The Island of the damned est un forum post Apocalyptique rassemblant un grand nombre de créatures surnaturelles.
 

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 Yesterday, I died... feat. The McIntyre boyz

Vampire
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Yesterday, I died...

The McIntyre boyz




Hier, j'étais mort…

Mais pourtant ce matin – comme chaque matin à l'aube de chaque nouveau jour – le soleil avait fini par se lever. Pour tout le monde. Qu'on foule la surface de la terre ou qu'on croupisse au fond des égouts. À se traîner dans un caniveau d'eaux usées, au milieu de la crasse et de la vermine. Bref. Demain ne mourrait jamais. C'était un fait. Un processus normal. Rien qu'un état naturel et un droit immuable. Le monde ne s'arrêtait simplement pas de tourner parce-qu'on y commettait des horreurs. Des gens souffraient, d'autres se battaient, jusqu'à s'annuler entre-eux. Pour disparaître.

Et donc hier, j'étais mort. Dans les profondeurs d'un tunnel trop sombre pour que je sache retrouver mon chemin seul. Un peu perdu. Sous le choc de ce qui venait de m'arriver. Même si lorsque je me regardais dans le miroir, mon reflet ne laissait plus deviner ni entrevoir la moindre marque du calvaire qu'on m'avait infligé.

Mon corps frémissant toujours sous la morsure des rats et mon visage ressentant encore l'irritation de la rouille recouvrant les murs. Égratignant ma peau, l'éraflant. Pas bien. Pour ne pas juste dire très mal en point. Violé. Le frère bafoué, humilié, le grand frère abusé. Celui qui se sentait diminué, amputé. Telle une moitié d'homme avorté. Qu'est-ce que Kyle allait bien pouvoir faire de moi ? S'il l'apprenait… pas assez fort, pas assez méfiant, naïf, un condensé de compassion et d'humanité. Voilà ce qu'il penserait. Un poids mort. Mort, mort, mort. Inutile. D'autant que j'éprouvais vraiment l'impression bizarre de ne pas en être sorti. De ne pas avoir été reconduit au bout du tunnel. D'être là-bas. Assis, recroquevillé, occupé à attendre. Scrutant le plus infime frémissement et essayant de percer les ombres se fondant dans l'obscurité. Tétanisé. Incapable de me relever, de me remettre à avancer, mon pantalon à peine remonté à mi-cuisses. Ce pantalon que j'avais balancé dans la poubelle de la salle de bain, après avoir tourné le verrou. Au même titre que le reste des fringues que je portais, et que mon boxer. Sans me soucier que celui-ci puisse être découvert. Malgré les traces de sang et de sperme maculant son tissu. La tête en vrac. Brisé. Mutilé dans ma chair. La longue douche que j'avais prise n'ayant pas suffit à me laver.

Une douche chaude. Apaisante. Me débarrassant de toute la saleté et la puanteur imprégnant mes cheveux. Chaude, voire brûlante sur la fin. L'unique moyen que je trouvais pour endormir mes sensations. Me cramer. Avant de rouvrir le robinet d'eau froide. Me glaçant les os et faisant diminuer la cadence des coups de reins continuant à me pilonner intrinsèque. Dans une brutalité tellement bestiale que de bêtes sensations parvenaient à me déchirer.

Je le sentais. Aller et venir entre mes reins. Ses gémissements remplissant tout l'espace vide qui m'entourait. Comme si plus rien d'autre n'existait. Callan ne me quitterait jamais. Désormais, c'est à lui que j'appartenais. En acceptant de devenir sa chose, pour survivre, pour revoir mon frère, pour avoir une chance de rentrer à la maison, j'avais trahi tout ce en quoi je croyais. Et plus rien ne comptait. Je voulais dormir. Oublier. Revenir quelques heures plus tôt. Quelques heures ou plutôt quelques jours. Ne sachant pas trop durant combien de temps j'avais été porté disparu. Me rappelant surtout des lumières des lampes torches éclairant la cavité dans laquelle j'étais resté terré. Tenant compagnie aux cadavres se décomposant à côté de moi. Tandis que mes blessures se refermaient et que les stigmates de l'agression se résorbaient par eux-mêmes. La balle venue se loger dans mon épaule n'étant retiré qu'un peu plus tard par Finn. Revenu me chercher. M'aider. Me porter secours. Avec des renforts.

Mais sans toi Kyle. Sans toi…

Pour ça, je te détestais. T'étais où d'abord ? Tu faisais quoi putain… avec qui tu traînais. Au lieu d'être chez nous. Enfin, je crois. C'est possible que je ne t'ai pas vu en rentrant. Tu sais, j'avais pas fait de bruit. Larguant mon sac à dos au milieu du salon, retirant ensuite ma veste pour la balancer sur la canapé. Mes pompes dégueulasses salissant le sol sous mes pas. Pour directement aller m'enfermer dans la salle de bain et me déshabiller. C'est pour toi que je l'avais laissé faire. Sans lui résister, sans chercher à l'empêcher de me sauter. Je t'avais promis. Promis que ce serait ma dernière sortie. Du coup, et en toute connaissance de cause, j'avais choisi de lui donner mon cul plutôt que ma vie.


Ce qui ne m'empêchait pas d'en vouloir à la terre entière. En colère. Ne tenant debout que grâce à la fiole d'absinthe pure qu'Ezechiel m'avait donné avant de partir et que je tenais si fortement dans ma main qu'il m'avait été difficile d'écarter les doigts pour en boire une gorgée. Sur quoi, j'attrapais le tee-shirt et le bas suspendus au porte-serviettes. Des affaires qui appartenaient à Kyle et trop larges pour moi. Mais ça me couvrait et là, c'est tout ce que je demandais. De ne plus être nu. De protéger mon corps et de le garder à l'abri des regards. De ne plus être considéré comme un objet de désir. Puis je sortais. Retraversant le salon dans le noir afin de rejoindre ma chambre.

Avançant à tâtons. Me retenant de tomber à tout ce qui me passait à portée de main. Ma fiole d'absinthe restée ouverte sur le rebord du lavabo. La porte de la salle de bain grande ouverte sur le bordel que j'y avais laissé. Inconscient. Obsédé par la seule idée de me coucher et de ne pas te croiser. Toi. Pas après ce que j'avais fait avant de partir pour Dublin. Persuadé que ce baiser, tu ne me le pardonnerais jamais.

Convaincu de tout un tas de choses idiotes en réalité. Comme par exemple, de ne plus avoir ma place ici et sur ce, j'entrais dans ma chambre. Meurtri
...




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Yesterday, we died
- Kyle McIntyre & Kieran McIntyre -






J’avais tenté d’oublier. J’ai fait ce que je savais faire le mieux pour ne plus y penser. Merder. Faire des conneries, ou que sais-je encore. Tu n’étais pas là, tu étais parti, sans rien dire après ce que tu avais fait, et moi, la première chose que j’ai trouvé à faire c’est d’inviter une fille dans notre appartement. Dans mon lit. Tentant d’effacer cette odeur que tu avais laissé derrière toi par une autre. Je l’avais sauté. Oui, je l’avais baisé. Zoé. Zoé Voltaire, tu te souviens de notre secrétaire si délicate. Elle avait tellement pété les plombs elle aussi. Elle passait ses nuits à faire des rondes, armée jusqu’aux dents, elle s’envoyait en l’air avec qui voulait pour oublier le manque. Ce manque que Boyle avait creusé en elle. On ne voulait pas parler, mais Zoé restait ma pote. Alors finalement… On a fini par le faire. Parler. De toi, de ce qui s’était passé, d’elle, de Scott, de ce qu’elle était devenue. Et puis elle a fini par reprendre ses affaires, et partir. Le laissant seul dans ce lit qui avait encore une odeur malgré tout. La tienne. J’ai tenté de t’appeler je crois. J’aurais voulu le faire, mais je n’ai pas osé. M’enfermant comme jamais. J’ai réparé les meubles que j’avais explosé sous la colère. Je les simplement fixé, plus pour tenter d’arrêter de penser qu’autre chose. Ensuite ? Ensuite je suis enfin sorti, simplement. Pour aller réparer d’autres pots casser. Rebâtir, reconstruire, j’ai fait ce que je pouvais pour t’oublier. Parce que oui, c’était ce que je voulais faire. T’oublier, pour la première fois de ma vie. C’était mal, ce n’était pas saint, on devait se sevrer Kieran, c’était pour notre bien, tu peux me croire.

Mais c’était plus compliqué que ce qu’il n’y paraissait. C’était plus difficile que je ne le pensais. Je ne sais pas si je me mentais, si je tentais d’oublier un truc que je refusais d’effacer de ma mémoire, mais au final, non, je n’arrivais pas à passer à autre chose. Je n’arrivais pas à t’en vouloir. Il fallait qu’on parle. Qu’on se dise les choses, qu’on mette les choses à plat pour essayer d’avancer. C’était sans doute naïf, mais c’est ce que je pensais. Alors je suis rentré, simplement, sans trop me poser de questions. Les fringues dégueulasses à cause des travaux, les mains encore toutes poussiéreuses et calleuses. Poussant la porte avant de retirer mes pompes, me passant une main dans les cheveux. J’étais crevé, mais je voulais t’attendre. Sans me poser de question, j’ai pris la direction de la salle de bain, c’est là que j’ai vu le bordel que t’avais foutu. Tes fringues, la flasque, qu’est-ce que t’avais foutu bordel ? Sans trop me poser de questions, j’ai tout balancé dans le back à linges sales. Ca ne te ressemblait pas, mais en même temps, j’osais même pas imaginer comment tu te sentais. Mais c’est en empoignant ton boxer que je l’ai senti. Cette odeur de sang, de sperme. A m’en filer la nausée. Je suis resté planté là, un instant, à me demander ce qui avait bien pu se passer. Me disant naïvement que t’avais peut-être fait comme moi. Oublier en t’envoyant en l’air avec un autre. J’étais parfois stupide, naïf, j’en sais trop rien. Buvant une gorgée de ce que t’avais laissé trainer sur le lavabo. De L’absinthe. Dis-moi mon frère, c’était moi ou t’étais vraiment en train de craquer ?

