cameron qui l'y accompagnerait.

« ... »

Ah. Il était venu en moto donc. Hm. Il aurait du y penser. Enfin, ça ne les empêcherait pas d'arriver à bon port.

« Vas-y, grimpe, on retourne chez Catherine. »

Enfourchant la bécane à sa suite, il monte derrière lui, et s'accroche à sa taille. Si Catherine avait laissé une note, ou quoique ce soit qui indiquerait qu'elle était partie faire Dieu sait quoi... non, il n'y croyait pas une seconde. Surtout que Cam' était déjà passé, déjà dans l'optique de savoir où elle avait disparu, s'il y avait quoique ce soit de bizarre, il l'aurait sans doute remarqué. Ils allaient s'en assurer sur le champ. Et puis, avec un peu de chance, à la façon dont il traquait les proies en forêt lors des chasses, il pourrait peut-être également remonter sa piste, même si cela s'avèrerait bien plus compliqué. On pouvait toujours essayer.

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Les disparitions sont plus affreuses d'être sans traces


Je savais que je pouvais compter sur Daryl. Je l’avais toujours su. Qu’elle que fut la situation. Il me connaissait suffisamment pour trouver les bons mots. Et quand bien même il n’y parvenait pas, j’avais cette tendance à me détendre face à sa maitrise générale, de lui-même et des autres. Ce n’était pas pour rien qu’il était le mieux placé pour aider les nouveaux loups à gérer leur nouvelle condition. Il tentait de me rassurer, toujours. Pourtant, il finit par céder à mon inquiétude et accepta qu’on aille à la recherche de Cathy. J’en frissonnais de penser à elle, m’inquiétant qu’il puisse lui être arrivé quoique ce soit. Je ne me le pardonnerais jamais. Mike non plus à n’en pas doutait. J’allais donc attendre près de ma moto, à peine appuyé dessus, jouant nerveusement avec les clés. Je les faisais tourner entre mes doigts, le regard fixé sur un point inconnu, attendant que mon ami me rejoigne.

Obéissant à l’ancien Bêta de la meute, je prenais place derrière mon guidon. Le grondement de la bécane résonna tout autour de nous pendant que je faisais rugir le moteur. Je n’avais jamais été un adepte des grosses cylindrés mais il était quand même plus pratique de se déplacer sur cet engin. Contre toute attente, j’avais vite maitrisé l’outil. Je m’étais rappelé tout ce que mon père avait bien pu m’en dire. Je savais pertinemment que je n’avais pas le profil du type à conduire ce genre de choses. Mais ça m’amusait de casser cette image d’intellectuel un peu coincé parfois. Contrairement aux apparences, moi aussi je savais m’amuser. Je secouais doucement la tête. Je me rendais bien compte que j’étais ridicule de penser cela. Je m’inquiétais à la moindre situation anodine et faisais une montagne d’une taupinière.

Daryl s’assit derrière moi, encerclant ma taille de ses bras. Je démarrais en trombe et prenais la direction de la maisonnette de Catherine. Nous y arrivions en quelques minutes. J’avais peut-être roulé un peu plus vite que prévu. Je m’en excusais auprès du brun attendant qu’il descende afin que j’en fasse de même. La moto sur sa béquille, je rejoignais Daryl devant la porte d’entrée. La maison de Cathy était bien mieux entretenue que la mienne. Son frère l’avait remise en état en un rien de temps. Il était beaucoup plus doué que moi pour les travaux manuels, c’était une évidence. C’était d’ailleurs pour cela que je faisais maintenant appel à lui dès que je coinçais sur de l’électricité ou de la plomberie. Pourtant, il y avait une seule chose qui n’avait volontairement pas été réparée.

Juste devant la porte d’entrée, une lampe pendait du plafond. Une lampe qui était sensée s’allumer à l’approcher des visiteurs. Toutefois, Cathy avait jugé utile de la débrancher. Elle cachait le double de ses clés de maison dans le fond, et avec la lumière, la cachette n’en était plus une. Faisant presque partie de la famille depuis quelques années, elle m’avait bien évidemment mis dans la confidence. Je rejetais un coup d’oeil rapide à travers la fenêtre mais comme la première fois, je ne distinguais rien de plus que l’obscurité. Je secouais la tête en direction de Daryl, lui faisant comprendre que je ne voyais rien, qu’il n’y avait vraisemblablement personne.

