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 Wings of freedom (ft Cam)

Vampire
Caïn's child
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ft.Cameron Fitzpatrick
Et à l'aube, quand les premières lueurs éveillent la torpeur de l'immortalité, je rêve que je vis au travers d'objets morts.
Wings of freedom
Il serait là qu’il rirait aux éclats. Se moquant de toutes ses failles qui se font gouffres, lézardant la Terre de mes Espoirs que je voulais immortelle. Il y hurlerai pour entendre l’écho de ses moqueries se répercuter contre la roche froide. Il en savourait la résonnance, première tentative qui ne se retrouverait pas étouffé comme les autres. Il s’avancerait dans les plaines, autrefois, libres et verdoyantes des Convictions, régalant sa vision de ce champ de bataille qu’elles sont devenus, où les bombes s’abattent encore. Sur un terrain conquis, en Monarque élu des déchéances, il serait peut être enfin satisfait de lui. N’est ce pas ce qu’il a toujours voulu ? Fouler de ses pieds mes idéaux pour mieux les écraser du talon. Plus aucune résistance à lui opposer. Comment le pourrai-je ? J’en viens à mieux ressentir les spectres qu’il a laissé que la gamme de mes émotions. Ce que je vois dans le miroir, n’est que son reflet. Je suis passé de l’autre côté pour y être piégée. Alice à la chevelure incendiaire, semblable aux flammes chimériques que l’entourent. A présent, je ne vie que dans le miroitement du morceau de verre brisée. Je les prend pour taillader ce mur qui se dresse, mais c’est mon sang qui y coule. Il m’écarte d’un Monde qui n’a, au final,  qu’éviscéré l’Innocence. Charognes des entrailles qui y plantent les crocs de sa cruauté pour en percer les boyaux. Boucherie méthodique. C’est en voyant mon corps dans les ruines, que Jonah perdrait son sourire. Lui plus que quiconque, a toujours crû à l’Eternel magie. Il n’y a que lui, que la Mort à glorifié de son auréole macabre. Je me replie sur moi. Je me serre. Je pleure et me désespère de cette ferveur à voire surgir des larmes et de la poussière, des fleurs nouvelles.

Si mes pensées se perdent dans une neurasthénie coutumières, mes pas m’ont menés sur un sentier bien connu. Comme préservé de la Guerre, les arbres ploient de leurs années et de leurs branches chargés, dissimulant presque le vieux chemin de dalles usées qui mène à ma maison. Celle où Callan m’a arrachée il y a des années pour me plonger dans un enfer que je n’ai pas quitté. L’odeur du soufre suave ne m’a jamais quitté, parfum de ses Vices qu’il a choisi. Je devrai être pressée de la retrouver, premier lieu rejoint si tôt le mensonge de Josias dévoilé. Le refuge où me protéger du Monde. Mais je la fui. Craignant presque l’ombre de ses murs qui abritent les murmures du passée. Une fois encore, je m’en détourne. Je fui encore. Refusant de m’infliger le supplice de réaliser que plus rien ne sera comme avant. Même en regagnant mon foyer, je resterai étrangère à moi-même. Plus que jamais en ce lieu, sanctuaire de ma mortalité volée. En mourant cette nuit-là, l’idée de retourner à ce refuge s’est éteinte avec les autres regrets. Peut être est il écrit quelque part que je ne devais jamais le regagner. Un autre blasphème serait alors perpétué, la nature des choses encore une fois violées. Des excuses sans doute, en attendant d’être prête à souffrir d’une autre Vérité.

