The Island of the damned est un forum post Apocalyptique rassemblant un grand nombre de créatures surnaturelles.
 

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 The flame of a smoke-free fire ◘ Ilian

Vampire
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The flame of a smoke-free fire
« There's a fire in the city. Panic in the air, far from your mother's arms. With a heart full of fear. You see the black clouds twistin', the sun's going down and every last Savior has left the town. And I know you're searching for a little bit of light... let me be your hero...»

Il y avait un temps pour tout. Une place pour chaque chose ici-bas, un moment propice à chaque nouveau changement de saison. Et au milieu de ce déferlement de vie, il ne tenait qu'à nous d'habiller les ombres du monde avec nos propres couleurs. Qu'elles soient emblématiques ou quelconques. Flamboyantes ou monotones. Selon l'idée même que l'on pouvait se faire de nos désirs, de nos passions, de nos attentes, de nos doutes et de nos peurs les plus intimes.

Tournant sur nous-même comme la terre autour du soleil. Au risque de nous y brûler les ailes. Puis d'imploser en plein vol, à cet instant précis venant toujours précéder la fin. Juste avant d'amorcer la descente ultime. Dis-moi, est-ce que parfois ça t'arrivait à toi aussi ? De trembler, de vaciller, de te sentir littéralement prêt à te désintégrer. Corps et âme. Jusqu'à ce que la chute n'en devienne que d'autant plus fatale. Nous poussant ainsi à disparaître, pour ensuite mieux réapparaître de l'autre côté. Bloqué. Errant quelque part entre les rives sans fond du visible et de l'invisible. De l'apparent et du caché. Semblable à la flamme d'un feu sans fumée qu'on aurait capturé dans un cœur de glace. Fire and ice. Ou le seul centre de gravité auquel il m'arrivait encore de rétablir mon équilibre. Histoire de me maintenir aux limites des terres du bien, et du mal. Neutre. Indifférent aux guerres internes que se livraient entre-eux les hommes de Tullamore et l'ensemble des autres races peuplant l'île. En tout cas, jusqu'ici. Jusqu'à ce que je me retrouve à mon tour au centre du conflit. En pleine ligne de mire. Le vampire, la créature, l'ancien prédateur se transformant en victime. Me plaçant ainsi dans la position la plus détestable qui soit. Puisque désormais et en dépit de mon passif, je ne pouvais plus me revendiquer acteur d'un combat auquel il m'était pourtant impossible de me soustraire. Soldat de Dieu. Damné par celui-là même en lequel je croyais. Et après… trop affaibli et affamé pour prétendre me défendre. Une excuse de lâche au fond.

Il fallait l'avouer. Quoi de plus facile que de renoncer à un moment donné plutôt que de faire face, d'assumer, et puis de continuer à se battre pour ceux qu'on aimait. Moi, je les avais tous abandonné. D'un autre côté, je ne voyais pas comment prendre soin de quelqu'un en sachant qu'il n'y a pas si longtemps de ça, j'étais incapable de m'occuper de moi-même. En attendant, même si j'avais voulu me tenir à l'écart de tout ça, de toute cette merde que je sentais remuer et grouiller dans mes tripes, même si j'avais essayé de faire table rase du passé pour en gommer les imperfections et en oublier les douleurs, je savais bien que les maux d'hier ne servaient désormais plus qu'à alimenter les souffrances de demain.

Voilà ce qui m'avait conduit au portail, à l'aube de cette nouvelle nuit s'annonçant plus claire et salutaire que toutes celles qui s'étaient écoulées au cours de ces deux dernières années. Pour réparer. Reconstruire. Plus en quête de pardon que de rédemption. Tapis dans l'ombre. En guerrier aguerri, au aguets. Arme au poing. Un semi-automatique, tenant aussi bien en joug qu'en respect quiconque voudrait approcher. Prêt à tuer. Prêt à décharger la colère qui m'habitait sur le premier homme que l'envie prendrait de venir me défier. Terroriste pour certain, le diable personnifié pour d'autres. Prenant le visage que chacun se plaisait à m'attribuer. Qu'importe. Tant que je gardais à l'esprit qui j'étais.

Qui j'étais. Sujet à débat. Acte à caution, matière à réflexion. Toujours tout en contradictions. Compliqué. Complexe. Un peu trop chiant. Décourageant pour qui n'arrivait pas à me percer à jour. Bref. Priorité à la mission.

