The Island of the damned est un forum post Apocalyptique rassemblant un grand nombre de créatures surnaturelles.
 

Partagez | 

 Yesterday, I died... feat. The McIntyre boyz

Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 155
Points RP : 83
Date d'inscription : 07/02/2018


Yesterday, I died...

The McIntyre boyz




Hier, j'étais mort…

Mais pourtant ce matin – comme chaque matin à l'aube de chaque nouveau jour – le soleil avait fini par se lever. Pour tout le monde. Qu'on foule la surface de la terre ou qu'on croupisse au fond des égouts. À se traîner dans un caniveau d'eaux usées, au milieu de la crasse et de la vermine. Bref. Demain ne mourrait jamais. C'était un fait. Un processus normal. Rien qu'un état naturel et un droit immuable. Le monde ne s'arrêtait simplement pas de tourner parce-qu'on y commettait des horreurs. Des gens souffraient, d'autres se battaient, jusqu'à s'annuler entre-eux. Pour disparaître.

Et donc hier, j'étais mort. Dans les profondeurs d'un tunnel trop sombre pour que je sache retrouver mon chemin seul. Un peu perdu. Sous le choc de ce qui venait de m'arriver. Même si lorsque je me regardais dans le miroir, mon reflet ne laissait plus deviner ni entrevoir la moindre marque du calvaire qu'on m'avait infligé.

Mon corps frémissant toujours sous la morsure des rats et mon visage ressentant encore l'irritation de la rouille recouvrant les murs. Égratignant ma peau, l'éraflant. Pas bien. Pour ne pas juste dire très mal en point. Violé. Le frère bafoué, humilié, le grand frère abusé. Celui qui se sentait diminué, amputé. Telle une moitié d'homme avorté. Qu'est-ce que Kyle allait bien pouvoir faire de moi ? S'il l'apprenait… pas assez fort, pas assez méfiant, naïf, un condensé de compassion et d'humanité. Voilà ce qu'il penserait. Un poids mort. Mort, mort, mort. Inutile. D'autant que j'éprouvais vraiment l'impression bizarre de ne pas en être sorti. De ne pas avoir été reconduit au bout du tunnel. D'être là-bas. Assis, recroquevillé, occupé à attendre. Scrutant le plus infime frémissement et essayant de percer les ombres se fondant dans l'obscurité. Tétanisé. Incapable de me relever, de me remettre à avancer, mon pantalon à peine remonté à mi-cuisses. Ce pantalon que j'avais balancé dans la poubelle de la salle de bain, après avoir tourné le verrou. Au même titre que le reste des fringues que je portais, et que mon boxer. Sans me soucier que celui-ci puisse être découvert. Malgré les traces de sang et de sperme maculant son tissu. La tête en vrac. Brisé. Mutilé dans ma chair. La longue douche que j'avais prise n'ayant pas suffit à me laver.

Une douche chaude. Apaisante. Me débarrassant de toute la saleté et la puanteur imprégnant mes cheveux. Chaude, voire brûlante sur la fin. L'unique moyen que je trouvais pour endormir mes sensations. Me cramer. Avant de rouvrir le robinet d'eau froide. Me glaçant les os et faisant diminuer la cadence des coups de reins continuant à me pilonner intrinsèque. Dans une brutalité tellement bestiale que de bêtes sensations parvenaient à me déchirer.

Je le sentais. Aller et venir entre mes reins. Ses gémissements remplissant tout l'espace vide qui m'entourait. Comme si plus rien d'autre n'existait. Callan ne me quitterait jamais. Désormais, c'est à lui que j'appartenais. En acceptant de devenir sa chose, pour survivre, pour revoir mon frère, pour avoir une chance de rentrer à la maison, j'avais trahi tout ce en quoi je croyais. Et plus rien ne comptait. Je voulais dormir. Oublier. Revenir quelques heures plus tôt. Quelques heures ou plutôt quelques jours. Ne sachant pas trop durant combien de temps j'avais été porté disparu. Me rappelant surtout des lumières des lampes torches éclairant la cavité dans laquelle j'étais resté terré. Tenant compagnie aux cadavres se décomposant à côté de moi. Tandis que mes blessures se refermaient et que les stigmates de l'agression se résorbaient par eux-mêmes. La balle venue se loger dans mon épaule n'étant retiré qu'un peu plus tard par Finn. Revenu me chercher. M'aider. Me porter secours. Avec des renforts.

Mais sans toi Kyle. Sans toi…

Pour ça, je te détestais. T'étais où d'abord ? Tu faisais quoi putain… avec qui tu traînais. Au lieu d'être chez nous. Enfin, je crois. C'est possible que je ne t'ai pas vu en rentrant. Tu sais, j'avais pas fait de bruit. Larguant mon sac à dos au milieu du salon, retirant ensuite ma veste pour la balancer sur la canapé. Mes pompes dégueulasses salissant le sol sous mes pas. Pour directement aller m'enfermer dans la salle de bain et me déshabiller. C'est pour toi que je l'avais laissé faire. Sans lui résister, sans chercher à l'empêcher de me sauter. Je t'avais promis. Promis que ce serait ma dernière sortie. Du coup, et en toute connaissance de cause, j'avais choisi de lui donner mon cul plutôt que ma vie.


