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 downward spiral (daryl)

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Downward spiral

Il la sentait frémir, sa peau se couvrant de légers frissons, il l'entendait soupirer, murmures extatiques qui se perdent dans le silence. Il avait maintes fois parcourut cette peau, s'amusant de la facilité avec laquelle il pouvait y laisser des traces de son passage, maintes fois embrassé ses courbes qui se tendent, se plient et s'arc-boutent au gré de leurs mouvements. Pourtant, si cette fois encore le corps s'échauffe doucereusement sous ses caresses, le reste est différent. D'ordinaire demandeuse et entreprenante, elle restait étrangement passive. Il se redresse pour l'observer alors qu'elle devance son interrogation en se disant confuse. Une main restée sur sa taille caressant en douceur son flanc nu de son pouce, il scrute la française ainsi alanguie sous son corps, s'interrogeant sur les raisons de cette subite confusion.
Autant dire que les mots suivants lui firent le même effet que s'il venait de foutre les doigts dans une prise ! Retirant prestement sa main, il se redresse pour se retrouver assis sur le lit à côté d'elle, les sourcils froncés, entre incompréhension et offense.

« Tu crois que j'te prend pour une putain ? »

C'est lui qui est confus à présent. Elle qui, un peu plus tôt dans la soirée, prônait de mettre les choses au clair, qu'ils fassent un point sur leur relation et s'accordent sur leur manière d'être afin d'éviter tout quiproquos et malaise, venait de faire une totale volte-face qui perdait complètement l'irlandais. Il ne comprenait pas ce que voulait lui dire Soma, sans doute n'était-ce pas son but, mais ses paroles sonnaient comme une attaque aux oreilles du lycan.

« Est-ce que tu crois que je pense que tout ça, le sexe avec toi, ça m'est du parce que, de temps en temps, je te file un coup de main ?! »

Il se relève, et s'éloigne du lit, n'en revenant pas de ce qu'il entendait. Si Soma voulait lui faire passer un message, elle n'avait sans doute pas employé les meilleurs mots qui soient ! Elle jouait avec ses émotions et ses hormones d'une manière assez vertigineuse, lui disant blanc, puis noir, finalement un peu de gris, il foutait quoi avec tout ça, une mosaïque ?! Ce qui est sûr, c'est que le désir l'avait quitté après cette baffe monumentale qu'il venait de se prendre. Elle venait juste de lui dire que leur relation n'était pas saine ou il venait de rêver ?
« Reste toi-même, vis juste les choses comme elles viennent. On n’a pas défini de limite non plus. » C'était ses paroles, non ?! Et quand il lui avait demandé si elle voulait arrêter, elle l'avait embrassé ! Il était censé comprendre quoi ?!

« Tu t'rends compte que t'es en train de dire que tu couches avec moi pour compenser l'aide que je peux t'apporter ?! C'est quoi ? Ta manière de me payer pour avoir été.. quoi ? Sympa avec une amie ? »

Et par dessus le marché, ça la rendait triste !
Il ne la comprenait pas. Soma était différente des autres, un peu spéciale, ouverte au monde mais le sien bien souvent inaccessible. C'est ce qui l'avait intrigué, et l'avait amené à la côtoyer et la découvrir davantage. Mais parfois son détachement est difficile a appréhender. Le fait est que, elle a beau être une anthropologue avertie, son analyse des relations humaines laissait à désirer. Il tourne, comme un fauve en cage.

« Tu ne comprends rien ! »

Elle s'excusait de ne pas "lui rendre tout ce qu'il lui apporte", mais il ne demandait rien de tout ça. Il voulait juste qu'elle soit elle. C'est parce qu'il appréciait cette personnalité, aussi biscornue et abimée soit-elle, qu'il venait la trouver. Cela semble aberrant de devoir lui dire une chose pareille, alors qu'elle lui a rétorqué presque mot pour mot la même chose il y a quelques heures à peine. Ne pouvait-elle pas appliquer à sa propre personne ce qu'elle conseillait aux autres ?

Il se rend compte toutefois, qu'il s'est emporté. Il a été plus virulent qu'il ne l'aurait voulu, mais quelque part les mots de Soma l'ont blessé. Il s'immobilise alors, et ses épaules s'affaissent légèrement alors qu'il se passe une main sur le visage, expirant, relâchant cette boule d'énervement que l'incompréhension ambiante avait fait naitre.