Dans un simple geste j’ai roulé tes fringues en boules, revenant sur mes pas. Tant pis pour la douche, ça attendra plus tard. Je n’aimais pas te savoir si mal. Je n’aimais pas quand tu te planquais comme ça. T’avais dérapé et alors ? On était plus fort que ça non ? Lentement, sans te brusquer, j’ai fini par venir taper à la porte de ta chambre. Tu étais là, dans le noir, et je ne t’ai pas demandé ton avis quand j’ai allumé la lumière. J’ai reconnu les fringues que tu portais. Elles étaient à moi, et j’ai brusquement eu envie de te les arracher. Avant ça ne m’aurait pas choqué, maintenant ? Maintenant je trouvais ça bizarre. Mais je n’ai rien dit. Je n’ai rien fait, venant prendre appuis sur le chambranle de la porte. Croisant les bras sur ma poitrine. L’air désinvolte. Comme d’habitude. Pas à l’aise pour autant. Tu m’avais embrassé putain. Comme si c’était normal, naturel, tu avais posé tes lèvres sur les miennes. Comprends-moi merde. Vas pas te foutre dans des états pareils, on allait s’en remettre non ? Comme toujours, comme à chaque fois. C’était notre truc les prises de tête. Combien de fois on s’était engueulé ? Combien de fois on a été plus fort que ça et qu’on s’est pardonné ? On se pardonne tous Kieran, alors pourquoi t’es comme ça ? J’avoue que je ne savais pas quoi dire. Que je ne savais pas quoi faire. Mais j’avais conscience qu’il fallait que j’ouvre la bouche. Que je finisse par te dire les choses. Oui, il le fallait Kieran. Mais arrêtes donc de te tourmenter s’te plait. Putain tu m’aides pas là ! Regardes-moi !

« On va en parler ou on va s’ignorer encore longtemps ? »

C’était maladroit, mais pourtant, c’est tout ce que j’ai trouvé à dire. Finissant par en avoir marre de voir son dos, je me suis approché de toi, posant une main sur ton épaule pour t’obliger à me regarder bien en face. C’était toi qui avais merdé mon frère. C’était toi qui avait été trop loin, c’était à toi de me parler. Pas à moi ! Mais c’est quand j’ai fini par croiser tes yeux que me je me suis rendu compte de ta détresse. Ca n’allait pas, quelque chose clochait. Mais quoi ? Je n’en savais rien. C’était de ma faute si t’étais comme ça ? C’est parce que j’avais pas eu la bonne réaction ? C’est parce que je te l’ai pas rendu ton foutu baisé ? C’était pour ça que tu étais comme ça ? Me reculant, j’ai pu sentir mon sang ne faire qu’un tour dans mes veines. Y’a vraiment des jours où j’avais envie de te frapper sérieux. Vas savoir pourquoi, pourtant je n’ai rien fait. Me laissant tomber sur ton lit. Crois-moi mon frère, je ne sortirais pas tant que tu n’auras pas ouvert la bouche. J’allais rester là, sagement, attendant que tu réagisses. Que tu parles. Que t’arrêtes de te la jouer mystérieux et que tu m’parles enfin. Machinalement je me suis allumé une clope. Tu pouvais râler, j’en avais rien à foutre. Attrapant une bouteille vide qui se trouvait sur ta table de chevet pour balancer les cendres dedans. Je t’ai regardé, sans baisser les yeux. Crois-moi frérot, j’étais aussi mal que toi alors t’avais plutôt intérêt d’accoucher et vite.

« Je t’écoutes. Expliques-moi parce que c’est de ta faute si on en est là. Pas la peine de te morfondre, et d’aller te faire péter l’cul par l’premier venu sérieux ! Tu crois que j’ai pas vu ton bordel dans la salle de bain ? A quoi tu joues ?  Tu t’attendais à quoi putain ? Qu’on s’envoi en l’air comme si tout était normal ? Comprends-moi sérieux pour une fois. Tu m’as embrassé bordel de merde ! »

Et à cause de toi je me pose mille et une question mon frère. A cause de toi, c’est tous mes principes que je remets en cause… Alors parles. Explique. Parce que là je pige pas crois-moi. J’étais injuste, j’étais violent dans mes propos. Mais j’étais surtout mort de trouille. Remplis de culpabilité, parce qu’à cause de moi d’aller encore merder. Parce qu’à cause de moi t’étais encore mal. A cause de moi…





©️ Fiche codée par Aindreas An'Sionnach



FREE BIRD
Never captured, never tamed. Wild horses on the plains. You can call me lost, I call it freedom. I feel a spirit in my soul
It's something Lord I can't control. I'm never giving up while I'm still breathing
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Laisse tomber va. Je crois pas que ça pourra le faire. J'étais vraiment mort. De l'intérieur. Comme s'il ne restait plus rien du tout. En fait, je me sentais vide. Futile et inconsistant. Ça sonnait creux dedans. Ne tenant plus debout que par habitude. Mes jambes me portant encore parce-que c'était leur rôle. Qu'on avait été conçu et pensé de cette manière là – et que même si tout en moi se révoltait à l'idée de continuer à marcher – mon corps refusait de lâcher prise.

Et d'un seul coup, je sentais ma tête cogner le sol. Propulsé ailleurs. Des crocs venant et revenant se planter dans ma gorge. Me déchiquetant le cou. Les hurlements de Sophie me vrillant les tympans, puis les larmes de ton fils me noyant le visage. J'allais partir Kyle. Dans un autre monde où il n'y aurait plus de douleur. Je pars. Sous tes yeux. Je pars. Mais je t'aime,  t'aime. Chercher à me retenir ne servirait qu'à nous déchirer un peu plus. Est-ce que tu me voyais toi aussi ? Étendu sur le sol. Baignant dans une marre de sang. Crois-moi. Rien jusqu'ici ne m'avait jamais fait mal à ce point. Rien. Pourtant, tous les deux, j'imaginais naïvement qu'on avait déjà traversé le pire. Porté par l'espoir de connaître des jours meilleurs.

Maintenant sors. S'il te plaît, arrête. Tu ne comprenais pas que je ne voulais plus te voir, ni te parler. Planté devant mon lit, te tournant le dos et restant inerte. Les bras ballants. Les pieds enracinés au plancher de ma chambre. Dans le noir. Fous moi la paix. Je te libérais. Seulement, tu insistais. Frappant à ma porte et entrant, sans y avoir été invité.

Dégage putain !!

Bien sûr, tu n'écoutais que toi-même. Pour ne pas changer. Allumant la lumière et me forçant à cligner des paupières. Mes poings se fermant, les doigts crispés au point que j'entendais mes os craquer. Ta main se posant aussitôt sur mon épaule. Après m'avoir accordé un dernier instant de répit. T'adossant au chambranle de la porte, le tout en me demandant si on allait s'ignorer pendant longtemps encore. Sérieusement, qu'est-ce que tu voulais que je te réponde. Quoi d'autre que ce que tu attendais que je te dise. Que j'étais désolé. Que ça ne se reproduirait pas. Que je n'aurais pas dû t'embrasser. Qu'on était frère. Que c'était contre nature, malsain. Le soucis c'est que l'absinthe altérait quelque peu mon jugement et qu'au lieu de te rassurer, je te déballais la vérité. Assez crûment. Sans plus y mettre les formes, ni filtre.

- Je suis amoureux de toi…

Voilà. Je ne t'ignorais plus. Et me retournant, je te faisais même face sans sourciller. Tel un morceau de bois. Raide. Ta main n'avait qu'à pas venir se poser sur mon épaule. Regarde-moi bien Kyle. Plus jamais je ne baisserais les yeux. Ni devant toi, ni devant personne. Tu avais raison de reculer. Puis tes grands airs de mec blasé, agacé, tu pouvais te les garder. Si ce que tu voyais ne te plaisais pas, la porte se trouvait juste derrière toi. Personnellement, je ne te retenais pas. Bouge ! Ce à la place de quoi tu posais ton cul sur mon lit. Te laissant tomber dessus. Ça va ? Tu te sentais pas trop gêné. Y'a rien qui te dérangeait ? Tu me faisais tellement chier. Je te détestais autant que je t'aimais. Mi-conscient mi-sonné. Incapable de me gérer. Mes émotions dégoulinant sur moi, comme le sperme de Callan le long de mes cuisses. Gluant et dégueulasse. Tu ne savais pas toi à quel point j'avais envie de me jeter dans tes bras. Pour y pleurer, et y hurler. Jusqu'à m'en faire péter les cordes vocales. Sauf que mes yeux restaient secs. En colère. Haineux. Je te dis. C'est dans une marre de sang que je me noyais. Les pleurs de ton fils ne suffisant plus à m'éclaircir la vue et les cris de sa mère me rendant sourd à tout le reste. Les crocs de notre Sire me tuant. Encore et encore. Dans cette même vision que j'avais eu là-bas. Au fin fond des égouts. Lorsqu'un autre que toi me pénétrait. Puisque tu m'avais rejeté. Me laissant partir sans un mot, sans essayer de me retenir. Toi, t'aurais pu me sauver. Toi, t'aurais su me préserver. Toi. Mon frère suicidaire, mon pire fardeau et le plus beau cadeau que papa et maman avaient pu m'offrir. Je pars. Mais je t'aime, t'aime. Emmenant avec moi cet amour que je te vouais. Et nos plus belles années. Pressé de te quitter. Parce-que je ne pourrais pas assumer.

Pas ça. Sincèrement, rien jusqu'ici ne m'avait jamais fait mal à ce point. Il m'avait violé. Abusé. Il m'avait réduit à l'état de chose. Créant en moi de toutes nouvelles angoisses, insurmontables. Comment je pourrais encore me laisser aimer après ce qu'il m'avait fait ? C'était fini. Sur quoi, tu me lâchais ta bombe en pleine gueule.


« Je t’écoutes. Expliques-moi parce que c’est de ta faute si on en est là. Pas la peine de te morfondre, et d’aller te faire péter l’cul par l’premier venu sérieux ! Tu crois que j’ai pas vu ton bordel dans la salle de bain ? A quoi tu joues ? Tu t’attendais à quoi putain ? Qu’on s’envoi en l’air comme si tout était normal ? Comprends-moi sérieux pour une fois. Tu m’as embrassé bordel de merde ! »



Connard ! De ma faute quoi. T'en avais pas marre à force de toujours tout me coller sur le dos ? Des fois, tu ferais mieux d'apprendre à la fermer plutôt que de l'ouvrir à tort et à travers. Tes mots me blessant comme jamais auparavant. Et d'un coup, ça était le blackout total. J'ai plus rien vu. Rien d'autre que toi, et mon corps se jetant sur le tien. Violent. Brutal. Me découvrant une force que j'ignorais posséder. Pour te plaquer sur le lit. Enragé. Ta cigarette valdinguant sur ma couette, et consumant le tissu. Lentement. Occupé que j'étais à t'écraser la tête avec ma main. Assis à califourchon sur toi.

- T'es qu'un sale petit con ! Sans moi t'aurais fini depuis longtemps déjà dans le caniveau. C'est moi qui me suis occupé de toi, avant et après la mort des parents. Et à chaque fois c'est pareil ! Dès qu'il y a une merde, c'est sur ma gueule qu'elle retombe. T'as voulu crever, et ensuite t'as joué les héros. Pendant que moi je morflais !! T'as toujours pensé que tout t'était dû. Que je me plie en quatre pour toi, ça suffisait jamais !! Et c'est encore à moi de te comprendre… j'en peux plus Kyle, j'en peux plus de toi...