Ce qui ne m'empêchait pas d'en vouloir à la terre entière. En colère. Ne tenant debout que grâce à la fiole d'absinthe pure qu'Ezechiel m'avait donné avant de partir et que je tenais si fortement dans ma main qu'il m'avait été difficile d'écarter les doigts pour en boire une gorgée. Sur quoi, j'attrapais le tee-shirt et le bas suspendus au porte-serviettes. Des affaires qui appartenaient à Kyle et trop larges pour moi. Mais ça me couvrait et là, c'est tout ce que je demandais. De ne plus être nu. De protéger mon corps et de le garder à l'abri des regards. De ne plus être considéré comme un objet de désir. Puis je sortais. Retraversant le salon dans le noir afin de rejoindre ma chambre.

Avançant à tâtons. Me retenant de tomber à tout ce qui me passait à portée de main. Ma fiole d'absinthe restée ouverte sur le rebord du lavabo. La porte de la salle de bain grande ouverte sur le bordel que j'y avais laissé. Inconscient. Obsédé par la seule idée de me coucher et de ne pas te croiser. Toi. Pas après ce que j'avais fait avant de partir pour Dublin. Persuadé que ce baiser, tu ne me le pardonnerais jamais.

Convaincu de tout un tas de choses idiotes en réalité. Comme par exemple, de ne plus avoir ma place ici et sur ce, j'entrais dans ma chambre. Meurtri
...




Lost and insecure
And if you take my hand please pull me from the dark. And show me hope again. We'll run side by side. No secrets left to hide, sheltered from the pain...
Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 19
Points RP : 30
Date d'inscription : 08/02/2018

Yesterday, we died
- Kyle McIntyre & Kieran McIntyre -






J’avais tenté d’oublier. J’ai fait ce que je savais faire le mieux pour ne plus y penser. Merder. Faire des conneries, ou que sais-je encore. Tu n’étais pas là, tu étais parti, sans rien dire après ce que tu avais fait, et moi, la première chose que j’ai trouvé à faire c’est d’inviter une fille dans notre appartement. Dans mon lit. Tentant d’effacer cette odeur que tu avais laissé derrière toi par une autre. Je l’avais sauté. Oui, je l’avais baisé. Zoé. Zoé Voltaire, tu te souviens de notre secrétaire si délicate. Elle avait tellement pété les plombs elle aussi. Elle passait ses nuits à faire des rondes, armée jusqu’aux dents, elle s’envoyait en l’air avec qui voulait pour oublier le manque. Ce manque que Boyle avait creusé en elle. On ne voulait pas parler, mais Zoé restait ma pote. Alors finalement… On a fini par le faire. Parler. De toi, de ce qui s’était passé, d’elle, de Scott, de ce qu’elle était devenue. Et puis elle a fini par reprendre ses affaires, et partir. Le laissant seul dans ce lit qui avait encore une odeur malgré tout. La tienne. J’ai tenté de t’appeler je crois. J’aurais voulu le faire, mais je n’ai pas osé. M’enfermant comme jamais. J’ai réparé les meubles que j’avais explosé sous la colère. Je les simplement fixé, plus pour tenter d’arrêter de penser qu’autre chose. Ensuite ? Ensuite je suis enfin sorti, simplement. Pour aller réparer d’autres pots casser. Rebâtir, reconstruire, j’ai fait ce que je pouvais pour t’oublier. Parce que oui, c’était ce que je voulais faire. T’oublier, pour la première fois de ma vie. C’était mal, ce n’était pas saint, on devait se sevrer Kieran, c’était pour notre bien, tu peux me croire.

Mais c’était plus compliqué que ce qu’il n’y paraissait. C’était plus difficile que je ne le pensais. Je ne sais pas si je me mentais, si je tentais d’oublier un truc que je refusais d’effacer de ma mémoire, mais au final, non, je n’arrivais pas à passer à autre chose. Je n’arrivais pas à t’en vouloir. Il fallait qu’on parle. Qu’on se dise les choses, qu’on mette les choses à plat pour essayer d’avancer. C’était sans doute naïf, mais c’est ce que je pensais. Alors je suis rentré, simplement, sans trop me poser de questions. Les fringues dégueulasses à cause des travaux, les mains encore toutes poussiéreuses et calleuses. Poussant la porte avant de retirer mes pompes, me passant une main dans les cheveux. J’étais crevé, mais je voulais t’attendre. Sans me poser de question, j’ai pris la direction de la salle de bain, c’est là que j’ai vu le bordel que t’avais foutu. Tes fringues, la flasque, qu’est-ce que t’avais foutu bordel ? Sans trop me poser de questions, j’ai tout balancé dans le back à linges sales. Ca ne te ressemblait pas, mais en même temps, j’osais même pas imaginer comment tu te sentais. Mais c’est en empoignant ton boxer que je l’ai senti. Cette odeur de sang, de sperme. A m’en filer la nausée. Je suis resté planté là, un instant, à me demander ce qui avait bien pu se passer. Me disant naïvement que t’avais peut-être fait comme moi. Oublier en t’envoyant en l’air avec un autre. J’étais parfois stupide, naïf, j’en sais trop rien. Buvant une gorgée de ce que t’avais laissé trainer sur le lavabo. De L’absinthe. Dis-moi mon frère, c’était moi ou t’étais vraiment en train de craquer ?