« ... Excuses moi... »

Il s'accorde quelques brèves secondes avant de reposer son regard sur elle. Il lui avait dit être son ami avant tout le reste, et il le pensait. Son comportement changeant avait de quoi le frustrer un peu, mais ça ne devait pas l'empêcher de l'écouter.

« J'ai du mal.. à te suivre, mais je n'aurais pas du m'énerver. »

Il pince ses lèvres, et tord légèrement sa bouche, sourcils froncés, en pleine réflexion. Avant de revenir près du lit, s'accroupissant devant elle, l'observant en essayant de comprendre.

« Toi qui aime que les choses soient clairs, explique-moi. Parce que tu m'as complètement perdu. »

Il a beau essayer de retourner ce qu'elle lui dit dans tout les sens, il a la sensation que c'était en totale contradiction avec ce qu'elle lui avait dit plus tôt, de se laisser aller, et de juste profiter. Si ce n'était pas le chemin qu'elle voulait prendre, il avait raté une sacrée bifurcation à un moment donné. Est-ce qu'il avait manqué un indice, un évènement dans la soirée ? Qu'ils se fassent du mal, de la peine, ce n'était pas du tout ce qu'il souhaitait en venant lui rendre visite.

NΞRIOИ
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downward spiral    

 
daryl an'sionnach  ϟ  soma devosariah

La réalité s’était mise à la rattraper dans la douceur de la nuit, de façon invisible et discrète, un linceul de tristesse s’était déposé sur sa peau, lui rappelant la réalité de ce qu’elle était. De la fonction principale de ses organes et du passif qui s’étioler sur sa peau. Combien d’hommes avait-elle fréquentés ? Combien de femmes ? C’était abstrait, elle n’en savait rien. Tout ce qu’elle avait retenu, c’était le besoin de consommer l’instant et le derme de chacun comme un élixir.  Un délice qui mourrait et qui venait, qu’elle cherchait et que ses cuisses cherchaient à assouvir dans le berceau libidinal et corrosif de la fleur du temps.  Traumatisé d’un moment enfantin, elle n’avait compris mais qui la hantait encore parfois, ses voix dans sa tête qui dansaient et qui lui chuchotait qu’elle ne fonctionnait que comme ça et qu’il n’y avait que ça qui existait.

Pourtant elle avait connu quelque chose de différent une fois, dans ses souvenirs, il n’y avait qu’une absence lourde une fois la nuit passée et ses sentiments avouer aux creux des lèvres. Elle s’est toujours dit que si elle avait cousu ses lippes les choses se seraient passées autrement. Toutes les rencontres qu’elle avait faites, toutes les observations qu’elles récoltaient se traduisaient par des noeuds  impossibles à délié et il n’y avait que ses élans bancals qui résolvaient les équations. Furtivement, c’est ce qui console les peines et l’humain prend et s’en va alors elle prend et s’en va. Addiction qui s’est collée dans son ventre, dans son crane, ce besoin qui peut sembler ridicule de fuir dans les méandres des reins d’autrui, vivre un instant comme une reine ou maîtriser les rictus de son enveloppe. Ignare d’autre chose c’était sa zone de confort et pourtant en ouvrant les lippes sur ce qui lui faisait étrange, elle s’en allait titubé dans les zones inconfortables de son être. Soma n’était pas digne d’être autre chose que ses mots, pute, putain, femme de plaisir et elle n’avait pas de gène a les prononcés vu qu’il était les qualificatifs de ses actes. On l’avait identifié ainsi alors qu’elle n’avait été qu’absence et cette identité s’était imprégnée de ses mots.  Ça ne la dérangeait pas de les prononcer, les mots font mal uniquement si on les refuse alors quand il claque dans l’air, ils font mal au loup puisqu’il est trop bon pour la considérer ainsi. Il a tord, mais ce que la française essayait de lui dire c’est que ça lui faisait étrange de se débarrassé petit à petit de son identité ses temps si.  Pourquoi ce défaire ? Tout simplement parce que ce n’était pas compatible avec les valeurs de son père, de ce Djiin qui lui trancherait probablement la gorge de s’enfoncer dans des abysses et aussi parce qu’avoir une adolescente sous le même toit qu’elle la forçait à faire attention, à retenir ses pulsions qui l’inondes. Ses actes n’auraient la bénédiction d’aucune pupille et pourtant Daryl aveuglément n’y voyait absolument rien de dégueulasse et pire encore, il la prenait avec une affection qui lui était inhabituel et qui n’était pas mérité.   « Tu crois que j'te prend pour une putain ? »  il s’était mit sur le côté, mit en position assise, elle ne regardait rien d’autre que le plafond. « Non » elle l’a dit distinctement,  Non elle ne croyait pas qu’il l’a prenait pour une putain. C’était bien ça le problème, il oubliait volontairement. Elle avait dit qu’elle avait arrêté de coucher avec des hommes et des femmes. Elle ne s’attendait pas a ce qu’il puisse comprendre non plus puisqu’elle était anormal sur ses points. Elle aurait probablement dû se taire mais elle ne peut pas. « Est-ce que tu crois que je pense que tout ça, le sexe avec toi, ça m'est du parce que, de temps en temps, je te file un coup de main ?! » les pupilles  de Soma grimpe au plafond, c’est justement parce qu’il ne pense pas ainsi que c’est étrange pour elle, exactement tout l’inverse de ce qu’il dit.    «  Non » froidement mais distinctement encore une fois pour qu'il entende, même si elle n'est pas sûr qu'il prête l'oreille à sa négation.  La française avait toujours échangé son corps contre quelque chose et avoir une valeur était une façon mentalement savoir qu’elle ne devait rien de plus, rien de moins.