Une mission de repérage improvisée. Pas officielle, juste pour me faire une idée un peu plus précise de la position qu'occupait nos ennemis. Donc. Un portail : plantant le décor et laissant supposer que ce dernier ne devait logiquement s'ouvrir que pour laisser entrer les nouveaux arrivants. Matérialisant la zone de démarcation. L'immense barrière faisant le tour de l'île partant de ce point précis. Électrique. Pour s'en rendre compte, il suffisait de se fier aux fils de barbelés, aux dalles de ciment qu'on avait coulé et aux câbles tirés sur les parties visibles de l'installation. Alors quoi, planter le système. Pourquoi pas. Qui disait électricité, disait générateurs. Théoriquement parlant. Sauf si les dits générateurs étaient combinés aux câbles. Le soucis majeur étant la surveillance accrue de tout le périmètre par le biais de tours de garde, avec en poste des vigiles. En gros, rien de ce qui se passait en contrebas n'avait la moindre chance de leur échapper.

Sur quoi, je décidais de rentrer – j'en avais assez vu – pour l'instant en tout cas. De toute façon, un homme seul contre toute une armée ne valait rien. Puis il n'était pas dans mes intentions de tenter l'impossible. En ayant terminé avec mes pulsions suicidaires. J'espérais. Sur quoi, je me relevais. Quittant ma planque. Dissimulé à l'abri du feuillage des arbres et des broussailles. Soucieux de ne surtout pas attirer l'attention. Furtif. Un clandestin au milieu de l'agitation environnante. Refaisant le chemin à l'envers. Sans laisser de traces derrière moi. En traqueur expérimenté.

Et c'est là que j'ai cru te voir. T'apercevoir…

Continuant malgré tout à avancer. Écartant d'un revers de main les branches gênant le passage. Me demandant pendant une fraction de seconde si je ne vous avais pas imaginé. Toi, et ta silhouette. Tandis que l'intensité de ton regard semblait me transpercer. Trop noir pour être d'origine naturelle. À mon sens. Par contre, je te préviens. Ne cherche pas à me la faire à l'envers. Qui que tu sois, quoi que tu sois, quelles que soient tes intentions, parce-que je ne t'épargnerais pas. Frôler la mort sur ce trottoir froid et noyé de pluie l'autre soir m'avait définitivement passé l'envie de jouer les héros.

Là ! Encore. Je ne te rêvais pas. Avec ta peau brune. Une peau appelant par échos la mienne, et ce tatouage dont la signification m'échappait. Celui sur ton front, ton visage encadré par tes cheveux. Ondulant et retombant sur tes épaules.

Une panique sourde m'envahissant subitement à cette vision sans que je sache pourquoi. Pas tranquille. Paupières fendues. Scrutant les alentours. La végétation réduisant considérablement mes angles de vue. Alors, dans un réflexe devenu habituel, je rabattais la capuche de mon sweat sur ma tête. Mon arme pointée dans cette direction que je pensais être la tienne. Avant d'effectuer un demi-tour saccadé, les yeux balayant tout ce qu'ils pouvaient. Mon sac à dos et mes manches longues me donnant très certainement des allures bien trop humaines. Une cible de choix. Les lèvres pincées.

Du coup, sauf erreur de ma part, hallucinations ou autres psychoses, tu étais tout ce qu'il y avait de plus réel. Ce qui somme toute, n'était pas vraiment fait pour me rassurer. M'incitant à me remettre à respirer dans un sursaut d'humanité. Habitude purement mécanique. Signe majeur d'angoisse, de perte de contrôle, de quoi me faire enrager et m'enfermant dans un mutisme n'annonçant rien de bon, je te guettais...

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The flame of a smoke free fire



L'île des damnés, c'est là où tu t'es échoué il y a désormais quelques jours. Retrouvant ainsi deux de tes frères, cherchant constamment cette sœur qui te manque. Qui manque à ta vie. L'espérance de la retrouver est le seul espoir qui te permets de tenir. Qui te fait prendre les armes pour mieux avancer, pour te battre, pour faire ce que tu as toujours su faire. Protéger ton peuple, les tiens, cette famille que tu as pourtant renié pour cause de désaccords politiques. C'était nul, vraiment, mais tu te dis que si tu étais resté à la citée, tu serais peut-être mort avec Ysham, avec les autres, alors au final, ton départ, cette décision que tu as prise, ce n'était peut-être pas si mal. C'était très certainement ce que tu pourrais oser appeler, un mal pour un bien. Va savoir.  