Dans un simple geste j’ai roulé tes fringues en boules, revenant sur mes pas. Tant pis pour la douche, ça attendra plus tard. Je n’aimais pas te savoir si mal. Je n’aimais pas quand tu te planquais comme ça. T’avais dérapé et alors ? On était plus fort que ça non ? Lentement, sans te brusquer, j’ai fini par venir taper à la porte de ta chambre. Tu étais là, dans le noir, et je ne t’ai pas demandé ton avis quand j’ai allumé la lumière. J’ai reconnu les fringues que tu portais. Elles étaient à moi, et j’ai brusquement eu envie de te les arracher. Avant ça ne m’aurait pas choqué, maintenant ? Maintenant je trouvais ça bizarre. Mais je n’ai rien dit. Je n’ai rien fait, venant prendre appuis sur le chambranle de la porte. Croisant les bras sur ma poitrine. L’air désinvolte. Comme d’habitude. Pas à l’aise pour autant. Tu m’avais embrassé putain. Comme si c’était normal, naturel, tu avais posé tes lèvres sur les miennes. Comprends-moi merde. Vas pas te foutre dans des états pareils, on allait s’en remettre non ? Comme toujours, comme à chaque fois. C’était notre truc les prises de tête. Combien de fois on s’était engueulé ? Combien de fois on a été plus fort que ça et qu’on s’est pardonné ? On se pardonne tous Kieran, alors pourquoi t’es comme ça ? J’avoue que je ne savais pas quoi dire. Que je ne savais pas quoi faire. Mais j’avais conscience qu’il fallait que j’ouvre la bouche. Que je finisse par te dire les choses. Oui, il le fallait Kieran. Mais arrêtes donc de te tourmenter s’te plait. Putain tu m’aides pas là ! Regardes-moi !

« On va en parler ou on va s’ignorer encore longtemps ? »

C’était maladroit, mais pourtant, c’est tout ce que j’ai trouvé à dire. Finissant par en avoir marre de voir son dos, je me suis approché de toi, posant une main sur ton épaule pour t’obliger à me regarder bien en face. C’était toi qui avais merdé mon frère. C’était toi qui avait été trop loin, c’était à toi de me parler. Pas à moi ! Mais c’est quand j’ai fini par croiser tes yeux que me je me suis rendu compte de ta détresse. Ca n’allait pas, quelque chose clochait. Mais quoi ? Je n’en savais rien. C’était de ma faute si t’étais comme ça ? C’est parce que j’avais pas eu la bonne réaction ? C’est parce que je te l’ai pas rendu ton foutu baisé ? C’était pour ça que tu étais comme ça ? Me reculant, j’ai pu sentir mon sang ne faire qu’un tour dans mes veines. Y’a vraiment des jours où j’avais envie de te frapper sérieux. Vas savoir pourquoi, pourtant je n’ai rien fait. Me laissant tomber sur ton lit. Crois-moi mon frère, je ne sortirais pas tant que tu n’auras pas ouvert la bouche. J’allais rester là, sagement, attendant que tu réagisses. Que tu parles. Que t’arrêtes de te la jouer mystérieux et que tu m’parles enfin. Machinalement je me suis allumé une clope. Tu pouvais râler, j’en avais rien à foutre. Attrapant une bouteille vide qui se trouvait sur ta table de chevet pour balancer les cendres dedans. Je t’ai regardé, sans baisser les yeux. Crois-moi frérot, j’étais aussi mal que toi alors t’avais plutôt intérêt d’accoucher et vite.

« Je t’écoutes. Expliques-moi parce que c’est de ta faute si on en est là. Pas la peine de te morfondre, et d’aller te faire péter l’cul par l’premier venu sérieux ! Tu crois que j’ai pas vu ton bordel dans la salle de bain ? A quoi tu joues ?  Tu t’attendais à quoi putain ? Qu’on s’envoi en l’air comme si tout était normal ? Comprends-moi sérieux pour une fois. Tu m’as embrassé bordel de merde ! »

Et à cause de toi je me pose mille et une question mon frère. A cause de toi, c’est tous mes principes que je remets en cause… Alors parles. Explique. Parce que là je pige pas crois-moi. J’étais injuste, j’étais violent dans mes propos. Mais j’étais surtout mort de trouille. Remplis de culpabilité, parce qu’à cause de moi d’aller encore merder. Parce qu’à cause de moi t’étais encore mal. A cause de moi…





©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach



FREE BIRD
Never captured, never tamed. Wild horses on the plains. You can call me lost, I call it freedom. I feel a spirit in my soul
It's something Lord I can't control. I'm never giving up while I'm still breathing
Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 155
Points RP : 83
Date d'inscription : 07/02/2018


Yesterday, I died...

The McIntyre boyz




Laisse tomber va. Je crois pas que ça pourra le faire. J'étais vraiment mort. De l'intérieur. Comme s'il ne restait plus rien du tout. En fait, je me sentais vide. Futile et inconsistant. Ça sonnait creux dedans. Ne tenant plus debout que par habitude. Mes jambes me portant encore parce-que c'était leur rôle. Qu'on avait été conçu et pensé de cette manière là – et que même si tout en moi se révoltait à l'idée de continuer à marcher – mon corps refusait de lâcher prise.