À présent, je te secouais. Autant que je te hurlais à la tronche. Les doigts agrippé à tes fringues, celles que tu mettais pour aller bosser. Tout poussiéreux et sale que tu m'apparaissais subitement. Crasseux. Me dégoûtant presque. Te soulevant et te replaquant sur le matelas. En perte de contrôle, pour ne pas dire en pleine crise de nerfs. Te manifestant malgré moi des signes avant-coureurs de dépression et d'anxiété. Contradictoire dans ce que je ressentais et les gestes que j'avais à ton encontre. Ecœuré, mais me penchant sur toi pour t'embrasser à pleine bouche. Te mordant pour te forcer à entrouvrir les lèvres, ma langue venant à la conquête de la tienne. Gémissant contre toi.

Puis, pris d'une folie passagère, je me relevais. Te forçant à te remettre toi aussi debout. Accroché. Les doigts verrouillés. Ne te libérant que pour te coller une gifle, sonore. Avant de te repousser.

- Puis ouais ! Tu le savais pas encore ? En plus d'être une petite pédale, ton frère prend son pied en se faisant péter le cul par le premier venu comme tu dis ! Bien à sec, pour être sûr de pisser le sang après. Parce-que j'aime ça… c'est ça les pervers Kyle… je me suis laissé baisé uniquement pour le plaisir d'avoir mal !! Maintenant, fous moi la paix. J'ai plus envie de te voir. Je supporte plus le son de ta voix ni de t'entendre chialer. Toi, toi, toujours toi. T'es pas fatigué de te prendre pour le centre du monde ? Allez ! Vas-y. Va raconter à tout le monde que ton frère incestueux t'a obligé à l'embrasser ! Là au moins, t'as vraiment de quoi te plaindre. Avec ta lèvres éclatée. DEGAGE !!

Névrosé, je recommençais à m'en prendre physiquement à toi. Te poussant, le plat de mes mains s'écrasant contre ton torse. Agressif. Cherchant la confrontation. Cogne-moi. Mets un point final à tout ce bordel. Aide-moi… je t'en prie, me laisse pas comme ça… fais quelque chose, cette fois-ci, c'était à mon tour d'avoir besoin de toi. J'aurais voulu te parler, te le dire. Tout te décrire. La peur. Les sévices. L'odeur pestilentielle. L'impression de mourir. M'abandonne pas.

Je pars. Mais je t'aime, t'aime. Je voulais pas traverser cet enfer tout seul. J'étais pas assez fort. Pas assez résistant, pas suffisamment blindé pour affronter ça sans toi. Et perdu, déconnecté de la réalité, je glissais mes doigts dans mes cheveux. Fixant le sol. Le regard absent. Comme si je sortais de mon corps et que je survolais la pièce.

- Je peux pas… faut que tu me laisses tranquille Kyle.

Que tu t'en ailles. Vraiment. Même l'odeur du cramé ne parvenait plus à affoler mes sens. Alors que ta clope était juste en train de foutre le feu à mon lit. Quelques flammes se formant à la surface du tissu. Une fumée noire se dégageant du foyer de l'incendie et se propageant dans la chambre. On allait brûler. Et je ne m'en inquiétais pas. Te tournant de nouveau le dos et avançant jusqu'au mur pour m'y appuyer. Me laissant finalement chuter par terre.

Préoccupé par mes petits maux. Persuadé d'avoir mal au ventre, au crâne, d'avoir des crampes abdominales. Somatisant. Mes bras entourant mes jambes tandis que je les repliais contre ma poitrine. Appuyant mon front sur mes genoux et me mettant à me balancer de l'avant vers l'arrière. Ne sachant même plus si tu étais encore là...





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La culpabilité, c'était un sentiment que j'avais pris l'habitude de ressentir avec toi. J'avais l'impression que je pouvais faire tous les efforts du monde, ça n'irait jamais. Je ne serais jamais assez bien à tes yeux c'était une évidence. Ca n'allait jamais. J'étais soit trop présent, soit trop absent, soit trop con, soit pas assez. Comment savoir maintenant ? Tu m'avais embrassé, et pourtant, à t'entendre, à te voir agir, je n'avais pas réagis comme il le fallait. Alors oui j'étais violent. Oui j'usais de mots dures et sans doute injustes, parce que je ne pouvais pas faire autrement avec toi. Y'a vraiment des jours où je ne te comprenais pas. Des moments où tu me semblais même étranger. T'avais toujours fait attention à ton image, à ce que les gens pourraient penser de toi, à ce qu'on disait sur ton passage, jusqu'à il y a deux ans, quand je me suis jeté dans un immeuble en feu pour en sauver cette gamine. Ce jour où tu m'as perdu. Ce jour où, nous nous sommes perdus. J'avoue, je n'avais pas réagi aux conséquences. J'avais agi sans penser. Une enfant avait eu besoin d'aide et je t'avais laissé là, tout seul, la choisissant elle plutôt que de m'enfuir avec toi. Si j'étais un sale con d'égoïste pour ça, sans doute, certainement. Mais franchement, si je regrettais ? Non. Vraiment pas. Et si c'était à refaire, crois-moi, je recommencerais. Même si je sais que c'est à partir de ce moment que tout est parti en couille. Parce qu'on s'était perdu, mais on n'avait jamais vraiment su se retrouver. Et c'était ça qui faisait mal. Comme maintenant. Je vois que quelque chose ne va pas mais pourtant, je n'essaye pas de comprendre, t'incendiant de mots qui n'ont sans doute pas de sens. Désolé mon frère, mais je crois que je ne sais plus comment faire avec toi. J'en avais envie, mais j'avais perdu le mode d'emplois je crois.

Un an, c’était le temps qu’on avait passé loin de l’autre. Un enfer, un calvaire, qui m’oblige à réagir comme je le fais là parce que normalement on aurait dû survivre à ça. « Je suis amoureux de toi ». Se sont tes mots. Des mots qui raisonnent dans ma tête comme le glas. Tu m’aimes. Oui. Mais pas comme il se devrait. Ca non plus, ça n’a pas de sens. Je m’en veux. Je m’en veux parce que je me dis que si j’avais été plus indépendant on n’en serait pas là. Si je ne t’avais pas collé aux basques de ma naissance à maintenant peut-être qu’on aurait eu une relation bien plus saine, bien plus stable, bien plus… Normale ? Ca non plus je ne sais pas. J’étais là, fumant comme un con, essayant de paraitre neutre, normal, mais entre être et paraitre la différence elle est grande Kieran. Je te perdais mon frère, je le sentais, et ça me faisait chier putain. Alors excuses-moi, pardonnes-moi d’être aussi maladroit dans mes propos. Mais tu ne pouvais pas me lâcher une bombe comme t’avais fait pour ensuite… Ensuite y’a eu ta réaction. Ce genre de réaction qui ne t’arrive jamais. Je n’ai pas eu le temps de réagir que tu te jeté sur moi, venant m’incendier à ton tour. Je n’ai rien dit, je n’ai rien fait. Te laissant faire. Encaissant ta détresse comme si c’était la mienne. Qu’est-ce qui c’était passé mon frère ? J’ai eu peur. Soudainement. J’ai eu peur parce que je sentais qu’un truc n’allait pas. Je sentais que ça allait me faire vriller. Tes mots. Putain tes mots… Tu ironisais malgré toi, tu me hurlais une vérité dans la gueule que je ne voulais entendre, que je ne voulais accepter. On t’avait fait du mal c’est ça ? Arrêtes de me secouer comme ça et dis-moi. Parles-moi pour une fois merde !

J’avais envie de te demander de te calmer, mais je n’ai rien fait. Encaissant comme jamais. Te laissant me bouffer la lèvre, jusqu’à ce que tu viennes me plaquer contre le mur. T’avais besoin de ça, alors vas-y, lâches-toi. Frappes-moi, je m’en fous, j’encaisserais. J’encaisserais parce que moi aussi je t’aime mon frère ! J’encaisserais pour toi. Je crèverais pour toi. J’avais surtout conscience qu’une fois la vérité dite j’allais péter les plombs. C’était toujours comme ça. Je ne supportais pas l’idée qu’on puisse te faire du mal, je ne supportais pas qu’on puisse te toucher. C’était comme ça Kieran. Alors oui, j’ai laissé la tempête exploser, jusqu’à ce que tu te calme enfin. Tu ne peux pas quoi ? Te laisser tranquille ? Dans cet état ? Non mais t’as cru au père noël. Bien sûre que non que je n’allais pas te laisser tranquille. Pas maintenant, pas là, comme ça, alors que tu avais besoin de moi. Même si tu refusais de le dire, de l’avouer, je le savais, je le sentais, que oui, t’avais besoin de mon aide Kieran. Je t’ai regardé te laisser tomber là, par terre, contre le mur. Reprenant mes esprits, j’ai attrapé une couverture pour éteindre le feu que tu avais déclenché. Qu’est-ce que t’était arrivé putain ? Qu’est-ce qui c’était passé là-bas ? Sans rien dire, je suis venu vers toi, me laissant tomber à tes côtés alors que sans réfléchir je t’ai enlacé. De mes gros bras, bien plus gros que les tiens, j’étais là. T’entourant de mes deux bras pour te tenir fortement, regardes, j’étais là. Je couvrirais toujours tes arrières mon frère. Toujours. Ne l’oublies pas. On se l’était promis, et ça ne changeait rien.

« Shhhhhhhh, je suis là… Je serais toujours là mon frère. Parles-moi, qu’est-ce qui s’est passé là-bas ? Calmes-toi, je suis là. »

Oui je serais toujours là pour toi, je te le promets. Parce que je t’aimais. Parce que t’étais tout ce que j’avais dans ce bas monde. Restant là je suis venu t’embrasser sur le crâne avant de poser mon menton sur ta tête. Tu pensais me répugner, mais c’était tout le contraire. J’avais toujours admiré ce qui tu étais Kieran. Moi j’avais toujours été le vilain petit canard, toi, tu étais le sage, celui qui pense avant d’agir. J’avais toujours eu besoin de toi pour me guider, pour m’accompagner, pour ne pas me perdre. Je ne supportais pas l’idée de te savoir mal. Alors racontes-moi. Expliques-moi tout ce qui s’est passé je t’en prie. J’avais besoin de savoir, besoin de comprendre. Délicatement, j’ai passé une main dans tes cheveux, te rassurant comme je pouvais. J’étais stupide, ma réaction avait été débile, j’aurais dû réagir autrement. Mais tu savais comment j’étais, tu savais comment je fonctionnais, mais regardes, regardes, je ne suis pas parti, je suis bien là, te serrant contre moi tenter de te calmer comme je pouvais. J’avais envie de t’aider mais si tu ne m’expliquais pas, si tu ne me racontais pas, comment tu veux que je le fasse ? Il fallait que tu me parles. Je ne jugerais pas, je te le promets. Je resterais là à t’épauler, comme toujours. On s’était toujours soutenu mon frère. Alors je t’en prie, ne m’en tiens pas rigueur et ne nous perdons pas pour une simple engueulade. On allait passer au-dessus de tout ça, comme toujours, comme à chaque fois. Rien ne pourrait jamais nous briser et on le savait.