Prudemment, je décidai d’ouvrir la porte. Je fis lentement tourner la clé dans la serrure, à l’affût du moindre son. Il ne fallait pas se laisser surprendre. On n’était pas à l’abri que quelqu’un se cache derrière la porte, prêt à sauter sur la première personne qui tenterait de pénétrer les lieux. Ou même Catherine qui, alertée par les bruits, aurait saisi une arme de fortune afin d’attaquer ses probables assaillants et se défendre par la même occasion. Bien qu’elle n’avait rien déclenchée et qu’elle était la plupart du temps protégée par Mike et ses amis - moi y compris - elle savait tout de même se défendre.

Enfin la porte était ouverte. J’attendais quelques secondes avant d’entrer. L’odeur qui se dégagea envahit mes narines, réveillant en moi de tendres souvenirs. L’odeur d’une femme qui savait entretenir son logement. J’avais beau faire comme Evy m’avait montré, je ne faisais pas aussi bien qu’elle. Alors à chaque fois que j’entrais chez Cathy, je retrouvais cette odeur si féminine, si subtile, si douce. Je pris une profonde inspiration, voulant en imprégner mes narines jusqu’à m’en souvenir dans plusieurs heures. Mais soudain je fronce les sourcils.

Tu le sens aussi ? demandais-je à Daryl.

Une odeur très poivrée, presque écoeurante. De légères traces de transpiration dans l’air pourtant suffisamment imprégné dans l’espace fermé pour que je le sente. Je serrais les poings. Ca n’annonçait rien de bon, confirmant peu à peu mes craintes. J’allumais enfin la lumière et constatais que mon instinct était loin d’être aussi mauvais que je le pensais. Une tasse était restée à côté et connaissant la demoiselle, ce n’était pas normal. Elle était plutôt le genre de personne qui nettoyait tout de suite ce qu’elle venait d’utiliser. Sa maison était toujours impeccable, alors ce premier indice là ne m’inspirait pas confiance. Et là n’était que le début. Je baissais le regard au sol et mon coeur se serra. Le sac de Cathy était au sol, son contenu éparpillé à côté. Son téléphone, son porte monnaie, son rouge à lèvre, tout était là. Je m’accroupis et entrepris de me saisir de son téléphone pour voir qui l’a appelé en dernier mais mes prunelles furent attirer par une tache sombre. Je fronçais les sourcils d’avantage encore alors que je pensais que ce ne serait plus possible. Je trempais un doigt hésitant dans le liquide. J’en reconnu immédiatement la texture. Je me redressais d’un bond et approchais de mon ami, lui tendant mon doigt souillé.

Je pense que j’avais raison de m’inquiéter.

Etonnamment mon ton était plus calme que je ne l’aurais pensé. Bien sûr ça ne traduisait pas le fond de ma pensée. En cet instant, je bouillonnais de rage. Je n’avais qu’une hâte, que l’on se dépêche de trouver qui avait bien pu toucher à un cheveux de la brunette pour que je le lui fasse payer. Et entre nous, il valait mieux que ce soit moi plutôt que Mike. Il n’était pas un tendre et ne ferait pas dans la demi-mesure. Moi, je me contenterais de le tabasser à mort, sans m’arrêter. Mike lui, prendrait tout son temps. Attendant que l’ancien Bêta dise quoi que ce soit, je me mis à tourner en rond tel un lion en cage, me retenant de tout casser autour de moi pour évacuer cette vague de colère. Elle m’en voudrait si je cassais ses meubles. Je finis par sortir précipitamment, sentant mes yeux virés au jaune et allais me défouler sur le premier arbre venu. Oui, je savais bien que ce n’était pas une solution, mais ça me faisait un bien fou. Je soupirais lourdement et retournais à l’intérieur pour voir ce que le loup avait à dire.
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Disparitions