Et d'un seul coup, je sentais ma tête cogner le sol. Propulsé ailleurs. Des crocs venant et revenant se planter dans ma gorge. Me déchiquetant le cou. Les hurlements de Sophie me vrillant les tympans, puis les larmes de ton fils me noyant le visage. J'allais partir Kyle. Dans un autre monde où il n'y aurait plus de douleur. Je pars. Sous tes yeux. Je pars. Mais je t'aime,  t'aime. Chercher à me retenir ne servirait qu'à nous déchirer un peu plus. Est-ce que tu me voyais toi aussi ? Étendu sur le sol. Baignant dans une marre de sang. Crois-moi. Rien jusqu'ici ne m'avait jamais fait mal à ce point. Rien. Pourtant, tous les deux, j'imaginais naïvement qu'on avait déjà traversé le pire. Porté par l'espoir de connaître des jours meilleurs.

Maintenant sors. S'il te plaît, arrête. Tu ne comprenais pas que je ne voulais plus te voir, ni te parler. Planté devant mon lit, te tournant le dos et restant inerte. Les bras ballants. Les pieds enracinés au plancher de ma chambre. Dans le noir. Fous moi la paix. Je te libérais. Seulement, tu insistais. Frappant à ma porte et entrant, sans y avoir été invité.

Dégage putain !!

Bien sûr, tu n'écoutais que toi-même. Pour ne pas changer. Allumant la lumière et me forçant à cligner des paupières. Mes poings se fermant, les doigts crispés au point que j'entendais mes os craquer. Ta main se posant aussitôt sur mon épaule. Après m'avoir accordé un dernier instant de répit. T'adossant au chambranle de la porte, le tout en me demandant si on allait s'ignorer pendant longtemps encore. Sérieusement, qu'est-ce que tu voulais que je te réponde. Quoi d'autre que ce que tu attendais que je te dise. Que j'étais désolé. Que ça ne se reproduirait pas. Que je n'aurais pas dû t'embrasser. Qu'on était frère. Que c'était contre nature, malsain. Le soucis c'est que l'absinthe altérait quelque peu mon jugement et qu'au lieu de te rassurer, je te déballais la vérité. Assez crûment. Sans plus y mettre les formes, ni filtre.

- Je suis amoureux de toi…

Voilà. Je ne t'ignorais plus. Et me retournant, je te faisais même face sans sourciller. Tel un morceau de bois. Raide. Ta main n'avait qu'à pas venir se poser sur mon épaule. Regarde-moi bien Kyle. Plus jamais je ne baisserais les yeux. Ni devant toi, ni devant personne. Tu avais raison de reculer. Puis tes grands airs de mec blasé, agacé, tu pouvais te les garder. Si ce que tu voyais ne te plaisais pas, la porte se trouvait juste derrière toi. Personnellement, je ne te retenais pas. Bouge ! Ce à la place de quoi tu posais ton cul sur mon lit. Te laissant tomber dessus. Ça va ? Tu te sentais pas trop gêné. Y'a rien qui te dérangeait ? Tu me faisais tellement chier. Je te détestais autant que je t'aimais. Mi-conscient mi-sonné. Incapable de me gérer. Mes émotions dégoulinant sur moi, comme le sperme de Callan le long de mes cuisses. Gluant et dégueulasse. Tu ne savais pas toi à quel point j'avais envie de me jeter dans tes bras. Pour y pleurer, et y hurler. Jusqu'à m'en faire péter les cordes vocales. Sauf que mes yeux restaient secs. En colère. Haineux. Je te dis. C'est dans une marre de sang que je me noyais. Les pleurs de ton fils ne suffisant plus à m'éclaircir la vue et les cris de sa mère me rendant sourd à tout le reste. Les crocs de notre Sire me tuant. Encore et encore. Dans cette même vision que j'avais eu là-bas. Au fin fond des égouts. Lorsqu'un autre que toi me pénétrait. Puisque tu m'avais rejeté. Me laissant partir sans un mot, sans essayer de me retenir. Toi, t'aurais pu me sauver. Toi, t'aurais su me préserver. Toi. Mon frère suicidaire, mon pire fardeau et le plus beau cadeau que papa et maman avaient pu m'offrir. Je pars. Mais je t'aime, t'aime. Emmenant avec moi cet amour que je te vouais. Et nos plus belles années. Pressé de te quitter. Parce-que je ne pourrais pas assumer.

Pas ça. Sincèrement, rien jusqu'ici ne m'avait jamais fait mal à ce point. Il m'avait violé. Abusé. Il m'avait réduit à l'état de chose. Créant en moi de toutes nouvelles angoisses, insurmontables. Comment je pourrais encore me laisser aimer après ce qu'il m'avait fait ? C'était fini. Sur quoi, tu me lâchais ta bombe en pleine gueule.