Elle essayait de se défaire de ce qui la rassurait dans les rapports sexuels, mais ça ne se faisait pas en un claquement de doigts. Alors il se lève, en colère, l’air fermé rien de ce qu’elle ne dira ne sera correctement écouter alors elle l’observe nébuleusement s’énerver. Il a le droit.   « Tu t'rends compte que t'es en train de dire que tu couches avec moi pour compenser l'aide que je peux t'apporter ?! C'est quoi ? Ta manière de me payer pour avoir été.. quoi ? Sympa avec une amie ? » Si seulement ce n’était que, ça, il était loin du compte, loin de comprendre les frasques de ses désirs et la frustration qui pullulait dans son crâne. Elle essayait donc de ce défaire de ses pulsions carnassières qui la dévorer jour et nuit. Il était question de choses bien trop belliqueuses pour être compris par un homme cartésien. La Française cherche son paquet de cigarettes, ne le trouve pas, se réfugient ses lèvres aux creux du verre de vin. Comme a son habitude lorsqu’il y a une reaction violente qui s’échine a ses côtés, elle n’est sans aucune réaction même sachant pertinemment que si elle réplique dans la même violence, elle risque de perdre le contrôle.  « Tu ne comprends rien ! » . Elle n’a jamais prétendu tout comprendre, mais au fond d’elle même, elle est effrayée à l’idée qu’elle puisse sombrer, qu’elle puisse retomber dans le besoin des corps qu’ils l’appellent comme le chant des sirènes. Comment ferait-elle avec Scylla ? Le diable au corps qu’elle avait rejeté jusqu’a ce qu’il arrive, puisque c’était Daryl, puisqu’elle le connaissait puisque son échine aussi attirante est elle était aussi rassurante que douce, puisqu’avant tout il était ami et d’accord sur le fait que ça n’était que des rapports de corps qui ne changeaient rien à leurs relations amicales. Pourtant la c’était son addiction, son miroir, son reflet qui était effrayant, elle avait bien peur de ne pas savoir lui faire face est descendre les spirales qui la tourmentaient encore une fois son départ sonné.  « ... Excuses moi... » il n'a pas a s'excuser de sa réaction humaine. « J'ai du mal.. à te suivre, mais je n'aurais pas du m'énerver. » elle a haussé les épaules alors qu'il est revenu près d'elle, elle n'ose pas trop le regarder, honteuse.  

« Toi qui aime que les choses soient clairs, explique-moi. Parce que tu m'as complètement perdu. » les mots sont sources de malentendu quand ils sont pas très bien employé et pour ça, Soma est doué quand ça la concerne personnellement. C'est sans doute pour cette raison qu'elle est plutôt silencieuse et discrète. Il avait raison sur le fait qu'elle aimait que les choses soient claire.