Cameron conduisait vite, très vite. Si d'apparence il maitrisait tant bien que mal son inquiétude, celle-ci transparaissait d'elle-même dans sa manière de conduire. Arrivés devant le bâtiment, Daryl resta un peu en retrait, observant la façade de la maison tandis que Cam' allait de nouveau jeter un oeil par la fenêtre. Le bâtiment avait l'air tranquille. Honnêtement, s'il espérait vaguement trouver un indice sur l'endroit où se serait rendue Catherine, jamais il n'aurait imaginé que la disparition ait eu lieu ici-même, si proche du cœur du village. Pourtant il du revoir ses suppositions sitôt que Cameron eut ouvert la porte, une odeur qui ne lui disait rien qui vaille venant chatouiller son odorat sensible. Laissant son ami s'engouffrer le premier dans les lieux, il s'avança dans la maison à son tour, inspirant profondément par le nez pour capter les odeurs du lieu. Tournant son regard vers Cameron qui l'interpellait, il hocha lentement la tête.
Il ne côtoyait pas suffisamment Cathy pour s'être imprégné de son parfum et la reconnaitre au flair, mais il y avait ici quelque chose de... masculin. Et puis surtout, cette odeur de poivre qui lui piquait le nez, et couvrait presque celle plus inquiétante et caractéristique de mauvaises choses : du sang. Elle aurait très bien pu recevoir de la visite, et s'être blessée lors de quelconques travaux. Ça c'était la version pour relativiser. Mais alors que Cameron allumait les lumières, ils purent rapidement voir d'autres traces. On s'était battu ici.

Laissant Cameron fouiller de son côté, Daryl se tourna vers la porte, quelque chose l'intriguait. Elle était fermée à clé quand ils étaient arrivés. Et il imaginait mal quelqu'un sortir avec Cathy sous le bras, ils auraient forcément été repérés. Le brun se retourna vivement en entendant le peintre se relever d'un bond, et venir ensuite lui fourrer sous le nez son doigt ensanglanté. Non, assurément... si Cathy ou son agresseur était blessé, ils se seraient d'autant plus fait remarquer.

« Cam... »

Il ne savait pas trop quoi lui dire pour le rassurer en le voyant ainsi faire les cent pas. De toute évidence, il avait eu raison de s'inquiéter pour son amie.

« Ça ne veut pas dire qu'il est arrivé le pire, elle va peut-être bien, on en sait rien. »

Bon, même si présentement, ça se présentait plutôt mal. Il ne chercha pas à retenir Cameron quand celui-ci sorti précipitamment de la maison, comprenant parfaitement qu'il avait besoin de se défouler. Il le rattraperait plus tard si jamais il ne revenait pas de lui-même. Pendant ce temps, Daryl s'accroupit à son tour près de la tâche de sang, et fit comme Cameron avant lui, touchant du bout de l'index le liquide vermeille. Le sang était froid, évidemment. Cependant, il n'avait pas encore séché, cela signifiait que cela ne remontait pas à si longtemps que ça. Ce qui l'inquiétait - en plus de la disparition de Cathy évidemment - c'était de savoir qui avait pu faire ça ? Des agents de Tullamore n'auraient jamais pu s'infiltrer aussi facilement dans le village sans que personne ne les remarque. D'un coup de talkie, il put avoir des nouvelles des loups qu'il avait envoyé chez Mike, confirmant que Cathy était bien passée chez lui le matin même. Cela supprimait les vampires de la liste des suspects. Pourtant, avec leur vitesse et leur discrétion, ils auraient fait des suspects idéales. Sorcier peut-être ? Il connaissait trop mal leur magie pour savoir de quoi ils étaient capables, mais il avait croisé une sorcière un jour capable de dissimuler sa présence par un sortilège. Peut-être s'agissait-il de ça ? Il savait qu'une partie d'entre eux, les vaudous majoritairement, c'étaient ralliés aux Tullamores. Mais pourquoi enlevé Cathy ? Et si ce n'était pas un sorcier... non. Il préférait ne pas penser à l'autre possibilité.

Tout à ses réflexions, il arpente la maison, vérifiant que chaque pièce était bien vide par acquis de conscience, avant de contrôler chaque fenêtre, surtout celles de la partie arrière de la maison qui donnait sur une zone boisée. Il plissa ses yeux en constatant des éraflures sur le rebord de l'une d'entre elles. Récentes. Ils étaient probablement sortis par là.
Il devait aller voir à l'extérieur, il y aurait surement des traces. Il l'espérait. Prenant le chemin de l'extérieur, il s'arrêta pour attraper un gilet qui était resté sur une chaise. Celui de Cathy. Il amena le vêtement à son visage et inspira profondément afin d'assimiler cette odeur à sa mémoire olfactive. Oui, d'un point de vue typiquement humain, ça lui donnait l'air d'un parfait pervers. Mais à l'heure actuelle, il se moquait bien de son image si cela pouvait lui permettre de retrouver la jeune femme. Reposant le vêtement alors que Cameron revenait à l'intérieur, il lui indiqua la sortie.