Je regagne un autre chez moi. Vide de la présence de Josias. De sa voix, de ses sourires et ses maladresses. Il me manquait déjà quand je suis parti, il me manque toujours alors qu’il n’est pas revenu. Je retire la veste mise à présent par habitude, plus que par nécessité. Je me souviens encore de la fraicheur de l’obscurité Irlandaise, me raccrochant à cette sensation tout en frisson. Je ne veux jamais l’oublier. La faim tiraille mon ventre mais je me refuse à ce qu’il nous reste de sang. M’affamer plutôt que de nourrir mon nouvel instinct. Lui aussi me fait peur. Je m’efforce d’avancer alors qu’elles se font armée contre ma Raison et ses volontés. Qui pour m’en protéger ? Il n’y a que moi pour revêtir l’armure et affronter ses attaques. Je soupire et regagne l’étage, délaissant cette fois ci le jean et les chaussettes sur le plancher. Je me laisse retomber sur le lit de ma chambre que je n’occupe qu’en son absence. Je fixe le plafond fissuré, avant de refermer les yeux. Mes mains se posent sur mon ventre et je force une respiration expiée. Je fais le vide, enchainant une à une ses pensées qui s’envolent. Je capture les questions et les doutes, enferme l’avenir et son incertitude. Je me concentre, cherchant cette voie qui m’était si visible autrefois. Je cherche la lueur de l’obscurité, ce portail entre ce monde et celui où je m’évadais si souvent avant. Je guette, épie, traque, ressent. Je me refuse l’échec, il ne vient même pas assombrir mon acharnement.

Peut-être que le sommeil finit par le faire. Au moment où je me sens enfin m’envoler de ce corps, jamais autre chose que la marionnette de mon âme. Je la libère dans une nébuleuse connu mais découvert sous une lumière nouvelle. Avec d’autres couleurs. L’autre vision à jamais perdue. Au fond, dans les limbes ou dans un rêve, l’essentiel est que je me déleste d’une conscience lourde d’angoisses. Je plane, je nage, je flotte dans des constellations d’âmes que je ne peux plus qu’admirer, de loin et aux travers d’un filtre flou. Que j’ai pu un jour les toucher me semble presque illusion, mais m’importe peu sur l’instant. Seule compte l’errance. Elle dure un temps inquantifiable qui se moque des règles du notre. Viens les chimères, montures de l’onirisme. La sensation d’un corps étrange, que je m’approprie en étirant les bras, sans voir le décor. D’abord l’un, plus l’autre. Les jambes ensuite. C’est pareil qu’allumer les lumières dans chaque pièce, pour ensuite admirer l’architecture dévoilée. L’engourdissement de l’éveil est différent. La manière de bouger aussi. Presque plus fluide, plus souple. D’une agilité animale. La démarche, elle, est maladroite, dodelinant. Elle ne parait ni naturel, ni nécessaire. Les ongles griffent le sol. J’ouvre les yeux. Plusieurs fois pour s’approprier la vue trouble qui finit par s’éclaircir. Puis pour chasser le doute de ce qu’elle rapporte. La tête se secoue même. Mais l’œil est vif et sûr. Précis.

C’est le monde qui est déformé. Titanesque. A hauteur des Géants dévoreur d’Homme et d’enfant, dont le rire tonitruant, déracine les arbres. Pas de peur pourtant, pas même lorsque le vide s’annonce sous les pas sautillant. La détermination. La certitude. L’ivresse proche puis la chute. Le sol, impact imminent. Les bras s’agitent. Hérésie pour la Raison. Mais elle n’est plus là, de même que les os et la chair, que le sang et les muscles. Bois et plumes sculptées avec une telle finesse qu’elles s’animent sans peine du vivant qui s’infiltre dans chaque nervure. L’air s’engouffre dans ses ailes qui minent le réel offrant alors l’euphorie de voler. Rêve inédit où les sensations frôlent l’extase du vrai.
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Wings of freedom


Son départ était à présent officiel. Il avait récupéré tous ses cartons, avait libéré la chambre d’ami. Que la maison faisait vide sans lui ! Il avait son caractère, ça je le savais avant même qu’il ne me demande de squatter chez moi. Mais sa présence presque fantomatique parfois me manquait. Oui, je le reconnaissais sans honte. Son amitié avait été un plus. Je ne comprenais pas toujours ses allusions. Je ne comprenais pas non plus toujours la signification de ses regards. Mais ça n’avait pas d’importance. On se comprenait. On était parvenu à se dompter et à trouver un équilibre dans notre quotidien souvent précaire. Toutefois je m’étais résigné. J’avais du faire un choix. Un choix qui maintenant me paraissait plus difficile que le jour où j’avais du le faire. Il m’avait fallu décider qui primait dans ma vie : ma meute ou mon ami. Oui, peut-être naïvement, je considérais Callan comme un ami. Il lui était certes interdit de revenir ici mais rien ne m’interdisait moi de le trouver à l’extérieur.

Tout ça pour vous dire que je déambulais dans les couloirs de ma grande maison qui me semblait si vide. Pourtant, mon propre bazar continuait de prendre énormément de place. Il y avait toujours l’ancienne chambre de mes parents remplis d’oeuvres diverses et variées. Des toiles vierges, énormément, entassées dans un coin en attendant d’être recouvertes de mon talent et de mon inspiration. D’autres, déjà remplies de couleur. J’avais pris soin de les séparer, les regardant avec nostalgie suivant l’humeur dans laquelle je me trouvais. D’un côté se trouvait toutes celles qui avaient les couleurs les plus chaudes. Celles qui avaient été témoins d’années de bonheur et d’insouciance, classées de la plus récente à la plus ancienne. Je m’y attardais un instant, commençant par la dernière, celle qui reposait contre le mur et remontais ainsi le temps. Par moment, les coups de pinceaux avaient été hésitants. Il manquait de la peinture, de l’harmonie, une certaine logique qui cassait un peu l’ambiance générale de la toile. Puis au fur et à mesure, on voyait qu’enfin l’artiste avait acquis la maitrise des techniques, de son inspiration, de lui-même. Le temps et l’expérience avait fait son oeuvre et l’on voyait enfin se profiler ce que j’avais en moi. Ce potentiel si peu exploité. J’avais su plus facilement reproduire ce que je voyais. Les émotions étaient presque palpables. Bien que j’utilisais différentes techniques afin de trouver enfin la mienne, on reconnaissait malgré tout ma signature. Ce qui faisait que ces toiles étaient les miennes et à personne d’autres. A côté, disposées exactement de la même façon, étaient rangées les toiles plus sombres. Celles qui avait précédé et surtout suivi Evy. Celles qui avaient traduit toute la douleur et la peine que j’avais ressenti à sa disparition. Mon coeur sembla se serrer et décidai de ne pas tarder d’avantage dessus. Enroulant mes doigts autour du pendentif qui ne me quittait jamais, je reposais les toiles les plus élégiaques de ma collection et terminais ma promenade sur mes quelques statuettes et autres sculptures de différents métaux. Le marbre, le plâtre, le bois. Rien de plus de 30 centimètres, ne me sentant pas le courage de me lancer dans un morceau plus colossal. Certaines étaient moins achevées que d’autres. C’était sur ces dernières que je m’arrêtais, m’extasiant presque sur celle qui était pour moi, le bijou des bibelots qui ornaient l’étagère aménagée. Un aigle taillé dans le bois, à main levée. J’avais passé plus d’une journée et demi, sans m’arrêter, pour la terminer. Haute d’une vingtaine de centimètres, les détails étaient saisissants. Je m’émerveillais tout seul de ce travail de professionnel. Je l’avais même oublié. Le seul trésor que j’avais pu faire de mes mains dans cet art. Je décidai alors de la déplacer et de la mettre sur le comptoir qui séparait la cuisine du salon.

Un verre se remplit rapidement à ses côtés. Puis un autre. Suivi encore d’un autre. Finalement, je ne les comptais plus. Je finis par m’avachir sur le canapé, à la place que j’occupais toujours lorsque Callan se trouvait en face. J’avais presque l’impression que ses prunelles azurées me fixaient. Je secouais la tête et me levais pour prendre la bouteille. Au train où j’allais, je n’avais plus besoin de verre.

Pfff… Je commence à devenir dingue… soupirais-je avant de descendre une longue lampée de whisky.

Un visage s’imposait à moi. Des yeux en larmes, suppliant de mettre un terme à leur supplice. Un soupir à peine audible mais mon prénom distinctif sur les lèvres. Une femme dont je ne parvenais plus à discerner les traits se tenait au bord d’une falaise. D’un trou noir. Tout était sombre autour d’elle et elle serait bientôt happer par les ténèbres. Je tentais de crier, de courir pour la rattraper, l'empêcher d'être capturée dans l'inconnu le plus total. Impossible. J’étais cloué sur place. Je pouvais mouvoir les membres supérieurs mais ne pouvais l’attraper et l’empêcher de choir. Je semblais même reculer. Mon coeur se déchirait à peu plus à chaque pas qui m’éloigner d’elle. Finalement, elle disparut. Son visage s’évanouit dans l’obscurité et me parvint alors un torrent d’un liquide sombre et épais. Englouti, je me réveillais brusquement, en sueur.

Haletant, le palpitant douloureux, la tête comme un ballon de baudruche. Un grognement m’échappait, presque un hurlement de douleur. Du coin de l’oeil, je jetais un regard à la place que le vampire occupait autrefois, regrettant amèrement son absence. Je frottais mes paupières closes, sentant que mes prunelles avaient pris une teinte dorée. Je serrais les dents et lorgnais la bouteille presque vide sur la table.

Le meilleur remède à la gueule de bois, soupirais-je.

Je grimaçais alors qu’un bruit me parvenait en direction de la cuisine. Comme si un oiseau avait pénétré dans la maison, j’avais l’impression d’entendre des ailes s’agiter. Pourtant le son était amoindri. Un petit volatile peut-être. Je soupirais, prêt à me battre pour tenter de le faire sortir, sentant le combat long à n'en plus finir et un Cameron qui finirait par abandonner, épuisé et saoul. Claquant mes cuisses de la paume des mains, essayant de trouver un semblant de courage au milieu de la brume qui avait envahi mon esprit, je me tournais face à la cuisine. Peu à peu, j’écarquillais les yeux, ne comprenant pas ce qui se trouvait devant moi. Je secouais la tête doucement et fermais les paupières un instant.

Je suis vraiment devenu dingue, ça y est !

Je passais à côté du canapé, gardant mes distances du rapace de bois. Toujours bien ancré sur son socle, il semblait vouloir s’en séparer, prendre son envol et regagner sa liberté. Je restais acculé contre le dossier du canapé, le tâtant à pleines mains pour être sûr de garder contact avec la réalité. Je fixais l’oiseau, craignant que si je m’en détachais, il finirait par m’attaquer.

Je ne te veux aucun mal tu sais… je secouais de nouveau la tête, dépité. Ou alors, j’étais dingue avant Callan et c’est lui qui bloquait mes visions….

Je secouais encore plus fort la tête. Ce n’était pas le moment de penser au vampire. Vraisemblablement j’avais d’autres problèmes pour le moment. Il finit par prendre son envol, prenant de la hauteur bien que limité par le plafond. Je levais les mains devant moi, prévenant une probable attaque. Peut-être était-ce un sorcier ? Voilà une raison logique. Je n’avais pas encore eu l’occasion de côtoyer de sorciers et n’en avais aucunement l'envie. C’était certainement les plus pacifiques de cette île, mais l’on était jamais à l’abri des mauvaises surprises. Surtout qu'impulsif comme je l'étais, je pouvais me retrouver dans une position des plus délicates voire dangereuses.

Toi là, tu veux bien sortir de ma sculpture. J’y tiens énormément !

Je gueulais comme un putois dans ma propre maison. Heureux d’être seul et donc sans personne pour me juger, j’usais de toutes les ruses pour calmer l’animal et convaincre la personne - si c’était le cas - possédant l’objet de laisser tomber cette idée folle. Je devais certainement ressembler à un vieux fou alcoolisé. Je secouais un doigt menaçant devant moi. Je bégayais. Je bombais le torse. Je larmoyais presque. Et pendant ce temps, mon coeur se cognait contre la paroi de ma boite crânienne.

NΞRIOИ



horror can't stop this feeling

Cameron ▬ Can't handle the anger, the hunger, the pain. Can't control the nightmares, my dreams remain the same. I'm holding on to the memories of your face. And all I've got for now, is that stupid necklace. | ©️ Vent Parisien



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