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 Heavenly voice, devil melody ( Pv Oréo )

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Jonah Fowler
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Heavenly voice, devil melody
Des anges mélodieux qui chantent, j'arracherai les notes de l'horreur, pour que résonne la symphonie sacrée du blasphème.
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Les émotions peignent l’âme. Elles sont couleurs volatiles, scintillantes et pétillantes d’éclat, morose et ternes de monotonie, vives et flamboyantes d’emportements. Elles sont uniques et infinis, immédiates et instinctives. Belles d’une innocence que Jonah même ne peut entacher. Elles le fascinent, le nourrissent de leurs sensibilités, il les avale telle qu’elles sont, intact de la Raison. Ensemble ils enfantent les Sentiments, compromis entre ce qui s’est ressenti et exprimé. Frustrations et libérations. C’est généralement là qu’il sévit, rodeur des pensées qui naissent des perversions de sa voix, elle fausse le jugement, brouille les émotions qu’il régurgite difformes. Il n’y a qu’une Essence qu’il n’est même jamais envisagé de frapper de son fléau. La première qui se soit consciemment et par instinct, offerte à sa magie. Avec tant d’avidité qu’il l’en a possédé tout entier. Encore aujourd’hui, l’entité sent couler dans les nébuleuses de son être, les jouissances de cet abandon. Callan. Plus que jamais, il frémit de leur union funeste. Plus encore de la demande qu’il lui a soufflé il y a quelques nuits. Hérésie que de formuler quelques vœux avec lui. Ils partagent les mêmes désirs, les mêmes penchants, les mêmes idées… Ce que Callan veut, Jonah le convoite aussi. Ce qu’il souhaite est déjà exécuté par l’immortel. Ce dont ils rêvent ruisselle d’une source commune. Qu’ils lient ainsi leurs existences, au dépit des Lois Universelles le transcende de vie. Il a hâte de côtoyer de nouveau la Mort. Son sommeil et ses délires oniriques le ramène constamment dans ses bras alors la revoir en linceul et en os encense sa sorcellerie.

Les émotions peignent son âme. Elles sont gerbes incandescentes et torrent de bourrasque. Une euphorie des sensations. Et pourtant, entre les lumières aveuglantes et le violon, annonçant la mutinerie à venir contre  la mortalité du corps, sous fanfare notes joyeuses, il devine l’ombre d’Eden. Le murmure du piano et le cadavre dansant de la Sorcière qu’elle était. Il rage. La colère étouffe une tristesse qu’il délaisse. Elle n’avait pas le droit de mourir autrement que de sa main, surtout pas pour renaitre de l’étreinte d’un profane. Il peine encore à l’admettre, refusant avec un déni enfantin de contempler le squelette de sa magie. Il secoue la tête et s’étire longuement, sortant de la torpeur qui engourdit l’hôte et de l’appartement de Callan. Ils ne s'étaient pas quittés depuis qu’ils se sont retrouvés. La curiosité qui le pousse ailleurs. Toujours. C’est une de ses idées qu’il remet à plus tard qui l’impose. Ces pensées qu’il délaisse sur l’instant, les notant pour les décortiqués à un moment plus propice. Il s’est fait dès qu’il a eut besoin de se détourner de la Vérité. Revenant sur des mots chuchotés en confession. Involontaire, puisant sa source dans les réminiscences passées, éveillées au présent par l'offre. Un nom sur le fantôme du passée, Orfeo. Les lettres se sont dessinées dans l’inconscient de l'esprit qui le rappel à ce souvenir. Un endroit, en chemin de quelques images floues. Jonah ne s’y est pas attardé quand il les a vu, il les a laissé se noyer dans le flot de ressenti intense qui baignait le retour de l’immortel. Ne pas se perdre dans sa propre mémoire, propice à l’égarement de son intangibilité. Il peine à la garder intact de celle des âmes qu’il ronge. Lutte perpétuel pour détruire les étrangères qui y déposent leurs films.

Le violon se fait impérial. Imposant le silence dans un esprit qui s’agite dans un brouhaha constant. Concentres-toi. Il se réprimande lui-même, revenant sur la pellicule de ce qu’il cherche. Les ruelles de Bellfast, le faubourg plus précisément, il en a reconnu les maisons. Il ressasse encore et encore, éventrant chaque plan pour en sortir le moindre détail qui lui indiquerai la bonne. La lune est Reine quand il trouve. Le jour régnait quand il cherchait. Il tique d’avoir tant traîné mais tempère bien vite son emportement. Il y est. Et il y entre, puisque la porte s’ouvre quand il teste sa chance. C’est une invitation pour qu’il le fait. Il reste quelques secondes sur le seuil, prenant le temps, s’imposant même une respiration plus profonde et lente. Quelque chose cloche. Il pense tout d’abord à cette voix dont l’écho résonne dans la demeure. Il inspire l’instrument à corde, jamais muet quand s’écoute le talent. La partition s’ajuste au ton mélodieusement donné. Il se calme sous leurs accords. Il se tait même. Totalement. Plus de rouages en action, de projet aux architectures complexes en construction ni même de rage muselé qui trépigne de son heure proche. Rien. Que les notes qui se jouent et ces secondes qui les accueillent. La voilà l’anomalie. L’entité est apaisé de son esprit vif et machiavel. Il se complait dans le duo, se contenterai même d’un solo du Tenor. Il sourit. Le coupable est donc son hôte encore inconscient de son invité. Où tout du moins, il le présume. Jamais encore pareil…Bizarrerie ne l’avait atteinte. Symptôme troublant qu’il ne parvient à qualifier. Don des Vampires, sorcellerie des Eternels. Des questions qui patientent sagement. Une curiosité qui le picote sans l’attiser. Il s’avance sans regarder, sans réellement voir. C’est un autre sens qui le guide. L’oreille est fine et le conduit dans le jardin, là où le chanteur se tient dos à lui. Face à une fontaine à laquelle il n’accorde aucune attention, plus occupé par sa discrétion. Sans doute vaine. Il épouse l’obscurité, se déplaçant pour observer Orfeo. Le visage se fond dans les traits du souvenir qui n’est pas sien… Il n’aurai pas oublié une voix pareil.

Que la sensation d’une telle paix soit agréable ou non, elle est nouvelle. Surprenante. Elle le plonge dans un état qu’il ne connait pas et la connaissance est toujours un but en soi. Il veut découvrir. Savoir. Comprendre. Analyser. Pour ça, il lui faut lâcher prise le temps que durera l’a capella. Accepter la quiétude de son être vivant de tumultes fracassants. Il n’y a que dans son imaginaire qu’elle s’accompagne du violon. Il referme d’ailleurs les yeux, pour mieux les lever vers le ciel de son âme que les tempêtes ne déchainent plus. Une accalmie pour en observer les constellations de ce qu’il fut, ce qu’il est, ce qu’il sera.

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Les émotions s’emmêlent. Elles se croisent pour peindre des ravins de l’âme. Elles se jouxtent pour créer des chemins. Et elles laissent mon corps en ébullition, incapable d’arrêter de penser comme pour compenser cette absence de battements de cœur. Peut-être que les choses auraient été plus faciles avec ce rythme interne. Peut-être aurait-il agit comme une boussole, un instrument à suivre dans ce chaos d’interrogations. Je n’étais pas habitué à vivre autant de joie dans si peu de temps. À croire que l’amour - sous ses différents visages - avaient décidé de venir jusqu’à moi en une semaine à peine. Je n’avais pas l’habitude de ne savoir que faire face aux sentiments d’un être cher. Rien ne m’avait préparé à ce que Jayden m’aime un jour...encore moins de cette façon qui appelle au rapprochement des corps autant que des âmes. L’avais-je choisis autrefois en raison de son incapacité à éprouver le moindre sentiment? Comme une protection illusoire face à ce que j’avais fait vivre à Lucas? Je me le demandais en cette nuit où la lune était pleine. Mais j’avais beau regarder son éclat sur le sol de mon salon, aucune réponse ne me parvenait.

En même temps je n’étais désormais plus sûr de rien. Moi qui m’était enorgueillis de cette solitude qui me collait à la peau, je me retrouvais avec bien trop de désir envers de multiples personnes à la fois. Cela avait pourtant toujours été le cas...Mais cela l’avait été à travers les siècles et non à travers quelques semaines. Jamais ceux envers qui une affection quelconque me prenait n’avaient été autant au même endroit. Était-ce un moyen que Dieu trouvait pour me montrer que j’aimais bien trop à son goût? Était-ce une sanction divine à retardement? J’observais la croix à mon cou sans arriver non plus à me résigner à cette pensée. Dieu était celui qui possédait ma fidélité profonde. Aucun être sur cette terre ne pouvait se vanter de cela, et je doute qu’aucun ne désirait cela de moi. J’avais toujours cru que cette légèreté dont je faisais preuve est ce qui me valait l’attachement de ceux dont je percevais l’amour à mon encontre. Que ce dernier soit timide, par défaut, à jamais enterré ou plein d’enthousiasme! Mais peut-être était-ce des histoires que je m’étais racontées?