« Je te laisserais pas Kieran. Je t’aime mon frère. Va falloir que l’accepte-toi aussi. »

Peut-être pas comme tu voudrais, peut-être pas comme tu l’entends, mais crois-moi, je t’aime. J’ai encore déposé un baisé sur le sommet de ton crâne en prononçant tes mots, ne relâchant toujours pas la pression que j’exerçais sur toi, persuadé que ça te faisait du bien, que ça te réconfortais. Au moins, juste un peu. Désolé d’avoir mal agis, culpabilisant, comme à chaque fois que je réagissais mal. Ce n’étais pas la première fois que je pouvais me montrer blessant, ça ne serait sans doute pas la dernière. Mais pour une fois, j’allais t’écouter avant d’agir. Je t’écouterais. Jusqu’au bout, sans me poser de question. Je t’en fais la promesse…






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Tu mentais. Me dire que tu serais toujours là, ça sonnait tellement faux dans ta bouche. J'étais seul depuis trop longtemps pour continuer à te croire. Ou ne serait-ce que pour prendre le risque de te refaire confiance une dernière fois. Préoccupé pas mes douleurs imaginaires. Des souffrances d'ordre physique. Obsédé par l'idée de savoir ce que les autres pourraient bien penser de moi à partir de maintenant. Je crois pas que tu réalises. Avec toi, tout avait toujours l'air si simple, si facile. À t'écouter, il n'y avait jamais rien de grave. Pourtant, tu ne soupçonnais pas ce que ça faisait. Ce que ça me faisait à moi. Qu'on m'ait retrouvé à moitié nu dans les égouts. Recouvert de la tête aux pieds d'une crasse qui ne m'appartenait pas, entre autre chose. Des choses que tu avais toi-même constaté en fouillant mes affaires à la salle de bain et venant témoigner de ce qu'un autre vampire – soi-disant l'un des nôtres – m'avait imposé.

Le traité, toutes ces alliances que la coalition s'efforçait de passer avec les uns et les autres, les idéaux qu'on défendait et ce pourquoi on se battait, plus rien n'avait véritablement de sens à présent. Kyle avait raison, depuis le début. Alors je ne voulais plus en entendre parler. C'était terminé. Qu'ils aillent tous se faire foutre…

Parce-qu'aucun d'entre-eux à notre retour n'avait jugé utile de me prendre en charge. Les vampires n'ayant pas besoin de soins. Après tout, on guérissait seul. Voilà ce qu'on m'avait répondu lorsque j'avais demandé à être conduit à l'infirmerie. Au fond, même ici il n'y avait plus la moindre once d'humanité. Aucune aide. Aucun soutien d'aucune sorte, et surtout pas psychologique. C'était tellement plus facile de fermer les yeux. Tout ça, cette guerre, tous ces morts, tout le temps, ça nous rendait encore plus pourri que ceux qui nous gardaient enfermé ici. Sur cette île. Et lui, je l'avais attendu. Mais pour ne pas changer, il n'était pas venu. Alors je somatisais. M'auto-persuadant que j'avais mal au ventre et à la tête. Évacuant comme je pouvais, dans l'attente d'expulser autrement que par ces pseudos crampes abdominales qui me pliaient en deux. Mon front appuyé sur les genoux, yeux grands ouverts. Sourcils froncés. Une grimace déformant ma bouche et mes bras ne déverrouillant leur prise autour de mes jambes que lorsque ses bras à lui, les bras de mon frère, m'entouraient à leur tour.

Apparemment, il était encore là. Dans la chambre. Avec moi. Près de moi. Répondant à mes appels à l'aide. Mais aussi en soulevant malgré lui un profond sentiment d'insécurité dès lors qu'il venait m'enlacer. Provoquant sans doute l'effet inverse de celui qu'il espérait. Le son de sa voix, pourtant apaisant et plus tendre que d'habitude, ne suffisant plus à me débarrasser de mes appréhensions. L'envie de lui échapper se faisant plus tenace, plus mauvaise. Qu'il me lâche. Puis qu'il s'éloigne. J'avais besoin d'espace, de pouvoir bouger librement. Le contact de sa peau ma rappelant le glissement humide de celle de Callan sur la mienne. Me mettant au supplice. Des images me défilant sous les yeux. M'obligeant finalement à les fermer et à me redresser. Mon corps raide luttant et résistant, quand je cherchais à presser un peu plus fort mon visage contre ses lèvres. Ses caresses, ce baiser qu'il posait sur mon front, sa main dans mes cheveux, provoquant des réactions complètement contradictoires. Des larmes gouttant jusqu'à mes cils, sans pour autant que j'en pleure. Les doigts rétractés en direction de mes paumes. Ne sachant pas de quelle façon lui dire les choses.

- Dis pas ça ! Tu m'aimes pas, sinon tu m'aurais empêché de partir là-bas… mais tu l'as pas fait. Non… t'as rien fait du tout. Alors je t'interdis de me toucher. Pose pas tes mains sur moi ! T'étais où putain… T'ETAIS OU !!

Tu vois, ça me reprenait. Ça recommençait. Pas que je ne veuille pas rester dans tes bras, c'était même tout le contraire. J'en avais trop souvent eu envie pour réellement vouloir te repousser. Mais c'était comme si tout mon corps se dressait contre toi. Contre ce contact que tu nous imposais. Tu m'étouffais. Comme repris au piège, j'étais obsédé par la seule idée dans sortir. De m'enfuir. L'obscurité des tunnels dans lesquels Callan m'avait entraîné me rendant sourd et aveugle. Mais heureusement, tu me retenais. Tes bras se refermant un peu plus fortement sur moi, alors que je m'agitais. Mes yeux se rouvrant, et un hurlement s'échappant de ma gorge à l'instant où tu m'embrassais à nouveau.

- Il m'a… Callan de Rhénanie. Il était là-bas, et il m'a… j'ai rien pu faire pour l'empêcher. Il est plus vieux, plus fort. Et puis…

Et puis, je n'étais déjà plus en état de me défendre à ce moment là. Avec un bras cassé et des blessures par balles me vidant de mon sang. L'une d'entre-elle restant logée dans mon épaule. Mais tu sais, on guérissait seul Kyle. On avait pas besoin de compassion ni d'attention nous autres. Peut-être même que je l'avais cherché. Que tout ce qui venait d'arriver, de se produire, c'était de ma faute. Parce-que j'avais voulu me montrer gentil et amical. Sauf que dans ce monde pourri, ce monde où la loi du plus fort régnait, il fallait toujours se montrer plus violent pour être entendu.

- Me laisse pas… plus jamais… promets-le Kyle. Promets-moi de plus m'abandonner…

Nerveusement, j'attrapais ses avant-bras. Mes doigts s'enfonçant dans sa peau et mes ongles l’éraflant jusqu’au sang. Faites qu'il comprenne. Je pourrais pas prononcer certains mots, c'était au-dessus de mes forces.

Faites juste que pour une fois je ne sois pas obligé de tout lui expliquer en détail pour que ça monte à son cerveau...




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« J’étais là Kieran. A t’attendre parce que j’ai essayé de te retenir et c’est toi qui as voulu partir. Ma seule erreur a été de ne pas venir avec toi. Mais dis pas de conneries. »

J’étais là, à t’attendre, parce que oui, c’est toi qui a voulu partir sauver le monde. Moi je t’avais demandé de rester mais tu n’avais rien voulu entendre. Tu l’avais fait, comme tu fais toujours ce que toi tu veux. Parce que c’est le cas. Je ne me blâmerais pas pour ça, pas pour cette fois. Pourtant malgré le fait que tu te débâtais je t’ai serré plus fort contre moi. Comme un parent serrerait son enfant pour le rassurer d’un truc. Ce genre d’étreinte que j’avais souvent eu avec Anata. Moins forte certes, pour ne pas briser ses petits os fragiles, mais c’était la même idée. Quand il avait peur le soir, quand il se sentait perdu ou désorienté. Après un cauchemar ou une bagarre. J’avais été un bon père à défaut d’être un mauvais frère. Mais tu sais, on ne se remet pas de la mort de son enfant, jamais. Pas totalement. Parce que c’est pas comme ça que ça marche. Alors je me suis raccroché à toi, comme jamais, comme je n’aurais sans doute pas dû faire. Parce que j’étais largué, parce que j’avais mal. Alors ok, je te l’accorde, je pensais souvent à moi, souvent je me persuadé que tu pouvais tout me pardonner. Ca te retomber souvent sur la gueule, c’est vrai. C’est vrai que j’étais dure avec toi. Que je t’en faisais baver. C’était injuste. Injuste comme le fait que Swann nous a changé. Injuste comme cette vie qui nous avait été volée. Parce que si j’ai appris à vivre avec, ça ne veut pas dire que je l’apprécie cette vie. Que j’aime cette condition. Je suis immortel, et le reste non. Mon fils et mort. Et nous non. Alors oui tu prends pour tout le monde, parce que je n’ai que toi mon frère.

Et ça tu le sais au fond de toi-même. Mais ce soir je n’avais pas envie de jouer les imbéciles. De faire celui qui ne comprenait pas alors que tu n’as pas eu besoin de parler pour que l’information vienne dans mon crâne. Tout ce que je voulais c’était un nom, et tu venais de me le donner. J’ai fermé les yeux, essayant de canaliser cette colère que je pouvais soudainement ressentir. J’avais des envies de meurtre. De le tuer. De le flinguer. De le faire payer. Parce que même si tu en doutais, je t’aimais, et je refusais que l’on te fasse du mal. Et que oui, ma seule erreur fut celle de t’avoir laissé partir tout seul. Parce que tu venais de m’embrasser, que je me suis retrouvé largué, pris au dépourvu. Je ne sais même pas à qui en parler c’est peu dire. Parce que je n’ose pas. Parce que je ne pige pas. Alors ne m’en veut pas pour ça, mais c’est pas tous les jours que l’on comprend que son frère nous aime d’une façon un peu… particulière. Je me suis enfermé, j’ai essayé de réfléchir, de trouver une solution. Alors non, je n’avais pas la force de t’affronter et de te suivre. Parce que j’avais besoin de temps. Mais ce qui s’est passé je ne pouvais pas le prédire. Ce n’était pas ma faute ! Alors même si je culpabilise pour avoir ce sentiment de t’avoir encore laissé tomber, ce n’était pas… Ma faute. Je n’aurais rien pu faire pour l’empêcher. Parce que Callan était bien plus âgé, bien plus expérimenté, bien plus fort. Mais pourtant.