« Je pense qu'ils sont sortis par derrière, on va aller voir. »

Il fait le tour de la maison, venant se poster sous la fenêtre qu'il suspectait être leur échappatoire. Il s'accroupit et observe le sol. Avec le poids de Cathy à transporter en plus, il y avait des traces bien dessinées dans la terre meuble, même si une partie avait été effacée. Plus elles s'éloignaient de la fenêtre, plus elles étaient difficiles à percevoir. Mais il y avait au moins deux personnes différentes qui étaient passées ici, et vu la taille des empruntes, aucunes des deux n'appartenait à la jeune femme.

« Tu as déjà interroger les voisins ? Et ils n'ont vu personne qui sortait de l'ordinaire ? »

Il y avait régulièrement de nouveaux loups qui arrivaient à Moycullen Bogs avec les rafles de Tullamore, il devenait parfois difficile de reconnaitre tout le monde. Suivant la piste qu'ils avaient laissé avec l'expérience du chasseur qu'il était, Daryl commença à s'enfoncer dans le petit bois qui jouxtait cette partie du village. Il faisait nuit à présent, et suivre des traces presque invisibles en pleine forêt à la lumière d'une lampe torche devenait difficile. Mais vu la direction qu'elles prenaient, le brun commençait à avoir une idée vers où cela les menait. Il s'arrêta et se redressa pour s'adresser à Cameron.

« On va avoir besoin de la moto. »

S'il avait raison, ils se dirigeaient tout droit vers l'ancien chemin forestier. Il n'était plus emprunter aujourd'hui, mais avec le véhicule adapté, il restait encore praticable. Il donna des indications à Cameron pour qu'ils se rejoignent sur le sentier en question. Cam en retournant chercher la moto et suivant la route, lui continuant de pister les kidnappeurs pour s'assurer qu'ils se rendaient bien là où il le supposait.
Bon sang. Comment ils étaient arrivés là ? Il fallait fatalement qu'ils connaissent un minimum l'endroit ! Daryl restait focalisé sur la piste à suivre, mais il ne pouvait empêcher ses pensées de dériver. Cela voulaient dire qu'ils étaient déjà venu à plusieurs reprises ? A moins que ce ne soit d'anciens habitants du coin ? Et si... Non. Les sourcils froncés, l'ancien Beta ne peut pas imaginer le pire. Et si... il y avait un traitre parmi les loups ? Merde. Non, ça ne se pouvait pas ! Il connaissait les membres de la meute, il leur faisait confiance et leur confierait sa vie ! Oui, c'était vrai avant. Mais maintenant... ? Pouvait-il en dire autant avec tout les nouveaux venus ? Et si une taupe s'était glissé parmi le lot des débarqués de Cork. Tullamore avait pour but d'éradiquer les monstres. Pourtant ils avaient dans leur rang sorciers, léviathans et vampires qui avaient déjà retourné leur veste en échange de meilleures conditions de vie. Et s'ils en avaient enrôlé d'autres ? Des membres du clan Bartoli ? Non, Anthony Bartoli avait clairement une dent contre As, mais il ne vendrait pas sa propre espèce aux Tullamore... Putain. Il n'était plus sûr de rien !

Grimpant un petit talus, il déboula finalement sur la route. Balayant celle-ci de sa lampe, il remarqua immédiatement qu'un véhicule était passé par ici il y a peu. Dans le silence de la nuit, il entendait le bruit de la moto de Cameron qui arrivait. En attendant, il fit le point avec les différentes équipes via le talkie.
Ils étaient partis vers l'est. Mais dès qu'ils quitteraient la forêt, il deviendrait impossible de savoir quelle route ils ont prise. Il faudrait aussi savoir qui ils étaient ! Tullamore, ou des dissidents anti-coalition ? Et pourquoi avoir choisi Catherine ? Une jeune femme dont le gène n'était pas déclenché, plus facile à kidnapper ? Bon sang, rien n'allait dans cette histoire !
A peine Cameron arrivé à son niveau qu'il monte avec lui sur l'engin, et lui indique la direction à suivre. Si la voiture passait par les routes le plus au sud, les patrouilles la verrait et l'intercepterait, l'information avait été relayé. Mais si les kidnappeurs étaient plus malins, et se rendaient effectivement à Tullamore, ils traceraient d'abord vers l'est avant de bifurquer, afin d'éviter les zones à risques. C'est par là qu'ils allaient filer.