Comme à chaque fois pour ce genre de considération, je décidais de me lever, d’allumer un feu et de me mettre à chanter. D’abord doucement, comme si je fredonnais pour endormir un enfant...Puis de plus en plus prononcée, jusqu’à ce que ma voix fasse vibrer les murs et que Léonard et Catherine comprennent que mon âme était en quête de salut. Une absolution que je cherchais à travers la force de ma voix, mais également au cœur de mon jardin que nous avions su entretenir malgré le malheur qui s’était abattu sur la ville. Ici, c’était comme un eden abandonné de tous. Caché du regard des inconnus, accueillant celui des pèlerins qui parviendraient jusqu’à lui. Un lieu de culte...de miracles. En tout les cas, il l’était pour moi en cet instant où mes pieds - nus - foulaient le sol, tandis que ma voix s’élevait dans le ciel. Cela allégeait mon esprit, le faisant s’éloigner du chaos incessant de la passion doucereuse qui semblait m’unir à l’allemand. Ou encore à ce nouveau lien naissant d’avec mon infant. Je trouvais cela tellement absurde d’avoir de telles préoccupations quand le monde allait mal, et que je devrais plutôt être au chevet des malades pour les apaiser de cette voix qui se libérait - ici et maintenant - de toute obligation.

Envers qui allait mon allégeance si ce n’était envers ce Dieu que peu comprenait? Où allait mon cœur, si ce n’était envers l’unique qui pourrait le contenir tout en le laissant libre?

Et c’est dans cette valse que ma voix imposait à ton cœur à toi, que je remarquai ta venue au sein même de ce sanctuaire perdu. Je faisais face à la fontaine pourtant, dont le vert de la mousse recouvrait presque la totalité de la vasque, tandis que les statues aux allures de dieux grecs nous surplombaient de toute leur hauteur. Mais je savais que tu étais là. Toi à l’odeur inconnue. Toi qui ne m’apparaissait pas hostile mais qui te trouvait sur mes terres. Je me retournais, mon chant aux tonalités d’un passé qui nous a échappé continuant sa mélopée. Si tu comprenais le latin, peut-être avais-tu compris que je parlais d’un amour si fort qu’il nous était impossible d’y résister. Si tu comprenais mon langage, peut-être avais-tu saisi que seul l’amour est ce qui nous permet à tous de continuer de vivre même dans de telles conditions.

Mais quand je t’adressais la parole, ce n’était pas pour rebondir sur cette poésie d’un autre temps, mais bel et bien pour t’inviter à me parler de tes contrées. “La nuit est assez belle ce soir pour que notre rencontre soit délicieuse.” Je fis quelques pas vers toi dont l’allure m’intriguait en raison de sa singularité. “Pourrais-je savoir quel fil avez-vous tiré pour parvenir jusqu’à mon jardin?” Ma voix était toujours porteuse de douceur. Je n’étais pas gêné par ta présence. Cela faisait bien longtemps que je n’étais plus pudique quand à ma tenue. Ma chemise était lestement ouverte sur mon torse où trônait ma croix en or. Mon pantalon était japonais dans le pur style hakama. Tout cela venait adoucir davantage l’image que je pouvais renvoyer, mais n’était-ce pas, après tout, plus qu’une image? Mais bel et bien la vérité?


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Il est sensible à la musique, aux notes et à l'intonation de sa voix. Les trois forment une tout, un écho qui résonne dans le trefond de son âme pour en faire taire les agitations. Il inspire longuement, se surprenant à apprécier le calme dans son esprit, même les souffrances de cet hôte qu'il a gangrené, se font silences. Il penche la tête, d'un côté comme de l'autre, il n'a pas l'habitude de sévir dans la sérénité. Il est toujours l'ombre des tempêtes qu'il déclenche. Étrange sentiment qu'il peine à s'approprier, lui, l'enfant du chaos. Mais si la mélopée trouve grâce à ses yeux, les paroles, par contre, le laisse de marbre et se perdent dans son indifférence ou se dissolvent dans son mépris. L'amour est sans doute le Mensonge dans lequel se berce plus les hommes. Beaucoup se sont perdu dans cette quête, persuadé de trouver le bonheur dans les bras de l'être chère. Ils se leurrent, ils ne peuvent heureux à deux, si ils sont incapables de l'être seul. L'amour ne les aidera pas à gagner cette guerre. L'amour n'a pas plus d'armée que de force à offrir. Il est un espoir de plus à briser, une illusion douce dans laquelle les étouffer. Il trouvait surprenant, qu'un vampire puisse y perdre son temps, même pour le chanter en latin. Cette langue morte lui est chère d'avoir commencé à l'apprendre de son vivant. Il a continué, quand il n'avait que ça à faire, occupant les nuits d'insomnie où il était piégé dans le corps de sa sœur, puis au manoir, quand les heures l'ennuyaient. Jamais encore, il avait eut l'occasion de s'en servir, que ce soit pour entendre de pareils inepties, pourrait presque le contrarier.

L'immortel se retourne finalement, conscient donc de sa présence intrusive, sans s'en formaliser, ni s'en troubler. Il continue son concert, malgré un auditoire un plus vivant que les statues démesurées derrière lui. Jonah y a égaré son attention, le marbre de leur chair, lui rappelant l'albâtre de la peau de sa jumelle. Y penser avec nostalgie plutôt qu'avec sa colère habituelle, fronce ses sourcils. Elle ne lui manque pas, il s'y refuse. Comment le pourrait elle ? Elle a été sa geôlière durant des années, elle l'a maintenu enchaîné, elle le ferait encore si il n'avait pas trouvé le moyen de s'échapper. Il quitte les divinités figés dans la pierre, laissant ses yeux soulignés d'autres courbes. Comme celles du torse bien dessiné du chanteur. L'entité commence à comprendre les attraits que son souvenir évoquait à son propriétaire. Il n'y aurait pas fait attention si, Balian n'avait pas, il y a peu ouvert une porte que Callan avait ensuite fait exploser. A se nourrir de ce qui se cache sous les os et les muscles, il en avait oublié la beauté du charnel. La croix pendu à son cou, lui tire un autre sourire, d'autres questions, Si les éternels en viennent à adopter le même Dieu que les mortels, c'est qu'ils sont dans une période bien trouble. Le chant est a peine finit que les rouages de son esprit se remette en mouvement. Le vent souffle de nouveau sur son âme et il est violent d'avoir été interrompu si abruptement. Le répit fut appréciable, mais il aime le fracas des réflexions qui s'entrechoquent.

-La nuit est belle de ton chant, c'est donc lui qu'il faut remercier de placer notre rencontre sous les bons auspices. Il s'avance de quelques pas, avançant comme si il était chez lui, quittant ces ombres qui ne suffisent pas à le dissimuler aux sens de l'immortel. Il ne feint pas le sourire qui étire ses lèvres, lui qui apprécie tant les envolés lyriques est conquis des premiers qu'il prononce. Le vouvoiement, que lui n'adopte qu'en de rare occasion est presque flatteur. Il ne chante plus, mais son timbre reste mélodieux de calme et de douceur. Jonah pénètre sa demeure, foule sans le moindre scrupule la quiétude de son jardin, pour voler ce qui devait être un moment d'intimité, lui qui n'est qu'en apparence, simple humain et nul animosité ne semble le saisir. Observant et déduisant déjà, l'entité s'amuse de rencontrer un de cas Vampires que leurs instincts coutumiers n'animent pas. Callan compte t-il donc dans ses proches, de fervents opposants à son père ? Il frémit de toutes ses interrogations soulevées - Je suppose que je te dois une certaine... Honnêteté. Il ne cache pas son amusement, pas plus qu'il ne compte cacher ses intentions, pour une fois qu'elles n'ont pas de sombres desseins... - Tu connais quelqu'un qui m'est... Proche.. La désignation est faible. L'entité connait l'âme de son futur Sire, mieux que la sienne. L'inverse étant sans doute vrai, même si Jonah n'aurait pas la présomption de le supposer. - J'étais curieux de savoir qui se cachait derrière ce nom, resté mémorable parmi la multitude. Il dévoile, mais rien qui ne puisse lui nuire. Il arrive à être concis en restant évasif, cachant ce qu'il tait avec aisance.  - Je le suis un peu plus, au vu de vos différences. Jonah ne parierai pas un sort heureux à  l'inconnu qui surprendrait Callan chez lui, avec pour excuse des questions en suspens.

- Ta voix est remarquable, pénétrante de sérénité
. Il se doit de le souligner, musicien dans l'âme, il a toujours su trouver un refuge dans l'envolée des notes. - Elle sied bien au violon. Ce n'est pas une supposition, dans son imaginaire, le duo s'est jouée et il y a prêté autant d'attention que si il s'était fait en ce monde. Il dérive, mais il n'y a plus rien pour arrêter l'engrenage de ses pensées.
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Si le latin chante l’amour, peut-être que ce dernier est réellement mort? C’est ce qu’on pourrait penser quand les millénaires fragmentent notre esprit. C’est ce que l’on pourrait penser quand on croit encore que l’amour est l’unique sens de la vie. Du moins, dois-je apporter un bémol à ces paroles que j’ai la grâce de chanter. Un bémol de taille que peu d’homme, et encore moins de créatures ne pensent à soulever. Ce bémol se situe là où dieu est le plus sacré: dans le cœur du fervent. Un aspect de la spiritualité que peu considèrent, préférant me rire au visage ou écraser ma foi par des certitudes.  Mais peut-on réellement écraser une chose qui ne repose sur rien? C’est ainsi qu’au fil  des siècles cette dernière a continué de me porter, tandis que tous les autres ne furent qu’éphémères dans mon existence. Pourtant tous avaient eu la prétention de pouvoir remplacer l’éternel dans mon cœur. N’est-ce pas la preuve que l’homme se croit supérieur en tout, même en amour? Et que c’est peut-être pour cela que de telles histoires ne durent pas? As-tu la moindre idée à ce sujet, toi qui te tient devant moi, dans mon jardin? Trouverons-nous le jardin d’Eden ensemble, ou quelque chose de plus sombre?

Maintenant que mon chant s’est éteint, ton océan de pensées n’est plus contenu, mais il peut à nouveau évoluer dans ton esprit. Oh, rien de très brutal toutefois. Les vibrations continuent leur oeuvre de façon insidieuse car elles ne meurent pas dans l’espace instantanément. Mes paroles reçoivent les tiennes en écho. Il y a quelque chose de poétique que notre rencontre. Suffisamment pour me permettre de m’évader de mes considérations hasardeuses et amoureuses. Je me sens parfois si vieux face aux sursauts du cœur pourtant silencieux, qu’une part de moi aime à retrouver cette légèreté avec laquelle notre rencontre avait commencé. Mais cela ne pouvait durer n’est-ce pas? À peine as-tu fait quelques pas, prenant possession de l’espace comme s’il t’appartenait, que tu viens me parler d’honnêteté tandis que mes lunes aux éclats bleutées retrouvent les tiennes à la nuance plus ombreuse. Je lis ton amusement tandis que mon visage reste impénétrable. Je savais depuis longtemps ne rien manifester si je le désirais...un peu à l’image des statues de ma fontaine, figées dans une posture devenant leur étoffe éternelle.

Les informations que tu me dévoiles me laisse initialement songeur...Jusqu’à ce que tu soulignes la différence qu’il existerait entre ce proche et moi. Se pouvait-il que…? Je préférais le silence à n’importe quel mot qui ressemblerait à un mouvement inutile. Tu ne souhaitais pas me dévoiler entièrement l’identité de celui qui t’était si cher, au point que tu venais vérifier les personnes de son entourage. Toutefois, j’étais étonné pour le moment, par le fait que tu aies conscience de mon existence s’il s’agissait bien de mon ange déchu. Nous étions l’un pour l’autre autrement que de simples amants. L’amour dont parlait la chanson latine n’avait rien à voir non plus avec le lien qui nous unissait. Et c’est ainsi que je venais te poser une question, avec une simplicité qui pourrait être déconcertante: “Comment qualifierais-tu ce lien qui m’unit à cet être qui t’est si proche?” Ce n’est pas car on danse avec délicatesse qu’aucun pas - qu’aucun mot - ne possédait pas des accentuations...Croyais-tu que je pouvais être une menace pour toi? Est-ce dont ça qui t’a mené jusqu’à moi? Ou la simple curiosité, qui semblait avoir redoublée en quelques instants passés ensemble?

Et puis il y a ce changement dans ton attitude quand tu me parles de ma voix. C’est à moi de sourire ici de façon amusée. Tu ne connais donc pas mon secret? Malgré que tes pas ont su te mener jusqu’à moi? Je ne relève pas, acquiesçant simplement quand tu me parles du violon. Je fais quelques pas pour retourner vers la maison, me rapprochant ainsi de toi. “Puis-je connaître votre nom? J’ai comme la sensation que vous connaissez le mien.” Je n’étais pas effrayé ou méfiant outre mesure. Je ne voyais pas en quoi j’aurai du l’être en cette période de trouble. Tu n’étais visiblement pas un membre de Tullamore, et quant à tous tes mystères, je partais du principe qu’ils n’avaient pas tous à être découvert.

Arrivé près de la maison, je te proposais naturellement: “Si vous souhaitez m’accompagner au violon cela est possible...À moins que vous ne préfériez me parler un peu plus de vous?” Un piano siégeait dans mon salon, mais un violon s’y trouvait aussi. La musique a toujours été la clef du sens de la vie. Au-delà des langues, des émotions, de la violence...elle sait tout apaiser, tout cadencer, tout exalter!



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Jonah doit se livrer à un exercice difficile: Exprimer ce qui se ressent. Ce n'est pas une mince affaire, mais il s'est toujours plu à la fantaisie du langage que cela nécessite. Lorsqu'il ne déambule pas dans les limbes des âmes, il brodes des mots bien réels du fil de l'intangibilité des émotions. Ce qui avait attiré sa curiosité était fort, brûlant, une flamme dansante et attirante mais qui léchant les doigts de quelques tourments exquis, faisant remonter des frissons le long de l'échine. Ce que Callan lui dévoile, l'entité le saisit. Il se l'approprie, comme le vampire se l'est approprié. Ils nouent ce qu'ils sont, mués par le besoin de le faire. Il voulait comprendre ce qu'il avait effleurer, lever le voile de mystère qui flottait sur ce nom murmuré. Jonah n'est pas jaloux et possessif, il ne l'est qu'avec sa jumelle. Il a confiance en ce qui le lit à l’Éternel. Il a foi en lui, autant qu'en ses promesses. Rien ne le fera douter. Personne ne le fera trembler. Il a une place bien particulière que nul ne peut combler. C'est de cette certitude qu'il éloigne bien des contrariété. Il serait en plus hypocrite de lui reprocher de jouer de toutes les gammes du plaisir, alors que lui même en est un fervent amateur. - Intense. Il brise le silence après quelques secondes de réflexions. Les questions intéressantes méritent toujours une réponse réfléchie. - Unique. J'ignore cependant ce qu'il est. Je ne saurai le qualifier autrement. Il lui tarde d'y parvenir. - Suffisamment intriguant pour me pousser à venir. En apprendre plus. Il justifie son intrusion, comme si sa curiosité était une raison légitime de venir le trouver chez lui.

Il est calme, serein, l'accueillant presque comme un viel ami, avec un sourire et des questions. L'entité l'observe mais ne parvient à trouver aucun signe de comédie ou de courroux contenu.. Son esprit a déjà retrouvé toute sa célérité et il se plait à cette rencontre saugrenu qui ne doit rien au hasard. -Ton instinct ne te trompe pas. Je connais le tien. Il en entend encore la sonorité dans les tempêtes intérieures de son futur Sire.
Le sorcier s'amuse, comme à son habitude, d'une révérence. - Le mien est Jonah. Il a hésité à mentir, usé de celui de son hôte, mais il lui offre la vérité en échange de ce concert qui lui a donné. Peut être pour la manière dont il le reçoit aussi.

Il s'avance sans que Jonah ne bouge, attendant qu'il soit à sa hauteur pour le suivre. Loin d'être une menace, il est soudainement détourné de ses machinations par la proposition. Il y a longtemps qu'il n'a joué du violon. Et pas une fois depuis qu'il s'est échappé de l'esprit de sa jumelle. Cette distraction se fait pourtant impériale, à la vue de l'instrument. Il remarque aussi le piano, souriant. Ses doigts s'empressent de courir sur les touches pour en tirer quelques notes. Il sait en jouer aussi, mais n'a pas le talent naturel de sa soeur. Le sien est porté sur l'archet qu'il manie avec une aisance agile. -N'est ce pas la même chose ? La mélodie s'est toujours fait le reflet de son être. Sa partition se dessine de son âme et non à l'encre de celles qu'il pille. Ses yeux se posent sur le violon avant qu'il ne s'en saisisse avec une douceur certaine. Un duo avec Eden, de ceux qu'ils jouaient petits, résonnent quelque part. Elle aurait merveilleusement bien accompagné cette voix que le vampire possédait. L'usine de ses pensées apaisées, aurait il apprécier les ressentis pittoresques qu'elle mêle à sa musique ? Se serait il ému, de ce qu'elle y transmet ? L'idée pourrait le faire rire. Il doute. Il a bien trop de haine pour toutes les niaiseries d'Eden pour un jour s'en émouvoir, même sous l'enchantement d'un chanteur.

Naturellement, il se saisit du violon, se l'appropriant de quelques notes. Son sourire se fait presque enfantin alors qu'il se souvient de ce plaisir oublié. Ce n'est pas pareil que lorsqu'il agissait au travers de sa jumelle. C'est mieux. Il pointe son archet vers Orféo. -Pour revenir à ta question, à défaut de pouvoir définir ce lien, je peux te le jouer. Un instant, son regard rencontre le sien. Espiègle petit démon. Il referme ensuite ses paupières dessus alors qu'il improvise une mélopée, l'inspiration s'abreuvant directement à la source de ce qu'il l'a intrigué. Cette intensité. Cette... Passion. Une déchirure ou une souffrance. Il manie les cordes mieux encore que les mots. Elles se font fenêtre sur ce qu'il a ressentit, tout ce que le souffle de ce nom à évoqué à cet être qui lui est si proche.
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Un sourire gracieux étira mes lèvres. Intense. Tu étais bien proche de lui pour avoir su prélever cette sensation. Ton identité me restait ainsi inconnue - celle par rapport à lui - mais j’en goûtais la saveur sans aucune amertume. C’était rare, quasi inédit, qu’une personne lui soit si proche au point d’en connaitre notre secret. Parce-que cela était ainsi entre nous “inexistant” aux yeux des mortels, de ceux qui ne pourraient jamais comprendre ce qui nous lie. Unique. Des mots qui résonnent mais qui laissent mon esprit bien vide suite à ton aveu de ne pas en détenir l’entière vérité. Mais au moins avais-je la raison de ta venue. Se pouvait-il que moi aussi je pourrais ressentir du plaisir en ta compagnie? Que je pourrais éplucher ton âme comme tu le voulais de la mienne?

Je me montrais ainsi accueillant car tu venais enjoliver une soirée plutôt morne où je m’adonnai au chant pour oublier. Les sentiments n’étaient pas choses à être partagées. Pas envers plusieurs personnes, en même temps, à la fois. Pourtant je me retrouvais confiné ici, dans cette maison, que même les rumeurs pouvaient trouver. Comme celle qui t’a mené jusqu’à moi. C’est sans détours que tu me confirmes mon sentiment. De mon côté, je ne fais que t’observer, prenant un certain plaisir à découvrir la moindre de tes expressions. Tu me donnes la sensation de prendre du plaisir à notre rencontre. À prendre du plaisir face à cet échange qui se bâtit simplement et poétiquement entre nous. “Jonah”. Étais-tu une colombe comme le voulait ton nom? Un prophète? Je savais en tout cas l’unique personne qui pourrait apporter une réponse à cette question.

Mais pour le moment toute mon attention se voit attrapée par tes quelques paroles. Le violon semble ainsi faire partie intégrante de toi et je ressens à quel point sa présence t’enthousiasme. C’est ainsi que tu me proposes de me jouer ce lien qui me lie à celui dont on tait le nom. Et tandis que les premières notes s’envolent sous tes coups d’archet, je vais simplement me poser sur le canapé, calant ma tête sur les oreillers et me laissant aller à la mélodie. Mes yeux fermés, je ne te crains pas, profitant pleinement de ce spectacle que tu m’offres. Si j’avais la nécessité de respirer sans aucun doute aurais-je soupiré d’apaisement. Chacune de tes notes revêtaient la perfection et venait me faire sentir ce lien, cette connexion, qui s’est toujours joué entre l’allemand et moi. Pourtant, les mots, bien que manuscrits, n’ont jamais été essentiels entre nous. C’est ainsi que la musique qui s’échappait du corps de l’instrument, rythmé par ton propre corps, possédait toute l’impétuosité nécessaire pour décrire ce qui nous liait à travers le temps.

Mais même si mes muscles se détendaient sous chacun de tes coups d’archet, mon esprit ne cessait de s’égarer vers cette autre nuit où mon infant s’était trouvé là, dans ce même salon, et où je n’avais su l’accueillir prestement comme il l’aurait souhaité. Et toi qui venait me rappeler ce lien fondateur, celui-là même qui m’avait amené à quitter mon premier infant, celui-là même qui m’avait amené à transformer Jayden, étant persuadé que jamais il ne pourrait m’aimer. Mes yeux s’ouvrirent soudainement, au même moment que tu laissais ton bras en suspens, que ta mélodie se terminait. Je ne bougeais pas du canapé. Pendant un bref instant, si tu avais regardé au-delà de ta musique, tu aurais pu lire le trouble qui m’avait ramené à cette réalité. Un trouble qui n’avait rien à voir avec l’intensité qui me liait à Callan malgré la distance, mais bien avec ces derniers temps où j’étais bien loin de ma superbe d’antan. “Vous avez su distinguer la moindre des altérations de ce qui nous lie...mais qu’est-ce qui vous lie à lui? Saurez-vous me partager cela? Peut-être ainsi saurais-je jouer pour vous à mon tour?”

Mon regard se faisait patience. Je n’attendais pas de réponse immédiate, c’était ma façon de te remercier. “Vous semblez hors de tout repère...Est-ce que mon visage a pu rassasier votre curiosité? Est-ce que je suis égal à ce que vous pouviez imaginer?” Au moins ta présence avait cela de satisfaisant qu’elle me permettait de sortir de mon esprit et de ne pas m’emmêler avec ce qui ne méritait pas plus longue attention. “Ce qui est certain, c’est que vous ne devriez pas resté aussi longtemps éloigné d’un violon...ce serait comme perdre votre âme.” J’étais attentif, au-delà des pensées éparses que j’avais su cueillir en toi. Attentif à ton lien avec cet instrument. Il était réellement une partie de toi.



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Jonah Fowler
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L'archet est le prolongement de son bras, ses doigts le manie avec une telle agilité, un tel naturel que cela semble facile à le regarder. Il sourit, meurtrisant les cordes pour en tirer des cris exquis qui forment une mélopée rythmée. Il  donne vie aux notes assassines, les anime de cette violente caresse qui les font pourtant vibrer. Jonah n'est qu'un instrument, tout comme le violon qu'il tient avec une tendresse accordé à peu d'amant. Il est le jouet de ce écho du passée, la marionnette de ce sentiment qui a éveillé sa curiosité. Son corps y donne quelques pas gracieux, emprunt d'une sensualité féminine qu'il a volé à l'adolescence d'Eden. Il se l'est approprié puisqu'elle ne semblait pas s'en préoccuper. Âme farceuse qui se prête autant à la facétie des succubes, qu'à la brutalité plus primaire des Hommes. Artiste dont l'inspiration semble surnaturelle, pleurs des anges ou rires des démons, il pourrait les faire rire en cœur dans une symphonie interdite, si l'envie lui en prenait. Mais son envie est autre bien moins biblique, il veut transmettre. Alors il saisit ce qui le fascine et le façonne au fil des partitions. Il lui est aisé d'improviser. Il est le maitre d'orchestre de bien des solos, seul spectateur de ce show qui n'est produit que dans sa imaginaire. Callan peut l'entendre quand il le laisse parcourir l'immortalité de son âme, privilégié du déluge symphonique.

Alors, après qu'il se soit tu, que le silence est accueillit la fin de son monologue musical, la question l'amuse. Il réfléchit déjà à la réponse, un sourire sur ses lèvres. L'exercice ne sera pas facile, élaborer une mélodie à la hauteur de ce lien qu'il partage sera complexe, mais il lui tarde de la composer. En attendant, alors qu'une partie de ses pensées dessinent déjà une clé de sol sur un papier onirique, il se tourne vers son hôte et se plie d'une révérence, l'archet dans une main, le violon dans l'autre. Il ne lui demande pas si cela lui a plu. Il l'a vu. Cela l'a... touché. Sans doute ému. Peut être pas de leur Muse commune, mais l'entité a perçu les déambulations de son esprit, un certain trouble peut être. Son regard l'était, c'est là qu'il a deviner ses fantômes, puis que sa magie est inefficace sur les Éternels. - Il me plairait beaucoup de te l'entendre jouer. Mais pour lui expliquer ce qui l'unit à Callan, il lui faudrait aussi un piano et sa jumelle pour en émouvoir les touches. Là, il lui ferait ressentir les infimes subtilités qui constellent cette étrange union. Eden a toujours rêvé d'une famille, lui se l'est construit au fur et à mesure du temps, Sa soeur y a sa place, pas celle qu'elle a toujours souhaité, il ne sera jamais ce grand frère qu'elle a rêvé, mais elle y est. Elle devrait d'ailleurs toujours être à la place qu'il lui choisit. Non aux côtés de Josias. Préférant repousser cette pensée agaçante, il se concentre sur son futur sire. Callan est le patriarche incontesté qu'il s'est choisit.

- Alors je parviendrai à te transmettre ce qui me lie à lui. Pas aujourd'hui, pas cette nuit, mais il reviendra pour tenir son engagement. Est ce que sa transformation nouvelle lui sera révélateur ? Oreo effleura t-il la compréhension en l'apercevant nouveau née, ressuscité, cette fois ci par le Prince ? Jonah se languit de cette seconde étreinte qui l'attend. Dans les bras de la faucheuse, il s'est sentit tellement libre. Il en est revenu changé, sa soeur dit qu'il a été dénaturé. Lui, se pense sublimé, délivrée. Il a hâte d'y retourner hâte d'en revenir, de rencontrer ce qu'il va devenir. Sa patience est mise à rude épreuve mais elle tient pour l'instant bon. Il a encore des choses à régler sous cette forme, encore un peu de temps mortel à perdre. Rien de grand à accomplir, il se contente de suivre ses intuitions qui le traversent comme des courants d'air. Il sera bientôt, il peut le sentir dans chaque fibre de son être. Mais pas maintenant. Et ce n'est pas le doute ou l'hésitation, Jonah est sûr de cette avenir aux côtés du Vampire, en premier Fils. C'est la seule certitude d'avoir encore quelque chose à accomplir qui le retient, sa magie le lui chante et il l'écoute.

Hors de tout repères... L'expression lui plait, c'est un peu le cas. Certains ont le cul entre deux chaises, lui à un pied dans deux mondes. - Je n'ai rien imaginé. Je voulais laisser une toile vierge à ce nom peu commun. Il sourit, reprenant l'instrument correctement pour en tirer quelques notes, accompagnant le silence qui suit l'évidence que souligne si justement le vampire. -Le violon me berçait avant même que je ne sache en jouer. Avant sa mort, quand il n'était qu'un petit garçon. Quelques souvenirs éparses, sa sœur détenant tous les autres puisque lui les perd, mais toujours les cordes vibrantes. - Il ne me quitte jamais vraiment. Cependant, il doit admettre que concrétiser ce qu'il entend constamment, est un plaisir qui lui avait manqué. Il raccroche un coin de ses pensées à cette idée, pour ne pas la perdre. - Il m'avait toutefois manqué.

Jonah ne perd pas le fil qui l'a mené ici, il n'a pas finit d'assouvir sa curiosité. Il l'a nourrit de quelques miettes, de quoi attiser sa faim. - J'ai su mettre des notes sur qui t'unit à Callan, y mettra tu des mots ? Lui confiera t-il ce qu'il a déjà saisit dans quelques vapeurs sulfureuses de l'âme immortelle ? Il a déjà capturé le plus important, non ? Il n'y a aucun irrespect à demander l'histoire de cette empreinte qu'Orféo a laissé. - Loin de moi l'idée de paraître impudent, mais je n'ai pas souvent le plaisir de rencontrer les êtres qui ont compté pour lui. L'entité a toujours aimé les histoires. Celles qui se lisent dans les content, comme celles qui se vivent.
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Une révérence. Face à la splendeur des notes qui s’étaient échappées de ton union avec l’instrument, cela était de circonstance. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pu m’évader à travers l’écoute d’une mélodie. Surtout pas une qui vient souligner la puissance qui me lie à l’allemand. Bien loin des standards habituels de relation. Bien loin de toute marque d’attachement. Bien loin de tout projecteur. Nous n’avions pas besoin de cela. Nous étions au-dessus de cela. Et à travers ta mélopée tu avais su en extraire la saveur, ce qui ne m’avait pas empêché de sombrer dans des pensées qui m’amenaient bien trop loin dans ma vie d’immortel. Mais de cela, je n’allai pas te toucher mot. De cela, je préférais rester éloigner encore un peu. Je savais comme la nostalgie ou les regrets pouvaient agir comme une gangrène chez ceux qui n’y prenaient pas garde. Alors, je faisais attention, je veillais à ce que mon esprit ne prenne jamais ce chemin là. Je savais que la prière m’y aidait - que dieu m’y aidait - mais je ne pense pas que la croix à mon cou ait déjà attiré ton attention, ou alors tu sais n’en rien montrer. Ou alors, cela te semble anodin ou encore ridicule. Peu peuvent comprendre la profondeur d’un échange spirituel. Mais sans le comprendre, le tout est de savoir l’observer. Sans chercher à comprendre, le tout est de se laisser toucher par la grâce divine. Parce-qu’elle n’est pas un mythe, et surtout, elle apporte un regard différent sur ce monde qui part en ruine.

Tu approuves. Simplement. Sans plus d’explications. Tu n’en as pas besoin. Il y a comme un lien tacite qui s’est installé entre nous. La musique y a grandement contribué. La musique contribue à tout adoucir, même les frontières. Je n’irai pas jusqu’à dire que nous étions devenus des intimes. Mais je me permettrais de soulever que tu n’étais plus vraiment un étranger. Surtout que tu connaissais Callan et mon lien à ce dernier. Pas avec des mots - mieux - avec des notes. Parce-que je crains que les mots ne soient pas assez forts pour exprimer ce qui nous habite quand nous sommes en présence l’un de l’autre. Je crains que les mots ne soient trop ternes, trop brutes, face à ce lien que les siècles ont façonnés et que nous nous sommes efforcés à ne pas ébruiter. Pourquoi l’aurait-on fait? Il y a des choses qui appartiennent uniquement au silence. Et seule la musique sait lui donner la réplique.

Et alors que tu me promets de revenir me voir pour me parler de votre lien, je me laisse aller à écouter tes pensées. Juste un instant. Mon propre esprit vient s’égarer dans le tien et je perçois l’évidence. Votre lien, sans que je ne puisse en connaître les fondations m’apparait dans toute sa grandeur, et tout me devient soudainement plus clair. Il t’a laissé me voir car tu seras bientôt une part de lui. Tu as eu accès à ses secrets, car d’une façon ou d’une autre tu as su toucher ce qu’il lui reste de cœur. C’est à ce moment-là que je m’interroge, mon regard se faisant plus incisif tandis que je t’observe. Qu’est-ce qui lui a plu chez toi que je ne peux deviner par ma méconnaissance à ton égard? Je sentais bien que tu n’étais pas mortel, et que tu étais encore loin d’être innocent. Mais comment avais-tu réussi à accaparer son attention au point qu’il souhaite t’avoir auprès de lui éternellement? C’est là que je me souviens de mes jeunes années d’immortel. Je me souviens de ma rencontre avec Callan et de mon souhait - que je lui avais partagé - qu’il ait été mon sire, au lieu de celui qui a été le mien. Une requête d’une cœur naïf car rien ne peut changer le passé. Mais ta vérité, que j’entrevois donc dans ton être, me rappelle à ce doux souvenir, tandis que mon attention revient toute entière à toi. Je délaisse tes pensées pour me concentrer sur ta gestuelle, mais aussi sur tes paroles. Tu me contes ta relation avec le violon, faute que ce soit celle avec l’allemand. Mon regard marque mon intérêt sans que je n’ai à desceller mes lèvres. Je ressens toujours quand un être est passionné, et il ne fait aucun doute que cela soit ton cas.

Un sourire vient toutefois égayer mes traits face à ta demande. D’un geste de la main je t’invite à venir t’asseoir au plus près de moi, comme si j’allai te raconter une histoire et te bercer par la même occasion. “Je crains que les mots ne peuvent décrire ce qui m’unit à lui, contrairement à la musique.” Parce-que notre relation était hors des normes, hors de toute considération. Elle n’avait pas à exister pour les autres, uniquement pour nous. Mon regard se mit à pétiller tandis que je te pose la question: “Pourquoi vouloir que j’y mette des mots? Pourquoi ne pas le demander à Callan directement? Je doute qu’il puisse te refuser quoi que ce soit…” C’était ce que mes fouilles en ton esprit m’ont amené à relever. “Ce que je peux toutefois te dire, c’est qu’il compte autant pour moi que je compte pour lui.” Je ne pouvais me faire bavard sur ce qui concernait ma relation à celui que tu aimais tant. Non par méfiance mais par pudeur. Il y a des choses qui étaient bien trop intimes pour les dévoiler. Mes propres infants n’étaient même pas au courant de cette relation.




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Le regard de l'entité brille d'une sombre lueur alors qu'il penche la tête sur le côté. L'intrusion d'Orféo dans son esprit ne passe pas inaperçu. Il la ressent, sans doute parce que l'esprit dans lequel le vampire s'incruste n'est pas le sien. Jonah a pour habitude de se dissimuler dans celui de son hôte, d'observer ceux qui tentent de lui piller ses pensées, alors qu'ils ne peuvent les trouver dans celles de Timothée. Il est sa meilleur défense, à défaut de pouvoir le protéger de ce corps faible et pitoyable, il lui offre une âme ravagé et une conscience qui l'est tout autant, pour se dissimuler. Pas toujours évidemment, pas cette fois, puisqu'il ne cherche pas à se cacher de l'Immortel, bien au contraire. Jonah ne veut mentir ou jouer, dans une morale qui n'est propre qu'à lui même, il consent à un certain équilibre dans ce qu'ils échangent. Il pensait prendre en venant ici, assouvir une curiosité qu'il n'a que pour son futur Sire, au final, il se retrouve à se dévoiler, puis plus qu'il ne l'aurait cru. Ce n'est pas ses pensées qu'il laisse accessibles, mais cette musique qui lui a offert, ses confidences sur le violon... Des banalités bien enrobés, c'est généralement ce qu'offre l'entité aux autres pour mieux les duper, cette fois ci, il n'a rien dit, il a joué, il ne s'est pas cachés, ses silences sont plus éloquents que la plupart de ses discours.

Jonah rit, amusé, secouant doucement la tête à la réponse du vampire. - Tu as l'art et la manière de dire Non, Orféo. Tout en délicatesse. Il se rapproche, venant donc rejoindre cette place qu'il désigne, sans sembler se formaliser de son refus. Sa question était intrusive... Il la reformulera de différentes manières, la représentera... Jusqu'à ce qu'elle trouve une réponse satisfaisante. Il repose le violon avec précaution, contre la table basse, le laissant à porter de main. Il n'est pas lui, mais il s'en moque bien, le son qu'il en a tiré lui appartient, les notes jouées, cette mélodie qu'il a inventé est son entière possession quand bien même il l'a partagé avec le vampire. - Tout ce que je sais sur vous, je le tiens déjà de lui, de son âme, de ses ressentis. Je n'ai pas besoin qu'il mette des mots dessus, il a déjà mit plus. Ce que je veux maintenant, c'est ce que représente pour toi cette relation. Il le déplore, mais Jonah n'a pas le pouvoir de sonder l'esprit du vampire, ni de s'y infiltrer si l'immortel ne lui laisse pas consciemment une brêche dans laquelle s'engouffrer. Être impuissant il n'aime pas. Jonah se veut libre y comprit de limite. Il y travaille, chaque jour, dans cette lutte perpétuelle qu'est sa vie depuis qu'il a quitté le corps de sa soeur. Mais bientôt cette acharnement paiera d'avantage encore, que tout ce qu'il avait imaginé. Il n'y a que Callan pour lui offrir un monde, au delà de ses espérances.

-Pourquoi, alors ? Jonah est ainsi fait. Il est de curiosité et de perpétuelles interogations. Il ne cesse jamais de réfléchir, ne s'arrête jamais de comploter ou de prévoir, c'est bien pour ça qu'il a comprit sur l'instant que le chant du vampire avait quelque chose de... Magique. -Pourquoi vous êtes vous quittez ? Pourquoi rester éloigné alors que vous êtes si proche ? Orféo n'avait il pas chanté les louanges de l'amour et de sa magie, laissant de marbre Jonah, qui n'y croit guère. Il sait qu'il n'a pas toute les cartes en mains pour comprendre, pour saisir, peut être même que sa condition de mortel l'aveugle sur les déboires de l'éternité. Il est presque frustrant de patienter. Elle est si proche enfin accessible et il la repousse lui même, pour mener quelques affaires à bien. En l'attendant, tout semble en suspends... Même les retrouvailles avec sa jumelle, qui l'a pour une fois devancer. Elle a osé, être immortelle avant lui. Choisit un Sire qui ne trouve aucune grâce à ses yeux, un vampire pathétique. Il n'y en a qu'un pour être à la hauteur des instincts de Jonah... Digne d'Eden... Callan et personne d'autres. Il lui fera chèrement payer ce qu'il voit comme une trahison.

Il est loin le calme dans son esprit. Les questions en amènent toujours d'autres, puis d'autres, pour cependant toujours le ramener au même point, depuis qu'il sait que sa sœur n'est plus humaine. Il en revient toujours à sa colère, à cette frustrations, qu'il temporise de ses desseins machiavel.
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Je t’ai accueilli sans une once de méfiance. Je t’ai ouvert les portes de mon âme, aussi sûrement que tu l’as fait de la tienne. Mais ce n’est pas assez n’est-ce pas? Tu ne trouveras satisfaction que lorsque tu auras pu plonger dans les eaux de ton choix. Celles-là même que je t’interdis avec délicatesse pour reprendre tes paroles. Après tout, je ne te devais rien. Pas même à Callan. Peut-être est-ce cela que tu voulais entendre? Que notre lien est au-delà des considérations amoureuses. Parce-que ce n’est pas de l’amour. Pas au sens que tu te le figurerais. À moins que tu as déjà perçu cela, et que tu souhaites que je mette des mots pour éclairer ta compréhension. Cela est impossible. Aucun mot, encore une fois, ne pourra être assez précis pour rendre justice à ce que l’allemand fait vibrer en moi. Le plus juste, encore une fois, restait cette mélopée que tu avais joué pour moi. Pour toi. Pour nous.

Te voilà assis, le violon toujours à portée de main. Ton teint est lumineux, ta peau satinée...et pourtant, une mélancolie semblait constamment poindre de toi. Tu avais beau me poser des questions, plusieurs me parvenaient à l’esprit rien qu’en te contemplant. Contrairement à toi, je savais m’abstenir - pour le moment - appréciant la préciosité du silence. Je me demandais de quoi tu étais capable. Je me demandais quelle capacité avait su charmer Callan au point de concéder à t’offrir l’immortalité. Se résignait-il à créer sa propre famille, délaissant les promesses et les rancœurs de Léandre? Sans nulle doute connaissais-tu ces avenues parce-que rien le concernant ne semblait t’échapper. Sauf bien sûr notre relation. Ta langue se déliant encore une fois en une forme interrogative. “N’est-ce pas suffisant? Tu ressens ce qu’elle représente pour moi. Tu as su y mettre des notes...Pourquoi cela est aussi important pour toi?” Mon regard sonda le tien à la recherche de l’étincelle de vérité. La curiosité est un état d’esprit, mais pourquoi insister, alors même que ma relation à ton futur sire n’a pas d’impact sur ta relation à ce dernier?

Dans le même temps, je prends note de tes paroles qui m’apparaissent encore bien obscures. Est-ce de la poésie, ou as-tu pu réellement lire son âme? “Comment as-tu pu ressentir ce qu’il a vécu?” Après tout, tu es sorcier...il y a comme cette électricité - cette magie - qui émane de toi. Est-ce par ce biais que tu as pu obtenir de telles informations? Mais te voilà à préciser ta pensée, venant t’appuyer sur mes propres paroles. Un sourire vient égayer mes traits. Je t’observe en silence, admirant cette détermination qui était loin de m’agacer. Il en fallait bien plus pour que je perds la maîtrise de moi-même. Tu m’apparaissais comme un enfant qui voulait acquérir ce qu’il voulait et sur le champs! Je sentais cette adrénaline, ce quelque chose dans l’air auquel tu ne peux résister et que tu souhaites de tout ton être que je comble, n’est-ce pas? “Qui a dit que nous nous sommes quittés?” Mon sourire se fait taquin. Ma légèreté, celle que n’aperçoivent que mes amants, vient flotter à la surface de mon visage. “Doit-on nécessairement vivre avec l’autre quand on est proche?” Je me demandais un instant ce que cachait tes questions. Était-ce simplement un désir de compréhension, ou cherchais-tu des réponses sur les sentiments que tu ressentais...À moins que notre lien ne t’échappait car tu n’étais pas certain de pouvoir partager une telle intensité?

Je n’étais pas facile à berner. Je savais que tes intentions étaient pures quelques part. Je savais que tu ne cherchais nullement à me piéger, mais ce n’était pas en changeant la direction de tes phrases, que je ne percevais pas que le but restait le même. “Pourquoi est-ce si important pour toi Jonah? Pourquoi désires-tu connaître la façon dont je considère celui avec qui tu vas passer le reste de ta nouvelle vie?” Aucune crainte pourtant dans tes iris, à part celle de ne pas savoir, de ne pas obtenir gain de cause malgré toute ta volonté. “Est-ce que cela va changer quelque chose à ton bonheur? À moins que tu ne crois nullement en ce dernier et que tu cherches des preuves de sa non-existence?” Le tutoiement avait percé mes lèvres naturellement. Après tout, c’était cela que tu souhaitais n’est-ce pas? Être toujours un peu plus proche de moi...et quelques part de Callan. “Si je ne peux abreuver ta curiosité...que nous reste-t-il?” Une bien étrange question, je te l’accorde. Mais je voulais te voir toi, et non plus l’ombre de Callan que tu voulais me faire croire. Quelle est ta préciosité? Quel voile ne retires-tu pas totalement?



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-Je me contente rarement du suffisant. Comprendre est une quête. Un but à atteindre qui nécessite souvent de batailler. Contre les autres, contre cette obscurantisme que les mortels se plaisent à jeter. Comprendre est le meilleur moyen de se saisir de la vérité, de la voir dans toute sa complexité, sans souffrir de subjectivité. Jonah aime savoir, appréhender au mieux le monde, sans s'embarrasser de la morale ou de la conscience qui le brouille. Il veut voir les choses telles qu'elles sont, sans aucuns prismes pour les déformer. Il est curieux de nature et cette curiosité le ronge au quotidien car il n'a jamais cessé de la nourrir. Il en a fait une force qui le pousse bien souvent au delà de ses limites, mais elle peut être faiblesse lorsqu'il se montre borné. Il finit toujours par obtenir ce qu'il veut, alors il lui arrive de manquer de patience quand il peine à l'acquérir. Mais il apprend. De ses erreurs, de ce qu'il est, puisqu'il a comprit comment il fonctionnait. -Parce que c'est important pour lui. Cela écrase le reste et si cette raison n'est pas suffisante pour le vampire qui lui fait face, elle l'est pour lui. Orféo est important pour son futur Sire et si il la ressentit, il n'en connait pas la cause, il n'a que des émotions, de vagues sensations, rien de concret. C'est ce qui lui manque pour saisir ce qui les unit. La dernière pièce du puzzle. Il soutient son regard, laissant les étincelles qui l'animent, embraser ses iris sombres.

-Je te l'ai dis, je l'ai vu dans son âme. Son sourire se fait mutin, alors que ses yeux se posent sur le violon dont il effleure les cordes dans une légère caresser. Rare est sa tendresse et aujourd'hui, elle s'agite pour un simple instrument. Il pourrait lui mentir, se cacher derrière d'autres mots, d'autres arabesques verbales qu'il maitrise à la perfection, acrobate de la poésie, mais puisqu'il exige lui même la vérité, il serait hypocrite de la dissimuler au vampire. Il n'a pas envie de ça, pas envie de lui mentir, il le lui doit une fois encore pour l'hôte qu'il fait, pour la patience qu'il montre face à l'insistance de sa curiosité. Alors oui, il s'exprime au sens littéral. C'est de l'essence de Callan dont s'inspire la mélodie qu'il lui a joué, c'est de celle ci qu'elle tirait sa justesse et c'est sans doute pour ça qu'elle était si belle. Elle se devait d'être à la hauteur de celui qui lui a soufflé.

Il se tait ensuite, réfléchissant sérieusement à ces questions qu'il soulève, prenant le temps d'un silence pour les faire tourner dans son crâne et les décortiquer au scalpel de sa raison. Il les mesure, les pèse, disséquant les mots pour choisir les siens. -Tu marques un point. La distance ne peut estomper un lien aussi fort que le votre. Ni même les années qui passent d'ailleurs. Il en dépasse ces concepts. Il secoue la tête ensuite, amusé. Il aime discuter avec l'immortel. Il est loquace, intelligent et cultivé, des qualités qu'apprécient l'entité et ceux, même si il n'aime guère se répéter. Alors il cherche une autre réponse, à la même question. Moins évidente, plus personnel sans doute. Il creuse dans sa propre psyché pour mettre le doigt sur autre chose que sa curiosité, autre chose que l’intérêt que porte Callan à Orféo. Une fois encore il cesse de parler pour se concentrer sur les interrogations soulevés. Machinalement, il s'est ressaisit du violon et de l'archet, accompagnant le fil de son raisonnement de quelques notes qui en naissent. Il pourrait parodier la concentration des mortels, mimer ses réflexes qui en découlent, tapoter le bout de son nez en singeant sa jumelle, mais il préfère de loin faire raisonner ce son mélodieux en dehors de l'esprit qui le créer.

-Mon bonheur ne dépend nullement des réponses que tu apportera. Il se nourrit d'autre chose. Le bonheur est particulier, dépend de chacun, il est subjectif, il existe, tout en étant chimère, invention de la conscience. Et il n'a rien à voir avec ma venue ici. Il cesse de jouer, redonnant toute son attention au vampire, en même temps qu'il lui offre son honnêteté. - Je pense que ma curiosité me détourne de ma colère, qu'elle est une échappatoire aux... quelques désagréments que je rencontre. Entre autre. Parce qu'il veut vraiment comprendre ce qui lie les deux vampires, que ça occupe les rouages de son esprit sur autre chose que le destin de sa jumelle, ou le misérable qu'elle a choisit, est un plus. La cerise sur un gâteau déjà bien garnit.
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Orfeo Spinola
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Jonah & Orfeo

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Ne pas se contenter du suffisant. N'est-ce pas cela au final qui a amené les hommes à créer les plus grands chefs d’œuvres, au même titre que les pires atrocités? Pourquoi se contenter de ce que l'on a, quand on a besoin de se rendre immortel? N'y a-t-il pas un peu de ça dans ce désir de toujours plus? À moins que cela ne soit jamais assez? La connaissance peut donner une sensation de toute puissance, et tandis que tu me confies que ma relation à Callan lui est importante, chose de laquelle je ne doute pas, je me demande de mon côté quel est donc cette capacité qui te permet d'extraire l'essence de tout être, sans en posséder les mots - que tu cherches ainsi auprès de moi - mais en en possédant l'odeur. Te rends-tu toutefois compte à quel point cela est bien plus précieux que n'importe quel mot? Je ne suis pas certain que tu es capable d'en prendre conscience, simplement car tu n'en as pas l'envie. Mais d'où te vient cette fuite à travers la connaissance de l'autre? Qu'est-ce qui te déplaît dans ta propre intériorité pour vouloir caresser l'intimité des autres?

Je suis ton regard qui se pose avec amour sur le violon. Je ne peux que sourire à mon tour, reconnaissant en toi un artiste, un amoureux de l'art. Je vois dans ton regard tout ce que la vue de cet instrument t'apporte: réconfort, magie, éternité. C'est cela que moi-même j'aime à retrouver quand mes doigts rencontrent les touches du piano et que la musique m'avale comme si je n'avais jamais existé. J'apprécie observer que cette nostalgie d'un temps trépassé, prend possession de tes gestes qui se veulent assurés quand tu te lèves, toute ton attention semblant uniquement portée sur l'instrument, alors même que tu me réponds, appréciant autant que moi cet échange mêlé de sincérité, en recherche de vérité. Tu as raison. Ce qui me lie à Callan dépasse les concepts habituels, au point que nous ne sommes pas aise, lui et moi, à nommer ce que nous éprouvons l'un pour l'autre. Callan a toujours été promis à Léandre, et j'ai su me créer une vie au-delà de ses horizons. Tout cela aurait été différent s'il avait été mon sire, comme il s'apprêtait à être le tien. Et c'est en cela que l'intensité de notre lien me perturbait si je venais à trop y songer. Mais te voilà à ne plus lutter contre ton désir impérieux de ne faire qu'un avec le violon. Te voilà à jouer quelques notes avec cette dextérité, cette décontraction, propre à ceux qui ne faisaient pas de musique, mais la vivaient pleinement.

J'écoute tes notes, mais j'écoute surtout tes paroles. Le bonheur dépend en effet de la conception de chacun, mais ce qui m'intéresse ici est de découvrir que notre discussion n'est pas la nourriture de ton bonheur. J'admire comme tu sais jouer des mots autant que des notes, j'admire cette part de toi qui semble libérer de son humanité depuis des années, mais qui en même temps semble en être éprouvé. Voilà ce que me laisse entendre tes derniers propos. «Aimerais-tu que je t'accompagne sur ces chemins que tu fuis?» Au lieu que je ne sois là que pour t'aider à y échapper avant de devoir y pénétrer à nouveau. Les siècles m'avaient au moins apporter cette sagesse qui consistait à ne pas fuir nos peurs, mais à les regarder. À nous mirer, autant nos ombres que nos lumières afin de parvenir à nous accepter pleinement et ainsi ne plus utiliser d'énergie à trouver des raccourcis, ou à condamner des portes de notre psyché. Tout cela n'avait toutefois rien de psychologique, mais bel et bien tout du bon sens. «N'es-tu pas fatigué de te fuir? Fuir cette fameuse colère? N'as-tu pas envie d'autres choses?» Je doutais intérieurement que nous puissions mettre plus de mots que nous ne l'avions fait sur ma relation à Callan. «Ici, je ne cherche pas à fuir de mon côté cet intérêt que tu portes envers ce lien qui est si précieux pour Callan, et si précieux pour moi aussi...Simplement, je pense qu'il serait plus utile que tu le lui dises, si tant est qu'il ait besoin de le conscientiser, et qu'ensemble nous accueillons plutôt ta colère.»

Je n'étais pas effrayé par les flammes qui couvaient en toi. Je n'avais pas peur de ce que - peut-être - tu oseras me montrer de toi. Au-delà de ce masque mutin, de cette délicatesse onirique...Lentement je me lève à mon tour, m'approchant de toi avec cette assurance qui ne me faisait jamais défaut. L'azurin de mon regard allant trouvé les étincelles du tien. «Montre moi qui tu es, Jonah.»


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Jonah Fowler
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La curiosité ne suffit plus, non seulement il doute qu'elle trouve satisfaction mais maintenant qu'il sait qu'elle le détourne de sa colère, il ne peut plus nier la présence de cette dernière. Si Jonah aime jouer et manipuler, si il aime dissimuler et tromper, il n'est cependant pas de ceux qui se mente. Il se connait lui même, suffisamment pour avoir conscience, dans une objectivité inquiétante, de ses forces et ses faiblesses. Parfois, il laisse son attention se détourner de ce qui le ronge, le temps d'y trouver une solution, comme cette fragilité qui caractérise les corps qu'il habite, celle qui a tendance à l'agacer, à le limiter à des actions bien trop mortelles. Il sait que ce n'est qu'une question de jour avant qu'il n'en souffre plus et qu'il soit en mesure de libérer une violence à la hauteur de ses envies. Alors il patiente, il s'amuse et évite de se focaliser sur un problème qui n'en sera bientôt plus un. Mais que peut-il faire concernant sa jumelle ? Que peut il concrètement entreprendre pour qu'elle ne soit plus l'Infante d'un autre que Callan ? Cette gourde a trouvé le moyen de briser l'avenir que l'entité avait formuler pour elle. Cet avenir qui la ramenait à ses côtés en même temps qu'elle trouvait place près de ce Sire qu'ils auraient dû avoir en commun. Callan se serait chargé de ramener Kiera dans leur nouveau foyer et il l'aurait enfin eut, cette famille qu'il désirait.

Eden avait tout gâchée. Pourquoi ? Pour un autre qu'eux. Pour un pathétique et pitoyable vampire qui n'avait aucune ambition. Aucune envergure. Pire encore, il souffrait de ses propres démons, il n'avait pas les épaules pour aider sa jumelle à se libérer des siens. Il allait la conforter dans le mensonge, dans ses délires de petites filles où les monstres qui se cache, où les gentils affrontent les méchants et l'emportent, parce qu'aucun méchant ne l'est réellement. Il secoue la tête, serre les doigts sur l'archet avant de le pointer vers Orféo. D'autres mélodies viennent se jouer dans l'esprit du jeune sorcier. Elles sont terrifiantes et transpirent cette rage qui l'anime, elles accompagnent à merveille, ce sourire qui vient orner ses lèvres. - Je ne fuis pas. Je me détourne de certains chemins juste le temps qu'il faut pour trouver comme franchir les obstacles qui s'y trouvent. Jonah a beaucoup de défaut selon la Morale humaine, mais il n'est pas lâche. Il méprise d'ailleurs ce trait de caractère qui fait que bien des mortels se détournent de la vérité pour ne pas avoir à l'affronter.

L'entité est déjà passé à autre chose. Il réfléchit, vif d'esprit, la tête toujours pleine de réflexions. Il a rangé dans un coin de son esprit ses questions qui ont partiellement trouvé des réponses, Orféo a raison, le reste de ses interrogations, il les assouvira auprès du Prince déchu. Callan ne lui a jamais rien caché, jamais rien dissimulé. Il a toujours admiré cette sincérité qui le caractérisait, alors que lui a passé la moitié de sa vie dissimuler dans d'autres corps que le sien. Il n'y a pas de magie sans contrepartie, les miracles n'existent pas. A n'avoir aucune enveloppe, Jonah se distille un peu dans toutes celles qu'il pille. -Quand à ma colère... Elle pourrait nous surprendre, tous les deux. Il rit, parce qu'il est capable de sentir sa rage grouillée dans des entrailles qui ne sont pas les siennes. Elle habite le corps de Timothée écrasant jusqu'aux infimes ressentis de son hôte malheureux. -Et elle ne s'apaisera que lorsque j'aurai trouvé comment écraser mes contrariétés. Josias, cet immortel qui ne méritait pas sa jumelle, n'était que ça... Une contrariété qu'il détruirait. Son regard s'assombrit quelque peu alors que l'archet se pose de nouveau sur les cordes du violon pour un tirer quelques notes lugubres. Extérioriser sa musique lui avait décidément manqué.

Il rit ensuite, soutenant le regard du vampire qui se rapproche. Il rit et laisse sa magie exacerbé par ses propres souffrances, se répandre dans l'air, en réponse à la demande d'Orféo. Il la laisse s'écraser contre l'esprit du vampire, toujours aussi frustré de ne pouvoir pénétrer les âmes immortelles comme il le fait avec celles des Hommes. Il aimerait découvrir celle de l'italien, elle doit être chantante et vibrante, aussi chaleureuse que cette accueille qui lui a réservé. -Es tu sûr de vraiment vouloir le voir ? Et si ta réponse est oui, alors es tu prêt à faire ce qu'il faut pour ? Il n'y a pas de mystère pour le connaitre, il suffit de ressentir ce qu'il est. D'ouvrir son âme et d'y laisser entrer l'aberration qu'il est à présent.
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L'archet, qu'on croirait accusateur, me pointe. Et je me demande pourquoi un tel geste si mes propos ne touchaient aucune corde sensible comme tes paroles me le clamaient. Sans aucun doute car la psyché qu'elle soit humaine ou autre possède des complexités qui la rendent si intéressantes. Peut-être aussi est-ce cela qui avait guidé mes paroles, déviant la conversation pour venir plonger dans ce que tu n'avais pas prévu d'aborder. Et cela m'enchantait. Simplement car ta présence venait m'extraire de la poussière de mes intérêts. Simplement car depuis quelques semaines à peine, j'avais la sensation que le Seigneur venait me demander sous différents visages de me remettre à vivre. Non pas une vie éteinte comme celle à laquelle je me suis abreuvé depuis les bombardements. Mais une vie étincelante comme celle dont j'avais l'habitude de me parer. Quelque part, mon ouverture face à tes partages, si tu les acceptais, était un acte de bonne foi de ma part. Être là pour autrui au lieu de m'en défendre. Écouter, conseiller peut-être, et surtout apaiser ce qui avait besoin de l'être. Ne plus étreindre cet état éthéré qui commençait de trop à me caractériser et assumer mes qualités qu'elles soient bonnes ou mauvaises pour recommencer à avoir un impact dans ce monde. Jayden, Callan et même Vincent avaient su, chacun à leur façon venir découvrir ce qui commençait à s'entasser en moi. Ils avaient chacun eu une part importante dans ce que tu venais me remettre en pleine face malgré toi: je n'étais pas qu'apparenter à un autre être, que cela soit ton futur sire ou mon Seigneur. J'étais un être à part entière, et il était temps que je l'incarne à nouveau.

Mais cette différence de posture, tu ne pouvais pas la déceler. Pour toi je n'étais qu'un inconnu dont tu allais progressivement te faire une image afin de la capturer dans tes souvenirs. Tout comme je me faisais une image de toi en cet instant, au-delà de cette douceur dont tu te parais, je notais tes valeurs qui transparaissaient à travers les mots choisis. Celle de la réflexion et de la prise de distance par exemple. Je ne connaissais pas la teneur de ces fameux obstacles, mais je relevais dans ton attitude une certaine sagesse. Même si tes prochains mots me restèrent un mystère. Une colère peut-elle réellement me surprendre? À travers les siècles j'en avais croisé de différentes espèces, certaines proche de la haine tandis que d'autre davantage de la création. Parce-qu'au final cette colère n'était qu'énergie. Une énergie de vie que l'on pouvait diriger pour détruire ou pour fonder des empires. Mais j'entendais dans ton rire que la tienne était proche d'une forme de folie. Non pas que ton esprit était perdu, mais bel et bien qu'il ne possédait pas d'alcôve pour se camoufler. Alors quoi? À travers quoi cachais-tu cette émotion? La musique s'éleva à nouveau tandis que mes iris reflétaient les interrogations que tu venais soulever en moi. Comment cachais-tu tout cela? Au moins avais-tu le mérite d'attiser ma curiosité et de contribuer à cette vie qui s'éveillait en moi.

Ton regard ne lâcha pas le mien tandis que je m'approchais, jusqu'à encore laisser un rire nous rapprocher tandis que je lisais dans ton regard toutes les nuances de cette fameuse colère. Tu ne voulais pas en être libéré. Ce que tu désirais était de me la partager, m'emmener en voyage, même si cela voulait dire y laisser mon âme. C'était cela que je percevais sans à aucun moment frémir. Je sentais que nous touchions là à ta particularité, à ce qui te rendait si unique aux yeux de l'allemand, et je mentirais si je disais ne pas vouloir goûter à cela. Parce-que j'ai toujours été homme à plonger dans la vie, la moindre de ses sensations, même autrefois celles dont je ne voulais pas. Callan se montre-t-il aussi doux envers toi que l'a été mon propre sire? Une douceur violente, aqueuse parfois, nimbée d'un respect qui parfois se faisait ténèbres? Je chassais de mes pensées la présence de Stefan. Revoir l'un de mes infants dernièrement et entendre chacun avec les siens, ou en lien à son sire, me le ramenait plus régulièrement à l'esprit en quelques jours qu'en des siècles. Quelque part, je crois que ma curiosité commençait à s'éveiller à son attention. Oserais-je sortir pour aller à sa recherche?

Pour ne plus penser à cela, je m'engouffrais dans les brèches que tu ouvrais. Vers quels mondes amenaient-elles dis moi? Mon regard brillant légèrement je répondis sans aucune hésitation: «Oui. Je suis prêt. À faire ce qu'il faudra.» Mon ton était assuré, au même titre que l'expression de mon visage. Tu semblais détenir des clefs insoupçonnables. Tu semblais me promettre des univers que j'étais prêt à contempler. «Puis-je m'enquérir de ce que cela est?» J'attendais tes instructions, prêt à suivre tes indications. Peu importe quelles seront-elles.


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Jonah Fowler
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Jonah inspire. Longuement, prenant le temps de calmer les battements de son cœur. rare sont les âmes immortelles qui s'offrent à lui. Celle de Callan en tête, à jamais sienne. Il s'est ouvert à lui, sans même chercher à savoir ce qu'il était. Il l'a accueillit en son être, sans même se soucier d'éventuelles conséquences. Il l'a entendu, il l'a écouté puis il lui a éclairé le chemin qu'il avait à suivre. Celui qui le conduisait à sa place, comme une évidence à ce rien qu'il formait. Jonah doutait, mais Callan savait. Il a éclaircit des mystères en apportant une réponse à des questions qu'il ne se posait pas encore. Il serait son fort. Ce château qu'il n'avait qu'a regagner pour être à l'abri. Ce royaume qu'il voulait sien. Il lui a laissé voir l'intime, ses secrets qu'il gardait pour lui.  Il lui a permis d''exister, libéré des chaines qui le retenait. Eden était sa prison, le vampire était son salut. Ce souffle d'air frais, cette bouffée d'oxygène qui lui permettait d'espérer. L'entité n'en demandait pas autant à l'Italien. Le simple fait de savoir qu'il lui offrait une parcelle de sa vérité lui suffisait. Orféo ne lui offrait pas moins qu'une part de ce qui le constituait. Où tout du moins, il le laissait vagabonder dans un recoin d'infinité. Ni plus ni moins, Jonah acceptait ce deal tacite qu'ils formulaient sans mots. Un silence de promesse, le contrat qu'on signe, quelques petites lignes qu'on ne lit pas.

- Fermes les yeux. Plus pour la forme. Cela accompagne ce spectacle que se plait à donner Jonah. Lui, cette perpétuelle représentation, il sourit penche sa tête d'un coté puis de l'autre. Il se concentre, il inspire puis expire, sourire aux lèvres. Il peut sentir ce qu'il sait être à présent, sa magie. Il aurait mi du temps à concevoir ce qu'il était. A le ressentir, à s'en affranchir. Il est partit d'un constat et en a fait des possibilités, une infinité. L'âme sans corps, qui se faufile pour en infecter d'autres. - C'est... Une expérience Orféo. Pour toi, pour moi. C'est... De la sorcellerie ? Il hausse les épaules, cela n'a pas vraiment d'importance de toute façon. - Cela se vit. Il s'avance vers le vampire, s'arrêtant à une distance respectable avant de retourner s'assoir sur le canapé. - Tu es chez toi, mais je t'invite à prendre tes aises. Il joint le geste à la parole  pour qu'il regagne lui aussi sa place. - Je ne saurai te décrire ce que cela est réellement. Pourras-tu ? Les derniers mots résonnent dans son esprit. Jonah sait trouver une âme qui s'offre à lui. Il s'y avance, confiant, sans pour ôter ignorer que l'Immortel à la force de l'en chasser d'une simple pensée. C'est comme vouloir gagner un bras de fer contre lui, il n'en a pas physiquement les capacités.

Il ferme les yeux. Ce n'est plus avec ce regard qu'il cherche à voir. Il s'échappe dans un monde moins tangibles, celui des sens et des instincts, du berceau des émotions. L'entité visualise ce qu'il perçoit, pour le parcourir, au delà de l'imaginaire. Là où les chimères se matérialisent, là où les rêves naissent. Il aimerait visiter se royaume qu'il matérialise, mais il n'est pas là en touriste. L'italien voulait connaître ce qu'il était, l'Irlandais lui distillait en son être. Il ne savait vraiment ce qu'il provoquait, comme symptôme de sa présence. Quand il ne semait pas le chaos dans les hôtes qu'il gangrénait, il ignorait quelles sensations il laissait. Il en était soudainement curieux. Un sourire qui se répercute sur ses lèvres. Il garde le silence et si il ne se saisit pas du violon, il en joue néanmoins dans ses pensées qu'il partage avec Orféo. Une mélodie qui résonne encore de la traitrise de sa Jumelle. Il en souffre et cette faiblesse l'agace.

Peut être cela t'aidera à comprendre comment je suis venu à saisir ton existence, comment j'ai perçu ce lien qui vous unissait sans qu'il ne m'en souffle mot.
L'âme est vaste, les souvenirs qu'ils l'ont nourrit, nombreux. Jonah peut y visualiser un film sans image, de sentiments et d'impressions. Il ne le fera pas, en invité courtois. Il a pourtant du mal à maitriser cette colère qu'il voulait oublier. Il aurait aimé pouvoir repousser l'instant. Se leurrer encore un peu sur la nature d'Eden. Sur sa mort où il n'a eut aucune emprise. Elle lui avait donné la sienne, elle devait en faire de même. C'est dans les bras de Callan qu'elle aurait du mourir, puis renaître. Comme lui
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