Des questions, tu ne t'en poses plus une seule. Tu vis ta vie, fait les choses comme tu dois les faire, sans penser, sans remords. Tullamore t'a volé bien des choses, alors tu l'avoue, tu n'as pas de regret à t'abreuver sur eux. A les enfermer, pour les drainer de leur sang, petit à petit, histoire de te nourrir. Tu te dois de prendre des forces, tu te dois de ne pas flancher pour retrouver Gaïa, et pour ça, tu es prêt à tout. Même à devenir ce monstre que tu n'es pas et que tu ne seras jamais. C'est dans ta culture, encré en tes veines, ça t'appartient, ça vie en toi, et tu n'as plus la force de lutter pour une simple question de convictions. De toute manière ici, à quoi ça sert d'en avoir, des convictions ?  

Ces hommes que tu pensais protéger t'ont prouvé le contraire. Qu'eux-mêmes, n'avaient plus aucun sens de la moralité. Ils ont enfermé des êtres humains pour leur propre sécurité. Tout simplement parce qu'ils ont appris que vous existiez. Mais ce qu'ils ignorent c'est que vous n'êtes aucunement des abominations. Vous êtes là, simplement, au même titre que les animaux, les hommes, les prédateurs. L'homme est juste tombé dénue en apprenant que finalement, il n'était pas au sommet de la chaine alimentaire. Il a eu peur. Alors il laisse parler ses instincts primitifs. Ceux qui leur dit de manger, de respirer, de boire pour vivre. C'est celui de la survis qu'ils ont déclenché, mais à quel prix ?  

Et c'est en parti ça qui te dépasse. Qui te pousse à être là, agenouillé dans l'herbe humide, les yeux clos, les paumes de tes mains tournées vers le ciel, posées sur tes genoux. Tu sembles tellement paisible. Tellement tranquille. Tu fais simplement ce que tu fais tous les jours à la même heure. Tu m'édite. Tu fais le vide. Tout simplement. Ta lance reposant à tes côtés, désarmé, complétement à la merci du premier qui tenterait de venir te tuer. Tu sembles ailleurs, mais pourtant, tes sens restent parfaitement en alerte. Parce que tu ne prends aucun risque. Parce que tu dois retrouver ta sœur. Parce que tu as une mission que tu veux conduire à therme pour retrouver une vie qui pourrait éventuellement ressembler à celle que tu avais avant.  

Tu repense aussi. A toutes ces choses que tu as vécu malgré ton jeune âge. A ta formation, a ta première fois avec Gaïa. A ce malaise que tu as ressenti quand tu as compris que tu n'aimais pas la personne à aimer. Que c'était mal. Que ce n'était tout simplement peut-être pas normal. Mais c'était plus fort que vous. Entre ta sœur et toi ce n'était qu'une simple question d'équilibre parfait, d'alchimie, de compréhension sans nul besoin d'expression. Alors tu as simplement fini par t'y faire, et quand tu es parti, tu as pleuré ta sœur, mais elle a toujours été là. Avec toi. Dans tes pensées, dans ton cœur. Comme là, maintenant. Ca te fait sourire, discrètement, pudiquement. Ca te conforte, mais ça te donne aussi l'envie de continuer d'avancer pour retrouver ce qui t'appartient.  

Jusqu'à ce que tu entendes simplement un bruit, là, non pas loin de toi. Tu aurais pu sursauter, bouger, te précipiter. Mais pourquoi faire ? Qu'on tente de te viser, tu étais un guerrier, tu n'avais pas besoin de te précipiter. Tu es simplement resté là, terminant ta méditation sans sourciller. Sans rien faire, avant de te redresser, attrapant ta lance, donnant simplement le sentiment que tu partais. Offrant à l'homme, la chose, peu importe qui t'observait, la sensation que tu allais dans une direction, alors que sans un bruit, tu en prenais une autre. Tu avais l'habitude, tu avais été entrainé pour ça, et c'est simplement que tu as touché l'homme, là, dans la nuque, du bout de ta lance. L'acier venant titiller sa peau sans pour autant la percer. N'exerçant aucune pression, mais ce qui te permettait de le tenir en joug avec une certaine distance. Sans pour autant être menaçant. Tu n'avais pas envie de combattre. Tu voulais juste retrouver ta sœur, c'était tout ce qui t'importait.  

- Plutôt indiscret pour un fils de Caïn. Si tu essayes de viser un homme, essaye de rester silencieux, c'est ainsi que le chasseur devient gibier. Par le manque de discrétion, d'agilité, et sans aucun doute un relent de stress interne. Alors donne-moi une bonne raison de ne pas appuyer et de détacher la tête de ton buste fils de Caïn. Je ne cherche pas querelle saches-le.


Non, tu ne cherchais en rien les ennuis. Tout ce que tu faisais, c'était méditer pour tenter de rester cet homme bon et juste qui avait fait de toi ce Djinn si particulier et sans doute incompris du reste de ton peuple, de ta famille. Parce qu'il faut le reconnaitre, le tuer, ou être tué, est une chose que tu n'as apprise que récemment, en arrivant ici. Toi, le pacifiste. Toi, qui n'aspirais qu'à faire le bien, mais qui pourtant aujourd'hui tuais, lutais, pour sa propre survie. Mais ce n'était pas un choix que tu avais fait, et c'était ce qui te permettais de rester bien plus humaniste que l'être humain en personne à l'heure actuelle, en vue de l'état de choses.
 

NΞRIOИ


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I cannot stop this sickness taking over. It takes control and drags me into nowhere. I need your help, I can't fight this forever. I know you're watching, I can feel you out there.
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OK. J'étais fait comme un rat. Pas la peine d'épiloguer plus longuement sur le sujet. J'avais merdé. Point. Et au final, tel était pris qui croyait prendre. Selon l'expression consacrée. De sorte que de mauvaise grâce, j'obtempérais.

Déverrouillant la prise de mes doigts sur mon flingue. Puis levant les mains aussi lentement que possible, j'écartais avec prudence les bras dès lors que je sentais la pointe d'une lance entrer en contact avec ma nuque. Sans que celui qui en tenait le manche n'exerce de pression particulière dessus. Me défiant simplement d'oser bouger, ou ne serait-ce que de chercher à me retourner contre lui de quelque manière que ce soit. De sorte que lorsque mon semi-automatique retombait par terre dans un froissement de métal, je rageais intérieurement. Quel con putain. Contraint et forcé de rester passif, tout en ignorant bien comment j'avais pu me laisser surprendre aussi facilement.

Il avait fière allure à présent l'ancien infiltré tiens. Le soldat entraîné, ayant pour habitude de tromper les ombres du monde. Celui qui se fondait, et se confondait aux marionnettes agitant les coulisses de l'éternité. Même si aujourd'hui, je n'en tirais plus les ficelles. Bien trop furieux contre ma propre négligence si je voulais me montrer sincère. Ruminant, puis n'en revenant toujours pas d'accumuler aussi maladroitement tous les manquements possibles et imaginables à ces règles de sécurité qu'on m'avait pourtant enseignées. Les seules garantes de mon intégrité physique. M'inculquant le coût de la vie. Néanmoins, tout ce que je pensais savoir sur l'art de la guerre jusqu'ici, tout comme ce que je croyais connaître à propos des tactiques et stratégies applicables en territoire hostile, n'avait désormais plus cours. Parce-que malgré les siècles passés à œuvrer pour ma survie, je me révélais incapable de percevoir au travers du feuillage des arbres cette aura si particulière qui venait se dégager de ton énigmatique présence. Alors que normalement, j'aurais dû être en mesure de déceler, puis d'interpréter les signaux annonciateurs qu'un danger se profilait à l'horizon. Faute de quoi, ton approche me laissait dans l'expectative la plus totale.

Une approche sans doute trop subtile. Se dérobant sous la légèreté de tes pas, quitte à m'acculer et à me repousser à contrepied. Mon ego se ramassant brutalement. À croire que ces deux dernières années à vivre reclus, coupé du reste de l'humanité avaient entièrement annihilé le peu de bon sens qu'il me restait encore. Pour ne m'en rendre que plus vulnérable. Or là, à force de se répéter, l'histoire commençait à sérieusement me les briser.

Et en ce qui te concernait, je veillais à ne surtout pas perdre un seul de tes mots. T'écoutant attentivement, tout ouïe. Sélectionnant et ne retenant que l'essentiel parmi le flot de paroles que tu m'adressais. Très solennel dans ta manière de m'aborder. Me basant de prime abord au son de ta voix et aux intonations avec lesquelles tu en modulais les tonalités. Pour ensuite m'attarder sur ta façon de t'exprimer. Calmement. Possédant l'assurance d'un guerrier enclin à parlementer. Démarche que je me surprenais à apprécier. Tant tu m'intriguais. Mon tour d'horizon se terminant enfin, tandis que je m'efforçais de mesurer la valeur et l'authenticité de tes mises en gardes. Quant à Caïn, je te priais de bien vouloir le laisser en dehors de tout ça. Puisqu'au départ, j'étais avant toute chose le fils d'un homme et d'une femme. Mortels. Que l'on avait promis l'un à l'autre dès leur plus tendre enfance et qui avait appris à s'aimer. Suite à un mariage arrangé. Le reste n'appartenant qu'au folklore d'une religion dont le Dieu avait condamné la chair de sa chair, à une soif de sang éternelle. Voulais-tu en débattre ? J'en doutais. Trop centré sur la leçon magistrale que tu étais en train de me donner. Personne n'aurait pu s'y prendre mieux que toi pour me botter le cul.

Crois-moi. Respect. Même si ça me chauffait sévèrement. Tu allais voir si je manquais de discrétion et d'agilité, voir à quel point me retrouver en stress et sous pression pouvait décupler mes capacités. Pas grâce à la force brute, l'arme des faibles. Selon moi. Préférant jouer la provocation en me retournant face à toi. Mes yeux venant aussitôt accrocher ton regard, appréciant toute la finesse de tes traits. La force transpirant par tous tes pores s'alliant à la beauté de ton teint halé. Pour sûr, ta simple vue soulevait mes envies de corps-à-corps. En tout bien tout honneur. De la part d'un soldat de Dieu à son humble serviteur. La pointe de ta lame délaissant ma nuque pour se presser contre ma gorge. Le tranchant de la lame me coupant instantanément la respiration. Toujours factice. Accessoire.

L'une de mes mains se refermant alors sur la dite pointe, pendant que mon autre bras s'alanguissait de nouveau le long de ma taille. Soudainement gêné par ce truc inexplicable et impalpable que tu me renvoyais. Comme si tu n'appartenais pas réellement à ce monde, mais à celui de l'invisible. Tel un Djinn né de la flamme d'un feu sans fumée. Replaçant sur un plan très spirituel mes préoccupations immédiates et me persuadant qu'il s'agissait là d'une épreuve divine. Que le Miséricordieux m'imposait pour tester la force de ma foi.  

- Tuer un homme désarmé… j'en sais rien. Peut-être que je me trompe, peut-être pas. Mais quelque chose me dit que ce n'est pas vraiment quelque chose que tu as envie de faire. Est-ce que c'est une raison suffisante pour toi ? Encore moins un homme mettant genoux à terre. Sinon, je serais déjà mort. Je crois.

Genoux à terre. Mes jambes se pliant l'une après l'autre. Jusqu'à ce que mes genoux touchent cette terre nourricière, notre mère à tous dans la culture d'Amarok. Tu vois, l'esprit des anciens de son peuple m'accompagnait. Tout comme ces légendes qui voulaient que vous puissiez prendre plusieurs formes et changer d'apparence. Vous. Les Djinns. Sauf qu'on savait tous les deux que vous n'existiez pas. N'est-ce pas…

- Et puisque tu prétends ne pas chercher querelle, est-ce que je peux encore espérer te voir baisser ta lance ?

Des pseudos monstres, j'en avais rencontré de toutes les races. De tous les horizons et provenant de toutes les régions du monde. Mais jamais jusqu'à présent je n'avais encore eu le privilège de croiser un représentant de ton peuple. Si je ne me trompais pas. Ton aspect signant ta différence, ton appartenance.

Maintenant, ne me restait plus qu'à découvrir de quel côté tu oscillais. Le bien ou le mal. La neutralité. Ou si tu étais juste quelqu'un de bon. Victime d'une guerre qui nous affectait tous à plusieurs degrés...

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Non, tu ne cherchais en rien les ennuis. Tout ce que tu faisais, c'était méditer pour tenter de rester cet homme bon et juste qui avait fait de toi ce Djinn si particulier et sans doute incompris du reste de ton peuple, de ta famille. Parce qu'il faut le reconnaitre, le tuer, ou être tué, est une chose que tu n'as appris que récemment, en arrivant ici. Mais tu doutais. Tu doutais de faire le bon ou le mauvais choix. Parce que ce vampire t’avait certes tenu en joug, mais il n’avait pas tiré, il n’avait rien fait. Pire, il semblait même troublé par qui tu étais. Une attitude qui te laissait un brin dubitatif. Pourquoi est-ce qu’il te regardait comme ça ? Qu’est-ce qu’il te voulait ? Tu étais perplexe, parce que personne ne t’avait vraiment regardé de la sorte. Jamais. Il s’est tourné vers toi et tu ne savais plus comment réagir. Appuyer et lui trancher la gorge, histoire de l’affaiblir et t’enfuir au loin sans le tuer, ou rester là, interdit, pantois, alors qu’il appuyait ce fer de lui-même contre sa glotte.  

C’était absurde. Absurde de l’entendre parler, de le voir agir comme il le faisait. De te parler, comme s’il savait ce que tu avais en tête alors que toi-même ne savait plus. Tu ne savais plus vraiment comment agir, tout tes repaires étaient morts ce jour-là. Ce jour où t’as découvert ta famille morte, le palais en ruine, en flamme, et ta sœur. Si ton frère n’avait pas eu la force de te dire ce qu’il venait de se passer durant ses derniers instants, tu ne l’aurais peut-être jamais su. Parce que tu n’avais pas été là pour les aider, et ça, ça faisait mal. Mais en étais-tu vraiment responsable au bout du compte ? Non. A l’évidence non. Gahia avait voulu te préserver en t’aidant à t’enfuir et elle avait bien fait. Parce que maintenant c’était à toi de la sauver. Et tu étais prêt à tout pour ça, même de tuer n’importe qui. Même un homme désarmé. Mais cet homme, comment pouvait-il savoir ce que tu voulais ou non ? Il ne te connaissait pas, toi non plus, tu ne te reconnais même pas toi-même.  

Tes yeux se sont écarquillés quand tu l’as vu mettre un genou à terre. Pourquoi est-ce qu’il faisait ça ? Savait-il que tu étais prince ? Mais même avec ce statut, personne n’avait jamais fait ça devant toi. Tu aurais détesté cette idée. Ployer devant toi, tu ne te surestimais pas assez pour ça. Jamais tu n'aurais eu cette prétention-là.  Bien au contraire, Gahia disait toujours que tu manquais trop de confiance, trop d’estime, tu n’as jamais vraiment eu conscience de tes innombrables qualités. Tu es un homme bon, et ça, tu ne peux ni le nier, ni l’oublier. Pourtant tu es resté fermé, tu aurais pu profiter de la situation, mais tu n’as rien fait. Si ce n’est que de baisser ta lance, la plantant même dans le sol pour t’en débarrasser complétement avant de lui tendre une main ferme. Refusant de le voir s’abaisser face à toi. Tu n’étais pas un Dieu, juste un guerrier. Voilà ce que l’on t’avait enseigné. Voilà ce que tu as retenu de tes leçons avec elle. Tu pouvais mourir, alors tu n’étais pas un Dieu.  

-Relèves-toi c’est ridicule. Pourquoi tu fais ça ? Tu ignores qui je suis, peut-être même ce que je suis. Si tu plie le genou si facilement tu finiras par avoir des ennuis tu peux me croire.


Des ennuis, tu n’en savais rien, tu ne savais pas vraiment si tu pouvais justifier ce que tu disais, mais tout ce que tu savais, c’est que tu refusais de le voir là. A terre devant toi alors que tu n’étais pas au-dessus de lui. Des vampires, tu n’en n’avais pas croisé beaucoup, mais tu savais que vous aviez certains points en communs. Allant de votre alimentation à votre immortalité. Alors il n’avait rien à t’envier. Tu l’as donc aidé à se relever, aussi naturellement que cela puisse paraitre. Pour ne pas l’écraser, pour ne pas rester au-dessus de lui parce que tu te considérais comme étant son égal. Ce n’était pas lui ton ennemi, il était une victime. Au même titre que toi, que Gahia. Que tous les autres peuples jugés comme étant différent de la race humaine. Et encore, la race humaine avait sacrifié bien nombre d’entre eux pour construire cette prison qui n’avait à tes yeux aucun sens. Vous étiez des gardiens. Pas des criminels !  

Et ça tu le savais. C’étaient eux les monstres, non pas vous. Peu importe ce que vous étiez, vous étiez tous chassés, traqués, jusqu’au vous faire emprisonner dans ce monde. Alors oui tu refusais aussi pour ces mêmes raisons qu’il courbe l’échine devant toi. Tullamore le ferait bien assez tôt, tu voulais t’en convaincre. Parce que oui, tu voulais les faire plier eux et non pas lui. Ca n’avait pas de sens, aucun. Jusqu’à ce que tu réalises. Cet homme devant toi n’était pas de ton peuple, mais il était de ton pays. De chez toi. Du pays du soleil levant. De ces terres qui te perçait l’estomac d’un manque incontestable dès lors que tu y repensais. Ton pays te manquait depuis que Gahia t’avais obligé à tout quitté pour le Nord. Pour aller te cacher en Roumanie. Tu te promettais d’y retourner, une fois libre, parce que c’était évident que personne ne pourrait vous vaincre si vous alliez vos forces. C’était évident. Tu n’étais plus que convaincu.  

- Toi aussi tu viens de là-bas ?


Tu avais parlé. Dans un arabe parfait. Ta langue natale, maternelle, celle dont tu usais avec tes frères. Naïvement tu pensais que c’était pour ça qu’il te regardait. Pour avoir vu, avoir compris. Sans te soucier que c’était sans aucun doute pour bien plus que ces quelques raisons superflues.  

 

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Des ennuis. Il était fort probable que je m'en attire encore. Oui. Très certainement d'ailleurs. Pourquoi faire simple lorsqu'on pouvait faire compliqué ? Sans doute parce-que je n'avais jamais su vivre autrement. Toujours entre deux eaux, sur la brèche. Courant jusqu'à perdre haleine après des ombres. Et qu'à chaque étape qu'il me fallait franchir, je cherchais de nouveaux murs à enfoncer. Homme d'action. Mais que certains jugeaient pourtant trop passif. Avec cette rage qui me caractérisait. La colère ne prenant que trop souvent le pas sur tout le reste. Fatigué d'être jugé. Un peu amer. Plus vraiment enclin à écouter, désirant juste reprendre mon destin en main. Sans qu'on vienne me dicter ma conduite. Emmerdant ceux qui ne comprenaient pas. Ceux qui pensaient si bien me connaître, et qui estimaient que je ne valais pas assez pour qu'on prenne le temps de s'arrêter. De me regarder. Préférant croire que je n'étais pas digne qu'on donne un peu de sa personne. Enfin prêt à balayer le passé. Libéré.

Ou tout du moins, en phase de me délester de tous ces poids inutiles que je traînais à ma suite. Pour peut-être avoir le privilège de renaître de la flamme d'un feu sans fumée. Voilà pourquoi je faisais ça. Par respect. Envers les tiens. Marquant d'un genou à terre, ma dévotion. Bercé par des croyances vieilles de quelques millénaires. Puis aussi, afin de désamorcer une situation qui me semblait assez pénible pour toi. Ayant trop l'habitude pour ma part de ce genre de confrontation pour m'en offusquer ou ne serait-ce que me montrer inquiet.

Contrairement à ce que d'autres prétendaient, je savais écouter. Le silence venant beaucoup plus m'interpeller que les mots. Le silence, tout comme les actes. Tes gestes parlant pour toi. Témoin de cette bonté que tu revendiquais, sans que tu n'aies à te justifier. Le simple fait que tu baisses ta lance pour la planter dans le sol plutôt que de t'en servir pour me transpercer la gorge, me suffisant dés lors à me forger une opinion à ton sujet. Pour ce que ça valait. Sur quoi tu me tendais ta main. Choisissant de m'offrir la paix, alors qu'il t'aurait été si facile de me déclarer la guerre. Au vu de ma posture, pour sûr. Il me paraissait compliqué de t'opposer une quelconque forme de résistance. Vampire, puis immortel. Quoique pas encore invulnérable ni intouchable. Juste un homme. Mon leitmotiv à moi, ce combat que je menais contre le temps. Contre ma nature et contre l'appel constant du sang. Pour ne pas céder, pour ne pas rebasculer du mauvais côté. Malgré ce besoin que j'éprouvais d'évacuer les frustrations, les déceptions. Aussi crois bien que ta démarche représentait plus à mes yeux que n'importe quel beau discours emprunt d'hypocrisie. De fait, je prenais ta main afin de me remettre debout. La relâchant avec vigueur une fois sur mes deux pieds, choqué de ressentir le contact de ta peau contre la mienne. Ne m'en veux pas. Mais qui tu étais, ce que tu étais, sûrement rien de plus qu'un reflet. Déformé. Même visage, même nom et néanmoins, un homme différent.

Autre chose que de part le passé. Dans cette vie que nous devions tous oublier, jusqu'à accepter de perdre ce qu'on croyais encore être. Rétablissant l'ordre au milieu des ruines. Puis au-delà de ce constat si rationnel – ce qui serait vraiment ridicule pour le coup – c'est que je n'arrive pas à chasser certaines idées de ma tête. D'un genre un peu trop profondément ancré. Issues de croyances provenant du début des âges. Rendant la possibilité que tu sois un être supérieur réellement plausible. Un envoyé d'Allah le Miséricordieux. Un Djinn. Doté de pouvoir surnaturels.

- Il est dit dans le Coran que les tiens, les Djinns, si je ne fais pas d'erreur sur ta nature, ont été créés à partir du tissage de la lumière d'une flamme subtile d'un feu sans fumée. Comme l'être humain l'a été à partir de l'argile. Et que toi et moi, nous sommes tous les deux appelés à croire et à subir le jugement dernier.

Même si je n'étais plus à proprement parler un humain. Juste une image. Une comparaison. Mon regard se faisant presque fuyant. Mal à l'aise. Impressionné. Me sentant petit, et insignifiant. Foulant à présent d'un pas hésitant les terres sacrées de ma propre spiritualité. En dépit du fait que ça donnait enfin corps à toutes ces nombreuses heures que je passais agenouillé. Priant dans le dénuement le plus complet. Perpétuant la tradition et récitant les saintes écritures de mémoire, puisque tout avait péri sous le feu des bombes. Voilà pourquoi je faisais ça. Pliant le genou comme tu disais, te vouant un culte d'autant plus absurde qu'ici-bas la foi tendait à s'effriter.

Un peu à l'ouest, j'enfonçais donc les mains dans mes poches. Ne sachant plus tellement quoi en faire. Indécis sur la tournure que prenait cette rencontre. N'essayant même pas de ramasser mon arme pour ne pas brouiller les signaux que je t'envoyais. D'autant que de t'entendre t'adresser à moi en utilisant un arabe aussi pur finissait de me déstabiliser. Au départ, je n'étais venu ici que pour établir des plans. Des comptes. Pour poser des jalons. Et certainement pas avec dans l'idée de rencontrer un envoyé de Dieu.

Je le croyais. Fermement. Malgré moi et mes facultés de raisonnements. Puis cette question, cette urgence que tu me laissais deviner, ce besoin de renouer avec des racines qu'on avait coupé, saccagé, qu'on avait arraché.

- Oui… Je viens de cet endroit où le chant des minarets rythme les  journées des hommes et ou le soleil brûle la terre.

De cette autre région du monde qui m'avait vu grandir. M'épanouir. Devenir un homme et me marier. Ce pays que je chérissais. Te répondant dans ce même arabe que je ne pratiquais plus jamais. Mes tripes se tordant subitement, dans une telle violence que mes paupières papillonnaient. Le corps de Noora reposant en terre là-bas et juste à côté, celui de notre fille. Une enfant que je n'avais pas eu la chance de rencontrer. La clarté des rues s'assombrissant sous mes yeux qui ne voyaient plus la forêt environnante. L'odeur des épices me paraissant âpre. Les rires des gosses me giflant sur leur passage. Faisant rejaillir de ma gorge cette boule qui ne voulait plus passer. Quatre siècles plus tard. Des siècles comme une punition pour un crime que je n'avais pas commis. Des siècles de vengeance. Des siècles de pénitence et devant toi, j'espérais. Que le pardon me serait accordé. Irrationnel.

Te dévisageant toujours comme si j'entrais en terre Sainte. Peut-être que d'autres trouveraient ça stupide. “Ton Dieu ne te sauvera pas.” Voilà ce qu'on me répétait à longueur de temps. “Tu as fait trop de mal Elijiah.”

Tu sais, pour nous musulmans, selon nos us et coutumes, les Djinns habiteraient la terre et vivraient près de points d'eau. Dans des endroits déserts ou à ton instar, dans les cimetières et les forêts. Ce qui très bêtement, m'empêchait de te demander ce que tu foutais là. Précisément. En bordure de lignes ennemies, à quelques kilomètres à peine du mur faisant office de frontière. Et c'est là qu'une évidence s'imposait à moi.

- Est-ce que toi aussi tu as perdu quelqu'un ?

Comme j'avais perdu Shannon. Persuadé que ces hommes qui se disaient encore humains la retenaient en otage. Ne me dit rien si tu estimais que ça ne me concernait pas. Mais j'étais un soldat entraîné et avec une bonne remise en forme, je pourrais de nouveau être opérationnel. Dieu t'avait placé entre de bonnes mains. Si tel était Son souhait, je te serais dévoué. Ton bras armé. Incapable pour l'instant d'intégrer que tu n'étais en rien un être supérieur. Ayant se besoin de me raccrocher à ça. J'avais entendu tellement de rumeurs à votre propos, des rumeurs qui tranchaient avec ce que je pensais savoir. Ce qu'on m'avait appris. À vous craindre. Redoutant d'être abusé par l'un d'entre-vous si tant est que vous puissiez réellement prendre l'apparence de n'importe qui. Homme. Animal. D'après les légendes tu sais, certains de vos esprits étant des muses qui inspiraient soi-disant les poètes.

Alors, est-ce que tu es bien ce que je crois ? Ou juste une extrapolation de mon imagination…

On débloquait tous à force de rester coincé ici. Tremblant à chaque fois qu'un bruit suspect revenait faire éclater notre bulle. Sur la défensive dès qu'un visage inconnu pénétrait notre espace de sécurité. Puis la maladie, la famine, la traque, les meurtres et tortures. On avait largement de quoi virer parano.

Tous autant qu'on était...

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ELIJIAH HASSAN JAZEEM
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The flame of a smoke-free fire ◘ Ilian
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