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Les disparitions sont plus affreuses d'être sans traces


Dire que j’étais hors de moi était faible. Je me sentais coupable et Mike ne manquerait pas de me faire payer la disparition de sa petite soeur. Car pour le moment ce n’était qu’une disparition. Rien de plus. Le sang n’était pas le sien. Elle avait réussi à blesser un de ses assaillants. Ils étaient partis avec elle pour se venger, pour faire payer je-ne-sais-quoi à notre meute. J'essayais de m'en convaincre alors que j'ignorais ce qu'il s'était passé. Je me sentais bouillir, impuissant. Je serrais et desserrais les mâchoires nerveusement. Daryl tentait lui aussi de me calmer. J’étais alors sorti de la maison, me vengeant sur un arbre qui n’avait rien demandé. Je continuais de me répéter que tout allait bien, que nous la retrouverons avant la fin de la nuit, que nous la ramènerons saine et sauve. Un frisson parcourut mon échine. Je ne parvenais pas à me convaincre totalement…

Revenant à l’intérieur, l’autre loup m’indiqua la sortie de secours. Evidemment. Comment n’y avais-je pas pensé plus tôt ? Je suivis mon ami, faisant le tour de la maison pour analyser l’endroit par lequel ils s’étaient enfui. Pendant qu’il observait le sol, je sondais les alentours de mes prunelles claires. J’avais oublié à quel point l’arrière de sa maison était calme. A l’abri des regards indiscrets. Idéal pour s'attaquer à elle. Ils avaient pu filé par ici sans se faire remarquer. Quelle aubaine ! C’était malheureux de le penser mais Catherine faisait une proie idéale. Une jeune femme douce, qui n’avait pas déclenché son gêne et qui vivait seule. Bien que son frère ne vivait pas si loin, il fallait quand même 10 bonnes minutes de marche avant d’arriver chez lui. Je fus rappeler à l’ordre quand le brun me demanda si j’avais interrogé les voisins et s’ils n’avaient rien vu de particulier. Je répondais par la négative en secouant la tête, la mine grave. Je n’étais pas loquace par définition mais c’était pire lorsque l’inquiétude me prenait les tripes.

Je continuais de serrer les mâchoires tout en suivant Daryl qui s’enfonçait dans les bois. Un brin d’humidité dans l’air, une légère brise qui ramenait avec elle des odeurs plus lointaines. Il n’y avait pas encore celle de Cathy. Elle était déjà trop loin. J’étouffais un grognement. Je me sentais d’autant plus impuissant que je n’étais un pisteur comme Daryl. Il avait déclenché le gêne plus tôt et avait donc appris plus vite. Il avait grandi avec la meute, celle-ci lui avait tout appris, tout expliqué. Je ‘étais fait tout seul les premiers mois. Heureusement aujourd’hui, je pouvais compter sur mon ami. Les traces semblaient s’enfoncer plus profondément encore et s’éloignaient du coeur de la meute. Daryl se redressa et avant même qu’il ne me le dise, je compris qu’on avait besoin d’un moyen de locomotion, m’expliquant par la même occasion où il faudrait le rejoindre.

Sans répondre, je me précipitais en sens inverse pour retrouver ma bécane. Je ne me privais pas d’embarquer un vêtement de Cathy. Connaissant Daryl, il ferait certainement appel à d’autres loups aussi bons pisteurs que lui et ils auraient certainement besoin de ceci pour la retrouver. Je l’enroulais autour de ma taille, priant pour que mon odeur n’efface pas la sienne. Je démarrais l’engin dans un brouhaha qui rompit le silence qui ne me rassurait plus. J’évoluais entre les arbres, les fourrées qui prenaient vie alors que j’en chassais les petits animaux qui s’y étaient réfugiés. Je manquais même dans ma précipitation d’écraser un renard qui semblait s’être perdu. J’étais trop inquiet pour m’attrister de la mort d’un petit animal.

