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 astrum harenas (Ilian)

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astrum harenas 
Ilian Anh'Shallah

L’étouffement en horizon, la monotonie de l’impuissance frappait à la porte des humains. Les esclaves de cette terre désespéraient de revoir le monde, pris dans l’étau des conséquences. Soma manquait de sa mère, bien qu’elle était à la recherche de sa soeur et de son père. Des nouvelles de celle qui lui avait donné la vie creusaient son être, humain. La maladie avait prise sa mère sous son aile et ne pas avoir de nouvelle de son état était une situation difficile. L’attente, l’impuissance, elle n’était pas faite pour la passivité redondante.  Il fallait qu’elle lâche prise sur ses ressentiments qui gondolaient son corps à ce propos, car son ventre était tortueux quand l’angoisse venait naître dans ses idées. Ici là-bas, il n’y avait que de l’amour déguiser dans son être pour les maux de sa mère, de ses proches qui n’étaient pas si loin. D’un pas décidé elle a fermé sa porte. Scylla étant absente à sa cour, elle décidait  de prendre le large et traîner dans les vagues de la nature qui survit sous les meurtrissures des hommes. Celle qui est toujours là, celle qui vivait sous les morceaux de bétons que les yeux de Soma avaient déshabillait. Dans le chaos, la nature mère était toujours là et ses entre ses veines que la jeune femme aimer se perdre. L’air se perdait dans ses poumons, doucement le vent s’échouer et ses pas se poursuivait. Dans cette contemplation il y avait la présence de la vie, même si c’était un risque supplémentaire. Il n’était pas resté enfermé ? Entre quatre murs ? Dans une boîte ? Qui protégerait un peu plus du monde, un peu plus des dangers qui son semé mais elle ne pouvait pas, non attendre dans l’ombre sans arrêt pouvait la rendre folle. De plus, c’était une utopie, aucun mur ne pouvait protéger du feu des anarchies. Elle avait besoin d’un air nouveau, rien que de voir le vent danser à travers les feuilles lui faisait du bien. Elle ressentait se bien-être se faufiler dans son être en oubliant le danger. La présence des oiseaux qui toujours chantaient, elle avançait en laissant ses pupilles mordre la verdure.   

L’apathie qui avait l’habitude de stagner sur sa chair facilement depuis quelques années cessait de s’éteindre un peu au contact de la nature, si vivante. Le courant d’air fait frémir son ossature et elle continu son morceau de chemin, s’évader, loin du règne du silence. L’empire des senteurs se tient un peu entre ses narines, celle de l’herbe  et des fleurs qui se donnent à chaque aurore. Soma avait bien du mal à comprendre comment pouvait-il décider du pourquoi et du comment. Elle avait trop vu les jeux illusoires des membres des hautes sphères, des bourgeois pour être bernés par les principes de mettre en autarcie tout une nature pour le bien-être du plus grand nombre. Oui, elle était un peu perdue dans les pensées funéraires, car ses ancêtres faisaient partie de ses humains qu’on a mis dans des camps pour leurs croyances, pour leurs racines, leurs origines et leurs natures. Ne pouvait-il pas vivre ensemble ? Sans doute, que s’était utopiste mais elle avait envie de s’enfuir avec sa soeur et son père qu’on les laisse en paix retourner vivre dans leurs ailleurs. Aller chercher leur mère et s’en aller peut-être brûler au soleil. Elle y était prête, elle prête à laisser brûler sa peau rythme du soleil toute sa vie et de sentir le sable entre ses doigts chaque jour. Des pensées qui se reflétaient comme des rêves mais qui l’ont rendaient attentive. Elle ne savait pas réellement comment ses ancêtres avaient vécu ses coups de couteau que la société leur avait planté. Tout ce qu’elle sait étant qu’on leur avait interdit de voir le soleil. Elle a pris son carnet  qu’elle choisit de salir d’un coup de crayon et puis ses coups de mine hélas, elle n’a pas de gomme pour faire fondre les imperfections sur son papier alors elle les essuie pour espérer les faire disparaître. Elle dessine les paysages pour ne pas les oublier, pour les faire vivre encore un peu dans l’antre de sa mémoire, pour oublier le reste, pour s’effacer. La musique lui manque terriblement, les touches d’ivoire qui étaient plus efficace que les coups de crayon mais elle s'y faisait.  

Le temps s’est étiré et puis elle s’est dit qu’il fallait rentrer tout de même. Elle reprit la route à l’inverse. Son chemin s’arrêta quand elle vit un homme au loin, le teint d’or, une chevelure fournis, mais bien trop loin pour en voir le visage.  Cet allure lui était familière, c’est pour ça qu’elle a pressé le pas. «  Monsieur ? » bien sur il n’a pas entendu, elle était bien trop loin de lui et il ne regardait pas dans sa direction. Elle a bien essayé de sifflé entre ses doigts mais elle avait perdu l’habitude de le faire et elle ne savait plus faire du bruit. Soma a marché plus rapidement mais celui-ci était toujours plus rapide et puis elle a fini par ce dire que c’était bien stupide de poursuivre un homme qui ressemblait à son beau-père lorsqu’il était plus jeune, qu'est-ce qu'elle aurait pu bien lui dire ? Cependant, quelques minutes plus tard alors que sa demeure de fortune n’était plus très loin, elle a retrouvé l’inconnu. Il allait visiblement à Riverdall. Soma avait du coupé par un raccourci étant donné qu’elle se retrouvait non loin de lui. «  Bonjour »  avait-elle lâché en arrivant à sa hauteur. Elle espérait qu'il parlait sa langue. La jeune femme ne l’avait jamais vu dans le coin non plus, c’est pour ça que sans réfléchir elle lui demanda. «  Vous n’êtes pas de Riverdall? »  peut-être que s’il allait au-delà des limites avait-il vu sa famille, même s’il y avait peu de chance que ça puisse être le cas, elle ne risquait rien à demander.  




Je suis le nuage explosé allongé en mille morceaux, nue, délavée après la pluie, après le gris, après le déluge, je récolte les reflets. Où va l'azur quand vient l'averse ? Parle au futur quand le temps s'inverse.
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Djinn
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Astrum Harenas




Retrouver ta sœur. C'était bien tout ce qui t'importait. Pouvoir la prendre dans tes bras, sentir son odeur s'imprégner sur tes vêtements à nouveau, la sensation de la caresse de sa main quand elle vient te toucher le visage. Gaïa te manquait. Et tout ce que tu voulais, c'était qu'elle revienne. Tu savais où elle était. Elle était enfermée là, entre ces murs de béton dans la prison de Tullamore. L'organisation te l'avait volé, elle était sans doute malmenée, maltraitée, et cette simple idée te rendait malade de dégoût. Remplis de haine et de colère, ce qui parfois te poussait à tout mélanger. Le bien, le mal, Tullamore, les hommes des limbes, tu ne savais plus. Tu perdais pied, simplement mené, dirigé par cette soif de vengeance et cette envie de retrouver ton sang. Des erreurs, tu en faisais beaucoup en ce moment. Des pas de travers, des dérapages. Mais c'était comme ça, parce que toi aussi, tu étais comme l'être humain. Tu avais des sentiments, tout simplement.  

C'était dans ces instants de non contrôle que tu te retrouvais là où tu ne devais sans doute pas te retrouver. Franchissant les frontières des créatures d'Eve pour te retrouver chez les enfants d'Adam. Les hommes. Marchant sans vraiment de but précis dans les limbes. Ne sachant trop où aller, ni ce que tu cherchais. Boire, te nourrir, prendre des forces. Oui. Mais que sur les êtres méritants la sentence que tu leur imposais. Tu n'étais pas là depuis longtemps mais tu avais toi aussi entendu parler de la coalition, et tu savais, que tes ancêtres, que ton peuple, se trouvait pour une fois du bon côté de la barrière là où toi, cette fois-ci, ne discernais que trop peu le bien du mal. Aveuglé par ces images qui ne s'effacent de ta mémoire. Celles de ta terre dévastée, des corps sans vie de ta famille, et de Gaïa, ta pauvre sœur, qui devait se battre pour un crime qu'elle n'avait pas commis.  

Vous étiez des gardiens de la paix, non pas des tortionnaires. Alors ça te dépasse, tu ne comprends pas. Oui, vous autres vous nourrissez de sang humain, mais tuer n'est pas une obligation. Vous avez le pouvoir de faire oublier, de contrôler les esprits, et c'est-ce que tu faisais, toi, avant cette histoire de haine racial envers vous. Parce que tout n'était question que de ça. De haine envers ce qui n'était pas humain aux yeux de l'homme. Mais l'humanité, qu'est-elle réellement ? Tu as connu DAECH, tu as connu les horreurs pour avoir vécu dans des pays déchirés par des histoires de religions. Des histoires causées par l'homme en personne. Sans doute bien plus dénoué d'humanité que toi. Leur ignorance les rendait stupide, et au final, maintenant, tu ne sais même plus si tu voudrais les protéger ou non. Tu ne sais plus vraiment tant tout ça n'a plus aucun sens pour toi.  

L'équilibre est simplement détruit par la stupidité de la race humaine. Mais pourtant, tu essayes de contrôler ta nature et de ne pas te jeter subitement sur le premier venu. Juste parce que tu es en colère. Ne mettant pas tout le monde dans le même sac. Non. Tu restes Ilian Anh'Shallah, le Djinn le plus incompris par les tiens aux agissements bien abstraits, tu restes cet homme, bon, même si tes convictions te semblent bien inutiles ici tu tentes de te rattacher à ça pour ne pas faire encore plus d'erreur. Parce que des innocents, il y en a plein ici. Comme cette fille qui te regarde. Cette fille qui vient simplement à toi pour te parler. Tu ignores ce qu'elle te veut. La repousser serait sans doute plus sûre. Mais pourtant tu la regarde, sans sourire, croisant les bras sur ta poitrine alors qu'elle te pose une simple question. Riverdall. Oui c'est là où tu as mis les pieds aujourd'hui. Riverdall, la terre des hommes. De tes alliés. Ca te reviens. Non. Tu ne commettras pas de meurtre inutile ce soir. Parce qu'eux sont bons, et tu le sais. Tu te souviens.  

-Non je... Je recherche ma sœur mais je crois que je me suis un peu égaré. Je n'aurais pas dû franchir la frontière je suis navré.

La frontière des hommes, venir là sans avoir été invité. Tu ignores pourquoi, mais ça te pose soudainement un cas de conscience. Regardant furtivement autour de toi, ignorant ce que tu fais là sans pour autant oser le dire. Tu avais repensé à ta sœur, au massacre à la cité des lumières, tu avais revu le corps inerte de tes frères, de tes sœurs, de tes parents, de tes semblables et inconsciemment tu été arrivé là. L'appel du sang sans aucun doute. Un simple instant de torpeur. De faiblesse même. Tu te sentais soudainement mal. Depuis quand tu ne t'étais pas nourrie ? Deux jours ? Trois ? Tu ne savais plus. Liam disant que tu perdais les pédales, que ta quête te poussait au bout de tes limites, que tu ne contrôlais rien. Peut-être que ton frère avait raison malgré tout. Peut-être que tu étais vraiment en train de devenir cinglé ? Soupirant tu t'es retourné vers la jeune fille, fixant la veine qui battait dans sa gorge. Le sang, tu avais faim. Et tu te souviens. Tu te souviens de ce Tullamore que tu avais tué il y a trois jours. Et ensuite ? Plus rien.  

-Un djinn affamé en pleine terre humaine ce n'est peut-être pas l'idée du siècle, je suis désolé encore une fois. Je devrais partir. Gaïa n'est pas ici de toute manière. Je ne vous ferais aucun mal soyez en sûre.  

Tu te justifiais. Tu ne sais même pas pourquoi, mais tu le faisais. Sentant l'appel de son sang, tu te retenais, t'empêchais de franchir ce pas de trop. Ils étaient de ton côté et tu le savais. Tout ce que tu avais à faire c'était te contrôler. Ca semblait si simple sur le papier.  
 

NΞRIOИ


Save me if I become my demons

I cannot stop this sickness taking over. It takes control and drags me into nowhere. I need your help, I can't fight this forever. I know you're watching, I can feel you out there.
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astrum harenas
Ilian Anh'Shallah

 
Les promenades ont un certain don d’apaiser sa pensée, elle s’alanguit et virevolte entre cette nature irlandaise conquérante, dominante, infinie. L’unique importance était la magnificence de cette nature, la verdure, le soleil puissant et puis ses âmes qui traînaient par delà les sentiers. Il y avait cet homme, habillé différemment. Il avait éveillé un intérêt dans son être. Il détonnait avec le paysage comme si ce n’était pas le sien. Il semblait venu d’ailleurs, son accoutrement, les reflets de sa peau le laisser penser ou alors Soma imaginait, elle rêvé à ce qu’il vient d’ailleurs. Il était inconnu, il était une terre qui n’existait pas encore. Elle déposait sur son allure des espoirs sur les ressemblances subtile qui le liait à sa mémoire. La perspective des détails était au cœur de ses yeux. Une couleur de peau mordue par le soleil, juste l’or de sa peau, le mordoré de son échine. Il ne pouvait pas le savoir, mais il lui rappelait des souvenirs intensément. Elle était folle n’est-ce pas ? Troublée par son apparence de voir en chacun de ses êtres plus colorés qu’elle une possible ressemblance qu’il soit eux aussi comme sa famille. La réalité c’est que la Française s’accrochait naïvement à ses petites miettes qui traînaient sous ses rétines solitaires. Elle ne pouvait se résoudre à une fin tragique, elle ne pouvait l’imaginer alors dans ses pensées plus volontaire, elle imaginait le meilleur s’arrimant à celui-ci de ses phalanges fines et fatiguées. Il y a bien des années que la voilà séparée de sa petite sœur et de son beau-père, bien dix ans maintenant. Soma en avait oublié leurs odeurs et parfois même les courbes de leurs visages.  Elles manquaient d’eux, elle manquait de sa famille, de ceux avec qui elle avait grandi. Elle avait oublié la saveur de la tristesse et pourtant à cet instant, elle devenait corrosive à celle-ci. Cet homme était aussi une piqûre de rappel.  

L’absence, elle était douloureuse et épineuse. L’absence, elle était quotidienne et elle apportait des émotions diluviennes. La confusion, elle s’installait ainsi sans que personne ne lui ait demandé d’apparaître. Pourtant ça faisait quelque temps qu’elle était ici, l’humaine devrait abandonner ses idées, mais elle n’y arrive pas. Elle ne peut abandonner, eux, jamais ils ne l’ont laissé. Son beau-père l’avait accepté, aimer comme sa propre fille, sans jamais daigner faire la différence de sang. Il ne l’avait pas abandonné, comment pouvez-elle imaginer le faire ? Pourtant, il n’aimerait pas la voir ainsi, le ventre torturé par cette absence, l’angoisse parfois montante comme une araignée qui vient tisser sa toile. Non, il aimerait la voir sereine, même dans les chaos les plus complexes. Garder son calme.  

La douceur et la curiosité ont fini par triompher de ce stress qui s’était joué d'elle. Parler aux inconnus n’était pas un souci pour la jeune femme et c’est bien tout le contraire, elle préférait rencontrer brièvement de nouvelle tête et les voir disparaître. Rares étaient ceux qui se cimentaient à son existence. Elle ne désirait pas l’effrayer ni le déranger, mais plus elle s’approchait plus la découverte de l'incompréhension qui s’affichait sur le visage de l’homme.  Lui aussi semblait dans un état étrange.

-Non je... Je recherche ma sœur, mais je crois que je me suis un peu égaré. Je n'aurais pas dû franchir la frontière je suis navré.

Égarés, soeur, sont les mots qui se sont mis à raisonner. Elle n’était pas égarée, elle habitait à Riverdall, mais c’était sa soeur qu’elle avait perdue. Il semblait tous deux dans une situation similaire. Peut-être connaissait-elle sa soeur ? Le jeune homme parlait de frontière et elle ne savait pas de quel côté il pouvait bien parler. Les lignes étaient partout…  

-Un djinn affamé en pleine terre humaine ce n'est peut-être pas l'idée du siècle, je suis désolé encore une fois. Je devrais partir. Gaïa n'est pas ici de toute manière. Je ne vous ferais aucun mal soyez en sûre.  


« Oh. hm. Je comprends, je cherche aussi ma soeur et mon beau-père, ils doivent être de votre côté de la frontière. comment est votre soeur ? »  peut-être qu'elle pouvait poser des questions à Riverdall voir sur les registres pour vérifier si elle n'était pas là ainsi il serait certain qu'elle n'était pas entre ses murs. « Je peux aller chercher une poche de sang à Riverdall. »

Elle n’était pas sûre, mais ça tomber sous le sens, les Djinns avec les djinns, il avait donc leurs terres. Elle était rassurée de ce fait. Ils étaient à côté et s’il était affamé ce n’était pas la meilleure idée du monde de le laisser filer sans qu’il se soit nourri. Il avait l’air rassurant avec ses mots à ne vouloir faire aucun mal, un manque pourrait peut-être lui faire changer d’avis brusquement. C’était des notions inconnues pour elle, mais elle sait que si elle mourait de faim, elle serait plus agressive. Riverdall n’était pas loin.  

 





Je suis le nuage explosé allongé en mille morceaux, nue, délavée après la pluie, après le gris, après le déluge, je récolte les reflets. Où va l'azur quand vient l'averse ? Parle au futur quand le temps s'inverse.
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