« Je t’écoutes. Expliques-moi parce que c’est de ta faute si on en est là. Pas la peine de te morfondre, et d’aller te faire péter l’cul par l’premier venu sérieux ! Tu crois que j’ai pas vu ton bordel dans la salle de bain ? A quoi tu joues ? Tu t’attendais à quoi putain ? Qu’on s’envoi en l’air comme si tout était normal ? Comprends-moi sérieux pour une fois. Tu m’as embrassé bordel de merde ! »


Connard ! De ma faute quoi. T'en avais pas marre à force de toujours tout me coller sur le dos ? Des fois, tu ferais mieux d'apprendre à la fermer plutôt que de l'ouvrir à tort et à travers. Tes mots me blessant comme jamais auparavant. Et d'un coup, ça était le blackout total. J'ai plus rien vu. Rien d'autre que toi, et mon corps se jetant sur le tien. Violent. Brutal. Me découvrant une force que j'ignorais posséder. Pour te plaquer sur le lit. Enragé. Ta cigarette valdinguant sur ma couette, et consumant le tissu. Lentement. Occupé que j'étais à t'écraser la tête avec ma main. Assis à califourchon sur toi.

- T'es qu'un sale petit con ! Sans moi t'aurais fini depuis longtemps déjà dans le caniveau. C'est moi qui me suis occupé de toi, avant et après la mort des parents. Et à chaque fois c'est pareil ! Dès qu'il y a une merde, c'est sur ma gueule qu'elle retombe. T'as voulu crever, et ensuite t'as joué les héros. Pendant que moi je morflais !! T'as toujours pensé que tout t'était dû. Que je me plie en quatre pour toi, ça suffisait jamais !! Et c'est encore à moi de te comprendre… j'en peux plus Kyle, j'en peux plus de toi...

À présent, je te secouais. Autant que je te hurlais à la tronche. Les doigts agrippé à tes fringues, celles que tu mettais pour aller bosser. Tout poussiéreux et sale que tu m'apparaissais subitement. Crasseux. Me dégoûtant presque. Te soulevant et te replaquant sur le matelas. En perte de contrôle, pour ne pas dire en pleine crise de nerfs. Te manifestant malgré moi des signes avant-coureurs de dépression et d'anxiété. Contradictoire dans ce que je ressentais et les gestes que j'avais à ton encontre. Ecœuré, mais me penchant sur toi pour t'embrasser à pleine bouche. Te mordant pour te forcer à entrouvrir les lèvres, ma langue venant à la conquête de la tienne. Gémissant contre toi.

Puis, pris d'une folie passagère, je me relevais. Te forçant à te remettre toi aussi debout. Accroché. Les doigts verrouillés. Ne te libérant que pour te coller une gifle, sonore. Avant de te repousser.

- Puis ouais ! Tu le savais pas encore ? En plus d'être une petite pédale, ton frère prend son pied en se faisant péter le cul par le premier venu comme tu dis ! Bien à sec, pour être sûr de pisser le sang après. Parce-que j'aime ça… c'est ça les pervers Kyle… je me suis laissé baisé uniquement pour le plaisir d'avoir mal !! Maintenant, fous moi la paix. J'ai plus envie de te voir. Je supporte plus le son de ta voix ni de t'entendre chialer. Toi, toi, toujours toi. T'es pas fatigué de te prendre pour le centre du monde ? Allez ! Vas-y. Va raconter à tout le monde que ton frère incestueux t'a obligé à l'embrasser ! Là au moins, t'as vraiment de quoi te plaindre. Avec ta lèvres éclatée. DEGAGE !!

Névrosé, je recommençais à m'en prendre physiquement à toi. Te poussant, le plat de mes mains s'écrasant contre ton torse. Agressif. Cherchant la confrontation. Cogne-moi. Mets un point final à tout ce bordel. Aide-moi… je t'en prie, me laisse pas comme ça… fais quelque chose, cette fois-ci, c'était à mon tour d'avoir besoin de toi. J'aurais voulu te parler, te le dire. Tout te décrire. La peur. Les sévices. L'odeur pestilentielle. L'impression de mourir. M'abandonne pas.

Je pars. Mais je t'aime, t'aime. Je voulais pas traverser cet enfer tout seul. J'étais pas assez fort. Pas assez résistant, pas suffisamment blindé pour affronter ça sans toi. Et perdu, déconnecté de la réalité, je glissais mes doigts dans mes cheveux. Fixant le sol. Le regard absent. Comme si je sortais de mon corps et que je survolais la pièce.

- Je peux pas… faut que tu me laisses tranquille Kyle.

Que tu t'en ailles. Vraiment. Même l'odeur du cramé ne parvenait plus à affoler mes sens. Alors que ta clope était juste en train de foutre le feu à mon lit. Quelques flammes se formant à la surface du tissu. Une fumée noire se dégageant du foyer de l'incendie et se propageant dans la chambre. On allait brûler. Et je ne m'en inquiétais pas. Te tournant de nouveau le dos et avançant jusqu'au mur pour m'y appuyer. Me laissant finalement chuter par terre.

Préoccupé par mes petits maux. Persuadé d'avoir mal au ventre, au crâne, d'avoir des crampes abdominales. Somatisant. Mes bras entourant mes jambes tandis que je les repliais contre ma poitrine. Appuyant mon front sur mes genoux et me mettant à me balancer de l'avant vers l'arrière. Ne sachant même plus si tu étais encore là...





