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 Le destin est une chose, mais le hasard est une autre voie...

♦ Humain ♦
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Le destin est une chose, mais le hasard est une autre voie...

181177 s’avançait d’un pas incertain, traînant et chaloupant au plein milieu de la rue. Tout autour de la Bête de combat génétiquement modifié n’était que le triste spectacle de la déchéance d’une société de consommation laissé subitement à l’abandon. Le regard de l’homme, déformé par les expérimentations d’une corporation sans cœur, exténuée et complètement déphasée ne voyait que déchéance et enfer sur terre.  Ici et là des carcasses de voitures abandonnées par leurs anciens propriétaires, tels des bancs de poisson aux écailles multicolores échoués çà et là par un subit assèchement des eaux. Des scènes d’une violence inouïe et des actes de barbarie inimaginables peignaient un portait sordide d’une petite artère commerciale d’une banlieue autrefois paisible. Des portes enfoncées, pendant lamentablement sur des gongs à moitié arrachés comme des fanions en berne des vaincus d’une guerre sans merci. Des os humains fracassés et des cadavres gisaient sur le bitume fissuré, laissé à la merci de la fureur des intempéries et des charognards. Des détritus, des objets brisés en mille morceaux et des masses indéchiffrables ralentissaient presque chaque mouvement du colosse couvert de scarification et saignât par de multiples plaies. Quelques fois le pas erratique de l’ancien soldat s’empêtrait dans un obstacle jonché çà et là, menaçait de faire étaler de tout son long la pathétique créature. Les lèvres gercées de la parodie humaine laissaient échapper des gémissements d’essoufflements. Chaque regard qui rencontrait celui du mastodonte aux épaules abaissées était sans expression, sans aucune vie. Aucune hostilité, aucune peur, aucun dégoût ne se propageaient des traits atypiques de la Bête. Un peu comme si l’être gigantesque de l’homme en combinaison de combat saturé d’impact de projectiles n’était que glace et pouvant être associé à la Faucheuse elle-même.  L’esprit lent et fatigué du matricule 181177 se disait que c’était peut-être à cause de son regard intimidant, de sa masse de muscles disproportionné ou bien de sa laideur qui empêchait les rares personnes qu’il croisait de venir l’aider. Dans une autre main, l’immense révolver qui pendait dans sa main rugueuse et dégoulinant de sang pouvait justifier que les prédateurs de la nuit témoignent au mastodonte un peu de respect. Il avait soif qu’il pourrait boire une rivière. Mais sa soif ne sera pas étanchée. Le monstre avait si faim qu’il pourrait dévorer un bœuf en entier. Mais toute la nourriture qu’il avalait était fade et sans saveur. Tel était le châtiment d’être banni par Dieu et le Diable, d’être devenu un jouet sans âme qui ne vivait que sur du temps emprunter.

Pour échapper à l’horreur et la fatigue, le corps formidable étant l’équivalent d’une plaie sanguinolente dont on avait versé de la lave en fusion à l’intérieur des lèvres, le colosse durement éprouvé se réfugiait dans un état presque lunatique. Laissant ses dernières forces, ultime réserve que ce corps phénoménale endurant pouvait produire, faire avancer ce corps ingrat et honni de tous, l’esprit du soldat s’évada vers ses rares souvenirs retrouver depuis peu. D’avoir une motivation pour trouver la force de se lever le matin et de combattre pour sa survie jour après jour dans ce cercle infernal qu’était devenue la vie. Ne plus être qu’un outil de destruction et une machine de guerre sans âme en quelque sorte…

Le seul à ce jour était celle d’une fillette qui riait dans des bras qui n’étaient pas ceux de la Bête. Ces appendices étaient certes musclés, mais loin de ceux du soldat dont la charpente était difforme et disproportionnée. Des éclats de rires cristallins, une lueur coquine et joyeuse dans le regard océanique, même couleur de ceux du matricule 181177.

Depuis sa transformation en lie d’humanité par une corporation égocentrique, le chemin de la chose n’avait rencontré que deux individus qui avaient permis une certaine rédemption pour son cœur sanguinolent. Voir la fillette fut la cause de cet éveil et de la volonté d’airain du colosse couvert de stigmates. Du reversement soudain de la bataille et de permettre à la Bête de se jeter avec hargne sur ses anciens maîtres. Les soins de la sorcière avait permis d’entrevoir la timide naissance de sentiments nouveau pour le géant qui ne connaissait que la rage et la violence. Ces actions de candeur et de bonté envers la chose avait permis de placer l’Homme de manière provisoire à la place du Monstre au dominion de la puissante enveloppe charnelle.

Et sans le savoir, un visage aux traits sculpté par une main divine apparu dans le subconscient de du golem de chair sanctifié. Un être de lumière à la chevelure changeante. Des yeux bleutés si pur que le ciel d'une chaude journée d'été nullement gâché par les nuages sera fade en comparaison. Une vision de douceur qui était de plus en plus présente dans les rêves de l’homme déformé par la science. Une silhouette floues mais laissant deviner un charisme exceptionnelle. Des émotions interdites pour le soldat semblaient prendre vie dans ce regard ensorcelant. Un refuge valant le paradis pour l’ancien tueur de la société Tullamore. Le pas du matricule se fit de plus en plus trébuchant et gauche, la perte de sang accomplissant tout doucement ce que la douleur n’était en mesure de faire subir au géant.  La Bête devait se reposer, s’assoir quelques instants pour reprendre son souffle qui devenait de plus en plus laborieux.

Bientôt il arriva à une ruelle sordide sentant la déchéance putride de ce nouveau monde. Démontrant un effort de volonté absolue, 181177 se laissa enfin chuter sur le dos sur un mur de briques grisâtres. Laissant la gravité jouer son rôle, comme si elle venait de gagner un pouvoir considérable sur la créature exténuer, le séant de l’être difforme en armure de la corporation s’écrasa sans grâce au sol couvert d’immondice. Fermant ses yeux océaniques fatigués, l’ancien soldat prit quelques instants pour essayer de se ressaisir.  Habituellement 181177 était le chasseur, le fer de lance pour capturer les ennemis de Tullamore. Mais des yeux haineux, prédateurs, épiaient dans l’ombre la masse de muscle qui venait de s’échouer. La montagne humaine soupira et s’évanouit un instant, le regard bleuté si merveilleux l’accompagnant dans son inconscience pour essayer de lui faire rappeler le pourquoi qu’il vivait encore…
Codage par Libella sur Graphiorum



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I keep it caged but I can't control it
So stay away from me, the beast is ugly
I feel the rage and I just can't hold it
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