Je retrouvais enfin l’ancien Bêta plus en avant dans la forêt. Il ne se fit pas prier de monter derrière moi et m’indiqua le chemin à prendre. Il m’expliqua également ses inquiétudes, dans les grandes lignes. Je sentais qu’il faisait encore de son mieux pour ne pas que j’emporte d’avantage. Je ne pouvais que l’en remercier pour cela, même si ça ne marchait jamais totalement avec moi.

Je ne pense pas que nos propres rangs puissent faire une chose pareille, je secouais doucement la tête, mais qu’est-ce que j’en sais après tout, j’ai une foi presque aveugle dans l’Autre…

J’étais pleinement conscient que ça finirait par me nuire, mais je ne pouvais m’en empêcher. Pour moi, les êtres étaient intrinsèquement bons et ne demandaient qu’à retrouver la voie de la raison lorsqu’ils se perdaient. Evidemment, cette pensée me renvoyait à Callan que j’espérais secrètement pouvoir sauver de lui-même.

Nous avions donc filé vers l’est. La trace des kidnappeurs se faisaient moins nets, ils nous échappaient. J’accélérais, me souciant peu de ce qui se trouverait sur ma route. Je tenais bien trop à Catherine pour qu’il lui arrive quoi que ce soit. Je ne craignais même pas les représailles de son aîné, ça n’avait plus d’importance face au bien-être de la jeune femme. Je serrais les poings si fort sur le guidon que mes jointures me brûlaient.

Ils sont là ! criais-je par dessus le vrombissement du moteur.

J’essayais d’accélérer encore, voulant rattraper la forme qui se dessinait plus loin. Nous étions presque. Nous pouvions les intercepter avant qu’ils ne nous échappent. Nous pouvions récupérer Catherine. Mais soudainement, le véhicule se mit à toussoter. Il ralentit, de plus en plus. Je vis au loin l’autre véhicule s’éloigner de nouveau. Je grognais. Le moteur se tut, la moto s’immobilisa, me forçant à poser les yeux sur le réservoir d’essence. Vide. Je poussais un grognement qui me fit trembler de tout mon être. Je frappais sur l’engin, comme si soudainement l’essence allait réapparaitre et la machine redémarrer. Je baissais les yeux et ne desserrais pas les poings. Daryl était toujours derrière moi. J’aurais pu leur courir après, mais je savais que c’était peine perdu. Je ne parviendrais jamais à les rattraper. Je demeurais immobile, interdis. La voix de Daryl me sembla lointaine. Je ne savais même pas s’il s’adressait directement à moi.

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horror can't stop this feeling

Cameron ▬ Can't handle the anger, the hunger, the pain. Can't control the nightmares, my dreams remain the same. I'm holding on to the memories of your face. And all I've got for now, is that stupid necklace. | ©️ Vent Parisien



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Ils sont partis sur les chapeaux de roues, faisant crisser les pneus sitôt qu'il eut enfourcher la bécane, ne perdant pas une seconde. Il était bien loin maintenant, ce sentiment où il espérait encore que Cameron se fasse du soucis pour rien, que Catherine aurait juste eu un imprévu pour ne pas s'être présentée au rendez-vous donné à son ami.
Si le brun gardait son calme, il n'en restait pas moins que la tension était devenue palpable depuis qu'ils avaient inspecté la maison de cette dernière. Quelqu'un était venu chez elle, l'avait agressé, et l'avait emmené. Tout ça c'était passé en pleine journée, au nez et à la barbe de tous. Personne n'avait rien vu, rien entendu. Est-ce qu'il n'était pas déjà trop tard ? Ils filaient sur la route, en espérant que non. En espérant pouvoir les intercepter, eux ou bien les autres qui patrouillaient sur les terres lycanes et avaient été mis au courant de la disparition inquiétante. Non, pire que ça. De l'enlèvement. Aux talkies, toujours aucun retour, cela signifiaient qu'ils n'étaient pas passés directement par le Sud, comme il l'avait supposé. Cela voulait aussi dire qu'ils étaient dès lors la meilleure chance de pouvoir encore rattraper les ravisseurs de Cathy.