Lost and insecure
And if you take my hand please pull me from the dark. And show me hope again. We'll run side by side. No secrets left to hide, sheltered from the pain...
Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 19
Points RP : 30
Date d'inscription : 08/02/2018

Yesterday, we died
- Kyle McIntyre & Kieran McIntyre -






La culpabilité, c'était un sentiment que j'avais pris l'habitude de ressentir avec toi. J'avais l'impression que je pouvais faire tous les efforts du monde, ça n'irait jamais. Je ne serais jamais assez bien à tes yeux c'était une évidence. Ca n'allait jamais. J'étais soit trop présent, soit trop absent, soit trop con, soit pas assez. Comment savoir maintenant ? Tu m'avais embrassé, et pourtant, à t'entendre, à te voir agir, je n'avais pas réagis comme il le fallait. Alors oui j'étais violent. Oui j'usais de mots dures et sans doute injustes, parce que je ne pouvais pas faire autrement avec toi. Y'a vraiment des jours où je ne te comprenais pas. Des moments où tu me semblais même étranger. T'avais toujours fait attention à ton image, à ce que les gens pourraient penser de toi, à ce qu'on disait sur ton passage, jusqu'à il y a deux ans, quand je me suis jeté dans un immeuble en feu pour en sauver cette gamine. Ce jour où tu m'as perdu. Ce jour où, nous nous sommes perdus. J'avoue, je n'avais pas réagi aux conséquences. J'avais agi sans penser. Une enfant avait eu besoin d'aide et je t'avais laissé là, tout seul, la choisissant elle plutôt que de m'enfuir avec toi. Si j'étais un sale con d'égoïste pour ça, sans doute, certainement. Mais franchement, si je regrettais ? Non. Vraiment pas. Et si c'était à refaire, crois-moi, je recommencerais. Même si je sais que c'est à partir de ce moment que tout est parti en couille. Parce qu'on s'était perdu, mais on n'avait jamais vraiment su se retrouver. Et c'était ça qui faisait mal. Comme maintenant. Je vois que quelque chose ne va pas mais pourtant, je n'essaye pas de comprendre, t'incendiant de mots qui n'ont sans doute pas de sens. Désolé mon frère, mais je crois que je ne sais plus comment faire avec toi. J'en avais envie, mais j'avais perdu le mode d'emplois je crois.

Un an, c’était le temps qu’on avait passé loin de l’autre. Un enfer, un calvaire, qui m’oblige à réagir comme je le fais là parce que normalement on aurait dû survivre à ça. « Je suis amoureux de toi ». Se sont tes mots. Des mots qui raisonnent dans ma tête comme le glas. Tu m’aimes. Oui. Mais pas comme il se devrait. Ca non plus, ça n’a pas de sens. Je m’en veux. Je m’en veux parce que je me dis que si j’avais été plus indépendant on n’en serait pas là. Si je ne t’avais pas collé aux basques de ma naissance à maintenant peut-être qu’on aurait eu une relation bien plus saine, bien plus stable, bien plus… Normale ? Ca non plus je ne sais pas. J’étais là, fumant comme un con, essayant de paraitre neutre, normal, mais entre être et paraitre la différence elle est grande Kieran. Je te perdais mon frère, je le sentais, et ça me faisait chier putain. Alors excuses-moi, pardonnes-moi d’être aussi maladroit dans mes propos. Mais tu ne pouvais pas me lâcher une bombe comme t’avais fait pour ensuite… Ensuite y’a eu ta réaction. Ce genre de réaction qui ne t’arrive jamais. Je n’ai pas eu le temps de réagir que tu te jeté sur moi, venant m’incendier à ton tour. Je n’ai rien dit, je n’ai rien fait. Te laissant faire. Encaissant ta détresse comme si c’était la mienne. Qu’est-ce qui c’était passé mon frère ? J’ai eu peur. Soudainement. J’ai eu peur parce que je sentais qu’un truc n’allait pas. Je sentais que ça allait me faire vriller. Tes mots. Putain tes mots… Tu ironisais malgré toi, tu me hurlais une vérité dans la gueule que je ne voulais entendre, que je ne voulais accepter. On t’avait fait du mal c’est ça ? Arrêtes de me secouer comme ça et dis-moi. Parles-moi pour une fois merde !

J’avais envie de te demander de te calmer, mais je n’ai rien fait. Encaissant comme jamais. Te laissant me bouffer la lèvre, jusqu’à ce que tu viennes me plaquer contre le mur. T’avais besoin de ça, alors vas-y, lâches-toi. Frappes-moi, je m’en fous, j’encaisserais. J’encaisserais parce que moi aussi je t’aime mon frère ! J’encaisserais pour toi. Je crèverais pour toi. J’avais surtout conscience qu’une fois la vérité dite j’allais péter les plombs. C’était toujours comme ça. Je ne supportais pas l’idée qu’on puisse te faire du mal, je ne supportais pas qu’on puisse te toucher. C’était comme ça Kieran. Alors oui, j’ai laissé la tempête exploser, jusqu’à ce que tu te calme enfin. Tu ne peux pas quoi ? Te laisser tranquille ? Dans cet état ? Non mais t’as cru au père noël. Bien sûre que non que je n’allais pas te laisser tranquille. Pas maintenant, pas là, comme ça, alors que tu avais besoin de moi. Même si tu refusais de le dire, de l’avouer, je le savais, je le sentais, que oui, t’avais besoin de mon aide Kieran. Je t’ai regardé te laisser tomber là, par terre, contre le mur. Reprenant mes esprits, j’ai attrapé une couverture pour éteindre le feu que tu avais déclenché. Qu’est-ce que t’était arrivé putain ? Qu’est-ce qui c’était passé là-bas ? Sans rien dire, je suis venu vers toi, me laissant tomber à tes côtés alors que sans réfléchir je t’ai enlacé. De mes gros bras, bien plus gros que les tiens, j’étais là. T’entourant de mes deux bras pour te tenir fortement, regardes, j’étais là. Je couvrirais toujours tes arrières mon frère. Toujours. Ne l’oublies pas. On se l’était promis, et ça ne changeait rien.