Pourtant ce n’est pas ce qui allait m’empêcher de faire ce que j’allais faire. Sans ne rien dire je t’ai relâché. Essayant de me canaliser, de me contenir pour ne pas t’effrayer mais c’était trop dure. Les poings serrés j’en ai frappé ce mur en face de moi. Tellement fort que j’en ai fait un trou dedans. Il n’allait pas s’en tirer comme ça ce salopard tu peux me croire. Il en avait suffisamment fait ! Même à l’époque de River Crow il en avait assez fait. Les crucifixions, les meurtres, celui d’Abygaël. Tu te souviens, la femme d’As. Il détruisait tout sur son passage, même l’indestructible. Je peux encore voir la souffrance dans son regard. Jamais on n’avait vu le chef de la rébellion dans cet état. Je me souviens, parce que j’étais là. Parce que j’ai fait partie de ces quatre personnes à l’avoir retenu alors qu’il venait de se trancher les veines avec le cul d’une bouteille brisée. Callan n’était qu’une plaie, une pourriture, une ordure, un parasite. Et tu sais ce qu’on leur fait aux parasites ? On les détruits ! Venant me passer une main dans les cheveux j’en ai ouvert le tiroir sous le canapé. Là où on gardait encore des armes. Des armes, tu te souviens combien notre maison était l’endroit le plus sécure de River Crow ? On en avait fait une véritable forteresse. On dirait que certaines choses ne changent pas. Je crois que j’ai arrêté de penser, arrêter de réfléchir quand j’en ai extrait le fusil à pompe. L’armant d’un simple geste avant de chopper les clés de bécane. C’était pulsionnel je te l’accorde. Parce que je ne savais même pas où le trouver, ni où il se planquait, mais j’en avais tellement rien à foutre si tu savais.

« Je t’abandonnerais pas mon frère, pas cette fois. Mais ce fils de pute doit payer pour ce qu’il a fait. Attends-moi là. »

Attends moi là et n’essayes même pas de me retenir parce que crois moi, je serais capable de t’attacher s’il le fallait. J’étais en colère, plus que jamais. La dernière fois que j’avais ressenti ça c’est quand Swann m’a retiré Anata pour faire de nous ses successeurs d’un pouvoir dont on ne voulait pas. Incontrôlable dans cet état. Tu aurais pu faire n’importe quoi mon frère. Me dire n’importe quoi pour m’empêcher de partir, tu n’y arriverais pas. Parce que tu savais tout aussi bien que moi que lorsque que j’étais comme ça, on ne pouvait plus rien en tirer. Pourtant je savais que t’essayerais. J’en avais la certitude. J’en étais plus que persuadé. Je t’ai regardé, un instant, gardant ce fusil dans mes mains. Moi non plus je ne faisais pas le poids face à Callan. C’était du suicide, je te l’accorde. Mais si personne ne faisait rien il ne s’arrêterait jamais. C’était plus fort que lui. Il fallait que je le fasse. Que j’essaye tout du moins de le faire. Alors je suis revenu vers toi, m’agenouillant là, en face de toi. Tu avais toujours été trop naïf Kieran. Trop gentil même, c’était stupide. Tu ne voyais le mal nulle part. Tu n’avais jamais été un combattant. Souviens-toi de combien tu te collais à moi pendant les bombardements ! Souviens-toi de combien t’avais les miquettes. Alors qu’est-ce que tu cherchais hein ? J’étais revenu. Mais ça ne t’avais pas suffi, et maintenant c’est moi qui allais réparer tes conneries parce que je supportais pas l’idée qu’on puisse te faire du mal. Ca ne s’arrêtera jamais Kieran. Jamais !

« Il te suffisait de rester frangin. C’est pas moi qui t’ai abandonné cette fois, c’est toi ! Si je reviens va falloir que tu réagisses parce que ça fait un an que je te vois partir en couille et franchement ça devient ridicule. Si je reviens va falloir que tu réagisses merde. C’est pas toi le Roi de l’autodestruction, c’est moi. Arrêtes d’essayer de me ressembler, de toute manière t’es pas assez sexy pour ça. »

J’étais dure je te l’accorde. Mais non, je savais pas si j’allais survivre à ce que je m’apprêtais à faire. Tu pouvais m’en vouloir pour ça, mais c’est moi qui portais les couilles ici, pas toi. Et de Rhénanie allait payer pour ce qu’il avait fait. J’avais posé une main sur ta joue que je t’ai parlé, avant de t’arriver vers moi pour t’embrasser sur le front. Encore. Un geste durant lequel j’en avais profiter pour te menotter au radiateur. Je savais que t’aurais la force de l’arracher, mais au moins, ça te ralentirait. Et ça me donnera une longueur d’avancer sois en sûre. Détestes-moi Kieran. Mais de nous deux j’avais toujours porté les couilles. Et cette fois, c’était à moi de te venger et de te protéger. C’était plus fort que moi.




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Tous les mêmes. Vous étiez vraiment tous pareils. Tous coulés dans ce moule à usage unique, et bon à jeter à la poubelle. Alors peut-être que je manquais de virilité. Trop lisse. Avec mes allures de jeune homme fragile. Trop doux. Empathique. Gentil et me servant de mon cerveau plutôt que des mes poings. Mais toi Kyle…

Kyle lui, bien sûr qu'il ne dérogeait pas à la règle. Alors d'accord. Peut-être aussi que ça l'aidait à se sentir plus comme un homme de réagir comme il le faisait. Toujours dans l'action, en pleine ascension et soumis à ses foutues réactions.

Un autre truc que je n'avais jamais réussi à supporter chez toi. Rien qu'un pauvre truc en plus. Ce truc te poussant aussitôt à reprendre ta place de mâle dominant aux côtés de ta petite tapette de frère. Persuadé que pour me protéger, tu devais d'abord commencer par me venger. En passer par les armes. C'est vrai. Que j'étais con de ne pas arriver à comprendre que ta mort dissuaderait à coup sûr Callan de Rhénanie de revenir me trouver ! Puis de remettre ça. Mais vas-y, essaye encore de me l'expliquer. Non. Parce-que toi, tu avais toujours raison. Dégage. Qu'est-ce qui t'échappait dans ce simple mot ? Dégage putain. Va te faire tuer. Crève. Donne-moi une bonne raison de me foutre en l'air pour de bon.

Sale con. Une chance pour toi que je ne puisse pas t'arracher ton fusil à pompe des mains. Tu ne réalisais pas combien ton comportement de merde me heurtait. Espèce d'imbécile. D'autres à a place m'auraient emmené dans leur chambre pour m'allonger sur leur lit et me serrer contre eux. Sans parler. Sans hurler, sans même se révolter. Pauvre abruti. Il y a d'autres mains que les tiennes qui seraient venues me caresser le front lorsque toi tu y déposais un baiser pour mieux m'attacher. À ce radiateur vers lequel je me retournais. Mes pieds prenant appui contre le mur pour me permettre de tirer sur la chaîne reliant les menottes m'écorchant les poignets. Violé, brutalisé, séquestré, humilié…


Est-ce qu'il croyait que j'allais juste me contenter de baisser la tête ? De faire le dos rond. D'accepter et me taire. Est-ce qu'il s'imaginait sincèrement que je détournerais les yeux ? Qu'il aille se faire foutre ! Personne n'ayant plus le droit de me dire quoi faire ni de décider pour moi. Personne bordel. Connard. C'était dégueulasse de m'accuser. De me jeter en pleine gueule que tout ce qui venait d'arriver, je l'avais cherché. En partant. En refusant de rester.

Comme si tu ne m'avais pas cogné. Comme si tu ne m'avais pas rejeté, menteur. Mais même si je devais me briser les os, tu ne sortirais pas d'ici. Même si je devais te faire du chantage affectif. Même si tu ne me laissais pas d'autre choix que de te mettre face à certaines choses que tu n'avais pas envie d'entendre.

- T'étais trop occupé à tout casser dans ta chambre pour penser à me rattraper ou à m'accompagner ! C'est pour ça que j'ai été voir Zick avant de partir. Pour lui raconter comment mon frère m'a cogné dessus pour un ridicule baiser. Lui au moins, il ne me repousse pas quand je l'embrasse. Ouais. Lui au moins, ça ne le dégoûte pas de poser ses mains sur moi. Et ça, c'est pas des conneries sweety. Détache-moi maintenant ! KYLE !!!!!

À force de hurler, c'était tout le château que j'allais finir par alerter. Les jambes se pliant et se dépliant sous mes impulsions tandis que je tirais sur mes menottes avec l'intention de décoller le chauffage du mur. Il ne fallait pas me lâcher. Il ne fallait pas jouer les héros avec ta paire de couilles trop lourde à porter. L'homme de la maison. L'homme de la situation. Mon cul !! Le regard fixé sur le trou que tu avais laissé dans la pierre en passant tes nerfs dessus. M'obligeant dans un réflexe de survie à me protéger le visage tant j'avais sursauté avec violence. Faisant un bond de dix mètres.

Tous les mêmes. Les hommes étaient vraiment tous faits pareils. Toi plus particulièrement…


- Puis ce fils de pute comme tu dis aura gagné si tu vas le rejoindre. C'est tout ce qu'il attend ! Détache-moi.

Détache-moi Kyle. Détache-moi. Enragé, tout mon corps se contractait. Tirant, luttant, toutes mes douleurs imaginaires disparaissant. Pour laisser s'installer cette colère qui allait me porter sur mes deux jambes durant les prochaines semaines. Une colère nécessaire, et que je sentais se répercuter sur toi. J'en avais marre de toujours la fermer. Marre.

- Je te préviens, ce sera moi ou lui. Choisis ! Callan ou mon cadavre, en supposant que tu rentres vivant. C'est ça que tu veux ? T'auras pas les couilles d'assumer ça. Parce-que t'es rien qu'un petit garçon Kyle, un gamin qui se prend pour un homme avec son fusil à pompe dans les mains. Puis je t'emmerde !!

C'était juste dégueulasse de m'embrasser sur le front et de poser ta main sur ma joue pour m'attacher. Pour me renvoyer à ma place de victime. Pas assez sexy, trop naïf, trop froussard pour me battre. VA TE FAIRE FOUTRE !!!

- Je t'emmerde !! T'entends ? Sophie a eu raison de me choisir moi, on peut pas te faire confiance. Elle aurait jamais été heureuse avec toi, JAMAIS !! Tu penses qu'à ta gueule. Ce que toi tu ressens, ce que toi tu veux, toi, toi, et encore toi ! C'est toi qui est ridicule. Tu vas faire quoi ? Rouler sur ta super moto et ramasser des pétasses au bord de la route pour tuer le temps en attendant de débusquer le mec qui s'est envoyé ton frère ? Y'en a qui me trouve sexy tu vois !! Ta pédale de frère plaît. Beau gosse de mes deux. T'es qu'un bouffon. Ça valait pas le coup de me défoncer pour toi, ni de mettre ma vie en danger.

En sueur. Agité. Les poignets en sang et le métal des menottes creusant ma peau, je n'en finissais plus de l'insulter. De lui cracher la haine amoureuse que ça m'inspirait de le voir genouillé devant moi. Supportant très mal qu'il se serve de mes sentiments pour me manipuler et faire de moi ce qu'il voulait. D'un seul baiser. D'une caresse. D'un geste.

Tout en continuant mon boulot de sape. Déterminé à me libérer, même si je devais m'épuiser et me blesser. Ça ne serait qu'une meurtrissure de plus. Avant de me tuer s'il partait. Me tuer, puisque sans lui, j'étais mort...




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Ta réaction, elle était complétement celle que j’attendais. Au lieu de rester calme, de ne pas t’emporter, tu faisais tout l’inverse. Trop faible même pour défaire ces putains de menottes. Regarde toi Kieran, même une chaine aussi fine pouvait te retenir, et tu te croyais fort ? Sans vouloir te mépriser mon frère, t’étais clairement pas de taille pour tenir les armes. Tu jouais les gros bras et te tirant en raid mais regardes-toi ! Pas foutu de te libérer. Pas foutu d’accepter ta véritable nature pour te défaire d’un truc aussi minime que des menottes. Tu hurlais, tu t’emportais. Tu réagissais pas mieux que moi, m’insultant comme si je n’étais rien d’autre que la pire des merdes.Qu’est-ce que ça t’apportait hein ? Ca te soulageait ? Ca te faisait du bien ? Moi je pensais qu’à ma gueule ? J’ai failli crever pour sauver des innocents et je pense qu’à ma putain de gueule ? C’est vraiment ce que tu penses ? Tout ça parce que je ne t’ai pas couru après ? Tout ça parce que j’ai flippé ? Parce que je me suis retrouvé largué à cause de ta putain de révélation à la con ? Et c’est moi l’égoïste ! T’es pas dans mon crâne frangin, t’as aucune idée de ce que peux ressentir ! T’as vraiment pas conscience de combien j’en ai chié quand j’étais loin de toi ! Sans Eugène je me serais sans doute foutu en l’air t’entends ! Tu fais chier Kieran, vraiment tu fais chier ! J’ai fini par balancer mon arme dans un coin de la pièce, revenant vers toi, tirant sans peine sur la chaine des menottes pour l’arracher et de détacher. Laissant tes poignets encerclés par les bracelets. Tu vois, c’était pas compliqué bordel de merde !

Je t’ai provoqué du regard, venant t’attraper par le col de ta chemise, t’obligeant à te relever. Sans peine. Sans sourciller, sans rien. Te poussant un peu. Tu voulais quoi hein ? Qu’on se batte ? Qu’on se déchire ? Qu’on s’entretue peut-être ? Tu voulais que je reste ou que je me barre ? Fallait savoir Kieran ! Parce que là je ne te suivais plus. Non, je ne te suivais plus du tout. T’aurais peut-être voulu que je te prenne dans mes bras, que je ferme ma gueule, que je te laisse chialer, mais tu vois, je n’étais pas comme ça ! Tu disais m’aimer, mais pourtant j’en doutais là. C’était qui, qui insultait l’autre à longueur de journée tu peux me le dire ?! T’es frustré c’est ça ? Frustré de ne pas avoir le cran de faire ce que moi je fais ? Frustré de ne pas avoir les couilles de t’enfoncer dans un bâtiment en flame pour sauver une gamine de six ans quitte à rester des jours coincés sous des tonnes de bétons une fois le dit bâtiment effondré ?! C’est ça qui te dérange ? J’ai pas voulu jouer les héro putain ! J’ai sauvé des vie bordel ! Parce que c’est ce qu’on fait Kieran ! C’est ce qu’on faisait à la fondation ! Mais t’es pas père toi, tu ne peux pas comprendre. T’as pas perdu d’enfant toi. Si ça avait été le cas peut-être que tu aurais fait comme moi. Puis Sophie ? Qu’est-ce qu’elle vient foutre la Sophie ? Tu la sautais ? Tu crois que je le sais pas ! Tu crois qu’Anata n’avait pas remarqué que sa mère s’envoyait en l’air avec son oncle ! Tu crois que je ne voyais pas comment tu la regardais ? Mais t’étais heureux, merde ! Tu l’aimais et moi non ! Alors qu’est-ce que j’en ai à foutre qu’elle t’ai choisie ?! Je t’ai poussé, encore, posant mes mains sur tes épaules. T’obligeant à réagir.

« Bah vas-y, frappes-moi mon frère ! T’attends quoi hein ! Fous moi ton poing sur la gueule. Tu parles, mais tu ne sais rien ‘Ran ! QUE DALLE ! T’es là à chouiner mais t’es même pas foutu de te détacher ! FRAPPE-MOI PUTAIN ! »

J’ai reposé mes mains sur tes épaules, te poussant plus fortement, je voulais te faire réagir, je voulais te voir agir, te sortir les doigts du cul comme on dit et frapper. Tu ne savais pas combien ça pouvait faire du bien des fois. Tu pensais que la violence ne résoudrait rien, mais tu avais tort. Tu étais incapable de te défendre, alors si tu n’apprenais pas, qui d’autre que moi serait le mieux placer pour t’aider hein ? Tu peux me le dire ça ? T’étais du genre à avoir même peur de ton ombre Kieran. C’était pathétique, vraiment. Si moi j’étais un bouffon, t’étais quoi toi putain ? Tu peux me le dire ? J’aimerais bien le savoir bordel. Pourtant tu l’aimais ton bouffon non ? C’était pas toi qui l’avait embrassé ? T’attendais quoi de moi merde ? T’attendais que je fasse quoi ! T’étais persuadé que tu me dégoutais mais c’était pas le cas Kieran ! C’était juste... Pas normal ! Alors désolé d’avoir été surprise, désolé de ne pas m’être jeté sur tes lèvres, de ne pas avoir retirer mes fringues pour te caresser comme le faisait Zick ! Qu’est-ce que tu veux que je te dise bordel de merde ! FRAPPE-MOI putain ! Sans arrêter, je continuais de te pousser, te forçant à faire des pas en arrière, j’attendais que ça, que tu réagisses enfin. Que tu fasses un truc. Que tu lèves la main sur moi, que tu me donnes ce que j’attendais. Pourquoi ? Juste parce que tu devais apprendre à te défendre Kieran. Regarde-toi mon frère. Tu n’es rien d’autre que l’ombre de toi-même. Depuis quand tu te défonces hein ?! Enervé plus que jamais, c’est des larmes de colères qui ont coulé sur mes joues. Ca faisait mal Kieran ! Tes mots faisaient mal. Tu ne savais pas ce que tu disais mon frère. Tu ne savais plus rien.

« Tu crois que t’es mieux toi ! Regardes-toi sérieux. T’es défoncé ! Depuis quand tu te shoot hein ? DEPUIS QUAND ! Je suis rentré et ça t’as pas empêché d’arrêter. T’es qu’un putain de Junky, tu ne sais pas ce que tu dis. QU’EST-CE QUE T’ATTENDS DE MOI MERDE! »

Qu’est-ce que t’attendais de moi mon frère ? Arrêtant de te pousser j’ai écarté les bras, attendant une réponse. Je ne savais plus, je ne comprenais plus rien. Vraiment. Alors j’en suis venu à retirer mon T-Shirt, le balançant au loin, me dépoilant complétement devant toi. Ne sachant plus quoi faire pour te faire comprendre combien je pouvais t’aimer. Me jetant sur toi, je t’ai repoussé contre le mur, te coinçant là, attrapant tes mains pour les poser sur mon torse. Tu ne me dégoutais pas Kieran, arrêtes de penser ça. Arrête d’être sur la défensive. Je n’étais pas ton ennemi, j’étais ton frère. Et regardes ce que j’étais prêt à faire pour toi, pour te le faire comprendre. Pour te donner ce que tu souhaites avoir. J’étais prêt à tout pour toi. Absolument tout ! Même à passer à l’acte s’il le fallait. Même à t’embrasser si ça pouvait te rassurer, même à renier toutes mes convictions si ça pouvait t’aider à aller mieux. Gardant tes mains dans les miennes, j’ai fait en sorte que tu ne les décolle pas de mon torse. J’avais peur. Peur de ce qui allait se passer. Peur de tout ça, peur de ton amour, mais jamais ! T’entends, jamais je ne te laisserais tomber. COMPRENDS-LE PUTAIN !

« Tu ne me dégoutes pas putain. Arrêtes de penser ça ! Arrêtes ! Je suis prêt à tout pour toi mon frère. A tout. Tu penses pas ce que tu dis... Dis-moi que tu ne le penses pas je t’en prie... Aimes-moi comme tu veux m’aimer, je m’en fous, mais dis pas ça merde. Dis pas que ça valait pas le coup de me chercher... Je suis désolé putain. Désolé de ne pas réagir comme tu le voudrais. Mais ne me renies pas je t’en supplie... J’ai besoin de toi grand frère... Alors touches-moi, embrasses-moi si c’est ce que tu veux je m’en fous... Mais dis pas ça putain...»

Comprends-le et regarde ce que ton connard de frère égoïste est prêt à faire pour que tu le comprennes enfin. Ce n’est pas moi l’égoïste là Kieran... C’est toi...





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Ça vous plaisez à tous hein ! De m'humilier. De me rabaisser. Tout le temps, et de surtout bien me faire comprendre que je n'avais plus ma place ici. Entre ces murs. De me faire sentir combien je pouvais parfois avoir l'air différent et faible aussi, contrairement à vous autres. De toujours me renvoyer cette image du mec qui ne serait jamais de taille. Puis de combien je devais avoir l'air ridicule à vos yeux avec mes allures d'intello raté. Les neurones cramées et fondues par tout ce que j'avais pu avaler comme merdes, ce que tu ne te privais pas de me renvoyer en pleine gueule. Dégueulasse Kyle. Avec ma silhouette trop fine te semblant à toi si fragile et mon refus de combattre tellement incompréhensible.

T'avais jamais rien compris. Jamais rien voulu voir ni entendre, jamais admis qu'on éprouve pas tous le besoin soi-disant trop viril de cogner sur quelqu'un ou quelque chose pour se prouver qu'on était vraiment un homme. Alors ça t'avancerait à quoi de me pousser à te frapper ? J'avais pas envie de te donner satisfaction. Pourtant…

Lorsque tu arrachais la chaîne de mes menottes, il y avait de nouveau cette même fureur qui remontait de mon ventre à mon cœur. Tournant et me retournant les tripes, comme pris au piège dans un circuit fermé. Me touche pas ! Espèce de sale gosse. Pose pas tes mains sur moi putain ! Être mon frère ne te donnait aucun droit. VA AU DIABLE !!! Mais déjà tu m'attrapais pas le col de la chemise que je portais. La tienne. Trop grande, trop large, au point que tu aurais pu me perdre dedans. Tout ça pour me bousculer. Encore. Comme si ça ne te suffisait pas de m'avoir attaché à ton radiateur. Tel un animal que tu essayerais de dresser. Les bracelets des menottes cerclant mes poignets. T'allais me laisser ça ? Peut-être que ça t'excitait. Peut-être qu'au fond, tu crevais d'envie de me baiser. Alors me provoque pas comme ça ! Parce-que tu savais pas à quoi tu t'exposais. Je te promets. T'avais pas la moindre idée de ce dont j'étais devenu capable pendant ton absence. Et tu me poussais. Me faisant rager, jusqu'à ce que je devienne autre chose. Une chose beaucoup moins belle, beaucoup moins agréable à regarder. Sous le vernis, tout était pourri. Arrête ça.

Sauf que tu continuais, me poussant, me forçant à reculer. Tes mains venant se poser une première fois sur mes épaules. Puis tu parlais. Me crachant pire que des insanités. Mais je te ressemblais pas. Je voulais pas devenir comme toi, va te faire foutre. D'un coup, je voyais rouge. Le chouineur ne te donnerait pas satisfaction. T'allais souffrir. Autant que moi. L'enfer, c'est ce je me m'apprêtais à te faire vivre. Chacun son tour. T'aurais mal. Mal comme jamais.

Enragé. C'est vengeance que je te criais. Parce-que tu étais là, avec moi. Et que cet amour fraternel qu'on partageait, cet amour viscéral et physique que je ressentais pour toi, ne serait plus que violence désormais.

Oublie ma candeur. Laisse s'écouler toute ma douceur dans les égouts de Dublin. Il n'en restait plus rien. QUE DALLE, c'est toi qui le disait. M'incitant à rejoindre vos rangs de sauvages. Même pas triste ou touché de te voir pleurer. Des larmes te dévalant sur les joues. Rougissant tes yeux et ta peau. Même pas. Juste en colère. D'être si malléable. De ne pas avoir la bonne corpulence pour m'opposer à toi. Reculant sous tes à-coups. Presque à perdre l'équilibre tellement ça me coûtait de devoir me tenir debout. Sans compter qu'à genoux, je me trouverais à la meilleure hauteur pour te sucer. Tu vois ! C'est ça l'impression que tu me donnais. À reposer tes mains sur mes épaules. T'aimais ça toi aussi, avoue-le.

Me dominer ! Ça te donnait un sentiment de puissance hein ? Peut-être bien que je valais pas mieux que toi, mais j'étais pas défoncé d'accord. J'avais les idées plus claires que jamais. Lucide. Tu me faisais pitié.

- Baise-moi. Efface-le, fais-le moi oublier. Et si tu peux pas faire ça, alors casse-toi ! Je veux plus te voir.

Brutal. Je te demandais pas de me faire l'amour avec attention et respect. Juste de remplacer son corps par la sensation du tien. C'est encore tout ce que j'attendais de toi et peut-être qu'après, j'arriverais enfin à redescendre. L'air de rien, j'avais pas besoin de te cogner dessus pour te blesser. Pour me montrer cruel. Pour me faire un peu de bien.

- Tu peux faire ça pour moi tu crois ?

Puisque je ne te dégoûtais pas. Puisqu'après avoir écarté les bras tu retirais ton tee-shirt, exposant ton torse. Bien dessiné. Tout en muscles. Un corps d'athlète, quand le mien avait plutôt un profil androgyne. Deux parfaits opposés. Le junky et le brave petit soldat. Prêt à tout pour sauver le monde. Même à sacrifier sa famille, pas vrai ? Rien qu'une histoire de couilles je pariais. Et sans prévenir, voilà que tu te jetais sur moi. Me prenant au dépourvu et me soutirant un râle sonore. T'étais malade ! Le mur froid dans mon dos m'interdisant toute échappatoire, alors que tu t'emparais de mes mains.

- T'as besoin de me brutaliser ? Sérieusement. C'est quoi votre problème à tous !

Tes doigts venant renforcer l'effet des bracelets autour de mes poignets. Puis, je déconnectais. Mes lèvres se plaquant sur les tiennes pour t'obliger à la fermer. Ma bouche écrasant la tienne. Les paupières closes. Je te dégoûte pas, t'es sûr de ça ? On allait voir. Tester. Si tu permets. Je gérais. Arrachant l'une de mes mains à ta prise et griffant ton torse dans l'élan, afin de la faufiler entre tes cuisses. Par-dessus ton pantalon. Te caressant. Mes dents mordant ta lèvre inférieure et ma langue partant à la rencontre de la tienne. J'aurais plus jamais de vie sexuelle normale de toute façon. Pourquoi je devrais attendre que le choc passe ? Je voyais pas l'intérêt en fait. Et toi, tu sentais ça comment ? Ma main se glissant sous ton bas pour te toucher à même la peau. Ton entrejambe prise entre mes doigts, victime de mes va-et-vient.

J'avais du doigté. Ezechiel m'ayant appris tout ce que je devais savoir. Prêt à tout que tu disais et dans un souffle, je te poussais à ton tour jusqu'au bord de tes limites : « Si. Je pense tout ce que j'ai dit, absolument tout.» Mes lèvres glissant ensuite sur ta mâchoire avant de venir te dévorer la gorge de baisers. Fais moi mal. Rends-moi la pareille.

Comme si tu ne le savais pas déjà que ton retour valait tous les enfers. Est-ce que je te tapais sur la gueule assez fort là ? Le sang de tes larmes se diluant dans ma salive, juste, chasse-le de ma tête. Libère-moi de son emprise...





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Tu avais été violé, et maintenant, tu violais en retour. Parce que c’est tout ce que tu faisais là, alors que j’essayais de te calmer, de te rassurer. J’étais tendre, mais pourtant tu me trouvais violant. Je ne te brutalisais pas merde, je voulais que tu réagisses putain ! Mais comme pris dans une torpeur tu ne voyais rien, que dalle. Je crois que si je respirais encore je me serais mis à suffoqué. De peur, d’angoisse, j’en sais rien. Tu me faisais peur mon frère. C’était une réalité que je ne voulais t’avouer. J’avais peur de toi, peur de ce que tu ressentais, j’étais démunis, complétement, ne sachant quoi faire, ne sachant comment agir. Entrer dans ton jeu ou te repousser ? Tu voulais quoi putain ? T’es venu plaquer tes lèvres sur les miennes, et c’était pire. Paniquant je t’ai relâché. J’pouvais pas… Non, j’pouvais pas faire ça, c’était plus fort que moi. Ton baisé était violent, amer, j’aurais pu y répondre, mais c’était plus fort que moi. Venant plaquer mes mains sur le mur pour ne pas partir en courant. Fais ce que tu veux si ça te fait du bien, mais ne me demande pas de faire ça. C’était plus fort que moi, c’était trop dure. Alors quand ta langue s’est frayé un chemin dans ma bouche, je n’ai rien fait. Fermant les yeux pour essayer d’oublier que c’était la tienne. Tu ne me dégoutais pas, mais c’était pas normal merde. Ce n’était pas bien. Je t’aimais mon frère, putain je t’aimais, mais pas comme ça ! Ta main est venue se poser entre mes cuisses. J’ai frissonné. D’effrois, je crois que si mon cœur battait encore il se serait emballé. Je paniquais. Mais tu ne t’arrêtais pas là. Non, tu allais trop loin. C’était pas ce que je disais, c’était pas ce que je demandais. Je voulais te faire du bien, mais pas me flinguer merde ! C’était nous que t’allais détruire. Arrêtes putain ! Arrêtes !

Mais je n’ai rien dit, je n’ai rien fait. Complétement soumis à tes pulsions, paralyser entre la peur de te perdre, de te faire du mal, défoules-toi si ça te fais du bien. Je me sacrifiais. Tu vois. Tes mots faisaient mal. T’étais injuste Kieran, t’étais cruel, t’étais violent. T’avais besoin de te soulager sur quelqu’un et c’était sur ma gueule que ça tombait. C’était comme ça. Je m’en remettrais. Enfin, c’est ce que j’espérais. Tu cherchais quoi ? J’en sais rien. Je n’arrivais même pas à bander tant qu’étais paniqué. Ou peut-être bien que si, mais c’était mécanique, instinctif, sous ton geste. J’essayais, bordel j’essayais, mais je n’y arrivais pas. Je voulais que ça se termine, rapidement, je voulais que tu arrêtes. Mais je voyais bien que tu tentais de me repousser dans mes retranchements, je le sentais que tu n’arrêterais pas tant que tu n’avais pas ce que tu voulais. Alors j’ai posé une main sur la tienne. Délicatement, venant la retirer de mon pantalon, t’obligeant à arrêter tes conneries. C’était vraiment ce que tu voulais ? Me briser moi aussi ? Me faire du mal ? T’étais obligé de faire ça pour comprendre, réaliser que j’étais prêt à tout pour toi ? C’était des conneries merde. Je n’osais même pas te regarder. Je n’osais même pas parler. C’était comme si l’instant venait de s’arrêter. Forcé, je n’avais simplement pas le choix, c’était ça ou te perdre je me trompe ? Alors je souffrais si c’est ce que tu voulais. Parce que tu te trompais mon frère, ce n’étais pas moi qui te brutalisait là, ce n’était pas moi qui te soumettais. C’était l’inverse. Mais tu ne voyais rien, tu ne voulais rien voir. Je ne comprenais pas pourquoi tu faisais ça, je ne comprenais pas ce que tu cherchais. Mais je crois que toi-même n’en savais rien.

Plongeant ma main dans la tienne, celle qui était dans mon pantalon quelques secondes plus tôt, je t’ai entrainé avec moi, dans ma chambre. Je ne t’avais pas regardé. Pire, j’avais baissé les yeux pour ne pas avoir à t’affronter. Laissant mes cheveux pendre de chaque côté de mon visage. Pudique pour la première fois de ma vie. Tout ce que j’espérais, c’est que ça se fasse rapidement. Te laissant entrer, je t’ai tourné le dos en fermant la poste. Restant là, quelques secondes. Essayant de gagner du temps. Venant essuyer une larme qui roulait sur ma joue. Je ne pouvais pas… Je n’y arriverais pas… Ca allait nous détruire putain, c’était ça que tu voulais ? Nous détruire ? Nous anéantir ? Nous briser ? Pourquoi Ran’ ? Pourquoi ? Ca n’avait pas de sens. Ta détresse était la mienne, tu n’avais pas besoin de faire ça. Tu n’avais pas besoin de tout casser. J’allais t’aider… J’allais te soutenir… J’allais te venger. Ca ne te suffisait pas ? Tu cherchais quoi ? A me faire comprendre ce que tu ressentais ? J’étais mort de trouille merde. Sans doute aussi mort de trouille que tu l’avais été avec lui. Continuant de te tourner le dos, je me suis mordu la lèvre, je crois que tu pouvais m’entendre pleurer. Je crois que oui, tu pouvais le voir, que je n’en menais pas large. Ce soir c’était moi que tu allais violer. Ce soir… C’était moi que tu allais briser, et ça n’avait pas de sens merde. Non. Ca n’en n’avait pas. Eteignant la lumière pour que tu ne puisses me voir, ou plus pour que je ne puisse te voir ? J’en sais rien.

C’est ce que j’ai fait. Nous plongeant dans le noir. Ne laissant plus que mes sens vampiriques en marche pour me repérer. J’ai fait glisser mon bas, me déshabillant. J’aurais pu briser le silence. J’aurais pu t’implorer de ne pas faire ça, de ne pas m’obliger à la faire, mais tu m’aurais reproché ça. Tu aurais hurlé que tu me dégoutais. Tu n’essayais pas de comprendre ce que moi je ressentais. Je n’avais aucune chance. M’attachant les cheveux, juste pour gagner du temps, je me suis approché du lit, me laissant tomber dessus, presque maladroitement, tirant la couette pour aller me cacher en dessous. Regardes ce que tu me faisais faire, moi qui laissé la porte de la salle de bain ouverte quand je prenais ma douche tant je me foutais que tu puisses me voir à poil. Moi qui en sortait seulement vêtu d’une serviette et qui me marrais sous tes regards exaspérés. On avait tellement vécu toi et moi. On avait survécu même. A toute les galère du monde. Est-ce qu’on allait survivre à ça ? Je n’en savais rien. Tu me faisais peur merde. C’était réel. Je n’osais pas te toucher, je n’osais pas te parler. De toute manière, c’était toi qui menais la danse ce soir. C’était toi qui ferais de moi ce que tu voulais, allongé là sous ma couette j’attendais juste que ça se passe. Que tu fasses ce que tu voulais faire. Je ne repousserais pas, je n’en n’avais pas la force. Si tu voulais t’endormir contre moi libre à toi, si tu voulais plus, à ton bon vouloir. Tu avais gagné, je fermais ma gueule. Parce que c’est ce que tu voulais. Tu me reprochais d’être égoïste, regarde donc ce que je fais. C’était égoïste ça ? C’était toi le con ce soir. Putain oui, c’était toi. Alors ne viens plus me reprocher quoi que ce soit.

Fais ce que tu as à faire, fais ce que tu veux, mais fais-le vite. Parce que je me remettais à pleurer. Sous la peur. Sous le choc sans doute. Tu vois mon frère, je ne le montrais pas, je ne le montrais jamais, mais moi aussi je pouvais me montrer vulnérable. Je n’étais peut-être pas si fort que ça. Regardes ce que tu fais de moi et comprends combien tes remarques sont injustes et infondées. C’était toi qui allait me violer ce soir Kieran. C’était toi qui devenait le bourreau. Assumes et vis avec ça sur ta conscience… C’était toi qui l’avait choisie. Moi je n’avais rien fait. Rien du tout…




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Tu bandais mou. Je le savais bien que tu ne pourrais pas aller jusqu'au bout. Tout en toi repoussant la perspective sordide qu'on ne puisse plus faire qu'un. S'unir. Autrement que comme des frères. Ton corps rejetant mes caresses, preuve en était avec tes mains qui venaient se poser sur le mur. Derrière moi. Dans mon dos, de chaque côté de ma tête. Tout ça pour ne plus avoir à me toucher. Pour te défaire de cette étreinte contre laquelle ton cœur se révoltait.

Pourtant, je ne m'arrêtais pas. Pas déjà. Besoin de toi. Urgent. Vital. Essentiel, dans des gestes presque brutaux devenant pour moi une question de survie. Ma prise se raffermissant. Frustré de ne pas te sentir réagir comme je l'aurais aimé. Trop de temps passé à t'attendre Kyle. Trop d'amour bafoué, trop de temps à te regarder.

Je te détestais. Sincèrement. Cette partie de moi que tu représentais, j'aurais voulu l'arracher. M'en débarrasser. Plutôt que d'essayer de la combler. De me remplir de toi. Si bien que le visage toujours enfouit dans ton cou, ce sont mes crocs qui venaient te perforer la peau. Envie de te boire. De te goûter, de m'enfoncer d'une manière ou d'une autre dans ta chaleur. Renforçant ce sentiment d'intimité que tu brisais avant même qu'il ait eu une chance d'exister. Ne répondant pas vraiment à mes appels, passif. Figé dans un état de soumission que je ne te connaissais pas. Toi et ta grande gueule. J'en voulais pas de ton sacrifice. Et je le supportais d'autant moins que tu faisais naître en moi de la culpabilité. Alors que tu n'étais pas la victime dans cette histoire. T'étais supposé m'aider. M'AIDER !! Je sais même pas ce qui me retenait encore de me mettre à hurler. De crier. Ta main plongeant dans ton propre pantalon et attrapant la mienne. Le sang s'écoulant dans ma bouche ne m'en rendant toujours que plus fébrile. Inaccessible. Fermé, mais bien obligé d'interrompre mes succions.

Les pieds sur terre, et mes jambes avançant dans la direction que tu m'indiquais. M'entraînant à ta suite. Ma main dans la tienne, puis chacun de tes pas me conduisant au travers de couloirs devenus trop sombres pour que je parvienne à reconnaître ces endroits aux ombres d'habitude si familières. Comme éteint de l'intérieur. La porte de ta chambre se refermant sur nous lorsqu'un premier sanglot t'échappait. T'avais pas le droit Kyle. Tu te foutais de ma gueule, c'était juste pas possible autrement ! T'avais pas le droit de me faire ça, pas le droit de chialer. Ça me mettait en colère. Sans que je sache pourquoi. Ça m'insupportait. Tout en toi m'irritant, me déplaisant. Tu devais être fort. Tu devais me prendre, toi. Pas le contraire. Ça ne pouvait marcher que dans ce sens là. Suivant notre logique de fonctionnement à tous les deux.

Lève les yeux ! Regarde-moi. Ne me tourne pas le dos. N'éteins pas cette putain de lumière. Rallume !

Sauf qu'en plus de chialer et de nous plonger dans le noir, tu te déshabillais. Contraint et forcé. Comme si j'allais t'abuser. Te faire ce que lui m'avait fait. C'est ça que tu croyais ? Tout ce que je voulais tu sais, c'est me sentir un peu aimé et puis protégé aussi. Entre tes bras. Ceux du seul homme auquel j'appartenais. Seulement, tu avais peur. Peur de me dire non. Peur tout court. De moi. Une peur que je ressentais émaner de toi, vibrant dans tout mon corps. Et beaucoup plus que des mots, inutiles ou sans substance, plus que ces coups de reins réparateurs que tu aurais pu me donner, tant et tellement plus encore que toutes ces jolies choses ou même ces horreurs qu'on aurait pu partager, c'est de te deviner apeuré qui me faisait redescendre. Alors pendant que tu te cachais sous ta couette, je me baissais pour ramasser ton bas. Le serrant entre mes doigts. Puis j'avançais. Jusqu'à toi, grimpant à mon tour sur ton lit. Te rendant ton pantalon en le posant à côté de toi. M'allongeant ensuite sur le ventre. Mais sans me mettre au chaud avec toi, restant en surface.

Le visage écrasé sur ton oreiller. Mes bras rempliés en dessous, regardant droit devant moi malgré l'obscurité. Yeux grands ouverts. T'écoutant pleurer. Alors que je restais incapable de verser la moindre larme. Comme si les miennes s'écoulaient à l'envers. Pour tapisser les parois de ma gorge, une gorge dont quelques sons hachés et coupés réussissaient à sortir.

- Tu comptes faire quoi exactement avec Callan ?

Froid. Distant. Extérieur à tout ce qui s'agitait en moi. Refoulant mes émotions, celles qui me rendaient trop vulnérable. On ne m'y reprendrait pas à deux fois. Prononçant ouvertement son prénom, comme si je te parlais du premier venu. Comme si ça ne m'atteignait pas. Une parole libératrice, engendrant une confession cruelle. T'avais demandé. Tu te souviens ? Tu voulais savoir ce qui s'était passé là-bas. J'allais te le dire. En détail. J'allais te le faire revivre avec moi.

- Quand on est arrivé à Dublin, j'ai fait un tour sans le reste du raid. Parce-que j'ai cru reconnaître les ruines du City Hall et que je voulais en être certain. Alors je me suis un peu éloigné. Pas longtemps. Mais Callan était là, et j'ai dû dire quelque chose qui ne lui a pas plu. C'est de votre faute tout ça… la coalition. Comment j'aurais pu me douter de ce qui allait arriver. De ce qu'il allait faire. Tout ce que je voulais, c'était le ramener auprès de Léandre. Pour qu'ils soient réunis. Au lieu de ça, il m'a tiré dessus. Deux fois. Et mes cris, ça l'a excité. Je suis pas toi sweety. Je sais pas me défendre. C'est à coups de livres que j'ai construit ma vie, en me remplissant la tête et en utilisant mes connaissances.

Là-dessus, mes doigts se sont agrippés à l'oreiller. Ma voix s'est cassée. J'étais bien dans ta chemise, pris dans ton odeur. Il aurait mieux valu que je taise le reste. Le soucis, c'est que si je ne te racontais pas à toi, à qui d'autre...

- Ensuite, il m'a traîné de force jusqu'aux égouts et il m'a balancé en bas. Puis on a marché. J'ai essayé de le raisonner. De lui faire entendre raison. J'ai promis de ne rien dire à personne s'il me laissait partir. Mais ça l'intéressait pas. Il voulait autre chose. Je crois même que le fait que ce soit moi en particulier, ça avait de l'importance pour lui. Après… il m'a pris de force c'est tout. J'ai pas envie de te dire combien de temps ça a duré. J'en m'en rappelle pas de toute façon.

J'avais pas envie que tu m'imagines en train de ramper dans la merde. J'avais pas envie que tu visualises mes cuisses recouvertes de son sperme et de mon sang. J'avais pas envie. Que tu saches qu'il avait ouvert une seconde fois le feu avant de me plaquer contre la paroi. Sans jamais me regarder. Que tu puisses avoir honte de moi parce-que j'avais pleuré à la place d'essayer de le repousser. Pour vivre. Pour te revoir, pour te dire à quel point je t'aime plus que tout. Du coup, je tournais la tête vers toi. Scrutant tes moindres faits et gestes. Sans réellement me mettre à ta place. Incapable pour l'instant de te témoigner de l'empathie. Tout en moi brûlant et se consumant. Te présentant simplement mes excuses.

- Je te demande pardon. Je voulais pas tout ça… juste, dis le moi si tu sais que jamais tu ne pourras m'aimer comme moi je t'aime. Dis-le moi… Kyle, je pensais pas un mot de ce que je t'ai dit. Tout le monde t'apprécie. Tu plais aux femmes et les hommes t'envient. Je me sens en colère, c'est tout. Excuse-moi.

C'est bien tout ce que je pouvais faire. Ça et retourner m'enfermer dans ma chambre. Seul. Te foutre la paix. Te laisser te remettre de mes conneries. Ou de ce que tu voudrais. Peu importe. Me redressant, j'allais pour me lever. Persuadé que tu ne me retiendrais pas ce soir. Que me voir sortir ne pourrait que te soulager. Je pense pas me tromper.

Sweety boy…





Lost and insecure
And if you take my hand please pull me from the dark. And show me hope again. We'll run side by side. No secrets left to hide, sheltered from the pain...
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