Qui avait fait ça ? Pourquoi Catherine ? Qui avait fait ça... cette dernière question surtout tournait en boucle dans son esprit alors que la moto avalait furieusement les kilomètres de bitume, faisant défiler à grande vitesse le paysage nocturne autour des deux lycans. Qui. Le meilleur moyen d'obtenir des réponses serait encore de les rattraper.
Mais cela faisait un moment qu'ils roulaient. Ils avaient même dépassé la frontière du territoire qui avait été attribué aux loups-garous il y a quelques kilomètres déjà. Daryl ne dit rien pourtant, pas encore. Alors qu'il sentait Cameron si tendu et nerveux, fixé sur la route, déterminé. Comment est-ce qu'il pourrait lui dire que c'était trop tard ? Qu'ils devraient faire demi-tour, qu'ils ne pouvaient plus rien faire pour son amie ? C'était juste... impossible. Inconcevable. Alors il le laisse appuyer sur l'accélérateur, faire gronder le moteur. Qu'ils tentent le tout pour le tout. Même s'ils n'y arrivent pas, même si ça ne se termine pas bien, ce dont il commençait déjà à se faire à l'idée bien malheureusement, alors qu'il voyait la jauge de carburant diminuer peu à peu, les privant d'un retour sécuritaire sur le bolide - plus assez d'essence pour rentrer. Même si tout ça. Il y aurait des regrets, assurément, mais il pourra se dire qu'il a fait tout ce qu'il a pu. Et si Cameron en doute, ça sera à lui de l'en convaincre.
Il détestait ça, devoir être rationnel, baisser les bras et jouer la sécurité en lui disant qu'ils devaient abandonner les poursuites, rentrer chez eux. C'était comme lui dire d'abandonner Cathy. Pourtant plus ils roulaient, plus ils se rapprochaient de Tullamore, et plus loin ils allaient se retrouver en rade d'essence en territoire hostile. Les Limbes n'étaient pas le pire endroit pour tomber en panne, mais on était jamais trop prudents par les temps qui courent. Les évènements de cette journée n'en était qu'un douloureux rappel de plus.
Pourtant, alors qu'il allait se décider à affronter la hargne de son camarade en tâchant de lui faire entendre raison sur le fait qu'ils devaient arrêter et rentrer, un regain d'espoir se fit en quelques mots, trois tout petits mots alors que Cameron s'écriait un "Ils sont là !".

Reportant son attention sur l'horizon qu'il avait quitté des yeux, soucieux de trouver un moyen d'annoncer la décision difficile à son camarade de la manière la moins rude possible, Daryl plissa ses yeux en distinguant effectivement des points rouges lumineux plus en avant sur la route. Les feux arrières d'un véhicule. Celui des ravisseurs ? Rien n'était sûr, mais vu l'heure, la direction d'où il venait et celle vers laquelle il se dirigeait, il y avait de grandes chances.

« Vas-y, fonce ! »

Peut-être. Peut-être qu'ils avaient encore une chance. Peut-être qu'ils allaient pouvoir ramener Cathy ce soir à la maison. Peut-être. Un espoir. Un espoir qui ne fit que rendre plus douloureux encore l'échec de leur mission lorsque la bécane choisie ce moment pour dire stop. Garce de vie qui leur avait fait entrapercevoir une possibilité d'y arriver avant de les jeter brutalement à terre ! C'était comme toucher la liberté du bout du doigt avant d'en être brutalement éloigné.
La perspective de lui dire qu'ils devaient abandonner les recherches un peu plus tôt lui semblait déjà difficile, devoir renoncer maintenant alors qu'ils avaient été à deux doigts de leur mettre la main dessus... En regardant les feux arrières de la voiture s'éloigner jusqu'à disparaitre dans l'obscurité, il avait cette même envie qui le tiraillait : partir à leur poursuite, quitte à le faire à pied. Les loups-garous étaient rapides, bien plus que les humains, sur un terrain accidenté, ou bien en montagne, ou dans les bois, avec des routes sinueuses, ils auraient eu une chance de les rattraper. Pas ici. C'était peine perdu. Pourtant il tenta tout de même de joindre les autres par talkie.
Descendant de la moto, il se mit à faire les cent pas, attendant d'avoir un retour de chaque équipe de sortie ce soir-là mais aucune n'était assez proche, ils étaient trop loin de leur frontière pour rattraper le temps perdu. Il le savait, avant même d'avoir demandé, mais... mais il y avait toujours cet espoir, ce putain d'espoir, que, pour une fois, ça aurait pu tourner à leur avantage, bien se terminer. Ils avaient besoin de ça. Tout ne pouvait pas toujours aller mal ! Mais... mais pas ce soir. Ce soir était une de ces mauvaises fois.

Daryl posa son regard sur Cameron, toujours à cheval sur son engin, les muscles tendus, crispé, le regard dans le vide. Il s'attendait à le voir bondir d'un instant à l'autre, et exploser de rage, de désespoir, de frustration aussi. Des sentiments qu'il ressentait lui-même devant cette injustice qui s'abattait sans cesse sur la meute, les pertes, les disparitions, et cette impuissance face à tout ça qui le rongeait sourdement. Ils avaient beau tous se démener pour rendre leur existence plus vivable, retrouver un semblant de normalité, il fallait toujours que Tullamore vienne rappeler que plus rien n'était normal. Les renvoyant à leur place de prisonniers.

Il ouvrit la bouche, mais la referma, ne sachant quoi lui dire. Qu'ils allaient la retrouver ? Ils savaient très bien où elle allait. Et pour l'instant, il leur était impossible d'aller la chercher dans cet endroit. Qu'elle irait bien ? Qu'elle était forte, et allait s'en sortir ? Qu'ils ne lui feraient pas de mal, car elle était humaine après tout ? Il ne pouvait rien promettre de tout ça. Le lui jurer, ce serait un mensonge, même si c'était pour le rassurer, parce qu'ils savaient très bien tout les deux ce qu'il en était, et même s'il pouvait encore espérer, rien n'était moins sûr. Il n'avait rien de rassurant ou d'encourageant à lui dire. Ils venaient de perdre l'une des leurs. Catherine faisait partie de la meute irlandaise depuis le début, depuis avant que tout ce bordel ne commence, elle faisait partie de la famille, elle n'était pas un membre lambda du clan. Et elle était proche de Cameron.
Le brun serra ses mâchoires, fronçant ses sourcils. Ils avaient perdu Catherine.
Lentement, il se rapprocha de son ami, et vient poser une main sur son épaule, refermant ses doigts dessus en la pressant en douceur mais avec fermeté. Il aimerait lui dire quelque chose qui soulagerait ne serait-ce qu'un peu ce qui devait tournoyer dans son esprit en ce moment, mais rien ne pouvait soulager une perte dans des conditions pareilles. ... Une perte. Il s'en voulut immédiatement d'avoir pensé à Cathy de cette manière, mais tant que la Coalition ne serait pas plus forte, qu'ils n'auraient pas de plan d'action pour contrer Tullamore, malgré tout leurs pouvoirs, ils restaient les victimes des Hommes qui avaient fait de leur Île un terrain expérimental.

« ... Cameron... »

Il souffle son prénom, doucement, attendant de le voir sortir de sa léthargie, ne sachant pas dans quel état il allait le faire. Comme si la bombe qu'était Cameron risquait de se déclencher et exploser au moindre choc. Ou peut-être resterait-elle assez stable pour ne pas éclater, pas immédiatement. Cameron était un homme doux et attentionné, il suffisait de le voir faire classe avec les plus petits, pourtant lorsque la colère l'emportait, il devenait instable, ne contrôlant pas forcément ses excès de rage. Ils devaient rentrer maintenant, ça semblait cruel de tourner les talons si rapidement, mais ils ne pouvaient pas rester plantés là, en plein milieu de la route qui menait tout droit à Tullamore, alors qu'ils n'étaient même plus sur leur territoire. Ils devaient rentrer. Mais Daryl attendait de voir si la bombe perchée sur sa moto allait exploser, ou si la mèche allait s'éteindre d'elle-même. Il pourrait hurler, s'énerver, s'emporter, il en aurait toutes les raisons, il le laisserait faire, qu'il expulse cette colère, cette peine, qu'il se calme. Il préfèrerait peut-être même ça, que de le voir rester aussi immobile et stoïque, comme ailleurs.

« Elle... elle est partie, on ne peut plus rien pour elle. On doit rentrer. »

Ses doigts se serrent un peu plus fort sur son épaule, comme pour lui faire sentir sa présence, attirer son attention, le faire réagir, n'importe quoi, mais qu'il ne reste pas ainsi figé et interdit.

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