« Shhhhhhhh, je suis là… Je serais toujours là mon frère. Parles-moi, qu’est-ce qui s’est passé là-bas ? Calmes-toi, je suis là. »

Oui je serais toujours là pour toi, je te le promets. Parce que je t’aimais. Parce que t’étais tout ce que j’avais dans ce bas monde. Restant là je suis venu t’embrasser sur le crâne avant de poser mon menton sur ta tête. Tu pensais me répugner, mais c’était tout le contraire. J’avais toujours admiré ce qui tu étais Kieran. Moi j’avais toujours été le vilain petit canard, toi, tu étais le sage, celui qui pense avant d’agir. J’avais toujours eu besoin de toi pour me guider, pour m’accompagner, pour ne pas me perdre. Je ne supportais pas l’idée de te savoir mal. Alors racontes-moi. Expliques-moi tout ce qui s’est passé je t’en prie. J’avais besoin de savoir, besoin de comprendre. Délicatement, j’ai passé une main dans tes cheveux, te rassurant comme je pouvais. J’étais stupide, ma réaction avait été débile, j’aurais dû réagir autrement. Mais tu savais comment j’étais, tu savais comment je fonctionnais, mais regardes, regardes, je ne suis pas parti, je suis bien là, te serrant contre moi tenter de te calmer comme je pouvais. J’avais envie de t’aider mais si tu ne m’expliquais pas, si tu ne me racontais pas, comment tu veux que je le fasse ? Il fallait que tu me parles. Je ne jugerais pas, je te le promets. Je resterais là à t’épauler, comme toujours. On s’était toujours soutenu mon frère. Alors je t’en prie, ne m’en tiens pas rigueur et ne nous perdons pas pour une simple engueulade. On allait passer au-dessus de tout ça, comme toujours, comme à chaque fois. Rien ne pourrait jamais nous briser et on le savait.

« Je te laisserais pas Kieran. Je t’aime mon frère. Va falloir que l’accepte-toi aussi. »

Peut-être pas comme tu voudrais, peut-être pas comme tu l’entends, mais crois-moi, je t’aime. J’ai encore déposé un baisé sur le sommet de ton crâne en prononçant tes mots, ne relâchant toujours pas la pression que j’exerçais sur toi, persuadé que ça te faisait du bien, que ça te réconfortais. Au moins, juste un peu. Désolé d’avoir mal agis, culpabilisant, comme à chaque fois que je réagissais mal. Ce n’étais pas la première fois que je pouvais me montrer blessant, ça ne serait sans doute pas la dernière. Mais pour une fois, j’allais t’écouter avant d’agir. Je t’écouterais. Jusqu’au bout, sans me poser de question. Je t’en fais la promesse…






©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach



FREE BIRD
Never captured, never tamed. Wild horses on the plains. You can call me lost, I call it freedom. I feel a spirit in my soul
It's something Lord I can't control. I'm never giving up while I'm still breathing
Revenir en haut Aller en bas
Vampire
Caïn's child
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 155
Points RP : 83
Date d'inscription : 07/02/2018


Yesterday, I died...

   
The McIntyre boyz

   

   


Tu mentais. Me dire que tu serais toujours là, ça sonnait tellement faux dans ta bouche. J'étais seul depuis trop longtemps pour continuer à te croire. Ou ne serait-ce que pour prendre le risque de te refaire confiance une dernière fois. Préoccupé pas mes douleurs imaginaires. Des souffrances d'ordre physique. Obsédé par l'idée de savoir ce que les autres pourraient bien penser de moi à partir de maintenant. Je crois pas que tu réalises. Avec toi, tout avait toujours l'air si simple, si facile. À t'écouter, il n'y avait jamais rien de grave. Pourtant, tu ne soupçonnais pas ce que ça faisait. Ce que ça me faisait à moi. Qu'on m'ait retrouvé à moitié nu dans les égouts. Recouvert de la tête aux pieds d'une crasse qui ne m'appartenait pas, entre autre chose. Des choses que tu avais toi-même constaté en fouillant mes affaires à la salle de bain et venant témoigner de ce qu'un autre vampire – soi-disant l'un des nôtres – m'avait imposé.