Silencieusement, elle détestait regarder en face les fragments de ses faiblesses dans les yeux, pourtant présentes, elle refusait simplement de se soumettre et de céder à ce que l’incompréhension pouvait entamer sous les yeux de l’homme qui était face à elle. Elle prenait le temps qui lui fallait afin d’avaler les informations qu’elles avaient entendues de sa bouche et pour bien lui expliquer. «  Tu n'y es pas du tout, t’es à côté de ce que j’ai dit. C’est ce dont j’ai l’habitude, c’est mon confort, ma façon de fonctionner et d’être rassuré, de rien ne devoir à personne aussi.  Je sais que c’est très loin de ce que tu es et je comprends que tu puisses  trouver ça fou. C’est juste moi qui ai toujours fait comme ça. Sans ça, je sens que je profite de toi, de ta gentillesse de ton corps avec mes désirs immodérés. C’est ce que j’ai voulu te dire. » Elle caresse sa propre peau sur ses bras. Elle avait voulu juste être franche avec lui puisqu’il était a ses yeux un ami et toute la tendresse dont il était capable.  Soma ne voulait pas le salir de ses pulsions addictives et ses conjugaisons scabreuses et pour ça elle avait eu besoin de dire tout haut ce qu’elle ressentait même si elle avait conscience que ce n’était pas plaisant. Son désire envers ses doigts qui avaient parcouru son corps étaient grimper en elle et la vérité c’était qu’elle ne savait pas comment les accueillir maintenant qu’elles s’éloignaient  depuis quelques mois de sa zone de confort, peut-être d’elle-même aussi, du moins de la façon dont elle gérer les rapports sociaux et les relations habituellement parce que oui les autres chemins elles ne les connaissaient pas vraiment. « Quand je te dis que j’essaie d’avoir un rapport plus sain avec mon corps c’est que depuis quelque temps, je me suis forcé au rien, a ne pas dépendre non plus de ce rapport avec les autres, à mes envies  alors que clairement je le suis, je l’ai été. Du coup, c’est perturbant sur l’instant à cause de ses choses, à cause de cette envie qui me dévore quand tu me touches comme ça.  » elle le fixe avec l'envie de caresser son visage pour effacer sa colère, son incompréhension mais n'ose pas, elle ne fait donc que rester présente observant ses iris. « Je ne voulais pas t'offenser en te disant la vérité, que je perds mes repères habituels et que je suis confuse sur mon comportement qui arrivera après.  » si elle ne déborderait pas après car elle n'avait pas envie d'être un mauvais exemple pour le gamine qu'elle aimait et qui vivait avec elle. Peut-être qu'elle avait besoin des lumières et de la chaleur de Daryl, pour qu'il étouffe ses peurs, pour qu'il lui donne les pistes de cette normalité qui lui ait lointaine. « Personne ne sait le futur, je sais que je ne devrais pas y penser mais il m'ait arrivé de déborder, d'apporter des ennuies avec moi.  »  Elle ne sait plus, elle est confuse sous la douceur de ses traits perdus. Elle sait qu'elle est responsable, ça ne la dérange pas lorsqu'il s'agit uniquement d'elle mais ce n'était plus le cas, elle ne pouvait plus être égoïste.






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Downward spiral

Elle était restée stoïque, passive, comme détachée, alors qu'il s'élevait avec une certaine virulence contre ce qu'il avait interprété de ses paroles malheureuses. Elle s'était redressée, assise, un verre à la main pour y tremper ses lèvres, tandis qu'il faisait les cent pas, tournant comme un fauve en cage à ruminer ses mots qui l'avait heurté plus qu'ils n'auraient du. Il s'était emporté, parce qu'il s'était senti attaqué et blessé, puis il s'était calmé, presque aussi vite qu'il s'était énervé, une fois qu'il avait vidé son sac. Le fait que Soma reste indifférente à ses remontrances pourrait en agacer certains, pousser à crier plus fort pour qu'elle réagisse enfin, mais pour le loup, la placidité de la française l'aidait au contraire à redescendre plus vite. Il avait toujours été comme ça, lorsque quelque chose le contrariait, il suffisait souvent qu'il l'exprime pour qu'ensuite tout revienne à la normale. Depuis qu'il était gosse, même avant l'éveil de son gène, c'était souvent Eireen qui était une oreille attentive à ses tourments dans ces moments-là. Il appréciait Soma, et la réciproque était vraie également. Dans le fond il savait que ce n'était pas ce qu'elle avait voulu faire, mais il ne saisissait pas ce revirement. Depuis que leur relation avait prit ce tournant il avait toujours pensé qu'ils y trouvaient leurs comptes autant l'un que l'autre. Il lui arrivait d'en douter, comme cet après-midi, la voyant entamer un nouveau tournant depuis qu'elle avait recueilli Scylla dans son foyer. Il n'était pas aveugle, il voyait bien qu'elle n'était plus tout à fait la même. C'était d'ailleurs bien la raison de cette mise au point qu'ils avaient eu, tout deux assis dans ce canapé, un peu avant d'aller dîner. Pour la première fois depuis des mois, il avait douté, non pas à cause des différents partenaires qu'elle pouvait avoir autres que lui, mais parce qu'il n'était plus certain que c'était ce qu'elle voulait. Que c'était la bonne manière de faire. Il avait cru qu'elle l'avait rassuré sur ses intentions, qu'elle lui avait dit que rien n'avait changé malgré la présence de l'adolescente, mais il semblerait que ce n'était pas tout à fait juste, et c'est pourquoi maintenant il l'écoutait avec attention, cherchant à démêler ce qui en était réellement, entre les mots de Soma, ce qu'il en comprenait et ce qu'elle ressentait vraiment.
Le problème avec la langue, c'est que selon le point de vue, il y avait bien des manières d'interpréter une même phrase.

Accroupit devant elle, il reste silencieux, attendant qu'elle s'exprime alors qu'elle restait silencieuse, cherchant ses mots plus soigneusement, sans doute pour éviter une nouvelle mésentente de sa part. Il s'en veut presque de l'obliger à penser ses paroles ainsi. Presque, parce que malgré tout, les mots font parfois plus mal que les coups, alors les manier devient dans ces moment-là comme manipuler une arme, et il devient nécessaire de faire attention. Ce n'était pourtant pas si grave, mais il appréciait qu'elle prenne cette peine pour lui. Ils se mettaient dans des positions inconfortables chacun leur tour semblait-il, bien loin de ce qu'ils étaient d'ordinaire.

Il l'avait accusé de ne pas comprendre, et elle lui retournait à présent la pareille. Il n'avait pas saisi, ce n'est pas ce qu'elle voulait dire, c'est ce qu'elle lui soufflait. Il plisse légèrement ses yeux lorsqu'elle évoque ce qu'elle était, "ce dont elle a besoin". Il était au courant, du fait qu'elle se prostituait, mais ce n'était pas vraiment un sujet de conversation qu'ils abordaient tout les deux. Si au début il avait eu du mal avec cet état de fait, se sentant mal à l'aise à l'idée de laisser une jeune femme vendre ainsi son corps pour survivre, Soma lui avait rapidement fait comprendre que faire la pute n'était pas quelque chose qui la dérangeait. Aussi aberrant que cela lui ai semblé quand il l'avait découvert, il avait fini par se faire à l'idée qu'elle y trouvait son compte. Ses clients n'étaient finalement que des amants, puisqu'aucune détresse ne faisait vaciller la française quant à sa condition. Ils avaient beau être en prison, elle restait libre d'user de son corps comme elle l'entendait. Si elle choisissait de collectionner les conquêtes, qui était-il pour lui faire des réflexions ? Il n'était certainement pas en mesure de lui dire quoi que ce soit à ce sujet. La seule chose qu'il pouvait faire, c'était de lui ramener des préservatifs, et quelques boites de munitions. De quoi se protéger contre quelques partenaires indélicats.

Si Soma faisait au mieux pour être la plus franche, et la plus claire possible, il se risqua à une reformulation de ses paroles pour s'assurer que cette fois, ils se comprenaient. C'était fini de laisser planer des semi-vérités, acquiesçant à des dires nébuleux que l'on pourrait ensuite interpréter à sa manière.

« Si je te suis bien... tu es en train de me dire que tu es addicte au sexe, et que la seule façon que tu as trouvé de te contrôler, c'est l'abstinence totale, que tu as peur de retomber dans tes travers si on couche ensemble ce soir, de ne plus contrôler tes pulsions et de recommencer à faire n'importe quoi ? »

Être accro au sexe. Voilà qui pourrait prêter à sourire. Mais Soma avait vraiment l'air soucieuse à ce sujet. Il lui semble avoir déjà entendu parler de certaines maladies de ce genre, les addictions, incontrôlables, qui pouvaient faire faire des choses aux gens au-delà de la raison. Est-ce que c'était de quelque chose comme ça que souffrait Soma ? Il avait parfaitement capté qu'elle aimait le sexe, mais il n'avait jamais compris que c'était un problème pour elle, c'était bien la première fois qu'elle l'évoquait de cette manière. A cause... de la présence de Scylla ?

« ... Tu as peur... de ne plus être capable de garder Scylla chez toi ? »

Il se demandait quel genre d'"ennuis" elle avait déjà pu rencontrer, mais si déjà les histoires d'une nuit n'étaient pas toujours très sûres en temps normal, maintenant que plus rien ne l'était sur l'île, certains pouvaient se penser tout permis. Plus de police, pus de loi, et ils étaient déjà tous en prison, alors quoi ? La situation pouvait faire ressortir les plus bas instincts des Hommes jusque là réfrénés par la société elle-même. Pourtant quelque chose lui disait que c'était bien la sécurité de l'adolescente et non la sienne qui alarmait le plus Soma.
Il pose une main sur son genou, rien de sensuel dans la caresse qu'il lui offre, pas alors qu'ils ont une telle conversation, seulement du réconfort.

« Un problème de contrôle... on pourrait te prendre pour une lycane, tu sais ? »

Il lève les yeux vers elle, un sourcil légèrement arqué, et sourit doucement en coin, la taquinant gentiment pour retrouver une atmosphère plus légère. Il ne plaisantait qu'à moitié cela dit, les loups-garous avaient effectivement des problèmes de contrôle, surtout lors des premières années. Cela variait en fonction des personnes. Le plus souvent c'était la gestion de la colère qui était le plus difficile, mais en fonction de l'âge, les hormones pouvaient aussi jouer des tours.
Toujours accroupit, il croise ses avant-bras en appuis sur les genoux de son amie, et la toise avec un sourire plus espiègle.

« Enfin, me voilà soulagé de savoir que je te fais toujours de l'effet. Il l'observe avec un rictus amusé, avant de redevenir un peu plus sérieux. Mais je suis loin d'être aussi gentil que tu le dis. »

Elle disait avoir l'impression de profiter de lui, de sa gentillesse, de son corps ? Il serait un menteur s'il prétendait ne pas avoir quelques idées derrière la tête en venant lui rendre visite. Il n'était peut-être pas dépendant au sexe, mais il avait bien des envies en compagnie de la française. Le souvenir de ses courbes au déhanché fougueux, de ses ongles griffant fiévreusement sa peau, avait tôt fait d'envahir ses pensées alors même qu'il prenait tout juste la route pour Riverdall. Pas dépendant ne voulait pas dire dépourvu de tout désir libidineux.
Alors c'est vrai, s'il s'était dit que les choses risquaient d'être différentes cette fois-là à cause de la présence de l'adolescente qu'elle hébergeait, il n'avait pas non plus totalement écarté la possibilité de finir la nuit logé entre ses cuisses pour une nouvelle étreinte effréné. Une possibilité sur laquelle il tirait un trait en même temps qu'il se redressait.

« Je ne suis pas sûr que museler tes envies de cette manière soit la chose à faire, à tout retenir en bloc, c'est comme ça que ça risque d'exploser encore plus fort et sans aucun contrôle. Il disait ça, surtout en pensant à certains loups qu'il suivait. Souvent plus ils réprimaient leurs instincts avec force, plus ils devenaient incontrôlables lorsqu'ils perdaient leur sang-froid, comme une cocotte minute à laquelle la pression montait, montait, montait, jusqu'à l'explosion, alors qu'en laissant l'air filer, juste un peu, mais en continue, on ne risquait que des dégâts mineurs, bien plus facilement gérables. Il sourcille néanmoins, puis fronce le nez, plissant ses yeux avec un demi sourire, mi amusé, mi ennuyé. Ça sonne vraiment le type en chien qui dirait n'importe quoi pour avoir son plan cul, non ? »

Un léger rire, gêné à l'idée qu'elle puisse le prendre comme ça, il se masse la tempe droite brièvement de l'index et du majeur, puis secoue légèrement la tête.

« Je comprends que si ça marche pour toi comme ça jusqu'à présent, tu n'veuilles pas casser cette stabilité que tu t'ais trouvé. »

Peut-être que ça marcherait après tout. La situation de Soma était bien différentes de celle d'un loup au gène fraichement éveillé, et lui n'était ni psychologue, ni sexologue, alors qu'est-ce qu'il en savait ?

« Écoutes... je vais dormir sur le canapé cette nuit, ça vaudra mieux. Mais si... tu veux en discuter, ou pas d'ailleurs, on peut parler d'autre chose si tu préfères éviter le sujet ou même, juste, aller dormir, il est déjà tard ! »

Voilà qu'il redevenait maladroit. Il avait toujours trouvé l'anthropologue un peu à part des autres, mais il ne s'était jamais douté de son addiction. Ou plutôt du fait qu'il s'agissait, d'une addiction.
En fait, plus il y pensait, plus il se disait : si Soma était "malade", n'était-ce pas lui qui avait profité d'elle pendant tout ce temps ?

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