Le traité, toutes ces alliances que la coalition s'efforçait de passer avec les uns et les autres, les idéaux qu'on défendait et ce pourquoi on se battait, plus rien n'avait véritablement de sens à présent. Kyle avait raison, depuis le début. Alors je ne voulais plus en entendre parler. C'était terminé. Qu'ils aillent tous se faire foutre…

Parce-qu'aucun d'entre-eux à notre retour n'avait jugé utile de me prendre en charge. Les vampires n'ayant pas besoin de soins. Après tout, on guérissait seul. Voilà ce qu'on m'avait répondu lorsque j'avais demandé à être conduit à l'infirmerie. Au fond, même ici il n'y avait plus la moindre once d'humanité. Aucune aide. Aucun soutien d'aucune sorte, et surtout pas psychologique. C'était tellement plus facile de fermer les yeux. Tout ça, cette guerre, tous ces morts, tout le temps, ça nous rendait encore plus pourri que ceux qui nous gardaient enfermé ici. Sur cette île. Et lui, je l'avais attendu. Mais pour ne pas changer, il n'était pas venu. Alors je somatisais. M'auto-persuadant que j'avais mal au ventre et à la tête. Évacuant comme je pouvais, dans l'attente d'expulser autrement que par ces pseudos crampes abdominales qui me pliaient en deux. Mon front appuyé sur les genoux, yeux grands ouverts. Sourcils froncés. Une grimace déformant ma bouche et mes bras ne déverrouillant leur prise autour de mes jambes que lorsque ses bras à lui, les bras de mon frère, m'entouraient à leur tour.

Apparemment, il était encore là. Dans la chambre. Avec moi. Près de moi. Répondant à mes appels à l'aide. Mais aussi en soulevant malgré lui un profond sentiment d'insécurité dès lors qu'il venait m'enlacer. Provoquant sans doute l'effet inverse de celui qu'il espérait. Le son de sa voix, pourtant apaisant et plus tendre que d'habitude, ne suffisant plus à me débarrasser de mes appréhensions. L'envie de lui échapper se faisant plus tenace, plus mauvaise. Qu'il me lâche. Puis qu'il s'éloigne. J'avais besoin d'espace, de pouvoir bouger librement. Le contact de sa peau ma rappelant le glissement humide de celle de Callan sur la mienne. Me mettant au supplice. Des images me défilant sous les yeux. M'obligeant finalement à les fermer et à me redresser. Mon corps raide luttant et résistant, quand je cherchais à presser un peu plus fort mon visage contre ses lèvres. Ses caresses, ce baiser qu'il posait sur mon front, sa main dans mes cheveux, provoquant des réactions complètement contradictoires. Des larmes gouttant jusqu'à mes cils, sans pour autant que j'en pleure. Les doigts rétractés en direction de mes paumes. Ne sachant pas de quelle façon lui dire les choses.

- Dis pas ça ! Tu m'aimes pas, sinon tu m'aurais empêché de partir là-bas… mais tu l'as pas fait. Non… t'as rien fait du tout. Alors je t'interdis de me toucher. Pose pas tes mains sur moi ! T'étais où putain… T'ETAIS OU !!

Tu vois, ça me reprenait. Ça recommençait. Pas que je ne veuille pas rester dans tes bras, c'était même tout le contraire. J'en avais trop souvent eu envie pour réellement vouloir te repousser. Mais c'était comme si tout mon corps se dressait contre toi. Contre ce contact que tu nous imposais. Tu m'étouffais. Comme repris au piège, j'étais obsédé par la seule idée dans sortir. De m'enfuir. L'obscurité des tunnels dans lesquels Callan m'avait entraîné me rendant sourd et aveugle. Mais heureusement, tu me retenais. Tes bras se refermant un peu plus fortement sur moi, alors que je m'agitais. Mes yeux se rouvrant, et un hurlement s'échappant de ma gorge à l'instant où tu m'embrassais à nouveau.

- Il m'a… Callan de Rhénanie. Il était là-bas, et il m'a… j'ai rien pu faire pour l'empêcher. Il est plus vieux, plus fort. Et puis…

Et puis, je n'étais déjà plus en état de me défendre à ce moment là. Avec un bras cassé et des blessures par balles me vidant de mon sang. L'une d'entre-elle restant logée dans mon épaule. Mais tu sais, on guérissait seul Kyle. On avait pas besoin de compassion ni d'attention nous autres. Peut-être même que je l'avais cherché. Que tout ce qui venait d'arriver, de se produire, c'était de ma faute. Parce-que j'avais voulu me montrer gentil et amical. Sauf que dans ce monde pourri, ce monde où la loi du plus fort régnait, il fallait toujours se montrer plus violent pour être entendu.

- Me laisse pas… plus jamais… promets-le Kyle. Promets-moi de plus m'abandonner…

Nerveusement, j'attrapais ses avant-bras. Mes doigts s'enfonçant dans sa peau et mes ongles l’éraflant jusqu’au sang. Faites qu'il comprenne. Je pourrais pas prononcer certains mots, c'était au-dessus de mes forces.

Faites juste que pour une fois je ne sois pas obligé de tout lui expliquer en détail pour que ça monte à son cerveau...




Lost and insecure
And if you take my hand please pull me from the dark. And show me hope again. We'll run side by side. No secrets left to hide, sheltered from the pain...
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

Revenir en haut Aller en bas
Yesterday, I died... feat. The McIntyre boyz
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» tuto peinture de boyz
» règles floues sur le nob qui dirige les blind'boyz
» Justin Gabriel Vs Mark Selling Vs Rob Van Dam Vs Alex Price Vs Curt Hawkins Vs Drew McIntyre
» Tournois Ard' boyz
» 'Ard Boyz 40K 2011 :: August 13th, 2011 2,500pts

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Island Of the Damned ::  :: Belfast :: Le Château-
Sauter vers: